15 mars 2008

[Abbé Régis de Cacqueray - Lettre à nos frères prêtres] Missel de Jean XXIII: de quoi parle-t-on?

SOURCE - Lettre à nos frères prêtres n°37 - Lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France - Editorial par l'abbé Régis de Cacqueray - mise en ligne par laportelatine.org - Mars 2008

Ces derniers temps, on discute beaucoup (et c’est heureux) du Missel du pape Jean XXIII, ou Missel de saint Pie V, ou Missel grégorien.

Cette discussion ne se déroule pas toujours dans la sérénité. Les affirmations péremptoires tombent comme à Gravelotte, les avis fusent de toutes parts, les critiques contradictoires fleurissent.

En écoutant ce brouhaha, on est souvent frappé de la pauvreté et de l’inexactitude des critiques faites à ce Missel, en sorte qu’il est permis légitimement de se demander si ceux qui polémiquent ainsi savent tous de quoi ils parlent.

A leur décharge, il faut reconnaître que l’accès à la connaissance simplement historique de la liturgie est devenu aujourd’hui difficile, en raison de l’état calamiteux de l’édition catholique.

En 1961, le chanoine Martimort publiait, avec une pléiade de spécialistes de l’histoire liturgique, un volume d’environ 1 000 pages intitulé L’Église en prière. L’histoire de la messe, des sacrements et sacramentaux, du bréviaire, du calendrier, etc. était développée en une vaste synthèse. Cet ouvrage connut plusieurs retirages jusqu’en 1965. Au milieu des années 80, parut en quatre volumes une nouvelle édition mise à jour. Cet ouvrage est désormais épuisé, et n’a pas été remplacé.

Or, il y a quelques semaines, voulant vérifier si un prêtre ou un séminariste pouvait actuellement accéder à une présentation suffisamment complète de l’histoire de la liturgie, je suis allé à la plus grande librairie religieuse française, afin d’essayer de me procurer un ou plusieurs ouvrages d’histoire de la liturgie. Malgré mes recherches approfondies, malgré mes demandes aux divers chefs de rayon, cette quête a été vaine.

Constatant ce désert éditorial, il m’a semblé nécessaire de demander à un fin connaisseur de l’histoire de la liturgie, l’abbé Grégoire Celier, de nous proposer une synthèse rapide mais précise, afin que chacun puisse connaître les dates essentielles, situer les textes et les rites dans le temps, comprendre de façon se-reine les enjeux.

Ce numéro de la Lettre à nos frères prêtres vous propose cette synthèse historique alimentée aux meilleures sources, loin de toute polémique. Elle permettra de se retrouver sur le vrai et le réel, et en même temps de répondre à des questions récurrentes (dont a témoigné plusieurs fois le Courrier des lecteurs) sur les divers noms attribués à ce Missel.

Abbé Régis de CACQUERAY

11 mars 2008

[Paix Liturgique] Le motu proprio en Belgique et aux Pays-Bas : déjà un succès !

SOURCE - La Lettre de Paix liturgique89 - 11 mars 2008

Le motu proprio en Belgique et aux Pays-Bas : déjà un succès !

La nouvelle crue de la crise postconciliaire, particulièrement visible en France, en Suisse et en Allemagne, qui se traduit, entre autres, par une reprise dramatique de l’effondrement des vocations dans les séminaires diocésains, est aussi très sensible en Belgique et aux Pays-Bas. Comme en France, c’est sur ce fond de naufrage ecclésial et de banqueroute pastorale qu’il faut lire comme un signe d’espérance – un peu comme une barque de sauvetage – le succès du motu proprio Summorum Pontificum, succès certes lent (relativement, car le texte a paru il y a moins d’un an), mais succès désormais certain et irréversible.

Voici un état de la situation en Belgique et aux Pays-Bas :

En Belgique, 6 nouveaux lieux proposent l’ancien ordo et d’autres sont en préparation.

Dans le diocèse de Liège, il existe depuis les années 70 une offre substantielle de liturgie traditionnelle, qui s’est toujours maintenue sans coups de crosse épiscopaux majeurs, alors que ces groupes sont a priori vulnérables, étant en dehors de toute structure traditionaliste.

- L’abbé Jean Schoonbroodt, un prêtre à soutane et barrette, est une figure bien connue dans le diocèse. D’une famille de musiciens renommés, il a uni autour de lui tout un milieu grégorianiste qui rayonne à son tour dans les milieux des conservatoires de la région. Apostolat par l’art. Biritualiste, l’abbé Schoonbroodt est chapelain du sanctuaire marial de Banneux www.banneux-nd.be (où il use généralement des nouveaux livres liturgiques). Parallèlement, il continue à célébrer comme auparavant dans le rite traditionnel à la chapelle dite de Bavière à Liège mais, depuis le motu proprio, il a également repris le rite traditionnel à l’église du Saint Sacrement, une splendide église sur un des plus gros boulevards de la ville : http://eglisedusaintsacrementliege.hautetfort.com. La messe « Novus ordo » qui y est célébrée par l’abbé Germeau, un prêtre également Biritualiste, se recentre rapidement, en prenant comme point de référence la messe traditionnelle. L’église du Saint Sacrement de Liège est rapidement devenue le centre de gravité du « tridentinisme » dans la région. On peut également y bénéficier régulièrement de vêpres, confessions, expositions du Saint Sacrement, concerts de musique sacrée etc.

- Autre nouveau lieu de célébration suivant l’ancien ordo : le prieuré de Tancrémont (www.tancremont.be), un sanctuaire cher aux Liégeois, où est conservé un Christ à colobium unique en son genre qui est traditionnellement fort vénéré dans la région. Le Père Jos Vanderbruggen, norbertin, est recteur de ce prieuré, qui dépend de l’abbaye prémontrée d’Averbode. Tancrémont étant à un jet de pierre du sanctuaire de Banneux, le Père Jos y seconde l’abbé Schoonbroodt. Depuis peu, donc, il célèbre régulièrement dans le rite traditionnel à Tancrémont, ainsi que le dimanche à la chapelle Saint-Lambert dans la ville de Verviers. Cette chapelle de Verviers bénéficiait déjà d’un indult obtenu de Paul VI en personne par Mgr Van Zuylen, évêque de Liège qui était insatisfait des changements post-conciliaires.

- Dans le diocèse d’Anvers, le foyer de charité Marthe Robin de Brasschaat propose depuis peu une messe quotidienne dans le rite traditionnel.

- Dans l’archidiocèse de Malines Bruxelles, le petit village de Dongelberg, entre Bruxelles et Namur, bénéficie depuis novembre 2007 d’une messe traditionnelle mensuelle.

- A Gand, dans le diocèse du même nom, la basilique mariale d’Oostakker-Lourdes offre désormais une messe traditionnelle un dimanche par mois.

- Un groupe est constitué à Bruges – Chef lieu de diocèse- et essaie d’obtenir des célébrations régulières. En octobre dernier, il a déjà obtenu de façon ponctuelle une messe dans la basilique du Saint Sang, sur l’autel même de la relique MailScanner soupçonne le lien suivant d’être une tentative de fraude de la part de « tridentijnsemis. tridentijnsemis.blogspot.com
Les prochaines messes à la basilique du Saint Sang sont prévues le 2 mars et le 27 avril.

- Des demandes sont en préparation dans d’autres diocèses mais la discrétion est de mise pour l’instant.

Aux Pays-Bas, 7 paroisses ont repris le rite traditionnel depuis le motu proprio et les évêques néerlandais ont dû sentir venir le vent lorsqu’ils ont réédité le missel des fidèles de 1962 ! Senti venir le vent ? L’Esprit, qui souffle où il veut. A vue humaine, c’était inespéré pour un pays aussi stérilisé par l’hyperprogressisme. La Vereniging voor Latijnse Liturgie (Association pour la liturgie en latin) www.latijnseliturgie.nl, qui s’attache à promouvoir la nouvelle liturgie en latin, n’a pas exclu, après le motu proprio, des célébrations selon l’ancien rite.

Déjà en fin 2006, le motu proprio avait produit un effet spectaculaire par sa seule attente : la Fraternité Saint-Pierre avait obtenu la jouissance à 50 % d’une grande église paroissiale à Amsterdam. C’était le retour de la messe traditionnelle dans la plus grande ville des Pays-Bas, après plus de 30 ans d’absence. Depuis la promulgation du motu proprio, l’église Sainte-Agnès fait le plein : il y a maintenant messes et confessions 6 jours par semaine, dimanche compris, sans compter les adorations du Saint Sacrement, les cours de catéchisme et autres activités paroissiales. Grâce à des rapports cordiaux avec le curé, la cohabitation se passe bien. Le curé est amené à recentrer peu à peu son catéchisme, son « Ars celebrandi » et bien d’autres aspects de la vie paroissiale. (Voici la magnifique église Ste-Agnès : http://home.tiscali.nl/hjmgov/index.html

Dans le reste des Pays-Bas, ce sont plus de 25 prêtres qui sont en train d’apprendre ou réapprendre la forme extraordinaire avec les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre et de la Fraternité Saint-Pie -X. On s’attend aussi à un retour de l’« Antiquum documentum » à la grande abbaye de Vaals www.benedictusberg.nl, le Fontgombault néerlandais, située au point de jonctions des Pays Bas de la Belgique et de l’Allemagne.


Remarques de Paix Liturgique

- En Belgique, et plus encore en Hollande, de nombreux curés de paroisses se révèlent favorables à la restauration de la forme extraordinaire du rite latin ou au moins à son existence… Les prêtres qui décident de célébrer selon cette forme le font dans la paix, en toute liberté, et le plus souvent avec la bienveillante acceptation de leurs pasteurs. A de rares exceptions près, on est là pleinement dans l’esprit du Motu Proprio de Benoît XVI. Cette harmonieuse et paisible mise en œuvre du Motu Proprio est d’autant plus exemplaire qu’elle tranche singulièrement avec l’application mesquine et idéologique qui est faite dans la plupart des diocèses de France. En effet, en France, il existe de très nombreux prêtres qui aimeraient qu’au sein de leurs paroisses coexistent pacifiquement les deux formes de l’unique rite romain. Ces prêtres se trouvent en pratique dans une situation très difficile car bien souvent, un tel choix leur vaudrait des sanctions… canoniques ou au moins pratiques. C’est ainsi qu’à Paris, à un prêtre qui avait pensé célébrer une messe dominicale selon la forme extraordinaire du rite romain, « on » a fait comprendre que s’il persistait dans cette voie, il ne serait plus jamais curé dans le diocèse. Oui, nombreux sont ces prêtres qui aimeraient jouir en pratique de la liberté décrétée par le Motu Proprio sans avoir à craindre une mutation dans des zones pastorales ingrates et difficiles où ils ne pourraient pas poursuivre aisément leur cheminement liturgique.

