13 mars 2019

[Abbé Francesco Ricossa - Solalitium] Gérard ou Guérard? (Les tristes causes d’une ruine spirituelle dans une biographie ad usum Delphini)

SOURCE - Abbé Francesco Ricossa - Solalitium - octobre 2018
Cela fait quelque impression de lire un livre historique, et de se rendre compte d’avoir vécu personnellement cette période désormais transmise à l’Histoire. C’est ce qui m’est arrivé - et ce n’est pas la première fois - en lisant la biographie de Dom Gérard Calvet, Dom Gérard Tourné vers le Seigneur, écrite par Yves Chiron et éditée par les Éditions Sainte-Madeleine (2018), c’est-à-dire par le monastère du Barroux fondé par Dom Gérard. Les débuts de ce qu’on appelle le traditionalisme (celui du XXe siècle, évidemment, non celui du siècle précédent) font partie du passé, et une génération est déjà née (et même plus d’une) qui n’a pas connu cette époque. 
       
J’ai toujours été fasciné au contraire par l’Histoire et par l’histoire des époques que j’ai vécues en personne, mais d’une manière très marginale, et j’ai toujours nourri le désir, non exaucé, d’en écrire une moimême. C’est ce qu’a fait, à plusieurs reprises, Yves Chiron (presque de mon âge, puisqu’il a deux ans de moins que moi) en traitant des biographies de certains personnages de ce monde et de cette époque, qui ont combattu des deux côtés des barricades : si les familles religieuses “traditionalistes” lui ont ouvert leurs archives pour publier une biographie de leur fondateur (c’est ce qu’ont fait les capucins de Morgon pour le Père Eugène de Villeurbanne et précisément les bénédictins du Barroux pour Dom Gérard, et dans le cas d’une laïque, la Fraternité Saint-Pie X pour un personnage mineure, mais que j’ai bien connu, Katharina Tangari), Yves Chiron n’a pas hésité à s’occuper aussi de ceux qui furent vus comme des adversaires, je dirais emblématiques, du “traditionalisme catholique” : Jean XXIII (2017) et Paul VI (1993, 2018), Annibale Bugnini (2016) et Frère Roger de Taizé (2008).
   
Sa précision d’historien documenté a permis à Yves Chiron de sortir du petit monde du traditionalisme catholique (dont il s’approcha encore jeune, provenant des tendances maurrassiennes et aussi traditionalistes ésotériques, ou évoliennes et guénoniennes) et d’être publié en différentes langues, y compris l’italien et par des maisons d’édition bien éloignées - religieusement et politiquement - de ses positions de départ, comme les Éditions Saint Paul (Chiron a été aussi traduit par les éditions Lindau, dont nous avons déjà parlé - et en mal - sur Sodalitium). Même si l’accès à des maisons d’édition comme les éditions Paoline - si ouvertement modernistes - ne s’explique pas seulement par le sérieux du travail de Chiron, pour être accepté par le monde éditorial qui compte, une défense intégrale et déclarée du concile Vatican II a été nécessaire de sa part.
Le démolissage de la part de la Fraternité Saint-Pie X pour crime de lèse-majesté 
C’est ce choix de camp qui apparemment a offusqué la Fraternité Saint-Pie X ou au moins certains de ses représentants, qui ont démoli précisément la biographie de Dom Gérard : non Tourné vers le Seigneur (comme l’a défini Joseph Ratzinger) mais Tourné vers le Concile, protestent les historiens de la Fraternité indignés par la biographie chironienne du fondateur du Barroux (fondation faite avec l’argent des traditionalistes français, bien entendu). Mais est-ce vraiment le tournant conciliaire de Dom Gérard, vaillamment défendu par Yves Chiron, qui offusque ses critiques lefebvristes ? Je dirais que non, et le contraire serait paradoxal. Dom Gérard a demandé et obtenu des modernistes au pouvoir la remise des censures et la reconnaissance “canonique” de ses œuvres (avec en prime la bénédiction abbatiale), et la Fraternité a demandé et obtenu la remise des excommunications encourues par ses évêques (y compris Mgr Williamson, ne l’oublions pas), et la reconnaissance “canonique” (par l’“évêque” de Buenos Aires) ainsi que l’autorisation de confesser, ordonner, bénir les mariages. Manque encore, pour le moment, la Prélature personnelle ; nous verrons si l’abbé Pagliarani réussira là où Mgr Fellay n’avait pas encore réussi à arriver ! On ne voit pas pourquoi la Fraternité doit prendre ombrage de ce que Dom Gérard a fait avant qu’elle le fasse ensuite…
   
Tout le problème consiste en ceci : avant ou après. Mendier et obtenir une bénédiction par les modernistes (“Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition” est une invention de Mgr Lefebvre, non de Dom Gérard) et trouver un compromis sur le Concile (“le Concile à la lumière de la Tradition” est une autre trouvaille de Mgr Lefebvre, même si empruntée - si je ne me trompe - à Jean Madiran) peut être bien, mais ce n’est pas bien de le faire avant ou après : celui qui l’a fait avant est un traître (Dom Gérard pour les lefebvristes), celui qui l’a fait après est un schismatique, ne l’ayant pas fait avant (les lefebvristes pour Dom Gérard et ses héritiers).
   
Ce que les lefebvristes (ce qui n’est pas un terme péjoratif : cela signifie les disciples de Mgr Lefebvre) ne supportent vraiment pas, c’est le dur jugement du livre d’Yves Chiron sur Mgr Lefebvre, et sur ceux qui l’ont suivi en acceptant les sacres épiscopaux de 1988 (et en effet, ce jugement se révèle vraiment faux dans la bouche et sous la plume de ces ingrats). Dans l’année où les modernistes canonisent Paul VI (incroyable mais vrai !), les lefebvristes ne peuvent supporter que leur fondateur non seulement ne soit pas canonisé, mais soit même traité de schismatique par des ex-compagnons de route, quand aujourd’hui même les modernistes ne l’appellent plus ainsi.
   
Quant à moi, je dois admettre que ma passion pour l’Histoire et la curiosité pour des événements que - pour une part minime - j’ai vécus en personne (bien que de loin) n’ont pas suffi à me décider à l’achat du livre, mais que c’est plutôt le fait qu’il était beaucoup question dans cette biographie du Père M.-L. Guérard des Lauriers o.p.
Dom Gérard et le Père Guérard 
Quiconque l’a connu ne devrait pas s’étonner, puisque nul n’ignore que le Père Guérard joua un rôle important auprès de Dom Gérard : en effet, il enseigna à Bédoin la théologie à ses moines même après son éloignement d’Écône (1977), jusqu’en 1979. Mais puisque la figure du Père Guérard des Lauriers est frappée d’une véritable damnatio memoriæ, cela fait toujours plaisir de lire à son sujet. C’est d’ailleurs le motif de cette recension. En espérant faire économiser 29 euro à mes lecteurs guérardiens.
 
