6 septembre 2011

[Disputationes Theologicae] Accords Rôme-Ecône: “Blaguait-on”?

SOURCE - Disputationes Theologicae - 6 septembre 2011

Note sur les développements d’une dispute théologico-ecclésiale 
 
Les bruits augmentent sur la possibilité d’un accord imminent entre la Fraternité Saint Pie X et le Saint-Siège, possibilité d’accord relative à la concession d’un Ordinariat personnel et à la convocation à Rome, prévue pour le 14 septembre, du Supérieur de la FSSPX et de ses deux assistants.
 
Naturellement, il est important de le rappeler, les bruits et les certitudes ne coïncident pas nécessairement– mais là, certains éléments sont réels. Dans un très bref délai, en effet, on a pu noter sur cette question plusieurs interventions : l’abbé Franz Schmidberger, Supérieur émérite de la FSSPX; Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, qui a confirmé la chose, mais avec un point de vue assez différent (dans le passé, rappelons-le, Mgr Bernard Fellay avait nié l’existence de divisions entre les évêques, attribuant cela à des rumeurs malveillantes venant de l’extérieur) ; enfin le Supérieur d’un district important comme celui d’Italie, don Davide Pagliarani, qui est lui aussi intervenu en donnant des réponses. C’est surtout cette dernière intervention qui nous pousse à revenir sur ce sujet, pour le motif que nous allons expliquer. Quoiqu’il en soit, la rencontre du 14 septembre est une chose certaine.
 
Quant à nous, nous ne pourrions que nous réjouir si la FSSPX faisait enfin ce qui, par ailleurs, est en substance le même choix que le nôtre (traité jusqu’à présent comme un choix de traîtres ; celui des “accordistes”, maltraités, punis et méprisés) : c'est-à-dire un accord substantiellement pratico-canonique  conjointement à la possibilité de « faire l’expérience de la Tradition » (selon la formule soutenue par Mgr Lefebvre pendant tant d’années, sans doute durant la majeure partie de sa résistance), et à l’attestation de l’existence de questions doctrinales sur lesquelles, en l’état actuel, il n’y a pas d’accord, mais intention de discuter.
 
Cependant, quant aux modalités de réalisation de ces éventuels accords, nous ne pouvons que remarquer un problème de clarté et de vérité et poser la question aux intéressés; ces derniers aspects devraient tenir particulièrement à cœur à la FSSPX si l’on en croit ses déclarations récurrentes.
 
Evidemment, nous ne répéterons pas ici tout ce que nous avons déjà dit: nos précédents articles, « L’échec des colloques doctrinaux avec la Fraternité Saint Pie X et la question d’un Ordinariat personnel (link)»  et « La nécessité théologique et ecclésiale d’une " troisième voie" : ni "spirale schismatique "ni "conformisme rallié" (link) », sont disponibles sur cette revue pour tous ceux qui veulent les consulter avec attention et objectivité. Dans ce cadre, nous allons donc nous concentrer sur les développements de l’article « L’échec des colloques doctrinaux » et sur le débat qui en a découlé.
Accord possible…
Comme indiqué plus haut, le Supérieur du District d’Italie a répliqué en ces termes à propos de l’évaluation de l’échec des discussions doctrinales:  
«Je pense que c'est une erreur de considérer que les entretiens ont échoué. Peut-être que ceux qui tirent ces conclusions sont ceux qui s'attendaient à que les entretiens aboutissent à un résultat étranger aux finalités des entretiens eux-mêmes. Le but des entretiens n'a jamais été de déboucher sur un accord concret, mais bien de rédiger un dossier clair et précis, qui souligne les positions doctrinales respectives à remettre au Pape et au Supérieur général de la Fraternité».
Quant à l’éventualité de la proposition prochaine d’un Ordinariat, « elle serait prise sereinement en considération […]»[1].
A son tour le district d’Allemagne affirme:
« Cependant la question du statut canonique n’a jusqu’à présent pas obtenu de réponse»[2].
De ces deux déclarations, il ressort que la réalisation d’un accord canonique devient possible; et cela alors que, comme dit même l’un des quatre évêques, craignant son acceptation : « tout le monde dit que les Discussions ont confirmé qu’aucun accord doctrinal n'est possible entre la FSSPX (…) et la Rome d'aujourd'hui ». Et l’évêque poursuit : « la situation après les Discussions est exactement la même qu'avant ».[3]
…malgré le réel échec des colloques doctrinaux
Nous observons que, en dépit de ce que nous avions écrit sur l’échec des colloques doctrinaux, on déclare aujourd’hui que leur finalité aurait seulement été de faire mieux connaître les positions respectives et qu’ils ne seraient donc pas une faillite, mais un succès. Or cela est insoutenable pour plusieurs raisons :
  1. Parce que des documentations mettant en évidence les positions respectives existaient depuis longtemps : par exemple, la réponse de Rome aux Dubia présentés par Mgr Lefebvre (1987); par exemple les études de Mgr de Castro Mayer (sur la Liberté religieuse et sur le Novus Ordo Missae) et de Mgr Fellay (sur l’œcuménisme actuel), respectivement en 1974 et en 2004 ; par exemple, les réponses argumentées écrites par Mgr Lefebvre à l’ex Saint-Office sur les questions controversées, au début du pontificat de S.S. Jean Paul II (et qui aujourd’hui ne sont pas du tout mises en valeur par la FSSPX elle-même, malgré les sollicitations écrites reçues récemment par un prêtre du clergé romain, qui avait assisté Mgr Lefebvre dans leur rédaction). S’il s’était agi seulement de compléter l’ensemble de ces écrits, alors l’accord aurait pu être signé depuis des années: en effet, comme nous l’avons écrit, Rome à l’époque avait déjà donné sa disponibilité à concéder en même temps deux choses : la régularisation canonique et une Commission bilatérale théologique d’approfondissement des points controversés. Ecône a donc changé d’avis? Ou apprécie-elle maintenant ce qu’elle avait méprisé il y a quelques années? Ou plutôt n’était-ce qu’une question publicitaire, pour donner une apparence de victoire sur une Rome, qui s’était enfin rendu à discuter?
  2. Parce que le résultat illustré ici-bas n’était certainement pas « étranger aux finalités des entretiens eux-mêmes » - comme affirmé aujourd’hui -, étant au contraire l’objectif déclaré par les autorités de la FSSPX. Les affirmations ne manquent pas, entre autre sur la nécessité préliminaire de la conversion de Rome, mais à titre d’exemple, nous nous bornerons à rapporter deux textes significatifs, le premier étant de Mgr Fellay - déjà sous le règne de Benoit XVI - le second la déclaration du Chapitre Général :
    • «nous envisageons trois étapes vers une solution de la crise: préalables, discussions, accords.(…) (Si Rome accorde les préalables) il conviendra de passer à la deuxième étape c'est-à-dire aux discussions (..) cette étape-là, celle des discussions sera difficile, houleuse et probablement assez longue (…). En tout cas, il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d’envisager des accords, avant que les discussions n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise”[4].
    • En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour unique but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Eglise ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible accord purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Eglise retrouvera une nouvelle jeunesse »[5].
Nous demandons donc à la FSSPX de répondre publiquement aux questions suivantes : les principes de la crise sont-ils aujourd’hui, grâce aux discussions, non seulement “éclaircis”, mais aussi “corrigés”? La Tradition a-t-elle retrouvé aujourd’hui « tous » ses droits ? Entre Ecône et Rome y a-t-il accord sur la doctrine? Même si l’on se fonde sur ce qui a été dit à propos de la rencontre d’Assise, prévue juste en octobre, il semblerait bien que non….Comment donc expliquer qu’aujourd’hui la Fraternité ne semble pas exclure, au moins en principe, ce qu’hier elle avait décrit comme « impossible » et même « inconcevable » ? Peut-être s’est-on alors rendu compte que de telles déclarations étaient erronées ? Eh bien, dans le respect des droits de la vérité et par amour de la clarté, qu’ils le disent ouvertement. Jusqu’à présent Mgr Fellay n’a même pas expliqué pourquoi il avait d’abord affirmé[6]qu’il ne pouvait pas faire de demande écrite d’un retrait du décret d’excommunication, puisque que cela aurait dans tous les cas impliqué la reconnaissance de la validité des dites censures, et qu’ensuite il a fait cette demande écrite comme si de rien n’était.
Avec de tels présupposés, quel accord “doctrinal” est possible?
Dans le cas où l’on ne reconnaîtrait pas avoir choisi le plus modeste accord pratico-canonique, en essayant de cacher le changement de direction, le «demi-tour». Cela voudra signifier que l’éventuel accord serait encore présenté comme doctrinal, comme il a été prétendu dans maintes déclarations publiques, alimentant ainsi la confusion. Mais qu’on nous explique alors quel accord doctrinal pourra rester cohérent avec les positions rigides exposées de manière catégorique par les parties en dialogue durant ces dernières années, conséquence de la procédure choisie. Telle était en effet la teneur de la déclaration du Chapitre : 
«Si, après leur accomplissement, la Fraternité attend la possibilité de discussions doctrinales, c’est encore dans le seul but de faire résonner plus fortement dans l’Eglise la voix de la doctrine traditionnelle. En effet, les contacts qu’elle entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour unique but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Eglise ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible accord purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Eglise retrouvera une nouvelle jeunesse »[7].
Et les paroles de Mgr. Fellay:  
«Nous ne sommes pas disposés à avaler le poison que l’on trouve dans le concile»[8].
Ou encore les déclarations du Supérieur du district d’Italie:  
«Tout le monde sait que la Fraternité n’acceptera jamais ni l’art. 31, ni l’art. 19 [de l’Instruction “Universae Ecclesiae”]»[9].
Les exemples d’autres choses que des membres éminents de la Fraternité refusent publiquement, même de façon totale et catégorique, ne manquent pas; dans les articles de ce site on peut trouver des exemples, qui ne  sont point exhaustifs sur le sujet, mais qui sont néanmoins parfois déconcertants.
Telles étaient les conditions de la Secrétairerie d’Etat:  
«Comme cela a déjà été publié auparavant, le décret de la Congrégation pour les évêques, daté du 21 janvier 2009, a été un acte par lequel le Saint-Père répondait de façon bienveillante à des demandes répétées faites par le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X.
Sa Sainteté a voulu lever un obstacle empêchant l'ouverture du dialogue. La peine très grave d'excommunication Latae sententiae, que les évêques en question ont encourue le 30 juin 1988, et qui a été ensuite formellement déclarée le 1er juillet de la même année, était la conséquence de leur ordination illégitime par Mgr Marcel Lefebvre (…).
La levée de l'excommunication a libéré les 4 évêques d'une peine canonique extrêmement grave mais n'a pas changé la situation juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui, à l'heure actuelle, ne bénéficie d'aucune reconnaissance canonique dans l'Eglise catholique. Ajoutons que, les 4 évêques, bien que libérés de l'excommunication, n'ont pas de fonction canonique dans l'Eglise et n'y exercent pas licitement de ministère. La pleine reconnaissance du Concile Vatican II et du magistère des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et du même Benoît XVI est la condition indispensable à une future reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X »[10].
Par honnêteté intellectuelle
Vu que la FSSPX considérait l’accord doctrinal même comme la condition “sine qua non” à la régularisation canonique, on pourrait au moins s’accorder sur le texte des déclarations? En effet l’original de la réponse de Mgr Fellay aux cinq points (« l’ultimatum ») de Rome ne résulte pas avoir été publié. Alors que sur un passage doctrinalement important de la lettre avec laquelle a été obtenue l’annulation du décret d’excommunication circulent deux versions publiées sur leurs presses respectives : selon l’une, Mgr Fellay et la FSSPX acceptent jusqu’à Vatican I ; selon l’autre ils acceptent jusqu’à Vatican II (ce dernier avec des réserves). Par leur nature les documents de ce genre sont des actes publics : comment est-il possible qu’aient circulé deux versions avec des passages entre guillemets différents entre eux ? Lequel des deux correspond à l’original ? Qu’a signé exactement Mgr Fellay ? Serait-il possible « dans l’intention d’une plus grande transparence possible » de publier les deux lettres ?
 
