19 janvier 2010

[La Croix] Un an après, la question intégriste préoccupe toujours l'Église

SOURCE - La Croix - 19 janvier 2010

Le 21 janvier 2009, Benoît XVI levait les excommunications pesant sur les évêques intégristes. Un an après, il a reçu les responsables de la Conférence des évêques de France, qui ont ainsi pu tirer un premier bilan

Il y a un an, à la surprise générale, Benoît XVI annonçait la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie-X, ordonnés par Mgr Lefebvre. Le 8 juillet, après plusieurs mois d’une polémique envenimée par l’affaire Williamson, il confiait à la Congrégation pour la doctrine de la foi le soin de mener des discussions doctrinales avec la Fraternité Saint-Pie X, dont l’ordre du jour a été ainsi fixé en octobre lors d’une première rencontre : Vatican II, la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux.

Selon l'agence I.Média, un second rendez-vous a eu lieu lundi 18 janvier, dans le plus grand secret. les théologiens de l’Eglise catholique et de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X se sont retrouvés une nouvelle fois dans les bureaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 18 janvier 2010.

Benoît XVI a reçu la présidence de la CEF

Les deux parties «ont commencé à approfondir les thèmes inscrits à l’agenda de ces discussions doctrinales» voulues par Benoît XVI, a indiqué l'un des participants à I.Média... En décembre dernier, Mgr Galarreta, qui conduit les discussions pour la FSPX, avait indiqué à La Reja que cette rencontre devait porter sur la liturgie. Une prochaine réunion est prévue durant la deuxième quinzaine du mois de mars.

À chaque fois, ces débats, à huis clos et dont rien ne filtre, sont enregistrés en vidéo… L’objectif de Rome est de ramener une partie des intégristes au sein de l’Église, tout en restant ferme sur le caractère non négociable de Vatican II.

C’est dans ce contexte que, lundi 18 janvier, la présidence de l’épiscopat français a été reçue en tête-à-tête trente minutes par Benoît XVI. Étaient présents son président, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, son vice-président, Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont (1) et son secrétaire général, Mgr Antoine Hérouard.

Un terreau idéologique et politique proche du maurassisme

Un rendez-vous traditionnel – il a lieu après chaque assemblée plénière, mais qui a permis cette fois d’évoquer une année marquée par une série de crises qui ont secoué l’Église. Benoît XVI a été attentif, manifestant une réelle connaissance des dossiers. Les suites de la levée des excommunications furent bien évidemment abordées. Les évêques français regrettent aujourd’hui de n’en avoir été informés que fortuitement. « Prévenus à l’avance, nous aurions pu préparer le terrain » affirment-ils aujourd’hui.

Si les demandes de célébrations en rite extraordinaire (préconciliaire), autorisé par le motu proprio Summorum pontificum n’ont pas explosé, des groupes utilisent néanmoins ce texte, pratiquant la surenchère systématique et agressive, avec des moyens militants, en se réclamant du pape. Les évêques, donnant les exemples des diocèses de Strasbourg et Versailles, particulièrement touchés, s’en sont ouvert lundi 18 à Benoît XVI. « S’il ne s’agit que de petits groupes isolés à ramener au bercail, il faut les traiter avec respect, disent-ils. Mais s’ils cherchent à faire du prosélytisme au détriment du rite de Paul VI, c’est différent. » Un cardinal de curie français a ainsi été malmené publiquement par de jeunes intégristes, à Bordeaux et à Lyon.

Au fond, note un évêque, « l’attitude de ces groupes relève d’un relativisme moderne : ils choisissent l’autorité à laquelle ils se soumettent, se réclamant du pape, qui est loin, au détriment des évêques, qui sont proches ». Pourtant, les évêques sont nommés par le pape et sont en communion avec lui. La démarche des groupes contestataires s’enracine, selon les évêques, dans un terreau idéologique et politique proche du maurassisme. Mais « Maurras est peu connu au Vatican… »

Le trouble de l’Église de France a été faiblement perçu

Benoît XVI l’a redit aux évêques : il n’existe qu’un seul rite, romain, avec deux formes, ordinaire et extraordinaire. Son motu proprio ne concerne a priori qu’un petit nombre de personnes, familières du latin, troublées par le passage rapide au rite de Paul VI. Pour Benoît XVI, l’unité de l’Église passe par la reconnaissance de la richesse de son patrimoine liturgique, avant et après Vatican II, dans une continuité à laquelle il est très attaché.

Mais, avec ces groupes militants, les évêques français se trouvent face à la revendication d’une nouvelle liturgie. Ils rappellent que le pape célèbre lui-même tous les jours, en communion avec les évêques du monde entier, selon le rite de Paul VI. Et que dans ces affaires, c’est l’autorité de l’évêque, gardien de la liturgie dans son diocèse – qui se trouve défiée.

Ce climat général explique la vivacité des évêques français face à l’affaire brésilienne, trois mois après la levée des excommunications. Submergés de réactions, « ils ne pouvaient pas se taire ! » expliquent-ils. Mais à Rome, cela n’a pas été compris. De même, la présence intégriste étant faible en Italie, le trouble qui a balayé l’Église de France n’a été que faiblement perçu.

Frédéric MOUNIER

(1) L’autre vice-président, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Lille, était retenu en France./i>

[La Croix] Les étapes du dialogue avec les intégristes

SOURCE - La Croix - 19 janvier 2010

7 juillet 2007. Motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI libéralisant le missel de saint Pie V, qui devient la forme extraordinaire du rite romain. Benoît XVI accompagne ce motu proprio d’une lettre aux évêques.
 
4 juin 2008. À la demande du cardinal Castrillón Hoyos, président de la Commission Ecclesia Dei, Mgr Fellay se rend à Rome. Le cardinal lui remet un memorandum sous forme d’ultimatum, exigeant une réponse pour la fin du mois de juin. La FSPX rejette l’ultimatum le 26 juin.
 
21 janvier 2009. Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques, signe le décret levant les excommunications qui sera publié le 24. Le soir même, la chaîne suédoise SVT publie un documentaire sur la Fraternité Saint-Pie-X au cours duquel Mgr Richard Williamson tient des propos niant la Shoah.
 
27 janvier 2009. Mgr Fellay condamne les propos de Mgr Williamson. Le lendemain, à la fin de l’audience générale, Benoît XVI rappelle sa « solidarité pleine et indiscutable » avec les juifs et condamne fermement le négationnisme. Déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France : «En aucun cas, le Concile Vatican II ne sera négociable.»
 
29 janvier 2009. Les quatre évêques écrivent à Benoît XVI pour exprimer leur désir de «commencer dès que possible (…) des échanges concernant des doctrines en opposition avec le Magistère de toujours».
 
4 février 2009. Note de la Secrétairerie d’État demandant «la pleine reconnaissance du concile Vatican II » et enjoignant Mgr Williamson de « prendre ses distances d’une manière absolument sans équivoque et publique par rapport à ses positions concernant la Shoah».
 
26 février 2009. Dans une lettre à la Commission Ecclesia Dei , Mgr Williamson «regrette» ses déclarations.
 
26 octobre 2009. Début des entretiens doctrinaux, au palais du Saint-Office, entre des experts de la Commission Ecclesia Dei et des représentants de la Fraternité Saint-Pie-X.

[Michel Verrier - La Croix] Les catholiques allemands ont du mal à tourner la page

SOURCE - Michel Verrier (à Berlin) - La Croix - 19 janvier 2010
La Fraternité Saint-Pie-X a relancé en début d’année la polémique, ravivant les blessures nées en Allemagne après les propos de l’évêque Richard Williamson

Le P. Franz Schmidberger, le plus haut responsable de la Fraternité Saint-Pie-X en Allemagne, a repris le devant de la scène médiatique le 8 janvier en attaquant de front les évêques catholiques allemands pour leur « hypocrisie ». Ils entretiendraient une « relation perturbée avec le Vatican, avec la théologie, avec l’Église ».

Autant d’amabilités qui visaient directement Mgr Robert Zollitsch, archevêque de Fribourg, le président de la conférence des évêques, et son prédécesseur, le cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence. La conférence a préféré ne pas commenter ces assertions. Mais le Comité central des catholiques allemands (ZDK), a répliqué aussitôt que les deux dignitaires visés étaient en « parfaite unité avec le pape », et « les enseignements du concile Vatican II ».

De même, face à ce qu’elle appelle le « laxisme » de l’Église, la Fraternité Saint-Pie-X avait choisi en juillet d’affirmer sa différence à l’encontre du « Christopher street day », la manifestation de la journée des homosexuels. Appelant à manifester contre ce spectacle « indigne », elle comparait son opposition à cet événement à « la résistance catholique contre le régime nazi ». Déclenchant aussitôt la fureur des associations homosexuelles, qui ont rappelé que les homosexuels avaient été les victimes des camps nazis, aux côtés des juifs.

Les « sorties de l’Église » se sont multipliées

Mais d’un autre côté, l’amertume des catholiques provoquée l’an dernier par la mise en garde de la chancelière Angela Merkel adressée au Pape, auquel elle reprochait un manque de clarté dans la condamnation des propos de Mgr Williamson niant l’holocauste, ne s’est pas effacée non plus. Un groupe de travail catholique issu des rangs conservateurs, s’est constitué au sein de la CDU pour faire entendre sa voix. « L’Union chrétienne était très imprégnée par le catholicisme pendant des décennies, constate Mgr Reinhard Marx, archevêque de Munich. Avec la réunification, et l’arrivée d’Angela Merkel, elle est devenue ‘plus protestante’. »

Les « sorties de l’Église » enfin se sont multipliées immédiatement après la décision du pape de rapprochement avec la Fraternité Saint-Pie-X. « Ce qui se passe à Rome, ça ne va pas, c’est pourquoi je quitte l’Église », la remarque revenait souvent dans les tribunaux civils chargés d’enregistrer la cessation de paiement de l’impôt religieux en 2009. Même si, chez certains jeunes déçus par l’attitude de Rome ressortait aussi l’envie de rester dans l’Église pour y faire entendre leur voix.

[Père Guy Lecourt - Bruno Bouvet - La Croix] «Les traditionalistes se sentent reconnus»

SOURCE - Père Guy Lecourt - Bruno Bouvet - La Croix - 19 janvier 2010
P. Guy Lecourt, curé de la paroisse de Rambouillet (Yvelines)

«J’ai accepté de célébrer la messe selon le rite extraordinaire (préconciliaire), une fois par mois. Je suis le seul dans le diocèse de Versailles. Les fidèles traditionalistes ont saisi la main que je leur tendais. Ils sont très heureux de se sentir reconnus dans la paroisse.

Cependant, j’ai refusé de célébrer toutes les semaines car cela créerait une fracture trop grande dans la vie paroissiale. Je sens bien qu’il y a encore quelques regrets à ce sujet mais d’un autre côté, de nombreux fidèles traditionalistes participent désormais aux messes ordinaires, ce qu’ils ne faisaient pas auparavant. Et la plupart se retrouvent à notre kermesse ou à nos soirées paroissiales.

