30 juillet 2011

[Disputationes Theologicae] Entretien avec M. l’abbé Philippe Laguérie, Modérateur général de l’Institut du Bon-Pasteur

SOURCE - Disputationes Theologicae - 30 juillet 2011

Cinq années se sont écoulées depuis la fondation de l’Institut du Bon-Pasteur. Pour les amateurs de chiffres, la jeune communauté internationale compte à ce jour 25 prêtres – le plus récent ordonné à St Eloi le 25 juin par SE le cardinal Castrillon-Hoyos – et autant de séminaristes venus de divers pays (France, Brésil, Pologne, Italie…) qui reçoivent leur formation à Courtalain, dans le diocèse de Chartres.

Sans détours, comme à son habitude, M. l’abbé Philippe Laguérie a bien voulu répondre à quelques questions sur la position théologique et liturgique de l’Institut du Bon-Pasteur et sur sa situation présente dans le paysage ecclésial

Disputationes Theologicae : Monsieur l’abbé, deux des piliers de votre Institut approuvé par le Saint Siège en 2006 sont bien connus : usage exclusif des livres liturgiques de 1962 (Statuts et Décret d’érection), engagement à l’étude critique constructive des points de doctrine qui, dans le texte du concile Vatican II ou dans la liturgie, paraissent difficilement conciliables avec la Tradition (Acte d’adhésion des premiers membres). Cinq ans après, Rome a édicté des précisions magistérielles et juridiques : votre position a-t-elle évoluée ?

Abbé Philippe Laguérie : Notre position théologique et liturgique fondamentale approuvée par le Saint-Siège en 2006 n’a pas changé depuis notre fondation, fort heureusement. Mais elle a dû prendre en compte, bien sûr, toutes les précisions magistérielles romaines postérieures, avec la joie que vous savez. Tant, sur le plan générique, du discours du pape du 25 décembre 2005 devant la Curie que, sur le plan spécifique, par exemple, de la déclaration du 16 juillet 2007 (l’herméneutique du « Subsistit in ») que j’ai saluée avec enthousiasme (cf. mon blog, blog.institutdubonpasteur.org, 25/07/2007). Quant à la loi liturgique, nous avons reçu comme une bénédiction pour l’Eglise le Motu Proprio du 7 juillet 2007, que vient renforcer l’Instruction Universae Ecclesiae du 13 mai 2011.
Disp. Th. : Comment donc recevez-vous aujourd’hui le concile Vatican II ?
Ab. Ph. L. : C’est simple : nous recevons le texte de tous les conciles, et notamment du concile Vatican II, selon les normes définies par l’Eglise. Les théologiens savent quelles sont ces normes, rappelées dans Lumen Gentium n° 25, et ce qu’elles signifient[1].
Disp. Th. : Pouvez-vous expliciter ces « normes » ?

Ab. Ph. L. : L’IBP reçoit fidèlement les normes du Magistère de l’Eglise. Elles sont traditionnelles. Pour simplifier, l’adhésion à un document du Magistère, même non infaillible, venant de l’autorité suprême, suppose non seulement le respect qui lui est dû, mais requière en outre une herméneutique de conformité avec la Tradition quant à son interprétation. Cette adhésion due recouvre, par nature, des degrés d’assentiment variable, selon la forme revêtue par le Magistère : définitions infaillibles ou non, magistère ordinaire universel ou non, magistère solennel ou non, etc. ; ou pour résumer, selon que l’Eglise veut obliger ou non tous les fidèles à un assentiment ou une obéissance de foi. Pour Vatican II, on sait qu’il s’agit d’un concile pastoral non contraignant pour la foi (sauf sur les points antérieurement définis), dont la réception authentique est encore en cours ou à venir, comme l’a si bien exprimé S. E. le cardinal Ricard à Lourdes en 2006.

Disp. Th. : N’y a-t-il pas une difficulté, si recevoir le concile, c’est donner son adhésion à un texte dont le sens authentique n’est pas encore fixé ?

C’est en effet la difficulté à laquelle le pape ouvre une voie de résolution. Le sens (certifié par Rome en conformité avec la Tradition) de l’ensemble des textes n’est pas encore totalement connu, car il n’a pas été déterminé en chaque point par l’Autorité Suprême ; la réception du sens authentique du concile reste par conséquent, elle aussi, en suspend sur ces points non élucidés qui ont paru induire une rupture. C’est ce que signifie : « La réception authentique est encore à venir ». Une liberté respectueuse est donc laissée pour interroger de façon critique et non polémique le texte de ce magistère nouveau, voire en proposer une reformulation en continuité avec la Tradition. C’est ce qu’a fait le Saint-Père dans la déclaration précitée (signée du cardinal Lévada) sur le fameux « subsistit in » de Lumen Gentium ch. I, §8. Il n’est plus permis à un catholique de penser que cette expression ne désigne pas l’être et même la permanence dans l’être entre l’Eglise du Christ et l’Eglise Catholique. Et par notre acte d’adhésion fondateur, nous nous sommes engagés, bien modestement mais résolument à travailler dans ce sens.
Disp. Th. : Quelle est votre position quant à « l’herméneutique de rupture » des textes conciliaires, blâmée par le discours du Saint Père du 22 décembre 2005 ?
Ab. Ph. L. : Comme l’ont dit et publié à l’époque plusieurs d’entre nous, conformément à ce discours de Benoît XVI à la Curie (22/12/2005), nous rejetons fermement, à propos des textes du concile Vatican II, « l’herméneutique de la rupture » et le faux « esprit du concile ». Ces postures dialectiques ont majoré l’importance et l’autorité du concile, comme un « super dogme » qui serait « Plus important que celui de Nicée » qui définit l’identité de nature entre le Père et le Fils, autrement dit la divinité du Christ ! Elles ont causé des dégâts considérables dans de grandes parties de l’Eglise, avec des interprétations théologiques (faux dialogue interreligieux, refondation de l’Eglise du concile, fausse ecclésiologie, fausse collégialité, fausses théologies de la célébration, de la libération, de la liberté religieuse, etc.) contraires au Magistère et à l’orthodoxie. Avec parfois des réactions symétriques chez les plus ardents défenseurs de l’orthodoxie… Le chapitre 1 de « Lumen Gentium » est composé pour deux-tiers de citations du Nouveau Testament ! Dans sa foi, chaque théologien, chaque fidèle a le droit et le devoir de lire paisiblement dans la « continuité » de la Tradition les textes magistériels de l’autorité suprême, ceux du passé comme ceux à venir. C’est la grande libération du fameux 22 décembre 2005…
Disp. Th. : Qu’est-ce que ce discours de Benoît XVI vous inspire ? A-t-il modifié votre position sur Vatican II ?
Ab. Ph. L. : Ce texte libérateur du Pape Benoît XVI est un discours de réforme audacieuse, qui ramène le texte du concile et son avenir à leurs justes proportions théologiques. Il est antérieur à notre fondation et n’a donc en rien changé la position de notre Institut. C’est plutôt notre Institut qui s’est appuyé sur ce texte magistral. Au fond, le Saint Père invite les théologiens et tous les fidèles à repenser leur attitude par rapport au texte de Vatican II : d’un côté, à ne plus en faire le texte fondateur d’une nouvelle église. Mais pas davantage à en faire un prétexte de rejet global, polémique et systématique, qui serait en rupture avec l’autorité du Saint Père. Personne ne peut nier ou rejeter ce texte : il est là, historique, magistériel. Tant que le sens conforme à la Tradition n’est pas donné d’en haut en tous points, ce concile reste, certes, un texte du Magistère à recevoir, mais sujet à tant d’interrogations interprétatives qu’il est prudent de ne le recevoir qu’au rythme de l’interprétation authentique. Voilà 45 ans que les théologiens les plus divers proposent des interprétations possibles et contradictoires du sens de « Dignitatis Humanae » sur la liberté religieuse. Idem pour « l’Unité spirituelle du genre humain » souvent citée et jamais définie. Etc.…
Disp. Th. : Où vous situez-vous exactement entre ces deux postures symétriques ?
Ab. Ph. L. : Je m’efforce de voir les choses d’un peu plus haut, à l’invitation du Saint-Père. Le « mérite », si l’on peut dire, de l’évènement Vatican II me paraît celui-ci : poser aujourd’hui, avec le recul du temps, les problématiques essentielles de la modernité à la foi traditionnelle, (Même si ces problématiques sont parfois complètement obsolètes : le Net n’existait pas en 1962 et la mondialisation donnée comme inéluctable facteur de paix sur les § 83 à 90 de « Lumen Gentium » a carrément échoué !) Comme disait S.E. le Cardinal Ricard à Lourdes (Cf. sup) « Il faut relire (Vatican II) à nouveaux frais et en retenir ce qui peut l’être ». Il y a du pain sur la planche. Mais attention, le texte touche parfois aux dogmes de l’Eglise, comme en témoignent les trois premières encycliques du Pape Jean-Paul II. Par l’interprétation authentique, par « L’herméneutique de réforme » du texte, qu’il s’agit de relire désormais dans la continuité avec la Tradition, le concile est remis à sa place théologique : non plus un super dogme, mais un texte magistériel composite, rappelant ici la tradition, ouvrant là un espace de recherche, n’obligeant jamais la foi (hormis les points déjà définis) ; mais présentant de sérieuses difficultés d’interprétation : dépassé en certaines parties, soumis sur d’autres à des interrogations critiques fondamentales, ou qui induisent, par les ambiguïtés du texte, des ruptures herméneutiques béantes ; mais qui ouvrent par là même des problématiques passionnantes au Magistère futur. Pour conclure sur ce point, « l’herméneutique de continuité ou de réforme », qui consiste à rechercher un sens au texte en conformité avec la Tradition, vise à réformer, sinon le texte, en tout cas son interprétation et par là même son sens, son importance et sa réception.
Disp. Th. : Sur la question liturgique, comment votre Institut a-t-il reçu l’Instruction Universae Ecclesiae du 13 mai 2007 ?
Ab. Ph. L. : Nous recevons cette Instruction du cardinal Levada comme un document de droit liturgique positif. Il vient à point nommé, pour confirmer, préciser et faire appliquer la loi liturgique universelle posée par le Motu Proprio Summorum Pontificum, rétablissant le droit – jamais abrogé légitimement – du missel de Jean XXIII. C’est un bon document dont nous voyons déjà quelques fruits concernant l’IBP : en France, des évêques nous ont confié sans difficulté deux missions, et ont accepté une nouvelle implantation dans leur diocèse depuis cette Instruction. Alors qu’auparavant, tout semblait plus difficile.
Disp. Th. : Concernant le paragraphe 19 de cette instruction, l’encre a coulé dans la presse (par ex. La Croix) : certains ont voulu y voir une semonce contre certaines communautés traditionnelles…
Ab. Ph. L. : Ces gens feraient bien de relire d’abord le §2 et le §3 de l’Instruction, qui cite le Motu Proprio : « chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement sur la doctrine de la foi et sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue ». Cette Instruction entend rappeler que la communion des églises locales suppose l’obéissance à la loi liturgique universelle édictée par Rome, et donc au Motu proprio, justement, que beaucoup rechignent à appliquer.

