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29 novembre 2009

[Max Barret - Le Courrier de Tychique] Les discussions doctrinales - Le « dieu pan » et l’Etoile de David

SOURCE - Max Barret - Le Courrier de Tychique n°312 - 29 novembre 2009

Les grandes manœuvres conciliaires se développent et s’intensifient. Il s’agit, évidemment, de préparer les esprits à une réintégration de la FSSPX dans l’Eglise officielle, mais d’un côté comme de l’autre les oppositions sont palpables.

Côté conciliaire, la FSSPX reste exclue et la résistance d’un épiscopat miné par le libéralisme s’organise ! Alors on cherche à minimiser les points de doctrine qui posent problème. Pour cela Gérard Leclerc – entre autres – fait preuve d’une réelle habileté (cf. « Famille chrétienne » n° 1661). Côté FSSP X, si certains clercs et fidèles ont déjà capitulé, fatigué par un combat qu’ils n’ont pas mené, on relève, fort heureusement, quelques réactions qui permettent d’espérer une résistance inconditionnelle aux traquenards des renégats.

C’est, par exemple, l’éditorial de M. l’abbé Jean Michel Gleize (membre de la commission théologique de la Fraternité) publié par « Si si, No no » (n° de Juillet-Août 2009). Tout l’éditorial est une analyse critique du discours du pape aux théologiens de la curie romaine (22 décembre 2005). Il n’est pas possible de citer tout cet article qui couvre les 8 pages du mensuel, et encore plus difficile de faire un choix parmi les passages de cette intéressante analyse. En voici cependant un échantillon (hélas trop court):

« (…) Dans son Discours de 2005 le pape Benoît XVI raisonne comme si toute décision, du fait même qu’elle appartient à l’Histoire, ne pouvait concerner qu’une matière contingente et exprimer une vérité seulement relative aux circonstances. On ne saurait être plus explicite pour ériger en principe le relativisme doctrinal ! (…) Le relativisme doctrinal qui s’exprime dans le discours du 22 décembre 2005 correspond, dans la pensée du pape actuel, à une notion faussée de la Tradition qui reste bien dans la ligne du Motu proprio « Ecclesia Dei afflicta » de Jean Paul II. (…) La Tradition n’y est plus d’abord définie comme la transmission du dépôt des vérités divinement révélées. Elle est d’abord conçue comme une Expérience et une Vie. (…) C’est un propos qui donne du magistère et de la Tradition une définition absolument nouvelle, en opposition complète avec les enseignements du magistère antérieur à Vatican II. (…) Même si la prédication de l’Eglise s’exerce de manière contingente, dans le cadre des circonstances historiques, elle a pour objet de transmettre des vérités divinement révélées qui ne sont pas contingentes, mais nécessaires et immuables. (…)

«(…) Si on admet le postulat de la Tradition vivante, aucune critique sérieuse des enseignements conciliaires ne sera possible. Il faudra, bon gré mal gré, faire rentrer la liberté religieuse, l’oecuménisme et la nouvelle ecclésiologie dans le patrimoine commun de l’Eglise, fut-ce au prix de la contradiction, ou plutôt grâce à la contradiction érigée en principe premier de toute réflexion théologique. Car si la Tradition est vivante, le mouvement est l’être, et tout devient possible… et imaginable. La seule « réception thomiste » qui nous semble concevable est celle qui commencera par définir sans ambiguïté la Tradition et le magistère en conformité avec les enseignements du pape Pie IX et du Concile Vatican I. Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, nous pourrons nourrir l’espoir d’interpréter les enseignements de Vatican II «à la lumière de la Tradition», comprise comme l’ont toujours comprise tous les papes et tous les évêques catholiques jusqu’au Concile.»


Commencer par « définir sans ambiguïté la Tradition et le magistère en conformité avec les enseignements du pape Pie XI et du concile Vatican I » ! N’est-ce pas la condition qu’avait exigée Mgr Lefebvre… avant toute reprise des discussions ? Il connaissait bien le cardinal Ratzinger. Il l’avait « éprouvé », notamment lorsque celui-ci avait fait preuve d’assez de fourberie pour lui arracher une signature… qu’il retira le lendemain après avoir passé une nuit épouvantable, ainsi qu’il me l’avait dit. Benoît XVI serait-il plus crédible maintenant qu’il est assis sur le trône de Pierre?

