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31 décembre 2009

[Abbé Meramo] Lettre ouverte à Monseigneur Fellay

SOURCE - Abbé Meramo - Virgo Maria - 31 décembre 2009

Traduction depuis le texte original en espagnol sur Radio Cristianidad

Lettre ouverte à Monseigneur Fellay

De quel droit et en vertu de quelle justice vous-même (en tant que chef de la Nouvelle Fraternité du Motu proprio) et les clercs qui vous suivent persistez-vous à me diffamer auprès des fidèles en prétendant que j’ai été expulsé pour désobéissance et manque de respect envers le Supérieur Général ? Il s’agit là d’un mensonge et d’une infâme calomnie, car si vous m’avez expulsé, c’est pour n’avoir pas gardé le silence et pour avoir dit ouvertement, sans cachotteries, les choses comme elles sont depuis que vous-même et les trois autres évêques êtes tombés dans le piège du Motu Proprio et de la levée des excommunications – prononcés par la Rome apostate et antichristique, ainsi que l’appelait Mgr Lefebvre.

Ce que vous-même et la direction de la FSSPX avez fait là revient ni plus ni moins qu’à trahir l’œuvre de Monseigneur Lefebvre, la Tradition catholique et le combat pour la défense de la Foi.

Vous avez permis que la Rome moderniste, telle la grande prostituée de l’Apocalypse (si l’on se réfère à l’exégèse de l’abbé Castellani), réussisse à détruire l’ultime bastion important de niveau mondial qui faisait encore front à son apostasie comme à celle de la nouvelle église post-conciliaire.

Vous avez provoqué l’atomisation de la résistance héroïque suscitée par Monseigneur Lefebvre et Mgr de Castro Mayer. Et vous suivez le même chemin que les abbés de Campos, qui ont failli, comme avaient failli avant eux Dom Augustin (du couvent bénédictin de Flavigny) et Dom Gérard (du convent bénédictin du Barroux), et comme faillissent aujourd’hui – à cause de vous – les moines franciscains de Morgon et les dominicains d’Avrillé, qui, de Canes Domini, se transforment en Canes Fellay, c’est-à-dire en chiens de garde de votre Excellence.

Vous avez un discours pour la Fraternité, qui nie cette faillite, et un discours pour la Rome schismatique. Ce double langage apparaît aux vu et su de tout le monde dans l’article publié le jeudi 29 octobre 2009 par Vini Ganimara, Rédacteur en chef du blog de l’Osservatore Romano, sous le titre " Forces et faiblesses de la diplomatie de Monseigneur Fellay ". On peut y lire ce qui suit :

"Monseigneur Fellay […] a su adopter peu à peu un langage mesuré, de nature à rejeter dans l’oubli les déclarations que l’intéressé faisait partout dans le passé et les discours agressifs des autres évêques de la FSSPX, ainsi qu’à désarmer l’"opinion publique" épiscopale (en Allemagne, notamment), qui prétend faire obstacle à la bonne volonté du pape. Ce troisième point – décisif, puisqu’il n’y a pas de négociation sans contreparties réciproques – met en lumière les capacités diplomatiques du prélat, mais aussi l’étroitesse de sa marge de manœuvre. Je prends un exemple : depuis la levée des excommunications, il a adressé par télécopie à tous les prieurés du monde une "Lettre aux fidèles" (du 24 janvier 2009) contenant la citation de sa lettre au cardinal Castrillón du 15 décembre 2008, qui avait permis la levée des censures : "Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican II, au sujet duquel nous émettons des réserves". Cette formule suscita une opposition si énergique que quelques jours après, une nouvelle version de la lettre en question donnait la citation suivante de la lettre au cardinal : "Nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu’à Vatican I. Mais nous ne pouvons qu’émettre des réserves au sujet du concile Vatican II". Bien entendu, c’est la première version qu’a reçue le cardinal Castrillón. La seconde version n’est pas une falsification à proprement parler, c’est une traduction destinée à l’opinion publique de la FSSPX."

Ayez du moins l’honnêteté morale et intellectuelle d’affronter les faits tels qu’ils sont, en disant la vérité.

Cessez de dénigrer par le truchement de vos subalternes – que ce soit l’abbé Bouchacourt ou quiconque d’autre – qui, animés d’un zèle amer, accusent et persécutent tous ceux qui ne sont pas d’accord avec la Nouvelle Fraternité du Motu proprio, laquelle ne diffère en rien (si l’on y regarde de près) de la Fraternité Saint-Pierre, de l’Institut du Bon Pasteur ou des abbés de Campos, qui ont tous failli devant la Rome moderniste.

De même, il n’existe aucune différence essentielle entre la Messe de l’Indult et la messe du Motu proprio, car dans l’un et l’autre cas, la nouvelle Messe est reconnue comme l’expression bonne et légitime du rite romain et catholique. Alors que selon Monseigneur Lefebvre, la nouvelle Messe était mauvaise et bâtarde, donc dénuée de la moindre légitimité.

Excusez ma franchise, mais se taire serait faillir et entrer aussi vilainement qu’impunément dans votre jeu ; car c’est ce jeu que vous tentez de jouer, avec votre autorité et votre pouvoir qui tournent le dos à la vérité, en imposant silence à tout le monde, en expulsant ceux qui s’opposent à vous et vous contredisent, en rejetant les fidèles les plus anciens et les plus fermes, qui voient parfaitement ce qui se passe et vous résistent. Les exemples abondent, mais pour ne parler que de l’Amérique latine, il suffit de voir ce qui se fait en Argentine, où l’on exclut tout fidèle qui s’oppose, y compris des directrices d’écoles de la Fraternité (comme ce fut le cas à Buenos Aires) ou des communautés religieuses alliées à la FSSPX, telles les sœurs dominicaines d’Altagracia, à Córdoba. On dit carrément aux fidèles que si ça ne leur plaît pas ou s’ils ne sont pas d’accord, ils n’ont qu’à s’en aller, sans aucun égard pour la charité, ni la vérité sur laquelle elle repose. On envoie promener tous ceux qui ne se soumettent pas, sans même tenir compte des efforts accomplis par les fidèles, en particulier de leurs dons, qui ont permis à la Fraternité d’acquérir tous les biens qu’elle possède. Excusez-moi, Monseigneur, mais il s’agit là d’une véritable escroquerie, d’un vol pur et simple.

En outre, vous croyez être bon et vertueux parce que vous êtes le Supérieur général et que tout ce que vous faites est donc bien et juste, plus encore aujourd’hui où vous avez le soutien de la Rome apostate et adultère. Si je mens, ayez le courage de me le dire en face et publiquement, mais ne le faites pas en essayant de me discréditer auprès des prêtres et des fidèles, comme vous avez pris l’habitude de le faire.

Je vous dis cela en toute charité, laquelle ne consiste qu’en la vérité.

Que Dieu vous illumine (sans vous foudroyer pour autant). C’est ce que je puis vous souhaiter de meilleur en cette sainte Nativité.

Abbé Basilio Méramo

Bogotá, le 31 décembre 2009

30 décembre 2009

[Paris Normandie] Thiberville - L'abbé Michel devra partir

SOURCE - Paris Normandie - 30 décembre 2009
THIBERVILLE. L'évêché vient officiellement de retirer sa charge de curé au père Francis Michel. Le groupement interparoissial est du même coup dissout.

C'est à la veille de fêter Noël que le décret est tombé. Christian Nourrichard, évêque d'Evreux, a fait part officiellement de la révocation, pour le 3 janvier prochain, de l'abbé Francis Michel, curé du Groupement interparoissial de Thiberville depuis 1986.

Pas vraiment une surprise pour l'intéressé qui a déjà opposé plusieurs refus à l'évêché lui demandant de quitter ce groupement et ses treize clochers.

Des pétitions de la part de paroissiens avaient même circulé pour réclamer son maintien.

L'évêché a finalement décidé de dissoudre ce groupement interparoissial de Thiberville, auquel se substitue l'une des communautés de la paroisse Notre-Dame de la Charentonne de Bernay, dont le curé n'est autre que l'abbé Jean Vivien, qui gère, outre celle de Thiberville, celles de Bernay, Courbépine, Plasnes, Saint-Aubin-Le Vertueux.

Le père Jean Vivien arrive dimanche

Résultat : ce groupement reconnu pour son dynamisme, dans lequel les offices font pourtant toujours le « plein », n'aura plus de prêtre résidant à Thiberville. L'abbé Michel est ainsi tenu de quitter les lieux et de restituer toutes les pièces se rapportant à sa charge pour le dimanche 3 janvier prochain, et de les confier au père Jean Vivien, dont les paroissiens feront la connaissance ce même dimanche à 10 h à l'église Saint-Taurin de Thiberville.

Une révocation en bonne et due forme que ne goûtent pas les élus du canton, d'autant plus « choqués » que la dissolution du groupement interparoissial n'a pas été portée officiellement à leur connaissance…

[Jean Madiran - Présent] Le désastre généralisé de la messe en français

SOURCE - Jean Madiran - Présent daté du 31 décembre 2009

Le désastre généralisé de la messe en français

• Bilan dans La Croix. Non pas de l’année qui s’achève, mais du désastre catholique, sur quarante ans, de 1965 (fin du Concile) à 2005 (élection de Benoît XVI). C’est le désastre des « messalisants », c’est-à-dire des catholiques allant chaque dimanche à la messe. En 1965, ils étaient 27 % de la population française. Ils ne sont plus que 4,5 % en 2005.

Ce bilan catastrophique se fonde sur une comparaison, aux diverses époques, de sondages d’opinion. Les sondages ne sont pas une science exacte. Mais ils ne peuvent pas inventer une chute de 27 à 4,5. La France est aujourd’hui, selon La Croix (et l’Ifop), « le pays catholique où la pratique dominicale est la plus basse ».

• Cette chute verticale de l’assistance à la messe est d’environ 12 % sous le pontificat de Paul VI et 11 % sous celui de Jean-Paul II. Puisqu’il s’agit de la messe, il est inévitable d’observer qu’un tel désastre est contemporain de l’interdiction de la messe traditionnelle par l’obligation d’une messe nouvelle en français.

On invoquera d’autres causes au désastre. Mais la messe en français reste la principale cause prochaine. Il faut se souvenir des raisons de l’institution d’une messe nouvelle, telles qu’elles ont été énoncées par Paul VI. Il s’agissait de sacrifier le latin et les magnifiques vêtements de la liturgie traditionnelle, dont il ne niait pas l’éclat merveilleux, mais qui étaient selon lui un obstacle à la participation des masses populaires, des journalistes et des hommes d’affaires. La nouvelle messe était donc explicitement imposée pour remplir les églises. Elle les a vidées.