Disp. Th. : Mais n’êtes-vous pas concerné par ce paragraphe 19 ?
Ab. Ph. L. : Tout comme l’ensemble de l’Instruction Universae Ecclesiae, ce paragraphe 19 ne pose aucune difficulté. Supposer d’ailleurs qu’il concerne l’I.B.P. alors qu’il vise d’autres communautés serait une galéjade. Dois-je vous le citer ? « Que les fidèles du Christ qui réclament la célébration selon la forme extraordinaire ne prêtent pas leur concours ou ne donnent pas leur nom aux associations qui attaquent (Impugnent) la validité ou légitimité du Saint-Sacrifice de la messe selon la forme ordinaire, ou encore ne soient hostiles (Sint infensae), de quelque manière, au Souverain Pontife Romain, Pasteur de l’Eglise Universelle ». Puisqu’il s’agit du droit liturgique universel en vigueur, l’IBP atteste la validité théologique et la légitimité canonique des célébrations de la messe et des sacrements dans la "forme ordinaire", conformément à ce paragraphe 19. Ce paragraphe ne porte pas non plus atteinte à notre acte d’adhésion fondateur, qui nous engage encore, de façon constructive, dans le nouveau mouvement liturgique, en vue d’enrichissements possibles du missel de Paul VI souhaités par Benoît XVI lui-même, suivi par un cardinal Burke ou un Mgr Bux.
Disp. Th. : Pourquoi alors ne pas célébrer la "forme ordinaire" ?
Ab. Ph. L. : Si on les reçoit dans l’esprit de l’Eglise, à la lumière du Droit Canon et du Motu Proprio Summorum Pontificum, nos constitutions approuvées par Rome sont très claires. Le décret d’érection de l’Institut du Bon-Pasteur confère à ses membres « le droit de célébrer vraiment comme leur rite propre la Sainte Liturgie en usant des livres liturgiques codifiés par le Bx Jean XXIII en 1962 » (ibidem ; cf. Statuts de l’IBP, Ar.1 §2). Ce droit propre de l’IBP implique l’observance du canon 846 §2 : « Le ministre célèbrera les sacrements selon son rite propre ». Cette disposition générale englobe le missel, le rituel et le pontifical de 1962, ainsi que le bréviaire (Décret d’érection ; Statuts, art.1 §2 ; confirmé par Universae Ecclesiae, §35 ; §§28-32). Ainsi, le charisme propre de l’Institut du Bon-Pasteur garantit concrètement pour ses membres la liberté et le droit d’adhérer à la "forme extraordinaire", qui sont offerts à l’Eglise entière par le Motu Proprio. Et puisque « la forme extraordinaire doit être conservée avec l’honneur qui lui est due » (Universae Ecclesiae, §6), puisque qu’encore le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI certifie la légitimité du missel de 1962 « jamais abrogé », ce droit propre pour l’IBP est légitime.
Disp.Th. : Quel est alors votre contact avec les célébrations dans la "forme ordinaire" ?
Ab. Ph. L. : De par son charisme propre, les membres de l’IBP célèbrent la liturgie ou y assistent selon l’usage de la "forme extraordinaire". Par rapport à l’assistance selon la "forme ordinaire", notre Institut est soumis au Droit Canon et au Motu Proprio – en tenant compte de la lettre et de l’esprit de nos statuts – et se contente d’en exiger l’observance. Les membres de l’IBP ont donc la liberté d’agir selon la loi générale étant saufs le droit propre (Décret d’érection et CIC c. 846) et la fidélité au caractère propre de l’Institut (CIC c. 578). Dans les diocèses où ils sont missionnés, il est pour eux notamment convenable, selon les exigences démontrées du bien commun, d'accepter les invitations des évêques à être présent aux moments significatifs de la vie du diocèse, par exemple les messes d’ordinations et chrismales qui réunissent autour de son évêque le presbyterium de l’église locale, mais aussi tel pèlerinage, des débats théologiques sur des problèmes actuels…, et surtout des agapes fraternelles entre prêtres ! L’Institut ne « réglemente » en rien au-delà de ses statuts, du droit de l’Eglise et de son Magistère, tout simplement parce qu’il est une œuvre d’Eglise. Fort heureusement d’ailleurs, puisque « l’Esprit vivifie et la lettre tue ». La fidélité à l’Eglise est aussi une question d’esprit. Le pape Benoît XVI a rendu à tous cette « glorieuse liberté des enfants de Dieu », cette « faculté de se mouvoir dans le bien », comme l’appelait le pape Léon XIII.
Disp.Th. : Merci pour cet entretien, M. l’abbé. Une question supplémentaire : quelles sont vos perspectives pour l’Institut?
Ab. Ph. L. : Au plan concret, les projets en cours exigent, de soi, la plus grande discrétion. En attendant de pouvoir vous en dire plus, Je puis seulement vous annoncer l’installation prochaine d’une maison générale formée. Au cœur de l’Eglise, les services sont variés et il n’en est pas de petit. De la paroisse personnelle à l’aumônerie de malades, en passant par les écoles, les simples missions paroissiales ou les remplacements de confrères…, l’Institut du Bon-Pasteur s’y engage volontiers, selon ses possibilités et se développe humblement, mais sûrement.
Disp.Th. : Observez-vous une évolution du contexte ?
Ab. Ph. L. : Les choses évoluent de façon évidente, trop lentement ou trop vite selon les points de vue. Peu importe, « ça tourne », comme disait Galilée de la terre, que d’aucuns avaient arrêtée à leur guise. L’abondance de la moisson, les contacts personnels qui se multiplient, l’écoute nouvelle des évêques qui répondent à la demande, les avancées romaines (en particulier le document Universae Ecclesiae qui établit la Commission Ecclésia Dei comme « juge » de l’application du Motu Proprio)… Tout concourt à une mutation des esprits et des cœurs qui ouvre le champ à la liturgie traditionnelle, via les « Instituts spécialisés » (comme les appelaient le Cardinal Castrillon-Hoyos), qu’on le veuille ou non. Les années 70 sont bien mortes et les années 90 s’en vont aussi…
Disp.Th. : Et les obstacles, les difficultés ?
Ab. Ph. L. : J’en profite pour rectifier une erreur aussi répandue que funeste. On veut croire que les réticences à notre égard (qui proviennent surtout des inévitables tiraillements internes de notre fondation et non point du positionnement doctrinal de l’Institut, au contraire, comme me le rappelait Mgr Pozzo il y a quelques jours), me mettraient dans l’embarras pour placer des prêtres que nous aurions en surnombre. C’est complètement faux ! Aucun de nous n’est au chômage, je vous prie de le croire et, à la vérité, je ne puis pourvoir à toutes les nécessités, à l’étranger comme en France. La formation sacerdotale, prunelle de nos yeux, et œuvre silencieuse de longue portée, suppose un investissement de nombreux prêtres professeurs à plein temps (actuellement quatre résidents pour six années d’études). Je reporte des missions, bien malgré moi, pour des prêtres qu’on me demande. Nous serions deux fois plus nombreux que la tâche ne manquerait point.
Disp.Th. : M. l’abbé, merci, un mot pour la fin ?
Ab. Ph. L. : Si l’urgence reste de former de bons prêtres, alors confions à la Providence le soin de remplir notre séminaire de belles et nombreuses vocations. L’avenir est là, et non de gémir sur les malheurs des temps. L’Institut du Bon-Pasteur est vraiment une œuvre providentielle et, unique en son genre. Impossible sans le discours du 22 décembre 2005 qui la précède de quelques mois, elle anticipe cependant de quelques mois encore sur la restauration liturgique du Motu Proprio. Merci au pape et à l’Eglise de ce cadeau magnifique qui nous place si près du centre de l’histoire et du cœur de l’Eglise…

[1] Pour le concile, cf. Concile Vatican II, Lumen Gentium n° 25 ; Cal Periclès Felici, Secrétaire général de ce concile en 1965 ; Code de droit canonique CIC 1983, c. 749, 1-3 ; c. 752 ; Jean-Paul II, Ad Tuendam Fidem, 1998, etc.

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] La pensée de Benoît XVI - IV

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 30 juillet 2011

Dans la quatrième et dernière partie de son étude La Foi au Péril de la Raison, Mgr Tissier de Mallerais prononce son jugement sur ce système de réinterprétation de la Foi qu'a élaboré Benoît XVI pour rendre la Foi plus accessible à l'homme moderne. Les partisans de ce Pape pourront accuser Mgr. Tissier de ne présenter qu'un seul côté de la pensée du Pape, mais ce côté est bien là, et Mgr Tissier a bien raison de le tirer au clair et de relever toute sa cohérence comme système d'erreur, parce que plus ce système est mélangé avec la vérité et mieux il sera déguisé, plus il menace de faire obstacle au salut des âmes.

Au Chapitre IX de son étude, Mgr Tissier montre comment le Pape altère l'objet et le motif de la Foi des catholiques. Tout vrai catholique croit aux Articles de la Foi tels que l'Eglise les définit, motivé en cela par l'autorité objective de Dieu qui les révèle. Mais pour Benoît XVI ce n'est là qu'une religion abstraite, à définitions froides. Au contraire, va-t-il dire, « La Foi, c'est une rencontre avec Jésus, une personne, c'est la présence de Dieu, une présence d'amour. » Or on peut bien sentir que la Foi altérée de la sorte en devient plus chaleureuse et personnelle, mais elle sera le fruit vague de l'expérience personnelle, à base de sentiments subjectifs qui sont habituellement peu fiables. Or, qui peut vouloir un pont branlant au Ciel, uniquement pour avoir la jouissance de sentiments chaleureux là-dessus ?

Au Chapitre X Mgr Tissier procède à montrer combien est branlant le système tout entier de croyances qui sort de cette altération. En effet, la recette de Benoît XVI pour arriver à ce catholicisme plus senti, c'est de purifier les dogmes de tous leurs attachements au passé et de les enrichir d'une conscience supérieure de leur signification, puisée dans le présent. Or, le formateur principal de la conscience du présent c'est bien le philosophe Kant, dont Benoît se déclare le disciple, et qui affirme que l'existence de Dieu ne peut se prouver mais seulement se postuler ou se fabriquer selon les besoins des hommes. Mais si ces besoins remplacent les réalités objectives, qui va encore postuler que Dieu existe même? C'est peu surprenant si dans un tel monde ou les hommes fabriquent Dieu à leur guise, Benoît est pessimiste pour l'avenir de l'Eglise.

Par exemple, n'est-ce pas par un besoin impératif de sa subjectivité que Benoît cherche à concilier son cœur catholique avec sa tête moderne ? Mais ce n'est pas pour cela qu'une synthèse entre la modernité et le catholicisme est de fait possible, explique Mgr Tissier dans la Postface de son étude. Le Pape a beau vouloir croire que les Droits de l'Homme, idole de toute démocratie moderne, ne représentent que la mise à jour du christianisme. De fait ils signifient sa mort, car dans la logique de ces Droits est impliquée une déclaration d'indépendance, indépendance de Dieu et de toute limitation imposée par la nature humaine qui vient de Dieu. Ces Droits sont de fait une bombe atomique dans la guerre menée par l'homme moderne contre Dieu, une clé de voûte dans l'édifice du Nouvel Ordre Mondial.

Pour permettre au monde de fonctionner, le Pape met son espérance dans un enrichissement mutuel de la raison et la religion par lequel elles se purifient et régénèrent l'une l'autre. Vaine espérance, conclut Mgr Tissier. En matière de religion, la raison sécularisée n'a que peu ou rien à offrir de valeur, et tous les efforts des théologiens catholiques pour pactiser avec elle s'effondreront comme un château de cartes, comme va s'effondrer le Nouvel Ordre Mondial qu'ils entendent servir. Mgr Tissier laisse à St Paul le dernier mot : « L'homme ne peut poser aucun autre fondement si ce n'est celui qui est déjà posé : le Christ Jésus » (I Cor.III, 11).

Le texte complet de l'étude de Mgr. Tissier était disponible auprès du « Sel de la Terre », mais il serait épuisé. Il est accessible en anglais et en italien sur l'Internet.

Kyrie eleison.

28 juillet 2011

[Paix Liturgique] Sondage de paix Liturgique en Espagne: Le Motu Proprio y est presque inconnu mais très attendu !

