11 juin 2007





Les intégristes veulent aller au-delà du motu proprio
11 juin 2007 - Nicolas Senèze - La Croix - cité par DICI
Selon Mgr Fellay, une éventuelle libéralisation du rite tridentin ne permettra pas pour autant un retour rapide des lefebvristes vers Rome.
La libéralisation de la messe de saint Pie V comme solution au schisme lefebvriste ? Au cours d’une conférence prononcée jeudi soir devant près de 400 personnes (*) à la Mutualité, à Paris, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint-Pie X (FSSPX), a d’ores et déjà fait part de ses doutes sur un retour rapide à Rome des fidèles de Mgr Lefebvre en cas de « libération » de la messe tridentine. Certes, « ce que l’on sait du motu proprio traduit la volonté du pape de redonner sa place au rite traditionnel », explique celui que Mgr Lefebvre a ordonné illicitement évêque en 1988. Il voit dans ce geste « plus qu’une simple concession à des nostalgiques » de la part d’un pape « qui aime l’ancienne messe ». mais cette libéralisation du rite préconciliaire est-il pour autant la réponse au premier préalable – avec la levée des excommunications posées au moment des ordinations épiscopales illicites de 1988 – posée par la FSSPX à l’ouverture de discussions à Rome ?
« Même si Rome ne peut le dire comme cela, il y a une volonté de répondre à cette demande », estime Mgr Fellay. « Mais tout dépendra des restrictions mises dans le texte », ajoute-t-il aussitôt. Et d’expliquer : « « Si l’ouverture est telle qu’on peut parler d’une véritable libération, pas de problème, dit-il. Mais si on remet dans les mains de l’évêque le pouvoir de refermer la porte ouverte par le pape, ce ne sera pas possible ». Une référence directe au n°39 de l’exhortation apostolique de Benoît XVI Sacramentum caritatis selon laquelle il revient à l’évêque « de sauvegarder l’unité unanime des célébrations dans son diocèse ». « Si on utilise cet argument pour dire que l’ancienne messe est un danger pour l’unité du diocèse », prévient Mgr Fellay, qui prévoit toutefois que si le pouvoir de l’évêque était réaffirmé par le motu proprio, les fidèles pourront aussi recourir à Rome.
« L’après-motu proprio sera très intéressant », prévient déjà le chef de file des intégristes. « Si on laisse une chance égale aux deux rites, il n’est pas difficile de deviner lequel l’emportera », estime-t-il. Selon lui, « il y a une véritable attente du peuple chrétien » vis-à-vis de l’ancienne messe. « Il suffit de voir les églises vides : n’est-ce pas une sanction contre la nouvelle messe ? », demande-t-il. D’où les oppositions qu’il prévoit de la part de ceux qui ont promu le rite de Paul VI. « Il y aura un mouvement d’opposition énorme », prévient-il. Une opposition certes « passive », « mais c’est cela qui fait peur au pape », souligne Mgr Fellay, selon qui il faudra « un long travail ». « A Rome, on nous explique que dans une génération la nouvelle messe aura disparu, affirme-t-il. Moi je pense qu’il en faudra plutôt deux… »
Pour autant, ce qu’il appelle la « libération » de l’ancienne messe ne sera pas une condition suffisante pour provoquer le retour de la FSSPX dans le giron romain, estime Mgr Fellay. « La messe a été l’instrument de la réforme de l’esprit catholique : en ce sens elle est une cause de l’état actuel de l’Eglise. Mais elle a été un outil pour mettre en application des principes : ce sont eux qui sont dangereux et auxquels il faut s’attaquer », explique-t-il, reprochant à Benoît XVI de « vouloir être moderne » et demandant une discussion de fond sur le concile Vatican II, et notamment sur la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité épiscopale. « Comment un tel concile a-t-il pu avoir lieu dans l’Eglise ? », s’indigne Mgr Fellay, selon qui « signer maintenant un accord serait une solution facile qui n’obligerait pas à réfléchir sur ce concile qui pose des questions théologiques énormes ».

8 juin 2007





Dans l’attente du Motu proprio, les "tradis" mettent la pression
8 juin 2007 - Romano Libero - golias.fr
Dans l’attente du Motu proprio, les "tradis" mettent la pression
Nous aurions envie de poser la question un peu provocante : le printemps verra-t-il l’hirondelle ?
En l’occurrence un motu proprio annoncé depuis des mois libéralisant la célébration de la liturgie selon les anciens livres liturgiques.Espéré par les uns, redouté par les autres, il divise les esprits et alimente les controverses.
Dans une récente entrevue avec le quotidien catholique "Avvenire", le cardinal Tarcisio Bertone le présente comme imminent.Les uns estiment qu’il devrait sortir encore au cours de ce mois de juin, par exemple lors de la fête du Sacré Coeur. D’autres suggèrent que Rome pourrait profiter du calme et de la tranquillité de l’été pour passer inaperçu.
Début août, il est plus difficile de monter un mouvement de protestation. Enquête.

La querelle s’est envenimée depuis quelques jours en France avec l’épisode de Niafles , dans le diocèse de Laval , en Mayenne. Le décès du vieux chargé d’âme, un nonagénaire attaché au rite de Saint Pie V, ouvre une période de turbulences. L’évêque, Mgr Armand Maillard, voulant reprendre sous son contrôle une situation explosive.
Mgr Maillard avait permis pendant quelques mois à un jeune prêtre de la fraternité Saint Pierre d’assurer une transition en attendant une solution globale évitant un abcès de fixation traditionaliste. Comme Mgr Pierre Raffin de Metz et Mgr Gérard Daucourt de Nanterre , l’évêque de Laval estime pourtant qu’il est préférable à long terme de proposer une messe de Paul VI en latin.
En fait, derrière la question liturgique, il s’agit bien d’un enjeu beaucoup plus vaste. Niafles devenait le point de ralliement de nombreux catholiques intégristes, souvent liés à l’extrême droite. C’est cette raison qui dissuade Armand Maillard de concéder aux traditionalistes la solution qu’ils proposent. L’évêque refuse que se constitue une Eglise dans l’Eglise dont l’attachement aux formes préconciliaires serait en définitive le drapeau.
La question d’une légitimation de l’usage des anciens livres liturgiques révèle une double dimension.
D’une part, il paraît humainement de bon sens de ne pas interdire ou condamner un rite séculaire, ce qui indirectement serait faire preuve d’un ... intégrisme conciliaire aussi irritant que d’autres formes d’intransigeance bornée. Au temps du Pontificat de Paul VI, des théologiens aussi peu suspects d’intégrisme que le futur cardinal Yves Congar et le suisse Hans Küng estimaient absurde d’interdire la célébration de la messe de Saint Pie V.
D’autre part, ce conflit des rites demeure l’arbre qui cache la forêt. Au-delà des querelles de lutrin, c’est la place inquiétante d’un courant intransigeant musclé et foncièrement hostile à certaines évolutions de l’Eglise qui suscite notre perplexité. En outre, dans notre hexagone gallican et idéologique, la revendication liturgique s’associe souvent à des visions fascistes ou fascisantes de la société. Qui nous rappellent des temps que nous voudrions oublier.
Les intégristes ont beau jeu de se poser en victimes des méchants évêques. Il est évident que le sectarisme et la bêtise ne sont jamais d’un seul côté. Il n’en reste pas moins essentiel de situer cette question particulière de la liturgie dans un contexte d’ensemble qui ressemble parfois à un terrain miné. Comme si d’aucuns suivaient les conseils d’un Louis Veuillot, fameux polémiste catholique intransigeant et ultramontain, lequel dans "l’illusion libérale" donne un véritable manifeste de l’intégrisme catholique. Lorsque les "libéraux" sont au pouvoir, selon Veuillot, le plus habile est d’invoquer leur sens de la liberté pour les piéger en quelque sorte.
Par contre, lorsque les ’"intransigeants" reprennent le dessus...

7 juin 2007





Mgr Maillard annonce le maintien de la messe St Pie V à Laval
7 juin 2007 - diocese-laval.cef.fr
Le 3 juin dernier dans l’Eglise des Cordeliers à Laval, une messe a été célébrée à 10 h 30 selon le rite dit de « Saint Pie V ». Se sont rassemblés à cette occasion des fidèles issus de la communauté habituée à Niafles ; d’autres venaient de différents lieux du diocèse. Cette messe répond à l’accueil que souhaite le Saint Père Benoît XVI pour les fidèles attachés à ce rite. Cet accueil demande un effort de la part de tous pour signifier visiblement l’unité voulue par le Seigneur lui-même. Il nous faut réapprendre le dialogue, l’écoute, la prière partagée sans a priori. Ce travail patient demandera du temps.
Dans les mois à venir la messe sera célébrée chaque dimanche à 10 h 30 selon ce rite. Des prêtres de la Fraternité Saint Vincent Ferrier et des prêtres diocésains célébreront alternativement cette messe. Monsieur le curé de la paroisse Trinité – Avesnières – Cordeliers sera le garant qui assurera la continuité.
Prions pour l’unité dans la charité de notre Eglise.
Avec l’assurance de ma prière au service de tous,
Vôtre Evêque
Armand MAILLARD




La normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome
7 juin 2007 - abbé Aulagnier - Item
La normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome

Le grand avantage du livre de Monsieur l’abbé Celier et d’Olivier Pichon « Benoît XVI et les traditionalistes », c’est sa clarté sur un sujet capital : celui de la normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome ou mieux sa « régularisation canonique ».

J’ai déjà analysé la pensée de Monsieur l’abbé Celier sur ce sujet dans un précédent Regard. (cf. n° 129 du 12 mai). Il affirme que tous les membres de la FSSPX sont favorables à cette régularisation. C’est pour eux tous, une question de foi. Il n’est pas question qu’ils se séparent de l’Eglise, ni qu’ils créent une « petite église » autocéphale.

Mais ils n’iront de l’avant qu’avec la certitude que cette régularisation ne se fasse pas au détriment de la foi.

Qui pourrait le leur reprocher.

Monsieur l’abbé Celier le dit nettement dans une très belle page de son livre, la plus belle peut-être, la page 212 : « Nous sommes attentifs à toutes les évolutions positives de Rome, et nous en tenons compte dans notre évaluation de la situation. Nous essayons de ne pas laisser les occasions favorables, de ne pas nous maintenir dans l’immobilisme, ce qui serait mortel pour nous-mêmes et pour l’Eglise. Je parle d’un immobilisme de type providentialiste, qui reviendrait à ne pas faire ce qui est à notre portée pour contribuer à résoudre la crise, sous le fallacieux prétexte que « Dieu y pourvoira ». Nous inscrivons donc notre action dans la réalité historique, circonstancielle, d’aujourd’hui. Mais (et c’est ce Mais qui change tout) nous l’avons fait jusqu’ici, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons toujours sur la base de la foi catholique, dans l’attachement inconditionnel à la foi catholique. La Fraternité Saint Pie X veut la restauration de la foi et le relèvement de l’Eglise, c’est le but qu’elle recherche sans trêve ni réserve, et elle est déterminée à coopérer à cette restauration au fur et à mesure de l’évolution des choses, au moyen des circonstances. Mais la Fraternité ne veut pas l’inverse, elle ne vise pas comme but de s’adapter aux circonstances, et comme moyen de restaurer la foi. C’est dire que nous ne pouvons envisager de céder sur la foi parce qu’une occasion exceptionnelle, non réfutable, nous serait offerte sur un plateau. La Fraternité Saint Pie X est prête dans l’heure à tout accord, à tout arrangement qui garantira la foi pour l’Eglise et pour elle-même. En revanche, elle n’est prête à aucun accord, aussi mirobolant et favorable paraitrait-il, qui se conclurait au détriment de la foi. Or le vrai problème, depuis le début, est là. Toutes les propositions de Rome jusqu’ici ont eu pour but de régler le « problème » de la Fraternité Saint-Pie X, vu comme une difficulté canonique, un charisme propre, une souffrance due aux excès de l’après Concile, une incompréhension des textes les moins clairs du Concile, etc. mais ces propositions ont à ce jour systématiquement esquivé le problème de foi que pointait la Fraternité Saint-Pie X, et qui est l’essentiel » (p. 212)

Or il constate que tout ce qui s’est fait jusqu’à maintenant en matière d’accord avec les Instituts Ecclesia Dei , avec les moines du Barroux, avec la Fraternité saint Vincent Ferrier, avec Campos, peut-être un jour avec l’Institut de Bon Pasteur,( il est trop tôt pour que l’on puisse juger) s’est conclu peu ou prou par une « trahison ». Tous en effet ont lâché sur le plan doctrinal, les uns sur la liberté religieuse, les autres sur la réforme liturgique acceptant le bi ritualisme ou la concélébration ou perdant de leur « pugnacité » dans le combat doctrinal et leur critique sur la nouvelle messe.

