24 juin 2008

Rome: Le Vatican ne demanderait pas aux Lefebvristes de reconnaître Vatican II
24 juin 2008 - kipa-apic.ch
Rome: Le Vatican ne demanderait pas aux Lefebvristes de reconnaître Vatican II

Conditions pour la levée de l'excommunication


Rome, 24 juin 2008 (Apic) Le Vatican ne demanderait pas aux intégristes catholiques disciples de feu Mgr Lefebvre de reconnaître Vatican II. Il leur serait simplement demandé de respecter la personne du pape et d'"éviter la prétention d’un magistère supérieur" à celui du Souverain pontife. C'est en tout cas la proposition qu’aurait faite le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission "Ecclesia Dei", en charge du dossier des Lefebvristes, à Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité schismatique Saint-Pie X, pour une levée de l’excommunication.

C’est du moins ce qu’indique le vaticaniste du quotidien italien "Il Giornale", sur son blog, le 24 juin 2008. Le journaliste indique être entré en possession de la lettre, en français, du cardinal portant les 5 propositions faites au supérieur de la Fraternité pour réintégrer les rangs de l’Eglise. Le Saint-Siège attend la réponse de Mgr Fellay pour le 28 juin.

Selon le journaliste italien, Mgr Fellay aurait rencontré, le 4 juin dernier au Vatican, le cardinal Dario Castrillon Hoyos. A l’issue de cette rencontre, le cardinal aurait fait parvenir les 5 conditions de la pleine réintégration des membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dans le giron de l’Eglise : "1 - Engagement à une réponse proportionnée à la générosité du pape.

2 - Engagement à éviter toute intervention publique qui ne respecte pas la personne du pape et qui puisse être négative pour la charité ecclésiale.

3 - Engagement à éviter la prétention d’un magistère supérieur à celui du Saint Père et de ne pas désigner la Fraternité en opposition à l’Eglise.

4 - Engagement à démontrer la volonté d’agir honnêtement dans la pleine charité ecclésiale et dans le respect de l’autorité du vicaire du Christ.

5 - Engagement à respecter la date - fixée à la fin du mois de juin - pour répondre positivement. Celle-ci sera une condition requise et nécessaire comme préparation immédiate à l’adhésion pour avoir la pleine communion“.

Contrairement aux conditions posées précédemment par le Vatican et toujours refusées par la Fraternité Saint-Pie X, aucune mention explicite n’est faite de la reconnaissance des canons du Concile Vatican II (1962-1965) et de la pleine validité de la messe selon la liturgie post-conciliaire. (apic/imedia/ms/be)
24.06.2008 - I.Media
Mon exégèse de cet ultimatum
24 juin 2008 - John Daly - leforumcatholique.org
[...] Je dirais que Benoît XVI a été très mécontent de la dernière Lettre aux Amis et Bienfaiteurs et du sermon "pape libéral" à Saint Nicolas.

Et je dirais que son mécontentement l'a fait oublier tout son talent de diplomatie.

Car toutes les quatre exigences (la cinquième ne concerne qu'une date) reviennent à la même chose : tu ne critiqueras pas Benoît XVI !

Cela me semble être l'acte d'un homme en colère et qui a perdu sa clairvoyance. Il a oublié qu'il ne possède aucun bâton sérieux pour effrayer la FSSPX et aucune carotte sérieuse pour les allécher. Et dans l'absence d'argument convaincant, il demande tout simplement que la FSSPX se transforme en FSSP !

Cui bono ? La FSSP existe déjà et, sans doute par souci de "charité ecclésiale, ne témoigne pas efficacement contre les erreurs venant d'en haut.

Voilà longtemps que Mgr Fellay se montre bien moins vigoureux que Mgr Lefebvre pour ce qui est de condamner ce qui exige la condamnation ; s'il accepte de se bâillonner volontairement en plus...!

Au contraire, la leçon à retirer à mon avis est une leçon classique de négociation : quand on repère ce que l'autre n'aime pas, faites-le encore, faites-le plus fort, faites-le plus souvent, jusqu'à cet autre se plie.

C'est ainsi que l'on peut obtenir des mesures qui seraient réellement intéressantes : le renouvèlement doctrinal de Quanta Cura, de Mortalium Animos, de Pascendi, par exemple. Personne n'osera, j'espère, nous dire que cela serait un espoir déraisonnable si Benoît XVI tient ses doctrines dans son cœur. Personne n'osera nous dire qu'un tel renouvèlement serait contraire à la "charité ecclésiale" !
[...]

23 juin 2008

Tractations en cours entre le Vatican et les Lefebvristes
23/06/2008 - AFP
Tractations en cours entre le Vatican et les Lefebvristes
ROME, 23 juin 2008 (AFP) - Des tractations sont en cours entre le Vatican et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, fondée par l'évêque schismatique Marcel Lefebvre, pour mettre fin à une brouille vieille de vingt ans, affirme lundi le quotidien italien Il Giornale.

Selon ce journal, l'actuel supérieur de la fraternité Mgr Bernard Fellay a récemment rencontré au Vatican le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission ad-hoc "Ecclesia Dei", qui lui a remis une lettre posant cinq conditions au retour du mouvement intégriste dans "la pleine communion" de l'Eglise.

Les Lefebvristes doivent donner leur réponse d'ici le 28 juin, assure Il Giornale.

Comme par le passé, les conditions posées par le Vatican seraient notamment l'acceptation par le mouvement intégriste des enseignements du concile Vatican II (liberté religieuse, oecuménisme) et de la réforme liturgique qui a suivi.

Ces conditions ont toujours été rejetées par les Lefebvristes, adeptes de la messe "tridentine" en latin et convaincus que l'Eglise catholique court à sa perte en se compromettant avec les idées modernistes de liberté.

Cependant, relève Il Giornale, le Vatican estime que les conditions pour mettre fin au schisme de 1988 n'ont jamais été aussi bonnes, alors que le pape a fait plusieurs pas significatifs en leur direction.

Après avoir autorisé sans restriction la célébration de la messe tridentine (remontant au concile de Trente, 1545-1563), Benoît XVI a en effet introduit plusieurs éléments de la liturgie ancienne dans les célébrations qu'il préside.

Le dernier en date a été de distribuer la communion aux fidèles à genoux devant lui.
Quelques éléments sur cette affaire romaine
2008-06-23 - Ennemond - leforumcatholique.org
Dans toute négociation, il y a des délais, des dates convenues. C’est le cas de celles qui sont établies entre le Saint-Siège et la FSSPX depuis l’établissement du carnet de route en 2000 et précisé en 2005.

Que l’une des étapes soit soudainement et habilement – il faut l’avouer – transformée en « ultimatum » semble faire fi des motivations des deux parties. Un époux exigeant le consentement de sa future pour lui dire : « Ma poulette, si tu ne dis pas oui d’ici vendredi, je dirai à toute la ville que tu es une prostituée ».

On imagine l’intérêt d’un accord dans de telles conditions. Il paraîtrait biaisé et forcé, voire inconstitutionnel du point-de-vue de la Fraternité, car n’ayant pas été avalisé par le chapitre général.

Sur le Salon Beige, cela se transforme plus ou moins en : Rome accorde tout. Espérons que la Fraternité va enfin accepter. La réalité est plus compliquée que cela...

Déjà, on voit s’avancer de part et d’autre ceux qui s’ingénient à préparer les bûchers de Son Éminence colombienne et de Son Excellence valaisanne.

Il ne faut pas se leurrer. Il y a à Rome des prélats qui ne veulent pas de rapprochement. Ils avaient tout intérêt à divulguer des informations tronquées quitte à les transformer. Ce serait faire leur jeu que de broder sur leurs commentaires.

