23 avril 2014

[Abbé Loiseau, Missionnaires de la Miséricorde Divine - via Le Forum Catholique] Appel aux Fidèles et aux Pretres de la Fraternité St Pie X

SOURCE - Abbé Loiseaun Missionnaires de la Miséricorde Divine - via Le Forum Catholique - 21 avril 2014

A la suite d’une distribution intempestive (encouragée par l'abbé de Caqueray) par des jeunes du MJCF d’une brochure contre la canonisation de Jean Paul II à la sortie de St François de Paule à Toulon, le dimanche des Rameaux, j’ai publié deux messages qui ont ensuite été assez largement relayés sur la toile… A cette occasion j’ai étéen contact avec un certain nombre de prêtres et fidèles de la Fraternité Saint Pie X. Je me suis alors rendu compte qu’il y avait non seulement une lutte d’influence entre les divers courants qui s’affrontent au sein de la Fraternité – et qui peut favoriser la surenchère - mais aussi une réelle détresse chez un certain nombre de ses membres. Je crois que la canonisation de Jean Paul II et en conséquence le regard qui est porté sur l’autorité suprême de l’Eglise met particulièrement en lumière les difficultés communautaires et les contradictions du discours et de la praxis ecclésiale de la FSSPX.

La situation délicate que vivent en ce moment ces personnes parmi lesquelles un bon nombre sont de bonne volonté me touche et après mes interventions assez vives (en raison de personnes peu pratiquantes qui furent scandalisées) , je voudrais y revenir plus paisiblement et faire un humble appel à la suite du Pape Jean Paul II, à ceux qui cherchent la lumière de la vérité et le secours de la Miséricorde Divine.

Pourquoi tant de remous dans cette Fraternité ? On aurait pu penser que l’échec des négociations avec Rome replaçât la communauté dans une posture d’opposition aussi radicale que simpliste. Mais l’expérience de ces discussions et la perspective – qui fut très réelle - des accords ont laissé des traces.

Voilà pourquoi l’univers dialectique dans lequel a baigné ce monde est en train de voler en éclats, et ce pour trois raisons principales : grâce à internet, prêtres et fidèles peuvent plus facilement dépasser les frontières et découvrir un certain renouveau dans l’Eglise malgré bien des drames ; internet est aussi une source d’information en interne qui dévoile certains aspects de la Fraternité ; ajoutez à cela les manifestations pour défendre la famille qui ont fait sortir tous les catholiques de leurs chapelles et ont permis aux jeunes de la FSSPX de côtoyer d’autres catholiques...

Un monde qui étouffe en vase clos

Ecoles de la Fraternité ou des dominicaines, Prieurés, MJCF, Cercles de tradition, Civitas, etc. Beaucoup m’ont dit leur lassitude de vivre ainsi en vase clos avec ses codes, sa culture (assez cléricale) et ses petites histoires… Et beaucoup aspirent à élargir un peu leur cercle, mais sans savoir comment faire car loucher vers l’extérieur peut vite devenir suspect et couper brutalement de ce petit monde qui peut alors devenir impitoyable.

Un manichéisme qui n’est plus de mise

La FSSPX avait prophétisé la disparition par dilution des ralliés en tout genre, ceux de la première heure comme ceux de la dernière heure… Et 25 ans après, le réel s’impose à tous : l’ensemble des traditionalistes fidèles au Pape, non seulement n’a pas disparu, mais tout en demeurant lui-même, il continue de croître et est depuis longtemps numériquement nettement plus important que la Fraternité St Pie X. Ajoutons que les séparations plus récentes ont augmenté encore ce déséquilibre : Campos (Brésil) Papa Stronsay (Ecosse), l’Oasis (Espagne) ainsi que les quelques prêtres du Bon Pasteur. Bien-sûr tout ne fut pas simple, il ne faut pas d'angélisme, la crise de l'Eglise est profonde, des tensions ont pu exister dans les aspects missionnaires, mais toutes les communautés Ecclesia Dei ont pu vivre leurs liturgies librement et enseigner l'intégralité de la Foi. Je voudrais rendre hommage aussi à deux cardinaux qui furent passionnés par la fraternité st Pie X : les cardinaux Mayer et Castrillon Hoyos .Ils firent tout ce qui était en leurs pouvoirs pour réintégrer la FSSPX sans aucun piège. Je fus impressionné par leur charité, leur patience vis à vis de la fraternité et de l'ensemble des traditionalistes .

Unité doctrinale et rectitude morale caractérisaient la Fraternité St Pie X, tandis que « l’Eglise conciliaire » étalait au grand jour ses turpitudes. Voilà le cliché souvent véhiculé par la dite Fraternité. Mais Internet dévoile aussi les difficultés de celle-ci : comme ailleurs, on y trouve des divisions entre les évêques de la FSSPX (et oui, les évêques sont aussi des pécheurs !). Prêtres qui quittent le ministère, des problèmes de mœurs exposés dans les médias ! Concubinages, infidélités, divorces progressent aussi chez les fidèles de la Fraternité St pie X. Quant à l’unité doctrinale elle est devenue une illusion tellement les sujets qui divisent sont nombreux : l’Eglise, le Pape, le rôle de Benoît XVI, les canonisations, l’évangélisation, la dénonciation de l’erreur, l’obéissance… On aurait envie de les inviter à un examen de conscience avec les mots de Jean Paul II : « Un test s'impose pour les fils de l'Église: à quel point ne sont-ils pas eux-mêmes atteints par l'atmosphère de sécularisation et de relativisme éthique? Et quelle part de responsabilité ne doivent-ils pas se reconnaître, eux aussi, face à la progression de l'irréligion, parce qu'ils n'ont pas manifesté l'authentique visage de Dieu « en raison des défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale »? » (Tertio Millenio Adveniente, 1994, n° 20)

Ajoutons à cela que si les départs de prêtres (je ne parle pas ici de ceux qui ont « défroqué ») ont toujours existé (chaque diocèse de France a parmi ses prêtres au moins un ancien de la Fraternité St Pie X), Internet leur a donné une plus grande visibilité (même au fin fond de la Corse !). Presque chaque semaine de nouveaux départs sont annoncés, soit vers les sédévacantistes – soit vers anti-accordistes, soit vers les diocèses. Des communautés « amies » semblent, à la suite de Mgr Williamson, prendre le large (Avrillé, Morgon, santa Cruz). La lettre des quarante prêtres contre Mgr Fellay est soit ridiculisée soit entourée d'un silence forcé. On annonce une tournée de confirmations en France par Mgr Williamson. Quelle autorité suprême pourrait interdire à l'évêque rebelle d'être reçu dans les chapelles? Ainsi on voit bien que des évêques qui n'ont pas reçu leur juridction du Pape s'enferment un jour ou l'autre dans la logique des églises parallèles: seul le bien des âmes est la loi suprême:" passons au-dessus de l'institution " !

Il s'agit donc bien alors du triomphe du subjectivisme protestant ou dans la version irrationnelle, du recours à l'illuminisme (telle mystique non reconnue ou telle possédée a dit que ..)

C'est tout le drame de la fraternité qui défend avec vigueur la primauté de juridiction du pape mais qui la bafoue immédiatement dans la pratique. C'est la Tradition amputée de ce qui constitue l'histoire de cette Tradition. Les départs réguliers de prêtres et les divisions internes donnent alors l’impression d’une Fraternité qui ressemble à « une barque qui prend l’eau de toute part » ...

La position d'une Tradition ouvertement contre et sans le Pape ne semble plus tenable .

L’incertitude au quotidien

La Fraternité St Pie X qui apparaissait aux yeux de ses fidèles comme un roc stable est devenue au fil du temps une réalité divisée, mouvante et finalement assez fragile, peinant à faire face à de nombreux questionnements. La culture suisse du consensus de son supérieur général (Mgr Fellay) n’y aide sans doute pas non plus.

- Que faut-il penser de Vatican II ? 95 % de bon ou tout mauvais ?

- Vatican II interprété à la lumière de la Tradition ou concile de Satan ?

- Que faut-il penser de « l’Eglise conciliaire » ? Continuité de l'Eglise du Christ ou entreprise maçonnique ?

- Que faut-il penser du Pape ? Un moderniste scandaleux, un étranger, un imposteur, un bon Pasteur , un homme nécessaire à une unité de façade ou le fondement de l'Eglise ?

- Que faut-il penser des Instituts Ecclesia Dei ? Des structures de péché façonnées par la trahison ou des alternatives crédibles ?

- Que faut-il penser du renouveau de l’Eglise (jeune clergé, communautés nouvelles) ? Illusion, Piège ou vrai renouveau ?

- Quel code de droit canonique fait référence ? Celui de 1917 ou de 1983 ?

- Peut-on assister aux messes en-dehors de la Fraternité ? des ralliés, messes Paul VI ? (on voit chez les prêtres FSSPX des différences notables dans leur participation à de telles messes ou dans leurs conseils aux fidèles).

On le voit la liste des questions de prêtres et de fidèles de la Fraternité ne cesse de s’allonger et les réponses apportées par les autorités (qui ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde) sont différentes chaque jour… ou se présentent sous formes de longues études alambiquées, obscures et parfois peu orthodoxes...(la juridiction donnée par les fidèles ou le refus de l'infaillibilité du magistère ordinaire et universel de l'Eglise , contestation de l'infaillibilité des canonisations).

