18 mai 2013

[lechorepublicain.fr] Le chassé-croisé des tradis et des ultras

SOURCE - lechorepublicain.fr - 18 mai 2013

Les premiers partent de Chartres pour Paris, les seconds font le chemin inverse. Intégristes et traditionalistes vont marcher pendant 3 jours.

Près de 5.000 catholiques intégristes lefebvristes vont entamer ce matin à Chartres un pèlerinage de Pentecôte qui doit les conduire à pied dans les Yvelines et à Paris où sera célébrée une messe place Vauban. « Nous sommes plus nombreux à Paris qu’à Chartres, mais le nombre de pèlerins augmente en cours de route », précise Paule, fidèle de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, qui participe à ce pèlerinage depuis 1988. « C’est très intéressant. C’est une illustration, en réduction, de notre vie. C’est un petit village catholique qui se déplace sur les routes. On sort d’une certaine routine dans un but spirituel et après ces trois jours de marche et de prières, on rayonne, on est transformés intérieurement mais c’est de moins en moins compréhensible par une société matérialiste qui a perdu la foi. »« Le plaisir de péleriner »Ces “ultras” commenceront leur pèlerinage par une messe en latin célébrée selon le rite tridentin (antérieur au concile Vatican II), dans les jardins de l’évêché de la cathédrale de Chartres dont l’accès leur reste interdit par le Vatican. Dans le même temps et dans le chemin inverse, quelque 6.000 catholiques de la tradition romaine partiront ce matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour arriver lundi à la cathédrale Notre-Dame de Chartres avant la grande messe qui sera célébrée par Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles (Yvelines).
 
Ces deux pèlerinages sont opposés dans leur doctrine depuis le concile de Vatican II (1962-1965). « La foi est liée à la doctrine qui est malmenée mais chez nous, elle est préservée », affirme Paule. « La foi a deux aspects : la prédication et la dénonciation des erreurs. Les traditionalistes ont abandonné ce deuxième aspect. » Mais ces deux pèlerinages pourraient se croiser à hauteur de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. « Je n’ai jamais croisé de lefebvristes sur les routes », confie Augustin qui participe au pèlerinage de l’association Notre-Dame de la Chrétienté depuis 2000. « J’étais à la fac à Paris à l’époque et des amis m’ont proposé de les accompagner jusqu’à Chartres. J’ai découvert la tradition et le plaisir de “péleriner”. On est fatigué, on a mal aux pieds, on a attrapé des coups de soleil ou on a été trempés pendant ces trois jours. Mais on n’a qu’une envie, c’est de refaire ce pèlerinage l’année suivante. »
« La société a un regard un peu sévère »
Ce manager de 34 ans, qui marche dans un chapitre de trente personnes, en profite pour retrouver ses amis et faire une « retraite à ciel ouvert ». « Je n’ai plus de téléphone portable ni de montre pendant trois jours. Je ne pense plus à mon travail, mes charges et à mes responsabilités. Je ne pense qu’à l’essentiel, c’est-à-dire ma relation avec Dieu. » Chacun de ses pèlerinages lui a « apporté beaucoup » et permis d’« approfondir » sa foi. « La période n’est pas facile pour les croyants. La société a un regard un peu sévère sur la pratique de la foi. Dès que l’on sort de la charité, on n’a pas voix au chapitre. On nous interdit d’avoir une opinion. »

Augustin, qui a manifesté contre le mariage pour tous, n’est « pas favorable aux évolutions qui ne tiennent pas compte des conséquences qu’elles peuvent provoquer ». Mais il ressent une « recherche de rupture, de changement » chez les jeunes pèlerins qui veulent participer aux débats de société. « Il n’y a pas une écoute ni une volonté d’échanges en face mais ça n’a rien de surprenant. Le regard de la société sur les croyants est lié à une incompréhension mais les croyants ont vocation d’être témoins. La foi ne doit pas être qu’enfermée à l’intérieur de soi. Elle doit être visible. »

17 mai 2013

[Mgr d'Ornellas - diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo] Message aux pèlerins de Bretagne

SOURCE - Mgr d'Ornellas - diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo - 17 mai 2013

Il ne m’est guère possible d’être ce soir à 23h30 (au départ des cars). Dites de ma part aux pèlerins l’assurance de ma prière pour chacun et pour tous.

