5 mars 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Discussions à l'avenir

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 5 mars 2011

Au soulagement des uns, à  la déception des autres, il paraît que les discussions doctrinales que tiennent depuis un an et demi des théologiens de Rome avec des représentants de la Fraternité St Pie X vont après tout prendre fin ce printemps, parce qu'on aura alors discuté de toutes les matières principales sans qu'aucune vraie perspective d'accord se soit ouverte. Voilà la conclusion qui se tire pour le moment de certains propos tenus par le Supérieur Général de la Fraternité au cours d'une interview qu'il a donnée le 2 février.
Or ceux qui seraient déçus peuvent se rassurer qu'il y a toujours des Romains et des prêtres importants de la FSSPX qui ne renonceront guère à leurs efforts de construire un pont entre les hommes d'Eglise de Vatican II et ceux de la Tradition catholique. Mais quoi qu'il en soit d'efforts semblables de réunir les catholiques de bonne volonté, efforts que l'on observe et observera en flux et reflux hier, aujourd'hui et demain, les paroles de Notre Seigneur nous servent d'ancre : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt.XXIV, 35). Car la vie de l'Eglise se calque sur la vie de Notre Seigneur où le flux et reflux des souffrances et tentatives humaines aboutirent aux affres de la Croix, mais là, malgré sa répugnance toute humaine à se soumettre à la volonté crucifiante de son Père, son esprit et son cœur humains restèrent ancrés dans la volonté divine : « Père, si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi, néanmoins que ta volonté soit faite et pas la mienne » (Mt.XXVI, 39).
Dès lors cette même volonté divine et immuable qui a servi de boussole et d'ancre dans l'esprit et le cœur humains de Notre Seigneur doit servir d'ancre dans la vie aussi de son Eglise. Alors il peut y avoir toute une suite de Papes, de Conciles et de Congrégations religieuses, mais pour être catholiques, tous et toutes doivent se soumettre à cette volonté divine à laquelle Notre Seigneur s'est soumis, et ils doivent proclamer exactement les mêmes vérités que Notre Seigneur a transmises de son Père à son Eglise. Aucune autre institution sur la face de la terre n'est construite comme l'Eglise catholique en dépendance de la Vérité, en sorte qu'elle survit dans la mesure où elle lui est fidèle. C'est bien parce que l'Eglise Conciliaire met des intérêts humains à la place de la Vérité divine qu'elle se désintègre, et toute Congrégation ou Fraternité qui ferait de même, tombera de même en ruines.
Il s'ensuit que quiconque reste fidèle à la plénitude de la Vérité révélée se trouvera - pas en principe, mais en pratique - au volant de l'Eglise (voir « Letters from the Rector », Vol. IV, p.164). Qui plus est, quiconque possèderait cette Vérité et prétendrait qu'il n'était pas au volant de l'Eglise se ferait qualifier par Notre Seigneur de « menteur », comme il se serait appelé lui-même s'il avait démenti son Père (Jn.VIII, 55). En effet, tout messager qui nierait le caractère divin de son message divin aurait pour père le Père des Mensonges (Jn.VIII, 44), et il ne serait aucun vrai ami de ses semblables, comme lui et eux voudraient peut-être le penser.
Il existe une Vérité, même si peu de personnes arrivent à la discerner. Le droit et le pouvoir des Romains de gouverner l'Eglise dépendent de leur fidélité à cette Vérité. Le droit et le pouvoir de la FSSPX de tenir tête aux Romains infidèles dépendent également de sa propre fidélité à cette Vérité. Pour le moment la FSSPX a été fidèle. Pour le moment elle survivra. Puisse Rome, en retournant à la Vérité, rendre superflue cette survie!
Kyrie eleison.

[perepiscopus.org - Maximilien Bernard] Mgr Planet, fidèle lecteur du Forum catholique

SOURCE - perepiscopus.org - Maximilien Bernard - 5 mars 2011

Mgr Planet, évêque de Carcassonne, qui est, rappelons-le, délégué de la CEF pour effectuer le bilan de l’application (ou non application, c’est selon) du motu proprio Summorum pontificum, est un évêque qui suit fidèlement (et il n’est pas le seul) le Forum catholique. A propos de l’interdiction du pèlerinage de la Fraternité Saint Pie X à Marceille à Limoux, que j’ai évoqué, il a tenu à apporter un complément d’information. Le voici :
Toute affaire a un début. Le début c’est la publication sur le Bulletin Le Seignadou, décembre 2009, Bulletin de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Prieuré Saint-Joseph-des-Carmes, d’un article prenant à partie les communautés Ecclesia Dei de mon diocèse. L’article se terminait ainsi : «Mais qu’on me permette de dire et redire que quiconque veut être fidèle à l’Eglise dans sa tradition doctrinale, morale et liturgique, ne peut confier sa fidélité à la garde de ces instituts qui se disent en pleine communion avec l’évêque chef et pasteur du diocèse ». Les propositions d’accueillir ces prêtres s’ils me demandent les pouvoirs de confesser, s’ils utilisent les huiles saintes du diocèse et si c’est moi qui (avec le Pontifical tridentin) confirme dans leurs églises, ont été faites il y a six ans, bien avant tout conflit et elles demeurent. Les points de suspension dans ma lettre du 5 février dernier remplacent les mots : « L’accès à l’intérieur de la Basilique est de toute façon impossible, l’édifice est en restauration et le culte ne reprendra qu’à partir du dimanche des Rameaux ».
Il faut reconnaître que cette mise en cause des instituts Ecclesia Dei est, sinon scandaleuse, au moins déplacée, surtout dans le contexte de réconciliation que l’on connaît. D’autant que, dans le diocèse de Carcassonne, officient les chanoines et les chanoinesses réguliers de la Mère de Dieu ainsi que la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, lesquels sont certainement fidèles à la tradition doctrinale, morale et liturgique de l’Eglise. Et qui plus est, ont une situation canonique légale.
Néanmoins, qu’il me soit permis de douter de cet argument de Mgr Planet. Prendre appui sur un écrit de décembre 2009 pour interdire un pèlerinage de mars 2011, alors qu’il a eu lieu en 2010 (avec célébration de la messe à l’intérieur de la basilique par l’abbé Jacques Laguérie, second assistant du district de France), laisse entendre que la cause de l’interdiction est ailleurs.  Sinon, pourquoi ne pas l’avoir interdit dès 2010 ? D’autant plus que, si Mgr Planet veut vraiment aller « au début » de cette affaire, il faudrait mentionner les interdictions de son prédécesseur Mgr Despierres, évêque de Carcassonne jusqu’en 2004, qui, faisait fermer à clef les confessionnaux du sanctuaire le jour du pèlerinage.
Il y a donc une autre cause à l’interdiction formulée par Mgr Planet. Est-ce le refus du rapprochement avec la Fraternité Saint Pie X opéré par Benoît XVI ? On sait que les discussions doctrinales avec Rome sont sur le point de se terminer. Est-ce lié à la tentative de torpillage du motu proprio par une instruction limitative ? Seul Mgr Planet peut répondre.
Alors certes, les prêtres de la Fraternité Saint Pie X ne sont pas exempts de toute faute, on ne peut pas le nier. Mais est-ce véritablement le moment pour un évêque de se durcir à leur égard ? Voici ce qu’écrivait fort à propos Benoît XVI aux évêques en 2009 :
Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède; consciente de la promesse qui lui a été faite? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi des discordances se sont fait entendre? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine.
Il me semble que cette recommandation du Souverain Pontife est toujours actuelle et s’applique aussi à Mgr Planet.

[summorum-pontificum.fr] L’abbé Laguérie s’interroge sur le « tournant »

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 5 mars 2011

Sur son blog, le supérieur de l’Institut du Bon-Pasteur (IBP), l’abbé Philippe Laguérie propose un long texte, bien dans sa manière, sur trois sujets importants : la béatification de Jean-Paul II, le décret d’application du Motu Proprio et Assise III. Au-delà de ces trois questions, la thèse principale de ce post est de réfuter l’idée d’un « tournant » dans le pontificat actuel et de réaffirmer que nous sommes toujours en pleine crise de l’Église. Mais évoquons d’abord les points abordés, avec sa verve habituelle, par le supérieur de l’IBP, étant évident, bien entendu, qu’il convient d’aller lire dans son ensemble l’argumentation développée (ICI). 
Assise III
On peut bien trouver mille opportunités et devoir prendre mille précautions : les risques de syncrétisme, de relativisme et de scandale sont inéluctables parce que consubstantiels à ce genre de rassemblements. Le lieu-tenant de Jésus-Christ sur terre se met lui-même, et l’Eglise qu’il gouverne, au niveau des sectes diaboliques ou des religions qui refusent le Représenté ou encore le représentant lui même. La caractéristique de la religion du Christ, depuis les apôtres, c’est son auto-revendication comme détenant la vérité que les autres n’ont pas. Les autres peuvent avoir « des vérités » (quelque semence du Verbe, justement) mais non point La Vérité, parce que l’unique vérité catholique c’est le Christ Lui-même.
L’instruction sur le Motu Proprio
Vous me permettrez simplement d’attendre le document pour en juger. Et je vous prie d’en faire autant, sauf à vouloir nous couvrir de ridicule. Les madames soleil improvisées, les caïds du lendemain et les diseuses de bonne aventure n’ont pas grand-chose à faire sous le ciel de l’Eglise. Surtout pas de sommer les gens normaux d’avoir à prendre position sur leurs fantasmes élucubratoires. Le Motu proprio, malgré ses limites, a été une divine surprise et vous feriez mieux de prier pour en obtenir une autre que de fouiner les viscères.
La béatification de Jean-Paul II
Quant au premier, je vous dis simplement que je serai très heureux de savoir le pape Jean-Paul II au ciel. Si vous le souhaitez en enfer, vous avez un sacré problème. Saint Vincent Ferrier, qui priait pour le salut de…Lucifer, était plus chrétien que vous. Je vous rappelle que la béatification d’une personne ne dit que cela et même sans aucune garantie d’infaillibilité aux dires de l’ensemble des théologiens catholiques. La béatification n’est pas de ce domaine puisqu’elle ne dit rien quant à la Foi ou les mœurs (Pas même de manière connexe). (…)Allez, soyons francs. J’aurais bien aimé qu’on fasse passer le pape Pie XII avec Jean-Paul II comme on a fait passer Pie IX avec Jean XXIII. Mais c’est quitter la théologique, domaine du vrai, pour celui de la politique, domaine de l’inavouable…
Sur les informations concernant le décret d’application du motu proprio, sujet qui intéresse ce blog, que l’abbé Laguérie n’y croit pas n’a que peu d’importance. Mais il n’est pas très difficile de vérifier ces informations, pour qui le veut et notamment pour un supérieur de communauté,  dès lors que l’on va à Rome et que l’on pose les questions aux personnes qui sont là pour vous renseigner. Mais l’important n’est pas là. L’important se trouve finalement dans la conclusion de ce post et tient en un mot : « tournant ».
Je veux bien négocier tous les tournants que vous voulez, dès lors que vous m’aurez convaincu qu’il y a bien un tournant. Ce qui supposerait que nous fussions en pleine ligne droite, n’est-ce pas ? Je conclurais plutôt qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, sauf à dire que, depuis le pontificat de Benoît XVI, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Allons donc, comme dit l’autre, ça se saurait.
C’est certainement un hasard, mais ce mot de « tournant » fut celui qu’employa récemment l’abbé de Tanoüarn concernant le pontificat de Benoît XVI. On en trouve trace sur le Metablog, en date du 8 février dernier. Ce fut le titre d’une conférence qu’il donna au Centre Saint-Paul, le même jour. Du coup, les propos de l’abbé Laguérie apparaissent comme une réponse à l’abbé de Tanoüarn. Et l’on se prend à penser que dans un même institut le mieux serait de se parler plutôt que de se répondre par blog interposé. À moins qu’il y ait un vrai tournant au sein de l’IBP ?

