Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

31 août 2012

[SPO] Un prêtre découvre et adopte définitivement l’usus antiquior

SOURCE - SPO - 31 août 2012

Dans un entretien accordé à Una Voce Costa Rica et publié dans la revue Una Voce Informa, le père José Pablo de Jesús Rodríguez Tamayo, o.c.e. : prêtre de l’Archidiocèse de San José de Costa Rica, explique son attachement à la forme traditionnelle du rite romain. Supérieur de l’Opus Cordis Eucharistici, association publique de fidèles de droit diocésain, ce prêtre a été ordonné en 1979.
 
Pour lui, le motu proprio Summorum Pontificum représente une grande grâce et une richesse et non un problème à résoudre. Il a donc décidé de célébrer exclusivement le saint sacrifice de la messe selon la forme extroardinaire :
« Loin d’être un problème, Summorum Pontificum est un magnifique instrument, non seulement pour protéger, mais également pour promouvoir les trois sources de la révélation divine : la Parole de Dieu, le magistère de l’église et la Tradition catholique. »
Non content de célébrer la messe selon l’usus antiquior, le père José Pablo de Jesús Rodríguez Tamayo utilise désormais l’Office divin traditionnel et entend bien célébrer tous les sacrements dans l’ancien rite. Il confirme également que dans cette partie du monde, bien éloignée de l’Europe, les jeunes sont également très attirés par la liturgie traditionnelle, celle-ci leur donnant la certitude d’une transmission intégrale du culte catholique et de la doctrine catholique.
 
C’est un des effets motu proprio : des prêtres et des laïcs, de plus en plus nombreux dans le monde, découvrent et adoptent la messe traditionnelle et se réapproprient les richesses spirituelles et doctrinales de l’Église. Avec eux, il faut aussi désormais des évêques motu proprio.

[Dom Romain - cath.ch] FSSPX et Luther, une fausse comparaison…

SOURCE - Dom Romain - cath.ch - 31 août 2012

Le Forum Catholique, un forum traditionaliste le plus important en langue française, a mis en ligne un post qui propose une étrange comparaison entre la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et le réformateur Martin Luther. On peut entrer dans le fil du post en cliquant sur le lien suivant : Petit exercice proposé aux fidèles de la FSSPX.
 
J’avoue que cette comparaison me surprend : Luther est une personne et la FSSPX une institution. Pour que la comparaison puisse se faire, il faudrait comparer Mgr Lefebvre et Martin Luther, qui, l’un et l’autre, ont entraîné à leur suite des fidèles, les éloignant ainsi de l’Église Catholique.

De fait l’un et l’autre s’en prennent au magistère de l’Église pour les mêmes raisons : Retrouver la pureté et la vérité de la Foi. Ils utilisent le même procédé : Un retour « en arrière », jusqu’à la Sainte Écriture pour le réformateur allemand et jusqu’à Pie XII et à ses prédécesseurs pour le fondateur d’Écône. L’un et l’autre critiquent avec force le Magistère de l’Église, s’érigeant eux-mêmes en maître de la Foi. Et, au terme de leur existence, même si c’est pour des raisons différentes, l’un et l’autre sont morts excommuniés…

On connaît les conséquences de la prédication de Luther sur l’unité de l’Église. Il reste à espérer maintenant que les lefebvristes ne poussent pas la révolte, jusqu’à refuser la main tendue par le magistère actuel.
L’été se termine, les débats reprennent
Après le Chapitre Général de la FSSPX du début juillet, la cathotoile a vu apparaître quelques nouveaux sites dans la mouvance du mouvement lefebvriste et en lien avec un possible accord entre Rome et la FSSPX ; ainsi parle-t-on désormais « d’accordiste » et « d’anti-accordiste ». Parmi eux il faut citer le forum : «Un évêque s’est levé».
 
Résolument opposé à tout accord pratique avec Rome, ce nouveau forum s’oppose fermement à la ligne tenue par Mgr Fellay, allant jusqu’à parler du «pape de Menzingen». Le supérieur de la FSSPX se retrouve donc avec une opposition qui s’organise et s’exprime publiquement. Voici deux posts que je retiens de ce forum :
 
1. On savait l’opposition de trois des évêques de la Fraternité à un accord avec Rome, on apprend maintenant que trois supérieurs de communautés amies de la FSSPX sont allés rencontrer Mgr Fellay pour lui faire part de leur désaccord. Cette prise de position ne sera pas sans conséquence, puisque Mgr Fellay reportera au dernier moment l’ordination de prêtres issus de ces communautés. Cf. Les Supérieurs des 3 communautés amies sont allés dire à Mgr Fellay leur opposition au ralliement.
 
2. La résolution de Mgr Fellay semble intacte, malgré les oppositions qu’il rencontre. Mgr Tissier de Mallerais aurait confié à un prêtre de la Fraternité que le Supérieur Général compte reprendre les discussions avec Rome dès octobre prochain. Cf. Mgr Tissier de Mallerais parle à l'abbé Chazal.
Tradition ou Tradition vivante?
Pour marquer cette rentrée, il faut aussi signaler l’éditorial de l’abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du District de France pour la FSSPX, qui traite de la Tradition. Après avoir montré les limites de la conception de la Tradition chez Jean-Paul II et Benoît XVI, il conclut en disant :
 
«La Tradition n'est plus l'enseignement de la vérité révélée ; elle est la communication d'une expérience. Et par expérience, il est clair que l'on doit entendre autre chose que l'adhésion intellectuelle à une vérité, qui définit comme telle la foi. On trouve d'ailleurs déjà avant Vatican II (avec la nouvelle théologie condamnée par Pie XII dans Humani generis) une confusion entre la foi et l'expérience mystique des dons du Saint-Esprit, elle-même mal distinguée de l'expérience religieuse naturelle. De là au « sens religieux surgissant des profondeurs », dont parlait si volontiers Jean-Paul II (cf. Le Signe de contradiction), il n'y a pas très loin. Cette nouvelle conception de la Tradition repose sur des présupposés difficilement acceptables : qui le niera ? Et nous nous y opposons parce que cette conception est nouvelle, et se distancie profondément de celle qui fut toujours crue et prêchée dans l'Église catholique.» (Editorial : au sujet de la tradition, abbé Régis de Cacqueray).
"Tous les chemins mènent à Rome", ou nous en éloignent
Mgr Fellay reste donc la pièce maîtresse d’un possible accord avec Rome. Suite au Chapitre Général sa marge de manœuvre s’en trouve limitée et ceux qui lui font opposition s’expriment maintenant publiquement. Du côté de Rome le nouveau préfet est à la tête de la CDF, secondé par Mgr Di Noia, vice-président de la Commission Ecclesia Dei. Il reste à trouver «la formule magique» qui satisfera les exigences romaines et qui permettra à Mgr Fellay de présenter à ses capitulants un texte qu’ils puissent accepter. Pour le moment le dialogue n’est pas rompu, il reste à espérer que les disciples de Mgr Lefebvre ne prendront pas le chemin de ceux qui suivirent Martin Luther…
 
Dom Romain

28 août 2012

[Paix Liturgique] Les silences de Monseigneur Dagens

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 350 - 28 août 2012

Depuis plus d’un an, nous suivons l’évolution de la demande d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI à Cognac. Les faits sont simples : un groupe de fidèles, emmené par une famille attachée depuis plus de 20 ans à la paroisse Saint-Léger de Cognac, a manifesté l’été dernier, au moment de l’arrivée des nouveaux curés, son désir de bénéficier des bienfaits liturgiques et spirituels de la forme extraordinaire de la messe.

Renvoyés à l’évêque d’Angoulême, Mgr Claude Dagens, ces demandeurs ont reçu pour seule réponse un silence, qu’il est difficile de ne pas qualifier de méprisant. Loin de renoncer, ils ont relancé leurs curés et l’évêque à plusieurs reprises, sans succès. Du coup, ils ont décidé de porter l’affaire sur la place publique, ouvrant un blog consacré à leur demande et alertant la presse locale sur leur situation.

De fait, en juin 2012, ils ont eu droit à trois articles dans Sud-Ouest puis un autre dans La Charente Libre. Enfin, Témoignage Chrétien s’est intéressé à eux dans son édition du 12 juillet.

Nous vous proposons de commenter cette semaine l’article très complet publié le 27 juin 2012 dans La Charente Libre sous la plume de Benoît Caurette et dont nous publions en annexe la version intégrale.

I – L’ESSENTIEL DE L’ARTICLE DE LA CHARENTE LIBRE : « ILS PRIENT POUR LA MESSE EN LATIN »

La messe "de toujours". L’office en latin et en grégorien, le prêtre dos aux fidèles, la communion "à genoux et sur la langue". C’est la profession de foi que revendique haut et fort depuis quelques semaines un bastion de "traditionalistes" cognaçais. Emmenées par le docteur Antoine Pierron, ces "trente-six familles souvent nombreuses et de toutes idées politiques" jurent ne pas flirter avec l’intégrisme. Plutôt vouloir mettre le doigt sur un phénomène qui ne se borne pas aux seules paroisses de Cognac: avec Mende, Viviers, Châlons-en-Champagne, Cambrai et Langres, Angoulême est l’un des six derniers diocèses de France à ne pas appliquer le Motu Proprio de 2007.

Ni loi ni décret de l’Église, cette lettre du pape Benoît XVI largement répandue dans toute la chrétienté française rend possible et encourage - « dans un but de réconciliation » - la célébration, au sein des paroisses, de la messe selon sa forme dite "extraordinaire". C’est-à-dire le culte d’avant Vatican II, "celui qui avait encore le sens du sacré" estime Antoine Pierron.

"Nous ne sommes pas contre la messe ordinaire, nous y assistons même parce que nous n’avons pas d’autre choix. Mais avec elle, nous ne savons jamais à quoi nous attendre. Ça va du grand spectacle, presque aux incantations vaudous, jusqu’à une forme relativement traditionnelle. La messe en latin, c’est la même partout, le symbole de l’unité et le rappel de ce qui s’est passé sur la croix."
[...]
À Cognac, on argue qu’il y a "d’autres priorités dans la vie d’un prêtre". "Notamment aller voir les gens qui ont besoin de nous, dans les maisons de retraite ou ailleurs, des endroits de solitude où l’on ne va pas assez", explique le père Baudoin de Beauvais.

