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3 novembre 2009

[Daniel Hamiche / Monde&Vie] Rome: le retour des anglicans, c’est possible, c’est fait…

SOURCE - Daniel Hamiche - Monde&Vie - 3 novembre 2009

Divine surprise, le retour en foule des anglicans au Bercail romain? La nouvelle semble trop belle pour être vraie… Que s’est-il vraiment passé?
C’est un cardinal Levada visiblement fatigué qui ouvrait, mardi 22 octobre à 11 h du matin, une conférence de presse précipitamment convoquée à 17 heures la veille, les journalistes accrédités auprès du Saint-Siège ayant été pour la plupart prévenus par SMS (sic). Du jamais vu ! On comprend la fatigue du Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF) : il était rentré à Rome à minuit passé le lundi soir, après un voyage éclair à Londres dans l’après-midi, pour “informer” l’archevêque de Cantorbéry, primat d’Angleterre et de la Communion anglicane, Rowan Williams, de la décision de Benoît XVI, acceptant la demande de nombreux anglicans d’entrer dans l’Église catholique.

Cette décision peut sembler très rapide, elle a été mûrement pesée. Dès 2006, Benoît XVI avait demandé à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de réfléchir aux conditions de l’accueil « en masse » des anglicans dans l’Église, un accueil « en masse » qui avait déjà fait l’objet de vœux du pape Léon XIII en… 1896…

À la même heure, 11 heures donc, ce mardi, se tenait en Angleterre une conférence de presse, avec, conjointement, Rowan Williams, primat anglican, et Vincent Nichols, archevêque de Westminster, et nouveau “patron” de l’Église catholique Outre-Manche. A Rome, le cardinal Levada était flanqué à sa gauche du Père Federico Lombardi, directeur de la Salle de presse du Vatican, et à sa droite de l’archevêque Joseph DiNoia, ancien sous-secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et aujourd’hui secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, qui a mené, depuis au moins deux ans, les négociations avec les anglicans voulant faire retour à Rome et que l’on peut considérer comme l’un des principaux architectes de la proposition romaine qui allait leur être faite.

Les journalistes présents ne manquèrent pas de s’interroger sur une absence singulière : celle du cardinal Walter Kasper, préfet du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens depuis 2001, et donc officiellement en charge du “dialogue” avec les anglicans… Les explications embarrassées du cardinal Levada – problème de calendrier, présence de l’intéressé à Chypre pour des discussions avec des orthodoxes – ne convainquirent personne. Sur le dossier des anglicans, on avait décidé de “contourner” l’“incontournable” Kasper, et de traiter l’affaire directement au Saint Office. La “politique” de Kasper consistant à soutenir le Primat anglican Rowan Williams et sa « Communion anglicane » au détriment des anglicans « traditionalistes » de la TAC est bien morte et enterrée. Benoît XVI s’apprête à en signer l’acte de décès. Traiter directement avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, c’était une “condition” exigée par les anglicans rassemblés dans la Traditional Anglican Communion (TAC) – une vingtaine d’“Églises”, deux fois plus d’évêques, environ 500 prêtres et près de 400 000 fidèles, séparée de la Communion anglicane en 1991 –, afin d’éviter de passer par le cardinal Kasper, en risquant du même coup ”de passer par pertes et profits”…

C’est donc à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi que le « collège des évêques » de la TAC, réuni en session plénière à Portsmouth en octobre 2007, avait écrit pour solliciter « une union pleine, en corps et sacramentelle » tout en conservant certaines de leurs traditions propres (liturgie, spiritualité, clergé marié…): démarche qui avait été « reçue avec cordialité » par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, selon le primat de la TAC, l’archevêque John Hepworth. L’année suivante, dans une lettre du 5 juillet au primat Hepworth, le cardinal Levada assurait la TAC « de l’attention sérieuse que cette Congrégation prête à la perspective d’unité en corps » sollicitée huit mois plus tôt. Une assurance spectaculairement confirmée ce 22 octobre par le cardinal Levada. Bien que la Constitution apostolique, qui ne sera promulguée que dans quelques semaines, soit toujours en « préparation » selon la Note du Saint Office, diffusée le 22 octobre, cette dernière en précise l’essentiel. Rome propose « une structure canonique […] en formant des Ordinariats personnels [permettant] d’entrer dans la pleine communion […] tout en préservant des éléments particuliers du patrimoine spirituel et liturgique de l’anglicanisme. » Il s’agit là d’une structure canonique nouvelle qui devrait être, « à certains égards », semblable à celle de l’Ordinariat militaire (les options “Église sui generis”, “administration apostolique” et “prélature personnelle” n’ont pas été retenues). Le libellé de la Note prévoit une ordination sacerdotale pour tous les prêtres anglicans de ces Ordinariats – pouvant être dirigés par un évêque ou un prêtre –, et reconnaît donc explicitement la position de Léon XIII de 1896 sur la nullité des ordres anglicans. Les prêtres ainsi ordonnés pourront demeurer mariés s’ils le sont, mais cette dispense de célibat ne devrait pas s’appliquer aux jeunes gens qui seront ordonnés pour ces Ordinariats. Pour la formation de ces futurs prêtres, Rome envisage soit un cursus dans les séminaires diocésains, soit dans une maison relevant de l’Ordinariat. Rome tient à maintenir un équilibre entre « ce qui est digne dans le patrimoine liturgique et spirituel anglican» et sa préoccupation que clercs et fidèles « soient intégrés dans l’Église catholique. » Équilibre assez semblable à celui que Rome a disposé pour les traditionalistes qui lui sont demeurés fidèles, et qui constitue aussi sa proposition à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X six jours avant le début des colloques doctrinaux…
Daniel Hamiche

[summorum-pontificum.fr] Quand le "petit Ratzinger" célèbre tous les saints

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 3 novembre 2009

En la solennité de tous les saints, le cardinal Canizares Llovera, dit le « petit Ratzinger », a célébré la sainte messe selon le rite traditionnel en l’église de la Sainte-Trinité des Pèlerins de Rome, paroisse personnelle de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, dans la ville éternelle.

Ce n’est certes pas la première fois que le cardinal, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, célèbre en utilisant les livres du rite romain traditionnel. Habitué de Gricigliano, il a déjà manifesté son attachement à la liturgie traditionnelle ainsi que son soutien à l’œuvre de rénovation entreprise par le Saint-Père à travers la publication du Motu proprio Summorum pontificum. Il a également déjà indiqué des pistes précises d’application de ce texte papal dans sa préface à l’édition espagnole du livre de Mgr Bux : La Réforme liturgique. Sa présence en la paroisse personnelle du rite romain traditionnel à Rome, confiée à la Fraternité Saint-Pierre, est un nouveau signe marquant de l’intérêt des autorités romaines (au moins de celles qui entrent dans le dessein du Saint-Père) de montrer publiquement que la messe dite de saint Pie V a retrouvé tout ses droits au sein de l’Église. De ce point de vue, cette messe célébrée à Rome par celui qui est en charge des questions liturgiques au sein de l’Église, est plus qu’un symbole, c’est un exemple. Il faut maintenant que cet exemple passe dans les faits à l’échelle de l’Église entière, notamment dans les pays de la vieille Europe.

2 novembre 2009

[Claire Thomas - Monde&Vie] Rome-FSSPX, Les conditions de l’Accord

SOURCE - Claire Thomas - Monde&Vie n°818 - 2 novembre 2009

Pour la première fois, les émissaires envoyés à Rome par Mgr Fellay pour la Fraternité Saint- Pie X, peuvent entrevoir la solution d’un conflit de 40 ans. Ni purement juridique, ni exclusivement doctrinale, mais les deux à la fois, les deux « en parallèle » comme dit Mgr Fellay : la solution est à portée de main. Encore faut-il vouloir la mettre en œuvre.

Ça y est : la première réunion entre Rome et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a eu lieu lundi 26 octobre, au Palais du Saint-Office, derrière Saint-Pierre de Rome. C’est le temps de se souvenir de la formule d’Aristote (un reliquat de mes études de philosophie), qui affirme avec force que « le commencement est plus que la moitié du tout ». Un vrai premier pas, cela signifie une avancée colossale vers des accords, non pas seulement pratiques mais fondamentaux, c’est-à-dire à la fois doctrinaux et juridiques entre les deux partis.

Oh ! L’accord n’est pas signé. Mais, sauf accident, la marche vers l’accord, avec des réunions bimestrielles et un suivi internet, est inexorable. Cela dit, le rythme de ces rencontres ne laisse pas augurer un dénouement rapide. « Bimestrielles » annonce la salle de presse du Vatican, ces rencontres se succèderont au rythme de quelques- unes par an. La nouvelle rencontre est fixée début janvier. Rien ne presse donc !

De plus, le programme annoncé est titanesque. « On examinera en particulier les questions relatives au concept de Tradition, au missel de Paul VI, à l'interprétation du Concile Vatican II, en continuité avec la Tradition doctrinale catholique, aux thèmes de l'unité de l'Eglise et des principes catholiques de l'œcuménisme, du rapport entre le christianisme et les religions non chrétiennes et de la liberté religieuse ». Rien que ça !

Chacun des thèmes énoncés ici est un chausse-trappe dans lequel les négociations amorcées peuvent s’engloutir. Que le lecteur se rassure, je ne vais pas l’emmener dans chacune des questions énoncées, ce n’est pas ici le lieu d’une telle promenade.

Mais je voudrais m’arrêter à la première des questions énoncées, le sens de l’expression « tradition vivante » pour montrer l’ambiguïté sur laquelle reposent de telles discussions. Ce thème ne vous rappelle rien ? Il en a été question pour la première fois dans le Motu proprio Ecclesia Dei afflicta, pour étayer doctrinalement la condamnation de Mgr Lefebvre après le sacre des quatre évêques en 1988.

Depuis la publication de ce document, le Vatican se réfère facilement à « l’hypothèse » de « tradition vivante », telle qu’elle a été théorisée – comme une « hypothèse », c’est son propre mot – par le cardinal Newman à la fin du XIXe siècle. Dans cette perspective, il existerait une véritable évolution du dogme, qui serait due à la puissance du sentiment religieux chez les fidèles. La longue démonstration que l’on peut lire encore aujourd’hui dans le Traité du développement du dogme, est trop acrobatique et trop marquée par son époque pour être reprise purement et simplement par Rome. Exem­ple : le dogme de l’Immaculée conception (proclamé du vivant de Newman justement) est une méditation, non nécessaire mais ecclésialement garantie, sur les paroles de l’Ange à Marie : « Salut, comblée de grâce ». On voit tout de suite la faiblesse d’une telle théorie qui se retourne contre ce qu’elle voudrait prouver, à savoir le droit de l’Eglise à enseigner à chaque époque une manducation particulière de la Parole. Peut-on opposer le dogme de la Tradition vivante aux certitudes tranquilles des traditionalistes, qui estiment, eux, qu’ils « gardent le dépôt » comme disait saint Paul à Timothée. Rome aura d’autant plus de mal à dogmatiser à partir des positions de Newman que jusqu’à maintenant, il n’y a pas un texte du magistère authentique, pas même dans Vatican II, pour nous dire clairement ce qu’il faut entendre par « tradition vivante ».