- En fait il n’existe plus – ou au moins beaucoup moins qu’en France – chez nos cousins du nord d’antagonisme « Traditionalistes/Progressistes » et ce sont les autorités catholiques et le clergé qui perçoivent d’eux-mêmes combien est riche et profitable pour tous la liberté offerte par le Saint Père à son Église. Une telle attitude est sage et raisonnable car elle tient compte de la réalité et du sens de l’histoire sans arrière pensées idéologiques et dépassées…

- Que pouvons-nous faire en France pour que notre désir d’œuvrer pour la paix et la réconciliation ne soit pas systématiquement perçu comme une déclaration de guerre ? Tant que le terrible ostracisme qui frappe les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle n’aura pas cessé, c’est l’existence même de ces fidèles qui continuera d’être perçue comme une provocation et une déclaration de guerre par les apparatchiks qui verrouillent sur le terrain la question liturgique. Sans doute faudra-t-il encore du temps pour que les demandes de célébrations de la forme extraordinaire du rite romain qui se font jour dans tous les diocèses de France ne soient plus considérées comme des problèmes à régler, comme des maux à éradiquer ou à neutraliser mais comme des souhaits légitimes. Le Motu Proprio de Benoît XVI, le style du nouveau clergé, les nombreuses vocations issues des séminaires traditionnels, l’attrait de la liturgie traditionnelle chez les jeunes, voilà autant de raisons d’espérer !

Guillaume de Laporte

Correspondant en Belgique du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église. info@motupropriobelgique.com


Paris - Messes à Notre-Dame de Clignancourt (Paris 18ème)

Nous apprenons que chaque semaines, le vendredi à 10h 30 et le samedi à 8h 00, sont célébrées des messes selon la forme extraordinaire du rite romain à Notre-Dame de Clignancourt (en face de la mairie du XVIIIème), Métro Jules-Joffrin .


Paris- Le 16 mars, recollection sur le thème de la liturgie du Triduum pascal

L’association Mission Liturgique organise une journée de récollection ouverte à tous pour préparer à la Semaine Sainte, le samedi 15 mars, église Saint-Georges (112-114 avenue Simon-Bolivar, 75019 – métro Bolivar ou Jaurès), de 10h à 17h 30, prêchée par l’abbé Claude Barthe sur le thème de la liturgie du Triduum pascal

10h : ouverture, 1ère prédication – Méditation (la messe de l’Institution)

11h : 2ème prédication – Méditation et confessions (l’adoration de la nuit du Jeudi-Saint)

12h : Messe selon la forme extraordinaire

Apporter son pique-nique, déjeuner au parc des Buttes Chaumont à 100 mètres

14h 00 : Chemin de Croix

15h 00 : 4ème prédication – Méditation (la cérémonie du Vendredi Saint)

16h 00 : 5ème prédication – Méditation (la vigile pascale)

17h 00 : Salut du Saint-Sacrement (fin 17h 30)

On peut n’assister qu’à l’une ou l’autre des prédications. S’il y a lieu, il y aura une garde des enfants.

Contact : elaurencon@free.fr - 06 63 04 76 71 et 06 20 95 24 06


Versailles - Un nouveau groupe à Saint-Cyr-l''école

Des fidèles de Saint-cyr-l’école souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.

Merci de les rejoindre ou de les aider !

Contact : info@motuproprio78.com


Marne - Messe à Reims le 16 mars

La fête des Rameaux sera célébrée le dimanche 16 Mars en l''église sainte Jeanne d''Arc de Reims à 10 heures 30.

Contact : http://www.paixliturgiquereims.org


Paris - Messe de préparation au Pèlerinage de Chartres

Une messe de préparation au pèlerinage de Pentecôte 2008 sera célébrée par Monsieur l’Abbé Guilhem le Coq (FSSP),le mercredi 12 mars 2008 à 19 h 30 en l’église Saint Germain l’Auxerrois (Place du Louvre, 75001 Paris). Possibilité de se confesser de 17 h 30 à 19 h 15.

8 mars 2008

[Forum Catholique] Constituer un groupe stable à Notre-Dame de Clignancourt

SOURCE - Forum Catholique - 8 mars 2008

"Bonjour, pour information

Je reviens de ma première messe de saint Pie V célébrée à Notre-Dame de Clignancourt avec beaucoup de dignité et de zèle par le vicaire de la paroisse, le père Horowicz.

Pour l'instant la messe a lieu 2 fois par semaine: samedi à 8h et vendredi à 10H30. Le jeune prêtre nous demande d'essayer de constituer un groupe stable.

Essayez de faire passer l'info pour les gens du XVIIIe.

ND de Clignancourt est une belle église XIXe, bien tenue, avec beaucoup de statues de saints, dont Jeanne d'Arc, et des autels bien fleuris.

Merci d'avance."

6 mars 2008

[Jean Raspail - Présent] Dom Gérard et les anges

Jean Raspail - Présent - 6 mars 2008

Dom Gérard et les anges

Près de Bédouin, sous le mont Ventoux, une petite route qui grimpe en lacets et une merveille de chapelle romane qui ne figurait même pas sur la carte : c’est là que Dom Gérard avait posé son sac en 1970, d’abord seul, à la grâce de Dieu, laquelle guida vers lui, un par un, une dizaine de jeunes gens qu’il forma lui-même à la vie monastique bénédictine. En ce temps de confusion et de persécution, un îlot de résistance, un maquis…

Je venais de m’installer à une vingtaine de kilomètres de là. Quand l’inspiration me fuyait, je sautais dans ma voiture et je filais à Bédouin. Vers midi, avant l’office de sexte, Dom Gérard réunissait ses moines dans le jardin. Un jour d’automne, à la Saint-Michel, je m’en souviens comme d’hier, il leur a parlé des anges, simplement, de sa voix claire empreinte de joie. J‘écoutais, bouche bée. Entendre parler des anges, sur ce ton, dans ce cadre, parmi des garçons de vingt-cinq ans immobiles et attentifs sous leur capuchon noir, en 1975 ! Exceptionnel ! Inoubliable ! La voix disait : « Les anges sont des messagers, des intercesseurs. Ils font passer un immense courant de grâce. Ils pénètrent mieux l’essence humaine, ils en ressentent mieux la noblesse… Leur hiérarchie est conforme à la gloire de Dieu. Ils sont pleinement présents parmi nous jusqu‘à la fin des temps… » Et les moines, tout en le sachant de toute éternité, étaient si heureux de se l’entendre répéter. Pour ma part, toutes ces années, j’avais bien négligé l’ange gardien de mon enfance. Je me rapelle lui avoir adressé ce jour-là un premier petit salut complice.

Puis la cloche de sexte a sonné. L’un après l’autre, par la porte basse de la chapelle, les moines ont disparu. Dans quel siècle s’engouffraient-ils ainsi ? Le VIe siècle ? Non, le XXIe. Ils nous y précédaient. Ils nous y attendaient. On sait qu’ils y sont maintenant solidement établis dans leur abbaye du Barroux à une portée de prière de Bédouin. Des milliers de fidèles marchent vers eux. Des âmes émergent de l’obscurité.

Jean Raspail
Article extrait du n° 6542 de PRESENT daté du Jeudi 6 mars 2008, p.1

5 mars 2008

[Paix Liturgique] Le diocèse de Saintes et La Rochelle: une application martienne du Motu Proprio de Benoît XVI

SOURCE - lettre 88 de Paix Liturgique - 5 mars 2008

C’est désormais officiel, Monseigneur Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes vient de décider de ce qu’il en était de la "mise en oeuvre" du Motu Proprio dans son diocèse. Cette décision prise sans véritable concertation avec les fidèles ne répond pas un instant aux besoins des familles et ne s'inscrit ni de près ni de loin dans la lettre et l'esprit du Motu Proprio du 7 juillet 2007. Sous couvert d'oeuvrer à la réconciliation des catholiques, Monseigneur Bernard Housset propose une solution totalement inappropriée et peu respectueuse des fidèles.

Provocation, anachronisme, manque cruel du sens de la réalité, un peu des trois ? Difficile de répondre mais une chose est certaine nous sommes bien loin des mesures d’apaisement pourtant claires prises courageusement par le Saint Père en juillet 2007… Qui sait, peut être que dans 20 ans, le Motu Proprio de Benoît XVI sera arrivé jusque dans les bureaux de l’évêché…

Ce qui a été décidé par Monseigneur Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes :

- La messe sera célébrée dans la forme extraordinaire du rite romain chaque 4ème dimanche du mois à 11h, à partir d’avril 2008, pour une année ad experimentum

- Cette messe sera célébrée en alternance une fois à Saintes et l’autre fois à la Rochelle.(A la Basilique Ste Eutrope de Saintes et à la Rochelle (paroisse à définir).C'est à dire le 13 avril à Ste Eutrope de Saintes et le 25 mai à la Rochelle etc.)
Les Commentaires de Paix Liturgique :
1/ Il est curieux de constater qu’en 2008, il faut encore prendre des mesures ad experimentum pour mesurer les vrais besoins des fidèles quand on sait que dans le diocèse de La Rochelle et Saintes de nombreuses familles demandent en vain depuis des années l’application du Motu Proprio de 1988 et que la Fraternité Saint Pie X y exerce depuis longtemps un apostolat dynamique et fleurissant (chapelle Notre dame de l’Espérance à la Rochelle, église Sainte Colombe à Saintes, chapelle Saint Martin à St hilaire de Villefranche ).

2/ L’alternance de lieux de culte d’un mois à l’autre est sérieusement présenté par Monseigneur Bernard Housset comme une mesure visant à faciliter la participation de tous les demandeurs répartis dans le diocèse. Une fois rappelée que 67 kilomètres séparent la Rochelle de Saintes, on appréciera au choix le sens de l’humour ou de la provocation de Monseigneur de la Rochelle…

3/ Si la messe est célébrée ad experimentum l'expérience doit être honnête. Le bilan qui en ressortira doit permettre en vérité de voir quel est le vrai besoin de la communauté qui se mettra en place dans le nouveau lieu de culte. Or, comment imaginer sérieusement un seul instant qu'une communauté puisse s'installer et grandir quand elle se réunit dans une même église seulement tous les 2 mois, soit seulement six fois par an ? Comment imaginer un seul instant que les familles qui fréquenteront les deux lieux de culte distants de 67 kilomètres seront les mêmes ?

4/ Qu'il nous soit permis de rappeler - puisque c'est un des arguments avancé pour excuser la fréquence seulement mensuelle de la célébration que de constater que le diocèse de saintes n'a plus de Prêtres - qu'il existe de nombreux jeunes prêtres disponibles, désireux de servir l'Eglise et célébrant ordinairement la forme extraordinaire du rite romain. S'il n'est pas possible de demander plus à un clergé diocésain déjà trop peu nombreux, pourquoi refuser dans le même temps de confier ces apostolats aux communautés Ecclésia Dei dont les jeunes prêtres sont nombreux et disponibles ?

5/ Sans doute est il vain de rappeler à Monseigneur Bernard Housset que le cadre normal de l'application du Motu Proprio voulu par Benoît XVI est la paroisse et non ... le diocèse tout entier et qu'il serait plus opportun d'accorder aux curés la liberté de tenter des expériences honnêtes et charitables comme cela se fait de plus en plus à Paris et ailleurs...

6/ Lorsqu’il était évêque de Montauban, il est arrivé à Mgr Bernard Housset de dire lui-même huit dimanches successifs la messe traditionnelle, qui était célébrée tous les dimanches à Montauban, lorsque a fait défaut le prêtre diocésain qui devait la célébrer. Devenu l’évêque de La Rochelle, Mgr Housset ne peut pas ne pas prendre conscience que son « application » du motu proprio de 2007 est, en l’état, inacceptable, en ce qu’elle ne tient aucun compte des décisions du pape et qu’elle ignore les besoins des fidèles. Mais Mgr Housset, homme de dialogue, entendra certainement la demande de l’application conforme à la lettre et à l’esprit du texte du pape que vont continuer à lui adresser les familles de son nouveau diocèse attachées à la forme extraordinaire du rite romain.

