28 mai 2012

[Abbé Simoulin, fsspx] Au prêtre inconnu.

Abbé Simoulin, fsspx - 28 mai 2012

En réponse aux "Réflexions sur un éventuel accord pratique avec les autorités romaines"
Cher confrère que j’ai l’impression d’avoir reconnu,

N’ayez crainte, je n’ouvrirai pas une polémique publique avec vous. Je regrette trop que vous ne m’ayez pas adressé personnellement vos réflexions. C’eût été plus courtois mais je ne m’arrêterai pas sur un détail d’une civilité qui devrait vous être naturelle.

Je relève simplement le fait que, comme cela se fait trop souvent dans d’autres milieux que le nôtre, vous commentez quelques phrases isolées, extraites de leur contexte, ce qui permet de leur donner une interprétation non conforme à l’ensemble du discours.

Je crois connaître un peu la philosophie et la théologie : elle m’ont été enseignées par MM. Les abbés Tissier de Mallerais et Williamson… avant leur élévation à l’épiscopat. J’ai même enseigné quelque peu ces disciplines, et j’avoue m’en nourrir encore assez régulièrement. Loin de moi, donc, l’idée de les mépriser. J’ai aussi produit un certain nombre d’études sur Jean XXIII, le Concile, l’enseignement des Papes et le Nouveau Catéchisme qui pourraient vous rassurer sur ma connaissance de ces erreurs que nous combattons, vous et moi.

Mais l’esprit de la théologie et de la philosophie m’a été enseigné surtout par Mgr Lefebvre dans ses leçons sur les actes du Magistère et dans ses conférences spirituelles. Les dernières qu’il donna aux séminaristes en 1989, sur la somme théologique comme source de spiritualité demeurent bien présentes à ma mémoire un peu comme son testament théologique et spirituel. J’ai conservé de lui encore ce qui lui tenait tant à cœur : l’esprit romain et l’amour de Rome.

Cela dit, il est vrai que j’ai un esprit plus littéraire qu’analytique, et que mes prédications ou mes éditoriaux se ressentent de cela. Pour me comprendre, il faut donc lire ou écouter tout l’ensemble avant de revenir sur une partie du discours, pour en saisir le sens exact, plutôt que de l’analyser indépendamment du reste. Isoler une phrase, c’est me faire dire le contraire de ce que je pense.

Manque de rigueur intellectuelle, me direz-vous ; d’autres disent que je n’ai plus toute ma santé ni mon discernement…ce qui permet de ne pas argumenter ! Bref, je me rassure à la pensée que les esprits simples me comprennent, et c’est à eux que je m’adresse, non aux théologiens, ni aux intellectuels.

Comme St Thomas d’Aquin, je préfère la foi de cette bonne « vetula » qu’il aimait tant, cette « pauvre et sainte femme qui aurait une charité plus excellente qu’un théologien sans vertu »… celle dont il nous dit encore : « Une petite vieille en sait bien plus de ce qui se rapporte à la foi que tous ces philosophes... La foi peut beaucoup plus que la philosophie ; par conséquent, si la philosophie s’oppose à la foi, on ne peut l’accepter. Ainsi Colossiens 2, 8 et 19 « Veillez à ce que personne ne vous trompe par l’emprise de la fausse philosophie ou ne vous séduise en voulant la vaine gloire qui est aveugle, en déambulant en vain sous l’esprit de sa propre chair, sans en tenir la tête, c’est-à-dire le Christ. » (Sermon Attendite a falsis)

Croyez à ma fidèle amitié sacerdotale et à ma prière

Abbé Michel Simoulin

[AFP - Le Parisien] Les "lefebvristes" fustigent les "modernistes" à Orléans

SOURCE - AFP - Le Parisien - 28 mai 2012

Les catholiques ultra-traditionalistes ont achevé leur pèlerinage de Pentecôte à Orléans lundi, en rendant hommage à leur seconde patronne Jeanne d'Arc et en fustigeant les "sceptiques" et les "modernistes". Venus en cars de Villepreux (Yvelines) où, partis de Chartres, ils avaient bivouaqué dimanche après une de 80 km en deux jours, les fidèles de Mgr Marcel Lefebvre, hostiles au concile Vatican II, ont assisté à une grand-messe célébrée par l'abbé Régis de Cacqueray, supérieur du district de .

Installés sur l'île Charlemagne, habituellement réservée à une aire de loisirs, ils ont réaffirmé avec force, et des visages et mollets rougis par trois jours d'un soleil brûlant, leur fidélité à la tradition d'avant 1962. Quelque 6.000 personnes, selon les organisateurs, s'étaient regroupées en chapitres selon leurs régions ou pays, encadrées par 100 prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), créée en 1973 par Mgr Lefebvre à Ecône en Suisse. Dimanche, Mgr Bernard Fellay, qui a repris le flambeau et n'a pas caché son désir de réintégrer la grande famille de l'Eglise catholique, dont la fraternité est coupée depuis 1988, avait eu des mots apaisants quoique prudents.

Lundi, l'abbé Régis de Cacqueray a durci le ton vis-à-vis de ceux qui ne sont pas fidèles à la Vérité, qui, pour la FSSPX, prime sur toutes les autres religions, alors que Vatican II (1962-1965) prône l'oecuménisme et le dialogue interreligieux. "En ces temps d'apostasie, il faut aimer la vérité", a lancé l'abbé dans son homélie. "Elle s'oppose au relativisme, au scepticisme, au subjectivisme". "Le sceptique, dans son incapacité à atteindre la vérité, se réfugie au-dessus des questionnements fondamentaux. Il vit dans une sorte d'hébétude qui se satisfait des lieux communs. Il vit sa vie au gré des modes". Citant l'exemple de Jeanne d'Arc, l'abbé de Cacqueray a affirmé que "si elle n'avait pas cru à ses voix, elle aurait pu éviter sa atroce, et nous serions tous protestants". "Si Mgr Lefebvre avait été moins amoureux de la foi catholique, il aurait peut-être pu éviter l'excommunication", a-t-il ajouté. Enfin, le supérieur du district de France de la FSSPX n'a pas manqué de recommander une stricte observance dans les comportements, les loisirs et les tenues vestimentaires. On pouvait d'ailleurs compter sur les doigts d'une main les femmes portant un pantalon, inconvenant pour les ultra-traditionalistes.

[Abbé de Cacqueray, fsspx] Pèlerinage de Chartres à Orléans - Sermon du 28 mai 2012

SOURCE - Abbé de Cacqueray, fsspx - Pèlerinage de Chartres à Orléans - 28 mai 2012

Au Nom du Père, du Fils et du Saint
Chers Messieurs les abbés,
Mes bien chers fidèles,
 
Avant de commencer mon sermon, je voudrais me tourner vers Monsieur l’abbé Morgan, supérieur du district de Grande-Bretagne, qui a bien voulu accepter d’être  diacre à cette messe. Je le remercie de son « fair-play » pour être avec nous, aujourd’hui. Je remercie la Sainte Eglise Catholique, seule puissance capable d’éteindre les querelles dans les cœurs des hommes et de pouvoir les réunir malgré les dissensions politiques du passé. Je veux également à titre très particulier remercier tout spécialement l’équipe dirigeante du pèlerinage qui, en plus de toute l’activité déployée chaque année pour son organisation habituelle, s’est en plus occupée de prévoir ce grand déplacement jusqu’ici. Il est vrai que nous sommes déçus de ne pouvoir achever notre pèlerinage dans le cœur même de la ville d’Orléans. Mais « Tout est grâce », chers pèlerins. Peut-être qu’en 2031, quand le pèlerinage reviendra pour fêter le sixième centenaire du « dies natalis » de Jeanne, nous serons dans la cathédrale ! Consolons-nous d’ailleurs de nous trouver en cet endroit car notre chère Jeanne est venue ici et c’est même de ce lieu qu’elle s’est hâtée pour reprendre les premières bastilles anglaises, à commencer par celle de saint-Jean-le-Blanc, avant d’entreprendre le siège victorieux de la bastille des Tourelles. Positionnons-nous, tout comme elle, au cours de cette messe de clôture de notre pèlerinage, pour nous remplir de l’esprit de notre sainte et pour nous élancer courageusement sur les voies de la sanctification chrétienne.  
I) Toute la vie de Jeanne s’explique d’abord par sa foi à l’égard de ceux qui furent  envoyés du ciel vers elle :
Mais d’où viennent justement, cette grandeur, cette beauté, cette pureté que l’on admire dans la vie de sainte Jeanne d’Arc, et qui nous attirent tellement que nous nous sommes retrouvés ici, si nombreux,  pour la célébrer?
 
C’était certes une enfant privilégiée, douée d’un ensemble de qualités naturelles peu communes. Elle se distinguait parmi ses compagnes par cette même piété que l’on remarquait chez sa mère. Son intelligence, son équilibre, sa et sa modestie se révélaient et l’on sentait, avec les années qui venaient, ces qualités qui s’épanouissaient vigoureusement et laissaient augurer l’apparition de l’une de ces personnalités féminines si belles et si pures qui ont toujours fait honneur à la chrétienté, qui sont le bonheur des familles et des sociétés catholiques.
 
Cependant nous comprenons bien que toutes ces vertus, aussi admirables qu’elles soient, ne suffisent pas à expliquer ce qui élève notre chère Jeanne au-dessus de toutes les autres femmes de France.
 
A l’origine de cette existence, se trouve en réalité une enfant qui a été mystérieusement élue par Dieu, entre toutes, pour être l’instrument du salut de son pays. De son éternité bienheureuse, Dieu l’a choisie et Il lui a envoyé des anges et des saints du Ciel, et trois d’entre eux plus spécialement, pour lui enseigner la mission à laquelle Il la destine, l’instruire de son grand dessein sur elle. Et voilà que cette adolescente écoute ces secrets divins et cette stupéfiante mission que Dieu, de toute éternité, a décidé de lui confier.
 
En face de ces envoyés qui lui viennent du Ciel, notre chère Jeanne ressemble tant à  la très  sainte Vierge Marie, lorsque, âgée de quinze ans, cette dernière reçut la visite de l’ange Gabriel ! Tant de similitudes de l’une à l’autre pour accueillir dans le secret de leur intérieur, dans la piété de leur âme et dans la vive générosité de leur cœur, les plans cachés de la sagesse divine ! Ce qu’elles ont d’abord en commun, toutes les deux, c’est d’avoir cru à la parole qui leur venait du Ciel.
Notre chère Jeanne a cru à la vérité que Dieu venait lui dire par l’intermédiaire de ses anges et de ses saints. Elle a cru que la grande pitié dans laquelle se trouvait le royaume de France n’était certes pas indifférente à Dieu. Sans doute, nous ne pouvons le voir tant que nous sommes sur la terre, mais, de son éternelle  demeure, Il regarde et se trouve parfaitement attentif à  tout ce qui se passe ici-bas et jusqu’au plus profond de chaque conscience. Notre chère Jeanne a donc cru qu’il y avait une terrible injustice en ce que le dauphin de France ne règne pas sur la France et que Dieu voulait que ce dauphin cessât de douter de sa filiation et de sa légitimité et fût sacré à Reims. C’était à lui et à personne d’autre qu’il appartenait de régner sur la France. Elle le crut, tout simplement, dans l’humilité de son âme. Malgré toute l’adversité et tous les renoncements qu’elle pressentit, elle n’hésita pas à prononcer son « fiat » et à  vouer les années de son existence qui allait être si brève à accomplir la volonté que Dieu lui avait fait connaître pour le salut de sa patrie.
II) Imitons notre sainte Jeanne dans l’amour de la vérité poussé jusqu’à l’oubli de nous-mêmes :
C’est pourquoi, je voudrais donc exalter, de notre chère Jeanne, au-delà de la délivrance d’Orléans et de ses plus magnifiques chevauchées, au-delà même du sacre de Reims et de la reconquête de notre patrie, et par opposition à toute l’incrédulité moderne, c’est son amour de la vérité, c’est cette ferme croyance aux voix qu’elle avait entendues. Et ces voix  étaient vraies et ces voix lui venaient de Dieu. Seul cet attachement radical à la vérité procure la grande lumière pour saisir ce que fut son existence. Il se passa quelque chose dans son enfance qu’elle n’avait ni souhaité ni jamais imaginé et à laquelle elle n’aurait jamais pensé. Ce sont ces anges et ces saints qui vinrent la trouver et lui parler pour l’instruire et lui dire ce que le Roi du Ciel attendait d’elle. Ce sont ces voix qui lui dirent la grande et unique mission qu’elle aurait à accomplir. Notre chère Jeanne n’avait rien demandé mais elle ne se crut pas en droit de refuser à Dieu ce que Dieu lui demandait par l’entremise de l’archange et des saintes.
 