4 mars 2011

[France Soir] Le curé et son village menacés d'excommunication

SOURCE -France Soir - 4 mars 2011

Le père Francis Michel refuse de quitter Thiberville pour être affecté dans une autre paroisse. L'évêque d'Evreux le menace d'excommunication, comme tous ses fidèles.

Y aura-t-il des fidèles à la messe de Thiberville dimanche ? Rien n'est moins sûr. « Un comble, alors que l'église faisait le plein avec l'abbé Michel », s'étonne un passant. Le nouveau curé, l'abbé Vivien, en a fait l'amère expérience dimanche dernier : la serrure de l'église ayant été obstruée, il a dû se rabattre sur l'église voisine, à Saint-Aubin. Et, au début de la célébration, la quasi-totalité de l'assistance est sortie en signe de protestation. Car les 5.000 fidèles de la paroisse n'acceptent toujours pas le départ de « leur » curé, muté par l'évêque d'Evreux. Deux ans qu'il refuse. Manifestations, pétitions, page Facebook... En décembre, le tribunal suprême de la Signature apostolique, au Vatican, a tranché. Tous les recours de l'abbé rebelle sont épuisés. S'il refuse de collaborer avec l'évêque d'Evreux, Mgr Nourrichard, il risque l'excommunication, ainsi que ses fidèles.

« Il drainait du monde »


Depuis quinze jours, la silhouette de l'abbé se fait discrète. Ici, tout le monde le connaît. A 62 ans, il officie en latin depuis vingt-quatre ans dans cette paroisse de treize églises. C'est « un curé à l'ancienne, en soutane, et moi, ça me plaît. Son remplaçant ne porte même pas une croix », raille Annick, 58 ans, employée à la maison de la presse. « Il a enterré mon père, je lui dois beaucoup », glisse une cliente. « Il nous a mariés il y a vingt-quatre ans ! » s'exclament Yvette et Bruno Panis, les charcutiers, déçus car il ne pourra pas baptiser leur petite-fille. Les habitants louent ses « superbes cérémonies », son « humanité », son « dynamisme »... Près de 150 enfants suivaient son catéchisme. « Il savait nous apprendre. On faisait des voyages. Et il n'était pas le dernier pour rigoler », raconte Benjamin, grand brun de 19 ans. Et puis, confie une vendeuse, « faut être honnête, il drainait du monde ». Les nombreux commerces – deux boulangeries, deux pharmacies, deux boucheries, quatre bars... – en ont profité. Les fidèles venaient du Havre pour assister à ses célébrations traditionalistes, et d'encore plus loin pour admirer sa crèche à Noël.

Le pape à Thiberville !


Ces derniers mois, le portrait du curé s'est un peu fissuré. Des paroissiens ont alerté l'évêché sur sa gestion. En octobre, une information judiciaire contre X a été ouverte, après une plainte pour « abus de confiance » et « détournement de fonds » déposée par l'association diocésaine avec constitution de partie civile. L'abbé aurait « toujours refusé de fournir des comptes certifiés », explique l'avocate de l'association, Laurence De Palma-Papet. Le curé muté pour une histoire de gros sous ? « C'est la jalousie, tout ça. Notre paroisse est celle qui rapporte le plus d'argent, l'évêché ne supporte pas », estime un fidèle.

Certains murmurent que le religieux récoltait des fonds pour des associations royalistes, lui qui célébrait la messe pour Louis XVI. Que le pape serait venu, un soir, le voir au presbytère ! D'autres évoquent des soupçons de pédophilie. L'évêque d'Evreux, Mgr Nourrichard, repète, lui, que sa décision ne tient pas à « une question de sensibilité liturgique ou de port de la soutane ». Il laisse la justice trancher le volet financier et justifie la nécessité de mieux répartir les curés vieillissants de la région. Mais au bourg, certains l'avouent : ils n'en voudraient même pas au père Michel s'il avait « piqué dans la caisse ». « Après tout ce qu'il a fait pour nous... Etre chrétien, c'est savoir pardonner, non ? »

[Abbé Philippe Laguérie, ibp] Un tournant?

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie, ibp - 4 mars 2011

Sans doute le vieux pilote que je suis (12 points à mon permis, ne vous déplaise) plutôt retraité à vrai dire à l’heure qu’il est, sait d’instinct qu’un vrai tournant se négocie, se prépare, se gère, avant, pendant, après… Se déporter du côté opposé en adaptant la vitesse, couper sec en accélérant et finir en largeur pour remettre dans l’axe. Tout un art !
Encore faut-il qu’il y ait un tournant certain, vrai, incontournable. Car à dire vrai, négocier un supposé tournant en pleine ligne droite est le plus sûr moyen de se jeter dans le décor, avec ceci de très humiliant que, précisément, il n’y avait aucun obstacle.
C’est un peu à ce jeu puéril que se prêtent bon nombre de chroniqueurs divers qui prophétisent savamment, sur des indices hypothétiques, un radical tournant dans le pontificat du pape Benoît XVI. Mais le plus comique est qu’ils voudraient, nous entrainant d’un irénisme béat à une sinistrose contagieuse, nous forcer, nous contraindre même sous la menace, à prendre position sur des évènements futurs. Voyons ces faits.
Il y a d’abord la béatification du pape Jean-Paul II, le premier mai prochain (Et non 1er avril, comme j’avais d’abord écrit, pardon).
Il y a ensuite le décret d’application du Motu proprio. On nous prophétise celui-là en opposition avec celui-ci.
Il y a l’annonce d’un Assise III, prévu pour octobre.
Commençons par ce dernier point qui ne peut évidemment rien apporter de bon, en soi. On peut bien trouver mille opportunités et devoir prendre mille précautions : les risques de syncrétisme, de relativisme et de scandale sont inéluctables parce que consubstantiels à ce genre de rassemblements. Le lieu-tenant de Jésus-Christ sur terre se met lui-même, et l’Eglise qu’il gouverne, au niveau des sectes diaboliques ou des religions qui refusent le Représenté ou encore le représentant lui même. La caractéristique de la religion du Christ, depuis les apôtres, c’est son auto-revendication comme détenant la vérité que les autres n’ont pas. Les autres peuvent avoir « des vérités » (quelque semence du Verbe, justement) mais non point La Vérité, parce que l’unique vérité catholique c’est le Christ Lui-même. C’est toute la doctrine de Saint-Jean (entre autres apôtres) concernant justement le (beau) Bon-Pasteur. Avant même de se définir Lui-même comme le bon berger qui octroie le vrai pâturage, Jésus affirme d’abord qu’il est la porte. « Je suis la porte des brebis… » Nul ne vient au Père que par Lui et ceux qui entreraient par une autre issue, escaladent les murs ou percent les toits, sont des brigands et des larrons. Est-ce assez clair ? Ce n’est absolument pas dire que cette grâce de Jésus n’est donnée que dans son Eglise, mais c’est toujours par Lui et même par Elle. Inviter les responsables de religions en tant que tels, en tant qu’ils les président, et même dans l’hypothèse qu’ils y feraient du bien, c’est leur donner une reconnaissance à laquelle ils n’ont pas droit et la récuser à celui qui la détient. C’est admettre les concubines en la demeure de l’épouse. Que dire d’un majordome qui imposerait cela à l’époux fidèle et pensez-vous bien détenir son aval ?
« Qui n’est pas contre vous est avec vous » dit le Seigneur, lorsqu’Il envoie ses apôtres en mission. Soit. C’est l’union dans une cause. On a tous rencontré dans notre vie de ces braves qui nous sont bien plus utiles que les convaincus de la première heure. A l’échelon individuel, tous les coups sont permis, qui profitent à la cause du Nom. Saint-Paul se plaint, aux romains, de ces gens qui annoncent le Christ avec des intentions mauvaises (précisément de dénigrer la fonction officielle de l’Apôtre) et il conclut, magnanime « Qu’importe, puisque le Christ est annoncé » ! On pourrait même utiliser, matériellement, quelque doctrine vraie d’une fausse religion. Mais ceci n’a rien à voir avec notre propos. Il s’agit des groupes constitués, représentés par leurs responsables, donc de leur rassemblement en corps constitués dans des doctrines schismatiques, hérétiques, athées ou blasphématoires. C’est inadmissible au regard de la Foi et je remercie les bobos de services qui m’auraient prêté quelque évolution là-dessus. Le Christ est très net : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi, qui n’amasse pas avec Moi dissipe ». C’est l’unité du corps catholique. Saint-Paul a passé la moitié de sa vie dans les synagogues mais toujours pour annoncer le Christ. Au fond, Assise, 1 2 3 ou x, c’est rendre le Christ facultatif, faire de l’Eglise une auberge espagnole et déshonorer, par sa Tête, le moindre de ses membres, le plus humble des baptisés.
J’en viens au deuxième point et serai bref. Vous me permettrez simplement d’attendre le document pour en juger. Et je vous prie d’en faire autant, sauf à vouloir nous couvrir de ridicule. Les madames soleil improvisées, les caïds du lendemain et les diseuses de bonne aventure n’ont pas grand-chose à faire sous le ciel de l’Eglise. Surtout pas de sommer les gens normaux d’avoir à prendre position sur leurs fantasmes élucubratoires. Le Motu proprio, malgré ses limites, a été une divine surprise et vous feriez mieux de prier pour en obtenir une autre que de fouiner les viscères.
Quant au premier, je vous dis simplement que je serai très heureux de savoir le pape Jean-Paul II au ciel. Si vous le souhaitez en enfer, vous avez un sacré problème. Saint Vincent Ferrier, qui priait pour le salut de…Lucifer, était plus chrétien que vous. Je vous rappelle que la béatification d’une personne ne dit que cela et même sans aucune garantie d’infaillibilité aux dires de l’ensemble des théologiens catholiques. La béatification n’est pas de ce domaine puisqu’elle ne dit rien quant à la Foi ou les mœurs (Pas même de manière connexe). On a une preuve très récente de cette vieille affirmation théologique : la décentralisation de ce prononcé aux évêques qui (ouvrez les yeux) ne sont pas infaillibles. Tout comme, par exemple, la reconnaissance des apparitions privées qui n’engage en rien l’infaillibilité de l’Eglise. Par ailleurs, si Dieu a fait un miracle, il vaudrait mieux vous taire. La vraie question théologique est celle de la canonisation qui engage ce domaine puisque, en affirmant qu’un homme a vécu jusqu’à l’héroïsme les vertus chrétiennes et qu’il est un modèle (Règle ou canon) de la morale catholique, l’Eglise tranche en l’un de ses domaines propres. Je souhaite évidemment qu’aucun pape ne prononce une canonisation de ce type. Il n’y aurait alors que la soumission respectueuse ou le sédévacantisme. Tertium non datur. Je ne crois pas du tout à cette troisième, énoncée par Mgr Fellay dans son interview au Canada. Elle consiste à relever un défaut d’intention dans l’utilisation du charisme d’infaillibilité. C’est l’acte même de la canonisation qui relève de ce domaine. L’intention est posée du fait même de l’acte (vous savez que Jean veut se lever de sa chaise quand…il se lève et tant qu’il reste assis vous ne pouvez présumer de son intention de se lever : il ne l’a pas). Enfin cet externisme de Saint-Thomas, sacramentel ou autre, évite seul de juger continuellement d’une chose qui n’est affirmable que…par ses actes, précisément. Allez, soyons francs. J’aurais bien aimé qu’on fasse passer le pape Pie XII avec Jean-Paul II comme on a fait passer Pie IX avec Jean XXIII. Mais c’est quitter la théologique, domaine du vrai, pour celui de la politique, domaine de l’inavouable…
Pour conclure. Je veux bien négocier tous les tournants que vous voulez, dès lors que vous m’aurez convaincu qu’il y a bien un tournant. Ce qui supposerait que nous fussions en pleine ligne droite, n’est-ce pas ? Je conclurais plutôt qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, sauf à dire que, depuis le pontificat de Benoît XVI, tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Allons donc, comme dit l’autre, ça se saurait. Cette barque « qui prenait l’eau de toute part » se serait métamorphosée en un navire rutilant ? Certes ce nouvel Assise n’a rien de cohérent avec le début du pontificat. La peur est de mauvais conseil. Les attaques physiques contre les églises d’orient et les attaques morales contres les églises d’occident expliquent, sans excuser, cette attitude grégaire. Se rassembler, avec qui, contre quoi ? Et surtout pourquoi faire ? L’impérialisme islamique n’a de limite que la force et ce genre de démonstrations l’amuse. Mais ce n’est absolument pas nouveau, ni objectivement, ni subjectivement. Encore une fois, crier au tournant quand on est dans une suite de méandres est plus qu’hasardeux. On peut bien déceler une relâche dans la vigilance ou plutôt dans la bienveillance, une lassitude. Prendre des pincettes, user de délicatesse avec le monde tradi après l’affaire Williamson et devant l’échec quasi-annoncé (par cette dernière) des discussions avec la Fraternité Saint Pie X, (avec la fin cauchemardesque inéluctable à des discussions doctrinales avec Rome, on vous avait prévenus) relèverait, là encore, de l’héroïcité des vertus. On n’y est pas, manifestement. Coup à droite, coup à gauche, ça balance encore et toujours, ça s’en va et ça revient et ce roulis vous donne le tournis. Sur cette barque de Pierre, vous avez le mal de mer ? Normal.
Ajoutez à cela que ce pape n’est pas éternel et vous aurez compris que la crise n’est ni derrière ni devant : on est toujours en plein dedans.

