25 juin 2013

[Abbé Patrick Girouard - sacrificium.org] Perception

SOURCE - Abbé Patrick Girouard - sacrificium.org - 25 juin 2013

Lorsque je parle avec les gens, plusieurs me posent la même question : « Mais, m. l’abbé, pourquoi Mgr Fellay agit-il de la sorte? Pourquoi lui et les autres supérieurs poursuivent-ils cette nouvelle stratégie vis-à-vis de Rome? »
Bien sûr, pour pouvoir répondre avec une certitude absolue, il faudrait que je sois Dieu! Mais, comme Il a daigné me choisir pour devenir un de Ses ministres sur la terre, je vais faire de mon mieux pour éclairer un peu cette question.
D’après ce que je puis comprendre à partir de diverses sources, les Supérieurs de la Fraternité, et ceux qui les suivent (ci-après nommés « disciples », pour faire court), croient que l’obtention d’une « normalisation canonique », d’une « reconnaissance officielle » par les autorités Romaines, serait le moyen d’atteindre plus d’âmes et de les aider à se sauver. (C’est oublier que ces pauvres âmes ont déjà neuf communautés « ralliées » pour les servir...). Pour Mgr Fellay et ses disciples, une telle « régularisation » réparerait aussi une injustice perpétrée envers la Fraternité St-Pie X. Ces deux motifs semblent, en soi, très bons, et même  dignes de louanges. Les gens bons sont en effet attirés par de bons motifs.
Avant de traiter du premier de ceux-ci, qui est davantage le sujet de cet éditorial, laissez-moi régler rapidement la question de l’ « injustice » commise envers nous : Depuis quand le fait d’être rejeté par de mauvaises personnes est-il devenu une injustice envers les bonnes? Que les hérétiques et les pervers me rejettent, ça me semble plutôt une bonne chose, non? J’irais jusqu’à dire qu’ils me font une fleur! Les Modernistes et les pervers de Rome ne m’ont pas dépouillé de mon appartenance à l’Église Catholique, ils m’ont simplement donné la joie de recevoir une des Béatitudes révélées par Notre Seigneur, celle de souffrir persécution pour la justice! Pourquoi voudrais-je donc qu’on me retire cette Béatitude?
Il est temps d’aborder notre argumentation : Si nous analysions les deux motifs des Supérieurs un peu sérieusement, nous comprendrions qu’ils reposent sur une fondation de sable, et qu’ils ne peuvent résister à l’examen. En effet, ces deux motifs viennent du désir que la FSSPX puisse un jour être bien perçue par ceux appartenant à l’Église officielle. En d’autres mots, la crise que nous traversons depuis environ quinze ans, depuis la fondation du « Groupe de Réflexion Entre Catholiques » (GREC) est basée sur une question de PERCEPTION, c’est-à-dire sur ce que les autres pensent de nous.
Ce groupe, fondé en 1997 par, entre autres, m. l’abbé Alain Lorans (en charge de DICI) et du prêtre Novus Ordo Michel Lelong, a comme but officiel d’amener une réconciliation entre la FSSPX et la Rome conciliaire. M. l’abbé Lorans l’a fondé avec la bénédiction de Mgr Fellay, et il a tenu celui-ci au courant de ses travaux. J’ai le livre écrit par le Père Lelong, qui y détaille l’historique du groupe. Parmi plusieurs choses il y dit que le GREC a suggéré à la Fraternité de demander, et à Rome d’accorder, deux signes de « bonne volonté » qui aideraient à une future réconciliation : 1-La liberté de l’Ancienne Messe; 2-La levée des « excommunications ». Le GREC a aussi suggéré que la Fraternité cesse de critiquer sévèrement les autorités Romaines et aussi de rejeter en bloc le Concile Vatican II. On connaît la suite. La Fraternité a demandé à Rome ces deux signes de « bonne volonté », et elle a aussi changé son style d’argumentation. (Au sujet de ce changement, je vous renvoie à mon sermon du 2 juin 2013 concernant le « branding » de la Fraternité). Il est intéressant de noter que, si toute la question de la « réconciliation » est basée sur la perception, les moyens pour l’atteindre se fondent eux-mêmes sur la perception.
En effet, nous savons tous : 1-Que l’Ancienne Messe n’a jamais eu besoin d’être « libérée », car la bulle Quo Primum a toujours donné le droit de la célébrer, peu importe ce que disent les évêques Novus Ordo; 2-Que les « excommunications » n’ont jamais été valides; 3-Que le nouveau style d’argumentation de la FSSPX résulte de son désir de ne plus être perçue comme « amère », « cruelle », « désobéissante », etc. Mais, bien qu’ils sachent bien tout cela, à quelque part Mgr Fellay et ses disciples se sont effrayés de la perception négative que les Catholiques de l’Église officielle retiraient de ces trois éléments. Ils ont commencé à croire qu’une telle perception négative constituait un obstacle au salut de ces pauvres âmes. C’est pourquoi, afin d’éliminer cet obstacle, ils ont décidé de suivre les suggestions du GREC, c’est-à-dire qu’ils ont choisi d’employer de mauvais moyens pour atteindre une bonne fin. N’importe qui ayant une connaissance minimale du catéchisme sait que ceci ne peut jamais être moralement permis.
