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16 juin 2009

[ZENIT] Fraternité Saint-Pie X : Restructuration imminente de Ecclesia Dei

SOURCE - ZF09061613 - 16-06-2009

Fraternité Saint-Pie X : Restructuration imminente de Ecclesia Dei
Menace de nouvelles excommunications en Allemagne

ROME, Mardi 16 juin 2009 (ZENIT.org) - L'annonce que la Congrégation pour la doctrine de la foi supervisera désormais les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est imminente, affirme son supérieur général.


Mgr Bernard Fellay a révélé à ZENIT que la congrégation l'avait informé de la publication imminente, d'ici le 20 juin, d'une déclaration de Benoît XVI sous forme de "motu proprio" (de sa propre initiative), sur la nouvelle structure de Ecclesia Dei.

L'évêque a confirmé avoir rencontré, le 5 juin dernier, le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Au cours d'une visite qu'il a effectuée ce lundi à Toronto, le supérieur général a expliqué que la Commission pontificale Ecclesia Dei, mise en place précisément pour superviser le processus de « guérison » de la fracture qui s'est créée entre la Fraternité et l'Eglise, continuera à être une entité distincte au sein du dicastère de l'Eglise pour les questions doctrinales.

Mgr Fellay a précisé qu'il est probable que le responsable exécutif d'Ecclesia Dei soit un membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi. « De cette façon, elle sera unie étroitement avec la Congrégation », a-t-il ajouté.

Mgr Fellay avait été excommunié, ainsi que trois autres évêques ordonnés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 sans l'approbation du Vatican. Fin janvier, Benoît XVI a levé cette sanction.

Cependant, la Fraternité de Saint Pie X n'a pas encore le statut canonique requis pour l'exercice légitime du ministère. L'octroi de ce statut, comme l'a précisé le souverain pontife dans une lettre aux évêques du monde entier publiée en mars, est conditionné à l'acceptation par la Fraternité de l'autorité du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des papes.

Depuis l'année 2000, la commission pontificale a été dirigée par le cardinal Dario Castrillón Hoyos, que Mgr Fellay décrit comme « très amical » à l'égard de la Fraternité. L'évêque a indiqué que, même après sa rencontre, le 5 juin, avec le cardinal Levada, il ne peut dire avec certitude de quelle façon les changements prévus affecteront les négociations avec le Vatican.

« Je ne le connais pas [le cardinal Levada] assez pour répondre à la question. [...] Lorsque nous avons été reçus, il y a eu beaucoup de courtoisie. Il s'est montré aimable. [...]Franchement, je ne sais pas s'il y aura un réel changement et quel sera-t-il ».

Nouvelles excommunications

Le plus urgent pour la nouvelle direction de Ecclesia Dei sera d'éviter une nouvelle série d'excommunications. Le 27 juin, l'évêque lefebvriste Alfonso de Galaretta devrait ordonner trois prêtres et trois diacres au séminaire de la fraternité à Zaitzkofen, en Bavière (Allemagne). Mgr Gerard Muller, de Ratisbonne, a averti la Fraternité que, tant que la question du statut canonique ne sera pas réglée, les ordinations ne seront pas autorisées, et seront donc passibles d'actions disciplinaires.

« Notre évêque attend de Rome un conseil sur la réponse à donner » a déclaré, début juin, un porte-parole diocésain, Jakub Schotz. « Mais il est quasiment certain que cela finira par des excommunications pour ces prêtres et l'évêque qui procède à leur ordination ».

Mgr Fellay a fait savoir que la Fraternité Saint-Pie X a déjà reporté des ordinations sous-diaconales à Ratisbonne au début de cette année et que, selon lui, le Vatican à présent « n'a pas de problèmes de fond » concernant les prochaines ordinations sacerdotales.

« Nous avons besoin de respirer, a-t-il invoqué pour défendre le fait que la Fraternité continue à administrer les sacrements. Et, en définitive, si le pape a été assez bon pour lever les excommunications, c'est qu'il ne souhaite pas notre mort ».

La Fraternité envisage de procéder aux ordinations, même si Mgr Fellay craint que de nouvelles excommunications pourraient « tout remettre en cause » et faire échouer les discussions de la Fraternité avec la Congrégation pour la doctrine de la foi. Les condamnations sans ambiguïté, par la Fraternité, du Concile Vatican II, en particulier concernant les affirmations du concile sur la liberté religieuse, l'oecuménisme et la séparation entre l'Eglise et l'Etat seront au centre de ces entretiens.

Si le supérieur général d'origine suisse préfère régler ces questions doctrinales avant d'accepter le statut canonique dans l'Eglise, il insiste néanmoins sur son ouverture à un compromis provisoire avec le Vatican.

« Si Rome nous donne des garanties suffisantes de survie, en quelque sorte, je pense que nous prendrons certainement en considération la question », a-t-il déclaré.

Kris Dmytrenko

Kris Dmytrenko est producteur associé au réseau de télévision Salt and Light (Sel+Lumière), à Toronto. Le dimanche 28 juin, Salt and Light transmettra une interview exclusive de Mgr Bernard Fellay, dans un épisode de la série Witness (Témoin), présenté par le père Thomas Rosica, CSB.

[IBP-Roma / Pierre de Lapérusse] Quand les blogs traditionalistes rivalisent avec Golias

SOURCE - 16 juin 2009

Peut-on impunément attaquer l'Eglise sur la blogosphère ? Je veux parler d'une clique de pharisiens d'opérette qui insultent depuis quelques temps un Prélat que le Saint-Père envisage, dit-on, de nommer à la nonciature apostolique à Paris.

A dire vrai, on ne sait pas s'il faut renvoyer ces imprécateurs sans talent au Code civil (« Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation » - Loi 1881-07-29) ou à l'Evangile (« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugé » - Luc 6, 37). Quoiqu'il en soit attaquer par avance, sur la foi de rumeurs de bas étages, ou sur le parti pris idéologique, un possible représentant du Saint-Siège c'est porter gravement atteinte au Pape. Les diffamateurs se comportent ici comme des enfants gâtés. Nous sommes nombreux, je crois, à être fatigués des invectives proférés par des misérables qui, depuis le début de l'année, crachent dans la main qui leur a été charitablement tendue, sous couvert d'une prétendue « vraie fidélité » à Benoît XVI.

Il est temps de rappeler que la défense de la Tradition suppose aussi le respect des institutions divines transmises depuis l'aube du christianisme. Il n'est plus tenable de se poser en gardien de la vraie Foi lorsqu'on bafoue l'autorité du Pape et qu'on ridiculise ses représentants. Un Nonce apostolique est un ambassadeur de l'Eglise : l'insulter c'est déclarer la guerre au Vatican. Traîner le Corps mystique du Christ dans la boue ce n'est plus du traditionalisme, c'est de la barbarie.

Pour ce que nous en savons, le Prélat concerné est un homme intelligent, un homme de paix et d'unité. Intelligence, paix et unité : voilà les lignes de force du pontificat de Benoît XVI, voilà ce dont l'Eglise de France a besoin. C'est pourquoi nous accueillerons avec amour et respect tous les représentants qu'il plaira au Pape de nous envoyer. Monseigneur, Eminence ou Excellence, qui que vous soyez, vous êtes le bienvenu à Paris.

Une chose est sûre : Golias n'a plus en France le monopole de média chrétien de caniveau. Le web intégriste a pris le relais. Aussi, tel Philippe le Hardi à la bataille de Poitiers, sommes-nous tentés de dire à Benoît XVI : « Saint-Père gardez-vous à gauche ! Saint-Père gardez-vous à droite ! »

Pierre de Lapérusse

15 juin 2009

[Daniel Hamiche] L’archevêque Burke « pleinement et sans réserve » pour Summorum Pontificum

SOURCE - 15 juin 2009

Dans le même entretien avec Andrew Rabel, dont je traite dans mon précédent article, le journaliste aborde aussi avec l’archevêque Burke une question liturgique. Rabel après avoir rappelé que l’archevêque avait procédé, le 25 mars dernier, à l’ordination sacerdotale de cinq membres des Franciscains de l’Immaculée dans la forme extraordinaire, remarque qu’il n’est pas très fréquent de voir de très hauts prélats célébrer selon les anciens livres et interroge l’archevêque sur ses raisons de procéder ainsi.

« Tout d’abord, j’ai procédé à plusieurs ordinations sacerdotales selon la forme extraordinaire. Une très belle se tint à Saint Louis en juin 2007 1, en la fête du Sacré Cœur. Quand les Franciscains de l’Immaculée m’ont demandé de célébrer les ordinations selon la forme extraordinaire, j’ai été très heureux de l’accepter parce que je les connais depuis longtemps et qu’ils travaillent au sanctuaire Notre Dame de Guadalupe à La Crosse 2.
Pour le dire autrement, je n’ai jamais tenté de minimiser ou de dissimuler en quelque manière que ce soit mon soutien résolu à ce que le pape Benoît XVI demande à l’Église de faire dans Summorum Pontificum, et à ce que son prédécesseur, le serviteur de Dieu Jean-Paul II, nous a demandé de faire dans Ecclesia Dei adflicta. Au contraire, j’accepte leur orientation liturgique pleinement et sans réserve ».
1. Elle se déroula en la cathédrale de Saint Louis le 15 juin 2007, où l’archevêque ordonna deux diacres de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (reportage-photo ici).
2. Superbe sanctuaire marial créé par Mgr Burke quand il était évêque de La Crosse (Wisconsin), à découvrir ici.

