30 août 2014

[Paix Liturgique] Au Mexique, 300 séminaristes diocésains font l'expérience de la forme extraordinaire

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 454 - 28 août 2014

POURQUOI PAS EN FRANCE ?

Encore une fois, c’est donc au Mexique que cela s’est passé. Plus précisément à Guadalajara, archidiocèse de solide tradition catholique, encore riche de plus de 2000 prêtres et dont le séminaire majeur, fondé en 1696, compte plus de 600 séminaristes, soit à lui seul presque autant que tous les séminaires diocésains français réunis...

Le 2 juin 2014, pour la première fois depuis la réforme liturgique, un prêtre est en effet monté à l’autel du Seigneur en la chapelle du séminaire Saint-Joseph de Guadalajara pour y célébrer la messe selon le Missel de saint Jean XXIII. C’est l’abbé Jonathan Romanoski, l’un des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre installés à Guadalajara, qui a célébré cette messe en présence de près de 300 des étudiants du séminaire. Il faut dire que, dès avant le Motu Proprio Summorum Pontificum, le diocèse de Guadalajara a fait une place à la liturgie traditionnelle de sorte que la cohabitation entre les deux formes liturgiques romaines s’y déroule sans accroc.

L’abbé Romanoski, originaire de Pennsylvanie et ordonné en 2008 par le cardinal Castrillón Hoyos, avait déjà eu l’occasion d’animer des ateliers de découverte de la forme extraordinaire dans le cadre du séminaire. Toutefois, ces ateliers avaient un caractère limité alors que la messe du 2 juin a rassemblé près de la moitié des séminaristes et a été chantée de façon très officielle par la schola du séminaire.

Avant la célébration, organisée à la demande des séminaristes, l’abbé Romanoski pu exposer brièvement les principales caractéristiques de la forme extraordinaire du rite romain. Gageons donc que cette messe du 2 juin 2014 fera date car elle a permis à de nombreux futurs prêtres de découvrir, dans le cadre très officiel et très « normal » de leur séminaire, les beautés et les richesses de la liturgie traditionnelle.

Rendant compte de cet événement, le chroniqueur espagnol Fernández de La Cigoña, directeur d’un blog renommé dans le monde hispanique, a voulu remarquer que c’était la messe des Cristeros qui avait été célébrée à Guadalajara : « Ils n’en connaissaient pas d’autre. D’elle ils reçurent la grâce d’être catholiques. Mais pas simplement des catholiques comme nous. Des héros, des martyrs, des saints. »
LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) Deo gratias ! Si les fruits de la messe du 2 juin sont encore à venir, il est évident que 
cette messe est, elle, un merveilleux fruit du Motu Proprio de Benoît XVI. Qui aurait pu imaginer, à la veille du geste de réconciliation voulu par Benoît XVI, alors que se manifestaient tant d’oppositions épiscopales, que quelques années plus tard les portes de l’un des plus grands séminaires du monde s’ouvriraient en grand à la liturgie traditionnelle ?

2) « Faire l’expérience de la tradition » : il aura fallu du temps pour que Rome entende l’appel de Mgr Lefebvre mais, depuis 2007, c’est bien ce que des pans entiers de l’Église ont la possibilité, si ce n’est la liberté, d’entreprendre. C’est en tout cas ce que les futurs prêtres de l’archidiocèse de Guadalajara ont connu le 2 juin 2014. Les séminaristes ont demandé, la direction de l’établissement a répondu favorablement et un prêtre idoine a pourvu. Voici la normalité à laquelle nous aspirons, celle dont parle régulièrement le cardinal Cañizares, Préfet du Culte divin.

3) En France, mais aussi dans quasiment toute l’Europe, comme notre lettre sur les ordinations 2014 l’a rappelé, les séminaires se meurent lentement. Jusqu’à présent, seuls deux d’entre eux ont tenté d’y faire l’expérience de la tradition : à Lyon, celle-ci n’a pas été concluante mais il faut dire qu’elle a été menée dans des conditions peu rassurantes pour les candidats ; à Toulon, elle se met en place peu à peu.

4) Il existe cependant en France des évêques qui solliciteraient volontiers l’aide de prêtres formés dans les séminaires Ecclesia Dei. À condition, toutefois, que ceux-ci deviennent bi-formalistes. Or ces prêtres ont justement fait le choix de s'orienter vers un ministère « spécialisé » et n'ont donc guère de raisons d'accepter un tel changement. En revanche, il existe dans chaque diocèse des prêtres ou des séminaristes désireux de célébrer in utroque usu. Or, de façon étonnante, la plupart des évêques ne veulent pas « sauter le pas » et offrir à leurs propres séminaristes de se former aux deux formes liturgiques du rite romain.