De plus, en demandant à Rome de nous accorder ces deux signes de « bonne volonté », les dirigeants de la Fraternité ont sciemment agit extérieurement d’une façon contraire à ce qu’ils savaient intérieurement être vrai. Ils n’ont donc fait qu’augmenter la confusion des pauvres âmes qu’ils voulaient « sauver », puisqu’ils ont agi publiquement COMME SI l’Ancienne Messe avait été officiellement interdite, et COMME SI les excommunications avaient été valides, et COMME SI la Rome et le Pape conciliaires, ainsi que le Concile lui-même, n’étaient plus si mauvais, après tout. En d’autres mots, ils ont agi, à toutes fins pratiques, en menteurs et en hypocrites. Par la suite, Mgr Fellay et ses deux Assistants, qui forment ce qu’on appelle le Conseil Général, ont présenté à Rome une Déclaration Doctrinale datée du 15 avril 2012, laquelle est un monument d’une similaire hypocrisie. C’est un document qui tente, par le moyen d’une subtilité dans le choix des mots et des expressions, d’être accepté à la fois par les Modernistes et par les Traditionnalistes. C’est pourquoi Mgr Fellay a lui-même dit à plusieurs reprises que notre acceptation de ce texte dépendrait de notre disposition d’esprit lors de sa lecture (je fais référence à son expression « lunettes teintées en rose ou en noir »). Autant que je sache, le Conseil Général n’a pas encore envoyé à Rome un autre document officiel qui, cette fois, déclarerait que cette Déclaration Doctrinale était désormais révoquée, nulle et non avenue. Ce document d’avril 2012 constitue donc toujours la position officielle de la Fraternité sur ces questions. Peu importent en effet les déclarations à l’effet du contraire faites dans des sermons ou des conférences, car celles-ci n’ont aucune valeur officielle ou juridique. Elles ne sont qu’une nouvelle preuve que les dirigeants de la Fraternité agissent hypocritement, non seulement par rapport aux « Catholiques » de l’Église officielle, mais aussi envers leurs propres fidèles qui payent leurs factures.
Un autre exemple frappant d’hypocrisie est la Déclaration du Chapitre Général de 2012 de la Fraternité, et les six « conditions » à un accord pratique. Les dirigeants déclarent que la Fraternité a recouvré son unité, alors qu’en pratique cette soi-disant « unité » fut obtenue par l’expulsion de toute voix dissidente, incluant celle d’un des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre. C’est une unité fondée sur la peur et sur le mensonge. Ceux qui savent que la Fraternité fait fausse route ont peur d’être punis, et ceux qui approuvent la nouvelle orientation se sont fait avoir par les sophismes exposés plus haut. De plus, affirmer que les six « conditions », toutes faibles qu’elles sont, puissent nous protéger, c’est refuser de voir la réalité de la Rome actuelle, et c’est oublier ce qui est arrivé aux neuf autres communautés qui ont parcouru ce chemin avant nous. Cela n’est rien d’autre qu’un aveuglement intellectuel volontaire.
Ce que nous aimerions que tout le monde puisse comprendre, c’est que Mgr Fellay et ses disciples commettent la même erreur que le clergé lors de Vatican II : Ils basent leur stratégie sur une question de PERCEPTION. Vatican II fut en effet un effort visant à améliorer la perception des non-Catholiques vis-à-vis de l’Église. L’expérience ratée de l’Église conciliaire aurait dû empêcher les dirigeants de la Fraternité de tomber dans le même panneau, mais, depuis quand les enfants apprennent-ils de l’expérience des générations précédentes?
Que pouvons-nous faire pour que cesse cette absurdité? Je pense qu’il nous faut sortir de ce système hypocrite et de ce cycle de la peur. Nous devons nous lever pour la vérité, peu importe la perception que les autres ont de nous, et peu importent les châtiments. Ce qui a converti les païens lors des premiers siècles de l’Église, ce ne furent pas les Chrétiens qui ont essayé d’être bien « perçus ». Ce fut plutôt la constance de ceux qui furent prêts à donner leur vie par fidélité à leurs convictions. C’est pourquoi, mes chers amis, NOUS DEVONS RÉSISTER OUVERTEMENT ET FORTEMENT!

