18 octobre 2007





"La situation est préoccupante" - interview de Mgr Pascal Roland
18 octobre 2007 - La Semaine de l'Allier, n°133, page 8 - leforumcatholique.org
"La situation est préoccupante" Confronté à un manque flagrant de prêtres, l'évêque de Moulins, Monseigneur Pascal Roland, est contraint de réorganiser tout son diocèse, réduisant au passage le nombre de paroisses. Il s'en explique.
Extraits.

Question. Combien de séminaristes y-a-t-il en ce moment dans le Bourbonnais et ce nombre est-il suffisant pour l'avenir de l'Eglise locale ?
Réponse. Il y a actuellement cinq séminaristes. Ils ne sont pas dans le diocèse, mais suivent leurs études à Paris, au sein du séminaire de Paris, sous la direction du père Millet (originaire de Vallon en Sully). C'est une disposition qui a été voulue par mon prédécesseur, Philippe Barbarin. Ce nombre est faible, très faible. Il ne permet notamment pas d'assurer le renouvellement du clergé bourbonnais. Actuellement, il y a dans le diocèse de Moulins dix neuf prêtres de moins de soixante-cinq ans. Depuis le mois de janvier 2007, nous avons déjà enterré six prêtres. La situation est donc préoccupante.
Question. Comment comptez vous faire face ? Y-a-t-il un moyen pour faire venir plus de prêtres ?
Réponse. Nous nous organisons en conséquence. Depuis le 1er septembre, le nombre de paroisses a de nouveau évolué. De trente-neuf, nous sommes passés à dix-huit. Pourquoi dix-huit et pas vingt ou vingt-cinq ? C'est parce que ce nombre correspond exactement au nombre de prêtres âgés de moins de soixante-cinq ans. (...) [Ces dix-huit paroisses] recouvrent l'intégralité du territoire diocésain, soit les 320 communes, et au moins autant de clochers du Bourbonnais. Le faible nombre de prêtres peut aussi s'expliquer par d'autres éléments. Du fait de son histoire, le département de l'Allier n'a pas été fortement marqué par la foi catholique. Toutefois, l'histoire de l'Eglise est marquée par ces hauts et ces bas. Je suis persuadé que le travail que nous effectuons aujourd'hui portera un jour ses fruits et que la pratique religieuse renaîtra.
Question. Cela signifie-t-il qu'il y aura moins de messes dans les campagnes de l'Allier ? A l'heure où l'on parle d'une baisse notoire de la pratique religieuse, n'est-ce pas un mauvais calcul ?
Réponse. Il y aura effectivement un peu moins de célébrations dominicales. Et vous avez raison de dire que la pratique religieuse est en baisse. Toutefois, je constate que cette pratique a considérablement évolué dans le temps. Autrefois, on venait à l'office par tradition, un peu par obligation sociale en quelque sorte. Aujourd'hui, c'est un choix clairement et pleinement assumé par les chrétiens. Rien ne les oblige à sortir de chez eux le dimanche pour se rendre, souvent en famille, à la messe. La qualité de la foi s'en ressent donc très positivement. (...)
(...)
Question. Autre élément lié à la pratique religieuse, la recrudescence des adeptes d'un rite plus traditionnel. Sont-ils présents dans l'Allier ?
Réponse. Deux rites coexistent. L'un est prôné par les adeptes de Monseigneur Lefèvre. Ils sont sortis de l'Eglise et ne reconnaissent donc pas l'autorité du pape. Ils sont un petit nombre du côté de Vichy. L'autre réalité de cette tradition est la messe selon le missel de 1962. Un groupe existe sur Vichy. Et une demande m'est parvenue concernant une messe sur Moulins (laquelle est actuellement célébrée une fois par mois, ndlr). Il s'agit-là d'un mouvement minoritaire qu'il ne faut pas mettre en exergue. Cela correspond au choix de quelques-uns et c'est d'ailleurs une réalité très française. Dans cette histoire, le grand souci du pape est l'unité de tous les chrétiens. Il souhaite éviter toute séparation. Il vaut donc mieux prévenir que guérir et autoriser ponctuellement ces demandes qui restent, je le répète, très marginales dans l'Eglise d'aujourd'hui. Cela ne m'empêche pas de porter un regard optimiste sur l'avenir de l'Eglise dans le Bourbonnais. Nos chrétiens sont motivés et je sais qu'ils peuvent accomplir de grandes choses.
 

17 octobre 2007





Petit à petit, la messe en latin reprend sa place
17 octobre 2007 - cyberpresse.ca
Le mercredi 17 oct 2007
Petit à petit, la messe en latin reprend sa place
Jean-François Cliche
Le Soleil / Québec
Pour les uns, il s’agit au mieux d’un souvenir d’enfance, au pire d’une relique empoussiérée. Pour d’autres, elle est quelque chose comme « la seule, la vraie, l’unique ». La messe traditionnelle en latin est de retour à Québec, célébrée tous les jours à l’église Saint-François-d’Assise, dans Limoilou.
C’est plus précisément le rite dit tridentin qui vient, en quelque sorte, de ressusciter, après avoir été largement abandonné dans les années 60, dans la foulée de Vatican II. Il se distingue notamment par la langue, le plus clair de la célébration se déroulant en latin, et par le fait que le curé, qui ne s’adresse pas directement à son auditoire, leur fait dos.
Ou plutôt, « il fait face à Dieu », précise l’abbé Guillaume Loddé, 30 ans, d’origine française, qui préside quotidiennement cette messe tridentine depuis le 9 septembre. Elle n’était offerte aux fidèles qu’une fois aux quinze jours auparavant. « Ça a commencé il y a environ deux ans, se souvient le curé Raymond Anger, officiellement en charge de la paroisse. Des gens en lien avec la Fraternité Saint-Pierre, qui ont déjà une paroisse dans la ville d’Ottawa, cherchaient une implantation à Québec. » Ils obtinrent d’abord une messe par mois, puis deux, et maintenant sept par semaine.
La Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), dont est issu l’abbé Loddé, est une organisation religieuse qui forme les prêtres à la messe tridentine — un savoir qui s’est beaucoup perdu au cours des dernières décennies. Elle a été créée en 1988 afin d’accueillir d’anciens suivants de Mgr Marcel Lefebvre, archevêque ultraconservateur français qui a été excommunié pour avoir ordonné des prêtres sans l’assentiment de Rome. Très critique des réformes modernisantes de Vatican II, Mgr Lefebvre favorisait le maintien du rite tridentin.
Dès ses débuts, la FSSP a reçu l’appui d’un certain cardinal Joseph Radzinger, élu pape par la suite, qui a toujours eu la réputation d’être lui-même résolument conservateur.
« Catholique réveillé »
Il semble bien, en tout cas, que la messe à l’ancienne ait ses adeptes à Québec. Bien qu’elle n’attire qu’une poignée de catholiques sur semaine — ils étaient par exemple une douzaine, lundi dernier —, elle rassemble tout de même plus d’une centaine de personnes le dimanche matin, dont certains viennent des quatre coins de la ville, voire de l’extérieur. Il faut dire que, ce jour-là, la célébration comporte aussi des chants grégoriens.
« Ça avait l’air d’une vraie messe, il y avait plus d’émotion. J’étais un catholique endormi (…) mais là, j’ai retrouvé le côté sacré de la messe, qu’il n’y a pas dans le nouveau rite », dit Claude Bélanger, de Québec, assurant qu’il y retournera régulièrement.
Abondant dans le même sens, Joël, 33 ans, précise que « ce n’est pas le latin qui amène la dimension sacrée », mais plutôt plusieurs petites gestes. « Par exemple, dit-il, le fait que le prêtre, avant de proclamer la parole de Dieu, encense la Bible. Ça met en évidence le côté sacré de la chose. »
Comme d’autres pratiquants interviewés par Le Soleil, Joël souligne « qu’il y a plus de moments de silence, ça laisse davantage méditer la parole de Dieu ».
D’autres catholiques du quartier, cependant, préfèrent s’en tenir à la liturgie française. « La messe, ça reste la messe, mais c’est une question de sensibilité et d’habitude, dit François (nom fictif), 23 ans. (…) J’ai toujours fréquenté la messe nouvelle (en français), je ne vois pas pourquoi je changerais. »
Son curé, Raymond Anger, estime pour sa part que « les gens de Limoilou, ça ne les dérange pas. Nous, on fait une cohabitation avec eux (les partisans de la tridentine). Ils ont leurs heures et leur prêtre, et nous on célèbre nos messes comme d’habitude, aux heures qu’on avait avant. (…) Moi, poursuit-il, ça ne me dérange pas qu’elle soit tridentine ou non. Mais c’est la position face à l’autel et face au peuple... Je pense que la messe, on la célèbre avec des gens, alors on peut leur parler. Tandis que chez eux, la messe est plutôt vue comme un sacrifice. (…) Ils insistent beaucoup sur le silence de la prière eucharistique (…) c’est un peu mystérieux. Tandis que nous, on fait ça en français, c’est plus convivial. »
 

16 octobre 2007





Messe en latin célébrée à Saint-Germain l'Auxerrois à partir du 2 décembre
AFP - 16 oct 2007 - la-croix.com
PARIS, 16 oct 2007 (AFP) - Messe en latin célébrée à Saint-Germain l'Auxerrois à partir du 2 décembre La messe en latin, selon le rite de Saint Pie V, sera célébrée régulièrement en l'église Saint-Germain l'Auxerrois, à deux pas du Louvre à Paris (Ier), à partir du premier dimanche de l'Avent (2 décembre), annonce l'archevêché de Paris dans sa revue hebdomadaire Paris-Notre-Dame.
"Au moment où le motu proprio (décret papal, ndlr) entre en application, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a décidé que la paroisse Saint-Germain l'Auxerrois accueillerait à partir du premier dimanche de l'Avent des fidèles attachés au missel de Saint Pie V. Cette décision favorisera la communion de tous les fidèles souhaitée par le Saint Père", selon l'archevêché.
La messe en latin, dite tridentine, sera célébrée du lundi au vendredi à 18H30 et le dimanche à 10H00. La messe en français continuera à être dite quotidiennement, a précisé le curé de la paroisse, le père Dominique Schubert.
Depuis le concile Vatican II (1962-1965), la messe "officielle" est célébrée dans la langue du pays, la messe en latin étant soumise à l'autorisation de l'évêque.
A Paris par exemple, l'archevéché autorisait jusqu'ici la messe traditionnelle dans deux églises, Sainte-Odile (XVIIe) et Saint-Eugène/Sainte-Cécile (IXe), et dans la chapelle Notre-Dame du Lys (XVe). Désormais, il n'y aura plus de messe en latin à Notre-Dame du Lys, les fidèles de cette paroisse étant invités à venir à Saint-Germain l'Auxerrois.
La messe traditionnelle en latin est également célébrée à Saint-Nicolas du Chardonnet (Ve), la paroisse des traditionalistes fidèles à Mgr Marcel Lefèbvre, et dans plusieurs églises de rite grec melkite, syriaque, arménien.
Le "motu proprio" du pape Benoît XVI autorisant à nouveau la messe en latin, publié le 7 juillet par le Vatican, est entré en vigueur le 14 septembre. Il prévoit que les groupes de fidèles désirant assister à la messe traditionnelle peuvent le demander à leur curé.
L'annonce du retour de la messe en latin avait suscité beaucoup d'émotion parmi les fidèles. Dans la réalité, il est entré en vigueur très discrètement, peu de prêtres ayant été saisis de demandes de messe en latin.

