31 août 2010

[summorum-pontificum.fr] L’Institut du Christ Roi bientôt en Irlande ?

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 31 août 2010

L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre est actuellement réuni en chapitre général à Gricigliano en Italie. Temps de retrouvailles entre les chanoines de l’Institut, c’est aussi un moment d’études et d’orientations pour les années à venir. C’est enfin le temps des nominations dans les différents apostolats.

Selon nos informations, l’Institut du Christ Roi devrait s’installer désormais de manière permanente à Limerick, en République d’Irlande. Depuis plusieurs années, l’Institut desservait ce diocèse les premiers et troisième dimanche de chaque mois. Le chanoine Wulfran Lebocq, préfet des premières années et maître de chœur réputé, se rendait en avion depuis le séminaire de Gricigliano. Une solution temporaire et peu facile. Désormais, il devrait quitter ses charges au séminaire et s’installer en Irlande. Une information qui doit encore être confirmée après la fin du chapitre général.

[Paix Liturgique] Agen: une illustration emblématique d'une opposition épiscopale francaise au Motu Proprio

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 245 bis - 31 août 2010

A l’heure des bilans des trois premières années d’application du Motu Proprio, l’exemple du diocèse d’Agen illustre à merveille la farouche opposition d’un grand nombre d’évêques français à l’encontre de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum.
En effet, à la suite des études réalisées par Paix Liturgique (voir site de Paix Liturgique) relevant le fait qu’une partie importante des « applications » du Motu Proprio n’étaient en réalité pas des applications honnêtes et représentatives (messe non dominicale, messe non hebdomadaire, horaire impossible), il apparaît clairement que l’application du Motu Proprio faite jusque là dans nos diocèses est très loin de satisfaire la demande réelle des fidèles.

Le cas d’Agen est intéressant en ce qu’il met en lumière de manière éclatante le peu de charité avec lequel sont encore bien souvent traités les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise.
Loin des discours officiels plein de bons sentiments, loin des déclarations d’intention, à Agen comme à Evreux, la pastorale montre ici son vrai visage de rejet et d’exclusion.

Nous reproduisons ici une dépêche trouvée sur le très renseigné site http://www.perepiscopus.org/ 

Mal accueilli, l'Institut du Christ-Roi se retire du diocèse d'Agen

Aujourd'hui, dimanche 22 août, le Chanoine Jayr, provincial de France de l'ICRSP est venu annoncer aux fidèles d'Agen de la forme extraordinaire que l'ICRSP se retirait du diocèse d'Agen, suite à l'accueil déplorable et au climat de suspicion qui s'était installé suite à l'application du Motu Proprio.

En effet, l'évêque d'Agen Mgr Herbreteau a interdit avec fermeté au chanoine Téqui qui dessert la paroisse d'Agen pour célébrer la forme extraordinaire de l'unique rite romain les cours de catéchisme qu'il dispensait avec succès (une trentaine d'enfants), et exige une restriction outrancière de la délivrance des sacrements. Sur le site du diocèse, l'ICRSP n'existe même pas.

L'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre a donc pris la décision de se retirer, pour mieux agir où il est mieux accueilli.

Cette nouvelle va faire tâche dans le rapport que doivent rendre les évêques pour les 3 ans d'application (ou de non-application) du motu proprio. Elle montre que la France a besoin d'évêques décidés à appliquer Summorum Pontificum autrement qu'avec des mesures restrictives (comme une messe dominicale mensuelle et à 8h30 dans le Brionnais - diocèse d'Autun !).

 
LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE :

1/ Trois ans après l’entrée en vigueur du Motu Proprio Summorum Pontificum, l’évêque d’Agen, Monseigneur Herbreteau, décide de revenir aux fondamentaux de l’apartheid liturgique et entend limiter au maximum la célébration de la forme extraordinaire de la liturgie :
Interdiction du catéchisme dans sa forme traditionnelle, limitation de la mise en œuvre du Motu Proprio à la seule célébration de la messe dominicale, vexations et bâtons dans les roues… voilà les ficelles de la pastorale pratiquée dans le diocèse d’Agen.

A Agen, on continue de considérer que les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise ne sont pas des catholiques normaux.

A Agen, on ne considère pas qu’il s’agit d’un attachement légitime à une des deux formes de l’unique rite romain mais d’un mal à circonscrire, un mal dont il convient de limiter le développement.

Comme à Nanterre hier, on casse ce qui fonctionne pour pouvoir dire après « il n’y a pas de demande dans mon diocèse »…Alors que dans ce diocèse justement il en existe non seulement à Agen mais aussi à Nérac.
Qu’on nous permette la parallèle, en droit social, l’attitude d’un patron qui accule un salarié et le pousse à la démission constitue le délit de harcèlement moral répréhensible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.

L’Eglise de France serait-elle donc la dernière zone de non-droit où l’on continue de persécuter en toute quiétude des personnes en raison de leurs croyances ? Les évêques de France ne sont pas au dessus des lois.

Le cas d’Agen n’est en pratique pas isolé mais il a le mérite, à l’instar du diocèse d’Evreux dans lequel on persécute la communauté traditionnelle de Thiberville (voir http://www.perepiscopus.org/ext/http://thiberville-soutien-abbe-michel.hautetfort.com/), de mettre en lumière de manière incontestable l’incompréhensible pastorale de rejet de l’autre pratiquée dans bon nombre de diocèses de France.

2/ A l’heure où tant d’évêques s’émeuvent du sort de nos frères les roms, comment ne pas être stupéfaits par une telle attitude épiscopale et le silence qu’elle suscite dans l’épiscopat ?

Où est donc passé « le respect des personnes et de leur dignité » que demandait Mgr Christophe Dufour (Archevêque d’Aix en Provence) ?
Ce qui se passe à Agen est-il bien conforme à l’ « action de longue haleine nourrie de respect et de connaissance réciproques » dont nous parle Mgr Raymond Centène, évêque de Vannes ?
Des associations de fidèles, et pas seulement Paix Liturgique, ne cessent de demander la réconciliation et la fin de l’apartheid liturgique. Entendra-t-on à leur égard les magnifiques paroles de Monseigneur Michel Dubost, évêque d’Evry : « Des associations se sont mobilisées. Comment ne pas les encourager lorsqu'elles témoignent que, quelles que soient les circonstances, aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne doit être méprisé ? »

Il est plus facile de regarder la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien dit l’adage péri-évangélique.

On aimerait toutefois qu’avant de donner des leçons aux autres, nos bons épiscopes balaient un peu devant leur porte.

Où sont le respect et la dignité des fidèles et des prêtres que l’on persécute en raison de leur attachement liturgique ?
Quid des fidèles que l’on prend pour des imbéciles, que l’on balade et à qui l’on ment ?
Faudra-t-il à l’instar de ce que nous publions aujourd’hui, rendre publics tous les manquements à la charité, toutes les décisions violentes et autoritaires de certains évêques à l’encontre des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise ?
Agen, Thiberville, Reims, Notre Dame de Versailles, Paris… « quelles que soient les circonstances, aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne doit être méprisé » nous dit-on ? Vraiment ?
Les mots ont-ils un sens ?
Les fidèles et les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise sont-ils donc des sous-hommes pour qu’on continue de les ignorer ou de les mépriser de la sorte ?

3/ Dans notre lettre 221 du 14 mars 2010, nous révélions le fait que la Conférence des Évêques de France avait chargé Mgr Planet, évêque de Carcassonne, de faire une enquête auprès de ses confères à l’occasion de la dernière assemblée de Lourdes (de mars 2010), et en vue des visites ad limina des évêques de France à Rome, concernant les messes célébrées selon la forme extraordinaire.
On sait désormais que cette enquête - qui a recensé ce qui avait été mis en place et non pas ce qui avait été demandé – va servir de base au compte rendu des évêques de France relativement aux trois premières années d’application du Motu Proprio comme le prévoyait expressément la lettre du Saint Père aux évêques accompagnant son Motu Proprio Summorum Pontificum.

Il sera intéressant de voir comment l’exemple d’Agen sera traité. Nous espérons que ce rapport - avec courage et lucidité - abordera honnêtement l'opposition de certains évêques au Motu Proprio et ses conséquences dans le bilan quantitatif du rapport de Mgr Planet.

[Romano Libero - Golias] Mgr Fellay critiqué sur son ultra-droite...

SOURCE - Romano Libero - Golias - 31 août 2010

Une polémique secoue actuellement la Fraternité Saint Pie X. L’abbé Cériani, connu pour ses positions extrêmes, accuse le Supérieur Général de la Fraternité, Mgr Fellay de « tentative de suicide de la Tradition » pour ses propos au Brésil.

L’abbé Cériani reproche à l’évêque lefebvriste de cultiver l’esprit de compromis : " Ce n’est pas ainsi que l’on défend la Vérité. Au service de qui vous livrez-vous à ces tromperies ?… » .Le même ecclésiastique a qualifié l’évêque Fellay de "truqueur mitré". Pour cet ecclésiastique très radical, le rapprochement entre Fellay et Rome relève d’une «  tentative de suicide de la Tradition ».

C’est cet esprit d’équivoque qui, selon l’abbé, ruine la cause traditionaliste. Mgr Fellay enseigne à ses auditeurs en Amérique du Sud au sujet du Pape actuel : « Benoît XVI est un mélange de bien et de mal. Sa tête est moderne, son cœur est conservateur. »

La grande crainte de Rome est précisément, aujourd’hui, que les pressions psychologiques exercées par les plus extrémistes dissuadent Fellay d’accepter la réconciliation. Et en effet celle-ci pour avoir pour conséquence directe la cassure en deux du mouvement intégriste.

28 août 2010

[Le Matin - Camille Krafft] De la messe en latin aux drogués

SOURCE - Le Matin - Camille Krafft - 28 août 2010

L'abbé Hervé Mas porte le col romain et dit la messe en latin selon le rite tridentin. Durant une année, il s'est rendu plusieurs fois par semaine au centre-ville de Lausanne pour rencontrer les drogués de la Riponne et les déshérités de la Soupe populaire. Un ministère de rue qu'il a accompli spontanément et «sans faire de prêchi-prêcha». Rencontre avec un homme d'Eglise éclectique

Son sac à dos et son sourire jovial lui confèrent un petit air de scout toujours, à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession. Par-dessus sa chemise blanche à manches courtes, qu'il possède en plusieurs exemplaires et qu'il troque contre une noire en hiver, l'abbé Hervé Mas affiche un col romain: il y a une heure, l'homme a dit une messe en latin selon le rite ancien dans une paroisse lausannoise. «J'aime rester identifiable à tout moment. Mais une soutane serait trop encombrante», explique le prêtre en s'approchant d'un groupe de toxicomanes, place de la Riponne, vendredi soir.

«Je t'ai pas déjà vu à la Croisée ( ndlr: prison située à Orbe (VD), toi?» demande un homme au visage émacié, un demi-litre de bière à la main. L'abbé Mas répond que c'est possible, serre des pognes, demande des nouvelles, tapote l'épaule d'un héroïnomane en train de sombrer dans son «shoot». «Ça va pas bien, toi, hein?» En une année de ministère de rue au centre de Lausanne, entre les junkies de la Riponne et les déshérités de la Soupe populaire, il l'assure, insiste: jamais il n'a été mal reçu par les marginaux qu'il abordait.

Discussions sur le quotidien des drogués

Ancien curé de paroisse, un rôle qu'il retrouvera dès cette semaine comme prêtre auxiliaire à Givisiez (FR), ce Français d'origine a débarqué dans les rues de Lausanne «sans crier gare», et sans que personne ne l'en ait prié: «C'était à une époque où on ne savait pas top quoi faire de moi. Je me suis senti rejeté. Alors j'ai décidé d'aller vers ceux qui sont en marge. L'Eglise a tendance à oublier son rôle auprès des pauvres. Mais ce n'est pas une option!» La première fois qu'il s'est retrouvé sur le pavé, Hervé Mas a croisé quelqu'un qui lui a dit: «Sachez que vous êtes ici chez vous.» «Sans doute un signe de Dieu, dit-il. C'est moi qui l'interprète comme ça.»

Et de quoi parle l'abbé de 65 ans avec les défavorisés, qu'il rejoint deux à trois fois par semaine? De religion et de spiritualité, un peu, «parce qu'ils y viennent spontanément. Ici, les gens sont rarement athées. Mais je ne fais pas du prêchi-prêcha. La mode charismatique, ce n'est pas mon style» A la Riponne, il parle de la vie, surtout. De tout ce qui fait qu'un quotidien de toxicomane est un enfer, de l'abcès qui ne se referme pas suite au shoot de cocaïne coupée avec du verre pilé, de l'héro qui ne quittera jamais définitivement votre cerveau, de la copine qu'on n'a pas vu depuis trois jours et pour qui l'on s'inquiète. Surpris par cette chaleur gratuite, attirés par cette écoute offerte, les marginaux s'approchent, se confient et le quittent en lui disant: «Prenez soin de vous.» Sauveur d'âmes perdues, Hervé Mas? Certainement pas. «J'ai eu une fois une demande de baptême qui n'a pas abouti. Mais mon but n'est pas de les convertir, ni de les sortir de la drogue, plutôt de partager une rencontre».