« Mais Jeanne ! Te rends-tu compte de ce qui t’attends si tu leur dis « oui » ? Mais si je leur dis « non » ; n’est-ce pas à Dieu que je désobéis ? »
 
La fillette se laissa éduquer par les anges et par les saints à cette mission redoutable. Dans le silence de son cœur d’enfant, elle se laissa former à l’école de l’archange saint Michel, de sainte Marguerite et de sainte Catherine. Elle aurait certes préféré demeurer auprès de sa mère plutôt que de partir sur la route avec des soldats, filer doucement la laine  plutôt que de conquérir des citadelles mais elle croyait à ses voix. Qu’y pouvait-elle ? Elle savait que se voix ne l’avaient pas trompée et la volonté de Dieu s’imposait à elle. Elle partit sur les routes de France pour mener à bien son auguste mission.
 
Elle reçut ces vérités que le Bon Dieu lui a demandé de faire triompher et elle s’élança sans regarder en arrière. Le service de ces vérités lui demandait de supporter d’immenses sacrifices, de mener une vie errante au milieu de troupes de soldats, d’être esquintée dans la guerre par de multiples blessures, d’être ignominieusement insultée, de faire l’objet d’inimitiés et de haines implacables jusqu’à son procès et jusqu’au bûcher du Vieux Marché de Rouen. Tout cela parce qu’elle refusa de renier les voix qui lui avaient parlé de la part de Dieu ; tout cela parce qu’elle voulut, jusqu’à son dernier soupir, servir les vérités qui lui avaient été indiquées.
 
Regardons-la et essayons de comprendre un peu. Demandons-lui de nous aider à comprendre. Elle aime Dieu, elle aime Notre Seigneur Jésus-Christ par-dessus tout. Quand survient l’heure de la prière, elle se plonge et elle se perd dans une incomparable oraison où toute sa pensée, où toute son âme ou tous ses désirs sont grand ouverts à Dieu, à ses grands mystères, à la Vierge Marie, aux anges et aux saints. Notre chère Jeanne, elle vit littéralement en Dieu et sa vie est inexplicable si l’on ignore comme elle est d’abord emplie de Dieu. Et quand ce n’est pas l’heure de la prière et qu’elle doit s’occuper des grandes batailles qu’elle doit mener, son cœur est encore à Dieu qui sans cesse l’éclaire et la fortifie. Notre chère Jeanne, nous la voyons profondément humaine comme tous les saints du firmament chrétien mais profondément irradiée de la grâce divine qui l’illumine et illumine le monde. Notre chère Jeanne vit de la Foi, son esprit et son cœur se trouvent perpétuellement à nager dans ces vérités qui sont la vie de son âme. Toutes les réalités de la vie terrestre, de la vie du royaume et de son âme sont constamment envisagées selon les grandes vérités de la Révélation.
 
Notre chère Jeanne, toute remplie de ses vérités, toute attentive à ses voix quittera donc son village de Domrémy  pour leur obéir. Elle ira voir le dauphin, elle libèrera Orléans, elle parcourra la route victorieuse qui mène à Reims et au sacre du dauphin parce qu’elle a foi en ces voix qui lui sont venues du Ciel. Et lorsqu’elle sera faite prisonnière, qu’elle sera jugée et qu’elle sera condamnée, jamais elle ne récusera les voix qui lui ont parlé. Et lorsqu’elle montera sur le bûcher, elle y mourra pour être resté fidèle aux voix qu’elle avait entendues.
 
Il apparaît donc clairement que la grandeur de la vie de notre chère Jeanne, comme celle de Notre- Seigneur, provient de son très grand amour de la vérité. C’est parce qu’elle a cru à ses voix qu’elle a fait tout ce qu’elle a fait. C’est parce qu’elle a cru à ses voix et qu’elle a obéi à tout ce qu’elles lui disaient qu’elle s’est attirée de grandes et terribles haines et qu’elle a été condamnée à mourir à dix-neuf ans.
 
Si notre chère Jeanne avait été moins attachée à la vérité de ses voix, elle se serait peut-être montrée plus hésitante et plus conciliante et elle aurait peut-être ainsi échappé à son épouvantable procès et à être brûlé vive. Comme Notre-Seigneur, s’Il avait un peu moins défendu la vérité, s’Il avait su habilement ne pas se mettre à dos les princes du Sanhédrin et les principaux des juifs, aurait peut-être pu éviter sa Passion et sa crucifixion. Comme Monseigneur Lefebvre aussi, qui aurait pu éviter l’excommunication et tant de flétrissures apparentes de sa mémoire s’il avait été un peu moins amoureux de la Foi Catholique et de la messe de son ordination.
 
Mais, si Notre divin Sauveur et ses saints s’étaient faits un peu plus hésitants et un peu plus conciliants, où en serions-nous ? Où serions-nous allés ? S’Il avait esquivé les affrontements avec les juifs pour éviter sa Passion, nous serions tous en train de courir vers l’enfer ! Si notre chère Jeanne n’avait pas été aussi forte, nous serions tous devenus protestants ! Si Monseigneur Lefebvre, mécontent du Concile mais résigné quand même, n’avait fondé sa Fraternité et n’était allé jusqu’au sacres de 1988, que resterait-il de la vérité catholique ? Nous serions tous modernistes !
 
Nous sentons bien, à l’évocation de l’exemple du Dieu qui s’est incarné pour nous sauver comme à l’évocation de ses saints que notre amour de la vérité est finalement le cœur de toutes les existences et que l’on ne peut transiger avec la vérité.
 
Car Dieu est vérité. Et celui qui aime Dieu par-dessus tout  aime donc  la vérité par-dessus tout et, s’il aime la vérité par-dessus tout, il haït l’erreur et l’hérésie et il ne peut supporter que l’on biaise avec la vérité. Le peu de détestation que l’on a de l’erreur n’est en réalité que l’envers du peu d’amour que l’on a de la vérité. Plus l’homme aime Dieu, plus il devient ennemi du mensonge. Il déteste comme la peste les formules qui énoncent mal qui est Dieu et ce que sont les mystères chrétiens sous le prétexte de ne pas vouloir contrister ceux qui ne croient pas car l’honneur de Dieu demande de ne jamais avoir honte de dire Dieu et les mystères divins comme ils le sont. Il déteste ces textes du concile Vatican II qui, sous un motif spécieux, celui de plaire au monde et aux fausses religions, ont gravement falsifié la doctrine de vérité.
 
Plus la vérité est aimée – et je parle de cette vérité par excellence qui est celle de la foi catholique – plus elle influera toute l’existence de celui  qui aime  la vérité. Elle se traduira dans toute son existence. L’amour de la vérité - et ses corollaires qui sont la haine de l’erreur, de l’hérésie et du mensonge- se trouvera à l’origine de tout ce qu’il entreprendra et il mettra toute sa conscience à ne pas contredire la vérité qu’il aime par des comportements, par des actes, par des marchandages qui lui sont contraires. Etant donné que cette vérité est celle de Jésus-Christ, il est normal que cet amour de la vérité lui vaille également de terribles inimitiés, des détestations et des haines de la part du monde, acharné à lutter contre les amis de Jésus-Christ. Si le maître a été traité ainsi, comment les vrais disciples du Maître seraient-ils traités différemment ? Il n’est nul besoin de les rechercher ; elles se font d’elles-mêmes. Plus l’amour de Jésus-Christ grandit dans une âme, plus la détestation de l’esprit du monde pour cette âme et de cette âme pour l’esprit du monde s’accroît également. A l’instar de notre divin Sauveur, elle se trouve dans le monde, à son tour, comme un signe de contradiction.
III) Imitons Jeanne par la fidélité à notre Foi, gage de la vérité de notre vie.
En ces temps d’apostasie, permettez à un cœur de prêtre, à un cœur de pasteur, qui aura à rendre compte devant Dieu du troupeau qui lui a été confié de vous exprimez le fond de ses préoccupations pour vous tous. Je vous ai donc dit par-dessus tout qu’il faut aimer la vérité.
 
Cet amour de la vérité s’oppose au scepticisme, au relativisme, au subjectivisme de notre époque. Ces termes sont relativement équivalents dans la réalité.
 
Le scepticisme est cette attitude de l’esprit qui affirme l’incapacité de l’homme à atteindre la vérité au-delà des apparences et des phénomènes qui l’entourent. L’homme sceptique considère à l’avance tout effort de recherche du vrai comme stérile et voué à l’échec. Il se réfugie dans cette commode position qui consiste à se placer – il le pense au moins- au-dessus des questionnements les plus fondamentaux qui existent au fond de tout homme, pour ne jamais prendre parti. Il s’estime d’une sagesse raffinée à rester dans son doute permanent et à se moquer de toutes les quêtes de l’esprit, surtout si elles sont d’ordre philosophique et religieuse, pour parvenir à la vérité.
 
Le sceptique vit le temps qu’il a à passer sur la terre dans une sorte d’hébétude et de démission mentale qui se satisfait des lieux communs et des platitudes, du prêt à penser et des slogans déversés par les communications de masse. Si vous vous essayez à lui faire partager l’une de vos convictions, si vous introduisez quelque argumentation, il vous fait regretter la salive que vous avez dépensée par des formules définitives telles que « c’est ta vie » ou bien « c’est ta vérité » ou encore un « je respecte ». Tels sont quelques-uns des apophtegmes préférés des sceptiques et le plus haut degré de leur sagesse. Il n’est plus pour eux ni vérité ni erreur.
 
Ils vivent leur vie au gré de ces modes et de ces tendances et le balancement qui fait passer régulièrement notre pays d’un faux tribord à un vrai bâbord constitue l’éventail maximal du déploiement de leurs idées. C’est ainsi que le sceptique fut à un moment contre la contraception mais en faveur du divorce. Puis il fut contre l’avortement mais pour la contraception. Après cela, il devint pour l’avortement mais contre son remboursement par la sécurité sociale. Il accepta ensuite ce remboursement mais trouva quand même un peu exagéré la promotion du péché contre nature. Mais, finalement, il trouva aussi que chacun était libre de faire comme il voulait tout en s’opposant au projet de loi sur l’euthanasie car il commençait à prendre de l’âge. Il avala ensuite l’adoption des enfants par les pédérastes et se résigna à l’euthanasie. Son hésitation sur la question du « gender » ne durera pas, le temps de quelques campagnes médiatiques qui emporteront son adhésion.
 
