24 mai 2010

[AFP] Pèlerinage Pentecôte: les traditionalistes prient à Chartres pour l'Eglise et le pape

SOURCE - AFP - 24 mai 2010
Quelque 8.000 catholiques traditionalistes, partis samedi matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris, sont arrivés lundi après-midi à Chartres après trois jours de marche sous le soleil, à l'occasion du 28e pèlerinage de Pentecôte.

Ces 8.000 catholiques, dont 800 enfants et 900 étrangers, divisés en 175 chapitres, ont été rejoints à Chartres par 2.000 autres pèlerins venus prier pour le pape et l'Eglise et assister à la grand-messe célébrée par l'évêque de Chartres, Mgr Michel Pansard, en la cathédrale Notre-Dame.

Organisée depuis 1983 par l'association Notre-Dame de la Chrétienté, groupe reconnu par le Vatican, cette marche vers l'un des plus importants sanctuaires français voué au culte marial rassemble chaque année des couples, des familles et des religieux.

"Placé sous le thème +L'Eglise est notre Mère+, ce pèlerinage a accueilli pour la première fois des marcheurs italiens et estoniens", selon Jean-Louis Noël, chargé de communication du pèlerinage de l'association Notre-Dame de Chrétienté, insistant sur la "dimension spirituelle qui anime les pèlerins".

Année après année, le nombre de jeunes est en constante augmentation, selon les organisateurs qui annoncent une moyenne d'âge de 21 ans et la présence d'un doyen de 89 ans qui a participé à toute la marche depuis Paris, soit une centaine de kilomètres.

"Les attaques successives et récentes contre le pape et l'Eglise ont renforcé la foi en chacun et incité davantage les gens à participer à ce pèlerinage", a-t-il souligné pour expliquer une augmentation du nombre de participants par rapport aux autres années.

Pour la première année, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et président de la Conférence des évêques de France, a rendu visite aux marcheurs dimanche soir sur le bivouac de Gas (Eure-et-Loir) et participé à la prière.

L'association a d'ores et déjà annoncé le thème du pèlerinage 2011, intitulé "L'évangile de la vie".

[summorum-pontificum.fr] Compte-rendu de la venue du cardinal Vingt-trois, archevêque de Paris, sur le campement du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté

SOURCE  - summorum-pontificum.fr - 24 mai 2010

L’événement l’impose. Je reproduits ci-dessous le compte-rendu publié aujoud’hui sur le site de Notre-Dame de Chrétienté :

– Dimanche - 23:00 - Bivouac de Gas - Grand moment pour le Pèlerinage et pour tous les pèlerins avec la présence de son Eminence le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, président de la Conférence des Evêques de France, ce soir dimanche sur le bivouac.

– Le Cardinal est arrivé à 19h45 à Gas, accompagné de Mgr. Patrick Chauvet. Le Cardinal a été salué par le président de l'association et par l'aumônier général à sa descente de voiture. Il a rendu visite au camp des chapitres Enfants, puis parcourant à pied l'allée principale du camp il a salué les chapitres Familles avant d'assister à l'arrivée des chapitres adultes. Sur tout son parcours le Cardinal a reçu un accueil ému et très chaleureux des pèlerins. C'est sous les applaudissements, les "bravo" et les "merci" des pèlerins que le Cardinal a traversé le camp, accompagné par les chants.

– Le Cardinal a salué les délégations étrangères : pèlerins allemands, pèlerins anglais et américains ... Il a remercié les équipes des monteurs de tentes et les responsables des cuisines ...

– Le Cardinal s'est ensuite entretenu avec les responsables de l'association. A 20h50 il s'est adressé aux milliers de pèlerins rassemblés pour le Salut du Saint-Sacrement.

"Je vous considère comme des membres de ma famille (...) Une famille se constitue de membres qui ne se choisissent pas, mais qui sont liés de façon indéfectible (...) Nous sommes membres de la même Eglise (...) Nos relations sont des relations de fraternité et de communion (...) A vous qui vous interrogez sur le sens à donner à votre vie, demandez-vous non pas ce que vous voulez faire, mais ce que le Seigneur attend de vous (...) Il ne s'agit pas seulement d'un pèlerinage pour ces trois jours mais d'un sens à donner à toute votre vie (...) Je vous demande surtout, chacun, de prier pour votre évêque."

– Le Cardinal a ensuite présidé le Salut du Saint-Sacrement, et la très émouvante cérémonie de consécration à la Sainte Vierge.Le Cardinal a quitté Gas vers 22h30, après avoir été remercié très chaleureusement par le président et par l'aumônier général.

[summorum-pontificum.fr] Mgr Fellay dans Der Spiegel

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 24 mai 2010

C’est aujourd’hui que paraît en Allemagne un entretien accordé par Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, à l’hebdomadaire Der Spiegel. Selon une dépêche de l’AFP, largement reprise, Mgr Fellay déclarerait ce qui apparaît comme une évidence pour tout catholique voulant vivre en conformité avec sa foi, à savoir que les homosexuels ne devraient pas accéder au sacerdoce.

Bien sûr, on disserte sur ce rappel et on s’exclame. On parle même de scandale. Décidément bien naïf – on se refait difficilement – je me suis tout d’abord étonné de ces réactions. Puis, j’ai compris ! Je ne saisissait pas, en effet, que reprochant à l’Église les scandales pédophiles, on s’étonne de cette position de Mgr Fellay. Puis l’idée s’est tout d’un coup glissée en moi que pour les nouveaux clercs de la bien-pensance il fallait absolument déconnecté tout lien possible entre homosexualité et pédophilie, ce que n’avait pas fait, par exemple, le cardinal Bertone, secrétaire d’État, dans une conférence qui fit du bruit.

Certes, il serait rapide et abusif de lier tous les cas de pédophilie à l’homosexualité. Mais en voulant à tout prix préserver la liberté sexuelle de tout faire, chacun selon ses goûts et ses humeurs, on prend des risques, qu’assurément – en dehors de toute question morale – l’Église ne peut se permettre.

Notre monde moderne se trouve là devant une contradiction majeure de son discours – ou de ses réactions, devrait-on dire, plus exactement, la rationalité du discours n’étant pas au rendez-vous. Il se révolte à bon droit (du moins tant que cela ne devient pas une machine de guerre) contre les scandales des prêtres pédophiles, mais il tient à préserver comme un dogme la liberté sexuelle sans limites. On en voit les conséquences. La position catholique est plus cohérente et libératrice.

23 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] Il ne faut pas prendre les Suisses pour des imbéciles…

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 23 mai 2010

Les Suisses, c’est bien connu, s’y prennent peut-être lentement, mais quand ils décident de faire quelque chose, ils le font bien. C’est ainsi qu’un groupe de fidèles appartenant au diocèse de Sion et au territoire de juridiction de l’Abbé de Saint-Maurice, dans le canton du Valais, ont décidé de se regrouper pour obtenir de l’autorité la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. Ils ont donc fondé l’APFEL,  « association au sens des articles 60 et suivants du Code civil suisse, doublée d'une Association privée de fidèles au sens du Canon 215 du Code de Droit  Canon de l'Eglise catholique ».

Ils ont aussi mis sur pied un site Internet, riche de plusieurs rubriques et qui méritent d’être visité. On y trouve, outre les raisons de l’existence de cette association, une rubrique « Missel », complétée chaque semaine. Ainsi, en ce dimanche de la Pentecôte, les oraisons et les lectures du jour sont disponibles (voir ICI). La rubrique « L’esprit de la liturgie » rassemble plusieurs textes sur la liturgie (textes du Père Garrigou-Lagrande, de dom Gérard Calvet et de Vincent Pellegrini). La rubrique « Les arts de la liturgie » donne toute sa place au chant sacré. Enfin, la rubrique « documents » complète l’ensemble en offrant le texte du Motu Proprio du 7 juillet 2007, de la Bulle Quo Primum, de l’hérésie anti-liturgique de dom Guéranger sans oublier les statuts de l’association et une lettre-type à envoyer à son curé.

Ma présentation ne serait pas complète si je ne signalais les pages « adhésion » et « contact ». Mais on l’aura compris, ce site mérite une visite, voire davantage, même de la part de ceux qui ne sont pas concernés par la célébration de la messe dans le Valais.

Je me permets de reproduire ci-dessous l’historique de cette démarche. Elle me paraît éclairante en effet de la situation générale que l’on trouve en Europe. Je pourrais évidemment ajouter mes commentaires, mais il me semble que ce texte est éloquent en lui-même.
«Le 28 décembre 2007, sur une initiative individuelle et sans aucune publicité, à partir des seules ressources d'un carnet d'adresses personnel, 91 signatures (recoupant des gens de Monthey, Vernayaz, St-Maurice, Martigny, Fully, Orsières ainsi que du Valais central...) étaient présentées à Mgr Joseph Roduit, Abbé de St-Maurice, lui demandant la possibilité d'assister régulièrement à la messe selon la forme extraordinaire du rit romain, tous les dimanches et fêtes d'obligations, par exemple à la chapelle s. Jacques à St-Maurice.

Cette démarche voulait répondre à l'intention du Saint-Père et demander l'application du Motu proprio Summorum Pontificum dans une région où il n'est pas de manifestation plus probante au monde, sans doute, de l'existence d'un groupe stable demeuré puissamment attaché à la forme extraordinaire du rit romain!

La demande était alors adressée à l'ordinaire dans un esprit dicté lui-même par le document du Saint-Père, à savoir une dynamique positive et cohérente à propos d'une forme liturgique qui porte des valeurs que la forme ordinaire, dans les faits sinon sur le papier, a désormais fortement compromises : dimension contemplative, sens de la transcendance, beauté-splendeur de vérité, intériorité, silence, expression de la dimension propitiatoire et sacerdotale, précision théologique, dimension artistique, etc. etc.

Riche de l'expérience profonde de cette forme liturgique, celui qui demandait ainsi l'application du Motu proprio Summorum pontificum en Valais au nom de 91 de ses connaissances, natif de Vernayaz et ancien élève du collège de St-Maurice, s'adressait à l'Abbé de Saint-Maurice, confiant dans le fait qu'il trouverait là un écho favorable, connaissant par ailleurs le souci liturgique qui caractérise la longue tradition de l'Abbaye et la compétence de celle-ci à entrer dans une démarche où la beauté serait au service de la prière. Il ne s'agissait pas de demander une concession, voire un ghetto pour des "vilains intégristes", mais la lumière et la joie sans mélange d'un héritage spirituel et culturel dont la modernité pourrait être cruellement assoiffée.

Mgr Roduit consulta Mgr Brunner, évêque de Sion. Des discussions s'en suivirent avec les deux prélats, ainsi qu'avec Mgr Vouilloz alors Prévôt du Grand-Saint-Bernard, sans grand résultat.

Il faut le reconnaître - il est inutile de faire semblant de ne pas le constater - une opposition de principe retint nos prélats. Mgr Brunner nous l'a formellement dit : il est "contre" le Motu proprio du Pape.

Nous avons donc rencontré une forme de résistance ne trouvant pas à se formuler clairement, mais résistance effective, et le temps a passé, avec à chaque fois un nouvel ajournement d'une décision... Notre demande n'était pas comprise. Il fallait, hélas, constater, lors de ces discussions, quelques préjugés et caricatures bien malheureuses à propos de cette forme liturgique, auxquels nous ne nous attendions pas dans la bouche de l'autorité. Bref, loin de rencontrer une attitude de coopération, comme sincèrement nous l'espérions, nous avons pris acte d'une incompréhension de fond et d'une distance culturelle inattendue.

