5 novembre 2013

[Abbé Paul Aulagnier - Séminaire Saint-Vincent] Réflexions sur le temps présent

SOURCE - Abbé Paul Aulagnier - Séminaire Saint-Vincent - 5 novembre 2013

(conférence spirituelle N°6 : 4 novembre 2013)

Tandis que l’Eglise chante à travers les siècles, toujours, avec allégresse, l’heureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur et nous dit qu’il y a un seul vainqueur de la mort et du péché, un seul libérateur de toute servitude, un seul en le nom duquel nous puissions être sauvés, et ce nom est Jésus-Christ, que voyons nous autour de nous ?

Vivons-nous, dans nos pays, de la joie de Pâques éclairée par la Lumière du Christ Ressuscité ? L’étoile des Mages est-elle la lumière des Nations, nos pays chantent-ils le Gloria in excelsis Deo comme les anges dans la nuit de Noël ou sommes-nous dans la « nuit de misère » pour s’exprimer comme Jacques Maritain dans son livre « antimoderne » ?

Cette question est capitale.

Comment répondre à pareille question,

Or il  m’importe au plus haut point de répondre à cette question  puisque je veux absolument justifier ma résolution ferme en tant que Recteur de cette maison (le séminaire Saint Vincent de Paul de l’Institut du Bon Pasteur) , je m’y suis engagé auprès de notre Supérieur Général,  de former pour l’IBP et pour l’Eglise un clergé essentiellement « antimoderne ». C’est ce que j’ai appris auprès de Mgr Lefebvre…
Antimoderne ?

Ce  jugement négatif serait-il de nature à nourrir  une  espérance et une intelligence? Etudier ce « temps présent » serait-ce étude vaine et cela nous éloignerait-il de notre recherche du Christ pour en vivre: « Mihi vivere Christus est » ? L’objet du séminaire.

Alors pourquoi donc cette  recherche sur la notion « antimoderne »

Voyons les choses de près. Ce sera l’objet des conférences spirituelles qui suivent.
Je ne pense pas, ce faisant, m’éloigner de mon but et de mon sujet principal : le Magistère et le Sacerdoce.
Bien au contraire.

Quel est donc ce « temps présent » ?

Comment répondre à pareille question.

En considérant  les grandes lignes de l’histoire moderne que pouvons-nous dire du « temps présent ».

Depuis le 4ème siècle, la Lumière du Christ et sa Croix, après la longue période du temps des martyrs,  a fini par illuminer la nuit du paganisme romain, polythéiste, violent  et laxiste. Et cette Lumière a été, pendant les dix siècles de chrétienté, la Lumière des nations. Depuis,  la fin du  Moyen Age est arrivée et son déclin : l’histoire moderne est-elle autre chose que l’histoire de l’agonie et de la mort de la chrétienté. N’assistons-nous pas à la fin du monde chrétien, à son déclin. C’est l’irrespect du droit chrétien. Désormais, l’homme va s’appuyant sur lui-même. La pierre d’angle, hier le Christ, ne sera plus le Christ. L’esprit d’indépendance absolue, qui, en définitive, porte l’homme à revendiquer pour lui-même –l’aséité -  et qui est la Révolution anti-chrétienne – s’introduit victorieusement en Europe, avec la Renaissance et la Réforme et vise à remplacer partout le culte des trois Personnes Divines par le culte du moi humain. Et c’est ainsi que Dieu est écarté de tout ce qui est centre de pouvoir et d’autorité dans les peuples. La Croix n’est plus le signe du ralliement. C’est le « moi », c’est l’ « ego ».

Pendant trois siècles, depuis la Révolution, on assiste à une dépossession progressive et universelle de l’Eglise. Au terme, nous avons un  monde naturaliste dédié par une science matérielle et puissante au service de l’orgueil et du luxe humain. Là, comme jadis en la nuit de Noël, à Bethléem, le Christ n’y trouve plus sa place parce qu’il n’y a plus de place pour lui.

Dans les périodes de l’Histoire Chrétienne…même les plus sombres, la foi demeurait dans la cité. Dans la vie politique, aujourd’hui, quelle place, dites-moi, tient elle ?

Quelle est la forme constante de l’histoire des trois derniers siècles ? L’homme s’isole de la vie surnaturelle et devient sourd à l’enseignement révélé. Il se soustrait à Dieu par antithéologisme et à l’être par idéalisme. (NB C’est ce que dit Jean Paul II : il est urgent de revenir à la philosophie pérenne, à la philosophie de l’être. Cf :  La doctrine politique de JP II, ch. 1). Il se replie sur soi, s’enferme comme un tout puissant dans sa propre immanence, fait tourner l’univers autour de son « moi », s’adore enfin comme étant l’auteur de la vérité par sa pensée et de la loi par sa volonté.