Sa vérité, à lui, ce sont quelques formules qu lui plaisent parce qu’elles sont assez bien acceptées par le consensus de ses pairs, parce qu’elle permettent le « vivre ensemble » et qu’elle ne le contraignent pas trop. Mais le saint patron des sceptiques, c’est Ponce Pilate lui-même qui répondit au Fils de Dieu qui lui expliquait qu’Il était venu pour rendre témoignage à la vérité sa terrible question qui n’attendait aucune réponse : « Qu’est-ce que la vérité ? » Et il tourna les talons. Voilà le scepticisme !
 
J’ai assisté un jour dans un TGV à une scène qui m’est restée à la mémoire, tant elle me semblait révélatrice et significative de la perversion active de ce scepticisme. Des parents s’y trouvaient avec leur petit garçon peut-être âgé de cinq ans qui, un instant, quitta des yeux l’écran de son ordinateur pour admirer l’admirable paysage de la Provence que nous traversions. Et, cet enfant, un frère du « Petit Prince », devant la beauté de ces montagnes et de ce ciel beau, tourna ravi les yeux vers ses parents pour leur demander qui avait bien pu faire le ciel et les montagnes. La belle et légitime question ! Mais les parents  de cet enfant étaient des sceptiques. Ils rirent, fort gênés de cette question sonore qui avait retenti dans la voiture avant de s’empêtrer dans une sentencieuse explication sur le big bang. Le petit n’y comprit rien et reprit bien vite l’ordinateur qu’il avait un instant délaissé. Le cœur désolé, je ne pus que réciter un « Je vous salue Marie » pour cette petite âme dont la naturelle interrogation avait été repoussée et bafouée.
 
Notre Foi, quant à elle, doit devenir une Foi vive, suffisamment forte pour nous presser de placer toute notre vie de chaque jour sous son rayonnement. Ce sont nos prières de chaque jour, notre vie sacramentelle, les retraites que nous prenons le temps d’aller faire. C’est le souci d’éviter les comportements, les loisirs, les tenues du monde. Nous devons exprimer la dignité qui est celle de notre âme et de notre corps, temple du Saint-Esprit, par la manière convenable avec laquelle nous nous vêtons. Nous devons honorer la distinction que Dieu a faite entre les hommes et les femmes en portant des vêtements qui expriment cette distinction. Enfin, nous ne devons pas être des occasions de péchés les uns pour les autres par tes tenues indécentes qui provoquent au péché.
 
Je ne veux pas dresser maintenant une liste de recommandations. Je voudrais simplement que nous demandions, les uns pour les autres, cet esprit de notre chère Jeanne. Je crois que j’en vois quelques beaux rejetons quelques fois lorsque j’observe la foi qui meut la vie de nos familles chez qui la vie chrétienne, simple, modeste et robuste est entièrement fondée sur le Christ.
 
Je l’ai vue également ces derniers mois lorsque des centaines de jeunes gens saisis par une sainte indignation n’ont pas accepté, méprisant toute autre considération humaine, de voir l’honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ bafoué et ils sont allés jusqu'au bout de tout ce qu’ils pouvaient faire pour que cesse le scandale. Je pense que notre chère Jeanne n’aurait pas été la dernière mais plutôt la première.
 
Qu’est-ce que vous en pensez ? N’est-ce pas le plus bel esprit français que celui de notre chère Jeanne ? Et n’est-on pas dans le lieu le plus indiqué et en une journée tout indiquée pour demander à notre chère Jeanne de reconstituer son armée et de lui demander d’en reprendre la tête. Imaginez que cet esprit devienne celui de toute la Tradition et que nous soyons les uns et les autres mus par la même passion de servir Dieu que notre chère Jeanne, que nous fassions en Dieu la même confiance qu’elle ? Dieu le veut, Charlemagne le veut, notre chère Jeanne le veut.
 
C’est ce que nous demandons de tout notre cœur, pour nous tous, au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie : qu’elle nous remplisse de l’esprit de notre chère Jeanne !
Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, Ainsi-soit-il.
 
Abbé Régis de Cacqueray

[SPO] Pentecôte : vive la tradition

SOURCE - SPO - 28 mai 2012
Les deux pèlerinages de Pentecôte – celui organisé par Notre-Dame de Chrétienté de Notre-Dame de Paris à Notre-Dame de Chartres, et celui de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, de Chartres à Orléans, en l’honneur de sainte Jeanne d’Arc – sont désormais terminés. C’est l’abbé John Berg, supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, qui a célébré la messe de clôture du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, en la cathédrale de Chartres. Dimanche, Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a prononcé également un important sermon qui faisait notamment le point sur les relations avec Rome, réaffirmant que la seule certitude qu’il avait était la volonté du pape de réintégrer la FSSPX dans l’Église visible. On peut entendre ce sermon sur la Porte latine et écouter aussi Mgr Fellay répondre aux questions de DICI sur le même site.

On notera la présence de Mgr Pansard, évêque de Chartres, à la messe de clôture de Notre-Dame de Chrétienté. On notera aussi malheureusement le refus de l’évêque d’Orléans d’ouvrir le cathédrale d’Orléans au Pèlerinage de Tradition de la Fraternité Saint-Pie X, comme l’a révélé mon confrère Maximilien Bernard sur Riposte Catholique :
« Dans ce contexte, le diocèse d’Orléans n’a pas souhaité que la messe de clôture de ce pèlerinage se tienne dans la cathédrale d’Orléans, celle-ci étant notamment le symbole de la communion de l’Eglise du Loiret avec le Saint Siège. Pour autant, ce pèlerinage ayant décidé cette année de faire étape à Orléans, des modalités d’accueil ont dû être étudiées entre l’Association, la Préfecture pour les questions de sécurité sur la voie publique et la Mairie d’Orléans pour le lieu de célébration qui se tiendra sur le site de l’île Charlemagne ».
En revanche, on trouve sur le site de Notre-Dame de Chrétienté, deux entretiens avec des personnalités de l’Église de France. D’une part, Monseigneur Yvon Aybrame, vicaire épiscopal de Nanterre, en charge de la forme extraordinaire dans son diocèse, qui a marché avec les pèlerins le lundi et Monseigneur Chauvet, vicaire épiscopal du diocèse de Paris et curé de la paroisse Saint François Xavier à Paris, qui a célébré samedi la messe d’ouverture en la cathédrale Notre-Dame de Paris et a rejoint lui aussi les pèlerins le dernier jour :
« Je suis ici au nom du Cardinal André Vingt-Trois, de même que j’ai célébré la Messe d’envoi du pèlerinage samedi matin à Notre Dame de Paris au nom du Cardinal, afin de témoigner de la sollicitude de l’archévêque de Paris envers le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté. »
Le samedi matin, lors de la messe d’ouverture, c’est Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque auxiliaire de Paris, qui a prononcé le sermon dans lequel  il appellait les pèlerins :
« au témoignage héroïque de la sainteté, par un travail exigeant et pénible, appuyé sur le Christ et l’Esprit Saint ». « Votre pèlerinage sera une étape précieuse pour l’unification de votre vie ».
Samedi soir, Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, s’est également rendu sur le site de Choisel pour saluer les pèlerins.

[La Nouvelle République] Les lefèbvristes en pèlerinage à Orléans

SOURCE - La Nouvelle République - 28 mai 2012

Plus de 6.000 catholiques "intégristes", fidèles à Mgr Lefèbvre ont marché entre Chartres et Orléans, durant ce week-end de Pentecôte.

Interdits de cathédrale, les 6.000 pèlerins, fidèles à Mgr Lefèbvre, ont conclus leur pèlerinage en plein air, en bord de Loire, près d'Orléans, hier. -

Depuis que Mgr Lefèbvre, en 1988, a ordonné quatre évêques, malgré l'interdiction du Vatican, on distingue les "tradis" qui sont restés fidèles au pape et en union avec l'Eglise romaine, et les "intégristes" ou lefèbvristes, qui sont donc, désormais, en rupture avec Rome.

C'est toujours lors du week-end de Pentecôte que la distinction se fait la plus visible. Cette année encore, les "tradis", près de 10.000, ont déroulé leur pèlerinage habituel ( à pied) entre Notre-Dame de Paris et Notre-Dame de Chartres où ils sont arrivés hier après-midi. Les "intégristes" eux, interdits de cathédrale puisque "hors de l'Eglise", ont débuté leur pèlerinage sur le parvis de la cathédrale de Chartres, samedi 26 mai, et l'ont conclu en plein air, en bord de Loire, près d'Orléans, hier. Ils étaient plus de 6.000.

Le pape Benoît XVI, qui fait de l'unité de l'Eglise l'un des axes de son pontificat, voudrait ramener ces fidèles intégristes dans le giron romain, et a donc entrepris des discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (fondée par Mgr Lefèbvre, décédé en 1991) en ce sens. « Tout ne se réduit par à la messe en latin, explique l’abbé Lorans, chargé de la communication de la Fraternité Saint-Pie X, il existe de vraies différences de vue sur la liberté religieuse ou l’œcuménisme tels que promus par le concile Vatican II, et ce que nous souhaitons, c’est que Rome nous laisse faire l’expérimentation de la Tradition ». Les traditionalistes restés fidèles à Rome estiment justement mener déjà cette "expérimentation" dans l'Eglise où ils desservent désormais des paroisses et participent pleinement à la vie des diocèses où ils sont installés.

Rome a fait des propositions à la Fraternité Saint-Pie X, laquelle, par la voix (et la plume) de son supérieur général, Mgr Fellay (l'un des quatre évêques ordonnés en 1988) a répondu. " Le problème, c'est qu'on ne sait pas exactement ce qu'a répondu Mgr Fellay", confie Fabien, un Nantais de 37 ans, venu en famille au pèlerinage à Orléans. "Bien sûr que je souhaite l'unité, mais évidemment pas à n'importe quel prix." La communauté "intégriste" semble divisée sur ce retour dans l'Eglise romaine, le supérieur général ayant une position moins frileuse à l'égard des propositions du pape que celle des trois autres évêques. Un chapitre général de la Fraternité pourrait être convoqué en juillet, qui permettra, ou non, l'adoption d'une position interne commune."Cela se fera comme Dieu le veut!" se rassure l'abbé Lorans. "Mais peut-être pas tout de suite, alors j'attends avec confiance", ajoute Fabien.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X revendique 600.000 fidèles et 550 prêtres dans le monde, dont 100.000 fidèles et 150 prêtres en France.

[La Charente Libre] La Pentecôte est raide

SOURCE - La Charente Libre - 28 mai 2012
Où est passé l'Esprit-Saint qui cinquante jours après Pâques offre aux disciples du Christ son inspiration divine? Il a fait faux bond en cette Pentecôte. Hier matin, le pape Benoît XVI a été conspué place Saint-Pierre à Rome par plusieurs dizaines de personnes qui lui reprochaient de ne pas avoir cité dans ses prières, parmi une longue liste, le nom d'une jeune employée du Vatican disparue mystérieusement il y a près de trente ans sans que l'énigme n'ait jamais été résolue. Ce n'était là que cerise empoisonnée sur l'amer gâteau d'une semaine désastreuse pour le Vatican. Le majordome du pape a été arrêté. Il est soupçonné d'avoir livré à un journaliste italien des documents confidentiels et explosifs, relatifs aussi bien à la situation fiscale de l'Église qu'à des scandales sexuels dans la congrégation des Légionnaires du Christ.
 