Louis Renaudin

Membre du conseil du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

4 mars 2008

[AFP] Prière pour les juifs: une délégation juive attendue au Vatican (cardinal)

AFP - 4 mars 2008 

4 mars 2008 (AFP) - Prière pour les juifs: une délégation juive attendue au Vatican (cardinal)
Une délégation du grand rabbinat de Jérusalem est attendue la semaine prochaine au Vatican pour discuter avec les plus hautes autorités de l'Eglise catholique des problèmes posés par la "prière pour les juifs" de la messe en latin du vendredi saint, a annoncé mardi un cardinal.
A l'issue de cette rencontre le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat du Vatican, fera une déclaration pour clarifier la question, a indiqué à des journalistes le cardinal Walter Kasper, responsable du dialogue avec le judaïsme.
Le prélat a reconnu que le maintien d'une prière pour la conversion des juifs dans la messe en latin remise au goût du jour par le pape Benoît XVI avait suscité des préoccupations dans le monde juif.
Le grand rabbin de Rome Riccardo Di Segni avait ainsi estimé début février que cette prière "constitue un obstacle à la poursuite du dialogue entre juifs et chrétiens".
Le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l'Unité des chrétiens, n'a pas précisé quel jour de la semaine prochaine "la délégation de Jérusalem" serait reçue au Vatican ni quand le cardinal Bertone publierait sa déclaration.
"Après cette déclaration du cardinal Bertone j'espère que les choses seront plus claires, pas résolues mais plus claires, et je pense que nous pourrons surmonter cette irritation du monde juif", a-t-il dit.
Durant des siècles et jusqu'à la réforme liturgique du concile Vatican II, les catholiques priaient pour la conversion des juifs le jour du vendredi saint qui commémore la mort du Christ sur la croix.
Cette prière a disparu avec l'abandon du livre de messe en latin, mais vient de réapparaître sous une forme légèrement expurgée avec la réhabilitation de l'ancienne liturgie par Benoît XVI.
Selon l'ancien texte, les fidèles priaient "pour la conversion des juifs", afin que Dieu "retire le voile de leur coeur" et qu'il leur accorde d'être délivrés de "l'obscurité" et de "l'aveuglement".
La nouvelle version publiée le 5 février maintient l'appel à la conversion puisqu'elle demande à Dieu qu'il "éclaire le coeur des juifs" afin "qu'ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes".

2 mars 2008

[Paix Liturgique] Adieu à un Père

SOURCE - Lettre 87 de Paix Liturgique - 2 mars 2008

Le jeudi 28 février 2008 Dom Gérard, premier Abbé de Sainte Madeleine du Barroux est parti vers le Ciel

N’oublions pas que Dom Gerard ne fut pas seulement le fondateur de l’abbaye Sainte Madeleine, mais fut, avec Monseigneur Marcel Lefebvre pendant de longues années en militant, moine et poète, le héraut et le chantre de la chrétienté et de Tradition en France et bien au delà.

Mais pour nous Dom Gérard était surtout un ami.

Et plus encore un Père.

Déjà à l’aube des années 70 il avait paternellement aidé et conseillé la jeune pousse du Mouvement de la Jeunesse Catholique de France dont il ne cessa jamais jusqu’à sa mort, d’aimer, de soutenir et de consoler les filles et les fils.

Père, il le fut pour nos projets et Mouvements

Désireux de concourir à la mise en place des Espérances ouvertes en 1988 par le motu proprio Ecclésia dei dont les effets étaient hésitants à se mettre en place, il lança en 1995 une grande supplique au saint Père en faveur d’une mise en œuvre bienveillante et urgente des vœux exprimés par le pontife qui recueilli en quelques mois plusieurs dizaines de milliers de signatures

C’est ce tresor qu’il confia à Orémus pour que, dans les diocèses et paroisses, nous oeuvrions à la réconciliation des catholiques français et aidions les familles qui le désiraient à vivre leur Foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle, comme Jean-Paul II l’avait permis

C’est à partir de cette supplique que des fidèles catholiques des Hauts de Seine – qui avait été plus de 4000 à s’associer à la supplique au saint Père - décidèrent de lancer en 2001 un grand mouvement en faveur de la Paix liturgique dans le diocèse de Nanterre afin que cesse leur exclusion de la vie ecclésiale.

C’est lui encore qui nous fit rencontrer le cardinal Ratzinger pour que nous lui présentions la situation des familles françaises attachées à la messe traditionnelle

C’est lui qui, constamment, comme un père, toujours nous écouta, nous conseilla et nous aida

Nous espérons que du ciel Dom Gérard pourra bientôt intercéder pour nous, pour nos âmes et pour que s’instaure en France, en Belgique, en Suisse et partout dans la Chrétienté, une vrai réconciliation et une vrai paix liturgique .

Christian Marquant

Fondateur d’Orémus et membre du conseil de Paix Liturgique

29 février 2008

[Aletheia n°121] Dom Gérard (1927-2008) par Yves Chiron

Que faire de mieux, d’abord, sinon reproduire le faire-part de décès que publie l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux pour informer ses amis et les fidèles de la mort de leur fondateur :


Le T.R.P. Abbé et la communauté
de Sainte-Madeleine du Barroux,
ont l’immense douleur de vous faire part
du décès de
leur vénéré fondateur et premier Abbé,
le T.R.P. Dom Gérard CALVET
Né à Bordeaux le 18 novembre 1927,
il était entré au monastère de Madiran en 1950.
Après le transfert de la communauté, c’est à Tournay
qu’il avait prononcé ses premiers voeux le 4 février 1951
et qu’il avait été ordonné prêtre le 13 mai 1956.
Ayant fondé la communauté de Bédoin en 1970,
il avait entrepris ensuite la construction de l’abbaye du Barroux.
Après la reconnaissance canonique de celle-ci,
il en avait été nommé le premier Abbé par le Saint-Siège
et avait reçu la bénédiction abbatiale le 2 juillet 1989.
Il avait résigné la charge abbatiale en novembre 2003.
Requiescat in Pace.
Le T.R.P. Abbé et la communauté de Sainte-Madeleine,
la T.R.M. Abbesse et la communauté de Notre-Dame de l’Annonciation,
le Père Prieur et la communauté de Sainte-Marie de la Garde,
en union avec ses frères Jean et Hubert Calvet,
recommandent à vos prières l’âme de leur très aimé Père
et vous prient d’assister ou de vous unir d’intention
à la messe des funérailles qui sera chantée à l’Abbaye
le lundi 3 mars 2008 à 10h00.


Que de souvenirs remontent à la mémoire et la gratitude surmonte aisément la tristesse parce que la vie sur cette terre n’est que passage, tandis que le bien fait restera éternellement et sera compté au jour du Jugement.
Le communauté résidait encore à Bédoin quand un séminariste, agrégé de lettres et aujourd’hui évêque, me fit découvrir une communauté bénédictine qui résistait à la tempête post-conciliaire. C’était en 1980. À la même époque, je découvrais dans Itinéraires les mises en garde du prieur de Bédoin, Dom Gérard, contre la « surenchère » et la « tentation » des « schismatiques de droite ».
Des relations plus étroites, nouées plus tard avec le Père abbé du Barroux, m’ont fait goûter ce que peuvent être la mansuétude et la bienveillance d’un moine. Des dizaines de lettres ou de courts billets, de son écriture reconnaissable entre toutes, en gardent la trace et le souvenir.
Il avait eu le R.P. Eugène de Villeurbanne, fondateur de la communauté capucine traditionnelle de Morgon, comme directeur spirituel. Quand j’avais entrepris d’écrire la vie de ce saint fondateur capucin, Dom Gérard m’avait reçu au Barroux, Père Abbé à la potestas de prime abord impressionnante, dans son grand fauteuil, mais très vite il m’avait fait comprendre ce que doivent être l’attention et l’affection toute spirituelle d’un supérieur pour ses frères.
Quand cette modeste Aletheia a commencé à paraître, Dom Gérard en a été un lecteur de la toute première heure, attentif, et d’une générosité continuelle et sans pareille. Quand, en 2002, mon épouse, nos deux enfants et moi-même, nous nous sommes lancé dans l’aventure d’adopter, en Lituanie, trois autres enfants, le R. P. Abbé du Barroux nous a suivis, pas à pas, dans nos périples Nach Ost. Il nous a accompagnés de ses prières, de son attention et de ses bienfaits (comment ne pas rendre hommage, maintenant, à la « quête » discrète qu’il avait faite, auprès de ses moines et de leurs familles, pour nous et qui fut si généreuse).
Dans les années 1980, Dom Gérard avait publié des Lettres aux « Jeunes mamans », aux « Mères de famille ». Je citerai ici une autre lettre qu’il a adressée à une mère de famille qui avait scrupule à s’approcher de la Sainte Communion :
Comme d’autres personnes que je connais & qui sont dans le même cas que vous, peut-être avez-vous scrupule d’user d’une permission que jadis vous ne possédiez pas et qui aujourd’hui vous est rendue sans mérite de votre part.
Mais la question ainsi posée reste insoluble. Car nous ne méritons jamais rien. Tout est don. Surtout la sainte Eucharistie.
Or Notre Seigneur a un désir infiniment plus grand de vous transmettre sa vie, que vous de la recevoir. Refuser ce don n’est pas une juste forme d’humilité, comme si nous pouvions mériter quelque chose de nous-même. La vraie humilité consiste à se confier à la miséricorde divine. Nous en faisons l’expérience tous les jours.
À un père de famille, qui lui soumettait un beau plan de catéchisme pour préparer des enfants déjà grands au baptême, Dom Gérard écrivait encore, avec délicatesse :
Votre KT préparatoire me semble très complet surtout si vous ajoutez (mais vous le faites, j’en suis sûr) Jésus-Hostie… et le bonheur d’être à Dieu !
Quelle leçon ! Combien de traits et d’enseignements de cette sorte pourraient être cités. Dom Gérard fut un combattant, un résistant. Il y aurait beaucoup à raconter, à dire, dans la vérité de l’histoire. Mais, dans l’immédiat, c’est du Père spirituel qu’il convient de se souvenir.

