23 avril 2019

[FSSPX Actualités] Notre-Dame de Quito ouvre ses portes à la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - FSSPX Actualités - 7 février 2019

L’abbé Adam Purdy, aumônier du tiers-ordre de la Fraternité Saint-Pie X aux Etats-Unis, a emmené plus de 200 fidèles vénérer Notre-Dame de Quito en Equateur, le 24 janvier 2019, dans le cadre d’un pèlerinage fécond en grâces. 

Les pèlerins s’étaient donné rendez-vous dès cinq heures du matin devant l’église des missionnaires Augustins pour la traditionnelle procession matutinale aux flambeaux. 

L’abbé Gerald Fallarcuna, prêtre du district du Mexique de la Fraternité, a adressé quelques mots en espagnol aux pèlerins, leur rappelant l’importance d’offrir leurs prières et leurs sacrifices en cette année où le gouvernement équatorien doit examiner la question de la légalisation de l’avortement. 

Après la procession, les nombreux pèlerins ont pu assister aux messes célébrées dans le sanctuaire de Notre-Dame de Quito, par les prêtres de la Fraternité, grâce à la sollicitude du recteur du lieu, le père Fausto Travez, de l’ordre des Frères Mineurs. 

Le pèlerinage fut aussi l’occasion d’aller vénérer la tombe de Gabriel Garcia Moreno (1821-1875), président catholique de la République de l’Equateur, assassiné sur l’ordre des Francs-maçons. 

Notre-Dame du Bon Succès ou de la Bonne Nouvelle de la Purification de Quito est un lieu d’apparitions mariales qui ont eu lieu au début du XVIIe siècle et sont reconnues par l’Eglise : la Vierge Marie y a demandé la confection d’une statue que les pèlerins vénèrent encore aujourd’hui. 

C’est au cours d’une de ces apparitions que Notre Dame a prophétisé une crise terrible dans les sociétés et dans l’Eglise, prédisant la venue dans ces temps obscurs d’un « prélat qui sera le contrepoids de la tiédeur des âmes consacrées dans le sacerdoce et la religion ».

(Source : District des Etats-Unis - FSSPX.Actualités - 07/02/2019)

[Ouest France] Nantes. Ces traditionalistes qui prospèrent en marge de l’Église

SOURCE - Ouest France - 10/25 février 2019

Ils représentent une minorité de catholiques, mais sont actifs et convaincus. À Nantes, la Fraternité Saint-Pie X fait construire sa propre église, pour 2 millions d’euros.

Le chantier n’est pas banal. Rue François-Bruneau, quartier Saint-Félix, à Nantes, des ouvriers s’affairent à la construction d’une église. Avec son clocher à 22 mètres de haut, elle accueillera 400 personnes, comptera des salles de réunion et des bureaux pour les prêtres. Montant du projet : 2 millions d’euros. Un emprunt, mais aussi les dons des fidèles financent la construction de l’édifice. À la manœuvre : le Prieuré Saint-Louis, qui appartient à la Fraternité Saint-Pie X, c’est-à-dire les lefèbvristes (1). Des catholiques traditionalistes, en rupture avec l’Église.

Depuis les années 1980, à Nantes, ils prient à cet endroit. Mais l’ancienne usine transformée en chapelle subissait des infiltrations d’eau. « Le plafond est tombé trois fois », raconte l’abbé France. Et la communauté, qui dit compter 1 000 fidèles, se sentait à l’étroit. « On est en pleine explosion. D’une part, Nantes est une ville attractive. D’autre part, on voit un retour à la tradition de la part de fidèles catholiques. Par exemple, la soutane redevient tendance chez les jeunes prêtres. »

Qu’est-ce qui attire vers cette communauté, où la messe est célébrée en latin ? « C’est une église résistante aux modes » , confie par exemple Alexandra, une mère de famille qui aime le côté « intangible » , de la Fraternité Saint-Pie X. « Le bon Dieu n’a pas changé depuis 2 000 ans » , répète une autre fidèle, Jeanne, comme un slogan. Intégriste, cette communauté qui semble vivre dans le passé ? « Non, sauf à considérer que votre grand-mère l’était ! » , répond du tac au tac l’abbé France, dans un sourire. Un discours bien rodé : on le sent habitué à répondre à la polémique. « Les insultes, oui, ça arrive », admet-il.