Ainsi l’esprit de la Révolution antichrétienne met l’homme à la place de Dieu.

Aussi comprenez-vous l’étonnement de Mgr Lefebvre quand il prit connaissance du jugement du cardinal Ratzinger donnant sa pensée  sur le texte fameux du Concile Vatican II, « Gaudium et Spes » : Cf Les principes de la Théologie catholique  (Ch  ultime : l’Eglise et le monde pp. 423-427). (Mgr Lefebvre était radicalement opposé à cet esprit. A juste titre. Il était même horrifié : Mettre l’homme à la place de Dieu, replié sur lui-même dans un anthropocentrisme absolu,  et vouloir « dialoguer » et « coopérer » avec un tel monde, c’était pour lui une aberration…Il voulait, comme Saint Pie X et saint Paul, prêcher le Christ et le Christ crucifié. Car « dialoguer » et « coopérer »  ne pouvaient pas, pour lui, ne pas affaiblir les  catholiques modernes en favorisant chez eux ce qui fut le libéralisme, le modernisme…à  savoir l’infiltration peu à peu dans les âmes des dogmes maçonniques et de l’optimisme humanitaire qui, de fait, est la caractéristique du Concile Vatican II et de son texte Gaudium et Spes dans ce désir de collaboration avec le monde tel que devenu depuis 1789….)

Tels sont quelques uns des éléments d’appréciation que la raison du philosophe peut trouver de l’histoire moderne, des temps modernes.

Mais un autre nous a dit avec autorité ce qu’il convient de penser des temps actuels. C’est saint Pie X, dans son encyclique « E Supremi Apostlatus » du 4 octobre 1903.

Après avoir exprimé, dans les premiers paragraphes de l’encyclique, son hésitation d’accepter la charge du Souverain Pontificat ainsi que son angoisse  devant la lourdeur de la tache,  le  pape exprime vivement son jugement sur  les temps modernes.

«Nous éprouvions une sorte de terreur, terrebat nos quam maxime  à considérer les conditions funestes de l’humanité à l’heure présente. Peut-on ignorer la maladie si profonde et si grave qui travaille, en ce moment bien plus que par le passé, la société humaine, et qui, s’aggravant de jour en jour et la rongeant jusqu’aux moelles, l’entraîne à sa ruine ? Cette maladie, Vénérables Frères, vous la connaissez, c’est, à l’égard de Dieu, l’abandon et l’apostasie ; et rien sans nul doute qui mène plus sûrement à la ruine, selon cette parole du prophète : « Voici que ceux qui s’éloignent de vous périront » …»

 « De nos jours, poursuit le Pontife, il n’est que trop vrai, « les nations ont frémi et les peuples ont médité des projets insensés » (6) contre leur Créateur; et presque commun est devenu ce cri de ses ennemis : « Retirez-vous de nous » (7). De là, en la plupart, un rejet total de tout respect de Dieu. De là des habitudes de vie, tant privée que publique, où nul compte n’est tenu de sa souveraineté. Bien plus, il n’est effort ni artifice que l’on ne mette en œuvre pour abolir entièrement son souvenir et jusqu’à sa notion »

« Qui pèse ces choses a droit de craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise de contact avec la terre, et que véritablement « le fils de perdition » dont parle l’Apôtre (8) n’ait déjà fait son avènement parmi nous ».  Si grande  est l’audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout ã l’attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d’un effort obstiné à anéantir tout rapport de l’homme avec la Divinité ! »

«  En revanche, et c’est là, au dire du même Apôtre, le caractère propre de l’Antéchrist, l’homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur en s’élevant  au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu. C’est à tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion  de Dieu, il secoue cependant le joug de sa majesté, et se dédie à lui-même le monde visible en guise de temple, où il prétend recevoir les adorations de ses semblables. Il siège dans le temple de Dieu, où il se montre comme s’il était Dieu lui-même » (9) ».

« Quelle sera l’issue de ce combat livré à Dieu par de faibles mortels, nul esprit sensé ne le peut mettre en doute. Il est loisible assurément, à l’homme qui veut abuser de sa liberté, de violer les droits et l’autorité suprême du Créateur; mais au Créateur reste toujours la victoire. Et ce n’est pas encore assez dire : la ruine plane de plus près sur l’homme justement quand il se dresse plus audacieux dans l’espoir du triomphe. C’est de quoi Dieu lui-même nous avertit dans les Saintes Ecritures. « Il ferme les yeux », disent-elles, « sur les péchés des hommes » (10), comme oublieux de sa puissance et de sa majesté; mais bientôt, après ce semblant de recul, « se réveillant ainsi qu’un homme dont l’ivresse a grandi la force » (11), « il brise la tête de ses ennemis » (12), afin que tous sachent que « le roi de toute la terre, c’est Dieu » (13), « et que les peuples comprennent qu’ils ne sont que des hommes » (14).