15 octobre 2007





Lettre collective à Monseigneur Vingt-Trois, Archevêque de Paris pour l'érection d'une paroisse personnelle de rite extraordinaire
Octobre 2007 - quemtimebo.net
Cette "pétition" a d'abord été proposée à la signature devant le Centre Saint Paul (12 rue Saint Joseph - 75002 Paris) en octobre 2007. En deux semaines elle a recueilli 560 signatures qui ont déjà été remises en mains propres au cardinal Vingt-Trois. Les personnes qui ne l’ont pas signée sous sa forme « papier » peuvent maintenant la signer sous sa forme électronique.

Lettre collective à Monseigneur Vingt-Trois, Archevêque de Paris pour l'érection d'une paroisse personnelle de rite extraordinaire
Monseigneur
La promulgation par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI du Motu Proprio Summorum Pontificum, le 7 juillet dernier, a profondément réjoui les fidèles attachés au rite romain publié en 1962 par le Bienheureux Pape Jean XXIII, et qui entendent demeurer dans la structure visible de l'Eglise. Ils attendent désormais avec confiance et impatience les mesures qui seront prises pour faire cesser une forme de discrimination qu'ils estimaient, à tort ou à raison, subir de la part de leurs pasteurs légitimes, tant en ce qui concerne la célébration de la Sainte Messe que de l'accès aux sacrements selon le rituel ancien.
Dans le diocèse de Paris, un groupe stable de plusieurs centaines de fidèles assiste régulièrement aux différents offices célébrés quotidiennement dans le rite traditionnel au Centre Saint-Paul dont le rayonnement, dans la région parisienne, est renforcé par les multiples activités -conférences, cours, sessions de théologie...- qu'il propose pour assurer la diffusion de la culture chrétienne. Malheureusement, l'exiguïté des locaux conduit à multiplier le nombre de messes le dimanche (cinq messes dominicales) et, pour les grandes fêtes, les fidèles sont souvent contraints d'assister aux offices depuis la rue.
Les fidèles soussignés recourent donc respectueusement à vous, Monseigneur, et renouvellent la demande qui vous avait été faite en mai dernier par l'association Sensus Fidei, pour solliciter de votre paternelle bienveillance l'érection à Paris d’une paroisse personnelle au titre du canon 518, comme l'article 10 du Motu Proprio le permet, confiée à un institut spécialisé comme l'Institut du Bon Pasteur dont la place spéciale dans l'Eglise vient d'être rappelée par son Eminence le Cardinal Castrillon Hoyos pendant la cérémonie d'ordinations de cinq nouveaux prêtres de l'Institut en l'Eglise Saint-Eloi de Bordeaux, le 22 septembre dernier.
Les fidèles soussignés sont persuadés que l'existence à Paris d'une paroisse personnelle développant l'ensemble des activités propres à une paroisse, comme c'est le cas aujourd'hui à Bordeaux grâce à la clairvoyance de son Eminence le Cardinal Ricard, serait un signe fort d'unité des fidèles parisiens autour de leur Archevêque et ferait cesser les polémiques stériles qui ont pu se manifester de temps à autre, faute d'un dialogue apaisé et sans doute du fait d'une ignorance réciproque des diverses communautés.
Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, par ses enseignements répétés, nous montre le chemin à suivre, les fidèles soussignés sont prêts à répondre généreusement à son appel et à contribuer activement, sous votre autorité et selon leur sensibilité propre, à la vie du diocèse de Paris.
Dans l'attente confiante de votre décision, ils sollicitent votre paternelle bénédiction.
 




Pour ou Contre ?
15 octobre 2007 - abbé Laguérie - institutdubonpasteur.org
Monsieur L’abbé,
Dans un dialogue en direct sur Internet, on a posé la question suivante à Monseigneur Fellay :
"Quelles sont vos relations avec l’Institut du Bon Pasteur ? Quel regard portez vous sur cette oeuvre ? Merci de votre réponse."
à laquelle il a répondu :
"Nous n’avons pas de relations avec l’IBP. Je n’ai pas d’objection contre le fait que ces ex-confrères aient cherché à fonder une œuvre. J’en ai cependant certainement lorsque je constate qu’encore une fois Rome les a érigés « contre nous ». Et depuis ils n’ont pas fait grand chose d’autre dans l’Eglise que d’accomplir cette mission."
Partagez- vous ce jugement de Mgr Fellay ?
D.Balter- Nantes

Cher Monsieur,
Il est bien évident que le pape Benoît XVI, très fortement impressionné par le traitement injuste qu’à subi Mgr Lefebvre, et consterné de la division de l’Eglise spécialement en France, prend les mesures les plus aptes à réunir les catholiques et à unifier et pacifier l’Eglise de Dieu dont il a la responsabilité. A l’heure actuelle ses décisions les plus importantes en ce domaine sont évidemment l’érection de l’Institut du Bon Pasteur (8 septembre 2006) et son désormais célèbre Motu Proprio (7 juillet 2007).
On parle d’ailleurs à ce sujet, de sources bien informées, de la possibilité de la levée du décret d’excommunication des quatre évêques de la Fraternité qui pourrait, dit-on, intervenir dans l’année, plus ou moins. Il m’apparait que ces trois mesures, dont deux sont inscrites dans les faits, sont des décisions pour la Fraternité et certainement pas contre la Fraternité.
Il est certain que l’immense majorité des prêtres de la Fraternité n’accepterait aucun bi-ritualisme et c’est pourquoi le pape l’a concédé au Bon Pasteur comme un exemple de ce qu’il ferait évidemment pour la Fraternité, et bien plus (administration apostolique par exemple). Ceci n’est pas une mesure contre la Fraternité mais évidemment pour.
De même pour le Motu Proprio qui était une des fameuses conditions préalables posée par les abbés Riffan et Aulagnier alors en grâce avec l’oeuvre de Monseigneur Lefebvre. Même si le Motu Proprio est une mesure de soi universelle pour l’Eglise, il demeure un acte posé pour la Fraternité et non pas contre.
Quant à la levée du décret d’excommunication des quatre évêques, il serait, en arrivant, une mesure pour la Fraternité et pour elle seule, même si ce geste de la condescendance du pape ne manquerait pas d’avoir des répercussions sur toute l’Eglise.
Dès lors, et dans ce contexte plus général, interpréter la création du Bon Pasteur comme une mesure contre la Fraternité est simplement une énorme erreur historique. C’est comme si les élèves récalcitrants d’une classe considéraient comme des punitions à eux adressées, les encouragements que l’institutrice prodigue à ses élèves les plus coopératifs. Ils feraient mieux de considérer que c’est un appel pressant à faire de même.
Quant à l’action menée par l’Institut du Bon Pasteur depuis sa création il y a un an, on voudra bien m’expliquer ce qu’elle peut avoir de contre et surtout de contre qui ? L’Institut a fait ordonner 7 prêtres, aura, lundi prochain, une maison de 40 séminaristes, assure une dizaine de lieux de culte en France, assure l’aumônerie de bientôt 4 écoles et travaille à la création de plusieurs paroisses. Contre qui, je vous le demande ? Sans parler de l’étranger qui va bientôt vous surprendre !
Il est trop tôt peut-être pour la décrire aujourd’hui dans toute son ampleur ; mais il me semble plutôt se profiler à l’horizon quelque chose comme une cohabitation profitable entre les évêques français et la Fraternité saint Pie X sur la base du "chacun chez soi et les brebis seront bien gardées !" Car au fond, celle-ci n’inquiète pas plus ceux-là qu’ils ne préoccupent celle-ci. "Je prends sur moi de vous renvoyer à la Fraternité Saint Pie X" lance récemment un évêque à un fidèle qui lui demande l’application du Motu Proprio. " Il ne suffit pas d’être en communion avec Rome" lâche un autre etc...
Finalement, le Lefebvrisme sans le très catholique Mgr Lefebvre, c’est bien pratique pour les évêques. Un peu comme la corbeille de ton ordinateur. J’avais la naïveté de penser que les quatre cents églises et chapelles en France de la Fraternité étaient autant de groupes stables tels qu’ils constituaient la plate-forme idéale requise par le Motu Proprio. Et bien voyez- vous, ni les uns, ni les autres ne le pensent.
Les évêques nous disent qu’ils n’ont quasiment pas de demandes et la Fraternité ne demande pas d’églises. Finalement chacun est content de l’autre sans oser bien trop le dire et tout va très bien dans le beau pré carré qu’est la Fille aînée de l’Eglise !
Oui, cher Monsieur, je suis pour et résolument pour : pour le pape qui unifie l’Eglise, pour son Motu Proprio qui en est le moyen, pour les évêques de France qui rouvriraient leurs églises, pour la Fraternité Saint Pie X qui accepterait qu’on lui en confie… A l’Institut du Bon Pasteur, nous avons fait nôtre cette sentence de Jésus aux apôtres qu’Il envoie en mission : « qui n’est pas contre vous est avec vous ». Autrement dit, nous n’avons pour ennemis que ceux qui refusent catégoriquement d’être de nos amis ; ce n’est pas nous qui choisissons, c’est eux.
 