Que le Vatican, expression temporelle d'un pouvoir spirituel, soit le théâtre de jeux de pouvoir florentins et d'intrigues de palais, le premier paroissien venu peut l'imaginer. Mais que le Vatican, comme n'importe quel pouvoir civil, sombre dans la vulgarité des coups bas, fasse la chasse à ses «taupes», et c'est la désacralisation de l'Église qui est en marche. Or, y compris dans un État laïc comme le nôtre, y compris pour les non-croyants, la religion catholique, par sa durée - plus de vingt siècles -, par l'engagement de nombre de ses clercs, reste une référence potentielle. D'ailleurs, n'a-t-elle pas largement inspiré la morale républicaine? Qu'elle s'écroule ne serait une bonne nouvelle pour personne.
 
Il est à craindre pourtant que les casseroles qui agitent le Vatican ne soient qu'un révélateur, celui d'une hiérarchie gérontocratique engluée dans son dogme, coupée de la société contemporaine. La réintégration du courant schismatique porté par Mgr Lefèbvre, l'opposition acharnée au mariage homosexuel ou à l'avortement, telles sont les préoccupations majeures, ou à tout le moins les plus visibles, de Benoît XVI. Le souffle de Vatican II qui avait rajeuni l'Église dans la deuxième moitié du siècle précédent semble définitivement éteint. Pour preuve encore? Hier matin, deux pèlerinages se sont mis en route en France, l'un de Paris vers Chartres, l'autre de Chartres vers Orléans. Opposaient-ils des partisans de la messe en latin et les tenants de la théologie de la libération de Dom Helder Camara et de Mgr Oscar Romero? Non, ils réunissaient là des «tradis» et ici des «ultras», tous adeptes de la messe en latin et de la liturgie d'avant le concile.
 
Les premiers, conservateurs, sont bien rangés sous l'aile de l'Église, les seconds au sein de la Fraternité schismatique de Saint-Pie X. À cette aune, l'état des lieux est aussi sombre que les caves du Vatican.

[Maximilien Bernard - Perepiscopus] C’est Mgr Blaquart qui a empêché au pèlerinage de la FSSPX de se terminer dans Orléans

SOURCE - Maximilien Bernard - Perepiscopus - 28 mai 2012
La mairie d’Orléans a interdit au pèlerinage de Tradition de pénétrer dans Orléans. Le pèlerinage de Tradition organise chaque année le pèlerinage de Chartres à Paris, avec l’assistance de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Cette année, le pèlerinage devait se terminer à Orléans, en raison du 600e anniversaire de la naissance de Ste Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France.

Alors que ce pèlerinage de Pentecôte devait s’achever dans le centre-ville d’Orléans, la mairie d’Orléans a refusé, mettant en avant des raisons d’ordre techniques. Les pèlerins seraient trop nombreux et leur passage troublerait l’ordre ! La mairie ne doit donc jamais autoriser les manifestations de quelques milliers de personnes dans sa ville… Le pèlerinage se terminera donc à 3 km au sud, sur l’île Charlemagne.

C’est d’autant plus une surprise que l’organisation avait reçu auparavant une autorisation. D’où vient donc réellement ce revirement ? D’après nos informations, le député-Maire UMP Serge Grouard a simplement suivi les injonctions formulées par Mgr Blaquart. Je révélais il y a quelques jours comment Mgr Blaquart traitait avec mépris les traditionalistes. Est-il besoin d’ajouter qu’il met dans le même sac la FSSPX et les fidèles qui la suivent ? Pour l’évêque d’Orléans, tous ceux qui aiment la messe en latin sont des intégristes, et au cours d’un déjeuner avec le recteur de la cathédrale, il a même osé les traiter de « débiles« .

Jeudi dernier, Jean-Pierre Evelin, délégué diocésain à la communication, a envoyé ce communiqué à l’ensemble des paroisses :
« L’association « pèlerinage de tradition » organise lundi de pentecôte 28 mai un pèlerinage entre Chartres et Orléans. Cette association, basée à Paris, dépend étroitement de la fraternité St Pie X (FSPX). Ce pèlerinage, habituellement organisé entre Chartres et Paris, vient cette année à Orléans à cause du 600è anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc. Cet évènement ne présente pas de lien avec la commémoration de la libération d’Orléans organisée chaque année conjointement par la ville d’Orléans, l’armée et le diocèse d’Orléans. Depuis 1988, la FSPX, fondée par mgr Marcel Lefèbvre, n’est plus en communion avec l’Eglise catholique universelle. Des discussions ont lieu néanmoins depuis plusieurs mois entre la FSPX et Rome et pourraient aboutir prochainement à une proposition par le Saint Siège de réintégration dans l’Eglise.

Dans ce contexte, le diocèse d’Orléans n’a pas souhaité que la messe de clôture de ce pèlerinage se tienne dans la cathédrale d’Orléans, celle-ci étant notamment le symbole de la communion de l’Eglise du Loiret avec le Saint Siège. Pour autant, ce pèlerinage ayant décidé cette année de faire étape à Orléans, des modalités d’accueil ont dû être étudiées entre l’Association, la Préfecture pour les questions de sécurité sur la voie publique et la Mairie d’Orléans pour le lieu de célébration qui se tiendra sur le site de l’île Charlemagne. »
Le prédécesseur de Mgr Blaquart, Mgr Fort n’hésitait pas à dialoguer avec les membres de la FSSPX. Mgr Blaquart refuse tout dialogue avec eux. En revanche, il accepte volontiers d’aller visiter les protestants et les musulmans. Il prête même des locaux paroissiaux aux salafistes, pour qu’ils y fassent leur prière. Même la Direction Centrale du Renseignement Intérieur en est horrifiée.

27 mai 2012

[Abbé François Chazal, fsspx] C'est La Guerre, Contre l'Accord FSSPX-Rome

SOURCE - Abbé François Chazal, fsspx - sermon prononcé en anglais - transcription et traduction par catholicapedia.net - 27 mai 2012

C’EST LA GUERRE

Premier prélude : Dans une lettre, trois évêques déclarent que la guerre contre la Rome conciliaire dure toujours et prient Mgr Fellay de ne signer aucun accord pratique avec elle.

Second prélude
: Dans leur réponse, Mgr Fellay et ses deux assistants déclarent que la guerre contre la Rome conciliaire est finie et qu’ils vont passer un accord avec elle sans tenir compte de l’avertissement en question. Ces deux lettres sont faciles à trouver sur l’Internet. C'est La Guerre, Contre l'Accord FSSPX-Rome.
Abbé François Chazal (FSSPX)

Bohol, le 18 mai
OLVC (Notre-Dame des Victoires), Manille, le 20 mai
Séoul, le 27 mai 2012

Bien chers fidèles,
PREMIÈRE PARTIE -La Rome conciliaire fornicatrice
La semaine dernière, figurez-vous que je me suis réveillé réconcilié avec la Rome conciliaire… Pendant douze ans, j’avais cru que cela n’arriverait jamais, mais tandis que je dormais, la FSSPX avait procédé à son Vatican II, et ce sont à présent les fenêtres de la Fraternité qui, cédant au levier de la fausse obéissance, s’ouvrent à la Rome conciliaire.

Or, la Rome conciliaire doit être détruite, car pour nous, elle est Carthage. Nous n’avons rien de commun avec elle. Nous n’avons que faire d’une quelconque structure canonique en son sein, d’un quelconque accord pratique avec elle, d’un quelconque point de convergence doctrinale avec elle. Si Notre Dame a dit « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist », c’est que Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist, en dépit de toutes les beaux arrangements diplomatiques auxquels nous pourrions songer, avec l’aide de l’apparat pontifical et cardinal, des palais, des monuments sacrés, des soutanes pourpres et des cordons d’aube, du parler romain si feutré et des adroits efforts de réconciliation, de la permission de dire la Messe, des ornements de la tradition et des cacahuètes du cardinal Hoyos.

La Rome conciliaire, cela reste la mort, non pour nous qui ne l’avons pas rejointe, mais pour ces innombrables millions d’âmes qui, depuis cinquante ans maintenant, auraient pu aller au ciel en demeurant catholiques ou en entrant dans l’Église catholique.

Or, puisque ce qui nous est proposé est d’être directement sous les ordres du Pape (ce qui n’a du reste rien de nouveau, dans la mesure où cela fut toujours proposé à ceux qui ont fini recyclés dans le modernisme), examinons soigneusement celui à qui nous souhaitons nous fier : le Pape Benoît XVI, qui règne mystérieusement et validement sur l’église officielle.

Le Pape Benoît XVI, auparavant cardinal Ratzinger, est notre ennemi le plus constant, le plus rationnel, le plus méthodique, le plus organisé, le plus efficace. Il nous étudie depuis des dizaines d’années. Il a presque réussi à piéger Mgr Lefebvre en 1988. Tout en partageant la théologie hérétique des autres dirigeants hérétiques, il offre de lui-même une image parfaitement conservatrice et rassurante. L’homme n’a jamais jeté personne en prison ; il ne nous a jamais combattus avec une autre arme que sa plume (ainsi que sa voix douce et mélodieuse), et il a fort bien réussi. « Car le pouvoir de ces chevaux est dans leur bouche… » (Apoc. IX, 19). 

« Mais, Monsieur l’Abbé, comment pouvez-vous condamner un tel homme, la tête même de l’église visible, d’une telle manière, a priori, sur un ton aussi véhément ? Pourquoi une telle dureté ? »

Toute condamnation a priori est certes répréhensible, mais si la condamnation vient après l’accumulation d’une véritable montagne de preuves passées et présentes, elle doit être forte. Un loup est un loup. Si c’est un loup, il pense comme un loup, agit comme loup, tue comme un loup. 

Penser comme un loup : Après sa piètre formation de séminariste, l’abbé Ratzinger est devenu l’un des conseillers de Karl Rahner, qui fut peut-être le pire peritus (expert) de Vatican II. Il a livré le fond de sa pensée dans un ouvrage que j’ai lu et dont le titre est fort traditionnel : « Principes de théologie catholique ». Ce qu’il croit profondément, c’est qu’en matière de religion, il n’existe aucun principe stable, SI CE N’EST QU’ON NE PEUT ALLER TROP LOIN DANS LA MUTATION DES CONCEPTS DOGMATIQUES. Tous les esprits ne fonctionnant pas à la même vitesse, on a donc besoin d’un modernisme adaptable et à plusieurs vitesses. Pascendicondamnait le modernisme en deux dimensions ; or, Benoît XVI, c’est du modernisme en 3D.

Cet art consommé a séduit beaucoup de ses confrères modernistes, de sorte que le cardinal Ratzinger a fini par devenir l’architecte du Nouveau Catéchisme, de la Déclaration sur la justification, de la Déclaration de Balamand, de tout le projet d’Assise… Presque toutes les déclarations désastreuses du Pape Jean-Paul II lui sont imputables. Or, peut-on dire qu’il a changé d’avis aujourd’hui ? Pas le moins du monde, puisque en lisant son récent décret de « béatification » de Jean-Paul II, il a déclaré longuement que le principal signe de la sainteté de celui-ci était le Concile et l’application opiniâtre du Concile dans l’église pendant toute la durée de son pontificat.

Voilà pourquoi il importe tant de déterminer si Benoît XVI agit comme un loup non pas hier, mais aujourd’hui ; car la grande tentation est de croire que les choses ont changé et qu’il s’appuie vraiment sur nous au point de devenir presque l’un d’entre nous… Comme tout cela est beau et joyeusement optimiste, n’est-ce pas ?

