12 mai 2008

[Yves Chiron - Aletheia] L’analyse du cardinal Castrillon Hoyos

SOURCE - Yves Chiron - Aletheia - 12 mai 2008

Le mensuel italien Jesus, qui est loin d’être favorable aux traditionalistes, publie un dossier spécial intitulé Il vetus qui avanza (« L’ ancien qui avance »). L’ « ancien » dont il est question ici est bien sûr l’ancien rite de la messe, ce que Benoît XVI appelle le « rite extraordinaire du rite romain ».

L’essentiel du dossier est constitué d’un important entretien avec le cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei depuis 2000. Sur la liturgie, et ses évolutions attendues ; sur les fidèles attachés à ce rite et sur les rapports du Saint-Siège avec la Fraternité Saint-Pie X, le cardinal Castrillon Hoyos apporte des informations et des analyses qui méritent d’être relevées et appréciées dans leur exacte portée.

Les évolutions de la liturgie

« Avec le Motu proprio [du 7.07.2007], le Pape a voulu donner à tous une opportunité renouvelée de tirer profit de l’immense richesse spirituelle, religieuse et culturelle présente dans la liturgie de rite grégorien. Le Motu proprio est né comme un trésor offert à tous, non en premier lieu pour venir en aide aux plaintes et requêtes de quelques-uns ».

Si l’on suit la pensée du cardinal Castrillon Hoyos, le motu proprio du 7 juillet 2007 ne fut donc pas circonstanciel (répondre à une attente de certains fidèles et prêtres). Il ne doit pas être perçu comme une première victoire de l’ancien rite, après tant de défaites. Il s’inscrit plutôt dans un grand projet liturgique, un projet non pas de réformes spectaculaires et décidées en comité restreint (comme le fut, en son temps, le novus ordo), mais un projet de dépassement par le haut.

Benoît XVI l’a dit dans son motu proprio, le cardinal Castrillon Hoyos le répète dans cet entretien : le rite traditionnel et le nouveau rite sont deux formes du même rite romain et « les deux formes doivent s’enrichir mutuellement ». Jusqu’à ne former qu’un seul rite ? Le cardinal ne le dit pas ici, mais celui qui est devenu Benoît XVI l’avait dit explicitement et on commence à percevoir comment, progressivement, on pourra arriver à ce résultat. Non dans un an ou dans deux ans, mais en quelques décennies peut-être.

Comme exemple d’ « enrichissement mutuel », le cardinal Castrillon Hoyos cite le cas des lectures liturgiques : « Dans le novus ordo, avec les années, pratiquement toute la Bible est lue, c’est une richesse qui ne s’oppose pas mais qui va être intégrée au rite extraordinaire. »

La nouvelle prière du Vendredi Saint est un autre exemple, déjà accompli celui-là, de réforme du rite extraordinaire.

Qui sont les fidèles de la forme extraordinaire du rite romain ?

Le cardinal Castrillon Hoyos est, dans l’Eglise, l’homme le mieux placé pour mesurer l’importance numérique des fidèles attachés au rite traditionnel. Par ses fonctions à la Commission pontificale il est en rapport avec toutes les communautés Ecclesia Dei, avec les instances dirigeantes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X mais aussi avec des fidèles ou des groupes de fidèles qui n’ont pas de relations régulières avec les communautés, fraternités ou associations traditionnelles.

On estime souvent que la FSSPX est le groupe traditionnel le plus important par le nombre de ses prêtres, de ses écoles, de ses prieurés et des fidèles qui les fréquentent régulièrement. L’analyse est sans doute toujours vraie pour la France, mais elle ne l’est pas pour tous les continents et pour tous les pays. Aux Etats-Unis, depuis plusieurs années déjà, le nombre des prêtres attachés à l’ancien rite, et n’appartenant pas à la FSSPX, est plus élevé que celui des prêtres appartenant à la FSSPX.

Le cardinal Castrillon Hoyos va plus loin encore puisqu’il estime : « Parmi les fidèles [attachés à la forme extraordinaire du rite romain] je distinguerais trois groupes : ceux qui sont liés pour ainsi organiquement à la Fraternité Saint Pie X ; ceux de la Fraternité Saint Pierre [et autres communautés, fraternités et instituts Ecclesia Dei, semble sous-entendre le cardinal] et, enfin, le groupe le plus important et le plus nombreux, formé des personnes attachées à la culture religieuse, qui aujourd’hui découvrent l’intensité spirituelle du rite antique et, parmi eux, de nombreux jeunes. Ces derniers mois sont nées de nouvelles associations de personnes appartenant à ce dernier groupe. »

Il y aurait donc un nombre important de nouveaux convertis – l’expression n’est pas du cardinal Castrillon Hoyos – à la forme extraordinaire, qui viendraient donc des paroisses où se célèbre la forme ordinaire ou du monde des non-pratiquants. À moins, mais il ne s’agirait plus de « convertis », qu’il ne s’agisse de fidèles venus de la FSSPX ou de lieux de culte issus du motu proprio de 1988 et qui cherchent à se rattacher à une paroisse ordinaire, la leur. Cette réalité, peu visible en France, est, dans d’autres pays et continents, un phénomène nouveau et notable dit le président de la Commission Ecclesia Dei.

Lettres, rencontres et appels téléphoniques

Malgré le non possumus de la FSSPX relatif à un « accord pratique » à court terme avec le Saint-Siège, position confirmée récemment par Mgr Fellay (cf. Aletheia, n° 124), le cardinal Castrillon Hoyos affirme que le « dialogue n’est pas interrompu » avec la FSSPX. Il évoque un échange récent de lettres entre lui et Mgr Fellay, il parle aussi de « rencontres » et d’échanges téléphoniques. Il dit sa détermination et son espérance de voir ces fidèles revenir « à la pleine communion ».

[Chez Nous Soyez Reine] [vidéo] 26e Pèlerinage de notre Dame de Chrétienté de Paris à Chartres

10 mai - 11 mai - 12 mai 2008

[AFP] Pèlerinage de Chartres: une marche de trois jours pour près de 8.000 personnes

François Feuilleux - AFP - 12 mai 2008

Près de 8.000 personnes ont participé au traditionnel pèlerinage de la Pentecôte, qui les a conduit, après trois jours de marche, à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, l'un des plus importants sanctuaires français voués au culte marial.

Jeunes enfants, couples, familles, scouts, religieux, tous ont sillonné les routes et les chemins de Beauce durant trois jours ponctués de prières, avec à l'horizon les flèches de la cathédrale Notre-Dame, "C'est un moment très important dans ma vie de chrétien et de catholique", explique François, un scout d'Europe de 19 ans, étudiant de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

Pour cet habitué du pèlerinage entre Paris et Chartres, "ce moment privilégié est un réel besoin". "C'est une sorte de bulle d'oxygène dans ma vie. Pendant ces trois jours, j'oublie tout mon quotidien, mes soucis et j'arrive à faire véritablement le vide dans ma tête pour me consacrer uniquement à Dieu, à Marie et à la prière", assure-t-il.

"Ça fait du bien de pouvoir se retrouver entre personnes qui croient. On peut partager notre foi, nos expériences et parfois nos doutes durant notre marche", renchérit Isabelle, une jeune maman de 27 ans, consultante en management à Paris.

Catherine et ses trois enfants ont également participé à la marche. "J'ai rarement raté un pèlerinage de Chartres ", affirme cette quadragénaire de Paris, qui "ne conçoit pas de rester chez (elle) avec (ses) enfants alors que d'autres chrétiens comme (elle) marchent unis vers Chartres". "Pour moi ce pèlerinage, c'est une façon aussi de témoigner au monde et aux non croyants de la joie du Christ et de l'esprit Saint qui participe à façonner nos vies", dit-elle.

"Les prêtres qui nous accompagnent nous soutiennent et permettent de nous confesser pour que nous arrivions à Chartres pardonnés de tous nos péchés", ajoute Catherine.

A leur arrivée, ils ont assisté lundi après-midi à la grand-messe célébrée par Monseigneur Pansard, évêque de Chartres.

Samedi matin, les pèlerins traditionalistes de l'église de Monseigneur Lefèbvre avaient pris la route vers Paris pour effectuer leur pèlerinage, après avoir célébré une messe en latin sur le parvis de la cathédrale de Chartres.

Les fidèle de Mrg Lefèbvre n'ont toujours pas l'autorisation de Rome de célébrer la messe à l'intérieur de la cathédrale malgré le récent motu proprio du Pape Benoît XVI.

[Aletheia n°125] L’analyse du cardinal Castrillon Hoyos - par Yves Chiron

Le mensuel italien Jesus, qui est loin d’être favorable aux traditionalistes, publie un dossier spécial intitulé Il vetus qui avanza (« L’ ancien qui avance »). L’ « ancien » dont il est question ici est bien sûr l’ancien rite de la messe, ce que Benoît XVI appelle le « rite extraordinaire du rite romain ».

L’essentiel du dossier est constitué d’un important entretien avec le cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei depuis 2000. Sur la liturgie, et ses évolutions attendues ; sur les fidèles attachés à ce rite et sur les rapports du Saint-Siège avec la Fraternité Saint-Pie X, le cardinal Castrillon Hoyos apporte des informations et des analyses qui méritent d’être relevées et appréciées dans leur exacte portée.

Les évolutions de la liturgie

« Avec le Motu proprio [du 7.07.2007], le Pape a voulu donner à tous une opportunité renouvelée de tirer profit de l’immense richesse spirituelle, religieuse et culturelle présente dans la liturgie de rite grégorien. Le Motu proprio est né comme un trésor offert à tous, non en premier lieu pour venir en aide aux plaintes et requêtes de quelques-uns ».

Si l’on suit la pensée du cardinal Castrillon Hoyos, le motu proprio du 7 juillet 2007 ne fut donc pas circonstanciel (répondre à une attente de certains fidèles et prêtres). Il ne doit pas être perçu comme une première victoire de l’ancien rite, après tant de défaites. Il s’inscrit plutôt dans un grand projet liturgique, un projet non pas de réformes spectaculaires et décidées en comité restreint (comme le fut, en son temps, le novus ordo), mais un projet de dépassement par le haut.

Benoît XVI l’a dit dans son motu proprio, le cardinal Castrillon Hoyos le répète dans cet entretien : le rite traditionnel et le nouveau rite sont deux formes du même rite romain et « les deux formes doivent s’enrichir mutuellement ». Jusqu’à ne former qu’un seul rite ? Le cardinal ne le dit pas ici, mais celui qui est devenu Benoît XVI l’avait dit explicitement et on commence à percevoir comment, progressivement, on pourra arriver à ce résultat. Non dans un an ou dans deux ans, mais en quelques décennies peut-être.

Comme exemple d’ « enrichissement mutuel », le cardinal Castrillon Hoyos cite le cas des lectures liturgiques : « Dans le novus ordo, avec les années, pratiquement toute la Bible est lue, c’est une richesse qui ne s’oppose pas mais qui va être intégrée au rite extraordinaire. »

La nouvelle prière du Vendredi Saint est un autre exemple, déjà accompli celui-là, de réforme du rite extraordinaire.

Qui sont les fidèles de la forme extraordinaire du rite romain ?