Dom Gérard connut le Père Guérard en 1962, quand le religieux dominicain, depuis un an professeur à l’Université Pontificale du Latran, tint une conférence au monastère de Tournay, en mettant en garde les moines à l’égard de la “Nouvelle Théologie” et en particulier de Teilhard de Chardin (pp. 144-145) ; non que le monastère fût un bastion de la foi, puisque l’un des conférenciers les plus appréciés du Père Abbé était le chef de bande de la “Nouvelle Théologie”, le Père Congar. Dom Gérard et le Père Guérard se croisèrent de nouveau seulement en 1969, quand Dom Gérard - après une expérience au Brésil - n’avait pas tenu le coup face à l’esprit conciliaire qui avait détruit en peu de temps les observances monastiques, et s’était retiré avec un compagnon à Montmorin, dans une expérience de vie érémitique. Le Père Guérard l’encouragea - dans une lettre du 1er octobre 1969 - à suivre la vie érémitique (lui-même fut souvent attiré par la vie des chartreux) et le mit au courant de son opposition au Novus Ordo Missæ : “La ‘nouvelle messe’ - qui n’est plus la Messe - demeure pour moi - et pour d’autres - un violent scandale. Nous allons agir, en conduisant à terme l’action déjà commencée depuis six mois”, c’est-à-dire le Bref Examen critique du N.O.M. ; “Humainement, je la crois inutile, mais je le fais à la fois par devoir et par amour. On ne peut pas ne pas tout mettre en œuvre pour empêcher un mal si grand (…) Le reniement du sacrifice doit nous mettre en état de sacrifice” (p. 234). Quelle différence entre le théologien dominicain, et le moine bénédictin, qui, en ces premières années, concélébrait encore occasionnellement avec le nouveau rite, ou permettait que ses religieux assistassent à la nouvelle messe (pp. 264, 273, 300) ! Après que Dom Gérard eût déménagé à Bédoin (1970), accueillant des candidats à la vie monastique, le Père Guérard commença, en avril 1972, à donner des cours de théologie aux jeunes moines, en commençant par le très aimé traité De la Trinité (cf. aussi p. 322) ; en juin 1970 la chaire du Latran lui avait été ôtée, et il avait commencé depuis peu à donner aussi des cours au séminaire de Mgr Lefebvre (pp. 289-290). Sa collaboration avec Dom Gérard dura jusqu’en 1979. À la fin de l’année 1974, Mgr Lefebvre est contraint par les “autorités” de sortir de son ambiguïté, en prenant position contre la “Rome néomoderniste” par la célèbre déclaration du 21 novembre 1974. Le Père Guérard encouragea alors Dom Gérard, menacé à son tour de sanctions, à la fidélité : “Je perçois votre peine profonde, en même temps que la profondeur de votre résolution (...) C’est l’Heure. Celle de la confrontation entre le témoignage de la foi et le mystère d’iniquité...” (lettre du 23 mars 1975, p. 324).
La “tentation sédévacantiste” de Dom Gérard
Au mois de mai, la Fraternité Saint-Pie X fut déclarée dissoute, et Dom Gérard exclu de l’Ordre bénédictin ; le Père Guérard lui avait écrit le 18 avril 1975 : “Vous savez ce que je pense de l’Autorité. Pour que la non-répression de certains actes ne constitue pas un manquement grave à la Foi, lequel entraîne ipso facto la néantisation du pouvoir, il faut que le pape ait pris un autre parti : celui de ne pas gouverner. Dans ces conditions, nous devons ne faire aucun cas des décisions qu’on impute à une Autorité qui en réalité n’existe pas comme telle” (p. 327, note 499). Suivant cette position théologique du Père Guérard des Lauriers, Dom Gérard déclara que “les ordres émanant de cette juridiction sont nuls et non avenus, s’exerçant contre la fin pour laquelle elle a été instituée”. Durant “l’été chaud” de 1976 (suspension a divinis de Mgr Lefebvre), Dom Gérard écrivit à Mgr Lefebvre : “Plus je vais, plus je reste frappé de l’évidence de la remarque du Père Guérard des Lauriers : ‘Une autorité qui s’exerce à rebours de sa finalité n’existe plus comme telle’ “il proposait même - écrit Chiron - à Mgr Lefebvre de faire une conférence sur le sujet à Écône : ‘me permettriez-vous de développer cela pour vos séminaristes ? Ne serait-ce pas la seule explication capable de lever les scrupules de certains ?” (lettre du 6 avril 1976, p. 336). En 1977, il reçut le Père Barbara (p. 343), prit contact avec Mgr de Castro Mayer pour qui “un Pape qui tombe dans l’hérésie perd la Papauté” (pp. 342-343), fit ordonner par Mgr Lefebvre Olivier de Blignières, à cette époque guérardien et pour cette raison éloigné d’Écône (p. 344), et protégea un autre séminariste guérardien éloigné d’Écône, l’abbé Schaeffer (p. 347), assista à la cérémonie au cours de laquelle le Père Guérard des Lauriers donna l’habit dominicain - le 7 octobre - à ceux qui par la suite le trahiront (nous parlons des frères d’Avrillé). Un Dom Gérard “sédévacantiste”, convaincu de la Thèse du Père Guérard des Lauriers (bien avant qu’elle fût publiée sur les Cahiers de Cassiciacum), est certainement une nouveauté pour la plupart de nos lecteurs, cependant pas pour qui connut cette époque. Yves Chiron, de son point de vue, parle d’une “tentation sédévacantiste” de Dom Gérard (pp. 334-336) et documente aussi une prise de position publique, le 28 mai 1978, à Lausanne, dans laquelle il dit expressément “Le Siège est vacant”, reprenant - sans citer son nom - “l’argumentation du Père Guérard des Lauriers, qu’il avait déjà résumée à Mgr Lefebvre deux ans plus tôt” (pp. 352-353).
Du “sédévacantisme” à Vatican II, via Mgr Lefebvre. La diabolisation du “sédévacantisme” (et des “sédévacantistes”) 
Nous devons alors nous demander à qui attribuer la triste fin de Dom Gérard et de son monastère, “tourné vers le Concile”. Certes, les bases manquaient : Dom Gérard était bien plus attiré par l’esprit artistique que par l’esprit théologique, il a eu comme guide les frères Charlier (et une littérature plus que discutable, cf. pp. 635-636 avec une préférence pour Charles Péguy) plus que saint Thomas, il s’est laissé guider dans le bien (d’abord) et dans le mal (ensuite) par Jean Madiran et, pis encore, par Bernard Anthony et par l’agnostique (p. 606) disciple de Simone Weil, Gustave Thibon, si apprécié, hélas, même en Italie par Alleanza Cattolica et par les éditions Effedieffe : tout cela est vrai. Mais c’est à ce moment décisif, entre septembre 1976 et décembre 1978, que Mgr Lefebvre fit son choix, et ce choix conditionnera de manière négative non seulement l’avenir de sa Fraternité, mais de tout le “traditionalisme”, jusqu’à ceux qui ne l’ont pas suivi, comme Dom Gérard, et qui se sont précipités ainsi dans le compromis avec le modernisme.
     
