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30 novembre 2012

[Sandro Magister - Chiesa] Avis de restaurations pour le parvis des gentils

SOURCE - Sandro Magister - Chiesa - 30 novembre 2012

Lorsqu’en 2009, à la veille de Noël, Benoît XVI lança l'idée du "Parvis des gentils", il indiqua tout de suite quelle en était la finalité : susciter chez les agnostiques ou les athées la recherche de Dieu, en tant que "premier pas" de leur évangélisation.

Mais le pape n’en fixa pas les modalités d'exécution. Il confia la mise en œuvre de cette idée au président du conseil pontifical pour la culture, l'archevêque puis cardinal Gianfranco Ravasi, créateur compétent et expérimenté d’événements culturels.

Ravasi fit ses débuts à Paris les 24 et 25 mars 2010, en organisant une rencontre qui eut un impact notable. Benoît XVI lui-même y participa sous la forme d’un message vidéo qu’il adressa aux jeunes réunis sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame.

En revanche, le pape est resté silencieux lors des événements ultérieurs. Le "Parvis des gentils" s’est poursuivi par une série très dense de rencontres organisées dans différents pays, en un crescendo qui a connu son point culminant les 5 et 6 octobre de cette année à Assise, avec un nombre record de participants, à commencer par le président de la république italienne, Giorgio Napolitano, agnostique de formation marxiste.

Toutefois, parallèlement à ce crescendo, il s’est produit une baisse d’intérêt générale et notamment auprès des médias.

Cette baisse est compréhensible. Le fait que des incroyants prennent la parole lors d’une rencontre organisée par le Saint-Siège n’était plus une nouvelle. Pas plus que n’en était une le fait que chacun y ait exposé sa vision personnelle du monde, au demeurant déjà connue, à égalité avec les autres, en une sorte de "tableaux d’une exposition".

En dépit de l’intérêt que présentait chacun de ces événements et de l'admiration qu’il provoquait chez les participants, le "Parvis des gentils" risquait de ne plus rien produire de nouveau et de significatif en matière d'évangélisation. 

Et s’il y a bien eu une nouvelle, lors de la toute dernière rencontre, qui a eu lieu les 16 et 17 novembre au Portugal, elle est venue d’ailleurs et d’en haut.

Pour la première fois dans l’histoire du "Parvis des gentils" – mis à part le cas particulier de Paris – Benoît XVI a fait parvenir aux participants un message personnel.

Un message dans lequel il a voulu ramener cette initiative à sa finalité originelle : celle de parler de Dieu à ceux qui en sont éloignés, en relançant les questions qui rapprochent de lui "au moins comme Inconnu".

Dans ce message - il est clair qu’il l’a rédigé personnellement - Benoît XVI a pris comme point de départ le thème principal du "Parvis des gentils" portugais : "l'aspiration commune à affirmer la valeur de la vie humaine".

Mais, tout de suite, il a soutenu que la vie de chaque personne, et d’autant plus si celle-ci est aimée, ne peut pas ne pas "mettre Dieu en cause".

Et il a poursuivi en affirmant :

"La valeur de la vie ne devient évidente que si Dieu existe. C’est pourquoi il serait beau que les incroyants veuillent vivre 'comme si Dieu existait'. Même s’ils n’ont pas la force de croire, ils devraient vivre sur la base de cette hypothèse ; dans le cas contraire, le monde ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de problèmes qui doivent être résolus, mais ils ne le seront jamais complètement si l’on ne place pas Dieu au centre, si Dieu ne devient pas de nouveau visible dans le monde et déterminant dans notre vie".

En conclusion, Benoît XVI a cité une phrase du message adressé par le concile Vatican II aux penseurs et aux hommes de science :

"Heureux ceux qui, possédant la vérité, continuent à la chercher pour la renouveler, pour l’approfondir, pour en faire don aux autres".

Et il a ajouté, en une formule lapidaire :

"Ils sont l’esprit et la raison d’être du Parvis des gentils".

L’indiscutable rectification apportée au "Parvis des gentils" par Benoît XVI dans ce message n’a pas été remarquée par les médias, pas même ceux qui sont catholiques et les plus attentifs.

Mais le cardinal Ravasi l'a certainement enregistrée et approuvée. On s’en rend compte à la lecture de ce passage du bilan du "Parvis" portugais qui a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 23 novembre :

"À Guimarães, le public a posé une question : le caractère sacré de la vie présuppose quelque chose qui nous transcende. Comment pouvons-nous connaître Dieu ? On a ainsi atteint l’objectif pour lequel le 'Parvis des gentils' a été conçu : exprimer l’inquiétude à propos de Dieu. Vaste et complexe sujet sur lequel, a déclaré le cardinal Ravasi, le 'Parvis des gentils' reviendra de manière plus approfondie lors des prochaines rencontres".

Vérification du tournant lors des prochaines rencontres.

Entre temps, Benoît XVI a confié au cardinal Ravasi, qui est également un bibliste renommé, l'honneur de présenter aux médias du monde entier le troisième volume de son ouvrage consacré à Jésus, celui qui traite des Évangiles de l'enfance. C’est un signe de la confiance que le pape continue à avoir en lui.

Et pour sa part, Ravasi a mis en route, dans "L'Osservatore Romano", une série d’articles consacrés à la rencontre/opposition entre la foi et l'incrédulité dans la culture contemporaine, en tant que contribution à l'Année de la foi décidée par le pape.

Dans le premier de ces articles, qui a été publié le 28 novembre, le cardinal a laissé transparaître son exceptionnelle connaissance de la littérature, des arts et des sciences, à travers la luxuriante floraison d’auteurs qu’il a cités. Dans l’ordre : Aleksandr Blok, Franz Kafka, Emil Cioran, Jean Cocteau, Rudolf Bultmann, Blaise Pascal, Jan Dobraczynski, Robert Musil, Ludwig Wittgenstein, Luis de León, David Hume, Anatole France, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Moravia, Augusto Del Noce, Jacques Prévert, Eugenio Montale, Johann Wolfgang von Goethe.

Soit, en une demi-page de journal, une vingtaine d’auteurs, qui étaient presque tous incroyants et qui se sont pourtant révélés "vulnérables" aux questions à propos de Dieu.

Mais revenons-en à Benoît XVI et au message, peu remarqué mais important, qu’il a adressé au tout récent "Parvis des gentils". Et qui mérite d’être lu dans son intégralité.

[El Cristero - Les Intransigeants - Rivarol] L’affaire Krah : les dessous de la FSSPX

SOURCE - El Cristero - Les Intransigeants - via Rivarol n°3071 - 30 novembre 2012

La dernière crise du “ralliement” de la Fraternité Saint-Pie X, pas encore réellement résolue, et la récente expulsion de Mgr Williamson de ses rangs, invitent légitiment ses membres et ses fidèles, mais aussi tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au monde traditionaliste, à se poser de nombreuses questions sur la fiabilité du Supérieur Général de cette communauté.

Face au discours très ambigu vis-à-vis de la Rome conciliaire dénoncé par des prêtres opposés au ralliement dans la Fraternité, on pourrait même se poser la question de savoir si Mgr Fellay sait lui-même ce qu’il a dans la tête. Si les choses sont encore assez floues, il paraît très clair que nous sommes à présent très loin du discours des combattants traditionalistes des années 1970. Ces dernières années, Mgr Williamson ne cessait, par ailleurs, de dénoncer le libéralisme montant dans la sphère traditionaliste, notamment à travers ses Commentaires Eleison pour lesquels il a officiellement été expulsé.

La montée du libéralisme, la crise du ralliement, l’expulsion de Mgr Williamson et surtout le manque de transparence dans la politique de Mgr Fellay font naître de nombreuses zones d’ombres sur la situation de la FSSPX. Qui dit zones d’ombres dit, inévitablement, invitation à la spéculation. Au-delà des murmures toujours prompts à dénoncer des « conspirateurs infiltrés » partout afin d’expliquer toutes situations qui nous échappent, il paraît plus intéressant d’étudier les faits objectifs à notre disposition.

