11 mars 2006

Le péché originel du lefebvrisme
par Carenac - 11/03/2006 - http://tourdedavid.hautetfort.com/
Lassé d’entendre parler de « l’esprit de Monseigneur », pour justifier toutes les positions les plus contradictoires, il m’a semblé utile de tenter une petite synthèse sur ce sujet qui me parait être un point clé de la crise ou se trouve le « traditionalisme » au sens large : l’ambiguïté des positions de Monseigneur Lefebvre Lui-même…

A cette seule affirmation, je sais bien que l’adrénaline va monter et que des vagues de haine vont submerger bien des lecteurs : qu’importe, laisser moi exposer mon propos !

Tout d’abord, et en toute simplicité, il convient de remarquer que tous ceux qui crachent (ou crachaient, comme Dom Augustin..) dessus lui doivent – la plupart du temps et son enseignement, et les Saints Ordres, quand ce n’est pas – en plus – d’importantes subsides sonnantes et trébuchantes : ce n’est donc pas sur ce terrain que j’entends situer mon propos.
Pas plus, non plus, pour remarquer que – s’il n’y avait pas eu quelques « têtes » à résister - dont MGR L. Lui même est l’une des plus remarquables... et remarquées – il n’y aurait pas eu de résistance. Et donc plus de Messe Tridentine… et plus de Clergé latin certainement prêtre !

Secondement, il est aisé, 40 ans après la bataille, de voir plus clair : on a effectivement tout le recul sur les faits, toutes les études doctrinales développées par les uns et par les autres ;
L’on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas au monde que le microcosme français ou romain, mais que le monde Catholique recelait « toto orbe terrarum » des résistants et des résistances remarquables, quoique souvent méconnu(e)s, et dont les positions s’accordaient … sans même qu’ils se connussent !
Par conséquent, il me parait utile de ne tirer aucune gloire d’avoir vu clair avant les autres : simplement, cette clairvoyance doit se mettre au service des autres, quelqu’en soient le coût (les coups !!!) et les opprobres… (Et elles ne manquent pas !)

Oui, MGR a signé tous les textes du concile Vat. II, même les plus contraires à la Doctrine Catholique antérieure infailliblement définie ;
Oui, certains membres de la Fraternité Saint Pie X ont menti, ou ont erré (et fait errer !) en osant soutenir, y compris par écrit, que MGR n’avait jamais signé ces textes…
MAIS, OUI, MGR a – ensuite – courageusement dénoncé ces erreurs, par des prêches vigoureux (J’étais à la Messe de Lille, l’été 1976, et j’en suis témoin !!!) et par des écrits circonstanciés (« j’accuse le concile… ») !

OUI, MGR a dit la « nouvelle messe »…
Mais, OUI, MGR a publiquement réitéré ses plus vigoureuses critiques contre ce « n.o.m. », parlant de « la messe de Luther », etc...
Et préfaçant avec éloges, un ouvrage effectué par le TRP Guérard des Lauriers qui démontre la non validité intrinsèque de ce « n.o.m. »…

Oui, MGR a reconnu Paul VI et lui a donné du « Très Saint Père »,
Mais, OUI, MGR a parlé de ces pontifes conciliaires comme des « antichrists », se demandant comment un « pape » pouvait « détruire autant de choses dans l’Eglise en aussi peu de temps »…

OUI, MGR a chassé le TRP Guerard des lauriers, et plusieurs séminaristes (dont MM les Abbés Seuillot, Guépin, Belmont, Lucien, Schaeffer, de Blignières) « coupables » de « sédévacantisme »,
MAIS, OUI, MGR a bien préfacé l’ouvrage du TRP Guerard des Lauriers sur le n.o.m. », ouvrage, qui – dès sa première partie - tient pour démontrée la « Non-consistance » formelle de l’Autorité…
Et MGR ne faisait pas mystère de se demander comment de tels « pontifes » pouvaient être de vrais papes devant l’ampleur des destructions et la multiplicité des actes objectivement idolâtriques posés par eux…

Alors, pourquoi, me direz vous, de telles incohérences chez MGR ;

Tout d’abord, rentrons en, nous-mêmes, et profitons de ce temps de carême, pour méditer – POUR NOUS – ce mot de l’Ecriture : « Omnis homo mendax » : « Tout homme est menteur ! » et aussi : « le juste pêche 7 fois le jour »
Il est donc parfaitement inutile de battre la coulpe du voisin : MGR est mort et a été jugé par l’Agneau : nous n’avons aucun commentaire à faire : juste de ferventes prières, pour que son combat public et ses vertus privées lui aient été largement comptées dans la miséricordieuse balance du Bon Dieu !

Juste, pour notre propre gouverne, il nous faut examiner le contexte afin d’essayer de comprendre… pour nous instruire !

1/ Une Famille et une éducation profondément « romaine » ont habitué MGR a une attitude de confiance et d’obéissance filiale à l’Autorité : c’est – en soi – une belle qualité qu’on ne saurait lui reprocher… Mais c’est plus à propos, lorsque l’on a affaire à un Saint Pie X... qu’à un Jean Baptiste MONTINI !

2/ Un maître profondément libéral : MGR eut pour maître, L’Abbé Le Floch, partisan d’un minimalisme peccamineux, concernant l’Autorité du Pape, et conséquemment la possibilité de concevoir un « pape » auquel… on n’obéit que pour les définitions ex cathédra !

3/ L’absence de recul : avec une telle éducation familiale, comment MGR – au moment du concile - pouvait il – psychologiquement déjà – avoir le recul lui permettant de se rendre compte de l’entrisme qui se passait au concile ?

4/ La pression du « pape » : plusieurs auteurs l’ont rapporté, et MGR lui même : l’on pressait les évêques réticents de signer les textes qui – pourtant – ne leur paraissaient pas catholiques, en leur serinant : « le pape veut que vous signiiez ! »
MGR rapporte que plusieurs signèrent la mort dans l’âme, et certains en moururent de chagrin…

5/ La pression de l’entourage : pour l’avoir vu moi-même à de très nombreuses reprises, MGR était constamment entouré d’une nuée de personnages : adulateurs intéressés, mondains en quête de notoriété, libéraux et ennemis infiltrés : MGR en renverra plusieurs – ET DE CELEBRES … - dès qu’il eut les preuves de leurs mauvaises mœurs et/ou de leurs manigances…
Mais, MGR était profondément BON, et pouvait être touché par les arguments des uns et des autres…
Conclusion :

La fraternité Saint Pie X, et plus généralement, le petit monde « tradi » a hérité de cette contradiction interne à son « Père fondateur » et quoiqu’Il soit devenu beaucoup plus ferme à la fin de sa vie, chacun peut tirer de ses discours les citations permettant de valider sa position : pour les uns, « Saint Père, laissez nous faire l’expérience de la Tradition »
Pour les autres : « ces gens là sont des antichrists » !

Certains ont donc logiquement intégré les rangs de l’Eglise Conciliaire, en direct, comme les Abbés Laffargue, Bréguet, Le Pivain etc... Ou par le biais d’instituts : FSSP, ISCRP, ST Jean Marie Vianney, Campos, etc... Ou bien, en « électrons libres »...

D’autres ont logiquement constaté qu’il ne pouvait y avoir identité entre l’Eglise Catholique et l’Eglise Conciliaire (pas les memes doctrine, sacrements, messes, « saints », etc…)
Et composent les rangs appelés (bien à tord !) « sedevacantistes », avec toutes les nuances possibles.

Note importante :
Il convient de noter, cependant, que si l’œuvre de MGR a été au commencement de vouloir sauver le Sacerdoce et la Messe, en formant dans un vrai séminaire, conformément à la vraie Doctrine Catholique, de vrais prêtres validement ordonnés, MGR en est venu à constater qu’en fait, c’est la Foi Catholique qui était en jeu et la pérennité de l’Eglise elle-même !

De sorte qu’il est vain – aujourd’hui - de prétendre mener le « combat de la Messe », sans intégrer la dimension holistique de la FOI et de l’Eglise, dont Jésus est la Tête, et qui ne peut avoir pour corps les partisans variés d’un ramassis de fantaisies et d’hérésies les plus diverses, mais bien une phalange de membres ayant une unité de Doctrine, de Foi, et de Sacrements !

Etat actuel de la question :
Le Péril imminent est d’évidence l’intégration de la FSSPX à l’église conciliaire : c’est l’enjeu des pourparlers en cours, c’est l’ultime étape avant l’Eclipse complète de la Foi Catholique, du Sacerdoce et de l’Oblation Munda ;

Je n’ai pas, et je ne crois pas que personne prétendre sauver la Foi et l’Eglise, mais j’en connais UN… qui ne laisserai pas Son Epouse disparaître et/ou être usurpée par la Grande Prostituée !

« Domine, salva nos, perimus ! »