[Lettre à Nos Frères Pretres] Une situation canonique intermédiaire

SOURCE - Lettre à Nos Frères Prêtres - organe de liaison de la FSSPX avec les prêtres français - juin 2009

Dans une petite brève fielleuse, La Croix du 29 mai 2009 écrit : « Alors que, pour Rome, les quatre évêques dont l’excommunication a été levée par Benoît XVI n’ont aucun ministère dans l’Église et ne peuvent procéder à aucune ordination, le séminaire intégriste de Zaitzkofen (Allemagne) a annoncé hier que Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera le 27 juin prochain trois prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. “Dans les négociations actuelles, il n’a jamais été question d’un arrêt général des ordinations”, estime l’abbé Stefan Frey, reprenant le discours lefebvriste sur “l’état de nécessité”. La Fraternité Saint-Pie X prévoit d’ordonner 21 prêtres, dont plusieurs à Écône, le 29 juin. »
Nous allons essayer de débrouiller le sac de noeuds savamment noué par La Croix, sans nous arrêter à ses habituelles perfidies, comme par exemple l’emploi du mot injurieux « intégriste ».
La Fraternité Saint-Pie X a pour but la formation sacerdotale
Le but principal de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, définie par ses Statuts validés le 1er novembre 1970 par l’évêque de Fribourg, est « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte », c’est-àdire « toutes les oeuvres de formation sacerdotale ». C’est pourquoi les mêmes Statuts redisent un peu plus loin que « la formation sacerdotale est le premier et le principal but de la Fraternité ».
C’est évidemment pour cette raison que le nom le plus connu de la Fraternité Saint-Pie X, nom qui s’identifie presque avec elle, est Écône, qui désigne le lieu (en Suisse) où est implanté depuis 1970 le premier séminaire de la Fraternité.
Bien évidemment, qui dit formation sacerdotale et séminaire, dit logiquement ordinations. C’est pourquoi, depuis 1970, se déroulent au sein de la Fraternité Saint-Pie X des ordinations, depuis la tonsure jusqu’au sacerdoce, en passant par les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat puisque, rappelons-le, la Fraternité Saint-Pie X célèbre la liturgie traditionnelle qui connaît ces divers degrés vers le sacerdoce.
Les dates de ces ordinations sont même fixées de façon coutumière dans la Fraternité. La tonsure (qui n’est pas un ordre au sens propre, d’ailleurs) est ainsi usuellement conférée à l’occasion de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple (2 février), tandis que le sacerdoce est conféré pour sa part lors de la fête des Apôtres Pierre et Paul (29 juin).
Des discussions doctrinales avec une Fraternité… qui existe!
Le décret du 21 janvier 2009 affirme explicitement que le Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X a pris « l’engagement de ne ménager aucun effort pour approfondir dans les nécessaires colloques avec les Autorités du Saint-Siège les questions encore ouvertes, afin de pouvoir ainsi parvenir rapidement à une pleine et satisfaisante solution du problème posé à l’origine ».
Dans sa lettre aux évêques du 10 mars 2009, le pape Benoît XVI précise les enjeux (de son point de vue) et le cadre de ces « colloques » ou « entretiens doctrinaux » évoqués par le décret du 21 janvier : « Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de compte sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres –même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique– n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église. A la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale Ecclesia Dei –institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape– à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. »
Il est évident que le Successeur de Pierre envisage des entretiens doctrinaux avec une Fraternité Saint-Pie X qui continue à exister et à vivre, même si (de son point de vue) il estime qu’elle n’a pas encore de « position canonique dans l’Église ». Il serait contradictoire de dire à la Fraternité, d’une part, « Cessez d’exister » et, d’autre part, « Entamons des discussions doctrinales ».
Or, nous l’avons vu, les ordinations font partie intégrante de l’essence même de la Fraternité Saint-Pie X. Donc, vouloir que la Fraternité vive, pour réaliser ces discussions doctrinales, tout en commençant par la décapiter, en supprimant les ordinations, est à l’évidence absurde et impossible.
Les ordinations de la Fraternité ne sont nullement une provocation
C’est pourquoi Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité, a pris contact avec Rome, par lettres et par visites, jusqu’au plus haut niveau, pour expliquer et confirmer de la façon la plus claire que la poursuite des ordinations dans le sein de la Fraternité, selon les modalités et aux dates usuelles, n’a rien d’une provocation, d’un mépris des gestes récents d’ouverture du Souverain Pontife, d’une attitude de dissidence et de rébellion envers l’Autorité suprême de l’Église, même s’il reste des obstacles et des difficultés que les discussions doctrinales auront pour objet de réduire.
Dans sa Lettre aux amis et bienfaiteurs datée de Pâques 2009, Mgr Fellay explique le contexte actuel de la manière suivante : « Profitant de la nouvelle situation après le décret sur l’excommunication, qui n’a rien changé au statut canonique de la Fraternité, maints évêques essaient de nous imposer un cercle carré en exigeant de nous l’obéissance à la lettre du Droit canon, en tout point, comme si nous étions parfaitement en ordre, alors qu’en même temps ils nous déclarent canoniquement inexistants! Déjà un évêque allemand a annoncé qu’avant la fin de l’année, la Fraternité serait de nouveau hors de l’Église… Charmante perspective!
« La seule solution viable, celle d’ailleurs que nous avions demandée, est celle d’une situation intermédiaire, forcément incomplète et imparfaite au plan canonique, mais qui soit acceptée comme telle sans constamment nous jeter à la face l’accusation de désobéissance ou de rébellion, sans lancer à notre égard des interdictions intenables. Car en fin de compte, l’état anormal dans lequel se trouve l’Église et que nous appelons état de nécessité, se voit prouvé une fois de plus dans l’attitude et les paroles de certains évêques à l’égard du Pape et de la Tradition.
« Comment les choses vont-elles évoluer? Nous n’en savons rien. Nous maintenons notre proposition d’accepter notre situation actuelle imparfaite comme provisoire, tout en abordant enfin les discussions doctrinales annoncées, en espérant qu’elles porteront de bons fruits. »
L’aveu inattendu de La Croix sur cette question
Le plus étonnant et amusant, au demeurant, c’est que La Croix elle-même, le 30 mai 2009, sous le titre « Réintégration », a décrit cette situation complexe de la Fraternité Saint-Pie X.
« L’excommunication, écrit en effet Nicolas Senèze, ne met pas hors de l’Église catholique. Cette peine, la plus grave selon le droit catholique, consiste à exclure les fidèles de la communion de l’Église : elle a pour effet de les priver des sacrements et, en ce qui concerne les clercs, de leur interdire de célébrer ces sacrements. La levée, décidée le 21 janvier par Benoît XVI, de l’excommunication qui frappait les quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre, n’a donc pas eu pour effet de réintégrer ceux-ci dans l’Église catholique puisque, malgré leur excommunication, ils n’ont pas cessé d’en faire partie. De même, si l’Église considère qu’ils ont été ordonnés de façon illicite, elle reconnaît que leur ordination est valide (de par la succession apostolique). En raison des différents doctrinaux persistants entre la Fraternité Saint-Pie X et l’Église, celle-ci ne confie toujours aucun ministère à ces quatre évêques : ils n’ont, par exemple, pas le droit d’ordonner des prêtres. Ainsi, s’ils sont validement évêques, et s’ils sont bien catholiques, ils ne sont pas encore pour autant évêques de l’Église catholique. »

[Télévision canadienne / Porte Latine] Interview de Mgr Fellay [26'06'']

SOURCE - 15 juin 2009

L'entretien donné à la télévision canadienne Sel et Lumière en français

video

14 juin 2009

[chretiente.info] Le cardinal Levada sur les discussions avec la FSSPX » Chrétienté.info

SOURCE

C’est u
ne grande première. Le cardinal américain William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a accordé un entretien de trois quarts d’heure à Jeff Israely, correspondant du magazine Time à Rome, qui en a fait un article paru le jeudi Saint 9 avril. L’entrevue s’est déroulée au palais du Saint Office à une date non précisée.
Ce sont là les premiers commentaires publics du cardinal Levada sur les discussions à venir avec les responsables de la FSSPX, depuis la parution le 10 mars dernier de la lettre personnelle de Benoît XVI aux évêques du monde entier relative à la levée des excommunications des quatre évêques de la FSSPX, survenue le 21 janvier. Cette lettre annonçait « l’intention » du pape « de rattacher à l’avenir la Commission pontificale Ecclesia Dei (…) à la Congrégation pour la doctrine de la Foi », une intention que Jeff Israely confirme en écrivant que « Levada va prendre les rênes » d’Ecclesia Dei, ce qui annonce donc la fin toute prochaine de la mission de son actuel président, le cardinal colombien Castrillon Hoyos.

Curieusement, Israely écrit que « Levada précise qu’il n’a pas encore rencontré les dirigeants de la Société [FSSPX] mais il espère que le dialogue ira de l’avant avec ses évêques et de hauts conseillers théologique. Sauf à ce que l’évêque Williamson rétracte entièrement sa position niant l’Holocauste, il ne pourra pas prendre part aux négociations, déclare Levada ».

Après avoir rappelé que la levée des excommunications était « un geste de miséricorde » le cardinal Levada a précisé que « la Société ne disposait pas d’un statut canonique lui permettant d’exercer un ministère dans l’Église ». Pour le cardinal, selon Israely, « les controverses liturgiques avec les disciples de Lefebvre ont été en gros réglées ». Le cardinal ajoute : « Ce qui demeure ce sont des questions doctrinales qui ne pourront être éclaircies qu’au cours d’un patient dialogue à venir ».

Invité à préciser le terme « patient », le cardinal donne l’exemple de la décision de lever les excommunications réciproques prise en 1965 par Paul VI et Athenagoras : « Nous nous sommes réjouis de ce geste pour l’unité des chrétiens. Mais la levée de ces excommunications n’a pas mis un terme au schisme qui continue d’exister entre le catholicisme et l’orthodoxie ».

