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11 février 2009





Réponse de l’abbé Méramo (FSSPX) à la monition canonique que lui a adressée l’abbé Trejo (FSSPX)
11 février 2009 - diffusé par virgo-maria.org
Orizaba, 11 février 2009
Cher abbé Mario Trejo,
Votre Monition Canonique, signée par vous et non par le Supérieur Général, comme cela devrait être le cas, appelle de ma part les précisions suivantes dont je me permets de vous faire part :
1 – il existe ici un conflit de compétence car la prétendue faute n’a rien à voir avec le District de México mais bien directement avec le Supérieur Général. J’estime qu’il est l’unique instance possédant l’autorité et la compétence en pareil cas. Si vous-même agissez en qualité de légat (simple intermédiaire ou instrument) ceci doit être précisément mentionné. Dans le cas contraire vous agissez hors de votre compétence car une Monition en vue d’expulsion relève de la seule et unique compétence du Supérieur Général (lequel lâchement n’ose pas se dévoiler en apposant sa signature) et non d’un simple Supérieur de District dont il se sert comme d’un écran. Il aura lui aussi à rendre des comptes devant Dieu et l’Église au jour du Jugement. Je vous rappelle que ma lettre est du 26 janvier (comme vous l’avez vous-même signalé) et par ailleurs que ni la lettre du Supérieur Général, datée du 31 janvier, ni votre prétendue dernière interdiction datée du 29 (en réalité c’était le 30, par téléphone, depuis l’Argentine) ne respectent les dates requises ; elles sont postérieures et rien ne peut être reproché à personne en pareil cas, à moins d’une étourderie crasse. Ce seul point est suffisant pour annuler juridiquement votre prétendue monition canonique en vue de mon expulsion.
2 – vous parlez de conversations que nous avons eues et de la « dernière interdiction faite le 29 janvier ». Ces conversations ont eu lieu par téléphone ; vous étiez en vacances en Argentine et nous étions convenus, vous-même l’aviez reconnu, que le problème relevait de la Maison Mère, directement de l’autorité du Supérieur Général Monseigneur Bernard Fellay et non du District de México, ni de vous en tant que Supérieur de ce dernier. Vous avez vous-même envoyé une lettre de là-bas, le 26 janvier, pour faire savoir à tous les prêtres du District de México que la question relevait du pouvoir de la Maison Générale, reconnaissant par là que vous décliniez, quant à vous, toute autorité et compétence à ce sujet.
3 – je conteste aussi la Monition car il s’agit d’une question Théologico-Religieuse et non d’une faute juridico-disciplinaire.
Mon attitude n’est pas celle de la rébellion, car je ne suis ni rebelle ni subversif, mais bien un prêtre fidèle au Christ et à son unique et véritable Église Apostolique et Romaine, hors de laquelle il n’y a pas de salut. Un prêtre fidèle à son ordination sacerdotale qui ne peut donc se rallier à ceux qui en sont aujourd’hui les indignes représentants, qui se font complices des puissances de ce monde en la crucifiant, tel le Christ en son corps mystique. Il ne s’agit pas de désobéissance, mais au contraire de fidélité dans la défense intransigeante contre l’ennemi et contre l’erreur, bien que l’on profite de l’investiture hiérarchique pour imposer, par un coup de maître de Satan, selon la formule de Monseigneur Lefebvre « la désobéissance par l’obéissance ». Car dire « non possumus » c’est refuser de se faire complice, c’est montrer l’erreur de ceux qui se joignent à celui-là sous apparence de bien, trahissant ainsi l’héroïque et glorieux combat de la Tradition contre le Modernisme.
4 – par ailleurs quant à ce qui est de garder le silence sur les médias (à moins que l’on ne joue sur les mots) ce point visait spécialement et exclusivement ce qui relevait du cas de Mgr Williamson et rien d’autre. Prétendre me l’appliquer est une incongruité de plus.
5 – d’autre part personne ne peut, tout Grand Supérieur qu’il soit, annuler (comme argument ad hominem) le droit fondamental de la libre expression en ce monde démocratique et libéral.
On parle beaucoup des droits de l’homme et on supprime la liberté de la Vérité qui nous fait libres. Quelle hypocrisie, quel cynisme, quel pharisaïsme atroce et honteux lorsque ceci se passe dans le cadre ecclésial.
Elles ne valent rien vos médiocres et défectueuses argumentations basées sur quelques articles du Droit Canon. Celui-ci est fait pour le bien des âmes et pour leur salut ; non pas pour « castrer » le bien commun, le bien de la Justice et de la Vérité Éternelle.
Mes écrits ne peuvent être interdits sans un jugement théologique et philosophique compétent, c'est-à-dire sans avoir été examinés par des experts en la matière afin que l’on puisse me prouver qu’il s’y trouve une erreur contre la foi ou encore qu’ils contiennent des hérésies.
L’obéissance, cher Monsieur l’abbé, n’est pas obséquiosité stupide et servile, mais au contraire soumission à des supérieurs légitimes qui savent gouverner avec une autorité paternelle et conduire les âmes à Dieu qui est le Tout et l’Éternelle Vérité. Hors de ce contexte il n’y pas de légitime obéissance due à un homme quel qu’il soit, car « mieux vaut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes », comme l’a dit Saint Pierre.
Enfin si ce que vous voulez c’est accumuler des prétextes pour m’expulser, il n’est pas besoin de brandir des arguments pharisiens et injustes pour leur donner un vernis d’apparentes légalité et justice. Il faut franchement et directement en déclarer le véritable motif.
Si vous m’expulsez c’est parce que je ne m’associe pas et ne m’associerai jamais à l’acte de trahison qu’est le fait de déposer la grande Œuvre de Monseigneur Lefebvre, la Fraternité et tous les fidèles traditionalistes, aux pieds de la Rome moderniste, protestantisée et apostate.
Tout cela est se mettre au service du prince de ce monde et de ses sectateurs, ennemis de la Véritable et Unique Église de Jésus-Christ. Elle est poursuivie de nos jours par le Dragon et son Pseudo-Prophète, réduite à un petit troupeau fidèle, dispersé à travers le monde, mais demeurant dans l’attente de la venue du Christ-Roi.
Basilio Méramo, prêtre.