En l’occurrence, les points exigés ici présentés sont complètement faux et même la date indiquée qui semble correspondre à cette étape du dossier est fausse. Il faut croire que, depuis le coup Ratisbonne, le téléphone arabe ne fonctionne guère entre les couloirs du Vatican.
A Blois, Reims, Langres et Verdun : pourquoi nos pasteurs n'agissent-ils pas en faveur de la réconciliation de tous les catholiques ?
23 juin 2008 - Lettre de Paix Liturgique n°114 - paixliturgique.com
Nous reproduisons ci-après le cri d'alarme que nous recevons de nos amis de Vendôme (diocèse de Blois). SITUATION DANS LE DIOCESE DE BLOIS
Au cours de l’été 2007, Monseigneur de GERMINY a fait des déclarations subtiles qui pouvaient laisser croire qu’il était favorable à l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, alors qu’il n’avait jamais appliqué, depuis son arrivée en 1997, le précédent Motu Proprio. Dans la pratique, à chaque demande il a répondu : « Vous n’êtes pas assez nombreux ».
Au cours de l’hiver 2007/2008 s’est constitué un groupe stable de plus de 50 personnes à Vendôme, ville qui est le refuge de familles nombreuses fuyant la région parisienne. Une mère de famille a rencontré le curé de Vendôme qui s’est montré favorable à la demande suivante, sous réserve de l’accord de l’évêque de Blois : messe dominicale tous les dimanches, en l’église de la Trinité (la plus belle église de la ville, en plein centre mais rarement utilisée pour le culte), par un prêtre de la FRATERNITE SAINT PIERRE venant de Bouloire (72).
Une délégation s’est alors rendue à l’évêché. La secrétaire de Monseigneur de GERMINY avait prévenu qu’il s’agissait d’une réunion « pour faire connaissance ».
En fait, Monseigneur de GERMINY a purement et simplement annoncé sa solution : une messe par mois par un prêtre du diocèse. Lors d’un deuxième entretien, il a confirmé cette décision en ajoutant qu’il craignait que les fidèles aient froid dans l’église de la Trinité et qu’il cherchait un autre lieu pour les accueillir…
Début juin, PRO TRIDENTIN annonçait à Monseigneur de GERMINY des actions prochaines d’information sur le Motu Proprio Summorum Pontificum.
Le 10 juin, à la suite d’un nouvel appel au secrétariat de l’évêché, les modalités pratiques étaient enfin connues : célébration par un prêtre de la communauté SAINT THOMAS BECKET (rite Paul VI), une fois par mois à Villethiou, hameau en rase campagne au bord de la RN10, à 16 kilomètres de Vendôme !
Le dimanche 15 juin, Monseigneur de GERMINY s’est rendu à Saint-Firmin-des-Prés, village proche de Vendôme, pour célébrer la messe de clôture de la fête commémorative des 800 ans de la chapelle Saint-Vrain.
Alors qu’il s’apprêtait à entrer dans la chapelle, Monseigneur de GERMINY s’est vu entouré par une demi-douzaine de jeunes enfants. Ravi, l’évêque a tendu sa crosse à l’un et sa mitre à l’autre et a commencé à discuter avec cette inattendue jeunesse. Un petit garçon lui a donné le coloriage qu’il avait dessiné à son intention et une petite fille a tendu timidement une lettre. Rayonnant, l’évêque de Blois a commencé à lire à haute voix puis silencieusement, le visage de plus en plus crispé, le texte suivant :
Ma maman est très fatiguée. Mon papa a dit que l’essence était trop chère et qu’il faudra faire des sacrifices : il met l’huile des frites dans le moteur de la voiture.
Nous ne pouvons plus faire 80 km pour aller à la messe et nous vous demandons, Monseigneur, de nous accorder la messe à Vendôme dans l’église de la Trinité qui est vide, célébrée par les prêtres que nous connaissons et que nous aimons.
Avec mes frères et sœurs, nous avons été baptisés par des prêtres du CHRIST ROI ou de la Fraternité SAINT PIERRE. Le BON PASTEUR nous fait le catéchisme.
Mes amis sont tous d’accord sur ce point.
Blême, Monseigneur de GERMINY s’est redressé et a demandé où était le papa de la petite fille.
Le président de PRO TRIDENTIN s’est alors avancé. Un bref échange a eu lieu devant les fidèles et le clergé pétrifiés (3 prêtres dont le vicaire général) restés prudemment à distance. Monseigneur de GERMINY a conclu sur le mode autocratique : « Si vous n’acceptez pas ma solution vous n’en aurez de toute manière pas d’autre. C’est moi l’évêque ! » Cela sous les objectifs des appareils de photos et d’une caméra avec prise de son.
Les deux sexagénaires organisateurs se sont finalement approchés en tremblant : « Partez ! Vous nous avez gâché la fête ; nous étions entre nous ». Les militants de PRO TRIDENTIN ont rétorqué calmement : « Justement, c’est parce que nous sommes victimes de l’exclusion que nous venons vous voir ! »
Pendant ce temps une douzaine d’enfants et d’adultes distribuaient le tract demandant l’ouverture du diocèse aux communautés de prêtres de la Tradition.
Ainsi s’est terminée la première journée d’action de PRO TRIDENTIN dans le diocèse de Blois.

Les Commentaires de Paix Liturgique:
- La "réception" lamentable du Motu Proprio dans le diocèse de Blois est hélas révélatrice et symptomatique de l'état d'esprit d'une partie de l'épiscopat français : déclaration d'intentions favorables (en tous les cas pas hostiles) au Motu Proprio et aux intentions du Saint Père mais en pratique, application contraire, mauvaise foi et bâtons dans les roues pour qu'aucune solution acceptable ne soit trouvée.
- Alors que de nombreuses églises sont vides à Vendôme, que le curé lui même a accepté le principe de prêter une église pour la célébration de la forme extraordinaire du rite romain en centre ville, qu'un groupe de fidèles s'est manifesté et que des prêtres de la Fraternité Saint Pierre sont disponibles, Monseigneur de Germigny trouve le moyen de ne pas appliquer le Motu Proprio ni à Vendôme ni à Blois. Bien sur, Mgr de Germiny est l'évêque du diocèse et il a tout à fait le droit de choisir les célébrants de son choix ; mais comment trouver raisonnable que l'évêque refuse la célébration hebdomadaire d'une messe extraordinaire, qu'il propose la célébration de celle-ci seulement une fois par mois en pleine campagne, à plus de 17 kms du centre de Vendôme, rendant l'accessibilité de cette messe difficile pour les familles ? Non, Monseigneur, les fidèles ne peuvent accepter cette odieuse manipulation et c'est pourquoi, bien que soumis à leur diocèse ils vous demandent de leur accorder une célébration à Vendôme et à Blois avec des prêtres de la Fraternité Saint Pierre ou des prêtres diocésains bienveillants.
- Comment ne pas comprendre ces enfants, ces familles que l'on prend pour des niais, que l'on mène en bateau et à qui l'on ne propose que des solutions humiliantes et provocatrices ? Comment avoir confiance en des personnes qui ne vous écoutent pas et qui ne vous respectent pas ? A Vendôme comme dans certains autres diocèses comme Reims, Langres ou Troyes, il est hélas nécessaire d'exprimer publiquement son refus de l'apartheid liturgique pour espérer être enfin respecté. Nous ne pouvons que soutenir nos amis de Vendôme.
- Si le cadre "naturel" de l'application du Motu Proprio est le cadre paroissial, il n'en demeure pas moins qu'en l'espèce, compte tenu de la raréfaction inquiétante du clergé dans le diocèse de Blois, de l'hostilité de Monseigneur l'évêque et par conséquent de nombreux curés qui en cela ne font que suivre leur évêque, le recours à la Fraternité Saint Pierre est la solution qui s'impose. C'est la seule possibilité pour les fidèles d'être respectés et aimés. On comprend mal comment un évêque français au bilan si catastrophique en terme de prêtres en fonctions et de relève annoncée, peut encore se payer le luxe de refuser que des jeunes prêtres disponibles et bien formés restent aux portes de leurs diocèses au prétexte qu'ils sont issus de Communautés Ecclesia Dei. Monseigneur de Germigny n'est il pas au courant que le Saint Père lui même a confié une paroisse personnelle à la Fraternité Saint Pierre dans son diocèse de Rome ? La colère des fidèles est grande et monte. Il n'est plus acceptable de sacrifier sur l'autel de l'idéologie anachronique mais encore en vigueur dans certains évêchés français, la jeunesse, la générosité et le nombre des vocations sacerdotales issues des maisons traditionnelles.
- Cette lettre est la première d'une série qui montrera au grand jour la façon inadmissible dont on traite encore en 2008 des catholiques en raison de leur attachement liturgique et les réactions de plus en plus probables de familles qui ne peuvent plus accepter aujourd'hui d'être traitées comme des lépreux.
Sylvie Mimpontel
Lefebvristes: le Vatican n'exige plus la reconnaissance de Vatican II (média)
23 juin 2008 - AFP
ROME, 23 juin 2008 (AFP) - Lefebvristes: le Vatican n'exige plus la reconnaissance de Vatican II (média)

Le Vatican a renoncé à exiger de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X la reconnaissance du concile Vatican II pour passer l'éponge sur le schisme provoqué il y a vingt ans par ce mouvement catholique intégriste fondé par Mgr Lefebvre, selon un vaticaniste italien.

Les cinq conditions posées dans une lettre du Vatican aux Lefebvristes concerneraient la reconnaissance de l'autorité du pape et l'engagement à ne rien dire contre l'Eglise, mais ne feraient aucune allusion au concile Vatican II, a assuré mardi le vaticaniste de Il Giornale, Andrea Tornielli, sur son blog (http://blog.ilgiornale.it/tornielli).

Jusqu'à présent le Vatican exigeait la reconnaissance des enseignements du concile Vatican II (liberté religieuse, oecuménisme) et de la réforme liturgique qui a suivi pour lever l'excommunication qui a frappé en 1988 les adeptes de Mgr Marcel Lefebvre.

Andrea Tornielli avait révélé lundi des tractations en cours entre le Vatican et le supérieur de la fraternité Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay. Il assurait cependant que les conditions posées par le Vatican, et toujours refusées par les Lefebvristes, restaient inchangées.

Mais mardi le journaliste, généralement bien informé sur les milieux intégristes, indique avoir pu prendre connaissance de la lettre qui ne fait aucune mention explicite ni de Vatican II, ni de la nouvelle liturgie.

Le pape Benoît XVI avait repris le dialogue avec les intégristes quelques mois à peine après le début de son pontificat.

Il avait reçu Mgr Fellay en août 2005. En juin 2007, il a publié un décret pour autoriser largement la célébration de la messe ancienne en latin dite "tridentine" considérée comme la seule valide par la fraternité Saint Pie X.
Rome: Le Vatican aurait proposé un accord aux intégristes disciples de Mgr Lefebvre
23 juin 2008 - kipa-apic.ch
Rome: Le Vatican aurait proposé un accord aux intégristes disciples de Mgr Lefebvre
Un accord, sous forme d’ultimatum, à signer d’ici le 28 juin
Rome, 23 juin 2008 (Apic) Le Vatican aurait proposé un accord à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pour mettre un terme au schisme. C’est ce qu’indique le quotidien italien "Il Giornale", le 23 juin 2008. Le Saint-Siège, contacté par l'agence de presse I.MEDIA, n’a ni confirmé, ni infirmé cette information. Il lui a cependant été confirmé que Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, avait bien effectué un séjour à Rome, il y a quelques semaines.