• Isabelle de Gaulmyn, qui présente et commente ces chiffres terribles dans La Croix, s’en montre modérément atterrée. Elle a cru bon d’aller en demander l’explication à un « historien à l’Ecole pratique des hautes études ». On l’a connue moins mal inspirée. Ce personnage se nomme Denis Pelletier, et il a donné l’époustouflante consultation que voici :

« La courbe plonge à partir des années 1970, au moment où, après l’audace post-conciliaire des débuts, l’Eglise revenait à des positions plus classiques. »

Les années 1970 sont au contraire celles où bat son plein la plus spectaculaire et la plus scandaleuse « audace post-conciliaire », la suppression de la messe traditionnelle, abusivement remplacée par la messe en français, bavarde et démago.

Isabelle de Gaulmyn s’appuie sur la sentence paradoxale de l’historien Pelletier pour accentuer le paradoxe :

« La courbe historique [du désastre] montre en tout cas que l’on ne peut attribuer, comme certains l’ont fait, ce décrochage à Vatican II. »

Ah, bon, l’essentiel est sauvé.

• A la page suivante du même numéro de La Croix (29 décembre), Frédéric Mounier, qui a remplacé à Rome Isabelle de Gaulmyn, nous rapporte un propos bien consolant du cardinal Poupard :

« Il faut se souvenir de l’homélie de Paul VI lors de l’ouverture de son pontificat. Pour lui, avant de parler, l’Eglise devait se faire écoute. Ce fut le thème de sa première encyclique. De même (…), il n’a pas condamné la jeunesse en ébullition. Il s’est interrogé : – Saurons-nous les comprendre ? »

Que le Cardinal se rassure. On s’en est beaucoup souvenu. La hiérarchie ecclésiastique, sauf Benoît XVI et quatre ou cinq évêques, écoute d’abord, écoute avant tout, écoute énormément les « tendances actuelles ». Si bien que ce n’est plus guère : « Allez enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Ce n’est plus guère ; « Allez dans le monde entier, proclamer l’Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16,15-16). C’est plutôt : Allez écouter ce qu’on dit dans le monde, comprenez leurs désirs, accompagnez leurs problèmes…

Alors, qu’on ne s’étonne pas : même les chiffres se mettent à hurler.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7000 de PRESENT du Jeudi 31 décembre 2009

[Comité de soutien à l’abbé Michel] A Thiberville, l’évêque d’Évreux veut étouffer le Motu Proprio

SOURCE - Comité de soutien à l'abbé Michel - 30 décembre 2009
"Le diocèse d’Évreux est l’un des plus sinistrés de France. Après Mgr Gaillot et Mgr David, Mgr Nourrichard gère la faillite d’une terre jadis chrétienne, où les églises se ferment les unes après les autres, les catéchismes sont désertés, les vocations découragées, les finances asséchées.

Dans ce désert, un prêtre, l’abbé Francis Michel, maintient la plus vivante des paroisses, Thiberville. Il se trouve que ce curé, qui n’est pas issu du monde traditionaliste mais qui est profondément traditionnel, c'est-à-dire catholique, a appliqué par anticipation le Motu Proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI, depuis de longues années. Chez lui sont célébrées des messes dans la forme dite aujourd’hui « extraordinaire » et des messes dans la forme « ordinaire », mais de manière conforme aux vœux de Benoît XVI et « tournées » vers le Seigneur. Le résultat ? Thiberville et les 14 clochers que dessert l’abbé Michel forment l’ensemble catholique le plus vivant et le plus missionnaire – le seul encore vivant – du diocèse d’Évreux : église de Thiberville comble à toutes les messes, desserte « tournante » des autres églises, catéchismes, participation active des fidèles, foule d’enfants de chœur, confréries, toutes les églises magnifiquement restaurées, enterrements célébrés par le curé lui-même, etc. Ces paroisses où la communion de tous les catholiques est vécue de manière exemplaire est un modèle d’application de la volonté du Pape.

Au-delà de toutes les autres raisons avancées, c’est pour cela que l’évêque voudrait faire disparaître le culte à Thiberville. L’idéologie de « l’esprit du Concile », avec 40 ans de retard, doit s’y appliquer. Après bien des épisodes, Mgr Nourrichard va tenter d’enterrer cette expérience : dimanche prochain, le 3 janvier, il se rendra à Thiberville avec ses collaborateurs et, lors de la messe de 10h, il annoncera avec « douleur » sa décision sans appel : la paroisse de Thiberville n’aura plus de curé propre qui est « révoqué » et la paroisse sera jointe à un « ensemble paroissial », celui de Bernay. La mort du catholicisme paroissial plutôt que le recul de l’idéologie.

A Thiberville et dans tout le canton, c’est la consternation. D’abord parce qu’on y aime beaucoup l’abbé Michel et ensuite parce que l’évêque ne le remplacera pas. Tous les élus locaux de la région et tous les paroissiens seront présents pour dire leur soutien à ce prêtre très populaire, qui a pu commettre des maladresses mais dont le tort principal, pour son évêque, est d’être trop « papiste ».

Le dimanche 3 janvier, la protestation catholique du Peuple de Dieu se fera dans le plus grand calme pour demander qu’à Thiberville la volonté du Pape soit appliquée".

[summorum-pontificum.fr] Basilique Saint-Pierre : du nouveau

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 30 décembre 2009

Selon le blog Messainlatino, le cardinal Angelo Comastri, cardinal-archiprêtre de la Basilique Saint-Pierre a ordonné que quatre exemplaires du missel romain traditionnel, selon les livres liturgiques de 1962, soient disponibles dans la sacristie de la Basilique. Cette décision fait suite à la demande croissante de prêtres de passage qui souhaitent pouvoir célébrer dans la vénérable église selon le missel traditionnel. Jusqu’ici, ces prêtres devaient venir avec leur propre missel, ce qui n’est pas toujours très pratique. Rappelons que des prêtres de la curie célèbrent aussi selon l’antique usage, en la Basilique Saint-Pierre ou dans d’autres églises ou chapelles romaines.

Toujours selon Messainlatino, qui publie le document, cette décision du cardinal fait suite à une lettre de l'abbé Stefano Carusi de l'Institut du Bon Pasteur (IBP) qui s'est adressé au cardinal-archiprêtre de Saint-Pierre pour s'étonner de l'absence de missels d'autel pour la forme extraordinaire et qui a demandé que cet « oubli » soit réparé.

28 décembre 2009

[Aletheia n°149] Natuzza Evolo (1924-2009) - "Il n’y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint" dit Serge Klarsfeld - Réabonnement - par Yves Chiron

Aletheia n°149 - 28 décembre 2009

Natuzza Evolo (1924-2009)

Natuzza Evolo est née le 23 août 1924 à Paravati, en Calabre, dans le diocèse de Mileto. Quelques mois avant sa naissance, son père a dû émigrer en Argentine pour faire vivre la famille. Sa mère se livrait, de manière intermittente, à la prostitution. Natuzza n’a pu aller à l’école. Elle ne saura jamais ni lire ni écrire et ne parlera que le dialecte calabrais.

Depuis l’enfance, elle a été gratifiée de la présence sensible de son ange gardien. À l’âge de huit ans, en 1932, elle a eu une première vision de saint François de Paule. En 1935, elle connaît sa première bilocation : elle « visite » son père en Argentine.

À l’âge de quatorze ans, elle a été placée comme domestique chez un avocat, Silvio Colloca. À partir de juin 1939, elle a commencé à voir des défunts et à converser avec eux. À l’âge de seize ans, en 1940, elle a connu, pour la première fois, le phénomène, rare, de l’hémographie mystique. C’était le jour où elle a reçu le sacrement de confirmation dans la cathédrale de Mileto. Après la communion, elle a découvert, sur son vêtement, à hauteur de l’épaule, une croix de sang, d’environ 5 cm de haut. Le phénomène se répètera des centaines de fois pendant son existence : au cours d’extases ou de bilocations, le sang suintait de différents endroits de son corps (les joues, le front, les mains, la poitrine, les genoux). Sur ses vêtements, ou sur le mouchoir ou le linge où était recueilli son sang, des phrases, en différentes langues (italien, français, anglais, grec, latin, araméen), ou des dessins, apparaissaient, toujours dans une thématique spirituelle.

Après que différentes congrégations religieuses aient refusé de l’admettre comme novice, Nattuza se maria en 1944 avec un garçon de son village, Pasquale Nicolace, qui était menuisier. Elle avait posé comme condition que son futur mari s’engage à respecter sa vocation particulière. De cette union, naîtront cinq enfants.

Quelque temps après son mariage, la Vierge Marie lui apparut et lui annonça qu’un jour seraient construites « une grande église qui sera dédiée au Cœur immaculé de Marie refuge des âmes et une maison pour soulager les jeunes, les personnes âgées et tous ceux qui se trouvent dans le besoin ».

Toute sa vie, Mamma Natuzza, comme elle sera surnommée, fut favorisée de phénomènes mystiques extraordinaires : extases, visions de Jésus, de la Vierge Marie, de saint François de Paule et d’autres saints, stigmates, fragrances miraculeuses, bilocation.

Plus de cinquante cas de bilocation ont été attestés pendant sa vie. « Ce n’est jamais moi qui provoque la bilocation, a expliqué Natuzza. Des défunts ou des anges se présentent à moi et me conduisent dans des lieux où ma présence est nécessaire. Je vois parfaitement tout ce qui se trouve autour de moi. Je peux le décrire, je peux parler et être utile aux personnes que je trouve. Je peux ouvrir et fermer les portes, je peux agir. Je suis ici, chez moi, je parle avec les miens et je me sens en même temps dans un autre lieu où je parle et j’agis de la même façon. La bilocation, ce n’est pas comme un film que l’on voit au cinéma ou à la télévision. Je me trouve vraiment au milieu de l’endroit que je visite. Je reste dans cet endroit le temps nécessaire pour l’accomplissement de ma mission, quelques secondes ou quelques minutes. Je suis bien consciente que mon corps physique se trouve à Paravati (ou en quelque autre lieu, mais différent de celui que je visite). »

À partir de 1958, elle a été stigmatisée de manière visible et sur une longue durée (même si, depuis longtemps, elle connaissait des douleurs répétant la Passion du Christ). Les stigmates étaient visibles pendant le Carême et jusqu’au Vendredi Saint. Une particularité est à signaler : ses plaies n’étaient pas situées dans la paume des mains et dans la plante des pieds, comme chez la plupart des stigmatisés (et comme dans la représentation traditionnelle de la crucifixion), mais aux poignets et au-dessus des pieds. Ce qui correspond davantage à la technique historique de la crucifixion chez les Romains, et à l’image du Saint-Suaire.