C’est pourquoi les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ne veulent pas se lancer dans cette aventure…Ils ne se croient pas plus malin que les « autres ». Là où les autres ont « capitulé », ils craignent de capituler.

Et la raison de cette capitulation en chemin est simple, dit-il : tous, ils sont entrés dans une structure qui « marchent pour Vatican II ». Ils ne peuvent pas ne pas en être les victimes. Et cela, les membres de la Fraternité Saint-Pie X ne le veulent d’aucune manière.

Monsieur l’abbé Celier est très clair : « Je me refuse à croire que cette évolution des Instituts Ecclesia Dei tiennent principalement à la faiblesse des hommes : je la crois au contraire structurelle. On ne peut sous-estimer la puissance formidable de l’appareil ecclésiastique, sa capacité à attirer, à imprégner, à orienter, à marquer les âmes. C’est une des forces principales de l’Eglise, nous ne devons pas nous en étonner. Il n’est pas surprenant que l’appareil ecclésiastique ait réussi à faire évoluer en son sens les hommes qui l’ont rejoint depuis vingt ans. Le problème, c’est que cet appareil ecclésiastique roule aujourd’hui pour Vatican II. C’est donc vers Vatican II qu’il attire les Instituts Ecclesia Dei : tout simplement ! Il serait téméraire pour la Fraternité Saint-Pie X de se croire plus maligne ou plus forte que ceux qui, dans le passé, ont signé des accords. Si de plus coriaces que nous s’y sont cassé les dents, nous nous casserons également les dents, tant que l’orientation fondamentale de l’appareil ecclésiastique n’aura pas changé » (p 221)

Monsieur Olivier Pichoin revient sur la question et l’interroge à propos des fondateurs de l’Institut de Bon Pasteur, la dernière création. Il lui demande : « Vous ne croyez pas que les « tontons flingueurs » de la tradition, comme les a surnommés Le Figaro du 9 septembre 2006, sont capables de réaliser une telle percée victorieuse ? Ces fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur ont démontré qu’ils ne se laissaient ni impressionner par les menaces, ni séduire par les promesses »

C’est l’occasion pour Monsieur l’abbé Celier d’enfoncer le clou par sa réponse : « Ce sont incontestablement des fortes têtes. Je souhaite qu’ils réussissent à tenir le coup et à conserver leur liberté de critique à l’égard de Vatican II, à l’intérieur même de la structure ecclésiastique. Comme je l’ai dit, une telle réussite démontrerait que nos craintes sont désormais infondées. Mais l’histoire, tant longue que récente, m’enseigne la capacité d’assimilation quasi illimitée de l’appareil ecclésiastique. Je reste donc dubitatif sur la capacité de quelques prêtres même psychologiquement très solides, à résister à une réelle puissance. C’est pourquoi tant que Rome sera résolument pour le Concile, nous ne pourrons prendre le risque de nous replacer entre ses mais » (p 221-222)

C’était déjà la raison que Mère Anne-Marie Simoulin, Supérieure Générale, à l’époque, des religieuses de Fanjeaux, donnait le 30 mai 1988 à Mgr Lefebvre, lui conseillant de ne pas aller de l’avant dans ses négociations avec Rome et de passer à l’acte des sacres. Ce que fit Mgr Lefebvre le 30 juin 1988…

L’abbé Célier se répète quelques lignes plus loin : « Je vais me répéter. Tant que l’appareil ecclésiastique sera fermement attaché à Vatican II, les normes juridiques les plus favorables ne seront qu’un frêle papier à cigarettes pour nous protéger des pressions. Lorsqu’au contraire le coup de barre vers la tradition aura été donné, des normes juridiques même un peu bancales seront acceptables, car la vie de l’Eglise, alors travaillera chaque jour à les améliorer. Le fond du problème est là, et nulle part ailleurs » (p 222)

On a bien compris que, pour Monsieur l’abbé Celier, il n’y aura, de la part de la Fraternité Saint-Pie X, un accord possible avec Rome que lorsqu’un franc coup de barre vers sa tradition sera donné par les autorités ecclésiales et dûment constatable. Il écrit très clairement : « « Il faut créer de façon irréversible une situation qui rende possibles des accords canoniques. C’est-à-dire qu’il faut que Rome s’engage clairement en faveur de la foi vraie et intégrale, en faveur de l’élimination des erreurs, en faveur de la revivification de la vie chrétienne traditionnelle, même si cette volonté n’a pas encore atteint toutes les parties de l’Eglise ». (p184)

Dans cette précision, nous avons, nous tenons le principe de la future régularisation canonique de la Fraternité Saint Pie X dans l’Eglise, son principe théologique.

Tout est là !

Il faut que Rome s’engage clairement en faveur de la foi, de sa Tradition.

Alors la question qu’il faut se poser est la suivante : ce mouvement dans l’Eglise vers sa tradition est-il en marche ou n’est-il pas en marche?

C’est la question décisive.

J’ai répondu personnellement depuis longtemps à cette question. J’ai répondu positivement.
Je me suis essentiellement consacré à l’étude de la Messe « tridentine », à l’étude de l’évolution de la hiérarchie en ce domaine. Nul doute que la hiérarchie marche vers sa Tradition. C’est l’objet de mon livre « La bataille de la messe » aux éditions de Paris. J’ai étudié cette évolution depuis son interdiction formelle, mais atypique, le 24 mai 1976, lors du Consistoire tenu par Paul VI, jusqu’à son retour dans l’Eglise décidé par le Pape Jean Paul II, lors de la création de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney, au Brésil, dans le diocèse de Campos, en passant par celle de l’Institut du Bon Pasteur, avec Benoît XVI. Le nouveau Motu Proprio ne peut tarder…Cette évolution de la hiérarchie montre que le coup de barre vers sa tradition liturgique est en train d’être donné. Le pape Benoît XVI le veut.

Aussi n’est- il pas loin le moment où Rome pourra répondre favorablement à la première condition posée par la Fraternité Saint Pie X pour une « normalisation ». Ce préalable - celui du droit de la messe tridentine pour tout prêtre- pourra bientôt être satisfait. Sera alors changée l’attitude des membres de l’Eglise par rapport à sa tradition liturgique…Ce sera la première étape du « chemin inverse de la rupture de 1974-1976 » (p 176) qu’il faut nécessairement parcourir. C’est l’expression même de Monsieur l’abbé Celier. Je suis d’accord.

La deuxième étape, dit-il, c’est la levée de la prétendue excommunication.

Si j’en juge par l’attitude de Rome vis-à-vis de Mgr Rangel, l’évêque de la Fraternité saint Jean Marie Vianney, au Brésil, lors des années 2001 2002, le problème ne me parait pas très grand…L’abbé Celier le reconnaît à la page 178 de son livre. A Olivier Pichon qui pense nécessaire la publication d’un décret d’annulation en bon et due forme sur ce sujet, l’abbé Celier lui répond : « C’est que vous êtes beaucoup trop rigoriste, cartésien. Les hommes de la Curie possèdent de multiples ressources » pour régler ce problème au plus simple…

Ainsi « la mise en œuvre de ces deux préalables est, pour l’abbé Celier, assez facile, et cela sans risquer de causer une révolution dans l’Eglise » (p. 178)

C’est clair que la mise en œuvre de ces deux préalables « favoriserait un changement d’attitude des membres de l’Eglise vis-à-vis de la tradition » (p177). Oh combien !

Ce qui est impérativement demandé par la Fraternité Saint Pie X : « un coup de barre vers sa tradition » est donc en cours.

Il reste le problème du Concile Vatican II. C’est un problème sérieux. Monsieur l’abbé Celier en parle dans les pages 186-192 de son livre. Il fait des propositions qui pourraient retenir l’attention de la hiérarchie et qui seraient somme toute faciles à appliquer.

- Il propose de ne plus faire du Concile Vatican II l’unique référence des autorités comme si il n’existait dans l’Eglise qu’un seul Concile, celui de Vatican II. Il écrit joliment : « La conscience de l’Eglise est aujourd’hui encombrée, obnubilée par la référence unique et envahissante à Vatican II. Si, comme on nous l’affirme, ce concile est un concile comme les autres, et dans la continuité des autres, alors remettons le à sa place, qui est en soi modeste, puisqu’il s’agit d’un simple concile pastoral. Dégonflons cet œdème qui nous empêche de respirer. Arrêtons de ne vivre que par et pour ce Vatican II » (p187).

- Il propose de cesser de « diviniser » ce Concile. Il peut être corrigé. Le pape Paul VI le fit bien pour le latin. Le Concile avait demandé le maintien du latin comme langue liturgique. Paul VI affirma contre le Concile, dans son discours du 26 novembre 1969, que « ce ne sera plus le latin, mais la langue courante, qui sera la langue principale de la messe ». Il pourrait en être fait de même par Benoît XVI sur tel ou tel autre point du Concile…

- La proposition la plus originale de Monsieur l’abbé Celier, c’est celle tirée de l’accord historique de Brest-Litovsk en 1595, sous le pontificat de Clément VIII, accord qui scellait le rapprochement entre l’Eglise ruthène (ukrainienne) jusqu’ici dans l’orbite du schisme byzantin et l’Eglise catholique romaine. Il faut connaître cet accord. Il pourrait être retenu par Rome et imité. Voici ce qu’écrit Monsieur l’abbé Celier :
« Dans cet accord, on peut relever quelques passages intéressants…Ce traité d’union commence par la déclaration suivante : « Avant de nous unir à l’Eglise romaine, nous exigeons au préalable des garanties de la part des « Romains » au sujet des points suivants ». Il s’ensuit une longue énumération de coutumes propres à l’Eglise ruthène (tel que l’ordination des hommes mariés) et d’exemptions (exemption, par exemple, de l’obligation de participer à certaines cérémonies célébrées par les Latins). Parmi ces points, on peut relever le suivant : Nous ne débattrons pas du purgatoire, mais nous faisons confiance à l’enseignement de la sainte Eglise ». La conception byzantine sur cette question en effet, diffère de la conception latine. Un peu plus loin, on peut lire aussi : « Comme il existe une querelle entre les Romains et les Grecs au sujet de la procession du Saint-Esprit qui empêche l’unité, nous demandons à ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par le saint-Esprit, par l’évangile et par les écrits des Docteurs grecs, à savoir que le Saint-Esprit ne procède pas de deux sources, ni d’une double procession, mais d’une seule origine, c’est-à-dire du Père par le Fils. »(p 189)
De cet exemple, il en fait une application très intéressante à notre situation actuelle au sujet de la liberté religieuse. Il écrit : « Si l’on prend la question de la liberté religieuse, en partant évidemment du principe que le coup de barre ait été donné - c’est le principe nécessaire demandé par la Fraternité Saint-Pie pour toute réintégration possible, nous le savons - c’est-à-dire que les erreurs de Dignitatis humanae commenceraient à être officiellement remises en cause, ne pourrait-on pas, en attendant le plein achèvement de ce retour à la tradition, imaginer la formulation suivante, proposée par la Fraternité saint Pie X et acceptée par Rome : « Comme il existe une dissension entre Rome et la Fraternité Saint pie X à propos de la déclaration Dignitatis humanae du Concile Vatican II qui empêche l’unité, nous demandons à ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par le Saint-Esprit, par l’Evangile, par les écrits des saints Docteurs et des papes jusqu’à Pe XII, et nommément Mirari vos de Grégoire XVI, Quanta cura de Pie IX, Libertas de Léon XIII, Quas primas de Pie XI, Gi riese de Pie XII. Cependant, nous déclarons notre adhésion pleine et entière à la doctrine de l’Eglise romaine. Par ailleurs, sur cette base, nous nous engageons à une attitude positive d’étude de communication avec le Siège apostolique dans le cadre d’une critique sérieuse et constructive ».