Nous pouvons avant tout nous intéresser aux fréquentations de Mgr Fellay afin de nous faire une idée du milieu dans lequel évolue la Fraternité Saint-Pie X.
L’AFFAIRE WILLIAMSON
Avant tout chose, il nous faut revenir un peu en arrière, au moment de la fameuse affaire Williamson. Pour rappel, l’évêque anglais avait déclaré publiquement à la télévision suédoise qu’il ne croyait pas aux chambres à gaz. Le tollé médiatique fut sans précédent au niveau mondial car cette affaire intervenait juste au moment où Benoit XVI “levait” la prétendue excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X. L’interview ayant eu lieu en Allemagne, pays où le révisionnisme peut vous conduire à 13 ans de prisons (cf. l’avocat Horst Malher), un procès contre le prélat britannique fut annoncé à Ratisbonne.

— A la mi-novembre 2010 nous apprenions que l’avocat de Mgr Williamson, Matthias Lossmann, annonçait qu’il était démis de son dossier. Mgr Williamson avait décidé en réalité de prendre un avocat qui s’était fait un nom dans la défense de militants révisionnistes allemands (à savoir : Horst Malher et Kevin Käther)… Cependant, cet avocat, Wolfram Nahrath, était lié au parti NPD allemand qui est considéré par les media comme étant un parti “néonazi”.

— Le 20 novembre 2010 Mgr Fellay, anticipant un nouveau tollé, ordonna à Mgr Williamson de remplacer ce nouvel avocat immédiatement sous peine d’exclusion de la Fraternité. « Mgr Fellay a intimé l’ordre formel à Mgr Williamson de revenir sur cette décision et de ne pas se laisser instrumentaliser par des thèses politiques totalement étrangères à sa mission d’évêque catholique au service de la Fraternité Saint-Pie X. La désobéissance à cet ordre ferait encourir à Mgr Williamson l’exclusion de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. »

— Le 21 Novembre 2010 le site américain Rorate Caeli annonca que Mgr Williamson aurait bien obéi à l’ordre. Après tout ce remue-ménage, le procès dut être reporté ultérieurement.

En réalité, Mgr Williamson n’a jamais caché qu’il n’avait pas choisi un avocat à la réputation sulfureuse pour s’amuser mais tout simplement pour être défendu dans ses convictions. D’après lui, Maître Matthias Lossmann n’aurait guère été très efficace et aurait davantage joué au procureur qu’à l’avocat. Comment en est-on arrivé là ?
LA SOCIÉTÉ DELLO SARTO ET MAXILIEN KRAH
Une piste porte le nom de Dello Sarto, du nom patronymique du pape saint Pie X. Il s’agit d’une société autrichienne qui serait une importante source de financement pour la Fraternité… Mgr Fellay y serait apparemment assez impliqué. Dello Sarto se proposerait de donner des conseils sur les questions de gestion d’actifs, les soins et la gestion des avoirs des sociétés nationales et étrangères, personnes physiques comme morales. Si Mgr Fellay est bien le président de la société, on retrouverait aussi le Père Niklaus Pfluger et le Frère Emeric Baudot (économe général de la Fraternité) dans le conseil d’administration. Le directeur de la société, qui serait également nommé délégué au conseil d’administration, serait un laïc, un certain Maximilien Krah, lequel serait le seul avec Mgr Fellay à disposer de la signature. Spécialiste du monde de l’entreprise, avocat ayant une carrière internationale, il est rapidement devenu l’un des principaux associés de Mgr Fellay dans Dello Sarto. Il s’occuperait des affaires de la FSSPX depuis janvier 2009. Il serait également membre du conseil d’autres associations qui contrôlent des fonds de la Fraternité. Ce n’est pas un hasard s’il est également responsable de la société-siège Jaidhofer Privatstiftung St. Josef et Marcellus (Jaidof étant le siège du quartier général de la FSSPX en Autriche) et de la société Fetsch Rechtsanwälte, spécialisée dans le droit des compagnies.

Pour disposer d’un tel poids financier dans la FSSPX, beaucoup s’attendraient à ce que Maximilian Krah soit un bon catholique ayant reçu une solide formation religieuse. Eh bien, étrangement, Maximilian Krah n’est pas tout blanc puisqu’il est un éminent militant du CDU, le parti de droite libérale d’Angela Merkel (tout est vérifiable sur internet). Un parti pro-avortement et anti-famille. Rappelons qu’Angela Merkel en personne n’avait pas hésité à dénoncer farouchement la “levée” de l’excommunication du “vilain” Mgr Williamson. Krah, d’ailleurs, n’a jamais hésité à en rajouter : ses commentaires dans la presse allemande sur Mgr Williamson n’ont jamais été très flatteurs et dégagent une vision libérale du monde, ce qui aurait eu pour effet de verser de l’huile sur le feu dans toute cette affaire. Pourquoi était-il interviewé sur ce sujet ? Parce qu’en tant qu’avocat, il aurait proposé ou aurait été chargé de trouver un collègue à lui pour défendre Mgr Williamson.

Matthias Lossmann est l’avocat que Maximilian Krah a choisi pour la défense de Mgr Williamson. Un choix étrange. Etrange, parce que Lossmann est un membre affilié (décidément !) du parti extrémiste allemand Die Grünen (Les Verts), une organisation qui est bien connue en France. Un parti pro-féministe, anti-famille (homopholie…), pro-avortement, pro-euthanasie et tristement célèbre pour son Daniel Cohn-Bendit, député au Parlement européen. Outre l’engagement de première ligne de celui-ci en 1968, celui-ci tint des propos pour le moins ambigus sur la pédomanie, comme le démontre son autobiographie. Et c’est ce Lossmann qu’on désigne pour défendre un évêque catholique ? C’est pourtant bien lui qui s’occupera de Mgr Williamson lors de son premier procès à Ratisbonne…

A partir de là, on se dit que la situation que vit Mgr Williamson est totalement injuste ! Mgr Fellay était-il au courant que Lossmann était affilié à un tel parti répugnant lorsqu’il a demandé publiquement à Mgr Williamson de refuser l’avocat affilié au NPD (qui, aux dernières nouvelles, malgré tout ce qu’on peut en penser, ne favorise ni l’avortement ni l’homofolie) ? Mais ce n’est pas tout : Lossmann et Krah ont tous les deux assisté au premier procès de Mgr Williamson. Qu’ont-ils fait ? D’après des sites de la Tradition anglophone tels que Though & Action, ils n’ont fait que le descendre en flèche lors du procès… Lossman n’aurait même pas cherché à le défendre. Ce qui s’est passé, d’après les mêmes sources, a été une parodie choquante de la défense : Krah aurait été onctueux, béat et moqueur à l’égard de l’évêque ; Lossmann aurait été faible, hésitant et insipide. Ils ont admis la “culpabilité” de Mgr Williamson, reconnu la réalité de la Shoah mais auraient néanmoins plaidé pour “la clémence”.

Après cela, on s’étonne encore que Mgr Williamson a désiré aller en appel et changé d’avocat ? Un avocat qui s’intéresserait véritablement aux questions juridiques de l’affaire et qui ne l’accablerait pas ! On peut deviner que Krah, responsable des fonds financiers de la FSSPX depuis bientôt deux ans, devait être moyennement content d’apprendre la nouvelle… On peut donc imaginer par conséquent que si Mgr Fellay a réagi de façon aussi radicale, aussi vigoureuse envers Mgr Williamson, ce n’était peut-être pas seulement pour une simple question de prudence vis-à-vis des réactions médiatiques… On se rappellera cette citation de Napoléon Bonaparte, qui n’était pas un grand ami du catholicisme mais qui n’avait pas tort de déclarer ceci sur le monde de la finance : la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. Il est certain qu’il y a des gens qui rêvent de faire tomber Mgr Williamson.

Mais pourquoi ce responsable de la gestion financière de la FSSPX serait-il aussi acharné envers Mgr Williamson ? Certains diront que le problème pourrait se limiter à des questions doctrinales et philosophiques sur le libéralisme, le capitalisme financier, etc. étant donné que Mgr Williamson dénonce les déviances du monde moderne.
UN AMI ET SOUTIEN DE TSAHAL
Maximilian Krah aurait un sens des affaires particulièrement aigu, nous l’avons bien compris. S’il se présente comme une sorte de “chrétien” dans l’éditorial d’un journal de la CDU, nous découvrons une image plus révélatrice sur le site aftau.org, à l’occasion de sa participation à un événement de collecte de fonds à New York en septembre 2010.