Selon "Il Giornale", Mgr Fellay aurait rencontré au Vatican le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la commission "Ecclesia Dei", en charge du dossier des "lefebvristes". Ce dernier lui aurait proposé un accord, sous forme d’ultimatum, à signer d’ici le 28 juin prochain. Le document prévoirait notamment l’acceptation, de la part des membres de la Fraternité, des canons du Concile Vatican II (1962-1965) et de la pleine validité de la messe selon la liturgie catholique réformée.
Rome lèverait l’excommunication qui pèse sur les évêques intégristes depuis 1988
Le 23 novembre 2007, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale "Ecclesia Dei", avait confié à I.MEDIA que la levée de l’excommunication qui pèse depuis 1988 sur les évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X "pourra avoir lieu" mais que cela "dépend d’eux".
Avec la création par Rome, en septembre 2006, de l’institut religieux du "Bon pasteur", un certain nombre d’anciens prêtres et séminaristes de la Fraternité saint Pie X séparée de Rome depuis 1988 avaient rejoint les rangs de l’Eglise catholique romaine. Aujourd’hui, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dirigée par Mgr Fellay, en dehors des questions liturgiques, refuse encore l’application du Concile Vatican II.
Dans un entretien exclusif, publié dans la revue traditionaliste "Nouvelles de Chrétienté" (mai-juin 2008), Mgr Fellay dresse un bilan du Motu Proprio "Summorum Pontificum", publié le 7 juillet 2007 et libéralisant l’usage de la messe tridentine. Le chef de fil des intégristes avait ainsi évoqué "un geste qui relève du miracle et pour lequel le pape a droit à toute notre reconnaissance". "On doit le considérer comme une étape importante, mais pas comme la conclusion de la crise que nous connaissons depuis plusieurs décennies", avait-il pourtant ajouté.
Le pape a multiplié les signes positifs à l’encontre des traditionalistes
Le pape a multiplié les signes positifs à l’encontre des catholiques traditionalistes, très sensibles, en particulier, aux questions liturgiques. Benoît XVI a ainsi réintroduit des pratiques liturgiques témoignant d’une continuité avec la tradition: dernier en date, celui de distribuer la communion à genoux aux fidèles, une pratique abandonnée depuis de nombreuses années.
Pour Mgr Fellay, "il y a (…) vraiment une volonté du pape d’un retour de la liturgie traditionnelle dans l’Eglise". "Mais ce retour n'est pas complet, il n'est pas exclusif, et il pose des problèmes", avait-il encore estimé dans la revue "Nouvelles de Chrétienté". MS/JB
Le temps d'un accord n'est pas encore venu, estime Mgr Fellay
La Fraternité Saint-Pie X se réjouit franchement de la volonté papale de réintroduire le rite ancien et vénérable de la sainte Messe, "mais découvre aussi la résistance parfois farouche d’épiscopats entiers. Sans désespérer, sans impatience, nous constatons que le temps d’un accord n’est pas encore venu", écrivait le 14 avril 2008 Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X basée à Menzingen, dans le canton de Zoug.
"Cela ne nous empêche pas de continuer d’espérer, de continuer le chemin défini dès l’an 2000, poursuit-il. Nous continuons de demander au Saint-Père l’annulation du décret d’excommunication de 1988, car nous sommes persuadés que cela ferait le plus grand bien à l’Eglise et nous vous encourageons à prier pour que cela se réalise. Mais il serait très imprudent et précipité de se lancer inconsidérément dans la poursuite d’un accord pratique qui ne serait pas fondé sur les principes fondamentaux de l’Eglise, tout spécialement sur la foi."

Encadré
Confirmation de l'offre, mais pas d'indications sur la réponse
Menzingen, 23 juin 2008 (Apic) Le Vatican a proposé un accord à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X pour mettre un terme au schisme, a indiqué le 23 juin 2008 le quotidien italien "Il Giornale". Interrogé lundi par l'Apic, l’abbé Alain-Marc Nély, deuxième assistant de Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X à Menzingen (canton de Zoug), a bel et bien confirmé l'existence de propositions de la part du Vatican.
Ne voulant pas entrer dans des plus amples détails, l'abbé Nély a cependant confirmé qu'une proposition d'accord a été faite au début du mois. Avec des conditions. La réponse sera donnée d'ici le 28 juin "si Dieu le veut", et sera ensuite rendue publique, a-t-il précisé. Mais le numéro trois de la Fraternité schismatique n'a pas voulu indiquer dans quel sens irait la réponse de Mgr Fellay.
L'abbé Alain-Marc Nély, né le 18 février 1950 à La Ferté-sous-Jouarre, en France, est entré au séminaire d'Ecône en 1979, et y a reçu l'ordination sacerdotale en 1985. Depuis 2004, il est supérieur du district d'Italie. Selon "Il Giornale", Mgr Fellay aurait rencontré au Vatican le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la commission "Ecclesia Dei", en charge du dossier des "lefebvristes". Ce dernier lui aurait proposé un accord, sous forme d’ultimatum, à signer d’ici le 28 juin prochain. Le document prévoirait notamment l’acceptation, de la part des membres de la Fraternité, des canons du Concile Vatican II (1962-1965) et de la pleine validité de la messe selon la liturgie catholique réformée. (apic/imedia/ms/be)
23.06.2008 - I.Media Jacques Berset