De ces silhouettes titubant sur les pavés lausannois une bière à la main, nous dirions qu'elles sont le restant de la colère de Dieu. Lui, rectifie: «Ce sont des personnes, simplement. Ils me disent souvent: regardez comment les autres nous regardent.» Face à ceux qui lui suggèrent que, quand même, «s'ils le voulaient, ils arriveraient à se sevrer», Hervé Mas s'énerve. «Je sais que vous voulez tous vous en sortir», lâche-t-il à un homme qui lui décrit ses rechutes. «Ils ne sont pas fiers du tout d'être dans la drogue, ajoute l'abbé. Ils ont beaucoup plus le sens de la faute que le commun des mortels».

Un peu plus tard, attablé dans les locaux de la Soupe populaire où il a mangé «comme les autres» son repas du soir, Hervé Mas regarde autour de lui: les Roms, les toxicomanes, les vieux, tous ces gens venus consommer les invendus qu'ils ne peuvent se payer. Le cran d'arrêt sorti juste pour frimer, la dispute qui éclate entre un héroïnomane et son dealer, le chien qui se fait menaçant, l'abbé ne les voit pas, ou si peu. D'autres que lui ont pourtant tenté l'expérience, avant de baster. «Un autre curé est venu quelquefois, mais il était très tendu dans cet environnement. Pour ce qui me concerne, c'est peut-être moche ici, mais je me sens bien.»

Bénir les animaux, sans les notes aiguës

Au moins aussi bien que lorsqu'il bénit des animaux, une autre de ses spécialités, après avoir demandé à l'organiste de ne pas jouer des notes aiguës. Ou lorsqu'il dit la messe selon le rite tridentin, à quelques pas de la Riponne. Un grand écart entre des mondes aux antipodes que l'homme assume totalement. «Parce qu'on les traite de sales intégristes, ceux qui veulent suivre la messe en latin se sentent aussi rejetés. Comme les marginaux du centre-ville».

Demain, Hervé Mas déménagera dans le canton de Fribourg, pour aller prendre soin de ses nouveaux paroissiens. Mais tous les quinze jours, il reviendra à Bex, pour voir les requérants d'asile qu'il a régulièrement visités durant cette année. Et au retour, il s'arrêtera à la Soupe populaire de Lausanne, auprès des déshérités: «Je ne peux pas les abandonner.»

Dès demain, l'abbé Mas rejoindra la paroisse de Givisiez (FR) comme prêtre auxiliaire. Mais il gardera toujours «le bout d'un orteil» auprès des déshérités lausannois.

[summorum-pontificum.fr] Vers un rapprochement des Franciscains de l’Immaculée et de la Fraternité Saint-Pie X ?

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 28 aout 2010

Le 15 août dernier a été présenté le nouveau livre consacré à Mgr Lefebvre, Monsignor Lefebvre. Nel nome della verità,  écrit par la journaliste Cristina Siccardi et publié aux éditions Sugarco.

Selon le blog Missainlatino, au cours de cette présentation, l’abbé Emmanuel du Chalard, de la Fraternité Saint-Pie X, a annoncé qu’une rencontre entre le supérieur et fondateur des Franciscains de l’Immaculée, le Père Mannelli, et Mgr Bernard Fellay, était prévue dans les prochains mois.

Si elle a bien lieu, cette rencontre sera certainement le fruit du long travail de l’abbé du Chalard, lequel est soutenu à Paris par son ami, l’abbé Lorans. C’est grâce à l’abbé du Chalard, notamment, que le livre  sur le Concile de Mgr Gherardini, édité par les Franciscains de l’Immaculée, a été diffusé en France. Bien introduit à Rome, l’abbé du Chalard est particulièrement bien informé de la vie de l’Église et appartient à ceux qui au sein de la Fraternité Saint-Pie X estime que le combat a changé de forme et qu’il n’est plus le même que dans les années soixante-dix. Sans rien abandonner des positions de la Fraternité Saint-Pie X, ses rencontres avec de jeunes prêtres ou avec les Franciscains de l’Immaculée, lui ont montré que des alliés objectifs existaient dans la place et qu’il fallait tisser des liens avec eux.

Sa pensée est-elle exactement celle de la Fraternité Saint-Pie X ? Difficile à dire, d’autant que celle-ci est traversée de courants (ce qui est humainement normal et se retrouve dans toute institution) qui entendent parvenir aux mêmes buts par des chemins parfois opposés. Missainlatino estime que l’abbé du Chalard exprime l’avis actuel de la Fraternité Saint-Pie X. Ce blog en voit un autre signe dans le fait que l’auteur de la nouvelle biographie de Mgr Lefebvre est une proche du mouvement Alleanza Cattolica qui a eu des relations difficiles avec la Fraternité Saint-Pie X.

[Paix Liturgique] Le Brésil pour la "Paix Liturgique"

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 245 - 28 août 2010

À la fin de la réunion fut rédigée une Lettre au Saint Père pour exprimer notre amour filial au Pontife romain, notre désir de participation à la “Paix liturgique”, notre pleine communion avec l'Église et demander Sa Bénédiction apostolique pour notre ministère et l'apostolat que nous accomplissons avec les groupes liés à la tradition. Signer cette lettre fut comme marquer l'histoire... je crois en effet que l'avenir révèlera l'importance de cette simple rencontre au Nord-Est du Brésil.”

C'est une bonne nouvelle que M. l'abbé Barbosa, jeune vicaire de la paroisse Sainte Rita de Sorocaba au Brésil, nous donne sur son blog : l'engagement de trois évêques brésiliens et d'une vingtaine de prêtres du pays pour la “Paix liturgique”. Dans ce grand pays catholique où la Foi, précédemment ébranlée par la Théologie de la Libération, est aujourd'hui confrontée aux ravages des sectes évangélistes, cet évènement n'est sans doute qu'une goutte d'eau, mais une goutte d'eau bénite que nous ne saurions mépriser. 

I – LE CONTEXTE

Du 17 au 19 juin derniers, le diocèse de Garanhuns au Brésil accueillait la première réunion sacerdotale organisée dans le pays autour du Motu Proprio Summorum Pontificum. Coprésidée par l'Administration apostolique Saint-Jean Marie Vianney, cette rencontre a rassemblé une trentaine d'ecclésiastiques dont 21 prêtres.

En ouverture de ces journées, Mgr Guimarães, évêque de Garanhuns, a lu au cours de la messe chantée qu'il a célébrée selon la forme extraordinaire du rite romain une lettre adressée aux participants par le cardinal Levada, Président de la Commission Ecclesia Dei.

Dans cette lettre, datée du 10 avril, le cardinal exprimait son : “appréciation pour cette initiative” et formulait des vœux “pour que cette entreprise soit un succès”, afin de promouvoir l’application du Motu Proprio selon les intentions du Saint Père, et “suscite une action pastorale de plus en plus adaptée aux besoins des fidèles, pour qu’on puisse aboutir, au moment opportun, à un enrichissement réciproque et légitime des deux formes du Rite Romain”.

Au cours de ces journées, rythmées par la célébration de la forme extraordinaire de la messe, les participants ont pu approfondir leur connaissance canonique, historique et théologique de la liturgie ancienne mais aussi participer à des travaux pratiques encadrés par des prêtres de l'Administration apostolique. Mgr Guimarães lui-même a prononcé une conférence sur les conséquences canoniques du Motu Proprio Summorum Pontificum tandis que Mgr Rifan, Administrateur apostolique, présentait son nouveau livre “Considérations sur les formes de la Sainte Messe de Rite romain”.

Avant de se conclure par la signature de la lettre au Saint Père, cette rencontre fut marquée par la naissance du "Coetus Sacerdotalis Summorum Pontificum" (Groupe sacerdotal Summorum Pontificum) destiné à maintenir le lien entre les participants. 

II – LE DOCUMENT

Lettre adressée au Saint Père par les participants de la rencontre sacerdotale sur "Le Motu Proprio Summorum Pontificum, un grand don spirituel et liturgique pour toute l'Église" organisée à Garanhuns (Brésil) du 17 au 19 juin 2010 

À Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

Très Saint Père,

Participant à la rencontre sacerdotale sur "Le Motu Proprio Summorum Pontificum, un grand don spirituel et liturgique pour toute l'Église" ayant pris place à Garanhuns au Brésil les 17, 18 et 19 juin 2010 - sous le patronage du diocèse de Garanhuns et de l'Administration apostolique personnelle Saint Jean-Marie Vianney, et avec l'appui et les encouragements de la Commission pontificale Ecclesai Dei, exprimés dans une lettre de Son Éminence le Cardinal Levada - nous voulons, à la fin de notre réunion et encore sous l'effet de la grâce de l'Année sacerdotale, exprimer notre profonde gratitude pour le ministère de Votre Sainteté, notre sincère solidarité, notre union et notre pleine communion, ainsi que notre fidèle désir de collaborer avec le successeur de Pierre et Vicaire de Jésus-Christ pour l'application de la lettre apostolique Summorum Pontificum en employant tous nos efforts à la construction de la "Paix liturgique" tant désirée par Votre Sainteté.

Notre réunion, préalablement annoncée à la Conférence épiscopale brésilienne et à la Nonciature apostolique, a eu lieu dans le plus authentique esprit de communion ecclésial : venus de tout le pays, les prêtres y participant l'ont tous fait avec la permission de leur évêque ou de leur supérieur.

C'est dans cet esprit de communion et de collaboration avec l'Église du Brésil et du monde entier que nous implorons humblement de Votre Sainteté Sa Bénédiction apostolique pour nos personnes et nos ministères.

Garanhuns, 19 juin 2010

+ Fernando Guimarães, Évêque diocésain de Garanhuns
+ Fernando Areas Rifan, Administrateur apostolique, Campos
+ Adalberto Paulo da Silva OFMCap, Évêque Auxiliaire émérite de Fortaleza
(suivent les signatures d'une vingtaine de prêtres et séminaristes)
 

III – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

a) Mgr Guimarães, ancien officiel de la Congrégation pour le Clergé, a longtemps collaboré avec le cardinal Castrillón avec lequel il a été l’artisan du règlement de l’affaire de Campos.
Mgr Guimarães a été nommé évêque par Benoît XVI en 2008 et inscrit sans complexe son action dans la perspective de “réforme de la réforme” tracée par le Saint Père. Il est le premier évêque brésilien à s'impliquer directement dans la diffusion de la forme extraordinaire de la messe. Son excellente connaissance du monde traditionnel et des questions concrètes concernant la liturgie traditionnelle fait qu’il est très écouté par le Saint Père, qui l’a longuement reçu lors de son dernier passage à Rome.

b) Peu connue en Europe, l'Administration apostolique Saint Jean-Marie Vianney, gouvernée par Mgr Rifan (qui a rang d'évêque), est issue du diocèse de Campos dont Mgr de Castro Mayer, co-consacrateur avec Mgr Lefebvre des 4 évêques de la FSSPX en 1988, a été le courageux évêque de 1949 à 1981. Les évêques consacrés par Mgr Lefebvre ont eux-mêmes consacré un évêque pour remplacer Mgr de Castro Mayer à la tête de la communauté de prêtres traditionalistes de Campos, Mgr Rangel, dont le Père Rifan était le premier collaborateur. La communauté traditionnelle de Campos a été régularisée par le Saint-Siège en 2002, sous forme de l’érection d’une Administration apostolique, l'Union Saint Jean-Marie Vianney qui compte une trentaine de prêtres, une centaine de lieux de messe, 24 écoles et près de 30 000 fidèles. Mgr Rifan a été ensuite consacré évêque pour devenir le coadjuteur de Mgr Rangel, puis son successeur à son décès. La communauté a ordonné deux nouveaux prêtres en 2009.
On remarquera que l’appellation de « Coetus Sacerdotalis Summorum Pontificum » est un clin d’œil historique qui évoque le « Coetus internatio­nalis Patrum » (Groupe international de Pères), devenu bientôt le « Coetus episcopalis Patrum » (Groupe épiscopal de Pères), fondé durant le dernier Concile pour mieux faire entendre la voix de la minorité, par Mgr de Proença Sigaud, archevêque de Diamantina, au Brésil, Mgr Carli, évêque de Segni, en Italie, Mgr Dino Staffa, secrétaire de la Congrégation des Séminaires, et bien d’autres encore dont Mgr Marcel Lefebvre et Mgr de Castro Mayer.

c) Ces journées de Garanhuns et la naissance du groupe sacerdotal constituent un petit pas certes, mais très symbolique pour un pays où, jusqu'ici, les prêtres attachés à la liturgie traditionnelle étaient marginalisés. Le nombre de participants aurait pu être facilement plus élevé si, en gage d'“authentique esprit de communion ecclésial”, les organisateurs n'avaient d'ailleurs pas insisté pour que tous les ecclésiastiques souhaitant s'inscrire obtiennent préalablement de leur évêque ou de leur supérieur la permission de se rendre à Garanhuns.
Une condition hélas difficile à satisfaire pour beaucoup mais qui a permis à cette rencontre de se dérouler dans la sérénité. À l'image de l'abbé Barbosa sur son blog, les présents en sont en tout cas revenus enchantés et plus motivés que jamais.

d) La reprise, sur un autre continent et qui plus est par des clercs, de l'appel à la "Paix liturgique" est bien sûr une satisfaction pour nous, mais surtout un encouragement à poursuivre notre travail d'information et de réflexion afin que peu à peu, dans toutes les paroisses de tous les diocèses des cinq continents, le rite romain soit proposé dans la richesse et la complémentarité de ses deux formes sans que cela ne suscite de controverses idéologiques.

