Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

30 juin 2013

[Jean de Tauriers (président) - Notre Dame de Chrétienté] Te Deum laudamus !

SOURCE - Jean de Tauriers, président de Notre Dame de Chrétienté - Juin 2013

Chers pèlerins,

Nous sommes pleins de reconnaissance envers la Sainte Vierge qui a protégé notre pèlerinage pendant ces 3 jours et depuis 31 années.

Le "cru" 2013 a été délicat, tout particulièrement en raison des difficultés matérielles qui s’accumulaient avant le pèlerinage (parvis de la cathédrale de Paris, travaux dans la cathédrale de Chartres). Rien n’a été facile avec une météo épouvantable, mais les pèlerins-marcheurs et les pèlerins des soutiens ont tenu bon.

Merci aux marcheurs pour leur endurance dans le froid et la pluie (je pense à ceux qui sont restés lundi sur le parvis de la cathédrale de Chartres) et bravo à l’organisation de Notre Dame de Chrétienté pour son efficacité et son dévouement !

Avant le pèlerinage, nous craignions que l’ensemble des manifestations ne diminue le nombre des pèlerins. Il n’en a rien été et je le disais le lundi de Pentecôte à Monseigneur Aumonier : les bataillons de la "Manif pour Tous", les veilleurs, les manifestants de toutes les manifs, ce sont souvent les pèlerins de Notre Dame de Chrétienté ! L’Abbé Coëffet retrouve beaucoup de ses scouts et bien des jeunes de différents mouvements dont il a été parfois l’aumônier. Nous savions que le pèlerinage était source de vocations, de mariages, de conversions,... nous savons maintenant que nous avons également suscité des militants politiques, au sens noble du terme.

Nous croyons qu’une famille catholique, active, militante, courageuse s’est levée et vient de comprendre qu’elle était nombreuse, vivante et prometteuse... exactement l’inverse de nos adversaires.

Vous tous pèlerins, en allant à Chartres cette année, vous avez su allier le spirituel (le pèlerinage) et le temporel (l’action politique). L’homme est un "animal social" (Aristote) et donc un "animal politique" comme aimait à le dire Jean Ousset. Nous insistons beaucoup sur l’action politique à Notre Dame de Chrétienté parce qu'il est indispensable que notre famille de pensée prenne sa place dans la nécessaire recomposition intellectuelle et morale de notre société.

Aujourd’hui, le combat pour la loi naturelle, c’est le combat pour la Chrétienté ! Sur tous ces sujets , je vous invite à lire sur notre site web l’entretien donné par Michel De Jaeghere « Peut-on résister au nouveau totalitarisme ? » 

Rien n’arrêtera notre détermination et cet engagement continuera ! Le gouvernement a encore dans ses cartons de nombreux projets de mauvaises lois !

Ce pèlerinage 2013, sur le thème de l’éducation, termine un cycle de trois années sur les "points non négociables" comme un dernier signe de gratitude envers le pape Benoît XVI. Nous reprendrons l’année prochaine un thème p lus catéchétique, la Sainte Trinité, car ce sont les vérités de Foi qu’il nous faut connaître pour être missionnaire comme Notre Seigneur nous l’a demandé à la Pentecôte. Notre-Dam e de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Jean de Tauriers président de Notre Dame de Chrétienté

[Credidimus Caritati] 30 juin 1988 - 30 juin 2013 : Il y a 25 ans, les sacres

SOURCE - Credidimus Caritati - 30 juin 2013

Il y aurait tant à dire sur cette fameuse cérémonie des sacres épiscopaux du 30 juin 1988. Nous avons eu l’occasion d’en restituer récemment le climat et les motivations. Jamais elle ne fut un schisme car Mgr Lefebvre n’a eu qu’un souhait : agir « pour l’amour du pape » et « pour l’amour de l’Église ». Il s’est trouvé devant un véritable cas de conscience. Pour autant, il n’a jamais désiré créer une église parallèle, un mouvement personnel ni même une mouvance séparatiste. Cette cérémonie n’a pas non plus été un changement radical d’attitude où Mgr Lefebvre aurait fini par jeter l’éponge et désiré manifester son dépit à l’égard des autorités de l’Église dont il aurait voulu se séparer. Les sacres n’étaient que le parachèvement des ordinations qu’il avait conférées pendant des années et il n’a transmis l’épiscopat que parce qu’il était acculé face à la mort. Quelques mots suffiront à illustrer cet anniversaire, nous les empruntons au journaliste Yann Clerc:
Les yeux du salut éternel

Il m'étonne aujourd'hui de conserver en mémoire si peu d'images de la cérémonie des sacres. J'ai pourtant vécu celle-ci à Écône, avec la plus intense émotion d'une vie de journaliste, naturellement fertile en sensations fortes.

Cette évanescence ne me trouble pas. Je n'en sais pas le motif. Il est d'ordre supérieur. Dans la grande prairie inclinée au pied du séminaire international, mon regard a tout simplement croisé, ce jour-là, les yeux de Monseigneur Lefebvre. Leur lumière éloquente a rejeté dans l'ombre mes autres souvenirs. Nos savants canonistes voudront bien ne pas se formaliser, le visage creusé mais heureux de Monseigneur a fait mieux encore pour la paix de ma conscience que leurs précieuses assurances d'être en règle avec l'Église.

Sachant sa mort approcher, et l'annonçant, Monseigneur ne pouvait pas alors, ne pas être plus que jamais préoccupé de son salut éternel. Or il émanait de sa personne une tranquille certitude du devoir accompli, une humble confiance en son jugement inspiré. Cela garantissait le propre salut de ses fidèles.

« Je prie le Bon Dieu de nous retrouver tous au paradis », avait confié sur son lit de mort la sainte maman de Monseigneur. Si près d’être réunis, aurait-il pu, me disais-je, entreprendre, contre son cœur de fils aimant, un acte qui risquât de les séparer ? « Là-haut, je serai toute puissante. Je vous aiderai », furent les ultimes paroles de Madame Lefebvre, destinées à ses cinq enfants religieux ou religieuses.

Le 30 juin 1988, l’idée personnelle m’était venue que Monseigneur pensait, dans l’intimité de son âme, à sa chère mère. L’idée – certes trop humaine – ne m’a plus quitté qu’ils ont reformé dans le Ciel le cercle béni de leur famille. Et qu’ils nous sont « plus présents encore sur la terre». (Y.C.)

Extrait de Fideliter N°123, mai-juin 1998
C. de P.

[Ennemond - Le FC] Un nouveau curé à Saint-Nicolas du Chardonnet

SOURCE - Ennemond - Le FC - 30 juin 2013
Ce matin a été rendue officielle la nomination de l'abbé Patrick de La Rocque, membre de la FSSPX (ordonné en 1992), à la tête de l'église Saint-Nicolas du Chardonnet. L'abbé de La Rocque prendra ses fonctions avec un peu de retard (quelques mois après la rentrée) car, prieur de Nantes, il doit finaliser les deux projets de l'église de Nantes et de l'école de la Placelière. Il est remplacé par l'abbé Thierry Gaudray au prieuré de Nantes et l'abbé Bruno Lajoinie prend la tête de l'école Saint-Martin de La Placelière, à Château-Thébaud.

29 juin 2013

[Ennemond - le FC] "Mgr Fellay et l'abbé Aulagnier ont été d'accord..."

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 29 juin 2013
Mgr Fellay et l'abbé Aulagnier ont été d'accord pendant de très nombreuses années. Le second fut même l'assistant du premier, le conseillant, lui suggérant de faire deux préalables avant de lancer la régularisation. A une réunion des principaux prêtres de la Fraternité le 30 mai 1988, l'abbé Aulagnier avait même été le seul prêtre de la FSSPX à conseiller à Mgr Lefebvre de sacrer. Il n'est pas forcément inquiétant de voir que Mgr Fellay est en accord avec un prêtre qui, bien que non membre de la FSSPX, y a toutefois son coeur et ne ménage pas sa peine pour défendre le bon combat. Je vous renvoie à son dernier texte sur la nouvelle messe qui ne souffre guère de concession.

Quant à la tempête qui agite la FSSPX, elle tend toutefois à s'apaiser. On l'a vu à l'occasion de cette cérémonie des 25 ans. Enormément de prêtres étaient présents à Ecône. Certes, une déclaration parallèle a été signée par ceux qui pensent constituer une "résistance". Force est de constater que leurs troupes fondent. Il n'y a plus que quatre bénédictins (les quatre restés au Brésil) pour la signer et les anciens prêtres de la FSSPX qui l'ont paraphé autour de Mgr Williamson, ne sont plus qu'une douzaine. Il est rassurant de voir que même ceux qui ont été sur la sellette (ils étaient plus de dix, en plus de cette douzaine) n'ont pas fait figurer leurs noms sur cette liste. De manière générale, méfiez-vous de l'effet loupe que constitue internet sur des phénomènes qui sont minoritaires dans la réalité. L'évolution d'une crise précédente devrait montrer à ceux qui ont des états d'âme où peuvent finir ces scissions qui croient se fonder sur l'évidence et la véritable défense de la foi. Rappelez-vous les sites qui faisaient la une quotidienne à cette époque. Ce sont aujourd'hui des vaisseaux fantômes, quand ils n'ont pas purement et simplement disparu.