[Paix Liturgique] Le Cardinal Burke, un nouveau cardinal promoteur de la forme extraordinaire

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 272 - 4 mars 2011

Le 26 décembre 2010, dimanche dans l'octave de Noël, le cardinal Burke était l'invité de la paroisse sainte Marie de Nazareth, en banlieue de Rome, que desservent les Franciscains de l'Immaculée. Nous vous proposons cette semaine le très beau sermon prononcé à cette occasion par le Préfet de la Signature apostolique, suivie de nos réflexions.

(Source : http://smnazareth.com/component/content/article/47/100-omelia-burke-boccea)

I – Le document, traduit par nos soins

Le mystère de l'amour divin pour nous, qui s'exprime de façon parfaite et merveilleuse lors de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ, mérite, pour sa grandeur et sa profondeur, une célébration s'étalant sur huit jours. Durant l'octave célébrant la Nativité de Jésus, nous recevons la grâce de connaître plus parfaitement ce mystère et de le vivre plus ardemment au quotidien. Le mystère de Dieu fait homme pour nous racheter de nos péchés et nous donner Sa vie, les sept dons du Saint-Esprit. Dans la Lettre aux Galates, saint Paul a décrit ce mystère avec les paroles que nous venons d'écouter :
- Mais lorsque est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d'une femme, né sous la Loi, pour affranchir ceux qui sont sous la Loi, afin de nous conférer l'adoption. Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit de Son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! Ainsi tu n'es plus esclave, tu es fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier grâce à Dieu. (Ga 4, 4-7)

La réalité du mystère de l'Incarnation rédemptrice est que nous sommes fils de Dieu par Son unique Fils, Jésus-Christ, seconde personne de la Très Sainte Trinité, qui s'est fait chair, qui s'est fait l'un d'entre nous, qui est né de la Vierge Marie à Bethléem.

L'évangile d'aujourd'hui met en relief aussi bien la réalité de l'Incarnation que sa finalité, la Rédemption. Quand Marie, la Mère de Jésus, et saint Joseph, son Père adoptif et Gardien, présentèrent le nouveau-né au temple de Jérusalem, le saint homme Siméon et la sainte femme Anne, ont aussitôt évoqué le destin du Divin Enfant, voué à mener sur le Calvaire la bataille décisive contre le Malin et ses puissances, se concluant par la victoire de la vie, la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte et l'effusion de l'Esprit Saint sur l'Église et l'âme de chacun de ses membres. Siméon, en prenant l'Enfant Jésus dans ses bras, a prié le Seigneur en des termes parfaitement clairs : - Maintenant, ô Maître, vous congédiez votre serviteur en paix, selon votre parole ; car mes yeux ont vu le salut. (Lc 2, 29-30)

Et la prophétesse Anne, voyant l'Enfant Jésus dans les bras de Siméon, “se mit à louer Dieu et à parler de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem”. (Lc 2, 38) L'évangile nous dit qu'après la Présentation, Jésus, dans lequel l'Esprit Saint était présent dans toute Sa puissance, “croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse” (Lc 2, 40). Ces paroles s'appliquent à notre vie de fils du Fils unique de Dieu. Grâce à l'Incarnation rédemptrice, l'Esprit Saint est reversé dans nos âmes, nous purifiant et nous fortifiant pour nous occuper des choses de Dieu, pour vivre une vie sainte en ce monde et arriver au terme de notre pèlerinage terrestre : la vie éternelle du Royaume des Cieux.

Dans le cadre de cette célébration de la Sainte Messe selon la forme extraordinaire du rite romain, je voudrais souligner l'aspect plus élevé et parfait de notre vie dans le Christ, c'est-à-dire notre participation au culte divin, en particulier lors de la célébration du sacrifice eucharistique. L'union du ciel et de la terre, accomplie par la Nativité de Notre Seigneur, par Sa Mort sur la Croix et Sa Résurrection, se réalise toujours pour nous dans la Sainte Messe. Par le sacrifice eucharistique, Jésus nous rend toujours présent le sacrifice du Calvaire, nous faisant le don de Son Corps et de Son Sang, avec Son Âme et Sa Divinité, nourriture spirituelle pour nous soutenir dans notre pèlerinage terrestre et pour nous porter immanquablement à notre durable demeure céleste (Catéchisme de l'Église catholique, 1374). La réalité de l'Incarnation rédemptrice qui nous frappe en cette période de Noël devrait nous frapper à chaque fois, et à chaque fois plus profondément, que nous assistons à la Sainte Messe. Le rite de la Messe, tel qu'il s'est développé dans l'Église sous la conduite du Saint-Esprit, nous porte dans ses moindres détails à contempler le grand mystère de l'Amour de Dieu pour nous, amour incommensurable et incessant.

Après le concile Vatican II, mais non en raison du concile, la façon dont a été réformé le rite de la Messe a, par certains aspects, obscurci l'action divine au cours de la Sainte Messe, action d'union du ciel et de la terre. Au point d'induire certaines personnes à croire, de façon erronée, que la Sainte Liturgie est une activité nous appartenant, que nous l'aurions en quelque sorte inventée et qu'elle serait sujette à expérimentations. La vérité de la Liturgie sacrée est tout autre. En fait, la Sainte Liturgie est l'action de Jésus-Christ, vivant dans Son Corps mystique par l'effusion du Saint-Esprit, qui Se donne à Nous et que nous devons recevoir, apprécier et conserver selon les indications de nos Pasteurs et en particulier du Saint-Père, Vicaire du Christ sur la terre et, à ce titre, Pasteur de l'Église universelle. Nous sommes appelés ainsi aujourd'hui à accueillir l'enseignement et la discipline que notre Saint-Père Benoît XVI nous a transmis par sa Lettre apostolique Summorum Pontificum par laquelle il a voulu restaurer la forme du rite de la Messe afin d'exprimer plus pleinement et efficacement la vérité de la Sainte Liturgie.

En établissant le « Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII » comme « forme extraordinaire de la Liturgie de l'Église », le Saint-Père a voulu que cette forme du rite soit honorée « en raison de son usage vénérable et antique » remontant au pontificat de saint Grégoire le Grand et toujours respecté et sauvegardé durant la vie multiséculaire de l'Église. (Benoît XVI, Lettre apostolique Summorum Pontificum, art. 1)

Les deux formes, c'est-à-dire la forme ordinaire et la forme extraordinaire de l'unique rite romain, ne représentent pas une division dans l'Église mais reflètent l'unité organique du culte divin au long des siècles chrétiens et permettent leur enrichissement mutuel pour exprimer plus fidèlement la réalité du culte divin, l'action de Dieu qui vient à notre rencontre en nous faisant don de Son Amour pour nous, le don du Fils de Dieu fait homme, en particulier dans la Très Sainte Eucharistie. De fait, le Saint-Père a-t-il écrit les paroles suivantes dans sa lettre aux évêques accompagnant la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum :
- Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église, et de leur donner leur juste place.

Fidèles au magistère du Saint-Père, nous célébrons avec raison aujourd'hui le rite romain selon la forme extraordinaire pour nous permettre d'entrer plus complètement dans la connaissance du mystère de la Foi, le mystère de l'Amour de Dieu pour nous, et répondre à ce mystère par un amour pur et désintéressé envers Dieu et notre prochain.

Visitant aujourd'hui votre paroisse, je voudrais en particulier remercier le Très Révérend Monseigneur Gino Reali, évêque de ce diocèse de Porto-Santa Rufina, qui m'a invité à célébrer cette Sainte Messe et nous honore de sa présence, ainsi que les Frères Franciscains de l'Immaculée qui ont la charge de cette paroisse, pour le soin qu'ils mettent à célébrer le plus fidèlement possible le rite romain, ce qui est une grande richesse pour les paroissiens. Je les remercie en particulier pour la foi catholique authentique et dévote qu'ils expriment dans toutes leurs célébrations de la Sainte Liturgie et qu'ils nourrissent par la célébration régulière de de la forme extraordinaire du rite romain.

Me trouvant au milieu de vous en ce saint temps de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ, je prie tout spécialement pour votre paroisse sainte Marie de Nazareth, cette grande famille de familles catholiques. Je prie pour que tous les foyers de la paroisse trouvent en elle les ressources pour devenir de vrais sanctuaires du Bon Dieu, des foyers dans lesquels l'Amour du Christ, reçu de façon parfaite et entière en participant à la Sainte Messe, vous anime tous et gagne vos voisins et tous vos frères du quartier. Dans le monde d'aujourd'hui, il y a une grande soif de Jésus-Christ et de la liberté que Lui seul offre. Dans les foyers catholiques et dans la paroisse, nos frères doivent pouvoir trouver les sources d'eau vive, les sources de grâces divines, les sources du magistère de l'Église et des sacrements, en
particulier la Pénitence et la Sainte Eucharistie, qui permettront d'étancher la soif spirituelle de ce monde tristement sécularisé.