14 octobre 2007

[Le Figaro] La messe en latin s'installe sans vagues

SOURCE - Sophie de Ravinel - Le Figaro - 10 octobre 2007

La mise en oeuvre de la libéralisation de l'ancien rite en latin, voulue par Benoît XVI, débute aujourd'hui dans un climat de faible mobilisation.
L'ALERTE au tsunami a tourné court. La vague traditionaliste attendue n'a pas déferlé sur l'Église catholique en France après l'annonce, en juillet, de la libéralisation de l'ancien rite de la messe par Benoît XVI. On n'a guère entendu non plus de contestataires de la décision papale.
Alors que le décret (le motu proprio) créant la possibilité pour tout prêtre de célébrer selon l'ancien rite si un groupe de fidèles le souhaite, entre en vigueur aujourd'hui dans les diocèses, les traditionalistes ne se bousculent pas. À la Conférence des évêques de France, on a bien noté « des demandes » depuis début juillet, mais « pas en grand nombre ».
Dans l'impossibilité de les quantifier « au niveau national », la porte-parole des évêques tient à souligner le « climat positif » qui règne sur le terrain depuis le début de l'été. « Dans les diocèses, la volonté est claire de mettre en pratique ce motu proprio. Les évêques se sont adressés en ce sens à leurs prêtres par des courriers, et parfois à l'ensemble des fidèles. La question, assure-t-elle, est à l'ordre du jour. »
C'est le cas à Lyon, où le cardinal Philippe Barbarin a rencontré ses prêtres à ce sujet la semaine dernière. « Et nous pouvons affirmer qu'à ce jour il n'y a pas eu de demandes de groupes constitués », assure Pierre Durieux, chargé de la communication du diocèse. « Nous en restons donc pour le moment à ce qui se fait déjà : une messe à Lyon et une autre à Francheville. » Idem à Rennes, à Poitiers ou encore à Pontoise...

«Quelques demandes»

Dans ces diocèses, une messe hebdomadaire est déjà proposée aux fidèles attachés à l'ancien rite, et répondrait à la demande. Dans le diocèse de Verdun, aucune messe dite « de saint Pie V » n'est célébrée pour le moment. Mais à l'évêché, on parle de silence radio du côté des traditionalistes. Si, à Paris, « quelques demandes » ont bien été reçues - ce qui a incité l'archevêché à élargir quelque peu l'offre -, l'ambiance semble être on ne peut plus paisible.
« Nous sortons à peine de l'été ! », tempère Marc Erhard, un père de famille d'Eure-et-Loir qui affirme être en cours de constitution d'un groupe avec l'aide des prêtres de l'Institut du Bon-Pasteur, basé à Courtalain. « Nous sommes déjà une petite quarantaine, enfants compris », soutient-il, sur le point d'aller demander une audience à son évêque pour lui en parler.
Du côté des contempteurs, ce n'est pas non plus la grande mobilisation... Regrettant l'ampleur du débat « fermé sur lui-même » et « réglant des comptes avec un passé mal digéré », le jésuite Pierre de Charentenay prévoit ainsi dans la dernière livraison d'Études : « C'est plutôt le statu quo qui l'emportera, sans bouleversement. » L'occasion de le vérifier sera donnée samedi prochain à Bordeaux, lorsque le cardinal Castrillon Hoyos, venu de Rome, ordonnera cinq prêtres selon l'ancien rite, en présence du cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque du lieu et président de l'assemblée des évêques français.

[Aletheia n°115] Un évêque français contre la Franc-Maçonnerie

Aletheia n°115 - 13 octobre 2007
UN ÉVÊQUE FRANÇAIS CONTRE LA FRANC-MAÇONNERIE - par Yves Chiron
Il y a longtemps, plusieurs décennies au moins, un siècle peut-être, qu’un évêque diocésain français n’avait pas publié un livre pour mettre en garde les fidèles contre la franc-maçonnerie. Ce n’est pas que tous les évêques français aient été silencieux sur la franc-maçonnerie, mais, depuis la fin du pontificat de Pie XII, leurs interventions sur le sujet ont été rarissimes. Les initiatives qui penchaient vers la sympathie, voire la complaisance (rappelons les noms de Mgr Pézeril et de Mgr Thomas), ont été davantage médiatisées que les déclarations qui mettaient en garde.
Dans les dernières années, il y a eu, en France, deux interventions épiscopales pour rappeler, de façon argumentée, la condamnation de la franc-maçonnerie par l’Eglise : en 2002, Mgr Brincard, évêque du Puy, dans un long entretien à une radio chrétienne locale[1] et, en 2004, Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, dans un autre entretien, à la revue La Nef, entretien qui concluait un intéressant dossier sur le sujet[2]. Précisons que c’est Mgr Rey qui avait demandé à la revue de consacrer un dossier spécial sur le sujet.
Mgr Rey y revient dans un livre lumineux : Peut-on être chrétien et franc-maçon?[3] L’ouvrage est composé de six chapitres argumentés et de cinq annexes utiles.
Les six chapitres:
  • Comment définir la franc-maçonnerie?
  • Quelle est la position de l’Eglise catholique?
  • Sur quoi porte cette hostilité de l’Eglise catholique envers la franc-maçonnerie?
  • Sur quoi porte la condamnation de l’Eglise catholique?
  • Quelles sont les conséquences théologiques de cette opposition?
  • Influence de la franc-maçonnerie dans la société française?
Ces multiples approches sous forme d’interrogations ne doivent pas tromper sur la clarté du propos. La position de Mgr Rey est sans ambiguïté et elle est d’autant plus fortement affirmée qu’elle ne lui est pas propre mais celle de l’Eglise catholique : « La position de l’Eglise est donc constante depuis la naissance de la franc-maçonnerie. On ne peut être en même temps catholique et franc-maçon » (p. 11).
Cette incompatibilité fondamentale tient à l’essence même de la doctrine maçonnique. Mgr Rey rappelle : « La franc-maçonnerie anglo-saxonne confesse sa foi en Dieu, ”Grand Architecte de l’univers”. Cependant les Constitutions d’Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent pas la moindre référence à Dieu en Jésus-Christ, ne mentionnent jamais la Sainte Trinité, le péché, le salut, la résurrection, la venue de l’Esprit-Saint… » (p. 6).
L’esprit apparent de tolérance de la franc-maçonnerie et le spiritualisme de ses rites ne doivent pas faire illusion. L’Église ne peut être d’accord ni avec son affirmation d’un ésotérisme (« le sens caché de l’univers » serait révélé à travers un enseignement secret), ni avec son relativisme qui aboutit à ce que « les religions se retrouvent sur le même plan, comme autant de tentatives concurrentes pour exprimer la vérité sur Dieu qui, en soi, est inatteignable et insaisissable » (p. 23), ni avec son naturalisme (p. 27).

Mgr Rey, après ces rappels doctrinaux – d’autres aspects encore sont développés –, reproduit quatre documents du Magistère.
Le premier est la Déclaration sur l’incompatibilité entre l’appartenance à l’Eglise et la franc-maçonnerie publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la foi le 26 novembre 1983.
Le second est la longue Déclaration de l’Episcopat allemand sur l’Eglise et la franc-maçonnerie, publiée le 12 mai 1980. Rappelons que cet exposé développé sur les « Raisons de l’incompatibilité » a été fait après des entretiens approfondis entre des représentants officiels de l’Eglise catholique et les Grandes Loges Unies d’Allemagne qui ont eu lieu entre 1974 et 1980.
Le troisième document reproduit est plus inattendu : il s’agit de la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, le 21 novembre 2002. La Note ne comprend pas de condamnation explicite de la franc-maçonnerie. Mais Mgr Rey avait expliqué : « L’attrait en faveur de la franc-maçonnerie souligne certaines carences pastorales de l’Eglise ». Un des meilleurs moyens de lutter contre la franc-maçonnerie est d’ « investir le champ politique ». La Note de 2002 fixe des orientations utiles, mais certainement pas exhaustives, et rappelle les principes de la doctrine catholique.
Enfin, le quatrième document est un extrait de Fides et Ratio, l’encyclique sur les rapports entre la foi et la raison publiée en 1998 par Jean-Paul II. Dans son étude, Mgr Rey avait montré le lien entre certaines déficiences quant à la conception même de la foi et l’attrait de la franc-maçonnerie : « le divorce entre la foi et la raison, dénoncé par le pape Jean-Paul II dans sa lettre encyclique Fides et ratio déporte insidieusement la foi vers un certain piétisme, un sentimentalisme religieux. Livrée à elle-même, la raison n’est plus finalisée par la recherche de la Vérité. Elle se trouve à la merci des idéologies ou des constructions subjectives. L’engagement du chrétien dans la franc-maçonnerie relève, dans bien des cas, d’une méconnaissance de ce lien organique entre foi et raison » (p. 31).

