4 mars 2012

[Christophe Saint-Placide] Le Barroux : Une histoire liée à la Tradition

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 4 mars 2012
«Au Barroux, près d’Avignon, la communauté bénédictine fondée par dom Gérard Calvet fleurit depuis quarante ans, sous le signe de la stricte observance de la Règle et de l’amour pour l’ancienne tradition liturgique de l’Église.» On ne pouvait trouver meilleure introduction au superbe dossier que 30 Giorni, la revue catholique italienne dirigée par Giulio Andreotti, consacre à l’œuvre de dom Gérard dans son numéro de novembre 2011.

Magnifiquement illustré, ce long reportage – 15 pages – est à consulter ici  dans sa version originale pour admirer la belle harmonie entre les images et le texte, comme si l’esprit du Barroux avait pénétré jusqu’à la maquette de la revue. 30 Giorni étant aussi disponible en français (30 Jours), on peut lire également ce reportage dans notre langue dont, pour les lecteurs pressés, nous vous proposons quelques extraits :

« Tous les ans, une centaine de prêtres venant pour la majorité de France, d’Italie, d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de Hollande, passent à Le Barroux quelques jours de retraite pour parler avec les moines ou pour apprendre à célébrer la messe selon le rite ancien. Le monastère compte environ trois cents oblats entre prêtres, laïcs et familles qui se réfèrent à la spiritualité bénédictine. »

« C’est comme si, ici, se réalisait un équilibre différent, fondé non sur le compromis ni non plus sur l’opposition à d’autres réalités ecclésiales, mais simplement sur le retour à la Règle de saint Benoît comme voie pour s’approcher du cœur de la vie chrétienne. »

« Les jeunes sont attirés à Le Barroux précisément par la radicalité du choix pour Dieu et par la beauté de la liturgie qui se célèbre ici. » Dom Louis-Marie

3 mars 2012

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] Bonne nouvelle

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 3 mars 2011

Vous serez nombreux, chers lecteurs, à avoir appris la bonne nouvelle d’Allemagne de la semaine dernière: Mercredi des Cendres, la Cour d’Appel de Basse Bavière à Nürnberg a annulé ma condamnation par la Cour Régionale de Ratisbonne du 11 Juillet dernier pour «incitation à la haine raciale ». Là je fus condamné pour avoir donné, en Novembre 2008, sur le territoire Allemand, dans une entrevue à la télévision suédoise, une vision de certains événements historiques plutôt différente de la vision communément reçue, mais la Cour d’Appel a décrété en outre que l’Etat Bavarois doit payer tous les frais de mes procès jusqu’à présent. Honneur à mon avocat, le Prof. Dr. Edgar Weiler, dont ils ont repris les arguments, à l’abbé Schmidberger qui me l’a introduit et a Mgr. Fellay qui l’a approuvé.
 
Toutefois, je ne suis pas encore tout à fait innocenté puisque les juges d’Appel ont fondé leur décision sur des bases procédurières. Voici leur conclusion: «Si un acte d’accusation décrit une conduite de l’accusé non punissable (jusqu’ici), mais ne précise pas les circonstances concrètes qui la rendraient punissable, alors faute d’avoir présenté les faits internes et externes au cas, l’acte ne remplit pas sa fonction, exposée ci-dessus, de définir l’action sur laquelle l’accusé est mis en jugement. Affaire renvoyée».
 
Ainsi en théorie, le bureau du Procureur de Ratisbonne pourrait corriger sa procédure et redémarrer l’accusation depuis le début. Cependant en pratique il pourra bien hésiter car les juges d’Appel ont demandé de spécifier qui exactement a pu prendre connaissance des remarques incriminées, par quels moyens ils en on pris connaissance, comment exactement ces remarques étaient aptes à troubler la paix en Allemagne, et finalement comment moi-même j’y en aurais approuvé la publication.
 
Or il ne serait pas difficile de montrer que le monde entier, sans parler de l’Allemagne, a été bombardé pendant tout un mois par mes remarques politiquement incorrectes (les vils medias cherchaient à tout prix à obliger Benoît XVI à se distancier de la Tradition Catholique), mais il ne serait pas si facile de montrer comment la paix de l’Allemagne en a été perturbée. Les Procureurs auraient en outre de réelles difficultés à prouver que j’ai voulu rendre publiques mes remarques en Allemagne, étant donné qu’à la dernière minute de l’entrevue (accessible toujours sur YouTube) j’ai expressément désiré le contraire. Aussi est-il dans les mains de Dieu que l’accusation continue ou pas.
 
En attendant, chers lecteurs, ne pensez pas que j’ai trop souffert de ces procès en Allemagne, ou que j’ai dû prendre trop tragiquement mon exil de trois ans à l’intérieur de la FSSPX qui s’en est suivi. Cet exil a été en réalité très confortable, et ces procès ont pris fin au moins pour le moment sur un échec pour les Procureurs. Je remercie donc tous ceux qui au cours de ces trois ans ont prié pour moi. Je sais que vous êtes nombreux à l’avoir fait et j’en exprime ma gratitude à chacun d’entre vous. En échange j’ai offert au mois de janvier une neuvaine de Messes à vos intentions, car assurément des épreuves bien plus grandes nous attendent tous.
 
Kyrie eleison.

[Christophe Saint-Placide] Coup double à Wigratzbad

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 3 mars 2012

Les ordinations aux ordres mineurs et au sous-diaconat conférées le 11 février au séminaire européen de la Fraternité Saint-Pierre, à Wigratzbad, sont à marquer d’une pierre blanche en raison de la qualité ecclésiastique du célébrant.
 
C’est en effet la première fois, à notre connaissance, qu’un membre de l’Opus Dei consacre selon les livres liturgiques en vigueur avant la réforme conciliaire. En l’occurrence, il s’agit de Mgr Juan Ignacio Arrieta Ochoa de Chinchetru, évêque espagnol de 60 ans, sacré en 2008 par le cardinal Bertone. Docteur en droit canon. Mgr Arrieta est par ailleurs membre de la Curie depuis 2007, en tant que secrétaire du Conseil Pontifical pour les Textes législatifs.
 
Au cours de la cérémonie, 13 séminaristes (dont 7 Français) ont reçu les ordres de portier et lecteur et 13 autres (dont 8 Français) les ordres d’exorciste et d’acolyte. Enfin, sept séminaristes (dont 5 Français) ont été promu au sous-diaconat des mains de Mgr Arrieta. L’album des photos de cette journée vaut le détour.

2 mars 2012

[La Porte Latine] La FSSPX achète la chapelle de l'ancien Grand séminaire diocésain d'Amiens

SOURCE - La Porte Latine - 2 mars 2012

Privée de lieu de culte depuis fin 2007 la FSSPX s'est toujours vue opposer un refus obstiné de la part de Mgr Jean-Luc Bouilleret de permettre que la sainte messe puisse être célébrée dans une des nombreuses églises désaffectées d'Amiens.

Rappelons pour mémoire - et par esprit de justice... - que Mgr n'a pas craint, entre autres, de prêter sa cathédrale pour une cérémonie anglicane et de participer à l'inauguration de la mosquée d'Etouvie : il serait étonnant que ces actes puissent être qualifiés de "catholiques" ou être en "communion avec l'Eglise"...
 
Passant outre à cet ostracisme d'un autre temps, après quatre années de recherche, la Fraternité a finalement pu faire l'acquisition de la chapelle de l'ancien Grand séminaire diocésain d'Amiens. Cet édifice, construit en pierre de taille, et recouvert d'ardoise, édifié entre 1736 et 1741, comprend un corps central et des ailes sur cour. [renvoi vers photo]

C'est un bâtiment d'une architecture élégante, un ensemble monumental homogène, avec une sculpture Louis XVI au niveau de l'avant corps, et des garde-corps en ferronnerie, datant du 18e.

Dans la chapelle, qui possède des vitraux et des plafonds sculptés et décorés, le décor, qualifié de néo-Louis XVI, a été réalisé entre 1877 et 1882.

Ce monument servait, entre 1741 et 1906, au Grand Séminaire, puis fut occupé par l'armée à partir de 1909, sous le nom de la caserne Dejean, les bâtiments militaires ont été mis en vente par l'Etat.

L'ensemble est composé d'un bâtiment monumental sur 4 niveaux, en forme de H, sur une surface de 7 000m², chaque étage comprend de nombreuses grandes pièces séparées par un couloir.

La FSSPX n'a acquis que la chapelle. Les travaux de restauration devraient durer un an et l'inauguration est prévue, si Dieu le veut - courant 2013.

La Tradition en France continue à se développer (chapelles, écoles, prieurés) au prix de grands sacrifices financiers rendus possibles par la générosité des fidèles et la gestion rigoureuse qui en faite par le District.

[Abbé Philippe Bourrat, fsspx - ADEC] Une année 2012 qui restera dans les annales de nos écoles

SOURCE - Abbé Philippe Bourrat, fsspx - ADEC - Mars 2012

Chers amis et bienfaiteurs 
 
Cette année 2012, au cours de laquelle nous honorons sainte Jeanne d'Arc en fêtant le sixième centenaire de sa naissance, restera dans les annales de nos écoles. L'école Sainte-Marie, près de Saint-Malo, vient d'acheter ses locaux, après 25 ans d'existence. 

L'école Saint-Jean-Bosco de Marlieux poursuit ses travaux d'agrandissement pour faire face à la montée en flèche de ses effectifs et l'ouverture de son lycée. De lourds projets sont en cours de réalisation à Saint- Joseph-des-Carmes (Montréal-de-l'Aude), Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle (Camblain), Saint-Michel-Garicoïts (Domezain) : agrandissements, construction de chapelles… sans oublier nos écoles primaires qui se multiplient.

Nous confions spécialement à vos prières les projets de déménagement de l'école Saint-Michel (Surins-Niherne) et de création d'un lycée professionnel sur le site d'une ancienne base militaire.

Le Bon Dieu bénit nos familles catholiques, des conversions font découvrir la Tradition à de nouvelles familles et tous leurs enfants se tournent vers vous pour les aider à recevoir cette éducation chrétienne qui instruit et conduit vers Dieu.