Devant une question aussi délicate, aussi peu précise dans le patrimoine intellectuel et spirituel de l’Eglise, que peut-on faire ? Accepter de ne pas tomber d’accord, à la lettre, sur tous les points énoncés, dont certains sont de pure théologie.

Examiner les questions paisiblement, en s’en tenant, de part et d’autre, à ce qui a été dogmatisé. Mettre en lumière les différences (c’est le mot employé par Mgr Fellay dans le quotidien argentin la Nacion, le 23 octobre). Ne pas chercher à tout prix une identité de vue, dans des matières importantes mais encore facultatives. Mais s’assurer clairement d’une communauté de perspectives.
Restera alors la question de « l’intégration » de la Fraternité Saint-Pie X dans l’Eglise. L’enjeu des discussions doctrinales pourrait bien être, pour Rome, le suivant : peut-on vraiment confier à Mgr Fellay un ordinariat des traditionalistes, comme on vient de créer cinq ordinariats dans le monde pour les anglicans de la Traditionnal anglican community ? L’avantage de l’ordinariat sur toutes les autres solutions envisagées, que ce soit l’administration apostolique ou la prélature personnelle, est évidemment de réaliser une indépendance totale de la structure, qui n’aura de compte à rendre qu’à Rome même.

Peut-on ressusciter l’exemption de certains religieux, de certains prêtres et donc de certains fidèles par rapport aux évêques locaux ?

Plutôt que d’apporter des solutions doctrinales à des problèmes extrêmement ardus comme je viens de le montrer, la longue résistance de la FSSPX pourrait bien permettre à moyen terme une « intégration » ecclésiale qui se réaliserait indépendamment des évêques locaux sous la forme d’un ordinariat.

Du pain sur la planche. Une confiance réciproque à tisser. Une volonté à mettre en œuvre. Dans un entretien tout récemment envoyé au Brésil, Mgr Fellay affirme avec force : « La seule chose que je peux dire, c’est que Rome veut établir pour nous quelque chose qui convienne à la Fraternité Saint-Pie X » Mais il ajoute : « Une solution canonique devra être définitive ». Pas d’improvisation, pas de demi-mesure. On peut dire qu’aujourd’hui chacun se trouve au pied du mur.

Claire Thomas

[Eric Letty - Monde&Vie] Jonas, prophète désenchanté

SOURCE - Eric Letty - Monde&Vie n°818 - 2 novembre 2009

Qui ne connaît l’histoire de Jonas, avalé par un énorme poisson qu’Hermann Melville tenait pour un cachalot ? Vous ne considérerez pourtant plus ce passage de la Bible de la même manière après avoir lu « Jonas ou le désir absent ».

Quel étrange animal que ce Jonas ! Non moins étrange, à dire vrai, que le Léviathan qui l’avala. Chacun connaît, ou croit connaître, ce chapitre quelque peu insolite de l’Ancien Testament, « l’un des livres les plus courts de la Bible », précise l’abbé de Tanoüarn dans le petit livre qu’il lui consacre : Dieu commande à son prophète d’aller prêcher à Ninive la grande et cruelle ville assyrienne, pour avertir ses habitants qu’il punira bientôt leurs crimes. Peu soucieux de s’acquitter de cette tâche, Jonas s’enfuit sur un bateau, mais une violente tempête se lève et les marins tirent au sort celui qui sera sacrifié pour apaiser les dieux. Désigné, Jonas est jeté à la mer et avalé par un monstre marin, un énorme poisson dans le ventre duquel il demeure trois jours et trois nuits avant d’être recraché à son point de départ. Force lui est d’obéir à Yahvé et de prendre le chemin de Ninive, à laquelle il annonce dans sa prédication sa ruine prochaine. Cependant les habitants de la ville païenne se repentent et Dieu leur fait miséricorde, au grand scandale de Jonas. Avouons-le, si elle n’était pas insérée dans la Bible, nous rangerions cette histoire avec les Contes de mille et une nuits.
Mais précisément, elle figure dans le Livre saint et l’abbé Guillaume de Tanoüarn nous fournit les clés de sa compréhension dans un petit ouvrage (112 pages) intitulé Jonas ou le désir absent. Et c’est en effet par une réflexion sur la vanité du désir humain, auquel il oppose avec saint Paul la charité, qu’il ouvre son livre, en philosophe.

Pourquoi Jonas ? Parce que les textes prophétiques de l’Ancien Testament, écrit l’abbé de Taoüarn, « ne se comprennent vraiment qu’en référence à tel ou tel mystère du Christ. » Concernant Jonas, le Christ Lui-même indique cette référence : « Comme Jonas resta dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’Homme restera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits », annonce-t-il dans l’Evangile selon saint Matthieu.

« Le ventre du poisson, le Christ l’indique clairement, c’est le ventre de la terre, écrit l’abbé de Tanoüarn. Jonas, jeté à la mer par les marins, affronte la mort et il descend aux enfers », où il supplie Dieu de l’entendre.

Sans désir, pas de rédemption

Curieux choix, pour annoncer le Christ, que celui de ce personnage à la tête dure et à la nuque raide, dont Guillaume de Tanoüarn trace un portrait assez peu sympathique. Jusqu’au bout, même sauvé par la grâce de Dieu, vomi du ventre du Schéol, c’est-à-dire des enfers, Jonas traîne les pieds pour accomplir sa mission. Il s’y résigne avec d’autant plus de mauvaise grâce que Ninive, la grande ville, est une cité païenne dont les habitants ne lui paraissent pas dignes d’être enseignés, encore moins sauvés. Et cependant, « Jonas préfigure le Christ et l’universalité de son message, en allant prêcher à Ninive, le terrible ennemi d’Israël que le prophète Nahum n’appelle que "le destructeur" » et qui, quant à elle, « préfigure le monde tout entier », la conversion de son roi et de ses habitants manifestant ce que sera plus tard la chrétienté.

L’abbé de Tanoüarn souligne l’originalité de cet universalisme au sein de l’Ancien Testament et en tire une leçon pour notre temps : « Il est possible pour tout homme de se sauver en dehors des frontières visibles de l’Eglise. Que faut-il faire ? Il faut faire pénitence. » En méditant sur l’aventure de Jonas, l’auteur ne se contente pas, en effet, de nous donner des clés de compréhension du texte, celles qu’il fournit ouvrent aussi des portes sur notre temps. « Et la prédication de Jonas est plus d’actualité que jamais, écrit-il : "Dans quarante jours, vous périrez tous". » L’appel à la pénitence lancé de mauvaise grâce aux Ninivites nous concerne aussi. « L’Apocalypse, c’est maintenant », avertit l’abbé de Tanoüarn : chaque génération la connaît, puisque chaque génération est vouée à mourir. Mais chaque génération éprouve aussi « que la volonté de Dieu est une volonté d’amour ». Sans rien gommer de l’exigence évangélique, ni de la nécessité de la pénitence, ni même de « la violence du péché » et de « la puissance de la révolte » dont Jonas lui-même, désenchanté et heurté dans ses convictions, apporte un exemple frappant, l’abbé de Tanoüarn écrit des lignes magnifiques sur la Miséricorde, « puissance nouvelle, disponible pour qui veut s’en saisir ».

Et le désir, alors ? C’est celui que l’homme prêtera à la grâce de Dieu. « Sans désir, pas de rédemption. Le désir absent ? Mais c’est l’enfer… », conclut Guillaume de Tanoüarn. Puissé-je vous avoir donné celui de lire ce petit livre rempli de fulgurances et aussi accessible qu’intelligent.

Eric Letty

Guillaume de Tanoüarn, Jonas ou le désir absent, Via Romana, 112 pages, 14 euros.

[Ennemond / Forum Catholique] cardinal Castrillon Hoyos : un voeu pour la Fraternité? Et pour les autres...?

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 2 novembre 2009

Le cardinal vient de déclarer : Je ne connais pas encore la position officielle de la Fraternité. Je veux dire par là que si d'un côté, on entend des discours acceptables et prometteurs, de l'autre on lit des ordres divers, d'autres moins conciliants et de teneur différente. Il serait bon, à partir de ce point de vue d'avoir une plus grande uniformité dans la Fraternité.

S'il y a des des différences de position et de ton dans la Fraternité, je crois qu'il y a des crevasses béantes à l'intérieur même des sociétés "régularisées". Quel lien entre la messe du cardinal Schönborn et celle de Mgr Burke ? Quelle relation entre la théologie de Mgr Zölitch et celle de Mgr Ranjith ? Quelle comparaison entre l'art promu par Mgr di Falco et par celui qui est soutenu par Dom Zielinski ? Quelle unité trouver entre le sens de l'accueil réservé aux traditionalistes par le cardinal Vingt-Trois et celui qu'assure Benoît XVI ? Pourquoi lit-on des discours affirmant que le Christ est l'unique sauveur et voit-on ailleurs des rencontres qui confortent des religions "pleines de valeur" ? Comment concilier tout ces discours contradictoires qui vont dans tous les sens ? On pourrait ajouter aussi, à propos des positions du cardinal Castrillon : Y a-t-il une logique à vouloir attirer les traditionalistes, quitte à dire qu'on est presque d'accord sur tout et les inviter à côté de cela à venir concélébrer ? A bien des égards, le discours de la FSSPX paraît, en comparaison, bien simple et particulièrement uni...

[Paix Liturgique] Vers la fin de la pensée unique au sein de la Conférence des Évêques de France ?

SOURCE - Letre n°202 de Paix Liturgique - 2 novembre 2009
Jusqu'à un passé récent, la Conférence des Evêques de France (CEF dans la suite du texte) redoublait d’efforts à parler d’une seule voix et à paraître très unie, voire unanimiste, lorsqu’il lui arrivait d’évoquer publiquement des sujets dits « sensibles ». Les sujets liturgiques ou paraliturgiques n’échappaient pas à la règle et faisaient l’objet des soins les plus attentifs dans cette présentation officielle de la pensée de la CEF.