Au milieu d’une réponse un peu "langue de buis" sur les bords, comme diraient joliment ses détracteurs, l’évêque académicien, Claude Dagens, relativise de son côté le nombre de traditionalistes
"Ce que je constate, c’est qu’en 2008, quand j’avais autorisé l’ancien curé de Genac à dire la messe en latin, ils étaient cent fidèles la première année. Plus que quarante la deuxième. Et plus que dix la troisième. Le prêtre a souhaité arrêter, je lui ai dit oui." [Voir la réflexion de Paix liturgique sur l’affaire de Genac].
[...]
En filigrane et plus ou moins par sous-entendus, Mgr Dagens confesse en fait l’inquiétude que les demandes de messes en latin ne cachent autre chose. Selon ses mots, "une souffrance individuelle qui peut trouver une réponse autrement". Et surtout, une récupération, politique ou idéologique. "Je me demande si d’autres stratégies ne seraient pas à l’œuvre, qui elles, feraient d’abord valoir des rapports de forces conscients ou inconscients", écrivait-il dès 2007.

L’évêque voit d’un mauvais œil l’arrivée dans le débat de Paix liturgique. Une "association de catholiques" plutôt opaque qui a mené la vie dure à son homologue de Nanterre entre 2001 et 2005, jusqu’à ce qu’il cède finalement sur le premier Motu Proprio de 1988. Depuis, Paix liturgique ne se revendique plus que "simple soutien aux demandes". Pourtant, la messe est loin d’être dite.


(1) Plus qu’autorisé à dire une messe en latin, l’abbé René Valtaud y avait été fortement encouragé par Mgr Dagens. Il avait accepté sans conviction, persuadé que c’était "revenir en arrière". L’homme d’Église déclarait à l’époque : « L’évêque ne me l’a pas imposé, mais on va dire qu’il a fait en sorte que je ne refuse pas. De toute façon, aucun autre prêtre ne voulait y aller ! »
[Note de Paix Liturgique : cette affirmation est tout à fait inexacte ; bien peu de prêtres désireux de célébrer la forme extraordinaire osent se mettre en conflit avec leurs autorités, surtout quand l’hostilité de l’évêque du lieu est connue, comme c'est le cas à Angoulême.]

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1) Intervenant après son confrère et concurrent Sud-Ouest, qui avait consacré trois articles consécutifs à la non-application du Motu Proprio à Cognac, La Charente Libre a choisi de traiter la question en une seule fois à l’issue d’une enquête très complète. Ainsi, en plus de l’article cité ci-dessus, les lecteurs ont eu droit à une chronologie complète de la crise de l’Église débutant avec les réformes conciliaires et à un encadré consacré à Paix liturgique ». Vous pouvez accéder à l’intégralité de l’enquête en cliquant ici.

Il est étonnant mais significatif qu’un média régional de cette importance se penche avec autant de soin et de rigueur sur une question qui n’a que les apparences d’être marginale : à peine un Français sur 10 se déclare catholique pratiquant, mais 1 catholique pratiquant sur 3 est favorable à cette forme de messe. En outre, probablement comme ses confrères de Sud-Ouest, le journaliste de La Charente Libre a été surpris des difficultés manifestées par l’évêque pour fournir des explications claires à sa position, et comme on le sait, tout bon journaliste trouve son grain dans les embarras d’un homme de pouvoir. C’est d’ailleurs sur le terrain des préjugés idéologiques que se conclut l’article de Benoît Caurette.

2) Dans l’encadré qu’elle consacre à Paix liturgique, La Charente Libre cite les sondages que nous réalisons ce qui est suffisamment rare pour que nous le relevions, puisqu’aucun média national et surtout aucun média catholique n’a jamais jugé utile de s’y intéresser ! Rappelons que d’une façon concordante dans l’espace et dans le temps, les résultats de ces sondages font apparaître qu’au moins un pratiquant sur trois assisterait à la forme extraordinaire de la messe si celle-ci était proposée dans sa paroisse, dans un bon esprit, à un horaire familial.

Cela n’empêche pas Mgr Dagens de relativiser « le nombre de traditionalistes dans son diocèse ». Mais c’est précisément là que le bât blesse. Car ce que disent ces sondages, ce n’est pas qu’il y a 34% de « traditionalistes » parmi les pratiquants mais que 34% des pratiquants aspirent à renouer avec une tradition liturgique et spirituelle dont ils ont été abusivement privés depuis 40 ans. Or, comme nous le répétons souvent, parmi ces fidèles une infime minorité seulement exprime leur préférence à haute voix, l’immense majorité demeurant silencieuse, une revendication de ce type nécessitant un « investissement » psychologique trop important pour le commun des fidèles.

Si Mgr Dagens avait accordé à ces silencieux des conditions de culte dignes et justes au lieu de les marginaliser comme il l’a fait à Genac, jamais une minorité n’aurait commencé à s’organiser pour réclamer ce que le Saint Père a accordé, en droit et en charité, à l’ensemble des fidèles de l’Église latine.

3) Mais il y a plus grave : le fait que, tout en prenant soin de ne pas s’exprimer directement, Mgr Dagens justifie l’ostracisme dont sont victimes les fidèles Summorum Pontificum de Charente par des considérations idéologiques et politiques est d’un anachronisme déroutant. Se rend-il compte que c’est ainsi toute la crédibilité de ses prises de position en matière d’œcuménisme, de dialogue interreligieux et de tolérance qu’il engage ? Comment croire à la sincérité d’un évêque qui non seulement refuse un droit légitime à ses fidèles mais aussi tout simplement de les rencontrer pour en discuter?

Faut-il considérer qu’au lendemain de la retraite de Mgr Rouet, Mgr Dagens – qui vient de faire la Une de Golias pour l’« oxygène » qu’apporteraient ses prises de position politiques –, veuille aujourd’hui s’affirmer comme le chef de file de l’aile gauche de l’Église de France?

4) Cinq ans après l’entrée en vigueur du Motu Proprio Summorum Pontificum, l’affaire de Cognac, et plus largement la situation dans le diocèse d’Angoulême, montre bien que les « vieilles blessures » sont encore vives là où nos pasteurs sont incapables de les panser voire les maintiennent volontairement ouvertes. Et, bien souvent, les fidèles, même les plus optimistes, ont commencé à cesser d’espérer que la réconciliation offerte et voulue par Rome puisse enfin voir le jour dans leur diocèse. Pourtant, comme l’affaire de Cognac finira par le démontrer, l’affirmation sereine et décidée du droit établi par notre Saint-Père Benoît XVI, demeure la voie la plus sûre pour que le cœur et la raison de nos pasteurs s’ouvrent enfin à une paix liturgique durable et fructueuse.

5) Donnons enfin des explications sur l’échec de la messe de Genac :

L’échec de « l’expérience de Genac » reste un argument fort, pour ne pas dire le seul, de Mgr Dagens pour justifier son refus à accorder une célébration « extraordinaire » aux environs de Cognac.
Voici, après enquête la reconstitution de cette pénible histoire :

1 - Les faits : en 2008 l’évêque aurait autorisé une célébration extraordinaire à Genac:

Parole d’évêque : « Ce que je constate, c’est qu’en 2008, quand j’avais autorisé l’ancien curé de Genac à dire la messe en latin, ils étaient cent fidèles la première année. Plus que quarante la deuxième. Et plus que dix la troisième. Le prêtre a souhaité arrêter, je lui ai dit oui ».

Notre principale interrogation : comment cela est-il possible sachant que partout en France lorsque sont accordés des célébrations "extraordinaires" le succès est toujours assuré, attirant dans un premier temps les convaincus, puis très vite la masse des silencieux qui en avait toujours rêvé sans jamais osé le dire et encore moins le demander ?

Mais s’il est vrai que bien des fidèles demandent à vivre leur foi catholique au rythme de la forme extraordinaire du rite romain, si l’on veut vraiment répondre à leur demande, il faut aussi – ce serait vrai pour une messe demandée par des fidèles portugais, malgaches ou italiens – au moins trois conditions de bon sens:
- Un horaire familial ;
- Une régularité qui permet l’enracinement de la communauté naissante ;
- Et surtout la présence d’un prêtre-célébrant loyal et bienveillant (en phase avec la célébration dont il est chargé).

Or le Père René Valtaud affirme qu’il n’était pas favorable à cette célébration et ne l’accepta qu’a contrecœur. Ce qui veut dire : soit qu’il a obéi du bout des lèvres à son évêque et qu’il s’en vantait, ce qui n’est pas très édifiant ; soit qu’il avait bien compris (ce n’était vraiment pas sorcier…) que l’évêque lui-même n’accordait cette messe qu’à contrecœur, et que l’abbé Valtaud savait comment il fallait « obéir » dans ce cas, à l’ecclésiastique. Qu’on nous pardonne cette remarque dans sa crudité : le coup du prêtre désigné par l’évêque pour dire une messe traditionnelle, alors qu’il est défavorable à la messe traditionnelle, on l’a fait mille fois dans le monde épiscopal français !

Il résulte donc de la déclaration de l’abbe René Valtaud citée par La Charente Libre, que plus qu’autorisé à dire une messe en latin, il y avait été fortement encouragé par Mgr Dagens. Il avait accepté sans conviction, persuadé que c’était « revenir en arrière ». L’homme d’Église déclarait à l’époque : « L’évêque ne me l’a pas imposé, mais on va dire qu’il a fait en sorte que je ne refuse pas. De toute façon, aucun autre prêtre ne voulait y aller ! »

2 – Le résultat ne pouvait être que celui que déplore Mgr Dagens : assistant à une messe dite avec un pareil enthousiasme, il eût fallu que les fidèles de Genac (comme les fidèles de bien d'autres endroits) soient des héros pour accepter de subir une pareille potion cultuelle, qu’on leur offrait de manière dégoûtée pour qu’ils s’en dégoûtent au plus vite. N’a-t-on pas vu, ici, un prêtre ainsi désigné par l’évêque se moquer des fidèles pour lesquels il célébrait en leur disant qu’il pourrait aussi leur faire le sermon en latin s’ils le voulaient, mais qu’ils n’y comprendraient rien ? N’a-t-on pas vu, ailleurs, le prêtre expliquer, lors de chaque messe, qu’il en avait par-dessus la tête de venir dire cette messe démodée, pour des fidèles qui refusaient d’évoluer ? Et ainsi de suite.