Prions pour vous, paroissiens, afin que par votre participation à la Sainte Liturgie, célébrée en fidélité au magistère du Saint-Père, vous croissiez dans l'Amour du Christ et portiez cet Amour dans toutes vos activités quotidiennes. Que sainte Marie de Nazareth, Mère de Dieu, intercède pour vous pour que vous suiviez son exemple en donnant vos cœurs à Jésus, trouvant dans Son Très Saint Cœur la source de la purification de chacun de vos péchés et de la fortification de votre âme pour une vie catholique fidèle et généreuse.

À présent, élevons nos cœurs, unis au Cœur Immaculé de Marie, au glorieux Cœur transpercé de Jésus, ouvert par la lance du centurion et toujours prêt à nous accueillir afin que, nous trouvant en présence du Seigneur eucharistique, nous soyons purifiés et fortifiés pour devenir, avec sainte Marie de Nazareth, une source vive d'encouragement et de soutien pour conduire nos frères dans les pas du Christ. Unis au Cœur eucharistique du Christ, nous devenons avec le Christ, comme le fut sainte Marie, Mère de Dieu, une oblation d'amour pur et gratuit pour nos frères. C'est dans le Cœur eucharistique du Christ que nous trouvons l'inspiration et la force pour être, avec sainte Marie, des témoins forts et fiables du Christ et de Son Église, c'est ainsi que vos maisons et votre paroisse deviendront des centres de la nouvelle évangélisation, de la transformation de notre société selon le Cœur de Jésus.

Cœur de Jésus, formé par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, ayez pitié de nous.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous.
Saint Joseph, priez pour nous.
Saint François d'Assise, priez pour nous.
Saint Maximilien Kolbe, priez pour nous.
Saint Padre Pio, priez pour nous.

Raymond Leo Cardinal Burke
Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique


II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1 – Le cardinal Raymond Leo Burke ordonné prêtre par Paul VI en 1975, consacré évêque par Jean-Paul II en 1995, a été créé cardinal par Benoît XVI lors du dernier consistoire (novembre 2010). Proche collaborateur du Saint-Père, ses propos sont à considérer avec attention.

Ancien archevêque de St Louis, ce prélat américain, « jeune » cardinal (il est né en 1948) a été appelé à Rome par le Pape en juin 2008 pour présider le Tribunal suprême de la Signature apostolique. Le 15 juin 2007, quelques jours avant la promulgation du Motu Proprio et alors qu'il était encore archevêque de Saint Louis, Monseigneur Burke n'avait pas hésité à procéder lui même dans sa propre cathédrale à l'ordination sacerdotale de deux prêtres de l'Institut du Christ Roi dans la forme extraordinaire du rite romain. Il célèbre en effet régulièrement la liturgie traditionnelle et a de nouveau ordonné dans la forme extraordinaire, que ce soit pour l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre ou les Franciscains de l'Immaculée. D'un naturel réservé, il est connu autant pour la douceur de son caractère que pour la fermeté de sa doctrine et n'a rien des “vieilles barbes” qu'évoquait en son temps le Père Gy, quant à lui d’un âge plus vénérable et aujourd’hui défunt, lors des colloques du CIEL.

2 – En remerciant les Franciscains de l'Immaculée « pour le soin qu'ils mettent à célébrer le plus fidèlement possible le rite romain, ce qui est une grande richesse pour les paroissiens », le cardinal Burke fait écho aux cardinaux Castrillón Hoyos et Cañizares. Le premier cité avait indiqué, quelques semaines avant la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum qu'il s'agissait pour le Saint-Père de « conserver les immenses trésors spirituels, culturels et esthétiques liés à la liturgie ancienne » (mai 2007) tandis que le second, actuel Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, a écrit dans sa préface au livre de Monseigneur Bux sur la réforme de la réforme (Lettre de Paix Liturgique n°211) que le Saint-Père entendait : « offrir à tous les fidèles la richesse de la liturgie de l'Église, en permettant la découverte des trésors de son patrimoine liturgique aux personnes qui les ignoraient encore ». Cette continuité de vues entre ces cardinaux de la Curie romaine depuis le geste pacificateur de Benoît XVI est un signe encourageant car elle prouve que, en dépit des oppositions épiscopales, peu à peu, les lignes bougent.

3 – Outre la défense décidée du texte pontifical, on notera dans ce sermon la rigueur de la théologie du cardinal Burke, qui, suivant le Concile de Trente, tient que la messe est un « vrai et propre sacrifice » : « Par le sacrifice eucharistique, Jésus nous rend toujours présent le sacrifice du Calvaire ». Affirmation qui va de pair avec une critique en douceur – il s’agit d’un sermon spirituel et non d’une étude polémique – de la réforme Bugnini : « Après le concile Vatican II, mais non en raison du concile, la façon dont a été réformé le rite de la Messe a, par certains aspects, obscurci l'action divine au cours de la Sainte Messe, action d'union du ciel et de la terre ».

4 – Les enquêtes d'opinion conduites depuis 2007 à l'initiative de Paix Liturgique démontrent qu'un catholique pratiquant sur trois désire avoir accès à la forme extraordinaire dans sa propre paroisse. Or, en ce début 2011, an IV du Motu Proprio Summorum Pontificum, on est encore bien loin d'avoir répondu à cette demande (voir lettre 269 de Paix Liturgique).

En ce début 2011, les oppositions au Motu Proprio de Benoît XVI sont encore bien présentes parmi une part importante de l'épiscopat. Prions donc avec le cardinal Burke, pour que toujours plus de catholiques aient l'occasion d'exprimer et de nourrir « par la célébration régulière de de la forme extraordinaire du rite romain » leur foi catholique authentique et
dévote.

Nota Bene : Le Cardinal Burke sera présent au pèlerinage à Lourdes organisé par l'Institut du Christ-Roi du Souverain Prêtre les 28 et 29 mai 2011. Renseignements : voir anonce ci-dessous.

3 mars 2011

[Bénédicte Lutaud - Le Figaro] Un curé se bat comme un diable pour éviter sa mutation

SOURCE - Bénédicte Lutaud - Le Figaro - 03 mars 2011

Muté sur ordre de sa hiérachie mais soutenu par 4000 pétitionnaires, le père Michel refuse de renoncer à sa paroisse de Normandie. Il risque maintenant l'excommunication.

Le conflit qui oppose le père Francis Michel, 62 ans, et l'évêque d'Evreux, Mgr Christian Nourrichard, dure depuis deux ans. En décembre, le Tribunal suprême de la signature apostolique au Vatican a tranché : le recours déposé par le père Michel a été rejeté. Malgré cette décision, le curé , qui officie en latin depuis 24 ans à Thiberville et porte la soutane, refuse de partir. Au risque d'être excommunié : «Dans la mesure où il reste sur place et continue à officier, on va malheureusement dans la direction d'une excommunication qui toucherait aussi ceux qui le suivent», a prévenu Mgr Christian Nourrichard.
Ceux qui le suivent, ce sont ses paroissiens et des élus locaux, soit environ 4000 signataires d'une pétition demandant son maintien à Thiberville (1537 habitants), selon le maire de la commune. Certains ont été jusqu'à empêcher le nouveau curé de célébrer l'office : dimanche, il n'a pas pu pénétrer dans l'église, car les serrures avaient été bouchées par de la mousse expansée.

Une plainte pour abus de confiance et détournements de fonds

Selon l'évêque d'Evreux, la mutation du père Michel s'explique par une simple réorganisation paroissiale : «sa paroisse était la plus petite du diocèse, avec seulement 5.000 habitants sur 13 villages, ce qui lui permettait certes d'être très présent mais ne correspondait pas aux besoins». Pourtant, il ajoute avoir « été alerté sur des choses plus graves », sans entrer dans les détails.
C'est le procureur de la République d'Evreux, Mme Dominique Laurens, qui apportera plus de détails sur ces éléments «plus graves» évoqués par l'évêque d'Evreux. Selon elle, une information judiciaire contre X a été ouverte le 14 octobre, après une plainte déposée par l'association diocésaine contre le père Michel.

«Cette plainte a été déposée pour abus de confiance et détournement de fonds», a confirmé Me Laurence De Palma-Papet, avocate de l'association diocésaine. Selon elle, Mgr Nourrichard «a été alerté par des fidèles d'un comportement trouble du père Michel par rapport aux finances de la paroisse et une plainte a été déposée par un fidèle à la gendarmerie de Bernay». Le père Michel «a toujours refusé de mettre en place un conseil financier», a précisé l'avocate. Sans conseil financier, il était donc seul à décider de la destination des fonds de la paroisse. En outre, il n'a jamais souhaité «fournir des comptes certifiés, ce qui est obligatoire depuis 2005 », a ajouté Me De Palma-Papet.

Par Bénédicte Lutaud

[Golias] Affaire de Thiberville: le curé, l'évêque, et l'excommunication

SOURCE - Romano Libero - Golias - 3 mars 2011

On se croit revenu en d’autres temps. Un évêque, Mgr Christian Nourrichard, en poste à Evreux menace aujourd’hui d’excommunication le curé rebelle de Thiberville, l’abbé Francis Michel, 62 ans. Ce dernier refuse toujours de quitter son ancienne paroisse de Thiberville, dans l’Eure, non loin de Bernay, pour une autre affectation.

Il a tenté trois recours auprès des instances du Vatican mais a été débouté. « Dans la mesure où il reste sur place et continue à officier, on va malheureusement dans la direction d’une excommunication, qui toucherait aussi ceux qui le suivent », a déclaré l’évêque à l’AFP. Une menace implicite qui envenime encore le conflit. Le nouveau curé nommé par l’évêque, l’abbé Vivien n’a pu entrer dans son église les serrures ayant été rendues inutilisables par les paroissiens. Qui soutiennent massivement leur ancien chargé d’âmes. Lequel abbé Michel, curé en soutane et barrette, qui officie régulièrement en latin, et se dit royaliste, jouit également du soutien d’élus locaux, selon le maire du village, Guy Paris, qui continue de mettre le presbytère à sa disposition ! C’est Clochemerle en Normandie.

L’évêque ne parvient pas à se dépêtrer d’un tel mauvais pas. Maladroit et autoritaire, il vient de s’enfoncer en invoquant pour justifier la sentence portée à l’encontre de l’abbé Michel des « choses plus graves ». Tant qu’il ne justifie pas son insinuation, et ne précise pas de quoi il s’agit, et sur quoi se fonde un doute, on peut considérer ce propos épiscopal comme diffamatoire. D’autant plus que dans le contexte actuel, avec la multiplication d’abus sexuels commis par des membres du clergé, s’exprimer ainsi semble très lourd de conséquences. Un soupçon renforcé par le fait que l’évêque souligne que la cause véritable de la révocation de Michel n’est pas une question de sensibilité, de soutane ou de latin. Ce qui laisse entendre qu’il pourrait s’agir de quelque chose de difficile à avouer...

Mgr Nourrichard est allé trop loin. Il se couvre de ridicule en fulminant la menace de l’excommunication. En outre, s’il ne se rétracte pas ou ne se justifie pas davantage, il persiste dans la diffamation. Ce qui n’est pas seulement opportun ou maladroit mais scandaleux au plan du respect des personnes. Et pourrait demander réparation au for judiciaire civil.