[Sacra Liturgia 2013] Intervention de Mgr Dominique Rey

SOURCE - Mgr Dominique Rey - Sacra Liturgia 2013 - 25 juin 2013

Intervention de Mgr Dominique Rey, en introduction du colloque Sacra Liturgia 2013 qui se déroule actuellement à Rome du 25 au 28 juin 2013 :
« Messieurs les cardinaux,
Messeigneurs,
Chers amis,

C’est une grande joie pour moi de vous accueillir dans cette université pontificale de la Sainte-Croix pour Sacra Liturgia 2013. Plus de 35 pays sont ici représentés. Bienvenue à tous!
Notre travail, en réalité, a déjà commencé avec la célébration solennelle des Vêpres dans la basilique de Saint-Apollinaire. Nous l’avons fait à dessein, car avant de débattre sur la sainte liturgie, nous devons nous immerger dans la vie liturgique de l’Église. La réalité de la liturgie dans laquelle nous sommes introduits au moment de notre baptême, précède toute étude de la liturgie. Etre liturgique vient d’abord, parler de la liturgie suit.

Et pourtant, il importe d’en parler et d’étudier la liturgie! Ici, dans l’aula magna, nous écouterons de nombreux experts et responsables en ce domaine. Je suis particulièrement reconnaissant envers Leurs Eminences les cardinaux Ranjith et Burke, et envers mes frères évêques, qui donnent de leur temps pour nous enseigner. De même, je tiens à remercier Leurs Eminences les cardinaux Canizares et Brandmueller qui célèbreront la messe et prêcheront pour nous. Je remercie également tous nos intervenants, en particulier ceux qui sont venus de très loin pour nous communiquer leur savoir avec perspicacité.