27 août 2010

[Abbé Mateusz Markiewicz, ibp] Pèlerinage en Pologne

SOURCE - Abbé Mateusz Markiewicz - IBP - 27 août 2010

C'est la matinée, le 6 août, la Transfiguration de Notre Seigneur. On est à Varsovie. Deux séminaristes et un prêtre sortent de la sacristie. La messe commence. Dans une heure le pèlerinage des étudiants partira pour neuf jours de marche. Parmi ceux qui marcheront 265 km à pied, il y a une centaine des fidèles attachés à la messe traditionnelle. Ils sont guidés par l'abbé Grzegorz Śniadoch, un jeune prêtre de l'Institut du Bon Pasteur. Il est aidé par les séminaristes polonais de Courtalain, ainsi que par des séminaristes diocésains.
La première journée, on traverse la capitale polonaise. Les habitants de Varsovie nous saluent, prient et chantent avec nous. Malheureusement, le soir, une pluie tombe sur la foule des fidèles. Malgré cela, on se prépare pour le lendemain. Ce sont deux séminaristes français de l'Institut qui nous rejoignent, les abbés Michel Calmel et Stéphane Morin.

 Aux cours des journées suivantes, ils ont eu l'occasion de voir la piété populaire, encore très répandue en Pologne. Mais la plus grande surprise pour eux, c'était de voir partout de grands crucifix et des chapelles consacrées a Marie, bien entretenues et fleuries.

Le temps est consacré à la prière, aux chants religieux. Parmi les chants, encore une surprise pour les français : la version polonaise de l'Ave-Maria de Lourdes est environ vingt fois plus longue que la française. Le refrain polonais est très semblable au français, alors les hôtes devaient donc juste apprendre quelques mots en polonais pour être capable de chanter avec tout le monde.
 Le 14 août est arrivé très vite. Dans l'après-midi on aperçoit du loin le monastère. L'arrivée au sanctuaire est proche mais avant d'entrer dans la chapelle de l'image miraculeuse, où depuis des siècles s'opèrent des guérisons et des multitudes de grâces est répandues sur les fidèles, on traverse la ville. Son axe principal, l'avenue de la Très Sainte Vierge Marie ! est longue de quelques kilomètres. Elle montre bien le lieu principal non seulement de Częstochowa, mais de toute la Pologne.

Après la salutation de la part des archevêques de Varsovie et de Częstochowa, ainsi que celle du maire de la ville, on entre dans le monastère. Un diacre, de l'Ordre de Saint Paul Premier Ermite, nous asperge avec de l'eau bénite (dans le monastère il y a environ 160 religieux !). On entre dans la chapelle. On a juste un peu de temps pour y prier, tout le monde veut y être le plus longtemps possible. Ensuite, la Sainte Messe est célébrée dans l'une des chapelles latérales.

 Le 15 aout, c'est l'Assomption. Une foule immense arrive de chaque coin de la Pologne. Presque tout l'épiscopat est là. Et nous, nous avons la messe dans une belle chapelle. Tous fêtent ce jour où Notre-Dame a été élevée au Ciel avec son âme et son corps.

Abbé Mateusz Markiewicz +

[Austremoine - Blog Christus Imperat] Ah, sensibilité ! Quand tu nous tiens !

SOURCE - Austremoine - Blog Christus Imperat - 27 août 2010
Je cherche l’inspiration poétique pour chanter la sensibilité, cette nouvelle vertu des temps modernes qui fait de nous des êtres subtils et civilisés. Avec elle, les différences sont acceptées, voir louées, les oppositions, causes autrefois de conflits, deviennent aujourd’hui source d’enrichissement.

Quelle avancée humaine et théologique que cette sensibilité ; je dirais même qu’elle a permis de mettre la théologie au service de l’Homme ! N’est-il pas plus grand bienfait que cette concorde des différences et des désaccords qui se retrouvent dans cette paix harmonieuse des consciences ?

Ah, la charité fait bien pâle figure à coté de ce nouveau concept !

Et puis la charité avait le défaut originel de faire passer l’amour du prochain par l’amour du Dieu, même s’il est vrai que Dieu se moque pas mal de nombre de ces détails qui nous divisent. On a bien réussit ensuite à faire passer la charité pour le fait d’être « gentillet » avec tout le monde, de comprendre tout le monde, mais sans que cela devienne pour autant une source d’unité. C’était un apaisement des dissensions.

Mais cette sensibilité, quelle invention tout de même ! Elle apaise certes, mais elle enrichie ceux qui s’en pénètre.

Vous souvenez-vous de ces combattants de la messe en latin, violents et agressifs, refusant coûte que coûte la messe en français ? Ils prirent même violemment d’assaut l’église parisienne St-Nicolas-du-Chardonnet ! Et bien maintenant, certains de ces deux camps que tout opposait, acceptent de considérer leur oppositions d’alors comme autant de sensibilités pouvant s’enrichir mutuellement !

Même l’abbé Philippe Laguérie, battant de la première heure s’il en fut, redouté de ses ennemis, « fait la paix » avec l’un de ses opposants. Vous savez Mgr Jacques Gaillot, l’ancien évêque aux accointances communistes, partisan du préservatif, du mariage des homos etc., et bien, même cet opposant irréductible des traditionalistes, est regardé aujourd’hui par certains d’entre eux comme étant une composante des différentes sensibilités de l’Eglise.

Jusqu'au jour où la religion elle-même devient une sensibilité parmi une autre, où le catholique côtoie l'écologique...

Vous voyez, même les plus durs s’y laissent prendre.

Il est loin le temps des principes. Il est loin le temps de cette Eglise à la doctrine intangible et vraie. Véritable tour de force que cette sensibilité !

Austremoine

24 août 2010

[Frère Maximilien-Marie - Mesnil-Marie] Du troisième anniversaire du motu proprio “Summorum Pontificum cura” et de quelques questions qui lui sont relatives.

SOURCE - Frère Maximilien-Marie - Mesnil-Marie - 24 août 2010

Mardi 24 août 2010, fête de l'apôtre Saint Barthélémy.

Le 14 septembre prochain sera le troisième anniversaire de l'entrée en vigueur du motu proprio “Summorum Pontificum cura“.

Vous le savez, par ce texte majeur (dont on trouvera ici la traduction française la plus correcte > www), notre Saint Père le Pape Benoît XVI, heureusement régnant, a été amené à préciser un certain nombre de points concernant la célébration de la Messe selon le rite romain, tout particulièrement - mais pas uniquement pour qui veut bien lire avec intelligence - en ce qui concerne la “forme extraordinaire” de ce rite romain, c'est à dire le rite romain antique (appelé de manière courante et abusivement simplificatrice “Messe de saint Pie V”).

Ce troisième anniversaire revêt une véritable importance parce que le Souverain Pontife écrivait aux évêques, dans la lettre qu'il leur adressait en même temps que le motu proprio : “Je vous invite en outre, chers Confrères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l’entrée en vigueur de ce Motu Proprio”.

Nous ne pouvons que nous réjouir pour tous les fruits de grâce et de paix qui résultent de ce motu proprio partout où il est réellement appliqué.

Mais force est de constater qu'il n'est pas appliqué partout - loin s'en faut! - et que des évêques et des prêtres s'autorisent de refuser à des fidèles et à d'autres prêtres le droit que le Souverain Pontife leur a reconnu.

Je ne suis certes qu'un tout petit chat et je ne prétends pas tout savoir, néanmoins je connais de manière certaine des diocèses dont les évêques - à moins de mentir au Pape - n'auront aucun compte-rendu à lui écrire parce qu'ils n'ont rien fait de concret pour répondre aux demandes des fidèles qui souhaitaient et ne cessent pas de souhaiter l'application des dispositions prévues par “Summorum Pontificum cura“.

De félin à félin, j'ai bien envie d'écrire à mon confrère le très auguste chat du Pape pour l'informer de choses que certains prélats ne voudraient peut-être pas dire au Souverain Pontife ou qu'ils présenteraient de manière non conforme à la vérité…

Nos Seigneurs les Evêques de France et leurs collaborateurs - à quelques exceptions près - se sont souvent ingéniés à faire croire qu'ils ne savent pas lire ou qu'ils ne comprennent pas le sens, pourtant simple et clair, des mots employés par Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Certains ont carrément enterré le document dans le silence ; d'autres l'ont interprété de la manière la plus restrictive qui soit et - dans leurs excès de libéralité!- ne veulent finalement appliquer que le motu proprio “Quatuor abhinc annos” du 3 octobre 1984. Ils montrent par là  (s'il est encore besoin de le faire) que le modernisme dont ils sont pénétrés a toujours au moins un quart de siècle de retard : alors qu'ils se prétendent “hommes de progrès tournés vers l'avenir”, ils ne sont en réalité - je me plais à le redire avec insistance - que les intégristes des idéologies qui se sont introduites dans l'Eglise à la faveur du second concile du Vatican ; idéologies qu'ils ont voulu faire passer pour “l'esprit du concile” mais qui, comme toutes les idéologies, ne sont que des systèmes d'erreurs désertifiantes et mortifères.

Dans un grand nombre de paroisses, les curés se sont bien gardés d'informer les fidèles de l'existence et du contenu du motu proprio et, partant, de leur expliquer leurs droits. Les personnes de bonne volonté ont parfois dû déployer des trésors de patience et de persévérance pour avoir des réponses à leurs questions après les annonces des médias  (à commencer par le journal “la Croix”) qui, selon leur habitude, ont titré avec des slogans sans faire un vrai travail d'information.

Voilà pourquoi, avec la permission de mon papa, je vous reproduis ci-dessous la question que lui a posée, il y a quelques temps, une catholique “ordinaire” et la réponse que Frère Maximilien-Marie lui a faite. Je vous laisse donc à cette lecture…

Lully.

Question de Michèle:
“Cher Frère, je me pose cette question : Pourquoi le pape Benoit XVI veut-il remettre la messe en latin? Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles, et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises. J'ai l'impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit. Qu'en pensez vous?”

Et voici la réponse de Frère Maximilien-Marie:


“Chère Michèle, votre question est tout à fait symptomatique d'une confusion qui a été semée dans les esprits des catholiques depuis près de 40 ans, confusion qui est entretenue aussi bien par les médias que par une grande partie du clergé en Occident…

1) Vous m'écrivez : “Pourquoi le pape Benoît XVI veut-il remettre la messe en latin?

Cette question contient déjà plusieurs erreurs…
D'abord parce qu'il faut être convaincu que notre Saint-Père le Pape n'agit pas selon des goûts ou des idées personnels, et que la question de la restauration de la liturgie latine n'est pas le “caprice” de quelqu'un qui aurait des idées rétrogrades…!!! Ensuite, il faut savoir que la langue latine n'a JAMAIS été abolie dans la liturgie de l'Eglise latine.
Le second concile du Vatican, dans sa “Constitution sur la divine liturgie” ( De sacra Liturgia N°36 § 1, N°54, N°101, N°114, N°116…) affirme de manière solennelle et sans ambiguïté que la langue latine est la langue officielle de la liturgie romaine, de même que le chant grégorien en est le chant propre.

Le second concile du Vatican a permis que certaines parties de la messe puissent être lues dans les langues vulgaires, pour faciliter la compréhension (c'est le cas pour les lectures par exemple) mais il demande expressément que les fidèles sachent prier et chanter ensemble en latin les parties de l'ordinaire (au minimum: le Gloria in excelsis Deo, le Credo, le Sanctus, l'Agnus Dei, le Pater, et les antiennes à la Sainte Vierge…).

