26 février 2008

Sarkozy, ami-ami avec les «tradis»
26 février 2008 - liberation.fr
Sarkozy, ami-ami avec les «tradis» Le Président a félicité pour leur ordination quatre diacres intégristes ce week-end.
Jacky Durand
Tous les chemins mènent à Nicolas Sarkozy. Même ceux qui passent par Rome. Chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome - comme tous les présidents français - Nicolas Sarkozy a fait parvenir un message de «félicitations» à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi. Selon l’agence d’informations religieuses I.Media, le message a été lu à la fin de la cérémonie d’ordination de quatre diacres - deux Français, un Italien et un Polonais - par l’abbé Philippe Laguérie, supérieur de l’institut traditionaliste du Bon Pasteur.
«Simple message de politesse» en réponse à une invitation, comme le suggère la Conférence des évêques de France, ou «signal fort» en direction d’un électorat catholique traditionnaliste de droite à l’approche des municipales ? Un peu des deux mon cardinal, selon Christian Terras, directeur de la revue catholique contestataire Golias (1). «Le message adressé par Nicolas Sarkozy n’est ni innocent, ni gratuit. Au-delà du protocole, le chef de l’Etat est dans la mise en œuvre de ce qu’il a énoncé dans son discours à Latran, le 20 décembre. Dans l’architecture mentale de Nicolas Sarkozy, il n’y a pas de République laïque qui ne puisse exister au niveau du sens supérieur. Le sens supérieur pour lui, c’est la religion ; en particulier, l’Eglise catholique, qui est pour Sarkozy le creuset de la vérité. Dans le contexte actuel où il décroche dans les sondages, la religion est un refuge. A l’approche des municipales, le message aux diacres du Bon Pasteur lui permet aussi de s’adresser à un électorat acquis aux thèses de Philippe de Villiers et du Front national.»
L’abbé Laguérie a confirmé hier à Libération que Nicolas Sarkozy avait été «invité» à l’ordination en sa qualité de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Le chef de cabinet du président de la République, Cédric Goubet, a répondu à cette invitation par une «lettre protocolaire, un courrier type», selon l’Elysée, où le chef de l’Etat transmettait «tous ces vœux aux futurs diacres». «Nous avons reçu un courrier très stéréotypé, comme vous et moi pourrions en recevoir si nous adressions nos vœux au chef de l’Etat», confirme l’abbé Fournier, supérieur de la maison de Rome du Bon Pasteur.
Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l’évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l’Eglise. La France est un des bastions des lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite «tridentine» et refusent les enseignements de Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue interreligieux. Avant de réintégrer l’Eglise catholique avec l’institut du Bon Pasteur, l’abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977, puis de la paroisse Saint-Eloi à Bordeaux. Hier, il qualifiait de «sympathique et chaleureux» le message du chef de l’Etat, ajoutant : «Si le prince Charles, Angela Merkel ou Fidel Castro m’envoyaient un mot, ça me ferait aussi plaisir. Mais vous savez, moi, il n’y a que l’Evangile qui m’intéresse. Et vous savez ce que l’Evangile dit : "Qui n’est pas contre vous est avec vous."» En politique, c’est parfois moins simple.
(1) «Voyage en Sarkozie», Golias n° 113. A télécharger sur www.golias.fr

25 février 2008

Nicolas Sarkozy salue quatre ordinations traditionalistes à Saint-Jean de Latran
25 février 2008 - nouvelobs.com
Le chef de l'Etat, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de félicitations lu lors de la cérémonie d'ordination par l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977. Le président français Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de "félicitations" à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi, a révélé lundi 24 février l'agence d'informations religieuses I.Media.
Ce message a été lu à la fin de la cérémonie d'ordination de quatre diacres - deux Français, un Italien et un Polonais - par l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur, a précisé un témoin à l'AFP.
Mgr Philippe Laguérie a précisé que le président français a "confié le soin à son chef de cabinet" de souligner combien il avait été "sensible" à la nouvelle de ces ordinations et de transmettre "personnellement" "tous ses vœux et ses félicitations aux futurs diacres".
Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique.
La France, bastion des Lefebvristes La France est un des bastions des Lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite "tridentine" et refusent les enseignements du concile Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux.
Avant de réintégrer l'Eglise catholique avec l'institut du Bon Pasteur, l'abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.
Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran, la cathédrale du pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle.
Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. Nicolas Sarkozy y a exalté les "racines chrétiennes de la France" et évoqué "les souffrances" provoquées chez les catholiques par la mise en œuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905. (AFP)

[AFP] Sarkozy a décliné une invitation à l'ordination de diacres traditionalistes

AFP - 25 fév 2008

ROME, 25 fév 2008 (AFP)
Sarkozy a décliné une invitation à l'ordination de diacres traditionalistes

Le président français Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a décliné une invitation à assister à l'ordination dans cette basilique de quatre diacres traditionalistes.
"L'emploi du temps particulièrement chargé du chef de l'Etat à cette date ne lui permettra pas d'assister à ces célébrations", indique le chef de cabinet du président Sarkozy, Cédric Goubet, dans une lettre en date du 18 février, dont l'AFP a eu copie.

"Il vous en exprime ses très sincères regrets et tient à transmettre tous ses voeux aux futurs diacres", poursuit M. Goubet dans cette missive en réponse à l'abbé René-Sébastien Fournié, supérieur de la Maison romaine, Institut du Bon pasteur.

Contrairement à ce qu'avait affirmé samedi lors de la cérémonie d'ordination l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur, M. Sarkozy n'a pas transmis ses "félicitations" aux diacres mais leur a adressé ses "voeux".

Lors de la cérémonie, Mgr Laguérie, dont les propos ont été rapportés lundi par l'agence d'informations religieuses I.Media, avait également affirmé que le président français avait été "sensible" à la nouvelle de ces ordinations alors qu'il se dit en réalité "sensible" à cette invitation, toujours selon le texte de la lettre.

Les quatre diacres catholiques traditionalistes, qui y ont été ordonnés samedi, sont deux Français, un Italien et un Polonais.

Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique.
Avant de réintégrer l'Eglise catholique avec l'institut du Bon Pasteur, l'abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.
Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de St-Jean de Latran, la cathédrale du pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle.

Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. M. Sarkozy y a exalté les "racines chrétiennes de la France" et évoqué "les souffrances" provoquées chez les catholiques par la mise en oeuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905.

24 février 2008

[Violette Lazard - Le Parisien] La messe en latin fait le plein

SOURCE - Violette Lazard - Le Parisien - 24 février 2008

Juste derrière le Louvre, l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, paroisse des rois, accueille désormais toute les semaines des messes en latin. Une pratique de nouveau autorisée par le pape Benoît XVI.

UN CURÉ qui tourne le dos à l'assemblée et récite des textes en latin, de grands mouvements d'encensoir qui répandent de la fumée dans toute l'église, des chants grégoriens, un cortège d'enfants de choeur... Les messes en latin, qui n'étaient plus célébrées que dans trois églises de la capitale - Saint-Eugène-Sainte-Cécile (IX e ), Notre-Dame-du-Lys (XV e ) et Sainte-Odile (XVII e ) - refont surface. Depuis le 2 décembre, cette messe, dite « de rite ancien » ou « tridentin », s'est installée tous les jours sauf le samedi dans l'une des plus belles églises de Paris : Saint-Germain-l'Auxerrois, située juste en face du Louvre, et qui fut en son temps la paroisse des rois de France.

Une avancée pour les traditionalistes permise par la décision du pape Benoît XVI de réintroduire cette messe dans les églises. Tous les dimanches, ils sont environ 300 fidèles à y assister, venus des quatre coins de la capitale et même d'Ile-de-France.

« Dès les premiers jours, il y a eu beaucoup de monde, témoigne le père Dominic Schubert, le curé de la paroisse, qui célèbre la messe selon les deux rites. C'est vrai que j'ai été un peu étonné : je ne m'attendais pas à voir autant de fidèles dès le début. »

Toutes les chaises ou presque sont remplies. Au premier rang, une petite fille en uniforme de scout tient le drapeau de son groupe. Ses parents, entourés de leurs trois autres enfants, l'observent d'un oeil attendri. Non loin, deux jeunes filles en jupe et chaussures vernies alternent position assise et agenouillée.

« Aimer cette liturgie sans être considérés comme des extrémistes »

« C ette forme de messe nous permet d'avoir un meilleur accès au sacré, sourient Laurence et Franck, habitants du V e arrondissement qui viennent ici tous les dimanches avec leurs trois enfants depuis début décembre. Avant, nous allions à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Maintenant, nous pouvons vivre notre foi, aimer cette liturgie, sans être considérés comme des extrémistes. » « Je ne suis pas surpris qu'il y ait tant de monde, se réjouit Henri, Parisien d'une trentaine d'années, venu lui aussi avec sa petite famille. Beaucoup de gens ne connaissent pas cette liturgie. Mais s'il y avait une messe dite selon le rite ancien dans chaque paroisse, on serait étonné de voir l'affluence ! » Pour l'instant, au diocèse, ce n'est pas programmé...

23 février 2008

Modification de la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962
23/2/2008 - FSSPX - dici.org
Résumé : Une note de la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, publiée en première page de L’Osservatore Romano du 5 février 2008, fait savoir que Benoît XVI a décidé de modifier la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962...

