11 septembre 2007





Le cardinal Hoyos célébrera la messe en rite tridentin à Lorette le jour de l'entrée en vigueur du Motu Proprio
11 septembre 2007 - catho.be
Selon l'agence I.MEDIA, partenaire de l'Apic à Rome, de sources vaticanes, le cardinal Dario Castrillon Hoyos célébrera une messe tridentine à Lorette, en Italie, le 14 septembre. Il marquera ainsi l’entrée en vigueur, le jour même, du Motu Proprio de Benoît XVI libéralisant l’usage des livres liturgiques d’avant Vatican II. Artisan majeur de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, le 7 juillet dernier, le cardinal Dario Castrillon Hoyos célébrera la messe en rite tridentin dans la basilique du sanctuaire de Lorette en fin d’après-midi, le 14 septembre. Cette messe sera célébrée à la demande de l’association ‘Una Voce’, qui entend promouvoir “la sauvegarde et le développement de la liturgie latine, du chant grégorien et de l’art sacré dans l’Eglise catholique romaine“.
Le cardinal colombien avait déjà exceptionnellement célébré, en mai 2003, une messe publique selon le rite traditionnel. Alors préfet de la Congrégation pour le clergé, il avait ainsi célébré cette messe pour des fidèles de l’association ‘Una Voce’ dans la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure.
Quant à Benoît XVI, a encore appris le partenaire de l'Apic à Rome, I.MEDIA, “il ne célébrera pas tout de suite“ la messe dans sa forme ancienne selon le missel de saint Pie V. Quelques voix laissent entendre que le pape pourrait cependant marquer personnellement l’entrée en vigueur du Motu Proprio.
En outre, le cardinal Castrillo Hoyos présidera la messe d’ordination de 5 nouveaux prêtres de l’institut traditionaliste du Bon Pasteur, à Bordeaux, le 22 septembre prochain. Cette messe également dans l’ancien rite sera célébrée en présence du cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France.
Avec le Motu proprio Summorum pontificum – qui publié le 7 juillet 2007 entre en vigueur le 14 septembre - Benoît XVI a étendu la possibilité de célébrer la messe selon les livres liturgiques promulgués le 23 juin 1962, durant le pontificat de Jean XXIII, juste avant le Concile Vatican II et la réforme liturgique qui a suivi, en 1969 et 1970. Il a fait du missel de 1962 “l’expression extraordinaire“ de l’unique rite romain.

10 septembre 2007





Geste personnel ou geste d’Église : où aller à la messe ?
10 septembre 2007 - par Ennemond - leforumcatholique.org
Geste personnel ou geste d’Église : où aller à la messe ? Voilà qui ferait sans doute bien des jaloux…
J’ai une messe célébrée selon le Missel de 1962, à 5 mn à pied de chez moi et je ne m’y rends pas.
En revanche, je prends chaque dimanche ma voiture et je fais une demi-heure de circulation routière pour gagner un autre lieu de messe. Au-delà de l’estime que je voue à mon fournisseur de carburant, j’essaye de répondre à une démarche ecclésiale.
Un certain nombre de catholiques qui savent que je suis fidèle de la Fraternité Saint-Pie-X diraient que j’entame la rupture en refusant toute solution intermédiaire et conciliante de la part de l’Église diocésaine et que je suis douillettement reclus dans ma « communauté ». Pourtant, au regard de ces kilomètres parcourus, je ne suis pas certain d’opter pour la facilité.
Récemment, sur le FC, l’un des intervenants nous a invité à définir nos propres positions pour une meilleure compréhension. Au risque de parler de moi, je me lance dans cette explication pratique.
Sans doute me serait-il bien commode de régler mon réveil à une heure plus tardive, peut-être me serait-il agréable de me rendre à une messe à pied dans un quartier, somme toute, calme et serein ; évidemment, je ne rechignerais pas à faire quelque économie kilométrique.
En allant à la messe qui ouvre ses portes si près des miennes, je puis certifier que je ne nourrirais aucun scrupule liturgique. Il s’agit bien là de la messe valide, de ce trésor inestimable perpétué à travers les siècles jusqu’à nous, et jusqu’à proximité de mon domicile.
Et j’aurais peut-être même l’occasion d’y rencontrer des voisins, de développer une vie de quartier.
Pourtant, ce sanctuaire a été promu à la demande de l’évêque du lieu. Je reconnais parfaitement la validité de sa charge et de son épiscopat. Je sais cependant qu’il autorise cette messe à contre-cœur. En allant à cette messe, il est vrai que je pourrais lui donner la preuve que les fidèles de son diocèse ne désertent pas. En même temps, je suis conscient que j’ai peut-être mieux à faire. Si les messes traditionnelles n’étaient célébrées que dans ces églises, il me semble que l’épiscopat serait moins complaisant.
Je me rends, plus loin, dans un sanctuaire de la FSSPX, non par refus foncièrement négatif de cette première messe, mais par attachement réellement positif de celle qui sera célébrée dans ce second endroit. J’ai la conviction d’y soutenir des prêtres et des évêques qui sont catholiques dans leur vie spirituelle comme dans leur doctrine, qui ont été logiques et francs tout au long de leur formation et de leur vie sacerdotales. Je suis certain que cette doctrine qu’ils prêchent est celle qui a été transmise par les siècles de Chrétienté et non entachée par les épreuves des réformes récentes.
En soutenant ce lieu de messe, je soutiens par là même ces évêques dont le sacre a permis de faire perdurer la Tradition par la continuité de la FSSPX d’une part et par les premières concessions romaines d’autre part. J’ai l’assurance d’aider, à ma modeste mesure, à la restauration de la doctrine catholique qui n’est favorisée que par les relations entre Rome et la FSSPX, seule société qui s’exprime ouvertement et solennellement sur ces sujets.
En accomplissant ce choix, je veux soutenir un évêque qui parle, qui perpétue, toute sa vie durant, la liturgie catholique de toujours, qui défend la doctrine catholique, et ceci par attachement pour l’Église et par attachement au Saint Père. Je serais un peu scrupuleux de n’aider qu’un évêque qui se tait, qui ne célèbre jamais la sainte messe de toujours et qui poursuit résolument la route de la réforme, voire de la réforme selon ses propres canons.
Par là, je ne cherche pas à porter de jugement sur ceux qui n’ont aucun choix à faire. J’essaye simplement de démontrer que la démarche de fidèles attachées à la FSSPX est davantage une attitude d’adhésion à une restauration doctrinale qu’une attitude de rejet systématique.
Il m’apparaît que, dans le contexte actuel, l’engagement paroissial signifie plus de choses que la simple assistance pratique à une messe : Il influe sur le sens que nous souhaitons donner à l’Église. Il me serait, je pense, reproché à l’heure de la mort de m’être servi de la messe sans avoir servi, à mon niveau, la doctrine de l’Église que mon devoir me demandait instamment de défendre.
L’annonce du Motu Proprio puis sa promulgation, bientôt son application semblent manifester un nouvel état d’esprit à Rome. La Tradition catholique, même si les problèmes de fond demeurent, ne constitue plus le vilain petit canard de l’Église. Dieu soit loué !

Parallèlement, un sentiment de chasse aux communautés qui avaient eu le mérite de maintenir le flambeau de la Tradition aux heures sombres du combat semble de plus en plus confirmé. Les évêques, recevant le Motu Proprio ont, semble-t-il, décidé de contrôler à tout prix les mouvements dits traditionnalistes pour mieux gérer ce phénomène, du moins en France.

Bien sûr, nous, fidèles de la FSSPX, avons pris le parti – qui nous était un parti commun dans les années 70 et 80 – de nous affranchir des autorités diocésaines pour les exigences de la Foi. Comment auraient survécu spirituellement certains d’entre nous dans des régions où les évêques avaient de toute façon décidé d’éradiquer toute semence de Tradition ?

Mais les communautés Ecclesia Dei, d’abord promues à la fin des années 80, sont peu à peu négligées, voire reléguées alors qu’elles sont riches en vocation.

Quelques exemples – certains sont bien connus sur ce forum – manifestent ce nouvel état d’esprit depuis un an.

- L’écartement de la FSSP à Saint-Georges à Lyon, reléguée à Francheville, à l’extérieur du centre ville.
- La crise qui a secoué Notre-Dame-des-Armées à Versailles, l’un des bastions de la FSSP.
- La crise qui a suivi le refus de voir la FSSP s’installer à Niafles (Mayenne).
- Le refus de l’archevêque de Paris de donner un sanctuaire à l’abbé de Tanoüarn.
- Les récents refus des évêques de Marseille et d’Avignon à propos de simples messes célébrées sur leur territoire.
- Le refus officiel du cardinal primat de Colombie de recevoir l’IBP sur son diocèse.

Cette accumulation de faits ne semble pas relever du détail. Elle manifeste une volonté des évêques de reprendre en main les fidèles attachés à l’ancienne liturgie tout en s’affranchissant des communautés dépendant directement de Rome. Tout ceci me paraît en contradiction totale avec ce que préconise le Saint-Père qui fait des curés les responsables du choix du rite et qui, surtout, souhaite promouvoir les paroisses personnelles (article 10).

Le Motu Proprio doit manifester un retour à la Tradition, non pas une destruction du réseau établi contre vents et marées jusqu’ici. Aller trouver des prêtres est un geste louable. Il faut en effet les aider, les soutenir, les initier à la liturgie. Parallèlement, éparpiller les énergies dans un triomphalisme exagéré provoquant le délitement des communautés créées serait aller à l’encontre des intentions du Saint-Père. Le « confort » douillet des communautés qui est parfois épinglé sur ce forum ne doit pas masquer certaines réalités. Il s’agit pour les fidèles attachés à l’ancienne liturgie de savoir maintenir un certain équilibre.

Il faut savoir se réjouir et savoir être lucide. Le Saint Père est compréhensif vis-à-vis de la « Tradition » mais la paix de l’Église n’est pas encore revenue.

