24 juin 2007





Les forcenés de Saint-Martin
24 Juin 2007 - Le Journal du Dimanche
Par Garance LE CAISNE, à Niafles (Mayenne)
Le Journal du Dimanche La grand-mère refuse de soulever le loquet. "Je ne sais pas qui vous êtes ! crie-t-elle d'une voix douce mais ferme à travers la lourde porte de la chapelle. Peut-être allez-vous tenter de récupérer l'église, me faire sortir de force ! Je suis toute seule..." Ce mercredi après-midi, Marie-Neige Perrel, 73 ans, monte la garde. Depuis un mois, une dizaine de catholiques traditionalistes occupent à tour de rôle l'église Saint-Martin à Niafles (Mayenne), petit village de 300 habitants.
Pour y entrer, il faut montrer patte blanche, être introduit par un membre du groupe comme Matthieu Mautin, artisan tailleur de pierre de 31 ans, ou Luc Perrel, médecin à la retraite et mari de Marie-Neige.
"On était partis pour trois jours, ça fait un mois !" s'amuse le docteur, cheveu gris et ras, la démarche militaire, en montrant deux lits de camp installés dans la sacristie. La porte est bloquée de l'intérieur avec une tenaille. Un réchaud, deux oranges, une boîte de chicorée. "L'évêque, c'est l'évêque, d'accord, poursuit le médecin. Mais il doit nous donner notre dû, pas du pâté Ronron avarié." Ce qu'ils réclament ? Pouvoir continuer à suivre la messe en latin selon le rite tridentin de saint Pie V, avec un prêtre se tenant dos aux fidèles. Un rite abandonné depuis le concile de Vatican II mais suivi pendant quarante ans par l'ancien curé de l'église de Niafles, l'abbé Chéhère, décédé en mars à 94 ans.
Ils veulent pouvoir continuer à suivre la messe en latin
A sa mort, l'évêque du diocèse autorise l'abbé Loddé, un jeune prêtre de la fraternité Saint-Pierre, la congrégation traditionaliste restée fidèle à Rome lors du schisme de Mgr Lefebvre en 1988, à lui succéder. "Avec saint Pie V, la liturgie est plus expressive, le mystère plus palpable, explique Matthieu Mautin. L'abbé Loddé célébrait une messe magnifique. Il est jeune, les enfants l'aimaient beaucoup. Il a redonné du souffle à la communauté." Trop peut-être... A peine installé, le fougueux abbé dépasse ses attributions. Il célèbre une deuxième messe le samedi, confesse les paroissiens. Le nombre de fidèles augmente, passe de 150 à 225 les dimanches matin. Le 23 mai, l'évêque revient sur sa décision. Il propose une messe en latin à Laval, à 35 km de là, dans une église du centre-ville, avec un autre prêtre. "Ces chrétiens ne peuvent pas rester qu'entre eux et ne faire que ce qu'ils veulent", justifie l'évêque, Mgr Maillard.
Une poignée refuse. Le soir de l'annonce, Luc Perrel, équipé d'un sac de couchage et d'un matelas pneumatique, fonce à l'église. Les occupants n'ont qu'une hantise : que des intrus viennent déplacer l'autel et le tabernacle, disposés tout au fond de l'édifice pour que le prêtre puisse célébrer l'office selon le rite, face au Seigneur, les fidèles derrière lui. "N'importe quoi ! Ce sont cinq familles qui nous emmerdent et qui cherchent l'incident", lâche-t-on dans l'entourage de l'évêque, avant d'avouer : "On paye nos erreurs du passé." Effectivement, cela fait quarante ans que ça dure : depuis l'installation de l'abbé Chéhère, précisément. Drôle de curé, ce Maurice Chéhère. Il n'en faisait qu'à sa tête. "Vous prenez ma messe ou vous allez ailleurs !" avait-il coutume de dire. Il mariait qui il voulait et refusait même des enterrements. Au final, il a vidé son église des habitants du village, sans que les évêques successifs réagissent.
Plusieurs membres du groupe sont des militants actifs du FN
A Niafles, on n'en peut plus. "On veut récupérer notre église, avec une messe et des sépultures classiques", réclame Dominique Prime, employé communal. "Cela s'est aggravé ces dernières années, précise Roland Renaudier, conseiller municipal. L'abbé était vieux, les extrémistes en ont profité pour changer les membres de la chorale et les enfants de choeur. Pour moi, c'est une secte !" Les habitants du village sont d'autant plus inquiets que plusieurs membres du groupe barricadés dans l'église sont des militants actifs du Front national. Comme Katell Mautin, la femme de Matthieu, et le docteur Luc Perrel. Les Renseignements généraux et la gendarmerie suivent l'affaire de près. "Si c'était des sans-papiers, cela fait longtemps qu'ils auraient été expulsés", se plaint le maire socialiste Michel Montécot, avant de rigoler du surnom dont les "tradis" l'ont affublé sur des affiches placardées dans le village : "Peppone est un âne..."
"Peppone" dit qu'il ne pourra pas longtemps tenir ses administrés. Ce mercredi soir, justement, une cinquantaine d'entre eux se sont donné rendez-vous à la salle des fêtes. Non sans se jeter quelques regards obliques : tous sont convaincus qu'il y a une "taupe" traditionaliste parmi eux. Peu importe, les villageois ont décidé de reprendre leur église et prévu une action aujourd'hui. Assis en rond dans la salle communale, ils s'organisent, se répartissent les rôles pendant deux heures. A 23 heures, les derniers quittent la salle. Les rues du village sont désertes. Dans la sacristie de Saint-Martin, la lumière est encore allumée.




Des manifestants expulsent des traditionnalistes qui occupaient leur église
24 juin 2007 - AFP
NIAFLES (Mayenne), 24 juin 2007 (AFP) - Des manifestants expulsent des traditionnalistes qui occupaient leur église Des catholiques traditionnalistes qui occupaient l'église de Niafles (sud de la Mayenne), ont été expulsés dimanche par environ 250 manifestants, dont des habitants du village qui voulaient récupérer leur église, a constaté une correspondante de l'AFP.
Des catholiques du rite de Saint-Pie V occupaient les lieux depuis un mois, pour protester contre la décision de l'évêque de Laval, Monseigneur Maillard, de ne pas nommer un nouveau prêtre traditionnaliste dans cette paroisse après la mort de l'abbé Chéhère qui officiait depuis 40 ans.
L'évêque avait proposé aux fidèles du rite de Saint-Pie V des messes en latin à Laval.
Les manifestants, dont le maire socialiste de Niafles et des habitants venus des communes voisines, ont cassé la porte de la Sacristie, l'entrée principale étant barricadée. Des coups de baton et des coups de poing ont été échangés entre les deux groupes, avant que les traditionnalistes décident d'évacuer les lieux pacifiquement sous les regards d'une quinzaine de gendarmes.
Le maire de Niafles (287 habitants), Michel Montécot, a pu annoncer à ses administrés, sous les applaudissements et les cris de joie, qu'il avait récupéré les clés de "son" église.Les fidèles qui occupaient l'édifice jour et nuit ne laissaient entrer personne depuis un mois et célébraient des messes en latin en plein air, à côté de l'église. Ils ont indiqué qu'ils allaient rechercher une autre église "qui veuille bien (les) accueillir".

22 juin 2007





Liturgie : signature du motu proprio
22 juin 2007 - libertepolitique.com
Liturgie : signature du motu proprio ■ Si le motu proprio est publié dans les semaines qui viennent l'ancienne messe en latin pourrait être célébrée plus largement. Selon Andréa Tornielli dans Il Giornale du 17 juin, Benoît XVI aurait signé le texte du motu proprio qui autorisera l’emploi de « l’ancien missel », celui pour lequel les traditionalistes et les intégristes se battent depuis 1969 soit près de quarante ans, et qui est une des raisons du schisme lefebvriste.
Le motu proprio, dont on ignore la date de publication, sans doute avant le début des vacances pontificales, devrait être accompagné d’une lettre du pape. Elle en expliquera les raisons et demandera aux évêques « de la disponibilité, de la patience et de la compréhension ». Selon les mêmes sources, cette lettre reprendrait les grandes lignes d’un texte que la Congrégation pour la doctrine de la foi avait préparé en 1982 sous la conduite du cardinal Ratzinger, entouré des cardinaux Baggio, Baum, Casaroli (alors secrétaire d'État), Oddi et l'archevêque Casoria.
La commission avait alors conclu que la messe en langue latine devait être reconnu indépendamment de la question de Mgr Lefebvre, mais à deux conditions : 1/ que l’emploi des livres liturgiques anciens s’accompagne du plein accueil des nouvelles règles issues de Vatican II et n’exprime pas « de suspicion sur ces dernières comme étant hérétiques ou invalides » ; 2/ que dans les messes publiques célébrées dans les paroisses, les dimanches et fêtes, soit observé « le nouveau calendrier liturgique ».
La commission avait également souhaité « un document contre les abus liturgiques, identifiés parmi les causes de la crise actuelle de l'Église et, dans un futur plus éloigné, une synthèse des deux missels ».
La lettre accompagnant le motu proprio devrait donc expliciter la décision du pape. Il l’inscrira, très probablement dans un cadre d’analyse qui dépassera le « cas Lefebvre » et la crise intégriste. Il l’inscrira en revanche certainement dans la logique de la réforme liturgique demandé par le concile et dont l’Église, en particulier en France, n’a respecté sur beaucoup de points ni la lettre ni l’esprit.
En 1998, le futur pape avait déjà rappelé que « ce n'était pas au Concile de réformer les livres liturgiques », mais que celui-ci en a commandé la révision sans en prohiber l’usage et, dans ce but, « a fixé quelques principes fondamentaux en définissant ce qu'est la liturgie, et en fournissant un guide de discernement pour chaque célébration : en ignorant ces règles essentielles et les normes prescrites par la Constitution conciliaire, alors oui, on désobéissait au concile! ».
Benoît XVI devrait répéter aussi ce qu’il a déjà écrit ou déclaré maintes fois : « Dans le cours de son histoire, l'Église n'a jamais aboli ou prohibé des formes orthodoxes de liturgie, parce que cela serait étranger à l'esprit même de l'Église... une liturgie qui exprime la vraie foi ne dit jamais une foi établie selon des critères pratiques de cérémonies diverses, on ne peut la manipuler arbitrairement, aujourd'hui selon un mode et demain selon un autre. » Pour lui, la liturgie est une réalité vivante, « expression de la vie de l'Église, dans laquelle on réunit la foi, la prière et la vie même des générations, où sont incarnées en même temps et sous une forme concrète l'action de Dieu et la réponse de l'homme ».
Enfin, le pape devrait rappeler qu’« il a toujours existé de nombreuses formes du rite latin », comme les rites ambrosien, mozarabe, de Braga, des chartreux, des dominicains… « Personne ne s'est jamais scandalisé disait alors Joseph Ratzinger, que les dominicains, souvent présents dans nos paroisses, ne célébraient pas comme les prêtres séculiers mais selon un rite propre. Nous n'avons jamais douté que leur rite était catholique au même titre que le rite romain et nous étions fiers de la richesse de tant de différentes traditions ». Pourquoi n’en serait-il pas de même aujourd’hui, en effet ?

