13 mars 2010

[Olivier Figueras - Monde et Vie] La messe en latin pour tous

SOURCE - Olivier Figueras - Monde et Vie - 13 mars 2010

Le monastère du Barroux réédite un manuel complet de chant grégorien à l’usage des paroisses. Une occasion pour le cardinal Canisarès, préfet de la Congrégation pour le Culte divin de réaffirmer : le rite traditionnel, c’est pour tout le monde!

Poursuivant son travail de réenracinement liturgique, l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux vient de publier – après le Missel quotidien complet il y a déjà vingt ans (mais toujours disponible), et en coédition avec l’organisme officiel du Saint-Siège en charge de la musique sacrée, la Consociatio Internationalis Musicæ Sacræ – une réédition du Missel vespéral grégorien noté, connu sous le nom de «804», tel que paru en 1956 à Solesmes, mais mis à jour selon les rubriques de 1962. Ce missel de quelque 2 336 pages comprend le texte latin et français de la messe et des vêpres de tous les dimanches et fêtes, avec les mélodies des parties chantées en notation carrée. Destiné à la forme extraordinaire du rite romain, le livre contient cependant une table de correspondance pour ceux qui voudraient l’utiliser pour chanter les pièces grégoriennes dans la forme ordinaire.

Au-delà de l’intérêt incontestable de ce missel, il convient de noter que celui-ci contient en outre une préface, en date du 18novembre 2009, du cardinal Cañizares Llovera, actuel préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.

Le cardinal note tout d’abord l’intérêt de cette édition du Liber usualis. «En effet, écrit-il, puisque le dernier Concile du Vatican “reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine” qui “doit occuper la première place” (SC 116), il est important que pour la “participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même” (SC 14) les fidèles puissent disposer des instruments qui leur permettent d’atteindre ce but plus efficacement.»

Mais le cardinal ne se contente pas de ce satisfecit. Il souligne que ce 804 «va plus loin dans le sens des vœux du Saint-Père Benoît XVI, pour qui “les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement”, contribuant ainsi à ce que “dans la célébration de la Messe selon le missel de Paul VI, [soit] manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien”», ainsi qu’il l’indique dans la lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio Summorum pontificum.

Enfin, le cardinal, comme il l’a déjà affirmé à plusieurs reprises, entend sortir de la dialectique qui consiste à considérer une messe en latin et en grégorien «comme rétrograde et anti-conciliaire». «Avec le Motu proprio Summorum pontificum, poursuit-il, “la volonté du Pape n’a pas été uniquement […] de se limiter à répondre aux justes aspirations des fidèles qui se sentent liés, pour diverses raisons, à l’héritage liturgique constitué par le rite romain ; il s’agissait aussi, tout particulièrement, d’ouvrir la richesse liturgique de l’Eglise à tous les fidèles, rendant ainsi possible la découverte des trésors du patrimoine liturgique de l’Eglise à ceux qui les méconnaissaient encore”.»

Le cardinal cite ici la préface qu’il avait accordée, le 8avril dernier, à l’édition espagnole du livre de Mgr Nicola Bux : La réforme de Benoît XVI. Dans cet ouvrage, cette citation se poursuivait ainsi : «Combien souvent l’attitude de ceux qui les méprisent n’a d’autre cause que cette ignorance! Voilà pourquoi, sous ce dernier point de vue, le Motu proprio garde toute sa signification bien au-delà de l’existence ou non de conflits : n’y eût-il jamais eu le moindre “traditionaliste” à satisfaire, cette “découverte” eût été suffisante pour justifier les dispositions du Pape.»

Il faudrait lire en leur entier ces deux textes du cardinal Cañizares. Ils affirment pleinement, à la suite du Motu proprio, que la forme extraordinaire du rite romain, que la messe de saint Pie?V, ne doit pas être confinée dans les sacristies traditionalistes, mais être mise à la disposition de tous les fidèles.

Il y a vingt ans, préfaçant le Missel quotidien complet édité par le Barroux, celui qui n’était alors que le cardinal Ratzinger affirmait : «Cette liturgie, dont le Pape Jean-Paul II a bien voulu concéder l’usage à tous ceux qui y sont attachés, fait partie intégrante de “la richesse que représente pour l’Eglise la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d’apostolat” (cf. Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988).»

Cette formulation plus restrictive n’était assurément, dans la pensée de son auteur, qu’une étape sur le chemin que Benoît XVI a désormais ouvert.

Olivier Figueras

* Missel vespéral grégorien, «804», 14 x 20 cm, relié toile, 6 signets, 2 336 pages, 2010, 55 €. Tous renseignements sur www.barroux.org.

* Voir aussi le Missel quotidien complet, 10 x 16cm, 2 088 pages, 49 € ; et La réforme de Benoît XVI, par Nicola Bux, 208 pages, 17,90 €, publié l’année dernière en français par les Editions Tempora.

[Daniel Hamiche - Monde et Vie] Émotion à l’archevêché : un tiers des pratiquants parisiens veut la Messe traditionnelle!

SOURCE - Daniel Hamiche - Monde et Vie - 13 mars 2010

Autant que les faits, les chiffres sont têtus ! Et ceux qu’expose le dernier sondage réalisé pour Paix Liturgique par Harris Interactive sur l’intérêt des catholiques pratiquants de l’archidiocèse de Paris pour la «forme extraordinaire» du rite romain démontrent que l’affirmation répétée du cardinal André Vingt-Trois sur l’offre satisfaisante, selon lui, de la messe traditionnelle à Paris n’est qu’une présomption.

La première question de ce sondage, même si elle ne touche pas directement au cœur de l’affaire, révèle une catastrophe. Sur les 1 785 sondés résidant à Paris, seuls 850 (47,6%) se disent catholiques. Les catholiques sont donc devenus minoritaires dans la capitale de la «fille aînée de l’Église». C’est là une terrible leçon.

Il en est une seconde que l’on peut tirer de la deuxième question posée donc aux seuls catholiques, quant à leur pratique religieuse. Ils ne sont que 9,9% à aller à la messe tous les dimanches, 3,5% à ne s’y rendre qu’une fois par mois, 16,7% à limiter leur pratique aux grandes fêtes, 43,8% à s’y rendre occasionnellement (baptêmes, mariages, obsèques…) et 26,1% à ne jamais mettre les pieds à l’église…

Que le passage du nombre des catholiques de l’archidiocèse sous la barre des 50% de la population parisienne ne puisse être directement porté au débit de la hiérarchie ecclésiale est en partie une évidence : l’afflux d’une immigration notamment musulmane a évidemment bouleversé la sociologie religieuse de la capitale sans que les hiérarques catholiques n’y aient pu mais. En partie seulement toutefois, car l’Église de Paris ne se distingue guère depuis des décennies par une évangélisation signalée envers les musulmans… Ce mauvais chiffre est aussi une conséquence de la fausse conception d’un “dialogue interreligieux” mâtiné de relativisme.

Par contre, une pratique religieuse à moins de 10% chez les catholiques de la capitale met le doigt là où ça fait mal : la faillite des différentes “pastorales” expérimentées depuis un demi-siècle et la très relative séduction de la nouvelle Messe sur le peuple catholique. C’est un curieux paradoxe que véhicule le discours “liturgiquement correct” : l’ancienne Messe fut rejetée au nom de son manque de “participation” alors même qu’elle rassemblait un nombreux troupeau, tandis que la nouvelle, soi-disant plus “participante”, et supposée rassembler un plus nombreux troupeau encore, l’a vu non point s’y égayer mais s’en égailler… Simple remarque en passant.

Si une bonne majorité des catholiques parisiens (54,7% contre 45,3%) sait que Benoît XVI a rendu sa liberté à la «forme extraordinaire», c’est encore une majorité (50,6% contre 24,5%) qui trouve normale la “cohabitation” des deux formes du rite romain dans le cadre de sa paroisse. Cette dernière question est très intéressante puisqu’elle n’était pas posée en général mais explicitement dans le cadre de la paroisse fréquentée habituellement par le sondé: 1 catholique sur 2 n’y voit rien à redire, alors qu’il ne s’en trouve que 1 sur 4 pour le contester.

La dernière question de ce sondage affine l’analyse et les résultats sont proprement sidérants.

Chez les missalisants réguliers (messe dominicale hebdomadaire), 24% assisteraient volontiers à la Messe célébrée selon la forme extraordinaire chaque semaine (4% une fois par mois, 2,5% pour les grandes fêtes et 40% occasionnellement).

Plus intéressant encore, 10% de ceux qui ne vont à la Messe qu’une fois par mois disent être d’accord pour assister à la forme extraordinaire chaque semaine ! Oui, vous avez bien lu : une offre généralisée en paroisse de la Messe traditionnelle ramènerait 10% de catholiques parisiens à une pratique régulière et conforme au commandement de l’Église, ce qui ferait quasiment doubler le nombre de missalisants réguliers à Paris sans qu’il soit besoin de procéder à des campagnes d’affichage dispendieuses ou à la mise en place de nouvelles pastorales-usines à gaz…

Supposons juste l’estimation selon laquelle chaque dimanche 4 000 fidèles assistent à la Messe traditionnelle à Paris (pour un nombre total de missalisants de 100 000, soit, 4% des pratiquants réguliers), les résultats apportés par ce sondage permettent d’extrapoler à 35 000 (soit le tiers) le nombre de missalisants parisiens qui pourraient assister à la forme extraordinaire chaque dimanche si l’offre était plus généreuse, c’est-à-dire dans chaque paroisse de la capitale et à un horaire normal.

Paix Liturgique a adressé au cardinal Vingt-Trois une copie de ce nouveau sondage avant de le rendre public : l’archevêque de Paris en a fait accuser réception une semaine plus tard sans commentaires particuliers… Il se trouvera certainement quelqu’un dans son entourage pour le lui expliquer afin qu’on ne l’entende plus jamais dire qu’à Paris «la demande est satisfaite» : les résultats que je viens de signaler disent tout le contraire…

Daniel Hamiche

[Daniel Hamiche - Monde et Vie] La «divine surprise» du cardinal Vingt-Trois?

SOURCE - Daniel Hamiche - Monde et Vie - 13 mars 2010

Ce n’est pas offenser l’archevêque de Paris que de constater qu’il ne comprend rien aux catholiques traditionalistes, et qu’il comprend encore moins pourquoi Rome s’intéresse tant à eux. Pour lui, il le dit, verbatin, jusqu’à Rome à qui veut l’entendre, les tradis ce sont des «maurrassiens», et les demandeurs de la Messe traditionnelle des «em…». Il est à craindre que les révélations du dernier sondage de Paix Liturgique sur l’archidiocèse de Paris aient sérieusement secoué le cardinal président de la Conférence épiscopale : 35% des catholiques pratiquants parisiens seraient donc des «maurrassiens», puisque, il y a 35% de fidèles qui, d’après le sondage, désirent profiter de la forme extraordinaire de la Messe tous les dimanches dans leurs paroisses. Les «maurrassiens» seraient-ils devenus le «premier parti» dans l’Église ? Evidemment non. Reste que pour le cardinal Vingt-Trois, les résultats de ce sondage ne constituent assurément pas une «divine surprise».

D.H.

[Mgr Williamson] Soixante-dix ans

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison CXXXIX - 13 mars 2010

Tout d'abord et avant tout, permettez-moi de remercier chaleureusement ceux qui, parmi vous, ont pris le temps pour me faire parvenir de manière ou d'autre en début de semaine leurs vœux pour l'anniversaire de mes 70 années passées ici-bas. En toute vérité, je peux affirmer que depuis mon ordination sacerdotale par Mgr Lefebvre en 1976, j'ai eu beaucoup de joies, et toutes sont venues de Dieu. C'est lui qu'il faut remercier.

Non pas que la première moitié de ces années ait été triste pour autant, bien au contraire. Avec la sagesse du recul, je vois maintenant comment Dieu pendant tout ce temps m'a conduit pas à pas vers la prêtrise, sans que je me sois rendu compte de ce qu'il faisait ! Il est infiniment bon, infiniment plus bon qu'on ne peut l'imaginer, « Car sa miséricorde dure éternellement ». Jeunes gens, répétez-vous souvent avec les Français : « Si tu veux être heureux pour trois heures, saoule-toi ; pour trois mois (c'est poli - la version officielle dit, trois jours), marie-toi ; pour le reste de ta vie, fais-toi prêtre ». La vie d'un prêtre peut être fatigante souvent, mais elle est lumineuse et heureuse, comme le dit Maria Valtorta dans le « Poème de l'Homme-Dieu ».