Et donc à Genac, ce qu’on voulait qu’il arrive arriva : leur patience épuisée, une partie des fidèles ont préféré retourner vers les lieux de messe proches de la fraternité Saint Pie X, où les pasteurs se montraient des pasteurs, et les silencieux se sont résignés à retourner dans leurs paroisses « ordinaires ».

Il n’y avait plus que 10 fidèles à Genac, dites-vous, Monseigneur ? Soyons sérieux : partout ailleurs, lorsque des messes extraordinaires sont dites dans des paroisses accessibles par des prêtres qui sont heureux de les dire, ces églises sont pleines, les communautés qui s’y regroupent produisent de vocations, le catéchisme, les œuvres de jeunesse y fleurissent.

Et par ailleurs, les chiffres sont là, massifs : un tiers de pratiquants demandent implicitement cette messe. Un tiers des catholiques pratiquants du diocèse de Mgr Dagens sont des demandeurs implicites. Quant aux demandeurs explicites du diocèse de Mgr Dagens, ils n’ont nullement baissé les bras. Comme le dit La Charente Libre : au diocèse de Mgr Dagens, « la messe est loin d’être dite ».

Nota Bene : Contrairement à ce que nous avions écrit initialement dans notre lettre 286, le prêtre de 87 ans ayant célébré la messe à Genac en 2008 est toujours vivant. Nous n’avions pas connaissance de son nom à l’époque et avions repris l’information qui nous avait été transmise sans pouvoir la vérifier, ce que nous regrettons d’autant plus qu’elle a été reprise ensuite par Sud-Ouest. Nous présentons donc nos plus vives excuses au père Valtaud et avons bien entendu corrigé le texte sur notre site.

[Présent] Entretien avec Thomas Murphy, porte-parole officiel du pèlerinage international du 3 novembre à Rome

SOURCE - Présent - Thomas Murphy - 28 août 2012

— Thomas Murphy, vous êtes le porte-parole officiel du Cœtus internationalis pro Summorum Pontificum : quel est l’objectif de ce comité ?
— Le Cœtus Internationalis rassemble différents groupes de fidèles qui œuvrent chacun avec leur propre style à la promotion du motu proprio Summorum Pontificum. Faire travailler ensemble ces groupes et les unir dans la charité est notre première action. Notre objet, c’est l’organisation d’un pèlerinage à Rome lors du week-end de Toussaint.
Nous profitons de l’Année de la Foi et du cinquième anniversaire de Summorum Pontificum pour inviter les associations, les groupes et les mouvements de fidèles d’Europe et du Monde entier à se joindre à nous à Rome pour exprimer leur soutien au Saint-Père et le remercier pour sa « Magna Carta » libérant la liturgie grégorienne. Nous lançons un appel à tous les fidèles pour affirmer ensemble notre foi catholique et notre fidélité au Souverain Pontife ainsi que pour exprimer notre conviction que la liturgie traditionnelle latine est un instrument parfaitement adapté à la Nouvelle Evangélisation, notamment par son attrait sur la jeunesse et son universalité.
 
Pour ce faire, le pèlerinage aura comme point d’orgue la célébration d’une messe pontificale selon la forme extraordinaire du rite romain le samedi 3 novembre, à 10 heures, en la basilique Saint-Pierre, le cœur battant du catholicisme.
— Quels sont les mouvements adhérant à l’initiative ?
— La liste augmente de jour en jour. Nous publierons une première liste le 10 septembre, à l’occasion de la présentation officielle du pèlerinage. Certains groupes méritent toutefois d’être d’ores et déjà mentionnés comme la Fédération internationale Una Voce, dont je suis par ailleurs le secrétaire général, et qui a donné une forte impulsion au Cœtus Internationalis. Les associations membres de notre fédération à travers les cinq continents sont à l’œuvre dans le Cœtus Internationalis, et en particulier Una Voce Italie.
Une contribution importante est donnée par le tout nouveau Cœtus Nationalis pro Summorum Pontificum (CNSP) qui fédère au niveau italien de nombreux groupes de fidèles, y compris certaines de nos associations locales Una Voce. Je tiens aussi à citer tout particulièrement la très reconnue et expérimentée association Notre-Dame-de-Chrétienté, organisatrice du pèlerinage de Chartres, ainsi que la Fœderatio Internationalis Juventutem, mouvement de jeunesse très actif lors des JMJ, qui ont toutes les deux confirmé leur adhésion au Cœtus Internationalis ces derniers jours.
Le soutien de tous ces groupes et mouvements est essentiel dès lors que l’on souhaite créer une unité dans la charité et une coopération efficace entre les acteurs pro Summorum Pontificum en vue d’exprimer avec force nos remerciements et notre fidélité au Saint-Père lors du week-end de Toussaint. J’en profite pour insister sur le fait que le Cœtus Internationalis est ouvert à tout groupe adhérant au motu proprio Summorum Pontificum.
— Avez-vous d’autres détails sur le déroulement du pèlerinage, comme par exemple le nom du célébrant ?
Disons que nous travaillons de notre mieux à cette organisation pratique nonobstant la sacrosainte trêve estivale romaine. Nous annoncerons le nom du célébrant le 10 septembre.
Sachez d’ores et déjà qu’en plus de la messe pontificale à Saint-Pierre, nous encourageons tous les groupes de pèlerins qui viendront à Rome à en profiter pour organiser une cérémonie ou un rassemblement propre durant ce week-end de Toussaint. A cet effet, notre chapelain, l’abbé Claude Barthe, auteur de nombreux livres et d’articles sur les questions liturgiques et romaines, fera la liaison entre les fidèles et le clergé présent à Rome pour l’occasion.
Toutes les organisations intéressées peuvent dès à présent contacter notre secrétaire à l’adresse cisp@mail.com ou moi-même à secretary@fiuv.org.
— Vous présentez officiellement le pèlerinage le 10 septembre, soit à peine huit semaines avant la messe du 3 novembre. Le délai est court pour une telle entreprise : vous êtes-vous fixé un objectif numérique de pèlerins ?
— Incontestablement, les délais sont courts. Cependant, beaucoup de travail a été fait discrètement en amont par le Cœtus Internationalis. Notre ambition est de rassembler de 3 000 à 4 000 pèlerins du monde entier.
— A titre personnel, vous êtes aussi secrétaire général de la Fédération internationale Una Voce. Quel rôle joue la FIUV dans ce pèlerinage et quelle place ce pèlerinage tient-il dans ses activités ?
— Plus ancienne organisation de laïcs œuvrant pour la préservation de la liturgie latine traditionnelle, la Fédération internationale Una Voce a été impliquée dans le projet dès le début. Notre réseau d’associations et de fédérations présentes dans 33 pays attache une grande importance à la coopération et à l’unité dans la charité. Il était naturel pour nous d’être l’un des premiers et solides piliers du Cœtus Internationalis.
Notre fédération vient déjà à Rome tous les deux ans pour y tenir son assemblée générale (la prochaine est pour fin 2013) mais il nous a semblé important de faire un effort particulier pour marquer les 5 ans du motu proprio Summorum Pontificum et manifester notre fidélité au pape dans le cadre de l’Année de la Foi. Le pèlerinage de Toussaint est une occasion idéale d’accomplir ce que les catholiques ont toujours fait: se rendre en pèlerinage sur le tombeau des apôtres et affirmer publiquement leur fidélité au Saint-Père.
La singularité du Cœtus Internationalis, et cela devrait toucher tous ceux qui soutiennent Summorum Pontificum, c’est qu’il est à l’écart des divisions. C’est juste un acte d’amour de la part de toutes les âmes qui, au sein de tant de réalités catholiques différentes, souhaitent permettre au plus grand nombre d’exprimer visiblement leur Foi et leurs sentiments de gratitude et de fidélité. A tous ceux qui partagent notre foi catholique, notre gratitude pour le motu proprio et notre fidélité à Benoît XVI, à tous les lecteurs, je dis juste : «Venez avec nous à Rome!»

27 août 2012

[Brian M. McCall - The Remnant] Un point de vue sur la Déclaration du Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - Brian M. McCall  - The Remnant - version française par La Porte Latine - 27 août 2012

Notre joie devant cette clarté - La revue américaine The Remnant du 27 août 2012 a publié ce commentaire de Brian M. McCall, professeur de Droit, sur la Déclaration du Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X.
La Déclaration finale du Chapitre général indique clairement que la Fraternité Saint-Pie X reconnaît l’autorité du Pape, ce qui la situe à l’opposé de presque tout le reste des membres actuels de l’Eglise qui ont tendance à nier ce principe et à favoriser, au contraire, la collégialité démocratique.
Dans ma lettre ouverte aux évêques de la Fraternité Saint-Pie X, datée du 15 mai 2012, (et publiée par The Remnant dans son édition du 15 juin 2012), j’avais fait remarquer que je m’étais jusqu’à alors abstenu de tout commentaire sur les discussions en cours entre le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X. La raison en était que, depuis les neuf derniers mois, les détails de ces discussions étaient maintenus dans la confidentialité. Afin de tenter de minimiser les pressions extérieures, les deux parties avaient préféré garder confidentiels les différents éléments des documents échangés. Ces derniers mois, qui ont vu une série de fuites d’informations confidentielles, ont mis en évidence la prudence d’une telle initiative.
 
Cependant, à la suite du Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X, nous disposons désormais d’informations précises sur la position de la Fraternité Saint-Pie X (mais pas sur celle du Vatican) sur les questions principales. La Déclaration finale est un modèle de langage précis et clair. Une lecture attentive nous permet d’avoir une bonne compréhension de la position de la Fraternité Saint-Pie X, qui se révèle être la même que celle de son fondateur, Mgr Lefebvre. Je pense qu’un jour cette Déclaration finale sera considérée d’une importance égale à celle de la Déclaration de 1974. Elle dissipe en tout cas beaucoup de rumeurs et de mythes qui se sont répandus comme la peste, depuis des semaines, sur internet.
 
Les points suivants se dégagent de la Déclaration du Chapitre général :
La Fraternité Saint-Pie X est unifiée sur sa mission
Le diable semble avoir concentré ses efforts ces derniers temps pour tenter de harceler la Fraternité Saint-Pie X de l’extérieur et de l’intérieur. Ses ennemis ont ainsi tenté de semer la division et la discorde. Certains, peut-être inconsciemment ou mus par une bonne volonté apparente, pensant parfois qu’ils tentaient d’aider la Fraternité Saint-Pie X, ont créé un climat de peur et d’instabilité. C’est en réponse à cette escalade émotionnelle que j’ai écrit aux quatre évêques depuis Rome en mai dernier. Ma demande était la suivante : qu’une réunion des dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X ait lieu publiquement pour rassurer les prêtres et les fidèles démontrant ainsi que, tout en maintenant la nécessité d’un débat franc et ouvert, ils se retrouvaient tous sur le fondement des principes catholiques qui ont donné naissance à la Fraternité Saint-Pie X.
 