La Fraternité reste en dehors de l’Église catholique. Mais pas totalement sans lien. Ainsi, lorsqu’il a fallu trouver un lieu de culte pendant les travaux, c’est le diocèse qui a dépanné. Il prête à la communauté la chapelle de l’Immaculée, derrière la cathédrale. « On a droit à deux messes le dimanche. » « On a posé ce geste fraternellement » , confirmait simplement, fin décembre, l’ancien vicaire général Benoît Bertrand.

Une situation qui devrait durer encore quelques mois : l’église de la rue François-Bruneau devrait être achevée pour Noël prochain. Son nom, lui, est déjà choisi : Saint-Emilien, qui mourut en combattant les Arabes au VIIIe siècle. Pour l’abbé France, «  c’est normal de servir la mémoire d’un évêque nantais. En plus, sa fête tombe le jour de la Saint Pie ».

(1) Mgr Lefebvre fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie X, en réaction au concile Vatican II, qui modernise l’église au début des années 1960.
La requête contre l’église suspendue
Une requête avait été présentée auprès du tribunal administratif de Nantes, le 5 novembre 2015, pour faire annuler le permis de construire de l’église de la Fraternité Saint-Pie X, accordé quelques mois plus tôt par la mairie de Nantes.

Finalement, le riverain, qui avait engagé cette procédure, a vendu sa maison. Et a demandé, du même coup, la suspension de sa requête. Les nouveaux propriétaires disent avoir acheté leur demeure en connaissance de cause.

Saint-Pie V refuse le « modernisme » de toutes ses forces

Ils rejettent le dialogue interreligieux, l’avortement, la séparation de l’Église et de l’État… La communauté Saint-Pie V n’est pas seulement en dehors de l’Église catholique, elle la condamne. Un discours radical.

Il demande qu’on l’appelle « Monsieur l’abbé », plutôt que Monsieur tout court. « Cela fait partie des us et coutumes. Et je suis prêtre pour l’éternité. » Ordonné en 1977 par Mgr Lefebvre, l’abbé Guépin officie rue d’Allonville, à Nantes, dans la chapelle du Christ Roi. Un ancien hangar rénové par les fidèles il y a quelques années, qui peut accueillir 200 personnes au milieu d’une foule de statues de saints, face à un traditionnel autel en marbre. Une cérémonie a lieu chaque jour, ici. S’y ajoute, une fois par semaine, une messe à la Chapelle Notre-Dame des dons, à Treillières.

L’association Saint-Pie V, que préside l’abbé Guépin, évolue en dehors de l’Église catholique.« À ses yeux, je ne fais pas partie de la communauté des prêtres. Nous n’avons rien à voir avec l’Église actuelle , dit-il franchement. Les autorités enseignent une doctrine qui n’est pas celle de notre Seigneur. On fait figure de marginaux, mais ce n’est pas le nombre qui fait la vérité. Nous sommes le dernier bastion de résistance au modernisme. »
Prosélytisme
Ce qu’ils reprochent à l’Église ? Avoir fait évoluer la messe, dans les années 1960, avec une célébration centrée sur le partage du pain entre les fidèles et non sur le sacrifice du Christ. Ils rejettent aussi tout dialogue interreligieux, préférant l’époque de l’Église missionnaire. « L’œcuménisme est un scandale : cela met toutes les religions au même niveau, c’est se moquer de Dieu » , assène l’abbé Guépin. Si certaines de leurs idées les rapprochent de la fraternité Saint-Pie X, ils affichent une forme de jusqu’au-boutisme encore plus affirmé. « Eux reconnaissent la légitimité du clergé moderniste, pas nous. »