[Yves Daoudal] Dom Gérard est mort

SOURCE - Yves Daoudal - 29 février 2008

Dom Gérard est mort vendredi 29 février 2008
par Yves Daoudal

Ce matin le monde s’est réveillé sans dom Gérard. Et le monde ne le sait pas.
Dom Gérard est mort à cette terre le jour de la mi-carême. Au milieu de la nuit difficile du carême. Et le monde est encore plus sombre, car un luminaire s’est éteint.
Le 30 janvier les Eglises byzantines célèbrent les « trois luminaires » : saint Basile le Grand, saint Grégoire le Théologien, saint Jean Chrysostome. Aujourd’hui je comprends brutalement le sens de cette expression.
J’aurai eu la grâce, le privilège, de connaître, au XXe siècle presque finissant, trois luminaires. Gustave Thibon, l’abbé Bryan Houghton, dom Gérard. Et je pense à mon pauvre ami Gérard Prieur qui était leur ami beaucoup plus que moi et dont la maison, là-bas à Richerenches, au carrefour de Saint-Marcel, de Viviers et du Barroux, est imprégnée de leur présence.
Gustave Thibon, l’abbé Bryan Houghton, dom Gérard : le paysan de l’Ardèche, le grand aristocrate britannique, le rejeton de la bourgeoisie bordelaise ; le mystique héritier de Simone Veil, le prêtre vivant de et pour son seul sacerdoce, le moine rebelle devenu père abbé ; trois personnalités aussi dissemblables que possible, unies dans une même foi, dans une même contemplation du Mystère, dans une amitié surnaturelle. Trois personnages qui avaient en commun une immense simplicité, celle qui est le fruit de la vérité, de la liberté et de l’amour.
« Voilà un authentique israélite, en qui il n’y a aucun artifice », en qui il n’y a rien de trompeur, s’exclame Jésus en voyant Nathanaël. Car il est très rare de rencontrer des gens qui soient véritablement sans artifice, qui soient véritablement simples, et c’est encore plus rare quand il s’agit de gens qui ont des responsabilités, ou un certain renom.
« Si ton œil est simple, tout ton corps sera lumineux », dit Jésus. L’œil est simple quand il regarde Dieu et ne se laisse distraire par rien sur cette terre. Et alors c’est toute la personne qui est lumineuse, qui est un luminaire.
Dom Gérard est le seul homme qui, au XXe siècle de ténèbres, a construit un monastère ex nihilo. Un grand monastère, entièrement dédié à l’œuvre et à la prière bénédictine. Entièrement voué à la liturgie latine et grégorienne, à la messe de saint Pie V. Un monastère où l’on vient du monde entier. Le petit moine rebelle qui s’était fait ermite à Bédoin est devenu le Très Révérend Père dom Gérard, officiellement Abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine, reconnu comme tel par Rome, reconnu dans sa spécificité liturgique, de par la volonté notamment du cardinal Ratzinger. Et lorsque le monastère a édité un beau missel, ce fut avec une préface du futur pape.
Le luminaire a allumé d’autres lumières. D’autres monastères sont nés du Barroux, et d’autres monastères encore ont retrouvé la liturgie traditionnelle. Prions pour que le flambeau du Barroux continue de briller dans cette nuit qui s’étend sur le monde.
Erat autem nox.
(NB. Parmi ses très nombreux écrits, Dom Gérard laisse au moins deux livres essentiels : pour savoir ce qu’est la liturgie, il faut lire ce lui qui est intitulé La Sainte Liturgie. Pour savoir ce qu’est la chrétienté, il faut lire Demain la chrétienté.)
Dom Gérard (1927-2008)
29 février 2008 - par Yves Chiron - aletheia
Dom Gérard (1927-2008) - par Yves Chiron Que faire de mieux, d’abord, sinon reproduire le faire-part de décès que publie l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux pour informer ses amis et les fidèles de la mort de leur fondateur :

Le T.R.P. Abbé et la communauté
de Sainte-Madeleine du Barroux,
ont l’immense douleur de vous faire part
du décès de
leur vénéré fondateur et premier Abbé,
le T.R.P. Dom Gérard CALVET
Né à Bordeaux le 18 novembre 1927,
il était entré au monastère de Madiran en 1950.
Après le transfert de la communauté, c’est à Tournay
qu’il avait prononcé ses premiers voeux le 4 février 1951
et qu’il avait été ordonné prêtre le 13 mai 1956.
Ayant fondé la communauté de Bédoin en 1970,
il avait entrepris ensuite la construction de l’abbaye du Barroux.
Après la reconnaissance canonique de celle-ci,
il en avait été nommé le premier Abbé par le Saint-Siège
et avait reçu la bénédiction abbatiale le 2 juillet 1989.
Il avait résigné la charge abbatiale en novembre 2003.
Requiescat in Pace.
Le T.R.P. Abbé et la communauté de Sainte-Madeleine,
la T.R.M. Abbesse et la communauté de Notre-Dame de l’Annonciation,
le Père Prieur et la communauté de Sainte-Marie de la Garde,
en union avec ses frères Jean et Hubert Calvet,
recommandent à vos prières l’âme de leur très aimé Père
et vous prient d’assister ou de vous unir d’intention
à la messe des funérailles qui sera chantée à l’Abbaye
le lundi 3 mars 2008 à 10h00.
Que de souvenirs remontent à la mémoire et la gratitude surmonte aisément la tristesse parce que la vie sur cette terre n’est que passage, tandis que le bien fait restera éternellement et sera compté au jour du Jugement.
Le communauté résidait encore à Bédoin quand un séminariste, agrégé de lettres et aujourd’hui évêque, me fit découvrir une communauté bénédictine qui résistait à la tempête post-conciliaire. C’était en 1980. À la même époque, je découvrais dans Itinéraires les mises en garde du prieur de Bédoin, Dom Gérard, contre la « surenchère » et la « tentation » des « schismatiques de droite ».
Des relations plus étroites, nouées plus tard avec le Père abbé du Barroux, m’ont fait goûter ce que peuvent être la mansuétude et la bienveillance d’un moine. Des dizaines de lettres ou de courts billets, de son écriture reconnaissable entre toutes, en gardent la trace et le souvenir.
Il avait eu le R.P. Eugène de Villeurbanne, fondateur de la communauté capucine traditionnelle de Morgon, comme directeur spirituel. Quand j’avais entrepris d’écrire la vie de ce saint fondateur capucin, Dom Gérard m’avait reçu au Barroux, Père Abbé à la potestas de prime abord impressionnante, dans son grand fauteuil, mais très vite il m’avait fait comprendre ce que doivent être l’attention et l’affection toute spirituelle d’un supérieur pour ses frères.
Quand cette modeste Aletheia a commencé à paraître, Dom Gérard en a été un lecteur de la toute première heure, attentif, et d’une générosité continuelle et sans pareille. Quand, en 2002, mon épouse, nos deux enfants et moi-même, nous nous sommes lancé dans l’aventure d’adopter, en Lituanie, trois autres enfants, le R. P. Abbé du Barroux nous a suivis, pas à pas, dans nos périples Nach Ost. Il nous a accompagnés de ses prières, de son attention et de ses bienfaits (comment ne pas rendre hommage, maintenant, à la « quête » discrète qu’il avait faite, auprès de ses moines et de leurs familles, pour nous et qui fut si généreuse).
Dans les années 1980, Dom Gérard avait publié des Lettres aux « Jeunes mamans », aux « Mères de famille ». Je citerai ici une autre lettre qu’il a adressée à une mère de famille qui avait scrupule à s’approcher de la Sainte Communion :
Comme d’autres personnes que je connais & qui sont dans le même cas que vous, peut-être avez-vous scrupule d’user d’une permission que jadis vous ne possédiez pas et qui aujourd’hui vous est rendue sans mérite de votre part.
Mais la question ainsi posée reste insoluble. Car nous ne méritons jamais rien. Tout est don. Surtout la sainte Eucharistie.
Or Notre Seigneur a un désir infiniment plus grand de vous transmettre sa vie, que vous de la recevoir. Refuser ce don n’est pas une juste forme d’humilité, comme si nous pouvions mériter quelque chose de nous-même. La vraie humilité consiste à se confier à la miséricorde divine. Nous en faisons l’expérience tous les jours. 
À un père de famille, qui lui soumettait un beau plan de catéchisme pour préparer des enfants déjà grands au baptême, Dom Gérard écrivait encore, avec délicatesse :
Votre KT préparatoire me semble très complet surtout si vous ajoutez (mais vous le faites, j’en suis sûr) Jésus-Hostie… et le bonheur d’être à Dieu !
Quelle leçon ! Combien de traits et d’enseignements de cette sorte pourraient être cités. Dom Gérard fut un combattant, un résistant. Il y aurait beaucoup à raconter, à dire, dans la vérité de l’histoire. Mais, dans l’immédiat, c’est du Père spirituel qu’il convient de se souvenir.

[Abbé de Tanoüarn - Présent] Dom Gérard avait un secret

Abbé de Tanoüarn - Présent - 29 février 2008

Je ne surprendrais personne en disant que Dom Gérard était essentiellement un artiste. Les artistes réussissent rarement dans l’Eglise, ces temps-ci. La fantaisie n’y est pas très bien portée. Lui a réalisé une œuvre belle, une œuvre dont le rayonnement est mondial. A sa manière de moine bénédictin, suivant la tradition bénédictine, il a manifesté dans la pierre et aussi à travers les fresques d’Albert Gérard et les œuvres de son Ecole, que la vieille alliance entre l’Eglise et la culture était toujours vivante. Cette alliance a fait la contre-réforme au XVIème siècle ; c’est sur cette alliance renouvelée, au XXème siècle, que, par la volonté expresse de son fondateur, s’est construit le Monastère Sainte-Madeleine du Barroux. On peut dire que Dom Gérard a voulu exprimer dans la pierre, avec l’intuition qui était la sienne, ce qu’il avait vécu dans le compagnonnage avec les frères Charlier et aussi dans cette aventure intellectuelle de la Revue Itinéraires, au sein de laquelle il se voulait le “minimus actor” et où il a été surtout, numéro après numéro, le “fidelis compar”.

« La beauté sauvera le monde » avait dit Dostoievski. C’est la beauté de la liturgie, la beauté des sermons qu’il donnait, la beauté de l’architecture, inspirée de l’église abbatiale de Payerne en Suisse, la belle réalisation du Bulletin de l’abbaye qui a imposé, malgré bien des résistances, l’abbatiale du Barroux comme l’un des grands vaisseaux de l’Eglise du XXIème siècle.

A propos de cette abbatiale, à laquelle Dom Gérard tenait comme à la prunelle de ses yeux, j’ai une anecdote, dont je suis sans doute seul à me souvenir. C’était en des temps fort anciens. On disait la messe dans la crypte au Barroux. Nous étions, nous autres séminaristes d’Ecône, en session de grégorien. Session mémorable, que je ne raconterais pas ! C’était une belle fin de journée d’une fin d’été provençale. On apporte à Dom Gérard – enfin – la maquette magnifique de ce qui sera dans quelques mois l’église du Monastère. Pourquoi le nier ? Nous étions éblouis ! Tous, mais pas Dom Gérard ! « L’autel est trop petit » dit-il immédiatement sur un ton de reproche. Nous avions déjà eu des retraites ou des prédications de Dom Gérard. Nous sentions quelque chose de différent : Est secretum Valeriane… Il fallait l’entendre commenter cette antienne grégorienne. Il nous en parlait donc. Mais il ne nous disait pas son secret ! Je crois que c’est ce soir-là que ce secret, à défaut de le pénétrer, je l’ai compris ! Et respecté !