Le Chapitre général a répondu à ce besoin et devrait désormais rassurer les prêtres et les fidèles sur le profond sentiment d’unité entre ses dirigeants. Le Supérieur général s’est ainsi entretenu avec les évêques, les supérieurs de District et les membres les plus anciens de la Fraternité Saint-Pie X et a conclu qu’après « une discussion franche », les doutes et les incompréhensions ont été « dissipés » (voir l’entretien avec Mgr Bernard Fellay, DICI n°258 du 20/07/12). Ainsi, comme le fait savoir la Déclaration du Chapitre général, « nous avons retrouvé notre union profonde en sa mission essentielle : garder et défendre la foi catholique, former de bons prêtres et œuvrer à la restauration de la chrétienté. » (DICI n°259 du 10/08/12).
 
Au milieu de tous les communiqués diplomatiques et manœuvres du Vatican, le Chapitre a humblement reconnu qu’il est facile de s’y perdre (comme beaucoup d’entre nous l’ont compris au cours des neuf mois écoulés). Cette reconnaissance permet de dissiper le nuage de confusion qui a fait naître toutes les dernières difficultés.
 
La meilleure façon de surmonter la confusion est la manière catholique : revenir aux principes de base et aux objectifs. La Fraternité Saint-Pie X a ainsi rétabli le lien profond de son unité fondée sur la triple mission de son fondateur, Mgr Lefebvre : la défense de la foi, la formation des prêtres et le combat pour le Christ-Roi. Malgré l’importance de la régularisation canonique de la Fraternité Saint-Pie X qui lui permettrait de retrouver, en toute justice, sa légalité, la Déclaration précise que cet objectif n’est pas sa raison d’être. Que ce tort soit réparé un jour ne serait que légitime, mais il est seulement accidentel à la mission première de la Fraternité Saint-Pie X, qui n’est rien d’autre que d’offrir ces trois présents à l’Eglise, pour le bien de l’Eglise. Une adhésion aussi claire à ses fondamentaux devrait inciter tous les observateurs, de l’intérieur comme de l’extérieur, à constater que les nuages des neuf derniers mois se sont dissipés.
La Fraternité Saint-Pie X professe son adhésion entière à l’Eglise catholique et à la Rome éternelle, mère et maîtresse de vérité
Tandis que les responsables actuels des diocèses, des universités et des instituts religieux éructent erreurs et hérésies presque chaque jour et partout dans le monde, il n’y a que de la Fraternité Saint-Pie X qu’on exige une profession publique de la foi catholique. Or, la simple assertion « Je crois toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre sainte Eglise » paraît être devenue l’objet d’un important fatras de manœuvres diplomatiques de la part du Vatican, lequel a envoyé des signes contradictoires sur l’interprétation qu’il faut en faire. Il semble que le Saint-Siège ait tenté de plaire à tous, aussi bien à ceux qui critiquent Vatican II qu’aux progressistes profondément attachés… ». La Fraternité Saint-Pie X a purifié cette atmosphère diplomatique en publiant une profession de foi simple, usant d’un vocabulaire et d’un style tout à fait traditionnels :
 
(Nous réaffirmons) notre foi dans l’Eglise catholique et romaine, seule Eglise fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ, en dehors de laquelle il n’y a pas de salut ni de possibilité de trouver les moyens qui y mènent ; dans sa constitution monarchique, voulue par Notre Seigneur, qui fait que le pouvoir suprême de gouvernement sur toute l’Eglise revient au pape seul, vicaire du Christ sur terre ; dans la royauté universelle de Notre Seigneur Jésus-Christ, créateur de l’ordre naturel et surnaturel, auquel tout homme et toute société doivent se soumettre. (DICI n°259 du 10/08/2012).
 
Ce passage exprime vraiment tout dans une parfaite clarté et fait office d’une profession de foi particulièrement adaptée à notre temps. Il réaffirme en particulier les trois dogmes les plus attaqués à notre époque : « Extra Ecclesiam nulla salus, hors de l’Eglise, point de salut » ; la nature monarchique – et non collégiale – de l’Eglise ; la Royauté sociale du Christ à laquelle tous les hommes et toutes les nations doivent se soumettre et sans laquelle même la vertu naturelle et la paix sont impossibles. Ces trois dogmes sont effectivement refusés par la liberté (possibilité de salut ou d’éléments de salut hors de l’Eglise), l’égalité (déni de la règle hiérarchique donnée par le Christ) et la fraternité (gouvernement collégial de l’Eglise), promues par les partisans de Vatican II ou la « Révolution française dans l’Eglise », pour paraphraser le cardinal Suenens.
 
Au lieu de harceler Mgr Fellay pour qu’il signe un préambule doctrinal, le Vatican devrait exiger de chaque supérieur, président d’université et évêque qu’il signe la déclaration citée ci-dessus s’il souhaite conserver sa fonction. Je pense qu’en conséquence il y aurait quelques postes vacants !
 
Comment cette puissante réaffirmation de la foi se rapporte-elle à la question qui nous préoccupe, et au problème qui est à la racine de la crise actuelle – « au milieu d’une Eglise en pleine crise et d’un monde qui s’éloigne de jour en jour de Dieu et de sa loi » ? La Déclaration finale indique clairement que la cause de cette situation est à chercher à la fois dans les nouveautés du concile Vatican II et dans les changements pratiques qui ont suivi.
Pour toutes les nouveautés du concile Vatican II qui restent entachées d’erreurs et pour les réformes qui en sont issues, la Fraternité ne peut que continuer à s’en tenir aux affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise ; elle trouve son guide dans ce Magistère ininterrompu qui, par son acte d’enseignement, transmet le dépôt révélé en parfaite harmonie avec tout ce que l’Eglise entière a toujours cru, en tout lieu (DICI n°259 du 10/08/2012).
 
Ce passage est très soigneusement rédigé et doit être compris tel quel. Tout d’abord, il n’est pas dit que l’Eglise a officiellement promulgué des erreurs, cette affirmation reviendrait à nier l’infaillibilité de l’Eglise. On n’y rejette pas l’ensemble du Concile comme erroné, voire comme fauteur d’hérésie. On y affirme que la seule façon d’évaluer les « nouveautés » du concile Vatican II doit se faire à la lumière des « affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise ».
 
Remarquons bien qu’il est clairement établi dans cette Déclaration, que les erreurs ne se trouvent pas dans le Magistère de l’Eglise, mais que seules les nouveautés en sont « entachées ». La solution proposée n’est autre que celle de saint Vincent de Lérins, qui résiste à l’épreuve du temps depuis 1500 ans :
 
Dans l’Eglise catholique elle-même, il faut veiller soigneusement à s’en tenir à ce qui a été cru partout, et toujours, et par tous ; car c’est cela qui est véritablement et proprement catholique, comme le montrent la force et l’étymologie du mot lui-même, qui enveloppe l’universalité des choses. Et il en sera finalement ainsi si nous suivons l’universalité, l’antiquité, le consentement général. Nous suivrons l’universalité, si nous confessons comme uniquement vraie la foi que confesse l’Eglise entière répandue par tout l’univers ; l’antiquité, si nous ne nous écartons en aucun point des sentiments manifestement partagés par nos saints aïeux et par nos pères ; le consentement enfin si, dans cette antiquité même, nous adoptons les définitions et les doctrines de tous, ou du moins de presque tous les évêques et les docteurs. (Chapitre 4 du Commonitorium A.D. 434)
 
Plus tard, dans le même ouvrage, saint Vincent explique ce que cette règle signifie pour l’Eglise :
 
L’Eglise du Christ, elle, gardienne attentive et prudente des dogmes qui lui ont été donnés en dépôt, n’y change jamais rien, n’ajoute rien, n’enlève rien ; elle ne retranche pas ce qui est nécessaire, ni n’ajoute de superflu ; elle ne laisse pas perdre ce qui est à elle, ni n’usurpe ce qui est à autrui. (chapitre 25 du Commonitorium). 
 
De l’aveu même du pape, le concile Vatican II contient des éléments nouveaux. Et alors même que le Saint-Père souhaiterait que le cercle soit carré, en essayant de trouver des nouveautés en continuité avec leur contraire, la Fraternité Saint-Pie X ne fait que répéter ce que disait saint Vincent répondant à la question de savoir comment considérer les nouveautés : tenir à ce qui a toujours et partout été cru. En d’autres termes : « affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise ». C’est tout ce que nous pouvons faire face aux nouveautés qui ont été diffusées.
La Fraternité Saint-Pie X n’est pas schismatique
Depuis pratiquement le début de son histoire, il y a 42 ans, les ennemis de la Fraternité Saint-Pie X l’ont affublée de l’étiquette de « schismatique » afin de la discréditer. Habituellement, ceux qui utilisent ce terme peinent à le définir. Le schisme est un acte de la volonté. Etre schismatique signifie nier l’autorité du pape et des évêques unis à lui, et donc choisir de se couper de l’Eglise. Contrairement à l’état d’hérésie qui peut se produire sans en avoir l’intention, on ne peut involontairement devenir schismatique.
 
Il faut se couper de l’Eglise, consciemment et volontairement. La Déclaration indique clairement que la Fraternité Saint-Pie X reconnait l’autorité du pape (à la différence, de fait, de presque tout le reste de l’Eglise qui la nie en faveur de la collégialité démocratique). La profession de foi citée ci-dessus déclare expressément que « le pouvoir suprême de gouvernement sur toute l’Eglise revient au pape seul, vicaire du Christ sur terre ». Je mets au défi quiconque de trouver un exemple historique d’un schismatique reconnu qui a publiquement exprimé de tels propos. Il n’y en aura jamais aucun, cette affirmation étant tout le contraire de l’intention du schisme. On retrouve cette ferme volonté d’éviter le schisme dans la prière à Notre-Dame (à la fin de la Déclaration) :
 
« Qu’elle daigne garder dans l’intégrité de la foi, dans l’amour de l’Eglise, dans la dévotion au successeur de Pierre, tous les membres de la Fraternité Saint-Pie X et tous les prêtres et fidèles qui œuvrent dans les mêmes sentiments, afin qu’elle nous garde et nous préserve tant du schisme que de l’hérésie. »
 
Voici des paroles difficilement schismatiques !
 
