9 janvier 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Hamlet = Apostasie

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 5 janvier 2018

Tout le monde est pourri, les hommes plus qu’avant.
Mais Dieu reste inchangé. N’en doutez pas, jeunes gens !

Parmi les 37 pièces de Shakespeare, Hamlet est celle qui est peut-être la plus déroutante, probablement la plus intéressante et certainement la plus moderne. Pourquoi ? Pour une seule et même raison : il y a en fait un cadavre dans le placard. Ce cadavre, c’est l’apostasie de l’Angleterre séparée de la foi catholique, cette foi que le gouvernement anglais, autour des années 1600, écrasait britalement, alors que Shakespeare écrivait sa pièce. Or, cet auteur était fidèle catholique. Donc (1) Hamletpeut être la plus déconcertante de ses pièces pour la majorité des gens post-catholiques qui font sa connaissance, parce qu’ils sont si loin de comprendre que la “Réforme” fut la plus grande catastrophe qui ait jamais frappé l’Angleterre. (2) Cette pièce est probablement la plus intéressante parce qu’elle se place à une époque charnière et conflictuelle, entre l’ère révolue du Moyen Âge et l’âge moderne à venir. (3) Enfin, cette pièce est sans doute la plus moderne car, au cours des 400 dernières années, pratiquement le monde entier s’est joint à l’apostasie de l’Angleterre.

(1) Mais qui se soucie encore d’apostasie aujourd’hui ? Combien sommes-nous à savoir même ce que signifie le mot (le renoncement à la foi catholique) ? En Angleterre dans les années 1600 le Diable persécutait cruellement le catholicisme. De sorte que Shakespeare a dû déguiser sa Foi dans ses pièces pour ne pas être pendu, éviscéré et écartelé en place publique. Mais aujourd’hui le Diable réussit la ruine d’un bien plus grand nombre d’âmes rien qu’avec l’idée que la religion a si peu d’importance que chacun peut choisir n’importe laquelle, ou aucune, selon son bon vouloir. Et les médias immondes débordent de tant d’erreurs et d’immoralité que la foule ne les remarque même plus. (Consultez le livre de Clare Asquith ShadowplayThéâtre d’ombres – sur le codage catholique présent dans toutes les pièces de Shakespeare). Mais si la mère de Hamlet, la reine Gertrude, commettant l’inceste avec son oncle, représente bien l’Angleterre commettant l’inceste avec le protestantisme, est-il étonnant si nos contemporains incroyants se trouvent incapables de sonder la mélancolie profonde du Prince Hamlet ?

(2) Cette pièce joue un rôle charnière et conflictuel car, plus qu’aucune autre pièce de Shakespeare, elle se trouve comme suspendue entre le monde médiéval et le Nouvel Ordre Mondial. Le succès apparent de l’extermination de la foi dans son pays qu’il aimait tant, a secoué Shakespeare jusqu’au tréfonds de lui-même. Cela explique l’amertume du Prince envers presque tous ses proches, et surtout envers son véritable amour : Ophélie. Un catholique ne doit pas être amer, mais Shakespeare l’était en écrivant Hamlet. Cela n’a pas duré. Il faut lire le livre extrêmement précieux de John Vyvyan : The Shakespearean Ethic. Là on découvre la structure morale qui sous-tend toutes ses pièces, magnifique héritage de l’Angleterre médiévale. Ce modèle conflictuel est présent dans Hamlet aussi, surtout là où le prince rejette Ophélie pour que l’amour dans son cœur cède la place à la vengeance. Mais, dans Hamlet comme dans aucune autre pièce, le fait majeur est la corruption de la société – par l’apostasie, pas moins. Et elle est si terrible que ce prince, en lutte contre la société, est campé comme le héros absolu, premier héros d’une longue série de héros contre l’autorité (voir Hollywood), prêts à transgresser le respect naturel envers l’autorité sociale. C’est ainsi que l’apostasie tue la société.

(3) Aussi Hamlet est-elle la plus moderne des pièces de Shakespeare : c’est la pièce qui s’écarte le plus du modèle médiéval, ou même le domine. Shakespeare a écrit beaucoup d’autres pièces après Hamlet, mais il n’a plus été tenté de remplacer l’amour par la vengeance, ou de retourner du Nouveau à l’Ancien Testament. Il retrouve son calme et son équilibre en écrivant de grandes pièces célèbres ; pourtant, en 1611, il abandonnera la scène à Londres, laissant aux Puritains de s’emparer de l’Angleterre et enfin d’éloigner de Dieu le monde entier. Aujourd’hui, des générations de jeunes gens nourris de anti-héros ont fini en hommes contrefaits, n’ayant en eux que peu ou plus rien de leur héritage médiéval. Toutefois, la nature humaine n’a pas changé, et les êtres humains ont encore besoin d’hommes pour les diriger. Voilà pourquoi les filles tentent de se transformer en garçons, et les deux sexes se repoussent de plus en plus. On lit dans Macbeth : “La confusion a fait son chef-d’œuvre.”

Si vous lisez Hamlet, méfiez-vous alors du fantôme du premier acte car, si vous êtes catholique, vous savez que le Bon Dieu ne laisserait jamais sortir une âme du purgatoire pour qu’elle assouvisse sa vengeance. Mais alors, d’où peut venir ce fantôme, sinon de l’enfer ? Et alors, le Prince est-il vraiment un héros ? L’amertume de Shakespeare était certes compréhensible, mais elle a déformé sa théologie. Jeunes gens ! Adorez et aimez Jésus-Christ, aimez sa sainte Mère, récitez le chapelet et guidez les filles. C’est ce qu’elles attendent de vous.

Kyrie eleison.