Le cardinal Castrillon Hoyos est, dans l’Eglise, l’homme le mieux placé pour mesurer l’importance numérique des fidèles attachés au rite traditionnel. Par ses fonctions à la Commission pontificale il est en rapport avec toutes les communautés Ecclesia Dei, avec les instances dirigeantes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X mais aussi avec des fidèles ou des groupes de fidèles qui n’ont pas de relations régulières avec les communautés, fraternités ou associations traditionnelles.

On estime souvent que la FSSPX est le groupe traditionnel le plus important par le nombre de ses prêtres, de ses écoles, de ses prieurés et des fidèles qui les fréquentent régulièrement. L’analyse est sans doute toujours vraie pour la France, mais elle ne l’est pas pour tous les continents et pour tous les pays. Aux Etats-Unis, depuis plusieurs années déjà, le nombre des prêtres attachés à l’ancien rite, et n’appartenant pas à la FSSPX, est plus élevé que celui des prêtres appartenant à la FSSPX.

Le cardinal Castrillon Hoyos va plus loin encore puisqu’il estime : « Parmi les fidèles [attachés à la forme extraordinaire du rite romain] je distinguerais trois groupes : ceux qui sont liés pour ainsi organiquement à la Fraternité Saint Pie X ; ceux de la Fraternité Saint Pierre [et autres communautés, fraternités et instituts Ecclesia Dei, semble sous-entendre le cardinal] et, enfin, le groupe le plus important et le plus nombreux, formé des personnes attachées à la culture religieuse, qui aujourd’hui découvrent l’intensité spirituelle du rite antique et, parmi eux, de nombreux jeunes. Ces derniers mois sont nées de nouvelles associations de personnes appartenant à ce dernier groupe. »

Il y aurait donc un nombre important de nouveaux convertis – l’expression n’est pas du cardinal Castrillon Hoyos – à la forme extraordinaire, qui viendraient donc des paroisses où se célèbre la forme ordinaire ou du monde des non-pratiquants. À moins, mais il ne s’agirait plus de « convertis », qu’il ne s’agisse de fidèles venus de la FSSPX ou de lieux de culte issus du motu proprio de 1988 et qui cherchent à se rattacher à une paroisse ordinaire, la leur. Cette réalité, peu visible en France, est, dans d’autres pays et continents, un phénomène nouveau et notable dit le président de la Commission Ecclesia Dei.

Lettres, rencontres et appels téléphoniques

Malgré le non possumus de la FSSPX relatif à un « accord pratique » à court terme avec le Saint-Siège, position confirmée récemment par Mgr Fellay (cf. Aletheia, n° 124), le cardinal Castrillon Hoyos affirme que le « dialogue n’est pas interrompu » avec la FSSPX. Il évoque un échange récent de lettres entre lui et Mgr Fellay, il parle aussi de « rencontres » et d’échanges téléphoniques. Il dit sa détermination et son espérance de voir ces fidèles revenir « à la pleine communion ».

10 mai 2008

[Luc Perrin - Le Forum Catholique] à insatiable, insatiable et demi

SOURCE - Luc Perrin - 10 mai 2008

Prenons un exemple, un exemple de déclarations que Mme de Buor n'a pas lues ou qu'elle a préféré ne pas citer, se bornant à une interview impromptue accordée par le Cardinal en marge du colloque romain.

- Quel est l'insatiable qui écrit que "tous les fidèles" doivent se voir offrir la Forme extraordinaire ?
réponse : Dario cardinal Castrillon Hoyos (juin et septembre 2008)
- Quel est l'insatiable qui écrit que tous les séminaires devraient "automatiquement" offrir une formation à la Forme extraordinaire pour tous les séminaristes ?
réponse : Dario cardinal Castrillon Hoyos (juin et septembre 2008)
- Quel est l'insatiable qui pousse l'audace jusqu'à écrire que "les curés et les évêques doivent accepter"
réponse : Dario cardinal Castrillon Hoyos (juin et septembre 2008)

Je crois que s'il fallait désigner un Insatiable en Chef, Son Eminence aurait indubitablement le prix. Et pire ces demandes "exorbitantes", le Cardinal-président de la PCED a été jusqu'à les mettre par écrit (cf. sa préface datée du 25 septembre 2008, soit après l'interview citée par La Vie).
Qu'aurait-on dit si, à Versailles ou ailleurs, un orateur avait exigé une messe dans quasiment toutes les églises du diocèse, au moins une fois par mois, une formation obligatoire dans les séminaires d'Ile de France et une acceptation d'office des requêtes déposées là où elles l'ont été, parfois depuis des semaines ou des mois ?
Mais les organisateurs de la Rencontre de Versailles n'en demandaient pas tant, même si bien sûr tous et toutes ne pourraient que se réjouir si les objectifs de l'insatiable - qu'il me pardonne le mot - Cardinal pouvaient devenir réalité, dans une Eglise où, comme sur le diocèse de Versailles, les bâtiments semblent déjà trop petits pour accueillir la foule compacte des Ordis en prière.
Au demeurant, quand il s'agit de rassembler les baptisés pour la Sainte Eucharistie, on n'est jamais assez ... insatiable. Soyons donc raisonnablement insatiables, à la manière du cardinal Castrillon Hoyos, ad majorem Dei gloriam.

nb. Les "Chantiers du Cardinal" doivent avoir des plans de chapelles de secours à bâtir pour ce diocèse comme à la grande époque de la fin du XIXe puis des années 1930 à 1970.

Notons aussi qu'il y aurait encore 12 diocèses sans aucun lieu de culte offrant la Forme extraordinaire, par ex. en Ile de France, celui de Saint-Denis. Les fidèles de ces diocèses seraient-ils des repus ? Un qualificatif peu enviable si l'on en croit les Evangiles. les requêtes des fidèles ?

7 mai 2008

[FSSP] Le pape donne une paroisse personnelle à la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - FSSP - 7 mai 2008

Le pape donne une paroisse personnelle à la Fraternité Saint-Pierre

Une très grande nouvelle !

C'est avec une grande joie que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre annonce l'ouverture d'une paroisse personnelle dans le diocèse de Rome. Le décret d'érection de la paroisse, daté du jour de Pâques de l'année 2008, établit qu'en conformité avec l'art. 10 du Motu Proprio Summorum Pontificum, « et après reçu la proposition du Cardinal Vicaire, le Saint-Père a décidé que dans le secteur central de Rome, dans le 1er district, dans un lieu de culte approprié, nommément : l'église de Ss. Trinità dei Pellegrini […], devrait être érigée une paroisse personnelle afin de satisfaire aux besoins pastoraux de la communauté entière des fidèles traditionnels résidents dans le dit diocèse ».

La Fraternité Saint-Pierre est profondément reconnaissante au Saint-Père et à son Vicaire, le Cardinal Camillo Ruini, de lui avoir confié la charge de cette paroisse dans le Siège de Pierre. Parmi tous les diocèses desservis par la Fraternité, c'est le dixième apostolat qui a été érigé en paroisse personnelle à part entière, et le premier en Europe. On espère que cette paroisse particulière ne servira pas seulement les paroissiens locaux mais qu’elle fournira aussi un exemple approprié de la beauté et de la solennité de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain aux nombreux pèlerins et étudiants à Rome. L'abbé Joseph Kramer, FSSP, a été nommé premier curé de la paroisse Santa Trinità dei Pellegrini, Recteur de la vénérable Archiconfrérie du même nom et Recteur de l'église.

L'installation de l'abbé Kramer à la charge de curé ainsi que la célébration de la Sainte Messe officielle d'ouverture de la paroisse auront lieu le 8 juin 2008. La Fraternité Saint-Pierre demande humblement vos prières pour la poursuite de cette nouvelle mission pastorale auprès des fidèles, au service du Diocèse de Rome.

Du Secrétariat Général FSSP, le 7 mai 2008.

5 mai 2008

[lbr.ca] La Messe tridentine (en latin, dos au peuple, avec grégorien) pourrait bien être de retour, bientôt, à Chicoutimi

SOURCE - Le Bulletin Régional de Saguenay - Lac - Saint-Jean - 5 mai 2008


La Messe tridentine (en latin, dos au peuple, avec grégorien) pourrait bien être de retour, bientôt, à Chicoutimi

Une centaine de fidèles catholiques ont demandé l'application du Motu Proprio Summorum «Pontificum» à Mgr Jean-Roch Gaudin


2008-05-02 07:26 - Communiqué de presse

/LBR.ca/ - Une centaine de fidèles catholiques ont demandé l'application du Motu Proprio "Summorum Pontificum" à Mgr Jean-Roch Gaudin, le curé de la paroisse Sacré-Coeur de Chicoutimi, le mercredi 16 avril 2008. Comme plusieurs fidèles venaient également d'autres paroisses du diocèse de Chicoutimi, le curé Gaudin (qui s'est montré ouvert au projet) a remis la demande à Mgr André Rivest, l'Évêque de Chicoutimi, le lundi 28 avril 2008. Ce dernier désire consulter son presbyterium au mois de septembre. D'ici là, le nombre de fidèles voulant la "Messe de toujours" augmente de jour en jour.

Un prêtre de la Fraternité "Saint-Pierre" a même offert ses services, de sorte que les fidèles pourraient, pour commencer, assister à la Messe tridentine une fois par mois. Une rumeur insistante circule à l'effet que l'église Christ-Roi serait toute désignée comme lieu de ce type de célébration. La nouvelle est même sur "Chrétienté Info" à chretiente.info

Le Motu Proprio du Pape Benoît XVI, libéralisant l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970, ouvre une nouvelle page dans l'histoire de l'Église, y compris dans notre région. Concrètement, cela signifie que tout prêtre peut célébrer la messe traditionnelle - puisque cette manière de célébrer n'a jamais été abrogée - et que les fidèles qui le désirent peuvent en faire la demande à leur curé qui, normalement, doit respecter cette sensibilité légitime. Ceci étant dit, des démarches officielles sont en cours afin de pouvoir bénéficier, à Chicoutimi, de la "messe traditionnelle" appelé également "messe tridentine", "messe de saint-Pie V", "messe célébrée selon le missel du bienheureux Jean XXIII édité en 1962", "messe d'avant le Concile Vatican II", "messe latine-grégorienne célébrée selon la forme extraordinaire" ou encore "messe de toujours".

Les caractéristiques de cette messe sont bien connues : le prêtre est "dos au peuple" (ou plutôt "tourné vers le Seigneur"), toutes les parties de la messe sont dites en latin, les servants de messe sont revêtus de la soutane et du surplis, le prêtre fait plusieurs génuflexions et plusieurs signes de croix, il prend soin de garder pouces et index joints pendant le canon de la messe qui se dit à voix basse, la communion se reçoit sur la langue et à genoux - à la balustrade - alors que le servant place la patène en dessous du menton du communiant, l'usage de l'encens et du chant grégorien contibuent à accentuer le sens du sacré et du mystère, le sermont étant prononcé en chaire afin d'instruire les fidèles sur des points de doctrine ou de morale, le tout de la célébration étant l'exacte reproduction des dispositions du missel romain édité en 1962.

