29 mai 2010

[Rémi Fontaine - Présent] Rencontres

SOURCE - Rémi Fontaine - Présent - 29 mai 2010

• Il y a d’abord ce qu’on appelle depuis des années « la » rencontre : celle entre les deux pèlerinages de tradition à la Pentecôte, incarnée par le (double) chapitre des Martyrs de septembre, marchant de Paris à Chartres et de Chartres à Paris, selon les choix opérés par les uns et les autres après les sacres épiscopaux de Mgr Lefebvre en 1988. Voulue avec bonheur par Jacques Arnould, Jean-Baptiste Chaumeil, Hélène Grimaldi et le regretté Jean Nouyrigat, cette « rencontre » prie chaque année dans la même intention pour l’unité des catholiques de tradition et l’unité des chrétiens. Elle était bénie cette année une nouvelle fois par l’aumônier « historique » des premiers pèlerinages, l’abbé François Pozzetto.

• Puis il y eut cette « première » en 28 ans : la rencontre du cardinal de Paris avec les pèlerins de chrétienté, dont la démarche constitue depuis longtemps l’occasion du plus grand pèlerinage à pied de France, attirant même les étrangers, à l’image de Czestochowa. Alors que depuis 1983, ces fils de l’Eglise, de sa tradition et de sa chrétienté, demandaient et attendaient cette visite pastorale, le fait est suffisamment éloquent pour être commenté. Il est fidèlement raconté sur le site de Notre-Dame de Chrétienté (www.nd-chretiente.com).

• « Nous méritons toutes nos rencontres, elles sont accordées à notre destin et ont une signification qu’il nous appartient de déchiffrer. » Attribuée à François Mauriac, cette citation en appelle une autre de Jean Vannier que je cite de mémoire : « On dit souvent : “Si tu changes, je t’aimerai”. Ne faudrait-il pas plutôt dire : “Si je t’aime, tu changeras… et moi aussi”. » Logique propre de la charité dans la vérité : Deo gratias pour ces rencontres dans le respect mutuel ! Non pas qu’elles changent forcément le cours des choses, ni la nature de nos désaccords parfois profonds, ni qu’elles effacent les dénis de justice. Mais, au-delà même de la réconciliation ou de l’accord souhaités, c’est-à-dire d’une entière amitié au service du vrai, elles posent les conditions d’une amitié au service d’un bien commun. D’un bien commun qui nous dépasse et nous rassemble. Et qui, seul, comme transcendantal, pourra assumer finalement notre réconciliation sans mauvaise dialectique, par une juste interprétation du devoir, balayant, on l’espère, ce qui nous départage actuellement par rapport à la tradition…

• Si l’on y réfléchit bien, ce respect mutuel, qui rend à chacun ce qui lui est dû, sans cependant empêcher ni contraindre en matière de liberté (du rite), est l’esprit même du motu proprio du 07-07-07. Jean Madiran, qui vient de publier Chroniques sous Benoît XVI aux éditions Via Romana, pouvait à cet égard s’émerveiller en ces termes de la bienveillance pontificale manifestée par cet acte historique : « Avec la bienveillance tout devient possible et vivable, même les désaccords. Avec la malveillance tout est fragilisé, tout est contaminé, même les accords éventuels. »

• Oui, nous méritons toutes nos rencontres : elles sont le prodrome de notre avenir commun. A chacun, selon son rang (de père ou de fils) et selon son devoir d’état, de répondre au principe moral de Jean Vannier, en suivant l’exemple éminent de notre Saint-Père pour le bien commun de l’Eglise et de sa tradition.

REMI FONTAINE
Article extrait du n° 7103 de "Présent"
du Samedi 29 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] Six nouveaux prêtres au sein de la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 29 mai 2010

Samedi dernier, veille de la Pentecôte, six diacres américains, membres de la Fraternité Saint-Pierre, ne mettaient pas leurs pas dans ceux de Charles Péguy, pour se rendre à Chartres, depuis la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Ils n’étaient d’ailleurs pas les seuls. Ni leurs familles, ni leurs amis, ni une part importante de la Fraternité Saint-Pierre, à commencer par le supérieur général, ne participaient au pèlerinage de Pentecôte.

Ces six diacres américains, en effet, recevaient ce samedi 22 mai le sacerdoce des mains de Mgr Bruskewitz,  évêque de Lincoln. [...photos de la cérémonie...]

28 mai 2010

[Yann Saint-Sernin - sudouest.fr] Pour Caroline Fourest, à Bordeaux, "les intégristes ont réussi leur coup"

SOURCE - Yann Saint-Sernin - sudouest.fr - 28 mai 2010

La journaliste et essayiste s'intéresse de près à ce qui s'est passé récemment autour de l'église Saint-Eloi et du cours Saint-Projet. Elle participera à une conférence samedi matin à Bordeaux sur la laïcité et l'école. Alors qu'une manifestation anti-avortement est prévue le même jour

« Sud Ouest » Vous tiendrez demain matin à Bordeaux une conférence de presse sur le thème de la laïcité et de l'école. Dans l'après-midi, se tiendra également une manifestation des « pro-vie », et une contre-manifestation à laquelle vous avez l'intention de participer. Quel est le sens de votre démarche?

Caroline Fourest. Je souhaite participer à réveiller le débat sur la question de l'école Saint-Projet et de l'église Saint-Éloi. Il est important de comprendre que l'intégrisme catholique n'est pas du tout un mouvement qui est en train de s'éteindre. L'intégrisme et l'abbé Laguérie qui en est une figure importante ont trouvé un point de chute à Bordeaux. Il faut rappeler à qui on a affaire, Laguérie est l'un des représentants les plus emblématiques qui, lorsqu'il est arrivé à Bordeaux faisait déjà peur aux Lefebvristes de la Fraternité Saint Pie X. La différence, c'est que lorsqu'ils se sont installés en 2002, en bénéficiant des bons augures de la mairie, ils étaient excommuniés. Depuis la création de l'Institut du Bon Pasteur à Bordeaux, ils font partie de l'Église. Cet institut a été taillé sur-mesure aux dépens des catholiques d'ouverture qui ont subi un mariage forcé par l'entremise du Vatican.

Les organisateurs de la marche Oui à la vie crient à l'amalgame, et se déclarent indépendants de tout mouvement religieux ou politique…

Historiquement, les militants à la pointe du combat contre l'avortement appartiennent aux milieux catholiques intégristes. Je fais évidemment la différence avec des personnes catholiques ou non qui, pour des convictions personnelles, sont opposées à l'avortement mais qui ne vont pas défiler dans la rue pour autant. Pour moi, l'intégrisme, c'est vouloir imposer ses propres convictions aux autres. Ils ne défilent pas pour un droit, mais pour un projet de société.

Les liens avec Saint-Éloi sont pourtant difficiles à prouver…

Bien sûr, des marches pour la vie, il y en a dans d'autres villes. Mais à Bordeaux, Saint-Éloi a créé un point de fixation. Il n'y a pas forcément de lien hiérarchique entre ces courants. Mais l'intégrisme porté par les Lefebvristes ne se limite pas à la messe en latin. Derrière, il y a aussi des idées politiques. Le récent reportage des « Infiltrés » le montre bien.

En créant Saint-Éloi, on a aussi créé des locaux, ce qui aide à fortifier la mainmise, la production de militants plus affirmés et prosélytes.

Selon vous, l'Église est-elle prise au piège ?

Je crois que l'Église est violemment mobilisée contre l'avortement. Les intégristes ont réussi leur coup, l'Église leur a couru après. J'estime qu'en ce moment, ce sont les durs qui sont aux commandes. Le constat de Benoît XVI et de Jean-Paul II est que tout est de la faute de mai 1968 et du féminisme.

[Paix Liturgique] La visite du cardinal Vingt-Trois aux pélerins de Chartres: l'inéluctable développement de l'«effet motu proprio»

SOURCE - Paix Liturgique, lettre n°232 - 28 mai 2010

Comme annoncé dans notre lettre 230 du 17 mai 2010, Monseigneur André Vingt Trois, Cardinal Archevêque de Paris et Président de la Conférence des Évêques de France s’est rendu au pèlerinage organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté (http://www.nd-chretiente.com/), le dimanche de Pentecôte, 23 mai 2010, pour célébrer le Salut du Saint-Sacrement et présider la Consécration à la Sainte Vierge, au bivouac de Gas.

On peut imaginer que l’archevêque de Paris a voulu faire oublier des écrits et attitudes peu aimables à l’égard des personnes attachées à la tradition liturgique romaine. Le fait est que son geste s’est voulu aussi naturel qu’appuyé.

Ce « signe fort » s’est déroulé en trois temps :

1°/ L’annonce : le site de la Conférence des Évêques de France a annoncé cette visite du Président de la CEF au pèlerinage. C'est la première fois que le site officiel de l'épiscopat mentionne le pèlerinage de Chartres et c'est une bonne chose.

2°/ Le commentaire officiel concomitant : dans un entretien radiophonique disponible sur le site du diocèse de Paris (http://catholique-paris.cef.fr/), le Cardinal Vingt Trois commente cette visite à venir aux pèlerins de Chartres :

Monseigneur André Ving-Trois :
- J'ai été invité et j'ai pensé que c'était assez normal que l'Archevêque de Paris et le Président de la Conférence des Évêques participe d'une certaine façon à ce pèlerinage. Donc avec les organisateurs nous avons choisi le moment le plus opportun qui sera le dimanche soir et j'y vais d'abord pour prier avec eux puisque nous allons faire une cérémonie d'Adoration du Saint Sacrement, pour m'adresser à eux et les encourager dans leur pèlerinage…

Journaliste :
- Alors justement est-ce que c'est un signe cette visite que vous allez faire, est-ce que c'est un signe que l'unité progresse à l'intérieur de l'Église, une unité voulue par Benoît XVI qui s'est illustrée notamment par un élargissement de la forme extraordinaire du rite romain ?

Monseigneur André Ving-Trois :
- Oui je pense que l'unité fondamentale n'est pas troublée, ce qui est troublé ce sont les modes d'expression de cette unité, donc il me semble particulièrement important de manifester par un signe visible que je considère que ces catholiques, dans la mesure où ils respectent les lois et les règles de fonctionnement de l'Église, font partie de l'Église et qu'ils sont des membres normaux de notre Église. Donc je les rencontre, ce n'est pas extraordinaire.

3°/ La visite elle-même est décrite sur le site du pèlerinage : le cardinal, qui avait eu le souci de revêtir une soutane rouge, accompagné de Monseigneur Patrick Chauvet, a été salué par le président de l'association, Hervé Rolland, et par l'aumônier général, l’abbé Le Coq. Il a rendu visite au camp des chapitres enfants, puis a salué les chapitres familles avant d'assister à l'arrivée des chapitres adultes. Il a aussi salué les délégations étrangères, et… remercié les équipes des monteurs de tentes et les responsables des cuisines, malheureusement  il n'a pu rencontrer l'immense groupe des étudiants marcheurs au milieu desquels se trouvaient plus d'une centaine de séminaristes. Puis il s'est adressé aux pèlerins : « Je vous considère comme des membres de ma famille (...) Une famille se constitue de membres qui ne se choisissent pas, mais qui sont liés de façon indéfectible (...) Nous sommes membres de la même Église (...) Nos relations sont des relations de fraternité et de communion (...) A vous qui vous interrogez sur le sens à donner à votre vie, demandez-vous non pas ce que vous voulez faire, mais ce que le Seigneur attend de vous (...) Il ne s'agit pas seulement d'un pèlerinage pour ces trois jours mais d'un sens à donner à toute votre vie (...) Je vous demande surtout, chacun, de prier pour votre évêque ». Le Cardinal a ensuite présidé le Salut du Saint-Sacrement, et la cérémonie de consécration à la Sainte Vierge et a quitté le pèlerinage vers 22h30.

LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1/ Ayant fait état précédemment des propos, disons peu amènes, tenus ces derniers mois par le cardinal à l’égard des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle de l’Église - et sachant que son accueil aux multiples demandes de messes selon la forme extraordinaire dans les paroisses parisiennes n’est pas, pour le dire faiblement, particulièrement empressé -, nous saluons sans réserve la visite de ce dimanche 23 mai. Nous nous réjouissons du réalisme intelligent de Monseigneur Vingt-Trois (le Pèlerinage de Chartres est l’une des « vitrines » d’une part de l’Église de France en pleine vigueur) et de la courtoisie pleine de naturel qu'il a manifesté à l'occasion de ce que l'on retiendra comme un incontestable beau geste dont nous le remercions bien vivement.

2/ Le mélange de l’« ordinaire » et de l’« extraordinaire », ou si l’on veut « l’effet Motu Proprio », se manifeste semaine après semaine par une série de signes qui se multiplient et qui vont du substantiel (prêtres toujours plus nombreux qui apprennent à dire la messe selon la forme extraordinaire) à l’anecdotique mais tout de même éloquent (tous les tailleurs ecclésiastiques français croulent sous les commandes de soutanes).

3/ La visite du Président de la Conférence des Évêques de France s'inscrit dans une phase de « déblocage », certes encore discret mais tout de même bien réel, qu’elle devrait logiquement amplifier. Pour le dire autrement : l'attente exprimée par de nombreux fidèles « ordinaires », dans les paroisses parisiennes comme ailleurs, ainsi que par un nombre non négligeable de prêtres et de séminaristes qui souhaitent des célébrations selon la forme extraordinaire chez eux et pour eux, commence à être prise en compte au plus haut sommet de la hiérarchie ecclésiastique française ; il y a donc fort à parier que ce début de reconnaissance officielle ne fasse qu'amplifier cette attente, désormais légitimement reconnue.
Tout le monde sait, par exemple, que les messes traditionnelles accueillent partout en France, et de plus en plus, un public nouveau. La traduction concrète en est que, cette année, les pèlerins, spécialement parisiens, qui assistent de manière habituelle à la messe dans leurs paroisses « ordinaires » (certains étaient fort agréablement surpris de retrouver leurs voisins catholiques du dimanche : « Vous aussi ! ») étaient plus nombreux que d’habitude. De même, la présence de prêtres diocésains, y compris parisiens, devient sans cesse plus évidente au sein des chapitres du pèlerinage.
Enfin, beaucoup de curés et d’aumôniers de la capitale n’hésitent pas, à défaut de célébrer selon la forme extraordinaire, à approuver les fidèles qui se rendent à de telles célébrations ou au pèlerinage de Chartres. Et ceux qui, jusqu’à présent, déconseillaient formellement de telles pratiques ont bien compris qu'il n'était plus de bon ton de le faire.

4/ A quelques semaines du "bilan" du motu proprio et à quelques mois des visites ad limina de nos évêques à Rome, nous prions pour que le courage qu'a montré le Président de la Conférence des Évêques de France soit suivi d'effet à Paris comme ailleurs et que soit prise sérieusement en compte la réalité des centaines de demandes d'application des bienfaits du Motu proprio "Summorum pontificum", que cessent à leur endroit les chicaneries et un juridisme étroit pour qu'enfin la réconciliation s'épanouisse et porte ses fruits d'Unité, de Paix et de Communion au service de l'Église et de la nouvelle et indispensable Évangélisation.

5/ Notre ultime commentaire aura donc le laconisme d’une Espérance absolue et d'un optimisme prudent : à suivre…

27 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] En Pologne aussi, il y a une demande de messe traditionnelle

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 27 mai 2010

Comme moi certainement vous ne connaissez pas Piaseczno, une petite ville située à 25 km environ de Varsovie. Je me suis rendu deux fois en Pologne, dans la région de Torun où j’ai pu voir un catholicisme fervent et populaire, en même temps que des célébrations de messe assez peu traditionnelles. Mais je me suis à peine arrêté à Varsovie.

La Pologne connaît elle aussi un retour lent et prudent à la messe traditionnelle. Certains habitants de la commune de Piaseczno se rendent ainsi une fois par mois à la messe en forme extraordinaire célébrée en l’église de Jazgarzew (paroisse Saint Roch). Une fois par mois, c’est bien. Tous les dimanches, ce serait mieux ! Aussi, il y a deux semaines, ils ont adressé une demande aux autorités ecclésiastiques. Laquelle ?

Tout simplement que la messe soit célébrée le matin, chaque dimanche et fête. En effet, la messe mensuelle est célébrée actuellement à 15h30, ce qui ne facilite pas la vie de famille. En ne permettant pas une messe chaque dimanche, les autorités obligent les fidèles à se déplacer jusqu’à Varsovie pour pouvoir bénéficier de la forme extraordinaire. Ce qui favorise les plus « riches » et ceux qui sont en bonne santé au détriment des plus pauvres, des malades et des personnes âgées. De la même façon, il est impossible de développer une vraie communauté chrétienne avec une messe mensuelle en plein milieu de l’après-midi.

Une demande très légitime donc, d’autant plus que la démarche a commencé par un entretien avec le curé. Nos frères de Pologne ont besoin de soutien. Pensons aussi à eux dans nos prières.

[bonnenouvelle.ch] Allemagne: la Fraternité Saint Pie X veut mettre à l'index les homosexuels

SOURCE - bonnenouvelle.ch - 27 mai 2010

La Fraternité Saint Pie X préconise d'écarter les homosexuels du sacerdoce des prêtres, pour lutter contre les affaires de pédophilie au sein de l'Eglise catholique, indique l'Agence France presse, qui cite l'hebdomadaire Der Spiegel.

«Si l'on veut empêcher les abus, on doit tenir les homosexuels à l'écart du sacerdoce des prêtres», a déclaré le supérieur de la congrégation intégriste, Mgr Bernard Fellay dans l'édition du magazine allemand du 25 mai.

Les victimes d'abus sexuels au sein de l'Eglise catholique sont «presque exclusivement toutes des garçons pubères», fait valoir Mgr Fellay. Il en conclut que l'origine des scandales de pédophilie qui secoue l'Eglise catholique dans plusieurs pays n'est pas le célibat des prêtres mais l'homosexualité.

apic

25 mai 2010

[L'Essor Savoyard] Catholiques traditionalistes : 3 communautés établies sur les rives du lac d'Annecy

SOURCE - L'Essor Savoyard - 25 mai 2010

Berceau de l'oeuvre de Saint-François de Sales, Annecy est marquée par une forte tradition religieuse. Si au fil du temps, la communauté catholique s'est adaptée aux évolutions de l'Église, un courant traditionaliste reste cependant présent.

Trois communautés s'en réclament. Enquête.

Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Sédévacantistes... trois noms pour trois communautés différentes mais qui ont tout de même un point commun. Toutes trois appartiennent au courant catholique "traditionaliste". Toutes trois sont issues du schisme entre l'Église et Monseigneur Lefebvre.

Coupés du diocèse

Évêque opposé à Vatican II, refusant « la dérive de l'Église vers le modernisme » et notamment la réforme liturgique datant de la fin des années 60, ce dernier fonde en 1970 la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Excommunié en 1988, Monseigneur Lefebvre meurt trois ans plus tard, laissant fidèles et prêtres qui entretiennent aujourd'hui un rapport à l'autorité romaine « ambiguë  ». Souvent taxée d'intégriste, la communauté lefebvriste a aussi été de nombreuses fois associée à des idéologies étatiques autoritaristes, à des mouvements politiques d'extrême droite... "Coupée" du diocèse d'Annecy - les représentants de l'évêché disent en effet n'avoir « aucun contact » avec elle - la communauté lefebvriste se réunit notamment chaque dimanche avenue du Rhône, à l'occasion de la messe, précédée des chapelets et confessions (voir notre article ci-dessous). Très attachés à la messe dite traditionnelle, plus « réglementée », plus « rigoureuse » que la messe dite de Paul VI (cantiques traditionnels, messe en latin, chants grégoriens...) les représentants de cette communauté - dans son ensemble - se sont notamment prononcés contre l'abandon de la soutane et du costume religieux en général.

Retraites, catéchisme et chorale

Coupée du diocèse, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X d'Annecy accueille cependant les fidèles d'autres courants traditionalistes, comme celui de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre. Certains d'entre eux assistant indifféremment aux offices des deux communautés. Installée à la Bergerie, sur les hauteurs de Saint-Jorioz, la Fraternité Saint-Pierre est reconnue par le Saint-Siège depuis 2003 et de facto par le diocèse d'Annecy, avec qui elle entretien de bons rapports : « Tout va bien. La situation est apaisée », assure-t-on à l'évêché d'Annecy. A priori plus modérée que sa voisine annécienne, la Fraternité Saint-Pierre est autorisée à célébrer la messe dominicale à Duingt.

La Bergerie est le siège de "l'oeuvre des retraites". Elle accueille le public dans le cadre du soutien catéchétique des jeunes, dispense des formations pour adolescents, et anime une chorale regroupant adultes et adolescents. Attachée elle aussi à la « célébration de la liturgie selon la forme extraordinaire du rite romain », la communauté a été fondée en Suisse en 1988 par plusieurs membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X qui auraient refusé « la situation de schisme provoquée par les sacres au sein du mouvement de Monseigneur Lefebvre » . Aujourd'hui, la communauté est présente sur plus de 24 pays, et compte plus de 350 prêtres, diacres et séminaristes, six districts et onze lieux de cultes dont ceux du bassin annécien.

Rupture consommée

Frange la plus dure du courant catholique traditionaliste, et plus réduite aussi, les sédévacantistes refusent Vatican II et l'autorité romaine, considérant que les papes qui ont succédé à Jean XXIII sont des « usurpateurs ». Une communauté existe à Annecy, beaucoup plus discrète encore que les deux autres.

CÉCILE BOUJET DE FRANCESCO

Avenue du Rhône : une communauté "lefebvriste" assidue

Les locaux, de l'extérieur, sont plutôt neutres. Un porche, avenue du Rhône, qui semble comme encastré dans un immeuble plutôt banal, abritant garages et entrepôts. Sur le fronton, l'appellation "Chapelle Saint-François de Sales" interpelle le regard. C'est derrière cette porte que se déroulent les offices de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, courant créé par Mgr Lefebvre en 1970.
A l'intérieur, un escalier vous conduit vers la salle, spacieuse et sobrement décorée, où se tiennent les offices. En ce dimanche matin, il n'y a plus guère de places vacantes. Entre 70 et 80 personnes suivent une messe qui respecte à la lettre les rites traditionnels : encens, génuflexions, enfants de choeur, chants en latin... Parmi l'assistance, plusieurs familles avec des enfants en bas âge. Assiduité et ferveur sont de mise.
De l'extérieur retentissent de temps à autre les klaxons des véhicules de la très passagère avenue du Rhône, mais les fidèles ne semblent pas y prêter attention. L'office durera une heure et demie au total. Et se termine par un dernier chant. En latin bien sûr.

O.D.