21 juin 2008

Bp Tissier de Mallerais: "...La grande apostasie s'est amplifiée, la jeunesse est presque entièrement perdue dans l'impureté et dans les drogues. La liberté religieuse et les droits de l'Homme ont complètement détruit la royauté sociale du Christ. Nous vivons la grande apostasie dont parle saint Paul..."
21 juin 2008 - paru en anglais dans angelusonline.org
Angelus: Après 20 ans d'épiscopat, que pensez-vous de l'état de l'Eglise?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Jean Paul II n'a rien fait pour reconstruire la Foi. La grande apostasie s'est amplifiée, la jeunesse est presque entièrement perdue dans l'impureté et dans les drogues. La liberté religieuse et les droits de l'Homme ont complètement détruit la royauté sociale du Christ. Nous vivons la grande apostasie dont parle saint Paul aux Thessaloniciens  “venerit discessio primum” (II Thess. 2:3).
Angelus: Quelque chose a-t-il changé dans la Fraternité? et si oui: quoi?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: [...] Dans la Fraternité Saint Pie X? [...] Bien sûr. La Fraternité a grandi, Dieu aidant, passant de 150 à 450 prêtres, le nombre de frères a doublé. Peu de nouveaux prieurés; il vaut mieux consolider la vie en commun des prêtres! Mais beaucoup de nouvelles missions, partout. Pas beaucoup de nouveaux pays, ce n'est pas nécessaire. Nous devons nous développer là où nous avons débuté. Ca suffit.
Angelus: Combien de pays avez-vous visités depuis votre sacre?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: A peu près tous les pays dans lesquels nos prêtres travaillent, sauf le Japon et la Corée? Combien cela fait-il? Sans doute plus de 30 ou 40.
Angelus: Qu'est-ce qui vous a impressionné chez les fidèles, quand vous voyagez pour confirmer?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Le grand nombre de familles nombreuses, bien sûr. Parfois plus de 10 enfants - c'est merveilleux! C'est l'effet de la Grâce du Saint Sacrifice de la messe. Et, cela va avec, les nombreuses écoles de garçons ou de filles ouvertes, des écoles primaires à proximité de nos prieurés dans beaucoup d'endroits. Une église, un prieuré, une école: c'est maintenant l'unité normale.
Angelus: Qu'aurait-il pu se passer sans les sacres?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Nous serions morts: des prêtres âgés, seulement des prêtres âgés, des frères âgés, des Sœurs âgées, des séminaires vides et morts; et pas de Fraternité Saint Pierre ni tout le reste. La tradition serait morte. Les sacres d'évêques ont été un "acte sauveur" [en français dans le texte]. L'"opération survie" a été un succès complet, Dieu aidant, et grave à l'acte héroïque de Mgr Lefebvre.
Angelus: La situation avec Rome est-elle encourageant, 20 ans après?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Non, rien n'a changé, à part le motu proprio du 7 juillet 2007, qui est un miracle inattendu, et qui change radicalement la pratique du Saint Siège vis-à-vis de la messe traditionnelle. Mais en pratique, peu de prêtres reviennent à la Tradition. Seuls de jeunes prêtres, quelques-uns parmi eux, sont intéressés? Mais pour ce qui est de la liberté religieuse, des droits de l'Homme, de l'intérêt que Rome porte à notre travail: rien n'a changé - induratio cordium! Un durcissement des cœurs, un aveuglement des esprits.
Angelus: Que voudriez-vous dire à ceux qui prédisaient, en 1988, que la Fraternité Saint Pie X  créait une Eglise parallèle? L'histoire ne leur a-t-elle pas donné tort?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Je vous réponds: où est l'Eglise mes chers? Reconnaissez l'arbre à ses fruits. Là où sont les fruits, là est l'Eglise. Je ne veux pas dire que l'Eglise se réduit à la Fraternité, mais que Son cœur est dans la Fraternité. La vraie Foi, l'enseignement vrai, les sacrements non-abatardis: tout cela est dans la Fraternité. Partout ailleurs, il y a un mélange plein de compromis à cause du libéralisme et de la faiblesse d'esprit. L'Eglise parallèle, c'est la néo-Eglise de Vatican II: Son esprit, Sa néo-religion, qui n'en est pas une.
Angelus: Quel est le développement les plus important des derniers 20 ans? la mort de Monseigneur? L'élection de Benoît XVI? Le Motu Proprio?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: La réponse, c'est notre persévérance, notre existence. La continuation miraculeuse de la Tradition. Les sacres d'évêques étaient un simple moyen pour tendre à ce but. Non, la mort de Mgr Lefebvre, l'élection de Benoît XVI, et ce genre de choses, ne sont pas importantes. Vraiment, il ne s'est rien passé d'important depuis 20 ans, à part le miracle de la survie de la Tradition.
Angelus: Beaucoup de catholiques qui s'étaient d'abord battus aux côtés de [Monseigneur Lefebvre], il y a des années, sont maintenant enclins  à unir leurs forces avec Rome qui semble plus conservatrice, en s'alliant à des instituts dont le statut canonique est plus "régulier" au sein de l'Eglise.
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Oui, il y a eu beaucoup de pertes. Dues au manque de principes, à l'infidélité au combat de la Fraternité, à la recherche de compromis, au désir de la paix, au désir d'une victoire avant le temps que Dieu à prévu. Ces pauvres gens (des prêtres, des religieux, des laïcs) sont des libéraux et des pragmatiques. Ils sont séduits par les sourires des gens du Vatican, je veux dire des prélats de la Curie. Ce sont des gens qui étaient fatigués du long, long combat pour la Foi. "Quarante ans, c'est assez!" Mais ce combat durera encore 30 ans. Donc: ne cessez pas, ne cherchez pas de "réconciliation,", mais combattez!
Angelus: Quel est votre souvenir le plus marquant de [Monseigneur Lefebvre]?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Le 13 octobre 1969, quand il nous a accueilli au 106, route de Marly, à Fribourg, en Suisse, il était seul et recevait 9 séminaristes dans deux appartements qu'il louait aux Salésiens. Seul et âgé 63 ans, et commençant tout à zéro avec nous, de pauvres jeunes gens. C'était émouvant de voir comment il prenait soin de nous, nous donnant des conférences spirituelles, très simple, en théologien, à l'aide de saint Thomas d'Aquin et de son expérience de missionnaire. Un archevêque, ancien supérieur général de 3.000 membres, ancien délégué Apostolique, et seul maintenant avec neuf jeunes gens à commencer quelque chose pour le bien du sacerdoce, quelque chose dont il ignorait le futur. Réalisez sa Foi!
Angelus: Quel est le moment le plus marquant de votre séminaire?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Fabuleux! Mon premier contact avec la Somme de saint Thomas d'Aquin, durant les merveilleux cours de du Père Thomas Mehrle, O.P., qui chaque semaine venait de Fribourg à Ecône pour nous enseigner le Christ et Dieu. Quel délice c'était d'entendre le Père Mehrle commenter la Somme, et nous étions là, à lire la Somme en latin, le merveilleux latin de saint Thomas. Combien d'heures de délice, chaque matin, de 8 heures et quart à 9 heures, à ma table dans ma chambre, avec la Somme à méditer et à apprendre! et maintenant encore je continue, je fais exactement la même chose!
Angelus: Direz-vous que le combat pour la messe a complètement changé depuis les sacres?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Absolument pas. Rien n'a changé! la persécution contre les jeunes prêtres d'aujourd'hui qui retournent à la vieille messe est la même que la persécution contre les bons prêtres, des prêtres qui il y a 40 ans restaient fidèles à la messe de leur ordination. A quelques très rares exceptions, les évêques détestent la messe traditionnelle. Leur nouvelle religion s'oppose à la vraie messe, et le vraie messe détruit leur fausse religion, une religion sans sacrifice, sans expiation, sans satisfaction, sans justice divine, sans pénitence, sans renonciation à soi-même, sans ascétisme; la religion du soi-disant "amour, amour, amour" qui n'est que des mots.
Angelus: D'un autre côté, ne diriez-vous pas qu'aujourd'hui le combat pour la doctrine est devenu plus important?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: C'est le même combat: ratio cultus, ratio fides. La loi de la Foi est la loi de la liturgie, et la loi de la liturgie est la loi de la Foi: lex orandi, lex credendi; lex credendi, lex orandi. La devise est vraie dans les deux sens. La messe traditionnelle est l'expression la plus magnifique de la royauté du Christ alors que regnavit a ligno Deus– Dieu a régné par le bois de la Croix. La messe traditionnelle exprime le mystère de la Rédemption, en une expiation des péchés de l'humanité parfaite et surabondante. Au contraire, dans la nouvelle messe, le mystère est  terni et flou.
En conséquence, le combat contre la liberté religieuse ne peut pas être séparé du combat pour la messe. C'est vrai aussi du combat contre l'oecuménisme, parce que puisque le Christ est Dieu, Il est capable par Sa passion d'apporter expiation et satisfaction, pour tous les péchés; de même, Lui seul à le droit de conformer les lois civiles à l'Evangile. Je ne vois pas de séparation entre le combat pour la messe, le combat pour l'esprit chrétien du sacrifice, et le combat pour la royauté sociale du Christ. Les modernistes ne voient pas de différence entre leur nouvelle messe, leur refus du mystère de la  Rédemption, et leur dénégation de la royauté sociale de Jésus Christ. "Tout se tient" [en français dans le texte].
Angelus: A part Mgr Rifan, Rome n'a pas donné d'évêque traditionnel aux comunautés "Ecclesia Dei". Qu'est-ce à dire? cela ne justifie-t-il pas la décision de [Mgr Lefebvre]?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Oui, bien sur. A Rome, à quelques exceptions près, il ne veulent pas d'évêques traditionnels. Ils n'en veulent toujours pas. La Rome occupée ne peut pas se permettre d'avoir des évêques traditionnels dans l'Eglise. Ce serait la destruction de leur destruction! Mgr Rifan a eu le cerveau bien lavé, avant d'être "réconcilié". Il garde la sainte messe traditionnelle, mais ne se bat plus contre la nouvelle messe, la liberté religieuse, et ainsi de suite. Il a du arrêter le combat.
Les communautés "Ecclesia Dei" ont du accepter de ne jamais critiquer le Concile de Vatican II ni la nouvelle messe. Ils ont été réduits au silence et ont accepté de se taire. Tel a été le prix de leur réconciliation. 
Mgr Lefebvre avait donc entièrement raison quand il disant que seuls des évêques entièrement catholiques et entièrement libres, libres de l'influence libérale de Rome, pouvait travailler pour le bien de l'Eglise en attendant la conversion du pape.
Angelus: Quels sont selon vous les plus grands défis auxquels la Fraternité et les fidèles devront faire face dans les années à venir?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: D'abord, notre persévérance à refuser les erreurs du concile de Vatican II. Deuxièmement, la force de notre refus de toute "réconciliation" avec la Rome occupée. . Troisièmement, le développement de nos écoles, nos lycées pour soutenir une éducation catholique et aider les familles. Quatrièmement, la résistance face à la persécution par les autorités civiles, et proclamer que le christianisme est  l'unique source de la  civilisation.
Angelus: Quel regard pensez-vous que Mgr porterait sur la crise, vu l'état des choses en 2008?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Il dénoncerait non seulement le libéralisme - comme c'était le cas avec Paul VI- mais le modernisme, comme c'est la cas avec Benoît XVI: a vrai moderniste, avec la théorie complète du modernisme mis à jour. C'est si grave que le ne peux pas exprimer mon horreur. Je me tais. Mgr Lefebvre, donc, crierait "Hérétiques, vous pervertissez la Foi!"
Angelus: Quel conseil donneriez-vous aux parents qui élèvent leurs enfants dans le monde d'aujourd'hui?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Ne vous contentez pas d'avoir des enfants, beaucoup d'enfants, mais élevez-les, éduquez-les. Ne vous contentez- pas de les nourrir, des leur donner à manger! et envoyez-les dans des écoles vraiment catholiques, où ils seront non seulement protégés de la corruption du monde, mais seront formés pour être des chrétiens.
Angelus: Quel conseil donneriez vous à des jeunes gens et des jeunes filles qui envisagent la vie religieuse?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Ne l'"envisagez" pas, ne l'essayez pas non plus, mais entrez-y avec détermination et persévérance. Mon Dieu! quelles volontés faibles!
Angelus: Quels sont les livres les plus essentiels, selon vous, pour les fidèles aujourd'hui?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: Pour tous, leur missel (le livre de messe) et leur catéchisme. Pour les jeunes gens, des livres sur la royauté sociale du Christ. Pour les jeunes filles, des livres de cuisine, de couture, et d'aménagement de la maison. 
Angelus: Que voyez-vous dans les 20 ans qui viennent?
Mgr Bernard Tissier de Mallerais: En Europe, des républiques islamiques en France, en Grande Bretagne, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Aux Etats-Unis, la banqueroute et la guerre civile. A Rome, l'apostasie, organisée avec la religion juive. En nous, de l'héroïsme, de l'héroïsme chrétien. Dans la Fraternité, le sacre de nouveaux évêques si ça s'avère nécessaire. je me fais vieux. A Rome, un nouveau pape? Vraiment, s'il doit être pis encore, il n'y en a pas besoin. S'il doit être un Petrus Romanus, alors là, oui.

19 juin 2008

La Lettre de Paix liturgique n°113
19 Juin 2008 - paixliturgique.com
La Lettre de Paix liturgique Sommaire de notre lettre 113 du 19 Juin 2008
  • Pour le Saint Père tous les fidèles catholiques doivent pouvoir avoir accès à la forme extraordinaire
  • Loiret - Associez-vous au groupe des demandeurs de Montargis pour une célébration d'une messe selon la forme "extraordinaire"
  • Rhône - Grande enquête sur les effets du Motu Proprio Summorum pontificum dans le diocèse de Lyon
  • Paris - Messe "extraordinaire" du 22 juin dans la paroisse de Saint-Pierre de Montrouge
  • Yvelines - Une enquête à propos de Conflans-Sainte-Honorine et de ses environs
  • Morbihan - Sur motuproprio56 associez-vous à un groupe de demandeurs !
Pour nous contacter, cliquez ici