Que faire ? Nous avons insisté, argumenté, soulevé la nécessaire exigence d'appliquer la volonté du Pape même s'ils avaient des réticences personnelles, et finalement avancé l'argument d'autorité.

Nos prélats ont alors exigé - faute de mieux - que nous procédions selon la lettre du document du Pape qui, en effet, ne prévoyait pas a priori que l'Ordinaire du lieu exerce son autorité pour une telle demande, puisqu'il en accordait le droit et la compétence à chaque prêtre, sans même que celui-ci ne doive en réfèrer à son évêque. Soit, puisque telle est la volonté de l'Ordinaire en Valais, nous nous adresserons directement aux curés.

Néanmoins, face à ce déroulement peu engageant et devant une résistance que nous n'avions pas escomptée, nous avons pris la mesure d'une réalité qui pourrait se formuler en deux points :

– la forme extraordinaire du rit romain est victime d'une somme de discrédits de toutes sortes (rite désuet, les fidèles ne participent pas, liturgie difficile d'accès, impopulaire, austère, qu'on ne comprend pas...) de la part d'une autorité qui, de fait, n'en connait plus du tout, ni l'esprit, ni la lettre, et n'en retient qu'une imagerie dépréciative. Un oubli de quarante ans ne se répare pas, dans les faits, par un seul document pontifical, aussi puissant et prophétique soit-il, a fortiori lorsqu'il est reçu sans conviction, voire dans un désavoeu avoué - si j'ose la formule.

–par ailleurs, la plupart des fidèles, souvent victimes de l'oubli et de l'ignorance, voire de la même imagerie dépréciative, ne peuvent pas demander à leur curé ce qu'ils ne connaissent pas, n'ont jamais connu.

Alors que faire ?

Eh bien, en même temps que nous voulons solliciter de nos évêques l'application du Motu proprio Summorum pontificum, il est urgent d'informer, de montrer, de rayonner, de défendre et illustrer la beauté éblouissante, la richesse insoupçonnée et la profondeur tout à fait moderne de la forme extraordinaire du rit romain - auprès des curés de paroisses, auprès des laïcs, et cela du point de vue théologique, ascétique, liturgique, historique, artistique... Soit, puisque ces démarches nous en ont montré le chemin, c'est cela que, avec l'aide de Dieu, nous ferons ! Pour faire appliquer la volonté du Pape en Valais, plus que d'un groupe stable de demandeurs qui existait dès le premier jour de notre démarche auprès de l'autorité, il fallait convaincre. Et pour convaincre, il suffit de "montrer" ce rit, dans toute sa cohérence. Nous ferons donc la promotion de ce rit. »
Bon dimanche de la Pentecôte.

22 mai 2010

[AFP] Pèlerinage: départ de 8.000 catholiques

SOURCE - AFP - 22 mai 2010

Quelque 8.000 catholiques traditionalistes sont partis ce matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour participer à leur 28e pèlerinage de la Pentecôte qui doit les conduire, après trois jours de marche, à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, ont annoncé les organisateurs.

Organisée depuis 1983 par l'association Notre-Dame de la Chrétienté, groupe reconnu par le Vatican, cette marche vers l'un des plus importants sanctuaires français voué au culte marial rassemble chaque année des couples, des familles et des religieux.

"Trois jours durant, sur la route de Chartes, les pèlerins renouvelleront publiquement l'attachement des Catholiques de la fille aînée de l'Eglise à leur mère, une Eglise souhaitée 'purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale' par le pape Benoît XVI", selon les organisateurs. La procession, est composée majoritairement de jeunes avec une moyenne d'âge de 21 ans et compte 800 pèlerins étrangers de 15 nationalités, a-t-on précisé.

Dans le même temps, une autre procession doit faire chaque année le pèlerinage de Chartres (Eure-et-Loir) à Paris. Les catholiques intégristes et traditionalistes font leur pèlerinage entre Paris et Chartres, chacun dans un sens: le pèlerinage traditionaliste de Notre-Dame de Chrétienté va de Notre-Dame de Paris à la cathédrale de Chartres, tandis que le Pèlerinage de Tradition des intégristes de la Fraternité saint Pie X va des jardins de l'archevêché à Chartres au Sacré-Coeur ou aux Invalides à Paris.

21 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] Pourquoi le cardinal Vingt-Trois sera au Pèlerinage de Pentecôte. Une explication venue des États-Unis

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 21 mai 2010

Une étude parue aux États-Unis montre que les vocations sacerdotales et religieuses affluent là où les aspects traditionnels sont respectés. L’étude intitulée « Recent Vocations to Religious Life: A Report for the National Religious Vocation Conference » a été réalisée par le « Center for Applied Research in the Apostolate » (CARA) de Georgetown University. Elle date d’août dernier. Elle montre que les communautés dans lesquelles la messe est célébrée quotidiennement, l’Office divin récité, l’habit religieux porté et la fidélité au magistère claire, attirent plus facilement les jeunes. Ces caractéristiques dépassent bien sûr le seul milieu traditionnel, mais elles se trouvent tout naturellement mises en place dans les communautés qui célèbrent l’usus antiquior, pratiquent l’Office divin traditionnel, portent l’habit religieux, même pour les prêtres séculiers, et dont la fidélité au magistère et à la Tradition est évidente.

Ces aspects expliquent l’attirance des jeunes et donnent peut-être une piste pour comprendre ce que le quotidien La Croix tente d’expliquer par le « zapping » religieux dans un article paru le 20 mai.

Comment expliquer, en effet, aux lecteurs de ce quotidien que le cardinal Vingt-Trois va se rendre ce W.E. à la rencontre des pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ? La solution a été trouvée par les journalistes. Le cardinal Vingt-Trois visite ce pèlerinage parce qu’en fait beaucoup de pèlerins ne sont pas des méchants traditionalistes et passent facilement d’un événement à un autre, du pèlerinage de Chrétienté à un rassemblement de Taizé. Ouf ! Le « saint » pluralisme des « propositions » religieuses est respecté.

Conclusion des journalistes de La Croix : « Ce n’est pas un hasard si le cardinal André Vingt-Trois a choisi d’intervenir ce week-end pour la première fois au cours du « pèlerinage de chrétienté ». Une manière pour l’archevêque de Paris d’approfondir le lien avec des groupes vivants et plus contrastés qu’on le croit, dans la mesure où cette marche draine des fidèles de toutes provenances. »

Mais si l’on relie cette venue à l’étude américaine citée ci-dessus, peut-être peut-on avancer une autre explication ? Le cardinal Vingt-Trois, sortant pour un W.E. de l’enfermement de l’explication idéologique (tous des maurrassiens, nostalgiques de Pétain et de l’Algérie française), va essayer de comprendre  pourquoi les vocations affluent dans la mouvance traditionnelle. Il serait peut-être souhaitable qu’un lecteur américain lui adresse l’étude du CARA...

[AFP] Pédophilie : la Fraternité Saint Pie X met à l'index les homosexuels

SOURCE - AFP - 21 mai 2010

La Fraternité Saint Pie X préconise d'écarter les homosexuels du sacerdoce des prêtres, pour lutter contre les affaires de pédophilie au sein de l'Église catholique. "Si l'on veut empêcher les abus, on doit tenir les homosexuels à l'écart du sacerdoce des prêtres", a déclaré le supérieur de la congrégation intégriste, Mgr Bernard Fellay dans la prochaine édition du magazine allemand à paraître lundi, dans l'hebdomadaire Der Spiegel.

Les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église catholique sont "presque exclusivement toutes des garçons pubères", fait valoir Mgr Fellay, qui en conclut que l'origine des scandales de pédophilie qui secoue l'Église catholique dans plusieurs pays n'est pas le célibat des prêtres, mais l'homosexualité.

Le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, avait tenu des propos liant homosexualité et pédophilie, début avril au Chili. "Nombre de psychologues, de psychiatres ont démontré qu'il n'y avait pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d'autres ont démontré, et m'ont dit récemment, qu'il y avait une relation entre homosexualité et pédophilie", avait-il déclaré. Le Vatican avait ensuite pris ses distances avec les propos du cardinal.

La Fraternité Saint Pie X, communauté intégriste fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, a refusé les principales décisions du concile Vatican II (1962-65), comme le dialogue interreligieux, la liberté religieuse et l'abandon du dogme de l'infaillibilité papale. Le pape Benoît XVI a levé le 21 janvier 2009 l'excommunication de quatre évêques catholiques intégristes de la Fraternité, dont le Britannique Richard Williamson, en dépit de ses déclarations négationnistes. Ce geste avait provoqué un tollé dans le monde entier. La Fraternité a son siège à Menzingen en Suisse.

[Paix Liturgique] Avec Pierre, sous l'autorité de Pierre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 231 - 21 mai 2010

Benoît XVI quitte le Portugal, renforcé par le soutien des fidèles” : l'AFP, dans sa dépêche rendant compte de la fin du séjour du Pape en terre lusitanienne, a mis dans le mille. A près des semaines de campagne contre l'Église et le successeur de Pierre, beaucoup pensaient en effet que la visite du Saint Père au pays de Fatima serait un échec.

Et il n'en a rien été. Avant de vous livrer notre commentaire sur le succès de ce voyage pontifical, nous vous proposons quelques-uns des temps forts qui en ont marqué le déroulement. Les citations sont extraites des discours, homélies et méditations prononcés par Benoît XVI au cours de ces 4 jours au Portugal (source : site du internet du Vatican).


I – MORCEAUX CHOISIS

Mardi 11 mai 2010 : Rencontre de Benoît XVI avec les journalistes au cours du vol vers Lisbonne


"Le Portugal a été une grande force de la foi catholique, il a porté cette foi dans toutes les parties du monde ; une foi courageuse, intelligente et créative ; il a su créer une grande culture."

"Les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice. En un mot, nous devons ré-apprendre cet essentiel : la conversion, la prière, la pénitence et les vertus théologales."


Mercredi 12 mai 2010 : Rencontre avec le monde de la culture (Lisbonne)

"L'Église apparaît comme le grand défenseur d’une saine et haute tradition, dont la riche contribution se met au service de la société ; celle-ci continue à en respecter et à en apprécier le service en faveur du bien commun, mais elle s’est éloignée de la dite ‘sagesse’ qui fait partie de son patrimoine. Ce ‘conflit’ entre la tradition et le présent s’exprime dans la crise de la vérité, mais c’est seulement celle-ci qui peut orienter et tracer le chemin d’une existence réussie, aussi bien en tant que personne que comme peuple."

"Pour une société formée en majeure partie de catholiques et dont la culture a été profondément marquée par le christianisme, la tentative de trouver la vérité en dehors de Jésus-Christ s’avère dramatique. Pour nous, chrétiens, la Vérité est divine ; elle est le Logos éternel qui a pris une expression humaine en Jésus-Christ, lequel a pu affirmer avec objectivité : « Je suis la vérité » (Jn 14,6)."