L'évolution inquiétante des programmes de l'Education nationale rend indispensable l'existence d'écoles où l'on apprend encore les bases d'une instruction saine et qui donnent aussi les moyens de vivre en enfants de Dieu.

Dans cette grande bataille de civilisation chrétienne, il faut que chacun de nous combatte, selon ses moyens, « et Dieu donnera la victoire. »

Pour que dans nos écoles aussi « Dieu soit premier servi », nous avons besoin de votre aide spirituelle et de votre soutien financier. 

Abbé Philippe Bourrat, Directeur de l'enseignement pour le District de France

[Jean Madiran - Présent] L’Offertoire de Paul VI

SOURCE - Jean Madiran - Présent - 2 mars 2012

Le débat avance. Quel débat ? Justement, le débat refusé. Refusé dans l’Eglise depuis quarante cinq ans ; refusé à tous ceux qui ont opposé doutes, questions, objections aux nouveautés post-conciliaires. Ce débat avance quand même. L’offertoire de la messe de Paul VI est maintenant mis en cause par une voix autorisée. Non pas quelques abus, quelques dérives, quelques excès, mais l’offertoire lui-même, dans le texte officiel de la « forme ordinaire du rite romain ».

Ce fut à Paris, le 15 janvier de cette année. L’intervenant nous vient d’Asie centrale, il est secrétaire général de la Conférence épiscopale du Kazakhstan. Heureux Kazakhstan ! Il est aussi consulteur à Rome de plusieurs dicastères, notamment de la Congrégation pour la doctrine et de la Congrégation pour le culte. Il se nomme Athanasius Schneider. Il appartient à la nouvelle génération épiscopale : il n’avait que huit ans quand Paul VI décréta sa nouvelle messe. Paix liturgique a publié la semaine dernière le texte intégral de son intervention parisienne du 15 janvier (Paix liturgique, 1 allée du Bois Gougenot, 78290 Croissy-sur-Seine.)

Parmi ce qu’il appelle les cinq plaies de la « pratique liturgique dominante actuelle », Mgr Schneider pointe « les nouvelles prières de l’offertoire » :

« Elles sont une création entièrement nouvelle, elles n’ont jamais été en usage dans l’Eglise. Elles expriment moins l’évocation du mystère du sacrifice de la Croix que celle d’un banquet rappelant les prières du repas sabbatique juif. »

Alors que, ajoute-t-il, « dans la tradition plus que millénaire de l’Eglise d’Occident et d’Orient, les prières de l’offertoire ont toujours été axées expressément sur le mystère du sacrifice de la Croix ».

Ces nouvelles prières de l’offertoire, « il serait souhaitable, propose Mgr Schneider, que le Saint-Siège les remplace par les prières correspondantes de la forme extraordinaire ».

Les quatre autres « plaies du corps mystique liturgique du Christ » qu’énumère Mgr Schneider ne sont pas forcément, ne sont pas explicitement imposées par le texte lui-même de la messe promulguée par Paul VI en 1969, aujourd’hui appelée « forme ordinaire du rite romain ». Ce sont :

— la plus visible : le visage du prêtre tourné vers les fidèles ;

— la communion dans la main ;

— la disparition totale du latin et du grégorien ;

— l’emploi de femmes pour le service de la lecture et celui d’acolyte.

A la différence du nouvel offertoire, ces quatre plaies-là ne figurent ni dans la messe promulguée par Paul VI, ni dans la constitution conciliaire sur la liturgie. La critique sévère qu’en fait Mgr Schneider, le refus fortement motivé qu’il leur oppose, ne mettent donc en cause ni la constitution conciliaire, ni le texte même de la forme ordinaire du rite romain.

Il n’en va pas de même pour un offertoire qui, relisons, « exprime moins l’évocation du mystère du sacrifice de la Croix que celle d’un banquet rappelant les prières du repas sabbatique juif ».

Un tel offertoire, avec la gravité de cette énorme déficience, est au cœur de la messe que Paul VI a signée de sa main. Mgr Schneider ne voit aucune possibilité de le réformer, de l’améliorer, il n’envisage que sa suppression pure et simple, et son remplacement radical par l’offertoire traditionnel.

A mesure que le débat continuera d’avancer de cette manière, il deviendra de plus en plus difficile de recommander que l’on regarde et traite avec le même respect les « deux formes » du rite romain.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7552 de Présent
du Vendredi 2 mars 2012

[Christophe Saint-Placide] Un diocèse mexicain s’ouvre au motu proprio


Au pays des Cristeros, que le Saint Père visitera dans moins d’un mois désormais (du 23 au 26 mars avant de se rendre à Cuba), la forme extraordinaire du rite romain reste marginale dans le cadre diocésain. En dehors de Guadalajara, où est installée la Fraternité Saint-Pierre, le Mexique est en effet quasiment dépourvu de toute célébration dominicale hebdomadaire.
 
Cependant, il y a quelques mois, un archidiocèse mexicain, celui de Morelia – plus de deux millions d’âmes à 150 km au sud de Guanajuato où se rendra Benoît XVI –, a embrassé lui aussi le motu proprio Summorum Pontificum. Et c’est l’archevêque en personne qui a montré l’exemple. Le 4 septembre 2011, Mgr Alberto Suárez Inda, archevêque de Morelia depuis 1995, a ainsi célébré une messe pontificale selon la forme extraordinaire du rite romain dans la chapelle du Señor de la Columna.
 
Non seulement c’était la première fois depuis la réforme liturgique  qu’un prélat mexicain officiait selon le missel de Jean XXIII, mais  c’était aussi la façon pour le prélat d’officialiser l’application du  motu proprio Summorum Pontificum en ce lieu. Depuis cette date, en  effet, la forme extraordinaire du rite romain est célébrée chaque  dimanche à midi dans cette chapelle.
 
Mais ce n’est pas tout car le 9 octobre dernier, là encore pour la  première fois depuis bien longtemps, c’est au séminaire diocésain que  fut célébrée une messe selon la forme extraordinaire du rite romain.  Certes, à l’échelle du Mexique, ces gestes symboliques restent  insignifiants et il est encore tôt pour dire que le motu proprio est  promis à un bel avenir dans le pays. Mais un terreau favorable existe  que la prochaine visite du pape pourrait bien ensemencer avec  fécondité.

1 mars 2012

[Abbé de La Roque, fsspx - L'Hermine] La FSSPX lance la construction de l'église Saint-Emilien à Nantes

SOURCE - Abbé de La Roque, fsspx - L'Hermine - Mars 2012

La future église Saint-Emilien de Nantes

Chers amis, chers fidèles,

Vous dévoiler ce que sera la future église de Nantes est une véritable joie. En quelques pages et beaucoup d'images, voici donc le projet tel que déposé en mairie après plusieurs mois de travail, pour obtention du permis de construire. Par là même, c'est également une grande intention de prière que je vous confie : invoquez les anges gardiens de chacun des employés qui auront à se prononcer sur ce permis de construire, afin que nous l'obtenions sans difficultés supplémentaires. Réponse en juin…

Après mures réflexions et consultations, il a été décidé de mettre cette église sous le patronage de saint Emilien, évêque de Nantes : c'est à lui qu'elle sera consacrée. Au vu de sa vie, vous saurez en découvrir de nombreuses raisons.

Emilien fut choisi comme évêque de Nantes au moment où les Sarrasins franchissaient les Pyrénées pour étendre l'islam en nos contrées. Après avoir ravagé le sud de la France, ils s'avancèrent jusqu'en Bourgogne, où ils firent le siège de l'antique ville d'Autun. C'était sept ans avant la bataille de Poitiers. Ne pouvant rester indifférent aux maux que souffrait sa sainte mère l'Eglise, Emilien convoqua en sa cathédrale tous les hommes désireux de prendre les armes pour la défense de la foi et, après avoir pour eux célébré le saint sacrifice, partit à leur tête. Une première victoire libéra la ville menacée, puis deux nou-veaux succès militaires permirent de repousser les musulmans. Mais voici qu'un nouveau corps d'armée omeyyade fondit sur les hommes dont Emilien était l'âme et, en ce 22 août 725, tous bientôt périrent, notre saint évêque à leur tête. Transpercé de flèches et de lances, il fut finalement décapité avant d'être enseveli en ce lieu qui depuis porte son nom, le petit village de Saint Emiland.

Aussitôt vénéré en Bourgogne, notre saint fut méconnu de son diocèse d'origine jusqu'en ce 19ème siècle, où règne en France une belle pagaille liturgique, triste fruit du gallicanisme. L'évêque d'alors, Mgr Alexandre Jaquemet, marcha résolument à la suite de Dom Guéranger pour le rétablissement de l'antique liturgie romaine en son diocèse, et les recherches effectuées à cette occasion firent redécouvrir ce saint nantais, bientôt réintroduit dans la calendrier liturgique avec la bénédiction de Pie IX.

Restait à obtenir du diocèse d'Autun quelques reliques du saint, ce qui fut obtenu après deux ans de tractations en raison de l'attachement de la population de Saint-Emiland à son saint. La translation des reliques fut l'occasion d'une triomphale procession, le 6 novembre 1859. Au témoignage de beaucoup, cette procession fera naître chez nombre de nantais le désir de se dévouer à la cause de l'Eglise si bien que, quelques mois plus tard, beaucoup marcheront à la suite du général de Lamoricière pour s'engager au service de la papauté dans les zouaves pontificaux. Cela fit dire au Cardinal Richard, vicaire général de Nantes avant d'être archevêque de Paris, que « le dévouement pour la cause de l'Eglise est la grâce que Dieu a attachée au culte de ce saint ».

Bientôt pourtant une nouvelle tourmente, entre autres liturgique, s'abattit sur saint Emilien : en 1967, Mgr Michel Vial l'exclut du calendrier diocésain. Mais l'histoire a ses revanches.

Sous peu, notre saint aura l'église qu'il n'avait pas encore eu à Nantes, lui dont la fête était fixée au 3 septembre, jour où l'Eglise célèbre saint Pie X.