Que le Seigneur Jésus, selon sa Promesse, fasse descendre l’Esprit Saint dans le cœur de chaque pèlerin pour y répandre le don infiniment supérieur, celui de la charité.

En effet, la charité ne passe pas, comme l’affirme saint Paul. Comme l’a si bien compris sainte Thérèse de Lisieux, sans l’amour, les missionnaires refuseraient d’annoncer l’Évangile, de témoigner du Christ. Sainte Thérèse a su l’importance de l’éducation, elle qui reconnait qu’elle a eu un père plus digne du ciel que de la terre.

Je confie tous les pèlerins à l’intercession de la « Petite Thérèse », et des bienheureux Zélie et Louis Martin, ses saints parents. Que tous ceux et toutes celles qui ont la mission de l’éducation demandent à l’Esprit Saint ce don de la charité pour devenir des éducateurs selon le cœur de Dieu. Que chaque pèlerin réponde avec joie à l’appel à la sainteté, que Dieu ne cesse de faire entendre dans les cœurs. Comme l’a proclamé avec tant d’autorité et de solennité le concile Vatican II, tous les fidèles sont appelés à la « perfection de la charité ». C’est ainsi que l’Église demeure au milieu du monde le témoin de la miséricorde infinie et de la sainteté de Dieu.

Je recommande à tous les pèlerins de prier pour les chrétiens de Bretagne et pour leurs Pasteurs, afin que nous grandissions tous dans le grand commandement de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Je demande au Bon Pasteur de bénir chacun. Et je souhaite bien cordialement à tous une très belle et très joyeuse fête de la Pentecôte.


+ Pierre d’Ornellas


Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo

16 mai 2013

[Famille Chrétienne - Hervé Rolland / ND de Chrétienté] Chartres : les nouveaux pèlerins de la Pentecôte

SOURCE - Famille Chrétienne - Hervé Rolland / ND de Chrétienté - 16 mai 2013

Trois questions à Hervé Rolland, vice-président de Notre Dame de Chrétienté, qui organise le 31e pèlerinage de Pentecôte à Chartres, du 18 au 20 mai.
Comment accueillez-vous ceux qui font le pèlerinage pour la première fois ?
Le chef de chapitre rencontre les nouveaux avant le pèlerinage. À raison de trois ou quatre, parfois plus, les nouveaux sont répartis dans les différents chapitres (groupes de cinquante pèlerins en moyenne). Le chef de chapitre vérifie que les nouveaux aient de bonnes chaussures et de quoi se nourrir correctement pendant les trois jours. Enfin, pour ceux qui appréhendent de faire cent kilomètres en trois jours, une possibilité est offerte de ne marcher qu'une journée.
Parmi eux, y en a-t-il qui ne pratiquent pas la forme extraordinaire du rit romain ?
Ceux qui ne pratiquent habituellement pas la "messe traditionnelle" représentent un pèlerin sur trois. Du côté des prêtres accompagnants, sur un total de cent trente, les prêtres diocésains dont ce n'était pas la culture sont même une quarantaine ! Ce qui en fait le groupe de prêtres le plus nombreux à participer au pèlerinage. De leur côté, les laïcs bénéficient d'une présentation de la forme extraordinaire au cours d'un topo qu'ils reçoivent avec les autres membres de leur chapitre. Mais au cours du pèlerinage, il y a plus de questions sur l'Église et la morale que sur la forme de la messe. C'est pourquoi on n'hésite pas à reprendre les bases : qu'est ce que la Trinité, l'Église la Messe ...
En plus du thème du pèlerinage ?
Avoir un thème - cette année l'éducation, troisième point non négociable après la défense de la vie et de la famille abordée en 2011 et 2012 – n'empêche pas de reprendre les bases: en trente ans, le profil des pèlerins a changé. Avant, 95 % pratiquaient la "messe traditionnelle", et la catéchèse de base était connue à 100%. Ce n'est plus le cas non plus: un pèlerin sur dix est un recommençant. Ceux-là ne se posent même pas la question du rite.
Propos recueillis par Guilhem Gargnies