Pour le cardinal, les points principaux de controverse avec les disciples de Mgr Lefebvre se focalisent sur « l’obéissance au Magistère » et sur des décrets particuliers de Vatican II : « Le Concile est vaste et tous les décrets ne sont pas d’un même niveau. Le décret sur la liberté religieuse est l’un des points clé sur lequel la Société a des problèmes (…) Nous avons la volonté de revoir avec eux tout le Catéchisme de l’Église ».

13 juin 2009

[Le Nouvelliste] Le pape a libéralisé l’ancienne messe, mais il n’est pas suivi par beaucoup d’évêques

SOURCE - Vincent Pellegrini

La Fédération internationale Una-Voce, association militant pour la messe en latin et en grégorien en accord avec le magistère et l’autorité du pape, a parlé dans son rapport de la manière dont est reçue par les évêques la libéralisation de l’ancienne messe décrétée par le pape (dans le document motu proprio Summorum Pontificum). L’assocation relève notamment ceci (traduit de l’allemand d’après Katholisch Glauben und Leben, mai-juin 2009, qui a publié le rapport international d’Una Voce): “Les membres de la Fédération Una Voce du monde entier ont été priés de communiquer leurs observations en ce qui concerne la réception du “Motu proprio” dans leurs différents pays. Comme cela ressort clairement de ces observations, on relève un degré de mécontentement de la part des évêques, en beaucoup de pays, contre le “Summorum Pontificum”, de même que les tentatives de beaucoup d’évêques qui cherchent à contrer la volonté du Saint-Père, alors que celui-ci désire guérir les blessures de la séparation et arriver à une “réconciliation intérieure au coeur de l’Eglise”. (…) Ces évêques ont refusé de réagir positivement et ont empêché leurs prêtres de célébrer dans la forme extraordinaire (ancienne messe). Tout cela est bien triste, mais d’après les informations qui ont été livrées par les membres de Una Voce, il ressort qu’il y en a beaucoup trop (d’évêques) pour être comptés et il serait incorrect d’en nommer seulement quelques-uns. Dans quelques pays, les conférences d’évêques ont refusé de reconnaître à leurs prêtres le droit de célébrer la messe dans la forme extraordinaire (ancienne messe); en réalité, ils ne défendent pas ouvertement à leurs prêtres de célébrer cette messe, mais ils ont fixé des directives sévères qui, dans la pratique, enlèvent à leurs prêtres la liberté de le faire.”

[DICI] Allemagne : L’abbé Schmidberger répond aux attaques des évêques allemands

L’abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d’Allemagne de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, dénonce l’attitude négative de certains évêques allemands. Les levées d’excommunication ne doivent pas avoir pour conséquence « d’étouffer la vie quotidienne de la Fraternité », affirme-t-il dans une déclaration qui intervient quelques jours après que l’évêque de Ratisbonne, Mgr Gerhard Ludwig Müller, ait qualifié, le 1er juin sur Radio Vatican, de « provocation » les ordinations de diacres et de prêtres annoncées pour le 27 juin à Zaitzkofen, dans son diocèse.

« Le retrait de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X du 21 janvier de cette année n’a pas résolu toutes les difficultés, mais constitue une importante mesure pour la restauration de la confiance. Sur ce chemin vers une normalisation totale, il n’a jamais été question de la part du Saint-Siège d’étouffer la vie quotidienne de la Fraternité comme le veulent visiblement quelques évêques allemands », affirme l’ancien supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.

Mgr Müller avait estimé que de nouvelles ordinations ne devraient plus avoir lieu jusqu’à ce que la situation canonique de la Fraternité soit clarifiée. Le 28 mars dernier, des ordinations au sous-diaconat auraient dû avoir lieu à Zaitzkofen. Mais en signe de bonne volonté, l’actuel supérieur général de la Fraternité, Mgr Bernard Fellay, avait décidé de transférer ces ordinations à Ecône, en Valais. A cette occasion, il s’était dit « particulièrement écœuré par l’attitude de l’épiscopat allemand qui n’a de cesse de nous manifester son hostilité dénuée de charité et ses continuels procès d’intention ».

Le dimanche 7 juin a été bénie une nouvelle chapelle de la Fraternité Saint-Pie X à Fulda. L’évêque du diocèse, Mgr Heinz Josef Algermissen, s’était opposé à cette célébration, jugeant cette consécration « provocante », la qualifiant « d’acte mettant en danger l’unité de l’Eglise », en raison de la fête de saint Boniface qui avait lieu le même jour à Fulda. Il avait rappelé que la construction d’une chapelle devait être soumise à l’autorisation de l’évêque local et que ce dernier était responsable de sa consécration. Or jamais, selon lui, la Fraternité Saint-Pie X ne s’était adressée à lui concernant cette chapelle.

L’abbé Franz Schmidberger a répondu dans une prise de position diffusée le 5 juin que la Fraternité avait cherché « malheureusement en vain » à entrer en dialogue avec l’évêque en vue de trouver une solution qui convienne à chacune des parties. Concernant la coïncidence des dates de la bénédiction de la chapelle et de la fête de saint Boniface, elle est « totalement fortuite », a-t-il assuré. On ne peut parler de provocation. La Fraternité Saint-Pie X avait jusqu’au 10 juin pour rendre le bâtiment servant jusqu’à présent de chapelle. C’est pourquoi la bénédiction de cette nouvelle chapelle a été fixée au dimanche précédent. (Sources : Apic et sources privées)

date : 13/6/2009

[Abbé Stephan Frey, fsspx] "Le Séminaire du Sacré-Cœur à Zaitzkofen maintient les ordinations prévues..."

SOURCE - traduction par DICI - 13 juin 2009


Déclaration de l’abbé Stephan Frey, directeur du séminaire de la Fraternité Saint-Pie X à Zaitzkofen (Allemagne) – 13 juin 2009

Le Séminaire du Sacré-Cœur à Zaitzkofen maintient les ordinations prévues pour le 27 juin 2009 :

1. Ces ordinations sacerdotales sont conférées dans l’intention de servir l’Eglise catholique. Elles manifestent notre unité avec l’Eglise romaine. Cette unité a pour fondement la doctrine inchangée, les mêmes sacrements et le sacrifice de la messe de toujours. Les candidats au sacerdoce ainsi que tous les membres de la Fraternité Saint-Pie X reconnaissent la charge du Souverain pontife et l’autorité de l’Eglise. Ces nouveaux prêtres, comme tous les prêtres de la Fraternité, prieront au cours de chaque messe nommément pour le pape actuel ainsi que pour l’évêque du diocèse, ce qui est une expression de leur lien avec l’Eglise. C’est ce qui a toujours été pratiqué dans la Fraternité depuis sa fondation, il y a bientôt 40 ans. Nous n’avons nullement l’intention de fonder une Eglise parallèle, mais de garder le trésor inestimable de la tradition catholique au sein de la seule et véritable Eglise catholique.

2. Lorsque le 21 janvier 2009 Rome a levé le décret d’excommunication porté en 1988 contre les quatre évêques auxiliaires de la Fraternité, le Saint-Père avait en vue, par cette mesure, la vie et non la mort de la Fraternité. Ce geste courageux était avant tout une mesure destinée à établir la confiance à la veille des discussions théologiques qui doivent s’ouvrir avec des représentants du Saint-Siège afin de résoudre les difficultés qui demeurent.

3. Un état de nécessité demande et justifie des mesures d’exception. Y a-t-il dans l’Eglise aujourd’hui un état de nécessité ? De nombreux papes, cardinaux, évêques et théologiens l’ont affirmé. Le pape Paul VI, par exemple, a parlé d’« autodestruction de l’Eglise », le pape Jean-Paul II d’« apostasie silencieuse ». Laissons parler aussi les chiffres : en 1950, en Allemagne, 13 millions de catholiques pratiquaient le dimanche ; aujourd’hui ils sont moins de deux millions, ce qui représente une chute de plus de 85 % ! Le nombre des ordinations dans les diocèses allemands était en 2008 inférieur à cent : un triste record jamais atteint !

C’est l’existence du christianisme en Europe qui est en jeu. Doit-on dans de telles circonstances reporter l’ordination de prêtres qui ont été formés sur le fondement solide de la tradition catholique et qui sont si nécessaires pour la continuation de l’Eglise ? Ne devrait-on pas au contraire, alors que les vraies vocations se font toujours plus rares, remercier le Seigneur pour de telles vocations ? Il n’y a nullement ici un affront à l’unité de l’Eglise, encore moins un refus de la main que nous tend le Saint-Père pour qui nous prions chaque jour.

4. Les évêques en colère se réfèrent toujours au droit canonique. Autant dresser un procès-verbal pour excès de vitesse à un groupe de jeunes gens courageux se précipitant pour éteindre, ou au moins circonscrire, le feu menaçant d’emporter une splendide maison ! Le dernier canon du Code de droit canonique de 1983 qui affirme que la loi suprême de l’Eglise est le salut des âmes est-il donc sans valeur aujourd’hui [pour qu’on veuille interdire ces ordinations dont l’Eglise a tant besoin] ?

5. Les problèmes qui demeurent ne sont pas de nature disciplinaire et la discussion doit donc être menée sur un autre plan, celui de la foi. Dans sa lettre aux évêques du 10 mars 2009, le pape Benoît XVI fait la constatation dramatique que la foi disparaît dans de nombreuses parties du globe. Ne devrait-on pas se donner la peine d’étudier ensemble les raisons de cette crise de la foi et les moyens à employer pour y remédier ? C’est dans cet esprit que nous redisons notre disposition à dialoguer avec les évêques allemands dans une atmosphère de paix et de loyauté intellectuelle, loin de toute polémique et d’accusations stériles.

Zaitzkofen, le 13 juin 2009.

