12 novembre 2007





Notre supplique au Saint-Père
12 novembre 2007 - Paix Liturgique n°69 - contact@paixliturgique.com
12 novembre 2007 – Numéro 69
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Notre supplique au Saint-Père
Il y a quelques jours, nous avons remis à la Nonciature apostolique de Paris une supplique au Saint-Père dont nous vous donnons le texte ci-dessous :
Très Saint-Père,

Ceux qui s’adressent ici à Votre Sainteté n’ont d’autre titre que celui de fils dévoués, qui ont oeuvré pour que le Motu proprio de 1988 soit appliqué dans les diocèses de France. S’ils usent de la forme publique pour cette adresse au Père commun, c’est pour l’émettre au grand jour et non comme une « dénonciation » secrète.
Ils rendent grâce quotidiennement pour le Motu proprio du 7 juillet dernier, particulièrement bénéfique en France pour renouer avec une tradition liturgique restée très vivante et très « jeune », et pour établir au sein des paroisses l’heureuse coexistante des deux formes du rite romain, mettant en place par le fait les conditions de leur enrichissement réciproque.
Or, une majorité d’évêques français vit très mal la promulgation de ce texte pacificateur. On peut ainsi résumer leur attitude : ils accordent enfin des facilités pour l’application du Motu proprio de 1988 dans le but de n’avoir pas à appliquer celui de 2007. Autrement dit, ils préfèrent parquer les fidèles désireux de participer à la forme extraordinaire dans des « réserves d’indiens », plutôt que de favoriser une féconde communion paroissiale.
Paris aurait tout pour être exemplaire dans la réception du Motu proprio : nombre très important de fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite ; attente de beaucoup de catholiques qui assistent à la forme ordinaire mais désireraient participer paisiblement à la forme extraordinaire ; présence enfin de St-Nicolas-du-Chardonnet, « vitrine » de la Fraternité Saint-Pie-X, pour laquelle il importe de faciliter les voies de retrouvailles fraternelles.
Or, toutes les demandes de messes dominicales – quinze à vingt, mais il pourrait en être déposé dans toutes les paroisses – faites auprès des curés de Paris par des groupes stables, ont été rejetées avec des arguments identiques, contraires à l’esprit et à la lettre de la lettre de Votre Sainteté : a) la messe selon la forme extraordinaire dans la paroisse serait dommageable à la communion ; b) il existe déjà à Paris trois lieux concédés par l’archevêque pour l’application du Motu proprio de 1988. Des directives écrites de l’archevêché, appuyées par des explications orales, précisent la manière dont les curés doivent éconduire les demandeurs. A quoi s’ajoute la contrevérité suffocante avancée par Mgr Patrick Chauvet, vicaire général, chargé par l’archevêque de cette question, affirmant qu’aucun groupe stable n’avait fait de demande à Paris. En un mot : l’archevêque de Paris, que tout désigne pour être un exemple de la réception du Motu proprio, est le plus efficace adversaire de son application.
Et voici que quelques mois après sa promulgation, le seul évêque français de la nouvelle promotion cardinalice est Mgr André Vingt-Trois. Cette élévation à la pourpre romaine, qui fait désormais du titulaire du plus important siège français un membre du Sénat du Pape, un représentant de Rome en France, nous donne d’espérer contre tout espoir. Nous tournant vers Votre Sainteté, nous implorons d’Elle, comme du Seigneur dont Elle est le Vicaire, l’équivalent d’un miracle de conversion : « Seigneur, qu’il entende ! », Seigneur, faites que l’archevêque de Paris obéisse au Pape ! Que la pourpre qu’il va recevoir, les conseils qu’il entendra, le rendent docile à cette direction pastorale en faveur de la paix, de la communion interne, de la diffusion missionnaire. A cet égard, l’intérêt primordial des vocations sacerdotales dans une France sinistrée n’est-il pas au premier chef engagé ? Alors que le nombre des séminaristes parisiens vient de retomber au niveau des années noires de 1970 (54), celui des séminaristes dans les établissements traditionnels ou diocésains ou la volonté pontificale est reçue ne cesse de croître (80 à Toulon). Oui, on peut parler d’un effet Motu proprio pour les vocations.
En priant Votre Sainteté de ne pas nous tenir rigueur de notre franchise filiale, et avant de la recevoir, au mois d’Août, au milieu des foules ferventes qui l’accueilleront sur notre terre de France, nous Lui demandons humblement sa paternelle bénédiction apostolique.
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise au nom des 92 000 familles françaises membres de notre association.

Ce qu'il en coûte d'appliquer le Motu proprio : l'exemple du Cantal !
Encore un exemple frappant et affligeant de l''attitude des évêques, dont on va finir par se demander s''ils n''ont pas reçu des consignes opposées aux volontés du Saint-Père, puisqu''ils adoptent tous le même comportement d''ostracisme au même moment.
 Voici ce que nous relevons dans le bulletin officiel du Diocèse de Saint-Flour (N° 18 du 3 octobre 2007) :
 Nominations
  • Les conditions n''étant pas actuellement réunies pour permettre au Père Jean-Louis Dupré l''exercice d''un ministère serein et fécond, sa nomination comme curé d''Allanche est annulée. De nouvelles dispositions pastorales pour ce secteur seront annoncées dès que possible.
    Le Père Dupré est autorisé à prendre un temps de congé hors du diocèse.
  • Le manque de prêtres n''ayant pas permis, finalement, de nommer un curé résident à La Roquebrou...
Faut-il le préciser ? Le Père Dupré, jusque-là curé de La Roquebrou, était favorable et ouvert à l''application du Motu proprio, ce qu''apprenant, une coterie de laïc d''Allanche a refusé la nomination du Père Dupré dans cette paroisse. Monseigneur Grua, récemment nommé, a immédiatement approuvé, et prié instamment l''abbé Dupré de déguerpir de son diocèse, préférant laisser les 15 clochers dépendant de La Roquebrou, sans pasteur fixe.
"Manque de prêtre" ? Non, puisque Mgr Grua expulse un de ses curés de son diocèse. Voilà donc ce qu''il en coûte aujourd''hui en France d''obéir au Pape pour un curé de paroisse : "autorisé à prendre un temps de congé hors du diocèse", quitte à laisser des âmes sans pasteur ! Il faut du courage pour appliquer le Motu proprio, Mgr Grua lance là un avis clair aux curés de paroisse qui seraient tentés d''obéir à Benoit XVI.

Dialogue avec nos lecteurs
► Des amis blessés
Frères en Jésus Christ,
Nous vous prions de bien vouloir cesser de nous adresser La Lettre, qui, après plusieurs lectures, ne nous semble pas vraiment faire oeuvre de Paix... votre souffrance, nous la reconnaissons, mais elle s''exprime avec tant d''orgueil... que de jugements désolants sur les ministres de notre Sainte Mère l''Eglise... nous avons choisi le silence et l''obéissance dans la prière... les oeuvres humaines sont souvent vaines lorsqu''elles sont dans l''amertume...

Hugues et Véronique de B.
Nous avons bien reçu votre réponse et vous en remercions.
Sachez que nous ne jugeons pas nos évêques. Nous sommes de simples fidèles qui souhaitons bénéficier des mesures de paix initiées par Jean Paul II et poursuivies par Benoît XVI. Ce n''est pas porter des "jugements désolants" que de constater que beaucoup de nos évêques (pas tous) ne veulent absolument pas de la paix liturgique et mettent tout en oeuvre pour barrer la route à Benoît XVI.
N''est-ce pas Mgr Ranjith lui-même qui parle de "rébellion contre le Pape", "d''orgueil", de "péchés graves" à l''endroit des clercs qui ne respectent pas la volonté de Benoît XVI de faire cesser la guerre des rites. Pensez-vous que Mgr Ranjith, Secrétaire de la Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements, parle lui aussi dans l''amertume et fait preuve d''orgueil quand il parle ainsi des hommes d''Eglise qui désobéissent au Pape ?
La prière n''empêche pas de dire les choses avec franchise, au contraire.

► Un fidele du diocèse de Toulon nous interroge
Je suis "abonné" depuis quelque temps à Paix liturgique, je n''ai que très rarement le temps de la lire, je voudrai cependant vous écrire quelque chose car aujourd''hui j'ai pris le temps de la lire.
Tout d''abord je suis favorable et très heureux de l''apparition de ce Motu proprio, et l''interdiction de la messe selon le rite st pie V était probablement une erreur.
Cependant votre lettre est résolument hostile envers nos évêques qui malgré ce que vous dites ont beaucoup progressés sur leur prise de position aussi bien pour défendre la famille que l''Eglise en général. En particulier monseigneur Le Gal qui a été ouvertement hostile au PACS et qui a failli de par sa prise de position normale mais louable ne pas être nommé  évêques aux armées.
De plus vous défendez ouvertement la Fraternité Saint Pie X en prenant position contre l''évêque, faut-il vous rappeler que la Fraternité Saint Pie X ne fait pas parti de l''Eglise et ne souhaite pas le devenir... et le fait savoir en chaire régulièrement en critiquant l''Eglise.
La charité que vous demandez doit réellement être réciproque, ne détruisez pas l''Eglise et montrez les améliorations quotidiennes comme par exemple dans le diocèse de Toulon auquel j''appartiens.
Amicalement
Benoit L. (Toulon)
Cher Monsieur,

Merci pour la franchise de votre réponse. Je suis réellement navré que vous trouviez cette lettre hostile "aux évêques" car tel n''est vraiment pas notre propos. Bien au contraire, nous souhaitons donner de l''ampleur au grand mouvement de paix initié par Jean Paul II et poursuivi par Benoît XVI. Hélas, nous ne pouvons que souffrir lorsque nous voyons des directives officielles de certains évêques contredire explicitement la volonté du Saint-Père. Est-ce vraiment être hostile que d''exprimer sa peine et son incompréhension ? C''est hélas une réalité que de constater que certains évêques ne veulent absolument pas de la coexistence pacifique des deux missels qu''encourage notre Pape. Certes il est des évêques, tel le vôtre, Monseigneur Rey, qui sont de vrais apôtres de la paix liturgique et qui ont su se montrer généreux avec les familles attachées à la forme extraordinaire du rit romain. Nous aimerions tant qu''il y ait "d''autres Monseigneur Rey"...
Quant à la FSPX, je pense qu'il ne nous appartient pas de juger et que si le Pape souhaite lui-même une réconciliation, nous nous devons, chacun à notre place d''êtres des ponts et de tout faire pour favoriser la réconciliation. Il est de nombreux fidèles d''Amiens qui assistent à la messe de la FSPX car elle est la seule messe de la ville célébrée dans la forme extraordinaire du rit romain. Ils assisteraient volontiers à une autre messe si l''évêque acceptait d''appliquer le Motu Proprio. Enfin est-il vraiment chrétien de laisser des familles, de jeunes enfants, sans lieu de culte quand de nombreuses églises de la ville sont vides et que nous savons nous montrer généreux et accueillant pour nos frères orthodoxes ou protestants ? 
Bien cordialement,
P.S. : le Mgr Le Gal cité dans la lettre n''est pas l''évêque aux armées mais son homonyme l''évêque de Toulouse.