Mais il faut aussi citer saint Paul tant il est vrai que cette encyclique de Pie X semble être  l’écho du célèbre chapitre de la deuxième épitre aux Thessaloniciens.

Saint Paul nous y parle du mystère d’iniquité qui se développe au cours des siècles et qui aura pour terme le déchainement du Captif invisible que l’ordre chrétien régnant dans le monde aura si longtemps retenu. Alors viendra l’apostasie du monde  – discessio  – et la révélation de l’homme de péché, que le Seigneur Jésus mettra à mort par le souffle de sa bouche. « Son avènement aura lieu par la puissance de Satan, parmi toutes sortes de miracles, de signes, de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas ouvert leur cœur à l’amour de la vérité qui les eut sauvés. C’est pourquoi, ajoute l’Apôtre, Dieu leur envoie des illusions puissantes qui les feront croire au mensonge, en sorte qu’ils tombent sous son jugement tous ceux qui ont refusé leur foi à la vérité et ont consenti à l’iniquité ».(2 Th 2 9-12)

Ainsi ce temps décrit par saint Paul  pourrait être regardé comme le terme du grand mouvement d’apostasie qui a commencé à la fin du Moyen Age et qui va son train d’enfer.

Et cette absence du Christ, dans l’ordre temporel, a pour conséquence, le désordre social, le combat social, des forces de destruction. Il n’y a pas d’ordre et de justice possibles,  là où manquent l’ordre et la justice entre l’homme et Dieu.

« Qui pourrait, en effet, écrivait Pie X,  ne pas sentir son âme saisie de crainte et de tristesse à voir la plupart des hommes, tandis qu’on exalte par ailleurs et à juste titre les progrès de la civilisation, se déchaîner avec un tel acharnement les uns contre les autres, qu’on dirait un combat de tous contre tous ? Sans doute, le désir de la paix est dans tous les cœurs, et il n’est personne qui ne l’appelle de tous ses vœux. Mais cette paix, insensé qui la cherche en dehors de Dieu ; car, chasser Dieu, c’est bannir la justice; et, la justice écartée, toute espérance de paix devient une chimère. « La paix est l’œuvre de la justice » (16). Il en est, et en grand nombre, Nous ne l’ignorons pas, qui, poussés par l’amour de la paix, c’est-à-dire de la tranquillité de l’ordre, s’associent et se groupent pour former ce qu’ils appellent le parti de l’ordre. Hélas ! vaines espérances, peines perdues ! De partis d’ordre capables de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n’y en a qu’un: le parti de Dieu »

« Ce retour des nations au respect de la majesté et de kla souveraineté divi ne, quelques efforts que nous fassions par ailleurs pour le réaliser, n’adviendra que par Jésus-Christ….D’où il suit que tout restaurer dans le Christ et ramener les hommes à l’obéissance divine sont une seule et même chose.

« Or, où est la voie qui nous donne accès auprès de Jésus-Christ ? Elle est sous nos yeux : c’est l’Eglise. Saint Jean Chrysostome nous le dit avec raison : « L’Eglise est ton espérance, l’Eglise est ton salut, l’Eglise est ton refuge » (21).

Or le monde fait par les révolutionnaires bourgeois, l’ordre social et politique actuel, est construit sur la Désobéissance, sur le refus de l’autorité de l’Eglise, sur le refus de l’autorité du Christ, sur le refus de l’autorité de Dieu. Disons alors qu’il appelle la ruine comme la peste appelle la mort.

Si vous voulez vous faire une idée des responsabilités de ceux qui aujourd’hui dirigent le monde depuis trois siècles et surtout depuis ce dernier siècle, il suffirait de poser quelques questions :

-Qui a congédié Dieu et l’Evangile?
-Qui a nié les droits de Dieu sur la cité et la famille ?
-Qui a spolié l’Eglise ?
-Qui  a ôté à l’autorité et à la justice humaines le fondement divin de leur légitimité ?
-Qui a traité les pauvres comme quelques choses qui rapporte et qui leur a appris à mépriser la pauvreté ?
-Qui a prétendu fonder l’ordre humain sur la négation du péché originel, sur le dogme de la bonté originelle et de la perfectibilité indéfinie et sur la revendication des droits de la concupiscence ?
-Qui  a promulgué que la loi de la vie terrestre n’est pas la croix mais la jouissance, qui a cherché comme le royaume de Dieu l’argent et le bien-être temporel, et érigé l’égoïsme individualiste en système social ?
-Qui a assuré le triomphe de l’idéologie révolutionnaire ?
–Qui s’est efforcé d’arracher au peuple les biens spirituels, de le dépouiller de la grâce et des vertus chrétiennes, de lui ôter toute raison de vivre, tout en le soumettant à des conditions de travail infrahumaines ?
-Qui lui a appris à se scandaliser de la souffrance, à refuser la loi de Dieu, à restreindre le nombre de naissances ?
 -Qui a fait un devoir à l’Etat laïque de disputer à Dieu l’âme des enfants ?
-Qui a expulsé des cités humaines la justice et la charité ?