Cette proposition n’est pas inintéressante.

Son interlocuteur, Monsieur Olivier Pichon, lui fait remarquer qu’il utilise là, à la fin de sa réponse, les formules admises par Rome et Mgr Lefebvre, ainsi que par les membres fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur…Ces formules montrent que Rome ne fait plus du Concile un absolu . Il peut être critiqué.

Conclusion

A la lumière de toutes ces explications, ne peut-on pas penser que la régularisation canonique de la Fraternité Saint Pie X n’est pas très éloignée ? Elle pourrait aller de pair avec la publication du Motu Proprio sur la messe ou du moins dans sa foulée.
Je l’espère !




Résumé de la conférence de Mgr Fellay du 7 juin 2007
par Ennemond - sur leforumcatholique.org
« Si le pape pose un acte courageux,
c’est une pluie de grâces pour l’Église ! »
Le jeudi 7 juin à 20h, Mgr Fellay a fait une conférence au Palais de la Mutualité devant 500 personnes sur le thème de la libéralisation de la messe et des relations de la Tradition avec le Saint-Siège.

Quelques éléments notables
Mgr Fellay a d’abord souhaité signaler les quelques éléments d’actualité à retenir. Sur le Motu Proprio, il constatait un changement d’esprit. Jusqu’à Pâques, les évêques pensaient qu’il était mis au rancart. Ce qui serait contradictoire avec les récents propos du cardinal Castrillon Hoyos. Toujours est-il que le pape a la volonté très nette de rétablir toute la liturgie, pas seulement la messe. Il a également parlé de l’annonce de la transformation de la Commission Ecclesia Dei en un dicastère. Ce qui constituait un fait nouveau qui rompait a priori avec les anciennes perspectives.
À la question de l’abbé Lorans lui demandant si le Motu Proprio constituait le 2nd préalable, Mgr Fellay a répondu que, du côté de Rome, il y avait sans doute cette idée de correspondre à cette demande, tout en estimant que le Saint-Siège ne le présenterait jamais sous cet angle. Du côté de la FSSPX, tout dépend des restrictions mises dans le texte. Si les évêques ont encore un pouvoir sur la messe, il ne sera probablement pas possible de parler de libération. Mais on ne sait de toute façon pas ce qu’il contient.
Des luttes en perspective
Il y a une réelle attente dans l’Église selon Mgr Fellay. Tous nous voyons manifestement ces sanctuaires vidées. Telle est la sanction à un message qui n’est pas passé. Mais il y a des luttes en perspective. Il y aura par exemple une confrontation très nette entre les évêques et les communautés Ecclesia Dei. En effet, en France, le mur d’opposition est énorme. Pourtant, les choses changent progressivement. Il y a quelques années, le cardinal Castrillon Hoyos disait que la libération de la messe était impossible car le Saint-Siège perdrait le contrôle de tout, car le pape aurait la crainte de briser l’Église. Quoi qu’il en soit, si la même chance est donnée aux deux rites, c’est le meilleur qui gagnera et Mgr Fellay avoue ne pas chercher longtemps pour savoir lequel c’est.
Un regain d’intérêt
Un regain d’intérêt net se fait sentir, de la part des nouvelles générations. L’idée de faire revenir le rite existe. Tout dépendra du courage du pape (certes, toutes les précautions sont prises pour désamorcer d’éventuelles crises). Mais le regain est là. Le film d’explication de la messe a été proposé aux prêtres de différents pays. En France, 700 demandes viennent d’être faites, 1600 en Allemagne. Maintenant, ca commence aux Etats-Unis : déjà 500. Les jeunes prêtres sont beaucoup plus ouverts (pour les anciens les coupures des années 60 ont été des douleurs telles qu’ils ne reviendront pas dessus). Les jeunes sont ouverts sur la messe. Et c’est la même chose vis-à-vis du Concile.
Les discussions
La messe n’est qu’un effet de la réforme. Elle est la couroi de transmission d’un nouvel esprit, de la mise en application de ses principes. Mais les principes continuent malgré la messe. Par exemple, sur un arbre sauvage, on ne peut se contenter de couper une branche. Il faut effectuer une greffe. Car couper la messe sans toucher au Concile, c’est obtenir les mêmes fruits amers qu’hier. Or, pour l’instant, toutes les discussions avec Rome ont consisté à esquiver les principes.
Le pape Benoit XVI a, quant à lui, des affections pour la Tradition. Mais il a également une tendance à vouloir réunir les extrêmes. Il a des affections des deux côtés, semble-t-il. L’affaire des limbes le montre. Il n’a pas supprimé les limbes comme ont voulu le dire les médias mais il a cependant laisser une porte s’ouvrir à un texte qui ne professe pas l’hérésie mais qui permet d’échapper à la doctrine pour introduire une nouvelle ecclésiologie. Or c’est ainsi qu’a fonctionné le dernier concile.
Une part d’espoir
Mgr Fellay a qualifié la traduction du « pro multis » d’acte de courage de Benoît XVI. Le pape a agi seul contre toutes les conférences et contre la Curie romaine. Il y voit là une part d’espoir. Ce fait est selon lui très intéressant car il est basé sur une lettre réelle. La correction a été imposée à tous et contre tous.
Au passage, il a signalé, à l’appui de cet exemple, l’oubli qui était fait de la vraie doctrine sous-jacente, du vrai enjeu de tout notre combat, à savoir le Salut des Âmes, un thème qui n’apparaît plus jamais. (preuve en est le refus par 90 % des conférences épiscopales de la traduction rectifiée).
Convertir Rome ?
Cela ne paraît pas idéaliste pour Mgr Fellay. Le seul chemin possible est de remettre les hommes d’Église sur les rails. Il a constaté les difficultés auxquelles étaient confrontées les communautés Ecclesia Dei. Pour lui, elles sont inévitablement soumises à la division car les principes n’ont pas été réglés et ce sont eux qui régissent, à la base, la vie de l’Église. Dès lors, un accord passe nécessairement pas une réévaluation des choses. Mgr Fellay pense que Benoît XVI, le pape théologien, pourrait être l’homme qui soit enclin à poursuivre cette solution.
Les faits
De toute façon, la FSSPX brille de ses fidèles, de ses œuvres, de ses fruits. Les faits sont plus forts que les arguments. Toute l’action de la Fraternité montre que la vie traditionnelle est possible, qu’elle intéresse la jeunesse actuelle. Le Concile voulait toucher le monde et il est finalement parti avec le monde. Aujourd’hui, à Rome, dans les diocèses, on constate. Les écoles catholiques sont dans la Tradition, les vocations, les jeunes vocations sont dans la Tradition. La FSSPX constitue finalement un thermomètre de l’Église. Il ne s’agit pas de s’attaquer au thermomètre, mais bien à la maladie.

(PS : désolé si je n'ai pas été fidèle à la lettre même de la conférence. J'ai fait de mon mieux !)

5 juin 2007





Catholiques, l’unité à quel prix ?
5 juin 2007 - Jean Mercier - La Vie
Refaire l’unité. Panser les blessures de l’Histoire. Tendre la main aux brebis égarées. Le métier de pape, pour Benoît XVI, n’est autre que celui du pasteur tentant de réconcilier les membres du troupeau qui se sont jadis déchirés et anathémisés. En l’espace de quelques jours, il pose deux actes clairs dans ce sens. Il s’agit d’abord de la lettre aux catholiques de Chine parue le 30 juin, qui vise à normaliser la situation d’une Église qui a perdu sa cohérence et son unité, divisée entre les croyants qui ont choisi la clandestinité, héritiers des martyrs de la foi des années 1950, et ceux qui acceptent le contrôle de l’État. Il s’agit ensuite du fameux Motu proprio sur la libéralisation de la messe de saint Pie V (avec le missel de Jean XXIII de 1962 qui l’accompagne), attendu de façon imminente, et qui se veut comme l’ultime main tendue aux fidèles qui n’ont pas digéré Vatican II, en particulier dans sa version liturgique. La Chine et les fans du concile de Trente ? A priori, les sujets n’ont rien à voir... Sauf que, dans les deux cas, il s’agit d’unité ecclésiale. Celle-ci peut-elle se faire à n’importe quel prix ? Concernant la Chine, le pape doit exercer son pouvoir paternel face à une situation très complexe et bloquée. Rome ne sait même pas de façon exacte combien il existe d’évêques catholiques dans l’empire du Milieu ! Et ceux qu’elle connaît sont, pour la plupart, très âgés (60 % ont plus de 80 ans). On comprend donc qu’il veuille procéder à une normalisation. Il profite aussi de la fenêtre de tir qu’ouvre la perspective des jeux Olympiques de 2008, celle d’une plus grande ouverture des autorités chinoises. En revanche, on peut s’interroger sur l’opportunité de la libéralisation annoncée du missel dit de Jean XXIII (en fait de saint Pie V retouché en 1962 !). Sur ce dossier, seul le fait que Benoît XVI avance en âge (et cherche à réparer son échec de 1988, lorsqu’il échoua à garder Mgr Lefebvre dans la communion de Rome) représente un facteur d’urgence. Les traditionalistes jouissent déjà de la possibilité d’ouïr la messe d’antan et sont très minoritaires. À l’automne 2006, la plupart des évêques français ont fait savoir qu’ils redoutaient cette évolution, parce qu’elle leur causerait de graves soucis. Il n’est que de voir comment la petite commune de Niafles, en Mayenne, est devenue en juin le théâtre d’affrontements violents entre les « tradis » et les autres fidèles pour avoir une idée de ce qui attend les catholiques de France dans les mois à venir… Contrairement à la Chine, où le message papal contribue à une plus grande clarté de l’Église catholique, le Motu proprio risque de sérieusement brouiller l’image et le témoignage de celle-ci en France, comme le révèle la lecture comparative des deux missels qui, bien que situés aux antipodes sur le fond des valeurs, seraient désormais revêtus de la même autorité spirituelle.