Beaucoup d'entre vous m'écrivirent aussi quelques mots d'encouragements et de consolation pour ce que vous perceviez comme une lourde croix : cet « exil interne » d'une année qui me frappa suite à l'expression publique que je fis de mon doute sur un dogme fondamental du Nouvel Ordre Mondial. Ne vous en faites pas ! En premier lieu, rappelez-vous qu'en tout lieu contrôlé par le Nouvel Ordre (et c'est dans les faits pratiquement partout), le champ qu'il laisse libre à ses ennemis pour leurs manœuvres est le plus petit possible. Et si cela nous afflige, alors sachons y reconnaître une juste punition de Dieu pour ce crime par lequel nous le supposons aussi libéral que nous le sommes nous-mêmes. Donc ses amis ont une liberté de manœuvre bien rétrécie.

En second lieu, laissez-vous rassurer que cette année d'exil n'a pas été l'année de souffrances et de tribulations que certains d'entre vous imaginent. Dans le quartier général de la Fraternité St Pie X d'Angleterre, ici à Wimbledon, mes collègues sacerdotaux m'ont réellement choyé. Après 32 années de la vie ascétique que mène le professeur ou directeur d'un séminaire, cette année sans obligations et avec une vie apostolique des plus réduites m'a offert un grand repos. Sans compter que ce retour dans mon pays natal comme un vieillard me permet de voyager gratuitement dans les transports publics londoniens, ce qui m'a donné la liberté de ma ville natale, liberté inconnue dans mes années «de salade et de verdure » (Antoine et Cléopâtre, Shakespeare). L'un dans l'autre, cet « exil » jusqu'à présent a ressemblé plutôt à ce que les Français appellent « une douce violence », ou une souffrance assez agréable.

De toute façon, cela durera ce que Dieu veut, et pas plus. Dans l'hémisphère nord, le printemps s'approche. J'ai déjà vu voltiger par ma fenêtre plusieurs sortes d'oiseaux, volant deux à deux. Ma foi, que la Troisième Guerre Mondiale arrive, ce sera à l'heure fixée par Dieu (et pas par ses ennemis), et Hamlet aura toujours raison de paraphraser l'Evangile : « Il y a une providence spéciale pour la chute d'un moineau ... que ce soit à présent ou pour plus tard, soyons prêts » (« Hamlet », Shakespeare). Dans la bouche du Prince de Danemark cela veut dire, soyons prêts à mourir. Que Dieu veuille bénir ceux qui m'ont envoyé leurs vœux, comme ceux qui y ont pensé.

Kyrie eleison.

12 mars 2010

[Abbé Guillaume de Tanoüarn - IBP Roma] Un dîner théologique

SOURCE - IBP Roma - 12 mars 2010
Avant-hier soir, à la Maison, l’abbé René-Sébastien Fournié avait organisé un dîner chaleureux avec Monseigneur Guido Pozzo, responsable de la Commission Ecclesia Dei devant le cardinal Levada, Préfet du Saint-Office. Au menu : verrines et magrets, une petite pause dans le Carême. Monseigneur Pozzo restera très sobre toute la soirée, mais ses saillies n’en sont que plus nombreuses. Il parle de ce qui l’intéresse, de ce qui le passionne même : la théologie. Et de déplorer l’absence de systématiciens originaux. La théologie d’aujourd’hui dans le meilleur des cas est une redite soupire-t-il. Le cardinal Ratzinger demeure, seul véritable théologien, dans un monde qui n’en a plus. La raison ? Comme le Père Garrigou-Lagrange, même si ce n’est pas dans les mêmes termes, Monseigneur Pozzo attribue la crise de la théologie à la crise de la métaphysique, ou plus exactement à l’absence de métaphysique qui caractérise l’homme d’aujourd’hui. Emporté par son élan, il évoque sa propre thèse de théologie, soutenue naguère sur Hans Küng, et il stigmatise les théologiens radicaux de cette espèce qui ont placé la foi pure dans une sorte d’ailleurs inaccessible. Résultat ? la théologie radicale consiste à utiliser les catégories d’une culture mondaine pour dire la foi à un moment de l’histoire. Et puis il faut recommencer quand la culture change. Vu comme ça, Hans Küng est une sorte de Sisyphe, qui n’en finit pas de monter son rocher. Et pas seulement celui-là souligne-t-il. Dans ses Entretiens sur la foi justement, le cardinal Ratzinger s’est attaqué aussi à ceux qui cherchaient uniquement à trouver des intermédiaires entre la foi et la culture dominante. Cette recherche est vaine, martèle mons. Pozzo, décidément très en forme. Au café, nous essayons de descendre de ces hauteurs…

Mais le ton de la rencontre est donné. Toujours précis, toujours spéculatif, dans une sorte de… gouaille (c’est le mot qui me vient à l’esprit, moi qui suis parisien), mons. Pozzo nous parle du Concile : on peut déclarer que quelques points traités au Concile reste ouverts ou que le lien de certains exposés conciliaires avec la Tradition est problématique, mais la question est de savoir si une herméneutique de continuité est possible (si on reconnaît cette possibilité, on est catholique) ou bien si elle n’est pas possible – et cela, nous dit-il d’une voix forte, ce n’est pas catholique. Sono eretici ! Ils sont hérétiques ceux qui prétendraient que Vatican II ne peut pas recevoir une interprétation correcte de la part du Magistère.

On sent que tout l’effort de ce théologien de profession qu’est mons. Pozzo, c’est d’affirmer et de réaliser la continuité réelle (et non seulement verbale ou fictive) entre le Concile, l’enseignement qui le précède et l’enseignement qui le suit. En l’écoutant je pensais à une formule du cardinal Ratzinger dans Le sel de la terre, que je modifie quelque peu pour faire porter sur la théologie (et sur monseigneur Pozzo) ce qui à l’origine désigne la liturgie : « Celui qui considèrerait comme absolument faux tout ce que l’Eglise a tenu de plus vrai depuis son commencement, celui-là c’est la crédibilité de l’Eglise qu’il met en cause ». Monseigneur Pozzo est un beau défenseur de cette Institution ecclésiale qui a besoin de continuité pour affirmer à la face du monde sa fonction salvifique.

[summorum-pontificum.fr] Le curé d'Ars et la messe traditionnelle à Mantes (78)

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 12 mars 2010

Les catholiques du diocèse de Versailles pourront se recueillir le mardi 23 mars devant les reliques du saint curé d’Ars. En cette Année sacerdotale, y a-t-il une meilleure manière de prier pour le sacerdoce catholique ? C’est à la Collégiale de Mantes-la-Jolie qu’aura lieu cette journée particulière de prières, avec un ensemble de messes, de chapelets, de méditations et de conférences proposés aux fidèles à partir de 8h30.

Mais pourquoi en parler sur ce blog, me direz-vous ? Tout simplement parce que dans le cadre de cette journée une messe traditionnelle a été prévue par le curé de la Collégiale, le soir à 20h00, c’est-à-dire à une heure accessible par tous, notamment pour ceux qui travaillent. C’est normalement l’abbé Long, curé de Bonnières-sur-Seine, dont dépend la chapelle de Rolleboise, desservie par l’abbé Paul Aulagnier, de l’Institut du Bon-Pasteur, qui devrait célébrer cette messe.

On raconte que le doyen dont dépend Mantes n’était pas très favorable à la célébration de cette messe, mais que celle-ci a été maintenue, notamment avec le soutien de Mgr Aumonier, évêque de Versailles. Pour une fois, je suis particulièrement heureux de souligner ce dernier aspect. 

9 mars 2010

[Abbé de Tanoüarn, ibp - Le Forum Catholique] Noël en Carême...

SOURCE - Abbé de Tanoüarn, ibp - Le Forum Catholique - 9 mars 2010
Cher Noël, chère Gentiloup, chers amis de la FSSPX,

Avec beaucoup d'habileté, Mgr Fellay parle comme si les discussions n'avaient pas encore commencé ce qui lui permet de n'en rien dire. La réalité (les faits sont têtus) c'est qu'il y a eu déjà deux longues discussions, au cours desquelles chacun a pu se faire une idée de ce que voulait l'autre, Ecône d'un côté et Rome aussi. Je ne suis pas sûr que le premier bilan soit très positif pour être ainsi passé à la trappe par Mgr F.

Noël voudrait que les communautés ED s'unissent à la FSSPX sur diverses campagnes militantes, relevant d'ailleurs souvent d'avantage d'actions vraiment "politiques". Les communiqués incendiaire de religieux qui n'ont pas en main toutes les données et se contentent d'agiter un drapeau rouge de manière assez vaine n'ont pas leur place me semble-t-il. J'ai connu une époque où Suresnes et le District comprenaient très bien cela. Est-ce une évolution de la FSSPX, que j'ai connue naguère beaucoup plus prudente sur ce genre de sujet ? L'avenir nous le dira. Quant au Communautés ED, elles font confiance à des publications libres, qui font très bien ce genre de travail de dénonciation.

Pour s'unir à la FSSPX aujourd'hui, encore faudrait-il savoir où elle va, et le Saint Esprit seul en sa Préscience... Gentiloup pense le savoir. Elle est très catégorique pour dire qu'il n'y aura jamais d'accord avant que l'Eglise se soit restaurée de l'intérieur (autant dire jamais car les restaurations, a ne marche pas en histoire). Jamais d'accord ? C'est effectivement une interprétation possible de l'attitude de Mgr F. et des trois autres évêques. Il y en a d'autres... Cela a pu se lire sous leur plumes. Il y a d'autres lectures. En tout cas c'est le manque de lisibilité qui fait l'isolement de la Vieille maison. Qu'elle ne s'en plaigne pas. On ne peut pas s'associer avec des gens dont on ne perçoit plus l'identité spirituelle, catholique ou résolument dissidente.

Résolument dissidente ? C'est ce que laisse penser les attaques ad hominem, qui ont remplacé trop souvent le travail de fond. On crie avant d'avoir mal, on ne sait pas ce qui va se passer et on attaque. Mais on se garde bien soi-même d'avoir aucun discours précis en public (au motif que "ces choses là" se traitent dans le secret, comme si le dogme catholique relevait de je ne sais quel secret initiatique). "ce que vous avez entendu au fond de votre chambre, si vous avez la conscience tranquille, proclamez le sur les toits !

Cher Noël, si vous voulez un travail de fond sur le Concile, lisez mieux mon Metablog, sur lequel la première conférence est publiée. Les autres suivront, mais si vous n'avez pas la patience d'attendre au fond de votre Province, je peux vous envoyer les enregistrements. il suffit de les demander : vous verrez que cette eau de rose est plutôt corsée ! A l'IBP, sans tapage inutile, que ce soit sur le Blog Disputationes theologicae ou sur le mien, s'opère une lecture critique du Concile, qui vise non à se faire passer pour les purs d'entre les purs, mais à travailler, en restant à notre place, à l'à venir de notre Eglise bien aimée.

J'invite tous les Parisiens qui le souhaitent à venir dimanche prochain à 18 H au Centre Saint Paul. le sujet ? Vatican II et le culte chrétien.

[summorum-pontificum.fr] Petite analyse d’un article de La Croix

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 9 mars 2010
Ce dimanche 7 mars, le journal La Croix, quotidien officiellement officieux ou officieusement officiel de l’épiscopat français, vient de consacrer un article de « philologie » à la mouvance traditionnelle, sous la signature de l’inénarrable Isabelle de Gaulmyn.

Je me propose de publier d’abord un passage de cet article (précédé d’une lettre) suivi de mes commentaires (précédés de chiffres).

A]

« Intégristes ou traditionalistes? De plus en plus de lecteurs reprochent  à La Croix la terminologie par laquelle nous classons les catholiques se réclamant de la fraternité saint Pie X, celle fondée par Mgr Lefebvre. C’est qu’autrefois, les choses étaient relativement claires: il y avait deux sortes de fidèles attachés au rite ancien (préconciliaire): les catholiques qui se situaient dans l’Eglise, et que l’on nommait les « traditionalistes ». Et les catholiques se proclamant hors Eglise, schismatiques, dont les membres de la fraternité saint Pie X,  eux aussi attachés au rite ancien, que l’on désignait donc sous le terme d’ « intégristes »… »

1°) Ils doivent être nombreux ces lecteurs pour que La Croix se décident ouvertement à les prendre en compte. C’est un fait, un fait positif. L’action auprès des autorités et de la presse, fonctionne dès lors que la mobilisation est importante et constante. Cela doit être le cas.