Il est clair après cet aperçu, que nous ne luttons pas pour la défense et le maintien de l’ordre social et politique actuel. Nous luttons pour sauvegarder les éléments de justice et de vérité, les restes du patrimoine humain, les réserves divines qui subsistent sur la terre et pour préparer et réaliser l’ordre nouveau qui doit remplacer le présent désordre…Il convient d’intégrer l’immense matériel de vie contenu dans le monde moderne, certes, mais il convient surtout de haïr le monde moderne pris dans ce qu’il regarde comme sa gloire propre et distinctive : l’indépendance à l’égard de Dieu. Nous haïssons l’iniquité révolutionnaire bourgeoise qui enveloppe et vicie aujourd’hui la civilisation, comme nous haïssons l’iniquité révolutionnaire-prolétarienne qui veut l’anéantir. C’est pour Dieu, ce n’est pas pour la société moderne que nous voulons travailler. S’il ne s’agissait que de défendre la République de la maçonnerie ou de la culture laïque…qui, d’entre vous, oserez lever le petit doigt ? Enfin ce n’est pas des hommes que nous attendons le salut, c’est de celui dont il a été dit : Nec enim aliud sub coelo nomen datum est hominibus, in quo oportet eos salvos fieri ».

Alors je veux travailler à la restauration de l’ordre du Christ.

Y coopère toute restauration des ordres religieux, tout  rayonnement nouveau de l’ordre bénédictin, de l’ordre des dominicains,  toutes les nombreuses communautés « Ecclesia Dei » ;
Y coopère la rénovation de la philosophie et de la théologie de saint Thomas;
Y Coopère, oh combien, la restauration de la vie liturgique, et du retour nécessaire de la messe tridentine dans l’Eglise et l’abolition ou la restauration de l’ordo nouveau dans un esprit chrétien ;
Y  coopère le grand mouvement du retour de la spiritualité du Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, donc la dévotion de Paray le Monial et la dévotion de Fatima.
Y coopère tout effort pour ramener l’intelligence au vrai, au service de la vérité ;
Tout effort politique pour faire régner le Christ ;
Y coopère tout développement du christianisme, tout mouvement qui développe la foi. La foi, dans la déconfiture actuelle, apparait comme  la vraie lumière, une lumière stable, comme la seule force intellectuelle intègre toujours neuve et vivante en sa pérennité
Ainsi, à la vérité, malgré une situation grave, cette époque est pour nous exaltante : elle est puissamment intéressante pour l’esprit.

Vous voyez donc, Bien chers abbés,  conclut saint Pie X, « quelle œuvre nous est confiée à Nous et à vous. Il s’agit de ramener les sociétés humaines, égarées loin de la sagesse du Christ, à l’obéissance de l’Eglise; l’Eglise, à son tour, les soumettra au Christ, et le Christ à Dieu. Que s’il Nous est donné, par la grâce divine, d’accomplir cette œuvre, Nous aurons la joie de voir l’iniquité faire place à la justice, et Nous serons heureux d’entendre « une grande voix disant du haut des cieux: Maintenant c’est le salut, et la vertu, et le royaume de notre Dieu et la puissance de son Christ » (22).

Ne trouvez-vous pas que cette œuvre est exaltante.

Elle doit galvaniser tous nos efforts, toute notre attention, tout notre zèle.

Vous qui allaient, par votre sacerdoce, coopérer à la renaissance dont nous venons de rappeler quelques éléments positifs, vous allez être les auxiliaires des forces divines, vous aller coopérer à l’ordre futur en disposant les linéaments d’être et de santé où la vie se réfugie pour construire l’avenir. C’est pour les intérêts de Dieu que vous allez  combattre, c’est bien « pour le parti de Dieu que vous allez travailler. Si Jésus parlant de Lui-même, a dit : « Qui n’est pas  avec moi est contre moi », n’oublions pas que parlant des apôtres et de leur effort terrestre, il a dit aussi : « Qui non est adversum vos, pro vobis est «  (Mac 9 39 ; Lc 9 50)

C’est de vous que dépend l’œuvre du salut, comme de ses causes prochaines.

Mieux ce sont  des saints que dépend cette opération pleinement agissante et efficace parce qu’ils sont unis pleinement à Celui qui fait tout. La ferveur cachée, dit jacques Maritain, des amis de Dieu, voilà ce qui importe avant tout à la conduite de l’univers. La charité seule peut sauver les nations, elle qui est inséparable de la justice et de la vérité, car c’est Dieu qu’elle aime et les hommes pour lui ».