SOURCE - Paix Liturgique n°293 - 28 juillet 2011

Du 16 au 21 août, Madrid accueillera les JMJ. Le Saint Père s'y rendra à partir du 18 et célébrera la messe pour les séminaristes le samedi 20 et la messe de clôture le 21. Cet événement nous a incités à compléter notre campagne européenne de sondages sur la réception du Motu Proprio Summorum Pontificum par une enquête en Espagne. Confiée au très sérieux Institut Ipsos, celle-ci a été réalisée en deux vagues d'entretiens directs au cours du mois de juin. 2000 Espagnols de 15 ans et plus, dont 1265 ont déclaré être catholiques, y ont répondu.

I – La forme extraordinaire en Espagne

Ce n'est pas compliqué, elle n'existe quasiment pas ! Avant le 7 juillet 2007, les messes traditionnelles dominicales se comptaient sur les doigts d'une main, Fraternité saint Pie X comprise...

Aujourd'hui, elle demeure extrêmement peu développée : trois messes dominicales hebdomadaires pour la FSSPX,et pas plus d'une quinzaine dites par des prêtres diocésains ou Ecclesia Dei. En outre, le nombre des fidèles assistant à ces messes est généralement faible, ce qui tranche avec la situation habituelle de la forme extraordinaire, d'ordinaire très fréquentée. Il faut dire que les horaires des messes sont souvent peu favorables aux familles (8h30, 19h30, etc.).

Mais il faut considérer que la situation est en pleine mutation – ce que le présent sondage, comme on va le voir, confirme. Une dynamique se dessine en effet, notamment portée par des groupes de demandeurs souvent jeunes et des prêtres désireux de mettre leurs pas dans ceux du Saint Père et du cardinal Cañizares, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et ancien archevêque de Tolède (voir notre lettre 180 ). Mais le signe majeur de cette évolution est le nombre croissant de jeunes prêtres apprenant à célébrer la messe traditionnelle.

Dans notre lettre 275, nous indiquions que la baisse du nombre des séminaristes en Espagne était très impressionnante : 1 227 grands séminaristes en 2010-2011, contre 1 337 l’an passé, soit une chute de 9% en une année, que l’épiscopat espagnol camoufle un peu, en ajoutant aux chiffres des grands séminaires ceux des petits séminaires, qui existent encore dans la péninsule ibérique alors qu’ils ont pratiquement disparu en France. Au total, le volume global des grands et petits séminaristes hispaniques est tombé de 24,3%, près du quart, en 5 ans (link). En Espagne, comme partout en Europe occidentale, l’effondrement du nombre des prêtres et des séminaristes est donc massif et dramatique, mais les nouveaux prêtres et les séminaristes qui restent sont, là aussi, beaucoup plus « identitaires ». C’est une donnée très importante et qui doit nous aider à il faut lire le présent sondage.

La marginalité de la liturgie traditionnelle en Espagne tient au contexte historique et culturel dans lequel a été accueillie la réforme conciliaire. Franquisme oblige, le catholicisme était en effet religion d'État à l'époque de l'entrée en vigueur du Novus Ordo. De ce fait, le clergé jouissait encore d'une grande autorité sur les fidèles et d'une grande discipline interne. Nul, prêtre ou laïc, n'a songé à contester le missel de Paul VI, d'autant plus que celui-ci y a été - au départ - célébré avec toute la révérence et la dignité qui caractérisaient la liturgie tridentine. L'attitude, enfin, des congrégations fortement implantées dans le royaume, comme l'Opus Dei – même si Mgr Escrivá a continué à célébrer la messe traditionnelle en privé – ou les Jésuites, a bien entendu joué en faveur de l'adoption unilatérale de la liturgie moderne.

De ce fait, la réaction liturgique frontale a été limitée dans les années 70 à quelques prêtres (3 ou 4). L'immense majorité des prêtres de tendance traditionnelle était alors regroupée dans une association importante et active (près de 6 000 membres) : la Hermandad Sacerdotal Española, soutenue en sous-main notamment par Mgr José Guerra Campos, le Siri espagnol, alors évêque de Cuenca. Les préoccupations de Mgr José Guerra Campos et de la Hermandad Sacerdotal Española étaient prioritairement doctrinales (ce qu’on ne saurait, a priori, leur reprocher et concernait surtout la dénonciation de la liberté religieuse) et politico-religieuses (quelle succession pour le franquisme ?). Mais ces prêtres, qui auraient pu peser sur l’évolution de l’Église d’Espagne et de nombreux fidèles, hésitaient – bien qu'ayant beaucoup de sympathie pour le traditionalisme français – à franchir le pas liturgique de ce qui, à l’époque, semblait une « rébellion ».

Ces dernières années, grâce à Benoît XVI, la situation a cependant évolué pour arriver à l’état actuel, très insatisfaisant du point de vue des célébrations offertes, mais prometteur comme le révèle le sondage de l'institut Ipsos.

II – Les résultats

a) Le premier phénomène que mesure notre enquête, c'est la déchristianisation continue des vieilles nations catholiques, à laquelle le pays des Rois catholiques n'échappe pas. Alors que le service de presse du Saint-Siège a annoncé, le 21 juillet, le chiffre de 92% de catholiques en Espagne (mais sans doute s'agit-il des baptisés et non des croyants déclarés), notre enquête fait ressortir que seulement 63 % des sondés se déclarent catholiques, chiffre qui tombe à 45,1 % chez les 15-24 ans. Les jeunes catholiques sont donc en minorité outre-Pyrénées, ce qui donne un relief particulier aux JMJ de Madrid que le Saint Père ne manquera probablement pas de placer sous le signe de la nouvelle évangélisation.

En outre, notre sondage fait apparaître que 13,9 % des catholiques espagnols déclarent aller à la messe chaque dimanche et 11,3 % au moins une fois par mois. Cela représente seulement 25,2 % de pratiquants, ce qui est un autre reflet de la sécularisation galopante de la Vieille Europe.

b) Les catholiques Espagnols ignorent le Motu Proprio Summorum Pontificum, ce qui, compte tenu des remarques qui précèdent, ne saurait étonner. Sur les 1265 catholiques déclarés, seulement 231, soit 18,3 % disent avoir entendu parler du texte de Benoît XVI libérant la messe traditionnelle. Soit plus de 80%, plus de 4 catholiques sur 5 qui n'en savent rien. Un résultat pire que celui enregistré au Portugal ou “seulement” 74 %, soit 3 catholiques sur 4, affirmaient ne pas avoir connaissance du Motu Proprio. Quatre ans après la promulgation de ce texte majeur du Pontificat de Benoît XVI, ce bilan particulièrement médiocre en dit long sur la ligne de l'épiscopat espagnol.

Chez les pratiquants au moins mensuels (25,2 % de l'ensemble des catholiques), le chiffre est moins catastrophique puisque 30,5 % connaissent l'existence du Motu Proprio contre 69,5 % qui l'ignorent.

c) 36,1 % des catholiques pratiquants estiment “normale” la présence des deux formes du rite romain au sein de leur paroisse. Considérant la méconnaissance que les Espagnols ont du Motu Proprio et de la possibilité de la coexistence pacifique des deux formes de l'unique rite romain dans les paroisses qu'il rappelle, ce résultat démontre que, spontanément, les catholiques ibériques sont prêts à accueillir la réconciliation liturgique voulue par le Souverain Pontife. Ce résultat est tout à fait considérable au regard des 80 % de catholiques espagnols qui ignorent tout du Motu Proprio, ce d'autant qu'il convient d'ajouter tous les catholiques qui ne se prononcent pas. Ainsi, la proportion des catholiques qui n'estiment pas normale la coexistence des deux formes du rite romain dans les paroisses doit être nuancée en raison du contexte tout à fait particulier de l'Espagne. Cette disposition d'esprit est particulièrement vérifiée chez les 25-44 ans qui sont plus de 40 % à trouver normale cette coexistence des deux formes liturgiques.

d) Enfin, en ce qui concerne l'attitude envers la célébration de la forme extraordinaire :

- 27,4 % des pratiquants se déclarent prêts à y assister toutes les semaines
- et 23 % au moins une fois par mois.

Donc, 50,4 % des pratiquants, soit tout juste la moitié des pratiquants espagnols, assisteraient à la liturgie traditionnelle dans leur paroisse si elle venait à y être offerte sans s'y substituer à la forme ordinaire.

Ce résultat, supérieur à celui de la France (34 %, sondage CSA, il est vrai datant de 2008 : les derniers sondages diocésains montrent que la demande s’est fortement accrue depuis - Rennnes + 55 %) et de la Suisse (35 %, Demoscope 2011) est équivalent à celui du Portugal (53 %, Harris Interactive 2010) mais inférieur à celui de l'Italie (63 %, Doxa 2009) et de la Grande-Bretagne (Harris Interactive 2010) où, rappelons-le, 2 pratiquants sur 3 (66 %) se déclaraient prêts à participer, dans leur paroisse, à la messe selon la forme extraordinaire du rite romain.

III – LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) En Espagne, comme dans tous les pays où nous avons commandité une enquête jusqu'à présent, les catholiques sont beaucoup plus ouverts que les observateurs ne l'imaginent à la forme traditionnelle de la liturgie. Pour tout dire, depuis que nous avions annoncé, dans notre lettre 264, ce projet d'enquête, de nombreux amis nous avaient avertis que « les résultats ne seraient pas bons », que « l'Espagne, c'est spécial » et autres mises en garde que nous sommes en fait habitués à entendre à chaque nouvelle enquête.

Nous sommes passés outre et, de fait, les résultats enregistrés par l'institut Ipsos, sont en parfaite harmonie avec ceux relevés dans les autres pays que nous avons couverts. Peu nous importe, en réalité, que les résultats soient « bons » ou « mauvais » (ils le sont d'ailleurs par ce qu'ils révèlent de l'état de la foi dans des pays au catholicisme naguère exemplaire), ce qui compte c'est ce qu'ils traduisent, de façon universelle et cohérente, à savoir :

– et l'insatisfaction des fidèles de la liturgie qu'ils trouvent dans les paroisses et le désir de bénéficier "d’autre chose"

– le désir d'une forte proportion de catholiques de vivre leur foi au rythme de la forme extraordinaire du rite romain,

– la volonté d'obéir à Rome et de voir la réforme de la réforme engagée par le Saint Père se développer dans les paroisses,

– la joie de redécouvrir l'un des trésors, longtemps interdit, de l'Église.

2) Notre sondage est très attendu en Espagne où existe encore une presse attentive à la religion catholique et où les portails catholiques d'information en ligne sont très florissants. D'ores et déjà, de nombreux sites ont commenté les premiers résultats détaillés que nous avons communiqué en exclusivité aux journalistes d'infocatolica.com. Gageons donc que, très vite, aucun prélat d'outre-Pyrénées n'ignorera que 50 % des pratiquants espagnols sont désireux de goûter à l'enrichissement mutuel des deux formes du rite romain dans leur paroisse. Et c'est important dans un pays où, jusqu'à présent, seul l'archevêque de Saragosse, Mgr Ureña Pastor, a d'ores et déjà célébré la liturgie extraordinaire dans son diocèse. Le cardinal Cañizares, en effet, n'a pas encore célébré en Espagne alors qu'il a déjà officié à Rome notamment ou bien célébré des ordinations sacerdotales dans le rit traditionnel à la Fraternité Saint Pierre, à l'Institut du Bon Pasteur ou à l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

3) Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce sondage sur le site de Paix Liturgique ainsi que tous les autres sondages réalisés depuis 10 ans.

4) Ce sondage a coûté la somme de 6 500 € TTC. Si vous souhaitez participer à son financement et nous permettre de continuer notre travail d’information, vous pouvez adresser votre don à Paix liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 CROISSY-SUR-SEINE en libellant votre chèque à l’ordre de Paix liturgique ou par virement :

IBAN : FR76 3000 3021 9700 0500 0158 593 - BIC : SOGEFRPP.