Sacra Liturgia 2013 fut inspiré par l’enseignement liturgique et l’exemple de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Il nous a enseigné l’importance de l’ars celebrandi, nous rappelant que «tout ce qui touche à l’Eucharistie devrait être marqué par la beauté» (Sacramentum Caritatis, n. 41). Il nous a démontré qu’il ne doit y avoir aucune opposition entre les formes anciennes et nouvelles du rite romain – qui ont toutes les deux leur place dans l’Eglise de la nouvelle évangélisation. Il nous a assuré que, dans l’Eglise catholique, d’autres traditions liturgiques peuvent être accueillies comme des « dons précieux » et autant de « trésors à partager » (cf. Anglicanorum cœtibus, § 5, III). C’est pour cette raison que je suis particulièrement heureux de relever que l’ordinaire de l’ordinariat Notre-Dame de Walsingham, Msgr Keith Newton, sera présent parmi nous.

Je souhaite que cette conférence soit un hommage à la vision et aux réalisations liturgiques de notre bien-aimé évêque émérite de Rome, Benoît XVI : Que Dieu le récompense pour tout ce qu’il nous a donné et lui accorde santé et longue vie!

Le pape Benoît XVI avait lancé l’année de la Foi, pendant laquelle nous nous réunissons, pour commémorer le 50e anniversaire du Concile Vatican II. Notre Saint-Père, le Pape François, a poursuivi cette initiative. Dès le départ, ce fut mon souhait que nous nous rencontrions ici, à Rome, pendant l’année de la Foi, afin d’être proches de Pierre, de lui manifester notre communion avec lui et de prier avec lui en la grande fête des saints Pierre et Paul. Que nous ayons l’occasion de le faire avec notre nouveau Saint-Père est une bénédiction de la Providence.

Il y a cinquante ans, en juin 1963, la première session du Concile Vatican II se terminait. Au bienheureux Jean XXIII venait de succéder le vénérable Paul VI, qui a poursuivi les travaux du concile. C’est Paul VI qui promulgua sa constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum concilium, le 4 décembre 1963, à la fin de la deuxième session du concile.

Cinquante ans plus tard, nous devons relire Sacrosanctum concilium. La réforme liturgique qui a suivi la promulgation de la constitution nous a beaucoup enrichis, en particulier dans sa promotion de la participation à la liturgie. Mais elle a aussi provoqué des controverses, tant par ses réformes officielles, que par sa traduction dans les langues vernaculaires, ou bien par ses mises en oeuvre locales disparates.

Nous devons reconnaître, comme l’a fait le Bienheureux Jean-Paul II, qu’il y eut à la fois des « lumières » et des « ombres » dans la vie liturgique de l’Église au cours des 50 dernières années (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 10). Nous devons nous réjouir des progrès légitimes qui ont été accomplis. Nous devons aussi tenir compte des leçons que nous enseignent les erreurs commises durant ces cinquante dernières années. C’est pourquoi nous devons reconsidérer la constitution liturgique et redécouvrir sa véritable signification. Peut-être devons-nous, à travers ce que le cardinal Ratzinger a appelé une « réforme de la réforme », corriger certaines pratiques ou récupérer certains éléments que nous avons perdus. Peut-être que certains aspects nécessiteraient d’être travaillées selon la dynamique d’enrichissement mutuel que suggérait Benoît XVI.

Par-dessus tout, nous devons promouvoir un authentique renouveau liturgique dans toute sa richesse et sa diversité catholiques. Nous devons promouvoir la liturgie telle que l’Eglise nous la donne, ce que les Pères et les Papes du Concile Vatican II ont désiré.

Ce travail liturgique ne peut pas être laissé de côté comme s’il s’agissait d’une préoccupation marginale. La liturgie n’est pas une question périphérique pour l’Eglise. Comme le cardinal Ratzinger l’écrivait en 1997: « la vraie célébration de la sainte Liturgie est le centre de tout renouvellement de l’Église. » Et comme Sacrosanctum concilium nous l’enseigne, la sainte Liturgie est le «Culmen et fons », « la source et le sommet » de la vie et la mission de toute l’Eglise (cf. n. 10).