Dom Gérard, qui en privé se déclarait persuadé par les arguments du Père Guérard des Lauriers, resta cependant toujours lié à Mgr Lefebvre. Et Mgr Lefebvre - avec l’avènement de Jean-Paul II en 1978 - prit décidément la voie du dialogue avec les autorités modernistes et, contextuellement, de la persécution de toute sorte de “sédévacantisme” dans les rangs de la Tradition. Emmenant avec lui la majeure partie du mouvement, y compris Dom Gérard, dont le “revirement”, en 1979, est attribué à ces deux facteurs : “il y a eu un nouveau pape, Jean-Paul II, et un dialogue s’est ouvert entre Mgr Lefebvre et le Saint-Siège” (p. 353)
      
Que ce “nouveau pape” (sic) ait confirmé dès le début tout son modernisme avec l’“encyclique” Redemptor hominis peu importait, puisque Jean-Paul II avait tout de suite accepté de recevoir Mgr Lefebvre (18 novembre 1978) ! Les conséquences ne se firent pas attendre : par une lettre de Mgr Lefebvre à JeanPaul II du 24 décembre 1978, publiée dans la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 16 de mars 1979, l’archevêque traditionaliste proposait un accord que l’on peut résumer dans le “laissez-nous faire l’expérience de la Tradition”, mettant sur le même plan la Messe et la “nouvelle messe”, la Foi et l’hérésie. Dans ce dialogue qui devait préluder à un accord, Mgr Lefebvre demandait beaucoup moins que ce qui a été offert par la suite à Mgr Fellay : comment peut-on alors parler d’une néo-Fraternité fondée en 2012, quand la Fraternité de 1978 était bien plus conciliante avec les modernistes ? Naturellement, le rapprochement avec Wojtyla requérait une contrepartie : ce fut ainsi que Mgr Lefebvre prit position sur la question de la validité de la nouvelle “messe” et de l’autorité de Jean-Paul II. Validité du nouveau missel et légitimité des autorités modernistes devinrent ainsi un “dogme” lefebvriste, condition sine qua non pour rester dans la Fraternité et pour recevoir les ordres sacrés (déclaration du 16 janvier 1979, rendue publique le 8 novembre de la même année). Mgr Lefebvre écrivit même à Jean-Paul II pour se vanter d’avoir expulsé de la Fraternité tous ceux qui s’y opposaient. Dom Gérard, toujours à la remorque de Mgr Lefebvre, condamna lui aussi, relancé par Jean Madiran, le “zèle amer” des “ultras”, oubliant d’avoir été, en paroles, un ultra lui aussi, seulement deux ans avant (pp. 374-378). Le Père Guérard des Lauriers, qui avait été éloigné d’Écône dès septembre 1977, écrivit à Dom Gérard en février 1979, qu’il ne reviendrait plus à Bédoin pour continuer les cours de théologie. La Lettre n° 16 de Mgr Lefebvre était inacceptable, et le Père Guérard écrivit une lettre ouverte à Mgr Lefebvre : Monseigneur, nous ne voulons pas de cette paix (on peut voir tout le dossier, préparé par l’abbé Le Gal sur : [sodalitium.eu/la-rupture-entre-mgr-lefebvre-et-le-pereguerard-des-lauriers]). Dom Gérard écrivit alors à Mgr Lefebvre : “je viens de lire la lettre rocambolesque du Père Guérard des Lauriers. C’est du pur délire interprétatif” (30 avril 1979). La publication de la Thèse de Cassiciacum (mai 1979) ne pouvait être elle aussi classée par le moine-artiste que comme un délire, quand seulement une année avant elle était encore la vérité. Tout à coup les guérardiens devinrent délirants, ultras, remplis de zèle amer et, surtout, à offrir en hommage à Jean-Paul II, en les chassant des séminaires, des maisons religieuses, des monastères et des couvents, en leur refusant l’ordination sacerdotale, dont Mgr Lefebvre avait, de fait, le monopole. Quand, en mai 1981, le Père Guérard des Lauriers accepta la consécration épiscopale précisément pour remédier à l’abandon de Mgr Lefebvre, il fut à nouveau abandonné de tous, même de ses disciples : une consécration épiscopale sans mandat romain n’était-elle peut-être pas un acte schismatique, conséquence directe du délire d’il y a deux ans ? Tandis que la propagande lefebvriste condamnait le schisme des sacres épiscopaux sédévacantistes, elle ne s’apercevait pas qu’elle creusait sa propre fosse et qu’elle préparait - pour ceux comme Dom Gérard - les arguments pour accuser Mgr Lefebvre de schisme à l’occasion des sacres de 1988.
Du “sédévacantisme” à Vatican II via Mgr Lefebvre. 
La voie lefebvriste à la trahison “Dom Gérard a trahi !”, clament les lefebvristes. Sans doute. Mais qui l’a poussé à la trahison ? Certes, chacun est responsable de ses actes et de ses forfaits. Si Dom Gérard a fini sa vie en acceptant de concélébrer la nouvelle “messe” (il a toujours eu une certaine sympathie pour la concélébration et contre la messe privée : p. 404), en déclarant : “si j’étais prêtre diocésain, je serais bi-ritualiste” (p. 406), et s’il est devenu un défenseur de la doctrine libérale sur la liberté religieuse (avant encore de sceller sa trahison et d’abandonner Mgr Lefebvre, p. 462), c’est certainement de sa faute. Yves Chiron révèle aussi l’ingérence du Quai d’Orsay, c’est-à-dire du gouvernement républicain, par l’intervention de l’oncle de Mme Giscard d’Estaing, Louis de Brantes, et de son compagnon Lucien Regnault, haut fonctionnaire au Ministère des Affaires étrangères et conseiller pour les Affaires religieuses (pp. 391 ss. ; les deux essayèrent de séparer Dom Gérard de Mgr Lefebvre, mais de telles personnes ne manquèrent pas non plus autour de Mgr Lefebvre). Toutefois, personne ne peut nier, pas même les lefebvristes honnêtes (s’il y en a, et je veux penser qu’il y en a) que Dom Gérard, comme les prêtres de Campos, la Fraternité Saint-Pierre et tant d’autres, ait été poussé dans la fosse aussi et avant tout par les “échanges” entrepris par Mgr Lefebvre avec les modernistes, à commencer dès 1978, puis repris avec Ratzinger, le cardinal Gagnon (moi-même je dus le recevoir à Albano avec Mgr Lefebvre en 1984-85) et Mgr Perl, introduit