Cette affaire pose en fait trois questions distinctes qu’il faudrait envisager en amont.

En premier lieu, l’orientation « tradi » du desservant destitué ne peut-t-elle être contestée directement, comme contestable en regard de l’Evangile ou d’une attitude d’humanisme ou de tolérance ? Pourquoi nier qu’il s’agisse d’une question de « traditionalisme » ? A-t-on encore le droit de contester la légitimité d’une récupération de ce type du message de Jésus ?

En second lieu, le cléricalisme, de gauche ou de droite, n’est toujours pas mort. Ce n’est certes pas s’inscrire dans la dynamique de Vatican que d’en défendre les acquis par des sanctions ou des menaces d’un autre temps. Ne faut-il pas plutôt à une rhétorique de l’intransigeance l’audace et non pas un intégrisme en sens inverse ?

En troisième lieu, pour peu sympathiques - avouons-le - que nous semblent être les idées de l’abbé destitué, sans le vouloir ce dernier plaide, ô paradoxe, pour une Eglise...démocratique ! Où les ouailles élisent leur pasteur et peuvent contester son déplacement. Paradoxalement les revendications intégristes et traditionalistes attirent l’attention sur l’urgence d’une Eglise où l’autorité ne soit plus celle de l’oukase d’en haut, mais du partenariat, de la subsidiarité, et - disons-le - du respect des décisions du peuple de Dieu. Et des communautés concrètes.

[Perepiscopus - Maximilien Bernard] Mgr Planet interdit un pèlerinage de la Fraternité Saint Pie X

SOURCE - Perepiscopus - Maximilien Bernard - 3 mars 2011

Au préalable, il faut rappeler que Mgr Planet, évêque de Carcassonne, a été délégué par la CEF pour établir le bilan du motu proprio Summorum pontificum, bilan contesté par plusieurs associations, dont Paix Liturgique.
Comme chaque année depuis 17 ans, un groupe de fidèles emmenés par des prêtres de la Fraternité Saint Pie X effectue un pèlerinage à Notre-Dame de Marceille. Chaque année, comme cela se fait dans d’autres diocèses (Lourdes, Lisieux…), l’évêque autorise avec bienveillance la célébration d’une messe dans la basilique. Mais cette année, c’est terminé. Alors que Benoît XVI a engagé une démarche de réconciliation avec la FSSPX, et que nos évêques parlent souvent de dialogue et d’ouverture… L’abbé Jérôme Le Noac’h a pourtant sollicité Mgr Planet, lequel a répondu le 20 janvier :
Monsieur l’Abbé,
Je n’ai qu’une seule parole et je m’y tiens. Je ne reçois aucune consigne de la Conférence épiscopale et je prends mes décisions dans la prière et après mûre réflexion. Je laisse chaque évêque, selon les circonstances locales et le droit, décider pour son diocèse comme j’attends qu’on me laisse décider pour le mien.
Jusqu’à l’aboutissement des conversations romaines en cours, je n’entends pas accueillir la Fraternité Saint Pie X dans les églises du diocèse . Elle n’a d’ailleurs pas l’intention de m’accueillir dans les siennes.
J’ai fait des propositions que je maintiens : si vos prêtres me demandent les pouvoirs de confesser, si vous utilisez les Huiles Saintes du diocèse, si c’est moi qui confirme les enfants de vos écoles, alors tout sera aplani .
Soyez assuré, Monsieur l’Abbé, de ma prière pour vous et tous ceux qui vous entourent.
+Alain Planet
Etrange contradiction : si la FSSPX acceptait les propositions de Mgr Planet sans que les conversations romaines en cours aient abouti, tout sera-t-il vraiment aplani ? On sent à travers cette contradiction comme un dépit de l’évêque. Comme si cette démarche de réconciliation le gênait. Puis le 5 février, il ajoute menaçant :
Monsieur l’Abbé,
Lors d’un dernier échange de courriers je vous avais dit que je suspendais mon autorisation pour votre pèlerinage annuel à Notre-Dame de Marceille jusqu’à la conclusion des discussions romaines entre le Siège Apostolique et la Fraternité Saint- Pie X. Or je découvre, à la page 6 du numéro 41 du bulletin L’Apostol, un appel à se mobiliser pour un pèlerinage à ce sanctuaire fixé le samedi 12 mars [NDLR de LPL : 19 mars en réalité].
[...]. Mais je me vois dans l’obligation de vous rappeler que le domaine entourant la Basilique est une propriété privée dont la garde m’est confiée. Il n’est pas dans mon intention d’y accueillir un éventuel pèlerinage de votre groupe. Je vous supplie donc de ne pas me contraindre à utiliser tous les recours légaux à ma disposition pour répondre à une éventuelle invasion. Je compte donc sur votre sagesse pour empêcher ce qui ne pourrait être qu’une désagréable aventure.
Soyez assuré, Monsieur l’Abbé, de ma parfaite considération.
+Alain Planet
Une invasion d’intégristes… réprimée par la Gendarmerie ? On imagine la scène… M. l’abbé Le Noach a alors répondu le 9 février :
Excellence,
Je reçois ce jour votre courrier recommandé. J’avais parfaitement compris et noté le refus que vous avez formulé quant à la possibilité de célébrer la messe de notre pèlerinage en la basilique Notre-Dame de Marceille. Je prends par ailleurs connaissance du fait que vous avez de plus décidé de nous interdire de pouvoir seulement nous approcher de ce sanctuaire marial dont l’accès est d’ordinaire ouvert de jour comme de nuit à tout un chacun. Il n’y a donc que nos fidèles qui s’en verront interdire l’approche ! Quel ostracisme !
[...] Je ne peux que profondément regretter que vous ayez finalement beaucoup plus d’égards pour des musulmans intégristes qui caillassent vos fidèles dans une église (cf. divers articles de l’Indépendant et de la Dépêche du Midi parus du 2 au 10 novembre 2010) , ou pour des anglicans que vous y recevez (cf vos propres propos lors de l’entretien que vous nous avez accordé, à M. l’abbé Vernoy et à moi-même), ou encore pour vos amis francs-maçons avec lesquels vous semblez entretenir des relations privilégiées (cf. dossier de l’Express n°3010 du 12 au 18 mars 2009).
Je vous rassure, nous sommes respectueux de la loi, ce qui ne nous empêchera cependant pas de venir invoquer Celle que vous semblez vouloir confisquer à nos dépends, dans le strict respect de la légalité ! [...].
Ajoutons que Mgr Planet fait partie des 23 évêques français qui n’a pas organisé de Veillée pour la vie naissante dans son diocèse, comme cela avait été demandé par le Pape.

2 mars 2011

[AFP] Un curé de l'Eure menacé d'excommunication pour insoumission


SOURCE - AFP - La Croix - 2 mars 2011

Un curé qui refuse de quitter sa paroisse de Thiberville, dans l'Eure, pour une autre affectation est désormais menacé d'excommunication ainsi que ses fidèles, a-t-on appris mercredi auprès de l'évêque d'Evreux, Mgr Christian Nourrichard.

"Dans la mesure où il reste sur place et continue à officier, on va malheureusement dans la direction d'une excommunication, qui toucherait aussi ceux qui le suivent", a déclaré l'évèque à l'AFP, tout en disant espérer que le le père Francis Michel, 62 ans, se décide très rapidement à obtempérer.

Le conflit, qui couve depuis deux ans entre ce curé et l'évêché, a été tranché fin décembre par le Tribunal suprême de la signature apostolique, au Vatican, qui a rejeté le recours déposé par le père Michel.

En place depuis 24 ans à Thiberville, ce curé en soutane, qui officie régulièrement en latin, jouit du soutien de ses paroissiens ainsi que d'élus locaux, selon le maire du village, Guy Paris, qui continue de mettre le presbytère à sa disposition.

Dimanche, le nouveau curé nommé par Mgr Nourrichard a été dans l'impossibilité de célébrer l'office, les serrures de l'église ayant été bouchées avec de la mousse expansée.

Selon l'évèque, la décision de muter le père Michel est motivée notamment par une réorganisation paroissiale: "Sa paroisse était la plus petite du diocèse, avec seulement 5.000 habitants sur 13 villages, ce qui lui permettait certes d'être très présent mais ne correspondait pas aux besoins."

"J'ai aussi été alerté sur des choses plus graves", a ajouté l'ecclésiastique, sans vouloir entrer plus dans les détails à ce stade.

En tout état de cause, la mutation du curé "n'est pas une question de sensibilité liturgique ou de port de soutane", a-t-il assuré.

Selon le maire, une pétition demandant le maintien du père Francis Michel a réuni 4.000 signatures, recueillies parfois bien au-delà de Thiberville.

"Il est très dynamique et a noué des liens forts avec la population locale et au-delà: certains viennent de très loin, en car, pour assister à ses offices, il y a 150 enfants catéchisés et il célèbre 150 enterrements par an et de très nombreux mariages et baptêmes", a indiqué l'élu à l'AFP.

1 mars 2011

[Père Nicolas Pinaud, fsspx - Gabon] Lettre aux Amis et Bienfaiteurs de la mission St-Pie X du Gabon

SOURCE - Père Nicolas Pinaud, fsspx - Gabon - mis en ligne par La Porte Latine - 1er mars 2011

Libreville, le 1er mars 2011
Bien chers Amis et Bienfaiteurs de la Mission Saint-Pie X,
Vingt-cinq fois merci !
Le mercredi 15 janvier 1986, le Père Groche célébrait sa première messe sur le sol gabonais. Vingt-cinq ans déjà ! Vingt-cinq ans de développement de l’oeuvre de la Fraternité Saint-Pie X au Gabon grâce à votre générosité ! Aujourd’hui encore, sans vous, nos bienfaiteurs étrangers, nous ne pourrions pas assurer nos dépenses quotidiennes, je dis bien quotidiennes. Merci pour hier, merci pour aujourd’hui, merci pour demain ! Vingt-cinq fois merci !
Malgré les mutations qui ont touché le Gabon cette année au point de constituer une toute nouvelle communauté de Pères à la Mission Saint-Pie X, il est une constante inchangeable : le travail est très abondant, et très enthousiasmant.
Nous aimerions vous conter les miracles de la grâce auxquels nous assistons tous les jours. Comment de nombreuses âmes découvrent littéralement les bienfaits de Jésus-Christ. Comment d’autres s’efforcent de les garder dans une société qui passe du paganisme à l’apostasie avant même que le christianisme ait pu prendre racine. Le téléphone portable, inconnu il y a de cela dix ans, est dans les mains des plus jeunes. Par ce biais, ils accèdent à internet et toute sa débauche. La pauvreté paralyse, la corruption asphyxie et la paresse endort.
Mais l’Afrique est jeune et le coeur de ses enfants est ouvert à Dieu. Aidez-nous à instruire plus d’âmes ; à les protéger des sectes qui pullulent ; aidez-nous à trouver les moyens pour ouvrir une nouvelle chapelle dans la ville de Libreville qui a triplé en vingt-cinq ans ; aidez-nous à construire des installations pour nos activités ‘jeunesse’ à Four Place afin de pouvoir accueillir et former tous nos enfants pendant les camps d’été ; aidez-nous à ouvrir des postes de mission comme ceux de Ndambi.
Nous vous enverrons nos récits de missionnaires, nous faisons prier nos fidèles pour vous. Recevez par cette lettre un peu du soleil d’Afrique et quelques sourires qui, parmi tous les soucis, illuminent notre quotidien.
Que le Bon Dieu bénisse votre générosité, vos prières et vos sacrifices. Tel est mon souhait au nom de toute la communauté des Pères, Frère, Soeurs et fidèles de la Mission Saint-Pie X,
Père Nicolas Pinaud
P.S.: pour nous faciliter l’envoi des nouvelles de la Mission, nous vous serions reconnaissants de nous communiquer votre adresse email : mspxgabon@yahoo.fr

28 février 2011

[Soeurs Réparatrices du Saint-Esprit - La Porte Latine] Une communauté religieuse se rapproche de la FSSPX

SOURCE - Soeurs Réparatrices du Saint-Esprit - via La Porte Latine - 28 février 2011

C'est par un communiqué en date du 17 février 2011 que le District d'Allemagne a la joie d'annoncer aux fidèles l'arrivée dans la grande famille de le tradition d'une congrégation de religieuses allemandes.
"Elles appartiennent aussi maintenant à la grande famille des congrégations de la Tradition : les Soeurs Réparatrices de Niedaltdorf.