Mercredi 12 mai 2010 : Célébration des Vêpres avec les prêtres et les diacres, les consacrés et les séminaristes (Fatima)

"Chers séminaristes, qui avez déjà fait le premier pas vers le sacerdoce et qui vous préparez au grand séminaire ou bien dans les maisons de formation religieuses, le Pape vous encourage à être conscients de la grande responsabilité que vous devrez assumer : vérifiez bien vos intentions et vos motivations ; consacrez-vous avec force d’âme et générosité d’esprit à votre formation. L’Eucharistie, centre de la vie du chrétien et école d’humilité et de service, doit être l’objet principal de votre amour. L’adoration, la piété et l’attention portée au Saint Sacrement, au cours de ces années de formation, vous conduiront un jour à célébrer le sacrifice de l’Autel avec une dévotion édifiante et vraie."


Mercredi 12 mai 2010 : Bénédiction des flambeaux sur l'esplanade du sanctuaire de Fatima

"Je porte avec moi les préoccupations et les attentes de notre temps et les souffrances de l’humanité blessée, les problèmes du monde, et je viens les déposer aux pieds de la Vierge de Fatima : Vierge Mère de Dieu et notre Mère bien-aimée, intercède pour nous auprès de ton Fils afin que toutes les familles des peuples, celles qui se distinguent par le nom de chrétiennes, comme celles qui ignorent encore leur Sauveur, vivent dans la paix et la concorde jusqu’à se rassembler en un seul peuple de Dieu, à la gloire de la Sainte et indivisible Trinité."

Jeudi 13 mai 2010 : Messe sur l'esplanade du sanctuaire de Fatima

"Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait."


Jeudi 13 mai 2010 : Rencontre avec les évêques du Portugal (Fatima)

"Les Pasteurs ne sont pas seulement des personnes qui occupent une charge, mais ils sont eux-mêmes porteurs de charismes, ils sont responsables de l’ouverture de l’Église à l’action de l’Esprit Saint. Nous, Évêques, en vertu du sacrement, nous sommes oints par l’Esprit Saint et, par conséquent, le sacrement garantit aussi l’ouverture à ses dons. Ainsi, d’une part, nous devons éprouver la responsabilité d’accueillir ces impulsions qui sont des dons pour l’Église et qui lui confèrent une nouvelle vitalité ; mais, d’autre part, nous devons aussi aider les mouvements à trouver la voie juste, en faisant des corrections avec esprit de compréhension – cette compréhension spirituelle et humaine qui sait conjuguer conduite, reconnaissance et une certaine ouverture et disponibilité à apprendre."


Vendredi 14 mai 2010 : Messe à Porto

"Tout se définit à partir du Christ, quant à l’origine et à l’efficacité de la mission : la mission nous la recevons toujours du Christ, qui nous a fait connaître ce qu’il a entendu de son Père, et nous y sommes engagés par l’Esprit, dans l’Église. Comme l’Église elle-même, œuvre du Christ et de son Esprit, il s’agit de renouveler la face de la terre en partant de Dieu, toujours et seulement de Dieu !"


II - LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1 - Dans un pays autant miné que la France par la sécularisation et le laïcisme, Benoît XVI a non seulement mobilisé les foules mais aussi les cœurs et les intelligences. Ni le climat médiatique et politique hostile (prenant prétexte de la crise économique, syndicats et patronat portugais s'étaient opposés à ce qu'un jour férié soit octroyé à l'occasion de la visite pontificale), ni la pluie et le froid (à Fatima lors de la veillée) n'ont eu raison de l'enthousiasme des fidèles.

Si l'on ajoute qu'à Rome, ce dimanche 16 mai, la Place Saint-Pierre était elle aussi bondée, à l'appel des associations catholiques italiennes, pour soutenir le Souverain Pontife, on ne pourra que conclure, comme l'ont fait de très nombreux observateurs internationaux, que le lien entre Benoît XVI et les fidèles n'a jamais été aussi fort qu'aujourd'hui. Un paradoxe difficilement explicable pour ceux qui n'ont eu de cesse, depuis 2005, de dénigrer et de caricaturer l'action du Saint Père.

2 - Rien de surprenant en revanche pour ceux qui, comme nous, savent bien que l'Église visible – celle des scandales, des dissensions et des provocations – n'est pas l'Église réelle, celle des fidèles silencieux qui, à Fatima et à Rome (comme d'ailleurs à Lourdes en 2008), manifestent avec leurs pieds et leurs chapelets leur indéfectible soutien au successeur de Pierre et au magistère de l'Église “une, sainte, catholique, apostolique et romaine”.

3 - Les résultats du sondage que nous avons commandité début mai à Harris Interactive (voir lettre de Paix Liturgique n°229 du 10/05/2010) laissaient d'ailleurs entrevoir cette adhésion profonde des catholiques “de base” portugais à la réforme de la réforme engagée par Benoît XVI. Bien que n'ayant pas entendu parler du Motu Proprio Summorum Pontificum et, par conséquent, de la libération de la messe traditionnelle, ils en approuvent instinctivement le bien-fondé.

Semaine après semaine, c'est la voix de ces nouveaux silencieux de l'Église que Paix Liturgique s'efforce de faire entendre. Une voix qui irrite les oreilles de certains mais qui se veut seulement un encouragement humble et fervent à l'entreprise de réconciliation poursuivie par le Souverain Pontife, "cum Petro et sub Petro".

20 mai 2010

[Céline Hoyeau et François-Xavier Maigre - La Croix] Ces jeunes catholiques qui refusent les étiquettes

SOURCE - Céline Hoyeau et François-Xavier Maigre - La Croix - 20 mai 2010

Alors que l’édition 2010 du pèlerinage des traditionalistes Notre-Dame de chrétienté, entre Paris et Chartres, commence vendredi 21 mai, portrait d’une génération de jeunes chrétiens insaisissables

«Il y a du bon à prendre partout ! » Emmanuel Dastarac, 21 ans, navigue sans complexe entre les innombrables propositions adressées aux jeunes par les mouvements chrétiens. Engagé avec égal enthousiasme au sein des Guides et Scouts d’Europe, du mouvement Chrétiens en grande école ou dans la logistique du pèlerinage étudiant à Chartres, il estime que chacun de ces lieux apporte « quelque chose d’unique, de différent » à sa vie spirituelle. « Pour moi, l’essentiel est de servir l’Église », résume l’étudiant en école de commerce, qui confie « tenir énormément à cette diversité ».

De fait, ils sont nombreux à « surfer » d’un groupe à l’autre, sans se soucier des clivages sociologiques et des antagonismes idéologiques qui ont longtemps façonné les mouvements dans l’Église de France : tel est étiqueté comme « social », tel autre « identitaire », tel autre encore « charismatique », ou « tradi »…

Maxime, 24 ans, illustre cet art du grand écart : ce futur ingénieur affirme se sentir aussi à l’aise dans les veillées de prière de Taizé que dans les hôpitaux parisiens où il anime des messes, dans un rassemblement de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) qu’au pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté organisé dimanche 23 mai, comme chaque année par les fidèles traditionalistes à Chartres...

Phénomène marginal ?

Ce n’est pas un hasard si le cardinal André Vingt-Trois a choisi d’intervenir ce week-end pour la première fois au cours du « ppèlerinage de chrétienté ». Une manière pour l’archevêque de Paris d’approfondir le lien avec des groupes vivants et plus contrastés qu’on le croit, dans la mesure où cette marche draine des fidèles de toutes provenances.

Dans ses activités auprès des étudiants, le P. Hubert Hirrien, aumônier national des Chrétiens en grande école (CGE), a pu lui aussi constater que les frontières et les positionnements sont aujourd’hui « plus poreux qu’il y a dix ou quinze ans ». « Une part des étudiants se balade un peu plus. Mais un certain nombre demeure dans un seul lieu d’Église, nuance-t-il. Les deux types de parcours coexistent. »

Pour Florian Meyer, secrétaire national de la JOC, le phénomène reste « marginal » : « Chez nous, cela concerne un ou deux jeunes par région. » Et si le brassage est « bien réel » lors des grands rassemblements du mouvement comme celui de La Courneuve il y a un an (20 000 participants), son ampleur reste toutefois « difficile à évaluer », ajoute le jociste.

Que cherchent ces « cathos mutants » ?

Les événements de masse, type JMJ ou pèlerinage « Aux sources » l’an dernier en Terre sainte, sont « autant d’occasions pour sortir des cases, remarque le P. Hirrien. Les jeunes découvrent que l’Église est plus large que le groupe auquel ils appartenaient. » Une tendance accentuée selon lui par « la culture du réseau », en particulier Facebook, qui favorise aussi cette mobilité.

Mais que cherchent, au fond, ces « cathos mutants » ? « Participer à des groupes très différents me permet de garder un certain équilibre », explique simplement Anaïs, investie dans la fraternité Aïn Karem (évangélisation de rue) et vice-présidente de l’aumônerie étudiante de Créteil, où elle a donné des cours d’alphabétisation aux étrangers et de soutien aux jeunes en difficulté.

Cet été, elle envisage par ailleurs de rejoindre le festival missionnaire Anuncio : « C’est en me confrontant à des personnes qui ne vivent pas leur foi de la même façon que moi qu’à mon tour je grandis en me questionnant sur ma propre manière d’agir. »

De l’extérieur, ce «bricolage» peut parfois «sembler incohérent»

Il y a aussi, chez beaucoup, le désir d’une vie chrétienne plus cohérente, comme le relève Lætitia, qui dit « jongler » en permanence : « J’ai besoin de traduire ma foi dans l’action et pas seulement dans la prière. On a prévu de monter un groupe dans mon école de commerce, pour proposer temps de célébration et projets solidaires. »

Il n’est pas toujours facile, pour ces jeunes « transfuges », de faire accepter leur choix : « Dans la paroisse de mes parents, je suis le conservateur ; à Paris je suis vu comme le progressiste ! » s’amuse Florian, 23 ans. Originaire d’un milieu rural, près de Pithiviers, il a passé son enfance au sein de l’ACE et du MRJC.

Depuis trois ans à Paris, l’étudiant en géographie navigue entre « milieux tradis », communauté de l’Emmanuel, et groupes de prière divers. Il est aussi servant d’autel à Saint-Germain-des-Prés et se plaît à jeter des ponts autour de lui : « Au moment de la levée des excommunications des évêques lefebvristes, j’ai participé à une réunion de Chrétiens en monde rural, chez mes parents. C’était très tendu. J’ai essayé de renvoyer chacun à ses propres limites et leur dire qu’il y avait besoin d’un recentrage, ni trop dans l’action, ni trop dans le rite, mais dans la foi, ce qu’encourage Benoît XVI. »

Des formes renouvelées d’annonce de l’Évangile

De l’extérieur, ce « bricolage » peut parfois « sembler incohérent », relève Ignacio Gonzalez Sexma, jésuite (1), qui se demande si cette diversité ne risque pas d’empêcher des « engagements forts et de longue durée ».

Ces pratiques « dérangent » ceux qui pensaient que « l’évolution de l’Église irait forcément dans leur sens », reconnaît Mgr Benoît Rivière, président du Conseil pour la pastorale des jeunes à l’épiscopat. « Paradoxalement, ces jeunes nous apprennent aussi que l’Église n’est pas un club et qu’aucun groupe ne peut revendiquer d’être le tout de la vie chrétienne », analyse l’évêque d’Autun, qui rappelle « qu’aucun engagement social ne peut durer sans une vie intérieure profonde ».

