1 août 2006

[Aletheia n°95] L’abjuration du Pasteur Sten Sandmark et la conversion du Pasteur Roger Schutz - par Yves Chiron


Yves Chiron - Aletheia n°95 - 1er août 2006
L’abjuration du Pasteur Sten Sandmark et la conversion du Pasteur Roger Schutz - par Yves Chiron
Hier 30 juillet, en l’église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, un pasteur luthérien suédois, Sten Sandmark, et un autre protestant, ont abjuré solennellement  « toute erreur, hérésie et secte contraires à la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine ». Le pasteur Sandmark avait fait, en juillet dernier, une « Déclaration publique » pour expliquer les raisons de son « retour à l’Eglise » (texte complet ci-joint).
Cette conversion a attiré l’attention des médias suédois et allemands. La cérémonie solennelle d’abjuration, qui a eu lieu hier, contraste avec la conversion, discrète, qui avait été celle du Pasteur Schutz, fondateur de la Communauté de Taizé. Conversion si discrète qu’elle ne fut apparente que le jour des funérailles de Jean-Paul II lorsque le cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI, lui donna la communion. Certains se sont indignés, et s’indignent encore, que le futur Benoît XVI ait donné la communion à « un protestant ». C’est qu’ils ignoraient que frère Roger Schutz avait fait, depuis plusieurs années, profession de foi catholique.

L’abjuration du pasteur Sandmark
Le pasteur Sandmark a manifesté l’intention de rejoindre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Aussi la cérémonie d’adjuration d’hier était-elle présidée par Mgr Tissier de Mallerais, assisté de l’abbé Schmidberger et de l’abbé de Cacqueray, supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pie X.
La cérémonie d’abjuration a eu lieu avant la messe. Après un discours de présentation fait par Mgr Tissier de Mallerais, le Pasteur Sandmark s’est agenouillé devant l’évêque et a prononcé une Professio fidei  qui était à la fois une abjuration solennelle de ses erreurs de jadis et une profession solennelle de la foi catholique (texte complet ci-joint). Puis son compagnon a fait de même.
Après le chant du Miserere (le Psaume 50), Mgr Tissier de Mallerais a absout les deux convertis des peines canoniques qui frappent les hérétiques et les schismatiques. Puis il leur a conféré le sacrement de confirmation, avant qu’ils ne reçoivent la communion au cours de la messe qui a suivi. 
Cette cérémonie, solennelle et émouvante, s’est déroulée dans une église bondée. C’est la première fois qu’une cérémonie publique d’abjuration par un pasteur protestant avait lieu dans une église de la FSSPX.
“L’Eglise conciliaire empêche les conversions” a déclaré Mgr Tissier de Mallerais dans son discours d’ouverture de la cérémonie. L’expression, polémique, est exagérée. En revanche, il est vrai que la cérémonie d’abjuration telle qu’elle s’est déroulée hier à Saint-Nicolas-du-Chardonnet n’existe plus dans ce que Mgr Tissier de Mallerais appelle “l’Eglise conciliaire”. En témoignent les conversions des pasteurs Max Thurian et Roger Schutz, les deux fondateurs de la Communauté de Taizé.

La conversion du pasteur Roger Schutz
Ces conversions se sont accomplies dans une telle discrétion qu’elles ont été connues non au moment où elles se sont produites mais à l’occasion d’autres événements. C’est quand l’ordination sacerdotale de Max Thurian a été rendue publique en 1988 (ordination célébrée par l’archevêque de Naples l’année précédente), que sa conversion au catholicisme a été connue. C’est quand Roger Schutz a reçu la communion au cours des obsèques de Jean-Paul II, en avril 2005, que l’on a supputé son appartenance à l’Eglise catholique. La chose fut si surprenante que le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, après les obsèques, a interpellé le cardinal Kasper, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, sur cette communion urbi et orbi. Tout le monde, ou presque, croyait Frère Roger encore protestant. Le cardinal Kasper a répondu : « Frère Roger est formellement catholique »[1].
Après avoir interrogé l’évêché d’Autun,  le Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens et le Prieur de la Communauté de Taizé, on peut essayer d’établir l’itinéraire de la conversion, discrète, de Roger Schutz.
La communauté semi-monastique que le Pasteur Schutz a fondée, en 1940, à Taizé, communauté vouée au rapprochement entre les chrétiens, n’a compté, au départ, que des protestants.  À partir de 1949, Roger Schutz et Max Thurian ont été reçus régulièrement au Vatican, par Mgr Montini  d’abord (le futur Paul VI), puis par les papes eux-mêmes à partir de Jean XXIII. Les deux pasteurs de Taizé furent parmi les « observateurs » non-catholiques invités au concile Vatican II, dès la première session (1962). Max Thurian sera aussi, à partir de 1966, parmi les six observateurs non-catholiques au Consilium chargé de préparer les réformes liturgiques qui aboutiront, notamment, à la promulgation d’un Novus Ordo Missæ.
À partir de 1969, la Communauté de Taizé a accueilli des « frères » catholiques puis, en 1971, un accord fut trouvé pour instituer un « représentant » de la Communauté de Taizé auprès du Saint-Siège. Ce « représentant » avait comme mission « de traiter les questions communes entre Taizé et l’Eglise catholique en harmonie avec la pensée du Saint-Père ; de permettre une meilleure collaboration dans les activités œcuméniques entre Taizé et l’Eglise catholique ; et de favoriser l’établissement de liens organiques entre elles »[2].
Cet accord, rendu public à l’époque (L’Osservatore romano, 9-10 août 1971), préparait en fait, semble-t-il,  le passage à l’Eglise catholique des deux fondateurs de Taizé, Roger Schutz et Max Thurian. Ce « passage », cette conversion, se firent en 1972, dans la chapelle de l’évêché d’Autun, diocèse où se trouve Taizé. Il y eut profession de la foi catholique puis communion des mains de Mgr Le Bourgeois.
Aucun acte écrit ne reste, semble-t-il, de cet événement mais Frère Roger a donné le témoignage oral de cette adhésion à la Foi catholique au successeur de Mgr Le Bourgeois, Mgr Séguy.
Par la suite, des pratiques catholiques, comme l’adoration eucharistique et le sacrement de la confession, seront établies dans la Communauté de Taizé. Roger Schutz, devenu catholique, n’a plus, évidemment, célébré le culte protestant à Taizé ou ailleurs et, puisqu’il n’était pas devenu prêtre, il recevait la communion d’un prêtre catholique. « Pour ce qui est du ministère du Pape, il déclarait et écrivait que l’unité des chrétiens devait se faire autour du pasteur de l’Eglise du Christ, qu’est l’évêque de Rome »[3].
Roger Schutz aimait à dire : « J’ai trouvé ma propre identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec quiconque » (allocution au pape Jean-Paul II, en 1980, lors de la Rencontre européenne des jeunes à Rome). La formule, reprise encore dans son dernier livre (Dieu ne peut qu’aimer), peut-être jugée très insatisfaisante parce qu’elle ne dit rien des rétractations nécessaires à une conversion. Mais Roger Schutz n’était pas un théologien.
Il est vrai que la discrétion de sa conversion n’a pas eu la limpidité et la solennité d’une abjuration. Mais qui oserait douter de sa sincérité ? Le cardinal Ratzinger, en lui donnant la communion en avril 2005, avait agi, bien sûr, en connaissance de cause. Et c’est être mal informé que de l’accuser, aujourd’hui encore, d’ « avoir donné la communion à un protestant »[4].
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Annexes
Déclaration publique du pasteur Sten Sandmark à l'occasion de son entrée dans l'Eglise Catholique
Veritas liberabit vos - La Vérité vous rendra libre (Joan VIII,32)
Pourquoi mon retour à l'Eglise de mes pères d'avant 1517?
Il n'y a qu'un seul Dieu, qui s'est révélé lui-même comme le Dieu tri ne : le Père, le Fils qu'Il  a engendré, et le Saint-Esprit qui procède des deux. Le Fils de Dieu a été envoyé dans le monde et s'est fait homme pour nous racheter du péché et de la mort par son sacrifice sur la Croix. Il a fondé l'Eglise, qu'Il a établie sur Pierre (Matth. XVI, 16-19), afin que, après sa Résurrection et son Ascension, elle poursuive Son œuvre de Rédemption dans le temps et dans l'espace par la prédication de l'Evangile, l'offrande du Saint Sacrifice de la Messe, l'administration des sept sacrements et la mission pastorale qu'Il lui a confiée lorsqu'Il a dit: « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.» (Joan. XX, 21)
De même donc qu'il n'y a qu'un seul Dieu, de même n'y a-t-il qu'un seul Sauveur,Notre-Seigneur Jésus-Christ; ainsi il n'existe qu'une seule Eglise qu'Il a fondée, Lui l'Homme-Dieu: l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique; elle est le Corps mystique du Seigneur Lui-même (1 Cor. XII, 27).
Seul Pierre a reçu du Seigneur le mandat de La paître (Joan. XXI, 15-17). C'est lui qui a établi l'Eglise à Rome et y a souffert le martyre, et qui trouve son successeur légitime dans le Souverain Pontife romain.
L'appartenance à cette Eglise est de nécessité de salut: « Celui qui vous écoute, m'écoute; celui qui vous méprise, me méprise. Mais celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé» (Luc X,16).
Pour son propre malheur, c'est en 1517 que Luther s'est séparé de cette Eglise, tant dans son enseignement que dans son culte ou sa discipline, et qu'il a entraîné des nations entières dans cette funeste séparation. Par la suite, et dans le sillage de cette déchirure, d'innombrables sectes se sont formées qui toutes se réclament du Christ, mais dont aucune ne peut se prévaloir de remonter à Lui par une succession ininterrompue dans l'unité avec le successeur de Pierre, pas même l'Eglise de Suède. L'ordination de femmes comme « prêtresses» ainsi que la bénédiction accordée aux unions homosexuelles montrent à l'envie combien cette dernière s'est éloignée de la mission du Christ et de l’enseignement des apôtres.
Après de nombreuses années de lutte et beaucoup de prières, je quitte cette communauté pour revenir à l'Eglise fondée par le Christ, à l'Epouse de l'Agneau immolé, même si cette Eglise est aujourd'hui secouée par une grave crise. C'est à Elle et Elle seule que le Christ a confié sa promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Elle (Matth. XVI, 18).
Je me recommande à la prière de tous les chrétiens et prie moi-même pour que tous trouvent dans le troupeau du Christ le refuge et finalement le salut éternel. Cette prière débordante d'espérance,je l'adresse de manière toute particulière à Marie, la Mère de Dieu fait homme, modèle de l'Eglise en son Immaculée Conception et sa Virginité. Sainte Brigitte, vous la femme forte de l'unique Eglise unie à Rome, priez pour votre patrie et la mienne, la Suède!
Oskarshamn, le 16 juillet 2006
Sten Sandmark
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Profession Fidei
Moi, N.N... , ayant devant les yeux les Saints Evangiles, que je touche de mes propres mains, je reconnais que personne ne peut être sauvé en dehors de la Foi que professe, croit, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique apostolique et romaine; je regrette vivement d'avoir erré gravement contre cette foi, parce que, né hors de l'Eglise Catholique, j'ai reçu et admis des doctrines contraires à son enseignement.
Maintenant, éclairé par la grâce divine, je fais profession de croire que la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, est la seule véritable Eglise établie par Jésus-Christ sur cette terre, et je me soumets à elle de tout cœur. Je crois tous les articles qu'elle propose à ma croyance; je réprouve et condamne tout ce qu'elle réprouve et condamne, et je suis prêt à observer tout ce qu'elle me commande. En particulier, je fais profession de croire:
Un seul Dieu en trois personnes divines, distinctes et égales, à savoir: Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ;
la doctrine catholique sur l'Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ; l'union hypostatique des deux natures, divine et humaine; la maternité divine de Marie, en même temps que sa virginité sans tache et son immaculée conception;
la présence véritable, réelle et substantielle du corps, joint à l'âme et à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au Très Saint Sacrement de l'Eucharistie;
les sept Sacrements institués par Jésus-Christ pour le salut du genre humain, à savoir: le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage;
le purgatoire, la résurrection des morts, la vie éternelle;
la primauté, non seulement d'honneur, mais aussi de juridiction, du Pontife Romain, successeur de saint Pierre, prince des Apôtres et Vicaire de Jésus-Christ;
le culte des saints et de leurs images;
l'autorité des traditions apostoliques et ecclésiastiques, et des Saintes Ecritures, qui ne doivent être interprétées et entendues que dans le sens qu'a adopté et adopte notre Mère la sainte Eglise Catholique;
et tout ce qui a été en outre défini et déclaré par les saints canons et les conciles œcuméniques, spécialement par le saint concile de Trente et celui du Vatican.
C'est pourquoi, d'un cœur sincère et d'une foi ferme, je déteste et abjure toute erreur, hérésie et secte contraires à cette sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. Que Dieu me soit en aide ainsi que les Saints Evangiles que je touche de mes propres mains !
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[1] Témoignage écrit de Mgr Séguy, ancien évêque d’Autun, à l’auteur, le 19 janvier 2006.
[2] Lettre de Mgr Johan Bonny, du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, à l’auteur, le 13 mai 2006.
[3] Id.
[4] L’accusation figure dans le procès qu’instruisent, déjà, contre Benoît XVI des sites traditionalistes français et américains et certaines revues traditionalistes.