Une note de la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, publiée en première page de L’Osservatore Romano du 5 février 2008, fait savoir que Benoît XVI a décidé de modifier la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962. Dans la nouvelle version, la demande à Dieu de « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement » a disparu. La prière réformée est ainsi formulée : « afin que Dieu et notre Seigneur illumine » le cœur des juifs et afin qu’ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes. Elle demande également à Dieu de permettre « que tout Israël soit sauvé en faisant entrer la foule des peuples dans (son) Eglise ». Ce texte devra être utilisé à compter de cette année, dans toutes les célébrations de la liturgie du Vendredi Saint avec le Missel Romain, précise la note datée du 4 février 2008, s’adressant ainsi aux célébrants déclarés idoines par le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.
Lors de la publication de ce Motu Proprio libéralisant l’usage des livres liturgiques d’avant la réforme introduite par Vatican II, plusieurs voix s’étaient élevées dans le monde juif exprimant une certaine inquiétude de voir réintroduit dans le rite romain l’ancienne prière pour les juifs, même réformée par Jean XXIII qui avait fait retirer l’adjectif « perfide » et le substantif « perfidie ». Les grands rabbins d’Israël avaient même écrit à Benoît XVI pour lui demander de modifier encore la prière du Vendredi Saint. Des prélats, engagés dans le dialogue judéo-catholique, avaient entrepris les mêmes démarches auprès du Souverain Pontife et de son entourage.
Cette modification a cependant provoqué le mécontentement du grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, qui, dès le lendemain 6 février, a déclaré dans un entretien accordé au Corriere della Sera que le maintien de la formule demandant « de façon explicite » la conversion des juifs « remettait en question des décennies de progrès » dans le dialogue entre les deux religions. Cette prière, a-t-il insisté, « constitue un obstacle à la poursuite du dialogue entre juifs et chrétiens ». L’Assemblée des rabbins italiens, dans un communiqué paru le même jour, signé de son président Giuseppe Laras, a demandé « une pause de réflexion dans le dialogue avec les catholiques afin de comprendre vraiment quelles sont leurs intentions ». Elle souligne que le nouveau texte de la prière substitue à l’expression sur "l’aveuglement des juifs" une autre « conceptuellement équivalente » en dépit d’une formulation « apparemment moins forte », puisqu’elle demande maintenant que « Dieu les éclaire ». Surtout, déplorent-ils, « le fait le plus grave est qu’a été introduit un appel aux fidèles à prier pour que les juifs reconnaissent finalement ‘Jésus Christ sauveur’ ». « Le pape est certes libre de décider ce qu’il juge le mieux pour son Eglise et ses fidèles, mais il n’en reste pas moins que l’adoption d’une telle formule liturgique contredit nettement et dangereusement au moins quarante ans d’un dialogue souvent difficile et tourmenté entre judaïsme et catholicisme, qui semble ainsi n’avoir donné aucun résultat concret », déplorent les rabbins italiens, estimant que cette prière traduit « une idée du dialogue ayant pour finalité la conversion des juifs au catholicisme, ce qui est pour nous évidemment inacceptable ».
En réponse à cette réaction, le 7 février, le cardinal Walter Kasper a affirmé : « Nous pensons raisonnablement que cette prière ne peut devenir un obstacle au dialogue, parce qu’elle reflète la foi de l’Eglise et du reste, les juifs eux aussi ont dans leurs textes liturgiques des prières qui ne nous plaisent pas à nous, chrétiens. Cela doit être accepté et respecté dans la diversité ». A propos de la conversion des juifs demandée dans la prière modifiée, le président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme, a expliqué qu’il s’agissait d’une référence à un texte de l’apôtre Paul qui « exprime l’espérance eschatologique - c’est-à-dire en référence aux temps derniers, à la fin de l’histoire - que le peuple d’Israël entre aussi dans l’Eglise quand tous les autres peuples y entreront ». Le prélat allemand s’est voulu rassurant en précisant : « Je veux dire que cela exprime une espérance finale et non la proposition de partir en mission parmi eux (les juifs) », et en ajoutant : « Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi les juifs ne peuvent accepter que nous jouissions de notre liberté dans la formulation de nos prières ». « Des choses très mauvaises ont été faites, lorsqu’on voulait contraindre les juifs à la conversion. Nous comprenons le mauvais souvenir de faits pour lesquels nous avons demandé pardon. Mais nous n’avons que plus de difficulté à comprendre comment on ne peut accepter le témoignage de notre foi quand celle-ci est exprimée dans le plein respect de la foi d’autrui », a-t-il déclaré.
Le même jour, au micro de Radio Vatican, le cardinal Kasper  a tenu à apporter les précisions suivantes : «  Si cette prière parle de la ‘conversion’ des Juifs, cela ne veut pas dire que nous ayons l’intention de faire ‘mission’ : en effet, le pape cite la Lettre de saint Paul aux Romains, au chapitre 11 : Paul dit que ‘nous espérons que quand la plénitude des nations sera entrée dans l’Eglise, Israël tout entier aussi sera sauvé’. C’est une espérance eschatologique. Cela ne veut pas dire que maintenant nous allons partir en mission : nous devons rendre témoignage de notre foi, c’est clair. Mais je veux dire ceci : par le passé, souvent, le langage était fait de mépris, comme l’a dit Jules Isaac, un Juif très connu. Mais aujourd’hui, il y a le respect, dans la diversité qui existe entre nous. Maintenant il y a du respect, et plus le mépris.
« Un dialogue, a-t-il ajouté, suppose toujours que l’on respecte la position de l’autre. Nous respectons l’identité des Juifs, ils doivent respecter la nôtre, que nous ne pouvons pas cacher. Le dialogue se fonde justement sur cette diversité : sur ce que nous avons en commun et sur les différences. Et je ne vois pas cela comme un obstacle mais plutôt comme un défi pour un vrai dialogue théologique ».
Le 14 février, dans L’Osservatore Romano, Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, est revenu sur le sujet pour de nouveau rassurer les juifs : « Nous le répétons : ceci est la vision chrétienne et c’est l’espérance de l’Eglise qui prie. Ce n’est pas une proposition d’adhésion théorique ni une stratégie missionnaire de conversion ». « C’est l’attitude caractéristique de l’invocation priante dans laquelle on espère - pour les personnes que l’on considère comme proches, chères et importantes - une réalité qu’on tient pour précieuse et salvatrice ». « Bien sûr, cela doit toujours se produire dans le respect de la liberté et des différents parcours que l’autre adopte », a ajouté Mgr Ravasi. « Mais c’est une expression d’affection que de souhaiter à son frère ce que l’on considère comme un horizon de lumière et de vie ».
Pour le prélat romain, « c’est dans cette perspective que l’oraison en question, dans sa limite d’usage et dans sa spécificité, peut et doit confirmer notre lien et notre dialogue » avec les juifs. Et de citer la prière du Vendredi Saint selon la liturgie du Missel de Paul VI : l’espérance commune et ultime est que « les juifs à qui Dieu a parlé en premier (…) progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance ». - NDLR : Doit-on voir dans cette référence au Missel de Paul VI une volonté de « fécondation » de la liturgie traditionnelle par la liturgie conciliaire, selon le souhait du Motu Proprio, dans la perspective d’une réforme de la réforme ?
(Sources : AFP/Zenit/Apic/Imedia/Radio Vatican/L’Osservatore Romano/Corriere della Sera )

Notre commentaire :
A la suite de pressions étrangères à l’Eglise catholique, le pape s’est cru obligé de changer la très vénérable Oraison pour les Juifs qui est partie intégrante de la liturgie du Vendredi Saint. Cette prière est une des plus anciennes ; elle remonte aux environs du IIIe siècle, et a donc été récitée, à travers toute l’histoire de l’Eglise, comme la pleine expression de la foi catholique.
Il faut noter que les commentaires du cardinal Kasper – que l’on peut penser autorisés – donnent à cette amputation une allure de véritable transformation, exprimant une nouvelle théologie des rapports avec le peuple juif. Elle s’inscrit dans le bouleversement liturgique qui est la marque caractéristique du concile et des réformes qui en ont découlé.
Bien que la nécessité d’accepter le Messie pour être sauvé ait été conservée, on ne peut que déplorer profondément ce changement .
Prière du vendredi saint
23 février 2008 - Abbé Philippe Laguérie - blog.institutdubonpasteur.org
Cher Monsieur l’Abbé,
Tout d’abord mes félicitations pour tout le travail que vous accomplissez et pour le souci constant que vous avez de vouloir la sanctification du troupeau.
Ma question porte, suite à la promulgation d’une nouvelle oraison pour la conversion des juifs par le pape.
Pourriez-vous nous donner votre éclairage sur le sujet ? S’agit-il d’une promulgation diplomatique ? S’agit-il d’une promulgation qui reste dans le cadre d’une possible réforme liturgique au sens catholique du terme ?
Je vous remercie par avance de votre réponse sur ce sujet délicat et fort important.
Marie-Alix Doutrebente