On manquerait à l’honnêteté, si on ne signalait pas l’une ou l’autre expression qui laisse insatisfait ou dubitatif. Ainsi quand Mgr Rey affirme : « les chrétiens ont à défendre le principe et la vertu d’une ”laïcité ouverte” » (p. 35). Ou encore quand il parle, pour les chrétiens, d’une « vision d’humanité basée sur l’être humain » (p. 37) ; la tradition théologique et spirituelle dirait plutôt, me semble-t-il, « une vision d’humanité basée sur la révélation de Dieu en Jésus-Christ ».
Mais ces remarques de détail n’enlèvent rien à l’intérêt et à la clarté de cette parole courageuse d’évêque. On sera attentif à l’accueil que lui réserveront non les grands médias, souvent silencieusement complices sur ce genre de sujet, mais la presse catholique, à commencer par La Croix et La Documentation catholique. Oseront-ils parler de ce livre?
En marge de cet ouvrage, finissons par une anecdote authentique que la discrétion oblige à tenir anonyme. Il y a six ans, peu après la prise de possession de son diocèse – une ville prestigieuse de la région parisienne – le nouvel évêque a été abordé par le vénérable de la loge locale qui lui a demandé quand il comptait solliciter son admission dans la franc-maçonnerie… Le nouvel évêque a refusé l’invitation.
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Vient de paraître
Yves Chiron : Enquête sur les apparitions de la Vierge
Tempus, octobre 2007, 427 pages, 10 euros.
Publié en 1995 aux éditions Perrin, cet ouvrage reparaît en collection de poche, dans une version augmentée et corrigée. Avec notamment des mises à jour et des compléments sur La Salette, Lourdes, Fatima et Medjugorje.
Introduction
1. QU'EST-CE QU'UNE APPARITION?
Vision ou apparition? - Apparitions et Révélation - Structures des apparitions - Le lieu - Le moment - Le bénéficiaire - Le signe annonciateur - Le vocable - Le signe d'authentification - La source - Les guérisons et les pèlerins - Critères d'authenticité.
2. LA VIERGE DES MIRACLES
Quelle est la plus ancienne apparition mariale? - Fondation de sanctuaires - Fondation et protection d'ordres religieux - Miracles de protection et de guérison - Notre-Dame-des-Victoires.
3. APPARITIONS EN TERRE DE MISSION
Amérique - Afrique - Asie, Océanie.
4. FACE AU PROTESTANTISME
Apparitions préventives - En Europe de l'Est - En France - Louis XIII et la Vierge Marie - Notre-Dame-de-l'Osier - Du Luberon à la Bretagne.
5. CONTRE L'INCRÉDULITÉ
Le Laus ou le jansénisme vaincu - La Vierge Marie face aux Lumières - La Vierge Marie face à la Révolution - Après la tourmente.
6. DE PARIS À BANNEUX (1830-1933)
Paris - La Salette - Cerreto - Porzus - Lourdes - Philippsdorf - Pontmain- Saint-Bauzille - Pellevoisin - Gietrzwalde - Knock - Fatima - Beauraing – Banneux.
7. LA VIERGE CONTRE LE COMMUNISME ET LE NAZISME
Fatima et le communisme - L'Ile-Bouchard (1947) - Expansion du communisme - Face au nazisme.
8. FAUSSES APPARITIONS
De type apocalyptique - De type mimétique - Par illusion - De type sectaire.
9. APPARITIONS CONTROVERSÉES
Tilly - Kerizinen - Garabandal - San Damiano – Medjugorje.
10. SECRETS ET CHATIMENTS
Les secrets « privés » - Secrets destinés à être rendus publics - Châtiments - La Vierge Marie et la fin des temps.
Bibliographie
Index des lieux cités
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Du même auteur
MEDJUGORJE (1981-2006) - “ Constat de non supernaturalitate ”
Éditions Nivoit, 2006, 90 pages, 10 euros.
Avant-Propos
Journal de Medjugorje par Yves Chiron.
Medjugorje, conférence de Mgr Ratko Peric.
Documents:
Entretien avec Mgr Ratko Peric (1997).
Déclaration de Mgr Ratko Peric (1997).
À propos de Medjugorje par Mgr Henri Brincard (2000).
Bibliographie critique
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Commande Envoyer ses nom, prénom, adresse complète en précisant le titre de l'ouvrage commandé et le nombre d'exemplaires.
  • Enquête sur les apparitions de la Vierge au prix de 10 euros l’exemplaire - franco de port.
  • Medjugorje (1981-2006). ”Constat de non supernaturalitate” au prix de 10 euros l’exemplaire franco de port. 
À adresser avec le règlement à l’ordre de l’ «Association Nivoit».
Éditions Nivoit 5, rue du Berry 36250 NIHERNE
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[1] Entretien reproduit intégralement dans Aletheia, n° 28, 16 avril 2002.
[2] La Nef (2 cour des Coulons, 78810 Feucherolles), n° 155, décembre 2004. Cf. Aletheia n° 67, 12 décembre 2004.
[3] Mgr Dominique Rey, Peut-on être chrétien et franc-maçon?, Éditions Salvator (103 rue Notre-Dame des Champs, 75006 Paris), 78 pages, 9,50 euros.

12 octobre 2007





Analyse de la déclaration du Conseil d'Administration des Guides et Scouts d'Europe, du point de vue canonique
12 octobre 2007 - leforumcatholique.org
Analyse de la déclaration du Conseil d'Administration des Guides et Scouts d'Europe, du point de vue canonique 1-Le Conseil d'administration n'est pas une entité canonique compétente. Il prend ici des dispositions légales concernant le droit interne de l'Eglise sans en avoir le pouvoir. Ses décisions sont nulles et sans valeur.
2-Nul ne peut interdire à un Conseiller Religieux de célébrer une messe selon la forme extraordinaire du rite romain du moment que les parents des enfants n'y sont pas formellement opposés. En effet, cette célébration en dehors du cadre paroissial est canoniquement assimilée à une célébration privée (ou quasi privée). Ce cas est explicitement prévu par le Motu Proprio Summorum Pontificum à l'article 4. Cet article, en référence à l'article 2, établit un droit universel « pour tout prêtre, sans qu'il soit besoin d'aucune autorisation ». Aucune disposition particulière ne peut limiter ce droit universel.
En conséquence, aucune autorité ne peut interdire à un Conseiller Religieux de célébrer selon la forme extraordinaire du rite romain à la demande d'une unité.
3-Une unité qui assiste ponctuellement à la célébration publique de la messe dans un lieu où est utilisée la forme extraordinaire du rite romain, fait usage d'un droit, que nul ne peut lui retirer, d'assister à la célébration licite du culte. Une telle interdiction, en plus d'être nulle canoniquement, serait en contradiction avec le droit inaliénable à la liberté religieuse. (Concile Vatican II, Déclaration Dignitatis Humanae §2 et 4)
En conséquence, il faut considérer cette déclaration comme n'ayant aucune valeur canonique. Bien plus, il convient pour les Conseillers Religieux de ne pas s'y conformer puisqu'elle manifeste un manque d'esprit filial et de confiance vis à vis du Saint-Père.
Cette note a été rédigée par un groupe de Conseillers Religieux, après consultation de plusieurs experts en Droit Canon.
 

11 octobre 2007





Les Scouts d'Europe mettent à jour leur règlement sur la messe
11 octobre 2007 - la-croix.com
Les Scouts d'Europe mettent à jour leur règlement sur la messe Le Conseil d'administration des Guides et scouts d'Europe a publié une mise à jour qui confirme son choix de n'utiliser que le missel de Paul VI pour toutes les activités du mouvement, afin d'"éviter des querelles et des tensions"
A la suite du motu proprio Summorum pontificum, le conseil d’administration de l’Association des guides et scouts d’Europe a adopté samedi 6 octobre une mise à jour du règlement : "Les unités du mouvement doivent être accompagnées par des conseillers religieux qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel".
"L'AGSE confirme son choix d'utiliser dans les activités scoutes le missel de Paul VI, qui constitue la forme liturgique ordinaire de la messe et nous pensons qu'il n'est pas de la mission du mouvement de faire découvrir aux enfants et aux jeunes la forme particulière du missel (ndlr : le missel saint Pie V)", est-il précisé.
L'AGSE donne pour première explication son attachement "sans aucune réserve" à l'enseignement du concile Vatican II. Elle explique en outre avoir voulu "éviter des querelles et des tensions à l'intérieur" du mouvement, dans une lettre adressée le 9 octobre aux commissaires des provinces et approuvée par Mgr Rivière (président de la commission épiscopale pour la pastorale des enfants et des jeunes).
"Ce sujet est désormais clos"
"Nous respectons les préférences liturgiques de chacun, mais elles ne peuvent avoir pour effet d'entraîner la division et de porter atteinte à l'unité des groupes. Pour cela, la seule solution est qu'elles s'expriment à l'extérieur du mouvement, et que celui-ci reste un lieu de paix et d'unité", peut-on lire. Pour les cas particuliers, notamment les groupes actuellement autorisés à célébrer selon l'ancien missel, l'AGSE renvoie à l'évêque du lieu.
La mise à jour de l'AGSE n'a pas manqué de susciter quelques réactions dans les espaces de discussion sur Internet, comme le forum des Guides et Scouts d'Europe. Ainsi ce jeune scout de Poitiers qui s'inquiétait dans un billet posté mercredi 10 octobre sur le fil "A propos de liturgie" : "Si j'ai bien compris, on n'a même pas le droit de s'y présenter en unif' (ndlr : à la messe de rite tridentin)".
 