dans les milieux romains par l’abbé du Chalard (pp. 416-417, 485), représentant de la Fraternité auprès des modernistes, ou vice versa (personne ne l’a jamais bien compris). Une fois acceptée la validité de la nouvelle “messe” et la légitimité de l’autorité de Wojtyla, une fois les “sédévacantistes” estampillés comme des schismatiques à découvrir, chasser et persécuter, comment refuser les dialogues avec les modernistes, et la nécessité de recevoir d’eux la légitimité, la reconnaissance canonique, l’assurance de ne pas être à leur tour schismatiques, mais des fils de l’Église ? “La seule façon de justifier les sacres c’est de déclarer la vacance. - Pourquoi ?Parce que s’il n’y a pas de vacance, Mgr Lefebvre a usurpé une prérogative qui appartient de droit divin au Pape seul : choisir les évêques et leur donner une tâche apostolique dans l’Église” (lettre de Dom Gérard d’octobre 1988). Les sacres du 30 juin 1988 - trente ans sont passés - consumèrent la séparation de Dom Gérard avec Mgr Lefebvre et sa reddition inconditionnelle au modernisme ; mais qui avait combattu à outrance le “sédévacantisme” ? Qui avait condamné comme schismatiques les consécrations épiscopales sans mandat ? Qui avait signé le protocole d’entente du 5 mai du cardinal Ratzinger ? Qui avait ouvert les portes de toutes les maisons religieuses aux différents Gagnon et Perl, jusqu’à peu de jours avant ? Mgr Lefebvre, malheureusement. Sans doute, Mgr Lefebvre fut-il de qualité bien supérieure à Dom Gérard (et il ne se faisait pas du tout d’illusion, dans son cœur, sur la foi ou plutôt le manque de foi catholique du cardinal Ratzinger, à la différence de Dom Gérard et de l’abbé Schmidberger) ; mais sa responsabilité, à mon avis, est précisément pour cela, majeure.
Un bon début, mais une triste fin
La dernière partie de la biographie de Dom Gérard concerne les vingt dernières années de sa vie - de 1988 à 2008 - passées à démolir ce qu’il avait édifié (bien ou mal) au cours des vingt années précédentes. L’œuvre entreprise par Dom Gérard avait pour but la sauvegarde de la vie religieuse et monastique, la défense de la Foi contre les erreurs conciliaires, et la défense de la Messe et des sacrements contre la réforme liturgique néomoderniste et œcuménique. Il est impressionnant de constater comment il a perdu ces trois batailles (croyant les avoir gagnées). Quant à la Messe, Dom Gérard s’illusionna, après avoir trahi “le témoignage de la Foi” et avoir pactisé avec le “mystère d’iniquité”, de se conserver fidèle en refusant de célébrer “la nouvelle messe qui n’est pas la Messe”. Yves Chiron nous raconte les demandes insistantes des Abbés des autres monastères ou des évêques modernistes afin que Dom Gérard et ses moines acceptassent de concélébrer avec eux (selon le nouveau rite) pour manifester clairement la communion ecclésiale entre eux et l’acceptation sincère de Vatican II et de la Réforme liturgique : l’una cum de la Messe quotidienne devait se concrétiser aussi de cette manière ! Après des refus initiaux répétés, Dom Gérard, logiquement, céda. Le 26 mars 1995, il concélébra une première fois avec le nouveau rite à Rosans ; le 27 avril 1995, il concélébra avec Wojtyla au Vatican : c’était la condition sine qua non posée par le cardinal Ratzinger pour l’admettre à une audience privée avec Jean-Paul II (p. 576). Il s’efforça de tenir caché le fait honteux, qu’il révéla publiquement, en essayant de le justifier, seulement trois ans après (p. 592) : il avait dit la nouvelle messe “désirant montrer par là que nous tous qui militons pour le maintien de l’ancien missel, nous croyons à la validité et à l’orthodoxie du nouveau rite” (pp. 592-593) : pourquoi alors avoir refusé le nouveau rite en 1969, s’il était valide, légitime et orthodoxe ? En désirant être admis dans la C.M.F. (Conférence Monastique de France), c’est-à-dire dans l’assemblée des Abbés qui avaient détruit la vie religieuse et monastique en appliquant le Concile, et que Dom Gérard avait fui au début des années 70 pour conserver la vie bénédictine, il dut accepter - comme condition sine qua non - le protocole suivant, signé le 14 octobre 1998 :
L’Abbé et la communauté du Barroux n’ont jamais mis en doute la validité de la messe célébrée selon le rite de Paul VI, et par ailleurs, suite à une étude approfondie du concile Vatican II (notamment sur la liberté religieuse), ils adhèrent désormais unanimement à sa doctrine”. 
C’est pourquoi l’Abbé du Barroux accepte :
- de concélébrer ou d’envoyer son représentant concélébrer avec l’évêque diocésain à la messe chrismale, partout où son monastère est ou sera implanté ; 
- que les moines prêtres de son monastère puissent, s’ils le désirent, concélébrer à la messe conventuelle dans les communautés où ils seront en visite. Enfin, il faut noter que les prêtres en visite à l’abbaye du Barroux peuvent, s’ils le souhaitent, célébrer, voire concélébrer, la messe selon le rite de Paul VI” (p. 596). 
En application de l’accord, le 16 février 1999, le monastère s’engagea par écrit avec l’“archevêque” d’Avignon à envoyer chaque année un ou deux moines pour concélébrer avec lui la messe chrismale du Jeudi saint (p. 598), ce qui eut lieu, pour la première fois, le 1er avril de cette année-là (p. 599) ; la même chose se produisit avec l’“évêque” d’Agen pour pouvoir fonder un monastère dans son diocèse, en mars 2002 (p. 615). Par ailleurs, depuis le début de l’accord, le Barroux accepta de faire ordonner ses propres candidats au sacerdoce par n’importe quel évêque, même s’il avait été sacré avec le nouveau rite : ainsi, non seule ment la nouvelle “messe” pouvait être célébrée au monastère, mais la messe traditionnelle pouvait aussi être invalide, puisque célébrée par des prêtres ordonnés par des “évêques” sacrés avec le nouveau rite.
   