Pater Stephan Frey, directeur

10 juin 2009

[AFP] Le Vatican travaille à une reprise du dialogue avec les Lefebvristes - dépêches AFP - la-Croix.com

SOURCE
Le Vatican travaille à une reprise du dialogue avec les Lefebvristes après la levée de l'excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X, une décision qui avait suscité un malaise au sein même de l'Eglise car elle concernait notamment un évêque négationniste.

Mercredi, pendant leur réunion mensuelle dite de la feria quarta (mercredi, en latin), les quelque 15 cardinaux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi ont particulièrement travaillé sur un texte visant à préciser le cadre du dialogue doctrinal à venir avec les intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, selon l'agence i.média.

Il s'agit, comme l'a souhaité le pape lui-même, de traiter désormais des problèmes doctrinaux et théologiques, à commencer par "l'acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des papes", a précisé l'agence d'informations religieuses.

Ce point est loin d'être acquis. L'abbé Régis de Carqueray-Valmenier, supérieur du district de France de la Fraternité, a ainsi défini, en février, Vatican II comme une "catastrophe inouïe qui s'est produite dans l'Eglise".

"Le mur de Berlin est tombé, les statues de Staline ont été déboulonnées, pourquoi ne pas remettre en cause les textes de Vatican II", a-t-il déclaré.

Plusieurs sources ont indiqué à i.media que le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, le Suisse Mgr Bernard Fellay, avait été reçu le 5 juin à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Fin janvier, la levée des excommunications des évêques ordonnés par Mgr Lefebvre et particulièrement de celle de Mgr Richard Williamson, qui nie que les chambres à gaz aient existé, avait suscité une énorme polémique.

Pour apaiser les choses, le pape s'était personnellement exprimé le 12 mars dans une lettre aux évêques du monde entier, affirmant que "tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n'a aucun statut canonique dans l'Eglise, et ses ministres - même s'ils ont été libérés de la punition ecclésiastique - n'exercent de façon légitime aucun ministère dans l'Eglise".

Le dialogue avec les intégristes devrait être plus amplement clarifié par Benoît XVI lui-même. Un autre élément dans ce dossier est le départ à la retraite - de plus en plus probable - du cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission "Ecclesia Dei", créée précisément par Jean Paul II en 1988 pour résorber le schisme lefebvriste.

Le cardinal colombien, qui avait proposé la levée des excommunications au pape, aura 80 ans le 4 juillet. Plusieurs observateurs jugent que son départ pourrait être l'occasion de rattacher officiellement cette commission à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

La Fraternité Saint-Pie X s'apprête de son côté à ordonner huit nouveaux prêtres (sept Français et un Belge) et dix diacres (neuf Français et un Suisse) le 29 juin à Ecône (Suisse), comme elle le fait chaque année à l'occasion de la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul.

9 juin 2009

[Abbé Patrick Troadec] Le nombre et l’origine des séminaristes et des frères entrés à Flavigny

SOURCE

Chers amis et bienfaiteurs,

Alors que va s’ouvrir le 19 juin prochain une année sacerdotale, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du saint curé d’Ars, comme l’a annoncé le pape Benoît XVI, je suis heureux de vous donner, chiffres à l’appui, la contribution du Séminaire Saint-Curé-d’Ars à cette oeuvre capitale de la formation du clergé pour la sanctification de vos âmes et de celles des générations à venir.

Le nombre et l’origine des séminaristes et des frères entrés à Flavigny

Séminaristes français et étrangers

Période
Entrées au séminaire
Âge moyen
Nombre d’enfants
dans la famille
Mères demeurant au foyer
Issus d’une école de la FSSPX
1989-1993
102
23.5
4.2
66
22
1994-1998
93
21.5
4.8
51
52
1999-2003
79
22.2
5.8
74
63
2004-2008
87
20.9
5.9
73
68

Frères français et étrangers

Période
Effectifs
Passage dans une école de la Fraternité
1989-1998
18 frères
1 frère
1999-2008
44 frères
22 frères

Le nombre d’entrées de séminaristes à Flavigny a été légèrement plus important jusqu’en 1996 en raison du plus grand nombre de séminaristes étrangers. Le nombre de séminaristes français est toutefois relativement stable et oscille entre 12 et 14 par an, depuis 20 ans. En revanche, le nombre d’entrées de frères a plus que doublé ces 10 dernières années par rapport à la décennie précédente, avec une moyenne de plus de 4 frères par an.

Les autres paramètres permettent d’arriver aux constatations qui suivent pour ces 5 dernières années. Les séminaristes qui entrent au Séminaire ont une moyenne d’âge de 21 ans. Ils sont issus de familles nombreuses, près de 6 enfants par famille. Pour les trois quarts, la mère est présente au foyer. A titre de comparaison, dans les séminaires diocésains, les séminaristes entrent à 26 ans ; la moyenne des enfants par famille est de 3,8, tandis que 30% des mamans sont mères au foyer(1).

68% de nos séminaristes ont passé au moins une année dans une école de la Fraternité. Le taux s’élève même à 81% pour les séminaristes français entrés depuis 2001. La moitié des frères entrés ces dix dernières années sont également passés par une école de la Fraternité. La proportion s’élève à 58% pour les Français.

Quand on regarde attentivement ces quelques critères sur l’origine des séminaristes et frères, il saute aux yeux que, pour faire germer et mûrir une vocation, rien ne remplace le terreau d’une famille généreuse et fervente avec une mère présente au foyer, et d’une école foncièrement catholique. L’évolution sensible du nombre des vocations issues des écoles de la Fraternité accomplit le voeu exprimé par Mgr Lefebvre de voir nos écoles devenir un jour des pépinières de vocations. « Il est absolument certain que c’est par ces collèges [c’est-à-dire les écoles de la Tradition] que nous viendront le plus de vocations […]. Sans ouvrir des petits séminaires, nous avons des collèges qui en rempliront l’office »(2). Ce jugement ne doit pas nous étonner lorsque l’on sait qu’en 1957, en France, 74% des vocations venaient des petits séminaires(3).

Ces fruits tangibles sont un bel encouragement pour les parents qui consentent à tant de sacrifices pour donner à leurs enfants une bonne éducation. Ils récompensent également la générosité de tant de bienfaiteurs qui contribuent au développement de l’oeuvre prioritaire que représente l’éducation des enfants.

La perception de l’appel de Dieu

La vocation est une réponse à un appel de Dieu. Dieu appelle les âmes quand il veut, comme il veut. Il n’est pas tenu à prendre tel moyen plutôt que tel autre pour appeler une âme à son service. Cependant certains séminaristes ont cru discerner des circonstances particulières qui leur ont paru déterminantes dans cette décision de devenir prêtres un jour. C’est assez souvent vers l’âge de 12 ans qu’ils ont perçu le premier appel. Les circonstances de cet appel sont très diverses. Certains l’ont eu dès le jour de leur première communion ou de leur confirmation, d’autres au hasard d’une lecture, d’autres encore au moment d’un pèlerinage, à l’occasion d’un sermon, en assistant à une ordination ou en visitant le Séminaire, d’autres enfin par l’intermédiaire d’un mouvement de jeunesse ou au moment de leur conversion. Mais le nombre le plus important en proportion affirme l’avoir ressenti au contact de la liturgie, que ce soit sous la forme du service de messe ou de l’aide à la sacristie. Le premier déclic n’étant pas toujours suffisant pour entraîner une décision définitive, un deuxième appel est souvent entendu par la plupart d’entre eux après une période d’éclipse plus ou moins longue.

Il a lieu à l’âge moyen de 19 ans, notamment au cours d’une retraite ou au contact d’un prêtre. Voici un témoignage parmi tant d’autres : « C’est dans une école traditionnelle que j’ai commencé à penser sérieusement à la vocation [entre 15 et 17 ans]. Ce désir a surtout été stimulé par le don de soi que nous montraient les prêtres de mon école, par leur très grande bonté. De plus, mon contact avec la liturgie et mon rôle de sacristain ont enraciné en moi un profond attachement au culte de l’Église. Le facteur déterminant a été cependant le fait que l’Église, dans la crise actuelle, a un grand besoin de prêtres »(4).

Ces éléments extérieurs, parfois déterminants pour permettre à une âme de discerner l’appel de Dieu, peuvent être utilisés avec prudence par les parents et éducateurs lorsqu’ils voient chez tel enfant des prédispositions particulières pour une vocation sacerdotale ou religieuse.

La persévérance des séminaristes et des frères entrés à Flavigny

Périodes

Séminaristes

Frères
Séminaristes et Frères*
Effectifs
Persév.(1)
%
Effectifs
Persév.
%
Effectifs
Persév.
% Persév.
1987-1995
188
91
48%
19
4
21%
206
95
46%
1996-2004
158
77
49%
32
22
69%
182
100
55%

(1) Persévérance

* Certains séminaristes étant devenus frères, l’effectif de l’ensemble est inférieur à la somme des effectifs des séminaristes et frères.

Le tableau de persévérance des séminaristes et des frères s’arrête à la promotion de ceux qui sont entrés au Séminaire en 2004 et qui viennent de franchir le pas définitif du sous-diaconat en mars 2009, les promotions suivantes étant susceptibles de connaître de nouveaux départs.

Le tableau révèle un taux constant de persévérance au cours des dernières années : 48%(5) de persévérance étant enregistrés (depuis les prêtres ordonnés en 2002 jusqu’à ceux qui viennent de recevoir le sous-diaconat), taux sensiblement identique à celui des 9 années précédentes (49%).

Le taux de persévérance des séminaristes passés par les écoles de la Fraternité (56%) est supérieur à celui des autres (37%) pour les 9 dernières années. Dans les séminaires diocésains, le taux de persévérance est également de 50% environ(6).