[SPO] Des « évêques » anglo-luthériens membres de la Confraternité Saint-Pierre

SOURCE - SPO - 28 juillet 2011

Le célèbre site Benoit et moi a publié la traduction en français d’un entretien très intéressant de A. Gladfelter, pasteur et président de « l’Église Catholique Anglo-Luthérienne (ALCC) » qui souhaite revenir à la pleine communion romaine dans le cadre de la Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus. Cette branche luthérienne représente « 11000 personnes- présente aux Etats-Unis, en Allemagne, au Canada et en Afrique subsaharienne. »

La teneur générale de l’entretien représente un formidable espoir de retour à la foi catholique. Cependant, un passage étonne. À la question, « Avez-vous aussi des religieux dans la ALCC ? », le révérend Gladfelter répond
Oui, nous avons une Prélature Personnelle, l’Ordre de Saint Ambroise (OSA) et une Société Sacerdotale des Serviteurs du Bon Pasteur. La Règle et la spiritualité des deux ressemblent beaucoup à celles de l’Opus Dei. Le Vicaire Général de la ALCC et moi, nous sommes avec un grand enthousiasme, coopérateurs de l’Opus Dei. Quelques uns de nos évêques sont membres de la Confraternité de Saint Pierre, dirigée par la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre (FSSP), une société catholique.
Des « évêques » anglo-luthériens, membres de la Confraternité Saint-Pierre, voilà qui a de quoi surprendre ! Et voilà qui entraîne quelques questions.

1°) Les responsables de la Confraternité – aux Etats-Unis, il s’agit de l’abbé James Fryar – savaient-ils que ces responsables de « l’Église Catholique Anglo-Luthérienne » appartenaient à la Confraternité ?

2°) S’ils le savaient, à quelles conditions ces derniers ont-ils été admis au sein de cette Confraternité ?

3°) S’ils ne le savaient pas, peut-on considérer que ces « évêques » ont caché, délibérément ou non, aux responsables de la Confraternité Saint-Pierre,  leur appartenance à une autre confession chrétienne ?

4°) Y a-t-il des rencontres personnelles avec chaque futur confrère avant son acceptation dans la Confraternité Saint-Pierre ou y adhére-t-on sur simple demande (par courrier, par exemple) ?

Cette histoire, étonnante, oblige à préciser ce qu’est la Confraternité Saint-Pierre. Sur le site de la Fraternité Saint-Pierre (pages françaises), on peut lire qu’
Il s’agit d’une association regroupant toutes les personnes qui se sentent proches de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre et souhaitent soutenir son charisme par leurs prières et leurs sacrifices. Ainsi la Confraternité contribue au service de la Sainte Église, encourageant les vocations nombreuses, la sanctification des prêtres et leur rayonnement apostolique.
Ce soutien spirituel implique :
Les membres s’engagent
chaque jour : 1) à prier une dizaine du chapelet (1 Pater, 10 Ave, 1 Gloria) pour la sanctification de nos prêtres et pour nos vocations sacerdotales,
2) et aussi à réciter la Prière de la Confraternité ;
chaque année : 3) à faire célébrer une fois le Saint-Sacrifice de la Messe à ces intentions.
Sur le site on trouve aussi quelques précisions sur la démarche pour devenir membre :
1)Imprimer le formulaire d’inscription et nous le retourner une fois rempli.
2) La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre vous envoie en retour le certificat d’appartenance. Les engagements prennent effet à la réception du certificat.
3) Les membres doivent être catholiques et être âgés d’au moins 14 ans.
4) L’appartenance est purement spirituelle et ne confère pas d’autres droits ou devoirs que le soutien spirituel dans la prière et la charité selon les engagements décrits plus haut.
5) De soi, les engagements ne sont pas sous peine de péché.
6) L’appartenance et les engagements qui s’ensuivent sont tacitement renouvelés chaque année en la fête de la Chaire de Saint Pierre (22 février), sauf décision contraire manifestée.
Il convient d’être clairement catholique comme l’indique le site de la Fraternité Saint-Pierre. Mais il s’agit ici de la version française du site général de la Fraternité Saint-Pierre. Le site américain de la Confraternité ne semble pas aussi précis puisque au numéro 3, elle se contente d’indiquer :
3. Members must be at least 14 years old.
Il semble donc que la qualité de « catholique romain » ne soit à aucun moment indiqué. Je reproduis ci-dessous l’ensemble des conditions (que l’on trouvera ici) :

How does one become a member?
1. Request the enrollment form from the Priestly Fraternity of Saint Peter and send it back to us when filled out.
2. The Priestly Fraternity of Saint Peter will send to you in return the certificate of membership.
The commitments take effect with the reception of the certificate.
3. Members must be at least 14 years old.
4. Membership is purely spiritual and does not confer any rights or duties other than the spiritual support in prayer and charity in accord with the commitments described above.
5. By themselves the commitments do not bind under penalty of sin.
6. Membership and the commitments which follow it are tacitly renewed each year on the feast of the Chair of Saint Peter (February 22), unless expressly determined otherwise


En revanche, si l’on se rend sur la page en langue anglaise du site général de la Fraternité Saint-Pierre, à l’onglet de la Confraternité (Confraternity) la qualité de catholique est bien indiqué au fameux numéro 3 :
3.  Members must be Catholics who are at least 14 years of age.
Le document cité sur le site américain de la Confraternité, que le futur adhérent peut télécharger, semble indiquer que cette démarche s’effectue par correspondance,  ce qui dans le cas d’un engagement spirituel de soutien par la prière ne me paraît pas particulièrement choquant.

Aussi si l’on peut s’étonner de la présence « d’évêques » anglo-luthériens au sein de la Confraternité Saint-Pierre, on peut aussi imaginer que ce lien spirituel leur a permis de progresser vers le retour à l’unique Église du Christ, l’Église catholique dont le pasteur suprême est le pape Benoît XVI.

[Nemo - FC] "... un tour de passe-passe..."

SOURCE - Nemo - le Forum Catholique - 28 juillet 2011

[citation:] Il y a un Sacrifice de la Messe et plusieurs formes pour le célébrer. Dans le rite romain, il y a une forme ordinaire (missel promulgué par Paul VI) pour tous et une extraordinaire (missel publié par le Bx Jean XXIII) pour les groupes qui en font la demande à un curé. Voilà où on en est. Ath
Voici en effet où en sont les progressistes. Il est à noter qu'une telle définition, si on l'avait donnée il y a dix ans, aurait paru de la plus haute fantaisie.

Ce n'est pas parce que le Saint-Père est facétieux et a trouvé un tour de passe-passe pour faire avaler le fait que la messe traditionnelle n'avait jamais été interdite, tout en sauvant la face, que ça justifie cette modernité inouïe des deux formes. C'est en effet la première fois que notre rite engendrerait un bébé (un bâtard à mon sens) tout en restant présent.
Imaginez qu'au 16ème siècle Saint-Pie V ait déclaré que la messe romaine se figeait, et en aurait créé une nouvelle ? On aurait eu plein de formes ordinaires, peu ordinaires, plus ordinaires, occasionnelles, un peu extraordinaires, superordinaires et je sais quoi...

Quand à cette idiotie de missel de Jean XXIII c'est une incroyable imposture. On ne doit plus parler de missel de Paul VI non plus mais de missel de Jean-Paul II dans ce cas. quoique le missel de Paul VI n'ayant jamais été abrogé, le missel de Paul VI est sans doute une forme primitive du rite romain ordinaire, comme le missel de Jean XXIII est une forme évoluée du missel de Saint Grégoire.

Franchement, comment le bon peuple peut-il s'y retrouver ? C'est peut-être en Français mais plus compliqué que quand c'était en latin. Je ne vous parle même pas du temps ordinaire et du temps extraordinaire, des cycles binaires et ternaires des lectures etc.

27 juillet 2011

[SPO] Quand Sainte-Cécile nous fait découvrir Papa Stronsay

SOURCE - SPO - 27 juillet 2011

On trouve sur le site de la Schola Sainte-Cécile (de l’église Saint-Eugène de Paris) un très intéressant reportage – texte et photos (magnifiques) – d’Henri Adam de Villiers, consacré à Papa Stronsay et à la communauté des Rédemptoristes transalpins, proches naguères de la Fraternité Saint-Pie X et qui ont trouvé un accord avec Rome depuis le pontificat du pape Benoît XVI. Peu connue des Français, cette communauté, qui maintient les traditions des rédemptoristes, vit sur une île écossaise, ce qui ajoute un élément insolite à cette fondation. Au début de son article, Henri Adam de Villiers écrit :
Les Rédemptoristes Transalpins, connus aussi sous le nom de Fils du Tres-Saint Rédempteur (F.SS.R.) forment une communauté originale, mi-contemplative mi-apostolique, qui célèbre la liturgie traditionnelle en reprenant les anciennes traditions et pieux exercices des Rédemptoristes institués par leur fondateur saint Alphonse Marie de Liguori au XVIIIème siècle. Cette communauté nouvelle existe depuis 1988, fondée par les R.P. Michael Mary et Anthony Mary. Le premier lieu d’établissement de la communauté dans le Kent s’étant révélé exigu, les Rédemptoristes firent l’acquisition en 1999 d’une île de 74 hectares, Papa Stronsay, située dans l’archipel des Orcades, au Nord de l’Ecosse, y fondant le Monastère du Golgotha.
Pour aller plus loin, on lira donc Ici l’ensemble de ce reportage et l’on découvrira à l’aide de photographies la réalité de cette communauté. Magnifique !

26 juillet 2011

[Henri Adam de Villiers - Schola Ste Cécile] Papa Stronsay, la nouvelle Thébaïde des terres du Nord

SOURCE - Henri Adam de Villiers - Schola Sainte Cécile - 26 juillet 2011

Les Rédemptoristes Transalpins, connus aussi sous le nom de Fils du Tres-Saint Rédempteur (F.SS.R.) forment une communauté originale, mi-contemplative mi-apostolique, qui célèbre la liturgie traditionnelle en reprenant les anciennes traditions et pieux exercices des Rédemptoristes institués par leur fondateur saint Alphonse Marie de Liguori au XVIIIème siècle. Cette communauté nouvelle existe depuis 1988, fondée par les R.P. Michael Mary et Anthony Mary. Le premier lieu d’établissement de la communauté dans le Kent s’étant révélé exigu, les Rédemptoristes firent l’acquisition en 1999 d’une île de 74 hectares, Papa Stronsay, située dans l’archipel des Orcades, au Nord de l’Ecosse, y fondant le Monastère du Golgotha.[photo].

Pour rejoindre Papa Stronsay, il faut tout d’abord se rendre sur l’île principale des Orcades, Mainland, au terme d’une heure trente de traversée en ferry depuis Thurso au Nord de l’Ecosse [photo].
Puis de là, reprendre un second ferry pour l’île de Stronsay. Au terme d’une nouvelle traversée d’une heure trente, on arrive en vue de Stronsay et de Papa Stronsay qui se situe juste en face [photo].
Arrivé à Stronsay, il faut prendre le bateau des frères pour passer en face sur l’Ile de Papa Stronsay [photo].
A l’entrée du monastère sur le quai de Papa Stronsay veille l’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours. A dire vrai, sa reproduction est un peu partout présente sur Papa Stronsay, car cette icône miraculeuse était tenue en grande vénération par saint Alphonse Marie de Liguori, fondateur des Rédemptoristes : la sandale de l’Enfant Jésus qui se détache signifierait le « rachat », (selon la coutume israélite de donner sa sandale pour conclure un marché) donc la Rédemption (de redimere, racheter) de l’humanité perdue par Notre Seigneur Jésus-Christ lors de Sa Passion. L’Enfant-Jésus sur cette icône regarde aussi deux archanges lui tendant les instruments de sa passion et non sa Mère comme sur d’autres icônes, tandis que la Vierge nous regarde : elle est notre Mère et nous sommes ses enfants.