J’attends désormais que les liturgies puissent s’enrichir mutuellement : cette ouverture représenterait une première ouverture de la part des traditionalistes et marquerait un progrès net pour l’unité des catholiques.»

[Céline Hoyeau - La Croix] Le retour de l’incontrôlable Williamson

SOURCE - Céline Hoyeau - La Croix - 19 janvier 2010

Malgré l’ordre reçu de la Fraternité Saint-Pie-X, de ne plus s’exprimer publiquement sur ses opinions politiques après le scandale provoqué par ses propos négationnistes, l’évêque intégriste Richard Williamson récidive dans une vidéo publiée jeudi 14 janvier sur Internet

Un an après, l’évêque par qui le scandale est arrivé n’a rien perdu de son flegme britannique. Mgr Williamson « se porte bien, merci. C’est une année sabbatique imprévue mais assez agréable », lâche-t-il à l’écran, dans un français impeccable, sans se départir de son ironie.

Pour la première fois en effet depuis la crise déclenchée il y a un an par ses propos négationnistes, rendus publics le jour même où l’on apprenait la levée des excommunications qui pesaient sur lui et sur les trois autres évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, Mgr Richard Williamson est sorti de l’ombre jeudi dernier, dans une vidéo publiée jeudi 14 janvier sur Dailymotion.

S’il refuse toute interview à la presse (contacté par La Croix, Mgr Williamson n’a pas souhaité répondre), l’évêque controversé a en revanche accepté de se laisser filmer par Pierre Panet, candidat sur la liste antisioniste menée par l’humoriste Dieudonné aux dernières élections européennes.


Entretien de Mgr Williamson avec Pierre Panet (Source : labanlieuesexprime.org

Ce dernier l’a rencontré la semaine dernière à Londres. C’est là, dans le prieuré de la Fraternité Saint-Pie-X à Wimbledon, que l’ancien supérieur du séminaire argentin de La Reja ronge son frein, depuis qu’il a été démis de ses fonctions et expulsé d’Argentine. Ses activités ? « Dormir et manger », précise-t-il dans la vidéo, n’ayant plus pour chaire que son blog désormais accessible aux seuls abonnés.

En quinze minutes, Mgr Williamson aborde des questions religieuses et politiques. Interrogé sur l’Iran, il affirme qu’il « n’y a absolument pas de raisons d’attaquer ce pays selon la doctrine catholique de la guerre juste ». Sur la légitimité de l’État d’Israël, il hésite un instant, avant d’affirmer : « Beaucoup de monde croit que cet État est légitime, mais cela ne fait pas nécessairement qu’il l’est. »

Concernant les négociations entamées en octobre entre la FSPX et Rome, il se dit convaincu que les positions sont « inconciliables » : « Ou la Fraternité se trahit, ou Rome se convertit, ou l’on aboutit à un dialogue de sourds » affirme ce farouche opposant à Vatican II. Quant à son procès en Allemagne (1) : « excitation raciale, parce que j’ai mis en question les 6 millions de juifs gazés, et le mettre en question c’est un crime selon le droit allemand, donc ils m’attaquent ». S’il a présenté publiquement ses excuses pour le scandale provoqué il y a un an, Mgr Richard Williamson n’a en effet pas voulu revenir sur le fond de ses propos.

«Moins il parle, mieux on se porte»

Cette première prise de parole est pour le moins inattendue. Car depuis un an, la FSPX a tenté de faire oublier le récalcitrant. En Argentine, on n’a plus de nouvelles de lui « depuis les circonstances malheureuses de son départ », souligne le P. Christian Bouchacourt, supérieur du district d’Amérique du Sud. « Il est au repos, il prend du recul », précise-t-il.

Mgr Williamson, qui s’est vu retirer toute fonction, a en effet reçu ordre de ne plus s’exprimer publiquement sur ses opinions politiques. En mars, le supérieur de la FSPX Mgr Fellay souhaitait, dans une interview à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, « qu’il disparaisse de la vie publique pour un bon moment ». « C’est une punition », précisait-il, le 29 juin. « La plupart des fidèles l’aiment bien, mais tout le monde est d’accord pour dire qu’il nous a mis dans l’embarras pour un sujet qui n’a rien à voir avec notre combat. Mieux vaut qu’il se taise. Moins il parle, mieux on se porte », résume sans ambages le P. Grégoire Celier, porte-parole du district de France.

«Un excessif qui ne fait pas dans la nuance»

Reste que ce retour sur la scène publique dénote les ambiguïtés d’un personnage incontrôlable. Né à Londres le 8 mars 1940 dans une famille anglicane, diplômé en littérature à Cambridge, cet homme « fasciné par la face cachée des choses », selon le P. Celier, se convertit au catholicisme à 31 ans, en découvrant les apparitions mariales – non reconnues – de Garabandal en Espagne. L’année suivante, en 1972, il entre à Écône.

Alors supérieur du séminaire, Mgr Jacques Masson, qui a depuis quitté la Fraternité, évoque « un exalté » et précise qu’il avait demandé à Mgr Lefebvre de mettre à la porte du séminaire R. Williamson et d’autres « ultras » : « Il faisait partie de l’aile la plus intransigeante avec Rome. Je redoutais qu’il pousse Mgr Lefebvre au durcissement et finalement au schisme. » Mgr Masson fut écarté du séminaire et le P. Williamson consacré évêque en 1988. Ce dernier reste aujourd’hui membre du conseil élargi de la Fraternité Saint-Pie-X qui définit la stratégie à adopter face à Rome.

« C’est un excessif qui ne fait pas dans la nuance sur la forme. Mais sur le fond, les quatre évêques avancent d’un même pas », indique encore le P. Celier, avant de remarquer : « N’oublions pas qu’il vieillit et à bientôt 70 ans, s’achemine vers l’âge de la retraite épiscopale (75 ans, NDLR), il ne va pas refaire une nouvelle carrière extraordinaire. »

Céline HOYEAU

(1) Poursuivi par le Tribunal de Ratisbonne pour « incitation à la haine raciale », il a refusé de payer l’amende de 12 000 €, qui lui aurait évité un procès prévu vraisemblablement en mars.

[Rémi Fontaine / Perepiscopus] La gestion technocratique des diocèses : un mal français

SOURCE - Perepiscopus - 19 janvier 2010
De Rémi Fontaine dans Présent du mercredi 20 janvier (extraits) :

"«Ite missa est» : Allez, la messe est finie ! C’est le titre symbolique de la première pièce de théâtre de Michel De Jaeghere [...]. Le personnage (générique) de Mgr Gallorme qu’il y met en scène n’est pas étranger, hélas, à toute ressemblance avec nos évêques d’hier et d’aujourd’hui. Notamment par son attitude disciplinaire qui consiste à vouloir révoquer un prêtre de tradition (l’abbé Dubost) dont la paroisse vivante est «pour le diocèse un contre-témoignage» à l’heure postconciliaire des synodes diocésains.

Des abbés Dubost, nous en avons connu en quarante ans ! Depuis ce pieux curé du Val-de-Marne, à qui nous devons d’avoir toujours gardé la forme extraordinaire du rite romain dans ce diocèse réputé «gaillotin», parce que – connaissant son bon droit – il avait précisément menacé le Gallorme d’alors de faire appel à Rome. Jusqu’à ce bon abbé Francis Michel, curé de Thiberville, prétendument révoqué par Mgr Christian Nourrichard pour raison d’adaptation aux besoins planifiés du diocèse emblématique d’Evreux [...].

Mais on se souvient aussi des chroniques pas si lointaines de Jacques Trémolet de Villers (27 août et 3 septembre 2008), nous contant «la dernière messe» de ce prêtre polonais de l’île de Beauté, révoqué par Mgr Brunin [...] Sans parler des tribulations de l’abbé Jean-Claude Cheval, curé de Courseulles-sur-Mer dans le Calvados, que son évêque (Mgr Pierre Pican) voulait de son côté remplacer par un prêtre africain, au motif qu’il célébrait une fois par mois une messe en latin : «On ne voudrait pas que les choses se durcissent. La tentation est forte d’avoir des replis identitaires» [...] !

Dans ces trois derniers cas de figure (parmi bien d’autres), il s’agit de paroisses territoriales qui ne sont même pas du «rite romain de forme extraordinaire» mais qui appliqu(ai)ent dignement (et avec fruits) la forme ordinaire, plus ou moins en latin – selon ce qui devrait être la règle depuis Vatican II et sa Constitution sur la sainte liturgie. Pour les casser, on invoque des ZEP et des plans pour répondre technocratiquement à la désertification spirituelle, ou bien carrément de nouvelles «pastorales» de substitution : «Les prêtres africains (…) c’est une autre façon de fonctionner.» Bref, on prétend «faire Eglise» en dehors de ses prescriptions les plus sûres, se repliant pour le coup hors de son identité universelle, avec abus de pouvoir.

Il se trouve justement que l’identité catholique était le thème du nouveau rapport Dagens pour la dernière assemblée plénière des évêques de France à Lourdes en novembre dernier. De manière récurrente, ce nouveau document de travail (rédigé par l’évêque d’Angoulême, académicien) demande précisément de ne pas se focaliser sur des «stratégies» pastorales pour se recentrer sur le Christ ressuscité."

[summorum-pontificum.fr] Demain dans La Croix, les tradis à la fête…

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 19 janvier 2010

Dans son numéro de demain, le quotidien La Croix sort deux pages consacrées à la Fraternité Saint-Pie X, au rapport avec Rome, à la réaction des évêques français devant l’application du Motu proprio.

Le correspondant de La Croix à Rome signe un article qui relève de la pièce d’anthologie. Il montre des évêques français accueillants pour les traditionalistes, alors que certains groupes se montrent vraiment très méchants. L’attachement à la forme extraordinaire et la contestation des décisions épiscopales quand elles manifestent un refus d’application du Motu Proprio relèvent du « relativisme moderne ». Le journaliste, en écho des propos épiscopaux, ressort l’antienne maurassienne, Maurras étant considéré comme le maître à penser des traditionalistes. Mais les évêques, sur ce sujet, émettent une plainte : « « Maurras est peu connu au Vatican… ». On se demande pour notre part ce que les évêques ont lu de Maurras. Toujours selon notre correspondant, les évêques français sont nommés par le pape et sont en communion avec lui. Donc s’opposer aux évêques revient à s’opposer au Pape. La aussi une vieille antienne. Avec cette cerise néo-gallicane sur le gâteau épiscopale : les évêques « rappellent que le pape célèbre lui-même tous les jours, en communion avec les évêques du monde entier, selon le rite de Paul VI. » C’est désormais le pape qui est en communion avec les évêques…

[summorum-pontificum.fr] Discussions doctrinales Rome-Ecône : du nouveau

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 19 janvier 2010

Les discussions doctrinales entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X ont repris ce lundi à Rome. Les débats se sont déroulés à huit clos, l’ensemble étant filmé, notamment pour que le Saint-Père puisse être réellement tenu au courant des arguments avancés de chaque côté.