D’une certaine manière, « ils sont moins politiques et plus spirituels », avance de son côté le P. Hirrien : « À l’inverse des générations des années 1960-1970, qui considéraient l’Église comme une machine trop puissante, eux la voient davantage comme une institution fragilisée. Ils ont conscience d’être une minorité. Ça donne des formes renouvelées d’annonce de l’Évangile, plus explicites. »

Céline HOYEAU et François-Xavier MAIGRE

[Romano Libero - Golias] Les «tradis» s’en prennent à Mgr Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens

SOURCE - Romano Libero - Golias - 20 mai 2010

Certains évêques sont les cibles favorites et privilégiées des sites internets intégristes : c’est le cas en particulier de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, comme ce fut le cas jadis de Jacques Gaillot.
Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens, a prononcé voici quelques mois une conférence à l’occasion du centième (bravo !) anniversaire de son prédécesseur dans la Somme, Mgr Géry Leuliet, que la Documentation catholique a publiée. Ce qui lui vaut aussi de faire la une de l’Osservatore Vaticano. Certains passages qui ne surprendront pas tous ceux qui connaissent et apprécient cet évêque d’ouverture mériteraient d’être cités intégralement. Nous ne retenons qu’un passage : « Je crois en vérité qu’on pourrait passer à côté de la réalité de l’événement conciliaire si on ne retenait que les textes. C’est, me semble-t-il, ce que l’on tente aujourd’hui. »

Les tradis ont bien compris ce qui était en jeu au travers de ces quelques mots, et qui marquent une vraie césure entre deux compréhensions du Concile.

Selon la première, celle qui semblait obvie, le Concile qui n’est seulement un corpus de textes aujourd’hui inertes mais un véritablement évènement et un point de départ marque un tournant. Sans quoi d’ailleurs il aurait été inutile et on voit mal pourquoi le bon Pape aurait éprouvé le désir de le convoquer.

Selon la deuxième, appelée pudiquement « herméneutique de la continuité », le Concile doit - au mépris finalement du sens historique et du bon sens tout court - être interprété « à la lumière de la tradition  ». C’est-à-dire en définitive « neutralisé » de tous éléments de nouveauté qui lui donnaient pourtant son sens et sa prégnance.

Un théologien romain de la vieille école Mgr Brunero Gherardini, 85 ans, a théorisé cette doctrine - non sans arguments doctrinaux. Or il nous semble que l’histoire récente dément qu’il soit objectivement acceptable de lire et de comprendre Vatican II de cette façon. C’est tout l’enjeu du bras-de-fer entre l’école historique de Bologne (autour de Giuseppe Alberigo en particulier) et les relectures restauratrices du Pontificat actuel, visant au fond à nous faire croire que le Concile n’aurait été convoqué que pour répéter sagement tout ce qui aurait été dit auparavant.

Concédons à nos amis tradis qu’ils ont bien compris où résidait l’enjeu. L’Église peut-elle ou non évoluer profondément dans sa pensée ? Personne, même les plus fixistes des intégristes, ne nient des mutations secondaires ou « accidentelles ». Mais ce que les uns acceptent et les autres refusent c’est l’idée d’un tournant décisif, avec un véritable changement de perspective. Ceci dit, leur relecture de l’histoire ancienne ou médiévale pèche certainement aussi par le manque de sens historique, mais nous ne pouvons développer ici point - en soi important.

Remercions en tout cas notre ami Jacques Noyer. Cet évêque octogénaire, lucide et courageux, auquel le catholicisme français doit toujours beaucoup.

Il soulève le véritable lièvre !

[summorum-pontificum.fr] Le Motu Proprio en République Tchèque

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 20 mai 2010

Le blog Missainlatino s’est interrogé sur la place de la messe traditionnelle en République Tchèque, pays considéré comme l’un des plus sécularisés d’Europe. De l’entretien réalisé dans cette perspective, il ressort que la messe selon l’usus antiquior est célébrée dans une quinzaine de villes au moins une fois par mois. Un seul évêque célèbre avec une certaine fréquence la messe traditionnelle (Mgr Jan Baxant, évêque de Litomerice). Les autres ne la célèbrent pas et même entravent sa diffusion.

La Fraternité Saint-Pie X est elle-même présente dans ce pays, au moins à trois endroits. La chapelle de Brno pourrait voir l’installation d’un prieuré.

[tradi95] De solides perspectives!

SOURCE - tradi95.tk - 20 mai 2010

Soyez le (la) bienvenu(e) sur le site du collectif « Pour la liturgie traditionnelle en vallée de Montmorency »
Lettre n° 8 - jeudi 20 mai 2010

De solides perspectives!

Chers amis,

A l'origine de cette démarche, quatuor de jeunes trentenaires Valdoisiens habitant la vallée de Montmorency, nous faisons partie de ces jeunes catholiques qui ont découvert ou redécouvert, dans les dix dernières années, la liturgie traditionnelle de l’Eglise, tout en évoluant dans les structures diocésaines.

Ne pouvant malheureusement pas, pour le moment, vivre notre foi dans cette liturgie et la faire partager autour de nous, nous avons décidé de procéder à une demande groupée de liturgie traditionnelle sur notre secteur, forts de l'encouragement de notre Saint Père Benoît XVI, dans son désir de restauration de la liturgie, par la promulgation de son Motu Proprio du 7 juillet 2007.

Au mois de novembre 2009, nous sommes allés rencontrer le curé de la cathédrale de Pontoise, Vicaire  épiscopal, Monsieur l’archiprêtre MACHENAUD, à qui nous avons exposé notre projet. L’entretien s’est déroulé de façon très cordiale, ce qui nous était demandé étant juste de constituer un groupe d’une trentaine de foyers, pour que la demande ait du poids.

Ce faisant, le groupe s'étoffant (jusqu'à plus d'une centaine de personnes à l'heure actuelle), diverses rencontres et diverses étapes nous ont mené à organiser, le 8 mai dernier, une réunion rassemblant plus de soixante personnes demandeuses d’une telle liturgie sur notre secteur (cf notre Lettre n° 7), en présence de Monsieur l’archiprêtre MACHENAUD, chargé par l’évêque de s’occuper de notre demande.
Un mois avant cette rencontre, nous avions par courrier présenté à notre ambassadeur les aspirations suivantes, que nous espérons satisfaites au plus tard pour la rentrée de septembre 2010 :
  • La célébration chaque dimanche de la « forme extraordinaire de l’unique rite romain » (et non pas un dimanche sur deux, ou trois sur quatre...)
  • à un horaire familial, c’est-à-dire dans l’idéal vers 10h30-11h
  • dans une église en bon état et située dans un lieu vivant de la Vallée de Montmorency, plus précisément vers le centre de l’axe Bessancourt-Enghien, qui rassemble la majorité des demandeurs (cf notre carte)
  • avec tous les autres sacrements et la vie paroissiale qui les accompagne
  • avec un pasteur qui aime cette liturgie et est capable et désireux de s’occuper avec amour et zèle du soin des âmes qui lui seront confiées
Le Père MACHENAUD, après avoir écouté la présentation de chacun des demandeurs présents qu’il a sollicitée, nous a déclaré qu’il avait conscience de ce que la proposition qu’il allait faire ne correspondait pas exactement à notre demande. Il nous a expliqué que chaque curé était maitre dans sa paroisse et que l’évêque ne pouvait le contraindre à rien, et qu’il n’y avait, pour l’instant, dans notre secteur, pas de curé souhaitant proposer la liturgie dans sa forme extraordinaire. Il nous a proposé, en accord avec Monseigneur RIOCREUX qui apporte son soutien à cette proposition :
  • La création d’une paroisse attachée à la « forme extraordinaire de l’unique rite romain », pour le mois de septembre 2010, dans le groupement de paroisses de Pontoise, dont il est le curé
  • avec tous les sacrements et la vie paroissiale qui les accompagne
  • avec des horaires familiaux
  • avec un pasteur qui aime cette liturgie et est capable et désireux de s’occuper avec Amour et zèle du soin des âmes qui lui seront confiées.
Voilà pourquoi nous vous invitons à rester mobilisés, pour ceux qui sont déjà partie prenante dans cette belle démarche, et à vous joindre à nous, pour nos amis qui nous découvrent et nous lisent pour la première fois.

Plus nous serons nombreux, plus ce magnifique vecteur d’évangélisation qu'est la liturgie traditionnelle pourra rayonner ! Nous comptons sur vous pour faire circuler l’information autour de vous.

En union donc de prière, et en espérant vous compter  rapidement à nos côtés, pour la plus grande gloire de Dieu, la sanctification de tous et le Salut du monde,

L'équipe de coordination

17 mai 2010

[Paix Liturgique] Le président de la Conférence des Evêques de France au pélerinage de Chrétienté

SOURCE - lettre 230 de Paix Liturgique - 17 mai 2010

C’est désormais officiel, le 28ème Pèlerinage de Chartres organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté (http://www.nd-chretiente.com/) sera marquée par la visite de Monseigneur André Vingt Trois, Cardinal Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. En effet, selon le communiqué de l’association Notre Dame de Chrétienté, il « rendra visite aux pèlerins, après leur deuxième journée de marche, pour célébrer le Salut du Saint-Sacrement et présider la Consécration à la Sainte Vierge. »

Depuis 28 années que le pèlerinage traditionnel de Chartres existe, c’est la première fois qu’un Président de la Conférence des évêques de France y participe. L’évènement est donc exceptionnel pour le pèlerinage. Il l’est aussi compte tenu des propos, disons peu amènes à l’égard des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle, que Monseigneur Vingt-Trois a récemment publiés. Nous ne doutons certes pas que l’ensemble de ces catholiques sont prêts à les lui pardonner. L’honneur chrétien nous oblige cependant à nous souvenir du courage des fondateurs et des prêtres qui ont accompagné ce pèlerinage dès l’origine et qui ont défendu héroïquement le trésor de la liturgie traditionnelle au prix … d’être exclus par les évêques qui à Paris comme à Chartres fermaient leurs cathédrales à leurs frères pèlerins et les laissaient assister à la sainte messe sur le parvis.

C’est il y a 28 ans, en 1982, au Mesnil Saint Loup, que Bernard Antony et Rémi Fontaine fondaient le pèlerinage à pieds de Paris à Chartres, baptisé de Chrétienté avec l'équipe du Centre Charlier, la direction spirituelle étant confiée à l'Abbé François Pozzetto.
Fondé et organisé par des laïcs, le Pèlerinage a toujours affiché sa volonté missionnaire, dans un esprit de réconciliation entre catholiques et des catholiques avec leur tradition, spécialement liturgique.
Pour cela, sans ambiguïté, le Pèlerinage a toujours exprimé son attachement à la liturgie romaine traditionnelle (cf. le point 4 de la charte de l’Association Notre Dame de Chrétienté : « Dans une fidélité totale au Saint Siège, les organisateurs du pèlerinage se réfèrent à l'enseignement constant de l'Eglise. Ils traduisent leur attachement à la Tradition sous toutes ses formes, en particulier doctrinales, liturgiques et sacramentelles, par l'utilisation exclusive du rit tridentin, tel qu'il a été codifié dans les livres liturgiques de 1962, et à nouveau confirmé par le motu proprio « Summorum pontificum » du 7 juillet 2007 comme étant la forme extraordinaire, jamais abrogée, de la liturgie du Saint Sacrifice de la Messe. Ils demandent aux prêtres, qui les accompagnent, de respecter ce choix dans le ministère qu'ils exercent pendant le pèlerinage et au cours des différentes activités préparatoires »).

