6 juillet 2013

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Débats vif

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison - 6 juillet  2013
Le problème de l’autorité paralysée (voyez ce “Commentaire” du 1 et du 29 juin) excite une réaction vive de la part de quelques lecteurs. D’une part il y a des catholiques vaillants qui me disent qu’en ÉTANT évêque je dois AGIR en évêque en me mettant a la tête du mouvement de la “Résistance”. D’autre part un prêtre également vaillant qui a bien connu le “sédévacantisme” m’avertit que je ne dois pas déchaîner d’église parallèle en consacrant des évêques de plus, sauf en cas de Guerre Mondiale, persécution physique ou vieillesse désastreuse (remarquez, il y en a qui prétendent que celle-ci est déjà arrivée...). 

Bien sûr, le problème remonte à Vatican II. Au bout d’une glissade de sept cents ans les hommes de l’Église Conciliaire, en corrompant la doctrine de l’Eglise, ont divisé la Vérité catholique d’avec l’Autorité catholique, moyennant quoi ils ont tellement discrédité l’autorité officielle de l’Église que des âmes comme celles évoquées ci-dessus ne voient plus qu’elle soit nécessaire. Mais l’autorité centrale de l’Église, étant donnés la diversité naturelle et le péché orginel du genre humain, est absolument nécessaire pour garantir l’unité et la survie de l’Église, non seulement pour la Vérité mais aussi pour les sacrements et pour le gouvernement de l’Eglise. 

Voici pourquoi tout évêque ou prêtre a besoin non seulement du pouvoir sacrementel de son Ordre, pouvoir qu’il ne peut perdre pour toute l’éternité, mais aussi du pouvoir de juridiction, c’est-à-dire le pouvoir de dire (dictio) le droit, ou ce qui est juste (ius, iuris). Le clerc ne reçoit pas ce dernier pouvoir avec son Ordre, et il ne peut pas se le donner à lui-même. Il ne peut le recevoir que d’en haut, à savoir d’un Supérieur ecclésiastique, en fin de comte du Pape, et le Pape de Dieu. Donc lorsque ces âmes vaillantes me disent qui je SUIS évêque (de par mon Ordre), en sorte que je suis délinquent si je n’AGIS pas comme tel en disant (dictio) à la “Résistance” ce qu’elle doit faire (ius), très probablement ils confondent les deux pouvoirs distinc ts de l’évêque. 

Cependant il se peut qu’ils retrouvent instinctivement une autre doctrine de l’Eglise et du bon sens, à savoir celle de la juridiction de suppléance: en cas de nécessité où pour quelque raison que ce soit, les Supérieurs ne fournissent pas la juridiction nécessaire pour le salut des âmes, l’Eglise la supplée. Par exemple, la juridiction normalement nécessaire pour entendre validement les Confessions peut manquer à un prêtre, mais si un pénitent lui demande d’entendre sa Confession, alors en cas de nécessité le prêtre peut l’entendre et le sacrement sera valide. Or, le cas de nécessité gravissime créé dans l’Église par Vatican II a été sans aucun doute même aggravé par l’infâme Déclaration Doctrinale qui est sortie au mois d’avril du Quartier Général de la FSSPX, document qui prouve que la dernière forteresse de la vraie Foi dans l’Église est en train de s’effondrer. 

Mais la juridiction de suppléance a une faiblesse, parce que n’étant pas officielle elle est d’autant plus apte a être mise en question. Par exemple, la Rome Conciliaire nie que Vatican II ait créé un cas de nécessité dans l’Église, et partant elle exerce sur la FSSPX une pression pour que celle-ci se soumette a l’autorité Conciliaire, pression qui ne réussit que trop bien. Tel est le besoin pour l’autorité d’etre officielle. Même Mgr. Lefebvre a perdu plus ou moins un prêtre sur quatre de tous ceux qu’il a ordonnés pour la FSSPX, parce qu’il n’avait aucun pouvoir pour les empêcher de s’en éloigner tout simplement. Voilà cette crise incroyable de l’Église. Donc si un prêtre ou fidèle me demande de lui donner des commandes, lui-même il peut les disputer quelques mois pl us tard, ou bien aussitôt qu’il estimera qu’il n’a plus besoin de leur obéir. 