29 juillet 2006

[Aletheia n°94] Du nouveau sur Medjugorje - par Yves Chiron

Aletheia n°94 - 29 juillet 2006
DU NOUVEAU SUR MEDJUGORJE - par Yves Chiron
Le 25e anniversaire des supposées apparitions de la Vierge Marie à Medjugorje (plus de 35.000 à ce jour, commencées en juin 1981) a vu accourir sur les lieux quelque 15.000 pèlerins et curieux.
Cet anniversaire a donné lieu à un mensonge, couvert par la Conférence des évêques de France, et à une importante décision de Benoît XVI. Les voici, dans l’ordre chronologique.

Un mensonge (par omission ?)
La Conférence des évêques de France, se réfugiant derrière l’Agence Apic, n’a pas craint de relayer une fausse information sur le sujet. Dans la lettre hebdomadaire d’ « informations catholiques », FlashPress-Infocatho, en date du 25 juin 2006, une page complète d’informations sur le 25e anniversaire des faits de Medjugorje se termine par l’affirmation, fausse, suivante :
« L’évêque du diocèse de Mostar-Duvno, sur le territoire duquel se trouve le pèlerinage, Mgr Ratko Peric, préférait il y a quelques années, parler de “prudence“ face à l’authenticité des faits. »
Comment est-il possible de minimiser davantage un jugement qui est clairement négatif ? En 1997, Mgr Peric n’a pas appelé à se montrer « prudent » face aux faits de Medjugorje, il a affirmé avec toute l’autorité épiscopale dont il est revêtu :
« Ma conviction et ma position n’est pas seulement Non constat de supernaturalitate, mais bien Constat de non supernaturalitate des apparitions ou révélations de Medjugorje »[1].
En d’autres termes, selon l’évêque de Mostar, non seulement il n’a pu être établi que les faits de Medjugorje soient d’origine surnaturelle, mais il a été établi que les faits ne sont pas d’origine surnaturelle. Une telle conviction affirmée, en termes canoniques, ne peut être réduite à une simple recommandation de prudence. En agissant ainsi, l’équipe de FlashPress-Infocatho, et la Conférence des Evêques de France qui l’ « héberge » sur son site officiel, trompent les lecteurs et les catholiques.
Est-il juste de faire porter la responsabilité de ce mensonge (au moins par omission) sur la Conférence des évêques de France ? Certes, les évêques de France ne sont pas les rédacteurs de FlashPress-Infocatho. Mais, en « hébergeant » ce bulletin hebdomadaire d’informations sur leur site officiel de communication, il me semble qu’ils doivent, au moins, en assumer la responsabilité morale. Comment ne s’est-il pas trouvé un évêque pour protester auprès des rédacteurs de FlashPress-Infocatho ou, du moins, pour demander qu’un rectificatif soit publié ?
Pourtant, l’évêque de Mostar, en pasteur vigilant, ne manque pas une occasion de réitérer son jugement. Dernièrement encore, le 15 juin, à quelques jours du 25e anniversaire des apparitions, en visite à Medjugorje pour dispenser le sacrement de confirmation, il a consacré la moitié de son homélie aux « apparitions »[2]. Il a rappelé : « Sur la base des enquêtes ecclésiastiques menées sur les événements de Medjugorje, on ne peut affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles. Cela signifie que l’Eglise, à ce jour, n’a reconnu aucune de ces apparitions ni comme surnaturelles ni comme mariales.»

Une Commission pour un jugement définitif

Sur Medjugorje, malheureusement, les catholiques français préfèreront, ces temps-ci, s’informer auprès de l’USCCB  (Conférence des Evêques catholiques des Etats-Unis) plutôt qu’auprès de la CEF (Conférence des Evêques de France).
Catholic News Service, le bulletin quotidien d’informations religieuses de l’USCCB, a interrogé, le 24 juillet dernier, le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo et président de la Commission épiscopale des évêques de Bosnie-Herzégovine. Le cardinal Puljic a annoncé qu’une nouvelle Commission canonique était en cours de formation, chargée de porter un nouveau jugement sur les faits de Medjugorje.
Cette Commission, placée sous l’autorité de la Conférence épiscopale des évêques de Bosnie-Herzégovine, sera instituée en septembre prochain. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, consultée, a suggéré différents noms de théologiens susceptibles de faire partie de cette Commission.
Selon le cardinal Puljic, le but premier de cette Commission sera de réviser le jugement porté en 1991 par l’ex-Conférence épiscopale yougoslave réunie à Zadar (« Il n’a pas été possible d’établir qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles »). Il s’agira aussi de donner de nouvelles directives pastorales. À ce jour, les pèlerinages officiels sont interdits à Medjugorje, mais de nombreux prêtres accompagnent toujours des pèlerinages effectués, dit-on, à titre privé.
Sans être prophète, on peut affirmer que cette nouvelle Commission – la 4e depuis le début des événements, il y a un quart de siècle –, portera un jugement et établira des directives pastorales qui seront plus sévères que les déclarations collectives publiées jusqu’ici. Ce nouveau jugement aura, pour avantage, d’être collégial et d’engager toute l’Eglise. Les partisans de Medjugorje ne pourront plus repousser le jugement de Mgr Peric en le considérant comme une opinion exprimée à titre « privé ».