4 juin 2007





Le card. Bertone annonce la publication du Motu Proprio de Benoît XVI
4 juin 2007 - eucharistiemisericor.free.fr
ROME, le 4 Juin 2007 - (E.S.M.) - Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État, a annoncé que la publication du document par lequel le pape Benoît XVI libéralisera la célébration de la messe en latin selon le missel préconciliaire, ne tardera plus. Le cardinal Bertone annonce la publication du Motu Proprio du pape Benoît XVI
Nous écrivions, hier, "certaines personnes se demandent si le pape Benoît XVI publiera un jour le fameux Motu Proprio !" C'est maintenant officiel, le cardinal secrétaire d'État a confirmé l'imminence du document. Que chacun se rassure et se prépare à le recevoir dans la sérénité. (La participation authentique à la liturgie voulue par Benoît XVI - 03.06.07)
La lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois devrait être publiée prochainement, tout comme son Motu Proprio en vue de la libéralisation de la messe tridentine. C’est ce qu’a déclaré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Saint-Siège, dans le quotidien de la Conférence des évêques italiens, Avvenire - INTERVISTA, daté du 3 juin.
Interrogé sur le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe tridentine, le secrétaire d’État du Saint-Siège a confié qu’il "ne faudrait pas attendre beaucoup de temps pour le voir publier", car le pape Benoît XVI était "personnellement intéressé“ par sa publication.
Le cardinal a encore précisé que Benoît XVI en expliquerait le sens “dans une lettre d’accompagnement, en espérant une réception sereine" du texte. La publication du Motu Proprio précisant l’autorisation de célébrer la messe en rite préconciliaire "aura lieu", avait déjà confié le secrétaire d’État du Saint-Siège, le 1er avril, soulignant que ce serait le pape lui-même qui expliquerait alors “ses motivations et le cadre de sa décision“.
Jusqu'à présent, sur indication de Jean Paul II, les prêtres et les fidèles qui voulaient la célébration la messe selon l'ancien missel en vigueur dans l'Église latine jusqu'à 1962 doivent demander une autorisation à leur évêque.
Le cardinal Bertone révèle également, dans son interview, que le Pape Benoît XVI a déjà approuvé la lettre qu'il a écrite aux Catholiques chinois. "On procède maintenant aux diverses traductions et aux aspects techniques de sa publication", conclut-il.

2 juin 2007





Lettre de réponse à la deuxième proposition provisoire de monseigneur Maillard
2 juin 2007 - Association Saint-Martin de Niafles - cilma2@wanadoo.fr
COMMUNIQUE DE PRESSE Lettre de réponse à la deuxième proposition provisoire de monseigneur Maillard  - avec avis de demande d'un rendez-vous dès la semaine prochaine pour la poursuite du dialogue, en vue de préciser les modalités d'application de la dite proposition et d'instaurer une vie paroissiale de la communauté dans le sud Mayenne.
A Sainte Catherine.
53400 Niafles
A son Excellence
Monseigneur Armand MAILLARD
Evêque de Laval
le samedi 2 juin 2007
Monseigneur,
Nos représentants nous ont transmis les termes de la proposition écrite qui leur a été remise au terme du long entretien que vous avez bien voulu leur accorder le jeudi 31 mai dernier.
Un élément essentiel a immédiatement retenu notre attention et fait tressaillir nos coeurs : la messe sera célébrée chaque dimanche selon le rite dit de "Saint Pie V" dans une église du diocèse ! Cette nouvelle s'est rapidement répandue. Elle a suscité une joie intense et fait renaître l'espoir bien au-delà de notre association.
Cette décision répond au besoin spirituel profond éprouvé par de nombreux fidèles qui l'avaient exprimé à voix plus ou moins haute, mais qui voulaient rester au sein de l'Eglise catholique romaine, tout en y cherchant souvent vainement leur place.
Nous tenons à vous remercier très vivement et immédiatement de l'avoir prise.
Malheureusement, la déception a vite gagné beaucoup de nos membres .Ils ne pourront pas bénéficier de la liturgie tant désirée, même si l'horaire est plus favorable que celui qui avait été initialement fixé. L'église des Cordeliers à Laval est trop éloignée pour eux. Dès lors, la nécessité de mettre à la disposition de ces fidèles une église située dans la région de Craon continue de s'imposer.
Nous avons compris que les premières dispositions que vous avez prises en réponse à nos appels se situaient dans la perspective de la poursuite d'un dialogue qui devra porter sur les différents points abordés dans notre lettre du 27 mai , et en particulier sur la possibilité de poursuivre la vie de communauté paroissiale née dans le rayonnement du ministère sacerdotal de M l'Abbé Chéhère .
En vous disant à nouveau notre gratitude pour votre décision afférente au rite que vous avez prise et dans l'attente de voir se dessiner une solution satisfaisante pour l'ensemble de notre communauté ainsi que pour ceux qui voudraient la rejoindre, nous vous prions, Monseigneur, d'agréer la respectueuse expression de nos sentiments filiaux.
Vos fidèles de l’Association Saint Martin de Niafles .

ASSOCIATION ST-MARTIN DE NIAFLES
Pour le maintien de la Messe traditionnelle
Siège social : Ste Catherine 53400 Niafles
Secrétaire : M. Paul de CAUMONT Tél : 02 43 06 05 02
Trésorier : M. Thierry LEGER Tél. : 02 43 67 14 61
Les Statuts peuvent être consultés à la Sous-Préfecture de Château-Gontier
et dans les Mairies de Livré-la-Touche et de Niafles
Ils seront envoyés sur simple demande accompagnée d'une enveloppe timbrée.




Communiqué des fidèles de Niafles
2 juin 2007 - leforumcatholique.org
Communiqué des fidèles de Niafles Chers amis,
C'est un évènement : Monseigneur Maillard accorde aux lavalois une messe traditionnelle dominicale à partir de demain dimanche 3 juin. (10h30 église des cordeliers)
Les fidèles s'en réjouissent et beaucoup auront la joie de s'y rendre.
Néanmoins, je regrette pour ma part qu'il ne s'agisse là que d'un "service minimum" qui n'est pas à même de répondre à l'attente des fidèles qui se sanctifiaient jusqu'à ce jour à Niafles. Niafles se trouve en effet à 45 minutes de l'église des cordeliers et pour beaucoup d'entre nous, la route est bien plus longue encore.
C'est pourquoi nous serons j'espère nombreux à coeur de remplir encore notre devoir de sanctification dominicale à Niafles à l'heure habituelle (10h30).
Merci de faire passer le mot
Matthieu

ASSOCIATION ST-MARTIN DE NIAFLES
pour le maintien de la Messe traditionnelle
Siège social : Sainte Catherine 53400 Niafles




La liberté de la messe tradi est un fait bien établi
2 juin 2007 - Présent - Jean Madiran - mis en ligne par leforumcatholique.org
Alors que se prolonge l’attente du “Motu proprio”
La liberté de la messe tradi est un fait bien établi


Je reçois du R.P. Louis-Marie de Blignières une lettre attestant un fait nouveau, c’est-à-dire jusqu’ici inconnu du public : ce fait nouveau confirme que l’usage de la messe traditionnelle est bel et bien autorisé par le Pape à tous ceux qui le désirent.

Il s’agit des actes et conséquences de la mystérieuse commission cardinalice instituée par Jean-Paul II en 1986, et de la confirmation apportée ainsi à la récente déclaration du cardinal Castrillon Hoyos (Présent du 24 mai) : l’actuelle commission pontificale Ecclesia Dei a bien eu un précédent, une « première » commission restée secrète mais dont les travaux ont officiellement valeur de référence.

Le 18 octobre 1988, m‘écrit le P. Louis-Marie de Blignières, le président de la commission pontificale Ecclesia Dei, qui venait d‘être instituée, avait obtenu, lors d’une audience du Saint-Père, diverses facultés. La première était ainsi libellée :

« … Concedendi omnibus id petentibus usum Missalis Romani secundum editionem typica vim habentem anno 1962, et quidem iuxta normas iam a commissione Cardinalitia “ad hoc ipsum instituta” mense Decembri anno 1986 propositas, praemonito Episcope diocesano. »

C’est donc bien à tous ceux qui le demandent qu’est accordé l’usage du missel romain de 1962, selon les normes proposées en décembre 1986 par la commission cardinalice instituée à cet effet.

Ces « normes » proposées par la première commission cardinalice n’ont pas, si nous comprenons bien, valeur législative. Elles ont valeur de références de plus en plus invoquées, semble-t-il, pour inspirer les décisions à prendre. Nous n’en connaissons que le « résumé » établi par Eric de Saventhem dans sa lettre à Mgr Ré du 24 mai 1994 (rendue publique seulement en juin 1998). La disposition principale comporte une « double exigence » : 1) que dans chaque localité importante, au moins une messe chaque dimanche soit célébrée en latin ; 2) que pour toute messe en latin le célébrant ait le droit de choisir librement entre l’ancien rite et le nouveau.

Le procès-verbal de l’audience pontificale du 18 octobre 1988, nous précise le P. de Blignières, n’a été publié officiellement par les Acta Apostolicae Sedis que tardivement, et sur l’insistance du cardinal Ratzinger : le 3 mai 1990, c’est-à-dire vingt mois plus tard. Et cette publication était passée inaperçue à l‘époque ; comme d’ailleurs la lettre que le cardinal Ratzinger écrivit presque aussitôt.

Car la chronologie est ici très parlante. Le 3 mai, publication aux Acta. Le 18 juillet suivant, dans sa lettre-préface au missel du Barroux, le cardinal Ratzinger peut écrire publiquement avec pleine assurance de n‘être pas contredit, puisque c’est alors enfin devenu officiel, que le Pape a bien voulu concéder l’usage de la messe traditionnelle à tous ceux qui y sont attachés.

Depuis la publication aux Acta et la lettre du cardinal Ratzinger, dix-sept années ont passé. L’opposition acharnée à la messe traditionnelle, dans l‘épiscopat et à l’intérieur de la curie romaine, a sensiblement diminué d’intensité et d’amplitude, elle est toutefois demeurée assez puissante pour bloquer les choses, s’appuyant sur l’ambiance néo-moderniste qui s’est tellement répandue à tous les étages du clergé catholique. Il y a aussi, venues de l’extérieur, les menaçantes et discrètes pressions temporelles des puissances hostiles, sur le thème : la messe traditionnelle, c’est l’extrême droite, c’est le fascisme, c’est le racisme, c’est l’antisémitisme, c’est Hitler !

Dans cette situation terriblement embarrassante, délicate, difficile pour le gouvernement de l’Eglise, il y a en outre, à l‘étape actuelle, la fragilité du mot « concéder », qui ne paraît pas parfaitement convenir face à la liberté et à la primauté d’honneur dues à la messe traditionnelle. Mais peut-être est-ce là, disons, une « question [légitimement] disputée ».