Dans une lettre, rendue publique [Voir ci-dessous], adressée à Son Exc. Mgr Fellay les religieuses expriment leur reconnaissance d'appartenir dorénavant au cercle des congrégations amies de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX)."
"Excellence !

De tout coeur nous voulons vous remercier et exprimer notre gratitude à Dieu de nous avoir associé si aimablement à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Depuis notre fondation, le but des Soeurs Réparatrices du Saint-Esprit est de faire pénitence et de se sacrifier pour la sainte Eglise catholique, par la célébration digne de la messe tridentine, par la prière et le service de la charité fraternelle, par le soin des personnes âgées et grabataires, comme l'a souhaité l'Enfant Jésus lors d'une apparition à notre vénérée fondatrice.

Comme vous le savez, notre fondation par Soeur M. Cornelia Holewik et le Père Aloïs Schwammel, nous conduit à la période de la persécution communiste de 1945 à 1966. A cette époque, dans la Tchécoslovaquie d'alors, nos soeurs souffraient non seulement physiquement, mais surtout spirituellement. Par fidélité à la vraie foi catholique elles durent se séparer de leur Maison Mère et travailler durant 6 ans en usine manquant des choses les plus nécessaires, jusqu'à ce qu'elles puissent, après de longs et difficiles combats, rejoindre l'Allemagne de l'Ouest.

Depuis que nous avons dû fermer notre maison de Mayence, toutes les soeurs sont réunies depuis l'année 2000 dans notre communauté de Niedaltdorf.

Aussi dans les temps actuels notre congrégation a dû mener bien des batailles. Durant des années nous avons prié pour avoir de justes lumières. Maintenant la Providence divine nous a indiqué le chemin vers vous.

Nous sommes très reconnaissantes au Père céleste, et à vous, pour notre "incorporation" à la FSSPX dans laquelle la vraie foi catholique est encore prêchée et vécue, et nous vous redisons volontiers notre gratitude.

Nous vous incluons, Excellence, ainsi que tous les membres de la FSSPX, dans notre prière quotidienne pour que vous puissiez continuer à accomplir la volonté de Dieu dans le service de la sainte Eglise.
Nous serions très heureuses de recevoir votre visite en notre maison St. Antonius : "Portae patent, magis cor."

Nous quémandons votre bénédiction épiscopale.

Les Soeurs Réparatrices du Saint-Esprit."


Note de la rédaction de La Porte Latine

Les Soeurs Réparatrices du Saint-Esprit, basées dans la Sarre, en Allemagne du Sud, tiennent une maison d'accueil pour personnes âgées - souvent grabataires - d'une soixantaine de places.

Voir la rubrique qui leur est consacrée ICI.

26 février 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Conseils pour une crise

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 26 février 2011

La semaine dernière le « Commentaire Eleison » a publié la citation par une certaine Catherine Pitts de propos tenus par un officiel haut placé dans le gouvernement américain d'il y a quelques années, parce qu'elle avait occupé elle-même un poste important à Washington dans un gouvernement antérieur ; elle savait donc de quoi elle parlait. Dans le même article elle a dit d'autres choses intéressantes, en particulier ce qu'elle offrirait comme conseils à l'Américain moyen qui se fait des soucis pour son avenir économique, et qui voudrait protéger son avoir et sa qualité de vie. Elle y dit (voir www.321gold.com, 2 février : « We are victims of a Financial Coup d'Etat ») :--

« Votre temps et votre attention comptent. Cessez d'écouter et de fréquenter ces gens dont c'est l'intérêt de tout centraliser.  Pour ce faire, commencez par éteindre le téléviseur. Investissez, achetez et donnez auprès de personnes et institutions qui jouissent de votre confiance. Dépensez moins. Profitez de votre temps libre pour apprendre autant de métiers que possible qui puissent vous rendre plus indépendant et plus capable de marchander avec les gens qui vous entourent. Investissez dans les choses tangibles, y compris les métaux précieux. Ne vous laissez pas drainer par l'usure de la vie moderne. Enfin ouvrez votre esprit et rassemblez vos forces pour mener le combat spirituel. La corruption financière n'est que le symptôme d'un problème beaucoup plus profond, à savoir une invasion morale de notre culture tout entière. Organisez votre vie pour servir les personnes et les causes qui vous tiennent à coeur.

« Protégez votre santé. Petit à petit on se met à empoisonner et l'eau que nous buvons et la nourriture que nous mangeons. Pour rester en bonne santé il est essentiel que vous assuriez des sources locales d'eau et de nourriture fraîches. Apprenez également ce que vous pouvez faire pour désintoxiquer votre corps et fortifier votre système d'immunité. Pour maintenir notre énergie et force physique contre la montée constante de la pollution écologique et électromagnétique d'aujourd'hui nous devons fournir un effort auquel on n'aurait jamais pensé il y a seulement dix ans.»

Dans la même ligne de pensée on trouve au même site sur l'Internet (17 janv. « Waiting for a hero » par Larry Laborde) des conseils hautement pratiques pour toute personne qui voit venir des troubles :--

« Alors que doit faire un citoyen normal de ces grands Etats-Unis à ce moment-ci de leur histoire?  Evitez comme la peste les bons municipaux, car ils seront les premiers à faire défaut. Evitez aussi les bons nationaux à long terme. Les bons à court terme (pas plus que six mois) sont fiables pour le moment, mais soyez à tout instant prêt à les vendre. Diminuez toutes vos dépenses et tenez en réserve de l'argent comptant. Vivez EN-DESSOUS de vos moyens. Protégez votre argent liquide en l'investissant dans les métaux précieux. Ou bien investissez-le dans des unions de crédit ou des banques de votre propre localité. Contrôlez leur bilan pour être sûr que vous investissez dans les institutions les plus sûres de votre localité. Détruisez vos cartes de crédit et n'en faites plus usage. Payez comptant ce que vous achetez. Contre toute crise inattendue gardez à portée de main de l'argent suffisant pour deux mois de dépenses. Quant aux métaux précieux, investissez moitié-moitié en or et en argent. Les petits investisseurs feront bien d'acheter tout simplement six mois de fournitures non périssables et d'usage quotidien. En six mois elles coûteront probablement de 5 à 10 % de plus. Pas mal comme investissement !  Plantez un jardin ou fournissez-vous chez un fermier du coin, ou tous les deux. »

Je résume tous ces conseils, chers lecteurs : Réveillez-vous !  Eteignez le téléviseur ! Ne vivez plus au-dessus de vos moyens, mais bien en dessous. Gardez de l'argent comptant. Investissez dans votre localité et dans les métaux précieux. Sortez au moins mentalement du travail-usure, et revenez mentalement du virtuel au réel. Renoncez aux cartes de crédit, faites provision de nourriture à la maison, mais faites attention à ce que vous mangez et buvez. Rendez-vous compte que les ennemis du genre humain sont en train d'empoisonner notre eau et nourriture, car ils mènent contre l'humanité une guerre radicalement spirituelle pour arriver au pouvoir global. Catholiques, mettez votre Foi sur le pied de guerre!

Kyrie eleison.

24 février 2011

[Paix Liturgique] Au nom de l'esprit du motu proprio, l'appel au secours de séminaristes de Milan

SOURCE - Paix Liturgique, lettre 271 - 24 février 2011

Depuis 10 jours, une grande inquiétude a vu le jour parmi les fidèles et les prêtres attachés à la célébration et à la diffusion de la forme extraordinaire du rite romain à propos de la prochaine publication de l’instruction précisant le cadre d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum. Blogs et médias du monde entier, attachés ou non à la forme extraordinaire du rite romain, relaient cette préoccupation qu’aucun démenti crédible n’est venu calmer au point qu'un appel international pour la défense du Motu Proprio a vu le jour (cliquer ici)

Fondée ou non sur un réel danger – tout indique qu’elle est malheureusement fondée –, cette vive réaction témoigne en tout cas de l’attachement profond d’un très grand nombre de catholiques au geste pacificateur accompli le 7 juillet 2007 par le Souverain Pontife.

Nous vous proposons cette semaine l’une des facettes de cette réaction : la lettre de séminaristes du diocèse de Milan qui, même si leur lettre n’en parle qu’allusivement, répondent à l’annonce que les rits latins non romains, comme le rit ambrosien en vigueur à Milan (mais aussi le rit portugais de Braga, le rit lyonnais, et éventuellement les particularités de la liturgie des chartreux, des dominicains, etc.), ne seraient pas concernés par le Motu Proprio de Benoît XVI.

Dès lors, ils seraient régis par la Congrégation pour le Culte divin, en charge de la liturgie de Paul VI.

I – LE DOCUMENT TRADUIT PAR NOS SOINS

Lettre ouverte du 19 février 2011

Très Saint Père,

À Milan nous voulons le Motu Proprio et nous le voulons aussi au sein du séminaire où nous sont dispensées des liturgies d’inspiration protestante, façon “Bose”.

Saint Père, Éminences, Excellences, fidèles : venez voir comment on célèbre au séminaire de Milan, quel est l'aménagement liturgique de notre chapelle, venez voir la prétendue statue de la Vierge (une femme dénudée assise dans une posture sensuelle devant le tabernacle). Et vous comprendrez. Pour notre part, nous comprenons bien que les temps changent, que l’histoire évolue, mais le cœur des gens a besoin des réponses de toujours, d’une Vérité toujours égale : Jésus Christ, identique hier, aujourd’hui et toujours.

Pourquoi, comme catholiques et comme séminaristes, ne pouvons-nous pas être formés à la connaissance de la Tradition bimillénaire de l’Église ? Nous ne demandons pas que soit imposé le rite ancien. Cela nous convient qu’il demeure une forme extraordinaire. Mais pourquoi ne pouvons-nous pas l’étudier officiellement et, ponctuellement, le célébrer et le pratiquer, au lieu de le faire en cachette, clandestinement, à l’insu du Recteur et de notre père spirituel, de nuit, dans nos chambres, comme s’il s’agissait d’un acte de désobéissance envers l’Église ?

Tout au contraire nous vient imposée la sensibilité liturgique créative inventée de la communauté de Bose, qui n’est pas notre vocation, qui ne correspond pas aux raisons qui nous ont fait choisir de suivre le Seigneur dans l’Église catholique. Nous ne voulons pas devenir prêtres pour vivre façon Bose ou pour célébrer des rites syncrétistes. Ceux qui ont cette sensibilité sont parfaitement libres d’aller à Bose.