En demandant que le latin soit remis à sa juste place dans la liturgie, le Souverain Pontife ne fait que rappeler ce que doit être la bonne application du second concile du Vatican. Il ne veut pas “remettre”, il veut simplement faire appliquer la loi existante qui est largement  bafouée et trahie par les prêtres, les évêques et les équipes liturgiques, tout spécialement en France.

2) Vous écrivez ensuite : “Nous ne comprendrons plus rien même si ces messes sont très belles et il y a le risque que beaucoup de fidèles déserteront les églises.

Réponse:
Pendant des siècles, la liturgie a été célébrée en latin dans tout l'occident ; or d'une manière générale les gens avaient (nous dit-on) un moindre degré d'instruction qu'à notre époque, et pourtant cela ne les faisait pas “déserter les églises”. Elles étaient au contraire plus remplies qu'à l'heure actuelle!

Aujourd'hui, en France, la moyenne d'âge est plus basse dans les églises où la liturgie est célébrée de manière traditionnelle, en faisant une grande place au latin, que dans les paroisses ordinaires où tout est en langue vernaculaire. De la même manière, les congrégations religieuses et les séminaires qui ont le plus de recrutement sont ceux où il y a le plus de tradition latine…

Cet argument de la “non compréhension” est faux.  Premièrement parce qu'il existe des missels qui présentent le texte latin avec sa traduction française en regard : il n'est point besoin d'avoir un doctorat en théologie pour se débrouiller avec. Après une rapide formation et un peu de pratique un enfant même est capable de suivre la messe avec son missel. Deuxièmement, je sais par expérience que même les gens qui ont le moins de capacités intellectuelles sont capables d'apprendre des prières en latin, des chants en latin, en connaissant le sens de ce qu'ils chantent ou qu'ils récitent : ils n'en feront pas nécessairement une traduction mot à mot, mais ils ont la compréhension du sens général et de l'esprit de la prière. Troisièmement, je vous ferai aussi remarquer, dans un tout autre registre, que des tas de gens reprennent des chansons de variétés en langue anglaise, sans forcément avoir fait des études d'anglais - il leur suffit d'en connaître plus ou moins vaguement le sens - et ce n'est cependant pas un argument pour supprimer la diffusion des chansons en anglais sur les radios françaises!!!!!!!

En outre, ce n'est pas parce que un chant est en français qu'il est forcément compréhensible… même par ceux dont c'est la langue maternelle. La production liturgique en langue française a multiplié des chansonnettes stupides et vides de sens, voire porteuses d'erreurs spirituelles et doctrinales, et encore une fois mon expérience me montre que quantité de fidèles, dans les églises, chantent ces “trucs” dont ils ne comprennent pas les paroles françaises qu'on leur fait brailler!

J'ajouterai enfin quelque chose qui peut paraître dur, mais qui est cependant JUSTE : si les catholiques, et mêmes les prêtres et les évêques, ne veulent pas obéir aux textes du concile tels qu'ils sont et ne veulent pas obéir au Pape, eh bien qu'ils fichent le camp plutôt que d'entretenir la confusion et les erreurs dans les églises : au moins les choses seront claires! S'ils ont envie de fabriquer leurs “célébrations” selon des idées et des fantaisies personnelles, en ne tenant pas compte de la loi de l'Eglise et des textes officiels concernant la liturgie catholique, ils ne sont en fait plus catholiques dans leurs têtes et dans leurs coeurs et il vaut mieux qu'ils partent plutôt que de semer le désordre et d'entretenir la confusion…

3) Vous dites : “J'ai l'impression que Benoît XVI est en train de démolir tout ce que le pape Jean-Paul II a construit.

Réponse:
Sur le plan de la liturgie, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont tous les trois demandé  à plusieurs reprises que tous les fidèles sachent les prières principales en langue latine. Peu de temps après la fin du concile, en 1974, constatant avec effroi que le chant latin et grégorien avait pratiquement disparu des paroisses malgré les textes officiels, Paul VI a fait publier et a envoyé à tous les évêques du monde un petit recueil intitulé “Jubilate Deo” qui contenait les chants latins et grégoriens qui devaient être maintenus dans TOUTES les paroisses et communautés… Ce livret n'a pas été reçu dans les paroisses françaises…!!!

4) Vous semblez ne pas faire la distinction entre la Messe dite “de Saint Pie V”, qui a été en fait la forme de la célébration depuis Saint Grégoire le Grand jusqu'en 1969 (et qui était donc la messe en vigueur au moment du second concile du Vatican), et la “messe en latin”. “Messe en latin” et “Messe de Saint Pie V” ne sont pas des synonymes.

La Messe latine antique, dite de Saint Pie V, est certes célébrée en latin (mais on peut y proclamer les lectures en langue vulgaire). La Messe réformée, dite de Paul VI, introduite en décembre 1969, est depuis lors (en principe) celle qui est célébrée dans les paroisses ordinaires. Mais le missel de Paul VI a été aussi promulgué en latin et - selon les principes rappelés par le second concile du Vatican - il devrait largement être utilisé en latin dans les paroisses. Les pèlerins qui se rendent à Lourdes peuvent y assister à la messe internationale qui est une célébration de la messe de Paul VI entièrement en latin : c'est la “messe en latin”, mais ce n'est pas la messe dite “de Saint Pie V”.

Benoît XVI a clairement expliqué qu'il y a deux formes pour célébrer l'unique rite romain : l'une appelée “forme ordinaire” correspond au missel réformé publié par Paul VI en 1969 et complété par Jean-Paul II ; l'autre appelée “forme extraordinaire” (qui correspond à la Messe dite “de Saint Pie V” célébrée partout dans l'Eglise latine jusqu'en 1969). Pour l'une comme pour l'autre forme le latin reste la langue officielle et normale.

Les fidèles qui sont attachés à la forme antérieure du missel (celui qui a été en usage jusqu'en 1969), ont vu reconnaître la légitimité de leurs aspirations à cette manière de célébrer, par le motu proprio “Summorum Pontificum cura” du 7 juillet 2007.
Toutefois Benoît XVI n'a pas voulu imposer la Messe de Saint Pie V partout contrairement à ce que certains médias et prêtres ont stupidement répété : il a demandé qu'on respecte et qu'on fasse droit aux fidèles qui demandent cette forme de célébration qui, il l'a bien précisé, n'a JAMAIS été interdite (là encore contrairement à ce qui avait été dit et pratiqué depuis une quarantaine d'années)… Il a également demandé que les prêtres et les fidèles qui célèbrent selon la “forme ordinaire” le fassent avec un grand respect des règles liturgiques, et il montre lui-même l'exemple.


Ma réponse est longue, j'en ai conscience, mais j'espère qu'elle vous aura  donné satisfaction en vous permettant d'y voir plus clair.

Je ne vous cache pas que je suis surpris chaque fois qu'on me pose ce genre de question, parce qu'il me semble que tout est parfaitement limpide dans les textes officiels : mais on se demande si les journalistes et les prêtres eux-mêmes savent lire puisqu'ils racontent ensuite des tas de calembredaines et que c'est ainsi que la confusion est semée, entretenue et savamment orchestrée.

[Abbé Ph. Laguérie, ibp] Mes chers amis...

SOURCE - Abbé Ph. Laguérie - 24 août 2010

Je suis de retour sur Paris et vous présente tout d’abord mes excuses. Voilà un mois que je n’ai pas écrit un mot sur ce blog ! Mariage ici, confessions là-bas, messe dominicale par ici, sur un fond de toile de vie familiale. Il en faut aussi : le prêtre n’est pas né dans un chou et je songe à cette phrase de Saint-Jacques en son épître : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa maison, il est pire qu’un infidèle, il a renié la Foi ». Et pourtant votre fidélité me confond littéralement : trois à quatre cent lectures par jour…sans rien avoir à se mettre sous la dent. Oui, j’ai honte, mais vous en apprécie davantage encore !

Je vais me rattraper. Et pour commencer quelques nouvelles de notre cher Institut du Bon-Pasteur. Je sais que vous aimez cela et, ça tombe bien, moi aussi. Elles sont bonnes, malgré ceux qui s’évertuent à les vouloir mauvaises et qui feraient même en sorte qu’elles le soient…

Depuis les ordinations du 10 juillet à Saint-Eloi, qui ont porté le nombre des prêtres de l’Institut à 27 par l’agrégation de M. l’abbé Jean-François Billot en notre corps sacerdotal, bien des choses se profilent à l’horizon.

J’ai inauguré et béni, le quinze août dernier, l’œuvre magnifique de notre internat de l’Angelus. 150 personnes se pressaient autour de l’abbé Spinoza qui accomplit là-bas un travail de titan. Ses classes sont prêtes, ses dortoirs, ses cuisines, ses salles de cours, ses cours de récréation, en tous points conformes avec les règlements les plus sophistiqués de Paris et surtout de Bruxelles (la rampe d’accès aux bâtiments ressemble à un maxi-golf) ! Mais aussi ses professeurs au complet, pour accueillir ses 35 premiers pensionnaires, dans quelques jours maintenant. Il ne lui manque plus qu’un cuisinier et si vous avez une idée… Un chantier gigantesque se termine à peine qu’un autre commence et cet établissement devra son exorde à la vaillance exceptionnelle de son jeune directeur, sur tous les fronts en permanence : vie de communauté, mise en œuvre et surveillance des travaux, prospection médiatiques et contacts les plus variés pour alimenter la caisse. Nous remercions les bénédictins de France qui lui ont prêté un précieux secours … A la grand’messe assistait le Préfet du Cher en personne, le Maire de Presly aussi. A la visite guidée des locaux, s’est joint, avec beaucoup de gentillesse, le représentant de l’évêque de Bourges, Mgr Maillard. Le diable lui-même, furieux, on le comprend, s’est emmêlé en coupant avant la messe l’éclairage de la chapelle et en provoquant une véritable cataracte au moment des annonces ! C’est bon signe. Je félicite chaleureusement M. l’abbé Spinoza qui vient d’accomplir un véritable tour de force en quelques mois et qui, à mon avis, n’a pas fini de nous surprendre. Je remercie ses nombreux amis, d’hier et d’aujourd’hui qui le soutiennent avec tant de conviction et de générosité.

Deux missionnaires se sont envolés pour préparer nos implantations futures quoique, si Dieu veut, assez prochaines. M. l’abbé Julien pour le Brésil et M. l’abbé Beaugrand pour les U.S.A. Quelques évêques de ces pays apprécient fort le Bon-Pasteur et son charisme propre et se proposent de nous ouvrir leurs portes après nous avoir ouvert leur cœur. Qu’ils en soient remerciés. Prions ardemment pour ces deux jeunes prêtres vaillants de notre Institut qui ouvrent de nouveaux champs d’apostolat. Ils portent un bel espoir du Bon-Pasteur.

Nous n’avons pas encore trouvé le nouveau séminaire indispensable à notre rapide expansion. Tant pis, il faudra se serrer ! Après tout, quand je rentrais à Ecône en 1973, nous étions deux, trois, voire quatre, dans les chambres de la maison Saint Bernard… Notre magnifique Recteur attend douze ou quinze nouvelles vocations qui, en s’ajoutant à la trentaine de séminaristes actuels, pourrait porter nos effectifs à plus de quarante séminaristes… Les futurs « vieux » se souviendront de cette période héroïque avec émotion, dans quelques années.

Quant à moi, j’attends de déménager dans la future Maison Centrale que j’ai pu trouver, grâce à Dieu et à ses amis, sur Paris. Ce devrait être fait pour le nouvel-an. Naturellement, je vous tiendrai informés des dates et des lieux. Je compte sur vos prières pour que la chose soit rondement menée.

Et puis, il y a l’actualité. Les nominations, le futur consistoire, le document sur le Motu proprio, le bilan de ces trois années. Le Bon-Pasteur s’inscrit dans un paysage ecclésiastique en pleine évolution et l’apprécier statiquement n’est pas possible. Ce sera pour une prochaine fois et donc … A très bientôt.

[Abbé Laguérie, ibp] Un dîner avec Mgr Jacques Gaillot

SUIVRE - Abbé Laguérie, ibp - 24 août 2010

Le lundi 5 juillet dernier, j’avais la joie de recevoir à dîner en la Maison Centrale, Mgr Jacques Gaillot, ancien évêque d’Evreux et actuellement évêque (In partibus infidelium) de Partenia. Ce fut une bonne soirée, vraiment, et sur plus d’un point, malgré des divergences de vues qu’on peut naturellement supposer, très instructives. En tous cas, une confrontation riche de nos différences qui, sur plus d’un point, se rejoignent fort curieusement.