[Abbé Laguérie - IBP] Le Cardinal Canizares à Saint-Eloi

SOURCE - Abbé Laguérie - IBP - 25 mai 2010

Le samedi 10 juillet prochain, 9h 30, nous aurons la très grande joie d’accueillir en l’église Saint-Eloi de Bordeaux Son Eminence le cardinal Antonio Canizares Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin. C’est un grand honneur que fait ce prélat à l’Institut du Bon-Pasteur, pour lequel il a toujours manifesté une profonde estime. Il procèdera aux ordinations d’un prêtre, M. l’abbé Jean-François Billot, d’un diacre, M. l’abbé Rémy Balthazard et d’un sous-diacre, M. l’abbé Etienne Lecarme.

J’ai donc la joie de vous inviter tous à cette émouvante cérémonie, pour y voir et entendre le responsable de l’Eglise Universelle pour la liturgie. Son attachement à la forme extraordinaire est bien connu et il en a une parfaite maîtrise.

Je vous invite également à la première messe que célèbrera M. l’abbé Billot le lendemain dimanche 11 juillet à 10h30 en la même paroisse.

Pour participer aux déjeuners qui suivront, contacter la paroisse Saint Eloi au 05 56 79 38 47 ou son presbytère au 09 54 36 40 76.

A très bientôt pour ce grand événement d’Eglise !

24 mai 2010

[AFP] Pèlerinage Pentecôte: les traditionalistes prient à Chartres pour l'Eglise et le pape

SOURCE - AFP - 24 mai 2010
Quelque 8.000 catholiques traditionalistes, partis samedi matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris, sont arrivés lundi après-midi à Chartres après trois jours de marche sous le soleil, à l'occasion du 28e pèlerinage de Pentecôte.

Ces 8.000 catholiques, dont 800 enfants et 900 étrangers, divisés en 175 chapitres, ont été rejoints à Chartres par 2.000 autres pèlerins venus prier pour le pape et l'Eglise et assister à la grand-messe célébrée par l'évêque de Chartres, Mgr Michel Pansard, en la cathédrale Notre-Dame.

Organisée depuis 1983 par l'association Notre-Dame de la Chrétienté, groupe reconnu par le Vatican, cette marche vers l'un des plus importants sanctuaires français voué au culte marial rassemble chaque année des couples, des familles et des religieux.

"Placé sous le thème +L'Eglise est notre Mère+, ce pèlerinage a accueilli pour la première fois des marcheurs italiens et estoniens", selon Jean-Louis Noël, chargé de communication du pèlerinage de l'association Notre-Dame de Chrétienté, insistant sur la "dimension spirituelle qui anime les pèlerins".

Année après année, le nombre de jeunes est en constante augmentation, selon les organisateurs qui annoncent une moyenne d'âge de 21 ans et la présence d'un doyen de 89 ans qui a participé à toute la marche depuis Paris, soit une centaine de kilomètres.

"Les attaques successives et récentes contre le pape et l'Eglise ont renforcé la foi en chacun et incité davantage les gens à participer à ce pèlerinage", a-t-il souligné pour expliquer une augmentation du nombre de participants par rapport aux autres années.

Pour la première année, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et président de la Conférence des évêques de France, a rendu visite aux marcheurs dimanche soir sur le bivouac de Gas (Eure-et-Loir) et participé à la prière.

L'association a d'ores et déjà annoncé le thème du pèlerinage 2011, intitulé "L'évangile de la vie".

[summorum-pontificum.fr] Compte-rendu de la venue du cardinal Vingt-trois, archevêque de Paris, sur le campement du pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté

SOURCE  - summorum-pontificum.fr - 24 mai 2010

L’événement l’impose. Je reproduits ci-dessous le compte-rendu publié aujoud’hui sur le site de Notre-Dame de Chrétienté :

– Dimanche - 23:00 - Bivouac de Gas - Grand moment pour le Pèlerinage et pour tous les pèlerins avec la présence de son Eminence le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, président de la Conférence des Evêques de France, ce soir dimanche sur le bivouac.

– Le Cardinal est arrivé à 19h45 à Gas, accompagné de Mgr. Patrick Chauvet. Le Cardinal a été salué par le président de l'association et par l'aumônier général à sa descente de voiture. Il a rendu visite au camp des chapitres Enfants, puis parcourant à pied l'allée principale du camp il a salué les chapitres Familles avant d'assister à l'arrivée des chapitres adultes. Sur tout son parcours le Cardinal a reçu un accueil ému et très chaleureux des pèlerins. C'est sous les applaudissements, les "bravo" et les "merci" des pèlerins que le Cardinal a traversé le camp, accompagné par les chants.

– Le Cardinal a salué les délégations étrangères : pèlerins allemands, pèlerins anglais et américains ... Il a remercié les équipes des monteurs de tentes et les responsables des cuisines ...

– Le Cardinal s'est ensuite entretenu avec les responsables de l'association. A 20h50 il s'est adressé aux milliers de pèlerins rassemblés pour le Salut du Saint-Sacrement.

"Je vous considère comme des membres de ma famille (...) Une famille se constitue de membres qui ne se choisissent pas, mais qui sont liés de façon indéfectible (...) Nous sommes membres de la même Eglise (...) Nos relations sont des relations de fraternité et de communion (...) A vous qui vous interrogez sur le sens à donner à votre vie, demandez-vous non pas ce que vous voulez faire, mais ce que le Seigneur attend de vous (...) Il ne s'agit pas seulement d'un pèlerinage pour ces trois jours mais d'un sens à donner à toute votre vie (...) Je vous demande surtout, chacun, de prier pour votre évêque."

– Le Cardinal a ensuite présidé le Salut du Saint-Sacrement, et la très émouvante cérémonie de consécration à la Sainte Vierge.Le Cardinal a quitté Gas vers 22h30, après avoir été remercié très chaleureusement par le président et par l'aumônier général.

[summorum-pontificum.fr] Mgr Fellay dans Der Spiegel

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 24 mai 2010

C’est aujourd’hui que paraît en Allemagne un entretien accordé par Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, à l’hebdomadaire Der Spiegel. Selon une dépêche de l’AFP, largement reprise, Mgr Fellay déclarerait ce qui apparaît comme une évidence pour tout catholique voulant vivre en conformité avec sa foi, à savoir que les homosexuels ne devraient pas accéder au sacerdoce.

Bien sûr, on disserte sur ce rappel et on s’exclame. On parle même de scandale. Décidément bien naïf – on se refait difficilement – je me suis tout d’abord étonné de ces réactions. Puis, j’ai compris ! Je ne saisissait pas, en effet, que reprochant à l’Église les scandales pédophiles, on s’étonne de cette position de Mgr Fellay. Puis l’idée s’est tout d’un coup glissée en moi que pour les nouveaux clercs de la bien-pensance il fallait absolument déconnecté tout lien possible entre homosexualité et pédophilie, ce que n’avait pas fait, par exemple, le cardinal Bertone, secrétaire d’État, dans une conférence qui fit du bruit.

Certes, il serait rapide et abusif de lier tous les cas de pédophilie à l’homosexualité. Mais en voulant à tout prix préserver la liberté sexuelle de tout faire, chacun selon ses goûts et ses humeurs, on prend des risques, qu’assurément – en dehors de toute question morale – l’Église ne peut se permettre.

Notre monde moderne se trouve là devant une contradiction majeure de son discours – ou de ses réactions, devrait-on dire, plus exactement, la rationalité du discours n’étant pas au rendez-vous. Il se révolte à bon droit (du moins tant que cela ne devient pas une machine de guerre) contre les scandales des prêtres pédophiles, mais il tient à préserver comme un dogme la liberté sexuelle sans limites. On en voit les conséquences. La position catholique est plus cohérente et libératrice.

23 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] Il ne faut pas prendre les Suisses pour des imbéciles…

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 23 mai 2010

Les Suisses, c’est bien connu, s’y prennent peut-être lentement, mais quand ils décident de faire quelque chose, ils le font bien. C’est ainsi qu’un groupe de fidèles appartenant au diocèse de Sion et au territoire de juridiction de l’Abbé de Saint-Maurice, dans le canton du Valais, ont décidé de se regrouper pour obtenir de l’autorité la célébration de la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. Ils ont donc fondé l’APFEL,  « association au sens des articles 60 et suivants du Code civil suisse, doublée d'une Association privée de fidèles au sens du Canon 215 du Code de Droit  Canon de l'Eglise catholique ».

Ils ont aussi mis sur pied un site Internet, riche de plusieurs rubriques et qui méritent d’être visité. On y trouve, outre les raisons de l’existence de cette association, une rubrique « Missel », complétée chaque semaine. Ainsi, en ce dimanche de la Pentecôte, les oraisons et les lectures du jour sont disponibles (voir ICI). La rubrique « L’esprit de la liturgie » rassemble plusieurs textes sur la liturgie (textes du Père Garrigou-Lagrande, de dom Gérard Calvet et de Vincent Pellegrini). La rubrique « Les arts de la liturgie » donne toute sa place au chant sacré. Enfin, la rubrique « documents » complète l’ensemble en offrant le texte du Motu Proprio du 7 juillet 2007, de la Bulle Quo Primum, de l’hérésie anti-liturgique de dom Guéranger sans oublier les statuts de l’association et une lettre-type à envoyer à son curé.

Ma présentation ne serait pas complète si je ne signalais les pages « adhésion » et « contact ». Mais on l’aura compris, ce site mérite une visite, voire davantage, même de la part de ceux qui ne sont pas concernés par la célébration de la messe dans le Valais.

Je me permets de reproduire ci-dessous l’historique de cette démarche. Elle me paraît éclairante en effet de la situation générale que l’on trouve en Europe. Je pourrais évidemment ajouter mes commentaires, mais il me semble que ce texte est éloquent en lui-même.
«Le 28 décembre 2007, sur une initiative individuelle et sans aucune publicité, à partir des seules ressources d'un carnet d'adresses personnel, 91 signatures (recoupant des gens de Monthey, Vernayaz, St-Maurice, Martigny, Fully, Orsières ainsi que du Valais central...) étaient présentées à Mgr Joseph Roduit, Abbé de St-Maurice, lui demandant la possibilité d'assister régulièrement à la messe selon la forme extraordinaire du rit romain, tous les dimanches et fêtes d'obligations, par exemple à la chapelle s. Jacques à St-Maurice.

Cette démarche voulait répondre à l'intention du Saint-Père et demander l'application du Motu proprio Summorum Pontificum dans une région où il n'est pas de manifestation plus probante au monde, sans doute, de l'existence d'un groupe stable demeuré puissamment attaché à la forme extraordinaire du rit romain!

La demande était alors adressée à l'ordinaire dans un esprit dicté lui-même par le document du Saint-Père, à savoir une dynamique positive et cohérente à propos d'une forme liturgique qui porte des valeurs que la forme ordinaire, dans les faits sinon sur le papier, a désormais fortement compromises : dimension contemplative, sens de la transcendance, beauté-splendeur de vérité, intériorité, silence, expression de la dimension propitiatoire et sacerdotale, précision théologique, dimension artistique, etc. etc.

Riche de l'expérience profonde de cette forme liturgique, celui qui demandait ainsi l'application du Motu proprio Summorum pontificum en Valais au nom de 91 de ses connaissances, natif de Vernayaz et ancien élève du collège de St-Maurice, s'adressait à l'Abbé de Saint-Maurice, confiant dans le fait qu'il trouverait là un écho favorable, connaissant par ailleurs le souci liturgique qui caractérise la longue tradition de l'Abbaye et la compétence de celle-ci à entrer dans une démarche où la beauté serait au service de la prière. Il ne s'agissait pas de demander une concession, voire un ghetto pour des "vilains intégristes", mais la lumière et la joie sans mélange d'un héritage spirituel et culturel dont la modernité pourrait être cruellement assoiffée.

