9 septembre 2008

Notre Supplique au Saint-Père
9 septembre 2008 - lettre 142 - paixliturgique.com
Voici la supplique que nous adressons au Saint-Père à l'occasion de sa venue en France. Nous le prions humblement d'entendre ses fideles enfants qui l'implorent pour que bientôt ils puissent bénéficier, dans toutes leurs paroisses des bienfaits du motu Proprio Summorum Pontificum

Très Saint-Père

Ce sont des fils dévoués, œuvrant de tout cœur pour que le plus grand nombre de fidèles bénéficient directement ou indirectement des dispositions du Motu proprio Summorum Pontificum, qui s’adressent ici à Votre Sainteté avant son voyage en France, pour lui exprimer toute leur reconnaissance.

Oui, nous rendons grâce pour cet acte du Successeur de Pierre, particulièrement apte à procurer à l’Église de France une paix, et donc une vigueur renouvelée.

Nous adhérons ainsi pleinement à l’intention que vous avez manifestée en le promulguant : favoriser une pleine réconciliation des catholiques et restaurer ou faire croître leur communion, qu’il s’agisse d’une communion « horizontale » entre fidèles de toutes tendances, mais aussi d’une communion « verticale » de ces mêmes fidèles avec la totalité de leur héritage, spécialement de leur héritage liturgique.

Nous constatons que, chaque fois que le Motu Proprio a été reçu sans réserve dans les paroisses et dans les diocèses, il a produit les fruits d’une véritable paix. Il apparaît clairement que la liberté retrouvée de la « forme extraordinaire » du rite romain ne peut qu’engendrer :

- Une croissance du sens du sacré dans l’ensemble de la liturgie célébrée aujourd’hui : les prêtres qui usaient de la forme ordinaire et qui pratiquent désormais aussi la forme extraordinaire, attestent qu’ils célèbrent mieux la forme ordinaire, et ils appellent souvent de leurs vœux une prudente et progressive « réforme de la réforme ».

- Un apport conséquent en vocations, car force est de constater que la pratique du rite traditionnel engendre un nombre toujours plus grand de vocations sacerdotales et religieuses, alors que dans le même temps la plus grave des crises frappe presque tous les séminaires diocésains et régionaux français .

- Un bénéfice doctrinal, dans la mesure où la diffusion du rite traditionnel aide tout naturellement – les témoignages sacerdotaux l’affirment – à délivrer une catéchèse sans rupture. Lex orandi, lex credendi : s’il convient, comme vous l’avez rappelé, que le magistère le plus récent soit interprété « en continuité » avec la tradition, le Motu Proprio, qui rend vivante et actuelle in medio Ecclesiae, la tradition liturgique romaine, n’est-il pas une garantie, pour ainsi dire existentielle, de cette continuité ?

- Un providentiel moyen, dans les paroisses qui abritent les deux formes de célébration et dans les diocèses qui comptent des paroisses de rite traditionnel au milieu des autres, de faire vivre ensemble des fidèles de diverses sensibilités : l’expérience prouve que les ruptures cultuelles établissent à la longue des ruptures culturelles, les hiatus ainsi créés entre les mentalités et les manières d’être catholiques devenant en pratique plus difficiles à dépasser de part et d’autre que les cassures doctrinales.

-Un élan pour la mission : la situation de l’Église de France, en passe de devenir une Église sans prêtres, exige l’union de tous pour redonner vigueur à la diffusion de l’Évangile et commande de ne plus marginaliser les fidèles qui pratiquent selon la forme extraordinaire, dès lors qu’ils constituent l’une des composantes les plus jeunes du catholicisme français (assemblées dominicales, familles, écoles, mouvements d’Église).

- Un encouragement pour les prêtres, malheureusement de moins en moins nombreux, mais dont les aspirations, au fur et à mesure que montent les générations nouvelles, se retrouvent dans ce que représente la réception du Motu Proprio, à savoir un critère d’adhésion aux vues liturgiques et doctrinales du Pape.

- Une stimulation enfin pour les évêques de France, dont un certain nombre se sont trouvés dans un premier temps psychologiquement bousculés par cet acte pontifical, mais qui sont poussés par la dynamique de laquelle il participe à devenir des pasteurs pleinement en phase avec l’esprit nouveau qui se diffuse chez leurs prêtres.

Nous sommes en résumé convaincus que, si un prétendu « esprit du Concile » a trop souvent été invoqué pour couvrir dans notre pays une avalanche d’abus mortifères, un véritable « esprit du Motu Proprio », esprit de paix et de reconstruction, esprit de mission et de réconciliation, peut aujourd’hui contribuer à redonner force et espérance à l’Église de France.
C’est dans ces sentiments de gratitude et d’engagement au service de l’Église, qu’au sein de tous les catholiques de notre pays qui vont se réunir in unum autour de Votre Sainteté, nous recevrons le message qu’Elle vient leur apporter au nom de Jésus-Christ.

Le Mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l'Eglise au nom des centaines de milliers de familles qui en France et en Europe désirent vivre leur Foi Catholique en pleine communion avec l'Eglise au rythme de la forme extraordinaire du rite romain
Communiqué de la FSSPX (district de France) à l'occasion de la visite de Benoît XVI
9 septembre 2008 - Abbé Régis de Cacqueray-Valménier - laportelatine.org
A l’occasion de la visite en notre pays du Souverain Pontife, nous l’assurons de notre attachement indéfectible au Siège apostolique. Nous nous réjouissons que le pape Benoît XVI, en ce cent-cinquantième anniversaire des apparitions de Lourdes, si chères au cœur de tout Français et de tout catholique, vienne se recueillir devant la Grotte. Par le chapelet et le rosaire, prions la Très Sainte Vierge Marie pour que le successeur de Pierre, en cette époque terriblement difficile où il doit assurer le gouvernement de l’Église, puisse trouver à Lourdes la lucidité et la force pour reconnaître, dénoncer et extirper les erreurs conciliaires qui sont, pour l’essentiel, à l’origine de la crise de l’Église. Prions pour que la Foi catholique, hors de laquelle nul ne peut être sauvé, soit rendue aux âmes et que le Christ Roi règne de nouveau sur les pays et les sociétés.
Abbé Régis de Cacqueray-Valménier
Supérieur du District de France

8 septembre 2008

L'IBP a deux ans
8 septembre 2008 - institutdubonpasteur.org
Ils sont nombreux, comme vous, à me réclamer des nouvelles de notre Institut. Je prends occasion de notre anniversaire pour satisfaire un brin cette légitime curiosité. Ce lundi 8 septembre, cela fait deux ans, deux petites et courtes années, que le Pape Benoît XVI a érigé l’Institut du Bon Pasteur. Nous lui en sommes gré, comme au premier jour et même bien plus, de cette décision magnifique et tâchons de nous montrer dignes de la confiance ainsi manifestée.
Que de chemin parcouru depuis ! L’Institut est passé de cinq prêtres à 18, bientôt 22 avec les ordinations du 11 octobre prochain, sans doute 24 au printemps 2009. Sans compter quelques autres qui, sans y être incardinés, travaillent à ses côtés. Semblablement il est passé de zéro séminariste à 30 aujourd’hui, répartis sur nos deux séminaires de Courtalain pour la Philosophie et Rome pour la Théologie. Ce deuxième anniversaire sera marqué par mise en place d’une propédeutique à la vie religieuse féminine puisque 4 postulantes arrivent ce jour même. En plus de Saint Eloi, notre paroisse personnelle et maison mère, du Centre Saint-Paul et de la chapelle du Bon-Jésus à Marseille, nous avons « ouvert » deux dessertes paroissiales, en l’église de Courtalain et en celle de Rolleboise. Nous avons deux écoles, Saint Benoît à Fontenay, simple primaire et un beau collège à Bordeaux. Nos deux implantations américaines, Santiago au Chili et Bogota en Colombie, fonctionnent parfaitement. Nombre de projets sont en cours, que la prudence m’interdit de préciser. C’est plutôt des prières qu’il y faut…
Reste qu’en moins de deux ans, c’est un très bel exorde que le Seigneur a permis et qu’Il en soit loué et béni !
A cet égard, il ne faut pas comparer les incomparables, s’il vous plait. D’aucuns s’étonnent (ou plutôt font semblant de s’étonner, parce qu’un échec du Bon Pasteur les réjouirait profondément) de ce que les « ouvertures » sur de nouveaux ministères ne se multiplient guère. Je réponds que c’est normal, et même souhaitable pout l’instant. Que les évêques, français en particulier, ne se bousculent pas pour nous ouvrir des portes… est certain. Que l’un ou l’autre, pour des raisons inconnues, refuse de nous inscrire dans la charité de celui qui y préside (selon la merveilleuse formule de Saint-Irénée parlant du Pape) reste mystérieux. En revanche, qu’un Institut de même pas deux ans d’existence n’ait pas déjà multiplié les têtes de pont est parfaitement normal et même, disais-je souhaitable. Il convient d’abord d’asseoir la formation, des séminaristes et des jeunes prêtres aussi, avant de les envoyer imprudemment un peu partout, sans encadrement ni expérience. Quand on songe à la somme de prières, de sacrifice, de temps et …d’argent pris sur la générosité des fidèles, que représente un jeune prêtre, le devoir des supérieurs est gravissime à cet égard.
Rappelez-vous seulement que la Fraternité Saint-Pierre a 20 ans d’existence.
Rappelez-vous aussi que la Fraternité Saint-Pie X a 38 ans d’existence.
Je connais assez bien cette dernière, figurez-vous. Malgré le prestige incomparable de son fondateur et son mérite éclatant, en 1972, quand son œuvre a justement deux ans, elle consiste dans le séminaire d’Ecône (une quarantaine de séminariste alors) et la maison de Suresnes avec le seul abbé Cottard. Ce n’est qu’avec les ordinations de 1976 à 1979 que le prélat va pouvoir commencer d’essaimer. En France d’abord et aux prix de difficultés et d’épreuves considérables.
Quand je décide de rappeler l’abbé Perrel du Brésil, je préserve l’Institut. Nous étions partis là-bas dans un but précis : les vocations sacerdotales nombreuses qui s’y dessinaient. Effectivement nous avons à Courtalain une petite dizaine de bonnes vocations venues par ce canal. Deo gratias. Mais quand le Professeur Fedelli, chef du groupe Montfort, ancien de la très anticléricale T.F.P. décide (et réussit) d’écarter toutes ces vocations potentielles parce que nous pensons évidemment qu’il appartient aux clercs de former les clercs, et qu’il affiche alors notoirement son intention de « noyauter » l’I.B.P. au moyen de ces candidats, la source est tarie, empoisonnée même, et notre présence là-bas n’a plus aucun sens. Nous avons trop besoin de notre vaillant abbé Perrel, et nous l’apprécions trop, pour le laisser seul contre tous, sans toit ni couvert, à une mission impossible.
C’est donc pour quelques années que notre Institut est en fondation ! Sa mission primordiale n’est pas d’ouvrir partout, tout de suite et à n’importe quel prix. Il est dans la formation des clercs et dans le témoignage propre de notre Institut concernant la doctrine et la liturgie. Une solide revue théologique verra bientôt le jour et mènera ces débats de la continuité que le Pape lance de son Autorité Souveraine. L’Institut est aussi le creuset de l’accueil : du sort qui nous sera fait dans les prochaines années dépend l’avenir de l’unité de l’Eglise…Qu’on le veuille ou non, c’est de ce traitement que la réconciliation aura lieu ou non, qu’elle est même souhaitable ou non. Je ne divague pas, je mesure mes propos. Des deux côtés, on se complait dans la crise. Notre différence ? Nous voulons en sortir !
Les années qui viennent seront décisives ; on ne pourra pas confier encore et encore des paroisses supplémentaires à ces prêtres qui en ont déjà 20 ou 30. Les prêtres diocésains, formés dans les diocèses, vont devenir minoritaires (c’est déjà comme cela bien souvent) par rapport à ceux des Instituts, toutes tendances confondues. Il y aura forcément une recomposition du clergé, des formations, des affectations, des choix. Tâchons simplement d’être à pied-d’œuvre pour ces temps inéluctables, dans la qualité plus que la quantité, dans le « sustinere » plus que l’ « aggredi », dans la fidélité active plus que la satisfaction passive. Que ces années de labours et de semences ne nous soient pas reprochées quand viendra l’heure de la moisson.
Pourquoi le Pape renoue avec la liturgie traditionnelle
08/09/2008 - Jean-Marie Guénois - lefigaro.fr
Pourquoi le Pape renoue avec la liturgie traditionnelle Par Jean-Marie Guénois, envoyé spécial à Rome
08/09/2008