En revanche, le taux de persévérance des frères a considérablement augmenté. Il est passé de 21% à 69%, si bien que, séminaristes et frères confondus, on a un pourcentage de 55% de persévérance de séminaristes et frères durant les 9 dernières années sur les 182 entrées au Séminaire, pour 46% de persévérance durant les 9 années précédentes sur les 206 séminaristes et frères entrés au Séminaire.

Il ne faudrait pas considérer tous les départs du Séminaire comme des échecs ou des infidélités à la grâce. J’ai reçu de très beaux témoignages d’anciens séminaristes sur ce que le Séminaire leur a apporté pour être dans le monde de fervents catholiques. L’un d’eux m’a écrit à l’occasion de son mariage : « L’exemple des séminaristes et des frères à Flavigny m’a édifié et la vie au Séminaire m’a fortifié. Et la Providence m’a déjà rendu au centuple ! Puisse le Seigneur nous accorder de nombreuses vocations !»

Nous serions cependant heureux de voir grandir le nombre de séminaristes et frères dans nos séminaires et diminuer le nombre des départs.

La messe pour la persévérance des vocations ecclésiastiques

Pour aider les séminaristes et les prêtres à persévérer dans leur vocation, l’Église dans sa belle liturgie a composé une messe votive dont les prières sont admirables. Ces prières décrivent les dangers que peuvent rencontrer les prêtres dans leur ministère et la manière de les surmonter.

Comme le dit saint Thomas d’Aquin, il existe principalement deux causes de chute chez l’homme, l’attrait des plaisirs et la crainte des maux (II-II, q. 138, a.1).

Pour éviter de se laisser subjuguer par les faux plaisirs du monde, l’épître de la messe pour les vocations renferme les paroles de saint Jean : « Frères très chers : je vous écris, jeunes gens, parce que vous êtes forts et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin. N’aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux et l’orgueil de la vie, ne vient pas du Père, mais du monde. Le monde passe et sa concupiscence aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement » (1 Jn 2, 14-17). Ainsi saint Jean invite le prêtre à être dans le monde sans être du monde.

A l’attrait des plaisirs s’ajoute la crainte des maux. La vie sacerdotale est parsemée d’épreuves. Pour aider les prêtres à les surmonter, Notre-Seigneur dans l’évangile de la messe pour la persévérance des vocations donne l’image de la vigne et du sarment : « Tout sarment qui porte du fruit, dit Notre- Seigneur, Dieu le Père l’émonde afin qu’il en porte davantage » (Jn 15, 2). Cette taille de la vigne symbolise les tribulations de la vie présente, nous dit saint Jean Chrysostome. Celles-ci sont destinées à rendre les prêtres plus forts et plus vigoureux. Pour cela, ils doivent rester unis au cep : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments ; celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit : car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Loin de se décourager devant les épreuves, le prêtre doit voir à travers elles une part de la Croix du divin Maître et le gage de la fécondité de son apostolat.

Pour ne pas se laisser contaminer par l’esprit du monde et pour ne pas reculer devant les sacrifices inhérents à la sublime vocation sacerdotale, le prêtre a spécialement besoin de pratiquer deux vertus que mentionne la collecte de la messe : « Réveillez, Seigneur, en votre Église l’esprit de piété et de force ».

Pour trouver son bonheur en Dieu, le prêtre doit être un homme de prière, et pour surmonter l’attrait des plaisirs et la crainte des maux, il doit faire preuve de force. On comprend dès lors la place que le saint sacrifice de la messe doit occuper dans sa vie. En effet, où le prêtre alimentera-t-il son esprit de piété et de force ?

Ce sera spécialement à l’autel. En contemplant Notre-Seigneur sur la Croix, le prêtre a sous les yeux l’exemple le plus parfait de prière persévérante et de force héroïque.

Prions pour nos séminaristes et nos prêtres, spécialement en cette année du sacerdoce. Que Notre-Seigneur leur donne l’amour de leur sublime vocation et les éclaire sur les moyens à mettre en oeuvre pour l’accomplir saintement. Soyez vivement remerciés pour vos prières et pour vos dons en faveur du Séminaire.

Abbé Patrick TROADEC, Directeur
le 31 mai 2009, en la fête de la Pentecôte.

Notes

(1)—Statistiques des années 1975 à 2002 (Documentation catholique, 2297, août 2003).
(2)—C’est moi, l’accusé, qui devrais vous juger ! (p. 58).
(3)—Documentation catholique, 2297, août 2003.
(4)—Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Séminaire Saint-Curé-d’Ars, 52.
(5) — Le taux de persévérance des séminaristes entrés à Flavigny entre 1996 et 2004 atteint 62% si l’on intègre ceux qui ont persévéré dans la vie religieuse ou sacerdotale, dans la Fraternité Saint-Pie X (frères) ou en dehors.
(6) — Documentation catholique, 2297, août 2003.

7 juin 2009

[FC - abbé Claude Barthe] Oui, la FSSPX est dans un statut d’''aptitude'''

SOURCE

En Droit canonique existent les «associations de fidèles», dont certaines composées majoritairement de clercs sont dites «associations de fidèles de nature cléricale». Selon le Code de Droit canonique, elles peuvent être érigées par l’autorité ecclésiastique. Les instituts religieux naissent souvent dans cet état, à titre de stade préliminaire (c’était d’ailleurs le premier mode sous lequel a existé l’œuvre de Mgr Lefebvre, érigée par l’évêque de Fribourg, en 1970, comme « pieuse union », appellation qui a été remplacée par celle d’« association de fidèles »).

Mais les canonistes s’accordent à dire qu’il existe aussi dans l’Église de multiples « associations de fait ». A supposer que le retrait de son érection, par Mgr Mamie, en 1975, lui ait jadis interdit d’être considérée comme une association de fait, l’adoption de statuts substantiellement nouveaux en 1976 et surtout l’élément nouveau considérable que représente la levée de l’excommunication de ses quatre évêques inclinent à la faire rentrer dans cette catégorie.
Et de toute façon, elle est là avec un millier de prêtres, clercs, religieux, religieuses, des établissements nombreux, des lieux de culte (plus de 200 en France ?), des écoles, etc. Comment doit-on qualifier cet existant ecclésiologique ? De deux choses l’une : ou bien c’est une communauté non catholique et l’Église doit urgemment la traiter comme une « communauté séparée» (notamment en lui proposant des relations avec le Conseil pour la Promotion de l’unité des chrétiens), ce dont, comme le fait remarquer Ennemond, il n’est pas question ; ou bien elle est catholique (éventuellement répréhensible en s’arrogeant des droits qu’elle n’a pas, pour des raisons qui peuvent se discuter : c’est d’ailleurs tout le débat), et elle relève alors de la vigilance de la hiérarchie, spécialement du Saint-Siège, qui va examiner si des éléments de sa doctrine ou de sa pratique sont à reprendre. Le bon sens et la souplesse dans manière romaine d’agir n’indiquent-ils pas qu’il faut retenir la deuxième branche de l’alternative ?

Bien plus encore y pousse l’intérêt évident pour l’Église d’une marche progressive vers une « normalisation ». Car, tout naturellement, une association de cette importance et de cette activité a vocation à être érigée. A moins, bien entendu, que les choses ne « tournent mal », et qu’elle ne soit condamnée. Mais justement on n’en est pas là, tout au contraire, puisqu’une première étape a été franchie : la «désexcommunication». Et on ne peut rester au milieu du gué.

Bien que non spécialiste, je fais aussi remarquer que, si le Code Canonique des Églises Orientales prévoit que des associations de fidèles peuvent incardiner des diacres et des prêtres, le Code de Droit Canonique latin ne le prévoit pas expressément, mais ne l’écarte nullement. Il y a même au moins un exemple historique de capacité donnée à une association de fidèles d’incardiner, celle donnée à l’association Opus cenaculi (l’œuvre de Loublande), fondée par Mgr Roche, un protégé du cardinal Tisserant (cette possibilité lui ayant été accordée, sauf erreur, vers 1964). Parmi les innombrables possibilités de reconnaissance progressive de la FSSPX, on pourrait donc aussi imaginer celle-ci : l’érection de la société en association ayant le pouvoir d’incardiner.

Le tout étant, il va de soi, un avis purement personnel, que j’émets sous réserve d’un meilleur jugement.

[Paix Liturgique] Le cardinal CANIZARES nous donne le sens 'VRAI' du Motu Proprio Summorum Pontificum

SOURCE - Lettre 181 de Paix Liturgique - 7 juin 2009

"Même s'il n'existait aucun traditionaliste à satisfaire", le Motu Proprio Summorum Pontificum aurait toute sa place dans l'Église. C'est, en substance, le sens de la préface que livre le Cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation du Culte Divin, à l'édition espagnole du dernier ouvrage de Nicola Bux “La Riforma di Benedetto XVI”.

Voici un extrait de cet important document.
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Si l'on croit vraiment que l'Eucharistie est « la source et la sommet de la vie chrétienne » - comme le Concile Vatican II nous le rappelle -, nous ne pouvons pas admettre qu'elle soit célébrée d'une façon indigne. Pour beaucoup, accepter la réforme conciliaire a signifié célébrer une Messe qui devait être « désacralisée » d'une façon ou d'une autre. Combien de prêtres ont été traités de « rétrogrades » ou « anticonciliaires » pour le seul fait de célébrer d'une façon solennelle, pieuse, ou simplement pour avoir respecté rigoureusement les rubriques ! Il est indispensable de sortir de cette dialectique.