Invitation

Face à cette situation, peut-être ces mots de Jean Paul II du 2 juillet 1988 sont-ils plus que jamais d’actualité : « Dans les circonstances présentes, je désire avant tout lancer un appel à la fois solennel et ému, paternel et fraternel, à tous ceux qui, jusqu'à présent, ont été, de diverses manières, liés au mouvement issu de Mgr. Lefebvre, pour qu'ils réalisent le grave devoir qui est le leur de rester unis au Vicaire du Christ dans l'unité de l'Eglise catholique ».

Aujourd’hui je veux me faire l’écho cet appel de Jean Paul II aux fidèles et aux prêtres proches de la Fraternité St Pie X. Qu’ils sachent qu’ils seront, aujourd’hui mieux qu’il y a 25 ans, bien reçus, au moins dans un certain nombre de diocèses français, d’une manière respectueuse, eu égard à leur histoire et leur culture.

Les années passent et je me rends compte qu’il serait confortable pour beaucoup de s’installer dans cette séparation durable et peut être, si elle se prolongeait, irrémédiable. Il ne tient aujourd’hui qu’à vous d’en sortir. J’ose vous demander de retrouver le chemin de la confiance en l’Eglise et de l’unité en comprenant, comme l’écrivait le Cardinal Siri, ami de Mgr Lefebvre, « que l’Eglise, malgré ses plaies, porte non seulement dans sa bouche, mais dans son cœur la Vérité et la Vie, parce que son cœur est celui du Christ » (Gethsémani, p. 383).

« N’ayez pas peur ! » Ayez l’audace de l'unité visible autour du Souverain Pontife , unité sans laquelle on ne peut rester catholique .(Vatican I, Pastor aeternus)

N'oubliez pas ce que Benoit XVI a fait pour vous , rendez lui cet immense hommage avant sa mort, il suit cette affaire avec passion.

Le pape François malgré les pressions a refusé de renouveler les excommunications.

N'attendez pas que les autorités de la FSSPX signent, elles sont condamnées maintenant dans la logique de l'unité interne à donner des gages à la tendance dure .La révolte et la haine de Rome est allée trop loin !

La communion de l'Eglise est un mystère, elle n'est pas le fruit d un vote d'une majorité politique.

Saint Jean Paul II priez pour eux et pour nous !

Abbé Fabrice Loiseau, Supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine .

Lundi de Pâques 2014.

22 avril 2014

[Paix Liturgique] Homélie de Mgr Rifan pour la messe de clôture du pèlerinage “Summorum Pontificum” - Rome, 27 octobre 2013, fête du christ-roi - la messe traditionnelle : une claire profession de foi des dogmes eucharistiques

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 436 - 22 avril 2014

Invité du dernier pèlerinage du peuple Summorum Pontificum à Rome, Mgr Fernando Arêas Rifan, Ordinaire de l’Administration apostolique personnelle Saint-Jean-Marie-Vianney de Campos (Brésil), a eu le privilège de célébrer la fête du Christ-Roi dans la Basilique de Sainte-Marie-sur-la-Minerve, sur l’autel majeur renfermant la châsse de sainte Catherine de Sienne. En cette occasion, le prélat brésilien a donné un sermon vigoureux, particulièrement apprécié de tous les fidèles. Il rappelle, dans un premier temps, que notre attachement à la liturgie traditionnelle est inséparable de notre profession de foi et, dans un second temps, nous invite à demeurer confiants en la victoire finale de Notre Seigneur Jésus-Christ face à l’offensive laïciste, aussi violente et haineuse soit-elle. C’est ce texte que nous vous proposons aujourd’hui en vous souhaitant une bonne semaine de Pâques.
Très chers prêtres, séminaristes, religieux, religieuses, frères et sœurs en Notre Seigneur Jésus-Christ,

Permettez-moi tout d’abord de saluer et de remercier les Pères dominicains qui ont la charge de cette Basilique pour leur accueil.

Cette Sainte Messe pontificale solennelle célèbre la fin du pèlerinage “Summorum Pontificum” des catholiques liés à la forme traditionnelle du rite romain, universellement permise par le Saint-Père Benoît XVI dans son Motu Proprio Summorum Pontificum.

Nous sommes dans l’Année de la Foi, proclamée par Benoît XVI et continuée par le pape François. Notre foi, comme l’exprime bien la lettre apostolique Porta Fidei doit être professée, vécue, célébrée et priée.

La Sainte Messe, la célébration du sacrifice eucharistique, est une des plus importantes professions de foi. Et si nous aimons, si nous préférons, si nous conservons la Sainte Messe dans la forme traditionnelle du rite romain, c’est parce qu’elle est précisément une claire profession de foi des dogmes eucharistiques : le dogme de la Messe comme sacrifice, renouvellement non sanglant du sacrifice de la Croix ; le dogme de la Présence réelle ; celui de la transsubstantiation opérée par les paroles du prêtre qui agit in persona Christi capitis et non par la foi du peuple ; le dogme enfin du ministère sacerdotal, distinct du ministère commun des fidèles. Notre fidélité à la Sainte Messe dans la forme traditionnelle du rite romain est dictée par notre foi. C’est cette profession de foi, professée et célébrée à travers la Messe traditionnelle que nous offrons au Saint-Père comme preuve de notre fidélité à la Sainte Église.

En outre, la Sainte Messe traditionnelle est une très importante contribution pour la Nouvelle évangélisation : parce qu’elle est une claire expression liturgique des dogmes eucharistiques ; parce qu’elle manifeste parfaitement la dignité du sacré par la richesse, la beauté, la noblesse et la solennité de ses cérémonies ; parce qu’elle communique le sens du mystère ; parce qu’elle est enfin un des trésors liturgiques catholiques, par lequel nous affirmons notre amour pour la Sainte Église et notre communion avec elle.

Que le Saint-Père voit donc, dans notre forme liturgique, l’expression de notre pleine communion avec lui et avec l’Église.

Nous célébrons la très belle fête du Christ-Roi. Cette fête fut instituée par le pape Pie IX en réponse au laïcisme qui régnait à l’époque et qui nous fait tant de torts aujourd’hui. « Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain. […] Nous proclamions ouvertement deux choses : l’une, que ce débordement de maux sur l’univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique ; l’autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur » (Encyclique Quas Primas, 1).

C’est pour combattre ces maux que le Pape institua une fête propre spécialement en l’honneur du Christ-Roi : « C’est ici Notre tour de pourvoir aux nécessités des temps présents, d’apporter un remède efficace à la peste qui a corrompu la société humaine. Nous le faisons en prescrivant à l’univers catholique le culte du Christ-Roi. La peste de notre époque, c’est le laïcisme, ainsi qu’on l’appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles. Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau n’est pas apparu brusquement ; depuis longtemps, il couvait au sein des États. On commença, en effet, par nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations ; on refusa à l’Église le droit – conséquence du droit même du Christ – d’enseigner le genre humain, de porter des lois, de gouverner les peuples en vue de leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila la religion du Christ aux fausses religions et, sans la moindre honte, on la plaça au même niveau. On la soumit, ensuite, à l’autorité civile et on la livra pour ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouvernants. Certains allèrent jusqu’à vouloir substituer à la religion divine une religion naturelle ou un simple sentiment de religiosité. Il se trouva même des États qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consister leur religion dans l’irréligion et l’oubli conscient et volontaire de Dieu » (Quas primas, 18).

Pour bien comprendre en quoi consiste l’ennemi actuel de la civilisation chrétienne, nous avons ces mots de Pie XII : « Oh ! ne Nous demandez pas qui est “l’ennemi” ni sous quel aspect il se présente. Il se trouve partout et au milieu de tous : il sait être violent et rusé. Ces derniers siècles, il a tenté de réaliser la désagrégation intellectuelle, morale, sociale de l’unité dans l’organisme mystérieux du Christ. Il a voulu la nature sans la grâce ; la raison sans la foi ; la liberté sans l’autorité ; parfois l’autorité sans la liberté. C’est un “ennemi” devenu de plus en plus concret, avec une absence de scrupules qui surprend encore : le Christ oui, l’Église non ! Puis : Dieu oui, le Christ non ! Finalement le cri impie : Dieu est mort ; et même : Dieu n’a jamais existé. Et voici, maintenant, la tentative d’édifier la structure du monde sur des bases que Nous n’hésitons pas à indiquer comme principales responsables de la menace qui pèse sur l’humanité : une économie sans Dieu, un droit sans Dieu, une politique sans Dieu. L’“ennemi” s’est employé et s’emploie à ce que le Christ soit un étranger dans les universités, dans l’école, dans la famille, dans l’administration de la justice, dans l’activité législative, dans les assises des nations, là où se décide la paix ou la guerre » (Discours aux hommes de l’Action catholique, 12 octobre 1952).

Mais ne perdons pas courage ! La victoire du Bien est certaine. La victoire du Christ et de l’Église.

Place Saint-Pierre se trouve un obélisque égyptien qui se dressait jadis au centre du cirque de Néron et qui fut le symbole de la victoire sur les chrétiens, persécutés et morts en ce lieu, à commencer par saint Pierre. Aujourd’hui le cirque de Néron n’existe plus. À sa place s’élève la magnifique basilique Saint-Pierre et, si l’obélisque est toujours là, il porte désormais l’inscription : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat ! Le Christ vainqueur, le Christ roi, le Christ souverain. À lui, la victoire finale !