10 mars 2006

Réflexions sur le texte de Mgr Willamson du mois de mars 2006 : « le dogme de la foi »
Abbé Paul Aulagnier - Flash Info - 10 mars 2006 - http://la.revue.item.free.fr/
Je prends connaissance à l’instant de ce texte de Mgr Williamson : « Le Dogme de la Foi - Réflexions. Mars 2006 »
Il est très intéressant –bien meilleur que son interview à Minute du 8 mars 2006 - et je pense très juste. Il met le doigt sur le drame que connaît l’Eglise. Ce drame c’est l’intrusion  du modernisme dans l’esprit de nombreux catholiques, de clercs et  même de prélats, et tout particulièrement dans l’esprit et certains  textes du présent Concile du Vatican II et même en certains actes des derniers papes. (par exemple ; Assise 1986). Or le modernisme se définit essentiellement par ce qu’on appelle « l’immanence vitale ». En théologie c’est l’affirmation du « subjectivisme de la foi » que l’on pourrait décrire par cette expression : « à chacun sa vérité ». C’est l’homme qui se fait sa propre vérité, il se fait comme Dieu.
C’est ce qu’affirme très justement Mgr Williamson dans cette phrase :
« La crise est épouvantable parce que ces catholiques peuvent se rassurer qu’en acceptant eux-mêmes tout dogme particulier de la foi catholique, ils sont catholiques sans problème — surtout s’ils sont avec le Pape ! Mais il y a un problème gravissime, car dès qu’ils croient avec le Concile que tout homme a effectivement droit à sa propre croyance, ils minent en général tout et chacun de ces dogmes particuliers qu’ils pensent accepter. Qu’ils s’en rendent compte ou non, ils ont remplacé la religion de la vérité de Dieu avec la religion de la liberté de l’homme, car c’est au fond de leurs croyances qu’ils mettent la liberté religieuse. Pas apparemment, mais réellement, ils mettent l’homme à la place de Dieu ».
Cette phrase est l’essentiel de la réflexion de Mgr Williamson. Elle est au cœur de sa pensée. Elle est la raison de son  attitude pratique. Elle explique son refus de tout « accord » ou « normalisation » avec Rome. C’est important.
Cette phrase est juste. Elle reflète bien, elle dit bien la vraie doctrine de l’Eglise. C’est bien l’enseignement du Magistère de l’Eglise confirmé par tant et tant de documents, d’encycliques, de discours des papes du 19éme siècle et  du 20ème  siècle. C’est bien ce que Mgr Lefebvre nous a enseigné dans la fidélité au magistère de l’Eglise.  Mgr Williamson y reste lui-même parfaitement fidèle. Je m’en réjouis. J’ai personnellement toujours communié à cette pensée. Voilà ce qui m’a fait suivre Mgr Lefebvre déjà en 1969.
Le malheur c’est que Mgr Williamson s’isole, s’enferme dans sa propre pensée, sa « tour d’ivoire », qu’il ne lit rien de ce qui vient de Rome ou que, lorsqu’il y porte une petite attention c’est avec « mépris », ce qui ne lui donne pas l’objectivité nécessaire. Il suffit de voir l’interprétation qu’il donne du discours de Benoît XVI du 22 décembre 2006 dans son interview donnée à Minute. …C’est inouï.  Je le lui ai dit. Je lui ai téléphoné à la Réjà pour cela, tout récemment encore. J’ai été même très solennel  - comme si je pouvais l’être, bref ! - je lui ai dit au nom de Mgr Lefebvre, « Mgr Lefebvre vous reprocherait de ne pas vous tenir au courant de ce qui vient de Rome.  Mgr Lefebvre était toujours celui qui nous apprenait les choses de Rome, de Paul VI, des dicastères romains…Il faut se tenir au courant. C’est indispensable.
Oui, il ne se tient pas au courant.
Et c’est un grand malheur.
Car il se trouve qu’il dit la même chose que Benoît XVI aujourd’hui. Il dénonce ce que Benoît XVI dénonce et dans les mêmes termes. Ainsi la différence qu’il affirme entre Benoît XVI et lui,  sur le formel de la crise de l’Eglise, sur les « deux religions » qui s’opposent fondamentalement,  est tout à fait fausse, sans fondement, erronée. L’opposition qu’il désire maintenir avec Rome, le refus qu’il oppose aujourd’hui à tout accord, à toute reconnaissance et normalisation de la FSSPX avec Rome est sans fondement, sans raison. C’est grave ! Gravissime.
Mgr Williamson dit bien – c’est même la conclusion de son argumentation qui me semble, encore une fois très juste - que l’homme est au cœur de tout, qu’il est la mesure et la fin de tout, en un mot qu’il se fait Dieu :
« Qu’ils(les catholiques)  s’en rendent compte ou non, ils ont remplacé la religion de la vérité de Dieu avec la religion de la liberté de l’homme, car c’est au fond de leurs croyances qu’ils mettent la liberté religieuse. Pas apparemment, mais réellement, ils mettent l’homme à la place de Dieu ».
En ce sens, la « religion conciliaire » est bien une  autre religion. Pour la foi catholique : Dieu est au coeur de tout, le principe et la fin de toutes choses. Il est la mesure de toute chose et la grandeur de l’homme c’est d’épouser la vérité de Dieu qu’il peut connaître par la raison et mieux encore par la foi et que nous propose l’Eglise, « l’arche » de la vérité et du salut.   C’est ce que Mgr Williamson veut dire quand il parle de « deux religions ». Elles sont opposées, elles s’affrontent…Cet affrontement fait la crise que connaît l’Eglise depuis 40 ans, depuis même le début du 20éme siècle.
« Ils mettent l’homme à la place de Dieu ». Voilà la pensée de Mgr Williamson. Le constat est clair.
Or, aujourd’hui, Benoît XVI dit la même chose. Il ne l’a pas toujours dit…Voyez mon « Regard sur le monde du 9 mars 2006 ». Mais il le dit aujourd’hui. Voyez son discours du 8 décembre 2005. Il part du fameux texte de l’Apocalypse de saint Jean « du combat de la femme et du dragon »…et à cette lumière, il poursuit :
« L'homme ne veut pas recevoir de Dieu son existence et la plénitude de sa vie. Il veut puiser lui-même à l'arbre de la connaissance le pouvoir de façonner le monde, de se transformer en un dieu en s'élevant à Son niveau, et de vaincre avec ses propres forces la mort et les ténèbres. Il ne veut pas compter sur l'amour qui ne lui semble pas fiable; il compte uniquement sur la connaissance, dans la mesure où celle-ci confère le pouvoir. Plutôt que sur l'amour, il mise sur le pouvoir, avec lequel il veut prendre en main de manière autonome sa propre vie. Et en agissant ainsi, il se fie au mensonge plutôt qu'à la vérité et cela fait sombrer sa vie dans le vide, dans la mort. L'amour n'est pas une dépendance, mais un don qui nous fait vivre. La liberté d'un être humain est la liberté d'un être limité et elle est donc elle-même limitée. Nous ne pouvons la posséder que comme liberté partagée, dans la communion des libertés: ce n'est que si nous vivons d'une juste manière, l'un avec l'autre et l'un pour l'autre, que la liberté peut se développer. Nous vivons d'une juste manière, si nous vivons selon la vérité de notre être, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu. Car la volonté de Dieu ne constitue pas pour l'homme une loi imposée de l'extérieur qui le force, mais la mesure intrinsèque de sa nature, une mesure qui est inscrite en lui et fait de lui l'image de Dieu, et donc une créature libre. Si nous vivons contre l'amour et contre la vérité - contre Dieu -, alors nous nous détruisons réciproquement et nous détruisons le monde. Alors nous ne trouvons pas la vie, mais nous faisons le jeu de la mort. Tout cela est raconté à travers des images immortelles dans l'histoire de la chute originelle et de l'homme chassé du Paradis terrestre ».
Mais qui ne voit que c’est la même doctrine enseignée que celle de Mgr Williamson dans son texte du mois de mars 2006. Ce que Mgr Williamson dit, le pape le dit presque avec les mêmes mots.
« L'homme ne veut pas recevoir de Dieu son existence et la plénitude de sa vie. Il veut puiser lui-même à l'arbre de la connaissance le pouvoir de façonner le monde, de se transformer en un dieu en s'élevant à Son niveau, et de vaincre avec ses propres forces la mort et les ténèbres. Il ne veut pas compter sur l'amour qui ne lui semble pas fiable; il compte uniquement sur la connaissance, dans la mesure où celle-ci confère le pouvoir. Plutôt que sur l'amour, il mise sur le pouvoir, avec lequel il veut prendre en main de manière autonome sa propre vie.
Jean-Paul II, déjà, dans sa Lettre apostolique « Ecclesia in Europa » disait, sous l’influence du Cardinal Ratzinger,  lui aussi,  la même chose :
À la racine de la perte de l'espérance ( en Europe)  se trouve la tentative de faire prévaloir une anthropologie sans Dieu et sans le Christ. Cette manière de penser a conduit à considérer l'homme comme « le centre absolu de la réalité, lui faisant occuper faussement la place de Dieu. On oublie alors que ce n'est pas l'homme qui fait Dieu, mais Dieu qui fait l'homme. L'oubli de Dieu a conduit à l'abandon de l'homme », et c'est pourquoi, « dans ce contexte, il n'est pas surprenant que se soient largement développés le nihilisme en philosophie, le relativisme en gnoséologie et en morale, et le pragmatisme, voire un hédonisme cynique, dans la manière d'aborder la vie quotidienne ». La culture européenne donne l'impression d'une « apostasie silencieuse » de la part de l'homme comblé qui vit comme si Dieu n'existait pas.
Dans une telle perspective prennent corps les tentatives, renouvelées tout récemment encore, de présenter la culture européenne en faisant abstraction de l'apport du christianisme qui a marqué son développement historique et sa diffusion universelle. Nous sommes là devant l'apparition d'une nouvelle culture, pour une large part influencée par les médias, dont les caractéristiques et le contenu sont souvent contraires à l'Évangile et à la dignité de la personne humaine. De cette culture fait partie aussi un agnosticisme religieux toujours plus répandu, lié à un relativisme moral et juridique plus profond, qui prend racine dans la perte de la vérité de l'homme comme fondement des droits inaliénables de chacun. Les signes de la disparition de l'espérance se manifestent parfois à travers des formes préoccupantes de ce que l'on peut appeler une « culture de mort ».
Mais c’est la même pensée qu’exprime Mgr Williamson. C’est la même pensée. Qui ne le voit.
Et voilà le drame aujourd’hui de Mgr Williamson : Il continue à condamner tout accord avec Rome, toute normalisation de la FSSPX avec Rome, toute collaboration avec Rome comme le souhaitait Mgr Lefebvre même au plus fort de la crise modernisme avec la réunion d’Assise en 1986, 1988, alors qu’il soutient les mêmes choses que Rome et le pape Benoît XVI. Oui ! Sur le formel de la crise, ils ont le même langage. Et Mgr Williamson ne s’en rend même pas compte…parce qu’il s’enferme dans sa propre pensée…Il faut absolument que ces amis lui ouvrent les yeux avant qu’il ne soit trop tard.
Nous sommes dans une situation difficile. Si la FSSPX se sort de cette difficile situation, ce sera la preuve qu’elle a été vraiment voulue de Dieu et que Mgr Lefebvre est un intercesseur puissant.
C’est ce que je crois toujours et ce que je croirai encore malgré toutes les difficultés que j’ai personnellement rencontrées de ses  autorités présentes.

9 mars 2006

La réforme de la Curie et le cas Lefebvre
9 mars 2006 - www.iltempo.it - Traduction parue sur le Forum catholique
La date du premier consistoire de Benoît XVI s’approche. Le 24 et le 25 mars, 15 nouveaux évêques recevront la barrette rouge. Mais le jour précédent, le 23, il y aura la convocation dans les murs du Vatican de tous les cardinaux (électeurs ou non, 193 en tout) pour une journée de réflexion et de prière avec le Saint Père. Plus spécifiquement, même si à l’ordre du jour il y aura diverses thématiques inhérentes à l’Eglise et au monde, il est probable que le Souverain Pontife veuille, justement à cette occasion, prendre le pouls de ses premiers collaborateurs au regard de deux questions urgentes : l’imminente réforme de la Curie Romaine, et la possible révocation de l’excommunication des disciples de Monseigneur Lefebvre. La réforme de la Curie vaticane devrait d’abord prévoir une concentration de certains dicastères. Et en particulier, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux sera rattaché au Conseil pontifical pour la culture. Au Conseil justice et paix sera rattaché le Conseil pour les migrants et les itinérants. En ce qui concerne ensuite les divers organismes de presse (Radio-Vatican, Osservatore Romano, Centre de télévision du Vatican, Sala Stampa et Internet) il semble probable qu’ils seront réintégrés sous une direction unique, celle du Conseil pontifical pour les communications sociales. Dans l’immédiat, il n’y aura pas de changements dans les sphères plus hautes du Saint-Siège, mais à partir du mois de mai il est possible que change quelque chose, à commencer par la triade actuellement en charge de la Direction du Secrétariat d’Etat. En ce qui concerne les Lefebvristes, il semble que le souverain Pontife ait l’intention de faire quelque chose pour leur réintégration à l’intérieur de l’Eglise. Tout dépendra cependant des Lefebvristes eux-mêmes, lesquels devront, sans trop faire de façons, déclarer accepter en totalité tous les documents issus du Concile Vatican II. Actuellement, une discussion est en cours à l’intérieur de la Fraternité Saint Pie X (la Fraternité fondée par Monseigneur Lefebvre). Parmi les Lefebvristes, il y a ceux qui considèrent que retourner dans le sein de l’Eglise de Rome et accepter ainsi le Concile Vatican II signifie trahir la tradition bimillénaire de l’Eglise. Sur ce point, Rome ne pourra pas faire de concessions, et les Lefebvristes, s’ils veulent la révocation de l’excommunication et la possibilité de célébrer librement avec l’ancien rite, devront le comprendre.