Les participants de ce groupe de collecte de fonds sont des anciens de l’Université de Tel Aviv. Ils fêtent la collecte de fonds de bourses d’études pour aider les Juifs de la Diaspora à voyager dans l’Etat sioniste afin de recevoir une formation à l’Université de la capitale israélienne. Chaque personne est clairement identifiée comme juive sur les photos. Le journaliste s’est probablement trompé sur le cas de Krah qui aurait garanti aux sites anglophones du monde traditionaliste qu’il n’était pas juif… On comprend toutefois, par sa présence dans ce style de fêtes, pourquoi il a un sérieux problème avec Mgr Williamson, l’évêque déterminé a combattre les Judas de sa race… Et même s’il n’est pas juif intégriste, il est intolérable qu’un libéral philosioniste qui ne se convertit pas véritablement à la Vraie Religion et à sa Sainte Doctrine puisse disposer de tels leviers !

Voilà à quoi Krah occuperait son temps et son argent… Or, pour rappel, l’Eglise condamne fermement le sionisme et d’autant plus quand il s’agit du « sionisme chrétien » (l’idéologie juive sioniste justifiée par des “chrétiens”, très en vogue chez les protestants évangélistes).

Il faut savoir aussi qu’après l’entretien que Mgr Williamson avait donné au journal allemand de gauche Der Spiegel et qui avait malheureusement fait monter la sauce (aux regrets de l’évêque), les sites de la Tradition anglophone tels que Though & Action rapportent que Krah aurait voulu en rajouter une couche : il aurait tenté de jouer au Michael Moore en venant faire une visite surprise à Mgr Williamson au siège britannique de la FSSPX de Londres et, accompagné de journalistes du même journal, aurait cherché à obtenir du prélat une deuxième entrevue avec le magazine peu recommandable… Ce que Mgr Williamson aurait refusé, tout de même assez intelligent pour ne pas tomber dans un nouveau piège ! Voici jusqu’où le vice aurait été poussé !

Et on s’étonne que la FSSPX soit en crise ? Qui méritait d’être expulsé de la Fraternité après toutes ces révélations ? Mgr Williamson ou Maximilian Krah ?

D’autres nouvelles sont depuis tombées dans la “tradisphère” anglosaxone…

Voici ci-dessous une image particulièrement choquante que nous découvrons en Juin 2012, toujours via nos amis irlandais de T&A : Voilà celui qui serait le principal responsable des finances de la FSSPX et avocat de Mgr Fellay en charmante compagnie avec les sionistes, ennemis jurés de l’Eglise Catholique ! Attention aux amalgames et exagérations : nous ne disons pas que Krah est membre du Tsahal. En réalité, il aurait été invité par l’un de ses amis ultra-sionistes à visiter un camp de Tsahal à l’occasion du mariage de celui-ci… Il s’agirait de la base Maglan pour l’unité des forces spéciales 212 de l’armée israélienne. Mais qu’est-ce que des gens comme ça ont à participer aux affaires de justice et de finances de la FSSPX ? C’est grave ! Après la judaïsation du Front national avec Marine Le Pen, n’assiste-t-on pas à la judaïsation de la Fraternité Saint-Pie X, ce qui permet de mieux comprendre la brutale expulsion de Mgr Williamson ?

Sur d’autres photographies, en date du 14 avril 2011, nous voyons Maximilien Krah portant fièrement l’uniforme et le béret de l’unité Maglan des forces spéciales de défense israélienne en brandissant le signe “V” de Victoire… Victoire contre qui ?
El CRISTERO, Rédacteur en chef du journal en ligne Les Intransigeants.

[SPO] Grand succès de la Messe traditionnelle pontificale de Trenton

SOURCE - SPO - 30 novembre 2012

The Monitor, le journal du diocèse de Trenton (New Jersey) a mis en ligne un ample compte-rendu de la Messe célébrée pontificalement le 27 novembre par l’évêque, Mgr David M. O’Connell, et selon le missel de 1962, au jour de la fête de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, en l’église St. Hedwig de Trenton. Nous avions annoncé ici cette célébration – qualifiée d’« historique » par The Monitor – qui a réuni, en pleine semaine, 800 fidèles et a été diffusée en direct sur Eternal Word Television Network. Cette célébration s’est voulue, selon le vœu même de l’évêque, partie intégrante des différentes manifestations prévues par le diocèse pour marquer l’Année de la Foi. De son côte, le Père Brian Woodrow, délégué diocésain pour la forme extraordinaire, a souligné que cette célébration marquait un double anniversaire. C’est la première fois qu’une Messe traditionnelle pontificale est célébrée depuis une cinquantaine d’années, et cette Messe marque le premier anniversaire de la célébration régulière de la forme extraordinaire dans le diocèse depuis le premier dimanche de l’Avent 2011, une application de Summorum Pontificum explicitement voulue par l’évêque. Vingt minutes avant le début de la célébration, l’évêque a fait une première entrée dans l’église, revêtu de la capa magna – une image qui devrait indisposer quelque journaliste du quotidien La Croix… On trouvera ici un magnifique diaporama réalisé par le photographe du Monitor dont voici une sélection…

29 novembre 2012

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Alerte culturelle

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 29 décembre 2012

Alors que les dirigeants de la Fraternité Saint Pie X semblent chanceler, les catholiques qui aiment la Fraternité pour avoir tant reçu d’elle ces dernières années pourraient être tentés de penser qu’en tant que fidèles ils ne peuvent pratiquement rien faire pour changer la situation. Ils auraient tort. Qu’ils lisent les réflexions ci-dessous de l’un de mes amis, et ils pourront y entrevoir que si Dieu ne secourt pas la Fraternité pour eux, comme bien sûr Il pourrait le faire, cela aura dépendu d’eux-mêmes en partie au moins. Voici la lettre de mon ami, adaptée :-

« Un accord pratique serait désastreux pour la cause de la Tradition Catholique. Il suffit de voir ce qui est arrivé aux Rédemptoristes Traditionnels en Écosse. Les deux Messes ne peuvent pas coexister. L’une chassera toujours l’autre. Quand j’ai assisté récemment à une Nouvelle Messe, toute l’église était perturbée par les bavardages et les applaudissements constants. Les deux côtés sont simplement trop éloignés l’un de l’autre pour qu’un accord puisse fonctionner. Aucun accord des esprits n’est possible entre la modernité et la Tradition.

« Il y a aussi la profonde révolution qui a emporté la civilisation moderne, y compris le mouvement Traditionnel, et qui n’a pas été perçue en grande partie par les dirigeants de la Tradition. La technologie électronique a provoqué une révolution culturelle dans la vie quotidienne, en particulier celle des jeunes générations. Si cette technologie n’est pas maniée comme il faut, elle affaiblira certainement la Foi parce qu’elle peut s’emparer de la vie toute entière des gens. Les jeunes se laissent facilement posséder par elle. Ils s’y accrochent tout au long de la journée.Ceux qui s’y laissent engloutir deviennent dysfonctionnels, incapables de se lever le matin, de maintenir une conversation vivante ou de garder un emploi.

« Or si une équipe sportive n’est pas tancée par son entraîneur, sa qualité de jeu commence à déchoir. Si les catholiques ne sont pas tancés au sujet d’activités culturelles comme la musique, l’habillement des femmes, ou la télévision, leurs normes culturelles commencent à chuter, ce qui a de profondes implications pour leur foi. Puisque la direction de la FSPX ou bien n’a pas perçu cette révolution culturelle, ou bien ne lui a pas prêté l’attention qu’elle mérite, les parents Traditionnels se trouvent abandonnés à eux-mêmes dans la lutte pour éloigner de leurs familles la mondanité de la société moderne. Je me suis entretenu en longueur avec beaucoup de familles Traditionnelles qui sont préoccupées par l’orientation qu’a prise le mouvement Traditionnel. Les mouvements religieux doivent prendre position sur les questions culturelles s’ils veulent porter des fruits. La Tradition se renforçait lorsqu’elle prenait fermement position contre la télévision. Mais si l’on ne résiste pas sur les questions culturelles, la résistance sur les questions doctrinales se met rapidement à s’affaiblir.

« Le dernier Chapitre de la FSPX l’a peut-être retenue du naufrage pour le moment, mais je n’en suis guère rassuré. Il a pris beaucoup de soin à définir les paramètres de toute discussion future avec Rome en vue d’un accord. Pourtant, dans le fond Rome n’a pas changé depuis 1988. A mon avis, la FSPX doit reprendre le rôle prophétique qu’elle jouait tant que Mgr. Lefebvre était encore en vie. Le mouvement Traditionnel a besoin de dénoncer fermement le modernisme et le libéralisme qui mènent l’Église catholique à sa destruction. Ces dénonciations ont été dernièrement mises en sourdine. Il se peut qu’un bon nombre de prêtres Traditionalistes ait été attiré par les facilités que leur apportera, pensent-ils, un accord avec Rome. »

A vous de jouer, chers lecteurs. Éloignez de votre foyer la musique nulle et sans valeur. Débarrassez-vous des postes de télévision. Limitez au minimum l’électronique. Mères, portez des jupes aussi souvent que possible, c’est-à-dire la plupart du temps. Autrement, ne vous plaignez pas si Dieu ne vient pas au secours de la Fraternité. Il n’oblige personne à accepter ses dons. Béni soit son nom pour toujours.