Les catholiques découvriront samedi aux Invalides le retour de pratiques oubliées.
Dans la sacristie, il est celui qui veille aux vêtements liturgiques de Benoît XVI. Le pape entre, ils échangent un sourire, déjà concentrés sur la messe que le successeur de Pierre se prépare à célébrer. Mgr Guido Marini, jeune prélat italien de 43 ans, est le maître des célébrations liturgiques pontificales. Son visage d'enfant laisse entrevoir un regard très précis. Nul détail ne semble lui échapper. Mince, de haute taille, il aide avec respect le pape à revêtir ses ornements. Vient alors un temps de prière. La messe peut commencer.
Samedi matin, derrière l'autel installé sur l'esplanade des Invalides, Mgr Guido Marini aidera de la même manière Benoît XVI. En octobre 2007 celui-ci a nommé le jeune prélat à ce poste plus que sensible. Il est en charge de régler, à la seconde, les messes du pape : du choix des habits et accessoires liturgiques aux chants, sans oublier celui des calices et jusqu'aux attitudes du corps. C'est le style formel de la célébration de l'eucharistie qui repose entre ses mains. Quand on sait l'attachement de Benoît XVI pour la belle liturgie, il n'a pas pu choisir au hasard celui qui a remplacé un autre Marini, Piero Marini, dont le visage est plus connu puisqu'il fut le maître des célébrations de Jean-Paul II pendant une vingtaine d'années. En effet, le cérémoniaire (autre dénomination) est toujours à deux pas du pape pendant les grandes célébrations.
Une croix au centre de l'autel
Un poste exposé donc, médiatiquement et plus encore ecclésialement. Le jeune Guido Marini en sait quelque chose. Depuis quelques mois, il concentre sur lui des louanges mais aussi des critiques. Il incarnerait le retour de la tradition. En cause, des «innovations» liturgiques pour la messe du pape, qui sont toutes des reprises d'éléments oubliés ces dernières années. Mais il est vrai qu'en matière de liturgie le moindre symbole est lourd de sens.
Ainsi les Parisiens, samedi matin, et ceux qui suivront la messe de Lourdes, dimanche et lundi matin, ne seront pas surpris de voir que le Pape donnera la communion dans la bouche à des fidèles agenouillés, sauf évidemment si la personne en est physiquement empêchée. Que Benoît XVI, autre exemple, ne porte plus systématiquement le fameux bâton pastoral en argent de Jean-Paul II, un christ en croix, œuvre de Lello Scorzelli réalisée dans les années 1960 pour Paul VI, mais une croix grecque sans crucifié qui fut à la main de Pie IX (pape de 1846 à 1878). Qu'une imposante croix sera de retour au centre de l'autel elle avait été retirée, sous Jean-Paul II, pour une question d'images de télévision. Que les milliers d'hosties consacrées seront contenues dans des ciboires en métal précieux et non en terre cuite. Il faudrait également citer l'utilisation, pour de grandes fêtes, de mitres papales anciennes, richement parées et qui dormaient parmi les trésors du Vatican. Et l'usage, en certaines circonstances, du trône pontifical…
Autant de «nouveautés» qui rassurent certains mais inquiètent une partie de l'Église, quand elles n'agacent pas ceux qui dénoncent là «un retour en arrière». On raconte même que certains ont été quelque peu choqués par ces requêtes, quand Mgr Guido Marini est venu préparer à la mi-juin le voyage du Pape de cette semaine. Avec, en particulier, la question de la communion dans la bouche et à genoux.
Si Mgr Guido Marini n'est pas pour rien dans ces évolutions, ce serait mal connaître le fonctionnement du Saint-Siège que d'imaginer qu'il en soit l'unique responsable. D'autant qu'il existe dans l'Église catholique un «ministère» en charge de ces questions : la congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements. S'il conseille, le pape décide. C'est donc bien Benoît XVI qui souhaite ce nouveau cours. Le choix de ce maître des célébrations liturgiques pontificales lui a été conseillé par son secrétaire d'État, le cardinal Tarcisio Bertone, le numéro 2 du Saint-Siège, dont Mgr Guido Marini était le cérémoniaire quand il était archevêque de Gênes, prêtre remarqué là-bas pour son rayonnement pastoral, d'un tempérament doux et attentif à chacun, qualités qu'il n'a pas perdues à l'évidence au Vatican. Il est titulaire d'un double doctorat en droit, civil et canonique, et d'une licence en psychologie de la communication.
Dans son bureau lumineux du Vatican, à l'angle de la place Saint-Pierre, Mgr Marini explique : «Benoît XVI veut souligner que les normes de distribution de la communion dans l'Église catholique sont toujours en vigueur. On a oublié en effet que la distribution de la sainte communion dans la main est liée à un indult une exception, pourrait-on dire, accordée par le Saint-Siège aux conférences épiscopales qui en font la demande.» Il reconnaît que Benoît XVI a une «préférence» pour la communion dans la bouche mais que «l'usage de cette modalité n'enlève rien à l'autre modalité, recevoir l'hostie dans la main». En revanche, observe-t-il, «recevoir l'hostie dans la bouche met en lumière la vérité de la présence réelle dans l'Eucharistie, elle aide la dévotion des fidèles et introduit plus facilement au sens du mystère. Autant d'aspects qu'il importe aujourd'hui de souligner et qu'il est urgent de retrouver». Rien donc d'une fantaisie papale. Ces évolutions de formes liturgiques s'inscrivent dans une vision très nette de Benoît XVI et explicitement exprimées à Rome chez plusieurs interlocuteurs proches de lui : «Réaliser, à terme, une synthèse liturgique entre la messe de Paul VI et ce que la tradition peut lui apporter comme enrichissement».
Quant à la méthode pour y parvenir, elle refuse les sentiers d'une nouvelle guerre liturgique, mais elle entend reposer sur «la pédagogie» et «la patience». Toujours selon les tenants de ce dossier, le Pape entend combler «par l'exemple» des «carences» qu'il a toujours dénoncées depuis les années 1970 : le manque de «recueillement» et de «silence» ; la perte du «sens du sacré», ce qu'il appelle aussi le sens «cosmique» de la célébration liturgique où, selon la théologie catholique, et aussi orthodoxe d'ailleurs, «Dieu lui-même, par l'incarnation de son Fils, se rend réellement présent dans l'hostie consacrée».
«Servir le sens du sacré»
Mgr Guido Marini est formel : «Il ne s'agit pas d'une bataille entre anciens et modernes, encore moins entre préconciliaires et conciliaires. Ce genre de problématique idéologique est aujourd'hui dépassée. L'ancien et le nouveau appartiennent au même trésor liturgique de l'Église. La célébration liturgique doit être lacélébration du mystère sacré, du Seigneur crucifié et ressuscité. À nous de trouver, dans le patrimoine de la liturgie, une continuité pour servir ce sens du sacré.» Et il fait remarquer, au passage, que beaucoup se focalisent sur les quatre ou cinq évolutions de ces derniers mois sans voir qu'il travaille tout autant avec «l'héritage» de ses prédécesseurs, dont Mgr Piero Marini. «Il n'y a pas de rupture avec ce qui se faisait avant», assure-t-il. Quant à l'usage du trône pontifical ou d'anciennes mitres, il n'est pas systématique : ils sont utilisés «uniquement en certaines solennités».
Pas de rupture certes, mais ce mouvement de réforme douce de la liturgie, pour symbolique qu'il soit dans ses apparences, est solidement ancré dans la pensée de Benoît XVI. Il n'en a jamais rien caché avant de devenir pape. Dans ses Mémoires, Ma Vie, Souvenirs 1927-1977, publié il y a dix ans en France chez Fayard, Joseph Ratzinger annonçait la couleur en relatant la réforme liturgique du concile Vatican II qu'il avait vécue à l'âge de 40 ans : «J'étais consterné, écrit-il, de l'interdiction de l'ancien missel, car cela ne s'était jamais vu dans toute l'histoire de la liturgie (…). Une réconciliation liturgique qui reconnaîtrait l'unité de l'histoire liturgique, et verrait en Vatican II non une rupture mais une étape, est d'une nécessité urgente pour l'Église. Je suis convaincuque la crise de l'Église que nous vivons aujourd'hui repose largement sur la désintégration de la liturgie (…) Nous avons besoin d'un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage du concile Vatican II.» Comme le dit un fin connaisseur de la vie romaine, le P. Federico Lombardi, un jésuite expérimenté qui dirige Radio Vatican et la salle de presse, il faut se méfier «des interprétations» qui conduiraient à considérer ces évolutions comme une révolution. Mais tout laisse penser que ce «nouveau mouvement liturgique» est bel et bien lancé. Benoît XVI n'envisage pas de le diffuser par voie réglementaire, mais par la force de l'exemple.

6 septembre 2008

La Fraternité sert-elle un thé trop léger ?
6 septembre 2008 - Mgr Williamson - dinoscopus - version française: leforumcatholique.org
A un laïc qui lui demandait si on doit - ou on peut - assister aujourd'hui à la Messe (rit traditionnel) d'un prêtre ordonné en 1972 avec le nouveau rituel d'ordination de 1968, un prêtre de la FSSPX a répondu que la Fraternité "ne le conseillerait pas". Le laïc a trouvé que cette réponse était "trop faible pour être le dernier mot sur la question". Son souhait d'avoir des réponses plus fermes est certainement partagé par beaucoup d'âmes qui souffrent de l'actuelle confusion qui nous environne.