Mais non ! Et au moins quatre fois non, c’est-à-dire eu égard à l’hindouisme, à l’islam, au judaïsme et au protestantisme. 

Hindouisme : Lorsque j’étais à Bombay, aux alentours de 2006, j’ai lu ce que Benoît XVI avait à dire sur l’inculturation en Inde. Il la préconisait, quoique avec des réserves, ce qui pourrait sembler parfaitement traditionnel. Mais qu’en était-il de ces réserves ? Eh bien, ce qu’il reprochait aux évêques indiens, c’était de n’insérer que des éléments hindouistes dans le culte catholique, au lieu d’y faire entrer suffisamment de culture bouddhiste, ce qui – selon lui – était fort regrettable dans la mesure où la religion bouddhiste est née en Inde et où le bouddhisme est une grande religion… 

Islam : Là encore, Benoît XVI n’a pas baisé le coran, car il aurait agi ainsi contre sa retenue bavaroise. Mais lorsqu’il a visité la mosquée d’Istanbul, il a retiré ses chaussures, s’est rendu au Mirhab, a joint ses mains dans la position musulmane, s’est tourné vers la Mecque et a prié avec les musulmans qui l’entouraient. Tout cela n’a duré que quelques minutes, et il ne l’a jamais refait depuis, mais on y retrouve une fois de plus le même type de comportement. Benoît XVI est un peu comme une bande de vidéo-surveillance : ennuyeux à regarder, sauf pour quelques horribles séquences. 

Judaïsme : Le manque d’assiduité de Benoît XVI aux cultes païens et musulman est manifestement compensé par sa ferveur et son admiration pour la religion juive. Chaque année ou presque, le Pape se rend à la synagogue et y fait de longs discours dont il ressort essentiellement que « l’Ancienne Alliance est toujours valide et n’a pas été révoquée ».

Comment peut-on s’opposer de manière aussi explicite à la foi catholique et, en particulier, aux épîtres de saint Paul ? C’est gravissime, car l’œcuménisme dont Benoît XVI témoigne ainsi laisse entendre que le judaïsme est une religion au dessus de toutes les autres. Le choix du judaïsme est d’ailleurs judicieux, car cette fausse religion est précisément la pire de toutes dans la mesure où elle représente la négation intégrale et véhémente de la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. 

Protestantisme : Ce qui précède ne saurait donner à entendre que Benoît XVI ne comprend pas la profonde spiritualité de Martin Luther. Et là encore, l’intéressé va plus loin que Jean-Paul II, puisqu’il entre dans le temple protestant en grand apparat pontifical (non pas seulement en soutane blanche) et qu’il y participe à la première partie de l’office protestant (rappelons-nous que Benoît XVI est un conservateur, c’est-à-dire seulement à moitié mauvais). Sa louange de Luther est profonde et détaillée, motivée sur les plans spirituel et théologique ; mais qu’attendre d’autre d’un Pape allemand ?

On ne doit pas perdre de vue qu’il est le premier Pape à s’être écarté de la doctrine catholique sur la contraception artificielle, à inviter des athées à la réunion de prière d’Assise, à rencontrer une femme « évêque » en habit féminin, à donner la communion à un protestant (le « frère » Roger, de Taizé), etc…

Sa récente interview intitulée « Le Sel de la Terre » trahit un esprit terriblement confus, incapable de nourrir des idées stables et d’admettre des dogmes fixes, un esprit sans foi selon ce qu’a écrit Mgr Tissier de Mallerais (dont le livre n’a pu être publié par Clovis pendant un certains temps à cause d’empêchements techniques et que ne traduira pas The Angelus, par respect pour les sensibilités du District américain). Benoît XVI s’attend toujours à un renouveau, en dépit des signes évidents de destruction. Il a accompli la prouesse d’écrire un livre sur Jésus sans mentionner une seule fois Sa divinité. Il est complètement sclérosé dans sa pensée, et c’est pourquoi toute discussion doctrinale avec ses experts étaient vouée à l’échec. 

Tuer comme un loup : Lorsque quelqu’un fait montre d’une telle obstination dans ses idées, il n’y a aucune chance de le voir changer dans ses actions. Pour autant qu’on sache, Benoît XVI ne dit pas la vraie Messe. Un jour, il a dit une messe face à l’Orient dans la Chapelle Sixtine, mais a expliqué aussitôt après que c’était parce qu’il n’y avait pas dans celle-ci d’autel face au peuple ; il a ajouté que le texte qu’il avait récité était celui de la nouvelle messe, cette messe qui envoie tant d’âmes en enfer.

Le cardinal Ratzinger a pourtant dit la vraie Messe dans le passé, mais c’était pour créer la Fraternité Saint-Pierre (cette vaste antichambre où les prêtres subissent un recyclage avant d’être incardinés dans le diocèse local), ou encore à Fongoumbault, où il conduisit les réunions sur « la Réforme de la Réforme ».

Benoît XVI ne croit pas en la vraie Messe, qui n’est à ses yeux qu’une pièce de musée. Récemment encore, je lisais, dans l’avion, un article du Wall Street Journal sur sa visite à Cuba. Chose très curieuse, Fidel Castro lui demanda, lors de leur rencontre, pourquoi l’Église avait dû modifier sa liturgie. Benoît XVI répliqua immédiatement : « pour le renouveau ». C’est là une réponse typique de moderniste acharné.

Son obstination dans l’erreur l’amène à soutenir toutes ces formations néo-chrétiennes et protestantes teintées de charismatisme, car elles créent l’idée fausse d’une restauration comme celle de l’Opus Dei, qui replonge ce qui reste de piété aux âmes dans l’égout collecteur de toutes les hérésies. Dans son genre, Benoît XVI est un génie.

Si vous voulez savoir qui commande, il vous faut aussi regarder qui il nomme, car gouverner, c’est déléguer. Les trois principales positions de l’église sont celles de Secrétaire d’État, de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de Préfet de la Congrégation pour les Évêques.

Le cardinal Bertone, Secrétaire d’État, est un délinquant notoire. Contrairement à Benoît XVI, c’est un moderniste avoué, comme ses célèbres prédécesseurs, les cardinaux Villot et Casaroli. Il a le mauvais caractère d’un Villot et l’esprit manœuvrier d’un Casaroli, et il veille au maintien de leur héritage, à savoir l’idée selon laquelle tous les gouvernements civils des pays catholiques doivent être séparés de l’Église et encouragés à agir selon les principes maçonniques. Les Dix Commandements de la Secrétairerie d’État sont les droits de l’homme fondés sur la dignité de la personne humaine. La paix mondiale exige donc qu’aucune mesure sérieuse ne soit prise pour mettre fin à la persécution des catholiques dans les pays antichrétiens – Chine, Russie et monde musulman – et que l’on sème discrètement la confusion dans les efforts de ceux qui veulent y rester catholiques.

Le cardinal Bertone a obtenu l’excommunication de notre bon ami, le Père Nicholas Gruner. On le connaît surtout pour l’enterrement du message de Fatima, bien que ce ne soit pas lui qui l’a manigancé en 2000, cette tâche ayant été accomplie par son maître, le cardinal Ratzinger.

Le personnage suivant est le cardinal Levada, ami proche et successeur du cardinal Ratzinger à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il ne semble pas faire grande chose, mais un dossier vital a pourtant été posé sur son bureau : les relations avec la FSSPX… Et voyez comme il s’y prend bien pour nous réduire en miettes!

Nous ne connaissons guère le passé du cardinal Levada, et c’est dommage. Mais il fut évêque de San Francisco, où il y avait des paroisses pour les gays et lesbiennes ; c’est ce que nous ont dit nos fidèles de la région de la baie. On sait également qu’il a tenté de réintégrer le regretté abbé Heidt dans son diocèse, où l’intéressé aurait siégé en majesté, flanqué d’experts canoniques et de théologiens prêts à lui tirer dessus. Mais l’abbé Heidt ne s’en est pas laissé compter : « D’accord, je reviens ; vous pouvez me reprendre, mais à une condition »« Laquelle ? »« Je ne veux voir aucun prêtre gay dans ma paroisse et mes activités paroissiales »«  Je regrette, monsieur l’abbé mais je ne peux que vous répondre non »« Alors, moi aussi », a rétorqué le vieux guerrier en quittant la salle. L’abbé Heidt a eu bien raison : que faisons-nous avec ces gens-là ?

Seules quelques personnes sont bien informées sur le cardinal Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Évêques. Comme les deux autres, celle-ci s’attache à maintenir l’Église dans sa désolation actuelle au sein de chaque diocèse comme à chaque autre niveau local. Car ce serait un désastre pour l’église du Novus Ordosi un seul de ses quatre mille évêques se révélait être entièrement traditionnel. Non seulement cela, mais la Congrégation en question veille à ce qu’aucun évêque issu de la mouvance Ecclesia Dei ne dise la vraie Messe. Et bien que l’on en trouve effectivement un à Campos, il doit essayer de gouverner ses fidèles sous la haute main d’un autre évêque, à savoir l’ordinaire officiel de Campos.

À examiner toutes les congrégations de moindre importance, on trouve dans chacune le même schéma de liquidation organisée de l’Église catholique. Pour plus de brièveté, je n’en mentionnerai qu’une : la Commission Ecclesia Dei. Tandis que la Rome conciliaire cherche à nous enlacer tendrement d’un bras (le cardinal Levada), le même mois et de l’autre bras (Mgr Pozzo), elle étrangle à mort l’Institut du Bon Pasteur. Ce dernier est en effet sommé de s’aligner sur Vatican II pour ses prêches, ses séminaires, la célébration occasionnelle de la nouvelle messe et une entière collaboration avec le diocèse local, contrairement aux assurances données cinq ans plus tôt. Comment pourrions-nous être tenus de croire que la Rome conciliaire ne formulera pas la même exigence d’ici cinq ou six ans vis-à-vis de la petite FSSPX, qui, paraît-il, croit pouvoir se marier avec l’église officielle sans perdre la virginité de sa Foi ?
DEUXIÈME PARTIE - L’adultération de la Vérité
Au vu de ce qui précède, on peut dire maintenant que se placer sous la coupe de Benoît XVI équivaut à une adultération de la vérité. Le Pape Benoît XVI est le meilleur de sa catégorie ; il est la Mercedes Benz, la Porsche et la BMW du modernisme. Dans les circonstances concrètes du moment, agir ainsi est donc une folie consistant à trahir la vérité, à brader la Tradition, à préparer le massacre des âmes de ceux qui se sont placés depuis quarante ans sous la protection de la Fraternité.

Fort heureusement, la Providence est toujours intervenue pour empêcher l’irréparable de se produire, mais il est on ne peut plus utile et sûr de savoir d’avance combien serait peccamineuse la conclusion d’un accord avec la Rome conciliaire. 

LA FOI : Elle ne saurait exister sans être confessée. La FSSPX a été conçue par son fondateur comme une armée perpétuelle de la foi en lutte contre Carthage. Elle pourra recevoir bien des coups et en recevra, mais elle s’auto-démolira si elle cesse de se dresser publiquement contre l’erreur. Notre Seigneur a dit de Satan : « In veritate non stetit » ; il « n’est point demeuré dans la vérité » (Jean VIII, 44). On pourra dire la même chose de nous si nous mollissons. Notre Seigneur polémiquait avec les Juifs sur la question de la vérité ; il y a là un thème majeur de l’Évangile selon saint Jean, dans lequel l’autorité est très souvent présentée comme s’opposant à la Vérité. Saint Jean n’était pas un révolutionnaire : si l’autorité découle de la vérité, alors il faut la suivre, mais il n’est pas rare qu’elle faillisse à la vérité.