Comment Dom Gérard justifie-t-il l’acceptation du N.O.M de Paul VI, et de toute la réforme liturgique ? Mais c’est évident : le refuser signifierait tomber, inévitablement, dans le “sédévacantisme” (p. 600). Il y a de la logique dans cette folie. Tant il est vrai que cette logique a contaminé jusqu’aux “résistants” de Mgr Williamson et les éditorialistes de Sì sì no no.
     
Aujourd’hui, les théologiens du Barroux défendent n’importe quelle aberration théologique du soi-disant “magistère” bergoglien, avec un zèle digne de la meilleure cause, et complètement oublieux des origines de leur fondation. Oui au Concile, oui à la légitimité de la Réforme liturgique, oui à la collaboration avec les destructeurs de la vie religieuse et monastique (et même avec les charismatiques). Que reste-t-il de la défense de la Foi, de la Liturgie, de la vie religieuse, entreprise par Dom Gérard dans les années 70 ? Uniquement les apparences.
     
Il est d’ailleurs évident que Dom Gérard et ses disciples ont gravement erré dans la Foi et dans la morale : ou au début de la fondation - en refusant l’obéissance aux autorités légitimes, en repoussant un Concile œcuménique, en rejetant la réforme liturgique et le rite de la Messe promulgué par le Pape - ou bien ils ont gravement erré par la suite, et jusqu’à maintenant, en reniant leur défense de la Messe, des sacrements, de la foi et de la vie religieuse contre le modernisme conciliaire : tertium non datur. Nous pensons que Dom Gérard n’a pas persévéré dans les grâces que le Seigneur lui avait données, et qu’il a entraîné avec lui dans le précipice ceux qui le suivaient : prêtres, religieux et fidèles. Sur la pureté des intentions, la bonne ou la mauvaise foi, nous ne pouvons pas juger ; sur la catastrophe spirituelle, on ne peut pas ne pas juger. Et nous pensons aussi que, au delà des trop fragiles bases de la formation doctrinale du fondateur du Barroux, la cause première bien que lointaine de la chute est toute contenue dans la fameuse “Déclaration sur la Messe et le Pape” de Mgr Lefebvre de 1979. On dit qu’une petite erreur au commencement (et dans les principes) devient grande à la fin (et dans les conclusions) : qu’on s’imagine quand l’erreur était grande dès le début !
Et pour conclure : une omission
Nos lecteurs sont normalement intéressés par tout ce qui concerne la personne, la pensée et l’œuvre de Mgr M.-L. Guérard des Lauriers. Par ailleurs, la biographie de Dom Gérard écrite par Yves Chiron ne cache pas le rôle important que joua le Père Guérard des Lauriers dans les premières années de Bédoin. À propos des rapports entre Dom Gérard et le Père Guérard des Lauriers, signalons une omission importante. Elle concerne le livre de Mgr Guérard des Lauriers La présence réelle du Verbe incarné dans les espèces consacrées (éditions Sous la Bannière, Villegenon, 1987), le dernier écrit par le grand théologien dominicain, qui témoigne de la profondeur et de la sûreté de sa pensée théologique même à la fin de sa vie terrestre. L’œuvre guérardienne, consacrée à la théologie eucharistique de saint Thomas, est en elle-même complètement étrangère aux polémiques contingentes de ces années. Cependant, l’occasion de l’intervention de Mgr Guérard - à qui nous devons donc ce chef d’œuvre de théologie thomiste - est due à une polémique sur l’eucharistie entre l’abbé Georges de Nantes, d’un côté, et Dom Gérard de l’autre. L’abbé Georges de Nantes défendait sur la Contre-Réforme Catholique au XXème siècle sa théologie particulière qui, en matière eucharistique, s’inspirait d’un excessif réalisme et d’une critique radicale de la pensée de saint Thomas d’Aquin. À l’opposé, Dom Gérard avait défendu une théologie eucharistique conditionnée par la pensée moderne - qui se propageait déjà avant Vatican II - qui abandonnait non seulement la dévotion eucharistique populaire, mais pouvait mettre en difficulté la présence réelle du Christ dans le tabernacle. Le Père Guérard, en intervenant dans la polémique avec toutes ses capacités, défendit la vérité thomiste sur l’eucharistie et la présence réelle du Verbe incarné dans les espèces consacrées avec un approfondissement tout autre que livresque de la théologie de saint Thomas. La dispute toute théologique entre les trois représentants du “traditionalisme” catholique contemporain montre, au delà des polémiques, la vivacité intellectuelle de ce courant de pensée dans ses principaux représentants, mais aussi la profondeur et la solidité et l’esprit profondément surnaturel de la pensée du Père Guérard des Lauriers, ce grand théologien que la Providence donna au soi-disant “Traditionalisme”, et que le “Traditionalisme” ne sut pas apprécier à sa juste valeur (c’est le moins que l’on puisse dire). Quel gâchis !

Abbé Francesco Ricossa
  • YVES CHIRON Dom Gérard Tourné vers le Seigneur Éditions Sainte-Madeleine (2018) 686 pages, 29,00 €

[Sodalitium] "Le hiatus entre les affirmations des Papes du XIXe siècle et la nouvelle vision..." (éditorial)

SOURCE - Sodalitium - octobre 2019

Le hiatus entre les affirmations des Papes du XIXe siècle et la nouvelle vision qui commence avec l’encyclique Pacem in terris est évident et on a beaucoup débattu sur lui. Il est aussi au cœur de l’opposition au Concile de Lefebvre et de ses adeptes”. Ce n’est pas la première fois que Joseph Ratzinger exprime son opinion sur l’inconciliabilité entre l’enseignement de l’Église (“les affirmations des Papes du XIXe siècle”) et l’enseignement moderne (Dignitatis humanæ ou - comme ici - Pacem in terris) : nous en avons déjà parlé à propos du discours à l’occasion des vœux à la Curie Romaine du 22 décembre 2005, cf. Sodalitium n° 59, pp. 28-30. Le hiatus (au sens figuré d’“interruption”, “solution de continuité”) est donc “évident”, autrement dit immédiatement et totalement compréhensible.
      
Le passage de Ratzinger que nous avons cité est daté du 29 septembre 2014, mais était jusqu’alors inédit (il a été publié par Il Foglio le 8 mai 2018) et est extrait d’un texte envoyé par le “Pape émérite” à l’ancien président du Sénat italien, le libéral Marcello Pera, en commentaire de son livre publié en 2015, Diritti umani e cristianesimo. La Chiesa alla prova della modernità. Il n’y a donc pas de continuité entre le magistère des Papes et la nouvelle doctrine sur la liberté religieuse, c’est évident : cela saute aux yeux, il n’y a pas besoin de démonstration ; en deux lignes Ratzinger met à la poubelle de la théologie toutes les tentatives désespérées de conciliation mises en acte par quiconque s’efforce de croire encore au magistère et à son autorité, comme Dom Basile du Barroux, le père de Blignières, l’abbé Lucien, et d’autres. Mais cela ne signifie pas que Ratzinger croie un instant que le magistère de l’Église contre la liberté religieuse soit encore à prendre en considération ! En effet, il n’écrit pas “magistère” mais “affirmations”. Il ne dit pas, comme nous, “de l’Église”, mais : “des Papes du XIXe siècle”. Les Papes du XIXe siècle - pour Ratzinger - n’enseignent pas mais affirment, et bien évidemment, sont enfermés - allons donc ! - par la cage de l’historicisme, dans le XIXe siècle (gare à en sortir, gare à prétendre enseigner une vérité immuable, et pas seulement une opinion muable).
 
Jamais comme au cours de ces dernières années, depuis que Jorge Mario Bergoglio a été élu (attention ! seulement élu) au Souverain Pontificat, s’élèvent les voix de certains membres (materialiter) de la “hiérarchie” qui arrivent à parler parfois même d’hérésie, ou à mettre quand même en doute des documents du “magistère”. Après le front ouvert par Amoris lætitia (où est mise en cause toute la morale chrétienne sur le péché, le mariage, l’adultère, les sacrements de pénitence et de l’eucharistie) s’est ouvert aussi celui concernant la communion aux hérétiques, qui a divisé l’épiscopat allemand. Des cardinaux comme Burke, Brandmüller, les défunts Meisner et Caffarra, les cardinaux Pujats et Eijk, soutenus par des évêques comme les trois Kazakhs, Peta, Lenga et Schneider, les Italiens Vigano et Negri, Mgr Laun (auxiliaire de Salzbourg), un théologien (toujours, bien évidemment, à la retraite…) comme Mgr Livi, sans parler des nombreux “correcteurs filiaux” parmi lesquels - mais tiens, tiens ! - même Mgr Fellay, ont parlé de rupture, d’incompatibilité avec la Foi et la Morale, et même d’hérésie. Mais ces réactions désordonnées ne donnent, pour le moment, aucune espérance. Tout d’abord parce qu’ils disent précisément “corrections filiales”, reconnaissant ainsi en J. M. Bergoglio leur Père et le Vicaire du Christ. Ils entendent donc s’opposer au Vicaire du Christ et condamner ou mettre de côté les documents de son magistère comme s’ils n’existaient pas. Exactement comme fait Ratzinger avec les “affirmations des Papes du XIXe siècle”. Ensuite, pourquoi ont-ils tous (sauf peut-être Mgr Fellay, au moins jusqu’à maintenant) accepté Vatican II et ses réformes, la liberté religieuse, la collégialité, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, la réforme liturgique, le nouveau code de droit canon (qui admet des cas dans lesquels on peut donner des sacrements aux non catholiques : cf. Sodalitium n° 56 pp. 20-27, Le nouveau code de droit canon, l’administration des sacrements et l’œcuménisme). Et alors ? À juste titre, celui qu’ils reconnaissent comme Vicaire du Christ leur répond qu’il ne fait rien d’autre qu’appliquer le Concile. Et comment peut-on opposer à la morale matrimoniale d’Amoris lætitia le “magistère” de Paul VI et Jean-Paul II, avec toute leur “sainteté” canonisée ? Amoris lætitia s’oppose à Paul VI et Jean-Paul II ? Mais Pacem in terris et Dignitatis humanæ s’opposent aussi de manière évidente aux affirmations des Papes du XIXe siècle, et tous ces cardinaux, évêques et théologiens qui doutent, résistent et corrigent n’ont eu aucun problème à accepter la liberté religieuse et à oublier les Papes du XIXe siècle. Le Novus Ordo Missæ de “saint” Paul VI s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique telle qu’elle a été codifiée au Concile de Trente (cardinaux Ottaviani et Bacci), pourtant aucun de ces cardinaux, évêques et théologiens ne considèrent illégitime le rite “ordinaire” réformé précisément par Paul VI. C’est la même main qui a signé Amoris lætitia qui a signé l’autorisation aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X (qui en sont très heureux) de confesser ou de bénir les mariages, et l’autorisation pour ses évêques d’ordonner des prêtres. Et même les résistants à Mgr Fellay, au nom d’une plus stricte fidélité à Mgr Lefebvre (surtout pas de dialogue avec le Pape et avec les “Romains”), comme Mgr Williamson et l’abbé Nitoglia (o quam mutatus es ab illo !) ne semblent plus avoir de grands problèmes avec la réforme liturgique, considérée légitime, valide, honorée par des miracles divins, raison pour laquelle - ben voyons ! - on peut aussi assister à la messe réformée (ce grand libéral de Mgr Fellay n’est pas encore arrivé à dire aussi clairement des choses de ce genre). Pauvre “traditionalisme”, à quoi est-il réduit !...
   