Mgr Roduit consulta Mgr Brunner, évêque de Sion. Des discussions s'en suivirent avec les deux prélats, ainsi qu'avec Mgr Vouilloz alors Prévôt du Grand-Saint-Bernard, sans grand résultat.

Il faut le reconnaître - il est inutile de faire semblant de ne pas le constater - une opposition de principe retint nos prélats. Mgr Brunner nous l'a formellement dit : il est "contre" le Motu proprio du Pape.

Nous avons donc rencontré une forme de résistance ne trouvant pas à se formuler clairement, mais résistance effective, et le temps a passé, avec à chaque fois un nouvel ajournement d'une décision... Notre demande n'était pas comprise. Il fallait, hélas, constater, lors de ces discussions, quelques préjugés et caricatures bien malheureuses à propos de cette forme liturgique, auxquels nous ne nous attendions pas dans la bouche de l'autorité. Bref, loin de rencontrer une attitude de coopération, comme sincèrement nous l'espérions, nous avons pris acte d'une incompréhension de fond et d'une distance culturelle inattendue.

Que faire ? Nous avons insisté, argumenté, soulevé la nécessaire exigence d'appliquer la volonté du Pape même s'ils avaient des réticences personnelles, et finalement avancé l'argument d'autorité.

Nos prélats ont alors exigé - faute de mieux - que nous procédions selon la lettre du document du Pape qui, en effet, ne prévoyait pas a priori que l'Ordinaire du lieu exerce son autorité pour une telle demande, puisqu'il en accordait le droit et la compétence à chaque prêtre, sans même que celui-ci ne doive en réfèrer à son évêque. Soit, puisque telle est la volonté de l'Ordinaire en Valais, nous nous adresserons directement aux curés.

Néanmoins, face à ce déroulement peu engageant et devant une résistance que nous n'avions pas escomptée, nous avons pris la mesure d'une réalité qui pourrait se formuler en deux points :

– la forme extraordinaire du rit romain est victime d'une somme de discrédits de toutes sortes (rite désuet, les fidèles ne participent pas, liturgie difficile d'accès, impopulaire, austère, qu'on ne comprend pas...) de la part d'une autorité qui, de fait, n'en connait plus du tout, ni l'esprit, ni la lettre, et n'en retient qu'une imagerie dépréciative. Un oubli de quarante ans ne se répare pas, dans les faits, par un seul document pontifical, aussi puissant et prophétique soit-il, a fortiori lorsqu'il est reçu sans conviction, voire dans un désavoeu avoué - si j'ose la formule.

–par ailleurs, la plupart des fidèles, souvent victimes de l'oubli et de l'ignorance, voire de la même imagerie dépréciative, ne peuvent pas demander à leur curé ce qu'ils ne connaissent pas, n'ont jamais connu.

Alors que faire ?

Eh bien, en même temps que nous voulons solliciter de nos évêques l'application du Motu proprio Summorum pontificum, il est urgent d'informer, de montrer, de rayonner, de défendre et illustrer la beauté éblouissante, la richesse insoupçonnée et la profondeur tout à fait moderne de la forme extraordinaire du rit romain - auprès des curés de paroisses, auprès des laïcs, et cela du point de vue théologique, ascétique, liturgique, historique, artistique... Soit, puisque ces démarches nous en ont montré le chemin, c'est cela que, avec l'aide de Dieu, nous ferons ! Pour faire appliquer la volonté du Pape en Valais, plus que d'un groupe stable de demandeurs qui existait dès le premier jour de notre démarche auprès de l'autorité, il fallait convaincre. Et pour convaincre, il suffit de "montrer" ce rit, dans toute sa cohérence. Nous ferons donc la promotion de ce rit. »
Bon dimanche de la Pentecôte.

22 mai 2010

[AFP] Pèlerinage: départ de 8.000 catholiques

SOURCE - AFP - 22 mai 2010

Quelque 8.000 catholiques traditionalistes sont partis ce matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour participer à leur 28e pèlerinage de la Pentecôte qui doit les conduire, après trois jours de marche, à la cathédrale Notre-Dame de Chartres, ont annoncé les organisateurs.

Organisée depuis 1983 par l'association Notre-Dame de la Chrétienté, groupe reconnu par le Vatican, cette marche vers l'un des plus importants sanctuaires français voué au culte marial rassemble chaque année des couples, des familles et des religieux.

"Trois jours durant, sur la route de Chartes, les pèlerins renouvelleront publiquement l'attachement des Catholiques de la fille aînée de l'Eglise à leur mère, une Eglise souhaitée 'purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale' par le pape Benoît XVI", selon les organisateurs. La procession, est composée majoritairement de jeunes avec une moyenne d'âge de 21 ans et compte 800 pèlerins étrangers de 15 nationalités, a-t-on précisé.

Dans le même temps, une autre procession doit faire chaque année le pèlerinage de Chartres (Eure-et-Loir) à Paris. Les catholiques intégristes et traditionalistes font leur pèlerinage entre Paris et Chartres, chacun dans un sens: le pèlerinage traditionaliste de Notre-Dame de Chrétienté va de Notre-Dame de Paris à la cathédrale de Chartres, tandis que le Pèlerinage de Tradition des intégristes de la Fraternité saint Pie X va des jardins de l'archevêché à Chartres au Sacré-Coeur ou aux Invalides à Paris.

21 mai 2010

[summorum-pontificum.fr] Pourquoi le cardinal Vingt-Trois sera au Pèlerinage de Pentecôte. Une explication venue des États-Unis

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 21 mai 2010

Une étude parue aux États-Unis montre que les vocations sacerdotales et religieuses affluent là où les aspects traditionnels sont respectés. L’étude intitulée « Recent Vocations to Religious Life: A Report for the National Religious Vocation Conference » a été réalisée par le « Center for Applied Research in the Apostolate » (CARA) de Georgetown University. Elle date d’août dernier. Elle montre que les communautés dans lesquelles la messe est célébrée quotidiennement, l’Office divin récité, l’habit religieux porté et la fidélité au magistère claire, attirent plus facilement les jeunes. Ces caractéristiques dépassent bien sûr le seul milieu traditionnel, mais elles se trouvent tout naturellement mises en place dans les communautés qui célèbrent l’usus antiquior, pratiquent l’Office divin traditionnel, portent l’habit religieux, même pour les prêtres séculiers, et dont la fidélité au magistère et à la Tradition est évidente.

Ces aspects expliquent l’attirance des jeunes et donnent peut-être une piste pour comprendre ce que le quotidien La Croix tente d’expliquer par le « zapping » religieux dans un article paru le 20 mai.

Comment expliquer, en effet, aux lecteurs de ce quotidien que le cardinal Vingt-Trois va se rendre ce W.E. à la rencontre des pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté ? La solution a été trouvée par les journalistes. Le cardinal Vingt-Trois visite ce pèlerinage parce qu’en fait beaucoup de pèlerins ne sont pas des méchants traditionalistes et passent facilement d’un événement à un autre, du pèlerinage de Chrétienté à un rassemblement de Taizé. Ouf ! Le « saint » pluralisme des « propositions » religieuses est respecté.

Conclusion des journalistes de La Croix : « Ce n’est pas un hasard si le cardinal André Vingt-Trois a choisi d’intervenir ce week-end pour la première fois au cours du « pèlerinage de chrétienté ». Une manière pour l’archevêque de Paris d’approfondir le lien avec des groupes vivants et plus contrastés qu’on le croit, dans la mesure où cette marche draine des fidèles de toutes provenances. »

Mais si l’on relie cette venue à l’étude américaine citée ci-dessus, peut-être peut-on avancer une autre explication ? Le cardinal Vingt-Trois, sortant pour un W.E. de l’enfermement de l’explication idéologique (tous des maurrassiens, nostalgiques de Pétain et de l’Algérie française), va essayer de comprendre  pourquoi les vocations affluent dans la mouvance traditionnelle. Il serait peut-être souhaitable qu’un lecteur américain lui adresse l’étude du CARA...

[AFP] Pédophilie : la Fraternité Saint Pie X met à l'index les homosexuels

SOURCE - AFP - 21 mai 2010

La Fraternité Saint Pie X préconise d'écarter les homosexuels du sacerdoce des prêtres, pour lutter contre les affaires de pédophilie au sein de l'Église catholique. "Si l'on veut empêcher les abus, on doit tenir les homosexuels à l'écart du sacerdoce des prêtres", a déclaré le supérieur de la congrégation intégriste, Mgr Bernard Fellay dans la prochaine édition du magazine allemand à paraître lundi, dans l'hebdomadaire Der Spiegel.

Les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église catholique sont "presque exclusivement toutes des garçons pubères", fait valoir Mgr Fellay, qui en conclut que l'origine des scandales de pédophilie qui secoue l'Église catholique dans plusieurs pays n'est pas le célibat des prêtres, mais l'homosexualité.

Le numéro deux du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, avait tenu des propos liant homosexualité et pédophilie, début avril au Chili. "Nombre de psychologues, de psychiatres ont démontré qu'il n'y avait pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d'autres ont démontré, et m'ont dit récemment, qu'il y avait une relation entre homosexualité et pédophilie", avait-il déclaré. Le Vatican avait ensuite pris ses distances avec les propos du cardinal.

La Fraternité Saint Pie X, communauté intégriste fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, a refusé les principales décisions du concile Vatican II (1962-65), comme le dialogue interreligieux, la liberté religieuse et l'abandon du dogme de l'infaillibilité papale. Le pape Benoît XVI a levé le 21 janvier 2009 l'excommunication de quatre évêques catholiques intégristes de la Fraternité, dont le Britannique Richard Williamson, en dépit de ses déclarations négationnistes. Ce geste avait provoqué un tollé dans le monde entier. La Fraternité a son siège à Menzingen en Suisse.

[Paix Liturgique] Avec Pierre, sous l'autorité de Pierre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 231 - 21 mai 2010

Benoît XVI quitte le Portugal, renforcé par le soutien des fidèles” : l'AFP, dans sa dépêche rendant compte de la fin du séjour du Pape en terre lusitanienne, a mis dans le mille. A près des semaines de campagne contre l'Église et le successeur de Pierre, beaucoup pensaient en effet que la visite du Saint Père au pays de Fatima serait un échec.

Et il n'en a rien été. Avant de vous livrer notre commentaire sur le succès de ce voyage pontifical, nous vous proposons quelques-uns des temps forts qui en ont marqué le déroulement. Les citations sont extraites des discours, homélies et méditations prononcés par Benoît XVI au cours de ces 4 jours au Portugal (source : site du internet du Vatican).


I – MORCEAUX CHOISIS

Mardi 11 mai 2010 : Rencontre de Benoît XVI avec les journalistes au cours du vol vers Lisbonne


"Le Portugal a été une grande force de la foi catholique, il a porté cette foi dans toutes les parties du monde ; une foi courageuse, intelligente et créative ; il a su créer une grande culture."

"Les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice. En un mot, nous devons ré-apprendre cet essentiel : la conversion, la prière, la pénitence et les vertus théologales."


Mercredi 12 mai 2010 : Rencontre avec le monde de la culture (Lisbonne)

"L'Église apparaît comme le grand défenseur d’une saine et haute tradition, dont la riche contribution se met au service de la société ; celle-ci continue à en respecter et à en apprécier le service en faveur du bien commun, mais elle s’est éloignée de la dite ‘sagesse’ qui fait partie de son patrimoine. Ce ‘conflit’ entre la tradition et le présent s’exprime dans la crise de la vérité, mais c’est seulement celle-ci qui peut orienter et tracer le chemin d’une existence réussie, aussi bien en tant que personne que comme peuple."