Par ailleurs et comme n’hésitait pas à le dire en son temps Monseigneur Lagrange, alors évêque de Gap, la CEF préférait le plus souvent ne pas aborder les sujets « sensibles », les sujets qui fâchent. A l’époque, ils n’étaient abordés ni en privé ni en public. Il est vraisemblable qu’ils sont toujours exclus du débat public. Autrefois, certaines questions pourtant importantes n’étaient-elles jamais abordées lors des rassemblements épiscopaux à Lourdes ou ailleurs. En effet pourquoi parler du Motu Proprio (à l’époque Ecclesia Dei de Jean Paul II de 1988) « puisqu’il n’y a pas de problème liturgique en France », pourquoi parler des demandes de célébrations de messes traditionnelles « puisqu’il n’y a pas de demande », pourquoi se remettre en question dans la pastorale de nos paroisses puisque « la réforme est bien acceptée et fait l’objet d’une mise en œuvre merveilleusement réussie »…

Certes, des exceptions ici et là purent se faire jour sur des sujets sensibles, autres que des sujets liturgiques. Ainsi Monseigneur Legal, alors évêque de Tulle, fustigea-t-il à la fin des années 1990 la Vie (ex-Catholique) dont il ne reconnaissait justement pas le caractère « officiellement catholique ». De même, plus récemment Monseigneur Cattenoz, archevêque d’Avignon, a tenu un discours très musclé sur l’état de l’enseignement « catholique » en France.

Mais au final, seuls les évêques en retraite pouvaient alors se permettre une authentique liberté de parole en matière liturgique. Ainsi, Monseigneur Maurice Gaidon, ancien évêque de Cahors, dans son livre Un évêque français entre crise et renouveau de l’Église, aux Éditions de l'Emmanuel écrivait notamment : « J’ai très mal vécu “la réforme liturgique” imposée au détour d’un dimanche et avec un autoritarisme clérical insupportable… » ou encore « Je pense que notre langage manque de vigueur et que le souffle prophétique est trop absent de nos textes savamment mesurés et dignes des résolutions votées en fin de “meeting radical-socialiste” ! (...) Un texte se dilue quand il est revu et corrigé dans une assemblée d’une centaine de membres dont certains ne parlent jamais alors que d’autres prennent la parole sans complexes. Dans une assemblée en partie noyautée par de “grosses mitres” qui préparent soigneusement certaines élections et se partagent les “postes clés” de l‘épiscopat (...). Nous n’aimons pas sortir d’un ton conciliant et recherchons avant tout le réconfort d’un consensus mou (…) ».

De nos jours, plusieurs signes se font jour et nous indiquent que cette vision monolithique des choses au sein de la CEF semble évoluer.
Nous en donnons quelques indices.


A - Des signes épiscopaux encourageants…

Les divergences liturgiques ont toujours existé d’une paroisse à une autre, d’un diocèse et d’un évêque à un autre. Nous nous souvenons ainsi du courage héroïque qu'avait eu en 1995 - pourtant plus de 7 ans après la promulgation du Motu Proprio Ecclesia Dei - Monseigneur Lagrange, alors évêque de Gap, en acceptant la tenue dans son diocèse, au sanctuaire de Notre Dame du Laus, du 1er Colloque du CIEL (Centre International d’Etudes Liturgiques). A cette époque, alors que la plupart des évêques de France faisaient (déjà) barrage aux dispositions pacifiantes du Motu Proprio de Jean Paul II et se montraient d’une hostilité rare à l’égard de la liturgie traditionnelle de l’Eglise et aux fidèles qui les suppliaient d’en bénéficier, une telle attitude et un tel courage étaient suffisamment rares pour être soulignés avec reconnaissance.

Ceci étant rappelé, nous découvrons avec bonheur qu’aujourd'hui, un nombre croissant d'évêques français se désolidarisent de la ligne « crypto officielle » selon laquelle « il n'y aurait pas en France de problème liturgique » et ceux qui demanderaient l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum « n'existeraient pas ou ne constitueraient tout au plus qu'un groupuscule d'agitateurs » comme le répète quotidiennement Monseigneur Eric Aumonier, évêque de Versailles, à tous ses interlocuteurs surpris d'une telle vision partielle et partiale de la réalité d'aujourd’hui…

Ainsi ces bons pasteurs n'hésitent pas à ouvrir ici un séminaire ouvert aux deux formes de l’unique rite romain, ailleurs à mettre en place un véritable dialogue chrétien avec les familles qui leur demandent des célébrations dans la forme extraordinaire dans leurs propres paroisses, ailleurs encore c'est une paroisse quasi-personnelle qui est mise en place…

De plus en plus ces pasteurs permettent que les curés de leurs diocèses, très souvent demandeurs, deviennent les pasteurs de tout leur troupeau, des fidèles de la forme ordinaire comme ceux de la forme extraordinaire.

Ces évêques soucieux du bien de tous permettent à leurs curés d’avancer positivement vers la réconciliation des diverses sensibilités légitimes des catholiques et de faire des paroisses des lieux d’expression plurielle comme cela était partout le cas avant les années de plomb ayant débuté à la fin des années 60.

La bienveillance, voire le soutien apportés par ces pasteurs à des initiatives de paix et de dialogue en France ou ailleurs est un immense encouragement et une merveilleuse lueur d'espoir. Cela doit nous fortifier dans la conviction que bientôt, les fidèles pourront se retrouver tous unis dans leurs paroisses autour de leurs curés par delà les clivages liturgiques. C’est le sens du Motu Proprio.



B - Mais aussi des propos symptomatiquement très agressifs

Cependant ce retour à la bienveillance ne semble pas être la volonté de tous les évêques….

C'est certainement la providence qui a permis à deux amis de Paix Liturgique de se trouver à Joinville dans la Haute-Marne (diocèse de Langres) le 23 août 2009 et d'assister à un épisode étonnant pourtant caractéristique de ce que pensent vraiment de nombreux évêques français.

Précisons d’emblée que la célébration de la forme extraordinaire du rite romain est, dans ce diocèse de Langres, de fait interdite en raison de la pastorale d’apartheid liturgique de l’évêque, Monseigneur Philippe Gueneley.

Or, ce 23 août 2009, c'était Monseigneur Gueneley, l'évêque du lieu lui-même qui célébrait la messe de 10 h 30.

Et ce jour-là sans que cela soit prémédité - car de leur propre aveu ils ignoraient complètement la présence de l’évêque - un groupe de familles catholiques du diocèse avaient décidé de venir à la rencontre des paroissiens de Joinville pour connaître leur opinion au sujet de l'application des bienfaits de Paix du Motu Proprio Summorum Pontificum dans leur diocèse et leur faire connaître leur demandes… Ainsi, ces familles distribuaient la grande enquête de Motu Proprio France dont nous avons déjà plusieurs fois parlé.

Il s'ensuivit une cacophonie indescriptible à l’occasion de laquelle l'évêque, découvrant avant la messe la présence de ces familles demandeuses, leur enjoignit de déguerpir immédiatement… ce qu'elles refusèrent de faire, tant leur démarche était pacifique et mesurée.

De ce fait et comme il l'avait annoncé lors de l'altercation qui avait précédé l'office, Monseigneur Gueneley fit à l'issue de la messe, une déclaration très hostile au sujet de la démarche des fidèles qu'il accusait – sans avoir pris le temps de les connaître et après avoir toujours refusé les demandes de rendez-vous - d'être des agitateurs seulement désireux de perturber la vie du diocèse (sic).

Cette annonce qui trouva la faveur d'un petit tiers de l'assemblée consterna par sa véhémence et ses excès les deux autres tiers des fidèles. L'assemblée n'attendait en effet pas des paroles de guerre de la part de leur évêque mais plutôt des paroles de paix et de dialogue.

C’est ainsi qu'un débat houleux se forma à la sortie de l'église d'autant plus qu' à la sortie de la messe, l’évêque s’en était pris personnellement aux personnes qui distribuaient les feuillets d’information sur un ton très violent, agressif et bien peu fraternel …

C'est dans ce contexte que nous parvint une information étonnante.

A un jeune homme qui disait à Monseigneur Gueneley qu’il était temps de vivre dans l'Eglise avec son temps, d’accueillir les différences, de ne pas avoir peur et de suivre la voie que nous montre le Pape, à l’instar de ce que faisaient bon nombre d’autres évêques, Monseigneur Gueneley a répondu publiquement du tac au tac provoquant le silence étonné de la plupart des dix témoins présents : « Monseigneur Centène, on l’a fait plier. Monseigneur Aillet, on lui donne trois ans. Après, nous verrons. Dominique Rey, son diocèse finira par couler !!! »

A partir de cette déclaration faite publiquement sur le parvis de l’église, nous nous interrogeons : mais de qui donc parle monseigneur Gueneley en parlant de "ON" ?

S'exprime t-il au nom de la CEF ?

D'un groupe mandaté ?

D'une association occulte ?

Personne ne pourra répondre à sa place mais cette « sortie » spontanée en dit long sur ce que pensent vraiment certains évêques qui, tout en se faisant passer pour des chantres du dialogue, de l’unité et de l’obéissance à Rome ne craignent pas de montrer des exemples aussi scandaleux… Force est de reconnaître qu’aujourd’hui, au sein de la CEF, cohabitent des tenants de la réconciliation et d'autres qui ne semblent n'avoir toujours pas compris que nous n'étions plus aujourd'hui en 1968…

Nous ne pouvons qu’être scandalisés par de tels comportements qui ne nous semblent pas conformes aux valeurs de l’Evangile, ni même au simple bon sens… Ce sujet sera-t-il mis à l'ordre du jour de la prochaine réunion des évêques de France qui se tiendra cette semaine du 3 au 8 novembre à Lourdes ?

Nous l'espérons pour qu'enfin cesse l'incroyable aveuglement de pasteurs qui ne veulent pas reconnaître l’existence des très nombreuses familles restées dans leurs paroisses qui ne demandent qu’à bénéficier des bienfaits du Motu Proprio (34 % des catholiques français assisteraient régulièrement à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leurs propres paroisses) et la légitimité de leur demande de vivre notre foi catholique au rythme de la forme extraordinaire, aux côtés des célébrations dans la forme ordinaire, dans toutes les paroisses.

[Olivier Figueras - Monde&Vie] La messe revient… à Saint-Pierre de Rome!

SOURCE - Olivier Figueras - Monde&Vie n°818 - 2 novembre 2009

A Saint-Pierre, une grand-messe pontificale dans la forme extraordinaire du rite romain !

Quelque cinq cents personnes ont pu assister, avec un sentiment indescriptible, à cette première depuis les décennies de la réforme, célébrée en la chapelle du Saint-Sacrement (mais masquée derrière des tentures…) par S.E. Mgr Raymond Leo Burke, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, et nommé quarante-huit heures plus tôt par le Saint-Père membre de la Congrégation pour les évêques.

Cette messe venait clôturer le 2e colloque de l’association italienne Giovani e tradizione (Jeunes et tradition) sur « Le motu proprio de S.S. Benoît XVI, un grand don pour toute l’Eglise », qui se déroulait, lui, à la Casa Bonus Pastor du Vicariat de Rome, en présence de plusieurs évêques et supérieurs de communautés religieuses.

Dans la basilique vaticane, se déroulait donc une liturgie telle qu’elle était célébrée depuis des siècles – avec les particularités propres à un évêque lorsqu’il célèbre « chez » le Pape. Un chef de dicastère officiait ; la liturgie était organisée par les chanoines (et les séminaristes) de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre ; et la chorale était confiée aux bons soins des Franciscains et des Franciscaines de l’Immaculée, institut de droit pontifical où le motu proprio Summorum pontificum est désormais appliqué conjointement à la forme ordinaire.