Ce même jour, Benoît XVI a reçu le cardinal Vingt-Trois, le président de la Conférence épiscopale française, Mgr Hippolyte Simon, vice-président et Mgr Antoine Hérouard, secrétaire général. Au cœur des discussions : la levée des excommunications des évêques de la Fraternité Saint-Pie X, que les évêques français n’ont toujours pas digérée et l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, qui selon nos épiscopes n’a pas eu de retombées significatives.

18 janvier 2010

[Marc-André Gagnon - Le Journal de Québec] Retrouver son latin... à la messe

SOURCE - Marc-André Gagnon - Le Journal de Québec - 18 janvier 2010
Depuis le 1er janvier 2010, la messe se célèbre en latin à l'église Saint-Zéphirin-de-Stadacona. Il se trouve bien peu d’églises au Québec où l’on célèbre la messe en latin, dans la forme dite « extraordinaire » du rite romain ou « tridentine ». Après que le Cardinal Marc Ouellet eut donné, en décembre dernier, l’église Saint-Zéphirin à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, moyennant la somme de 1 $, c’est à l’abbé, nommé ensuite recteur, Guillaume Loddé, que la responsabilité de cette église du secteur Limoilou a été confiée. « C’est la langue officielle de l’Église, encore aujourd’hui », observe l’abbé Loddé, à propos du latin. « Cela permet à tous les catholiques de comprendre la liturgie, qu’ils soient d’Ottawa, de la France, de l’Allemagne ou d’autres pays », fait-il valoir. La Fraternité Saint-Pierre s’est toutefois vu confier un bâtiment qui nécessitera de nombreuses réparations. L’église, qui peut contenir environ 300 fidèles, est dans un état lamentable, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Histoires de controverses

Français d’origine, l’abbé Guillaume Loddé est arrivé au Québec il y a un peu plus de trois ans. Il était autrefois aumônier dans une école en Normandie. Peu après son arrivée à Québec, il a notamment été remarqué en participant à la Chaîne pour la Vie, une manifestation contre l’avortement qui avait pris place devant le centre mère-enfant du CHUL, en 2007, à Québec. Historiquement, la messe célébrée dans sa forme tridentine a souvent divisé les communautés catholiques et été au cœur de plusieurs conflits. En 2008, l’évêque de Chicoutimi, Mgr André Rivest, a fait fi de la demande d’une centaine de fidèles en s’opposant à la pratique de la messe tridentine dans son diocèse. Le pape Benoît XVI, particulièrement attaché à la messe traditionnelle, s’est adressé personnellement aux évêques du monde, en juillet 2007, afin d’en étendre le droit de pratique à tous les curés qui le souhaitent. L’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona est située sur l’avenue François 1er, à Québec.

[Perepiscopus] Qui sera le "Ratzinger français" ?

SOURCE - Perepiscopus - 18 janvier 2010
1. Nous connaissions le "petit Ratzinger" en la personne du Cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera, aujourd'hui préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, un poste très adapté pour la "réforme de la réforme" souhaitée par Benoît XVI et sur laquelle travaille déjà ce proche du Souverain Pontife. Il déclarait en juillet dernier :

"Vous êtes connu dans les media comme “le petit Ratzinger”. Quel effet est-ce que cela vous fait-il?

Eh bien [il sourit, ndr], c’est peut-être parce que nous avons tous les deux les cheveux blancs… Peut-être ce surnom est-il né quand, entre 1985 et 1992, j’ai été secrétaire de la Commission épiscopale pour la Doctrine de la Foi. Pour moi, évidemment, cela a toujours été un grand honneur d’être comparé au cardinal Ratzinger, à plus forte raison aujourd’hui."

2. Nous avons le "Ratzinger belge", en la personne de Mgr André-Mutien Léonard, l'évêque de Namur nommé aujourd'hui archevêque de Malines-Bruxelles - donc nouveau primat de Belgique - et devant par conséquent devenir prochainement Cardinal (en photo, lors des ordinations à la Fraternité Saint Pierre). Osservatore vaticano en dresse ce portrait :

"On pensait l’an passé qu’il n’avait plus de chances d’accéder au siège de Malines, notamment en raison du désagrément que cela aurait causé au gouvernement, qui ne lui pardonne pas ses interventions en faveur de la famille naturelle. Mais cela est devenu sa chance depuis l’incroyable vote de protestation de la Chambre des Représentants, le 2 avril 2009, contre les propos tenu par le Pape au sujet du préservatif dans l’avion qui le menait en Afrique. Bref, on dit que le Saint-Siège ne serait vraiment pas fâché de fâcher les élites du Royaume. [...]

Né à Namur en 1940, André Mutien Léonard fut ordonné prêtre en 1964. Maître-agrégé en philosophie (thèse : Commentaire littéral de la Logique de Hegel), il enseigna à Louvain-la-Neuve, devint recteur du Séminaire Saint-Paul et membre de la Commission théologique internationale. Et, en février 1991, cet ami du cardinal Lustiger fut nommé évêque de Namur. Ses prises de position en matière d’homosexualité sont les suivantes : dans un livre d'entretiens que lui a consacré Louis Mathoux en 2006, il a déclaré: «Je comprends que, dans certains milieux, on se montre prudent quant à l'engagement de personnes homosexuelles pour des missions éducatives concernant des jeunes» ; et en avril 2007, comme je l’ai dit, dans un entretien à l'hebdomadaire Télémoustique, il évoquait «l'anormalité» de l'homosexualité. Cloué au pilori et voyant ses propos déformés par la presse, il précisa que «que ce jugement négatif visait le comportement et non les personnes». [...]

Au vrai, sa christologie est nettement plus catholique que celle de la plupart de ses confrères.[...] Il en résulte que les séminaires de son diocèse sont les seuls de Belgique à accueillir de nouvelles vocations. Comme je l’ai dit, lors de la rentrée de 2009, les deux séminaires de Namur comptaient 32 séminaristes (37 l’an passé), alors qu’il n’y avait que 6 séminaristes à Malines-Bruxelles l’an passé et 9 à Liège. Mgr Léonard aura 75 ans dans 5 ans et demi. Bref, même quant à son âge, il est entre chair et poisson : un possible de primat « de transition » ? "

Et en France ? Qui sera notre "Ratzinger" ?

[Abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma] Le cardinal Canizares parmi nous

SOURCE - Abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma - 18 janvier 2010
L’année 2010 commence fort ! Deux semaines après la rentrée universitaire, notre premier hôte n’est pas moins qu’un « Prince de l’Eglise »… Son Eminence le Cardinal Antonio Cañizares, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin. Le rendez-vous était pris depuis plus d’un mois, et nous attendions avec impatience sa visite ! Ses paroles nous avaient touchés : « Je veux venir vous voir ! C’est important pour un Cardinal de rencontrer les séminaristes… l’avenir de l’Eglise… »

L’occasion s’est donc présentée… et pourtant en pleines révisions d’examens semestriels. Comment décrire le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin ? Un Prince… tout simplement… donc un homme simple, comme savent l’être les hommes de Dieu, qui vont droit à l’essentiel, sans apparat, sans faux semblants : le verbe est direct…. Mais aussi protecteur et soucieux de l’avenir.

Aussi son Eminence a su nous entretenir ce soir  de liturgie, d’exégèse, de théologie fondamentale, de la situation de l’Eglise… non sans un détour culturel amusant à propos de la tauromachie et la civilisation espagnole…

Mais surtout, nous n’oublierons pas ces mots au moment de le raccompagner à la voiture : « Continuez… allez de l’avant ! Vraiment, continuez ! Je reviens très bientôt ! » Comment ne pas penser à ces mots prononcés quelques mois auparavant par le Saint-Père à propos de notre Maison de formation romaine : « Continuez ! »

17 janvier 2010

[Paix Liturgique] Pour les évêques de France, les fidèles attachés à la forme extraordinaire sont-ils des idiots?

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°213 - 17 janvier 2010

C’est à chaque fois la même chose, lorsqu’une étude scientifique, professionnelle et indépendante menée sur la question du Motu Proprio ne donne pas des résultats conformes à la doctrine épiscopale élaborée dans des salons coupés de la réalité, « on » trouve alors des explications rassurantes et « on » évite ainsi de remettre en cause ces certitudes…

Le sondage réalisé du 30 novembre 2009 au 8 décembre 2009 dans le diocèse de Versailles n’a pas échappé à la règle.

Ce sondage ne fait que confirmer les précédents sondages commandités par Paix Liturgique (sondage DOXA en octobre 2009 en Italie, sondage CSA du 24 et 25 septembre 2008, sondage CSA du 8 novembre 2006 et sondage IPSOS de 2001 pour la France) et indique que 34 % des catholiques pratiquants du diocèse de Versailles allant à la messe tous les dimanches assisteraient à la forme extraordinaire du rite romain tous les dimanches si elle était célébrée dans LEUR paroisse.

Ce n’est guère étonnant pour un diocèse dans lequel, en septembre dernier, selon les indications qui nous ont été données, 8 sur 14 séminaristes sont entrés dans des séminaires où est célébrée ordinairement la forme extraordinaire du rite romain et dont les séminaristes devenus prêtres célèbreront demain la messe traditionnelle. Oui, 57 %, plus d’un séminariste sur deux ! Et la situation ne pourra évoluer (vraisemblablement par accroissement du nombre global des vocations, selon un principe bien connu en matière d’« offre » ciblée) que lorsque l'évêque de Versailles ouvrira son séminaire au biformalistes …

Pourtant, « on » vient nous expliquer que de tels sondages ne signifient rien et que les gens qui ont répondu ne sont pas bien malins puisqu’ils ne font pas la différence entre une messe de Saint Pie V et une messe de Paul VI célébrée en latin.
« On » nous explique aussi qu’en assimilant la forme ordinaire à la messe en français et la forme extraordinaire à la messe en latin et en grégorien, nos sondages feraient dire aux sondés ce qu’ils ne veulent pas dire…

De tels propos ne sont ni rares ni exagérés et proviennent même des évêques français les plus bienveillants !

Par exemple, l'un d'entre eux nous écrivait récemment à propos de la publication de notre précédent sondage :

"… Dans votre sondage, vous assimilez la forme ordinaire à la messe en français, la forme extraordinaire à la messe en latin et en grégorien. Or tel n’est pas le cas, la forme ordinaire est la messe de Paul VI, la messe extraordinaire est celle du missel de 1962. Que devrait cocher la personne qui serait tout à fait satisfaite d’une messe de Paul VI en latin et en grégorien ?"