Chers amis, la liturgie n’est pas un passe-temps pour les spécialistes. Elle est au centre de tous nos engagements en tant que disciples de Jésus-Christ. Cette réalité profonde ne peut pas être surestimée. Nous devons reconnaître la primauté de la grâce dans notre vie chrétienne, et nous devons respecter le fait que, pour un chrétien, c’est dans la sainte Liturgie que la rencontre avec le Christ se réalise de la manière la plus haute.

En tant qu’évêque il est de mon devoir de faire tout mon possible pour promouvoir la nouvelle évangélisation engagée par le bienheureux Jean-Paul II. Je tiens à affirmer très clairement que la nouvelle évangélisation doit être fondée sur la célébration fidèle et féconde de la sainte liturgie telle que nous la recevons de l’Eglise dans sa tradition orientale et occidentale.

Pourquoi? Parce que c’est dans la liturgie que nous recevons l’action salvifique de Jésus-Christ dans son Eglise aujourd’hui d’une manière que nous ne rencontrons nulle part ailleurs. Dans la liturgie, le Christ nous touche, nous nourrit et nous guérit. Il nous renforce et nous conduit par des grâces particulières. Quand nous prions liturgiquement, nous le faisons en communion avec toute l’Église, des présents, des absents, des vivants ou des morts. Bien sûr, il y a d’autres pratiques spirituelles bonnes et de grande valeur, mais aucune ne bénéficie de l’objectivité et de l’efficacité singulière de la liturgie (cf. Sacrosanctum concilium, n. 7).

La nouvelle évangélisation n’est pas une idée ni un programme : c’est une nécessité que chacun de nous parvienne à connaître plus profondément la personne du Christ et, ce faisant, devienne davantage capable de conduire les autres vers Lui. Pour cela, le meilleur moyen est de commencer par la sainte Liturgie, et si elle n’est pas célébrée correctement de quelque manière que ce soit, ou si je n’y suis pas convenablement préparé, cette rencontre avec le Christ sera entravée, la nouvelle évangélisation en souffrira.

C’est pourquoi notre célébration de la liturgie est si importante. Nous devons laisser le plus de place possible à l’action du Christ dans la liturgie, et non pas la limiter. Si je change ou refonde la liturgie de l’Église selon mes propres désirs ou une idéologie subjective, comment puis-je être sûr que ce que je fais est en vérité son oeuvre? Alors que, si je célèbre fidèlement ce que l’Église nous a donné – et que je le célèbre aussi magnifiquement que possible – je puis être assuré de me mettre au service de l’action du Christ, d’être un ministre de ses mystères sacrés et non pas un obstacle sur son chemin (cf. Mt 16, 23). Chacun d’entre nous, ministres ordonnés, religieux et laïcs, est appelé à cette fidélité et à ce respect pour le Christ, pour son Eglise et pour ses rites liturgiques.

Et c’est pourquoi la formation liturgique est cruciale. Je dois obtenir « de l’intérieur » en quelque sorte, la conviction que le Christ est en effet à l’œuvre dans les rites sacrés de l’Église. Je dois me plonger dans cette dynamique privilégiée et découvrir ses chemins. Cela m’amènera à la personne de Jésus Christ, encore et encore. Et cela me permettra de porter le Christ aux autres.

La formation, la célébration liturgique et la mission de l’Église sont toutes les trois intrinsèquement liées. C’est pourquoi nous sommes ici : pour examiner cette relation et examiner sa signification et son importance pour l’Église au début du XXIe siècle. Si nous le faisons bien, nous construirons vraiment des bases très-solides pour la nouvelle évangélisation.

