21 octobre 2013

[Paix Liturgique] Paroles d'évêques: les laïcs ont un rôle à jouer

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 410 - 21 octobre 2013

À quelques semaines de distance, deux évêques ont salué le rôle joué par les laïcs dans la restauration d'une liturgie digne, en particulier par la manifestation de leur attachement au Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. Surtout, ils engagent les fidèles à poursuivre dans cette voie, pour permettre à la liturgie eucharistique de retrouver tous ses droits dans la vie de nos paroisses.
I – “POWER TO THE PEOPLE !”
Lundi 30 septembre, à Rome, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana, capitale du Kazakhstan, présentait son dernier livre, publié aux Éditions vaticanes : Corpus Christi, La Santa comunione e il rinnovamento della Chiesa (Corpus Christi, la sainte Communion et le renouvellement de l'Église), dont une traduction française est en cours pour une publication prochaine aux éditions de Renaissance catholique.

Lors de sa communication, Mgr Schneider évoqua la situation actuelle de l'Église et rappela que celle-ci était « en grande partie, de la responsabilité du clergé ». Mgr Schneider, qui a grandi sous la persécution soviétique et ouvre Corpus Christi par un témoignage historique édifiant – comme il l'avait fait pour son premier livre (Dominus est. Pour comprendre le rite de communion pratiqué par Benoît XVI, éditions Tempora, 2008) –, sait combien la dévotion des fidèles peut compléter, et parfois suppléer, le zèle des prêtres. Il n'a donc pas hésité à inviter les laïcs à s'engager, en particulier pour le retour de la communion à genoux et sur les lèvres, le sujet de son dernier livre.

Cette invitation de Mgr Schneider rejoint celle faite, lors du colloque Sacra Liturgia de juin dernier (voir notre lettre 394), par Mgr Sample, l'archevêque de Portland. Celui-ci, dans une magnifique envolée sur l'impérieuse nécessité pour la liturgie catholique de voir s'amplifier le processus ouvert par Summorum Pontificum, avait non seulement invité « tous les évêques à se familiariser avec la forme extraordinaire du rite romain » mais aussi conclu son propos, non sans ironie, par l'exclamation : « Power to the people ! » (Le pouvoir au peuple !).

Ne nous méprenons pas : ni Mgr Sample ni Mgr Schneider ne souhaitent abandonner les rênes de l'Église à "la base". Cependant, l'un comme l'autre, nés à l'orée des années 60, ont vécu et subi la crise des années 70 au moment où s'affermissait leur vocation sacerdotale : ils savent donc bien tous les dégâts que des ecclésiastiques novateurs et souvent irresponsables peuvent provoquer et à quel point, en revanche, de simples fidèles peuvent assurer, pour leur part, le maintien du dépôt de la foi.
II - LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1 – Il n’est pas besoin de rappeler que l’Église n’est pas une démocratie, ni surtout une démocratie moderne régie par les principes du Contrat social. Sa constitution divine fait qu’elle est dirigée par le successeur de Pierre et par les successeurs des Apôtres en communion avec lui, et par les collaborateurs des évêques, les prêtres. Mais les laïcs, qui sont en charge directe de la vie civile et politique, doivent apporter toute leur collaboration active à la vie de l’Église : confession de la foi, mission, œuvres, etc. Qui plus est, chacun dans l’Église doit soutenir ses frères et ses supérieurs, surtout quand ceux-ci ne remplissent pas leur devoir ou défaillent. Catherine de Sienne n’a-t-elle pas courageusement dit leur fait aux cardinaux de l’Église romaine et au pape lui-même ? Ce qui ne l'empêcha pas d'être canonisée et proclamée "Docteur de l'Église".