Pourtant il n'est pas toujours possible de donner des réponses limpides. Quand un objet est gris, on ne peut pas dire qu'il soit noir ou blanc. Quand l'aube point, on ne peut dire si c'est le jour ou la nuit, parce que c'est entre les deux. Quand la vérité est source de confusion, il demeure plus important de la dire que d'essayer d'être clair (à tout prix). Hélas, avec les ordinations comme avec les messes du Novus Ordo, il ne fait pas de doute qu'elles sont de plus en plus invalides à mesure que les marques de l'Eglise pré-conciliaire s'évanouissent de plus en plus dans le passé, mais même aujourd'hui on ne peut véritablement dire que tous les sacrements conférés avec le Novus Ordo sont automatiquement invalides.

Un sacrement pour être valide requiert la validité de la forme, de la matière et de l'ordination du ministre. En 1972 il est raisonnable de supposer (on peut toujours vérifier) que l'évêque qui a ordonné et son intention sacramentelle étaient toujours catholiques. La forme du rituel de 1968 pour l'ordination sacerdotale comporte (même en anglais) tous les éléments nécessaires à sa validité. Et on peut supposer que l'évêque a imposé les deux mains sur la tête du futur prêtre, ce qui veut dire que la matière y était. Pour une ordination similaire en 2002, la nécessité de vérifier les éléments exigés pour la validité est inconstestablement plus forte, mais pour une ordination de 1972, certainement le fait pour le prêtre de la FSSPX de s'abstenir de prononcer une claire condamnation était raisonnable.

Néanmoins il a déclaré que la Fraternité "ne conseillerait pas" l'assistance à la Messe (traditionnelle "tridentine") d'un tel prêtre et certainement cela est aussi raisonnable. Mise à part la possibilité très faible (en 1972) que l'ordination ait été invalide, la Messe en question est célébrée dans un cadre qui est celui du Novus Ordo, susceptible d'affaiblir la foi catholique de ceux qui y assistent. Cependant, à moins qu'un prêtre connaisse personnellement ce célébrant et sa manière de célébrer la Messe traditionnelle, il doit laisser aux catholiques qui le connaissent le soin de juger si cette manière de célébrer est de nature à nourrir ou à miner la foi des catholiques. Sans doute tous les prêtres du Novus Ordo aujourd'hui qui choisissent la Messe traditionnelle ne le font pas dans le but d'amener les âmes à accepter Vatican II. Au contraire.

Dieu tout puissant, nous vous supplions, ramenez l'ordre dans votre Eglise ! Kyrie eleison.

5 septembre 2008

Mgr Vingt-Trois : «L'Église de France vit une transition »
05/09/2008 - Jean-Marie Guénois - lefigaro.fr
Mgr Vingt-Trois : «L'Église de France vit une transition »  À une semaine de la visite de Benoît XVI en France, l'archevêque de Paris revient sur les principaux enjeux de ce voyage.

LE FIGARO. Le Pape redoute-t-il ce voyage en France ? Entre l'Église de France et lui notamment quand il fut préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi le climat était plutôt marqué par la défiance.
Mgr André Vingt-Trois. Il connaît très bien la France et prend ce voyage au sérieux. De la même façon qu'il a pris au sérieux ses déplacements aux États-Unis et en Australie. Il n'est pas plus préoccupé par la France qu'il ne l'était par les États-Unis, où la partie n'était pas gagnée. L'enjeu est bien dans cette rencontre réelle du Pape avec les catholiques français. Beaucoup ont en effet une image caricaturale de Benoît XVI.
Il arrive au terme de neuf mois, marqués, à la suite du discours du Latran, par une résurgence du débat sur la laïcité. Va-t-il revenir sur ce thème ?
Je ne suis pas sûr que cette question de la laïcité ait aujourd'hui toute l'importance que vous lui accordez. Il y a eu quelques déclarations un peu froides sur la visite du Pape mais on ne peut pas appeler cela un combat de laïcité.
Le discours de Nicolas Sarkozy au Latran a tout de même embarrassé une partie de l'Église de France…
Je n'ai pas été du tout gêné par ce que le président a dit, au contraire. Et je parle ici en tant que président de la Conférence des évêques. Le discours du Latran comme le discours de Riyad s'inscrivent dans le contexte de la réflexion du président de la République qui n'est pas une découverte puisqu'il l'avait publiée trois ans avant. L'événement novateur est qu'il expose cette conviction dans sa fonction de président de la République. Il y a deux interprétations possibles. Pour les uns, ses propos relèvent d'une stratégie politique, à la façon  pour le dire de manière caricaturale  de Bonaparte en 1802 qui instrumentalisait la religion pour progresser dans la société française. Pour d'autres, c'est un registre philosophique : il considère qu'une société démocratique ne peut pas exister sans référence transcendante. Ce que Régis Debray avait dit, il y a quinze ans. Personnellement, je penche pour la deuxième interprétation. Certes les discours du président Sarkozy ne sont pas indemnes de calcul politique mais, à ce que je sais, ils correspondent à des convictions personnelles.
L'Église catholique n'a pas encore répondu à ces discours, Benoît XVI va-t-il le faire ?
Ces discours étaient d'abord adressés à la société et non à l'Église. Nous n'avons pas d'autre réponse à faire que d'enregistrer avec satisfaction que l'on peut être chrétien et citoyen sans être obligés de dissimuler son appartenance chrétienne. Pas plus d'ailleurs que son appartenance juive ou musulmane.
À propos des musulmans, le Pape arrive en France en plein ramadan, et deux ans, jour pour jour après l'affaire de Ratisbonne et son discours qui enflamma le monde musulman. Dans un pays où la communauté musulmane est importante va-t-il évoquer le thème de l'islam ?
Je n'ai pas discuté de cela avec le Pape, ce qui ne veut pas dire qu'il n'en dira rien. Ce qui est prévu est une rencontre avec les représentants de la communauté musulmane aux Bernardins. Eux s'en réjouissent et moi aussi.
N'y a-t- il y a pourtant une différence de traitement ? Le Pape reçoit à part, à la nonciature, les représentants de la communauté juive, et les musulmans, avec les autres religions, au Collège des Bernardins.
Cette différence de traitement est incontournable. Elle est liée au fait que la rencontre des Bernardins aura lieu, vendredi prochain en fin d'après-midi, et que le shabbat commence à ce moment-là.
Pourquoi attachez-vous une telle importance à cette rencontre du Collège des Bernardins où le Pape va s'adresser à 700 représentants du monde de la culture ?
Ce rendez-vous offre une représentation symbolique du christianisme dans la société. Les chrétiens, les catholiques, sont quotidiennement immergés dans un milieu social et humain qui est traversé par des croyances différentes et par les non-croyances. Il faut vivre avec et deux attitudes sont possibles : se retrancher derrière un pont-levis ou aller à la rencontre des autres convictions et de leurs projets à l'égard de la société. J'ai donc proposé au Pape qu'il nous donne, par sa présence et son discours, l'exemple même de cette capacité chrétienne de rencontre et de dialogue. Ce qui est l'intention même du projet des Bernardins.
Vous n'avez jamais caché vos doutes sur la situation de l'Église de France. Sur quels points pastoraux le Pape devrait-il insister ?
La mentalité et le moral de l'Église de France après le pontificat de Jean-Paul II n'ont rien à voir avec le temps de ses débuts. Ce quart de siècle n'est pas une dégénérescence. Il suffit de se souvenir de l'ambiance autour du premier voyage de Jean-Paul II en 1980… En 28 ans l'état de l'Église de France n'a pas empiré ! Elle n'est pas devenue un cimetière de décombres… Nous traversons certes une période difficile depuis les années 1970 et j'attends du Pape qu'il nous encourage à affronter cette situation avec espérance et confiance. En sachant que nous devons, nous, affiner notre capacité à formuler des objectifs et à assumer un deuil.
Un deuil ?
Nous quittons une structure ecclésiale du XIXe siècle et cela ne va pas sans souffrances. Les villageois qui avaient l'expérience d'une église pleine tous les dimanches et qui ont aujourd'hui une messe tous les deux mois dans une église aux trois quarts vide, le savent. Cela ne veut pas dire que l'Église est morte, elle vit une transition.
Et les objectifs ?
Intensifier tout d'abord l'expérience spirituelle. Les chrétiens ne peuvent pas assumer les enjeux et les conflits de la vie de notre société s'ils ne sont pas profondément enracinés spirituellement. Que notre Église, ensuite, soit motivée pour témoigner de l'espérance. Elle doit dire que l'humanité n'est pas enfermée dans une fatalité, économique, écologique, politique. Enfin, troisième objectif, il nous faut renouveler une prédication de l'appel pour la vie sacerdotale et religieuse mais aussi pour l'engagement apostolique de tout chrétien.
Il y aura un an, le 14 septembre, un motu proprio, décidé par le Pape pour normaliser l'usage de l'ancien missel de la messe en latin, entrait en vigueur. Le Pape va-t-il revenir sur ce thème qui n'est pas digéré en France ?
Avec ce motu proprio l'intention du Pape était de travailler à l'unité de l'Église. Il refuse qu'une situation historique de fracture se fossilise. Sa mise en œuvre pratique n'est pas facile mais, depuis un an, pour un certain nombre de situations, le climat s'est amélioré, même s'il s'est exacerbé pour d'autres. Tout cela demandera du temps : on ne digère pas trente ans d'histoire en douze mois. Je ne sais pas si le Pape va en parler, je sais seulement que le signe le plus explicite sur le sujet va être le fait de concélébrer avec les évêques de France, en communion dans une même liturgie.

4 septembre 2008

Les deux ans de l’IBP : un bilan
4 septembre 2008 - terredechretiente
Les deux ans de l’IBP : un bilan  Il y a deux ans, le cardinal Dario Castrillon Hoyos créait ad experimentum au nom de la commission Ecclesia Dei l’Institut bordelais du Bon Pasteur (IBP), dirigé par l’abbé Philippe Laguérie. Les médias s’étaient emparés de la nouvelle. France Info, les télévisions d’information, les quotidiens nationaux avaient relayé médiatiquement la nouvelle. Après des mois de lutte fratricide, les traditionalistes de Paris et de Bordeaux se séparaient ostensiblement. Le Figaro regardait avec amusement l’embarquement des « tontons flingueurs de la Tradition ». Quant à la Fraternité Saint-Pie X, elle publiait un communiqué sobre, indiquant que de telles structures, à l’instar de l’oratoire allemand Saint-Philippe Néri, avaient déjà été créées par le passé. « L’avenir dira ce qui distingue le nouvel institut des initiatives précédentes » terminait-elle assez laconiquement. Deux ans se sont écoulés. Le nouvel institut avait annoncé sa conquête tous azimuts et sa réussite sur le point de litige d’avec son ancienne formation : les séminaires. Entretemps, le pape a publié le Motu Proprio Summorum pontificum. Le recul de ces deux années peut désormais permettre de tirer un bilan provisoire de cet institut.