■ Pour en savoir plus, voir l’article complet d’Andrea Tornielli dans Il Giornale, 17 juin 2007 (traduction Décryptage).

21 juin 2007





Lettre de Paix Liturgique 92
21 Juin 2007 - paixliturgique.com
A défaut d’être aimés, les fidèles de Nanterre demandent au moins à être respectés

► Il y a deux ans, en juillet 2005, Monseigneur Gérard Daucourt, évêque du diocèse de Nanterre à la périphérie de Paris (France) posait un acte pastoral très fort en décidant de mettre en place dans une église de son diocèse, Sainte-Marie des Fontenelles de Nanterre, la célébration hebdomadaire de la messe traditionnelle.

Toutes les familles qui assistent depuis ce moment à cette messe (une moyenne dominicale de 200 personnes pour une communauté en cours de stabilisation qui réunit au total plus de 500 personnes et parmi laquelle 50 baptêmes ont été célébrés en 2 ans, en dehors du diocèse de Nanterre, faute d’accueil et de permission) lui sont extrêmement reconnaissantes de les avoir accueillies et d’avoir pris cette décision courageuse.

Pendant ces deux années, tout s’est très bien passé à Sainte-Marie des Fontenelles et les prêtres diocésains nommés par l’évêque pour célébrer cette liturgie se sont toujours fait l’écho des remontés positives de cette expérience pastorale à notre évêque.

► La fin d’un rêve de paix ?

Pourtant, il semble que ce travail de paix voulu et initié par notre évêque soit aujourd’hui menacé par d’obscures et incompréhensibles manœuvres et intrigues.

En effet, nous apprenons aujourd’hui par le Père Aybram, curé de la paroisse de Saint-Cloud à qui l’évêque de Nanterre avait conféré en 2005 le titre de vicaire épiscopal chargé de l’application de la lettre Ecclesia Dei, que ce que nous ressentons tous comme une formidable expérience de paix réussie à Nanterre doit absolument prendre fin en raison des « problèmes insurmontables » qu’elle générerait, cela, sans aucun réel dialogue, sans l’avancement d’aucune raison valable.

► La culture du non-dialogue

Certes, le Père Aybram, malgré les demandes incessantes depuis plus de 2 ans n’a jamais manifesté envers la communauté traditionnelle qui lui était pourtant confiée par l’évêque, un goût très prononcé pour l’écoute et le dialogue.

Alors que certains pensaient qu’avec sa « science » et son légendaire « savoir faire », il était devenu LE « Spécialiste » de l’application du Motu Proprio dans les diocèses de France, il était surtout un « tueur de paix et de dialogue », l’exact opposé de ce dont ont besoin les fidèles de France et leurs évêques, alors que son rôle aurait dû être d''abord celui d''un médiateur de la charité.

► Une situation « insoutenable » ?

La raison officielle de ce transfert impératif de l’église que nous avait accordé notre évêque, serait que le clergé de Sainte-Marie des Fontenelles, paroisse d’accueil du groupe des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, ne voudrait absolument plus de cohabitation avec la communauté traditionnelle priée par conséquent de déguerpir. Une demande formelle et écrite nous dit-on, aurait été adressée dans ce sens à l’évêque.

Ce serait pour répondre à cette situation devenue « insoutenable » aux propres dires du père Aybram que celui-ci, agissant de sa propre autorité, aurait décidé de déporter la communauté naissante vers une autre église de sa paroisse, l’église Notre-Dame des Airs de Saint-Cloud au motif que, dans sa propre paroisse, toutes les « difficultés » rencontrées à Nanterre, disparaîtraient comme par enchantement alors que l’église choisie par le père Aybram est une église introuvable, inaccessible aux personnes âgées et aux poussettes et où le stationnement est pratiquement impossible…

La « solution » du Père Aybram n’est autre qu’un véritable enterrement de première classe de l’expérience de paix initiée par notre évêque !

Sachant qu’en plus, l’annonce du départ du Père Aybram de la paroisse de Saint-Cloud l’an prochain ôte à ce transfert sa principale motivation, à savoir la « protection supposée du père Aybram… »

► Que penser de cette décision ?

Le Père Bedin, actuel curé de Sainte-Marie des Fontenelles, a été nommé curé en septembre 2005 après que notre évêque ait choisi Sainte-Marie des Fontenelles comme lieu de célébration de la messe traditionnelle. Il a donc accepté sa charge sachant que la communauté traditionnelle y était implantée à la suite d’une décision de l’évêque du lieu. Si aujourd’hui, il peut demander notre transfert, (mais le demande-t-il vraiment ? car nous ne le croyons pas…) rien ne nous dit alors qu’il n’en sera pas de même à Notre-Dame des Airs lorsque comme annoncé, en 2008, le Père Aybram quittera Saint-Cloud. Là encore, le successeur pourra dire « je n’ai pas eu le choix, maintenant, allez-vous en » transformant ainsi notre communauté naissante en communauté nomade alors dans l’impossibilité de s’organiser dans la paix et l’harmonie et de s’implanter normalement parmi les autres communautés chrétiennes du diocèse.

► Des problèmes « insurmontables » ?

Les problèmes « insurmontables » invoqués de manière incantatoire par le Père Aybram depuis des mois pour justifier ce transfert ne sont que des points de détails sans importance qu’une simple réunion de concertation de dix minutes (toujours refusée par le Père Aybram malgré les demandes de toutes parts) aurait pourtant réglés.

Ainsi la question du « partage » du parking entre les deux communautés, a-t-elle été magnifiquement réglée par notre évêque qui a décidé d’ouvrir le parking de l’évêché attenant celui de Sainte-Marie des Fontenelles pour faciliter la circulation et éviter des petits frottements inutiles.

Il y a des problèmes de sacristie nous dit-on ? Et bien réglons-les, parlons nous car il est clair que si d’obscurs aménagements de sacristie sont impossibles à Nanterre, toute décision plus ambitieuse, comme celle de nous installer dans une autre église dans la paix et la stabilité, sera toujours impossible car confrontée à de nouvelles situations tout aussi faussement insurmontables que celles qui existent aujourd’hui à Sainte-Marie des Fontenelles.

► L’Instrumentalisation des partis ou l’anti-charité chrétienne

Cette situation ubuesque n’est que le résultat de deux années de gestion catastrophique du dossier par le Père Aybram, deux années d’absence de dialogue, d’absence de transparence, d’absence d’amour.

Ainsi on instrumentalise le clergé de Sainte-Marie des Fontenelles contre la communauté traditionnelle, on instrumentalise les communautés les unes contre les autres, on instrumentalise notre évêque à qui l’on interdit toute relation avec les fidèles eux-mêmes. On explique aux fidèles qui désirent rencontrer leur évêque qu’il n’est pas encore prêt, que ce n’est pas le moment. On refuse systématiquement la mise en place d’échanges entre les communautés, et ceci pour mieux les instrumentaliser les unes contre les autres, en faisant aux uns et aux autres, dès les origines, déclarations et promesses contradictoires bien peu dans l’esprit du Christ.

Certes, le Père Aybram a-t-il, en catastrophe, mis récemment en place un « conseil » (non représentatif) des fidèles qui n’a d’autre rôle que celui d’une simple chambre d’enregistrement de décisions prises à la va vite et sans concertation.

Mais surtout, pourquoi avoir tout fait pour que jamais nous ne puissions rencontrer notre évêque ? Pourquoi vouloir faire échouer l’expérience de paix voulue par notre évêque ?


► Une volonté ancienne de torpiller l’expérience de Paix et de réconciliation

L’étrange attitude du père Aybram peut surprendre… elle peut même être incompréhensible… sauf si nous reprenons les faits et les propres paroles du père Aybram lui-même. Alors tout devient lumineux :

Le père Aybram apparaît dans cette terrible histoire à l’été 2005, lorsque notre évêque lui donne le titre qu’il a tant réclamé de « vicaire épiscopal » chargé de l’application du Motu Proprio Ecclesia Dei dans le diocèse.

Dès le 27 juillet 2005, le père Aybram s’exprime dans le journal La Croix « Les enjeux de cette expérience sont simples. Il s’agit de répondre à certaines sensibilités exprimées ces derniers mois, et d’avoir une meilleure idée de la population intéressée par cette messe... On verra qui est là et à quoi cette demande correspond réellement dans le diocèse. Car pour l’instant, nous n’avons que de vagues impressions. »

N’importe quel pasteur, n’importe quel père de famille… n’importe quel chef d’entreprise… n’importe quel médiateur … aurait su ce qu’il fallait faire pour remplir cette mission et répondre à ces interrogations : Aller au plus vite à la rencontre de ces « mystérieux » fidèles, les découvrir, apprendre à les connaître, à les comprendre, tenter de mesurer leurs attentes… simplement agir en chrétien.

Or cela ne s’est pas fait et lorsque certaines familles s’approchèrent du père Aybram dès le mois de septembre 2005, ce fut pour l’entendre dire qu’aucune concertation ne se ferait avant que la première messe ne soit célébrée à Sainte-Marie des Fontenelles… le premier dimanche de l’Avent 2005.