Abbé P. de LA ROCQUE

Toutes les photos et les renseignements sur la construction de la future église: Accès à l'Hermine n° 34 de mars 2012

29 février 2012

[Christophe Saint-Placide] Motu Proprio : les États-Unis l’ont intégré


Les Etats-Unis nous étonneront toujours. Je ne voudrais pas ici empiéter sur le travail remarquable de mon collègue d’Americatho qui semble tout connaître du catholicisme américain avant même que les événements se passent. Mais, quand même ! Ce pays, grand comme un continent, où la modernité s’étalent à longueur de rue (et elles sont longues, les rues), est aussi celui qui voit certainement le meilleur accueil du motu proprio Summorum Pontificum. Peut-être même sommes-nous en face, en ce qui concerne les État-Unis, d’une deuxième phase, celle de l’intégration de Summorum Pontificum dans le paysage de l’Église catholique. Certes, il y a des résistances et des abus. Certes bien des choses pourraient être mieux. Mais, avons-nous en France, par exemple, autant d’évêques qui célèbrent la forme extraordinaire ? Avons-nous des cardinaux ou des archevêques de la trempe des Dolan, Chaput ou Burke ? Mis à part les bénédictins, peu d’ordres en France permettent la célébration de la messe traditionnelle à égalité avec la forme ordinaire. Aux Etats-Unis, une province dominicaine y est ouverte et nombreuse aussi sont les universités à offrir la messe en forme extraordinaire à leurs étudiants.
 
Tout cela pour dire que mercredi prochain, en la fête de saint Thomas d’Aquin, une messe dans le rite dominicain sera célébrée en l’église Saint-Vincent-Ferrier (photo) à New York par le père Austin Dominic Litke, O.P. La prédication sera assurée par le père James Dominic Brent, O.P., professeur assistant en philosophie à l’Université catholique d’Amérique. C’est la première messe chantée selon le rite dominicain dans la province dominicain de l’Est depuis 40 ans !
 
Cette célébration sera précédée la veille d’une conférence sur le thème : « Au-delà du dogme : saint Thomas et le modernisme postconciliaire ». Le drapeau n’est pas caché. Cette conférence sera donnée par le père Guy Mansini, O.S.B.
 
Le 26 mars prochain, c’est à Manhattan, en l’église des Saints-Innocents, que sera célébrée une messe dans la forme extraordinaire à l’initiative des Chevaliers de Colomb qui marquent ainsi un moment de prière contre l’avortement. Normalement, cette journée de prière se déroule le 25 mars, en la fête de l’Annonciation, mais celle-ci tombant cette année un dimanche, elle est reportée au lundi. Le célébrant sera un évêque émérite, Mgr James C. Timlin, ancien ordinaire de Scranton. Avant la célébration de la messe, Mgr Timlin conférera le sacrement de confirmation selon les livres liturgiques de 1962.

28 février 2012

[Hélène Rouquette-Valeins - Sud Ouest] Paroisse Saint-Éloi à Bordeaux : les "tradis" qui font toujours débat chez les catholiques

SOURCE - Hélène Rouquette-Valeins - Sud Ouest - 28 février 2012

"Un décalage abyssal avec notre siècle"... Chrétiens sans frontières écrit au cardinal Ricard à propos de Saint-Éloi, le refuge bordelais des traditionnalistes
 
«Alors que nous nous apprêtons à fêter un anniversaire qui nous tient à cœur, Vatican II, qu'un synode des évêques est annoncé courant 2012, serait-il question d'ouvrir les portes des lefebvristes dont on connaît les objectifs ? » Huit membres du collectif Chrétiens sans frontières Gironde viennent d'écrire au cardinal archevêque de Bordeaux, Jean-Pierre Ricard pour s'inquiéter de la « réintégration » de la paroisse Saint-Éloi dans le diocèse. Le collectif adhère à la fédération du Parvis. Les réseaux du Parvis regroupent depuis dix ans au sein de cinquante associations françaises, 7 à 10 000 chrétiens, catholiques d'ouverture, protestants libéraux, unitariens. Les chrétiens unitariens refusent d'adhérer au dogme de la Trinité et prônent la recherche perpétuelle de la vérité.
« L'image d'un bastion »
Dans leur lettre, les membres du collectif se disent préoccupés « par le manque de lucidité de l'institution Église qui donne au monde l'image d'un bastion qui se protège et tente de se reconstruire et se défendre avec des armes désuètes et, ô combien dépassées. Comment pouvons-nous aujourd'hui encore, ne pas y voir un décalage abyssal avec notre siècle ? »
 
Concernant l'affaire Saint-Éloi, érigée en institut pontifical en 2006, les choses semblent assez claires. L'institut du Bon Pasteur a été érigé en « société de vie apostolique », regroupant à l'origine sous la houlette de l'abbé Laguérie, six membres fondateurs. A ce jour il compte douze prêtres, douze séminaristes. Issue de la Fraternité Saint Pie X, c'est une communauté dédiée au rite traditionnel.
 
La « réintégration » à laquelle font allusion les signataires du collectif, concerne la signature en février 2007 d'une convention entre l'archevêque de Bordeaux et l'institut, qui autorise les membres de l'institut du Bon Pasteur à utiliser le missel romain et prévoit la prise en charge des salaires et le versement du denier du culte. Mais cette convention a été signée « pour cinq ans et ad experimentum. » Les opposants à cette ouverture aux lefebvristes, voient donc arriver l'anniversaire en se posant des questions. Et ce d'autant que Mgr Ricard n'a pas l'air de vouloir répondre.
Les raisons du silence
Deux raisons semblent expliquer ce silence. Premièrement, les négociations entamées depuis trois ans entre le Vatican et Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint Pie X, sont sur le point d'être rompues. Le successeur de Mgr Lefebvre a prononcé un sermon le 2 février dernier dans lequel il annonçait qu'il était impossible de signer le préambule doctrinal proposé par le Pape Benoît XVI. Il semblerait que Mgr Fellay ne serait pas reconduit sans ses fonctions lors de la prochaine élection qui verrait consacrer Bernard Tissier de Mallerais.
 
On peut donc penser que Mgr Ricard, qui a été obligé en 2006 d'avaler son col romain, ne soit pas pressé de répondre à l'aile la plus à gauche de son diocèse. Mais autre chose l'incite aussi à la discrétion. Des bruits insistants dans les couloirs du Vatican, laissent filtrer le nom du cardinal archevêque de Bordeaux comme nouveau préfet pour la congrégation pour la doctrine de la foi. Ce qui l'obligerait à quitter Bordeaux pour Rome. Et à « monter » dans la hiérarchie.

[Paix Liturgique] Cambrai, le plus ordinaire des diocèses

SOURCE - Paix Liturgique n°324 - 28 février 2012

Voici le dernier volet de notre enquête consacrée aux diocèses privés totalement de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum, diocèses où la forme extraordinaire de la messe n’est aucunement proposée dans le cadre paroissial diocésain. Si la caractéristique des autres diocèses « exclusivement ordinaires » concernés par cette enquête (Mende, Langres, Angoulême, Châlons-en-Champagne et Viviers) est qu’ils sont plutôt ruraux et faiblement peuplés, le diocèse qui nous intéresse cette semaine est en revanche fortement urbanisé et très peuplé. Il s’agit du diocèse de Cambrai, qui appartient au département le plus habité de France (le Nord) et couvre les arrondissements de Cambrai, de Valenciennes, de Douai et d’Avesnes-sur-Helpe. Il compte plus d’un million d’habitants dont 700 000 baptisés soit environ 35 000 pratiquants si l'on retient le taux de 5 % de pratiquants réguliers (dont, comme le démontrent nos sondages, au moins un tiers, soit 12 000 fidèles, assisteraient à la forme extraordinaire si celle-ci leur était proposée). 
I – LE PORTRAIT DU DIOCÈSE
Historiquement, l’évangélisation de la région fut liée à la fois à la présence romaine et à celle des Francs. Jusqu’au XIe siècle, cet énorme diocèse était uni à celui d’Arras (d’où le siège épiscopal avait été transféré à Cambrai). Son territoire considérable fut réduit au XVIe siècle au profit de Malines et d’Anvers. Enfin, lors du concordat de 1801, il perdit toute sa partie belge et ses limites furent calquées sur celles du département du Nord. Compte tenu de la grande densité de population, ses limites actuelles plus réduites ont été fixées en 1913, avec la création du diocèse de Lille. Depuis 2002, s’il garde le titre d’archidiocèse, il dépend avec Arras de la « métropole » de Lille.

Aujourd’hui, l’évêque de Cambrai est Mgr François Garnier, 68 ans, nommé à ce siège le 7 décembre 2000 après avoir auparavant été évêque de Luçon. Originaire de Bourgogne, Mgr Garnier est un prélat dont on pourrait croire qu’il se bonifie avec le temps (Golias ne remarque-t-il pas que son caractère s’est arrondi et que son col est devenu romain ?). En réalité, Mgr Garnier peut être classé parmi les archéo-progressistes de l’épiscopat français, progressistes fort assagis, mais profondément libéraux. Il faut savoir qu’il y a dans les diocèses de France deux grands critères de dérive libérale :
- les absolutions collectives ;
- les bénédictions accordées lors des mariages de divorcés remariés.

Les évêques « identitaires » tentent de réduire ces deux plaies. D’autres évêques – le plus grand nombre – ferment les yeux par crainte d’une fronde d’une partie de leur clergé. D’autres enfin, dont Mgr Garnier, les approuvent à divers degrés. Le 5 avril 2003 (Eglise de Cambrai, avril 2003), il avait publié un texte qui a « beaucoup ému », comme on dit, les dicastères romains, qui n’en peuvent plus. Il y donnait des précisions sur l’organisation de temps de prière à l’occasion des « remariages », suivies de conseils à propos de la réception de la communion par ces « remariés » en les renvoyant in fine à leur conscience.

Quant à ses prises de position politiques et sociales, elles demeurent marquées par le souci de plaire à l’opinion dominante (sur les immigrés clandestins par exemple).