Sacra Liturgia 2013 n’aurait pas pu avoir lieu sans le soutien de nombreuses personnes. Je suis grandement reconnaissant envers le recteur de la belle basilique de St-Apollinaire, Mgr Pedro Huidobro, de bien vouloir nous accueillir. Je suis également profondément reconnaissant envers nos nombreux soutiens pour leur aide matérielle : les Chevaliers de Colomb, Ignatius Press, CIEL Royaume-Uni, Granda, The Cardinal Newman Society, Human Life International, De Montfort Musique, Arte Poli, Una Voce international, Ars Sacra, La Nef, Libreria Leoniana et Editions Artège. Pour l’accueil qui nous a été réservé ici à l’université pontificale Santa Croce, pour ses excellentes installations, nous sommes tous redevables. De même, je remercie l’équipe des organisateurs et des bénévoles qui ont tant fait pour préparer cet événement.

Chers amis, nous sommes ici pour écouter, apprendre et partager les uns avec les autres, mais nous sommes aussi ici pour prier – ici dans la basilique de Saint-Apollinaire et aussi avec le Saint Père, le Pape François, dans la basilique Saint-Pierre samedi. Si nous nous acquittons bien de tout cela, nous nous rapprocherons du Christ que nous adorons dans la sainte liturgie, et nous serons en mesure de devenir les évangélisateurs dont notre monde a tant besoin.

Que Dieu bénisse nos efforts!

Je vous remercie. »

22 juin 2013

[RTS] Des prêtres perturbent la Pride 2013 à Fribourg

SOURCE - rst.ch - 22 juin 2013

A Fribourg samedi, le cortège de la Pride 2013, manifestation festive luttant contre les discriminations sexuelles qui a réuni 12'000 personnes, a été perturbé par des prêtres et une vingtaine de jeunes représentants de la fraternité Saint-Pie X.

Quelques prêtres et une vingtaine de jeunes représentants de la fraternité Saint-Pie X ont brièvement perturbé le cortège de la Pride samedi après-midi à Fribourg.

En embuscade parmi la foule le long du parcours de la parade, ils ont manifesté leur opposition par des slogans sur des pancartes dans la prière et le silence.

Dans une lettre envoyée à l'évêque de Lausanne, Genève et Fribourg Charles Morerod, ils ont regretté que l'Eglise se taise face à cet "étalage contre-nature", a indiqué un prêtre en soutane sur place. Ces mêmes prêtres étaient déjà intervenus lors de la Pride de Delémont l'an dernier. A Fribourg, en présence de la police, ils ont été copieusement sifflés par le cortège, qui a fait une halte devant eux.
Quelque 12'000 personnes
Pour leur répondre, une quinzaine de membres des "soeurs de la perpétuelle indulgence", un mouvement gay fondé à San Francisco en 1979, ont entonné un "gloria" parodié.

Le cortège, de retour à Fribourg après quatorze ans d'absence, a rassemblé près de 12'000 personnes [...].

ats/kkub/olhor

[Credidimus caritati] Mgr Lefebvre : Le pape actuel est le pasteur de l’Église universelle

SOURCE - Credidimus caritati - 22 juin 2013

Au tournant des XIXe et XXe siècles, les historiens avaient coutume de parler des « Deux France ». Il y avait la France catholique, royaliste et ultramontaine d’un côté, et la France républicaine, anticléricale et laïque de l’autre. Dire en laquelle de ces deux « France » nous nous reconnaissons n’est pas un grand mystère… Il s’agissait pour ces auteurs de distinguer des tendances ou plutôt des mouvements d’idée, non de différencier des entités structurelles clairement définies. Ainsi, serait-il absurde et ce serait même un sophisme que d’avancer que l’actuel président de la République gouverne un autre pays que la France sous prétexte qu’il serait à la tête de la France laïque à l’exclusion de la France catholique.

Afin de mieux nous aider dans la compréhension de la situation de l’Église, Mgr Lefebvre prononça une déclaration très claire distinguant deux tendances dans l’Église : la Rome éternelle, catholique et gardienne de la foi d’une part et la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante d’autre part. Mais on userait du même sophisme si on concluait de cette distinction que le pape est simplement le chef de l’Église conciliaire mais pas de l’Église catholique. On aboutirait d’ailleurs à une situation où l’Église catholique n’aurait, quant à elle, plus de chef. Cela a un nom : le sédévacantisme.