Bien chère Marie Alix,
Avant de traiter d’un sujet aussi délicat, il faut savoir de quoi l’on parle. Aussi, avant toutes choses, je vous propose la relecture des trois formules de prières pour les juifs, du Vendredi saint.
1/ la formule du missel de 1962, suppression faite du fameux « perfidis » décidée par Jean XXIII en 1959. « Oremus et pro (perfidis) judeis : ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum ; ut et ipsi agnoscant Jesum Christum Dominum Nostrum. Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus qui Judeos etiam a tua misericordia non repellis ; exaudi preces nostras, quas pro illius populi obcaecatione deferimus ;ut, agnita veritatis tuae luce, quae Christus est, a suis tenebris eruantur. Amen. »
2/ La formule du missel de Paul VI de 1969 : « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : Qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son alliance. (silence). Dieu éternel et tout-puissant, toi qui a choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l’Alliance, comme ton Eglise t’en supplie. Par Jésus, Le Christ, notre Seigneur »
3/ La formule du pape Benoît XVI, proposée et rendue obligatoire par la note de la Secrétairie d’Etat le 4 février 2008 : « Oremus et pro Judeis ; ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Jesum Christum salvatorem omnium hominum.Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus, qui vis ut omnes homines salvi fiant et ad agnitionem veritatis veniant, concede propitius, ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israël salvus fiat. Per Christum Dominum Nostrum. Amen. »
Quelques remarques factuelles, avant d’aller plus loin. J’ai rapporté la seconde formule pour mémoire : elle n’est pas l’objet direct de votre question ni de mon analyse. La pérennité de l’alliance ancienne demanderait évidemment une herméneutique sérieuse. Cette formule reste en vigueur dans la forme ordinaire et ne se trouve pas modifiée. Car la modification du pape actuel ne porte que sur la forme extraordinaire : elle remplace la première par la troisième, sans modifier en rien la seconde. Le Pape a choisi de ne pas imposer la seconde : nous en prenons acte.
On notera ensuite que le tapage médiatique actuel autour du « perfides », qu’il soit journalistique ou traditionaliste, est simplement ridicule : voila plus de 50 ans que ce mot avait été officiellement retiré de la liturgie. Et je crois, pour en finir avec ce mot, qu’il faut comprendre pourquoi il était devenu un contre sens dans le vernaculaire. Car le mot latin désigne quelqu’un qui passe au travers de la Foi, à côté, outre, ce qui est manifestement le cas des juifs dont la plupart ne croient pas que Jésus soit le Messie d’Israël et encore moins que ce Messie soit le Fils Unique de Dieu. Ils sont donc « perfides » au sens latin du mot, objectivement, d’une qualification théologique. Mais la liturgie ne saurait les qualifier de « perfides » au sens que ce mot revêt en français courant. La qualification morale et hyper-péjorative saute aux yeux et ne s’accommode guère du style d’une prière qui supplie Dieu et ne règle pas des comptes ! Dans le dictionnaire HATIER que j’ai sous la main, « perfide » signifie : traître, qui manque à sa parole, déloyal. Le juif actuel, éduqué dans le talmudisme strict est sans doute aveugle (obcaecatio dans l’ancienne oraison, reprise par la nouvelle qui demande toujours une illumination) sur la messianité de Jésus et plus encore sur sa divinité : c’est un fait. Mais nul n’a le droit, surtout en citant à tort la liturgie traditionnelle, de penser qu’il soit un traître, un homme qui manque à sa parole (laquelle ?), un homme déloyal. Relisez les textes de Saint Paul pour vous en convaincre : il parle bien d’un voile sur leurs yeux (et l’on peut déplorer que cette forte image paulinienne ait disparue) mais il n’affuble les juifs de qualificatifs redoutables (2 Thess ou Gal par exemple) que dans la mesure où ils persécutent les chrétiens et empêchent la diffusion de l’Evangile. Ne pas tout confondre, s’il vous plaît. Il les aime passionnément, de toute évidence et voudrait être anathème lui-même pour leur salut !
Les éléments de l’ancienne oraison se trouvent tous dans la nouvelle, une certaine violence des termes ou de références en moins. Tous mal compris, comme on va le voir. La théologie y est strictement la même, c’est évident. La référence supprimée au « voile posé sur les cœurs » n’était pas du tout péjorative chez saint Paul (2 Cor 3. 15) puisque c’est Dieu qui pose le voile et non les juifs et que l’Apôtre y ajoute aussitôt : « dès que leurs cœurs se seront tournés vers le Seigneur, le voile sera levé ». On sait que ce voile est celui que Moïse mettait sur son visage pour cacher aux fils d’Israël la gloire passagère de son sublime contact avec Dieu (idem 3.13). Quel changement de perspective !
Mais Saint Paul revient deux fois : dans la volonté salvifique universelle de l’épitre à Timothée et surtout dans la dernière demande « ut omnis Israël salvus fiat ». Avant que quelque agité de la contestation nous fasse une exégèse bizarre de cette phrase difficile, qu’il prenne garde quand même qu’elle est de Saint Paul (Rom 11.25) ! Car à première vue, Israël pourrait désigner « l’Israël de Dieu » de l’épitre aux galates (6.7) qui est l’Eglise, ceux qui sont une « nouvelle créature » dans le Christ et on ne voit pas bien pourquoi il faudrait le sauver. Ou bien il s’agirait seulement de l’Israël de l’ancienne alliance et le « omnis » n’a plus aucun sens. Saint Paul dit clairement ce que signifie là son « omnis Israël ». Citons-le : « c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’aveuglement jusqu’à ce que la masse des gentils soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé ». Et l’Apôtre d’expliquer le plan de Dieu qui fait désobéir pour faire miséricorde, les païens (devenus chrétiens) d’abord et les juifs ensuite (« jugement insondable » s’exclame-t-il !). Il s’agit donc, dans la pensée de Saint Paul, de réunir enfin les deux parties d’Israël, divisées à présent : celle de l’ancien testament y compris la génération apostolique avec la seconde qui doit rentrer en masse quand les nations seront gagnées. Le « omnis » devient alors très clair : il manque dans l’Eglise la deuxième partie d’Israël, tant que la plénitude des Nations n’est pas entrée ; « ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante ». Toujours Saint Paul. Cette façon de prier pour les juifs est magnifique : elle appelle de ses vœux la réunification d’Israël promise par l’Ecriture, dans l’Eglise, et donne à entendre à tous les non chrétiens que ce sont eux qui retardent la chose. « Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (11.32). Avis à tous les polémistes primaires qui ne perçoivent pas la question des juifs comme un mystère que Dieu seul se réserve. Et pour s’en sortir, un bon conseil : relire l’épitre aux romains et s’aviser enfin que c’est bien plus intelligent que votre prêt à penser.
Quant aux inquisiteurs qui font observer (sur le Forum Catholique…) que Jésus n’y est pas appelé par son titre de Fils de Dieu, je leurs réponds qu’un homme simple ne saurait être le Sauveur de tous les hommes, allons ! Et que les juifs admettant (par illumination) que Jésus est le Messie et le Sauveur de tous les hommes viendraient évidemment à la perception de sa divinité. En outre, je signale à ces érudits que le « per Christum Dominum » final signifie « par le Christ Seigneur » et que le mot Seigneur au singulier, avec majuscule « Le Monsieur » (en hébreux « Adonaï » en grec « Kyrios ») est celui que les juifs employaient pour désigner Dieu parce qu’ils s’interdisaient par respect de prononcer son vrai nom « Jahvé ».
Je prendrai donc cette magnifique prière parce que c’est un ordre, mais aussi parce qu’un pape qui connaît si bien Saint Paul mérite, appelle, notre piété filiale.

20 février 2008

L'abbé Laguérie et le Bon-Pasteur, bien installés à Bordeaux
20 février 2008 - Nicolas Sénèze - la-croix.com
L'abbé Laguérie et le Bon-Pasteur, bien installés à Bordeaux Un an et demi après sa création, l'institut traditionaliste a su calmer les inquiétudes. Et rêve à d'autres horizons
Pour ce mercredi des Cendres, ils sont une centaine de fidèles sous les blanches voûtes gothiques de Saint-Éloi, à Bordeaux. « On en avait à peu près autant ce matin, dont 80 élèves de notre école. Et encore, nous ne sommes qu’en semaine », se réjouit l’abbé Philippe Laguérie, officiellement curé du lieu depuis un an, après plusieurs années d’occupation illégale de cette église un moment désaffectée par le diocèse.
Dans la sacristie, le portrait de Mgr Lefebvre voisine avec celui de Benoît XVI. « Mgr Lefebvre a eu ce rôle historique de maintenir la tradition. Sans lui, il n’y aurait plus de prêtres en mesure de dire la messe traditionnelle », explique ce prêtre, ordonné en 1979 par le fondateur d’Écône et qui, en 2006, a fait le choix de la réconciliation avec Rome. « Les temps ont changé, explique-t-il. Nous ne sommes plus dans les excès terribles des années 1970-1980.
Et cela, la Fraternité Saint-Pie-X (regroupant les prêtres intégristes, NDLR) doit le comprendre. » Désormais en charge de cette paroisse au cœur de Bordeaux, il s’attache à y faire vivre la messe selon le Missel de saint Pie V. « On est sur de bons rails », se félicite le prêtre, avançant un chiffre de 600 fidèles dont, affirme-t-il, « des gens qui ont retrouvé une pratique sacramentelle grâce à nous ».
Du côté de l’archevêché, après l’émoi des fidèles à l’annonce de la création de l’Institut du Bon-Pasteur, on se réjouit du chemin parcouru. « Les choses sont devenues plus calmes. L’abbé Laguérie et l’Institut du Bon-Pasteur ont vraiment joué le jeu de l’appartenance à l’Église catholique », reconnaît le P. Jean Rouet, vicaire général du diocèse. « Il y a une estime réciproque qui est née et qui est très encourageante, confirme l’abbé Laguérie. S’il y a encore de petites cicatrices, la sagesse du cardinal Ricard fait peu à peu oublier les difficultés passées. »
19 prêtres et 35 séminaristes
Composé de cinq prêtres au début, l’institut traditionaliste en revendique aujourd’hui 19, ainsi que 35 séminaristes. Quatre diacres doivent être ordonnés le 23 février à la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, cathédrale du pape. Des forces que l’abbé Laguérie estime maintenant suffisantes pour tenter ailleurs l’expérience de Saint-Éloi. Un accord vient d’être signé avec l’évêque de Versailles, mais l’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet rêve déjà de Lyon et de Paris. Dans la capitale, 1 500 signatures ont été transmises au cardinal André Vingt-Trois pour la création d’une « paroisse personnelle » (c’est-à-dire définie non par un territoire mais par affinité) qui serait confiée au Bon-Pasteur. « L’archevêque de Paris a déjà fait beaucoup, par exemple en autorisant une messe traditionnelle à Saint-Germain-l’Auxerrois qui n’est pas une petite chapelle. De ce côté-là, les Parisiens ont toutes les messes qu’ils veulent, reconnaît l’abbé Laguérie. Mais on ne peut pas se contenter de faire de l’apostolat de grande surface, comme on remplit son caddie le dimanche. La vie chrétienne ne se limite pas à la messe du dimanche. Il faut aussi le catéchisme, le scoutisme, les mouvements de jeunesse, la formation… »
Le curé de Saint-Éloi rappelle que, dans sa lettre d’accompagnement du motu proprio, Benoît XVI suggère précisément la création de paroisses personnelles pour les fidèles attachés à l’ancienne forme du rite romain. « Grâce au motu proprio qui distingue entre forme “ordinaire” et forme “extraordinaire”, les choses fonctionnent bien, confirme le P. Rouet. Nous faisons ainsi vivre une diversité en la situant dans son particularisme. Du coup, les choses sont régulées. » Reste que, quand l’archevêché de Bordeaux a organisé une série de catéchèses sur Vatican II, rassemblant de 2 000 à 3 000 personnes à travers le diocèse, Saint-Éloi a préféré organiser ses propres conférences sur Vatican II…
Nicolas SENEZE
Les Scouts d'Europe sont-ils instrumentalisés par des évêques hostiles au Motu Proprio de Benoît XVI ?
20 février 2008 - Lettre de Paix liturgique n°85
La Lettre de Paix liturgique
20 Février 2008 - Numéro 85 Pour entrer en contact avec nous, cliquez ici
Les Scouts d'Europe sont-ils instrumentalisés par des évêques hostiles au Motu Proprio de Benoît XVI ?