Espérons alors que la calomnie contre la Fraternité Saint-Pie X cesse enfin.
Que va-t-il se passer à présent ?
Comment le Vatican va-t-il recevoir cette Déclaration, après avoir pris acte poliment de sa publication ? Il est encore difficile aujourd’hui de spéculer sur cette question. La Déclaration ne refuse pas d’autres réunions ou discussions avec le Vatican. Elle ne refuse pas toute régularisation canonique, mais déclare simplement que toute proposition nécessitera un vote délibératif du Chapitre général. Une exigence qui montre que l’unité de la Fraternité Saint-Pie X doit être maintenue dans le processus, ce qui est simplement une participation au caractère d’unité de l’Eglise.
 
Si le Vatican devait réagir par un retour de la persécution, en lançant par exemple de nouvelles excommunications, la clarté de cette Déclaration rendrait alors absurde l’attitude du Vatican. Pour quel délit la Fraternité Saint-Pie X serait-elle « excommuniée » ? Pour rester fidèle aux « affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise » ? Pour réaffirmer le dogme défini Extra Ecclesiam nulla salus ? Pour sa défense de la Royauté sociale de Notre Seigneur et son désir de voir se reconstruire la chrétienté ? Ses prêtres vont-ils être déclarés schismatiques pour avoir prié afin d’être préservés du schisme ? Une telle farce serait semblable à l’absurdité qui a été rapporté par The Remnant il y a plus de dix ans, quand un prêtre a tenté de faire arrêter l’abbé Michael McMahon (FSSPX) et ses étudiants pour avoir récité le chapelet dans une église catholique du Michigan. Comme les lecteurs s’en souviendront sûrement, la police ne pouvait pas comprendre comment un prêtre catholique devait être arrêté pour avoir récité une prière catholique dans une église catholique. Au bout du compte, c’est le prêtre progressiste qui a été ridiculisé.
 
La Déclaration prévoit tout de même cette possibilité de nouvelles persécutions. Le Chapitre général a exprimé le souhait de s’unir « aux autres chrétiens persécutés dans les différents pays du monde qui souffrent pour la foi catholique, et très souvent jusqu’au martyre ». Cette phrase exprime le pressentiment de nouvelles persécutions à venir et l’acceptation de les subir, si telle était la volonté de Dieu, afin d’en recueillir de plus grands fruits pour la foi.
 
Espérons toutefois que Dieu interdise une telle réaction désastreuse de la part du Vatican qui porte déjà la responsabilité de tant de blessures par des décennies de gestion imprudente. Quelle serait la réaction du clergé et des fidèles si le Vatican, qui permet le mépris pur et simple de la foi en tous lieux, menaçait de nouveau d’excommunier un petit groupe de prêtres pour ses intentions de vivre et de croire en suivant ce que les catholiques ont fait de tout temps ?
Si Benoît XVI veut vraiment favoriser la restauration de l’Eglise après la crise post-conciliaire, il devrait tout simplement reconnaître la beauté de cette profession de foi de la Fraternité Saint-Pie X et déclarer unilatéralement celle-ci en communion avec l’Eglise. Cela peut sembler impossible, mais rappelons que la Fraternité Saint-Pie X vient d’offrir une croisade de douze millions de chapelets pour l’Eglise. Rien n’est impossible à Dieu et Il ne peut refuser aucune demande faite par sa sainte Mère.
 
Source : The Remnant – traduction par nos soins – DICI n°260 du 14/09/12

25 août 2012

[Gentiloup - Forum "Un évêque..."] Les Supérieurs des 3 communautés amies sont allés dire à Mgr Fellay leur opposition au ralliement

SOURCE - Gentiloup - Forum "Un évêque..." - 25 août 2012

Les trois communautés amies concernées par le refus de Mgr Fellay, d'ordonner les séminaristes, sont les Capucins de Morgon, les Dominicains d'Avrillé et les Bénédictins de Bellaigue. Aussi scandaleux que soit ce refus, ce n'est pas ce qui est le plus stupéfiant de cette histoire.

Le plus grave est qu'il s'agit d'une sanction pour fidélité à la Tradition ou plus exactement d'une tentative de mise-au-pas ou plus prosaïquement encore d'une basse vengeance du petit pape de Menzingen!

En effet début mai 2012 les trois supérieurs des trois communautés sont parties dans le même véhicule pour rencontrer Mgr Fellay et lui faire part de leur désaccord à propos du ralliement. Fallait-il qu'ils soient bien déterminés! Honneur ne leur en a pas été assez rendu puisque cet événement est passé quasiment inaperçu!

Mgr Fellay avait déjà reçu auparavant la "Lettre des trois évêques", datée du 7 avril 2012, qui leur exprimait le même désaccord sur le ralliement.

Le Supérieur de la FSSPX qui avait avoué qu'en se ralliant il créait un risque de scission au sein de la Fraternité dont il a la responsabilité, loin de tenir compte de ces sages et concordants conseils, a préféré se venger. Comment interpréter ce refus d'ordinations autrement?

Alors que les deux derniers chapitres généraux de la FSSPX, celui de 2006 et celui d'Albano de 2011, avaient rappelé que tout accord canonique était exclus sans accord doctrinal préalable, Mgr Fellay, non seulement est passé outre en signant l'accord qui a été refusé par le cardinal Levada le 13 juin dernier, mais en plus il a sanctionné en bon autocrate, ceux qui avaient eu l'audace de lui rappeler ses engagements.
 
Il est vrai que de façon évidente, ce sont ces graves et importants désaccords au sein de la FSSPX quant au ralliement, qui ont motivé le refus par le Pape, de la signature de Mgr Fellay le 13 juin 2012!

Quelle que soit l'ampleur du scandale dénoncée à juste titre par INRI, d'un pouvoir usurpé par Mgr Fellay, le comble de ce scandale est atteint par la sanction pour cause de refus de ralliement et donc de trahison!
 
Que ces communautés aient essuyé ce coup bas est une médaille épinglée à leur tableau d'honneur.
 
Leur plus grand mérite est de continuer à ne pas céder à ce chantage honteux!

Gentiloup

[Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison] Qui est infecté?

SOURCE - Mgr Williamson, fsspx - Commentaire Eleison - 25 aout 2012

L’un de mes proverbes préférés vient de Chine: «L’homme sage s’accuse lui-même, le sot accuse les autres». Non pas que les autres ne soient jamais en faute, bien sûr, mais en général, je ne peux faire que peu ou rien pour modifier leur conduite, tandis que je suis, du moins en théorie, maître de la mienne. Comme le dit «L’Imitation de Jésus-Christ»: nous pensons rarement avec profit aux péchés d’autrui, mais toujours avec profit à nos propres péchés.

Cette antique sagesse me vient à l’esprit à l’occasion de la lettre d’une lectrice du « Commentaire Eleison » (#263) dans laquelle elle se lamente de « l’infection Conciliaire» qu’elle pense observer dans les Messes de la Fraternité SPX aux Etats-Unis, telles qu’elles sont célébrées par les prêtres et suivies par les fidèles. Si le résumé suit ici de ses observations plutôt sombres, ce n’est pas pour en assommer les prêtres ni les fidèles, mais pour suggérer à chacun d’entre nous l’examen de notre propre conduite.

D’une façon générale, elle dit que cette «infection Conciliaire» s’est peu à peu répandue dans les chapelles de la Fraternité SPX depuis quelque temps. Elle va jusqu’à dire que la situation est en train de se détériorer, qu’elle est pratiquement désespérée et que le mal est déjà fait. C’est comme si le Latin a pris plus d’importance que la Foi, comme si, dès que la Messe de St Pie V est dite en Latin, tout est parfait. Pour ne pas avoir compris – ou ne pas se rappeler – ce qu’est réellement la Messe, les fidèles se contentent de faire acte de présence. Nombreux sont ceux qui assistent à la Messe d’une façon distraite, ce qui les amène à recevoir la Sainte Communion d’une manière irrespectueuse, tout comme dans la Nouvelle Ég lise.

Elle reproche aux prêtres de ne pas avoir suffisamment expliqué aux fidèles ce que sont la Foi et la Messe. Quant aux sermons, elle se demande parfois si les prêtres comprennent ce qu’ils prêchent. Elle a l’impression des fois que les idées personnelles du prêtre et le contexte du sermon en général ont un relent Conciliaire. Les règles liturgiques ne sont pas respectées, l’observation des rubriques est irrégulière, le Canon de la Messe est apte à être lu de façon trop rapide. Bref, elle ne serait pas surprise de voir un certain nombre de prêtres et de fidèles de la Fraternité SPX disposés à rejoindre la Nouvelle Église si tant est qu’ils ne lui appartiennent pas virtuellement déjà.

Certes, personne de sérieux n’affirmerait que cette description plutôt sombre se rapporte à l’ensemble des Messes de la Fraternité SPX, mais la corruption de notre époque est tellement forte qu’une détérioration comme celle qu’elle évoque est par trop normale. Cette corruption pèse sur les prêtres comme sur les fidèles, en sorte que tous nous devons observer avec attention si elle ne nous gagne pas petit à petit. Ainsi que Sœur Lucie de Fatima l’a dit dans les années cinquante, les fidèles ne peuvent plus compter sur le clergé pour faire tout le travail de les hisser au Ciel. Cela n’a jamais été possible en réalité, mais une «obéissance» paresseuse reste encore aujourd’hui une tentation commune. Donc si les fidèles veulent être menés par de bons prêtres , et s’ils ne veulent pas que la Fraternité devienne Conciliaire, ils doivent contrôler leur propre maison pour la mettre en ordre – par exemple, de quelle façon moi-même et ma famille participons-nous à la Messe?

Quant à nous autres prêtres, n’oublions pas le redoutable avertissement du prophète Ezéchiel (III,17-21) adressé aux pasteurs: Si les pasteurs disent au peuple qu’il pèche et que le peuple continue de pécher, Dieu châtiera le peuple mais Il ne rejettera pas la responsabilité sur les pasteurs. Au contraire, si le peuple pèche et que les pasteurs ne lui reprochent pas ses péchés, alors ce sont les pasteurs que Dieu rendra responsables des péchés du peuple. «Parce que voici le temps venu où doit commencer le jugement par la maison de Dieu» (I Pierre, IV,17).