Une dernière considération. Si la FSSPX accepte la régularisation canonique, si en tout cas maintenant, par l’intermédiaire de ses membres les plus éminents, elle s’y montre disponible, et cela alors que « tout le monde dit que les discussions ont confirmé qu’aucun accord doctrinal n’est possible » – alors il ne reste que deux cas possibles. Ou bien la FSSPX a compris qu’elle s’était trompée dans le fait d’exclure, d’une façon qui était même ontologique, la régularisation sans accord doctrinal préalable et elle a changé d’avis (mais cela, par honnêteté intellectuelle il faut alors le déclarer). Ou bien elle a voulu « faire monter les enchères », en utilisant de telles matières doctrinales, pour de plus grandes concessions pratiques.
 
Dans cette deuxième et très grave éventualité, on pourrait expliquer l’oubli du Supérieur italien, qui dans l’entretien cité affirme: “l’unique prélat qui n’a jamais cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel, à l’époque considéré de façon erronée comme abrogé et banni, a été le fondateur de la Fraternité Saint Pie X”. Sans rien enlever au “vénéré” Mgr Lefebvre, “un grand homme d’Eglise”[11],il faut cependant objecter : et Mgr de Castro Mayer ? Est-ce-que ce prélat « a cessé de célébrer publiquement dans le rite traditionnel » ? Ou se peut-il que, ne pouvant pas aujourd’hui instrumentaliser ce dernier en faveur de l’actuelle FSSPX, même s’il n’a jamais cessé, il convienne de ne pas s’en souvenir ?
 
Une autre question demande une réponse. Comment est-il possible que l’intervention de Mgr Williamson semble évoquer la présence « déjà en 2001 » de problèmes pratiques sur l’accord (à propos des nominations des futurs évêques et supérieurs de la FSSPX), alors que Mgr Fellay nous disait à cette époque que les propositions de Rome étaient très bonnes et très convenables pour la Fraternité sous l’aspect pratique, mais que celle-ci ne pouvait pas les accepter uniquement pour les motifs philosophico-théologiques mentionnés plus haut ?
 
Même pour chasser tout doute selon lequel les questions doctrinales auraient été instrumentalisées comme de la marchandise, pour obtenir des avantages très pratiques, tout en donnant en même temps l’impression de mépriser ces mêmes avantages pratiques, nous demandons publiquement à Mgr Fellay de reconnaître avec humilité et clarté que certaines affirmations du passé – avec les critères, les mentalités, et les attitudes connexes  – sont à corriger  profondément. 

La Rédaction de Disputationes Theologicae

[1]Intervista al Superiore del Distretto Italiano della FSSPX, tratta dal sito del Distretto italiano della  FSSPX, luglio 2011,http://www.sanpiox.it/public/index.php?option=com_content&view=article&id=323:intervista-a-don-davide-pagliarani&catid=35:info-sulla-fsspx&Itemid=123
[2]«[…], jedoch wurde die Frage nach dem kirchenrechtlichen Status bislang nicht beantwortet», (http://www.piusbruderschaft.de/startseite/archiv-news/734-beziehungen_zu_rom/5766-generaloberer-nach-rom-gebeten).
[3]Mons. R. Williamson, Commentaire Eleison 20 août 2011, http://tradinews.blogspot.com/2011/08/mgr-williamson-commentaire-eleison-les.html
[4]Mons. Fellay, in Fideliter n. 171, maggio-giugno 2006, pp. 40-41.
[5]Dichiarazione dell’ultimo Capitolo generale della FSSPX, fatta «nell’intento della più grande trasparenza possibile, e per evitare anche qualsiasi falsa speranza o illusione».
[6]Ad esempio, nell’omelia del 2 febbraio 2006 a Flavigny.
[7]Dichiarazione dell’ultimo Capitolo della FSSPX (cfr. nota 5).
[8]Omelia di mons. Fellay a Saint-Malô, nella S. Messa dell’Assunta 2008.
[9]Intervista al Superiore del Distretto italiano della FSSPX (cfr. nota 1).
[10]Nota della Segreteria di Stato Vaticana, 4 febbraio 2009.
[11]Secondo le espressioni del Pontefice regnante nell’udienza dell’estate 2005.

5 septembre 2011

[Ennemond - Fecit] N.S. de La Croix, Mgr Bernard Fellay, Benoît XVI et le fameux 14/09

SOURCE - Ennemond - Fecit - 5 septembre 2011

Monsieur « N.S. », dans le journal La Croix, a consacré un article à la conférence que Mgr Bernard Fellay a consacrée à Saint-Malo aux relations entre Rome et la FSSPX et à la fameuse date du 14 septembre. Je crois pouvoir dire qu’on ne peut mieux transformer un texte dans son esprit comme dans l’objectif visé. Je lance le défi à toute personne honnête de lire l’entièreté de l’intervention et d’affirmer dans la foulée que N.S. est un journaliste sérieux et honnête. Le chroniqueur du quotidien n’hésite pas à donner pour titre un texte entre guillemets qui est une phrase que Mgr Fellay n’a JAMAIS prononcé ce 15 août : « Nous n’avons pas l’intention d’accepter Vatican II ». Jugez avec la version originale :

«Pour que la Fraternité Saint-Pie X puisse prétendre à une reconnaissance canonique, elle doit reconnaître le concile et en accepter toutes les réformes, ainsi que le magistère de tous les papes depuis le concile. C’est très fort, car ils savent parfaitement que nous n’accepterons jamais de marcher dans une telle voie.»

Il est facile de transformer un texte. Voici d’autres citations du texte de Mgr Fellay qui raviront ceux qui veulent se remplir d’espérance et que N.S. n’aborde pas :

1. «Il y a effectivement beaucoup de choses intéressantes qui se passent»

2. «L’ambiance en tout cas a changé. On le voit dans la nouvelle génération qui, elle, n'est plus liée au concile

3. «Dans certains séminaires modernes les professeurs constatent avec effroi que le choix des séminaristes se porte sur des ouvrages plus sérieux que ceux qui leur sont proposés».

La vérité est que la grande partie de l’épiscopat français est terrifiée par l’évolution de l’Église. La raréfaction des brebis dans l’univers diocésain, l’importance que prend chaque année le monde traditionnel sont des faits qui poussent à déjuger les orientations que ce même épiscopat propose depuis quatre décennies. Ils espèrent encore qu’Assise sera une pomme de discorde définitive entre Rome et Écône pour éloigner l’impensable. Assise 2011 sera la queue d’une vieille utopie née il y a quarante ans et qui ne ravit plus les générations accédant au sacerdoce.

Allons donc à l’essentiel de cette conférence : Mgr Fellay parle pendant une heure et demie devant 250 fidèles très attachés à la Fraternité Saint-Pie X au cours de l’Université d’été annuelle que celle-ci organise. Si on veut résumer très honnêtement et en quelques lignes, on peut dire que Mgr Fellay demande de beaucoup prier et de se sacrifier, d’avancer prudemment dans une configuration plutôt porteuse d’espérance, même si la Curie paraît être un monde en guerre interne auquel il est difficile de se fier. Une petite phrase sort tout de même de l’ordinaire et que chacun appréciera à sa juste valeur. Au milieu du texte, Mgr Fellay lance :

«Imaginez que Rome nous reconnaisse tout à coup, j'ai de la peine à le croire, mais que se passerait-il alors?»

Imaginons...

Personnellement, j’ai accordé ce soir un entretien à une charmante journaliste de La Croix, j'ai peine à croire qu’elle puisse être moins honnête que « N.S. » pour résumer un propos.

[SPO] Après Fontgombault, Chémeré…

SOURCE - SPO - 5 septembre 2011

L’abbaye bénédictine de Notre-Dame de Fontgombault a connu récemment un changement d’abbé, après lé démission de dom Forgeot et l’élection de dom Pateau.

Ce mois de septembre verra un changement marquant dans une communauté traditionnelle puisqu’un nouveau prieur doit être élu à la tête de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. Cette élection n’est pas due à la démission de l’actuel prieur – et fondateur – le père Louis-Marie de Blignières, figure marquante du combat traditionaliste. Mais après avoir exercé sans discontinuité avec l’autorisation de Rome la charge de prieur pour bien asseoir la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, le Père de Blignières ne peut, en conformité avec les statuts de cette famille religieuse et de la tradition dominicaine, se représenter aujourd’hui à la tête de la communauté.
Fondée en 1979 à Chéméré-le-Roi, reconnue par Rome dans la foulée des sacres épiscopaux de 1988, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier compte un peu plus d’une quinzaine de membres. Après avoir eu une ordination sacerdotale l’an dernier, elle en a eu quatre cette année. Cette petite communauté a la particularité de compter des nationalités diverses dont un allemand, un anglais, un brésilien et un suisse.

[Benjamin Coste - famillechretienne.fr] Entre les lefebvristes et Rome, un accord sera difficile à trouver

SOURCE - Benjamin Coste - famillechretienne.fr - 5 septembre 2011

Le 14 septembre, Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X, est attendu à Rome pour dresser le bilan de deux années de discussion doctrinale. Peu de personnes tablent sur une issue positive. En effet, les désaccords de fond portant notamment sur l’interprétation du concile Vatican II, l’unité de l’Église ou encore le dialogue interreligieux ne semblent toujours pas résolus. Plus grave, les héritiers de Mgr Lefebvre ont sévèrement critiqué la béatification de Jean-Paul II et reprochent à Benoît XVI de renouveler en octobre prochain le « scandale d’Assise ».

Après deux ans de discussions doctrinales entre les représentants de la Fraternité Saint-Pie-X et le Vatican, Mgr Bernard Fellay, supérieur de la communauté lefebvriste rencontrera le dimanche 14 septembre au Vatican le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Durant ces deux années, Rome et les disciples de Mgr Lefebvre ont confronté leurs points de vue sur l’interprétation du concile Vatican II, mais aussi sur le concept de Tradition, le missel de Paul VI, l’unité de l’Église, l’œcuménisme et le rapport entre le christianisme et les religions non chrétiennes, ainsi que sur la liberté religieuse.