Qui sommes-nous ?
► Ce que nous sommes

- Des catholiques romains attachés à leur Eglise.
- Des fidèles attachés au Saint-Père.
- Des diocésains qui respectent leurs évêques et qui attendent beaucoup d''eux comme des enfants de leur père.
- Des croyants soucieux de respecter l’enseignement de l’Eglise conformément aux définitions qui ont été renouvelées par le Catéchisme de l’Eglise catholique publié par Jean Paul II en 1992.
- Des chrétiens très nombreux qui désirent vivre leur foi catholique dans leur paroisse au rythme de la forme extraordinaire du rit latin de l''Eglise comme le pape Benoit XVI le propose dans son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

► Ce que nous désirons

- Une application « large et généreuse » des possibilités accordées par l''Eglise en faveur des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
- Il est nécessaire que ces lieux soient des églises où sera célébrée chaque dimanche et fête la liturgie traditionnelle selon le missel de 1962.
- L’enseignement de la foi catholique selon les schémas définis par le catéchisme de l’Eglise catholique publié par le Vatican en 1992.
- L’accès effectif pour tous aux sacrements de la Sainte Eglise selon le missel de 1962.
- La possibilité de développer dans la paix toutes les oeuvres chrétiennes nécessaires aux besoins des fidèles (scoutisme, patronage, chorale, Conférences Saint Vincent de Paul, Domus Christiani, récollections, pèlerinage...)
- Ces communautés en communion avec l’évêque doivent être dirigées par des prêtres bienveillants, soucieux de paix et de réconciliation.

► Pourquoi nous le désirons

- Les querelles dans l’Eglise doivent cesser.
- C’est notre sensibilité et le pape a demandé que cette sensibilité soit accueillie et respectée.
- Au moment où l’Eglise traverse en France une crise grave, il est urgent de mettre en oeuvre une réconciliation entre tous les fidèles.
- C’est par ce moyen et lui seul que se renoueront des liens de dialogue, de charité fraternelle et de respect et que cesseront les invectives.
- C’est surtout répondre au précepte évangélique d’agir en tout pour l’unité des catholiques malgré leurs différences et leurs diversités.

C’est ainsi que l’on pourra véritablement prétendre favoriser l’oecuménisme et entreprendre tous ensemble la nouvelle évangélisation réclamée par l''Eglise.
 

11 novembre 2007





L’Eglise après Vatican II et le motu proprio Summorum Pontificum sur la liturgie
11 novembre 2007 - paroisse-ndc.com
L’Eglise après Vatican II et le motu proprio Summorum Pontificum sur la liturgie.
Le Père Laurent Villemin présente ici la conférence qu’il donnera à NDC le jeudi 22 novembre à 20 h 30 au « 92bis ». [92 bis bd du Montparnasse - 75014 Paris - (en face de l'église), au fond de la cour]

Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a rendu public un Motu Proprio sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Différents médias ont donné échos à ce texte, se limitant bien souvent à s’interroger s’il s’agissait d’un pur et simple retour en arrière et s’il fallait être pour ou contre. Lors de la soirée du 22 novembre 2007, nous tenterons de prendre du recul par rapport aux conséquences pour l’Eglise du texte pontifical sur la liturgie. Acceptant avec obéissance le Motu Proprio, nous regarderons d’abord son contenu en nous efforçant de comprendre de ce qu’est un rite liturgique, la différence entre la forme ordinaire et la forme extraordinaire. Nous serons alors amener à préciser le lien entre la liturgie et la foi, entre ce que la tradition appelle la lex orandi et la lex credendi. Nous pourrons ainsi mesurer la portée de ce texte dans la réception du concile Vatican II et dans le grand mouvement de la vie de l’Eglise.
Dans un deuxième temps, nous verrons comment ce texte interroge notre manière même de comprendre l’Eglise et la vie ecclésiale. Il force à revenir à des fondamentaux : le lien entre la célébration de l’eucharistie et l’Eglise, la communion des Eglises locales dans l’Eglise universelle. Dans ce cadre, c’est la figure de l’évêque diocésain qu’il faut alors mieux saisir, non pas pour une meilleure organisation mais pour revenir à la fraîcheur apostolique de Evangile.
Se pose alors la question de la nature de l’unité de l’Eglise. Dans la mesure où le Motu Proprio s’inscrit dans une volonté d’unité interne de l’Eglise catholique, à quelles conditions cette unité peut-elle devenir véritable ? Ne nous éloigne-t-elle pas du même coup d’une unité avec nos frères chrétiens séparés avec lesquels nous dialoguons dans le cadre de l’œcuménisme.
On l’aura compris ce texte de Benoît XVI est propice à la réflexion. Prenons en le temps et les moyens.
Laurent VILLEMIN
Professeur à l’Institut catholique de Paris
 




Le cardinal Etchegaray sur le célibat sacerdotal et sur le motu proprio
11 novembre 2007 - AFP
PARIS, 11 nov 2007 (AFP) - La question des prêtres mariés "peut se poser", selon le cardinal Etchegaray

La question de l'ordination d'hommes mariés pour répondre au manque de prêtres "peut se poser", selon le cardinal Roger Etchegaray interviewé dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.
"La question peut se poser. Comme cela se passe déjà dans les églises gréco-catholiques", répond le cardinal à la question de savoir si l'ordination d'hommes mariés pourrait être envisagée par l'épiscopat français pour répondre à "la crise des vocations".
"Mais il faut être clair (...) ce n'est pas +la+ solution" à cette crise, ajoute le prélat de 85 ans, vice-doyen du Sacré Collège au Vatican.
Dans l'entretien est également évoquée la récente polémique sur le texte du pape Benoît XVI facilitant la célébration de la messe en latin.
"Le pape a publié ce texte par souci de l'unité de l'Eglise, en souhaitant voir revenir les traditionalistes. On ne sait pas si ça va marcher, attendons", déclare Roger Etchegaray.
Le "motu proprio" du pape Benoît XVI autorisant à nouveau la messe en latin, publié le 7 juillet par le Vatican, est entré en vigueur le 14 septembre.
L'annonce du retour de cette pratique avait suscité beaucoup d'émotion parmi les fidèles, mais dans la réalité peu de prêtres ont été saisis de demandes de messe en latin depuis cette entrée en vigueur.




Nouvelles du séminaire Saint Vincent de Courtalain
Novembre 2007 - Abbé Forestier - Le Mascaret
Nouvelles du séminaire Saint Vincent de Courtalain Chers amis de Bordeaux et d’ailleurs,
On me demande de vous donner quelques nouvelles de la rentrée de votre séminaire.
Bien volontiers je vous livre, avec le choc des photos, les nouvelles les plus fraîches.
Voici, tout d’abord, les chiffres :
Nos braves « anciens » sont toujours là, particulièrement les bordelais chers à vos cœurs! Soit 8 séminaristes en comptant notre frère David. Ils entament l’étude ardue de la philosophie avec enthousiasme.
Les nouveaux sont au nombre de 9 en première année (dont 5 français) qui commencent leur séminaire par une année de « spiritualité » c'est-à-dire de quasi-retraite. Il faut bien se remplir de Notre seigneur Jésus Christ avant d’aborder l’ascension vers la prêtrise !
Nous comptons aussi 7 nouveaux en théologie (dont 2 français). Ces séminaristes nous viennent d’un peu partout, ont déjà étudié de manière satisfaisante la philosophie, et ils ont voulu profiter de la grâce du bon Pasteur pour recevoir une formation profonde. Bien volontiers nous les accueillons.
Enfin notre nouveau frère Dominique qui nous vient de Marseille.
Soit 24 présents au séminaire.
Cela semble moins que ce que nous vous avions annoncé. La raison en est que nos américains du sud (Brésiliens, chiliens, mexicains) sont presque tous bloqués chez eux à cette heure pour des questions de visa.
Soit 10 vocations environ qui attendent de nous rejoindre quand la providence le permettra… Ce qui devrait, quand ils arriveront, porter notre séminaire à 34 !
Quelques autres se présentent encore et frappent à notre porte, ce qui pourrait encore augmenter le nombre…
Pour le corps enseignant, nous avons dû l’étoffer singulièrement : Sont résidents habituels du séminaire les abbés: Héry (directeur), Forestier (directeur adjoint), Vella, Krolikovski, Gaillard, et le Père Frakoviak, soit 6 prêtres.
Un fidèle me faisait remarquer que nous représentions donc à Courtalain presque le tiers des prêtres de moins de 60 ans sur le diocèse de Chartres (ils sont 21…) !
Au-delà des résidents, pour les cours, interviennent les abbés : De Tanoüarn, Perrel, Belon, Fournier, Spinozza ; ainsi que des fidèles de nos amis parmi lesquels un docteur en histoire spécialiste de la liturgie, et un docteur en théologie.
Cette année le séminaire s’est donc sérieusement étoffé. Il tend à devenir une très grosse œuvre et qui devrait encore gagner en importance l’année prochaine vu les contacts que nous avons et les visites d’amis du séminaire.
De même le nombre de nos fidèles dominicaux grandit à vue d’œil et déborde parfois les murs de notre pauvre chapelle.
Aurons nous bientôt une église ici? Oui, mais chut, je n’ai rien dit….
Les soucis matériels et d’organisation sont nombreux comme vous vous en doutez.
Mais ils ne sauraient cacher notre joie profonde de travailler ainsi à l’œuvre de Dieu et pour son Eglise.
Notre Seigneur Jésus Christ nous invite tous à prier pour demander les ouvriers nécessaires pour la moisson. Vos prières semblent bien fonctionner, chers fidèles ! Les moissonneurs arrivent !
Merci de prier encore pour la persévérance de tous, et merci, au nom de tous, pour vos dons qui, à leur manière, nous rappellent votre dévouement pour la belle cause de l’Institut du Bon Pasteur. Que la sainte Vierge vous garde tous.
Pour aider le séminaire, vous pouvez adresser vos chèques libellés à l’ordre de « Association Institut du Bon Pasteur » à l’adresse suivante : Séminaire Saint Vincent, 18 place Alexandre Rillet, 28290 Courtalain
Abbé Henri Forestier
 