Mais la crise n’en est pas moins réelle, et elle ne va que s’aggraver jusqu’au moment où Dieu interviendra pour restaurer le catholicisme du Pape, ce que Dieu fera aussitôt qu’assez de catholiques le supplieront d’ouvrir les yeux du Pape. Jusqu’alors le cas de nécessité toujours plus grave dans l’Église est apte à fortifier de plus en plus cette autorité non officielle, mais que le Bon Dieu nous aide a éviter toute anarchie qui ne s’impose pas. 

Kyrie eleison.

4 juillet 2013

[Le Petit Placide] Draguigan - Tour de France

SOURCE - Le Petit Placide - 4 juillet 2013

2 juillet 2013

[Paix Liturgique] Sacra Liturgia, un grand pas vers la paix liturgique

SOURCE - Lettre de Paix Liturgique - n°394 - 2 juillet 2013

Affirmer les droits de Dieu dans la liturgie : telle pourrait être la synthèse lapidaire du colloque Sacra Liturgia qui vient de se tenir à Rome sous la houlette de l'évêque de Fréjus-Toulon, Mgr Dominique Rey. Il était le deuxième de ce type, le premier s’étant déroulé il y a deux ans, sous le titre d’Adoratio. L’organisation était de grande qualité : le colloque avait lieu à l’Université Santa Croce, de l’Opus Dei, près de la place Navone ; les interventions étaient traduites simultanément en plusieurs langues.

Le colloque était « biformaliste », c'est-à-dire que la liturgie était célébrée en la très belle basilique Saint-Apollinaire tant dans la forme ordinaire du rite romain (comme la messe pontificale, très solennelle, en latin et grégorien, du cardinal Cañizares, Préfet du Culte divin), que dans la forme extraordinaire (comme la messe pontificale du cardinal Brandmüller).

Ouvert par une conférence du cardinal Ranjith et conclu par une conférence du cardinal Burke, ce congrès international a été un franc succès. Non seulement par le nombre et la qualité des intervenants comme des participants (pas loin de 350) mais aussi par l'ambiance sereine et non polémique qui présidait à ces journées.

Bien loin de vouloir « donner des leçons » à qui que ce soit, surtout à Rome, les intervenants et les assistants s’exprimaient paisiblement, avec cette liberté intellectuelle qui s’établit sous le nouveau pontificat, dont la liturgie n’est manifestement pas la priorité mais qui laisse un paisible espace à tous ceux qui œuvrent dans la vigne du Seigneur et qui portent du fruit. « Dès le départ, a dit avec force Mgr Rey, ce fut mon souhait que nous nous rencontrions ici, à Rome, pendant l’année de la Foi, afin d’être proches de Pierre, de lui manifester notre communion et de prier avec lui en la grande fête des saints Pierre et Paul. Que nous ayons l'occasion de le faire avec notre nouveau Saint-Père est une bénédiction de la Providence. »

Nous reviendrons dans une prochaine lettre sur l'intervention de ce colloque la plus marquante à nos yeux, celle de Mgr Alexander K. Sample, archevêque de Portland, qui a reçu le pallium des mains du Saint-Père ce 29 juin, lors de la fête des saints Pierre et saint Paul. Pour l'heure, nous souhaitons retranscrire le mot d'ouverture prononcé par Mgr Rey, suivi de ses commentaires en conclusion de cet événement important que Paix liturgique a pu couvrir dans son intégralité.
I – SACRA LITURGIA 2013 : DISCOURS D'INTRODUCTION DE MGR DOMINIQUE REY
C’est une grande joie pour moi de vous accueillir dans cette Université pontificale de la Sainte-Croix pour Sacra Liturgia 2013. Plus de 35 pays sont ici représentés. Bienvenue à tous !

Notre travail, en réalité, a déjà commencé avec la célébration solennelle des Vêpres dans la basilique de Saint-Apollinaire. Nous l’avons fait à dessein car, avant de débattre sur la sainte liturgie, nous devons nous immerger dans la vie liturgique de l'Église. La réalité de la liturgie dans laquelle nous sommes introduits au moment de notre baptême, précède toute étude de la liturgie. Être liturgique vient d’abord, parler de la liturgie suit.

Et pourtant, il importe d’en parler et d'étudier la liturgie ! Ici, dans l'aula magna, nous écouterons de nombreux experts et responsables en ce domaine. Je suis particulièrement reconnaissant envers Leurs Éminences les cardinaux Ranjith et Burke, et envers mes frères évêques, qui donnent de leur temps pour nous enseigner. De même, je tiens à remercier Leurs Éminences les cardinaux Cañizares et Brandmüller qui célèbreront la messe et prêcheront pour nous. Je remercie également tous nos intervenants, en particulier ceux qui sont venus de très loin pour nous communiquer leur savoir avec perspicacité.