L'hypothèse d’un ordinariat pourrait être envisagée

Le 14 septembre, il sera temps de voir si un accord peut-être trouvé sur ces sujets. Les plus optimistes, ceux qui pensent qu’un accord est possible entre Rome et la Fraternité Saint-Pie-X, évoquent déjà la possible institution par le Vatican d’un ordinariat semblable à celui créé à l’intention des anglicans désirant rentrer en communion avec Rome. Une hypothèse relayée par le site Internet Vatican Insider, site d’informations appartenant au quotidien italien La Stampa spécialisé dans l’actualité de l’Église. De cette manière, la Fraternité dépendrait du Saint-Siège, et plus particulièrement de la Commission Ecclesia Dei, sans dépendre des évêques diocésains. Si tel était le cas, on imagine que la pilule serait dure à avaler pour l’épiscopat, dont certains membres se sont à peine remis de la levée des excommunications.

Jointe par téléphone par FC, la Fraternité Saint-Pie-X a, dans un premier temps, expliqué qu’elle ne s’exprimerait qu’à l’issue de la rencontre du 14 septembre… avant de finalement déclarer le 30 août dans un communiqué officiel que cette hypothèse – l’ordinariat – relevait « du virtuel » et « n’engageait que leurs auteurs ».

La béatification de Jean-Paul II critiquée par la Fraternité

Pour Nicolas Senèze, journaliste à La Croix et auteur de La Crise intégriste, une issue positive à ces discussions paraît très incertaine. « Les lefebvristes ont refusé tous les accords proposés par Rome depuis le début du schisme. De plus, depuis quelques mois, ils envoient des signaux qui laissent à penser qu’ils n’accepteront pas. » En effet, au moment de l’annonce de la béatification de Jean-Paul II en janvier 2011, le district de France de la Fraternité Saint-Pie-X a fait paraître un communiqué dans lequel il pose ouvertement la question : « Est-ce là un pontificat qui mérite une béatification ? »

De la même façon, les lefebvristes se sont élevés contre le « renouvellement du scandale d'Assise en octobre 2011 » . Nicolas Senèze poursuit : « Je ne vois pas Benoît XVI revenir sur le fond du concile Vatican II. Et, pour cette raison, je ne vois pas non plus la Fraternité signer, sauf à se faire tordre le bras ! Ou alors ils vont tenter de profiter au maximum d’éventuelles zones de flou dans le texte qui sera soumis à leur approbation ».

Pour le journaliste spécialiste du dossier, il n’est pas impossible que la Fraternité entende se servir d’un éventuel accord comme d’un moyen « pour faire triompher la vérité de la tradition catholique telle qu’ils l’envisagent ». Il en veut pour preuve une récente déclaration de Mgr de Galarreta, l’un des quatre évêques ordonnés par Mgr Fellay, prononcée lors des ordinations à Ecône : « Le peu de bien que nous ferons à Rome est beaucoup plus important qu’un bien plus grand que nous ferons ailleurs ».

D’après Nicolas Senèze, Rome n’est pas dupe : « Elle sait très bien à qui elle a à faire. Benoît XVI, alors cardinal, n’a pas réussi en 1988 à empêcher le schisme. Dans son grand désir d’unité et peut-être aussi parce qu’il souffre personnellement d’avoir échoué sur le dossier lefebvriste, Benoît XVI met beaucoup d’ardeur à faire rentrer la Fraternité Saint-Pie-X dans le giron de l’Église catholique ».

Les récentes déclarations de la Fraternité ne portent pas à l’optimisme

Comme son confrère, Gérard Leclerc, éditorialiste à France Catholique, ne croit pas vraiment à une issue positive le 14 septembre . « Ce serait une heureuse surprise, si néanmoins c’était le cas… » Il estime aussi que les récentes déclarations de la Fraternité ne portent pas à l’optimisme. Il s’attarde également sur la personnalité de Mgr Fellay : « Son double langage me frappe, parfois très dur ou, au contraire, semblant vouloir faire preuve de bonne volonté. C’est un homme anxieux des conséquences d’un accord, un homme divisé entre, d’un côté le souci de réintégrer l’Église et, de l’autre la fidélité à l’héritage de Mgr Lefebvre ».

Pour Gérard Leclerc, s’il ne s’agit pas encore de la rencontre de la dernière chance, néanmoins « l’Église arrive au bout de ce qu’elle peut faire. La levée des excommunications, sans aucun préalable, en est un des exemples les plus probants ».

De son côté, Christophe Geffroy espère « de tout cœur » un accord. Néanmoins, le directeur du mensuel catholique La Nef est assez pessimiste et suppose que celui-ci « n’interviendra pas sur le plan doctrinal, mais d’abord par la conversion des cœurs. En effet, dans une perspective chrétienne, une réconciliation ne peut s’opérer que dans la mesure où les deux parties le souhaitent vraiment et en donnent des signes tangibles ». Il s’interroge d’ailleurs sur la proportion des « pro » et des « anti » accord avec Rome au sein même de la Fraternité, car pour lui Mgr Fellay est d’abord soucieux d’éviter l’explosion de la Fraternité.

Pour lui, « la grâce de la communion retrouvée pourrait donner des grâces d’éclaircissement ». Il poursuit : « Si je souhaite ardemment cet accord, je suis aussi conscient des difficultés qu'il posera concrètement aux évêques et aux Églises locales, notamment celle de France, puisque la Fraternité Saint-Pie-X formera dans un premier temps une petite Église un peu à part dans les diocèses (ce qui est un vrai problème). Mais c’est sans doute le prix à payer pour que la génération suivante se sente pleinement à sa place et que prenne fin cette situation de rupture qui, faute d'accord, finira bel et bien en schisme incontesté ».  
 
Benjamin Coste

3 septembre 2011

[Fideliter] Écône - Des prêtres pour demain, et même pour aujourd'hui, répondent à nos questions

SOURCE - La Porte Latine - Fideliter n°203 - septembre-octobre 2011

Le mercredi 29 juin au matin, dans la prairie riante qui jouxte le séminaire d'Écône, en Valais (Suisse), sous une tente érigée pour la circonstance, S. E. Mgr Alfonso de Galaretta a conféré le sacrement de l'ordre à quelques jeunes lévites. Parmi eux se trouvaient onze Français : dix d'entre eux étaient ordonnés au service de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, et un autre pour la Fraternité Saint-Dominique.

La plupart et même probablement tous ces prêtres exerceront leur ministère, prochainement ou bien dans quelques années, dans l'une ou l'autre des maisons (prieurés, écoles, etc.) du district de France. Fideliter a pu les interroger. Sur onze, dix d'entre eux ont bien voulu accepter cet entretien.
Quatre questions leur ont été posées :
1 - Quand avez-vous pris la décision d'entrer au séminaire ? Le cas échéant, quel aspect du sacerdoce vous a attiré pour répondre à l'appel de Dieu ?
2 - Dans le courant des mois derniers, vous avez reçu certaines grâces et pu exercer pour la première fois les pouvoirs qui vous ont été confiés. Quels moments garderezvous surtout en mémoire ?
3 - À qui va principalement votre gratitude ?
4 - Où êtes-vous envoyé et quelles sont vos dispositions après cette nomination ?
Que la présentation de ces nouveaux prêtres et leurs réponses permettent à nos lecteurs de connaître ceux qui, un jour ou l'autre, s'occuperont de leurs âmes, et contribuent à éveiller des vocations parmi nos jeunes gens !

Abbé Amaury Graff

Ce n'est pas un événement, mais un ensemble de circonstances providentielles qui m'ont amené au séminaire. Au cours moyen j'ai pour la première fois parlé à un prêtre de l'appel que j'entendais. La lecture de la vie de saint Jean Bosco a été aussi une étape importante.
Et puis j'avais dans ma famille de nombreux prêtres déjà à mes côtés. Enfin le ministère des frères et des prêtres, à l'école Saint-Joseph des Carmes, a été lui aussi déterminant, sans que jamais cependant je n'aie été poussé par eux vers le sacerdoce.
Les cérémonies de l'ordination se succèdent rapidement, à l'exception de l'imposition des mains par l'évêque et les prêtres. À ce moment-là on prend mieux conscience de ce qui nous est donné. Je me souviendrai toujours de cet instant-là. Et aussi de la première bénédiction que j'ai donnée à mes parents ; de la première fois que j'ai consacré la sainte hostie…
C'est à la sainte Trinité que va d'abord ma gratitude, et puis bien entendu à mon père et à ma mère.
Je suis nommé à l'école Saint-Joseph des Carmes. J'aurai la joie de pouvoir lui rendre ce qu'elle m'a donné, de participer à l'éducation des enfants. Je me rends dans un cadre que je connais bien !

Abbé Raphaël du Chazaud

Quand j'avais 10 ou 11 ans, j'étais à l'école Saint-Michel. J'ai pu côtoyer les abbés, en particulier l'abbé Érick Briols, et leur présence a été déterminante pour ma vocation. Le fait de servir la messe a été également crucial. L'abbé Benoît Knittel m'a dit : « Je vais vous donner une bénédiction pour que la petite flamme de votre appel ne s'éteigne jamais. » De fait, elle ne s'est pas éteinte. L'école m'a placé dans un cadre favorable à cette vocation. L'appel est resté au fond de l'âme. J'y ai répondu définitivement pendant mes études supérieures. Aucun aspect du sacerdoce ne m'a attiré plus qu'un autre. J'avais du goût pour le métier militaire, mais étais persuadé que cela ne me conviendrait pas. J'étais convaincu que la vraie voie pour moi était dans le sacerdoce.
Je garderai toujours en mémoire la foi des fidèles. Avant l'ordination, ils ne s'agenouilleraient pas. Une fois le prêtre ordonné, les voilà à genoux pour se confesser, se confier et demander des conseils. Ils peuvent attendre une demi-heure pour recevoir une bénédiction. Il est clair que ce n'est pas notre personne qui produit cela : leur foi leur fait voir le prêtre. Et quelle joie de se dire : « J'ai reçu le sacerdoce et les âmes vont recevoir les biens de Dieu grâce à cela ! »
Ma gratitude va en premier à mes parents, et aussi aux abbés et aux frères qui s'occupaient de nous à Châteauroux : l'abbé Briols, le frère Dominique. Tous ont été des modèles et cela m'a permis d'entendre la vocation qui a pu se fortifier en moi. Je remercie ma soeur, religieuse dans la congrégation de Fanjeaux, qui a beaucoup prié pour moi. Ma pensée va vers mon grand-père, décédé cinq mois après que je suis entré au séminaire. Lui, qui passait son temps à égrener son chapelet, pleurait en apprenant la nouvelle de mon entrée. Enfin je veux exprimer ma gratitude envers mes confrères du séminaire : ceux qui m'ont précédé, encouragé, soutenu pendant six années.
Je suis nommé à Melbourne, en Australie et suis très content de partir à l'aventure avec un vrai dépaysement. Pour le coup, je comprends la parole : « Quitte ton père et ta mère » ! Au début j'étais très surpris de cette nomination. Mais plus j'y pense, plus je m'y suis fait. Partir si loin est enthousiasmant, comme autrefois où l'on partait en mission et l'on ne revenait pas chez soi. Cependant je pourrai rentrer dans ma famille régulièrement. J'aimerais que les personnes auxquelles j'ai donné des images prient pour moi, afin que je sois fidèle.