Echec de la conquête des diocèses

Il y a deux ans, l’IBP tenait ses ouailles en haleine. Sous le regard amusé des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre échaudés par le terrain, les nouveaux conquérants prédisaient un vent nouveau. Des dizaines de diocèse devaient s’ouvrir à la nouvelle société religieuse. Les jours se sont suivis et se ressemblaient. « Dans les mois à venir, je compte prendre des R.V. avec les évêques, disait l’abbé Philippe Laguérie, pour nous faire connaître et étudier avec eux la possibilité de paroisse personnelle sur le modèle de saint Eloi. » De nouveau Saint-Éloi, il n’y en eut pas. D’accord avec les évêques de France, si l’on excepte les faits accomplis de Bordeaux et de Courtalain, il n’y eut que le cas isolé et partiel de Rolleboise. A Avignon, ce fut même un interdit qui pèse toujours sur l’Institut qui fut signé par l’archevêque Cattenoz. Ailleurs, la plupart des évêques qui voient dans les abbés Laguérie et de Tanoüarn l’homme des « occupations » et celui des journaux nationalistes, n’ont pas même daigné recevoir le supérieur général de l’IBP. A Paris et Marseille, malgré l’allégeance des prêtres de l’IBP, leurs dessertes du Centre Saint-Paul ou du Bon Jésus ont le statut de « chapelles sauvages ».

La situation étrangère n’est pas meilleure. A Rome, le cardinal Castrillon Hoyos a du moins étendu sa protection pour maintenir l’appartement qu’occupent les séminaristes de l’Institut se formant dans les universités théologiques romaines, aux canons des tenants de Vatican II leur enseignant. Même dans sa patrie, en Colombie, l’IBP a reçu une interdiction formelle de s’implanter signée par le primat. Au Chili, le supérieur Navas a dû s’éclipser, perdant son vicaire qui quittait l’Institut. Quant au Brésil, les conquêtes qui devaient porter des « centaines » de séminaristes se sont soldées par la fermeture – au bout de six mois – d’une maison qui s’est cassée les dents sur une association liée à la TFP.

Echec des séminaires

Si l’on s’en souvient bien, on se rappellera que l’affaire de Bordeaux est née d’un rapport suscité par l’abbé Laguérie pour dénoncer une gestion trop sélective des séminaristes de la Fraternité Saint-Pie X. L’IBP était censé faire mieux pour prouver sa raison même d’exister et la procédure de récupération des ressortissants d’Écône et de Wigratzbad marcha un temps. Avec les recrues brésiliennes, Courtalain devait approcher la quarantaine à la rentrée 2007. La valse des directeurs – trois en moins de deux ans – les accrochages du corps professoral, les différends des deux dirigeants, le renoncement au projet de séminaire latino-américain, l’incapacité à confier de nouveaux apostolats et l’érosion forcée des séminaristes retombant à moins de vingt affaiblit considérablement l’Institut courant 2008. L’abbé Laguérie interrompit la politique des statistiques à laquelle il s’était initialement tant adonné.
Du côté des prêtres, les « tontons flingueurs » ne se sont pas envoyés que des fleurs. Les distances tacites ou contraintes prises par les abbés Aulagnier et Héry, le départ de l’abbé Cecchin, la mise au vert de l’abbé Prieur ne sont pas forcément des signes prometteurs pour une équipe unie de dirigeants.

Echec du pont entre Rome et la Fraternité

« J’aurais sans doute préféré commencer l’année 2008 par des propos plus amènes. » disait sur son blog l’abbé Laguérie pour légitimer une diatribe de plus. Deux mille huit comme les années précédentes s’est révélée être un temps de destruction systématique de tout propos pouvant provenir des évêques de la Fraternité comme des autres prêtres la dirigeant, sous couvert d’amour pour elle. A l’aide de leurs blogs respectifs, il semble que les abbés Philippe Laguérie et Guillaume de Tanoüarn ont systématiquement détruit toute la sympathie que pouvaient nourrir les prêtres et fidèles de la FSSPX à leur égard. Des appellations familières et usant à l’envie d’amalgame du premier au « flic helvétique » dénoncé par le second, les dirigeants de l’IBP ont perdu leur temps en sombrant dans la rancœur encore déversée dans l’éloge funèbre d’Yves Amiot. A défaut des résultats annoncés, des statistiques promises, il faut se résigner à se replier sur les fondamentaux, sur ce qui fit le succès de l’affaire de Bordeaux : réunir toutes les rancœurs contre la Fraternité pour créer un front commun : « Elle dérive, elle gère mal sa politique, elle vit en vase-clos », telle sont les genres de conseils de deux prêtres médiatiques à leurs cinq-cents anciens confrères pour masquer les misères de leur déroute.

Echec de la critique constructive de Vatican II

Le 8 septembre 2006, l’abbé de Tanoüarn publiait un communiqué affirmant que l’Institut était invité à formuler une « critique constructive de Vatican II. » Cette sentence – en l’état – constituait un bouclier doctrinal pour tous ceux qui pensaient que le combat de la Tradition dépassait la question liturgique. Etonnamment, les statuts de l’Institut sont restés méconnus. Passés inaperçus, les détails apportés par le cardinal Ricard montrèrent six mois plus tard que les fondateurs de l’IBP avaient signé une formule qui comportait aussi une partie principale beaucoup moins exigeante : « A propos de certains points enseignés par le Concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui nous paraissent difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège Apostolique, en évitant toute polémique.»

Ailleurs, les études qui devaient naître, des catéchismes du diocèse de Bordeaux aux travaux de l’abbé Héry, en passant par la critique en ligne du Concile par l’abbé Laguérie sont demeurées lettre morte. Au milieu du silence prudent qu’observaient les leaders des autres communautés Ecclesia Dei, les abbés Laguérie et de Tanoüarn se firent les uniques chantres de la modification controversée de la prière sur les Juifs du Vendredi Saint. Sur le site du Forum catholique, le second est devenu le légitimateur systématique, à la vie à la mort, de toute déclaration en provenance de Rome. Sur le terrain, il est devenu celui de la nouvelle messe, en prêchant aux obsèques selon le rite de Paul VI de Pierre Pujo ou en assistant à la messe chrismale du Jeudi Saint, et ceci sans réaction de son supérieur. A de nombreux égards, l’IBP apparaît désormais comme l’aile la plus modérée de la mouvance Ecclesia Dei.

Réussite d’une politique spectacle

Le contrôle des médias par l’abbé Laguérie qui s’est assuré le soutien de quelques familles parisiennes, et par l’abbé de Tanoüarn qui a engrangé celui des journalistes de Minute, du Choc du Mois et de Monde et Vie, fut une excellente rampe de lancement pour le nouvel institut. Radio Courtoisie sur les ondes apparut comme un excellent vecteur pour démonter que la Fraternité dérivait et que le salut n’existait que dans la nouvelle entité. Encore dernièrement, l’abbé Philippe Laguérie n’hésitait pas à affirmer que : « le combat parisien pour la liberté de la tradition liturgique s’était transporté à Bordeaux », ni plus ni moins ! La disparition de Serge de Beketch, l’éviction d’Olivier Pichon et le maintien de l’abbé Lorans, porte-parole de la FSSPX ont, semble-t-il, mis à mal le leadership de l’IBP sur la tribune radiophonique. Même sur le net, l’IBP a calé, ses sites perdant peu à peu toute énergie.
Une survie momentanée a été osée par les effets de communication de l’IBP, à l’instar de l’interview du baron Seillière à la sortie de Saint-Éloi. Mais, les paillettes se sont parfois transformées en poussière lorsqu’il s’agissait de médiatiser une missive-type de l’Élysée ou pour annoncer le baptême de Plume, la fille de Dieudonné. Dès lors, même cette réussite prend des allures de fiasco.

En Allemagne, en 2001, le cardinal Castrillon Hoyos avait récupéré les déceptions d’un prêtre pour créer l’oratoire Saint-Philippe-Néri. Après monts et merveilles promises au pays de Luther, il se trouve désormais totalement isolé.
La médiatisation de l’IBP n’a eu qu’un temps. A l’heure où le rythme de croisière doit être pris, il semble que la nouvelle formation pèche là où elle a prêché. Les pêches miraculeuses semblent hélas sans lendemain.
A cela s’ajoute le fait que l’IBP souffre d’un vice de fabrication puisqu’il a pris des moyens particuliers pour se construire. Ce clergé a hier poussé ses fidèles à s’exprimer contre leurs propres prêtres, à intervenir sur internet contre eux, à créer des associations de pression. Ne leur ont-ils pas placé entre les mains les dangereuses armes d’une autodestruction programmée ?
Quel avenir pour la Fraternité Saint-Pie X ?
4 septembre 2008 - terredechretiente
Quel avenir pour la Fraternité Saint-Pie X ? Ces derniers temps, beaucoup de gens comme moi se sont posés des questions sur la Fraternité Saint-Pie X. La main était tendue par Rome et une décision inattendue a été prise. Mgr Fellay, le prieur, a parlé plusieurs fois. Mgr Williamson s’est adressé aux journalistes. Mgr de Gallareta a prononcé le sermon à Écône et Mgr Tissier de Mallerais a accordé un entretien. Ils n’avaient pas tous le même avis, ou plutôt ils n’utilisaient pas tous le même ton. Mgr Lefebvre avait-il vu si clair ? Sa grande erreur n’a-t-elle pas été de laisser derrière lui la Fraternité Saint-Pie X avec quatre évêques à sa tête ? La parité est posée et les diverses tendances s’équilibrent pour gouverner l’œuvre. De ce fait, ne va-t-elle pas désormais s’enliser ?
Au cours des mois de juin, juillet et août, les quatre évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988 se sont exprimés. Trois d’entre eux ont accordé des interviews à "Angelus Press", répondant aux mêmes questions. Il en ressortait une certaine prudence de la part de Mgr Fellay et de Mgr de Gallareta. Ils parlaient de poursuivre les relations avec Rome. Face à eux, Mgr Williamson et Mgr Tissier de Mallerais semblaient très abrupts, critiquant de manière vive le pape, allant jusqu’à dire que la situation était désastreuse, faisant perdre nos espoirs et ceux de certains de mes amis qui sont fidèles de la FSSPX. Cette Fraternité a, j’ai l’impression, reporté le problème et je trouve qu’elle s’enlise après ce refus. A chaque fois qu’une occasion se présentera, deux évêques s’y opposeront et il n’y aura pas de majorité. Si un seul même refuse, les trois autres n’oseront rien faire sans lui. En réalité, on a l’impression que la FSSPX est prisonnière de son mode de fonctionnement.

[Jean-François Chalot - Caroline Fourest - Les Nouveaux Soldats du Pape] Les intégristes catholiques ont le vent en poupe… au Vatican !

SOURCE - Caroline Fourest - 4 septembre 2008

Les intégristes catholiques ont le vent en poupe… au Vatican ! L’intégrisme catholique existe bel et bien, il continue à se développer, toléré puis protégé par la hiérarchie catholique et le pape, Benoît XVI.
 