8 mars 2006

Un évêque hausse le ton face à Rome
Mgr Williamson : “La Rome du concile n’a pas changé”
Minute - 8 mars 2006 - Version PDF
Mgr Richard Williamson est le supérieur du séminaire de La Reja (Argentine) qui relève de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FFSPX), créée par Mgr Marcel Lefebvre. Il fait partie des quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988, acte fondateur de la rupture entre Rome et les catholiques traditionalistes. Alors que des pourparlers sont en cours entre le Saint-Siège et la Fraternité, qui pourraient aboutir à la levée des sanctions prononcées par Jean Paul II, et à quelques semaines d’une rencontre essentielle – selon nos informations – entre le pape Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la FFSPX, Mgr Williamson, considéré comme un tenant de la “ ligne dure ” avec le Saint-Siège, répond à nos questions. Des propos qui, est-il besoin de le préciser, n’engagent ni Mgr Fellay, ni, bien sûr, la rédaction de “ Minute ”.
“ Minute ” : Monseigneur, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X semble avoir hésité ces derniers mois à se réconcilier avec Rome. La situation apparaît confuse. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Mgr Richard Williamson : Les catholiques se trouvent dans une grande confusion parce que l’on perd le dogme de la foi.
Pardon de vous interrompre mais que signifie cette expression un peu étrange : “ dogme de la foi ” ?
L’expression est de la Vierge Marie elle-même : en juillet 1917, Notre Dame révéla aux enfants de Fatima (à Lucie) ce qu’on appelle le Troisième Secret. Au-delà de la controverse sur la soi-disant “ publication ” par le Vatican de ce texte en 2000, il est incontestable que sœur Lucie en révéla les premiers mots : “ Au Portugal on ne perdra pas le dogme de la foi. ” Ces deux mots vont droit au cœur de la crise qui nous afflige depuis VaticanII. Ils cristallisent trente ans de tension entre Rome et la FSSPX. Le monde moderne dissout la notion même de vérité objective. Les catholiques ne perdent peut-être pas la foi mais ils perdent tout sens du caractère dogmatique de la foi, c’est-à-dire que des papes conciliaires jusqu’au moindre des fidèles, tous croient que la foi catholique est vraie mais ne croient plus que cette foi condamne les erreurs et les fausses religions qui lui sont contraires. Seul un petit reste de fidèles n’a pas suivi le funeste concile dans son renoncement au caractère dogmatique de la foi catholique. Et ce petit reste est constamment tracassé par l’Eglise officielle – et par le monde – qui ne veut absolument pas être condamnée par ceux qui refusent de perdre le dogme de la foi.
Donc que le monde perde le sens de la vérité doctrinale, quand l’Eglise catholique ne fait pas son travail, rien de plus normal. Que l’Eglise perde ce sens, c’est un drame : celui du concile de Vatican II, qui, au lieu d’illuminer le monde, a voulu être illuminé par lui ! Or, la force et l’unité de FSSPX, telles qu’on les a connues, venaient de cette clarté doctrinale que Mgr Lefebvre a transmise aux prêtres de sa Fraternité. Mais pour peu que ces prêtres (et évêques) se laissassent influencer par le monde omniprésent et par l’Eglise du concile, ils perdraient leur clarté doctrinale, et à ce moment-là la confusion serait complète.
Pas de salut dans la liberté religieuse !
Que pensez-vous des rencontres récentes entre Mgr Fellay, le supérieur de la Fraternité, et les autorités romaines ?
J’ai suivi les événements avec attention au travers des médias, comme tout le monde. De plus, quelques jours après la réunion du 15 novembre à Rome entre Mgr Fellay et le cardinal Castrillón Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé et président de la commission pontificale Ecclesia Dei, j’ai reçu de Mgr Fellay un rapport sur cette rencontre qui a duré plus de cinq heures. Je dois avouer que la lecture de ce rapport a été pour moi plutôt décevante. Il m’a semblé que le cardinal Castrillón n’y comprenait guère mieux la Fraternité qu’en 2000/ 2001 lors des dernières négociations entre Rome et la Fraternité, lesquelles s’étaient soldées par un échec.
Qu’avez-vous pensé du discours de Benoît XVI le 22 décembre 2005, établissant notamment une distinction entre le texte et l’esprit du concile Vatican II ?
Ce discours semble présenter le programme de son pontificat. Son idée force est que le concile Vatican II serait la solution des problèmes entre l’Eglise et le monde moderne et que la clef de cette solution serait le principe de la liberté religieuse. Benoît XVI défend ce principe avec trois arguments.
Premièrement, il cite le texte de l’Evangile : “ Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ”, comme si César n’avait rien à rendre à Dieu ! Mais la “ socialité ” étant intrinsèque à la nature humaine, tout homme doit à Dieu un culte non seulement individuel mais aussi social. Donc César en tant que chef de la société doit rendre un culte public à Dieu.
Deuxièmement, les martyrs chrétiens, dit Benoît XVI, sont morts pour des raisons de conscience, donc pour la liberté religieuse. C’est faux. Ils sont morts pour la vraie foi de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Troisièmement, Benoît XVI dit encore des martyrs sous l’Empire romain qu’ils ont refusé le culte de l’empereur et donc qu’ils ont refusé la religion de l’Etat. C’est faux. Ce qu’ils refusaient était ce culte faux et non le principe d’une religion d’Etat.
Or ce principe de la liberté religieuse est au cœur de la perte du dogme de la foi. Il est au cœur de ce monde moderne anti-catholique. Il est responsable de la dissolution à laquelle nous assistons de toute pensée, de toute doctrine, de toute vérité.
Le discours du 22 décembre montre donc que la Rome du concile n’a pas changé. Le dogme de la foi y est toujours miné. Donc il me semble que Benoît XVI, malgré son apparente bonne volonté, peut difficilement promouvoir le vrai bien de l’Eglise, parce qu’il ne le comprend pas.
Que peuvent donc espérer de ce pontificat les catholiques fidèles à la Tradition ?
A moins d’un grand miracle de Dieu pour rendre aux hommes de l’Eglise du concile leur sens du dogme de la foi, il ne semble pas qu’il y ait grand-chose, humainement parlant, à espérer de ce pontificat. Mais “ divinement parlant ”, les catholiques doivent garder une grande espérance car cette situation inédite de l’Eglise leur fait gagner d’immenses mérites !
“ Que reste-t-il à discuter ? ”
Pensez-vous que le dialogue avec Rome soit possible ?
Il me semble que, depuis les sacres de 1988, le dialogue entre cette Rome conciliaire et la FSSPX est bien difficile, voire impossible. “ Cum negante principia nequit disputar ” : “ Il est impossible de discuter avec quelqu’un qui nie les principes ”, dit l’adage scolastique. Or, ainsi que le soulignait Mgr Lefebvre en rompant le dialogue avec Rome en 1988 pour procéder aux sacres des évêques, cette Rome – en l’occurrence le cardinal Ratzinger à ce moment là ! – cherche avec les principes du concile à déchristianiser le monde alors que la Fraternité cherche à le christianiser. L’opposition est diamétrale ! Que reste-t-il à discuter ?
De plus, le dialogue lui-même n’est pas sans danger, car il suscite faux espoirs, controverses et déceptions s’il n’aboutit pas. Son ouverture même doit être mûrement réfléchie. Or je sais que depuis la rupture des conversations entre la Rome conciliaire et la Fraternité en 2001, le cardinal Castrillón voulait absolument renouer les contacts. La visite du supérieur général et du premier assistant de la Fraternité pour honorer le nouveau pape au mois d’août lui en a offert l’occasion…
Tout dialogue est-il donc définitivement exclu ?
Si la discussion doit avoir lieu, le grand principe doit être la primauté de la doctrine de la foi. La tension entre cette Rome conciliaire et la FSSPX n’est pas peu de chose : il y va de cette foi catholique sans laquelle aucun être humain ne peut sauver son âme. Alors les intérêts de cette foi passent bien avant les intérêts ou de cette Rome ou de la FSSPX.
Certains fidèles semblent fatigués du combat de la Tradition. Que leur dites-vous ?
Courage ! Méditez, méditez, méditez les fins dernières ! Que profitera à un homme de gagner tout Rome s’il y laisse miner sa foi ? Qu’importe-t-il à un homme de perdre ses amis, sa tranquillité, son prestige, jusqu’à son foyer et – apparemment – même son Eglise, s’il garde le dogme de la foi et, en gardant cette foi, peut encore sauver son âme ? Tout lasse, tout passe, sauf l’éternité !
Dieu ne nous oublie pas. Chacun des cheveux de nos têtes est compté. C’est une vérité de foi. Il est le maître du temps. Il nous sauvera à l’heure qu’il a fixée. D’ici là, il nous voit dans nos difficultés et sa grâce ne nous manquera jamais. Prenons donc courage et attendons sereinement l’heure de Dieu.
La Fraternité a passé les 35 ans. Que diriez-vous de son bilan ?
Telle qu’elle a été fondée par Mgr Lefebvre, la Fraternité a été à la pointe du combat de la foi et l’est encore, mais elle n’y serait plus si elle compromettait le dogme de la foi.
Mgr Lefebvre n’a jamais abandonné la messe de Saint-Pie V [la messe en latin, Ndlr] parce qu’elle exprime cette doctrine. Il a formé les prêtres de la Fraternité par cette doctrine et cette messe, et par cette messe ces prêtres ont maintenu la foi du petit troupeau de Notre Seigneur.
Les fidèles ont pour la Fraternité une grande estime et affection, mais les meilleurs d’entre eux cesseraient de la suivre si elle se compromettait avec ces Romains qui ont perdu le dogme de la foi.
La Fraternité a-t-elle des rides ?
L’environnement de la FSSPX a beaucoup changé depuis les années 1970 et 1980 : l’Eglise conciliaire s’est enfoncée dans ses erreurs et sa décadence tandis que nous avons vu apparaître divers mouvements se réclamant de la tradition catholique mais qui ne partagent pas complètement les positions de la Fraternité. Autrement dit la confusion des âmes est toujours plus grande.
Comment la Fraternité s’est-elle adaptée à ces évolutions ?
Il y a un merveilleux texte du père Garrigou-Lagrange : “ Miséricorde et fermeté doctrinale ne peuvent subsister qu’en s’unissant ; séparées l’une de l’autre elles meurent et ne laissent plus que deux cadavres : le libéralisme humanitaire avec sa fausse sérénité et le fanatisme avec son faux zèle. On a dit : “L’Eglise est intransigeante en principe parce qu’elle croit, elle est tolérante en pratique parce qu’elle aime.” Les ennemis de l’Eglise sont tolérants en principe parce qu’ils ne croient pas, et intransigeants en pratique parce qu’ils n’aiment pas. ” (Dieu, son existence et sa nature, Paris 1923, p. 725)
Jusqu’en 1991, la Fraternité a eu sous les yeux la conjonction admirable de foi et de charité en la personne de son fondateur, Mgr Lefebvre. Depuis qu’il nous a quittés, nous pouvons être tentés, soit de manquer à la charité en nous enfermant dans la justesse de notre foi, soit de manquer à la foi en ayant trop de compassion pour les erreurs du monde qui nous entoure, y compris celles de l’Eglise conciliaire. Il nous faut et croire et aimer. De là nous pouvons nous interroger : avons-nous toujours le zèle missionnaire de notre fondateur ? Son ardeur et sa fermeté à défendre la foi ?
Sur quels points devront désormais porter les efforts de la Fraternité ?
Nous devons, me semble-t-il, armer davantage nos futurs prêtres contre les erreurs du monde libéral. La bonne doctrine classique ne suffit plus. Les séminaristes ont besoin d’une formation contre-révolutionnaire fondée notamment sur les grandes encycliques anti-libérales des papes pré-conciliaires auxquelles Mgr Lefebvre tenait tant.
De même, les prêtres de la Fraternité doivent former des laïcs qui comprennent en profondeur les origines de cette crise de l’Eglise et du monde dont VaticanII n’est qu’une suprême manifestation. A défaut d’une telle formation, les laïcs suivraient tôt ou tard le courant commode de l’apostasie universelle.
Une foi ainsi éclairée est naturellement apostolique et missionnaire, c’est-à-dire charitable. Les prêtres comme les laïcs doivent avoir pour la multitude des âmes égarées qui nous entourent le souci qu’a pour elles notre mère l’Eglise catholique.
Des départs qui auraient pu être évités
La FSSPX a perdu de nombreux prêtres ces dernières années. Cela a été très douloureux pour les intéressés et pour les fidèles. Quelles en sont les causes ? Y a-t-il des remèdes ?
Tout d’abord ne pensons pas qu’il n’y ait que la Fraternité qui perde des prêtres. L’apostasie universelle, la dislocation des familles et de la société ont fragilisé les hommes et en emportent constamment de tous les côtés. Dès lors, les séminaires doivent ressembler plus à une famille et moins à une caserne. Nous autres supérieurs devons veiller à maintenir un contact paternel avec nos prêtres et nous demander si nous n’aurions pas pu éviter certains départs.
La FSPPX va élire son prochain supérieur général au mois de juillet. Quels seront pour vous les enjeux de cette élection ?
Nous avons vu qu’au cœur de cette crise est la perte du sens de la vérité, de la primauté de la doctrine et de la pureté de la foi catholique. Voilà donc ce que devra maintenir en priorité le prochain supérieur général. De là, il lui sera plus facile de faire comprendre et pratiquer cette vraie charité dont parle saint Paul et dont les âmes ont éperdument besoin.
Mais, Monseigneur, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?
Eh bien, le futur supérieur général aura à piloter la petite barque de la Fraternité parmi des vagues de plus en plus hautes ! Nous voyons bien que le changement du monde s’accélère, les anciens repères disparaissent l’un après l’autre.
L’Eglise conciliaire se délite et nous allons voir le clergé officiel se raréfier encore. En même temps, les autres religions acquièrent chaque jour plus de droits dans nos vieilles chrétientés. Le poids des idéologies antichrétiennes se fait lourd, celui de l’Etat démocratique aussi. Les structures familiales faiblissent, même chez les catholiques. Tout ceci pèse directement sur la vie des fidèles et de notre congrégation.
A vue humaine, rien n’apparaît capable de freiner cette décadence. Le supérieur général aura donc la charge de maintenir la foi et le zèle de nos prêtres dans cet environnement qui s’éloigne toujours plus de la réalité, naturelle et surnaturelle.
La Fraternité est-elle donc à une croisée de chemins ?
Oui. Ou elle prend la route héroïque des cimes et, refusant prestige et honneur, accepte d’être honnie et persécutée par le monde. Elle sera alors aimée et suivie par le “ petit troupeau ” de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ou bien elle prend la route du confort et de la facilité, en se compromettant avec le monde et l’Eglise du monde, c’est-à-dire l’Eglise conciliaire. Elle sera alors peu à peu abandonnée par les brebis, qui ne reconnaîtront plus en elle la voix du Divin Maître.
Quelles seront les qualités les plus importantes du futur supérieur général pour affronter ces enjeux ?
D’abord être fort dans la foi, et ensuite humain, surtout envers ses prêtres. Il lui faudra aussi jugement, prudence et capacité d’adaptation pour discerner et sauvegarder l’essentiel. C’était là une des grandes qualités de Mgr Lefebvre lui-même.
Par contre le supérieur n’a pas besoin d’être un saint. Pour un supérieur, la sainteté est un luxe, pour ainsi dire. Saint Thomas d’Aquin l’a dit une fois pour toutes : “ Qu’il enseigne, s’il est savant. Qu’il prie, s’il est saint. Qu’il gouverne, s’il est prudent. ”.
Un dernier message ?
Veillons et prions Notre Dame.
Propos recueillis par “ Minute ”