De telles remarques ne sont ni opérantes, ni significatives pour au moins quatre raisons :

1ère raison :

Le sondage versaillais est corroboré par des faits objectifs vérifiables par tout le monde comme par exemple le nombre d’entrées de jeunes versaillais dans les séminaires de forme extraordinaire.
Ces jeunes, qui ont fait le choix de ne pas entrer dans le séminaire diocésain où leur attachement liturgique n’est pour l’instant pas reconnu, sont-il tous des benêts, des ignares qui ne font pas la différence entre une messe de Saint Pie V et une messe de Paul VI célébrée en latin et face à Dieu ?
Ces séminaristes versaillais sont-ils donc si incultes qu’ils se sont trompés et sont entrés par hasard dans les séminaires de forme extraordinaire ?
Qui plus est, comme dans tous les séminaires de France, et sûrement plus à Versailles qu’ailleurs, les séminaristes qui sont entrés dans l’année de propédeutique du séminaire diocésain sont vraisemblablement, pour une part non négligeables, des biformalistes en puissance.
Les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain ne sont ni des nostalgiques d’une époque qu’ils n’ont pour la plupart pas connue, ni des imbéciles qui n’y connaissent rien, ni des fidèles qui veulent « un peu de latin et d’encens »…
Cela fait peut être mal à certains idéologues mais les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain le sont pour des raisons solides qu’ils connaissent bien et qu’ils expriment volontiers quand on leur en donne l’occasion.
Appréhender la question de la sorte est faire preuve d’une profonde méconnaissance du sujet et disqualifie par là même ceux qui emploient de tels arguments.

2ème raison :

Dans quelle paroisse du diocèse de Versailles trouve-t-on habituellement une célébration de la messe de Paul VI en latin, le prêtre tourné vers le Seigneur ? : A notre connaissance dans aucune église !
Dans quelle paroisse du diocèse de Versailles trouve-t-on une célébration de la messe de Saint Pie V (dimanche et/ou semaine) ? : dans 9 églises !
Autrement dit la messe de Paul VI célébrée en latin et tournée vers le Seigneur dont nous parlent ceux qui contestent le sondage n’existe pas dans le diocèse de Versailles ni d’ailleurs en France à de très rares exceptions près.
Cela est confirmé par le courageux Denis Crouan qui a fait de son cheval de bataille la messe de Paul VI célébrée en latin et tournée vers le Seigneur. Son site PRO LITURGIA (LIEN) regorge d’articles quasi-quotidiens pour expliquer que la réforme liturgique n’est pas correctement mise en œuvre en France et qu’il est de fait quasiment impossible, de trouver en France des messes de Paul VI célébrées dignement, en latin et le célébrant tourné vers le Seigneur.
Ce n’est pas nous qui l'affirmons mais LE spécialiste de la liturgie ordinaire grégorienne. Faut-il ajouter que Denis Crouan n’est pas parfaitement clair dans l’énoncé de ses revendications et que son combat repose sur des approximations ? Il milite, en fonction de sa sensibilité particulière, au reste tout à fait respectable, pour que les célébrants adoptent l’une des innombrables possibilités offertes par le missel de Paul VI. Mais ceux-ci restent totalement libres de choisir ou de ne pas choisir telle ou telle option laissée par le missel nouveau. A la limite, on ne voit pas pourquoi Denis Crouan se plaint : il défend une option parmi bien d’autres options, à laquelle répondent une poignée de prêtres qui partagent sa sensibilité. En revanche, pour notre part, du côté de la forme extraordinaire, nous défendons un droit que la seule existence d’un « groupe stable » oblige, selon la loi édictée par le Pape, à satisfaire. Il faut cependant reconnaître que M. Crouan a raison de dénoncer l’horreur du latin qu’ont les clercs de la génération conciliaire : lorsque des célébrants, ou des évêques, pour biaiser avec la demande de la forme extraordinaire, proposent une « messe en latin », ce n’est pas la messe Crouan qu’ils proposent, mais au mieux le chant du kyriale. D’ailleurs, si M. Crouan obtenait quelques succès dans son combat donquichottesque, il préparerait les voies à l’usus antiquior dans les lieux où il serait, par extraordinaire, c’est le cas de le dire, parvenu à ses fins.
Pour revenir à notre sujet, il n’est pas davantage sérieux de soutenir que des catholiques interrogés dans ce sondage confondraient une messe de Saint Pie V à laquelle ils ont accès puisque célébrée dans 9 églises de leur diocèse et dont le nombre de célébrations en France et dans le monde va croissant, avec une liturgie idéelle, conforme aux vœux pieux de M. Crouan, qu’ils ne connaissent pas et qui n’est célébrée ni n’a été célébrée quasiment jamais et nulle part ?

3ème raison :

Le sondage met en lumière l’opinion de personnes se déclarant catholiques et dont la première question est précisément la connaissance ou non du Motu Proprio qui distingue les deux formes du rite romain (ordinaire et extraordinaire). Il est donc parfaitement établi que lors du questionnaire les personnes interrogées savent de quoi on leur parle : la célébration de la forme extraordinaire du rite romain comme on peut la voir au Pèlerinage de Chartres par exemple ou lors des reportages télévisés consacrés au sujet depuis quelques années et non pas une messe de Paul VI en latin qu’elles n’ont jamais vu célébrée nulle part…
Il est donc malhonnête et irrespectueux de prétendre que les fidèles interrogés ne font pas la différence entre les deux formes du rite romain et qu’il faut bien évidemment nuancer les réponses de personnes censées ne pas savoir de quoi elles parlent.
C’est faire preuve d’arrogance que de prétendre mieux savoir que les intéressés eux-mêmes ce que ces derniers pensent.

4ème raison :

Qu’on le veuille ou non, et même si cela n’est pas exact sur un plan intellectuel, dans l’esprit de Monsieur-tout-le-monde, la messe de Saint Pie V c’est la messe en latin et la messe de Paul VI c’est la messe en français. Un évêque issu du clergé parisien, auquel nous suggérions qu’il pourrait parfois célébrer la messe de Paul VI en latin, nous disait tout bonnement : « Vous savez, pour nous, la messe en latin, c’est la messe d’avant le Concile », les seules messes en latin que l’ont peut trouver étant en effet à 99,99 % des messes célébrées dans le rite de Saint Pie V.
Il en va de même, d’ailleurs pour l’orientation « vers le Seigneur », ou au contraire « vers le Peuple ». 99,99 % des célébrations paroissiales sont célébrées en français, le prêtre « dos au Seigneur ». Et il est notable de constater que, par exemple, dans un sondage commandité par Le Pèlerin en décembre 2006 ayant justement pour titre « les français et la messe en latin », le rite de Saint Pie V était défini comme « la messe en latin, le prêtre le dos tourné à l’Assemblée ». On notera que 65 % des catholiques pratiquants – à l’époque, soit 6 mois avant la publication du Motu Proprio et du rappel du Pape de ce que la messe traditionnelle n’avait jamais été interdite – n’étaient pas favorables à des degrés divers à ce que le Pape autorise plus largement la messe de Saint Pie V. [On notera que, selon ce sondage, 29 % des catholiques pratiquants y étaient pour leur part favorables : avant le texte du Pape, on était donc déjà dans des proportions non négligeables même si la proportion de personnes favorables a doublée depuis].
Curieusement, à l’époque, nous n’entendîmes personne remettre en cause ce sondage aux motifs que les fidèles ne feraient pas la différence entre les deux formes du rite ou parce que la messe de Paul VI aussi peut être célébrée en latin.…

Notre conclusion :

Ce sondage versaillais n’est pas un scoop. Il suffit de fréquenter une seule fois les lieux de culte dominicaux archi-bondés où est célébrée la forme extraordinaire du rite romain dans le diocèse de Versailles pour comprendre une partie de l’ampleur de la demande.

Il suffit de regarder honnêtement les centaines de paroissiens de la forme ordinaire du rite romain qui ont demandé à leurs curés – à Notre Dame de Versailles ou à Saint Germain en Laye par exemple – en vain l’application du Motu Proprio dans leur paroisse dans laquelle ils pratiquent chaque dimanche, pour comprendre une autre partie de l’ampleur de la demande. Heureusement, de nombreux signes nous montrent d’ailleurs que, de haut en bas, il y a dans le clergé de Versailles une prise de conscience progressive de cette réalité pastorale. Il ne nous faut donc pas perdre courage mais au contraire redoubler d'efforts pour parvenir à la paix et à la réconciliation.

[vidéo] [TF1] Un clocher pour deux

SOURCE - TF1 - "Sept à Huit" - 17 janvier 2010

Un évêque hué, un prêtre empêché de conduire sa messe. A Thiberville les villageois se mobilisent pour garder leur prêtre : l'abbé Francis Michel. Les curés manquent et l'évêché restructure.

16 janvier 2010

[Mgr Williamson] Commentaire Eleison CXXXI - Du célibat non désiré

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison CXXXI - 16 janvier 2010

La fête de la Sainte Famille du dimanche passé semble être un bon moment pour aborder la question d'un lecteur qui porte sur un point du Commentaire Eleison d'il y a trois semaines, à savoir qu'un homme qui n'est pas marié est un « zéro » et qu'une femme non mariée est « moins que zéro ». Ce lecteur me demandait : qu'en est-il d'un homme ou d'une femme qui aimerait être marié mais qui pour certaines raisons ne l'a pas pu ? Et ce lecteur d'ajouter que les personnes qui ne se marient pas n'ont pas nécessairement toutes la vocation religieuse.

J'ai commencé par répondre que cet état non-naturel de solitude n'est devenu que trop naturel à notre époque. La vie moderne, surtout dans les grandes villes, aboutit non seulement à ce que des mariages qui devraient avoir lieu ne se réalisent pas, mais aussi à ce que ceux qui ont eu lieu se dissolvent. C'est là un des châtiments, parmi d'autres, du libéralisme qui, en glorifiant l'individualisme, provoque une inaptitude à vivre dans l'état marital. Le libéralisme promeut aussi la libération de tout lien, et le mariage n'est rien si ce n'est pas un lien. « Et de là découlent l'effondrement du taux de natalité des nations occidentales et le suicide de ce qui fut l'Europe Catholique. C'est profondément triste et profondément grave. »

Je continuais ma réponse ainsi : « Bien entendu, dire que tous les hommes non mariés sont des « zéros », c'est une façon un peu vive de rappeler que, premièrement, nous sommes tous devant Dieu de minuscules créatures, et, deuxièmement, les hommes ne sont pas aussi grands habituellement qu'ils le croient. Deux proverbes russes disent qu'un homme sans femme est comme un jardin sans haie (pour l'entourer), ou comme un homme qui sortirait dehors en janvier (en Russie) sans couvre-chef.

« De même, dire qu'une femme sans mari est une « moins que zéro », c'est une façon provocante aussi de rappeler que, premièrement, contrairement à l'épouvantable erreur semée partout aujourd'hui par les ennemis de Dieu, les femmes sont le complément et pas la copie des hommes. Et, deuxièmement, que les femmes dépendent plus profondément des hommes que ceux-ci d'elles - en témoigne le châtiment d'Eve en Gen. III, 16 : « Vous serez sous la puissance de votre mari, et il vous dominera. » Mais toute provocation dans le « zéro » et le « moins que zéro » n'est là que pour mettre en relief qu'une fois réunis (voir EC 128) homme et femme forment désormais un huit, ce qui illustre graphiquement à quel point leur union dans le mariage est naturelle et puissante. »

Hélas, beaucoup de prêtres de nos jours rencontrent des filles qui ne demandent pas mieux que de se marier, mais qui ont bien du mal à trouver un jeune homme qui leur semble apte à être leur époux. Les jeunes hommes ressemblent trop souvent à des lavettes, lessivés qu'ils sont par le libéralisme qui dissout cet esprit male dont Dieu les a dotés pour qu'ils soient des chefs de famille. Le libéralisme n'atteint pas aussi facilement les instincts profonds et les émotions naturelles que Dieu a départis aux femmes, encore que s'il y arrive, le résultat peut être bien plus terrible.