Suite à l’étrange attitude des Scouts d’Europe vis à vis des groupes de scouts et guides attachés à la forme extraordinaire du rite latin, les réactions ne se sont pas fait attendre. Et la plus importante d’entre elle fut la lettre du Cardinal Castrillon Hoyos, envoyée à l’AGSE en janvier 2008. Rappel :
« Monsieur le Président,
Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale « Ecclesia Dei » de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre « Place au Scoutisme » et la date du 17 novembre 2007.

Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur la possibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio « Summorum Pontificum » du Souverain Pontife Benoît XVI entré en vigueur le 14.9.2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.

Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, – dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, – et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.

Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; un nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Église ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier.

Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos »
Qu’à cela ne tienne, le président de l’AGSE a décidé de ne pas tenir compte de ce courrier et affirme dans une lettre du 4 février, suite à la conclusion d’un groupe de travail interne aux Scouts d’Europe :
« il ne nous semble pas souhaitable de mettre des enfants ou des jeunes à part, dans des unités dont la seule raison d’être serait une spécificité liturgique. »
Pourtant, l’AGSE comprend des unités à spécificité liturgique (gréco-catholiques) et même des unités orthodoxes et protestantes ! S’ajoute un incroyable déni liturgique concrétisé par une désobéissance frontale à Rome :
  • "Le missel de Paul VI est la règle habituelle de notre mouvement comme elle l’est dans l’Église, dans le souci d’un accès à la liturgie le plus large possible pour les jeunes [Ce sont pourtant les jeunes qui adhèrent le plus à la liturgie traditionnelle !]. La forme ordinaire est utilisée dans nos activités et les rassemblements.
  • Les unités peuvent, ponctuellement [Pourquoi cette restriction ?], aller dans des paroisses, monastères ou communautés qui célèbrent selon la forme extraordinaire. […]
  • Tous les groupes, maîtrises et conseillers religieux du mouvement sont concernés par ces orientations et auront à cœur de les suivre fidèlement. [au risque d’être infidèle à Rome]
  • Les situations particulières seront étudiées par les commissaires généraux et le conseiller religieux national en lien avec la hiérarchie locale et en accord avec l’Évêque du lieu afin de rester dans l’esprit du Motu proprio. [c’est un pur mensonge : le Motu Proprio autorise tout prêtre et tout groupe stable, indépendamment de sa hiérarchie]
Qu’est-ce qui passe par la tête des Scouts d’Europe ? La fin de la lettre du 4 février de Jean-Marie Nessi nous le laisse deviner :
"Ces recommandations dépassent largement le cadre des Guides et Scouts d’Europe et nécessitent notamment des échanges entre le Siège Apostolique [pourquoi ne pas écrire « la Commission Ecclesia Dei » ?], la Conférence des évêques de France et les 3 dirigeants de notre mouvement pour trouver comment mettre en œuvre ces dispositions dans un mouvement éducatif de jeunes"
Cette affirmation met en lumière plusieurs points :
  • L’AGSE ne veut pas obéir et tente de temporiser en évoquant des échanges (des négociations ?) avec Rome, alors que la lettre du Cardinal Hoyos se montrait claire et injonctive.
  • L’autorité de la Commission Ecclesia Dei, que le Motu Proprio place au-dessus des évêques pour tout recours sur le sujet de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain, est diluée derrière l’expression « Siège Apostolique ». L’AGSE ne veut pas rendre de compte directement à la commission Ecclesia Dei qui est implicitement déclarée incompétente
  • Conseillée par Mgr Rivière et Mgr Brincard (qui a également réagit en occultant totalement le rôle de la Commission Ecclesia Dei), l’AGSE s’abrite derrière la Conférence des Évêques de France et implique ainsi directement la Cardinal Vingt-Trois.
Mais peut-être est-ce l’inverse ? Certains évêques de France, que l’on a connu hostiles à la publication du Motu Proprio, n’utiliseraient-ils pas l’AGSE pour ne pas se placer en première ligne d’une fronde gallicane hostile au Saint-Père ? On peut aller plus loin en se demandant si les évêques français (pas tous bien heureusement, puisque au moins 2 évêques ont fait appel de la décision de l’AGSE auprès de la Commission Ecclesia Dei) ne veulent pas, dans cette affaire, créer une jurisprudence défavorable à la Commission Ecclesia Dei, afin de rester (conformément au Motu Proprio de 1988) les seuls dépositaires des autorisations de messes selon la forme extraordinaire ?
Ajoutons, pour rester dans le strict cadre de l’AGSE, que le triumvirat (« les 3 dirigeants du mouvement des Scouts et guides d’Europe ») qui gouverne de façon autoritaire (et non de façon subsidiaire, conformément à la méthode scoute) le mouvement, à savoir Jean-Marie Nessi, Jean-Michel Permingeat et Marie-Hélène Morel, font face à une fronde interne de plus en plus grande.
11 administrateurs sur 23 ont en effet publié une lettre, qui se veut à la fois ferme et apaisante :
« La pétition de soutien récemment lancée sur Internet ainsi que la profusion de courriels anonymes de toute sorte génèrent un risque de division au sein du mouvement que personne ne peut se résoudre à laisser s’installer.
Toutes ces réactions ont une même source : un attachement profond pour le mouvement des Guides et Scouts d’Europe, une inquiétude quant à son avenir et un ardent désir de le protéger. Parvenue en phase de maturité et forte de ses 27 000 adhérents, l’AGSE en sa qualité de mouvement laïque d’éducation endosse une responsabilité de représentation de plus en plus importante, tant vis-à-vis des familles, que vis-à-vis de l’Église mais également de l’État.
Notre incapacité à apporter des solutions aux événements survenus depuis plusieurs mois révèle une grave crise de gouvernance dont il faut aujourd’hui se préoccuper.
Nous sommes une majorité d’administrateurs, à avoir manifesté nos convictions au sein du conseil d’administration et à avoir dénoncé un certain nombre de problèmes tout en veillant jusqu’à présent à préserver au maximum les jeunes du mouvement. Ces points concernent :
  • La gouvernance du mouvement en particulier les attributions respectives des CNG et du conseil d’administration [remise en cause du triumvirat].
  • Le désir de suivre filialement les demandes venues de Rome sur l’application du Motu Proprio.- La valorisation de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe [l’UIGSE a effectivement condamné les prises de position de l’AGSE, cf ci-dessous] et la contribution active à son rayonnement et à la magnifique mission d’évangélisation qui attend le mouvement en Europe.
  • Le contact souhaité avec tous les autres mouvements scout [tous, et pas uniquement 2 ou 3…]
  • La possibilité d’être écouté et d’exprimer des désaccords sans que cela soit un motif de rupture de confiance [combien ont déjà quitté l’AGSE ? Nul ne le sait, mais il y en a] Dans leur grande sagesse, nos anciens ont prévu, pour préserver la paix et l’unité entre nous tous, de confier au seul conseil d’administration la charge de choisir les commissaires généraux et d’apprécier leur manière de servir.
Les réactions ne doivent pas être personnalisées sous la forme de sites ou de mails anonymes s’en prenant aux commissaires généraux, ou sous la forme de pétitions tendant à les plébisciter.
Les amalgames et la confusion exposée publiquement sont en contradiction complète avec cette bonne règle, et mettent en danger le mouvement. C’est pourquoi nous avons décidé après mûre réflexion de sortir de notre réserve et de faire cette mise au point.
Nous entendons exercer en toute lumière notre responsabilité d’administrateurs élus par l’assemblée générale.
Contrairement à certaines rumeurs, nous certifions que nous n’avons aucune intention de récupérer le mouvement au profit d’une quelconque idéologie ou sensibilité religieuse.
Recevez notre fraternel salut scout et restons unis par la prière pour préserver ensemble l’unité du mouvement des Guides et Scouts d’Europe.
Anne-Sylvie ASTIER, RS, Administrateur, ACDE Val de Gally, Foulard Vert, Mestre de Camp en CEP,
Marie-Camille BORDE, RS, Administrateur, Foulard Rouge, Foulard Vert
François de CHAILLÉ, Administrateur
Nicole DARGEGEN, RS, Administrateur, CPrG Haut-Languedoc, Mestre de Camps SENAMCO des CG
Isabelle GAUTIER, Administrateur
Alain LACHAISE, RS, Administrateur, ACPrS P.L.A.S.A.V, MacLaren
Marie-Paule LECLERE ; Administrateur, CPrG Provence
Odile LEVACHER ; RS ; Administrateur, CPrG Bourgogne Franche-Comté, Foulard vert
Christian MASSON, RS, Administrateur, CDsA Paris Ste Geneviève
Brigitte PARNAUDEAU ; RS ; Administrateur, CPrG Hainaut Artois Flandres
Pierre de SAINT-CHAMAS ; Administrateur, CGS 3e Strasbourg »
De même, Jacques Mougenot, commissaire fédéral de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe ne comprend pas l’attitude de la branche française :
"Depuis un certain temps déjà, certaines évolutions de l’association française, qui demeure le principal membre de notre Union Internationale, suscitent mon incompréhension, et soulèvent une certaine émotion en son sein même. Elles se traduisent par des crispations sur des questions liturgiques : lors de l’Euromoot, la route jubilaire des guides aînées et des routiers d’Europe, l’association française a refusé, sans argumentation valide, et de façon cavalière, de participer à la liturgie byzantine célébrée à l’ouverture par l’évêque gréco-catholique du lieu. Plus récemment – et sans doute en avez-vous entendu parler -, son conseil d’administration a pris la décision de ne pas admettre comme conseillers religieux des prêtres célébrant selon la forme extraordinaire du rite romain, comme s’il appartenait à une association de laïcs de prendre ce type de position. Un rappel ferme vient d’ailleurs d’être adressé à ce sujet au président de l’association française par le Cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission Ecclésia Dei, compétente en la matière, à la demande de plus de 60 prêtres, conseillers religieux du mouvement. C’est la première fois, dans toute son existence, que le mouvement des Scouts d’Europe est ainsi sermonné par l’autorité de Rome. Comme commissaire fédéral de l’UIGSE, gardien de la fidélité de ses membres à nos textes fondateurs, et à nos statuts canoniques d’association privée internationale de fidèles de droit pontifical, je me dois de veiller, dans le respect de leur légitime autonomie, à ce que toutes les associations nationales qui composent notre Union placent leurs décisions et leurs actions dans l’obéissance au Siège apostolique et à la loi scoute.
Force est de constater, à mon grand regret, que des libertés semblent être prises, en France, avec ces deux fondements de notre vie chrétienne et scoute : prise de décisions qui entraînent des rappels à l’ordre (alors que des avertissements fraternels avaient été donnés par un évêque et par moi-même), refus du dialogue avec moi, et, manifestement, au sein même de l’association (il me revient régulièrement des échos de tensions, de manque d’écoute, de tentatives de remise au pas). On tente de mettre au compte de conflits de personnes ce qui semble relever d’un malaise plus profond. […]
Le 15 mars prochain, […] l’association française des Guides et Scouts d’Europe réunira son assemblée générale annuelle, au cours de laquelle les responsables rendent compte de leur action ; le conseil d’administration y sera également partiellement soumis à renouvellement.
Je vous remercie d’intercéder auprès du Père des Cieux, avec saint Joseph et la Vierge Marie, pour que cette assemblée soit celle d’une famille, unie par la foi et la loi scoute ; pour que les débats y soient marqués par la vérité et le respect des personnes ; que les décisions soient celles d’une fidélité sans ambiguïté à l’enseignement ordinaire et aux injonctions particulières du Saint-Siège ; que se dissipent les incompréhensions, les raideurs, les ombres, d’où qu’elles proviennent ; que notre mouvement, si riche en vocations religieuses, sacerdotales ou familiales, continue, sans en tirer orgueil et dans l’action de grâce, à féconder l’Eglise de France ; que tous nos chefs, cheftaines, guides et scouts, puissent, le cœur et l’esprit libres, entrer pleinement dans la Grande Semaine de la Passion et de la Résurrection de leur Seigneur."
Certaines familles ne comprennent pas ce » conflits » et elles ont bien raison il est inconcevable ! et notre désir le plus grand est qu’aux scouts d’Europe comme dans les diocèse s’instaure au plus vite la paix conformément au désir du saint père qui en publiant son motu proprio du 7 juillet 2007 espérait mettre fin à plus de trente ans de querelles stériles qui nuisent à l’essentiel : la nouvelle évangélisation du monde qui nous entoure.
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Hauts de Seine -Le vendredi 22 février à 13h célébration à La Défense d’une messe selon la forme extraordinaire du rite latin Un grand merci au chapelain de Notre-Dame de Pentecôte qui se trouve sur l’esplanade de la Défense au cœur du diocèse de Nanterre , d''''autoriser le 22 février à 13 h la célébration d’une messe dans la forme extraordinaire du rite latin. Qu’il soit vivement remercié pour sa générosité (catholiques.aladefense.cef.fr)
Contact :
cyrille.daubigny@libertysurf.fr