Abbé G. de Tanoüarn

26 février 2008

Sarkozy, ami-ami avec les «tradis»
26 février 2008 - liberation.fr
Sarkozy, ami-ami avec les «tradis» Le Président a félicité pour leur ordination quatre diacres intégristes ce week-end.
Jacky Durand
Tous les chemins mènent à Nicolas Sarkozy. Même ceux qui passent par Rome. Chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome - comme tous les présidents français - Nicolas Sarkozy a fait parvenir un message de «félicitations» à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi. Selon l’agence d’informations religieuses I.Media, le message a été lu à la fin de la cérémonie d’ordination de quatre diacres - deux Français, un Italien et un Polonais - par l’abbé Philippe Laguérie, supérieur de l’institut traditionaliste du Bon Pasteur.
«Simple message de politesse» en réponse à une invitation, comme le suggère la Conférence des évêques de France, ou «signal fort» en direction d’un électorat catholique traditionnaliste de droite à l’approche des municipales ? Un peu des deux mon cardinal, selon Christian Terras, directeur de la revue catholique contestataire Golias (1). «Le message adressé par Nicolas Sarkozy n’est ni innocent, ni gratuit. Au-delà du protocole, le chef de l’Etat est dans la mise en œuvre de ce qu’il a énoncé dans son discours à Latran, le 20 décembre. Dans l’architecture mentale de Nicolas Sarkozy, il n’y a pas de République laïque qui ne puisse exister au niveau du sens supérieur. Le sens supérieur pour lui, c’est la religion ; en particulier, l’Eglise catholique, qui est pour Sarkozy le creuset de la vérité. Dans le contexte actuel où il décroche dans les sondages, la religion est un refuge. A l’approche des municipales, le message aux diacres du Bon Pasteur lui permet aussi de s’adresser à un électorat acquis aux thèses de Philippe de Villiers et du Front national.»
L’abbé Laguérie a confirmé hier à Libération que Nicolas Sarkozy avait été «invité» à l’ordination en sa qualité de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean-de-Latran. Le chef de cabinet du président de la République, Cédric Goubet, a répondu à cette invitation par une «lettre protocolaire, un courrier type», selon l’Elysée, où le chef de l’Etat transmettait «tous ces vœux aux futurs diacres». «Nous avons reçu un courrier très stéréotypé, comme vous et moi pourrions en recevoir si nous adressions nos vœux au chef de l’Etat», confirme l’abbé Fournier, supérieur de la maison de Rome du Bon Pasteur.
Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l’évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l’Eglise. La France est un des bastions des lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite «tridentine» et refusent les enseignements de Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue interreligieux. Avant de réintégrer l’Eglise catholique avec l’institut du Bon Pasteur, l’abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977, puis de la paroisse Saint-Eloi à Bordeaux. Hier, il qualifiait de «sympathique et chaleureux» le message du chef de l’Etat, ajoutant : «Si le prince Charles, Angela Merkel ou Fidel Castro m’envoyaient un mot, ça me ferait aussi plaisir. Mais vous savez, moi, il n’y a que l’Evangile qui m’intéresse. Et vous savez ce que l’Evangile dit : "Qui n’est pas contre vous est avec vous."» En politique, c’est parfois moins simple.
(1) «Voyage en Sarkozie», Golias n° 113. A télécharger sur www.golias.fr

25 février 2008

Nicolas Sarkozy salue quatre ordinations traditionalistes à Saint-Jean de Latran
25 février 2008 - nouvelobs.com
Le chef de l'Etat, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de félicitations lu lors de la cérémonie d'ordination par l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977. Le président français Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a fait parvenir un message de "félicitations" à quatre diacres catholiques traditionalistes qui y ont été ordonnés samedi, a révélé lundi 24 février l'agence d'informations religieuses I.Media.
Ce message a été lu à la fin de la cérémonie d'ordination de quatre diacres - deux Français, un Italien et un Polonais - par l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur, a précisé un témoin à l'AFP.
Mgr Philippe Laguérie a précisé que le président français a "confié le soin à son chef de cabinet" de souligner combien il avait été "sensible" à la nouvelle de ces ordinations et de transmettre "personnellement" "tous ses vœux et ses félicitations aux futurs diacres".
Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique.
La France, bastion des Lefebvristes La France est un des bastions des Lefebvristes qui célèbrent la messe en latin dite "tridentine" et refusent les enseignements du concile Vatican II sur la liberté religieuse et le dialogue inter-religieux.
Avant de réintégrer l'Eglise catholique avec l'institut du Bon Pasteur, l'abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.
Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran, la cathédrale du pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle.
Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. Nicolas Sarkozy y a exalté les "racines chrétiennes de la France" et évoqué "les souffrances" provoquées chez les catholiques par la mise en œuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905. (AFP)

[AFP] Sarkozy a décliné une invitation à l'ordination de diacres traditionalistes

AFP - 25 fév 2008

ROME, 25 fév 2008 (AFP)
Sarkozy a décliné une invitation à l'ordination de diacres traditionalistes

Le président français Nicolas Sarkozy, chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome, a décliné une invitation à assister à l'ordination dans cette basilique de quatre diacres traditionalistes.
"L'emploi du temps particulièrement chargé du chef de l'Etat à cette date ne lui permettra pas d'assister à ces célébrations", indique le chef de cabinet du président Sarkozy, Cédric Goubet, dans une lettre en date du 18 février, dont l'AFP a eu copie.

"Il vous en exprime ses très sincères regrets et tient à transmettre tous ses voeux aux futurs diacres", poursuit M. Goubet dans cette missive en réponse à l'abbé René-Sébastien Fournié, supérieur de la Maison romaine, Institut du Bon pasteur.

Contrairement à ce qu'avait affirmé samedi lors de la cérémonie d'ordination l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'institut traditionaliste du Bon Pasteur, M. Sarkozy n'a pas transmis ses "félicitations" aux diacres mais leur a adressé ses "voeux".

Lors de la cérémonie, Mgr Laguérie, dont les propos ont été rapportés lundi par l'agence d'informations religieuses I.Media, avait également affirmé que le président français avait été "sensible" à la nouvelle de ces ordinations alors qu'il se dit en réalité "sensible" à cette invitation, toujours selon le texte de la lettre.

Les quatre diacres catholiques traditionalistes, qui y ont été ordonnés samedi, sont deux Français, un Italien et un Polonais.

Le Bon Pasteur, dont le siège est à Bordeaux, est une structure créée par le pape Benoît XVI en septembre 2006 pour ramener les disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre dans le giron de l'Eglise catholique.
Avant de réintégrer l'Eglise catholique avec l'institut du Bon Pasteur, l'abbé Laguérie a été de 1984 à 1997 le curé de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet à Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.
Nicolas Sarkozy s'était déplacé le 20 décembre dernier à Rome pour recevoir le titre de chanoine d'honneur de St-Jean de Latran, la cathédrale du pape, une distinction purement honorifique accordée aux rois et présidents français depuis Henri IV au 17e siècle.

Le discours qu'il avait prononcé à cette occasion a provoqué une vive polémique en France. M. Sarkozy y a exalté les "racines chrétiennes de la France" et évoqué "les souffrances" provoquées chez les catholiques par la mise en oeuvre de l'instauration de la laïcité avec la loi de 1905.

24 février 2008

[Violette Lazard - Le Parisien] La messe en latin fait le plein

SOURCE - Violette Lazard - Le Parisien - 24 février 2008

Juste derrière le Louvre, l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, paroisse des rois, accueille désormais toute les semaines des messes en latin. Une pratique de nouveau autorisée par le pape Benoît XVI.

UN CURÉ qui tourne le dos à l'assemblée et récite des textes en latin, de grands mouvements d'encensoir qui répandent de la fumée dans toute l'église, des chants grégoriens, un cortège d'enfants de choeur... Les messes en latin, qui n'étaient plus célébrées que dans trois églises de la capitale - Saint-Eugène-Sainte-Cécile (IX e ), Notre-Dame-du-Lys (XV e ) et Sainte-Odile (XVII e ) - refont surface. Depuis le 2 décembre, cette messe, dite « de rite ancien » ou « tridentin », s'est installée tous les jours sauf le samedi dans l'une des plus belles églises de Paris : Saint-Germain-l'Auxerrois, située juste en face du Louvre, et qui fut en son temps la paroisse des rois de France.

Une avancée pour les traditionalistes permise par la décision du pape Benoît XVI de réintroduire cette messe dans les églises. Tous les dimanches, ils sont environ 300 fidèles à y assister, venus des quatre coins de la capitale et même d'Ile-de-France.

« Dès les premiers jours, il y a eu beaucoup de monde, témoigne le père Dominic Schubert, le curé de la paroisse, qui célèbre la messe selon les deux rites. C'est vrai que j'ai été un peu étonné : je ne m'attendais pas à voir autant de fidèles dès le début. »

Toutes les chaises ou presque sont remplies. Au premier rang, une petite fille en uniforme de scout tient le drapeau de son groupe. Ses parents, entourés de leurs trois autres enfants, l'observent d'un oeil attendri. Non loin, deux jeunes filles en jupe et chaussures vernies alternent position assise et agenouillée.

« Aimer cette liturgie sans être considérés comme des extrémistes »

« C ette forme de messe nous permet d'avoir un meilleur accès au sacré, sourient Laurence et Franck, habitants du V e arrondissement qui viennent ici tous les dimanches avec leurs trois enfants depuis début décembre. Avant, nous allions à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Maintenant, nous pouvons vivre notre foi, aimer cette liturgie, sans être considérés comme des extrémistes. » « Je ne suis pas surpris qu'il y ait tant de monde, se réjouit Henri, Parisien d'une trentaine d'années, venu lui aussi avec sa petite famille. Beaucoup de gens ne connaissent pas cette liturgie. Mais s'il y avait une messe dite selon le rite ancien dans chaque paroisse, on serait étonné de voir l'affluence ! » Pour l'instant, au diocèse, ce n'est pas programmé...

23 février 2008

Modification de la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962
23/2/2008 - FSSPX - dici.org
Résumé : Une note de la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, publiée en première page de L’Osservatore Romano du 5 février 2008, fait savoir que Benoît XVI a décidé de modifier la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962...