Véritable vitrine de l’attachement à la liturgie traditionnelle en France, le Pèlerinage de Chrétienté est l’une des expressions de la voix des sans voix (34% des pratiquants français aimeraient assister à la liturgie traditionnelle dans leurs paroisses mais ne le peuvent pas). On sait au reste comment le Pèlerinage de Chrétienté s’illustre notamment par sa jeunesse, son dynamisme et son attachement joyeux et serein à la liturgie traditionnelle de l’Église. Il n’est pas possible de dire le nombre de jeunes n’ayant connu que la nouvelle liturgie jusqu'alors découvrir avec émerveillement la splendeur du rite traditionnel qu’on leur avait caché. Il n’est pas possible de dire le nombre de conversions qu’a portées ce pèlerinage. Il n’est pas possible de dire le nombre de vocations sacerdotales et religieuses qui sont nées sur la route de Chartres. Nombre de prêtres qui célèbrent aujourd’hui quotidiennement cette liturgie et de fidèles qui en vivent et la défendent ont découvert cette liturgie sur la route de Chartres.

Incontestablement, le pèlerinage de Chartres a joué un rôle capital dans le maintien et le développement de la liturgie traditionnelle de l’Église en France à un moment où elle était menacée de fait par les autorités ecclésiastiques.
C’est ce pèlerinage qu’aujourd’hui le Président de la Conférence des évêques de France vient rendre visite. Est-ce une manière de tourner une page de douloureuse histoire ? Cette visite marquera-t-elle la fin d'une époque de 40 ans où l'on niait en France l'existence de fidèles et de prêtres jeunes et nombreux attachés à la liturgie traditionnelle de l'Église et où, depuis 2007, l'on nie l'existence d'une demande de l’application d’un droit affirmé par le Souverain Pontife ?

Après tout, ce n’est pas impossible. ..Le Père Chauvet, curé de Saint-François-Xavier dans le 7ème arrondissement de Paris et vicaire épiscopal pour l'usage de la forme extraordinaire du rite romain ne déclarait-il pas publiquement en juin 2008 dans une réunion du GREC (voir lettre de Paix liturgique n°116) : « on peut raisonnablement penser qu’à moyen terme, la forme extraordinaire du rite romain pourrait être célébrée dans toutes les grandes églises de Paris ».

Dans cet esprit, pouvons-nous espérer que le Cardinal profitera de sa présence au pèlerinage pour adresser des paroles d'amour et d'ouverture à ses ouailles parisiennes, venues nombreuses l'entourer, membres des 35 groupes de demandeurs de célébrations "Extraordinaires" de Paris qui veulent vivre plus complètement leur foi Catholique au sein de leur propre paroisse ? Ce serait un signe fort de Charité, d'unité et de réconciliation pour l'ensemble des catholiques de France, toutes sensibilités confondues…

P.S. : pour vous inscrire au Pèlerinage de Chartres (samedi 22, dimanche 23 et lundi 24 mai 2010) :
http://www.nd-chretiente.com
mail: information@nd-chretiente.com
Notre-Dame de Chrétienté
49 avenue de Paris
78000 Versailles
Tél: 01.39.07.27.00
Fax: 01.39.07.27.01

16 mai 2010

[Max Barret - La Lettre de Tychique] Fatima - la lettre de Mgr Fellay de 2001 - etc.

SOURCE - Max Barret - La Lettre de Tychique - 16 mai 2010


Dimanche 16 Mai 2010
Dimanche dans l’Octave de l’Ascension.

La campagne des douze millions de chapelets. Dans sa « Lettre aux Amis et Bienfaiteurs » (n° 74) Mgr Fellay écrivait :« Il nous semble que le moment est venu de lancer une offensive d’envergure, profondément ancrée sur le message de Notre Dame de Fatima, dont elle-même a promis l’heureuse issue, puisqu’elle annonce qu’à la fin son Coeur Immaculé triomphera. C’est ce triomphe que nous lui demandons par les moyens qu’elle demande elle-même : la consécration de la Russie à son Coeur Immaculé par le Pasteur Suprême et tous les évêques du monde catholique, et la propagation de la dévotion à son Coeur douloureux et immaculé. C’est pourquoi, nous voulons lui offrir dans ce but, d’ici le 25 mars 2010, un bouquet de 12 millions de chapelets, comme une couronne d’autant d’étoiles autour de sa personne, accompagné d’une somme équivalemment importante de sacrifices quotidiens que nous aurons soin de puiser dans l’accomplissement fidèle de notre devoir d’état, et avec la promesse de propager la dévotion à son Coeur immaculé. » (Mgr Fellay : « Lettre aux amis et bienfaiteurs » n° 74)

Ce n’est pas un bouquet de 12 millions qui fut offert à Benoît XVI, mais, nous dit-on, de 19 millions ! Le contrat était donc rempli !…

Et pourtant : 500.000 pèlerins à Fatima : pour … rien !

Rien de ce qui était attendu, espéré ! On ne peut imaginer plus flagrant mépris du pape pour ceux qui veulent encore et toujours lui accorder leur confiance ! Ni consécration, ni, a fortiori, révélation du 3ème secret, car toute l’Eglise conciliaire se serait effondrée ! Ratzinger qui en est l’un des plus actifs promoteurs ne peut s’y résoudre ! Il y eut bien, dans l’avion qui le conduisait au Portugal, une longue allusion à ce fameux 3ème secret, mais dans un langage abscons difficilement accessible au commun des mortels ! L’occasion était pourtant belle et beaucoup espéraient …

Le rêve passe !

Le pape rentré à Rome depuis, ne fit que rabâcher ses poncifs oecuméniques et exclusivement humanitaires : « Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la paix ! » ! On ne dit rien d’autre dans les loges … Mais aussi : « La mission prophétique de Fatima est un combat toujours actuel pour la cause de la solidarité fraternelle. Elle s’oppose à l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie » Pour avoir trouvé « ça » dans le message délivré par la Très Sainte Vierge à Fatima, il faut une certaine dose de mauvaise foi ! Et, « cerise sur le gâteau » il ajoute que ce message a « le pouvoir d’enflammer les coeurs les plus froids et les plus tristes. » (« Le Figaro » – 14 mai 2010)

Rappelons donc le véritable message de Fatima, une fois de plus occulté :- message de pénitence.- « Les péchés qui mènent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair. … Oh ! il faut faire pénitence – message du Rosaire.- « Il faut réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire » – les premiers samedis.- « Je viendrai assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, ceux qui, le 1ier samedi de 5 mois consécutifs feront … ce que je demande »

Eh bien, la contrefaçon de ces demandes de notre Très Sainte Mère a soulevé les acclamations enthousiastes de 500.000 fidèles, ce qui prouve dans quel état de délabrement spirituel l’Eglise est tombée !

La déception a dû être immense chez tous ceux qui avaient « misé gros » sur cet acte attendu ! Toutefois, bien maigre consolation, le pape procéda à la consécration de tous les prêtres du monde au Coeur Immaculé de Marie ! Pour la galerie ! …Il est évident que l’on ne peut critiquer cet acte !… Mais on est fort loin du but espéré et les plus bienveillants d’entre nous doivent bien, admettre, enfin, que la prétendue dévotion mariale de Benoît XVI n’est que manoeuvre et poudre aux yeux ! Comment pourrait-il en être autrement ?

Souvenons-nous que c’est lui, en compagnie de ses complices (Angelo Sodano, Tarcisio Bertone, Castrillon Hoyos) qui a honteusement trafiqué le 3ème secret de Fatima, et n’en publia qu’un faux ! Le Cardinal Oddi (qui avait lu ce secret) avait écrit dans « Il Sabato » du 17 mars 1990 que dans ce troisième secret « la Sainte Vierge nous avertissait de l’apostasie dans l’Eglise » !

D’ailleurs, et Benoît XVI ne peut l’ignorer : en admettant que cette consécration fut faite, elle ne l’aurait pas été dans les conditions requises par la Très Sainte Vierge qui demandait qu’elle se fasse « en union avec tous les évêques du monde ». Un tel acte aurait pu se faire lors du Concile !… Tous les évêques s’y trouvaient ! Il n’en fut rien, nous le savons bien ! Nous pouvons donc, désormais, nous attendre aux pires catastrophes ! Comme le disait le bon Père Barrielle dans son délicieux accent : « On ne se moque pas de Dieu ! » Ni de sa Très Sainte Mère !

Une lettre de Mgr Fellay.- Elle est datée du 22 janvier 2001. Elle était adressée « aux Supérieurs de la Fraternité ». J’en possède une photocopie depuis un certain temps. En voici quelques extraits :

« Le texte ci-joint est destiné aux membres de la Fraternité, mais pas aux fidèles auxquels on communiquera de vive voix seulement son contenu. Le texte lui-même ne doit pas être remis dans les mains des fidèles jusqu’à nouvel avis. Il est interdit de le publier. On ne parlera pas non plus aux fidèles des deux conditions exprimées au n° 6. » Quelles étaient donc les « deux conditions exprimées au n° 6 » ? Les voici : « Le 16 janvier (2001) eut lieu une nouvelle rencontre avec le cardinal Hoyos pendant laquelle le Supérieur Général exposa la nécessité de garanties de la part de Rome avant d’aller plus avant dans le concret d’éventuelles discussions ou accord (sic) :

- Que la Messe tridentine soit accordée à tous les prêtres du monde entier ;

- Que les censures qui frappent les évêques soient annulées »

Si ces deux « garanties » furent accordées – avec toutes les réserves que l’on a pu formuler à leur sujet – nous sommes assez éloigné de celles qu’exigeait Mgr Lefebvre :

« C’est moi qui poserai les conditions, disait-il ! Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d’accord avec les encycliques de tous les papes qui vous ont précédé ? » Et il énumérait un certain nombre de grandes encycliques. Puis il ajoutait : « Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. »

Le moins que l’on puisse dire, après le voyage du pape à Fatima c’est que nous n’en prenons pas la direction ! Les animaux mieux traités que les hommes… en France !

Dimanche dernier, dans le courant de l’après-midi, le petit chien de notre fille, qui jouait avec un animal plus gros, fut cruellement mordu sur le haut du cou. Comme il paraissait mal en point, elle l’emmena dans une clinique vétérinaire de la ville pour y être soigné. Le n° de téléphone du vétérinaire de garde étant mentionné sur la porte, elle l’appela. Un quart d’heure plus tard il arriva, prit aussitôt l’animal en mains. Et le petit chien fut soigné et traité… en moins d’une heure, au prix d’un tarif plus que raisonnable ! (78 € pour une visite un dimanche, avec soins et deux piqures !)

Imaginez la même chose, arrivant le même dimanche, à un enfant !

[chretiente.info] Le Portugal et la messe traditionnelle

SOURCE - chretiente.info - 16 mai 2010

Summorum Pontificum observatus  s’est fait l’écho d’un intéressant sondage de Paix Liturgique à l’occasion de la visite du pape au Portugal.

Comme nos confrères, nous soulignerons un fait d’importance: il est remarquable que, dans un pays où 74% des catholiques n’avaient pas entendu parler du motu proprio Summorum Pontificum, plus de la moitié (53,5%) de ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois se disent prêts à le faire dans la forme traditionnelle si celle-ci était disponible dans leur paroisse. [Je rappelle au passage que l'habitude des sondeurs est de parler de "catholique pratiquant" pour les personnes qui assistent à la messe une fois par mois, ce qui n'est évidemment pas l'habitude de l'Eglise catholique!...]