La réforme a été appliquée et habituellement vécue comme un changement absolu, comme s'il fallait créer un abîme entre l'avant et l'après Concile, dans un contexte dans lequel le terme « préconciliaire » était utilisé comme une insulte. On observe aussi le phénomène que le Pape note dans sa récente lettre aux évêques du 10 mars 2009 : « Parfois on a l'impression que notre société a besoin d'un groupe au moins envers lequel elle ne doit avoir aucune tolérance, contre lequel elle puisse se déchaîner avec haine ». Pendant des années, cela a été en bonne partie le cas des prêtres et fidèles liés à la forme de la Messe héritée des siècles, traités maintes fois « comme des lépreux », comme l'a dit de façon frappante celui qui était encore le cardinal Ratzinger.

Aujourd'hui, grâce au Motu Proprio, cette situation est en train de changer notablement. Et cela ce réalise en grande partie parce que la volonté du Pape n'a pas été uniquement de satisfaire les fidèles de Mgr Lefebvre, ni de se limiter à répondre aux justes désirs des fidèles qui se sentent liés, pour des motifs divers, à l'héritage liturgique représenté par le rite romain, mais bel et bien d'offrir à tous les fidèles la richesse de la liturgie de l'Église, en permettant la découverte des trésors de son patrimoine liturgique aux personnes qui les ignoraient encore. Combien de fois en effet le mépris affiché pour ces trésors n'est-il dû qu'à leur méconnaissance ?!

À ce titre, et considéré sous ce dernier aspect, le Motu Proprio doit être compris au-delà de l'existence ou non de conflits. Même s'il n'existait aucun « traditionaliste » à satisfaire, la seule découverte de ces trésors justifierait amplement les dispositions du Pape.

La reforma de Benedicto XVI - La liturgia entre la innovacion y la tradicion, Nicola Bux, Ciudadela Libros, 2009

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Réflexions de PAIX LITURGIQUE


1 - Le Cardinal Antonio Cañizares Llovera n’est pas un vieux cardinal en retraite ni un électron libre. Agé de 64 ans, ce Cardinal espagnol est tout simplement le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements depuis le mois de décembre 2008. Autrement dit, c’est le n°1 de l’Eglise en matière liturgique. Il va donc de soi que lorsque le Cardinal parle du Motu Proprio Summorum Pontificum ou de la forme extraordinaire du rit romain, ce n’est pas son avis personnel qu’il donne mais bien ce que le Pape et l’Eglise proposent.

2 – La raison d’être du Motu Proprio Summorum Pontificum n’est pas de régler l’indélicatesse existant entre Rome et la Fraternité Saint Pie X. Les deux sujets sont indépendants l’un de l’autre. Une simple lecture du texte du Motu Proprio suffit pour comprendre cela. En effet, les expressions utilisées dans le Motu Proprio sont sans équivoque : « tout prêtre catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux », « des communautés d’Instituts de vie consacrée et de Sociétés de vie apostolique de droit pontifical ou de droit diocésain », « Les prêtres utilisant le Missel du bienheureux Jean XXIII doivent être idoines et non empêchés par le droit »…

Toutefois, compte tenu des étrangetés entendues ici où là dans les diocèses, force est de reconnaître que ce rappel de bon sens est opportun.

3 – La raison d’être du Motu Proprio Summorum Pontificum n’est pas non plus de répondre aux attentes des fidèles qui fréquentent les lieux de culte desservis par le clergé Ecclesia Dei (c’est le Motu Proprio de 1988 de Jean Paul II qui leur est destiné).

4 – Enfin, la raison d’être du Motu Proprio Summorum Pontificum n'est pas d'abord liée à la volonté de faire avancer le projet de réforme de la réforme comme le suggérait Monseigneur Aillet dans son ouvrage.

5 – Si le Motu Proprio Summorum Pontificum contribue certainement aux buts décrits ci-dessus, il faut chercher ailleurs la raison pour laquelle le Saint Père a voulu ce texte. En effet et comme l'a affirmé de nombreuses fois le Cardinal Dario Castrillón Hoyos, Préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé et Président de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » , Le motu proprio qui rétablit l'ancienne forme liturgique dans tous ses droits a d'abord pour but de rendre à l'Eglise un trésor de spiritualité liturgique qui a donné tant de grâces à l'Eglise et aux chrétiens depuis plus de 15 siècles. Voilà ce que rappelle magnifiquement le Cardinal Antonio Cañizares.

6 - Voici ce que nous répondons aux pasteurs étonnés ou inquisiteurs qui nous demandent inlassablement "pourquoi" nous désirons la célébration de la forme extraordinaire dans nos paroisses : « Offrir à tous les fidèles la richesse de la liturgie de l'Église, en permettant la découverte des trésors de son patrimoine liturgique aux personnes qui les ignoraient encore ». Quand on sait, grâce aux sondages CSA de novembre 2008 que 34 % des pratiquants actuels des paroisses assisteraient à la messe traditionnelle dans leurs propres paroisses, on comprend toute la justesse de vue du Saint Père.

Voila pourquoi nous demandons à nos évêques de permettre la célébration de ce trésor dans toutes les grandes paroisses et, a minima, partout où des fidèles en font la demande...

6 juin 2009

[Mascaret] Suite féconde

SOURCE - Mascaret - Bertrand Le Noac'h - 6 Juin 2009

«Paix liturgique» publie dans son N°176, une étude fort instructive sur l'évolution du nombre de séminaristes en France. A la fin du Concile, en 1966-1967, ils étaient 4 536. Aujourd'hui, en 2008-2009, ils sont environ 740, soit une chute de plus de 80%. Les entrées dans les séminaires qui étaient remontées légèrement dans les années 1980 connaissent une nouvelle décrue.

En 2008-2009, il y a, à quelques unités près, 740 séminaristes diocésains en France pour la forme ordinaire et 160 pour la forme extraordinaire (dont 40 environ pour la Fraternité Saint-Pie-X). Même s'il faut ajuster ces chiffres puisque dans l'effectif des séminaires diocésains la première année n'est pas prise en compte, au contraire des séminaires de forme extraordinaire, mais également puisque dans le séminaire diocésain de Toulon une quinzaine de séminaristes sont destinés à la forme extraordinaire sur la cinquantaine que compte cet établissement. On peut estimer qu'environ un quart des séminaristes est formé pour célébrer dans le mode extraordinaire alors que les paroisses dédiés à cette forme ne représentent pas un pour cent.

Ce qui nous permet de mesurer le privilège dont nous jouissons à Bordeaux, mais également qu'une paroisse comme la nôtre ne peut se contenter d'une honnête routine, mais se doit d'avoir un rayonnement au dessus de la moyenne. Un quart des séminaristes, moins de un pour cent des paroisses, le rééquilibrage ne se fera pas sans difficultés, et c'est en cela que l'image que nous fournirons sera un frein ou un exemple à suivre. Est-ce que je nous accorde trop d'importance ? Mais la goutte d'eau versée dans le Calice ne représente-t-elle pas notre part dans l'œuvre du Saint-Sacrifice ? L'aventure que nous avons vécue dans la réouverture de cette paroisse ne s'arrête pas alors que s'achèvent les derniers travaux. Première née d'une suite que nous souhaitons nombreuse et féconde, il va nous falloir œuvrer comme tout aîné alors que les fondateurs de notre paroisse ne seront plus à notre tête.

Bertrand Le Noac'h

[Mascaret - Abbé Ph. Laguérie] Editorial - Avançons!

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie - 6 juin 2009
Au terme de cette année scolaire chargée de tant de grâces et de labeurs, il est temps de dresser les bilans et de fixer les orientations, comme les moyens, de notre apostolat. Les décisions à venir concernant l'Institut du Bon-Pasteur touchent de si près notre belle paroisse qu'il semble impossible de les démêler séparément. Nécessairement le Mascaret, simple bulletin paroissial à présent, se doit de faire état de décisions supérieures qui affectent la vie de Saint-Eloi.

Deux impératifs se dressent devant nous, à court terme.

Tout d'abord, la création d'un secrétariat central, dans tous les sens du terme, de l'Institut du Bon-Pasteur qui ne saurait donc se situer qu'à Paris. Je me dois à mes confrères, sans exception, et même si Saint-Eloi est et demeure la maison mère de l'Institut, le quotidien de mes devoirs exige mon retour, après 11 années de ministère exclusivement girondin, en la capitale. Je m'en suis ouvert au Cardinal Ricard, Archevêque de Bordeaux, qui m'a parfaitement reçu et compris, dans sa sollicitude habituelle à notre égard. Il est convenu avec lui que je reste curé en titre de Saint-Eloi pour une année, même si je dois être très souvent (habituellement) à Paris.

Inutile de préciser que je prends cette décision avec émotion et sans joie. Par stricte devoir et pour honorer la confiance que le Saint-Siège m'a faite en me confiant l'Institut.Comme un mari peut aimer sa femme et même sans doute davantage, j'aime viscéralement cette paroisse où j'ai donné sans compter tout ce que j'avais : mon temps, mes soucis, tout mon argent (c'est à dire le vôtre !), quelques qualités que Dieu m'a données, mon zèle pour la maison de Dieu (parfois dévorant) et jusqu'à ma sueur. Je reste donc en partant, je pars cependant en restant... comme vous voulez. Mais, foi de Laguérie, il faudra qu'elle tourne aussi bien et mieux encore si l'on veut bien m'y revoir avec le sourire et ma bonne humeur sans mérite.

Toujours d'accord avec le Cardinal, je serai donc remplacé par M. l'abbé Yannick Vella, un homme plein de zèle et vraiment capable de boucher un grand vide. Vous apprendrez à le connaître, à l'aimer, à l'écouter et... à lui obéir. Ses douze années de sacerdoce, son expérience à Marseille et à Aix, sa bonhomie, sa diplomatie innée et son autorité, que je soutiendrai bec et ongle, vous rendront la tâche aisée, agréable.