Mgr Williamson entre en campagne
08/03/2006 - abbé Grossin - http://tourdedavid.hautetfort.com/
Je m'abstiendrai de publier sur ce blog l'entretien que Mgr Williamson a accordé à l'abbé de Tanoüarn pour le journal "Minute" car cet évêque joue au "dur" pour emporter les voix des récalcitrants et les empêcher à tout prix de reconnaître la vérité qui crève les yeux : Ratzinger est un antichrist, tout autant que son prédécesseur ! Mgr Williamson est un ennemi acharné et un persécuteur de longue date des sédévacantistes, tout en affirmant à l'un ou l'autre qu'il n'est pas "una cum" à la messe. C'est cela, Mgr Williamson : que des ambigüités et des paradoxes en paroles, mais des actes très précis contre ceux qui adhèrent à la vérité intégrale et antilibérale. Si vous voulez, Mgr Williamson serait une avant-dernière digue pour retenir encore les récalcitrants dans la secte conciliaire. La dernière digue étant constituée par l'Institut Mater Boni Consilii, en particulier par son Supérieur, l'abbé Ricossa, qui espérait voir sortir un pape catholique du dernier conclave ! ! ! Pauvre homme !
Les loups vont se dévorer entre eux, les contradictions internes sur le dogme de foi vont éclater de plus en plus au grand jour. Réfugions-nous dans le Coeur Immaculé de Marie et gardons filialement le secret de Fatima contre les lefebvristes d'Avrillé et d'ailleurs, et le secret de la Salette contre les guérardiens de Verrua et d'ailleurs.
Pour vous et avec vous, ô Notre-Dame, nous combattrons les hérésies !
Abbé Grossin
La bombe Williamson dans Minute !
[Forum catholique] - par Petrus (2006-03-08 16:45:36)
C'est Richard Ier Coeur de Lion le retour. Du grand Williamson dans Minute! Après le séisme du 17 octobre 2004 à Saint-Nicolas où, dans une homélie en forme de violent réquisitoire contre Mgr Fellay et son clan, le doyen des quatre évêques de la FSSPX ne s’était déjà pas fait que des amis au sein du mouvement fondé par Mgr Lefebvre, voici désormais la réplique, encore plus violente, encore plus judicieuse, dans Minute du 8 mars 2006. A moins de quatre mois d’un chapitre général qui s’annonce celui de tous les dangers (Mgr Fellay et ses proches seront-ils, comme ils l’espèrent, reconduits pour douze ans à la tête de la FSSPX ?), le supérieur du séminaire de La Reja en Argentine ne mâche pas ses mots contre l’actuelle direction de la Fraternité dans l’ « hebdomadaire politiquement incorrect » du tanoüarnien Jean-Marie Molitor, sans doute pas fâché de mettre en fureur un Mgr Fellay pour lequel il n’a à juste titre que peu d’estime. Mgr Williamson qui s’affirme là clairement comme le principal opposant à Mgr Fellay et à l’abbé Schmidberger dénonce tout à la fois les méthodes et les objectifs de l’actuel supérieur général sans quasiment jamais citer son nom, ce qui fait encore plus mal. Il condamne les actuelles et interminables discussions avec ce qu’il appelle « la Rome conciliaire » et « les papes conciliaires » : « le dialogue lui-même, explique-t-il, n’est pas sans danger, car il suscite faux espoirs, controverses et déceptions s’il n’aboutit pas. Son ouverture même doit être mûrement réfléchie. Or, je sais que depuis la rupture des conversations entre la Rome conciliaire et la Fraternité en 2001, le cardinal Castrillon Hoyos voulait absolument renouer les contacts. La visite du supérieur général et du premier assistant de la Fraternité pour honorer le nouveau pape au mois d’août lui en a offert l’occasion… »
Cette dernière phrase est de la nitroglycérine : ni Mgr Fellay ni l’abbé Schmidberger ne sont nommément cités. On ne cite pas en effet les noms de ceux que l’on méprise ! D’ailleurs, le supérieur général de la FSSPX est implicitement accusé de « perdre le dogme de la foi » et d’entretenir « une grande confusion » du fait de ses contacts avec la Rome moderniste. L’équipe de Mgr Fellay est à la fois libérale et fanatique, molle sur les principes et impitoyable avec les personnes, et singulièrement avec les prêtres. C’est le sens évident de la citation par Richard Williamson du père Garrigou-Lagrange : "séparées l’une de l’autre miséricorde et fermeté doctrinale ne laissent plus que deux cadavres : le libéralisme humanitaire avec sa fausse sérénité [comprendre : celle de Mgr Fellay et de son sourire Colgate !] et le fanatisme avec son faux zèle [comprendre : la chasse aux prêtres non clonés, non totalement soumis aux caprices et tergiversations du supérieur général, la cessation brutale des négociations avec l’abbé Laguérie avec le communiqué sec comme un coup de trique de l’abbé Arnaud Sélégny et les ordures d’un certain site Internet] ».
D’ailleurs, la FSSPX est aux mains d’un clan, d’une secte où Mgr Williamson, bien qu’évêque, n’est nullement informé des négociations en cours : « J’ai suivi les événements avec attention au travers des médias, comme tout le monde. [le « comme tout le monde » est essentiel !]. De plus, quelques jours après la rencontre de Mgr Fellay et le cardinal Castrillon Hoyos (…), j’ai reçu de Mgr Fellay un rapport sur cette rencontre qui a duré plus de cinq heures. Je dois avouer que la lecture de ce rapport a été pour moi plutôt décevante. » Admirez l’euphémisme !
Est à nouveau épinglée, comme dans l’homélie en forme de bombe du 17 octobre 2004, une certaine forme de surnaturalisme inhumain (il ne suffit pas d'avoir l'apparence extérieure de la sainteté avait expliqué Mgr Williamson!) : la gestion des séminaires est clairement mise en cause : « les séminaires doivent ressembler plus à une famille qu’à une caserne ». L’attitude des supérieurs vis-à-vis des prêtres n’est pas charitable et des départs auraient pu et dû être évités : « Nous autres supérieurs devons veiller à maintenir un contact paternel avec nos prêtres et nous demander si nous n’aurions pas pu éviter certains départs ».
La direction de la FSSPX, inhumaine avec ses prêtres, ne défend pas convenablement la foi et les principes, n’a pas de zèle apostolique : « nous pouvons nous interroger : avons-nous toujours le zèle missionnaire de notre fondateur ? Son ardeur et sa fermeté à défendre la foi ? » Poser ainsi la question, c’est y répondre.
Considérant que la Fraternité est « à la croisée des chemins », Mgr Williamson ne veut à aucun prix d’un Mgr Fellay et de ses hommes jusqu’en juillet 2018. La preuve, l’évêque britannique attend du nouveau supérieur général qu’il soit « fort dans la foi, et ensuite humain, surtout avec ses prêtres » Une dénonciation en creux de Bernard Fellay et de sa bande ! D’ailleurs, il faudra à ce nouveau supérieur général « jugement, prudence et capacité d’adaptation pour discerner et sauvegarder l’essentiel. C’était là une des grandes qualités de Mgr Lefebvre lui-même » Admirez l’imparfait (« c’était »), temps qui, selon les grammairiens, indique un passé révolu. Au reste, toutes les références à Mgr Lefebvre dans cet article en forme de dynamite ne sont là que pour opposer le fondateur de la FSSPX à l’actuel supérieur général. Mgr Willimason évoque aussi au passé « la force et l’unité de la FSSPX » : « telles qu’on les a connues » dit-il de manière explicite. Et le doyen des quatre évêques de la Fraternité d'ajouter : "le supérieur n'a pas besoin d'être un saint.", façon là aussi de se moquer des déclarations des suresnites et des menzingeniens selon lesquels il ne faut former que des saints. Comme s'il n'y avait pas des haines torrides entre clercs au sein de cette si peu fraternelle FSSPX !
Enfin, Mgr Williamson menace : « Les fidèles ont pour la Fraternité une grande estime et afffection, mais les meilleurs d’entre eux cesseraient de la suivre si elle se compromettait avec ces Romains qui ont perdu le dogme de la foi ».
Bref, un véritable réquisitoire contre douze ans de supériorat général de Mgr Fellay et même au-delà puisque l’abbé Schmidberger est également visé, Mgr Williamson évoquant un changement au sein de la FSSPX depuis 1991, année de la mort de Mgr Lefebvre, époque où l’abbé Scmidberger dirigeait la FSSPX, et ce jusqu'en 1994.En fait, il la dirige toujours en tandem avec Mgr Fellay.
On l’a compris : Mgr Williamson ne votera pas et ne fera pas voter pour Mgr Fellay et ses hommes au chapitre général de juillet 2006. Il risque d’y avoir du sport en perspective. Bref un régal !
Petrus.
« Le dogme de la foi » - Réflexions, Mars 2006
Mgr Williamson (La Reja - 8 mars 2006)
« Le dogme de la foi » — n’est-ce pas une expression un peu étrange ? Pourtant elle est de Notre Dame, et elle va droit au cœur de cette crise de l’Église qui nous afflige tous, et toujours plus !
L’expression peut sembler étrange, parce que la foi catholique contient plusieurs dogmes, et pas seulement un. Selon notre façon normale de parler, chaque article de la foi catholique constitue un dogme, comme chaque définition solennelle de l’Église en fixe un autre. Alors comment peut-on parler du « dogme de la foi » au singulier ?
Le contexte où Notre Dame utilisa cette expression est d’un grand intérêt. C’est à Fatima en 1917 qu’elle dit à Sœur Lucie entre la deuxième et troisième partie du Secret : « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi ». Or, la deuxième partie du Secret est connue de tout le monde. C’est là où Notre Dame avertit le monde qu’il fallait consacrer la Russie à son Cœur Immaculé et faire réparation par la Communion des premiers samedis du mois, sinon des châtiments graves s’abattraient sur l’humanité.
Par contre la troisième partie du Secret de Fatima, ce « Troisième Secret » dont tout le monde catholique attendait la publication par l’Église en l’année fixée pour cela par Notre Dame, 1960, n’a toujours pas été révélée (le supposé « Troisième Secret de Fatima » rendu public par Rome en 2000 est sûrement autre chose que le texte attendu en 1960). Mais les meilleurs experts de Fatima considèrent que les paroles « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi », constituent de fait le début du vrai Troisième Secret, parce que Sœur Lucie y ajouta une fois par écrit « etc. », comme si elle avait voulu signaler que c’est là qu’il fallait insérer la suite du Troisième Secret.
C’est hautement vraisemblable, et voilà tout l’intérêt de cette expression un peu étrange utilisée par Notre Dame. Car, disent ces experts, si le Troisième Secret n’a jamais été révélé par Rome, n’est-ce pas parce qu’il annonce la crise de l’Église déclenchée (sinon voulue) par les innovateurs de Vatican II qui n’entendaient pas se faire condamner d’avance par la Mère de Dieu ? Alors ceux-ci ont tu son secret en 1960 pour lancer leur Concile en 1962. En effet, dire qu’au Portugal se conservera « le dogme de la foi », n’est-ce pas suggérer qu’il se perdra ailleurs ?
Dès lors, Notre Dame a pu choisir cette expression pour annoncer en résumé toute la crise de ces 40 ans dans le désert conciliaire. En effet ! Car ce qui caractérise cette crise et fait qu’elle est la plus épouvantable de toute l’histoire de l’Église, n’est-ce pas que grand nombre de catholiques, même s’ils n’ont pas encore perdu la foi — Dieu le sait — ont certainement perdu le sens du caractère dogmatique de la foi ? Peut-être croient-ils encore en tout article de la foi catholique, mais ils ne croient plus que ces articles et cette foi condamnent tout ce qui les contredit, c’est-à-dire toutes les erreurs de toutes les autres religions du monde. Et peut-on mieux résumer la condition de tels catholiques qu’en disant qu’ils ont perdu le dogme de la foi ?
La crise est épouvantable parce que ces catholiques peuvent se rassurer qu’en acceptant eux-mêmes tout dogme particulier de la foi catholique, ils sont catholiques sans problème — surtout s’ils sont avec le Pape ! Mais il y a un problème gravissime, car dès qu’ils croient avec le Concile que tout homme a effectivement droit à sa propre croyance, ils minent en général tout et chacun de ces dogmes particuliers qu’ils pensent accepter. Qu’ils s’en rendent compte ou non, ils ont remplacé la religion de la vérité de Dieu avec la religion de la liberté de l’homme, car c’est au fond de leurs croyances qu’ils mettent la liberté religieuse. Pas apparemment, mais réellement, ils mettent l’homme à la place de Dieu.
C’est pour cela que j’ai dit au Cardinal Castrillón, lorsqu’il a très gentiment invité les évêques de la Fraternité St. Pie X à déjeuner avec lui le 11 août 2000, « Eminence, nous avons deux religions différentes ». Au Cardinal de répondre plus tard, mais typiquement, « Mais vous et moi, nous croyons en le même Jésus Christ, la même Eucharistie, la même Église ! »
Eminence, oui et non, mais surtout non ! Je recours toujours au même exemple : — un mathématicien qui croit que deux et deux peuvent faire quatre ou cinq, a-t-il la même arithmétique que celui qui croit qu’ils ne peuvent faire qu’exclusivement quatre ? Sûrement pas ! L’arithmétique du premier a beau ne pas exclure la vérité (comme son Eminence n’exclut pas l’Eucharistie, etc.), car dès qu’elle n’exclut pas l’erreur non plus elle mine la vérité. Par contre, l’arithmétique vraie exclut absolument toute erreur qui ne corresponde pas à la réalité.
De même la vraie foi catholique exclut et condamne toutes les erreurs de toutes les autres religions, en particulier cette erreur de la liberté religieuse qui nie toute vérité objective pour établir la religion de l’homme.
Eminence, nous sommes bel et bien en présence de deux religions. La religion vraiment catholique a toujours engendré des martyrs de la vérité, parce que les vrais catholiques condamnent les erreurs du monde. Par contre la religion libérale qui n’est qu’en apparence catholique, n’engendre jamais de tels martyrs parce qu’elle laisse le monde tranquille dans ses erreurs.
Reine des Martyrs, priez pour nous !