10 novembre 2007





Les traditionalistes sans chapelle fixe
10 novembre 2007 - lunion.presse.fr
Les traditionalistes sans chapelle fixe La communauté catholique traditionnelle d'Amiens se rassemblera autour de son prêtre l'abbé Lorber dimanche matin pour une messe en plein air forcée. A la rue ils espèrent par cette action attirer l'attention et que l'évêché ou la ville leur trouve une solution pour célébrer leur culte.
DIMANCHE matin, la messe traditionnelle sera dite sur la place de la cathédrale. L'abbé Lorber et ses 200 fidèles de la communauté catholique traditionnelle (ceux de Mgr Lefèbvre) se retrouvant à la rue, ont décidé de squatter. Ils seront sans doute rejoints dans leur mouvement par d'autres communautés de France et par des responsables de la Fraternité Saint-Pie X.
Depuis 23 ans, le conseil général mettait à la disposition de la communauté d'Amiens une partie de l'ancien couvent du Bon Pasteur, rue Daire dans le quartier Sainte-Anne. C'est là qu'ils se rassemblaient tous les dimanches pour assister à la messe traditionnelle (en latin accompagnée de chants grégoriens et tournée vers l'autel et non pas vers les fidèles).
Local vendu
Le 5 novembre dernier, ce local a été vendu au conseil régional qui le transformera bientôt en crèche.
Depuis plusieurs mois, la communauté était au courant de l'opération et l'abbé Lorber déclare avoir « multiplié les démarches tous azimuts pour trouver une nouvelle chapelle. Nous nous sommes d'abord adressés à l'évêché où on nous à d'abord réservé un très bon accueil, le vicaire général m'avait même rassuré en me disant qu'on allait trouver une solution. Et puis en septembre, ça a été la reculade. Un courrier a été adressé à mon supérieur, l'abbé de Cacqueray qui est supérieur du district de France de la Fraternité de Saint-Pie X pour annoncer que l'évêché ne mettrait pas d'église à notre disposition. »
Dans une impasse
Pour le prêtre traditionaliste cette situation tout à fait nouvelle est complètement injustifiée.
Selon lui, elle est consécutive à une communication de Benoît XVI, un Motu proprio en date du 7 juillet dernier qui « montrait sa volonté de travailler à une réconciliation interne au sein de l'Église. Le geste d'accueil de Mgr Bouilleret s'inscrirait ainsi dans la ligne de ce désir du Saint Père », écrit le prêtre dans un communiqué qu'il distribuera dimanche.
Pour l'évêque, « c'est une interprétation complètement erronée du Motu proprio qui n'est pas à destination de la communauté traditionnelle. Il n'est pas question de mettre un lieu de culte à la disposition d'une communauté qui ne reconnaît ni l'autorité de l'évêque d'Amiens, ni même celle de l'église romaine à travers celle du pape. Il n'y a pas de solution dans la mesure où cette communauté est complètement séparée de l'Église, c'est un mouvement schismatique. »
« C'est faux », rétorque l'abbé Lorber. « Nous reconnaissons le Concile Vatican II mais nous en interprétons certains passages de façon différente. Nous ne le rejetons en aucun cas en bloc. Il fait partie de la vie de l'Église. Ce que dit Mgr Bouilleret est pire qu'une caricature. C'est faux. Le problème c'est qu'il n'a jamais accepté de rencontrer mon supérieur qui lui a écrit deux fois. La première fois, il a renvoyé une carte, la deuxième il ne lui a même pas répondu. Cet homme ne nous connaît pas ».
Pourtant, Bernard Lorber assure n'avoir « rien de personnel contre qui que ce soit à l'évêché d'Amiens mais bien contre la conférence épiscopale qui a très mal réagi au Motu proprio du pape. Il ne reste donc à la communauté traditionnelle d'Amiens, conclut le prêtre, qu'à implorer la ciel en célébrant la messe en plein air malgré le froid et la pluie.
C'est dans cet esprit que le 11 novembre, la messe sera célébrée sur la place de la cathédrale. Ce sera une demande faite à la fois à Dieu et à l'évêque pour obtenir ce qu'il serait si facile à trouver avec un peu de bienveillance et de charité : un lieu de culte pour les prochains mois, pour une communauté désormais sans domicile fixe. »
Marie Joubert

9 novembre 2007





Amiens : Un enjeu qui nous dépasse ?
2007-11-09 - Ennemond - leforumcatholique.org
Quelques esprits ont récemment souri de l'attitude de la FSSPX à Amiens, ont pensé qu'elle se contredisait, qu'elle demandait l'impossible. En réalité, regardez bien, elle intervient à point et, même, elle joue grand seigneur… Les évêques ont, le 11 septembre dernier, indiqué que les communautés ED n'auraient plus leur place dans les diocèses. Leurs jours sont comptés et encore une fois, les évêques essayent de construire ce qu'ils attendent : l'après Benoît XVI. Oui, il faut bien le reconnaître, nous entamons une course contre la montre. Enfin, c'est ce qu'ils semblent penser.
Mais réfléchissons. Si la Fraternité tient (obtient même provisoirement) une église à Amiens, c'est un véritable coup de tonnerre qui retentira dans le ciel de l'Église de France. À l'heure où les communautés ED (FSSP ou IBP) se font recaler aux portes des évêchés ou sont peu à peu démises de leurs bastions, un tel événement ne peut qu'être loué par elles qui trouveront là une véritable aubaine. Par là, la FSSPX engage un acte qui dépasse ses propres intérêts et qui servira l'intérêt de toute l'Église de France. Je ne suis pas certain que tous aient considéré l'ampleur et l'enjeu d'Amiens.
Ce qui se joue à Amiens, c'est non seulement la présence de la Fraternité en Picardie, mais c'est surtout l'avenir des communautés traditionalistes en France . Les vannes en faveur de la Tradition vont-elle s'ouvrir ou seront-elles définitivement fermées ?
Soyez bien certains que les faits ne tombent pas au hasard. La réaction de Mgr Ranjith dans ce contexte laisse songeur. Un des principaux prélats de la Curie qui appelle au respect du Motu Proprio et qui admoneste les autorités diocésaines en leur demandant de se libérer de l'idéologie et de l'orgueil n'est pas le fruit du hasard. Il donne la mesure de ce que la Curie peut penser de l'attitude de nos évêques. Ce week-end, Rome compte sur les ouailles… Le succès de ce dimanche peut donner des arguments au Saint Siège pour reconsidérer la situation d’autant plus que Rome n’est pas dupe de l’état statistique de l’Église de France. (Hier, le journal Matin Plus annonçait que les églises du pays allaient probablement être affectées à d'autres destinations qu'au culte...)
Rome sait que les évêques de France sont décidés à contrecarrer le Motu Proprio en le minimalisant. Le pape nous a donné le Motu Proprio et il a fait ce qu'il a pu. Il nous demande implicitement de réagir : Soit le Motu Proprio obtient une réponse de fidèles décidés à réagir et une œuvre de restauration pourra être envisagée. Soit il demeurera lettre morte sous l'action conjuguée des évêques décidés à l'enterrer.
L'application du Motu Proprio ne passe pas simplement par des regroupements et des demandes de groupes stables, il passe aussi par des actions particulièrement symboliques. Amiens en est une. Il me semble que tous ceux qui ont lucidement compris que cet événement dépassait le sort de la FSSPX devraient se mobiliser sans compter les distances. C'est vraiment l'avenir de l'Église de France qui se joue sur un parvis de cathédrale.
 

8 novembre 2007





L’Epreuve de la charité
8 novembre 2007 - La Lettre de Paix liturgique - contact@paixliturgique.com
La Lettre de Paix liturgique 8 novembre 2007 – Numéro 68
L’Epreuve de la charité
► Le 5 novembre dernier, Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, Secrétaire de la Congrégation du Culte Divin et de la Discipline des Sacrements, déclarait au micro de Petrus (Quotidien en ligne sur le Pontificat de Benoît XVI) :
Petrus : Excellence, quel accueil a reçu le Motu proprio qui a libéré la Sainte Messe selon le rite Tridentin ?
Mgr Ranjith : Certains, au sein même de l''Eglise, ont un peu fait la moue... Il y a eu des réactions positives et, il est inutile de le nier, des critiques et des prises de position contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et jusqu''à des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d''éloignement et, pourquoi pas, de rébellion contre le Pape. J''invite tous, surtout les pasteurs, à respecter la sagesse du Pape qui est le successeur de Pierre. Les évêques en particulier doivent être des modèles de communion au Pontife : qu''ils soient donc fidèles à leur engagement !
Petrus : Selon vous pourquoi ces manifestations contraires au Motu proprio ?
Mgr Ranjith : Vous savez qu''il y a eu dans certains diocèses des documents d''interprétation qui visent, chose incompréhensible, à limiter le Motu proprio. Derrière ces décisions se cachent d''une part des préjugés idéologiques et d''autre part l''orgueil, l''un des plus graves péchés. Je répète : Tous sont invités à s’associer à la générosité du pape. Si le Saint-Père a jugé nécessaire un tel Motu proprio, c''est qu''il avait de bonnes raisons que je partage entièrement.
► Les commentaires de Paix liturgique :
En effet, il existe dans nos diocèses de France, de nombreux cas de « documents d’interprétation » visant à « limiter le Motu proprio » ou à en empêcher l’application pratique.

Il faut croire que « la volonté du Pape » longtemps lamentablement invoquée par certains évêques français pour refuser d’autoriser la célébration de messes traditionnelles, est aujourd’hui largement bafouée par ces mêmes successeurs des apôtres… N’est-ce d’ailleurs pas Monseigneur Le Gall, archevêque de Toulouse et ancien Père Abbé de Sainte-Anne de Kergonan, qui osait déclarer sur les ondes de Radio Notre-Dame le 28 juin dernier en parlant du Motu proprio annoncé : « En France, nous ne souhaitions pas ce document » ?

Comme le disait récemment un prêtre du diocèse de Nanterre – pourtant réputé conservateur – à une famille qui lui confiait son désir de bénéficier du Motu proprio de Benoît XVI dans leur paroisse « Benoît XVI fait ce qu’il veut dans son église, je fais ce que je veux dans la mienne. La messe en latin irait à l’encontre de l’unité de la paroisse et de notre fidélité à l’évêque. Ce texte (le Motu proprio) ne me concerne pas et de toute façon profitez-en car quand Benoît XVI sera mort, toutes ces histoires de latin ce sera heureusement définitivement terminé ! ».

La plupart du temps, les détracteurs du Motu proprio agissent de manière plus subtile et se couvrent même du désir d’appliquer la volonté du pape pour mieux la trahir.

La situation parisienne est exemplaire en la matière. Monseigneur Chauvet, Vicaire Général de l’Archevêché de Paris et déjà surnommé « Monsieur Anti Motu roprio », affirmait le 10 octobre dernier sur les ondes de radio Notre-Dame « aujourd’hui nous avons une quinzaine simplement de demandes... de personnes privées... donc je veux dire par là qu’il n’y a pas de groupe stable, aujourd’hui nous n''avons pas de groupe stable ».

Une note de Monseigneur Chauvet en date du 26 septembre 2007, intitulée « Mise en place du Motu proprio à Paris » a même été distribuée à l’ensemble des curés parisiens afin de leur expliquer la marche à suivre. Voici cette note :
Mise en place du Motu proprio à Paris

« Si des demandes de célébration selon le missel de 1962, se présentent dans votre paroisse, vous voudrez bien les étudier avec générosité et me faire les suggestions pastorales que vous estimez justes. »

Pour chaque demande :

– Prendre rendez-vous avec celle ou celui qui demande une telle célébration

– Vérifier la consistance paroissiale de ce groupe : noms et adresses des demandeurs pour voir s’ils sont sur le territoire paroissial ?

– Que souhaitent-ils ? Le latin ? Le grégorien ? Une messe selon le missel de Paul VI en latin peut peut-être répondre à leurs attentes.

Voici les lieux de culte avec Messe en grégorien :

Notre-Dame de Paris – dimanche à 10 h

Saint-François Xavier – dimanche à 9 h

La Madeleine – dimanche à 11 h

Saint-Louis d’Antin – dimanche à 10 h 30

Saint-Pierre de Chaillot – dimanche à 19 h

Abbaye Sainte-Marie (La Source) – dimanche à 11 h


– Transmettez les trois lieux avec les horaires où se célèbre la messe selon le missel de 1962.

Saint-Germain l’Auxerrois : du lundi au vendredi à 18 h Le dimanche à 10 h

Sainte-Odile : du lundi au vendredi : 18 h Le samedi matin à 11 h 30 Le dimanche 9 h 30 et 18 h

Saint-Eugène – Sainte-Cécile : du lundi au vendredi : 19 h Le dimanche à 11 h

La question des Sacrements :

Le Baptême et le Mariage

Prendre le temps de discerner la demande.

– Veulent-ils le rituel ? Le latin ? On peut très bien célébrer le baptême et le mariage en latin selon les rituels en vigueur.

– Sont-ils de la paroisse ? Si oui, qui va célébrer ?