3 novembre 2013

[SPO] Du nouveau pour l’Angelus


SOURCE - SPO - 3 novembre 2013

L’Angelus (école fondée en 2010 par l’abbé Régis Spinoza, membre de l’Institut du Bon Pasteur) se détache de l’Institut du Bon Pasteur pour fonder une nouvelle Fraternité : la Fraternité Enseignante des Cœurs de Jésus et de Marie.

Cette Fraternité est une association canonique privée de fidèles sous le patronage du Père Abbé de Randol. Elle sera amenée probablement à évoluer vers une autre forme canonique en fonction de son développement.

Sur le nouveau site Internet de la Fraternité, dont l’Angelus est la Maison-Mère, l’abbé Spinoza donne quelques précisions :
La Fraternité Enseignante des Cœurs de Jésus et de Marie a été érigée canoniquement au titre d’une association privée sous la gouvernance morale du Révérend Père Abbé de Randol le 22 Août 2013 à l’Angélus, jour de la Fête du Cœur Immaculé de Marie. L’Angélus, après concertation avec le Supérieur Général de l’Institut du Bon Pasteur, le 5 octobre 2013, devient la Maison-Mère de la Fraternité Enseignante. Ce statut canonique constitue une première étape et, si Dieu veut, est appelé à évoluer vers une structure ecclésiale plus large sans modifier le charisme propre de la Fraternité. 
Pour quelles raisons avons-nous décidé de fonder une nouvelle Fraternité alors que l’Europe connaît une véritable crise spirituelle ? Il n’est nullement question d’une nostalgie des temps passés mais plutôt d’une réponse, à notre petite échelle, à la crise d’identité que notre pays et l’Occident en général connaissent. Ce qui consterne les âmes de bon sens est la décadence spirituelle, morale et intellectuelle de nos jeunes générations. Sans vouloir brosser un tableau trop sombre, la Fraternité entend s’inscrire dans la dynamique de l’évangélisation ou plutôt de la nouvelle évangélisation à laquelle nous sommes appelés en tant que chrétiens. Il faut reconnaître qu’au milieu des turpitudes sociales, nous assistons à l’émergence de nombreuses écoles indépendantes en France. Il existe donc une force vive et la Fraternité entend contribuer à cette belle mission qu’est l’instruction des enfants et des adolescents afin que ceux-ci deviennent des témoins du Christ dans la Cité. 
C’est donc dans l’esprit des grands ordres enseignants que sont les jésuites, les frères des écoles chrétiennes ou encore les salésiens que la Fraternité entend s’inscrire. Il ne s’agit pas de réinventer la pédagogie. Nous laissons ce travail aux spécialistes ! Non, il est question de reconstruire, à partir de méthodes qui ont fait leur preuve, des écoles dirigées par des éducateurs religieux, ecclésiastiques et laïcs. 
Cela peut paraître audacieux voire téméraire. La vieille Europe connaît une pénurie de prêtres et de religieux sans précédent. L’image même du frère a été dévalorisée et même parfois dénigrée. Le problème de la « reconnaissance » sociale est mis au-devant de la scène. Les gens du monde (et même parfois le milieu ecclésiastique !) considèrent, à tort, que le frère est un « prêtre loupé ». C’est donc réduire la vocation, appel de Dieu, à une fonction « utilitariste ». Tous ces éléments ont conduit à cette pénurie qui voit les frères enseignants de tous ordres confondus diminuer de manière dramatique. En fin de compte, c’est l’essence même de la vie religieuse qui est méconnue. Le frère est celui qui donne son être, sa vie à Dieu. La gratuité, le désintéressement sont les deux principales vertus d’un frère enseignant. Nous oublions que de nombreuses générations ont été sanctifiées par les Frères, les « chers frères » qui transmettaient leur science, leurs savoir-faire. Ils étaient de véritables « paratonnerres » par leur vie régulière alimentée par une vie de prière et d’oraison qui apporte davantage que toutes les recettes pédagogiques contemporaines. Ils allaient à la source, l’Eucharistie et l’oraison qui font les saints. Leur don d’eux-mêmes les accompagnait dans leurs actions auprès de leurs élèves et leur inculquait ce talent, cet art qu’est l’éducation chrétienne. Leur disponibilité, leur écoute, leur présence auprès des garçons est unique. Voilà une des raisons qui nous fait croire que la Fraternité Enseignante a sa place malgré les vicissitudes et les contraintes de notre monde.
L’Institut du Bon Pasteur n’a pour l’instant pas fait de communication sur le sujet. Il semble que cette nouvelle fraternité n’ait pas de relation directe avec l’Institut du Bon Pasteur. N’étant qu’une association privée elle n’a pas le pouvoir d’incardiner ses membres, il semble donc qu’elle est vouée à rassembler (au moins dans un premier temps) des membres de différentes communautés mis à la disposition de l’oeuvre.