Nous espérons toujours que les occupants des sièges épiscopaux abjurent 4 finalement toutes les erreurs modernistes véhiculées par Vatican II et par les réformes subséquentes : alors, et seulement alors, leur action sera profitable à l’Église et à toute la chrétienté. Tant au contraire que les différents “correcteurs filiaux” continueront à reconnaître la légitimité de Paul VI et de ses successeurs, en s’attribuant ainsi la mission de “corriger” à leur gré ce qui pour eux sont le Pape, le magistère, la liturgie ou la discipline de l’Église, ils ne contribueront qu’à augmenter la confusion dans laquelle nous vivons et la gravité de la situation. Que Notre-Dame du Bon Conseil les éclaire, que le Christ-Roi nous sauve et règne.

[Abbé Xavier Beauvais, fsspx - Acampado] En réponse au conflit, la vaillance

SOURCE - Abbé Xavier Beauvais, fsspx - Acampado - mars 2019

La vie de l’homme moderne est un continuel conflit. La cause de ce conflit n’est pas toujours le milieu. Judas qui était entouré du milieu le plus favorable que l’histoire ait connu, mourut dans l’ignominie et la honte. 
     
Ce conflit peut être dû parfois à l’ignorance, ce conflit est dû à la nature humaine. S’il faut trouver la véritable origine du conflit non pas dans l’individu exclusivement mais dans la nature humaine, il convient d’examiner cette nature humaine qui nous est commune à tous. Et là deux faits se détachent. 
     
En premier lieu : l’homme n’est ni ange ni démon. Il est blessé par le péché originel mais pas totalement corrompu. Il n’est pas non plus intrinsèquement divin. L’homme a des tendances au bien qu’il lui est impossible de réaliser complètement par lui-même ; et en même temps une inclination au mal qui le sollicite et le détourne de son idéal. Il ressemble à celui que sa propre stupidité a fait tomber dans un puits. II sait qu’il ne devrait pas y être, mais il ne peut s’en sortir seul. 
     
En second lieu : ce conflit est dû à un abus de la liberté humaine. La nature humaine a, par un acte de choix, perdu cette bonté originelle dont Dieu si bon l’avait dotée Comme le dit saint Augustin : « Quels que nous soyons, nous ne sommes pas ce que nous devrions être ». Jusqu’à la fin du temps, quelque part dans l’univers de Dieu, il y aura une rupture de l’harmonie, introduite par la libre volonté de l’homme. A l’origine les passions de l’homme étaient guidées par la raison et l’homme était épris de l’amour qui est Dieu. 
       
L’homme et la femme étant libres, pouvaient obéir à Dieu. Ils pouvaient aussi lui désobéir. Le diable, par ses suggestions, détruisit leur liberté. 

La femme succomba la première à l’idée que la liberté est licence ou absence de loi ; elle voulut prouver son indépendance, puis elle induisit l’homme à faire de même. De l’un à l’autre, à travers toute la race humaine, cette dissonance originelle se propagea, elle affecta tous les êtres humains, à l’exception de la Très Sainte Vierge Marie. Cette discordance eut ses répercussions même dans l’univers matériel ; la faute originelle comme une eau polluée à sa source porte la souillure sur toute sa longueur, la faute originelle fut transmise à l’humanité. Cette dissonance originelle ne pouvait être arrêtée par l’homme lui-même, car avec son être fini, borné, limité, il ne pouvait réparer une offense contre l’infini. Il avait contracté une dette si grande qu’il était incapable de la payer. Grâce aux mérites anticipés du Fils qu’elle devait porter plus tard, la Très Sainte Vierge était affranchie de la tache du péché originel. 
      
Il convenait que Celui qui est l’innocence même entrât par les portes d’une chair que le péché commun n’avait pas souillée, privilège de l’immaculée Conception. Puisqu’un ange déchu a tenté la première femme pour l’amener à la révolte, c’est par l’entremise d’un ange fidèle, Gabriel, que Dieu consulte Marie, la Nouvelle Eve, et lui demande d’être la Mère du Sauveur. L’ange demande à la Vierge si elle consent à être Mère. On sait qu’elle répondit « qu’il me soit fait selon votre parole ». Et le Verbe s’est fait chair, une chair qui va verser son sang pour notre rédemption, car sans effusion de sang il n’y a pas de rémission des péchés. L’histoire est remplie d’hommes qui ont prétendu venir de Dieu : Bouddha, Mahomet, Confucius, Luther et d’autres. La raison nous affirme que si l’un de ces hommes est vraiment venu de Dieu, le moins que Dieu puisse faire pour soutenir ses titres, c’est d’annoncer à l’avance sa venue. Si Dieu envoyait quelqu’un de sa part ou s’Il venait lui-même apporter un message d’une importance vitale pour tous, il semblerait raisonnable qu’Il fit d’abord savoir aux hommes quand viendrait son messager, où il naîtrait, où il habiterait, quelle doctrine il enseignerait, quels ennemis il se ferait, quel programme il adopterait pour l’avenir, de quelle façon il mourrait. Par la manière dont le messager se conformerait à ces prédictions, on pourrait juger de la validité de ses titres. Or il n’en est rien pour ces faux prophètes, ou prophètes de malheur. De plus la raison nous assure que si Dieu n’agissait pas ainsi, rien n’empêcherait un imposteur d’apparaître dans l’histoire et de dire : « Je viens de Dieu » ou « un ange m’est apparu dans le désert et m’a donné ce message ». En de tels cas, il n’y aurait aucun moyen objectif, historique, de mettre à l’épreuve le messager.
   