– C’est un prêtre ami ou de la famille, vérifier sa situation canonique.

– Si on demande un prêtre, c’est au curé de désigner le célébrant.



La Confirmation, elle est déjà célébrée tous les deux ans à Saint-Eugène selon l’ancien rituel par un évêque. (Elle a lieu cette année le dimanche 4 mai à 11 h).

Enfin la question des obsèques : nous proposerons une liste des prêtres diocésains capable de célébrer pour éviter l’arrivée de prêtres « tous azimuts »

Il est de toute façon préférable que ce soit des prêtres du diocèse de Paris qui célèbrent selon ce missel pour souligner la communion et permettre une intégration dans les paroisses du diocèse.

Merci de transmettre au Père Chauvet, les demandes et vos réponses pour qu’il puisse faire un état de tout ce qui est demandé, accepté ou refusé.
► Les commentaires de Paix Liturgique :
Une lecture rapide de cette note pourrait laisser une impression sinon positive tout au moins neutre à l’égard des demandes de célébration de la forme extraordinaire du rit romain.

Mais force est de constater qu’à Paris, l’évêché semble ne pas connaître le Motu proprio du 7 juillet 2007 et simplement découvrir l’indult du 3 octobre 1984…

On notera au passage que cette note enterre purement et simplement la messe traditionnelle de Notre-Dame du Lys (15e arrondissement) « remplacée » par une église du… 1er arrondissement. Est-ce bien l’esprit du Motu proprio ?

Pourquoi prendre les catholiques qui demandent la célébration de la messe traditionnelle pour des simplets qui finalement n’y connaissent rien et ne savent pas pourquoi ils demandent cette forme de l’unique rit romain ? La logique de l’archevêché de Paris est implacable : si des personnes demandent la forme extraordinaire du rit romain, c’est sans doute qu’ils veulent en réalité la forme ordinaire du rit romain… Evidemment, il fallait y penser. Mais la forme ordinaire du rit romain n’est-elle pas déjà censée être célébrée dans l’ensemble des paroisses parisiennes ? Quelle liturgie y est alors célébrée si ce n’est le cas ?

Le latin et le grégorien ne sont pas la question.

Le cadre normal de la célébration de la forme extraordinaire du rit romain est la paroisse. L’enrichissement réciproque des deux formes d’usage du rit romain visé par la lettre de Benoît XVI qui accompagnait le Motu proprio n’a de sens et n’est possible que si ces deux formes de la liturgie coexistent dans les paroisses.

Hors à Paris, on commence à se presser d’appliquer le Motu proprio de 1988 ou l’indult de 1984 avec leurs « réserves indiennes » pour ne pas avoir à appliquer celui de 2007. Pourquoi refuser la coexistence des formes liturgiques ?

Pourquoi aucune réunion officielle en vue d’évaluer la demande parisienne n’est -elle organisée par l’évêché ?

Pourquoi à Paris, les groupes stables déjà identifiés (aujourd’hui à Paris près 40 groupes en gestations et plus de 10 groupes structurés) ne sont-ils pas « connus » de Monseigneur Chauvet ?

Pourquoi leurs demandes sont-elles ignorées et n’aboutissent-elles pas ?

Pourquoi les curés qui aimeraient appliquer le Motu proprio sont-ils contraints au silence et ne peuvent-ils dans les faits suivre les recommandations du pape en raison des pressions ecclésiastiques ?

Pourquoi cherche-t-on à mentir au Pape en disant qu’il n’y a pas de demande, pas de groupe stable…

Il est temps de bâtir une vraie paix liturgique dans chacune de nos paroisses et d’invoquer de faux prétexte pour ne pas appliquer le Motu proprio.

Oui, les catholiques français et leurs pasteurs sont aujourd’hui confrontés à l’épreuve de la charité fraternelle, sauront-ils y répondre en disciples du Christ ?

Sylvie Minpontel

Comment rejoindre un « groupe stable » ?
► A la suite de notre précédente lettre vous avez été plusieurs centaines, de toute la France, à nous faire part de votre désir de sortir de l’isolement…

Notre rôle n’est pas d’agir à votre place, en revanche nous pouvons vous aider à vous retrouver, à entrer en relation avec d’autres qui comme vous veulent sortir de l’anonymat et se regrouper pour former un groupe stable pour assister, dans votre paroisse ou votre ville, à une messe célébrée selon la forme extraordinaire du rite latin.
A votre service : contact@paixliturgique.com

Un groupe stable dans le diocèse de Saint-Denis
► Des fidèles isolées du diocèse de Saint-Denis sont en train de former plusieurs groupes stables dans ce diocèse si déchristianisé, ils ont besoin de votre aide, ils ont besoin que se tissent entre eux les liens indispensables, ils ont besoin de se retrouver pour mûrir leur projet. info@motuproprio93.com

Miracle à Reims
► Les incrédules ne croient pas aux miracles, c’est bien connu, et les esprits forts se gaussent de ces sornettes pour enfants, fussent-elles relatées dans les évangiles… et pourtant ceux qui ont des yeux pour voir peuvent assister encore aujourd’hui à une sorte d’actualisation du miracle de la multiplication des pains par Notre Seigneur.

En voici un exemple : Hier encore il était de bon ton d’affirmer qu’à Reims ils étaient peu nombreux ceux qui imploraient leur évêque pour qu’il autorise la célébration d’une messe traditionnelle dans la métropole champenoise… certains allaient même jusqu''à affirmer que cela ne concernait qu’une seule famille… et puis le miracle survient le jour ou l’archevêque accorde la célébration tant désirée lorsqu’ils se retrouvent dans l’église à plus de 200 fidèles… voilà sans doute pourquoi ceux qui n’aiment pas les miracles sont si lents à tenter l’expérience de la liturgie traditionnelle.

Site de Paix liturgique Reims : http://www.paixliturgiquereims.org/

Une Messe Traditionnelle à la Défense (Diocèse de Nanterre)
Les personnes qui souhaitent rejoindre le groupe de fidèles qui désirent la célébration en semaine d’une messe selon la forme extraordinaire de l’unique rite latin à Notre-Dame de Pentecôte à la Défense peuvent entrer en contact avec Cyrille Daubigny cyrille.daubigny@libertysurf.fr

Scandale à Amiens
Rappelons tout d’abord qu’à ce jour aucune messe n’est célébrée à Amiens selon la forme extraordinaire du rite latin… ce n’est pas par manque d’un groupe stable de fidèles… car chaque dimanche la fraternité Saint Pie X y réunit plus de 100 familles qui n’ont pas d’autres choix que de fréquenter son prieuré. Ceux sont ces fidèles qui aujourd’hui nous appellent à leur secours ; saurons-nous les aider ?

Texte du communiqué des catholiques d''Amiens attachés à la forme extraordinaire du rite :
Le conseil général de la Somme ayant décidé de vendre le local qui abritait la chapelle de la Fraternité Saint-Pie-X, la communauté des fidèles se retrouve désormais à la rue. En dépit de nos multiples demandes et suppliques depuis plusieurs mois, Mgr Bouilleret, l''évêque d''Amiens, refuse de nous concéder, même à titre provisoire, un lieu de culte et nous contraint à célébrer la messe dans la rue.

Est-ce le respect de l''esprit du Motu proprio de Benoît XVI qui amène Mgr Bouilleret à refuser cette messe dont le pape vient de dire qu''elle n''avait jamais été abrogée ? N''est-ce pas plutôt un signe de son refus de l''apaisement souhaité par le pape ?



Tous à Amiens

Le dimanche 11 novembre 2007

Messe à 10h sur la place de la cathédrale

Le diocèse d''Amiens ne compte plus que 65 prêtres en activité

Les centaines d''églises du diocèse sont vides, sous-utilisées, voire fermées.

Nous avons des prêtres. Nous avons des fidèles. Tous souhaitent vivre en catholique à Amiens avec la messe de toujours.

Pour manifester votre attachement à la liturgie traditionnelle de l''Eglise, nous comptons sur votre présence le 11 novembre prochain, place de la cathédrale à 10h.

Renseignements : 03 22 80 00 59

Qui sommes-nous ?
► Ce que nous sommes
- Des catholiques romains attachés à leur Eglise.
- Des fidèles attachés au Saint-Père.
- Des diocésains qui respectent leurs évêques et qui attendent beaucoup d''eux comme des enfants de leur père.
- Des croyants soucieux de respecter l’enseignement de l’Eglise conformément aux définitions qui ont été renouvelées par le Catéchisme de l’Eglise catholique publié par Jean Paul II en 1992.
- Des chrétiens très nombreux qui désirent vivre leur foi catholique dans leur paroisse au rythme de la forme extraordinaire du rit latin de l''Eglise comme le pape Benoit XVI le propose dans son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.
► Ce que nous désirons
- Une application « large et généreuse » des possibilités accordées par l''Eglise en faveur des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
- Il est nécessaire que ces lieux soient des églises où sera célébrée chaque dimanche et fête la liturgie traditionnelle selon le missel de 1962.
- L’enseignement de la foi catholique selon les schémas définis par le catéchisme de l’Eglise catholique publié par le Vatican en 1992.
- L’accès effectif pour tous aux sacrements de la Sainte Eglise selon le missel de 1962.
- La possibilité de développer dans la paix toutes les oeuvres chrétiennes nécessaires aux besoins des fidèles (scoutisme, patronage, chorale, Conférences Saint Vincent de Paul, Domus Christiani, récollections, pèlerinage...)
- Ces communautés en communion avec l’évêque doivent être dirigées par des prêtres bienveillants, soucieux de paix et de réconciliation.
► Pourquoi nous le désirons
- Les querelles dans l’Eglise doivent cesser.
- C’est notre sensibilité et le pape a demandé que cette sensibilité soit accueillie et respectée.
- Au moment où l’Eglise traverse en France une crise grave, il est urgent de mettre en oeuvre une réconciliation entre tous les fidèles.
- C’est par ce moyen et lui seul que se renoueront des liens de dialogue, de charité fraternelle et de respect et que cesseront les invectives.
- C’est surtout répondre au précepte évangélique d’agir en tout pour l’unité des catholiques malgré leurs différences et leurs diversités.

C’est ainsi que l’on pourra véritablement prétendre favoriser l’oecuménisme et entreprendre tous ensemble la nouvelle évangélisation réclamée par l''Eglise.
 