Disposant de moins de cent prêtres en activité (98, dont 80 pour les 51 paroisses), d’un âge moyen élevé (seuls 22 prêtres ont moins de 50 ans, dont 16 ont entre 40 et 50 ans), en 2003, Mgr Garnier a adapté l’organisation diocésaine à la sécularisation galopante, ramenant le nombre des paroisses de 452 à 51, regroupées en 12 doyennés. Sans promesse de relève : au cours des dix dernières années, la moyenne des ordinations sacerdotales s’établit à une par an. Et les finances à l’avenant : le budget annuel du diocèse est de 11 millions d'euros : il manque chaque année un peu plus d'un million d'euros pour équilibrer les comptes, les quêtes chutant de 12 % par an, en moyenne (1).

Bref, en dépit de sa taille et du fait que la pratique religieuse semble comme toujours mieux résister en zone urbaine qu’en zone rurale (c’est-à-dire que le taux de pratique y est le même - moins de 5 % - mais qu’au prix d’une réduction considérable du nombre des célébrations, les églises en ville ont encore l'air remplies à l'heure de la messe), le diocèse de Cambrai se trouve dans la situation de crise comparable à celle de la plupart des diocèses de France. Une crise que Mgr Garnier a fait diagnostiquer en commanditant un audit sur deux ans de l’institution diocésaine. Les conclusions désastreuses l’ont-elles incité à agir ? Lors d’une récente visite au séminaire interdiocésain de Lille, il a plaidé en faveur du « réveil de la vocation de baptisé ». On a parfois l’impression que nos évêques se pastichent eux-mêmes…
II – L’ACCUEIL DU MOTU PROPRIO DANS LE DIOCÈSE
En 2007, au moment de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum, Le Monde donna la parole à divers prêtres. Parmi eux, « André Dhelin, prêtre à Maubeuge » qui déclarait : « L’Église a besoin de symbole, mais pas de celui-là. Il donne à certains un argument supplémentaire pour dire que l’Église s’occupe plus d’elle-même que du monde. » Des paroles banalement affligeantes mais bien caractéristiques d’un certain esprit postconciliaire qui sévit encore dans la province ecclésiastique de Lille.

Pour sa part, Mgr Garnier avait publié à l’été 2007 une circulaire intitulée « À propos du Motu Proprio : sur la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 » et destinée « aux prêtres du diocèse et aux équipes liturgiques ». Dans celle-ci, l’évêque ne dressait pas de barrières à l’application du texte pontifical – c’était le moins que l’on pouvait attendre –, mais il en profitait pour prier « pour que les liturgies dont nous avons la charge soient irréprochables » et surtout pour « saluer de tout cœur les membres des équipes liturgiques, notamment ceux et celles qui – bien formés – reçoivent la mission de conduire la célébration de nombreuses funérailles, étant donné notre petit nombre de prêtres ». Et toc. Et de douter du bien-fondé des abus dont « les textes de Rome parlent souvent » : « Si quelques "abus" existent encore, – c’est d’ailleurs ainsi depuis toujours et quels que soient les rituels utilisés –, ils sont de moins en moins nombreux : Dieu sait les efforts constants que nous faisons ensemble depuis le Concile pour qu’il n’y en ait plus ». Ah, le bon apôtre !

Lors du discours prononcé par Benoît XVI aux évêques de France réunis à Lourdes, le Saint Père revint sur la portée du Motu Proprio Summorum Pontificum: « Le culte liturgique est l’expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l’enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l’Église. J’ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d’exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d’utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l’honneur et de la confiance qu’Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d’être des serviteurs de l’unité ! » (2)
Las ! Retenu à Valenciennes par la célébration du Millénaire de Notre-Dame du Saint-Cordon, Mgr Garnier était le seul prélat absent. Il n’a pas entendu le discours du Pape…
III – L’APPLICATION AVORTÉE DU MOTU PROPRIO À CAMBRAI
Si, à l’origine de notre enquête, nous n’avions pas inclus Cambrai parmi les diocèses privés de la forme extraordinaire du rite romain, c’est parce qu’une tentative d’application du Motu Proprio a eu lieu courant 2009. Début 2008, l’association Una Voce publiait en effet l’annonce de la constitution d’un groupe stable de fidèles à Cambrai, précisant qu’un « dialogue constructif [s’était] établi avec M. le curé de la cathédrale ». Quelques temps plus tard, l’abbé Denis Lecompte, alors curé de Notre-Dame de Grâce, accepta de célébrer la messe traditionnelle en semaine, à 18 heures, la substituant à la forme ordinaire. Une messe hebdomadaire, un jour de la semaine. Cela dura six mois, pas plus. L’abbé Lecompte se vit décoré d’un titre de prélat, et nommé recteur de la basilique du Saint-Cordon à Valenciennes (promoveatur ut amoveatur)… basilique dont il faut préciser qu’elle est fermée pour travaux jusqu’à date indéterminée.

Notons qu’en moyenne ce furent au moins 20 fidèles qui assistèrent chaque semaine à cette célébration. Ce qui correspond à au moins une bonne centaine de fidèles qui y auraient assisté chaque dimanche.

Après la mutation de l’abbé Lecompte, les fidèles que rassemblaient cette messe tentèrent d’obtenir, mais sans succès, un autre célébrant. L’évêque demanda au représentant du groupe de lui présenter une liste de demandeurs – le fait patent de l’assistance de fidèles aux messes de semaine durant six mois démontrant l'existence irréfutable d'un groupe stable de demandeurs locaux semblait insuffisant – mais il la jugea inadéquate car composée pour moitié de fidèles de Cambrai et pour l’autre moitié de fidèles de Valenciennes. En effet, en plus des familles de Cambrai, un groupe de familles de Valenciennes s’était constitué pour demander la messe.

Après un premier rendez-vous encourageant avec le doyen de Valenciennes qui leur avait proposé la plus ancienne église de la ville et un horaire convenable, ces familles valenciennoises reçurent une fin de non-recevoir lors d’un second entretien. Il faut dire que, dans l’intervalle, le prêtre avait vu le vigilant évêque du diocèse... Néanmoins, par la suite, l’évêché dépêcha un prêtre âgé pour célébrer des funérailles traditionnelles. Ce qui incita les fidèles à renouveler leur demande. Pour contourner le problème du manque de prêtre idoine, ils firent valoir auprès de l’évêque la possibilité de faire appel à une communauté Ecclesia Dei, en l’occurrence l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, bien implanté dans la région. Réponse de l’évêque : « Je ne veux pas qu’ils entrent dans mon diocèse ».

Du coup, seuls les fidèles qui peuvent et sont suffisamment « motivés » pour se déplacer en voiture vers les villes voisines plus ou moins éloignés peuvent se rendre à Brasmenil, Havré, Quiévrain, Lille, Lens, célébrées par des communautés Ecclesia Dei ou par la FSSPX.

Mais de messes paroissiales extraordinaires à Cambrai, point.
D’application du Motu Proprio à Cambrai, point.
De respect de la volonté du Pape à Cambrai…

(1) Source : http://www.paroissefrancaisedemilan.com/page-1355.html
(2) Au cours de ce discours, le pape a appuyé sur les points qui font
mal : catéchisme (un enfant sur cinq qui naît aujourd'hui en France
sera baptisé ; un sur quinze participera au catéchisme) ; vocations ;
etc. À lire ici :
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2008/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20080914_lourdes-vescovi_fr.html

[Christophe Saint-Placide] Deux paroisses personnelles dans le diocèse de Coire


L’agence de presse Apic a annoncé la création de deux paroisses personnelles pour la forme extraordinaire dans le diocèse suisse de Coire. Elle reprend le communiqué du diocèse de Coire publié le 27 février dernier et que l’on peut trouver ici.
 
On pourra tempérer l’interprétation de l’agence Apic qui voit dans cette décision une main tendue aux membres de la Fraternité Saint-Pie X, en cas de rupture définitif des discussions actuelles entre Mgr Fellay et Rome.
 
En fait, il semble que Mgr Huonder applique le motu proprio Summorum Pontificum et que cet évêque, réputé conservateur, bénéficie de la confiance de Benoît XVI. Celui-ci l’avait soutenu quant au printemps dernier les Églises cantonales du diocèse avaient contesté ses décisions et demandé sa démission. Le Pape et le cardinal Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, lui avaient clairement exprimé une confiance absolue.
 
De la même façon, en décembre dernier, cet évêque avait vivement mis en cause l’éducation sexuelle transmise à l’école et avait demandé que les parents puissent dispenser les enfants de cette matière. À cette occasion, il avait déclenché une tempête médiatique en déclarant que « l’Eglise prend connaissance de la Déclaration des droits humains (qui était invoquée à ce sujet, ndlr). Elle jauge les formulations et revendications de cette convention à la lumière de la révélation divine. » Mettre Dieu avant un texte sur les droits de l’homme avait été considéré comme un relativisme insupportable et une atteinte profonde aux assises morales du monde moderne.
 
Le 19 février dernier, sa prise de position en faveur de la caisse de maladie Pro Life, qu’il a appelé à choisir de préférence aux autres caisses, avait été reçu comme un encouragement par les militants anti-avortement et comme une prise de position claire d’un évêque sur la question du financement des avortements en Suisse. Ces différents exemples montrent qu’il est pour le moins hasardeux de réduire la décision de Mgr Vitus Huonder de créer deux paroisses personnelles à une simple question de main tendue à d’hypothétiques déçus de la Fraternité Saint-Pie X. On notera au passage que la devise de l’évêque de Coire est « Instaurare omnia in Christo ».
 
Voici le texte intégral de la dépêche de l’agence Apic :
Diocèse de Coire: Deux paroisses personnelles pour le rite tridentin
Par souci pastoral
Coire, 27 février 2012 (Apic) L’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder a établi, le 22 février 2012, deux paroisses personnelles dans son diocèse. Ces paroisses sont destinées aux fidèles désireux de célébrer selon le rite tridentin.

