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13 août 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Mgr Fellay - II

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 aout 2016

Soyons forts d’esprit, de manières douces. La mollesse d’esprit rend bête, sentimental.
Une erreur n’est jamais convenablement réfutée tant qu’elle n’est pas déracinée. En d’autres mots, pour vaincre une erreur il faut montrer non seulement qu’il s’agit d’une erreur mais encore la raison pour laquelle c’est une erreur. Supposons, avec le Commentaire de la semaine dernière, que le Communiqué du Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie-X du 28 juin dernier, en regardant vers les prêtres pieux de la Fraternité pour résoudre la crise de la Foi dans l’Église, commet l’erreur de mettre la charrette de la prêtrise avant le cheval de la Foi. Montrons alors ici que cette erreur a sa racine dans la dévaluation de l’esprit presque universelle aujourd’hui, ainsi que dans la surévaluation de la volonté, ayant pour résultat même inconscient le mépris de la doctrine (à l’exception de la doctrine des Beatles, « All you need is luv »).

Déjà vers le début du Communiqué s’esquisse cette erreur lorsqu’il affirme que le principe central qui est condamné dans Pascendi, condamnation magistrale du modernisme par Pie-X, est celui de « l’indépendance ». Non. Le principe qu’il condamne constamment comme étant à la racine du modernisme est plutôt l’agnosticisme, la doctrine qui nie que l’esprit puisse savoir quoi que ce soit au-delà de ce qui apparaît aux sens. Cette impuissance est suivie par l’indépendance de l’esprit par rapport à son objet, laquelle est suivie à son tour par la déclaration d’indépendance de la volonté envers tout ce dont elle ne veut pas dépendre. C’est dans la nature des choses que l’esprit doit d’abord être ainsi suicidé avant que la volonté ne puisse déclarer son indépendance. Ainsi, lorsque le Communiqué met l’indépendance avant l’agnosticisme au cœur de Pascendi, cela indique que le Communiqué fait plutôt parti du problème de l’Église que de sa solution.

Et d’où vient à son tour cette dégradation de l’esprit et de la doctrine ? En premier de Luther qui qualifia la raison humaine de « prostituée », et qui plus que quiconque mit la chrétienté sur le chemin sentimental qui a mené à son autodestruction d’aujourd’hui. Mais cela prit plus de 500 ans ? Oui, car il y a eu de la résistance naturelle et catholique en chemin. Mais Luther avait raison lorsqu’il a dit au Pape qu’il finirait par le détruire – « Pestis eram vivus, functus tua mors ero, Papa » – Une plaie pour Vous j’ai été lorsque j’étais en vie, Mais une fois mort, ô Pape, je serai Votre mort.

À cette radicale et gigantesque erreur de la dégradation de l’esprit et de la doctrine, on peut attribuer deux sous-erreurs dans le cas de l’auteur du Communiqué du 28 juin : premièrement, son incompréhension de Mgr Lefebvre et, deuxièmement, sa trop grande compréhension de Madame Cornaz (nom de plume Rossinière).

Comme beaucoup d’entre nous autres séminaristes à Écône lorsque Mgr Lefebvre y présidait, Bernard Fellay était à juste titre enchanté et émerveillé par l’exemple extraordinaire sous nos yeux de ce que peut et doit être un prêtre catholique. Mais la colonne vertébrale de la prêtrise de Monseigneur et de son combat héroïque pour la Foi n’était pas sa piété – nombre de modernistes sont « pieux » – mais sa doctrine, doctrine de la prêtrise éternelle, profondément allergique au libéralisme et au modernisme. Et ce n’est pas Monseigneur qui disait que sa Fraternité sauverait l’Église. Ses prêtres devaient plutôt sauvegarder les trésors sans prix de l’Église pour des jours meilleurs.

La personne qui dit que les prêtres de la Fraternité sauveraient l’Église, comme l’Abbé Ortiz nous l’a rappelé, fut Madame Cornaz, une mère de famille de Lausanne en Suisse, dont la vie recouvrit presque tout le XXe siècle, et qui, entre 1928 et 1969, reçut des communications supposément du Ciel sur la façon dont les couples mariés devaient sanctifier la prêtrise ( !). Les communications recommencèrent en 1995 ( !) lorsqu’elle rencontra un prêtre de la Fraternité qu’elle persuada, et par lui Mgr Fellay, que c’étaient les prêtres de la Fraternité qui étaient destinés par la Providence à sauver l’Église en propageant ses « Foyers du Christ Prêtre ». De toute son autorité, le Supérieur Général soutint le projet, mais la réaction négative de bon nombre de prêtres de la Fraternité le fit rapidement y renoncer en public. Toutefois, en son for interne, les visions mystiques de Madame Cornaz de l’avenir exalté de la Fraternité sont-elles restées avec lui ? Cela semble possible. Tel Martin Luther King, le Supérieur Général «a un rêve».

Kyrie eleison.