Prions mais sachons également résister !

8 septembre 2007

[Yves Lancien - Golias] Profil d’un ’’tradi’’

SOURCE - Yves Lancien - Golias - 8 septembre 2007

Qu’est-ce qu’un « tradi » ?

Quand on en rencontre un, reconnu et se reconnaissant comme tel, il n’est pas difficile de discuter voire d’échanger : c’est simplement impossible car il vit dans l’absolu, à un étage culturel et surtout affectif de la foi et de la pensée o๠aucun argument théologique, rationnel ou raisonnable ne peut l’atteindre ni le toucher, sauf à venir conforter ses convictions. 

La définition du « tradi » n’est pas facile car l’archétype, un tradi lambda, n’existe sans doute pas. Sur un socle commun de « conservatisme » au sens profond du terme, celui de vouloir que rien ne change en refusant toute évolution au nom de valeurs ou de décisions pontificales, récentes ou non, immuables car éternelles, on trouve des types relativement diversifiés, dont les caractéristiques peuvent se recouper sans exclusivité à des degrés d’implication divers. 

L˜âge, le sexe, le niveau social, culturel ou professionnel sont des critères parmi d’autres qui se recoupent sans exclusivité.

LE TRADI TRADITIONNEL ou « c’était mieux avant ». La baguette de pain était bien meilleure, elle était moins chère, il n’y avait pas de pollution, on voyait des bidasses en uniforme, il y avait moins de Chinois et de Noirs dans le métro, en hiver il neigeait, les étés étaient chauds mais supportables, les enfants étaient polis et mieux élevés, ils savaient lire et écrire sans fautes d’orthographe, les jeunes moins débraillés et plus respectueux¦ Les curés portaient la soutane, on en voyait souvent dans les rues, les églises étaient fréquentées, les cloches sonnaient, on faisait des processions, les séminaires étaient pleins, chaque clocher avait son curé. Ah, c’était le bon temps ! Et du temps de l’abbé X, mon bon Monsieur, c’était encore mieux, et du temps du chanoine Y, vous ne l’avez pas connu ma brave dame, encore bien mieux

LE TRADI AQUA SIMPLEX : il est resté fidèle au catéchisme diocésain questions-réponses de son enfance comme à la liturgie de sa jeunesse et depuis cette période, son comportement n’a pas évolué. « On nous a changé la religion » dit parfois ce bon chrétien plus tout jeune, mais sa foi tranquille et heureuse ne se pose pas beaucoup de questions. Il voit la preuve de l’éternité de l’Eglise dans la continuité de la messe dominicale en latin o๠enfant, il accompagnait son grand-père qui avait accompagné le sien, il s’y sent rassuré et la messe des Anges qu’il connaît par coeur et quelques cantiques, suffisent à la pérennité de son bonheur et à son sens du sacré. Il resterait volontiers dans sa paroisse géographique s’il y avait une messe en latin de temps en temps avec Asperges me , ce qu’il espère avec le prochain Motu proprio du pape “ qui se fait attendre, en dépit des réticences qu’on prête à l’épiscopat français. Certes, il est loin de tout comprendre et doit recourir aux traductions, tout en se berçant dans la demi compréhension d’une langue sacralisée par son mystère.

LE TRADI ESTHETE : féru des pompes romaines et du chant grégorien, amoureux du rite, adepte exclusif de la chasuble « boite à violon », familier des manuels de liturgie, nostalgique de ce qu’il connaît par ouï dire car il est souvent jeune, il en remontre au cérémoniaire de cathédrale le plus chevronné. Pointilleux sur le moindre détail des ornements, rubriciste intransigeant, il regrette les beaux offices préconciliaires, déplore la rareté des messes « à trois chevaux » comme la disparition des grandes liturgies pontificales. Hors saint Pie V, point de salut, c’est sûr et certain. Incollable sur les cornes des barrettes ou l’usage du manipule, érudit des tunicelles, inflexible sur les baisements et le nombre des encensements, il en est arrivé, en toute bonne foi, à mettre sur le même plan Présence réelle et port de la soutane. Il est même sincèrement malheureux qu’on ne partage pas son point de vue. Au fond, cet ami du Beau (et de l’Ordre) qui trouve à se « réfugier dans les dentelles », aime se sentir et a besoin d’être entouré d’un corset de certitudes avec baleines en acier trempé. Les plus démonstratifs de la catégorie assortissent cravate, pochette et chaussettes aux couleurs liturgiques, blanc, violet et rose compris

LE TRADI PUR ET DUR : ses convictions, théologiques et autres, sont en granit et la Vérité, qu’il est seul à détenir, n’est pas discutable. Il connaît toutes les encycliques et bulles de condamnation de la franc-maçonnerie, des hérésies et déviations diverses, modernisme et autres erreurs, avec les dates de fulmination, toujours prêt à dégainer Pascendi, Lamentabili ouVehementer . Il démontre qu’il ne reste plus que 80 évêques ayant été sacrés validement, source de tous les maux actuels de l’Eglise (Benoît XVI l’a été, heureusement) et surfe sur les sites de l’Internet o๠il retrouve ses congénères. Il fustige volontiers les évêques de France dont beaucoup seraient issus de la succession apostolique de Talleyrand, donc invalides ; quant aux autres, « il y a encore pas mal de marxistes » mais cela change. Il mène la vie dure à son curé qu’il voudrait plus docile à la Vérité, c’est à dire à la sienne, pour son bien et celui de l’Eglise. Il fréquente la plus proche paroisse tradi le dimanche matin quand il y en a une et à Paris ira à saint Nicolas du Chardonnet . Le cas échéant, il participe à une manifestation contre l’avortement organisée par l’association dont il fait partie. C’est un « Catholique et Français toujours », clérical en diable, très attaché à l’Ordre et à l’Autorité quand ils rencontrent ses Vérités.

LE TRADI CHIMERIQUE : il vit à l’ère préconciliaire, non pas celle qui a précédé Vatican II mais plutôt Vatican I . Cultivé, passionné d’histoire, aimable et mondain, souvent bon latiniste et fervent monarchiste (mais légitimiste), il aime et voit dans l’Eglise la gardienne, la garante et la protectrice d’un ordre social immuable voulu par Dieu o๠il figure certes en bonne place (comme Charles Maurras, mais il ne faut pas lui rappeler qu’il était sourd et agnostique). Il a le plus grand respect pour le Prêtre, oint du Seigneur, et s’incline avec déférence quand son curé remonte l’allée pour aller à l’autel. Partisan convaincu du trône et de l’autel, fleur de lys à la boutonnière ou épinglée sur la cravate, il ne manque jamais la messe anniversaire du 21 janvier et voudrait qu’on chante « Domine salvam fac Regem ». Il est dans un monde o๠les pendules semblent arrêtées depuis quelques siècles.

LE TRADI PERSECUTE : martyr immolé sur l’autel de la Tradition à défaut de la Foi, saint Sébastien gémissant ou agnelle doloriste au coeur saignant et à l’âme souffrante, ce type tradi ressasse sans fin les mêmes plaintes mais ne fait que les ressasser ad nauseam. Notre curé n’aime pas les tradis et il s’en vante, il veut nous convertir à la messe Paul VI, il a refusé la Vierge pèlerine, il ne veut pas de vêpres, il ne porte la soutane que le dimanche, l’évêque ne nous aime pas alors que nous sommes ses meilleurs diocésains, il nous refuse une belle et vaste église à peu près vide o๠nous ferions le plein tous les dimanche, il ne veut pas nous donner un curé ou un vicaire de la fraternité Saint Pierre , il n’en veut pas dans son diocèse alors qu’il manque de prêtres, il nous exile à la campagne ou dans des quartiers impossibles¦ On nous condamne aux catacombes ! Qu’avons-nous donc fait pour mériter cela, nous qui conservons le dépôt sacré de la liturgie dans son intégrité, contre vents et marées?

Pour finir, LE TRADI PARTAGE", dont il reste de nombreux exemplaires. En réfléchissant, il ne voit aucun avenir à la messe tridentine à laquelle on ne comprend plus rien : il aime à la fois le rite Paul VI avec des lectures nombreuses, ses prières participatives, l’échange de la paix mais aussi la messe tradi avec Asperges me (beau rite qu’il faudrait rétablir) et quelques chants en latin, patrimoine de l’Eglise. Qu’on en chante une, une fois par mois, ça suffira, si on trouve un prêtre capable et volontaire pour la célébrer, ce qui n’est pas évident.