C’est ainsi que, contre tout bon sens, strictement aucun des aspects essentiels de la mise en place de la messe à Sainte-Marie des Fontenelles ne se fit dans la concertation : ni le choix des horaires, ni les questions pratiques de sacristie, ni un minimum d’organisation pratique avec la communauté paroissiale et le clergé d’accueil ne purent faire l’objet d’échanges préalables malgré de multiples demandes que nous avions exprimées dans ce but !

Pire, lorsque des fidèles tentèrent d’instaurer ce dialogue avec les paroissiens de Sainte-Marie des Fontenelles, il leur fut répondu que le père Aybram ne le souhaitait pas…


► Le Machiavélisme du père Aybram

Nous croyons que cette attitude se fonde sur deux motifs :

Tout d’abord le père Aybram avait dit aux fidèles de la paroisse de Sainte-Marie des Fontenelles – selon leurs propres dires – qu’il n’y avait pas de réelle demande de célébration de la messe traditionnelle dans le diocèse de Nanterre et que de ce fait, cette expérience de la célébration d’une messe dominicale selon le rite ancien dans leur église ne les dérangerait que quelques semaines, car faute de combattants, l’expérience serait sans avenir… Cette conviction était déjà celle du Père Rondepierre, curé doyen de Nanterre, qui pariait quant à lui sur la mauvaise foi des fidèles qui demandaient la célébration de la messe traditionnelle dans le diocèse et qui était certain qu’une fois cette messe accordée par l’évêque, ces fidèles trouveraient mille raisons de critiquer le diocèse plutôt que de chercher à s’insérer dans celui-ci dans la paix.

Ensuite le père Aybram a pu constater que ceux qui souhaitaient vivre leur foi catholique au sein du diocèse au rythme de la liturgie traditionnelle étaient très nombreux… De ce fait la situation devenait donc plus difficile que prévu… D’autant plus que cette communauté naissante se plut immédiatement à Sainte-Marie, reconnaissant à l’évêque qu’il avait fait un choix prophétique… Bientôt les familles furent plus nombreuses, les demandes de baptême se multiplièrent, un groupe scout s’initia ainsi qu’un groupe Domus Christiani, des groupes de catéchisme virent le jour… enfin tout allait pour le mieux.


► Les choix du père Aybram ?

Deux voies étaient possibles :

Celle de la vraie réconciliation, pour cela il fallait au plus vite lancer un conseil de concertation pour régler les aspérités dont tous pensaient qu’elles étaient bénignes… le père Aybram déclara que l’instauration de ce conseil était son but mais malgré ses promesses, rien n’était encore initié à l’été 2006, ni même au moment ou l’année d’expérience se terminait en novembre 2006…

La seconde voie était de tout faire pour casser une dynamique de paix et de réconciliation : c’est ce qu’il fit en cherchant dès le printemps 2006 à déporter la communauté naissante vers un autre lieu dont on espérait à la fois qu’il permettrait de rompre les liens d’amitiés de la communauté naissante et que son choix, particulièrement malcommode et inadapté, aurait pour effet de réduire le succès de la communauté réunie à Sainte-Marie des Fontenelles. C’est ainsi que fut prise par le père Aybram dès le printemps 2006, bien avant que se termine l’année d’expérimentation voulue par notre évêque et que s’instaure le moindre dialogue, la décision de déplacer le lieu de la célébration pour briser la magnifique dynamique naissante.


► Le père Aybram manipulateur de la vérité

Cette hypothèse est-elle exagérée ? Nous le voudrions mais si cela n’avait pas été la volonté du Père Aybram il aurait été si facile pour lui d’agir en chrétien, et en transparence afin que notre suspicion n’ai pas de matière à se développer.

De fait, à partir de l’automne 2006, le père Aybram n’eut pas d’autre but que de bouleverser la communauté naissante : colères hystériques pour des broutilles insignifiantes, sermons d’extraterrestre incompréhensibles par les fidèles qui se demandent si le Père Aybram vit bien la même chose qu’eux à Sainte-Marie des Fontenelles ou s’il ne voit pas plutôt la réalité au travers du petit prisme de ses intérêts personnels, « coups de gueule » d’intimidation, mais jamais de l''Amour.

Ce n’est pas la constitution, après plus d’un an et demi de promesses, d’un conseil non représentatif de la communauté qui nous fera changer d’opinion… d’autant plus que ce conseil réunit trois fois n’a jamais été un lieu de dialogue… Sa première réunion eut pour but d’enregistrer les décisions du père Aybram, il était absent à la seconde et d’après nos informations la troisième avait pour but de faire admettre aux fidèles qu’il était trop tard pour étudier une décision déjà prise.


► Comment justifier l’inexplicable attitude du père Aybram ?

Nous ne pouvons croire que le père Aybram ait été mandaté pour cette mission de destruction, nous croyons plutôt qu’il n’a cessé de déraper du haut de son isolationnisme aveugle…

Dramatiquement depuis des mois nous avons ressenti que nous n’étions pas aimés mais au moins nous espérerions être respectés.

Hélas, ce respect nous ne l’avons pas reçu du père Aybram, c’est pourquoi nous nous tournons maintenant vers notre seul recours : notre évêque monseigneur Gérard Daucourt.


► Nous implorons notre évêque

Voilà pourquoi nous implorons notre évêque et son presbyterium pour leur demander d’être bons et loyaux, pour les supplier d’éviter tout ce qui pourrait demain être une nouvelle fois une cause de scandale vis-à-vis des catholiques du diocèse, et une cause bien plus grave encore vis-à-vis de nos frères séparés qui regarderaient cette situation avec effroi et qui ne comprendraient pas que demain nos mains se tendent vers eux.

Alors agenouillés devant notre évêque nous le supplions, qu’il vienne au-devant des fidèles de la communauté traditionnelle de Sainte-Marie des Fontenelles, qu’il les écoute, qu’il devienne leur interlocuteur maintenant que par ses manigances indignes le père Aybram apparaît comme disqualifié.


► Nous ne voulons pas subir les inconséquences de la gestion catastrophique du père Aybram

Faudra-t-il, à l’instar de ce qui se passe à Niafles, dans le diocèse de Laval, que les catholiques confiés au père Aybram occupent des églises pour se faire enfin entendre et respecter ?

Que des milliers de lettres circulent à nouveau vers les fidèles du diocèse et d’ailleurs pour les informer de la culture du mépris qui règne en dépit des déclarations d’intention ? Que la tempête l’emporte sur la sérénité ?

Monseigneur, nous ne croyons pas que ce soit votre vœu.

Sachez que ce n’est pas non plus le nôtre et que nous attendons sereinement votre visite ce dimanche à Sainte-Marie des Fontenelles.


Louis Renaudin,

président du mouvement pour la Paix liturgique dans le diocèse de Nanterre

20 juin 2007





Eglise occupée : des fidèles en ont perdu leur latin
20 juin 2007 - europe1.fr
Eglise occupée : des fidèles en ont perdu leur latin Une poignée de fidèles occupe depuis près d'un mois l'église du petit village de Niafles, en Mayenne. Ces traditionalistes exigent le maintien de la messe en latin, supprimée après la mort de leur prêtre.
Des églises occupées pour exprimer une quelconque revendication, ce n'est pas nouveau. Mais à Niafles, un village de 300 âmes en Mayenne, ce sont les fidèles eux-mêmes qui ont investi le bâtiment. Ils exigent le maintien de la messe en latin. Depuis plus de quarante ans, ces traditionalistes suivaient le rite tridentin (messe dite en latin, le dos tourné aux fidèles) célébré par leur prêtre, décédé en mars dernier. Un jeune prêtre traditionaliste avait pris la relève. Mais fin mai, l'évêque de Laval a suspendu la tenue de cette messe, conformément à la réforme de Vatican II, provoquant l'ire des ouailles.
A Paris, l'église Saint Nicolas du Chardonnet est occupée depuis 1977 par des membres de la Fraternité Saint-Pie X. L'archevêché de Paris, qui ne reconnaît pas officiellement les prêtres de cette église, a renoncé a la récupérée.
A Niafles, comme ailleurs, le courant "tradi" de l'Eglise catholique attend avec impatience le moto proprio (décret) de Benoît XVI, qui doit libéraliser la messe en latin. Cette décision personnelledu pape, annoncée depuis plusieurs mois et destinée à ramener les intégristes de la Fraternité Saint-Pie X de Mgr Lefebvre dans le giron de Rome, permettrait aux curés de décider seuls de dire la messe en latin, alors qu'ils sont pour l'heure soumis à l'autorisation de leur évêque.

16 juin 2007





Le cardinal Bertone annonce la publication imminente du Motu Proprio
16 juin 2007 - chretiente.info
Dans le quotidien de la conférence épiscopale italienne, le secrétaire d'Etat du Vatican officialise la publication du fameux Motu Proprio, signé par le Pape en la fête du Sacré-Coeur, en précisant qu’il "ne faudrait pas attendre beaucoup de temps pour le voir publier" (une question de jours, semble t-il), car le pape Benoît XVI était "personnellement intéressé“ par sa publication".
Il annonce également que Benoît XVI en expliquera le sens également dans une lettre d’accompagnement, en espérant une réception sereine" du texte.
Le site "Eucharistie miséricordieuse", toujours aussi alerte, a traduit une dépêche italienne dont voici un extrait :
"il est en train d'être traduit dans les différentes langues et sera publié peu avant le départ du pape Benoît XVI pour ses vacances d'été. Le texte a été déjà signé par le Souverain Pontife, qui a même rédigé un long document explicatif à caractère théologique, "adressé à tous les évêques du monde", ainsi qu'on peut le lire dans l'introduction, "afin qu'ils puissent accueillir ce document dans la sérénité et la patience".
Le Pape demande donc aux évêques, au clergé et aux fidèles d'accepter le "Motu proprio" avec une humeur sereine; il sera présenté lors d'une conférence de presse par les Cardinaux Francis Arinze (Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements), Dario Castrillon Hoyos (Président de la Commission Ecclesia Dei), et Julian Herranz (Président du Conseil Pontifical pour les textes législatifs).
Lahire
Le Salon Beige - partenaire de CHRETIENTE.INFO