Natuzza Evolo est étonnante par la variété et l’abondance des phénomènes extraordinaires qui ont caractérisé sa vie mystique, elle a été exemplaire aussi par sa discrétion et sa charité envers tous. Sa familiarité avec les défunts (on la surnommait « la radio de l’autre monde ») était autant connue que les autres grâces dont elle était favorisée. Pendant des décennies, elle a reçu chez elle, quatre soirs par semaine, des fidèles qui venaient demander des « nouvelles » de leurs défunts et solliciter des conseils spirituels.

Des groupes de prière se sont constitués spontanément à Paravati, puis dans le diocèse et dans toute l’Italie. Ces groupes de prière, organisés à partir de 1994 sous le nom de Cénacles du Cœur immaculé de Marie refuge des âmes, ont vu leurs statuts approuvés canoniquement par Mgr Cortese, évêque de Mileto, le 22 février 1999.

Dans les dernières années de sa vie, Natuzza Evolo a pu voir également le début de la construction des édifices qu’avait demandés la Vierge Marie dans son apparition de 1944. Le 30 mai 2006, la première pierre de l’église dédiée au Cœur Immaculé de Marie refuge des âmes a été posée.

Natuzza est décédée le 1er novembre dernier, à l’âge de 85 ans. Ses funérailles ont été célébrées par l’évêque du diocèse de Mileto, où elle a passé toute sa vie. Cinq autres évêques et plus de cent prêtres ont participé à la cérémonie.

Comme pour le Padre Pio, plusieurs médecins et de spécialistes ont examiné, à différentes époques, Natuzza Evolo.

Les contradicteurs et les explications rationalistes n’ont pas manqué non plus. La première est venue du P. Agostino Gemelli, célèbre franciscain, qui avait été médecin, spécialiste de neuro-psychologie, avant de devenir religieux et un des fondateurs de l’université catholique de Milan. En 1940, après le premier cas d’hémographie mystique, l’évêque de Mileto envoya le vêtement marqué du signe de la croix au P. Gemelli, accompagné d’un petit dossier sur Nattuza. Sans avoir rencontré la mystique, le P. Gemelli avait conclu à l’ « hystérie ».

C’est le même P. Gemelli qui avait été, vingt ans auparavant, un des principaux adversaires de Padre Pio. Il l’avait rencontré quelques instants, le 18 avril 1920, dans un couloir du couvent de San Giovanni Rotondo. Il avait rédigé ensuite un rapport pour le Saint-Office, sans avoir examiné les stigmates du saint capucin, et dans un article, publié à deux reprises en 1924, il l’avait rangé, sans le nommer, parmi les « stigmatisés hystériques » qui se procurent des stigmates « artificiellement, pour ainsi dire sans qu’ils s’en rendent compte ».

Le P. Gemelli repétait donc, pour Natuzza Evolo, un diagnostic établi à distance et une explication rationaliste.

En 1949, c’est un autre médecin, le professeur Annibale Puca, membre de la Société italienne de psychiatrie, qui portera un diagnostic semblable dans un article : Interpretazioni miracolistiche in un caso d’istérismo con sudore e grafia ematica, paru dans la revue Il Lavoro neuropsichiatrico (IV, 1949), la revue de l’Hôpital psychiatrique de la Province de Rome et de la Clinique des maladies nerveuses et mentales de l’Université de Rome. Il expliquait les « sueurs de sang » et l’hémographie mystique par une « vasodilatation segmentale » due à une « concentration émotive » portée à son plus haut degré d’intensité par une « hétéro-suggestion hypnotique ».

Plus récemment, deux ethno-sociologues, Maricia Boggio et Luigi-Maria Lombardi Satriani, ont cherché à expliquer les phénomènes observables chez Nattuza en référence aux traditions et croyances magiques de la culture populaire calabraise : Natuzza Evolo : il dolore e la parola (Rome, Armando editore, 2006).



"Il n’y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint" dit Serge Klarsfeld[1]
Le feu vert de Benoît XVI à la béatification du pape Pie XII suscite de nombreuses protestations au sein des communautés juives. Une décision qui “ne choque absolument pas“ l’historien Serge Klarsfeld, fondateur de l’association “Les fils et filles des déportés juifs de France“.

Que pensez-vous de la prochaine béatification de Pie XII ?

Serge Klarsfeld : C’est une affaire interne à l’Église ! Je pourrais presque dire que cette décision me laisse assez indifférent. Il n’y a aucune raison pour que Pie XII ne devienne pas saint ! En revanche, une chose me heurte davantage : la publication des lettres antisémites de Céline dans La Pléiade, chez Gallimard. Même si Louis-Ferdinand Céline est considéré comme un génie littéraire, je trouve cela choquant. Et puis, si l’on parle beaucoup de Pie XII, pourquoi ne regarde-t-on pas aussi le général de Gaulle ? Il est considéré comme un saint en France ! Eh bien, lors de l’été 1942, après la rafle du Vel’ d’hiv’, le général de Gaulle n’a pas élevé la voix. Pourtant, par la suite, de nombreuses autres rafles ont suivi, menées uniquement par des uniformes français et organisées par l’administration préfectorale ! Le général de Gaulle n’a pas élevé la voix pour avertir par exemple : “Fonctionnaires, si vous arrêtez les juifs, vous serez arrêtés et traduits en justice !“.

Quel est votre jugement sur la position de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale?

Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est. Le Polonais Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, est né de la volonté de Pie XII de lancer ce mouvement de résistance. Le rôle de Pie XII a aussi été diplomatique et idéologique : il a été le rédacteur de l’encyclique de 1937 condamnant le nazisme et publiée par son prédécesseur.

Pourtant, on reproche à Pie XII son silence pendant la Shoah...

Tout cela est très difficile à apprécier. N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs. Citons par exemple ce qui s’est passé à Rome. Un millier de juifs ont été arrêtés lors d’une rafle-surprise. Pie XII n’a pas protesté à voix haute, mais il a demandé aux établissements religieux d’ouvrir leurs portes. Résultat : des milliers de juifs ont pu être sauvés. Alors que si Pie XII avait élevé la voix, quelles auraient été les conséquences ? Est-ce que cela aurait changé les choses pour les juifs ? Probablement pas. Déjà, ses déclarations pour défendre les catholiques n’ont pas été entendues puisqu’en Pologne deux millions de catholiques ont été tués. Néanmoins, une prise de parole publique aurait sûrement amélioré la propre réputation de Pie XII aujourd’hui.

Au sein du monde juif, certains sont plus virulents que vous...

Quelques-uns, comme moi, essaient de regarder quels étaient la réalité historique et le contexte de l’époque. En revanche, d’autres ne pensent pas une seconde aux milliers de catholiques tués, mais en priorité aux rabbins et aux juifs massacrés pendant la Shoah. Mais le pape, c’est avant tout le pape des catholiques. La priorité de Pie XII était de protéger les catholiques des régimes nazi et communiste.

Alors que pensez-vous de cette polémique ?

Cette controverse ne me surprend pas. Elle me paraît assez normale dans la mesure où les archives du Vatican n’ont pas été ouvertes malgré des promesses. Il s’est quand même passé plus de 60 ans depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les archives devraient être libres d’accès pour que l’on constate, par nous-mêmes, quels ont été les gestes et la réaction de Pie XII.
Cette réaction de Serge Klarsfeld est intéressante car elle montre qu’avec le temps certains arguments des défenseurs de la mémoire de Pie XII commencent à être entendus et acceptés. Je relèverai simplement une illusion qui persiste : que les « archives » du Vatican restant à explorer contiendraient des documents qui pourraient encore révéler des documents significatifs, susceptibles de faire comprendre « les gestes et la réaction de Pie XII » pendant la Seconde Guerre mondiale.

On rappellera, simplement, qu’une grande partie des archives vaticanes concernant cette période a été publiée, à l’initiative de Paul VI, à partir de 1965 : Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde guerre mondiale, Libreria Editrice Vaticana, 1965-1981, onze tomes en 12 volumes.

Ce vaste ensemble documentaire a longtemps été méconnu ou ignoré des historiens de la période. Certes il ne contient pas toutes les archives du Vatican sur la Seconde Guerre mondiale, mais on sait que Jean-Paul II a décidé d’ouvrir aux historiens le reste de la documentation conservée sur la période.

Cette masse documentaire est encore considérable, elle n’est pas encore intégralement classée et répertoriée. Pour avoir travaillé, il y a quelques années déjà, aux Archives Secrètes Vaticanes sur les pontificats de Pie X et de Pie XI, j’ai pu constater que pour chacune de ces périodes certaines archives n’étaient pas encore communicables aux chercheurs parce que le classement n’en était pas achevé.

Sous le pontificat de Pie XI, le futur Pie XII était nonce apostolique en Allemagne puis Secrétaire d’Etat. Les archives sur cette période, rendues accessibles ces dernières années, viennent confirmer ce que l’on savait déjà d’Eugenio Pacelli : il ne fut en rien complaisant avec l’Allemagne nazie.

Concernant le pontificat-même de Pie XII, les Archives Secrètes Vaticanes ont publié deux volumes intitulés Inter arma caritas. Le premier volume est l’inventaire des archives de l’ Ufficio informazioni Vaticano per i prigioneri di guerra, institué en 1939 et qui a fonctionné jusqu’en 1947 ; le second reproduit intégralement des centaines de documents. Ces deux volumes – près de 1500 pages au total – évoquent l’aide concrète, au cas par cas, apportée aux prisonniers de guerre de tous les camps, par le Saint-Siège et ses représentants. Le sort dramatique des Juifs n’est pas absent de ces volumes. Pourtant cette publication a été ignorée par les grandes revues historiques universitaires françaises et par les historiens de la période.

On ajoutera qu’entre le moment où la Congrégation pour les Causes des saints s’est prononcée, à l’unanimité, pour reconnaître les vertus héroïques de Pie XII (8 mai 2007) et le moment où Benoît XVI a signé le décret (19 décembre 2009), il s’est passé plus de deux ans. Le pape n’a pas tergiversé pendant plus de deux ans. Il a demandé au P. dominicain Ambrosius Eszer, un des rapporteurs généraux de la Congrégation, de mener une recherche exploratoire complémentaire dans les archives vaticanes. Son travail a duré dix mois. Ce qu’il a trouvé a confirmé ce que l’on savait déjà de la charité de Pie XII et de sa sollicitude pour les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Y.C.

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Avec ce numéro 149, s’achève la dixième année de parution d’Aletheia. Quinze fois, cette année,  librement, sans souci de plaire ni crainte de déplaire, ont été publiées des informations et analyses au service de la Vérité et de l’Eglise. Et ce, dans un format plus que modeste.

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Note

[1] Propos recueillis par Ségolène Gros de Larquier et publiés dans Le Point le 24 décembre 2009.