Note aux aumôniers militaires "à propos du motu proprio Summorum Pontificum" (larges extraits)
8 septembre 2007 - Monseigneur Le Gal, évêque aux Armées françaises - lien
1- PARVENIR À UNE RÉCONCILIATION INTERNE AU SEIN DE L'ÉGLISE "Dans sa lettre aux évêques accompagnant le motu proprio, le Saint-Père énonce clairement le motif qui l'a guidé : la recherche de la réconciliation et de l'unité au sein de l'Église. Il s'agit là d'un motif grave auquel nous ne pouvons qu'adhérer de grand cœur et qui fait profondément écho à la parole ultime de Jésus avant sa Passion : "... qu'ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi..." (Jn XVII, 22-23).
- En conséquence, il ne s'agit pas de traiter les fidèles désireux de bénéficier des autorisations pontificales comme des chrétiens formant un groupe à part ou en partie ostracisés.
- Autant que possible, on sera donc attentif à ce que les célébrations selon la forme extraordinaire soient célébrées par l'aumônier concerné, dans la chapelle et à l'autel même où est célébrée habituellement la liturgie dans sa forme ordinaire. [...]
2 - UN SEUL RITE : DEUX FORMES -ORDINAIRE ET EXTRAORDINAIRE-
Le Saint-Père souligne qu'il n'y a qu'un seul rite romain de la messe [...]
- Il s'ensuit que la liturgie sera célébrée publiquement selon la forme ordinaire, sauf demande expresse. Dans ce cas, il sera explicitement indiqué que la liturgie est célébrée sous la forme extraordinaire à la demande de tel groupe, de telle famille de telle personne.
- La distinction ordinaire / extraordinaire suppose qu'une célébration selon la forme extraordinaire ne soit pas organisée au préjudice de la célébration selon la forme ordinaire, spécialement en ce qui concerne les messes dominicales, les messes à l'occasion des solennités et des fêtes d'arme. [...]
3 - LEX ORANDI - LEX CREDENDI
Le Saint-Père évoque [...] à plusieurs reprises l'adage médiéval : lex orandi - lex credendi. si les deux formes liturgiques diffèrent, elles expriment cependant la même règle de foi : elles expriment notre foi et nous la font vivre.
- Il est donc essentiel qu'une attention soutenue soit accordée à la qualité de nos célébrations (ars celebrandi) quelle que soit la forme liturgique utilisée afin qu'elles portent à la prière, expriment exactement la foi chrétienne et aident les fidèles à en vivre. [...]
- Conformément aux observations expresses du Saint-Père, on veillera à éviter toute "créativité" désordonnée dans la célébration de la liturgie qui en défigure la réalité ; de même on veillera à proscrire toute attitude ou mise en scène susceptible de scandaliser les fidèles et cela dans l'une ou l'autre forme liturgique. [...]
4 - APPLICATION DU §5.1 ET 2 DU MOTU PROPRIO DANS LE DIOCÈSE AUX ARMÉES FRANÇAISES
Du fait de sa spécificité, le diocèse aux Armées françaises compte très peu d'aumôneries (quasi-paroisses) où est célébrée régulièrement la liturgie dominicale. Les militaires sont ainsi conduits bien souvent à "pratiquer", le dimanche, dans leur paroisse civile de résidence.
- Dans cette situation, l'aumônier militaire adressera les groupes qui demanderaient la célébration de la messe dominicale selon la forme extraordinaire aux paroisses civiles de leur résidence. Le cas échéant, il veillera à faciliter leur accueil auprès du clergé local.
- La notion de "groupe stable" évoqué par le motu proprio (art. 5§1) doit être comprise dans le diocèse aux Armées en tenant compte des mouvements constants auxquels sont soumis les militaires et du nombre habituel de fidèles, souvent plus limité que dans les grandes paroisses civiles. [...]
- Pour faciliter la réponse aux demandes d'application du motu proprio dans le diocèse aux Armées, chaque aumônier de zone de défense pourra désigner un ou plusieurs aumôniers susceptibles de présider des célébrations selon la forme extraordinaire là où l'aumônier titulaire de demanderait."
 

5 septembre 2007





Que votre 'oui' soit  'oui et votre 'non' soit 'non'
5 septembre 2007 - Pro Liturgia
Il se trouve, sur certains sites internet de tendance nettement "traditionaliste", des fidèles qui se disent prêts à écouter ce qu'enseigne le pape... à condition que le pape dise exactement ce que ces fidèles ont envie d'entendre. Est-ce là une attitude vraiment "catholique"? Est-ce là un comportement qui permet de faire grandir l'Eglise? Nous ne le pensons pas, bien qu'il ne soit pas de notre ressort de condamner qui que ce soit en raisons des idées défendues. Mais tout de même: peut-on se dire dévoué à la cause liturgique que défend Benoît XVI et, tout en même temps, adopter des attitudes et un langage qui trahissent sa pensée et ses déclarations, tout comme d'autres ont trahit le véritable enseignement de Vatican II? Nous ne le pensons pas.
Ainsi, pour ce qui concerne la question liturgique telle qu'elle se présente depuis le Motu proprio Summorum pontificum, il n'est pas possible - sous peine de laisser la crise se prolonger indéfiniment - de laisser dire et écrire n'importe quoi. Car en effet:
- nulle part il n'apparait que Benoît XVI ait l'intention de critiquer Vatican II ou de le remettre en cause, comme l'écrivent certains fidèles "traditionalistes" qui ont trop tendance à prendre leurs désirs pour une réalité. Tout au contraire, Benoît XVI, s'adressant à la Curie romaine en 2005, déclare: "(...) aujourd'hui, nous pouvons tourner notre regard avec gratitude vers le Concile  Vatican II:  si nous le lisons et que nous l'accueillons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours plus une grande force pour le renouveau toujours nécessaire de l'Eglise." Il ne s'agit donc pas de refuser Vatican II, mais au contraire - nous dit benoît XVI - de l'appliquer après l'avoir étudié et compris dans une "juste herméneutique", autrement dit, dans une perspective véritablement "catholique" sans laquelle le Concile perd tout son sens.
- nulle part il n'apparaît que Benoît XVI ait l'intention de restaurer la liturgie codifiée par S. Pie V à la suite du concile de Trente. Tout au contraire, s'adressant aux évêques du monde entier, le Saint-Père - n'en déplaise à certains esprits inflexibles - rappelle que "le missel romain promulgué par Paul VI est l'expression ordinaire de la lex orandi de l'Eglise catholique de rite latin". "Expression ordinaire" dit bien ce que cela veut dire! (il est du reste symptomatique de constater que dans les milieux "traditionalistes" les plus intransigeants, on persiste à de parler de "défendre le rite traditionnel" alors le Saint-Père a enseigné que c'est le rite romain qui est en tant que tel "traditionnel" dans l'Eglise, et non la "forme extraordinaire" de ce rite. Au demeurant, il est très éclairant de constater que le mot "traditionnel" n'apparait pas dans le Motu proprio du pape Benoît XVI. Et quand on sait combien ce pape est attentif aux mots qu'il emploie...
- nulle part il n'est dit que le concile Vatican II a induit une rupture dans la continuité de la tradition liturgique. Tout au contraire, Benoît XVI rappelle que "les deux expressions de la lex orandi de l'Eglise" - c'est-à-dire l'expression "ordinaire" et l'expression "extraordinaire" - "n'induisent aucune division de la lex credendi de l'Eglise".
- nulle part il n'est dit que le retour à l'ancienne liturgie (la forme "extraordinaire") répondra véritablement aux attentes du monde actuel. Tout au contraire, Benoît XVI rappelle dans son Motu proprio que c'est la liturgie célébrée selon les livres restaurés à la suite de Vatican II et approuvés par Paul VI qui est "adaptée aux nécessités de notre temps".
Très sincèrement, il faut le dire et le redire: il n'est plus possible de laisser des gens qui se disent d'Eglise, enseigner des choses qui contredisent celui qui, au premier chef, est chargé par le Seigneur de parler au nom de l'Eglise et pour l'Eglise.
Tout ceci n'enlève rien ni à la valeur de la forme "extraordinaire" du rite romain, ni à la place que cette forme peut occuper aujourd'hui au coeur de notre liturgie. Néanmoins, l'enseignement magistériel - qui ne renie en rien l'enseignement conciliaire, que ceci soit bien clair - doit nous conduire à relativiser les choses, c'est-à-dire à ne pas travestir l'enseignement de Benoît XVI à l'aide de nos sentiments subjectifs, pour le faire entrer tant bien que mal dans nos catégories mentales.
Du temps où il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Ratzinger nous a envoyé plusieurs courriers - certains manuscrits - pour nous remercier et nous féliciter d'être fidèles au véritable enseignement de Vatican II et pour nous encourager à poursuivre notre action en faveur de la liturgie restaurée à la suite du Concile.
Que l'on ne compte donc pas sur Pro Liturgia pour trahir aujourd'hui le Saint-Père!

4 septembre 2007





Le Motu proprio du diable
4 septembre 2007 - Abbé Ph. Laguérie - blog.institutdubonpasteur.org
Mon cher Philippe,
Je t’envoie par mail une réaction de Mgr Williamson que j’ai lue sur la Porte Latine. Je sais que tu as, comme moi, une grande admiration pour Mgr. A chacune de ses interventions, il nous fascine et nous blesse en même temps ; c’est sans doute son génie propre. Mais les fidèles sont toujours déroutés par cette pensée dialectique Peux-tu me dire ce que tu en penses ?"
Monique Laguérie - Paris

Le débat sur le récent Motu proprio du pape Benoît XVI continue – je ne dirai pas à faire rage – mais certainement à soulever les passions. Le Motu proprio reconnaissait que le rite tridentin n’avait jamais été abrogé et donnait à tout prêtre catholique une certaine latitude pour le célébrer.
Certains ont condamné le document à cause de son double langage et ont affirmé que ce n’était là qu’un leurre pour attirer les catholiques traditionalistes dans les sables mouvants de l’Église conciliaire.
Pour ce qui est du double langage, parfois en faveur du catholicisme, parfois en faveur du conciliarisme, il est hélas indéniable. Mais à quoi pouvions-nous nous attendre de la part de ce que nous pourions qualifier de « pape dual » ? Benoît XVI, comme Paul VI et Jean-Paul II avant lui, ne s’aperçoit pas qu’il croit en deux religions contradictoires simultanément. À moins d’un miracle, Benoît XVI pensera ainsi jusqu’à sa mort. Voilà qui est assez affligeant, mais pour autant que le Motu proprio soit concerné, tout cela est de peu de rapport.
Ce qui importe plutôt, à mon avis, c’est que le diable porte Pierre comme le dit si bien l’adage. Dans de nombreux pays, nous voyons que de nombreux prêtres catholiques et des laïcs – mais en général pas les évêques – redécouvrir le véritable rite de la messe , commander des missels, des DVD didactiques sur la sainte messe, des ornements liturgiques, etc ... J’entends déjà les objections des purs et durs ! Bien sûr, tout ne sera pas parfait du premier coup. Il y aura des fautes de latin, les rubriques ne seront pas parfaites et tout ça, mais pourquoi ne pas donner sa chance à la grâce de Dieu ?
Avec Dieu, le moindre bien va loin – et un prêtre catholique ne se refait pas en un jour !
Laissez-moi vous présenter un scénario ; ce n’est pas infaillible, vous y croirez si bon vous semble. L’époque actuelle peut être comparée à celle de Noé, juste avant le déluge. Notre monde « idiot-visuel », maintenant répandu sur toute la planète, court à l’abîme. Dieu ne peut plus le laisser mener des millions d’âmes endormies en enfer.
Quand il s’effondrera, les catholiques en seront réduits à courir en tous sens à la recherche d’un prêtre pour la confession de leurs péchés. Il n’y aura pas assez de prêtres « liturgiquement parfaits » de la FSSPX disponibles. Donc, il est permis de penser que Dieu prépare un certain nombre de prêtres – connus de Lui seul – hors de la FSSPX pour ces jours dramatiques. Le Motu proprio, qui leur permet de renouer avec le rite véritable de la messe – au moins en privé – est une étape importante de cette préparation.
De tout notre coeur, prions pour de tels prêtres, et pour le pape. Kyrie Eleison.
Monseigneur Richard Williamson

