Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

28 juin 2008

[Henri Tincq - Le Monde] Les intégristes rejettent l'ultimatum du Vatican

SOURCE - Henri Tincq - Le Monde - 28 juin 2008

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X à Ecône (Suisse), chef des catholiques traditionalistes, a rejeté, vendredi 27 juin, l'essentiel du protocole adressé par le Vatican en vue de sortir du schisme. Sa réponse n'a pas été publiée, mais les réactions enregistrées dans le milieu intégriste, après la publication du texte de Benoît XVI assorti d'un "ultimatum" au 30 juin, indiquent que, malgré sa "main tendue", le pape doit essuyer un nouvel affront. Le chef des traditionalistes salue la volonté de conciliation exprimée par le pape, dans son motu proprio de juillet 2007 donnant un nouvel élan à l'ancienne messe en latin, et par le cardinal Castrillon-Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei, chargée de négocier avec les intégristes. Mais cela ne changera rien, assure-t-on à Ecône.

Le protocole adressé par Rome à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X exige le respect de la personne du pape et la renonciation à toute polémique. Mais pour les traditionalistes, les propositions faites sont "trop imprécises" et la méthode inadaptée à l'ampleur du désaccord doctrinal.

Lors d'une cérémonie d'ordination, vendredi 27 juin à Ecône, Mgr Alfonso de Galaretta, évêque argentin excommunié, a souhaité que les questions de fond (doctrine, liturgie, appréciation du concile Vatican II) soient abordées, avant les questions pratiques comme le futur statut juridique des traditionalistes réintégrés.

Pour Mgr Richard Williamson, autre figure schismatique, "l'obéissance au pape est un faux problème". "Nous reconnaissons son autorité, explique-t-il. Le problème, c'est la curie moderniste, fille du concile Vatican II". Ainsi dénonce-t-il la liturgie moderne et d'autres réformes de Vatican II (1962-1965) comme "l'oecuménisme, la collégialité, le modernisme et surtout le dialogue interreligieux (avec les juifs et les musulmans)". Il pose comme condition l'élimination " complète du missel de Paul VI", celui de la messe dite moderne. "L'Eglise est en guerre, conclut l'évêque intégriste, et je souligne le mot "guerre", entre le traditionalisme sain et le modernisme post-conciliaire".

Henri Tincq Article paru dans l'édition du 29.06.08