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6 mars 2010

[Mgr Williamson] Commentaire Eleison - La maladie de Parkinson

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison CXXXVIII - 6 mars 2010

Les gens qui aiment bien repérer ce genre de chose ont remarqué que l'une des mains de Mgr Williamson tremble, et alors depuis des années la rumeur circule : Mgr Williamson est atteint de la maladie de Parkinson. Tout récemment, cette rumeur est revenue sur le devant du tapis. Un examen médical  s'avérant de mise, le vénérable prélat s'est rendu voici deux semaines chez un neurologue londonien qui remarqua, entre autres symptômes, que les muscles des deux bras ne présentent pas de différences marquées et que le tremblement a lieu quand le bras est en action, et qu'il n'y a pas de tremblement quand il est au repos, contrairement aux symptômes de la maladie de Parkinson. Il élimina donc à juste titre la maladie de Parkinson, et diagnostiqua par contre la maladie du Tremblement Essentiel, encore appelée maladie du Tremblement Familial. (En d'autres termes, cette main tremblante prouve que le vénérable prélat a une maladie de ... tremblement. Ah, comme chaque syllabe d'un diagnostic médical peut être réconfortante !).

Que personne ne s'afflige à cette nouvelle cependant. Qui cherche une raison pour ne pas prendre tout à fait au sérieux le vénérable prélat, n'a qu'un embarras de choix !  D'autant que certaines de ces raisons viennent même de ses ennemis !

Il est Rosicrucien (membre d'une société secrète pernicieuse, comme le prouvent ses armoiries épiscopales où il a placé la Rose d'Angleterre sur la Croix).

Il a toujours de bien curieuses idées (par exemple, les attentats du 9 septembre ne furent pas l'œuvre de  dix-neuf Arabes).

Il est comme un morceau d'uranium, difficile à avoir en sa possession, mais encore plus difficile à s'en débarrasser sur le bord de la route (ah, que ça fait du bien que d'être aimé !).

Il conçoit des idées dans sa tête, puis il n'en démord plus et se met à les exagérer (en d'autres termes, il croit en ce qu'il dit, non ?).

C'est un socialiste Fabien (disciple d'une idéologie gauchiste et pernicieuse de la perfide Albion).

C'est plutôt un artiste qu'un savant ( eh bien, le « peu savant » est plutôt vrai).

En se prononçant en public sur le vrai ou le faux d'une question d'histoire très sérieuse, c'est un « non-sens » qu'il finit par émettre.

Moins il parle, et mieux c'est pour la Fraternité Saint Pie X (oh la la, mais parler c'est son métier !).

C'est un idéaliste, un adepte d'Emmanuel Kant (alors, là, j'en reste baba !).

Il se fait vieux, il va bientôt avoir 70 ans (celle-là est vraie, dans deux jours exactement).

C'est un Anglican à peine converti (vrai aussi - il a grand besoin de se convertir !).

C'est une grenade dégoupillée, prête à exploser on ne sait quand, mais peut-on le jeter au loin ? (oh, allons ... allons !  Pas même avec  un petit effort supplémentaire ?).

Tout cela me rappelle une histoire tirée de la vie de Frédéric le Grand, un Roi de Prusse au 18ème siècle. Le Roi visite l'une des villes de son royaume et, là, accroché tout en haut d'un arbre son portrait sous la forme d'une caricature. Les courtisans qui l'accompagnent tremblent en se demandant : Comment va réagir sa Majesté ? « Descendez donc moi ça que chacun puisse mieux le voir »,  dit le Roi.

Kyrie eleison.

[Paix Liturgique] Un nouveau sondage de Paix Liturgique: paris, un diocèse emblematique à plus d'un titre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 220 - 6 mars 2010
Plus gros diocèse de France (en nombre de fidèles), ce diocèse a pour archevêque le Cardinal Vingt Trois, également Président de la Conférence des Évêques de France. La manière dont le Motu Proprio Summorum Pontificum est reçu et appliqué ou non à Paris n’est pas, de ce fait, sans influence sur la pastorale envers les fidèles attachés à la messe traditionnelle mise en œuvre ou non dans les autres diocèses français.

A Paris, il se dit que « la célébration de la messe traditionnelle est déjà très largement suffisante pour répondre aux besoins ». Pourtant, nous avons pour notre part connaissance de plus d’une trentaine de demandes sérieuses d’application du Motu Proprio dans des paroisses parisiennes qui sont demeurées infructueuses.

Afin de faire avancer le débat, nous avons souhaité faire intervenir un tiers professionnel et objectif afin de prendre la température et d’appréhender l’intensité de la demande à Paris. Ainsi, nous avons fait réaliser un sondage sur l’application du Motu Proprio dans le diocèse de Paris auprès des fidèles de ce diocèse. Nous avons transmis les résultats de cette enquête d’opinion au Cardinal Vingt Trois en date du 12 février dernier. Il en a fait accuser réception par une lettre qui nous est parvenue le 20 février.

Ce sondage a été réalisé par Harris Interactive pour le compte de PAIX LITURGIQUE (commanditaire de l’étude). L’enquête a été réalisée en ligne du 27 janvier au 2 février 2010, auprès d’un échantillon de 850 personnes de 18 ans et plus (sur un total de 1785 sondées) se considérant catholiques et habitant Paris intra-muros. Les répondants ont été sélectionnés de façon aléatoire au sein de l’Access panel online de Harris Interactive.


Voici les résultats de ce sondage :

Question n° 1 : Vous considérez-vous comme catholique ? (1785 sondés)

Réponse : OUI : 47,6 %
               NON : 50,8 %
               Je ne souhaite pas répondre : 1,6 %


Les questions suivantes concernent uniquement l'échantillon de 850 Parisiens se considérant comme catholiques (pratiquants ou non).


Question n°2 : Assistez-vous à la messe ?

Réponse : Chaque semaine : 9,9 %
                Tous les mois : 3,5 %
                Pour les grandes fêtes : 16,7 %
                Occasionnellement (mariages…) : 43,8 %
                Jamais : 26,1 %
                NSPP : 0,6 %


Question n°3 : Le pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe pouvait être célébrée à la fois sous sa forme moderne dite « ordinaire » ou « de Paul VI » - en français, le prêtre faisant face aux fidèles, la communion étant reçue debout – et sous sa forme traditionnelle dite « extraordinaire » ou « de Jean XXIII » - en latin et grégorien, le prêtre tourné face à l’autel, la communion reçue à genoux. Le saviez-vous ?

Réponse : Oui : 54,7 %
Non : 45, 3 %


Question n° 4 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les 2 formes liturgiques devaient être célébrées régulièrement dans VOTRE paroisse ?

Réponse : Normal : 50,6 %
                Pas normal : 24,5 %
                NSPP : 24,9 %


Question n°5 : Si la messe était célébrée en latin et grégorien sous sa forme extraordinaire dans VOTRE paroisse, sans se substituer à celle dite ordinaire en français, y assisteriez vous ?

Réponses :

Parmi les pratiquants "hebdomadaires"

- 24 % y assisteraient chaque semaine
- 4 % une fois par mois
- 2,5% lors des grandes fêtes
- 40 % occasionnellement

Soit un total de 70,5 % de ces pratiquants qui y assisteraient au moins de temps en temps

Parmi les pratiquants " mensuels"

- 10% y assisteraient chaque semaine
- 37 % une fois par mois
- 13% lors des grandes fêtes
- 23 % occasionnellement

Soit un total de 83 % de ces pratiquants qui y assisteraient au moins de temps en temps

Ce qui confirme qu’à Paris comme ailleurs, plus d'un tiers des catholiques pratiquants assisteraient volontiers à la messe célébrée dans sa forme Extraordinaire si elle était célébrée dans leur paroisse.


LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE


1/ Ce sondage ne fait que mettre en lumière une évidence bien connue de tous (y compris du clergé et des cadres de l’évêché) : dans le diocèse de Paris, l’attachement à la forme extraordinaire du rite romain est conséquent et la demande très largement insatisfaite : 35.420 catholiques (à rapprocher des 100.185 pratiquants allant à la messe tous les dimanches à Paris), soit plus d’1 sur 3, assisteraient TOUS LES DIMANCHES à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse.
C’est une indication pastorale particulièrement lourde, qui confirme celle de l’ensemble des sondages rappelés plus bas.


2/ Des chiffres ? Il y a dans le diocèse de Paris environ 1700 fidèles dans les lieux de culte traditionnels reconnus par l’ordinaire et 2200 dans ceux desservis par les prêtres de la FSSPX, soit un peu moins de 4000 fidèles.

Sachant qu'il y a 2.126.000 habitants à Paris (source Conseil général : http://www.departement.org/Jahia/pid/2470) parmi lesquels 1.011.976 se disent catholiques. Aux termes de ce sondage, 100.185 fidèles parisiens vont à la messe tous les dimanches, 35.420 une ou deux fois par mois et 169.000 seulement pour les grandes fêtes. Concrètement, ce sondage nous indique que 35.420 fidèles parisiens assisteraient à la messe traditionnelle tous les dimanches si elle était célébrée dans LEUR paroisse, 31.372 le feraient une ou deux fois par mois (93.102 seulement pour les grandes fêtes). Soit un total de 66.792 fidèles (tous les dimanches + 1 fois par mois), que toute personne de bonne foi devra mettre en rapport avec les 4000 catholiques de Paris qui assistent déjà actuellement à une célébration "Extraordinaire" dans la capitale… C'est ce qu'avait bien compris Mgr Chauvet, alors vicaire général du diocèse de Paris, qui déclarait il y a un peu plus d'un an lors d'une réunion du GREC "qu'il était raisonnable d'envisager une célébration extraordinaire "dominicale" dans chacun des doyennés de Paris".


3/ Il ne s’agit certes que d’un sondage qui comme tout sondage n’indique que de grandes tendances sans avoir la prétention d’être exact à la virgule prêt. Toutefois, eu égard à ces grandes tendances qui y sont mises en lumière, ce sondage nous semble au minimum nécessiter une réflexion de tous les catholiques de bonne volonté.

Notons que ce sondage n’est que la confirmation de tous les sondages commandités par Paix Liturgique depuis 2001 (Sondage Versailles réalisé par l’Institut JLM Etudes en décembre 2009, sondage Italie réalisé par DOXA en septembre 2009, sondage France réalisé par l’Institut CSA en septembre 2008, sondage France réalisé par l’Institut CSA en novembre 2006, sondage France réalisé par IPSOS en avril 2001), en plus du sondage Sofres commandité par Le Pèlerin en décembre 2006.


4/ Seuls 24,5 % des catholiques parisiens ne trouvent pas normal que les deux formes du rite romain cohabitent paisiblement dans les paroisses (ils étaient 34% dans le sondage réalisé avant la parution du Motu Proprio par Le Pèlerin, 30% dans le sondage CSA).
L’opposition à l’application du Motu Proprio à Paris, qui est faible partout (faible dans la mesure où la forme ordinaire reste lourdement majoritaire dans la célébration), est sensiblement plus faible à Paris. Elle est peut être le fait de certains ecclésiastiques mais force est de reconnaître qu’elle est largement minoritaire chez les fidèles et qu’elle pourrait devenir totalement marginale si tous les fidèles connaissaient l’existence du Motu Proprio et la possibilité pour tous les curés de célébrer librement la forme extraordinaire du rite romain (alors qu’à Paris 45% des catholiques soit 458.425 fidèles ignorent l’existence de ce texte majeur du pontificat de Benoît XVI) sans que cela les prive de la messe selon le nouvel ordo.


5/ Ce sondage a coûté la somme de 6500 € TTC . SI vous souhaitez participer à son financement et nous permettre de continuer notre travail d’information, vous pouvez adresser votre don à Paix Liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 CROISSY-SUR-SEINE en libellant votre chèque à l'ordre de Paix Liturgique.
Pour les transferts bancaires, merci d'utiliser les coordonnées ci-dessous :
Code banque     Code guichet        N° compte           Clé RIB
30003                       02197           00050001585             93
Nous vous ferons parvenir un reçu fiscal.