Mais pourquoi avoir invité Mgr Gaillot, direz-vous ? Je réponds tout de go : et pourquoi pas ? C’était, il est vrai, quelque peu intéressé. Je venais d’apprendre que le Cardinal Canizares ne viendrait pas à Saint-Eloi pour les ordinations du 10 juillet (j’en connais à présent la raison et je préfère, pour l’heure, la garder pour moi : c’est inouï). J’avais quinze petits jours pour trouver un évêque catholique, fin juin-début-juillet. Véritable mission impossible, quand on sait qu’il faut parfois s’y prendre plus d’un an à l’avance. J’ai demandé à l’évêque auxiliaire de Paris, Mgr de Moulins-Beaufort qui, sauf engagements familiaux pris de longue date, fût venu très volontiers. Qu’il en soit vivement remercié. Finalement la délicieuse charité de Mgr Appignanesi et son affection pour le Bon-Pasteur ont pourvu admirablement. J’ai alors songé que, si j’avais une promesse ferme de Mgr Gaillot en personne, il serait assez facile de convaincre nombre de ses confrères en l’épiscopat...

Bien. Mgr a été un peu surpris mais je crois que, s’il n’avait eu un mariage ce jour-là, il aurait accepté le principe. Intrigué, on s’en doute, il voulait de toute façon en parler avec moi. Je l’invite donc, il accepte et arrive pile à l’heure. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup (déjà). Le respect qui leur est dû m’oblige à ne pas citer ceux de ses confrères, auxquels il ne ressemble pas, qui ne répondent pas aux lettres, refusent de vous recevoir ou vous envoient promener de la plus belle manière…

Il faut dire que nous nous connaissions de longue date, comme frères ennemis. Les combats ont cessé mais la fraternité a demeuré. Je lui rappelais sans ambages que j’organisais des manifs devant la Nonciature, depuis Saint-Nicolas du Chardonnet, pour qu’il fût mis à pied. Et comme nous savions l’un et l’autre que ça n’avait eu aucune influence, nous en avons bien ri, en trinquant de bon cœur. Nous-nous étions aussi empoignés à la télé (De ce temps lointain où la télévision française invitait toujours des gens dont la pensée n’était pas encore formatée et abrutie par ses diktats. Je me souviens de la célèbre émission « Ciel mon Mardi » où j’affrontais seul, sur le préservatif de surcroit, Christophe de Chavannes, Bernard Tapie et …Mgr Jacques Gaillot. Belle époque de liberté révolue où le seul voyou des quatre était évidemment le présentateur. Mais tout cela crée des liens.

Le dénominateur commun qui me rend cet évêque sympathique est sans doute la persécution. Vous me direz à juste titre que c’est le motif de la persécution qui importe et qu’il est même des persécutions qu’on n’a pas volées ! Mais enfin, cette persistance à accepter patiemment un sort d’éternel banni finit par vous rendre héroïque ! Car au « bon » temps de l’inquisition on n’était pas si sévère. On s’occupait du prévenu, on lui demandait rétractation de ses erreurs, avec beaucoup de charité parfois (La mansuétude du Cardinal Cajetan vis-à-vis de Luther, par exemple). On ne se contentait pas de le désigner comme un diablotin, sans lui laisser d’autres chances que de finir ses jours en proscrit… Pour des raisons opposées sans doute, Mgr Lefebvre et Mgr Gaillot ont subi quelque peu le même sort. On se souvient que le recours à la Signature Apostolique du premier fut rejeté d’un trait de plume du Cardinal Villot, Secrétaire d’Etat.

Rassurez-vous, dans son chômage forcé, Mgr s’occupe. Son site « Partenia » fait 9000 lectures par jour. Qui dit mieux ?

Nous avons tout de même abordé des questions de fond. Sur cette éternelle « charité » qui ouvre toutes les portes, excuse toutes les irrégularités et même veut fermer les yeux sur la délinquance, Mgr Gaillot finit par convenir qu’un Etat qui s’y adonne sans mesure court lui-même à sa ruine et se prive finalement des moyens de sa folle miséricorde. Bref, il reconnaît avec Chesterton que « Le monde est rempli de vertus chrétiennes devenues folles » et que la charité sans l’ordre qu’elle perfectionne n’est qu’une utopie dévastatrice. Avec l’âge sans doute (il a 75 ans qu’il porte très bien), le bon sens finit par l’emporter. Il n’y a que les ados de gauche qui pensent qu’on peut éternellement piquer dans la caisse sans qu’elle se vide un jour…

Quand on en vient à l’affaire de Thiberville, il est scandalisé. C’est lui qui a nommé le curé Michel et connaît son zèle. « Je tolérais très bien, dit-il, le Père Mongomery-Wright, et n’aurais jamais songé à l’inquiéter, il faisait du bon travail ». « Quand je songe qu’on en est déjà au contentieux et bientôt aux censures canoniques, ajoute-t-il, c’est effrayant ».

Bref, un libéral sans doute et de grand chemin, mais logique avec son option et en rien sectaire, étriqué, rabougri par le pouvoir à conserver jalousement. Il l’a perdu et s’en porte, ma foi, fort honorablement. L’Eglise aussi ? Ce n’est pas sûr, tant il est vrai que le sectarisme aveugle peut faire autant de mal que le libéralisme clairvoyant.

P.S. J’avais une belle photo à mettre en ligne mais j’en fus incapable. Et mes techniciens sont en vacances… A suivre.

23 août 2010

[Daniel Bozec - Sud-Ouest] La voiture roule pour l'église traditionaliste

SOURCE - Daniel Bozec - Sud-Ouest - 23 août 2010

Une bénédiction était organisée à la sortie d'une messe célébrée hier par un abbé de la Fraternité Pie X. Les bénéfices iront… à la restauration de l'église.

On a beau guetter la ribambelle de têtes blondes à la sortie de la messe, elle ne viendra pas. Hier midi, sur le parvis de Notre-Dame-des-Prés, là-haut dans la campagne de Leyritz-Moncassin, accommoder la parfaite famille traditionaliste à l'idée qu'on s'en fait était une cause perdue.

C'est pourtant bien une messe en latin qu'y célébrait un abbé bordelais de la Fraternité Saint Pie X, rabibochée depuis peu avec le Vatican. Un office d'autant plus particulier qu'il s'agissait pour la première fois de bénir les voitures des fidèles, chacun étant invité à porter son obole à la restauration de l'église.

Et les 120 chaises étant toutes occupées, on s'agenouillait jusque sur le parvis. « Il y a des touristes, des gens qui viennent pour la première fois. On ne les connaissait pas… », salue Rosalie de Mérode, présidente tout sourire de l'association pour la sauvegarde de Notre-Dame-des-Prés.

Au-delà du cercle de fidèles, ceux qui œuvrent en cet endroit depuis bientôt quinze ans, ainsi donc trouvait-on une poignée de familles en villégiature et des couples de tous âges. « On est du Mas-d'Agenais, on a trouvé le tract… On avait la moto, on est croyant, c'était l'occasion », dit Pascal, venu avec son épouse sur la foi d'un prospectus. « On ne savait pas que c'était traditionaliste. Les gens étaient à genoux, des femmes portaient un châle. C'est étonnant. »

« Faisons-la connaître ! »

Abandonnée aux ronces depuis le début du XXe siècle, l'église a trouvé une seconde jeunesse depuis 1996. Une association se forme alors autour de Bernard Lefebvre, premier soutien de Notre-Dame-des-Prés. Elle obtient de la commune propriétaire des murs un bail de 75 ans moyennant un loyer annuel… d'1 franc de l'époque. « Ça fait 15 centimes d'euros. On envoie un chèque tous les cinq ans… ». Au gré des donations, « beaucoup de choses ont été faites par nous-mêmes ! », continue Rosalie de Mérode. Reste notamment à en consolider les contreforts et enduire les murs intérieurs. L'idée est venue à l'association d'organiser une « grande bénédiction des voitures » : « Faisons-la connaître de façon belle et honorable », continue Rosalie de Mérode, elle qui a pensé à tout, veillant à faire passer les traductions françaises des évangiles lus par le prêtre.

Ne voir aucun paradoxe dans l'entreprise de bénédiction du jour, assurent les tenants du culte catholique traditionnel : « Saint-Christophe est le patron des voyageurs… Il nous arrive tous ces accidents de la route… ça n'est absolument pas contradictoire. » « La tradition n'a jamais été secte ou vase clos. Il ne s'agit pas de faire de l'ouverture ou de l'entrisme, il s'agit de vivre en toute simplicité », défend Hubert, bénévole de l'association.

Appelé à bénir les autos, l'abbé Verdet s'est plié de bonne grâce. « Ça s'est toujours fait dans les campagnes… Ça dépend des lieux, des régions, de la persuasion des fidèles qui le demandaient ou pas. » L'Eglise ne s'y est plus attelée, voilà les traditionalistes qui se l'approprient. « Qui le maintient », rectifie l'abbé Verdet.

22 août 2010

[Perepiscopus] Mal accueilli, l'Institut du Christ-Roi se retire du diocèse d'Agen

SOURCE - Perepiscopus - 22 août 2010

Aujourd'hui, dimanche 22 août, le Chanoine Jayr, provincial de France de l'ICRSP est venu annoncer aux fidèles d'Agen de la forme extraordinaire se retirait du diocèse d'Agen, suite à l'accueil déplorable et au climat de suspicion qui s'était installé suite à l'application du Motu Proprio.

En effet, l'évêque d'Agen Mgr Herbreteau a interdit avec fermeté au chanoine Téqui qui dessert la paroisse d'Agen pour célébrer la forme extraordinaire de l'unique rite romain les cours de catéchisme qu'il dispensait avec succès (une trentaine d'enfants), et exige une restriction outrancière de la délivrance des sacrements. Sur le site du diocèse, l'ICRSP n'existe même pas.

L'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre a donc pris la décision de se retirer, pour mieux agir où il est mieux accueilli.

Cette nouvelle va faire tâche dans le rapport que doivent rendre les évêques pour les 3 ans d'application (ou de non-application) du motu proprio. Elle montre que la France a besoin d'évêques décidés à appliquer Summorum Pontificum autrement qu'avec des mesures restrictives (comme une messe dominicale mensuelle et à 8h30 dans le Brionnais - diocèse d'Autun !).

21 août 2010

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] Discussions contournées?

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 21 août 2010

Alors que les discussions doctrinales entre Rome et la Fraternité St Pie X se soldent, selon les deux côtés, par un échec doctrinal, de la France et de l'Allemagne nous vient une observation et de Rome un bruit qui allument ensemble un feu rouge pour les Catholiques. Le danger consiste en un compromis politique qui contournerait tout simplement l'échec doctrinal.

Venant de la France et de l'Allemagne, ce sont des laïcs qui m'ont dit il y a quelques semaines que dans les centres de Messe de la FSSPX bon nombre des fidèles n'y attendent et n'espèrent qu'un accord comme fruit des discussions. Si - je répète, si - cela est vrai, c'est très grave. De tels fidèles méritent une bonne note pour leur désir de ne pas être coupés de ce qui leur semble être Rome, mais ils méritent une mauvaise note pour leur manque de compréhension du fait que tant que les discussions restent proprement doctrinales, il est exclu que la doctrine néo-moderniste de Vatican II puisse se réconcilier avec la doctrine catholique de la vraie Eglise. De tels fidèles peuvent vénérer et aimer Mgr Lefebvre comme ils l'entendent, mais ils n'ont rien compris à sa lutte pour l'Eglise. Qu'ils s'éveillent de leur rêve, ou de façon ou d'autre ils vont tomber dans les bras de la Rome néo-moderniste.

Mettre un accord avant la doctrine, c'est préférer la politique à la religion, l'unité  à la vérité, et l'homme à Dieu. Préférer Dieu à  l'homme, c'est mettre la vérité avant l'unité, la religion avant la politique, et la doctrine avant tout accord qui ne soit pas doctrinal. Seuls les rêveurs ne pouvaient prévoir que ces discussions entre Rome et la FSSPX se solderaient par un échec doctrinal. Seuls des politiciens peuvent souhaiter qu'il en sorte un accord non doctrinal.

Hélas, tout laisse croire que Benoît XVI croit sincèrement en la Nouvelle Eglise de Vatican II,  laquelle voit comme sa tâche de réunir dans son sein tous les hommes sans exception, qu'ils croient ou non dans l'unique vraie doctrine de la Foi. Donc il veut sincèrement y incorporer la FSSPX aussi - n'oublions pas non plus qu'il ne lui reste pas beaucoup de temps à vivre !  Dans ce cas l'échec de discussions doctrinales ne doit pas trop l'inquiéter. Dès lors il en sera à chercher un compromis politique avec la FSSPX pour la réintégrer au reste de la Nouvelle Eglise, et pour ce faire il devra exiger de la FSSPX ni trop, car elle rechignerait, ni trop peu, car alors c'est le reste de la Nouvelle Eglise qui se soulèverait.