[SPO] Messe traditionnelle à la cathédrale Notre-Dame de Paris

SOURCE - SPO - 16 mai 2013

La Messe traditionnelle que la paroisse Saint-Eugène/Sainte-Cécile avait eu le projet de célébrer en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 17 avril dernier avait été annulée pour cause de Manif pour Tous… (voir ici). Ce n’était évidemment qu’un report comme nous l’avions expliqué (voir ). La paroisse vient d’annoncer son pèlerinage à Notre-Dame de Paris pour le mercredi 29 mai prochain. Départ de l’église Saint-Eugène à 19 h, arrivée à Notre-Dame vers puis célébration vers 20 h 15 de la Messe selon la forme extraordinaire. Ce pèlerinage se déroulant dans le cadre de l’Année de la Foi, une indulgence plénière peut être obtenue par les pèlerins aux conditions habituelles prévues par le diocèse de Paris.

15 mai 2013

[Abbé Benoit Storez, fsspx - Le Belvédère] Les racines profondes du mariage pour tous

SOURCE - Abbé Benoit Storez, fsspx - Le Belvédère - mai 2013

Notre pauvre pays qui a déjà apostasié en rejetant son Dieu, s'enfonce maintenant plus avant dans la perversion en rejetant même l'ordre naturel. Jamais le démon ne dira : « C'est assez », le mal n'a pas de limite. 

Mais au delà de l'actualité politique, il importe pour nous de remonter aux racines profondes de cette corruption de la société, car cette loi est l'aboutissement une volonté persévérante de dénaturer l'œuvre de Dieu. On pourrait en particulier faire deux réflexions : l'une concernant le mariage lui-même, l'autre concernant la complémentarité et la distinction entre l'homme et la femme.

Parmi les sept sacrements que Jésus-Christ a donné à l'humanité, cinq sont destinés à l'utilité personnelle, et deux au bien de la société. Les cinq premiers sacrements, qui sont le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, la Pénitence et l'Extrème- Onction, sont reçus pour notre sanctification propre. Les deux autres en revanche, qui sont l'Ordre et le Mariage, ont été institués pour le bien commun. En d'autres termes, on est baptisé pour soi, on reçoit la communion pour soi, mais le sacerdoce est reçu pour les autres, et le mariage est également pour les autres, en l'occurrence pour les enfants.

Cela ne signifie pas qu'il n'y ait aucun bien à tirer pour soi-même des sacrements de Mariage et d'Ordre. Le prêtre est le premier bénéficiaire de la grâce de pouvoir dire la messe. Mais il a reçu ce pouvoir avant tout pour la sanctification d'autrui : le sacerdoce est un service. De même les époux reçoivent dans le mariage des grâces particulières qui les aideront puissamment à se sanctifier. Mais par ce sacrement, c'est la sanctification de toute la famille qui est visée plus que la sanctification personnelle.

Cette réflexion sur le sacrement de Mariage peut même s'élargir au contrat de mariage, c'est-à-dire à l'engagement total et réciproque des époux l'un envers l'autre, contrat qui existe depuis le premier jour de la Création et que Jésus-Christ a élevé à la dignité de sacrement. Cet engagement a deux buts, qui sont les deux fins du mariage : premièrement la génération et l'éducation des enfants, et deuxièmement l'entraide mutuelle. L'épanouissement mutuel des époux est donc un des buts du mariage, mais c'est la fin seconde et non la fin première. Fin seconde ne veut pas dire accessoire, mais souligne simplement l'ordre qui existe entre ces deux fins indissociables, dont la seconde est subordonnée et vient en aide à l'obtention de la première.

Or depuis des années, on assiste à une inversion des fins du mariage : l'épanouissement mutuel est devenu premier, et le bien des enfants second. Cette erreur véhiculée par les penseurs modernes a pourtant été condamnée par les papes, par Pie XII en particulier (Allocution aux père de famille, 18 septembre 1951), mais on la voit aujourd'hui enseignée partout. Elle était insinuée dans le Concile Vatican II (Gaudium et spes n° 47 et suivants), puis a été explicité dans le nouveau code de droit canonique (canon 1055) et dans le nouveau catéchisme, dit catéchisme de l'Eglise catholique (n° 1601). Graduellement, les novateurs ont provoqué un véritable bouleversement qui va à l'encontre de toute la Tradition. Dès le début, des voix s'était élevées pour souligner qu'un tel renversement de valeur pouvait conduire fort loin, jusqu'à un ébranlement profond de la morale et de la notion même de mariage. Si en effet l'épanouissement personnel des époux est premier, alors tout ce qui permet cet épanouissement peut s'en trouver légitimer, y compris les déviations les plus honteuses. On le voit hélas aujourd'hui, et les malheurs de notre temps ne font que mieux souligner la sagesse de l'enseignement constant de l'Eglise et la perspicacité des défenseurs de la foi. On assiste à une perversion du mariage parce que le bien personnel des époux a été mis à la première place. Ce bien est important, certes, mais la doctrine de l'Eglise l'a toujours placé en second car il est au service des enfants à qui profitent la stabilité et l'harmonie de la famille. 