2 novembre 2013

[Mgr Williamson] Au secours

SOURCE - Mgr Williamson - 2 novembre 2013
Régulièrement au cours des 20 dernières années j’ai dit que la Fraternité St Pie X pouvait tomber. Les confrères n’ont jamais apprécié que je le dise, et contrairement à ce que pensent quelques-uns, je n’ai jamais eu plaisir à le dire non plus, mais voilà, nous en sommes là. Par exemple une lectrice vient de m’envoyer une citation qu’elle a trouvée dans un sermon d’ordinations que j’ai donné en 1984, et que j’avais complètement oublié, bien sûr :--
« Au début de l’Église Militante Jésus Christ a conduit ses disciples à travers les catacombes et la persécution jusqu’à la vie chrétienne en plein air, et à la fin de l’Église Militante il est tout à fait possible qu’il ait à les conduire de la vie en plein air à travers la persécution pour retourner dans les catacombes. Si cela se réalise et que nous arrivons jusqu’aux catacombes, certainement pour beaucoup d’entre nous la Fraternité y aura été indispensable, mais une fois de retour dans les catacombes nous devrons peut-être savoir nous en passer (...) Chers séminaristes ! Régulièrement je leur dis que (...) le monde entier est contre eux, que le monde entier se jette en Enfer, que la Fraternité pourrait facilement tomber, que l’avenir, de quel côt&eacu te; que l’on regarde, est sombre. Savez-vous, je crois vraiment que si une seule de mes prédictions catastrophiques se réalisait, ils seraient agréablement surpris ! » 
Et qu’est-ce que je pense voir maintenant du côté de la « Résistance » ? La sortie pénible mais constante de Catholiques joyeux qui sont ce qui reste des Traditionnalistes qui sont en leur temps sortis des ruines de Vatican II. Rien encore ne me persuade qu’il faille constituer une structure ou séminaire pour remplacer ceux de la Fraternité, mais la Résistance est encore jeune. Ce dont je crois bien que la Résistance a besoin, c’est d’une base d’opérations en Angleterre, pas trop loin du Continent et des aéroports de Londres, un bâtiment solide qui fasse comprendre que la Résistance n’est pas sur le point de disparaître, et qui fournisse, par exemple, un refuge où les prêtres, à l’abri de toute pression, puissent se remettre pendant quelques jours pour affronter de nouveau les épreuves de l’apostolat d’aujourd’hui. 

On a choisi la maison, elle existe, on est d’accord pour l’acheter, et les dons ont commencé à arriver, mais le temps passe, et nous devons trouver non seulement £40,000 avant la fin du mois de novembre, mais aussi £360,000 vers la mi-décembre. Je n’aime pas faire des promesses, mais Dieu aidant je n’ai aucune intention d’abandonner la défense de la Foi, quelque forme qu’elle prenne dans les années qui viennent. Ayez la bonté de nous venir en aide, et à l’ombre aujourd’hui de l’effondrement demain des monnaies, pensez à faire, tant qu’il est encore possible, un investissement céleste qui sera garanti par toute l’Armée du Ciel. Que Dieu vous bénisse pour tout ce que vous pourrez contribuer. Ci-dessous, les modes de faire un don. 

Kyrie eleison. 
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1 novembre 2013

[NOV2013] [Mgr Williamson] Sermon des confirmations à Québec

SOURCE - Mgr Williamson - 1er novembre 2013

[Partie anglaise non transcrite] 

On m’a demandé hier soir, de dire quelques mots en anglais sans même y penser maintenant (?). Veuillez excuser le retard, c’est en partie dû à ma vieillesse. J’oublierai d’être présent à mes propres funérailles. Enfin bref.