Enfin, qu'il s'agisse de tous les héritiers de Mgr Lefebvre, quels qu'ils soient, on ne peut qu'espérer qu'ils se retrouvent au sein de leur maison d'origine. On a le don, dans nos milieux, pour se disperser et par conséquent, pour donner une image désastreuse alors que tout le monde est d'accord sur la messe et sur les principaux points de litige du Concile. Aussi, on ne peut qu'être amenés à reconsidérer cet appel du fondateur :
« Nous déplorons d'autant plus le départ de certains de nos membres. Sans doute, cela est dû aux circonstances dans lesquelles nous vivons, circonstances où le doute s'instaure partout, où les esprits sont troublés, circonstances aussi qui veulent que, étant d'une certaine manière un corps de combat de première ligne, facilement, ceux qui sont en première ligne deviendront des francs-tireurs, croiront avoir une mission particulière. Mais il est dangereux de se constituer en francs-tireurs. On peut non seulement ne pas accomplir la volonté de Dieu, ne pas accomplir la volonté de nos supérieurs, mais on peut aussi détruire involontairement, sans doute, l'œuvre que le Bon Dieu nous demande d'accomplir. Et s'ils peuvent être excusés, d'une certaine manière, par le fait que nous sommes très dispersés, que physiquement, nous sommes très éloignés les uns des autres dans ce ministère qui absorbe notre activité, cependant, étant donné les années qu'ils ont passé dans cette maison, étant donné les liens qui les unissaient à la Fraternité [...], nous prions Dieu afin qu'ils comprennent que leur place est dans la Fraternité, que leur activité sacerdotale doit s'exercer dans l'intérieur de la Fraternité. »

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] L'autorité paralysée - II

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison - 29 juin 2013

Encore un membre vaillant de la « Résistance » catholique d’aujourd’hui me pousse à me mettre à sa tête. La raison donnée continue d’être que je suis jusqu’ici le seul évêque qui participe à ce mouvement d’opposition à l’effondrement interne de la Fraternité St Pie X. Mais Dieu a donné à Mgr Lefebvre le dernier souffle de la vraie autorité ecclésiale, et ses successeurs l’ont cruellement malmenée. Pourquoi en donnerait-il encore ? La crise de l’Église a beaucoup avancé depuis les années 1970. Au risque d’agacer plusieurs lecteurs, voici les arguments principaux de cette âme vaillante, suivis des réponses que je propose à tous sans vouloir les imposer à qui que ce soit.
 
1 La grande diversité d’opinions parmi les prêtres de la Résistance sème la confusion parmi les fidèles. * Mais imposer une opinion commune exige de l’autorité (voir ci-dessus). Et peut-être les catholiques méritent-ils de se trouver dans la confusion. Trop d’eux ont suivi aveuglément Vatican II, comme ils font maintenant avec la Fraternité. Peut-être le Bon Dieu a-t-il eu assez de cette obéissance aveugle. Peut-être veut-il que les catholiques réfléchissent et pensent pour eux-mêmes, sans plus recourir à l’« obéissance » aveugle comme chemin de facilité pour arriver au Ciel.
 
2 La confusion règne en particulier quant à la question s’il faut ou non continuer d’assister aux Messes des prêtres de la FSSPX. * Mais pourquoi une seule opinion doit-elle s’appliquer à tous les cas ? Il ya toutes sortes de circonstances qui peuvent jouer dans une question semblable. D’accord, ne pas quitter la FSSPX tant qu’elle persévère dans son erreur actuelle présente un risque grave de glisser petit à petit avec elle, mais les âmes ont besoin des sacrements et pas tous les prêtres de la Fraternité ne sont encore des traîtres, loin de là. Récemment en France la première édition d’un livre de 350 pages, consistant à 90% de citations de Mgr Lefebvre, a été épuisée en deux semaines. Et c’est un prêtre de la Fraternité qui l’a rédigé, M. l’abbé François Pivert. C’est un vrai signe d’espoir. Que Dieu le bénisse !
 
3 Les désaccords entre les prêtres de la Résistance pourraient faire qu’elle se détruise elle-même. * Les désaccords personnels entre les prêtres il y a toujours eu, il y en aura toujours. Beaucoup plus graves sont les désaccords doctrinaux. C’est surtout la fidélité doctrinale qui a maintenu jusqu’ici la Fraternité, c’est l’infidélité doctrinale qui la détruit actuellement. C’est la fidélité doctrinale qui garantira cette unique Foi catholique laquelle seule peut fonder ce qui survivra du catholicisme, soit dans l’Église, soit dans la Fraternité, soit dans la « Résistance ».
 
4 Il n’y a pas d’Église sans chef ni hiérarchie. Dieu veut que nous nous organisions. * Normalement c’est vrai, pas d’Église sans chef ni hiérarchie, mais l’homme moderne a créé une situation tout à fait anormale. Là où le centurion païen de l’Évangile (Mt.VIII, 6-10) savait tout naturellement et commander et obéir (les deux vont ensemble), l’homme moderne, au nom de la liberté supposément « démocratique », a voulu ne plus savoir ni commander ni obéir. Aussi les commandes arbitraires et l’obéissance excessive mettent-elles actuellement la Fraternité par terre, comme elles ont fait en grande partie pour l’Église officielle. La raison en est qu’aux gouverneurs comme aux gouvernés manquent le sens et l’amour de la vérit&eac ute; objective, laquelle en s’élevant au-dessus des uns comme des autres, est largement capable, pour peu que l’on en fasse cas, de mettre en harmonie l’autorité et l’obéissance. Peut-être Dieu veut-il que nous poursuivions plutôt la doctrine que l’organisation.
 
Pour conclure, cette épreuve tout à fait exceptionnelle de l’Église durera le temps que Dieu voudra pour que son Église soit purifiée. En attendant, il me semble qu’au début de notre 21ème siècle il n’y a tout simplement pas assez de paille catholique pour produire une brique catholique telle la Fraternité de la fin du 20ème siècle. Patience. Dieu prévaudra. C’est son Église, et il s’en occupe. Patience.
 
Kyrie eleison.

[SPO] Mgr Müller attend toujours la réponse de la FSSPX

SOURCE - SPO - 29 juin 2013
Le blogue de l’Association Pro Liturgia de Denis Crouan publie aujourd’hui la traduction d’un article de Kathnet reprenant un entretien accordé le 26 juin dernier par Mgr Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, à plusieurs magazines diocésains allemands, sur certaines questions doctrinales actuelles. Voici le passage qui traite de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX).
Dans la bataille doctrinale qui oppose le Vatican à la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Müller estime que la balle est à présent dans le camp des traditionalistes.  Il y a plus d’un an déjà que Rome a proposé aux responsables de la Fraternité Saint-Pie X un document devant permettre de clarifier un certain nombre de points doctrinaux : on attend toujours une réponse officielle de la part de la Fraternité. Mgr Müller a souligné que ce document s’adresse à la Fraternité dans son ensemble et qu’il lui appartient en tant que telle d’accepter ce document dont le contenu reprend des notions essentielles de la foi catholique. Il reste que, indépendamment de cette affaire, chaque prêtre est totalement libre, à titre personnel, de retourner à la pleine communion avec l’Église catholique, avec le Pape et les évêques. De plus, ajoute Mgr Müller, le Pape Benoît XVI (2005-2013) qui, depuis 25 ans a toujours voulu faire avancer les discussions avec les traditionalistes, a clairement affirmé qu’il reste des points essentiels à éclaircir, et que d’ici là les membres de la Fraternité resteront en attente de pleine communion avec l’Église, et que les prêtres et les évêques ne pourront pas exercer leur mission de façon légitime. Ces longues années de discussions auront permis d’aboutir à un document synthétique connu sous le nom de « Préambule dogmatique ».

28 juin 2013

[Mgr Tissier de Mallerais, fsspx - La Porte Latine] Prêtres dans un temps de crise dans l'Église, prêtres en exil...

SOURCE - Mgr Tissier de Mallerais - 28 juin 2013

Sermon pour les ordinations diaconales et sacerdotales à Ecône - Ecouter ce sermon en version audio ICI - Transcription et intertitres par La Porte Latine

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

C'est donc un événement et une grande joie pour nous de pouvoir continuer après un quart de siècle l'exercice de cette fonction que Mgr Lefebvre nous transmit il y a 25 ans. C'est aussi l'anniversaire de la Dédicace de notre église du Cœur Immaculé de Marie d'Ecône. On raconte qu'en 1932, après son ordination sacerdotale, à Sion, le chanoine Gabioud, de vénérée mémoire en Valais, raconta la vision qu'il avait eue d'Ecône, avec une grande église dédiée au Cœur Immaculé de Marie. Voilà cette quasi prophétie qui a été accomplie il y a une dizaine d'années.

Et aujourd'hui nous avons la joie d'ordonner des diacres ; ils vont pour la première fois donc pouvoir s'approcher davantage de Jésus-Eucharistie, de pouvoir assister de près, être à l'autel, et si besoin de distribuer la Sainte Communion aux fidèles. Et d'ordonner des prêtres, 6 prêtres pour la FSSPX, un père bénédictin, un père dominicain et un père capucin. C'est donc pour nous une très grande joie de soutenir de toutes manières ces familles sacerdotales et religieuses qui sont nos amies. 
Opportet enim sacerdotem offere, benedicere, praeesse, predicare et baptisare
Je commencerai cette petite homélie en vous citant les paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'il apprit à ses apôtres, telles qu'elles sont racontées dans les Actes des Apôtres : « non est vestrum nosse tempora vel momenta quae Pater posuit in sua potestate sed accipietis virtutem supervenientis Spiritus Sancti in vos et eritis mihi testes in Jerusalem, et in omni Judaea, et Samariam et usque ad ultimum terrae ».
 
« Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a posés dans sa Puissance. Mais vous recevrez la force du Saint-Esprit et vous serez mes témoins en Judée, en Samarie et en Galilée, et jusqu'aux extrémités de la terre. » Voilà, chers ordinands, votre mission, être les témoins de Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme les apôtres le furent, non point que vous ayez vu le Christ comme ils le virent, mais comme des témoins de la foi de toujours, que vous devrez prêcher. Vous serez prêtres pour l'Église catholique, vous serez prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X - du moins pour ceux qui sont membres de cette société - et vous serez prêtres en un temps de crise dans l'Église.