Selon le bruit qui nous parvient de Rome, il pense précisément à un « Motu Proprio » qui « rétablirait dans l'Eglise » une fois pour toutes la FSSPX, sans lui demander d'accepter explicitement ni Vatican II ni la Nouvelle Messe, mais seulement, par exemple, le « Catéchisme de l'Eglise Catholique » de Jean-Paul II paru en 1992, texte substantiellement moderniste mais en douceur. Ainsi la FSSPX éviterait-elle de paraître à ses fidèles comme ayant accepté le Concile ou la Nouvelle Messe, mais en même temps elle se mettrait doucement, doucement, à accepter la substance du néo-modernisme. De cette façon-là tous ceux qui cherchent l'unité seraient contents. Il n'y aurait de mécontents que ceux qui croient en la doctrine catholique.

FEU  ROUGE !

Kyrie eleison.

20 août 2010

[Paix Liturgique] Un autre regard sur le bilan du Motu Proprio - 4: La Pologne

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 244 - 20 août 2010

Nous continuons notre bilan de la mise en œuvre du Motu Proprio par pays et publions aujourd'hui un dossier sur le cas de la Pologne.

A l’instar de ce qui a été fait pour les lettres consacrées à l'Allemagne, (Lettre 237) à l'Italie (Lettre 240) et les Iles britanniques (Lettre 242), nous rappelons la méthodologie retenue dans ces bilans :
- nous nous appuyons sur des données chiffrées livrées par les sources les plus sérieuses concernant les célébrations de la forme extraordinaire du rite romain mises en place depuis 3 ans ;
- en outre, nous en dressons un bilan qualitatif (messes célébrées en semaine et pas le dimanche ; un dimanche de temps à autre ; tous les dimanches, mais à un horaire non familial ; tous les dimanches et à un horaires familial ; messes enfin célébrées par la FSSPX).

Au total, entre 2007 et 2010, la Pologne a vu le nombre de messes célébrées selon le missel du Bienheureux Jean XXIII, dans le cadre de Summorum Pontificum, se développer lentement mais sûrement : le quart des 40 diocèses polonais offre désormais une messe traditionnelle dominicale hebdomadaire alors que, jusqu'au début des années 2000, la liturgie traditionnelle était réservée à la seule Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, arrivée dans le pays en 1993 seulement. 
I – LE BILAN POLONAIS

Victime du long hiver communiste, le catholicisme en Pologne a connu un beau printemps avec l'accession du Cardinal Wojtyla au trône de Pierre en 1978. Mais du coup, paradoxalement, ce n'est que sous Jean-Paul II que l'Église locale a pleinement commencé à mettre en œuvre les innovations, en particulier liturgiques, issues du Concile Vatican II.
D'où la conviction, largement répandue chez les prélats comme chez les fidèles polonais, que la Pologne est un pays où la réforme liturgique a été correctement menée, à la manière Jean-Paul II – ce qui, au regard des abus enregistrés dans les pays épargnés par le totalitarisme soviétique, n'est pas totalement faux.
Du fait de cette modération dans l’application de la réforme conciliaire, le « retour » engagé par Benoît XVI – marqué en particulier le Motu Proprio Summorum Pontificum – n'a pas encore trouvé au pays de saint Stanislas tout l'écho qu'elle rencontre ailleurs. D’autant que l’attachement des Polonais à la personne de Jean-Paul II les a amenés à être naturellement réticents à tout ce qui pourrait être interprété comme une remise en cause de « leur » Pape.
Cependant, des signes encourageants existent, à commencer par l'augmentation régulière du nombre des lieux où est célébrée la forme extraordinaire du rite romain ainsi que des signes donnés par certains des jeunes évêques du pays, comme Monseigneur Balcerek, évêque auxiliaire de Poznan et membre de la commission liturgique de la conférence épiscopale.

Les sites www.nowyruchliturgiczny.pl et sanctus.pl constituent la source de nos informations.

A – Nombre de lieux où la forme extraordinaire n'est proposée qu'en semaine et pas le dimanche :
5 sur un total de 49 célébrations, soit 10,2%.

B – Nombre de lieux ou le Motu Proprio n'est offert qu'un dimanche de temps à autre et pas tous les dimanches :
28 sur un total de 49 célébrations, soit 57,1%.

C – Nombre de lieux où la messe est dominicale et hebdomadaire mais à un horaire non familial (avant 9h et après 12h)
12 sur un total de 49 célébrations, soit 24,5%.

D – Nombre de lieux où la messe est dominicale, hebdomadaire et à un horaire familial, donc où le Motu Proprio est appliqué avec Amour et Charité :
4 sur un total de 49 célébrations, soit 8,1%.

E - Nombre de lieux où la messe est célébrée par la FSSPX :
12, dont 11 où la messe est dominicale et hebdomadaire, mais 5 seulement où la messe est à un horaire familial. 

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Qu'elles soient régulières ou non, 90% des messes traditionnelles célébrées en Pologne sont des messes dominicales. C'est un point très positif qui place la Pologne dans une situation privilégiée par rapport aux cas de l'Allemagne (57%) et de l'Italie (67%) précédemment étudiés. Plus qu'ailleurs, l'application du Motu Proprio en Pologne se fait en accord avec le précepte dominical, ce qui est une marque de réel respect envers les fidèles.
On notera que 99 % des pratiquants n’allant à la messe que le dimanche, les applications du Motu Proprio en semaine – bien que signes de ce que la situation évolue positivement un peu partout à travers le monde – ne touchent qu’une frange marginale des fidèles.
On remarquera par ailleurs que seule la célébration dominicale de la forme extraordinaire du rite romain dans le cadre paroissial est propice à l’enrichissement réciproque des deux formes du rite romain souhaité par le Saint Père.

2) Avec 16 messes dominicales hebdomadaires, soit 1 sur 3, la Pologne fait presque jeu égal avec l'Allemagne voisine (36%) mais moins bien que l'Italie (53%).
28 des 44 messes dominicales polonaises ne sont pas hebdomadaires et c'est là l'un des points faibles de l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans le pays.
Le passage de ces messes irrégulières ou mensuelles au rythme hebdomadaire serait un grand progrès qui permettrait aux fidèles attachés à la forme extraordinaire de s'impliquer encore davantage dans la vie des paroisses concernées.
Avec un peu de bonne volonté, cela ne devrait pas poser de difficultés.

3) En Pologne plus qu'ailleurs, la messe traditionnelle fait figure de « nouvelle » messe. Son développement est en effet très récent : la FSSPX n’y a commencé son apostolat qu’ en 1993 et l'essor des messes traditionnelles célébrées dans le cadre diocésain est postérieur à 2007, date du Motu Proprio de Benoît XVI.
Deux instituts Ecclesia Dei (Fraternité Saint Pierre et Institut du Bon Pasteur), qui ont chacun un prêtre dans le pays, n'y ont pas encore de reconnaissance officielle.
Le développement naturel de la liturgie extraordinaire passe donc par les prêtres diocésains qui ont le désir de la célébrer même si pour la plupart ils ne la connaissent pas et ont donc besoin de s'y former.

4) 5 messes dominicales hebdomadaires proposées à un horaire familial par la FSSPX contre 4 messes dominicales hebdomadaires diocésaines à un horaire familial : en à peine 3 ans d’application du Motu Proprio, les messes diocésaines ont donc comblé leur retard sur celles de la FSSPX. Ce résultat peu banal correspond à ce que le Saint Père disait : le désir de retrouver la messe traditionnelle dépasse les aires qualifiées de traditionalistes.

17 août 2010

[La Croix - Anne-Bénédicte Hoffner] France 3 diffuse un documentaire sur les traditionalistes

SOURCE - La Croix - Anne-Bénédicte Hoffner- 17 août 2010
Après le reportage diffusé par France 2 le 27 avril dans le cadre du magazine « Les infiltrés », c’est au tour de France 3 de leur consacrer un documentaire – certes bien tard dans la nuit, dans un genre toutefois très différent

A LA DROITE DU VATICAN, LES TRADITIONALISTES de Grégory Laville
France 3, dans la nuit du mercredi 18 août à 1 h 40


Décidément, les traditionalistes intriguent la télévision. Après le reportage diffusé par France 2 le 27 avril dans le cadre du magazine « Les infiltrés », c’est au tour de France 3 de leur consacrer un documentaire – certes bien tard dans la nuit, dans un genre toutefois très différent.

Alors que « Les infiltrés » avaient choisi la caméra cachée pour franchir les murs de la paroisse Saint-Éloi, à Bordeaux, confiée à l’Institut du Bon-Pasteur, Grégory Laville a pris le parti, lui, d’avancer à visage découvert et de laisser parler ses interlocuteurs : des prêtres parfois (l’abbé Philippe Laguérie, supérieur de l’Institut du Bon-Pasteur, ne cache pas sa joie devant « la progression considérable » que fait « chaque année » Benoît XVI « en direction de la Tradition »), mais aussi de nombreux fidèles, jeunes ou moins jeunes.

Erreurs factuelles

Ces entretiens permettent d’approcher au plus près le fonctionnement de la mouvance traditionaliste, notamment de sa liturgie. Les images d’archives, comme celles de la consécration à Écône (Suisse) de quatre évêques intégristes par Mgr Marcel Lefebvre, cause de son excommunication, sont elles aussi éclairantes.

On peut toutefois regretter le choix du réalisateur de se mettre en scène, non sans quelques facilités : ainsi est-il filmé en train de frapper sans succès à la porte d’une modeste chapelle de campagne, ce qui suggère au commentaire que « les églises se vident » depuis le concile Vatican II.

Surtout, même succinct, le commentaire n’est pas exempt d’erreurs factuelles, par exemple lorsque la célébration de confirmations à Saint-Éloi par le cardinal Ricard est vue comme « une preuve supplémentaire que l’Église a changé de cap ». Ou encore lorsqu’il est dit que, « contrairement » au cardinal Ricard, Mgr Jean-Luc Bouilleret, évêque d’Amiens, « refuse » une église aux lefebvristes de son diocèse et, ce faisant, « désobéit au Vatican ».

Anne-Bénédicte Hoffner

15 août 2010

[Père Maurice Avril] « Requiem pour un Concile »

SOURCE - Père Maurice Avril - Sermon du 15 août 2010

Beata es, ô Maria ! "Bienheureuse êtes-vous, ô Marie, parce que vous avez cru en l’accomplissement de tout ce qui vous avait été dit de la part du Seigneur" Luc l, 45.

Bienheureuse êtes-vous, ô Marie ! Le Père d’amour et de miséricorde, par l’entremise de Gabriel, vous révèle l’intégralité de son mystère d’amour et l’intégralité de la part qu’il vous propose pour l’accomplir.

Ô, Bienheureuse Vierge Marie, vous avez cru, et c’est intégralement que vous avez cru. Et le mystère d’amour s’est accompli.

A nous, à chacun de nous, de croire, et de croire intégralement : "celui qui croit possède la vie éternelle."

Grâce à Vous, Il s’est fait chair ! Grâce à Vous, il a habité parmi nous. Grâce à Vous, il s’est fait propitiation pour nos péchés. Et nous voilà fils de Dieu dans le Bien-Aimé !

Bienheureuse Marie qui avez cru, Vous êtes la Reine et la Mère de la foi, le témoin et le modèle de la foi, la gardienne et la garante de la foi !

Et nous, combien bienheureux sommes-nous quand la Sainte Église notre mère nous donne la foi.

Bienheureux sommes-nous quand nous gardons intégralement cette foi, quand nous vivons intégralement notre foi, quand nous défendons jusqu’au bout l’intégrité de notre foi.

L’Histoire, la seule Histoire, c’est l’Histoire de Dieu, l’Histoire, l’histoire du monde comme notre propre histoire, c’est l’histoire de Dieu dans son mystère d’amour. L’histoire, la seule histoire, mais c’est celle du Mystère d’amour de notre Dieu. Ce mystère d’amour dépasse les éternités d’éternités, ce mystère d’amour doit nous faire franchir nos éternités; "Lui qui est notre joie, il sera notre récompense !"

C’est bien pourquoi, "tout ce qui a été fait, tout ce qui a été écrit, l’ont été pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom" Jo XX, 31.

Mais, par contre, malheur à celui qui n’a pas cru, à celui qui est devenu ce qu’il est parce qu’il n’a pas cru.

Malheur à Lucifer, c’est dans son intégralité qu’il a refusé le plan d’amour de Dieu, qu’il a refusé de reconnaître et d’adorer le Fils de Dieu fait homme, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, Seigneur des Seigneurs et Roi des Rois, venu pour nous sauver et pour nous affilier en Lui à son Père.

A ce mystère d’amour, il a substitué son mystère d’iniquité; à l’amour, il a substitué la haine et il a brandi son communiqué de guerre: "non serviam", je ne servirai pas, c’est moi qui me ferai servir; je n’adorerai pas, c’est moi qui me ferai adorer, je mènerai la révolte contre le plan du Christ et je damnerai les âmes.