Cette manière de célébrer la messe est réalisée dans plusieurs diocèses dans le monde. Au Canada, il faut noter, entre autres ,Ottawa et Québec, où la célébration de la messe tridentine est confiée à la fraternité Saint-Pierre, une fraternité sacerdotale approuvée par l'Église catholique. Avant septembre, c'était le prêtre d'Ottawa - l'abbé Vianney Leroux - qui faisait la navette entre Ottawa et Québec (une fois par mois) afin de répondre au désir des fidèles attachés à la messe tridentine. Comme l'expérience fonctionnait bien, le cardinal Marc Ouellet a nommé un prêtre permanent - l'abbé Guillaume Loddé - afin qu'il puisse célébrer tous les jours la messe traditionnelle. Ce jeune prêtre de 33 ans - originaire de France - porte la soutane, enseigne le catéchisme et donne tous les sacrements en latin selon la forme extraordinaire. Il est très joviale et constitue un modèle pour de nombreux jeunes.

C'est dans l'église St-François-d'Assise (appartenant à la paroisse Notre-Dame-de-Roc-Amadour), dans Limoilou (à Québec), que nous pouvons vivre l'expérience de la "messe de toujours" dont la majorité des assistants sont des jeunes de moins de 35 ans !

Pour de plus amples informations sur la démarche, vous pouvez communiquez avec

Léonard Murphy
Saguenay (Canton Tremblay)
(418) 698-7051

2 mai 2008

[Zenit] Eclaircissements du Vatican sur les fêtes liturgiques et le missel de 1962

SOURCE - Zenit - 2 mai 2008

ZF08050201 - 02-05-2008
Permalink: http://www.zenit.org/article-17866?l=french

Eclaircissements du Vatican sur les fêtes liturgiques et le missel de 1962

ROME, Vendredi 2 mai 2008 (ZENIT.org) - Le Vatican a apporté des éclaircissements concernant la célébration des fêtes liturgiques pour les catholiques qui utilisent la forme extraordinaire du rite romain selon le missel de 1962.

La Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles a soumis la question à la Commission pontificale Ecclesia Dei qui a déclaré que les fêtes liturgiques doivent être communes à tous les catholiques de rite romain, quelle que soit la forme liturgique utilisée.

La Commission pontificale a expliqué, selon un communiqué de la Conférence épiscopale d'Angleterre et du Pays de Galles, que lorsque la fête liturgique a été transférée au dimanche, elle doit être célébrée aussi bien dans les célébrations ordinaires qu'extraordinaires de la messe.

Pour les catholiques, participer à la messe les jours de fête liturgique est un devoir. Certains jours varient en fonction des décisions prises par les Conférences épiscopales locales.

Pour tout renseignement complémentaire concernant le calendrier des fêtes cf. le site du bureau liturgique de la Conférence des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles :

http://www.liturgyoffice.org.uk/Resources/Extraordinary/Calendar/index.html

28 avril 2008

[Le Nouvelliste] Ancienne messe libéralisée: premier bilan en France du motu proprio de Benoît XVI

SOURCE - le Nouvelliste - 28 avril 2008

Nous publions la Lettre 99 de Paix Liturgique sur les effets de la libéralisation de l’ancienne messe. On voit ici le cas français. En Suisse aussi des demandes sont faites pour l’ancien rite, mais certains évêques freinent des quatre fers…

“Il y a quelques semaines, nous écrivions dans note lettre de Paix Liturgique (lettre n°77 du 19 décembre 2007 en ligne sur notre site http://www.paixliturgique.com/) qu’il était encore trop tôt pour établir un bilan détaillé et précis des effets du Motu Proprio en France. Cette affirmation reste encore vraie aujourd’hui et il sera bien difficile de mesurer la portée réelle de ce texte avant longtemps… Le Saint Père Benoît XVI n’avait d’ailleurs-t-il pas prophétisé cela en déclarant qu’il faudrait attendre 3 années avant de faire un bilan des effets de ses décisions ? Toutefois, au vu des bouillonnements considérables qui agitent actuellement l’Église de France, il importe de relever dès maintenant, les premières tendances positives et négatives qui se dessinent et s’imposent à tous. Il existe tout d’abord de magnifiques résultats que tous peuvent admirer. La progressive reconnaissance de la forme extraordinaire du rite romain dans les diocèses de France : La messe traditionnelle, longtemps bannie des diocèses et « interdite » par l’ordinaire du lieu est désormais célébrée dans dix diocèses de France où elle n’avait pas encore droit de cité jusqu’à l’été 2007. L’accroissement considérable du nombre des célébrations dans la forme extraordinaire du rite romain : Depuis l’entrée en vigueur du Motu Proprio, on peut compter plus de 40 nouvelles célébrations. Il s’agit certes d’un petit nombre au regard des vrais besoins encore loin d’être satisfaits mais ce chiffre demeure considérable si on le compare aux 132 lieux où la messe traditionnelle était célébrée avant l’entrée en vigueur du Motu Proprio. Jusqu’à cette date et pendant les quinze dernières années, la progression moyenne du nombre de nouvelles célébrations de la messe traditionnelle était inférieure à 3 par an. De plus, certaines villes jusqu’alors particulièrement pauvres en terme de célébrations de messes traditionnelles eu égard au nombre de familles concernées, commencent à s’ouvrir aux mesures de paix du Saint Père. Ainsi, à Paris, ce ne sont pas moins de quatre nouvelles célébrations dominicales que l’on peut observer depuis quelques mois [Sainte-Jeanne de Chantal (16e), Saint-Pierre de Montrouge (14e), Saint-Germain l’Auxerrois (1er) et Saint-Georges (19e)]. Le nombre de messes traditionnelles à Paris a donc doublé en moins de six mois… C’est dire l’inexactitude des propos de ceux qui répétaient de manière incantatoire que la demande à Paris était largement satisfaite et que l’archevêché avait su anticiper la demande… La lente mais certaine intégration des prêtres issus des communautés « Ecclésia Dei » au sein des diocèses de France. Parmi quelques heureux exemples, on peut observer l’accueil de la Fraternité Saint Pierre dans le Val de Marne et bientôt à Chartes, la demande faite à l’Institut du Bon Pasteur de desservir une église du diocèse de Versailles et les missions pastorales confiées à l’Institut du Christ Roi à Reims et à Aurillac. Ces premiers résultats ne sont certes que peu de choses à côté de la montée en puissance des demandes qui aujourd’hui se comptent par centaines mais ils augurent de ce que sera le bilan du Motu Proprio d’ici un an ou deux. Hélas, quarante années d’apartheid liturgique ne disparaissent pas du jour au lendemain et il demeure des endroits où la paix liturgique n’est pas souhaitée. Que dire en effet de la dureté de cœur de certains évêques ? Que dire des réticences indignes de ces catholiques qui regardent avec méfiance leurs propres frères ? Si certains de nos pasteurs, si de nombreux prêtres ouvrent leur cœur aux mesures du Saint Père et à la différence dans l’unité… Que dire de ceux qui organisent une résistance indigne et mettent en place tout un faisceau d’objections, aussi systématiques qu’injustes, aussi archaïques que fausses, pour démoraliser les fidèles et refuser l’instauration d’une vraie paix liturgique ? C’est à la présentation de ces objections sournoises et aux réponses qu’il faut y apporter que nous consacrerons nos prochaines lettres afin d’aider les catholiques de bonne foi à ne pas tomber dans les pièges tendus par ceux qui veulent les désespérer alors que le moment de la réconciliation est arrivé.”

Sylvie Mimpontel

Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

[Yves Chiron - Aletheia] Quatre anniversaires et un Non possumus - par Yves Chiron

SOURCE - Yves Chiron - Aletheia n°124 - 28 avril 2008

Il y a cinquante ans, en 1958, s’achevait le pontificat de Pie XII et commençait celui de Jean XXIII, pontificat de transition, de rupture (dans la méthode) et de continuité (dans le fond) ; Jean XXIII n’était pas un libéral.

Il y a quarante ans, en 1968, la France connaissait un psychodrame estudiantin puis social qui ouvrait la voie à une mutation radicale des esprits, des mentalités et des comportements tandis que, dans l’été suivant, Paul VI s’attachait, selon son expression, à « réaffirmer, confirmer les points capitaux de la foi de l’Eglise », en proclamant un Credo du peuple de Dieu de forme très traditionnelle et que, par l’encyclique Humanæ vitæ, il n’hésitait pas à « heurter de plein fouet ”la conscience collective de l’humanité” en son état actuel d’aveuglement et d’autosuffisance. » (selon l’expression de Jean Madiran).

Il y a trente ans, en 1978, s’achevait le pontificat de Paul VI, pape du dialogue, de l’achèvement du concile Vatican II et de sa mise en application, et commençait celui de Jean-Paul II, pape anti-moderne, qui emprunta, lui aussi, la voie du dialogue et commença l’œuvre de dépassement qui caractérise le pontificat de son successeur.

Il y a vingt ans, en 1988, Mgr Lefebvre consacrait, sans mandat pontifical, quatre évêques. Il le faisait, en arguant de « l’état de nécessité » : dans une Eglise battue par la tempête (l’image est de Paul VI, reprise par Benoît XVI), il jugeait nécessaire une « opération-survie » pour assurer la continuité de son œuvre, toute dédiée à préserver le sacerdoce et la messe traditionnelle.
Vingt ans après cette rupture du fondateur de la FSSPX, les circonstances ont changé. L’ « état de nécessité » est-il toujours le même ? Benoît XVI, dans un discours très important, a plaidé pour « une juste interprétation du concile » et a rejeté l’ « herméneutique de la discontinuité et de la rupture » qui s’est répandue jusque dans la théologie (Discours à la Curie, le 22.12.2005). Puis, il a restauré solennellement le droit d’existence de la messe traditionnelle (motu proprio du 7.7.2007).

Ces deux actes majeurs du pontificat de Benoît XVI ne paraissent pas suffisants au Supérieur général de la FSSPX pour permettre une réconciliation avec Rome. Le 14 avril dernier, Mgr Fellay a fait connaître les raisons pour lesquelles la FSSPX « ne peut pas “signer d’accord“ ». Il l’a dit, non dans un document officiel ou une déclaration solennelle, mais dans une « Lettre aux amis et bienfaiteurs » publiée régulièrement (c’est la 72e). Le Monde, dans un article d’Henri Tincq, et La Croix, dans un article de Jean-Marie Guénois, parus le même jour, qualifient en des termes identiques la position de Mgr Fellay : « une fin de non-recevoir ». Henri Tincq est plus violent, comme d’habitude, en parlant de « déclaration de guerre contre le pape et Rome ».

L’erreur d’interprétation est flagrante : il ne s’agit pas d’une « déclaration de guerre », ou d’une « nouvelle étape dans le contentieux », comme l’écrit Jean-Marie Guénois, mais d’une position d’attente. Sans ajouter d’autres commentaires à la position exprimée par Mgr Fellay, je crois utile de faire connaître l’analyse qu’en a faite l’abbé Guillaume de Tanoüarn, un des fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur.

L’analyse de M. l’abbé Guillaume de Tanoüarn :

J'ai écrit que la FSSPX ne devait pas se presser de signer. Signer pour signer n'a pas de sens. Signer quoi ? Pour aller où ? Il faut pouvoir être fier de ce que l'on signe avec le Père commun des fidèles (comme je l'ai été et le suis moi même), ou alors cette signature n'est qu'un chiffon de papier, qui vous met en danger. Signer un chiffon de papier qui engendrerait la division et l'auto-destruction de la FSSPX, cela ne constitue en rien une solution. Par ailleurs, pour être capable de signer un véritable accord, il faut savoir et faire savoir où l'on va. Et pas se référer à des événements qui ont quinze ans. Pas reprendre en boucle un discours que l'on n'a pas revu (ou retravaillé) depuis quinze ans. Comme si rien n'avait changé.

