3 avril 2013

[Ennemond - Le Forum Catholique] Le tri de Tradinews

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 3 avril 2013

Je ne pense pas que Tradinews fasse un tri inconsidéré, en prenant tout, le mauvais comme le bon. Sinon, il y aurait deux cents messages par jour, en particulier les élucubrations des plus bavards sur le net. Son auteur fait forcément un choix et il est obligé de délaisser les propos les plus farfelus.
Certes, ce site ne propose pas d'analyses. Il laisse le lecteur le soin de les faire par lui-même. Mais vu la ligne choisie, il semble vouloir proposer une information qui reflète malgré tout la réalité. Sans doute les minorités risquent-elles toujours d'être sureprésentées par rapport à la réalité. C'est le problème d'internet qui fait un effet loupe sur ces petits groupes. Dans le monde traditionnel, la grande partie qui prie et se sanctifie passe inaperçue au profit de ceux qui sont en conflit avec leur hiérarchie, qui se trouvent perpétuellement passionnés et qui sont donc particulièrement prolixes (le malheur des temps fait qu'on s'intéresse davantage aux "scoops" des derniers - même si on ne les partage pas - plutôt qu'aux méditations des premiers).

Je comprends la gêne de l'abbé Brucciani à l'égard des propos de son ex-confrère. Ce qu'écrit l'abbé Girouard n'est pas du tout la ligne de la FSSPX. Il fait passer l'abbé Gleize, professeur de théologie à Ecône et expert lors des discussions doctrinales, pour un incompétent. L'abbé Girouard vient de quitter la Fraternité mais on ne voit pas bien comment il aurait pu s'y maintenir avec une théorie plus que hasardeuse qui laisse penser que l'Eglise conciliaire serait une entité distincte de l'Eglise catholique. Le pape serait le chef de la première, mais quid de la seconde ? Ce n'est pas insulter que de dire qu'avec ce genre de théorie, on entre clairement dans les marais du sédévacantisme voire de l'ecclésiovacantisme. Ou bien il faut poser la question clairement à ces personnes : le pape est-il le chef de l'Eglise conciliaire mais pas de l'Eglise catholique?
Appelons un chat un chat, répondre par l'affirmative à cette question, c'est se reconnaître sédévacantiste.

Mgr Lefebvre, quant à lui, a toujours reconnu le pape comme chef de l'Eglise catholique romaine. Il n'a cessé de relancer des pourparlers avec le Souverain Pontife. On voit mal pourquoi il les aurait entretenus si ce dernier n'était que le chef d'une secte néo-moderniste. Et le jour où, devant la presse, il annonçait qu'il procédait aux sacres, il ajoutait que son successeur reprendrait les pourparlers avec Rome (non pas avec les ruines du forum mais avec les hommes de la Curie), probablement deux ou trois ans après. L'abbé Schmidberger et Mgr Fellay, ont suivi cette ligne par le fondateur.

[Roberto de Mattei] Saint-Siège : Roi de droit divin

SOURCE -  Roberto de Mattei - correspondanceeuropeenne.eu - 3 avril 2013

La question qui est le Pape surgit spontanément chaque fois qu’un nouveau Pontife est élu, surtout lorsque son nom ou son histoire personnelle sont inconnues du grand public. Ce ne fut pas le cas pour le cardinal Joseph Ratzinger, romain d’adoption après tant d’années passées comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, mais ce le fut pour Karol Wojtyla, venu de Cracovie et ça l’est aussi pour Jorge Mario Bergoglio, arrivé d’un diocèse encore plus lointain, au bout du monde, comme il l’a dit lui-même le jour de son élection.
 
Il est compréhensible qu’au cours des semaines qui suivent l’élection on cherche à sonder le passé proche et lointain du nouveau Pontife, d’en connaitre les idées, les tendances, les habitudes afin de déduire, des mots et gestes du passé, le programme du nouveau pontificat. Le volume El jesuita. Conversaciones con el cardenal Jorge Bergoglio (Vergara, Buenos Aires 2010, sous la direction de Sergio Rubin et Francesca Ambrogetti), trace déjà le visage d’un “papabile” et mérite d’être connu. La réaction indignée qu’un chercheur argentin d’orientation traditionnelle (Antonio Caponnetto, La Iglesia traicionada, Editorial Santiago Apostol, Buenos Aires 2012) a dédié à ce volume a été moins remarquée. On ne pourra pas comprendre non plus qui est le nouveau Pape sans connaitre le jugement que fait de lui le père Juan Carlos Scannone, un jésuite, disciple de Karl Rahner, qui l’a eu comme élève et qui a inscrit l’archevêque de Buenos Aires à “l’école argentine” de la théologie de la libération (“La Croix”, 18 mars 2013).
 
« L’option préférentielle des pauvres » du cardinal Bergoglio prend racine en particulier dans l’enseignement de Lucio Gera et Rafael Tello, les représentants de la “théologie du peuple”, caractérisée par la substitution de la pratique de la pauvreté à l’idéologie de la révolution armée. Carlos Pagni, en analysant sur “La Naciòn” du 21 mars le Método Bergoglio para gobernar (La Méthode Bergoglio pour gouverner), explique la raison théologique pour laquelle la “périphérie” occupe la place centrale dans le paysage idéologique de l’archevêque Bergoglio. Pour lui les pauvres ne sont pas une réalité sociologique qu’il faut aider mais un sujet théologique duquel il faut apprendre : « cette attitude pédagogique a une racine religieuse : la relation du peuple avec Dieu serait plus véritable car dénuée des contaminations matérielles ».
 