Il en va ainsi de l’Église. Nous célébrons cette Sainte Messe en cette très belle Basilique de Sainte-Marie-sur-la-Minerve – ce qui veut dire qu’ici, en dessous de nous, se trouvait le temple de la déesse Minerve. Aujourd’hui, cette basilique est dédiée à Notre-Dame. C’est la victoire de la Très Sainte Vierge Marie sur Minerve, du Christ et de l’Église sur le paganisme.

Confiants dans la protection de Notre Très Sainte Mère, nous continuons à combattre. La victoire est certaine : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat ! Ainsi soit-il.

[AFP - Le Point] La Fraternité Saint Pie X s'insurge contre la canonisation de Jean Paul II

SOURCE - AFP - Le Point - 22 avril 2014

Le supérieur de la Fraternité Saint Pie X (FSSPX -intégriste catholique) a contesté la sainteté de Jean Paul II et de Jean XXIII, les accusant d'avoir contribué à "l'autodestruction" de l'Eglise, dans une lettre diffusée mardi sur leur site internet.

"Comment serait-il possible de donner à toute l'Eglise en exemple de sainteté l'initiateur du Concile (Vatican II, de 1962 à 1965) et le pape d'Assise et des droits de l'homme", affirme Mgr Bernard Felley dans cette lettre, publiée en plusieurs langues sur le site intégriste DICI, à cinq jours des canonisations.

"Comment serait-il possible de garantir du sceau de la sainteté les enseignements d'un tel Concile, qui ont inspiré toute la démarche de Karol Wojtyla et dont les résultats néfastes sont l'indice sans équivoque de l'autodestruction de l'Eglise", ajoute le prélat qui n'a jamais accepté aucune concession pour se rapprocher de Rome, en dépit de la main tendue du pape Benoît XVI.

Vatican II fut rejeté par les partisans de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre, en raison de ses ouvertures au monde, de son respect de la liberté de conscience et des autres religions. Ce schisme, consommé sous le pontificat de Jean Paul II, fait que plusieurs centaines de prêtres continuent à se dire les seuls vrais représentants de la doctrine catholique, en dissidence avec Rome.

Jean Paul II avait ajouté à la vindicte des Lefebvristes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, en organisant à Assise des rencontres inter-religieuses avec les dignitaires des autres religions.

"Les promoteurs de la réforme conciliaire n'ont pas hésité à la comparer à la révolution de 1789 et ou à celle de 1917! Nous ne pouvons rester passifs, nous rendre complices de cette autodestruction", conclut Mgr Fellay.

[Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs] "Si elle a lieu le 27 avril prochain, la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II..."

SOURCE - Mgr Fellay, fsspx - Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n°82 - DICI - 13 avril 2014

Chers Amis et bienfaiteurs,

Si elle a lieu le 27 avril prochain, la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II posera à la conscience des catholiques un double problème. Problème d’abord de la canonisation en tant que telle : comment serait-il possible de donner à toute l’Eglise en exemple de sainteté, d’une part, l’initiateur du concile Vatican II et, d’autre part, le pape d’Assise et des droits de l’homme ? Mais aussi, et plus profondément, problème de ce qui apparaîtra comme une reconnaissance d’authenticité catholique sans précédent : comment serait-il possible de garantir du sceau de la sainteté les enseignements d’un tel Concile, qui ont inspiré toute la démarche de Karol Wojtyla et dont les fruits néfastes sont l’indice non équivoque de l’autodestruction de l’Eglise ? Ce deuxième problème donne de lui-même sa solution : les erreurs contenues dans les documents du concile Vatican II et dans les réformes qui ont suivi, spécialement la réforme liturgique, ne sauraient être l’œuvre du Saint-Esprit, qui est à la fois Esprit de vérité et Esprit de sainteté. Voilà pourquoi il nous apparaît nécessaire de rappeler quelles sont ces principales erreurs et quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles nous ne pouvons pas souscrire aux nouveautés du Concile et des réformes qui en sont issues, de même qu’à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II.

C’est la raison pour laquelle nous voudrions, tout en protestant avec force contre ces canonisations, dénoncer l’entreprise qui dénature l’Eglise depuis le concile Vatican II. En voici les principaux éléments.

I – Le concile

« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d’aujourd’hui si l’on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que, d’une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l’Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. […] Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d’en douter. […] Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d’une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales » [1].

II – Une conception œcuménique de l’Eglise.

L’expression du « subsistit in » (Lumen gentium, 8) veut dire qu’il y aurait une présence et une action de l’Eglise du Christ dans les communautés chrétiennes séparées, distinctes d’une subsistance de l’Eglise du Christ dans l’Eglise catholique. Prise en ce sens, elle nie l’identité stricte entre l’Eglise du Christ et l’Eglise catholique, toujours enseignée jusqu’ici, notamment par Pie XII, à deux reprises, dans Mystici corporis [2] et dans Humani generis [3]. L’Eglise du Christ est présente et agissante comme telle, c’est-à-dire comme l’unique arche de salut, seulement là où est le vicaire du Christ. Le Corps mystique dont celui-ci est le chef visible est strictement identique à l’Eglise catholique romaine.

La même déclaration (LG 8) reconnaît aussi la présence « d’éléments salvifiques » dans les communautés chrétiennes non-catholiques. Le décret sur l’œcuménisme renchérit en affirmant que « le Saint Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et communautés comme moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique » (UR 3).

De telles affirmations ne sont pas conciliables avec le dogme « Hors de l’Eglise point de salut », réaffirmé par la Lettre du Saint Office du 8 août 1949. Une communauté séparée ne saurait se prêter à l’action de Dieu, puisque sa séparation est une résistance au Saint Esprit. Les vérités et les sacrements qui y sont éventuellement conservés ne peuvent produire un effet salutaire qu’en opposition aux principes erronés qui fondent l’existence de ces communautés et entraînent leur séparation d’avec le Corps mystique de l’Eglise catholique, dont le chef visible est le vicaire du Christ.

La déclaration Nostra aetate affirme que les religions non chrétiennes « apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes », bien que ceux-ci doivent trouver dans le Christ « la plénitude de la vie religieuse » et « considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (NA, 2). Une pareille affirmation tombe sous le même reproche que la précédente. Tels que dans l’hérésie ou le schisme, les sacrements, les vérités partielles de foi et l’Ecriture sont dans un état de séparation d’avec le Corps mystique. C’est la raison pour laquelle la secte qui les utilise ne peut réaliser, en tant que telle, car privée de la grâce surnaturelle, la médiation ecclésiale ni contribuer au salut. On doit en dire autant des manières de penser, de vivre et d’agir, telles qu’elles sont dans les religions non chrétiennes.

Ces textes du concile favorisent déjà la conception latitudinariste de l’Eglise, condamnée par Pie XI dansMortalium animos ainsi que l’indifférentisme religieux également condamné par tous les papes, de Pie IX à Pie XII [4]. Toutes les initiatives inspirées par le dialogue œcuménique et interreligieux, dont la réunion d’Assise de 1986 demeure l’exemple le plus visible, ne sont que la mise en pratique, « l’illustration visible, la leçon de choses et la catéchèse intelligible à tous » (Jean-Paul II) de ces enseignements conciliaires. Mais elles expriment aussi l’indifférentisme dénoncé par Pie XI, lorsqu’il réprouve l’espoir « qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. […] Se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée » [5].

III – Une conception collégialiste et démocratique de l’Eglise.

1. Après avoir ébranlé l’unité de l’Eglise dans sa foi, les textes du concile l’ont aussi ébranlée dans son gouvernement et sa structure hiérarchique. L’expression du « subjectum quoque » (LG 22) veut dire que le collège des évêques uni au pape comme à son chef est lui aussi, en plus du pape seul, le sujet habituel et permanent du pouvoir suprême et universel de juridiction dans l’Eglise. C’est la porte ouverte à une diminution du pouvoir du Souverain Pontife, voire à sa remise en cause, au risque de mettre en péril l’unité de l’Eglise.

Cette idée d’un double sujet permanent du primat est en effet contraire à l’enseignement et à la pratique du magistère de l’Eglise, spécialement à la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I (DS 3055) et à l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII. Car seul le pape possède de manière habituelle et constante le pouvoir suprême, qu’il communique seulement dans des circonstances extraordinaires aux conciles, selon qu’il le juge opportun.

2. L’expression du « sacerdoce commun » propre aux baptisés, distingué du « sacerdoce ministériel » (LG 10) ne précise pas que seul le second doit s’entendre au sens vrai et propre du terme, tandis que le premier s’entend seulement au sens mystique et spirituel.

Cette distinction était affirmée clairement par Pie XII dans son Discours du 2 novembre 1954. Elle est absente des textes du Concile et ouvre la porte à une orientation démocratique de l’Eglise, condamnée par Pie VI dans la Bulle Auctorem fidei (DS 2602). Cette tendance à faire participer le peuple à l’exercice du pouvoir se retrouve dans la multiplication des organismes de toutes sortes, en conformité avec le nouveau droit canon (canon 129 § 2). Elle perd de vue la distinction entre clercs et laïcs, pourtant de droit divin.

IV – Des faux droits naturels de l’homme.