7 novembre 2007





A Amiens, des catholiques à la rue !
7 novembre 2007 - catholiquesalarue@free.fr
A Amiens, des catholiques à la rue ! Depuis 1972, la communauté catholique traditionnelle d’Amiens, desservie par les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X et attachée à leur ministère, célèbre dans la paix le culte à la chapelle du Bon Pasteur, 45 rue Pointin, qui appartient au Conseil général de la Somme.
Or, en mai dernier, le Conseil général a vendu cette chapelle, en sorte que la communauté catholique traditionnelle d’Amiens se retrouve à la rue depuis le lundi 5 novembre 2007.
Durant les cinq derniers mois, la communauté catholique traditionnelle d’Amiens a évidemment déployé de gros efforts pour trouver un autre lieu de culte. Ces efforts n’ont pour le moment pas abouti.
Dans cette situation difficile, la communauté s’est tournée vers l’évêque, Mgr Jean-Luc Bouilleret, père de tous les catholiques du diocèse, quelle que soit leur dénomination, pour solliciter de sa haute bienveillance la mise à disposition, ne fût-ce que quelques heures chaque dimanche, d’un édifice, à Amiens ou dans sa proche banlieue.
Matériellement, cela ne soulève guère de difficulté. La pénurie de prêtres (une soixantaine de prêtres en activité sur le diocèse, actuellement) entraîne, en effet, que de nombreuses églises d’Amiens et de sa proche banlieue restent vides et inoccupées la plupart des dimanches de l’année. Une telle mise à disposition pourrait donc très facilement se faire sans léser les droits du diocèse, ni gêner les communautés paroissiales.
Le pape Benoît XVI a montré pour sa part, notamment à travers le Motu proprio du 7 juillet dernier, sa volonté de travailler à « une réconciliation interne au sein de l’Église », en « ouvrant généreusement son cœur » : le geste d’accueil de Mgr Bouilleret s’inscrirait ainsi dans la ligne de ce désir du Saint-Père. Des exemples de mises à disposition de lieux de culte, en France, par des évêques diocésains, ont été fournis à Mgr Bouilleret : l’évêque d’Amiens peut sans difficulté accomplir pour des catholiques ce que certains de ses collègues ont fait pour des non-catholiques. L’évêché d’Amiens a d’ailleurs pour sa part accompli des gestes forts d’accueil, par exemple en recevant les musulmans sur le parvis de la cathédrale à l’occasion de divers événements : porter secours à des frères catholiques dans la détresse s’inscrirait évidemment dans cette orientation d’accueil et de partage.
Mais, le 16 septembre, une lettre de l’évêque a constitué une fin de non-recevoir : « J’ai le regret de vous informer que nous ne pouvons mettre à votre disposition même temporaire une église affectée sous ma responsabilité », écrit le prélat. Et malgré tous les contacts, malgré toutes les suppliques, sans même avoir accordé à la communauté la faveur d’une rencontre personnelle, Mgr Bouilleret a maintenu depuis ce jour sa décision : pas d’accueil, par de mise à disposition, pas d’ouverture.
Il ne reste plus à la communauté catholique traditionnelle d’Amiens qu’à implorer le Ciel, en célébrant la messe en plein air, malgré le froid et la pluie. Il ne lui reste plus qu’à insister « à temps et à contretemps » auprès de l’évêque pour qu’il revienne sur sa décision et accueille « dans un esprit de générosité », à l’image du pape Benoît XVI, les catholiques de la communauté catholique traditionnelle d’Amiens mise à la rue.
C’est dans cet esprit que, le 11 novembre, la communauté traditionnelle d’Amiens célébrera la messe sur la place de la cathédrale, à Amiens, à 10 h 00. Ce sera une demande faite à la fois à Dieu et à l’évêque pour obtenir ce qu’il serait si facile à trouver avec un peu de bienveillance et de charité : un lieu de culte les prochains mois, pour une communauté désormais sans domicile fixe.
Dimanche 11 novembre 2007, à 10 h 00,
messe devant la cathédrale d’Amiens

Contact Communauté catholique traditionnelle d’Amiens :
03.20.89.95.22 ou catholiquesalarue@free.fr
 

6 novembre 2007





L’IBP à Marseille ?
6 novembre 2007 - Abbé Philippe Laguérie - institutdubonpasteur.org
Cher Monsieur l’abbé, voici ma question :
Comment l’IBP peut-il s’installer à Marseille sans avoir l’accord de l’évêque ? Existe-t-il des articles du Code de Droit Canon qui vous le permettent ou bien refaites-vous Saint Nicolas du Chardonnet dans la capitale phocéenne ? Dans le deuxième cas, puis-je vous dire respectueusement combien je trouverais cette idée fort peu lumineuse même si, à Marseille, le jeu en vaudrait bien la chandelle ?
En vous remerciant d’éclairer ma lanterne et celle de beaucoup qui suivent votre action avec sympathie...
Emmanuel Buffet - Langon


L’IBP à Marseille ?
6 novembre 2007 - par Abbé Philippe Laguérie
Cher monsieur,
Merci de me poser sereinement la question qui agite fébrilement les esprits. L’I.B.P. et son fougueux modérateur sont-ils en train de faire des fondations sauvages au risque de contrister Rome - qui les soutient, c’est une évidence - et de donner des arguments aux évêques français. En un mot, cherchent-ils le bâton pour se faire battre ?
Vous noterez tout d’abord que ce sont massivement les partisans de la Fraternité saint Pie X qui reprochent à l’I.B.P. cette prétendue illégalité. C’est assez amusant et quelque peu cocasse ! Bref, ils jouent les vierges effarouchées, eux qui transgressent joyeusement et habituellement les juridictions en place et se font gloire de leur affranchissement général de la loi, pour reprocher aux honnêtes citoyens leurs « incartades ». C’est l’ivrogne qui conduit à 140 km/h dans un village et hurle sur le piéton qui traverse en dehors des clous. L’Evangile dit mieux : « filtrer le moucheron et avaler le chameau ».
D’autant, on va le voir, qu’il n’y a pas plus de moucheron que d’arête dans une dinde ! De quoi s’agit-il, en effet ?
Le droit canon est très strict au sujet de l’implantation d’une maison religieuse (qu’elle soit une communauté de vie religieuse ou une communauté de vie apostolique : les canons des uns renvoient aux autres) dans un diocèse : rien ne peut se faire sans l’accord explicite et écrit de l’évêque. C’est d’ailleurs tout à fait normal : comment l’ordinaire du lieu pourrait-il subir la création d’une quelconque instance catholique dans son diocèse ? Ce serait la négation de son pouvoir.
Qu’il s’agisse d’une paroisse, d’une chapelle et même d’un oratoire privé : la même autorisation est requise. On ne peut pas jouer là-dessus : l’ancien et le nouveau code de Droit Canon sont formels. Le débat n’est donc pas là.
Une première question se pose lorsque l’évêque, dûment sollicité, fait le mort. Qu’il n’y a pas moyen de le rencontrer, qu’il ne répond pas aux courriers, qu’on ne peut obtenir de lui aucun échange, écrit ou oral. Bref, qu’il n’y a pas moyen de connaître son opinion. Ne croyez pas que je pose ici une question spéculative : à ce jour cinq évêques français ont refusé de me recevoir ou même d’avoir un simple échange épistolaire courtois. Une vingtaine m’ont reçu très sympathiquement et nous sommes en relation, heureusement. Mais cette première question, qui en pose beaucoup d’autres, je vous le concède, n’est pas dirimante : puisqu’il faut l’accord de l’évêque et qu’on ne peut pas l’obtenir, le présumer n’est pas possible. On peut tout au plus déplorer leur absence et craindre, dans ce dialogue, une certaine herméneutique de la rupture…
Le vrai et décisif argument est tout autre et je m’étonne qu’il puisse échapper aux fins limiers qui dégoisent à longueur de journée sur le net. Le Motu Proprio rappelle un argument classique et nouvellement appliqué au rite traditionnel : tout prêtre « idoine » peut célébrer sa messe privée, sans aucune autorisation de qui que ce soit (art 2). De plus, les fidèles qui le souhaitent peuvent profiter de son ministère, assister à sa messe (art 4). Ces possibilités, offertes très explicitement par le Motu Proprio, ne constituent en rien la création d’une paroisse, d’une chapelle (au sens canonique) ni même d’un oratoire privé. Et partant, ne tombent pas du tout sous les interdictions du Droit Canon en la matière. N’est-ce pas aussi l’expression du bon sens le plus élémentaire ? Un prêtre catholique célèbre une messe catholique et des catholiques y assistent. Pas de quoi en faire un fromage.
L’ordinaire du lieu peut toujours interdire le ministère canonique, les célébrations publiques etc... refuser d’écouter, de recevoir ; et même condamner sans appel des gens qu’il ne connaît pas et refuse de connaître. C’est sa responsabilité devant Dieu, son seul juge avec le Pape. En revanche, Il ne peut canoniquement interdire la célébration privée de prêtres idoines, pas plus que l’assistance des fidèles désireux. Il y faudrait des fautes très graves, prévues par le Droit et qu’il ne peut inventer.
En outre, et dès lors que nous nous abstenons du ministère publique et de la charge des âmes, qui relève de l’évêque, toute immixtion dans les affaires internes d’une société de vie apostolique, de Droit pontifical par surcroît, est un abus manifeste de pouvoir. Le canon 738 §1 et 2 est très précis à ce sujet : « Tous les membres (des sociétés de vie religieuse ou apostolique) sont soumis à leurs propres modérateurs selon les constitutions en ce qui regarde la vie interne et la discipline de la société ». « Ils sont soumis à l’évêque diocésain en ce qui regarde le culte public, la charge des âmes et les autres œuvres d’apostolat ». On constate donc qu’un évêque qui intervient auprès de prêtres d’un institut, en dehors d’un apostolat public qu’il n’aurait pas cautionné, abuse manifestement de son pouvoir.
Ce qui veut dire que l’I.B.P. a parfaitement, et en tous points, respecté le droit de l’Eglise et que ceux qui disent le contraire sont de simples voyous, qui utilisent faussement contre nous un droit canon qu’ils ne respectent pas.
Quant à la volonté expresse du Pape, plusieurs fois édictée, de voir les Instituts de vie apostolique prendre une part active au sein des diocèses, il me semble qu’elle lie les évêques, non ? « Les évêques impliqueront dans les nécessités pastorales les instituts de vie consacrée et les nouvelles réalités ecclésiales, dans le respect de leur charisme propre et ils solliciteront tous les membres du clergé à une plus grande disponibilité pour servir l’Eglise là où il en est besoin, même au prix de sacrifice » (Sacramentum Caritatis § 25). On trouve déjà cette même doctrine sous la plume du Cardinal Ratzinger dans une conférence de 1998.
L’évidente bienveillance du Motu Proprio en ce domaine devrait rapidement franchir les Alpes sans rien perdre de sa bonté ! A ces fidèles désemparés de voir les choses n’avancer pas assez vite, je redis la phrase du Pape (art 7) : « l’évêque est instamment prié d’exaucer leur désir ».
 

5 novembre 2007





Entretien de Mgr Ranjith
5 novembre 2007 - Petrus - motuproprio.fr
Entretien de Mgr Ranjith Entretien exclusif accordé par Son Excellence Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, accordé au site italien “Petrus” qui l’a publié ce lundi 5 novembre.