Maurizio Crippa souligne lui aussi cet aspect sur le quotidien italien “il Foglio” du 23 mars (La pauvreté est un signe théologique, pas de la sociologie), en en rappelant les ascendances éloignées : « l’enjeu est toujours de transformer l’Eglise en ce peuple des pauvres en chemin et cela est encore mieux lorsqu’ils s’autoproclament : des Pauvres de Lyon, dits ensuite Vaudois, à tous les courants orthodoxes ou hérétiques du Moyen-âge, les Humiliés et Frère Dolcino, avec des déviations qui vont jusqu’à Tolstoj, et de plus en plus vers un parcours de spoliation et régénération qui parait identique aux “Cinq plaies de l’Eglise “ d’Antonio Rosmini la cinquième étant “La restriction dans l’usage libre par l’Eglise de ses propres biens temporels” aux théologies conciliaires de l’Eglise pauvre”.
 
Il s’agit de thèmes qu’il serait intéressant d’approfondir. Mais au fond ce n’est pas le sujet. La vie d’un homme, même celle d’un pape, n’est pas déterminée par les actes du passé, elle change tous les jours et tous les jours elle peut être remise à zéro par un tournant, des maturations, des directions de chemin nouvelles et imprévues.
 
Chaque tournant de pontificat, plutôt que de solliciter ces interrogations auxquelles seul l’avenir peut répondre, devrait offrir l’occasion de méditer sur ce que le nouvel élu représente; de réfléchir sur la Papauté en tant qu’institution plus que sur le Pape en tant que personnage, surtout en des moments où, entre le 11 février et le 13 mars, la constitution même de la papauté semble avoir été profondément blessée.
 
Le premier coup de cette flagellation a été la renonciation au pontificat de Benoît XVI, un évènement canoniquement légitime mais à l’impact historique dévastateur. « Un pape qui démissionne – a observé Massimo Franco – c’est déjà l’évènement du siècle dans l’histoire moderne. Mais un pontife qui le fait dans l’entière possession de ses facultés mentales, en indiquant simplement comme motif la fragilité qu’implique son âge, brise une tradition pluriséculaire » (La crisi dell’impero vaticano, Mondadori, Milan 2013, p. 9).
 
Un second coup à l’institution a été le choix de Benoît XVI de s’auto-définir “Pape émérite”, conservant ainsi le nom et l’habit pontificaux et continuant à vivre au Vatican. Des canonistes influents comme Carlo Fantappié, ont relevé la nouveauté du geste en soulignant comment « la renonciation de Benoit XVI a posé de graves problèmes sur la constitution de l’Eglise, non seulement sur la nature du primat du Pape mais aussi sur l’ampleur et l’extension de ses pouvoirs après l’arrêt de ses fonctions » (Papauté, vacance du Siège et “Pape émérite”. Equivoques à éviter, dans http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1350457).
 
La coexistence d’un Pape qui se présente comme évêque de Rome et d’un évêque (parce que tel est aujourd’hui Joseph Ratzinger) qui s’auto-définit  Pape offre l’image d’une Eglise “bicéphale” et évoque inévitablement les époques des grands schismes. On ne comprend pas, à ce propos, l’importance médiatique que les autorités vaticanes ont voulu donner à la rencontre des deux Papes, le 23 mars à Castelgandolfo. L’image qui a fait le tour du monde et que “l’Osservatore Romano” même a publié en première page le 24 mars est celle de deux hommes que le langage des symboles met sur un plan de parité absolue, ce qui empêche de discerner de manière immédiate lequel des deux est l’authentique Pape. Cet évènement contraste en outre avec l’affirmation donnée par la Salle de Presse du Saint Siège selon laquelle, après le 28 février, Benoît XVI renoncerait à la scène médiatique en se retirant dans le silence et la prière. N’aurait-il pas été plus sage que la rencontre se soit passée loin des flashs ? Ou alors il existe derrière le choix médiatique une brillante stratégie, mais laquelle ?
 
Un chercheur en histoire du christianisme, Roberto Rusconi, a lui-même décrit le scénario de l’encyclique inachevée de Joseph Ratzinger sur la foi, après celles déjà promulguées sur la charité et l’espérance. « L’encyclique non terminée – observe Rusconi – pourrait être ensuite publiée comme n’importe quel autre texte de Joseph Ratzinger, qui pendant son pontificat a plusieurs fois soutenu que ses derniers livres ne devaient en aucune façon être retenus comme l’expression directe de son magistère pontifical » (Roberto Rusconi, Il gran rifiuto. Perché un papa si dimette [Le grand refus. Pourquoi un pape démissionne], Morcelliana, Brescia 2012, p.143-144). Si cela devait se produire, le résultat serait de miner à la base l’influence non seulement des précédents documents promulgués par Benoît XVI mais aussi ceux qui émaneraient du prochain pontife, parce que cela dissoudrait la perception de ce qui est acte magistériel et ce qui ne l’est pas, bouleversant ce concept d’infaillibilité, dont on parle souvent de façon inappropriée.
 