2 – Pour être second, le rôle de laïcs dans l’Église n’en est pas moins fondamental. En fait, Mgr Schneider comme Mgr Sample, également marqués par l'enseignement de Benoît XVI sur la centralité de la liturgie dans la vie de l'Église, ne font que se référer aux textes du concile Vatican II qui, de la constitution dogmatique Lumen Gentium (chapitre IV) au décret Inter Mirifica sur les moyens de communication sociale (Paix liturgique en est un !) précisent la place et le rôle des laïcs dans l'Église. Consacré à l'apostolat des laïcs, le décret Apostolicam Actuositatem, énonce clairement : « À une époque où se posent des questions nouvelles et où se répandent de très graves erreurs tendant à ruiner radicalement la religion, l’ordre moral et la société humaine elle-même, le concile exhorte instamment les laïcs, chacun suivant ses talents et sa formation doctrinale, à prendre une part plus active selon l’esprit de l’Église, dans l’approfondissement et la défense des principes chrétiens comme dans leur application adaptée aux problèmes de notre temps ».

À son article 10, sur le rôle des laïcs au sein des communautés ecclésiales, le décret invite notamment les fidèles à prendre « l’habitude de travailler dans la paroisse en étroite union avec leurs prêtres, d’apporter à la communauté de l’Église leurs propres problèmes, ceux du monde et les questions touchant le salut des hommes, pour les examiner et les résoudre en tenant compte de l’avis de tous ».

3 – C'est à la mobilisation de tous les laïcs et pas seulement de certains d’entre eux, dûment sélectionnés par un clergé idéologisé, qu'appelle le Concile. De nombreux laïcs « progressistes » ont en effet, comme on le sait, pris des responsabilités dans les diocèses et les paroisses dès les années 70. D'ailleurs, les cheveux blanchis, ils sont souvent encore là, devenus les inamovibles « patrons » des conseils paroissiaux et même, parfois, diocésains.

Cependant, cette quasi hégémonie a été facilitée en certaines occasions par le fait que les autres laïcs, non progressistes, leur ont volontiers abandonné toute la place. Aujourd'hui, et c'est le message que nous retenons de nos jeunes évêques, le peuple Summorum Pontificum doit lui aussi s'engager dans la vie paroissiale. En particulier sa frange la plus jeune, celle dont « il est fascinant, dixit Mgr Sample, de voir combien elle s'intéresse aux aspects liturgiques, traditionnels et laïcs, de la vie de l'Église ».

Ceci est d’autant plus important que de nombreux diocèses de France se disposent, non plus dans dix ans, mais demain, à n’avoir qu’une poignée de prêtres. 

II faut regarder en face une situation religieuse dramatique et ne pas craindre d’envisager des solutions audacieuses. Une nouvelle phase de la vie de l’Église, une Église presque sans prêtres, s’ouvre de fait dans notre pays. Il est urgent que les « catholiques de tradition » réfléchissent à cette situation et s’y préparent activement. C’est le moment pour les catholiques du rang qui veulent sauver la liturgie, le catéchisme, la vie des paroisses, de se manifester. De nombreuses paroisses de France vont désormais être gérées par des laïcs, avec l’intervention d’un « prêtre modérateur » pour célébrer la messe et donner les sacrements. Pourquoi, par exemple, un certain nombre de ces paroisses ne seraient-elles pas de forme extraordinaire ou ne feraient-elles pas une place conséquente à la forme extraordinaire, grâce à des laïcs de « sensibilité extraordinaire » ? Pourquoi un certain nombre de « prêtres modérateurs » ne seraient-ils pas des prêtres célébrant dans la forme extraordinaire ?

De même que les militaires sont issus du monde civil, les vocations cléricales s’éveillent chez de jeunes laïcs. L’engagement généreux des laïcs qui aiment vraiment l’Église, on le sait bien, prépare des vocations sacerdotales et religieuses. Les vocations en plus grand nombre dont bénéficie le monde traditionnel au sens large sont portées par un fort militantisme catholique laïc.

Pour ce faire, il appartient certes aux simples fidèles, de franchir le pas – c'est d'ailleurs l'une des conditions de l'application de Summorum Pontificum que la constitution d'un "cœtus fidelium" –, mais aussi aux curés et aux laïcs engagés de faire une place à leurs frères dans la foi, même si leur sensibilité n'est pas la leur.