Certes ! des messes tridentines ont déjà été célébrées en la basilique Saint-Pierre. Mais il s’agissait jusqu’ici de messes privées, de messes basses ou chantées, quand bien même elles l’étaient par des évêques. Le 18 octobre, il s’agissait de la première messe pontificalement célébrée par un prélat (et un prélat de ce rang).

Parmi les assistants, on comptait Mgr Guido Pozzo, le tout nouveau secrétaire de la commission Ecclesia Dei, à qui échoit, depuis lundi dernier, de diriger les débats théologiques avec les représentants de la Fraternité Saint-Pie X, le Père Augustine Di Noia, qui a remplacé Mgr Ranjith à la Congrégation pour le culte divin, Mgr Anastasius Schneider, connu pour la publication de son Dominus est, sur le rite de la communion pratiqué par Benoît XVI, et des dizaines de prêtres, de religieux et de religieuses. Giovani e tradizione : la plupart de ces prêtres et religieux assistant à cette extraordinaire messe pontificale, étaient jeunes, marque du lien entre la jeunesse de Dieu et sa tradition multi-séculaire.

Et, au sortir de la messe pontificale traditionnelle, les fidèles qui y avaient assisté ont pu entendre, sur la place Saint-Pierre, le Souverain Pontife saluer à l’occasion de l’angelus les participants au colloque. Ce qui était, pour le moins, le signe manifeste d’une reconnaissance pleine et entière. Le signe que ce don paternel n’était pas une aumône, mais l’expression d’une appartenance sans distinction à l’intégrité de l’Eglise, qu’illustrait parfaitement cette « première » célébration pontificale.

Une anecdote, pour finir, à l’intention des intellectuels qui inondent nos journaux du peu de popularité de Benoît XVI. Sortant de Saint-Pierre, il m’a été impossible de traverser la place durant toute la durée de l’angelus pour parvenir à temps en son centre de façon à voir le Saint-Père à sa fenêtre…

Olivier Figueras

[summorum-pontificum.fr] Dans les Vosges, on recrute des diacres

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 2 novembre 2009
Sous ce titre étonnant, Jean-Marie Guénois, chroniqueur religieux au Figaro a écrit un article faisant état d’une vaste campagne de communication et de recrutement de diacres permanents dans le diocèse de Saint-Dié. On ne s’attardera pas ici au problème que soulève une telle campagne qui vise à faire face à l’absence totale de séminaristes dans ce diocèse – la dernière ordination remonte à 2003 et s’il y en avait une possible, elle ne serait pas avant 2013 ! Le diocèse a donc opté pour le diaconat permanent de masse cher à Mgr Gaillot, sans penser que des instituts de type communauté Saint-Jean, communauté Saint-Martin sans parler des instituts Ecclesia Dei pouvaient jouer un rôle en apportant une présence sacerdotale.

Signalons quand même la présence de la Fraternité Saint-Pierre et de la Fraternité Saint-Pie X dans ce diocèse. Et justement, c’est à propos de celle-ci que l’article de Jean-Marie Guénois suscite l’interrogation. Celui-ci écrit, en effet à propos du clergé diocésain : « et parmi eux, sept viennent de l’extérieur du diocèse, membres notamment de la Fraternité Saint-Pie X ».

Ce comptage des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X dans le clergé diocésain est-il le fait du journaliste ou de ses sources d’information ? Guénois connaît bien son métier, même si ses idées ne sont pas toujours favorables au monde traditionnel. On s’étonne d’une telle affirmation sous sa plume. Mais elle étonne encore plus si elle vient du responsable diocésain cité dans l’article du Figaro. Doit-on en conclure à une décrispation vis-à-vis de la Fraternité Saint-Pie X qui s’expliquerait en raison de l’évolution des rapports de cette fraternité avec Rome et aussi du fait du manque dramatique de prêtres dans des diocèses comme celui de Saint-Dié ?

On serait tenté de le croire car Guénois connaît bien ce diocèse qui est proche de celui de sa famille et de sa belle-famille. Lui-même y avait une propriété (un château) achetée alors qu’il était responsable de l’agence I-Media à Rome (appartenant au même groupe que Famille chrétienne) avant de rejoindre La Croix (groupe Bayard) puis le Figaro, laquelle propriété subit un incendie d'origine criminelle, selon nos informations. Cet enracinement lui permet de bien connaître la situation du diocèse de Saint-Dié et de son éventuelle évolution face au monde traditionaliste.

1 novembre 2009

[La Contre-Réforme Catholique - Il est ressuscité!] Les "défis" de Benoît XVI - Pourparlers avec les intégristes

SOURCE - Mère Lucie du Précieux Sang - extrait de "Il est ressuscité!" - revue de la Contre-Réforme Catholique - Novembre 2009

Les "défis" de Benoît XVI - Pourparlers avec les intégristes


Nous connaissons trop bien le pape Ratzinger pour ne pas voir le piège tendu aux disciples de Mgr Lefebvre. Après avoir ratissé large, jusque dans nos pieds, par séductions et promesses de faveur, Rome aspire à liquider les derniers opposants : la Contre-Réforme catholique doit disparaître. Ainsi, sous la houlette de Benoît XVI, la grande apostasie est en passe de recouvrir toute la terre !

Le Saint-Père sait bien que Mgr Lefebvre a approuvé tous les Actes du Concile. Les pourparlers très secrets, qui ont commencé lundi dernier entre la Fraternité Saint-Pie-X et le Vatican en vue d’une réconciliation, s’engagent sur la base du ralliement du fondateur d’Écône à l’hérésie conciliaire. Dès le 7 décembre 1965, il apposa sa signature, après celle de Paul VI, le Souverain Pontife régnant, et parmi les évêques en communion avec lui, aux quatre Actes promulgués ce jour-là, dont Dignitatis humanæ sur la liberté religieuse, et Gaudium et spes sur l’Église dans le monde de ce temps.

Il s’en est d’ailleurs toujours vanté, reprochant même ouvertement, publiquement, à l’abbé de Nantes de s’opposer au pape Paul VI : « Un fils ne critique pas son père », disait-il. Il limitait son refus de la Réforme au seul domaine de la liturgie. Aujourd’hui, le pape Benoît XVI a levé tous les obstacles, puisqu’il a rétabli l’ancien Ordo, et levé les excommunications encourues par les sacres d’évêques de 1988. Du coup, l’opposition des lefebvristes perd toute raison d’être, puisqu’elle n’a pas été d’abord centrée sur les grands débats dogmatiques et n’a jamais attaqué explicitement et publiquement les nouveautés doctrinales du Concile.

Alors, pourquoi ce colloque... secret ? Frère Bruno le devine : pour obtenir des gens de Mgr Lefebvre, comme le cardinal Garrone l’a obtenu jadis de leur évêque fondateur, le désaveu de la Contre-Réforme catholique, afin de préserver et sauver à tout prix leur œuvre.

Mais s’ils récusent le théologien de la Contre- Réforme catholique, ils rendent toute cette œuvre inapte à servir l’Église et à procurer le salut éternel. Une seule chose compte, énoncée par l’abbé de Nantes :

« Paul VI [Benoît XVI] n’a qu’un instant à prendre, un anathème à lancer, un dogme à définir : qu’il prononce, en vertu de l’infaillibilité de son Magistère solennel, toutes et chacune des nouveautés que je lui impute à hérésie, schisme et apostasie, je me rangerai à sa sentence, persuadé que mon esprit m’a égaré totalement, sans jamais remettre en question ma soumission de membre de l’Église catholique romaine à son Autorité souveraine. » (CRC n° 311, avril 1995, p. 32)

Et Benoît XVI le sait très bien. C’est pourquoi il n’a qu’une solution : faire comme si nous n’existions pas. Car si les uns et les autres voulaient vraiment engager un débat doctrinal, ce serait facile : le travail est déjà fait ! Toutes les objections que l’on peut et doit opposer au Concile ont été clairement formulées par l’abbé de Nantes : il n’est que de lire l’Autodafé ! Mais non ! Depuis quarante ans, notre Père est tenu pour rien, “ néantisé ” par la hiérarchie, et nous à sa suite, tandis que la maladie le réduit au silence et à la paralysie.

Cependant, victime offerte pour l’Église et le Pape, nous savons qu’il verra bientôt le triomphe du Cœur Immaculé de Marie !

[Ennemond / Forum Catholique] Discussions doctrinales : la face cachée

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 1er novembre 2009

La face cachée des discussions doctrinales est peut-être la plus apparente, la plus perceptible, la moins attendue cependant de ces pourparlers ouverts à Rome le 26 octobre dernier. Il y a un an, alors que le cardinal Castrillón Hoyos, grand partisan des accords pratiques, imposait à la Fraternité Saint-Pie X un « ultimatum » avec échéance à la clef, les relations entre le Saint-Siège et l’œuvre de Mgr Lefebvre traversaient un petit orage. Les esprits s’échauffaient, les journalistes caricaturaient, des autorités diocésaines jusqu’à quelques responsables des communautés Ecclesia Dei, les hommes d’Église vilipendaient : la Fraternité n’avait pas à exiger de parler d’égal à égal. Cette récalcitrante devait se plier, voire se courber, pire… elle devait ramper. Il lui fallait se contenter d’une régularisation qui était à portée de main. Tout dépendait d’elle. Déjà les Cassandre décrétaient des jours de deuil face à des supérieurs que l’on disait aveuglés et déconnectés, devant des prêtres et des fidèles auquel on brandissait toujours le mot magique pour faire peur : « schisme » !

Pourtant, le 21 janvier, une bombe a touché l’Église romaine. En acceptant de lever l’excommunication touchant les quatre évêques de la Fraternité, le pape Benoît XVI subissait de plein fouet une campagne de dénigrement sans précédent menée de main de maître par le journalisme le plus rouge épaulé par quelques prélats non moins empourprés. Ce faisant, il tirait toutes les ficelles du monde catholique qui se trouvait davantage altéré en trois longs mois qu’au cours des vingt précédentes années. Le temps s’est curieusement accéléré à Rome. On attendit deux ans la libération de la messe traditionnelle, une année la levée des excommunications, six mois l’ouverture des discussions doctrinales.

Dès lors, ce qui s’avérait hier impossible aux yeux d’un grand nombre, devint soudain souhaitable et judicieux pour la plupart d’entre eux. Des discussions jugées hier saugrenues et déplacées constituaient aux yeux des médias comme des prélats la clef pour ouvrir la porte du dénouement de la crise. Désormais, celui qui était appelé un an auparavant le « flic helvétique » recevait chez lui les journalistes du catholicisme bien-pensant et était dépeint comme un chef diplomate, mesuré et habité par le sens de l’Église.