Une lettre de la Secrétairerie d’Etat
Medjugorje (1981-2006). « Constat de non supernaturalitate », a été adressé en hommage respectueux au Saint Père Benoît XVI. En réponse, la Secrétairerie d’Etat a envoyé la réconfortante lettre suivante, le 24 juin 2006 (date du 25e anniversaire des supposées apparitions) :
Monsieur,
En hommage au Saint-Père, vous avez eu la délicate attention d’offrir un exemplaire de votre dernier ouvrage sur des phénomènes religieux non reconnus, pour présenter la position de l’Eglise.
Je suis chargé de vous transmettre les remerciements du Pape pour cette marque d’attention à son égard, à laquelle il a été sensible. Puisse ce recueil, qui a été apprécié, encourager les fidèles à exercer, avec acuité, leur discernement dans la fidélité au Magistère de l’Eglise.
En vous confiant à l’intercession de la Vierge Marie, le pape vous accorde volontiers la Bénédiction apostolique.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments dévoués.
Mgr Gabriel Caccia
Assesseur
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[1] Cette Déclaration de 1997 est reproduite intégralement, avec d’autres déclarations et communications épiscopales, et avec un  témoignage circonstancié sur Medjugorje et les supposés voyants, dans l’ouvrage : Medjugorje (1981-2006). « Constat de non supernaturalitate », Editions Nivoit, 2006, 90 pages, 10 euros (disponible franco de port à Aletheia).
[2] Texte intégral du sermon, disponible, en croate, en anglais ou en italien, auprès de l’évêché de Mostar.

20 juillet 2006

Balade dans le Tradiland
20 juillet 2006 - Jean Molard - Golias - golias.ouvaton.org
Les tradis reviennent dans la giron de l’Eglise de Rome, ce qui pourrait être une bonne nouvelle, mais l’inquiétant est qu’ils rentrent à la maison avec armes et bagages. Ce retour annoncé, qui se fait discrètement, appelle de notre part une meilleure connaissance de ce monde devenu au fil des ans assez étrange, pour ne pas dire étranger, surtout dans la mesure où son éloignement de l’Eglise a favorisé le durcissement des positions, qui n’ont plus été tempérées par les nécessités du vivre ensemble.
Les petites chapelles ont foisonné en se bétonnant sur elles-mêmes et chacun a pu aller sans retenue jusqu’où l’appelaient ses penchants profonds. Vraiment, ces tradis n’arrêteront jamais de nous étonner : ils sont des obsédés de l’infaillibilité pontificale et pourtant, sans crainte de l’incohérence, ils ont bravé les décisions vaticanes.
De même, ils prêchent l’obéissance à la hiérarchie mais chacun tient à faire ce qu’il veut.
Ils dénoncent la liberté de conscience et en même temps chacun est prisonnier de ses structures mentales. Le résultat n’est pas triste.
-  Une première approche de ce Tradi-land peut se faire par Internet, canal rapide et peu coûteux, où ces marginaux ont beaucoup investi avec, reconnaissons-le, une technicité et compétence que bien des médias cathos romains pourraient leur envier.
Ce qui nous est donné à voir en premier, c’est donc que ce monde des tradis, que l’on imaginait monolithique, discipliné, solidaire, obéissant sans barguigner à une hiérarchie taillée par eux sur mesure (quatre évêques choisis et consacrés par le Père fondateur, Mgr Lefebvre), les coudes serrés comme souvent dans une minorité militante, est devenu une foire d’empoigne, où l’étroitesse d’Esprit semble être La Vertu Cardinale : On découvre un monde complètement éclaté, tiraillé par des tensions continuelles et des haines féroces entre les " Pie V " (les séparés)et les " Saint Pierre " ( les ralliés) que les premiers considèrent comme des traîtres.
Cette première division est simple et les oppositions peuvent s’expliquer facilement. La compréhension devient plus difficile lorsque les haines éclatent à l’intérieur de chacun des groupes, et au dehors, car il y a, maintenant, avec les exclusions et les surenchères de fidélité à la Tradition, un tas de gens qui ne sont plus ni " Pie V " ni " Saint Pierre "...
Comment cette minorité a-t-elle pu exploser en autant de chapelles, d’oratoires, de groupes qui passent leur temps à se mordre, s’attaquer, s’entre-déchirer, à s’excommunier au nom de la Tradition, pourtant unique selon leurs dires ? Il y a les anciens durs qui sont devenus mous parce qu’ils rêvent du retour dans le giron de Rome, et il y a les vieux durs qui ont toujours envie d’en découdre. Il y a les ralliés qui pour se faire pardonner leur ralliement sont plus durs que les séparés. Il y a des séparés qui s’entêtent et d’autres séparés qui reprochent aux premiers de s’entêter, lesquels reprochent aux deuxièmes de ne pas s’entêter et donc de trahir....
Il y a, et des lecteurs de Golias ignoraient peut-être leur existence, les " sedevacantistes " , qui prétendent que le siège (" sede ") de Pierre est " vacant " puisque le pape est devenu hérétique et il y a ceux qui se cramponnent à un pape qui a pourtant excommunié leur fondateur. Il y a ceux qui, comme les abbés Marchiset et Cekada, prétendent que les rites de consécration des évêques ont été changés après le concile et donc que les évêques ne sont pas validement consacrés et que les prêtres qu’ils ordonnent ne sont pas prêtres, d’autant que les rites de l’ordination des prêtres a lui aussi changé : donc, selon eux, et hormis eux-mêmes bien sûr, il n’y a plus d’Eglise et le clergé actuel est qualifié de " anglican ". Ces sedevacantistes ne reconnaissent donc pas Benoît XVI et l’appellent " l’abbé Ratzinger " (sic) , lui reconnaissant seulement la validité de son ordination sacerdotale (faite selon l’ancien rite) , mais pas plus.
Et il y a ceux qui combattent les sedevacantistes, parce qu’ils tuent les espoirs du retour : décemment, on ne peut pas demander à être reçu à Rome en appelant le pape " Monsieur l’abbé ".
Les quatre évêques, ordonnés par Mgr Lefebvre, sont unis aujourd’hui comme quatre gants de boxe sur un ring et ils passent leur temps à communiquer, via Internet, pour se reprocher ceci ou cela : la lutte pour le pouvoir et les honneurs fait aussi partie de la Sainte Tradition.
Il y a aussi les anars qui ne croient qu’en eux, et qui fondent leur petite secte, parce qu’ils se sont fait jeter. Ils n’ont plus d’attaches institutionnelles, devenus des nomades, des gyrovagues pour reprendre le terme canonique : ainsi en est-il des abbés Laguérie ou Aulagnier et quelques autres, qui ont été vidés de leur " fraternité " ( ?). Ces derniers mendient auprès des évêques romains tant décriés la possibilité de dire la messe. Mais leur personnalité et leur engagement (ce sont les figures historiques des " Pie X " en France) leur permettent de garder de petits réseaux et des groupes de " fidèles " et donc de fonctionner encore en autonomie. Une chapelle de plus.
Il y a encore ceux qui considèrent que seule la messe de Pie V est valide et qui préfèrent s’abstenir le dimanche plutôt que de franchir la porte d’une église où se dit la messe actuelle, alors que d’autres se font insulter et traiter de traîtres et d’hérétiques pour avoir participé à ce sacrilège... D’ailleurs si vous entrez dans ce monde, il vous faut connaître l’expression siglée : la V.O.M. (Vieil ordo de la messe, la messe en latin de Pie V) et la N.O.M. dont le " n " désigne la nouvelle messe, celle de Paul VI.
Dans la littérature tradi, ces sigles apparaissent plus souvent que les phrases de l’Evangile...
Tout est motif à bagarres et à exclusions. Un exemple récent : un évêque brésilien, Mgr RIFAN, ancien de Lefebvre, mais rallié quelques temps après le schisme, a participé à une concélébration avec d’autres évêques brésiliens dans son pays. Or, les intégristes en général refusent la concélébration, et certains la considèrent comme le crime des crimes. Rifan est donc accusé, par l’abbé de Vacqueray, supérieur de Pie X pour la France, de profanation eucharistique. En argument de défense, l’évêque concélébrateur déclare : j’étais physiquement présent à cette concélébration, mais je n’ai pas concélébré, j’ai fait semblant... Or les prises de vue de la cérémonie montre que l’évêque a prononcé les paroles de la consécration et qu’il a communié... C’est donc un fourbe ... ( Entre nous, la hauteur des arguments utilisés ne vous donne-t-elle pas le vertige mystique ? ) De plus, comme cet évêque est venu faire une conférence à Bordeaux devant les tradis du crû (quel crû !), et que personne n’a osé lui demander des comptes sur sa concélébration, les participants sont accusés du crime de complicité et en particulier l’Abbé Aulagnier. Vous pouvez vérifier tout ça en consultant sur Internet : " la porte latine ".
Et pendant que vous y êtes, tapez aussi " Honneur.org " . Ce site est chargé d’assurer la défense de tous ceux de l’équipe du district de France de Pie X qui sont attaqués. L’introduction annonce : " Ce site est un outil de combat pour l’honneur de nos prêtres... ". Vous aimez la polémique saignante ? Allez-y, vous ne serez pas déçus, même si, comme moi, vous ne comprenez pas tout. Et répétons-le, il s’agit d’une guerre intestine, entre fils fidèles de Mgr Lefevbre ", la plupart des prêtres sortant d’Ecône.... Il ne faut pas oublier « le canal historique » (sic) qui, consulté sur Internet, branche carrément sur Présent, le journal d’extrême-droite.
Car il faudra bien, quittant le bénitier, que l’on parle aussi du marais politique dans lequel barbotent ces grenouilles : c’est l’extrême droite, la vraie, la dure, la catho. Un des cotés positifs du schisme de Lefebvre est d’avoir assaini l’Eglise de France en sortant d’elle tout ce que notre pays compte de pétinistes impénitents, de miliciens recyclés, de vieux SS, de maurassiens nostalgiques, de vétérans de l’OAS, d’admirateurs de Franco et de Pinochet... Tous, comme naturellement, se sont retrouvés dans la chapelle de Mgr Lefebvre (qui fut un grand admirateur de la dictature argentine). Il suffit de voir où sont célébrées, à leur mort, les funérailles de la plupart de ces personnages...
Quelques exemples piqués dans le " forum catholique " : au lendemain du 1° mai 2006, beaucoup de commentaires portaient sur la manifestation du Front National à Paris. (Pas un seul sur les autres manifs !). Voilà ce qu’en dit, par exemple, Marie-Joseph : " C’était très bien, beaucoup de monde, une ambiance pas vue depuis longtemps : familiale, festive, bon enfant... RDV l’année prochaine, certainement dans un climat survolté." " Rochevilaine ", lui, appelle carrément : " C’est pourquoi je pense qu’il faut s’investir dans ce parti pour faire valoir nos idées... Le FN est somme toute une grande aubaine pour les catholiques nationaux, profitons-en et ne le laissons pas tomber dans des mains néfastes pour notre religion." (Les cathos du FN se méfient des néopaïens de ce parti).
La presse de référence est Présent dont on connaît la proximité avec le FN, et le Choc du mois, dont le Forum fait régulièrement une pub insistante depuis sa reparution . " Troubadour ", lui, fut candidat FN à Niort en 1985 et dit sans ambages : " Je crois que la démolition du PC est due à notre action sur toute la France depuis 20 ans. En attaquant sur la droite plutôt qu’au centre molasson, on surprend l’ennemi là où il n’est jamais attaqué. Il faut accepter la diabolisation, cela signifie à l’ennemi que sa campagne psychologique ne porte pas et riposter par l’insolence de ton. Cela effarouche le cucugnagnan mais rallie les virils. Enfin l’influence est proportionnelle à la distance que vous prenez vis-à-vis du système qui est pervers par essence. La démocratie, c’est le mal, la démocratie c’est la mort. (Charles Maurras) ". Et on peut apprendre dans la foulée les heures des messes célébrées lors du décès de M.F. Stirbois, à Saint Nicolas du Chardonnet bien évidemment. Et l’inquiétant, c’est que pas une seule voix ne s’élève jamais pour poser quelques questions de cette collusion tradis - Front national. Tous nagent dans les mêmes eaux. La seule chose qui gène un peu, c’est que Le Pen est divorcé et que Marine n’est pas franchement contre l’avortement !
Dans le même ligne, la dénonciation de l’islamisation de la France est une constante dans ce genre de forum. Qu’une mosquée se construise quelque part et aussitôt c’est la levée de boucliers... Le nombre de musulmans en France est rappelé souvent, pour faire peur et il est assez piquant de trouver sous ces mêmes plumes islamophobes, le rappel de la trahison des politiques qui ont abandonné l’Algérie Française. (Cette nostalgie, comme du reste celle qui flotte sur tout l’empire colonial de la France est une constante de l’extrême-droite, dont beaucoup de vieux militants ont trempé dans l’OAS et vous ne pouvez échapper à leurs panégyriques nécrologiques ).
Il faudrait tout de même que ces partisans d’une France s’étendant jusqu’à Tamanrasset nous explique comment ils pourraient vivre sans urticaire dans un pays, certes plus grand, mais où il y aurait, en comptant les immigrés, 4O millions de musulmans.
Voilà quelques flashes sur un monde remuant, qui frétille à l’idée du grand retour. Il va bien falloir que, de notre côté, nous nous préparions et que nous mettions certaines choses au point.... C’est pourquoi nous poursuivrons le débat sur ces questions...