Et d'abord prêtres de l'Église catholique, et donc exerçant le sacerdoce catholique tel que le veut, tel que l'a transmis l'Église catholique depuis les apôtres. Et tel que le rite de votre ordination l'exprime. Opportet enim sacerdotem offere, benedicere, praeesse, predicare et baptisare. Cinq mots pour décrire trois fonctions car les trois premières sont une seule fonction, à savoir offere, benedicere et praeesse. Il faut que le prêtre offre, qu'il bénisse et qu'il préside. Et il faut qu'il prêche et qu'il baptise, dans l'ordre, dans l'ordre de dignité. C'est d'abord le pouvoir de consacrer, décrit par trois mots, offrir, bénir et présider. Vous allez offrir à l'Offertoire et à l'Élévation. Vous allez bénir à la Consécration, par une bénédiction immaculée, toute-puissante, qui transformera le pain dans le Corps du Christ et le vin dans son Précieux Sang. Et vous allez présider, non pas comme un président d'assemblée, mais parce que vous avez ce pouvoir de présider la Sainte Messe, pouvoir reçu de Notre-Seigneur Jésus-Christ comme participation de son sacerdoce. Et non pas délégué par le peuple. Voilà votre pouvoir essentiel, consacrer.

Et les deux autres pouvoirs sont le pouvoir de prêcher et de baptiser. Vous allez être envoyés prêcher au Nom de Notre-Seigneur, dans le monde entier, prêcher l'Évangile à toute créature. Enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ces deux dernières fonctions sont des fonctions préalables ; il faut d'abord prêcher, annoncer la bonne nouvelle du salut, il faut ensuite baptiser, faire des chrétiens, et ensuite les réunir autour de l'autel du sacrifice pour offrir le sacrifice de la Messe. Voilà votre rôle décrit, votre rôle, votre fonction de prêtre, décrite par l'Église catholique dans son pontifical. Il n'y a pas à hésiter, il n'y a pas de doutes à avoir. Remarquez bien que la fonction de prêcher et la fonction de sanctifier sont moindres, sont de moindre dignité que la fonction d'offrir, la fonction liturgique, d'offrir cette grande prière - comme disaient les Indiens d'Amérique quand ils voyaient nos missionnaires - la grande prière qui est le saint sacrifice de la Messe. La fonction du prêtre est d'abord d'offrir et de consacrer le Corps et le Sang du Christ.

Voilà, chers amis, ce sacerdoce catholique que l'Église catholique vous remet aujourd'hui. Mais pour cela vous devez en être indignes évidemment mais vous devez en être le plus digne possible. Saint Jean Chrysostome, cité par saint Pie X dans son Exhortation au clergé catholique (2), nous rappelle la nécessité de la sainteté sacerdotale, de la sainteté du prêtre, combien plus pure encore qu'un rayon de soleil doit être cette main du prêtre qui partage une telle chair, celle du Christ. Combien plus pure qu'un rayon de soleil doit être cette bouche qui contient un feu spirituel, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Combien plus pure qu'un rayon de soleil doit être cette langue que rougit un Sang si redoutable, le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Dans la pureté de sa doctrine et toute la charité de son zèle missionnaire
Prêtres pour l'Église, prêtres de l'Église catholique, vous serez aussi prêtres, au moins pour la plupart d'entre vous, de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X. Pour recevoir ce sacerdoce transmis par l'Église depuis les apôtres, pour le recevoir comme disait notre fondateur, comme nous l'avons rappelé hier dans cette déclaration, pour le recevoir, pur et immaculé, tel que le Christ l'a donné aux apôtres, dans la pureté de sa doctrine et toute la charité de son zèle missionnaire. Cette mission, que vous avez comme prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X, a été saluée, approuvée, encouragée par l'Église. Lorsque Mgr Charrier, évêque de Fribourg, le 1er novembre 1970, approuva les statuts et érigea cette fraternité sacerdotale et quand, le 18 février 1971, la congrégation du clergé à Rome encouragea et loua cette société sacerdotale et ses statuts et ses sages normes de vie sacerdotale.

Donc nous sommes appuyés sur cette approbation initiale, fondatrice de l'Église catholique, chers futurs prêtres. C'est notre assurance que nous sommes œuvre d'Église. Cet apostolat, contenu dans nos statuts, décrits par eux, est très varié. Vous pourrez être, comme je le fus, professeur de séminaire, ou bien aumônier de maison religieuse, comme je le fus, ou bien chargé d'une chapelle, comme je le fus, ou bien peut-être mieux prieur, supérieur de district, etc. Professeur dans une école ou plutôt directeur spirituel dans une école, je ne sais pas ce qui vous attend, cet été, vous le verrez, mais il y aura une chose commune à tous, c'est le saint sacrifice de la Messe.

Car toutes ces missions, tous ces types d'apostolat sont unis, ont un centre qui est la célébration du saint sacrifice de la Messe, qui fait l'unité de votre vie sacerdotale, comme le veulent nos statuts, centrés sur la célébration de la Messe, pour la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ règne par le bois de sa croix. Regnavit a ligno Deus, donc Dieu veut régner par le bois de sa croix, il faut donc célébrer, reproduire incessamment ce sacrifice de la croix sur nos autels afin que Jésus règne dans les cœurs et dans les sociétés. Voilà votre rôle public dans l'Église et dans la cité, chers prêtres, par la Messe que le Christ règne. La Messe qui est le sacrement de la Passion de Jésus-Christ comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin. Nous n'avons pas à chercher d'autres définitions. Le sacrement de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, toute la Passion de Notre-Seigneur, résumée dans cet acte de la séparation de son Corps et de son Sang sur la croix, et renouvelé sur l'autel sacramentellement, lors de la consécration, à votre parole qui consacre séparément le Corps, puis le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Voilà le mystère de la Messe, mystère incompréhensible et que nous devons méditer et qui est tout notre esprit, car si la Messe est vraiment la Passion de Jésus, sacramentellement présente, de là découle l'esprit chrétien. Communier, c'est communier à l'esprit de sacrifice de Jésus, célébrer c'est s'unir personnellement au sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'esprit catholique, c'est l'esprit de sacrifice, chers fidèles. Cet esprit qui est complètement perdu maintenant dans l'Église conciliaire. Et cet esprit de sacrifice est la source des vocations religieuses et sacerdotales. Pourquoi avons-nous la joie dans nos familles, souvent, d'avoir plusieurs membres de la même famille, appelés par Dieu à la vie religieuse ou sacerdotale, mais parce que les parents ont su inculquer par leur exemple l'esprit de sacrifice à leurs enfants. Alors, tout naturellement, cet esprit de sacrifice s'épanouit dans l'appel divin. Donc vous serez prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X, dans cet esprit, ou prêtres des sociétés amies, dans le même esprit.
Prêtres dans un temps de crise dans l'Église, prêtres en exil...
Et troisièmement, vous allez être prêtres dans un temps de crise dans l'Église. Tant que Dieu voudra, ce n'est pas à nous de connaître les temps et les moments. Mais vous serez des témoins. Depuis le début de la Fraternité pratiquement, après cette lettre de louange du clergé romain, nous avons été en proie à la condamnation, à la persécution, à l'exclusion, à la relégation canonique et psychologique, et nous persistons. C'est mystérieux, ça ne paraît pas normal, je dirais c'est exceptionnel. Ce qui n'est pas normal, c'est une Église occupée apr l'ennemi. Donc depuis le début, nous devons pratiquer, chers jeunes prêtres, chers futurs prêtres, la béatitude de ceux qui sont persécutés. Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, parce que le Royaume des Cieux est à eux. Nous ne sommes pas très malheureux, mais la persécution pourrait être de plus en plus grave. Il faudra tenir bon, il faudra devenir et demander à la Sainte Vierge d'être des âmes de confesseurs de la foi. Comme le furent els saints.

Regardez l'exemple de saint Hilaire, de Poitiers. Évêque de Poitiers en Gaule au moment de l'aryanisme où la plupart des chrétiens étaient devenus hérétiques, aryens. Et saint Hilaire, à Poitiers, restait un évêque catholique mais il fut condamné par l'Empereur à l'exil, en Égypte. Que serait-il devenu, qu'aurait-il fait, s'il était resté en Gaule ? Il aurait dû pactiser avec l'hérésie. Bienheureux Hilaire qui s'en fut en exil pour prêcher la foi catholique, la foi en la Sainte Trinité. Voilà un exemple pour décrire notre situation. Nous sommes dans une certaine situation d'exil, mais bienheureux d'être libres pour prêcher la foi entière, sans compromission avec l'erreur.

Notre vocation en cette crise dans l'Église, chers jeunes prêtres, ça vous rassurera peut-être, notre vocation n'est pas d'inoculer un vaccin anti-moderniste à l'Église conciliaire, mais de porter le trésor de l'Église car nous le portons. L'Église indéfectible ne peut pas perdre le trésor de sa Tradition, de sa foi, de son sacerdoce. Il faut bien qu'il y ait quelqu'un qui le porte, ce trésor. Nous sommes de ceux-là. Je crois qu'il faut situer ainsi la question. Dans l'exil, dans l'ostracisme, nous portons l'Église. Voilà de quoi nous enthousiasmer, chers fidèles, chers prêtres, chers confrères. Regardez l'Enfant-Jésus, porté en exil en Égypte par saint Joseph. Saint Joseph portait Jésus en exil, c'était l'Église qui partait en exil mais l'Église existait encore. Elle ne cessait pas d'exister. Jésus, l'Enfant-Jésus était en germe l'Église catholique puisqu'Il est le chef de son Corps mystique. Dans cette situation d'exil, Il était l'exil. Dans notre exil, nous portons l'Église. N'ayez pas peur, nous sommes, et vous serez des porteurs de l'Église. Une mission dont nous sommes totalement indignes.
Nous ne sommes et n'avons jamais été une Église parallèle
Nous ne sommes pas n'importe quoi, nous ne sommes pas une secte, nous ne sommes pas une petite Église dont on ne revient jamais à la grande Église. Bien sûr, d'accord, nous ne sommes pas cela. Nous ne sommes et n'avons jamais été une Église parallèle depuis les sacres épiscopaux. L'Église parallèle, elle est ailleurs. Suivez mon regard. Nous sommes de l'Église catholique, avec la Rome éternelle.