2°) « autrefois, les choses étaient relativement claires » (comme au temps du Mur de Berlin ?). Claires, pour qui ? Pas si claires, en fait, puisque sur cet autrefois, la journaliste dit aujourd’hui n’importe quoi. Quoi que l’on pense de la Fraternité Saint-Pie X, ou pour être plus exact, quoi qu’en pense Isabelle de G., la Fraternité Saint-Pie X ne s’est jamais « proclamée » en dehors de l’Église, ni de ce fait, schismatique. Elle a toujours refusé et elle refuse toujours cette présentation ainsi que le terme intégriste qui lui est attribué pour désigner ses prêtres et ses fidèles.

3°) Toujours sur l’autrefois, on conseillera à Isabelle de G. – il n’est jamais trop tard pour bien faire – de lire, par exemple, Intégrisme, histoire d’une histoire de Jean Madiran. Pour la (petite) histoire, le livre date de 1964…

4°) Le rite ancien n’est pas seulement le rite préconciliaire et il n’est pas d’abord ancien : il est traditionnel. Il n’est pas seulement préconciliaire (même s’il le fut) : il est aujourd’hui l’une des deux formes du rite romain.

B]

« Désormais, c’est beaucoup plus compliqué… Certes, Benoît XVI, en libéralisant le rite ancien, ou préconciliaire, (la messe en latin) a contribué à brouiller les cartes. Mais ce sont surtout les comportements de ces catholiques-là qui ont changé. Certains vont se dire de l’Eglise catholique, donc fidèles au pape, mais refuser d’obéir aux évêques. D’autres se proclament hors de l’Eglise telle qu’elle est, tout en se reconnaissant proches de tel évêque, pourtant nommé par le pape. Et entre ces deux, tous les cas de figures sont possibles : participer de temps en temps à une célébration de la fraternité Saint Pie X, et en même temps pratiquer dans sa paroisse « classique », n’aller qu’à des messes en rite ancien tout en proclamant sa fidélité à Rome, et souvent, un peu de tout cela à la fois… Bref, il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la fraternité saint Pie X d’«intégristes ». Terme qui en plus sous-entend une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas… »

1°) Admirable exercice de style. Comment faire des reproches au Pape sans en avoir l’air. Le très embêtant Benoît XVI a compliqué une situation qui était très simple (même si elle était fausse et injuste). Il a brouillé les cartes, expression qui laisse entendre qu’il avait peut-être des intentions pas très…catholiques. De qui parle ensuite Isabelle de G. ? Les cas de figure qu’elles évoquent se retrouvent peu ou prou partout dans l’Église. Tel qui refuse d’obéir au pape mais à tel évêque. Tel qui refuse d’obéir à toute autorité sauf à sa perception des choses (très très répandu) ; tel qui va dans sa paroisse ou qui ne va pas du tout à la messe ou qui va chez le Pasteur ou qui se contente de la messe à la TV sans être malade. Etc. Comment faut-il les appeler ? Des intégristes, eux aussi ?

2°) Notons quand même une reconnaissance : le terme intégriste « sous-entend une forme de violence » que de fait la Fraternité Saint-Pie X n’a pas. Même à La Croix, les choses évoluent.

C]

« Preuve que, même lorsque l’on se dit attaché à « la tradition », on n’échappe pas à son époque. Car ces catholiques-là ne sont pas plus à l’abri que d’autres de comportements individualistes, typiques de notre post modernité : chacun choisit ses propres modalités de pratiques et d’appartenance,  revendiquant le droit de piocher ça et là, et surtout, sans vouloir se faire étiqueter dans un camp plus que dans l’autre, ni sans se mettre sous une hiérarchie plus qu’une autre…  Intégristes ou traditionalistes? En tous les cas, postmodernes… »

1°) Belle reconnaissance sans en avoir l’air. Nous sommes bien d’accord que nous sommes contaminés par la modernité et ses avatars. Comme les autres, qui ne le savent pas plus souvent que les fidèles attachés à la Tradition. Seulement, ces derniers prennent conscience que pour se soigner il vaut mieux recourir à la messe traditionnelle et aux sacrements plutôt que d’aller courir la dernière des nouveautés, en se pensant en pleine forme. La différence, c’est que les fidèles attachés à la Tradition pensent que ce bricolage religieux n’est pas un bien, favorisé qu'il est par un relativisme dont certains trouvent les racines dans des textes équivoques de… Vatican II. 

[Mgr Fellay - Fideliter - DICI] Les conversations romaines : Quelques perspectives

SOURCE - Mgr Fellay - Fideliter - DICI - 9 mars 2010

Entretien avec Mgr Bernard Fellay paru dans Fideliter, revue du District de France de la Fraternité Saint-Pie X.

Monseigneur, merci d’accepter de répondre à nos questions. Qu’est-ce qui fait la différence entre ces entretiens doctrinaux et les précédents échanges ayant eu lieu du vivant de Mgr Lefebvre, par exemple à propos des Dubia ?
Auparavant, les échanges étaient plutôt informels, sauf en quelques rares occasions, comme au début du pontificat de Jean-Paul II. Mgr Lefebvre, tout en présentant les principales objections aux nouveautés – et en protestant énergiquement contre les scandales qui secouaient l’Eglise -, cherchait alors un accord plutôt pratique : il pensait que Rome pourrait lui laisser faire « l’expérience de la Tradition » en accordant à la Fraternité Saint-Pie X une régularisation canonique avant tout débat de fond. Après 1988 il a clairement indiqué la marche à suivre : porter la discussion sur le terrain doctrinal, sur l’essence même de la crise qui fait tant de ravages. Aujourd’hui, le Saint-Siège nous a accordé sans contrepartie ces fameux entretiens doctrinaux, de manière officielle. Cela sera pour nous l’occasion de témoigner de la foi et de nous faire l’écho de 2000 ans de Tradition, sans nous priver de reprendre certaines études, comme justement les Dubia sur la liberté religieuse qui, à l’époque, n’avaient pas obtenu de réponse satisfaisante.
Seule la Fraternité a obtenu ces entretiens, sérieux et presque solennels. Aucune communauté Ecclesia Dei n’en a obtenu. A votre avis, est-ce le signe du bien-fondé de notre attitude de résistance et de refus d’un compromis ou d’une reconnaissance canonique équivoque, ou bien est-ce le signe que les communautés Ecclesia Dei n’ont finalement plus grand chose qui les distingue de la ligne conciliaire ?
C’est sans doute le signe des deux.
Pouvez-vous nous donner une liste exacte des thèmes abordés, Monseigneur ?
Vous les trouvez dans le communiqué de presse qui a suivi la première rencontre, le 26 octobre dernier : « En particulier seront examinées les questions concernant la notion de Tradition, le Missel de Paul VI, l’interprétation du Concile Vatican II en continuité avec la Tradition doctrinale catholique, les thèmes de l’unité de l’Église et des principes catholiques de l’œcuménisme, du rapport entre le Christianisme et les religions non chrétiennes et de la liberté religieuse. »
La philosophie moderne et les nouveaux concepts (témoignage, dialogue, ouverture, engagement, expérience, etc.) seront-ils à l’ordre du jour des discussions ?
Tous ces sujets sont sous-jacents à bien des problèmes touchant la nouvelle ecclésiologie, et il paraît inévitable qu’ils soient évoqués à l’occasion de ces entretiens qui, je vous le rappelle, tournent autour du Concile et de son aggiornamento.
Est-il possible d’observer une discrétion totale autour de ces conversations ? N’y a-t-il pas des bruits qui ont déjà filtré ?
Pas à ma connaissance, si ce n’est quelques aspects secondaires touchant à l’organisation générale de ces conversations.
Quelle est la raison pour laquelle le Vatican et la Fraternité tiennent à garder une si grande discrétion autour des conversations doctrinales ?
Il est très important que le climat des discussions soit paisible et serein. Nous vivons à l’heure de la médiatisation et de la démocratie universelle où chacun juge de tout et donne son opinion sur tout. Les questions de théologie et les enjeux sont tels qu’il est préférable de laisser les choses se faire dans la discrétion. Le moment venu, si nécessaire, il sera toujours temps d’en rendre compte publiquement.
On dit souvent qu’entre Rome et la Fraternité, on ne se comprend pas parce qu’on n’a pas le même langage. Est-ce vrai de nos actuels interlocuteurs romains? Comment faire pour avoir le même langage?
Il est encore trop tôt pour vous répondre. Nous avons en tout cas affaire à de brillants esprits avec lesquels nous devrions pouvoir échanger. La formation philosophique thomiste est bien évidemment la meilleure façon de procéder.
Les théologiens que Rome a choisis sont-ils à votre avis représentatifs du courant général théologique dans l’Église aujourd’hui ? Ou bien sont-ils plus proches d’une tendance particulière ? Leur ligne de pensée est-elle proche de celle de Benoît XVI ?
Nos interlocuteurs me paraissent très fidèles aux positions du pape. Ils se situent dans ce que l’on peut appeler la ligne conservatrice, celle des partisans d’une lecture la plus traditionnelle possible du Concile. Ils veulent le bien de l’Eglise mais en même temps sauver le Concile : c’est là toute la quadrature du cercle.
Les théologiens choisis par le Vatican sont-ils thomistes ? Le sont-ils à la manière traditionnelle ?
Nous le verrons. Nous avons en tout cas affaire à un Dominicain, certes, grand connaisseur de saint Thomas d’Aquin, mais aussi à un Jésuite et à un membre de l’Opus Dei.
Dans les entretiens, quels seront les points de référence, en dehors de la Révélation, de l’Écriture et de la Tradition ? Le Magistère antérieur à Vatican II seulement ? Ou bien celui postérieur ?
Le problème concerne Vatican II. C’est donc à la lumière de la Tradition antérieure que nous examinerons si le magistère post-conciliaire est une rupture ou pas.
Certains craignent que nos théologiens, pris par l’atmosphère des bureaux du Vatican, baissent la garde dans leurs entretiens. Pouvez-vous les rassurer ?
Nous allons à Rome pour témoigner de la foi, et l’atmosphère des bureaux nous importe bien  peu. Nos théologiens se réuniront tous les deux ou trois mois dans une grande salle du Palais du Saint-Office, pas dans des bureaux…
Concernant la durée de ces entretiens, vu la difficulté de la plupart des sujets, qui demandent au moins un ou deux ans chacun, cette durée pourra-t-elle être plus courte que cinq ou dix ans ?
J’espère qu’il n’en sera pas ainsi… en tout cas, lorsqu’on aborde avec une personne, quelle qu’elle soit, la question de la messe, de la liberté religieuse ou de l’œcuménisme, il ne faut pas tout ce temps pour le convaincre !
Ne craignez-vous pas que, dans le cours de ces discussions, Rome en vienne finalement à répondre à nos objections (concernant la liberté religieuse ou la nouvelle messe) par l’argument d’autorité : Rome a décidé ainsi, or elle ne peut pas se tromper, etc. ?
On peut le craindre, bien sûr, mais dans ce cas, cela montrerait que Rome n’avait pas vraiment eu l’intention de discuter. Or le débat sur Vatican II est incontournable. Le récent livre de Mgr Gherardini, théologien romain reconnu, le prouve assez. Vatican II peut être discuté ; il doit l’être.
Ne peut-on pas craindre que ces entretiens débouchent sur des déclarations communes, dans lesquelles les parties s’entendent sur des points communs, mais sans régler les débats de fond, un peu comme pour la Déclaration commune avec les luthériens sur la justification ?
Il n’est pas question de déclarations communes.
Supposons que l’un des théologiens, côté romain, soit amené à se ranger à telle ou telle thèse traditionnelle, par exemple à juger la liberté religieuse comme non conforme à la Tradition, suite à ces entretiens. Que pourrait-il se passer ensuite ?
Ce que la Providence voudra. Nous verrons bien alors ce qu’il conviendra de faire. Nous n’y sommes pas encore.
Les fidèles ont prié le rosaire pour la reconnaissance de la messe traditionnelle et pour la levée des excommunications ; à présent ils prient pour la consécration de la Russie par le pape. Avez-vous le sentiment qu’ils prient également pour le bon aboutissement des entretiens doctrinaux ?
Cela vaut la peine de prier à cette intention, comme l’ont fait les enfants de la Croisade eucharistique au mois de janvier. De notre témoignage de foi peut découler un grand bien pour l’Eglise… En fait, il me semble que les objets de ces croisades du Rosaire sont imbriqués les uns dans les autres : il n’y aura pas de triomphe marial sans restauration de l’Eglise et donc de la messe avec l’enseignement de la foi.