NOUS VOUS REMERCIONS PAR AVANCE DE VOS PRIÈRES ET DE L'AIDE QUE VOUS POURREZ NOUS APPORTER.


Nota Bene : Rappel du bilan des célébrations dominicales selon la forme extraordinaire à Paris et des demandes de célébrations :

Églises et chapelles où était célébrée la messe traditionnelle avant la promulgation du Motu Proprio "Summorum pontificum" :

- Église Sainte-Odile (2 avenue Stéphane Mallarmé, Paris 17è) : messes à 9h30 et 18h

- Église Saint-Eugène (47 rue du conservatoire, Paris 9è) : messe à 11h

- Notre-Dame du Lys (7 rue Blomet à Paris 15è) : messe à 11h15

- Église Saint-Germain-l'Auxerrois (Place du Louvre, Paris 1er) : messe à 9h45

Et deux Églises où est célébrée aujourd'hui et depuis la publication du motu proprio "Summorum Pontificum" une messe selon la forme extraordinaire :

- Église Sainte-Jeanne-de-Chantal (Place de la Porte de Saint-Cloud, Paris 16è) : messe à 12h15

- Église Notre-Dame du Travail (59 rue Vercingétorix, Paris 14è) : messe à 18h30 : Au maximum et seulement 3 DIMANCHES PAR MOIS.

Reste à ajouter le cas très particulier du Centre-Saint-Paul
(12 rue St-Joseph, Paris 2è), qui semble seulement toléré par l'Archevêché de Paris : messes à, 9h, 10h, 11h, 12h30 et 19h.

Quand aux demandes …

Il existe sur Paris 34 groupes paroissiaux de catholiques qui désirent bénéficier chaque dimanche et fêtes des bienfaits du Motu Proprio de notre Saint Père Benoît XVI en pouvant vivre, dans leur paroisse, leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire de l'unique rite romain.

[Abbé Patrick de La Rocque, fsspx] Bientôt bienheureux ?

SOURCE - Abbé Patrick de La Rocque, fsspx - 6 mars 2010
Bientôt bienheureux ? Dossier sur les projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II

Le 19 décembre dernier, Benoît XVI proclamait l’héroïcité des vertus de Pie XII et de Jean-Paul II. Avant dernière étape sur le chemin de la béatification proprement dite, une telle proclamation est importante. S’il faut encore attendre la reconnaissance du miracle pour qu’un culte soit voué à ces papes défunts, les voici déjà posés en modèle sur le chemin de la sainteté : de façon héroïque, nous dit-on, ils ont pratiqué les vertus chrétiennes, celles-là même qui font les saints.

Une telle déclaration, qui nullement n’engage l’infaillibilité, a curieusement provoqué beaucoup de bruit là où il y avait peu à dire, et un bien étrange silence lorsqu’il eut été important d’élever la voix. On s’est scandalisé de l’honneur fait à un pape jugé défaillant pendant la seconde guerre mondiale, et on s’est étrangement tû sur Jean-Paul II, dont le pontificat soulève pourtant de graves interrogations. On a dénoncé une soi-disant indifférence de Pie XII à l’endroit du sort dramatique que le régime nazi réserva aux juifs, tandis qu’on semble trouver naturel que Jean-Paul II, par son propos comme par son baiser, considère le Coran comme Parole de Dieu ; ou qu’il implore saint Jean-Baptiste pour la protection de l’Islam ; ou qu’il participe activement à des cultes animistes dans les forêts sacrées du Togo. La question ne semble pas se poser de savoir si tels faits et gestes sont compatibles ou non avec le premier commandement. Serait-ce héroïcité de la foi que de recevoir les cendres sacrées de Shiva, ou d’aller prier selon un mode juif au Mur des Lamentations ? Toutes ces questions, pourtant essentielles, semblent s’être évanouies pour ne laisser place qu’à l’enthousiasme et l’engouement auréolant l’image médiatique d’un personnage certes charismatique.

Loin de demeurer esclaves de ce “bien penser” ambiant, il nous semble important d’ouvrir ici un double dossier. A la mémoire de Pie XII tout d’abord. Car, quoiqu’en disent ses actuels détracteurs, il s’avère qu’en ces années noires, sa conduite fut pour le moins héroïque. Défenseur des juifs, il ne s’en est point trouvé de plus courageux que lui en ces moments. Sa charité fut telle qu’elle permit de sauver, aux dires des historiens israéliens de confession juive, quelque 800 000 vies. A la face de tous ses contempteurs de bas étage, nous voulons donc chanter cet auguste pape, et clamer ainsi la sainteté de l’Eglise. En nos temps où la charité s’est dévoyée en relativisme de la vérité pour ne laisser finalement place qu’à une montée des antagonismes raciaux ou communautaristes, puisse la conduite de ce pape, si ferme quant à la vérité mais si humain envers chacun, être le fanal de nos terrestres chemins!

Notre deuxième volet sera pour Jean-Paul II. Il est notoire que, selon l’image usitée par Benoît XVI, il laissa à sa mort l’Eglise tel un bateau prenant l’eau de toutes parts. Certes, les situations de crise sont parfois l’occasion des plus grands héroïsmes, et l’assombrissement d’une époque ne fait que ressortir davantage les trop rares repères de lumière. Karol Wojtyla était-il de ceux-là ? Les traces laissées par ce pape qui voulut faire de son pontificat une illustration vivante du concile Vatican II sont-elles celles que l’Eglise d’aujourd’hui et de demain aura à suivre pour sortir victorieuse et grandie de la crise qu’elle traverse ? Il ne nous semble pas. Et parce qu’une telle béatification dépasse le sort d’un homme  pour déterminer celui de l’Eglise dans les années à venir, il nous a semblé impossible de nous taire complètement.

Admiratives ou dubitatives, ces lignes nous placeront donc au cœur de l’Eglise. Elles n’auraient pas atteint tout leur but si elles n’incitaient pas à prier toujours plus pour la papauté, qui plus est en ces temps liturgiques chargés de pénitence mais aussi d’espérance.

Abbé P. de LA ROCQUE,
Nantes, le 6 mars 2010

[Mgr Bernard Fellay, fsspx - Angelus - DICI] Entretien avec Mgr Bernard Fellay sur la croisade du rosaire, paru dans The Angelus

SOURCE - Mgr Bernard Fellay, fsspx - Angelus - DICI - 6 mars 2010
The Angelus est la revue du district des Etats-Unis de la Fraternité Saint-Pie X.

The Angelus : Monseigneur, vous avez appelé à une croisade du Rosaire du 1er mai 2009 au 25 mars 2010. Quelle est la raison d’un effort aussi important ?

Mgr Bernard Fellay
: Il est évident que nous ne vivons pas des temps normaux, et aussi que nous sommes encore dans la période couverte par le message de Fatima. En 1917, la Sainte Vierge Marie est apparue à trois petits enfants et leur a promis qu’à la fin son Cœur immaculé triompherait. En l’an 2000, apparemment quelque chose de ce que l’on appelait le « troisième secret » de Fatima a été publié par le Vatican, à la grande insatisfaction de presque tout le monde. Et, franchement, ce n’est pas fini. Le triomphe, sous quelque forme que ce soit, du Cœur immaculé ne s’est pas réalisé. Cela veut dire que quelque chose doit encore venir. Et nous escomptons, qu’avec un tel triomphe, une partie ou toute la crise actuelle de l’Eglise sera aussi terminée. Aussi nous essayons d’obtenir que le Ciel fasse les deux à la fois, en demandant et en désirant ce magnifique triomphe de notre Mère du Ciel, la Mère de Dieu.

Quels sont les exemples historiques qui vous ont incité à prendre la décision de lancer une croisade du rosaire ?

Mgr F.
– C’est vrai, il y a en fait plusieurs exemples dans l’histoire de l’intervention divine, une véritable intervention de Dieu ou de ses saints dans l’histoire humaine, et particulièrement après la prière du chapelet.

L’une des plus célèbre est la victoire de Lépante. Saint Pie V, devant les dangers encourus par la Chrétienté dans sa défense contre la menace des Turcs, avait en effet appelé toute l’Europe à une croisade spirituelle de chapelets. A ce combat spirituel était uni celui de la flotte chrétienne qui rencontrait les forces navales de l’Islam, au large de Lépante. Bien qu’en nombre inférieur, les chrétiens avaient à la fin de la journée remporté une victoire tellement signalée, que pendant des années, les chrétiens ont été laissés en paix.

La grande bataille de Vienne, remportée par Sobiesky, de nouveau contre les Turcs, est aussi attribuée à la prière du chapelet. De même, en Autriche, la délivrance de l’occupation par la Russie communiste en 1955 est aussi considérée comme une victoire due à la prière du saint rosaire.

Certains insinuent que l’Eglise catholique est si violemment attaquée par ses ennemis que la prière ne semble pas suffisante pour soutenir sa cause. Que pensez-vous de tels doutes ?

Mgr F.
– Quand nous prions, nous comptons sur l’aide du Dieu Tout-puissant et de ses saints. Cette puissance ne souffre aucune comparaison avec des forces humaines, quelque vigoureuses qu’elles puissent être. Dieu seul est infini, infini en puissance – nous l’appelons le Dieu Tout-puissant – et ce mot doit être pris sans aucune atténuation. Car Dieu peut vraiment faire tout ce qu’Il veut. La prière, et plus encore les prières que Lui-même nous a données peuvent en toute vérité obtenir ce que les ressources humaines ne pourraient jamais accomplir. Il est vrai qu’une des conditions pour qu’une prière soit efficace, c’est la confiance que nous avons d’être exaucés. Si nous-mêmes nous ne considérons pas réaliste que Dieu puisse nous écouter et faire ce que nous demandons, nous n’obtiendrons rien. Nous devons toujours nous souvenir de ces paroles : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : ‘Transporte-toi d’ici là’, et elle se transporterait » (Mat. 17, 21). Au contraire, nous devons dire que la prière est le seul moyen proportionné pour résoudre le problème que rencontre l’Eglise. Bien sûr, cela n’exclut pas de notre part toutes les autres actions nécessaires.

Il est évidemment difficile de parler de croisade du rosaire sans parler de Fatima, et en particulier du 3ème secret. Quelle est l’importance de ce 3ème secret ?

Mgr F.
– Nous pourrions dire que l’importance de ce secret est proportionnée à l’importance des moyens employés par certains pour empêcher sa publication intégrale. Très vraisemblablement, nous devons accepter que le 3ème secret parle des épreuves actuelles et peut-être de quelques événements futurs dans l’Eglise. Et comme il ne comprend pas uniquement la description des désastres, mais aussi la promesse de la victoire de Notre-Dame, cette partie-là nous la connaissons déjà. Il semblerait que nous puissions également y trouver la clé pour sortir de la crise actuelle, ainsi que des précisions au sujet de cette crise.

Pensez-vous que la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie a été faite ?

Mgr F.
– Nous pouvons dire qu’une certaine consécration au Cœur immaculé a été faite, et même une certaine consécration de la Russie, bien qu’imparfaitement et sans respecter toutes les conditions indiquées par la Très Sainte Vierge Marie. Pie XII déjà avait consacré le monde, Jean-Paul II a mentionné le pays où l’Icône de Marie est vénérée… Mais tous les évêques n’étaient pas unis pour faire cette consécration de la Russie.

Pourquoi, à votre avis, Pie XII a-t-il fait une consécration du monde au Cœur immaculé de Marie, et non pas la consécration de la Russie, selon la demande de Notre Dame qu’il connaissait certainement ?