Les paroisses de Marie Immaculée à Oberarth en Suisse centrale, et de Saint Maximilien Kolbe à Thalwil, dans le canton de Zurich ont été établies paroisses personnelles pour le rite extraordinaire, indique le porte-parole de l’évêché Giuseppe Gracia.

Mgr Huonder fonde sa décision sur le Motu proprio « Summorum Pontificum » de Benoît XVI de 2007, par lequel le pape facilite la célébration de la messe selon le rite préconciliaire.

Dans une lettre aux prêtres de son diocèse, Mgr Huonder précise que la création de paroisses personnelles doit mettre fin à une situation provisoire peu claire en droit canon. Dans ces régions, il y a en effet depuis des dizaines d’années des lieux où l’office est célébré selon le rite tridentin.
Besoins pastoraux au premier plan 
Mgr Huonder précise dans sa lettre qu’il a eu, avant de prendre sa décision, des entretiens avec le Conseil presbytéral et le Conseil épiscopal. Il déclare pouvoir comprendre l’opposition de certains à la création de paroisses personnelles et leur « crainte de voir favorisée ’une Eglise dans l’Eglise’, de perpétuer ce qui pourrait mettre en danger l’unité ».

Pour lui, ces réserves ne sont cependant pas « aussi importantes que les besoins pastoraux des personnes qui, depuis si longtemps, vivent dans le provisoire et qui constituent une partie de notre diocèse. »

Les paroisses personnelles ne sont pas affectées à un territoire particulier. En Suisse, on les connaît dans le secteur de la pastorale en langue étrangère. Il s’agit, par exemple des missions italienne et espagnole en Suisse alémanique ou en Suisse romande.

Selon les observateurs, la décision prochaine de Rome au sujet de l’éventuelle réintégration des traditionalistes de Mgr Lefebvre pourrait aussi avoir influencé Mgr Huonder. C’est une main tendue aux personnes qui ne voudraient plus suivrent la Fraternité St Pie X dans le schisme. (apic/com/gs/js)

27 février 2012

[APIC] Diocèse de Coire: Deux paroisses personnelles pour le rite tridentin

SOURCE - APIC - 27 février 2012

Diocèse de Coire: Deux paroisses personnelles pour le rite tridentin
Par souci pastoral
Coire, 27 février 2012 (Apic) L’évêque de Coire, Mgr Vitus Hunder a établi, le 22 février 2012, deux paroisses personnelles dans son diocèse. Ces paroisses sont destinées aux fidèles désireux de célébrer selon le rite tridentin.

Les paroisses de Marie Immaculée à Oberarth en Suisse centrale, et de Saint Maximilien Kolbe à Thalwil, dans le canton de Zurich ont été établies paroisses personnelles pour le rite extraordinaire, indique le porte-parole de l’évêché Giuseppe Gracia.

Mgr Huonder fonde sa décision sur le Motu proprio "Summorum Pontificum" de Benoît XVI de 2007, par lequel le pape facilite la célébration de la messe selon le rite préconciliaire.

Dans une lettre aux prêtres de son diocèse, Mgr Huonder précise que la création de paroisses personnelles doit mettre fin à une situation provisoire peu claire en droit canon. Dans ces régions, il y a en effet depuis des dizaines d’années des lieux où l’office est célébré selon le rite tridentin.
Besoins pastoraux au premier plan 
Mgr Huonder précise dans sa lettre qu’il a eu, avant de prendre sa décision, des entretiens avec le Conseil presbytéral et le Conseil épiscopal. Il déclare pouvoir comprendre l’opposition de certains à la création de paroisses personnelles et leur "crainte de voir favorisée ’une Eglise dans l’Eglise’, de perpétuer ce qui pourrait mettre en danger l’unité".

Pour lui, ces réserves ne sont cependant pas "aussi importantes que les besoins pastoraux des personnes qui, depuis si longtemps, vivent dans le provisoire et qui constituent une partie de notre diocèse."

Les paroisses personnelles ne sont pas affectées à un territoire particulier. En Suisse, on les connaît dans le secteur de la pastorale en langue étrangère. Il s’agit, par exemple des missions italienne et espagnole en Suisse alémanique ou en Suisse romande.

Selon les observateurs, la décision prochaine de Rome au sujet de l’éventuelle réintégration des traditionalistes de Mgr Lefebvre pourrait aussi avoir influencé Mgr Huonder. C’est une main tendue aux personnes qui ne voudraient plus suivrent la Fraternité St Pie X dans le schisme. (apic/com/gs/js)

[Christophe Saint-Placide - Riposte Catholique] Les communautés Ecclesia Dei en pèlerinage à Trèves

SOURCE - Christophe Saint-Placide - Riposte Catholique - 27 février 2012
À l’invitation de l’évêque de Trèves (Allemagne), Mgr Stephan Ackermann, cette ville accueillera entre le 13 avril et le 13 mai prochain jusqu’à un million de pèlerins qui viendront vénérer la sainte tunique du Christ. Cette sainte tunique fut apportée à Trèves par sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin et elle n’est exposée que très rarement. Au XXe siècle, elle le fut en 1933, 1959 et 1996. Trèves, le plus ancien siège épiscopal allemand, contient également d’autres lieux de pèlerinage.
 
Du 20 avril au 22 avril prochain, les communautés traditionnelles dites Ecclesia Dei ainsi que leurs fidèles entoureront son Éminence Walter cardinal Brandmüller lors d’un pèlerinage organisé à leur intention. Le programme prévoit notamment la célébration d’une messe pontificale traditionnelle par le cardinal Brandmüller le samedi 21 avril à 10h00, avec l’assistance liturgique de la Fraternité Saint-Pierre, dans l’ancienne abbaye impériale Saint-Maximim et des Vêpres pontificales le même jour et au même lieu, à 16h30, toujours par le cardinal Brandmüller,  avec l’assistance liturgique de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Le dimanche 22 avril, plusieurs messes privées seront célébrées dans la forme extraordinaire à 7h00 et 8h00 et une grand’messe le sera également à 10h15, en conclusion de ce pèlerinage.
 
La messe traditionnelle sera célébrée pendant toute la durée de l’exposition de la sainte Tunique, du 14 avril au 12 mai, en la chapelle “Helenenhaus”, (Windmühlenstraße 6 à Trèves), en semaine à 17h00 et le dimanche à 9h00 et 17h00. 
 
Plus de renseignements ICI

[Christophe Saint-Placide] Les communautés Ecclesia Dei en pèlerinage à Trèves


À l’invitation de l’évêque de Trèves (Allemagne), Mgr Stephan Ackermann, cette ville accueillera entre le 13 avril et le 13 mai prochain jusqu’à un million de pèlerins qui viendront vénérer la sainte tunique du Christ. Cette sainte tunique fut apportée à Trèves par sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin et elle n’est exposée que très rarement. Au XXe siècle, elle le fut en 1933, 1959 et 1996. Trèves, le plus ancien siège épiscopal allemand, contient également d’autres lieux de pèlerinage.

Du 20 avril au 22 avril prochain, les communautés traditionnelles dites Ecclesia Dei ainsi que leurs fidèles entoureront son Éminence Walter cardinal Brandmüller lors d’un pèlerinage organisé à leur intention. Le programme prévoit notamment la célébration d’une messe pontificale traditionnelle par le cardinal Brandmüller le samedi 21 avril à 10h00, avec l’assistance liturgique de la Fraternité Saint-Pierre, dans l’ancienne abbaye impériale Saint-Maximim et des Vêpres pontificales le même jour et au même lieu, à 16h30, toujours par le cardinal Brandmüller,  avec l’assistance liturgique de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre. Le dimanche 22 avril, plusieurs messes privées seront célébrées dans la forme extraordinaire à 7h00 et 8h00 et une grand’messe le sera également à 10h15, en conclusion de ce pèlerinage.
 
La messe traditionnelle sera célébrée pendant toute la durée de l’exposition de la sainte Tunique, du 14 avril au 12 mai, en la chapelle “Helenenhaus”, (Windmühlenstraße 6 à Trèves), en semaine à 17h00 et le dimanche à 9h00 et 17h00.
 
Plus de renseignements ICI

26 février 2012

[Ennemond - Fecit] Réalisme

SOURCE - Ennemond - Fecit - 26 février 2012

Il est sans doute bon d'être optimiste, mais il ne faut pas non plus faire de plans sur la comète. Si demain la FSSPX est régularisée, n'imaginons pas que les évêques vont soudainement l'accueillir à bras ouverts, lui confier des églises, lui ouvrir ses cathédrales. Dans sa conférence le 15 août dernier à Saint-Malo, Mgr Fellay invitait à ce sujet à beaucoup de prudence, laissant même craindre un regain d'animosité à notre encontre. Combien d'églises ont-elles été entièrement concédées à des communautés ED par des diocèses en France, combien de paroisses personnelles ont été érigées ? Trois ou quatre, me semble-t-il. Or parmi celles-ci, il faut compter Saint-Eloi à Bordeaux qui a été obtenue non par clémence de l'archevêque de Bordeaux mais par le zèle d'un prieur de la Fraternité Saint-Pie X. C'est la même chose pour l'église du Port-Marly qui a été reconquise à coup de béliers, au sens propre du terme.

Si vous voulez plus d'enthousiasme à votre premier post, vous devriez éviter de laisser entendre que la FSSPX n'occupe pas de place au sein de l'Eglise. Sans doute la formulation est-elle maladroite et n'est-ce pas votre pensée, mais il m'a semblé que les intentions telles qu'elles étaient exprimées sur le Forum catholique, évitaient ce genre de dérapage. Enfin, pour rappel, une croisade du rosaire et de sacrifices est prévue jusqu'à la Pentecôte 2012. Les initiatives se complètent. Tant mieux.

25 février 2012

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] L'oecuménisme de Benoît (I)

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 25 février 2012


Une remarquable étude de l’œcuménisme conciliaire est apparue en Allemagne il y a quelques années, écrite par un certain Dr. Wolfgang Schüler. Dans «Benoît XVI et Comment l’Eglise se Voit Elle-même», il démontre que l’œcuménisme répandu par Vatican II a transformé la compréhension qu’Elle a d’Elle-même, et il prouve par une série de citations textuelles de Joseph Ratzinger comme prêtre, Cardinal et Pape, que celui-ci a promu cette transformation d’une façon parfaitement cohérente, depuis l’époque du Concile jusqu’à aujourd’hui. Et ce ne sera pas pour lui de quoi avoir honte.
 