La déclaration Dignitatis humanae affirme l’existence d’un faux droit naturel de l’homme en matière religieuse. Jusqu’ici, la Tradition de l’Eglise était unanime à reconnaître aux non-catholiques le droit naturel de ne pas être contraints par les pouvoirs civils dans leur adhésion (d’intention au for interne et d’exercice au for externe) à l’unique vraie religion et légitimait, tout au plus dans certaines circonstances, une certaine tolérance dans l’exercice des fausses religions, au for externe public. Vatican II reconnaît de plus à tout homme le droit naturel de ne pas être empêché par les pouvoirs civils d’exercer au for externe public une religion fausse et prétend reconnaître comme un droit civil ce droit naturel d’exemption de toute contrainte de la part des autorités sociales. Les seules limites juridiques à ce droit seraient celles de l’ordre purement civil et profane de la société. Le Concile fait ainsi aux gouvernements civils une obligation de ne plus faire de discrimination pour des motifs religieux et d’établir l’égalité juridique entre la vraie religion et les fausses.

Cette nouvelle doctrine sociale est en opposition avec les enseignements de Grégoire XVI dans Mirari voset de Pie IX dans Quanta cura. Elle se fonde sur une fausse conception de la dignité humaine, purement ontologique et non point morale. En conséquence, la constitution Gaudium et spes enseigne le principe de l’autonomie du temporel (GS 36), c’est-à-dire la négation de la royauté sociale du Christ pourtant enseignée par Pie XI dans Quas primas, et finalement ouvre la porte à l’indépendance de la société temporelle par rapport aux commandements de Dieu.

V – La protestantisation de la messe.

Le nouveau rite de la messe, « s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail »[6] de la définition catholique de la Messe, telle qu’elle résulte des enseignements du concile de Trente. Par ses omissions et ses équivoques, le nouveau rite de Paul VI atténue l’identification de la messe au sacrifice de la croix, au point que la messe y apparaît beaucoup moins comme ce sacrifice que comme son simple mémorial. Ce rite réformé occulte aussi le rôle du prêtre au profit de l’action de la communauté des fidèles. Il diminue gravement l’expression du but propitiatoire du sacrifice de la messe, c’est-à-dire l’expiation et la réparation du péché.

Ces défaillances interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime. Dans l’interrogatoire des 11-12 janvier 1979, à la question posée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Soutenez-vous qu’un fidèle catholique peut penser et affirmer qu’un rite sacramentel, en particulier celui de la messe approuvé et promulgué par le Souverain Pontife puisse être non conforme à la foi catholique ou favens haeresim ? », Mgr Lefebvre a répondu : « Ce rite en lui-même ne professe pas la foi catholique d’une manière aussi claire que l’ancien Ordo missae et par suite il peut favoriser l’hérésie. Mais je ne sais pas à qui l’attribuer ni si le pape en est responsable. Ce qui est stupéfiant c’est qu’un Ordo missae de saveur protestante et doncfavens haeresim ait pu être diffusé par la curie romaine »[7]. Ces défaillances graves nous interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime, d’en accomplir la célébration et de conseiller d’y assister ou d’y participer positivement.

VI – Le nouveau Code, expression des nouveautés conciliaires.

Selon les dires mêmes de Jean-Paul II, le nouveau Code de droit canon de 1983 représente « un grand effort pour traduire en langage canonique » [8] les enseignements du concile Vatican II, y compris – et surtout – sur les points gravement fautifs signalés jusqu’ici. « Parmi les éléments qui caractérisent l’image réelle et authentique de l’Eglise », explique encore Jean-Paul II, « il nous faut mettre en relief surtout les suivants : la doctrine selon laquelle l’Eglise se présente comme le Peuple de Dieu et l’autorité hiérarchique comme service ; la doctrine qui montre l’Eglise comme une communion et qui, par conséquent, indique quelles sortes de relations doivent exister entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle et entre la collégialité et la primauté ; la doctrine selon laquelle tous les membres du Peuple de Dieu, chacun selon sa modalité, participent à la triple fonction du Christ : les fonctions sacerdotale, prophétique et royale. À cette doctrine se rattache celle concernant les devoirs et les droits des fidèles et en particulier des laïcs ; et enfin l’engagement de l’Eglise dans l’œcuménisme ».

Ce nouveau droit accentue la fausse dimension œcuméniste de l’Eglise, en permettant de recevoir les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction de ministres non catholiques (canon 844) et favorise l’hospitalité œcuménique en autorisant les ministres catholiques à donner le sacrement de l’eucharistie à des non catholiques. Le canon 336 reprend et accentue l’idée d’un double sujet permanent du primat. Les canons 204 § 1, 208, 212 § 3, 216 et 225 accentuent l’équivoque du sacerdoce commun et l’idée corrélative du Peuple de Dieu. Enfin, se profile aussi dans ce nouveau Code une définition fautive du mariage, où n’apparaît plus l’objet précis du contrat matrimonial ni la hiérarchie entre ses fins. Loin de favoriser la famille catholique, ces nouveautés ouvrent une brèche dans la morale matrimoniale.

VII – Une nouvelle conception du magistère

1. La constitution Dei Verbum affirme en manquant de précision que « l’Eglise, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu » (DV 8). Cette imprécision ouvre la porte à l’erreur de la Tradition vivante et évolutive, condamnée par saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi et le Serment antimoderniste. Car l’Eglise ne saurait « tendre vers la plénitude de la vérité divine » que parce qu’elle en donne une expression plus précise, non au sens où les dogmes proposés par l’Eglise verraient se donner « un sens différent de celui que l’Eglise a compris et comprend encore » (Dei Filius, DS 3043).

2. Le Discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005 essaye de justifier cette conception évolutive d’une Tradition vivante et de disculper par le fait même le Concile d’une quelconque rupture dans la Tradition de l’Eglise. Vatican II a voulu « redéfinir la relation de la foi de l’Eglise vis-à-vis de certains éléments essentiels de cette pensée » et pour ce faire ses enseignements ont « revisité ou également corrigé certaines décisions historiques. Mais, dans cette apparente discontinuité, le Concile a maintenu et approfondi sa nature [de l’Eglise] intime et sa véritable identité », celle « de l’unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné ; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche ». Cette explication suppose que l’unité de la foi de l’Eglise repose non plus sur un objet (car il y a discontinuité, au moins sur les points signalés jusqu’ici, entre Vatican II et la Tradition) mais sur un sujet, au sens où l’acte de foi se définit beaucoup plus en fonction des personnes croyantes qu’en fonction des vérités crues. Cet acte devient principalement l’expression d’une conscience collective, et non plus l’adhésion ferme de l’intelligence au dépôt des vérités révélées par Dieu.

Pie XII enseigne pourtant dans Humani generis que le magistère est la « règle prochaine et universelle de vérité en matière de foi et de mœurs », vérité objective du dépôt de la foi, consigné comme dans ses sources dans les saintes Ecritures et la Tradition divine. Et la constitution Dei Filius du concile Vatican I enseigne aussi que ce dépôt n’est pas « une invention philosophique que l’on pourrait compléter par le génie de l’homme », mais qu’il a été « confié à l’Epouse du Christ pour qu’elle le garde saintement et le déclare infailliblement » (DS 3020).

3. Manifestement, le discours d’ouverture du pape Jean XXIII (11 octobre 1962) et son allocution adressée au Sacré-Collège le 23 décembre 1962, assignent au concile Vatican II une intention très particulière, de type soi disant « pastoral », en vertu de laquelle le magistère serait censé « exprimer la foi de l’Eglise suivant les modes de recherche et de formulation littéraire de la pensée moderne ». L’encyclique Ecclesiam suam du pape Paul VI (6 août 1964) précise encore cette idée en disant que le magistère de Vatican II vise « à insérer le message chrétien dans la circulation de pensée, d’expression, de culture, d’usages, de tendances de l’humanité telle qu’elle vit et s’agite aujourd’hui sur la face de la terre » (n° 70) ; en particulier, l’annonce de la vérité « ne se présentera pas armée de coercition extérieure, mais par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, elle offrira son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés » (n° 77). La Constitution pastorale Gaudium et spes affirme que « le Concile se propose avant tout de juger à cette lumière les valeurs les plus prisées par nos contemporains et de les relier à leur source divine. Car ces valeurs, dans la mesure où elles procèdent du génie humain, qui est un don de Dieu, sont fort bonnes ; mais il n’est pas rare que la corruption du cœur humain les détourne de l’ordre requis : c’est pourquoi elles ont besoin d’être purifiées » (GS 11). De ces valeurs du monde procèdent les trois grandes nouveautés introduites par Vatican II : la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme.

4. Nous nous appuyons alors sur cette règle prochaine et universelle de la vérité révélée qu’est le magistère de toujours pour contester des doctrines nouvelles qui lui sont contraires. C’est bien là en effet le critère donné par saint Vincent de Lérins : « Le critère de la vérité, et d’ailleurs de l’infaillibilité du pape et de l’Eglise, c’est sa conformité à la Tradition et au dépôt de la foi. Quod ubique, quod semper. Ce qui est enseigné partout et toujours, dans l’espace et dans le temps » [9]. Or, la doctrine de Vatican II sur l’œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse est une doctrine nouvelle, contraire à la Tradition et au droit public de l’Eglise, lui-même basé sur des principes divinement révélés et comme tels immuables. Nous en concluons que ce Concile, ayant voulu proposer ces nouveautés, est privé de valeur magistérielle contraignante, dans la mesure même où il les propose. Son autorité est déjà douteuse en raison de l’intention nouvelle, soi-disant « pastorale », signalée au paragraphe précédent. Elle apparaît de plus certainement nulle, quant aux quelques points où il se met en contradiction avec la Tradition (cf. ci-dessus, I à VII,1).