Bien chère Monique,
Je partage avec toi ce jugement sur Mgr Williamson et, comme toi, il me fascine et m’ inquiète à la fois. J’ai tant d’admiration pour cet évêque que tout ce que je pourrais dire de lui sera toujours empreint et de cette déférence qui éloigne et de cette amitié qui rapproche.
Quand il parle du Motu Proprio, bien sûr qu’il est sur ses plate- bandes, mais : " pour grands que sont les rois, ils sont ce que nous sommes et peuvent se tromper comme les autres hommes". A quoi devraient songer tous les évêques et pas seulement ce singulier personnage. Et pourtant : sa pensée dialectique est séduisante, comme celle de Saint Paul, de Pascal ou de Julien Green. Malheureusement quel gâchis ! Je ne peux penser à lui sans évoquer, comme autour de ces innombrables conversations en sa douce compagnie, ces vers de Baudelaire qui lui collent à la peau :
Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer,
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Car ce génial Albatros n’est pas empêché de voler ; vous avez bien lu : il est empêché de marcher. Qui pourrait, hormis Dieu, empêcher ce géant de voler ? N’empêche que la création tout entière s’est liguée pour l’empêcher de marcher et le dernier venu l’entrave et le jette au sol.
Son thème favoris ? Apocalypse now ! Et tout lui donne raison, si ce n’est que l’apocalypse n’a pas encore eu lieu. Au moins devra-t-il convenir que la chose n’est pas encore possible tant que la conversion des juifs n’a pas encore eu lieu, comme saint Paul le prévoit. Là dessus nous sommes d’accord et il aurait été bien étonnant qu’il anticipât sur ce point.
Sa position sur le Motu Proprio est grande et simple ; et comme nous savons sa passion pour les syllogismes, il n’est pas interdit de la formuler ainsi :
Rien de bon ne peut sortir du "conciliarisme" ;
or le Motu Proprio sort du "conciliarisme" ;
donc le Motu proprio ne saurait être bon.
Il est pourtant évident que le Motu Proprio pourrait, per accidens, porter quelques bons fruits ;
or, le Seigneur a dit qu’un mauvais arbre ne saurait porter de bons fruits ;
donc le Motu proprio serait-il aussi une oeuvre catholique ?
D’où peuvent donc venir ces bons fruits d’un tout mauvais arbre ?
or c’est le diable, seul, qui "porte pierre"
Donc le Motu proprio est l’oeuvre du diable.
Le second argument de Monseigneur Williamson est tout aussi logique. Par quelles mains providentielles (car nul n’ignore quand même que le diable est entre les mains de Dieu et non l’inverse) pourra se réaliser ce bien accidentel du diable qui pourrait sauver quelques âmes de l’universel déluge ? Le bon sens de Mgr n’est certes pas pris en défaut : il s’agit de mains sacerdotales. Mais il faut en convenir avec ce géant des mers : les seuls prêtres de la FSSPX n’y suffisent pas. Il se trouvera donc, grâce au diable et à son savant Motu Proprio, quelques mauvais prêtres, non "liturgiquement parfaits", c’est à dire hors de la FSSPX, qui , néanmoins pourront, malgré leurs péchés, pardonner ceux des autres. Il faut prier abondamment pour ces prêtres, connus de Dieu seul, qui feront le sale travail accidentel du Diable. "Kyrie eleison" !
Je fais très humblement observer à notre prélat très aimé et très admiré qu’il se trouve des prêtres hors fraternité qui célèbrent assez bien (et mieux ?)la messe traditionnelle ; qui confessent (assez bien) les péchés au nom de Jésus-Christ sans s’occuper du diable ni attendre de lui quelque adjuvance complémentaire et qui, s’ils en ont besoin évidemment, ne requièrent pas forcément plus de miséricorde divine que ces "liturgiquement parfaits". Et peut-être un peu moins : ont-ils à supporter ce fardeau insupportable de s’entendre dire à longueur de temps qu’ils sont les vrais, les purs, les uniques par la grâce de supérieurs exceptionnellement exceptionnels. Allons, finissons encore avec Baudelaire :
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l’ombre et les larmes de fiel,
Quand la vengeance bat son infernal rappel
Et de nos facultés se fait le capitaine ?
Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?

3 septembre 2007





Communautés ED - Un fructidor ecclésial ?
3 septembre 2007 - par Ennemond - leforumcatholique.org
L’annonce du Motu Proprio puis sa promulgation, bientôt son application semblent manifester un nouvel état d’esprit à Rome. La Tradition catholique, même si les problèmes de fond demeurent, ne constitue plus le vilain petit canard de l’Église. Dieu soit loué !

Parallèlement, un sentiment de chasse aux communautés qui avaient eu le mérite de maintenir le flambeau de la Tradition aux heures sombres du combat semble de plus en plus confirmé. Les évêques, recevant le Motu Proprio ont, semble-t-il, décidé de contrôler à tout prix les mouvements dits traditionnalistes pour mieux gérer ce phénomène, du moins en France.

Bien sûr, nous, fidèles de la FSSPX, avons pris le parti – qui nous était un parti commun dans les années 70 et 80 – de nous affranchir des autorités diocésaines pour les exigences de la Foi. Comment auraient survécu spirituellement certains d’entre nous dans des régions où les évêques avaient de toute façon décidé d’éradiquer toute semence de Tradition ?

Mais les communautés Ecclesia Dei, d’abord promues à la fin des années 80, sont peu à peu négligées, voire reléguées alors qu’elles sont riches en vocation.

Quelques exemples – certains sont bien connus sur ce forum – manifestent ce nouvel état d’esprit depuis un an.

- L’écartement de la FSSP à Saint-Georges à Lyon, reléguée à Francheville, à l’extérieur du centre ville.
- La crise qui a secoué Notre-Dame-des-Armées à Versailles, l’un des bastions de la FSSP.
- La crise qui a suivi le refus de voir la FSSP s’installer à Niafles (Mayenne).
- Le refus de l’archevêque de Paris de donner un sanctuaire à l’abbé de Tanoüarn.
- Les récents refus des évêques de Marseille et d’Avignon à propos de simples messes célébrées sur leur territoire.
- Le refus officiel du cardinal primat de Colombie de recevoir l’IBP sur son diocèse.

Cette accumulation de faits ne semble pas relever du détail. Elle manifeste une volonté des évêques de reprendre en main les fidèles attachés à l’ancienne liturgie tout en s’affranchissant des communautés dépendant directement de Rome. Tout ceci me paraît en contradiction totale avec ce que préconise le Saint-Père qui fait des curés les responsables du choix du rite et qui, surtout, souhaite promouvoir les paroisses personnelles (article 10).

Le Motu Proprio doit manifester un retour à la Tradition, non pas une destruction du réseau établi contre vents et marées jusqu’ici. Aller trouver des prêtres est un geste louable. Il faut en effet les aider, les soutenir, les initier à la liturgie. Parallèlement, éparpiller les énergies dans un triomphalisme exagéré provoquant le délitement des communautés créées serait aller à l’encontre des intentions du Saint-Père. Le « confort » douillet des communautés qui est parfois épinglé sur ce forum ne doit pas masquer certaines réalités. Il s’agit pour les fidèles attachés à l’ancienne liturgie de savoir maintenir un certain équilibre.

Il faut savoir se réjouir et savoir être lucide. Le Saint Père est compréhensif vis-à-vis de la « Tradition » mais la paix de l’Église n’est pas encore revenue.

Prions mais sachons également résister !