Pour le Saint Père tous les fideles catholiques doivent pouvoir avoir accès à la forme extraordinaire
Nous reproduisons ci-après les extraits d'un article de Damian Thomson publié dans le Daily Telegraph en date du 14 juin 2008 écrit à l'occasion de la célébration d'une messe dans la forme extraordinaire du rite romain par le Cardinal Castrillon Hoyos à la Cathédrale de Westminster.
La messe en latin revient en Angleterre et au Pays de Galles
Lors d’une conférence de presse tenue hier à Londres, le Cardinal Castrillon Hoyos, responsable de la liturgie latine au Vatican, a annoncé que la messe latine traditionnelle – bannie par Rome pendant 40 ans – allait être réintroduite dans chaque paroisse catholique romaine de l’Angleterre et du Pays de Galles.
En outre, tous les séminaires seront tenus d’enseigner la messe tridentine aux séminaristes afin qu’ils puissent la célébrer dans toutes les paroisses. Les assemblées catholiques à travers le monde recevront des directives particulières afin d’être à même d’apprécier la liturgie ancienne, antérieurement connue sous le nom de rite tridentin.
L’annonce faite hier par le Cardinal en charge de la liturgie latine, s’exprimant au nom du pape Benoît XVI, choquera les "progressistes", ainsi que certains évêques d’Angleterre et du Pays de Galles.
Le pape a mécontenté les "progressistes" l’année dernière en faisant paraître un décret supprimant aux évêques leur capacité à bloquer la célébration de l’ancienne messe. L’annonce d’avant-hier démontre que le Vatican a l’intention d’aller bien au-delà en promouvant l’ancienne liturgie.
Lorsqu’on a demandé au Cardinal Castrillon si la messe en latin serait célébrée dans beaucoup de paroisses ordinaires dans l'avenir, il a dit : « Non, pas dans beaucoup de paroisses, mais dans toutes les paroisses ». Le Saint Père offre cette possibilité, non pas à quelques groupes qui la demandent, mais afin que tous connaissent cette façon de célébrer l’Eucharistie.
Le cardinal, qui est à la tête de la Commission Ecclesia Dei , a fait ce commentaire tandis qu’il se préparait à célébrer une messe traditionnelle en latin à la Cathédrale de Westminster. C’était la première fois qu’un cardinal s’exprimait de cette façon depuis quarante ans.
Dans le rite traditionnel, le prêtre est tourné dans la même direction que l’assistance et il lit la prière principale de la messe en latin à voix si basse qu’on pourrait le croire silencieux. Au contraire, dans le nouveau rite, le prêtre est en face des fidèles et il parle à haute voix dans la langue des fidèles. Le cardinal Castrillon a dit que ce silence révérencieux du rite traditionnel était un des trésors que les catholiques allaient redécouvrir et que beaucoup de jeunes apprécieraient pour la première fois.
Le Pape Benoît réintroduira le rite ancien, qui sera connu sous le nom de « Forme extraordinaire », même là où l’assemblée ne l’a pas demandé. « Les gens ne le connaissent pas, et par conséquent, ne le demandent pas » a expliqué le cardinal.
La nouvelle messe, adoptée en 1970 après le concile Vatican II a donné lieu à « beaucoup, beaucoup, beaucoup d’abus » a dit le cardinal. Il a ajouté : « L’expérience de ces quarante dernières années n’a pas toujours été bénéfique. Beaucoup de gens ont perdu le sens de l’adoration de Dieu et ces abus ont abouti à ce que beaucoup d’enfants ne savent pas comment se mettre en présence de Dieu. » Cependant la nouvelle messe ne disparaîtra pas. Le pape souhaite voir les deux formes de messe coexister….
Après le décret du pape de l’année dernière, les évêques liberaaux d’Amérique ont essayé de limiter l’introduction de la forme extraordinaire en prétextant que les directives disaient qu’elle serait réintroduite seulement lorsqu’un groupe stable de paroissiens la demanderait. Mais le cardinal Castrillon a dit qu’un groupe stable pourrait se composer seulement de trois personnes et qu’il n’était pas nécessaire qu’elles soient de la même paroisse.
« Les changements prendront quelques années pour s’appliquer vraiment », ajouta-t-il, « comme le concile Vatican II avait mis longtemps à faire disparaître la messe traditionnelle en latin ». Il a précisé que la réintroduction de l’ancienne messe n’était pas en contradiction avec les enseignements du Concile.
Les Réflexions de Paix Liturgique
- Moins d'un an après la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, cet article qui reprend les propos tenu par le cardinal Castrillon Hoyos dans sa conférence de presse donne le ton de ce que le Saint Père souhaite et montre clairement la direction que l'Eglise entend insuffler. Qu'il nous soit donc permis de rappeler que le cardinal Hoyos n'est pas n'importe qui dans l'Eglise, il est préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé et président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei. Proche collaborateur du Pape, ses propos ne sont pas neutres et donnent des pistes de réflexion à tous les catholiques de bonne volonté soucieux de retrouver la paix et l'unité de l'Eglise.
- Le Motu Proprio n'est pas - comme il est encore de bon ton de l'affirmer contre toute évidence dans de nombreux évêchés - d'abord fait pour faire retrouver la pleine communion aux nombreux catholiques qui, déboussolés par les nombreux abus des quarante dernières années ont choisi de suivre le combat de Monseigneur Lefebvre. Le Motu Proprio a été donné pour tous les catholiques du monde entier, pour toutes les paroisses afin que le trésor liturgique que constitue la forme extraordinaire du rite romain puisse nourrir la piété de tous les fils et filles de l'Eglise. Le Motu Proprio doit permettre très concrètement de redonner à la liturgie traditionnelle de l'Eglise toute sa place dans l'Eglise universelle, il doit être le moyen de faire connaître cette forme liturgique aux innombrables fidèles qui ne la connaissent pas encore. Vaste programme ! Vertigineuse espérance!
- On comprend dès lors mal les pieds de plomb avec lesquels l'épiscopat français "reçoit" globalement le Motu Proprio. Depuis plusieurs mois, force est de constater que pour ne pas appliquer concrètement le Motu Proprio Summorum Pontificum, on applique au mieux celui de 1988 avec ses réserves indiennes bien isolées du reste du troupeau diocésain... même si comme Mgr Aumonier évêque de Versailles, on déclare clairement que ce n’est pas ce que l’on souhaite faire ! Mais de quoi a-t-on peur ? D'une contagion du virus traditionnel ? Craint-ont que des fidèles qui s'ignoraient jusqu'à présent se côtoient demain dans les mêmes paroisses, se connaissent et s'apprécient ?
- La messe traditionnelle est un trésor pour toute l'Eglise. Il est temps de retrouver le chemin de nos paroisses, d'aider nos curés diocésains à mettre en place de telles célébrations dans nos églises et à faire connaître à tous nos frères ce merveilleux trésor. Le cocon confortable des chapelles Ecclesia Dei ne peut à l'évidence pas être le modèle sur lequel se développera demain dans tous nos diocèses le retour de la messe traditionnelle. Véritables laboratoires liturgiques, viviers de vocations sacerdotales et religieuses, ces communautés Ecclesia Dei ont pour tres longtemps encore un rôle exemplaire et essentiel à jouer en ce qu'elle seront en quelque sorte des points de référence. Toutefois, ne nous y trompons pas, l'immense majorité des fidèles qui demain se sanctifieront dans la forme extraordinaire du rite romain grâce au Motu Proprio, sont des fidèles qui ne la connaissent pas encore et qui la découvriront demain parce que leur propre curé leur aura permis de connaître ce qu'il ne pouvait jusque là aimer faute de le connaître. La réintroduction de la liturgie traditionnelle partout et pour tous passe nécessairement par le cadre paroissial et diocésain. N'ayons pas peur les uns des autres et ne soyons pas exclusifs, il y a de la place pour chacun.
- Cet article a enfin le mérite de tordre le cou aux esprits mal intentionnés qui ne cessent d'inventer des conditions pratiques impossibles pour refuser - en pratique - de suivre le Saint Père dans son combat de restauration liturgique. La forme extraordinaire du rite romain peut et doit être proposée a priori, sans demande préalable, à la seule initiative des prêtres et cela dans le but de la faire découvrir à tous. Quel décalage avec nos pauvres diocèse de France qui de Reims à Saint Denis, de Versailles à Langres, de Paris à Nanterre, et dans combien d'autres villes en sont restés aux vieux démons, aux amalgames anachroniques et honteux pour continuer d'exclure les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l'Eglise.
- Enfin cet article a le mérite de redire que le temps est une composante fondamentale de la restauration liturgique. Le Saint Père ne s'y est pas trompé en disant qu'un premier bilan du Motu Proprio serait fait au bout de trois ans. Ceux qui ont des yeux mais qui ne voient pas, ceux qui ont des oreilles mais qui n'entendent pas ont aussitôt proclamé de manière incantatoire "le Motu Proprio est concédé pour trois ans ad experimentum, rien n'est définitif"... Les déclarations et gestes du Saint Siège semblent à l'évidence démontrer le contraire.
Merci trés Saint Père !
Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Loiret - Associez-vous au groupe des demandeurs de Montargis pour une célébration d'une messe selon la forme "extraordinaire"

Un groupe de fidèles de Montargis qui souhaite bénéficier chaque dimanche et fête de la célébration d'une messe "extraordinaire" cherche à se faire connaitre...

Merci de les rejoindre ou de les aider!

Contact :
paulthore@voila.fr

Rhône - Grande enquête sur les effets du Motu Proprio Summorum pontificum dans le diocèse de Lyon

Nous allons publier au début du mois de juillet une série de "bilans" des effets du Motu Proprio dont l’un à propos du diocèse de Lyon.

Si vous avez sollicité vos curés ou mis en place des demandes merci de nous en informer pour que notre " bilan" soit le plus complet et exact possible!

Contact :
contact@paixliturgique.org

Paris - Messe "extraordinaire" du 22 juin dans la paroisse de Saint-Pierre de Montrouge
Dans notre précédente lettre nous vous invitions à participer à la dernière messe avant les vacances scolaires célébrée selon la forme extraordinaire dans la chapelle Saint-Paul de la paroisse Saint-Pierre de Montrouge en indiquant une mauvaise adresse !

Nous vous présentons nos excuses et vous communiquons la bonne adresse !

Chapelle St Paul
171 boulevard Brune ( Porte d’Orléans )
PARIS 14
Messe à 12h

Venez nombreux !

Yvelines - Une enquête à propos de Conflans-Sainte-Honorine et de ses environs
Plusieurs familles de Conflans-Sainte-Honorine voudraient entrer en contact avec un éventuel groupe de demandeurs d'une célébration selon la forme extraordinaire dans ce doyenné...