10 octobre 2007





Lettre ouverte aux paroissiens de Saint François de Paule et aux amis des Scouts d'Europe
10 octobre 2007 - Abbé Loiseau - saintfrancoisdepaule.fr
Lettre ouverte aux paroissiens de Saiont François de Paule et aux amis des Scouts d'Europe Le 10 octobre 2007
Chers parents,
La Fédération française des Scouts d'Europe (FSE) vient de faire connaître un communiqué appelé "Mise à jour" présentant les dispositions suivantes :
1) la création d’un nouveau groupe ne peut se faire autour d’une spécificité liturgique (la forme extraordinaire du missel),
2) seule la forme ordinaire du missel sera choisie pour toutes les activités scoutes et guides dans le cadre du mouvement,
3) les unités du mouvement doivent être accompagnées par des conseillers religieux qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel.
Ainsi notre demande de création de meute Scout d'Europe a été refusée.
Voici les faits : j'ai adressé en juin 2007 au commissaire de district de Toulon une demande de création de meute de louveteaux dans le cadre de la paroisse personnelle Saint-François de Paule. Ce dernier me donna l'autorisation, je le remerciai de sa bienveillance et de son ouverture. En septembre, le commissaire général, Monsieur Permingeat, lui a fait savoir que ce n'était sans doute pas possible. Le commissaire de district demanda alors à Monsieur Permingeat de me rencontrer. Nous avons eu deux heures de discussion où le commissaire général semblait plutôt réceptif. Je lui précisai qu'il s'agissait d'une demande en plein accord avec l'évêque, le vicaire général, le commissaire de district, le conseiller religieux de district. Cette création de meute s'inscrivait dans une réalité diocésaine et l'évêque apportait son soutien. Monsieur Permingeat m'a demandé d'attendre la réunion de commissaires généraux et de provinces pour me donner la réponse. Celle-ci fut donc négative et de nouvelles mesures concernent toute la France. Monsieur Mougenot, président de la Fédération internationale des Scouts d'Europe, avait appuyé ma demande en précisant que le Conseil national n'avait pas le droit d'interdire sans nuances la forme extraordinaire du rit romain. Cela irait contre la réglementation internationale, l'esprit du livre blanc et de l'histoire des Scouts d'Europe.
Je suis donc déçu et profondément blessé par cette mesure autoritaire au lendemain du Motu Proprio Summorum Pontificum, alors que la Commission Pontificale Ecclesia Dei et la Congrégation du Culte Divin n'ont pas été consultées. Il s'agit d'une réalité présente au sein des Scouts d'Europe, et pourtant il m’est répondu que le Motu Proprio ne concerne que les paroisses. Bien que le Motu Proprio Summorum Pontificum soit beaucoup plus fort en droit que le Motu Proprio Ecclesia Dei, les Scouts d'Europe deviennent plus durs qu'en 1988 et interdisent toute création d'unité avec la forme extraordinaire du rit, même à la demande d'un évêque. Il faut noter que le Motu Proprio s’adresse d’abord aux prêtres et aux fidèles (articles 1, 2 et 4) avant de parler des paroisses (article 5). Ainsi une association publique de fidèles concernée par cette réalité ne peut s’exclure de son champ d’application. On me répond que cela ne concerne que quelques dizaines de louveteaux, puis on affirme que, si la permission est donnée, cela deviendra dangereux parce que la FSE sera submergée de demandes. De plus, j’attire votre attention sur le fait que des prêtres qui célèbrent ordinairement dans leur apostolat la forme extraordinaire du rit, même en célébrant la messe de Paul VI dans le cadre des activités scoutes, n’ont plus le droit d’être conseillers spirituels Scout d’Europe, ce qui est un abus de pouvoir et une remise en cause de la liberté de chaque prêtre et des évêques.
Cette attitude est contraire aux orientations de l'Eglise Catholique et révèle un esprit de fermeture qui empêche le travail de ceux qui, depuis des années, essayent de vivre cette communion ecclésiale en évitant tout excès. La demande de parents de Saint-François de Paule adhérant au projet éducatif des scouts d’Europe révélait une démarche liturgique non exclusiviste de leur part. Le refus sans nuance de cette ouverture à la forme extraordinaire du rit romain risque donc de provoquer des comportements radicaux contraires à l'esprit du Motu Proprio. Par ailleurs, la FSE va ainsi restreindre le champ ecclésial de ses activités.
J'invite donc les parents, les conseillers spirituels et les scouts majeurs scandalisés par cette décision à rester toujours attachés à l'institution ecclésiale et à manifester leur désaccord envers ce texte injuste en écrivant à la Fédération des Scouts d'Europe. Ils peuvent utiliser leur droit de recours légitime en s'adressant au Conseil Pontifical pour les laïcs et à la Commission Pontificale Ecclesia Dei.
En étant désolé de cette nouvelle mesure qui pourrait créer des tensions dans l'Eglise de France, je vous prie de croire, chers parents, en ma confiance en Jésus Miséricordieux.
Abbé Fabrice Loiseau,
curé de la paroisse Saint-François de Paule (Toulon), supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine .
 

9 octobre 2007





Par petites touches, Benoît XVI impose sa vision de la liturgie
09/10/2007 - Isabelle de Gaulmyn - la-croix.com
Par petites touches, Benoît XVI impose sa vision de la liturgie Plutôt qu'"une réforme de la réforme", qu'il appelait de ses voeux quand il était cardinal, Benoît XVI installe, progressivement, une nouvelle vision de la liturgie au plus haut sommet de l'Église
Dans les semaines qui viennent, chacun se plaira à guetter les évolutions liturgiques dans les célébrations présidées par Benoît XVI. L’effet du changement de cérémoniaire du pape – la personne chargée d’orchestrer les liturgies – devrait rapidement se faire sentir.
À Mgr Piero Marini, maître d’œuvre pendant vingt ans des grandes célébrations de Jean-Paul II, Benoît XVI vient de substituer un autre Marini, le P. Guido Marini. Avec ce dernier, dans la lignée plus traditionnelle du cardinal Giuseppe Siri, archevêque de Gênes de 1946 à 1987, les célébrations devraient être conformes à ce que souhaite Benoît XVI, attaché à une pratique plus « traditionnelle », sans les innovations du précédent pontificat.
De ce point de vue, ce changement de cérémoniaire est une nouvelle étape dans la « politique liturgique » de Benoît XVI : par petites touches, il installe sa vision de la liturgie au plus haut de la hiérarchie de l’Église.
Se réapproprier le mystère de l’Eucharistie
Avant d’être élu pape, le cardinal Ratzinger s’était prononcé – notamment dans La Croix – pour une « réforme de la réforme » liturgique, afin de remédier à ce qu’il estimait être une mauvaise interprétation du Concile. Dans son esprit, il ne s’agit pas de restaurer un ordre ancien, mais plutôt de se réapproprier le mystère de l’Eucharistie. Impossible cependant aujourd’hui au nouveau pape d’imposer telle quelle une « nouvelle réforme ». Ne serait-ce que parce que celle issue de Vatican II n’est pas encore aboutie : certains livres du rituel romain en particulier n’ont toujours pas été adaptés. Et s’il est un domaine où l’Église ne peut changer trop souvent, c’est bien celui de la liturgie.
En revanche, par certaines décisions, le pape a donné en deux ans une inflexion à la pratique liturgique, sensiblement différente de ce qui se faisait avec Jean-Paul II. Ainsi, la réduction du nombre des grandes messes pontificales en plein air, auxquelles il préfère les offices à l’intérieur des églises. Des liturgies sobres, laissant peu de place à la créativité par rapport au rituel. D’ailleurs, même lorsque cela se passe à l’étranger – on l’a vu au Brésil – les célébrations du pape ne font pas droit aux traditions culturelles du pays.
Rome guère optimiste sur une prochaine réconciliation
Autre étape de cette « politique liturgique », la promulgation du motu proprio, en juillet, visant à faire de la liturgie préconciliaire une forme extraordinaire d’un unique rite romain. Certes, l’un des objectifs poursuivis avec ce texte est la réconciliation avec les communautés intégristes qui ont suivi Mgr Lefebvre dans le schisme, pour, comme le confie Mgr Camille Perl, secrétaire d’Ecclesia Dei, la commission chargée de ce domaine, « leur donner le sentiment qu’ils sont aussi dans leur maison dans l’Église catholique ». Mais à Rome, on n’est guère optimiste sur une prochaine réconciliation. En réalité, ce motu proprio a un autre objectif : il entre dans la vision de Benoît XVI de la liturgie. Pour le pape théologien, la tradition a son importance et, comme le souligne Mgr Perl, il se refuse à voir laissé de côté un trésor comme l’ancien Missel, qui « a contribué amplement à la culture européenne ».
Benoît XVI compte aussi sur un « effet d’influence » entre les deux formes du rite : dans son esprit, la liturgie ancienne pourrait enrichir, par son exemplarité, les pratiques liturgiques modernes. Car, selon Mgr Perl, « les théologies qui sous-tendent ces deux formes de la liturgie sont différentes. La liturgie en rite tridentin est plus théocentrique (c’est-à-dire centrée sur Dieu), mais elle est tout de même bien catholique ! »
Fortes critiques en Italie
Cette vision de la liturgie ne semble cependant pas partagée par tous les évêques. Les plus fortes critiques sont venues de l’Italie, où, selon la presse, des débats extrêmement animés autour du motu proprio ont eu lieu, à huis clos, du 17 au 19 septembre, lors du Conseil permanent de l’épiscopat. Dans ce pays, les groupes intégristes sont très peu nombreux. Mais la question posée était précisément d’ordre théologique : plusieurs évêques ont estimé que l’ecclésiologie résultant de l’ancien Missel est incompatible avec le concile Vatican II. Selon le quotidien Il Giornale, mais démenti par l’épiscopat italien, les évêques plus critiques auraient proposé de publier une note pour interpréter, dans un sens restrictif, le motu proprio. Ce qui aurait constitué un démenti cinglant pour le pape, dans le pays même dont il est le primat…
Il reste que, selon les diocèses, les applications du motu proprio sont très diverses. Certains, comme Alba, Côme ou Pise, ont posé des conditions restrictives. En Allemagne aussi, constate-t-on à la commission Ecclesia Dei, certains évêques traînent les pieds, « se montrant très formels pour reconnaître que des fidèles favorables au rite tridentin forment un groupe stable ».
Devant ces difficultés d’application du texte, la commission Ecclesia Dei pense élaborer une directive qui permette de préciser les modalités de mise en œuvre. Et le pape pourrait prochainement célébrer la messe en rite romain extraordinaire, c’est-à-dire préconciliaire. Pour montrer tout l’attachement qu’il porte à cette ancienne forme liturgique.
Isabelle DE GAULMYN, à Rome
 




Les intégristes espèrent une levée des excommunications
09/10/2007 - la-croix.com
Les intégristes espèrent une levée des excommunications Vendredi 5 octobre au soir, au cours d’une rencontre avec des journalistes à l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnay, à Paris, Mgr Bernard Fellay s’est félicité de voir le Missel de saint Pie V désormais rétabli dans ses droits.
« Contrairement à ce qu’avait annoncé Paul VI, il est maintenant clair qu’il n’a jamais été aboli », a-t-il déclaré. Sur l’application du motu proprio, le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) estime que les évêques tentent trop de mettre des barrières à son application : « Or, il ne contient aucune condition. Les restrictions sont publiées dans la lettre aux évêques qui ne sert qu’à faire passer la pilule mais n’a aucune valeur juridique ». « Je ne suis même pas sûr que le pape lui-même croie à la “sainteté” de la messe de Paul VI », a-t-il lancé.
De son côté, l’abbé Régis de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSSPX, a annoncé que plusieurs prêtres français avaient déjà demandé à la fraternité une formation à l’ancien rituel. « Beaucoup veulent le célébrer mais, à cause du climat de terreur entretenu pendant des années, chacun attend que l’autre s’y mette. »
Pour Mgr Fellay, « si le pape arrive à imposer ce droit à la messe aux évêques, alors la messe traditionnelle sera rétablie et la nouvelle disparaîtra d’elle-même ». « Mais cela prendra au moins une génération », convient-il. Le chef de file des lefebvristes espère aussi que les excommunications prononcées en 1988, au moment des ordinations épiscopales illicites d’Écône, seront prochainement levées. « Peut-être d’ici à la fin de l’automne », selon lui.