4 – Nous invitons ceux de nos lecteurs qui participeront au pèlerinage Summorum Pontificum à Rome en fin de semaine, à ne pas manquer la présentation que fera Mgr Schneider de son dernier ouvrage, samedi 26, à 16 heures, au Centro Russia ecumenica, borgo Pio 141 (à 5 minutes de la place Saint-Pierre). Même si la présentation sera probablement en italien, Mgr Schneider parle parfaitement notre langue et dira certainement quelques mots aux pèlerins français.

[Pierre Benoït - L'Homme Nouveau] Un pèlerinage Summorum Pontificum à Rome

SOURCE - Pierre Benoît - L'Homme Nouveau - 21 octobre 2013

Samedi prochain aura lieu à Rome, cœur de la chrétienté, le deuxième pèlerinage international Summorum Pontificum pour conclure l’Année de la foi. Son aumônier général est l’abbé Claude Barthe. Il nous en dit plus.
Vous êtes l’aumônier du pèlerinage Summorum Pontificumqui se déroulera samedi 26 octobre. De quoi s’agit-il ?
L’abbé Claude Barthe : Ce pèlerinage est le deuxième du genre. L’an passé s’était mis en place un groupe ad hoc, le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum (CISP), qui avait organisé un premier pèlerinage à Rome, à la Toussaint 2012, au début de l’Année de la foi, pour lequel s’étaient retrouvés des prêtres, religieux, séminaristes et fidèles du monde entier, attachés à ce que l’on nomme la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain. Il s’était achevé par une messe pontificale à Saint-Pierre du Vatican, célébrée par le cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation du Culte divin. Nous allons conclure l’Année de la foi, du 24 au 27 octobre prochains, par un pèlerinage semblable. Le CISP, présidé par un magistrat italien, Guiseppe Cappocia, et dont le secrétaire général est Guillaume Ferluc, aime qualifier de représentants du peuple Summorum Pontificum ceux qui viennent à Rome à cette occasion et qui, dans une grande diversité, appartiennent à des paroisses, des communautés religieuses, des communautés Ecclesia Dei, et aussi à la Fraternité Saint-Pie-X. Nous collaborons bien sûr fructueusement avec des organisations diverses petites ou grandes, des instituts religieux, instituts Ecclesia Dei, etc., mais pour que tout le monde se sente chez soi, ce sont les individus qui sont invités et qui prennent part comme tels aux cérémonies et aux actes de dévotion, de cette pérégrination vers le Tombeau de Pierre et auprès de son Successeur, la paroisse personnelle de forme extraordinaire de Rome, la Trinité-des-Pèlerins, constituant la base d’accueil, conformément à sa vocation qu’indique son titre.
Plusieurs personnalités religieuses ont annoncé leur présence ?
Oui, de Rome et d’ailleurs, qui feront spécialement le voyage – un long voyage pour certaines – pour assister à toutes les cérémonies ou à l’une d’entre elles, spécialement à celle qui a le plus de relief, la messe pontificale qui sera célébrée dans la basilique vaticane, le samedi 26 octobre, à 11 h. D’autres personnalités nous ont donné une approbation chaleureuse, comme celle publique du message adressé par le cardinal Burke, Préfet du Tribunal de la Signature apostolique. Je vous donnerai seulement le nom des prélats qui vont officier : Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, qui accueillera les pèlerins lors des vêpres du 24 ; Mgr Schneider, évêque auxiliaire au Kazakhstan, qui célébrera pontificalement le 25 ; le cardinal Castrillón, Préfet émérite de la Congrégation du Clergé et ancien Président de la Commission Ecclesia Dei, qui célébrera à Saint-Pierre le 26, assisté par Mgr Ferrer, Sous-Secrétaire de la Congrégation du Culte divin ; Mgr Rifan, Ordinaire de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie-Vianney, au Brésil, qui célébrera le 27, en la fête du Christ-Roi.
Quel est le programme précis de ce pèlerinage ?
– Le jeudi 24 octobre, à 19 h 15, seront donc célébrées les vêpres solennelles de saint Raphaël par Mgr Guido Pozzo.