En conclusion, j'ai évoqué  la Huitième Station du Chemin de Croix, où Notre Seigneur console les femmes affligées de Jérusalem (St Luc XXIII, 28-31). Il les avertit que le châtiment à venir de la Jérusalem déicide est tel qu'elles en viendront à envier les femmes qui n'ont pas eu de maris ou de familles. Ce n'est pas une raison pour ne pas se marier de nos jours, mais ce passage des Evangiles pourrait consoler toute personne laissée en dehors du mariage par la Providence, et qui aurait aimé  fonder une famille. Les menaces qui s'annoncent à l'horizon sont une énorme raison de mettre plus que jamais...  une confiance sans limites dans la Providence infaillible de Dieu ...

15 janvier 2010

[summorum-pontificum.fr] Mgr Léonard serait le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 15 janvier 2010

Rien n'est encore confirmé. Mais dans les milieux autorisés, et notamment dans la « grande presse » on évoque de plus en plus la nomination de Mgr André-Mutien Léonard  comme le nouvel archevêque de Belgique. La nouvelle serait excellente pour les fidèles demandant l'application du Motu proprio Summorum Pontificum. Mgr Léonard a toujours manifesté sa sympathie à l'égard de la Fraternité Saint-Pierre (installée dans son diocèse) et il a célébré à plusieurs reprises la messe selon les livres liturgiques en vigueur en 1962. Il était également présent lors des Journées liturgiques de Fontgombault en 2001 lorsque le cardinal Ratzinger est intervenu, pour lancer notamment l'idée d'un nouveau mouvement liturgique et la nécessité d'une réforme de la réforme.
Sur ce sujet on consultera avec profit le blog Osservatore Vaticano, très au fait de cette question. On lira aussi cette info.

En 2007, Una Voce France publiait cette information:

« Mgr Léonard, évêque de Namur, célèbre volontiers la messe traditionnelle « selon le missel de Jean XXIII »:

1) lors de circonstances particulières comme, récemment, lors d'ordinations de prêtres de la Fraternité Saint-Pierre à Wigratzbad, lors de retraites prêchées, ces derniers temps, à Fontgombault ou au Barroux; l'an prochain (2008), il célébrera dans son diocèse, à Foy-Notre-Dame, le dimanche 21 septembre à l'occasion d'un pèlerinage de la tradition.

2) quelques fois par an dans la chapelle Sainte-Thérèse, à Namur, vouée à la célébration selon le rite tridentin pour la Province de Namur; l'an prochain il y célèbrera la messe habituellement aux environs de la fête de sainte Thérèse, pour les confirmations et probablement aussi pour une autre circonstance.

3) à partir du 14 septembre, il célébrera parfois la messe privée à l'évêché en utilisant le missel de Jean XXIII, car « cet usage du rite romain, tout comme l'autre (le missel de Paul VI), comporte ses grâces propres et aide à maintenir la vive flamme de l'amour pour l'Eucharistie ».

En contre-point, cet article de Golias, qui s'étrangle mais qui confirme l'intérêt de Mgr Léonard pour la forme extraordinaire du rite de la messe.

[summorum-pontificum.fr] Le livre de la semaine: Histoire de la messe interdite

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 15 janvier 2010
Titre: Histoire de la messe interdite, fascicule 2

Auteur : Jean Madiran
Éditions : Via Romana
Nombre de pages : 162 pages
Prix : 17 €

Jean Madiran est aujourd’hui l’un des rares témoins en vie du grand combat qui fut mené, en priorité par des laïcs, dans les années soixante-dix, pour le sauvetage de la messe de saint Pie V. On se souvient de sa demande répétée dans Itinéraires : Rendez-nous l’Écriture Sainte ; rendez-nous le catéchisme ; rendez-nous la messe.

C’est la suite de l’histoire de l’interdiction de la messe que nous propose dans ce fascicule 2 Jean Madiran. Un premier fascicule est en effet paru en 2007.

Ce deuxième fascicule démarre à la mort de Paul VI, le 6 août 1978. Dès la première page, Jean Madiran fait une remarque intéressante: « Il (le Pape Paul VI) aurait peut-être pu, se disait-on parfois, promulguer une nouvelle messe si, demeurant facultative et non pas obligatoire, elle n’avait pas eu pour finalité déclarée de remplacer l’ancienne. »

Une grande partie du drame catholique de ces dernières décennies tient dans cette volonté affichée de rendre obligatoire la nouvelle messe au détriment de l’ancienne, état de fait que le Motu proprio, en vertu d’une véritable piété et d’un souci de justice, a aboli, même si les esprits sont très lents à l’accepter.

La tendance générale est aujourd’hui à penser qu’il faut oublier ce passé. Pourtant, on ne comprend rien à la situation actuelle sans avoir une idée assez claire des événements de ces années crucifiantes. C’est la grande utilité de ce livre de donner les dates, les acteurs, les documents nécessaires pour comprendre les étapes visant à faire disparaître l’ancienne messe et celles visant à la rétablir. Il s’agit d’un livre à la portée de tous, et notamment des plus jeunes.

Sommaire :
La succession
Annexe : Le quart d’heure de Paul VI

Chronologie et documents (1976-1978)

Marcel Lefebvre
Annexe : la référence
Chronologie et documents (1905-1991)

L’affrontement interminable
Chronologie et documents (1979-1988)

L’autre année climatérique
Chronologie et documents (été 1988-été 1989)

[Radio Ville-Marie] Lefebvristes et Anglicans : Benoît XVI justifie ses gestes d’ouverture

SOURCE - Radio Ville-Marie - 15 janvier 2010

En recevant vendredi quelque 80 membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi réunis au Vatican en assemblée plénière, Benoît XVI a particulièrement justifié ses récentes ‘mains tendues’ en direction des traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X et de certains groupes de fidèles anglicans. Le pape a en outre justifié les prises de position de l’Eglise en matière de bioéthique, affirmant qu’elle entendait former les consciences des croyants comme des incroyants.

Pour la première fois depuis le début du dialogue théologique avec les Lefebvristes, entamé en octobre 2009, et, le mois suivant, l’ouverture de l’Eglise aux "déçus" de la Communion anglicane, Benoît XVI a ainsi justifié ces "mains tendues" lors d’une audience accordée aux membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Après avoir affirmé que “la priorité de l’Eglise, de tout temps“, était d’atteindre “le témoignage de foi commun de tous les chrétiens“, Benoît XVI a confié son attachement à ce que, grâce au travail de la Congrégation pour la doctrine de la foi, “soient dépassés les problèmes doctrinaux qui demeurent pour permettre à la Fraternité Saint-Pie X d’obtenir la pleine communion avec l’Eglise“. C’est dans les tout prochains jours qu’aura lieu, au Vatican, la 2e réunion de la Commission de dialogue entre Lefebvristes et théologiens de l’Eglise catholique sur les questions doctrinales.

En outre, le pape est revenu sur la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus publiée en novembre dernier pour permettre à certains fidèles anglicans de rejoindre Rome. “L’adhésion fidèle de ces groupes à la vérité reçue par le Christ et proposée par le Magistère de l’Eglise n’est en rien contraire au mouvement œcuménique, a soutenu le pape, mais elle démontre, au contraire, son ultime objectif qui consiste à atteindre la communion pleine et visible des disciples du Seigneur“.

Bioéthique

Benoît XVI est par ailleurs revenu sur la publication par la Congrégation pour la doctrine de la foi, en décembre 2008, de l’Instruction Dignitas personae consacrée à “certaines questions de bioéthique“. Ce texte, a justifié le pape, entend offrir “la contribution“ de l’Eglise “à la formation de la conscience, non seulement des croyants, mais également de ceux qui cherchent la vérité“.

Ce document, a-t-il encore expliqué, est venu “donner une réponse à la mentalité répandue selon laquelle la foi est présentée comme un obstacle à la liberté et à la recherche scientifique car elle serait constituée d’un ensemble de préjugés qui compromettraient la compréhension objective de la réalité“. Au contraire, a encore soutenu l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, “la foi chrétienne offre une contribution véritable, y compris dans le domaine éthique et philosophique“.

apic/imedia

[Rome - Benoît XVI] Discours de Benoît XVI à la Congrégation pour la Doctrine de la foi

SOURCE - Rome - Benoît XVI - 15 janvier 2010

Discours de Benoît XVI à la Congrégation pour la Doctrine de la foi

Messieurs les cardinaux,
Vénérables Frères dans l'épiscopat et le sacerdoce,
Chers fidèles collaborateurs,

C'est pour moi une grande joie de vous rencontrer à l’occasion de la session plénière et de vous exprimer des sentiments de profonde reconnaissance et de sincère gratitude pour le travail que vous accomplissez au service du Successeur de Pierre dans son ministère de confirmer ses frères dans la foi (cf. Lc 22, 32 ).

Je remercie le cardinal William Joseph Levada pour son allocution de bienvenue, dans laquelle il a mentionné les questions dans lesquelles la congrégation est actuellement engagée ainsi que les nouvelles responsabilités que le motu proprio Ecclesia unitatem lui a confiées, lui adjoignant de manière étroite la commission pontificale Ecclesia Dei.

Je voudrais maintenant évoquer brièvement quelques aspects que le cardinal vous a exposés.

Je désire avant tout souligner combien votre congrégation participe au ministère de l'unité, qui est confié de manière spéciale, au Pontife romain, à travers son engagement pour la fidélité doctrinale. L'unité est en fait principalement unité de foi, soutenue par le dépôt sacré, dont le Successeur de Pierre est le premier gardien et défenseur. Confirmez les frères dans la foi, les garder unis dans la confession du Christ crucifié et ressuscité, constitue pour celui qui siège sur la Chaire de Pierre, la tâche première et fondamentale conférée par Jésus. C’est un service incontournable duquel dépend l'efficacité de l'action évangélisatrice de l'Église jusqu'à la fin des temps.

L'évêque de Rome, dont votre congrégation participe à la potestas docendi, doit constamment proclamer « Dominus Iesus » - « Jésus est Seigneur ». La potestas docendi, en effet, signifie l'obéissance de la foi afin que la Vérité qu’est que le Christ continue à briller dans toute sa grandeur et résonne pour tous les hommes dans son intégrité et sa pureté, de sorte qu'il n'y ait qu'un seul troupeau, réuni autour de l’unique Pasteur.

La réalisation d'un témoignage commun de foi de tous les chrétiens est donc la priorité de l'Eglise à chaque époque, afin de conduire tous les hommes à la rencontre avec Dieu. Dans cet esprit, je compte particulièrement sur l'engagement de la congrégation pour surmonter  les problèmes doctrinaux qui persistent encore pour atteindre la pleine communion avec l'Eglise de la part de la Fraternité Saint-Pie-X.