Cela confirme l’idée exprimée dans une récente lettre du cardinal Cañizares, préfet de la S. Congrégation pour le culte divin et encore davantage les propos tenus le 14 juin 2008 à Londres par le cardinal Castrillón Hoyos. Ce dernier, qui était alors président de la Commission ponticale Ecclesia Dei, avait fait savoir ce jour-là à des journalistes médusés que le pape désire que la liturgie traditionnelle soit poposée à terme dans toutes les paroisses, même celles où il n’y a pas de demande active. En effet, comme le soulignait le cardinal colombien, on ne peut aimer que ce que l’on connaît. Le tout récent sondage portugais confirme que, lorsque les catholiques sont informés, beaucoup de barrières tombent.

On sait que l’épiscopat portugais et la bureaucratie ecclésiastique de ce pays n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour informer leurs ouailles… C’est pourquoi l’allocution papale aux évêques lusitaniens eût été une bonne occasion de leur “remonter les bretelles” et de leur rappeler que personne n’est de trop dans l’Église, comme il l’avait à Lourdes en septembre 2008.

Dans la foulée, on apprend que les chanoines réguliers de Saint-Jean de Kenty organisent en septembre prochain un pèlerinage au Portugal, au cours duquel aura lieu un congrès liturgique sur le rite romain traditionnel, avec conférences sur la spiritualité et la théologie de cette liturgie, et ateliers pratiques d’apprentissage. Dans ce cadre, les chanoines  célébreront une messe solennelle traditionnelle sur l’autel majeur de la basilique de Fatima. Vous pouvez trouver ici des informations sur cet événement, qui s’annonce important pour la renaissance de l’usus antiquior dans ce pays.

[David Briand - sudouest.fr] Les traditionalistes de l'Indre filmés à visage découvert

SOURCE - David Briand - sudouest.fr - 16 mai 2010

Le réalisateur saintais Xavier Roujas a filmé durant un an dans l'Indre le quotidien d'une école gérée par la Fraternité Saint-Pie X. Entretien.

Xavier Roujas : « Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique ».

Diffusé sur France 2 le 27 avril dernier, le documentaire « Les Infiltrés » s'attachait à montrer les liens existant à Bordeaux entre le groupuscule Dies Irae, l'école traditionaliste Saint-Projet et la paroisse Saint-Éloi. Si les journalistes ont filmé en caméra cachée ce milieu réputé hermétique aux médias, il est possible de réaliser un film à visage découvert. Un réalisateur saintais raconte son expérience dans une école à Châteauroux, dans l'Indre.

« Sud Ouest Dimanche ». Comment avez-vous procédé pour filmer les traditionalistes de l'école Saint-Michel de Châteauroux ?

Xavier Roujas. Je me suis fait recommander par d'anciens élèves de l'école, dont j'avais gagné la sympathie. J'ai ainsi pu filmer (1) en toute liberté en 2003 et 2004 le quotidien de l'école Saint-Michel, un établissement hors contrat scolarisant environ 150 élèves par an, de la sixième à la terminale.

Mon but était de mettre au jour les tensions existant entre l'Église de France et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), à travers les différences perceptibles dans l'enseignement professé.

Qu'avez-vous découvert ?

Une volonté farouche de redonner à la France ses racines chrétiennes et de lutter contre l'anticatholicité dont ils considèrent la République française être porteuse depuis la Révolution. On perçoit un goût de revanche sur l'air de : « Il faut sauver la France. » Ce qui les amène à être en porte-à-faux avec le monde contemporain, y compris avec les établissements privés sous contrat.

Dans le film, un prêtre indique ainsi « pousser les parents à mettre leurs enfants dans une bonne école, afin de sauver leur âme des écoles publiques et privées ».

Que reprochent-ils aux écoles privées classiques ?

D'être dirigées par des laïcs alors que Saint-Michel est régie par des prêtres. Et, sur le plan de l'enseignement, ils ne se tiennent pas au programme officiel prôné par l'Éducation nationale.

Vous avez des exemples concrets traduisant cette affirmation ?

Les professeurs apprennent aux élèves que Voltaire et Rousseau, et plus généralement les philosophes des Lumières, ont conduit la France à la décadence philosophique, morale et politique. L'égalité politique entre les hommes née de la Révolution n'est pas reconnue car elle est coupable, selon le corps enseignant, de niveler les gens vers le bas. Pour eux, la seule égalité qui existe est celle devant Dieu.

Il faut tout de même souligner que cette dichotomie dans l'enseignement de l'histoire fait l'objet de discussions animées chez certains élèves.

La Seconde Guerre mondiale fait-elle l'objet d'un traitement à part ?

C'est très subtil. Le général de Gaulle est considéré comme un déserteur en 1940, mais il apparaît aussi comme le vainqueur de l'Allemagne aux côtés des Alliés en 1945.

Par ailleurs, je n'ai pas constaté de révisionnisme concernant le génocide juif ni vu d'enfant se vantant de « fêter ses noces à Auschwitz », comme dans le documentaire de France 2.

Quel regard portent les prêtres et les professeurs laïcs sur leur enseignement ?

Le préfet des études dit qu'il existe à Saint-Michel « un suivi propre qui permet aux enfants de comprendre chacune des périodes jusqu'au bout, complètement ».

Un professeur d'économie admet dans le documentaire qu'un double objectif est mis en œuvre : « Former leur esprit, en leur apprenant le véritable rapport à la réalité et à la vérité. » Mais aussi « les préparer à la vie active en faisant en sorte qu'ils connaissent leur environnement ». Et qu'ils obtiennent une bonne copie au bac, ce dont ils s'acquittent. « Je leur apprends ce qu'est le politiquement correct », ajoute l'enseignant.

Sont-ils noyautés par des groupuscules d'extrême droite ?

Il est difficile de tenir un discours contre-révolutionnaire et de ne pas être approché par l'extrême droite. À Châteauroux, l'abbé Bétin (2), le directeur de l'école, veille à ne pas tomber dans ces travers, via le recrutement des professeurs laïcs. Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique.

Ainsi, tel conférencier est invité pour parler de Tixier-Vignancour (NDLR : avocat et ex-candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle de 1965). Tel autre est lié au journal « Présent ».

L'extrême droite apparaît-elle comme une voie d'engagement politique ?

À la sortie de l'école, c'est un débouché naturel et de moindre mal, car la restauration monarchique paraît irréaliste. Il ne faut pas oublier qu'ils vivent dans l'ostracisation de la République et de l'Église. La volonté du pape Benoît XVI de les réintégrer dans le giron de l'Église catholique n'est pas anodine, car cela permet de les cadrer. Le danger est représenté par une frange dure difficilement localisable et en dehors de tout contrôle.

(1) Son film sur l'école Saint-Michel n'a jamais été diffusé à la télévision.

(2) L'école Saint-Michel est aujourd'hui toujours dirigée par l'abbé Bétin.

15 mai 2010

[Mgr Williamson] Insomnie du pape

SOURCE - Commentaire Eleison CXLVIII - 15 mai 2010

A quel point la Rome Conciliaire ne comprend plus rien à la Tradition Catholique a été relevé encore une fois par la conférence de Presse donnée à Paris mercredi dernier par le Cardinal Kasper, chargé au Vatican des rapports avec les autres églises et les Juifs. Selon le rapport qu'en a fait l'agence de presse Reuters, la pensée du Cardinal se laisserait résumer aussi fidèlement que possible en cinq propositions, dont je ferai le commentaire après:

1) Les discussions doctrinales qui ont lieu tous les deux mois entre quatre théologiens de Rome d'une part et d'autre part un évêque et trois prêtres de la Fraternité St Pie X, ne s'avèrent point faciles. 2) Le problème principal est le concept de la Tradition: « Voulons-nous une Tradition vivante ou pétrifiée? » -- telle est la question posée par le Cardinal.  3) Il dit qu'il approuve en principe le dialogue avec la FSSPX,  mais en pratique ce dialogue doit se dérouler selon les conditions de Rome et pas celles de la FSSPX.  4) Si l'on veut arriver à un accord, la FSSPX devra faire des concessions, et elle devra accepter les réformes Conciliaires.  5) Sans un tel accord, la FSSPX n'aura aucun statut officiel, ses prêtres ne seront pas reconnus comme étant Catholiques, et ils ne recevront aucune permission d'exercer leur ministère.

1) Bien sûr qu'il ne s'avère pas facile de concilier 2+2=4 (la Tradition et la FSSPX) avec 2+2 =4 ou 5 (Vatican II et la Rome Conciliaire). Comme nous avons ici deux conceptions profondément différentes de l'arithmétique, de même nous nous trouvons en présence de deux conceptions encore plus différentes de ce qu'est la Vérité Catholique.

2)  2+2=4 est la vérité, qui ne change point et ne peut changer, donc est « traditionnel ». 2+2=4 ou 5 est une arithmétique complètement nouvelle, aussi « vivante » qu'on le veut, mais complètement irréelle, et donc nullement traditionnelle.

3)  Si l'on veut discuter de la vraie arithmétique, c'est cette arithmétique qui posera les conditions de la discussion, et ni l'une ni l'autre des parties qui discutent, même si l'une d'elles se base sur les vraies conditions.

4)  Qui a le désir, qui a le besoin, d'un accord fondé sur 2+2=4 ou 5 (Vatican II) ?  Seulement les marchands de fantasmes qui font fi de la vraie arithmétique !

5)  Si le « statut officiel », la « reconnaissance comme prêtres » et « la permission d'exercer son ministère » dépendent de l'acceptation de 2+2= 4 ou 5, alors lesdits « statut », « reconnaissance » et « permission » s'achèteront au prix de la Vérité. Mais si je brade la Vérité, comment puis-je encore la
posséder pour pouvoir la prêcher ?  Et si je ne puis plus la prêcher, quelle sorte de prêtre serai-je, et quelle sorte de  ministère pourrai-je exercer ?

Donc ce n'est pas seulement la « Tradition », c'est la nature même de la vérité qui divise les Romains d'avec la FSSPX. En bradant la vérité, ces Romains ont perdu la Vérité. De fait, au moins objectivement parlant, ils l'assassinent, tout comme Macbeth « assassine le sommeil » (Acte II, Sc 2).

En effet, le même article de Reuters cite le Pape comme disant que le problème de la FSSPX « l'empêche de dormir ». Très saint Père, veuillez croire que la Vérité s'élève bien au-dessus de la petite FSSPX, qui n'est pas plus que l'un de ses défenseurs minuscules et momentanés. Et tout membre de la FSSPX vous veut toute sorte de bien, en particulier le bon sommeil.

Ce n'est pas la FSSPX, c'est la Vérité assassinée qui vous coupe le sommeil.

Kyrie eleison.

[APIC/RA] L'Eglise reconnaît l'extrémisme des traditionalistes

SOURCE - APIC/RA - via lecourrier.ch - 15 mai 2010

Bordeaux - «Les Infiltrés», une enquête en caméra cachée de France 2, a pointé les liens, à Bordeaux, entre un groupuscule d'extrême droite et l'Institut Bon Pasteur, créé pour accueillir d'anciens lefebvristes.