"Pour une société formée en majeure partie de catholiques et dont la culture a été profondément marquée par le christianisme, la tentative de trouver la vérité en dehors de Jésus-Christ s’avère dramatique. Pour nous, chrétiens, la Vérité est divine ; elle est le Logos éternel qui a pris une expression humaine en Jésus-Christ, lequel a pu affirmer avec objectivité : « Je suis la vérité » (Jn 14,6)."


Mercredi 12 mai 2010 : Célébration des Vêpres avec les prêtres et les diacres, les consacrés et les séminaristes (Fatima)

"Chers séminaristes, qui avez déjà fait le premier pas vers le sacerdoce et qui vous préparez au grand séminaire ou bien dans les maisons de formation religieuses, le Pape vous encourage à être conscients de la grande responsabilité que vous devrez assumer : vérifiez bien vos intentions et vos motivations ; consacrez-vous avec force d’âme et générosité d’esprit à votre formation. L’Eucharistie, centre de la vie du chrétien et école d’humilité et de service, doit être l’objet principal de votre amour. L’adoration, la piété et l’attention portée au Saint Sacrement, au cours de ces années de formation, vous conduiront un jour à célébrer le sacrifice de l’Autel avec une dévotion édifiante et vraie."


Mercredi 12 mai 2010 : Bénédiction des flambeaux sur l'esplanade du sanctuaire de Fatima

"Je porte avec moi les préoccupations et les attentes de notre temps et les souffrances de l’humanité blessée, les problèmes du monde, et je viens les déposer aux pieds de la Vierge de Fatima : Vierge Mère de Dieu et notre Mère bien-aimée, intercède pour nous auprès de ton Fils afin que toutes les familles des peuples, celles qui se distinguent par le nom de chrétiennes, comme celles qui ignorent encore leur Sauveur, vivent dans la paix et la concorde jusqu’à se rassembler en un seul peuple de Dieu, à la gloire de la Sainte et indivisible Trinité."

Jeudi 13 mai 2010 : Messe sur l'esplanade du sanctuaire de Fatima

"Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait."


Jeudi 13 mai 2010 : Rencontre avec les évêques du Portugal (Fatima)

"Les Pasteurs ne sont pas seulement des personnes qui occupent une charge, mais ils sont eux-mêmes porteurs de charismes, ils sont responsables de l’ouverture de l’Église à l’action de l’Esprit Saint. Nous, Évêques, en vertu du sacrement, nous sommes oints par l’Esprit Saint et, par conséquent, le sacrement garantit aussi l’ouverture à ses dons. Ainsi, d’une part, nous devons éprouver la responsabilité d’accueillir ces impulsions qui sont des dons pour l’Église et qui lui confèrent une nouvelle vitalité ; mais, d’autre part, nous devons aussi aider les mouvements à trouver la voie juste, en faisant des corrections avec esprit de compréhension – cette compréhension spirituelle et humaine qui sait conjuguer conduite, reconnaissance et une certaine ouverture et disponibilité à apprendre."


Vendredi 14 mai 2010 : Messe à Porto

"Tout se définit à partir du Christ, quant à l’origine et à l’efficacité de la mission : la mission nous la recevons toujours du Christ, qui nous a fait connaître ce qu’il a entendu de son Père, et nous y sommes engagés par l’Esprit, dans l’Église. Comme l’Église elle-même, œuvre du Christ et de son Esprit, il s’agit de renouveler la face de la terre en partant de Dieu, toujours et seulement de Dieu !"


II - LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1 - Dans un pays autant miné que la France par la sécularisation et le laïcisme, Benoît XVI a non seulement mobilisé les foules mais aussi les cœurs et les intelligences. Ni le climat médiatique et politique hostile (prenant prétexte de la crise économique, syndicats et patronat portugais s'étaient opposés à ce qu'un jour férié soit octroyé à l'occasion de la visite pontificale), ni la pluie et le froid (à Fatima lors de la veillée) n'ont eu raison de l'enthousiasme des fidèles.

Si l'on ajoute qu'à Rome, ce dimanche 16 mai, la Place Saint-Pierre était elle aussi bondée, à l'appel des associations catholiques italiennes, pour soutenir le Souverain Pontife, on ne pourra que conclure, comme l'ont fait de très nombreux observateurs internationaux, que le lien entre Benoît XVI et les fidèles n'a jamais été aussi fort qu'aujourd'hui. Un paradoxe difficilement explicable pour ceux qui n'ont eu de cesse, depuis 2005, de dénigrer et de caricaturer l'action du Saint Père.

2 - Rien de surprenant en revanche pour ceux qui, comme nous, savent bien que l'Église visible – celle des scandales, des dissensions et des provocations – n'est pas l'Église réelle, celle des fidèles silencieux qui, à Fatima et à Rome (comme d'ailleurs à Lourdes en 2008), manifestent avec leurs pieds et leurs chapelets leur indéfectible soutien au successeur de Pierre et au magistère de l'Église “une, sainte, catholique, apostolique et romaine”.

3 - Les résultats du sondage que nous avons commandité début mai à Harris Interactive (voir lettre de Paix Liturgique n°229 du 10/05/2010) laissaient d'ailleurs entrevoir cette adhésion profonde des catholiques “de base” portugais à la réforme de la réforme engagée par Benoît XVI. Bien que n'ayant pas entendu parler du Motu Proprio Summorum Pontificum et, par conséquent, de la libération de la messe traditionnelle, ils en approuvent instinctivement le bien-fondé.

Semaine après semaine, c'est la voix de ces nouveaux silencieux de l'Église que Paix Liturgique s'efforce de faire entendre. Une voix qui irrite les oreilles de certains mais qui se veut seulement un encouragement humble et fervent à l'entreprise de réconciliation poursuivie par le Souverain Pontife, "cum Petro et sub Petro".

20 mai 2010

[Céline Hoyeau et François-Xavier Maigre - La Croix] Ces jeunes catholiques qui refusent les étiquettes

SOURCE - Céline Hoyeau et François-Xavier Maigre - La Croix - 20 mai 2010

Alors que l’édition 2010 du pèlerinage des traditionalistes Notre-Dame de chrétienté, entre Paris et Chartres, commence vendredi 21 mai, portrait d’une génération de jeunes chrétiens insaisissables

«Il y a du bon à prendre partout ! » Emmanuel Dastarac, 21 ans, navigue sans complexe entre les innombrables propositions adressées aux jeunes par les mouvements chrétiens. Engagé avec égal enthousiasme au sein des Guides et Scouts d’Europe, du mouvement Chrétiens en grande école ou dans la logistique du pèlerinage étudiant à Chartres, il estime que chacun de ces lieux apporte « quelque chose d’unique, de différent » à sa vie spirituelle. « Pour moi, l’essentiel est de servir l’Église », résume l’étudiant en école de commerce, qui confie « tenir énormément à cette diversité ».

De fait, ils sont nombreux à « surfer » d’un groupe à l’autre, sans se soucier des clivages sociologiques et des antagonismes idéologiques qui ont longtemps façonné les mouvements dans l’Église de France : tel est étiqueté comme « social », tel autre « identitaire », tel autre encore « charismatique », ou « tradi »…

Maxime, 24 ans, illustre cet art du grand écart : ce futur ingénieur affirme se sentir aussi à l’aise dans les veillées de prière de Taizé que dans les hôpitaux parisiens où il anime des messes, dans un rassemblement de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) qu’au pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté organisé dimanche 23 mai, comme chaque année par les fidèles traditionalistes à Chartres...

Phénomène marginal ?

Ce n’est pas un hasard si le cardinal André Vingt-Trois a choisi d’intervenir ce week-end pour la première fois au cours du « ppèlerinage de chrétienté ». Une manière pour l’archevêque de Paris d’approfondir le lien avec des groupes vivants et plus contrastés qu’on le croit, dans la mesure où cette marche draine des fidèles de toutes provenances.

Dans ses activités auprès des étudiants, le P. Hubert Hirrien, aumônier national des Chrétiens en grande école (CGE), a pu lui aussi constater que les frontières et les positionnements sont aujourd’hui « plus poreux qu’il y a dix ou quinze ans ». « Une part des étudiants se balade un peu plus. Mais un certain nombre demeure dans un seul lieu d’Église, nuance-t-il. Les deux types de parcours coexistent. »

Pour Florian Meyer, secrétaire national de la JOC, le phénomène reste « marginal » : « Chez nous, cela concerne un ou deux jeunes par région. » Et si le brassage est « bien réel » lors des grands rassemblements du mouvement comme celui de La Courneuve il y a un an (20 000 participants), son ampleur reste toutefois « difficile à évaluer », ajoute le jociste.

Que cherchent ces « cathos mutants » ?

Les événements de masse, type JMJ ou pèlerinage « Aux sources » l’an dernier en Terre sainte, sont « autant d’occasions pour sortir des cases, remarque le P. Hirrien. Les jeunes découvrent que l’Église est plus large que le groupe auquel ils appartenaient. » Une tendance accentuée selon lui par « la culture du réseau », en particulier Facebook, qui favorise aussi cette mobilité.

Mais que cherchent, au fond, ces « cathos mutants » ? « Participer à des groupes très différents me permet de garder un certain équilibre », explique simplement Anaïs, investie dans la fraternité Aïn Karem (évangélisation de rue) et vice-présidente de l’aumônerie étudiante de Créteil, où elle a donné des cours d’alphabétisation aux étrangers et de soutien aux jeunes en difficulté.

Cet été, elle envisage par ailleurs de rejoindre le festival missionnaire Anuncio : « C’est en me confrontant à des personnes qui ne vivent pas leur foi de la même façon que moi qu’à mon tour je grandis en me questionnant sur ma propre manière d’agir. »

De l’extérieur, ce «bricolage» peut parfois «sembler incohérent»

Il y a aussi, chez beaucoup, le désir d’une vie chrétienne plus cohérente, comme le relève Lætitia, qui dit « jongler » en permanence : « J’ai besoin de traduire ma foi dans l’action et pas seulement dans la prière. On a prévu de monter un groupe dans mon école de commerce, pour proposer temps de célébration et projets solidaires. »

Il n’est pas toujours facile, pour ces jeunes « transfuges », de faire accepter leur choix : « Dans la paroisse de mes parents, je suis le conservateur ; à Paris je suis vu comme le progressiste ! » s’amuse Florian, 23 ans. Originaire d’un milieu rural, près de Pithiviers, il a passé son enfance au sein de l’ACE et du MRJC.

Depuis trois ans à Paris, l’étudiant en géographie navigue entre « milieux tradis », communauté de l’Emmanuel, et groupes de prière divers. Il est aussi servant d’autel à Saint-Germain-des-Prés et se plaît à jeter des ponts autour de lui : « Au moment de la levée des excommunications des évêques lefebvristes, j’ai participé à une réunion de Chrétiens en monde rural, chez mes parents. C’était très tendu. J’ai essayé de renvoyer chacun à ses propres limites et leur dire qu’il y avait besoin d’un recentrage, ni trop dans l’action, ni trop dans le rite, mais dans la foi, ce qu’encourage Benoît XVI. »

Des formes renouvelées d’annonce de l’Évangile

De l’extérieur, ce « bricolage » peut parfois « sembler incohérent », relève Ignacio Gonzalez Sexma, jésuite (1), qui se demande si cette diversité ne risque pas d’empêcher des « engagements forts et de longue durée ».