Je tiens également à féliciter l'engagement en faveur de la pleine intégration des groupes de fidèles et des particuliers, appartenant à l'anglicanisme, dans la vie de l'Eglise catholique, selon ce qui a été établi dans la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus. L'adhésion fidèle de ces groupes à la vérité reçue par le Christ et proposée par le Magistère de l'Eglise n'est en aucun cas contraire au mouvement œcuménique mais montre, au contraire, son but ultime qui est de rejoindre la communion pleine et visible des disciples du Seigneur.

Dans le précieux service que vous rendez au Vicaire du Christ, je dois signaler également que la congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié en septembre 2008 l’instruction Dignitas personae sur certaines questions de bioéthique. Après l'encyclique Evangelium Vitae du Serviteur de Dieu Jean-Paul II en mars 1995, ce document doctrinal, centré sur le thème de la dignité de l'homme, créé dans le Christ et pour le Christ, est un nouveau jalon dans l'annonce de l'Evangile, en pleine continuité avec l'instruction Donum Vitae, délivré par ce dicastère en février 1987.

Sur des questions aussi sensibles et actuelles, telles que celles regardant la procréation et les nouvelles propositions thérapeutiques impliquant la manipulation de l'embryon et du patrimoine génétique humain, l'instruction a rappelé que « la valeur éthique de la science biomédicale se mesure par sa référence tant au respect inconditionnel dû à tout être humain, à chaque instant de son existence, qu’à la sauvegarde de la spécificité des actes personnels qui transmettent la vie. » (instr. Dignitas personae, n. 10). De cette manière, le Magistère de l'Eglise entend apporter sa propre contribution à la formation de la conscience non seulement des croyants, mais de ceux qui cherchent la vérité et qui souhaitent écouter les arguments qui viennent de la foi, mais aussi de la raison elle-même. L'Eglise, en proposant des jugements moraux pour la recherche biomédicale sur la vie humaine, en appelle en fait autant à la lumière de la raison qu’à celle de la foi (cf. ibid., n° 3), puisque c'est sa conviction que « ce qui est humain est non seulement accueilli et respecté par la foi, mais il est aussi purifié, élevé et porté à la perfection » (ibid., n° 7).

Dans ce contexte est également donnée une réponse à la mentalité diffuse, selon laquelle la foi est présentée comme un obstacle à la liberté et à la recherche scientifique, car elle serait constituée d'un ensemble de préjugés qui vicierait la compréhension objective de la réalité. Face à une telle attitude, qui tend à remplacer la vérité par un consensus, fragile et facilement manipulable, la foi chrétienne apporte une contribution de vérité non seulement dans le domaine éthico-philosophique, non en fournissant des solutions préfabriquées aux problèmes concrets, comme la recherche et l’expérimentation biomédicales, mais en proposant des perspectives morales fiables à l’intérieur desquelles la raison humaine peut chercher et trouver des solutions justes.

Il y a, en effet, certains éléments du contenu de la révélation chrétienne qui éclairent les questions de bioéthique : la valeur de la vie humaine, la dimension sociale et relationnelle de la personne, la connexion entre l'aspect unitif et procréatif de la sexualité, la centralité de la famille fondée sur le mariage d'un homme et une femme. Ces contenus, inscrits dans le cœur de l’homme, sont aussi compréhensibles rationnellement comme faisant partie de la loi morale naturelle et peuvent être accueillis, même par ceux qui ne se reconnaissent pas dans la foi chrétienne.

La loi morale naturelle n'est pas exclusivement ou principalement confessionnelle, même si la Révélation chrétienne et l'accomplissement de l'homme dans le mystère du Christ en éclaire et en développe la doctrine. Comme l’affirme le Catéchisme de l'Église catholique, elle « énonce les préceptes premiers et essentiels qui régissent la vie morale » (n° 1955). Fondée dans la nature humaine elle-même, et accessible à toute créature rationnelle, la loi morale naturelle constitue ainsi la base pour entrer en dialogue avec toutes les personnes qui cherchent la vérité et, plus généralement, avec la société civile et laïque. Cette loi, inscrite dans le cœur de chaque homme, touche un des nœuds essentiels de cette réflexion sur le droit et interpelle également la conscience et la responsabilité des législateurs.

En vous encourageant à poursuivre votre engagement et votre important service, je tiens à vous exprimer en cette circonstance ma proximité spirituelle, je donne de tout cœur à vous tous, en gage d'affection et de reconnaissance, la bénédiction apostolique.

[Bruno Saglio] La Voix des Francs Catholiques - Éditorial

SOURCE - Bruno Saglio - La Voix des Francs Catholiques - janvier 2010
À l’heure où des discussions théologiques ont été engagées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X avec les occupants du siège apostolique à Rome, nous publions un extrait traduit en français du livre en allemand que nous avons édité dernièrement — Die Frage der Gültigkeit der Priester und Bischofsweihen nach dem Ritus von Paul VI — écrit par M. Stopka et le père João Maria Torres-Coelho (pseudonyme d’un prêtre de la FSSPX)[1]. Dans ce passage que nous livrons il est brillamment démontré l’invalidité des nouveaux sacres à cause d’un changement substantiel de la forme sacramentelle par addition (ou variation) d’un sens judaïque devenu pourtant caduque et mortifère. Bien sûr cette question capitale de l’invalidité du nouveau rituel des sacres de Paul VI ne sera pas abordée à Rome par la FSSPX, dont le supérieur Mgr Fellay a proclamé qu’il fallait les considérer à priori valides.[2]

En deuxième partie, l’article de notre ami Ernest Larisse tombe à point, pour montrer la réalité du combat contre Satan à travers la littérature. C’est une bataille gigantesque de la pensée catholique contre la pensée luciférienne qui a lieu dans les livres. L’auteur très érudit nous mâche sérieusement le travail par ces nombreuses références en notes. Notre maison d’édition s’inscrit en première ligne dans cette lutte. Déjà l’abbé Coubé dans Jeanne d’Arc et la France[3], disait en 1910:

«Il est une œuvre entre autres que je veux vous signaler : c’est la propagande de la presse catholique et patriotique. Vous savez quel mal la secte fait par ses journaux. Elle y verse le mensonge, la calomnie, le blasphème. Elle empoisonne l’ouvrier, le paysan et le bourgeois. Il faut lutter contre cet apostolat de l’enfer.

Il faut répandre les brochures, les tracts, les journaux [les livres] où la vérité est exposée et vengée. Tenez, il me semble que si Jeanne reparaissait parmi nous, elle se ferait, non pas journaliste, comme on l’a dit de saint Paul, mais marchande ou distributrice de journaux. Elle s’en irait sur le seuil de nos églises, par les rues des villes et par les campagnes ; elle agiterait les feuilles illuminatrices et vengeresses, comme elle agitait sa bannière ; elle crierait à tous : Lisez le bon journal, c’est le salut de la France!»

Au diable la fausse humilité, osons ajouter : lisez les bons livres des Éditions Saint-Remi, lisez La Voix des Francs Catholiques, c’est un des saluts de la France.

Par la grâce de Dieu les Éditions Saint-Remi voient leur activité prendre de l’ampleur, 2009 a été meilleure que 2008, nous recevons de nombreux encouragements de la part de nouveaux lecteurs qui découvrent notre catalogue. Nous vous remercions tous chaleureusement, cela nous donne de l’entrain pour continuer cette œuvre d’apostolat et de combat pour Notre Seigneur Jésus- Christ et son Église. Que le divin Enfant Jésus et sa Très Sainte Mère vous accordent leur bénédiction pour cette nouvelle année.

Bruno Saglio

[1] Ce livre est en cours de traduction

[2] Nous recommandons l’étude scientifique très documentée Rore Sanctifica réalisée par le CIRS, dont nous publions les travaux en trois volumes. Ces volumes sont aussi disponibles en ligne sur rore-sanctifica.org

[3] Réédité ESR en janvier 2010

[Raphaël Stainville - Le Figaro Magazine] Touche pas à mon curé !

SOURCE - Raphaël Stainville - Le Figaro Magazine - 15 janvier 2010
Vent de révolte en Normandie. Tout un canton, maires en tête, se mobilise pour l'abbé Francis Michel, un curé « à l'ancienne », révoqué par l'évêque d'Evreux. La paroisse attend l'arbitrage du Vatican...

Dimanche dernier, comme tous les dimanches, la messe de 10 heures s'achève dans l'église de Thiberville (Eure). Les fi dèles sont si nombreux qu'il faut jouer des coudes et des fessiers pour rester assis sur son banc. Trois cent cinquante paires d'yeux se tournent soudain vers le célébrant qui s'avance vers l'ambon. «Vous me regardez et vous vous dites : "Il va dire quelque chose." Eh bien, non ! Rien ! Et les questions que vous pouvez vous poser eh bien, vous les poserez à ces messieurs qui sauront vous dire qui ils sont, d'où ils sont et ce qu'ils font et quand est-ce que vous vous verrez ! Moi, je ne dis rien. La seule chose que je vous demande, c'est de ne pas faire des têtes à coincer des roues de corbillard, heureux d'être chrétiens, unis - on vient de communier -, et, bien sûr, respectueux envers les personnes.» Au premier rang, dans un rôle inédit de Peppone venu soutenir son Don Camillo local, Guy Paris, le maire divers droite de cette commune normande, et les conseillers du canton ne peuvent réprimer un sourire. L'assemblée glousse gentiment. Les « événements », comme on dit pudiquement à Thiberville et dans les bourgs voisins, n'auront pas eu raison de l'humour et de la bonhomie de l'abbé Francis Michel.

Pas de show. Pas de prêche assassin à l'encontre de Mgr Christian Nourrichard, l'évêque d'Evreux, qui l'a pourtant révoqué, en réponse à ses refus successifs de changer de paroisse. Juste une messe. Une messe d'une grande ferveur. «Je ne souhaite aujourd'hui que la paix, la conciliation et la solution. Encore que j'ignore ce qu'il peut advenir. Je ne suis qu'un simple curé de campagne et n'y entends rien en droit canon», glissera le prêtre, un peu las de cette agitation cathodique, avant de s'engouffrer dans une voiture et de filer célébrer une autre messe dans un village voisin.

Une semaine plus tôt, l'ambiance était tout autre. L'évêque, venu installer le nouveau curé, le père Vivien, et expliquer la réorganisation de son diocèse, officiellement pour faire face à la pénurie de prêtres, a été hué et chahuté par des paroissiens déboussolés qui se massaient jusque dans la chaire. Resté seul dans l'église de Thiberville, bientôt vidée de ses fidèles, entouré de son conseil presbytéral, il a finalement renoncé à officier.

La colère bruyante et tapageuse des 4 500 fidèles a laissé place à la consternation, devant caméras et micros qui se tendent à la sortie de l'église. «L'abbé Michel n'est plus notre curé. Il n'en reste pas moins notre pasteur», explique cette agricultrice. Un retraité, la casquette vissée sur le front, se souvient : «Il y a vingt-trois ans, lorsque l'abbé est arrivé, c'était la panade. Quel gâchis !»