[Paix Liturgique] La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d'un de ses collaborateurs et disciples

SOURCE - Lettre de Paix Liturgique n°210 - 28 décembre 2009

Nous reproduisons ci-dessous un excellent article de Philippe Oswald, rédacteur en chef de Famille Chrétienne, publié dans le numéro 1663 de son hebdomadaire.

Le motu proprio Summorum pontificum élargissant l’usage de la forme extraordinaire du rite romain a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, deux ans après sa promulgation, il n’est pas sûr qu’il soit bien compris, même de ceux qui l’approuvent ou s’en félicitent. On le réduit souvent à une concession ou à un geste de sympathie envers les « tradis ». Or sa portée est bien plus vaste : elle concerne toute l’Église et son développement.
C’est un ami et disciple de Benoît XVI, doublé d’un expert en la matière, qui l’explique dans ce petit livre lumineux et d’une rare densité. Outre qu’il enseigne la liturgie et la théologie sacramentaire à l’Institut de théologie de Bari (Italie), Mgr Nicola Bux est à la fois consulteur pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, consulteur de la Congrégation pour la cause des saints, et consulteur au Bureau des célébrations liturgiques du souverain pontife. C’est dire si son avis est autorisé. Son propos se voit d’ailleurs étayé par trois préfaciers non moins compétents, que l’éditeur a eu la judicieuse idée de réunir dans une exceptionnelle polyphonie : Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, pour l’édition française ; le célèbre journaliste et écrivain Vittorio Messori, pour l’édition italienne ; enfin, pour l’édition espagnole, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en personne, le cardinal Antonio Canizarès.
Au cœur des actuelles discussions doctrinales entre la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Fraternité Saint-Pie-X, il y a l’héritage du concile Vatican II, et notamment la liturgie. Pour Benoît XVI, on le sait, le Concile doit être lu et appliqué selon une « herméneutique de la continuité » et non « de la discontinuité et de la rupture ». C’est bien ainsi, « entre innovation et tradition » (Mgr Aillet), qu’il faut concevoir la réforme liturgique qui n’est toujours pas achevée (cardinal Canizarès). Telle est la conviction du pape et telle est la volonté qu’il déploie avec « la patience de l’amour », souligne Mgr Bux : il s’agit de compléter et de corriger ce qui doit l’être afin que la liturgie eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne », donne un nouvel élan missionnaire aux chrétiens du XXIe siècle.

Donner la première place au caractère sacré et divin de la liturgie
Dans cette perspective dynamique, plus question d’opposer les Missels de 1962 et de 1970, mais de saisir le développement organique et continu qui unit les deux formes du même rite romain, pour retrouver un « ars celebrandi » donnant la première place au caractère sacré et divin de la liturgie, sans omettre la communion fraternelle mise en valeur dans la forme ordinaire du rite. Il faut pour cela plonger en eaux pro-fondes, jusqu’aux sources théologiques de la liturgie (cf. le Catéchisme, 1077-1112) que le Concile a voulu restaurer (comme l’écrit Vittorio Messori, « le problème n’est certainement pas le Concile, mais sa déformation : on sortira de la crise en retournant à la lettre et à l’esprit de ses documents »).
Ce programme implique que soit promue dans les séminaires « une connaissance à la fois théorique et pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites de l’Orient et de l’Occident, créant ainsi une génération de prêtres libres de tous les préjugés dialectiques » (cardinal Antonio Canizarès).
L’œcuménisme n’est pas en reste : alors que des anglicans traditionnels rejoignent l’Église catholique romaine en y apportant leur art de célébrer, l’unité s’exprime aussi par la complémentarité des diverses formes rituelles entre l’Orient et l’Occident (on se souvient du satisfecit exprimé par le patriarcat de Moscou lors de la promulgation du motu proprio).
On le perçoit mieux grâce à l’étude de Mgr Bux : c’est un large horizon qu’ouvre le motu proprio de Benoît XVI. N’oublions pas cependant que cette ouverture dépend aussi très concrètement de l’effort de tous, pasteurs et fidèles attachés à l’une et à l’autre forme du rite, pour s’apprivoiser dans une volonté de compréhension et d’accueil mutuels, dans une communion fraternelle inspirée par une authentique charité.
Philippe Oswald


LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE

1- Merci à Philippe Oswald, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Famille Chrétienne, qui ne craint pas de mettre en avant ce magnifique ouvrage de Mgr. Nicola Bux en insistant sur l'importance du Motu Proprio Summorum Pontificum pour tous les catholiques.
La presse religieuse officielle brille si souvent par son silence ou par son traitement caricatural de la question du Motu Proprio Summorum Pontificum que cet article mérite particulièrement d'être souligné.
A la suite du journal la Vie qui courageusement a déjà publié bon nombre d'articles plutôt objectifs sur le sujet, Famille Chrétienne semble également vouloir se faire l'écho de la dynamique de réconciliation et de restauration qui se met peu à peu en place sur le terrain.
Souhaitons que bientôt, d'autres médias officiels suivront.

2- Dans son ouvrage, Mgr. Nicola Bux écrit notamment "Les diocèses catholiques de rite latin ne doivent pas se limiter à attendre des demandes pour la célébration de la forme extraordinaire, mais ils doivent offrir cette possibilité." Paix Liturgique a toujours soutenu cette magnifique pensée de Benoit XVI exprimée ici clairement à savoir la nécessité de permettre à tous les catholiques de connaitre et de pratiquer la forme extraordinaire. La dynamique lancée par notre Pape se situe là et c'est ainsi que nous pouvons affirmer que le Motu Proprio du 7 juillet 2007 marque un tournant historique de la vie liturgique de l'Eglise du début du troisième millénaire. N'en déplaise à certains, et sans rabaisser la Sainte Messe au niveau d'un simple produit commercial, il est évident que l'offre crée la demande : plus le nombre de lieux où la forme extraordinaire du rite est célébrée se multiplieront, plus le nombre de fidèles qui la découvriront et l'aimeront sera important.

3- Mgr. Bux précise que "L'intention du motu proprio est bien que tous, dans l'Eglise, regardent vers le rite ancien, et que, par conséquent, les prêtres puissent le célébrer et les fidèles y participer." En libéralisant l'usage de la forme extraordinaire du rite et en permettant aux séminaristes de pratiquer cette forme liturgique, le Motu Proprio donne un repère au clergé et engage un changement de mentalité qui permettra aux curés de demain d'être libres, comme le souligne le cardinal Antonio Canizarès, sous-entendant clairement qu'ils ne le sont pas aujourd'hui, victimes de la pression des derniers défenseurs intransigeants de la forme ordinaire. Par ces abus d'autorité, les évêques intégristes de la forme ordinaire réalisent-ils qu'ils s'écartent du chemin que le Saint Père nous indique ?

4- L'heure n'est pas à la guerre mais à la réconciliation. Le temps des ghettos s'achève ; les fidèles et les curés doivent réapprendre à vivre ensemble au sein de leurs paroisses, comme ils le faisaient tout naturellement jusqu'à la fin des années 60. Nos pasteurs n'y perdront pas - jeunesse, vocations nombreuses, respect de la hiérarchie, volonté missionnaire - les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite sont une composante incontournable de l'Eglise de demain. Mgr Nicola Bux, à la suite de Benoit XVI, l'a bien compris et souhaite faire passer ce message à tous les catholiques de bonne volonté.

5- Le ton de cet article de Philippe Oswald est à rapprocher d’un autre, certes très différent et venant d’une aire tout autre du catholicisme, signé de Jean Mercier dans La Vie (« Révolution culturelle chez les néo-tradis », 17 novembre 2009), mais qui témoigne aussi du fait que s’impose à tous le constat d’une mutation en train de se produire. A propos du 2ème colloque organisé par Réunicathos à Versailles sur le thème de l’application du Motu Proprio, Jean Mercier a fait passer à ses lecteurs un message qui pourrait se résumer ainsi : « La cause de la messe traditionnelle, dynamisée par le Motu Proprio de Benoît XVI, est bien plus vigoureuse et missionnaire que vous le pensez ; la liturgie ancienne est en train de sortir du ghetto ! » De même, s’impose progressivement à tous les responsables ecclésiastiques l’observation que les fidèles qui assistent aujourd’hui aux célébrations de la forme extraordinaire du rite viennent pour une large part du monde de la célébration « ordinaire », comme les séminaristes diocésains qui désirent participer à ces célébrations, et comme les prêtres en nombre non négligeable qui apprennent à dire la messe selon la forme extraordinaire du rite. Force est pour tous de constater que, 40 ans après la réforme liturgique, un mouvement de fond, dont l’amplitude est encore difficile à mesurer mais dont tout le monde pressent qu’il est important, s’est déclenché dans le domaine de la liturgie romaine dans le sens d’un « retour » vers les racines traditionnelles.

27 décembre 2009

[Max Barret - Le Courrier de Tychique] Canonisations...

SOURCE - Max Barret - Le Courrier de Tychique n°316 - 27 décembre 2009

Bonne et Sainte année 2010 !

Canonisations …

Nous y sommes habitués ! L’ambivalence est devenue un mode d’administration cléricale inauguré par les hommes d’Eglise depuis le concile Vatican II. Les exemples en sont tellement nombreux qu’il est superflu de les énumérer…

Bien entendu, Benoît XVI ne déroge pas à la règle ! Il se propose de béatifier en même temps, et peut-être même le même jour, Jean-Paul II à la doctrine fluctuante… et Pie XII dont la rigueur était légendaire dans ce domaine !

Si la béatification de Jean-Paul II ne pose aucun problème à la conscience conciliaire, formée à toutes les trahisons, il n’en pas de même pour celle de Pie XII ! Le crime qui lui est imputé est le fruit d’une cabale savamment orchestrée par tout ce que le Christianisme a d’ennemis : il aurait été antisémite !... Et chacun sait, ou devrait savoir qu’il n’y a rien de pire !

Voyons donc cela …

Yad Vashem, Directeur du Mémorial de la Shoah a reconnu l’action salvatrice de Pie XII en faveur des Juifs. Pour Albert Einstein « L’Eglise catholique a été la seule à élever sa voix contre l’assaut mené par Hitler contre la liberté. » Le président de la Fondation Juive américaine « Pave the Way Foundation » a déclaré que « Pie XII a sauvé dans le monde plus de Juifs que tout autre personne dans l’histoire. »

Et puis, il y eut cette lettre de condoléances de Mme Golda Meir (Premier Ministre de l’Etat d’Israël) au Vatican, à la suite de la mort de Pie XII : «Quand le martyre le plus épouvantable a frappé notre peuple, durant les dix années de terreur du nazisme, la voix du Souverain Pontife s’est élevée en faveur des victimes ! Nous pleurons la perte d’un grand serviteur de la paix.»(Site «e-Deo»)

Le « silence » prétendu, de Pie XII pendant la dernière guerre.