17 juillet 2006

[Abbé David Grossin - La Tour de David] Election de Mgr Fellay

SOURCE - Abbé David Grossin - La Tour de David - 17 juillet 2006

Comme vous avez pu le lire sur le site de dici.org, Mgr Fellay a été réélu Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie X. Je ne m'étendrai pas en commentaires, d'autres s'en chargent avec abondance de documentations. Je veux seulement dire ceci : le ralliement a été opéré dans les têtes cléricales en l'an 2000, lorsque toutes les communautés ont été se prosterner aux pieds de l'antichrist Wojtyla. Les années qui suivent ne sont que la concrétisation dans les actes de ce ralliement de principe. C'est pourquoi j'ai refusé toute participation à ce pseudo-jubilé, alors que je n'étais qu'un simple vicaire de campagne, à Lanvallay (22). Ce qui m'a valu d'être expulsé et je m'en réjouis tous les jours depuis ! Il y a une logique des évènements qui s'enchaînent de manière inéluctable. Mgr Fellay est l'homme de la situation pour ce sale travail de sabordement : il aura la même récompense que l'abbé Bisig et que Dom Augustin (Flavigny), voire pire. Le choix de l'abbé Pfluger comme assistant n'est pas dû au hasard : sa soeur est Mère Abbesse du monastère cistercien de Magdenau, près de St Gall en Suisse allemande (Révérende Mère Raphaëla Pfluger), ce que les français ignorent, en général. Les rapports avec Rome en seront facilités. L'abbé Nély est inconsistant, il jouera donc le rôle du valet, en attendant sa récompense pour services rendus.... Ceci est l'aboutissement des mauvaises fondations de cette société basées sur les contradictions internes DEPUIS LE DEBUT. Il n'y a jamais eu de "bonne" Fraternité de Mgr Lefebvre et de "mauvaise" Fraternité de Mgr Fellay. C'est la même Fraternité, multiple et divisée contre elle-même, qui s'écroule sous nos yeux aujourd'hui. C'était fatal, on ne corrige pas un fondateur, on le suit et on applique ses incohérences ou alors on quitte sa Société. "Tout royaume divisé contre lui-même...." Prions pour que les prêtres voient clair et réagissent selon la Foi et non selon les sentiments et la fausse obéissance. Seuls les prêtres et les fidèles vivant en esprit et en vérité de leur consécration à l'Immaculée s'en sortiront. Et tous ne sont pas consacrés, aussi étonnant que cela puisse paraître !

16 juillet 2006

Lettre de Mgr Fellay aux fidèles
suivie d'une Déclaration du chapitre
16 juillet 2006 - Mise en ligne par laportelatine.org
Menzingen, le 16 juillet 2006
Chers fidèles,
Permettez-moi de commencer la première lettre de ce nouveau mandat en vous remerciant de vos prières abondantes pour notre chapitre général. Pendant tout son déroulement, dans une atmosphère sereine et en même temps intense, nous avons bien senti ce soutien spirituel que vous nous apportiez.
J’aimerais vous présenter ici quelques-uns des fruits de vos prières et du chapitre.
Tout d’abord les élections : le chapitre a donc décidé de me confier, à nouveau et malgré sa longueur, un nouveau mandat de supérieur général. J’ose vous demander un surcroît de prières pour que, avec cette aide précieuse, je me dévoue au mieux à l’accomplissement de cette tâche à la fois lourde et magnifique.
Le chapitre a également élu deux assistants.
Monsieur l’abbé Niklaus Pfluger dont deux frères et deux neveux sont prêtres chez nous, un troisième est frère, sans compter deux sœurs religieuses ! C’est un Suisse à qui ont été confiées les fonctions de supérieur de district (Suisse puis Allemagne) et de supérieur de séminaire (Zaitzkofen). Il a ainsi acquis une bonne expérience tant par la formation sacerdotale que dans le gouvernement de deux districts.
Monsieur l’abbé Alain Nély, d’abord professeur à l’école Saint Joseph des Carmes, puis prieur de Marseille et enfin supérieur du district d’Italie, a aussi acquis une solide connaissance de la jeunesse et des prêtres ainsi que dans le gouvernement d’un district.
Les deux assistants résideront tous deux à Menzingen en Suisse, où est établie notre Maison générale depuis 1993. Ils seront de précieux collaborateurs pour la bonne marche de la Fraternité, auront l’occasion de voyager de par le monde et permettront ainsi un contact encore meilleur entre la maison générale et les membres de la Fraternité, ainsi qu’avec les fidèles.
Le chapitre ne se réduit pas à des élections. C’est aussi l’occasion de faire le point sur notre situation, de considérer les faiblesses qui demandent à être améliorées, de donner des directives afin que nos prêtres puissent vivre toujours mieux selon nos statuts et ainsi vous apporter plus efficacement la grâce et les dons du Ciel. Nous avons bien évidemment aussi considéré l’état de nos rapports avec Rome. Dans un souci de clarté la plus grande possible, dans le souci aussi d’éviter tout faux espoir ou toute illusion le chapitre, à l’unanimité, a décidé de faire la déclaration que vous trouverez en annexe.
Dans cette même ligne, il me charge de vous communiquer un projet ambitieux :
La Fraternité a l’intention de présenter au Souverain Pontife un bouquet spirituel d’un million de chapelets pour la fin du mois d’octobre, le mois du Rosaire. Les chapelets seront récités aux intentions suivantes.
1. Obtenir du Ciel pour le pape Benoît XVI la force nécessaire afin qu’il libère totalement la Sainte Messe de toujours, dite de saint Pie V.
2. Pour le retour de la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ.
3. Pour le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.
C’est donc à une véritable croisade du Rosaire que nous vous appelons. Cette prière tant de fois recommandée par la Très Sainte Vierge Marie elle-même est présentée comme le grand moyen de soutien, de protection et de salut pour les chrétiens d’aujourd’hui dans ce temps de crise. Depuis des siècles, depuis que l’antagonisme entre le monde et l’Eglise se manifeste de plus en plus fortement, cette prière est apparue comme l’arme donnée par le Ciel pour se défendre, pour se sanctifier et pour vaincre.
Nous vous recommandons donc instamment de commencer sans tarder à apporter des roses spirituelles à notre bouquet. Les prêtres vous donneront sous peu les indications nécessaires pour recueillir ce trésor.
Nous voulons aussi manifester tant aux autorités romaines qu’au Ciel, par cette quantité évidemment symbolique, notre volonté et notre détermination « d’y mettre le prix ».
Confiants que notre bonne Mère des Cieux écoute la prière assidue de ses enfants, qu’Elle ne peut être indifférente ni à la dureté des temps qui courent, ni à la misère spirituelle qui nous entoure, et que tôt ou tard Elle écoutera cette prière qui répond à son appel, nous avons confié toutes les décisions du chapitre à la maternelle bienveillance du Cœur Immaculé de Marie et à la protection du Sacré-Cœur de Jésus afin qu’Il les bénisse, les rende efficaces pour la plus grande gloire de Dieu et notre salut à tous.
Nos cum prole pia benedicat Virgo Maria.
+ Bernard Fellay
16 juillet 2006, En la fête de Notre Dame du Mont Carmel