Sacra Liturgia 2013 fut inspiré par l'enseignement liturgique et l'exemple de Sa Sainteté le pape Benoît XVI. Il nous a enseigné l'importance de l'ars celebrandi, nous rappelant que « tout ce qui touche à l'Eucharistie devrait être marqué par la beauté » (Sacramentum Caritatis, n. 41). Il nous a démontré qu'il ne doit y avoir aucune opposition entre les formes anciennes et nouvelles du rite romain – qui ont toutes les deux leur place dans l'Église de la nouvelle évangélisation. Il nous a assuré que, dans l’Église catholique, d'autres traditions liturgiques peuvent être accueillies comme des « dons précieux » et autant de « trésors à partager » (cf. Anglicanorum cœtibus, § 5, III). C’est pour cette raison que je suis particulièrement heureux de relever que l’ordinaire de l'ordinariat Notre-Dame de Walsingham, Mgr Keith Newton, sera présent parmi nous.

Je souhaite que cette conférence soit un hommage à la vision et aux réalisations liturgiques de notre bien-aimé évêque émérite de Rome, Benoît XVI : Que Dieu le récompense pour tout ce qu'il nous a donné, et lui accorde santé et longue vie !

Le pape Benoît XVI avait lancé l'année de la Foi, pendant laquelle nous nous réunissons, pour commémorer le 50ème anniversaire du Concile Vatican II. Notre Saint-Père, le pape François, a poursuivi cette initiative. Dès le départ, ce fut mon souhait que nous nous rencontrions ici, à Rome, pendant l’année de la Foi, afin d’être proches de Pierre, de lui manifester notre communion avec lui et de prier avec lui en la grande fête des saints Pierre et Paul. Que nous ayons l'occasion de le faire avec notre nouveau Saint-Père est une bénédiction de la Providence.

Il y a cinquante ans, en juin 1963, la première session du Concile Vatican II se terminait. Au bienheureux Jean XXIII venait de succéder le vénérable Paul VI, qui a poursuivi les travaux du Concile. C'est Paul VI qui promulgua sa constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, le 4 décembre 1963, à la fin de la deuxième session du Concile.

Cinquante ans plus tard, nous devons relire Sacrosanctum Concilium. La réforme liturgique qui a suivi la promulgation de la constitution nous a beaucoup enrichis, en particulier dans sa promotion de la participation à la liturgie. Mais elle a aussi provoqué des controverses, tant par ses réformes officielles, que par sa traduction dans les langues vernaculaires, ou bien par ses mises en œuvre locales disparates.

Nous devons reconnaître, comme l'a fait le bienheureux Jean-Paul II, qu'il y eut à la fois des « lumières » et des « ombres » dans la vie liturgique de l'Église au cours des 50 dernières années (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 10). Nous devons nous réjouir des progrès légitimes qui ont été accomplis. Nous devons aussi tenir compte des leçons que nous enseignent les erreurs commises durant ces cinquante dernières années. C’est pourquoi nous devons reconsidérer la constitution liturgique et redécouvrir sa véritable signification. Peut-être devons-nous, à travers ce que le cardinal Ratzinger a appelé une « réforme de la réforme », corriger certaines pratiques ou récupérer certains éléments que nous avons perdus. Peut-être que certains aspects nécessiteraient d’être travaillés selon la dynamique d’enrichissement mutuel que suggérait Benoît XVI.

Par-dessus tout, nous devons promouvoir un authentique renouveau liturgique dans toute sa richesse et sa diversité catholiques. Nous devons promouvoir la liturgie telle que l'Église nous la donne, ce que les Pères et les Papes du Concile Vatican II ont désiré.

Ce travail liturgique ne peut pas être laissé de côté comme s’il s’agissait d’une préoccupation marginale. La liturgie n'est pas une question périphérique pour l'Église. Comme le cardinal Ratzinger l’écrivait en 1997 : « La vraie célébration de la sainte Liturgie est le centre de tout renouvellement de l'Église. » Et commeSacrosanctum Concilium nous l’enseigne, la sainte Liturgie est le culmen et fons, « la source et le sommet » de la vie et de la mission de toute l'Église (cf. n. 10).