Ce rejet du « modernisme » revient sans cesse. Comme un leitmotiv, avec un prosélytisme non dissimulé. Et il s’étend au-delà des lieux de cultes. Pour l’abbé Guépin, « la société actuelle est décadente car elle ne s’appuie plus sur l’enseignement de l’Église » . L’association Saint-Pie V rejette par exemple la séparation de l’Église et de l’État, tout comme l’avortement, vu par l’abbé Guépin comme « un crime abominable » . Politiquement, elle affiche son « attachement à la monarchie catholique »  : chaque année, en janvier, elle commémore le décès de Louis XIV, en lisant son testament.
L’abbé Guépin soupçonné d’abus de faiblesse
Une fidèle a remis tout son patrimoine à l’association cultuelle que dirige le prêtre. Celui-ci était, jeudi 7 février, à la barre du tribunal. Le jugement est en délibéré .

« J’ai eu beaucoup de donateurs (1). En quarante ans de sacerdoce, c’est la première fois que je suis mené au tribunal par une bienfaitrice. » En soutane et long manteau noir, l’abbé Guépin, 67 ans, garde cependant le visage serein tout au long de l’audience. Plus intégriste que les intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, il dirige la communauté Saint-Pie V, basée à Nantes, rue d’Allonville.

Il est aussi le président « omniprésent, omnipotent » , selon le ministère public, de l’association cultuelle Lépante, laquelle recueille des dons pour subvenir aux besoins du clergé de la communauté. Parfois, en « exhortant à la bienfaisance » . Comme dans cette lettre de 2011, où il appelle ses fidèles à placer leur argent dans « la banque du Bon-Dieu » , afin d’acquérir la chapelle du Christ-Roi où s’exerce son ministère.

Sur le banc des victimes, une dame de 66 ans, décrite comme « passionnée » . Infirmière à la retraite, après une vie « mouvementée » , elle a pensé « trouver sa place » auprès de différentes communautés religieuses, qui l’ont déçue. Jusqu’à ce qu’elle rencontre celle de l’abbé Guépin, en 2011. Elle vient de faire un héritage important. Elle souhaite « faire vœu de pauvreté » , afin de « racheter ses péchés ».

En quête d’absolution, elle fait don, en plusieurs fois, de 345 000 € à l’association Lépante, puis d’un appartement qu’elle vient d’acheter, sur les conseils de l’abbé, tout près de la chapelle du Christ-Roi. Voulait-elle ainsi échapper au fisc, qui lui réclamait des impôts sur la plus-value d’actions vendues ? La question est posée. Mais la question est surtout de savoir si l’abbé a profité de la faiblesse de cette dame qui vit aujourd’hui dans un appartement qui ne lui appartient plus, avec une toute petite retraite. Et qui, un jour, s’est sentie flouée.

« Je lui ai dit que je ne pouvais recevoir ses vœux de pauvreté, affirme l’abbé, mais elle n’écoutait pas, elle fonçait. C’est elle qui commandait » . Il ne se sent donc nullement coupable. Cependant, il a omis de signaler, lors de la donation de l’appartement chez le notaire, qu’il avait déjà reçu un don.

Certes la victime « concourt elle-même à son propre sort » , admet le ministère public. Mais, elle est alors « dans une situation d’isolement » , aveuglée par « une idéologie enfermante » . L’abbé a su « cueillir le fruit » , estime le procureur qui réclame une « sanction symbolique » de dix-huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Décision le 4 avril.

(1) L’association Saint-Pie V ne reçoit aucune subvention et ne fonctionne donc qu’avec ses donateurs, réguliers ou occasionnels.