Abbé Pierre Mouroux

Quand j'étais en classe de quatrième, j'ai assisté à une retraite de deux ou trois jours, dans le cadre de l'école. Elle était prêchée par le père Jean-Jacques Marziac qui nous a raconté ses missions. J'ai compris que l'on avait besoin de prêtres pour former les âmes et leur donner les biens de Dieu. J'ai à ce moment reçu une grâce qui m'appelait vers le sacerdoce.
Plus encore que la cérémonie d'ordination, je garde le souvenir précis de la première messe que j'ai célébrée le lendemain, entouré de mes confrères et de mon cousin prêtre l'abbé Jean-François Mouroux. Ce fut une grande joie que de monter pour la première fois les marches de l'autel.
Je voudrais exprimer ma reconnaissance pour le prêtre qui m'a amené jusqu'à l'autel, l'abbé Érick Briols, de l'école Saint- Jean Baptiste de la Salle. Je pense aussi à toute ma famille, à mes parents, à mes grands-parents qui ont été pour moi des exemples et n'ont jamais formulé d'objection à ma vocation.
Ma nomination contient un sourire de la Providence, puisque je suis nommé en Espagne, où j'ai déjà vécu quatre ans, avant d'entrer au séminaire. Les prêtres en charge de cet apostolat sont d'ailleurs à peu près toujours les mêmes. Je vais découvrir le ministère dans ce pays et même… le potager du prieuré. Un peu de travail manuel ne fait pas de mal !

Abbé Benoît Espinasse

J'ai eu l'idée de la vocation étant jeune, par le catéchisme, au contact des prêtres. Plus tard, j'ai fait partie du MJCF : l'occasion de travaux apostoliques qui m'ont forcé à prier plus sérieusement et à travailler. C'est un peu ce qui m'a aidé, qui m'a poussé vers le haut, jusqu'à se poser plus sérieusement la question de la vocation. De façon plus prochaine, une retraite a été capitale : celle de la décision. Mon oncle lui-même est prêtre, j'ai pu lui poser des questions, me faire guider… Ce qui m'a attiré, dans le sacerdoce, c'est surtout la messe et le fait de se mettre entièrement au service de Dieu. C'est pour cela que j'ai voulu mettre, sur mon image d'ordination, la citation de saint Paul : « Nous n'avons qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes faits, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes. » Notre vie doit être soumise à Dieu, nous devons être plongés en lui, rien de nous ne doit lui échapper ; en disant la messe on lui rend un peu de ce qu'il nous a donné, par ce qu'il nous donne lui-même.
Après mon ordination j'ai passé une semaine à Saint-Nicolas du Chardonnet, où j'ai assuré la permanence. Cela a été une bonne initiation. Beaucoup de gens viennent parler au prêtre, se confesser. On mesure qu'il est là pour donner la grâce. J'ai été marqué par ces gens qui venaient se confier. De très belles âmes, et également des âmes en difficulté viennent chercher la grâce, même auprès d'un prêtre plus jeune, ayant moins d'expérience ; c'est un beau regard de foi. Cela m'a presque plus impressionné que les premières messes que j'ai célébrées.
Ma gratitude va déjà à mes parents. Grâce à eux j'ai pu connaître la foi, suivre de bons catéchismes, compter sur leur soutien. Il y a aussi des gens qui ne le savent pas et qui, par leur exemple, m'ont aidé : j'ai été impressionné par certains dévouements qui m'ont fait beaucoup réfléchir ; je pense enfin à tous les prêtres qui m'ont guidé par leurs conseils : aux aumôniers du MJCF ; à mon oncle qui m'a donné les bons conseils aux bons moments (l'abbé Philippe Marcille) ; aux professeurs du séminaire qui m'ont apporté une nourriture substantielle.
Je suis nommé à la chapelle Sainte- Germaine et à l'Institut Saint-Pie X. Je suis heureux parce que ce ministère est varié, j'aurai donc l'occasion de pouvoir faire du bien sur différents plans. J'enseignerai la littérature et la théologie ; la littérature paraît éloignée de la doctrine sacrée, mais c'est un moyen par lequel j'espère transmettre un esprit chrétien. D'ailleurs je crois y être bien préparé par mes études précédentes.

Abbé François Delmotte

Quand j'étais encore enfant, à l'école Saint- Joseph des Carmes, la question de la vocation m'est venue à l'esprit et l'idée a fait progressivement son chemin. C'est dans cette école que j'en ai parlé pour la première fois à un prêtre, l'abbé Philippe Toulza. J'ai entendu cet appel toujours plus clairement, pendant mes études supérieures et au MJCF. Il n'y a pas eu de moment marquant, mais ce qui m'a attiré particulièrement, dans le sacerdoce, c'est le salut des âmes. Sauver les âmes : oui, c'est cela.
L'ordination représentera pour moi le moment le plus important de toutes ces grâces reçues dernièrement. Mais je voudrais mentionner aussi la confession : j'ai administré pour la première fois le sacrement de pénitence avant même de célébrer ma première messe. J'ai également une pensée pour mon grand-père, décédé le jour même de mon ordination sacerdotale.
Il me faut remercier tout d'abord mes parents et grands-parents, paternels et maternels, qui ont si bien réagi dans la crise de l'Église. Mes deux grandspères ont donné beaucoup d'eux-mêmes pour chercher des prêtres, le dimanche, qui disaient la messe traditionnelle.
Je suis nommé à l'école Saint-Bernard, à Paris. Ayant personnellement une grande dévotion à ce saint, j'en suis satisfait. Mais j'aurais été content, quel que soit l'endroit où l'on m'aurait nommé. Je crains cependant une chose, en région parisienne : …la circulation automobile !

Frère Marie-Laurent

J'ai désiré le sacerdoce principalement pour sauver les âmes. Plus précisément, j'ai été attiré à l'ordre de Saint-Dominique parce que c'est vraiment la grâce propre de l'Ordre. Saint Dominique répétait en effet chaque soir en se donnant la discipline : « Que vont devenir les pauvres pécheurs ?»
Je me souviendrai surtout du moment où l'évêque a prononcé les paroles de la forme sacramentelle. C'est à ce moment que nous avons été revêtus d'un pouvoir divin qui dépasse de très loin tout ce qui n'est qu'humain.
J'ai voulu devenir religieux également pour être meilleur prêtre. Tout prêtre, par le caractère sacerdotal, est uni au Christ souverain prêtre. Pour porter du fruit il faut cependant qu'il s'unisse le plus possible à Notre-Seigneur victime sur la croix. Or ce qui constitue l'état religieux ce sont les voeux de pauvreté, chasteté et obéissance qui sont comme trois clous qui fixent à la croix de Notre-Seigneur. D'autre part les voeux constituent une véritable protection contre les dangers qui guettent le prêtre dans ce monde qui a rejeté Dieu et toute autorité, et qui est un vrai cloaque d'impureté.
Enfin dans l'Ordre dominicain règne une dévotion ardente à la sainte Vierge. Et il est l'Ordre de saint Thomas d'Aquin, le docteur commun de l'Église. Qu'y a-til de plus exaltant que d'entrer dans un ordre voué à la prédication de la vérité alors que nous vivons dans un monde plongé dans l'ignorance, et que la plupart des hommes d'Église conduisent les âmes à leur perte ?
Ma gratitude va à Dieu tout d'abord, à la sainte Vierge, à mes parents aussi et à mes supérieurs, au MJCF encore où j'ai été formé à l'apostolat. J'ai été également très touché par de nombreuses attentions de fidèles qui m'ont écrit des petits mots, qui m'ont assuré de leurs prières. Ma vocation est le fruit d'efforts d'autres âmes, même si elles n'ont pas pensé à moi.
Je suis nommé… père bibliothécaire (rires). Je n'aurai pas de cours à donner mais aurai la joie de suivre encore une année d'études. Ce sera également une année d'apprentissage du sacerdoce par la révision de toute la théologie morale, l'administration du sacrement de baptême et la confession des enfants. Dans l'état religieux la vie commune est un élément des plus sanctifiants. Comme dit saint Jean de la Croix, elle est comme un sac dans lequel on aurait mis des cailloux aux arêtes plus ou moins tranchantes. À force de se frotter les uns aux autres, les cailloux deviennent tout lisses et doux. Les religieux s'aident les uns les autres par les bons exemples qu'ils essaient de se donner.

Abbé Louis-Marie Carlhian

La compréhension de la volonté divine a été progressive. Je me suis donc décidé assez tard. Quand j'étais enfant, je regardais vers l'autel avec respect. J'ai ensuite mieux découvert la messe traditionnelle grâce à un prêtre qui s'était installé dans le Morvan. J'ai pu apprécier la différence entre les deux rites. Le fait d'avoir assisté aux deux messes (faute de mieux) n'a pas empêché que j'apprécie la messe traditionnelle, bien au contraire. Je me suis senti attiré par l'autel, tout spécialement un jour, au catéchisme, à l'âge de douze ans environ : la catéchiste nous a dit que chacun devait, un jour dans sa vie, se poser la question de la vocation. Je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? » A l'école Saint-Michel j'ai assisté à la messe quotidiennement et ai bénéficié de la proximité de prêtres. C'est bénéfique pour une vocation. J'ai suivi ensuite trois ans d'études. De voir ce vide spirituel complet dans le monde étudiant, de pouvoir faire quelques études, tout cela m'a conforté dans ma vocation.
Le jour de mon ordination a été un jour exceptionnel, probablement le plus beau jour de ma vie à cette heure. Je ne puis pas non plus oublier mes premières messes, surtout celle que j'ai célébrée pour ma famille et des amis dans le Morvan. J'ai réussi à obtenir une petite église de village, avec l'autorisation du curé et de l'évêque. C'était vraiment magnifique de se voir soutenu par tant de prières, d'estime et de reconnaissance, avant même que j'aie fait quoi que ce soit pour eux. Ce jour-là a été vraiment inoubliable pour tous ceux qui y ont participé. J'ai pu montrer la richesse de la liturgie traditionnelle à des proches qui ne la connaissaient pas nécessairement.
C'est à mes parents que je dois tout, concrètement. Ils m'ont soutenu à tous les instants et m'ont donné une éducation irréprochable. Ma gratitude va également à tous les prêtres que j'ai pu côtoyer : surtout peut-être celui qui m'a fait connaître la messe traditionnelle dans le Morvan, mais aussi les prêtres de l'école Saint-Michel (abbés Jean-Pierre Boubée, Vincent Bétin, Benoît Knittel). Ce furent de belles années.
Je suis nommé à l'école Saint- Michel Garicoïtz, à Dommezain. J'ai passé cinq ans à l'école Saint-Michel de Châteauroux, comme élève, je connais donc ce milieu ; et j'ai suivi quelques études. Je n'ignore pas le caractère des adolescents (grâce au scoutisme), enfin je vais retrouver des confrères que je connais déjà. Il y aura des horaires, une vie de communauté sérieuse…

Abbé Grégoire Chauvet

C'est tout petit que j'ai commencé à penser à la vocation sacerdotale. Pendant mon adolescence je me suis sérieusement posé la question. La réponse est venue lors d'une retraite, en classe de Terminale, et j'ai pris le temps de confirmer cette réponse pendant une année d'études supérieures. L'une des choses qui m'ont amené à comprendre la nécessité de prêtres pour les âmes, c'est la difficulté que ma famille a rencontrée lorsqu'il s'est agi d'aller à la messe. En Martinique, en Guyane, à Djibouti, nous ne pouvions pas sanctifier le dimanche.
Je garderai en mémoire, en tout premier lieu, la grâce d'avoir pu bénir mes parents. J'ai également béni, cet été, leur vingt-cinquième anniversaire de mariage et le mariage de ma soeur ! L'enthousiasme des fidèles pour le sacerdoce m'a aussi impressionné.
Ma gratitude va d'abord à mon père et à ma mère. Ils ont fait le bon choix de la Tradition et ont offert de gros sacrifices pour nous placer dans des écoles catholiques. Et je remercie aussi les frères et les prêtres de l'école Saint-Joseph des Carmes.
J'ai toujours aimé m'occuper d'enfants, au catéchisme, à la Croisade eucharistique ou dans des camps de louveteaux. Je suis heureux de ma nomination à l'école de Marlieux.