– Le vendredi 25 octobre, à 9 h : chapelet à Santa Maria in Campitelli suivi de visites culturelles et spirituelles par groupes linguistiques :

  • À 11 h 45, aura lieu une rencontre des prêtres pèlerins avec Mgr Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.
  • À 16 h 45, le chemin de croix sur la colline du Palatin, guidé par les membres de l’Opera Familia Christi de don Riccardo Petroni, collaborateur de Mgr Negri, archevêque de Ferrare. Cette œuvre a la charge de la messe dominicale en la chapelle du Palais Altemps.
  • À 19 h : messe pontificale à la Trinité des Pèlerins célébrée par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, et chantée par la Schola Sainte-Cécile de Paris.

– Le samedi 26 octobre, à 9 h : adoration eucharistique à la Chiesa Nuova, suivie de la procession des pèlerins qui traversera le Tibre pour se rendre à la basilique Saint-Pierre où le cardinal Castrillón Hoyos célébrera la messe pontificale, à 11 h, à l’occasion du 61e anniversaire de son ordination sacerdotale, messe également chantée par la chorale Sainte-Cécile.

Et pour finir, le dimanche 27 octobre à 9 h 30, une messe pontificale pour la solennité du Christ-Roi, sera célébrée, dans la basilique de la Minerve, l’église principale des pères dominicains, par Mgr Fernando Rifan, évêque du « diocèse personnel » de forme extraordinaire dans le diocèse de Campos.
La forme extraordinaire, réinstallée officiellement par le pape Benoît XVI, reste donc toujours d’actualité ?
Elle l’est toujours et elle pénètre en profondeur, si j’ose dire. De nombreux fidèles tout simples, de plus en plus de prêtres, de séminaristes, de religieux ont découvert et découvrent aujourd’hui encore sa richesse spirituelle et liturgique, l’exceptionnelle pédagogie de la foi qu’elle représente et le ferment missionnaire qu’elle porte. Est-il besoin de rappeler, comme le disait avec émotion le cardinal Cañizares l’an passé, qu’en ces temps de disette extrême des vocations dans le monde occidental, elle attire un nombre conséquent de jeunes vers le sacerdoce et la vie religieuse, en France notamment. Sans parler du fait qu’elle déteint sur, ou pour mieux dire qu’elle inspire, ou mieux encore qu’elle enrichit, toute une portion très vivante et florissante du catholicisme dans nos pays, non seulement du point de vue liturgique, mais aussi avec tout ce qui suit naturellement cette forme liturgique dans la prédication, l’enseignement dans les séminaires selon une tradition thomiste vigoureuse et vivante, la formation bien charpentée des clercs, la catéchèse des enfants, la structuration doctrinale et spirituelle des mouvements de jeunesse. Cette nébuleuse – on a parlé de forces vives du catholicisme – est l’une des composantes ou l’un des aspects d’un mouvement de fond qui va continuer à se manifester de manière d’autant plus assurée qu’il épouse, en ces temps de crise radicale, le sens de la foi du peuple chrétien.

Il est clair que, pas davantage que le Pèlerinage à Chartres, le Pèlerinage à Rome n’est une « manifestation ». L’un et l’autre sont des actes de piété, des moments de prières, d’imploration. Mais dans une Église visible, ils représentent des actes, certes modestes, mais bien visibles. La visibilité de la messe traditionnelle, toujours jeune et vivante, à Rome même, auprès de Pierre, aujourd’hui, est d’une importance capitale.

20 octobre 2013

[FSSP - Séminaire de Wigratzbad] Tonsures et prises de soutane

SOURCE - FSSP - Séminaire de Wigratzbad - 20 octobre 2013

Le samedi 19 octobre 2013, S. E. Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz (Liechtenstein) a conféré la tonsure et béni les soutanes de onze séminaristes de deuxième année : cinq francophones (quatre Français et un Canadien) et six germanophones (quatre Allemands, un Autrichien et un Slovaque). 