2 mars 2006

Benoit XVI honore un Père !
"La Lettre de Paix liturgique" - Numéro 51 – 2 mars 2006 - contact@paixliturgique.com
Benoit XVI honore un Père !
► Quelle ne fut pas notre immense joie en apprenant que Monseigneur Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France et membre de la Commission Ecclesia Dei avait été créé cardinal par notre Saint Père Benoît XVI le 22 février dernier ! Oui, c’est une grande joie pour toute l’Eglise de France ! C’est de tout coeur que nous adressons nos plus chaleureuses félicitations à Monseigneur Ricard, qui depuis toujours s’est comporté comme un Père pour chacune des brebis du troupeau qui lui était confiée, n’en excluant aucune, fût-elle attachée à la liturgie traditionnelle de l’Eglise… C’est ce Père aujourd’hui que nous venons féliciter avec une profonde reconnaissance pour l’admirable travail d’apaisement et d’édification de la paix liturgique qu’il a toujours mené avec beaucoup de charité et de courage pastoral. On se souvient qu’évêque de Montpellier (1996-2001), Monseigneur Ricard fit tout ce qu’il put pour que les fidèles de son diocèse attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise soient considérés comme tous les autres fidèles. Non seulement, il conforta le choix de son prédécesseur qui avait fait appel à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre pour célébrer la messe traditionnelle à Montpellier en déclarant publiquement à leur endroit qu’ils constituaient «  une opportune diversité » mais aussi, tenant compte des réalités géographiques de son diocèse et acceptant d’écouter en vérité la forte demande des fidèles, il étendit le ministère de ces prêtres traditionnels en leur confiant un autre ministère à Béziers (à environ 70 km de Montpellier).
Ainsi, depuis de nombreuses années et grâce notamment à l’extrême bienveillance de Monseigneur Ricard, les prêtres de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre présents à Montpellier peuvent exercer leur ministère auprès des fidèles traditionnels dans un climat de paix et de communion diocésaine. C’est en effet dans un climat pacifié que ces jeunes prêtres peuvent célébrer la messe mais aussi tous les autres sacrements et développer les oeuvres telles que le scoutisme ou l’enseignement catholique en tenant compte de leur charisme traditionnel propre. Monseigneur Ricard ne manqua pas de manifester de diverses manières sa sollicitude pastorale vis-à-vis des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle : confirmations, bénédictions de promesses de louveteaux, rencontres… Cette belle et dynamique réalité ecclésiale n’aurait pas été possible sans l’amour du Père commun du diocèse pour ses fidèles diocésains.