A la suite de l'émission «Les Infiltrés» du 27 avril sur les intégristes bordelais, l'archevêque de Bordeaux, le cardinal Jean-Pierre Ricard a décidé de créer une commission de relation avec les «traditionalistes» de la paroisse Saint-Eloi. «Comme pasteur de l'Eglise de Gironde, pouvez-vous confier une partie de votre troupeau à des bergers racistes et incitant à la violence?» demande un groupe de catholiques du diocèse, représentant cent nonante laïcs dans un courrier adressé au cardinal Jean-Pierre Ricard. La question en dit long sur la colère et l'incompréhension qui règnent dans la communauté catholique girondine, après les révélations des «Infiltrés». Cette émission, tournée en caméra cachée, met en évidence les liens unissant Dies Irae, groupuscule d'extrême droite, dont les jeunes tiennent des propos racistes, antisémites et islamophobes dans le reportage, et la paroisse Saint-Eloi de Bordeaux. Celle-ci a été confiée à l'Institut du Bon Pasteur, à la suite de la reconnaissance par Rome en 2006 de cet institut de droit pontifical, dirigé par l'abbé Philippe Laguérie. Cette reconnaissance avait permis à une fraction schismatique de la Fraternité Saint-Pie X (les intégristes d'Ecône) de réintégrer l'Eglise catholique. En réaction, l'archevêque de Bordeaux a décidé d'instaurer une commission de relation avec l'église Saint Eloi. Dans un communiqué, le cardinal Jean-Pierre Ricard rappelle que «l'accueil dans l'Eglise diocésaine de l'Institut du Bon Pasteur implique une communion avec les autres composantes de l'Eglise de Gironde (...) qui sont appelées à traduire dans des actes l'engagement que l'Eglise catholique a pris à Vatican II vis-à-vis des chrétiens des autres confessions chrétiennes, des juifs, des membres des autres religions». «Nul ne peut ignorer les complicités politiques d'extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes», affirme le prélat. «La commission devrait être mise en place d'ici à la fin du mois «, indique le P. Jean Rouet, vicaire général du diocèse de Bordeaux. Elle sera composée de prêtres et de laïcs. Elle aura pour tâche de veiller à la communication entre les «traditionalistes» et les autres instances du diocèse, ainsi que de traiter les éventuels contentieux.

Certains chrétiens redoutent que cette mesure ne suffise pas. En 2006, le cardinal Jean-Pierre Ricard avait déjà annoncé la création d'une commission de relation avec les prêtres de Saint-Eloi, mais elle n'a jamais vu le jour, notamment en raison des difficultés des prêtres du diocèse à dialoguer avec les membres du Bon Pasteur qui, manifestement, ne se sont pas intégrés à la vie de l'Eglise.¨

Christian Terras, rédacteur en chef de la revue catholique progressiste Golias, ironise: «Aujourd'hui, Mgr Ricard fait mine de découvrir la lune! Et de prendre de bonnes résolutions pour contrôler l'incontrôlable! Ainsi, l'entourage de l'église Saint Eloi serait donc aux mains de personnes peu fréquentables! Quel scoop! Sans compter qu'il lui a fallu une émission de télévision pour le découvrir et prendre conscience officiellement du problème! Mais de qui se moque le cardinal archevêque de Bordeaux?» Après sa rencontre des 4 et 5 mai, le Conseil presbytéral du diocèse a publiquement déclaré être «persuadé que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe en latin ou en français ni à la forme du rite», précisant que «nul ne peut ignorer les complicités politiques d'extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes». Si les quarante prêtres membres de ce Conseil disent partager la préoccupation du pape de «chercher des chemins de réconciliation et d'unité dans la charité et la vérité», ils estiment que «bien des initiatives ont eu lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part».

De leur côté, les responsables de la paroisse Saint-Eloi nient tout lien entre la paroisse et le groupe politique incriminé. La semaine dernière, le parquet de Bordeaux a ouvert «une enquête préliminaire».

Par ailleurs, l'inspection d'académie a constaté en mars, lors d'une visite de contrôle, un «certain nombre d'insuffisances graves «, notamment concernant les enseignements d'histoire et de sciences au sein de l'école Saint-Eloi à Bordeaux, une école privée, hors contrat, rattachée à l'Institut Bon Pasteur. Dans cet établissement, le journaliste de France 2 avait été témoin de chants, de discours racistes et antisémites proférés par quelques-uns des quatre-vingt-cinq élèves, parents et enseignants. APIC/RA

[DICI] Entretien de Mgr Bernard Fellay à la revue américaine The Remnant du 11 mai 2010

SOURCE - DICI - 15 mai 2010

Brian Mershon : Monseigneur, quelle est votre réaction devant ce résultat de plus de 19 millions de chapelets, alors que la Fraternité Saint-Pie X en avait demandé 12 millions ?

Mgr Fellay : Tout d’abord, je suis très, très heureux de voir autant d’enthousiasme et une telle réponse à notre appel. Je suis certain que ce résultat ne provient pas seulement de nos fidèles. Je suis persuadé que beaucoup, beaucoup d’autres se sont joints à cette croisade, mais nous en ignorons le nombre. C’est la première chose. Deuxièmement, cet enthousiasme manifesté veut dire que les fidèles ont pris conscience de l’importance de ce sujet. Et je m’en réjouis car ce sujet est très, très important.

Brian Mershon : Les deux précédentes croisades du rosaire ont donné lieu à des réponses rapides et historiques – la libération de la messe traditionnelle pour tous les prêtres dans le monde entier et la levée des excommunications des évêques de la Fraternité, ce qui a permis notamment d’entamer des discussions doctrinales avec le Saint-Siège. Envisagez-vous une réponse aussi spectaculaire à cette troisième Croisade du rosaire ?

Mgr Fellay : Je la laisse entièrement entre les mains de Dieu et de la T.S. Vierge Marie. Mais probablement, non. On ne sait jamais, mais je serais très étonné de voir le pape consacrer la Russie. Ce serait une très grande surprise. Mais d’un autre côté, nous avons déjà été surpris, aussi je ne serai pas étonné que cela arrive rapidement. Cette fois-ci, ce que nous demandons est tellement important, si grand et directement impliqué dans tous les évènements de l’histoire des temps modernes.

Brian Mershon : Depuis que Benoît XVI a été élu et que le nouveau patriarche orthodoxe de Russie a été choisi, il y a eu un changement manifeste dans les relations, et, me semble-t-il, pour le mieux. Le Patriarche orthodoxe russe a même publié un livre sur les écrits du Pape destiné à être distribué parmi ses fidèles ! Comment comprenez-vous cela ? Y a-t-il également un lien avec le Troisième secret de Fatima ?

Mgr Fellay : Personnellement je crois qu’il y a du mouvement dans l’air en Russie. Il y a assurément quelque chose qui semble bouger en Russie. Jusqu’où et à quel point ? Je ne sais pas. Mais il y a beaucoup d’indices qui manifestent une renaissance de la religion en Russie.

Brian Mershon : Avez-vous déjà envoyé le bouquet de chapelets ?

Mgr Fellay : Cela ne saurait tarder.

Brian Mershon : Quelle est l’attitude de la Fraternité Saint-Pie X à l’égard des attaques contre le Saint-Père et l’Eglise de la part des medias du monde entier ?

Mgr Fellay : Je pense que nous avons une bonne preuve que l’Eglise a toujours des ennemis. Et que ces ennemis portent des noms réels. Vous pouvez le constater à travers la campagne en cours. C’est très révélateur. D’un côté nous avons les vieux ennemis américains et de l’autre les gauchistes européens, les deux travaillant ensemble.

Brian Mershon : Pensez-vous que ces attaques soient liées aux châtiments prédits par sœur Lucie dans le Troisième Secret ?

Mgr Fellay : C’est trop difficile à dire. Mais il y a une citation de Fatima qui s’applique et que j’aimerais citer :  « Le Pape va beaucoup souffrir. Le Pape va beaucoup souffrir. » C’est ce qui se passe.

Brian Mershon : Les discussions en cours avec le Saint-Siège se déroulent hors des projecteurs des médias pour des raisons évidentes. A quoi pensez-vous que cela va aboutir ? Qu’est-ce qui ferait que la Fraternité Saint-Pie X accepte une structure canonique ? Est-ce que les discussions ont un lien avec une éventuelle solution canonique ?

Mgr Fellay : C’est impossible à dire. Absolument impossible. Cela dépend de trop de facteurs pour l’instant. Je n’ai pas la réponse.

Brian Mershon : Certaines critiques disent que le rejet d’une solution canonique ou pratique est un signe d’obstination ou de mauvaise volonté. Que répondez-vous à cela ?

Mgr Fellay : C’est très simple. Le Saint Siège a accepté que les discussions doctrinales aient lieu… Ce fait devrait répondre à votre question sans peser sur moi. Mais au-delà, il est très clair qu’une solution éventuelle sans fondement doctrinal serait désastreuse. Nous ne voulons pas de cela. Nous voulons et nous avons besoin de la sécurité d’une solution fondée sur la doctrine pour avancer. Alors prétendre qu’il y a quelque chose de définitif avant même d’engager les discussions doctrinales …

Nous avons sous les yeux tous ces exemples antérieurs : la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi et tous les autres sont complètement bloqués sur le plan doctrinal car ils ont d’abord accepté un accord pratique.

Brian Mershon : Croyez-vous que le pape personnellement désire sincèrement aboutir à une solution canonique avec la Fraternité Saint-Pie X ?

Mgr Fellay : Oui, je le pense. Je pense que c’est ce que le pape désire. Il veut que la situation de l’Eglise s’améliore et il veut résoudre avec la Fraternité la question de la consécration de ses évêques.

Brian Mershon : Lors de précédents entretiens, vous avez dit que la Fraternité avait de bonnes relations et mêmes des amis parmi les évêques et cardinaux – même au sein de la curie romaine. Quels conseils vous donnent-ils sur les discussions doctrinales en cours ?

Mgr Fellay : Aucun. Ils sont très discrets en ce moment. Je pense que les discussions que nous avons sont très bonnes et se passent en toute discrétion. La prochaine aura lieu en mai.

Brian Mershon : Avez-vous connaissance d’un groupe de prêtres ou de fidèles, ou de diocèses qui aurait, dans l’histoire récente de l’Eglise, offert un si grand bouquet de chapelets au pape, comme vous l’avez fait trois fois ?

Mgr Fellay : Pas à ma connaissance. Il y a peut-être un précédent mais je ne suis pas au courant. Il est évident qu’une telle croisade est unique. Je crois savoir que le P. Gruner va faire la même chose.

Brian Mershon : Quel conseil donnez-vous aux catholiques qui désirent ouvrir une chapelle près de chez eux ? Est-ce que la Fraternité met un frein à l’expansion du nombre de chapelles en raison des discussions doctrinales ?

Mgr Fellay : Il faudrait d’abord que les fidèles nous contactent et ensuite nous essaierons de faire quelque chose pour eux. En ce moment, nous avons tellement de demandes que nous pouvons difficilement les satisfaire toutes. Cette année a été une bonne année pour les ordinations. Néanmoins, nous sommes toujours en manque de prêtre (pour satisfaire toutes les demandes). Nous avons même du mal à y répondre. Mais nous continuons notre vie comme avant. Ce serait absolument contre-productif de penser que nous devons arrêter de grandir en raison des discussions avec Rome. C’est le contraire qu’il faut.

Brian Mershon : Monseigneur, avez-vous une dernière chose à ajouter ?

Mgr Fellay : Les prières à la T. Sainte Vierge Marie doivent continuer. Certains penseront que maintenant que nous avons accompli notre Croisade du rosaire, tout va bien. Non, non et non. Il est désormais clair que nous sommes engagés dans une bataille avec les vrais ennemis de l’Eglise. Alors, Catholiques, soyez prêts ! Remportez la victoire avec le rosaire !