Mgr F.
– Il pourrait y avoir au moins deux explications : la première est que sous Pie XII il y avait une forte opposition à une telle consécration ; et la deuxième est que vers la même époque une autre révélation est venue d’Espagne demandant la consécration du monde. Aussi Pie XII a pu essayer de combiner les deux dans une seule consécration… De toute façon, quand il l’a faite, certains des miracles de Fatima se sont répétés pour lui au Vatican : une pluie de roses et le miracle du soleil.

D’après vous, de quelle manière la consécration de la Russie pourrait-elle influencer la situation de l’Eglise ?

Mgr F.
– Dans l’histoire de l’humanité, les choses sont beaucoup plus reliées les unes aux autres que nous ne le pensons, mais très souvent nous ne pouvons pas voir ce lien ni le comprendre. Ainsi, la consécration de la Russie libérerait ce pays de ses erreurs : il se convertira, comme Marie l’a dit. Comment cela peut-il affecter la crise dans l’Eglise ? De beaucoup de façons, mais ici nous sommes vraiment dans le domaine des spéculations. Je préfère laisser les mains libres à la Mère de Dieu pour faire ce qu’elle veut. Elle parle de triomphe, et cela veut définitivement dire une grande victoire contre les forces du mal… une telle victoire spirituelle ne serait pas spectaculaire, si elle n’était accompagnée d’un véritable redressement de l’Eglise. Mais, ne me demandez pas comment.

Pensez-vous que les effets de la consécration de la Russie seront entièrement surnaturels ? Certains semblent imaginer des résultats immédiats d’ordre politique ou naturel.

Mgr F.
– Point n’est besoin de limiter la puissance de Dieu ou de Marie. Les deux effets sont facilement possibles. Une conversion de la Russie serait-elle uniquement surnaturelle et n’inclurait-elle pas quelques éléments humains ? La crise actuelle a aussi des aspects humains, par exemple les églises vides, les couvents vides… Aussi Dieu pourrait-il les remplir de nouveau, et avec des personnes de bonne foi, des convertis.

Quelle est l’importance de la croisade du rosaire pour l’influence de la Tradition dans l’Eglise catholique ?

Mgr F.
– Tout simplement ceci : comment pourrions-nous prétendre faire du bien à l’Eglise si ce n’est par des moyens surnaturels ? Donc, si nous utilisons des moyens surnaturels comme la prière, et la prière du chapelet, la croisade du rosaire peut être d’une importance cruciale.

Pour vous, sont-ce seulement les fidèles de la Fraternité qui doivent s’impliquer dans cette croisade du rosaire ou bien également les autres catholiques ?

Mgr F.
– Il n’y a aucune restriction à notre croisade. Toute âme de prière est la bienvenue ! Nous ne prétendons pas avoir l’exclusivité d’une prière qui a été donnée à l’Eglise tout entière. Il est vrai cependant que peu de fidèles continuent de la dire, en comparaison avec ce qui devrait être. Mais, à cause des circonstances présentes, il était assez difficile de dépasser nos frontières pour cet appel à la prière.

Avez-vous reçu en dehors de la Fraternité des réactions positives au sujet de cette croisade, au cours de l’année écoulée ?

Mgr F.
– Très peu. Je me souviens d’un prêtre italien présent aux ordinations à Ecône, qui avait promis de se joindre à nous pour un million de chapelets. De plus, l’abbé Gruner (*) a aussi lancé quelque chose de semblable… Ce n’est pas beaucoup. Lors des dernières croisades, le cardinal Castrillón Hoyos avait été impressionné par le nombre de chapelets. Il m’a dit être certain qu’ils avaient joué leur rôle pour obtenir de nous faire arriver là où nous en sommes aujourd’hui. (Source : The Angelus. Traduction : DICI n°211 du 06/03/10)

(*) Le P. Nicholas Gruner est un prêtre américain de tendance traditionnelle, rédacteur en chef de The Fatima Crusader. Il a lancé une croisade du rosaire ainsi qu’une campagne de pétitions à adresser au pape pour obtenir la consécration de la Russie.

The Angelus 2915 Forest Avenue  -  Kansas City, Missouri 64109  – USA.

Abonnement annuel : $ 35 (USA), $ 55 (Etranger), $15 (en ligne sur www.angelusonline.org)

[Golias] Fraternité St Pie X: Le supérieur du district de France s’attaque aux évêques

SOURCE - Golias - 6 mars 2010

L’abbé Régis de Cacqueray, qui est le supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pie X vient de jeter un pavé dans la mare épiscopale. Voilà l’interpellation que ce prêtre intégriste lance - dans un communiqué daté du 4 mars - aux évêques français qui apprécieront. En voici un extrait :
« L’actualité récente s’avère particulièrement inquiétante. Délaissant leur rôle de « surveillant », de gardien de la Foi, de successeur des Apôtres et des martyrs, un grand nombre d’évêques de France s’attache à constituer une forme d’ambassade du fait religieux en général. Noyant le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions qui laissent les âmes dans l’ignorance de l’amour du Christ, ils se fondent eux-mêmes dans un syndicat de défense des cultes. Ils n’hésitent plus à voler au secours de la burqa et semblent plus soucieux de fêter « un bon Ramadan » aux dignitaires de l’Islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles :  »[...]
En tout, le rabibochage avec la Fraternité St Pie X, voulu par Benoît XVI, devrait donner des nuits blanches à nos évêques de France...Le moins que l’on puisse dire est que la Fraternité, y compris ses éléments les moins durs - auxquels appartiendrait l’abbé de Cacqueray - n’entend rien concéder mais tout obtenir.

[Abbé Lorans, fsspx - DICI] Les projectionnistes du Bon Dieu

SOURCE - Abbé Lorans, fsspx - DICI - 6 mars 2010
Un architecte italien qui entendait protester contre les indemnités fort substantielles que perçoivent les députés de son pays au terme de leur mandat, a projeté sur la coupole de Saint-Pierre de Rome les inscriptions lumineuses suivantes : Stop – Retraites – Députés. Le soir du 25 février, posté dans un hôtel voisin de la basilique et muni d’un puissant projecteur, il a fait connaître sa protestation en différentes couleurs.

Il est à craindre qu’il ne fasse des émules qui chercheraient, eux, à projeter en lettres lumineuses leur désarroi sur les façades d’églises vides et fermées, alors qu’elles pourraient être ouvertes et remplies. Bien sûr, il y aurait des gens frustres qui écriraient sans détours : « Le N.O.M. vide les églises. Il faut vider le N.O.M. des églises ». Mais il se trouverait aussi des esprits nuancés qui diraient : «La Tradition a par nature horreur du vide».

Abbé Alain Lorans

[DICI] France : Souscription pour un film sur Mgr Marcel Lefebvre

SOURCE - DICI - 6 mars 2010
Le district de France de la Fraternité Saint-Pie X, en partenariat avec le district des Etats-Unis, a formé le projet de réaliser un film sur Mgr Marcel Lefebvre. L’abbé en donne la raison :

« Le district de France a projeté de réaliser un film sur la vie de cet étonnant évêque appelé parfois ‘l’évêque rebelle’ et qui a été à la fois délégué apostolique du grand pape Pie XII, archevêque de Dakar, Supérieur Général des Pères du Saint-Esprit et participant actif du Concile Vatican II.

«Pourquoi un film ? Parce qu’à l’époque du ‘tout visuel’ et d’Internet, il est devenu indispensable de révéler aux plus jeunes d’entre nous, par le canal d’un vecteur qui leur est familier, comment un homme seul a su résister à l’ensemble des pouvoirs en place : pouvoir du nombre, pouvoir de l’argent, pouvoir ‘du politiquement et du religieusement corrects’.

«Pour rétablir les faits dans leur contexte. Pour honorer Mgr Lefebvre et lui rendre justice. Pour faire connaître au plus grand nombre l’extraordinaire amour de l’Eglise vécu au quotidien par un prêtre catholique.

« Ce projet a obtenu le soutien et les encouragements de Mgr Bernard Fellay qui a délivré toutes les autorisations nécessaires à sa réalisation. […]

« Nous ne vous cachons pas que tout ce travail a un coût même si de nombreux intervenants offrent leurs services. Aussi, je vous invite à y participer soit par la mise à disposition de documents que vous posséderiez, soit en faisant un don à l’Association de Défense du Patrimoine Chrétien [ADPC] qui porte ce projet avec nous. Nous avons besoin de 50.000 €. »

Association de Défense du Patrimoine Chrétien
Maison Saint-Pie X – 11, rue Cluseret - 92280 Suresnes Cedex
Site Internet : www.monseigneurlefebvre.org

(DICI n°211 du 06/03/10)

[DICI] Allemagne: L'abbé Schmidberger parle des entertiens avec Rome

SOURCE - DICI - 6 mars 2010
Le 18 février, l’abbé Franz Schmidberger, supérieur du district d’Allemagne de la Fraternité Saint-Pie X, a accordé un entretien au site Internet Kathnews. Il y déclare que les discussions doctrinales avec Rome vont certainement exiger beaucoup de temps. Il rappelle que les principaux points de divergence demeurent l’oecuménisme et les rapports de l’Eglise catholique avec les autres religions, notamment avec le judaïsme « qui ne prie pas le même Dieu » que les catholiques. Voici de larges extraits de cet entretien:

« Pour la première fois, nous sommes en mesure d’exposer sereinement aux autorités compétentes nos préoccupations au sujet des déclarations du Concile Vatican II et du développement postconciliaire. Ces discussions vont certainement prendre beaucoup de temps, voire des années. Mais peut-être nos interlocuteurs reconnaissent-ils déjà après un court délai que l’on ne peut contester que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est catholique, même s’il y a toujours des points de discorde. Ce serait un grand pas en avant. La forme très discrète des entretiens est vitale pour leur succès, car ‘le bien ne fait pas de bruit, et le bruit ne fait pas de bien’. (…)

« Il faut se garder d’un optimisme exagéré au sujet de ces conversations. Mgr Fellay parle d'un miracle, si elles aboutissent à un réel succès. (…)

« Un accord entre le Saint-Siège et la Fraternité ne peut que signifier ce qui suit : Rome reconnaît la voix du Magistère antérieur au concile. La Fraternité n'a jamais soutenu des positions propres, mais elle s’est plutôt faite le porteparole des papes, en particulier de tous ceux qui ont régné depuis la Révolution française jusqu'au Concile Vatican II. La situation a changé depuis 1988 : l'on prend au sérieux nos objections à Rome et l’on cherche à y répondre. (…)

« Avec le retrait de l'excommunication, de nouveaux fidèles nous ont rejoints, des barrières ont été démantelées, mais à cause du battage médiatique de nouvelles barrières ont été élevées. Cependant, je crois que la décision courageuse du pape n'a pas eu seulement un effet positif pour la Fraternité et son travail apostolique, mais plus encore pour l'Église tout entière. (…)

« Avec Benoît XVI, l'Eglise est entrée dans des eaux plus calmes. La réhabilitation du Saint Sacrifice de la Messe dans sa forme traditionnelle, le retrait du décret d'excommunication, les discussions doctrinales avec le Saint-Siège sont des actes très positifs de ce pontificat. En revanche, nous regrettons la visite à la Synagogue de Rome, et surtout les paroles du pape déclarant que nous prions avec les juifs le même Dieu.

« Nous chrétiens, nous honorons la Très Sainte Trinité et nous prions Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Fils consubstantiel au Père. Les juifs d'aujourd'hui, en revanche, n’admettent ni l'un ni l'autre de ces deux points fondamentaux de notre sainte religion. Et comme il n'existe pas d'autre Dieu que la Très Sainte Trinité, d'autre Seigneur que Jésus-Christ, nous ne prions pas avec les juifs le même Dieu.