Le « dieu pan » et l’Etoile de David…


Ces deux photographies suffisent amplement à nous faire prendre conscience des difficultés que vont rencontrer les plénipotentiaires de la FSSPX pour conduire des discussions doctrinales avec une autorité qui, du moins apparemment, semble avoir de troublantes accointances avec l’ennemi ! Et quel ennemi : le « dieu pan » [Note de TN: photo dans le document original] et l’étoile de David, [Note de TN: photo dans le document original] chère aux Juifs et aux Francs-Maçons !

Le dieu pan qui figure sur la mitre ci-dessus et l’étoile de David sur celle ci-contre sont des signes qui n’ont sans doute rien d’anodin. On a peine à croire que le pape n’ait pas donné son accord, et peut-être même exigé, ces «fantaisies»…

Dés lors, n’est-il pas normal que de tels signes soient perçus comme une sorte de « message » ? Si tel est le cas peut-on encore espérer une issue favorable aux aux discussions engagées ?

Car Benoît XVII est resté Ratzinger !... Mgr Tissier de Mallerais en avait brossé un tableau éloquent dans sa conférence de novembre 2007. On ferait bien de s’y référer.

Benoît XVI et le « dieu pan ».


Alain Kérizo a publié dans le n° 136 (mars-avril 2008) de « Sous la Bannière » ( « Les Guillots » – 18260 – Villegenon – abonnement 40 €) un article concernant les « affinités de Benoît XVI avec les dieux païens ». L’auteur reconnaît « avoir craint de scandaliser quelque peu une partie de (ses) lecteurs, peut-être encore attentistes, quant aux intentions réelles de l’ex-cardinal Ratzinger confronté à la crise de l’Eglise. » Mais il ajoute : « Depuis le quatrième trimestre 2007 la situation à Rome a bien évolué dans un sens, hélas, extrêmement préoccupant et probablement irréversible (dans le cadre du pontificat actuel) si bien que la présente étude sur Benoît XVI et ses affinités avec les dieux païens paraît déjà revêtir un intérêt plus intellectuel et historique que prospectif.. »

Il évoque alors la science héraldique qui « ne peut empêcher l’auteur ou l’inspirateur d’une armoirie de vouloir masquer ou rendre ambivalente ses intentions. C’est peut-être le cas pour le cardinal Ratzinger » On aimerait mieux, si c’est le cas, plus de clarté de sa part !

Pour en revenir au « dieu pan » l’auteur fait cette remarque : « Il ne fait aucun doute que le catéchisme de l’Eglise catholique édité en 1993 présente bien en couverture l’image du grand dieu Pan. Le berger porte bien des mini-cornes de bouc, attribut habituel du démon ! Et ce dieu « global », cosmique n’a pas été retenu par hasard puisqu’il est assimilé en maçonnerie au grand architecte de l’univers, cet imposteur universel, qui vise à utiliser les matériaux de la Création pour les ré-agencer à sa manière et faire en sorte « que ce qui soit en haut soit comme tout ce qui soit en bas » etc… Il est donc indéniablement «renversant» qu’un catéchisme de l’Eglise catholique présente le grand dieu Pan en couverture. (…) Retrouve-t’on réellement la même volonté de l’apostasie sur la mitre de Benoît XVI ? Le personnage présente des modifications substantielles : cheveux épars, traits du visage plus gracieux. Autre point, la mitre de Benoît XVI ne porte pas de croix.. (…) Quoi qu’il en soit de ces ambiguïtés elles ont été dictées soit par la volonté de ne pas effaroucher les fidèles, soit par crainte des responsables du complot d’attirer sur eux les foudres divines.(…) Mais surtout, elles restent … des ambiguïtés.

Pour les lever l’auteur dit : « Il a fallu attendre la conférence de Mgr Tissier de Mallerais, prononcée le 11 novembre 2007, sur la nouvelle théologie de Benoît XVI, pour que les masques tombent et que la réalité apparaisse ! »

Cette réalité, peut légitimement nous inquiéter, car, à moins de concessions de la part de la FSSPX – ce qu’à Dieu ne plaise – il faut s’attendre à un échec inévitable et dramatique des discussions doctrinales engagées.