Il s’agit d’une affirmation scandaleuse, et sans aucun fondement, qu’il faut absolument dénoncer !

Rappelons, par exemple, le fameux message de Noël 1942 (à Radio Vatican), dans lequel Pie XII, avec une voix brisée par l’émotion, déplorait « la situation de centaines de milliers de personnes qui, sans aucune culpabilité de leur part, mais seulement pour des raisons de nationalité ou de race sont destinées à la mort ou à un progressif dépérissement » (AAA, XXXV, 1943, p.23) Que pouvait-il dire de plus ? Comment peut-on affirmer aujourd’hui que Pie XII est resté silencieux ?... Car il se sentait d’autant plus tenu à une obligation de réserve que, le 26 juillet 1942, les évêques hollandais s’étaient livrés, eux, à une inconsciente diatribe contre le nazisme. Or, cette malencontreuse condamnation eut des conséquences dramatiques ! Elle provoqua des dizaines de milliers de déportations… au lieu de sauver des vies !

Il est facile, près de soixante dix ans plus tard, de juger avec autant de mauvaise foi, une stratégie qui ne pouvait guère s’envisager différemment ! En effet, dés lors, c’est dans le secret, et presque dans le silence, que Pie XII se sentit obligé de réagir, à la lumière d’une telle situation concrète ! Il avait compris que c’était seulement de cette façon qu’il allait pouvoir sauver le plus possible de Juifs !

D’ailleurs, c’est bien avant la guerre de 1939 que Pie XII, alors nonce apostolique en Allemagne dénonçait le nationalsocialisme, qu’il qualifiait de « monstrueux » ! A tel point que le journal des S.S « Das schwarze Korps » écrivait que le cardinal Eugénio Pacelli (futur Pie XII) s’était rallié « à la cause de l’internationale Juive et Franc-maçonne ». Hitler, lui-même, estimait que le Vatican était « le pire foyer de résistance à ses plans » ! Sont-ils nombreux les hommes politiques de l’époque à avoir reçu un tel compliment ?

Enfin, citons parmi les nombreux témoignages favorables à Pie XII, dans cette débauche de calomnies, cette dernière et inattendue déclaration de Serge Klarsfeld (« Site : Le Point.com » - 24 décembre) : « On parle beaucoup de Pie XII, pourquoi ne regarde-t’on pas aussi le général de Gaulle ? Lors de l’été 1942, après la rafle du Vel d’hiv, le général de Gaulle n’a pas élevé la voix ! Par la suite, de nombreuses rafles ont suivi, menées uniquement par des uniformes français et organisées par l’administration préfectorale ! Le général de Gaulle n’a pas élevé la voix pour avertir, par exemple : « Fonctionnaires, si vous arrêtez les juifs, vous serez traduits en justice ! » (…) Pie XII a joué un rôle déterminant (c’est moi qui souligne) contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est. (…) Le rôle de Pie XII a été aussi diplomatique et idéologique : il a été le rédacteur de l’encyclique de 1937 condamnant le nazisme et publiée par son prédécesseur. N’occultons pas que Pie XII a eu des gestes discrets et efficaces pour aider les juifs. Citons, par exemple, ce qui s’est passé à Rome. Un millier de juifs ont été arrêtés lors d’une rafle surprise. Pie XII n’a pas protesté à voix haute, mais il a demandé aux établissements religieux d’ouvrir leurs portes. Résultat des milliers de juifs ont pu être sauvés, alors que si Pie XII avait élevé la voix, quelles auraient été les conséquences ? (…) Quelques-uns, comme moi, essaient de regarder quels étaient la réalité historique et le contexte de l’époque. En revanche, d’autres ne pensent pas une seconde aux millions de catholiques tués, mais en priorité aux rabbins et aux juifs massacrés pendant la shoah. (Rien qu’en Pologne, Serge Klarsfeld estime que 2 millions de catholiques on été tués). Voila ce qu’il faut faire savoir !

Ça aurait pu être un beau « conte » de Noël !

Relisant l’ouvrage que Mgr Tissier de Mallerais a écrit sur Mgr Lefebvre, je suis tombé sur ce récit (page 479).

Le 12 juillet 1972 le cardinal Ottaviani ayant reçu le fondateur d’Ecône l’avait encouragé « à fonder à Rome même un centre d’action de son activité ». Mais comment trouver, à Rome, une maison pour la Fraternité ? Et comment la payer ? Voici la suite :

« Le 3 mai 1973, le prélat se met en chasse, conduit par son ami Rémy Borgeat. Après le passage du Grand Saint-Bernard, le jeune chauffeur valaisan propose le pari suivant :

« Monseigneur, vous êtes en souci, vous allez chercher une maison. Je vous propose un challenge : passons à San Damiano, puisque vous n’y croyez pas. (C’était vrai à cette époque – ndlr). Vous allez demander à Notre-Dame des Roses de vous trouver quelque chose. Si ça marche, ça marche, si ça ne marche pas, tant pis, mais si vous êtes exaucé, alors … »
« Et cela marcha : l’archevêque pria une bonne demi-heure à San Damiano, à genoux sur les cailloux auprès du poirier de la sainte Vierge et, arrivé à Rome, visita cinq maisons. Pour finir, l’avant-dernier jour, il accepta de visiter encore une propriété sise à Albano, près de Castel Gandolfo, la résidence estivale du pape.

« Quand Rémy Borgeat vit la grille, le parc, la maison, il interpella, à sa manière valaisanne, le prélat :
« Monseigneur, vous manquez de confiance. Signez le chèque et saint Joseph mettra le montant dessus ! »
« Or, le lendemain, le téléphone sonne au bureau de Monseigneur, Villa Lituania. Un riche bienfaiteur lui donne rendez-vous d’une façon inexplicable et là, lui propose la somme juste nécessaire à l’achat !

« Aussi, sur le retour, vers Piacenza, Mgr Lefebvre dit au chauffeur :

« Sortez ici de l’autoroute. On va dire merci à Notre Dame des Roses ! » (Piacenza se trouve tout à côté de San Damiano)
Ce n’était pas Noël !... Mais la Très Sainte Vierge voulut sans doute délivrer un message, ce jour-là, à cet endroit comme elle l’a fait si souvent depuis, pour l’édification de ses dévots !

25 décembre 2009

[Mgr Williamson] Commentaire Eleison CXXIX: Une crainte pour Noël

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison  CXXIX  - 26 décembre 2009

Ainsi donc, le jour de Noël est venu et passé une fois de plus, nous rappelant la grande joie que Notre Seigneur a apportée par Son Incarnation et Sa Naissance au monde entier, mais surtout à sa Mère. Elle le tient, sain et sauf, dans ses bras où elle s'occupe de lui comme toute mère humaine, mais en même temps l'adore comme son Dieu. Hélas, toute personne qui garde un soupçon de religion peut-il faire autrement  que se lamenter sur la manière dont ce monde qui nous entoure sait tirer profit de la joie, tout en oubliant en grande mesure le Dieu ?

Sous cet aspect, la joie de Noël aujourd'hui est comme le sourire du Chat d'Alice, surtout dans les pays capitalistes (mais Pie XI dans son Encyclique Quadragesimo Anno de 1931 notait déjà que le capitalisme était en train d'envahir le monde entier, #103-104). Les lecteurs d'« Alice au Pays des Merveilles » se souviendront sans doute qu'on pouvait encore voir le sourire du « Cheshire Chat » lors même que le Chat avait disparu. La substance peut s'évanouir sans que les effets disparaissent, au moins pour un certain temps. La Foi dans l'Enfant Divin est systématiquement éliminée, à cause surtout de Vatican II, mais la joie de Noël traîne. Ceci est en partie dû à Dieu Lui-même qui, étant suprêmement généreux, commémore chaque année la Naissance de son Fils parmi les hommes avec un flot de grâces actuelles auxquelles un grand nombre d'âmes répondent en étant un peu mieux disposées qu'elles ne le sont le reste de l'année. Mais cette joie de Noël subsiste aussi parce que les hommes aiment jouir de la joie, ce qui est nettement moins fiable.

Car au fur et à mesure que disparaît le vrai culte de Dieu, et avec lui toute intelligence de l'ouverture du bonheur éternel que signifia la venue du Sauveur, par là même la joie de Noël se réduit au commercialisme et à la foire que nous connaissons tous. Le sourire ne peut survivre indéfiniment à la disparition du chat. Même les plus attachants de nos SIS (Sentiment Intérieur Sympa) ne peuvent survivre longtemps sans objet. Si Jésus-Christ n'est pas Dieu, encore moins le seul et unique Sauveur de l'humanité, alors pourquoi se réjouir de sa naissance ? J'aime bien mes SIS, mais s'ils ne reposent que sur eux-mêmes, tôt ou tard ils vont s'effondrer en laissant derrière eux un goût amer de désillusion. Peut-être bien que je raffole de  la « Noëlitude », mais si c'est parce que je réagis ainsi à mes propres SIS au lieu de ce sur quoi Noël est réellement basé, alors je vais droit vers la casse dans le domaine de mes émotions.

C'est toute la différence entre la sentimentalité et les sentiments. Notre Seigneur était plein de sentiments qu'il a montrés à de nombreuses reprises, par exemple en rencontrant la veuve de Naïm effondrée de l'imminente mise au tombeau de son fils unique (St Luc VII, 11-15). Mais il n'y avait aucune trace de sentimentalité chez Notre Seigneur (ni non plus, je le déclare, dans Le Poème de l'Homme-Dieu par Maria Valtorta), parce que chez Lui les sentiments n'étaient jamais leur propre fin. Ses sentiments étaient toujours animés par un objet réel, par exemple le chagrin de la veuve de Naïm qui lui rappela ce que devait être la désolation de sa propre Mère quand il serait lui-même mis au tombeau.

Le subjectivisme est la plaie de notre époque, en faisant que l'homme méprise la réalité objective pour la réarranger selon la vue subjective qu'il en a dans son esprit. Le subjectivisme est le cœur et l'âme du Néo-modernisme qui est en train de dévaster l'Eglise. Et le subjectivisme qui coupe l'esprit de tout objet externe engendre nécessairement la sentimentalité dans le cœur, parce qu'il coupe ce cœur de tous les objets externes qui pourraient servir de base à ses sentiments. En fait, le Noël des capitalistes sera finalement vidé par la sentimentalité. Soit les hommes retournent au vrai Dieu, à Notre Seigneur Jésus-Christ et à la véritable importance de Sa Naissance, soit l'écroulement de leurs SIS les plus sympa, les SIS de la « Noëlitude »,  risque fort de donner au peu qu'il reste de la « Civilisation Occidentale » un motif de plus pour cette aigreur qui la pousse déjà vers le suicide.