7 octobre 2007





Sermon de Mgr Fellay : à propos du Motu Proprio
7 octobre 2007 - compte-rendu par Ennemond - leforumcatholique.org
A l'occasion des journées de la Tradition à Villepreux (78), Monseigneur Bernard FELLAY, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie-X a prononcé un sermon pour la fête de Notre Dame du Rosaire. Il a abordé la situation ouverte par le Motu Proprio.

La nécessité du Rosaire
Dans un développement sur la prière du Rosaire et son histoire, Mgr Fellay a indiqué l'absolue nécessité d'y recourir. C'est ce secours qui a permis la victoire de Lépante, qui a permis la victoire sur les Albigeois. Le cardinal Castrillon Hoyos a fait récemment remarquer au Saint Père que les parties de l'Eglise qui tenaient bon étaient celles où se récitait le Saint Rosaire.

L'amour de Dieu
Il a ensuite insisté sur l'amour de Dieu qui est véhiculé par Marie, médiatrice de toutes grâces : un amour qui consiste à vouloir le bien pour ceux qu'on aime, qui apparaît aux yeux des hommes comme une folie et qui a été particulièrement mis en lumière par saint Paul.

Un fruit du Rosaire
Pour démontrer la nécessité de recourir au Rosaire, Mgr Fellay a pris comme exemple le récent cas du Motu Proprio. L'année dernière, la Fraternité avait demandé à Marie d'intercéder pour que le pape ait ce courage de libéraliser la messe. Jamais, dans les circonstances que nous connaissons, nous n'aurions pu prévoir que le pape donne autant qu'il a donné.

"Un droit rétabli"
La messe n'a jamais été abrogée et la réforme liturgique a été absolument incapable de mettre en déroute le rite ancien de la messe. Mgr Fellay a dit être en désaccord avec le principe d'un rite sous deux formes car, bien évidemment, il ne peut s'agir du même rite, tellement ces missels sont différents. Cependant, le Motu Proprio ne contient aucune condition, simplement quelques applications pratiques. Les restrictions sont publiées dans une lettre aux évêques. Mais ce serait vraiment faire le jeu des évêques que de penser que les deux textes ont la même valeur.

La victoire prochaine de la messe
Si l'autorité garantit ce droit de la messe, a expliqué Mgr Fellay, si elle sait l'imposer aux évêques, alors nous pouvons être certains (d'ici une à deux générations), que la messe traditionnelle sera rétablie. La simple égalité fait que l'une supplantera l'autre et même la chassera.

Le rôle de la FSSPX
Nous avons un rôle à jouer. Certes, nous nous trouvons dans une situation délicate, a indiqué le supérieur général de la FSSPX, une situation qui suppose beaucoup de prudence. Il ne s'agit pas d'aller voir son curé pour lui exiger l'ancienne messe, car les fidèles se disperseraient entre les mains d'un prêtre qui n'est pas forcément bienveillant vis à vis de la Tradition. En revanche, si les fidèles connaissent un prêtre favorable, alors "poussez-le, invitez-le". De même, s'ils connaissent des fidèles qui sont ouverts à un retour, "poussez-les, invitez-les".

Un pas décisif
Ce Motu Proprio constitue un pas décisif dans la bonne direction. Mgr Fellay a utilisé une analogie. Il a dit que nous voulions une forêt de chênes. Cette forêt n'est pas là. Mais une semence a été plantée. Et cette semence est nécessaire. Cependant, il ne faudrait pas se tromper dans les faits. Le retour de la Tradition n'est pas passé. Ce processus prendra beaucoup de temps.

Recourir à nouveau au Rosaire
Ce Motu Proprio nous place dans une situation difficile et plus délicate qu'auparavant. Il faut continuer. C'est tout. Mgr Fellay invite à continuer la prière du Rosaire qui a permis la non-abrogation de la messe. Il faut continuer pour que l'esprit catholique revienne dans l'Eglise. Il faut prier, se sacrifier pour l'Eglise. C'est pourquoi Mgr Fellay lance une croisade continue et un rosaire perpétuel pour cette intention.

Regard sur la Russie
Le supérieur général de la FSSPX a voulu terminer en parlant de la Russie dont l’acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie demandé par Notre Dame à Fatima n’a toujours pas été posé. Alors que la conversion au catholicisme gagnait la Russie, l’élan a été interrompu par le Vatican qui a même demandé à deux évêques décidés à renoncer à l’orthodoxie d’y demeurer.

Fondations de l'Est
Mgr Fellay a demandé de bien prier à cette intention de la Russie ainsi qu’à celle de nos fondations dans les pays de l’Est, en particulier en Pologne et surtout en Ukraine où les prêtres de la Fraternité Saint-Josaphat qui nous sont liés sont persécutés au point qu’une de leurs églises, du XVIIe siècle a été brûlée. Ils ont des dizaines de milliers de fidèles et sept prêtres seront ordonnés la semaine prochaine. Leur exemple est assez parlant car pour eux, il ne s'agit pas d'une question liturgique - ils n'ont pas connu de réforme dans leur rite - mais bien d'une question doctrinale. Ils s'opposent aux modifications de Vatican II. C'est pour cette raison qu'ils se sont rapprochés des évêques de la FSSPX.

6 octobre 2007





Le Motu Proprio, mode d’emploi…
6 octobre 2007 - dici.org
… en France
Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, présente aux prêtres d’Alsace le Motu Proprio dans son bulletin diocésain L’Église en Alsace de septembre 2007. Il rappelle tout d’abord « ce que veut le pape » : « Il ne souhaite en aucune manière remettre en cause la légitimité de Vatican II, de même qu’il lui tient à cœur de souligner que l’Église n’a pas connu de rupture dans sa tradition au cours du Concile. Cette affirmation constitue d’ailleurs à elle seule la négation la plus vive du courant intégriste, qui dénonce une telle interruption ». Puis, il indique la « pratique actuelle du diocèse » : Association de fidèles Saint Arbogast dans le cadre juridique d’une paroisse personnelle. Mgr Grallet trouve cette pratique suffisante puisqu’elle devançait les dispositions de Summorum Pontificum, et il tient à souligner « le fait qu’en l’église Saint-Joseph de Strasbourg, les prêtres de la paroisse traditionnelle célèbrent, non seulement selon la forme traditionnelle du Missel de Jean XXIII, mais aussi selon la forme actuelle du Missel de Paul VI. De cette manière, il apparaît clairement que la messe dite de Saint Pie V n’a pas vocation à disqualifier la messe issue de la réforme liturgique, mais qu’elle peut être reconnue comme une forme extraordinaire de ce qui reste bien l’expression ordinaire de la lex orandi  de l’Église ». - Les Strasbourgeois peuvent donc se féliciter d’avoir ainsi bénéficié des largesses du Motu Proprio avant le Motu Proprio !
 Quelques prêtres, voire quelques fidèles seront peut-être tentés de demander un peu plus encore, c’est pourquoi l’archevêque de Strasbourg se voit contraint d’étudier « ce qui est susceptible de changer dans notre diocèse à la suite du Motu proprio », et de préciser : « Peut-être que certains d’entre vous (prêtres) utiliseront la faculté qui leur est désormais concédée de célébrer en privé la messe de 1962 (article 2). Je demande que cela soit fait de telle sorte que cela ne trouble pas la grande majorité des fidèles, et que cette célébration ne se substitue donc pas aux messes de semaine actuellement organisées dans les paroisses.
 « Pour ce qui est des demandes qui émaneraient de groupes paroissiaux stables (article 5), je souligne la responsabilité propre des curés canoniquement désignés. Il n’appartient ni aux prêtres coopérateurs, ni aux vicaires, ni à un groupe de fidèles, de se substituer à leur autorité en la matière. Je veillerai, comme le Motu proprio le rappelle, à ce que cette disposition s’applique pour le bien des fidèles, et en ‘favorisant l’unité de toute l’Église’.
 « Dans sa lettre d’accompagnement du Motu Proprio, le Pape prévoit que les demandes seront assez rares, d’autant qu’elles exigeront, de la part des prêtres et des fidèles, une connaissance approfondie du rite. Sera-ce le cas ? C’est vraiment souhaitable. La mise en application de ce Motu Proprio soulèvera bien des questions concrètes, souvent difficiles à résoudre (disposition des lieux, emploi du temps des prêtres, questions du peuple chrétien, etc.). Il faudra beaucoup de bon sens pastoral pour éviter que ne surgissent incompréhension et désaccords.
« Par conséquent, je demande aux fidèles attachés à la forme liturgique ancienne de la pratiquer, comme cela était déjà prévu dans notre diocèse, dans les deux lieux de cultes dévolus à la paroisse traditionnelle, à Strasbourg et à Colmar ».
En clair, à Strasbourg comme dans la plupart des diocèses de France, motu proprio rimera avec statu quo : pas de nouvelles églises pour la messe tridentine, ce qui existe déjà est largement suffisant et il est inutile de faire appel à des communautés Ecclesia Dei.
A Verdun, la bataille de la messe traditionnelle n’aura pas lieu. En effet, Mgr François Maupu donne, dans une lettre intitulée « L’obsession de l’unité », les raisons qu’il y a de ne pas appliquer inconsidérément ce Motu Proprio. Il révèle ce que personne avant lui ne soupçonnait : « (…) le gouvernement de l’Eglise est une affaire délicate et complexe. Le Cardinal Castrillón Hoyos a préparé un texte de motu proprio à l’automne 2006. Le Saint Père a entendu par la suite de nombreuses réactions, dont celles des cardinaux français Lustiger, Ricard et Barbarin. Le Cardinal Castrillón n’a pas modifié son texte. Le Saint Père a donc dû accompagner ce texte d’une lettre à tous les évêques dans laquelle, sans contredire le motu proprio, il dit qu’il pense qu’il ne concernera qu’un petit nombre de personnes et il rappelle l’autorité de chaque évêque dans le domaine de la liturgie dans son diocèse ». – Ainsi donc le cardinal Castrillón Hoyos aurait forcé la main de Benoît XVI ?
 Et l’évêque de Verdun prévient : « (…) on risque parfois de trahir de bonnes intentions par une mise en œuvre maladroite. Ce fut le cas de l’incident de Ratisbonne, quand il s’agissait de parler avec les musulmans des rapports entre la foi et la raison. Ce fut le cas encore en juin avec la publication d’un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi destiné à rassurer les intégristes qui se poseraient la question "Le Concile Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l’Église ? " Pour leur permettre d’accepter le Concile et de rester dans l’unité de l’Église, la réponse emploie un langage d’avant Vatican II qui a blessé les protestants et les orthodoxes : effort vers l’unité d’un côté qui provoque des tensions d’un autre côté ! ». – Là au moins on peut être certain qu’il n’y aura pas de mise en œuvre maladroite du Motu Proprio parce qu’il n’y aura pas de mise en œuvre du tout.
A Saint-Denis, en région parisienne, Mgr Olivier de Berranger est sur la même ligne. Après avoir consulté Catherine Pic, « déléguée diocésaine à la Pastorale liturgique et sacramentelle » il donne quelques précisions, dans une lettre du 11 juillet. Par forme extraordinaire, il faut entendre : « la célébration correspondant aux livres liturgiques édités par Jean XXIII en 1962 qui reprenaient ceux hérités du Concile de Trente en les débarrassant de formules désobligeantes pour le peuple juif ».  A propos du curé qui a le droit d’accéder à la demande d’un groupe stable désireux d’avoir la messe traditionnelle, l’évêque de Saint-Denis ajoute que « le modérateur d’une équipe pastorale a les mêmes facultés », en précisant que « ‘modérateur’ (dans le sens latin, moderare) signifie ‘garder’ et ‘promouvoir’ », mais Mgr de Berranger ne donne pas de complément d’objet à ces deux verbes… Au sujet du groupe stable, il est indiqué : « Le décret n’autorise pas la célébration de la messe selon la forme extraordinaire en fonction du goût de chacun. Ceux qui le demandent doivent être connus comme ‘fidèles’ de la paroisse et représenter un nombre conséquent, désireux de vivre en communion avec l’ensemble de la communauté », et d’ajouter en citant la lettre d’accompagnement du Motu Proprio : « ‘pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien (communautés Ecclesia Dei, ndlr) ne peuvent pas, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres’, parce que ce ne serait pas cohérent avec ‘la reconnaissance de la valeur et de la sainteté’ de la forme ordinaire promulguée au Concile ». Mais le clergé de Seine-Saint-Denis ne court aucun danger, car « il est vrai que nous n’avons pas ce type de communauté dans le diocèse », - et qu’on ne risque pas d’en voir de sitôt !