Question : Excellence, quel accueil a reçu le motu proprio de Benoît XVI qui a libéralisé la Sainte Messe selon le rite tridentin? Quelques uns, dans le sein même de l’Eglise, ont un peu “tordu le nez”… (note du traducteur: expression italienne que nous reportons littéralement en français en raison de l’image éloquente).
Réponse : “Il y a eu des réactions positives et, inutile de le nier, des critiques et des prises de positions contraires, même de la part de théologiens, liturgistes, prêtres, évêques et aussi des cardinaux. Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et – pourquoi pas? - de rébellion contre le Pape. J’invite tout le monde, mais par dessus tout les pasteurs, à obéir au Pape, qui est le successeur de Pierre. Les évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife: qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement.”
Question: A votre avis, à quoi sont dues ces manifestations contraires au motu proprio ?
Réponse : “Vous savez qu’il y a eu, de la part de quelques diocèses, aussi des documents d’interprétation qui visent inexplicablement à limiter le motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d’une part
Des préjugés de type idéologique et d’autre part l’orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète: j’invite tout le monde à obéir au Pape. Si le Saint Père a retenu de devoir publier le motu proprio, il a eu ses raisons que pour ma part je partage pleinement.”
Question : La libéralisation du rite tridentin décidée par Benoît XVI est perçue comme le juste remède à tant d’abus liturgiques tristement enregistrés après le concile Vatican II avec le “novus ordo”…
Réponse : “Faites attention, je ne veux pas critiquer le “novus ordo”. Cependant je me prends à rire quand j’entends dire, même par des amis, que dans une paroisse un prêtre est saint en raison de l’homélie ou de la manière dont il parle. La Sainte Messe est un sacrifice, un don, un mystère, indépendamment du prêtre qui la célèbre. Il est important, voire fondamental, que le prêtre se mette de côté : le protagoniste de la Messe, c’est le Christ. Je ne comprends pas, donc, les célébrations eucharistiques transformées en spectacle avec des ballets, des chants ou des applaudissements, comme malheureusement cela arrive souvent avec le “novus ordo”.
Question : Monseigneur Patabendige, votre Congrégation a plusieurs fois dénoncé ces abus liturgiques…
Réponse : “C’est vrai. Il existe tellement de documents que cependant ils sont de façon déplaisante restés lettre morte, oubliés dans des rayons poussiéreux ou, pis encore, à la corbeille à papiers.”
Question : Un autre point: de nombreuses fois on assiste à des homélies très longues…
Réponse : “Ceci aussi est un abus. Je suis opposé aux ballets et aux applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont pas un cirque ni un stade. En ce qui concerne les homélies, elles doivent regarder exclusivement l’aspect catéchétique, comme l’a souligné le Pape, en évitant la sociologie et les bavardages inutiles. Comme exemple, souvent les prêtres la font porter sur la politique parce qu’ils n’ont pas bien préparé l’homélie, qui au contraire doit être étudiée scrupuleusement. Une homélie excessivement longue est synonyme de peu de préparation: le temps juste pour une prédication doit être de 10 minutes, au maximum 15. Nous devons bien nous rendre compte que le moment culminant de la célébration est le mystère eucharistique, je ne le dis pas diminuer la liturgie de la Parole mais pour clarifier de quelle manière une liturgie correcte est mise en œuvre.”
Question : Revenant au motu proprio, quelques uns critiquent l’emploi du latin durant la Messe…
Réponse : “Le rite tridentin fait partie de la tradition de l’Eglise. Le Pape a convenablement expliqué les raisons de sa mesure, un acte de liberté et de justice envers les traditionalistes. Pour ce qui est du latin, je voudrais souligner qu’il n’a jamais été aboli, et qu’en plus il garantit l’universalité de l’Eglise. Mais je le répète: j’invite les prêtres, les évêques, les cardinaux à l’obéissance, laissant de côté tout type d’orgueil et de préjugés.”
Source & traduction : motuproprio.fr




Motu Proprio : Tous invités à l'obéissance. A la Messe, nous ne sommes ni au cirque, ni dans un stade !
5 novembre 2007 - Monseigneur Albert Malcolm Ranjith  - evangelium-vitae.org / Petrus
Motu Proprio : Tous invités à l'obéissance. A la Messe, nous ne sommes ni au cirque, ni dans un stade ! Monseigneur Albert Malcolm Ranjith Patabendige, Secrétaire de la Congrégation du Culte Divin et de la Discipline des Sacrements, au micro de "Petrus", ce 5 novembre, face au Motu Proprio de Benoit XVI, au sujet de la Messe selon le Missel de Jean XXIII
(traduction EDV - Extraits)

"Il y a eu critiques et prises de positions contraires" à ce que demande le Pape, affirme le Secrétaire de la Congrégation. "Franchement, je ne comprends pas ces manières d'éloigner et pourquoi pas même, de rébellion au Pape. J'invite tous, surtout les Pasteurs, à obéir au Pape, qui est le Successeur de Pierre. Les Evêques, en particulier, ont juré fidélité au Saint-Père : qu'ils soient cohérents et fidèles à leur engagement".
"Vous savez bien, poursuit l'Evêque, que, de la part de certains diocèses, il y a même eu des documents interprétant (le Motu Proprio), qui visent de manière inexpliquée à limiter le Motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d'une part des préjugés de type idéologique et d'autre part, l'orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète : j'invite tous à obéir au Pape. Si le Saint-Père a retenu de devoir émettre le Motu Proprio, il a eu ses raisons que je partage pleinement."
" Je suis opposé aux bals et applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont ni un cirque, si un stade."
"J'invite les prêtres, les Evêques et Cardinaux à l'obéissance, laissant de coté tout type d'orgueil ou de préjugé".
 

3 novembre 2007





L’étroite observance du Motu Proprio selon Solesmes
3 novembre 2007 - Zenit - dici.org
L’étroite observance du Motu Proprio selon Solesmes Résumé : A l’occasion de la publication d’un Guide pratique de chant grégorien par l’abbaye bénédictine de Solesmes, son auteur Dom Jacques-Marie Guilmard a donné une interprétation unilatérale du Motu Proprio Summorum Pontificum...

A l’occasion de la publication d’un Guide pratique de chant grégorien par l’abbaye bénédictine de Solesmes, son auteur Dom Jacques-Marie Guilmard a donné une interprétation unilatérale du Motu Proprio Summorum Pontificum sur la libéralisation de l’usage du missel traditionnel : la messe de Paul VI n’a pas à changer, seule sa célébration doit être améliorée, en revanche il faut faire évoluer la messe tridentine en passant au calendrier et aux lectures employées dans la liturgie de Paul VI, avant d’envisager le canon à haute voix, la concélébration… Il répondait aux questions de Cécile Laurent de l’agence Zenit:
Comment les deux formes du rite romain s’influenceront-elles ?
Dom J.-M. Guilmard : L’influence mutuelle des deux formes de l’unique rite romain ne sera pas symétrique. Le Motu proprio – on ne l’a pas assez remarqué – va permettre à la forme tridentine d’évoluer, mais elle le fera d’une manière organique et naturelle, exactement comme un vivant se développe. Elle va se rapprocher de la forme voulue par Paul VI : le calendrier et les lectures peuvent dès maintenant être empruntés à la forme de Paul VI ; viendront peut-être ensuite – l’avenir le dira – la récitation de la prière eucharistique à voix haute, la concélébration, l’emploi d’autres prières, etc. La forme de Paul VI, de son côté, ne changera pas, si ce n’est que les prêtres ont le devoir de cultiver toujours plus le sens du sacré, ce qui passe en particulier à travers le respect des rubriques – ces deux points ont été soulignés par Benoît XVI.
Pourtant, on a proposé la réforme de la réforme !
Dom J.-M. Guilmard : L’idée est séduisante, mais dans les faits, on risquerait fort d’introduire la révolution permanente dans la liturgie. Si la liturgie de Paul VI doit subir des réformes, celles-ci seront ponctuelles et se feront au niveau des églises particulières. On pourra, par exemple, améliorer certaines traductions, et célébrer à nouveau les Rogations dont l’aspect « écologique » est particulièrement d’actualité. Encore une fois, ce n’est pas à la liturgie de Paul VI de changer, mais bien aux prêtres qui doivent célébrer leur Messe avec un soin toujours plus surnaturel. On me dira que pour certains, cela demandera une vraie conversion ! À cela je répondrai que pour tout prêtre, chaque Messe est l’occasion d’une vraie conversion. Ainsi, le débat porte moins sur les « formes » liturgiques que sur le souci de fidélité à l’Église et à sa prière publique. Il ne faut pas ne retenir de la forme tridentine que le formalisme, comme si le respect des rubriques suffisait seul à la célébration de la Messe : il n’y a pas de « technique » de la grâce. À partir du moment où l’intérêt pour les rubriques devient primordial, le sens du sacré disparaît. Ainsi, dans toutes les formes liturgiques de la Messe, il faut cultiver le sens du sacré.
(Source : Zenit)
date : 3/11/2007