Fideliter mars-avril 2010 – CLOVIS- FIDELITER,  B.P. 118, 92153 Suresnes cedex. Abonnement annuel : 39€ (France) 49€ (Europe) 59 € (Etranger, DOM-TOM). En ligne sur www.clovis-diffusion.com.

[Metablog] intégristes/traditionalistes - La Croix commence sa révolution culturelle

SOURCE - Metablog - 9 mars 2010
«Intégristes ou traditionalistes?» Sous ce titre, Isabelle de Gaulmyn s’interroge dans La Croix sur l’appellation à donner aux fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Quel bonheur de lire que «de plus en plus de lecteurs reprochent  à La Croix la terminologie par laquelle nous classons les catholiques se réclamant de la Fraternité Saint Pie X». Chouette! pour La Croix, on peut fréquenter les chapelles de la FSSPX, on n’en est pas moins : «catholique».

Catholique oui, mais… catholiques intégristes ou catholiques traditionalistes?

«Autrefois, les choses étaient relativement claires», avec d’un côté les «traditionalistes», et de l’autre «les catholiques se proclamant hors Eglise, schismatiques», que l’on nommait «intégristes», nous dit Isabelle de Gaulmyn. - Lecteur, je sais, tu tiques, tu n’as jamais rencontré dans ta chapelle aucun catholique «se proclamant hors Eglise», inutile de m’envoyer un mail furibard, je tique avec toi. Mais voyons la suite:

«Désormais, c’est beaucoup plus compliqué» estime Isabelle de Gaulmyn. Entre ceux que La Croix nommait ‘traditionalistes‘ mais qui ne suivent pas les évêques d’une part, et ceux qui tout en étant ‘intégristes’ se reconnaissent «proches de tel évêque» d’autre part, c’est effectivement «compliqué», d’autant qu’entre les deux «tous les cas de figures sont possibles» (c’est Isabelle de Gaumyn qui le dit). «Compliqué»? Je pense au contraire que c’est bien simple: les frontières entre les deux milieux sont au pire poreuses, au mieux inexistantes (et ça c’est moi, le webmestre du Metablog, qui le dit).

Quoiqu’il en soit, «il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la Fraternité Saint Pie X d’‘intégristes’». D’autant que le terme d’intégristes «sous-entend une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas». Alors là! ça fait tellement plaisir à lire que je le remets: Pour Isabelle  de Gaulmyn, journaliste à La Croix, «il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la Fraternité Saint Pie X d’‘intégristes’», ce qui serait en plus leur prêter «une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas».

Suivent quelques considérations qui ne sont pas fausses: comme tant d'autres, «ces catholiques-là ne sont pas plus à l’abri que d’autres de comportements individualistes», allant «piocher ça et là, et surtout, sans vouloir se faire étiqueter»

Il est dit dans les Saintes Ecritures que «les paroles agréables sont un rayon de miel, douceur pour l’âme et santé pour les os» (Prov. 16:24). Certes, il est dit aussi: «As-tu trouvé du miel, manges-en ce qu’il t’en faut de peur que tu n’en sois repu» (Prov. 25:16), mais à lire La Croix les ‘traditionalistes’ (ex-‘intégristes’ donc) ne risquaient pas jusqu’à maintenant l’indigestion, on peut donc re-relire ce qu'écrit Isabelle de Gaulmyn: «il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la Fraternité Saint Pie X d’‘intégristes’», ce qui serait en plus leur prêter «une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas».

D’où vient ce changement? J’imagine que La Croix anticipe sur la réintégration, à terme, de la FSSPX dans les structures officielles de l’Eglise. Dans cette optique, soit La Croix continue son hostilité au traditionalisme et devient le journal d’une faction (si importante soit-elle). Soit La Croix change, et alors la Croix reste le journal officieusement officiel de l’Eglise de France, dans toutes ses composantes.

[Abbé de Tanoüarn, ibp - Metablog] Le Centre Saint Paul aborde l'année 2010 de manière sereine - Letrre aux Amis n°16

SOURCE - abbé Guillaume de Tanoüarn, ibp - Metablog - mars 2010

Chers amis,

Avec M. l'abbé Laguérie, supérieur général, présent dans nos murs depuis le mois de septembre, le Centre Saint Paul aborde l'année 2010 de manière sereine.

Et pourtant, nous avons la douleur de savoir notre abbé Alexandre Berche à l'hôpital, après le terrible accident de voiture qu'il a eu en se rendant à Tournan en Brie pour y célébrer la messe, il y a un mois. Il est physiquement hors de danger mais se trouve dans un "coma vigile" et les moments où semble s'établir un contact avec le monde extérieur sont rares. Pour lui, pour nous qui avons été saisis par la soudaineté du drame et qu'il laisse sans son sourire et sans le secours de sa générosité et de son sens de l'organisation, pour sa famille durement éprouvée, je pense en particulier à sa mère, Barbara, qui vient le voir chaque jour, nous vous demandons encore et encore vos prières, sans doute plus nombreuses en ce Carême !

La vie est souvent un sacré mélange, si vous me passez cette expression, qui signifie seulement que c'est toujours Dieu, nous le croyons, nous le savons, qui préside au mélange. Puisque je vous envoie quelques nouvelles, je voudrais aussi vous faire partager les bonnes nouvelles de ces quelques mois.

Et d'abord, nous avons eu la joie, au mois de janvier, de recevoir Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris, dans nos murs, ce qui marque l'intérêt que porte l'archevêché de Paris à notre petite communauté traditionnelle. Beaucoup croient qu'il est facile d'obtenir d'avantage que ce que nous avons en ce moment. Bien sûr, nous souhaitons pouvoir célébrer la messe dans une église et normaliser un peu notre situation. Mais je crois qu'il ne faut pas sous estimer ce que nous représentons aujourd'hui dans la Capitale : la seule communauté intégralement traditionnelle, avec tous les offices dans la forme extraordinaire du rite romain et une volonté tranquille de vivre en communion avec notre archevêque. L'expérience est belle. Elle se passe bien grâce à Dieu. Elle est porteuse d'espérance.

Des nouvelles ? Disons que nous nous installons toujours mieux. Je viens d'acheter des bancs pour remplacer ceux qui nous avaient été aimablement prêtés : c'était un investissement important pour notre trésorerie toujours sur le fil, mais un investissement nécessaire, car ces bancs, avec leurs prie Dieu, portent efficacement votre prière, c'est-à-dire notre raison d'être.

Dans le même ordre d'idée, celui de vivre progressivement dans nos meubles, nous avons trouvé sur Internet pour un prix sympathique, un chasublier. On nous l'a apporté de Normandie. Oh ! Ce n'est pas un meuble de style. Il était annoncé comme représentant "l'artisanat de l'Après guerre". Comprenez que c'est sans doute, dans les années 50, l'œuvre d'un curé bricoleur ou de son paroissien généreux. Mais ce meuble permet maintenant à Olivier, notre attentif et dévoué sacristain, de ne pas remuer des montagnes de vêtement pour trouver l'ornement du dimanche ou de la fête. C'est une petite chose ? Sans doute, mais très importante au quotidien et qui vous permet d'avoir facilement sous les yeux des ornements variés, sacralisant notre prière.

Mais venons-en à ce qui est toujours notre essentiel : la foi catholique, enseignée, diffusée par la liturgie et défendue par l'écrit ou par la parole. Juste un petit mot d'abord de Respublica christiana. Le n°2 de notre revue porte sur la signification de la Shoah : 144 pages, un petit Monument, élevé par Laurent Tollinier, rédacteur en chef.

Quant à moi ce qui m'occupe en ce moment, c'est la prédication d'un Carême entièrement consacré au concile Vatican II. Coïncidence (que nous avons un peu aidé à se produire), le choix de Mgr Vingt-Trois s'est porté justement sur ce sujet pour les conférences de Notre Dame... Le Concile a 45 ans, mais il est en pleine actualité. Il me semble pouvoir dire d'ores et déjà que notre critique constructive, au Centre saint Paul, tous les dimanches à 18 H, constitue un vrai succès, et qu'en tout cas elle répond à une attente, lorsque l'on voit l'assistance qui se presse à ces conférences pas forcément très faciles de prime abord. Nous ferons au Troisième trimestre un débat sur ce sujet, avec des catholiques de diverses mouvances. Vous serez bien sûr les premiers prévenus du thème, du lieu et de la date. Il me semble que la trouvaille de notre pape, cette herméneutique de continuité, est en train de rallier tous ceux qui continuent à avoir à coeur l'à venir de notre Eglise bien aimée.

Chers amis, merci à vous, merci de votre présence, sans vous nous ne pourrions rien faire. Avec vous, nous pouvons beaucoup. On oublie trop souvent l'amitié dans l'action. Mais la vraie amitié est efficace. Je crois que notre "amitié saint-Paul" peut et doit être un creuset de grâce. Si vous êtes loin de Paris ou si vous êtes empêchés pour une raison ou une autre de venir jusqu'à nous, priez s'il vous plaît pour nos trois catéchumènes, Zubir, Myriam et Cannelle, qui, durant la Veillée pascale, deviendront fils et filles de Dieu.

Et que la Vierge Marie, Notre Dame de grâces, nous prenne tous sous son manteau.

Bien à vous

Abbé G. de Tanoüarn

[Abbé Philippe Laguérie] Nouvelle attaque de la FSSPX contre l’I.B.P.

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie - 9 mars 2010

La dernière interview de Mgr Fellay dans FIDELITER (N° 194 de mars 2010) recèle un passage particulièrement cocasse. Jugez plutôt :

A la question, à peine tendancieuse et digne des sondages de l’Express, « Seule la Fraternité a obtenu ces entretiens, sérieux et presque solennels. Aucune communauté Ecclésia Dei n’en a obtenu. A votre avis, est-ce le signe du bien fondé de notre (sic ! là l’Express aurait mis votre) attitude de résistance et de refus d’un compromis ou d’une reconnaissance canonique équivoque, ou bien est-ce le signe que les communautés Ecclésia Dei n’ont finalement plus grand-chose qui les distingue de la ligne conciliaire ».

Docte réponse du prélat : « c’est sans doute le signe des deux ».

Pinocchio n’aurait pas fait mieux. A la question « Est-ce vous qui avez raison ou bien sont-ce les autres qui ont tort ? ». Il eût répondu assurément : « c’est un peu les deux, voyez-vous ».

D’autant que le journaliste (Il n’y a que l’abbé Lorans, ou du même acabit, me trompe-je ?) pose évidemment trois ou quatre questions d’un coup pour une seule réponse. Très fort.

Ces discussions doctrinales sont le signe :

Du bien fondé de notre attitude de résistance ?
Du refus de tout compromis ?
D’une reconnaissance canonique équivoque des autres ?
De leur alignement sur la ligne conciliaire ?

Ainsi décortiquée, comme elle aurait du l’être, cette question cornue aurait amené des réponses totalement spécifiques que n’aurait jamais satisfait le péremptoire et flegmatique : « c’est sans doute… »

Laissons à l’histoire future, je vous prie, de juger du bien fondé de votre attitude de résistance quant au fruit de ces discussions. C’est de ça qu’il s’agit, uniquement. Qu’il ait fallu cette attitude pour le maintien de votre œuvre et sa prospérité, c’est une évidence que personne ne vous conteste et surtout pas le pape actuel. Mais en exciper comme démonstration d’un heureux futur est plus qu’hasardeux. Cette manie de se donner raison avant le résultat des courses est assez présomptueuse.

On pourrait de même acquiescer sur le refus de tout compromis, quand il serait défini… Vos prédécesseurs hurlaient au compromis, et même au ralliement, dès lors que Mgr Lefebvre montait à Rome. A ce compte, vous êtes en pleine compromission et déjà largement ecclésia-déistes-ralliés. Passons ! Ces attitudes antécédentes de post-autojustification ne militent guère en faveur de votre assurance, Mss les journalistes de Fideliter. Car j’ose encore espérer que seule la réponse est de Mgr Fellay.