JEAN MADIRAN


Présent
n° 6348 du Samedi 2 juin 2007, p.1




Des traditionalistes occupent l'église de Niafles pour maintenir la messe en latin
2 juin 2007 - lemonde.fr
Des traditionalistes occupent l'église de Niafles pour maintenir la messe en latin LE MONDE | 02.06.07 | 14h33  •  Mis à jour le 02.06.07 | 14h33
Niafles n'est pas Rome, mais la querelle qui agite depuis quelques semaines ce petit village de Mayenne est de celles qui pourraient se dénouer sous peu au Vatican. Une poignée de fidèles catholiques traditionalistes occupent depuis plusieurs jours l'église de ce bourg de 300 habitants, situé à 35 km de Laval, pour exiger le maintien de la messe en latin. Célébrée sur place selon ce rite depuis plus de quarante ans, sa tenue hebdomadaire vient d'être suspendue par l'évêque de Laval, Mgr Armand Maillard.
A l'origine de la crise, le décès, en mars, du prêtre "historique" de la paroisse, qui, avec l'accord des évêques successifs du diocèse, avait maintenu dans son église la célébration de la messe selon le rite tridentin : usage du latin et dos tourné à l'assemblée. Depuis, un jeune prêtre traditionaliste de la Fraternité Saint-Pierre, adoubé par le vieil abbé, avait pris la relève, à la satisfaction de la communauté de plusieurs dizaines de personnes, originaires de tout le département. Mais, fin mai, Mgr Maillard a décidé de mettre fin à cette exception diocésaine, au nom du "rapprochement" entre chrétiens de sensibilités différentes.

"MYSTÈRE PALPABLE"

"La meilleure solution pour le diocèse et la communauté était de proposer une messe en latin, à Laval, pour l'ensemble des paroissiens qui le souhaitent", fait-on valoir à l'évêché. La messe alternative, prévue dimanche 3 juin dans une église du centre-ville, devrait être peu suivie par les fidèles de Niafles.
"La décision de l'évêque de Laval relève d'une volonté de centralisation", juge Matthieu Mautin, un père de famille de 30 ans, fidèle de Niafles, qui, avec ses coreligionnaires, craint une "dislocation de la communauté" traditionaliste locale.
Fortement attachée au rite ancien, officiellement abandonné depuis le concile Vatican II, cette dernière plaide pour "l'installation durable" du jeune prêtre à Niafles. "Dimanche dernier, nous étions encore 130 communiants à l'église", assure M. Mautin adepte du rite tridentin depuis l'adolescence. "Ce rite représente vraiment un plus dans ma vie de foi et je souhaite que mes enfants puissent en profiter", explique ce jeune artisan, bien décidé à ne pas y renoncer. "Cette liturgie crée un univers qui rend le mystère palpable, explique-t-il, et met en avant l'action, les gestes de la messe avec les génuflexions, l'encensement ou l'aspersion d'eau bénite. Le fait que le prêtre soit tourné vers l'autel signifie pour nous qu'il précède le peuple de Dieu et qu'il est notre interprète auprès du Père."
A Niafles, comme ailleurs, le courant "tradi" de l'Eglise catholique attend avec impatience le motu proprio (décret) du pape visant à libéraliser la messe en latin. Cette décision personnelle de Benoit XVI, annoncée depuis plusieurs mois et destinée à ramener les intégristes de la Fraternité Saint-Pie X de Mgr Lefebvre dans le giron de Rome, permettrait aux curés de décider seuls de dire la messe en latin, alors qu'ils sont pour l'heure soumis à l'autorisation de leur évêque.
Stéphanie Le Bars Article paru dans l'édition du 03.06.07

1 juin 2007





Communiqué de l'association Saint-Martin de Niafles
1er juin 2007 - cilma2@wanadoo.fr
COMMUNIQUE DE PRESSE Le 27 mai 2007, en la fête de la Pentecôte, quarante quatre fidèles de l'église de Niafles, commune du Sud Mayenne, ont créé
     l'Association St-Martin de Niafles
     pour le maintien de la Messe traditionnelle

en vue d’organiser leur cadre de vie spirituelle et paroissiale et en particulier afin de pouvoir pratiquer dans le Haut-Anjou la religion catholique romaine, conformément à l'enseignement traditionnel de l'Eglise et aux autorisations conférées par le Vatican.
Cette Association a pour objet de :
  • Obtenir le maintien de l'Abbé Guillaume Loddé de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre et l'usage des livres liturgiques de 1962,
  • Conserver la vie paroissiale en Haut-Anjou avec son église, son prêtre et son presbytère,
  • Défendre les intérêts collectifs et particulier de ses adhérents devant les tribunaux.
Son Président, M. Passot de Craon, et son Secrétaire, M. de Caumont de Livré la Touche, ont déposé la déclaration de création de l'Association et la Demande d'insertion au Journal Officiel le jeudi 31 mai 2007 à la Sous-Préfecture de Château-Gontier, qui va en donner récépissé.
Les 44 Membres Fondateurs se sont montrés consternés de se voir interdire avec un préavis de 4 jours l'accès à l'église de Niafles et navrés du renvoi du prêtre qui leur avait été attribué au décès de M. l'Abbé Maurice Chéhère, le 6 mars dernier.
61 familles ont demandé à recevoir une fiche d’inscription; ce qui représente plus de 200 personnes.
Conscients de la nécessité de favoriser la communion dans le Diocèse de Laval, mais désirant profondément que les sensibilités liturgiques de tous les fidèles soient respectées, ils ont créé cette association et élus leurs représentants pour qu'ils servent d'interlocuteurs officiellement mandatés à toutes les autorités civiles et religieuses concernées pour agir dans un cadre respectueux de la loi et des personnes.
ASSOCIATION ST-MARTIN DE NIAFLES
Pour le maintien de la Messe traditionnelle
Siège social : Ste Catherine 53400 Niafles
Secrétaire : M. Paul de CAUMONT Tél : 02 43 06 05 02
Trésorier : M. Thierry LEGER Tél. : 02 43 67 14 61
Les Statuts peuvent être consultés à la Sous-Préfecture de Château-Gontier et dans les Mairies de Livré-la-Touche et de Niafles - Ils seront envoyés sur simple demande accompagnée d'une enveloppe timbrée.




