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15 mai 2017

[Nicolas Senèze - La Croix] Avec les lefebvristes, « les rapports actuels sont fraternels », selon François

SOURCE - Nicolas Senèze - La Croix - 15 mai 2017

Interrogé dans l’avion qui le ramenait de Fatima samedi 13 mai, le pape François a affirmé vouloir éviter toute attitude de «triomphalisme».

Ceux qui, tablant sur la grande dévotion de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) pour la Vierge de Fatima, envisageaient l’annonce de son retour à la pleine communion de l’Église en ce 13 mai en auront été pour leur frais. Certes, a confirmé le pape dans l’avion qui le ramenait du Portugal, « les rapports actuels sont fraternels », mais l’heure n’est pas encore à un accord.

«Il y a quelques jours, la Congrégation pour la doctrine de la foi a étudié un document, a révélé François interrogé par La Croix. Mais l’étude de ce document ne m’est pas encore parvenue.»

Affirmant avoir «de bons rapports » avec Mgr Bernard Fellay, le supérieur général de la FSSPX, le pape dit ne pas vouloir « brusquer les choses». «Cheminer, cheminer, cheminer, et après on verra», ­a-t-il continué, écartant «complètement», «toute forme de triomphalisme». «Pour moi, ce n’est pas un problème de gagnants ou de perdants, mais de frères qui doivent cheminer ensemble cherchant la formule de faire des pas en avant.»
Visions divergentes
Mais tous, au Vatican, ne partagent pas sa vision. Ainsi, à la Commission « Ecclesia Dei », chargée officiellement du dialogue avec la Fraternité, on explique sans ciller combien les prêtres et les fidèles de la FSSPX seront une opportunité pour les Églises locales. «Combien reste-t-il de pratiquants en France ? 4 %! Les 150 000 fidèles de la Fraternité sont de vrais soldats du Christ: pour une Église de France qui a du mal à dire la vérité de la foi, ils seront une vraie force militante.»

On ne cache pas non plus que les lefebvristes seront, au sein de l’Église catholique, de solides alliés pour ceux qui prônent une lecture très traditionnelle du Concile. «Une lecture en lien avec la Tradition que même le pape ne peut changer», affirme-t-on.

De son côté, Mgr Fellay, qui a demandé à Rome du temps pour que tous à la FSSPX acceptent l’accord qui se profile, poursuit son travail en interne. Jeudi, le supérieur du district français de la FSSPX, l’abbé Christian Bouchacourt, a ainsi notifié la mise à l’écart du «curé» de l’église parisienne de Saint-Nicolas-du-Chardonnet et de six doyens signataires d’une lettre, lue dans beaucoup d’églises, critiquant la reconnaissance par le pape des mariages célébrés par des prêtres de la Fraternité.