Après les années montpelliéraines, Monseigneur Jean-Pierre Ricard fut nommé archevêque de Bordeaux et Bazas le 21 décembre 2001. Alors que dans ce diocèse les demandes anciennes et nombreuses de familles visant à obtenir la célébration de messes traditionnelles avaient toujours été malheureusement ignorées, Monseigneur Ricard laissa encore une fois parler son coeur de Père et décida là aussi de réintégrer les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle à la vie de son diocèse. Pour cela il confia une église, la chapelle du Christ Rédempteur de Talence (périphérie de Bordeaux) à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre qui sutrès rapidement développer une belle et paisible communauté. Aujourd’hui, cette chapelle accueille de nombreuses familles qui sont heureuses de pouvoir vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise en communion avec leur pasteur. A Bordeaux comme à Montpellier, Monseigneur Ricard a permis à toutes ces familles d’avoir non seulement la possibilité d’assister à la messe dans l’antique liturgie mais aussi d’y recevoir les autres sacrements. Au mois de juin dernier, Monseigneur Ricard venait à la chapelle du Christ Rédempteur en personne pour conférer le sacrement de confirmation à de nombreux jeunes gens. Les oeuvres tels que le catéchisme ou les groupes scouts sont aussi développées à Bordeaux en tenant compte de la sensibilité traditionnelle des familles. Cette communauté traditionnelle de Bordeaux est un magnifique exemple d’intégration diocésaine réussie. En sus de cet apostolat confié à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, Monseigneur Ricard a également confié un autre ministère traditionnel à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, à Auros (situé à environ 55 km de Bordeaux). En accueillant deux communautés traditionnelles dans son diocèse, Monseigneur Ricard a répondu comme l’y appelle le Saint-Père, de manière « large et généreuse » aux besoins spirituels des familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise. Quel bel exemple de Père qui sait laisser parler son coeur ! Voilà un comportement de Père aimant qui refuse de vexer les sensibilités. Et pour couronner le tout, lorsquefin 2005, l'abbé de Mentque de la Fraternité Saint Pierre a exprimé son souhait d'intégrer le diocèse, Mgr Ricard lui a confié un ministère à l'église Saint-Bruno, qui inclut la célébration de la messe de saint Pie V en semaine et le dimanche à 9 h 45. La charité et le courage pastoral de Monseigneur Ricard aujourd’hui récompensés par Benoît XVI ne se sont pas réduits aux seules limites géographiques de son diocèse. On se souvient quele 25 août 2004,   Mgr Ricard conférait le sacrement de l’ordre dans l’ancien rituel au monastère bénédictin du Barroux. Là encore quel bel exemple de respect !
On se souvient encore des paroles fortes de Monseigneur Ricard publiées dans une interview de la Croix du 25 août 2005 :
« On pourra peut-être envisager des possibilités plus larges, pour ceux qui le souhaitent, de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V. Il doit y avoir place, dans l´Eglise, pour une large palette de sensibilités, et celle qui se manifeste par le désir de célébrer l´Eucharistie selon ce rituel ancien peut sans doute être encore mieux accueillie qu´elle ne l´est déjà. »
Merci Monseigneur Ricard pour votre courage pastoral et pour votre amour de Père.
Vous nous montrez concrètement ce que peut être une véritable et authentique paix liturgique vécue dans les diocèses. En considérant les familles de votre diocèse attachées à la liturgie traditionnelle comme catholiques à part entière et non pas comme des « catholiques de seconde catégorie », vous avez su cicatriser les blessures et apaiser les tensions. Vous avez redonné confiance à tout un peuple ! Vous ne vous êtes pas comporté en homme de loi obsédé par la lettre mais comme un Père animé par l’esprit. Ainsi vous avez permis que toutes ces familles puissent bénéficier non seulement de la liturgie traditionnelle pour la messe mais également pour les autres sacrements. De même, le développement des oeuvres telles que le catéchisme ou le scoutisme dans leurs formes traditionnelles a été possible dans vos diocèses grâce à votre charité et à votre profond respect de la sensibilité de vos brebis. On le voit bien, dès lors que l’autorité diocésaine met en place des églises avec des prêtres bien disposés et disponibles pour célébrer la messe traditionnelle et tous les sacrements chaque jour de l’année et développer une vie paroissiale, la paix et la réconciliation s’installent. Ce type de situation peut se traduire par la mise en place de chapellenie comme cela est le cas dans les diocèses de Montpellier ou de Bordeaux. Il existe aussi la magnifique expérience du diocèse de Toulon où c’est le statut de la paroisse personnelle qui a été choisi par  Monseigneur Rey.
En effet, le vrai respect de la sensibilité particulière des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise doit se traduire par la possibilité pour eux de vivre leur foi dans tous ses aspects : messe, sacrements, catéchisme, scoutisme, écoles catholiques… Sans cela, la paix ne peut être qu’une paix de façade, légaliste et sans coeur. Cela, les familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise n’en veulent pas. Elles implorent juste une application « large et généreuse » des mesures d’apaisement mises en place par le grand pape Jean Paul II.
Sylvie Mimpontel
Au nom de tous les délégués du mouvement pour la Paix liturgique

28 février 2006

[Philippe Fabre] Un « tradi », victime d’exclusion, est soutenu par la Commission Ecclesia Dei.

Philippe Fabre - (Communiqué par l'intéressé) - 28 février 2006

Le Vatican refuse que l’on discrimine contre des fidèles attachés à la Tradition
Un « tradi », victime d’exclusion, est soutenu par la Commission Ecclesia Dei.
« Désireux de participer personnellement à la diffusion du chant grégorien, j’ai posé en 2002 ma candidature au Conseil d’Administration de la Schola Saint Grégoire. Le Bureau de la Schola Saint Grégoire, présidé par le T.R. Père Dom Forgeot, y a fait obstacle pour la seule raison que j’assistais aux offices de la Fraternité Saint Pie X.

Dès lors, j'ai essayé de trouver un terrain d'entente avec les responsables de la Schola jusqu’en 2003. Sans succès. J'ai donc demandé que me soient officiellement signifiés les reproches qui m’étaient faits. Pas de réponse.

Je me suis alors posé la question : Y a-t-il plusieurs catégories de catholiques ? Ceux qui ont droit de postuler à la direction des oeuvres catholiques et ceux qui n'ont pas le droit ? Où est-ce écrit ? Le lieu d'assistance à la messe est-il le critère permettant de faire le choix ?

Le 18 janvier 2003, Mgr Perl – Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei - avait répondu à une partie de ces questions en écrivant à « Una Voce America » le texte suivant afin de préciser une communication antérieure:
...Sa première question était : "Puis-je accomplir mon devoir dominical en assistant à une messe de la Fraternité Saint Pie X ?" et notre réponse fut :
"1) Dans un sens strict, vous pouvez accomplir votre devoir dominical en assistant à une messe célébrée par un prêtre de la Fraternité Saint Pie X."

Sa troisième question était : "Est-ce un péché de ma part de contribuer à la quête du dimanche à une messe de la Fraternité Saint Pie X ?" à laquelle nous avions répondu :

"3) Il semble qu’une modeste contribution à la quête à cette messe pourrait être justifiée."
Ainsi, non seulement on peut assister le dimanche à une messe de la Fraternité Saint-Pie X, mais en outre on peut y donner de l'argent.

Le cardinal Hoyos reprendra le 13 novembre 2005, parlant des traditionalistes :
« Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. Il y a, dans le fait de consacrer des évêques sans le mandat pontifical, une attitude schismatique. Ils sont à l’intérieur de l’Eglise. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe. »
Déplorant la mise à l’écart qui m'a été infligée par le Bureau de la Schola, j’ai souhaité - en fils fidèle et aimant de la Sainte Eglise Catholique – porter un recours auprès de l’autorité vaticane. J’ai demandé au Vatican s’il pouvait y avoir légitimement une base canonique à mon exclusion des fonctions d’administration de cette œuvre catholique.

Voici le résultat de ma demande :

La Commission Ecclesia Dei indique, dans sa lettre du 5 septembre 2005, sous la signature de Mgr Perl :
« Sur l’argument invoqué (que vous assistez régulièrement à la messe dominicale dans une chapelle de la Fraternité Saint Pie X) on ne peut dire que ceci : les fidèles qui assistent aux messes de la dite Fraternité ne sont pas excommuniés, comme ne le sont pas non plus les prêtres qui célèbrent, qui sont par contre suspens. C’est pourquoi, il serait difficile d’expliquer cette exclusion par ce seul motif, au moment où l’on cherche de réintégrer cette Fraternité dans la pleine communion de l’Eglise ».
Mgr Perl, courrier du 5 septembre 2005 adressé à Ph. Fabre.
La Commission Ecclesia Dei a souhaité que son avis soit complété par celui du Conseil Pontifical de la Culture et l’a saisi. Le Conseil Pontifical de la Culture s’est exprimé sous la signature du Cardinal Poupard (21 octobre 2005) : il décline toute compétence dans cette affaire et n’entend pas jouer de rôle particulier dans la gestion de la Schola Saint Grégoire.