1 novembre 2007





Lettre aux amis et bienfaiteurs n°71
1er novembre 2007 - Mgr Bernard Fellay - dici.org
Lettre aux amis et bienfaiteurs - N° 71 Chers Amis et Bienfaiteurs,
La messe traditionnelle n’a jamais été abrogée. Quelle joie, chers fidèles, a rempli nos cœurs à l’annonce du Motu Proprio de Benoît XVI, le 7 juillet ! Nous y voyons une réponse du Ciel à notre croisade de rosaires. Non pas simplement par le fait de la publication du Motu Proprio, mais surtout en raison de l’étendue de l’ouverture vers la liturgie traditionnelle que nous y trouvons. En effet, ce n’est pas le missel seul qui est déclaré loi de l’Eglise, mais aussi d’autres livres liturgiques.
Il faut affirmer que si la messe n’a jamais été abrogée, elle a conservé ses droits. Le Motu Proprio en réalité n’accorde rien de nouveau à la messe de toujours, il affirme simplement que la messe de Saint Pie V, appelée de Jean XXIII pour l’occasion, est toujours en vigueur, malgré une absence et une interdiction de la célébrer de près de quarante ans. La messe tridentine est toujours la messe catholique. La subtile et maladroite distinction entre forme ordinaire et extraordinaire d’un même rite pour parler de la nouvelle et de l’ancienne messe ne trompera personne. L’évidence parle d’elle-même dans ce domaine. Ce qu’il faut retenir, c’est l’affirmation de la pérennité de la messe comme loi universelle de l’Eglise catholique. Qui dit « loi de l’Eglise » dit par là-même : ni indult, ni permission, ni condition. Les évêques essaient de neutraliser l’effet salutaire du Motu Proprio par des restrictions contraignantes et odieuses. Ils ne suivent certainement pas la volonté du Souverain Pontife. Il sera très intéressant d’observer le développement de cette fronde plus ou moins ouverte, en grande partie cachée. De cette confrontation va dépendre l’histoire de l’Eglise pour plusieurs décennies. Prions pour que le Pape ait la force de maintenir et d’imposer ce qu’il vient de redonner à l’Eglise.
Cela va beaucoup plus loin que la simple célébration de la messe. Le Motu Proprio entrouvre la porte à tout l’esprit liturgique antérieur dans le sens où il lui permet de se développer. La liturgie se compose de plusieurs éléments, dont évidemment le plus important est la sainte messe, mais ce trésor est serti dans un ensemble de livres liturgiques. Or il faut constater que la plupart d’entre eux, en tout cas les plus connus, vont retrouver une nouvelle vie : le rituel qui contient la manière de conférer les sacrements par le prêtre ainsi que les bénédictions ; en partie le pontifical qui contient le sacrement de confirmation, et le bréviaire. Tout cela forme un ensemble qui permettra sans aucun doute à l’esprit liturgique traditionnel de retrouver une place dans la vie de l’Eglise.
Les premiers effets du Motu Proprio sont intéressants, même s’ils sont presque insignifiants lorsqu’on considère la vie de l’Eglise dans son ensemble. Cependant quelques évêques soutiennent activement le mouvement et surtout, malgré les difficultés imposées par d’autres Ordinaires, des prêtres apprennent et se mettent à célébrer la sainte messe. Ils sont plus de 5000 dans le monde entier à avoir demandé les films descriptifs des cérémonies de la messe préparés par la Fraternité. Cela montre bien que les prêtres ont un intérêt certain pour la messe de toujours !
Ce qui est admirable, c’est l’avis unanime qui nous vient des prêtres découvrant la messe tridentine. Les témoignages qui suivent ne sont pas rares : « mais ce sont deux mondes ! » ; « célébrer face à l’autel ou face au peuple, c’est tout différent ! » ; « en célébrant cette messe, j’ai découvert ce qu’est le prêtre ! ».
Ces témoignages en disent long et valent toutes les démonstrations.
Inutile de leur demander ce qu’ils pensent de la sainteté du nouveau rite… Il est évident que si une véritable liberté de célébration était garantie non seulement dans le droit mais dans les faits, le nombre des messes tridentines serait immédiatement décuplé.
Et pour qui est conscient du combat gigantesque qui fait rage dans notre Eglise catholique depuis au moins deux siècles, il est bien clair qu’autour de la messe se joue une grande partie de la crise de l’Eglise. Deux messes, deux théologies, deux esprits. Par la messe nouvelle a été inoculé dans toutes les veines du Corps mystique un nouvel esprit, « l’esprit de Vatican II ». La messe traditionnelle par contre irradie l’Esprit catholique. Le rite de Saint Pie V implique une cohérence incomparable de foi et de morale. Pour qui y assiste sérieusement, il est bien vite manifeste que cette messe est une exigence de foi, une foi qu’elle nourrit vigoureusement. Bientôt apparaît à l’âme fidèle la logique de la foi : le juste vit de la foi. On doit vivre comme on croit. Toute la morale chrétienne avec tout ce qu’elle demande de renoncement, de sacrifice, de détachement du monde, en découle. Dieu est saint et qui veut l’approcher doit vivre une vie de pureté, car sa sainteté exige de l’âme cette robe immaculée. Non seulement la messe fait ouvrir les yeux sur cette réalité, sur la sublimité de la vocation chrétienne, mais surtout elle en donne les moyens. Quelle abondance de grâce s’écoule sur le fidèle de « bonne volonté » et encore bien davantage sur le prêtre qui la célèbre !
Alors cette grâce irradiante de la messe appelle encore une autre sanctification : celle de la famille chrétienne et bientôt de toute la société. Si pendant des siècles et plus d’un millénaire la société a été chrétienne, il faut l’attribuer avant toute chose à la messe, à ce rite si saint que l’on trouve déjà achevé pour l’essentiel à la fin de l’Antiquité. Nous pouvons célébrer sans difficulté la messe appelée tridentine ou de Saint Pie V avec des manuscrits du Xe ou XIe siècle.
Et il est aussi impressionnant de constater que la décadence, voire la disparition de la société chrétienne trouve une accélération très nette au moment de l’introduction du nouveau rite. Qui ne voudrait y voir qu’un hasard ou une coïncidence ?
Nous sommes bien toujours dans le gigantesque combat pour le salut des âmes qui traverse l’Histoire de l’humanité. Espérons que les avancées opérées par le Motu Proprio ne fassent pas perdre de vue ces perspectives bien plus profondes, motif d’Espérance, mais aussi de courage renouvelé pour continuer le combat sur la route tracée par Mgr Lefebvre.
Le succès obtenu par notre croisade de rosaires, le zèle que nous y avons vu déployé, nous incitent à renouveler notre confiance à l’égard de notre Mère du Ciel, non pas par une croisade d’un ou deux mois, mais par une croisade perpétuelle du rosaire. Oui, que cette prière ne cesse de s’élever vers le Ciel pour le bien de l’Eglise, pour le salut des âmes ! Nous sommes persuadés que Notre-Dame ne restera pas indifférente à un tel assaut d’Ave Maria et qu’elle hâtera le relèvement de l’Eglise. Selon la belle parole d’un général suisse, le général Guisan, à la vue d’un soldat priant son chapelet : « Comme je voudrais voir la Suisse entourée de cette chaîne ! », nous voulons entourer l’Eglise tout entière de la chaîne du Rosaire, l’entourer d’une immense et continuelle suite d’Ave Maria pour sa défense et sa protection.
Dès à présent nous lançons donc une croisade perpétuelle du Rosaire pour obtenir du Ciel non seulement que le décret d’excommunication soit retiré, mais surtout que la Tradition catholique soit rétablie à la place qui lui est due, dans toute son ampleur, jusqu’au triomphe du Cœur Immaculé de Marie.
Que tous les saints nous viennent en aide ! Que Notre Dame vous bénisse !
En la fête de tous les saints
1er novembre 2007
+ Bernard Fellay
 

27 octobre 2007





Une source de paix dans la vérité
27 octobre 2007 - L'Homme nouveau n°1407- mis en ligne par leforumcatholique.org
Curé du sanctuaire de L'île-Bouchard, le père Pierre Afonso s'engage pour une application large et généreuse du Motu proprio de Benoît XVI. Propos recueillis par Daniel HAMICHE

Né en 1963, vous êtes un enfant de l'après-Concile. Quand avez-vous découvert la forme extraordinaire du rite romain ?
Père Pierre Afonso : J'ai découvert la messe de saint Pie V à l'abbaye de Fontgombault vers 1985. J'aime le latin. Je me suis posé la question d'entrer à Font­gombault en 1981. J'ai toujours gardé une profonde amitié pour le père abbé et les moines. Et je pense que leur façon d'accueillir chacun avec respect et de soutenir les personnes attachées à la liturgie de 1962 est édifiante.
Dans quelles circonstances avez-vous décidé d'apprendre la forme extraordinaire ? Avez-vous rencontré des résistances de l'autorité ?
Père P.A. : J'ai été ordonné prêtre le 26 juin 1988 pour le dio­cèse de Tours. En 1993, avec l'accord de l'archevêque, je suis aussi devenu membre de la Commu­nauté de l'Emmanuel. Dans la dernière année de mes études à Rome, au printemps 1989, j'ai désiré célé­brer la messe de saint Pie V pour mieux comprendre de l'intérieur l'attachement à cette forme anté­rieure. J'ai obtenu l'indult auprès de la Commission Ecclesia Dei et j'ai célébré seul dans la plus grande discrétion, une trentaine de fois, selon ce Missel. Sans enjeu pastoral il s'agissait pour moi d'expérimenter le dévelop­pement liturgique comme on parle du développement dog­matique. Mon archevêque a pris peur et en vue de ma nomi­nation à l’été 1989, il me de­manda de mettre fin à cette expérience. J'ai obéi. La durée avait été suffisante, et je ne cherchais pas à remettre en cause mon incardination dans le diocèse de Tours.
Comme prêtre, quelles sont, selon vous, les difficultés et les richesses propres au Missel de 1962 ?
Père P.A. : Je ne vois pas de difficulté. Les lectures bibliques moins nombreuses préservent d'une surabondance parfois dé­routante. Ce Missel souligne de façon admirable la Sainte Trinité, le Saint Sacrifice du Christ, le sacerdoce ministériel des prêtres et le sacerdoce commun des fidè­les (par la récitation distincte du Confiteor notamment), l’humilité du prêtre pauvre pécheur. Il soutient la ferveur du prêtre par les gestes plus nombreux et plus précis, l’effacement du prêtre derrière le rite identique pour tous face à la personnalisation et adaptation dans le Missel de Paul VI.
Summorum Pontificum est-il un acte juridique allant dans le sens de la paix liturgique ou au contraire une initiative susceptible de ranimer le conflit ?
Père P.A. : C’est d’abord un acte de justice et de vérité et ensuite un acte de charité. Il fait comprendre que l'Eglise ne peut se vivre dans la rupture mais plutôt dans la continuité. Je suis naïve­ment étonné de voir les crispations d'évêques ou de prêtres. Cela révè­le un malaise sur l'interprétation juste du concile Vatican II dans la continuité. L'acte de Benoît XVI est source de paix dans la vérité. Il pointe la raison d'une intolérance suicidaire contraire à la Tradition de l'Église et à la sainteté du patrimoine liturgique. Il est de l'inté­rêt de tous, prêtres et laïcs, de découvrir la richesse de la liturgie de 1962. La perte de nos racines compromet l'avenir.
Curé de la paroisse-sanctuaire de L'île-Bouchard depuis 1998, avez-vous l'intention de célébrer la forme extraordinaire dans le cadre paroissial, et d'en autoriser la cé­lébration lors des pèlerinages ?
Père P.A. : J'autorise évidem­ment la forme extraordinaire pour les pèlerinages et pour tous. La Vierge Marie donne ici une grâce d'unité pour la France, pour les familles et pour l'Église. Je pense donc que ce lieu doit être exem­plaire dans l'accueil des formes dif­férentes du même rite romain. Je célèbre la messe basse selon la for­me extraordinaire avec beaucoup de joie spirituelle, ainsi que le bréviaire de 1962. Pour une proposi­tion paroissiale de semaine ou dominicale, c'est encore à venir.
 




Que se passe-t-il chez les Scouts d’Europe ?
27 octobre 2007 - L’Homme Nouveau - Philippe Maxence - mis en ligne par leforumcatholique.org
Que se passe-t-il chez les Scouts d’Europe ? L’Homme Nouveau n° 1407 du 27 octobre 2007
Philippe Maxence