Le prêtre assistant était le Recteur du séminaire, M. l'abbé Patrick du Faÿ de Choisinet. Les diacre et sous-diacre étaient respectivement l'abbé Brice Meissonnier (supérieur de notre Maison St-Padre Pio à Lyon) et l'abbé Alban Cras (responsable des séminaristes francophones de première année).

La messe pontificale a été célébrée avec le plus grand faste dans la splendide collégiale de l'île de Lindau (Bavière), à une vingtaine de minutes du séminaire, par une magnifique journée d'automne. Puis les familles ont été accueillies au séminaire pour un grand repas de fête. 

Le même jour, mais aux Etats-Unis, S. E. Mgr Fabian Bruskewitz, évêque émérite de Lincoln, a célébré la même cérémonie pour douze de nos confrères américains, dans la chapelle de notre séminaire à Denton (Nebraska). Il a aussi ordonné trois séminaristes au sous-diaconat. Trois diacres français assistaient à la messe, étant en session d'échange pour un mois à Denton. A son tour, le séminaire de Wigratzbad recevra les diacres américains, mais plus tard dans l'année.

19 octobre 2013

[Mgr Williamson] François sans Dieu

SOURCE - Mgr Williamson - 19 octobre 2013

Les catholiques qui gardent encore tant soit peu le sens de la Foi sont scandalisés aujourd’hui par les paroles et actions de l’homme assis actuellement sur le Siège de Pierre. C’en est à se demander si on ne l’y a pas mis pour détruire ce qui reste de l’Église catholique. En bon enfant de Vatican II, il se détourne de Dieu pour se tourner vers l’homme. Voici par exemple les neuf premières citations sur onze extraites pour leur importance (pas par moi) d’une interview donnée par François le 24 septembre à l’éditeur athée d’un journal italien :--

De 2 à 5 les citations concernent l’Église (je résume) : 
2L’administration de l’Église doit être plus horizontale, moins verticale. 3La Curie romaine est trop centrée sur elle-même. Elle doit sortir vers le peuple. 4 Le Pape ne doit plus être un roi entouré de courtisans et flatteurs. 5 Trop de prêtres se servent eux-mêmes, et font obstacle au christianisme. Évidemment de telles citations vont plaire au public d’une démocratie moderne qui n’a jamais apprécié que l’Église officielle lui prescrive ses devoirs. Mais ces citations sont-elles justes envers les Papes, Curies, administrateurs et prêtres sans nombre qui ont précédé François tout au long de 19 siècles pour maintenir la structure de l’Église pour le salut des âmes ? Par contre, François laissera-t-il derrière lui quelque structure que ce soit, même quelques âmes qui seront sauvées ?

1 et 6 concernent le monde. 
Tant que je suis Pape, l’Église restera en-dehors de la politique. Pour permettre aux démocrates de se jeter en Enfer ? 6 Les deux pires problèmes du monde actuel sont le chômage des jeunes et l’abandon des vieux. En effet, ce sont là deux vrais problèmes humains d’aujourd’hui, mais qui en est responsable ? N’est-ce pas les hommes d’Église comme François qui d’une part en laissant précisément la politique aux politiciens mettent avec eux l’argent avant les jeunes, et qui d’autre part en refusant d’appliquer les lois de l’Église qui soutiennent les liens de la famille, ne l’aident pas du tout à entourer les vieux ?

De 7 à 9 concernent la religion. 9 Jésus nous a donné une seule voie du salut, l’amour du prochain. Oui, mais l’amour du prochain sans l’amour de Dieu (prescrit aussi par Jésus) finit par devenir la haine du prochain, tel le Communisme par exemple. 7a Convertir les gens n’a aucun sens. Mais rien n’a plus de sens s’il est vrai, comme il est bien vrai, que l’on ne peut entrer au Ciel si on ne croit pas en Dieu et en son divin Fils, Jésus Christ ! 7b Nous devons tous nous fréquenter les uns les autres pour nous pousser mutuellement vers le Bien. Mais c’est vers Dieu qu’il nous faut nous pousser les uns les autres. Le Bien qu’est-il, sinon Dieu ? Mais si François ne veut pas faire mention de Dieu, qui est-ce qui va croire en Dieu?