Alors, chers futurs prêtres, chers futurs diacres, soyez des porteurs de l'Église. Ayez cette fierté, et en même temps cette profonde humilité car nous ne sommes rien. C'est un mystère que Dieu ait choisi Mgr Lefebvre et sa petite famille de la Tradition pour porter l'Église. C'est une vocation éminente, exceptionnelle, source de grâces inestimables, pourvu que nous les recueillions ces grâces.

Je ferai pour conclure un appel aux familles catholiques. Chères familles, vous êtes l'espoir de l'Église. Le pape Pie XII s'adressant aux jeunes mariés leur disait cette même vérité : vous êtes l'espoir de l'Église et de la Cité si vous acceptez de donner la vie à de nombreux enfants, si vous acceptez de leur transmettre la foi catholique, si vous comprenez comment les préservez dans la grâce sanctifiante, si vous comprenez que l'école catholique est le meilleur auxiliaire de votre fonction d'éducateurs, de pères et de mères catholiques. Et c'est de cette responsabilité à vous, chers parents chrétiens, que dépendent les vocations, l'efflorescence de nos sociétés sacerdotales et religieuses. Rendez-vous compte que nous manquons de prêtres, que nous manquons d'âmes généreuses acceptant de vivre la vie religieuse.

Et vous, chers enfants, chers jeunes gens et chères jeunes filles, c'est aujourd'hui, en cette occasion, qu'il est bon de recevoir les grâces du Bon Dieu, de prendre les décisions qui peuvent engager votre vie au service de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en vous consacrant dans la vie sacerdotale ou religieuse, pour que l'Église continue.

Transmettre le sacerdoce catholique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans toute sa pureté doctrinale, dans toute sa charité missionnaire. C'est ce que Mgr Lefebvre a voulu, selon ce que Notre-Seigneur lui a montré lorsqu'il était dans la cathédrale de Dakar, vers 1960. Mais c'est ce que l'Église est par la médiation de la Très Sainte Vierge Marie, si vous lisez, si vous entendez tout à l'heure dans la Préface que l'évêque va chanter, la préface de la Dédicace. Quel merveilleuse description de l'Église.

L'Église qui est sedes commutabilis veritatis santuarium eternae cartitatis. Description de l'Église. L'Église est le siège de la vérité immuable, qui ne change pas. L'Église est le sanctuaire de l'éternelle charité qui doit remplir vos cœurs désormais, par l'intercession de Marie Immaculée, chers jeunes prêtres et diacres, amen.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

[Abbé Paul Aulagnier] Commentaire de la déclaration des trois évêques de la FSSPX

SOURCE - Abbé Paul Aulagnier - La Revue Item - 28 juin 2013

Je me réjouis profondément de cette Déclaration du 27 juin 2013 que « ces » évêques de la FSSPX publient à l’occasion du 25ème anniversaire de leur sacre épiscopal. Elle est vraiment dans la ligne de la pensée de Mgr Lefebvre et de son action. Elle est vraie et sans ambiguïté. Elle est de nature à faire l’unité des membres de la FSSPX, ce qui est capital pour la survie, dans l’Eglise, de la Tradition Apostolique. Cette déclaration ainsi que la lettre de Mgr Fellay, celle publiée dans le n° 50 de la « lettre aux amis et bienfaiteurs de la FSSPX », sont des documents très importants marquant le retour de la paix « dans les rangs » faisant suite à une période de « flottement » très préjudiciable à la Tradition. Deo Gratias.

J’ai été particulièrement intéressé par le § 11. Ce paragraphe précise la pensée de la FSSPX dans ses relations futures avec Rome. Elle corrige la faiblesse de la déclaration du Chapitre Général de 2012. Là aussi les choses sont de nouveau claires : « 11- Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. Nous entendons faire de même, soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise –, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. En attendant, face à cette crise qui continue ses ravages dans l’Église, nous persévérons dans la défense de la Tradition catholique et notre espérance demeure entière, car nous savons de foi certaine que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).

C’est ce que Mgr Lefebvre demandait à Rome dans sa lettre d’octobre 1987 au Cardinal Gagnon: « que Rome nous prenne tels que nous sommes », avec notre amour de la vérité. La profession de la vérité oblige tout également la condamnation de l’erreur opposée.

[SPO] Cœtus Internationalis à Rome : conférence de presse de l’abbé Claude Barthe

SOURCE - SPO - 28 juin 2013

En prévision du deuxième pèlerinage à Rome (24-27 octobre) du Cœtus Internationalis Summorum Pontificum, l’abbé Claude Barthe, aumônier du pèlerinage, a donné une conférence de presse dans la Ville Éternelle le 26 juin en l’église de la Trinité des Pèlerins. En voici le texte intégral.
Cette deuxième édition du pèlerinage Summorum Pontificum est destinée, pour les pèlerins attachés à cette forme du rite romain, à clore l’Année de la Foi comme ils l’ont commencée : en venant à Rome pour y exprimer leur disponibilité à la mission de l’Église et leur désir de s’y consacrer plus encore. Le pèlerinage sera rythmé par diverses cérémonies et dévotions qui culmineront lors de la procession vers Saint-Pierre et de la messe pontificale dans la Basilique Vaticane, le samedi 26 octobre, à 11 h.

La clôture officielle interviendra en revanche seulement le dimanche 27 octobre, par la solennité du Christ-Roi, célébrée par un évêque venu du bout du monde, Mgr Rifan, ordinaire de l’Administration apostolique de Campos (Brésil). Cette conclusion de l’Année de la Foi sera en fait un commencement, un nouveau départ en mission. La toujours jeune et fervente liturgie traditionnelle, qui s’étend désormais paisiblement chaque jour dans le monde entier, apporte son souffle spirituel très spécifique à la nouvelle évangélisation. Très attrayante pour les jeunes catholiques qui la découvrent, en raison de sa puissante force d’identité et d’expression du sacré, elle représente d’ailleurs en elle-même, comme l’expérience le prouve, un moyen privilégié de catéchèse à propos de la présence réelle, du sacerdoce, du sacrifice eucharistique.

Tout pèlerinage à Rome, vers le tombeau de Pierre, est un pèlerinage autour de l’évêque de Rome, le successeur de Pierre, un témoignage d’affection filiale. L’affection est réciproque, s’il m’est permis de le dire : nous savons que le Pape François porte de l’intérêt à tout ce qui peut renouveler et rajeunir le visage de l’Église. Pape venu de loin, il a compris avec une intelligence très intuitive quelles étaient les forces vives du catholicisme dans notre vieille catholicité européenne.

Je pense par exemple à la toute récente nomination à Liège, en Belgique, d’un évêque lié à la communauté de Sant’Egidio (donc présumé progressiste) mais qui, comme prêtre, a bénéficié et fait bénéficier du Motu Proprio Summorum Pontificum. Un tel choix illustre la très grande liberté d’esprit du Pape François : seul compte désormais la renaissance de l’apostolat, sans plus tenir compte des a priori idéologiques. « Nul n’est de trop dans l’Église » rappelait Benoît XVI aux évêques de France (Lourdes, 2008) : un enseignement vécu avec naturel par son successeur.

Le cardinal Cañizares, dans son homélie, lors de la messe à Saint-Pierre du 3 novembre 2012, avait insisté sur la fécondité en vocations sacerdotales et religieuses de la forme extraordinaire. Il est clair que les instituts, associations, séminaires, écoles, scoutismes, liés à la forme extraordinaire, ont une place notable au sein de ce que l’on a appelé le « nouveau catholicisme », marqué par ses communautés nouvelles, ses communautés traditionnelles, ses œuvres de jeunesse, ses familles souvent nombreuses. N’oublions pas que dans de nombreux pays, dans un contexte de pénurie extrême, une part croissante de séminaristes se destinent à la forme extraordinaire (en France, 15 % des séminaristes désirent opter pour la forme extraordinaire), ce qui donne des indications sur la future physionomie du clergé.

Au reste, les barrières tombent. En raison du nombre des prêtres diocésains qui ont trouvé fruit et joie en célébrant aussi la messe en forme extraordinaire, du nombre des séminaristes diocésains qui apprennent à célébrer aussi cette forme, du nombre des fidèles qui veulent aussi pouvoir en bénéficier dans leurs paroisses, les croisements et échanges deviennent constants. Eh bien, l’Année de la Foi, c’est aussi le pèlerinageSummorum Pontificum.

Toutes les associations, toutes les communautés diocésaines et Ecclesia Dei, sont les bienvenues, mais pour que ce soit le pèlerinage vraiment le pèlerinage de tous, et surtout pas une confédération d’associations, ce sont les individus qui sont invités : ce sont les catholiques des paroisses, des diocèses, des communautés, fidèles, prêtres, religieux, séminaristes, quelle que soit leur appartenance, qui, comme l’an passé, représenteront ce peuple Summorum Pontificum auquel nous entendons donner une visibilité.

Tous, sans aucune exception. On retrouvera également cette année, comme l’an passé à Saint-Pierre de Rome, des fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X. Rome est par excellence le lieu de l’unité ; la messe traditionnelle, librement et paisiblement célébrée – « l’usage du missel de 1962 est normal », avait dit le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin l’an dernier –, est à cet égard un puissant moteur d’unité interne du catholicisme.

[Aymeric Christensen - La Vie] La FSSPX réaffirme ses fondamentaux et défie le Vatican

SOURCE -  Aymeric Christensen - La Vie - 28 juin 2013

© FABRICE COFFRINI / AFPAlors que le 30 juin marquera le 25e anniversaire de l'ordination par Mgr Marcel Lefebvre, sans l'autorisation de Rome, de quatre évêques, la Fraternité Saint-Pie-X publie une déclaration dans laquelle elle réaffirme ce qui a été le credo de la FSSPX depuis sa création : le rejet de Vatican II et l'affirmation de la nécessité pour l'Eglise catholique de revenir à la Tradition qu'elle aurait abandonnée.
 