… en Allemagne
Mgr Walter Mixa, évêque d’Augsbourg, est un « conciliaire conservateur », proche du cardinal Joachim Meisner, de Cologne, plutôt étranger à la question liturgique. Voici les principales normes d’applications qu’il a fixées, le 24 juillet 2007, pour le diocèse d’Augsbourg. Tout est dit dans le premier article du document : « Les normes contenues dans le Motu proprio (…) doivent être appliquées strictement ». C’est-à-dire de façon restrictive, pour preuve l’article 4 qui fixe un nombre minimum de fidèles constituant un « groupe stable », là où le Motu Proprio ne donne aucune précision : « Le groupe stable de la paroisse qui, selon l’article 5, § 1 du Motu proprio, peut demander au curé compétent que la sainte Messe soit célébrée pour eux selon le Missel romain édité en 1962, doit comporter au moins 25 personnes dont le domicile propre se trouve réellement dans la paroisse concernée ou qui, tout au moins, y ont leur résidence habituelle ».
Les articles 5 et 6 montrent clairement qu’il ne saurait être question d’une assistance exclusive à la messe tridentine :
5. Le curé ne peut accéder à la demande des fidèles désirant la célébration de la messe in forma extraordinaria que dans la mesure où ceux-ci reconnaissent le caractère contraignant du Concile Vatican II et de ses décisions et qu’ils sont fidèles au Pape et aux Evêques.
6. Il appartient à la pleine communion que les fidèles n’excluent pas, par principe, la célébration selon les nouveaux livres liturgiques. C’est pourquoi il faut faire attention à ce que les fidèles qui demandent la messe in forma extraordinaria aient aussi accès à la richesse spirituelle et à la profondeur théologique de la Messe in forma ordinaria afin que “le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part” (lettre de Benoît XVI aux Evêques du 7 juillet 2007). Pour cette raison, une pratique religieuse qui se limiterait de manière exclusive à la célébration de la Messe in forma extraordinaria, ne peut être acceptée.
Et pour que tout soit bien net dans l’esprit des prêtres qui envisageraient l’éventualité d’une célébration de la messe tridentine, un rapport détaillé est demandé à l’article 16 : « Afin que 1’évêque puisse exaucer le désir du Pape qui souhaite recevoir un compte-rendu des expériences faites avec l’exécution du Motu proprio, le curé devra informer le Vicaire général si, dans sa paroisse, les demandes d’un groupe de fidèles désirant la Messe in forma extraordinaria ont été acceptées. Il devra indiquer en même temps le nombre des requérants, le nombre de fidèles participant à la messe ainsi que le nom du célébrant ».
Depuis la publication de ce texte, Mgr Mixa aurait reçu quelques réprimandes romaines qui l’auraient contraint à s’adoucir. Nous étudierons cet adoucissement dans notre prochaine livraison, avec les lignes directrices adoptées par la Conférence des évêques allemands au cours de leur réunion annuelle à Fulda.

… aux Philippines
Le Président de la Conférence épiscopale des Philippines, Mgr Angel N. Lagdameo, archevêque de Jaro, a fait une déclaration officielle sur la messe tridentine, le 9 juillet 2007, dans laquelle il se montre moins vétilleux et plus large que ses confrères européens.
 « Nous accueillons entièrement, avec respect, et nous apprécions la récente Lettre Apostolique du Pape Benoît XVI sur la messe ‘tridentine’. Elle clarifie pour nous le statut de cette messe tridentine en latin.
 « D’après la Lettre Apostolique (Motu proprio) intitulée Summorum Pontificum du pape Benoît XVI la célébration de la messe dite tridentine, qui est en latin, et approuvée par le Bx Pape Jean XXIII en 1962, reste entièrement permise comme une forme extraordinaire de la messe. La messe tridentine n’a jamais été interdite ou abrogée.
 « La messe dite ‘nouvelle’ qui a été introduite après le Concile Vatican II et approuvée par le pape Paul VI, en 1970, est devenue plus populaire parmi les fidèles parce qu’elle permettait l’usage de quelques adaptations approuvées, y compris l’usage des langues vernaculaires et des dialectes. Elle est devenue la forme ordinaire de la messe, largement célébrée dans les paroisses.
 « Quand peut-on célébrer la messe tridentine (messe en latin) ? Selon la lettre du pape Benoît XVI, elle peut être célébrée par les prêtres catholiques du rite latin : a) pour les messes privées, b) pour la messe conventuelle ou messe de communauté en accord avec les statuts particuliers de la congrégation, c) dans les paroisses à la demande des fidèles et sous la direction de l’évêque (d’après le Canon 392). Dans ces messes, cependant, les lectures peuvent être faites en langue vernaculaire.
 « La permission donnée par le pape Benoît XVI signifie que la messe en latin et selon la formule du Concile de Trente, d’où le nom de ‘tridentine’, avec le célébrant tournant le dos aux fidèles, peut être célébrée, puisqu’elle n’a jamais été interdite ou abrogée. Pour les nouveaux prêtres, cela exigera une formation pour la messe en latin ». (…)

Revue de la presse canadienne sur la messe traditionnelle
Au Canada, deux journaux anglophones et un quotidien francophone ont ouvert leurs colonnes à la mise en application du Motu Proprio.

« Les prêtres de Montréal disent qu’ils ne sont pas pressés de retourner au latin pour la messe » – publié par  The Gazette  du 25 septembre (Montréal)
 « Le décret du pape ne correspond pas à la réalité, on n’en a même pas parlé », déclare un curé.
 Le pape Benoît XVI a bien pu donner sa bénédiction à un usage plus étendu de la messe traditionnelle en latin dans les églises catholiques du monde entier, sa décision ne fait pas pour autant travailler les prêtres de Montréal sur le latin.
 « Je n’ai pas eu une seule personne à me demander ou même à faire allusion au fait que nous devrions avoir une messe en latin », dit John Walsh, le curé de l’église St. Jean de Brébeuf à La Salle.
 En fait, la décision du pape, cet été, de promouvoir l’ancienne messe en latin n’a pas même été évoquée dans les discussions que J. Walsh a eu avec ses confrères. « J’ai parlé à des prêtres, mais personne n’a amené ce sujet dans la conversation, » a-t-il précisé. « Cela ne signifie rien pour mes amis prêtres. » J. Walsh déclare qu’il a célébré la messe en latin pour la dernière fois dans une église de Dorval en 1968. Mais quand il a demandé à des paroissiens si c’était cette messe qu’ils voulaient, ils ont répondu : « Jamais plus, merci beaucoup ».
 J. Walsh affirme que la décision de l’Eglise catholique, en juillet dernier, d’autoriser un plus large usage de la messe traditionnelle était une tentative du Vatican d’envoyer un rameau d’olivier aux disciples de Mgr Lefebvre, qui s’était séparé de Rome à cause de l’introduction de la nouvelle messe et d’autres réformes dans l’Eglise. Le Vatican l’avait excommunié en 1988 après qu’il ait consacré quatre évêques.
 Les prêtres du coin disent qu’ils ne s’attendent pas à être submergés de demandes pour l’ancienne liturgie parce que les catholiques traditionalistes qui veulent avoir la messe en latin peuvent y assister dans quelques églises de Montréal, en particulier à l’église St. Joseph dans le quartier de la Petite Italie.
 La messe traditionnelle a été largement marginalisée à la suite des réformes de Vatican II, concile qui a eu lieu entre 1962 et 1965. Les langues vernaculaires ont remplacé le latin et les prêtres se sont tenus face à l’assemblée au lieu de lui tourner le dos.
 Avant le décret du pape en juillet dernier, les prêtres ne pouvaient célébrer la messe tridentine qu’avec la permission de leur évêque. Mais depuis ce mois-ci, les prêtres n’ont plus besoin de la permission de l’évêque et peuvent célébrer la messe tridentine si « un groupe stable de fidèles » le demandent, a décrété Benoît XVI.
 Mais John Walsh dit que la majorité de ceux qui vont à la messe aujourd’hui ne veulent pas d’une messe dite en latin.
 Nous utilisons la langue du peuple, ainsi nous pouvons exprimer notre foi et la comprendre, affirme-t-il. « Les gens sont très heureux de pouvoir comprendre le mystère de l’eucharistie dans leur propre langue. »