C’est pourquoi il dépend de chacun de nous de faire ce qui est en notre pouvoir pour empêcher que la Fraternité SPX soit victime de «l’infection Conciliaire». Chose aujourd’hui plus facile à dire qu’à faire, mais comme le dit Saint Paul (I Cor.IV,3-5), examinons nos propres péchés. C’est Dieu qui juge.

Kyrie eleison.

24 août 2012

[Paix Liturgique] Un exemple de bienfaisance pastorale: l'Ile d'Yeu

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 349bis - 24 août 2012

C'est avec joie que nous reproduisons ci-après un message plein d'Espérance d'un de nos amis de l'Ile d'Yeu.

"Ce mois d'août, avec la grâce de Dieu et sous l'action du Père de Frileuze, curé de l'ile d'Yeu depuis un an, la Messe selon la forme traditionnelle a été célébrée tous les dimanches du mois et le 15 août dans l'île.

La population permanente de l'île est d'environ 5000 âmes et les lieux de culte y sont nombreux. On y compte deux églises principales, Notre-Dame du Port et l’Eglise de Saint-Sauveur ainsi que trois chapelles de moindre importance, la chapelle de la Meule, dédiée aux marins, Notre-Dame de la Paix, chapelle récente construite en 1944, et la petite chapelle du Père de Monfort qui prêcha retraite à l’Ile d’Yeu. Or, bien qu'en saison la population soit multipliée par six, les trois chapelles ne sont presque jamais utilisées le dimanche et il est déjà arrivé qu'y soit occasionnellement célébré des messes " Extraordinaires" devant une centaine de fidèles.

C'est dans ce contexte que quelques familles, profitant de la présence dans l'île de l’abbé de Saint Rémy de l'Institut du Bon Pasteur, ont pris contact au début de l'été avec le curé de l'île. Elles l'ont interrogé sur la possibilité de célébrer une messe selon la forme extraordinaire dans l'une des églises de l'Ile d'Yeu, en pleine union avec la pastorale de la paroisse. Le Père curé, soucieux de multiplier les offres de Messe dans l'île et de répondre à un besoin réel des fidèles, accéda volontiers à leur demande.

C'est ainsi que Notre-Dame de la Paix fut le lieu de ce beau rassemblement qui vit plus de 50 personnes à la Messe du 15 août, sans publicité aucune. la Messe fut chantée en grégorien, avec Kyriale et propre de cette fête. Quel beau succès dû à l’intelligence pastorale d’un curé qui accepte pleinement son rôle en faveur de l'Unité et de la réconciliation !
Ce curé bienveillant fonde d’ailleurs son nouvel apostolat sur une restauration du sacré et l’ouvre à d’autres initiatives toutes destinées à revivifier l’évangélisation. Ainsi la procession publique du 15 août qui débuta par le Veni Creator et où l’ont pu voir le Curé revêtu d’une belle chasuble dorée, ce qui n’avait plus cours sur l’île depuis longtemps. Là n’était pas le seul point de rassemblement des pratiquants de l’une et l’autre des deux formes du rite : ce dernier week-end, les reliques de Sainte Thérèse furent bien sûr l’objet de la vénération de tous.

De façon plus large c’est tout l’apostolat catholique qui se manifeste désormais à Yeu sous l’égide de Monseigneur Castet et du curé de l'ile. Ne citons qu’un exemple : le rassemblement de plus de mille personnes pour une Messe en plein air en juillet lors d’une des nombreuses visites de l’Ordinaire.

Nous ne doutons pas que le Père de Frileuze aura trouvé en son nouveau ministère l'occasion de mettre en œuvre cette belle pastorale riche et diversifiée qui, nous l’espérons, sera pour lui une source de joie sacerdotale, après les déboires qu’il a subis antérieurement… en Yvelines. Est-il permis de se demander si le changement de diocèse est cause de ce beau rayonnement et de cette Paix retrouvée ?"

LES REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1 - Bienveillance et charité.

C'est toujours une joie pour Paix liturgique de voir s'instaurer la paix et la réconciliation dans une paroisse ! Et nous savons que cela met un peu de baume au cœur de tous ceux qui se voient perpétuellement mal aimés, rejetés, humiliés, et que cela permet de redonner une lueur d'Espérance surnaturelle à ceux qui n'espèrent plus rien de leur pasteur et ne veulent plus leur accorder leur confiance… ni leur générosité

2 - Il faudrait si peu !

C'est aussi une joie de voir que la paix et l'unité sont a portée de main… comme nous l'avons répété mille fois : il faudrait si peu ! Si peu pour retrouver l'unité, si peu pour réunir tous les catholiques, si peu pour se lancer tous ensemble au service de la Nouvelle Evangélisation. Nous en voyons un autre bel exemple dans le diocèse de Luçon où de nombreux signes attestent de cette grandeur d'âme des pasteurs.

3 - La " Nouvelle" Grande peur des bien-Pensants.

Comment comprendre le blocage de tant de prêtres, bons et bienveillants, qui n'osent pas même tenter des expériences qui pourtant éclaireraient toutes les personnes de bonne volonté sur les désirs réels des fidèles, et qui se soumettent avec angoisse aux terrifiants "bien-pensants" qui occupent trop souvent " en propriétaires" le gouvernement des paroisses, parfois d'ailleurs avec le soutien actif des ordinaires légitimes ? L'exemple courageux du curé de l'ile d'Yeu qui ose agir selon les vœux du Saint Père démontre que ces craintes doivent être balayées. Souvent elles ne sont fondées sur aucune réalité et ne servent qu'à étouffer la voix des fidèles demandeurs qui souhaitent simplement que les paroisses redeviennent ce qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être : des cellules d'Eglise riches de charismes divers et plurielles dans les sensibilités légitimes de l'unique Eglise du Christ. N'en déplaise aux "bien -pensants" !

[Disputationes theologicae] Accord (pratique) Rome-Ecône: on blaguait vraiment!

SOURCE  - Disputationes theologicae - 24 août 2012

Il est peut-être temps de démythiser le lieu commun selon lequel les traditionalistes sont de rigides béguins incapables de facéties hilarantes. Au contraire, il semblerait vraiment que lorsque la FSSPX parlait d’« accord pratique » impossible sans la préalable conversion de Rome, elle était en train de blaguer. Il se peut qu’avec ces « mensonges joyeux », la FSSPX ait voulu souligner toute sa catholicité, se proclamant fille de l’allégresse romaine d’un Saint Philippe Néri plutôt que de la froide rigueur d’un Cardinal de Bérulle ou, pire encore, d’un Saint-Cyran. Maintenant en effet la blague est dévoilée, mise noir sur blanc par le Chapitre Général, qui a juste oublié de reconnaître qu’il a effectué un demi-tour complet et que la Déclaration de 2006, approuvée à l’« unanimité », était justement un « mensonge joyeux ». Selon la morale, des affirmations de ce genre ne peuvent être faites que si tous en saisissent la nature ironique (notre revue à vrai dire l’avait compris, c’est pourquoi elle avait écrit que les blagues de Mgr Fellay n’étaient pas à prendre trop au sérieux).  
 
L’alternative à cette « hypothèse de travail » serait que la FSSPX a réalisé que sa position officielle précédente était erronée et qu’elle a donc décidé de la corriger : en ce cas en soi, elle aurait bien fait, c’est du moins notre avis (en effet plusieurs collaborateurs de cette libre revue restèrent scandalisés par la Déclaration unanime de 2006) ; mais le silence de mort qui règne quant à un éventuel changement de direction nous empêche pour l’instant de l’envisager sérieusement.
Impossible… 
L’actuelle ère d’Internet ayant cette conséquence fâcheuse que la mémoire a plus que jamais besoin d’aide, reprenons certaines affirmations de la Fraternité que Disputationes avait commentées de façon critique. 
 
Voilà ce qu’affirmait la déclaration capitulaire de 2006, sans qu’aucune voix officielle ne se levât contre (exactement comme dans le camp des ralliés d’ailleurs) :
 « En effet, les contacts qu’elle (la FSSPX) entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour unique but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Eglise ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible accord purement pratique. Le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, « le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être et l’Eglise retrouvera une nouvelle jeunesse » »
 
Mgr Fellay avait dit pire dans la période de préparation dudit Chapitre:
 « En tout cas, il est impossible et inconcevable de passer à la troisième étape, donc d’envisager des accords, avant que les discussions n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise » (Fideliter n. 171, maggio-giugno 2006, pp. 40-41).
« En revanche, il est clair que nous ne signerons pas d’accord si les choses ne sont pas résolues au niveau des principes  (…)  Nous ne pouvons pas nous permettre des ambiguïtés…[L’accord]  serait bâti sur des zones grises, et qu’à peine signés, la crise resurgirait de ces zones grises. Il faudra donc, pour résoudre le problème que les autorités romaines manifestent et expriment de façon nette en sorte que tout le monde comprenne, que pour Rome il n’y a pas trente-six chemins pour sortir de la crise, il n’y en a même qu’un seul de valable : que l’Eglise retrouve pleinement sa propre Tradition bimillénaire. Du jour où cette conviction sera claire chez les autorités romaines, et même si sur le terrain tout est loin d’être réglé, des accords seront très faciles à réaliser » (Mgr Fellay, ibidem).
 