Le deuxième impératif est la création d'un lycée-collège, primaire-terminale, pour le compte du Bon-Pasteur. J'en ai confié la réalisation et la direction à M. l'abbé Régis Spinoza, qui a fait ses preuves en matière d'éducation et peut s'atteler vigoureusement à cette tâche gigantesque. L'affaire vient d'être signée, dans le centre de la France et les coordonnées précises vous seront données très rapidement, par tracts et dans la "Pastorale" des vacances. C'est donc dire aussi que l'abbé Spinoza va devoir abandonner la direction pédagogique de l'école Saint-Projet (que son zèle, entre autres, a fait passer de 40 à 100 élèves). Qu'il trouve ici toute ma gratitude personnelle pour son travail immense et, je pense, celle des enfants comme des parents qui en ont bien profité. Il est remplacé à cette direction par M. l'abbé Jean-Pierre Gaillard qui, de toute évidence, y a déjà fourni de très belles prestations ces deux dernières années.

Puisqu'évidemment un secrétariat central doit comporter le secrétaire attitré, M. l'abbé Alexandre Berche me suivra en la capitale. Il y aura donc trois permanents à Saint-Eloi l'an prochain: M. l'abbé Vella, responsable, et les abbés Julien et Gaillard. Je verrai avec mes assistants s'il y a lieu d'en ajouter impérativement un quatrième...

Je vous invite cordialement à toutes les cérémonies et réunions de cette fin d'année: elles sont presque sans interruption... Il n'est pas question de vous faire mes adieux : ni maintenant, ni plus tard. Je reste votre pasteur et le responsable de celui que la Providence vous envoie. Pas de jérémiades, de sentiments, de pleurs (ou de réjouissances !) intempestives. Vous restez devoir faire avec moi et moi avec vous, pour ma plus grande joie. Mais le Bon-Pasteur m'appelle et je veux répondre "présent", voilà tout. Qu' Il nous bénisse les uns et les autres, Celui dans la maison Duquel les demeures sont nombreuses.

Abbé Philippe Laguérie

[Présent] De Chartres à Paris : A l’exemple de saint Paul (Jeannne Smits)

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De Chartres à Paris : A l’exemple de saint Paul

Cinq mille marcheurs – dont 1 500 enfants – et peut-être le double pour la messe finale qui fut célébre cette année place Vauban : le pèlerinage du Sacré-Cœur, 19e rendez-vous de Pentecôte de la Fraternité Saint-Pie X a connu cette année une affluence remarquable. La levée des excommunications en janvier, un attrait de plus en plus fort exercé par la « forme extraordinaire » du rite romain libéré par Benoît XVI, et aussi un esprit de solidarité alors que les pèlerins étaient privés de leur lieu habituel d’arrivée au pied de la basilique de Montmartre expliquent sans doute cette affluence. Il y avait assurément beaucoup d’habitués au point final de la marche, devant le dôme des Invalides. Mais aussi des « voisins » venus en amis, et même (sourire bienveillant au lèvres) un prêtre d’âge mûr en clergyman, gentiment accueilli, aux abords des barrières protégeant l’accès, par un confrère « tradi ».

Toutes les blessures ne sont pas cicatrisées, les fractures ne sont pas résorbées, et – point le plus important – les « discussions doctrinales » réclamées par la Fraternité Saint-Pie X pour clarifier des questions essentielles ne sont assurément pas achevées. Il n’empêche que, pour avoir écouté et vu ce qui se passait, place Vauban, en ce lundi de Pentecôte, j’ai eu l’impression non seulement d’une tranquille assurance mais aussi d’une volonté de paix.

Il eût été facile de tonner contre la Mairie de Paris qui par sectarisme avait fermé l’accès des marches de Montmartre à ces catholiques qui représentaient (assurait-on) une menace pour l’ordre public. La chose fut dite, bien sûr, vigoureusement, notamment par l’abbé Duverger lors de son « envoi ». Mais l’accent fut principalement mis sur l’appel personnel du Christ à chacun des pèlerins, invités comme saint Paul sur le chemin de Damas à se convertir à lui. A vivre et brûler de sa charité, à partager, grâce au don du Saint-Esprit, son zèle apostolique. Ne pas se tromper de priorité, tel semblait être le message de ce pèlerinage : ne point d’abord dénoncer ce qui va mal dans le monde (y compris chez les plus proches !) mais se tourner vers le Bien et en vivre. C’est reposant…

Quant à l’ordre public, dans ce quartier où passent bien des manifestations et, parfois, les « descentes » des voyous de banlieue, il ne fut pas franchement troublé. Les Invalides en ont vu d’autres, et les services de voirie ont connu des marches plus oublieuses de leurs déchets.

A défaut de disposer du texte écrit des divers sermons, allocutions, exhortations, on peut vivre les moments forts de ce pèlerinage quasiment comme si on y était. Le site de la Fraternité Saint-Pie X, www.laportelatine.org, a mis en ligne les enregistrements de la plupart d’entre eux, accompagnés de très nombreuses photos. L’homélie de Mgr Fellay à Villepreux, le dimanche de la Pentecôte, fut particulièrement remarquée : lui aussi parla de la sanctification personnelle : la nécessité de constituer des éléments de sainteté et de sanctification dans la société, quelle que soit l’aversion contre Dieu qui peut régner autour de nous.

Il a également mis en garde, rapporte « La Porte Latine » contre la tentation de ne considérer la situation de l’Eglise qu’au travers de ses aspects humains. C’est le Saint-Esprit qui sanctifie…

Comme tous les ans, la jeunesse de ce cortège courageusement déployé sur les routes de Chartres à Paris était frappante. Scouts, guides et autres enfants sages en faisaient presque autant que ces nombreux jeunes, étudiants ou grands lycéens venus de bien loin parfois, comme en témoignaient les drapeaux d’autres continents pour suivre le chemin de Marie. C’est la même jeunesse que celle qui remplit les routes de Chartres à Paris. Ensemble ils témoignent de la jeunesse du rite antique et de son attrait vers le haut.

Comme tous les ans… Mais cette année il y eut aussi beaucoup de médias ; des équipes de télévision s’astreignant aux mêmes marches que les pèlerins, des photographes, des journalistes. La presse se révéla (ceci expliquant assurément cela) plutôt bienveillante. Oubliés, les sobriquets, rangés, les mots qui tuent : « intégriste », « passéiste ». Cela ne laissera pas d’étonner alors que les médias du monde entier étaient montés au créneau contre le Pape et contre la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X à la faveur des déclarations sur-exploitées de Mgr Williamson.

Il faut y voir, me semble-t-il, un des effets du Motu proprio qui produit ses bienfaits « à petits pas bien décidés ».

JEANNE SMITS

Article extrait de PRESENT n° 6855 du Samedi 6 juin 2009

3 juin 2009

[Monde&Vie/FC - Guillaume de Tanoüarn] Vauban et le pèlerinage de Chartres

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Vous ne voyez pas le rapport ? Moi non plus. Mais c’est Place Vauban, dans le VIIème arrondissement que les pèlerins du Pèlerinage de Tradition ont débarqué cette année après 100 km de poudreuse. Responsable de cette déviation sur Paris sud d’un pèlerinage qui habituellement se rendait à Montmartre ? Sylvain Garel , membre « Vert » du Conseil de Paris. Il a fait interdire le Square (dépendant de la Ville de Paris) aux pèlerins de la FSSPX. Au fond, sans le vouloir, il a offert ainsi un cadeau en or aux traditionalistes, qui ont évité le coupe jambes de la Butte Montmartre et qui ont pu assister à la messe dans un cadre magnifique, à l’ombre du dôme des Invalides, avec l’autorisation de la Préfecture, moins politisée, plus respectueuse des libertés que la Municipalité gaucho-bobo. Lorsque les organisateurs du Pèlerinage ont déplié les parapluies jaunes et blancs, aux couleurs du Vatican, pour indiquer les emplacement où était distribuée la communion, on avait presque l’impression de revivre… la messe du pape en septembre dernier. Comme l’a noté sobrement mais non sans humour l’abbé Alain Nély, deuxième assistant du Supérieur général de la FSSPX, dans son sermon : « C’est un lieu prestigieux que la Providence a mis à notre disposition et nous l’en remercions.

Guillaume de Tanoüarn

[Paix Liturgique] 27ème Pèlerinage de Chartres : espérance et signes des temps

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Lettre 180 - 2 juin 2009

La 27ème édition du pèlerinage organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté (www.nd-chretiente.com) n’aura pas manqué de signes encourageants.

Durant ces trois jours, de nombreuses personnalités ecclésiastiques en fonction dans les diocèses ont ainsi eu l’occasion de participer au pèlerinage et de lui accorder leur soutien.

Le samedi matin, Monseigneur Jérôme Beau, auxiliaire de l'archevêque de Paris a, comme à son habitude, accueilli les pèlerins dans la cathédrale pour l'envoi sur les routes.

Le dimanche après-midi, c’est Monseigneur Nicolas Brouwet, évêque auxiliaire du diocèse de Nanterre qui marchait avec les chapitres familles. L’évènement n’est pas neutre ; pour la première fois dans l’histoire du pèlerinage, un évêque français en fonction marche avec les pèlerins de Chartres. On se souvient que lors de l’édition 2006 du pèlerinage, l’abbé Brouwet avait déjà célébré la messe du samedi dans la forme extraordinaire du rit romain et donné une édifiante prédication. Aujourd’hui c’est en qualité de successeur des apôtres que Monseigneur Brouwet participe au pèlerinage.