Abbé Louis-Étienne Héon

Très jeune j'ai pensé que je pourrais me donner au bon Dieu. Ma famille, qui était chrétienne, m'a aidé à mûrir ma vocation. En classe de terminale j'ai été encadré par des prêtres qui m'ont dirigé sur le plan spirituel ; je veux également mentionner le prêtre aumônier des scouts (j'étais chef scout à Rennes).
Les mouvements de jeunesse ne remplacent pas la société, très abîmée par une mauvaise politique, mais ils compensent en partie certains manques ; j'ai beaucoup reçu d'eux.
Ce qu'on attend, tout au long de la formation sacerdotale, c'est l'ordination. Ce moment de grâce représente donc une grande joie, surtout l'imposition des mains et la préface consécratoire. Alors on est certain d'être devenu prêtre de Jésus- Christ. J'ai ensuite célébré la messe, pour la première fois, à l'église de Sion.
Ce sont mes parents qui m'ont donné la vie et se sont chargés de mon éducation chrétienne. C'est dire la gratitude que j'ai envers eux. Je pense aussi aux prêtres que la Providence a mis sur mon chemin, en particulier le R. P. Gaillard, à Rennes, et les abbés Erick Briols et Pierre-Yves Chrissement.

Abbé Matthieu de Beaunay

Il y a très longtemps, j'ai entendu l'appel de Dieu, mais le son s'en est ensuite estompé. Je l'ai à nouveau entendu lorsque j'étais à la faculté et y ai répondu.
Au prieuré des Fournils, en Vendée, une première messe a été organisée par les abbés Vincent Ramé et Pierre de Maillard. Leur idée était la suivante : faisons de cette messe une fête paroissiale plus qu'un événement familial. Mes parents ont accepté, les fidèles se sont dévoués avec beaucoup de charité pour le sacerdoce. Je dois dire que cette journée a été si extraordinaire que j'en ai été très touché : une journée centrée sur le sacerdoce et très paroissiale. Et quelle joie de pouvoir célébrer le saint sacrifice et de confesser!
Je garde une grande dette envers ma mère ; envers mon père. Je n'oublie pas les prêtres que j'ai croisés et non plus la formation du séminaire, que j'ai beaucoup appréciée. Le contact avec les professeurs était bon ; je pense en particulier à l'abbé Benoît de Jorna. Le nommer est le moins que je puisse faire. Il a été très paternel.
Je suis nommé au prieuré de Prunay, près de Reims, pour desservir la chapelle de Joinville, dont j'ai entendu dire du bien. Je connais mon prieur l'abbé Ludovic Girod, dont j'ai été l'élève en d'autres lieux. Je suis heureux de commencer mon ministère dans ces conditions. J'avoue avoir hâte de commencer. Oui, j'ai hâte.

Abbé Laurent Désautard

Onze Français ont été ordonnés à Écône. À Winona a été ordonné un douzième Français, l'abbé Laurent Désautard, que nous n'avons pas pu contacter, pour raison d'excursion dans les belles montagnes américaines. Ci-dessus photographié avec sa famille.
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[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] «Les dons des Grecs?» -- III

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 3 septembre 2011

La spéculation n'est que la speculation, les journalistes ne sont que des journalistes. Mais un journaliste italien a réclamé l'autorité d'un « officiel à l'intérieur du Vatican » pour écrire il y a deux semaines que la rencontre du 14 septembre entre des officiels romains et le Supérieur Général de la Fraternité St Pie X avec ses deux Assistants pourra traiter d'une éventuelle régularisation canonique de la FSSPX. Voici un résumé de l'article d'André Tornielli :--
 
Les officiels du Vatican soumettront à la FSSPX (1) une clarification de « l'herméneutique de la continuité » de Benoît XVI pour montrer comment elle fournit une interprétation plus authentique des textes de Vatican II. Ils ne présenteront une solution à l'irrégularité canonique où les évêques et prêtres de la FSSPX se trouvent encore que si cette clarification résout les difficultés doctrinales. Cette solution serait (2) un Ordinariat comme on en a donné aux Anglicans au mois de mai, moyennant lequel la FSSPX dépendrait directement du Saint Siège à travers la Commission Ecclesia Dei. Une telle régularisation permettrait à la FSSPX de « garder son propre caractère » sans qu'elle ait à répondre aux évêques diocésains. Mais (3) un tel accord n'est pas certain, parce que « dans la FSSPX coexistent des sensibilités différentes ».

A partir de tout ce que nous savons en public des rapports entre le Vatican et la FSSPX, ce pronostic de Tornielli pour la rencontre du 14 septembre paraît vraisemblable. Mais chacun de ses trois grands points mérite d'être commenté :--

D'abord, quant à l'abîme doctrinal entre le Vatican et la FSSPX de Mgr Lefebvre, on ne peut pas dire de « l'interprétation de continuité » de Benoît XVI qu'elle soit une solution. Si Tornielli a raison, il sera intéressant, mais peu édifiant, d'observer comment Rome essaiera de prouver encore une fois que 2 et 2 peuvent faire 4 ou 5, 5 ou 4. La doctrine catholique est aussi rigide, même si pas toujours aussi claire pour nous autres êtres humains, que deux et deux font quatre.

Ensuite, quant à la régularisation telle que Tornielli l'évoque, si - inconcevablement - la FSSPX venait à accepter quelque compromis doctrinal, il serait pour elle impossible de dépendre de ce Saint Siège-ci (2+2=4 ou 5) et en même temps de « garder son propre caractère » (fondé sur 2=2 font exclusivement 4). De l'accord pratique découlerait une pression constante et finalement irrésistible pour rendre la doctrine catholique non plus exclusive mais inclusive de l'erreur, comme quoi la FSSPX abandonnerait la raison même de son existence que Mgr Lefebvre lui a léguée.

Et enfin, Tornielli peut bien avoir raison lorsqu'il écrit qu'un accord n'est pas certain, mais il a absolument tort, comme son informateur dans le Vatican, si l'un ou l'autre pense que le problème se situe au niveau des « sensibilités différentes ». Les sensibilités sont subjectives. Le problème entre Rome et la FSSPX de Mgr Lefebvre est aussi objectif que 2+2=4. A aucun moment de l'histoire, depuis toujours et à tout jamais, sur aucune planète ni étoile, créée ou créable, n'a-t-il été, ne sera-t-il possible pour deux et deux de faire autre chose que quatre !

Lorsque tous les efforts tactiques entrepris par Mgr Lefebvre dans les négociations de mai 1988 pour obtenir du Cardinal Ratzinger une place sûre pour la Foi à l'intérieur de l'Eglise officielle ont échoué, n'est-ce pas à sa vue d'aigle stratégique que nous devons ses paroles célèbres ? - « Eminence, même si vous nous offriez tout ce que nous demandons, nous devrions quand même le refuser, parce que nous travaillons pour christianiser la société tandis que vous, vous travaillez pour la déchristianiser. La collaboration entre nous n'est pas possible.»

Kyrie eleison.

31 août 2011

[Paix Liturgique] Viviers (2) : les fausses promesses de Mgr Blondel, discrte émule de Mgr Rouet, au sujet de la célébration de la forme extraordinaire dans son diocèse

SOURCE - Paix Liturgique n°297 - 31 août 2011

Dans le cadre de notre série d’enquêtes sur les diocèses totalement privés de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, nous nous sommes penchés dans notre lettre 292 sur le cas du diocèse de Viviers. Nous avons à cette occasion parcouru l’historique de la liturgie traditionnelle en Ardèche et souligné sa complète disparition depuis l’arrivée à la tête du diocèse de l’actuel évêque, Mgr François Blondel.

Nous vous révélons aujourd’hui, document à l’appui, le sort réservé par celui-ci à l’application du Motu Proprio.

I – La demande diocésaine

À l’origine de la demande dans le diocèse de Viviers, il y a plusieurs familles qui, après avoir essuyé des fins de non-recevoir dans leurs paroisses respectives, ont décidé de se concentrer sur une demande unique.

Les représentants de cette demande, MM. Jacques Reboul et Philippe Brun, après avoir rencontré le curé de Largentière, l’abbé Nougier, ont écrit à Mgr Blondel pour lui demander de bénéficier des bienfaits du Motu Proprio Summorum Pontificum. Ce courrier, rédigé en octobre 2010, a reçu, dès novembre de la même année, une réponse de l’évêque. Cette réponse rapide – un point au crédit de Mgr Blondel – , nous vous la faisons découvrir ci-dessous, accompagnée de nos commentaires, tant elle est symbolique de l’état d’esprit de certains de nos prélats pour qui la générosité est non seulement limitée mais aussi rétractable !

II – La réponse de Mgr Blondel

Viviers, le 19 novembre 2010

Messieurs,

Monsieur l’Abbé Henri Meissat, Vicaire Épiscopal, et Monsieur l’Abbé Bernard Nougier, curé de la paroisse St Joseph en Pays de Ligne, m’ont remis de votre part en date du 14 octobre 2010 la demande d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum.

Ils m’ont apporté témoignage de l’état d’esprit qui était le vôtre au cours de la réunion qu’i1s avaient eue avec vous et de l’assurance que vous leur aviez donnée d’agir au nom d’un groupe stable.

J’ai donc pris en compte votre demande. Voici ce que je compte organiser pour y répondre.

Le célébrant que je désigne est Monsieur l’Abbé Henri Goin, ancien curé de la Cathédrale, ayant actuellement une responsabilité aux archives diocésaines et qui est un très bon latiniste.

Avec l’accord du curé de la paroisse Charles de Foucauld Le Teil/Viviers, l’église sera l’église Saint-Laurent à Viviers.

Le premier samedi de chaque mois y sera célébrée la messe selon le rituel de 1962. Les lectures de la Parole de Dieu seront celles du missel du rite ordinaire car je tiens à ce que vous soyez ainsi en communion avec toutes les communautés du diocèse. Ces lectures de la Parole de Dieu seront faites en français.