« Cette école va les élever vers Dieu »
   
Ils vivent à Aigrefeuille-sur-Maine, dans un pavillon, au fond d’un petit lotissement des années 80. Isabelle Gravethe et son mari ont choisi de scolariser leurs trois filles dans une école hors contrat, catholique, dont la gestion est totalement autonome. Le cours Saint-Albert-le-Grand, appelé Le Rafflay, du nom du lieu-dit où les mères dominicaines prêchent la bonne parole aux enfants et jeunes filles du CP à la terminale. Une école de filles, 240 au total, située à trois kilomètres de celles des garçons de Saint-Martin de la Placelière, ouverte en 2012 à l’initiative de la Fraternité.

« C’est une école qui va les élever vers Dieu, raconte Isabelle Gravethe. Les mères dominicaines sont là pour nous aider. » Elle explique : « Leur enseignement est très complet. Et, sur le plan spirituel, nous n’aurions pas le temps de leur donner tout ce qu’elles reçoivent. » Car cette femme de 35 ans et son mari Etienne doivent faire bouillir la marmite. Entre leur boulot de clerc de notaire et de technicienne dans un bureau de maîtrise d’œuvre, ils auraient du mal à placer des cours de caté, véritablement approfondis, dans leur emploi du temps.

Au Rafflay, les élèves, qui sont tenues d’être vêtues d’une jupe et prient le matin avant les cours, ne subiront pas de « moqueries » liées à Dieu. Contrairement à l’école publique, où Isabelle Gravethe a étudié jusqu’à la 5e avant de rejoindre, elle aussi, une école hors contrat.« Dans les petites classes, je n’ai pas d’inquiétude. J’ai d’ailleurs toujours eu de bonnes relations avec les enseignants de l’école publique. Mais, en grandissant, on n’est pas du tout sur la même longueur d’onde. Étant catholique, nous n’avons pas la même vision de la vie. »

Qu’importe donc, le coût de la scolarité. 150 € par mois et par enfant. C’est le prix à payer. Comment réagirait-elle si l’une de ses enfants plaquait, adulte, la religion catholique ? « Chaque personne est libre. Je prierais pour qu’elles reviennent à Dieu. » Car, martèle-t-elle, « le but, c’est d’aller au Ciel » .

[FSSPX Actualités] Institut Universitaire Saint-Pie X : compte rendu du colloque sur la nouvelle messe

SOURCE - FSSPX Actualités - 15 avril 2019

Le colloque de l’Institut Universitaire Saint-Pie X (IUSPX) s’est tenu dans la crypte de l'église Notre-Dame de Consolation à Paris, les 6 et 7 avril 2019, en présence d’une assistance fournie et attentive. Les intervenants étaient présentés par le recteur de l’Institut, l’abbé François-Marie Chautard.

Pour débuter, l’abbé Mauro Tranquillo a abordé le rapport entre liturgie et foi, entre la messe et la profession de foi. Comme le rappelle saint Thomas d’Aquin : « Tous les sacrements sont des protestations de foi » (Commentaire des Sentences). Or l’on peut légitimement douter que le Novus Ordo Missæ soit une authentique profession de foi.

Il fut suivi par l’abbé Jean-Michel Gleize qui examina la question de la validité du rite nouveau par le biais de l’intention, l’un des trois éléments, avec la matière et la forme, nécessaires à la validité des sacrements. Là encore, cette intention apparaît douteuse ou équivoque.

Le P. Jean-Dominique, OP, traita du « mémorial », cheval de bataille des novateurs déjà bien avant le Concile. Il montra en quoi cette notion est catholique et traditionnelle, mais que son usage a été dévoyé par la liturgie réformée.

L’abbé Thierry Gaudray répondit ensuite aux objections les plus fréquentes faites à la critique de la nouvelle messe formulée par la tradition depuis 50 ans, à commencer par le Bref Examen Critique des cardinaux Ottaviani et Bacci (1969).

Avec l’abbé Nicolas Portail, la question très intéressante des règles traditionnellement suivies par l’Eglise dans ses réformes liturgiques, nous fit parcourir les siècles pour dégager les normes sagement retenues.