Dans un ordre logique – cela prendra plus d’un «Commentaire Eleison» – voyons d’abord la véritable conception que l’Eglise a d’Elle-même, et alors avec l’aide du Dr. Schüler, comment cette conception fut changée par le Concile et comment Benoît XVI a promu d’une façon cohérente ce changement. Finalement nous tirerons les conclusions qui s’imposent pour les catholiques qui veulent garder la vraie Foi.
 
La vraie Eglise catholique s’est toujours vue Elle-même comme un tout organique, une société une, sainte, catholique et apostolique, constituée par des êtres humains unis par la Foi, les sacrements et la hiérarchie romaine. Cette Eglise est tellement une, qu’aucun élément ne peut en être arraché ni enlevé sans cesser d’être catholique (cf. Jn. XV, 4-6). Par exemple, la Foi qui constitue l’élément de base du croyant catholique ne peut être fragmentée, mais doit être gardée dans son intégralité (au moins implicitement) ou pas du tout. Et cela parce que c’est sur l’autorité de Dieu révélant les dogmes de la Foi catholique que je crois en eux, de telle sorte que si je rejette un seul dogme, je rejette du coup l’autorité de Dieu qui les cautionne tous, auquel cas même si je crois à tous les autres dogmes, ma croyance ne repose plus sur l’autorité de Dieu mais seulement sur mon propre choix. 
 
En réalité le mot «hérétique» vient du mot grec «choisir» (hairein), car la croyance d’un hérétique étant fondée uniquement sur son propre choix, il a par là même perdu la vertu surnaturelle de foi, de telle sorte que même s’il ne rejette qu’un seul dogme de Foi, il n’est plus catholique. Dans une célèbre citation, Saint Augustin dit: «Sur beaucoup de choses vous êtes avec moi, sur peu vous n’êtes pas avec moi, mais à cause de ce peu pour lequel vous n’êtes pas avec moi, le beaucoup pour lequel vous êtes avec moi ne vous sert à rien.» 
 
Par exemple un Protestant peut croire en Dieu; il peut même croire à la divinité de l’homme Jésus de Nazareth, mais s’il ne croit pas à la Présence Réelle de Dieu, corps, sang, âme et divinité, sous les apparences du pain et du vin après leur consécration à la Messe, alors il a un concept profondément différent et déficient de l’amour de Jésus-Christ et du Dieu auquel il croit. Peut-on alors dire que le vrai Protestant et le vrai Catholique croient au même Dieu? Vatican II dit qu’on peut le dire, et sur la base de croyances qu’il suppose plus ou moins partagées entre les catholiques et tous les non-catholiques, il construit son œcuménisme. Au contraire le Dr. Schüler illustre par une série de comparaisons que lorsque deux croyances qui semblent être la même font en réalité ; partie de deux credo différents, ce n’est plus du tout la même croyance. Voici une illustration: les molécules d’oxygène mélangées à l’azote sont exactement les mêmes qui se composent avec l’hydrogène, mais elles sont aussi différentes dans les deux cas que l’air que nous respirons (O+4N) est différent de l’eau que nous buvons (H2O)! A suivre.
 
Kyrie eleison.

24 février 2012

[Christophe Saint-Placide] La messe Mozarabe à Bologne

SOURCE - Christophe Saint-Placide - 24 février 2012
Bien que la ville de Bologne en Italie ne soit pas un territoire où est célébrée habituellement la liturgie Mozarabe, celle-ci a dévoilé ses splendeurs le 19 février dernier, dans la bonne ville italienne. La raison ? Son Excellence l’archevêque de Tolède, également Primat d’Espagne, Mgr Braulio Rodríguez Plaza, a célébré la sainte messe dans ce rite vénérable dans le Collège Majeur Saint-Clément des Espagnols, qui se trouve à Bologne. Dans son homélie, le prélat a affirmé que le rite Mozarabe est « une liturgie vivante, jamais morte ». Il s’est placé dans la perspective du texte conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum concilium, de manifester la vitalité de tous les rites latins.

[lanouvellerepublique.fr] "Leur façon d'appréhender l'Église n'est pas la nôtre"

SOURCE - lanouvellerepublique.fr - 24 février 2012

Christian Coffignal, directeur de Léon-XIII, seul groupe scolaire privé catholique de l’agglomération, donne son sentiment sur l’école de Niherne. 

Pour Christian Coffignal comme pour l'archevêque de Bourges (NR du 17 février), pas de confusion possible entre le groupe scolaire Léon-XIII (1) et l'école Saint-Michel de Niherne qui projette de s'installer à La Martinerie, à la rentrée prochaine.
Quelle est la différence entre un établissement comme Léon-XIII et un établissement public ?
« Nous sommes un établissement privé catholique, sous contrat avec l'État. Notre statut indique de façon claire que nous sommes une structure civile et une institution chrétienne, sous la vigilance de l'évêque du lieu. Notre école doit donner un enseignement dans le respect de la libre conscience, et tout enfant doit y être accueilli dans le respect de ses origines et de sa croyance. Ce qui nous différencie du public, c'est le caractère propre à Léon-XIII : nous proposons, dans le respect de la liberté de chacun, un éveil à la foi et à la pastorale, mais nous faisons bien la différence entre ce qui est de l'ordre de la culture religieuse et ce qui touche à la foi. »
Qu'est ce qui différencie le groupe scolaire Léon-XIII d'une école comme Saint-Michel de Niherne qui appartient à la mouvance de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) ?
« L'école de Niherne ne reconnaît pas l'évêque du lieu. Elle est donc de ce fait en rupture avec l'unité diocésaine. »
" En rupture avec l'unité diocésaine "
Craignez-vous que cette école, une fois implantée à La Martinerie, au cœur de l'agglomération, vous fasse concurrence ?
« Je ne connais pas leur projet éducatif, mais je ne pense pas que cette école constituera une concurrence pour nous : elle est à recrutement national, pour un type de public particulier. Leur façon d'appréhender l'Église n'est pas la nôtre. ».
Que répondez-vous à la Libre-pensée qui réagit aux propos de Mgr Maillard en écrivant : « Toute sa démonstration est sous-tendue par sa crainte de voir l'école Saint-Michel de Niherne lui tailler des croupières en lui soustrayant nombre de ses clients localisés à Léon-XIII. Nous réaffirmons notre souhait de voir abroger la loi de 1959 permettant le financement des écoles privées par des fonds publics » ?
(Sourire) « La Libre-pensée a la liberté de penser, l'Église aussi… »

(1) Le groupe scolaire Léon-XIII est le seul groupe scolaire privé catholique de l'agglomération castelroussine. Il réunit l'école Saint-Pierre (500 élèves), le collège Léon-XIII (400 élèves) et le lycée Sainte-Solange (275 élèves de la seconde au BTS).

23 février 2012

[Natalia Trouiller - La Vie] Négationnisme: Mgr Williamson relaxé en appel

SOURCE - Natalia Trouiller - La Vie - 23 février 2012

[...]
Condamné le 11 juillet dernier pour ses propos négationnistes à la télévision suédoise, l'évêque de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X a vu sa condamnation annulée en appel pour vice de procédure. La cour d'appel de Nuremberg a en effet estimé que "seule la diffusion en Allemagne et non l'interview elle-même, menée en privée, était susceptible de poursuites"; les avocats de l'évêque schismatique avaient argué pour la défense de leur client que les journalistes suédois qui l'avaient interviewé l'avaient assuré que l'interview ne serait diffusée qu'en Suède.
[...]

22 février 2012

[Golias] Le nouvel évêque de Lourdes , Nicolas Brouwet : un choix personnel de Benoît XVI

SOURCE - Golias - 22 février 2012

La nomination était attendue dans le sérail. Espérée par les uns, redoutée par les autres. Mgr Nicolas Brouwet vient d’être désigné par le Pape pour remplacer à Tarbes-Lourdes Mgr Jacques Perrier, atteint par la limite d’âgé.
Né en 1962, Nicolas Brouwet n’est pas un inconnu des lecteurs de Golias. De tendance franchement conservatrice, il incarnait dans les Hauts-de-Seine une ligne en nette contraste par rapport à celle de l’évêque diocésain en place, Mgr Gérard Daucourt. Comme si les deux prélats étaient non seulement représentatifs de deux générations mais vraiment de deux conceptions de fond de l’Eglise. Inutile de dire que le clivage est important. Courtois et souriant, avec un physique et une expression de gendre idéal, Mgr Nicolas Brouwet n’a rien d’un homme cassant. Sur le fond cependant, avec douceur et adresse, ce prêtre longtemps vu comme capable mais effacé et secret s’inscrit dans la ligne la plus traditionnelle possible. Il est l’un des très rares évêques de France, avec Raymond Centène (Vannes), Marc Aillet (Bayonne) et Dominique Rey (Fréjus-Toulon) à célébrer avec plaisir la liturgie selon les livres liturgiques anciens. En ce sens, les tradis parlent volontiers de ce jeune évêque comme d’un éclaireur qui inaugure un « nouveau » style épiscopal, très traditionnel. Un évêque en phase avec les choix liturgiques de Benoît XVI. Qui fut très heureux d’accompagner le fameux pèlerinage de Chartres et de pontifier avec une majesté sortie des livres d’images. Si le diocèse de Tarbes-Lourdes n’est pas très grand, le poste est stratégique en raison de l’importance des sanctuaires du célébrissime lieu de pèlerinage. Lourdes est une vitrine de l’Eglise de France à l’étranger. Son nouvel évêque entend bien donner lustre et relief à une restauration qui passe désormais à la vitesse supérieure. Selon nos sources, cette nomination irriterait la plupart des évêques, même si le charmant Nicolas a eu le bon goût et l’habileté de ménager ses confrères d’un autre style. Le plus irrité serait le cardinal Vingt-Trois qui avait ses candidats pour Lourdes. Mais le Nonce aura préféré écouter des conseillers plus discrets mais néanmoins puissants. C’est une nouvelle page qui s’ouvre aujourd’hui pour l’épiscopat français.