Le Motu Proprio : Passé et présent de l'Eglise
3 septembre 2007 - Abbé Juan-Carlos Ceriani, FSSPX - laportelatine.org
Le Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, Monseigneur Bernard Fellay, dans sa lettre aux fidèles au sujet de l’acte de Benoît XVI a dit : « Le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 rétablit la messe tridentine dans son droit. Il y est clairement reconnu qu’elle n’a jamais été abrogée (…) Au-delà du rétablissement de la messe de Saint Pie V dans son bon droit, il importe d’étudier les mesures concrètes édictées par le Motu Proprio et la justification qu’en donne Benoît XVI dans sa lettre d’accompagnement. »
Comme d’autres auteurs, y compris Monseigneur Bernard Fellay, ont déjà largement « étudié les mesures concrètes édictées par le Motu Proprio », dans cet article j’attire votre attention seulement sur « la justification qu’en donne Benoît XVI dans sa lettre d’accompagnement », exprimant l’intention qui l’a déterminé à promulguer son Motu proprio :
« J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit: « Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; ... ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi ! » (2Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre coeur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place. »
Je veux signaler deux points de ce passage, en corrélation avec le passé et le présent de l’Eglise.
A) Dans la ligne même du mea-culpisme de Jean-Paul II, ce texte constitue une attaque en règle contre le passé de l’Eglise, particulièrement une critique de sa pratique envers les schismatiques et les hérétiques.
Pour faire paraître sa fausseté il suffit de citer deux textes du Magistère de l'Église catholique:
1) « Les prétentions excessives des Pontifes romains ont poussé à la division de l’Eglise en orientale et occidentale. »
Cette proposition a été condamnée par Pie IX, dans le Syllabus (N° XXXVIII).
Mais, nous savons déjà ce que pensait le cardinal Joseph Ratzinger à propos du Syllabus, ce sur quoi Benoît XVI ne s’est pas encore rétracté. En effet, en parlant de trois principaux documents du Concile Vatican II, il dit qu’ils constituent un contre-Syllabus, dans la mesure où ils représentent une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il est devenu depuis 1789 (Les principes de la théologie catholique, Téqui, Paris, 1985, p. 427).
2) « Les évêques empêcheront soigneusement et avec une réelle insistance qu’en exposant l’histoire de la Réforme et des Réformateurs, on n’exagère tellement les défauts des catholiques et on ne dissimule tellement les fautes des Réformateurs, ou bien qu’on ne mette tellement en lumière des éléments plutôt accidentels, que l’on ne voie et ne sent presque plus ce qui est essentiel : la défection dans la foi catholique. » (Instruction du Saint Office aux évêques, 20 décembre 1949 ; Les enseignements pontificaux, L’Eglise, volume II, 1269).
Le mea-culpisme de Benoît XVI, donc, a été condamné avant la lettre par Pie IX et par Pie XII.
Ce mea-culpisme s’est manifesté pendant le voyage apostolique de Benoît XVI en Turquie, particulièrement dans l’Office d’action de grâces à Saint-Georges du Phanar, dans la liturgie à Saint-Georges et dans la Déclaration commune de Benoît XVI et Bartholomeos Ier.
Un simple exemple :
« En ce qui concerne les relations entre l’Eglise de Rome et l’Eglise de Constantinople, nous ne pouvons oublier l’acte ecclésial solennel reléguant dans l’oubli les anciens anathèmes qui, durant des siècles, ont affecté de manière négative les rapports entre nos Eglises. Nous n’avons pas encore tiré de cet acte toutes les conséquences positives que peuvent en découler pour notre marche vers la pleine unité »(Déclaration Commune de Benoît XVI et Bartholomeos Ier).

B) Plus importante pour nous, étant donné les circonstances : la dernière partie de la Lettre de Benoît XVI à tous les Evêques du monde vise le présent de l’Eglise, et tout notamment l'Oeuvre de la Tradition et pour la Tradition afin de la culpabiliser bientôt de n’avoir pas saisi l’occasion qu’il lui offrait.
Benoît XVI culpabilise Mgr. Lefebvre post mortem, et dans un futur proche culpabilisera encore la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et tous les Instituts et Congrégations attachés à la Tradition de ne pas faire le nécessaire pour « conquérir la réconciliation et l'unité », de ne pas faire « tous les efforts afin de retrouver à nouveau l'unité »,  malgré son Motu proprio.
Cette hypothèse a néanmoins ses adversaires. En effet il y a ceux qui pensent  que Benoît XVI ne veut pas parler ici de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et des sociétés en intelligence avec elle, mais de l’ensemble de la mouvance à « sensibilité traditionnelle » en butte à l’aile progressiste ; et que la finalité du Motu proprio est d’obtenir une « réconciliation interne » entre ces deux partis.
Le Figaro du 13 juillet dernier a publié un article où nous pouvons lire :
« Pourquoi Benoît XVI a-t-il publié un Motu proprio libéralisant l’usage du missel tridentin ? Il en donne lui-même la raison dans sa lettre aux évêques : « Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise ». Ce faisant, il ne vise pas prioritairement les prêtres et fidèles qui ont suivi Mgr Lefebvre dans sa rupture avec le Siège romain en 1988. Il vise plus généralement la paix liturgique et il incite aussi à célébrer fidèlement selon les prescriptions du nouveau missel (…) Pour Benoît XVVI, il n’y a ni « rupture » ni « contradiction » entre les deux missels (…) Et c’est précisément parce qu’il n’y a pas de rupture que Benoît XVI peut affirmer en toute crédibilité que la permanence de l’ancien missel ne signifie en aucune façon une quelconque remise en cause de l’autorité du concile Vatican II et de la réforme liturgique du pape Paul VI. Nous pouvons témoigner que l’immense majorité des prêtres et fidèles qui sont attachés à l’ancien missel en pleine communion avec l’Eglise, reconnaissent sans l’ombre d’un doute cette autorité (…) Sans dote ce nouveau Motu proprio occasionnera-t-il ici ou là d’inévitables tensions. Il n’en demeure pas moins fondamentalement un appel pressant à la paix, à la reconnaissance de l’autre dans ses différences légitimes (…) Pour qu’une paix soit profonde, il faut que chacun fasse, sans arrière-pensées, un pas vers l’autre (…). » (Dom Antoine Forgeot, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, Dom Louis-Marie, Abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, Christophe Geffroy, Directeur de La Nef).
Il revient aux partisans de cette seconde hypothèse de la démontrer dans un autre article ; et à vous, chers lecteurs, d’en juger.
Pour moi, je fais mon devoir de l’exposer et de la réfuter en prouvant la mienne, sans omettre de dire auparavant que, dans l’optique de cette hypothèse à « sensibilité traditionnelle », il ne s’agit pas de « parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise », mais d’une véritable démission, une déshonorante abdication, une honteuse capitulation…
Laissons de côté cette opinion doucereuse et obséquieuse. Alors, j’établis la validité de mon hypothèse par le contexte du Motu proprio, par le contexte historique et par l’argument d’autorité.

a) Le contexte du Motu proprio
Benoît XVI écrit aux évêques :
« Nous savons tous qu'au sein du mouvement conduit par l'Archevêque Mgr Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. »
Et encore :
« Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté. »
Est-ce que les prêtres de la mouvance à « sensibilité traditionnelle » ont par principe l'exclusion totale du nouveau rite ? Evidement non : « L’immense majorité des prêtres et fidèles qui sont attachés à l’ancien missel en pleine communion avec l’Eglise, reconnaissent sans l’ombre d’un doute l’autorité du concile Vatican II et de la réforme liturgique du pape Paul VI. »
Par conséquence ils ne provoquent pas de rupture, et il ne pas nécessaire d’envisager une réconciliation avec eux ; ils ont déjà démissionné, abdiqué, capitulé… C’est la paix !
Donc, cela écarte la seconde hypothèse.

b) Le contexte historique
En parlant du Motu proprio de 1988 de Jean-Paul II, Benoît XVI dit :
« A cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint Pie X à retrouver la pleine unité avec le successeur de Pierre, en cherchant à guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette réconciliation n'a malheureusement pas encore réussi... »
Les tenants de l’hypothèse contraire allèguent que Benoît XVI ne dit justement pas qu’il reprend à son compte, par son Motu proprio, cette intention comme étant prioritaire. Il ne dit pas, non plus, le contraire.
Si ce que l’on discute, c’est la priorité, admettons qu’il peut avoir d’autres priorités. Nonobstant, tout le monde, hormis l’ensemble de la mouvance à « sensibilité traditionnelle », a bien compris qu’il s’agit ici de la Fraternité Saint Pie X : vous-mêmes chers lecteurs, la presse, votre entourage familial et de travail, les évêques et… le cardinal Castrillón Hoyos ! ; mais cela constitue l’argument d’autorité.