Bientôt un nouveau Saint-Nicolas du Chardonnet dans le diocèse de Laval ?
1er juin 2007 - La Lettre de Paix liturgique n°62 – contact@paixliturgique.com
La Lettre de Paix liturgique
Numéro 62 – 1er juin 2007 Bientôt un nouveau Saint-Nicolas du Chardonnet dans le diocèse de Laval ?
► Il y a quelques mois, Monseigneur Le Gall archevêque de Toulouse, très réservé au sujet du souhait du Saint-Père de promulguer un motu proprio en faveur de la liturgie traditionnelle, au point de faire il y a peu de temps spécialement le déplacement à Rome pour tenter de convaincre le Vatican de ne pas publier ce texte, n’hésitait pas à déclarer – contre toute évidence – qu’en France nous avions trouvé un bon équilibre en matière liturgique ! Peut-être était-il sincère mais pourtant au lendemain des pèlerinages de Pentecôte qui ont accueilli plus de 12 000 jeunes fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise, nous assistons à des évènements incroyables qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ecclésiale contemporaine ! Nous avons en effet l’impression de revenir plus de 30 ans en arrière, à une époque où certains voulaient nier l’évidence et préféraient exclure que de dialoguer, à une époque ou les fidèles persécutés pour survivre étaient contraints d’occuper leurs églises que certains préféraient déjà voir vides plutôt que d’y voir célébrer les saints mystères selon la liturgie traditionnelle. Une époque révolue diront certains… Malheureusement pas et les évènements récents du diocèse de Laval le démontrent !
En effet, Monseigneur Maillard, évêque de Laval vient de faire fermer, dimanche dernier, une église qui réunissait paisiblement plus de 200 fidèles chaque dimanche depuis plus de 40 ans… L’ancien desservant de cette paroisse est mort il y a quelques semaines à l’âge de 94 ans, après avoir été curé depuis 1965. Il avait progressivement attiré beaucoup de familles et de fidèles déroutés par la révolution liturgique de 1969. Afin de répondre à l’attente des fidèles, qui s’étaient adressés plusieurs fois à lui pour demander de préparer la succession du vieux curé, Monseigneur Maillard avait permis que pour quelques mois un jeune prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre célèbre la messe de saint Pie V tous les dimanches, en attendant l’établissement d’une situation définitive. La solution « proposée » par l’évêché est finalement la fermeture pure et simple de l’église de Niafles et la célébration de la messe de Paul VI « en latin » à … 40 kilomètres de Niafles. Bien sûr il s’agit là d’une provocation et les fidèles de Niafles ne veulent pas de cette « solution » qui n’en est pas une. Mais une fois de plus, l’absence de dialogue et le mépris envers les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise sont de mise dans l’Eglise de France. Avec de tels agissements de l’autorité diocésaine, la culture du mépris semble hélas plus que jamais d’actualité.
Pour vous donner d’avantage d’information nous publions in extenso une lettre d’un fidèle de Niafles à son évêque :
► Lettre ouverte d’un fidèle de Niafles à son évêque
Monseigneur,
Le dimanche de Pentecôte, mes quatre garçons étaient sur la route de Chartres. J’étais heureux pour eux. Ils ont évité ainsi un des moments les plus douloureux qui puissent se vivre dans la vie d’un chrétien. Mes deux derniers qui servent le dimanche n’ont pas eu à faire le triste office qui suit.
Après une messe magnifique, véritable préfiguration d’une vision du Ciel où les servants de messe, comme des anges tout tendus vers Dieu, suivaient l’action du prêtre et prévenaient tous ses besoins pour le sacrifice « in persona Christi » comme la servante de l’Évangile regarde les mains de sa maîtresse, messe qui nous offrait une parfaite harmonie liturgique, a suivi une cérémonie qui nous a bien ramenés sur terre.
Notre prêtre qui avait consommé la sainte réserve et retiré le voile du tabernacle resta tourné vers l’autel, et tous ces petits anges emportèrent les vases sacrés, les canons d’autel, le conopée, éteignirent les cierges un à un, retirèrent le missel, replièrent la nappe d’autel, reprirent les fleurs et tout fut sombre dans le chœur. Nous étions comme à trois heures de l’après-midi il y a plus de 2000 ans un certain Vendredi…
C’est vous, Monseigneur, qui avez voulu ce décalage du calendrier. Vous avez ordonné la fermeture d’une église, le jour commémorant la naissance de l’Église.
Notre défunt curé, l’abbé Chéhère, mort à 94 ans, dans sa paroisse, a maintenu allumée durant 40 ans, la lumière du sanctuaire, et vous ne nous avez laissé que deux mois ce jeune prêtre qu’il avait appelé à son aide et que nous aimons. Deux petits mois concédés par vous le jour de l’enterrement de notre curé « pour une période de réflexion ». Vous nous aviez parlé aussi d’une concertation.
Quelques fidèles avaient pris rendez-vous pour se faire les porte-paroles de notre communauté. Vous avez finalement annulé ce rendez-vous l’avant-veille car vous aviez pris la décision de nous réunir ce soir-là, mercredi 23 mai, en une salle municipale à Craon. Nous voulions penser encore que nous allions nous parler, enfin.
Les propos rapportés par le maire de Niafles dans Ouest-France, les propos que vous auriez tenus à Lourdes et que nous ne voulions croire avant de les avoir entendus de nos propres oreilles, nous furent bien confirmés ce soir-là, puisque c’est votre propre bouche qui les prononça.
Votre décision de normalisation – c’est-à-dire de fermer l’église Saint-Martin de Niafles – était prise et vous veniez pour l’annoncer. Vous nous concédiez une messe « en latin » le dimanche à 9 h, à près de 40 kilomètres de Niafles. Et bien sûr pas question de messe traditionnelle, catégoriquement. Ah, vous faites bien partie de ces évêques « à l’écoute » mais qui n’entendent toujours que d’une oreille !
La Providence m’a permis de voyager en train avec vous le lendemain matin car je travaille à Paris et j’avais fait le déplacement. J’ai pu ainsi m’entretenir avec vous quelques minutes. Vous avez bien voulu m’entendre (ou n’avez pu faire autrement…) et ce fut sans hostilité. C’est donc votre clergé (ou du moins ceux qui ont emporté votre décision) qui nous déteste tant.
Je vous posais la question : « Pourquoi votre clergé nous déteste tant ? » Par votre réponse vous me le confirmiez : « C’est une histoire vieille de quarante ans »
Je vous ai répondu qu’il n’était pas de notre rôle de tirer quelque conclusion que ce soit de quarante ans de pastorale mais que, pour notre part, ces quarante ans de persécution nous avaient aguerris. Nous sommes entraînés comme les athlètes du stade et, si vous ne savez vous imposer un peu face à ce clergé dans le vent de l’histoire ancienne, sachez que c’est routine pour nous. J’ai cherché à vous faire comprendre qu’il fallait changer de décision car elle ne pouvait apporter la paix, une paix que vous ne pouviez que souhaiter, dans votre diocèse. Vous ne disiez rien.
Samedi matin, j’ai cherché à vous rencontrer, vous n’y étiez pas. Je vous ai fait donc remettre une lettre avec en copies nos différents courriers : une lettre au nonce apostolique datée du 17 et deux autres postées ce jour, l’une adressée à Mgr Castrillón Hoyos et l’autre à Mgr Ricard, dans l’espoir exprimé de vous faire comprendre qu’il était encore temps pour vous de sortir honorablement de cette mauvaise affaire pour l’honneur de l’Église.
Aujourd’hui, lundi de Pentecôte, cette église que vous vouliez fermer l’est bien, mais ce sont des fidèles qui s’y sont enfermés pour prévenir tout saccage dans le chœur, comme vous l’avez fait pratiquer chez ces malheureuses bénédictines de Craon, m’a-t-on dit.
Comme par hasard, votre vicaire général est venu faire un petit tour à Saint-Martin, accompagné de quelqu’un pour des « travaux » dans l’église ! ? Cette prévention était donc bien justifiée et il n’y aura pas de bloc de béton au milieu du chœur et la table de communion sera toujours là pour le jour inéluctable où la messe sera de nouveau dite ici. Le sacrifice ne sera pas offert sur une table, mais les fidèles auront une table pour le repas eucharistique, c’est mieux comme ça et cela vous explique un peu mieux notre attachement au rite traditionnel qu’une quelconque question de « sensibilité » comme on ne l’entend que trop.
L’abbé Chéhère a donné sa vie au service de l’Église et quarante ans pour que la lampe du sanctuaire reste allumée dans ce village de Niafles.
Il ne tient qu’à vous, Monseigneur, de rallumer cette flamme, n’est-ce pas un rôle plus conforme à votre mission que de fermer des églises ?
Veuillez croire, Monseigneur, à notre attachement à Jésus-Christ, à sa Sainte Église avec tout ce que cela comporte puisque c’est le sens de notre vie.
Pour en savoir plus : http://soleil151.free.fr/niafles/
► Les réflexions de paix liturgique
1. Pourquoi tant d’obscurantisme ? Pourquoi tant de haine ? Fermer une église en 2007, sacrifier une communauté unie et priante, est-ce le rôle d’un évêque ? Qu’on nous dise enfin quel est le problème ? La fermeture d’une église n’est pas une décision sans importance. Quelles en sont donc les vraies raisons ? La situation irrégulière du desservant ? Non, il est parfaitement en règle. L’occupation sauvage et subite d’une église ? Non, la communauté se réuni à Niafles paisiblement depuis plus de 40 ans. La célébration d’un rite interdit ? Non, Rome ne cesse de dire que ce rite a « droit de cité ». La haine et la volonté de voir disparaître les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise, la question mérite d’être posée. Alors qu’il est patent que plus de 25 % des catholiques français désirent vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle et que seulement 5 % d’entre eux refusent les richesses de la pluralité liturgique bénie par l’Eglise (Voir le sondage Ipsos de novembre 2006) ces agissements sont profondément choquants. N’est-il pas incroyable qu’en 2007, de tels évènements anachroniques d’exclusion continuent de sévir en France. Les appels à l’unité du Saint-Père, les vœux de paix liturgique tant de fois exprimés par Rome ne sont-ils donc pas entendus par nos bons évêques ?
2. Oui la liturgie traditionnelle de l’Eglise doit retrouver toute sa place dans l’Eglise de France et de très nombreux fidèles souhaitent pouvoir vivre leur foi au rythme de cette liturgie. Des preuves ? Mais elles abondent, il suffit pour cela de se tourner vers les séminaires traditionnels qui accueillent chaque année plus de séminaristes et qui génèrent davantage de vocations alors que la plupart des diocèses français sont moribonds et que les séminaires diocésains ferment les uns après les autres. La fermeture des églises après celle des séminaires, est-ce une solution viable pour la nouvelle évangélisation à laquelle nous appelle le Saint-Père ? Oui, malgré le discours officiel auto-persuasif d’une certaine autorité, la liturgie traditionnelle attire de nombreux jeunes qui y trouvent la nourriture spirituelle dont ils ont trop longtemps été privés.
3. Pourquoi cette absence de dialogue ? Pourquoi nos évêques refusent-ils de nous parler simplement ? qui les menace ? La question mérite d’être posée car hélas le cas dramatique du diocèse de Laval n’est pas unique et il existe des diocèses, comme celui de Nanterre par exemple, ou le presbyterium et le propre vicaire épiscopal chargé de « réduire » les traditionalistes, font en sorte que leur évêque ne rencontre pas les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise car ils savent bien que si le dialogue s''installe comme le disait Paul VI, la pleine unité finalement va s''instaurer dans la charité.
4. Monseigneur Maillard, nous vous supplions de faire cesser le scandale dans votre diocèse et de rétablir la paix en ouvrant à nouveau cette belle église de Niafles afin d’y faire célébrer la messe traditionnelle pour la plus grande joie de la communauté et la gloire de Dieu.
5. Une situation similaire se présente dans le Cantal où un prêtre âgé de 92 ans qui célébrait la messe selon le rite de Saint Pie V depuis plus de 40 ans est mort. Les fidèles de cette paroisse de Saint-Santin Cantalès ont donc fait une demande à leur évêque pour que soit célébrée la messe selon le rite traditionnel puisse continuer à être célébrée dans le Cantal. Nous suivons de très prêt l''évolution de cette situation.
Sylvie Mimpontel
 




Accords pratiques ?
1er juin 2007 - Abbé Philippe Laguérie - institutdubonpasteur.org
Cher monsieur Allingry,
On me demande sans arrêt (vous en particulier) de juger de la position de la Fraternité saint Pie X. Je n’ai plus aucune autorité à parler en son nom. Et je suis suffisamment contrarié quand elle veut définir la position de l’I.B.P. pour n’avoir pas à me mêler de définir la sienne.
Mais j’ai toujours pensé, depuis mes articles du "Chardonnet", de "Pacte" et du "Mascaret" (qu’on s’y reporte) que demander aux autorités romaines des discussions doctrinales préalables à tout accord est une gageure, une provocation, un manque total de sens pratique. Bref, une insolence qui cache une volonté inavouable de ne pas vouloir (ou de ne pas pouvoir) aboutir. Et voici mes raisons.
On ne discute pas avec Rome. Un point c’est tout. Si quelque chose heurte violemment la Foi Catholique : on hurle de détresse, comme Mgr Lefebvre l’a fait. C’est tout ce qu’on peut faire. Mais une discussion, fût-elle doctrinale, suppose l’égalité des partis, ce qui n’est jamais le cas quand on entreprend de "discuter" avec le Siège Romain et son titulaire : le Pape. Pour qui se prend-t-on ? Je discute volontiers avec mes amis, avec mes collaborateurs, mes confrères. Je ne discute pas avec des inférieurs, des enfants, des élèves : je les enseigne. Et s’il arrivait que ce fût moi qui eusse tort contre eux, je ne discuterai pas pour autant. On a de l’honneur ou on n’en a pas.
D’autant, c’est anecdotique direz-vous, qu’on ne peut pas proposer des discussions doctrinales quand on les a refusées précédemment. Il faut d’abord savoir si c’est une vraie raison ou un alibi destiné à repousser l’échéance, que tous savent inéluctable, d’une négociation pratique. Laquelle, par contre, exige absolument qu’on reste intègre et droit dans ses bottes !
D’où l’on voit que le problème d’un accord avec les autorités ne réside pas du tout dans les fameux présupposés. Sans aucun doute, ils sont excellents dans la mesure où ils incluent une vision globale de la crise générale de l’Eglise où la nouvelle messe et les doctrines de Vatican II ont une part majeure. On se souviendra quand même, pour mémoire, que ceux qui les ont proposés d’abord à la Fraternité s’appellent Mgr Riffan (alors abbé) et notre vaillant membre de l’Institut, l’abbé Aulagnier. Mais la question n’est pas là.
Des présupposés, avec Rome, restent des suppliques pour le bien commun. On peut, très légitimement, estimer devoir attendre pour conclure un accord pratique avec l’Autorité que les conditions soient meilleures. J’ai toujours respecté ce choix des autorités de la FSSPX et seul son chef peut en décider. Je continuerai de respecter ce choix, même si, et surtout, il apparaissait cornélien. En 1988 j’aurais suivi Mgr Lefebvre, et tous mes confrères aussi, dans son accord avec le Cal Ratzinger.
Mais qu’on l’appuie, s’il vous plaît, sur des bases cohérentes. Il s’agit de déterminer le temps et les circonstances qui permettront de vivre, en restant tels que dans la Foi et la pratique, en "bonne paix" avec les Autorités. Ce qui représente un bien majeur. C’est la décision typique du chef qui doit déterminer le bien commun de sa charge. Le reste n’est que laïus. J’avoue avoir été aidé puissamment par la Providence, qui a décidé Elle-même de mes choix. Mais vouloir "convertir" Rome avant est d’une insolence et d’une légèreté telle que les saints de l’Eglise, qui ont eu plus que nous à souffrir de la méchanceté des clercs, doivent se retourner dans leurs tombes !
Ma conclusion est simple et constante : il n’y a d’accords que pratiques, lesquels sont au jugement du chef (qui peut avoir raison ou tort !). Tout le reste n’est qu’ échappatoire.
 