Kyrie eleison.

24 décembre 2009

fsspx.org remanié

Après des années de quasi-jachère, le site de la FSSPX a été remanié. C'est A VOIR EN CLIQUANT ICI et c'est assez joli.

[Abbé Roch Perrel, ibp] Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Séminaire (Noël 2009)

SOURCE - Abbé Roch Perrel, ibp - Le Bon Pasteur de Courtalain - décembre 2009

Chers amis et bienfaiteurs,

Une étape décisive


Pour sa quatrième année d'existence, le séminaire Saint-Vincent-de-Paul est entré dans une étape décisive, puisque nous inaugurons cette année le cycle de théologie. Nous offrons donc maintenant à tous nos séminaristes une formation théologique traditionnelle, complète et cohérente, à Courtalain.

Le séminaire propose ainsi aux futurs prêtres de l’Institut du Bon Pasteur un cadre idéal pour être formés selon les exigences de notre spécificité doctrinale, liturgique et spirituelle, tout au long des six années que dure leur progression vers le sacerdoce. C’est là un travail de fond, un ouvrage de longue haleine, qui se déroule dans le silence et la retraite : ces conditions sont nécessaires au sérieux des études, au développement d’une spiritualité équilibrée et au détachement du monde que réclame la vie sacerdotale.

Si les séminaristes sont ainsi « mis à part », le temps de leur formation, tout est néanmoins organisé pour que le séminaire reste pour eux un lieu d’échanges, de rencontres et d’enrichissement : le prêtre doit connaître, avec lucidité et réalisme, le monde dans lequel il est appelé à prêcher Jésus-Christ.

C’est en ce sens que nous faisons tout pour que le séminaire de Courtalain soit à la fois un lieu d’accueil et un foyer de rayonnement spirituel et intellectuel

Un foyer de rayonnement spirituel et intellectuel


D’une part en effet tous les professeurs qui résident à Courtalain poursuivent, parallèlement à leur enseignement, une formation supérieure (licence canonique ou doctorat) au sein de facultés catholiques, à Rome, Paris ou Toulouse.

M. l’abbé Emmanuel de Ducla a d’ailleurs brillement obtenu, le 30 novembre dernier, sa licence canonique en théologie auprès de l’Institut catholique de Toulouse, en soutenant son mémoire sur La connaissance de Dieu selon s. Hilaire de Poitiers. Qu’il reçoive ici toutes nos félicitations !

Ces études permettent aux professeurs de dispenser aux séminaristes un enseignement de haut niveau, à la fois traditionnel et actuel, orienté vers la résolution des problématiques modernes et la réponse aux questions d’aujourd’hui. C’est la condition nécessaire pour former, comme nous l’entendons, des prêtres à l’esprit ouvert, qui ne se laisseront pas déstabiliser face aux arguments de nos contemporains.

De plus, tous les prêtres exercent aussi un apostolat extérieur, au moins occasionnel : la messe dans l’église paroissiale de Courtalain, la messe dominicale à Manou (qui nous a été confiée depuis un an maintenant par Mgr Pansard), les divers remplacements de confrères à travers la France, ou bien encore la participation à divers congrès nationaux ou internationaux : ce sont là de belles occasions de diffuser auprès du plus grand nombre les richesses de la liturgie et de l’enseignement traditionnel de la foi, selon le charisme propre du Bon Pasteur.

Les séminaristes sont d’ailleurs, dans cette optique, initiés progressivement aux exigences de l’apostolat, auprès de prêtres expérimentés, durant leurs périodes de vacances.

Un lieu d’échanges et de ressourcement sacerdotal


Nous voulons faire du séminaire, d’autre part, un lieu d’accueil et de rencontres, non seulement pour les visiteurs désireux de trouver dans la vie régulière du séminaire une ressource spirituelle et un soutien fraternel, mais aussi dans le but de fournir aux séminaristes un enrichissement personnel, fondé sur la diversité des expériences et sur les témoignages de leurs aînés.

Déjà, nous recevons régulièrement les prêtres et les professeurs laïcs qui viennent assurer leurs cours par sessions ; nous sommes aussi très heureux d’accueillir les confrères d’autres communautés, qui veulent profiter de l'atmosphère reposante du séminaire, ou qui viennent tout simplement pour une visite de courtoisie, le temps d'un repas ou d'une après-midi ; enfin, nous avons mis en œuvre cette année un cycle de conférences, où chaque mois un professionnel ou spécialiste d’une question particulière est invité à exposer devant les séminaristes un sujet d’actualité, qui n’entre pas directement dans le programme classique des cours : actualité religieuse, médecine, économie, musique, géopolitique, problèmes pastoraux… ces conférences sont chaque fois suivies d'échanges libres et fructueux avec l'intervenant, qui permettent à nos séminaristes de ne pas se limiter à une connaissance « livresque » trop simpliste des réalités modernes.

Après les fondations, l’édification


Nous poursuivons donc, comme vous le constatez, l’édification d’une maison de formation qui relève un à un les défis doctrinaux et matériels de tous genres, dans la continuité de nos prédécesseurs.

Après les temps héroïques de la fondation, nous consolidons maintenant une entreprise qui est appelée à durer et à se développer : si les directeurs ont changé, tous ont veillé à conserver l’esprit de simplicité et de responsabilité qui était à l'origine de cette maison, et qui en fait son charme propre.

Il a fallu à mes prédécesseurs et aux amis des premiers jours beaucoup de foi pour croire à la réussite de la fondation d'un séminaire traditionnel en France, en ces temps difficiles. Les fondations sont maintenant établies, et la stabilité assurée ; il reste désormais à construire, fidèlement, pour former les générations des prêtres de demain.

C'est ce pari que nous devons relever aujourd’hui, grâce à votre soutien, pour qu'avec la grâce de Dieu l'Institut du Bon Pasteur puisse offrir à l'Église les prêtres dont elle a tant besoin.

Le recteur,
M. l’abbé Roch Perrel

[Abbé Patrick de La Rocque, fsspx - L'Hermine] Bâtisseurs d’église

SOURCE - Abbé Patrick de La Rocque, fsspx - Editorial de L'Hermine n° 25 - décembre 2009

Bâtisseurs d’église

Il n’est pas un village de France qui ne parle de la foi de nos aïeux. Des humbles clochers aux merveilleuses cathédrales, chaque édifice sacré est un véritable témoignage où nos ancêtres ont gravé dans la pierre la vivacité de leur foi. Parfois bâties en des périodes de difficultés voire de pauvreté, ces églises attestent encore de la place première que nos anciens accordaient à la glorification de Dieu. Malgré les siècles écoulés, ils transmettent encore par le biais de ces pierres ce qui fut leur trésor sur cette terre : la foi en la puissance de la Croix, gage d’éternité. Au sens propre du terme, ils ont fait oeuvre de tradition.
 
A leur suite, vous voici bientôt de nouveaux bâtisseurs. Enfin propriétaires du Prieuré, l’heure est venue de rassembler les fonds nécessaires à notre future construction. Il importe de réaliser tout ce que veut dire édifier une église. Certes, il faudra mettre pierre sur pierre, et commencer par accumuler ces pierres symboliques d’une valeur unitaire de 500 €. Certes, votre future église témoignera, des siècles durant, d’une héroïque résistance surnaturelle au sein d’une époque bâtie sur l’oubli et le mépris de Dieu, ponctuée de lâchetés et de trahisons en matière de foi. Certes, vos arrières petits enfants et arrières arrières petits enfants (je m’arrête là !) pénétreront avec beaucoup de fierté en cet édifice sacré, conscients des efforts et sacrifices qu’il vous en aura coûté. Mais l’essentiel n’est pas encore là, et ce n’est point en premier pour cela que vous serez éternellement couronnés dans l’éternité. Le plus important est ailleurs : bâtir une église, c’est un petit peu bâtir l’Eglise. C’est encrer davantage Notre Seigneur et son mystère rédempteur au milieu d’un monde pécheur, c’est donner à beaucoup la possibilité « d’entrer dans la structure de l’édifice pour former un temple spirituel afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ » (1 Pe 2, 5).
 
Je ne suis pas sans ignorer que certains trouvent superflu l’édification d’une nouvelle église: notre ville de Nantes n’en compte-t-elle pas suffisamment ? Non. Il ne s’en trouve aucune qui témoigne de l’héroïque constance de l’Eglise au sein même de la tempête. Il ne s’en trouve aucune qui demain, une fois la paix revenue, pourra être le foyer du rayonnement de notre Fraternité. Cette dernière sera alors comparable à ces ordres séculiers et réguliers qui, pour s’inscrire dans un diocèse, se doivent d’avoir leurs propres édifices, distincts des églises diocésaines.
 
Ainsi, bâtir, il nous le faut. Pour les bâtisseurs d’église, il est certaines paroles d’évangile qui prennent des résonnances toutes particulières :
 
« Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s’assiéra sur son trône de gloire. Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : Venez les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde : car j’étais étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez revêtu » (Mt 25, 31 sq.).
 
Et comment, en ces temps de Noël, ne pas citer la magnifique promesse tout droit venue du Ciel :
 
« A tous ceux qui l’ont reçu, il sera donné de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12)
 
Que vienne bientôt le jour où ne le recevrons plus en une étable ou un hangar, mais dans une magnifique église. Joyeux et saint Noël à tous.
 