Lorsqu'on entend, venant de la FSSPX ou de ses amis (dont je fais partie) : le moment n'est pas encore venu de signer, cette expression peut être prise en deux sens.

Soit : il n'est pas temps de signer, parce que Rome n'est pas allé assez loin dans la Restauration. Et je pense que ce motif est lâche et qu'il conduit à reporter le souci de l'unité de l'Eglise après la parousie. il y aura forcément toujours une raison d'ici là pour dire que cela va mal et rester dehors.

Soit encore, en un sens tout différent : il n'est pas temps de signer parce que la FSSPX n'a ni l'unité interne ni la force nécessaire pour affronter immédiatement une telle mutation. En signant trop vite (quoi ? pour aller où ?) elle risque d'exploser en vol, pour le plus grand malheur de toute la chrétienté. Le combat est difficile. Les épiscopats ne souhaitent pas forcément pratiquer la vertu d'accueil. Un bon accord est un accord qui se signe en force. Il faut que la FSSPX résolve d'abord des difficultés internes. Elle doit le faire petit à petit, en soutenant résolument, au jour le jour, tout ce qui, dans l'action providentielle de Benoît XVI, demande à être soutenu.
[…]
la FSSPX doit s'engager pour l'Eglise et pas seulement en lançant des campagnes du Rosaire, mais en faisant tout ce qui est en elle, en s'exposant comme s'exposait Mgr Lefebvre, en soutenant le pape, dont certains textes sur l'œcuménisme aux Etats-Unis sont simplement magnifiques, dont certains textes sur la liberté religieuse sont très éclairants.

(Le Forum catholique, 25 avril 2008).

[Azerty - Le Forum Catholique] Qui se cache derrière Sénèze ?

SOURCE - Azerty - Le Forum Catholique - 28 avril 2008

Plus j'y pense, plus je me pose la question : Qui se cache derrière Sénèze ?

Certains ont exprimé ici ou là, sur ce forum, l'opinion selon laquelle le débat avec Nicolas Senèze était parfaitement inutile voire inconvenant (car ce serait déchoir que de discuter avec un vulgaire journaliste de "La Croix"). A quoi je réponds en demandant : n'y a t-il pas, derrière Sénèze, plus que Sénèze ?

Mon idée est qu'en écrivant son livre sur l'intégrisme, ce journaliste de "La Croix" était en réalité en service commandé. Il a dit lui-même que nous ne l'intéressions pas du tout, qu'il ne peut supporter notre messe hiératique, qu'il ne lirait pas la méchante prose de l'abbé Célier s'il n'y était obligé, etc. Mais en ce cas, pourquoi faire un livre sur nous ? Pourquoi, si ce n'est parce qu'il en a reçu la mission ?

De qui ? La réponse est simple : du noyau dirigeant de l'épiscopat français (dont "La Croix" est le porte-parole officieux, comme chacun sait).

Madiran a rapporté (dans "Itinéraires" nº 132, page 7) comment, en mai 1955, il fut subitement attaqué, sans raison visible, par le journal "La Croix". L'abbé Berto lui fit alors cette simple remarque : "C'est un article inspiré".

Madiran raconte :

« J'étais jeune, je ne compris pas la portée de cette remarque, qui me parut creuse et presque comique (et qui se fixa dans ma mémoire pour cette raison). Et qui me parut invraisemblable absolument. J'avais la candeur de croire que les évêques ne pouvaient pas (etc.) »

Du livre de Senèze, on peut dire la même chose : c'est un livre inspiré. Non par le Saint-Esprit, assurément, mais par Mgr Hippolyte Simon ou quelque autre de ses confrères. (Je pense à Mgr Simon pour diverses raisons, et notamment pour le renversement idéologique qui voudrait présenter Mgr Lefebvre – dont toute la vie fut centrée sur la défense du sacerdoce – comme un "anticlérical" !)

Comment expliquer, sans cela, que Senèze défende absolument l'idée qu'il n'y aurait plus, actuellement, d'abus liturgiques en France ? Qui peut prétendre sans rire une chose pareille, sinon un des membres ou un des représentants du noyau dirigeant de notre épiscopat ? (Et l'on sait que c'est un des messages principaux que ces évêques s'emploient actuellement à faire passer vers Rome : Ne croyez pas ces abominables tradis qui nous calomnient sans cesse : la liturgie est chez nous d'une solennité et d'une rigueur sans égales, et, s'il y a peut-être eu quelques abus ici ou là dans les années 70 (on n'en est pas bien sûr, mais les méchants tradis le répètent tellement qu'il y a peut-être, sous les exagérations exponentielles dont ils sont coutumiers, quelque fondement à leurs plaintes), une chose est sûre : on en est sorti depuis longtemps, et tout spécialement depuis que nous, qui vous parlons, sommes installés comme évêques.)

Comment expliquer cette insistance sur la bonté et la mansuétude dont les "tradis" auraient toujours été l'objet ? Ce refus d'admettre que l'épiscopat français ait pu avoir quelque responsabilité que ce soit dans ce que l'auteur appelle "la crise intégriste" ?

De la part d'un observateur vraiment indépendant, une vue aussi manichéenne des choses serait absolument inexplicable.

La seule solution, à mon avis, est la suivante : Nicolas Senèze écrit ce livre comme un avocat défend un client, et il suit les consignes (plus ou moins explicites) du "Parti".

Les grandes thèses qu'il défend peuvent donc être tenues pour celles de nos évêques (ou, plus exactement, du "noyau dirigeant de notre épiscopat" ; l'expression est un peu lourde, mais je la croix exacte, et elle évite de mettre tous nos évêques dans le même sac).

Ces thèses sont véritablement effarantes (et il fallait un journaliste jeune, et n'ayant pas connu les années 1970, pour pouvoir les défendre de bonne foi) :

1. — La "nouvelle messe" n'existe pas. C'est une invention des tradis. Paul VI a seulement un peu réaménagé le missel romain, comme ses prédécesseurs. Mais les méchants tradis qui étaient à l'affut d'une occasion de s'opposer au pape (car c'est leur but dans la vie, à ces tradis : s'opposer au pape) ont inventé qu'il s'agissait d'une "nouvelle messe". Malheureusement, Paul VI est tombé dans le panneau.

2. — Vatican II n'est absolument pour rien dans la crise. Il n'y a eu aucune désaffection de masse envers l'Église durant les années 70. Au contraire, cela a fait venir tous ces gens qu'on peut voir actuellement dans nos paroisses (et qui, notons-le, sont bien plus nombreux que les méchants tradis). S'il n'y avait pas eu Vatican II, aucune de ces personnes ne serait plus catholique et il ne resterait plus, dans l'Église, que les tradis. C'est dire le désastre auquel ce concile providentiel nous a fait échapper. Si quelques personnes sont peut-être parties à ce moment (on n'en est pas bien sûr, mais les méchants tradis le répètent tellement qu'il y a peut-être, sous les exagérations exponentielles dont ils sont coutumiers, quelque fondement à leurs plaintes), c'est à cause de ce qui se faisait avant le Concile.

Ajoutons à cela quelques arguments qui ne dépareraient pas dans le théâtre comique d'Aristophane, comme l'accusation portée aux méchants tradis d'influencer en leur faveur la moyenne d'âge, en ayant des familles de huit enfants ! (C'est de la triche !)

Mais voyons surtout le grand argument-massue de notre avocat : la crise avait commencé avant Vatican II !!! Comme si quelqu'un le niait ! Et comme s'il était absolument incompréhensible qu'un gouvernement sans Dieu, des lois sans Dieu, une école sans Dieu imposés pendant près d'un siècle à un peuple catholique finissent par entraîner une certaine déchristianisation ! Le contraire serait tout simplement miraculeux ! Mais le problème est qu'au lieu de lutter contre le mal, on s'est employé, à partir du Concile, à l'admettre et l'encourager. Au lieu de lutter contre l'influence déchristianisante, on s'est ouvert à elle !

Qui peut nier, d'ailleurs, que le mouvement de déchristianisation (qui avait, certes, commencé avant Vatican II) n'ait connu une formidable amplification à partir des années 1960 ? Oui, qui peut nier cela, sinon un journaliste suffisamment jeune choisi précisément pour défendre cette thèse par les principaux responsables du désastre (ou, du moins leurs successeurs immédiats) ?

Telle est, à mon avis, la portée du débat avec N. Senèze.

Il nous montre les convictions et les intentions du parti actuellement au pouvoir dans l’Église de France. Il nous montre leur haine résolue de la Tradition. L’attachement qu’ils vouent à leur idéologie (prêts à nier, pour la défendre, les évidences les plus aveuglantes).

Mais il nous montre aussi leur agressivité, et dissimule mal leur désarroi, face à une situation qui commence à leur échapper.

Le fait qu'ils aient senti le besoin de faire écrire un tel livre est à lui seul révélateur.

Et cela, c’est une bonne nouvelle.

[Aletheia n°124] Quatre anniversaires et un Non possumus - par Yves Chiron

Il y a cinquante ans, en 1958, s’achevait le pontificat de Pie XII et commençait celui de Jean XXIII, pontificat de transition, de rupture (dans la méthode) et de continuité (dans le fond) ; Jean XXIII n’était pas un libéral.

Il y a quarante ans, en 1968, la France connaissait un psychodrame estudiantin puis social qui ouvrait la voie à une mutation radicale des esprits, des mentalités et des comportements tandis que, dans l’été suivant, Paul VI s’attachait, selon son expression, à « réaffirmer, confirmer les points capitaux de la foi de l’Eglise », en proclamant un Credo du peuple de Dieu de forme très traditionnelle et que, par l’encyclique Humanæ vitæ, il n’hésitait pas à « heurter de plein fouet ”la conscience collective de l’humanité” en son état actuel d’aveuglement et d’autosuffisance. » (selon l’expression de Jean Madiran).

Il y a trente ans, en 1978, s’achevait le pontificat de Paul VI, pape du dialogue, de l’achèvement du concile Vatican II et de sa mise en application, et commençait celui de Jean-Paul II, pape anti-moderne, qui emprunta, lui aussi, la voie du dialogue et commença l’œuvre de dépassement qui caractérise le pontificat de son successeur.

Il y a vingt ans, en 1988, Mgr Lefebvre consacrait, sans mandat pontifical, quatre évêques. Il le faisait, en arguant de « l’état de nécessité » : dans une Eglise battue par la tempête (l’image est de Paul VI, reprise par Benoît XVI), il jugeait nécessaire une « opération-survie » pour assurer la continuité de son œuvre, toute dédiée à préserver le sacerdoce et la messe traditionnelle.

Vingt ans après cette rupture du fondateur de la FSSPX, les circonstances ont changé. L’ « état de nécessité » est-il toujours le même ? Benoît XVI, dans un discours très important, a plaidé pour « une juste interprétation du concile » et a rejeté l’ « herméneutique de la discontinuité et de la rupture » qui s’est répandue jusque dans la théologie (Discours à la Curie, le 22.12.2005). Puis, il a restauré solennellement le droit d’existence de la messe traditionnelle (motu proprio du 7.7.2007).