Marne - Messe à Reims le 24 février
La prochaine messe selon la forme extraordinaire sera célébrée à Reims le dimanche 24 février 2008 à 10 heures 30 dans l''église Sainte Jeanne d''Arc.
Soyez nombreux à vous unir par la prière où votre présence à cette célébration.
Contact :
http://www.paixliturgiquereims.org/

Rhone - Une nouvelle célébration le 24 février à Amplepuis (En Beaujolais)
Le 24 février sera célébrée à 11 h dans la chapelle du cimetière d''Amplepuis une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Unissons-nous nombreux par la prière où notre présence à cette nouvelle célébration qui aura besoin de tous nos soutiens pour être pérenniser.
Contact :
summorum-pontificum.amplepuis69@orange.fr
04 74 89 28 53


Haute-Marne - Un groupe de catholique s'organise dans le diocese de Langres. Des fidèles du Diocése de Langres souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''au moins une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Merci de les rejoindre ou de les aider !
Contact :
info@motuproprio52.com

Yvelines - Un nouveau groupe à Viroflay Des fidèles de Viroflay souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Merci de les rejoindre ou de les aider !
Contact :
info@motuproprio78.com

12 février 2008

Langue de buis et impatience à Limoges
12 février 2008 - Lettre de Paix liturgique n°84
La Lettre de Paix liturgique
12 Février 2008 - Numéro 84 Pour entrer en contact avec nous, cliquez ici

Langue de buis et impatience à Limoges Nous publions ci-après un dossier reçu de monsieur Marc F, fidèle de Limoges, qui nous fait part de l''impatience et de la colère bien légitimes d''un groupe de catholiques du Limousin qui ont l''impression que l''on se moque d''eux...

Voici le dossier composé d''une part de la reproduction d''un entretien accordé au "Populaire" par Monseigneur Dufour, évêque de Limoges, publié dans ce quotidien le 16 septembre 2007, au lendemain de l’entrée en vigueur du Motu Proprio, et d''autre part d''extraits de la lettre de Marc F datée du 28 janvier 2008.


1 - Extraits de l’article du Populaire publié le 16 septembre 2007

La messe en latin peut réconcilier les catholiques

Depuis vendredi dernier le pape Benoît XVI autorise officiellement les prêtres à prononcer à nouveau la messe en latin. Pour Monseigneur Dufour, cette décision n’a rien de rétrograde. Elle devrait simplement apaiser les esprits.

Q : Il n’y avait plus de messe en latin ?

R : Il faut bien comprendre. Ce n’est pas le latin qui est en cause. Ce décret du pape n’a pas pour objectif de réhabiliter le latin. Cette langue fait partie de notre patrimoine. Nous chantons toujours des cantiques et dans les grands rassemblements internationaux qui se déroulent à Rome ou à Lourdes, les messes sont dites en latin. Mais aujourd’hui les gens ne l’apprennent plus. C’est la raison pour laquelle l’usage a été abandonné par le Concile Vatican II dans les années soixante.

Q : Pourquoi ce retour en arrière ?

R : Depuis, les catholiques se sont divisés. Cette décision vise à apaiser les esprits à réconcilier les fidèles attachés aux traditions et les autres plus sensibles à la messe réformée. Le missel dit de Paul VI publié en 1970 est toutefois le plus utilisé. Il n’est pas question de revenir en arrière. Mais il n’est pas question non plus de rejeter l’autre forme de célébration. Le pape demande aux prêtres de respecter les deux formes.

Q : Y a-t-il, dans le diocèse de Limoges une paroisse concernée ?

R : Oui ! La chapelle des papillons. Là se rassemble chaque semaine une centaine de fidèles. Le prêtre a été formé à l’Institut du Christ Roi. Sa formation lui permet de célébrer l’eucharistie avec les missels de 1962 et de 1970.

Q : Ce décret est une bonne chose ?

R : Bien sûr. Il est source d’apaisement. Aujourd’hui il n’y a plus de vraie ou de fausse messe. Dans les deux cas, il s’agit de celle de l’Église catholique.