Merci de votre aide !
Contact :
jp.conflans@gmail.com

Morbihan - Sur motuproprio56 associez-vous à un groupe de demandeurs !
Si vous souhaitez vous associer à un des groupes de familles qui sollicitent de leurs curés la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain sur les paroisses du diocèse, vous pouvez vous inscrire... et faire inscrire vos amis sur le site motuproprio56.
Contact :
http://www.motuproprio56.com

18 juin 2008

Sédévacantisme : voie sans issue
18 juin 2008 - christus.imperat
18 juin 2008 Sédévacantisme : voie sans issue
Le problème du sédévacantisme n’est pas un problème théologique. Il n’est pas non plus basé sur un différend de politique ecclésiale. Il est d’un coté très simple, de par le résumé de sa position, mais également très complexe de par les arguments qui émanent de la crise actuelle. C’est un cas atypique.
Il n’est pas question de parler ici de ceux qui se répandent en invectives et complots mal tramés sur Internet, ni de ceux qui utilisent l’excuse du sédévacantisme pour cacher une situation matrimoniale désapprouvée par la morale.
Pour résumer de la façon la plus sobre la position de ces gens, on peut dire que, selon eux, les papes élus pendant ou après le concile Vatican II ne sont pas papes parce qu’ils enseignent l’hérésie. Ajoutons à cela que la réforme liturgique de Paul VI rend à leurs yeux tous les sacrements donnés dans ce rite invalides. Il en découle donc que le pape n’est pas pape, que les cardinaux ne sont pas cardinaux, que les évêques ne sont pas évêques, et que les prêtres ne sont pas prêtres, exception faite naturellement de ceux qui ont acquis leur état avant ces funestes réformes.
Nul besoin d’entrer dans leur argumentation pour comprendre l’impasse pratique et intellectuelle dans laquelle ils se trouvent.
La première impasse est pratique : pour des fidèles souhaitant vivre chrétiennement, ils se refusent cependant la fréquentation des paroisses, même lorsque celle-ci vivent selon la tradition de l’Eglise, les prêtres étant tous des hérétiques, puisque célébrant eux-mêmes « una cum » (en union) avec un imposteur (le pape). Pour les prêtres, ils n’obéissent à aucune hiérarchie puisque celle-ci est à leurs yeux soit usurpatrice, soit corrompue. Ils sont donc des électrons libres, faisant vivre de petites chapelles en de rares endroits.
La deuxième impasse est théologique et intellectuelle : comment concilier les promesses d’indéfectibilité de l’Eglise, données par Notre Seigneur Lui-même, et le fait que l’Eglise soit infailliblement, selon leur théorie, sur le chemin de l’extinction sacramentelle et donc hiérarchique ? Pour se justifier, soit ils transforment le sens des paroles du Messie, soit ils prétendent à une intervention divine. La première méthode est malhonnête et sacrilège, la deuxième va à l’encontre de la façon dont a toujours agi la divine providence dans le Nouveau Testament. Inutile de parler de ceux qui se sont autoproclamés papes, ou qui s’inventent un quelconque pouvoir épiscopal dont ils sont les seuls témoins !
La troisième impasse est spirituelle : dans la situation décrite, il n’y a pas de solution, hormis l’attente d’une intervention qui n’a jamais été annoncée. Il n’y a pas de solution, et à la non-fréquentation des sacrements, nécessaires à la vie de l’âme, s’ajoute le désespoir de ne pas envisager le moyen ni le temps par lesquels Dieu sauvera son Eglise. Les âmes des sédévacantistes sont des âmes sans sacrement et pillées par le désespoir.
A tous les niveaux, le sédévacantisme constitue une impasse.
En plus de cela, on observe que ce monde est très détonnant. De ceux qui s’autoproclament papes, qui entendent des voix, qui prétendent avoir trouvé l’épiscopat dans les délires d’un fou, qui ont des révélations en tous genres, jusqu’à ceux qui fréquentent tout simplement leur chapelle. Qu’y a-t-il donc de commun à tous ces gens qui se sont enfermés dans cette voie désespérée ?
On observe que cet univers sédévacantiste est hétéroclite : il n’est pas hiérarchisé, chaque sédévacantiste est en désaccord avec tous les autres. Il n’existe pas de société, pas d’ordre, pas de pensée, pas de théologie sédévacantiste. Au final tous, qu’ils soient prêtres ou laïcs, sont très indépendants. Chacun a sa propre pensée, et donc est son propre chef. Ce qui manque au sédévacantiste, c’est l’humilité de la soumission.
Le sédévacantisme est une œuvre de contre Église, tout comme l’est le modernisme. Ce dernier détruit la nature sociétale et hiérarchisée de l’Eglise par la collégialité, le premier agit de même en refusant tout net la reconnaissance de l’autorité jusqu’au plus petit échelon. Il n’y a ni société ni hiérarchie chez les sédévacantistes.
Le sédévacantisme est une position qui va contre la nature même de l’Eglise et qui plonge ceux qui l’adoptent dans une impasse pratique, théologique et spirituelle. Et pour ceux dont l’âme reste marquée par les scandales de l’Église conciliaire et qui ne parviennent pas à voir dans les papes actuels les vicaires du Christ, qu’ils regardent le Crucifié. Est-ce que cet homme crucifié est le fils de Dieu ? Arriveront-ils à distinguer aussi bien Dieu dans cette homme mourant sur la croix que le vicaire de Notre Seigneur en charge de l’épouse du Christ en agonie ?
Les sédévacantistes d’aujourd’hui ne sont pas différents des juifs qui ont refusé la divinité du Messie par esprit d’orgueil et d’indépendance, ni des Ariens qui l’ont refusé parce que le scandale de la croix était trop grand pour eux.
Par conséquent, la position sédévacantiste constitue une impasse totale à tous les niveaux : pratique, théologique, spirituelle. Elle s’enferme dans le désespoir absolu d’une crise sans solution. Elle refuse toute hiérarchie, elle combat par sa nature anarchique l’Église qui est une société hiérarchisée. Elle emmène ceux qui tiennent cette position à un narcissisme inéluctable.
Austremoine
La Messe des saints à Paris - Abbé Néri
2008-06-18 - leforumcatholique.org
Quelle joie de entendre retentir sous la voûte de Notre-Dame les cantiques de la liturgie traditionnelle.

Tout prêt de l’autel j’ai eu une pensée de reconnaissance pour les prêtres et fidèles disparus qui par leur résistance on permit de conserver vivant ce trésor à Paris.

Je pense en particulier à Mr. L’Abbé Vincent Serralda qui a écrit entre autres une magnifique brochure portant ce titre : « La Messe des saints »

Un tel nom nous permet de mieux comprendre la réalité qu’il désigne : « res sancta » une réalité sainte, quelque chose de sacré. Dans la liturgie orientale le diacre proclame la même vérité au moment où on invite à sortir les catéchumènes : « sancta sanctorum » les choses saintes aux saints.

La Sainte Messe a en effet cette vertu de nous mettre en présence du Saint de saints, et de nous donner le pouvoir de devenir saints en Lui.

Si la Messe est le sacrement de l’unité c’est parce que elle nous permet de vaincre le péché qui est la source de toute division. En nous donnant le moyen de nous sanctifier elle détruit en nous ce qui s’oppose à la communion dans la charité.

C’est pour cela que tous les efforts de l’enfer se conjuguent pour en détourner les hommes d’elle. Toutes les hérésies et les schismes à travers l’histoire sont les signes sensibles de cette entreprise de destruction.

Dans ce temps qui est le notre ces assauts ne diminuent pas, les attaques se multiplient à l’extérieur et à l’intérieur de l’Eglise.

C’est Paul VI lui-même qui avait constaté atterré que par quelque fissure « la fumée de Satan s’était infiltré dans le temple de Dieu » et parlait avec raison d’autodestruction de l’Eglise. Il était bien placé pour le savoir, puisque ce bien sous son autorité que l’ensemble de la discipline sacramentelle fut ébranlé.

Mgr. Lefebvre avait raison de mettre en garde les fidèles contre ce coup maître de Satan : « la révolution par la voie de l’autorité ». Ils furent innombrables ceux qui furent trompés par ce qu’on pourra appeler « une fausse obéissance »

Mais là aussi le piège peut être mortel, habitues à résister a une autorité dévoyée on peut en venir à perdre le sens de la véritable obéissance et finir par adopter une attitude irrévérente qu’est loin de la piété que Dieu veut voir dans ses enfants.

Le combat spirituel que nous menons commence à l’intérieur de nous-mêmes, la prudence surnaturelle doit orienter l’ensemble de nos actions. Il n’y a pas de véritable obéissance sans prudence et même la charité dans son exercice pour être vraie doit être éclairée.

Que la Sainte Vierge Marie qui nous a offert la grande joie de célébrer la « Messe des saints » dans la Cathédrale que lui est dédiée nous accompagne jusqu’à la victoire finale.

16 juin 2008

Un premier bilan quantitatif du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Versailles
16 juin 2008 - lettre 112 de Paix Liturgique
La Lettre de Paix liturgique Sommaire de notre lettre 112 du 16 Juin 2008
Un premier bilan quantitatif du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Versailles Alléluia à Paris ! Le 17 juin à 19 h 30 Grand' Messe "extraordinaire" à Notre-Dame
Cher - Erreur à propos de la célébration de la messe extraordinaire à Bourges Haute-Vienne - Messe Extraordinaire à Limoges le 22 juin
Paris - Dernière messe extraordinaire avant les vacances à Saint-Pierre de Montrouge Yvelines - Une enquête à propos de la paroisse Sainte Bernadette de Versailles
Hauts de Seine - Une enquête à propos des fidèles de Montrouge, Bagneux, Vanves, Chatillon et Malakoff
Londres - Erreur à propos de la célébration à Westminster
Moselle - Sur motuproprio57 associez-vous à un groupe de demandeurs !