La première journée fut conclue par l’abbé Philippe Toulza qui montra comment l’on peut dire que la messe est « moderne », c’est-à-dire en quoi elle se rattache à l’humanisme, au rationalisme et au libéralisme, ces diverses erreurs qui s’opposent plus ou moins à la foi.

Le dimanche après-midi, Dominique Viain aborda la nouvelle messe sous l’angle anthropologique, les novateurs ayant clairement dit qu’ils voulaient accomplir une acculturation, autrement dit une mise en contact de la liturgie avec les cultures modernes. Ce qui a abouti à une inculture profonde.

Le colloque fut conclu par une conférence de l’abbé Arnaud Sélégny, remplaçant le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Davide Pagliarani, empêché. Il y présenta le développement de la pensée de Mgr Lefebvre sur la réforme liturgique et la prudence admirable de ses jugements.

Les actes de ce colloque seront publiés dans quelques mois et disponibles auprès du secrétariat de l’Institut Universitaire Saint-Pie X (21 rue du Cherche-Midi, F-75006 Paris)

22 avril 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Restaurer l'Autorité

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 22 avril 2019

Tout fils, qu’on aime bien, doit être châtié.
Nous qui refusons Dieu méritons la raclée.
   
Alors que le christianisme avait déjà ensemencé la terre, le païen Jean-Jacques Rousseau (1712–1778) affirmait que l’homme, par nature, était un animal asocial et que la société humaine n’était qu’un phénomène artificiel. À l’inverse, bien que vivant avant l’ère chrétienne, le païen Aristote (384–322), faisait preuve de beaucoup plus de sagesse : il savait que la société est un fait de nature, car l’homme est par nature un animal social. Il suffit d’observer comment il participe du matin au soir, à toutes sortes de groupes humains, particulièrement à la famille. De plus, chaque homme étant doté du libre arbitre, il importe que toutes les sociétés aient à leur tête une personne investie de l’autorité afin de coordonner les volontés libres qui, livrées à elles-mêmes, sont susceptibles de se disperser en tous sens. C’est pourquoi toute société a besoin d’une autorité, aussi naturelle et nécessaire à l’homme que l’est la société elle-même. Voyez comment le centurion romain reconnaît en Notre Seigneur un homme investi d’une autorité : il part de l’expérience qu’il a de sa propre autorité dans l’armée romaine (Mt VIII, 8–9).

Aussi l’autorité est-elle pour l’homme aussi naturelle que sa nature sociale. Or, sa nature sociale vient de Dieu ; il est donc clair que toute autorité humaine vient finalement de Dieu (cf. Eph. III, 15). En ces temps qui annoncent la fin du monde, l’humanité tout entière, ou presque, tourne le dos à Dieu ; on comprend dès lors que les hommes se révoltent contre toute autorité. C’est pourquoi toute sorte d’autorité est de plus en plus fragile. À titre d’exemple, n’est-il pas de plus en plus courant aujourd’hui que les femmes se déclarent indépendantes de leur mari et que les enfants dirigent leurs parents ? Dans le vrai sens du terme, ce n’est pas naturel. Mais il n’empêche qu’aujourd’hui c’est monnaie courante. Car la révolte contre l’autorité coule dans nos veines. Alors comment restaurer l’autorité naturelle ? Le livre des Nombres (Ch.16) dans l’Ancien Testament nous donne un exemple classique.

Moïse et son frère Aaron étaient respectivement les chefs politique et religieux du peuple israélite, et avaient pour mission de le faire sortir d’Egypte et de le conduire dans la Terre promise. Tous deux avaient été désignés par Dieu, et le peuple le savait bien. Mais les Israélites étaient un peuple fier à la nuque raide. Dans le désert il advint que Coré, cousin germain d’Aaron, jaloux de ses privilèges, appela à la révolte 250 autres Lévites et deux Rubénites : Dathan et Abiron. Le peuple suivit les agitateurs contre l’autorité de Moïse et d’Aaron. Ces deux chefs firent immédiatement appel au Seigneur, qui leur dit de rassembler le peuple le lendemain devant le Tabernacle. Moïse dit au peuple de s’éloigner des tentes de Dathan et d’Abiron qui se tenaient là avec tout leur clan. C’est alors que la terre s’ouvrit et engloutit ces révoltés directement en enfer. Ensuite des flammes envoyées par Dieu dévorèrent Coré et ses 250 Lévites qui convoitaient le prestige et les privilèges que Dieu n’avait accordés qu’à la famille d’Aaron.