La huitième citation est la pire de toutes. 8a« Je crois en Dieu, pas un Dieu catholique, il n’y a pas de Dieu catholique. » Ceci induit gravement en erreur. Certes, Dieu est le Dieu de tous les hommes, mais pour tous les hommes il a institué une seule religion, pas deux, et cette religion est la religion catholique. Donc le Dieu du catholicisme est l’unique vrai Dieu. 8b « Jésus est son incarnation, mon maître et mon pasteur, mais Dieu le Père, Abba, est la lumière et le Créateur. » Ceci induit également en erreur grave. Ce « mais » ne suggère-t-il pas que Jésus n’est pas le Créateur ? François croit-il que Jésus est quoi que ce soit de plus qu’un simple homme ? 8c «  ;Tout homme a sa propre idée du bien et du mal, et il doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal, tels qu’il les conçoit. » L’erreur ici est claire comme le jour. C’est la négation de toute moralité objective, la négation de tout principe de moralité catholique. C’est l’invitation aux hommes de faire comme ils veulent. Sortant de la bouche de l’homme qui selon toutes les apparences est le Pape catholique, c’est la plus pure folie.

Le Pape François peut plaider en sa défense qu’il cherche à atteindre l’homme moderne, mais atteindre sans Dieu l’homme moderne, c’est comme si pour atteindre un homme qui se noie dans un fleuve dangereux on y sautait sans aucune attache à la rive. On ne réussira qu’à se noyer avec lui. Saint Père, vous n’aidez personne, vous ne faites que vous noyer ! Et nous avec !

Kyrie eleison.

N.B. Erreur dans l’adresse américaine de la semaine dernière : pas 6051 mais 9051, Watson Street. Veuillez nous en excuser.

[Ecole Saint-Dominique (78)] Cardinal Raymond Burke: pose de la première pierre d'un bâtiment de l'école Saint-Dominique, ICRSP]

SOURCE - cardinal Raymond Burke - Ecole Saint-Dominique du Pecq (78) - 19 octobre 2013

DISCOURS PRONONCE PAR S.E. LE CARDINAL RAYMOND LEO BURKE A L’OCCASION DE LA BENEDICTION DE LA PREMIERE PIERRE D’UN NOUVEAU BATIMENT DE L’ECOLE SAINT-DOMINIQUE AU PECQ (AUMÔNERIE ASSUREE PAR L'INSTITUT DU CHRIST-ROI SOUVERAIN-PRÊTRE).

Permettez-moi tout d’abord de saluer à mon tour les autorités civiles et religieuses ici présentes, ainsi que les responsables de votre chère école.

Avant de bénir la première pierre de ce bâtiment, je voudrais vous dire ma joie – comme successeur des apôtres – d’être ici aujourd’hui.

En effet, alors que dans votre pays cher à mon cœur on commence à détruire les églises – faute de moyens pour les entretenir – peut-être aussi faute de chrétiens pour les remplir – je pense à cette phrase du pape saint Pie X, dernier pape canonisé jusqu’à ce jour.
Saint Pie X disait : « en pays de mission, avant de bâtir une église, construisez d’abord une école ! » Venant du pape de l’eucharistie, quelle leçon !

En suivant ce programme, vous verrez les églises se remplir à nouveau, grâce aux vocations et aux foyers chrétiens issus des écoles authentiquement catholiques.

Nous sommes encore dans l’année de la foi et je voudrais vous encourager dans la diffusion de notre foi catholique.