« Cela met la messe sur un autre plan » - paru dans The Record  du 29 septembre 2007, journal de Kitchener, Ontario.
par Mirko Petricevik
 Les fidèles de Kitchener disent que la messe en latin est comme la redécouverte d’un trésor.
 Pour une petite assemblée de catholiques à Kitchener, dimanche dernier, célébrer (sic) la messe était leur manière habituelle d’entrer dans un mystère divin. Pour d’autres, il leur aurait semblé qu’ils remontaient le temps. Beaucoup de femmes dans les bancs avaient couvert leur tête d’une mantille. Le prêtre accomplit la plus grande partie de la liturgie en tournant le dos à l’assemblée. Et le son qui s’élevait vers les voûtes n’était plus un bruit familier dans les églises depuis 40 ans.
 Les 50 fidèles réunis à l’église catholique romaine de Sainte-Anne assistaient à la grand messe chantée en latin.
 Pour le moment, c’est la seule messe hebdomadaire tridentine célébrée dans la région de Waterloo. A la suite de l’annonce faite par le pape Benoît XVI cet été, il pourrait y en avoir bientôt plus.
 Jusque dans les années 70, la messe tridentine était depuis des siècles la norme pour la célébration de l’Eglise catholique romaine. Mais après Vatican II – plusieurs sessions d’évêques, entre 1962 et 1965, qui décidèrent un aggiornamento de la liturgie –, une nouvelle messe célébrée en vernaculaire devint la norme partout dans le monde. En pratique, la messe tridentine ne pouvait être célébrée qu’avec la bénédiction de l’évêque responsable du territoire ou diocèse, où elle devait avoir lieu. Quand la nouvelle messe a été instituée, il y a près de 40 ans, le changement a été reçu comme un soulagement par certains, mais comme une immense perte par d’autres. Pour beaucoup de catholiques traditionnels, la célébration en latin, avec son décorum, était plus solennelle et plus digne. Des traditionalistes ont défié le Vatican et ont continué à célébrer l’ancienne messe, sans l’approbation des évêque diocésains. Bien que les relations semblent se réchauffer, ces groupes ne sont pas encore entièrement réconciliés. Cependant, pour beaucoup de catholiques, l’ancienne messe comportait des obstacles, comme le latin et le fait que le prêtre célébrait la plus grande partie de la liturgie en tournant le dos aux paroissiens.
 Dans le diocèse d’Hamilton, qui comprend les paroisses de la région de Waterloo, une messe tridentine est régulièrement célébrée depuis les années 80, mais en des lieux différents au cours des ans.
 La tradition incomprise
 « L’orientation du prêtre pendant la messe tridentine est souvent mal comprise », dit l’abbé Howard Venette qui a célébré dimanche dernier à l’église Sainte-Anne.
 « Les églises sont souvent bâties comme des vaisseaux », a-t-il expliqué lors de l’entretien qu’il nous a accordé, « Comme prêtre, ou comme capitaine si vous voulez, le célébrant conduit les fidèles vers Dieu ».
 « Nous sommes tous tournés vers Dieu avec le prêtre comme médiateur et pasteur. Pas simplement dos au peuple ».
 « De même, déclare l’abbé Venette, le latin convient parce que c’est la langue de la messe depuis de nombreux siècles. Le latin élève aussi la messe, ajoute-t-il. Cela élève la messe au-dessus de l’ordinaire, de l’expérience quotidienne et terre à terre des choses. Cela met la messe sur un autre plan ».
 Dans la messe il s’agit « du mystère de la présence du Seigneur. Il est hautement symbolique que la langue soit elle-même mystérieuse ; elle vous amène ainsi à une compréhension du mystère », affirme-t-il.
 L’abbé Venette, le curé de l’Oratoire Reine des Anges à St. Catharines, appartient à la Fraternité Saint-Pierre, dont les membres sont voués à la conservation et à la célébration de la messe tridentine.
 Depuis que Benoît XVI a annoncé que l’approbation de l’évêque du lieu ne serait plus nécessaire à partir du 14 septembre, la Fraternité a été invitée dans plus de 15 diocèses en Amérique du Nord.
 Alors que les paroissiens sortaient de Sainte-Anne dimanche dernier, Virginia Miller bavardait avec les autres fidèles. Elle nous a déclaré qu’elle assistait à la messe tridentine des environs depuis à peu près une dizaine d’années. Elle trouve que c’est la messe la plus pleine de révérence. D’autres paroissiens opinaient du chef. « C’est aussi la messe avec laquelle beaucoup de gens ont grandi », dit-elle. « On a l’impression de revenir chez soi. Mais la messe tridentine n’est pas une question de nostalgie », dit Ray Novokowsky, un autre fidèle qui aide à l’organisation de la messe hebdomadaire. « C’est une redécouverte, déclare-t-il, la redécouverte d’un trésor ».

« Catholiques et... voilées » - dans  La Presse du 24 septembre 2007 (Montréal) 
par Mario Girard
 La plupart des femmes portaient une mantille blanche ou noire. Une affiche à l’entrée de l’église est d’ailleurs consacrée au code vestimentaire.
 La scène est dépaysante. Plusieurs dizaines de fidèles récitent et chantent des prières en latin devant un prêtre entouré d’enfants de choeur. Entre des coups de clochettes et des balancements d’encensoir, on plonge son nez dans un missel.
 Autre détail qui surprend : toutes les femmes ont la tête couverte d’un voile de dentelle. On se croirait dans les années 60. Pourtant, on est bien à Montréal, en 2007, dans une église catholique.
 Tous les dimanches, l’abbé Dominique Boulet se rend à l’église Saint-Joseph, rue Dante, pour y dire la messe en latin. Membre de la Fraternité Saint-Pie X, le prêtre défend depuis une vingtaine d’années le rite latin, qui vient de recevoir l’approbation du pape Benoît XVI.
 « Le 7 juillet dernier, Benoît XVI a publié un motu proprio qui redonne tous ses droits à la messe traditionnelle en latin, explique l’abbé Boulet, assis derrière un bureau, dans une soutane noire qu’il ne quitte jamais. Depuis le 14 septembre, cette décision est officiellement en vigueur », ajoute-t-il.
 Grâce aux trois prêtres de la Fraternité Saint-Pie X du Québec, des messes en latin sont actuellement célébrées à Shawinigan, à Ottawa et à Montréal. La Presse y a assisté à l’église Saint-Joseph. On y a appris que des gens viennent d’aussi loin que Saint-Jérôme ou Cornwall, en Ontario, pour renouer avec des rituels que les moins de 40 ans ne connaissent pas.
 « Ça, c’est une vraie messe », lance un paroissien avec une satisfaction non dissimulée.
 « Dans le rite latin, c’est la seule messe qui traduise véritablement la foi catholique, nous explique Pierre Messier, un autre fidèle. C’est clair que le Novus ordo est déficient. »
 Le Novus ordo, c’est ce qui est né du concile Vatican II, qui s’est déroulé entre 1962 et 1965, et qui a fait entrer l’Église catholique dans la modernité. « Le catholicisme a procédé à une capitulation, reprend M. Messier. Il n’aurait pas dû. Ceux qui ont fait Vatican II avaient des problèmes. »
 Alors que les catholiques du Québec tentaient de redéfinir leurs rites religieux dans des messes à gogo, d’autres fidèles s’obstinaient à vouloir préserver les célébrations latines. Devant l’insistance de l’archevêché de Montréal, qui voulait définitivement mettre un frein à cette pratique, certains avaient même occupé une église au milieu des années 70 pour exprimer leur attachement au traditionalisme. Léo Laberge faisait partie de ceux-là.
 « Nous avons passé 15 jours d’affilée dans l’église Sainte-Yvette en soutien à l’abbé Normandin, qui défendait cela, raconte M. Laberge. J’ai toujours cru en cela. Nos églises sont vides, alors qu’on construit des mosquées à Montréal. Peut-être que, s’il y avait plus de messes comme celles-là, on aurait plus de pratiquants. »
 Des femmes catholiques voilées
 Parmi les personnes qui assistaient à la messe d’hier, il y avait plusieurs femmes. La plupart portaient une mantille blanche ou noire. Une affiche, à l’entrée de l’église, est d’ailleurs consacrée au code vestimentaire.
 « Nous rappelons la tradition bimillénaire qui requiert que les femmes aient la tête couverte », peut-on lire dans ce texte sur la « Modestie chrétienne ». Plus haut, on invite les femmes à porter des « jupes qui tombent huit pouces en-dessous des genoux ».
 « Où est le problème? demande Pierre Messier. Ces femmes ne portent le voile que pendant la messe. Les musulmanes, elles, le portent 24 heures par jour. L’islam ne fait pas la différence entre le civil et le religieux. »
 Venue avec son mari, Michèle Guy s’étonne de notre question. « Ah oui? Il y a un débat sur le port du voile ? Moi je ne vois aucun mal à cela. Ce qui compte, pour nous, c’est de retrouver ce que nous avions perdu. »
 Aux nombreux rituels de la messe traditionnelle en latin sont greffées certaines valeurs. L’abbé Boulet les défend avec aplomb. Le sexe avant le mariage? « C’est non », tranche-t-il. L’homosexualité? « C’est clair, c’est contre nature. » L’alcool et la drogue? « Si c’est un petit verre, ça peut aller. Si c’est un vice, c’est non. » La contraception? « Non, nous suivons l’enseignement de l’Église et cela n’a pas changé. »
 Mais quand on lui demande s’il se conformerait à une décision « révolutionnaire » du Vatican, comme par exemple la reconnaissance du mariage entre conjoints de même sexe, l’abbé Boulet devient hésitant. « On suit l’enseignement... Et de toute façon je ne peux pas croire que l’Église accepterait une chose pareille. »