Bien comprendre que ce mystère d’iniquité est intégral et irrévocable, que nous sommes tous concernés, nous constituons les points de mire privilégiés de Satan. C’est le combat sans quartier de notre vie, il se poursuivra sans répit jusqu’à la fin des temps, il ne changera pas, il ne pourra changer.

Certes, Satan n’a de pouvoirs que ceux concédés par Dieu selon les desseins de sa miséricorde.

Certes, d’autre part, le plan diabolique est constamment contrarié par les poussées de la grâce, la vigilance de l’Église, les siècles de chrétienté, l’héroïsme des saints et chacun de nos efforts.

Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le plan d’iniquité est progressif, sa réalisation génialement échelonnée à travers les siècles en des étapes dosées selon les circonstances.

Car il lui faut du temps pour façonner les esprits, pour les conditionner, pour les réduire, pour adapter les mentalités aux changements successifs, les banaliser, les normaliser, les accorder à la conscience collective.

Seule doit régner la pensée unique qui, elle, vagabonde sur l’écran aux rythmes de la souris diabolique. Les contraires s’y bousculent, mais la flèche ne change pas, et dans ces pas de danse illogiques, les esprits étourdis sont réduits à l’esclavage. Nous n’aurons plus qu’à brouter la pensée unique et à la ruminer ; toute déshumanisation n’est que la fille unique de la déchristianisation. Nous voilà dès lors les bêtes que le lion rugissant peut délibérément dévorer.

Si ce n’était qu’une éventualité ? Mais quel autre sort peut envier notre seule nature humaine, si fragile et si inconstante ! Si, pour gravir le mystère d’amour, il faut monter, par contre, pour échouer dans le mystère d’iniquité, il suffit de glisser. Et l’homme est un être qui glisse, qui ne cesse de glisser, qui ne voit plus qu’il glisse, qu’il a fini par glisser jusqu’en bas. Et pourtant, il s’obstine à ne pas voir, à ne pas croire qu’il a glissé.

Il se déclare fidèle, et plus fidèle que jamais, c’est commun, c’est une pitié. C’est très commun : si, d’un côté, les durs s’endurcissent toujours, les mous, eux, s’amollissent à jamais. Et la cause perd ses meilleurs défenseurs, et la cause elle-même est perdue à jamais. Les forces occultes ricanent, l’occupation intégrale se poursuit Rappelons maintenant les étapes-clés :

- La tentation de nos premiers parents : "vous serez comme des dieux", en réalité dieux vous-mêmes, sans plus besoin d’autre Dieu.

- La Passion de N.S.J.C. : au fond, sa victoire éclatante : "tout est accompli." Mais pour les suppôts de Satan, "nous ne voulons pas qu’il règne sur nous !"

- La Révolution française, apologie du "non serviam", insurrection sacrilège légalisée, contre Dieu et contre son OEuvre, la révolte érigée en principe et comme fondement de l’anti-société, négation systématique de toute autorité, celle aussi de l’Église en conséquence ; et pour l’Église elle-même : "écrasons l’infâme."

Et nous aboutissons à la dernière étape, c’est l’assaut fatal, la victoire apparente du mystère d’iniquité. Ce qui la caractérise c’est que, d’une part jusque là, les ennemis attaquaient de l’extérieur, alors que désormais les attaques sont lancées de l’intérieur d’une néo-Église occupée, infiltrée. D’autre part, si jusque-là l’Église était un bastion à défendre, désormais, c’est un bastion à reconquérir, à délivrer.

Je vais certainement paraître excessif ! Je l’espère, comme Celui qui est tout, la Voie, la Vérité et la Vie, et cela reste toujours "scandale pour les Juifs et folie pour les gentils." Alors, cramponnez-vous à Celui qui est la Vérité, et comprenez bien : je n’interviens qu’en conscience, par fidélité à la foi et par amour du Seigneur Jésus-Christ et de son Église, une, sainte, catholique, apostolique et romaine. Jésus, seul, "tout le reste vient du Malin." Et ce Concile vient du Malin : Mgr Lefebvre affirmait : "Ils ont tourné le dos à la véritable Église. Ce concile, cet évènement ruineux pour l’Église catholique et toute civilisation chrétienne, n’a pas été dirigé et conduit par l’Esprit-Saint."

Comment a-t-il donc été conduit et dirigé ? Programmé par les forces occultes infiltrées, convoqué pour imposer leur programme, confisqué dès la Ière session par les Modernistes, il ne voulait ni ne pouvait être selon l’intention de l’Église : garder et transmettre le Dépôt de la foi. Il devenait un mort-né et ne constituait plus qu’une Assemblée informelle, aux apparences trompeuses d’un Concile. Cette Assemblée fantôme a substitué à la Sainte Église une néo-Église conciliaire anticatholique. Ce Concile est mortel, mort, mortifère, morticole. Ces assassins n’avaient d’autre but que d’intégrer l’Église à leur synarchie et de dénaturer la foi en spiritualisme ésotérique. L’Église conciliaire est anticatholique, universelle, noachide, cosmique, adogmatique, humaniste, libérale et laïque.

Replaçons ce Concile dans le contexte. Déplorons-le dans cette élégie tragique.

Le Concile, c’est l’apothéose du "non serviam" de Lucifer : insurrection sacrilège contre Dieu, son OEuvre, son mystère d’amour. C’est la négation sacrilège du règne social du Christ-Roi.

Le Concile, c’est l’apothéose du serpent sifflant à nos premiers parents : "vous serez comme des dieux."

C’était l’instauration de l’humanisme intégral.

Le Concile, c’est l’apothéose du reniement intégral du Dieu crucifié au Golgotha : "nous ne voulons pas qu’il règne sur nous."

Le Concile, c’est l’apothéose de la Révolution française : le culte sacrilège de l’homme devenu Dieu et Maître, et la Déclaration sacrilège des droits de l’homme.

Le Concile, c’est l’apothéose de la Révolution "en tiare et en chape", l’apothéose de la victoire apparente du mystère d’iniquité sur le mystère d’amour. Ce Concile est vraiment l’apothéose de l’apostasie totale.

La question se pose alors : le Concile sévit depuis déjà plus d’un demi-siècle, pourquoi soudain à nouveau, cette levée de boucliers ?

Réponse : le lessivage des esprits, qui a suivi chacune des offensives de déchristianisation s’est intensifié et appuie la victoire apparente du mystère d’iniquité. Parallèlement et en conséquence, se sont intensifiées, la déperdition de la foi, l’aveuglement des esprits sur le vrai combat et sur les vrais ennemis. Le courage s’est affaibli, la lassitude, l’abandon, le découragement peut-être ont suivi, et surtout, nous sommes devenus des habitués sans plus de réaction. Les opposants qui persévèrent, semblent lutter contre des moulins à vent. En toute réalité, la Tradition souffre d’une hypotension qui ne peut que lui être fatale.

Il est plus que temps, il faut se réveiller, se redresser, retrouver l’enjeu du combat et remonter hardiment aux premières lignes.

Jésus, seul Jésus, la Vérité intégrale. Sa Sainte Église, seule, pour recevoir et transmettre le Dépôt intégral. Hors du Christ, hors de l’Église, c’est l’erreur intégrale. Contre le Christ intégral, contre l’Église intégrale, c’est l’erreur intégrale. Le Concile, hors du Christ intégral, contre l’Église intégrale, c’est l’erreur intégrale. C’est le serpent qui siffle, c’est la perte intégrale des âmes.

Tout un chacun est menacé, et même tenté, et parfois tellement tenté. Nous voilà donc bien en état de légitime défense, voilà notre Christ à nouveau devant Pilate, voilà notre Église en état d’asphyxie, elle qui ne vit que par ses deux poumons : la Parole de Dieu et la Tradition.

Nous avons le droit strict de lutter contre l’erreur intégrale. Nous avons le devoir impérieux de défendre notre foi. Nous voulons garder notre foi dans toute son intégrité, nous voulons défendre la foi catholique, au prix même de notre vie. D’autre part, telle a bien été la volonté de Dieu quand Il nous a installés dans ce monde, quand son Église nous a prodigué la foi, quand ces grâces sont intervenues en de telles circonstances et en ces temps d’apostasie endémique.

Choisis, Dieu nous a choisis pour une mission exaltante. Nous sommes armés de toute la grâce nécessaire.

Dieu veut avoir besoin de nous pour sa gloire, pour la libération et l’exaltation de sa Sainte Église, pour la restauration intégrale de son règne social. A lui, Roi du ciel et de la terre, gloire et louange à jamais.

Dès le "non serviam", Dieu choisissait St Michel. Dès le désastre d’Adam et Ève, Dieu choisissait la pleine de grâce, "terrible comme une armée rangée en bataille."

Dès l’offensive conciliaire, Dieu choisissait cette légion de combattants de la foi, cottes de mailles bien arrimées. Rendons hommage à ces héros de la première heure, fleurons de la Tradition, des abbés Coache à Mgr Lefebvre.

Mais au fil des ans, nous avons flanché, et nous ne cessons plus de flancher : la durée sans fin de l’épreuve et l’épuisement, le climat de tranchées et cette déperdition de la foi, les pièges continuels et nos divisions éternelles, les doutes et les découragements, un certain mal de ralliement et le besoin des bras maternels de notre Église ! ...

Attention ! Le combat ne peut être qu’intégral et de jour et de nuit. Qui se veut conciliant termine conciliaire. Qui croit pouvoir s’intégrer se désintègre aussitôt. Qui louche sur l’erreur perd ses deux yeux.

Qui accorde des droits à l’erreur s’engouffre lui-même dans l’erreur intégrale, il en vient même à employer, comme le système, l’oecuménisme conciliaire.

Attention ! Ce Concile, le dénoncer, le refuser, lui, son esprit et ses applications, et surtout ne pas essayer de le rafistoler, de le triturer, de le charcuter ; n’en plus tenir compte et l’oublier.

J’insiste, je reprends, je répète. Non, ce ne sont pas des répétitions, c’est un refrain, ce sont des vagues obstinées : la Tradition est en grave hypotension, et vous, vous en avez assez d’être à part, vous rêvez d’être "comme tout le monde", vous prenez le pas, le mauvais, sur les conciliaires, vous les dépassez d’autant.

Mes chers frères traditionalistes, vous vous sentez démodés, dépassés, ridicules, vous avez honte, et vous cherchez à vous dédouaner, vous êtes devenus terriblement dangereux tout en n’étant plus rien. Mes amis, en clair, vous trahissez et vous poignardez dans le dos la Tradition en chantant des Alléluia !

Persévérer dans le combat, ce doit être jusqu’à la victoire. Persévérer et triompher, c’est vivre intégralement le Mystère d’amour, c’est accomplir intégralement la Volonté de Dieu en devenant des saints en toute intégralité. Fils de Dieu, vous devez rester intégralement les témoins du Christ, les soldats du Christ. C’est la guerre, vous êtes mobilisés pour exorciser la néo-Église conciliaire et libérer la Sainte Église du Christ, et pour restaurer intégralement le règne du Christ sur ses domaines.

Heureux, bienheureux élus de la Tradition, gardez vôtre la foi intégrale, combattez jusqu’au bout de votre foi. Votre combat prendra la mesure de votre foi intégrale. Elle, la Bienheureuse, elle a cru, mais avec la foi la plus intégrale. Elle, la Reine et Mère de la foi, le témoin et le modèle de la foi, la gardienne et la garante de la foi, nous appelle à serrer les rangs derrière elle, pour le combat intégral de la foi. u calvaire, Elle demeurait debout, mais déjà son talon se fortifiait et le Malin commençait à trembler.

Pour le combat, c’est au pied du Calvaire que nous la rejoignons et que nous redressons nos talons.

A la Salette, la Sainte Mère sanglotait, et nous la rejoignons pour pleurer avec elle, sur nous-mêmes et sur tous ceux qui sont la cause de ces sanglots, pour combattre avec elle.

A Fatima, la Toute-Puissante nous a promis la victoire, sa victoire : "à la fin, mon Coeur Immaculé triomphera !" Et déjà, grâce à votre combat, d’un horizon inondé d’espérance, pointe sur le carmel le tout petit nuage. Et il s’avance, et il grossit.

Alors, ô Mère bien-aimée, la fin, cette fin que vous annoncez, est-ce pour bientôt ?

Ainsi-soit-il !

[AFP] Des centaines de fidèles à la procession de Saint-Nicolas-du-Chardonnet

SOURCE - AFP - 15 août 2010

Plusieurs centaines de fidèles ont participé dimanche à Paris à la procession mariale organisée par l'église traditionaliste de Saint-Nicolas du Chardonnet (Paris Ve), a constaté un journaliste de l'AFP.