« Les choses étaient différentes chez les justes de l'Ancien Testament : ils étaient ouverts à la vérité trinitaire et la filiation divine du Messie promis. Le pape s’éloigne d’une manière inquiétante de la parole du premier pape, saint Pierre : « En aucun autre [que Jésus-Christ] est le salut » (Actes 4:12). Cela s'applique à tout le monde, y compris les juifs et les musulmans. »

(Source : kathnews. Traduction)

5 mars 2010

[Jean Madiran - Présent] On s’est bien moqué de nous sur le « consubstantiel »

SOURCE - Jean Madiran - Présent - 5 mars 2010

Depuis plus de quarante ans, les catholiques qui le dimanche vont à la messe en français n’y ont jamais entendu le mot « consubstantiel » ; ils risquent de complètement ignorer le drame, toujours en cours, de son remplacement par l’expression : « de même nature ».

C’est à leur intention que nous rappelons cet exemple tellement significatif de l’abdication catholique devant les exigences abusives de la modernité.

La messe célébrée en français, on l’a sans doute oublié, est antérieure à la promulgation par Paul VI, en 1969, d’une messe nouvelle.

Les premières réclamations et protestations contre la suppression du « consubstantiel au Père », remplacé dans le Credo en français par un insuffisant « de même nature que le Père », sont en effet de l’année 1967.

« De même nature » n’est pas en soi une expression hérétique ; c’est une expression qui ne dit rien : un fils est évidemment de même nature que son père.

Mais inscrire « de même nature » à la place de « consubstantiel » manifeste, au moins en apparence, une intention hérétique ; et en fait, c’est supprimer une affirmation que les trois Personnes divines ne sont qu’un seul Dieu.

On n’a connu alors en langue française aucune désapprobation publique énoncée par une notabilité ecclésiastique, à la seule exception du (futur) cardinal Journet qui, le 1er avril 1967, écrivait dans L’Echo des paroisses vaudoises et neuchâteloises :

« A une époque où, de l’aveu de tous les chrétiens sérieux, protestants et catholiques, la démythologisation fait courir au christianisme l’un de ses plus grands dangers, où le dogme de la divinité du Christ est comme mis entre parenthèses, où l’on renonce, à la suite de Bultmann, à parler de “Jésus-Dieu” pour parler du “Dieu de Jésus”, on peut regretter que le mot béni de “consubstantiel” n’ait pas été retenu par les traducteurs du Credo. On peut espérer que la version “de même nature”, qui ne va pas à dissiper les équivoques, n’est que provisoire. »

Ce supposé « provisoire » est toujours installé, quarante-trois ans plus tard, dans la messe en français comme dans la traduction française du Catéchisme de l’Eglise catholique (1992 et 1998) et de son Compendium (2005).

La première réclamation publique fut en 1967 celle d’une pétition de laïcs. Elle eut pour premiers signataires, leurs noms méritent d’être rappelés, Louis Salleron, Henri Massis, Gustave Thibon, François Mauriac, Roland Mousnier, Jacques de Bourbon-Busset, Pierre de Font-Réaulx, Stanislas Fumet, Maurice Vaussard, Daniel Villey.

Le cardinal Lefebvre, président et tête doctrinale supposée de l’assemblée plénière de l’épiscopat français, y répondit le 27 juillet 1967 que cette pétition « ressemblait trop à une défiance à l’égard de la rectitude doctrinale de la hiérarchie », et que celle-ci ne veut pas avoir « l’air de céder à une pression ». Le Cardinal était partisan de « ne dramatiser en aucune façon une question qui, à l’heure actuelle, a bien perdu de son importance » (sic !). Toutefois « on envisage de donner au consubstantiel, dans une nouvelle édition, une traduction qui ne laisse place à aucune équivoque », « on va chercher pour une nouvelle édition une traduction plus précise ».

Il y a eu en effet plusieurs « éditions nouvelles », notamment du « Missel des Dimanches » qui est réédité chaque année. Mais aucune correction du « de même nature ».

Quarante-trois ans plus tard, l’épiscopat français est toujours en recherche d’« une traduction plus précise », qui « ne laisse place à aucune équivoque ». Il n’a pas encore trouvé.

Il n’a pas trouvé que la traduction plus précise et sans équivoque du latin « consubstantialem » est justement, tout simplement, le mot français « consubstantiel », maintenu hors la loi dans l’Eglise de France depuis quarante-quatre ans.

Au jugement plus haut cité du (futur) cardinal Journet, on ajoutera utilement la consultation des deux classiques qui font référence sur la question : Etienne Gilson, aux pages 120 à 130 de son ouvrage : La société de masse et sa culture (Vrin 1967) ; et Louis Salleron, aux pages 22 à 29 de son ouvrage : La nouvelle messe (Nouvelles Editions Latines 1970, seconde édition 1976).

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7045 de Présent du Vendredi 5 mars 2010

http://www.present.fr/article-13523-7045.html

[abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma] Mgr Appignanesi et Mons. Pansa de retour à la Maison

SOURCE - abbé René-Sébastien Fournié - IBP Roma - 5 mars 2010
Hier… ce fut l’entretien paternel et protecteur avec le Cardinal Vallini qui nous accorda une heure avec son énergie habituelle de Vicaire du Pape à Rome et qui nous ouvrit son carnet d’adresses pour rencontrer tel ou tel prêtre qui lui était cher et avec lesquels il souhaitait nous voir collaborer pour le bien du diocèse et de l’Eglise… Quelques heures après, ce fut la visite du Conseiller aux Affaires religieuses du Gouvernement français, très intéressé par notre projet et par l’engagement des jeunes séminaristes de cette maison et qui se posa avec bienveillance, en contact direct entre la France et notre maison de Rome…

Aujourd’hui, ce fut nos chers Mgr. Appignanesi et Mons. Pansa qui nous ont fait l’honneur de venir dîner chez nous. Ces deux protecteurs intimes de ces murs nous ont ravis par leur présence. Et comme à chaque fois, nous avons écouté et bu leurs échanges toujours plein d’humour, de finesse et de sens de l’Eglise. Comment ne pas être émus de les écouter, échanger entre eux leurs souvenirs, qui lors de sa première extrême-onction, qui lors de sa première décision de jeune évêque ? Et toujours avec ce sens inextinguible de l’amour de l’Eglise. Ce qui nous touche… c’est qu’en réalité, derrière leur complicité mutuelle de pasteurs, ils ne cherchent pas tant à remémorer des vieux souvenirs, mais à nous transmettre un témoignage et une expérience… La leur !

Une telle soirée, que voulez-vous… ça vaut tous les cours du monde de « théologie pastorale » ! Bénéficier à la source de ces témoignages ! Comme d’habitude, un vent de jeunesse a soufflé sur cette maison… donné par ces Prêtres qui ont traversé les ans et les épreuves, toujours fidèles. Décidemment, la tradition de l’Eglise, ce n’est pas une idée, mais quelque chose de vécu et de transmis !

4 mars 2010

[Céline Hoyeau - La Croix] La Fraternité Saint-Pie-X s’en prend aux évêques français

SOURCE - Céline Hoyeau - La Croix - 4 mars 2010

Dans un communiqué publiée jeudi 4 mars, le district de France des lefebvristes attaque violemment certains évêques accusés de «noyer le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions»

Le détail pourrait passer inaperçu, et pourtant sa virulence dit tout de la suite. Qui prend garde à l’adresse Web du communiqué publié jeudi 4 mars par la Fraternité Saint-Pie-X (FSPX) sur son site Internet (la Porte latine) lira en fin de ligne : « eveqfelons », lire « évêques félons ». Le texte correspondant à cette adresse a pour titre, guère plus respectueux : « Évêques : gardiens de la Foi ou protecteurs prosélytes des autres cultes ? »

Dans ce communiqué, l’abbé Régis de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSPX, s’en est pris violemment à certains évêques français, les accusant de « noyer le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions » : ils semblent plus soucieux, selon lui, de « voler au secours de la burqa » ou de « fêter “un bon Ramadan” aux dignitaires de l’islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles ».

En cause, le diplôme décerné par l’Institut catholique de Paris à plusieurs imams en janvier ; la participation de Mgr Hippolyte Simon (Clermont-Ferrand) ou Mgr Dominique Lebrun (Saint-Étienne) à la pose de la première pierre de la mosquée de leur ville ; ou encore l’invitation du rabbin Rivon Krygier à prononcer une conférence de Carême à Notre-Dame de Paris.

Opposer le pape et les évêques "gauchistes"

Des exemples « symptomatiques d’une série de scandales trop nombreux pour être tous cités », résume l’abbé, qui entend se faire le défenseur des fidèles, « ces nouveaux mendiants agonisants de la complaisance épiscopale qu’elle aura sacrifiés sur le chemin du “dialogue ”. L’abbé, qui manie l’art de la diatribe, accuse en somme les évêques de faillir à leur devoir de « surveillants » de l’Église, se contentant de constituer « un syndicat de défense des cultes ».

Pour acerbes qu’elles soient, ces critiques ne sont pas nouvelles dans le milieu lefebvriste, où l’on a coutume de chercher à opposer le pape et les évêques « gauchistes ». « Les conférences épiscopales ont été un moyen d’institutionnaliser la désobéissance », assénait l’abbé de Cacqueray lors d’une conférence à Paris, en février 2009.

Inédite par son caractère frontal et officiel, l’attaque d’aujourd’hui intervient alors que des discussions sont en cours entre le Vatican et les lefebvristes. Justement, entre autres, sur les points épineux de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux.

Céline Hoyeau

[Abbé Régis de Cacqueray, fsspx] Les évêques : gardiens de la Foi ou protecteurs prosélytes des autres cultes?

SOURCE - Abbé Régis de Cacqueray, fsspx - 4 mars 2010

Communiqué du Supérieur du District de France de la FSSPX

Changement de contexte, ouverture au monde ou fin des condamnations, toutes les justifications les plus pauvres seront sans doute invoquées pour tuer la prudence qui doit animer un éminent gardien ou un digne surveillant. Car l’étymologie le prouve. L’évêque, en grec Eπίσκοπος, est celui « qui surveille », celui qui veille à ce que la Foi soit défendue à travers son diocèse, que les erreurs objectives ne s’y diffusent pas au détriment de la vérité révélée par Jésus Christ, Notre Seigneur, le Fils de Dieu. L’évêque est donc gardien de la Foi. Il doit veiller à ce que les âmes reçoivent la bonne parole de l’Évangile, celle qui fait dire au Christ : « Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » L’évêque est enfin successeur des apôtres. Il recueille l’héritage de ces martyrs qui ont versé leur sang pour avoir refusé de renier le Christ et d’embrasser les idoles par quelque geste de respect que ce soit.

Les milliers d’évêques que l’histoire de l’Église a donnés sont tous des hommes faillibles, dotés de défauts comme de qualités. Il y eut des héros comme il y eut des pusillanimes. Il y eut des Hilaire de Poitiers et des Bossuet. Il y eut des Cauchon et des Talleyrand. Mais jamais une nation si chrétienne autrefois n’avait vu un tel désarroi touchant de si près la Foi. Aujourd’hui, nos évêques se taisent quand le Christ est attaqué. À notre égard, ils maintiennent les églises fermées. Parallèlement, ils inaugurent des mosquées. Ils concélèbrent avec des pasteurs. Ils diplôment les imams et font prêcher les rabbins dans leurs cathédrales. En un mot, ils confortent les âmes dans leur éloignement au Christ et à l’Église qu’Il a fondée.

L’actualité récente s’avère particulièrement inquiétante. Délaissant leur rôle de « surveillant », de gardien de la Foi, de successeur des Apôtres et des martyrs, un grand nombre d’évêques de France s’attache à constituer une forme d’ambassade du fait religieux en général. Noyant le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions qui laissent les âmes dans l’ignorance de l’amour du Christ, ils se fondent eux-mêmes dans un syndicat de défense des cultes. Ils n’hésitent plus à voler au secours de la burqa et semblent plus soucieux de fêter « un bon Ramadan » aux dignitaires de l’Islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles :

- Le 25 janvier 2010, l’Institut catholique de Paris, fondé par les archevêques de Paris au XIXe siècle pour dispenser un enseignement conforme à la doctrine de l’Église, a décerné le diplôme « interculturalité, laïcité et religions » à plusieurs imams que l’Université républicaine refusait d’accueillir au nom de la laïcité. Ainsi l’ordinaire parisien couvre-t-il de son autorité la formation des aumôniers musulmans d’armées, de prisons, d’hôpitaux ou d’universités.