Plusieurs années après avoir prononcé sa fameuse déclaration de 1974, Mgr Lefebvre, s’adressant à ses séminaristes d’Écône, reprochait à certains de mal interpréter ses propos et rappelait que les papes actuels, malgré leurs déviances, sont bien évêques de Rome, successeurs de Pierre et pasteurs de l’Église catholique:
« Je ne veux pas dramatiser ce qui n’est pas dramatique, mais j’ai parfois l’impression que il y en a vraiment qui ont une manière d’interpréter les choses, même les choses que je dis moi-même ici ou les choses qui sont dites par les professeurs ou par M. le directeur, d’une manière qui n’est pas toujours exacte, qui n’est pas toujours très juste. Dieu sait combien de fois j’ai déjà eu l’occasion de parler très clairement de ce qu’il fallait penser du pape, de ce qu’il fallait penser de la messe, de l’assistance à la messe nouvelle, combien de fois j’ai eu l’occasion de parler de ces choses-là, mais il semble qu’il y ait toujours à ce sujet-là, certaines discussions, de mauvaises compréhensions. Je sais bien qu’on se trouve dans une période difficile, douloureuse. Il n’y a plus d’autorité, il n’y a plus de gouvernement. Le pape n’est pas hérétique, mais il laisse se diffuser malheureusement l’hérésie partout, par la faveur donnée précisément à cet œcuménisme et à cette ambiance qui fait qu’on se demande si la foi dans l’Eglise, dans la vérité de l’Eglise catholique et dans l’unicité de l’Eglise catholique, est encore bien ancrée dans sa pensée et dans sa manière de voir. Mais enfin, je ne pense pas qu’on puisse dire que les papes libéraux que nous avons eus depuis le pape Jean XXIII soient des hérétiques formels. Alors je pense également qu’il faut toujours nous rappeler qu’il ne peut pas y avoir d’autre pape que celui qui est sur le siège de Pierre, que l’évêque de Rome. Le pape est pape parce qu’il est évêque de Rome. Il est d’abord évêque de Rome. Ensuite, parce qu’il est évêque de Rome, il est sur le siège de Pierre, il est successeur de Pierre et donc pasteur de l’Eglise universelle. C’est une chose très importante, fondamentale pour l’Eglise. Même si le pape devait quitter Rome un jour, chassé de Rome qui était dévastée par les ennemis, eh bien ce serait toujours l’évêque de Rome qui serait le successeur de saint Pierre, même dans la diaspora, même parti, il serait toujours celui qui est choisi par le clergé romain, élu par le clergé romain. Et le clergé romain, ce sont les cardinaux actuellement, qui ont tous un titre à Rome, un titre de paroisse. Ils sont tous curés de Rome. Ce sont les curés de Rome qui élisent le pape. C’est parce qu’il est évêque de Rome qu’il est pape. Et c’est pourquoi le pape va toujours prendre possession solennellement de la cathédrale de son diocèse, du diocèse de Rome au Latran, d’une manière solennelle. Alors on ne peut pas se séparer. »

(Conférence aux séminaristes du 10 janvier 1983)

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Chute horrible -- II

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison - 22 juin 2013

«Horrible» peut sembler un mot trop fort pour qualifier le changement de direction dans la Fraternité St Pie X qui est sorti au grand jour il y a un an. Pourtant, si l’Enfer est horrible, si on ne peut l’éviter sans la Foi ; si la Foi se trouve en grand danger dans l’Église désamorcée par Vatican II, mais une forteresse de la vraie Foi s’est établie par miracle dans cette Église défaite ; et si enfin cette forteresse se défait maintenant, alors le mot « horrible » n’est peut-être pas de trop.