Ces deux actes majeurs du pontificat de Benoît XVI ne paraissent pas suffisants au Supérieur général de la FSSPX pour permettre une réconciliation avec Rome. Le 14 avril dernier, Mgr Fellay a fait connaître les raisons pour lesquelles la FSSPX « ne peut pas “signer d’accord“ ». Il l’a dit, non dans un document officiel ou une déclaration solennelle, mais dans une « Lettre aux amis et bienfaiteurs » publiée régulièrement (c’est la 72e). Le Monde, dans un article d’Henri Tincq, et La Croix, dans un article de Jean-Marie Guénois, parus le même jour, qualifient en des termes identiques la position de Mgr Fellay : « une fin de non-recevoir ». Henri Tincq est plus violent, comme d’habitude, en parlant de « déclaration de guerre contre le pape et Rome ».

L’erreur d’interprétation est flagrante : il ne s’agit pas d’une « déclaration de guerre », ou d’une « nouvelle étape dans le contentieux », comme l’écrit Jean-Marie Guénois, mais d’une position d’attente. Sans ajouter d’autres commentaires à la position exprimée par Mgr Fellay, je crois utile de faire connaître l’analyse qu’en a faite l’abbé Guillaume de Tanoüarn, un des fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur.


L’analyse de M. l’abbé Guillaume de Tanoüarn :


J'ai écrit que la FSSPX ne devait pas se presser de signer. Signer pour signer n'a pas de sens. Signer quoi ? Pour aller où ? Il faut pouvoir être fier de ce que l'on signe avec le Père commun des fidèles (comme je l'ai été et le suis moi même), ou alors cette signature n'est qu'un chiffon de papier, qui vous met en danger. Signer un chiffon de papier qui engendrerait la division et l'auto-destruction de la FSSPX, cela ne constitue en rien une solution. Par ailleurs, pour être capable de signer un véritable accord, il faut savoir et faire savoir où l'on va. Et pas se référer à des événements qui ont quinze ans. Pas reprendre en boucle un discours que l'on n'a pas revu (ou retravaillé) depuis quinze ans. Comme si rien n'avait changé.


Lorsqu'on entend, venant de la FSSPX ou de ses amis (dont je fais partie) : le moment n'est pas encore venu de signer, cette expression peut être prise en deux sens.


Soit : il n'est pas temps de signer, parce que Rome n'est pas allé assez loin dans la Restauration. Et je pense que ce motif est lâche et qu'il conduit à reporter le souci de l'unité de l'Eglise après la parousie. il y aura forcément toujours une raison d'ici là pour dire que cela va mal et rester dehors.


Soit encore, en un sens tout différent : il n'est pas temps de signer parce que la FSSPX n'a ni l'unité interne ni la force nécessaire pour affronter immédiatement une telle mutation. En signant trop vite (quoi ? pour aller où ?) elle risque d'exploser en vol, pour le plus grand malheur de toute la chrétienté. Le combat est difficile. Les épiscopats ne souhaitent pas forcément pratiquer la vertu d'accueil. Un bon accord est un accord qui se signe en force. Il faut que la FSSPX résolve d'abord des difficultés internes. Elle doit le faire petit à petit, en soutenant résolument, au jour le jour, tout ce qui, dans l'action providentielle de Benoît XVI, demande à être soutenu.


[…]


la FSSPX doit s'engager pour l'Eglise et pas seulement en lançant des campagnes du Rosaire, mais en faisant tout ce qui est en elle, en s'exposant comme s'exposait Mgr Lefebvre, en soutenant le pape, dont certains textes sur l'œcuménisme aux Etats-Unis sont simplement magnifiques, dont certains textes sur la liberté religieuse sont très éclairants.


(Le Forum catholique, 25 avril 2008).

25 avril 2008

[Abbé Paul Aulagnier - ITEM] Dom Gérard et la messe - quelques nuances et précisions, par l'abbé Paul Aulagnier

SOURCE - Abbé Paul Aulagnier - ITEM - 25 avril 2008

Dom Gérard et la messe
quelques nuances et précisions, par l'abbé Paul AULAGNIER

ITEM - Un regard sur le monde politique et religieux au 25 avril 2008, N° 167

Dans Présent du jeudi 17 avril 2008, Jean Madiran, dans un article intitulé « Dom Gérard et la messe », prend la « défense » de Dom Gérard quant à sa position sur la messe tridentine. Il refuse de voir quelques faiblesses de cet illustre père abbé en cette « affaire » liturgique. La « fermeté de Dom Gérard face à la nouvelle messe » est, dit-il évidente. Les fondations de Bedouin puis du Barroux en sont la preuve. Les constitutions « approuvées et confirmées », le 16 mars 1989 par le Saint Siège sont claires. On peut y lire : « Plus de vingt ans après l’ouverture du Concile, au milieu de tant d’incertitudes et d’angoisses qui troublent même les catholiques fidèles, les moines du Monastère Sainte Madeleine veulent joindre, à la fidélité à (leur) héritage monastique, la fidélité à la tradition liturgique de la sainte Eglise, notamment au Missel romain promulgué en 1570 par saint Pie V, sur l’ordre du concile de Trente(….)»

« Vie monastique, selon la Règle de saint Benoît et les coutumes léguées par nos anciens, office divin et liturgie de la messe célébrés, dans la langue latine : telles sont les deux sources qui ont donné naissance à la communauté du Barroux et constituent sa raison d’exister. »

Ces paroles sont citées dans « le Livre Blanc » du Barroux à la page 19. : Livre Blanc reconnaissance canonique du Monastère. 1970-1990

Jean Madiran site seulement le dernier paragraphe.
Voilà ce qu’a voulu dès le début et pour toujours Dom Gérard.
Honneur à Dom Gérard.

Jean Madiran site également dans cet article des passages d’une lettre que Dom Gérard a cru devoir écrire à ses moines quelques temps avant que le Bon Dieu le rappelle à Lui. Presque un an avant. On est content d’en connaître quelques extraits. Il n’en donne pas la date. Cette lettre est du 9 mars 2006.
Les raisons de cette lettre laissent supposer une situation « tendue » au monastère. Les quelques concélébrations dans le rite nouveau que Dom Gérard avaient du concéder à l’extérieur du monastère, sous la pression des événements, auraient, semble-t-il, occasionné quelques confusions parmi les moines, certains en prenant occasion pour désirer introduire le nouveau rite dans les célébrations conventuelles, en en réclamant même le « droit ».

Dom Gérard réagit avec vigueur. Jean Madiran en cite, vous dis-je, quelques passages: « Je regrette infiniment, écrivait Dom Gérard, que les deux concélébrations que j’ai consenties pour le bien de notre fondation d’Agen puissent créer un précédent dont on s’autoriserait à tort, non seulement pour en poursuivre et multiplier la pratique, mais aussi et surtout pour le reconnaître comme l’exercice d’un droit. »

C’est une belle protestation. Elle nous réjouit profondément.

Gravement, il ajoutait, à ce sujet, nous dit encore Jean Madiran : « Il me revient le droit d’interdire formellement que l’on s’autorise de moi pour faire le contraire de ce que j’ai enseigné et pour quoi j’ai milité contre vents et marées ».

Aussi suppliait-il le 4 mars 2006, je peux l’ajouter, « à deux genoux, pour l’unité de la communauté de tabler fermement sur notre droit propre. En 1997, il y a 9 ans, en réunion de prêtres, c’était la ligne définie par le Père Abbé pour la communauté. Merci mon cher Père Abbé de bien vouloir continuer ». Ce mot est souligné dans le texte. Il s’adressait au RP Louis Marie, son successeur à la tête du monastère.

Voici qui est clair. Voici ce qu’il faut retenir. Voici quel est, en quelque sorte, son testament. Ceci connu, ce que je souhaitais, fera l’unité du monastère. J’en suis convaincu.

Toutefois, il faut reconnaître, me semble-t-il, que Dom Gérard eut parfois quelques attitudes « équivoques » et très « politiques » dans ce « combat » pour la messe dite de saint Pie V.

Je lui reproche d’avoir signé le protocole entre la C.M.F (Centre Monastique de France) et l’abbaye du Barroux.

En voici le texte :

« En vue du vote d’admission de l’abbaye du Barroux comme membre de la conférence monastique de France, il a paru nécessaire aux membres du bureau de cette Conférence, réunis le 14 octobre 1998, d’inviter un représentant de ce monastère afin de préparer avec lui un protocole pouvant servir de base à ce vote. Le Père abbé du Barroux a délégué pour cela le P. Basile Valuet, préfet des études.
Il parait d’abord utile de prendre en compte l’histoire de ce monastère, son cheminement aussi bien avant qu’après sa réconciliation avec l’Eglise en 1988, le contexte familial de nombreux moines issus des milieux proches d’Ecône, et donc les ruptures avec leurs familles, leurs amis et même au sein de la communauté, souvent occasionnées par cette réconciliation.

Il convient d’ajouter que l’abbé et la communauté du Barroux n’ont jamais mis en doute la validité de la messe célébrée selon le rite de Paul VI, et que par ailleurs, suite à une étude approfondie du Concile Vatican II (notamment sur la liberté religieuse), ils adhèrent désormais unanimement à sa doctrine. Ceci permet d’augurer une évolution des moines de cette communauté, qu’il faut laisser se poursuivre à son rythme ( par exemple dans le domaine de la concélébration)
.

Ceci étant, le Père Abbé accepte :

- de concélébrer ou d’envoyer son représentant concélébrer avec l’évêque diocésain à la messe chrismale, partout où son monastère est ou sera implanté.
- que les moines prêtres de son monastère puissent, s’ils le désirent, concélébrer à la messe conventuelle dans les communautés où ils seront en visite.
Enfin, il faut noter que les prêtres en visite à l’abbaye du Barroux peuvent, s’ils le souhaitent, célébrer, voire concélébrer, la messe selon le rite de Paul VI
».

Au bas du document, vous trouvez la signature du Président du CMF, le RP Etienne Ricaud et le RP abbé Dom Gérard, OSB.

Dom Gérard n’aurait pas dû signer un tel document. Il acceptait ainsi le bi ritualisme pour ses moines, même dans son propre monastère. Il ne dressait plus une totale barrière face au nouveau rite, d’une « fabrication artificielle », comme le dit Benoît XVI, « pernicieuse par son caractère évolutif et œcuménique ».

Mais honneur à Dom Gérard qui, dans sa lettre du 9 mars 2006, à ses moines, écrit : « je le regrette maintenant puisque certains d’entre vous le considèrent comme un précédent, chose que je ne voulais absolument pas ».

Certes ! Mais quel précédent !
Fallait-il pour avoir une reconnaissance dans un diocèse aller jusque là… J’ai toujours préféré la mâle attitude de Mgr Lefebvre…que j’ai cherché à appliquer, dans la FSSPX, dès années durant et que je poursuis.