Nommé par Mgr Gaillot dans ce groupement de paroisses aux marches du Calvados, le père Michel, alors jeune vicaire de la cathédrale d'Evreux, découvre des églises sinistrées qui menacent ruine. Il ne compte pas plus de 20 paroissiens le dimanche. L'hiver, faute de chauffage, il doit célébrer la messe dans la sacristie. Son «zèle» et «sa foi à déplacer les montagnes» parviennent à convaincre les municipalités de rouvrir et de restaurer leurs églises, au prix de lourds investissements pour de toutes petites communes, contre l'assurance qu'une messe au moins y serait célébrée chaque quinzaine dans l'un des 13 clochers du groupement interparoissial de Thiberville. Vingt ans plus tard, pas un maire ne regrette ce choix. Les églises sont combles. Les villages en profitent largement, qui vivent désormais au rythme des paroisses. Ce qui explique notamment que les élus locaux mènent la fronde. En première ligne. Maire pétitionnaire, Guy Paris est parvenu à rassembler 4 000 signatures pour le maintien du père Michel.

Aujourd'hui, comme nous l'affirme Christian Wagner, un laïc, la paroisse de Thiberville est la plus dynamique du diocèse d'Evreux : 120 enfants sont catéchisés ; l'an passé, elle a eu 30 premières communions, 30 professions de foi, et près du quart des confirmations du diocèse (40 sur 170). «Pas mal, non, pour une simple communauté paroissiale paysanne ?» «Ne juge-t-on pas un arbre à ses fruits ?», s'étonne à son tour Jérôme Richard, un jeune père de famille.

Pour beaucoup de paroissiens la réorganisation du diocèse n'est qu'un prétexte. En cause, selon eux, «le côté traditionnel » de ce curé de campagne qui porte la soutane, encourage la piété populaire, ressuscite un tiers- ordre de laïcs typiquement normand, les charitons, pour accompagner notamment les familles dans leurs deuils, et qui, exemple pourtant remarquable de ce que le pape Benoît XVI a appelé de ses vœux en instituant le Motu Proprio, célèbre la messe selon le rite « ordinaire » et « extraordinaire », en latin, tourné vers l'Orient. Un biritualisme qui s'opère dans un esprit parfaitement apaisé, mais qui ne plaît guère à l'évêché où plane encore l'ombre du très progressiste Mgr Gaillot.

Alerté, le Vatican suit de près l'évolution du dossier

Devant le refus de l'abbé Michel d'accepter les mutations qui lui étaient proposées depuis deux ans (comme vicaire à Louviers, notamment, à l'autre bout du diocèse) et faute de pouvoir accepter ses contre-propositions, Mgr Nourrichard a décidé de révoquer son prêtre réfractaire. Mais le Vatican aura son mot à dire. Si la Congrégation pour le clergé n'est pas encore officiellement saisie de ce dossier, il n'en demeure pas moins que les canonistes (les juristes spécialistes du droit canon) suivent de près les événements. Pour l'un des prélats que nous avons pu interroger, «la décision de l'évêque d'Evreux est symptomatique d'une certaine idéologie du changement, propre à l'Eglise de France, mais contraire aux résolutions du concile Vatican II». Et d'ajouter qu'«un curé n'est pas un fonctionnaire comme les autres que l'on peut trimbaler de lieu en lieu. C'est d'abord un père et un pasteur qui a charge d'âmes, ce qui suppose une certaine stabilité.»

Un autre canoniste remarque à son tour que si l'évêque d'Evreux est dans son plein droit de révoquer un curé, il ne peut en revanche nommer un successeur si un recours est engagé. Or l'abbé Michel, d'après nos informations, a déposé un recours en illicéité. Mgr Nourrichard est-il allé trop vite en besogne en nommant un nouveau curé et non un simple adminis trateur? Reste que c'est désormais à lui de répondre à ce recours, dans un délai d'un mois, avant de voir les tribunaux de Rome officiellement saisis de cette affaire. Les Thibervillais espèrent. Pour l'heure, depuis le fameux dimanche, ils n'ont toujours pas revu leur «nouveau curé».

[Rémi Fontaine - Présent] La Paix Liturgique, une attente universelle

SOURCE - Rémi Fontaine - Présent - 15 janvier 2010
Fondateur du MJCF au sortir du concile Vatican II et de Mai 1968, puis créateur d’Oremus en 1990, Christian Marquant est aujourd’hui le président de Paix Liturgique. Née au début des années 2000 dans le diocèse de Nanterre, Paix Liturgique œuvre à l’application des dispositions pontificales en faveur de la messe traditionnelle. A la veille d’une année qui marquera la fin de la période prévue pour évaluer ce qu’il est convenu désormais d’appeler la « forme extraordinaire du rite romain », il nous a semblé intéressant de faire le point avec son président sur l’action de Paix Liturgique.

Christian Marquant, que représente Paix Liturgique aujourd’hui ?

— Depuis son apparition, Paix Liturgique a beaucoup évolué. Sur la méthode et les moyens employés en tout cas. Car sur le fond, c’est toujours le désir d‘œuvrer à la réconciliation et à l’unité de l’Eglise qui nous anime.

Aujourd’hui, Paix Liturgique c’est avant tout une lettre d’information hebdomadaire sur internet. Une lettre qui touche plus de 300 000 personnes dans sa version française et environ 90 000 destinataires dans ses différentes versions étrangères, ce qui implique un gros travail de gestion des fichiers et du courrier.

Pour autant, nous n’avons pas perdu notre goût pour la présence sur le terrain. Disons simplement que nous nous sommes adaptés au climat rasséréné qui prévaut depuis que s’est ouvert le pontificat de Benoît XVI. Plutôt que d’interpeller spectaculairement tel ou tel évêque, avec une spontanéité qui nous a parfois été reprochée, nous allons désormais à la rencontre des fidèles et du clergé à l’entrée des messes, en distribuant depuis mars dernier un formulaire d’enquête au sujet de la liturgie. Nous en sommes actuellement, grâce à l’inlassable effort de nos bénévoles – qu’ils soient ici remerciés et félicités pour leur indispensable contribution –, à 300 000 exemplaires diffusés.

— Vous avez mentionné les versions étrangères de la Lettre de Paix Liturgique, pouvez-vous nous en dire un mot ? Pourquoi cette internationalisation ?

— A l’origine de Paix Liturgique, il y a une conviction, c’est que la tradition catholique n’est pas une réserve indienne. La réhabilitation de la tradition liturgique et doctrinale de l’Eglise n’est pas l’affaire de la seule Fraternité Saint-Pie X ni des seuls « tradis » pas plus qu’elle n’est une affaire franco-française, c’est un trésor qui concerne l’ensemble de la catholicité.

Et parce que ce que la « réforme de la réforme » voulue par le souverain pontife est l’affaire de tous, il nous a semblé utile de rendre notre lettre accessible aux catholiques du monde entier car des centaines de sollicitations nous étaient formulées en ce sens de fidèles généralement encore plus isolés que ne le sont les demandeurs français les plus isolés…

Depuis six mois, nous avons donc travaillé à étoffer notre équipe et à perfectionner notre base de données pour pouvoir offrir des éditions mensuelles en anglais, portugais, espagnol, allemand et italien et très bientôt en polonais. Cela nous permet d‘élargir notre regard et de constater que la question liturgique et doctrinale est bien un enjeu universel de l’Eglise et pas simplement un problème franco-français. Du Brésil aux Philippines en passant par la Pologne, des fidèles, des prêtres, des religieuses et des prélats œuvrent chaque jour à la redécouverte de ce trésor de l’Eglise qu’est la messe traditionnelle.

— Vos projets ou vos vœux pour 2010 ?

— En 2010, nous entendons poursuivre la diffusion de notre enquête à l’entrée des messes dominicales et renouveler, grâce à la générosité de nos bienfaiteurs, une ou plusieurs opérations de sondage telles que nous les avons menées à trois reprises en France et même une fois en Italie. L’objet de ces enquêtes est de faire sauter la chape de plomb qui recouvre trop souvent la question liturgique. Ce qui s’est produit, d’ailleurs, en Italie où la presse locale a largement repris et commenté les conclusions du sondage réalisé en septembre dernier, en particulier le résultat indiquant que 63 % des pratiquants italiens seraient prêts à assister à la forme extraordinaire de la messe si elle venait à être célébrée dans leur paroisse.

Quant à nos vœux, ils sont avant tout pour le Saint-Père et pour le succès de l’année sacerdotale qu’il a placée sous le patronage du saint Curé d’Ars. Ils sont ensuite pour les prêtres, pour qu’ils n’aient plus peur de renouer avec la forme extraordinaire de la liturgie, qui a porté tant de fruits spirituels et permis tant de consolations temporelles. Ils sont enfin pour nos familles, pour qu‘à l’image de l’Eglise, elles puissent prospérer dans l’unité.

Propos recueillis par Rémi Fontaine

• En savoir plus : Association Paix Liturgique, 1, allée du Bois-Gougenot, 78290 Croissy-sur-Seine. Tél. : 06 88 23 74 52 – contact@paixliturgique.orgwww.paixliturgique.com

Article extrait du n° 7011 de Présent du Samedi 16 janvier 2010

[AFP] Le pape veut poursuivre le rapprochement avec les catholiques intégristes

SOURCE - AFP - 15 janvier 2010
CITE DU VATICAN, 15 jan 2010 (AFP) - Le pape veut poursuivre le rapprochement avec les catholiques intégristes

Le pape Benoît XVI a exprimé vendredi le souhait d'un rapprochement avec les catholiques intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), dont fait partie l'évêque négationniste Richard Williamson, à deux jours de sa visite à la synagogue de Rome.

Affirmant que l'unité des chrétiens est une des priorités de l'Eglise, le pape a dit qu'il "compte particulièrement sur l'engagement" de la Congrégation pour la doctrine de la foi, gardienne de la tradition catholique dont il était le président avant d'être élu pape, pour "surmonter les problèmes doctrinaux qui empêchent de parvenir à la pleine communion avec l'Eglise de la part de la Fraternité Saint Pie X".

Benoît XVI s'adressait aux participants à l'assemblée plénière de la Congrégation pour la foi, héritière de la "Sainte inquisition", présidée désormais par le cardinal américain Joseph Levada.

La volonté du pape de parvenir à la "pleine communion" avec les intégristes de cette Fraternité, dont fait partie l'évêque négationniste Richard Williamson, risque de susciter de nouvelles polémiques à deux jours de sa visite controversée à la synagogue de Rome dimanche.

Le pape avait levé en janvier 2009 l'excommunication de quatre prélats intégristes, dont l'évêque Williamson qui avait nié l'existence des chambres à gaz, dans un documentaire diffusé par la télévision suédoise le 21 janvier 2009.

Benoît XVI avait expliqué par la suite qu'il ignorait les positions négationnistes de Mgr Williamson lorsqu'il avait signé la levée de l'excommunication au nom de l'unité de l'Eglise.

Cette décision avait provoqué de vives tensions avec la communauté juive mais sa visite en Israël, au printemps dernier, avait apaisé la situation.

La décision de Benoît XVI à la mi-décembre dernier d'octroyer le statut de "vénérable" au pape Pie XII, accusé d'avoir gardé le silence face à la Shoah, a suscité de nouveau la polémique avec les Juifs.