Dans le communiqué, les trois évêques de la Fraternité – Mgr Fellay, Mgr Tissier de Mallerais et Mgr de Galarreta (Richard Williamson ayant été exclu l'an dernier) – disent leur volonté de « manifester leur reconnaissance filiale à l’égard de leur vénéré fondateur qui, après tant d’années au service de l’Eglise et du souverain pontife, pour la sauvegarde de la foi et du sacerdoce catholique, n’a pas hésité à subir l’injuste accusation de désobéissance ». 
 
« A la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires – une 'herméneutique de la rupture' qui s’opposerait à une 'herméneutique de la réforme dans la continuité' –, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II. »
« La liberté religieuse exposée par Dignitatis humanae et son application pratique depuis cinquante ans, conduisent logiquement à demander au Dieu fait homme de renoncer à régner sur l’homme qui se fait Dieu, ce qui équivaut à dissoudre le Christ. Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions qu’elle n’ose plus appeler fausses. » 
 
« Cinquante ans après le Concile, les causes subsistent et engendrent toujours les mêmes effets. En sorte qu’aujourd’hui les sacres conservent toute leur justification. » 
 
Ce texte, sans compromis, intervient également après l'échec l'année dernière à la même époque des négociations avec Rome, ouvertes en 2009 avec la levée des excommunications pesant sur les évêques de la FSSPX. Depuis un an, les lefebvristes ont haussé le ton à plusieurs reprises, comme s'ils voulaient pousser Rome dans ses retranchements ou à adopter à leur égard une nouvelle position canonique, qui reviendrait sur la levée des excommunications.
 
Cette hypothèses a d'ailleurs été évoquée mardi 25 juin dans la newsletter du site Radio silence (qui recueille l'actualité liée à la FSSPX), qui rapportait : « Le cardinal Müller, préfet de la Congrégation de la Foi au Vatican, a fait savoir à la Fraternité Saint Pie X qu’elle devrait renoncer aux ordinations annuelles prévues pour le 29 juin 2013 à Ecône. Selon Mgr Fellay il s’agit d’un casus belli. (…) Il se pourrait que Mgr Müller vise un nouveau ban (excommunication ?), en prétextant cette insoumission ou désobéissance ».

27 juin 2013

[Abbé Guillaume d'Orsanne, fsspx - Stella Maris] L'Éducation Nationale éduque-t-elle les enfants ?

SOURCE - Stella Maris - juin 2013

En 1932, le révolutionnaire Ministère de l'Instruction Publique était rebaptisé « Ministère de l'Éducation Nationale », dénomination qui n'a pas changé depuis. Ainsi, alors qu'autrefois l'État prétendait instruire le peuple, il s'attribue maintenant le droit d'éduquer la nation. Dans la réalité, le Mammouth éduque-t-il vraiment les petits français ?
Le but à atteindre
En quoi consiste l'éducation ? Pour le Pape Pie XI, « essentiellement dans la formation de l'homme, lui enseignant ce qu'il doit être et comment il doit se comporter dans cette vie terrestre pour atteindre la fi n sublime en vue de laquelle il a été créé. » La conséquence est alors immédiate : « Il ne peut y avoir de véritable éducation qui ne soit tout entière dirigée vers cette fin dernière »(1), c'est-à-dire le Ciel.

Pour nos ministres, l'objectif à atteindre est celui-ci : « Outre la transmission des connaissances, la Nation fi xe comme mission première à l'école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. »(2 ) Que seront ces valeurs ? Le Ciel ? On peut en douter…
Une fin ultime dont il ne faut jamais parler
Pour nos « éducateurs », l'une des grandes valeurs à promouvoir est la laïcité. La laïcité, ce n'est pas seulement mettre le Bon Dieu à la porte (ce qui est déjà une monstruosité), c'est aussi penser qu'il est normal de mettre le Bon Dieu à la porte et anormal de ne pas le faire. Au nom de cette laïcité, on mettra autant d'ardeur à mettre le Bon Dieu à la porte qu'il faudrait en mettre pour le chercher. Et les pauvres petits français sont ainsi formatés, dans un silence total et calculé de ce pour quoi ils sont faits, et on croira les avoir éduqués droitement au motif qu'on ne leur aura jamais parlé du vrai but de leur vie !
Une fin ultime dont on détourne les enfants
Qu'en est-il maintenant de la morale, qui doit nous conduire à Dieu ? Qu'on en juge !

Les programmes de sciences naturelles apprennent délibérément aux jeunes les pratiques les plus contraires à la simple loi naturelle : la contraception, l'avortement, les manipulations génétiques sont enseignées comme de simples pratiques d'hygiène, favorisant le plaisir personnel et le salut de la planète. Un simple livre de SVT suffi t à s'en faire une idée. Malheur à l'obscurantiste qui s'y opposerait !

Ainsi, au lieu d'éduquer véritablement et d'inculquer les moyens de pratiquer la vertu, on enseigne au contraire les moyens de s'enfoncer plus facilement dans le vice : comment des jeunes pourraient-ils résister à cet assaut infernal ? Le péché mortel est non seulement banalisé, mais rendu obligatoire, tandis que la vertu est ridiculisée.
Malheur à celui qui scandalise un de ces petits !
Ces programmes ne sont pas réservés aux adolescents : l'éducation sexuelle est imposée dès l'école primaire. Dans le chapitre sur la santé de nos petits enfants, on constate les préoccupations principales de nos politiques : la formation au goût ; la lutte contre l'obésité ; la prévention et réduction des risques : grossesses précoces non désirées, mariages forcés, infections sexuellement transmissibles, VIH/sida, lutte contre les comportements homophobes, sexistes et contre les violences sexuelles, égalité entre les femmes et les hommes(3). Les programmes et les livres s'inspirent naturellement de ces préoccupations.

Nous sommes prévenus. Pire encore : la société change, l'éducation doit changer aussi. L'égalité des sexes ? C'est dépassé. À présent on en est à éduquer à l'égalité des sexualités dès l'école primaire.

La lutte contre l'homophobie doit s'inscrire dès le plus jeune âge pour qu'en école primaire aucun enfant ne puisse plus s'entendre dire : « Ce n'est pas possible d'avoir deux mamans ou deux papas ».(4)

Il est impossible de mentionner ici tous les textes de lois qui visent à salir l'âme de nos enfants. La finalité de ces textes et des orientations sous-jacentes est nettement diabolique et nous devons nous y opposer de toutes nos forces. Ne nous payons pas de mots : en France, l'Éducation Nationale conduit les âmes en Enfer.

Abbé Guillaume d'Orsanne

[Abbé Paul Aulagnier] « Déprécier » le Novus Ordo Missae, est-ce possible ? (Introduction)

SOURCE - Abbé Paul Aulagnier - La Revue Item - 27 juin 2013

J’ai annoncé hier ma participation sur Internet au Congrès de « Sacra Liturgia 2013″ qui se tient ces jours à Rome sous la haute présidence de Mgr Rey. Là voilà:

«Rome nous demande de vivre des richesses de la messe « ancienne » romaine et même de savoir les transmettre, mais sans pour autant « déprécier » les richesses de la nouvelle messe. C’est un désir qui semble se généraliser aujourd’hui. On pourrait le résumer ainsi : vous avez le droit de l’ancienne messe, acceptez en échange la nouvelle messe et ses richesses. Donnant-donnant !

Plusieurs représentants de la hiérarchie parlent dans ce sens. C’est ainsi que Mgr Rey déclarait, dans son récent entretien publié dans La Nef, annonçant la tenue du colloque à Rome fin juin de Sacra Liturgia 2013 qu’il préside, vouloir célébrer à cette occasion les deux formes de l’unique rite romain : « Les divisions entre les adeptes de la « forme extraordinaire » du rite romain et ceux de la « forme ordinaire » n’ont plus de raison d’être… les deux formes de l’unique rite romain ont chacune une place légitime dans la vie de l’Église, et l’on ne peut refuser l’une ou l’autre ». Il vient de reprendre cette idée, dans son homélie d’ouverture du 25 juin 2013 : « Il (Benoît XVI) nous a démontré qu’il ne doit y avoir aucune opposition entre les formes anciennes et nouvelles du rite romain – qui ont toutes les deux leur place dans l’Eglise de la nouvelle évangélisation ».

Toutes ces personnalités se fondent sur l’enseignement de Benoît XVI, celui exprimé dans son Motu Proprio (MP) Summorum Pontificum. En effet, Mgr Rey se justifie en disant : « Benoît XVI a, d’une certaine façon, résolu cette question et nous nous mettons à son école : à Sacra Liturgia 2013, nous célèbrerons les deux formes liturgiques avec notamment les cardinaux Canizares et Brandmülle, comme Benoît XVI l’a dit très clairement » dans son Motu Proprio.

La messe « nouvelle » ne poserait donc plus de « problèmes » théologiques ni pastoraux. Il faudrait l’accepter purement et simplement, sans plus demander corrections, réforme, encore moins abrogation. Il faudrait s’en tenir dorénavant inclus à l’article 1§1 du Motu Proprio Summonrum Pontificum :

« Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la « lex orandi » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le bienheureux Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « lex orandi » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain.

Il est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du Missel romain promulgué par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église ».

Que faut-il penser de tout cela ? Le MP Summorum Pontificum exprime-t-il vraiment un jugement définitif de Benoît XVI ? N’est-il pas plutôt l’œuvre d’un compromis qui a fait l’objet de longues discussions ? De ces discussions, il en parle par deux fois dans sa lettre d’accompagnement transmettant aux évêques ce document : tout au début : « Ce document est le fruit de longues réflexions, de multiples consultations et de la prière » et un peu plus loin, il écrit : « …au cours des discussions sur ce Motu Proprio… ».

Ces consultations, ces discussions ont-elles abouti à un compromis, à ce compromis, celui de l’article 1§1 ? Des pressions se sont-elles exercées sur Benoît XVI pour l’obtenir ?

Ce sont ces questions que je voudrais aborder ici.