Ces pratiques « dérangent » ceux qui pensaient que « l’évolution de l’Église irait forcément dans leur sens », reconnaît Mgr Benoît Rivière, président du Conseil pour la pastorale des jeunes à l’épiscopat. « Paradoxalement, ces jeunes nous apprennent aussi que l’Église n’est pas un club et qu’aucun groupe ne peut revendiquer d’être le tout de la vie chrétienne », analyse l’évêque d’Autun, qui rappelle « qu’aucun engagement social ne peut durer sans une vie intérieure profonde ».

D’une certaine manière, « ils sont moins politiques et plus spirituels », avance de son côté le P. Hirrien : « À l’inverse des générations des années 1960-1970, qui considéraient l’Église comme une machine trop puissante, eux la voient davantage comme une institution fragilisée. Ils ont conscience d’être une minorité. Ça donne des formes renouvelées d’annonce de l’Évangile, plus explicites. »

Céline HOYEAU et François-Xavier MAIGRE

[Romano Libero - Golias] Les «tradis» s’en prennent à Mgr Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens

SOURCE - Romano Libero - Golias - 20 mai 2010

Certains évêques sont les cibles favorites et privilégiées des sites internets intégristes : c’est le cas en particulier de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, comme ce fut le cas jadis de Jacques Gaillot.
Mgr Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens, a prononcé voici quelques mois une conférence à l’occasion du centième (bravo !) anniversaire de son prédécesseur dans la Somme, Mgr Géry Leuliet, que la Documentation catholique a publiée. Ce qui lui vaut aussi de faire la une de l’Osservatore Vaticano. Certains passages qui ne surprendront pas tous ceux qui connaissent et apprécient cet évêque d’ouverture mériteraient d’être cités intégralement. Nous ne retenons qu’un passage : « Je crois en vérité qu’on pourrait passer à côté de la réalité de l’événement conciliaire si on ne retenait que les textes. C’est, me semble-t-il, ce que l’on tente aujourd’hui. »

Les tradis ont bien compris ce qui était en jeu au travers de ces quelques mots, et qui marquent une vraie césure entre deux compréhensions du Concile.

Selon la première, celle qui semblait obvie, le Concile qui n’est seulement un corpus de textes aujourd’hui inertes mais un véritablement évènement et un point de départ marque un tournant. Sans quoi d’ailleurs il aurait été inutile et on voit mal pourquoi le bon Pape aurait éprouvé le désir de le convoquer.

Selon la deuxième, appelée pudiquement « herméneutique de la continuité », le Concile doit - au mépris finalement du sens historique et du bon sens tout court - être interprété « à la lumière de la tradition  ». C’est-à-dire en définitive « neutralisé » de tous éléments de nouveauté qui lui donnaient pourtant son sens et sa prégnance.

Un théologien romain de la vieille école Mgr Brunero Gherardini, 85 ans, a théorisé cette doctrine - non sans arguments doctrinaux. Or il nous semble que l’histoire récente dément qu’il soit objectivement acceptable de lire et de comprendre Vatican II de cette façon. C’est tout l’enjeu du bras-de-fer entre l’école historique de Bologne (autour de Giuseppe Alberigo en particulier) et les relectures restauratrices du Pontificat actuel, visant au fond à nous faire croire que le Concile n’aurait été convoqué que pour répéter sagement tout ce qui aurait été dit auparavant.

Concédons à nos amis tradis qu’ils ont bien compris où résidait l’enjeu. L’Église peut-elle ou non évoluer profondément dans sa pensée ? Personne, même les plus fixistes des intégristes, ne nient des mutations secondaires ou « accidentelles ». Mais ce que les uns acceptent et les autres refusent c’est l’idée d’un tournant décisif, avec un véritable changement de perspective. Ceci dit, leur relecture de l’histoire ancienne ou médiévale pèche certainement aussi par le manque de sens historique, mais nous ne pouvons développer ici point - en soi important.

Remercions en tout cas notre ami Jacques Noyer. Cet évêque octogénaire, lucide et courageux, auquel le catholicisme français doit toujours beaucoup.

Il soulève le véritable lièvre !

[summorum-pontificum.fr] Le Motu Proprio en République Tchèque

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 20 mai 2010

Le blog Missainlatino s’est interrogé sur la place de la messe traditionnelle en République Tchèque, pays considéré comme l’un des plus sécularisés d’Europe. De l’entretien réalisé dans cette perspective, il ressort que la messe selon l’usus antiquior est célébrée dans une quinzaine de villes au moins une fois par mois. Un seul évêque célèbre avec une certaine fréquence la messe traditionnelle (Mgr Jan Baxant, évêque de Litomerice). Les autres ne la célèbrent pas et même entravent sa diffusion.

La Fraternité Saint-Pie X est elle-même présente dans ce pays, au moins à trois endroits. La chapelle de Brno pourrait voir l’installation d’un prieuré.

[tradi95] De solides perspectives!

SOURCE - tradi95.tk - 20 mai 2010

Soyez le (la) bienvenu(e) sur le site du collectif « Pour la liturgie traditionnelle en vallée de Montmorency »
Lettre n° 8 - jeudi 20 mai 2010

De solides perspectives!

Chers amis,

A l'origine de cette démarche, quatuor de jeunes trentenaires Valdoisiens habitant la vallée de Montmorency, nous faisons partie de ces jeunes catholiques qui ont découvert ou redécouvert, dans les dix dernières années, la liturgie traditionnelle de l’Eglise, tout en évoluant dans les structures diocésaines.

Ne pouvant malheureusement pas, pour le moment, vivre notre foi dans cette liturgie et la faire partager autour de nous, nous avons décidé de procéder à une demande groupée de liturgie traditionnelle sur notre secteur, forts de l'encouragement de notre Saint Père Benoît XVI, dans son désir de restauration de la liturgie, par la promulgation de son Motu Proprio du 7 juillet 2007.

Au mois de novembre 2009, nous sommes allés rencontrer le curé de la cathédrale de Pontoise, Vicaire  épiscopal, Monsieur l’archiprêtre MACHENAUD, à qui nous avons exposé notre projet. L’entretien s’est déroulé de façon très cordiale, ce qui nous était demandé étant juste de constituer un groupe d’une trentaine de foyers, pour que la demande ait du poids.

Ce faisant, le groupe s'étoffant (jusqu'à plus d'une centaine de personnes à l'heure actuelle), diverses rencontres et diverses étapes nous ont mené à organiser, le 8 mai dernier, une réunion rassemblant plus de soixante personnes demandeuses d’une telle liturgie sur notre secteur (cf notre Lettre n° 7), en présence de Monsieur l’archiprêtre MACHENAUD, chargé par l’évêque de s’occuper de notre demande.
Un mois avant cette rencontre, nous avions par courrier présenté à notre ambassadeur les aspirations suivantes, que nous espérons satisfaites au plus tard pour la rentrée de septembre 2010 :
  • La célébration chaque dimanche de la « forme extraordinaire de l’unique rite romain » (et non pas un dimanche sur deux, ou trois sur quatre...)
  • à un horaire familial, c’est-à-dire dans l’idéal vers 10h30-11h
  • dans une église en bon état et située dans un lieu vivant de la Vallée de Montmorency, plus précisément vers le centre de l’axe Bessancourt-Enghien, qui rassemble la majorité des demandeurs (cf notre carte)
  • avec tous les autres sacrements et la vie paroissiale qui les accompagne
  • avec un pasteur qui aime cette liturgie et est capable et désireux de s’occuper avec amour et zèle du soin des âmes qui lui seront confiées
Le Père MACHENAUD, après avoir écouté la présentation de chacun des demandeurs présents qu’il a sollicitée, nous a déclaré qu’il avait conscience de ce que la proposition qu’il allait faire ne correspondait pas exactement à notre demande. Il nous a expliqué que chaque curé était maitre dans sa paroisse et que l’évêque ne pouvait le contraindre à rien, et qu’il n’y avait, pour l’instant, dans notre secteur, pas de curé souhaitant proposer la liturgie dans sa forme extraordinaire. Il nous a proposé, en accord avec Monseigneur RIOCREUX qui apporte son soutien à cette proposition :
  • La création d’une paroisse attachée à la « forme extraordinaire de l’unique rite romain », pour le mois de septembre 2010, dans le groupement de paroisses de Pontoise, dont il est le curé
  • avec tous les sacrements et la vie paroissiale qui les accompagne
  • avec des horaires familiaux
  • avec un pasteur qui aime cette liturgie et est capable et désireux de s’occuper avec Amour et zèle du soin des âmes qui lui seront confiées.
Voilà pourquoi nous vous invitons à rester mobilisés, pour ceux qui sont déjà partie prenante dans cette belle démarche, et à vous joindre à nous, pour nos amis qui nous découvrent et nous lisent pour la première fois.

Plus nous serons nombreux, plus ce magnifique vecteur d’évangélisation qu'est la liturgie traditionnelle pourra rayonner ! Nous comptons sur vous pour faire circuler l’information autour de vous.

En union donc de prière, et en espérant vous compter  rapidement à nos côtés, pour la plus grande gloire de Dieu, la sanctification de tous et le Salut du monde,

L'équipe de coordination

17 mai 2010

[Paix Liturgique] Le président de la Conférence des Evêques de France au pélerinage de Chrétienté

SOURCE - lettre 230 de Paix Liturgique - 17 mai 2010

C’est désormais officiel, le 28ème Pèlerinage de Chartres organisé par l’Association Notre Dame de Chrétienté (http://www.nd-chretiente.com/) sera marquée par la visite de Monseigneur André Vingt Trois, Cardinal Archevêque de Paris et Président de la Conférence des évêques de France. En effet, selon le communiqué de l’association Notre Dame de Chrétienté, il « rendra visite aux pèlerins, après leur deuxième journée de marche, pour célébrer le Salut du Saint-Sacrement et présider la Consécration à la Sainte Vierge. »

Depuis 28 années que le pèlerinage traditionnel de Chartres existe, c’est la première fois qu’un Président de la Conférence des évêques de France y participe. L’évènement est donc exceptionnel pour le pèlerinage. Il l’est aussi compte tenu des propos, disons peu amènes à l’égard des catholiques attachés à la liturgie traditionnelle, que Monseigneur Vingt-Trois a récemment publiés. Nous ne doutons certes pas que l’ensemble de ces catholiques sont prêts à les lui pardonner. L’honneur chrétien nous oblige cependant à nous souvenir du courage des fondateurs et des prêtres qui ont accompagné ce pèlerinage dès l’origine et qui ont défendu héroïquement le trésor de la liturgie traditionnelle au prix … d’être exclus par les évêques qui à Paris comme à Chartres fermaient leurs cathédrales à leurs frères pèlerins et les laissaient assister à la sainte messe sur le parvis.

C’est il y a 28 ans, en 1982, au Mesnil Saint Loup, que Bernard Antony et Rémi Fontaine fondaient le pèlerinage à pieds de Paris à Chartres, baptisé de Chrétienté avec l'équipe du Centre Charlier, la direction spirituelle étant confiée à l'Abbé François Pozzetto.
Fondé et organisé par des laïcs, le Pèlerinage a toujours affiché sa volonté missionnaire, dans un esprit de réconciliation entre catholiques et des catholiques avec leur tradition, spécialement liturgique.
Pour cela, sans ambiguïté, le Pèlerinage a toujours exprimé son attachement à la liturgie romaine traditionnelle (cf. le point 4 de la charte de l’Association Notre Dame de Chrétienté : « Dans une fidélité totale au Saint Siège, les organisateurs du pèlerinage se réfèrent à l'enseignement constant de l'Eglise. Ils traduisent leur attachement à la Tradition sous toutes ses formes, en particulier doctrinales, liturgiques et sacramentelles, par l'utilisation exclusive du rit tridentin, tel qu'il a été codifié dans les livres liturgiques de 1962, et à nouveau confirmé par le motu proprio « Summorum pontificum » du 7 juillet 2007 comme étant la forme extraordinaire, jamais abrogée, de la liturgie du Saint Sacrifice de la Messe. Ils demandent aux prêtres, qui les accompagnent, de respecter ce choix dans le ministère qu'ils exercent pendant le pèlerinage et au cours des différentes activités préparatoires »).