Surtout que ces réflexions ne se bornent pas à vous-même. Votre justification est tellement étincelante qu’elle ne peut s’empêcher d’aller fouiner chez les autres, c’est plus fort que vous. Si nous avons raison, comprenez-vous, c’est parce que les autres ont tort. C’est d’ailleurs la meilleure preuve que nous en ayons. On va finir par croire que c’est la seule, méfiez-vous, et le but recherché.

Ainsi l’I.B.P., qui décidément est votre véritable cible, aurait une reconnaissance canonique équivoque. Ah bon ? Nouveau ça et il fallait le trouver ! Lorans vous dis-je, il n’y a que lui pour inventer un concept aussi tordu que celui de droit équivoque. Rome érige souverainement un institut de Droit Pontifical (qui vous gène, bien sûr) en lui accordant l’exclusivité liturgique et une constructive critique du concile selon une herméneutique de continuité et vous appelez ça un droit équivoque, une reconnaissance canonique équivoque !

Au fait, depuis les « dubia » et le symposium de 2002, dont les chevilles ouvrières furent les abbés Héry et de Tanoüarn, et qui n’étaient que la partie négative du dispositif, où est votre contribution théologique un peu sérieuse au chapitre du concile et de son interprétation ? Pour quelques idées à creuser, reportez-vous aux conférences de l’abbé de Tanoüarn ou sur notre site « Disputationes Theologicae ». Elle est passée, l’époque des dénonciations et des lamentations dans les bulletins des jeunes abbés. On est sous Benoît XVI. Il faut reconstruire. Le grand Saint-hilaire a cherché et a trouvé un sens acceptable à l’ « homoiousios » des ariens hérétiques et a sauvé le 3èm formulaire de Sirmium où s’était aventuré le pape Libère. Encore un fichu rallié, cet Hilaire de Poitiers.

La votre, de reconnaissance canonique, qui arrivera certainement un jour si vous n’avez pas tout fait pour l’empêcher, (ce à quoi vous semblez vous employer consciencieusement), ne sera-t-elle pas équivoque, sans doute ? Vous aurez auparavant rayé de l’histoire jusqu’à l’existence du Concile Vatican II, n’est-ce pas ? Vous l’aurez fait condamner par Vatican III, (ou mieux, Trente II) ? Il vous aura fallu exhumer combien de cadavres ? C’est bien ça le droit univoque de la FSSPX... ?

Faites-nous plutôt quelque chose d’analogue, aussi bien ficelé juridiquement que l’I.B.P, par la bonté romaine. Quant aux discussions doctrinales, pour y revenir, elles ne s’emmanchent pas du tout comme vous le laissez croire aux fidèles. Des thèmes prévus, énumérés dans ladite interview, aucun n’a été abordé, et pas seulement faute de temps. Comme c’était à prévoir, Rome veut établir une continuité du magistère, une absence de rupture qui est la condition de l’herméneutique qu’Elle s’est fixée. Les discussions doctrinales commenceront derrière cette question de principe. Et je souhaite à toute l’Eglise que vous passiez le cap !

L’interview reconnaît que Mgr Lefebvre a changé de tactique en 1988. D’un accord pratique, (l’expérience de la Tradition) il est passé aux préalables doctrinaux. Si vous ne vous sentez plus de la seconde, revenez à la première.

Sans équivoque ni rancune.

8 mars 2010

[Ennemond - FC] Pourquoi nous ne voulons pas du bi-ritualisme

SOURCE - Ennemond - FC - 8 mars 2010

Un texte annoncé de longue date devrait préciser les modalités d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum libérant le missel de 1962. Le pape Benoît XVI a tellement investi son pontificat sur cette question liturgique que les prélats les moins conservateurs ont dû se faire une raison : Il n’y aura pas de marche arrière possible sur ce sujet.

Néanmoins, ces mêmes figures peuvent trouver dans le biformalisme une planche de salut en s’appuyant sur les propos du pape Benoît XVI qui disait qu’on ne pouvait refuser par principe le Novus Ordo Missae. De l’interdiction de refuser par principe ce missel à celle de refuser de le célébrer, il n’y a qu’un pas, enfin qu’un mot à ajouter dans quelque texte pontifical. Ainsi, un prochain texte pourrait-il affirmer que si tout prêtre doit pouvoir accéder aux demandes de célébration de l’ancien missel, cela doit être réciproque chez les prêtres traditionnalistes à qui l’on demanderait la célébration du nouveau rite. Le cardinal Levada, lors de la bénédiction de la chapelle du séminaire de la FSSP, a frôlé tous ces sujets : mélange des préfaces, unité des rites et rôle de la communauté qu’il visitait, etc.

Plusieurs conséquences sont à prévoir si une telle règle s’établissait :

- De nouveaux cas de conscience au sein de plusieurs communautés Ecclesia Dei , partagées entre l’obéissance à Rome et le refus (présenté sous la forme de la préférence et de la richesse) du nouveau missel. Bref, un remix de 1999 à l’échelle de plusieurs communautés ED, avec ses conséquences.

- Une véritable levée de boucliers de la part de la Fraternité Saint-Pie X pour laquelle le sujet n’est même pas concevable.

- Le règlement du sort de l’Institut du Bon Pasteur, dont les statuts, créés par le cardinal Castrillon Hoyos, ont étonné très haut à Rome, et qui arrivera dans quelques temps au terme de sa période d’essai.

Une telle règle reposerait sur une véritable ignorance des milieux traditionalistes qui sont à une écrasante majorité constitués de fidèles issus des paroisses diocésaines qu’ils ont quittées depuis les années 1970. La plupart d’entre eux sont des catholiques qui ont recherché pendant des années une messe NOM qui se tenait, auprès de vieux prêtres, puis qui ont été conduits à considérer les limites du compromis « Pro Liturgia », c’est-à-dire du NOM dignement célébré pour ne s’attacher – in fine – qu’à la messe qui a fait son expérience à travers les siècles. Croire que ces fidèles reviendront à un compromis est sans doute un leurre de la part de ceux qui imaginent que des gestes d’apaisement inviteraient les traditionalistes à un « entre-deux » liturgique.

Il me semble plus judicieux de considérer l’évolution liturgique à travers la pensée du cardinal Ratzinger qui affirmait en 2003 que le rite de l’avenir devait entièrement reposer sur l’ancien : « Mais je crois que dans l’avenir l’Eglise romaine devra avoir à nouveau un seul rite ; l’existence de deux rites officiels est dans la pratique difficilement “gérable” pour les évêques et les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien »

La dynamique est lancée. Mais la règle du biritualisme peut être saisie par ceux qui espéreraient faire partir la machine dans le sens inverse et prendre les traditionalistes pour ces derniers Mohicans auxquels on proposerait une voiture balais.

[summorum-pontificum.fr] Le petit jeu de Golias

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 8 mars 2010
Golias vient de se jeter sur les déclarations du pauvre abbé de Cacqueray comme un volatile de mauvaise vie sur une proie qui servira de leurre pour en piéger une autre. Dans un texte publié ce samedi 6 mars, Golias attire l’attention de ses lecteurs sur le communiqué de l’abbé de Cacqueray concernant l’attitude de certains évêques français. Sur un long communiqué, Golias n’en retient qu’une partie, mais la plus utile à sa cause, à laquelle collabore bien involontairement (on ose au moins l’espérer) la Fraternité Saint-Pie X. Ce passage le voici :  « L’actualité récente s’avère particulièrement inquiétante. Délaissant leur rôle de « surveillant », de gardien de la Foi, de successeur des Apôtres et des martyrs, un grand nombre d’évêques de France s’attache à constituer une forme d’ambassade du fait religieux en général. Noyant le catholicisme dans une cohabitation avec les autres religions qui laissent les âmes dans l’ignorance de l’amour du Christ, ils se fondent eux-mêmes dans un syndicat de défense des cultes. Ils n’hésitent plus à voler au secours de la burqa et semblent plus soucieux de fêter « un bon Ramadan » aux dignitaires de l’Islam que de faire connaître et observer le Carême à leurs ouailles ».

Très habillement, Golias évite bien d’entrer dans le fond de la discussion, c’est-à-dire – nous en sommes bien d’accords – sur le scandale que représente le choix de certains évêques de favoriser la présence de religions non chrétiennes. Mais ce sujet, qui est un vrai sujet, n’intéresse pas Golias. Sur ce thème, sa religion, si je puis dire, est faite. Dans la plus pure tradition moderniste – il suffit de relire Pascendi (on trouve le texte de l'encyclique sur le site du Vatican) – le mauvais canard de la presse catholique salue souvent l’expérience religieuse des membres des autres religions ainsi que la part de vérité qui se trouve exprimée ainsi. Mais encore une fois, très habillement, Golias évite de se porter sur ce terrain – trop visible et déjà bien balisé.

Ce qui l’intéresse, c’est d’empêcher la réconciliation entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X. Comment empêcher cette réconciliation ? En agissant non pas directement sur Rome qui restera sourd à cette prose mais, bien au contraire, sur les évêques de France en notant une fois encore qu’ils seront bien agacés par un tel communiqué :

« En tout, le rabibochage avec la Fraternité St Pie X, voulu par Benoît XVI, devrait donner des nuits blanches à nos évêques de France...Le moins que l’on puisse dire est que la Fraternité, y compris ses éléments les moins durs - auxquels appartiendrait l’abbé de Cacqueray - n’entend rien concéder mais tout obtenir. »

Les évêques ne devraient cependant pas se faire d’illusion. Pour Golias, ils ne représentent qu’un levier, le seul encore capable d’agir sur Rome, en répercutant la voix de la gauche progressiste.

On pourrait se demander pourquoi une telle insistance de la part de Golias, une telle volonté d’empêcher ce qui devrait arriver, à savoir l’accord Rome-Ecône.

1°) Le point positif de cette affaire, c’est que la Fraternité Saint-Pie X représente aux yeux de Golias « quelque chose » comme on dit de manière familière. Ecône a un poids, un poids certain et important, qui pourrait être décisif en cas de basculement de la Fraternité vers Rome. Grâce à son correspondant romain, Golias sait que le motu proprio a déjà eu des effets importants. Il n’a pas simplement libéré la messe, il a délié les langues, et plus encore, les esprits. À Rome, des prélats non seulement célèbrent la messe selon le rite traditionnel – premier effet – mais commencent aussi à s’interroger publiquement, voire à remettre publiquement en cause tel ou tel aspect du concile. On imagine très bien le bénéfice que l’Église pourra retirer de la réconciliation Rome/Ecône, même si celle-ci se fait par étapes.

En tous les cas, Golias et certains sites sédévacantistes le savent, eux. Et ils se retrouvent dans une étrange alliance pour faire capoter le processus, les uns en agissant sur les membres de la Fraternité, les autres sur l’aile gauche de l’épiscopat français.

Une preuve ? Le 3 mars dernier, Golias a répercuté les propos d’un abbé philippin, ancien d’Ecône, et qui dénonce le rapprochement avec Rome. Au regard de ses positions, Golias devrait être scandalisé par les propos d’un prêtre niant que Joseph Ratzinger est pape et ce en raison de son attachement à Vatican II. Mais non ! le vilain canard de la presse catholique souligne au contraire :

 « Il faut bien reconnaître que d’une certaine manière cet étrange abbé philippin est soucieux de la cohérence logique de sa position. En tout cas beaucoup plus que ses ex-amis de la Fraternité Saint Pie X exaltant d’un côté l’autorité du Pape pour en mieux contester cependant les décisions les plus autorisées. »

Cette étrange alliance de Golias et des sédévacantistes souligne combien les uns et les autres craignent ce rapprochement : que Rome et partant toute l’Église subissent une véritable influence traditionnelle par le retour de la Fraternité Saint-Pie X. Quand on sait ce que fut le poids d’un homme – certes il s’agissait de dom Guéranger – dans le rétablissement de la liturgie romaine en France, on imagine le poids d’une institution comme la Fraternité.

2°) Mais il y a cependant un revers à tout cela. Le point négatif, c’est que Golias sait qu’il peut encore toucher certains évêques français, en les influençant via leurs prêtres dont certains ne sont pas insensibles aux sirènes progressistes. Dans le bras de fer qui est engagé, on aurait tort de croire que celui-ci se déroule entre Rome et Ecône. C’est bien entre la Fraternité et l’aile gauche de l’épiscopat qu’il a lieu. Golias appuie de tous son poids à gauche ; Rome, plus prudente, aimerait appuyer de tout son poids à droite. Malheureusement, la Fraternité, finalement peu sûre d’elle, vacille, un coup à droite, un coup à gauche.