Lorsque la Foi est en danger, notre devoir envers elle devient immense. Ce devoir fait du reste l’objet du sacrement de Confirmation, au cours duquel le front du chrétien est oint afin ne pas rougir dans la lutte pour la Foi. Saint Paul dit qu’on a la Foi pour assurer sa propre justification, mais – ce qui est plus important – qu’il faut confesser la Foi pour faire son salut, de même que celui des âmes se trouvant dans l’erreur et la confusion. La plupart d’entre nous sommes devenus des catholiques traditionnels grâce à la confession de la foi faite par d’autres catholiques ; or, cela changera dès que la Rome conciliaire nous aura imposé le silence sur ses erreurs.

Faute de nous détruire carrément, Rome veut nous cantonner dans une coquette réserve. Mais une réserve est une prison, quels que puissent être le confort et les équipements qu’on y trouve. Notre Foi ne nous appartient pas à nous seuls, elle appartient au candélabre, elle appartient à ceux qui, dans le monde, sauront s’en prévaloir, ajoutant ainsi aux pressions exercées sur Rome pour qu’elle revienne à la Foi. 

L’ESPOIR : Car en ces heures sombres, au lieu d’un faux retour, n’est-ce pas un retour intégral de Rome à la Rome éternelle que nous recherchons ? Le livre de l’Apocalypse met en garde contre la tromperie de l’ange de l’Église de Sarde, qui a la réputation d’être vivant, mais qui, en réalité, est mort (les Perses ont pris Sarde par tromperie) (Apoc. III, 1), contre le caractère trompeur du cheval pâle (ni entièrement noir, ni entièrement blanc ; dont le cavalier a pour nom la mort, parce que le mélange de vérité et d’erreur tue plus d’âmes que les hérésies flagrantes du cheval noir et les persécutions violentes du cheval rouge (Apoc. VI, 8)), de même que contre les criquets dévoreurs qui ont l’apparence de la Charité (Apoc. IX, 7).

Notre Dame est toute blanche, n’a pas de gris en elle et apprécie l’allure d’une armée rangée en ordre de bataille. Elle n’a promis ni un Pape qui consacrerait à moitié la Russie (car cela ne convertirait la Russie qu’à moitié), ni – moins encore – un Pape qui déformerait son message. Elle a promis un Pape qui ferait exactement ce qu’elle demande. Ce grand Pape est annoncé également dans la prophétie de saint Malachie, ainsi que dans d’autres prophéties.

Comment pourrait-il en aller autrement, puisque la blancheur de l’habit pontifical signifie la pureté de la doctrine professée par celui qui le porte et la sainteté des actions qu’il accomplit en tant que chef de l’unique société capable de sauver l’espèce humaine ? Notre espoir est que l’Église redevienne l’arche du salut, devienne capable d’engendrer des enfants pour le Ciel. Telle est sa mission, et en cela réside sa Charité. 

LA CHARITÉ : Dans les circonstances du moment, tout accord avec la Rome actuelle est un déni de la MISSION de la Fraternité, qui a été conçue précisément pour ARRACHER les âmes aux griffes des loups vêtus en papes, en cardinaux, en évêques et en prêtres dans le monde entier, tant que l’église officielle faillira à sa mission. Pour échapper aux crocs du loup, il ne faut surtout pas se jeter dans sa gueule, il faut se maintenir entièrement hors de sa portée.

En outre, comme beaucoup de prêtres de la FSSPX ne sont pas d’accord avec le virage à 180° qui est envisagé, tout cela va finir en une effroyable cassure. Nous allons ressembler à une secte, dont « un parti » luttera contre « l’autre parti », faisant ainsi la fortune des hommes de loi qui auront à déterminer lequel des deux devra conserver tel ou tel bien matériel de la Fraternité.

Cette cruelle lutte interne découragera beaucoup de nos fidèles, qui ne disposent pas des informations nécessaires pour savoir auquel de ces deux partis ils auront à faire ; de plus, elle fera fuir ceux qui s’apprêtaient à entrer dans la Tradition ou à la réintégrer.

C’est pourquoi je ne puis comprendre la phrase terrible « Nous ne pouvons écarter l’éventualité d’une division ». Au contraire, il suffit de réaffirmer notre position doctrinale et une évaluation de la Rome conciliaire fondée sur les faits pour assurer l’unité entre nous. La vérité ne peut que rassembler, et si la FSSPX maîtrise cette tempête, elle deviendra longtemps encore impossible à diviser.

N’est-ce pas justement une division que la Rome cruelle d’aujourd’hui cherche à nous infliger ? Les sédévacantistes ne se réjouissent-ils pas à nous observer ? Le suicide est un péché contre la Charité ; nous n’avons pas le droit de tuer une institution entière, et c’est ce problème qui devra être l’unique préoccupation du prochain Chapitre. 

LA PRUDENCE : Mgr Lefebvre n’a jamais fait confiance à la Rome conciliaire – quand bien même il négociait avec elle –, parce qu’il voyait clairement qu’elle ne cessait de brandir l’erreur. Mais quoique les Romains n’aient pu le tromper, il a bien précisé que l’expérience ne devrait jamais être répétée après son départ, tant que Rome ne serait pas entièrement revenue à la Tradition. Comment pouvons-nous prétendre être plus malins que l’archevêque, qui n’a échappé que d’un cheveu au piège des rusés romains ? Et si nous ne partageons pas la finesse d’analyse de Mgr Lefebvre, comment pouvons-nous prétendre élucider les propositions pratiques que Rome ne cesse de nous faire miroiter ? Comment pouvons-nous accepter de prendre ne serait-ce que le moindre risque (et le risque est en réalité énorme) de perdre autant au profit d’ennemis avérés ?

L’étude de Barbier et Crétineau-Joly a joué un rôle important dans la conduite pratique et doctrinale de l’archevêque. Ces deux auteurs ont bien précisé qu’après sa période destructrice (la Terreur dans le cas de la France, les années soixante et soixante-dix dans le cas de l’Église), la Révolution choisit de s’adoucir dans le traitement de ses ennemis. C’est ce qu’on appelle sa phase thermidorienne, dont la meilleure illustration fut le traité de La Jaunaye, lequel mit fin aux guerres de Vendée en divisant l’armée catholique entre ceux qui en avaient assez de la guerre et les irréductibles partisans de Charrette, qui furent liquidés une fois isolés du premier groupe. Tout au long du dix-neuvième siècle et jusqu’à Vatican II inclus, le catholicisme français s’est divisé entre libéraux et traditionalistes. Toutes les révolutions ont leur phase d’adoucissement apparent destinée à isoler ceux qui veulent continuer à se battre, et c’est pourquoi il importe que nous ne confondions pas une fausse restauration, un faux retour de Rome à la Tradition avec la véritable et totale conversion de la papauté, qui arrivera, mais à l’heure fixée par Dieu. Nous ne devons pas rêver d’une fin heureuse de cette crise ; « Custos quid de nocte ? », dit l’Écriture : « Sentinelle, où en est la nuit ? » La lumière du jour viendra-t-elle aujourd’hui, ou ne s’agit-il que d’une trompeuse lueur ?

La terrible question qui se pose est de savoir combien d’entre nous sont las de cette guerre contre la Rome conciliaire, guerre en laquelle ils ne voient plus qu’une pose héroïque à la fois inutile, dommageable et orgueilleuse. 

LA JUSTICE : « Mais, Monsieur l’Abbé, Rome propose de réparer l’injustice qui nous a été faite, Rome veut être équitable et nous faire une place ». Tout d’abord, nous ne nous battons pas pour laver notre honneur, nous devons au contraire être comme Suzanne, qui accepte d’être injustement accusée, ou comme Rebecca, qui dit : « Je prends sur moi ta malédiction, mon fils ». Notre situation est celle d’un fils chassé de chez lui par son père ivre, qu’il veut empêcher de brutaliser sa mère. Au bout de quelques jours, le père accepte de reprendre le fils chez lui à condition qu’il arrête de lui faire des remontrances pour deux ou trois verres de whisky et quelques accès de mauvaise humeur contre sa mère. La conduite de la Rome conciliaire est parfaitement répréhensible, car le père doit mettre fin à ses abus avant de pouvoir reprendre son fils chez lui. 

LA FORCE : On fait la guerre pour détruire la volonté de combattre dans l’esprit de son adversaire. Un général se distingue en ceci d’un homme d’affaires ou d’un bureaucrate que s’il doit être prudent comme eux, il lui faut aussi conserver cette prudence sous le feu (cf. Sun Tsu : « L’Art de la Guerre »). Patton disait à ses soldats : « Ne craignez que votre général ; car s’il est bon et si vous êtes mauvais, il vous bottera le cul ; alors que s’il est mauvais, c’est l’ennemi qui vous bottera le cul ! » J’espère sincèrement qu’aucune religieuse ne lit ces lignes ; si tel était le cas, j’aurais des problèmes…

Monseigneur Fellay parle des terribles menaces venant de Rome, mais de quoi s’agit-il donc ? D’une nouvelle excommunication ? D’une nouvelle suspension ? Nous avons l’habitude d’être excommuniés et suspendus à cause de la vérité, et force est de noter, du reste, que pour qu’un châtiment soit efficace, il faut que la personne qui châtie croie en ce qu’elle inflige. Ces menaces de Rome sont donc insignifiantes. Dans le passé, l’excommunication entraînait un danger imminent de damnation ; or, la Rome conciliaire ne croit qu’au salut universel, de sorte que le pire danger pour nous serait d’être relégués à un quelconque niveau de communion plus périphérique que les autres, malgré quoi nous serions quand même mieux lotis que les musulmans, les païens et les athées, tous membres – que cela leur plaise ou non – de la secte balthazarienne pratiquant l’inclusion universelle.

(Le seul être que nous pouvons et devons désespérer de voir sauvé n’est ni Judas, ni Lucifer, mais Mgr Williamson qui, nul ne peut le nier, a osé commettre le plus abominable crime de toute l’histoire de l’humanité. En revanche, tout ira toujours très bien pour Mgr Fellay). 

LA TEMPÉRANCE : On a tendance à ignorer qu’un des actes relevant de la vertu de tempérance consiste à rejeter l’orgueil et la flatterie. Les autorités romaines actuelles sont en cela des experts insurpassables. Elles nous donnent la permission de dire la Messe partout à Rome et hébergent nos prêtres dans des palais romains, y compris le Saint-Office, juste derrière la basilique Saint-Pierre. Elles ne cessent de nous répéter – comme le cardinal Gagnon en 1988 – que notre travail est très valable, d’autant plus que l’Église d’aujourd’hui est aux prises avec tant de problèmes, et que nous devons faire entrer effectivement les forces conservatrices dans l’Église pour y lutter contre les progressistes (de même que les conservateurs luttent contre les libéraux dans toutes les démocraties libérales du monde, avec les pitoyables résultats que l’on voit). Leur gastronomie est somptueuse, le ballet des soutanes rouges, des barrettes, des ourlets et des dentelles est de retour, comme au bon vieux temps, et une porte dorée est tenue ouverte en permanence à notre intention pour que nous puissions nous joindre au ballet. Je ne mets pas en doute la saveur du plat de lentilles, mais qu’ils le dégustent eux-mêmes, et je conserverai l’héritage de ma Foi.