Cette messe, célébrée à (17h30 ?) sera considérée comme une messe paroissiale. Les annonces qui seront faites seront celles de la paroisse et du diocèse. La quête sera affectée à la paroisse.

Monsieur l’Abbé Meissat organisera une réunion entre Monsieur l’Abbé Goin et vous-mêmes où il sera alors décidé de la date à laquelle aura lieu la première célébration.

Et nous ferons le point dans six mois.

Ayant ainsi répondu, je pense, à la demande qui était la vôtre, Je vous prie de croire, Messieurs, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs et de ma prière.

François BLONDEL
Évêque de Viviers

III – Les réflexions de Paix liturgique

1) Certes, et c’est à mettre au crédit de Mgr Blondel, tout comme le délai relativement court dans lequel il a donné sa réponse aux demandeurs, nous ne pouvons qu’apprécier la forme de sa réponse : écrite et circonstanciée. Cela n’est malheureusement pas si fréquent, tant de curés et d’évêques - quand ils se donnent la peine de répondre ! - se contentant d’un refus sec par oral ou noyant leur réponse sous un fleuve de considérations catéchético-pastorales.

2) Mgr Blondel conclut sa lettre par la formule : « Ayant ainsi répondu, je pense, à la demande qui était la vôtre… ». Soit, mais Mgr Blondel pouvait-il sérieusement et honnêtement penser qu’il répondait à la demande ?
Sur quatre points, sa réponse porte en effet à discussion :
- le lieu : certes, Viviers est le siège épiscopal mais la demande avait été faite à Largentière… à 50 km de là, ce qui, par les routes ardéchoises, représente 50 minutes de trajet ;
- le jour : la messe accordée est une messe du samedi soir ce qui, selon les règles canoniques en vigueur pour la liturgie traditionnelle, n’est pas une messe dominicale puisque le missel de 1962 ne prévoit pas de messe anticipée au samedi ;
- la fréquence : la célébration n'est offerte qu’une fois par mois ce qui ne satisfait que partiellement le désir du groupe stable de fidèles de vivre sa foi au rythme de la forme extraordinaire ;
- le « bricolage » liturgique : en indiquant que les lectures seront celles du lectionnaire ordinaire, Mgr Blondel fixe une condition tellement contraire à l'esprit du Motu Proprio que l’instruction Universæ Ecclesiæ, publiée le 13 mai 2011, spécifie précisément dans son article 24 que “Les livres liturgiques de la forme extraordinaire seront utilisés tels qu’ils sont”, ajoutant à son article 26, si besoin est, que ces lectures sont celles “de la Sainte Messe du Missel de 1962”. On aura noté, au passage, le motif théologique donné par Mgr Blondel : les lectures communes comme signe de communion avec les communautés diocésaines…

3) À la réception de la réponse de l'évêque, les demandeurs n’ont soulevé que les deux points concernant le lieu et le lectionnaire et exprimé le vœu qu’ils soient corrigés. Depuis, l’évêché s’est fait silencieux. Du coup, dix mois après le courrier de Mgr Blondel, la première célébration n’a jamais eu lieu.

4) Si la question du lieu de la célébration ne peut être tranchée que par une nouvelle discussion entre les demandeurs et le diocèse, celle de la célébration “bricolée” – structure de la messe de 1962 avec lectures de 1970 – a en revanche été clairement réglée par l’instruction Universæ Ecclesiæ.

Peut-on donc espérer que le 14 septembre prochain, alors que l’Église universelle fêtera les 4 ans du Motu Proprio, Mgr Blondel fasse aux demandeurs ardéchois la bonne surprise de leur accorder enfin la célébration, même mensuelle, même le samedi après-midi, de la forme extraordinaire du rite romain mais bel et bien de la forme extraordinaire et pas d'une liturgie de son invention ?

[APIC] Menzingen: La Fraternité St-Pie X dans l’attente de la rencontre du 14 septembre au Vatican

SOURCE - APIC - 31 août 2011
Menzingen: La Fraternité St-Pie X dans l’attente de la rencontre du 14 septembre au Vatican

Des hypothèses qui "n’engagent que leurs auteurs"

Menzingen, 31 août 2011 (Apic) Les hypothèses avancées par certains médias concernant la possibilité d’un "protocole d’accord sur l’interprétation du Concile Vatican II" entre le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X, et l’institution d’une prélature, voire d’un ordinariat pour ladite Fraternité "relèvent du virtuel et n’engagent que leurs auteurs", précise la Maison généralice de la Fraternité à Menzingen, dans le canton de Zoug.

La Fraternité Saint-Pie X "s’en tient aux actes officiels et aux faits avérés", écrit-elle dans un communiqué émis mardi 30 août en soirée par la Maison généralice. Et de confirmer que le cardinal William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a invité Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, et ses deux assistants, l’abbé Niklaus Pfluger et l’abbé Alain-Marc Nély, à le rencontrer au Palais du Saint-Office, le 14 septembre 2011.

Bilan des entretiens théologiques entre Rome et Ecône

Dans sa lettre d’invitation, le cardinal Levada indique que cette rencontre a pour but de faire d’abord un bilan des entretiens théologiques menés par les experts de la Congrégation pour la doctrine de la foi et ceux de la Fraternité Saint-Pie X, au cours des deux années académiques écoulées, et d’envisager ensuite les perspectives d’avenir, relève le communiqué. Menzingen précise que "sur les perspectives d’avenir, la lettre du cardinal Levada ne donne aucune précision, mais certains – dans la presse et ailleurs… – se croient autorisés à avancer des hypothèses…"

Pour permettre de faire le bilan, les conclusions des entretiens théologiques rédigées par les experts des deux parties ont été adressées à leurs supérieurs respectifs. C’est ainsi que Mgr Fellay a reçu, fin juin, le document qui fera l’objet de la rencontre du 14 septembre.

Mgr Alfonso de Galarreta, l’un des évêques traditionalistes, déclarait lors des dernières ordinations sacerdotales à Ecône: "Nous sommes catholiques, apostoliques et romains. Si Rome est la tête et le cœur de l’Eglise catholique, nous savons que nécessairement (…) la crise se résoudra à Rome et par Rome. En conséquence le peu de bien que nous ferons à Rome est beaucoup plus grand que beaucoup de bien que nous ferons ailleurs". Menzingen écrit que c’est avec cette conviction intime que Mgr Fellay se rendra à Rome à l’invitation du préfet de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi. (apic/com/be)

[L'Echo Républicain - Eric Moine] Les traditionalistes pas bienvenus partout

SOURCE - L'Echo Républicain - Eric Moine - 31 août 2011

L’installation dans le Poitou de l’abbé Laguérie, figure de proue des catholiques traditionalistes du Bon- Pasteur, n’enchante pas l’évêché poitevin. Mais l’Eure-et-Loir devrait rester un des principaux bastions du mouvement.

Ancien curé de l’église de Saint- Nicolas-du-Chardonnet, quartier général des traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Philippe Laguérie est aujourd’hui à la tête de son propre mouvement traditionaliste, l’Institut du Bon-Pasteur, qui a installé un séminaire à Courtalain, dans la région de Châteaudun. Le Bon-Pasteur est reconnu par Rome ; pour autant, Philippe Laguérie et ses ouailles n’admettent toujours pas les ouvertures de Vatican II. Aussi, derrière la façade de la réconciliation officielle, ses relations avec l’Eglise ne sont pas devenues paradisiaques. Pour preuve, le déménagement de Philippe Laguérie de la région parisienne vers la région poitevine fait des vagues dans les bénitiers.

«J’émets des réserves quant aux bonnes pratiques ecclésiales»

Au point que l’administrateur apostolique de Poitiers s’est fendu d’un communiqué pour rassurer ses ouailles. Mgr Pascal Winter, qui dirige l’évêché en attendant le remplacement du précédent évêque parti en retraite, explique en somme que Philippe Laguérie lui est tombé du ciel. Mais sur le coin du nez. Le dirigeant des traditionalistes n’a prévenu l’évêque qu’après son installation dans des locaux privés, insiste Pascal Winter : « Il a pris l’initiative de me rencontrer pour m’annoncer cela. Cependant, la nouvelle m’était parvenue quelques jours auparavant. L’abbé Laguérie est ici en tant que citoyen français. Comme tel, il bénéficie de la liberté d’installation et de résidence.»

Pas question, donc, de laisser le traditionaliste prêcher sa bonne parole en dehors de son seul Institut du Bon-Pasteur, son Eglise dans l’Eglise : « Si la loi civile est respectée, j’émets des réserves tout au moins quant aux bonnes pratiques ecclésiales. » Pascal Winter insiste : « Ni l’abbé Laguérie ni l’Institut du Bon-Pasteur n’ont été appelés à venir dans le diocèse de Poitiers, ils n’y exercent donc aucune charge pastorale.»

«Nous ne sommes pas à la rue»

Dans l’évêché poitevin, l’arrivée de Philippe Laguérie et de son secrétariat a été vécue dans le milieu catholique comme un premier pas vers un déménagement plus important. Car le séminaire de Courtalain est devenu trop petit. Le directeur du séminaire d’Eure-et-Loir nie cette velléité : « Il n’a jamais été question que le séminaire de Courtalain le suive là-bas », assure l’abbé Roch Perrel, même s’il doit louer une maison supplémentaire un peu plus loin dans le bourg. « Nous accueillons actuellement une trentaine de séminaristes : des Brésiliens, Français, Italiens, Polonais et même un Chilien. A la rentrée, nous en attendons une douzaine de plus, ce qui va probablement nous obliger à louer une seconde maison. Ce n’est pas idéal et je préférerais trouver un bâtiment plus vaste et éviter de verser des loyers. Mais nous ne sommes pas à la rue et personne ne parle de nous mettre à la porte.»

Les relations du séminaire du Bon-Pasteur avec la population de Courtalain paraissent plutôt bonnes et, avec l’évêché de Chartres, elles sont meilleures qu’avec celui de Poitiers. « Nous avons passé une convention avec l’évêché qui nous donne l’usage de l’église de Courtalain les dimanches et fêtes religieuses. Il nous est aussi demandé de dire la messe à Manou et un peu plus loin dans le diocèse de Blois, près de Vendôme. Nous cherchons donc un nouveau site dans le département d’Eure-et-Loir. Nous avons déjà eu plusieurs opportunités, mais cela ne s’est pas concrétisé. De toute façon, la campagne est un endroit propice pour un séminaire. »

L’Institut du Bon-Pasteur fera donc sa rentrée à Courtalain. Et même si le séminaire finit un jour par déménager, l’Institut n’a pas l’intention d’abandonner son village d’adoption : « Quelques prêtres y resteront de toute façon », affirme-t-on au séminaire.

Eric Moine, avec l’agence de Châteaudun

En France, en Pologne et en Colombie

L’Institut du Bon-Pasteur n’est pas seulement implanté à Courtalain. Ses vingt-cinq prêtres sont également installés à l’église Saint-Eloi de Bordeaux (Gironde). Ils disposent d’une école à Presly, au nord de Bourges (Cher) et animent un centre culturel à Paris, ajoute Roch Perrel: «Nous sommes encore jeunes, nous n’avons que cinq ans, mais nous sommes aussi implantés en Pologne et en Colombie.»