Chers amis, la liturgie n'est pas un passe-temps pour les spécialistes. Elle est au centre de tous nos engagements en tant que disciples de Jésus-Christ. Cette réalité profonde ne peut pas être sous-estimée. Nous devons reconnaître la primauté de la grâce dans notre vie chrétienne, et nous devons respecter le fait que, pour un chrétien, c’est dans la sainte Liturgie que la rencontre avec le Christ se réalise de la manière la plus haute.

En tant qu'évêque, il est de mon devoir de faire tout mon possible pour promouvoir la nouvelle évangélisation engagée par le bienheureux Jean-Paul II. Je tiens à affirmer très clairement que la nouvelle évangélisation doit être fondée sur la célébration fidèle et féconde de la sainte liturgie, telle que nous la recevons de l’Église dans sa tradition orientale et occidentale.

Pourquoi ? Parce que c'est dans la liturgie que nous recevons l'action salvifique de Jésus-Christ dans son Église aujourd'hui, d'une manière que nous ne rencontrons nulle part ailleurs. Dans la liturgie, le Christ nous touche, nous nourrit et nous guérit. Il nous renforce et nous conduit par des grâces particulières. Quand nous prions liturgiquement, nous le faisons en communion avec toute l'Église, des présents, des absents, des vivants ou des morts. Bien sûr, il y a d'autres pratiques spirituelles bonnes et de grande valeur, mais aucune ne bénéficie de l'objectivité et de l'efficacité singulière de la liturgie (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 7).

La nouvelle évangélisation n'est pas une idée ni un programme : c'est une nécessité que chacun de nous parvienne à connaître plus profondément la personne du Christ et, ce faisant, devienne davantage capable de conduire les autres vers Lui. Pour cela, le meilleur moyen est de commencer par la sainte Liturgie, et si elle n’est pas célébrée correctement de quelque manière que ce soit, ou si je n’y suis pas convenablement préparé, cette rencontre avec le Christ sera entravée, la nouvelle évangélisation en souffrira.

C'est pourquoi notre célébration de la liturgie est si importante. Nous devons laisser le plus de place possible à l'action du Christ dans la liturgie, et non pas la limiter. Si je change ou refonde la liturgie de l'Église selon mes propres désirs ou une idéologie subjective, comment puis-je être sûr que ce que je fais est en vérité son œuvre ? Alors que, si je célèbre fidèlement ce que l'Église nous a donné – et que je le célèbre aussi magnifiquement que possible –, je puis être assuré de me mettre au service de l'action du Christ, d’être un ministre de ses mystères sacrés, et non pas un obstacle sur son chemin (cf. Mt 16, 23). Chacun d'entre nous – ministres ordonnés, religieux et laïcs – est appelé à cette fidélité et à ce respect pour le Christ, pour son Église et pour ses rites liturgiques.

Et c'est pourquoi la formation liturgique est cruciale. Je dois obtenir, « de l'intérieur » en quelque sorte, la conviction que le Christ est en effet à l'œuvre dans les rites sacrés de l'Église. Je dois me plonger dans cette dynamique privilégiée et découvrir ses chemins. Cela m'amènera à la personne de Jésus-Christ, encore et encore. Et cela me permettra de porter le Christ aux autres.

La formation, la célébration liturgique et la mission de l'Église sont toutes les trois intrinsèquement liées. C'est pourquoi nous sommes ici : pour examiner cette relation et examiner sa signification et son importance pour l'Église au début du XXIe siècle. Si nous le faisons bien, nous construirons vraiment des bases très solides pour la nouvelle évangélisation.

Sacra Liturgia 2013 n’aurait pas pu avoir lieu sans le soutien de nombreuses personnes. Je suis grandement reconnaissant envers le recteur de la belle basilique de Saint-Apollinaire, Mgr Pedro Huidobro, de bien vouloir nous accueillir. Je suis également profondément reconnaissant envers nos nombreux soutiens pour leur aide matérielle : les Chevaliers de Colomb, Ignatius Press, CIEL Royaume-Uni, Granda, The Cardinal Newman Society, Human Life International, De Montfort Musique, Arte Poli, Una Voce international, Ars Sacra, La Nef, Libreria Leoniana et Éditions Artège. Pour l'accueil qui nous a été réservé ici à l'Université Pontificale Santa Croce, pour ses excellentes installations, nous sommes tous redevables. De même, je remercie l'équipe des organisateurs et des bénévoles qui ont tant fait pour préparer cet événement.