De plus, il me paraît fragile de s’appuyer sur son « droit propre », fut-il reconnu par Rome…On sait ce qu’il en a coûté aux autres communautés « Ecclesia Dei Adflicta ». Elles ont bien failli être « englouties » malgré le droit propre inhérent à leurs Constitutions. (cf Mon livre : l’enjeu de l’Eglise : la messe, Livre IV l’affaire de la Fraternité saint Pierre p. 393 et sv, aux éd Héligalande. BP 2 27290 Pont-Authou). Il vaut mieux s’appuyer sur la Bulle Quo Primum Tempore, non abolie, comme vient de le reconnaître enfin Benoît XVI qui donne un droit perpétuel à tout prêtre de célébrer cette messe tridentine. C’est un droit universel. C’est plus fort.

Je dois dire aussi que je regrette qu’il ait accepté de « recevoir » le « Motu proprio « Ecclesia Dei » du 2 juillet 1988. Il est vrai que l’Eglise s’engageait, dans ce texte, à « respecter le désir spirituel de tous ceux qui se sent(ai)ent liés à la tradition liturgique latine en faisant une application large et généreuses des directives données en leur temps par le Siège Apostolique pour l’usage du missel romain selon l’édition typique de 1962 ». C’était très tentant !

Mais quelles étaient donc les directives romaines en cette affaire liturgique, à cette époque, sinon celles précisées par la lettre du 3 octobre 1984, la lettre Quattuor abhinc annos . La note 9 y renvoyait, du reste, expressément. Il aurait du le voir.

Or cette lettre oblige, pour bénéficier de l’usage de la liturgie de 1962, de reconnaître la « légitimité et la rectitude doctrinale du missel romain promulgué en 1970 par le Pontife romain Paul VI ». C’est le « a » de la lettre du 3 octobre 1984.

Or cela, Dom Gérard ne pouvait pas l’accepter. Que la nouvelle messe soit valide, nul ne l’a jamais nié ni contesté. Surtout pas le Père Calmel, l’abbé Dulac, Mgr Lefebvre, M. Salleron…mais tous ont contesté la rectitude doctrinale de cette réforme liturgique. Ce fut la raison même de leur résistance. C’était la conclusion de la lettre de présentation signée par le cardina Ottaviani, le Cardinal Bacci au Pape Paul VI. C’est l’objet du Bref Examen Critique. M l’abbé Dulac, Mgr Lefebvre contestaient même la « légitimité canonique » du Novus Ordo Missae en ce sens qu’ils constataient les irrégularités canoniques dans sa publication.

Et voilà pourquoi j’ai tant reproché à Dom Gérard – ce que me reproche gentiment Jean Madiran dans son article – d’avoir prononcé en 1998, le 24 octobre 1998, le mot « orthodoxie » devant le cardinal Ratzinger pour justifier sa concélébration avec le Pape Jean-Paul II. J’ai toujours compris ce mot dans le sens de « rectitude doctrinale ».
C’est en ce sens, du moins, que je l’interprétais et qu’il fallait, je crois, l’interpréter.

Le cardinal Ratzinger lui-même venait de parler, le premier, en ce 24 octobre 1998, « d’orthodoxie ». Il en donnait la définition. Il disait : « Il est bon de rappeler ici ce qu’a constaté le Cardinal Newman qui disait que l’Eglise, dans toute son histoire, n’avait jamais aboli ou défendu des formes liturgiques orthodoxes, ce qui serait tout à fait étranger à l’Esprit de l’Eglise. Une liturgie orthodoxe, c’est-à-dire qui exprime la vraie foi, n’est jamais la compilation faites selon des critères pragmatiques de diverses cérémonies dont on pourrait disposer de manières positivistes et arbitraires – aujourd’hui comme ça et demain autrement … ».

Tout de suite après, Dom Gérard prenait la parole et disait : « Le scandale de la division doit cesser, pour être remplacé par la concorde, la concertation et l’unité. C’est dans cet esprit de paix et de concorde que le 27 avril 1995, j’ai accepté de concélébrer avec le saint Père, désirant montrer par là que nous tous qui militons pour le maintien de l’ancien missel, nous croyons à la validité et à l’orthodoxie du nouveau rite ».

Mais précisément cette nouvelle messe exprime-t-elle la vraie foi ? Est-elle conforme en tous points, comme je le dis dans mon livre l’enjeu de l’Eglise : la messe, à la doctrine catholique ? Ne s’éloigne-t-elle pas peu ou prou de la foi catholique ? Mais enfin tout de même, le cardinal Ottaviani a dit que cette nouvelle messe s’éloignait de la doctrine catholique telle que définie pour toujours par le concile de Trente en sa session 22 ?
Et voilà pourquoi j’ai trouvé légitime et je trouve encore légitime de protester contre cette affirmation de Dom Gérard.

J’ai, dans trois chapitres de ce livre, parlé de cette affaire, pour moi, importante, mais toujours en des termes respectueux. Je me permets de vous donner un de ces chapitres, le chapitre I du livre III intitulé : « JE REVIENS DE ROME »

« Informé par le tract de Dom Gérard, de la visite à Rome des communautés « Ecclesia Dei », les 24 et 26 octobre 1998, pour aller dire au Pape leur action de grâces et tout autant leurs inquiétudes, j’ai pensé utile de participer à ce voyage en tant qu’« auditeur libre ». Il y a des événements qu’il est bon de voir par soi-même. Celui-ci en était un, me semble-t-il. J’écris à Dom Gérard et lui demande de m’inviter. Je lui adresse, en plus, mon commentaire sur le livre de Christophe Geffroy, le numéro de septembre du Bulletin Saint-Jean-Eudes. Il connaîtra ainsi ma pensée. Il me répond, le 29 septembre 1998, favorablement, ne doutant pas de « mon esprit fraternel ». J’en informe la Maison Générale. Quelques jours passent. Je lui téléphone. Il me donne le programme des trois jours romains. Il me l’adresse par fax. Je fais retenir une place sur le vol Air France. Le vol est prévu pour le vendredi 23 octobre à 18h 55.

Le vendredi 23 octobre

J’arrive à Rome-Fumicino. Un confrère d’Albano m’attend, un « petit-suisse »… Il me conduit au prieuré.

Le 24 octobre à Rome

Les congressistes sont attendus par le Cardinal Ratzinger à 11h 30. Je prends le bus vers 9 heures, à Albano. Il m’amène jusqu’au métro. La ligne « A » traverse tout Rome jusqu’à son
terme: « Ottaviano San Petro ». Je vois le dôme de Saint-Pierre. J’arrive à Saint-Pierre. Je rencontre les premiers pèlerins français. Ils attendent ou recherchent Monsieur l’abbé Lourdelais, sont un peu perdus. Je leur donne les indications : via Aurélia, n° 619, au grand palace « Ergife ». Ils ont un fils prêtre à la Fraternité Saint-Pierre, aiment toujours, plus que jamais, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Je les quitte.
La via Aurélia n’en finit pas… Impossible de faire le chemin à pied. Je prends le bus, derrière Saint-Pierre. J’arrive vers 11h 20, rencontre quelques fidèles, heureux de voir, ici, l’abbé Aulagnier. Ils me parlent des divisions dans les familles. Terrible situation. J’approche du grand hôtel. Mon pas ralentit… Je tombe sur Monsieur l’abbé Denis Le Pivain, ne le reconnais pas immédiatement. Il est froid, pâle, distant… Je vois plusieurs moines du Barroux… Quelques frères s’approchent. On annonce que le Cardinal va commencer sa conférence. Je descends vite dans la salle, une grande salle. Elle est pleine. Je m’approche de l’estrade. Je salue Dom Gérard. Je les retrouve tous… Le Père de Blignières, Mgr Wach, son sympathique acolyte, Monsieur l’abbé Pozzetto, très digne, petit sourire, Mgr Wladimir. Monsieur l’abbé Bisig arrive un peu en retard. Il connaissait déjà le texte du Cardinal en allemand, très bel allemand, m’a-t-il dit, traduit en français par Mgr Perl. Quelques ténors du Barroux… le père Basile, je crois. Ils ont la mine un peu fermée, pâllote. La presse est là : Elie Maréchal du Figaro, Olivier Mirande de Présent et d’autres encore. Sur l’estrade, au centre, le Cardinal Ratzinger, à sa gauche, Mgr Perl, Dom Gérard, un professeur allemand, Professeur, nous dit-on, de philosophie… Je n’ai pas retenu son nom. À la droite du Cardinal, Michaël Davies, un prêtre anglais, un prêtre américain, en habit de prélat. (NB : il s’agissait de fait, d’un Évêque américain).
Le cardinal commence sa conférence. Il parle en français, d’une voix élégante et douce, son visage est beau, ses yeux pétillants, sa coiffure blanche. Il n’est pas très grand. Il est distingué.
Il parle peut-être quarante minutes. Son discours est surtout centré sur l’attitude incompréhensible des Évêques face à la messe de toujours. Deux raisons semblent expliquer leur attitude rigide, fermée à l’égard de l’ancienne messe : l’unité à maintenir dans leur diocèse, l’obéissance au Concile Vatican II. Il argumente, réfute, suggère même aux traditionalistes de montrer aux évêques que le rite de saint Pie V est parfaitement conforme à l’esprit de la Constitution liturgique de Vatican II. Il analyse brièvement les grands principes liturgiques de la Constitution, les retrouve dans le rite antique. Cela pourrait éviter d’effaroucher le corps épiscopal… À voir ! Il est gentiment applaudi, sans plus.


Dom Gérard prend la parole, remercie le Cardinal, dit son action de grâces. Son discours est mou, sa voix un peu chantante… Il accroche quelquefois sur certains mots, se plaint de l’attitude hostile des Évêques, les dit en contradiction avec le Motu Proprio « Ecclesia Dei ».
Il en arrive à la concélébration qu’il fit voilà quelque temps, avec le Souverain Pontife, dans sa chapelle privée et dans le rite conciliaire. Pour voir le Pape, il fallait nécessairement concélébrer… La fin, pense-t-il justifie les moyens… Mais, ici, ce jour, sur l’estrade, son explication est différente. J’ai voulu, par cette concélébration, montrer que la Nouvelle Messe est « valide et orthodoxe ». Ce sont ses deux mots. Je bous sur ma chaise, remue un peu, dis à mes voisins, le Père Argouac’h, Mgr Wach, le Père de Blignières, très concentré, ma stupéfaction. Le rite nouveau est valide – oui – si l’on respecte le rite avec l’intention de faire ce que veut faire l’Église : la célébration renouvelée du Sacrifice de la Croix, mais orthodoxe, certainement pas. Je repense au Cardinal Ottaviani, au Révérend Père Calmel, à l’abbé Dulac, au Révérend Père Guérard des Lauriers, à Mgr Lefebvre, à Dom Guillou. Je repense au « Bref Examen Critique ». Je pourrais lui citer, par cœur, les passages importants. Je ne dis rien. Je suis venu écouter de mes oreilles, voir de mes yeux. Je n’aime pas les rapports. Je n’aime pas les « on m’a dit que », je n’aime pas les seuls bruits de couloir. J’ai entendu de mes oreilles, ces deux mots « valide » et « orthodoxe », dans la bouche de Dom Gérard. Mon témoignage est véridique.