Il existe des partisans d’un redimensionnement de la Papauté, qui se réclament généralement d’un passage de Jean-Paul II dans l’Encyclique Ut Unum sint du 25 mai 1995, dans laquelle le Pape Wojtyla se dit disposé à « trouver une forme d’exercice du Primat qui, sans renoncer d’aucune façon à l’essentiel de sa mission, s’ouvre à une nouvelle situation » (n. 95). De là découle la distinction faite par Giuseppe Alberigo et l’école de Bologne entre l’essence immuable de la Papauté et les « formes d’exercice » par lesquelles elle s’est exprimée dans l’histoire (Forme storiche di governo della Chiesa [Formes historiques de gouvernement dans l’Eglise], dans “Il Regno”, 1er décembre 2001, p. 719-723). L’ennemi de fond est l’idée de la “souveraineté pontificale” née au Moyen-Age qui serait à l’origine de la déviation de la Papauté de son esprit d’origine.
 
A partir de la moitié de XVe siècle, selon un autre historien bolognais, Paolo Prodi, a commencé une métamorphose de la Papauté qui a touché l’institution dans sa totalité, provoquant non seulement un changement des caractéristiques institutionnelles de l’Etat pontifical, transformé en principauté temporelle, mais aussi à une reformulation du concept de souveraineté ecclésiastique, calquée sur la souveraineté politique. Victorieuse sur la doctrine conciliaire, la Papauté est toutefois perdante face à l’Etat moderne puisque, alors que l’Eglise se sécularise, l’Etat se sacralise (Il sovrano pontefice [Le souverain pontife], Il Mulino, Bologne 1983, p. 306). A partir de la Révolution française cependant, l’Eglise, en rapport fructueux avec le monde moderne, aurait commencé à se libérer des entraves du passé. Malgré quelques phases régressives, représentées surtout par les pontificats de Pie IX, Pie X et Pie XII, le Concile Vatican II marque finalement, selon Alberigo et ses disciples, le moment du « tournant », liquidant la dimension juridico-institutionnelle de l’Eglise et s’ouvrant à une nouvelle vision de cette même Eglise fondée sur le concept de « communion » et de « peuple de Dieu ».
 
Ces thèses ont été récemment reproposées sur le plan théologique dans un livre que le doyen des ecclésiologues italiens Severino Dianich a dédié au ministère du Pape (Per una teologia del Papato [Pour une théologie de la Papauté], Sao Paulo, Cinisello Balsamo 2012). Le cœur du discours est le passage d’une vision juridique de l’Eglise, basée sur le critère de juridiction, à une conception sacramentelle, basée sur l’idée de communion. Le nœud du problème remonte à la discussion qui eut lieu au Concile sur le n. 22 de Lumen Gentium et sur la Nota praevia qui suivit ce document, pendant ce que les progressistes définiront la “semaine noire” de Vatican II. Les rapports entre le Pape et les évêques après Vatican II, selon Dianich, ne peuvent plus être caractérisés par la délégation et la subordination.
 
Le Pape ne gouverne pas son Eglise “d’en haut” mais il la guide dans l’ordre de la communion. Son pouvoir de juridiction viendrait en effet du sacrement et, sous l’aspect sacramentel, le Pape n’est pas supérieur aux évêques. Le Pape, avant d’être pasteur de l’Eglise universelle, est évêque de Rome, et le primat qu’il exerce sur l’Eglise universelle n’est pas de gouvernement mais d’amour, justement parce que, ontologiquement, en tant qu’évêque, le Pape est au même niveau que les autres évêques. Pour cela Dianich voudrait attribuer un pouvoir plus important au collège épiscopal en lui donnant la possibilité de légiférer avec autorité. Le Pape devrait exercer son primat d’une manière nouvelle, en associant à son pouvoir des organes délibératifs et consultatifs, comme les conférences épiscopales, les synodes, ou de toute façon des organismes permanents, qui l’aident dans le gouvernement de l’Eglise. Il s’agirait donc d’un primat d’honneur ou d’amour, mais pas de gouvernement et de juridiction de l’Eglise.
 
Cependant ces thèses sont, tout d’abord, historiquement fausses. L’histoire de la Papauté n’est pas en effet l’histoire de formes historiques différentes et incompatibles entre elles, mais l’évolution homogène d’un principe de juridiction suprême présent dans les paroles de Jésus Christ qui à Saint Pierre et à lui seul dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt. 16, 14-18). Quand saint Clément (92-98 ou 100), troisième successeur de Pierre en tant qu’évêque de Rome, au début de l’empire de Nerva (environ en 97), intervînt pour rétablir l’unité dans l’Eglise corinthienne, bouleversée par une violente discorde, il se réclama du principe de succession établit par le Christ et ses apôtres, exigeant obéissance et menaçant même de sanctions si ses dispositions n’étaient exécutées (Lettre Propter subitas aux Corinthiens, dans Denz-H, nn. 101-102). Le ton autoritaire de la lettre et la vénération avec laquelle elle fut accueillie sont une preuve claire du Primat de l’évêque de Rome à la fin du premier siècle.
 
Environ dix ans plus tard, saint Ignace, évêque d’Antioche, pendant son voyage d’Antioche à Rome, où il fut martyrisé, écrivit une lettre aux romains dans laquelle il reconnaissait à l’Eglise de Rome une position de prééminence sur l’Eglise universelle toute entière, en affirmant : « Vous avez instruit les autres et moi je désire que les choses que vous prescrivez avec votre enseignement restent fermes » (Epistula ad Romanos, 3,1). Son affirmation, si souvent citée de manière inappropriée, selon laquelle l’Eglise de Rome « préside l’agape », doit être bien comprise. L’ « agape » n’est pas une vague « charité » mais c’est, pour Ignace, l’Eglise universelle (qu’il appelle dans un premier temps Catholique) unie par le lien de l’amour.
 