C’est ainsi que Dieu démontra Lui-même à qui Il avait donné autorité sur le peuple. Pour les Israélites il était très important qu’il y eût une autorité dans le désert car, malgré la traversée miraculeuse de la Mer Rouge (Exode XIV), ce peuple regrettait les oignons d’Egypte, et Dathan se plaignait de la dureté du désert (Nb XVI, 13–14). Pourtant, Moïse n’avait rien d’un tyran ; c’était le plus doux des hommes (Nombres. XII, 3). Quant à Aaron, il n’avait fait au peuple aucun mal (Nb. XVI, 11). Si Dieu n’avait pas eu recours à une punition extrême contre les rebelles, on peut se demander si Moïse et Aaron auraient été en mesure de conduire les Israélites en Terre promise. Quoi de moins aurait permis de rétablir leur autorité ? On peut aisément se figurer qu’après ce double châtiment miraculeux, aucun Israélite n’était pressé de désobéir encore à Moïse ou à Aaron !

En 2019, le matérialisme rampant dans le monde entier fait que les hommes qui croient en Dieu sont de moins en moins nombreux ; et moins nombreux encore sont ceux qui Le prennent au sérieux. La science et la technique semblent garantir à tous la bonne vie. Alors, qu’avons-nous encore besoin de Dieu ? Mais sans Lui, tout fondement de l’autorité disparaît. L’autorité dans la société humaine, qu’elle qu’en soit la forme, est prête à fondre comme la guimauve. Spécialement dans l’Église catholique. Pour comble, le néo-modernisme exerce maintenant sur ses victimes une telle emprise qu’il est pratiquement impossible de les convertir, tant elles sont profondément persuadées qu’elles sont encore catholiques. Comment l’Église peut-elle survivre ? Si l’autorité catholique doit être restaurée avant la fin du monde, un autre feu mortel, tombant miraculeusement du Ciel, ne sera-t-il pas nécessaire, comme pour Dathan, Coré et Abiron ? On ne se moque pas de Dieu (Gal. VI, 7).

Kyrie eleison.

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Leçons de la Semaine Sainte

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 avril 2019

De la Croix du Seigneur coulait son précieux sang,
Et de l’eau s’épanchait déluge purifiant.
           

Aucune lecture de l’Evangile ne donne des leçons aussi riches que celles de la Semaine Sainte. Voici, en référence, quelques versets de la Passion de Notre Seigneur, cités par ordre chronologique. Ils ont pour notre époque une pertinence particulière : celle de figurer la Passion de Son Église.

Luc. XIX, 40 : “Si eux se taisent (les disciples), alors les pierres crieront”. Le dimanche des Rameaux Jésus s’apprête à entrer dans Jérusalem. La foule en liesse l’acclame Le bruit indispose les pharisiens. Mais la Vérité de Dieu doit se faire entendre. Aujourd’hui, là où la FSSPX se tait, quelqu’un d’autre doit dire les vérités qu’elle énonçait autrefois.

Jn. XVII, 15 : “Je ne Vous prie pas de les retirer du monde, mais de les préserver du mal.” Après la dernière Cène, juste avant de quitter le Cénacle, Jésus prie son Père céleste pour ses Apôtres, mais il ne demande pas que la vie leur soit rendue facile. Alors, pourquoi les catholiques d’aujourd’hui devrions-nous avoir la vie facile ?