Véritable vitrine de l’attachement à la liturgie traditionnelle en France, le Pèlerinage de Chrétienté est l’une des expressions de la voix des sans voix (34% des pratiquants français aimeraient assister à la liturgie traditionnelle dans leurs paroisses mais ne le peuvent pas). On sait au reste comment le Pèlerinage de Chrétienté s’illustre notamment par sa jeunesse, son dynamisme et son attachement joyeux et serein à la liturgie traditionnelle de l’Église. Il n’est pas possible de dire le nombre de jeunes n’ayant connu que la nouvelle liturgie jusqu'alors découvrir avec émerveillement la splendeur du rite traditionnel qu’on leur avait caché. Il n’est pas possible de dire le nombre de conversions qu’a portées ce pèlerinage. Il n’est pas possible de dire le nombre de vocations sacerdotales et religieuses qui sont nées sur la route de Chartres. Nombre de prêtres qui célèbrent aujourd’hui quotidiennement cette liturgie et de fidèles qui en vivent et la défendent ont découvert cette liturgie sur la route de Chartres.

Incontestablement, le pèlerinage de Chartres a joué un rôle capital dans le maintien et le développement de la liturgie traditionnelle de l’Église en France à un moment où elle était menacée de fait par les autorités ecclésiastiques.
C’est ce pèlerinage qu’aujourd’hui le Président de la Conférence des évêques de France vient rendre visite. Est-ce une manière de tourner une page de douloureuse histoire ? Cette visite marquera-t-elle la fin d'une époque de 40 ans où l'on niait en France l'existence de fidèles et de prêtres jeunes et nombreux attachés à la liturgie traditionnelle de l'Église et où, depuis 2007, l'on nie l'existence d'une demande de l’application d’un droit affirmé par le Souverain Pontife ?

Après tout, ce n’est pas impossible. ..Le Père Chauvet, curé de Saint-François-Xavier dans le 7ème arrondissement de Paris et vicaire épiscopal pour l'usage de la forme extraordinaire du rite romain ne déclarait-il pas publiquement en juin 2008 dans une réunion du GREC (voir lettre de Paix liturgique n°116) : « on peut raisonnablement penser qu’à moyen terme, la forme extraordinaire du rite romain pourrait être célébrée dans toutes les grandes églises de Paris ».

Dans cet esprit, pouvons-nous espérer que le Cardinal profitera de sa présence au pèlerinage pour adresser des paroles d'amour et d'ouverture à ses ouailles parisiennes, venues nombreuses l'entourer, membres des 35 groupes de demandeurs de célébrations "Extraordinaires" de Paris qui veulent vivre plus complètement leur foi Catholique au sein de leur propre paroisse ? Ce serait un signe fort de Charité, d'unité et de réconciliation pour l'ensemble des catholiques de France, toutes sensibilités confondues…

P.S. : pour vous inscrire au Pèlerinage de Chartres (samedi 22, dimanche 23 et lundi 24 mai 2010) :
http://www.nd-chretiente.com
mail: information@nd-chretiente.com
Notre-Dame de Chrétienté
49 avenue de Paris
78000 Versailles
Tél: 01.39.07.27.00
Fax: 01.39.07.27.01

16 mai 2010

[Max Barret - La Lettre de Tychique] Fatima - la lettre de Mgr Fellay de 2001 - etc.

SOURCE - Max Barret - La Lettre de Tychique - 16 mai 2010


Dimanche 16 Mai 2010
Dimanche dans l’Octave de l’Ascension.

La campagne des douze millions de chapelets. Dans sa « Lettre aux Amis et Bienfaiteurs » (n° 74) Mgr Fellay écrivait :« Il nous semble que le moment est venu de lancer une offensive d’envergure, profondément ancrée sur le message de Notre Dame de Fatima, dont elle-même a promis l’heureuse issue, puisqu’elle annonce qu’à la fin son Coeur Immaculé triomphera. C’est ce triomphe que nous lui demandons par les moyens qu’elle demande elle-même : la consécration de la Russie à son Coeur Immaculé par le Pasteur Suprême et tous les évêques du monde catholique, et la propagation de la dévotion à son Coeur douloureux et immaculé. C’est pourquoi, nous voulons lui offrir dans ce but, d’ici le 25 mars 2010, un bouquet de 12 millions de chapelets, comme une couronne d’autant d’étoiles autour de sa personne, accompagné d’une somme équivalemment importante de sacrifices quotidiens que nous aurons soin de puiser dans l’accomplissement fidèle de notre devoir d’état, et avec la promesse de propager la dévotion à son Coeur immaculé. » (Mgr Fellay : « Lettre aux amis et bienfaiteurs » n° 74)

Ce n’est pas un bouquet de 12 millions qui fut offert à Benoît XVI, mais, nous dit-on, de 19 millions ! Le contrat était donc rempli !…

Et pourtant : 500.000 pèlerins à Fatima : pour … rien !

Rien de ce qui était attendu, espéré ! On ne peut imaginer plus flagrant mépris du pape pour ceux qui veulent encore et toujours lui accorder leur confiance ! Ni consécration, ni, a fortiori, révélation du 3ème secret, car toute l’Eglise conciliaire se serait effondrée ! Ratzinger qui en est l’un des plus actifs promoteurs ne peut s’y résoudre ! Il y eut bien, dans l’avion qui le conduisait au Portugal, une longue allusion à ce fameux 3ème secret, mais dans un langage abscons difficilement accessible au commun des mortels ! L’occasion était pourtant belle et beaucoup espéraient …

Le rêve passe !

Le pape rentré à Rome depuis, ne fit que rabâcher ses poncifs oecuméniques et exclusivement humanitaires : « Ce n’est qu’avec cet amour de fraternité et de partage que nous réussirons à bâtir la civilisation de l’Amour et de la paix ! » ! On ne dit rien d’autre dans les loges … Mais aussi : « La mission prophétique de Fatima est un combat toujours actuel pour la cause de la solidarité fraternelle. Elle s’oppose à l’égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l’idéologie » Pour avoir trouvé « ça » dans le message délivré par la Très Sainte Vierge à Fatima, il faut une certaine dose de mauvaise foi ! Et, « cerise sur le gâteau » il ajoute que ce message a « le pouvoir d’enflammer les coeurs les plus froids et les plus tristes. » (« Le Figaro » – 14 mai 2010)

Rappelons donc le véritable message de Fatima, une fois de plus occulté :- message de pénitence.- « Les péchés qui mènent le plus d’âmes en enfer sont les péchés de la chair. … Oh ! il faut faire pénitence – message du Rosaire.- « Il faut réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire » – les premiers samedis.- « Je viendrai assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, ceux qui, le 1ier samedi de 5 mois consécutifs feront … ce que je demande »

Eh bien, la contrefaçon de ces demandes de notre Très Sainte Mère a soulevé les acclamations enthousiastes de 500.000 fidèles, ce qui prouve dans quel état de délabrement spirituel l’Eglise est tombée !

La déception a dû être immense chez tous ceux qui avaient « misé gros » sur cet acte attendu ! Toutefois, bien maigre consolation, le pape procéda à la consécration de tous les prêtres du monde au Coeur Immaculé de Marie ! Pour la galerie ! …Il est évident que l’on ne peut critiquer cet acte !… Mais on est fort loin du but espéré et les plus bienveillants d’entre nous doivent bien, admettre, enfin, que la prétendue dévotion mariale de Benoît XVI n’est que manoeuvre et poudre aux yeux ! Comment pourrait-il en être autrement ?

Souvenons-nous que c’est lui, en compagnie de ses complices (Angelo Sodano, Tarcisio Bertone, Castrillon Hoyos) qui a honteusement trafiqué le 3ème secret de Fatima, et n’en publia qu’un faux ! Le Cardinal Oddi (qui avait lu ce secret) avait écrit dans « Il Sabato » du 17 mars 1990 que dans ce troisième secret « la Sainte Vierge nous avertissait de l’apostasie dans l’Eglise » !

D’ailleurs, et Benoît XVI ne peut l’ignorer : en admettant que cette consécration fut faite, elle ne l’aurait pas été dans les conditions requises par la Très Sainte Vierge qui demandait qu’elle se fasse « en union avec tous les évêques du monde ». Un tel acte aurait pu se faire lors du Concile !… Tous les évêques s’y trouvaient ! Il n’en fut rien, nous le savons bien ! Nous pouvons donc, désormais, nous attendre aux pires catastrophes ! Comme le disait le bon Père Barrielle dans son délicieux accent : « On ne se moque pas de Dieu ! » Ni de sa Très Sainte Mère !

Une lettre de Mgr Fellay.- Elle est datée du 22 janvier 2001. Elle était adressée « aux Supérieurs de la Fraternité ». J’en possède une photocopie depuis un certain temps. En voici quelques extraits :

« Le texte ci-joint est destiné aux membres de la Fraternité, mais pas aux fidèles auxquels on communiquera de vive voix seulement son contenu. Le texte lui-même ne doit pas être remis dans les mains des fidèles jusqu’à nouvel avis. Il est interdit de le publier. On ne parlera pas non plus aux fidèles des deux conditions exprimées au n° 6. » Quelles étaient donc les « deux conditions exprimées au n° 6 » ? Les voici : « Le 16 janvier (2001) eut lieu une nouvelle rencontre avec le cardinal Hoyos pendant laquelle le Supérieur Général exposa la nécessité de garanties de la part de Rome avant d’aller plus avant dans le concret d’éventuelles discussions ou accord (sic) :

- Que la Messe tridentine soit accordée à tous les prêtres du monde entier ;

- Que les censures qui frappent les évêques soient annulées »

Si ces deux « garanties » furent accordées – avec toutes les réserves que l’on a pu formuler à leur sujet – nous sommes assez éloigné de celles qu’exigeait Mgr Lefebvre :

« C’est moi qui poserai les conditions, disait-il ! Je poserai la question au plan doctrinal : « Est-ce que vous êtes d’accord avec les encycliques de tous les papes qui vous ont précédé ? » Et il énumérait un certain nombre de grandes encycliques. Puis il ajoutait : « Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédé, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. »

Le moins que l’on puisse dire, après le voyage du pape à Fatima c’est que nous n’en prenons pas la direction ! Les animaux mieux traités que les hommes… en France !

Dimanche dernier, dans le courant de l’après-midi, le petit chien de notre fille, qui jouait avec un animal plus gros, fut cruellement mordu sur le haut du cou. Comme il paraissait mal en point, elle l’emmena dans une clinique vétérinaire de la ville pour y être soigné. Le n° de téléphone du vétérinaire de garde étant mentionné sur la porte, elle l’appela. Un quart d’heure plus tard il arriva, prit aussitôt l’animal en mains. Et le petit chien fut soigné et traité… en moins d’une heure, au prix d’un tarif plus que raisonnable ! (78 € pour une visite un dimanche, avec soins et deux piqures !)

Imaginez la même chose, arrivant le même dimanche, à un enfant !