Un premier bilan quantitatif du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Versailles
A la suite de la publication de notre dernière lettre (Lettre 111 : Application du Motu Proprio dans le diocèse de Versailles : Le Vicaire épiscopal a-t-il dépassé les bornes ? ), vous avez été des centaines à témoigner de votre intérêt pour ce dossier. Voilà pourquoi, reprenant une demande pressante de Monsieur M., ancien curé d’une paroisse du diocèse de Versailles nous livrons à votre réflexion un premier bilan « quantitatif » des demandes et de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Versailles. A – UN BILAN
1 – Les Demandes
Il est naturellement impossible d'établir un bilan exhaustif des demandes, celles-ci étant souvent exprimées dans une grande discrétion. Aussi nous ne nous fondons, pour ce dossier, que sur les informations déjà très significatives sur lesquelles nous avons des témoignages précis. Ainsi, à notre connaissance, depuis le mois de juillet 2007, au moins 32 curés de paroisse du diocèse de Versailles ont été sollicités dans le sens de l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum.
Ces demandes sont de deux types :
- Une douzaine sont des demandes formelles, officielles et structurées.
- 20 autres paroisses du diocèse de Versailles ont fait l'objet de demandes « informelles », c’est-à-dire des demandes formulées lors d’entretiens privés, de rencontres fortuites de fidèles ou de familles avec leurs curés ou des demandes écrites individuelles. Ces demandes « informelles » sont, dans la quasi totalité des cas, superbement ignorées par les curés. Elles sont néanmoins très importantes car elles témoignent de l’état d’esprit de la plupart de ces paroissiens qui souhaitent que leurs demandes s'épanouissent paisiblement et charitablement dans leurs propres paroisses. Ces fidèles ont lu le Motu Proprio et ont bien compris que la coexistence pacifique des deux formes du même rite romain, dans le cadre paroissial, était non seulement possible et permise mais également encouragée par le Saint Père. Dès lors, ces paroissiens n'ont pas jugé nécessaire de s'organiser en association, d'organiser un débat public mais ont ils préféré manifester leurs demandes en douceur, sans provoquer « de vagues » ni générer de conflits avec les autres paroissiens aux sensibilités différentes.
Il serait indélicat de refuser ensuite ces demandes comme n'étant pas « réelles » ou « authentiques » au simple titre qu’elles ne sont pas « formelles » ou « structurées », du moins jusqu'à aujourd’hui. On notera d'ailleurs que ce sont les mêmes qui proclament « pas de pétition, pas d'association... » et qui ne prennent pas non plus en compte les demandes individuelles, fussent elles nombreuses...
2 – Les effets du Motu Proprio au 15 juin 2008 dans le diocèse de Versailles.
N’évoquons pas les réactions des curés qui ont été présentées dans la lettre précédente pour nous arrêter aux seuls résultats actuels des effets du Motu Proprio dans le diocèse de Versailles au 15 juin.
a – Nous n’avons relevé qu’un seul cas où le curé a proposé de lui-même un commencement de début de mise en place du Motu Proprio dans sa paroisse : Il s’agit du père Bonnet, curé de Saint-Nom-la-Bretèche, qui depuis cet hiver célèbre chaque mardi à 9 h une messe dans la forme « extraordinaire » du rite romain dans son église paroissiale.
b- Nous avons ensuite le père Lecourt, curé de Saint-Lubin de Rambouillet qui a d’abord accepté de célébrer « pour voir » une messe à 9h 30 dans son église de Rambouillet. Le succès de cette première célébration - qui avait pu être pris par erreur comme un coup d'éclat non représentatif de la réelle demande - a permis la célébration d’une seconde messe en février puis l’instauration d’une messe dominicale mensuelle à 9 h depuis avril. L'affluence à ces dernières célébrations a permis d'établir que la demande locale est très importante. Il convient aussi de préciser que cette messe n'est pourtant célébrée qu'une seule fois par mois et à un horaire plutôt matinal. Le succès de cette célébration serait décuplé si cette messe était célébrée chaque dimanche et fête à un horaire plus pratique pour les familles. Mais souhaite-t-on, dans le diocèse de Versailles, la réussite de l'expérience ? La question reste posée.
c – Au Vésinet, le curé de la paroisse, le père Boule a accepté depuis le mois de mai de célébrer chaque 1er vendredi du mois une messe selon la forme « extraordinaire » dans son église. Cette célébration dont nous ne savons pas si elle sera poursuivie l’année prochaine s’est déroulée deux fois en mai et en juin devant un nombre significatif de paroissiens pour un « vendredi ».
d – Enfin à Rolleboise, dans un cadre qui n’est pas celui du Motu Proprio Summorum Ponticum mais encore celui du Motu Proprio "Ecclésia Dei" de 1988, Monseigneur Aumonier, évêque de Versailles, a accordé à L’institut du Bon Pasteur représenté là-bas par l’Abbé Aulagnier, la célébration d'une messe hebdomadaire. Bien que ce cas particulier soit sans rapport avec le Motu Proprio Summorum Pontificum qui sollicite les fidèles à revenir dans leurs vrais paroisses, nous évoquons le cas de cette église qui malgré son éloignement de tout, accueille néanmoins près d’une centaine de fidèles par dimanche.
Conclusion à propos de l’année 2007/2008
Notre première conclusion est, hélas, très simple : Depuis la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum en juillet 2007, les demandes de célébrations de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain sont extrêmement nombreuses et, pour l'heure, éminemment discrètes dans le diocèse de Versailles.
Parallèlement, ce qui a été mis en place est insignifiant et souvent sans rapport avec ce que les fidèles ont demandé. En effet, les demandes sont claires et unanimes : les demandeurs veulent vivre leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire du rite romain dans leurs propres paroisses. C'est le sens du Motu Proprio de Benoît XVI, ce n'est hélas pas celui dans lequel l'évêché de Versailles a avancé jusqu'alors.
B – LES PERSPECTIVES
1 - Les demandes dans l’avenir
Le caractère très particulier, mais non unique, du diocèse de Versailles va faire qu’il sera certainement le premier diocèse de France, et pourquoi pas le premier diocèse du monde, à voir des demandes d'application du Motu Proprio se manifester dans toutes les paroisses du diocèse. Aussi, il est évident que dans l’année à venir, 76 groupes solliciteront d’une manière ou d’une autre leur curé pour vivre leur foi catholique dans leurs paroisses – ou regroupements paroissiaux - au rythme de la forme « extraordinaire » du rite romain.
4 – Les espérances pour l’année 2008/2009
Il serait insensé de croire que dès l’année 2008/2009 il serait concevable d’obtenir la célébration de messes traditionnelles dans la totalité des paroisses du diocèse de Versailles car, de bonne foi, d’authentiques difficultés pratiques et matérielles se présentent même si l’on sait qu’une réelle bonne volonté et un authentique dialogue pourraient aisément les résoudre.
Cependant il semble réaliste qu’une vingtaine au moins de paroisses nouvelles acceptent la mise en place en leur sein de ces célébrations dans un souci de communion ecclésiale et parmi celles-ci au moins une dizaine de paroisses qui pourraient être naturellement les paroisses pilotes de la mise en œuvre de la forme « extraordinaire » du rite romain. C’est ainsi que nous pensons, après avoir confronté nos réflexions avec des prêtres du diocèse, que l’année 2008/2009 devrait voir s’imposer des célébrations hebdomadaires de la messe traditionnelle dans une douzaine de paroisses comme : Rambouillet, Montfort-l’amaury, Saint-Nom-La-Bretèche, Saint-Germain-en-Laye, Le Vésinet, Louveciennes, Mantes-la-Jolie, Notre-Dame de Versailles, Saint-Louis de Versailles, Sainte-Jeanne-d’Arc de Versailles, Poissy et Maisons-Laffitte.
Notre évêque ayant explicitement déclaré qu’il ne souhaitait pas que les « réserves » actuelles, comme Notre-Dame-des-Armées ou Saint-Louis de Port-Marly, servent de modèles pour l’avenir de l’application de la forme extraordinaire dans le diocèse, il nous semble encore plus évident que les douze paroisses citées ci-dessus doivent rapidement être le théâtre de l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le diocèse de Versailles.

NOS CONCLUSIONS
Nous laissons au Père Leborgne, vicaire général du diocèse, le mot de la fin :
« Benoît XVI veut nous provoquer à nous retrouver comme des frères et pas seulement comme des cousins éloignés. Le Motu Proprio vise à inciter les fidèles à retrouver leurs places dans l’église en leur signifiant que la question liturgique n’arrêtera pas leur retour dans l’église. Nous sommes dans une injonction de travailler à la communion. Les gens qui regardaient auparavant les traditionalistes du coin de l’œil, qui eux-mêmes considéraient les autres comme des laxistes, sont invités à s’accueillir avec bienveillance. L’église, ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre. C’est un vrai défi ».
Déclaration au « Parisien » du samedi 14 juin 2008.
Ce défi, les familles attachées à la forme extraordinaire du rite romain sont prêtes à le relever !

Sylvie Mimpontel
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église.

Alléluia à Paris ! Le 17 juin à 19 h 30 Grand' Messe "extraordinaire" à Notre-Dame
Vous êtes tous invités à vous rendre nombreux et en famille à la célébration d’une messe solennelle selon la forme extraordinaire du rite romain qui sera célébrée le mardi 17 juin à 19 h 30 dans l’église Cathédrale Notre-Dame de Paris. Espérons que les parisiens et autres franciliens s’uniront en foule par leurs prières ou leur présence à cet événement exceptionnel.
Remercions bien vivement Monseigneur Jacquin, recteur-archiprêtre de la cathédrale et son éminence le cardinal André Vingt-Trois .d’avoir ouvert dans la paix cette célébration à tous les fidèles. Merci à ces vrais pasteurs de leur action en faveur de la paix et de la réconciliation.
Contact :
info@motuproprioiledefrance.com
www.motuproprio75.com

Cher - Erreur à propos de la célébration de la messe extraordinaire à Bourges
Une erreur s'est glissée parmi les informations que nous diffusons sur notre site www.paixliturgique.com à propos de Bourges. En effet, la messe y est désormais célébrée depuis le 6 janvier chaque dimanche à 11h en l'église Notre-Dame, rue Notre Dame à 11h.
Avec retard, remercions l'évêque de bourges et tout son presbyterium pour cette bonne nouvelle.
Contact :
http://www.motuproprio18.com

Haute-Vienne - Messe Extraordinaire à Limoges le 22 juin
La prochaine messe "extraordinaire" de la cité de Saint-Martial sera célébrée le 22 juin à 18h dans la Chapelle Saint-Antoine, rue des Papillons à Limoges.
Merci de vous unir par votre présence ou vos prières à ce moment exceptionnel.
Contact :
http://www.motuproprio87.com