Nous devrions nous fixer à sa seule parole et, bien sûr, il pourrait se tromper.
   
Quant à Notre Seigneur Jésus-Christ, à cause des prophéties de l’Ancien Testament on s’attendait à sa venue. C’est à la lumière de leur accomplissement qu’on peut le mieux comprendre les prophéties de l’Ancien Testament. Les antiques prédictions désignaient Jésus et le royaume qu’il a établi. La promesse de Dieu aux patriarches qu’en eux seraient bénies toutes les nations de la terre, la prédiction que la tribu de Juda régnerait sur les autres tribus des Hébreux jusqu’à l’avènement de Celui à qui toutes les nations seraient soumises, la prophétie d’Isaïe touchant le serviteur patient qui offrira sa vie pour les péchés du peuple. Et une fois ces prophéties historiquement accomplies dans la personne du Christ, non seulement toutes les prophéties ont cessé en Israël, mais les sacrifices furent interrompus quand le véritable Agneau Pascal eut été immolé.
     
Un second fait distinctif, c’est que sa venue produisit dans l’histoire en tel choc qu’elle se sépara en deux et se divisa en deux périodes : celle qui précéda et celle qui suivit son avènement.
     
Tout autre individu qui ait jamais paru en ce monde y est venu pour vivre. Notre Seigneur Jésus-Christ y est venu pour mourir. Pour le Christ, la mort fut le but et l’accomplissement de sa vie, le trésor qu’il cherchait. Il est peu de ses paroles ou de ses œuvres qui soient intelligibles sans leur relation à sa croix. Il s’est présenté comme sauveur plutôt que simplement comme docteur. Il n’aurait servi à rien d’enseigner aux hommes la vertu sans leur donner la force d’être vertueux après les avoir arrachés au juste sentiment de culpabilité qu’entraîne le péché. L’histoire de toute vie humaine commence à la naissance et s’achève à la mort. Pour le Christ Jésus on peut dire que sa mort vient d’abord et sa vie en dernier lieu. L’Ecriture le décrit d’ailleurs comme « l’Agneau immolé dès le commencement du monde ». Il fut immolé en intention par le premier péché, la première révolte contre Dieu. Sa naissance nous parle du mystère du gibet de la croix. Il alla de la raison de sa venue manifestée par son nom « Jésus » ou « Sauveur » jusqu’à l’achèvement de l’œuvre par laquelle il est venu, c’est-à-dire sa mort sur la croix.
   
Il y a peu nous fêtions Noël, ce jour où le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. La terre n’entendit pas, elle dormait. Les hommes n’entendirent pas ce cri « Le Verbe s’est fait chair », ils ignoraient qu’un enfant pouvait être plus grand qu’un homme. Les rois ne l’entendirent pas non plus, ils ne savaient pas qu’un roi pouvait naître dans une étable. Mais les bergers et les rois mages l’entendirent car seuls les très simples et les très savants savent que le cœur de Dieu peut se faire entendre dans le cri d’un enfant. Et ils vinrent avec des présents et l’adorèrent. Si grande était la majesté empreinte sur le front de l’enfant couché devant eux qu’ils ne purent retenir ce cri « Emmanuel, Dieu est avec nous ». De nouveau Dieu se révélait aux hommes. Cette fois, il brillait à travers le prisme de l’Incarnation et apportait la vie divine à la vie humaine. « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance ». Non pas la vie physique qui meurt, mais la vie surnaturelle qui dure jusqu’à la vie éternelle. Il est le Fils du Dieu vivant qui vient nous donner la vie. Alors cette vie divine reçue au baptême, qu’en avons-nous fait ? Elle est ballottée par les eaux du péché, par les vents violents de la tentation. C’est vrai !
   
Il faut bien avouer que l’homme est un peu comme un marin. Il affronte la dure traversée de la vie, son existence est souvent menacée, secouée.
     
Nous espérions une vie calme comme un lac, et voilà les fortes tempêtes, la guerre, la maladie, la mort, l’incompréhension, l’hérésie qui continue à ravager l’Église ; les vagues de souffrance et de découragement passent par-dessus bord provoquant effroi, détresse, lassitude, révolte même chez certains qui ne comprennent pas que Dieu semble parfois dormir. La révolte révèle et montre à tous la tempête qui envahit une âme et cette nouvelle tempête ne viendra pas calmer celle qui nous vient du dehors. Un jour, sainte Thérèse d’Avila avait été terriblement tentée ; il lui semblait être seule et impuissante malgré sa prière. Quand le calme fut revenu dans son âme et qu’elle eut une vision, elle ne put s’empêcher de sa plaindre à Notre-Seigneur : « Vous m’avez délaissée, où étiez-vous Seigneur, alors que mon âme était si violemment portée au mal ? J’étais dans ton cœur lui répondit Notre-Seigneur , je ne t’ai pas quittée un seul instant. » Notre âme est-elle bien exposée à chavirer ? Notre bateau est-il en perdition ? On s’inquiète et on gémit, on ne comprend plus. Il semble que Notre-Seigneur soit insensible, indifférent au danger, apparemment il laisse tout aller. Mais non ! Quelle est la signature de Notre-Seigneur ? « Un grand calme ».
   
Telle est la signature de Notre-Seigneur qui réalise pleinement la promesse de Noël « Paix sur terre aux hommes de bonne volonté ».
   
Alors Notre-Seigneur se leva, commanda le vent et la mer et il se fit un grand calme. Celui à qui le vent et la mer obéissent saura apaiser toutes les tempêtes que les fidèles ou l’Église doivent traverser au cours de l’histoire. Il saura apaiser tous les drames qui déchirent le cœur des hommes, pourvu qu’avec une foi confiante, ils sachent crier, mais sans lâcheté, et c’est le dernier point que je voudrais aborder. « Chez l’homme prudent la crainte est naturelle dit le poète, mais savoir la vaincre c’est être vaillant ». Que la vaillance soit nécessaire pour une vie chrétienne, nous le savons que trop. Le christianisme n’a pas été inventé pour la vie facile, il comporte une certaine difficulté.
     
Regardez le jeune homme riche, qui était vertueux et que Notre-Seigneur regarde avec tristesse ; il n’a pas voulu suivre Notre-Seigneur par manque de vaillance. Et ainsi se perdent de très nombreuses personnes, jusqu’à nous fatiguer de le constater. Prenez par exemple ces personnes qui se mettent dans des situations irrégulières, qui filent du mauvais coton. Au début il est facile de rompre cela, mais cela devient chaque fois plus difficile jusqu’au jour où l’on n’a plus la vaillance suffisante pour rompre une chaîne qui devient infernale, qui dépasse nos forces. Si encore on reconnaissait la situation et si l’on disait « Je n’ai plus de forces », ce serait encore un moindre mal, mais il arrive quelque chose de pire bien souvent, on s‘invente une justification, ce qu’Aristote appelle « le syllogisme de l’ivrogne » on rationalise comme diraient les psychologues modernes. Beaucoup sont spécialistes en la matière, ceux qui arrangent la religion à leur manière.
   