Déclaration du chapitre
Pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes et pour le vrai service de l’Église, à l’occasion de son 3ème Chapitre général, tenu du 3 au 15 juillet 2006 à Écône en Suisse, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X tient à déclarer sa ferme résolution de poursuivre son action, Dieu aidant, dans la ligne doctrinale et pratique tracée par son vénéré fondateur, Monseigneur Marcel Lefebvre. Marchant sur ses pas dans le combat pour la défense de la foi catholique, la Fraternité fait pleinement siennes ses critiques envers le concile Vatican II et ses réformes, telles qu’il les a exprimées dans ses conférences et ses sermons, et en particulier dans sa déclaration du 21 novembre 1974 :
« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette Foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre, et nous avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.»
Dans les échanges qu’elle a eus en ces dernières années avec Rome, la Fraternité a pu constater le bien-fondé et la nécessité des deux préalables(1) qu’elle a réclamés, qui procureraient un très grand bien à l’Eglise en restituant à celle-ci au moins une partie de ses droits à sa propre Tradition. Non seulement le trésor de grâces dont jouit la Fraternité serait sorti de dessous le boisseau, mais il apporterait ainsi le remède dont le Corps mystique a tant besoin pour guérir.
Si, après leur accomplissement, la Fraternité attend la possibilité de discussions doctrinales, c’est encore dans le but de faire résonner plus fortement dans l’Église la voix de la doctrine traditionnelle. En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour seul but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Église ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible “accord” purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits,
« le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Église retrouvera une nouvelle jeunesse ». (2)
Dans ce long travail de reconquête, le Chapitre encourage tous les membres de la Fraternité à vivre encore plus intensément, dans la conformité aux Statuts, de cette grâce qui lui est propre : l’union à la grande prière du Souverain Prêtre, au saint Sacrifice de la Messe. Qu’ils soient convaincus, avec leurs fidèles, que c’est dans cet effort d’une sanctification toujours plus grande au cœur de l’Église que se trouve la seule solution aux malheurs présents : la restauration de l’Église par la restauration du sacerdoce.
A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera.

(1) La liberté entière et sans conditions pour la Messe tridentine et le retrait du décret d’excommunication des quatre évêques de la Fraternité
(2) Lettre de Mgr Lefebvre du 2 juin 1988 au pape Jean-Paul II.

15 juillet 2006

A propos de la réélection de Mgr Fellay
Abbé Philippe Laguérie - Editorial du Mascaret n°281 de juillet - août 2006 - mascaret.presse.fr
L’avenir de la Fraternité Saint Pie X était suspendu depuis des mois au chapitre général et à cet évènement : l’élection du supérieur général et de ses assistants. Le mardi 11 juillet 2006, Mgr Bernard Fellay a été réélu pour un second mandat de douze ans, conformément aux statuts. Le 1er des assistant (élus eux aussi) devient l’abbé Nicklaus Pfluger, en remplacement de l’abbé Schmidberger, le second devient M. l’abbé Alain-Marc Nély, en remplacement de Mgr de Galaretta. Le premier, Suisse allemand, était supérieur du District d’Allemagne, le second, français, supérieur d’Italie. L’un et l’autre devront quitter leur poste pour ne pas cumuler les fonctions, afin de se consacrer à la seule charge d’assistants, résidant auprès du Supérieur et se partageant le rôle de visiteurs pour la Fraternité.
On notera que le recours formé par M. l’abbé Aulagnier (le plus ancien des prêtres de la Fraternité et donc membre du chapitre) n’a pas été examiné. On lui a signifié simplement qu’il ne faisait pas partie du chapitre.
Quelque soit le choix heureux des deux assistants, deux prêtres de terrain, ouverts et chaleureux (dont enfin un français), dont il faut remercier la Providence, le chapitre a choisi de maintenir coûte que coûte la continuité. Choix humainement compréhensible, qui ne saurait occulter la question capitale des enjeux concernant Rome, la Tradition et la « survie*» de la Fraternité. Tendue entre deux risques, la peur et l’autosuffisance, tentée par le repli protectionniste qui pourrait la conduire au dépérissement, voire au schisme, et touchée par le malaise interne né d’une équivalence non évidente, imposée aux prêtres et aux fidèles, entre apostolat et discipline communautaire, la Fraternité trouvera-t-elle la force d’assurer sa mission et son avenir au sein de l’Église romaine ?
Certes, nul ne saurait rien dire pour l’heure de la position de Mgr Fellay sur la question décisive de Rome, dont les variations successives ont abouti à interrompre (au moins officiellement) les négociations avec le pape Benoît XVI, entamées le 29 août 2005. La légitimité du Supérieur étant aujourd’hui renouvelée et renforcée, d’aucuns parlent d’ores et déjà d’un nouveau chapitre général qui pourrait à terme être convoqué par lui, l’heure venue, pour entériner ses décisions sur le projet d’un accord avec Rome.
Valeurs Actuelles (21 juillet 2006) cite en effet le quotidien italien Il Giornale, qui révèle « qu’un projet d’accord aurait déjà été transmis, depuis plusieurs semaines, par le Vatican aux lefebvristes ». Cette information s’accorde avec une déclaration à un journal italien du Cardinal Ricard, le 31 mai 2006, qui annonçait lui-même (c’est ce fait qui est nouveau !) la levée prochaine de l’excommunication ainsi que la restitution de son droit au rite de saint Pie V.
De telles mesures, si elles tombent à l’automne, obligeront Mgr Fellay – qui ne pourra que s’en réjouir comme d’une victoire. Le gouvernement de Benoît XVI déplace, sinon les montagnes, du moins les hommes et le ton : la nomination du cardinal Bertone (archevêque de Gênes) à la Secrétairerie d’État (en remplacement du cardinal Sodano) et de Mgr Ranjith comme secrétaire de la Congrégation des rites, impriment une direction nouvelle qui rend possibles ces mesures bienveillantes en faveur de la tradition.
Reste la question des enjeux doctrinaux. Là aussi, le discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005 a modifié sensiblement la donne, autorisant la critique sérieuse et en règle de « l’esprit du Concile ». On sait que ce discours n’a pas été bien reçu par la Fraternité Saint Pie X qui a cru peut-être y voir un piège. On sait aussi que lors du consistoire en mars 2006, les cardinaux rangés derrière le cardinal Lustiger ont fait valoir la faiblesse théologique du livre Le Problème de la Réforme liturgique (Clovis, 2001) préfacé par Mgr Fellay, qui prétend défendre la Messe traditionnelle, mais avec de mauvais arguments. Le Supérieur général reconduit dans ses fonctions ne pourra continuer à exiger du pape un accord doctrinal préalable à toute réconciliation, sans produire sur la Messe et sur le Concile de nouveaux arguments, plus sérieux, moins dialectiques et plus respectueux de la tradition thomiste dans ses nuances.
Par delà les querelles intestines non apaisées, à l’heure où d’aucuns dans la FSSPX accusent ouvertement le pape d’hérésie et caressent la thèse apocalyptique de l’invalidité de l’épiscopat dans le nouveau rite du pontifical de 1968 – dernier rempart furieux de ce qui n’est plus du sédévacantisme mais de l’ecclésio-vacantisme –, Mgr Fellay saura-t-il imposer une ligne claire, cohérente, sage et doctrinalement fondée ? La tâche est écrasante. Nous l’y aiderons sincèrement de nos prières et de nos travaux, comme nous l’avons toujours fait, qu’il le sache.
Abbé Philippe Laguérie

* Cf. Mgr Lefebvre, sermon des sacres du 30 juin 1988 : « l’opération survie de la Tradition ».