Le centenaire du scoutisme (1907-2007), qui a été propice à plusieurs signes de fraternité scoute, va-t-il se terminer par une nouvelle division au sein même du scoutisme catholique français ? Pour surprenante qu’elle soit, cette question est, malheureusement, à poser. Avec clarté et dans l’espoir qu’une solution soit trouvée.
Tout commence avec la publication du Motu proprio Summurom pontificum de Benoît XVI en juillet dernier. Le centenaire du scoutisme bat alors son plein et les unités sont parties rejoindre leurs lieux de camps. On ne refera pas ici l’historique du Motu proprio, de son attente, des discussions, polémiques et pressions auxquelles il a donné le jour. Si beaucoup de catholiques français ne se sentent pas directement concernés par ce texte, en revanche, il suscite chez d’autres une véritable espérance. Ces derniers sont-ils tous des intégristes, rancis par les combats, aigris par l’âge et désireux d’en découdre une dernière fois en criant: « Victoire »?
Le chemin de l’unité
L’image est commode. Elle est même facile ! Est-elle, pour autant, vraie ? Il existe certes une infime minorité qui pourrait être dépeinte par cette caricature.
Pour le reste, en revanche, le geste du Pape marque surtout le changement d’une époque et la possibilité de vivre en paix à l’intérieur de la réalité visible de l’Église : paroisses, mouvements, diocèses. Pour ces catholiques – et nous en sommes – le geste du Pape, loin d’élever une nouvelle barrière entre frères, va permettre de retrouver le chemin de l’unité et de la paix. Nous serionsnous trompés? Avons-nous rêvé ?
Dans ce contexte ecclésial et liturgique, pourquoi évoquer le scoutisme ? Tout simplement parce que l’un des principaux mouvements de scoutisme catholique, l’Association française des Guides et Scouts d’Europe, est directement touché par la question liturgique. Pratiquant un scoutisme classique, fondé sur le système des patrouilles pour la branche éclaireur, les Guides et Scouts d’Europe ont derrière eux un passé qui fait foi de leur réussite. Des milliers de membres, des centaines de vocations sacerdotales et religieuses sorties de leurs rangs et, moins connu du grand public, un approfondissement constant de la pédagogie scoute, toutes branches confondues, qui permet à ce mouvement de réussir la gageure d’être à la fois traditionnel dans ses principes et adapté au besoin de la jeunesse d’aujourd’hui. Cette réussite, l’aura du mouvement, son histoire, ont fait et font que les parents sont souvent attirés avec confiance par les Guides et Scouts d’Europe, dont l’ancrage catholique est par ailleurs incontestable.
Responsabilité historique
Ce panorama rapide implique-t-il que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes du scoutisme européen ? Non, bien sûr ! Comme toute institution humaine, les Guides et Scouts d’Europe ont eu affaire à des conflits internes, à des luttes d’intérêt, à des divisions. L’âme de ce mouvement, Pierre Géraud-Keraod, en fut même évincé. Ces luttes intestines, malheureuses en soi, ne sont que le reflet de l’humaine condition depuis le péché originel. Au passage, cassons d’ailleurs un mythe : le scoutisme n’a jamais été vraiment uni. Son fondateur, Robert Baden-Powell, a connu deux ans après le lancement de son mouvement en Angleterre une première et importante scission. Elle faillit emporter sa propre association. Une deuxième scission, moins importante en nombre mais plus grave sur le fond, devait le menacer à nouveau quelques années plus tard (1). Les querelles au sein du scoutisme n’ont donc rien de nouveau. Les Guides et Scouts d’Europe n’y échappent pas ! On leur reproche également, au contraire de leurs cousins les Scouts unitaires de France, une grande lourdeur hiérarchique. Les décisions partent du haut de la hiérarchie et se répercutent à chaque échelon. Le contraire du principe de subsidiarité ! Dans les moments troubles des années soixante-dix et quatre-vingt, ce type d’organisation a permis pourtant de maintenir la cohésion et la cohérence d’une organisation attaquée de toutes parts.
Mais les conflits rebondissent aujourd’hui après la parution en date du 9 octobre dernier d’une importante décision du mouvement (nous publions les documents page 13 de ce numéro). Signé par les plus hautes autorités, ce document stipule que la forme ordinaire du missel est la seule autorisée par l’Association française des Guides et Scouts d’Europe, en ce qui concerne les activités scoutes, que seuls les conseillers religieux (aumôniers) « qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel » sont autorisés et que « la création d’un nouveau groupe se fait autour de la pédagogie scoute et non d’une spécificité liturgique ». C’est clairement refuser la possibilité à des groupes scouts de profiter de la pédagogie éprouvée des Scouts d’Europe tout en vivant selon l’esprit de Summorum pontificum du pape Benoît XVI.
Les Guides et Scouts d’Europe ont pris là une responsabilité importante qui ne va qu’accroître la division au sein du scoutisme, et plus grave, au sein du catholicisme français. L’Association française avait pourtant un rôle historique à jouer à cet égard. Rôle qu’elle était à peu près la seule à pouvoir assumer en tout équilibre.
D’après nos informations, cette décision a été encouragée par une partie de l’épiscopat français qui vit mal les décisions du Pape en matière liturgique. Le texte des Guides et Scouts d’Europe a d’ailleurs été approuvé par Mgr Rivière, président de la Commission épiscopale pour la Pastorale des enfants et des jeunes. Cette grave décision voit également le jour alors que les tensions montent entre l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe (UIGSE) et l’Association française qui en est membre. Là encore, d’après nos informations venant de sources diverses, l’été a représenté un tournant dans les relations entre l’Union internationale et l’Association française. Lors de l’Euro-Moot, rassemblement de la branche aînée du mouvement, venue de tous les pays appartenant à l’Union internationale, une messe en rite gréco-catholique était prévue. L’un des buts des organisateurs était de montrer que l’Église en Europe respire avec deux poumons, selon la belle expression de Jean-Paul II. Cette messe gréco-catholique devait illustrer le poumon oriental avant qu’une autre grand-messe, en rite latin, selon la forme ordinaire, incarne la même chose pour le poumon occidental. Toutes les associations nationales des Guides et Scouts d’Europe assistèrent à cette messe grécocatholique sauf les Français. La raison qui aurait été invoquée: en permettant d’assister à cette messe, les responsables auraient donné acte à la pluralité liturgique et auraient offert ainsi un argument en faveur des groupes désireux de bénéficier de la forme extraordinaire du rite latin, pourtant autorisée par le Pape.
L’affaire éclate à Toulon
Sans qu’il y ait de rapport direct, l’affaire franchit une nouvelle étape quand, à la rentrée, soutenu par son évêque, l’abbé Loiseau, curé de la paroisse personnelle de rite traditionnel Saint-François-de-Paule à Toulon et supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine, demande l’agrément des Guides et Scouts d’Europe pour le lancement d’une meute. Celle-ci serait confiée à un jeune séminariste, lui-même ancien scout d’Europe dans les Yvelines. Le commissaire de district, plein de bonne volonté, donne son accord avant de devoir transmettre à l’abbé Loiseau le refus du commissaire général, Jean-Michel Permingeat. Une rencontre entre ce dernier et l’abbé Loiseau devait surseoir à la décision, jusqu’à la publication du texte du 9 octobre. De ce fait, la réponse était définitivement négative. Elle l’était pour l’abbé Loiseau, mais aussi pour d’autres groupes qui voulaient aussi rejoindre les Scouts d’Europe comme c’est le cas, par exemple, à Toulouse.
Entre la demande de l’abbé Loiseau et la réponse négative des Scouts d’Europe était pourtant paru un texte important, émanant de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe et signé du commissaire fédéral, Jacques Mougenot (cf. p. 13). Dans ce texte, endatedu 25 septembre, l’Union internationale explique qu’il faut recevoir filialement les décisions du Saint-Père et les appliquer. Le texte précise deux choses importantes. La première a une répercussion philosophique dans la mesure où elle touche la conception que l’Union internationale se fait du scoutisme au regard des parents. C’est un rôle auxiliaire et complémentaire. Le scoutisme ne dicte pas une attitude aux parents mais entre en conformité avec leur volonté éducative dès lors que celle-ci est en harmonie avec les principes du droit naturel et chrétien ainsi qu’avec les règles de l’Église. De ce fait, l’Union internationale stipule que « S’agissant de questions liturgiques, est légitime tout rite dûment approuvé par le Siège apostolique ; il convient de veiller à ce que les enfants et les jeunes qui nous sont confiés bénéficient, dans les cérémonies auxquelles ils participent lors des activités scoutes, de liturgies conformes aux textes approuvés par les pasteurs de l’Église, dignes, priantes et conformes à la tradition et au rite dans lesquels les parents, premiers éducateurs de nos scouts, ont choisi de les élever ».
Deuxièmement, en conformité avec les règles de fonctionnement du mouvement, il est précisé que « Chaque association (nationale membre de l’UIGSE, NDLR) est tenue de se conformer à cette mise au point ». Pour autant, l’Union internationale ne fait pas de la forme extraordinaire du rite latin la forme habituelle du mouvement. Celle-ci reste la forme ordinaire, notamment pour les rassemblements internationaux.
Pourquoi ?
Pourquoi l’Association française a-t-elle décidé de faire cavalier seul, au risque de provoquer plusieurs ruptures ? Une rupture interne avec ses membres ne comprenant pas une telle décision. Une rupture avec l’Union internationale qui a édicté des règles contraires. Et, enfin et surtout, une rupture avec la volonté du Pape. L’Association française des Guides et Scouts d’Europe argumente à ce sujet en disant qu’elle est fidèle à l’enseignement de Vatican II et au magistère, qu’elle respecte la volonté des parents choisissant d’élever leurs enfants dans la forme extraordinaire mais qu’elle leur offre en contrepartie « la possibilité de découvrir la beauté et la sainteté du missel de Paul VI ». Surtout, l’association avance qu’en tant que mouvement, elle n’est pas concernée par le Motu proprio Summurom pontificum.
Seules les paroisses le seraient. Or, tel n’est pas tout à fait le cas. Le Motu proprio s’adresse d’abord aux prêtres et aux fidèles, et seulement ensuite aux paroisses. Comme le remarque l’abbé Loiseau, « une association publique de fidèles concernée par cette réalité ne peut s’exclure de son champ d’application » (cf. p. 13). Encore une fois, la question s’impose : pourquoi l’Association française prend-t-elle le risque de tant de ruptures ? Une solution simple aurait été d’édicter, en conformité d’ailleurs avec les décisions de l’Union internationale, que la forme ordinaire était la forme habituelle au sein du mouvement, que les groupes vivant selon la forme extraordinaire étaient les bienvenus à condition qu’ils vivent selon les règles du mouvement et que notamment pour les grands rassemblements, pèlerinages de district, journées nationales ou autres, ils acceptent de suivre les cérémonies selon la forme ordinaire. Impossible ? Les quelques groupes subsistant ayant des aumôniers célébrant selon la forme extraordinaire agissent ainsi aujourd’hui. Prétendre que le mouvement aurait été submergé par des demandes, c’est jouer à contre-argument. Si c’était vraiment le cas, cela donnerait une raison de plus d’appliquer le Motu proprio au sein du mouvement. Mais il n’est pas insensé de penser que cette question ne concerne pas la majorité des groupes scouts. Accueillir ceux qui veulent vivre de la liturgie ancienne, autorisée par le Pape, aurait été un facteur d’unité et de paix.
Abus de pouvoir
Le plus grave ne se situe pourtant pas ici. En stipulant que les « unités du mouvement doivent être accompagnées par des conseils religieux qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel », l’Association française se substitue au libre choix du prêtre et au rôle de l’évêque. Concrètement, cela veut dire qu’actuellement les prêtres qui célèbrent habituellement dans leur apostolat la forme extraordinaire mais qui acceptent au sein des unités scoutes de célébrer la forme ordinaire ne pourront plus être conseillers religieux. Plusieurs prêtres, théologiens et canonistes consultés parlent ici d’abus de pouvoir (cf. p. 13).
Une nouvelle fois : pourquoi ce risque de rupture à un moment où le Pape offrait la possibilité de reprendre le chemin de l’unité et de la paix comme en témoignent ces prêtres de paroisse qui célèbrent selon les deux formes du rite latin ? Un exemple impensable voici plusieurs années et qui montre pourtant qu’au sein de l’Église il est possible de dépasser le réductionnisme des étiquettes faciles, des clivages historiques dès lors que l’on veut servir Jésus-Christ et son Église.
Des raisons multiples
Pression de certains évêques, incompréhension de la part de certains responsables français du scoutisme européen de la volonté du Pape, peur injustifiée d’une mauvaise image de marque, les raisons sont multiples qui semblent expliquer le choix actuel des Scouts d’Europe. Une autre raison tient peut-être au fait que l’Association française a décidé de travailler à la constitution éventuelle d’une fédération de scoutisme catholique avec les Scouts unitaires et les Guides et Scouts de France. Selon la confidence d’un responsable, ces derniers auraient indiqué que le Motu proprio était un non-évènement. Est-ce un tel avis qui a influencé les Guides et Scouts d’Europe ? On comprend leur volonté de participer à l’unité du scoutisme en France, comme le leur a d’ailleurs demandé le Saint-Père le 25 juin dernier. Pour autant, ce but, noble en lui-même, reste subordonné à l’unité dans l’Église.
C’est pourquoi nous formulons le vœu, comme catholiques français, et à titre personnel comme ancien scout d’Europe, que l’Association française reconsidère cette décision. Pour la paix et l’unité dans l’Église. Pour le bien des enfants. Pour l’avenir de notre pays. Par respect filial pour les décisions du Saint-Père.

1. Philippe Maxence, Baden-Powell, éclaireur de légende et fondateur du scoutisme, Perrin, 396 p., 22,50 euros
Sur le Motu proprio Summorum pontificum, lire la brochure éditée par L’Homme Nouveau, Autour de Summorum pontificum, 48 p., 6 euros.