De ceci, il y a une conclusion pratique à tirer : c'est que le plus grand ennemi du mariage est l'égoïsme. Quand des époux ou des parents se recherchent eux-mêmes de façon habituelle, leur famille est en péril. Le mariage est construit sur un don, et lorsque l'on se donne, c'est sans retour et pour toujours. Dieu dans sa bonté veut que les époux profitent de ce don dans les joies de la vie de famille et trouvent en eux-mêmes la vérification de la parole de Dieu : « Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir ». Mais de même qu'il n'existe pas de vie ici-bas sans épreuve, de même il n'existe pas de vie de famille sans épreuve. Dans les moments de difficultés, il faut se rappeler que le mariage est un don de soi, et que dans la vie commune, ce don généreux que l'on a fait et que l'on renouvelle aide à porter et surmonter à deux les épreuves de la vie.

L'autre racine d'où est sorti ce texte qui ne saurait mériter le nom de loi, est l'entreprise menée de longue date pour gommer dans l'humanité la distinction entre hommes et femmes. On arrive aujourd'hui aux conclusions ultimes de cette stratégie persévérante et peut -être qu'un futur proche verra les documents officiels porter les mentions « parent 1 » et « parent 2 ». D'ailleurs, tant qu'à numéroter, pourquoi s'arrêter à deux ? 

C'est l'aboutissement d'un long processus de conditionnement des esprits. La femme a été vue comme inférieure à l'homme parce que le rôle de chef est dévolu à l'homme. Cette infériorité est une grave erreur, et qu'il suffise de dire que dans la Sainte Famille, celle qui devait être la Reine du ciel était soumise à saint Joseph, et n'en était pas diminuée pour autant. Saint Joseph d'ailleurs devait bénir le ciel de lui avoir donné une épouse qui l'aide et le seconde si bien dans sa responsabilité. Dans la famille, l'homme est la tête et la femme le cœur. 

Or de même que dans le corps, la tête et le cœur concourent à la vie, de même dans la famille, le mari et l'épouse concourent à la vie familiale. Contre cette sagesse du Créateur, la place de la femme a été vue comme un esclavage, une indignité. Les hommes malheureusement se sont souvent prêtés à cette erreur, confondant l'autorité avec la supériorité. De ce fait, ils ont soit fait de l'autorité une tyrannie, soit abdiqué au contraire de leur responsabilité comme si elle était humiliante pour autrui. 

Après avoir inculqué dans l'esprit des femmes ce sentiment d'infériorité, l'ennemi du genre humain a exploité notre fond d'orgueil pour pousser à la révolte contre l'ordre établi : c'est toute l'histoire du mouvement féministe, appelé aussi mouvement de libération de la femme, c'est tout dire. Tout ce qui est fait par l'homme doit pouvoir être fait par les femmes car, disent-ils, nous sommes tous égaux, et il est injuste qu'il y ait des préférences. Et voilà comment on pousse des femmes dans des métiers qui vont à l'encontre de leurs qualités naturelles. Des lois sont même édictées pour imposer la parité au nom de l'égalité. Toute cette pression qui s'exerce depuis des années a ultimement comme but de gommer la différence entre hommes et femmes en leur donnant les mêmes métiers, les mêmes responsabilité, les mêmes façons de vivre. 