Avec le talent qu’on leur connaît, les deux auteures ont mis leurs plumes au service d’un écrit soigné et fort utile. Le lecteur apprend à mieux appréhender la réalité des différents courants ultra-réactionnaires organisés et à comprendre pourquoi et comment s’est mis en place l’institutionnalisation et l’adoubement de ces entités par Joseph Ratzinger !
 
Toute l’hypocrisie de ce nouveau pape est dévoilée notamment quand il condamne par exemple la pédophilie pratiquée par de nombreux prêtres.
 
Les abus sexuels et les viols pratiqués par des légionnaires du christ et notamment le fondateur de la légion, Marcial Maciel ont été niés, voire cachés par la hiérarchie ….et quand il fut impossible de continuer à fermer les yeux, le Vatican a dénoncé ces pratiques mais « cela n’empêche pas l’Eglise de laisser la Légion continuer à diriger des écoles, des centres de formation et des activités pour la jeunesse aux quatre coins du monde. »!?
Comme à leur habitude , les deux auteures travaillent avec rigueur et refusent de cautionner des idées erronées.
 
Il est faux d’affirmer que tel ancien ministre ou ministre actuel est membre de l’Opus Déi… Très peu de responsables politiques appartiennent à cette secte dans l’Eglise, ce qui n’empêche pas ces militants ultra réactionnaires de soutenir directement ou indirectement l’action de « l’Oeuvre »! :
 
« La plupart des personnalités associées à l’Oeuvre sont en fait des personnalités ayant accepté de donner des conférences dans ses cercles de réflexion ou dans ses universités, comme Jean – Pierre Raffarin ou Xavier Lemoine, maire de Montfermeil. Ces personnages de font pas partie de l’Opus Déi, mais leur présence en dit long sur l’institutionnalisation grandissante de l’organisation, y compris en France. »
 
Ces oeuvres ne sont pas extrêmes ou extérieures à l’Eglise, elles « font parie intégrante de la reconquête intégriste voulue par le Pape »
 
Les traditionnalistes excommuniés par Jean Paul II vont rentrer peu pas peu dans le rang, non en faisant pénitence mais comme des « gagnants gagnants »:
 
Ils vont pouvoir dire la messe comme ils l’entendent et la plupart de leurs idées vont être reprises officiellement par l’Eglise!
 
Ils sont tous vraiment, chacun à leur façon les nouveaux soldats de pape ayant une mission bien claire: aider à la reconquête et effacer les dernières scories de Vatican II…
 
Quant aux irréductibles organisés dans la Fraternité Saint Pie-X , ils n’attendent que l’occasion pour rallier la cause du Pape, il suffira que Ratzinger transforme les modernistes en dissidents et en revienne au temps béni où clairement, sans faux semblant ni fioriture, l’Eglise, toute puissante poursuivait sa croisade en défense de la vraie foi!
 
A la veille de la venue du Pape, reçue officiellement par un gouvernement qui se prépare à réviser la loi de séparation des églises et de l’Etat, ce livre est le bienvenu : Il montre et démontre que les opusiens, les légionnaires et les traditionnalistes ralliés « incarnent la ligne officielle. Et même sa nouvelle garde ». 

Jean-François CHALOT

3 septembre 2008


La messe de saint Pie V à Fulda
3 septembre 2008 - Yves Daoudal - yvesdaoudal.hautetfort.com
L'évêque de Fulda, Mgr Heinz Josef Algermissen, a décidé qu’à partir de dimanche prochain 7 septembre, la messe de saint Pie V sera célébrée chaque dimanche à 10h45 à l’église Saint Sturm (Sturmius).
Mgr Algermissen, quoique attentif aux questions liturgiques, n’est pas précisément favorable à la messe traditionnelle. Mais il se trouve que le curé de Saint-Sturm est parti en retraite, et qu’il n’y a personne pour le remplacer.
Or, depuis le 15 août 2007, en application (anticipée) du motu proprio Summorum Pontificum, la messe de saint Pie V était célébrée à 18 h chaque dimanche dans cette église.
Désormais, elle devient la messe du dimanche matin…
Le fait qu’il s’agisse de l’église Saint Sturm de Fulda est hautement symbolique.
Saint Sturm est le nom du fondateur de Fulda, c’est-à-dire du monastère créé à cet endroit en 744 sous les auspices de saint Boniface, l’apôtre de l’Allemagne, dont saint Sturm était disciple. Au IXe siècle, sous la direction de Raban Maur, ce monastère, qui avait alors 600 moines, devint le centre intellectuel et scientifique de la chrétienté. Sa bibliothèque comprenait 2000 volumes.
Cette histoire a conduit les évêques allemands à choisir Fulda comme siège de la conférence épiscopale d’Allemagne.
C’est donc véritablement au centre de la chrétienté allemande (qui est aussi quasiment le centre géographique de l’Allemagne) que la messe de saint Pie V reprend pleinement droit de cité.
En mars 2007, Mgr Algermissen a été l’un des rares évêques à commenter l'exhortation Sacramentum Caritatis de Benoît XVI. Il a demandé à ses diocésains de l’étudier très sérieusement et a déclaré qu’il fallait mettre ses orientations en application : « Le Saint Père insiste pour que soient redécouverts la qualité et le sens des célébrations liturgiques.
C'est dans cette perspective qu'il convient de placer l'usage du latin.» Il a demandé à tous les prêtres de son diocèse d'introduire davantage de latin dans les célébrations, et de célébrer la messe en latin à l'occasion des fêtes ou des grands rassemblements.
Il s’agit bien sûr de la messe de Paul VI. Mais, quelques mois plus tard, il imposait la messe de saint Pie V à Saint-Sturm, malgré l’opposition massive du clergé…
• N.B. - Plutôt que d’utiliser de longues expressions désignant la messe latine telle qu’elle a été codifiée après le concile de Trente, devenue la « forme extraordinaire » du rite romain telle qu’elle figure dans les livres approuvés par Jean XXIII, et la nouvelle messe telle qu’elle a été codifiée après le second Concile du Vatican, j’utilise sans complexe et je continuerai d’utiliser les expressions « messe de saint Pie V » et « messe de Paul VI », car elles ont le mérite d’être claires. Elles ne veulent pas dire que tel missel a été inventé par saint Pie V ou par Paul VI.
Elles ont la même signification que les expressions orientales de « Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome », ou « de saint Basile », ou « de saint Jacques ».

2 septembre 2008

Un an après la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum et à 10 jours de la venue de Benoît XVI à Paris : Quel est l'avenir de la forme extraordinaire en France ?
2 septembre 2008 - lettre 141 de paixliturgique.com
Un an après la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum et à 10 jours de la venue de Benoît XVI à Paris : Quel est l'avenir de la forme extraordinaire en France ? Lettre 141 - 2 septembre 2008

Il y a un peu plus d'un an, le 7 juillet 2007, notre Saint Père le Pape Benoît XVI promulguait le Motu Proprio Summorum Pontificum clarifiant le statut de la liturgie traditionnelle, appelée depuis lors forme extraordinaire du rite romain.

A cette occasion, Rome rappela notamment que la liturgie de 1962 n'avait jamais été interdite.

Nous tentons aujourd'hui d'établir une première appréciation de ce que va probablement devenir cette forme liturgique au cours des prochaines années en nous fondant sur les très nombreux contacts que nous avons établis depuis un an avec la Commission Pontificale Ecclesia Dei à Rome, avec certains de nos pasteurs, avec de nombreux prêtres français et des centaines de groupes de fidèles.Voici ce qu'il en ressort.



1 - LA FORME EXTRAORDINAIRE DU RITE ROMAIN VA SE GENENERALISER ET SE BANALISER


Malgré les imprécations de La Croix et du Figaro qui affirmaient dès septembre 2007 que "le tsunami n'avait pas eu lieu" ou plus drôle encore "que le Motu Proprio ne faisait pas recette" (...le jour même de son entrée en vigueur), les faits sont là : depuis un an, ce sont des centaines de demandes qui ont été formulées auprès des curés et des évêques de France. Plus de 55 célébrations nouvelles ont été instaurées, augmentant de près de 45 % le nombre des chapelles où est désormais célébrée la messe traditionnelle en communion avec l'ordinaire du lieu.

Mais cela n'est qu'un modeste début car les menaces, les manipulations et les pressions cléricales et séculières (comme à Coëtquidan par exemple) ont été et demeurent efficaces.

C'est ainsi qu'il est courant d'entendre, lorsque l'on fait une demande : "il nous faut conserver l'unité, il ne faut pas que vous provoquiez la zizanie, vous devez respecter la pastorale diocésaine, armez-vous de patience, nous avons du mal à garder un bon cap n'en rajoutez pas...".

Mais nous le savons par nos contacts dans les paroisses, malgré ces pressions, là où une seule demande a pu s'exprimer en 2007, il y en aura 3 en 2008 et encore plus en 2009. Cela signifie que demain, ce seront des centaines de messes nouvelles selon la forme extraordinaire qui seront célébrées; et encore, ce phénomène ne fait que commencer et les obstacles mis en place ne tiendront pas longtemps.

Comment ne pas comprendre ce mouvement ?

Rappelons ce que nous ont révélé les sondages réalisés auprès d'organismes indépendants et professionnels (IPSOS EN 2001 et CSA en novembre 2006) : la messe traditionnelle en France est souhaitée par un minimum de 15 % des fidèles.

Elle l'est même aujourd'hui probablement par plus de 25% d'entre eux (ces études ayant été faites à une époque où de nombreuses personnes croyaient que la liturgie traditionnelle était interdite ! ).

Ce noyau de catholiques est entouré par la sympathie ou la neutralité bienveillante du plus grand nombre des autres paroissiens.

Ajoutons qu'une part significative des jeunes prêtres français - bien que contraints au silence en raison du tabou que continue de constituer l'attachement à cette vénérable liturgie - approuve l'orientation à la pastorale de l'Eglise initiée par Jean-Paul II et continuée par Benoît XVI.

Ainsi, il paraît assuré que malgré les réticences institutionnelles, les célébrations de la forme extraordinaire du rite romain vont très rapidement se multiplier. Elles vont nécessairement quitter la marginalisation actuelle qui les a réduite au ghetto pour se généraliser dans toutes les paroisses encore vivantes de l'Hexagone. C'est ainsi que la liturgie traditionnelle va connaître une véritable "banalisation" c'est-à-dire qu'elle va devenir une forme que l'on retrouvera célébrée partout... parce que partout on l'appréciera et on la souhaitera.

Voilà pourquoi les familles doivent, de plus en plus nombreuses, se " jeter à l'eau" et mettre en oeuvre toutes les demandes nécessaires à la réussite de cette généralisation.