Tout d’abord, je voudrais « discuter », dans une première partie, le jugement de Rome ainsi que celui de Mgr Rey. Ne doit-on plus « critiquer » le nouveau rite ? Est-il devenu idoine, au fil du temps, comme par enchantement ? Puis, dans une deuxième partie, je voudrais aborder la pensée liturgique de Benoît XVI telle qu’il l’a exprimée dans de nombreux ouvrages, mais aussi dans son Motu Proprio Summorum Pontificum qui nous a tant réjouis puisqu’il redonnait à l’Eglise l’usage libre de la messe « tridentine ». Mais qui nous a aussi « étonnés »puisqu’il exigeait de nous tous, dans « sa lettre d’accompagnement aux évêques », la « reconnaissance de (la) valeur et de (la) sainteté » de ce rite nouveau qu’il a si souvent pourtant « critiqué » lui-même. C’est bien lui qui a parlé le premier de la nécessaire« réforme de la réforme »…

Je n’invoquerai pas ici l’autorité de nos Maîtres parce qu’ils sont contestés par l’autorité ecclésiale – à tort certainement, mais contestés tout de même… Je ne parlerai donc pas de l’enseignement de Mgr Lefebvre, ni de Mgr de Castro Mayer, ni du R.P. Calmel, ni de M. l’abbé Dulac. Je ne parlerai pas non plus des autorités laïques comme celle de M. Louis Salleron ou de M. Jean Madiran qui nous ont laissé un enseignement tellement riche et explicite sur cette réforme liturgique issue du Concile Vatican II. Je passerai sous silence leur autorité et leur enseignement ne voulant pas faire œuvre « polémique ».

Je ne parlerai ici que des études de membres reconnus de la hiérarchie catholique. J’invoquerai essentiellement les études des cardinaux Ottaviani et Bacci, les nombreuses conférences, si peu connues, du cardinal Stickler, les nombreux livres ou articles du cardinal Ratzinger et de Mgr Gamber, liturgiste tellement recommandé par le cardinal Ratzinger. Je n’omettrai pas d’invoquer aussi l’autorité de Benoît XVI. Il y a beaucoup à dire sur son MP Summorum Pontificum.

Telles seront les autorités citées. Sur elles, avec elles, en utilisant leurs propres arguments, je pense pouvoir ne pas suivre totalement le jugement de Rome et continuer de « déprécier » le Novus Ordo Missae. Et dire mon non possumus à sa célébration. Car ces autorités ont, elles aussi, « déprécié » le nouveau rite. En ce sens, nous ne faisons que suivre leurs arguments et raisonnements, même si nous nous éloignons de leur position pratique. A Rome d’en prendre acte et de reconsidérer la question.

[Le texte intégral de l'exposé est consultable sur le site de l'abbé Aulagnier.]

[DICI] Déclaration à l’occasion du 25e anniversaire des sacres épiscopaux (30 juin 1988 – 27 juin 2013)

SOURCE - DICI - Déclaration à l’occasion du 25e anniversaire des sacres épiscopaux (30 juin 1988 – 27 juin 2013)

1- A l’occasion du 25eanniversaire des sacres, les évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X tiennent à exprimer solennellement leur gratitude à Mgr Marcel Lefebvre et à Mgr Antonio de Castro Mayer pour l’acte héroïque qu’ils n’ont pas craint de poser, le 30 juin 1988. Plus particulièrement, ils veulent manifester leur reconnaissance filiale à l’égard de leur vénéré fondateur qui, après tant d’années au service de l’Eglise et du souverain pontife, pour la sauvegarde de la foi et du sacerdoce catholique, n’a pas hésité à subir l’injuste accusation de désobéissance.
2- Dans la lettre qu’il nous adressa avant les sacres, il écrivait : « Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Église romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises, dans la foi catholique intégrale, exprimée dans les Symboles de la foi, dans le catéchisme du Concile de Trente, conformément à ce qui vous a été enseigné dans votre séminaire. Demeurez fidèles dans la transmission de cette foi pour que le Règne de Notre Seigneur arrive. » C’est bien cette phrase qui exprime la raison profonde de l’acte qu’il allait poser : « pour que le Règne de Notre Seigneur arrive », adveniat regnum tuum !
3- A la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires – une « herméneutique de la rupture » qui s’opposerait à une « herméneutique de la réforme dans la continuité » –, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II. Ce choix se manifeste dans ses documents et son esprit : face à « l’humanisme laïc et profane », face à la « religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu », l’Eglise unique détentrice de la Révélation « du Dieu qui s’est fait homme » a voulu faire connaître son « nouvel humanisme » en disant au monde moderne : « nous aussi, nous plus que quiconque nous avons le culte de l’homme » (Paul VI, Discours de clôture, 7 décembre 1965). Or cette coexistence du culte de Dieu et du culte de l’homme s’oppose radicalement à la foi catholique qui nous apprend à rendre le culte suprême et à donner la primauté exclusivement au seul vrai Dieu et à son Fils unique, Jésus-Christ, en qui « habite corporellement la plénitude de la divinité » (Col 2, 9).
4- Nous sommes bien obligés de constater que ce Concile atypique, qui a voulu n’être que pastoral et non pas dogmatique, a inauguré un nouveau type de magistère, inconnu jusqu’alors dans l’Église, sans racines dans la tradition ; un magistère résolu à concilier la doctrine catholique avec les idées libérales ; un magistère imbu des principes modernistes du subjectivisme, de l’immanentisme et en perpétuelle évolution selon le faux concept de tradition vivante, viciant la nature, le contenu, le rôle et l’exercice du magistère ecclésiastique.
5- Dès lors, le règne du Christ n’est plus la préoccupation des autorités ecclésiastiques, bien que ces paroles du Christ : « tout pouvoir m’a été donné sur la terre et dans le ciel » (Mt 28,18) demeurent une vérité et une réalité absolues. Les nier dans les faits revient à ne plus reconnaître en pratique la divinité de Notre Seigneur. Ainsi à cause du Concile, la royauté du Christ sur les sociétés humaines est simplement ignorée, voire combattue, et l’Eglise est saisie par cet esprit libéral qui se manifeste spécialement dans la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité et la nouvelle messe.
6- La liberté religieuse exposée par Dignitatis humanae et son application pratique depuis cinquante ans, conduisent logiquement à demander au Dieu fait homme de renoncer à régner sur l’homme qui se fait Dieu, ce qui équivaut à dissoudre le Christ. Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions qu’elle n’ose plus appeler fausses.
7- Au nom d’un œcuménisme omniprésent (Unitatis redintegratio) et d’un vain dialogue interreligieux (Nostra Aetate), la vérité sur l’unique Eglise est tue ; aussi une grande partie des pasteurs et des fidèles ne voyant plus en Notre Seigneur et en l’Église catholique l’unique voie de salut ont renoncé à convertir les adeptes des fausses religions, les laissant dans l’ignorance de l’unique Vérité. Cet œcuménisme a ainsi littéralement tué l’esprit missionnaire par la recherche d’une fausse unité, réduisant trop souvent la mission de l’Eglise à la délivrance d’un message de paix purement terrestre et à un rôle humanitaire de soulagement de la misère dans le monde, se mettant ainsi à la remorque des organisations internationales.
8- L’affaiblissement de la foi en la divinité de Notre Seigneur favorise une dissolution de l’unité de l’autorité dans l’Eglise, en y introduisant un esprit collégial, égalitaire et démocratique (cf. Lumen Gentium). Le Christ n’est plus le chef d’où tout découle, en particulier l’exercice de l’autorité. Le Souverain Pontife qui n’exerce plus effectivement la plénitude de son autorité, ainsi que les évêques qui – contrairement à l’enseignement de Vatican I – pensent pouvoir de façon habituelle partager collégialement la plénitude du pouvoir suprême, se mettent désormais, avec les prêtres, à l’écoute et à la suite du « peuple de Dieu », nouveau souverain. C’est la destruction de l’autorité et en conséquence la ruine des institutions chrétiennes : familles, séminaires, instituts religieux.
9- La nouvelle messe, promulguée en 1969, amoindrit l’affirmation du règne du Christ par la Croix («regnavit a ligno Deus»). En effet son rite lui-même estompe et obscurcit la nature sacrificielle et propitiatoire du sacrifice eucharistique. Sous-jacente à ce nouveau rite se trouve la nouvelle et fausse théologie du mystère pascal. L’un et l’autre détruisent la spiritualité catholique fondée sur le sacrifice de Notre Seigneur au Calvaire. Cette messe est pénétrée d’un esprit œcuménique et protestant, démocratique et humaniste qui évacue le sacrifice de la Croix. Elle illustre la nouvelle conception du « sacerdoce commun des baptisés » qui escamote le sacerdoce sacramentel du prêtre.
10- Cinquante ans après le Concile, les causes subsistent et engendrent toujours les mêmes effets. En sorte qu’aujourd’hui les sacres conservent toute leur justification. C’est l’amour de l’Eglise qui a guidé Mgr Lefebvre et qui guide ses fils. C’est le même désir de « transmettre le sacerdoce catholique dans toute sa pureté doctrinale et sa charité missionnaire » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel) qui anime la Fraternité Saint-Pie X au service de l’Eglise, lorsqu’elle demande avec instance aux autorités romaines de reprendre le trésor de la Tradition doctrinale, morale et liturgique.
11- Cet amour de l’Eglise explique la règle que Mgr Lefebvre a toujours observée : suivre la Providence en toutes circonstances, sans jamais se permettre de la devancer. Nous entendons faire de même, soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise –, soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. En attendant, face à cette crise qui continue ses ravages dans l’Église, nous persévérons dans la défense de la Tradition catholique et notre espérance demeure entière, car nous savons de foi certaine que « les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle » (Mt 16, 18).
12- Nous entendons bien suivre l’injonction de notre cher et vénéré père dans l’épiscopat : « Bien chers amis, soyez ma consolation dans le Christ, demeurez forts dans la foi, fidèles au vrai sacrifice de la messe, au vrai et saint sacerdoce de Notre Seigneur, pour le triomphe et la gloire de Jésus au ciel et sur la terre » (Lettre aux évêques). Daigne la Trinité Sainte, par l’intercession de Cœur Immaculé de Marie, nous accorder la grâce de la fidélité à l’épiscopat que nous avons reçu et que nous voulons exercer pour l’honneur de Dieu, le triomphe de l’Eglise et le salut des âmes.
Ecône, le 27 juin 2013, en la fête de Notre-Dame du Perpétuel Secours
Mgr Bernard Fellay
Mgr Bernard Tissier de Mallerais
Mgr Alfonso de Galarreta