15 juin 2007





L’Institut du Bon Pasteur, espoir ou équivoque?
Juin 2007 - Bernard Sesboüé - revue-etudes.com
Extrait: Rome vient de réconcilier à Bordeaux un groupe de prêtres traditionalistes issus du mouvement de Mgr Lefebvre. Les conditions dans lesquelles la décision a été prise ont causé un réel malaise. S’agit-il seulement d’une question de liturgie ou l’affaire n’enveloppe-t-elle pas une remise en cause de la réception de Vatican II ? Les inquiétudes seraient moins grandes si les documents publiés à l’occasion de l’instauration du nouvel Institut du Bon Pasteur exprimaient clairement de la part des traditionalistes réconciliés une attitude de reconnaissance de l’enseignement du dernier concile.
La réconciliation de certains et si possible de tous les traditionalistes avec l’Eglise ne peut être que favorisée et désirée par tous les catholiques. On comprend la préoccupation romaine de ne pas laisser s’enkyster un nouveau schisme, quand on sait la difficulté qui existe à recomposer l’unité visible de l’Eglise après les séparations du passé. Il serait incohérent de le chercher avec certains et de le refuser à d’autres. Si une souplesse liturgique plus grande peut y aider, on ne peut que s’en réjouir et tendre la main en toute charité, mais à condition que les choses se fassent dans la vérité.
Reconnaissons que la Réforme liturgique de Vatican II a été appliquée, au moins en France, sans assez de pédagogie. L’affectivité religieuse de nombre d’entre eux en a été choquée : on les privait de rites et d’une langue dans lesquels ils avaient investi leur foi et leur piété avec toute leur sensibilité. Ils se sentaient comme veufs. Une transition plus progressive, une information et une justification éclairées auraient pu aider à faire évoluer ceux qui étaient le plus « choqués » en leur âme et conscience. On peut donc comprendre que la messe dite de Paul VI soit célébrée plus souvent en latin avec les grands textes chantés de la tradition grégorienne ou polyphonique du Kyrie, du Gloria, du Credo, du Sanctus et de l’Agnus et que la messe tridentine soit célébrée en certains lieux choisis par les évêques là où la requête des fidèles serait suffisamment nombreuse. Il faudrait alors éviter que la différence des rites ne se traduise par une division de fait dans l’Eglise.
Mais si derrière la question liturgique nous nous heurtons à des hommes qui ont toujours la certitude d’être restés dans la vérité malgré et contre l’Eglise, et si les traditionalistes interprètent un acte de souplesse pastorale comme l’accès à « un bastion de la reconquête », alors nous pouvons être inquiets. [...]
L’Institut du Bon Pasteur, espoir ou équivoque?
Bernard Sesboüé




Le Motu Proprio libéralisant le rite tridentin a été signé par Benoît XVI.
Agence I.MEDIA - 15 juin 2007 - leforumcatholique.org
Le Motu Proprio libéralisant le rite tridentin a été signé par Benoît XVI. Le Motu Proprio en vue de libéraliser la messe tridentine a été signé par Benoît XVI et sera très prochainement publié. Une lettre d'explication adressée à tous les évêques du monde accompagnera le texte, ont confirmé des sources vaticanes proches du dossier . I.MEDIA, le 15 juin 2007.
Le Motu Proprio permettant la libéralisation de la messe selon le rite de saint Pie V sera « prochainement publié, comme l'a annoncé le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Saint-Siège, ont ainsi confirmé des sources vaticanes. Benoit XVI a signé le document « il y a un certain temps », ont-elles confié. Le texte sera naturellement, en même temps, accompagné d'une lettre d'explication adressée à tous les évêques ».
Si « une date précise a été choisie » pour sa publication, a-t-on expliqué à I.MEDIA, elle est encore tenue secrète au Vatican. Si elle est très proche, il semblerait plus judicieux « de parler en termes de semaines plutôt que de jours ».
Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a pour sa part confirmé l'information à I.MEDIA, sans pour autant donner de précision quant à la date de publication. Il n'a pas voulu non plus confirmer le fait que le document pourrait être présenté lors d'une conférence de presse au Vatican. « Je ne peux dire les choses que lorsqu'elles sont confirmées et communicables, ce que je fais habituellement par l'intermédiaire du bulletin du Bureau de presse".
Le site Internet d'information religieuses www.papanews.it a annoncé, le 14 juin 2007, que le Motu Proprio serait présenté à la presse par les cardinaux Francis Arinze, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, et Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour les textes léglatifs, qui ont tous travaillé sur le document.
« Vous pouvez tranquillement écrire que le pape aime la concertation et la collaboration et ne veut pas décider de tout tout seul, et pour cela il a écouté de façon renouvelée différents avis », a confié Mgr Nicola Bux, consulteur à la Congrégation pour la doctrine de la foi, à www.papanews.it. « Mais le Motu Proprio pour la libéralisation de la messe en latin a été signé et sa publication est imminente, je dirais que c'est une question de jours ».
Selon certaines rumeurs au Vatican, le document pourrait étre publié lorsque Benoît XVI commencera ses vacances à Castel Gandolfo, soit à la fin du mois de juillet prochain. Il est déjà arrivé que le Saint-Siège publie des documents importants et délicats durant l'été et les vacances. Tel a été le cas de la Lettre aux évêques sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'Eglise et dans le monde de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publiée fin juillet 2004.
Depuis octobre 2006, le pape a beaucoup consulté au sujet de la libéralisation de la messe préconciliaire. En effet, ses projets ont suscité de fortes controverses dans le monde ecclésiastique, notamment en Framce, et, plus récemment, chez les théologiens juifs.
Un premier texte a ainsi pu être retouché afin de favoriser la "réception sereine" du document, comme l"'a récemment formulé le cardinal Bertone. Dans une interview accordée au quotidien italien Avvenire, le 3 juin dernier, le secrétaire d'Etat du Saint-Siège a aussi confié qu'il "'ne faudrait pas attendre beaucoup de temps pour le voir publié", car le pape était "personnellement intéressé"' par sa publication. AR

13 juin 2007





Histoire d'une rupture
La Semaine du Pays Basque n° 718 du 7 au 13 juin 2007 - Dominique Mariau - Mis en ligne par laportelatine.org
La rupture entre Ecône et le Vatican est à l'image de la vie de Marcel Lefebvre, archevêque fondateur de la Fraternité Saint-Pie X : un enchaînement complexe de désaccords sur des points de détail entre des gens animés de convictions semblables. Mgr Lefebvre (1905-1991) était issu d'une famille très catholique du nord de la France : sur huit enfants, cinq embrassèrent une carrière religieuse. Son père, deux fois condamné à mort par le régime nazi pour faits de résistance mourut en février 1944 au camp de concentration de Sonnenberg. Et paradoxalement, certains fustigeront plus tard son fils Marcel pour des tendances un peu trop à droite de la droite. En fait, Marcl Lefebvre était évidemment anti-nazi, et après la libération, il fut bien considéré par Pie XII qui lui confia une importante mission en Afrique : former des évêques. Mission réussie puisqu'il laissa sa place... à un évêque africain.
C'est pendant le concile Vatican II, au début des années 60, qu'il manifesta ses premiers refus du modernisme proposé par Rome. Il fonda la Fraternité Saint-Pie X en 1970, un séminaire à Ecône, près de Sion, où il distilla une formation appréciée, comme il l'avait fait en Afrique. Sauf que cette fois le pape Paul VI cria stop dès 1976, ce qui ne fit pas reculer le français, lequel continua à défendre une liturgie traditionnelle avec la messe en latin, et à s'opposer à tout rapprochement avec les protestants. La rupture s'accentua avec Jean-Paul II en 1988, en dépit de la médiation d'un certain...Joseph Ratzinger, qui depuis a fait une belle carrière.
De grands mots furent employés : excommunication, schisme, hérésie, mais la rupture entre Rome et Ecône ne fut jamais totale. Implantée dans cinquante pays sur les cinq continents, la Fraternité Saint-Pie X a parfaitement survécu à son bouillant fondateur, et si on imagine mal un retour au sein du giron pontifical, on doit constater qu'il existe aujourd'hui une meilleure compréhension entre les traditionalistes et les progressistes. Ce qui fait l'unanimité, c'est que l'enseignement reçu à Ecône est de qualité, et que les éléments qui en sont issus sont aptes à faire carrière partout dans le monde.