Il faut donc beaucoup de vaillance pour regarder en face nos erreurs et nos défauts, car nous avons tendance à les occulter. II faut même beaucoup de vaillance pour nous regarder nous-mêmes si enclins à déformer le miroir intérieur.
Seigneur, nous périssons,
donnez-nous cette vaillance.

[FSSPX Actualités] Quand la Chine laisse célébrer 50.000 baptêmes

SOURCE - FSSPX Actualités - 13 mars 2019

En République populaire de Chine, près de 50.000 baptêmes ont été célébrés dans l’Eglise catholique en 2018, confirmant la fin du ralentissement observé sur la période 2010-2014.

Au moins 48.365 baptêmes ont été célébrés dans les églises et les communautés catholiques de la République populaire de Chine en 2018.

C’est le très officiel institut culturel Faith, basé à Shijiazhuang, capitale de la province chinoise du Hebei, qui a publié ces chiffres, incluant des données provenant de 104 diocèses catholiques reconnus par les autorités chinoises.

Quoique partielles - en l’absence des statistiques des diocèses de l’Eglise dite « souterraine », alors qu’un accord entre la Chine et le Vatican a été signé en septembre 2018 -, ces données semblent confirmer celles de l'année précédente, et attester une augmentation du nombre de baptêmes.

Les rapports annuels sur les baptêmes catholiques fournis chaque année par Faith à partir de 2000 ont permis de décrire une tendance fluctuante, alternant entre croissance (jusqu’en 2010), baisse significative entre 2010 et 2015, et renouveau à partir de 2016.

Faith, en fidèle porte-parole du régime maoïste, estime - au moyen d’une rhétorique convenue - qu’il reste à l’Evangile « une longue marche à parcourir » en Chine, invitant de façon pressante les responsables de la hiérarchie catholique, à tenir soigneusement à jour et à transmettre les registres... dans lesquels sont consignés les noms des fidèles.

Mais vu la sinisation systématique et aveugle du christianisme, voulue par le régime de Xi Jinping - dans un pays où l’Eglise représente 1% de la population – ce vœu ressemble davantage à un leurre.

9 mars 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Un Converti d’Aujourd’Hui – II

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 9 mars 2019

Qui veut vraiment le Ciel, pourra y accéder.
Le moyen de Benoît ? – “Travaillez et priez.”
     
Cher jeune ami,

Je vous félicite des grandes grâces de conversion que vous avez reçues de Dieu ! Désormais vous êtes à même de combattre pour le salut éternel de votre âme ! Car vous risquez de tomber en route comme n’importe lequel d’entre nous (I Cor. X, 12), le chemin qui mène au Ciel étant étroit (Mt. VII, 14), mais si vraiment vous voulez aller au Ciel, avec la grâce de Dieu vous y parviendrez en dépit de toutes les embûches du monde, de la chair et du diable. Car, sachez-le, vous et moi nous vivons et sommes catholiques rien que pour sauver nos âmes en aimant Dieu par-dessus toute chose et en aimant notre prochain comme nous-mêmes. De ces deux commandements, dépendent toute la Loi et les Prophètes, hier, aujourd’hui et demain, et ce jusqu’à la fin du monde. Même le monde moderne ne peut changer de tels fondements.

Donc la situation actuelle de l’Église et du monde a beau inquiéter que jamais, il ne faut pas pour autant se laisser effrayer. “Oui, j’en ai l’assurance, s’écrie saint Paul, ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune créature, ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui réside dans le Christ Jésus, notre Seigneur. (Rom. VIII, conclusion). Une chose cependant peut nous séparer de Dieu : c’est le péché. Les âmes de la majorité des êtres humains qui ont vécu ou vivront se damnent et rempliront l’enfer (Mt VII, 13). En conséquence, quoi que vous fassiez, “Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement” (Ph. II, 12). La perspective de la damnation éternelle est trop horrible. Ayez donc constamment présent à l’esprit les quatre fins dernières : la mort, le jugement, l’enfer et le Ciel, et afin de vivre habituellement en état de grâce, restez, dans toute la mesure du possible, pro che des sacrements, particulièrement de la confession et de la messe.

La Très Sainte Vierge sait parfaitement bien que les temps modernes rendent la vie catholique difficile. C’est pourquoi Elle nous a donné un remède propre à nos temps pour sauver nos âmes : la dévotion des Cinq Premiers Samedis du Mois. Renseignez-vous à ce sujet dans tous les détails, notamment par ce volant : https://​stmarcelinitiative.​com/​wp-content/​uploads/​2016/​04/​fatima-flyer.​pdf ; puis, faites-les le plus tôt et le plus fidèlement possible. Un catholique qui connaîtrait la dévotion des Cinq Premiers Samedis, et qui ne profiterait pas de ce moyen de salut si simple offert par la Sainte Vierge, devrait se faire examiner la tête ! L’offre paraît-elle trop généreuse pour pouvoir être vraie ? Il n’en est rien. La Vierge Marie sait exactement ce que vous avez vous-même appris à la dure : que le matérialisme athée d’aujourd’hui, le mensonge et la corruption, la liberté et le confort excessifs, agissent comme autant d’obstacles qui s’interposent entre ses enfants parmi les hommes et son divin Fils. A ce problème, Elle nous donne Sa réponse. Qui plus est, en faisant exactement ce qu’Elle demande, vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour obtenir que le Pape reçoive la grâce de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Car là se trouve la clé donnée par Dieu pour résoudre, à l’échelle du monde, les problèmes d’aujourd’hui.

En attendant, sur un plan surnaturel, utilisez le temps dont vous disposez actuellement pour prier et pour étudier. Récitez chaque jour, autant que cela vous sera possible, les 15 mystères du Rosaire, car c’est là la plus grande des prières, après la prière de la messe. Vous étudierez également tout ce que vous trouverez de ce qu’a dit et écrit Mgr Lefebvre : il est le gu ide par excellence, suscité par Dieu dans cette crise de l’Église sans précédent. Lisez aussi des livres catholiques (d’avant les années 1960) qui vous intéressent. Des livres corrects mais qui ne vous intéressent pas spécialement ne vous apporteront pas autant. De même, profitez de l’Internet, tout en vous en méfiant, car les trésors qu’on y trouve sont entourés de pièges. Ne manquez pas de rencontrer une variété de prêtres catholiques ; sachez apprendre quelque chose de chacun d’eux, mais sans vous perdre dans une confusion d’idées. Visitez des communautés ; restez aussi longtemps que vous êtes le bienvenu dans n’importe quel environnement où vous trouvez Dieu.

Et enfin, sur le plan naturel, cherchez par tous les moyens un travail honnête si vous trouvez qu’en tant qu’homme cela manque à votre équilibre ; mais évitez de vous engager à long terme tant que vous n’êtes pas certain d’avoir trouvé ce que Dieu attend de vous. De m ême, traitez les jeunes filles avec courtoisie, mais évitez de choisir une épouse avant d’avoir trouvé le travail qui doit normalement être le vôtre pour le reste de votre vie. Une jeune fille sérieuse hésite à s’attacher à un homme qui n’a pas encore trouvé son travail.

Que Dieu vous bénisse, et que Sa sainte Mère vous protège. Allez-y !

Kyrie eleison.