[Perepiscopus] Port de l’habit ecclésiastique et respect de la liturgie

SOURCE - Perepiscopus - 27 juin 2013

Dans le Directoire pour la vie des prêtres publié le 11 février 2013 par la Congrégation pour le Clergé, le jour même de l’annonce par Benoît XVI de sa renonciation au Souverain Pontificat, je lis ceci [...] :
« Respect des normes liturgiques 
59. Parmi les divers aspects actuels du problème de l’obéissance, celui de l’amour et du respect convaincus des normes liturgiques mérite d’être mis en évidence. 
La liturgie est l’exercice du sacerdoce de Jésus Christ, « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu ». Elle est donc un domaine où le prêtre doit avoir particulièrement conscience d’être ministre, c’est-à-dire serviteur et de devoir obéir fidèlement à l’Église. « Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église : il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque ». C’est pourquoi le prêtre n’ajoutera, n’enlèvera ne changera rien de sa propre initiative en ce domaine. 
Cette norme vaut spécialement pour la célébration des sacrements, qui sont par excellence des actes du Christ et de l’Église, et que le prêtre administre pour le bien des fidèles in persona Christi Capitis etin nomine Ecclesiae. Les fidèles ont un vrai droit à participer aux célébrations liturgiques comme le veut l’Église, et non pas suivant les goûts personnels de chaque ministre ou suivant des particularismes rituels non approuvés, expressions de groupes qui tendent à se fermer à l’universalité du Peuple de Dieu. »
Et aussi ce passage :
« Importance et obligation de l’habit ecclésiastique 
61. Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles s’estompent souvent, on ressent, particulièrement aujourd’hui, la nécessité pour le prêtre – homme de Dieu, dispensateur de ses mystères – d’être reconnaissable par la communauté, également grâce à l’habit qu’il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d’un ministère public. Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir, pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme son identité et son appartenance à Dieu et à l’Église. 
L’habit ecclésiastique est le signe extérieur d’une réalité intérieure : « En effet, le prêtre n’appartient plus à lui-même, mais, par le sceau sacramentel reçu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1563 ; 1582), il est “propriété” de Dieu. Ce fait “d’être à un Autre” doit devenir reconnaissable par tous, à travers un témoignage transparent. Dans la manière de penser, de parler, de juger les faits du monde, de servir et d’aimer, de se mettre en relation avec les personnes, même dans l’habit, le prêtre doit trouver la force prophétique de son appartenance sacramentelle ». 
Pour cette raison, le prêtre comme le diacre ordonné en vue du sacerdoce, doit : 
a) Porter soit la soutane ou « un habit ecclésiastique digne, selon les normes indiquées par la conférence épiscopale et selon les coutumes locales légitimes ». Lorsque l’habit n’est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et à la sacralité du ministère. La coupe et la couleur doivent en être établies par la conférence épiscopale. 
b) À cause de leur incohérence avec l’esprit de cette discipline, les pratiques contraires ne contiennent pas de fondements suffisants pour devenir des coutumes légitimes et doivent être supprimées par l’autorité compétente. 
À l’exception de certaines situations, ne pas utiliser l’habit ecclésiastique peut manifester chez le clerc un faible sens de son identité de pasteur entièrement disponible au service de l’Église. 
En outre, la soutane – dans sa forme, couleur et dignité – est particulièrement indiquée car elle distingue les prêtre des laïcs et fait mieux comprendre le caractère sacré de leur ministère en rappelant au prêtre lui-même qu’il est toujours et en tout moment prêtre, ordonné pour servir, pour enseigner, pour guider et pour sanctifier les âmes, principalement par la célébration des sacrements et la prédication de la Parole de Dieu. Porter un habit clérical est, en outre, une sauvegarde pour la pauvreté et la chasteté. »
Certes, on peut évoquer la fâcheuse concomitance avec la renonciation deBenoît XVI pour expliquer le silence autour de ce document. Mais croyez-vous que ce soit la seule raison qui explique que ce texte n’ait pas été évoqué dans l’Eglise qui est en France ?… J’invite chaque fidèle à s’appuyer sur ce texte dans ses discussions avec le clergé local.

26 juin 2013

[Abbé Daniel Couture, fsspx] Mgr Lefebvre, un homme dont la grandeur dans l'histoire est encore cachée

SOURCE - Abbé Daniel Couture - Mgr Lefebvre, un homme dont la grandeur dans l'histoire est encore cachée - Apostole N° 35, janvier-mai 2013

Mgr Marcel Lefebvre restera dans l’histoire un grand homme de l’Église qui a non seulement sauvé la messe traditionnelle mais également le sacerdoce catholique. Le concile de Trente enseigne que ce sont là les deux éléments nécessaires pour la célébration du Saint Sacrifice de la messe et pour la pérennité de l’Église catholique toute entière. La Divine Providence, qui « a fait toutes choses avec sagesse » (Ps. 103, 24) l’a bien préparé pour cette mission importante. Formé à Rome par les meilleurs maîtres, au sein des meilleures universités romaines, avec deux doctorats en poche, il fut envoyé au Gabon, en Afrique, d’abord comme professeur puis comme recteur : Après quelques années dans la brousse, il était à nouveau recteur au scolasticat de philosophie de Mortain (France) de 1945 à 1947, avant de repartir pour l’Afrique, comme archevêque de Dakar.

Son premier souci à Dakar fut l’édification d’un grand séminaire pour la formation de ses séminaristes. Après 1962, une fois élu supérieur général des Pères du Saint-Esprit, il s’est attaché à extraire de la bibliothèque du Séminaire français de Rome (dirigé par les Pères du Saint Esprit) les auteurs qui soufflaient l’esprit révolutionnaire dans l’Église au cours du concile Vatican II (tels que Teilhard de Chardin, Congar, Rahner, etc.) et il changea peu à peu le corps professoral du séminaire qui était imbu des idées modernistes. Il rencontra tant de résistance dans son essai de sauvetage de sa Congrégation qu’il démissionna de son poste de supérieur général en 1968.

Fort de cette longue et providentielle expérience de 36 ans, il était prêt à lancer la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et à transmettre à ses jeunes prêtres ce que lui-même avait reçu à Rome dans sa jeunesse et qu’il avait continué à enseigner tout au long de ces décennies jusqu’aux années 1960. Dans l’introduction de son Itinéraire spirituel, son dernier livre, il écrivit que son désir le plus profond remontait à cette époque de Dakar (dès les années 1950) : « Devant la dégradation progressive de l'idéal sacerdotal, transmettre, dans toute sa pureté doctrinale, dans toute sa charité missionnaire, le sacerdoce catholique de Notre Seigneur Jésus-Christ, tel qu'il l'a transmis à ses apôtres et tel que l’Église romaine l’a transmis jusqu’au milieu du XXème siècle. »

Malgré la réforme du sacrement de l’ordre qui suivit le Concile, l’archevêque continua à administrer à ses séminaristes les ordres mineurs et l’ordre majeur du sous-diaconat (tous ayant été supprimés) au sein de ses maisons de formation. Il avait un amour particulier pour le sous-diaconat, sachant que c’était l’étape majeure vers le sacerdoce car il pose les fondations d’un sacerdoce fructueux grâce au vœu  de chasteté et à l’obligation quotidienne de la récitation du bréviaire, lesquelles sont parfaitement liés, comme l’enseigne l’Esprit Saint : « Je savais que je ne pourrais obtenir la sagesse si Dieu ne me la donnait,  et c'était déjà de la prudence que de savoir de qui vient ce don » (Sagesse, 8, 21).

Cette sagesse fut perdue du fait des réformes conciliaires qui ont aboli l’ordre majeur du sous-diaconat et relativisé l’importance de la récitation du bréviaire. Le manque de prière n’est-il pas une des principales raisons de la crise d’immoralité au sein du clergé moderne ? On a délaissé la méditation, le rosaire et le bréviaire. Peut-on alors espérer demeurer chaste dans ces conditions ?
Scivi quoniam aliter non possem esse continens ni Deus det, comme dit Salomon : « Je savais que je ne pourrais garder la continence si Dieu ne me l’a donnée. » C’est un fait bien connu du monde surnaturel que, sans la grâce obtenue de Dieu par une prière sérieuse, nul ne peut conserver la chasteté. Cela est vrai pour tout le monde, spécialement pour les prêtres.

Lorsque que Notre Dame, demandant la récitation du chapelet, a appris aux trois enfants de Fatima que le péché d’impureté était la principale raison qui emmenait les âmes en enfer, même celles des prêtres, était-ce une surprise ?

« Ô dignité impressionnante des prêtres, dont les mains sont comme le sein de la Vierge dans lequel le Fils de Dieu vient s’incarner ! » dit saint Jean Chrysostome.

Mgr Lefebvre a sauvé la théologie et la spiritualité du sacerdoce comme les ont décrites les grands docteurs de l’Église. Un jour, cela sera officiellement reconnu par Notre Sainte Mère l’Église. Ce fut en réalité discrètement reconnu, dès mai-juin 2010, lorsque le livre la Sainteté sacerdotale, une anthologie de ses enseignements sur le sacerdoce fut placé dans les vitrines des principales librairies de Rome, durant le dernier mois de l’année du Sacerdoce.