Un exemple ? L’abbé du Chalard a tout fait – même au détriment du bien commun – pour récupérer la diffusion du livre de Mgr Gherardini sur le Concile Vatican II, livre intelligemment critique. La Fraternité a suivi… un temps. Le temps de s’apercevoir que l’ouvrage ne lui convenait pas entièrement. D’où une marche en arrière qui se manifeste par une mise en garde contre l’ouvrage et son enterrement de première classe. Au total, comme je l’ai annoncé ici – et j’aurais aimé me tromper – le livre qui n’avait rien à apporter au public de la Fraternité mais aurait pu être très utile au-delà est définitivement enterré. Si on peut dire que l’abbé du Chalard à mal jouer, il faut aussi mettre en cause les Franciscains de l’Immaculée (les éditeurs du livre) qui n’ont pas été très clairs dans cette affaire.

Reste qu’avec une politique de balancier, la Fraternité va finir par manquer la chance historique qui se présente à elle quand sonnera l’heure d’un véritable retour de la Tradition.

[Mgr Jean-Pierre Batut - Diocèse de Lyon] Vers une nouvelle propédeutique à Lyon

SOURCE - Mgr Jean-Pierre Batut - Diocèse de Lyon - 8 mars 2010

Pour présenter les premiers contours de la Maison Sainte Blandine, la rédaction a interviewé Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire du diocèse de Lyon, convaincu du « rôle déterminant des prêtres diocésains dans les défis à venir de l’évangélisation. »

Une nouvelle année de propédeutique est annoncée à Lyon. Pourquoi cette création alors qu’il existe une année de propédeuti
que à Paray le Monial ?

Effectivement, à Paray le Monial existe la Maison Saint-François de Sales qui accueille les jeunes de la région apostolique de Lyon qui veulent se préparer à être prêtres. Mais une maison de ce type n’empêche pas d’en avoir d’autres ! Je m’explique. Ce qu’il est convenu d’appeler la « propédeutique », et qui s’est presque généralisé depuis 25 ans, n’est pas une année de séminaire supplémentaire. C’est en réalité une année de fondation spirituelle, qui prend en compte le passé des candidats et s’appuie sur lui pour préparer leur avenir et leur mission ecclésiale.
Le passé, c’est toute l’histoire chrétienne de la personne, avec certainement ses limites, voire ses étroitesses, mais aussi ses engagements et ses richesses familiales et ecclésiales. C’est avec tout cela qu’un jeune arrive à l’idée d’entrer au séminaire, c’est de cette manière que Dieu s’est donné à lui, et tout cela doit être pris en compte dans ce qui va lui être proposé pour entrer en formation.

Ce qui veut dire que la propédeutique doit être adaptée à la diversité des candidats ?

Exactement. Depuis longtemps déjà, les jeunes dont la foi a grandi dans la communauté de l’Emmanuel ont une année de fondation spirituelle qui leur est propre. De la sorte, ce qui les a fait grandir dans leur foi est pris en compte. Ensuite, ils se retrouvent la plupart du temps dans les mêmes séminaires que les autres. Ils y arrivent avec leur patrimoine spirituel, s’ouvrent au patrimoine spirituel des autres, et tout le monde en bénéficie. C’est quelque chose d’analogue qui est projeté pour les jeunes qui, ayant grandi dans la tradition liturgique tridentine, souhaiteront entrer en « propédeutique » à Sainte Blandine. D’une part ils n’y viendront pas de leur propre mouvement, mais envoyés par leur évêque ; d’autre part, les grands piliers de l’année de fondation spirituelle y seront présents comme partout ailleurs : la vie fraternelle, l’accompagnement spirituel, la lecture intégrale de l’Écriture (Ancien et Nouveau Testament), la formation à l’oraison, le mois au service des plus pauvres, la grande retraite de 30 jours selon les Exercices de saint Ignace. Cela étant, il y aura la spécificité de la forme liturgique, célébrée couramment mais non de manière exclusive, et une formation plus développée au patrimoine grégorien par exemple.

Vous dites qu’ils seront « envoyés par leur évêque ». Il ne s’agit donc pas d’une initiative lyonnaise ?

C’est une initiative du diocèse de Lyon, mais conçue pour être un service mis à la disposition de tous les diocèses de France. La réflexion préparatoire avec notre archevêque a d’ailleurs associé d’abord les évêques de la Province de Lyon en raison de la proximité géographique, mais aussi le président de la Conférence des évêques de France. C’est pourquoi, si le projet voit le jour à la rentrée de septembre, les jeunes de la Maison Sainte Blandine pourront provenir de diocèses très variés, mais toujours, je le répète, en étant envoyés par leur évêque. Et c’est leur évêque qui décidera ensuite du séminaire dans lequel ils poursuivront leur formation.

Pensez-vous que cette année spécifique aura une répercussion sur les séminaires ?

Elle en aura certainement. Permettez-moi d’évoquer ma propre expérience : au cours de ma formation au séminaire il y a une trentaine d’années, j’ai vu arriver les premiers séminaristes issus des communautés nouvelles, et leur spécificité nous a beaucoup apporté, avec par exemple leur manière différente de poser la question de l’évangélisation ou leur manière propre de prier. Un quart de siècle plus tard, cela fait partie du trésor commun de l’Église de France. Nous avons découvert quelque chose au contact des communautés nouvelles, mais les communautés nouvelles ont elles aussi élargi leur regard dans des directions qu’elles ne soupçonnaient pas. Oserai-je ajouter que cela a fait grandir tout le monde en charité ? Ce qui me frappe sur certains sites ou forums de promotion de la liturgie tridentine, c’est que ce que leurs promoteurs pensent être la défense de la vérité n’y fait pas toujours bon ménage avec la charité. Or, si nous voulons annoncer la foi, il faut que chez nous d’abord amour et vérité se rencontrent... Ce n’est pas nouveau, mais c’est peut-être le moment de le redire à nouveau avec force.

Quelles sont les modalités concrètes pour être admis à l’ « Année Sainte Blandine » ?

Concrètement, il suffit de prendre rendez-vous avec moi pour faire acte de candidature. La rentrée est prévue en septembre dans la maison de la rue Sala (Lyon 2e) où résident les prêtres qui desservent l’église Saint-Georges, qui dépend elle-même de la paroisse de la cathédrale Saint Jean-Baptiste. C’est là que vivront les jeunes de l’ « Année Sainte Blandine », en lien avec Saint-Georges et en prenant part, à la cathédrale, à des rendez-vous comme la Messe célébrée par le cardinal chaque vendredi soir et aux événements diocésains importants.

7 mars 2010

[Isabelle de Gaulmyn - La Croix] integristes ou traditionalistes?

SOURCE - Isabelle de Gaulmyn - La Croix - 7 mars 2010

Intégristes ou traditionalistes? De plus en plus de lecteurs reprochent  à La Croix la terminologie par laquelle nous classons les catholiques se réclamant de la fraternité saint Pie X, celle fondée par Mgr Lefebvre. C’est qu’autrefois, les choses étaient relativement claires: il y avait deux sortes de fidèles attachés au rite ancien (préconciliaire): les catholiques qui se situaient dans l’Eglise, et que l’on nommait les « traditionalistes ». Et les catholiques se proclamant hors Eglise, schismatiques, dont les membres de la fraternité saint Pie X,  eux aussi attachés au rite ancien, que l’on désignait donc sous le terme d’ « intégristes »…

Désormais, c’est beaucoup plus compliqué… Certes, Benoît XVI, en libéralisant le rite ancien, ou préconciliaire, (la messe en latin) a contribué à brouiller les cartes. Mais ce sont surtout les comportements de ces catholiques-là qui ont changé. Certains vont se dire de l’Eglise catholique, donc fidèles au pape, mais refuser d’obéir aux évêques. D’autres se proclament hors de l’Eglise telle qu’elle est, tout en se reconnaissant proche de tel évêque, pourtant nommé par le pape. Et entre ces deux, tous les cas de figures sont possibles : participer de temps en temps à une célébration de la fraternité Saint Pie X, et en même temps pratiquer dans sa paroisse « classique »,  n’aller qu’à des messes en rite ancien tout en proclamant sa fidélité à Rome, et souvent, un peu de tout cela à la fois… Bref, il devient de plus en plus difficile de qualifier tous ceux qui suivent les messes de la fraternité saint Pie X d’ «intégristes ». Terme qui en plus sous-entend une forme de violence que, de fait, ils n’ont pas…

Preuve que,  même lorsque l’on se dit attachés à « la tradition », on n’échappe pas à son époque. Car ces catholiques-là ne sont pas plus à l’abri que d’autres de comportements individualistes, typique de notre post modernité : chacun choisi ses propres modalités de pratiques et d’appartenance,  revendiquant le droit de piocher ça et là, et surtout, sans vouloir se faire étiqueter dans un camp plus que dans l’autre, ni sans se mettre sous une hiérarchie plus qu’une autre…  Intégristes ou traditionalistes? En tous les cas, postmodernes…

Isabelle de Gaulmyn

6 mars 2010

[Mgr Williamson] Commentaire Eleison - La maladie de Parkinson

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison CXXXVIII - 6 mars 2010

Les gens qui aiment bien repérer ce genre de chose ont remarqué que l'une des mains de Mgr Williamson tremble, et alors depuis des années la rumeur circule : Mgr Williamson est atteint de la maladie de Parkinson. Tout récemment, cette rumeur est revenue sur le devant du tapis. Un examen médical  s'avérant de mise, le vénérable prélat s'est rendu voici deux semaines chez un neurologue londonien qui remarqua, entre autres symptômes, que les muscles des deux bras ne présentent pas de différences marquées et que le tremblement a lieu quand le bras est en action, et qu'il n'y a pas de tremblement quand il est au repos, contrairement aux symptômes de la maladie de Parkinson. Il élimina donc à juste titre la maladie de Parkinson, et diagnostiqua par contre la maladie du Tremblement Essentiel, encore appelée maladie du Tremblement Familial. (En d'autres termes, cette main tremblante prouve que le vénérable prélat a une maladie de ... tremblement. Ah, comme chaque syllabe d'un diagnostic médical peut être réconfortante !).

Que personne ne s'afflige à cette nouvelle cependant. Qui cherche une raison pour ne pas prendre tout à fait au sérieux le vénérable prélat, n'a qu'un embarras de choix !  D'autant que certaines de ces raisons viennent même de ses ennemis !

Il est Rosicrucien (membre d'une société secrète pernicieuse, comme le prouvent ses armoiries épiscopales où il a placé la Rose d'Angleterre sur la Croix).

Il a toujours de bien curieuses idées (par exemple, les attentats du 9 septembre ne furent pas l'œuvre de  dix-neuf Arabes).

Il est comme un morceau d'uranium, difficile à avoir en sa possession, mais encore plus difficile à s'en débarrasser sur le bord de la route (ah, que ça fait du bien que d'être aimé !).

Il conçoit des idées dans sa tête, puis il n'en démord plus et se met à les exagérer (en d'autres termes, il croit en ce qu'il dit, non ?).

C'est un socialiste Fabien (disciple d'une idéologie gauchiste et pernicieuse de la perfide Albion).

C'est plutôt un artiste qu'un savant ( eh bien, le « peu savant » est plutôt vrai).

En se prononçant en public sur le vrai ou le faux d'une question d'histoire très sérieuse, c'est un « non-sens » qu'il finit par émettre.

Moins il parle, et mieux c'est pour la Fraternité Saint Pie X (oh la la, mais parler c'est son métier !).

C'est un idéaliste, un adepte d'Emmanuel Kant (alors, là, j'en reste baba !).

Il se fait vieux, il va bientôt avoir 70 ans (celle-là est vraie, dans deux jours exactement).

C'est un Anglican à peine converti (vrai aussi - il a grand besoin de se convertir !).

C'est une grenade dégoupillée, prête à exploser on ne sait quand, mais peut-on le jeter au loin ? (oh, allons ... allons !  Pas même avec  un petit effort supplémentaire ?).