Abbé Patrick de La Rocque

23 décembre 2009

[Vini Ganimara - osservatore-vaticano.org] Mgr de Galaretta parle des conversations doctrinales

SOURCE - Vini Ganimara - osservatore-vaticano.org - 23 décembre 2009

Nos confrères de Messa in Latino (ici) évoquent les conversations doctrinales entre les théologiens romains et ceux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sur la base d'éléments fournis par Mgr de Galaretta, chef de la délégation de la FSSPX. Naturellement, ces rumeurs sont à prendre avec prudence (rappelons que les conversations sont couvertes par le secret pontifical, comme les discussions internes à un conclave), mais elles n'en sont pas moins intéressantes. On pourra noter aussi que la date elle-même de publication est intéressante. Selon Messa in Latino, Mgr de Galaretta aurait parlé le 19 décembre. Soit bien longtemps après la première réunion (la seule à laquelle il soit fait allusion et la seule réunion plénière qui ait eu lieu pour le moment, autant que je sache). Peut-être s'agit-il de contrer des rumeurs qui circulent également à Rome selon lesquelles ces conversations se passeraient mal (rumeurs à prendre avec encore plus de prudence, car on ne voit pas bien comment de simples échanges d'arguments écrits pourraient se passer mal). Voici en tout cas, les informations en question :
1. Le résultat de la première réunion a été positif.
2. Cette réunion a traité principalement de l'agenda et des méthodes de discussion.
3. Les thèmes de discussion sont de nature doctrinale (ils ne concernent pas en particulier le statut canonique ultérieur de la FSSPX). Jusqu'ici, cela confirme le communiqué du Saint-Siège.
4. Le point commun de référence doctrinale sera le magistère anté-conciliaire.
5. La méthode de débat sera rigoureuse : quand la FSSPX soulève un problème, elle est invitée à proposer ses questions et le Saint-Siège répond par écrit.
6. Toutes les réunions sont enregistrées et filmées. [On a dit que c'était pour que Benoît XVI puisse suivre en personne les débats].
7. Les conclusions sur chaque problème seront soumises au Saint-Père et au supérieur général de la FSSPX.
8. La cadence des réunions dépend de l'ordre de jour : s'il s'agit d'un thème nouveau, les réunions ont lieu tous les trois mois; s'il s'agit d'un thème déjà discuté, les réunions ont lieu tous les deux mois. La prochaine réunion aura lieu vers la mi-janvier.
9. Les théologiens du Saint-Siège sont des personnes avec lesquelles on peut parler; ils parlent le même langage que nous. [Messa in Latino traduit cette dernière mention par « ils sont thomistes », ce qui est manifestement ce que voulait dire Mgr de Galaretta. Ce point est en tout cas, à mon sens, le plus important à relever dans toutes ces informations].
10. Parmi les questions à discuter, Mgr de Galaretta a évoqué :
a) le magistère conciliaire et post-conciliaire,
b) la réforme liturgique,
c) l'œcuménisme et le dialogue interreligieux,
d) l'autorité pontificale et la collégialité
e) la liberté de conscience, la liberté religieuse, le laicisme et le Règne social de Notre-Seigneur,
f) les “droits de l'homme” et la “dignité humaine” selon la doctrine conciliaire.

[Abbé de Cacqueray - FSSPX - France] Les voeux 2010 aux fidèles

SOURCE - Abbé Régis de Cacqueray-Valménier, Supérieur du District de France de la FSSPX - 23 décembre 2009

Suresnes, le 23 décembre 2009

Chers fidèles et amis,

A l’approche de la célébration du mystère de la Naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ et de la nouvelle année civile, je vous souhaite une joyeuse et sainte fête de Noël et je vous présente tous mes vœux pour que cette année à venir vous comble de tout ce qu’il y a de meilleur.

Cette année 2010 s’annonce déjà comme devant être marquée par des événements importants. Il y a d’abord, en fond de tableau, les conversations doctrinales entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. Elles constituent un moment décisif du combat de la Foi contre les hérésies qui ravagent la Sainte Eglise depuis le Concile. Nous devons prier et offrir nos sacrifices afin qu’elles soient l’occasion du retour des autorités romaines à la profession intégrale de la Foi Catholique.

Nos prières se portent également pour obtenir de la Très Sainte Vierge Marie de décider le pape Benoît XVI à consacrer la Russie à Son Cœur Douloureux et Immaculé. Chacun mesure bien la portée surnaturelle, théologique et politique, que ne manquerait pas d’avoir un tel acte. Il faut donc, remplis de confiance en la puissance du Rosaire, que nous redoublions d’ardeur dans notre croisade jusqu’à la prochaine fête de l’Annonciation. Le pape se trouvera, le treize mai prochain, fête de l’Ascension, à Fatima. Puisse cette date être celle de la consécration de la Russie !

2010 sera encore l’année d’une nouvelle ostension du Saint-Suaire à Turin. Que nous puissions nous rendre ou non à Turin pour venir y vénérer la plus prestigieuse des reliques de la Sainte Eglise, demandons encore la reconnaissance officielle par l’Eglise de l’authenticité de ce Suaire Sacré dont la puissance apologétique pour contribuer à la  conversion des hommes  pourrait être tellement décisive dans le monde d’aujourd’hui. Comment, pour nous autres Catholiques, ne pas être bouleversés par cette relecture de toute la Passion de Notre Seigneur que l’on trouve sur ce tissu ?

Nous espérons encore que cette année sera également celle qui verra une véritable réhabilitation de la mémoire si maltraitée de Pie XII tandis qu’il sera également démontré que la Foi du pape des réunions d’Assise et du baiser au Coran ne saurait en aucune manière être qualifiée d’héroïque. 

Nous aurons enfin la joie de célébrer au  cours de cette année le centième anniversaire du décret Quam singulari (huit août 1910) par lequel Saint Pie X donnait l’autorisation aux enfants de faire leur première communion dès l’âge de raison. Nul n’est capable de dire l’impact incalculable de cette décision pontificale pour conduire d’innombrables âmes d’enfants vers la ferveur et vers la sainteté.

Puissions-nous, au cours d’une année qui s’annonce si chargée, aller  nous abreuver le plus souvent et le plus intensément possible dans le trésor incomparable du Saint-Sacrifice de la Messe. Pour nous autres prêtres, en nous y plongeant intensément tous les jours. Pour vous, chers fidèles, en vous y rendant le plus souvent possible dès que vous le pouvez et, lorsque vous ne le pouvez pas, en pratiquant, avec une grande soif intérieure, la communion spirituelle. La plus grande peine d’un chrétien devrait être celle de ne pas pouvoir assister à la sainte messe chaque jour.

Que le Bon Dieu nous accorde donc  à tous, par le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, les grâces de nos élancer vers lui avec une ferveur renouvelée au cours de cette nouvelle année.

Abbé Régis de Cacqueray-Valménier, Supérieur du District de France

[summorum-pontificum.fr] On reparle des discussions doctrinales

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 23 décembre 2009

Le blog Osservatore vaticano vient de mettre en ligne un post très intéressant sur les discussions doctrinales entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. Mgr de Galaretta aurait évoqué ces discussions le 19 décembre dernier et il ressort de son intervention 9 points:

« 1. Le résultat de la première réunion a été positif.

2. Cette réunion a traité principalement de l'agenda et des méthodes de discussion.

3. Les thèmes de discussion sont de nature doctrinale (ils ne concernent pas en particulier le statut canonique ultérieur de la FSSPX). Jusqu'ici, cela confirme le communiqué du Saint-Siège.

4. Le point commun de référence doctrinale sera le magistère anté-conciliaire.

5. La méthode de débat sera rigoureuse : quand la FSSPX soulève un problème, elle est invitée à proposer ses questions et le Saint-Siège répond par écrit.

6. Toutes les réunions sont enregistrées et filmées. [On a dit que c'était pour que Benoît XVI puisse suivre en personne les débats].

7. Les conclusions sur chaque problème seront soumises au Saint-Père et au supérieur général de la FSSPX.

8. La cadence des réunions dépend de l'ordre de jour : s'il s'agit d'un thème nouveau, les réunions ont lieu tous les trois mois; s'il s'agit d'un thème déjà discuté, les réunions ont lieu tous les deux mois. La prochaine réunion aura lieu vers la mi-janvier.

9. Les théologiens du Saint-Siège sont des personnes avec lesquelles on peut parler; ils parlent le même langage que nous. [Messa in Latino traduit cette dernière mention par « ils sont thomistes », ce qui est manifestement ce que voulait dire Mgr de Galaretta. Ce point est en tout cas, à mon sens, le plus important à relever dans toutes ces informations].»

Pour aller plus loin : ICI.

[Abbé Roch Perrel, ibp] Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Séminaire Saint-Vincent-de-Paul

SOURCE - Abbé Roch Perrel, ibp - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du Séminaire Saint-Vincent-de-Paul - Décembre 2009

Chers amis et bienfaiteurs,

Une étape décisive


Pour sa quatrième année d'existence, le séminaire Saint-Vincent-de-Paul est entré dans une étape décisive, puisque nous inaugurons cette année le cycle de théologie. Nous offrons donc maintenant à tous nos séminaristes une formation théologique traditionnelle, complète et cohérente, à Courtalain.

Le séminaire propose ainsi aux futurs prêtres de l’Institut du Bon Pasteur un cadre idéal pour être formés selon les exigences de notre spécificité doctrinale, liturgique et spirituelle, tout au long des six années que dure leur progression vers le sacerdoce. C’est là un travail de fond, un ouvrage de longue haleine, qui se déroule dans le silence et la retraite : ces conditions sont nécessaires au sérieux des études, au développement d’une spiritualité équilibrée et au détachement du monde que réclame la vie sacerdotale.

Si les séminaristes sont ainsi « mis à part », le temps de leur formation, tout est néanmoins organisé pour que le séminaire reste pour eux un lieu d’échanges, de rencontres et d’enrichissement : le prêtre doit connaître, avec lucidité et réalisme, le monde dans lequel il est appelé à prêcher Jésus-Christ.

C’est en ce sens que nous faisons tout pour que le séminaire de Courtalain soit à la fois un lieu d’accueil et un foyer de rayonnement spirituel et intellectuel

Un foyer de rayonnement spirituel et intellectuel


D’une part en effet tous les professeurs qui résident à Courtalain poursuivent, parallèlement à leur enseignement, une formation supérieure (licence canonique ou doctorat) au sein de facultés catholiques, à Rome, Paris ou Toulouse.

M. l’abbé Emmanuel de Ducla a d’ailleurs brillement obtenu, le 30 novembre dernier, sa licence canonique en théologie auprès de l’Institut catholique de Toulouse, en soutenant son mémoire sur La connaissance de Dieu selon s. Hilaire de Poitiers. Qu’il reçoive ici toutes nos félicitations !

Ces études permettent aux professeurs de dispenser aux séminaristes un enseignement de haut niveau, à la fois traditionnel et actuel, orienté vers la résolution des problématiques modernes et la réponse aux questions d’aujourd’hui. C’est la condition nécessaire pour former, comme nous l’entendons, des prêtres à l’esprit ouvert, qui ne se laisseront pas déstabiliser face aux arguments de nos contemporains.

De plus, tous les prêtres exercent aussi un apostolat extérieur, au moins occasionnel : la messe dans l’église paroissiale de Courtalain, la messe dominicale à Manou (qui nous a été confiée depuis un an maintenant par Mgr Pansard), les divers remplacements de confrères à travers la France, ou bien encore la participation à divers congrès nationaux ou internationaux : ce sont là de belles occasions de diffuser auprès du plus grand nombre les richesses de la liturgie et de l’enseignement traditionnel de la foi, selon le charisme propre du Bon Pasteur.

Les séminaristes sont d’ailleurs, dans cette optique, initiés progressivement aux exigences de l’apostolat, auprès de prêtres expérimentés, durant leurs périodes de vacances.