2 - ET S'EPANOUIR DANS LE CADRE DES PAROISSES


Cette banalisation ne sera possible que par son épanouissement "paroissial". En effet, la structure paroissiale est le fondement de l'organisation de notre Eglise. C'est dans les paroisses que se trouvent les jeunes prêtres bienveillants qui demain célèbreront la messe traditionnelle. C'est dans les paroisses que se trouvent la majorité des fidèles qui, bien qu'attachés à la forme traditionnelle de la liturgie, sont toujours restés attachés et fidèles à leurs paroisses territoriales.

Il va de soi que si ces bons prêtres et ces fidèles ont pendant des décennies accepté d'avaler des couleuvres, ce temps est fini.

En effet, en lisant Benoît XVI répétant par deux fois dans Summorum Pontificum que jamais la liturgie tridentine n'avait été interdite, il devient impossible de continuer à subir l'insupportable; et lentement mais sûrement la demande prend forme et s'installe définitivement.

Ainsi, petit à petit, des fidèles sollicitent leurs prêtres pour qu'expérimentalement, des messes soient célébrées dans la forme extraordinaire, puis que de fil en aiguille, elles le deviennent régulièrement, à la grande satisfaction de fidèles qui, de plus en plus nombreux, apprécieront ce qu'il n'ont jamais connu, mais dont ils savoureront bien vite les richesses spirituelles et théologiques.

De nombreux prêtres vont ainsi progressivement célébrer la forme extraordinaire du rite romain, certains par goût personnel, d'autres car ils y seront invités par leurs fidèles.

De plus, le grand nombre de familles qui vont découvrir cette forme liturgique et l'apprécier, à qui va s'associer de fait le puissant mouvement des silencieux qui aujourd'hui n'ont guère eu le choix, va faire "exploser" les schémas actuels de la forme extraordinaire circonscrite jusqu'alors par obligation au ghetto.

Ce mouvement irréversible va déboucher sur une situation où la célébration de la forme extraordinaire du rite romain va devenir, en quelques années, une forme comme une autre dans les paroisses françaises. Elle deviendra alors ce magnifique outil de réconciliation et d'évangélisation désiré par le Saint Père.

Cette explosion devrait avoir pour résultat que d'ici 3 à 5 ans, la forme extraordinaire sera célébrée par les curés et leurs vicaires dans plus de 1000 paroisses françaises (ce qui correspond en gros à la demande actuelle des fidèles).

D'ici 5 à 10 ans, cette forme liturgique sera probablement célébrée - au moins de temps en temps pour les fêtes, des cérémonies familiales ou d'autres occasions - dans 2000 à 3000 paroisses françaises, c'est-à-dire dans tout ce qui restera des paroisses françaises vivantes à ce moment.

Ainsi, en 2010 la forme extraordinaire du rite romain ne sera plus circonscrite à quelques ghettos, mais sera devenue une célébration paroissiale généralisée.


3 - AVEC LE SOUTIEN DE PLUS EN PLUS NECESSAIRE ET INDISPENSABLE DES COMMUNAUTES ECCLESIA DEI


Le développement paroissial de la forme extraordinaire pourrait nous faire croire que le rôle des communautés Ecclesia Dei aurait vécu et que désormais l'avenir de la forme extraordinaire deviendrait essentiellement le fait des nombreux prêtres diocésains devenus bi-formalistes.

Une telle analyse serait parfaitement inexacte.

Tout d’abord, les communautés Ecclesia Dei ont un rôle central dans la formation des jeunes lévites. Les dizaines de séminaristes qui les rejoignent chaque année sont les prêtres de demain. Ils reçoivent dans ces maisons une formation doctrinale et liturgique qui leur permettra de pouvoir répondre généreusement à la nouvelle évangélisation.

Ces communautés ont également un rôle de référence et de permanence. Elles assurent un complément indispensable aux célébrations traditionnelles faites dans le cadre paroissial, un véritable rôle de formation pour tous ceux – prêtres et laïcs – qui cherchent à connaître cette forme liturgique, et un rôle de soutien notamment en assurant les grands moments de l'année liturgique, comme les offices de la semaine sainte où les célébrations estivales qui font parfois défaut dans les célébrations actuelles mises en place dans les paroisses.

La légitimité et l’opportunité des communautés Ecclesia Dei n’en sont que plus grandes lorsque l’on mesure le véritable drame de l'Eglise de France qui n'a plus assez de prêtres. Cette raréfaction du clergé implique naturellement que les communautés Ecclesia Dei sont de plus en plus sollicitées pour suppléer, même là où hier encore il était de bon ton de jurer que jamais l'on ne s'adresserait à elles.

Enfin, les communautés Ecclesia Dei pallient aussi l’absence de réponse aux attentes des fidèles qui, de plus en plus, ne trouvent plus chez leur clergé diocésain les interlocuteurs "utiles" pour leurs besoins sacramentaux (funérailles, confession...). Ce n'est pas exagéré de le dire alors que quotidiennement l'on nous prévient déjà que les diocèses ne peuvent plus et pourront de moins en moins faire face à leurs besoins.

C'est donc naturellement que les communautés Ecclesia Dei qui attirent de plus en plus de vocations sacerdotales et religieuses vont se voir confier par nos évêques des responsabilités ecclésiales qu'on pense encore aujourd'hui inenvisagables...


Pourquoi cette évolution ?


Tout simplement parce que, petit à petit, les groupes de fidèles isolés et désespérés vont reprendre de l'espoir en voyant leurs amis aboutir à des résultats qu'ils ne croyaient pas possible d’atteindre.

Tout simplement parce que des prêtres suivront progressivement les lévites exemplaires qui courageusement, héroïquement parfois, auront eu le courage de se lancer seuls, parfois contre tous, dans l'aventure de l'obéissance au Saint Père, pour tenter dans leurs paroisses l'expérience du pluralisme et de la forme extraordinaire.


On le voit, les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle ont mille raison d’espérer et en se mettant au travail pour solliciter leurs pasteurs ils s'écrient : "Merci Très Saint Père !"

30 août 2008

Les vocations en France
30 août 2008 - Yves Chiron - Présent - yveschiron
Les évêques des diocèses de France ordonnent, chaque année, une petite centaine de prêtres, à laquelle s’ajoute une trentaine de religieux ordonnés prêtres. Les chiffres sont stables, en fait ils stagnent. Considérée sur la longue durée, on peut dire que la crise des vocations sacerdotales n’a pas été enrayée : 595 ordinations sacerdotales en France en 1960, 161 ordinations en 1975 (pour le seul clergé diocésain). La baisse s’est donc poursuivie. Au moins la moitié des diocèses français n’a pas ordonné de prêtres cette année. Certaines n’ont pas et de cérémonies d’ordinations depuis plusieurs années. L’avenir n’est pas plus prometteur puisqu’il n’y a eu que 133 entrées dans les séminaires diocésains pour l’année 2007-2008.
Pour s’en tenir à la situation de l’Eglise de France, on doit tenir compte aussi des séminaires et des ordinations qui ont lieu dans les fraternités, instituts et couvents traditionnels (qu’ils soient en communion complète ou non avec Rome est une autre question). Huit ordinations sacerdotales à Ecône pour la Fraternité Saint-Pie X en juin 2008 ; quatre ordinations sacerdotales à Wigratzbad pour la Fraternité Saint-Pierre (auxquelles se sont ajoutées quatre ordinations aux Etats-Unis) ; deux ordinations pour l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre.
Les candidats au sacerdoce en France sont trop peu nombreux pour que chaque diocèse ait pu conserver, comme jadis, son propre séminaire. Il n’y a plus que vingt-deux séminaires diocésains en France (auxquels s’ajoute le Séminaire français de Rome). Face à cette crise diocésaine des vocations, les fraternités et instituts traditionnels apparaissent comme plus vivaces : six séminaires pour la FSSPX, deux séminaires pour la FSSP, un séminaire pour l’ICRSP, un séminaire pour l’IBP, sans parler du clergé régulier traditionnel.
En 1976, l’année-même où, pour la première fois, Mgr Lefebvre ordonnait des prêtres à Ecône sans l’accord de Rome, l’historien Paul Vigneron publiait un ouvrage très important : Histoire des crises du clergé français contemporain (Téqui). Il y montrait que la crise des vocations avait commencé dès l’après-guerre, soit trente ans plus tôt. Il ne pouvait imaginer qu’elle allait perdurer plus de trente ans encore.
Paul Vigneron voyait deux raisons à cette crise : « la remise en cause des méthodes apostoliques » et « la remise en cause de la spiritualité » (notamment la spiritualité sacerdotale). En conclusion, il s’inquiétait : « la longueur de la crise favorise l’hérésie », hérésies répandues dans le clergé comme chez les fidèles.
Lors de la dernière cérémonie d’ordination à Notre-Dame de Paris, le 28 juin dernier, le cardinal Vingt-Trois a, dans son homélie, fait preuve d’un ardent volontarisme : « L’année scolaire prochaine, je demanderai à chaque communauté du diocèse de Paris de faire quelque chose, selon l’identité et le style de la communauté, pour réfléchir et prier pour les vocations de prêtres. Il n’y aura pas de prêtres si on n’en parle pas ; il n’y aura pas de prêtres si on n’en demande pas ; il n’y aura pas de prêtres si on n’en souhaite pas ! Pour les souhaiter, pour les demander, pour en parler, il faut que nous nous mobilisions tous, que tous nous soyons désireux de voir de nouveaux prêtres prendre la relève des générations précédentes, non pas pour répéter indéfiniment ce qui a toujours été fait, mais pour répondre aux exigences de la mission d’aujourd’hui. »
Ce volontarisme est louable. Il faut certes « parler » et « se mobiliser » pour les vocations. Prier sera aussi indispensable (« Mon Dieu, donnez-nous des prêtes ; donnez-nous de saints prêtres ; donnez-nous beaucoup de saints prêtres »). Mais, dans l’histoire — du moins dans celle des derniers siècles —, le terreau premier des vocations ont été la famille et l’école. Des familles chrétiennes, pratiquantes, priantes et des écoles chrétiennes, dirigées ou, du moins, animées spirituellement par des prêtres.
Nombre des prêtres ordonnés chaque année à Ecône sont d’anciens élèves des écoles de la Fraternité Saint-Pie X. Si la FSSPX compte aujourd’hui 486 prêtres et 6 séminaires c’est, en partie, parce qu’elle dirige 88 écoles. Si les évêques de France avaient le courage et la volonté d’imprimer vraiment une identité catholique aux collèges et lycées « privés » qui dépendent d’eux, ils auraient plus de séminaristes. Une identité qui passe par la catéchèse, la prière mais aussi par le contenu des cours et un esprit général.
Yves Chiron
Les catholiques et la liturgie
30 août 2008 - Père Michel Gitton - radiovaticana.org
Les catholiques et la liturgie Abordons une question sensible : celle de la liturgie. Il y a quelque mois, la publication du Motu proprio sur la messe de Saint Pie V, la messe en latin, avait ravivé des « passions françaises ». Plus récemment, un geste du Pape a soulevé un tollé en France. Pendant la messe de la Fête-Dieu, les fidèles qui ont communié de la main de Benoit XVI ont été invités à s’agenouiller. Les réactions d’étonnement, voire d’indignation, ont été nombreuses. Certains affirment que cela a suscité un certain embarras parmi les évêques français, à l’approche de la venue du Pape.
Pour mieux comprendre pourquoi le rituel liturgique suscite tant de crispations en France, nous avons interrogé, un expert en la matière, le père Michel Gitton recteur de la collégiale Saint-Quiriace de Provins, dans le diocèse de Meaux.