La lettre de septembre 2005 de Mgr Perl vient ainsi compléter et préciser celle de janvier 2003 en lui donnant encore plus de force. Il est clairement établi par les autorités du Vatican que l’assistance à la messe dans une chapelle de la Fraternité Saint Pie X ne peut être à elle seule une raison pour exclure, discriminer, ni même restreindre l’accès d’un catholique traditionnel à l’administration d’une œuvre catholique. »

Philippe Fabre
Saint-Leu la Forêt
28 février 2006

NB :
* La Fraternité Saint Pie X n’a jamais été impliquée elle-même dans ce différend, ni directement, ni indirectement.
** A ce jour, le Bureau de la Schola Saint Grégoire n’a satisfait aucune des demandes que j’ai formulées après lui avoir communiqué les deux courriers de Rome. »

[Sam Gamegie - Le Forum Catholique] Pour qui roule Strogof?

SOURCE - Sam Gamegie - Le Forum Catholique - 28 février 2006

Cher Strogof, je voudrai que vous m'expliquiez en quoi l'abbé de Tanouarn est rallié? Pouvez vous me dire? J'attends toujours aussi une explication sur la légitimité de la critique de l'abbé de Caqueray à propos de Saint Eloi alors que ce même abbé les a viré il y a un an? Depuis que les exclusions ont été confirmées, j'ai toujours souri de ces gens qui s'employaient à enfoncer davantage ceux qu'ils avaient rejetés hier. Un ami prêtre me disait à propos de la critique de la visite de Mgr Rifan que cela faisait penser au chien qui aboie dans la maison alors qu'un passant empreinte le trottoir d’en face....

En fait, j'ai ma petite réponse à tout cela: si la « critique » se maintient, c'est que -manque de pot- le succès est là. Encore une fois, le 20 novembre a rassemblé 900 personnes pour l'anniversaire de Mgr Lefebvre quand le district de France de la FSSPX en rassemblait difficilement 150. Si l'abbé de Tanouarn et Saint Eloi avaient derrière eux trois pelés et deux tondus dans leur rang, je crois que vous n'en parleriez absolument pas cher Strogof. Alors vous faites "Comme si"... Comme si l'abbé de Tanouarn était rallié, comme si Saint Eloi avait à revenir sur leur position.

Je suis en train de lire l’excellent livre de l’abbé Héry, « Non lieu sur un schisme ». Le fait que cet abbé ait publié une telle défense de la position de la FSSPX (Remerciement à l'abbé de Caqueray en prime), alors qu’il venait d’en être viré, montre de manière éclatante l’état d’esprit de ces « mutins » comme on les appelle. A l’exception d’une critique ouverte de la politique de Mgr Fellay, les « mutins » donc ont toujours appelé à construire, à défendre la Tradition, à préserver la doctrine, à inviter la FSSPX aussi… Avant, les « mutins » faisaient cela au sein de la FSSPX. Ils faisaient du bruit, mais bon, c’était pour la bonne cause... Maintenant qu’ils sont virés, ils font toujours autant de bruits, mais ce n’est plus pour la bonne cause… Ne trouvez-vous pas tout cela un peu facile?… D'ailleurs, allez sur la Porte Latine, tapez "Non lieu sur un schisme". Vide intersidérale. C'est pitoyable. Et après vous allez vouloir me faire croire que c'est LA cause qui est à défendre?

24 février 2006

[Claire Chartier - L'Express] Intégristes: retour au bercail?

Claire Chartier - L'Express - 23 février 2006

Quinze ans après la mort de Mgr Lefebvre, ses ouailles pourraient retrouver le chemin de Rome. Le pape y travaille

Ennemis de la modernité, apôtres de la soutane et des messes en latin, ils faisaient un peu partie du folklore catholique. Pour la première fois depuis leur rupture avec Rome, en 1988, les lefebvristes, moutons noirs de l'Eglise, sont peut-être en passe de se réconcilier avec leur famille d'origine. Des discussions sont en cours à la curie, où un début d'accord pourrait être trouvé très prochainement sur le statut particulier à accorder à ces dissidents entêtés, rassemblés sous la bannière de la Fraternité saint Pie X. Pour Benoît XVI, il n'est que temps de régler une grosse fâcherie qui embarrasse le Vatican depuis 1988.

Prélat frondeur, Mgr Lefebvre s'était livré à l'époque à un fracassant coup d'éclat en consacrant quatre évêques contre l'avis du Saint-Siège, ce qui avait valu à la troupe schismatique d'être automatiquement excommuniée. A sa mort, en 1991, ses successeurs ont repris le flambeau. L'objet de leur rébellion? Le concile Vatican II, coupable, selon eux, d'avoir sacrifié la messe en latin et d'avoir ancré le christianisme dans le monde contemporain. Le début de la fin. Yves Amiot, un laïque lefebvriste qui a fondé l'association Sensus fidei (le Sens de la foi), ne fait pas dans la nuance: «Il est ridicule de se dire l'ami du monde! tempête-t-il. Le monde nous hait. La maçonnerie nous hait. L'islam nous hait.» Porte-parole de la Fraternité saint Pie X, le père Alain Lorans renchérit: «Depuis Vatican II, l'Eglise a cessé de promulguer des dogmes. Résultat: elle n'est plus qu'un bateau qui prend l'eau de toute part, comme le dit Benoît XVI lui-même. Il y a un examen de conscience à faire.»

Les négociations s'annoncent délicates, mais, dans ce paysage maussade, les 460 prêtres et les 150 000 fidèles dont s'enorgueillit la fraternité dans 50 pays du monde constituent évidemment un argument non négligeable. Le Vatican devrait permettre aux traditionalistes de célébrer plus facilement leurs messes selon le rite tridentin, en vigueur avant le concile. A l'heure actuelle, de nombreux offices en latin sont pratiqués un peu partout en France, mais les prêtres doivent demander une autorisation préalable à leur évêque. Ils pourraient également obtenir l'annulation du décret papal de 1998 qui les mettaient au ban de l'Eglise. En revanche, sur les questions de fond, le rapprochement semble nettement plus ardu. Pour les intégristes lefebvristes, qui ne conçoivent d'autre vérité que celle de la religion catholique, le dialogue interreligieux et l'œcuménisme ont le goût du blasphème. Pour Benoît XVI, ils constituent le cœur même de son pontificat.

[Hélène Rouquette-Valeins - Sud-Ouest] Saint-Eloi et le cardinal

Hélène Rouquette-Valeins - Sud-Ouest - 23 février 2006

Mgr Ricard a été créé cardinal hier par le Pape. Il reste discret sur le rapprochement avec la Fraternité St Pie X

Il ne parle pas de schismatiques encore moins d'intégristes. Mgr Ricard, désormais interrogé comme cardinal, reconnaît qu'il existe « de multiples contacts entre le Saint Siège et les milieux marqués par la tradition ». Lui-même d'ailleurs est membre de la commission pontificale Ecclesia Dei, chargée des relations avec les mouvements traditionnalistes. Il a reçu samedi dernier l'évêque brésilien Fernando Rifan, venu « en ami et avec l'approbation de Rome », assister à une messe en l'église Saint Eloi. En revanche, il n'a pas reçu le livre que l'abbé Christophe Héry, a consacré à l'histoire de la Fraternité St Pie X publié aux éditions Mascaret et qui s'intitule très clairement « Non lieu sur un schisme. Vingt réponses aux excommuniants ». Un ouvrage dans lequel le compagnon de route de l'abbé Laguérie, ancien curé de Saint Nicolas du Chardonnet, veut montrer que « ce qui nous sépare est moins important que ce qui nous unit ». Ce fut d'ailleurs le sens de l'intervention de Mgr Rifan assurant dimanche dernier que « le dialogue supplante les différences ».

Benoît XVI a reçu il y a quelque temps le successeur de Mgr Lefevre et cette amorce de dialogue est pour les occupants de Saint-Eloi en délicatesse avec leurs propre hiérarchie, qui a envoyé un nouveau représentant à Bruges, « un signe fort » qui laisse présager « une reconnaissance ». Laquelle risquerait de n'être pas très bien prise, par les catholiques engagés sur une autre voie.

En attendant, le cardinal Ricard n'en dit pas plus se contentant de préciser qu'il a de bonnes chances de recevoir avant la fin des prochaines vacances un nouvel évêque auxiliaire. Qui viendra d'où ? « Il sera Français », répond simplement la nouvelle Éminence.

23 février 2006

[Abbé Philippe Laguérie] Supercherie à Suresnes - L’Abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du District de France, prend ses désirs pour des réalités.

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie - 22 février 2006

On comprend aisément que l’abbé Régis de Cacqueray, ait à se justifier, deux ans après, du renvoi scandaleux de trois prêtres de son district (dont l’un sans l’avoir même rencontré !) Comme il lui serait commode – et agréable ? – de justifier son erreur par la déviation doctrinale et liturgique des intéressés.

Mais que le représentant en France de la FSSPX utilise pour ce faire tout un attirail d’amalgames, de contre vérités et ose de surcroît, s’opposer directement à sa propre hiérarchie. voilà qui, loin de rattraper ses premières injustices, les démontre et les confirme.

Jugez plutôt.

1/- Sous le prétexte qu’ils assistent à une conférence d’un évêque catholique invité par eux, l’abbé de Cacqueray voudrait faire croire aux fidèles que les prêtres de Saint-Eloi assument toutes et chacune des paroles prononcées par le prélat. Où a-t-on jamais admis semblable procédé ? Sans doute l’abbé de Cacqueray est d’accord, toujours et en tout, à chaque conférence à laquelle il assiste ! 

2/- Déjà en date du 17 Novembre 2004, l’abbé de Cacqueray avait calomnié gravement Mgr Riffan (Porte Latine communiqué officiel au titre de : « La concélébration de Mrg Riffan ») Il l’accuse faussement d’avoir « concélébré » avec les évêques brésiliens, lors de la consécration du Brésil le 8 Septembre 2004 à « Nossa Senhora Aparecida ». C’est une grave calomnie jamais rétractée à ce jour, contre toutes les affirmations de l’intéressé. (Ignore-t-il le grave devoir de justice qui oblige tout chrétien à rétracter publiquement une calomnie publique ?) L’abbé de Cacqueray le sait d’ailleurs très bien, qui affirme simplement ici que le prélat « était présent parmi les évêques qui concélébraient ». Petite différence passée sous silence….. En se contredisant lui-même d’ailleurs puisqu’il invente, sans concélébration (!) des gestes et des paroles de concélébration du prélat, ajoutant l’odieux insupportable d’une simulation sacramentelle… Mgr Rifan a toujours été clair sur ce point ; il a assisté à la concélébration finale de la consécration du Brésil, mais n’a pas concélébré, encore moins simulé. Où est alors « la duperie » et « l’odieuse duplicité » ? 