Au-dessus de la mêlée, le vicaire du Christ continuait son plan comme un joueur d’échec poursuit résolument et patiemment sa partie. En débutant son pontificat, il indiquait qu’il était impossible de déconnecter le Magistère du reste de la Tradition et il affirma quelques semaines plus tard que le second concile du Vatican, pourtant vieux de plus de quarante ans, n’avait pas encore été compris et que sa réception restait à faire. Jamais pourtant, si l’on met de côté quelques exceptions, le pape n’a encore apporté cette grille de lecture si nécessaire pour comprendre les textes conciliaires.

Ce « jamais » prend cependant fin à l’automne 2009. Le 26 octobre dernier, le pape a ouvert des pourparlers qui ont pour but de donner une interprétation droite et justifiée du Concile. Le communiqué de la salle de presse du Saint-Siège empêche de s’y tromper. Tous les thèmes évoqués par le Père Lombardi, son porte-parole, sont ni plus ni moins les grands sujets de Vatican II. C’est bien à une relecture de ce concile que l’on va procéder. Et à ce grand chantier de la réinterprétation et du raccrochage à la Tradition où les notae previae vont sans doute se multiplier comme des étais ou des arcs-boutants, le pape a décidé – chose inouïe – de confier la moitié des avis à … des prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X !

Mais les discussions doctrinales, si elles semblent confinées dans quelque salle – aussi prestigieuse soit-elle – du Palais du Saint-Office, ont en réalité lieu partout dans l’Église, dans les colonnes des journaux, même sur internet, sur les blogs et les forums. C’est la face cachée – et pourtant la plus visible – des discussions doctrinales qui réorientent toute la catholicité vers ce qu’avance la Fraternité, c’est-à-dire la théologie telle qu’elle a été pensée jusqu’à l’introduction d’une nouvelle ligne dans l’Église.

Les esprits prennent conscience que le Souverain Pontife a fait de la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre, plus qu’une société à régulariser, une instance qui a son mot à dire dans la réinterprétation du Concile. Dès lors, on discute, on parlemente. En regardant le passé, on parvient à dépasser Vatican II. Le prêtre italien Giovanni Scalese faisait part de ses attentes : « Il s'agit plutôt d'un problème de clarté. Une clarté que Mgr Fellay et les lefebvristes ne sont pas les seuls à attendre, mais dont toute l'Église ressent un urgent besoin. » En faisant une certaine introspection, on parvient à considérer le chaos dans lequel est plongé l’Église. En jugeant sa formation, on perçoit les erreurs qui s’y sont accumulés. À cet égard, les récents propos de Mgr Patrick Chauvet, sont assez symptomatiques. Sur les antennes de Radio Notre-Dame il y a trois jours, le vicaire général de l'archidiocèse de Paris n’hésitait pas à critiquer les errements théologiques de son séminaire : « Je ne peux pas mettre une croix sur deux mille ans de Christianisme » dit-en en poursuivant : « La question du vocabulaire ! J’ai été formé comme cela. On nous a seriné : la notion de nature, d’essence, de personne, tout cela bouge, ça n’existe plus. Oui, mais le problème, c’est que les conciles ont parlé du Christ avec la notion de personne et de deux natures. Je veux bien qu’on change, mais si on change les mots, il faut qu’il y ait le même contenu derrière chaque mot. Quand on me dit sur l’Eucharistie, le mot de transsubstantiation, ça n’existe plus, personne ne comprend plus rien sur la substance, alors on dit « transignification ». Moi je ne peux pas accepter ce mot comme théologien car « transignification » ne veut pas dire transsubstantiation. Donc là il va y avoir des dialogues. Alors qu’il y ait une recherche théologique, après tout, c’est normal, mais cette recherche théologique ne doit pas troubler la foi des fidèles. Que, entre eux, ils réfléchissent, mais au moment où on proclame quelque chose, il faut que ce soit pour les fidèles, vraiment, une bande théologique pour avancer vers le salut. » Était-il possible d’entendre ces aveux il y a tout juste un an, il y a tout juste six mois ? Pouvait-on entendre cette critique feutrée de l’esprit conciliaire avant l’été ? Nous sommes arrivés au cœur du problème doctrinal, créant une onde de choc rendue impossible si on s’était contentée de régler des normalisations canoniques pour telle ou telle société religieuse.

Bien entendu, les Cassandre d’hier n’ont pas totalement disparu et ceux qui ne juraient que par les accords pratiques ne veulent pas croire dans le succès de ce projet de restauration. Il leur manque, semble-t-il, cette pincée de surnaturel qui change la face de la terre. « Sine tuo nomine, nihil est in homine, nihil est in innoxium », dit la séquence au Saint Esprit : « Sans ton secours, il n’y a rien dans l’homme, rien qui soit innocent. » En 2000, lorsque l’abbé Paul Aulagnier a rencontré à Campos le cardinal Castrillón Hoyos, ce dernier lui a indiqué que la demande de la libération de la messe était inaccessible. Pourtant, le 7 juillet 2007 a existé. Les champs de l’Église ne sont pas des cuisines électorales. Si l’on y cueille des fruits divins, c’est parce que les âmes ont cru et se sont unies au sacrifice du Christ qui répand des grâces insondables. Le Veni Sancte Spiritus continue ainsi : « Flecte quod est rigidum, fove quod est frigidum, rege quod est devium – Rendez souple ce qui est inflexible, réchauffez ce qui est glacé, redressez ce qui est dévié. » N’est-ce pas ce en quoi croient aujourd’hui le pape Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, deux hommes qui passent plus de temps devant le tabernacle que dans les journaux ?

[summorum-pontificum.fr] À Clear Creek : deux professions religieuses selon les anciens livres

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 1er novembre 2009

Selon nos informateurs américains, ce dimanche 1er novembre, deux moines du monastère bénédictin Notre-Dame de l’Annonciation de Clear Creek (diocèse de Tulsa, Oklahoma) feront leur profession religieuse solennelle, en présence de dom Antoine Forgeot, Père Abbé de Fontgombault (dont Clear Creek est une “fille”), mais en utilisant les livres anciens. Les deux moines concernés sont le frère Jose Lagos (St. Louis, Missouri) et le frère Gabriel (Brownsville, Texas).

Ces sources américaines signalent que le Père Abbé de Fontgombault avait demandé à Rome – et en a obtenu la permission – de pouvoir utiliser les anciens rituels pour les professions religieuses des bénédictins de son abbaye et de toutes ses “filles”. Il semblerait que ce sera la première utilisation de ces livres anciens dans la famille de Fontgombault depuis que le Père Abbé en a obtenu l’autorisation.

Plus exactement, le Père abbé de Fontgombault avait demandé avant les vacances à la Commission Ecclesia Dei, dont son abbaye ne dépend pourtant pas directement, de pouvoir revenir à l’ancien rituel de profession religieuse en usage dans la Congrégation de France, devenue depuis Congrégation de Solesmes (à laquelle appartient Fontgombault et donc Clear Creek) ; rituel dû à dom Prosper Guéranger, restaurateur de l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes, restaurateur de la vie bénédictine en France et premier supérieur de la Congrégation.

Mgr Perl, encore vice-président de la Commission Ecclesia Dei, avait donné son accord par téléphone à dom Forgeot qui préféra cependant demander une confirmation écrite qu’il reçut quelques mois après. En revanche, l’ancien rituel solesmien aurait déjà été utilisé à Fontgombault depuis l’autorisation verbale de Mgr Perl. Dom Forgeot s’est rendu aux Etats-Unis en urgence voici deux ou trois semaines en raison de la grave maladie qui touche dom de Feydeau (ci-dessous prière à son intention). C'est pour cette raison que dom Forgeot fut absent, pour la première, de la fête de la dédicace de son abbaye.

En union de prières pour dom François,
sous-prieur de Clear Creek monastery.
« Dieu éternel et tout-puissant,
avec humilité et confiance, nous implorons de Votre bonté la guérison de notre frère, gravement malade. Daignez lui accorder ce miracle par l'intercession de Votre serviteur Dom Prosper Guéranger, pour Votre gloire, pour qu'avance sa cause en béatification, pour la sanctification de nos monastères et pour le bien de toute l'Église.
Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur, Votre Fils, Qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint Esprit, [un seul Dieu], pour les siècles des siècles. Amen.
Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous.
Notre bienheureux père saint Benoît, priez pour nous. 
Saint François d'Assise, priez pour nous. »

31 octobre 2009

[Mgr Williamson] Des évêques valides?

SOURCE - Mgr Williamson - 31 octobre 2009

ELEISON COMMENTS CXXI (31 Octobre, 2009): DES EVEQUES VALIDES ?

La semaine dernière le « Courrier de Tychique », bulletin d'un Gaulois combattant, a apporté peut-être une remarquable confirmation de la position équilibrée de la Fraternité Saint-Pie X sur la validité des sacrements dans la Nouvelle Eglise. Une « source fiable » y révèle que la franc-maçonnerie, antique ennemi de l'Eglise, a pris des dispositions dans ses plans pour la Révolution Conciliaire pour qu'elle invalidât les sacrements Catholiques, non pas en altérant leur Forme sacramentelle, ce qui les aurait rendus invalides sur le champ, mais en faisant en sorte que le Ministre perdît  à la longue son indispensable Intention sacramentelle.

Cette « source fiable » est un Français qui a eu de nombreuses conversations avec un vénérable prêtre lillois qui confessa le Cardinal Liénart sur son lit de mort. Redoutant sans doute les flammes de l'Enfer, le Cardinal, à l'agonie, demanda à ce prêtre de révéler au monde ce qu'il lui confessait, le déliant ainsi du secret de la Confession. Ce  prêtre resta néanmoins très discret en public, mais il s'avéra plus disert en privé, notamment sur ce que le Cardinal lui avait dévoilé à propos du plan en trois points de la franc-maçonnerie pour détruire l'Eglise. Que le Cardinal Liénart soit entré ou non dans la maçonnerie à l'âge précoce de 17 ans, de toute façon il lui rendit un service insigne lorsqu'au deuxième jour du Concile, prenant la parole sans permission, il demanda que les documents soigneusement préparés dans les Commissions préparatoires fussent tous rejetés sur le champ.

D'après la confession du Cardinal, le premier objectif de la franc-maçonnerie dans ce Concile était de rompre la Sainte Messe en altérant le Rite de telle manière qu'à la longue l'Intention du célébrant « de faire ce que fait l'Eglise» finirait par se perdre. Petit à petit  le Rite devait mener les prêtres et les fidèles à voir en la Messe plutôt un « mémorial » ou  « repas sacré » qu'un sacrifice propitiatoire. Le second objectif était de rompre la Succession Apostolique par un nouveau Rite de consécration épiscopale qui finirait par enlever aux évêques la validité de leur consécration. La nouvelle Forme n'y serait pas invalide en soi, mais elle serait suffisamment ambiguë pour semer le doute, et surtout le nouveau Rite dans son ensemble serait de nature à dissoudre à la longue l'Intention sacramentelle de l'Evêque consécrateur. Aussi la Succession Apostolique se romprait-elle si doucement que personne ne s'en apercevrait. N'est-ce pas exactement  ce que craignent beaucoup de Catholiques croyants aujourd'hui?

