Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

18 février 2012

[Pro Liturgia] "... une liste non exhaustive de corrections qui ont été proposées pour rendre le Missel français davantage conforme à l’original latin ..."

SOURCE - Pro Liturgia - 18 février 2012

Alors que les pays de langue anglaise ont reçu il y a peu un « Missel corrigé » dont les textes sont désormais conformes aux originaux latins, en France les évêques refusent toujours et encore de supprimer les erreurs contenues dans le Missel qu’utilisent les prêtres. Pourtant, ça et là, des demandes ont été adressées à nos évêques - à Mgr Robert Le Gall en premier - pour que des corrections soient faites dans la ligne de Liturgiam authenticam. En vain. On sait depuis longtemps que quand Rome demande quelque chose, nos évêques font la sourde oreille... tout en ne se privant jamais de rappeler aux « lefebvristes » qu’ils doivent, eux, obéir...
 
Voici une liste non exhaustive de corrections qui ont été proposées pour rendre le Missel français davantage conforme à l’original latin :
1. Pour la préparation pénitentielle :
L’original latin « fratres, agnoscamus peccata nostra, ut apti simus ad sacra mysteria celebranda » est actuellement rendu par « préparons-nous à la célébration de l'Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs ».
La formule corrigée deviendrait : « frères, préparons-nous à la célébration des saints Mystères (ou du saint sacrifice de la Messe ou de l’Eucharistie) en reconnaissant nos péchés. »
2. Pour le « Je confesse à Dieu » :
Le texte latin est celui-ci : « confiteor Deo Omnipotenti et vobis, fratres, quia peccavi nimis cogitatione, verbo, opere et omissione : mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Ideo precor beatam Mariam semper Virginem, omnes Angelos et sanctos, et vos, fratres, orare pro me ad Dominum Deum nostrum ». Il est actuellement rendu par : « Je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant mes frères, que j'ai péché, en pensée, en parole, par action et par omission ; oui, j'ai vraiment péché. C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »
La formule corrigée deviendrait « je confesse à Dieu tout-puissant, je reconnais devant vous, mes frères, que j’ai beaucoup péché en pensée, en parole, par action et par omission ; c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, les anges et tous les saints et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. »
3. Pour le « Gloire à Dieu » :
L’original latin « Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis ». La « traduction » actuelle « gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime » serait remplacé par « gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. »
4. Pour l’Evangile :
La formule latine « lectio sancti Evangelii secundum N. » est actuellement rendue par « Evangile de Jésus Christ selon saint N. ». La nouvelle formule française deviendrait « lecture du saint Evangile selon saint N. »
5. Pour le « Je crois en Dieu » :
La formule latine « consubstantialem Patri » est devenue en français « de même nature que le Père ». La nouvelle formulation française deviendrait : « de même substance que le Père ».
6. Pour l’offertoire :
La formule latine « benedictus es, Domine, Deus universi, quia de tua largitate accepimus panem, quem tibi offerimus, fructum terrae et operis manuum hominum : ex quo nobis fiet panis vitae » est devenue en français : « tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie. » Il est proposé : « tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : de ta bonté nous avons reçu ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te l’offrons : il deviendra pour nous le pain de la vie. »
La formule que récite le célébrant au moment de mettre une goutte d’eau dans le calice est : « per huius aquae et vini mysterium, eius efficiamur divinitatis consortes qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps ». Elle devrait devenir, après correction de la traduction française : « par le mystère de cette eau mêlée au vin, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a bien voulu prendre notre humanité. »
La formule d’offrande du calice « benedictus es, Domine, Deus universi, quia de tua largitate accepimus vinum, quod tibi offerimus, fructum vitis et operis manuum hominum, ex quo nobis fiet potus spiritalis » est actuellement remplacée par « tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le vin du Royaume éternel ». Dans la version corrigée du Missel français, elle deviendrait : « tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers : de ta bonté nous avons reçu ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ; nous te l’offrons : il deviendra pour nous le vin du Royaume éternel. »
La prière du célébrant « In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur a te, Domine ; et sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placet tibi, Domine Deus » deviendrait en français : « humblement et le cœur contrit, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous : que notre sacrifice en ce jour s’accomplisse devant toi de manière à te plaire, Seigneur Dieu. »

La prière « orate, fratres, ut meum ac vestrum sacrificium acceptabile fiat apud Deum Patrem omnipotentem » et sa réponse « suscipiat Dominus sacrificium de manibus tuis ad laudem et gloriam nominis sui, ad utilitatem quoque nostram totiusque Ecclesiae suae sanctae », ont été remplacée dans la version française du Missel par « prions ensemble, au moment d'offrir le sacrifice de toute l’Eglise. Pour la gloire de dieu et le salut du monde ».
Pour corriger ce qui est bien plus une falsification qu’une traduction, il est demandé de dire « priez, mes frères, afin que mon sacrifice, qui est aussi le vôtre, soit agréé par Dieu le Père tout-puissant. Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice, à la louange et à la gloire de son nom, pour notre bien et celui de sa sainte Eglise tout entière. »
7. Le « Notre Père » :
L’invitation à la prière dite par le célébrant est, en latin : « praeceptis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere... ». La formulation française « comme nous l'avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire... » devrait être remplacée par : « comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement divin, nous osons dire... »
Dans le « Pater noster » lui-même, la formule « et ne nos inducas in tentationem » devrait être traduite par « et ne nous laisse pas succomber à la tentation » et non plus par « et ne nous soumets pas à la tentation. »
8. L’embolisme du « Pater » :
La prière « libera nos, quaesumus, Domine, ab omnibus malis, da propitius pacem in diebus nostris, ut ope misericordiae tuae adiuti, et a peccato simus semper liberi et ab omni perturbatione securi, exspectantes beatam spem et adventum Salvatoris nostri Iesu Christi » a été rendue par « délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ; par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves, en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets et l'avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. » Dans la nouvelle version française du Missel, elle deviendrait : « délivre-nous de tout mal, Seigneur et, dans ta bienveillance, donne la paix à notre temps. Par ta miséricorde, libère-nous à jamais du péché. Préserve-nous de toutes les épreuves, en cette vie où nous attendons la bienheureuse espérance et l’avènement de Jésus Christ, notre Sauveur. »
9. Au moment de communier :
Le prêtre présente l’hostie et dit : « ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi. Beati qui ad cenam Agni vocati sunt. » Les fidèles répondent : « Domine, non sum dignus, ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo, et sanabitur anima mea. »
Le Missel français actuelle donne : « heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri. »
La nouvelle traduction proposée donne : « voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde. Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau !
Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie. »

Il est certain que la publication d’un Missel amélioré obligerait nos évêques à rappeler que tout prêtre est tenu de suivre fidèlement ce Missel en question. On imagine d’ici l’embarras de nos pasteurs diocésains forcés de rappeler un principe qu’eux-mêmes n’ont jamais ni suivi ni demandé de suivre !