Une note de la secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, publiée en première page de L’Osservatore Romano du 5 février 2008, fait savoir que Benoît XVI a décidé de modifier la prière pour les juifs du Vendredi Saint dans le Missel romain de 1962. Dans la nouvelle version, la demande à Dieu de « soustraire ce peuple de ses ténèbres » et de « l’aveuglement » a disparu. La prière réformée est ainsi formulée : « afin que Dieu et notre Seigneur illumine » le cœur des juifs et afin qu’ils connaissent Jésus-Christ, sauveur de tous les hommes. Elle demande également à Dieu de permettre « que tout Israël soit sauvé en faisant entrer la foule des peuples dans (son) Eglise ». Ce texte devra être utilisé à compter de cette année, dans toutes les célébrations de la liturgie du Vendredi Saint avec le Missel Romain, précise la note datée du 4 février 2008, s’adressant ainsi aux célébrants déclarés idoines par le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.
Lors de la publication de ce Motu Proprio libéralisant l’usage des livres liturgiques d’avant la réforme introduite par Vatican II, plusieurs voix s’étaient élevées dans le monde juif exprimant une certaine inquiétude de voir réintroduit dans le rite romain l’ancienne prière pour les juifs, même réformée par Jean XXIII qui avait fait retirer l’adjectif « perfide » et le substantif « perfidie ». Les grands rabbins d’Israël avaient même écrit à Benoît XVI pour lui demander de modifier encore la prière du Vendredi Saint. Des prélats, engagés dans le dialogue judéo-catholique, avaient entrepris les mêmes démarches auprès du Souverain Pontife et de son entourage.
Cette modification a cependant provoqué le mécontentement du grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, qui, dès le lendemain 6 février, a déclaré dans un entretien accordé au Corriere della Sera que le maintien de la formule demandant « de façon explicite » la conversion des juifs « remettait en question des décennies de progrès » dans le dialogue entre les deux religions. Cette prière, a-t-il insisté, « constitue un obstacle à la poursuite du dialogue entre juifs et chrétiens ». L’Assemblée des rabbins italiens, dans un communiqué paru le même jour, signé de son président Giuseppe Laras, a demandé « une pause de réflexion dans le dialogue avec les catholiques afin de comprendre vraiment quelles sont leurs intentions ». Elle souligne que le nouveau texte de la prière substitue à l’expression sur "l’aveuglement des juifs" une autre « conceptuellement équivalente » en dépit d’une formulation « apparemment moins forte », puisqu’elle demande maintenant que « Dieu les éclaire ». Surtout, déplorent-ils, « le fait le plus grave est qu’a été introduit un appel aux fidèles à prier pour que les juifs reconnaissent finalement ‘Jésus Christ sauveur’ ». « Le pape est certes libre de décider ce qu’il juge le mieux pour son Eglise et ses fidèles, mais il n’en reste pas moins que l’adoption d’une telle formule liturgique contredit nettement et dangereusement au moins quarante ans d’un dialogue souvent difficile et tourmenté entre judaïsme et catholicisme, qui semble ainsi n’avoir donné aucun résultat concret », déplorent les rabbins italiens, estimant que cette prière traduit « une idée du dialogue ayant pour finalité la conversion des juifs au catholicisme, ce qui est pour nous évidemment inacceptable ».
En réponse à cette réaction, le 7 février, le cardinal Walter Kasper a affirmé : « Nous pensons raisonnablement que cette prière ne peut devenir un obstacle au dialogue, parce qu’elle reflète la foi de l’Eglise et du reste, les juifs eux aussi ont dans leurs textes liturgiques des prières qui ne nous plaisent pas à nous, chrétiens. Cela doit être accepté et respecté dans la diversité ». A propos de la conversion des juifs demandée dans la prière modifiée, le président de la Commission pontificale pour les relations avec le judaïsme, a expliqué qu’il s’agissait d’une référence à un texte de l’apôtre Paul qui « exprime l’espérance eschatologique - c’est-à-dire en référence aux temps derniers, à la fin de l’histoire - que le peuple d’Israël entre aussi dans l’Eglise quand tous les autres peuples y entreront ». Le prélat allemand s’est voulu rassurant en précisant : « Je veux dire que cela exprime une espérance finale et non la proposition de partir en mission parmi eux (les juifs) », et en ajoutant : « Je dois dire que je ne comprends pas pourquoi les juifs ne peuvent accepter que nous jouissions de notre liberté dans la formulation de nos prières ». « Des choses très mauvaises ont été faites, lorsqu’on voulait contraindre les juifs à la conversion. Nous comprenons le mauvais souvenir de faits pour lesquels nous avons demandé pardon. Mais nous n’avons que plus de difficulté à comprendre comment on ne peut accepter le témoignage de notre foi quand celle-ci est exprimée dans le plein respect de la foi d’autrui », a-t-il déclaré.
Le même jour, au micro de Radio Vatican, le cardinal Kasper  a tenu à apporter les précisions suivantes : «  Si cette prière parle de la ‘conversion’ des Juifs, cela ne veut pas dire que nous ayons l’intention de faire ‘mission’ : en effet, le pape cite la Lettre de saint Paul aux Romains, au chapitre 11 : Paul dit que ‘nous espérons que quand la plénitude des nations sera entrée dans l’Eglise, Israël tout entier aussi sera sauvé’. C’est une espérance eschatologique. Cela ne veut pas dire que maintenant nous allons partir en mission : nous devons rendre témoignage de notre foi, c’est clair. Mais je veux dire ceci : par le passé, souvent, le langage était fait de mépris, comme l’a dit Jules Isaac, un Juif très connu. Mais aujourd’hui, il y a le respect, dans la diversité qui existe entre nous. Maintenant il y a du respect, et plus le mépris.
« Un dialogue, a-t-il ajouté, suppose toujours que l’on respecte la position de l’autre. Nous respectons l’identité des Juifs, ils doivent respecter la nôtre, que nous ne pouvons pas cacher. Le dialogue se fonde justement sur cette diversité : sur ce que nous avons en commun et sur les différences. Et je ne vois pas cela comme un obstacle mais plutôt comme un défi pour un vrai dialogue théologique ».
Le 14 février, dans L’Osservatore Romano, Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, est revenu sur le sujet pour de nouveau rassurer les juifs : « Nous le répétons : ceci est la vision chrétienne et c’est l’espérance de l’Eglise qui prie. Ce n’est pas une proposition d’adhésion théorique ni une stratégie missionnaire de conversion ». « C’est l’attitude caractéristique de l’invocation priante dans laquelle on espère - pour les personnes que l’on considère comme proches, chères et importantes - une réalité qu’on tient pour précieuse et salvatrice ». « Bien sûr, cela doit toujours se produire dans le respect de la liberté et des différents parcours que l’autre adopte », a ajouté Mgr Ravasi. « Mais c’est une expression d’affection que de souhaiter à son frère ce que l’on considère comme un horizon de lumière et de vie ».
Pour le prélat romain, « c’est dans cette perspective que l’oraison en question, dans sa limite d’usage et dans sa spécificité, peut et doit confirmer notre lien et notre dialogue » avec les juifs. Et de citer la prière du Vendredi Saint selon la liturgie du Missel de Paul VI : l’espérance commune et ultime est que « les juifs à qui Dieu a parlé en premier (…) progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance ». - NDLR : Doit-on voir dans cette référence au Missel de Paul VI une volonté de « fécondation » de la liturgie traditionnelle par la liturgie conciliaire, selon le souhait du Motu Proprio, dans la perspective d’une réforme de la réforme ?
(Sources : AFP/Zenit/Apic/Imedia/Radio Vatican/L’Osservatore Romano/Corriere della Sera )

Notre commentaire :
A la suite de pressions étrangères à l’Eglise catholique, le pape s’est cru obligé de changer la très vénérable Oraison pour les Juifs qui est partie intégrante de la liturgie du Vendredi Saint. Cette prière est une des plus anciennes ; elle remonte aux environs du IIIe siècle, et a donc été récitée, à travers toute l’histoire de l’Eglise, comme la pleine expression de la foi catholique.
Il faut noter que les commentaires du cardinal Kasper – que l’on peut penser autorisés – donnent à cette amputation une allure de véritable transformation, exprimant une nouvelle théologie des rapports avec le peuple juif. Elle s’inscrit dans le bouleversement liturgique qui est la marque caractéristique du concile et des réformes qui en ont découlé.
Bien que la nécessité d’accepter le Messie pour être sauvé ait été conservée, on ne peut que déplorer profondément ce changement .
Prière du vendredi saint
23 février 2008 - Abbé Philippe Laguérie - blog.institutdubonpasteur.org
Cher Monsieur l’Abbé,
Tout d’abord mes félicitations pour tout le travail que vous accomplissez et pour le souci constant que vous avez de vouloir la sanctification du troupeau.
Ma question porte, suite à la promulgation d’une nouvelle oraison pour la conversion des juifs par le pape.
Pourriez-vous nous donner votre éclairage sur le sujet ? S’agit-il d’une promulgation diplomatique ? S’agit-il d’une promulgation qui reste dans le cadre d’une possible réforme liturgique au sens catholique du terme ?
Je vous remercie par avance de votre réponse sur ce sujet délicat et fort important.
Marie-Alix Doutrebente

Bien chère Marie Alix,
Avant de traiter d’un sujet aussi délicat, il faut savoir de quoi l’on parle. Aussi, avant toutes choses, je vous propose la relecture des trois formules de prières pour les juifs, du Vendredi saint.
1/ la formule du missel de 1962, suppression faite du fameux « perfidis » décidée par Jean XXIII en 1959. « Oremus et pro (perfidis) judeis : ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum ; ut et ipsi agnoscant Jesum Christum Dominum Nostrum. Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus qui Judeos etiam a tua misericordia non repellis ; exaudi preces nostras, quas pro illius populi obcaecatione deferimus ;ut, agnita veritatis tuae luce, quae Christus est, a suis tenebris eruantur. Amen. »
2/ La formule du missel de Paul VI de 1969 : « Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : Qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son alliance. (silence). Dieu éternel et tout-puissant, toi qui a choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l’Alliance, comme ton Eglise t’en supplie. Par Jésus, Le Christ, notre Seigneur »
3/ La formule du pape Benoît XVI, proposée et rendue obligatoire par la note de la Secrétairie d’Etat le 4 février 2008 : « Oremus et pro Judeis ; ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Jesum Christum salvatorem omnium hominum.Oremus. Flectamus genua. Levate. Omnipotens sempiterne Deus, qui vis ut omnes homines salvi fiant et ad agnitionem veritatis veniant, concede propitius, ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israël salvus fiat. Per Christum Dominum Nostrum. Amen. »
Quelques remarques factuelles, avant d’aller plus loin. J’ai rapporté la seconde formule pour mémoire : elle n’est pas l’objet direct de votre question ni de mon analyse. La pérennité de l’alliance ancienne demanderait évidemment une herméneutique sérieuse. Cette formule reste en vigueur dans la forme ordinaire et ne se trouve pas modifiée. Car la modification du pape actuel ne porte que sur la forme extraordinaire : elle remplace la première par la troisième, sans modifier en rien la seconde. Le Pape a choisi de ne pas imposer la seconde : nous en prenons acte.
On notera ensuite que le tapage médiatique actuel autour du « perfides », qu’il soit journalistique ou traditionaliste, est simplement ridicule : voila plus de 50 ans que ce mot avait été officiellement retiré de la liturgie. Et je crois, pour en finir avec ce mot, qu’il faut comprendre pourquoi il était devenu un contre sens dans le vernaculaire. Car le mot latin désigne quelqu’un qui passe au travers de la Foi, à côté, outre, ce qui est manifestement le cas des juifs dont la plupart ne croient pas que Jésus soit le Messie d’Israël et encore moins que ce Messie soit le Fils Unique de Dieu. Ils sont donc « perfides » au sens latin du mot, objectivement, d’une qualification théologique. Mais la liturgie ne saurait les qualifier de « perfides » au sens que ce mot revêt en français courant. La qualification morale et hyper-péjorative saute aux yeux et ne s’accommode guère du style d’une prière qui supplie Dieu et ne règle pas des comptes ! Dans le dictionnaire HATIER que j’ai sous la main, « perfide » signifie : traître, qui manque à sa parole, déloyal. Le juif actuel, éduqué dans le talmudisme strict est sans doute aveugle (obcaecatio dans l’ancienne oraison, reprise par la nouvelle qui demande toujours une illumination) sur la messianité de Jésus et plus encore sur sa divinité : c’est un fait. Mais nul n’a le droit, surtout en citant à tort la liturgie traditionnelle, de penser qu’il soit un traître, un homme qui manque à sa parole (laquelle ?), un homme déloyal. Relisez les textes de Saint Paul pour vous en convaincre : il parle bien d’un voile sur leurs yeux (et l’on peut déplorer que cette forte image paulinienne ait disparue) mais il n’affuble les juifs de qualificatifs redoutables (2 Thess ou Gal par exemple) que dans la mesure où ils persécutent les chrétiens et empêchent la diffusion de l’Evangile. Ne pas tout confondre, s’il vous plaît. Il les aime passionnément, de toute évidence et voudrait être anathème lui-même pour leur salut !
Les éléments de l’ancienne oraison se trouvent tous dans la nouvelle, une certaine violence des termes ou de références en moins. Tous mal compris, comme on va le voir. La théologie y est strictement la même, c’est évident. La référence supprimée au « voile posé sur les cœurs » n’était pas du tout péjorative chez saint Paul (2 Cor 3. 15) puisque c’est Dieu qui pose le voile et non les juifs et que l’Apôtre y ajoute aussitôt : « dès que leurs cœurs se seront tournés vers le Seigneur, le voile sera levé ». On sait que ce voile est celui que Moïse mettait sur son visage pour cacher aux fils d’Israël la gloire passagère de son sublime contact avec Dieu (idem 3.13). Quel changement de perspective !
Mais Saint Paul revient deux fois : dans la volonté salvifique universelle de l’épitre à Timothée et surtout dans la dernière demande « ut omnis Israël salvus fiat ». Avant que quelque agité de la contestation nous fasse une exégèse bizarre de cette phrase difficile, qu’il prenne garde quand même qu’elle est de Saint Paul (Rom 11.25) ! Car à première vue, Israël pourrait désigner « l’Israël de Dieu » de l’épitre aux galates (6.7) qui est l’Eglise, ceux qui sont une « nouvelle créature » dans le Christ et on ne voit pas bien pourquoi il faudrait le sauver. Ou bien il s’agirait seulement de l’Israël de l’ancienne alliance et le « omnis » n’a plus aucun sens. Saint Paul dit clairement ce que signifie là son « omnis Israël ». Citons-le : « c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’aveuglement jusqu’à ce que la masse des gentils soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé ». Et l’Apôtre d’expliquer le plan de Dieu qui fait désobéir pour faire miséricorde, les païens (devenus chrétiens) d’abord et les juifs ensuite (« jugement insondable » s’exclame-t-il !). Il s’agit donc, dans la pensée de Saint Paul, de réunir enfin les deux parties d’Israël, divisées à présent : celle de l’ancien testament y compris la génération apostolique avec la seconde qui doit rentrer en masse quand les nations seront gagnées. Le « omnis » devient alors très clair : il manque dans l’Eglise la deuxième partie d’Israël, tant que la plénitude des Nations n’est pas entrée ; « ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante ». Toujours Saint Paul. Cette façon de prier pour les juifs est magnifique : elle appelle de ses vœux la réunification d’Israël promise par l’Ecriture, dans l’Eglise, et donne à entendre à tous les non chrétiens que ce sont eux qui retardent la chose. « Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous ». (11.32). Avis à tous les polémistes primaires qui ne perçoivent pas la question des juifs comme un mystère que Dieu seul se réserve. Et pour s’en sortir, un bon conseil : relire l’épitre aux romains et s’aviser enfin que c’est bien plus intelligent que votre prêt à penser.
Quant aux inquisiteurs qui font observer (sur le Forum Catholique…) que Jésus n’y est pas appelé par son titre de Fils de Dieu, je leurs réponds qu’un homme simple ne saurait être le Sauveur de tous les hommes, allons ! Et que les juifs admettant (par illumination) que Jésus est le Messie et le Sauveur de tous les hommes viendraient évidemment à la perception de sa divinité. En outre, je signale à ces érudits que le « per Christum Dominum » final signifie « par le Christ Seigneur » et que le mot Seigneur au singulier, avec majuscule « Le Monsieur » (en hébreux « Adonaï » en grec « Kyrios ») est celui que les juifs employaient pour désigner Dieu parce qu’ils s’interdisaient par respect de prononcer son vrai nom « Jahvé ».
Je prendrai donc cette magnifique prière parce que c’est un ordre, mais aussi parce qu’un pape qui connaît si bien Saint Paul mérite, appelle, notre piété filiale.