- Le 8 février, Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne, se rendait à la mosquée afin de s’excuser auprès des Musulmans pour ceux qui craignent l’avancée de l’Islam. À la suite de Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont-Ferrand, ou de Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d’Amiens, qui avaient participé à la pose de la première pierre des grandes mosquées de leur ville, Mgr Lebrun a apporté son soutien à la communauté : « Des chrétiens ont du mal à comprendre la présence de lieux de culte musulman sur le territoire qu’ils considèrent comme le leur. Cette pensée n’est pas juste et, autant que cela m’est donné comme une grâce de Dieu, je veux en demander pardon. » De son côté, Mgr Étienne Uberall, vicaire épiscopal du diocèse de Strasbourg, indiquait récemment à la télévision régionale qu’il était favorable à l’enseignement de l’Islam dans les établissements scolaires de sa région.

- Le 14 mars prochain, le rabbin Rivon Krygier prononcera l’une des six conférences de carême sous la voûte de la cathédrale Notre-Dame, à l’invitation du cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois. Ainsi ce temps de pénitence qui est censé conduire les âmes à suivre le Christ dans sa Passion et à les préparer à sa glorieuse Résurrection verra-t-il prêcher dans un haut lieu sacré un responsable d’une religion qui nie précisément la divinité du Fils de Dieu et le miracle de Pâques.

Ces quelques récents exemples sont en réalité symptomatiques d’une série de scandales trop nombreux pour être tous cités qui vont de la concélébration avec des femmes pasteurs jusqu’à la défense du port de la burqa. De l’impossibilité d’affirmer que la religion catholique est la seule qui a été fondée par Dieu, un indifférentisme s’est propagé jusque dans l’esprit des responsables pourtant sensés maintenir la Foi de ceux qui leur sont confiés. Ce faisant, ils encouragent la déchristianisation de la France sur le sol duquel les temples des autres cultes pullulent, annonçant toujours davantage l’oubli du Dieu de majesté.

Quel argument objectif, quel élément de la Foi pourrait justifier un tel revirement de situation qui, en lui-même, conduit à condamner toute l’histoire de l’Église des dix-neuf premiers siècles en la résumant aux légendes noires héritées de Voltaire selon lesquelles l’Église d’autrefois ne savait pas parler aux hommes, maniait l’épée ou la conversion forcée ?Comme nous devrions, à l’inverse de cette attitude empreinte d’ignorance, toujours mieux connaître ces belles et grandes figures missionnaires de l’Église, débordantes de l’amour divin, qui ont su respecter les hommes, mais détester leurs erreurs et, ce faisant, établir l’Église à travers le monde sur la charité et la vérité. En réalité, c’est bien une charité bancale qui accorde des concessions à des systèmes religieux dont la première caractéristique est l’ éloignement de Jésus-Christ et de son Eglise, où ils relèguent les âmes.

Il faut le reconnaître, sur le chemin de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, la situation de l’Église de France s’aggrave. Est-il possible de se taire, ou du moins de mettre entre parenthèses ce cri d’alerte, lorsque ce sont des milliers d’âmes qui sont plongées dans un indifférentisme mortel ? Ces accents sont-ils échangeables contre un confort canonique ? Samaritains que nous devrions être, resterons-nous indifférents en abandonnant les fidèles, ces nouveaux  mendiants agonisant de la complaisance épiscopale qu’elle aura sacrifiés sur le chemin du « dialogue » ?

Abbé Régis de CACQUERAY, Supérieur du District de France

3 mars 2010

[summorum-pontificum.fr] Apic dit n'importe quoi sur la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 3 mars 2010
Voici une information publiée par l'agence de presse internationale APIC, spécialisée dans les questions religieuses et notamment dans la vie de l'Église catholique :

« Denton, 3 mars 2010 (Apic) Le cardinal William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, participe ce mercredi 3 mars à la consécration d’une église de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Cet événement se déroule à Denton, dans l’Etat du Nebraska aux Etats-Unis. L’information, révélée sur un blog internet de la Fraternité, a été confirmée par les collaborateurs du cardinal Levada. »

Il faut bien sûr lire la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, ce qui explique la présence du cardinal Levada. Nous avions déjà parlé ICI de cette cérémonie au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre le 14 janvier dernier.

Erreur, obsession ou volonté de nuire de la part d'APIC ?

[Romano Libero - Golias] Un prêtre sédévacantiste vous parle!

SOURCE - Romano Libero - Golias - 3 mars 2010

Parmi les pays assez touchés par le traditionalisme et l’intégrisme, il ne faut pas négliger de citer les Philippines. Le site « catholic.over-blog » nous fait ainsi connaître un jeune prêtre du nom de Joven Soliman. Qui ne nous dissimule pas ses convictions sédévacantistes. Cela veut dire qu’il considère le siège de Pierre comme inoccupé : le Magistère du « prétendu Benoît XVI » étant injustifié et donc invalide selon les tenants de cette « thèse »(1).

L’abbé Soliman a fait ses études à Ecône avant d’être ordonné en 1998 par Mgr Bernard Fellay. Il a exercé des responsabilités importantes au sein de la fraternité Saint Pie X avant de quitter cette dernière en 2008. En désaccord avec les dirigeants de cette société lefebvristes dont il conteste l’esprit de compromis avec Rome. Selon lui « Benoît XVI est un antipape et un précurseur de l’Antéchrist ».

D’abord convaincu que malgré la crise doctrinale le Pape était néanmoins validement élu. Tout en sympathisant avec « ceux qui défendaient la position sédévacantiste parce que je savais que c’étaient des catholiques qui luttaient contre les erreurs de la religion du Novus Ordo ». Se durcissant, il est parvenu à la « conclusion inévitable que Ratzinger ne peut pas être un Pape légitime mais un antipape ». Il a donc commencé à « omettre le nom de Benoît XVI au canon de la messe à partir du 25 juillet 2009 ». Qui plus est il arrêté alors de célébrer la messe non plus selon les rubriques de Jean XXIII pour adopter celles de ... Saint Pie X.

Sur le fond, l’abbé Joven Soliman pose une question de fond, celle de l’incohérence des intégristes qui mettent en cause les décisions magistérielles de Papes pourtant reconnus validement élus et donc jouissant de l’autorité souveraine et de l’infaillibilité. Il en tire la conclusion d’une impossibilité que le Pape soit légitiment élu, dans le mesure où la dérive doctrinale lui semble patente. Il est intéressant de noter que c’est à partir d’un argument voisin que le cardinal Charles Journet, théologien suisse, thomiste de strict observance, aboutissait à une conclusion symétriquement opposé. Pour Journet en effet, il n’est pas possible de suivre Mgr Lefebvre qui reconnaît Paul VI comme le Pape validement élu lors même qu’il en conteste frontalement l’enseignement et méprise son magistère infaillible. Cherchez l’erreur !

L’abbé Soliman se meut dans un registre très apocalyptique : « Nous sommes à présent plongés dans la grande apostasie prédite dans l’Ecriture Sainte. On est aveugle si on prétend que nous ne sommes pas encore dans la grande apostasie. La destruction de la foi parmi les nations et les individus après le concile Vatican II est suffisante pour montrer que la grande apostasie est en cours, et que les antipapes postconciliaires sont ceux qui enseignent et mettent en œuvre la doctrine de l’Antéchrist. Il est triste que les catholiques traditionnels attachés à l’église conciliaire soient muets au sujet de Ratzinger qui promeut le nouvel ordre mondial. C’est en raison de la vacance du siège de Pierre qui est à présent usurpé par un antipape qui prépare la venue de l’Antéchrist. Dieu sait comment la question de la vacance sera résolue. Que ce soit par une intervention miraculeuse, un conclave ou un concile œcuménique, Dieu le sait. N’oublions pas que saint Pierre le premier pape n’a pas été élu par un conclave. Il a été directement nommé par Notre Seigneur Jésus-Christ. Donc, Dieu sait comment elle sera résolue, et quand. Ce que notre sens catholique nous indique en ce moment est que le siège de Pierre est occupé par un antipape, et qu’il doit être combattu et dénoncé par tous les catholiques attachés à la foi. »

Il faut bien reconnaître que d’une certaine manière cet étrange abbé philippin est soucieux de la cohérence logique de sa position. En tout cas beaucoup plus que ses ex-amis de la Fraternité Saint Pie X exaltant d’un côté l’autorité du Pape pour en mieux contester cependant les décisions les plus autorisées.

Note (1) : Le sédévacantisme (de l’expression latine sede vacante, « le trône de saint Pierre étant vacant », utilisée entre la mort d’un pape et l’élection de son successeur) est une position religieuse défendue par une minorité de catholiques du courant traditionaliste. Ils affirment que depuis 1958 (mort de Pie XII) ou 1963 (mort de Jean XXIII), le siège de Pierre est vacant et que les papes qui se sont succédés depuis ne sont que des usurpateurs.

2 mars 2010

[summorum-pontificum.fr] L'opération de débordement de Mgr Batut

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 2 mars 2010
On a beaucoup parlé récemment de l’entretien accordé par Mgr Batut, évêque auxiliaire de Lyon, à l’hebdomadaire Famille Chrétienne. Il y présentait l’ouverture d’une maison de formation, la maison Sainte-Blandine, qui accueillera à la rentrée prochaine des jeunes gens désireux de devenir prêtre diocésain tout en célébrant la forme traditionnelle du rite romain. J’ai déjà dit voici plusieurs mois sur ce blog que cette nouvelle voie de formation avait mal commencé puisqu’elle devait démarrer à la rentrée 2009 et que faute de candidats elle fut reportée d’un an. Ayant pris acte d’un manque de communication, les promoteurs de cette nouvelle initiative, non seulement le cardinal Barbarin et Mgr Batut, mais aussi les anciens prêtres de la Fraternité Saint-Pierre fondateurs de l’association Totus tuus, redoublent d’efforts.

Faut-il s’en réjouir ?

Oui, à mon avis, il faut se réjouir de cette nouvelle voie offerte à des jeunes gens pour devenir prêtre et célébrer selon le rite antique. Elle installe, en effet, un peu plus la messe traditionnelle au cœur de la vie de nos futurs prêtres, des habitudes diocésaines et elle donnera des habitus liturgiques nécessaires quand l’Église commencera réellement à sortir de la crise qui nous touche encore.

Oui, il faut se réjouir car il est évident que tous ces jeunes gens n’ont pas forcément une vocation pour une vie au sein d’un institut que ce soit la Fraternité Saint-Pierre, l'Institut du Bon-Pasteur ou l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, ce dernier ayant d’ailleurs une spiritualité bien marquée.

Oui, il faut se réjouir mais sans être dupe des intentions qui se nichent derrière cette nouvelle offre. Car il ne s’agit pas seulement de répondre à une demande de vie diocésaine tout en vivant de la liturgie traditionnelle. Il s’agit d’abord d’une stratégie de débordement des communautés Ecclesia Dei, et éventuellement demain, de la Fraternité Saint-Pie X, afin que les demandes de messes traditionnelles ne soient plus confiées à ces instituts.

Plus largement encore, il s’agit d’une stratégie de récupération des vocations qui se seraient dispersées sinon dans ces fameux instituts, faisant baisser encore davantage le nombre de prêtres diocésains, le véritable révélateur de (l'échec de) la pastorale de nos évêques.