Au fil des siècles le Primat pontifical, conçu comme principe actif et central de gouvernement de l’Eglise universelle, resta la marque caractéristique de la Papauté, tout comme la constitution monarchique et hiérarchique continua à caractériser l’Eglise au fil des siècles. Au cours des époques que l’Eglise a traversées, chaque fois que le pontificat a été faible, absent ou inefficace, des schismes, des hérésies, des bouleversements religieux et sociaux se sont produits. A l’inverse, les grandes réformes et la renaissance de l’Eglise se sont passées avec des Papes qui ont exercé leur gouvernement avec la totalité de leurs pouvoirs, de saint Grégoire VII à saint Pie X.
 
Le munus spécifique du Souverain Pontife ne consiste pas dans son pouvoir d’ordre, qu’il a en commun avec tous les autres évêques du monde, mais dans son pouvoir de juridiction, qui le distingue de tous les autres évêques, puisque c’est seulement dans son cas que ce pouvoir est plein et absolu et qu’il est source du pouvoir des autres évêques. Le pouvoir de Magistère fait partie du primat de juridiction et l’infaillibilité constitue l’expression la plus forte et la plus parfaite du Primat pontifical, une souveraineté encore plus nécessaire que celle des sociétés temporelles.
 
Le pouvoir de juridiction est éminemment pouvoir de gouvernement. Le Pape est le Pape parce qu’il gouverne l’Eglise en exerçant une juridiction doctrinale et disciplinaire qu’il peut déléguer seulement en partie : de fait il n’existe pas de différence entre le pouvoir de gouvernement et son exercice, autant imaginer la possibilité d’un gouvernement dont la caractéristique soit celle de ne pas gouverner. L’essence de la Papauté a, dans ce sens, des caractéristiques immuables : c’est un gouvernement absolu qui peut être délégué à d’autres seulement en partie. La Papauté est une monarchie absolue dans laquelle le Souverain Pontife règne et gouverne et ne peut pas être transformée en monarchie constitutionnelle où le souverain règne mais ne gouverne pas. Un tel changement de gouvernement ne toucherait pas la forme historique mais l’essence divine de la Papauté.
 
Il ne s’agit pas d’une abstraite diatribe mais d’un problème théologique qui peut avoir des concrètes conséquences historiques. L’époque de la mondialisation économique et de la révolution informatique a vu la débâcle des Etats nationaux, substitués par de nouveaux pouvoirs financiers et médiatiques. Mais le chaos, la fragmentation et la conflictualité de ces nouveaux scénarios dérivent justement de cette perte de souveraineté dont un exemple éloquent est celui de l’Union européenne née du Traité de Maastricht, qui ne se présente pas comme un « super-Etat » européen mais comme un non-Etat, caractérisé par la multiplication des centres de décision et par la confusion des pouvoirs.
 
L’autorité et la force des Etats nationaux et des démocraties représentatives s’émiettent et le vide est occupé par des lobbies idéologiques et financiers, visibles et occultes. L’Eglise catholique devra-t-elle se modeler sur ce processus d’atomisation en s’auto-démolissant ? Face à ce relativisme, l’Eglise devra mettre de côté l’infaillibilité, comme le demande le pasteur vaudois Paolo Ricca (“Il Foglio”, 19 mars 2013), pour se présenter au monde faible et renonciatrice ou plutôt se servir de ce charisme qu’elle seule possède pour opposer sa souveraineté religieuse et morale aux décombres de la modernité ? L’alternative est dramatique mais inévitable.
 
Ce qui est certain en tous cas, c’est que la question « qui est le Pape aujourd’hui ? » ne se rapporte pas d’abord aux médias mais à la théologie, à l’histoire et au droit canonique de l’Eglise. Ces derniers répondent que derrière les personnes de Benoît XVI et François il existe un trône pontifical institué par le Christ lui-même. Le Pape Léon le Grand, qui peut être considéré comme le théologien le plus complet de la Papauté du premier millénaire, expliqua clairement la signification de la succession de Pierre, en la résumant dans la formule suivante : « indigne héritier de Pierre ». Le Pape devenait l’héritier de saint Pierre en ce qui concernait son status juridique et ses pouvoirs objectifs mais pas en ce qui regardait son status personnel et ses mérites subjectifs. La distinction entre la fonction et le détenteur de la fonction, entre la personne publique du Pape et sa personne privée est fondamentale dans l’histoire de la Papauté.
 
Le Pape est le vicaire du Christ qui, en son nom et par son mandat, gouverne l’Eglise. Avant d’être une personne privée, il est une personne publique ; avant d’être un homme, il est une institution ; avant d’être le Pape il est la Papauté, dans laquelle se résume et se concentre l’Eglise qui est le Corps mystique du Christ. (Roberto de Mattei)

2 avril 2013

[Abbé John Brucciani, fsspx] "Ces prêtres ne sont pas représentatifs, seulement prolixes."

Abbé John Brucciani, fsspx - USA - 2 avril 2013
[L'abbé John Brucciani adresse à TradiNews le message suivant, dont il autorise la publication]

Cher Monsieur,

Je vous remercie pour le travail d'information que vous nous fournissez, qui est bien utile en un temps où les informations et leurs sites web foisonnent et sont difficiles à suivre.

Puis-je, cependant, et sans aucune récrimination, vous faire une observation, à prendre ou à laisser comme bon vous semble?

Je regrette de voir sur un site qui offre une vue d'ensemble des courants d’opinion de la Tradition Catholique, laisser place à des articles ou des lettres écrits par des clercs quelconques, en colère contre leur hiérarchie.