20 février 2008

L'abbé Laguérie et le Bon-Pasteur, bien installés à Bordeaux
20 février 2008 - Nicolas Sénèze - la-croix.com
L'abbé Laguérie et le Bon-Pasteur, bien installés à Bordeaux Un an et demi après sa création, l'institut traditionaliste a su calmer les inquiétudes. Et rêve à d'autres horizons
Pour ce mercredi des Cendres, ils sont une centaine de fidèles sous les blanches voûtes gothiques de Saint-Éloi, à Bordeaux. « On en avait à peu près autant ce matin, dont 80 élèves de notre école. Et encore, nous ne sommes qu’en semaine », se réjouit l’abbé Philippe Laguérie, officiellement curé du lieu depuis un an, après plusieurs années d’occupation illégale de cette église un moment désaffectée par le diocèse.
Dans la sacristie, le portrait de Mgr Lefebvre voisine avec celui de Benoît XVI. « Mgr Lefebvre a eu ce rôle historique de maintenir la tradition. Sans lui, il n’y aurait plus de prêtres en mesure de dire la messe traditionnelle », explique ce prêtre, ordonné en 1979 par le fondateur d’Écône et qui, en 2006, a fait le choix de la réconciliation avec Rome. « Les temps ont changé, explique-t-il. Nous ne sommes plus dans les excès terribles des années 1970-1980.
Et cela, la Fraternité Saint-Pie-X (regroupant les prêtres intégristes, NDLR) doit le comprendre. » Désormais en charge de cette paroisse au cœur de Bordeaux, il s’attache à y faire vivre la messe selon le Missel de saint Pie V. « On est sur de bons rails », se félicite le prêtre, avançant un chiffre de 600 fidèles dont, affirme-t-il, « des gens qui ont retrouvé une pratique sacramentelle grâce à nous ».
Du côté de l’archevêché, après l’émoi des fidèles à l’annonce de la création de l’Institut du Bon-Pasteur, on se réjouit du chemin parcouru. « Les choses sont devenues plus calmes. L’abbé Laguérie et l’Institut du Bon-Pasteur ont vraiment joué le jeu de l’appartenance à l’Église catholique », reconnaît le P. Jean Rouet, vicaire général du diocèse. « Il y a une estime réciproque qui est née et qui est très encourageante, confirme l’abbé Laguérie. S’il y a encore de petites cicatrices, la sagesse du cardinal Ricard fait peu à peu oublier les difficultés passées. »
19 prêtres et 35 séminaristes
Composé de cinq prêtres au début, l’institut traditionaliste en revendique aujourd’hui 19, ainsi que 35 séminaristes. Quatre diacres doivent être ordonnés le 23 février à la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, cathédrale du pape. Des forces que l’abbé Laguérie estime maintenant suffisantes pour tenter ailleurs l’expérience de Saint-Éloi. Un accord vient d’être signé avec l’évêque de Versailles, mais l’ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet rêve déjà de Lyon et de Paris. Dans la capitale, 1 500 signatures ont été transmises au cardinal André Vingt-Trois pour la création d’une « paroisse personnelle » (c’est-à-dire définie non par un territoire mais par affinité) qui serait confiée au Bon-Pasteur. « L’archevêque de Paris a déjà fait beaucoup, par exemple en autorisant une messe traditionnelle à Saint-Germain-l’Auxerrois qui n’est pas une petite chapelle. De ce côté-là, les Parisiens ont toutes les messes qu’ils veulent, reconnaît l’abbé Laguérie. Mais on ne peut pas se contenter de faire de l’apostolat de grande surface, comme on remplit son caddie le dimanche. La vie chrétienne ne se limite pas à la messe du dimanche. Il faut aussi le catéchisme, le scoutisme, les mouvements de jeunesse, la formation… »
Le curé de Saint-Éloi rappelle que, dans sa lettre d’accompagnement du motu proprio, Benoît XVI suggère précisément la création de paroisses personnelles pour les fidèles attachés à l’ancienne forme du rite romain. « Grâce au motu proprio qui distingue entre forme “ordinaire” et forme “extraordinaire”, les choses fonctionnent bien, confirme le P. Rouet. Nous faisons ainsi vivre une diversité en la situant dans son particularisme. Du coup, les choses sont régulées. » Reste que, quand l’archevêché de Bordeaux a organisé une série de catéchèses sur Vatican II, rassemblant de 2 000 à 3 000 personnes à travers le diocèse, Saint-Éloi a préféré organiser ses propres conférences sur Vatican II…
Nicolas SENEZE
Les Scouts d'Europe sont-ils instrumentalisés par des évêques hostiles au Motu Proprio de Benoît XVI ?
20 février 2008 - Lettre de Paix liturgique n°85
La Lettre de Paix liturgique
20 Février 2008 - Numéro 85 Pour entrer en contact avec nous, cliquez ici
Les Scouts d'Europe sont-ils instrumentalisés par des évêques hostiles au Motu Proprio de Benoît XVI ?

Suite à l’étrange attitude des Scouts d’Europe vis à vis des groupes de scouts et guides attachés à la forme extraordinaire du rite latin, les réactions ne se sont pas fait attendre. Et la plus importante d’entre elle fut la lettre du Cardinal Castrillon Hoyos, envoyée à l’AGSE en janvier 2008. Rappel :
« Monsieur le Président,
Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale « Ecclesia Dei » de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre « Place au Scoutisme » et la date du 17 novembre 2007.

Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur la possibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par exemple des camps.

Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio « Summorum Pontificum » du Souverain Pontife Benoît XVI entré en vigueur le 14.9.2007, lequel a donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.

Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, – dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, – et aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.

Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; un nouvelle réglementation de votre part devrait prendre acte de ce qui suit :

Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Église ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur Mouvement.

Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier.

Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos »
Qu’à cela ne tienne, le président de l’AGSE a décidé de ne pas tenir compte de ce courrier et affirme dans une lettre du 4 février, suite à la conclusion d’un groupe de travail interne aux Scouts d’Europe :
« il ne nous semble pas souhaitable de mettre des enfants ou des jeunes à part, dans des unités dont la seule raison d’être serait une spécificité liturgique. »
Pourtant, l’AGSE comprend des unités à spécificité liturgique (gréco-catholiques) et même des unités orthodoxes et protestantes ! S’ajoute un incroyable déni liturgique concrétisé par une désobéissance frontale à Rome :
  • "Le missel de Paul VI est la règle habituelle de notre mouvement comme elle l’est dans l’Église, dans le souci d’un accès à la liturgie le plus large possible pour les jeunes [Ce sont pourtant les jeunes qui adhèrent le plus à la liturgie traditionnelle !]. La forme ordinaire est utilisée dans nos activités et les rassemblements.
  • Les unités peuvent, ponctuellement [Pourquoi cette restriction ?], aller dans des paroisses, monastères ou communautés qui célèbrent selon la forme extraordinaire. […]
  • Tous les groupes, maîtrises et conseillers religieux du mouvement sont concernés par ces orientations et auront à cœur de les suivre fidèlement. [au risque d’être infidèle à Rome]
  • Les situations particulières seront étudiées par les commissaires généraux et le conseiller religieux national en lien avec la hiérarchie locale et en accord avec l’Évêque du lieu afin de rester dans l’esprit du Motu proprio. [c’est un pur mensonge : le Motu Proprio autorise tout prêtre et tout groupe stable, indépendamment de sa hiérarchie]
Qu’est-ce qui passe par la tête des Scouts d’Europe ? La fin de la lettre du 4 février de Jean-Marie Nessi nous le laisse deviner :
"Ces recommandations dépassent largement le cadre des Guides et Scouts d’Europe et nécessitent notamment des échanges entre le Siège Apostolique [pourquoi ne pas écrire « la Commission Ecclesia Dei » ?], la Conférence des évêques de France et les 3 dirigeants de notre mouvement pour trouver comment mettre en œuvre ces dispositions dans un mouvement éducatif de jeunes"
Cette affirmation met en lumière plusieurs points :
  • L’AGSE ne veut pas obéir et tente de temporiser en évoquant des échanges (des négociations ?) avec Rome, alors que la lettre du Cardinal Hoyos se montrait claire et injonctive.
  • L’autorité de la Commission Ecclesia Dei, que le Motu Proprio place au-dessus des évêques pour tout recours sur le sujet de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain, est diluée derrière l’expression « Siège Apostolique ». L’AGSE ne veut pas rendre de compte directement à la commission Ecclesia Dei qui est implicitement déclarée incompétente
  • Conseillée par Mgr Rivière et Mgr Brincard (qui a également réagit en occultant totalement le rôle de la Commission Ecclesia Dei), l’AGSE s’abrite derrière la Conférence des Évêques de France et implique ainsi directement la Cardinal Vingt-Trois.
Mais peut-être est-ce l’inverse ? Certains évêques de France, que l’on a connu hostiles à la publication du Motu Proprio, n’utiliseraient-ils pas l’AGSE pour ne pas se placer en première ligne d’une fronde gallicane hostile au Saint-Père ? On peut aller plus loin en se demandant si les évêques français (pas tous bien heureusement, puisque au moins 2 évêques ont fait appel de la décision de l’AGSE auprès de la Commission Ecclesia Dei) ne veulent pas, dans cette affaire, créer une jurisprudence défavorable à la Commission Ecclesia Dei, afin de rester (conformément au Motu Proprio de 1988) les seuls dépositaires des autorisations de messes selon la forme extraordinaire ?
Ajoutons, pour rester dans le strict cadre de l’AGSE, que le triumvirat (« les 3 dirigeants du mouvement des Scouts et guides d’Europe ») qui gouverne de façon autoritaire (et non de façon subsidiaire, conformément à la méthode scoute) le mouvement, à savoir Jean-Marie Nessi, Jean-Michel Permingeat et Marie-Hélène Morel, font face à une fronde interne de plus en plus grande.
11 administrateurs sur 23 ont en effet publié une lettre, qui se veut à la fois ferme et apaisante :
« La pétition de soutien récemment lancée sur Internet ainsi que la profusion de courriels anonymes de toute sorte génèrent un risque de division au sein du mouvement que personne ne peut se résoudre à laisser s’installer.
Toutes ces réactions ont une même source : un attachement profond pour le mouvement des Guides et Scouts d’Europe, une inquiétude quant à son avenir et un ardent désir de le protéger. Parvenue en phase de maturité et forte de ses 27 000 adhérents, l’AGSE en sa qualité de mouvement laïque d’éducation endosse une responsabilité de représentation de plus en plus importante, tant vis-à-vis des familles, que vis-à-vis de l’Église mais également de l’État.
Notre incapacité à apporter des solutions aux événements survenus depuis plusieurs mois révèle une grave crise de gouvernance dont il faut aujourd’hui se préoccuper.
Nous sommes une majorité d’administrateurs, à avoir manifesté nos convictions au sein du conseil d’administration et à avoir dénoncé un certain nombre de problèmes tout en veillant jusqu’à présent à préserver au maximum les jeunes du mouvement. Ces points concernent :
  • La gouvernance du mouvement en particulier les attributions respectives des CNG et du conseil d’administration [remise en cause du triumvirat].
  • Le désir de suivre filialement les demandes venues de Rome sur l’application du Motu Proprio.- La valorisation de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe [l’UIGSE a effectivement condamné les prises de position de l’AGSE, cf ci-dessous] et la contribution active à son rayonnement et à la magnifique mission d’évangélisation qui attend le mouvement en Europe.
  • Le contact souhaité avec tous les autres mouvements scout [tous, et pas uniquement 2 ou 3…]
  • La possibilité d’être écouté et d’exprimer des désaccords sans que cela soit un motif de rupture de confiance [combien ont déjà quitté l’AGSE ? Nul ne le sait, mais il y en a] Dans leur grande sagesse, nos anciens ont prévu, pour préserver la paix et l’unité entre nous tous, de confier au seul conseil d’administration la charge de choisir les commissaires généraux et d’apprécier leur manière de servir.
Les réactions ne doivent pas être personnalisées sous la forme de sites ou de mails anonymes s’en prenant aux commissaires généraux, ou sous la forme de pétitions tendant à les plébisciter.
Les amalgames et la confusion exposée publiquement sont en contradiction complète avec cette bonne règle, et mettent en danger le mouvement. C’est pourquoi nous avons décidé après mûre réflexion de sortir de notre réserve et de faire cette mise au point.
Nous entendons exercer en toute lumière notre responsabilité d’administrateurs élus par l’assemblée générale.
Contrairement à certaines rumeurs, nous certifions que nous n’avons aucune intention de récupérer le mouvement au profit d’une quelconque idéologie ou sensibilité religieuse.
Recevez notre fraternel salut scout et restons unis par la prière pour préserver ensemble l’unité du mouvement des Guides et Scouts d’Europe.
Anne-Sylvie ASTIER, RS, Administrateur, ACDE Val de Gally, Foulard Vert, Mestre de Camp en CEP,
Marie-Camille BORDE, RS, Administrateur, Foulard Rouge, Foulard Vert
François de CHAILLÉ, Administrateur
Nicole DARGEGEN, RS, Administrateur, CPrG Haut-Languedoc, Mestre de Camps SENAMCO des CG
Isabelle GAUTIER, Administrateur
Alain LACHAISE, RS, Administrateur, ACPrS P.L.A.S.A.V, MacLaren
Marie-Paule LECLERE ; Administrateur, CPrG Provence
Odile LEVACHER ; RS ; Administrateur, CPrG Bourgogne Franche-Comté, Foulard vert
Christian MASSON, RS, Administrateur, CDsA Paris Ste Geneviève
Brigitte PARNAUDEAU ; RS ; Administrateur, CPrG Hainaut Artois Flandres
Pierre de SAINT-CHAMAS ; Administrateur, CGS 3e Strasbourg »
De même, Jacques Mougenot, commissaire fédéral de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe ne comprend pas l’attitude de la branche française :
"Depuis un certain temps déjà, certaines évolutions de l’association française, qui demeure le principal membre de notre Union Internationale, suscitent mon incompréhension, et soulèvent une certaine émotion en son sein même. Elles se traduisent par des crispations sur des questions liturgiques : lors de l’Euromoot, la route jubilaire des guides aînées et des routiers d’Europe, l’association française a refusé, sans argumentation valide, et de façon cavalière, de participer à la liturgie byzantine célébrée à l’ouverture par l’évêque gréco-catholique du lieu. Plus récemment – et sans doute en avez-vous entendu parler -, son conseil d’administration a pris la décision de ne pas admettre comme conseillers religieux des prêtres célébrant selon la forme extraordinaire du rite romain, comme s’il appartenait à une association de laïcs de prendre ce type de position. Un rappel ferme vient d’ailleurs d’être adressé à ce sujet au président de l’association française par le Cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission Ecclésia Dei, compétente en la matière, à la demande de plus de 60 prêtres, conseillers religieux du mouvement. C’est la première fois, dans toute son existence, que le mouvement des Scouts d’Europe est ainsi sermonné par l’autorité de Rome. Comme commissaire fédéral de l’UIGSE, gardien de la fidélité de ses membres à nos textes fondateurs, et à nos statuts canoniques d’association privée internationale de fidèles de droit pontifical, je me dois de veiller, dans le respect de leur légitime autonomie, à ce que toutes les associations nationales qui composent notre Union placent leurs décisions et leurs actions dans l’obéissance au Siège apostolique et à la loi scoute.
Force est de constater, à mon grand regret, que des libertés semblent être prises, en France, avec ces deux fondements de notre vie chrétienne et scoute : prise de décisions qui entraînent des rappels à l’ordre (alors que des avertissements fraternels avaient été donnés par un évêque et par moi-même), refus du dialogue avec moi, et, manifestement, au sein même de l’association (il me revient régulièrement des échos de tensions, de manque d’écoute, de tentatives de remise au pas). On tente de mettre au compte de conflits de personnes ce qui semble relever d’un malaise plus profond. […]
Le 15 mars prochain, […] l’association française des Guides et Scouts d’Europe réunira son assemblée générale annuelle, au cours de laquelle les responsables rendent compte de leur action ; le conseil d’administration y sera également partiellement soumis à renouvellement.
Je vous remercie d’intercéder auprès du Père des Cieux, avec saint Joseph et la Vierge Marie, pour que cette assemblée soit celle d’une famille, unie par la foi et la loi scoute ; pour que les débats y soient marqués par la vérité et le respect des personnes ; que les décisions soient celles d’une fidélité sans ambiguïté à l’enseignement ordinaire et aux injonctions particulières du Saint-Siège ; que se dissipent les incompréhensions, les raideurs, les ombres, d’où qu’elles proviennent ; que notre mouvement, si riche en vocations religieuses, sacerdotales ou familiales, continue, sans en tirer orgueil et dans l’action de grâce, à féconder l’Eglise de France ; que tous nos chefs, cheftaines, guides et scouts, puissent, le cœur et l’esprit libres, entrer pleinement dans la Grande Semaine de la Passion et de la Résurrection de leur Seigneur."
Certaines familles ne comprennent pas ce » conflits » et elles ont bien raison il est inconcevable ! et notre désir le plus grand est qu’aux scouts d’Europe comme dans les diocèse s’instaure au plus vite la paix conformément au désir du saint père qui en publiant son motu proprio du 7 juillet 2007 espérait mettre fin à plus de trente ans de querelles stériles qui nuisent à l’essentiel : la nouvelle évangélisation du monde qui nous entoure.
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Eglise.

Hauts de Seine -Le vendredi 22 février à 13h célébration à La Défense d’une messe selon la forme extraordinaire du rite latin Un grand merci au chapelain de Notre-Dame de Pentecôte qui se trouve sur l’esplanade de la Défense au cœur du diocèse de Nanterre , d''''autoriser le 22 février à 13 h la célébration d’une messe dans la forme extraordinaire du rite latin. Qu’il soit vivement remercié pour sa générosité (catholiques.aladefense.cef.fr)
Contact :
cyrille.daubigny@libertysurf.fr

Marne - Messe à Reims le 24 février
La prochaine messe selon la forme extraordinaire sera célébrée à Reims le dimanche 24 février 2008 à 10 heures 30 dans l''église Sainte Jeanne d''Arc.
Soyez nombreux à vous unir par la prière où votre présence à cette célébration.
Contact :
http://www.paixliturgiquereims.org/

Rhone - Une nouvelle célébration le 24 février à Amplepuis (En Beaujolais)
Le 24 février sera célébrée à 11 h dans la chapelle du cimetière d''Amplepuis une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Unissons-nous nombreux par la prière où notre présence à cette nouvelle célébration qui aura besoin de tous nos soutiens pour être pérenniser.
Contact :
summorum-pontificum.amplepuis69@orange.fr
04 74 89 28 53


Haute-Marne - Un groupe de catholique s'organise dans le diocese de Langres. Des fidèles du Diocése de Langres souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''au moins une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Merci de les rejoindre ou de les aider !
Contact :
info@motuproprio52.com

Yvelines - Un nouveau groupe à Viroflay Des fidèles de Viroflay souhaitent constituer un groupe afin d''obtenir la célébration hebdomadaire d''une messe selon la forme extraordinaire du rite latin.
Merci de les rejoindre ou de les aider !
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