Ce blog n'est plus mis à jour. Les articles en ligne restent accessibles. Merci à toutes les personnes qui ont soutenu cette initiative.

29 juin 2008

Quelques réflexions sur un ultimatum
2008-06-29 - Nemo - leforumcatholique.org
J'ai pris il y a un peu plus de deux mois la décision de n'écrire sur le forum que lorsque ma conscience me le dicterait, c'est à dire rarement. Voyant que ce pauvre Mgr Fellay se voit accuser des pires méfaits aujourd'hui, n'étant pas un fidèle habituel de la SSPX, et au vu des informations imprécises dont je dispose, je voudrais expliquer pourquoi je pense que se soumettre à un ultimatum du Cardinal Castrillon Hoyos serait très préjudiciable à l'Eglise.
Tout d'abord, je ne peux admettre que Mgr Fellay ait dit publiquement devant des fidèles que le Pape est un libéral.Pas plus que je ne pourrais admettre qu'un quelconque évêque catholique dise que le Pape est un intégriste. On peut critiquer un acte malheureux du Souverain Pontife mais pas faire une attaque ad hominem. Et surtout pas devant des fidèles. Même si je pense qu'en effet certains actes du Pape actuel relèvent du libéralisme. Celà mérite réparation de la part de Mgr Fellay.
En revanche je ne peux comprendre la forme d'un ultimatum. Quand l'Eglise célèbre un mariage, elle est très pointilleuse sur le fait qu'aucun des mariés n'est sous le coup d'une contrainte quelconque, sinon elle constaterait plus tard l'invalidité. Si Monseigneur Fellay et la Fraternité doivent apparaître un jour à côté du Pape, c'est mus par l'amour et non sous la contrainte. Du reste j'ai du mal à comprendre que demain l'on puisse avoir soit une SSPX schismatique et hérétique, soit au contraire en pleine communion. Le grave constat que l'on pourrait faire demain ne peut porter sur une semaine de vie de la Fraternité (et de ceux qui la suivent), sur une lettre signée ou pas par une personne, fut-elle le supérieur.
Ensuite je ne vois pas l'intérêt pour nous de voir arriver une quatrième roue au carrosse Ecclesia Dei sous la forme d'une SSPX soumise. La spécificité de la SSPX est autre. N'en déplaise à un de mes amis prêtres de l'IBP qui écrit beaucoup ces jours-ci, la situation de son institut n'est pas merveilleuse : ils sont très ouvertement et officiellement exclus par l'archidiocèse de Paris et célèbrent dans une ancienne crêmerie qui leur coûte bien cher. Les déclarations récentes du Cardinal Castrillon en pleine ordination de la FSSP et devant des millions de téléspectateurs demandant aux jeunes prêtres de concélébrer le nouveau rite nous font penser qu'il est prématuré de crier victoire. Nous ne savons pas non plus quelles modifications seront suggérées au missel de 1962 (calendrier, préfaces). L'avant-goût du vendredi-saint (salué à nouveau exclusivement par l'IBP, j'espère pas par opportunisme) me laisse perplexe. Non, le terrain est encore trop mouvant. Les instituts ED aussi bien que la SSPX ont encore du travail à faire avant que la pleine confiance puisse revenir, ce que l'on peut appeler la communion parfaite. C'est ce que la SSPX veut dire quand elle parle de résoudre les problèmes de fond avant de s'occuper de la forme.
Enfin, dernier argument, l'Eglise pose-t-elle des ultimata à nos frères séparés et les menace-t-elle ? Alors pourquoi cette forme d'inquisition interne qui risque de retarder gravement des accords qui avançaient sûrement, et de jeter le discrédit sur toute la Tradition, au grand plaisir de nos ennemis ? J'avoue être blessé par maladresse.
En ce jour de Saint-Pierre et Saint-Paul, je ne peux m'empêcher de méditer sur les différents qui avaient opposé ces deux grands piliers du catholicisme et je m'associerai à la prière de tous pour que le Saint-Esprit n'oublie personne.