Tout cela me rappelle une histoire tirée de la vie de Frédéric le Grand, un Roi de Prusse au 18ème siècle. Le Roi visite l'une des villes de son royaume et, là, accroché tout en haut d'un arbre son portrait sous la forme d'une caricature. Les courtisans qui l'accompagnent tremblent en se demandant : Comment va réagir sa Majesté ? « Descendez donc moi ça que chacun puisse mieux le voir »,  dit le Roi.

Kyrie eleison.

[Paix Liturgique] Un nouveau sondage de Paix Liturgique: paris, un diocèse emblematique à plus d'un titre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 220 - 6 mars 2010
Plus gros diocèse de France (en nombre de fidèles), ce diocèse a pour archevêque le Cardinal Vingt Trois, également Président de la Conférence des Évêques de France. La manière dont le Motu Proprio Summorum Pontificum est reçu et appliqué ou non à Paris n’est pas, de ce fait, sans influence sur la pastorale envers les fidèles attachés à la messe traditionnelle mise en œuvre ou non dans les autres diocèses français.

A Paris, il se dit que « la célébration de la messe traditionnelle est déjà très largement suffisante pour répondre aux besoins ». Pourtant, nous avons pour notre part connaissance de plus d’une trentaine de demandes sérieuses d’application du Motu Proprio dans des paroisses parisiennes qui sont demeurées infructueuses.

Afin de faire avancer le débat, nous avons souhaité faire intervenir un tiers professionnel et objectif afin de prendre la température et d’appréhender l’intensité de la demande à Paris. Ainsi, nous avons fait réaliser un sondage sur l’application du Motu Proprio dans le diocèse de Paris auprès des fidèles de ce diocèse. Nous avons transmis les résultats de cette enquête d’opinion au Cardinal Vingt Trois en date du 12 février dernier. Il en a fait accuser réception par une lettre qui nous est parvenue le 20 février.

Ce sondage a été réalisé par Harris Interactive pour le compte de PAIX LITURGIQUE (commanditaire de l’étude). L’enquête a été réalisée en ligne du 27 janvier au 2 février 2010, auprès d’un échantillon de 850 personnes de 18 ans et plus (sur un total de 1785 sondées) se considérant catholiques et habitant Paris intra-muros. Les répondants ont été sélectionnés de façon aléatoire au sein de l’Access panel online de Harris Interactive.


Voici les résultats de ce sondage :

Question n° 1 : Vous considérez-vous comme catholique ? (1785 sondés)

Réponse : OUI : 47,6 %
               NON : 50,8 %
               Je ne souhaite pas répondre : 1,6 %


Les questions suivantes concernent uniquement l'échantillon de 850 Parisiens se considérant comme catholiques (pratiquants ou non).


Question n°2 : Assistez-vous à la messe ?

Réponse : Chaque semaine : 9,9 %
                Tous les mois : 3,5 %
                Pour les grandes fêtes : 16,7 %
                Occasionnellement (mariages…) : 43,8 %
                Jamais : 26,1 %
                NSPP : 0,6 %


Question n°3 : Le pape Benoît XVI a rappelé en juillet 2007 que la messe pouvait être célébrée à la fois sous sa forme moderne dite « ordinaire » ou « de Paul VI » - en français, le prêtre faisant face aux fidèles, la communion étant reçue debout – et sous sa forme traditionnelle dite « extraordinaire » ou « de Jean XXIII » - en latin et grégorien, le prêtre tourné face à l’autel, la communion reçue à genoux. Le saviez-vous ?

Réponse : Oui : 54,7 %
Non : 45, 3 %


Question n° 4 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les 2 formes liturgiques devaient être célébrées régulièrement dans VOTRE paroisse ?

Réponse : Normal : 50,6 %
                Pas normal : 24,5 %
                NSPP : 24,9 %


Question n°5 : Si la messe était célébrée en latin et grégorien sous sa forme extraordinaire dans VOTRE paroisse, sans se substituer à celle dite ordinaire en français, y assisteriez vous ?

Réponses :

Parmi les pratiquants "hebdomadaires"

- 24 % y assisteraient chaque semaine
- 4 % une fois par mois
- 2,5% lors des grandes fêtes
- 40 % occasionnellement

Soit un total de 70,5 % de ces pratiquants qui y assisteraient au moins de temps en temps

Parmi les pratiquants " mensuels"

- 10% y assisteraient chaque semaine
- 37 % une fois par mois
- 13% lors des grandes fêtes
- 23 % occasionnellement

Soit un total de 83 % de ces pratiquants qui y assisteraient au moins de temps en temps

Ce qui confirme qu’à Paris comme ailleurs, plus d'un tiers des catholiques pratiquants assisteraient volontiers à la messe célébrée dans sa forme Extraordinaire si elle était célébrée dans leur paroisse.


LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE


1/ Ce sondage ne fait que mettre en lumière une évidence bien connue de tous (y compris du clergé et des cadres de l’évêché) : dans le diocèse de Paris, l’attachement à la forme extraordinaire du rite romain est conséquent et la demande très largement insatisfaite : 35.420 catholiques (à rapprocher des 100.185 pratiquants allant à la messe tous les dimanches à Paris), soit plus d’1 sur 3, assisteraient TOUS LES DIMANCHES à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse.
C’est une indication pastorale particulièrement lourde, qui confirme celle de l’ensemble des sondages rappelés plus bas.


2/ Des chiffres ? Il y a dans le diocèse de Paris environ 1700 fidèles dans les lieux de culte traditionnels reconnus par l’ordinaire et 2200 dans ceux desservis par les prêtres de la FSSPX, soit un peu moins de 4000 fidèles.

Sachant qu'il y a 2.126.000 habitants à Paris (source Conseil général : http://www.departement.org/Jahia/pid/2470) parmi lesquels 1.011.976 se disent catholiques. Aux termes de ce sondage, 100.185 fidèles parisiens vont à la messe tous les dimanches, 35.420 une ou deux fois par mois et 169.000 seulement pour les grandes fêtes. Concrètement, ce sondage nous indique que 35.420 fidèles parisiens assisteraient à la messe traditionnelle tous les dimanches si elle était célébrée dans LEUR paroisse, 31.372 le feraient une ou deux fois par mois (93.102 seulement pour les grandes fêtes). Soit un total de 66.792 fidèles (tous les dimanches + 1 fois par mois), que toute personne de bonne foi devra mettre en rapport avec les 4000 catholiques de Paris qui assistent déjà actuellement à une célébration "Extraordinaire" dans la capitale… C'est ce qu'avait bien compris Mgr Chauvet, alors vicaire général du diocèse de Paris, qui déclarait il y a un peu plus d'un an lors d'une réunion du GREC "qu'il était raisonnable d'envisager une célébration extraordinaire "dominicale" dans chacun des doyennés de Paris".


3/ Il ne s’agit certes que d’un sondage qui comme tout sondage n’indique que de grandes tendances sans avoir la prétention d’être exact à la virgule prêt. Toutefois, eu égard à ces grandes tendances qui y sont mises en lumière, ce sondage nous semble au minimum nécessiter une réflexion de tous les catholiques de bonne volonté.

Notons que ce sondage n’est que la confirmation de tous les sondages commandités par Paix Liturgique depuis 2001 (Sondage Versailles réalisé par l’Institut JLM Etudes en décembre 2009, sondage Italie réalisé par DOXA en septembre 2009, sondage France réalisé par l’Institut CSA en septembre 2008, sondage France réalisé par l’Institut CSA en novembre 2006, sondage France réalisé par IPSOS en avril 2001), en plus du sondage Sofres commandité par Le Pèlerin en décembre 2006.


4/ Seuls 24,5 % des catholiques parisiens ne trouvent pas normal que les deux formes du rite romain cohabitent paisiblement dans les paroisses (ils étaient 34% dans le sondage réalisé avant la parution du Motu Proprio par Le Pèlerin, 30% dans le sondage CSA).
L’opposition à l’application du Motu Proprio à Paris, qui est faible partout (faible dans la mesure où la forme ordinaire reste lourdement majoritaire dans la célébration), est sensiblement plus faible à Paris. Elle est peut être le fait de certains ecclésiastiques mais force est de reconnaître qu’elle est largement minoritaire chez les fidèles et qu’elle pourrait devenir totalement marginale si tous les fidèles connaissaient l’existence du Motu Proprio et la possibilité pour tous les curés de célébrer librement la forme extraordinaire du rite romain (alors qu’à Paris 45% des catholiques soit 458.425 fidèles ignorent l’existence de ce texte majeur du pontificat de Benoît XVI) sans que cela les prive de la messe selon le nouvel ordo.


5/ Ce sondage a coûté la somme de 6500 € TTC . SI vous souhaitez participer à son financement et nous permettre de continuer notre travail d’information, vous pouvez adresser votre don à Paix Liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 CROISSY-SUR-SEINE en libellant votre chèque à l'ordre de Paix Liturgique.
Pour les transferts bancaires, merci d'utiliser les coordonnées ci-dessous :
Code banque     Code guichet        N° compte           Clé RIB
30003                       02197           00050001585             93
Nous vous ferons parvenir un reçu fiscal.


NOUS VOUS REMERCIONS PAR AVANCE DE VOS PRIÈRES ET DE L'AIDE QUE VOUS POURREZ NOUS APPORTER.


Nota Bene : Rappel du bilan des célébrations dominicales selon la forme extraordinaire à Paris et des demandes de célébrations :

Églises et chapelles où était célébrée la messe traditionnelle avant la promulgation du Motu Proprio "Summorum pontificum" :

- Église Sainte-Odile (2 avenue Stéphane Mallarmé, Paris 17è) : messes à 9h30 et 18h

- Église Saint-Eugène (47 rue du conservatoire, Paris 9è) : messe à 11h

- Notre-Dame du Lys (7 rue Blomet à Paris 15è) : messe à 11h15

- Église Saint-Germain-l'Auxerrois (Place du Louvre, Paris 1er) : messe à 9h45

Et deux Églises où est célébrée aujourd'hui et depuis la publication du motu proprio "Summorum Pontificum" une messe selon la forme extraordinaire :

- Église Sainte-Jeanne-de-Chantal (Place de la Porte de Saint-Cloud, Paris 16è) : messe à 12h15

- Église Notre-Dame du Travail (59 rue Vercingétorix, Paris 14è) : messe à 18h30 : Au maximum et seulement 3 DIMANCHES PAR MOIS.

Reste à ajouter le cas très particulier du Centre-Saint-Paul
(12 rue St-Joseph, Paris 2è), qui semble seulement toléré par l'Archevêché de Paris : messes à, 9h, 10h, 11h, 12h30 et 19h.

Quand aux demandes …

Il existe sur Paris 34 groupes paroissiaux de catholiques qui désirent bénéficier chaque dimanche et fêtes des bienfaits du Motu Proprio de notre Saint Père Benoît XVI en pouvant vivre, dans leur paroisse, leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire de l'unique rite romain.

[Abbé Patrick de La Rocque, fsspx] Bientôt bienheureux ?

SOURCE - Abbé Patrick de La Rocque, fsspx - 6 mars 2010
Bientôt bienheureux ? Dossier sur les projets de béatification de Pie XII et de Jean-Paul II

Le 19 décembre dernier, Benoît XVI proclamait l’héroïcité des vertus de Pie XII et de Jean-Paul II. Avant dernière étape sur le chemin de la béatification proprement dite, une telle proclamation est importante. S’il faut encore attendre la reconnaissance du miracle pour qu’un culte soit voué à ces papes défunts, les voici déjà posés en modèle sur le chemin de la sainteté : de façon héroïque, nous dit-on, ils ont pratiqué les vertus chrétiennes, celles-là même qui font les saints.

Une telle déclaration, qui nullement n’engage l’infaillibilité, a curieusement provoqué beaucoup de bruit là où il y avait peu à dire, et un bien étrange silence lorsqu’il eut été important d’élever la voix. On s’est scandalisé de l’honneur fait à un pape jugé défaillant pendant la seconde guerre mondiale, et on s’est étrangement tû sur Jean-Paul II, dont le pontificat soulève pourtant de graves interrogations. On a dénoncé une soi-disant indifférence de Pie XII à l’endroit du sort dramatique que le régime nazi réserva aux juifs, tandis qu’on semble trouver naturel que Jean-Paul II, par son propos comme par son baiser, considère le Coran comme Parole de Dieu ; ou qu’il implore saint Jean-Baptiste pour la protection de l’Islam ; ou qu’il participe activement à des cultes animistes dans les forêts sacrées du Togo. La question ne semble pas se poser de savoir si tels faits et gestes sont compatibles ou non avec le premier commandement. Serait-ce héroïcité de la foi que de recevoir les cendres sacrées de Shiva, ou d’aller prier selon un mode juif au Mur des Lamentations ? Toutes ces questions, pourtant essentielles, semblent s’être évanouies pour ne laisser place qu’à l’enthousiasme et l’engouement auréolant l’image médiatique d’un personnage certes charismatique.