L’icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours, apportée à Rome où elle était vénérée dès 1499, avait disparu durant le sac de la Ville éternelle par les troupes napoléoniennes. Redécouverte en 1868, sa garde en fut confiée aux Rédemptoristes romains par le Pape Pie IX. Les Rédemptoristes contribuèrent alors à sa diffusion dans tout l’univers catholique.
Au sommet de l’entrée du Monastère du Golgotha trône la Croix de Papa Stronsay [photo].

Cette croix celtique fut découverte sur l’île de Papa Stronsay et provient du premier monastère établi ici probablement dès le VIème siècle par des moines celtes disciples de saint Colomban. Ce monastère était toujours en activité au XIème siècle, après la conquête des Orcades par les Viking. Du reste, le nom de Papa signifie que l’île était tenue par des Papari, terme qui désignait en vieil irlandais les Pères moines qui y avaient leur monastère. Cette croix constitue ainsi le magnifique témoignage que cette île sainte retrouve sa vocation environ sept siècles après les derniers moines.
 
On retrouve la Croix de Papa Stronsay sur les armes du Monastère du Golgotha, avec l’étoile qui symbolise Marie, Stella Maris – Etoile de la Mer [photo].
Les Rédemptoristes Transalpins ont d’abord réutilisé les bâtiments de la ferme abandonnée qui existaient sur l’île lors de son acquisition. Dû à l’accroissement de leur communauté, ils agrandissent ceux-ci par de nouvelles extensions. [photo].
Le monastère comporte trois chapelles. Voici l’intérieur de l’une d’entre elles [photo].
Au cours des offices & prières communs, j’ai pu découvrir quelques unes des nombreuses spécificités des Rédemptoristes, en particulier dans les prières du soir et du matin réglées par saint Alphonse de Ligori en sus de l’office divin : abandon à la Providence, grand amour de Notre Dame, amour pour l’enfance de Jésus (les Rédemptoristes font mémoire de la fête de Noël le 25 de chaque mois), importance de la prière commune pour des intentions précises. La vie en cellule monacale tient aussi une grande place, l’entrée dans sa cellule passe par un petit oratoire où l’on est inviter à prier en entrant et en sortant. Je ne soupçonnais pas l’importance des nombreux pii exercitationes qui font la richesse de la tradition rédemptoriste (il me faudra faire l’acquisition d’un manuel rédemptoriste traditionnel latin-français, qui manque à ma bibliothèque). Toutefois, un des aspects qui m’a beaucoup poussé à découvrir Papa Stronsay est l’intérêt que porte cette communauté – qui célèbre le rit romain traditionnel – au rit byzantin slave. Voici la chapelle byzantine du Monastère du Golgotha [photo].
Le monastère referme de nombreuses reliques. Parmi celles-ci, mon attention a été retenue par cet antimension sur lequel célébrait le Bienheureux Nicholas Charnesky (1884 + 1959), Rédemptoriste et évêque byzantin, martyr du communisme, béatifié par le Pape Jean-Paul II en 2001 [photo].
Ce saint évêque et martyr est en grande vénération à Papa Stronsay.
 
Sur l’île voisine de Stronsay (beaucoup plus grande et peuplée d’environ 300 habitants, très majoritairement protestants), les frères sont en train de construire une église catholique. Les intérieurs viennent juste d’être achevés, l’extérieur est en cours de finition. Chaque dimanche, la communauté tout entière vient y chanter la messe à 9h, auquel assistent les fidèles catholiques de l’île. Heureux effet de la Providence, lors de mon passage tombait ce dimanche-là l’une des grandes fêtes patronales des Rédemptoristes, la Fête du Très-Saint Rédempteur, fixée de façon mobile au 3ème dimanche de juillet [photo].

La fête liturgique du Très-Saint Rédempteur au 3ème dimanche de juillet est propre à quelques lieux & quelques congrégations. Le Pape l’a concédée aux Rédemptoristes comme fête double de 1ère classe avec octave le 8 mars 1749, mais cette fête est plus ancienne : elle fut instituée à Venise à la suite d’un vœu fait par le Sénat de cette ville, en action de grâce pour la rapide cessation de la peste de 1576.
 
Voici un détail de la chasuble du célébrant où l’on peut lire la devise des Rédemptoristes, tirée du psaume 129, v. 7 Copiosa apud eum redemptio – Près de lui abondante rédemption. [photo].
Retour au monastère des frères en bateau après la sainte messe à Stronsay [photo].

Les conditions de vie aux Orcades sont difficiles. En raison du vent qui souffle sur l’archipel, presque aucun arbre ne s’y rencontre. Partout ne sont que pâtures pour moutons et vaches. A ces conditions déjà rudes, s’ajoutent à Papa Stronsay l’absence de câble fournissant depuis l’extérieur l’eau ou l’électricité à l’île. Des forages profonds ont permis aux frères de trouver de l’eau douce, l’électricité est fournie par des groupes électrogènes. Comme les autres Orcadiens, les frères élèvent sur l’île des vaches & des moutons [photo].
 
Les frères ont cependant construit une serre qui produit à profusion des légumes et des fruits (dont du raisin) et aussi les fleurs qui serviront à orner les différents autels du monastère : [photo].
 
Sur l’un des rivages de l’île, les frères ont également construit un ermitage byzantin [photo].
 
L’accueil de la communauté fut d’une authentique et palpable charité, qui réchauffait singulièrement le cœur sur ces terres froides & isolées. Que Dieu bénisse avec largesse cette communauté, que la Providence pourvoie amplement à ses besoins !

25 juillet 2011

[SPO] Démission du Père abbé de Fontgombault

SOURCE - SPO - 25 juillet 2011

Selon deux sources d’information différentes, j’apprends que le Père Abbé de l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault, dom Antoine Forgeot, a démissionné de sa charge d’abbé et que l’élection du prochain abbé de Fontgombault devrait avoir lieu au mois d’août, vraisemblablement le 18 août.

Troisième Père abbé de Fontgombault, après dom Roux et dom Roy, dom Antoine Forgeot fut élevé à la charge abbatiale en 1977, après le décès soudain de dom Jean Roy. Dom Antoine Forgeot a continué dans la voie tracée par ses deux prédécesseurs, essayant à une époque difficile une via media de fidélité au Saint-Siège et à la tradition monastique et ecclésiale. C’est en 1974 que Fontgombault accepte finalement de célébrer la nouvelle messe (en latin, même pour les lectures et en grégorien, célébrant tourné vers le Seigneur, etc. ).

Dès 1984, quand le premier indult de Jean-Paul II autorise la célébration de la messe traditionnelle à certaines conditions, Fontgombault profite de cette porte ouverte pour célébrer à nouveau selon les livres liturgiques traditionnels. L’abbaye n’obtient alors que la permission de célébrer les messes basses selon cette forme liturgique, messes basses qui n’avaient pas été abandonnées dans cette abbaye au profit de la concélébration généralisée. Puis, en 1988, c’est le retour à l’ancien rite même pour la messe conventuelle. Fontgombault n’avait cependant pas abandonné le bréviaire monastique traditionnel ni les anciens usages de la congrégation de Solesmes à laquelle elle appartient.

Dom Forgeot aura été un fondateur (Triors, Gaussan et Clear Creek) et a donné une grande stabilité à son abbaye. Pour un récent anniversaire, il a reçu du Saint-Père une lettre manuscrite, reconnaissance d’un fidélité exemplaire qui n’a pas été sans douleurs. À la place qui est la sienne, l’abbé de Fontgombault a essuyé nombre de critiques, venant de sa droite et de sa gauche, les plus difficiles à recevoir étant certainement celles des abbés de Solesmes qui ont toujours essayé de faire rentrer dans le rang cette abbaye (et ses fondations) considérée comme une mauvaise fille en raison de son retour à la liturgie traditionnelle, du maintien du bréviaire traditionnel  et des usages monastiques de l’ancien Solesmes.

23 juillet 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] La pensée de Benoît XVI - III

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 23 juillet 2011

Après avoir étudié les racines de la pensée de Benoît XVI, dans son étude La Foi au Péril de la Raison (CE 209), Mgr Tissier de Mallerais procède à en examiner les fruits. Cette pensée en tant qu'enracinée surtout dans le subjectivisme systématique de Kant (1724-1804), ne peut guère porter de bons fruits. En effet, dans les vérités objectives de la Foi comment peut-on intégrer de quelque façon que ce soit les réactions du croyant subjectif ? L'Evangile, le dogme, l'Eglise, la société, la Royauté du Christ et les fins dernières en sont frappés à mort.
Commençons par l'Evangile. Désormais sa valeur ne consiste plus en ce qu'il narre les faits historiques de la vie et de la mort de Notre Seigneur, mais plutôt dans le pouvoir qu'a son récit d'évoquer les problèmes existentiels de notre propre époque. Par exemple, que le corps physique même de Notre Seigneur, réuni à son âme humaine, ait jailli du tombeau ce matin de Pâques n'a plus aucun intérêt. Ce qui nous intéresse, c'est la signification moderne derrière le récit, à savoir que l'amour est plus fort que la mort, que le Christ survit par la force de son amour et par là nous garantit que nous aussi nous survivrons par l'amour. La réalité ? Fichtre ! « L'amour suffit » !

De même le dogme a besoin d'être purifié de son passé et enrichi par le présent. Or Heidegger, philosophe des temps présents, enseigne que la personne est un « dépassement de soi ». Donc le Christ fut un homme qui s'est tellement dépassé, qui s'est tellement efforcé d'atteindre l'infini au-delà de lui-même, qu'il s'est épanoui au point de devenir Dieu ! De même la Rédemption ne doit plus signifier que par les affres de sa Passion Jésus a payé à son Père la dette due pour tous les péchés des hommes, mais que par sa Croix il a aimé Dieu à notre place comme il convient de l'aimer, et ainsi il nous incite à faire de même. De fait le péché a cessé d'être une offense mortelle contre Dieu, il n'est plus que de l'égoïsme, un manque d'amour. Aussi la Messe n'a-t-elle plus besoin d'être un sacrifice, et du coup le prêtre ne représente plus que l'animateur de la célébration communautaire. Il n'est pas surprenant que Benoît XVI croie en la Nouvelle Messe.


Quant à l'Eglise, puisque la personne existante est la valeur suprême (voir l'EC dernier) et que toutes les personnes sont égales quant au fait d'exister, alors à la lanterne l'Eglise des inégalités hiérarchiques, à la lanterne l'Eglise qui serait l'unique Arche de Salut, parce que les adeptes de toutes les religions sont égaux dans leur fait d'exister. Que l'œcuménisme remplace tous les efforts missionnaires des catholiques d'autrefois. Faire de la personne la valeur suprême va dissoudre la société aussi, en subordonnant aux droits de l'individu le bien commun de la société, et il va subvertir le mariage, et par là encore la société, en mettant avant le bien des enfants la satisfaction mutuelle des personnes que sont l'homme et la femme. Quant au Christ Roi, il sera détrôné par la nécessité pour l'Etat de reconnaître à toute personne une telle dignité qu'il doit protéger le droit de cette personne à choisir sa propre religion.

Enfin d'une peine la mort devient le remède à tous nos maux. Le jugement particulier ne signifie qu'une récompense. L'Enfer n'est plus qu'un état d'âme définitivement égoïste. Le ciel sera « Une immersion constamment renouvelée dans l'infinité de l'être » - quel être ? - et ainsi de suite.