La confirmation, l’un des sept sacrements pour nous donner la grâce, la grâce de Jésus-Christ. Si Adam et Eve n’étaient pas tombés, nous n’aurions pas besoin des sacrements. Si Adam et Eve et leurs descendants n’étaient pas tombés, si nous étions tous sans péché originel, nous, à la fin de notre vie, nous passerions doucement au ciel. Nous serions passés doucement au ciel. Si nous n’avions pas péché, donc, mais voilà, le péché est. Si les tout premiers êtres humains sont tombés, c’est notre condition humaine, et depuis lors, il a fallu attendre le Messie pour rouvrir les portes du ciel. Dès la chute d’Adam et Eve, le péché est quelque chose tellement grave qu’aucun être humain ne pouvait être sauvé à partir de ce moment, ne pouvait entrer au ciel à partir de ce moment-là. C’est seulement notre Seigneur, mourant en croix qui à ré ouvert les portes. Les portes barrées du ciel. Nous sommes tous en dépendance de Jésus pour nous sauver. Vivant dans notre ère, il est facile de penser : nous avons besoin d’auto, nous avons besoin d’autoroute, nous avons besoin de sécurité sociale, nous avons besoin de gouvernement, mais nous n’avons pas besoin de l’Eglise, de toutes ses complications de l’Eglise, toutes ses cérémonies, tous ces ornements, que sais-je, des choses très belles, mais c’est sup ?? Mais non, non, non, non, si on ne va pas se sauver l’Eglise est superflu en effet, et on ira tranquillement en enfer, parce qu’avec le péché originel « accroitré » d’avec pas mal de péchés personnels on ne peut pas aller au ciel. Pour aller au ciel, il faut le baptême pour laver le péché originel. C’est le premier des sept sacrements. Et puis, suite au baptême, il faut la confirmation pour renforcer le baptême, c’est la plénitude du baptême en quelque sorte. Le baptême on le reçoit en tout petit enfant, c’est trop grave car si le bébé meurt, il ne pourra pas aller au ciel s’il n’est pas encore baptisé. Pour cela l’Eglise baptise les tout petits enfants, aujourd’hui, on pense, ah .. il faudrait laisser au petit le temps de se décider par lui-même. A quel âge pourra-t ’il décider ? A l’âge où il est déjà empêtré dans le péché, il ne va pas décider à ce moment-là de se faire baptiser. Il se passera du baptême et ne pourra pas aller au ciel. C’est pour cela que l’Eglise, depuis presque toujours l’Eglise a baptisé les tout petits enfants, les bébés dans les bras de maman pour que si l’enfant, le petit vient à mourir, il ira au ciel. Et donc cadeau de Dieu pour les petits enfants qui meurent petits avant le péché, mais meurent baptisés, ils iront droit au ciel. Ils font partie de tous les saints que nous commémorons aujourd’hui. C’est la fête de tous les saints aujourd’hui. Alors la confirmation n’est pas absolument nécessaire comme le baptême, mais c’est très utile. Notre Seigneur n’a rien fait d’inutile, il a institué sept sacrements, pas six ni huit, et s’il y a sept sacrements c’est que chacun d’eux donne quelque chose que les autres ne donnent pas, et donc, ce que donne la confirmation c’est la fermeté. Cum firmum, ferme, fermeté, en Français la fermeté, la fermeté dans la foi, la fermeté dans la vie chrétienne qui n’est pas évidente. Aujourd’hui, il y a une sorte de raison de laisser de côté la vie chrétienne. C’est nager à contre-courant que de vivre chrétien aujourd’hui et tout le monde le dit, ce n’est pas nécessaire. Nos magnifiques universités, nos magnifiques politiciens, nos magnifiques gouvernements, notre magnifique sécurité sociale, c’est ça qui fait la bonne vie. C’est pas Dieu qui fait la bonne vie, c’est nous autres hommes qui faisons la bonne vie. Vous voulez mener la bonne vie : adorez le gouvernement, c’est comme ça que pense beaucoup de monde aujourd’hui. Ils adorent notre gouvernement et Bon Dieu les punis par où ils ont péché. Vous avez adoré votre gouvernement, vous avez fait de votre gouvernement une idole, ne soyez pas surpris si votre gouvernement même lui vous punis, et c’est exact par ce qui se passe. Aujourd’hui le gouvernement institue des états policiers, Ils font des états des états policiers. Nous l’avons mérité, nous l’avons voulu en adorant nos gouvernements et l’homme, au lieu d’adorer Dieu. Si nous adorons Dieu, si nous voulons rejoindre Dieu dans son ciel pour être heureux, inimaginablement heureux pour toute l’éternité, il faut les sacrements, il faut notre seigneur Jésus-Christ, il faut ces sacrements. Et donc, le sacrement d’aujourd’hui, la confirmation est très, le moins qu’on puisse dire, c’est très très utile, surtout aujourd’hui où il faut tellement de force pour vivre chrétien. Alors, l’évêque oint le front du confirmant et il dit des paroles qui parlent de la force parce que le sacrement, les paroles du sacrement expriment la grâce que le sacrement va donner et dans le cas de la confirmation, c’est la grâce de la force. Alors « Ego te confirmo », je te confirme, je fais le signe de croix sur ton front et je t’oins avec l’huile du salut. Les mots sont dans ce sens-là et à ce moment-là, sur l’âme spirituel, l’âme n’est pas matérielle, sur l’âme spirituelle qui est unie avec le corps matérielle qui n’est pas elle-même matérielle, sur l’âme spirituelle est imprimé comme un sceau et pour toute l’éternité, soit au ciel soit en enfer, ce sceau sera spirituellement visible aux yeux spirituels des sauvés et des damnés, tous ils verront ce sceau. En enfer ce sera pour se faire moquer, toi tu as reçu tous ces sacrements, tu arrives en enfer comme nous autres pécheurs qui n’avons pas reçu les sacrements. Et tu as reçu et tu es ici, on se moquera des confirmés en enfer. Au ciel tous se réjouiront de ces sacrements, du signe de ces sacrements, le sceau du baptême, le sceau de la confirmation qui nous ont permis de nous sauver et là se réjouira de ces dons de Dieu. Alors prions tous aujourd’hui pour tous ceux qui reçoivent le sacrement, ceux qui reçoivent la confirmation pour que tous soient, deviennent et restent de bons soldats, de bons soldats du Christ qui soient fort dans la foi, fort dans le combat du Christ. Et jusqu’à la mort, prions cela et prions aussi plus particulièrement à la Mère des Chrétiens, refuge des pêcheurs, qui pour qu’elle vienne en aide et protège ceux qui sont confirmés aujourd’hui.