Q : Les prêtres du diocèse vont modifier leur mode de célébration ?

R : J’ai réuni jeudi les prêtres du diocèse. Ce sujet a bien entendu été abordé. Aucun d’entre eux n’a manifesté l’intention de reprendre le missel de 1962.

Q : Ils peuvent changer d’avis ?

R : Si un groupe stable de fidèles attachés au missel de 1962 demande à être accueilli sa requête doit être entendue. C’est ce que dit Benoît XVI.


2 - Quelques les extraits de la lettre de Marc F. du 28 janvier 2008

A Limoges, les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain ont de plus en plus l’impression qu’on les prend pour des imbéciles ! Quatre mois après sa publication dans cette gazette locale, l’interview accordé au populaire par notre évêque, Monseigneur Dufour, apparaît plus que jamais, comme une véritable provocation pour qui connaît un tant soit peu la situation des fidèles de Limoges de sensibilité traditionnelle.

L’évêque est – au mieux – mal informé ou alors ses propos ont été déformés (je n’ose imaginer une troisième hypothèse). La messe traditionnelle célébrée à la chapelle des Papillons n’est absolument pas célébrée toutes les semaines mais seulement le 2ème et le 4ème dimanche du mois (soit même pas un dimanche sur deux).
La messe traditionnelle n’y est pas célébrée non plus les jours de fête d’obligation qui ne tombent pas un dimanche et bien sûr elle l’est naturellement encore moins les jours de semaine. A ce stade, je précise d’ores et déjà que plusieurs familles de Limoges ont écrit à l’évêque pour lui manifester respectueusement leur désir de pouvoir assister à une telle célébration au minimum chaque dimanche. En vain ! « On » dit dans les milieux les plus autorisés du diocèse, qu’il n’est pas question de passer à un rythme hebdomadaire pour que les fidèles traditionnels retournent à la messe dans leurs paroisses les autres dimanches. Il est curieux de constater, à l’heure où les catholiques pratiquent de moins en moins et choisissent leurs paroisses, que les seuls fidèles à qui l’ont fait obligation d’assister à la messe (dans la forme ordinaire) dans leurs paroisses, sont les fidèles qui désirent vivre leur foi dans la forme extraordinaire du rite romain… A l’heure du Motu proprio de Benoît XVI, une telle conception de la célébration de la messe traditionnelle semble bien archaïque.
Il faut également préciser que la messe de la chapelle des Papillons est célébrée le dimanche à 18 heures. On le voit, un rythme irrégulier, un horaire difficilement praticable pour les familles… Tout est fait à Limoges pour décourager les fidèles. Si cette messe était célébrée chaque dimanche à un horaire normal, ce ne sont pas cent fidèles qui se réuniraient mais probablement plus du double… Alors ne cherchons pas plus loin les raisons du refus de nous donner le minimum minimorum que constitue la messe dominicale hebdomadaire à un horaire "normal"
Malgré les belles déclarations d’intention du clergé, la paix liturgique (pour reprendre votre titre) ne semble pas voulue dans les paroisses de Limoges. Par conséquent, il ne faudra pas venir critiquer demain les familles manipulées qui, devant tant de mauvaise foi, auront préféré installer une communauté religieuse traditionnelle sans concertation avec l’évêque.
A l''heure actuelle, d''autres groupes de fidèles sollicitent leurs curés dans le diocèse pour mettre en place dans leurs paroisses la célébration régulière de la messe dans la forme extraordinaire du rite romain. Ne doutons pas - qu''à la différence de ce qu''il fait à Limoges - l''évêque fera ce qu''il dit et que "si un groupe de fidèles attachés au missel de 1962 demande à être accueilli sa requête doit être entendue".
Peut être faudra-t-il un nouveau nouveau Motu Proprio pour que notre évêque passe des paroles aux actes ou alors peut être devrions nous organiser un grand pèlerinage vers le Saint Père à Rome, ou encore, comme à Paris, organiser une grande pétition départementale pour demander l''érection d''une paroisse personnelle au profit de l’Institut du Bon Pasteur dans le diocèse ?
Marc F.
Pour en savoir plus info@motuproprio87.com
Les réflexions de Paix Liturgique

- Il a été quelquefois reproché à Paix Liturgique de ne pas employer " les bons moyens" et de semer la zizanie en rendant publique des situations inadmissibles. On remarque que les moyens employés jusqu''alors par certains fidèles de Limoges qui se sont armés de patience, de silence et de bonne volonté malgré les couleuvres à avaler, n''ont guère été concluants et ne méritante pas plus le qualificatif de "bonnes méthodes". On le voit bien, quelle que soit la méthode employée, à Limoges comme dans d''autres diocèses, le résultat est toujours le même : on n''applique pas le Motu Proprio de Benoît XVI et on traite les fidèles de sensibilité traditionnelle comme des chrétiens de seconde catégorie.

- Nous le disons tout net : lorsque demain éclatera leur colère et que des actions plus visibles seront organisées dans le diocèse pour manifester leur ras le bol, il sera inutile de rechercher des responsabilités du côté de ces familles. En revanche, les responsables du diocèse qui pendant des années auront feint de ne pas entendre la demande de ces familles devront assumer les conséquences de leur attitude irresponsable.

- La bonne méthode à Limoges serait-elle celle d''Amiens ou de Niafles ? Ou bien celle d''un scandale médiatique ? Peut être !
N''est il pas incroyable d''en arriver là alors qu''il serait si facile et normal de satisfaire les légitimes suppliques d''une centaine de familles ?
- Une nouvelle fois implorons la charité de nos évêques pour qu''ils mettent en pratique dans les diocèses de France des mesures honnêtes et charitables au service de l''unité et de la paix.

Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Yvelines - Magnificat à Rollboise Depuis le dimanche 10 février une messe selon la forme extraordinaire est célébrée à 11 h dans l''église saint Michel de Rolleboise prés de Bonnières dans les Yvelines. Cette messe est le résultat d''une convention passé le 8 février 2008 entre l''évêque de Versailles et l''Institut du Bon Pasteur qui donne à monsieur l''abbé Aulagnier une fonction de Vice-Chapelain sous l''autorité du curé de Bonnières-sur-Seine.

La première messe du 10 février à réuni 150 fideles qui ont été très fraternellement accueilli par le père Long curé de Bonnières

Que Monseigneur Aumonier soit vivement remercié pour sa décision et que les fideles nombreux s''unissent dés dimanche prochain par leur présence ou leurs prières à cette célébration.

Contact :
http://la.revue.item.free.fr

Rhone - Une nouvelle célébration à Amplepuis (En Beaujolais)
Les dimanches 17 et 24 février prochains, sera célébrée à 11 h dans la chapelle du cimetière d''Amplepuis une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Unissons-nous nombreux par la prière ou notre présence à cette nouvelle célébration qui aura besoin de tous nos soutiens pour être pérenniser

Contact :
summorum-pontificum.amplepuis69@orange.fr
04 74 89 28 53


Corréze - Une nouvelle demande à Brive.
Des fidèles de Brive-la-gaillarde et de sa région souhaitent constituer un groupe pour demander la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
ludovic.leguen@hotmail.fr

Yvelines - Nouveau groupe à La Celle Saint-Cloud
Autour de Monique et Paul Dillée, des fidèles de La Celle-Saint-Cloud, souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
info@motuproprio78.com

Nord - Une Nouvelle demande à Valenciennes
Des fidèles de Valenciennes et de sa région souhaitent se mettre en contact et faire connaissance en vue de constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin à Valenciennes.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact :
info@motuproprio59.com

Paris - Deo Gratias pour Sainte Jeanne de Chantal
Une assemblée nombreuse et recueillie de plus de 280 fidèles le 10 février à 12h 45 dans l''église Sainte Jeanne de Chantal à Paris.

Un grand merci au Père Guiot, et Rendez-vous à tous les fidèles du 16éme dimanche prochain 17 février !

Contact :
dominique.mg@wanadoo.fr

Yvelines - Une seconde messe selon la forme extraordinaire à Rambouillet le 17 février
Un grand merci au père curé Guy Lecourt qui célébrera une seconde messe selon la forme extraordinaire le dimanche 17 février à 9h dans l''église Saint Lubin de Rambouillet.
Erratum : Nous avons signalé par erreur que la célébration de la première messe traditionnelle du 13 janvier n''avait pas été annoncée aux paroissiens habituels de saint Lubin par le Père Lecourt. Cette remarque, qui s''inspirait des réflexions de fidèles de la messe (célébrée à 11 h) qui suivait celle célébrée selon la forme extraordinaire était erronée. En effet le Père Lecourt avait bien signalé la célébration de cette première messe dans son bulletin paroissial qui n''avait visiblement pas été lu par tous ses fidèles ... ceci montre l''importance de répéter les informations que l''on souhaite transmettre à temps et à contre temps ....
Contact :
info@motuproprio78.com

Paris - Le 13 février Messe de préparation du pelerinage de Chartres.
Nous vous invitons à venir très nombreux à la Messe de préparation du 26ème pèlerinage de Pentecôte 2008qui sera célébrée par monsieur l’Abbé Guilhem le Coq le Mercredi 13 Février 2008 à 19 h 30 en l’église Saint Germain l’Auxerrois
(Place du Louvre, 75001 Paris)

Modalités Pratiques :
Métro Louvre - Rivoli (ligne 1) - Parking souterrain gratuit juste devant l''église –

Contact :
information@nd-chretiente.com
01.39.07.27.00


Calvados - Messe à Lisieux le 17 février. Le dimanche 17 Février à 9H00, dans la Chapelle de l''Adoration de la Crypte de la Basilique de Lisieux, Monseigneur Lagoutte, recteur de la Basilique, célébrera la messe dans la forme extraordinaire du rite romain.