Mt XXVI, 31 : “Je frapperai le berger et les brebis seront dispersées.” Sur la montagne des Oliviers, Jésus dit à ses apôtres qu’ils tomberont tous, et il cite l’Ancien Testament (Zach. XIII, 7). Aujourd’hui le Pape est frappé de paralysie dans sa foi. L’Église tout entière s’en trouve plus ou moins paralysée.

Mt. XXVI, 40 : “Veillez et priez.” Dans le jardin de Gethsémani peu de temps avant la trahison de Juda, Jésus avertit ses apôtres de se préparer par la prière à l’heure de l’épreuve. Il ne dit pas seulement “Priez”, ni même “Priez et veillez”, mais “Veillez et priez”, car s’ils ne gardent pas les yeux ouverts, s’ils cessent de veiller, ils cesseront aussi de prier. Aujourd’hui, pour l’Église, l’heure d’une épreuve suprême semble imminente. Soyons aussi nombreux que possible à prier tout le Rosaire tous les jours.

Jean XVIII, 6 : “Lors donc que Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre.” Alors que la police du Temple s’approche de Jésus, il s’identifie sans crainte et, juste un instant, laisse paraître une étincelle de Son pouvoir divin : ils s’effondrent tous. À l’heure actuelle, une seule étincelle de ce même pouvoir pourrait sauver l’Église instantanément. Mais cela ne gagnerait pas le cœur des hommes. Aujourd’hui, c’est l’épreuve de l’Église qui doit s’accomplir.

Mt XXVI, 52 : “Range ton épée, car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée.” Pierre est viril, il aime son Maître, il veut absolument le défendre, mais il ne l’a pas compris : Jésus sera le Roi des Cœurs, avant tout. Aujourd’hui, les hommes virils cherchent tous des moyens d’agir pour défendre l’Église, car ils ne se contentent pas de “ne faire que prier”. Mais qu’ils se mettent à prier quand même, sans quoi ils s’enfuiront, comme les Apôtres l’ont fait (v. 56).

Lc XXII, 53 : “Mais ici, c’est votre heure, et le pouvoir des ténèbres.” Jésus est sur le point d’être emmené par la police du Temple. Il se plaint doucement de ce qu’ils ne l’avaient pas arrêté en plein jour, alors qu’il prêchait ouvertement dans le Temple. Mais ils ont préféré l’arrêter la nuit, pour éviter que la foule qui l’entourait ne le protégeât. A aucune heure de l’histoire le Christ n’a été aussi abandonné qu’aujourd’hui. Jamais les ténèbres n’ont été aussi épaisses. Nous vivons un mystère – le pouvoir de Satan déchaîné.

Mt XXVII, 25–26 : “Et tout le peuple répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors Pilate leur relâcha Barabbas, et après avoir fait flageller Jésus, il le leur livra pour être crucifié”. Ici, il est clair que le “peuple” ne signifie pas seulement “les chefs des prêtres et les anciens” qui “persuadèrent le peuple de demander la libération de Barabbas et la crucifixion de Jésus” (v. 26). C’est toute la foule rassemblée devant Pilate et sur le point de se révolter (v. 24) qui criait qu’elle prenait sur elle-même et sur ses descendants la responsabilité du déicide (mort de Dieu en sa nature humaine). Ce qui fit céder Pilate. Cette foule était majoritairement juive, elle s’est identifiée comme telle (“Nous et nos enfants”). Par conséquent, la responsabilité du déicide repose sur ces descendants. À moins que (ou jusqu’à ce que) ils ne reconnaissent et adorent collectivement leur Messie. Mais l’Écriture dit que cela n’arrivera qu’à la fin du monde (cf. Rom. XI, 25–27). En vrai catholique, Léon XIII (1878–1903) demande que ce sang descende sur les juifs non pas comme la malédiction qu’ils ont appelée sur eux, mais « en baptême de vie et de rédemption » (Acte de Consécration du Monde au Sacré-Cœur de Jésus). En attendant, ils servent effectivement Dieu, en flétrissant notre apostasie.

Kyrie eleison.