La récente publication de l'abbé Girouard est un exemple. Alors qu'il est intéressant de lire les analyses et les opinions de journalistes chevronnés, clercs ou non, il ne me semble pas utile de proposer au lectorat les opinions personnelles d'une personne jusqu'alors inconnue, et probablement destinée à l'oubli médiatique dans peu de temps.

Le journaliste écrit sur un sujet d'intérêt commun. Ses écrits se fondent sur une recherche et une réflexion soignées des faits et des dires. Certes, les grands journaux nous jouent des tours, mais nous les connaissons.

Le prêtre, en souci ou en colère, peu importe, ne possède pas nécessairement les qualités journalistiques nécessaires pour rendre ses écrits percutants et d'un intérêt tel qu'il devienne nécessaire d'aider à leur diffusion. Ces prêtres ne sont pas représentatifs, seulement prolixes. Mais, c'est souvent au frais d'un apostolat peu entreprenant et encore moins entrainant. Leurs propos sont souvent le fruit d'un état d'âme non d’une réflexion profonde ou d’une recherche détaillé des faits, preuves à l'appui. Pourquoi les aider à partager leurs appréhensions ou propager leurs revendications?

Bref, il est dommage qu'un Madiran ou un abbé Barthe aient à côtoyer sur des sujets délicats et difficiles les quelques prêtres en froid avec la hiérarchie et qui ne sont pas connus pour leur sens de la mesure. Ces prêtres ne sont pas du même calibre qu'un Madiran. Leurs écrits expriment des soupçons, des désaccords ou décisions personnels.

Mgr Williamson est un autre cas. Son histoire et sa fonction le rendent "médiatiquement intéressant", que l'on partage ses opinions ou non.

Quand aux signataires anonymes, ils ne devraient même pas écrire, encore moins être publiés. L'anonymat obscurcit la transparence et la sincérité d'un argumentaire. La vérité rend libre.

La publication des lettres ouvertes, déclarations, communiqués, etc. de personnes -et de groupuscules- souvent critiques et récriminatrices, dessert, à mon avis, la réputation du site. Les avis de "quiconque" ou de quelques-uns, constituent-ils vraiment une mouvance d'intérêt général à soumettre au public?

Bien amicalement en Notre Seigneur ressuscité

Rév. John Brucciani, qui vous lit depuis les USA

1 avril 2013

[therecusant.com] Le Carmel Saint-Joseph et La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

SOURCE - Traduction depuis therecusant.com/brilonwaldcarmel - avril 2013

Une brève présentation des événements du printemps 2013.
Le Carmel de Saint-Joseph à Brilon-Wald existe depuis le 2 février 1984. Il a été fondé à partir du Carmel de Quiévrain, qui lui-même avait été fondé par la sœur de Mgr Marcel Lefebvre. Actuellement le Carmel se compose de six sœurs professes et une novice qui vivent toutes cloîtrées.
Autorité de suppléance
Afin d'être protégé contre le Modernisme de l’église "conciliaire", qui détruit les religieux et la vie religieuse, le Carmel de Brilon-Wald, comme le monastère-mère, s'en sont remis à Mgr Lefebvre et à sa Fraternité Saint-Pie X pour leur soins spirituels. Mgr Lefebvre a exercé une «autorité de suppléance» sur ceux-ci et d'autres monastères, où il était plus un «père, conseiller et ami qu'une autorité juridique», pour reprendre les mots du Supérieur Général de la Fraternité, l’abbé Franz Schmidberger, dans une lettre circulaire du 28 mai 1991 à toutes les communautés religieuses amies.
 
Après la mort de Mgr. Lefebvre cette «autorité de suppléance» a été donnée d'abord à Mgr Fellay et après son élection comme Supérieur Général de la Fraternité en 1994 à Mgr de Galarreta. Il exerce cette fonction dans l'esprit de service, selon l’abbé Schmidberger, non pas comme membre de la Fraternité Saint-Pie X, mais comme un évêque catholique, et chaque congrégation religieuse «était absolument libre de se tourner vers lui ou pas». «Ni lui ni la Fraternité ont la moindre intention de s'emparer des autres communautés de quelques façons que se soient. Il est également important de voir dans ses actions toujours une juridiction extraordinaire et non pas une juridiction ordinaire, jusqu'au jour où les choses reviennent dans l'Église de Dieu à l'ordre donné par Dieu.» C'est ce qui a été dit dans la lettre du Supérieur Général en 1991.
Nouvelles et étranges façons, et une décision nécessaire
Depuis l'année 2000, la Fraternité Saint-Pie X, dirigée par son Supérieur Général Fellay, a pris un nouveau chemin (ce qui d'ailleurs a été admis ouvertement par le premier adjoint l’abbé Niklaus Pfluger lors d'une réunion de prêtres du district d’Allemagne à Stuttgart en Septembre 2011), qui allait de plus en plus clairement vers une «régularisation canonique», un «accord canonique» avec la Rome conciliaire. Ceci trouble de plus en plus les Carmélites de Brilon-Wald, car elles s’étaient confiées elles-mêmes à la Fraternité Saint-Pie X afin d'être protégées précisément de cette Rome conciliaire. Devraient-elles désormais être livrées à elle par leurs propres protecteurs?
  