Il se perd ensuite en considérations canoniques, soufflées peut-être par d’autres. Dom Gérard est un mystique, en rien un canoniste. Il souhaite un renforcement des pouvoirs de la Commission « Ecclesia Dei Adflicta », suggère la création d’un délégué apostolique, la création d’églises personnelles. Il va même jusqu’à suggérer l’insertion du rite ancien, du rite romain, dans les livres de la liturgie réformée… Ainsi le prêtre pourrait choisir etc. etc. C’est beaucoup demander à la fois!

Tout en l’écoutant, je repense à une conversation téléphonique que j’ai eue avec lui, sur la messe. Nous avons des amis communs à Caen. Ils me veulent quelque bien… souffrent de nos divisions… De quoi bien disposer Dom Gérard. Il me téléphone. Nous abordons rapidement le problème de la messe. Il s’en fait l’avocat : « Monsieur l’abbé, me dit-il, la Nouvelle Messe a tout de même acquis un droit de prescription dans l’Église ». « Allons donc » ! Me souvenant de mes connaissances sur la prescription, ce n’est pas possible. « La légitime possession d’un bien par prescription suppose, lui dis-je, comme condition nécessaire, une possession paisible ». « Ce n’est tout de même pas le cas pour la Nouvelle Messe ». Nous étions en plein combat du Chamblac. « La Nouvelle Messe est peut-être célébrée partout… malheureusement, mais cette célébration est loin d’être paisible. Quelle guerre, au contraire ! Quel combat ! Quelle résistance héroïque ! Quelle agitation autour de cette réforme liturgique ! Quelle crise n’a-telle pas déclenchée dans l’Église ! Ce n’est pas sérieux ! ».
Notre échange téléphonique s’arrêta là.
Ainsi, validité… orthodoxie… légitime possession : tels sont les trois mots qui résument aujourd’hui la pensée de Dom Gérard. Un est juste, les deux autres… au moins discutables…
Et dire qu’il partageait, du vivant de Mgr Lefebvre, la pensée, les conclusions du « Bref Examen Critique », la pensée du Cardinal Ottaviani. Et dire qu’il demandait, en ce temps-là, et l’abrogation du nouveau rite, et le droit de continuer à recourir à l’intègre Missel Romain de saint Pie V. Et dire que Dom Gérard a diffusé, en France, La critique du Nouvel Ordo de Mgr Gamber qui parle, lui aussi, à ce sujet, de rupture avec la Tradition catholique. Et dire qu’il louangeait, un temps, la pensée du Révérend Père Calmel, sa prise de position, son « non possumus ». Comme il a évolué ! Comme il a changé, pensais-je, tout en l’écoutant… Il en fait trop en faveur de la Nouvelle Messe. Et le Cardinal l’écoutait peut-être avec satisfaction. Demander que soit inséré l’ancien rite dans les livres liturgiques modernes, c’est le comble ! L’ancien rite aurait ainsi un « droit de cité » dans l’Église par le véhicule des livres liturgiques réformés. Le rite romain ancestral, éternel, serait ainsi à la remorque de la réforme liturgique, instable, modulable, évolutive… Alors pourquoi ne pas dire la Nouvelle Messe ? Pourquoi donc agiter tant l’Église par le maintien du rite de saint Pie V? Je me fais toutes ces réflexions tout en l’écoutant. Et tous « ses pauvres », comme il les appelait au début de son propos, ceux qui l’écoutent… que deviendront leurs « clameurs » ?

Je remarquais l’absence des pères abbés des monastères de Fontgombault, de Randol, de Triors… Ni Dom Forgeot, ni Dom de Lesquen, ni Dom Courau n’étaient là. Ne partagent-ils pas, aujourd’hui, sa position sur la messe ? Dom de Lesquin ne nous demandait-il pas lui aussi « de reconnaître le caractère orthodoxe du Missel latin proposé, aujourd’hui, par le Saint-Siège » (p. 131, Enquête sur la messe traditionnelle). N’a-t-il pas, lui aussi, accepté le bi-ritualisme, ce bi-ritualisme là. « Depuis ce jour, le 22 février 1989, l’un et l’autre rites sont utilisés avec préférence habituelle donnée au rite immémorial » (p. 128, Enquête sur la messe traditionnelle). Dom Forgeot, lui-même, n’affirme-t-il pas, dans ce même livre, un trésor : « il faut souhaiter la coexistence pacifique des deux missels » (p. 125). Il a fait bien du chemin notre Dom Gérard, murmurais-je, même s’il chante joliment l’ancien rite, même s’il s’en fait toujours le beau défenseur, avec poésie… Il ne critique plus la réforme liturgique qui détruit l’Église parce qu’« équivoque », « hybride ». Il s’en fait même, à l’occasion, le défenseur : elle est « valide », « orthodoxe », « bien légitime » de l’Église. Alors, Rome peut lui manifester maintenant publiquement son attachement, son approbation. Un Cardinal, rien moins que le Cardinal Ratzinger, peut l’honorer, être présent à son chant d’action de grâces. Le Cardinal, lui aussi, a parlé en faveur de l’ancienne messe. Il a même reproché aux évêques leur dureté de cœur, leur absence d’ouverture. Il a même montré la fragilité de leurs arguments contre l’autorisation facile de l’ancienne messe… mais il n’a rien dit, pas un mot, pas une seule critique du Nouvel Ordo Missae, de ce nouveau rite qui est si dommageable à l’unité de l’Église, à sa sainteté, à son apostolicité. C’est vrai que l’on ne peut tout dire… Mais « quand même » !
Il faudra revenir sur ce voyage romain très important, sur les paroles prononcées, y réfléchir, y bien réfléchir. Peut-on se taire sur cette réforme liturgique pour plaire aux modernistes en place et « avoir pignon sur rue » ? Doctrinalement, jamais. Prudentiellement, peut-être, selon les circonstances… Nous vivons de la foi catholique, de son dogme, de sa liturgie. Nous ne passons pas notre temps, de fait, à critiquer ? Nous voulons toutefois garder ces trésors. Doctrinalement, nous avons raison, prudentiellement aussi.

Son discours se termine. Les applaudissements sont assez discrets. C’est le tour de Michaël Davies, puis du professeur allemand.
Le Cardinal, enfin, reprend la parole. Il parle cette fois sans papier, « ex abundantia cordis ». Son français reste correct. Il s’adresse à Dom Gérard, ne lui donne pas une totale approbation.
Il ne partage pas tout à fait ses considérations canoniques, non qu’elles ne soient pas dignes d’intérêt mais, pour le Cardinal, elles ne sont ni primordiales, ni essentielles. Elles resteront lettres mortes, croyez-moi. Ce n’est pas de cette façon, dit-il, qu’on améliorera la situation en faveur de l’ancienne messe. Notre effort doit s’appliquer ailleurs. Il faut changer les cœurs, les intelligences. C’est cela qui est urgent. Il affirme même: « Nous devons faire notre possible pour former une nouvelle génération de prélats ».
Mon attention est renouvelée par ces mots. C’est inouï, dans la bouche du Cardinal. J’applaudis le premier. Tous les congressistes suivent. Un applaudissement long, intense. Le Cardinal a touché juste… vraiment. Tous souffrent de l’ostracisme mal fondé des épiscopes. Le Cardinal peut le mesurer… au baromètre des applaudissements… Le Cardinal semble un peu surpris, il est un peu ébranlé… Les applaudissements se poursuivent. Ils s’arrêtent enfin. Le Cardinal se reprend comme s’il avait été trop loin… Enfin, dit-il, les évêques « ce ne sont pas des personnes de mauvaise volonté ». Ils manquent peut-être de formation… J’aimerais bien être à Lourdes. Nos évêques sont en Assemblée. Les commentaires doivent aller bon train… Je vous l’assure. Quoi qu’il en soit, j’attends de voir la suite. Les évêques vont-ils s’ouvrir à la « dialectique romaine » ? Notre tâche serait plus difficile… Je n’en suis pas sûr. S’ils s’en tiennent au discours du Cardinal, ils le devraient. Mais, s’ils s’attachent aux propos du Pape, du lundi 26 octobre, alors qu’il recevait tout son monde, en audience, au Vatican, je ne le pense pas. Ils risquent d’être toujours aussi fermés, hermétiques à l’ancienne messe comme des huîtres de Cancale. C’est leur désir. Ils sont sur le terrain, le Cardinal dans son bureau. Il est facile de parler d’unité… La Secrétairerie d’État qui contrôle tout, qui a préparé le discours du Pape, a remis, le lundi, les pendules à l’heure, a rééquilibré la pensée du Cardinal. Rien, à mon avis, ne changera. La conférence prend fin. Un Salve Regina est chanté. Sitôt fini, je monte sur l’estrade, passe devant Dom Gérard, me présente au Cardinal : « Monsieur l’abbé Aulagnier de la Fraternité Sacerdotale Saint- Pie X ». Il me sourit, prend mon pli : « Lettre ouverte au Cardinal Ratzinger : « Plaidoyer pour Mgr Lefebvre ». Il est affable, la met dans sa serviette. Nous échangeons deux mots, je me retire. J’étais venu aussi, surtout pour cela : lui remettre en main propre, ce plaidoyer. Mission accomplie »….


Voilà quelques précisions ou nuances sur l’article de Jean Madiran dans Présent du 17 avril 2008 au sujet de « Dom Gérard et la messe ». Ces précisions ou nuances ne sont pas rien. Toutefois, l’essentiel, c’est qu’au monastère du Barroux les moines gardent la messe tridentine. Ils le feront plus facilement grâce à ces lettres du 4 et 9 mars 2006 adressées à Dom Louis Marie et à tous ses moines. Et sous ce rapport, il est bon que Jean Madiran, son ami, les ait révélées, du moins en partie, aussi au grand public. Elles nous tranquillisent.