Mal de vocation
La Semaine du Pays Basque n° 718 du 7 au 13 juin 2007 - Colette Larruburu - Mis en ligne par laportelatine.org
Diocèse. L'abbé Crouzat analyse les éléments objectifs de cette désaffection.
La voie traditionaliste ne semble pas être matière à enrayer la crise.
A l'heure où les vocations font cruellement défaut, les "irréligieux" que nous sommes ne peuvent s'empêcher de se poser la question : mais pourquoi donc Mgr Pierre Molères ne laisse-t-il pas ce jeune Biriatar dire sa messe dans son village natal ? "Au sens strict, commente l'abbé Louis Crouzat, responsable du service diocésain des vocations, Mgr Pierre Molères est parfaitement dans son droit.. Ecône n'est pas en communion avec Rome. Après, le fait que l'évêque de Quimper permette à ce jeune homme de célébrer une messe dans son diocèse alors que Mgr Molères lui refuse de le faire dans le sien, relève de l'appréciation de chacun, selon sa conscience. Quoiqu'il en soit depuis 1976 (voir ci-dessus Histoire d'une rupture), Marcel Lefebvre est schismatique. Je voudrais insister sur un point. On focalise pour expliquer la rupture entre les traditionalistes et les progressistes sur cette histoire de messe en latin. Or, au fil des ans, nous avons bien compris que ce n'est pas cela l'essentiel.Trois points dérangent plus les traditionalistes. En premier lieu, le décret sur l'oecuménisme : les traditionalistes n'ont pas compris que la majorité des évêques soient entrés en discussion avec les représentants des autres religions. En second lieu, la déclaration sur les religions non chrétiennes. Ils n'ont pas compris que nous nous interrogions sur le judaïsme et les autres religions et en particulier sur le point de savoir si elles pouvaient ou non être sauvées. Dernier point, le droit à la liberté religieuse. Ils n'ont pas compris que nul ne peut être contraint d'agir contre sa conscience. En clair, le point de rupture porte plus sur le régime légal de liberté religieuse que sur le fait ou non de dire la messe en latin. Par ailleurs pour être plus précis, à l'initiative de Jean-Paul II, depuis 1990 la fraternité de saint-Pierre qui regroupe des prêtres et des fidèles ont la possibilité de célébrer la messe selon le rite Pie V. Aujourd'hui, le pape Benoît XVI envisage de libéraliser l'usage de la messe de saint Pie V. Cela voudrait dire, si cette règle rentrait en application que n'importe quel fidèle peut demander à son curé de célébrer la messeen latin selon le rite de Pie V et que n'importe quel prêtre peut l'imposer à ses fidèles. Mais, nous n'en sommes pas là. C'est pourquoi Mgr Molères ne fait qu'appliquer strictement le droit dans le cas précis de ce jeune homme."
Blessure
L'abbé Crouzat avoue " bien sûr que c'est une blessure cette histoire de Biriatou comme c'est une blessure de voir des jeuness'orienter vers la famille traditionaliste. pourquoi le font-ils ? Je ne saurais le dire. Ils pensent peut-être que les limites de la chrétienté sont floues et que dans cette famille-là, ils auront plus de repères. Qu à tort ou a raison, il leur sera plus facile de vivre leurs certitudes dans ce cadre-là. Certains croient aussi que les attributs de la fonction comme la soutane leur donneront une autorité présumée. Est-ce suffisant ?"
Reste une question : Ecône est-elle une des solutions pour enrayer la crise des vocations ? "Ce catholicisme-là, nous l'avons connu pendant quatre siècles, jusqu'au milieu du XX° siècle exactement. Et ça n'a pas empêché une proportion significative de fidèles de s'éloigner. De même le concile Vatican II instauré par Jean XXIII en partie pour enrayer ce déclin, n'a pas inversé la tendance."
Eléments objectifs
Les chiffres eux sont têtus. Depuis 2000, il y a eu quatre ordinations dans le diocèse alors que dans les années 1950, ,on en comptait 15 par an. Les clefs pour enrayer cette tendance ? "Personne ne les a, rétorque l'abbé. On peut tout de même établir trois éléments objectifs. La courbe annuelle du nombre de prêtres ordonnés annuellement en France est rigoureusement parallèle à la courbe du taux de pratiquants recensés. Et ce, depuis 50 ans. Conclusion, s'il y a moins de prêtres, c'est aussi parce qu'il y a moins de fidèles. A noter également que les 2/3 des séminaristes et novices sont issus de familles catholiques où au moins un des parents est pratiquant militant. dernier fait objectif, en remontant sur deux siècles, on constate que les religieux étaient issus de familles nombreuses et c'est encore le cas aujourd'hui à 60%."
Face à ce constat, un élément subjectif : le célibat - chacun a encore à l'esprit l'histoire du père Léon Laclau - n'est-il pas un des facteurs de la désaffection ? " Plus que le célibat, c'est l'engagement à vie qui pose problème. La capacité à être mobile est tellement valorisée aujourd'hui que probablment cela induit une difficulté. De plus, du fait de la rareté de la fonction, les gens ont peur aussi d'être seuls. C'est peut-être à nous qu'il revient de donner des liens visibles de notre fraternité. Nous gagnerions à travailler là-dessus."
La messe est dite. Moins de fidèles, moins de prêtres. Des fidèles peu pratiquants pour la plupart qui veulent compter sur la présence d'un prêtre à trois moments de leur vie : baptême, mariage et enterrement. "L'inhumation au cimetière est de plus en plus souvent accompagnée par un civil. De même que la visite préparatoire à l'heure de la mort. Nous ne sommes pas arrivés comme dans d'autres diocéses à confier la messe d'obsèques à des civils. Mais, nous allons vite nous y trouver confrontés. La génération de 1950 va bientôt rendre "son tablier". Une génération qui a donné beaucoup de prêtres".




La messe en place libre
La Semaine du Pays Basque n° 718 du 7 au 13 juin 2007 - Mis en ligne par laportelatine.org
Biriatou. L'évêque refusant l'église au jeune prêtre du village ordonné à Ecône, David dira sa première messe sur la place libre de Biriatou (La Semaine du Pays Basque - Dominique Mariau)
Le 29 juin, David Aldalur sera ordonné prêtre à Ecône au sein de la Fraternité Saint-Pie X, où il aura effectué la fin de ses études de théologie (Bac + 5). Ordonné en Suisse, un basque de Biriatou, dont le père est né à Irun et la mère en Bretagne, a forcément un projet immédiat : dire la messe pour ses amis, devant sa famille, ses copains d'enfance, ses copains de jeux, ses condisciples. De la commune de Biriatou en passant par le Sacré Coeur d'Hendaye, du conservatoire de Xistu au groupe folklorique Luixa où il fut un as du fandango, trustant les récompenses avec sa cavalière, sans oublier les frontons où il se distinguait, David, né en 1983, s'est forgé une solide identité basqye avant d'aller décrocher sàon Bac à Carcassonne : "J'ai introduit la pelote basque dans la citadelle" dit-il non sans humour. Et en plus c'est vrai !
N'empêche que ce gamin ouvert et sportif a été touché par la vocation dès l'âge de huit ans. Il sait ce qu'il veut : il sera prêtre, c'est le but naturel, le sens de sa vie. Après Carcassonne, une année à Dijon et il part à Ecône, près de Sion, rejoindre la Fraternité Saint-Pie X, pour ses cinq ans de doctorat: " deux ans de philo, trois ans de théologie, avec les sciences morales, le droit canon, la vie pastorale".
Cinq années d'étude basées à priori sur le programme antérieur au concile Vatican II. "De fait on travaille sur ce qui existait avant les changements, mais cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'adaptation. moi, ce qui m'a choqué, c'est de voir que l'on jetait les fondamentaux aux orties. c'est comme si l'Eglise n'avait pas existé avant 1960 ! En outre, ça s'est passé très brutalement en France, d'où les polémiques qui ont surgi. En Espagne et en Italie, par exemple, il y a eu des évolutions, mais cela s'est passé en douceur".
Oui à Quimper. Non à Bayonne.
Ces considérations étant posées, le jeune homme, nous l'avons dit, entend bien donner la primeur des ses offices à ceux qui l'ont encouragé et aidé. Il a donc programmé une messe à Biriatou, et une autre en Bretagne. Et c'est là que le problème est arrivé. Si les ecclésiastiques locaux étaient d'accord pour prêter l'église de Biriatou, l'évêque de Mayonne, Mgr Pierre Molères, a dit non. Et il a donné trois raisons à David et à sa famille :
1 - Iil s'agit d'une requête sentimentale.
2 - Il aurait été conditionné par [son] milieu social.
3 - Il refuse que l'évêque concélèbre cette messe.
Ce refus mis à part, ce n'est pas la guerre, Mgr Molères a accordé une audience à David, et un peu plus tard à ses parents. Mais il n'a pas pour autant ouvert les portes de l'église. Par contre, l'évêque de Quimper saisi de la même demande par David a dit qu'il pouvait dire une messe où il le souhaitait dans son diocèse. En résumé, les recommandations du Vatican sont assez souples pour que chaque prélat interprète comme sa conscience le lui dicte.
Cette rebufade n'a pas entamé, bien au contraire, la foi de David et de sa famille. Mais le jeune garçon se pose des questions sur la situation actuelle de l'église catholique dans sa globalité : "tout le monde voit bien que les églises sont de moins en moins fréquentées, que le nombre de baptêmes est en diminution, que des séminaires ferment. Il serait peut-être temps de remettre les vraies priorités à l'ordre du jour. Les tenants d'un catholicismemoderne et ceux d'une version plus traditionnelle ont le droit d'exister, ce sont les croyants qui doivent y trouver leur compte, et il serait téméraire de mettre à l'écart ceux qui ont la fibre traditionnelle."
En place libre
Au Pays Basque, où, pendant des siècles, les curés ont été fustigés, voire traités de sorciers sous les rois de France et d'Espagne, et même sous les républiques, on a pris de la distance avec ce genre de vaine querelle. On préfère manier l'intelligence situationnelle. A Biriatou par exemple , on respectera les consignes de l'évêché. Le 8 juillet, lorsque David viendra célébrer la messe pour ses amis d'enfance, ses profs, ses maîtres de catéchisme et sa famille, les portes de l'église resteront closes. Mais la messe aura bien lieu...sur la place libre, au pied des marches qui mènent au sanctuaire. Le village fait corps derrière son enfant, et le maire a donné son feu vert. Une chapelle sera dressée au fronton, et ce sera pour les Biriatuar, gens de foi et grands pilotari , l'occasion d'unir deux éléments clefs de leur culture. On tendra un toit de toile si le temps est pluvieux, et comme on sera devant l'auberge, on pourra lever son verre à la santé du nouveau prêtre après l'office.
En somme, ce qui aurait pu ressembler à une brimade risque fort de s'achever en un excellent moment, où l'émotion, la joie et la chaleur des retrouvailles s'exprimeront dans un cadre unique et tellement bien adapté à l'événement ! N'empêche que David ne peut s'empêcher de glisser pudiquement : "quelque part, ça me fait mal." Il avait tellement rêvé de célébrer sa première dans l'église où il a été baptisé et où il a ressenti les premiers signes de sa vocation.