Quoi qu'il en soit du témoignage de ce vieux prêtre et du fidèle auquel il a parlé, force est de constater que les Rites du Novus Ordo pour la Messe et pour la Consécration épiscopale correspondent très précisément à ce plan maçonnique que le Cardinal Liénart dévoila  à sa mort (15 février 1973). Depuis que ces nouveaux Rites ont été introduits à la fin des années 1960 et au début des années 1970, beaucoup de Catholiques sérieux ont incriminé leur validité. Hélas, ces rites ne sont pas invalides en soi - ce  serait trop simple ! Ils sont bien pires ! Leur Forme sacramentelle est suffisamment Catholique pour rassurer maint célébrant sur leur validité, mais dans leur ensemble on les a rendus tellement ambigus et tellement propices à une interprétation non Catholique qu'à la longue ils invalideront l'Intention de tout célébrant  trop « obéissant » ou qui ne prie et ne veille pas assez.

Des Rites ainsi modifiés de manière à paraître assez valides dans un premier temps pour être acceptés par le grand nombre des Catholiques, mais qui sont à tel point ambigus qu'à long terme ils invalident les sacrements, constituent un piège d'une subtilité vraiment satanique !  Pour l'éviter, le Catholique doit d'une part rompre tout contact avec ces Rites nouveaux, mais d'autre part il ne doit pas laisser discréditer ses bons instincts catholiques en portant des accusations théologiques exagérées qui rompent avec la bonne Doctrine catholique. C'est un équilibre pas toujours facile à garder.

Kyrie eleison.
Londres, Angleterre

[summorum-pontificum.fr] Le cardinal Cañizares celèbre ce dimanche et pontificalement la Messe traditionnelle à Rome

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 30 octobre 2009
Le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, célèbre ce dimanche 1er novembre, en la fête de la Toussaint, une Messe solennelle pontificale en l’église Ss. Trinità dei Pelligrini, à 10 h 30.

Cette église est le siège de la paroisse personnelle que le Saint Père, en qualité d’évêque de Rome, a accordée à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

[summorum-pontificum.fr] La commission romaine : Mgr Luis F. Ladaria Ferrer

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 31 octobre 2009
Terminons notre présentation des membres de la commission romaine de discussion avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, en évoquant Mgr Luis F. Ladaria Ferrer. Étrangement, c’est un nom peu cité, comme s’il était une « pièce » peu importante du dispositif romain. C’est un tort !
Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer est né le 19 avril 1944, sur l’île de Majorque (Espagne). Après des études de droit à l’université de Madrid, il est entré dans la Compagnie de Jésus le 17 octobre 1966. Il a suivi ses études de philosophie et de théologie à l’université pontificale Comillas de Madrid et à la Philosophisch-theologische Hochschule Sankt Georgen de Francfort-sur-le-Main, en Allemagne. Il a été ordonné prêtre le 29 juillet 1973.
Comme il se doit, vu son profil, il s’est rendu à Rome pour décrocher son doctorat de théologie à la Grégorienne, en 1975. Sujet de sa thèse ? Le Saint-Esprit chez Hilaire de Poitiers. Pendant plusieurs années, il assuma la charge de professeur de théologie dogmatique à l’Université Comillas de Madrid avant d’occuper le même poste, à partir de 1984, à la Grégorienne. Deux ans plus tard, il devenait le vice-recteur de cette prestigieuse université et il le restera juqu’en 1994. Deux ans auparavant, il a été nommé également membre de la Commission théologique internationale, et ce jusqu’en 1997. En mars 2004, Jean-Paul II le nommait pourtant secrétaire général de cette commission et, c’est à ce titre, qu’il conduira le document sur les limbes en 2006. Le document de la dite commission sera contesté dans les milieux traditionnels. Mgr Luis F. Ladaria Ferrer participera également aux travaux sur la loi naturelle.
Consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la foi depuis 1995, Mgr Luis F. Ladaria Ferrer a été nommé par Benoît XVI, le 9 juillet 2008, secrétaire de ce dicastère et élevé au rang d’archevêque. Il remplace à ce poste le fidèle Mgr Amato, devenu entre-temps préfet de la Congrégation de la cause des saints. C’est le 26 juillet 2008 que Mgr Luis F. Ladaria Ferrer a été ordonné évêque par… le cardinal Bertone, lui-même ancien secrétaire du Saint-Office, sous la présidence du cardinal Joseph Ratzinger. Les deux évêques co-consécrateurs étaient l’actuel préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Levada et Mgr Vincenzo Paglia. Quelques mois après cette ordination, Mgr Luis F. Ladaria Ferrer devenait aussi consulteur auprès de la congrégation des évêques (13 novembre 2008), puis auprès du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens (31 janvier 2009). Sans aucun doute possible, il appartient au dispositif de Benoît XVI, d’autant plus qu’il est perçu comme étant théologiquement conservateur. Le 22 avril 2009, il était remplacé comme secrétaire de la Commission théologique internationale par un certain Père Morerod, qu’il retrouve dans la commission romaine.
Sa présence à la tête de cette commission, avec Mgr Pozzo, démontre une fois de plus que le cardinal Levada est davantage une référence symbolique en tant que préfet du Saint-Office que directement engagé dans le dialogue avec la Fraternité Saint-Pie X, au contraire de l’action de Joseph Ratzinger quand il occupait le même poste.
Mgr Luis F. Ladaria Ferrer est un habitué des commissions de discussion « doctrinales ». Fin 2008, il participait à la première rencontre entre musulmans et catholiques et ouvrait le feu des discussions en présentant les fondements spirituels de l’amour de Dieu et du prochain pour les chrétiens.

[Abbé Pierre Barrère, fsspx] Pourquoi les discussions doctrinales avec Rome sont elles nécessaires ?

SOURCE - Bulletin Sainte Anne n°213 - 30 novembre 2009

Chers fidèles vous l’avez appris récemment, enfin Rome accepte d’étudier avec la Fraternité le problème réel, le problème de fond qui est-  retenez-le bien - doctrinal et non canonique.
 
En effet,  une reconnaissance canonique de la Fraternité par l’Eglise conciliaire est actuellement très problématique car nous combattons depuis la fondation de notre Fraternité (1970) les erreurs doctrinales du concile, erreurs qui ne sont pas si différentes des erreurs du passé et qui ont été maintes fois condamnées par le Magistère de Rome au 19ème  et 20ème  siècle. Si, à tout hasard, une reconnaissance canonique de la FSSPX devait arriver plus tôt que prévue par la Rome actuelle cela signifierait qu’elle accepterait une sorte « de guerre civile » dans son sein car la doctrine moderniste et la doctrine traditionnelle s’opposent de manière irréductible.
 
Comme toutes les guerres civiles cela se terminera toujours, tôt ou tard, par un vainqueur et un vaincu ou, si vous préférez,  quelqu’un qui expulse et l’autre qui est expulsé. A moins qu’il y ait conversion réelle à la vraie foi de ceux qui sont dans l’erreur :  ce qui n’est pas pour nous déplaire car nous savons que le Christ a promis la victoire à son Eglise qui seule est vraie et sainte.
 
Jusqu’ici on nous disait et répétait « obéissez d’abord  on verra ensuite pour vous donner une légitimité à vous aussi comme aux autres ralliés». Nous avons toujours dit : Ce n’est pas la bonne méthode car le problème est doctrinal. Rome a enfin compris notre point de vue en acceptant ces débats sur les textes mêmes du concile. Il est souhaitable que cet exemple de Rome fasse que les évêques de France se penchent eux aussi sur le problème de la doctrine, alors la solution des difficultés en sera facilité.
 
Pourquoi obéir d’abord,  c’est-à-dire avant la levée des difficultés doctrinales, n’était pas bon ? Tout le monde sait pourtant que l’obéissance est bonne, surtout dans la Sainte Eglise qui est une Société divine hiérarchique et autoritaire. C’est vrai, l’obéissance est bonne, très bonne même. Insistons encore davantage et ajoutons qu’elle est toujours bonne car c’est une vertu et une vertu n’est jamais mauvaise. Cependant il ne faut pas manquer d’ajouter,  l’obéissance est certes toujours bonne mais elle n’est pas systématiquement bonne. Il y a des cas exceptionnels où obéir n’est pas vertueux, et dans la Sainte Eglise le manque de vertu fait désordre car l’Eglise est une Société divine qui est chargée aussi de nous inculquer le discernement pour agir saintement. L’Eglise ne canonisera jamais des robots très obéissants. En fait c’est une simple question de morale. Tout le monde comprend qu’un enfant doit toujours obéir à son père mais cependant dans certains cas bien précis et gravement peccamineux il doit résister (et cette résistance n’est pas manquer à l’obéissance parce que ce n’est jamais la vertu d’obéissance qui peut nous obliger à faire le péché).
 
Pour nous, depuis le début de la controverse (1974), il est  impossible d’obéir en conscience à l’Eglise conciliaire puisque ce que l’on nous demande va contre la foi, contre la doctrine catholique. Encore une fois c’est un problème doctrinal (cela touche à la foi) et non canonique ( d’ordre disciplinaire). Nous disons : il y a dans le Concile Vatican II des erreurs qui vont contre la foi, des erreurs qui diminuent l’expression de la foi ou des erreurs dont les conséquences ultimes anéantissent la foi. Voilà pourquoi les sacres de Mgr Lefebvre de 1988 n’avaient pas besoin d’une approbation canonique des conciliaires car il ne s’agissait pas là aussi d’un problème d’ordre canonique comme le reconnaît maintenant (et enfin) Benoît XVI, mais doctrinal.
 