La FSPX n’est pas encore complètement par terre, mais elle est tombée bien bas, et la chute totale est possible. Les chefs qui promeuvent habilement cette chute depuis 15 ans sont encore au pouvoir. Ils ont suivi Mgr Lefebvre tant qu’il était en vie, mais ils n’ont jamais compris, ou bien ils ont cessé de vouloir comprendre pourquoi il a fondé la FSPX, à savoir pour résister à l’effondrement des prélats Conciliaires qui cherchaient à aligner l’Église sur le monde moderne, attirant mais corrompu. Dès que Mgr Lefebvre n’était plus là, l’attraction a vite fait d’éblouir ses successeurs par le moyen de GREC entre d’autres.

Et maintenant ces chefs traînent derrière eux bon nombre des anciens prêtres de la FSPX, et ils déforment les jeunes. Quant aux anciens prêtres, tout comme après Vatican II, ceux qui ont été formés par Mgr Lefebvre peuvent souffrir beaucoup sous la pression exercée par la néo-Fraternité pour les réformer, au moins jusqu’au moment où ils se décident à suivre le courant actuel, mais dès ce moment-là c’est leur conscience qu’ils doivent anesthésier. Quant aux jeunes prêtres, tout comme après Vatican II, ayant été normalement plus ou moins mal formés selon la nouvelle direction, ce n’est que par eux-mêmes qu’ils peuvent retrouver l’ancienne direction, parce qu’on ne leur enseigne plus les vraies raisons du combat de Mgr Lefebvre. En effet les séminaires de la F SPX deviennent lentement des séminaires de la néo-Église. Il faut faire attention avant de les recommander aux jeunes hommes qui pensent à la vocation.

Et vers les sommets de la FSPX? Voici la position récente d’un membre de la FSPX qui a bien compris le combat doctrinal de Mgr Lefebvre. Pendant longtemps il l’a soutenu, mais puisque les Discussions Doctrinales de 2009 à 2011 ont prouvé que Rome persévérait dans son erreur doctrinale, en 2013 il approuve que le Chapitre Général de 2012, en établissant les six conditions d’un accord pratique, ait abandonné l’exigence par la FSPX d’un accord doctrinal avec Rome. Néanmoins il est content que la baisse des exigences n’ait pas abouti à l’accord visé ! Sans doute les Romains ont estimé que l’abandon de ses principes par la FSPX n’était pas encore assez complet, mais cela n’empêche pas ce confrère de se réjouir d’une éventuelle reprise des contacts entre les chefs de la FSPX et l es Romains, comme si l’abandon à moitié ne risquait pas de devenir un abandon complet lorsque ces chefs retourneront à Rome à genoux pour mendier un statut canonique pour la FSPX.

Mais qu’est devenue l’intelligence de ce confrère? Tout comme tant de bons prêtres sous la tyrannie de Paul VI à la suite de Vatican II, il l’a détachée de la doctrine et il l’oblige à suivre le courant. Sa conscience ne peut guère être tranquille, mais fort probablement sa volonté se raffermit pour préférer l’intérêt apparent de la FSPX au vrai bien de la Foi, bien qui est incompatible avec la soumission officielle aux ennemis puissants de la Foi. En prononçant sa solidarité avec ces chefs de la FSPX qui poursuivent une telle soumission, il ne perdra pas nécessairement lui-même la Foi, mais par sa nouvelle condescendance envers les apostats de Rome il risque au moins de faciliter la perte de la vraie foi pour bon nombre d’autres âmes.

Quant aux chefs actuels de la FSPX, ils se sont embourbés dans la duplicité, parce qu’ils doivent encore se tromper, eux-mêmes d’abord et ensuite leur monde, qu’ils restent fidèles à la religion de Dieu et de Mgr Lefebvre, alors qu’en réalité ils veulent appartenir à l’Église officielle dédiée, elle, à la nouvelle religion de l’homme. La perte des âmes et la duplicité sont une double horreur. Que peut-on faire? A suivre.

Kyrie eleison.