Le fils de France et bienheureux Charles de Foucauld vous exhorte, je le cite : 
Ayez vraiment la foi, la foi qui inspire toutes les actions, cette foi au surnaturel qui dépouille le monde de son masque et montre Dieu en toutes choses ; qui fait disparaître toute impossibilité ; qui fait que ces mots d'inquiétude, de péril, de crainte, n'ont plus de sens ; qui fait marcher dans la vie avec un calme, une paix, une joie profonde, comme un enfant à la main de sa mère ; qui donne une telle confiance dans la prière, cette foi qui fait voir tout sous un autre jour - les hommes comme des images de Dieu. Mon Dieu, donnez-la moi ! Mon Dieu, je crois, mais augmentez ma foi ! (1)
Vivez de la belle devise de l’ordre dominicain, fondée par votre saint patron saint Dominique : « Contemplari et aliis contemplata tradere. Contempler et porter aux autres le fruit de sa contemplation. » Votre désir de former toute la personnalité de vos élèves : corps, intelligence et âme, contribue à en faire les chrétiens dont votre pays et le monde ont tant besoin aujourd’hui. En un mot, et à la suite de ce que nous dit sans relâche notre Pape François : soyez missionnaires, ayez l’esprit missionnaire !

Je voudrais saluer aussi votre travail, car il me semble être une belle et authentique collaboration des laïcs chrétiens à l’apostolat des clercs. Vous laïcs, travaillez main dans la main avec vos prêtres, chacun dans son domaine, mais avec une vision commune centrée sur Dieu.

Il me plaît particulièrement de saluer les prêtres de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, que je félicite pour leur zèle. Ils sont chers à mon cœur, notamment car – pour la plupart – je les ai ordonnés moi-même.

Je vous félicite donc pour cette collaboration entre clercs et laïcs, car ceci est devenu trop rare. C’est pourtant la bonne formule pour faire progresser la nouvelle évangélisation.

Et d’ailleurs, les fruits sont là : parti de rien il y a 20 ans, vous avez 750 élèves aujourd’hui. Et ceci n’est que la partie visible, comme le dit saint François de Sales : « Ainsi donc, nos œuvres, comme un petit grain de moutarde, ne sont aucunement comparables en grandeur avec l’arbre de la gloire qu’elles produisent… Elles procèdent du Saint Esprit, il en est la divine sève. Il agit en nos œuvres, qu’en certaine façon nous opérons ou coopérons en son action. Il nous laisse, pour notre part, tout le mérite et profit de nos services et bonnes œuvres. Et nous lui en laissons aussi tout l’honneur et toute la louange, reconnaissant que le commencement, le progrès et la fin de tout le bien que nous faisons descend de sa miséricorde. » (2)
  
Bénir une première pierre est une joie et un symbole fort.

De même que l’Eglise repose sur Pierre et sur ses successeurs, de même symboliquement cette pierre sera la base de tout l’édifice. La consacrer à Dieu est une belle intention et le meilleur des programmes.

Cette pierre nous rappelle l’adresse de l’apôtre saint Pierre – le premier pape – dans sa première épitre : « Approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée des hommes il est vrai, mais choisie et précieuse devant Dieu. Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, entrez dans l’édifice pour former un temple, afin d’offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu, par Jésus Christ. Car il est écrit dans l’Ecriture: "Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse et celui qui met en elle sa confiance ne sera pas confondu (3)" (4).

La parole de Dieu éclaire parfaitement le sens de cette cérémonie : vous êtes les vraies pierres vivantes de l’Eglise ; restez fidèles aux principes chrétiens, ils sont le rocher sûr, l’appui sur lequel vous pouvez vous poser en toute confiance.

Soyez assurés de mes prières pour votre œuvre et pour vos familles ; permettez-moi en retour de demander les vôtres pour ma charge à Rome auprès du successeur de Pierre.

Très chaleureusement je vous remercie, et de tout cœur je vous bénis.

(1) Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916). Écrits spirituels ; Méditations sur l'Évangile (Seuil)
(2) Traité de l’amour de Dieu. Livre XI, chap 6
(3) Isaïe XXVII, 16
(4) 1 Pierre II, 4-6