Le séminaire majeur de Guadalajara est aujourd'hui
le plus grand séminaire diocésain du monde.
5) La raison de cette tiédeur épiscopale s'explique souvent par l’opposition des corps professoraux des séminaires et d'une partie du clergé diocésain qui refusent ce qu'ils perçoivent comme une « traditionalisation » du diocèse. Autrement dit, ces évêques voudraient bien « débaucher » des prêtres formés dans le vivier florissant des séminaires traditionnels pour les amener à un ministère à 90% ordinaire, mais répugnent, par crainte de leur hiérarchie ecclésiastique, à ce que leurs propres prêtres soient formés pour avoir un ministère À LA FOIS extraordinaire et ordinaire, tournant ainsi le dos à l'enrichissement réciproque voulu par Benoît XVI. C'est un calcul qui nous semble bien mauvais car l'ouverture de la formation de leurs séminaristes à la tradition regonflerait les effectifs de leurs séminaires, comme l’expérience le prouve largement. Si les évêques de France veulent avoir des vocations, il leur faut s'ouvrir au réel et donc ouvrir à la tradition leurs propres séminaires, comme cela se fait à Guadalajara et en de nombreux autres lieux du monde. Une telle ouverture aura en outre comme bienfait de nourrir l'unité du clergé par une meilleure connaissance des spécificités des uns et des autres.

[Mgr Williamson] Moïse l'explique

SOURCE - Mgr Williamson - 30 août 2014

Si un Catholique cherche une explication profonde de la folie en marche à Gaza, il devrait lire Moïse dans l’Ancien Testament. Par exemple, si les Israélites n’observent pas les commandements de Dieu, ils seront frappés « de folie, d’aveuglement et de perturbation de l’esprit » (Deut.XXVIII,28), parmi de nombreuses autres malédictions. Comme le dit le P. Meinvielle, les juifs sont une race théologique et ils ne peuvent échapper à leur destin théologique – en bien ou en mal, ils sont liés à Dieu comme aucun autre peuple sur la terre.

Dans le Deutéronome, Moïse donne aux Israélites ses dernières instructions solennelles avant qu’ils n’entrent dans la Terre Promise et avant qu’il ne meure. Dans le Chapitre 28 (parallèle au Lév.XXVI), Moïse explique très clairement le décret de Jehova (ou Yahvé), Dieu de l’Ancien Testament, identique au Dieu du Nouveau Testament : les juifs seront spécialement bénis (v.1–14) s’ils obéissent à l’unique vrai Dieu ; ils seront spécialement maudits (v.15–68) s’ils Lui désobéissent. D’une façon ou d’une autre ils forment une race spéciale à laquelle a été donnée une connaissance spéciale de l’unique vrai Dieu pour une mission spéciale qu’ils doivent accomplir pour Lui, avec une récompense ou un châtiment spécial de sa part, selon qu’ils accomplissent ou non cette mission.

Il n’y a pas lieu de s’étonner que les juifs estiment qu’ils sont spéciaux ! Parmi les bénédictions énumérées en cet endroit par Moïse, Dieu « les exaltera au-dessus de tous les peuples » (v.1), il « 0;en fera Son Peuple Saint » (V.9), pour être « la tête et non la queue » (v.13). Mais il faut observer que dans chacun de ces trois versets, Moïse fait dépendre de leur obéissance à Dieu cette supériorité des israélites : s’ils « écoutent fidèlement la voix de Dieu en pratiquant tous ses commandements » (v.1), s’ils « gardent les commandements et marchent dans ses voies » (v.9), s’ils « écoutent les commandements et les gardent et les mettent en pratique » (v.13).

Si à l’inverse les Israélites essaient d’être cette nation supérieure selon leurs propres idées, en désobéissant à Dieu (v.15), alors une multitude de malédictions leur tombera sur la tête (v.16–68) et ils seront méprisés, haïs et piétinés par toutes les aut res nations : « ils seront dispersés à travers tous les royaumes de la Terre » (v.25) ; ils seront frappés « de folie, d’aveuglement et de troubles d’esprit » (v.28 – pensez à Gaza !) ; l’étranger qui habite au milieu d’eux « s’élèvera toujours plus au-dessus d’eux » ; c’est lui qui sera la tête et eux la queue (v.43–44) ; leur ennemi mettra un « joug de fer » sur leur cou (v.48) ; le Seigneur Dieu leur enverra l’angoisse avec tous les types de souffrance (v.59–61) et ils seront arrachés de la terre où ils vont pour la posséder (v.63). Tout cela ils le souffriront pour ne pas avoir maintenu et observé les paroles de la loi de Dieu (v.58).