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Fidèles à l’enseignement constant de l’Eglise, avec notre vénéré fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, et à sa suite, nous n’avons cessé jusqu’ici de dénoncer le Concile et ses textes majeurs comme l’une des causes principales de la crise qui ébranle l’Eglise de fond en comble, la pénétrant jusqu’à ses « entrailles mêmes » et à ses « veines » selon la vigoureuse formule de saint Pie X. D’ailleurs, plus nous y travaillons et plus nous voyons se confirmer les analyses déjà exposées avec une extraordinaire clarté par Mgr Lefebvre le 9 septembre 1965 dans l’aula conciliaire. Qu’il nous soit permis de reprendre ses propres paroles à propos de la Constitution conciliaire sur « l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui » (Gaudium et Spes) : « Cette constitution n’est ni pastorale, ni émanée de l’Eglise catholique : elle ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d’autre part, jamais l’Eglise n’a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons l’écouter, parce qu’elle n’est pas la voix de l’Epouse du Christ. La voix du Christ, notre berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous l’ignorons. Le vêtement est celui des brebis ; la voix n’est pas celle du Berger, mais peut-être du loup. J’ai dit » [10]. Les cinquante ans écoulés depuis cette intervention n’ont fait que confirmer cette analyse.

Dès le 7 décembre 1968, trois ans seulement après la clôture du Concile, Paul VI dut admettre : « L’Eglise se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. » Et le 29 juin 1972, il reconnut : « Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. » Il constata, mais ne fit rien. Il poursuivit la réforme conciliaire que ses promoteurs n’avaient pas hésité à comparer à la Révolution de 1789, en France, ou à celle de 1917, en Russie.

Nous ne pouvons rester passifs, nous ne pouvons nous rendre complices de cette autodestruction. C’est pourquoi nous vous invitons, chers amis et bienfaiteurs, à demeurer fermes dans la foi, et à ne pas vous laisser troubler par ces nouveautés de l’une des plus formidables crises que doit traverser la sainte Eglise.

Puissent la Passion de Notre Seigneur et sa Résurrection nous conforter dans notre fidélité, dans notre amour indéfectible envers Dieu, envers Notre Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, envers sa sainte Eglise, divine et humaine, dans une espérance sans faille… in Te speravi non confundar in aeternum. Daigne le Cœur douloureux et immaculé de Marie nous protéger tous et que son triomphe arrive bientôt !

Winona, dimanche des Rameaux 13 avril 2014
+Bernard Fellay
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[1] Mgr Lefebvre, « Lettre du 20 décembre 1966 adressée au cardinal Ottaviani » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 107-111.

[2] Pie XII, Encyclique Mystici corporis, 29 juin 1943, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1014.

[3] Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1282.

[4] Sur l’indifférentisme et le latitudinarisme, voir les propositions condamnées du Syllabus, chapitre 3, n°15 à 18 : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique. »

[5] Pie XI, Encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928, Enseignements pontificaux, L’Eglise, t. 1, n° 855.

[6] Cardinaux Ottaviani et Bacci, « Préface au pape Paul VI » dans Bref examen critique du Novus ordo missae, Ecône, p. 6.

[7] « Mgr Lefebvre et le Saint-Office », Itinéraires n° 233 de mai 1979, p. 146-147.

[8] Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplinae leges, 25 janvier 1983, La Documentation Catholique, n° 1847, p. 245-246.

[9] Mgr Lefebvre, « Conclusion » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 112.

[10] Mgr Marcel Lefebvre, J’accuse le Concile, Ed. Saint Gabriel, 1976, p. 93.

21 avril 2014

[Credidimus Caritati] Mgr Lefebvre : Vers la Résurrection, par la Croix

SOURCE - Credidimus Caritati - 19 avril 2014

« Alors nous, qui ne sommes pas encore arrivés à la résurrection, notre chemin ici-bas, c’est la croix. Et quelle espérance, quelle profonde joie de nous unir à Notre Seigneur Jésus-Christ pendant notre vie ! Dans les difficultés, dans les épreuves, dans les joies, toujours avec Notre Seigneur Jésus-Christ et avec la Très Sainte Vierge Marie, suivre ce chemin de la croix, nous offrir avec Notre Seigneur Jésus-Christ. 
« Et Dieu sait si aujourd’hui d’une manière particulière, nous avons à souffrir moralement de la situation de l’Eglise, par exemple. Cette situation douloureuse de l’Eglise, c’est une souffrance pour nous, de tous les jours. Nous aussi, nous avons à porter notre croix avec Notre Seigneur Jésus-Christ qui la porte en voyant son Eglise. Il n’est pas possible que Notre Seigneur, que la Très Sainte Vierge Marie, voyant ce qui se passe aujourd’hui sur terre pour l’Eglise, cette passion que subit l’Eglise, ne soient pas dans la douleur! 
« Alors nous aussi, nous souffrons. Nous souffrons avec Notre Seigneur Jésus-Christ, nous portons notre croix. Et pour cela nous avons toujours besoin d’avoir Notre Seigneur Jésus-Christ devant nos yeux : Jésus-Christ crucifié. Et c’est bien pour cela qu’Il est sur nos autels. Et c’est bien pour cela que Jésus-Christ nous a laissé le sacrifice de la messe, qui n’est autre que le sacrifice de la croix, et qu’Il nous a commandé de participer à la Victime en communiant, c’est la Victime toute sanglante de Notre-Seigneur sur la croix que nous mangeons, et à laquelle nous participons, pour porter la croix tous les jours. Oh ! non pas dans l’amertume, non pas dans le découragement, non pas dans le désespoir. Au contraire ! Mais avec l’espoir qu’avec Notre Seigneur sur la croix, nous serons un jour avec Notre Seigneur dans sa résurrection et dans sa gloire. »
Mgr Marcel Lefebvre, Retraite à Riddes en 1980

[Notions Romaines] Réimpression traditionaliste: Retour du missel de 1954 en anglais

SOURCE - Notions Romaines - 18 avril 2014

L’excellent blogue Opus Publicum a publié une annonce concernant la réimpression du missel d’avant les réformes de 1955 ou missel dit de 1954 par les publications Roman Catholic Archives. Ces missels ne furent pas réimprimés depuis que leur usage a cessé et surtout depuis que l’édition de 1962 devint presque exclusivement, mis à part peut-être pour quelques enclaves sédévacantistes, la norme en ce qui concerne le rite ancien. Il est donc très difficile de s’en procurer une copie, encore plus en français qu’en anglais. 

Comme l’auteur l’a soulevé, le choix du missel de 1962 comme étant l’usage commun voire presque universel fut influencé par la décision de Mgr Lefebvre d’en faire la norme au sein de la FSSPX et ce choix ne fait pas l’unanimité au sein des cercles traditionalistes. Ce choix fut renforcé par le Motu proprio de 2007.

Néanmoins, certaines sociétés Ecclesia Dei utilisent les rubriques pré-1955, certaines autorisations de Pie XII ne sont pas appliquées (notamment la récitation communautaire du Pater) et des usages anciens qui ne sont pas dans les rubriques de 62 sont toujours en vigueur (la récitation du deuxièmeConfiteor par les servants de messe).

Le prix de ce missel réimprimé est assez élevé, environ 450$ US, et la traduction du latin est vers l’anglais. Mais ce missel constitue une pièce liturgique indispensable à toute personne intéressée aux questions liturgiques pré-1969. Le retour du missel de 1954 suscitera, nous l’espérons, une discussion sur l’absolutisme du missel de 1962. Toute avancée sur le front de la réimpression traditionaliste est toujours la bienvenue.

[Mgr Williamson] Proposition d'équilibre

SOURCE - Mgr Williamson - 19 avril 2014

« Vous ferez avec soin ce que l’Éternel, votre Dieu, vous a ordonné ; vous ne vous en détournerez ni à droite, ni à gauche ». Cette instruction du Seigneur Dieu qui devait être transmise par Moïse aux Israélites (Deut.V,32) est certainement valide aussi pour le Peuple Élu de Dieu du Nouveau Testament (Rom.IX,25-26), mais elle n’est pas si facile à appliquer de nos jours où le Pasteur du Nouveau Testament est blessé et que les brebis sont dispersées (Zac.XIII,7). Le Pape, est-il si légèrement blessé que les Catholiques n'aient pas besoin de faire attention à la façon dont ils lui obéissent ? Ou bien est-il si gravement blessé qu'il ne puisse être Pape ? Dans les deux cas, les brebis sont dispersées, et elles le resteront jusqu'à ce que la Russie soit consacrée au Cœur Immaculée de la Très Sainte Vierge.

Entre temps, ainsi qu'il me semble, une lettre publiée dans le dernier numéro de l'Angelus, la revue officielle de la Fraternité Saint Pie X aux États-Unis, se détourne à gauche. L'abbé S. donne plusieurs raisons pour inciter la FSPX à se mettre elle-même dans les « mains du Pape...dès que possible ». Premièrement, Penser que les hommes d’Église romains sont intentionnellement destructeurs de l’Église relève d'un sédévacantisme implicite. Mais, point n'est besoin d'être sédévacantiste implicite ni explicite pour se rappeler que leurs intentions subjectives ne diminuent en aucune façon le mal objectif qu'ils ont fait à l’Église et qu'ils feraient à la FSPX si celle-ci se plaçait sous leur contrôle. Deuxièmement, Pour la FSPX, il est irréaliste d'attendre jusqu'à la conversion doctrinale complète des Romains pour se mettre entre leurs mains. Mais, une seule hérésie est suffisante pour se transformer en un ennemi de la Foi, et le modernisme est l'hérésie qui les contient toutes (Pascendi, Saint Pie X). Trop de contacts avec les Romains ont déjà séduit les leaders de la FSPX.