11 juin 2007





Les intégristes veulent aller au-delà du motu proprio
11 juin 2007 - Nicolas Senèze - La Croix - cité par DICI
Selon Mgr Fellay, une éventuelle libéralisation du rite tridentin ne permettra pas pour autant un retour rapide des lefebvristes vers Rome.
La libéralisation de la messe de saint Pie V comme solution au schisme lefebvriste ? Au cours d’une conférence prononcée jeudi soir devant près de 400 personnes (*) à la Mutualité, à Paris, Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint-Pie X (FSSPX), a d’ores et déjà fait part de ses doutes sur un retour rapide à Rome des fidèles de Mgr Lefebvre en cas de « libération » de la messe tridentine. Certes, « ce que l’on sait du motu proprio traduit la volonté du pape de redonner sa place au rite traditionnel », explique celui que Mgr Lefebvre a ordonné illicitement évêque en 1988. Il voit dans ce geste « plus qu’une simple concession à des nostalgiques » de la part d’un pape « qui aime l’ancienne messe ». mais cette libéralisation du rite préconciliaire est-il pour autant la réponse au premier préalable – avec la levée des excommunications posées au moment des ordinations épiscopales illicites de 1988 – posée par la FSSPX à l’ouverture de discussions à Rome ?
« Même si Rome ne peut le dire comme cela, il y a une volonté de répondre à cette demande », estime Mgr Fellay. « Mais tout dépendra des restrictions mises dans le texte », ajoute-t-il aussitôt. Et d’expliquer : « « Si l’ouverture est telle qu’on peut parler d’une véritable libération, pas de problème, dit-il. Mais si on remet dans les mains de l’évêque le pouvoir de refermer la porte ouverte par le pape, ce ne sera pas possible ». Une référence directe au n°39 de l’exhortation apostolique de Benoît XVI Sacramentum caritatis selon laquelle il revient à l’évêque « de sauvegarder l’unité unanime des célébrations dans son diocèse ». « Si on utilise cet argument pour dire que l’ancienne messe est un danger pour l’unité du diocèse », prévient Mgr Fellay, qui prévoit toutefois que si le pouvoir de l’évêque était réaffirmé par le motu proprio, les fidèles pourront aussi recourir à Rome.
« L’après-motu proprio sera très intéressant », prévient déjà le chef de file des intégristes. « Si on laisse une chance égale aux deux rites, il n’est pas difficile de deviner lequel l’emportera », estime-t-il. Selon lui, « il y a une véritable attente du peuple chrétien » vis-à-vis de l’ancienne messe. « Il suffit de voir les églises vides : n’est-ce pas une sanction contre la nouvelle messe ? », demande-t-il. D’où les oppositions qu’il prévoit de la part de ceux qui ont promu le rite de Paul VI. « Il y aura un mouvement d’opposition énorme », prévient-il. Une opposition certes « passive », « mais c’est cela qui fait peur au pape », souligne Mgr Fellay, selon qui il faudra « un long travail ». « A Rome, on nous explique que dans une génération la nouvelle messe aura disparu, affirme-t-il. Moi je pense qu’il en faudra plutôt deux… »
Pour autant, ce qu’il appelle la « libération » de l’ancienne messe ne sera pas une condition suffisante pour provoquer le retour de la FSSPX dans le giron romain, estime Mgr Fellay. « La messe a été l’instrument de la réforme de l’esprit catholique : en ce sens elle est une cause de l’état actuel de l’Eglise. Mais elle a été un outil pour mettre en application des principes : ce sont eux qui sont dangereux et auxquels il faut s’attaquer », explique-t-il, reprochant à Benoît XVI de « vouloir être moderne » et demandant une discussion de fond sur le concile Vatican II, et notamment sur la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité épiscopale. « Comment un tel concile a-t-il pu avoir lieu dans l’Eglise ? », s’indigne Mgr Fellay, selon qui « signer maintenant un accord serait une solution facile qui n’obligerait pas à réfléchir sur ce concile qui pose des questions théologiques énormes ».

8 juin 2007





Dans l’attente du Motu proprio, les "tradis" mettent la pression
8 juin 2007 - Romano Libero - golias.fr
Dans l’attente du Motu proprio, les "tradis" mettent la pression
Nous aurions envie de poser la question un peu provocante : le printemps verra-t-il l’hirondelle ?
En l’occurrence un motu proprio annoncé depuis des mois libéralisant la célébration de la liturgie selon les anciens livres liturgiques.Espéré par les uns, redouté par les autres, il divise les esprits et alimente les controverses.
Dans une récente entrevue avec le quotidien catholique "Avvenire", le cardinal Tarcisio Bertone le présente comme imminent.Les uns estiment qu’il devrait sortir encore au cours de ce mois de juin, par exemple lors de la fête du Sacré Coeur. D’autres suggèrent que Rome pourrait profiter du calme et de la tranquillité de l’été pour passer inaperçu.
Début août, il est plus difficile de monter un mouvement de protestation. Enquête.

La querelle s’est envenimée depuis quelques jours en France avec l’épisode de Niafles , dans le diocèse de Laval , en Mayenne. Le décès du vieux chargé d’âme, un nonagénaire attaché au rite de Saint Pie V, ouvre une période de turbulences. L’évêque, Mgr Armand Maillard, voulant reprendre sous son contrôle une situation explosive.
Mgr Maillard avait permis pendant quelques mois à un jeune prêtre de la fraternité Saint Pierre d’assurer une transition en attendant une solution globale évitant un abcès de fixation traditionaliste. Comme Mgr Pierre Raffin de Metz et Mgr Gérard Daucourt de Nanterre , l’évêque de Laval estime pourtant qu’il est préférable à long terme de proposer une messe de Paul VI en latin.
En fait, derrière la question liturgique, il s’agit bien d’un enjeu beaucoup plus vaste. Niafles devenait le point de ralliement de nombreux catholiques intégristes, souvent liés à l’extrême droite. C’est cette raison qui dissuade Armand Maillard de concéder aux traditionalistes la solution qu’ils proposent. L’évêque refuse que se constitue une Eglise dans l’Eglise dont l’attachement aux formes préconciliaires serait en définitive le drapeau.
La question d’une légitimation de l’usage des anciens livres liturgiques révèle une double dimension.
D’une part, il paraît humainement de bon sens de ne pas interdire ou condamner un rite séculaire, ce qui indirectement serait faire preuve d’un ... intégrisme conciliaire aussi irritant que d’autres formes d’intransigeance bornée. Au temps du Pontificat de Paul VI, des théologiens aussi peu suspects d’intégrisme que le futur cardinal Yves Congar et le suisse Hans Küng estimaient absurde d’interdire la célébration de la messe de Saint Pie V.
D’autre part, ce conflit des rites demeure l’arbre qui cache la forêt. Au-delà des querelles de lutrin, c’est la place inquiétante d’un courant intransigeant musclé et foncièrement hostile à certaines évolutions de l’Eglise qui suscite notre perplexité. En outre, dans notre hexagone gallican et idéologique, la revendication liturgique s’associe souvent à des visions fascistes ou fascisantes de la société. Qui nous rappellent des temps que nous voudrions oublier.
Les intégristes ont beau jeu de se poser en victimes des méchants évêques. Il est évident que le sectarisme et la bêtise ne sont jamais d’un seul côté. Il n’en reste pas moins essentiel de situer cette question particulière de la liturgie dans un contexte d’ensemble qui ressemble parfois à un terrain miné. Comme si d’aucuns suivaient les conseils d’un Louis Veuillot, fameux polémiste catholique intransigeant et ultramontain, lequel dans "l’illusion libérale" donne un véritable manifeste de l’intégrisme catholique. Lorsque les "libéraux" sont au pouvoir, selon Veuillot, le plus habile est d’invoquer leur sens de la liberté pour les piéger en quelque sorte.
Par contre, lorsque les ’"intransigeants" reprennent le dessus...

7 juin 2007





Mgr Maillard annonce le maintien de la messe St Pie V à Laval
7 juin 2007 - diocese-laval.cef.fr
Le 3 juin dernier dans l’Eglise des Cordeliers à Laval, une messe a été célébrée à 10 h 30 selon le rite dit de « Saint Pie V ». Se sont rassemblés à cette occasion des fidèles issus de la communauté habituée à Niafles ; d’autres venaient de différents lieux du diocèse. Cette messe répond à l’accueil que souhaite le Saint Père Benoît XVI pour les fidèles attachés à ce rite. Cet accueil demande un effort de la part de tous pour signifier visiblement l’unité voulue par le Seigneur lui-même. Il nous faut réapprendre le dialogue, l’écoute, la prière partagée sans a priori. Ce travail patient demandera du temps.
Dans les mois à venir la messe sera célébrée chaque dimanche à 10 h 30 selon ce rite. Des prêtres de la Fraternité Saint Vincent Ferrier et des prêtres diocésains célébreront alternativement cette messe. Monsieur le curé de la paroisse Trinité – Avesnières – Cordeliers sera le garant qui assurera la continuité.
Prions pour l’unité dans la charité de notre Eglise.
Avec l’assurance de ma prière au service de tous,
Vôtre Evêque
Armand MAILLARD




La normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome
7 juin 2007 - abbé Aulagnier - Item
La normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome

Le grand avantage du livre de Monsieur l’abbé Celier et d’Olivier Pichon « Benoît XVI et les traditionalistes », c’est sa clarté sur un sujet capital : celui de la normalisation de la situation canonique de la FSSPX avec Rome ou mieux sa « régularisation canonique ».

J’ai déjà analysé la pensée de Monsieur l’abbé Celier sur ce sujet dans un précédent Regard. (cf. n° 129 du 12 mai). Il affirme que tous les membres de la FSSPX sont favorables à cette régularisation. C’est pour eux tous, une question de foi. Il n’est pas question qu’ils se séparent de l’Eglise, ni qu’ils créent une « petite église » autocéphale.

Mais ils n’iront de l’avant qu’avec la certitude que cette régularisation ne se fasse pas au détriment de la foi.

Qui pourrait le leur reprocher.