Un lieu d’échanges et de ressourcement sacerdotal


Nous voulons faire du séminaire, d’autre part, un lieu d’accueil et de rencontres, non seulement pour les visiteurs désireux de trouver dans la vie régulière du séminaire une ressource spirituelle et un soutien fraternel, mais aussi dans le but de fournir aux séminaristes un enrichissement personnel, fondé sur la diversité des expériences et sur les témoignages de leurs aînés.

Déjà, nous recevons régulièrement les prêtres et les professeurs laïcs qui viennent assurer leurs cours par sessions ; nous sommes aussi très heureux d’accueillir les confrères d’autres communautés, qui veulent profiter de l'atmosphère reposante du séminaire, ou qui viennent tout simplement pour une visite de courtoisie, le temps d'un repas ou d'une après-midi ; enfin, nous avons mis en œuvre cette année un cycle de conférences, où chaque mois un professionnel ou spécialiste d’une question particulière est invité à exposer devant les séminaristes un sujet d’actualité, qui n’entre pas directement dans le programme classique des cours : actualité religieuse, médecine, économie, musique, géopolitique, problèmes pastoraux… ces conférences sont chaque fois suivies d'échanges libres et fructueux avec l'intervenant, qui permettent à nos séminaristes de ne pas se limiter à une connaissance « livresque » trop simpliste des réalités modernes.

Après les fondations, l’édification


Nous poursuivons donc, comme vous le constatez, l’édification d’une maison de formation qui relève un à un les défis doctrinaux et matériels de tous genres, dans la continuité de nos prédécesseurs.

Après les temps héroïques de la fondation, nous consolidons maintenant une entreprise qui est appelée à durer et à se développer : si les directeurs ont changé, tous ont veillé à conserver l’esprit de simplicité et de responsabilité qui était à l'origine de cette maison, et qui en fait son charme propre.

Il a fallu à mes prédécesseurs et aux amis des premiers jours beaucoup de foi pour croire à la réussite de la fondation d'un séminaire traditionnel en France, en ces temps difficiles. Les fondations sont maintenant établies, et la stabilité assurée ; il reste désormais à construire, fidèlement, pour former les générations des prêtres de demain.

C'est ce pari que nous devons relever aujourd’hui, grâce à votre soutien, pour qu'avec la grâce de Dieu l'Institut du Bon Pasteur puisse offrir à l'Église les prêtres dont elle a tant besoin.

Le recteur,
M. l’abbé Roch Perrel

[summorum-pontificum.fr] Pourquoi le DALE s’est-il intéressé à Montfort-l’Amaury ?

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 23 décembre 2009

La création récente d’une nouvelle association de fidèles, le DALE, réclamant l’application du Motu proprio Summorum Pontificum a été rapportée sur ce blog (ICI) ainsi que sa première action à Montfort-L’Amaury, dans le diocèse de Versailles (LÀ).

Je me suis demandé pourquoi cette petite ville d’un peu plus de 3 000 habitants avait été choisie comme premier lieu d'action. En fait, selon mon enquête, un tel choix n’est pas le fait du hasard et il répond, au contraire, à des raisons bien précises.

Le curé de Montfort-l’Amaury est le père Gérard Verheyde, membre de la Communauté Notre-Dame de la Sagesse, la même communauté à laquelle appartient Mgr Le Gal, ancien évêque aux armées et actuel évêque auxiliaire de Lyon. Le Père Gérard comme l’appelle ses paroissiens est un homme du Nord, né dans une famille modeste et qui a trouvé la vocation en allant chaque matin servir la messe de son vieux curé. Il a reçu une formation plutôt classique et a soutenu une thèse sur la Vierge Marie à l’université de Fribourg. Pourtant, il n’a rien d’un intellectuel et il ne semble pas y prétendre. C’est, semble-t-il, un homme fondamentalement bon, qui a l’énorme défaut, d’après nos sources, de ne pas être un chef. Il gouverne moins qu’il se laisse gouverner. Et, concrètement aujourd’hui, cela veut dire pour un curé que les laïcs pèsent de tout leur poids.

C’est aussi un homme d’obéissance et qui entend obéir, sans se poser de questions, à l’autorité qui est immédiatement placée au-dessus de lui. En l’occurrence, son évêque, Mgr Eric Aumonier.

Un ensemble d’élément du dossier « Montfort-L’Amaury » apparaissent ainsi :
1°) Un évêque qui de son côté entend aussi être suivi ;
2°) Des laïcs qui entendent être écoutés.

À cela s’ajoute un petit groupe de demandeurs de l’application du Motu proprio Summorum Pontificum. Celui-ci a une histoire, qu’il serait trop long de raconter ici en détail, mais dont certains éléments sont importants à prendre en compte.

L’un des membres de ce groupe, certainement le membre le plus actif, après avoir fréquenté la messe de Saint-Louis du Port-Marly (ICRSP) a pris la décision d’aller à la messe à Saint-Pierre de Montfort-l’Amaury, passant ainsi de la messe de saint Pie V à la messe de Paul VI. C’était avant le Motu proprio de 2007. Peu à peu, il a commencé à rendre des services dans sa paroisse, notamment au plan liturgique. Et ce, jusqu’à ce qu’une paroissienne lui fasse comprendre qu’il n’était pas le bienvenu à la paroisse de Montfort-l’Amaury. Ce paroissien se verra même entendre dire qu’il n’avait qu’à quitter la paroisse pour aller ailleurs.

En septembre 2007, le Père Gérard fut invité à déjeuner par une famille de Montfort-l’Amaury. Au cours du repas, il lui fut demandé de pouvoir bénéficier de l’application du Motu Proprio, mais sans bousculer les choses. Le curé de Montfort-l’Amaury se montra favorable à cette demande, disant comprendre la démarche du Pape, mais ajoutant qu’il lui fallait apprendre et le latin et la célébration de la messe. Les choses paraissaient partir sur de bons rails. Dans sa lancée, le Père Gérard se rendit même, pendant les vacances de Noël 2007, à l’abbaye de Fontgombault pour apprendre à célébrer selon la forme extraordinaire.

Puis ? Plus rien !

Une réunion élargie se déroula chez un journaliste désireux lui aussi de profiter du Motu proprio. Le Père Gérard prit part à cette réunion. Il lui fut demandé de célébrer la messe selon le rite romain traditionnel à la chapelle de l’hôpital. Il ne s’y montra pas hostile, mais indiqua qu’il lui fallait répéter lors de sa messe privée du vendredi la célébration selon l’antique usage de la messe. Deux participants à la réunion se proposèrent de lui servir cette messe ou d’envoyer des enfants le faire. Le curé de Montfort ne dit pas non, mais expliqua qu’il lui fallait un missel d’autel, si possible latin/français.

Et les choses ne bougèrent plus.

On pourrait continuer ainsi l’histoire des demandes et des refus voilés et inexplicables du curé de Montfort.

Une telle attitude, qui part d’un a priori favorable pour célébrer l’antique usage pour finalement refuser en pratique l’application du Motu Proprio ne peut que susciter l’interrogation. S’il y a certainement la pression des laïcs engagés dans la paroisse – ces bourgeois et surtout bourgeoises bon teint, favorables à toutes les tolérances sauf une – il faut aussi s’interroger sur la pression épiscopale. Dès la parution du Motu Proprio, adoptant la ligne parisienne, Mgr Aumonier avait fait savoir aux curés que le diocèse avait les lieux de culte nécessaires pour la forme extraordinaire et qu’il fallait de toute façon lui en référer avant de permettre la célébration selon la forme extraordinaire. C’était rendre caduc le Motu Proprio avant même de tenter de l’appliquer.

La bonne volonté du Père Gérard de Montfort-l’Amaury n’a pas résisté à cette double pression. On ne s’étonnera donc pas de voir une telle paroisse moyenne faire l’objet d’une action un peu audacieuse de catholiques exaspérés. Elle contient d’ailleurs un autre message : les grandes villes ne sont pas les seules concernées par le Motu Proprio de Benoît XVI.

En résumé, la situation de Montfort-l’Amaury semble emblématique en ce qui concerne l’application du Motu Proprio :
1°) un curé qui manque de fermeté ;
2°) une équipe de laïcs qui entend faire la loi ;
3°) un évêque qui refuse de laisser appliquer le Motu Proprio de 2007 et se contente de celui de 1988 ;
4°) un groupe demandeurs qui n’arrive pas à se faire entendre.

Des situations de cette sorte, il y en a plusieurs dans le diocèse de Versailles et dans le reste de la France. Il est probable que le DALE fasse encore parler de lui demain.

22 décembre 2009

[summorum-pontificum.fr] Deux Français à Mariawald

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 22 décembre 2009

L’abbaye de Mariawald est cette Trappe allemande qui a obtenu du Saint-Père de pouvoir revenir aux livres liturgiques (messe et office) antérieures à la réforme de Paul VI. Le 21 novembre 2008, Benoît XVI avait donné son accord.

Les raisons qui ont poussé le Père Abbé, Dom M.-Josef Vollberg, à faire cette demande ? Le retour à la tradition liturgique, bien sûr, mais aussi le souci de recruter de jeunes vocations. L’un conduisant à l’autre. La dernière lettre du Barroux (ICI) nous apprend que deux moines français se sont rendus là-bas pendant plusieurs semaines. L’un venait de Sainte-Marie de la Garde, la jeune fondation du Barroux, l’autre de l’abbaye de Triors. Extrait de la lettre du Barroux :

« Les choses se sont donc mises en place : la forme extraordinaire du rite romain est devenue la façon habituelle de célébrer le Saint Sacrifice de la Messe ; l’ancien office monastique, latin et grégorien, selon la tradition et les mélodies propres à l’ordre cistercien, se substitue à la Liturgie des Heures chantée en allemand. Ce séjour de trois semaines nous a permis de faire plus ample connaissance avec nos frères trappistes d’outre-Rhin, de partager leur vie quotidienne de prière, de travail et de silence. Grâce à notre propre expérience des usages antérieurs, nous avons aussi pu répondre aux questions du Père Abbé quant à la liturgie et à la vie monastique. Nous garderons bien sûr en mémoire le Triduum à l’occasion du centenaire de l’abbaye, ponctué de trois messes pontificales (« le ciel descendant sur la terre, et la terre accédant au ciel ») célébrées par le Père Abbé. Le recteur du séminaire de la Fraternité Saint-Pierre à Wigratzbad et ses séminaristes sont venus renforcer les rangs des officiants sous la main experte du cérémoniaire de l’abbaye de Triors. Des chorales grégoriennes des environs sont venues unir leur voix. Des abbés et des moines d’OElenberg, Sept-Fons, Rochefort, Himmerod, Maria-Laach, Kornelimünster, avaient tenu à être présents. »

Abtei Mariawald D-52396 Heimbach. Site Internet : ICI.