[SPO] Les « enfantes de chœur » de Fribourg-en-Brisgau

SOURCE - SPO - 31 août 2011

Il faut le dire en toute simplicité et avec un grand respect : l’annonce que le Bureau des Cérémonies du Pape a donné son feu vert pour l’engagement de filles pour servir la messe lors de la messe du Pape à Fribourg-en-Brisgau (il y aura neuf servantes et huit servants), lors de son voyage pastoral en Allemagne, a produit un choc assez pénible pour bien des catholiques.

Comme on le sait, la concession des filles pour le service de l’autel est une simple suppléance, pour ne pas dire un « abus », dont on ne voit pas pourquoi elle est promue en une circonstance aussi significative. Le service de l’autel en ladite circonstance revient de droit et symboliquement à des séminaristes ayant reçu une institution (laquelle remplace les anciens ordres mineurs) se destinant au sacerdoce, ou à tout le moins à des garçons vêtus justement en « clercs », seuls aptes à pouvoir suppléer des aspirants au sacerdoce.

Il est certain que l’exemplarité d’une telle cérémonie ne manquera pas de fonctionner auprès d’un certain clergé qui, non sans certains fidèles en nombre certain, n’attend que cela, non certes pour pratiquer la chose, ce qui est déjà largement le cas, mais pour la présenter comme un acquis irréversible, sanctionné par l’exemple du Pape.

Il est vrai que les pressions de la Conférence des Évêques d’Allemagne ont dû être considérables. Il est possible que ce point ait été « lâché » pour pouvoir refuser d’autres revendications. Il est certain en tout cas, au témoignage de ceux qui approchent le Saint-Père, qu’il se prépare à ce nouveau voyage dans sa patrie avec des appréhensions extrêmes. L’état du catholicisme allemand est notoirement désastreux et tous domaines, sauf qu’il reste un catholicisme financièrement riche et à cause de cela, jusqu’à un certain point, puissant médiatiquement. Les journaux progressistes, les associations, les mouvements violemment hostiles à toute « restauration » sont bien déterminés à manifester leur mauvaise humeur. Des manifestations fort désagréables ne sont pas à exclure.

Fallait-il pour autant consentir à ce coup de griffe profond dans le dessein de « réforme de la réforme », et même, plus gravement bien qu’indirectement, à la doctrine rappelée par Ordinatio sacerdotalis, concernant le fait que le sacerdoce a été réservé aux hommes par la volonté du Christ (exactement de la même manière qu’il a choisi le pain et le vin pour matière du sacrifice eucharistique) ? Avec un grand respect, encore une fois, on peut s’interroger sur l’à-propos des conseils donnés au Pape par un petit entourage, certes très bien intentionné dans la protection qu’il lui assure pour ménager ses forces, et l’on peut même s’interroger sur l’opportunité de cette protection psychologique renforcée.

29 août 2011

[Golias - Romano Libero] Fellay bientôt chez le pape

SOURCE - Golias - Romano Libero - 29 août 2011

La canicule suprenante autant qu’accablante de cette d’été pourrait nous faire oublier ce qui se prépare derrière les épais murs des sacrés palais. En effet, depuis plusieurs semaines l’hypothèse d’une réconciliation avec les anciens lefebvristes, regroupés autour de la fraternité sacerdotale Saint Pie X, que conduit l’évêque Bernard Fellay, son supérieur, semble, malgré le point très délicat et hautement explosif de la rencontre d’Assise voulue cet automne par Benoît XVI, être à nouveau évoquée.

Nous venons d’apprendre une nouvelle très importante. Le 14 septembre prochain, Mgr Bernard Fellay se rendra en effet à Rome. Devrait être en particulier tiré le bilan des négociations doctrinales paritaires de l’année passée dont la conclusion serait en faveur d’une réconciliation, sur fond d’une lecture minimaliste de Vatican II. Au fil des échanges, les deux côtés (Rome et les intégristes) seraient d’accord sur une volonté de consensus substantiel sur les critères d’orthodoxie doctrinale, tout en mettant en quelque sorte entre parenthèses les éléments délictueux de Vatican, qui relèvent d’une juste interprétation, et ne constitueraient pas de toute manière des objets obligatoires d’une adhésion. En contre-partie de cette relativisation par le Vatican de l’importance du dernier Concile, la partie intégriste adopterait une attitude plus positive à l’endroit de ce dernier. La Commission « Ecclesia Dei » présidée officiellement par le cardinal américain William Levada mais en fait conduite par le Secrétaire, Mgr Guido Pozzo, un Ratzingérien convaincu, travaille depuis des années au nivellement de la route de la réconciliation.

Outre cet aspect proprement doctrinal, se pose bien entendu la question de savoir quelle forme concrète pourrait revêtir la reconnaissance des intégristes. On parle de plus en plus d’une Prélature personnelle, assez semblable au statut de l’Opus Dei, ou alors d’un Ordinariat semblable à celui concédé aux Anglicans réintégrés, ce qui donnerait une autonomie complète ou presque aux intégristes ralliés et surtout leur permettrait d’échapper aux évêques locaux. Une perspective qui n’enchante évidemment guère ces derniers. Ce que l’on peut aisément comprendre.

Dans l’avenir le plus proche, le Vatican devrait soumettre à Mgr Fellay différents protocoles d’entente qui tracerait un horizon ouvert de consensus sur le fond, en préconisant une sorte de relecture de Vatican II en conformité avec la tradition. Autrement dit, une sorte de révision de Vatican II qui en raboterait les aspérités les moins appréciées par les intégristes.

Toutefois, l’issue de cette rencontre au sommet entre Benoît XVI et Mgr Bernard Fellay, qui sera très certainement marquée au sceau de la courtoisie, pourrait aussi être une certaine impasse. En effet, l’effet intégriste doit compter sur sa propre aile droite qui n’est guère disposée quant à elle au moindre compromis,ni même à faire preuve d’une humilité qui s’imposerait. Au contraire, ces radicaux de l’intégrisme jouent la surenchère et n’ont pas digéré - c’est un euphémisme - la réunion d’Assise qui se tiendra en octobre prochain. Et Mgr Bernard Fellay craint le discrédit dans son propre camp, s’il donnait l’impression de s’être écrasé devant Rome, d’avoir bradé la défense de la foi et de la tradition. Et d’avoir en sus suscité une division au sein de son propre camp. Autrement dit, sa marge de manoeuvre sera étroite le 14 septembre.

27 août 2011

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] «Les dons des Grecs?» -- II

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 27 août 2011

« Mais, Monseigneur, comment la semaine dernière (CE 214) avez-vous pu mettre en question la sincérité et bonne volonté des officiels romains qui ne cherchent qu'à mettre fin à l'aliénation de la Fraternité St Pie X par rapport à l'Eglise officielle ?  Vous les avez comparés aux Grecs qui trompèrent délibérément les Troyens avec le Cheval de Troie. Mais tout ce que veulent les Romains, c'est de dépasser cette division pénible qui a prévalu trop longtemps entre les catholiques de la Tradition et l'Autorité de l'Eglise ! »

Réponse : il n'y a aucun besoin de mettre en question la sincérité et bonne volonté de ces Romains. Voilà précisément le problème !  Après presque 500 ans de protestantisme et de libéralisme notre époque est à tel point confuse et perverse que le monde est plein de gens qui font le mal tout en étant convaincus qu'ils font le bien. Et plus ces gens sont convaincus qu'ils font le bien, plus ils peuvent être dangereux parce que c'est avec d'autant plus de sincérité subjective et de bonnes intentions qu'ils poussent vers le mal objectif et entraînent d'autres à leur suite. Plus ces Romains sont convaincus que leur Néo-église est ce qu'il faut, et plus efficacement ils détruiront la vraie Eglise.

« Mais, Monseigneur, Dieu seul est juge de leurs intentions ! 

Dès qu'il s'agit de défendre la Foi, les intentions subjectives n'ont plus beaucoup d'importance. Si les Romains sont bien intentionnés en essayant d'attirer la FSSPX dans l'Eglise officielle, peut-être les aimerai-je sur le plan personnel, mais je n'en détesterai pas moins leurs erreurs. Si par contre ils ne sont pas bien intentionnés parce qu'ils sont conscients qu'ils cherchent à détruire la vraie Foi, je ne les aimerai plus et je détesterai encore plus leurs erreurs. Qu'ils soient aimables ou non, que je les aime ou non, cela a peu d'importance, ou aucune, par rapport au fait objectif qu'ils sont en train de détruire l'Eglise.

Lorsque des hommes aimables colportent d'horribles erreurs, trop facilement il en résulte de deux choses l'une : ou bien j'en conclus que leurs erreurs sont aussi aimables que les hommes eux-mêmes et alors les hommes m'attirent vers le libéralisme, ou bien je conclus que les hommes sont aussi horribles que leurs erreurs, et dans ce cas-là, par exemple, les erreurs des Papes conciliaires m'attirent vers le sédévacantisme. Mais la réalité actuelle, c'est que jamais dans toute l'histoire de l'humanité il n'a été si facile pour les hommes d'être aussi aimables que leurs erreurs sont horribles. Telle est notre époque. On ne verra pire que sous l'Antéchrist, mais c'est bien ses prédécesseurs qui mènent dès aujourd'hui le monde à sa ruine.

En attendant il est certain que les Romains qui vont rencontrer le 14 septembre les chefs de la FSSPX seront convaincus que la Néo-église telle que Vatican II l'a refaite est l'Eglise qu'il faut, et dans ce cas-là ils seront gravement dans l'erreur, mais il est possible aussi qu'on les choisisse pour leur charme personnel pour qu'ils attirent la FSSPX vers la Rome officielle. Alors ne soyez pas surpris, chers lecteurs, si on fera en sorte que la FSSPX semblera mépriser les offres nobles et les bonnes intentions de Rome, mais il n'en sera rien. L'unique objet d'un mépris éventuel de la part de la FSSPX portera sur les erreurs horribles. Vive la vraie Rome !  Vivent les Romains aimables !  Mais à la lanterne leurs erreurs horribles !

« Monseigneur, où réside leur erreur essentielle ? »

Dans l'homme mis à la place de Dieu. Ceux qui refont l'Eglise glissent dans l'apostasie, et ils entraînent à leur suite des âmes sans nombre.

Kyrie eleison.

[SPO] [Jean Madiran - Présent] Une situation provisoire ?