31 mai 2007

Le Cardinal Castrillon Hoyos et la Nouvelle Messe.
31 mai 2007 - abbé Aulagnier - la.revue.item.free.fr
Le Saint-Père « veut conserver les immenses trésors spirituels, culturels et esthétiques liés à l’ancienne liturgie. »
On sait que le Cardinal Castrillon Hoyos s’est exprimé, ces dernières semaines de mai, devant toute l’assemblée des évêques de l’Amérique du sud. Il leur a tenu des paroles très importantes leur annonçant l’intention du Souverain Pontife de rétablir dans ses droits et sur les autels de la chrétienté la messe dite de saint Pie V, jamais abolie, tous ses trésors et d’établir, pour en faciliter le retour et l’heureux développement, une sorte de dicastère propre ayant cette finalité.
Il s’est prononcé très clairement sur ces deux sujets.
Jugez vous-même !
Le Saint-Père « veut conserver les immenses trésors spirituels, culturels et esthétiques liés à l’ancienne liturgie ». Il « veut mettre à la disposition de l’Eglise tous les trésors de la liturgie latine qui, pendant des siècles, a nourri la vie spirituelle de tant de générations de fidèles catholiques ». Le Cardinal poursuit: « Pour ces raisons, le Saint-Père a l’intention d’étendre à toute l’Eglise latine la possibilité de célébrer la Sainte Messe et les Sacrements selon les livres liturgiques promulgués par le Bienheureux Jean XXIII en 1962. Il existe aujourd’hui pour cette liturgie, qui n’a jamais été abolie et qui, comme nous l’avons dit, est considérée comme un trésor, un intérêt nouveau et renouvelé, et c’est aussi pour cette raison que le Saint-Père pense que le temps est venu de faciliter, comme le voulait la première Commission cardinalice en 1986, l’accès à cette liturgie, en faisant d’elle une forme extraordinaire de l’unique rite romain ».
C’est clair ! Le Saint-Père « veut conserver les immenses trésors spirituels, culturels et esthétiques liés à l’ancienne liturgie. »
A cette fin, il pense à la création  d’une sorte de dicastère romain.
A cette fin et pour présider à cet heureux événement, le Cardinal rappelle l’intention du pape de créer un dicastère romain. La Commission Ecclesia Dei  créée en 1988, après les sacres faits par Mgr Lefebvre,  changerait en quelque sorte de finalité. Elle n’aurait plus seulement pour raison de gérer les problèmes des prêtres et fidèles ayant quitté Mgr Lefebvre, en 1988,  pour rester dans « l’unité ecclésiale » ( !), ni non plus de gérer seulement les problèmes du retour de la FSSPX au « port » ecclésial ( !), souci permanent de la hiérarchie catholique, mais, d’une façon beaucoup plus positive aujourd’hui, « il étend(rait) en outre son service à la satisfaction des justes aspirations de tous ceux qui, en raison d’une sensibilité parti­culière, sans avoir eu de liens avec les deux groupes précités, désirent maintenir vivante la liturgie latine antérieure dans la célébration de l’Eucharistie et des autres sacrements ».
Il le répète de nouveau : « Le Saint-Père, qui fut pendant quelques années membre de cette Commission (Ecclesia Dei), veut qu’elle se transforme en un organisme du Saint-Siège ayant pour finalité propre et distincte de conserver et de maintenir la valeur de la liturgie latine tradi­tionnelle. Mais il faut affirmer en pleine clarté qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière, d’un retour aux temps antérieurs à la réforme de 1970. Il s’agit au contraire d’une offre généreuse du Vicaire du Christ qui, comme expression de sa volonté pastorale, veut mettre à la disposition de l’Eglise tous les trésors de la liturgie latine qui, pendant des siècles, a nourri la vie spirituelle de tant de générations de fidèles catholiques ».
Comme me le disait un ami, c’est une sorte d’ « Occidentale » que le Pape veut créer, un peu comme l’ « Orientale », qui existe à Rome pour les églises uniates…Peut-être ! Mgr Lefebvre souhaitait cela. (cf. Regard sur le monde n° 131)
On comprend toute l’importance des propos du Cardinal.
La lettre du Cardinal Castrillon Hoyos du 7 mai 2001 à Mgr Fellay.
Comme on peut l’imaginer, ce discours du cardinal nous remplit de joie, nous fait bondir d’allégresse, nous fait chanter d’actions de grâces. Nous exprimons ici au Cardinal toute notre reconnaissance.
Car nous apprécions la nouveauté par rapport à sa lettre du 7 mai 2001 à Mgr Fellay où il refusait de reconnaître ce droit de la messe tridentine pour l’Eglise universelle. Les choses changent, évoluent en matière liturgique…
Dans cette lettre, il écrivait en effet:
« En ce qui concerne la première condition : la liberté pour tous de la Messe de saint Pie V, un certain nombre de cardinaux, évêques et fidèles jugent qu’une telle permission ne doit pas être concédée. Ce n’est pas que le rite sacré précédent ne mérite pas tout le respect ou qu’on méconnaisse sa solidité théologique, ni sa beauté et son apport à la sanctification pendant des siècles et dans l’Eglise mais parce que cette permission pourrait créer une confusion dans les esprits de beaucoup de personnes qui la comprendraient comme une dépréciation de la valeur de la sainte Messe que célèbre l’Eglise aujourd’hui ».
Il poursuivait : « Il est clair que, dans les statuts de votre réinsertion, on offre toutes les garanties pour que les membres de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X et tous ceux qui ont un attrait spécial pour cette noble tradition liturgique puissent la célébrer librement dans vos églises et lieux de culte. On peut également la célébrer dans les autres églises avec la permission des ordinaires diocésains ».
Quel changement d’attitude de la part de l’autorité ecclésiastique vis-à-vis de la messe tridentine entre 2001 et 2007. En 2001, la messe tridentine restait à usage interne,  privatim. « dans vos églises ». En 2007, son droit doit être déclaré pour l’Eglise universelle.
Notre joie est profonde.
Mais une critique demeure…Elle est fondamentale
Toutefois nous sommes obligé de dire au Cardinal que nous ne partageons pas toutes les affirmations qu’il prononça devant les évêques d’Amérique du Sud. Nous ne pouvons pas nous réjouir de cette phrase qu’il prononça: « La récupération de cette richesse ( de la messe dite de saint Pie V) s’unit à celle, non moins précieuse, de la liturgie actuelle de l’Eglise ».
Là, le Cardinal donne un jugement de valeur sur la Nouvelle Messe, sur la « liturgie actuelle de l’Eglise ». Il y voit une « richesse ». Il y voit un bien « précieux » pour l’Eglise. Et c’est pourquoi la grande idée du Cardinal Castrillon Hoyos est de demander qu’on ne « contrapose » pas les deux liturgies. Il l’exprimait déjà dans son homélie qu’il faisait dans la Cathédrale de Chartres, lors du pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté. « Il ne faut pas contraposer les deux rites. Il sont substantiellement identiques ». Il nous le répétait alors qu’il recevait en audience privée les séminaristes du Séminaire Saint Vincent de Paul, et leurs maîtres à Rome, le 7 février 2007 en me regardant fixement, un peu sévèrement.
Il m’est difficile de suivre cette affirmation malgré l’estime que je porte au Cardinal.
Non point que je sois opposé aux propitiations faites au pape Jean-Paul II par « la commission cardinalice de 1986 » et en particulier à cette proposition : « Pour chaque messe célébrée en langue latine, avec ou sans fidèles présents, le célébrant a le droit de choisir librement entre le missel de Paul VI (1970) et celui de Jean XXIII (1962). » - et qui pourrait bien être reprise dans le Motu Proprio annoncé. J’y suis bien évidemment favorable. Car elle me donne le droit de dire la messe de saint Pie V.  Avec ce droit reconnu – enfin -  cesse cette guerre liturgique tellement dommageable à l’Eglise, aux familles et aux prêtres. De plus - quant à la messe  de Paul VI  - il ne m’appartient pas de la faire disparaître ou de l’améliorer. La Liturgie est dans les mains de la hiérarchie. On sait que Benoît XVI veut la corriger. Il n’a cessé de parler de la « réforme de la Réforme ». C’est lui qui en a lancée l’idée. C’est bien qu’elle ne lui donne pas en tous points satisfaction… Malgré cette insatisfaction qu’il a exprimé dans bien de ses livres, il la laisse encore célébrer alors qu’il est devenu le Pape et qu’il  a sur l’Eglise tout pouvoir. Je veux bien la « cœxistence » pacifique des deux rites sur le plan pratique. Je veux surtout le rétablissement du droit de la messe antique. Son « abolition » dans l’Eglise était une véritable injustice. Il faut que justice soit faite. Le pape le veut, semble le vouloir. Approche, en effet,  le jour où le droit de la messe de « toujours » sera reconnu… La « commission cardinalice de 1986 » le reconnaissait déjà. C’est son aspect éminemment positif. Le cardinal Castrillon Hoyos nous rappelle, dans son discours au Brésil, que « le Saint-Père pense que le temps est venu de faciliter, comme le voulait la première Commission cardinalice en 1986, l’accès à cette liturgie, en faisant d’elle une forme extraordinaire de l’unique rite romain ». Deo Gratias. (A moins que la puissance moderniste soit trop forte…si forte que…Il ne faudrait pas que les membres du Bon Pasteur l’oublie ! )
Mais je ne peux pas pour autant accepter sa proposition : « « La récupération de cette richesse ( de la messe dite de saint Pie V) s’unit à celle, non moins précieuse, de la liturgie actuelle de l’Eglise ».
Non ! Je ne peux accepter cette proposition parce que je  ne la crois pas juste.
Je ne crois pas que cette réforme liturgique soit même fidèle aux principes rappelés par le document « Sacro Sanctum Concilium  de Vatican II.
La thèse du Cardinal Stickler.
C’est la thèse du cardinal Stikler. Il le disait dans sa conférence en Autriche en 1997 .Elle fut donnée à « l’ Internationalen théologischen Sommerakademie 1997 des linzer Priesterkreises ». Elle fut publiée, d’abord, en allemand par Franz Breid – Die heilige liturgie – Ennsthaler, puis en français par le CIEL, en 2000, dans une petite brochure intitulée : « Témoignage d’un expert au Concile ».  La conférence a pour titre en français « Souvenirs et expériences d’un expert de la Commission conciliaire sur la liturgie ».
Le cardinal Stickler se présente tout d’abord.
Ce n’est pas le dernier personnage de l’Eglise. « J’ai été professeur de droit canonique et d’histoire du droit ecclésiastique à l’Université salésienne, fondée en 1940, puis pendant 8 ans, de 1958 à 1966, recteur de cette université. En cette qualité, j’ai bientôt été nommé consulteur de la Congrégation Romaine pour les Séminaires et les Universités, puis, depuis les travaux antépréparatoires jusqu'à la mise en œuvre des décisions du Concile, membre de la commission dirigée par ce dicastère romain. En outre, j’ai été nommé expert de la commission pour le clergé, et plus spécifiquement pour les problèmes relatifs aux droits patrimoniaux : il s’agissait surtout de débarrasser le Droit canon du système des bénéfices.
« Peu avant le concile, le cardinal Laraona, dont j’avais été élève pendant mes études de droit canon et de droit ecclésiastique au Latran et qui avait été nommé président de la Commission conciliaire pour la liturgie, me fit venir chez lui et m’annonça qu’il m’avait proposé comme expert  de cette commission. Je lui objectais que j’avais déjà beaucoup à faire en tant qu’expert de deux autres commissions, surtout celles des séminaires et universités. Pourtant il maintint sa proposition en faisant remarquer que, considérant l’importance canonique des prescriptions relatives à la liturgie, il fallait également inclure des canonistes dans cette commission. C’est par cette fonction non recherchée que j’ai ensuite vécu le Concile Vatican II depuis ses débuts puisque, comme on le sait, la liturgie fut le premier sujet inscrit à l’ordre du jour. Je fus ensuite affecté à la sous-commission qui devait rédiger les modifications apportées aux trois premiers chapitres et aussi  préparer l’ultime formulation des textes qui devaient être soumis, pour discussion et approbation, à la commission réunie en plénière avant d’être présentés dans l’aula conciliaire. Cette sous-commission se composait de trois évêques : Mgr Callewaert, archevêque de Gand, qui en était le président, Mgr Enciso Viana, de Majorque et, si je ne me trompe, Mgr Pichler, de Banjaluka (Yougoslavie), ainsi que de trois experts Mgr Martimort, le père Martinez de Antoniana, clarétin espagnol, et moi-même. Vous comprendrez aisément que, dans le cadre de ces travaux, on pouvait se faire une idée exacte de ce que souhaitaient les Pères conciliaires ainsi que du sens réel des textes votés et adoptés par le concile ».