Kyrie eleison.

28 novembre 2012

[Abbé David Hewko] "La crise de notre chère Fraternité est un évènement très triste..."

SOURCE -

Je suis l’abbé David Hewko. Ces sept dernières années, j’étais à Syracuse à l’école de la Bienheureuse Vierge Marie et à la paroisse. Cela fait environ 400 âmes. C’est une école en expansion. Et me voici dans le Kentucky, avec les prêtres qui résistent au libéralisme qui envahit la Fraternité. La crise de notre chère Fraternité est un évènement très triste. C’est ce qui m’amène ici pour aider ces prêtres. Nous nous confions à Notre-Dame [et nous resterons ainsi] à moins que la Fraternité ne fasse demi-tour et ne décide finalement de continuer selon les principes et le combat de Mgr Lefebvre et des grands saints papes qui nous ont précédés, et recommence à faire la volonté de Dieu en se contentant seulement de maintenir les principes de notre saint fondateur. Priez pour cette intention, priez pour tous les prêtres, tous les prêtres, priez pour que le pape consacre la Russie. C’est vraiment la solution. Mais si le pape n’accomplit pas les demandes de Notre-Dame, que pouvons-nous faire, si ce n’est prier  pour lui?

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il. Notre-Seigneur compare l’Eglise à un grain de sénevé (graine de moutarde) et ce grain de sénevé est la foi catholique qui est implantée dans toutes nos âmes lors du Baptême. J’aimerais vous rappeler un grand évènement de l’histoire, très semblable à la situation que nous vivons actuellement. Cela se passe lorsque l’Espagne fut envahie, à la fin des années 600, entièrement envahie par les musulmans qui venaient d’Afrique du Nord. Ils ont tout balayé très rapidement sur leur passage, envahissant les villes, abattant les cloches, écrasant les crucifix, et inutile de le dire, en massacrant beaucoup, beaucoup de femmes, d’enfants, de prêtres et d’hommes. Cette invasion s’étendit très rapidement et au début des années 700, à peu près toute l’Espagne était musulmane. Uniquement dans les régions du nord, dans les montagnes, les montagnes des Asturies, il y avait un petit reste, dirigé par Pelayo, lequel était un ami et un disciple d’un grand saint moine qui vivait là, dans les montagnes, dans une grotte. Cette caverne aujourd’hui est connue sous le nom de la caverne de Covadonga. C’est une magnifique caverne. Un monastère y est construit, à présent. J’y suis allé avec des prêtres et nous avons dit la Messe sur l’autel où St Antoine-Marie Claret a dit la Messe, dans cette caverne. Pelayo était le grand général de la résistance, et il est enterré là, dans les montagnes. Sous la caverne, il y a une énorme cascade et je suis sûr que les soldats ont dû y passer de bons moments, lors de leur séjour, à sauter et et nager dans l’eau. Mais voici que ce saint moine eut une apparition de la Vierge Marie. Elle lui dit que sa protection était sur eux et qu’avec son aide, ils gagneraient de nombreuses batailles. C’est pourquoi on honore là Notre-Dame de Covadonga, une belle statue habillée de vêtements magnifiques. Donc Pelayo rassembla là, disons, une petite bande de soldats : certains disent jusqu’à un millier, certains disent 300. Mais quelque soit le nombre, ce n’était pas beaucoup. Et les musulmans menaçaient de venir les envahir. Mgr Opas rendit visite à Pelayo. Mgr Opas était un parfait évêque dans le style de Vatican II. Il s’approcha de l’entrée de la caverne et appela le général Pelayo en criant : « Pelayo ! Pelayo !  » Pelayo connaissait cet évêque et répondit : « Oui, Mgr Opas, que voulez-vous ?  » Et Mgr Opas lui dit : » Regarde, tout le pays est musulman, toute la citée s’est rendue. Sauve ta vie, sauve tes soldats, fais un traité de paix avec ces musulmans et tout ira bien. »  Pelayo répondit à ces mots : «  Vous essayez de nous convaincre de nous rendre, par vos paroles effrontées, d’abandonner notre résistance et de profiter de nombreux avantages aux côtés de la communauté musulmane ? Toute l’Espagne doit être catholique. Nous n’accepterons jamais une Espagne païenne ou un compromis avec les infidèles. Comment pourriez-vous avoir l’audace de penser que nous pourrions vous faire confiance quand vous avez déjà trahi la bannière catholique, la cause catholique ?  »  Mgr Opas, l’homme des compromis, dit à Pelayo : «  Ne vous mettez pas en peine, la lutte est inutile. Vous pourriez tout aussi bien abandonner et déposer vos armes maintenant. Comment pouvez-vous espérer gagner avec une poignée d’hommes contre 60.000 soldats musulmans entraînés ? Vous allez perdre, Pelayo.  »  Pelayo alors se référa à l’Evangile de la messe d’aujourd’hui. Il dit :  »  N’avez-vous pas lu dans l’Écriture que l’Église du Seigneur est comme le grain de sénevé, qui, si petit qu’il soit, se développe plus que tout autre, par la miséricorde de Dieu ? «  Mgr Opas lui dit : «  Mais vous devriez imiter ceux qui se sont soumis et ont échappé à l’esclavage et à la mort. Vous pouvez vivre. Sauvez votre vie ! »  Pelayo dit ces belles paroles qui résonnent encore aujourd’hui dans cette grotte:   »Notre espoir est en Jésus-Christ. De cette montagne viendra le salut de l’Espagne et du peuple des Goths. La miséricorde du Christ nous sauvera de cette multitude. Rentrez chez vous, Don Opas, et allez porter ce message à l’ennemi de Dieu.  » L’évêque revint dans sa ville et il dit :  » Je ne peux pas convaincre ces fanatiques, ce Pelayo, vieux, bourru et doctrinaire, ce moine et tous ces soldats. » Cela s’est passé en mai de l’année 722 et, en fait, les musulmans les envahirent et la Bienheureuse Vierge Marie les aida : elle fit tomber du ciel une pluie torrentielle et les soldats musulmans n’étaient pas habitués à combattre en montagne, dans les broussailles, et surtout sous une pluie torrentielle. Aussi, les descriptions de la bataille racontent que les soldats de Pelayo ont couru l’épée à la main, sautant par-dessus les collines et les montagnes, tandis que les musulmans sur leurs chevaux glissaient, étaient abattus et emportés par les torrents créés par la pluie. Cette grande bataille dura 2 jours, et grâce à la Vierge Marie, ils remportèrent la victoire. Pelayo, après cette bataille, fut couronné premier roi d’Espagne. La Reconquista a commencé en 722. De 722 jusqu’à 1492, pendant sept cents ans d’histoire, ce fut la grand histoire de la Reconquista, pour faire une Espagne à nouveau catholique. Notre pays est encore jeune et notre combat très récent.