Monsieur l’abbé Celier le dit nettement dans une très belle page de son livre, la plus belle peut-être, la page 212 : « Nous sommes attentifs à toutes les évolutions positives de Rome, et nous en tenons compte dans notre évaluation de la situation. Nous essayons de ne pas laisser les occasions favorables, de ne pas nous maintenir dans l’immobilisme, ce qui serait mortel pour nous-mêmes et pour l’Eglise. Je parle d’un immobilisme de type providentialiste, qui reviendrait à ne pas faire ce qui est à notre portée pour contribuer à résoudre la crise, sous le fallacieux prétexte que « Dieu y pourvoira ». Nous inscrivons donc notre action dans la réalité historique, circonstancielle, d’aujourd’hui. Mais (et c’est ce Mais qui change tout) nous l’avons fait jusqu’ici, nous le faisons aujourd’hui et nous le ferons toujours sur la base de la foi catholique, dans l’attachement inconditionnel à la foi catholique. La Fraternité Saint Pie X veut la restauration de la foi et le relèvement de l’Eglise, c’est le but qu’elle recherche sans trêve ni réserve, et elle est déterminée à coopérer à cette restauration au fur et à mesure de l’évolution des choses, au moyen des circonstances. Mais la Fraternité ne veut pas l’inverse, elle ne vise pas comme but de s’adapter aux circonstances, et comme moyen de restaurer la foi. C’est dire que nous ne pouvons envisager de céder sur la foi parce qu’une occasion exceptionnelle, non réfutable, nous serait offerte sur un plateau. La Fraternité Saint Pie X est prête dans l’heure à tout accord, à tout arrangement qui garantira la foi pour l’Eglise et pour elle-même. En revanche, elle n’est prête à aucun accord, aussi mirobolant et favorable paraitrait-il, qui se conclurait au détriment de la foi. Or le vrai problème, depuis le début, est là. Toutes les propositions de Rome jusqu’ici ont eu pour but de régler le « problème » de la Fraternité Saint-Pie X, vu comme une difficulté canonique, un charisme propre, une souffrance due aux excès de l’après Concile, une incompréhension des textes les moins clairs du Concile, etc. mais ces propositions ont à ce jour systématiquement esquivé le problème de foi que pointait la Fraternité Saint-Pie X, et qui est l’essentiel » (p. 212)

Or il constate que tout ce qui s’est fait jusqu’à maintenant en matière d’accord avec les Instituts Ecclesia Dei , avec les moines du Barroux, avec la Fraternité saint Vincent Ferrier, avec Campos, peut-être un jour avec l’Institut de Bon Pasteur,( il est trop tôt pour que l’on puisse juger) s’est conclu peu ou prou par une « trahison ». Tous en effet ont lâché sur le plan doctrinal, les uns sur la liberté religieuse, les autres sur la réforme liturgique acceptant le bi ritualisme ou la concélébration ou perdant de leur « pugnacité » dans le combat doctrinal et leur critique sur la nouvelle messe.

C’est pourquoi les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ne veulent pas se lancer dans cette aventure…Ils ne se croient pas plus malin que les « autres ». Là où les autres ont « capitulé », ils craignent de capituler.

Et la raison de cette capitulation en chemin est simple, dit-il : tous, ils sont entrés dans une structure qui « marchent pour Vatican II ». Ils ne peuvent pas ne pas en être les victimes. Et cela, les membres de la Fraternité Saint-Pie X ne le veulent d’aucune manière.

Monsieur l’abbé Celier est très clair : « Je me refuse à croire que cette évolution des Instituts Ecclesia Dei tiennent principalement à la faiblesse des hommes : je la crois au contraire structurelle. On ne peut sous-estimer la puissance formidable de l’appareil ecclésiastique, sa capacité à attirer, à imprégner, à orienter, à marquer les âmes. C’est une des forces principales de l’Eglise, nous ne devons pas nous en étonner. Il n’est pas surprenant que l’appareil ecclésiastique ait réussi à faire évoluer en son sens les hommes qui l’ont rejoint depuis vingt ans. Le problème, c’est que cet appareil ecclésiastique roule aujourd’hui pour Vatican II. C’est donc vers Vatican II qu’il attire les Instituts Ecclesia Dei : tout simplement ! Il serait téméraire pour la Fraternité Saint-Pie X de se croire plus maligne ou plus forte que ceux qui, dans le passé, ont signé des accords. Si de plus coriaces que nous s’y sont cassé les dents, nous nous casserons également les dents, tant que l’orientation fondamentale de l’appareil ecclésiastique n’aura pas changé » (p 221)

Monsieur Olivier Pichoin revient sur la question et l’interroge à propos des fondateurs de l’Institut de Bon Pasteur, la dernière création. Il lui demande : « Vous ne croyez pas que les « tontons flingueurs » de la tradition, comme les a surnommés Le Figaro du 9 septembre 2006, sont capables de réaliser une telle percée victorieuse ? Ces fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur ont démontré qu’ils ne se laissaient ni impressionner par les menaces, ni séduire par les promesses »

C’est l’occasion pour Monsieur l’abbé Celier d’enfoncer le clou par sa réponse : « Ce sont incontestablement des fortes têtes. Je souhaite qu’ils réussissent à tenir le coup et à conserver leur liberté de critique à l’égard de Vatican II, à l’intérieur même de la structure ecclésiastique. Comme je l’ai dit, une telle réussite démontrerait que nos craintes sont désormais infondées. Mais l’histoire, tant longue que récente, m’enseigne la capacité d’assimilation quasi illimitée de l’appareil ecclésiastique. Je reste donc dubitatif sur la capacité de quelques prêtres même psychologiquement très solides, à résister à une réelle puissance. C’est pourquoi tant que Rome sera résolument pour le Concile, nous ne pourrons prendre le risque de nous replacer entre ses mais » (p 221-222)

C’était déjà la raison que Mère Anne-Marie Simoulin, Supérieure Générale, à l’époque, des religieuses de Fanjeaux, donnait le 30 mai 1988 à Mgr Lefebvre, lui conseillant de ne pas aller de l’avant dans ses négociations avec Rome et de passer à l’acte des sacres. Ce que fit Mgr Lefebvre le 30 juin 1988…

L’abbé Célier se répète quelques lignes plus loin : « Je vais me répéter. Tant que l’appareil ecclésiastique sera fermement attaché à Vatican II, les normes juridiques les plus favorables ne seront qu’un frêle papier à cigarettes pour nous protéger des pressions. Lorsqu’au contraire le coup de barre vers la tradition aura été donné, des normes juridiques même un peu bancales seront acceptables, car la vie de l’Eglise, alors travaillera chaque jour à les améliorer. Le fond du problème est là, et nulle part ailleurs » (p 222)

On a bien compris que, pour Monsieur l’abbé Celier, il n’y aura, de la part de la Fraternité Saint-Pie X, un accord possible avec Rome que lorsqu’un franc coup de barre vers sa tradition sera donné par les autorités ecclésiales et dûment constatable. Il écrit très clairement : « « Il faut créer de façon irréversible une situation qui rende possibles des accords canoniques. C’est-à-dire qu’il faut que Rome s’engage clairement en faveur de la foi vraie et intégrale, en faveur de l’élimination des erreurs, en faveur de la revivification de la vie chrétienne traditionnelle, même si cette volonté n’a pas encore atteint toutes les parties de l’Eglise ». (p184)

Dans cette précision, nous avons, nous tenons le principe de la future régularisation canonique de la Fraternité Saint Pie X dans l’Eglise, son principe théologique.

Tout est là !

Il faut que Rome s’engage clairement en faveur de la foi, de sa Tradition.

Alors la question qu’il faut se poser est la suivante : ce mouvement dans l’Eglise vers sa tradition est-il en marche ou n’est-il pas en marche?

C’est la question décisive.

J’ai répondu personnellement depuis longtemps à cette question. J’ai répondu positivement.
Je me suis essentiellement consacré à l’étude de la Messe « tridentine », à l’étude de l’évolution de la hiérarchie en ce domaine. Nul doute que la hiérarchie marche vers sa Tradition. C’est l’objet de mon livre « La bataille de la messe » aux éditions de Paris. J’ai étudié cette évolution depuis son interdiction formelle, mais atypique, le 24 mai 1976, lors du Consistoire tenu par Paul VI, jusqu’à son retour dans l’Eglise décidé par le Pape Jean Paul II, lors de la création de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney, au Brésil, dans le diocèse de Campos, en passant par celle de l’Institut du Bon Pasteur, avec Benoît XVI. Le nouveau Motu Proprio ne peut tarder…Cette évolution de la hiérarchie montre que le coup de barre vers sa tradition liturgique est en train d’être donné. Le pape Benoît XVI le veut.

Aussi n’est- il pas loin le moment où Rome pourra répondre favorablement à la première condition posée par la Fraternité Saint Pie X pour une « normalisation ». Ce préalable - celui du droit de la messe tridentine pour tout prêtre- pourra bientôt être satisfait. Sera alors changée l’attitude des membres de l’Eglise par rapport à sa tradition liturgique…Ce sera la première étape du « chemin inverse de la rupture de 1974-1976 » (p 176) qu’il faut nécessairement parcourir. C’est l’expression même de Monsieur l’abbé Celier. Je suis d’accord.

La deuxième étape, dit-il, c’est la levée de la prétendue excommunication.

Si j’en juge par l’attitude de Rome vis-à-vis de Mgr Rangel, l’évêque de la Fraternité saint Jean Marie Vianney, au Brésil, lors des années 2001 2002, le problème ne me parait pas très grand…L’abbé Celier le reconnaît à la page 178 de son livre. A Olivier Pichon qui pense nécessaire la publication d’un décret d’annulation en bon et due forme sur ce sujet, l’abbé Celier lui répond : « C’est que vous êtes beaucoup trop rigoriste, cartésien. Les hommes de la Curie possèdent de multiples ressources » pour régler ce problème au plus simple…

Ainsi « la mise en œuvre de ces deux préalables est, pour l’abbé Celier, assez facile, et cela sans risquer de causer une révolution dans l’Eglise » (p. 178)

C’est clair que la mise en œuvre de ces deux préalables « favoriserait un changement d’attitude des membres de l’Eglise vis-à-vis de la tradition » (p177). Oh combien !

Ce qui est impérativement demandé par la Fraternité Saint Pie X : « un coup de barre vers sa tradition » est donc en cours.

Il reste le problème du Concile Vatican II. C’est un problème sérieux. Monsieur l’abbé Celier en parle dans les pages 186-192 de son livre. Il fait des propositions qui pourraient retenir l’attention de la hiérarchie et qui seraient somme toute faciles à appliquer.

- Il propose de ne plus faire du Concile Vatican II l’unique référence des autorités comme si il n’existait dans l’Eglise qu’un seul Concile, celui de Vatican II. Il écrit joliment : « La conscience de l’Eglise est aujourd’hui encombrée, obnubilée par la référence unique et envahissante à Vatican II. Si, comme on nous l’affirme, ce concile est un concile comme les autres, et dans la continuité des autres, alors remettons le à sa place, qui est en soi modeste, puisqu’il s’agit d’un simple concile pastoral. Dégonflons cet œdème qui nous empêche de respirer. Arrêtons de ne vivre que par et pour ce Vatican II » (p187).