C’est donc trois intentions qui guident vraiment cette proposition :

1°) répondre au désir légitime de jeunes gens de célébrer habituellement (et non toujours) selon la forme extraordinaire ;

2°) déborder les instituts Ecclesia Dei en les rendant inutiles ;

3°) renforcer le recrutement diocésain puisqu’il se confirme que la majorité des vocations vient des milieux proche du courant traditionaliste.

A sa manière, l’opération de communication de Mgr Batut le confirme. Ne déclare-t-il pas à Famille Chrétienne :

« Tout ce qui est reconnu par l’Eglise est légitime, donc la question ne se pose pas. Mais aujourd’hui, un jeune qui pense être appelé au sacerdoce et qui souhaite célébrer un jour la messe sous les deux formes est obligé de choisir entre une formation Ecclesia Dei, où habituellement est pratiquée la seule forme extraordinaire, et une formation classique, où habituellement est pratiquée la seule forme ordinaire. Avec l’année Sainte-Blandine s’ouvre une troisième voie, qui permet de discerner une vocation diocésaine en mettant la question liturgique à sa vraie place. Un certain nombre de prêtres ont quitté telle ou telle communauté Ecclesia Dei pour rejoindre les diocèses, parce qu’ils avaient découvert, une fois devenus prêtres, que la liturgie ne justifiait pas l’appartenance à une fraternité de prêtres particulière : c’étaient en réalité des hommes qui avaient tout simplement une vocation diocésaine, mais que les controverses sur la liturgie avaient troublés au point de leur faire penser qu’ils ne pourraient vivre leur spécificité qu’en renonçant à être des diocésains comme les autres. Depuis le Motu proprio de Benoît XVI, les choses peuvent se faire beaucoup plus simplement, en se mettant directement à la disposition de son évêque. J’en suis heureux, car j’ai toujours pensé que ce sont les prêtres diocésains qui réévangéliseront notre pays, et qu’être prêtre diocésain est la plus belle des vocations. »

Ancien curé de Saint-Eugène, Mgr Batut sait la dynamique qu’installe la liturgie traditionnelle. Il sait aussi que son ancien vicaire lui enverra des vocations, ce qui se dessine déjà pour la rentrée prochaine. À terme, il n’est pourtant pas dit que cette opération de débordement ne soit elle-même débordée, un jour, quand les jeunes prêtres, nouvellement ordonnés, enflammés par la mystique diocésaine, s’interrogeront face aux distorsions existantes entre les pastorales diocésaines et leur idéal du sacerdoce et de la vie liturgique.

Comme nombre des solutions proposées depuis des années, l’offre de Mgr Batut repose en partie sur l’ignorance d’un facteur décisif. Il semble que l’on oublie tout simplement que l’Église n’est pas sortie de la terrible crise qui la traverse et que tant que celle-ci n’est pas traitée à sa racine par les autorités il est peu probable que les choses se fassent aussi tranquillement que le théologien Batut le pense. Il ne s’agit pas simplement d’écrire ici un article dans la revue Communio. Il s’agit de régler une crise à côté de laquelle la crise moderniste du début du XXe siècle n’est qu’un rhume de foin comme disait Maritain.

1 mars 2010

[Abbé Guillaume de Tanoüarn, IBP] Une vraie discussion autour de Vatican II

SOURCE - abbé Guillaume de Tanoüarn, IBP - MetaBlog - 1 mars 2010

C'était sur Radio Courtoisie tout à l'heure, à l'émission de Philippe Maxence, rédacteur en chef de L'homme nouveau, un moment vraiment agréable et en même temps une confrontation sur un sujet qui n'a pas fini de faire couler de l'encre : Vatican II... Il y avait trois noirs, ce jour-là, deux robes, la mienne et celle de l'abbé Grégoire Celier, de la Fraternité Saint Pie X, et puis Daniel Hamiche,comme d'habitude tout en noir même si bien sûr il n'est pas en soutane. Philippe Maxence, comme d'habitude, en arbitre des élégance, passait la parole à l'un et à l'autre, assurant l'impartialité du débat, avec cette autorité toute naturelle qui n'appartient qu'à lui. C'est lui qui met le sujet sur le Concile, sur les négociations de la FSSPX avec Rome et sur la série de conférences sur Vatican II qui a lieu à Notre Dame de Paris et aussi au Centre Saint Paul.

Ce qui est impressionnant, c'est que Benoît XVI avec son concept d'herméneutique de continuité, contribue chaque jour un peu plus, qu'on le veuille ou non, à mettre tout le monde d'accord. C'est vraiment la gloire de l'olivier dont parlent les prophéties (pas si sottes) de Malachie à propos des papes. De gloria olivae : la gloire de l'olivier, dans la Bible, c'est que son rameau annonce la fin du Déluge (Gen. 6). Quelle fin meilleure imaginer pour l'instant à la période diluviale que nous sommes en train de vivre que l'unité des catholiques, faisant encore une fois reculer la fin ?

La paix qu'on la veuille ou non, comment c'est possible ?

C'est possible par la logique que portent les mots que l'on emploie. Il y a des mots qui sont faits pour tuer. Il y a un lexique qui est meurtrier, celui qui emploie la dialectique mortelle de l'intégrisme et du progressisme, sans s'apercevoir que le progressisme est mort en 1995, avec Mgr Gaillot à Évreux et que l'intégrisme n'est plus que résiduel. Il faut dire qu'entre catholiques, la mauvaise habitude de cette dialectique imbécile (j'emploie le mot "imbécile" au sens technique que lui donne Bernanos dans ses pamphlets) remonte, excusez du peu, au cardinal Suhard et à sa fameuse lettre essor ou déclin de l'Église, juste après la Guerre. Je n'étais pas né que cette guerre de religion se déclinait déjà avec ce lexique binaire. Force est de constater que comme la lutte des classes est périmée (malgré Dunkerque, Total et tant d'autres catastrophes humaines de l'après-crise), la dialectique des intégristes et des progressistes n'intéresse plus personne. La guerre de 70 [1970 bien sûr] est terminée.

En effet, lorsqu'on parle d'herméneutique de continuité, quel catholique peut s'opposer à ce discours ? Chacun y trouve son compte, les herméneutes de la liberté tous azimuts, qui ne veulent pas entendre parler d'un texte normatif, parce qu'il faudrait l'appliquer et les partisans de la continuité qui sont trop heureux de voir que ce qui n'était plus bien souvent qu'une nostalgie de la continuité redevient opératoire grâce à l'herméneutique. En substance, il n'y a plus de problèmes sur Vatican II. Et je me suis laissé dire que même la Commission de discussion, envoyée à Rome par Mgr Fellay, ne parlait plus de Vatican II et s'était accrochée avec les experts romains, non pas sur la lettre du Concile, censée les occuper, mais à propos du pape Jean Paul II et de son long pontificat de transition, de ses 13 encycliques, si différente de la première à la treizième, de ses innombrables discours, du Sommet d'Assise avec toutes les religions et de quelques autres de ses initiatives.

Je crois que s'il faut parler de Vatican II, s'il faut en parler de plus en plus, c'est que sur ce sujet, l'histoire avançant et censurant implacablement les échecs ou les naïvetés du passé, nous allons vers un consensus vrai. Grâce au Concile, nous sommes mis en face des vraies questions (le rapport de la foi et de la raison ; les relations de l'Église et de l'État moderne ; les religions du monde face à la vérité chrétienne). Et ces questions, le pape nous en a averti solennellement, il faut les travailler dans la continuité avec la Tradition de l'Église, au sein de laquelle le Concile prend son sens.

J'ai toujours été très frappé de constater que au début des années 60, dans les Vota de la Minorité traditionnelle pour le Concile, il n'y avait aucun projet, aucune perspective. Seulement des demandes de condamnation. En affrontant frontalement la modernité, on doit se mettre au travail. Comme le dit très bien Christophe Dickès dans L'Homme nouveau, Jean-Paul II était le pape de la représentation (planétaire). Benoît XVI apparaît de plus en plus comme le Pontife de la Confrontation avec le monde.

Une telle confrontation est une chance historique pour l'Église. Cela ne se manque pas.

[Mgr Batut - Famille Chrétienne - Perepiscopus] Le diocèse de Lyon veut des prêtres tridentins diocésains

SOURCE - Mgr Batut - Famille Chrétienne - via Perepiscopus - 1er mars 2010
Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon, a été chargé par le cardinal Barbarin de superviser la maison Sainte-Blandine. Elle accueillera pour un an à partir de la rentrée de septembre 2010 des jeunes attachés à la forme extraordinaire du rite romain, et qui souhaitent discerner une vocation de prêtre diocésain. Mgr Batut a été interrogé par Famille chrétienne :

Plus qu’une année de propédeutique - plutôt tournée vers l’enseignement -, il s’agira d’une année de fondation spirituelle. C’est un peu analogue à une année de noviciat, chez les religieux. Elle a pour but de s’assurer de l’appel de Dieu et des fondements spirituels pour y répondre. Elle comprendra donc trois « piliers » : la vie avec d’autres qui se posent les mêmes questions, sous la conduite d’un supérieur, une grande retraite d’un mois, selon les exercices de Saint-Ignace ou sous une autre forme, et une expérience forte au contact des plus pauvres.

Quelles en seront les particularités ?

Tout d’abord, ce sont ceux à qui elle s’adresse : il s’agit des candidats au sacerdoce qui ont grandi dans la liturgie tridentine, ou qui ont découvert la foi grâce à elle, et souhaitent qu’elle ait une place dans leur formation et dans leur futur ministère. Cette demande est légitime parce que la forme extraordinaire de l’unique rite romain a sa place dans la vie de l’Eglise, et donc dans la formation des futurs prêtres. Cela entraîne des spécificités dans leur formation : en plus des trois piliers évoqués, il faut que les besoins particuliers de leur futur ministère soit assurés. Par exemple, la liturgie tridentine fait une part importante au chant grégorien, même si la formation au grégorien a du sens aussi dans les autres séminaires. Dernière particularité, importante, cette année s’adresse à des futurs prêtres diocésains. Les candidats seront présentés par leur évêque. Cela souligne dès le début qu’ils ne sont pas candidats à être diocésains abstraitement, hors de tout lien avec une Église diocésaine.

Cette année est-elle destinée à devenir un séminaire ?

Ce n’est pas le projet. Il est très important que les membres d’un presbyterium diocésain reçoivent une formation commune. On peut dire que les jeunes issus de la maison Sainte-Blandine seront un peu comme les prêtres de l’Emmanuel, qui sont membres d’une communauté, ont leur spécificité, mais en même temps suivent la même formation que les autres futurs prêtres de leur diocèse.

Peut-on être pleinement diocésain tout en étant attaché à la liturgie tridentine ?

Non seulement on le peut, mais c’est nécessaire. Comme la forme extraordinaire a tout à fait sa légitimité, on aura besoin de prêtres pour la célébrer, sans exclusive. « Extraordinaire » ne veut pas dire « exclusif ». De même que l’évêque a besoin de prêtres qui soient formés en bioéthique ou qui sachent s’occuper de jeunes, de même, il a besoin de prêtres qui sachent célébrer la liturgie dans la forme extraordinaire, pour que tous les fidèles qui y sont légitimement attachés puissent y avoir accès.

Ces prêtres remplaceront-ils ceux des Instituts Ecclesia Dei ? Ceux-ci sont-ils encore légitimes aujourd’hui?