Décidément, dit Mgr Tissier, voici une nouvelle religion bien plus commode - au moins ici-bas - que la religion catholique.

Kyrie eleison.

21 juillet 2011

[SPO] Un nouveau curé à Sainte-Odile de Paris

SOURCE - SPO - 21 juillet 2011

suivi par http://www.summorum-pontificum.fr/informations/un-nouveau-cure-a-sainte-odile-de-paris-2

Les mois de juin et de juillet sont ceux des nominations dans l’Église, des changements de poste, des annonces de prise de fonction pour la rentrée prochaine. Sans curé depuis plusieurs mois, la paroisse Sainte-Odile à Paris va accueillir en septembre prochain un nouveau pasteur en la personne de l’abbé Christian Malcor. Celui-ci était jusqu’ici aumônier général du fameux collège Stanislas et à la tête d’une équipe de deux prêtres (trois avec lui). En poste dans ce collège depuis sept ans, le voilà destinait maintenant à la tête d’une paroisse parisienne.

Celle-ci a la particularité d’être bi-ritualiste (ou bi-formaliste) puisque depuis 1988 le cardinal Jean-Marie Lustiger en a fait une paroisse où la messe traditionnelle est célébrée. D’abord confiée à la Fraternité Saint-Pierre, cet apostolat lui avait été vite retiré, en même temps que le diocèse récupérait le prêtre qui avait été envoyé là en apostolat. Depuis, ce sont les vicaires de la paroisse qui célèbrent la messe traditionnelle. Parmi ces prêtres sont notamment passés à Sainte-Odile, les abbés Jacquemin et Schubert. Actuellement, c’est l’abbé Armel d’Harcourt qui célèbre habituellement cette messe. Dans le numéro de Paris Notre-Dame du 7 juillet dernier, il écrit un mot d’accueil pour son nouveau curé, insistant sur le caractère liturgique de la paroisse : [facsimilé du texte de la revue]

La question est de savoir si le nouveau curé saura préserver cette « spécificité liturgique qui ne nuit pas à l’unité paroissiale, mais, au contraire, la stimule et l’enrichit ». Après enquête auprès de plusieurs anciens élèves de Stanislas, qui ont connu l’abbé Malcor dans ce fameux collège, ils ne m’ont pas caché leur étonnement devant sa nomination à cet endroit. Homme de caractère, le nouveau curé de Sainte-Odile ne se serait pas non plus montré un fervent défenseur du motu proprio Summorum Pontificum ni un passionné pour la liturgie. Mais sa nouvelle fonction, et la découverte d’une communauté fervente et fidèle, pourraient l’amener à un changement de position. On peut du moins l’espérer.

[Abbé J-P André - FSSPX - "La Sainte Famille"] La carpe, la vipère et l’éléphant d’Afrique

SOURCE - Abbé Jean-Paul André, fsspx - La Sainte Famille - via La Porte Latine - juillet 2011

La carpe, la vipère et l’éléphant d’Afrique

Commençons par brosser le tableau zoologique qu’évoque notre titre.

« Silencieux comme une carpe » dit-on depuis l’an 1612, bien que tous les poissons d’eau douce soient silencieux. On parle de « langue de vipère », car la jolie langue de la vipère est fourchue comme la queue du diable, bien que ce soit par ses deux crocs que cet ovovivipare inocule son mortel venin. Quant à l’éléphant d’Afrique, il est sans conteste le champion des porteurs de grandes oreilles, lesquelles sont chez lui bien plus majestueuses que celles de son gentil cousin des Indes.

On aura compris que notre éditorial va porter sur les péchés de la langue et des oreilles, plus adéquatement dits les péchés du domaine de la locution et du domaine de l’audition. Ce sera moins poétique qu’une fable de La Fontaine, mais la morale sera plus explicite.

Vous savez que dans l’administration du sacrement de l’extrême-onction, le prêtre fait sur les lèvres fermées du malade une onction d’huile des infirmes en prononçant cette parole rituelle : « Par cette onction sainte et sa grande miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par le sens du goût et par la parole, quidquid per gustum et locutionem deliquisti ».

Parmi les péchés de la langue il y a ceux du silence coupable, les péchés des muets antropocyprinidés. Dans le livre du prophète Isaïe, nous lisons ce reproche à l’encontre des mauvais gardiens d’Israël : « Ses sentinelles sont toutes aveugles, elles sont toutes dans l’ignorance ; ce sont des chiens muets, qui ne peuvent aboyer, qui voient des choses vaines, qui dorment et aiment rêver » (Is 56, 10). Certes nous appliquons spontanément ces invectives aux évêques conciliaires et nous avons terriblement raison. Mais que tous les éducateurs et en particulier les parents s’examinent à la lueur de ce verset ! Qu’ils demandent au ciel, et la grâce de voir ce qu’il faut corriger chez les enfants à eux confiés, et la grâce de force pour agir dans ce sens !

Il y a aussi évidemment les péchés par les paroles mauvaises. Je retiendrai en particulier le péché de médisance et le péché de calomnie.

Le péché de médisance consiste à dire du mal vrai mais inopportunément, donc sans servir le bien. On ne ment pas, mais on porte sans bonne raison atteinte à la réputation d’autrui. Ce faisant on blesse au moins la charité. Le mal commis peut être grave s’il y a une raison importante de taire le défaut que pourtant on révèle. La médisance contre un père de famille devant ses jeunes enfants, sauf pour les préserver de grands maux, est lourde de mauvaises conséquences.

Le péché de calomnie, lui, consiste à dire faussement du mal de quelqu’un. Ce méfait blesse proprement la justice. Il est en soi plus grave que la médisance, car tout homme a un droit strict à ce que soit respectée sa bonne réputation, sa fama, contre quoi agit injustement la diffamation. Le coupable est tenu de réparer aussi loin que l’effet de son péché.

— Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici l’ordre entre la charité et la justice. La justice consiste à rendre à chacun son dû. La charité consiste à donner de soi, de ce qui nous appartient à un autre. En un sens la justice précède donc la charité fraternelle. Une expression le dit à sa manière : « Avant de faire des cadeaux, paie tes dettes ! » —

Il y a aussi les péchés de celles et de ceux qui parlent à tort et à travers ou qui trouvent toujours à « déblatérer », à critiquer.

Ajoutons deux mots sur le monde des critiqueurs. Il compte ces grands genres : celui des hommes stupides et celui des orgueilleux. Pour les victimes, le pire est à craindre quand la bêtise ne s’allie pas à la gentillesse et l’orgueil à une once de grandeur d’âme.

Il y a encore le péché de celles et ceux dont la logomachie répand dans tous les azimuts des paroles souvent oubliées sitôt après avoir été émises. Etc.

Pour la correction des un(e)s et des autres, reproduisons cette instruction du Sauveur : « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui souille l’homme » (Mt 15, 11). Citons aussi l’Apôtre saint Jacques le Mineur, qui a fustigé comme personne les péchés de la langue : « Ainsi la langue n’est qu’un petit membre, et elle se vante de grandes choses. Voyez quelle grande forêt un petit feu peut incendier. La langue aussi est un feu ; c’est un monde d’iniquité. La langue est placée parmi nos membres; elle souille tout le corps, elle embrase le cours de notre vie, embrasée elle-même au feu de l’enfer » (Jc 3, 5-6).

C’est un appel à la retenue, au silence, à l’humilité, à la justice et à la charité que le ciel lance, selon le cas, à nos commensaux moulins à paroles, à nos pies domestiques et autres asociales et dévastatrices langues de vipère. La lingua della vipera è veramente una urbano pestilenza, una calamità sociale.

Et pourquoi intégrer dans notre fabuleux zoo l’éléphant d’Afrique ? Parce que les bavards des espèces susnommées, pour avoir sans interruption du nouveau à rapporter, ont besoin de s’informer, tels des concierges. Ils ont le prurit du potin. Ils sont curieux de ce qui ne les regarde pas, gloutons d’indiscrétions, collectionneurs de faux bruits. Voilà pourquoi ils déploient largement le pavillon de leurs oreilles, comme des éléphants africains, pour des réserves de renseignements hétéroclites, des pleins d’avis aptes à renforcer les leurs et bons à exciter leur jugement propre.

Notons  qu’il y a une saine curiosité, celle de l’esprit ouvert qui cherche à enrichir sa culture. Cette curiosité-là est une des qualités de l’étudiant. La Fontaine a formé notre jeunesse aux leçons qu’il tirait d’une adaptation géniale de la vie des animaux. Sachons profiter des symboles de notre carpe, de notre vipère et de notre éléphant, pour arriver à ne faire d’aucune manière et à aucun degré ni l’une des deux premières, ni le troisième.

Prions le premier évêque de Jérusalem afin « de ne pas sombrer dans nos paroles » (cf. Jc 3, 2).

Pour le bonheur de tous, qu’on se le dise !

Abbé Jean-Paul André +, Prieur

Extrait de La Sainte Famille n° 3 de juin-juillet 2011

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Nota : Une réflexion semblable pourrait se mener au sujet des péchés de l’écrit sur internet, dans les blogs et les forums.

20 juillet 2011

[Paix Liturgique] Viviers (1) : Un diocèse sinistré, en pleine mutation ecclésiologique

SOURCE - Paix Liturgique n°292 - 20 juillet 2011

Après Angoulême et Mende, notre tour d’horizon des diocèses n’appliquant pas du tout le motu proprio Summorum Pontificum s’arrête sur le diocèse de Viviers. Dans ce diocèse, comme dans celui de Mende, il n’y a aucune messe traditionnelle. Pas même la Fraternité Saint-Pie-X. Pourtant, la demande existe et Mgr Blondel, évêque de Viviers, la connaît.

Le diocèse correspond à l’actuel département de l’Ardèche, dont les villes les plus connues sont Annonay, Privas et Aubenas. En dehors de la partie bordant le Rhône, c’est un diocèse rural et montagneux, où les distances sont longues à couvrir.

I – Un diocèse bientôt sans prêtres

Mgr Blondel a été nommé évêque de Viviers, le 15 novembre 1999. Né à Limoges en 1940 (prêtre de ce diocèse, il en a été vicaire général pendant 20 ans), il est représentatif de la moyenne de l’épiscopat actuellement en place. Il a pris dans le diocèse la succession de Mgr Bonfils, appelé à Nice (où celui-ci a été ensuite remplacé par Mgr Sankalé).

Mgr Blondel n’est ni un intellectuel s’ennuyant dans son diocèse, comme Mgr Dagens d’Angoulême, ni un brave homme incapable d’autorité, comme Mgr Jacolin de Mende. C’est un idéologue, avec toute la charge négative que peut recouvrir ce terme : volontiers obtus, souvent cassant et parfois même méprisant. Golias le considère “endormi” dans son dernier trombinoscope. Pour une fois, Golias nous paraît mal renseigné : Mgr Blondel est un évêque très actif dans son genre.

Le diocèse dont il a la charge rassemble, selon les statistiques de début d’année, 139 prêtres, dont 72 théoriquement en activité (1). En réalité, il n’y a plus qu’une vingtaine de prêtres en activité. La pyramide des âges est dramatique puisque seulement 6 de ces prêtres ont moins de 50 ans ! Sept désormais si l’on rajoute l’abbé Jean-Yves Bertier, ordonné en juin dernier. Comme pour d’autres diocèses (Digne, Nevers, Auch, Saint-Claude, Gap, Digne, Verdun, Pamiers, Langres, etc.), dans 10 ans, le nombre des prêtres en exercice sera une poignée, ce qui veut dire qu’on n’y trouvera plus qu’un prêtre tous les 25, 30, voire 50 kms.