En fait, c’est une déformation  que l’on remarque chez les évêques aujourd’hui et qui est un résultat de la collégialité : l’Eglise conciliaire est une  organisation qui est trop penchée sur l’aspect canonique des choses et elle  n’est pas suffisamment  versée dans la doctrine (1). Son principe fondamental peut s’exprimer de la sorte « Tout ce qui est canonique est légitime », donc les messes-clowns (en certains endroits cela se pratique avec la complaisance de l’évêque) sont légitimes, les funérailles faites par les laïcs sont légitimes, la communion donnée par les laïcs pareil….etc. Pour la FSSPX ce qui compte c’est la doctrine d’abord. Tout ce qui est juridique, canonique n’est légitime que si premièrement la doctrine est vraie, pure et sainte. Ainsi notre principe à nous peut se résumer « Tout ce qui est canonique est légitime dans la mesure où il n’y a pas d’erreur doctrinale à la base » : Le problème est doctrinal dit maintenant le Pape Benoît XVI et nous aussi depuis toujours. Il faut savoir que dans les années soixante la méthode de gouvernement de la hiérarchie a changé. L’obéissance à son évêque est devenu le dernier mot d’une quelconque affaire pour la simple raison qu’il possède l’autorité canonique. Mais pour qu’une telle chose soit recevable il faut, chers fidèles, que la doctrine de l’évêque soit irréprochable car le légitime ce n’est pas uniquement ce qui est permis et voulu par l’autorité légitime. Ce serait la porte ouverte à tous les abus. Il faut en plus le respect de la doctrine de toujours. Sinon l’obéissance devient la reine des vertus, supérieure à la vertu de foi et c’est encore une énorme bizarrerie : une vertu morale est devenue supérieure à une vertu théologale. Un exemple va vous faire comprendre cette vérité. Pourquoi sommes-nous prêts à obéir à Jésus-Christ aveuglément ? Parce qu’il est le Fils de Dieu et  nous le croyons fermement (nous avons la vraie doctrine c’est-à-dire la grâce de la foi qui nous fait admettre les réalités surnaturelles), mais nous ne croyons pas en la divinité Jésus-Christ par obéissance à notre évêque ou aux Papes: ce serait pure folie.

Au bout de quarante ans, à Rome on s’en aperçoit et on commence à comprendre le malentendu, donc on progresse : réjouissons-nous!
 
Comprenez : si nous nous avions dit  « il n’y a pas de problème doctrinal dans Vatican II », alors nous aurions dû comme les fraternités ralliées accepter au moins en principe  la nouvelle messe, accepter au moins en principe que l’on prêche dans nos églises la valeur pour le salut  de toutes les religions. Un tel libéralisme est impossible car il a été moult fois condamné dans les encycliques des Papes. Sachez-le : Il y a des erreurs doctrinales inadmissibles dans le concile Vatican II  :  c’est ce qui sera démontré dans les mois à venir à Rome dans les bureaux du Saint Office où sont partis toutes les condamnations magnifiques des hérésies protestantes, modernistes et libérales qui perdent les âmes.
 
Fasse que la vérité touche non seulement les intelligences de tous mais aussi les cœurs, il y va du salut éternel d’un très grand nombre.
 
Abbé Pierre Barrère, Le Sainte Anne n° 213 de novembre 2009
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(1) Un Cardinal  a bien dit au sujet de «  l’affaire Lefebvre » : « Je préfère avoir tort avec le Pape que raison contre le Pape ». Quant à nous nous préférons avoir raison contre le Pape même s’il est très vrai que nous préférons encore davantage avoir raison avec lui et avec tous les évêques (et même sous leur autorité).      

[Abbé Lorans - DICI] Edito - Un monologue de sourd

SOURCE - Abbé Lorans - DICI - 31 octobre 2009

Dans un entretien accordé par le cardinal André Vingt-Trois, sur Radio Notre-Dame, à la veille de l’ouverture des entretiens théologiques entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X, on apprend ce que l’archevêque de Paris attend de cette réunion. « Il faut espérer, dit-il, que l’Esprit-Saint donnera suffisamment de largeur d’esprit aux protagonistes pour qu’ils acceptent de ne pas rester sur la ligne où ils étaient jusqu’à présent qui était de dire : ‘Nous voulons bien discuter pour que l’Eglise adopte notre avis’, c’est-à-dire pour que nous devenions les maîtres du jeu ».

Mgr Vingt-Trois prête ces propos aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ; nous lui en laissons l’entière responsabilité. On perçoit sans peine le ‘moi’ surdimensionné dont il affuble ces prêtres qui n’aspireraient, selon lui, qu’à devenir « les maîtres du jeu ». Là où le ‘je’ règne en maître !

Mais, plus simplement, ne conviendrait-il pas d’écouter ce qu’ils disent plutôt que de chercher à parler à leur place ? On sait l’impasse où mène le dialogue de sourds. Et lorsque dans ce dialogue un seul fait les questions et les réponses, on risque fort de tomber dans un monologue de sourd. C’est ce qu’on souhaite éviter à Rome, mais pas encore à Paris.

Abbé Alain Lorans

29 octobre 2009

[DICI] France : Le pèlerinage du Christ-Roi à Lourdes

SOURCE - DICI Documentation  Information  Catholiques  Internationales - 29 octobre 2009
Ils étaient près de 7.000 fidèles à Lourdes pour le pèlerinage annuel du Christ-Roi, organisé par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. « C’est une belle retombée après l’effort qui a été consenti par la Tradition l’an passé », nous a confié son organisateur en chef, l’abbé Nicolas Pinaud, directeur de l’école Saint-Michel-Garicoïts à Domezain (Pyrénées-Atlantiques). Evidemment, « ce n’est jamais satisfaisant, tous les fidèles devraient venir à Lourdes pour honorer la Très Sainte Vierge au moment du Christ-Roi », mais à n’en pas douter l’année 2009 restera « une belle réussite. Cela montre que ce pèlerinage qui est parti d’un millier de personnes il y a 10 ans, est devenu une institution, indépendamment des anniversaires ou des jubilés », ajoute ce solide Breton. Il faut dire que Lourdes est « la capitale mariale de la France », rappelle l’abbé Jacques Laguérie, et que les trois jours de pèlerinage sont la source de grâces particulièrement fécondes.

Les cérémonies ont commencé samedi en début d’après-midi par un rassemblement autour de la Vierge couronnée sur l’esplanade du Sanctuaire, suivi par le chemin de croix. Au pied de la Montagne Sainte, nous croisons Alix, venue de Paris avec ses frères et ses cousins. « Comme la Vierge Marie nous l’a demandé, nous faisons pénitence ». « C’est aussi l’occasion de préparer sa confession », suggère paternellement l’abbé Pinaud.

Plusieurs mètres plus haut, l’abbé Christophe Beaublat, prieur à Grenoble, est entouré de nombreux fidèles tournés vers la Croix du Calvaire. Il est le prédicateur du grand chemin de croix des Espélugues : « Plutôt que de nous instruire, nous allons nous occuper à compatir avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, souffrir avec Lui. Ne pensons qu’à Jésus, aux souffrances de son corps, de son cœur, de son âme et remontons jusqu’à la source de ses souffrances : son amour. Voyons combien Il nous a aimé, jusqu’à quel point et à quel prix ! »

Le chemin de croix est suivi par une messe solennelle dans la basilique souterraine Saint-Pie X, célébrée par l’abbé Xavier Beauvais, prieur de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Cinq mille fidèles s’y retrouvent. « Avec les années, nous avons réussi à obtenir bien des avantages ou des activités », nous précise l’abbé Pinaud. Ainsi la procession aux flambeaux du samedi soir. Vers 20h, les pèlerins se réunissent devant la grotte. Avant d’entamer le parcours, on récite un chapelet, un cierge à la main. Dos au lieu des apparitions, dans la légère obscurité du début de soirée, l’abbé Jacques Laguérie évoque alors le Curé d’Ars : « N’ayez crainte de demander, chers pèlerins, tout ce que vous désirez de bon, même ce que vous croyez ne pas pouvoir obtenir. Voilà ce que disait le saint Curé et nous pouvons le croire : ‘J’ai si souvent puisé à cette source qu’il n’y resterait rien depuis longtemps, si elle n’était pas inépuisable’. »

Parmi les pèlerins, près de 150 malades ont fait le déplacement, sans doute au prix de gros efforts. Certains ne peuvent même pas parler, la plupart est en fauteuil roulant. Bernadette en fait partie. « Infirme moteur cérébral » depuis sa naissance, elle est venue spécialement de Laval avec l’aide précieuse des Petites Sœurs de Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame du Rafflay (Loire-Atlantique). Après la vibrante procession, scandée par l’Ave Maria de Lourdes ( »Je veux qu’ici même en procession, le peuple qui m’aime invoque mon nom »), nous retrouvons Bernadette à l’Accueil Notre-Dame, véritable petit hôpital de circonstance. Elle nous explique alors combien il est consolant de revenir à Lourdes « auprès de notre Maman du ciel », chaque année. « La 7ème fois » nous dit-elle, non sans fierté.

Au milieu des personnes chargées de veiller sur les malades, nous rencontrons Marie-Jeanne venue spécialement des Alpes. Pour cette jeune infirmière de profession, ces trois jours de peine et de dévouement sont un grand moment : « C’est tellement difficile pour les malades. On voit des gens qui souffrent mais qui ne se plaignent pas. C’est vraiment un bel exemple pour nous ».

Le lendemain, la pluie survient. La procession eucharistique en l’honneur du Christ-Roi, prévue l’après-midi, est annulée. Mais la messe de 11h est, pour la première fois à Lourdes, une messe pontificale. Célébrée par Mgr Bernard Tissier de Mallerais, elle réunit près de 7.000 fidèles. « On craignait de ne remplir qu’une moitié de la basilique », nous avoue alors l’abbé Nicolas Pinaud. Mais force est de constater que l’affluence est de taille et que des fidèles de tous horizons ont assisté à la cérémonie. « J’ai confessé des Espagnols et des Italiens qui semblaient ne pas bien connaître le sacrement de pénitence » nous racontera par la suite l’abbé Dominique Lagneau, vaillant prédicateur de retraites à Gastines (Maine-et-Loire). Ces fidèles, sans doute extérieurs à la Tradition, ont dû écouter avec attention le sermon de Mgr Tissier de Mallerais. En cette fête du Christ-Roi, il a notamment rappelé l’enjeu de la Croisade du Rosaire qui se poursuivra jusqu’en mars 2010 : « Pour appartenir à Jésus-Christ, tous les Etats étaient consacrés à la Vierge Marie (…) Eh bien ! c’est ce que la Sainte Vierge demande aujourd’hui : ‘Que l’on consacre la Russie à mon Cœur Immaculé’. Pourquoi la Russie ? Parce que la Russie (soviétique) c’est la proclamation intégrale de la laïcité, de l’Etat sans Dieu, de l’Etat indifférent à Jésus-Christ. C’est pourquoi la Sainte Vierge demande la consécration de la Russie, comme emblème d’un Etat athée qui doit lui appartenir (…) Ne croyons pas que la Russie soit convertie aujourd’hui. Elle continue de répandre ses erreurs : la Chine entière est communiste, elle persécute l’Eglise catholique. Et l’orthodoxie, cette religion fausse, continue hélas à exister en Russie. Voilà la raison de notre croisade du Rosaire qui a entrepris dans nos âmes cette dévotion réparatrice au Cœur Immaculé de Marie que la Sainte Vierge a demandée à sœur Lucie. »

Après la messe et un rapide déjeuner, les pèlerins se réunissent une nouvelle fois dans la Basilique Saint-Pie X afin d’assister aux Vêpres solennelles de Jésus-Christ Roi et à la Bénédiction des malades. Pour l’abbé Nicolas Pinaud, « les malades marquent aujourd’hui notre pèlerinage. La bénédiction, c’est une tradition à Lourdes car Notre-Dame multiplie les miracles de guérison corporelle qui sont bien réels et qui sont sans doute le rappel de toutes ces guérisons spirituelles, encore plus nombreuses… » Durant la cérémonie et alors que l’assemblée entonne un vibrant Christus vincit – Christus regnat – Christus imperat, nous nous rapprochons d’Olivier. Epaulé par son épouse, ce Breton atteint d’un cancer a le visage marqué par les séances de chimiothérapie. Assis dignement dans son fauteuil roulant, son visage se fige à l’approche du Très Saint Sacrement. Les yeux clos, la tête inclinée, il reçoit cette bénédiction exceptionnelle de l’abbé Régis de Cacqueray.