[Abbé Chazal - antimodernisme.info] Benoît XVI : un grand expert de la Tradition

SOURCE - Abbé Chazal - antimodernisme.info - 28 novembre 2012

Antimodernisme : Benoît XVI est un véritable expert de la Tradition dans le sens où il a toujours essayé de la récupérer pour la faire rentrer dans le grand égout collecteur du modernisme. En peu de mots, notre cher confrère, M. l'abbé Chazal, résume très bien la manœuvre de ce pontife.
(…) Benoît XVI, c’est l’expert de la destruction de la Tradition, c’est lui qui a monté toutes ces officines qui ont été établies pour nous diviser et nous effiler au fil du temps : de Mater Ecclesiae dans les années 80 en passant par la Fraternité Saint-Pierre, Dom Gérard, la réforme de la réforme à Fontgombault dans les années 90, ensuite Campos, l’Institut du Bon Pasteur…  C’est toujours lui qui a été la cheville ouvrière de la destruction de la Fraternité et de ces faux-semblants qu’il a toujours entretenus, tous ces mouvements (néo-catéchuménal, Foccolari…). Il a toujours été l’expert pour récupérer ce qui restait d’un peu frais dans la Fraternité pour le remettre dans l’égout collecteur de toutes les hérésies qu’est le modernisme.
Ces propos vont paraître très durs pour des gens, ceux qui ont trouvé la Foi, par exemple avec Dom Gérard.  Pour la Fraternité, Dom Gérard est un traître?
Ils vont trouver ça dur (…)
Est-ce que ce n’est pas quelque chose de bien que certains trouvent la Foi par la Fraternité Saint-Pierre?
Moi, je raisonne en vecteur : c’est-à-dire que si la flèche va vers la Tradition, donc qu’un progressiste rejoigne Dom Gérard et en profite, c’est très bon.  Mais qu’un fidèle de la Fraternité Saint-Pie X qui, non seulement, sait que la messe traditionnelle est bonne mais aussi qu’il existe quelque chose de profond, le Concile Vatican II, qu’il faut rejeter, si un fidèle part de cette position de Monseigneur Lefebvre et se dirige vers Dom Gérard, le vecteur va dans le sens opposé de celui qui est sorti du modernisme et qui va vers la Tradition.  Toutes ces institutions ralliées, Ecclesia Dei, ont représenté des pontons pour beaucoup de nos fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, surtout aux Etats-Unis.
Certains découvrent la messe grâce à l’Institut du Christ-Roi.  Est-ce que, pour vous, c’est positif ou quand même un peu négatif ?
Je pense que c’est positif  s’ils viennent du modernisme ou de l’athéisme ou de ce que vous voulez et qu’ils se dirigent vers l’Eglise grâce au Christ-Roi…
Si la Fraternité perd des fidèles pour une autre cellule de la Tradition…
Ce n’est pas par esprit de clocher que je dis ça : si on perd la notion du caractère dangereux de Vatican II et qu’on rejoint l’Institut du Christ-Roi qui fait un silence complet sur ce problème qui crucifie l’Eglise (parce que l’ Eglise est crucifiée à cause de ce Concile), c’est une perte.

27 novembre 2012

[Paix Liturgique] L'accueil de la forme extraordinaire dans les paroisses : perpétuation de la parenthèse miséricordieuse ou début d’une transformation durable des mentalités ?

SOURCE - Paix Liturgique, lettre n°363 - 27 novembre  2012

Cette semaine, nous vous proposons deux documents. Il s'agit de textes signés au cours de l'année 2012 par des prêtres diocésains pour expliquer à leurs paroissiens les raisons pour lesquelles la forme extraordinaire de la messe romaine faisait son apparition dans le calendrier des célébrations liturgiques locales.

Ces deux textes sont si différents dans leur ton et leur substance qu'ils témoignent non seulement du long chemin qu’il reste encore à accomplir pour obtenir la cohabitation pacifique et fructueuse des deux formes de l'unique rite romain dans nos paroisses, mais aussi et d’abord du fossé en train de s’établir entre les générations cléricales qui ont « tout bradé » et celles qui, leur ayant succédé, tentent de gérer tant bien que mal une effroyable faillite.

Nous vous les proposons en ayant volontairement gommé les possibilités d'identification de ces messages afin que ne soient pas jugés les hommes, mais seulement l’expression concrète de leurs dispositions ecclésiales.

I – LA PRÉSENTATION CHARITABLE ET « OUVERTE »

Une seule messe, deux « formes » : quelques repères


Depuis saint Pierre, la mission de ses successeurs est d’affermir les disciples du Christ dans la foi et de servir l’unité de l’Église. En juillet 2007, pour honorer cette responsabilité en favorisant le maintien ou le retour dans la communion de l’Église catholique des fidèles attachés à la liturgie célébrée selon le missel romain qui avait cours jusqu’en 1969, le pape Benoît XVI promulguait une loi universelle pour l’Église catholique latine, par le Motu Proprio Summorum Pontificum.

Ce texte insiste d’abord sur l’existence d’un seul rite liturgique romain, qui exprime la foi reçue des Apôtres dans la tradition latine de l’Église. D’autres rites, moins connus, existent en Occident (rite ambrosien à Milan, rite mozarabe en Espagne par exemple) et surtout en Orient (rite byzantin, rite maronite, pour ne citer qu’eux). Cet unique rite romain s’est développé au cours des siècles. Suite au Concile de Trente au XVIème siècle, le pape saint Pie V en a généralisé la diffusion, ce qui fait que l’on parle de messe « tridentine » ou « de Saint Pie V ». Les dernières modifications apportées à ce missel ont été faites par le bienheureux Jean XXIII en 1962, au seuil du dernier Concile.

Benoît XVI, dans le texte évoqué, désigne la liturgie célébrée selon le missel promulgué par le Pape Paul VI en 1970, suite au Concile Vatican II, celle de nos messes paroissiales et diocésaines habituelles, comme la « forme ordinaire » de l’unique rite romain, et la liturgie célébrée selon le missel « du bienheureux Jean XXIII », comme sa « forme extraordinaire ».

Toujours selon cette décision pontificale, les curés de paroisse à qui un groupe de fidèles demande de pouvoir vivre la messe « dans la forme extraordinaire » doivent accueillir cette demande avec bienveillance, si cette demande va de pair avec une reconnaissance de la validité et de la légitimité de la « forme ordinaire ». Déjà en 1984 et 1988, le pape Jean-Paul II avait encouragé, à certaines conditions, l’accueil de telles demandes par les évêques. C’est pourquoi en 2002, [l'évêque] avait instauré la célébration dominicale d’une messe « tridentine » à [-]. De même, en 2008, suite à la publication de
Summorum Pontificum, [l']administrateur diocésain avait permis la mise en place d’une messe dominicale célébrée dans la forme extraordinaire à l’église Notre-Dame.

Une demande a été faite au printemps dernier pour que cette forme liturgique puisse être proposée chaque dimanche de l’été, puis de l’année [dans notre paroisse]. Dans la discussion, il est apparu que les conditions (reconnaissance de la valeur de la forme ordinaire, sens de l’Église, volonté de communion) étaient réunies pour recevoir cette demande comme légitime, tout en tenant compte du contexte paroissial et notamment de la diminution importante du nombre de prêtres en activité.

C’est pourquoi, à partir du 27 novembre, premier dimanche de l’Avent, avec l’accord de [notre évêque] et sous la responsabilité [du] curé-doyen, une messe sera célébrée dans la forme extraordinaire, le dernier dimanche de chaque mois et aux fêtes principales, dans la chapelle du Sacré-Cœur.

Deux prêtres assureront ce service en alternance [-]. Une évaluation sera faite avec le Conseil de paroisse au mois de mai.

L’esprit de cette messe mensuelle doit être bien clair : il s’agit d’œuvrer comme nous le demande le Pape à la « réconciliation interne de l’Église » en accueillant fraternellement nos frères catholiques attachés à la « forme extraordinaire » de la liturgie. Il ne s’agit pas « d’un retour en arrière » et encore moins d’une remise en cause du Concile Vatican II, dont nous nous apprêtons à célébrer le cinquantenaire avec joie et reconnaissance.

L’expérience de nos frères chrétiens d’Orient montre que l’on peut partager la même foi et célébrer celle-ci avec des formes liturgiques différentes, à plus forte raison lorsqu’il s’agit du même rite : unité n’est pas synonyme d’uniformité.

Confiant dans le désir profond de communion dans la foi et la charité qui anime votre communauté paroissiale, nous pouvons confier à [la Vierge] notre marche vers une unité effective de tous les baptisés, en réponse à la prière du Christ Jésus : « Je te prie Père : qu’ils soient un comme nous sommes un, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17,22-23)
Signé du vicaire général du diocèse

II – LA PRÉSENTATION ANACHRONIQUE

Une messe telle que célébrée avant 1964…


Rupture et continuité : ce sont les mots que notre pape Benoît XVI emploie pour parler de la fidélité de l’amour de Dieu manifestée au cours des nombreuses étapes de l’histoire de l’humanité et de l’Église. Les conciles qui jalonnent depuis 2 000 ans l’histoire de l’Église sont le mûrissement progressif d’une unique compréhension et d’une mise en œuvre de l’Évangile de Jésus-Christ pour chaque époque. L’Église ne cesse d’accueillir et de transmettre ce que l’Esprit Saint lui donne de comprendre du dessein de Dieu pour l’humanité.