Hélas ! Toutes ces bénédictions et malédictions annoncées par le grand Moïse, servirent-elles pour que les Israélites reconnussent et servissent leur Messie et Dieu Incarné lorsqu’Il vint, selon ce qui, aussi, avait été prophétisé par Moïse (Deut.XVIII,15–18) ? Non. Au contraire, ils le crucifièrent, ce qui fit et fait encore descendre sur leurs têtes, depuis bientôt 2000 ans, toutes les malédictions de Moïse. Ils se transformèrent eux-mêmes en la nation la plus foulée aux pieds sur la terre, et ils perdirent leur droit à la Terre Sainte, en se faisant expulser et disperser dans tout autre lieu à partir de la destruction de Jérusalem en l’an 70 après J.-C.

Et que l’on n’aille pas dire que leur reprise de la Terre Sainte signifie que la malédiction ait été enlevée, parce qu’ils la reprennent selon leurs propres idées et non celles de Dieu, de telle sorte que cette nouvelle poss ession elle-même se transforme aussi en une partie de la malédiction. Comme l’a dit Platon ( Georgias ), mieux vaut souffrir que commettre une injustice, et par conséquent, selon la réalité spirituelle, les Israéliens sont plus à plaindre que les Palestiniens. Patience. Nous avons tous péché et tous nous avons besoin de la gloire de Dieu (Rom.III,22–23).

Kyrie eleison.

26 août 2014

[Riposte Catholique] Mgr Aillet donne son imprimatur à un catéchisme

SOURCE - Riposte Catholique - 26 août 2014
Et pas n’importe quel catéchisme : il s’agit des Trois Blancheurs, réalisé par deux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre.

Les « Trois Blancheurs » sont un complément catéchétique et spirituel par correspondance, initié par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre en France en 1997. Lors de sa création, le but était d’offrir un soutien aux familles isolées ou inquiètes de la « crise des catéchismes » et soucieuses de transmettre une foi profonde à leurs enfants. La Fraternité Saint-Pierre a alors proposé cette solution « de complément » par correspondance, avec un suivi à distance réalisé par un prêtre comprenant la correction régulière des devoirs ou l’utilisation ponctuelle du téléphone. Depuis 2007, ce cours a été entièrement révisé, et complété pour répondre à une demande de plus en plus large. Outre les enfants isolés, des écoles, des paroisses, des maisons de la Fraternité, etc. ont souhaité suivre cette méthode. De nombreux prêtres et catéchistes se servent de ces leçons pour donner leurs cours. En 2013 a été lancée une nouvelle version, sous la forme de livres entièrement en couleur, les cahiers d’exercice étant désormais édités en un fascicule séparé.

Mgr Marc Aillet explique à Famille chrétienne :
Dans mon diocèse, de nombreuses familles utilisent « Les Trois blancheurs » pour transmettre la foi à leurs enfants. J’ai jugé nécessaire qu’elles aient la certitude que ces documents étaient conformes à la foi et à la morale catholiques, ce qu’atteste l’imprimatur. À la demande de l’un de ses auteurs, qui exerce son ministère de prêtre dans mon diocèse, j’ai pris connaissance du contenu de ce parcours catéchétique avant de le transmettre pour avis à la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat (CECC). J’ai ensuite transmis aux auteurs de cette collection le rapport d’expertise remis à la CECC par le Service national catéchèse et catéchuménat pour correction. Après avoir vérifié que les modifications demandées avaient bien été prises en compte, j’ai pris la décision d’accorder mon imprimatur à ces ouvrages.
Qu’est-ce qu’un bon catéchisme ?
C’est un catéchisme qui permet à chacun de rencontrer le Christ tel qu’il s’est manifesté et tel qu’il a été transmis par l’Église avec autorité à travers son magistère. Un bon catéchisme doit s’appuyer sur les quatre grands piliers de la catéchèse rappelés par le Catéchisme de l’Église catholique, à savoir :la profession de la foi, les sacrements, la vie de la foi, résumée dans les dix commandements, et la prière du croyant, c’est-à-dire le Notre Père. La catéchèse doit reposer à la fois sur l’acquisition d’un savoir, l’apprentissage de la prière et la découverte que la foi se vit, qu’elle implique un comportement chrétien.
Quel regard portez-vous sur les parcours catéchétiques actuellement utilisés dans les diocèses français ?
Il y a eu un recadrage. La plupart des documents publiés avec imprimatur s’appuient enfin sur le Catéchisme de l’Église catholique. Mais je regrette que l’on insiste encore trop souvent sur la pédagogie au détriment du contenu, même s’il faut reconnaître que beaucoup de progrès ont été faits de ce point de vue-là. Je ne suis pas sûr que la méthode des modules soit la mieux adaptée pour une croissance dans la foi parce qu’elle ne respecte pas le processus d’acquisition des savoirs et peut parfois induire de la confusion dans l’esprit des enfants. Nous sommes, certes, dans un contexte actuel d’évangélisation où les enfants inscrits au catéchisme n’ont pas appris la première annonce et les premiers gestes de la foi, mais cela ne doit pas être un prétexte pour occulter le contenu de la foi dont la transmission est la vocation première de toute catéchèse.