Les protestations de certaines communautés juives et de plusieurs rabbins a assombri la visite prévue dimanche de Benoît XVI à la synagogue, qui était programmée de longue date.

[VIS] Priorité de l'unité des chrétiens

SOURCE - VIS - 15 janvier 2010

CITE DU VATICAN, 15 JAN 2010 (VIS). Le Cardinal Préfet William Joseph Levada et la Congrégation pour la doctrine de la foi ont été reçu par le Saint-Père à l'occasion de leur session plénière. Dans son discours, Benoît XVI a souligné combien, par le biais de sa promotion de la fidélité doctrinale, ce dicastère collabore au ministère d'unité de l'Eglise, confié en premier lieu au Pape. Cette unité, qui est avant tout unité de foi, "est d'abord soutenue par le dépôt sacré dont le Successeur de Pierre est le premier défenseur... Il s'agit d'un service incontournable, dont dépend l'efficacité de l'action évangélisatrice de l'Eglise jusqu'à la fin des temps. L'Evêque de Rome...doit sans cesse proclamer que Jésus est le Seigneur. Sa Potestas Docendi implique l'obéissance à la foi pour que la vérité, qui est le Christ, continue de briller dans toute sa grandeur...et qu'il n'y ait qu'un seul troupeau groupé autour du Pasteur unique". L'objectif du témoignage commun de la foi des chrétiens "est donc prioritaire pour l'Eglise de toujours... Dans cet esprit je compte tout particulièrement sur ce dicastère pour surmonter les questions doctrinales qui freinent encore la pleine communion de la Fraternité St.Pie X avec l'Eglise".

Puis le Pape a remercié la Congrégation pour son action en faveur "de l'intégration de groupes et de fidèles anglicans à la vie de l'Eglise catholique", telle que prévue par la constitution apostolique Anglicorum Coetibus". Leur fidèle adhésion "à la vérité reçue du Christ et proposée par le Magistère n'est aucunement contraire au mouvement oecuménique. Elle montre au contraire que le but final est la communion pleine et visible de tous les disciples du Seigneur".

Benoît XVI a ensuite évoqué l'instruction bioéthique Dignitas Personae de 2008, qui représente "une nouvelle étape de l'annonce évangélique", dans le sillage de Donum Vitae de 1987. "Sur des sujets délicats que sont la procréation et les nouvelles propositions thérapeutiques impliquant la manipulation de l'embryon et du patrimoine génétique...le magistère de l'Eglise entend contribuer à la formation des consciences, et pas seulement de la conscience des croyants, mais aussi de qui cherche la vérité et accepte d'écouter les arguments découlant de la foi comme de la raison... La foi chrétienne offre une contribution de vérité également en matière philosophique et morale, sans fournir de solutions préfabriquées à des problèmes concrets. Elle propose des perspectives morales sures dans lesquelles la raison peut puiser des solutions justes".

"Certains aspects de la révélation chrétienne, inscrits dans le coeur de l'homme, éclairent certaines questions bioéthiques... Ils sont compréhensibles par la raison également en tant qu'éléments de la loi morale naturelle, et peuvent être admis par qui ne se reconnaît pas dans la foi chrétienne... La loi morale naturelle, inscrite dans la nature humaine et accessible à toute créature rationnelle, est une clef d'accès au dialogue entre tous ceux qui cherchent la vérité... Elle regarde aussi l'un des noeuds essentiels de la réflexion sur le droit et interpelle la conscience et la responsabilité du législateur".

AC/CONGREGATION DOCTRINE/LEVADA VIS 100115 (510)

14 janvier 2010

[summorum-pontificum.fr] Le cardinal Levada au séminaire américain de la FSSP

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 14 janvier 2010
J’apprends ce matin d’une source fiable américaine, cette précision qui n’est pas sans importance : c’est le cardinal américain William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, qui procédera, le 3 mars prochain, à la dédicace de la nouvelle chapelle du séminaire Our Lady of Guadalupe de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, à Denton (Nebraska).

On comprend que la date a été arrêtée en fonction du calendrier particulièrement chargé du cardinal-préfet. Ce choix, de la part des autorités de la FSSP, peut notamment s’expliquer par le fait qu’en la personne de William Levada, c’est à une très haute personnalité curiale américaine qu’on a recours, et que le préfet est aussi désormais le “patron” de fait de la Commission Ecclesia Dei.

Toutefois, le passé “pastoral” du cardinal Levada, quand il n’était encore qu’archevêque de San Francisco, avant d’être appelé à Rome en 2005 par Benoît XVI, n’avait pas révélé un intérêt soutenu pour la “forme extraordinaire”, comme lui-même l’a laissé entendre dans un entretien de 2007 postérieur à Summorum Pontificum (ici).

Souhaitant donc une haute personnalité curiale américaine – puisqu’il s’agit là d’un séminaire
américain – pour la dédicace de cette grande et magnifique chapelle, le choix de la FSSP était en effet assez limité : Raymond Burke ? Mais l’ancien archevêque de St. Louis (Missouri) n’est pas encore cardinal et il est réputé parmi les responsables de la Fraternité Saint-Pierre  comme très (trop ?) proche de l’Institut du Christ-Roi. Le cardinal James Francis Stafford, n’est plus Grand Pénitencier depuis l’an passé. Le choix était donc réduit. Reste que la cérémonie de dédicace est fort longue (près de cinq heures) et que l’on dit le cardinal Levada, sinon malade, du moins encore affaibli des suites d’une intervention chirurgicale qu’il subit en décembre 2008 aux États-Unis.

[summorum-pontificum.fr] Développement organique: le débat (5) - Une nouvelle contribution de B.B.

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 14 janvier 2010


« La vraie liturgie de la Messe pouvait être comprise quand on voyait le Padre Pio, stigmatisé compatient, monter à l'Autel."  Le mystère du Saint Sacrifice était visiblement re-présenté. La messe s'évanouit sans le Calvaire. Toute l'Église tient par la Messe, parce que la Messe touche au Calvaire. La Messe doit tout au Calvaire, mais le Calvaire doit à la Messe de nous être apporté. Celui-ci est toute sa consistance, mais elle tient le Calvaire dans ses voiles apparents et nous le livre"
A ne jamais perdre de vue que l'on soit ordinaire ou extra-ordinaire..! »

Nous allons reformuler ce débat autrement pour essayer de faire avancer les choses positivement. Merci à aux participants.

[Mgr Williamson] "Je crois que ça finira pas devenir un dialogue de sourds..." (12e minute)

SOURCE - Mgr Williamson - 14 janvier 2010


[Jérôme Anciberro - Témoignage Chrétien] La révolte de Thiberville

SOURCE - Jérôme Anciberro - Témoignage Chrétien - 14 janvier 2010

Les paroissiens d’un bourg normand refusent de voir partir leur curé. Une affaire locale qui prend de l’ampleur.

La révolte de Thiberville   par Jérôme Anciberro

L’affaire de Thiberville aurait pu n’intéresser que les catholiques locaux. Las ! Les sites Internet de partage vidéo et la blogosphère aidant, ce « fait-divers » religieux a presque fait le tour de la planète. Résumé des faits : le 3 janvier, l’évêque d’Évreux, Mgr Nourrichard, se présente à l’église de Thiberville, bourg d’environ 2 000 habitants, afin d’y expliquer plusieurs de ses décisions, dont la révocation du curé de la paroisse, le Père Francis Michel, qui y exerce son sacerdoce depuis 23 ans. Le contact est glacial – une affiche sur la porte d’entrée du porche de l’église annonce à l’évêque et à ses accompagnateurs qu’ils ne sont « pas les bienvenus » –, puis franchement brutal : dans l’église pleine à craquer Mgr Nourrichard est empêché de célébrer par les protestations de l’assemblée. Le Père Michel annonce que la messe aura lieu dans une autre église, à Bournainville-Faverolles, commune située à quelques kilomètres. L’assemblée se déplace avec lui, laissant derrière elle le Père Nourrichard. Après avoir tout de même célébré l’eucharistie pour une vingtaine de personnes, l’évêque se rend à l’église de Bournainville-Faverolles. On lui en refuse l’entrée, sous les yeux des gendarmes, appelés en renfort… et des journalistes.

Soutien. Cet épisode, pénible et spectaculaire pour un regard catholique, n’aurait en temps normal intéressé que les rédactions de la presse confessionnelle et locale. Il y a quelques semaines, en Corse, de semblables manifestations de soutien au curé de Corte révoqué par l’évêque d’Ajaccio avaient été loin de recevoir la même couverture. Un détail modifie cependant la donne : le curé de Thiberville, dont le travail pastoral semble ravir ses ouailles, est de sensibilité traditionnelle et certains de ses soutiens aiment à le faire savoir. Il célèbre lui-même face à l’autel et dos au peuple, tout en suivant le rituel de Paul VI, et l’église de Thiberville est l’un des deux lieux du diocèse où l’on peut aussi célébrer la messe selon le rite de Pie V, conformément au Motu proprio Summorum Pontificium. Il n’en fallait pas plus pour que le Père Michel fût présenté comme un cas emblématique de la lutte des partisans de la « réforme de la réforme » ratzingérienne contre un modernisme post-conciliaire chargé de tous les maux de l’Église, que représenteraient en l’espèce Mgr Nourrichard et son vicaire général, le Père Vivien, nommé curé d’une nouvelle paroisse dans laquelle viennent se fondre plusieurs anciennes paroisses du diocèse, dont celle de Thiberville. C’est ce mouvement de regroupement paroissial, connu de la plupart des diocèses de France qui tentent de redistribuer les forces dans un contexte de baisse du nombre de prêtres, qui est à l’origine de la révocation du Père Michel, lequel refuse d’exercer son sacerdoce ailleurs qu’à Thiberville. Le dynamisme pastoral du Père Michel, la forte fréquentation des célébrations qu’il assure ainsi que le soutien de la population locale, élus compris, sont mis en avant par ses défenseurs. Pour certains d’entre eux, la vitalité religieuse thibervillaise serait la preuve du succès des méthodes pastorales traditionnelles préconisées par les instances romaines et la décision « technocratique » de l’évêque ne viserait qu’à briser cet élan. Le refus d’obéir aux décisions de l’évêque serait donc justifié par le souci de mieux obéir au pape.

Laïcs. En face, on se défend de vouloir intervenir dans cet esprit. Officiellement, il était d’ailleurs prévu de continuer à célébrer la messe selon le rite de Pie V après le départ du Père Michel. Par-delà les questions du traditionalisme et de l’attachement d’une population à son curé, le problème pourrait relever du refus de certains catholiques de voir évoluer le rôle du prêtre, longtemps attaché à une seule communauté parfois très réduite, vers un ministère de type épiscopal qui consisterait à assurer l’unité entre plusieurs communautés. Une évolution, conforme à la logique des regroupements paroissiaux, qui implique de donner un peu plus d’autonomie aux laïcs qui composent ces communautés.

L’affaire de Thiberville a été transmise à Rome dont la décision est très attendue.