« Dans quelques années – je ne sais pas : le Bon Dieu seul connaît le nombre des années qu’il faudra pour que le jour où la Tradition retrouve ses droits à Rome –, nous serons embrassés par les autorités romaines qui nous remercieront d’avoir maintenu la foi dans les séminaires, dans les familles, dans les cités, dans nos pays, dans nos couvents, dans nos maisons religieuses, pour la plus grande gloire du Bon Dieu et pour le salut des âmes. » (Sermon du 30 juin 1988).

Que Dieu vous bénisse

25 juin 2013

[Paix Liturgique] A quand "l'Eglise pour tous"?

SOURCE - Lettre de Paix Liturgique - n°393 - 25   juin 2013

Le formidable élan de la “Manif pour tous” n'est pas sans conséquence sur la vie des paroisses françaises. En effet, un peu partout, les rangs des fidèles se sont resserrés. Une forme d’ “union sacrée” (on suppose que la communion ecclésiale surnaturelle ne fait pas défaut) commence à se percevoir là où il pouvait subsister quelques lignes d'opposition entre fidèles encore fidèles au grand songe conciliaire, et fidèles en réaction contre la crise postconciliaire. Évidemment, cette union/communion ne peut être que plus forte là où le clergé prend lui aussi conscience, à la suite du Pape et de nos évêques, qu'affirmer clairement et sereinement son identité catholique n'est pas un handicap ou, pire, un crime, mais au contraire un atout essentiel à l'heure de la nouvelle évangélisation.

Malheureusement, ce n'est pas partout le cas comme en témoigne l'incroyable éloignement, par le curé de Notre-Dame de Versailles, de l'un de ses vicaires, que révélait la semaine dernière notre confrère Maximilien Bernard sur Riposte catholique.

I – LES INFORMATIONS DE RIPOSTE CATHOLIQUE


a) « Scandale à Versailles : le curé de ND demande de virer un vicaire opposé au mariage pour tous »
Article de Maximilien Bernard, publié le 10 juin 2013 sur Perepiscopus pour Riposte catholique
Mgr Éric Aumonier a-t-il été pleinement informé de cette affaire ? Que lui a-t-on raconté pour le convaincre d’expulser un abbé de son diocèse ? A-t-il voulu apaiser l’un de ses curés, lesquels ne lui rendent pas toujours la vie très facile ? A-t-il pris en grippe lui aussi le vicaire de la paroisse Notre-Dame ? La question est posée.
Dans le contexte actuel : c’est parfaitement édifiant !
À Notre-Dame de Versailles, le père François, vicaire depuis 9 mois, va être remplacé et envoyé dans un monastère, sur le fondement de l’incompatibilité d’humeur avec le curé à sa demande auprès de l’évêque.
Rien de très grave, le vicaire a eu le tort d’un trop grand dynamisme dans la paroisse. Très rapidement il a su s’imposer auprès des jeunes, reconstruire une ambiance dans les aumôneries, les groupes scouts. Plutôt progressiste sur la forme mais attaché à l’unité et à la doctrine catholique, il a rapidement créé un élan de jeunesse dans cette paroisse, au grand bonheur des paroissiens dans toutes leurs diversités. La messe du dimanche soir qu’il célèbre accueille de plus en plus de monde, au grand dam du père Guy Cordonnier qui ne voulait absolument pas que la messe s’intitule messe des jeunes sur le bulletin paroissial, grand sujet de discorde entre eux ! Mais, plus grave encore, le vicaire a vivement invité les paroissiens à combattre la loi Taubira. C’est là probablement son péché le plus grave aux yeux du père Cordonnier.
[...] Petit à petit, et en quelques années, le père Cordonnier a créé l’unanimité contre lui. Son conseil pastoral a presque entièrement démissionné, il a révoqué son webmaster, et il reçoit très mal les associations familiales catholiques. Il éjecte parfois manu militari les familles avec enfants pendant les messes, il conteste l’autorité de son évêque, en refusant le Synode dans la paroisse, et surtout du Pape en déclinant l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum alors que 125 familles demandent son application. Toutes les initiatives qui permettraient à cette paroisse de renaître sont systématiquement clouées au pilori, et aucun dialogue n’est possible avec personne.
Et aujourd’hui le père François qui, en bon prêtre catholique, a souhaité évangéliser les jeunes et moins jeunes est la victime expiatoire de la mauvaise volonté et humeur du père Cordonnier.
b) « Notre-Dame de Versailles : l'abbé F. tente de calmer le jeu »
Article de Maximilien Bernard, publié le 11 juin 2013 sur Perepiscopus pour Riposte catholique
Suite aux nombreuses réactions indignées par l’attitude du curé de la paroisse Notre-Dame à Versailles, l'ex-vicaire renvoyé par l’évêque, tente de calmer l’ambiance avec un message sur Facebook :
« Mes amis,
Mon départ de Notre-Dame suscite des réactions et des incompréhensions. Je les entends et je les comprends.
Cette décision relève sans doute plus d'une question de caractères que d'opposition sur des questions pastorales ou de société.
Je vous invite à traverser ces moments avec simplicité, bon sens et sérénité.
Je suis dans la paix et dans une communion profonde avec mon évêque.
Je vous invite à modérer l'usage des mails. Il ne construit pas. Je vous invite également à ne pas trop réagir sur la toile.
Je suis confiant. Notre paroisse est belle, elle grandira joyeusement. Confions-nous à la Vierge Marie.
Père François »
C’est bien légitime de sa part et cette réaction est compréhensible en regard de la tempête qu’il doit subir. Néanmoins, il ne faut pas oublier une chose importante, sinon nous tombons dans le cléricalisme : les prêtres sont au service des fidèles. Et les fidèles, floués par cette décision, ont parfaitement le droit de s’en plaindre, que ce soit auprès du curé ou auprès de l’évêque. Ces dernières décennies, les fidèles ont été les victimes des ambitions, du carriérisme, des caprices des clercs. Et beaucoup ont quitté l’Église pour ces raisons. À une époque, les fidèles bottaient le derrière des clercs qui n’en faisaient qu’à leur tête. Les catholiques sont restés passifs des années, durant la crise post-conciliaire. Il semble qu’ils ne comptent plus se laisser faire et c’est une bonne chose. Le cléricalisme, c’est fini.
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1) Cette semaine, notre propos n'est pas directement liturgique mais le sujet est tellement symptomatique des maux de l'Église de France qu'il ne saurait nous laisser indifférents. Comme le Recteur de Notre-Dame de Paris, qui refuse de voir les anciennes cloches de la cathédrale continuer à sonner pour les enfants de Riaumont (voir nos lettres 367 et 380), le curé de Notre-Dame de Versailles préfère perdre un vicaire dynamique et apprécié que de remettre en cause sa pastorale.

L'enjeu est tout simplement le bien de l’Église : le père François, même s'il ne partage pas notre sensibilité, fait de l'aveu de tous du bon travail pastoral. Or, pour une simple « question de caractères » (nous en tenant donc à l'explication avancée par le père François lui-même), le fait est que dans l'Église de France, on préfère s'amputer d'un membre sain que de remettre en question le poumon déficient.

2) Que cette affaire se déroule à Versailles n'étonnera que ceux qui croient encore qu'un style conservateur comme celui de l’administration diocésaine locale est un gage de bon sens pastoral, de charité diocésaine et d'esprit romain. L'intelligence pastorale, cela fait belle lurette que plus personne n'y croit dans le diocèse, y compris parmi les nombreux fidèles ayant participé au Synode diocésain de 2010 dont on attend toujours qu'il abandonne la langue de buis et qu'il se traduise par une dynamique nouvelle. La charité diocésaine, les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain savent bien qu'elle ne s'applique pas à eux : aucune des demandes d'application paroissiale du motu proprio Summorum Pontificum n'a été entendue, et notamment celle de Notre-Dame de Versailles (la paroisse qui nous occupe aujourd'hui), qui avait pourtant fédéré plus de 125 familles. Quant à l'esprit romain, le pape François travaille à la réforme de la Curie romaine ; Mgr Aumonier ne devrait-il pas s'atteler à réformer sa Curie diocésaine, du moins à en changer radicalement l’esprit ?

3) Dans une Église de France dont tous les voyants sont au rouge vif, comment peut-on encore répondre à ce que nous ne qualifierons, eu égard au père François, que « d'incompatibilité d'humeur », par l'autoritarisme aveugle et l'exclusion ?

En nous appelant à la nouvelle évangélisation, les trois derniers papes nous ont indiqué clairement le chemin : nul ne saurait être de trop dans l'Église, ce qui signifie que tous les charismes doivent pouvoir s'exprimer dans le respect du Magistère et de la communion ecclésiale. En outre, la jeunesse doit faire l'objet d'une catéchèse décidée, pourvu que ce soit avec clarté doctrinale et ouverture pastorale, comme cela était le cas du père François à Notre-Dame de Versailles. Enfin, cheville ouvrière indispensable à la nouvelle évangélisation, le prêtre doit veiller « toujours à raviver la grâce » de son onction sacerdotale « afin d'être toujours pasteur selon le cœur de Dieu » (messe chrismale du pape François, Jeudi Saint 2013) et éviter ainsi de n'être qu'un fonctionnaire ou un opérateur social.

Or, c'est bien à un comportement typique de la plus médiocre des administrations que l'on assiste, hélas, à Notre-Dame de Versailles...

4) Au père François, au malheureux curé qui a obtenu son injuste et stupide éloignement et à l'administration diocésaine, nous dédions ces lignes prononcées par le bon pape François lors de sa rencontre avec les évêques italiens, le 23 mai 2013 : « Mettons donc de côté toute forme d’arrogance, pour nous pencher sur ceux que le Seigneur a confiés à notre sollicitude. Parmi eux, nous devons réserver une place particulière, bien particulière, à nos prêtres : que pour eux en particulier, notre cœur, notre main et notre porte restent ouverts en toutes circonstances. Ce sont les premiers fidèles que nous avons, nous les évêques : nos prêtres. Aimons-les ! Aimons-les de tout cœur ! Ce sont nos enfants et nos frères ! »