Chers amis, nous sommes ici pour écouter, apprendre et partager les uns avec les autres, mais nous sommes aussi ici pour prier – ici, dans la basilique de Saint-Apollinaire, et aussi avec le Saint Père, le pape François, dans la basilique Saint-Pierre samedi. Si nous nous acquittons bien de tout cela, nous nous rapprocherons du Christ que nous adorons dans la sainte liturgie, et nous serons en mesure de devenir les évangélisateurs dont notre monde a tant besoin.

Que Dieu bénisse nos efforts !

Mgr Dominique Rey
II – RÉACTIONS DE MGR REY EN CONCLUSION DE SACRA LITURGIA
Les questions 1 et 2 sont issues d'un entretien donné au correspondant de Paix liturgique à Rome le 28 juin 2013. Les questions 3 et 4 proviennent d'un entretien donné le même jour à Jean-Marie Dumont deFamille chrétienne.
1) Mgr Rey, comme organisateur de cette conférence, quel premier bilan faites-vous de ces journées ?
Mgr Rey : Tout d'abord, j'ai été très touché par le nombre de participants puisque nous dépassons les 300 participants, ce qui, pour ce genre de congrès, est très intéressant. ça montre l'intérêt de ces questions.

J'ai été aussi favorablement impressionné par le bon climat. Les prêtres, les évêques, les laïcs venaient d'horizons géographiques et spirituels extrêmement diversifiés mais ont, avec beaucoup de sérénité, partagé leurs opinions et essayé de retrouver ensemble le fond de la vie liturgique. J'ai été impressionné encore par le climat de prière qui a été nourri par le fait que l'on ait pu célébrer ensemble les célébrations liturgiques sous les deux formes du rite d'une manière très paisible, dans ce souci qui nous habite tous de porter la mission de l'Église dans un monde qui est sécularisé et qui a besoin de retrouver la symbolique chrétienne et le sens du sacré.

Pour toutes ces raisons, je suis heureux de ces quelques jours passés au cœur de Rome.
2) Mgr Sample a rappelé que la formation des prêtres ne s'arrêtait pas le jour où ils devenaient évêques. Avez-vous, à titre personnel, retiré des lumières, des enseignements particuliers pour votre vie de prêtre et d'évêque ?
Mgr Rey : Cela m'a conforté dans un certain nombre d'orientations que j'ai prises dans mon diocèse. Notamment, j'ai ouvert la première paroisse personnelle attachée à la forme extraordinaire du rite. J'ai accueilli aussi une communauté, la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine, qui est parfaitement insérée dans mon diocèse et qui, à l'occasion, participe aussi à la forme ordinaire lorsque les cérémonies sont célébrées par l'évêque, en étant attachée aussi à l'enseignement du Concile.

Je dirais que cela m'a conforté aussi dans le fait que, au niveau de la formation au séminaire, nous avons pris la décision de créer une maison pouvant accueillir des jeunes qui, tout en étant rattachés au séminaire, puissent prier selon la forme extraordinaire dans la liturgie.

J'ai été conforté dans les orientations que j'ai prises. Nous avons affaire maintenant à de nouvelles générations de jeunes, de prêtres et d'évêques qui, sur ces questions-là, dépassent les antagonismes et les cassures du passé.

Je crois que cela ne peut que me renforcer dans cette recherche, comme le disait le Motu Proprio, d'un enrichissement mutuel au service du témoignage de la foi et de l'annonce de l'évangile.
3) Quelles suites concrètes espérez-vous de ce colloque ?
Mgr Rey : Ce congrès est l’occasion de nombreuses rencontres et d’une grande richesse dans les échanges. Il ouvre ainsi une voie qui, je l’espère, pourra être déclinée dans des pays comme la France, mais aussi ailleurs. Nos échanges ont également ouvert différentes perspectives, qu’il me semble souhaitable de voir maintenant approfondies. Il en va ainsi du rapport entre musique et architecture, et de la place que peut jouer la liturgie dans l’œcuménisme, puisqu’a été évoquée la question anglicane.
4) Ce congrès contribue-t-il à l’apaisement des catholiques sur les questions de liturgie ?
Mgr Rey : L’intérêt de ce congrès est également de casser les barrières, notamment grâce à la diversité des participants. Je pense qu’avec les nouvelles générations il y a des dialectiques, dans lesquelles nous avons été enfermés, qui tombent. D’autres dans lesquelles nous nous sommes placés, qui évoluent. Aujourd’hui, vous pouvez avoir un jeune prêtre diocésain qui célèbre régulièrement la forme extraordinaire, accompagne un groupe de prière charismatique, s’informe sur des sites internet « tradi » et participe plein d’enthousiasme aux JMJ. La nouvelle génération est en pleine évolution et ce congrès participe à ce mouvement.