Il n’est pas possible que dans la FSSPX personne ne se souvienne combien de fois – alors que la situation était moins exaspérée – il fut répliqué à des argumentations favorables à l’accord (et même prudemment favorables), que tant que la cause (la crise doctrinale) ne serait pas changée, l’effet (l’impossibilité d’une situation d’accord) ne pourrait l’être non plus. Logique « tardo-guérardienne », à notre avis, mais appuyée – bien que de façon plus ambigüe – par Mgr Fellay lui-même, souvent implicitement avec des « déclarations à double sens », « suisses et pour cela neutres » (comme le disaient en privé des prêtres qui  sont encore aujourd’hui membres de la FSSPX), mais parfois même de façon plutôt explicite:
«Tant que les principes ne seront pas abordés, les conséquences continueront inéluctablement. Je dois dire que pour l’instant Rome ne semble pas vouloir remonter aux principes (…) C’est très simple : tant que Rome reste sur une telle position [œcuménisme et liberté religieuse, dont le prélat venait de parler], aucun accord n’est possible » (Mgr Fellay cité dans l’Editorial de Don Marco Nély, La Tradizione Cattolica, n. 2 (62) – 2006, p. 4).
…au contraire, possible. 
Dans la longue Déclaration du Chapitre 2012 (qui au moins, à la différence de la précédente, n’a pas été présentée comme exprimée à l’unanimité, mais, de façon plus générique, avec une empreinte de réconciliation interne), au sujet de la question de l’accord une note rapide a été formulée, l’unique peut-être qui pouvait trouver un large consensus, tout de suite suivie de considérations pieuses et édifiantes :
« Nous avons défini et approuvé des conditions nécessaires pour une éventuelle normalisation canonique [façon habile de donner une image de fermeté à ce qui est en réalité une marche-arrière, comme nous le verrons ; possibilisme qui devrait satisfaire les récents accordistes ndr]. Il a été établi que, dans ce cas, un chapitre extraordinaire délibératif serait convoqué auparavant [limitation qui au contraire devrait satisfaire l’autre aile, qui craignait un coup de main accordiste de Mgr Fellay ndr]. Mais n’oublions jamais que la sanctification des âmes.”
 
Cependant Rome a tout de suite laissé entendre qu’une telle Déclaration ne valait pas grand-chose,  affirmant officiellement (cf. Le communiqué du père Lombardi) qu’elle attendait un autre écrit. Et de fait, parut bientôt sur Internet un autre texte du Conseil – texte qui, théoriquement, aurait dû rester interne - qui a spécifié les conditions pratiques (ou plutôt très pratiques) qu’on a fait demander par le Chapitre comme « Conditions sine qua non que la Fraternité s'impose et qu'elle réclame des autorités romaines avant d'envisager une reconnaissance canonique ».
 
Ces conditions sont ainsi formulées :

1. Liberté de garder, transmettre et enseigner la saine doctrine du Magistère constant de l’Eglise et de la Vérité immuable de la Tradition divine ; liberté de défendre, corriger, reprendre, même publiquement, les fauteurs d'erreurs ou nouveautés du modernisme, du libéralisme, du concile Vatican II et de leurs conséquences;

2. User exclusivement de la liturgie de 1962. Garder la pratique sacramentelle que nous avons actuellement (y inclus : ordres, confirmation, mariage) ;

3. Garantie d'au moins un évêque.
 
Ce même document présente aussi des requêtes souhaitables, mais non nécessaires. Notons à ce propos que par rapport aux précédentes déclarations de Mgr Fellay, il est évident que le pouvoir de négociation  de la FSSPX a chuté de façon vertigineuse : la Fraternité doit aujourd’hui demander comme « souhaitable» l’exemption épiscopale pour ses chapelles, alors qu’une solution canonique sur le modèle de Campos lui avait été proposée par le Cardinal Castrillon Hoyos il y a seulement six ans. De façon étonnante cependant, l’ouverture manifestée envers un accord pratico-canonique semble suivre, au moins chez Mgr Fellay, un parcours inverse.
 
Et l’accord doctrinal ? L’accord pratique impossible, et même inconcevable? L’indispensable correction préalable des principes de la crise, avant toute solution de la question canonique ? Où sont-ils passés ? Ils ont disparus. Ce n’est pas par hasard qu’une voix  autorisée de la FSSPX a récemment affirmé que l’accord est en ce moment « impraticable » : en bonne logique aristotélico-thomiste, il est donc possible en soi. Et Mgr Williamson a pu commenter que l’accord doctrinal a tout simplement disparu dans le néant sans que cela ne soit déclaré :
 « En ce qui concerne les six Conditions pour n’importe quel éventuel accord futur entre Rome et la Fraternité, elles méritent un examen détaillé, mais qu’il suffise pour le moment de signaler que la demande faite en 2006 par le Chapitre Général de la Fraternité, à savoir qu’un accord doctrinal est indispensable avant tout accord pratique, paraît avoir été complètement abandonnée » (Mgr Williamson, Commentaire Eleison - 4 aout 2012).
 
Et les explications du changement ? Il n’y en a aucune trace. 
La victoire illusoire de la voie qu’on a voulu (préalables et astuces)
Notre revue – en cohérence avec la ligne exprimée par certains de ses rédacteurs avant-même sa fondation – a déjà exprimé sa position, laquelle pourra être consultée avec profit en lisant les articles sur ce sujet. Celle-ci avait provoqué des réactions incontrôlées, comme celles de commentateurs anonymes sur des sites récents, qui au nom d’un équivoque « œcuménisme de la Messe traditionnelle » ont une tendance "fourbesque" à penser qu’on puisse mettre de côté vérité et justice. Notre prise de position avait même provoqué des demandes de censure – particulièrement contre l’article « Accords Rome-Ecône : blaguait-t-on ?» - demandes qui nous ont été adressées sans que nous y donnions suite. Pour ne pas parler de la surdité intéressée de nombre d’opportunistes qui préfèrent se ruer sur des occasions favorables au lieu d’évaluer les raisons d’un choix : autre façon en plus de l’autoritarisme jacobin d’imposer sans argumentation une vision dictée par la commodité. 
 
La question que nous posons est donc celle-là : les développements des événements ne confirment-ils pas que les objections que nous avions essayé de poser – sans omettre des aspects tels que la complexité de la situation, les responsabilités de Rome, l’abondante présence (surtout en Italie) de problèmes de nature diverse voire opposée – étaient fondées?
 
Le risque de fractures dans la Fraternité Saint Pie X, qui en réalité a été un des obstacles à l’accord, a-t-il été réduit, ou n’a-t-il pas au contraire considérablement augmenté? Parce qu’il est évident que nous nous trouvons dans la deuxième éventualité, il est naturel de répliquer: certes, après une décennie d’interventions incessantes sur l’impossibilité de l’accord! « Qui sème le vent, récolte de la tempête » dit le proverbe…
 
De plus, comment Mgr Fellay peut-il aujourd’hui condamner sans gêne chez ses confrères ce que lui aussi disait (ou laissait entendre) jusqu’à hier ? Et si l’« impossible » et « inconcevable » d’hier a pu aujourd’hui devenir possible et concevable, les scandales ecclésiaux n’ayant pourtant malheureusement pas cessé ; alors quelle garantie y a-t-il que ce qui aujourd’hui encore reste impossible et inconcevable, ne devienne pas lui aussi possible et concevable demain ? 
 
Les divisions internes à la Fraternité Saint Pie X, trop niées hier, émergent aujourd’hui avec une force encore plus détonante : ce phénomène, qui découle en bonne partie du "tacticisme" de Mgr Fellay et de l’« histoire infinie » des interminables oscillations accord non/accord peut-être, ne risque-t-il pas – plus qu’un modeste (et reconnu comme tel) accord pratico-canonique réalisé dans les années où on le refusait – de détourner l’attention du problème non pas unique mais certainement principal, à savoir la crise dans l’Eglise ?  
«Un avantage pour toute l’Eglise»?
Est-il bien certain que la liaison, pour ainsi dire directe, de tout le “traditionalisme” à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ait été un bien? A ce propos : les fameux colloques doctrinaux Rome-Ecône, quel fruit ont-ils apporté ? On s’en souvient Mgr Fellay disait :
« Le but que l’on cherche à atteindre avec ces discussions doctrinales est une importante clarification dans l’enseignement de l’Église ces dernières années. En effet, la Fraternité Saint-Pie X, à la suite de son fondateur, Mgr Lefebvre, a de sérieuses objections au sujet du Concile Vatican II. Et nous espérons que les discussions vont permettre de dissiper les erreurs ou les graves ambiguïtés qui depuis lors ont été répandues à pleines mains dans l’Église catholique » (Mgr Fellay, Entretien du 19 septembre 2009 à Roodepoort, Afrique du Sud, Dici)
 
S’est-on au moins approché de l’objectif? La réponse est évidente pour qui n’est pas gouverné par l’esprit de faction : bien au contraire, au sujet du Concile Vatican II, Rome s’est plutôt durcie, en revenant en partie au climat des années soixante-dix. La chose est-elle vraiment si surprenante ? Quand Mgr Fellay déclare sur Internet, alors que les tractations étaient encore ouvertes, qu’en substance le Saint Siège a cédé face à la FSSPX sur le Concile, faut-il s’étonner que Rome – qui se trouve actuellement dans une situation fort délicate et qui a déjà « cédé » à la FSSPX sur les préalables et les discussions qu’elle exigeait– réagisse en faisant marche-arrière par rapport aux disponibilités dont il était précédemment question ? Faut-il s’étonner qu’elle se durcisse sur la vieille tendance à la dogmatisation du dernier Concile ?
 
Sur les triomphes de telles discussions doctrinales, laissons cependant parler un autre évêque de la Fraternité Saint Pie X :
« Pour me limiter à la « Note préliminaire » et au « Préambule doctrinal », je dois dire d’emblée qu’ils sont confus, équivoques, faux et mauvais pour l'essentiel. Même l’apparente ouverture à une critique du Concile est sibylline et rusée, un piège bien dressé (…). Ce document est substantiellement inacceptable. Il est pire que le Protocole de 1988, en particulier par rapport au Concile et au magistère postconciliaire » (Mgr de Galaretta, Document de réflexion suite à la rencontre d’Albano en octobre 2011)
 
A ce propos nous ajoutons que nous attendons avec impatience cette moisson de discussions doctrinales « de très haut niveau » (comme on disait aussi, à l’unisson avec Mgr Fellay, dans les milieux romains) dont on nous a promis qu’elle serait  publiée ; qu’elle soit mise sous les yeux de tous, afin que tous puissent en tirer un peu de cet avantage qui avait été promis « à toute l’Eglise ». En espérant que la publication promise ne soit pas renvoyée sine die par crainte de gêner d’éventuelles futures manœuvres – auxquelles Mgr Fellay s’est bien gardé de fermer la porte…quitte à attribuer l’initiative à des avances unilatérales de la part de Rome…
 
Passons sur les affirmations oscillantes de Mgr Fellay, spécialement entre mars et juin, mais déjà à partir de l’automne 2011 ; en revanche nous ne pouvons pas taire qu’en cette situation il nous semblerait un devoir de dire au moins une humble parole de vérité sur le demi-tour complet qui a eu lieu ; une humble prise de responsabilité, plutôt qu’un commode autoritarisme exercé hier sur les accordistes et aujourd’hui sur les anti-accordistes.
 