[chretiente.info] Le Portugal et la messe traditionnelle

SOURCE - chretiente.info - 16 mai 2010

Summorum Pontificum observatus  s’est fait l’écho d’un intéressant sondage de Paix Liturgique à l’occasion de la visite du pape au Portugal.

Comme nos confrères, nous soulignerons un fait d’importance: il est remarquable que, dans un pays où 74% des catholiques n’avaient pas entendu parler du motu proprio Summorum Pontificum, plus de la moitié (53,5%) de ceux qui vont à la messe au moins une fois par mois se disent prêts à le faire dans la forme traditionnelle si celle-ci était disponible dans leur paroisse. [Je rappelle au passage que l'habitude des sondeurs est de parler de "catholique pratiquant" pour les personnes qui assistent à la messe une fois par mois, ce qui n'est évidemment pas l'habitude de l'Eglise catholique!...]

Cela confirme l’idée exprimée dans une récente lettre du cardinal Cañizares, préfet de la S. Congrégation pour le culte divin et encore davantage les propos tenus le 14 juin 2008 à Londres par le cardinal Castrillón Hoyos. Ce dernier, qui était alors président de la Commission ponticale Ecclesia Dei, avait fait savoir ce jour-là à des journalistes médusés que le pape désire que la liturgie traditionnelle soit poposée à terme dans toutes les paroisses, même celles où il n’y a pas de demande active. En effet, comme le soulignait le cardinal colombien, on ne peut aimer que ce que l’on connaît. Le tout récent sondage portugais confirme que, lorsque les catholiques sont informés, beaucoup de barrières tombent.

On sait que l’épiscopat portugais et la bureaucratie ecclésiastique de ce pays n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour informer leurs ouailles… C’est pourquoi l’allocution papale aux évêques lusitaniens eût été une bonne occasion de leur “remonter les bretelles” et de leur rappeler que personne n’est de trop dans l’Église, comme il l’avait à Lourdes en septembre 2008.

Dans la foulée, on apprend que les chanoines réguliers de Saint-Jean de Kenty organisent en septembre prochain un pèlerinage au Portugal, au cours duquel aura lieu un congrès liturgique sur le rite romain traditionnel, avec conférences sur la spiritualité et la théologie de cette liturgie, et ateliers pratiques d’apprentissage. Dans ce cadre, les chanoines  célébreront une messe solennelle traditionnelle sur l’autel majeur de la basilique de Fatima. Vous pouvez trouver ici des informations sur cet événement, qui s’annonce important pour la renaissance de l’usus antiquior dans ce pays.

[David Briand - sudouest.fr] Les traditionalistes de l'Indre filmés à visage découvert

SOURCE - David Briand - sudouest.fr - 16 mai 2010

Le réalisateur saintais Xavier Roujas a filmé durant un an dans l'Indre le quotidien d'une école gérée par la Fraternité Saint-Pie X. Entretien.

Xavier Roujas : « Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique ».

Diffusé sur France 2 le 27 avril dernier, le documentaire « Les Infiltrés » s'attachait à montrer les liens existant à Bordeaux entre le groupuscule Dies Irae, l'école traditionaliste Saint-Projet et la paroisse Saint-Éloi. Si les journalistes ont filmé en caméra cachée ce milieu réputé hermétique aux médias, il est possible de réaliser un film à visage découvert. Un réalisateur saintais raconte son expérience dans une école à Châteauroux, dans l'Indre.

« Sud Ouest Dimanche ». Comment avez-vous procédé pour filmer les traditionalistes de l'école Saint-Michel de Châteauroux ?

Xavier Roujas. Je me suis fait recommander par d'anciens élèves de l'école, dont j'avais gagné la sympathie. J'ai ainsi pu filmer (1) en toute liberté en 2003 et 2004 le quotidien de l'école Saint-Michel, un établissement hors contrat scolarisant environ 150 élèves par an, de la sixième à la terminale.

Mon but était de mettre au jour les tensions existant entre l'Église de France et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), à travers les différences perceptibles dans l'enseignement professé.

Qu'avez-vous découvert ?

Une volonté farouche de redonner à la France ses racines chrétiennes et de lutter contre l'anticatholicité dont ils considèrent la République française être porteuse depuis la Révolution. On perçoit un goût de revanche sur l'air de : « Il faut sauver la France. » Ce qui les amène à être en porte-à-faux avec le monde contemporain, y compris avec les établissements privés sous contrat.

Dans le film, un prêtre indique ainsi « pousser les parents à mettre leurs enfants dans une bonne école, afin de sauver leur âme des écoles publiques et privées ».

Que reprochent-ils aux écoles privées classiques ?

D'être dirigées par des laïcs alors que Saint-Michel est régie par des prêtres. Et, sur le plan de l'enseignement, ils ne se tiennent pas au programme officiel prôné par l'Éducation nationale.

Vous avez des exemples concrets traduisant cette affirmation ?

Les professeurs apprennent aux élèves que Voltaire et Rousseau, et plus généralement les philosophes des Lumières, ont conduit la France à la décadence philosophique, morale et politique. L'égalité politique entre les hommes née de la Révolution n'est pas reconnue car elle est coupable, selon le corps enseignant, de niveler les gens vers le bas. Pour eux, la seule égalité qui existe est celle devant Dieu.

Il faut tout de même souligner que cette dichotomie dans l'enseignement de l'histoire fait l'objet de discussions animées chez certains élèves.

La Seconde Guerre mondiale fait-elle l'objet d'un traitement à part ?

C'est très subtil. Le général de Gaulle est considéré comme un déserteur en 1940, mais il apparaît aussi comme le vainqueur de l'Allemagne aux côtés des Alliés en 1945.

Par ailleurs, je n'ai pas constaté de révisionnisme concernant le génocide juif ni vu d'enfant se vantant de « fêter ses noces à Auschwitz », comme dans le documentaire de France 2.

Quel regard portent les prêtres et les professeurs laïcs sur leur enseignement ?

Le préfet des études dit qu'il existe à Saint-Michel « un suivi propre qui permet aux enfants de comprendre chacune des périodes jusqu'au bout, complètement ».

Un professeur d'économie admet dans le documentaire qu'un double objectif est mis en œuvre : « Former leur esprit, en leur apprenant le véritable rapport à la réalité et à la vérité. » Mais aussi « les préparer à la vie active en faisant en sorte qu'ils connaissent leur environnement ». Et qu'ils obtiennent une bonne copie au bac, ce dont ils s'acquittent. « Je leur apprends ce qu'est le politiquement correct », ajoute l'enseignant.

Sont-ils noyautés par des groupuscules d'extrême droite ?

Il est difficile de tenir un discours contre-révolutionnaire et de ne pas être approché par l'extrême droite. À Châteauroux, l'abbé Bétin (2), le directeur de l'école, veille à ne pas tomber dans ces travers, via le recrutement des professeurs laïcs. Si l'enseignement reçu est davantage religieux que politique, la frontière est pourtant mince sur le plan idéologique.

Ainsi, tel conférencier est invité pour parler de Tixier-Vignancour (NDLR : avocat et ex-candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle de 1965). Tel autre est lié au journal « Présent ».

L'extrême droite apparaît-elle comme une voie d'engagement politique ?

À la sortie de l'école, c'est un débouché naturel et de moindre mal, car la restauration monarchique paraît irréaliste. Il ne faut pas oublier qu'ils vivent dans l'ostracisation de la République et de l'Église. La volonté du pape Benoît XVI de les réintégrer dans le giron de l'Église catholique n'est pas anodine, car cela permet de les cadrer. Le danger est représenté par une frange dure difficilement localisable et en dehors de tout contrôle.

(1) Son film sur l'école Saint-Michel n'a jamais été diffusé à la télévision.

(2) L'école Saint-Michel est aujourd'hui toujours dirigée par l'abbé Bétin.

15 mai 2010

[Mgr Williamson] Insomnie du pape

SOURCE - Commentaire Eleison CXLVIII - 15 mai 2010

A quel point la Rome Conciliaire ne comprend plus rien à la Tradition Catholique a été relevé encore une fois par la conférence de Presse donnée à Paris mercredi dernier par le Cardinal Kasper, chargé au Vatican des rapports avec les autres églises et les Juifs. Selon le rapport qu'en a fait l'agence de presse Reuters, la pensée du Cardinal se laisserait résumer aussi fidèlement que possible en cinq propositions, dont je ferai le commentaire après:

1) Les discussions doctrinales qui ont lieu tous les deux mois entre quatre théologiens de Rome d'une part et d'autre part un évêque et trois prêtres de la Fraternité St Pie X, ne s'avèrent point faciles. 2) Le problème principal est le concept de la Tradition: « Voulons-nous une Tradition vivante ou pétrifiée? » -- telle est la question posée par le Cardinal.  3) Il dit qu'il approuve en principe le dialogue avec la FSSPX,  mais en pratique ce dialogue doit se dérouler selon les conditions de Rome et pas celles de la FSSPX.  4) Si l'on veut arriver à un accord, la FSSPX devra faire des concessions, et elle devra accepter les réformes Conciliaires.  5) Sans un tel accord, la FSSPX n'aura aucun statut officiel, ses prêtres ne seront pas reconnus comme étant Catholiques, et ils ne recevront aucune permission d'exercer leur ministère.

1) Bien sûr qu'il ne s'avère pas facile de concilier 2+2=4 (la Tradition et la FSSPX) avec 2+2 =4 ou 5 (Vatican II et la Rome Conciliaire). Comme nous avons ici deux conceptions profondément différentes de l'arithmétique, de même nous nous trouvons en présence de deux conceptions encore plus différentes de ce qu'est la Vérité Catholique.

2)  2+2=4 est la vérité, qui ne change point et ne peut changer, donc est « traditionnel ». 2+2=4 ou 5 est une arithmétique complètement nouvelle, aussi « vivante » qu'on le veut, mais complètement irréelle, et donc nullement traditionnelle.

3)  Si l'on veut discuter de la vraie arithmétique, c'est cette arithmétique qui posera les conditions de la discussion, et ni l'une ni l'autre des parties qui discutent, même si l'une d'elles se base sur les vraies conditions.

4)  Qui a le désir, qui a le besoin, d'un accord fondé sur 2+2=4 ou 5 (Vatican II) ?  Seulement les marchands de fantasmes qui font fi de la vraie arithmétique !

5)  Si le « statut officiel », la « reconnaissance comme prêtres » et « la permission d'exercer son ministère » dépendent de l'acceptation de 2+2= 4 ou 5, alors lesdits « statut », « reconnaissance » et « permission » s'achèteront au prix de la Vérité. Mais si je brade la Vérité, comment puis-je encore la
posséder pour pouvoir la prêcher ?  Et si je ne puis plus la prêcher, quelle sorte de prêtre serai-je, et quelle sorte de  ministère pourrai-je exercer ?

Donc ce n'est pas seulement la « Tradition », c'est la nature même de la vérité qui divise les Romains d'avec la FSSPX. En bradant la vérité, ces Romains ont perdu la Vérité. De fait, au moins objectivement parlant, ils l'assassinent, tout comme Macbeth « assassine le sommeil » (Acte II, Sc 2).

En effet, le même article de Reuters cite le Pape comme disant que le problème de la FSSPX « l'empêche de dormir ». Très saint Père, veuillez croire que la Vérité s'élève bien au-dessus de la petite FSSPX, qui n'est pas plus que l'un de ses défenseurs minuscules et momentanés. Et tout membre de la FSSPX vous veut toute sorte de bien, en particulier le bon sommeil.

Ce n'est pas la FSSPX, c'est la Vérité assassinée qui vous coupe le sommeil.

Kyrie eleison.