Troisièmement, La FSPX doit restituer à Rome dès que possible la doctrine et la pratique de la véritable Foi. Mais, Rome ne fût-elle encore que semi-moderniste, une telle restitution serait jeter des perles aux porcs (Mt.VII,6). Quatrièmement, La FSPX maintient ses distances vis-à-vis de Rome depuis si longtemps qu'elle risque de perdre tout sens catholique de la hiérarchie, de l'obéissance et de l'autorité. Mais, la vraie Foi doit être maintenue à une distance de sécurité de cette hérésie qui envahit et qui contamine tout. Et si je ne suis pas responsable de l'hérésie, Dieu peut préserver mon sens catholique pendant 40 ans ou plus dans le désert, à condition que je Lui reste fidèle à Lui, ainsi qu'Il le fit pour les Israélites fidèles (Ex.-Deut.). Et , cinquièmement, L’ainsi dénommée 'Résistance' est en train de diviser et d'affaiblir la véritable résistance de la FSPX à la Rome Conciliaire. Mais, l'unité autour d'un quelconque accord non-doctrinal avec les modernistes sera une unité autour de l'erreur, fatal pour la FSPX de Monseigneur Lefebvre.

Bref, l'Abbé S. a perdu de vue à quel point l'erreur du modernisme est tout simplement séductrice et mortelle pour la Foi.

D'autre part, ainsi qu'il me semble, un prêtre qui refuse maintenant de mentionner le nom du Pape au Canon de la Messe est en danger de se détourner à droite. Si je vois bien le danger mortel que représente le modernisme pour la Foi, je vois certainement l'énorme dommage objectif fait à l’Église par les Papes Conciliaires. Mais, puis-je avec certitude dire qu'il n'y a absolument plus rien de catholique qui demeure en eux ? Par exemple, comme dirait l’abbé S., n'ont-ils pas encore au moins de bonnes intentions subjectives ? N'ont-ils pas au moins prétendu servir l’Église ? En ce cas, ne puis-je célébrer la Messe en union avec quoi qu’il y ait encore de catholique en eux ? L’Église du courant majoritaire peut être mortellement malade, mais moi, du moins, je ne saurais maintenir qu'il ne se passe plus rien de catholique en elle. Elle n'est pas encore complètement morte !

« Dans les choses sûres, l'unité. Dans les choses douteuses, la liberté. En toutes choses, la charité ».

Kyrie eleison.

Les vrais prêtres ne devraient ni faire la cour à la Rome de nos jours,
ni supprimer le Pape de leurs Messes, dirais-je en ce jour. 

[Abbé de Cacqueray, fsspx - La Porte Latine] Communiqué : mon entrée en vie religieuse à compter du 30 novembre 2014

SOURCE - Abbé de Cacqueray, fsspx - La Porte Latine - 21 avril 2014

Chers fidèles,

Après en avoir informé mes confrères ce Mercredi Saint 2014, je vous fais part de l'essai de vie religieuse que je commencerai le 30 novembre 2014 au couvent Saint-Antoine à Aurenque, près de Auch, où j'entrerai comme postulant. J'avais déjà fait la demande de passer une année à Morgon en 2001, mais j'ai été nommé comme Supérieur du district de France le 15 août 2002. J'achève donc le second des deux mandats dont m'a chargé notre Supérieur Général que je remercie de sa confiance. En janvier 2014, j'ai renouvelé ma demande auprès de Mgr Fellay qui m'a donné son accord. Le père Antoine, de son côté, veut bien me recevoir comme postulant.

En vous remerciant de vos prières, chers fidèles, je vous assure des miennes à vos intentions qui continueront, quant à elles, bien au-delà du quinze août. Je vous prie de bien vouloir agréer, chers fidèles, l'expression de mon dévouement sacerdotal dans le Cœur Douloureux et Immaculé de Marie.

Abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du District de France

18 avril 2014

[Riposte Catholique] Une messe chrismale dans la forme extraordinaire

SOURCE - Riposte Catholique - 18 avril 2014
Pour la 2ème année consécutive Monseigneur Haas a célébré hier la messe chrismale de son diocèse dans la forme extraordinaire. Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz (Liechtenstein), était entouré des prêtres de son diocèse ainsi que de quelques prêtres et séminaristes du Séminaire Saint-Pierre où l’archevêque réside régulièrement.

16 avril 2014

[Austremoine] Canonisation de Jean-Paul II ou comment l’abbé Fabrice Loiseau voit la FSSPX : aberration, bêtise et insultes…

SOURCE - Austremoine - 16 avril 2014

L’abbé Fabrice Loiseau est en colère, très en colère. Il ne supporte pas le livret édité par le séminaire d’Ecône de la Fraternité Saint-Pie X visant à montrer la nullité de la canonisation de Jean-Paul II et à dévoiler l’intention qui la sous-tend, celle de canoniser en réalité le concile Vatican II et sa théologie déviante. Il supporte encore moins que le MJCF soit venu distribuer ce livret à la sortie de son église de Toulon.

Car le parcours de ce prêtre est atypique. Fondateur et actuel supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon, l’abbé Loiseau, né le 9 août 1966, commença son séminaire à … Flavigny, dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X !

Tout comme l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Loiseau devrait se souvenir que lorsqu’il est rentré à Flavigny, Mgr Lefebvre n’avait certes pas procédé aux sacres mais avait déjà été déclaré suspens a divinis. Et tous se doutaient bien que l’excommunication serait l’épilogue de l’opposition de Mgr Marcel Lefebvre au à la Rome conciliaire. C’est donc dans un séminaire réputé « sauvage » et sous l’autorité d’un évêque « suspens » et bientôt « excommunié » que l’abbé Loiseau commença sa formation religieuse. Erreur de jeunesse ?

Refusant les sacres, il rejoint la Fraternité Saint-Pierre dès sa création. Il fut de ceux qui acceptèrent de concélébrer dans le nouveau rite avec les évêques, concélébration interdite alors par son Institut. Et le 29 juin 1999, il fait parti des seize signataires qui font appel à Rome pour mettre la FSSP sous tutelle, trop lefebvriste à leur goût.

On a souvent accusé ces prêtres d’être des traîtres à leur institut : pourtant, une telle attitude n’est que la résultante d’une pensée cohérente. A partir du moment où l’on accepte le concile et où l’on reconnaît la légitimité de la nouvelle messe, refuser ces réformes pour des raisons de sensibilité ou de préférence est le signe d’un esprit schismatique.

Aujourd’hui d’ailleurs, le principe de la concélébration avec l’évêque dans le rite nouveau ainsi que l’orthodoxie du Concile comme du nouveau rite sont tout à fait acceptés, et ce très officiellement, par la FSSP.

On comprend mieux pourquoi, ayant accepté ces réformes, et donc par le fait même la théologie qui la soutient, cela ne pose aucun problème à l’abbé Loiseau – tout comme à l’ensemble des instituts Ecclesia Dei – de voir le pape Jean-Paul II canonisé. Surtout quand cet acte est réputé, en temps normal, être revêtu de l’infaillibilité pontificale.

Le jugement de l’abbé Loiseau sur le livret de la FSSPX est très sévère : « Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine », ou encore « Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise ».

L’aberration en question se compose de 34 pages documentées et étayées qui font écho au livre Doutes sur une béatification de monsieur l’abbé Patrick de la Rocque, livre de 200 pages tout de même, et livre qui n’est que le résumé du dossier présenté à Rome sans qu’il ait fait l’objet d’une réponse et encore moins d’une contre argumentation !

Aberration, bêtise…mais comme disait un humoriste français, on juge l’intelligence des autres avec celle dont on dispose, ce qui limite forcément ! Quand à la haine et l’insulte, elles sont inexistantes ; de telles affirmations sont de pures calomnies.

« JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET » : ne vous en déplaise monsieur l’abbé, faites, je publierai votre réponse si réponse il y a. La FSSPX a donné ses arguments sans méchanceté ni agressivité, répondez de même !


Austremoine

Texte de l’abbé Fabrice Loiseau : Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X 
» En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine. JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S’il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l’Eglise qui ne viennent à la messe qu’en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon ? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise. 
Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu’ils comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d’avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux! 
La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d’eux. » 
Abbé Fabrice Loiseau

15 avril 2014

[Paix Liturgique] A Boulogne-Billancourt, le Motu Proprio toujours en suspens

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 435 - 15 avril 2014

Alors que le Saint-Père a nommé un successeur à Mgr Daucourt, en la personne de Mgr Aupetit, jusque-là évêque auxiliaire à Paris, il nous semble important de nous arrêter sur la situation de la forme extraordinaire du rite romain à Boulogne-Billancourt, la ville la plus peuplée du diocèse de Nanterre.
I – ÉTAT DES LIEUX
Plus de 100 000 habitants, un doyenné, quatre paroisses, douze messes dominicales, mais seulement deux curés et aucune messe traditionnelle… Telle est la photographie de la situation à Boulogne-Billancourt aujourd’hui. Pourtant, depuis septembre 2007, les demandes d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum n’y ont pas manqué, dans le sillage des nombreuses demandes réitérées depuis les années 1980 par des familles de Boulogne attachées à la forme extraordinaire du rite romain.