[Abbé de Cacqueray, fsspx - District de France] Lettre aux prêtres du District de France au sujet de la Déclaration du 27 juin 2013

SOURCE - Abbé de Cacqueray, fsspx - District de France - 2 juillet 2013

Cher Monsieur l’abbé,

La Déclaration doctrinale des évêques de la Fraternité du 27 juin 2013 exprime avec netteté et avec force le combat de la Foi qu’elle doit livrer dans les circonstances de la crise dans l’Eglise où elle est amenée à vivre.

La vérité catholique et la dénonciation des hérésies et de la perversion de l’esprit de ce temps d’apostasie s’y trouvent exposées. Il faut prier pour que cette Déclaration aide les autorités de l’Eglise à se rendre enfin compte de la dissolution toujours plus grave de la Foi catholique où les conduisent les erreurs du concile Vatican II . Il faut espérer également qu’elle confortera nos fidèles dans leur attachement à cette unique vérité catholique et qu’elle les réconfortera.

Après avoir retiré la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 et après avoir rappelé les positions de la Fraternité dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs, notre Supérieur général communique maintenant cette autre Déclaration. Qu’il en soit vivement remercié. Donnée à l’occasion des 25 ans des sacres épiscopaux de 1988 et dans le sillage des entretiens doctrinaux avec le Saint Siège, elle revêt une importance historique pour réaffirmer la nature du combat à mener.

Quelles que soient les difficultés et les inquiétudes de ces deux dernières années, constatons dans ce texte que les positions de la Fraternité sont clairement exprimées.

Cependant, comme le paragraphe 11 de ladite Déclaration a provoqué certaines interrogations, j’en profite pour y apporter quelques précisions. Ce paragraphe se contente d’exposer deux évolutions possibles des autorités romaines. La première est que ces autorités reviennent bientôt à la Tradition et à la Foi de toujours. La seconde conjecture une phase intermédiaire où Rome reconnaîtrait à la Fraternité le droit de professer intégralement la Foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir, reconnus à la Fraternité, de s’opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d’erreurs, quels qu’ils soient.

Il est important de noter qu’il n’est aucunement dit, dans ce deuxième cas de figure - fort hypothétique au demeurant - que la Fraternité accepterait alors sa reconnaissance canonique « ipso facto ». Les circonstances seraient alors minutieusement étudiées pour voir ce qu’il est prudent de faire ou de ne pas faire pour contribuer au bien de l’Eglise.

Par ailleurs,en aucune manière la déclaration du 27 juin ne fait la demande de pouvoir s’opposer aux erreurs et aux fauteurs d’erreurs, pour la bonne raison qu’elle n’a nullement besoin de l’autorisation de Rome pour le faire comme elle l’a toujours fait jusqu’ici. Elle espère simplement que Rome lui en reconnaîtra un jour le droit, mais ce droit, elle sait qu’elle le possède déjà. Elle espère même que Rome lui en fera un devoir, mais ce devoir, elle sait qu’il lui incombe dès à présent.

Enfin, après avoir moi-même posé la question à nos Supérieurs, je me suis entendu répondre que cette seconde hypothèse supposerait un pape qui ne serait plus moderniste, un pape qui serait donc dégrisé des erreurs libérales et modernistes, mais qui se trouverait très faible et isolé. Voilà quel est le pape qui pourrait nous reconnaître explicitement le droit et le devoir de nous opposerpubliquement aux erreurs et aux fauteurs d’erreurs, sans qu’il soit encore question de reconnaissance canonique.

Le texte de la Déclaration ne répond-il pas d’ailleurs lui-même à cette interrogation ? Je crois que oui. Car il semblerait contradictoire qu’un pape toujours moderniste et libéral fasse à la Fraternité un droit et même un devoir de s’opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs d’erreurs (c’est-à-dire à lui-même, qui serait toujours prisonnier de ces erreurs).