Les événements turbulents particulièrement au sein de la Fraternité elle-même à partir de l'automne 2011 et après n’ont pas contribué à apaiser leurs inquiétudes et à les rassurer. En particulier, le Carmel s’est tourné vers le responsable concerné Mgr de Galarreta. Il a d'abord semblé leur donner toutes les raisons d'espérer, car il avait déjà parlé clairement contre un «accord canonique» dans ses «Réflexions» à l'occasion d'une réunion des supérieurs de la Fraternité à Albano, le 7 octobre 2011, puis à nouveau plus clairement encore dans la lettre conjointe avec les évêques Williamson et Tissier de Mallerais au Conseil Général de la Fraternité en Avril 2012. 
  
Après le Chapitre Général de la FSSPX  durant l'été 2012 avec ses pitoyables «six conditions» pour une «capitulation honorable» ; après l'exclusion de Mgr. Williamson d’abord du Chapitre Général, puis de la Fraternité, sans que ses frères évêques lui apporte de l’aide ; mais en particulier après le discours de Mgr de Galarreta à Villepreux en octobre 2012, dans lequel il se change de Paul en Saul, ce qui signifie que d’adversaire d'un accord il en devient son défenseur ; après tous ces événements plus rien ne restait de leur espoir initial. On ne pouvait plus avoir confiance d'être protégé par les autorités de la FSSPX du modernisme conciliaire romain.
  
La clairvoyance finale est venue en lisant le livre du Père Michel Lelong sur le «GREC» intitulé «Pour la Nécessaire Réconciliation» qui expose ouvertement depuis combien de temps et avec quelles méthodes certains ont travaillé au sein de la Fraternité pour une union avec la Rome conciliaire, et à quel point la Fraternité était déjà infectée et minée et à quelle profondeur le mal était déjà enraciné. 
  
Dans l'hiver de 2012/13 les Carmélites de Brilon-Wald sont donc venues à la conclusion qu'il serait nécessaire de mettre fin aux rapports avec la Fraternité Saint Pie X, afin de rester fidèles à la foi catholique et de ne pas être livrées à la Rome conciliaire. Quand en mars 2013 la perspective d'une visite de Mgr de Galarreta est envisagée puisqu’il se trouve en Allemagne à ce moment-là, elles lui font savoir le 25 février leur décision qu'elles ne veulent plus se prévaloir de son «autorité de suppléance» et donc que sa visite n'est plus nécessaire. Cette étape intervient après d'intenses études, la méditation, la prière et le conseil comme c'était leur droit le plus strict puisque, selon la lettre du Supérieur Général de 1991, les communautés religieuses sont totalement libres d’avoir des rapports ou pas avec Mgr de Galarreta.
Manœuvres pour capturer une forteresse
L'ancien Supérieur Général et actuel Supérieur du District d'Allemagne, l’abbé Franz Schmidberger, semblait avoir complètement oublié son ancienne lettre de 1991. Aussi le même jour, le 25 février, à peine reçu le message de Mgr de Galarreta et avant qu'il ne soit capable de penser ou même d'envisager - car il était, comme d'habitude, à la maison de retraite de la Fraternité dans la Forêt Noire pour prêcher une retraite - il envoya immédiatement un fax à l’aumônier des Carmélites de Brilon-Wald, dans lequel il lui ordonne de quitter le monastère dans les trois jours, pour le 28 février à 20 heures (curieusement, exactement au même moment où Benoît XVI a abdiqué) et de prendre sa résidence pour le moment dans le quartier général du district à Stuttgart. Comme justification, il a mentionné que les Carmlites ont voulu se séparer de la Fraternité à cause du «soi-disant libéralisme» dans la FSSPX et qu’elles refusent même de parler à leur «supérieur ecclésiastique» (il voulait probablement parler de  Mgr de Galarreta). Eh bien, « l’autorité de suppléance» sans juridiction appropriée était transformée soudainement en «supérieur ecclésiastique», même si le premier adjoint de la FSSPX, il n’y a pas si longtemps que ça, clamait dans une entrevue avec le plein consentement du  Supérieur du district d’Allemagne et de la Maison Générale que la Fraternité souffre d'une «irrégularité canonique». Un clergé irrégulier ne peut certainement pas être des «supérieurs ecclésiastiques» ...
  
Puisque le chapelain du Carmel n'était même pas présent à Brilon-Wald durant les 25 - 28 Février, il ne pouvait donc pas répondre à cette demande. Quand il est retourné la situation avait déjà changé. Tout d'abord, quelques prêtres bien intentionnés ont fait ce que l'on aurait pu attendre du Supérieur du District et ont convaincu les sœurs carmélites de prendre un répit avant une séparation définitive d’avec la Fraternité et de tenter d’avoir une conversation avec Mgr de Galarreta. Ainsi, un délai jusqu'à Pâques avant de prendre une décision et une visite de l'évêque du 20 au 23 mars ont été convenus. 
  
Deuxièmement, la sœur externe a quitté le Carmel, le 28 février. (Une sœur externe est une carmélite qui ne vit pas cloîtrée et qui est chargée des fonctions externes comme par exemple faire des courses). La sœur externe de Brilon-Wald avait seulement récemment professé solennellement ses trois vœux de religion au Carmel de Saint-Joseph en la fête de Saint-Joseph en 2012. Cependant, elle ne voulait rien savoir sur les troubles dans la FSSPX et a refusé de prendre note de toute information. Par conséquent, elle n'était pas disposée à suivre la direction de sa communauté.
  