La rédaction de Disputationes Theologicae

23 août 2012

['INRI' - Forum "Un évêque..."] Le scandale perdure

SOURCE - 'INRI' - Forum "Un évêque..." - 23 août 2012

Pourquoi attendre et ne pas ordonner nos lévites capucins et dominicains ? A-t-on besoin de prêtres ? oui ou non ? Quand cessera cette humiliation ? Ce mépris devient insoutenable.

Les 4 évêques, sacrés par Mgr Lefebvre, ont reçu l’épiscopat dans le but d’ordonner des prêtres traditionnels. Mgr Fellay en refusant d’ordonner les clercs dominicains et capucins - refus motivé non pas par des motifs doctrinaux mais disciplinaires - se comporte comme un nouveau pape à la tête d’une nouvelle Eglise. Nouveau pape à qui on devrait obéissance en tout, dont on devrait épouser toutes les idées quand bien même on n’appartiendrait pas à la FSSPX.

Mgr Fellay se comporte actuellement comme s’il dirigeait sa prélature personnelle qui aurait dû englober les communautés religieuses. Le problème est que la Tradition n’est pas (encore) (heureusement) une prélature personnelle dirigée par un « prélat personnel » sous l’autorité du pape.

Pour l’instant, Mgr Fellay ne dirige que la FSSPX. Le refus d’ordonner ses compagnons de combat traduit une dérive schismatique inquiétante. Il se donne à lui-même un pouvoir que personne ni le pape ne lui a donné.

De même, les exhortations données aux fidèles anti-accordistes au nom de l’obéissance et des grâces d’état sont très inquiétantes. Car l’obéissance est d’abord due au pape et aux évêques diocésains. Dès l’instant que Mgr Fellay désobéit au pape, il souligne par là que l’obéissance est une vertu morale qui a ses limites. Demander l’obéissance aveugle, c’est se prendre a minima pour le pape alors que Mgr Fellay juridiquement n’est rien.

C’est tout un renversement de perspective schismatique qui est en train de s’opérer. Mgr Fellay, nouveau pape, décide seul de la marche de la tradition, dans et hors FSSPX, contre même l’avis du chapitre de 2006. Ce gouvernement autoritaire, excluant régulièrement, sans ressources, des prêtres, est à l’opposé de l’esprit de la tradition qui est de respecter les sensibilités pourvu que la doctrine soit sauve. Est-ce que c’est parce qu’il sent qu’il devient schismatique qu’il veut se rallier à Rome ? C’est inquiétant…

Prions pour nos jeunes refusés aux ordres par un évêque qui n'est pas même leur supérieur. Prions pour qu'ils ne se révoltent pas d'être persécutés, d'être jugés indignes ou inaptes. Je sais qu'ils ont besoin de nos prières car, même avec un esprit surnaturel, la nature est là et c'est toujours très dur d'être persécutés par sa propre famille de pensée. C'est tout le sens de la passion du Christ mis à mort par son peuple. L'on a vite fait de classer ce petit différend comme une péripétie des négociations avec Rome que le chapitre général a réglé (ordination - sans doute ? - à l'automne, par qui ?).

Ce n'est pas une péripétie, c'est une blessure, c'est le Christ-prêtre bafoué une fois de plus.

[SPO] Un évêque célèbre l’anniversaire de sa consécration épiscopale en célébrant la forme extraordinaire

SOURCE - SPO - 23 aout 2012

Non, il ne s’agit pas de Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, ni de l’un des trois autres évêques de cette même fraternité, pas plus qu’il ne s’agit de Mgr Rifan, ordinaire de l’Administration apostolique personnelle « Saint-Jean-Marie Vianney » de Campos au Brésil. Encore que je ne doute pas un seul instant qu’ils célèbrent tous ainsi leur propre sacre épiscopal.
 
Il s’agit plutôt d’un évêque « ordinaire », si l’on me permet le mot, Mgr Francis Reiss, évêque auxiliaire de Detroit (Michigan) aux États-Unis. Le 12 août dernier, il a célébré la sainte messe dans sa forme antique et vénérable. Et ce jour-là était aussi celui de l’anniversaire de sa consécration épiscopale. Une sainte coïncidence, en somme !

[Paix Liturgique] Le cérémoniaire du pape préface un missel biformaliste

SOURCE - Paix Liturgique, lettre n°349 - 23 aout 2012

Dans le cadre du cinquantième anniversaire de la Constitution Veterum Sapientia, sur l’emploi et la préservation du latin dans l’Église (constitution promulguée le 22 février 1962 par Jean XXIII, et signée par lui sur l’autel de Saint-Pierre, pour montrer toute l’importance qu’il lui accordait), le Pontificium Institutum Altioris Latinitatis de l’Université Pontificale salésienne a eu la bonne idée de regrouper dans un même volume l’ordo missæ de 1970 (forme ordinaire de la messe) et celui de 1962 (forme extraordinaire de la messe). Édité par les éditions Messaggero (Padoue), cet ouvrage, intitulé Eucharisticum Mysterium, présente le texte latin en face du texte italien. En ouverture de ce livre figure une introduction de Monseigneur Guido Marini, Maître des Célébrations liturgiques pontificales, que nous soumettons à votre réflexion cette semaine.

I – LE TEXTE DE MONSEIGNEUR MARINI

2010 a marqué l’anniversaire de deux anniversaires importants : les 40 ans de la promulgation du Missel de Paul VI (1970) et les 440 ans de celle du Missel de saint Pie V (1570). Comme on le sait, par le Motu Proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007, Benoît XVI a établi qu’existent, sous certaines conditions, deux modalités de célébration de l’Eucharistie : la forme ordinaire (celle de Paul VI) et la forme extraordinaire (celle de saint Pie V, selon le Missel promulgué en 1962 par le Bienheureux Jean XXIII).

2012 est l’année de deux grands événements ecclésiaux : le Synode des évêques sur le thème de « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » et le début de l’Année de la Foi fixé par Benoît XVI en concomitance avec le cinquantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II et vingt ans après la publication du
Catéchisme de l’Église catholique.

Dans ce contexte particulier de la vie de l’Église, c’est donc avec gratitude que l’on doit accueillir le présent ouvrage. Il n’est pas dans l’objet de cette introduction d’entrer dans le détail de ce qui y est affirmé en général ou en particulier. On y trouvera dans tous les cas un outil très utile afin que chaque « année de la foi » que représente l’année liturgique soit « une occasion propice pour intensifier la célébration de la foi dans la liturgie, et en particulier dans l’Eucharistie » (Motu Proprio Porta fidei, art. 9).

La lecture attentive de ce volume pourra représenter pour beaucoup une redécouverte ou un approfondissement de la beauté de la célébration eucharistique dans son développement harmonieux à travers l’histoire.

En effet, comme l’affirme Benoît XVI dans
Sacramentum caritatis (§ 3) : « En regardant l’histoire bimillénaire de l’Église de Dieu, guidée par l’action sage de l’Esprit Saint, nous admirons, pleins de gratitude, le développement, ordonné dans le temps, des formes rituelles par lesquelles nous faisons mémoire de l’événement de notre salut. Depuis les multiples formes des premiers siècles, qui resplendissent encore dans les rites des antiques Églises d’Orient, jusqu’à la diffusion du rite romain ; depuis les indications claires du Concile de Trente et du Missel de saint Pie V jusqu’au renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II : à chaque étape de l’histoire de l’Église, la célébration eucharistique, en tant que source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, resplendit de toute sa richesse multiforme dans le rite liturgique. »

Dans le même temps, cette publication aidera à avancer dans la direction de la si désirée cordiale réception de la liturgie de l’Église, dans son rite ordinaire, à promouvoir avec une fidélité renouvelée au concile Vatican II, comme dans son rite extraordinaire, qui a aujourd’hui encore tant de trésors à nous offrir. « Il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du
Missale Romanum », affirme Benoît XVI dans la lettre adressée aux évêques du monde entier pour présenter ledit Motu Proprio. « L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église, et de leur donner leur juste place. » (7 juillet 2007).

Aujourd’hui plus que jamais, la liturgie de l’Église a besoin d’être appréhendée, approfondie et vécue en cordiale syntonie avec les indications du magistère pontifical et dans un climat de sérénité et de sagesse.

La présente publication, œuvre du Pontificium Institutum Altioris Latinitatis, va dans cette direction. Il est souhaitable que celle-ci continue à être empruntée et partagée par beaucoup. Et même par tous.
Monseigneur Guido Marini
Cité du Vatican, 19 mars 2012
Solennité de saint Joseph

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1)  Par la publication de cet ouvrage, placé sous la responsabilité du Père Manlio Sodi, naguère auteur d’un libelle contre le Motu Proprio Summorum Pontificum (un bel exemple de saine « repentance »), l’Université salésienne confirme que les temps changent. À Rome du moins car il faudra attendre encore longtemps avant que pareille initiative ne soit imitée en France.

2)  Ce que permet et encourage le pape, c’est que les prêtres, et les fidèles, puissent vivre leur foi in utroque usu selon la formule adoptée par le cardinal Castrillón Hoyos pour qualifier l’apostolat des Bénédictins de Nursie (voir notre lettre 186), dans l’un et l’autre usage. Et ce que permet et devrait encourager Eucharisticum Mysterium, l’ouvrage présenté par Monseigneur Marini, puisqu’il y est question précisément de la célébration de la Sainte Messe dans l’une comme dans l’autre forme du rite romain. On aura remarqué le piquant lapsus de Mgr Marini qui parle de « rite ordinaire » et de « rite extraordinaire ».

3)  Bien que, selon nos informations, Monseigneur Marini ne célèbre pas encore régulièrement dans la forme extraordinaire du rite romain, il est intéressant de voir combien il se situe complètement dans la pensée de Benoît XVI quand il écrit que la forme extraordinaire « a aujourd’hui encore tant de trésors à nous offrir ». Comment, en outre, ne pas adhérer à ses intuitions quand il affirme que « plus que jamais, la liturgie de l’Église a besoin d’être appréhendée, approfondie et vécue en cordiale syntonie avec les indications du magistère pontifical et dans un climat de sérénité et de sagesse » ?

En fait, ce n’est rien d’autre que la « paix liturgique » qu’appelle de ses vœux le cérémoniaire du pape... Que le Seigneur l’entende et qu’advienne bientôt pour le Saint Père la possibilité de célébrer régulièrement et publiquement dans les deux formes du rite.