De fait, le 27 septembre 2007 – seulement treize jours après l’entrée en vigueur du Motu Proprio et en réponse aux demandes d’application de Summorum Pontificum qui s’étaient déjà manifestées dans la ville depuis sa publication, le 7 juillet 2007 –, les quatre curés de l’époque cosignaient un courrier indiquant qu’il « a été convenu entre les curés du diocèse de Nanterre que ces demandes doivent être formulées auprès du Vicaire épiscopal, l'abbé Yvon Aybram ».

En 2009 puis en 2012, non seulement à Sainte-Cécile et, surtout, à Sainte-Thérèse, mais aussi au niveau du doyenné, la demande a été reformulée. Sans succès jusqu’à présent, mais sans fin de non-recevoir définitive. À Sainte-Thérèse, l’ancien curé, le père Banvillet, avait fait partie des prêtres qui célébraient la première messe traditionnelle du diocèse, mise en place en novembre 2005 à Sainte-Marie-des-Fontenelles, à Nanterre. Apprécié de tous, sa nomination par l’évêque à cette mission avait nourri beaucoup d’espoir chez plusieurs de ses paroissiens n’attendant qu’une seule chose : que leur curé fasse dans LEUR paroisse ce qu’il avait fait à Nanterre. Son départ et son remplacement par un curé moins ouvert à l’accueil de cette sensibilité liturgique, comme on dit, compromirent un temps les projets d’application du Motu Proprio.

Il faut dire qu’en dehors de Sainte-Cécile, dynamique jeune paroisse confiée aux Frères de Saint-Jean, les paroisses de Boulogne ont connu bien des changements en six ans. L’église historique de Boulogne, Notre-Dame, fondée par les Valois au XIVe siècle, a été confiée aux Légionnaires du Christ en 2012. À titre toutefois expérimental puisque le prêtre, d’origine australienne, qui en a la charge, n’est pas curé mais seulement administrateur, comme le précisait Mgr Daucourt dans une lettre aux catholiques de Boulogne-Billancourt datée de l’Ascension 2012. Quant à l’Immaculée-Conception et à Sainte-Thérèse, elles ont désormais le même curé, le père Ketterer, venu récemment du Plessis-Robinson où il avait accepté de célébrer dans la forme extraordinaire. Comme il est en outre curé doyen, sa charge de travail ne lui a guère laissé jusqu’ici le temps de s’occuper activement de la question du Motu Proprio, même s’il a pu faire connaissance avec certains demandeurs de Sainte-Thérèse.
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) 61,2 % des catholiques pratiquants du diocèse de Nanterre assisteraient au moins une fois par mois à la messe traditionnelle si celle-ci était célébrée dans LEUR paroisse. C’est le résultat principal du sondage réalisé par téléphone du 30 mars au 8 avril 2011, pour le compte de Paix liturgique, par l’organisme professionnel et indépendant JLM Études, sondage que nous avons commenté dans notre lettre 317 du 10 janvier 2012. Les données brutes de ce sondage indiquaient même précisément que ce nombre montait à 66,8 % pour l’arrondissement de Boulogne-Billancourt. Deux pratiquants boulonnais sur trois déclarent donc avoir un intérêt réel pour la forme extraordinaire de la messe, à condition que celle-ci soit proposée dans le cadre de leur paroisse habituelle. Déjà bien avant la publication du Motu Proprio du 7 juillet 2007, ce souhait avait été constaté à chaque opération de sensibilisation réalisée par les équipes de Paix Liturgique, de 2002 à 2005, à la sortie des messes de Boulogne. Les témoignages directs des paroissiens à propos de leur désir de bénéficier dans LEUR paroisse des bienfaits de la liturgie traditionnelle, étaient extrêmement nombreux. Cette réalité était donc bien connue de tous. À titre d’exemple, nombre de curés de l’époque étaient dûment informés du fait que beaucoup de mères de familles, engagées dans les aumôneries des écoles (de Boulogne) où étaient scolarisés leurs enfants, étaient attachées au culte traditionnel et le pratiquaient dans des diocèses voisins plus accueillants.

2) Certains considèrent que les fidèles de Boulogne-Billancourt ne sont pas totalement démunis car ils ont la messe non loin des deux extrémités de leur ville : à Saint-Cloud, à 9h30, d’une part, et à Sainte-Jeanne-de-Chantal (XVIème arrondissement de Paris), à 12h, d’autre part. Toutefois, ces messes ne sauraient répondre ni à la demande exprimée ni au désir latent mesuré à Boulogne. Comme nous le confie une lectrice : « Je ne me satisfais pas du conseil d’un prêtre qui me suggère d’aller à Sainte-Jeanne-de-Chantal. Ce qui est possible dans le XVIème doit aussi l’être à Boulogne ! » On remarque d’ailleurs que, tant à Saint-Cloud qu’à Sainte-Jeanne-de-Chantal, l’immense majorité des fidèles sont des paroissiens géographiques. Ces deux célébrations sont un exemple du principe selon lequel « c’est l’offre qui créé le besoin » (ou qui lui permet de s’exprimer). En effet, bon nombre de ces pratiquants, qui n’assistaient pas jusqu’alors à la forme extraordinaire dans une autre paroisse et qui ont désormais le choix, peuvent vivre leur « forme propre de vie spirituelle ». (« Les fidèles ont le droit de rendre le culte à Dieu selon les dispositions de leur rite propre approuvé par les Pasteurs légitimes de l’Église, et de suivre leur forme propre de vie spirituelle qui soit toutefois conforme à la doctrine de l’Église », Code de Droit canonique, canon 214). Autrement dit, ils ont pu bénéficier d’un « droit des fidèles » dont il leur était jusque-là impossible de jouir. Comme dans beaucoup d’autres endroits, les fidèles de Boulogne souhaitent pratiquer leur foi dans LEUR paroisse, là où ils sont déjà engagés pour certains, là où leurs enfants vont à l’école et, plus généralement, là où ils vivent. Ils n’envisagent pas de quitter leur paroisse pour assister à une liturgie qu’ils apprécient et à laquelle ils assisteraient régulièrement, de manière non exclusive, si elle était célébrée dans LEUR paroisse. N’est-ce pas là tout l’esprit du Motu Proprio Summorum Pontificum, et aussi bien tout l’esprit du droit de l’Église ?

3) Dans sa lettre du jeudi de l’Ascension de 2012, Mgr Daucourt expliquait que les Légionnaires du Christ, les frères de Saint-Jean et les prêtres diocésains regroupés autour du père Ketterer en une Fraternité missionnaire pour la ville, sur le modèle voulu par Mgr Lustiger, allaient constituer des « noyaux de charité » au cœur de la ville. Les familles attachées à la liturgie traditionnelle n’espèrent rien d’autre que de bénéficier de cette charité dont l'abbé Aybram parlait lui aussi lors de la mise en place de la messe à Saint-Cloud : « Dans un souci de charité pastorale et d’unité de l’Église, la paroisse de Saint-Cloud ne se contentera pas d’héberger une messe supplémentaire : elle accueillera fraternellement et chaleureusement les fidèles qui prendront part à cet office, qu’ils habitent sur la commune ou qu’ils viennent d’ailleurs. » Le Motu Proprio est fondé sur l’idée que la célébration de la forme extraordinaire dans les lieux « ordinaires » est au service de l’unité. C’est ce que l’expérience a confirmé, lorsqu’elle a été tentée honnêtement : elle a prouvé que l’unité non seulement n’était pas menacée mais se trouvait renforcée (du fait notamment de la disparition d'un mécontentement chez les fidèles jusque-là repoussés) par la mise en place de célébrations paroissiales supplémentaires selon la forme extraordinaire du rite romain. Boulogne a tous les atouts pour le démontrer une fois de plus.

4) Le refus de Mgr Daucourt de dialoguer avec les fidèles les plus traditionnels de son diocèse a contribué, on s’en souvient, à la naissance de Paix liturgique. Une décennie est passée depuis cette époque mouvementée. Et le diocèse de Nanterre est devenu le diocèse pionnier de la région parisienne en matière d’application paroissiale du Motu Proprio. Cela aurait pu se faire bien plus tôt si Mgr Daucourt avait ouvert, à défaut de sa porte, son cœur et sa raison à la générosité bienveillante, à laquelle le Motu Proprio de 1988 appelait déjà les évêques avant celui de 2007. C’est Mgr Daucourt qui, en 2005, avait demandé au père Nicolas Brouwet, alors doyen de Chaville, Sèvres et Ville d’Avray d’apprendre à célébrer la messe traditionnelle en vue de l’expérience de Sainte-Marie-des-Fontenelles de Nanterre, avant de le choisir en avril 2008 comme évêque auxiliaire. Le père Nicolas Brouwet, devenu évêque de Tarbes et Lourdes en mars 2012, a toujours fait preuve de bienveillance envers les fidèles attachés à la forme extraordinaire. De la célébration de la messe de Nanterre dès 2005 à ses nombreuses présences au pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, sans oublier les ordinations plusieurs fois conférées dans le rituel traditionnel à divers clercs de communautés Ecclesia Dei, Mgr Brouwet incarne pour nombre de fidèles « la charité pastorale » et « l’unité de l’Église », vécues et pas uniquement invoquées de manière incantatoire.

5) Toutefois, comme le prouve l’exemple de Boulogne-Billancourt, il reste encore beaucoup à faire dans le diocèse. Prions donc pour que l’arrivée de Mgr Aupetit confirme le rôle pilote du diocèse de Nanterre en matière de paix liturgique. Gageons que l’exemple donné à Rome par le pape François, qui dit son intention d’associer toutes les périphéries de l’Église à son pontificat, saura inspirer le nouvel évêque.