Merci de faire connaître l''existence de cette célébration à vos parents, amis ou connaissances de la région susceptibles d''être intéressés ou de vous unir par vos prières à cette célébration pour laquelle nous remercions Monseigneur Lagoutte.

Contact :
annemarie.le.gall@cegetel.net

Val de Marne - Grande réunion à Saint-Maur le 16 février
Nous vous rappelons que l''association FIDES SAINT MAUR organise dans la salle polyvalente de la Maison de Quartier de la Pie, quai de la Pie 94100 Saint-Maur-des-Fossés, une conférence sur le MOTU PROPRIO le samedi 16 février 2008 à 20h30.

Tous ceux qui souhaitent participer à l''application des bienfaits du motu Proprio dans le diocèse de Créteil y sont les bienvenus

Contact :
fidessaintmaur@free.fr
06 37 88 87 81
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9 février 2008

[Aletheia n°120] Réformes et restaurations, pas à pas - par Yves Chiron

Au regard de ses écrits et de ses actes antérieurs au pontificat, il était clair, dès le début, qu’en matière liturgique, Benoît XVI serait à la fois un réformateur et un restaurateur (cf. Aletheia, n° 74, 20 avril 2005).
Non pas seulement un réformateur du nouveau rite (la fameuse « réforme de la réforme ») et un restaurateur de l’ancien rite (le non moins fameux « droit de cité »), mais aussi un réformateur de l’ancien rite. Avec, au terme de ce double mouvement de réforme et de restauration, la fusion des deux rites.
Celui qui était le cardinal Ratzinger l’avait affirmé dans une lettre à son ami le professeur Barth : « le rite romain de l’avenir devra être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien » (lettre reproduite dans Aletheia, n° 89). Que cette perspective de l’unique rite soit à long terme, à très long terme même, celui qui est devenu Benoît XVI en a bien conscience lui qui sait aussi que le temps de l’Eglise ne s’apprécie pas avec la même mesure que le temps des affaires et des projets uniquement humains.
Quatre actes récents montrent ce double mouvement de réforme et de restauration :
• les éditions du Vatican ont créé une nouvelle collection « Monumenta Liturgica Piana » qui propose l’édition anastasique des livres liturgiques selon la dernière editio typica de 1962. Le Missale Romanum vient de paraître, suivra la réimpression du Rituale Romanum dans l’editio typica de 1952, du Pontificale Romanum dans l’editio typica de 1961-1962 et du Breviarium Romanum dans l’editio typica de 1962.
Le Missale Romanum qui vient d’être réédité n’est pas destiné aux fidèles. Par son format, c’est un missel d’autel, relié, avec notations musicales. Il est destiné aux prêtres, comme un prolongement naturel du motu proprio de juillet 2007[1].
• le 13 janvier 2008 dernier, dans la Chapelle Sixtine, Benoît XVI a célébré la messe (en italien), sur l’autel ancien, sous la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange, « tourné vers le Seigneur » et non pas face au peuple comme l’usage s’en est répandu avec le nouveau rite.
Sans en faire une norme pour tous les prêtres, Benoît XVI a voulu mettre en acte, en tant que Souverain Pontife, une conviction spirituelle et théologique. Cette conviction, il l’avait exprimée, notamment, il y a plus de quinze ans, en préfaçant la traduction française de l’ouvrage de Mgr Klaus Gamber, Tournés vers le Seigneur (Editions Sainte-Madeleine, 84330 Le Barroux) : « L’orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles – dont la forme symbolique était généralement en direction de l’est, c’est-à-dire du soleil levant – était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable. Il y a dans la liturgie une anticipation de son retour ; prêtre et fidèles vont à sa rencontre. Cette orientation de la prière exprime le caractère théocentrique de la liturgie ; elle obéit à la monition : Tournons-nous vers le Seigneur ! ».
• Mgr Athanasius Schneider a publié, le 18 janvier, aux éditions du Vatican, un ouvrage consacré à la communion[2]. Mgr Albert Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, a accordé une préface à ce livre. Mgr Ranjith regrette que la pratique de distribuer la communion dans la main ait été « introduite abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de l’Eglise tout de suite après le Concile. »
Cette pratique a banalisé l’acte de la communion, mais aussi a généralisé une attitude désinvolte ou irrespectueuse face à l’hostie consacrée elle-même. Mgr Ranjith estime nécessaire de « revoir » et « si nécessaire abandonner » la pratique de la communion dans la main.
Dès 1969, Jean Madiran avait analysé la « tromperie » du Processus de la communion dans la main[3] ; un processus qui a commencé avec l’instruction Memoriale Domini de la Congrégation pour le Culte divin, en date du 29 mai 1969. L’instruction procédait en trois temps. Elle faisait référence à une consultation des évêques du monde : ils s’étaient montrés très largement hostiles à la communion dans la main : 567 Placet contre 1.233 Non placet. Elle indiquait la position de Paul VI : « le Souverain Pontife n’a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la sainte communion aux fidèles ». Mais, elle laissait aux Conférences épiscopales le soin d’autoriser « un usage différent », dans certaines conditions.
Cette autorisation exceptionnelle et conditionnelle de mai 1969 est devenue la norme universelle, sans éviter les risques redoutés par l’instruction elle-même : « manque de respect ou d’opinions fausses qui pourraient s’insinuer dans les esprits au sujet de la Très Sainte Eucharistie. »
L’alarme lancée par Jean Madiran en 1969 a trouvé, près de quarante ans plus tard (!), une première réponse dans la préface du secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin.
• La prière « pour la conversion des Juifs », qui figure parmi les oraisons du Vendredi saint, avait été modifiée dans l’editio typica du Missel de 1962 (les mots perfidis — incrédules – et perfidia – incrédulité – avaient été supprimés). Après le motu proprio de juillet dernier, des organisations juives avaient demandé que cette prière pro Iudaeis soit supprimée. Par un décret du 4 février, Benoît XVI ne supprime pas cette prière, mais il en rend obligatoire une nouvelle version : si les expressions auferat velamen de cordibus eorum et a suis tenebris eruantur sont supprimées, la conversion des Juifs est toujours demandée à Dieu : Ut Deus et Dominus noster illuminat corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum.
Précisions
• À propos du n° 118 : outre le P. Philippe Verdin, dominicain, il faut compter aussi au nombre des inspirateurs du « Discours du Latran », son amie, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. Elle a tenu à le faire savoir au Figaro (16 janvier 2008).
• À propos du n° 119 : un lecteur, jésuite, a fait remarquer que les Jésuites ne sont plus 22.000 dans le monde mais « seulement 19.500 ». Il précise aussi que le noviciat français jésuite n’est pas « mixte » mais qu’ « il y a un internoviciat ignatien qui se réunit de temps à autre ». En d’autres termes, jeunes novices masculins jésuites et jeunes novices féminines de la famille ignatienne se retrouvent de temps en temps, pour quelques jours de « partage », de réflexion et de prière.
• Après le Discours du Latran (20 décembre 2007) à destination des catholiques et après le Discours de Riyad (le 14 janvier 2008) à destination des musulmans, il y aura le « Discours au Grand Orient de France » à destination des francs-maçons et des tenants de la laïcité. La date n’est pas arrêtée, mais Nicolas Sarkozy a accepté de venir s’exprimer lors d’une « tenue blanche fermée » devant le Grand Orient de France. Ce sera une première sous la Ve République de voir le Chef de l’Etat s’exprimer dans une loge maçonnique.
Y.C.
[1] Missale romanum. Edition typica (1962), Libreria Editrice Vaticana (00120 Città del Vaticano), 1.096 pages, 59 euros.
[2] Mgr Athanasius Schneider, Dominus Est, Libreria Editrice Vaticana, 2008, 8 euros.
[3] Jean Madiran, « Le processus de la communion dans la main », Itinéraires, n° 135, juillet-août 1969.

7 février 2008

[Maja Zoltowska - Liberation] Les traditionalistes polonais retrouvent leur latin

SOURCE - Libération - 7 février 2008

Les dimanches matin, la petite église de Saint-Benon, dans le vieux Varsovie, est toujours pleine. Cela n’a rien de singulier dans une Pologne qui reste encore très pratiquante. Mais Saint-Benon n’est pas une église comme les autres. Le prêtre y célèbre la messe en latin, le dos tourné aux fidèles. «Ici je peux vraiment vivre le mystère de Dieu, dit un jeune traditionaliste polonais, Tomasz Sulewski. Je ne risque pas de tomber sur un prêtre novateur qui cherche à plaire et à rendre la messe attractive. Le Dieu que je cherche n’est pas un copain. A l’église, je ne veux pas que l’on saute ou que l’on danse.»

Trop progressiste. Une dizaine d’églises ont opté pour le rite traditionnel. Quand le pape Benoît XVI l’a autorisé par son Motu Proprio (décret pontifical) du 7 juillet 2007, les traditionalistes ont été soulagés. «Seuls quelques prêtres avaient obtenu ces dernières années du Vatican le droit de dire "la messe universelle" - une autre appellation de la messe d’avant le concile Vatican II - et il nous était difficile de procéder aux baptêmes, mariages et autres sacrements dans ce rite», raconte Izabela Jurek. Cette pratiquante suit la messe en latin depuis une quinzaine d’années, date à laquelle les premières messes traditionnelles ont été permises à Poznan. Désormais, pour la célébrer, il n’est plus nécessaire de demander une autorisation de l’évêque diocésain. Le pape allemand Benoît XVI est allé plus loin que Jean Paul II qui, en juillet 1988, avait autorisé dans les paroisses diocésaines une seule messe à l’ancienne par dimanche et jour de fête. En Pologne, l’élection du cardinal Ratzinger a réjoui ceux pour qui le pape Wojtyla était trop progressiste.