[Abbé Philippe Laguérie, ibp] Je crois à un accord pratique.

SOURCE - Abbé Philippe Laguérie, ibp - avril 2001 - 22 février 2012

Je me décide à publier de nouveau ce long article paru dans "Pacte" en avril 2001. Il va faire ses onze ans ! A l’époque, je suis encore de la Fraternité, vais ouvrir saint-Eloi dans un an (2002) et fonder le Bon-Pasteur dans 5 ans (2006). Certes, le temps a passé. Mais les faits nouveaux (Le Motu Proprio de 2007, la levée des excommunications de 2009) loin de l’infirmer, le renforcent plutôt puisqu’ils y sont annoncés. Plus surprenant, l’analyse n’y a pas pris une ride. Elle est devenue, malheureusement, d’une brûlante actualité. La vacuité des discussions doctrinales, avec sa surenchère obligée, y est dénoncée comme l’écueil prévisible de tout accord possible. A moins qu’on ne s’achemine vers le miracle d’un accord pratique, bien sûr ! Je prie ardemment pour cela et n’en rirai pas, promis... Mais il me semble bien tard pour y songer quand tous les indicateurs virent au rouge... Au dedans comme au dehors, et parce qu’on les y a mis. Que m’importe de nourrir quelque fierté d’hier quand je préférerais tellement, aujourd’hui, m’être trompé ! D’ailleurs, ne me serais-je pas trompé en croyant, alors, à un accord pratique (sans compromis) pour la Fraternité ?

Les italiques sont des citations. Les gras ont été rajoutés en cette édition.

Le 14 avril, Rome signifiait à notre supérieur général, Mgr Bernard Fellay, le résultat de la consultation par le pape de la Plenaria (Ensemble des responsables des dicastères romains) réunie le jeudi 22 mars à Rome. Cette lettre, qui laissait manifestement une porte ouverte, affirmait cependant le refus de notre demande, préalable à toute négociation : la liberté universelle pour tout prêtre catholique de célébrer la messe de toujours. L’argument invoqué se trouve être le désaveu qu’une telle mesure ne manquerait pas de faire peser sur le Concile Vatican II.
 
Voila où nous en sommes à cette heure et il me semble nécessaire, après vous avoir informés, de tirer la leçon de ce que j‘appellerai un premier "round". Le moins qu’on puisse dire, c‘est qu’on se trouve dans le cocasse, et même dans le paradoxe le plus complet. On se souvient de l’enthousiasme romain du début. Le cardinal Castrillon égrainait les propositions les plus mirobolantes. Deux d’entre elles méritent notre attention particulière.
 
1) Depuis le mois d’août, l’excommunication de 1988 n’est plus du tout un problème. A Rome du moins. C’est tout de même extraordinaire que cette fameuse censure, qui est depuis 10 ans le paravent exclusif d’un ostracisme commode, puisse s’évanouir aussi simplement, par une banale signature, sans aucune contre-partie : comme par une vraie poudre de Perlimpinpin d’un tout-puissant Merlin l’enchanteur. Circulez, il n’y a plus rien à voir. Avis à ceux qu’elle terrorise depuis 10 ans. Avis à ceux qui s’en servent si communément pour s’affranchir du seul dialogue qui leur fait peur : avec ces frères non séparés, avec ces catholiques bien plus romains qu‘eux, on l’espère. Ah, tout de même, laissez-nous suggérer ici que ce spectre hideux qui s’évapore plus subtilement qu’un gaz rare, n’avait d’autre consistance que celle d’un fantôme écossais.
 
2) La seconde est cette société de droit pontifical, à juridiction personnelle et universelle, agrégeant dans son sein toutes les composantes traditionnelles (Opus Dei battue !) que nous sert sur un plateau le cardinal Castrillon, sans plus de difficulté qu’il ne s’en est donné pour lever l’excommunication. Le rêve de Mgr Lefebvre bien plus que réalisé : dépassé par la réalité. Le même coup de baguette magique qui nous fait passer, en un tournemain, du statut de vilains petits excommuniés (Avec les avorteurs, les apostats, les "mains violentes" sur le pape et les profanateurs des espèces eucharistiques) nous établit tout de bon dans la congrégation la plus libre, la plus souple, la plus choyée au niveau de la juridiction... On songe au psaume ll2 : « Il relève le pauvre de son fumier, pour le placer avec les princes de son peuple ».
 
Chers amis, signées ou pas signées, ces deux choses restent acquises, définitivement. Le travail que nous faisons est bon puisqu’on veut l’homologuer avec les prérogatives les plus merveilleusement romaines. C’est le cardinal de la congrégation pour le clergé, c’est celui pour la doctrine de la Foi, c‘est le pape lui-même, par leur intermédiaire (c’est sa volonté seule qui fait avancer les choses depuis le début, n’en déplaise aux attardés soixante-huitards de l’épiscopat français), oui ce sont ces personnages qualifiés qui nous disent qu’ « Il n’y a pas plus d’excommunication que d’arêtes dans une dinde » (Selon la formule du curé de Saint-Nicolas en 1988), et encore (selon celle du cardinal Gagnon en 1987, signant le livre d’or d’Ecône) : « Que le merveilleux travail de formation sacerdotale accompli ici rayonne un jour pour le bien de toute la Sainte Eglise ». Jamais plus un quidam de bonne foi ne pourra nier ces deux acquis et quels que soient les délais, ils passeront dans le droit puisqu’ils sont déjà dans les faits. Mais alors, pourquoi ce ralentissement, cet atermoiement, et ces délais qui fatiguent tout le monde, le pape surtout qui n’a pas besoin de cela en ce moment. Deux éléments ici sont décisifs à cerner :
 
l) La FSSPX, parce qu’elle est catholique jusqu’au bout des ongles, n’entend pas régler les choses à son seul profit. Que ses ennemis lui reconnaissent cela, au moins ! Que coûtait à Mgr Fellay cette signature qui le plaçait ipso facto comme l’un des prélats les plus prestigieux de l’Eglise catholique ? Rien... ou presque rien. Mais le "presque" de ce rien n’est pas négociable ; selon la formule du cardinal Eyt : "Tout n’est pas négociable". Ce qui n’est pas négociable, en effet, c‘est que le catholicisme de l’Eg1ise, le trésor de sa Tradition, sa messe donc, fasse l‘objet d’un indult, d`un passe-droit, ne soit pas pour tous, et partout, et toujours. Et voila bien le génie propre de la FSSPX, qu’ elle tient par son fondateur de l‘Eglise Romaine... précisément. Ces trésors qui sont les vôtres, les nôtres, nous ne voulons pas les garder pour nous seuls. Leur nature même nous l’interdit. Nous les tenons déjà, pour nous-mêmes. Que si vous voulez les reconnaitre, ce sera pour ce qu’ils sont : des trésors de l’Eglise catholique destinés, par leur être même, à toute l’Eglise catholique. Toute autre attitude de notre part, comme de la vôtre, serait compromis, incohérence, magouille. Si la Tradition et sa messe sont bonnes (Vous le reconnaissez puisque vous voulez nous les rendre en droit) elles le sont pour tous. Le père de famille doit à tous ses enfants ce qu’il sait être bon pour l’un. Le médecin ne peut réserver qu’à un seul patient le remède qui doit les guérir tous.
 
2) Mais le paradoxe atteint son comble quand l’épiscopat (français en particulier) élève contre ces tractations - qui de toutes manières auront lieu - des objections... doctrinales. Renversement de situation, l’arroseur arrosé : les évêques français viennent au secours de la doctrine, de l’orthodoxie, de la rigueur : la dérive intégriste des évêques ! On les croyait ouverts au seul dialogue… Et finalement voila des doctrinaires hyper-pointus et sourcilleux. Nos objections doctrinales vieilles de 20 ans : l’Eglise du Christ “subsistant" dans l’Eglise catholique, l’Eglise comme "Sacrement" du Salut, le salut universel et cet enfer vide, cette conscience humaine existentialisée et personnalisée au point qu’elle défie toute norme, ces valeurs de salut dans les religions en tant que telles etc. Sans compter ces milliards de divagations progressistes jamais poursuivies, jamais rétractées. Nouveau coup de baguette magique : tout ça n’existe plus et leurs auteurs élèvent des dubia sur l’orthodoxie de notre analyse du mystère pascal ! Comme si ce "mystère pascal" qui est le "passage" du Seigneur, sa croix, sa mort, sa Résurrection, sa rédemption, son sacrifice (La messe en un mot, notre raison de vivre et de combattre) étaient par nous récusés ! En une phrase, que personne ne cite ici (bizarre) saint Paul a résumé ce mystère Pascal pour les siècles des siècles : “ Le Christ, notre Pâques, a été immolé ". Je ne ferai à personne l’insulte d’expliquer cette phrase qui dit tout très clairement et définitivement. Le Christ est notre Pâques et il a été immolé. Que celui qui a encore la Foi comprenne.
 