Dans la continuité des conciles précédents, le 2ème concile du Vatican (dont on célèbre les 50 ans de son ouverture cet automne 2012) développe pour notre temps certains points de la foi catholique de toujours. Il met en lumière entre autres :
– l’exigence de la liberté religieuse ;
– la nécessaire ouverture à ce monde, aimé et sauvé par Dieu ;
– la passion pour l’unité des chrétiens ;
– la remise au premier plan de l’écoute, de l’étude et de l’accueil de la Parole de Dieu ;
– la redécouverte de l’Église peuple de Dieu en marche.

L’ensemble de ces données est irrévocable. Cela ne marque pas une rupture mais une avancée, dans une profonde continuité du message du Christ transmis par l’Église à travers les âges.

Certains catholiques ont focalisé leur désaccord avec le Concile sur la liturgie, et se sont laissés entraîner dans le schisme de Mgr Lefebvre en marquant une rupture avec Rome. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont fait les premiers pas à leur rencontre pour tenter de les ramener dans la pleine communion avec l’Église, et tous les catholiques ne peuvent que se joindre à cet élan de réconciliation. Benoît XVI a bien montré qu’il n’y avait pas de rupture entre la réforme liturgique mise en œuvre actuellement et la façon de célébrer la messe jusqu’en 1964. C’est pourquoi il autorise, à certaines conditions précises, la messe en latin sous la forme extraordinaire d’hier, à côté de la forme ordinaire d’aujourd’hui. Le rite et surtout la foi de l’Église sont uniques, même si les modalités visibles sont différentes.

Avant son départ [-], [notre évêque], à la demande d’un « groupe constitué » [-], a autorisé une telle célébration [dans notre paroisse].

Cette possibilité doit favoriser l’unité de la foi et la participation pleine et entière à tous les aspects de la vie de l’Église :
– Il ne saurait donc être question de la constitution d’un groupe particulariste se situant en opposition ou même en marge de la communauté, avec une catéchèse ou d’autres services à part.
– Il ne saurait non plus être question de remise en cause des apports du Concile, même sous l’aspect particulier de la réforme liturgique.

C’est pourquoi cette possibilité de la Messe selon le missel de Jean XXIII (1964) est assortie d’un certain nombre de conditions :
1) Que cela n’ait pas lieu chaque dimanche à la place d’une messe paroissiale déjà existante, mais en plus et seulement quelques dimanches dans l’année (6 à 8 fois par an). Ce sera alors le dimanche soir à 18 h.
2) Puisqu’il s’agit d’une messe paroissiale supplémentaire, [-] que le curé, en soit le célébrant. Même s’il devait être indisponible, qu’il ne soit pas fait appel à un prêtre venant de l’extérieur, invité par relation ou simple convenance.
3) Cette faculté de célébrer selon la forme extraordinaire n’engage pas le successeur du [curé].
4) Que la Parole de Dieu, reçue selon l’ancien lectionnaire, soit proclamée en français.
5) Que ces messes (chants, musique, etc..) soient prises en charge par des fidèles et ne reposent pas sur le seul prêtre.
6) Qu’à la fin de l’année un point soit fait en présence du Conseil Pastoral (qui a été consulté à ce sujet le 6 septembre dernier) pour discerner ce qu’a permis cette célébration pour le bien de l’Église et pour décider de la suite.

D’ici Noël, deux dates sont retenues pour cette messe paroissiale supplémentaire : Dimanche 18 novembre et dimanche 16 décembre à 18 heures à l’église Saint-Nicolas.

Ces dates et celles qui suivront seront, comme les autres messes paroissiales, annoncées sur la dernière page du [bulletin].

Rappelons bien qu’il ne s’agit pas de nostalgie, encore moins de réticence envers le Concile, mais dans la continuité de la vie de l’Église, de puiser dans ses richesses une autre forme pour s’ouvrir à Dieu et au don qu’Il nous fait. On pratique l’œcuménisme en regrettant ce qui, dans le passé nous a fait « frères séparés ». Prions et œuvrons pour que cette initiative soit signe d’ouverture et permette d’éviter de nouvelles séparations qu’on déplorerait plus tard.

Signé du curé

III – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1) Deux formes du rite romain : “ Foi ”, “ unité ”, “ loi universelle ”, “ réconciliation ” – le premier texte rend compte de l'action de Benoît XVI dans une exemplaire fidélité à l'esprit du Saint Père et avec un remarquable souci pédagogique. Son auteur esquisse au passage, simplement donc efficacement, la trajectoire historique de la liturgie traditionnelle. On sent la volonté affirmée de l'auteur de “ coller ” à celle du pape comme l'illustre parfaitement la phrase suivante : « les curés de paroisse à qui un groupe de fidèles demande de pouvoir vivre la messe “ dans la forme extraordinaire ” doivent accueillir cette demande avec bienveillance, si cette demande va de pair avec une reconnaissance de la validité et de la légitimité de la “ forme ordinaire ” ».

La loi est énoncée clairement, ce qui prouve qu'elle est non seulement comprise mais adoptée et prête à être appliquée avec toute l'intelligence et la bienveillance nécessaires.

2) Une forme et une sous-forme concédée sous conditions : “ Rupture et continuité ” certes, mais pas du côté du post-concile comme le pape l'a analysé. Le second texte tranche totalement avec le premier dans ses prémices. Il ne s'agit plus d'expliquer, de rapporter ni d'illustrer pour les lecteurs la volonté du pape telle qu'explicitée par le Motu Proprio Summorum Pontificum, mais de leur donner – de leur infliger, serions-nous tentés d'écrire – une vraie leçon de " l'esprit " Vatican II.

La rupture, c'est celle des catholiques qui « ont focalisé leur désaccord avec le Concile sur la liturgie, et se sont laissé entraîner dans le schisme de Mgr Lefebvre ». Cette vision béatement conciliaire de la situation porte tout naturellement l'auteur à ne voir dans la volonté du pape qu'une autorisation “ assortie d’un certain nombre de conditions ” et non une “ loi universelle pour l'Église catholique latine ” comme l'a bien compris en revanche le signataire du premier texte.

Bref, on est ici aux prises avec un curé consciemment ou inconsciemment idéologisé, ce qui est dommage pour tous et d’abord pour lui-même car, pasteur des âmes, il passe à côté de cet “ élan de réconciliation ” auquel le Saint Père appelle “ tous les catholiques ”.

A quelques détails près, on pourrait croire que ce second texte a été écrit dans les années 1980 à l'époque où la célébration de la liturgie traditionnelle n'était concédée qu'à des conditions strictes et nombreuses, à l'époque où le Pape n'avait pas encore rappelé qu'elle n'avait jamais été interdite et qu'elle était l'une des deux formes de l'unique rite romain. Cette approche anachronique de la question liturgique est symptomatique d'un clergé qui ne veut pas de la paix liturgique proposée par le Saint Père et qui souhaite conserver le régime de l'apartheid liturgique avec son lot de restrictions et d'humiliations.

3) La différence de perspective est frappante entre les deux auteurs alors que leur propos est le même : expliquer l'arrivée (timide car, dans les deux cas, il ne s'agit que d'une messe au mieux mensuelle) de la forme extraordinaire dans une paroisse. Tandis que l'un affirme un droit et expose les modalités d'application qui lui semblent les plus adaptées, l'autre concède ce qu'il considère comme un privilège et l'assortit donc des restrictions d'usage.

– Le premier prend a priori les demandeurs pour des catholiques comme les autres. Il explique que “ les conditions (reconnaissance de la valeur de la forme ordinaire, sens de l’Église, volonté de communion) ” étant réunies “ pour recevoir cette demande comme légitime ”, décision a été prise de célébrer chaque dernier dimanche du mois, “ avec l’accord de [l'évêque] et sous la responsabilité [du] curé-doyen ”. Une communication simple et rassurante puisqu'on comprend que les détails ont été réglés pour le bien de tous : pour tenir compte “ du contexte paroissial et notamment de la diminution importante du nombre de prêtres en activité ”, “ deux prêtres assureront ce service en alternance ”.