c) L’argument d’autorité
En effet, le cardinal Castrillón Hoyos avait déjà avancé le but réel du Motu proprio. Le 18 mai dernier, lors de la Ve Assemblée des évêques d’Amérique latine à Aparecida, Brésil, il a traité de l’intention de Benoît XVI. Le plus intéressant de ce discours est l’esprit dans lequel doit se faire la prétendue « libéralisation » de la Messe traditionnelle. Cette mesure est placée dans la perspective des sacres épiscopaux par Mgr Lefebvre en 1988 :
« La Commission Ecclesia Dei a été instituée par le serviteur de Dieu Jean-Paul II en 1988 quand un groupe notable de prêtres, religieux et fidèles qui avaient manifesté leur mécontentement de la réforme liturgique conciliaire et s’étaient rassemblés sous la direction de l’archevêque français Marcel Lefebvre, se sont séparés de celui-ci, parce qu’ils n’ont pas été d’accord avec l’action schismatique du sacre d’évêques sans mandat pontifical. Ils ont préféré alors maintenir la pleine communion avec l’Eglise (…) L’activité de la Commission ne se limite pas aujourd’hui au service des fidèles qui en cette occasion voulurent rester en pleine communion avec l’Eglise, ni aux efforts engagés pour mettre fin à la douloureuse situation schismatique et obtenir le retour de ces frères de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X à la pleine communion (…) Sans aucun doute, la charge la plus importante qui incombe à toute l’Eglise, est la recherche d’une façon de mettre fin à l’action schismatique et de reconstruire, sans ambiguïtés, la pleine communion. »
Comment faire pour obtenir ce but ? C’est ici que nous devons voir la mission du Motu proprio…
Et, comme vous le savez, le cardinal Castrillón Hoyos s’est précipité, le 8 juillet, pour faire au quotidien italien Il Giornale cette déclaration :
« Avec ce Motu proprio, la porte est largement ouverte pour un retour de la Fraternité Saint Pie X à la pleine communion. Si après cet acte, ce retour n’a pas lieu, je ne serai vraiment pas capable de comprendre. »
Pour qui prétend contester l’autorité du cardinal Castrillón Hoyos, il suffit de savoir qu’il est le Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, dont le Motu proprio de Benoît XVI parle dans quatre articles (7, 8, 11 et 12) ; quatre sur douze, 33,33 % ! Dont le plus important est le 12 :
« Cette commission, outre les facultés dont elle jouit déjà, exercera l'autorité du Saint-Siège, veillant à l'observance et à l'application de ces dispositions. »
On ne comprend pas comment on peut dire que le Motu proprio de Benoît XVI ne vise pas la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et les sociétés en intelligence avec elle pour les culpabiliser de « fracture », « blessure », « action schismatique du sacre d’évêques » et « douloureuse situation schismatique ».
Les circonstances de la publication du Motu proprio sont un rappel de trois textes historiques de très haute importance :
« D’un côté, voici ceux qui, sous prétexte d’une plus grande fidélité à l’Eglise et au Magistère, refusent systématiquement les enseignements du concile lui-même, son application et les réformes qui en dérivent, son application graduelle mise en œuvre par le siège apostolique et les conférences épiscopales, sous notre autorité, voulue par le Christ. On jette le discrédit sur l’autorité de l’Eglise au nom d’une Tradition pour laquelle on ne manifeste un respect que matériellement et verbalement ; on éloigne les fidèles des liens d’obéissance au siège de Pierre comme à leurs évêques légitimes ; on refuse l’autorité d’aujourd’hui au nom de celle d’hier. C’est si dur de le constater ! Mais comment ne pas voir dans une telle attitude  –quelles que puissent être les intentions de ces personnes–  le fait de se placer hors de l’obéissance au successeur de Pierre et de la communion avec lui, et donc hors de l’Eglise» (Discours de Paul au Consistoire, le 24 mai 1976).
« Mgr Marcel Lefebvre, archevêque-évêque émérite de Tulle, ayant  –malgré l’avertissement formel du 17 juin dernier et les interventions répétées lui demandant de renoncer à son intention–  accompli un acte de nature schismatique en procédant à la consécration épiscopale de quatre évêques, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, il encourt la peine prévue par le canon 1364 §1 et par le canon 1382 du Code de Droit canonique. Je déclare à tous que les effets juridiques en sont les suivants : d’une part Mgr Marcel Lefebvre, d’autre part Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson,  Alfonso de Galarreta ont encouru ipso facto l’excommunication latæ sententiæ réservée au Siège apostolique (…) Nous avertissons les prêtres et les fidèles de ne pas adhérer au schisme de Mgr Lefebvre, car ils encourraient ipso facto la peine très grave de l’excommunication » (Décret de la Congrégation pour les évêques, de cardinal Gantin, le1er Juillet 1988).
« A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition (…) Dans les circonstances présentes, je désire avant tout lancer un appel à la fois solennel et ému, paternel et fraternel à tous ceux qui, jusqu’à présent, ont été de diverses manières liés au mouvement issu de Mgr Lefebvre, pour qu’ils réalisent le grave devoir qui est le leur de rester unis au Vicaire du Christ dans l’unité de l’Eglise catholique et de ne pas continuer à soutenir de quelque façon que ce soit ce mouvement. Nul ne doit ignorer que l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et comporte l’excommunication prévue par le droit de l’Eglise [cfr. CIC, can. 1364] » (Motu proprio de Jean-Paul II, « ECCLESIA DEI AFFLICTA », 2 juillet 1988).
Ce que nous trouvons au cœur du Motu proprio, c’est ce présent tragique de l’Eglise. Alors, pour réfuter cette accusation et démontrer clairement où se trouve le vrai schisme et quels sont ceux qui doivent revenir à la vraie Eglise catholique, nous possédons plusieurs textes dont je vous donne quelques citations avec leurs références :
« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues » (Déclaration de Mgr Lefebvre, 21 novembre 1974. « La Condamnation Sauvage de Mgr Lefebvre » Itinéraires, Chroniques & Documents, Numéro Spécial hors série 205 ter, Août 1976. Fideliter, Numéro 81, mai-juin 1991. Le Sel de la terre, N° 25).
« Voilà ce que m’ont dit les envoyés officiels du Saint-Siège. Alors nous ne sommes pas de cette religion. Nous sommes de la religion de toujours, nous sommes de la religion catholique, nous ne sommes pas de cette religion universelle comme ils l’appellent aujourd’hui. Ce n’est plus la religion catholique. Nous ne sommes pas de cette religion libérale, moderniste, qui a son culte, ses prêtres, sa foi, ses catéchismes, sa bible, sa bible œcuménique. Nous ne les acceptons pas » (Sermon de  Mgr Lefebvre, 29 juin 1976. Homélies « Eté Chaud 1976 ». Fideliter, Numéro 81, mai-juin 1991).
« Le dimanche 27 juin, un envoyé de la secrétairerie d’Etat venait me rejoindre à Flavigny-sur-Ozerain en France, alors que je prêchais la retraite aux ordinands. La lettre qu’il me portait de S.E. Mgr Benelli se donnait pour une réponse à la lettre ci-jointe. Elle confirme l’interdiction des ordinations et les menaces de sanction, elle ne fait aucune allusion à la possibilité d’un dialogue même par personne entremise. Ainsi il apparaît impossible d’aborder le problème de fond, qui est l’accord de l’Eglise conciliaire, comme l’appelle S.E. Mgr Benelli lui-même dans sa dernière lettre, et de l’Eglise catholique. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’un différend entre Mgr Lefebvre et le pape Paul VI. Il s’agit de l’incompatibilité radicale entre l’Eglise catholique et l’Eglise conciliaire, la messe de Paul VI représentant le symbole et le programme de l’Eglise conciliaire » (Note préliminaire de Mgr Lefebvre,  12 juillet 1976. « La Condamnation Sauvage de Mgr Lefebvre »).
« Quoi de plus clair ! Désormais c’est à l’Eglise conciliaire qu’il faut obéir et être fidèle, et non plus à l’Eglise catholique. C’est précisément tout notre problème. Nous sommes « suspens a divinis » par l’Eglise conciliaire et pour l’Eglise conciliaire, dont nous ne voulons pas faire partie.
Cette Eglise conciliaire est une Eglise schismatique, parce qu’elle rompt avec l’Eglise catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes, son nouveau sacerdoce, ses nouvelles institutions, son nouveau culte, déjà condamnés par l’Eglise en maints documents officiels et définitifs (...)
C’est pourquoi les fondateurs de l’Eglise conciliaire insistent tant sur l’obéissance à l’Eglise d’aujourd’hui, faisant abstraction de l’Eglise d’hier, comme si celle-ci n’existait plus (…)
Cette Eglise conciliaire est schismatique parce qu’elle a pris pour base de sa mise à jour des principes opposés à ceux de l’Eglise catholique (…)
L’Eglise qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Eglise conciliaire n’est donc pas catholique. Dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Eglise, ils se séparent de l’Eglise catholique. L’Eglise d’aujourd’hui n’est la véritable Eglise que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l’Eglise d’hier et de toujours. La norme de la foi catholique c’est la Tradition (…) La demande de S.E. Mgr Benelli est donc éclairante : soumission à l’Eglise conciliaire, à l’Eglise Vatican II, à l’Eglise schismatique. Pour nous, nous poursuivons dans l’Eglise catholique, avec la grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ et l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie » (Réflexions de Mgr Lefebvre sur la Suspense a divinis, 29 juillet 1976. « La Condamnation Sauvage de Mgr Lefebvre »).
« Ce concile représente, tant aux yeux des autorités romaines qu’aux nôtres, une nouvelle Eglise, qu’ils appellent d’ailleurs l’Eglise conciliaire (…)
Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce concile, que celui-ci, tournant le dos à la tradition et rompant avec l’Eglise du passé, est un concile schismatique (…)
Tous ceux qui coopèrent à l’application de ce bouleversement, acceptent et adhèrent à cette nouvelle Eglise conciliaire comme la désigne S.E. Mgr Benelli dans la lettre qu’il m’adresse au nom du Saint-Père, le 25 juin dernier, entrent dans le schisme » (Déclaration de Mgr Lefebvre, 4 août 1976. Le Figaro, mercredi 4 août 1976. « La Condamnation Sauvage de Mgr Lefebvre ». Le Sel de la terre, N° 18, page 217).
« Qu’est-ce qu’ont voulu en effet les catholiques libéraux pendant un siècle et demi ? Marier l’Eglise et la Révolution, marier l’Eglise et la subversion, marier l’Eglise et les forces destructrices de la société et de toutes sociétés, la société familiale, civile, religieuse. Ce mariage de l’Eglise, il est inscrit dans le Concile. Prenez le schéma « Gaudium et Spes », et vous y trouverez : « Il faut marier les principes de l’Eglise avec les conceptions de l’homme moderne ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’il faut marier l’Eglise, l’Eglise catholique, l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ, avec des principes qui sont contraires à cette Eglise, qui la minent, qui ont toujours été contre l’Eglise (…) Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux : les séminaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces séminaristes ? Qui sont-ils encore ces séminaristes ? Savent-ils qu’ils vont être prêtres ? Savent-ils ce qu’ils vont faire quand ils vont être prêtres ? Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Eglise et la Révolution est une union adultère, adultère. De cette union adultère ne peuvent venir que des bâtards. Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la Messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards (…) Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. Ils ne savent pas qu’ils sont faits pour monter à l’Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ » (Sermon de Mgr Lefebvre, Lille, 29 août 1976. Homélies « Eté Chaud 1976 »).
« Rome nous a fait demander si nous avions l’intention de proclamer notre rupture avec le Vatican à l’occasion du Congrès d’Assise. La question nous semblerait plutôt devoir être la suivante : Croyez-vous et avez- vous l’intention de proclamer que le Congrès d’Assise consomme la rupture des Autorités romaines avec l’Eglise Catholique ? Car c’est bien cela qui préoccupe ceux qui demeurent encore catholiques.
Il est bien évident en effet que depuis le concile Vatican II, le pape et les épiscopats s’éloignent toujours plus nettement de leurs prédécesseurs.
Le comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Eglise s’est accompli à Assise, après la visite à la Synagogue. Le péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe Incarné et Son Eglise fait frémir d’horreur : Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux : scandale sans mesure et sans précédent (…) Nous pourrions reprendre ici notre Déclaration du 21 novembre 1974, qui demeure plus actuelle que jamais. Pour nous, demeurant indéfectiblement attachés à l’Eglise catholique et romaine de toujours, nous sommes obligés de constater que cette Religion moderniste et libérale de la Rome moderne et conciliaire s’éloigne toujours davantage de nous, qui professons la foi catholique des onze papes qui ont condamné cette fausse religion. La rupture ne vient donc pas de nous, mais de Paul VI et de Jean-Paul II, qui rompent avec leurs prédécesseurs. Ce reniement de tout le passé de l’Eglise par ces deux papes et les évêques qui les imitent est une impiété inconcevable et une humiliation insoutenable pour ceux qui demeurent catholiques dans la fidélité à vingt siècles de profession de la même foi. Nous considérons donc comme nul tout ce qui a été inspiré par cet esprit de reniement : toutes les réformes post conciliaires, et tous les actes de Rome qui sont accomplis dans cette impiété »  (Déclaration de Buenos Aires, 2 décembre 1986. Itinéraires, Numéro 309, janvier 1987. Le Sel de la terre, N° 30).
« La chaire de Pierre et les postes d’autorité de Rome étant occupés par des antichrists, la destruction du Règne de Notre Seigneur se poursuit rapidement à l’intérieur même de son Corps mystique ici-bas, spécialement par la corruption de la sainte Messe, expression splendide du triomphe de Notre Seigneur par la Croix : « Regnavit a ligno Deus », et source d’extension de son Règne dans les âmes et dans les sociétés  (…)
C’est pourquoi, convaincu de n’accomplir que la sainte Volonté de Notre Seigneur, je viens par cette lettre vous demander d’accepter de recevoir la grâce de l’épiscopat catholique, comme je l’ai déjà conférée à d’autres prêtres en d’autres circonstances (…)
Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Eglises, dans la foi catholique intégrale, exprimée dans les symboles de la foi, dans le catéchisme du Concile de Trente, conformément à ce qui vous a été enseigné dans votre séminaire. Demeurez fidèles dans la transmission de cette foi pour que le Règne de Notre Seigneur arrive » (Lettre aux futurs évêques, 29 août 1987. Fideliter Hors série, 29-30 juin 1988 ;  Numéro 81, mai-juin 1991. Le Sel de la terre, N° 25).
« Il nous faut tenir, absolument tenir, tenir envers et contre tout. Et alors, maintenant, j’en arrive à ce qui vous intéresse sans doute davantage ; mais moi, je dis : Rome a perdu la foi, mes chers amis. Rome est dans l’apostasie. Ce ne sont pas des paroles, ce ne sont pas des mots en l’air que je vous dis. C’est la vérité. Rome est dans l’apostasie. On ne pet plus avoir confiance dans ce monde-là, il a quitté l’Eglise, ils ont quitté l’Eglise, ils quittent l’Eglise. C’est sûr, sûr, sûr » (Conférence de Mgr Lefebvre, donnée à la retraite sacerdotale, le 4 septembre 1987 à Ecône. Le Sel de la terre, N° 31, page 194).
« – Avez-vous un mandat apostolique ?
– Nous l’avons
– Qu’on le lise
– Nous l’avons par l’Eglise Romaine qui, dans sa fidélité aux saintes traditions reçues des Apôtres, nous commande de transmettre fidèlement ces saintes traditions  – c’est-à-dire le dépôt de la foi–   à tous les hommes en raison de leur devoir de sauver leur âme.
Selon ce mandat de la Sainte Eglise Romaine toujours fidèle, nous choisissons ces quatre prêtres ici présents comme évêques de la Sainte Eglise Romaine, pour être auxiliaires de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X : Monsieur l’abbé Bernard Tissier de Mallerais, Monsieur l’abbé Richard Williamson, Monsieur l’abbé Alfonso de Galarreta, Monsieur l’abbé Bernard Fellay.
Etant donné que depuis le Concile Vatican II jusqu’aujourd’hui, les autorités de l’Eglise Romaine sont animées d’un esprit de modernisme, agissant contre la Sainte Tradition  –« ils ne supportent plus la sainte doctrine, détournant l’ouïe de la Vérité, pour se tourner vers des fables », comme dit saint Paul à Timothée dans sa seconde épître (IV, 3-5)–, nous estimons que toutes les peines et censures portées par ces autorités n’ont aucun poids » (Texte du Mandat, 30 juin 1988. Fideliter Hors série, 29-30 juin 1988).
« L’Eglise de Dieu est affligée… Par les sacres du 30 juin ? Ou par l’occupation de Rome et du Saint-Siège lui-même par l’idéologie moderniste ? (…)
Pour l’instant et depuis 25 ans, le Saint Père est occupé par une idéologie étrangère à la foi catholique
(...) Comment voulez-vous que le Pontife Romain puisse, dans ces conditions intérieures de son esprit, gouverner normalement l’Eglise catholique ? Il en est moralement empêché (…) Par exemple, il lui est impossible de donner de bons évêques à l’Eglise, sans exiger d’eux, à brève échéance, l’allégeance à tout le concile et la reconnaissance de la légitimité de la nouvelle messe !
Dans une telle situation, Mgr Lefebvre a interprété l’intention habituelle et implicite du Pape, à l’encontre, fatalement, de l’intention actuelle et explicite de ce dernier (…)
Nous pensons avoir montré que le sacre est légitime et non schismatique étant donné la Rome occupée et le Pontife Romain empêché de gouverner droitement l’Eglise (…)
Concluons : La rupture essentielle est bien de nature doctrinale. Mais ce n’est pas un schisme de Mgr Lefebvre avec l’Eglise. C’est la rupture (pour ne pas dire schisme, car nous n’avons pas l’autorité pour le prononcer), la rupture de l’Eglise de Vatican II et de la Rome occupée, avec la vraie tradition vivante !
La déclaration d’excommunication de l’Archevêque fidèle, de son collègue dans l’épiscopat et de leurs quatre fils est la déclaration officielle par Rome de cette dernière rupture : c’est la Rome occupée qui déclare sa propre rupture avec la tradition (pour ne pas dire son propre schisme et sa propre excommunication).
Pour nous, nous ne déclarons rien, sinon que nous restons en communion avec tous les papes de l’Eglise catholique qui ont précédé cette « Eglise conciliaire » qui afflige et souille le visage de l’Epouse immaculée de Jésus-Christ » (L’Eglise de Dieu affligée,  Mgr. Bernard Tissier de Mallerais. Bulletin  Saint-Joseph de Colmar ; Fideliter, Numéro 72,  novembre- décembre 1989).
         