Prenons un exemple tiré du monde de l’entreprise. Dans le droit du travail, on parle de « faute lourde » lorsqu’un des employés commet une action particulièrement grave, dirigée contre le bien commun de son entreprise. Cette faute particulièrement grave doit être immédiatement sanctionnée par une mise à pied, en attendant un licenciement. On ne conçoit donc évidemment pas qu’un chef d’entreprise fasse à l’un de ses employés le droit et le devoir de commettre des « fautes lourdes » contre son entreprise !

C’est pourtant ce que ferait un pape libéral ou moderniste s’il reconnaissait à notre Fraternité le droit et même le devoir d’attaquer les erreurs et les fauteurs d’erreurs dans l’Eglise. Cela reviendrait à ce qu’il reconnaisse à la Fraternité le droit et le devoir de commettre des fautes lourdes, non pas contre l’Eglise certes, mais contre l’église conciliaire et contre lui-même. En réalité, un tel pape, à moins qu’il ne soit devenu fou, serait « redevenu catholique » pour ainsi favoriser les attaques contre cette église conciliaire.

Bien sûr, on peut toujours se demander si cela ne pourrait pas aussi dissimuler une tactique ou si ce pape ne désignerait pas, par les mots de libéralisme et de modernisme, autre chose que ce qu’ils sont réellement. Tout est possible et tout serait à soupeser attentivement dans un tel cas. Mais, c’est justement pour ce motif que la Déclaration se garde bien de dire que la conséquence serait notre acceptation d’une reconnaissance canonique.

Il serait vraiment paradoxal et une œuvre du diable que de vouloir quitter la Fraternité alors qu’une telle Déclaration vient d’être produite. C’est sous la houlette de notre Supérieur général, et non pas en francs-tireurs, que nous devons continuer à mener le combat de la Foi.

Combattons donc fermement, de tout notre cœur, en nous appuyant en particulier sur cette Déclaration. Combattons avec intelligence et prudence, avec esprit surnaturel et dans l’obéissance à nos Supérieurs. Combattons pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes qui nous sont confiées.

Combattons sans zèle amer, sans lassitude et sans aigreur. S’il arrive que nous pensions que nos Supérieurs ne s’y prennent pas comme il faut dans le combat, n’hésitons pas à nous en ouvrir à eux mais ne murmurons pas entre nous.

Du moment que l’étendard de la Foi est fièrement déployé contre les hérésies et la folie du monde moderne, sachons passer sur tout ce qui reste accessoire et accidentel. Nous avons déjà bien de la chance d’être, en ces temps d’apostasie, les membres de cette phalange de prêtres catholiques qui défendent l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si nous croyons avoir été parfois victimes d’injustices ou d’incompréhensions, ou si nous le sommes réellement, demandons la grâce de savoir nous en réjouir et offrons-les en sacrifices pour ce grand combat de notre Foi.

Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration doctrinale permettra à ceux qui ne sont plus avec nous, évêque, anciens membres de la Fraternité ou communautés amies, de revenir au bercail. Nous citons spécialement l’abbé Olivier Rioult. Puisse cette Déclaration doctrinale du 27 juin 2013 l’aider désormais à comprendre que ses conférences dénoncent à tort la trahison et le ralliement de la Fraternité.

Nous invitons donc chacun à demeurer ferme dans la Foi et à ne pas penser qu’il existerait comme « un état de nécessité dans l’état de nécessité », qui dispenserait désormais de demander des autorisations et qui permettrait de prendre n’importe quelle initiative.

A ce propos, je signale que le livre composé par l’abbé Pivert n’a pas été interdit de diffusion par la Maison générale. C’est une rumeur dénuée de fondement, véhiculée par le « Courrier de Tychique » de Monsieur Max Barret, qui a affirmé que je l’aurais laissé se vendre contre l’autorisation de nos Supérieurs. La réalité est que nos Supérieurs ne m’ont pas demandé de retirer ce livre de la diffusion. J’ai demandé à Monsieur Barret de bien vouloir rectifier cette inexactitude.

Enfin, j’ai la joie de vous annoncer le lancement du site « vatican2enquestions » le lundi 1er juillet 2013, en ce vingt-cinquième anniversaire, presque jour pour jour, des Sacres de 1988.