L’évêque se refuse de faire appel aux communautés nouvelles. Il est vrai qu’un essai non concluant avec une communauté du Sénégal avait été tenté. Mgr Blondel dispose cependant de l’Institut de la Famille Missionnaire de Notre-Dame, fondé par un prêtre du diocèse de Viviers, le Père Lucien-Marie Dorne, qu’il ignore superbement.

Seul point positif : une bonne gestion financière fait que ce diocèse qui meurt conserve de bonnes réserves. Mais pour quelle mission ?

Bref, comme dans tant d’autres diocèses de France, c’est un désert sacerdotal qui est en train de se constituer en Ardèche.

Mais le pire c’est la façon dont Mgr Blondel entend y pallier : par une véritable mutation ecclésiologique. En 2008, Mgr Blondel, dans la ligne de Mgr Rouet, avait publié une lettre pastorale intitulée « Notre route en Église. Invités et Serviteurs à l'horizon 2015 ». Il y parlait de l'orientation et de la vie du diocèse de Viviers pour les années à venir à partir du projet pastoral « Invités et Serviteurs », censé guider le diocèse depuis 2002, et d’un document de travail réalisé lors d’une assemblée diocésaine, le 5 avril 2008.

Dans ce document, l’évêque constatait le sinistre : « peu de prêtres sont actuellement en âge de recevoir la charge pastorale d'une paroisse ». Mais l’évêque a une solution : celle de Mgr Rouet. Comme le prévoit le Code de Droit canonique de 1983, certaines paroisses seront confiées dans un très proche avenir « à une équipe, tandis qu'un prêtre ne résidant pas habituellement dans la Paroisse aura la fonction de « Modérateur de la charge pastorale » (c'est-à-dire qu'il viendra régulièrement faire le point, vérifier les décisions avec l'équipe...) ». C'est d’ailleurs déjà le cas pour 2 paroisses sur 24, le regroupement des paroisses par groupes de villages ayant eu lieu en 2002.

Mgr Blondel envisage déjà la célébration de l’Eucharistie tous les deux dimanches pour certaines communautés locales, le plus souvent par un prêtre retraité, tout en souhaitant que l'écart ne devienne pas plus grand. Beaucoup de fidèles n'auront donc plus de messe dominicale non seulement dans leur église mais même dans leur proche voisinage. Chaque paroisse devra se doter d'un « projet missionnaire paroissial » piloté par une Équipe d'Animation Paroissiale (EAP). Ses membres sont des « diacres, laïcs en mission ecclésiale, autres laïcs ou religieuses - sans pour autant confondre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel ». Ils « sont associés à la responsabilité du curé, ou même participent à l'exercice de sa charge pastorale quand il n'y a pas de curé résidant. Ils le peuvent, dans notre situation ils le doivent même, et c'est une richesse. Il doit s'agir d'une équipe, ce qui suppose un nombre restreint de personnes (six est un bon chiffre) et la volonté effective de partage en esprit et en vérité. C'est ensemble que les membres de l'Equipe d'Animation Paroissiale portent le souci de toute la Paroisse ».

Il est précisé plus avant qu’une « mission nouvelle se dessine pour l'avenir de nos Paroisses : celle de l'Animateur Laïc en Pastorale Paroissiale (ALPP) » Il s'agit d'un laïc en mission ecclésiale, membre de l'EAP, envoyé par l'évêque pour contribuer à « l'unité paroissiale, au service du travail commun ». Il sera l'auxiliaire du curé d'une grande paroisse et pour l'EAP quand il n'y aura pas de curé résident. Il sera donc une pièce maîtresse du nouveau dispositif, avec d'autres laïcs, deux ou trois membres de l'EAP. Il est aussi prévu de doubler l'EAP par un « délégué pastoral », non membre de l'AEP. Son rôle est d'animer les « équipes-relais » des communautés locales.

Bref, plutôt que de relancer les vocations sacerdotales, à Viviers, c’est le choix de la construction, sur les ruines du diocèse, d’une « Église autre » reposant sur une poignée de fonctionnaires laïcs, qui prévaut.

II – La forme extraordinaire n’existe plus dans le diocèse de Viviers

Il faut remonter loin dans le temps pour trouver trace de la célébration, hebdomadaire et publique, de la messe traditionnelle dans le diocèse.

Très précisément à la fin des années 70 quand l’abbé Maurice André était curé de Planzolles, village du sud-ouest du diocèse. Historien confirmé, longtemps directeur de la “Revue du Vivarais”, l’abbé André était suffisamment loin du siège épiscopal comme des principales villes du département pour ne pas freiner le souffle du concile en terre ardéchoise.

Il faut dire que, de 1965 à 1992, le diocèse a été dirigé par le même prélat, Mgr Jean Hermil. Père conciliaire en tant qu’évêque auxiliaire d’Autun, nommé à Viviers à son retour de Rome, Mgr Hermil était plus intéressé par le combat social, voire socialiste, que par le combat spirituel. Il imposa ainsi l’égalité des traitements entre les prêtres, quelles que soient leurs fonctions, et celle des budgets des paroisses. C’était surtout un précurseur en matière de responsabilités partagées entre prêtres et laïcs, prompt notamment à expérimenter l’ADAP (la désolante Assemblée Dominicale en Absence de Prêtre”).

“Ce n’est pas un mauvais homme mais il n’a pas beaucoup de religion…”, disait de lui l’abbé Houghton, que Mgr Hermil avait autorisé à célébrer en semaine sa messe privée au maître-autel de la cathédrale Saint-Vincent. Anglican converti, devenu prêtre catholique, l’abbé Bryan Houghton s’était retiré à Viviers au début des années 70, refusant de mettre en œuvre le nouvel Ordo dans sa paroisse du Suffolk (2). Il fut tout au long des années 70 et, surtout, 80 - notamment à la suite de la publication de son livre La paix de Monseigneur Forester dans lequel il mettait en scène un évêque organisant la paix liturgique dans son diocèse -, le point de ralliement des fidèles ardéchois attachés à la liturgie traditionnelle.

Privé de cathédrale Saint-Vincent le dimanche, l’abbé Houghton prit l’habitude de célébrer dans des chapelles privées jusqu’à ce qu’il puisse officier de façon régulière de l’autre côté du Rhône, dans la Drôme, à la chapelle Notre-Dame de la Rose, à Montélimar. Aujourd’hui encore, plusieurs familles ardéchoises continuent de se rendre à Montélimar pour y assister à la messe selon la forme extraordinaire du rite romain, désormais desservie par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre de Lyon.

Après le rappel à Dieu de l’abbé Houghton, en 1992, la Providence a voulu que les fidèles attachés au missel de 1962 ne demeurent pas tout à fait sans messe. Arrivé fin 1992 à Viviers pour prendre la succession de Mgr Hermil, Mgr Jean Bonfils – prélat plutôt classique quoique signataire, en 1996, d’une fort libérale lettre pastorale sur les questions morales – avait en effet assez rapidement accordé une application partielle du motu proprio de 1988. Cette célébration mensuelle, le 1er samedi du mois, dans un endroit pittoresque mais coupé du monde – l’ancienne cité ouvrière Lafarge, entre Viviers et Le Teil –, s’est arrêtée au départ de Mgr Bonfils, Mgr Blondel prenant prétexte du grand âge de l’abbé Chapus pour la suspendre.

Depuis la fin de cette application limitée du motu proprio de 1988, les catholiques du diocèse de Viviers sont donc totalement privés de la liturgie traditionnelle.

III – Mgr Blondel contre le Motu Proprio

Inutile de dire que le motu proprio est le dernier des soucis de l’évêque de Viviers. Le 7 juillet 2007, jour de la publication de Summorum Pontificum, Mgr Blondel a publié le communiqué suivant :

Le pape Benoît XVI vient de publier un document rendant plus libre la célébration de la messe selon le missel de Saint Pie V. Je l’accueille avec attention et respect. Je donnerai en septembre les indications concernant son application dans le diocèse.

Nous devons prendre la juste mesure de ce dont il est question. Il n’y a aucune remise en cause sur la façon de célébrer la messe et les sacrements dans nos paroisses, ni sur nos orientations pastorales. Le document du pape Benoît XVI est clair. Il fait taire à l’avance toute interprétation qui semblerait dire le contraire et laisserait planer un doute sur la valeur du concile Vatican II, et son application toujours à poursuivre.

Son but est tout autre. C’est de permettre à certains groupes de catholiques de garder leur place dans l’Église. C’est aussi notre but.

L’unité de l’Église est un bien premier. Une séparation qui durerait longtemps serait un dommage irréparable. Nous essaierons de vivre cet accueil avec simplicité et esprit fraternel.

Ce serait je crois faux de regarder cela comme un événement de très grande importance, ni comme un retour en arrière. L’unité de tous les catholiques, dans leur diversité, est indispensable pour témoigner à la société d’aujourd’hui de l’amour de Jésus Christ Sauveur du monde et de la vérité de son message. C’est là l’unique nécessaire, le plus important.


Selon nos informations, les indications annoncées par Mgr Blondel ont bien été données à la rentrée 2007, sous la forme d’un courrier aux prêtres. Le sens de ces indications est simple : référer systématiquement à l’évêché en cas de demande de célébration selon la forme extraordinaire du rite romain. Et, à en juger par deux anecdotes qui nous ont été rapportées, on ne peut pas dire que la générosité soit de mise en la matière : ainsi, à l’occasion d’une demande d’obsèques selon la liturgie traditionnelle, c’est vers une chapelle désaffectée qu’une famille de Privas a été orientée ; et, en juillet 2008, lors d’un pèlerinage à Lalouvesc, village de saint Jean-François Régis et de sainte Thérèse Couderc, c’est dans un oratoire isolé qu’un groupe de fidèles emmené par un prêtre de l’Institut du Bon Pasteur s’est retrouvé confiné en dépit de la demande préalable du jeune prêtre de pouvoir célébrer dans la basilique.

Nous verrons, à la rentrée prochaine, comment, pour faire face à cette hostilité latente, les demandeurs du diocèse se sont regroupés pour une demande unique et comment Mgr Blondel leur a répondu en novembre 2010.


***

1) Le site internet du diocèse indique, pour sa part, 124 prêtres, dont 66 en activité.

2) Dans son livre Prêtre rejeté, aux éditions DMM, dont nous avons publié un extrait dans notre lettre 291, voici comment l’abbé Houghton stigmatisait le nouvel Ordo : “Une des caractéristiques extraordinaires du bricolage de la messe, c’est que le prêtre jouit d’une liberté que les laïcs ont perdue. Dans l’ancienne messe, le prêtre était soumis à une stricte observance des rubriques et les laïcs pouvaient faire à peu près ce qu’ils voulaient : suivre la messe dans leur missel ; lire le Manuel du Chrétien ; dire leur chapelet ; s’endormir… Maintenant le prêtre est libre d’inventer ce qu’il veut, mais malheur aux laïcs qui ne participent pas. Ce n’est pas la seule conséquence. Les laïcs sont toujours obligés d’assister à la messe le dimanche. Mais "la messe" n’existe plus dans le rite latin. Il y a à peu près autant de messes qu’il y a de prêtres. Est-ce que les laïcs sont obligés de se plier aux caprices du célébrant ? Il serait carrément injuste que la réponse soit oui.”