Nous voulons pouvoir chanter le Tantum Ergo en latin (interdit par notre règlement !) et pas uniquement des canons de Taizé en anglais ou en espagnol.

Est-il possible que celui qui pense ainsi doive vivre dans la dissimulation, se taisant et feignant que tout va bien ?

Quel mal y a-t-il, nous demandons-nous, à vouloir être catholiques du troisième millénaire, évangélisateurs de notre temps et dans le même temps prier comme ont prié les prêtres, les laïcs de l’Église catholique ambrosienne CATHOLIQUE ?

Nous le répétons : nous ne voulons pas absolutiser, nous ne demandons pas un retour absolu au rite ancien mais nous voulons un vrai respect, authentique, non idéologisé, envers l’Église, Son histoire, Sa Tradition, Sa richesse spirituelle qui peut nourrir véritablement une âme qui veut se conformer au Christ Prêtre.

Merci à tous de vous souvenir dans vos prières de ceux qui, comme nous, cherchent à suivre le Seigneur, dans la lignée de Son Église, avec nos difficultés et nos limites, mais illuminés de la splendide grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous formons le vœu que notre humble appel puisse atteindre le cœur de qui aime l’Église et de qui veut servir ses frères dans les choses de Dieu.

Saint Ambroise et saint Charles, intercédez pour nous.

En Jésus et Marie,

Des séminaristes de Seveso
(Archevêché métropolitain de Milan)

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) La première remarque est que ces séminaristes sont…Italiens : un nouvel indice pour nos amis français que les questions que nous soulevons ne relèvent pas d'un débat strictement franco-français mais ont bien une dimension universelle

2) On remarque que cette lettre de séminaristes – qui ne sont pas des séminaristes d’une communauté Ecclesia Dei mais des séminaristes diocésains - dépasse de loin le problème du document d’interprétation du Motu Proprio : elle concerne directement et expressément l’idéologie liturgique – et tout ce « qui va avec » – du grand séminaire du diocèse considéré comme ayant le plus grand poids moral de la chrétienté après celui de Rome. Où l’on peut voir qu’en 2011, on en est, à certains égards, au même point qu’en 1970. Ce qui a changé, c’est que de nombreux séminaristes regimbent, en Italie, en France, en Espagne, et même que certains osent le dire tout haut. Ce qui a changé c’est que les nouvelles générations sont de plus en plus décomplexées.

Le blog Perepiscopus rapportait à ce sujet d’ailleurs dans un article du 13 mars 2010 cette information : dans un séminaire français a été constitué un « groupe stable » de 9 séminaristes (représentant de fait le quart des séminaristes proprement diocésains de ce séminaire) qui a formulé une « demande » selon le Motu Proprio Summorum Pontificum auprès du supérieur, le Père B. Le supérieur, pour l’instant, n’a pas donné suite à cette demande de célébration, une fois par semaine, d’une messe selon la forme extraordinaire.

Toutefois, s’il est des lieux dans l’Église où l’Inquisition fonctionne toujours, c’est bien dans les séminaires, où les candidats sont examinés (ils disent : « fliqués ») bien plus sur leurs idées que sur leur moralité. N’est ce pas Golias qui, magnifique aveu, écrivait dans ses lignes le 26 août 2010, « On peut donc s’interroger sur nos évêques, y compris les meilleurs à titre personnel. Il y a encore quinze ou dix ans, ils fermaient leur porte à des jeunes épris de soutane et d’encens quitte parfois à les casser au travers de stages faute d’oser franchement leur dire la vraie raison d’un refus d’accueil et d’ordination. » (http://www.golias-editions.fr/LE-CHRIST-ROI-A-SAINT-BRIEUC) Ce flicage ecclésiastique que Golias voudrait renvoyer à une période passée est encore hélas bien d’actualité, les témoignages ne manquent pas.

C’est dire à quel point cette lettre des séminaristes de Milan est courageuse et particulièrement émouvante.

3) Le diocèse de Milan était historiquement considéré comme le « premier » archevêché du monde, aujourd'hui encore l'un des trois premiers par le nombre de catholiques qu'il regroupe : un peu moins de 5 millions. Alors que Milan était une des grandes villes de l’Empire romain, saint Ambroise, un des quatre docteurs majeurs de l’Église d’Occident (avec saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire), fut porté sur le siège épiscopal de cette ville. Il a donné son nom au Te Deum (« l’hymne ambrosienne ») et surtout à la magnifique liturgie latine qui y a été célébrée jusqu’à la réforme de Paul VI (le rite ambrosien), avec, il faut en convenir, quelques restes dans les cérémonies du nouveau rite ambrosien célébrée au Dôme (la cathédrale).

Milan a aussi pour patron saint Charles Borromée, archevêque de cette ville dès la fin du Concile de Trente, prélat majeur de la Contre-Réforme (notamment puissant diffuseur de la piété eucharistique, auquel on doit, entre autres, la généralisation du tabernacle sur l’autel principal des églises et cathédrales), que Pie XI a donné comme protecteur aux... séminaristes. Enfin, sous Pie XI le siège de Milan fut honoré par le grand cardinal Schuster (1929-1954), proclamé bienheureux en 1996, très savant liturgiste, une des plus hautes personnalités ecclésiastiques du XXe siècle.

4) La « question milanaise », toujours au premier plan dans l’Église italienne (l’archevêque de Milan est un papabile-né) a pris ces derniers temps une importance considérable :

a) L'impulsion donnée à la curie milanaise, depuis le cardinal Montini (futur Paul VI) et jusqu'à l'actuel archevêque, marquée sous Jean-Paul II par la très forte personnalité du cardinal jésuite Martini, était résolument « progressiste ». L’annonce très prochaine du successeur du cardinal Tettamanzi est donc particulièrement attendue, dans la mesure où elle pourrait changer une donne qui n’a pas varié depuis 1954. Ce qui serait le cas si était nommé un prélat comme le cardinal Scola, actuel patriarche de Venise (prêtre originaire de Milan mais écarté par la curie progressiste car trop orthodoxe), ou d’un autre de même ligne. On comprend d’ailleurs que cette perspective dynamise les séminaristes auteurs de la lettre dont nous parlons.

b) En outre, pour le monde traditionnel italien, la perpétuation du rit ambrosien est infiniment plus importante que n’est en France celle du rit lyonnais ou du rit dominicain. Successeur de Schuster, Montini a, par la force des choses, utilisé le rit ambrosien ancien, puisque la réforme liturgique n’a été mise en œuvre qu’après son accession au souverain pontificat. Mais même les archevêques suivants, le modéré Colombo, théologien ami de Paul VI, et les progressistes Martini, puis Tettamanzi, qui vient de remettre sa démission, ont cultivé, au moins au Dôme, une certaine particularité liturgique « ambrosienne » au sein de la réforme de Bugnini. Certes, la lettre des séminaristes n’aborde qu’au détour d’un paragraphe et presque implicitement cette question du rit ambrosien ancien, mais tout le monde comprend qu’elle est centrale dans leur démarche. Or, la question porte sur sa survie et sa charge symbolique.

- Sa survie : une lutte extrêmement vive a eu lieu entre le cardinal Tettamanzi et la Commission Ecclesia Dei sur le point de savoir si le Motu Proprio de 2007 protégeait aussi le rit ambrosien ancien. Une lettre de la Commission Ecclesia Dei du 23 mars 2009 avait expressément répondu que « s'il est vrai que le Motu proprio du Saint-Père n'a pas cité expressément le rit ambrosien, il n'exclut pas les autres rits latins ; dans la mesure où ce que la volonté du Saint-Père affirme pour le rite romain, supérieur en dignité, vaut par conséquent, a fortiori pour les autres rits latin, y compris le rit ambrosien ». Dans son dernier état, telle qu’il a été refondue par la Congrégation de la Doctrine de la foi du cardinal Levada, le projet d’instruction pour l’interprétation du Motu Proprio revient sur cette jurisprudence d’Ecclesia Dei : les rits non romains ne seront pas couverts par Summorum Pontificum.

- La charge symbolique : si aujourd’hui, le rit ambrosien ancien sortait du champ de Summorum Pontificum pour être confié à la Congrégation pour le Culte divin du cardinal Cañizares et non plus à la Commission Ecclesia Dei de Mgr Pozzo, il ne serait plus en danger, au moins immédiat, de disparaître, comme il l’était à l’époque du cardinal Tettamanzi. Il pourrait cependant plus facilement être transformé, au nom d’une « réforme de la réforme » mal comprise. En tout cas, la généralité libératrice de Summorum pontificum pour toute la tradition liturgique en serait gravement affectée quant au « signe ».

5) Un mot sur “Bose”. Cette communauté religieuse, née le jour de la clôture du concile Vatican II, rassemble des hommes et des femmes célibataires de différentes confessions chrétiennes pour « vivre l'Évangile avec radicalité » (règle de la communauté 3.5). Son
fondateur et supérieur, le frère Enzo Bianchi, est la coqueluche des médias italiens où il est toujours prompt à donner son avis, de façon souvent radicale ! Souvent des analogies sont faites entre Bose et Taizé et les séminaristes milanais ne nous surprennent pas en se plaignant de se voir infliger tout le répertoire de Taizé en plus de la liturgie façon Bose.

III - EN CONCLUSION

Si nous avons consacré une aussi longue lettre à ce courrier de séminaristes milanais, c'est parce qu’il est un signe parmi bien d’autres d’un inéluctable changement d’époque. Il fut un temps (les années 90) où fleurissaient les « manifestes de théologiens » contre la « Restauration » supposée en cours. Un ultime manifeste de théologiens, qui sent la débâcle (ils demandent le mariage des prêtres, mais la plupart ont depuis longtemps passé l’âge de convoler !), vient d’ailleurs d'être publié en Allemagne.

En revanche, se multiplient aujourd’hui les « adresses », les « instances », les « lettres inquiètes », les « pétitions », qui manifestent la puissance d’une opinion catholique traditionnelle (puissance relative : c’est parce que le monde catholique occidental est en voie de disparition que sa part traditionalisante, celle qui résiste le mieux à l’usure, va bientôt en représenter la majorité). Et voici qu’apparaît aussi une très courageuse lettre de séminaristes, la catégorie la plus menacée par les derniers vigiles de l’idéologie postconciliaire, séminaristes qui crient leur désarroi et leur inquiétude. Il ne serait pas surprenant que d’autres lettres d’appel au secours des futurs prêtres de l’Église, qui encore une fois ne sont pas des traditionalistes mais qui veulent avoir accès à la tradition de l’Église liturgique et doctrinale, ne surgissent dans les temps prochains de tous les points d’Europe. Car il y va désormais, non plus de « l’esprit du Concile », mais de l’esprit du Motu Proprio.

Enfin, et nous aurons l'occasion d'y revenir dans de prochaines lettres, on doit remarquer que ce document milanais pose une nouvelle fois la question des minorités dans l'Église : quelle place, quelle liberté, quel respect pour les fidèles, les prêtres et, ici, les séminaristes qui, tout en étant fidèles au magistère, ne se reconnaissent pas dans les orientations dominantes de leur diocèse ou de leur conférence épiscopale ?