Au nom de Père, du Fils et du Saint Esprit.

[Credidimus Caritati] Mgr Lefebvre : Comment envisager une solution à la crise ?

SOURCE - Credidimus Caritati - 1 novembre 2013

Le 24 février 1977, on interroge Mgr Lefebvre sur l’avenir : « Comment envisager le retour à une situation normale ? » lui demande-t-on. Très prudemment, le fondateur de la FSSPX n’impose pas – il ne l’a d’ailleurs jamais fait – un cahier des charges. Il remet cela à la Providence, tout en disant de manière réaliste que la solution proviendrait du pape. En revanche, il insiste beaucoup sur la manière de se comporter en attendant. Plus les actes posés ou les propos tenus par les autorités provoquent le scandale, plus il est tentant d’assouvir des passions en vidant son sac, en recourant à des jugements emportés ou des termes excessifs. Mgr Lefebvre bannit ces mauvais moyens. Il préconise à l’inverse le respect de la hiérarchie, l’affranchissement des anathèmes ou des polémiques stériles et il invite à déployer une véritable « affection sacerdotale » auprès des prêtres extérieurs.
« Dès lors qu'il s'agit de l'avenir, nous savons qu'il appartient à Dieu et qu'il est donc difficile de faire des prévisions. Cependant constatons d'abord que l'anomalie dans l'Église n'est pas venue de nous, mais bien de ceux qui se sont efforcés d'imposer une orientation nouvelle à l'Église, orientation contraire à la Tradition et même condamnée par le Magistère de l'Église. Si nous apparaissons être dans une situation anormale, c'est parce que ceux qui ont l'autorité aujourd'hui dans l'Église brûlent ce qu'ils adoraient autrefois et adorent ce qui était brûlé autrefois. Ce sont ceux qui se sont écartés de la voie normale et traditionnelle qui auront à revenir à ce que l'Église a toujours enseigné et toujours accompli. 
« Comment cela pourra-t-il se faire ? Humainement parlant il semble bien que seul le Pape, disons un Pape, pourra rétablir l'ordre détruit dans tous les domaines. Mais il est préférable de laisser ces choses à la Providence divine. 
«Toutefois notre devoir est de tout faire pour garder le respect de la hiérarchie dans la mesure où ses membres en font encore partie, et de savoir faire la distinction entre l'institution divine à laquelle nous devons être très attachés et les erreurs que peuvent professer de mauvais bergers. Nous devons faire tout ce qui est possible pour les éclairer et les convertir par nos prières, notre exemple de douceur et de fermeté. 
« A mesure que nos prieurés se fondent, nous aurons ce souci de nous insérer dans les diocèses par notre véritable apostolat sacerdotal soumis au successeur de Pierre, comme successeur de Pierre, non comme successeur de Luther ou de Lamennais. Nous aurons du respect et même de l'affection sacerdotale pour tous les prêtres, nous efforçant de leur rendre la vraie notion du sacerdoce et du sacrifice, de les accueillir pour des retraites, de prêcher des missions dans les paroisses comme le bienheureux de Montfort, prêchant la Croix de Jésus et le vrai Sacrifice de la Messe. 
« Ainsi par la grâce de la Vérité, de la Tradition, les préjugés à notre sujet s'évanouiront, du moins de la part des esprits encore bien disposés, et notre future insertion officielle en sera grandement facilitée. Évitons les anathèmes, les injures, les quolibets, évitons les polémiques stériles, prions, sanctifions-nous, sanctifions les âmes qui viendront à nous toujours plus nombreuses, dans la mesure où elles trouvent en nous ce dont elles ont soif, la grâce d'un vrai prêtre, d'un pasteur des âmes, zélé, fort dans sa Foi, patient, miséricordieux, assoiffé du salut des âmes et de la gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ [1].»
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[1] Mgr Lefebvre, le coup de maître de Satan, éd. Saint-Gabriel, 1977