13 juillet 2006

Le pape Benoît XVI va remettre de l'ordre dans la liturgie
AFP - 13juillet 2006
CITE DU VATICAN, 13 juil 2006 (AFP) - Le pape Benoît XVI va remettre de l'ordre dans la liturgie Le pape Benoît XVI va mettre fin aux "abus" dans la célébration de la messe et faire cesser "les affrontements" avec les partisans de la messe en latin, a déclaré jeudi un responsable du Vatican à l'agence I-Média, spécialisée dans l'information du Vatican.
Selon l'évêque sri-lankais Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape va "prendre des mesures" car la liturgie de l'Eglise catholique serait trop souvent "un signe de scandale".
Le prélat, nommé par Benoît XVI, dénonce certains "abus" dans la mise en oeuvre des réformes de la liturgie introduites après le concile Vatican II il y a 40 ans.
Ces réformes, notamment l'abandon de la messe dite "tridentine" (célébrée en latin et le prêtre tournant le dos aux fidèles), "n'ont pas porté les fruits espérés", selon Mgr Ranjith.
Elles n'ont en outre jamais été acceptées par le courant catholique traditionaliste rassemblé autour de l'évêque français Marcel Lefebvre (aujourd'hui décédé).
Le pape Benoît XVI, qui a reçu l'été dernier le chef des Lefebvristes, Mgr Bernard Fellay, s'est fixé pour but de les faire revenir dans le sein de l'Eglise.
Selon le secrétaire de la congrégation pour le culte divin, il "va prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie".
Mgr Ranjith révèle que le Vatican reçoit "chaque jour (...) de nombreuses lettres, signées, où les gens se lamentent de nombreux abus: des prêtres qui font ce qu'ils veulent, des évêques qui ferment les yeux ou même qui justifient ce que font les prêtres au nom du +renouveau+" (...) Et à la fin, les gens vont assister à la messe tridentine et nos églises se vident".
Or "la messe tridentine n'appartient pas aux Lefebvristes", souligne Mgr Randjith. Il est donc temps "de cesser les affrontements", a-t-il ajouté.
Election de Mgr Fellay - Pourquoi le choix du même
Abbé Guillaume de Tanoüarn - 13 juillet 2006 - frat.canalhistorique.free.fr
Deux questions qui avaient été plus ou moins enterrées à la faveur de l’immobilité des circonstances ont resurgi, prenant occasion en quelque sorte de l’élection d’un nouveau Supérieur général pour 12 ans, lors du Chapitre qui s’est tenu à Ecône le 11 juillet dernier :
L’une porte sur le passé récent de la FSSPX, l’autre sur son avenir.
  • Les capitulants ont-ils tenu compte de la manière parfaitement désinvolte dont Mgr Fellay avait géré entre 2004 et 2005 ce qu’il est convenu d’appeler l’Affaire Laguérie ?
  • Les capitulants ont-ils envisagé comme possible un accord de la FSSPX avec Rome ?
Pour mieux éclairer la manière dont ces enjeux ont été posés, il importe de revenir brièvement sur plusieurs circonstances de ce chapitre.
Notons pour commencer tous les mystères faits autour de l’importance de ce Chapitre. Il ne concernait pas seulement ceux qui y ont participé (45) mais tous les membres de la FSSPX (450) et, à cause de la dureté des temps et du rôle de suppléance de cette Fraternité, tous les fidèles. Rien n’a filtré des intentions de votes ou simplement des mobiles qui animaient les uns et les autres. Il était impossible de parler de ce Chapitre sans paraître indiscret. Tout juste pouvait-on (et d’ailleurs devait-on) « jeûner et prier ». Silence on tourne !
C’est dans ce contexte de peur qu’il faut situer l’intervention de Mgr Tissier de Mallerais au mois de février dernier. L’évêque a déclaré à une revue traditionaliste américaine, The Remnant, que le nouveau Supérieur ne devait pas être un évêque. Le biographe de Mgr Lefebvre s’exprimait là au nom de l’esprit du fondateur. C’est la seule tentative d’influence sur le scrutin qui ait eu lieu à ciel ouvert. Si Mgr Tissier avait été écouté, on était sûr que Mgr Fellay ne pouvait pas être réélu. Il l’a été.
Le scrutin a duré longtemps. Toute la journée. Indice clair que cette réélection n’allait pas de soi (lors du précédent chapitre, en 1995, les résultats étaient connus en fin de matinée. Cette fois, ils ont été communiqués en début de soirée). Cela ne signifie pas pour autant que le résultat soit laborieux, incertain ou ambigu. L’équipe que forme Mgr Fellay avec ses deux assistants semble au contraire parfaitement soudée et sans contrepoids interne pour l’instant.
L’abbé Aulagnier, essayant de faire reconnaître la nullité de son exclusion passée, n’a réussi qu’à faire l’unanimité (vous avez bien lu) des membres du Chapitre contre lui. Un nouveau vote a “validé” son exclusion. Cette proportion est trop écrasante pour être honnête. Elle a conféré à Mgr Fellay une sorte de blanc-seing sur sa gestion du passé, en groupant tous les participants, inconditionnellement et sans exception, autour de “la défense du principe d’autorité”.
Au cours de l’Affaire Laguérie (2004-2005), Mgr Fellay a largement prouvé à qui voulait analyser les faits, sa désinvolture dans l’exercice de l’autorité supérieure. Cela n’a pas suffi à faire réfléchir les votants sur l’opportunité d’un second mandat de 12 ans conféré à Mgr Fellay. Au contraire, tout se passe comme si on lui avait su gré de son absence de scrupule et de son aptitude à gouverner en dehors des règles du droit. La situation présente exigerait ce genre de tempérament, fort de leur autorité et sachant ignorer les objections, les questions et le fonctionnement normal d’une institution (avec le droit d’appel, afférent à tout ordre proprement juridique et inexistant dans la FSSPX).
Cette réélection déçoit un grand nombre de prêtres qui ne participaient pas au Chapitre. Elle était pourtant inscrite dans la logique politique qui gouverne la FSSPX et ses statuts. Le Supérieur est élu tous les douze ans, aux deux tiers des voix, par un cénacle de 45 participants (un dixième des membres de la Fraternité, nous l’avons vu). Les électeurs, se trouvant à des postes de responsabilité aux quatre coins du monde, se connaissent peu entre eux. Ils votent donc pour le plus connu, et le plus connu (de tous) provient évidemment de l’équipe de direction précédente (Mgr Fellay en 1995 était non seulement un des quatre évêques, mais il était économe général, connu de tous les supérieurs locaux).
Mais pourquoi avoir réélu Mgr Fellay lui-même ? Toutes les prudences humaines auraient dû conduire les électeurs à réfléchir à ce que signifie un deuxième mandat de 12 ans. Avec 24 ans de Supériorat en perspective, l’évêque suisse atteint aux dimensions d’un re-fondateur de la Fraternité, qu’il aura marquée de son empreinte comme personne avant lui. Ce règne d’un quart de siècle signifie que le pouvoir personnel du Supérieur pèsera considérablement dans la balance et marquera plus que jamais la gestion des hommes et l’administration des choses. « Ipse feci vos », c’est moi qui vous aie tous créés, disait le pape Léon XIII, à la fin de son pontificat (26 ans entre 1876 et 1903). On peut dire qu’avec 24 ans de Supériorat, Mgr Fellay aura entièrement constitué le chapitre de 2018, qui élira son successeur. Et sa jeunesse lui permet d’ores et déjà de garder tout espoir.
Une telle continuité était-elle dans les habitudes de la Fraternité ? Mgr Lefebvre, premier supérieur, n’avait eu de cesse que de faire élire un successeur : entre 1983 et 1995, ce fut l’abbé Schmidberger qu’il mit à la tête de sa propre Maison. Ce prêtre allemand eut un rôle considérable, en ayant la haute main sur le choix de trois des quatre évêques sacrés en 1988 et, plus tard, en 1994, lorsqu’il fit approuver une interprétation particulière des statuts, tout axée sur une équivalence (qui ne va pas de soi) entre vie de communauté et vie apostolique. Lors du précédent scrutin, en 1995, il fut tout de même élu premier assistant. Beaucoup se plaisaient à dire qu’il était un Mentor pour le jeune Mgr Fellay. Cette fois, il n’est plus explicitement dans l’équipe dirigeante. Il a perdu son poste. Il a sans doute perdu aussi beaucoup de son influence, en particulier dans la question des accords avec Rome, où sa présence et ses contacts amicaux avec le cardinal Ratzinger étaient décisifs.
Il faut souligner qu’il y a une rupture dans le présent scrutin, placé pourtant sous le signe de la reconduction du même : aucun des deux assistants élus n’avaient accédé, jusque-là, à des postes d’officiers généraux au sein de la FSSPX. Ce sont donc, par contraste avec Mgr Fellay des “homines novi”, sans doute tout prêts à le servir comme le veut leur fonction d’assistant.
Pour les relations avec Rome, Mgr Fellay dispose de la docilité de l’abbé Alain Nely, prieur de la maison d’Albano et excellent intermédiaire, qui sera sans doute utilisé désormais de préférence à l’ancien Premier assistant l’abbé Schmidberger, qui, sur ces chapitres, formait un duo, que l’on pourra sans doute oublier, avec l’abbé du Chalard.
Pour l’esprit général de ce gouvernement, gageons que les deux Suisses – Mgr Fellay et l’abbé Pfluger - se retrouveront parfaitement sur le mode sécuritaire de l’exercice de l’autorité, mode que l’on pourrait assez bien résumer dans la formule de Caïphe, le Grand prêtre : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour tout le peuple ». C’est ainsi déjà que Mgr Fellay avait agi en 2004 avec l’abbé Laguérie. Il me semble que sa réélection ne peut que l’incliner à poursuivre cette politique, forcément sacrificielle, du « Je ne veux voir qu’une tête ». Cela est vrai non seulement dans le domaine purement disciplinaire des mutations et des sanctions (« Ce que fait un prêtre de la Fraternité, un autre doit pouvoir le faire », sinon…) ; cela se vérifie aussi dans le débat doctrinal, qui devra épouser plus étroitement que jamais les circonvolutions du Supérieur, ce qui, dans l’immédiat en tout cas, ne promet guère d’explications bien précises ni sur la messe ni sur le Concile ni sur le combat traditionnel. Plus que jamais sans doute, selon le désormais fameux “style Fellay”, l’heure est aux petites phrases, qui peuvent se contredire entre elles sans mal et permettent de dire une chose un jour tout en soutenant le contraire le lendemain, sans oublier sa première position. Il suffit de faire un digest des “sentences” (dûment datées) de Mgr Fellay pour s’apercevoir que dans son dialogue avec Rome, il pousse très loin l’art de la contradiction.