J’avais eu l’occasion, lors de la dernière session des prieurs à Flavigny, d’expliquer les motifs à l’origine de cette initiative. Ce site nous permettra, en particulier, de montrer que l’essentiel de tout ce qui se dit et se fait au nom de l’Eglise, aujourd’hui, trouve ses véritables racines dans le Concile. J’ai eu la joie de pouvoir montrer ce matin à Nos Seigneurs Fellay et de Galarreta, de passage à Suresnes, ce site nouvellement ouvert.

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher Monsieur l’abbé , l’expression de toute mon espérance et de mon dévouement sacerdotal dans le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie,

Suresnes, le 2 juillet 2013

Abbé Régis de CACQUERAY, Supérieur du District de France de la FSSPX

1 juillet 2013

[vatican2-en-questions.org] Pourquoi étudier le Concile Vatican II et ses suites aujourd’hui ?

SOURCE - vatican2-en-questions.org - 1er juillet 2013

Tous s’accordent pour reconnaître en ce concile un grand moment
Les théologiens conciliaires Ratzinger et Congar
de la vie de l’Eglise catholique. Mais si certains l’ont considéré comme une « nouvelle Pentecôte », un « printemps pour l’Eglise », d’autres y ont vu, en s’en réjouissant ou en s’en inquiétant, une « révolution en tiare et en chape », « 1789 dans l’Eglise (1) », ou encore « la troisième guerre mondiale (2) » du XXe siècle.

Moment de rupture avec la doctrine bimillénaire de l’Eglise catholique ou énième développement d’une vie authentique de l’Eglise qui se déploie dans une continuité qu’il faut apprendre à lire sous les contradictions apparentes ? Tous les papes depuis Paul VI jusqu’à Benoît XVI s’en sont inspirés pour justifier leur magistère et les réformes qu’ils ont accomplies dans la liturgie, le catéchisme, la doctrine sociale de l’Eglise, les rapports avec le monde moderne et ses conceptions philosophiques. Le nouveau pape François a inauguré son pontificat en se référant explicitement aux grandes orientations adoptées depuis ce même concile.

Par ailleurs, hors de l’Eglise, tous s’accordent pour constater le tournant décisif qu’a opéré l’Eglise catholique avec ce concile œcuménique, en admettant des conceptions qu’elle avait condamnées jusque-là.

Qu’en est-il ?

La bibliographie sur le Concile est imposante. Les mémoires de beaucoup de ses protagonistes ont été progressivement publiés : ils sont éclairants sur les intentions de ses participants, les stratégies adoptées par les uns et par les autres pour obtenir telle ou telle victoire au moment du vote des textes. Bien des analyses ont été publiées sur la question mais des synthèses sont encore souhaitables.

Enfin, les discussions doctrinales qui se sont récemment tenues entre des représentants du Saint-Siège et des membres de la FSSPX ont permis de mesurer l’étendue des divergences qui séparent les tenants de la doctrine officielle de l’Eglise et les défenseurs de la doctrine catholique de toujours.

Pour toutes ces raisons et parce que l’on célèbre depuis 2012 et jusqu’à 2015 le cinquantième anniversaire des quatre sessions du concile qui se sont succédé de 1962 à 1965, il n’apparaît pas superflu d’ouvrir un site dédié à la découverte des événements du concile Vatican II, aux hommes qui l’ont fait, aux textes officiels qui y ont été publiés, aux conséquences qui en découlent, pour mieux comprendre les enjeux du débat doctrinal que le concile Vatican a suscité et suscite encore aujourd’hui.

L’intention qui motive les différents rédacteurs des études proposées est à la fois de rendre accessible le sens des textes conciliaires et d’examiner les textes du magistère officiel qui en sont issus, les actes pontificaux qui revendiquent leur filiation avec les principes énoncés ou posés au Concile, tout en rappelant l’enseignement bimillénaire de l’Eglise sur les sujets abordés. Comme il s’agit d’un domaine qui touche à la foi catholique et au dépôt révélé, au magistère de l’Eglise, le site se veut accessible à tout lecteur de bonne volonté, désireux d’abord de connaître la vérité des faits, le contenu des textes et ainsi l’éclairer sur leur sens et leur portée, à la lumière de la théologie catholique.

Ce site se trouve sous la responsabilité de l’abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X.
-----
1 Cardinal Suenens
2 Mgr Marcel Lefebvre