19 juillet 2011

[SPO] Rencontre liturgique de Cork : le compte-rendu (2)

SOURCE - SPO - 19 juillet 2011

Suite du compte-rendu de la rencontre liturgique de Cork. Encore une fois merci à notre correspondant pour son travail si riche et passionnant.
La 5ème conférence fut donnée par le père Dieter Boehler, jésuite, professeur d’Exégèse à Francfort, sur le rapport entre la liturgie chrétienne et l’Ancien Testament. L’intitulé complet de sa conférence était : L’Eucharistie de l’Eglise, la Cène du Seigneur, le Sacrifice d’Israël : réflexion sur l’axiome de Benoît XVI : « La liturgie Chrétienne ne peut pas être comprise indépendamment du patrimoine de l’Ancien Testament. »
Le sujet de cette intervention était de rapprocher l’enseignement de St Paul sur l’Eucharistie dans la 1ère Epître aux Corinthiens des sacrifices végétaux (non sanglants) des juifs à son époque, ce que l’on appelait les minhah. Comparer ces deux éléments peuvent apporter des indications sur la conception de l’Eucharistie chez St Paul et les premiers chrétiens.
Le père Dieter Boehler a ensuite développé des idées presque hérétiques sur le sacrifice (d’ailleurs l’assistance a pas mal réagi) Cette intervention a eu au moins le mérite de montrer que l’exégèse catholique est toujours aussi ravagée, et de surcroît complètement indifférente à la théologie et à la doctrine catholique de manière générale.
La 6ème conférence fut donnée par l’abbé Sven Conrad (de la FSSP) sur le thème de La liturgie en tant que « mouvement transcendant » (J. Ratzinger) : Réflexions sur la forme et la Théologie des Rites d’introduction.
L’abbé Conrad a tout d’abord rappelé une spécificité de la liturgie romaine dès ses origines antiques : une séparation très nette entre :
  • les clercs et le peuple
  • le célébrant et le reste du clergé.
Il a rappelé également que dans la liturgie romaine, la messe pontificale est l’archétype qui a influencé les autres messes : la messe solennelle surtout, et dans une moindre mesure la messe chantée.
C’est à la lumière de ces deux éléments qu’il faut lire les rites de préparation dans la liturgie romaine. De la même façon que l’évêque se vêtit des habits liturgiques au cours d’une cérémonie ritualisée au début des messes pontificales, le prêtre se vêtit lui aussi de manière ritualisée avant la messe pour se préparer à l’action liturgique. De plus les prières au bas de l’autel, qui constituent une autre préparation du prêtre à la célébration des mystères proviennent elles aussi de la messe pontificale romaine. Dans les deux cas on remarque que la messe est à deux vitesses : le prètre/eveque et les servants d’un côté, la schola avec l’assemblée de l’autre. Le célébrant est donc mis doublement à part par les rites de préparation pour se préparer à l’action liturgique.

Lorsque le mouvement liturgique s’est développé dans les années 1920-1930, il fut très critique des rites de préparations. En effet, un des principes fondamentaux du liturgiste Pius Parsh était que « tout ce qui ne relève pas de la participation active doit être banni de la messe ». D’autre part la séparation clerc/fidèles était aussi à atténuer. Enfin, les réformateurs prenaient comme la messe de référence, non pas la messe pontificale romaine, comme cela avait toujours été le cas auparavant, mais la messe paroissiale.
On voit bien que les prières au bas de l’autel ou les rites d’habillement n’avaient plus leur place pour les réformateurs, ainsi ils ont été purement supprimés et remplacé par un rite de salutation mutuelle, centré sur la relation assemblée-prêtre.

La 7ème conférence fut donnée par le père Uwe Michael Lang de la Congrégation de l’Oratoire de St Philip Neri de Londres sur le thème : La voix de l’Eglise en Prière : Benoit XVI et le langage de la liurgie.
Tout d’abord le père Uwe Michael Lang a fait des remarques générales sur le langage de Dieu :
Saint Augustin déclarait qu’il avait eu du mal à comprendre la « la façon de parler de Dieu » (God’s way of speaking). C’est un point important pour la catéchèse : Dieu emploie des images et une façon de s’exprimer qui n’est pas évidente et qui s’apprend par la catéchèse. Saint Augustin, lorsqu’il décrit la Cité de Dieu, écrit qu’il existe dans celle-ci un langage commun à tous ses habitants : c’est la « la façon de parler de l’Eglise » (Church’s way of speaking). Car le la foi ne peux pas être totalement dissociée du langage dans lequel elle est exprimée. Et un seul langage est donc un garant d’unité.
A propos des langues sacrés, le père Lang a remarqué que les pères de l’Eglise ont toujours vénéré les trois langues de la croix (Hébreux, Grec et Latin). Cependant, le trilinguisme, qui est la position théologique selon laquelle seulement ces trois langues peuvent être sacrées apparaît assez tard, avec Isidore de Séville, au VIIe siècle dans le cadre de la polémique entre les chrétiens latins et grecs pour se justifier contre des attaques des Grecs. On peut donc envisager d’autres langues liturgiques dans l’absolue.
Le conférencier a ensuite spécifié les trois caractéristiques de toutes les langues sacrées :
  • c’est une langue stable, dans le sens où elle n’évolue pas car elle n’est pas parlé couramment, ce n’est pas une langue vulgaire.
  • C’est une langue qui a récupéré des éléments d’une langue étrangère et des éléments de traditions reconnues comme très anciennes (par exemple le Latin a récupéré des mots et des tournures de l’hébreu biblique)
  • c’est une langue normée par des textes fixés (la Vulgate pour le latin)
Avant les normes liturgiques du IVème siècle, les prières n’étaient pas mises par écrit (pour des raisons pratique : persécutions…) mais elles étaient apprises par cœur. Il y avait donc parfois des possibilités d’improvisation du prêtre pour certaines prières mais elles étaient très minces et elles s’inséraient dans un cadre invariable.
Enfin, le père Uwe Michael Lang a répondu à une objection courante contre l’utilisation de langues liturgiques : le passage du Grec au latin au IVeme siècle, n’est-ce pas l’adoption d’une langue vernaculaire ? Le père Lang répond que non. Car le latin liturgique fut, dès le départ, une langue bien différente du latin populaire d’alors. C’est un latin dérivé du latin classique, qui a un style bien particulier et un vocabulaire emprunté au grec et à l’hébreu.
C’est en 1946 qu’est apparu au sein du mouvement liturgique cette idée que le passage du grec au latin était un précédent du passage aux langues vernaculaires. Mais cela n’avait jamais été envisagé de cette façon par les Pères de l’Eglise latins.

La 8ème conférence fut donnée par le Professeur Helmut Hoping, diacre permanent et doyen de la faculté de théologie de Freiburg im Breisgau. Sa conférence s’intitulait : L’Ordo Missae de 1965, le missel Latin-Allemand et le Renouveau Liturgique.
Le ton de la conférence semblait plutôt favorable au nouveau rite (notamment en ce qui concerne la destruction de l’offertoire) mais aussi critique sur certains points.
Le Professeur Hoping a commencé par retracé un bref historique des réformes liturgiques et de leur réception en Allemagne entre 1962 et les années 1970. Ila noté que dès les années 1960 les principales traductions allemandes des missels de 1962 et 1965 étaient très déficientes et allaient toujours dans le sens d’une théologie libérale ou s’adaptaient à des positions politiques contestables.
Après la réforme de 1969 les traductions vont encore empirer dans le sens de positions théologiques avancées. Les traducteurs allemands ayant dans l’idée qu’il fallait continuer l’œuvre du Concile qui n’avait pas pu se déployer totalement entre 1962 et1965 pour des raisons historiques. Le Pr Hoping a donc pointé ces différences dérives, ainsi que l’historique des différents rappels à l’ordre de la part du vatican, ainsi que les normes de traduction que celui-ci a promulgué (nécessité d’avoir des traductions fidèles et littérales).

La 9ème conférence a été donnée par le Professeur Manfred Hauke, prêtre, professeur de Théologie Dogmatique à la faculté de Théologie de Lugano et président de la Société Allemande de Mariologie. Son intervention s’intitulait : La structure de base (grundgestalt) de la célébration Eucharistique selon Joseph Ratzinger.
Après un rappel sur la notion philosophique de gestalt (en français on dirait forme) et de grundgestalt (en français : structure de base ou structure fondamentale), le Pr Hauke a indiquait comment cette notion a été appliquée à la messe par les théologiens du mouvement liturgique.
  • Romano Guardini (qui a par ailleurs largement influencé Benoît XVI) dit que si l’essence de la messe est d’être un sacrifice, néanmoins sa grundgestalt (structure de base) est celle d’un repas.
  • Joseph Pascher, un autre liturgiste allemand va même plus loin : pour lui la messe a la grundgestalt (structure de base) d’un repas et seulement le symbolisme d’un sacrifice.
  • Le théologien et liturgiste jésuite Jungmann critique dans les années 40 ces deux positions : dans la célébration liturgique, l’Eucharistie est prédominante par rapport au repas et elle a bien la forme (ou la structure) et la réalité d’un sacrifice. Ainsi, le geste d’élévation du calice lors de l’offertoire et le fait que les espèces corps et sang soient séparées sur l’autel sont deux arguments décisifs qui témoignent du caractère sacrificiel de la forme de la célébration Eucharistique dès les temps apostoliques.
  • Les avancées de l’exégèse ont donné raison à Jungmann, notamment avec les travaux de Heinz Schürmann.
  • Mais à la suite de cette querelle, d’autres opinions ont émergé : la messe aurait une structure essentiellement « eulogique »  (action de bénir Dieu et de lui offrir quelque chose). Cette opinion est partagée par le litugiste Lothar Lies et est soutenue par l’exégète protestant Harmut Gese.
Le professeur Hauke a ensuite exposé la position de Benoit XVI vis-à-vis de ce débat qui fut lancé par le mouvement liturgique.:
  • Benoît XVI est critique lui aussi de la position de Guardini (le repas est la structure fondamentale de la messe)
  • Il semblerait que pour Benoit XVI, ce soit l’action de grâce (thanksgiving) qui constitue la structure liturgique de la sainte Messe. L’action de grâce fait partie de la nature sacrificielle de la messe, de même que le Banquet Eucharistique.

La 10ème conférence fut donnée par Lauren Pristas, professeur de théologie à l’université de Caldwell (USA) sur le sujet de la réforme postconciliaire des Collectes du missel Romain.
Lauren Pristas a exposé le résultat de ses recherches sur les modifications des collectes du missel romain. Elle a montré que les nouvelles collectes étaient en général le fruit d’un mélange de plusieurs sources différentes, dont la principale était le sacramentaire gélasien. Mais comparée aux collectes du missel de 1962, l’enseignement et la théologie des nouvelles collectes sont très différentes.
Pour illustrer ses propos, Mme Lauren Pristas a pris comme exemple les collectes du temps après pentecôte. Dans les nouvelles collectes il y a des omissions flagrantes : il n’y a plus de référence à la difficulté de la vie spirituelle, à la crainte de Dieu, le Dieu Tout-Puissant est transformé en Dieu miséricordieux, il n’y plus de demande de purification de l’Eglise et de fuir le démon etc… Au contraire les nouvelles collectes se focalisent sur l’action de grâce.
Elle a montré enfin comment certaines collectes ont été parfois de véritable trahison de leurs différentes sources. En multipliant les sources, les réformateurs ont pu récupérer et isoler différents passages hors de leur contexte, et leur donner un sens différent dans la nouvelle prière. Cela leur a permis enfin d’éviter certains enseignements des vieux sacramentaires et de la doctrine traditionnelle, ainsi la référence au jeûne a-t-elle pratiquement disparu des collectes.

Trois autres conférences ont été également données, conféreces auxquelles notre correspondant n’a pu assister. En voici les titres : :
La 11ème conférence : Prof. William Mahrt sur la Musique et Sacralité dans les deux formes.
La 12ème conférence : Dr. Caitriona O Dochartaigh sur Le développement du vocabulaire de dévotion en langue vernaculaire dans l’Irlande médiévale.
La 12ème conférence : Dr. Janet Rutherford : Le Patrimoine Anglican : ce que c’est, et ce que l’on peut en faire.