La pression est telle que ces idées s'insinuent doucement même chez les catholiques. Il est difficile de se défendre d'une odeur répandue partout : elle finit par s'imprégner aux vêtements, par pénétrer partout. De même une idée répandue depuis si longtemps par tous les moyens possibles et imaginables finit par s'insinuer dans nos esprits presque à notre insu. Ainsi voit-on se répandre jusque dans nos chapelles une façon de s'habiller qui va directement à l'encontre de la distinction naturelle entre hommes et femmes, je veux parler bien sûr du pantalon féminin. Cette mode nouvelle, et l'idée qu'elle véhicule, s'est tellement bien insinuée que dans l'immense majorité des cas, ce n'est pas par effet de mode, encore moins par féminisme, mais tout simplement par commodité que ce vêtement est porté. Et l'on s'en excuse en alléguant que c'est la coutume maintenant, et qu'on ne peut plus dire que le pantalon soit un vêtement masculin. Pourtant, qui pourra nier que cette mode n'ait contribué efficacement à gommer la différence entre hommes et femmes ? Pour mettre dans les esprits des gens qu'ils sont identiques, commençons par les faire s'habiller de façon identique ! La mode a été lancée il y a fort longtemps, le démon est patient. Dès le début, des esprits avertis ont alerté des dangers d'une telle évolution, hélas en vain. Ainsi pendant des décennies, la mode a habitué les femmes à s'habiller comme les hommes afin d'atténuer autant que possible cette différence extérieure par trop flagrante. 

Aujourd'hui, nous arrivons aux conclusions de cette triste évolution : puisque la femme s'habille de la même façon, exerce les mêmes métiers, est en tout l'égal et la copie conforme de l'homme, c'est donc que la notion d'homme et de femme n'est pas une réalité naturelle mais simplement une convention sociale. On décore ça d'une belle théorie que l'on fait ensuite apprendre à l'école à grand renfort de programme scolaire obligatoire et de soi-disant littérature. Pauvres enfants qui grandissent en buvant pareil poison ! Dans une pareille perspective, la notion de mariage comme union d'un homme et d'une femme apparaît comme bien désuète et porteuse de valeurs dépassés. Ainsi s'en trouvent ruinées la famille et la société, au milieu des applaudissements de la classe politique. 

Mais pourquoi tant de rage à détruire notre nature ? Le démon cherche à corrompre le plus possible l'empreinte de la Sagesse de Dieu dans la Création. Mais surtout, il vise à la perte des âmes. Or il y a un dicton de sagesse populaire qui dit : on ne construit pas de surnaturel sur du naturel boiteux. La surnature en effet surélève la nature et s'appuie sur elle. Aussi pour mieux détruire le surnaturel, le démon s'attaque aussi au naturel, le corrompt et le transforme pour faire la société à son image : monstrueuse. 

Quel remède devant tant de maux ? Commençons par balayer devant notre porte. On juge l'arbre à ses fruits, la cause à ses effets. Témoin de tant de bouleversements, travaillons à en extirper les causes et les racines profondes. Il faut veiller à ne pas laisser s'insinuer chez nous les vapeurs d'une société qui se corrompt. Que les hommes soient des hommes et les femmes soient des femmes. Il y a des richesses distinctes et complémentaires qu'il faut veiller à cultiver. Il faut également sauvegarder les vertus d'oubli de soi et de générosité. La société se meurt d'égoïsme. Parents chrétiens : soyez toujours généreux et apprenez à vos enfants à se donner. 

Dans ce contexte de naufrage social, tournons nos yeux vers la Sainte Famille. Nous entrons dans le mois de Marie, lequel commence par la fête de saint Joseph. Quels plus beaux modèles pourrions-nous donner que la sainte Vierge et saint Joseph ? Saint Joseph, chef de famille à l'autorité ferme et douce, parfait modèle du devoir d'état bien accompli et protecteur infatigable de la Sainte Famille. La Très Sainte Vierge, modèle d'épouse et de mère, qui n'a pas brillé par l'éclat des miracles ou la prédication dans le monde entier, mais qui a tenu sa maison, a élevé l'Enfant-Jésus et a parfaitement rempli son rôle d'ange du foyer. N'y voyons pas une fonction accessoire indigne de sa grandeur, c'est la vie que Dieu a voulu pour celle qu'il a couronnée Reine du Ciel. C'est un rôle moins en vue que d'autres, certes, mais non moins grand. Saint Joseph, la Sainte Vierge, modèles du devoir d'état bien accompli, modèles d'ordre et de vertus chrétiennes! Imitons-les, prions-les : ils nous sauveront. 

Abbé Benoît Storez