Sa Mère Supérieure lui a demandé d'attendre jusqu'à Pâques et l’a assuré que si elle n'était pas d'accord avec la suite de la décision, elle serait logée dans un autre monastère de Carmélites. Des mesures appropriées avait déjà été prises et un Carmel avait été trouvé qui aurait pris la sœur le cas échéant. La sœur externe n'a toutefois pas souhaité attendre et a insisté pour quitter le monastère immédiatement. A cet effet, elle a pris contact avec son frère, qui était en poste en tant que prêtre au quartier général du district à Stuttgart, et qui est venu immédiatement chercher sa sœur.
  
Entre la retraite qui s’était terminée le 2 mars et la réunion de prêtres qui commençait le 4 mars, le Supérieur du district d’Allemagne avait trouvé le temps d'écrire une lettre à l'aumônier du Carmel dans laquelle il le sommait à nouveau, cette fois comme un «ordre soumis à l’obéissance» de quitter le Carmel au plus tard le 7 mars et d'être au siège du district de Stuttgart pour 20 heures. Cette lettre a été remise à l'aumônier, le 5 mars, par courrier recommandé.
  
La Révérende Mère Prieure s’est alors tournée personnellement vers l’abbé Schmidberger et lui a demandé poliment de laisser l'aumônier au monastère au moins jusqu'à Pâques, sinon, surtout après l’enlèvement de la sœur externe, elles seraient dans l’impossibilité de croire à la pureté de ses intentions et par voie de conséquences celles de la FSSPX. La réponse est venue par retour le 6 mars : c'est le droit du Supérieur du District de transférer les prêtres selon sa volonté, il n’a aucune responsabilité concernant l'évasion de la sœur externe. En outre, l’enlèvement de la sœur externe était nécessaire pour ses nerfs et en plus l'humilité des Carmélites restantes de Brilon-Wald manque grandement.
  
Si un voleur veut prendre une ville ou une forteresse, il prend la peine en premier de couper les vivres. Quelque chose de semblable s'est passé ici. Après l'enlèvement de la sœur externe qui était chargée de pourvoir aux moyens de subsistance, maintenant c’est l'aumônier qui devait être retiré et donc ce sont les moyens spirituels de subsistance qui aurait été coupée. Le Supérieur du District, de toute évidence, a tenté de s'emparer du Carmel à Brilon-Wald, ce qui est tout à fait contraire à son affirmation de 1991 (une autre moyen de s’emparer du Carmel n'a pas été possible puisque la propriété avec ses bâtiments, monastères, chapelle et maison spirituelle est en la possession des religieuses). Toutes ses protestations d'innocence ne change rien. Le droit de déplacer un prêtre ne comprend pas le droit de laisser un monastère sans une nourriture spirituelle et d’infliger dans un certain sens un interdit, en dépit du fait que les carmélites n’ont été reconnues coupable d'aucune faute. Et l'enlèvement d'une religieuse de son monastère par un prêtre qui est sous sa propre autorité et l'hébergement de cette religieuse évadée dans sa propre maison, ne peuvent pas avoir lieu sans son consentement, d’autant plus que depuis il a défendu cette procédure illégale.
La rupture inévitable
La situation était claire pour les Carmélites. Elles ont informé Mgr. de Galarreta qu'il n'avait plus à se préoccuper d’elles dorénavant. Dans de telles circonstances la collaboration avec de telles personnes était impensable. Il était également clair pour le Chapelain qu'il ne pouvait pas suivre l’ordre du Supérieur du District. Car les ordres absurdes et injustes ne sont pas obligatoires. L’ordre  était absurde car dans une si courte période de moins de trois jours, il était impossible pour l’aumônier d’organiser toutes ses affaires courantes, d’emballer ses effets et d’organiser son déménagement. L’ordre était injuste car il était évidemment destiné à priver les Carmélites de Brilon-Wald de la sainte messe et des sacrements.
  
En effet, le Supérieur du District avait promis du bout des lèvres dans son «courrier recommandé» de pourvoir à un «remplaçant» pour le Chapelain, mais à la "date prévue" du 7 Mars rien n’avait été vu ou entendu à propos de ce « remplaçant». Au moins jusqu'à Pâques, le soin spirituel des sœurs auraient dû être assuré, et même au-delà, dans un délai raisonnable, afin de donner aux religieuses le temps de trouver elles-mêmes un nouvel aumônier. Puisque le Carmel n’était coupable d'aucune infraction mais simplement avait fait usage de son propre droit, il n'y avait pas de raison pour aucune punition - surtout en considérant les mérites innombrables que le monastère avait acquis pour le district d’Allemagne depuis près de trente ans.
  
Naturellement, on doit s'attendre à ce que la FSSPX se répande en toutes sortes d'insultes et de calomnies contre le Carmel de Brilon-Wald et tout au moins parle mal de lui, car ils ne peuvent le conquérir. Deuxièmement, on peut supposer que l'aumônier sera exclu de la Fraternité Saint-Pie X en raison de " sa désobéissance". Mais il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. "In Deo laudabo verbum, dans Domino laudabo sermonem:  dans Deo speravi, non timebo quid faciat mihi homo." (Ps 55,11). 