[Présent] "Le combat de la Foi" - entretien avec l'abbé Loïc Duverger

SOURCE - Présent - mise en ligne par La Porte Latine - 15 mai 2010

Entretien donné à Présent du 15 mai 2010
Abbé Loïc Duverger, 1er Assistant du District de France, Directeur de Pèlerinage de Tradition
Le combat de la Foi - L’édition 2010 du Pèlerinage de tradition a pour thème : “Le combat pour la foi”. Est-ce une référence paulinienne, avec un éventuel clin d’œil au “combat de la foi” de l’abbé Coache ?

- Bien entendu lorsque le thème du « combat de la Foi » est choisi, saint Paul est la référence principale, lui le grand héraut de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, l’unique Sauveur des hommes devant qui tout genou doit fléchir. Saint Paul reste le modèle indépassable en qui l’Eglise puise son enseignement et l’exemple missionnaire.

Mais c’est plus qu’un clin d‘œil au combat de la Foi du vénéré abbé Coache, c’est une volonté de s’inscrire dans le combat de tous ces prêtres, héros des temps modernes, qui ont résisté et combattu contre les erreurs conciliaires avec tant d’enthousiasme de fougue et de force.

Grâce à eux, combien d’entre nous ont gardé la Foi intégrale qu’ils peuvent à leur tour transmettre, sans eux la Tradition en France n’aurait pas la force et l‘étendue qui sont les siennes aujourd’hui.

- Pour le chrétien, la vie est un combat. Pourquoi y insister plus spécialement cette année ?

- A première vue, le thème du combat de la Foi peut paraître une banale redite. Que peut-on dire de nouveau qui n’ait déjà été dit ?

Pourtant, la Foi ne cesse de disparaître dans notre pauvre France, les églises sont vides, le clergé a disparu, les fidèles ne sont plus baptisés et ceux qui le sont, ont une connaissance si approximative de la religion qu’ils nient de nombreux dogmes au point de se demander s’ils ont encore la Foi catholique. Lorsque la Foi disparaît, d’autres religions prennent la place, la perversion des mœurs atteint les bas-fonds et la société civile sombre dans la décadence.

Or, sans la Foi il est impossible de plaire à Dieu, impossible de sauver son âme, c’est saint Paul qui le dit. Il faut donc que les fidèles ardents, joignant la prière aux sacrifices, proclament avec force la Foi catholique. Il faut qu’elle soit prêchée pour qu’elle soit défendue, pour qu’elle soit entendue, reconnue, aimée et pratiquée, c’est encore saint Paul qui l‘écrit.

Contre ceux qui veulent faire taire cette prédication, contre ceux qui craignent que la proclamer trop haut puisse indisposer et armer le bras des ennemis de Jésus-Christ, les fidèles, sans jamais se lasser, doivent manifester par des actions publiques, pleines d’éclat, que nul ne peut faire taire la voix des catholiques professant leur foi, essentielle et nécessaire pour le salut des âmes, des familles, des sociétés. C’est tout le sens de notre pèlerinage.

- Un pèlerinage n’est-il pas d’abord une démarche de conversion ?

- Vous avez raison, le pèlerinage est avant tout une conversion, un retour à Dieu pour le placer au centre de nos pensées, de nos actions, de notre vie quotidienne. Mais ce retour à Dieu se fait par une vie de Foi qui fait régner Notre Seigneur tout d’abord dans les cœurs, avant de le faire régner ensuite dans les familles et dans les sociétés. Cette conversion demande d’entreprendre un combat difficile contre la mollesse, le qu’en-dira-t-on, le respect humain, la tiédeur, la mondanité et l’esprit de jouissance.

La conversion à une vie de Foi vive, nécessaire pour sauver son âme, demande un véritable combat contre la chair, l’orgueil et le monde.

- Pensez-vous que cet appel puisse être missionnaire, et attirer tous ceux qui croiseront votre pèlerinage au gré de ces trois jours ?

- Le chrétien convaincu qu’il n’y a pas de plus grand bien que celui de la Foi, qui procure la vie éternelle, n’a qu’un seul désir celui de faire participer son prochain à ce bien source de toute véritable paix et de toute joie. Plus la Foi est vive, plus ce désir est puissant. Il a animé tous les saints missionnaires et je pense en particulier à tous ces saints qui ont sanctifié notre pays, saint Martin, saint Hilaire, saint Irénée, saint Denis, sainte Blandine, sainte Geneviève…

Nous devons retrouver cette Foi ardente qui brille comme une ville sur la montagne, si nous voulons voir refleurir la civilisation chrétienne.

Le chrétien, s’il veut entraîner à sa suite, ne doit pas raser les murs. Ce grand pèlerinage impressionne les passants, il provoque dans les âmes des interrogations. La prière de ces milliers de pèlerins fait tomber une pluie de grâces qui touchent les cœurs. La grâce de Dieu fait alors elle aussi son pèlerinage dans les âmes.

- Ce thème a-t-il une visée sociale ? Voire politique ?

- C’est évident. Mais, ne croyez pas que c’est à de grandes actions politiques et sociales que je pense. Non, c’est à la multitude des petites actions personnelles que je songe.

Il faut que chaque fidèle ait le souci de faire rayonner sa Foi par une charité joyeuse dans son milieu auprès de ses proches. Le prochain c’est celui avec qui l’on vit, que l’on fréquente et qui n’a pas la Foi et met donc son éternité en danger, c’est le boulanger chez qui l’on va chercher le pain, c’est le plombier qui vient faire quelque réparation, c’est la vieille dame du palier que l’on croise dans l’escalier, c’est le voisin de table en classe, à l’université, à l’atelier, c’est l’ami au sein de l’entreprise… C’est là que le fidèle a une action politique et sociale en prêchant par l’exemple, par la bonté, par quelque parole douce et miséricordieuse en parlant de Notre Seigneur et de sa Sainte Mère… Cette prédication est un véritable combat !

- L’Eglise est durement attaquée ces derniers mois. Le Pape lui-même est au centre des coups portés par l’adversaire. Comment votre “combat pour la Foi” éclaire-t-il cette situation ? Et vos relations avec Rome ?

- Le monde ne supporte pas Jésus-Christ, il le haït. Notre Seigneur nous a avertis, le disciple n’est pas au-dessus du maître. Que les cœurs ne se troublent pas, le monde ne cessera jamais de combattre l’Eglise et le Souverain Pontife. Plus l’Eglise paraît faible et sans force, plus le monde et ses suppôts s’acharnent pour la détruire. C’est une illusion que de croire que l’ouverture au monde unie à l‘œcuménisme délétère désarme les persécutions et instaure la paix.

Au contraire, plus la Foi catholique est proclamée, affirmée dans sa pureté, dans son intégralité, sans concession aux erreurs qu’il faut dénoncer avec acharnement, plus l’Eglise est glorifiée, plus le Pape est vénéré, respecté, écouté, plus les âmes se convertissent à Jésus-Christ et trouvent la véritable paix. Alors, l’influence du monde recule et ses attaques blasphématoires deviennent inaudibles.

Aujourd’hui, le meilleur moyen pour le fidèle de défendre l’Eglise contre les attaques si odieuses des derniers mois, de soutenir le Souverain Pontife dans cette persécution contre sa personne est de proclamer haut fort la Foi catholique sans rien concéder à l’esprit du temps et aux erreurs modernes.

- Pensez-vous que le pèlerinage 2010 sera un grand cru ?

- Je le souhaite de tout cœur. Les inscriptions affluent, mais nous ne serons jamais assez nombreux.

Il faut que ceux qui sont déjà inscrits entraînent par leur enthousiasme les indécis à se décider, les craintifs à s’armer de courage, les paresseux à secouer leur torpeur. Le combat de la Foi est le combat de tous, nul ne peut s’en dispenser. Que ceux qui ne peuvent plus marcher viennent aider à la logistique ; que ceux qui ne peuvent plus aider à la logistique soutiennent les pèlerins par quelque généreuse aumône. Et que tous prient et supplient Notre Dame pendant ces trois jours de prières et de pénitence.

- Alors, peut-on s’y inscrire encore ? Et comment ?

- Le Pèlerinage a lieu le 22, le 23 et le 24 mai. Il débute le samedi matin 22 mai dans les jardins de l’Evêché derrière la cathédrale de Chartres et s’achève à Paris le 24 mai après-midi par la messe place Vauban devant l’église des Invalides.

Propos recueillis par Olivier Figueras
, Présent du samedi 15 mai 2010

Pour plus d'informations et pour vous inscrire:

Pèlerinages de Tradition : 23, rue Poliveau, 75005 Paris. Tél. : 01 55 43 15 60. Fax : 01 55 43 15 61.
Mail : pele.trad@wanadoo.fr
Ou par internet : http://pelerinagesdetradition.com

14 mai 2010

[IBP Roma] Le Préfet de la Signature Apostolique nous rend visite

SOURCE - IBP Roma - 14 mai 2010
Nous l’attendions depuis longtemps, nous espérions une proche échéance, on ne nous en disait que du bien. Enfin il est venu et nous l’avons accueilli avec une joie non dissimulée ! Sa valeur nous était connue d’avance, certes, mais quel n’a pas été notre bonheur de juger sur pièce que tout ce qu’on pouvait en dire n’était qu’un pâle reflet de ce qu’il est vraiment.En date du 27 juin 2008, le décret de Benoît XVI ne pouvait pas porter un inconnu à la tête du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique pour prendre la suite de Mgr Agostino Vallini, nommé le même jour cardinal-évêque de Rome. Mgr Raymond Leo Burke est en effet une figure montante du paysage ecclésiastique romain, à qui l’on proposera probablement la barrette rouge d’ici peu, vue sa fonction. Il était chez nous Vendredi dernier.
Evêque de La Crosse au Wisconsin puis archevêque de Saint-Louis au Missouri, Mgr Burke est connu depuis longtemps pour sa fidélité au Magistère qu’il a encouragée au sein de l’épiscopat américain. Mais aussi pour son soutien à la cause pro-life et son appui jamais démenti au renouveau de la tradition liturgique, par sa présence aux côtés de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre notamment.

Chevronné en droit canon, sujet sur lequel nous avons beaucoup appris de lui Vendredi, Mgr Burke ne se borne pas aux problématiques de ses fonctions, bien au contraire. S’interrogeant avec nous sur le Comment ? de la ré-évangélisation, il découvre avec enthousiasme le Festival International du Film Catholique que lui présente sa fondatrice, grande amie de la Maison de Rome. Oui, « évangéliser la culture est une mission révolutionnaire » ! Une révolution qui éclatera à Rome d’ici quelques semaines… A vos agendas !
Ce fut une soirée vraiment riche. Par le récit de ses souvenirs, Son Excellence nous a montré de l’intérieur la charge de l’évêque. Il nous a aussi éclairés sur le fonctionnement de la tête de l’Eglise, aux antipodes des clichés convenus. Un exemple ? Douze. Une douzaine de personnes travaillent à la Signature, régie par la constitution apostolique Pastor Bonus (1988) : douze pour juger en « appel » ou en « cassation » les litiges ayant lieu dans l’Eglise ! Si ce n’est pas du flux-tendu…Raison pour laquelle les employés et leur Préfet sont « triés sur le volet » !
Merci Excellence de nous avoir donné goût au travail consciencieux et professionnel. A très bientôt !