Dans ces contradictions subsistantes qui marquent son discours, - c’est là tout son art - , Mgr Fellay est merveilleusement statique (voir notre article : La FSSPX combien de divisions in Objections n°5). Sans doute, cela a-t-il rassuré cette majeure partie des capitulants, les deux-tiers du collège qui a fini par lui accorder ses suffrages. Je ne voudrais pas être ici un oiseau de mauvaise augure pour la Fraternité, à laquelle je reste attaché de toutes mes fibres. Mais il me semble que les capitulants et leurs chefs ont en commun ce vers de Paul Valéry : « Je hais le mouvement qui déplace les lignes ». Dans l’Eglise de Benoît XVI, toutes les lignes bougent insensiblement. La nouvelle-ancienne gouvernance risque donc d’être plus décalée que jamais, et cela malgré l’incontestable habileté de son très définitif leader.
Abbé Guillaume de Tanoüarn
Lefebvristes : l'accord est très proche  de Rome
Jeudi, 13 juillet 2006 - Il Giornale (traduction)
Tout est prêt pour un accord entre le Saint-siège et la Fraternité Saint Pie X, fondée par l'archevêque "rebelle" Marcel Lefebvre. Le Vatican a avancé depuis déjà plusieurs semaines des propositions précises pour signer la paix et pour le retour à la pleine communion romaine des levebvristes.  Les négociations commencées, nous le savons, dès 2000, ont connu une accélération après l'élection de Benoît XVI, qui a reçu à Castelgandolfo le supérieur des traditionalistes, Mgr Bernard Fellay, en août dernier. Pourtant, jusqu’à maintenant le signe de consentement qu’on attend de Menzingen, où réside le chef des lefebvristes, n'est pas venu. Il y a tout juste deux jours, le même Monseigneur Fellay a été confirmé au gouvernail de la Fraternité, par le chapitre général, pour les douze prochaines années. Il la dirige depuis 1994. L’abbé Niklaus Pfluger et l’abbé Marc Nely ont été élus « premier et second assistants ». Le premier appartient à l’aile la plus intransigeante, et le second à celle plus ouverte au dialogue. Il est possible que, dans la dernière période, sachant que son mandat venait à expiration, dans l'attente d'une éventuelle réélection, Fellay ait temporisé. Mais maintenant, des signaux précis sont attendus au Vatican. Les termes de l'accord proposé prévoient la souscription à l'accord théologique déjà convenu en 1988 entre Mgr Lefebvre et celui qui était alors le Cardinal Ratzinger, la révocation des excommunications décrétées par le Saint-siège après l'ordination illégitime de quatre évêques accomplie par le même Lefebvre, et une structure canonique, semblable à celle d’un ordinariat militaire, qui permettrait à la Fraternité Saint Pie X de conserver ses séminaires et d'incardiner des prêtres.
Dans le contexte de l'accord, le Saint-siège annoncera une forme de libéralisation du missel pré-conciliaire de Saint Pie V – disposition également très attendue par les traditionalistes en communion avec Rome.
Rome: Le Vatican entend réaffirmer le besoin de discipline liturgique
13 juillet 2006 - Apic - kipa-apic.ch
Rome: Le Vatican entend réaffirmer le besoin de discipline liturgique
Le pape veut mettre fin aux "abus, assure Mgr Malcom Ranjith
Rome, 13 juillet 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI va mettre fin aux "abus" dans la célébration de la messe et faire cesser "les affrontements" avec les partisans de la messe en latin, a déclaré jeudi un responsable du Vatican à l'agence I.Media, partenaire de l'Apic à Rome. Selon l'évêque sri-lankais Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, nouveau secrétaire de la congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape va "prendre des mesures" car la liturgie de l'Eglise catholique serait trop souvent "un signe de scandale".
Mgr Albert Malcom Ranjith Patabendige Don, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, entend rappeler l’importance de la discipline en matière de célébration liturgique. Selon le prélat Sri Lankais, Benoît XVI “va prendre des mesures“ pour indiquer avec quel sérieux il convient de célébrer a expliqué le prélat à son retour du Ghana où il a participé à un congrès consacré à la promotion liturgique en Afrique et à Madagascar.
Q.: Vous avez récemment affirmé dans le quotidien catholique français La Croix que la réforme liturgique du Concile Vatican II n’avait “jamais décollé“. Ces mots ont surpris de nombreuses personnes…
R.: Je suis surpris, car je ne l’ai pas dit ainsi et ce n’est pas vrai. Je voulais dire que la réforme conciliaire - avec le renouveau spirituel attendu, avec les catéchèses profondes qui devaient relancer l’Eglise face au contexte séculariste - avait donné des résultats qui ne sont pas si positifs que cela. La réforme a bien décollé. Ainsi, l’utilisation de la langue vernaculaire est une chose positive, car tout le monde peut comprendre ce qui se passe à l’autel ou lors des lectures. De même, pour le sens de communion qui s’est développé. Mais ces éléments ont parfois été un peu trop accentués en abandonnant certains aspects positifs de la tradition de l’Eglise. Le cardinal Ratzinger lui-même, dans la préface du livre Tournés vers le Seigneur - l’orientation de la prière liturgique du père Uwe Michael Lang, a rappelé que l’abandon du latin et l’orientation du célébrant vers le peuple ne faisaient pas partie des conclusions du Concile.
Q.: Pour certains, qui ont fidèlement suivi le Concile, vos propos surprennent…
R.: Il ne s’agit pas d’abandonner le Concile, car il a déjà beaucoup influencé l’Eglise, comme dans son ouverture au monde. Mais, dans le même temps, il aurait fallu approfondir ce que nous possédions déjà. Il aurait fallu, comme dit le Concile, un changement ‘organique', sans brusquerie, sans abandonner le passé. L’Encyclique Ecclesia de Eucharistia de Jean Paul II (publiée en avril 2003, ndlr), et l’Instruction Redemptoris Sacramentum (avril 2004) qu’il avait demandée à la Congrégation, indiquent bien que quelque chose n’allait pas. Le pape parlait alors avec une certaine amertume de ce qui se passait. Ainsi, on ne peut pas dire que tout s’est bien passé, mais on ne peut pas dire non plus que tout s’est mal passé. Les réformes du Concile, par la façon dont elles ont été traduites et mises en place, n’ont pas porté les fruits espérés.
Q.: Concrètement, que faut-il faire?
R.: Il y a deux extrêmes à éviter: permettre à chaque prêtre ou évêque de faire ce qu’il veut, ce qui crée la confusion, ou, au contraire, abandonner complètement une vision adaptée au contexte moderne et s’enfermer dans le passé. Aujourd’hui, ces deux extrêmes continuent de croître. Quel est le juste milieu ?… Il convient de réfléchir un moment, de célébrer sérieusement et d’améliorer ce que nous faisons actuellement.
Q.: Doit-on attendre un document pontifical ou de votre Congrégation à ce sujet ?
R.: Dans son livre L’esprit de la liturgie (publié en allemand en 2000, puis en français en 2001, ndlr), le cardinal Ratzinger avait présenté un cadre très complet de la question. Je crois que le pape est très conscient de ce qui se passe, qu’il étudie la question et qu’il faut faire quelque chose pour aller de l’avant. Il va prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie. Il a la responsabilité que la liturgie devienne un signe d’édification de la foi et non un signe de scandale. Car, si la liturgie n’est pas capable de changer les chrétiens et de les faire devenir des témoins héroïques de l’Evangile, alors elle ne réalise pas sont but véritable. Celui qui a participé à la messe doit sortir de l’église convaincu que son engagement social, moral, politique et économique, est un engagement chrétien.
Q.: Les abus liturgiques sont-ils réellement si nombreux ?
R.: Chaque jour, nous recevons tellement de lettres, signées, où les gens se lamentent des nombreux abus : des prêtres qui font ce qu’ils veulent, des évêques qui ferment les yeux ou, même, justifient ce que font leurs prêtres au nom du ‘renouveau’… Nous ne pouvons pas nous taire. Il est de notre responsabilité d’être vigilants. Car, à la fin, les gens vont assister à la messe tridentine et nos églises se vident. La messe tridentine n’appartient pas aux Lefebvristes. C’est le moment de cesser les affrontements et de voir si nous avons été fidèles aux instructions de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium . C’est pourquoi il faut de la discipline pour ce que nous faisons sur l’autel. Les règles sont bien indiquées dans le Missel romain et les documents de l’Eglise.
Q.: Vous rentrez à peine de Kumasi, au Ghana, où vous avez dirigé les travaux du congrès organisé par votre congrégation sur la promotion liturgique en Afrique et à Madagascar. En quoi cela consistait-il ?
R.: Il y avait des représentants de 23 pays africains, dont de nombreux évêques. Nous leur avons présenté le travail de la Congrégation, les mises à jour nécessaires. Nous avons aussi évoqué la façon de traduire les textes liturgiques et le besoin de reconnaissance de ces textes par la Congrégation. Nous avons consacré une journée entière à l’inculturation dans la liturgie, et nous avons aussi étudié la question de la formation liturgique des fidèles.
Q.: Quelles questions ont été particulièrement évoquées concernant l’inculturation ?
R.: Nous avons surtout parlé des problèmes de langage dans les traductions liturgiques, comment y introduire les langues locales, et aussi des adaptations de la liturgie. Les évêques sont conscients, d’un côté, du danger d’arriver à un certain syncrétisme religieux et culturel, et d’un autre ils ont conscience de la nécessité absolue que la liturgie soit compréhensible par tous. Nous avons discuté de la question de l’identité universelle de la messe, des choses qui ne peuvent être changées et de celles qui peuvent l’être, des valeurs africaines du sacré, du mystère, de la famille, du respect des anciens, et de comment les introduire dans la liturgie.
Q.: Quelles recommandations sont issues de ce premier congrès continental ?
R.: 25 points différents ont été approuvés par les participants au terme du congrès. L’essentiel étant de ne pas trahir la forme universelle des sacrements, surtout ses aspects ‘catholiques’. Dans le même temps, il convient de chercher à engager une inculturation plus profonde, non seulement externe mais de mentalité, de façon de voir, de façon de prier, etc. Beaucoup d’évêques ont pris connaissance de nombreux points de la liturgie de l’Eglise qu’ils ignoraient auparavant. Cette rencontre, d’un côté, a donc permis à la Congrégation d’écouter les évêques, de connaître leurs difficultés, et, de l’autre côté, elle a aidé les évêques à comprendre les nécessités universelles de la liturgie.
Q.: Vous attendez désormais des textes provenant de pays africains pour les reconnaître ?
R.: Oui, car beaucoup d’évêques ignoraient qu’il fallait que leurs textes soient reconnus par la Congrégation. Ils continuaient en effet d’utiliser des textes rédigés sans aval de Rome. Il est bien possible que cette situation existe sur d’autres continents.
(Propos recueillis à Rome par Antoine-Marie Izoard/apic/ami/pr)
13.07.2006 - Apic