« Eminence. Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.
Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu’ils ont consacrés le 30 juin dernier à Ecône, leur excommunication latae sententiae. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d’une telle déclaration venant d’une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu’au pape Pie XII, dans le culte, l’enseignement et le gouvernement de l’Eglise.
Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu’ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu’ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu’ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l’aveuglement d’esprit et de l’endurcissement de coeur des autorités romaines.
En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Eglise conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missae, l’oecuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise; notre propre excommunication par un décret de votre Eminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Eglise depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à son unique Epouse, l’Eglise Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.
Etre donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Eglise, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste… » (Lettre ouverte au cardinal Gantin des supérieurs de la FSSPX. Fideliter, Numéro 64, juillet-août 1988. Le Sel de la terre, N° 25).
En conclusion :
a) Même en concédant les points positifs qu’il comporte, de par sa cause matérielle ce Motu proprio manifeste que la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante continue de s’éloigner de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente.
b) De par son intention ce Motu proprio est simple comme la colombe et prudent comme le serpent ; mais, il faut le dire, sa simplicité benoîte est une astuce de plus du serpent, capable d’induire en erreur les élus mêmes.
Cependant, rassurez-vous, chers fidèles, sa tête sera écrasée par l’Immaculée...
Abbé Juan Carlos Ceriani

2 septembre 2007





La messe selon le missel du Bienheureux Jean XXIII à Saint-Cloud
2 septembre 2007 - Diocèse de Nanterre
Diocèse de Nanterre - Commission Ecclessia Dei Le Vicaire épiscopal
Le 2 septembre 2007
Communiqué - La messe selon le missel du Bienheureux Jean XXIII à Saint-Cloud
Pour la troisième année consécutive, est autorisée dans le diocèse de Nanterre la célébration de la messe avec le missel qui était en usage avant le concile Vatican II.
En février dernier (cf. communiqué du 14.02.07), je faisais part de la décision prise par notre Évêque : cette célébration serait confiée à la paroisse de Saint-Cloud à dater de la rentrée de septembre. Un nouveau communiqué du 24 juin en rappelait les raisons. Les prêtres désignés par Monseigneur Daucourt assureront donc la messe dominicale de 9 h 30 en l’église Notre-Dame des Airs. La première se déroule par conséquent dimanche 2 septembre.
Durant l’été, le Pape a publié la lettre apostolique Summorum Pontificum « sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 ». Je ne peux qu’inviter chacun à lire ce texte maintenant disponible en librairie et sur Internet. Benoît XVI y donne cette très importante précision : « Le missel romain promulgué par Paul VI (celui qui est habituellement utilisé dans nos paroisses NDLR) est l’expression ordinaire de la lex orandi (la règle de la prière NDLR) de l’Église catholique de rite latin. Le missel romain promulgué par saint Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même lex orandi de l’Église et doit être honoré en raison de son usage mémorable et antique. »
En conformité avec cette décision, nous continuerons donc à célébrer « ordinairement » avec les livres liturgiques que nous pratiquons avec fruit et bonheur depuis près de quarante ans. En plus, pour « les fidèles sensibles aux formes liturgiques précédentes », nous nous servirons de manière « extraordinaire » des livres de 1962, selon les règles définies par le motu proprio Summorum Pontificum.
Dans un souci de charité pastorale et d’unité de l’Église, la paroisse de Saint-Cloud ne se contentera pas d’héberger une messe supplémentaire : elle accueillera fraternellement et chaleureusement les fidèles qui prendront part à cet office, qu’ils habitent sur la Commune ou qu’ils viennent d’ailleurs.
La charité ne pouvant aller sans la vérité, il est juste de continuer à citer clairement le premier article du texte du Souverain Pontife : « Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi (la règle de la foi NDLR) ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain. » Autrement dit, la réception de la foi catholique telle que la présente avec une autorité toute particulière l’enseignement du Concile Vati-can II (repris dans la Catéchisme de l’Église Catholique) est au programme de chaque baptisé quelle que soit sa « sensibilité » liturgique. Cela est vrai y compris en ce qui concerne la liberté religieuse, l’œcuménisme et le dialogue inter religieux. Par suite, l’usage des livres liturgique de 1962 ne peut être présenté ou perçu comme une remise en cause de la droiture et de la sûreté de ceux d’après 1970.
En présentant aux diacres et aux prêtres de son Diocèse le motu proprio, Monseigneur Daucourt a bien insisté pour que cette question, certes importante, ne nous détourne pas de l’essentiel de la mission : « Avec vos communautés, gardez le cap sur nos orientations et priorités diocésaines : “centralité“ de la Parole de Dieu, priorité aux pauvres et aux précaires, mise en place des Équipes d’Animation Pastorale, mise en œuvre des orientations nationales pour la catéchèse communautaire. Continuez de nourrir spirituellement tous ceux qui vous sont confiés et de les former pour qu’ils soient sel et lumière dans le monde d’aujourd’hui.
J’espère pouvoir compter sur la collaboration du plus grand nombre afin de travailler en ce sens et de réussir paisiblement à mettre en place cette messe selon la « forme extraordinaire ». C’est ainsi que, Dieu le voulant, je m’y engagerai avec détermination et patience.
« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! »
Père Yvon Aybram
Vicaire épiscopal
Curé-Doyen de Saint-Cloud