– Le second soupçonne a priori les demandeurs d’être de dangereux « révisionnistes ». Il commence par expliquer qu'il “ ne saurait être question de la constitution d’un groupe particulariste se situant en opposition ou même en marge de la communauté, avec une catéchèse ou d’autres services à part ” et qu'il “ ne saurait non plus être question de remise en cause des apports du Concile, même sous l’aspect particulier de la réforme liturgique ”. Et d’énumérer six points qui semblent plus des conditions suspensives que des modalités d'application et qui portent tous en eux une menace sourde : la messe n'aura lieu que “ quelques dimanches dans l'année ” ; pas de prêtre remplaçant autorisé ; l'éventuel successeur de l'actuel curé ne sera pas tenu de continuer. Bref, le curé en question se fait législateur odieux (c’est un terme canonique technique qui vise les dispositions restrictives pénales), réduisant la portée d’une législation rien moins que pontificale. On disait jadis en plaisantant que tout curé est « pape dans sa paroisse » ; poursuivant la plaisanterie l'on pourrait dire de ce curé qu’il est un " super-pape ", presque un gourou… Avec en prime une vision manichéenne de la paroisse avec " les bons fidèles " à qui l'on ne demande aucune profession de foi ni n'impose de conditions puisqu'ils sont chez eux et les " mauvais fidèles " – les dhimmis serait on tenté de dire – pour lesquels on empile les conditions, de qui l'on attend des professions de foi conciliaire et que l'on traite comme des sous-paroissiens tout juste tolérés mais dont on semble espérer qu’ils finiront bien par se décourager de vouloir passer la porte de l’église.

4) Au sein du peuple de Dieu “ s'expriment légitimement des sensibilités différentes qui méritent de faire l'objet d'une égale sollicitude pastorale ” : ces paroles du pape aux évêques de France en visite ad limina le 21 septembre dernier concernent évidemment aussi les curés comme nous le confirme, hélas, l'exemple qui nous intéresse aujourd'hui. Subsistent en effet en 2012, des prêtres pour lesquels le degré de charité pastorale est semblable au degré de chaleur des radiateurs à thermostat (réglés à peine au-dessus du “ hors gel ”), et pour lesquels, si toutes les sensibilités sont égales, certaines, comme on dit, sont tout de même moins égales que les autres.

Mépris délibéré de tout ce qui est traditionnel ? Déformation (malformation ?) idéologique de type : hors de " l'esprit " Vatican II, point de salut ? Lequel adage est beaucoup plus dictatorial que celui qu’il a rendu périmé : hors de l’Église, point de salut.

Heureusement, cette déformation est souvent liée à une génération de prêtres : celle qui est entrée au séminaire pendant ou juste après le Concile. Or, si elle est aujourd'hui encore majoritaire dans le clergé des diocèses, elle approche inexorablement de l’âge de la retraite, et il est notoire que les générations qui la suivent n'ont pas ses œillères. Ces générations montantes, très réduites en nombre hélas !, sont l'espoir du peuple Summorum Pontificum resté dans les paroisses ou les ayant quittées et qui demande simplement que leurs curés de paroisses les accueillent et les aiment. Un pasteur qui aime ses brebis, est-ce trop demander ?

Sans en dire plus de l’un et de l’autre, précisons que le premier texte, fidèle aux directives de Benoît XVI, est d'un prêtre né après le concile, tandis que le second est d'un prêtre qui approche de ses 70 ans. Beaucoup estiment qu’il faut encore attendre dix ans pour que la mentalité des paroisses et des pasteurs de France ait radicalement changé. Nous pensons, pour notre part, que cinq ans suffiront.

[SPO] Quand on s’en prend, à tort, à SPO sur Fecit…

SOURCE - SPO - 27 novembre 2012

Compte tenu du caractère très sourcilleux des participants au Forum Fecit – un lieu d’échanges et de discussions entre catholiques proches de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X –, sur tout ce qui touche aux relations entre Rome et cette Fraternité, notre document de ce matin sur les réponses de la Commission pontificale Ecclesia Dei à deux questions d’un blogue traditionaliste polonais, a été immédiatement mis en fil de discussion par un lecteur de ce forum à 9 h 26 précisément (notre post avait été mis en ligne à 8 h 50…). Le premier à entrer dans ce fil de discussion, un certain « François », s’en prend avec violence à notre blogue. On connaît le caractère sourcilleux de ces amis, on comprend parfois une susceptibilité exacerbée, mais on ne saurait tolérer de se voir accuser de « désinformation ». Notre article produisant l’image de l’original en anglais de la réponse de la Commision Ecclesia Dei et les liens renvoyant et au blogue polonais et au texte du pape Benoît XVI, il faudrait être d’une parfaite idiotie pour « tronquer » un texte par ailleurs publié intégralement, et prétendre « abuser » les lecteurs Français alors que tous les documents sont publiés ! L’idiotie n’est décidément pas de notre côté. La personne qui signe du nom de « François », nous reproche de n’avoir pas traduit la phrase précédant la substance de la réponse de la Commission qui se contente de reprendre un extrait de la lettre de Benoît XVI de mars 2009. Nous l’avons fait ultérieurement pour ne laisser aucun doute, précisément, sur cette substance. Nous n’avions, il est vrai, pas davantage traduit la première ligne de la lettre de la Commission et pas davantage encore les deux dernières lignes formelles… Tout lecteur honnête comprendra que la première réponse de la Commission (que nous avons mis entre guillemets et entre parenthèses la source de cette citation avec le lien…) est de Benoît XVI. La seconde réponse ne comporte pas de guillemets puisqu’elle de la plume de « The Secretariat » (devait-on aussi traduire ?). Que « François » ne soit pas satisfait de la réponse de la Commission ou qu’il estime que ce n’est pas une réponse, ou encore qu’il désapprouve la position du pape, cela relève de son jugement. Pour ce qui nous concerne, nous avons publié et traduit ces documents pour l’information de nos lecteurs, et sans nous autoriser un quelconque commentaire. Il ferait beau voir qu’on nous dénonce publiquement pour faire notre travail d’information même si cette information n’est pas plaisante pour certains, sans réaction de notre part. Nous ne demandons aucune excuse pour cette extravagance. Il nous suffit que nos lecteurs en soient avisés.

[SPO] Assistance à une Messe célébrée par un prêtre de la FSSPX : une réponse de Rome

SOURCE - SPO - 27 novembre 2012

Le blogue traditionaliste polonais Nowy Ruch Liturgiczny (nouveau mouvement liturgique) a publié le 25 novembre les réponses à deux questions qu’il avait posées le 1er octobre 2012 à la Commission Ecclesia Dei relativement à la satisfaction du devoir dominical dans le cas d’une Messe célébrée par un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et à la possibilité pour un séminariste diocésain de servir comme sous-diacre lors d’une Messe célébrée selon la forme extraordinaire. La Commission Ecclesia Dei a répondu le 6 novembre à ces deux questions (les questions posées en anglais par le blogue polonais et répondues en anglais par la Commission Ecclesia Dei sont traduites par nos soins).
Question n° 1. Est-il possible de satisfaire à l’obligation dominicale en participant à une Messe célébrée par un prêtre de la Société Sacerdotale Saint-Pie X, si celui qui y participe “ne nie pas la validité de la Sainte Messe ou des Sacrements célébrés dans la forme ordinaire ou ne nie pas que le Souverain Pontife soit le Pasteur suprême de l’Église universelle, lorsque c’est la seule possibilité locale de participer à la Messe célébrée dans la forme extraordinaire (forme à laquelle le participant est très attaché)?
Réponse n° 1. En réponse à votre première question, ce dicastère se limitera à vous renvoyer à la lettre écrite par le pape Benoît XVI le 10 mars 2009 à ses frères évêques, et dans laquelle il déclare : « Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres [non plus] n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église » (Benoît XVI, Lettre aux évêques de l’Église catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, 10 mars 2009).
Question n° 2. Est-ce que le décret de la Sacrée Congrégation des rites [Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements] (n° 4184) et la décision de la Commission pontificale Ecclesia Dei (n° 24/92) concernant la possibilité de servir comme sous-diacre lors d’une Messe en forme extraordinaire, s’appliquent aussi à des séminaristes diocésains (qui ne sont pas des séminaristes d’instituts érigés par la Commission pontificale Ecclesia Dei) vêtus d’une tenue cléricale?
Réponse n° 2. Pour répondre à votre seconde question, la réponse est affirmative.
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[SPO] ICRSP : la messe dominicale à Rome continue…

SOURCE - SPO - 27 novembre 2012

La blogosphère traditionaliste mondiale avait bruit voici peu de la rumeur que la Messe traditionnelle que célébrait l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) depuis vingt ans en l’église Gesù e Maria al Corso de Rome allait être supprimée. Nous avions alors pris nos renseignements et, tout en demeurant soucieux, avions signalé alors la possibilité non pas de la suppression de cette Messe mais de son changement d’horaire selon la possibilité qu’avait évoquée le Vicariat de Rome à l’ICRSP. Corrispondenza Romana confirme aujourd’hui que la Messe est maintenue, mais qu’elle sera, à partir du 8 décembre, solennité de l’Immaculée Conception, célébrée chaque dimanche à 9 h 30.