Paris - Dernière messe extraordinaire avant les vacances à Saint-Pierre de Montrouge
Hier 15 juin 2008 le curé de Saint-Pierre de Montrouge a annoncé aux fidèles de la Chapelle Saint-Paul, 1 boulevard Brune à Paris 14ème que dimanche prochain serait célébrée la dernière messe paroissiale « extraordinaire » avant la césure estivale et qu’une évaluation serait bientôt faite au sujet de cette messe " extraordinaire " accordée il y a trois mois.
Nous invitons les nombreux fidèles qui sont venus voir une fois ou l’autre à nous retrouver dimanche prochain 22 juin à 12h pour donner à cette messe de clôture un éclat particulier.
Nous prions charitablement le Père curé de Saint-Pierre de Montrouge pour que l’année prochaine l’expérience qui se perpétuera se déroule à un horaire familial c’est-à-dire au plus tard à 11h, pour permettre à tous, juniors et seniors, de se joindre plus aisément à cette magnifique expérience de paix et d’unité.
Contact :
http://www.motuproprio75.com

Yvelines - Une enquête à propos de la paroisse Sainte Bernadette de Versailles
Une famille de la paroisse Sainte Bernadette de Versailles voudrait entrer en contact avec un éventuel groupe de demandeurs d'une célébration selon la forme extraordinaire dans cette paroisse...
Merci de votre aide
Contact :
familletan-sainte-bernadette@laposte.net

Hauts de Seine - Une enquête à propos des fidèles de Montrouge, Bagneux, Vanves, Chatillon et Malakoff

Le groupe des fidèles de Montrouge, Bagneux, Chatillon, Vanves et Malakoff dans les Hauts-de-Seine, qui souhaite bénéficier chaque dimanche et fête de la célébration d'une messe "extraordinaire" se compose déjà de près de 30 familles.
Pour amplifier leur demande ils ont besoin de votre adhésion, de votre soutien et de vos prières.
Contact :
christian@marquant.fr

Londres - Erreur à propos de la célébration à Westminster
Une erreur s'est malencontreusement glissée dans notre dernière lettre à propos de la célébration par le cardinal Castrillon Hoyos à Londres. La messe pontificale dans la cathédrale de Westminster a eu lieu le samedi 14 juin à 14h et n'aura donc pas lieu le 18 juin!

Moselle - Sur motuproprio57 associez-vous à un groupe de demandeurs !
Si vous souhaitez vous associer à un des groupes de familles qui sollicitent de leurs curés la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain sur les paroisses du diocèse, vous pouvez vous inscrire... et faire inscrire vos amis sur le site motuproprio57.
Contact :
http://www.motuproprio57.com

15 juin 2008

Nouveau retour aux anciens usages liturgiques : Le pape Benoît XVI réhabilite la communion à genoux
15/06/2008 - AFP
Après la réhabilitation de la messe "tridentine" en latin et la réapparition des aubes en dentelle, Benoît XVI a fait dimanche un pas supplémentaire dans le retour aux usages liturgiques anciens en distribuant la communion aux fidèles agenouillés sur un prie-dieu. Ce retour à une pratique tombée en désuétude depuis une quarantaine d'années s'est fait durant une messe en plein air célébrée par le pape à Brindisi (sud de l'Italie) devant quelque 60.000 personnes.
Benoît XVI avait déjà procédé ainsi le 22 mai à la basilique St-Jean de Latran à Rome à l'occasion de sa précédente messe publique, mais l'événement avait eu moins de retentissement car le public était moins nombreux. Les fidèles choisis pour recevoir la communion des mains du pape doivent donc désormais s'agenouiller devant lui sur un prie-dieu et accueillir l'ostie dans la bouche.
Benoît XVI : "Signe de respect"
Depuis la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II (1962-65), l'usage courant, moins intimidant, veut que les fidèles reçoivent l'ostie (un morceau de pain sans levain censé être "le corps du Christ") debout et dans les mains, avant de la porter eux-mêmes à la bouche. Ils pouvaient cependant toujours opter pour la réception de l'ostie dans la bouche, mais debout. L'agenouillement, qui n'a jamais été interdit, restait cantonné aux paroisses traditionalistes. En y recourant lui-même, Benoît XVI entend donner l'exemple à toute l'Eglise et surtout à son clergé.
"Nous, chrétiens, nous nous agenouillons seulement devant le Saint-Sacrement (l'ostie) parce que, en lui, nous savons et croyons être en présence de l'unique et vrai Dieu", avait-il dit le 22 mai. "Je suis convaincu de l'urgence de donner à nouveau l'hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu'ils la touchent" et "de revenir à la génuflexion au moment de la communion en signe de respect", avait-il ajouté.
Les modifications liturgiques introduites par Benoît XVI depuis plusieurs mois vont toutes dans le sens d'un retour à des usages que l'on croyait tombés en désuétude après le grand vent de réformes de Vatican II.
Vingt ans après
Juin 2008 - Abbé Patrick de La Rocque, FSSPX - Extrait de La Croix de Saint-Gilles - mise en ligne par laportelatine.org
Abbé Patrick de La Rocque
Prieur de Toulouse
Ce 30 juin 1988, le champagne coulait de part et d’autre, quoique fort différemment. Au sens littéral du terme, plusieurs évêques de France se retrouvaient autour du cardinal Lustiger pour arroser ce qu’ils considéraient comme la fin du “mouvement lefebvriste”, et par là même de toute résistance traditionnelle. Ils buvaient au triomphe du modernisme. Tout autre était l’allégresse d’Ecône. S’il fallait y parler d’ivresse, c’est de l’ivresse spirituelle des apôtres au jour de la Pentecôte dont il s’agissait. Sur la célèbre pelouse d’Ecône venait de se réaliser “l’opération survie” de la Tradition, de cet immense trésor de l’Eglise menacé par la crise moderniste. Monseigneur Lefebvre venait de sacrer quatre évêques, malgré l’absence de mandat apostolique.
Vingt ans après… Vingt ans n’est rien devant l’histoire de l’Eglise. C’est à l’échelle du siècle que se mesurent les mouvements ecclésiaux. Et pourtant. Vingt ans après, que de fruits magnifiques issus de cet instant ! La seule Fraternité Saint-Pie X est déjà une belle couronne pour l’évêque consécrateur. Les prétendus “spécialistes” de l’époque considéraient que ladite Fraternité se réduirait de moitié, et ne survivrait point à la mort de son fondateur. L’exact inverse s’est produit. La Fraternité Saint-Pie X qui comptait alors moins de 200 prêtres en dénombre aujourd’hui quelque 480, et ses 76 maisons d’alors sont devenues 154. Ces fruits sont importants, il sont une gloire pour l’Eglise.
Du geste de Mgr Lefebvre, beaucoup sont encore redevables. Même s’ils ont parfois tendance à l’oublier, nombre d’Instituts ou de Fraternités lui doivent vie. Qu’ils s’appellent Fraternité Saint Pierre, Institut du Christ Roi ou encore du Bon Pasteur, nul n’aurait d’existence sans les sacres. Certes, ces Instituts ne combattent pas autant qu’ils le pourraient – et devraient – pour le bien de l’Eglise. De Mgr Lefebvre, ils ont hérité la fidélité à la Messe traditionnelle, mais non son amour vrai et pleinement engagé pour le bien de l’Eglise. Le déplorer n’empêche pas de reconnaître que ces Instituts font quelque bien, et ce bien est à placer au palmarès des sacres. Sans ces sacres enfin, point de Motu Proprio, point de reconnaissance du droit pérenne de la Messe de toujours, point de Messe traditionnelle accordée à toute l’Eglise. Il n’a pas manqué de cardinaux pour le reconnaître.
Vingt ans. Vingt ans seulement et déjà tant de fruits ! Il importe de s’en réjouir. Il importe aussi au plus haut point de réaliser que ce ne sont là que des prémisses. En son amour pour l’Eglise, Mgr Lefebvre ne voulait pas seulement que Rome retrouve sa liturgie. Il voulait qu’elle renoue avec sa doctrine, avec sa fierté d’épouse unique du Christ, avec son rayonnement apostolique sur les Cités. Autant de fruits dont il reste à préparer l’avènement. La tâche est belle, mais l’homme n’y œuvrera efficacement qu’à la mesure de son amour pour l’Eglise. A l’instar de Mgr Lefebvre.
Le dossier qui suit [ Voir ICI ] n’est donc pas fait de nostalgie. Appuyé sur les grands textes de l’époque, il entend reprendre les principaux arguments qui poussèrent Mgr Lefebvre à sa décision héroïque. Qu’ils soient historiques, théologiques, moraux ou canoniques, ces arguments doivent devenir nôtres. C’est que la tâche, inachevée, a été remise entre chacune de nos mains. Nous ne la mènerons à bien qu’autant que nous serons animés du même amour éclairé de l’Eglise.  Puisse donc cette lecture instruire et enflammer les nouvelles générations, raviver l’idéal de ceux qui ont vécu ces grands moments.
Si le grain ne meurt, il demeure seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruits (Jn 12, 24). Pour porter ces fruits, il fallut que Mgr Lefebvre meure aux yeux des hommes. Les sacres furent pour lui l’acte de mort de sa réputation comme de son honneur ecclésiastique, aux yeux de ses pairs comme à ceux de cette Rome tant aimée. Les hommes l’excommunièrent, le bannirent, le méprisèrent. Pour avoir réalisé ses sacres épiscopaux. Viendra le jour où l’Eglise reconnaîtra à la face du monde ce que fut cet acte : un acte héroïque d’amour de l’Eglise, fruit d’une foi inébranlable, d’une obéissance audacieuse. Pour ce seul acte, l’Eglise pourrait élever Mgr Lefebvre sur ses autels. Elle le fera, j’en suis sûr. Dans vingt ans ?
Abbé Patrick de LA ROCQUE
Extrait de La Croix de Saint-Gilles - Numéro hors série