P.S. Je dois préciser à cette occasion que l’Association des Amis de Sainte-Marie et le bulletin qu’elle diffuse par Internet ne sont ni de près ni de loin en lien avec moi ou avec le Diocèse de Nanterre. En particulier cette Association, qui se qualifie suffisamment elle-même à travers ses pratiques, n’est nullement habilitée à transmettre des informations officielles et encore moins à récolter des fonds en vue d’une quelconque « cagnotte » que d’aucun pourrait imaginer alimenter le budget afférant à la célébration de la messe dont il est question ici.
 

30 août 2007





Non au retour du missel de Pie V
30 août 2007 - groupes-jonas.com - Jean Proust
L'évêque consulte son diocèse avant de décider des dispositions nécessaires au bien du Diocèse de Blois. - Un prêtre donne son point de vue. Réaction au MOTU PROPRIO de Benoit XVI sur la réintroduction du missel de Pie V - à la demande du Père M. de Germiny, évêque de Blois, aux prêtres, diacres, religieux et laics de son diocèse.
Par Jean Proust, délégué diocésain à l'Apostolat des laïcs et modérateur au secteur paroissial de Villerbon au diocèse de Blois

Je ne suis pas favorable à voir appliquer, dans le diocèse et de manière générale en France, les formules anciennes du Missel dit de Pie V, qui sont peut-être très vénérables, mais qui deviendront davantage des facteurs de divisions, de rivalités, d'oppositions de classes sociales... que de complémentarité des spiritualités, des cultures et des manifestations de la foi et de la convivialité communautaitre.
Pourquoi a-t-on fait Vatican II, un Aggiornamento salué par le monde entier qui a fait tomber de nombreuses barrières entre l'Église et le monde, après avoir été débattu pendant des années et adopté à une quasi unanimité, si c'est pour en briser l'élan et couper les chemins d'ouverture ? Le Concile de Trente a mis 200 ans à devenir la règle de l'Église (doctrine, organisation...). On peut toujours trouver que l'ancien avait telle ou telle caractéristique qui correspondait mieux à la sensibilité, au style de vie, à la conception sociale de « notre famille », de « notre classe sociale », aussi respectable soit-elle ; mais l'Église se doit d'être de son temps dans ce qui est son vocabulaire, ses concepts, ses modes d'expression communautaires, dans les modes de communication d'aujourd'hui, tout en favorisant des spiritualités diversifiées (franciscaines, jésuites, contemplatives, actives...).Qu'il y ait des personnes de sensibilité plus portée à voir ce qui se faisait dans le passé, je le respecte, mais je ne pense pas que ce soit servir l'Église du Christ que d'officialiser dans le culte officiel, même si on le dit semi-public, ouvert à x, y , ... à tout le monde, des liturgies dont la langue devient le symbole d'un rejet de 100 ans d'ouverture de l'Église au monde pour qu'elle y porte et y célèbre le message et le mystère d'amour aux petits, dans leur langue ( j'ajouterais dans leur culture si je parlais pour les chrétientés d'Afrique, d'Amérique, d'Asie...).
On parle de construire l'unité à travers la diversité, on le voit dans nos paroisses à travers les appartenances à des milieux sociaux, professionnels, culturels diverses, mais s'il s'agit d'une classe sociale, un monde politique, un style académique, une symbolique moyenâgeuse dont on voit bien qu'elle se fonde sur une conception de l'Église qui a entraîné des drames au 19ème et au 20ème siècles (quand les papes disaient que l'Église avait perdu la classe ouvrière et d'autres pans de la société, la réalité symbolique de la langue n'y était pas totalement étrangère).
Il y a dans la discipline actuelle un certain nombre de possibilités de faire de grandes célébrations en utilisant quelques morceaux de latin, comme langue commune (même si, en Allemagne, je prie mieux avec des chorals de Bach en allemand qu'avec une prière eucharistique en latin que ni les allemands ni les français ne comprennent). Réaliser au niveau local, dans un diocèse, un secteur, une paroisse, pour une sensibilité sociologique bien située dans le passé, une diversité de langue et de rite, je pense que c'est DIVISER le peuple chrétien quand nous disons vouloir « l'unité ».Dans le directoire des Évêques de France à Lourdes 2006, on demande de bâtir des communautés catéchétiques et missionnaires, témoins de foi et d'espérance. On s'y attelle de toutes manières... et « maintenant » la communauté que l'on s'efforce de fortifier, va se disperser, se diviser en fonction de choix affectifs fondés en large partie sur des atavismes d'un autre âge. Il est possible de laisser un mode d'expression diversifié dans le domaine privé, mais ne divisons pas nos communautés paroissiales et diocésaines qui ont, plus que jamais, besoin de vivre une seule foi, un seul Dieu, une seule Eucharistie, y compris dans la référence de la langue et des textes établis par l'Église de ce temps.La volonté de voir des communautés séparées revenir est une intention louable, mais ne va-t-on pas voir l'évasion de chrétiens dans des groupes marginaux, le départ d'une nouvelle partie, d'un nouveau pan de l'Église tomber dans l'incompréhension, l'indifférence (et souvent parmi les plus actifs dans la construction d'un monde de justice et de fraternité, vivant une option préférentielle pour les petits, les paumés, les marginalisés ... ; dans le Loir et Cher, en France et dans le monde.
Va-t-on voir se multiplier ce qui se passe en Afrique noire, dans une contexte plutôt protestant ou évangéliste – ce dont souffrent les églises protestantes elles-mêmes : on n'est pas d'accord avec un petit groupe ou avec le pasteur, alors on va se créer une nouvelle église, avec un leader qui devient vite le veau d'or de la communauté ? Dans l'Église catholique, qui bénéficie d'une plus grande unité, on peut utiliser des dévotions particulières (litanies, textes, chants, adoration du Saint Sacrement, chapelet...), mais utilisons les textes liturgiques d'aujourd'hui dans la langue d'aujourd'hui.
NB. Il aurait sans doute fallu faire un texte plus construit, avec une analyse historique, sociologique, théologique et spirituelle plus détaillée ; des théologiens, des pasteurs, des exégètes s'y emploient. Modestement je pense qu'a travers ce problème que je juge d'un autre âge, au lieu d'avancer, on se place, sous prétexte de "charité", en dehors de la Vérité et du véritable Amour qui ne peut faire fi des exigences, d'une Église qui se veut, selon la prière du Christ lui-même, non uniforme, mais UNE dans son expression de Foi et de Confession publique dans un lieu donné : « un diocèse », « un pays ».
Au service du diocèse y compris pour ces problèmes de rites et de langage catéchétiques et liturgiques
Jean Proust - 12 08 07
 

29 août 2007

[AFP] Le patriarche orthodoxe russe Alexis II salue le retour de la messe en latin

AFP - 29 août 2007

ROME, 29 août 2007 (AFP) - Le patriarche orthodoxe russe Alexis II salue le retour de la messe en latin

La libéralisation par le pape Benoît XVI de la messe en latin est un événement "positif", a estimé le patriarche orthodoxe russe Alexis II dans une interview au quotidien italien Il Giornale de mercredi.

Après avoir salué "le retour et la valorisation de l'ancienne tradition liturgique", le chef de la plus importante église orthodoxe ajoute : "nous tenons énormément à la tradition. Sans la défense fidèle de la tradition liturgique, l'Eglise orthodoxe russe n'aurait pas été en mesure de résister à l'époque des persécutions des années 1920-1930", une allusion à l'ère communiste en Russie.

Interrogé par Il Giornale sur les rapports toujours tendus entre le Vatican et le Patriarcat russe, Alexis II répond que "le pape Benoît XVI a affirmé à plusieurs reprises vouloir s'employer à favoriser le dialogue et la collaboration avec l'église orthodoxe et cela est positif".

Sur l'éventualité d'une rencontre - envisagée mais jamais concrétisée - entre le patriarche de Moscou et le pape, Alexis II juge qu'une "telle rencontre (avec Benoît XVI) doit être bien préparée et ne doit absolument pas risquer de se réduire à une occasion de prendre quelques photographies ou de se montrer ensemble devant les caméras".

jflm/kd/bds