Tout ce qui est reconnu par l’Eglise est légitime, donc la question ne se pose pas. Mais aujourd’hui, un jeune qui pense être appelé au sacerdoce et qui souhaite célébrer un jour la messe sous les deux formes est obligé de choisir entre une formation Ecclesia Dei, où habituellement est pratiquée la seule forme extraordinaire, et une formation classique, où habituellement est pratiquée la seule forme ordinaire. Avec l’année Sainte-Blandine s’ouvre une troisième voie, qui permet de discerner une vocation diocésaine en mettant la question liturgique à sa vraie place. Un certain nombre de prêtres ont quitté telle ou telle communauté Ecclesia Dei pour rejoindre les diocèses, parce qu’ils avaient découvert, une fois devenus prêtres, que la liturgie ne justifiait pas l’appartenance à une fraternité de prêtres particulière : c’étaient en réalité des hommes qui avaient tout simplement une vocation diocésaine, mais que les controverses sur la liturgie avaient troublés au point de leur faire penser qu’ils ne pourraient vivre leur spécificité qu’en renonçant à être des diocésains comme les autres. Depuis le Motu proprio de Benoît XVI, les choses peuvent se faire beaucoup plus simplement, en se mettant directement à la disposition de son évêque. J’en suis heureux, car j’ai toujours pensé que ce sont les prêtres diocésains qui réévangéliseront notre pays, et qu’être prêtre diocésain est la plus belle des vocations."

28 février 2010

[Paix liturgique] Portrait d'un catholique déterminé: un éclairage dijonnais

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 219 - 28 février 2010

Il faut préalablement le répéter : les sondages successifs prouvent que les fidèles désireux de voir célébrer la forme extraordinaire du rite romain sont nombreux (au moins un tiers des catholiques pratiquants), mais ils ne savent pas comment s’y prendre, et tout d’abord, ils ne savent pas qu’ils existent en si grand nombre. Viendra le temps, nous en sommes sûrs, où les prêtres eux-mêmes s’inquiéteront de cette demande latente et susciteront son expression. Pour l’instant, notre devoir de catholiques est de les aider à s’exprimer. De les aider pacifiquement à s’exprimer pacifiquement.

Commencée en mars 2009, la campagne d'enquête et de dialogue en soutien au Saint Père et au motu proprio Summorum Pontificum se poursuit dans les paroisses, dimanche après dimanche.

A la fin février 2010, on comptait déjà plus de 550.000 documents diffusés.

Ce minutieux travail de terrain est une tâche énorme qui n'est possible que grâce au zèle de centaines d'amis à travers la France qui souhaitent se faire les porte-parole des mesures de pacification proposées par Benoît XVI à toute l’Eglise universelle.

Nous nous proposons cette semaine de brosser pour vous le portrait de l'un d'entre eux et du travail de fourmi qu'il a engagé dans la capitale de la Bourgogne : Dijon.

Retraité du commerce, Michel sait d'expérience qu'à force d'attendre le client les bras croisés on risque de ne jamais le voir arriver. Catholique ayant renoué avec la messe traditionnelle au milieu des années 90 (la plupart des partisans de la messe traditionnelle ne viennent pas d’un milieu préexistant, mais sont des « convertis », faut-il le rappeler ?), il est intimement convaincu, comme l'a exprimé le Cardinal Castrillon Hoyos, que cette liturgie traditionnelle est un trésor destiné à toute l'Église et pas seulement à ceux qui ont déjà le bonheur de la connaître. C'est pourquoi, la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum libéralisant la messe de Saint Grégoire-le-Grand l'a comblé de joie mais aussi d'enthousiasme apostolique et l'a décidé à entreprendre quelque chose pour soutenir efficacement la volonté de Benoît XVI sur le terrain.


I – Seul le premier pas coûte

Entreprendre c'est certain… mais quoi ? Et ce d'autant plus que Michel se heurte bien vite à la tiédeur de l'accueil réservé au texte pontifical, non pas par les autorités ecclésiastiques – il s'y attendait ! –, mais par les fidèles qu'il contacte. Osera-t-on parler d’un certain « égoïsme » ? Il faut dire qu'en Côte d'Or, où vit Michel, les “tradis” ne sont pas à plaindre puisqu'ils ont leurs habitudes bien établies entre la Fraternité Saint-Pierre dans l'agglomération dijonnaise, qui célèbre dans la chapelle attenante à la maison natale de Saint Bernard, et la Fraternité Saint-Pie X, fortement représentée dans un département où elle compte deux institutions “historiques” (le séminaire de Flavigny et l'école pour jeunes filles de Pouilly-en-Auxois) ainsi qu'un prieuré à Dijon.

Nonobstant cette déception, l'élan de Michel demeure.Reste à trouver une forme concrète à lui donner.C'est la publication de notre lettre 168, du 9 mars 2009, qui va servir de déclic.

Apprenant le lancement d'une grande campagne pour “le réveil des paroisses de France” à travers la diffusion d'un document de soutien au Saint-Père, Michel prend contact avec nous et se porte volontaire pour rejoindre une équipe de personnes le diffusant dans sa région.
Michel étant alors le premier de nos contacts dijonnais prêts à s'engager, nous L'encourageons à commencer tout seul, l'assurant que seul le premier pas coûte.

Après avoir consacré un chemin de croix à cette aventure, Michel se lance donc le 14 juin 2009, solennité de la Fête-Dieu.

Ce dimanche-là, il se prive de sa messe traditionnelle chantée et ne s'attarde pas à l'issue de la messe basse traditionnelle pour pouvoir arriver à l'heure devant l'église de village qu'il a choisie pour sa première distribution.

Trouvant les portes fermées, la messe ayant été déplacée dans un autre village, Michel arrive sur les lieux alors que la cérémonie est déjà commencée. Après avoir distribué ses premiers documents aux retardataires, il attend la sortie pour distribuer le reste.
Bilan : près de 100 questionnaires d'enquete remis, un accueil favorable (seulement 3 refus) et un prêtre, en chasuble, qui salue paisiblement ses fidèles, la vue d'un tract orné de la photo du Pape ne déclenchant pas chez lui de crise d'urticaire.

Encouragé par cette première expérience et par l'avis positif que lui a donné un prêtre diocésain de ses amis, Michel nous annonce alors qu'il entend planifier ses distributions avec comme objectif de terminer par la cathédrale Saint-Bénigne, patron du diocèse, “avant l'Avent, pour laisser ensuite la prière faire son œuvre”.


II – Avec humilité et persévérance

Après une nouvelle distribution en solitaire à la campagne, Michel, fort de la protection de son saint patron - “chef de la milice céleste, il m'envoie souvent au combat... donc je dois suivre” - décide de continuer dans la ville.

Sa détermination est récompensée par la Providence puisqu'il reçoit un premier concours dès cette occasion. Un autre suivra peu après et le reste de l'opération se poursuivra avec l'appui de ces deux solides recrues.

Lors de cette première distribution en centre-ville, Michel constate deux choses :
1) hormis quelques refus de retardataires pressés, l'accueil est là encore plus que favorable,
2) la déchristianisation en milieu urbain est une triste réalité (80 documents seulement sont distribués alors qu'il s'agit d'une messe paroissiale dans un quartier bourgeois).

Dimanche après dimanche, patiemment, humblement, Michel et ses compagnons vont poursuivre leur quadrillage pour terminer leur entreprise fin novembre après avoir, comme annoncé, “desservi” la cathédrale Saint-Bénigne le 15 novembre, jour de messe pontificale.
Mgr Minnerath, évêque de Dijon, sera l'une des 340 personnes à prendre le dépliant, le climat bourguignon demeurant pacifique et bienveillant, nonobstant les quelques irascibles de service.

Bilan de la campagne dijonnaise de diffusion de notre enquête sur la paix voulue par Benoît XVI : 12 opérations de distributions, plus de 1.300 documents diffusés , 8 paroisses visitées et de nombreux retours positifs de fidèles ayant par le biais de cette enquête fait connaître leur sympathie voire leur attachement pour la forme extraordinaire du rite romain. Michel a ainsi pu constituer un nouveau réseau de personnes qu’il ne connaissait pas avant de se lancer mais qui partagent son amour de la liturgie traditionnelle de l’Eglise.


III – Un encouragement pour “ceux qui n'osent pas”

L'exemple de Michel prouve qu'il suffit juste d'un peu d'enthousiasme et d'esprit d'apostolat pour mieux faire connaître l'action du Saint-Père et les dispositions du Motu Proprio.
Comme il le dit lui-même : “faut y aller avec beaucoup de simplicité et de modestie ; il faut définir une stratégie en fonction de la configuration de l’agglomération (établir un programme de distribution en fonction des paroisses) et étudier ensuite, au coup par coup, la disposition de l’église et les horaires des messes, ces derniers se trouvant généralement sur internet, dans les informations diocésaines. À l’entrée des fidèles, l’accueil est généralement bon, les refus statistiquement peu nombreux, et, en face des très rares agressions verbales, il suffit de garder son calme...

Mais le véritable enseignement que Michel souhaite retirer et partager de cette opération est essentiellement d'ordre spirituel : “Cette expérience demande une foi profonde assistée par la prière et le sacrifice (se limiter à la messe basse à la place de la messe chantée, se lever plus tôt), mais elle nous procure aussi la joie d’offrir à Notre Seigneur ce qui est à notre portée.”


IV – Addendum

Le portrait de Michel ne serait pas complet sans préciser qu'il n'est ni un militant né, ni iun catholique issu du milieu traditionnel. Il est seulement un chrétien de son temps : “moderniste” comme il le dit lui-même jusque dans les années 80 quand, en réaction aux “débordements antireligieux” de sa famille, il a découvert la figure de Monseigneur Marcel Lefebvre.

Ayant néanmoins toujours gardé les yeux fixés sur Rome, il a accueilli avec gratitude la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum.

Pour lui, répondre à la générosité du Pape a donc été une évidence et il lui arrive de déplorer “le manque d'allant missionnaire“ des “tradis” qui, selon lui, se complaisent dans “un certain confort” au creux de leurs prieurés...

En tout cas, les efforts de Michel semblent payer puisque, depuis que nous avons diffusé ses coordonnées dans notre lettre 209 du 19 décembre 2009, deux nouvelles demandes de célébrations selon la forme "extraordinaire" se sont mises en place à Dijon.

Nos prières les accompagnent d’autant plus que pour l'heure, les fruits du Motu Proprio dans le diocèse sont encore rares : seulement une messe dominicale mensuelle à Beaune et une messe en semaine tous les 15 jours à Châtillon-sur-Seine à l'initiative du Père Athénor, un jeune curé entreprenant.

Pour rejoindre les demandes dijonnaises : motuproprio.remond.dijon@live.com

[Max Barret - Le Courrier de Tychique] La sagesse de Mgr Marcel Lefebvre

SOURCE - Max Barret - Le Courrier de Tychique n°325 - 28 février 2010

La sagesse de Mgr Marcel Lefebvre.

On ne le répètera jamais assez : Mgr Lefebvre, qui fut l’âme de notre résistance à l’apostasie conciliaire était doué d’une sagesse et d’une prudence dont on n’aurait jamais dû s’écarter. Nous en trouvons une preuve de plus dans la lettre qu’il adressa à Mgr Alfonso de Galarreta en août 1989. Il faut la lire, s’en imprégner et la diffuser largement ! En voici des extraits :
« A l’occasion de la nouvelle division, provoquée par l’abbé (…x…) en Amérique du Sud, qui éprouve notre chère Fraternité, il me semble opportun d’analyser l’action du démon pour affaiblir ou réduire à néant notre oeuvre.

« Les auteurs des diverses scissions n’agissent-ils pas selon deux principales tentations qui se diversifient par la suite ?

« La première tentation consiste à maintenir de bons rapports avec le pape ou les évêques actuels. Évidemment, il est plus normal et agréable d’être en harmonie avec les autorités que d’être en conflit avec elles, surtout quand ces difficultés peuvent aboutir à des sanctions.

« La Fraternité sera alors accusée d’exagérer les erreurs du Concile Vatican II, de critiquer abusivement les écrits et les actes du pape et des évêques, de s’attacher avec une rigidité excessive aux rites traditionnels et, en définitive, de présenter une tendance au sectarisme qui la conduira un jour au schisme.