SOURCE - SPO - 27 août 2011
Dans un excellent article paru ce samedi dans Présent, Jean Madiran revient sur la situation de la messe traditionnelle :
La coexistence de deux « formes » de l’unique « rite » romain, appelées forme ordinaire et forme extraordinaire, a vraiment l’air d’une situation provisoire. L’opinion est très répandue que dans l’avenir l’Eglise aura à nouveau son propre rite romain sous une forme unique ; on pense y arriver non point par le brusque et brutal décret d’un pape ou d’un concile, cela paraît absolument exclu désormais, après l’échec dramatique de la brutale brusquerie liturgique de Paul VI. Il y faudra comme un nouveau « mouvement liturgique », entend-on dire ici ou là. Mais au-delà de la mouvance évoluante, dont peut-être il restera toujours quelque chose, il y a le roc de la dénommée actuellement « forme extraordinaire », qui a le privilège de devoir être conservée et être honorée. Cela ressort du 07.07.07, et mieux encore sans doute, de l’Instruction Universae Ecclesiae du 30 avril dernier, en son paragraphe 6 : « Par son usage vénérable et ancien, la forme extraordinaire doit être conservée avec l’honneur qui lui est dû. »

En effet la messe traditionnelle a naturellement une primauté d’honneur, qui demeure même quand elle est incomprise ou contestée. Elle est et elle sera « conservée » dans la mesure où elle est et elle sera « honorée ».
Cette réclamation concernant la primauté d’honneur, induite par les textes de Benoît XVI, est loin d’être réalisée sur le terrain de la vie liturgique. À notre connaissance, dans aucun cathédrale de France, la messe selon la forme extraordinaire n’est célébrée chaque dimanche, avec la dignité requise. La primauté d’honneur n’est même pas effective à Rome. Comme si, à « la brutale brusquerie liturgique de Paul VI », répondait un très long effort de restauration qui compte plus sur l’activité de la base que sur les décisions naturelles de la hiérarchie.

Au début de son article, Jean Madiran expose un autre aspect du problème liturgique, moins perçu par la base justement et qui montre, à sa manière, qu’il faudra bien que la hiérarchie entre dans ce processus de restauration liturgique :
La catholicité n’est pas encore sortie des incertitudes et difficultés liturgiques. D’ailleurs il n’y a pas uniquement le missel qui soit en cause, comme l’indiquait Yves Daoudal il y a maintenant presque trois ans, et ce qu’il observait est toujours dans le même état : « … Il y a aussi l’année liturgique, dont le mouvement dynamique est détruit, et il y a l’office, le bréviaire “réformé” qu’on appelle la “liturgie des Heures”, qui est un exemple patent de volonté de rupture, avec la répartition des psaumes sur quatre semaines, ce qui est contraire à la pratique de toutes les Eglises dans tous les temps ainsi qu’au symbolisme des nombres et de la semaine ; et, pire encore, la censure des psaumes, c’est-à-dire la censure de la Parole de Dieu, que Dieu a donnée à l’Eglise pour en faire sa prière quotidienne. » Benoît XVI a visiblement placé la liturgie catholique sur la voie d’une réorientation, mais it’s a long way…, comme nous chantions naguère, il est encore fort long, le chemin à parcourir pour une réorientation d’ensemble de la liturgie catholique.
Nous avons souvent insisté ici sur l’importance du maintien du bréviaire traditionnel, et donc de l’année liturgique qui lui est associée. Le maintien de ce bréviaire est d’ailleurs prévu par Summorum pontificum, au paragraphe 3 de son article 9 :
Tout clerc dans les ordres sacrés a le droit d’utiliser le Bréviaire romain promulgué par le bienheureux Pape Jean XXIII en 1962.

Fas est clericis in sacris constitutis uti etiam Breviario Romano a B. Ioanne XXIII anno 1962 promulgato.
Les laïcs peuvent évidemment, autant que faire se peut, s’associer à cette prière de l’Église en disant tout ou partie du bréviaire. Outre les effets surnaturels qui lui sont liés, ils comprendront mieux ainsi l’unité et la beauté de la liturgie traditionnelle qui forme un ensemble dont la messe est assurément le centre, ou pour mieux dire, le cœur.

[Bénédictins de l'Immaculée - Villatala] De retour!

SOURCE - Bénédictins de l'Immaculée - Villatala - 27 août 2011

Après ces longs mois d'attente, nous revenons enfin sur notre Blog pour vous faire part des différents événements qui ont eu lieu depuis notre dernier message. Le Fr. Toussaint nous a quitté pour mener une vie d'anachorète, il reste néanmoins dans le diocèse. Le Fr. Marain a rejoint Villatalla depuis plusieurs mois. Il se prépare pour entrer au noviciat. Le Frère Alain est resté deux mois parmi nous, après quoi il est reparti au Sénégal. Nous avons assisté au pèlerinage de Pentecôte: Paris-Chartres, sous le patronnage de Mère Theresa, Sainte Maria Goretti et Notre Dame de Guadalupe. Nous avons également assisté aux ordinations à Ecône en Suisse (Valais), puis à Wiegrazbad en Allemagne. Actuellement, nous sommes 3 à Villatalla. Heureusement pour nous, notre nouveau curé Don Tomaso, un jeune prêtre polonais fort courageux célèbre selon la forme extraordinaire. Malgré les nombreuses critiques faites contre lui à ce sujet, il tient bon. Nous le recommandons à vos prières. Comme toujours, nous attendons toujours avec grande joie de futures vocations. La communauté s'agrandit lentement. Aussi priez pour les vocations. Nous attendons votre venue si toutefois vous désirez passer quelques jours en prières avec nous.

Prions également pour que Mgr Oliveri nous érige en prieuré le plus vite possible.

26 août 2011

[SPO] A propos du 14 septembre : communiqué de SPO

SOURCE - SPO - 26 août 2011
J’ai décidé de me mettre au même diapason que mon confrère Osservatore Vaticano dont je publie le communiqué suivant. J’appartiens au lot de ceux qui ont publié la dépêche APIC sur la rencontre entre le cardinal Levada et Mgr Fellay le 14 septembre dernier. Elle contenait (et contient toujours) une erreur grossière (dans les propos attribués à Mgr Fellay) et une erreur mineure (dans la description de ceux qui accompagneront le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X). L’erreur grossière avait déjà été démontée et il ne s’agissait que de montrer l’intérêt que suscite cette rencontre ainsi que le début des grandes manœuvres pour créer la peur et la tension (La Croix n’y a pas manqué). Aussi, après réflexion, j’ai décidé de ne plus aborder ce thème, préférant confier tout cela au Christ dans la prière. Je m’associe donc ici au communiqué (ci-dessous) d’Osservatore Vaticano :
Les grands blogues et médias s’agitent en tous sens dans la perspective de la venue de Mgr Fellay à Rome, le 14 septembre. Une récente dépêche d’agence abondamment reprise contient, à ce sujet, des erreurs grossières qu’il n’est même pas utile de relever. Pour notre part, nous avons choisi, en ces heures, de respecter la consigne que les « hautes parties contractantes » ont adoptée : le silence. Il favorise en outre la prière pour l’Église du Christ.

25 août 2011

[Abbé Nicolas Bély, FSSPX, Zimbabwe] "... le Bon Dieu a fait vivre à ses prêtres une Semaine Sainte bien spéciale"

SOURCE - La Porte Latine - FSSPX, Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Zimbabwe n° 17 - Août 2011

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Depuis plus de six mois, vous vous êtes certainement demandés pourquoi vous n'aviez aucune nouvelle de votre chère Mission du Zimbabwe, pour laquelle vous avez pourtant offert tant de dons et de prières — vous avons-nous été assez reconnaissants ? — Vous êtes nombreux à prier pour que l'apostolat de la Fraternité puisse se répandre au Zimbabwe, et qu'au milieu des difficultés les fidèles puissent goûter cette Paix surnaturelle que donne seul le Saint-Esprit. A ces intentions, certains d'entre vous, en particulier les enfants des écoles, ont offert leurs efforts de Carême, d'autres ont fait une neuvaine aux Saints Apôtres, et beaucoup d'autres prières et sacrifices ont été offerts qui ne sont connus que de Dieu seul. Soyez-en tous vivement remerciés !

Mais, voilà : il faut bien dire que le Bon Dieu a une drôle de manière d'exaucer nos prières ! A la fin du Carême, le Bon Dieu a fait vivre à ses prêtres une Semaine Sainte bien spéciale. En effet, l'abbé Picot et moi-même avons tous les deux été expulsés du Zimbabwe durant le Jeudi Saint, et les fidèles se sont retrouvés jusqu'à aujourd'hui sans prêtre à résidence permanente.

Notre cher Frère Bernard, après bien des tracasseries, a lui aussi été expulsé un mois plus tard.

Quelle raison pour ces expulsions, exercées de main militaire en moins de quarante-huit heures ? Nous ne parvenons pas à l'expliquer. La raison invoquée est que nous n'avions pas des titres de séjour en règle. Chacun sait, il est vrai, que depuis maintenant huit ans, les prêtres n'ont jamais pu obtenir de carte de séjour, malgré les nombreuses demandes aux autorités compétentes. Nous étions cependant en règle, car nous quittions le pays tous les trois mois pour y revenir avec un nouveau visa de visiteur. Cela justifie-t-il que nous ayons été dénoncés, puis arrêtés le Mardi Saint, et enfin sommés de quitter le pays le Jeudi et le Vendredi Saints ? Vous avouerez que la Divine Providence nous aura fait une grâce bien spéciale en nous assimilant de si près à la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ !

C'est en tout cas avec ce grand esprit si surnaturel que nos chers fidèles zimbabwéens ont reçu cette dure épreuve. Heureusement pour eux, tandis que l'abbé Picot partait pour le Kenya, et moi-même pour l'Afrique du Sud, l'abbé Trauner a pu arriver juste à temps pour célébrer le Triduum sacré. Ainsi, les fidèles — ô combien ils ont prié avec ferveur en ce Jeudi Saint — ont pu sanctifier leur Semaine Sainte, et cinq d'entre eux ont reçu le Baptême durant la Veillée Pascale.

Depuis lors, les confrères d'Afrique du Sud se relaient à tour de rôle pour visiter le Zimbabwe : les abbés Esposito, Trauner, Bedel et Martin de Clausonne continueront, l'un après l'autre, d'aller passer deux ou trois semaines à Harare. Cela s'ajoute à leurs apostolats respectifs à Johannesburg, Durban, Cape Town, Port-Elizabeth, mais aussi la Namibie, Madagascar, La Réunion et l'Île Maurice. Qu'ils soient ici vivement remerciés de leur aide précieuse ! Ils continueront cette rotation aussi longtemps qu'il faudra pour que des titres de séjour soient enfin délivrés. Une procédure juridique est en cours à cette effet. Avec nos prières, elle pourrait aboutir dans les prochains mois. Mais en attendant, que de frais de voyages !...

Pendant ce temps, le Frère Bernard est à Johannesburg, en Afrique du Sud, et l'abbé Picot se trouve à Nairobi, au Kenya. Ce dernier se rendra cependant à Harare le 25 septembre pour célébrer, avec Mgr Tissier de Mallerais, les 25 ans du Prieuré. Car ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de prêtre à demeure actuellement que les fidèles ne peuvent pas célébrer leurs 25 ans (et plus) de combat pour la Messe traditionnelle au Zimbabwe.

Quant à votre serviteur, les Supérieurs m'ont rappelé au Gabon, où je dois me rendre prochainement. C'est l'abbé Stephen Macdonald, un prêtre américain actuellement en Australie, qui viendra me remplacer dès qu'il aura un titre de séjour.

Plus que jamais, chers Amis et Bienfaiteurs, nous comptons sur votre aide et sur vos prières, pour que continue de luire au Zimbabwe cette petite lumière — ô combien rayonnante — de la Tradition Catholique !

Abbé Nicolas Bély