3/- L’abbé de Cacqueray insinue encore que les prêtres de Saint-Eloi pourraient bien, eux aussi, en venir à célébrer ou concélébrer la nouvelle messe : « Ils considéraient la question comme vitale. » Un imparfait simplement voltairien ! Sachez, monsieur l’abbé, qu’ils la considèrent tous et définitivement comme vitale .Ne vous déplaise. Comment ose-t-il écrire : « la ritournelle trop tristement connue comptera un couplet de plus avec le déportement d’une nouvelle portion de catholiques vers le bi-ritualisme ». Outre le style ampoulé de ceux qui n’osent être clairs quand ils savent qu’ils calomnient (et à l’avance SVP !), ce procédé de suspicion solennelle et gaillarde est indigne d’un prêtre. Ça vous arrangerait peut-être, mais ça n’aura pas lieu ; dommage pour votre Autorité. 

4/- En final, le supérieur de district contredit formellement son supérieur général en tractation avec Rome, (comme on sait et quoi qu’il en dise). Ce dernier, dans son interview donnée à l’AJIR (jeudi 12 janvier) répond à la question du journaliste: «Quel serait le statut que Rome pourrait bien vous accorder?» Réponse : «Celui d’une administration Apostolique sur le modèle de Campos.» Quant à l’Abbé de Cacqueray : «Le modèle de Campos? C’est un leurre ; nous n’en voulons pas.» Qui croire ? Qui suivre ? Monsieur l’abbé de Cacqueray est toujours zélé! Il renvoie des prêtres et les accusent aussitôt d’être vagus! Ceux-ci invitent-ils un évêque catholique pour une simple conférence et sans aucune prémices du moindre accord, il est déjà furieux.

Monsieur l’abbé, les prêtres de Saint-Eloi vous gardent respect et vous conseillent vivement d’en faire autant avec eux. Notre trahison vous arrangerait sans doute, mais un peu de pudeur , je vous prie.

En attendant, méditez ce vers de Racine et faites le votre :

« Pardonnez à l’éclat d’une illustre infortune
Ce reste de fierté qui craint d’être importune »
 

Abbé Philippe Laguerie

22 février 2006

[Michel Janva - Le Salon Beige] Comment peut-on être traditionaliste aujourd'hui ?

SOURCE - Michel Janva - Le Salon Beige - 21 février 2006

Ce soir, s'est déroulé à Paris le premier carrefour apostolique organisé par le Centre Saint-Paul. Mgr Rifan, évêque traditionaliste nommé par Rome, en était le principal orateur.

Après une courte introduction d'Yves Amiot, l'abbé Aulagnier a retracé l'historique des relations entre le monde catholique traditionaliste et Rome, rappelant que ces relations ont toujours eu pour but de trouver une solution juridique aux fidèles et aux prêtres attachés à la liturgie traditionnelle et de normaliser leur situation canonique. Il a affirmé que cette solution a été réalisée au Brésil, dans le diocèse de Campos, dont Mgr Rifan est l'évêque. Selon lui, Mgr Lefebvre n'a jamais exigé comme préalable la libéralisation de la messe traditionnelle. Il faut avoir le sens des étapes, du concret.

L'abbé de Tanoüarn a souligné ensuite que cette solution juridique n'omet en rien certaines questions, concernant notamment le Concile Vatican II. Ecartant l'idée de condamner le Concile (ce qui reviendrait à condamner l'Eglise), voire de l'oublier (car il est bien trop présent...), il a estimé que la proposition du Pape Benoît XVI lors de son discours à la Curie du 22 décembre, était la ligne à suivre : interpréter Vatican II selon une juste herméneutique, non celle de la discontinuité et de la rupture, mais celle de la continuité. Selon lui, Mgr Lefebvre ne demandait pas autre chose lorsqu'il affirmait qu'il fallait lire le Concile à la lumière de la Tradition. Et ce travail, ce serait un crime de ne pas le faire : le devoir apostolique le commande.

Mgr Fernando Areas Rifan est ensuite intervenu sur le sujet cité en titre. Il a rappelé qu'il était évêque, à la tête d'une Eglise particulière, au sein de laquelle il représente le Pape. Pas moins, c'est-à-dire autant que tout évêque diocésain. Il est donc investi d'une mission canonique, comme tout clerc doit l'être. C'est à ce titre que, au cours de son séjour en France, il a rencontré Mgr Vingt-Trois, Mgr Ricard (qui lui a dit que la Conférence épiscopale française traitera en mars de 'comment accueillir les traditionalistes ?') et Mgr Pansard -nouvel évêque de Chartres-, à qui il a affirmé qu'il aurait la mission d'unir les 2 pélerinages...

Sur le catholicisme traditionnel, Mgr a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas se tromper de combat : il faut savoir pourquoi nous nous battons et ne pas avoir l'esprit critique sur tout ce qui se fait dans l'Eglise (au Brésil, les églises où est célébrée la messe de Paul VI sont bien pleines, donc on ne peut pas affirmer que ce missel vide les églises. Il faut savoir poser les bonnes questions). Il faut croire que l'Eglise est indéfectible, divine, sainte, contrairement aux pêcheurs qui la composent... à commencer par nous-mêmes. A ce titre, il a énuméré les 7 péchés capitaux des 'tradis', à savoir : l'orgueil, le manque de charité, l'art de transformer les amis en ennemis, la médisance, la désobéissance systématique, l'esprit sectaire et le pessimisme ! Michel Janva (Le Salon Beige)

21 février 2006

[Sam Gamegie - Le Forum Catholique] Mgr Fellay est-il dans une impasse?

SOURCE - Sam Gamegie - Le Forum Catholique - 20 février 2006

Dans un post précédent, je me demandais si Mgr Fellay souhaitait des « papiers » en référence au livre d’Huguette Pérol sur la FSSPX, Les sans papiers de l'Eglise. Depuis, de nouveaux éléments sont apparus. En voici l’analyse que l’on peut en faire.
Quelle est la politique de Mgr Fellay ?
Difficile en effet de saisir la logique du Supérieur général. Depuis le sermon de Flavigny et la double rencontre des quatre évêques de la FSSPX, la tendance est à l’absence d’un accord à court et moyen terme. On se rappellera les derniers mots sous forme de boutade de Mgr Fellay à un journaliste de l’AJIR, propos rapporté par DICI, sur la possibilité d’un accord « mais dans dix ans » alors que tout le monde interprétait cette conférence de presse exceptionnelle comme une première marche publique vers l’aboutissement des négociations et la réintégration de la FSSPX dans l’Eglise. Comment interpréter donc ce revirement ? Permettez moi plusieurs hypothèses :

-Rome est parfaitement au parfum de ce revirement et a pu même le calculer avec Mgr Fellay, histoire de ne pas affoler les troupes sur la rapidité des négociations alors que l’élection de juillet 2006 arrive à grand pas.

-Mgr Fellay a pu aussi vouloir montrer à Rome qu’il était en phase avec sa base et qu’il souhaitait placer la barre un peu plus haut dans les négociations, après avoir clôturé un pool de rencontres mensuelles depuis le 29 août.

-Enfin, Mgr Fellay a pu adopter seul une telle attitude de revirement en sachant très bien que les négociations aboutiront : reculer en quelque sorte pour mieux sauter. On a pu voir dans l’affaire de Bordeaux que quand il avait une idée en tête, il la menait dans sa logique jusqu’au bout et, au fond, toute la politique des sept derniers mois tend vers un accord avant la date fatidique de juillet 2006. Mais en agissant ainsi il aurait souhaité calmer son aile droite, à la limite du sédévacantisme, idée de plus en plus en vogue dans la FSSPX depuis l’élection de Benoît XVI.

Quoiqu’il en soit, beaucoup de questions restent en suspens : pourquoi avoir réuni les quatre évêques ? Pourquoi avoir fait parcourir 15000 km à Mgr Williamson pour lui dire : « Je suis victime des journalistes et d’Internet, il n’y a pas d’accord en vue » ? Pourquoi avoir fait venir des journalistes en majorité d’esprit gauchistes ou modernistes pour leur parler de l’état des négociations alors que précisément Mgr Fellay déclare dix jours plus tard à Flavigny qu’il n’y a que du vent et rien de concret?
Que peut faire Rome ?
Dans la négociation, on est au moins deux, sinon trois ; et en diplomatie, faites quelques chose ou ne faites rien, il y aura toujours des conséquences… C’est pourquoi il faudrait plutôt écrire, "Que va faire Rome ?" Car Rome va agir. Rome veut cet accord et, comme je le disais dans mon post précédent, je ne pense pas que les évêques français et la curie puissent s’y opposer. Seul Benoît XVI décide. Toutefois, si la FSSPX ne souhaite pas aboutir, on peut très bien imaginer une seconde condamnation, accusant la FSSPX de schisme de fait. En effet, après un refus de la Fraternité, on imagine mal Benoît XVI acceptant d’attendre des « jours meilleurs » et de reporter sine die sa bienveillance du moment. On imagine très mal que le pape tende à nouveau la main à une société religieuse qui n’attendrait qu’une chose : que Rome renie publiquement tout ou partie du Concile Vatican II. « Tout ou partie » car même dans sa critique du Concile la FSSPX n’est pas claire hormis la question de la Liberté religieuse (Cf les propos de Mgr Fellay : les fameux « 95% du Concile à garder » il y a deux ou trois ans et « Le Concile à rejeter dans sa globalité » il y a deux semaines ; « La liberté de la messe, préalable à toute avancée » en 2001 et la messe « une question secondaire » en 2006).
De son côté, nul doute que Benoît XVI souhaite mettre en avant la Tradition en la faisant participer à l'oeuvre apostolique, souci majeur en cette période de crise admise par tous, et ayant d'ailleurs provoqué l'élection du Cardinal Ratzinger. C’est pourquoi, le pape considère le cas de Campos et de Mgr Rifan comme un exemple et une voie à suivre. De fait et à ses yeux, sa politique à l’égard de la FSSPX doit aboutir. La main tendue de Rome ou bien la démarche de Mgr Fellay qui ont mené à la rencontre du 29 août place donc ce dernier dans une impasse : que Mgr Fellay refuse de poursuivre la négociation et il prend le risque d’une coupure nette avec Rome ; qu’il signe et il prend le risque au plus de briser l’unité des quatre évêques (Fort improbable à mon sens), au moins de pousser vers les marges l’aile la plus dure de la FSSPX.

Dans ce contexte, ce n’est pas un hasard si Mgr Rifan est venu en France faire la tournée des évêques et en profiter pour observer ce qu’il se passe à Bordeaux (WE dernier) alors que les abbés Laguerie et Héry n’ont même pas de celebret ; et au Centre Saint Paul (Demain soir)alors qu'un ralliement à l'image de celui de l'abbé Guelfucci est hors de propos pour l'abbé de Tanouarn. Cette visite de Mgr Rifan en tous les cas permet de considérer très sérieusement l’idée de création d’un séminaire tradi en France, annoncé le mois dernier dans Le Mascaret… L’avenir nous dira si Rome a un plan pour cet évêque qui fait des petits pour la tradition au Brésil.