Les anciens missels sont de nouveau recherchés. Tomasz en a trouvé un sur Internet, puis un autre dans sa famille. Pour satisfaire la demande, une maison d’édition publie désormais les textes liturgiques en version bilingue, latin et polonais. Sur l’autel de l’église Saint-Benon repose un beau canon en latin, financé par les traditionalistes. L’église collecte aussi de l’argent pour acheter un candélabre ancien à une église qui vient de fermer ses portes en Europe occidentale. «Autrefois nous avions le sentiment d’être rejetés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas », dit Mme Jurek.

Quand elle a appris par Internet que le pape Benoît XVI avait célébré à Rome, le 13 janvier, face tournée vers l’autel et non plus vers le public, ce fut «une grande joie». Même si cette messe n’a pas été dite en latin, les traditionalistes y ont vu un geste très important et un signe que Joseph Ratzinger entend réviser l’application de la réforme liturgique Vatican II. «La réforme de la réforme est nécessaire si l’Eglise veut faire face à la laïcisation du monde. Si les gens quittent l’Eglise, c’est souvent parce qu’ils n’y retrouvent plus Dieu», pense Izabela Jurek. Cette dévote est indignée de ce qu’elle appelle «les excès des prêtres en France, qui laissent les fidèles en manteau de fourrure distribuer la communion sur la main et qui ne s’agenouillent pas une seule fois au cours de la messe».

Nostalgie. Comme le modernisme, le retour à la tradition est venu de France. « On a tout essayé, parfois jusqu’à la caricature. Si des gens ne s’y retrouvent pas, c’est peut-être parce qu’ils pensent que la réforme est allée trop loin», souligne le père Krzysztof Stepowski, qui célèbre la messe en latin depuis six ans. L’ecclésiastique pèse ses mots : «Je ne suis pas contre Vatican II, mais une réforme de la réforme serait une bonne chose. La tradition est un aspect fondamental de l’église.» Il s’empresse de souligner qu’il n’est pas question de fondamentalisme : «Tout doit reposer sur l’unité et la soumission au pape.» C’est ce qui oppose les traditionalistes aux partisans de Mgr Lefebvre qui, sous le nom de Fraternité Saint-Pie-X, sont présents en Pologne depuis 1993.

Plus qu’adeptes d’un courant de pensée, les traditionalistes sont les champions de la nostalgie. «En Pologne, les traditionalistes ne représentent que quelques centaines de personnes, c’est avant tout du snobisme », veut croire Krzysztof Golebiewski, un journaliste de l’agence de presse catholique KAI.

6 février 2008

Ratzinger et la prière pour les Juifs - Commentaire de M. l’abbé Francesco Ricossa, supérieur de l’Institut Mater Boni Consilii
6 février 2008 - Communiqué de l'Institut Mater Boni Consilii

Commentaire de M. l’abbé Francesco Ricossa, supérieur de l’Institut Mater Boni Consilii

Comme il est de notoriété, la correction du texte liturgique traditionnel a été demandée par la communauté juive après la "promulgation" du Motu Proprio Summorum Pontificum.
Se répète donc ce qui se produisit avec Vatican II et la réforme liturgique qui s’en est suivie, c’est-à-dire que ce qui devrait être enseignement et prière de l’Église est au contraire dicté, ou pour le moins influencé, par ce qui est étranger et même opposé à l’Église.
La requête de la communauté juive va au-devant des projets personnels de Joseph Ratzinger, lequel a, depuis longtemps et à plusieurs reprises, préconisé une "réforme de la réforme" liturgique au moyen d’un amalgame et d’une contamination du rite Romain et de celui réformé après Vatican II sous un angle œcuménique. Le même Motu proprio prévoit et souhaite cette contamination ; la célébration versus Deum mais avec le rite montinien à la Chapelle Sixtine en a été une expérience ; la nouvelle réforme de l’oraison pro Judæis de la Semaine Sainte en est le dernier exemple.
Comme nous avons déjà eu l’occasion de le dire, le Rite Romain traditionnel, que l’on n’a pas réussi à supprimer avec 40 années d’interdit et de persécutions, risque maintenant (si tant est que cela soit possible) de disparaître par fusion et contamination avec le rite réformé.
On objectera que dans la nouvelle oraison pour les Juifs on demande leur conversion, alors que dans l’oraison réformée par Paul VI on demande leur fidélité à l'Alliance (!), c’est-à-dire, en fait, de persévérer dans l’erreur. À cette objection, on peut facilement répondre : d’abord, que ce n’est pas l’oraison réformée qui a été modifiée, bien qu’étant scandaleuse et inacceptable pour la foi chrétienne ; elle continue de faire partie du "rite ordinaire" qui, de fait, est encore célébré partout dans nos églises ; et ensuite, qu’au contraire, c’est l’oraison traditionnelle qui a été modifiée et à nouveau prohibée, comme si elle était imprononçable.
La nouvelle oraison prévue pour qui utilisera le missel "de 1962" doit être jugée non seulement pour ce qu’elle dit, mais pour ce qu’elle se refuse à dire : c’est-à-dire qu’on refuse d’admettre avec saint Paul que le peuple jadis élu - en refusant Jésus-Christ - est comme aveuglé et dans les ténèbres.
Saint Paul le savait bien, lui qui - de pharisien meurtrier des chrétiens qu’il était - converti par le Seigneur sur le chemin de Damas, fut frappé d’une mystérieuse cécité jusqu’à ce que, par le baptême, il fût libéré des ténèbres du judaïsme et vit la vraie Lumière qui resplendit dans les ténèbres, Jésus-Christ le Verbe de Dieu.
La nouvelle oraison ratzingérienne demande pour les Juifs la lumière du Christ, mais nie qu’ils se trouvent dans les ténèbres du refus du Christ, ayant honte de la parole révélée (II Cor. 3, 15-16), comme si les Juifs devaient seulement avancer dans la voie de Dieu et non sortir de l’erreur.
Une telle décision ne peut être attribuée seulement à la "Secrétairerie d’État", comme d’aucuns essaieront de dire, eux aussi aveugles volontaires, mais à Benoît XVI lui-même aux ordres de qui est la Secrétairerie d’État ; elle ne peut au contraire être attribuée à l’Église Catholique, épouse immaculée du Christ, et au Christ lui-même.
Souhaitons que les catholiques soient cohérents, et sachent refuser un plat (le "Motu Proprio", les différents indults, la messe elle-même si elle est célébrée "una cum") qui, encore une fois, démontre n’être rien d’autre qu’un cadeau empoisonné.

Abbé Francesco Ricossa

Verrua Savoia, Mercredi des Cendres, 6 février 2008.
Bénédictins de l'Immaculée
L’accueil de Mgr Mario Oliveri
6 février 2008 - benedettini-immacolata
L’accueil de Mgr Mario Oliveri L’évêque d’Albenga-Imperia
Mercredi des Cendres
Albenga, le 6 Février 2008

Révérend Père Dom Jehan de Belleville,

Les nombreuses rencontres que nous avons eues et les divers courriers que vous m’avez adressés depuis plusieurs mois m’ont fait clairement comprendre les raisons qui vous ont incité à rechercher une nouvelle situation canonique et disciplinaire dans laquelle, avec une âme sereine et dans la pleine fidélité à votre consécration religieuse, vous puissiez vivre votre vie monastique en cohérence avec les principes et les règles qui ont conduit le Saint Siège à approuver la fondation du monastère et donc de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux en France.

Ayant eu l’opportunité de rencontrer et d’écouter le Révérend Père abbé du Barroux, ayant été également en contact avec le Secrétaire de la Commission Pontificale “Ecclesia Dei”, après avoir informé et écouté le Conseil Presbytéral de ce diocèse d’Albenga-Imperia, et après avoir réfléchi "coram Domino" et demandé avec insistance le secours de la grâce divine,
Je vous informe, Révérend Père Dom Jehan, que je suis disposé à vous accueillir sous ma paternité et ma responsabilité pastorale, pour vivre “extra-claustra” dans ce diocèse particulier d’Albenga-Imperia et, pour commencer, “ad experimentum”, durant une période d’un an.

Si, durant cette première année, il est possible de parvenir à une organisation convenable et stable tant pour ce qui regarde le lieu que pour le futur projet de vie monastique, on pourra sans doute poser les actes nécessaires pour votre incardination dans le diocèse d’Albenga-Imperia, dans la perspective d’une vie monastique bénédictine diocésaine. Autrement, on pourra proroger l’“extra-claustra” pour tout le temps nécessaire.

Intense et déjà profonde est ma communion spirituelle avec vous, et elle grandira encore si elle est alimentée constamment par la prière et la contemplation de tout ce que Dieu nous révèle et nous communique par et dans son Église et que le Père nous révèle et nous communique par et dans son Fils bien aimé.

Prions tout particulièrement afin qu’à travers votre présence, Révérend Père Jehan, grandissent, dans cette Église locale d’Albenga-Imperia, la recherche et l’amour des “choses divines”, de tout ce que Dieu nous offre dans son infinie miséricorde.

Je vous bénis et vous demande d’implorer pour moi la Divine bénédiction.

Avec mes sentiments de profond et religieux respect, je me déclare votre très dévoué dans le Seigneur.
+ Mario Oliveri
Évêque d’Albenga-Imperia