- Il propose de cesser de « diviniser » ce Concile. Il peut être corrigé. Le pape Paul VI le fit bien pour le latin. Le Concile avait demandé le maintien du latin comme langue liturgique. Paul VI affirma contre le Concile, dans son discours du 26 novembre 1969, que « ce ne sera plus le latin, mais la langue courante, qui sera la langue principale de la messe ». Il pourrait en être fait de même par Benoît XVI sur tel ou tel autre point du Concile…

- La proposition la plus originale de Monsieur l’abbé Celier, c’est celle tirée de l’accord historique de Brest-Litovsk en 1595, sous le pontificat de Clément VIII, accord qui scellait le rapprochement entre l’Eglise ruthène (ukrainienne) jusqu’ici dans l’orbite du schisme byzantin et l’Eglise catholique romaine. Il faut connaître cet accord. Il pourrait être retenu par Rome et imité. Voici ce qu’écrit Monsieur l’abbé Celier :
« Dans cet accord, on peut relever quelques passages intéressants…Ce traité d’union commence par la déclaration suivante : « Avant de nous unir à l’Eglise romaine, nous exigeons au préalable des garanties de la part des « Romains » au sujet des points suivants ». Il s’ensuit une longue énumération de coutumes propres à l’Eglise ruthène (tel que l’ordination des hommes mariés) et d’exemptions (exemption, par exemple, de l’obligation de participer à certaines cérémonies célébrées par les Latins). Parmi ces points, on peut relever le suivant : Nous ne débattrons pas du purgatoire, mais nous faisons confiance à l’enseignement de la sainte Eglise ». La conception byzantine sur cette question en effet, diffère de la conception latine. Un peu plus loin, on peut lire aussi : « Comme il existe une querelle entre les Romains et les Grecs au sujet de la procession du Saint-Esprit qui empêche l’unité, nous demandons à ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par le saint-Esprit, par l’évangile et par les écrits des Docteurs grecs, à savoir que le Saint-Esprit ne procède pas de deux sources, ni d’une double procession, mais d’une seule origine, c’est-à-dire du Père par le Fils. »(p 189)
De cet exemple, il en fait une application très intéressante à notre situation actuelle au sujet de la liberté religieuse. Il écrit : « Si l’on prend la question de la liberté religieuse, en partant évidemment du principe que le coup de barre ait été donné - c’est le principe nécessaire demandé par la Fraternité Saint-Pie pour toute réintégration possible, nous le savons - c’est-à-dire que les erreurs de Dignitatis humanae commenceraient à être officiellement remises en cause, ne pourrait-on pas, en attendant le plein achèvement de ce retour à la tradition, imaginer la formulation suivante, proposée par la Fraternité saint Pie X et acceptée par Rome : « Comme il existe une dissension entre Rome et la Fraternité Saint pie X à propos de la déclaration Dignitatis humanae du Concile Vatican II qui empêche l’unité, nous demandons à ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par le Saint-Esprit, par l’Evangile, par les écrits des saints Docteurs et des papes jusqu’à Pe XII, et nommément Mirari vos de Grégoire XVI, Quanta cura de Pie IX, Libertas de Léon XIII, Quas primas de Pie XI, Gi riese de Pie XII. Cependant, nous déclarons notre adhésion pleine et entière à la doctrine de l’Eglise romaine. Par ailleurs, sur cette base, nous nous engageons à une attitude positive d’étude de communication avec le Siège apostolique dans le cadre d’une critique sérieuse et constructive ».

Cette proposition n’est pas inintéressante.

Son interlocuteur, Monsieur Olivier Pichon, lui fait remarquer qu’il utilise là, à la fin de sa réponse, les formules admises par Rome et Mgr Lefebvre, ainsi que par les membres fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur…Ces formules montrent que Rome ne fait plus du Concile un absolu . Il peut être critiqué.

Conclusion

A la lumière de toutes ces explications, ne peut-on pas penser que la régularisation canonique de la Fraternité Saint Pie X n’est pas très éloignée ? Elle pourrait aller de pair avec la publication du Motu Proprio sur la messe ou du moins dans sa foulée.
Je l’espère !




Résumé de la conférence de Mgr Fellay du 7 juin 2007
par Ennemond - sur leforumcatholique.org
« Si le pape pose un acte courageux,
c’est une pluie de grâces pour l’Église ! »
Le jeudi 7 juin à 20h, Mgr Fellay a fait une conférence au Palais de la Mutualité devant 500 personnes sur le thème de la libéralisation de la messe et des relations de la Tradition avec le Saint-Siège.

Quelques éléments notables
Mgr Fellay a d’abord souhaité signaler les quelques éléments d’actualité à retenir. Sur le Motu Proprio, il constatait un changement d’esprit. Jusqu’à Pâques, les évêques pensaient qu’il était mis au rancart. Ce qui serait contradictoire avec les récents propos du cardinal Castrillon Hoyos. Toujours est-il que le pape a la volonté très nette de rétablir toute la liturgie, pas seulement la messe. Il a également parlé de l’annonce de la transformation de la Commission Ecclesia Dei en un dicastère. Ce qui constituait un fait nouveau qui rompait a priori avec les anciennes perspectives.
À la question de l’abbé Lorans lui demandant si le Motu Proprio constituait le 2nd préalable, Mgr Fellay a répondu que, du côté de Rome, il y avait sans doute cette idée de correspondre à cette demande, tout en estimant que le Saint-Siège ne le présenterait jamais sous cet angle. Du côté de la FSSPX, tout dépend des restrictions mises dans le texte. Si les évêques ont encore un pouvoir sur la messe, il ne sera probablement pas possible de parler de libération. Mais on ne sait de toute façon pas ce qu’il contient.
Des luttes en perspective
Il y a une réelle attente dans l’Église selon Mgr Fellay. Tous nous voyons manifestement ces sanctuaires vidées. Telle est la sanction à un message qui n’est pas passé. Mais il y a des luttes en perspective. Il y aura par exemple une confrontation très nette entre les évêques et les communautés Ecclesia Dei. En effet, en France, le mur d’opposition est énorme. Pourtant, les choses changent progressivement. Il y a quelques années, le cardinal Castrillon Hoyos disait que la libération de la messe était impossible car le Saint-Siège perdrait le contrôle de tout, car le pape aurait la crainte de briser l’Église. Quoi qu’il en soit, si la même chance est donnée aux deux rites, c’est le meilleur qui gagnera et Mgr Fellay avoue ne pas chercher longtemps pour savoir lequel c’est.
Un regain d’intérêt
Un regain d’intérêt net se fait sentir, de la part des nouvelles générations. L’idée de faire revenir le rite existe. Tout dépendra du courage du pape (certes, toutes les précautions sont prises pour désamorcer d’éventuelles crises). Mais le regain est là. Le film d’explication de la messe a été proposé aux prêtres de différents pays. En France, 700 demandes viennent d’être faites, 1600 en Allemagne. Maintenant, ca commence aux Etats-Unis : déjà 500. Les jeunes prêtres sont beaucoup plus ouverts (pour les anciens les coupures des années 60 ont été des douleurs telles qu’ils ne reviendront pas dessus). Les jeunes sont ouverts sur la messe. Et c’est la même chose vis-à-vis du Concile.
Les discussions
La messe n’est qu’un effet de la réforme. Elle est la couroi de transmission d’un nouvel esprit, de la mise en application de ses principes. Mais les principes continuent malgré la messe. Par exemple, sur un arbre sauvage, on ne peut se contenter de couper une branche. Il faut effectuer une greffe. Car couper la messe sans toucher au Concile, c’est obtenir les mêmes fruits amers qu’hier. Or, pour l’instant, toutes les discussions avec Rome ont consisté à esquiver les principes.
Le pape Benoit XVI a, quant à lui, des affections pour la Tradition. Mais il a également une tendance à vouloir réunir les extrêmes. Il a des affections des deux côtés, semble-t-il. L’affaire des limbes le montre. Il n’a pas supprimé les limbes comme ont voulu le dire les médias mais il a cependant laisser une porte s’ouvrir à un texte qui ne professe pas l’hérésie mais qui permet d’échapper à la doctrine pour introduire une nouvelle ecclésiologie. Or c’est ainsi qu’a fonctionné le dernier concile.
Une part d’espoir
Mgr Fellay a qualifié la traduction du « pro multis » d’acte de courage de Benoît XVI. Le pape a agi seul contre toutes les conférences et contre la Curie romaine. Il y voit là une part d’espoir. Ce fait est selon lui très intéressant car il est basé sur une lettre réelle. La correction a été imposée à tous et contre tous.
Au passage, il a signalé, à l’appui de cet exemple, l’oubli qui était fait de la vraie doctrine sous-jacente, du vrai enjeu de tout notre combat, à savoir le Salut des Âmes, un thème qui n’apparaît plus jamais. (preuve en est le refus par 90 % des conférences épiscopales de la traduction rectifiée).
Convertir Rome ?
Cela ne paraît pas idéaliste pour Mgr Fellay. Le seul chemin possible est de remettre les hommes d’Église sur les rails. Il a constaté les difficultés auxquelles étaient confrontées les communautés Ecclesia Dei. Pour lui, elles sont inévitablement soumises à la division car les principes n’ont pas été réglés et ce sont eux qui régissent, à la base, la vie de l’Église. Dès lors, un accord passe nécessairement pas une réévaluation des choses. Mgr Fellay pense que Benoît XVI, le pape théologien, pourrait être l’homme qui soit enclin à poursuivre cette solution.
Les faits
De toute façon, la FSSPX brille de ses fidèles, de ses œuvres, de ses fruits. Les faits sont plus forts que les arguments. Toute l’action de la Fraternité montre que la vie traditionnelle est possible, qu’elle intéresse la jeunesse actuelle. Le Concile voulait toucher le monde et il est finalement parti avec le monde. Aujourd’hui, à Rome, dans les diocèses, on constate. Les écoles catholiques sont dans la Tradition, les vocations, les jeunes vocations sont dans la Tradition. La FSSPX constitue finalement un thermomètre de l’Église. Il ne s’agit pas de s’attaquer au thermomètre, mais bien à la maladie.

(PS : désolé si je n'ai pas été fidèle à la lettre même de la conférence. J'ai fait de mon mieux !)