L'abbé Schmidberger annonce la rupture dans le bulletin d'Avril 2012 de la FSSPX du district d'Allemagne

... A ce stade, je dois transmettre un message très douloureux: Les Carmelites de Brilon-Wald, induites en erreur par leur aumônier, ont mis fin à leur amitié avec nous. Ce monastère a été fondé le 2 Février 1984, sous le patronage de saint Joseph et il était récemment composé de huit religieuses. Fin  Février, elles  informaient Mgr. de Galarreta qui est responsable des communautés religieuses amies qu'en raison du libéralisme dans la FSSPX, elles mettaient fin à leurs relations avec nous. Cela était une vraie menace pour leur foi.  Un an et demi au court duquel une longue influence a précédé cette décision, sur  laquelle il n'y avait pas assez de responsabilités. Ces derniers mois, des textes subversifs et diffamatoires ont apparemment circulé, écrits par des prêtres qui sont sur le point de nous quitter ou nous ont déjà quittés. Il est évident que les religieuses dans leur isolement, qui ne sont "informés" que par ce côté ne sont pas équipées contre un tel ennemi. Étape par étape, leur confiance a été ébranlée. En fin de compte, elles ont été victimes du père du mensonge et de la séduction. Et c'est ainsi que nous pouvons seulement dire avec souffrance: «Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, béni soit le nom du Seigneur."

Cette séparation devrait nous rappeler à tous les avertissements du grand Apôtre Paul: «Celui qui croit être debout, qu'il prenne garde de tomber." (1 Corinthiens 10:12). Il ne dit pas :" qui se tient », mais« celui qui croit être debout », précisément parce que beaucoup d'âmes se croient en sécurité, se baignent dans la vertu, tandis que l'orgueil et leur propre justice  ont pris leurs cœurs au piège depuis longtemps. L'entêtement, l'autosatisfaction, la condescendance, la critique, la fausse dialectique, la moquerie et la malice ne sont pas les dons de l'Esprit-Saint, mais les caractéristiques de l'adversaire de Dieu. Il n'est pas question pour lui qu'il provoque la chute d'une âme à travers ses faiblesses bien connues, ou à travers la fierté de ses propres vertus. Trop souvent, le diable se transforme en ange de lumière et effectue son travail - sub speci boni - sous le masque du bien. Si l'on porte son auto-justification trop loin, par exemple, la plus grande injustice peut être accomplie. Ce n'est pas pour rien que le vieux dicton dit: summum jus, summa injuria. Si vous avez fait le tour des dangers d'une mauvaise obéissance et éviter le libéralisme et le modernisme, vous êtes loin d'être à  l'abri d'une secte anti-libérale. Seule l'humilité de l'esprit, et peut-être plus encore du cœur, nous protège d' une chute. «Apprenez de moi", dit notre Seigneur, «car je suis doux et humble de cœur." (Matthieu 11:29)...

[SPO] Le pape François fait plus pour “Summorum Pontificum” que Benoît XVI…

SOURCE - SPO - 1er avril 2013

Si les Français ont donné au monde une multitude de fromages succulents et de vins gouleyants – tradition gastronomique millénaire dont une grande partie est née dans les monastères –, il faut bien admettre que les Anglo-Saxons ont apporté à l’humanité un humour toujours teinté de paradoxe qui n’est pas à négliger et qui est parfois un peu plus qu’un simple art d’agrément de l’existence… C’est sans doute au nom de cet humour paradoxal que l’abbé John Zuhlsdorf a mis en ligne sur son blogue un article intitulé « Merci, pape François ! », dans lequel il soutient « qu’en deux semaines, le pape François a fait plus pour promouvoir Summorum Pontificum que le pape Benoît XVI depuis qu’il l’a promulgué ». Mais comment donc ? Le Father Z revient sur la controverse du lavement des pieds de femmes par le pape François, et nous régale de ce commentaire dont je ne traduis ici que de larges extraits.
« Le rite du lavement des pieds est en fait optionnel, bien que cet acte soit peu compris des progressistes qui veulent rendre obligatoires les options qu’ils aiment pour tous ceux qui préféreraient s’en dispenser. Le droit liturgique prescrit que seuls des hommes (viri en latin) peuvent être choisis pour ce rite. Les prêtres qui entendent satisfaire à ce droit se devront faire face à une vive opposition des progressistes exigent que des femmes soient aussi choisies. Les évêques seront pressés d’expliquer comment des prêtres pourraient s’en tenir au droit alors que le Pontife lui-même en fait fi. En incluant des femmes, le pape a mis toutes les lois liturgiques en danger.

Les prêtres qui prendront l’option d’omettre le lavement des pieds lors de la Messe du Jeudi Saint seront considérés – paradoxalement – comme dissidents du droit qui exclut clairement les femmes d’avoir leurs pieds lavés. Pour éviter complètement ce dilemme, les prêtres et les laïcs catholiques souhaitant que soit respecté le droit liturgique auront l’option très convenable de la forme ancienne du rite romain, que l’on qualifie de “tridentin”, et qui a été libérée en 2007 par le pape Benoît XVI.

Après l’entrée en vigueur de Summorum Pontificum, un document explicatif intitulé Universæ Ecclesiæ fut promulgué pour aider les gens à interpréter convenablement la manière d’appliquer les dispositions du pape Benoît XVI. Universæ Ecclesiæ dit que toutes les coutumes ou pratiques liturgiques qui n’étaient pas d’usage avant 1962 (comme les servantes de Messe, la communion dans la main et, à présent, à ce qu’il semble, le lavement des pieds de femmes) ne doivent pas être intégrées dans les liturgies selon l’ancienne forme du rite romain. Les prêtres et les laïc catholiques qui veulent un Jeudi Saint sans dilemmes, sans controverses et sans bagarres quant à qui on peut laver les pieds, disposent de la légitime option du Missel Romain traditionnel qui est, véritablement, à l’épreuve des balles. »
C.Q.F.D.