« Une fois mentionné le mot schisme, on s’en servira comme d’un épouvantail pour faire peur aux séminaristes et à leur famille, les conduisant à abandonner la Fraternité, d’autant plus facilement que les prêtres, les évêques et Rome ellemême prétendent offrir des garanties en faveur d’une certaine tradition. » (Y a-t’il quelque chose de changé actuellement ? ndlr)

« Nous pourrions établir une longue liste de ceux qui nous ont abandonnés pour ces raisons.

« Il était clair que les consécrations épiscopales et l’excommunication seraient considérées comme des motifs plus que suffisants pour quitter la Fraternité, surtout au regard des garanties offertes par la Rome conciliaire en faveur de la tradition liturgique.

« Malgré que les mensonges de la Rome conciliaire se soient de nombreuses fois vérifiés dans les faits, il n’est jamais inutile d’essayer, puisqu’il s’en trouvera toujours certains pour mordre à l’hameçon.

« Mais les erreurs du Concile Vatican II et son esprit sont en permanence et publiquement confirmés par les faits et les accusations. Rien ne change au niveau des principes libéraux et modernistes. La foi catholique continue à disparaître.

« La plupart de nos prêtres, séminaristes et fidèles ne s’illusionnent pas et sont convaincus qu’il est impossible d’avoir confiance dans les autorités de l’Eglise conciliaire, tant qu’elle professe de telles erreurs. » (« Sous la Bannière » n° 147 – janvier-février 2010 – p. 5 – « Les Guillots – 18260 – Villegenon)
Monseigneur était lucide ! Il n’écrivit pas « tous nos prêtres… », mais « la plupart de nos prêtres ». Le ver était déjà dans le fruit. Il le savait et il en souffrait terriblement. Personnellement, j’avais déjà signalé des infiltrations gnostiques dans la Fraternité en septembre 1987, deux ans avant la lettre ci-dessus… Et il me répondit le 16 septembre 1987 : « Je suis parfaitement d’accord sur cette infiltration dangereuse. Je sens très bien qu’une action sournoise est menée par ces milieux incroyants « de droite » pour ruiner le bloc de la tradition catholique » (j’ai publié une photocopie de cette correspondance dans mon livre « Monseigneur Lefebvre, tout simplement ») p. 134.)

Il n’y avait déjà, en 1987, que « la plupart » des prêtres qui étaient « convaincus qu’il est impossible d’avoir confiance dans les autorités de l’Eglise conciliaire ». « La plupart »… pas tous !... Une grande majorité certes ! Mais les autres ? Le petit nombre… Les autres, ils continuèrent à alimenter « cette infiltration dangereuse… cette action sournoise » ! Monseigneur s’en était rendu compte : il « le sentait très bien » écrivait-il!

« Les erreurs du Concile Vatican II et son esprit sont en permanence et publiquement confirmés par les faits et les accusations. Rien ne change au niveau des principes libéraux et modernistes. La foi catholique continue à disparaître ». (Mgr Lefebvre – cf. ci-dessus)
Si Monseigneur, hélas, ça change… en bien pire ! Voici que l’«Osservatore Vaticano » du mardi 23 février nous apprend que le pape participera au culte luthérien le 14 mars prochain. En voici le texte intégral:
« Le Pape participera au culte luthérien célébré au temple de l’Église luthérienne évangélique de Rome, via Sicilia, dans l’après-midi du dimanche 14 mars prochain.

La visite commencera à 16h30. Elle comprendra le service luthérien avec deux homélies sur les deux textes prévus par la liturgie de la communauté : l’une du pasteur Jens-Martin Kruse, sur le premier chapitre de la 2ème épître de Paul aux Corinthiens pour parler de « l’aide de Dieu dans l’action », l’autre du Pape sur l’Evangile selon saint Jean, 12, 20-26 (« Si le grain ne meurt... »).

Il faut préciser que la communauté luthérienne de Rome est minuscule : elle compte environ 350 membres, pour la plus grande part allemands. La foi luthérienne est, on le sait, en voie d’extinction, un nombre non négligeable de ceux qui sont censés la partager n’étant luthériens que d’identité sociale, plus proches d’un athéisme indifférent que de la théologie de Martin Luther.

Le culte luthérien, via Sicilia, se célèbre généralement en langue allemande. Ce sera le cas lorsque le Souverain Pontife s’y associera.

Le cardinal Walter Kasper, Président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, accompagnera le Saint- Père lors de cette cérémonie religieuse.»
Telle est la triste réalité ! Qui aurait pu imaginer, simplement imaginer un tel scandale, il y a une vingtaine d’années ? Comment, dans une telle occurrence peut-on encore caresser l’espoir d’une conversion de la hiérarchie vaticane, par la force de persuasion des interlocuteurs de la FSSP X ? Mgr Fellay lui-même reconnaissait l’existence d’au moins quatre loges au Vatican. Peut-être plus, en tout cas au moins quatre ! Et en tout cas largement assez pour tout contrôler et tout orienter ! C’est un point de vue que soutient aussi Alain Kérizo dans le même numéro de « Sous la Bannière » - page 7 (cf. ci-dessus) : « La Rome conciliaire a été investie par la maçonnerie et prêche une doctrine gnostique, panthéiste. Il est donc impossible d’interpréter les textes de Vatican II à la lumière de la Tradition, comme le prétend Benoît XVI. Le Père Amorth, chef des exorcistes de l’Eglise conciliaire n’a-t’il pas affirmé que c’est au Vatican que l’on peut constater la plus grande concentration de démons !»

Les « bienfaits » du Motu proprio « Summorum Pontificum »

Michel Janva (« Le Salon beige ») cite un article du quotidien « Le Progrès » concernant Max Guazzini « né dans une famille juive d’origine italienne, ancien chanteur, ancien conseiller de Bertrand Delanoë, ancien patron de la radio NRJ, grand ami de Dalida, avocat et actuellement président du « Stade Français » lequel a déclaré : « Je suis catholique pratiquant. Je vais à la messe en latin. Traditionaliste ne veut pas dire intégriste. La religion n’a aucun rôle à jouer dans la société. On a la chance de vivre dans un pays laïc. C’est fondamental » Et voila !... Voila les fruits de la doctrine conciliaire enseignée dans les églises « Ecclesia Dei » où se célèbre la messe dans le « rite extraordinaire » ce qui est le cas de Max Guazzini (il assiste à cette messe à Ste Jeanne de Chantal (16ième) ! On n’y enseigne plus, la Royauté Sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! On y prêche l’oecuménisme à outrance ! La religion catholique n’est plus la seule vraie religion ! Toutes les autres mènent à Dieu ! Avec l’extension de ces messes « autorisées » de plus en plus de fidèles ne verront plus que la différence liturgique avec les messes « bâtardes », et ne seront plus nourris de l’immuable doctrine catholique! Le piège a parfaitement fonctionné, nonobstant l’opinion de ceux qui se sont réjouis de la publication de ce Motu proprio!

Ils auraient dû s’y attendre!

Ce dimanche 28 février, l’apostolat de la Fraternité St Pierre à Toronto (Canada) prend fin. Le prêtre desservant sera remplacé par un autre, très âgé, qui célèbre déjà deux messes, à 2 heures de Toronto et qui ne pourra célébrer celle-ci qu’à 13h00 ! Motif de cette sanction : le prêtre rallié de la Fraternité St Pierre continuait à donner la communion sur la langue, alors que l’Archidiocèse avait ordonné de la donner dans la main, sous le fallacieux prétexte de lutter contre la grippe H1N1 ! Logique : quand on intègre une société, on doit obéir à ses chefs ! Les incorrigibles optimistes devraient y réfléchir!

Il est grand temps que soit publié le véritable troisième « Secret de Fatima » ! Multiplions les prières à cette intention !

[F. Jehan, mbi - Bénédictins de l’Immaculée] Requiem pour Dom Gérard

Requiem pour Dom Gérard - F. Jehan, mbi - Bénédictins de l’Immaculée - 28 février 2010

Chers Amis,

Demain, 1er mars, nous commémorerons le deuxième anniversaire du décès de Dom Gérard († 28 février 2008), notre fondateur à Bedoin puis au Barroux et célébrerons ce jour-là la messe de Requiem à son intention.

Nous désirons de toutes nos forces ici à Villatalla vivre, dans sa pureté, la grâce monastique et liturgique que Dom Gérard reçut à Bedoin en 1970, qu’il sut défendre et transmettre par l’exemple et par la parole dont il avait le charisme : grâce fondatrice dont je fus un témoin privilégié comme étant son premier compagnon et disciple et qui se résume dans la quête inlassable de la vie intérieure alimentée à la source d'une part, de la Règle de saint Benoît et des coutumes léguées par nos anciens et, d’autre part, de la traditionnelle et divine liturgie.

35 ans après, confronté à un mouvement de contestation, il protestera avec force : «Je répète que je n’ai jamais, au grand jamais, voulu introduire l’usage du nouveau rite. Non seulement je ne l’ai pas voulu mais pendant trente ans nous avons tenu le cap, formé la communauté dans le sens de cette fidélité, en bravant les interdits, changés aujourd’hui en gracieuses permissions, agrémentées de félicitations en haut lieu».
C’est par cette double fidélité monastique et liturgique, en effet, que la vie intérieure établit peu à peu son royaume dans nos âmes, telle était sa conviction profonde. C’est donc aussi par cette double fidélité que nous lui témoignerons une authentique piété filiale. Une authentique piété filiale qui, comme le souligne Jean Madiran, ne consiste pas seulement «à se savoir débiteur insolvable dans son être même», mais «à savoir aussi que le patrimoine reçu est pour le transmettre et non pour en disposer».

La piété filiale n’est pas un “revêtement accessoire” de la vie monastique mais une “condition de sa survie”. Et les propos sévères mais combien vrais, hélas! de Madiran sur l’impiété à l’égard de la patrie s’appliquent tout autant et a fortiori à l’impiété religieuse :
«Car l’impie, négligent ou indifférent à l’égard de la vie intellectuelle et morale qu’il a reçue, et qui pourtant constitue son être, l’impie ingrat à l’endroit de ceux qui ont nourri et armé son âme, sera en cela très impropre à transmettre à son tour cette immatérielle richesse. Influent, comme on l’est toujours, par son être plus que par ses discours, il transmettra surtout sa propre indifférence, sa propre ingratitude. Il respirera et inspirera un esprit de méconnaissance du patrimoine moral de la patrie. Si l’on honore pas, on commence à négliger. On devient indifférent. On se trouvera désarmé en face de la dérision et du mépris qui tôt ou tard cesseront de ramper, s’élèveront au premier rang et se mettront à parler haut sans être refoulés». (Jean Madiran, Une Civilisation Blessée au Cœur, p. 34.)
«Que m’importe le passé en tant que passé, s’écriait déjà Gustave Thibon, ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d’une tradition, c’est surtout à l’avenir que je pense? Quand je vois pourrir une racine, j’ai pitié des fleurs qui demain sécheront faute de sève. Telles sont pour nous les raisons de maintenir ardemment les formes les plus sacrées de la liturgie catholique.»

C’est donc avec une gratitude, pleinement filiale, que ce lundi 1er mars nous offrirons le saint sacrifice de la messe pour le repos de l’âme de celui qui, pour beaucoup, fut un phare dans la nuit, et pour nous un père et un maître qui sût nous tracer le chemin lumineux de la vie monastique intégrale.

Animés de cet esprit filial, nous nous réjouissons, pour l’honneur et la mémoire de Dom Gérard, qu’un oblat italien du Barroux ait entrepris et proposé, à travers un site internet (romualdica.blogspot.com), une traduction de ses œuvres dans la belle et noble langue de Dante. Chers amis italiens, allez voir, vous trouverez-là un trésor de vie spirituelle pour vos âmes et le patrimoine authentique et éloquent de ce qui a constitué le fond commun de la spiritualité monastique depuis ses origines.

F. Jehan, mbi