Enfin la messe du lundi de Pentecôte fut célébrée par le Père Aubert, recteur de la cathédrale de Chartres, - qui célébre régulierement selon la forme extraordinaire dans sa cathédrale - et l’homélie prononcée par l’évêque du lieu lui-même, Monseigneur Pansard. Cette messe fut célébrée en présence de très nombreux prêtres, séminaristes et religieuses rattachés à Ecclesia Dei mais également en présence de personnalités diocésaines importantes parmi lesquelles, pour ne citer que les plus significatives, figuraient Monseigneur Chauvet, Curé de la Paroisse Saint François-Xavier et Vicaire épiscopal de l’archidiocèse de Paris pour l’usage de la forme extraordinaire du rit romain, qui déclarait il y a peu dans une réunion du GREC "qu'il lui semblait normal qu'à terme la forme extraordinaire soit célébrée dans toutes les grandes paroisses de Paris"… ou Monseigneur Descourtieux, chapelain de Notre Dame de Paris.

Si l’apartheid liturgique continue de demeurer la règle dans la majorité des paroisses et des diocèses de France, force est de reconnaître que les choses évoluent dans le bon sens. Trop lentement certes, mais inexorablement assurément. Pour les plus anciens qui ont connu les débuts de ce Pèlerinage et les portes fermées de Notre Dame de Paris et de Notre Dame de Chartres… l’heure est à l’action de grâce.

Nous voulons voir dans ces signes un gage d’espérance pour le millier de groupes de demandeurs qui se heurtent actuellement à la chape de plomb et au refus des autorités ecclésiastiques de leurs diocèses et que nous encourageons à persévérer à temps et à contre temps pour qu'enfin ils puissent vivre dans la paix, dans leurs paroisses et diocèses, au rythme de la forme extraordinaire du rite romain.

[La Vie] Le rendez-vous des intégristes

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02.06.09 - Le rendez-vous des intégristes - par Jean Mercier

« Catholique et français toujours ! » Sous les bannières, le chant résonne dans les hauts-parleurs portatifs. Avec une centaine de kilomètres dans les pieds, les pèlerins mobilisés par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X – les héritiers de Mgr Marcel Lefebvre dont les quatre évêques ont vu leur excommunication levée par Rome en janvier dernier – parcourent les derniers kilomètres de leur périple. Nous sommes en milieu d'après-midi, ce lundi 1er juin 2009, entre la Tour Eiffel et les Invalides. A la différence des années passées, et à la suite du véto des édiles du 18e arrondissement, le cortège ne gravira pas les pentes de Montmartre pour aboutir au Sacré-Cœur, un lieu emblématique du traditionalisme (la basilique fut élevée dans la volonté d'expier les fautes de la France impie à la fin du XIXe siècle), mais devant les Invalides, du côté de la place Vauban. Ce lieu prestigieux n'est pas non plus sans portée symbolique : de cet endroit, on peut presque voir le siège de la Conférence des évêques, avenue de Breteuil. Et, en septembre dernier, l'esplanade des Invalides avait été le théâtre du grand rendez-vous des catholiques avec Benoît XVI.

Cette année encore, le folklore du traditionalisme est au rendez-vous : bannières à l'ancienne, scouts marins droits dans leur uniforme bleu nuit, familles sages, jeunes prêtres en soutane. Mais l'allure sociologique des participants est plus métissée que ne le laissent imaginer les clichés : très peu de « crânes rasés », peu de personnes très endimanchées. Et des « français moyens » au look passe-partout.

Sous le soleil, on se félicite de cette édition 2009. L'impact médiatique de la levée des excommunications est certain, si l'on en croit la présence renforcée des photographes et des cameramen. Un abbé en soutane, le nez rougi sous son bob blanc explique aussi que la fréquentation est en hausse. « Nous avons distribué 800 communions de plus que l'an dernier au départ de Chartres ». Un autre prêtre confirme : « C'est cohérent avec ce que je vois sur le terrain. Dans la ville où je suis, on est débordé par l'affluence aux offices. C'est pareil pour la chapelle dépendant du diocèse qui bénéficie du Motu proprio. La messe de Saint Pie V attire de plus en plus... » Pourtant, alors que la messe commence, Place Vauban, il est difficile de croire que 12 000 personnes s'y trouvent rassemblées, selon l'affirmation sans doute optimiste de la Fraternité.

Sous une alternance de nuages et de franc soleil, la messe se déroule dans le plus grand recueillement, présidée par l'abbé Alain-Marc Nély, « second assistant » de Mgr Fellay. Sermon à la voix de velours, sauf quand il s'agit de dénoncer l'apostasie des nations chrétiennes. Dans la liste des causes de la « déchristianisation complète » et de la « ruine » de la société : la Renaissance, la Réforme, la Révolution française, le libéralisme, le socialisme, le communisme ! Difficile après de croire les lefebvristes quand ils disent qu'ils ne font pas de politique... « Le chrétien doit se préserver des erreurs pernicieuses » par la prière, « les sacrifices ». La souffrance rédemptrice est en effet l'un des piliers de la piété des « PieXistes », surnom que l'on pourrait donner aux lefebvristes à partir de leur appellation commune dans l'univers anglo-saxon et germanique (« les Frères Pie »).

A l'issue de la célébration, l'abbé Loïc Duverger, premier assistant du district de France donne le mot de la fin, avec la connotation combattante qui sied à l'événement : « Nous avons pu reprendre le cri de nos ancêtres : vive le Christ, roi des Francs.(...) Nous aurions dû fêter le 90ème anniversaire de la consécration de cette basilique », érigée à la suite d'un vote de l'Assemblée nationale à une période « où une majorité de députés catholiques étaient capables de voter de réelles lois ». Sous les applaudissements, le prêtre tribun fait référence au barrage de la mairie du 18è arrondissement, voté « sous le regard veule et lâche d'élus » et à la référence invoquée au risque d'atteinte à l'ordre public : « Or le désordre règne là où le Christ de règne pas ». Il rappelle « le droit inaliénable du Christ de régner sur les individus, les sociétés, les familles. (…) Qu'ils tremblent les ennemis de Dieu ! De Dieu, on ne se moque pas ! Terrible sera le bras de Dieu pour qui lui résiste. (…) Ne courbez pas la tête devant l'ennemi ! (…) L'homme combat et Dieu donne la victoire! ».

A l'issue de la célébration, L'abbé Régis de Cacqueray, supérieur du district de France, barbe naissante et visage bronzé, est inhabituellement détendu, et pas fâché finalement de cette délocalisation aux Invalides : « La Préfecture de Police a vraiment facilité les choses. Et je me félicite aussi que l'archevêché de Paris soit intervenu en notre faveur ». La nouvelle donne introduite par la levée des excommunications en janvier dernier n'est donc pas sans effet sensible sur le terrain.

2 juin 2009

[Le Salon Beige] Les 2 pèlerinages se sont rencontrés

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Comme les années précédentes, les deux pèlerinages de Pentecôte marchant l’un de Paris vers Chartres, et l’autre de Chartres vers Paris, se sont rencontrés dans une clairière de la forêt de Rambouillet, du moins 2 de leurs chapitres. Créé à l’époque où il n’y avait qu’un seul pèlerinage, c’est-à-dire avant les sacres de 1988, le chapitre des Martyrs de Septembre avait été fondé en hommage au bienheureux abbé Gros, ancien curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, mort aux Carmes avec plusieurs de ses confrères. À partir de 1989, il s’est scindé en deux groupes qui reproduisirent leur bannière à l’identique. La partie marchant avec le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté est toujours animée par la chorale Montjoie-Saint-Denis.

Le dimanche de la Pentecôte, Pierre Vaquié, fondateur et ancien directeur du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté s’est rendu à Villepreux où il a rencontré Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, qui célébrait la messe du pèlerinage de Tradition, pour lui manifester son soutien face aux attaques de la municipalité parisienne.

Michel Janva

[AFP- La Croix] Numéro "Spécial Pape": l'Agrif perd son procès contre Charlie Hebdo

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L'Agrif, qui estime que Charlie Hebdo a "incité à la haine" contre les Chrétiens dans son numéro Spécial Pape de septembre 2008, a perdu mardi le procès qu'il avait intenté à l'hebdomadaire satirique devant le tribunal correctionnel de Paris.

L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif) avait mis en cause "deux petits libelles éminemment toxiques".

Dans le premier, titré "Fondamentaux", on pouvait lire: "Messe en latin, éducation religieuse, moeurs rigoureuses... Benoît XVI est pour un retour aux fondements du catholicisme. Nous aussi: que l'on redonne les Chrétiens à bouffer aux lions".

Le second passage poursuivi était une "devinette": "De quel ouvrage pornographique est tirée cette phrase: +on lui amènera des petits enfants pour qu'il les touche+? Réponse: l'évangile selon St Marc. Et c'est juste après que ce gros cochon de Jésus-Christ s'exclame: +Laissez venir à moi les petits enfants+"

Ces deux brèves où "l'obscénité le dispute à la lourdeur" sont un "appel au lynchage des chrétiens", avait estimé à l'audience du 28 avril, l'avocat de l'Agrif, Me Jacques Parisot.

Sa contradictrice, Me Claire Chaillou s'était, elle, étonnée que l'association qui, depuis neuf ans, n'avait pas attaqué Charlie Hebdo, poursuive ces seuls "propos potaches", "bien en-deçà" de nombreux autres publiés par le journal.

Un point de vue adopté mardi par la 17e chambre, qui n'a pas hésité à condamner l'Agrif à verser un euro de dommages et intérêts à Charlie Hebdo pour procédure abusive.

Aux yeux des magistrats, le premier texte, "qui unit volonté humoristique et critique des choix de l'homme d'église, ne peut évidemment être sérieusement compris par quiconque comme un appel au meurtre des chrétiens".

Quant au second passage, remarquent les juges, Charlie Hebdo "reprend une plaisanterie qu'il n'est pas le premier à avoir faite, et sur le bon goût de laquelle il n'appartient pas au tribunal de se prononcer, mais que personne ne peut comprendre comme imputant sérieusement à Jésus-Christ des actes de pédophilie".