28 août 2008

Le summum de la langue de Buis ! - Archive 15 - Dialogue avec l'évêque de Nanterre, Mgr Gérard Daucourt le fondateur de " Paix Liturgique" (2004)
28 août 2008 - lettre 140 de paixliturgique.com
Le document que nous publions aujourd'hui est le dernier de la série de la publication de nos archives entreprise cet été. Comme les 14 autres documents qui les ont précédé, il est extrêmement instructif en ce qu'il démontre la permanence dans le temps, des méthodes mises en œuvre par l'épiscopat (dans le cas particulier par Monseigneur Gérard Daucourt) pour empêcher l'existence "normale" de la liturgie traditionnelle.
Ce document publié en 2004 est un "dialogue virtuel" avec Monseigneur Gérard Daucourt qui bien qu'ayant toujours refusé le dialogue avec les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, a cependant beaucoup parlé à leur sujet...
De cet entretien, on pourra notamment retenir la langue de buis de l'épiscopat qui se gonfle de belles déclarations d'intentions et de bons sentiments mais qui n'est pas capable de les mettre en pratique avec son prochain le plus proche...
Ce rappel - à travers la publication de ce document de 2004 - n'est pas vain à l'heure où des clercs particulièrement surprenants tentent de reporter leur responsabilité sur les fidèles traditionnels à qui ils reprochent de ne pas favoriser le dialogue et la collaboration.

Vérité ou langue de Buis?

Voici un document exceptionnel publié en 2004



TROISIEME LETTRE OUVERTE AUX CATHOLIQUE DE NANTERRE : DIALOGUE VIRTUEL AVEC NOTRE EVEQUE ( 2004)

Mgr Daucourt refusant depuis deux ans tout dialogue, toute discussion avec les fidèles de son diocèse à propos de la liturgie traditionnelle, c’est dans ses écrits et déclarations que nous sommes allées chercher la réponse à nos interrogations… Celles-ci sont d’ailleurs souvent citées dans l’ouvrage d’Anne-Sophie Andreu et Robert Masson Gérard Daucourt. Une vie d’évêque (Parole et Silence juin 2003), ce qui nous indique bien le caractère d’actualité de ses propos. Un curieux écho aux demandes du Saint-Père…


Monseigneur Daucourt, connaissez-vous la question des fidèles qui sont attachés à la liturgie traditionnelle ?

« Je prétends être l’évêque français qui connaît le plus parfaitement le problème des « traditionalistes », je sais à leur sujet des choses très graves et très dangereuses. » (déclaration publique à Notre-Dame de Pentecôte le 20 novembre 2003).

Notre réponse

Certains nous avaient reproché de ne pas avoir laissé suffisamment de temps à notre évêque pour nous répondre. Les propos de monseigneur Daucourt nous rassurent : il connaît parfaitement ce sujet, il n’a donc pas été pris à froid par la demande de rencontre que nous lui avons fait parvenir il y a près de deux ans et à laquelle il n’a toujours pas répondu ! Mais surtout cette conviction de notre évêque d’être « celui qui est le mieux informé sur nous » évitera qu’il nous confonde avec les sectes sur lesquelles il a décrit dans ses diverses interviews ; il saura distinguer en nous les représentants des centaines de milliers de catholiques français, respectueux du Saint-Père et de la Sainte Eglise qui ne veulent qu’une chose : bénéficier des mesures d’apaisement proposées généreusement par le pape et son Motu proprio.

Présentez-nous les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle et ceux qui les soutiennent ?

« Ils appartiennent quasiment tous aux couches aisées et cultivées de la société. Ils ont donc pu trouver et trouvent encore aujourd’hui des savants, des intellectuels, des moyens de toute sorte, y compris financiers, pour faire entendre leur voix. Des cardinaux de curie, en général à la retraite, leur ont apporté et leur apportent un soutien appuyé. » (La Croix du 25 août 1995)

Notre réponse

Les catholiques français d’aujourd’hui attachés à la liturgie traditionnelle sont majoritairement jeunes, souvent convertis de fraîche date après avoir découvert les richesses spirituelles de la liturgie traditionnelle dans des mouvements de jeunes ou lors de pèlerinages. Il est fâcheux que ceux qui veulent parler d’eux les méconnaissent à ce point. Par ailleurs seraient-ils tous aisés que ce ne serait ni un péché ni une raison valable pour les rejeter. Contrairement à ce qui est dit, cette liturgie est autant appréciée par des catholiques de tous les milieux et de toutes les origines ; ce n’est pas une liturgie d’intellectuels, ne serait-ce que par la richesse de ses symboles et ses signes. Ceux qui les aident par conviction ou par charité se retrouvent dans toutes les familles de l’Eglise, du Père Marie-Dominique Philippe, fondateur des frères de Saint-Jean à Monseigneur Thomas, ancien évêque de Versailles… Enfin, n’oublions pas que c’est le Pape lui-même, repris ensuite par ses cardinaux (en fonction, voir les entretiens avec le cardinal Castrillon Hoyos publié dans les pages précédentes de cette Lettre) et de très nombreux évêques, qui a demandé qu’une attitude bienveillante et généreuses soit adoptée à l’égard des traditionalistes.

Mais que veulent-ils ?

« Aujourd’hui je défends le concile Vatican II parce que je suis catholique. Nous n’avons pas le droit de prétexter des maladresses voire des erreurs pour revenir en arrière. Les histoires de rites, de latin, c’est de la poudre aux yeux. Le fond du problème, c’est que certaines personnes refusent les grandes orientations du concile. » (L’Aube du 21 octobre 1996) « Fondamentalement ils refusent le concile Vatican II. » (Radio Notre-Dame, le 20 janvier 2004)

Notre réponse

La plupart des catholiques d’aujourd’hui attachés à la liturgie traditionnelles sont étonnés de voir les plus âgés les juger à l’aune d’événements anciens comme le concile ou très anciens, comme les querelles de l’avant-guerre. Leur foi s’est développée dans l’esprit de l’Eglise d’aujourd’hui, autour de Jean Paul II, à la lecture de son enseignement et du catéchisme de l’Eglise qu’il publia en 1992. Ils se retrouvent tous dans la communion de JMJ et l’enthousiasme de la nouvelle évangélisation. Ici comme ailleurs un vrai dialogue serait non seulement utile mais nécessaire pur que s’apaisent les conflits des générations du passé. Mais peut-on nous dire en quoi l’attachement «à ces formes liturgiques, acceptées avec bienveillance par les plus hautes autorités de l’Eglise – le cardinal Lustiger, Monseigneur Ricard, Président de la conférence épiscopale, Monseigneur Aumônier, évêque de Versailles… – sont-ils contre Vatican II ? Le pape serait contre le concile ? Les évêques qui le suivent dans ses recommandations de bienveillance seraient contre le concile ? Le concile a-t-il interdit les anciennes formes liturgiques ? Parle-t-on du même concile ?

De nombreuses vocations s’orientent vers les communautés attachées à la liturgie traditionnelle ?

« Je ne veux pas de prêtres à n’importe quel prix !... Il nous faut des prêtres qui suivent et défendent le concile. Je suis triste de voir ces jeunes s’engager dans cette impasse. » (L’Aube du 21 octobre 1996)

Notre réponse

Nous qui aimons les prêtres qui nous aident à progresser dans notre vie spirituelle, nous sommes heureux de les voir croître et multiplier : aussi, Monseigneur, nous vous en conjurons : ne soyez pas triste mais heureux ! Ces prêtres ne se forment pas à n’importe quel prix mais selon les méthodes qui ont fait leurs preuves depuis plusieurs siècles et qui ont formé la plupart des évêques actuels… Si ces prêtres n’avaient pas leur place dans votre petit diocèse de Troyes, ils ont sûrement la leur dans le grand diocèse que vous dirigez aujourd’hui. Nous sommes certains que, si vous les appelez, ils viendront avec joie, ils vous l’ont déjà affirmé. Seraient-ils moins catholiques que les autres prêtres ? Comment est-il possible d’exclure ainsi des jeunes qui ont donné leur vie pour Jésus-Christ sous le regard de l’Eglise et avec son approbation ? En fin pourquoi qualifier « d’impasse » le choix de tous ces jeunes qui décident de vivre leur foi dans des communautés traditionnelles totalement reconnues et soutenues par le Saint Siège Cette opinion qui vous est très personnelle est elle conforme aux messages et actes du Saint-Père ? …

Les catholiques attachés à la messe traditionnelle peuvent-ils être utiles dans l’Eglise ?

« les attitudes des catholiques dits traditionalistes pourraient pourtant aider d’autres catholiques dans certaines formes très valables de prière ou de vie spirituelle. Mais je note plutôt des tensions ici ou là qui me semblent nuire à l’unité de l’Eglise et don à l’annonce de l’Evangile. » (L’Aube du 21 octobre 1996)

Notre réponse

Nous croyons que les tensions proviennent du rejet dont nous faisons l’objet ; en effet notre exclusion de la part de certaines autorités diocésaines nous empêche de concourir autant que nous le désirons au dynamisme de notre diocèse, de participer activement à la nécessaire nouvelle évangélisation, au développement des écoles, de l’enseignement du catéchisme de l’Eglise catholique, au renouveau du scoutisme… Tout cela est largement démonté dans les diocèses ou de telles communautés existent.

L’Eglise a-t-elle agi en faveur des « traditionalistes » ?

« Pour garder dans la communion de l’Eglise ceux qui étaient tentés de la quitter, le pape a créé une commission pontificale. De nombreuses concessions ont été faites à ceux qui ont choisi de rester. D’innombrables articles et livres ont été publiés pour les soutenir et aider à comprendre ce qu’il est convenu d’appeler « les traditionalistes ». (La Croix du 25 août 1995)

Notre réponse

Il faut le rappeler, les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle n’ont jamais envisagé de quitter l’Eglise unique du Christ ! Même si certains auraient été bien contents qu’ils le fassent, comme nous le prouvent encore tristement quelques prêtres ou fidèles âgés qui nous disent « retournez chez Mgr Lefebvre » lors de nos venues dans les paroisses. C’est pourquoi notre Saint-Père a toujours agi avec bienveillance pour éviter que des plaies trop vives ne rompent de par nos propres responsabilités la tunique du Christ. C’est ainsi que dès 1984 et surtout en 1988 le Pape, par la promulgation du Motu proprio, a permis aux fidèles attachés aux formes anciennes de la liturgie de vivre leur foi à ce rythme, en paix, dans l’Eglise… Malheureusement on ne peut pas dire que les grands médias catholiques officiels ont beaucoup soutenu ces gestes du Saint-Père… Et c’est d’ailleurs avec surprise que réagissent certaines paroissiens des Hauts-de-Seine quand nous leur apprenons que nous demandons quelque chose de parfaitement autorisé par l’Eglise : « on ne nous l’avait pas dit ! » Comment peut-on qualifier de « concession » l’accueil de milliers de familles qui ne demandent qu’à prier dans une liturgie reconnue par l’Eglise en communion avec leur évêque ?