Dans la mesure où j’en ai la faculté de par mon pouvoir sacerdotal, je maudis donc ce septuple péché contre les sept vertus et les sept dons du Saint-Esprit. Car il s’agit d’un péché qui commence par un assaut indirect, mais très réel contre la vertu de Foi et qui est suivi, en toute logique, de la chute des six autres dominos.
TROISIÈME PARTIE -Une trahison contrecarrée, mais tentante
(Situation au 25 mai, appelant donc une réévaluation périodique)

Nous le méritons depuis douze ans au moins, mais les fidèles et de nombreux prêtres n’ont reçu aucun avertissement de ce vaste changement de direction, de ce tournant à 180 degrés vers Rome, opération qui relève de la tromperie active, voire de la trahison.

Pour le moment, la trahison est contrecarrée, grâce à Dieu, grâce aussi à la résistance de beaucoup de gens, de même qu’à l’opposition de certains modernistes et des évêques français, mais elle essaye maintenant d’opérer par la bande. C’est pourquoi nous avons besoin, comme sur un bateau de guerre, de bons calculs balistiques pour réajuster le tir de nos canons sur la nouvelle position de l’ennemi… Et alors, mais alors seulement, le navire de l’ennemi ira par le fond !

À présent, et avant de vous laisser lire cette lettre plus avant, je vous demande, cher lecteur, de signer le préambule suivant : « Je, soussigné cher lecteur, déclare par la présente que Monseigneur Bernard Fellay n’a encore rien signé avec la Rome conciliaire, bien qu’il souffre d’un puissant désir de le faire, et que pour le moment, jusqu’au dernier nanomètre séparant sa plume du papier, il est entièrement exclu de la catégorie des traîtres et demeure notre bien-aimé et respecté Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Date (n’importe laquelle entre aujourd’hui et la signature de Mgr Fellay). Signé : cher lecteur.

Ce document étant signé, il m’est loisible de poursuivre sans crainte, car je sais que certains d’entre vous auraient pu m’accuser de présenter mon supérieur comme un traître dans la suite de ce sermon. 
LA SITUATION ACTUELLE
Elle deviendra rapidement caduque.

Le prochain Chapitre général s’annonce comme une sorte de Vatican II. Au lieu d’être dogmatique, ainsi qu’il aurait dû l’être, le concile Vatican II fut un concile pastoral, et le prochain Chapitre de la FSSPX, au lieu d’être un Chapitre doctrinal destiné à traiter du problème urgent de l’heure, est abusivement baptisé, désormais, « Chapitre administratif ». Non pas qu’il faille passer sous silence les détails administratifs, mais c’est à la fin qu’on doit les aborder, de même que les actions suivent les idées dans les épîtres de saint Paul.

Tout Chapitre général est convoqué pour traiter des questions auxquelles une institution doit faire face. Or, la FSSPX est aux prises avec le plus grave problème qu’elle ait connu depuis sa création, car elle est en train de se diviser doctrinalement (qu’on lise, pour s’en persuader, la lettre des trois évêques et la réponse que leur a faite le quatrième). C’est pourquoi quiconque doué de bon sens placerait les affaires courantes en veilleuse et n’inscrirait qu’un seul point à l’ordre du jour : le problème doctrinal. Étant donné les circonstances actuelles, le nom même de Chapitre administratif (correct dans des circonstances ordinaires) a quelque chose de cruel, comme la dissimulation volontaire d’un grave danger. On ne devrait parler, en l’espèce, que de Chapitre DOCTRINAL.

Mais même si cet intitulé peut être accepté, le démon continuera d’agir par la bande, et pour lui, la solution consistera dès lors à supprimer ou, mieux encore, à ajourner le Chapitre général, selon les quatre mots d’ordre en vigueur lorsqu’il se produit une crise grave :
  1. Il ne se passe rien.
  2. Il pourrait se passer quelque chose, mais il nous est encore impossible de dire ce que ce serait au juste.
  3. Il se passe quelque chose, mais nous ne pouvons rien y faire.
  4. Il s’est passé quelque chose ; examinons donc la crise grave suivante.
COMMENT ON EN EST ARRIVÉ LÀ
Revenons en arrière, et voyons de quelle manière notre position s’est détériorée au fil des années.
1. MANQUE DE CLARTÉ
Ce qui est, d’emblée, très inquiétant, c’est cette nouvelle culture du secret, que Mgr Lefebvre n’appliquait pas lorsqu’il se rendait à Rome. À son retour, il exposait franchement tout ce qu’il avait fait à ses séminaristes, et la substance des discussions qu’il avait eues était partout publiée dans les quarante-huit heures.

Or, aujourd’hui, répondant à ses trois confrères en épiscopat, Mgr Fellay indique qu’il ne peut s’ouvrir de ce qu’il sait et qu’il ne le fera pas, même auprès d’eux (qui ne sont pas du menu fretin séminariste).

Il ne fait pas bon être un évêque de la Fraternité par les temps qui courent, et je ne songe pas spécialement à celui qui a failli se faire expulser en septembre dernier, non sans en être encore chaque matin sous le coup de cette menace ; je songe à la fable du loup et de l’agneau.

Le menu fretin sacerdotal que nous sommes a pu lire avec effroi, dans son bulletin interne, la bonne nouvelle que « le temps est venu d’être reconnus par l’Église officielle », ou encore que l’on attend de Rome l’octroi d’une structure canonique dès qu’elle aura signé notre déclaration doctrinale. Alors, inévitablement, les passagers se mettent à hurler, parce que l’avion a coupé les gaz et perd très vite de l’altitude ; puis, le pilote remet les gaz en disant : « C’était juste une blague, rien n’est signé… ENCORE ».

Toute cette incertitude nous est une nouvelle croix et crée un sentiment général de malaise.
2. PERTE DE LA FORME DE PROCÉDURE RÉGULIÈRE
Nous nous sommes promis – et cette promesse a été souvent réitérée – qu’un accord pratique ne pourrait intervenir entre nous et Rome en l’absence d’un accord doctrinal. Or, les discussions doctrinales viennent d’échouer, Benoît XVI rentre tout juste d’Assise III, et nous voudrions d’une solution canonique avec la Rome conciliaire ?

La signature d’un accord pratique avec l’église officielle est une question primordiale pour toute congrégation religieuse. C’est pourquoi, là encore, il nous a été promis qu’avant de prendre une décision aussi lourde de conséquences, le conseil général de la Fraternité convoquerait un Chapitre général. Et voici que l’on nous annonce une signature en mai ou juin ; comment est-ce possible ?

Aucune attention n’a été prêtée au sort des autres congrégations (dominicains, capucins, bénédictins, carmélites, etc.) et de tous les prêtres indépendants qui œuvrent à nos côtés, pour le cas où nous signerions. Leur avenir est en jeu, leur position dans l’église conciliaire serait encore plus précaire que la nôtre, et personne ne s’en préoccupe ?

Avons-nous songé à la manière dont Rome admettra que nous convalidions, c’est-à-dire que nous mettions en doute les sacrements conciliaires de confirmation et des saints ordres ? Qu’en sera-t-il de nos mariages ?… Mais le Pape ne peut attendre plus longtemps, et il nous faut donc faire montre de la plus grande précipitation !

Monseigneur Lefebvre a-t-il dit – oui ou non – que le nouveau code de droit canonique était encore pire que la nouvelle messe ? Si nous acceptons un accord canonique et enfilons la combinaison de saut d’une structure canonique, à quel droit canonique allons-nous nous fier en guise de parachute ?
3. NON-COMPRÉHENSION DU SENS DU MOT ACCORD
Mais au fait, quel peut bien être le véritable sens d’un accord pratique avec Rome ? Un tel accord n’aura de sens que lorsque le Pape dira la vraie Messe, car pour dire la messe, le prêtre doit commencer par user de son intelligence pratique, sur laquelle – dit saint Thomas – le caractère sacramentel du Saint Ordre est imprimé de façon indélébile. Voilà un accord pratique que je pourrais signer : il serait sans ambiguïté, ce serait un accord effectif signifiant le retour de Rome à la Tradition.

Avec un accord doctrinal, ce serait pareil, à savoir qu’il y aurait condamnation non pas d’une quelconque interprétation de Vatican II, mais de tout le texte du Concile, de toutes ses bombes à retardement, de toutes ses semi-vérités, de toutes ses erreurs flagrantes (la liberté religieuse, par exemple), de toutes ses pages d’allure traditionnelle alternant avec des pages modernistes, de toutes ses omissions (celle de la condamnation du communisme ou celle de la définition de Notre Dame comme médiatrice et corédemptrice), de toutes ses idées nouvelles sur l’Église, de son œcuménisme et de ses multiples erreurs ; enfin, de toutes ses conséquences. On ne peut fait le départ entre une bonne et une mauvaise interprétation du Concile. Il y avait si longtemps que nous croyions être tous d’accord là-dessus, et voici qu’à présent, nous sommes censés modifier entièrement la position la plus vitale de Mgr Lefebvre !

Pour qu’il y ait accord doctrinal, il faudra rejeter en commun et tout d’une pièce le texte entier de Vatican II, car la vérité et l’erreur ne peuvent être démêlées l’une de l’autre dans un Concile dont le danger tient précisément à son ambiguïté. Souvenez-vous de Pascendi.
4. AUGMENTATION DRAMATIQUE DE LA NAÏVETÉ
Les croisades du Rosaire offrent de bons instruments pour mesurer notre naïveté et celle des fidèles ; elles confèrent une bénédiction automatique à ce que nous préparons déjà et préviennent idéalement l’église officielle que nous avons quelque chose à lui acheter. Mais il y a des limites : avons-nous vraiment cru en 2007, quand nous sommes allés à Rome bouquet en main, que cette dernière allait donner à l’Église entière quelque chose d’extrêmement bon (mais comportant les nécessaires imperfections habituelles), sorti tout droit des mains de Notre Dame, et non pas une simple répétition des conditions attachées au Motu Proprio de 1984, c’est-à-dire l’acceptation de Vatican II ? 

– Ne pas attaquer la nouvelle messe ?

Réponse : Oui, bien sûr. Et non seulement cela, mais avec une distinction nouvelle entre rite ordinaire et rite extraordinaire, la vraie Messe étant techniquement placée, du même coup, à un niveau plus bas que la messe de Luther.

Pourquoi une telle naïveté ? Parce que, cette fois-ci, ce n’est pas comme l’autre fois : les circonstances concrètes ont changé, et ce nouvel emballage du Motu Propriode 1984 était absolument sensationnel. Devant une présentation aussi éblouissante, qui se préoccuperait de savoir si le produit acheté est un diamant ou un morceau de plastique ? 

– La croisade du Rosaire 2009 :

Cette fois, il s’agit de la sainte et solennelle réparation de l’injustice qui nous a été faite ; je veux parler de la levée de l’excommunication, mais… attendez une seconde : si Rome se borne à lever l’excommunication, cela ne signifie-t-il pas que celle-ci était valide en 1988, donc que Mgr Lefebvre est mort dans son péché ?… Comment Notre Dame pourrait-elle approuver ça ?