Loin de demeurer esclaves de ce “bien penser” ambiant, il nous semble important d’ouvrir ici un double dossier. A la mémoire de Pie XII tout d’abord. Car, quoiqu’en disent ses actuels détracteurs, il s’avère qu’en ces années noires, sa conduite fut pour le moins héroïque. Défenseur des juifs, il ne s’en est point trouvé de plus courageux que lui en ces moments. Sa charité fut telle qu’elle permit de sauver, aux dires des historiens israéliens de confession juive, quelque 800 000 vies. A la face de tous ses contempteurs de bas étage, nous voulons donc chanter cet auguste pape, et clamer ainsi la sainteté de l’Eglise. En nos temps où la charité s’est dévoyée en relativisme de la vérité pour ne laisser finalement place qu’à une montée des antagonismes raciaux ou communautaristes, puisse la conduite de ce pape, si ferme quant à la vérité mais si humain envers chacun, être le fanal de nos terrestres chemins!

Notre deuxième volet sera pour Jean-Paul II. Il est notoire que, selon l’image usitée par Benoît XVI, il laissa à sa mort l’Eglise tel un bateau prenant l’eau de toutes parts. Certes, les situations de crise sont parfois l’occasion des plus grands héroïsmes, et l’assombrissement d’une époque ne fait que ressortir davantage les trop rares repères de lumière. Karol Wojtyla était-il de ceux-là ? Les traces laissées par ce pape qui voulut faire de son pontificat une illustration vivante du concile Vatican II sont-elles celles que l’Eglise d’aujourd’hui et de demain aura à suivre pour sortir victorieuse et grandie de la crise qu’elle traverse ? Il ne nous semble pas. Et parce qu’une telle béatification dépasse le sort d’un homme  pour déterminer celui de l’Eglise dans les années à venir, il nous a semblé impossible de nous taire complètement.

Admiratives ou dubitatives, ces lignes nous placeront donc au cœur de l’Eglise. Elles n’auraient pas atteint tout leur but si elles n’incitaient pas à prier toujours plus pour la papauté, qui plus est en ces temps liturgiques chargés de pénitence mais aussi d’espérance.

Abbé P. de LA ROCQUE,
Nantes, le 6 mars 2010

[Mgr Bernard Fellay, fsspx - Angelus - DICI] Entretien avec Mgr Bernard Fellay sur la croisade du rosaire, paru dans The Angelus

SOURCE - Mgr Bernard Fellay, fsspx - Angelus - DICI - 6 mars 2010
The Angelus est la revue du district des Etats-Unis de la Fraternité Saint-Pie X.

The Angelus : Monseigneur, vous avez appelé à une croisade du Rosaire du 1er mai 2009 au 25 mars 2010. Quelle est la raison d’un effort aussi important ?

Mgr Bernard Fellay
: Il est évident que nous ne vivons pas des temps normaux, et aussi que nous sommes encore dans la période couverte par le message de Fatima. En 1917, la Sainte Vierge Marie est apparue à trois petits enfants et leur a promis qu’à la fin son Cœur immaculé triompherait. En l’an 2000, apparemment quelque chose de ce que l’on appelait le « troisième secret » de Fatima a été publié par le Vatican, à la grande insatisfaction de presque tout le monde. Et, franchement, ce n’est pas fini. Le triomphe, sous quelque forme que ce soit, du Cœur immaculé ne s’est pas réalisé. Cela veut dire que quelque chose doit encore venir. Et nous escomptons, qu’avec un tel triomphe, une partie ou toute la crise actuelle de l’Eglise sera aussi terminée. Aussi nous essayons d’obtenir que le Ciel fasse les deux à la fois, en demandant et en désirant ce magnifique triomphe de notre Mère du Ciel, la Mère de Dieu.

Quels sont les exemples historiques qui vous ont incité à prendre la décision de lancer une croisade du rosaire ?

Mgr F.
– C’est vrai, il y a en fait plusieurs exemples dans l’histoire de l’intervention divine, une véritable intervention de Dieu ou de ses saints dans l’histoire humaine, et particulièrement après la prière du chapelet.

L’une des plus célèbre est la victoire de Lépante. Saint Pie V, devant les dangers encourus par la Chrétienté dans sa défense contre la menace des Turcs, avait en effet appelé toute l’Europe à une croisade spirituelle de chapelets. A ce combat spirituel était uni celui de la flotte chrétienne qui rencontrait les forces navales de l’Islam, au large de Lépante. Bien qu’en nombre inférieur, les chrétiens avaient à la fin de la journée remporté une victoire tellement signalée, que pendant des années, les chrétiens ont été laissés en paix.

La grande bataille de Vienne, remportée par Sobiesky, de nouveau contre les Turcs, est aussi attribuée à la prière du chapelet. De même, en Autriche, la délivrance de l’occupation par la Russie communiste en 1955 est aussi considérée comme une victoire due à la prière du saint rosaire.

Certains insinuent que l’Eglise catholique est si violemment attaquée par ses ennemis que la prière ne semble pas suffisante pour soutenir sa cause. Que pensez-vous de tels doutes ?

Mgr F.
– Quand nous prions, nous comptons sur l’aide du Dieu Tout-puissant et de ses saints. Cette puissance ne souffre aucune comparaison avec des forces humaines, quelque vigoureuses qu’elles puissent être. Dieu seul est infini, infini en puissance – nous l’appelons le Dieu Tout-puissant – et ce mot doit être pris sans aucune atténuation. Car Dieu peut vraiment faire tout ce qu’Il veut. La prière, et plus encore les prières que Lui-même nous a données peuvent en toute vérité obtenir ce que les ressources humaines ne pourraient jamais accomplir. Il est vrai qu’une des conditions pour qu’une prière soit efficace, c’est la confiance que nous avons d’être exaucés. Si nous-mêmes nous ne considérons pas réaliste que Dieu puisse nous écouter et faire ce que nous demandons, nous n’obtiendrons rien. Nous devons toujours nous souvenir de ces paroles : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne : ‘Transporte-toi d’ici là’, et elle se transporterait » (Mat. 17, 21). Au contraire, nous devons dire que la prière est le seul moyen proportionné pour résoudre le problème que rencontre l’Eglise. Bien sûr, cela n’exclut pas de notre part toutes les autres actions nécessaires.

Il est évidemment difficile de parler de croisade du rosaire sans parler de Fatima, et en particulier du 3ème secret. Quelle est l’importance de ce 3ème secret ?

Mgr F.
– Nous pourrions dire que l’importance de ce secret est proportionnée à l’importance des moyens employés par certains pour empêcher sa publication intégrale. Très vraisemblablement, nous devons accepter que le 3ème secret parle des épreuves actuelles et peut-être de quelques événements futurs dans l’Eglise. Et comme il ne comprend pas uniquement la description des désastres, mais aussi la promesse de la victoire de Notre-Dame, cette partie-là nous la connaissons déjà. Il semblerait que nous puissions également y trouver la clé pour sortir de la crise actuelle, ainsi que des précisions au sujet de cette crise.

Pensez-vous que la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie a été faite ?

Mgr F.
– Nous pouvons dire qu’une certaine consécration au Cœur immaculé a été faite, et même une certaine consécration de la Russie, bien qu’imparfaitement et sans respecter toutes les conditions indiquées par la Très Sainte Vierge Marie. Pie XII déjà avait consacré le monde, Jean-Paul II a mentionné le pays où l’Icône de Marie est vénérée… Mais tous les évêques n’étaient pas unis pour faire cette consécration de la Russie.

Pourquoi, à votre avis, Pie XII a-t-il fait une consécration du monde au Cœur immaculé de Marie, et non pas la consécration de la Russie, selon la demande de Notre Dame qu’il connaissait certainement ?

Mgr F.
– Il pourrait y avoir au moins deux explications : la première est que sous Pie XII il y avait une forte opposition à une telle consécration ; et la deuxième est que vers la même époque une autre révélation est venue d’Espagne demandant la consécration du monde. Aussi Pie XII a pu essayer de combiner les deux dans une seule consécration… De toute façon, quand il l’a faite, certains des miracles de Fatima se sont répétés pour lui au Vatican : une pluie de roses et le miracle du soleil.

D’après vous, de quelle manière la consécration de la Russie pourrait-elle influencer la situation de l’Eglise ?

Mgr F.
– Dans l’histoire de l’humanité, les choses sont beaucoup plus reliées les unes aux autres que nous ne le pensons, mais très souvent nous ne pouvons pas voir ce lien ni le comprendre. Ainsi, la consécration de la Russie libérerait ce pays de ses erreurs : il se convertira, comme Marie l’a dit. Comment cela peut-il affecter la crise dans l’Eglise ? De beaucoup de façons, mais ici nous sommes vraiment dans le domaine des spéculations. Je préfère laisser les mains libres à la Mère de Dieu pour faire ce qu’elle veut. Elle parle de triomphe, et cela veut définitivement dire une grande victoire contre les forces du mal… une telle victoire spirituelle ne serait pas spectaculaire, si elle n’était accompagnée d’un véritable redressement de l’Eglise. Mais, ne me demandez pas comment.

Pensez-vous que les effets de la consécration de la Russie seront entièrement surnaturels ? Certains semblent imaginer des résultats immédiats d’ordre politique ou naturel.

Mgr F.
– Point n’est besoin de limiter la puissance de Dieu ou de Marie. Les deux effets sont facilement possibles. Une conversion de la Russie serait-elle uniquement surnaturelle et n’inclurait-elle pas quelques éléments humains ? La crise actuelle a aussi des aspects humains, par exemple les églises vides, les couvents vides… Aussi Dieu pourrait-il les remplir de nouveau, et avec des personnes de bonne foi, des convertis.

Quelle est l’importance de la croisade du rosaire pour l’influence de la Tradition dans l’Eglise catholique ?

Mgr F.
– Tout simplement ceci : comment pourrions-nous prétendre faire du bien à l’Eglise si ce n’est par des moyens surnaturels ? Donc, si nous utilisons des moyens surnaturels comme la prière, et la prière du chapelet, la croisade du rosaire peut être d’une importance cruciale.

Pour vous, sont-ce seulement les fidèles de la Fraternité qui doivent s’impliquer dans cette croisade du rosaire ou bien également les autres catholiques ?

Mgr F.
– Il n’y a aucune restriction à notre croisade. Toute âme de prière est la bienvenue ! Nous ne prétendons pas avoir l’exclusivité d’une prière qui a été donnée à l’Eglise tout entière. Il est vrai cependant que peu de fidèles continuent de la dire, en comparaison avec ce qui devrait être. Mais, à cause des circonstances présentes, il était assez difficile de dépasser nos frontières pour cet appel à la prière.

Avez-vous reçu en dehors de la Fraternité des réactions positives au sujet de cette croisade, au cours de l’année écoulée ?

Mgr F.
– Très peu. Je me souviens d’un prêtre italien présent aux ordinations à Ecône, qui avait promis de se joindre à nous pour un million de chapelets. De plus, l’abbé Gruner (*) a aussi lancé quelque chose de semblable… Ce n’est pas beaucoup. Lors des dernières croisades, le cardinal Castrillón Hoyos avait été impressionné par le nombre de chapelets. Il m’a dit être certain qu’ils avaient joué leur rôle pour obtenir de nous faire arriver là où nous en sommes aujourd’hui. (Source : The Angelus. Traduction : DICI n°211 du 06/03/10)

(*) Le P. Nicholas Gruner est un prêtre américain de tendance traditionnelle, rédacteur en chef de The Fatima Crusader. Il a lancé une croisade du rosaire ainsi qu’une campagne de pétitions à adresser au pape pour obtenir la consécration de la Russie.

The Angelus 2915 Forest Avenue  -  Kansas City, Missouri 64109  – USA.

Abonnement annuel : $ 35 (USA), $ 55 (Etranger), $15 (en ligne sur www.angelusonline.org)