Et quels sont les résultats de la politique bienveillante du pape en faveur des fidèles attachés à la messe traditionnelle ?

« Les résultats aujourd’hui ne sont pas probants et dans leur ensemble, les traditionalistes eux-mêmes ne sont pas encore contents de leur situation dans l’Eglise. » (la Croix du 25 août 1995)

Notre réponse

C’est bien exact, Monseigneur, les traditionalistes ne sont pas encore contents ! Et pourquoi le seraient-ils alors que le Saint-Père a souhaité une application « large et généreuse » des privilèges apaisant du Motu proprio et qu’ils constatent que, dans plus de quarante diocèses de France, et dans le vôtre en particulier, ils sont traités comme des parias que l’on ne veut même pas recevoir ? A qui l’on ne veut rien accorder, soit disant pur notre bien, mais sans même nous connaître, nous rencontrer ? Nous ne passons pas notre vie chrétienne à nous plaindre mais l’injustice pour nos familles et nos enfants est trop grande pour nous taire après toutes ces années.

Mais seriez-vous d’accord pour leur appliquer les privilèges proposés par le pape en leur faveur ?

« A chaque évêque de voir ce qu’il faut faire. Je ne peux pas le permettre dans mon diocèse. » (Radio Notre-Dame le 20 janvier 2004)

Notre réponse

Bien sûr, l’évêque est le patron dans son diocèse et il n’est pas obligé de suivre les recommandations du Saint-Père… Mais est-ce bien raisonnable ? Pour la paix ? Pour la justice ? Pour la réconciliation qui irréversiblement se mettra en œuvre demain, dans un an ou dans vingt ans ?

Mais vous ne pouvez-vous rien faire ?

« Qu’on me comprenne bien : il n’y aurait qu’un seul catholique à être tenté de quitter notre Eglise, nous devrions faire pour lui tout ce que la vérité de la Foi et de la communion ecclésiale permet de faire ». (La Croix du 25 août 1995)

Notre réponse

Et bien, Monseigneur, du courage ! Car même si il n’y a pas un seul catholique qui soit tenté de quitter l’Eglise – ils veulent tout au contraire y retrouver leur place légitime – beaucoup apprécieraient d’être traités comme des chrétiens à part entière et non comme des exclus ! Comment pourrions-nous comprendre les efforts légitimes déployés par l’Eglise en faveur de l’unité et le désintérêt patient qu’elle semble avoir concrètement à notre endroit : Il ne faudrait pas, nous l’espérons, devoir quitter l’Eglise pendant quelques siècles pour pouvoir un jour bénéficier des largesses de l’œcuménisme ? Ne comptez pas sur nous pour ce scénario : nous ne sommes catholique, unis et amis du Pape et nous le resterons.

Pourriez-vous nous donner un exemple du dialogue chrétien tel que vous le concevez à partir de vos expériences avec les autorités orthodoxes roumaines ?

« ce temps pris pour parler avec quelqu’un est important pour nos frères d’Orient ou du Sud. On prend l’avion, on rencontre un patriarche et on a parfois l’impression d’avoir simplement bu un verre de thé ensemble ! Mais ces contacts fraternels sont indispensables et ont été beaucoup trop négligés dans le passé. Je me réjouis vivement que ce soit donnée cette occasion, qui prouve que nous pouvons nous faire confiance. C’est ce que les catholiques ont à faire partout, non seulement en Roumanie mais chez nous en France. Entre confessions chrétiennes et entre diverses sensibilités catholiques… C’est le « dialogue de la charité » de Paul VI. Il doit précéder le dialogue théologique qui, sans ce préalable apprivoisement mutuel, ne peut débuter. » (Famille Chrétienne du 6 mai 1999)

Notre réponse

O combien, Monseigneur, nous sommes près de vous lorsque vous prononcez de telles paroles… Mais de grâce mettez-les en pratique vis-à-vis des fidèles de votre diocèse attachés à la liturgie de 1962, apprenez à les connaître, à les apprécier, à les aimer avant de prendre une position à leur endroit…. Les connaître, vous le savez, c’est votre devoir ; vous devez les rencontrer eux-mêmes et non discuter avec ceux de leurs relations chez qui vous pensez trouver des interlocuteurs plus en phase avec ce que vous désirez entendre et croire…

REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1/ C'est bien le refus catégorique de Monseigneur Gérard Daucourt de rencontrer les fidèles de son diocèse attachés à la liturgie traditionnelle de l'Eglise qui a rendu nécessaire l'action de Paix Liturgique. C'en est même la seule raison. Tout le reste n'est que littérature.
En effet, comment comprendre et accepter qu'un père ne veuille pas parler à ses enfants et s'enferme dans une indifférence méprisante ? Comment comprendre et accepter qu'un pasteur refuse le dialogue ? Comment rester les bras croisés devant un tel scandale? D'autant plus que Monseigneur Daucourt aime se décrire comme un homme ouvert et respectueux des différences.
Face à l'incompréhensible et à l'inacceptable, nous n'avons eu d'autre possibilité que d'en appeler à nos frères chrétiens du diocèse. En ce sens, c'est bien Monseigneur Daucourt qui est le vrai fondateur de Paix Liturgique.

2/ Quatre ans après cette lettre, nous redisons que nous voulons voir notre évêque, partager le pain avec lui, simplement parler. Notre demande est claire, simple et légitime. Nous voulons parler directement avec notre évêque sans avoir à supporter les limites, la mauvaise foi, la langue de buis ou les provocations de ceux qui ont tenté jusque là de régler la situation à la place de l'évêque et qui ont lamentablement échoué.

3/ Souhaitons que de la prochaine venue du Pape en France puisse ressortir la fin de la langue de buis et de l'apartheid liturgique en France et particulièrement dans le diocèse de Nanterre tristement célèbre pour sa grande tradition d'exclusion. Souhaitons que de la prochaine venue du Pape en France puisse enfin s'installer la vraie paix dans nos paroisses.

4/ Nous nous adressons une nouvelle fois à Monseigneur Gérard Daucourt pour l'inviter à nous aimer comme nous sommes et non pas comme il souhaiterait que nous soyons. Nous nous adressons une nouvelle fois à Monseigneur Daucourt pour l'inviter à se comporter comme un père.
Rien ne se fait dans l'Eglise en dehors de l'évêque, c'est pourquoi, quoi qu'il en coûte et aussi long soit le chemin restant à parcourir, nous ne nous lasserons jamais de demander à notre évêque, à temps et à contre temps, de le rencontrer et de dialoguer avec lui.

27 août 2008

Pour Luc Perrin. Accords, levée de condamnations et fin de crise
27 août 2008 - par Ennemond - leforumcatholique.org
Cher Luc Perrin, Vous suscitates ma sagacité dans ce message.
A mon sens, je ne crois pas me tromper en vous confirmant que la thèse oubliée par Mgr de Galarreta est la bonne.
Une réitération des condamnations n'a absolument aucun sens au sein du pontificat de Benoît XVI. Les condamnations de 1988 ne touchent pas que quatre évêques, ni même (symboliquement) tous les prêtres ou tous les fidèles de la FSSPX. Elle touche aussi tout ce qui est traditionaliste ou - plus largement - conservateur dans l'Eglise. Lever cette condamnation, c'est lever le tabou qui pèse comme une chappe de plomb sur tout ce qui est plus ou moins "classique" et "traditionnel" dans le Monde catholique. Nos amis les évêques de France ne le savent que trop !
Un arrêt des relations avec la Fraternité Saint-Pie X ne me semble pas non plus convenir. Qui suit bien tout ce que le cardinal Ratzinger a déclaré sur la FSSPX à l'époque où il était président de la CPDF verrait dans une telle pause un bouleversement. Le pape est attaché à cette question. Qu'il prenne le temps et la réflexion est une chose, mais les horizons romains de la prochaine rentrée ne semblent annoncer ni une "pause" ni un "game over".
Comment Rome doit-elle procéder ? Ce n'est certes pas à la Fraternité ni - pire encore - à quelque liseur de donner son avis. Il me semble que les prélats curiaux sont assez imaginatifs pour trouver "la" solution. Pour une levée des condamnations ultra-rapide au début-1939, ils ont bien trouvé "le" texte qui convenait à toutes les parties. Il me semble que la Fraternité n'attend pas non plus que le cas de nécessité invoqué par Mgr Lefebvre puisse constituer une porte ouverte à tous les rebelles.
Une partie de la solution se trouve sans doute dans ce que vous évoquez. Une levée des condamnations apparaît comme une suite logique du Motu Proprio. Si les condamnations ont été prononcées en 1975, 1976 et 1988 à l'encontre de Mgr Lefebvre et de son oeuvre, c'est sur les bases de l'interdiction de la messe tridentine et de l'interdiction de former des prêtres à cette fin. On peut pousser plus loin en parlant d'interdiction de former des prêtres qui enseigneraient la doctrine qui allait avec cette messe. Une mesure simple consisterait à partir du principe que ces condamnations ayant été faites - au moins - avec un principe faussé, elles devraient - au moins - être suspendues.
Si le Saint Siège cherche un texte pour faire reposer ce que beaucoup considèreraient peut-être étrangement comme une mesure de clémence, il suffirait sans doute d'ouvrir le site officiel de la FSSPX et de relever la lettre aux Amis et Bienfaiteurs (vous noterez que c'est toujours l'avant-dernière qui fait la "une") pour appuyer cette mesure.
A lire les interventions, je trouve que beaucoup trop d'observateurs confondent trois temps :
1. celui de la levée des condamnations
2. celui d'un accord pratique
3. celui de la fin de la crise de l'Eglise
Les trois peuvent être séparés d'une seule journée, comme ils peuvent être espacés de plusieurs années. L'objection du vide canonique ne tient pas lorsqu'on considère des situations similaires.
Le premier temps est entre les mains du Saint-Siège uniquement. Le second relève du Saint-Siège et de la FSSPX conjointement. Le troisième dépend sans doute beaucoup plus de nos prières et de notre sanctification à chacun. Si nous hâtions la venue du troisième, sans doute les deux premiers se profileraient-ils rapidement, eu égard aux avis contrastés qui pleuvent depuis le mois de juin. Pour l'heure, les cinq points du début de l'été n'étaient pas une simple préparation au premier temps. Si tel était le cas, éventuellement, dans la tête d'un prélat ou deux qui s'est par la suite confié, cela veut dire que le premier problème de l'Eglise est un problème de communication, ce que je ne crois pas. Mais on se tromperait en imaginant que la CED est un bloc uni et soudé pour défendre le mouvement traditionaliste.