Plus tard, dans sa chambre de l’Accueil Notre Dame, nous retrouvons un autre fidèle, Sylvain. Ce Vosgien de naissance, victime d’une sclérose en plaque nous dit combien fut riche ce moment : « C’est quand même le Bon Dieu qui se penche sur nous », montrant ainsi à quel point Il aime les pauvres et les malades, ceux qui souffrent.

Après la nuit du dimanche à lundi, toute dédiée à l’adoration du Saint Sacrement, et une messe solennelle suivie d’un chapelet le lundi matin, Bernadette nous fit depuis le lit de sa chambre une dernière confidence : « Moi, je ne veux pas penser qu’à moi. J’ai tant prié durant ces trois jours pour l’Eglise, le pape, les évêques et nos prêtres. » Nul doute que la Très Sainte Vierge entendra ses prières ! (DICI n°204 – 31/10/09 )

[Golias] Quels pourparlers ?

SOURCE - Golias - 29 octobre 2009
La discussion s’est ouverte, dans la confidentialité. Une délégation de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X rencontre trois théologiens désignés par Benoît XVI.

Derrière l’argument de la réconciliation et de la communion retrouvée, c’est bien une vision d’ensemble de l’Eglise, et du christianisme lui-même, qui se trouve en jeu. Le rejet de Vatican II du côté intégriste pourrait sans doute compromettre toute issue positive aux pourparlers. Tant le clivage est grand.

L’intention profonde du pape et de son entourage s’étend bien au-delà d’un simple rabibochage. Il s’agit - mais doit-on encore le répéter ? - de restaurer un modèle d’Eglise, intransigeant. A cet égard, le pape et les lefebvristes se trouvent proches. Malgré tout. Même si l’issue la plus probable des discussions en cours ne sera peut-être pas celle espérée d’une communion totalement retrouvée, le point de vue conservateur pourra en sortir renforcé.

Alors que s’ouvrent ces pourparlers, un nombre assez important de dissidents de l’anglicanisme se rapprochent de Rome. Dans une Constitution Apostolique, toute proche, le pape précisera les modalités de cette réintégration pleine et entière. La coïncidence est riche de sens. En décalage, sinon en rupture, avec l’esprit du dernier Concile, l’unité des chrétiens est conçue non sur le modèle d’un pluralisme assumé, dans une communion plus large, au travers d’une reconnaissance mutuelle, mais sur celui d’un retour et d’une sujétion - même assouplie - à l’autoritarisme romain et à son Magistère, souvent moralisateur.

En définitive, les pourparlers qui s’engagent s’inscrivent bien sur le même horizon que celui qui a présidé à ce retour des dissidents anglicans. A savoir une opposition intransigeante aux avancées de la modernité. Une volonté de défendre un type de christianisme bien particulier, aux accents fondamentalistes et intégralistes. Tournant définitivement le dos à la volonté de dialogue avec le monde d’aujourd’hui, et de demain. Vatican II, c’est bien fini.

[Golias] Rome-Lefebvristes : un dialogue qui a failli « capoter »

SOURCE - Romano Libero - Golias - 29 octobre 2009

La Prochaine étape du dialogue doctrinal entre Rome et les traditionalistes, dont la première s’est tenue le 26 octobre à Rome, aura lieu en janvier prochain. C’est en effet au mois de janvier 2010 que se retrouveront, à Rome, les experts de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » et ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X afin de poursuivre les discussions doctrinales entamées le 26 octobre. L’annonce de ce calendrier confirme que la première rencontre, a indiqué peu après le Saint-Siège, s’est déroulée “dans un climat cordial, respectueux et constructif“. Ou du moins que l’entreprise n’a pas encore avorté...


Un changement de cadence très bizarre !



Par erreur, le Bureau de presse du Saint-Siège a annoncé, peu après la première rencontre de travail entre Rome et la Fraternité traditionaliste, que les échanges se poursuivraient “à une cadence probablement bimensuelle". En fait, depuis, le Père Federico Lombardi, a tenu à préciser que le rythme des réunions serait en fait bimestriel et non bimensuel. Ce qui trahit tout-de-même la complexité des discussions en cours, et la difficulté de parvenir à un consensus satisfaisant pour toutes les parties. Et, sans doute, malgré - officiellement - le climat relativement positif de la première rencontre, la persistance d’un certain antagonisme récurrent ou même émergent.
En tout cas, selon le quotidien italien « La Repubblica », une “polémique“ serait survenue dès les premières discussions entre Rome et les traditionalistes. Polémique confirmée par nos informations, selon lesquelles les experts envoyés par la Fraternité Saint-Pie X auraient particulièrement relevé les “dangers“ liés à la liberté religieuse voulue par le Concile Vatican II et “l’erreur“ que représente le choix de comparer la religion catholique aux autres religions. Ce qui ne prélude pas d’un consensus facile à trouver.
Ce même 26 octobre, peu après la première rencontre de travail organisée dans le palais du Saint-Office, au Vatican, la Commission pontificale Ecclesia Dei a précisé que “les principales questions à caractère doctrinal qui seront traitées et discutées au cours des échanges“ ont été mieux cernées. Sans accord pour le moment.


Les théologiens du pape furieux après les intégristes


Ainsi, lors des prochaines rencontres, les théologiens de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » et les experts nommés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X évoqueront les questions relatives “au concept de Tradition, au Missel de Paul VI, à l’interprétation du Concile Vatican II en continuité avec la Tradition doctrinale catholique“, mais aussi “aux thèmes de l’unité de l’Eglise et des principes catholiques de l’œcuménisme, du rapport entre le christianisme et les religions non chrétiennes et de la liberté religieuse“.

Selon d’autres informations que nous avons pu recueillir, les difficultés ne viennent pas seulement de la surenchère intégriste, dont les partenaires romains estiment qu’il s’agit d’abord d’une posture, mais de l’irritation des théologiens conservateurs, mais conciliaires - désignés par le pape pour les négociations avec les Lefebvristes - ils estiment en définitive que la conception intégriste n’est pas catholique. C’est pourquoi Benoît XVI devra se garder de son parti lui-même. Parfois, on n’a pire ennemi que ceux dont on est frère.

[osservatore-vaticano.org] Forces et faiblesses de la diplomatie de Mgr Fellay

SOURCE - Osservatore Vaticano - 29 octobre 2009

Nul n’ignore que l’issue des discussions entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie-X est suspendue à la volonté de Mgr Bernard Fellay. Tout laisse penser qu’il veut parvenir à un accord, sans doute d’abord provisoire vers l’été prochain avant même la conclusion des conversations doctrinales, ensuite définitif sous la forme du statut proposé par le Saint-Siège, à savoir une prélature personnelle sui generis qui garantirait à sa communauté une indépendance vis-à-vis des évêques locaux (ordinations et autres sacrements) en même temps que la reconnaissance du caractère « respectueusement » discutable des questions brûlantes. 

Toute la difficulté est que, si le pouvoir de Bernard Fellay est grand sur sa Fraternité, il est loin d’être absolu. De la même manière que le Pape doit compter avec une « opinion publique » épiscopale, Mgr Fellay doit compter avec l’« opinion publique » de ses troupes. Or, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas directement les questions doctrinales pures qui motivent les « anti-accordistes », mais le risque encouru par les troupes anticonciliaires : les accords sont vus comme la sortie du château fort doctrinal et liturgique pour se risquer en rase campagne moderniste (« Voyez ce qui est arrivé aux ralliés ! »). 

La force de la diplomatie de Mgr Fellay tient en trois points, dont le troisième est incertain:
1) D’abord, c’est le Saint-Siège qui est en position de demandeur de la cessation de la « rupture » plus que l’inverse. En effet, en raison des blessures (liturgie, doctrine), les vocations affluent dans la FSSPX (et plus largement dans les autres instituts traditionnels, car l’osmose morale existe quoi qu’on en ait) et l’on sait que le nombre des fidèles traditionnels, actuellement incompressible, est potentiellement très extensible.

2) Ensuite, la lenteur helvétique de Mgr Fellay lui a permis d’obtenir que sa « feuille de route » soit, de fait, avalisée par le saint-siège (libéralisation de la messe traditionnelle ; levée des excommunications ; ouverture de discussions doctrinales).

3) Enfin, il a su adopter progressivement un langage mesuré, qui fait oublier ses déclarations en tous sens du passé, comme les discours agressifs des autres évêques de la FSSPX, et qui enlève des armes à l’« opinion publique » épiscopale (en Allemagne par exemple) cherchant à barrer la bonne volonté du Pape. 


Ce troisième point – décisif car il n’y a pas de négociation sans donnant-donnant – montre ses capacités diplomatiques, en même temps que la faiblesse de sa marge de manœuvre.

Je prends un exemple : après la levée des excommunications, il a envoyé par fax dans tous les prieurés du monde une « lettre aux fidèles » (24 janvier 2009), contenant la citation de sa propre lettre au cardinal Castrillón (15 décembre 2008) qui avait permis la levée des censures : « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II au sujet desquels nous émettons des réserves ». Cette formulation provoqua une telle levée de boucliers que quelques jours plus tard, une nouvelle version de cette lettre du 24 janvier citait ainsi la lettre au cardinal : « Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du Concile Vatican II, qui etc. »


C’est bien entendu la première version qu’a reçue le cardinal Castrillón. La seconde version n’est pas à proprement parler un faux : c’est une traduction à l’usage de l’opinion publique de la FSSPX. Au reste, dans les deux versions le principe de la critique du Concile est posé.

Mais cette malléabilité – audacieuse ! – d’un discours qui reste identique sur les principes, a des allures de pis-aller de dernière minute qui cache une faiblesse dans la communication. Car il y a belle lurette que Mgr Fellay aurait désarmé toute opposition s’il avait su expliquer que, dans le contexte du pontificat de Benoît XVI, l’acceptation des mirobolantes propositions du cardinal Castrillón, non seulement n’enterrait pas la critique du Concile, mais lui donnait un « droit de cité » institutionnel par le seul fait qu’elle permettait l’officialisation d’une Fraternité dont l’essence même restait, volens nolens, la critique de ce concile...