14 avril 2014

[FSSP.org] Visite du Cardinal Gérald-Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec à Saint-Zéphirin-de-Stadacona

SOURCE - FSSP.org - 14 avril 2014
Lorsqu’en 2006 le Cardinal Marc Ouellet - alors Archevêque de Québec - fait appel à la Fraternité Saint-Pierre pour établir un nouvel apostolat à Québec, personne ne peut douter du succès de cette nouvelle aventure. La FSSP est alors déjà présente depuis de nombreuses années à Ottawa, l’apostolat qui lui est confié se trouve au lieu-même du « berceau » de la Nouvelle-France. C'est en effet tout d’abord à l’église Saint-François d’Assise sur la Paroisse Notre-Dame de Rocamadour que la Fraternité célèbre la messe. Ce nom est hérité de la promesse que lui fit Jacques Cartier d’accomplir - en son Sanctuaire - un pèlerinage une fois de retour, en échange de la guérison de l’équipage de l’Emerillon pris par les glaces de l’hiver 1536 au confluent des rivières Saint-Charles & Lairet et ravagé alors par le scorbut.

Enfin, depuis 2010 - toujours à quelques centaines de mètres du lieu historique du miracle et du sanctuaire marial érigé en 1919 – c’est à l’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona (tribu éponyme dont le chef apporta providentiellement le « breuvage » salutaire aux 110 membres d’équipage de l’Emerillon) que la Fraternité Saint-Pierre continue son ministère, précieux aux yeux de la centaine de fidèles venant pour la messe dominicale.

Outre l’ensemble des sacrements proposés, c’est aussi par la présence permanente d’un prêtre que la Fraternité Saint-Pierre peut assurer la célébration de la Messe quotidienne dans sa propre église au cœur de l’archidiocèse. Celui-ci célèbre cette année le 350ème anniversaire de sa cathédrale, notamment par l’ouverture de la première Porte Sainte en Amérique du Nord et l’annonce de la canonisation du bienheureux François de Montmorency-Laval, fondateur du diocèse.

Il faut aussi rappeler que l’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona est surtout connue depuis que le célèbre cinéaste Alfred Hitchcock, catholique, y tourna en 1952 le film La loi du silence ayant pour thème le secret de la confession.

Cette année 2014 est en outre une année de grâce en particulier en raison de la Visite pastorale dont notre Archevêque, le Cardinal Gérald-Cyprien Lacroix, a voulu nous honorer ce premier dimanche de Carême. C’est la première visite de notre Archevêque depuis notre arrivée à Québec. C’est l’occasion de réunir autour d’un buffet paroissial plus de 150 fidèles dont une cinquantaine d’enfants. Son Éminence le Cardinal Lacroix promet alors - avant de nous donner la bénédiction du Saint-Sacrement - de revenir pour célébrer lui-même les confirmations le 31 mai prochain.

Retenons enfin ce double clin d’œil prometteur de la Providence : avoir établi la Fraternité Saint-Pierre à l’endroit même d’où est partie la chrétienté en Amérique du Nord et permettre qu’en ce lieu fondateur soit perpétué le rite vénérable que connut Jacques Cartier, contemporain de saint Pie V !

[ND de Chrétienté - L'Appel de Chartres] Interview d’Alice Gauthier, responsable « Province » à la Direction des Pèlerins

SOURCE - Alice Gauthier - ND de Chrétiénté - L'Appel de Chartres - Avril 2014

Alice Gauthier, qui êtes-vous ?
Je suis normande et aime à la fois le Cotentin, le Mont St Michel et les côtes d’agneau pré-salé… Depuis 1 an, je travaille comme ingénieur à Angers sur la thématique des bioressources et assiste à la messe à Notre Dame des Victoires, très belle église classée d’Angers que je vous invite à visiter.
Comment êtes vous devenue Responsable Province au sein de la Direction des Pèlerins ?
En octobre 2013, Rémi Mancheron, directeur des Pèlerins, m’a sollicitée pour devenir son adjoint en charge de la province. Jean Charles Proskuryn après plusieurs années de bons et loyaux services, n’avait plus le temps et la disponibilité nécessaire pour assurer cette charge.

Le Pèlerinage m’est plutôt familier puisque j’y suis venue quasiment chaque année depuis plus de 20 ans. J’ai assuré successivement les fonctions de pèlerin, d’adjoint de chapitre, puis de chef de chapitre notamment de l’excellent chapitre sainte Clotilde d’Orléans et enfin de chef adjoint de la région Centre. C’est une première que cette fonction de Responsable de Province soit assurée par une « provinciale » et j’en suis très fière ! Rémi a pensé que je serai ainsi plus à même de résoudre les problèmes rencontrés dans nos belles provinces.
En quoi consiste votre service ?
Il s’agit de seconder Rémi en assumant la charge de la partie Province du Pèlerinage afin qu’elle soit en ordre de marche pour la Pentecôte dans une même unité d’esprit autour de nos trois piliers historiques fondamentaux, Tradition, Chrétienté, Mission.

Concrètement, ma mission consiste en l’animation, la coordination, le soutien de l’équipe dynamique des 9 chefs de région de Province qui entretiennent la flamme et les liens avec les chefs de chapitres pendant toute l’année. Je veille en particulier au bon renouvellement de l’encadrement des quelques 70 chapitres adultes provinciaux ainsi qu’à l’organisation des 7 recollections régionales. Contrairement à l’Ile de France, les distances entre régions rendent les rencontres pendant l’année plus difficiles alors même qu’il est essentiel de renforcer les liens entre les cadres du pèlerinage.

Il y a heureusement l’Université d’Automne à Paris qui donne l’occasion unique de se voir, d’échanger, de se former et de prier ensemble. C’est vraiment un moment privilégié pour fortifier notre unité avec la participation de personnalités de très grande qualité. J’encourage fortement les cadres provinciaux à s’y rendre plus massivement. Pour conforter ces liens, je m’efforce également de participer à une ou deux recollections régionales, étapes cruciale de la préparation spirituelle du pèlerinage. Mais la plupart du temps, il s’agit d’échanger très régulièrement par mails et coups de fil… et d’attendre, entre autres, patiemment et avec confiance le retour des fameuses feuilles de routes, sésame indispensable à tout chef de chapitre pour participer au pèlerinage… Au fur et à mesure, j’apprends à connaître chacune des particularités des régions et chacun des chapitres les composant…

Lorsqu’une difficulté se présente, en particulier dans le cas du renouvellement des chefs de chapitre, il est alors important de pouvoir s’appuyer sur le réseau « Notre Dame de Chrétienté » pour trouver des solutions et de nouvelles têtes… Néanmoins, il reste fondamental que le chef de chapitre sache s’entourer et prépare sa succession avant de quitter le navire…

Parallèlement, j’assure la bonne circulation montante et descendante de l’information en m’efforçant d’impulser une dynamique de mobilisation et en remontant les suggestions, les bonnes idées ou les remarques des chefs de régions. A cet effet, chaque mois, je participe, dans les locaux de l’association, au Conseil du Pèlerinage (le Copel), qui est l’instance de direction de Notre Dame de Chrétienté, afin d’être un porte-voix de la Province dans l’organisation du pèlerinage …
Quel est votre tâche pendant les 3 jours de marche ? « Direction des Pèlerins » veut-il dire que c’est vous qui indiquez la direction à prendre sur la route ?
Non bien sûr ! Heureusement pour chacun des marcheurs, la colonne est menée par 2 pèlerins très méthodiques qui marchent droit sans détours, ce qui évite de la fatigue supplémentaire aux pèlerins… : «Alpha 1» ouvre la marche devant la statue ND de Chrétienté en s’appliquant à respecter rigoureusement l’itinéraire ainsi que l’horaire, et « Alpha 2 » ferme la marche en s’assurant qu’il ne reste personne derrière lui.

Pour ma part, une fois quittée la cathédrale de Paris, je passe mes trois jours à faire des allers - retours dans la colonne pour rencontrer chacun des chefs de régions et recenser ce qui fonctionne bien mais également ce qui va moins bien afin de tenter de résoudre les difficultés éventuelles...
Vos premières impressions ?
Je suis impressionnée par l’attachement très profond des cadres à notre beau pèlerinage, par la grande variété des chapitres qui le compose et par l’esprit de famille, de chrétienté qui y règne.

C’est également très enrichissant d’avoir une vision globale du pèlerinage et je mesure mieux la somme de bonnes volontés nécessaires pour permettre le bon déroulement de notre marche de prière et de conversion chaque année à la Pentecôte

Je suis heureuse de pouvoir contribuer à cultiver le réseau … mais cela nécessite un temps « certain » dont j’avais bien conscience avant d’accepter cette mission sans toutefois en mesurer pleinement l’ampleur. Alors, amis de province, n’hésitez pas à venir renforcer notre équipe de la Dirpel ! 

[Abbé Fabrice Loiseau] Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X

SOURCE - Abbé Fabrice Loiseau (Missionnaires de la miséricorde divine) - via Le Forum Catholique - 14 avril 2014

En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n'a d'égal que la haine. Je suis prêt à en débattre avec eux et à répondre à tous les points de ce livret (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S'il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l'Eglise qui ne viennent à la messe qu'en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n'avait pas pour but d'insulter le pape et l'Eglise .

Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu'il comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d'avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux!

La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d'eux .

Abbé Fabrice Loiseau