26 novembre 2012

[Julien Gunzinger - Eschaton] Les inquiétudes de l’abbé Stolz

SOURCE - eschaton.ch - 26 novembre 2012

L’abbé Stolz anime un blog que j’aime consulter. Il fourmille de commentaires ou d’éclairages souvent très pertinents. J’ai beaucoup d’estime pour l’abbé Stolz car il est dans le Jura un des seuls à oser contester les modernistes qui règnent en maître dans l’Eglise diocésaine. Mais je ne partage bien évidemment pas toutes ses positions. Dans un récent article, il s’inquiète des conséquences de la libéralisation du rite St Pie V. Voici ce qu’il écrit :« On a parlé parfois d’un effet guérisseur, ce propos est-il justifié ? La question commence à se poser. N’aurait-il pas été pastoralement plus judicieux de procéder au préalable à une réforme du rite de Paul VI avant de se lancer dans pareille intervention ? Les conséquences pastorales commencent à être visibles. Des noyaux de fidèles pieux prennent dit-on des distances avec leurs communautés, préférant d’autres tables. Ce rite semble  même pour certains être une passerelle vers la communauté quasi-schismatique Saint Pie X. Qui est sensible à ce rite ? Certainement ceux qui ont des connaissances liturgiques et un sens de la tradition. Un autre groupe paraît être concerné qui n’est toutefois pas toujours clairement séparé du premier, celui qui est touché par certaines révélations privées. Le thème est fréquent, il suffit de parcourir la toile pour qui n’en est pas convaincu.»

Ses préoccupations sont parfaitement fondées à ce que je peux en juger. De nouveaux fidèles, issus notamment des mouvements charismatiques du Jura, se rendent toujours plus régulièrement à l’Eglise du saint Esprit de Delémont pour y suivre les messes de la Fsspx. Ce que l’abbé Stolz déplore me réjouit donc profondément. Il se passe en effet quelque chose. L’Eglise ne peut abriter longtemps en son sein une doctrine fausse, comme l’est celle de Vatican II sur de nombreux points, et continuer à déborder de santé. 40 ans après Vatican II ceux qui n’ont pas rejoint l’hérésie moderniste ont besoin de liturgie solide, de repères stables et c’est du côté de la Tradition qu’ils savent pouvoir les trouver, loin des enseignements  embarrassés des prêtres qui, sans être modernistes, couvrent parfois de leur silence les contradictions du Magistère ordinaire et non infaillible de l’Eglise depuis Vatican II. L’article de l’abbé Stolz surprend également dans sa conclusion. Car après avoir constaté la désaffection de certains fidèles, il croit pouvoir faire une comparaison entre le film Les visiteurs et le rite tridentin : « En son temps, j’avais beaucoup apprécié le film avec Jean Reno, Les Visiteurs. Sa prière du soir avait été fabuleuse… Mais passé le charme, il reste bon nombre de questions. On ne peut renvoyer un chevalier avec son armure galoper sur une autoroute ou affronter la bombe atomique ou un tank. En matière spirituelle, il y a bien sûr des différences, des difficultés ne manqueront pas en rencontrant les poids lourd de la modernité. »  Or comment la comparaison peut-elle fonctionner si, comme l’abbé Stolz en fait pourtant le constat, la messe tridentine attire toujours plus par son sérieux? Le fait que c’est vers la messe tridentine que se tournent toujours plus les fidèles qui ont soif de liturgie conséquente avec l’enseignement constant de l’Eglise  témoigne exactement de l’inverse de ce que l’abbé Stolz veut exprimer par sa comparaison. L’attrait du film Les visiteurs repose sur l’effet comique que dégage le  contraste entre modernité et moyen-âge, celui que suscite la messe tridentine repose, lui, sur sa précision à traduire l’enseignement constant de l’Eglise et sur son actualité face au relativisme et du monde et du rite de Paul VI.

[Blogue du Mesnil-Marie] Abbé Bryan Hougthon : vingt après, un exemple qu’il convenait de mettre en valeur.

SOURCE -  Blogue du Mesnil-Marie - 26 novembre 2012

Si le ciel est resté obstinément gris à Montélimar, ce dimanche 25 novembre 2012, vingt-sixième et dernier dimanche après la Pentecôte, je crois que cela a été pour mieux faire ressortir la splendeur de la lumière intérieure qui a éclairé les âmes de ceux qui ont pu participer à cette journée de commémoration et d’hommage à Monsieur l’abbé Bryan Houghton, à l’occasion du vingtième anniversaire de son rappel à Dieu (cf. > www).

Une assemblée fervente remplissait la chapelle pour la Messe solennelle, chantée par Monsieur l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, assisté – officiant comme diacre – du Révérend Père Cyrille, osb, représentant l’Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, et – officiant comme sous-diacre – de Monsieur l’abbé Brice Meissonnier, supérieur de la maison Padre Pio de la FSSP à Lyon, chargée de desservir la chapelle.

Il est probable que cette vénérable chapelle n’avait pas vu de célébration de la Messe avec diacre et sous-diacre depuis très longtemps… Peut-être avant la révolution?

Monsieur l’abbé Meissonnier avait déployé tout son zèle pour donner à cette liturgie un maximum d’éclat, étant venu avec quatre servants d’autel bien formés et ayant aussi apporté de très beaux ornements anciens.

Monsieur l’abbé Meissonnier a transmis aux fidèles le message d’encouragement et la bénédiction du Souverain Pontife envoyés pour l’occasion par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.
Au cours de son homélie, Dom Cyrille, en développant les deux mots qui constituent le titre de l’autobiographie de l’abbé Houghton – « Prêtre rejeté » – a mis en lumière l’amour indéfectible de cette grande âme pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour le Saint-Sacrifice de la Messe et pour l’Eglise.

Le déjeuner, copieux et succulent (ne convenait-il pas que les corps fussent associés à la joie des âmes?), et pour lequel il faut souligner la présence amicale du curé de la paroisse de « rite ordinaire » de Montélimar, fut suivi d’un temps d’échanges, très riche : ceux qui ont connu l’abbé Houghton, par leurs souvenirs, l’ont ainsi rendu plus proche et en quelque sorte présent pour ceux qui n’ont pas eu la grâce de le connaître (voir aussi > www).

Précisions biographiques, témoignage de celui qui a servi la dernière Messe de l’abbé au maître-autel de la cathédrale de Viviers (photo de cet autel ici > www), témoignages concernant son zèle pour les âmes, témoignages sur la souffrance et la solitude morales dans lesquelles il s’est trouvé en raison des vexations et mesquineries ecclésiastiques, témoignages sur sa délicatesse d’âme et les inquiétudes qui l’ont tenaillé parfois, témoignages sur son réalisme spirituel et son espérance surnaturelle, témoignages aussi – bien sûr – des traits de son célèbre humour…

Un fascicule imprimé, reprenant quelques articles de l’abbé Houghton qu’il est assez difficile de retrouver à l’heure actuelle, a été remis aux participants.

Cette belle journée de prière, d’amitié, de commémoration, de ferveur filiale dans l’amour du Christ Rédempteur, dans l’amour de la Messe et dans l’amour de l’Eglise, a été clôturée par le chant des Vêpres et le Salut du Très Saint-Sacrement, présidés par Dom Cyrille.

En sus des ecclésiastiques présents, que soient chaleureusement remerciés les fidèles, et tout spécialement les responsables et membres de l’association des Amis de la Chapelle Notre-Dame de la Rose (siège social : c/ M. Pierre Sirot – 6, rue Rabelais, 26200 Montélimar) qui maintiennent sur place le souvenir vivant et agissent pour que perdure l’oeuvre de l’abbé Houghton qui rendit cette antique chapelle au culte pour lequel elle avait été construite.

Souhaitons, pour terminer, que les démarches entreprises en vue de la mise hors d’eau et la restauration nécessaire de ce bel édifice soient promptement couronnées de succès, afin que le trésor inestimable de la Sainte Messe traditionnelle soit célébré dans un écrin pleinement digne de lui!