Le cortège a quitté l'église vers 16H30, avec à sa tête l'abbé Xavier Beauvais entouré de quelques prêtres et des soeurs en tenues d'apparat et s'est dirigé, sous une pluie battante, vers la place Saint-Michel.

Tout au long du parcours, les chants religieux et les prières rythmaient cette procession dominée par les plus de 40 ans. Sur place, l'abbé Beauvais et les prélats qui l'accompagnaient se sont agenouillés, priant pendant une trentaine de minutes devant une statue de la Vierge Marie ornée de roses blanches.

"Nous sentons bien qu'à notre époque d'une démocratie décadente et d'une Eglise qui a perdu la fierté de ses maîtres, il faut la toute puissance de cette femme (...) pour remettre de l'ordre dans la vieille maison de la France", a déclaré l'abbé Beauvais devant les fidèles.

Parmi eux, Emmanuel, qui n'a pas décliné son patronyme, a estimé que cette procession était "une démonstration de foi". Pour ce fidèle qui dit "s'inscrire dans l'oecuménisme", il importe de "renouveler notre foi chaque jour et de retrouver ce que notre pays a perdu depuis si longtemps".

De son côté, Galtier, la soixantaine, "très attaché aux valeurs profondes" de l'église, a voulu se démarquer de la procession organisée par le Diocèse de Paris. "Je trouve qu'elle ne correspond pas à mon état d'esprit. Ca me choque", a-t-il asséné, jugeant au contraire celle de l'église Saint-Nicolas "merveilleuse".

[France 3] Nouveau prieuré FSSPX à Nancy

SOURCE - France 3 - 15 août 2010

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13 août 2010

[Paix Liturgique] La forme extraordinaire de 7 à 77 ans

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 243 - 13 août 2010

Dans le cadre de nos lettres consacrées au bilan qualitatif du Motu Proprio Summorum Pontificum, nous publions aujourd'hui les réflexions de Don Luigi Iandolo, jeune curé italien de la paroisse Santa Maria Assunta in Cielo d’Avellino (diocèse d’Avellino) sur la crise de l'Église et les bienfaits que celle-ci pourrait retirer de l'application généreuse du Motu Proprio. Né en 1979, Don Luigi a été ordonné en 2006. 

I – LE DOCUMENT

Trois années se sont écoulées depuis la promulgation du motu proprio “Summorum Pontificum”, en juillet 2007, acte suprême par lequel le pape Benoît XVI a accordé la célébration de la Sainte Messe selon le Missel de Jean XXIII édité en 1962 – et jamais abrogé – comme forme “extraordinaire” de la liturgie de l'Église.

Il s'agit de la messe dite “tridentine” ou plutôt “damaso-grégorienne” en ce qu'elle remonte précisément aux papes Damase et Grégoire. Cela signifie que là où il existe ou se constitue un groupe de fidèles qui demande de bénéficier de l'ancienne tradition liturgique, le curé doit accorder la célébration de la Sainte Messe également selon le Missel romain promulgué par le Bienheureux “Papa Buono” (surnom affectueux donné par les Italiens à Jean XXIII).

Il est indéniable que, trois ans après la publication de ce controversé Motu Proprio, l'Église traverse aujourd'hui l'une des crises les plus profondes et graves de son histoire bimillénaire : sa foi, sa discipline et sa pratique religieuse sont touchées. Tout n'est pas à attribuer à l'époque et au monde modernes : chercher des responsabilités extérieures sans regarder à l'intérieur de l'Église serait plutôt déresponsabilisant. Du reste, comme l'a souligné le Saint-Père lors de son récent voyage à Fatima, les pires maux dont souffre l'Église se développent en son sein, comme si le Diable voulait la faire imploser. Quel meilleur point de départ, pour analyser cette “implosion”, que la liturgie, action à travers laquelle l'Église nous rend présent Jésus ?

On comprend bien, alors, que la crise de l'Église est intimement liée à la crise de la liturgie, comme l'a écrit en son temps le cardinal Ratzinger : “Je suis convaincu que la crise de l’Église que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie, qui est parfois même conçue de telle manière – etsi Deus non daretur [comme si Dieu n’existait pas]– que son propos n’est plus du tout de signifier que Dieu existe, qu’Il s’adresse à nous et nous écoute. Mais si la liturgie ne laisse plus apparaître une communauté de foi, l'unité universelle de l'Église et de son histoire, le mystère du Christ vivant, où l'Église manifeste-t-elle donc encore sa nature spirituelle?”(*)

Le motu proprio du Saint Père offre donc la possibilité de bénéficier des trésors de la liturgie antique et de retrouver ainsi le sens, souvent perdu, du Sacré et du Mystère en redonnant à la liturgie la dignité qui lui est propre. “Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place“ lisons-nous dans la lettre aux évêques de Benoît XVI accompagnant le document de 2007. Il est clair, donc, que le souhait du pape est que ce trésor soit redécouvert, pour le bien des âmes avant tout, qui pourront en retirer grâce sur grâce.

Il n'est pas question, de façon simpliste, d'une simple “messe en latin” où le célébrant “tourne le dos aux fidèles” mais plutôt d'un rite très ancien où tous sont tournés vers le Seigneur et goûtent et expérimentent une Présence silencieuse qui parle la langue du mystère même !

Ce rite nous enseigne que l'Église n'est pas un cercle idéal où l'on se regarde les uns les autres, repliés sur nous-mêmes, mais bien un peuple qui, ensemble, compact, regarde vers le Soleil qui ne se couche jamais, vers l'Orient, seule source du salut. La belle chose étant que, si l'on n'a pas de missel il se peut que l'on sorte de la messe traditionnelle sans avoir rien compris mais en ayant découvert d'avoir... tout compris ! En usant d'une langue qui n'est pas d'usage quotidien – une langue sacrée – ; en expérimentant une centralité qui n'est ni celle du prêtre ni celle de l'assemblée participante mais celle de Celui qui est Grand et à qui revient toute adoration, on découvre que la liturgie n'est pas une question de compréhension intellectuelle et linguistique mais bien plutôt d'adoration. Si la liturgie ne permet pas la rencontre avec Dieu, elle perd alors sa sacralité et échoue, ne sert plus à rien, devient une évasion inutile, une cabale, un simple théâtre ou, et toujours selon les mots du cardinal Ratzinger (Chemin de Croix 2005) : “une danse vide autour du veau d'or que nous représentons, une célébration de soi-même sans même tenir compte de Lui”.

La difficulté d'apprécier de nouveau ce trésor se comprend facilement car ce n'est ni plus ni moins que celle que l'homme d'aujourd'hui rencontre face au mystère de la Rédemption. L'homme de notre temps aime être protagoniste et est absolument convaincu de son autosuffisance. Il peut tout et n'a besoin de personne pour se sauver. Il se sauve tout seul, par ses propres forces. Ainsi tolère-t-il mal un rite dans lequel il lui est demandé de mettre de côté sa superbe et de se faire simple adorateur, à genoux, du mystère qui lui est offert. Pourtant, ce que l'on observe depuis le Motu Proprio de Benoît XVI semble aller à l'encontre de ceci : qui s'approche, sans préjugés et le cœur ouvert, de la messe traditionnelle finit par s'en éprendre. La raison est simple : le Dieu qui parle dans le silence ne s'adresse pas à l'esprit de l'homme, toujours réticent à s'ouvrir au mystère, mais frappe à son cœur, réveillant en lui la nostalgie du sacré. Et c'est proprement pour cette capacité à toucher directement le cœur que la messe tridentine attire, attire toujours plus...

Sans donner trop de poids aux chiffres, il est intéressant de lire les résultats des récents sondages sur ce sujet. En Allemagne, par exemple, seulement 7% des pratiquants refuseraient d'assister à la messe traditionnelle si elle était célébrée dans leur paroisse. Les 93% restants seraient prêts à y participer au moins de temps en temps (25% chaque semaine). Au Portugal en revanche, c'est un catholique sur trois (qu'il soit pratiquant ou non) qui voudrait la messe ancienne tous les dimanches. Proportion qui dépasse les 50% chez les personnes allant à la messe au moins une fois par mois. Et la donnée relative à l'Italie est encore plus réconfortante puisque jusqu'aux deux tiers des fidèles y désireraient la messe dans leur paroisse.

Les chiffres semblent donc vraiment encourageants et le phénomène ne doit pas être sous-évalué, surtout au moment auquel l'Église a besoin de se purifier et de tourner à l'essentiel : la prière et la pénitence, ainsi que l'a demandé le Saint Père, faisant sien le message de la Vierge à La Salette, à Fatima et lors de tant d'autres apparitions au XXème siècle. La redécouverte de la messe traditionnelle et son approfondissement peuvent vraiment nous aider à “remettre en ordre” notre relation au sacré, en nous aidant à reconnaître la primauté de Dieu et de Ses commandements, confiants dans le triomphe du Cœur Immaculé de Marie – comme annoncé à Fatima – et dans l'accomplissement du songe de Saint Jean Bosco, celui où il vit deux colonnes sauver l'Église : l'Eucharistie et l'Immaculée !

(*) Cardinal Joseph Ratzinger, Ma vie. Souvenirs (1927-1977), Fayard 1998 

II – LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE

1) “La crise de l'Église est intimement liée à la crise de la liturgie” : cette affirmation, qui aurait été qualifiée de “lefebvriste” il y a encore peu de temps est aujourd'hui tranquillement énoncée, en s'appuyant sur les écrits mêmes du cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI, par des ecclésiastiques – du clergé tout ce qu’il y a de plus officiel – de plus en plus nombreux. Un clergé de 7 à 77 ans, serions-nous tentés d'écrire, vu le jeune âge de Don Luigi Iandolo, tout juste trentenaire... On remarquera d’ailleurs que Joseph Ratzinger reliait ses réflexions sur l’évolution de la liturgie à la fin des années soixante avec l’un des thèmes les plus “antimodernes” de sa pensée : la formule Etsi Deus non daretur (comme si Dieu n'existait pas) peut être considérée selon lui comme le slogan de l’arrogance moderne de la raison. Autrement dit, lorsque Joseph Ratzinger soulignait que la liturgie – dont le mouvement intrinsèque est d’être une totale soumission à Dieu – est devenue une “fabrication”, il voulait dire qu’elle entrait par cela même dans le mouvement moderne d’autosuffisance de la raison qui oublie ce qu’elle est, pure image de Dieu. Il n’est donc pas exagéré de dire que pour le Pape, il y a quelque chose d’”athée” dans la nouvelle liturgie. La citation faite par Don Luigi est ainsi choisie avec une très juste connaissance de la pensée du Saint-Père.

2) La jeunesse de l’auteur de ces lignes doit interroger toute personne de bonne volonté. En effet, une génération de prêtres n’ayant connu jusqu’à un passé récent que la forme ordinaire du rite romain se met à découvrir et par suite à aimer une forme liturgique plus ancienne qu’ils ne connaissaient pas jusqu’alors. Voilà de quoi ébranler les vieilles formules toutes faites des ennemis de la paix telles “vous êtes nostalgiques de la messe de votre enfance”, “vous voulez revenir en arrière…”, ou bien encore “cette forme liturgique n’intéresse que les personnes âgées…”. Il est temps de voir les choses en face, les principaux détracteurs du motu proprio de Benoît XVI appartiennent à une génération vieillissante de plus en plus en décalage avec l’Église du rang. D'ailleurs, les petits servants de messe de Saint Pierre de Rome expriment parfaitement bien cette évolution quand, en parlant de la messe de St-Pie-V, que l’on célèbre de plus en plus souvent dans la Basilique, ils disent "je vais servir la nouvelle Messe". Il faut dire que la messe réformée fait aujourd’hui penser esthétiquement – si l’on peut dire – à l'une de ces cités nouvelles des années 70, quarante ans après.

3) L'article de Don Luigi, par son souci pédagogique et catéchétique – justification de l'usage du latin et de l'orientation commune du célébrant et des fidèles “vers le Seigneur”, explication des attitudes de silence et d'adoration par le mystère de la Présence réelle, etc. – rejoint celui de Mons. Pope, curé de l'archidiocèse de Washington, que nous avons publié dans notre lettre 234. De Washington à Avellino, où Don Iandolo exerce son ministère, c'est l'universalité, donc la catholicité, de la forme extraordinaire du rite romain qui est ainsi soulignée.

4) Enfin, en faisant référence aux sondages internationaux commandités par Paix Liturgique, Don Luigi nous conforte dans notre politique d’information. Sans accorder aux chiffres plus de poids qu'ils n'en méritent, Don Iandolo tente néanmoins de mesurer ce que signifient les principales tendances – concordant dans le temps et dans l’espace – dégagées par ces études scientifiques réalisées par des professionnels indépendants. Que les donateurs qui nous ont permis de financer ces sondages soient encore une fois vivement remerciés.