Les croisades du Rosaire de 2007 et 2009 ont été un affront fait à Notre Dame, et pourtant, chose curieuse, la troisième n’a pas l’air si mal. Mais j’ai peut-être tort, peut-être que je deviens moi-même bizarre… Allons-nous nous laisser rouler dans la farine cette fois encore ? Dieu seul le sait…

La naïveté a ceci de particulier qu’elle cherche des occasions de croire. En décembre 2010, nous nous sommes joints à ce Pape merveilleux dans une adoration du Saint-Sacrement pour la défense de la vie, pour la défense de l’ordre naturel créé par Dieu. Or, cela tombait on ne peut plus mal, car Benoît XVI se signalait à ce moment même en publiant son avis selon lequel l’usage du préservatif par un prostitué mâle pratiquant la sodomie « peut être le début d’un processus moralisateur ». La presse libérale a immédiatement reçu le message : la porte est ouverte pour une autorisation par l’Église de l’usage du préservatif ; l’abbé Ortiz m’a même dit que dans les Antilles, les prêtres conciliaires distribuaient des préservatifs… Et malgré une telle leçon, nous cherchons de nouvelles occasions de nous montrer naïfs !
5. CROYANCE EN UNE ÉVOLUTION PROGRESSIVE
Le grand argument est que les semi-ariens ne se sont pas convertis d’un jour à l’autre, qu’il faut du temps à un pécheur pour surmonter ses mauvaises habitudes, que si l’on traite Benoît XVI avec dureté, il n’écoutera pas, il ne changera pas, etc. Tout d’abord, les semi-ariens n’étaient pas en position de force, il n’y en avait pas qui fût évêque du diocèse de saint Basile et saint Grégoire ; c’est de la diplomatie de base : on obtient rarement quoi que ce soit en concédant quelque chose en position de faiblesse. Ensuite, saint Basile a-t-il commencé à croire à l’« herméneutique de la continuité » à propos des semi-ariens comme nous le faisons aujourd’hui ? N’a-t-il pas corrigé activement les idées erronées de ces gens (ce que l’abbé Iscara ne nous propose guère d’imiter à Saint-Basile), tout en laissant de côté pour un certain temps l’emploi des expressions alambiquées ?

L’ennui, c’est que si l’on soupe avec le diable (et notre diable est en position de force), on a besoin d’une très longue cuiller. C’est Mgr Williamson qui devrait être chargé des relations avec la Rome conciliaire… ainsi que de la communication avec les médias ! (cris d’horreur terrifiée dans la Fraternité)

La solution de cette crise ressemble à un exorcisme pratiqué sur les autorités en train de démolir l’Église actuelle. Tant de gens ont rejoint la tradition au fil des années grâce au fait que nous gardions la tête hors de l’eau… Et nous voilà en train de croire, à présent, que nous allons pêcher du poisson grâce au dialogue, ainsi qu’à de courageux et traditionnels coups d’épée dans l’eau ? 
6. SIGNES D’EFFRITEMENT DOCTRINAL
J’ai toujours pensé que la FSSPX comprenait la question de la liberté religieuse ; or, tel ne semble plus être le cas aujourd’hui, à en croire l’interview accordée par l’abbé Schmidberger à The Angeluset celle que Mgr Fellay a donnée à Catholic News Network(?).

Les multiples conférences, publications, interviews et colloques contre Vatican II ne semblent pas avoir marqué durablement nos esprits. Ils ne nous garantissent pas contre le fait de nous laisser contaminer par les erreurs nouvelles, de devenir à notre tour d’implacables « pacificateurs », de combattre ceux qui donnent l’alarme parmi nous ou de rechercher la popularité face aux médias.

Je me souviens avoir demandé à Mgr Fellay à Cebu, avant Assise III, s’il ne pourrait pas faire une déclaration retentissante ou un autre geste important quelconque, comme Mgr Lefebvre l’avait fait lors d’Assise I. Tout ce que j’obtins comme réponse fut un NON coléreux, à cause de nos tractations actuelles avec Rome.

On peut comprendre pourquoi Menzingen veut ajourner le Chapitre général… il y a, en effet, tant de points doctrinaux à vérifier et à rectifier !

Je me rappelle avoir prié en 1994 pour l’élection de Mgr Fellay. La prochaine fois, je ne recommanderai aucun nom à Dieu, mais je prierai pour que nous ayons un général capable de nous mener au combat avec sagesse et vigueur.

Il arrive pourtant à des adeptes du compromis de s’affermir, et c’est pourquoi je ne vais pas encore lâcher Mgr Fellay. Pie IX a débuté comme un libéral, mais il est vite devenu un roc de vérité après son élection ; quant à Mgr Lefebvre, il croyait à la liberté religieuse étant jeune. Nous sommes aujourd’hui entièrement à la merci de Dieu, qui peut nous châtier si nous ne prenons pas garde à ce pour quoi nous prions.
7. RÉPRESSION PROGRESSIVE ET AUTORITAIRE DE LA RÉSISTANCE AU CHANGEMENT
Tandis que nous faisons toutes sortes d’amabilités à Benoît XVI, de bons prêtres et évêques résistant au ralliement sont en butte à des menaces croissantes, ce qui est une parfaite reproduction de Vatican II : « Si vous n’êtes pas d’accord avec la position officielle de la Fraternité, quittez-la ». Eh bien, un prêtre de la Fraternité n’a pas forcément pour devoir de s’en tenir à la position de cette dernière, surtout si ladite position a changé du tout au tout un certain matin de mai 2012. Un prêtre de la Fraternité a pour devoir de protéger la Foi catholique tant que l’église officielle est sous la coupe du modernisme.

Autre menace : « Votre dialectique entre la Fraternité et l’autorité est contraire au sacerdoce ». Mais c’est exactement ce que Caïphe a dit à Pierre, c’est le contraire de cette phrase cruciale de Galates 1, 8 et 9 : « Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel… » C’est exactement le genre de propos que le Pape Paul VI tenait à Mgr Lefebvre.

Autre menace encore : « Vous n’avez pas la grâce d’état nécessaire pour voir l’ensemble de la situation, vous sortez des rangs et vous semez la confusion ». Mais le meilleur moyen de semer la confusion dans la FSSPX n’est-il pas de modifier son ADN ? Car c’est ainsi, évidemment, que le cancer commence à se répandre. 
RIPOSTE AU COMPLOT
Nous pouvons encore croire, en mai 2012, que Notre Dame aime toujours la Fraternité, car alors même qu’un plan secret, mais transparent (délibéré ou non, peu importe) et bien d’autres éléments étaient mis en œuvre pour amener une réunion officielle de la FSSPX officielle et de l’église officielle, ce bel édifice fut dynamité en l’espace de quelques jours.

En effet, c’est la Grande-Bretagne, et la Grande-Bretagne dans sa glorieuse solitude, qui a mis fin à la peu glorieuse trahison en laissant fuiter des lettres sur l’Internet. De ce fait, même les grenouilles seront à jamais redevables à ces gentlemen britanniques au mieux de leur forme, car d’une seule manœuvre à la Nelson, toutes les inavouables dispositions prises par nos ennemis ont été dévoilées, et leurs mensonges trahis par leurs propres bouches.

La divulgation de ces lettres a eu pour principal résultat de rompre la loi du silence. Oui, nous savions qu’il se mijotait quelque chose, et l’on avait lentement commencé à nous en dire quelques mots, mais nous ne pensions pas que les choses étaient si avancées. La réalité brutale d’une division de la Fraternité est apparue aux yeux de nos fidèles, dont la plupart ne soupçonnaient rien de tel jusqu’alors, les obligeant à réciter leurs rosaires pour demander au ciel que la crise soit évitée.

Les lettres échangées entre nos évêques rendent parfaitement compte de l’opposition doctrinale au sein de la FSSPX, et aucun de nous ne pourrait en donner un meilleur résumé. Bien que la lettre de Menzingen ait été écrite en second, celle des trois autres évêques n’y répond pas moins, et de telle manière que l’on pourrait disposer les arguments de l’une et de l’autre en deux colonnes se faisant face.

La lettre de Menzingen, qui est signée d’un seul évêque, semble avoir été écrite par trois personnes, alors que la lettre des trois autres évêques semble l’avoir été par une seule personne. La première partie de la lettre de Menzingen ressemble à du Dom Gérard cuvée 1988 ; quant à la deuxième partie, sur la profondeur et la largeur, on la dirait écrite par quelqu’un d’autre, qui gobe l’idée selon laquelle l’« herméneutique de la continuité » de Benoît XVI n’est pas une mauvaise chose du tout. La troisième et dernière partie se lit comme un bulletin et des directives internes nous enjoignant de sauter triomphalement, nous autres petites huîtres, dans l’assiette du morse et du charpentier [NdT : Allusion plaisante à un poème du Révérend Lewis Carroll (auteur d’Alice au Pays des Merveilles) intitulé « The Walrus and the Carpenter », dans lequel des huîtres acceptent d’accompagner un morse et un charpentier, qui finissent par les manger toutes]. Son ton est manifestement celui de Mgr Fellay.

Mais la résistance des trois évêques s’est avérée trop forte pour être vaincue, du moins en l’état actuel des choses. Notre Dame est vraiment une reine magnifique, et ajoutant à son charme, trois animaux sont venus l’un après l’autre ; un chat, un agneau et une colombe. Permettez-moi de vous exposer cela « à la Williamson » :
 
Combat
Williamson
Tissier de Mallerais
de Gallareta
Symbole
Le (grand) chat
L’agneau
La colombe
Arme principale
Fortes paroles
Vaste intelligence spéculative
Vaste intelligence pratique
Cible principale
Mgr Fellay
Benoît XVI
Le lien entre les deux
Angle d’attaque
Dur et brûlant
Froid
En douceur
Faiblesse
Fellay trop en colère
Fellay trop indifférent
Fellay pas assez en colère
Effet sur Mgr
Fellay
Voudrait expulser, mais ne le peut pas
Voudrait réfuter, mais ne le peut pas
Voudrait disconvenir, mais ne le peut pas
Effet sur la Rome conciliaire
Ne peut pas sentir la FSSPX
Ne peut l’emporter dans son débat avec la FSSPX
Ne peut jamais conclure un accord pratique avec la FSSPX
RÉSULTAT
LA ROME CONCILIAIRE ET LA FSSPX DEMEURENT SÉPARÉES JUSQU’À LA CONVERSION DE LA PAPAUTÉ - VICTOIRE

Au bout du compte, on se demande pourquoi Mgr Fellay a choisi de poursuivre les discussions, au mépris de l’opposition des trois autres évêques, et l’on s’étonne du degré d’impréparation de la Rome conciliaire elle-même. Au sein de la FSSPX, les trois autres évêques ont un poids considérable, bien qu’ils ne maîtrisent pas le mécanisme administratif de la congrégation. De nombreux prêtres gardent encore le silence sur toute la question, certains ont peur pour leur avenir, d’autres résistent ouvertement, mais peut-être avec maladresse (moi-même, sans doute), et l’on ne saurait leur reprocher de ne pas posséder la même grâce de confession qu’un évêque, mais comme les fidèles perçoivent plus clairement le danger, armés qu’ils sont de leur sensus fidei, le déplacement du front des opérations repousse progressivement l’idée d’une fausse paix avec la Rome conciliaire. Ce qui va se produire au cours du brûlant été 2012 déterminera la nature de notre guerre pour de nombreuses années à venir.

Bien chers fidèles,

Nous sommes maintenant au plus épais de la tempête, tout tremblants et apeurés, mais avec Notre Dame confortablement installée dans nos cœurs, jusqu’à ce que la tête de la FSSPX s’adapte aux réalités et que la tête visible de l’Église retourne à la Tradition.

C’est la guerre, et puisque c’est la guerre, faisons-la.