[Abbé Guillaume de Tanoüarn - Le Forum Catholique] Une mise au point

SOURCE - Abbé Guillaume de Tanoüarn - Le Forum Catholique - 25 avril 2008

Dans un texte que j'ai publié sur le Forum, j'exhortais la FSSPX à ne pas céder à la fièvre rallieuse. Certains, ici même et à plusieurs reprises (m'a-t-on signalé), en ont conclu que j'aurais des remords d'avoir signé un acte d'adhésion et d'avoir obtenu, avec l'abbé Laguérie et quelques autres prêtres la reconnaissance canonique de l'Institut du Bon Pasteur, et cela parce que je serais moins libre qu'auparavant. Des remords ? Moins libre ? Mais où vont-ils chercher tout ça ? Dans l'acte d'adhésion que nous avons signé, il est stipulé que nous gardons un droit de critique constructive du Concile. Je dirais même que parmi les communautés ED, c'est cette liberté critique qui fait notre spécificité, notre charisme. Rien à voir, entre parenthèses justement, avec ce que l'un d'entre vous appelle des accords pratiques. Nous portons fièrement la marque de fabrique de Benoît XVI : ce que nous avons signé ce sont (tant sur le Concile que sur la messe) des accords sur le fond. Nous avons pu le faire grâce aussi à notre petite taille : small is beautifull, parfois.
J'ai écrit que la FSSPX ne devait pas se presser de signer. Signer pour signer n'a pas de sens. Signer quoi ? Pour aller où ? Il faut pouvoir être fier de ce que l'on signe avec le Père commun des fidèles (comme je l'ai été et le suis moi même), ou alors cette signature n'est qu'un chiffon de papier, qui vous met en danger. Signer un chiffon de papier qui engendrerait la division et l'auto-destruction de la FSSPX, cela ne constitue en rien une solution. Par ailleurs, pour être capable de signer un véritable accord, il faut savoir et faire savoir où l'on va. Et pas se référer à des événements qui ont quinze ans. Pas reprendre en boucle un discours que l'on n'a pas revu (ou retravaillé) depuis quinze ans. Comme si rien n'avait changé.
Lorsqu'on entend, venant de la FSSPX ou de ses amis (dont je fais partie) : le moment n'est pas encore venu de signer, cette expression peut être prise en deux sens.
Soit : il n'est pas temps de signer, parce que Rome n'est pas allé assez loin dans la Restauration. Et je pense que ce motif est lâche et qu'il conduit à reporter le souci de l'unité de l'Eglise après la parousie. il y aura forcément toujours une raison d'ici là pour dire que cela va mal et rester dehors.
Soit encore, en un sens tout différent : il n'est pas temps de signer parce que la FSSPX n'a ni l'unité interne ni la force nécessaire pour affronter immédiatement une telle mutation. En signant trop vite (quoi ? Pour aller où ?) elle risque d'exploser en vol, pour le plus grand malheur de toute la chrétienté. Le combat est difficile. Les épiscopats ne souhaitent pas forcément pratiquer la vertu d'accueil. Un bon accord est un accord qui se signe en force. Il faut que la FSSPX résolvent d'abord des difficultés internes. Elle doit le faire petit à petit, en soutenant résolument, au jour le jour, tout ce qui, dans l'action providentielle de Benoît XVI, demande à être soutenu. Voilà ce que j'expliquais dans le post que vous citez.
Dans cet esprit, j'ai écrit aussi, dans le même post, que vous ne citez que tronqué : la FSSPX doit s'engager pour l'Eglise et pas seulement en lançant des campagnes du Rosaire, mais en faisant tout ce qui est en elle, en s'exposant comme s'exposait Mgr Lefebvre, en soutenant le pape, dont certains textes sur l'oecuménisme aux Etats Unis sont simplement magnifiques, dont certains textes sur la liberté religieuse sont très éclairants.
L'un d'entre vous se demande à quel titre j'interviens. J'interviens simplement parce que j'aime la Fraternité Saint Pie X, dans laquelle j'ai passé quelque quinze ans de vie sacerdotale, dans des conditions qui ont toujours été privilégiées, à Libreville ou à Paris. Je crois la connaître mieux que ceux qui la défendent. Je ne me résigne pas à la voir disparaître dans l'insignifiance de discours préfabriqués que l'on ressert à toutes occasions et (au mieux) de campagnes de prières à répétition, qui constituent un alibi pour ne pas faire ce que l'on pourrait faire, ou dire ce que l'on devrait dire. L'Eglise me semble-t-il, attend de l'oeuvre de Mgr Lefebvre autre chose que ce genre d'alibis.

24 avril 2008

[Touforek - Le Forum catholique] Catalogue de mythes à l'usage des liseurs: Nicolas Sénèze


SOURCE - Touforek - Le Forum catholique - 24 avril 2008

Ces mythes sont fournis gracieusement par Nicolas Sénèze ici. Il n'y a pas de copyright, les liseurs peuvent les réutiliser dans leurs messages sur le forum ou dans la vie de tous les jours. Et que la fête commence!

LE FC EST PEUPLE D'INTEGRISTES
"Il faut avoir une vision dynamique de l'intégrisme (rien de plus faut que d'y voir des vieux crispés sur de l'ancien, à preuve le débat sur internet de ce soir, le monde intégiste sait très bien utlisé les NTIC)".

"Chaque intégriste piochant dans de Magistère ancien pour se bricoler "sa" Tradition. C'est d'ailleurs très frappant dans les débats du FC".

LES INSTITUTS TRADIS ACCEPTENT N'IMPORTE QUI
"Les évêques de France opèrent un réel travail de discernement qui est tout à leur honneur dans le contexte actuel. Il est regrettable que des jeunes qu'ils n'ont pas retenu aillent ensuite voir dans des instituts souvent moins regardant sur la qualité des vocations".

LES PRETRES TRADIS NE SONT PAS FIDELES A LEUR VOCATION
"En effet, le « monde de la Tradition » ordonne à tour de bras. Mais j’aimerais voir dans 10 ou 20 ans, combien seront restés ? "

"Et oui, je maintiens que ces séminaires sont moins regardants. 50% d'ordonnés après l'entrée au séminaire ? Mais combien demeureront prêtres dans 10, 20 ou 30 ans. Beaucoup sans doute, étant donné le fonctionnement très fermé des communautés tradis (un petit monde qui fonctionne sur soi, fermé, sans « tentation » "tentation" extérieure).
Note de Touforek: La phrase en gras contredit la citation précédente.

TOUT TRADI A 8-10 ENFANTS
"Quant à la moyenne d'âge des communautés tradis. N'exagérons rien. Avec des familles de 8/10 enfants, on fait vite baisser la moyenne d'âge !"

LE TRADITIONALISME EST UNE RESERVE D'INDIENS
"Ce sont justement ces curés qui "montrent le plus de rigueur liturgique et doctrinal" tout en étant fidèles à Vatican II qui sont le bon exemple. Pas les petites communautés tradis qui, en fait, ne vivent que sur un petit reste (croissant à cause de leur dynamisme démographique)".

"Ensuite ceux qui font de l'agit-prop pour rameuter à tout bout de champ dans ces messes. Quite à ce que certains cumulent plusieurs messes le dimanche pour "faire nombre". Mais ça n'aura qu'un temps..."

SUR AMIENS : 300 FIDELES A LA RUE NE CONSTITUE PAS UNE ACTUALITE
"Je n'ai malheureusement pas le temps d'aller couvrir toutes les manifestations d'agit-prop de la FSSPX... Il se passe aussi d'autres choses dans l'Eglise que ces petites questions".

LA FORME EXTRAORDINAIRE NIE LA RESURRECTION DU CHRIST
"J'y assiste pour des raisons professionnelles. Je m'y sens dans un monde totalement étranger dont le hiératisme et la sécheresse me stupéfait... Je me demande vraiment où est la rencontre avec le Christ ressuscité là-dedans !"

IL EST FACILE DE PORTER LA SOUTANE
"Déçu car, si pour vous être prêtre c'est "enfiler une soutane et reprendre la doctrine catholique", il est certain qu'on va vite en trouver. Mais est-cela être prêtre ? "

IL N’Y A PLUS D’ABUS LITURGIQUES
"Mais montrez-moi de réels actes de désobéissance ! C'est comme les abus liturgiques que l'on dénonce à tout bout de champ..."

"Oui, il existe un véritable flicage liturgique de la part de certains milieux de l'Eglise qui se plaisent à vouloir faire croire à Rome que la France vit une véritable catastrophe liturgique".

POUR DEMANDER LA FORME EXTRAORDINAIRE DANS UNE PAROISSE, IL FAUT L'AVOIR FREQUENTE DE FACON STABLE EN ASSISTANT A LA FORME ORDINAIRE
"Dans l’esprit de Benoît XVI, celui-ci ne doit concerner que peu de monde, les « groupes stables » en fait des comunautés ED ou FSSPX déjà existantes et qui seraient intégrées à la vie paroissiale). Il n’était pas du tout question de voir ce qu’on voit actuelement sur le FC : « Je crée un groupe stable à X, il y a-t-il d’autres personnes pour se joindre moi ? », ce n’est absolument pas « stable »…".

COMMENT REUTILISER CES MYTHES:
- si vous êtes progressiste, réutilisez les tels quels.
- si vous êtes intégriste, vous remplacerez intégriste par progressiste et vous pouvez réutilisez la majorité des arguments de l'écrivain.

Exemple:
Nicolas Sénèze dit: "Chaque intégriste piochant dans le Magistère ancien pour se bricoler "sa" Tradition. C'est d'ailleurs très frappant dans les débats du FC".

Passez l'affirmation par la moulinette, vous obtenez:
"Chaque progressiste piochant dans le Magistère nouveau pour se bricoler "sa" Tradition. C'est d'ailleurs très frappant dans les débats du FP (le Forum Progressiste dont le nom commence par un G)".

QUESTION SUBSIDIAIRE
Merci à ceux qui ont compris de m'expliquer ce qu'est un intégriste car je n'ai toujours pas saisi, bien qu'ayant lisu tous les messages du rendez-vous.
J'ai compris que selon Nicolas Sénèze, les fidèles de la FSSPX étaient intégristes. Mais qu'en est-il des fidèles des communautés Ecclesia Dei?

Touforek (qui va mal dormir ce soir car il ne sait pas s'il est intégriste...)

[Ennemond - Le Forum Catholique] Le but de Nicolas Senèze

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 24 avril 2008

Dans le récent entretien que N. Senèze a accordé à une revue, il affirmait que son ouvrage voulait oeuvrer à la réconciliation avec les traditionalistes en tâchant de mieux comprendre les tenants et aboutissants de ce qu'il appelle la "crise intégriste". Au-delà du courage qu'il a eu à affronter, seul de son bord, le Forum catholique, il m'a cependant paru s'éloigner, lors de ce rendez-vous, du but qu'il s'était fixé. C'est du moins le sentiment que j'ai ressenti.
D'abord sur les termes qu'il a employés, Nicolas Senèze a, avec une certaine froideur, maintenu le vocabulaire de circonstance des journalistes des années 70. En cela, il était loin de désamorcer le terrain. Bien au contraire, il me semble qu'il soit désormais l'un des rares journalistes à maintenir des anathèmes aussi désobligeants.
A l'appui de citations (toutes ont plus de 30 ans), il a indiqué que les intégristes étaient des gens ne se corrigeant pas, appliquant des étiquettes aux autres, usant de l'amalgame. Il a même parlé d'anticléricaux.
Les explications sociologiques, nostalgiques et psychologiques demeurent, en particulier pour Mgr Lefebvre dont la "psychorigidité" est mise en valeur. On est loin de l'invitation du cardinal Ratzinger à dépasser ce genre de considérations.
La vision de l'Eglise qu'il donne est très politique, faisant trop souvent abstraction de la sagesse ecclésiale et de la recherche de la vérité. Se plaçant dans une situation centrale, il présente la FSSPX comme le contre-poids de Hans Kung. Dans cette logique, une réconciliation avec la Fraternité engendrerait, de manière fort simpliste, un jeu de chaises musicales. N. Senèze me paraît plutôt rangé derrière les arguments de l'épiscopat le plus anti-traditionaliste qui brandit cet argument comme une menace face à Rome.
Dans une démonstration peu objective où Rome aurait fait tout son possible (quid de l'interdiction de la messe ?), il minimise jusqu'aux abus liturgiques que l'on "dénoncerait à tout bout de champ" et finit par douter du dynamisme du monde traditionnel. Dès lors, il y a bien peu de lueur d'espoir selon lui. C'est bien plus la radicalisation et l'irrévocable séparatisme qu'il pointe systématiquement du doigt comme une menace, qui prévaut.
C'est pourquoi, contrairement à ce but qu'il s'était donné, je trouve que son entreprise est plutôt porteuse de désespoir. Il me semble qu'il y a - parmi ceux qu'on peut appeler les héritiers du Concile - des personnes plus douées pour parler de manière posée et sans agressivité.