11 juillet 2006

Lettre ouverte à Mgr Jordan - Collectif pour la paix liturgique à Reims et contre l'exclusion dans l'Eglise
11 juillet 2006 - paixliturgiquereims.org
Reims le 11 juillet 2006 Monseigneur,
Depuis des années maintenant un nombre toujours croissant de fidèles du diocèse de Reims vous sollicite pour obtenir l’application du motu proprio « Ecclesia Dei Adflicta » à Reims. Jusqu’à aujourd’hui, vous avez considéré que cette mesure ne se justifiait pas et avez donc repoussé les demandes que vous avez reçues.
Pourtant, c’est toujours avec piété filiale que nous revenons vers vous pour renouveler notre supplication d’instaurer cette paix liturgique qui ferait tant de bien à l’Eglise qui est à Reims. Vous obtiendriez la reconnaissance de ces catholiques qui veulent rester unis à leur Archevêque en bénéficiant du rite qui les aide à progresser vers la sainteté. Plusieurs sensibilités peuvent tout à fait évoluer dans le diocèse en une vraie unité dans la diversité. Nous croyons fermement qu’en cela, nous répondons aux demandes de nos derniers Papes, Jean-Paul II et Benoît XVI quand ils appellent à la nouvelle Evangélisation. Chacun, selon sa sensibilité pourra découvrir chaque jour davantage la richesse des charismes dans l’Eglise.
Monseigneur, c’est avec confiance que nous nous adressons à vous. Notre supplication est d’autant plus grande que nous savons que la très grande majorité des fidèles de Reims accueillerait volontiers cette partie du troupeau que nous représentons. Le temps n’est plus où les passions des uns ou des autres rendaient la cohabitation impossible. La plupart des fidèles qui s’adressent à vous à travers nous, n’ont pas connu ces disputes des années 1970. Ils veulent vivre leur Foi dans la sérénité et sous l’aile paternelle de leur évêque.
Monseigneur, c’est avec un grand espoir que nous voyons toujours davantage de vos confrères accueillir les fidèles demandant de pouvoir vivre selon les livres liturgiques de 1962. Nous savons qu’ils ne portent pas davantage attention que vous aux besoins spirituels des âmes qui leur sont confiées.
Monseigneur, c’est avec le souci de servir l’Eglise que nous vous écrivons aujourd’hui. Servir l’Eglise en représentant ces membres du diocèse qui souhaitent de tout leur cœur vivre dans l’Eglise de ce que l’Eglise permet de leur donner. Ils ne veulent pas croire que les paroles du Pape Jean-Paul II pour les 10 ans du motu proprio (26/10/1998) soient lettres mortes.
Alors, Monseigneur, nous vous supplions d’accorder cette Messe dominicale selon le rite de 1962 à Reims. Nous sommes à votre entière disposition pour en discuter de nouveau avec vous à la date qui vous conviendra le mieux.
En vous assurant de nos prières aux intentions du diocèse, nous vous prions de croire, Monseigneur, en l’expression de notre piété filiale par les cœurs de Jésus et Marie. 
Tous les membres du collectif
La ferme du château
51480 COURTAGNON
Collectif51@tiscali.fr
Tel : 06.31.75.73.94.

[Abbé Lorans - FSSPX] Mgr Bernard Fellay réélu supérieur général de la FSSPX pour douze ans (Communiqué)

SOURCE - Abbé Lorans - FSSPX - 11 juillet 2006

Election du Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X : communiqué officiel
  
Le mardi 11 juillet 2006, au séminaire d’Ecône (Suisse), le Chapitre général de la Fraternité Saint Pie X a procédé à l’élection de son Supérieur général et de ses deux Assistants généraux.
 
Après avoir vérifié que les quarante capitulants étaient régulièrement convoqués, et après avoir entendu le rapport du supérieur sortant, le chapitre a réélu Mgr Bernard Fellay supérieur général pour douze ans. MM. les abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély ont été respectivement élus premier et deuxième assistants pour douze ans également.

Mgr Bernard Fellay est né le 12 avril 1958, en Suisse. Il est entré au séminaire d’Ecône en octobre 1977. Il a été ordonné prêtre le 29 juin 1982, et fut aussitôt nommé économe général de la Fraternité. Il a été en même temps chargé de l’aumônerie de plusieurs groupes de jeunes et d’un ministère paroissial. Il a accompli plusieurs voyages apostoliques dans les pays du Tiers Monde. Le 30 juin 1988, il fut consacré évêque tout en gardant ses fonctions d’économe général jusqu’à sa première élection comme supérieur de la Fraternité, en juillet 1994. Mgr Fellay parle couramment le français, l’anglais et l’allemand, il connaît l’italien et l’espagnol.

M. l’abbé Niklaus Pfluger est né le 3 novembre 1958 à Oensingen (Suisse). Il est entré au séminaire de Zaitzkofen (Allemagne) en 1978, il a été ordonné prêtre en 1984. Après une année au prieuré d’Oberriet, il est prieur à Bâle de 1985 à 1989. Supérieur du district de Suisse en 1989, il est nommé directeur du séminaire de Zaitzkofen en 1991. En 1998, il est de nouveau supérieur du district de Suisse. Depuis 2004, il est supérieur du district d’Allemagne. M. l’abbé Pfluger parle le français et l’allemand.

M. l’abbé Alain-Marc Nély est né le 18 février 1950 à La Ferté-sous-Jouarre (France). Il est entré au séminaire d’Ecône en 1979, et y a reçu l’ordination sacerdotale en 1984. De 1984 à 1994, il fut directeur-adjoint et professeur de philosophie à l’école Saint Joseph des Carmes (Aude). De 1994 à 2004, il a été prieur-doyen de Marseille. Depuis 2004, il est supérieur du district d’Italie. M. l’abbé Nély parle le français, l’anglais et l’italien.
 
Abbé Alain Lorans
Directeur du Service d’information de la Fraternité Saint Pie X

Supérieur général : Mgr Bernard Fellay.
Né en Suisse en 1958, ordonné prêtre en 1982,
sacré évêque en 1988.
De 1982 à 1994, Économe général de la Fraternité Saint-Pie X.
De 1994 à 2006, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.
 
Premier Assistant : abbé Niklaus Pfluger.
Né en Suisse en 1958, ordonné prêtre en 1984.
De 1984 à 1986, collaborateur à l’institut S. Karl Borromäus (Oberriet).
De 1986 à 1989, prieur du prieuré S. Theresia (Bâle).
De 1989 à 1991, Supérieur du District de Suisse.
De 1991 à 1998, Directeur du séminaire de Zaitzkofen (Allemagne).
De 1998 à 2004, Supérieur du District de Suisse.
De 2004 à 2006, Supérieur du District d’Allemagne.
 
Second Assistant : Abbé Alain-Marc Nely.
Né en France en 1950, ordonné prêtre en 1985.
De 1984 à 1994, collaborateur à l’école Saint-Joseph des Carmes (Carcassonne).
De 1994 à 2004, prieur-doyen du prieuré Saint-Ferréol de Marseille.
De 2004 à 2006, Supérieur du District d’Italie.