Tout cela pour dire que son témoignage personnel sur la réforme liturgique, son jugement sur « l’édition définitive » du nouveau missel romain, peut avoir une certaine valeur. Il le dit lui-même : « Mais vous pourrez également comprendre ma stupéfaction lorsque, prenant connaissance de l’édition  définitive du Nouveau Missel Romain, je fus bien obligé de constater que, sur bien des points, son contenu ne correspondait pas aux textes conciliaires qui m’étaient si familiers, que beaucoup de choses avait été changées ou élargies, ou allaient même directement au rebours des instructions données par le Concile ».
Il demande alors une audience au cardinal Güt, préfet de la Congrégation des Rites : « Comme j’avais précisément vécu tout le déroulement du Concile, les discussions souvent très vives et longues et toute l’évolution des modifications jusqu’aux votes répétés qui eurent lieu jusqu'à leur adoption définitive,et que je connaissais aussi très bien  les textes contenant les prescriptions détaillées pour la réalisation de la réforme souhaitée, vous pouvez vous imaginer mon étonnement, mon malaise croissant et même ma fureur devant certaines contradictions particulières, surtout considérant les conséquences nécessairement graves que l’on pouvait en attendre. C’est ainsi que je décidais d’aller voir le cardinal Gut qui, le 8 mai 1968, était devenu préfet de la Congrégation des Rites en remplacement du cardinal Larraona, qui s’était retiré le 9 janvier précédent.
Je lui demandais une audience dans son logement au monastère bénédictin de l’Aventin, audience qu’il m’accorda le 19 novembre 1969.
Mgr Gut me reçut très aimablement, bien qu’il fût visiblement malade et, comme l’on dit, j’ai pu déverser tout ce que j’avais sur le cœur. Il me laissa parler une demi-heure sans m’interrompre, puis il me dit qu’il partageait entièrement mes inquiétudes. Mais, ajouta-t-il, la faute n’en incombait pas à la Congrégation des Rites : en effet, toute la réforme était l’œuvre du « Consilium » constitué expressément à cette fin par le pape, dont il avait nommé le cardinal Lercaro Président et le père Bugnini Secrétaire. Dans ses travaux, ce conseil n’avait eu de comptes à rendre qu’au pape ».
Inquiétudes partagées sur une réforme liturgique ! Tous deux, et le Cardinal Güt et le Cardinal Stickler n’y voient pas une « richesse », un bien « précieux » ! Elle cause en eux mille inquiétudes !
Ce préambule étant fait, le Cardinal donne le thème de sa conférence : il veut juger « de la concordance ou de la contradiction entre les dispositions conciliaires et la réforme effectivement appliquée » (p. 35)
Tout au début, le cardinal nous rappelle quelques grands principes liturgiques heureusement soulignés par la Constitution Sacrosanctum Concilium . Il nous rappelle l’article 2 qui affirme que, dans la liturgie, «  tout ce qui est humain doit être subordonné et soumis au divin, le visible à l’invisible, l’action à la contemplation, le présent à la cité divine future que nous recherchons ». C’est à la page 35 du livret.
Qui ne serait d’accord avec ce principe…fut-il conciliaire !
Sur ce point, le jugement du cardinal tombe comme un couperet. Tout simplement, les réformateurs ont échoué en cette affaire. Il écrit vers la fin de sa conférence: « Ma conférence, mes souvenirs et expériences, je pense, ont permis d’évaluer dans quelle mesure la réforme avait satisfait aux exigences d’ordre théologique et ecclésiastique énoncées par le Concile, en d’autres termes, de voir si, dans la Liturgie  - et surtout dans ce qui en constitue le centre,  la Sainte Messe – ce qui est humain a véritablement été ordonné et soumis au divin, ce qui est visible à l’invisible, ce qui relève de l’action à la contemplation et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons. Et l’on arrive à se demander si, au contraire, la nouvelle liturgie n’a pas, souvent, ordonné et soumis le divin à l’humain, le mystère invisible au visible, la contemplation à l’activisme, l’éternité future au présent humain quotidien ». (p. 64).
S’il en est ainsi de la reforme liturgique , peut-on parler alors de richesse, de bien précieux…. ?
« La réforme de la Réforme »
Le cardinal Stickler fait donc  un constat d’échec total ; de sorte que, lui aussi, avec le cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI, forme  des vœux pour lancer la réforme de la Réforme. La première aurait donc échoué ?  Elle est  donc loin d’être une richesse….« C’est précisément parce que l’on se rend toujours plus clairement compte de la situation actuelle  (ndlr. i.e : de la déconfiture de la réforme liturgique et son infidélité à la pensée conciliaire…Mais à qui la faute…) que se renforce l’espoir d’une éventuelle restauration que le cardinal Ratzinger voit dans un nouveau mouvement liturgique qui éveillera à une vie nouvelle le véritable héritage du Concile Vatican II ».
Le Novus Ordo Missae ne serait donc pas, Eminence !  le plus beau fruit de la réforme conciliaire. Ce ne serait pas une si grande richesse que cela ! C’est aussi un Cardinal qui le dit…Je ne fais que répéter…Comme on dit, il faudrait peut-être que la hiérarchie unifie son discours…
Le réforme liturgique et la tradition apostolique
Le cardinal survole et résume encore quelques articles  fondamentaux du Concile. Des rappels tout a  fait évidents et traditionnels.
L’article 21, l’article 23 qui affirme qu’il ne faut  rien changer - en matière liturgique  - « avant que ne soit élaborée une soigneuse étude théologique, historique , pastorale, en s’assurant d’un développement organique harmonieux ».
Qui ne serait d’accord !
L’article 33 rappelle la finalité de la liturgie : «La liturgie est principalement le culte de la majesté de Dieu ». A la bonne heure !
Ces principes liturgiques  - et d’autres encore  - rappelés, le cardinal passe de nouveau à la critique de la réforme liturgique  - l’œuvre conciliaire par excellence.
Sans vouloir être exhaustif en cette affaire, le cardinal aborde cette critique avec énergie et fraîcheur. Sous sa plume, je retrouve l’enseignement de mes maîtres, de Mgr Lefebvre. . J’ai connu de sa bouche cet axiome : « legem credendi, lex statuit supplicandi » ou plus simplement dit : « lex orandi, les credendi ».
Je retrouve dans les pages de la conférence du Cardinal Stickler, la même doctrine, la doctrine de toujours. Le cardinal écrit : « la liturgie contient et exprime la foi de façon juste et compréhensible » (p.40). De sorte que « la pérennité de la liturgie participe de la pérennité de la foi, elle contribue même à la préserver ». Et comme la foi est immuable, la liturgie qui l’exprime l’est aussi. « C’est pourquoi il n’y a jamais eu de  rupture, de re-création radicale dans aucun des rites chrétiens, catholiques, y compris dans le rite romain latin » (p 40-41). L’évolution liturgique  - dès lors – est lente, nécessairement organique.
Ainsi « dans tous les rites,  poursuit le cardinal,  la liturgie est quelque chose qui s’est développée et continue de croître lentement ; partie du Christ et repris par les Apôtres, elle a été organiquement développée par leurs successeurs, en particulier par les figures les plus marquantes tels les Pères de l’Eglise, tout cela en préservant consciencieusement la substance, i.e ; le corpus de la Liturgie en tant que tel ».
L’Esprit Saint est un et véridique. Ce qu’il inspire ne peut-être que un et véridique, le même à travers le temps. J’aime cette expression du cardinal. C’est clair, c’est net : « C’est pourquoi, il n’y a jamais eu de rupture, de re-création radicale…dans le rite latin romain ».
Il poursuit  : « Il n’y a jamais eu rupture dans le rite romain latin à l’exception de la liturgie post-conciliaire actuelle, en application de la réforme…bien que le Concile…ait toujours réaffirmé que cette réforme devait préserver absolument la tradition ». (p. 40-41)
Jamais de rupture…à l’exception de la liturgie post-conciliaire actuelle !
C’est donc bien à une rupture que l’on assiste avec le Nouvel Ordo Missae. Cet éloignement est une véritable rupture avec la Tradition.
Le cardinal insiste : avec le Nouvel Ordo Missae, on assiste à une véritable rupture  avec la Tradition, « à une véritable et radicale nouveauté ». Il l’affirme tout de go : « L’ordo Missae (est) radicalement nouveau ».
Et ceci est une véritable nouveauté, la nouveauté par excellence… « alors que toutes les réformes antérieures adoptées par les papes et tout particulièrement celle entreprise sous l’impulsion du Concile de Trente  et mis en œuvre par le pape Pie V et jusqu’à celles de Pie X, de Pie XII et de Jean XXIII, ne furent pas des révolutions mais uniquement des corrections qui ne touchaient pas l’essentiel, des ajustements et des enrichissements » (p. 41)
C’est ce que demande, du reste, le Concile en son article 23 : « Le Concile  a expressément dit, à propos de la restauration souhaitée par les pères, qu’aucune innovation ne devait être faite qui ne fut vraiment exigée par l’utilité de l’Eglise ».
Non ! Nous n’avons rien de tel avec Paul VI. Nous avons un « Novus Ordo Missae ». Rien de comparable.
Alors puisque  cette réforme liturgique se contre distingue de la tradition, je ne vois pas en quoi et comment elle pourrait être purement et simplement une « richesse » pour l’Eglise.
Le Novus Ordo Missae et le Missel romain
S’il en est ainsi, je ne vois pas, non plus,  en quoi et comment on peut encore parler pour le Novus Ordo Missae de « missel romain ».
La pensée de Mgr Gamber.
Mgr Gamber, dans le chapitre « Tentative de solution » de son livre « La réforme liturgique en question » parle du «  ritus romanus » et du « ritus modernus » qu’il distingue fortement. Ils ne peuvent se confondre. Il écrit : « Le ritus romanus et le ritus modernus devraient être tous deux considérés comme légitimes. Ils devront cependant être nettement distingués l’un de l’autre comme deux rites indépendants, et cela, de telle manière que le missel romain utilisé jusqu’ici, ainsi que les autres livres liturgiques (rituel et pontifical), soient à nouveau imprimés et autorisés sous leur forme préconciliaire. …La forme de la messe actuellement en vigueur ne pourrait plus passer pour le rite romain au sens strict mais pour un rite particulier ad experimentum..Bien des problèmes pourraient être résolus dans l’Eglise par la stricte séparation entre le rite romain et la nouvelle liturgie en langue vulgaire du ritus modernus et par la possibilité ainsi offerte aux fidèles d’utiliser les deux formes de messe. Mais surtout cela diminuerait le risque d’un schisme important, les légitimes réclamations d’innombrables catholiques  - près de la moitié de ceux qui pratiquent encore – en faveur de la célébration traditionnelle de la liturgie étant satisfaites, sans que soit pour autant négligé le désir des autres d’avoir une messe « actuelle »…(p. 75-78).Mais de toute façon il faudrait que le nouveau rite soit amélioré par rapport à celui qui se pratique de nos joursIl faut qu’à l’avenir le rite plus que millénaire de la messe soit conservé dans l’Eglise catholique romaine, pas seulement pour les prêtres et les laïcs âgés, incapables de s’adapter, mais comme forme primaire de la célébration de la messe. – (et non pas comme «  la forme extraordinaire de l’unique rite romain » comme le demande le Cardinal Castrillon Hoyos) . Il faut qu’il redevienne la norme de la foi et le signe de l’unité des catholiques dans le monde entier, un pôle fixe pour un temps déboussolé et en perpétuel changement »(p. 95)
Voilà qui est clairement dit.