21 février 2011

[Golias] L'amertume du Cardinal Rode

SOURCE - Romano Libero - Golias - 21 février 2011

Le cardinal slovène Franc Rodé, ancien préfet de la congrégation des religieux, déplore l’évolution des communautés religieuses dans le sens de la sécularisation et d’une perte du sens de l’obéissance. Il pointe du doigt en effet l’émergence d’une mentalité démocratique.

Interrogé par Radio Vatican le 16 février, le cardinal Franc Rodé a déploré que la sécularisation ait fait perdre le sens de l’autorité légitime.

"La vie religieuse est aujourd’hui en difficulté et il faut le reconnaître“, ajoute le cardinal qui s’exprime sur Radio Vatican. Selon ce cardinal connu pour ses jugements conservateurs tranchés, mais aussi pour son extrême bienveillance à l’endroit des Légionnaires du Christ jadis (attitude aujourd’hui très critiquée à cause de l’aveuglement au sujet du Père Maciel), on court aujourd’hui "le risque de transformer les œuvres de charité en services sociaux et ceci au détriment de l’annonce de l’Evangile : on préfère une société du bien-être, plutôt qu’un signe eschatologique". Allusion directe au célibat !

On doit rappeler que le cardinal Franc Rodé a été remplacé le 4 janvier 2011 par un Brésilien, Mgr João Braz de Aviz, archevêque de Brasilia, qui s’inscrit dans une ligne ecclésiale beaucoup plus ouverte, et engagée dans les questions sociales. On dit à Rome que Rodé n’a pas été très heureux du choix de son successeur et qu’il en garderait de l’amertume...

19 février 2011

[DICI] France : Parution de Vu de haut, revue de l’Institut Universitaire Saint-Pie X

SOURCE - DICI - 19 février 2011

Le numéro de la revue de l’Institut Universitaire Saint-Pie X, Vu de haut, qui vient de paraître, est consacré à Pie IX, le pape du Concile Vatican I. Elle publie les actes du colloque de juin 2010, organisé à l’occasion du 140e anniversaire du concile tenu en 1870. On peut y lire également un article sur la politique familiale et une étude sur la philosophie du langage.
Le prière d’insérer présente en ces termes les travaux du colloque de juin 2010 :
« Indubitablement, le premier concile du Vatican reste attaché à la personne de Pie IX. Les erreurs modernes touchant à la connaissance (rationalisme, fidéisme, évolutionnisme), à la liberté (libéralisme individuel et politique, socialisme) mais aussi à la constitution de l’Église ont trouvé leur remède dans le magistère des papes du XIXe siècle dont celui de Pie IX, et leur synthèse puissante dans les textes du Concile. Loin de l’ignorer, l’Église intervenait lumineusement dans le débat de son adaptation aux idées modernes.
« Le Concile peut également s’attribuer au pape dans la mesure où l’un des débats fondamentaux du Concile fut précisément l’infaillibilité du Souverain Pontife. En déclarant l’autorité pontificale indemne d’erreur à la condition expresse de rester fidèle au dépôt révélé et de ne pas inventer une nouvelle doctrine, le Concile prêchait le primat d’une autorité objective et pérenne dans l’ordre intellectuel.
« On perçoit ici toute l’actualité de l’étude d’un pape et d’un concile dont les enseignements n’ont pas pris une ride, même s’ils ont été contestés ou contredits depuis par l’autre concile du Vatican, deuxième du nom. Les actes du colloque organisé par l’Œuvre de Saint-François-de-Sales et l’Institut Universitaire Saint-Pie X, le 19 juin 2010, qui constituent l’essentiel de ce numéro de Vu de haut, méritent donc l’attention de qui veut comprendre la crise intellectuelle, philosophique et religieuse que nous traversons ».

Vu de haut n°17 : 15 € (+ 3 € de frais de port) à commander à l’Institut Universitaire Saint-Pie X  21 rue du Cherche-Midi 75006 Paris – Tél. : 01.42.22.00.26 – Fax : 01.42.84.31.94 Courriel : iuspx@free.fr – Site Internet :  www.iuspx.com (DICI n°230 du 19/02/11)

[DICI] France : Parution de Vu de haut, revue de l’Institut Universitaire Saint-Pie X

SOURCE - DICI - 19 février 2011

Le numéro de la revue de l’Institut Universitaire Saint-Pie X, Vu de haut, qui vient de paraître, est consacré à Pie IX, le pape du Concile Vatican I. Elle publie les actes du colloque de juin 2010, organisé à l’occasion du 140e anniversaire du concile tenu en 1870. On peut y lire également un article sur la politique familiale et une étude sur la philosophie du langage.
Le prière d’insérer présente en ces termes les travaux du colloque de juin 2010 :
« Indubitablement, le premier concile du Vatican reste attaché à la personne de Pie IX. Les erreurs modernes touchant à la connaissance (rationalisme, fidéisme, évolutionnisme), à la liberté (libéralisme individuel et politique, socialisme) mais aussi à la constitution de l’Église ont trouvé leur remède dans le magistère des papes du XIXe siècle dont celui de Pie IX, et leur synthèse puissante dans les textes du Concile. Loin de l’ignorer, l’Église intervenait lumineusement dans le débat de son adaptation aux idées modernes.
« Le Concile peut également s’attribuer au pape dans la mesure où l’un des débats fondamentaux du Concile fut précisément l’infaillibilité du Souverain Pontife. En déclarant l’autorité pontificale indemne d’erreur à la condition expresse de rester fidèle au dépôt révélé et de ne pas inventer une nouvelle doctrine, le Concile prêchait le primat d’une autorité objective et pérenne dans l’ordre intellectuel.
« On perçoit ici toute l’actualité de l’étude d’un pape et d’un concile dont les enseignements n’ont pas pris une ride, même s’ils ont été contestés ou contredits depuis par l’autre concile du Vatican, deuxième du nom. Les actes du colloque organisé par l’Œuvre de Saint-François-de-Sales et l’Institut Universitaire Saint-Pie X, le 19 juin 2010, qui constituent l’essentiel de ce numéro de Vu de haut, méritent donc l’attention de qui veut comprendre la crise intellectuelle, philosophique et religieuse que nous traversons ».

Vu de haut n°17 : 15 € (+ 3 € de frais de port) à commander à l’Institut Universitaire Saint-Pie X  21 rue du Cherche-Midi 75006 Paris – Tél. : 01.42.22.00.26 – Fax : 01.42.84.31.94 Courriel : iuspx@free.fr – Site Internet :  www.iuspx.com (DICI n°230 du 19/02/11)

[DICI] France : Le pèlerinage de Pentecôte de Chartres à Paris, les 11, 12 et 13 juin 2011

SOURCE - DICI - 19 février 2011

L’association Pèlerinages de Tradition fait paraître son bulletin Pélé-infos n°26 (février 2011). On y trouve la présentation du thème du pèlerinage de Pentecôte 2011 : « Vrai Roi par l’Hostie ». Son aumônier, l’abbé Bernard de Lacoste, souligne le caractère unique de la procession du Saint-Sacrement qui traversera Paris, le lundi de Pentecôte (voir DICI n°225) :
« Puisse cette procession, pendant l’espace de quelques heures, faire luire dans la capitale un rayon de la lumière céleste. Puisse-t-elle faire retentir une mélodie divine et donner une petite idée de la splendeur du Paradis ! Puisse-t-elle purifier l’atmosphère viciée qui règne et faire répandre avec abondance la grâce de Notre Seigneur.
« Voilà pourquoi le pèlerinage 2011 est unique. Il ne faut pas manquer cet événement exceptionnel. A l’heure où le Saint-Sacrement est oublié, voire méprisé et insulté, nous devons être des milliers pour venir l’adorer publiquement et chanter ses louanges. Montrons à nos concitoyens que le catholicisme n’est pas mort, que Jésus-Christ est toujours notre Roi et que nous sommes fiers d’être ses serviteurs fidèles. N’ayons pas peur de chanter haut et fort notre amour pour ce Dieu qui, avant de mourir pour nous, a voulu se faire la nourriture de nos âmes. »
Ce numéro de Pélé-infos donne les résultats du grand concours d’affiches, en publiant non seulement celle qui a été retenue, mais aussi toutes celles qui ont reçu un prix.
Le dossier doctrinal et spirituel du pèlerinage de Pentecôte 2011 est disponible au prix de 10 € dans les chapelles desservies par la Fraternité Saint-Pie X, ainsi que sur le site Internet du pèlerinage.
Abonnement à Pélé-infos : 5 € (bienfaiteurs : 15 €) à adresser à l’Association Pèlerinages de Tradition 23, rue Poliveau  75005 Paris. Tél : 01 55 43 15 60 – Fax : 09 81 70 40 51 Courriel : pele.trad@wanadoo.fr – Site Internet : http://pelerinagesdetradition.com (DICI n°230 du 19/02/11)

[DICI] Annonce d’un Motu Proprio concernant la Congrégation pour le culte divin

SOURCE - DICI - 19 février 2011

Le 9 février, alors que la presse italienne du jour annonçait un Motu Proprio qui donnerait un « tour de vis » aux abus liturgiques, le P. Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a fait savoir que ce document aurait pour but de transférer certaines compétences de la Congrégation pour le culte divin au Tribunal de la Rote, et non pas de promouvoir un contrôle restrictif.
Comme l´indiquait l’agence romaine I.Media en mai 2010, le Motu Proprio en préparation vise à transférer les compétences concernant les dispenses de mariage – dans le cas d´unions célébrées, mais non consommées – d´un dicastère à l´autre de la curie romaine. Pour l´heure, c´est la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements qui, par le biais d´une commission spéciale d´une soixantaine de membres, est chargée d´accorder ces dispenses qui relèvent du pape. Bien que ces dispenses ne soient pas de type judiciaire, elles seront prochainement du ressort du Tribunal de la Rote romaine.
Le P. Lombardi a en outre précisé qu´il n´y avait « aucun fondement ni aucune raison » de voir dans ce Motu Proprio une intention de mettre en place « un contrôle de type ‘restrictif’ de la part de la Congrégation pour le culte divin dans la promotion du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II ». « Cela ne veut pas dire que la police arrive », ni que se manifeste le choix d´une « nouvelle politique » en la matière, a-t-il ajouté démentant ainsi les propos du vaticaniste Andrea Tornielli dans Il Giornale, pour qui ce Motu Proprio devrait « promouvoir une liturgie plus fidèle aux intentions d´origine du Concile Vatican II », « avec moins d´espaces pour les changements arbitraires, afin de favoriser le retour d´une plus grande sacralité ».
En décembre dernier, le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le culte divin, avait déclaré que Benoît XVI souhaitait « donner naissance à un nouveau mouvement liturgique, clair et vigoureux, dans l´Eglise tout entière », revenant sur la « précipitation » avec laquelle la réforme liturgique avait été mise en place après le Concile Vatican II. Il n´hésitait pas alors à parler de crise en matière liturgique, déplorant en particulier « la perte du sens du sacré ». C’est peut-être ce qui a fait croire à certains vaticanistes qu’il serait question d’un retour à une discipline plus stricte, dans le Motu Proprio en préparation. A tort, selon les dires de membres de la Congrégation pour le culte divin qui ne voient dans le futur document pontifical qu’un recentrage de leurs compétences sur les questions exclusivement liturgiques.  (Sources : Imedia/VIS/Apic/Il Giornale/La Stampa – DICI n°230 du 19/02/11)