Et justement voici ma conclusion - surprenante peut-être : Je crois à la possibilité d`un accord pratique et à la vanité totale de discussions doctrinales, à l’heure actuelle. Commençons par ce dernier point. Une discussion doctrinale (et un accord) devraient normalement dicter les conditions d’une entente pratique : qui ne le voit ? Cette dernière me semble cependant indispensable à l’Eglise tandis que la première me semble impossible… Et qu’il faudra bien se passer de celle-ci pour arriver néanmoins à celui-là. Une discussion doctrinale (et un accord) supposent de toute évidence qu’on marche à la même lumière. I1 est déjà difficile de tout voir semblablement sous un éclairage identique. Mais c’est gageure que de prétendre arriver à des conclusions semblables quand on part de prémices contradictoires. Tout débat doctrinal et théologique doit avoir pour seul éclairage la Foi, la Révélation, la lumière divine. Or tel n’est plus depuis longtemps l’éclairage des théologiens conciliaires, sans n’en juger aucun en particulier. Quand le document conciliaire " dignitatis humanae " énonce que : " Tout homme a droit à la liberté religieuse " et que cette liberté consiste en ce que nul ne soit empêché d’agir, en privé ni en public contre sa conscience, etc. on est manifestement sorti de l’éclairage de la Foi catholique, surtout à prétendre que c’est là un droit de la personne humaine en tant que telle, a raison de sa dignité native et inamissible. Il n’y a pas, il n’y aura jamais la moindre discussion théologique sérieuse sur ces prémices qui se situent contre et même en dehors de la Révélation. C’est là l’intuition primordiale de Mgr Lefebvre. Il a vu, oui vu, dans ces textes, et beaucoup d‘autres, la mort de la Foi, donc de la Révélation, donc de la Parole divine ; bref, de la seule lumière qui peut réconcilier intellectuellement les hommes pécheurs. On perd son temps, et peut-être son âme, à ces discussions qui n’aboutissent jamais pour le motif évident qu’elles n‘ont pas la moindre problématique commune. Est-ce à dire que je suis contre tout accord ? Non, au contraire ! Si un accord doctrinal ne sera possible que dans 20 ou 30 ans, ce n’est pas une raison pour y renoncer. Il est même urgent de se retrouver dans la communion liturgique et sacramentelle de l’Eglise de toujours pour que, faisant pareil on finisse par penser pareil. Le vieil adage " Lex orandi, lex credendi " trouve ici tout son sens pastoral. Prions de la même manière et nous finirons par penser de la même manière... C’est inéluctable. Ce qui a divisé l’Eglise (même avant le concile et la nouvelle messe) c’est la liturgie. Ce qui lui rendra l’unité, c’est la liturgie. Tout curé et pasteur d’âme sait cela d’emblée : ce qui unifie son troupeau, c’est l’unicité de sa messe. ll est indispensable et urgent que Rome libéralise la messe. Ce serait le petit début d‘une grande retrouvaille ; tandis que des discussions doctrinales, aujourd`hui, mèneraient au constat d’un échec définitif.
 
Abbé Philippe Laguérie

[AFP - Le Point] Négationnisme: la condamnation de l'évêque Williamson annulée en Allemagne

SOURCE - AFP - Le Point - 22 février 2012

La justice allemande a annulé mercredi la condamnation pour négationnisme de l'évêque traditionaliste britannique Richard Williamson, en invoquant des erreurs de procédure.
 
Le parquet allemand a cependant indiqué à l'AFP qu'il allait déposer rapidement une nouvelle plainte contre Mgr Williamson, pour les mêmes faits, comme l'autorise une décision de la cour d'appel de Nuremberg (sud) annoncée mercredi dans un communiqué. La cour d'appel se prononçait comme instance de révision sur ce dossier.
 
Le tribunal de grande instance de Ratisbonne (sud) avait condamné le 11 juillet 2011, en appel, l'évêque catholique de 71 ans à une amende de 6.500 euros pour avoir nié l'existence des chambres à gaz et contesté le nombre de juifs morts dans les camps de concentration.
 
En avril 2010, Mgr Williamson avait été condamné en première instance à une amende plus lourde, soit 10.000 euros pour "incitation à la haine raciale", après avoir refusé de payer une amende de 12.000 euros proposée par le parquet de Ratisbonne pour échapper à un procès.
 
Ses déclarations, faites en Allemagne fin 2008, avaient été diffusées par la télévision suédoise le 21 janvier 2009.
 
La cour d'appel de Nuremberg (sud) a expliqué que "seule la diffusion en Allemagne et non l'interview elle-même, menée en privée, était susceptible de poursuites". Or, "le motif d'accusation (au début de la procédure) ne précise pas que le contenu de l'interview (...) a été diffusé en Allemagne, ni où, ni comment".
 
Les propos incriminés ne sont condamnables qu'en Allemagne et pas en Suède, la "description de leur mode de diffusion" en Allemagne était donc d'une "importance essentielle", a souligné la cour d'appel.
 
Les avocats de l'évêque ont toujours plaidé que les journalistes suédois ayant interviewé Mgr Williamson, l'avaient assuré que ses propos ne seraient diffusés qu'en Suède.
 
L'interview, diffusée début 2009 alors même que le Vatican levait une excommunication à l'encontre de Mgr Williamson et de trois autres évêques intégristes, avait provoqué un tollé dans la patrie du pape Benoît XVI, qui n'est toutefois pas revenu sur sa décision.
 
Dans son livre d'entretiens "Lumière du monde", le pape assure qu'il aurait pris une autre décision s'il avait été au courant auparavant de ces propos négationnistes.
 
Après l'éclatement du scandale, la chancelière allemande Angela Merkel avait publiquement appelé le pape Benoît XVI à condamner Mgr Williamson.
 
Plus tard, le pape a exprimé sa "pleine et indiscutable solidarité" avec les juifs et a condamné la négation de la Shoah.

21 février 2012

[Aymeric Chardon - NPA] L’extrême droite en soutane, entre réconciliation vaticane et conciliation politique

SOURCE

Dans la grande famille d’extrême droite, le courant des catholiques intégristes n’avait pas autant fait parler de lui depuis plusieurs années. Alors que le FN célébrait le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, le 7 janvier dernier, les traditionalistes catholiques organisaient de leur côté leur propre hommage. Ils étaient quelques centaines (environ 300) à défiler jusqu’à la statue de Jeanne d’Arc à Paris. Dans son discours final, Alain Escada, président de l’Institut Civitas, a exprimé la défiance des catholiques-nationaux envers la République : « Si elle est laïque, la France, elle, est catholique ». La messe est dite!
 
Les intégristes catholiques réunis au sein de la Fraternités sacerdotales Saint-Pie X (FSSPX) et les traditionalistes de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP) n’en sont pas à leur coup d’essai. Profitant de la programmation de deux œuvres théâtrales qu’ils jugent, blasphématoires, ils ont battu le pavé une bonne partie de l’automne dernier, occupant comme jamais l’espace médiatique. Gonflés d’orgueil, ils qualifient eux-mêmes cette période d’« automne des catholiques ». L’enjeu est important, quand bien même le caractère blasphématoire de la pièce était ou non avéré – il est vrai que chez eux, peu ont vu les pièces en question.
 
Pendant trois semaines, chaque représentation de la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci a connu son lot de péripéties : prières devant la porte du Théâtre de la Ville, intimidations des spectateurs, manifestations, usages de projectiles, irruption sur la scène, etc., rien n’a été épargné pour faire de cette pièce l’objet de tous les tabous. La contestation face au spectacle de Rodrigo Garcia, Golgota Picnic, est, quant à elle, l’affirmation de l’influence des ultras sur l’ensemble des fidèles catholiques : l’évêché parisien a fait donner une messe à Notre-Dame-de-Paris à l’heure de la première représentation (à laquelle s’est jointe C. Boutin).
 
Opposition physique ou spirituelle, la programmation concomitante des deux spectacles a permis aux extrémistes d’afficher un regain d’activisme, message clair à destination du Vatican et aussi de la droite nationale.
 
C’est une querelle longue de 30 ans entre la FSSPX, dirigée aujourd’hui par Monseigneur de Fellay, et l’Église romaine. Écartée du Vatican par l’excommunication de son fondateur Marcel Lefebvre en 1988, la Fraternité, regroupant une centaine de milliers de fidèles à travers le monde, est, dès l’avènement du Pape Benoît xvi, l’objet de toutes les attentions de la part du siège pontifical.
 
En 2007, Rome annonce la levée de l’excommunication des prêtres traditionalistes, montrant le renforcement des conservateurs en son sein. C’est un tollé dans l’Église catholique. Cela met aussi en exergue, ce à quoi la Fraternité travaille depuis longtemps : être la réserve des vocations sacerdotales.
À l’heure où l’Église peine à trouver de nouveaux prêtres, la Fraternité possède elle une réserve importante de jeunes séminaristes, ce qui n’est pas négligeable pour le Vatican. Signe de ce rapprochement inquiétant, 2011, le Vatican reconnaissait à la Fraternité l’existence d’une mauvaise interprétation du concile Vatican  II – signe d’ouverture progressiste de l’Église catholique. Les traditionalistes peuvent se féliciter d’avoir de nouveau un pied à Rome. Mais les catholiques nationaux ne comptent pas s’en tenir au seul regard bienveillant de la papauté.
 
Longtemps affiliés au Front national, les catholiques nationaux, représenté par Bernard Antony – fondateur du quotidien Présent et animateur de l’association Chrétienté-Solidarité – se sentaient chez eux sous l’ère Le Pen père.
 
À l’époque, pas une seule grand-messe du parti ne pouvait commencer sans une « messe traditionnelle », et bon nombre d’anciens dirigeants et amis du chef frontiste avaient leurs obsèques à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, QG parisien des intégristes.
 
Au cours des années 2000 cette idylle s’effrite peu à peu. Les références de plus en plus nombreuses de Marine Le Pen à la République et à la démocratie rencontrent une opposition croissante des catholiques-nationaux, pourtant satisfaits du départ des néo-païens avec Bruno Mégret, en 1999. L’arrivée de nouvelles figures – avec leurs stratégies de mélange des genres – à l’élection présidentielle de 2007, sera le coup fatal : les catholiques-nationaux, pour la plupart, désertent le parti.
 
On imagine bien que les références affichées à la « laïcité républicaine » de la présidente du FN ne les feront pas revenir.
 
En 2012, année d’élection, ils espèrent agiter la vie politique et imposer leurs idées. L’institut Civitas – pendant politique et laïc de la FSSPX – s’invite dans la campagne. Sous forme d’interpellation des candidats, les fondamentalistes réaffirment leur opposition à plusieurs des avancées progressistes de notre société (Pacs, droit à l’avortement, liberté d’expression, enseignement).
 
Gageons que cette année les intégristes catholiques sauront peser sur les candidats proches de leurs idées.
 
Aymeric Chardon