19 mai 2013

[Perepiscopus] Geste d’ouverture de Mgr Di Falco envers la FSSPX

SOURCE - Perepiscopus - 14 mai 2013
A l’occasion du décès de Monsieur l’abbé Dominique Lagneau, Supérieur de la Maison contemplative de Montgardin (FSSPX), le dimanche 12 mai d’une crise cardiaque, dans le diocèse de Gap, Mgr Jean-Michel Di Falco est venu rendre visite à sa dépouille et a prié pour le repos de l’âme du défunt.

Puis, dans un acte de générosité, voyant que la chapelle de la FSSPX était trop petite pour recevoir les fidèles annoncés, Mgr a autorisé la célébration des funérailles, présidées par Mgr Fellay, Supérieur Général de la FSSPX, en l’église des Cordeliers de Gap le vendredi 17 mai à 15H00.

C’est avec des gestes de bienveillance comme celui-ci que pourra se résoudre le différent entre Rome et la FSSPX. Les accords juridiques, les discussions doctrinales sont certes importants, mais il ne sont pas suffisants. Il faut aussi des rapports humains de bienveillance, et réciproques.

18 mai 2013

[Mgr d'Ornellas - diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo] Message aux pèlerins de Bretagne


SOURCE - Mgr d'Ornellas - diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo - 17 mai 2013
Il ne m’est guère possible d’être ce soir à 23h30 (au départ des cars). Dites de ma part aux pèlerins l’assurance de ma prière pour chacun et pour tous.

Que le Seigneur Jésus, selon sa Promesse, fasse descendre l’Esprit Saint dans le cœur de chaque pèlerin pour y répandre le don infiniment supérieur, celui de la charité.

En effet, la charité ne passe pas, comme l’affirme saint Paul. Comme l’a si bien compris sainte Thérèse de Lisieux, sans l’amour, les missionnaires refuseraient d’annoncer l’Évangile, de témoigner du Christ. Sainte Thérèse a su l’importance de l’éducation, elle qui reconnait qu’elle a eu un père plus digne du ciel que de la terre.

Je confie tous les pèlerins à l’intercession de la « Petite Thérèse », et des bienheureux Zélie et Louis Martin, ses saints parents. Que tous ceux et toutes celles qui ont la mission de l’éducation demandent à l’Esprit Saint ce don de la charité pour devenir des éducateurs selon le cœur de Dieu. Que chaque pèlerin réponde avec joie à l’appel à la sainteté, que Dieu ne cesse de faire entendre dans les cœurs. Comme l’a proclamé avec tant d’autorité et de solennité le concile Vatican II, tous les fidèles sont appelés à la « perfection de la charité ». C’est ainsi que l’Église demeure au milieu du monde le témoin de la miséricorde infinie et de la sainteté de Dieu.

Je recommande à tous les pèlerins de prier pour les chrétiens de Bretagne et pour leurs Pasteurs, afin que nous grandissions tous dans le grand commandement de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Je demande au Bon Pasteur de bénir chacun. Et je souhaite bien cordialement à tous une très belle et très joyeuse fête de la Pentecôte.


+ Pierre d’Ornellas


Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo

[Famille Chrétienne - Hervé Rolland / ND de Chrétienté] Chartres : les nouveaux pèlerins de la Pentecôte

SOURCE - Famille Chrétienne - Hervé Rolland / ND de Chrétienté - 16 mai 2013

Trois questions à Hervé Rolland, vice-président de Notre Dame de Chrétienté, qui organise le 31e pèlerinage de Pentecôte à Chartres, du 18 au 20 mai.
Comment accueillez-vous ceux qui font le pèlerinage pour la première fois ?
Le chef de chapitre rencontre les nouveaux avant le pèlerinage. À raison de trois ou quatre, parfois plus, les nouveaux sont répartis dans les différents chapitres (groupes de cinquante pèlerins en moyenne). Le chef de chapitre vérifie que les nouveaux aient de bonnes chaussures et de quoi se nourrir correctement pendant les trois jours. Enfin, pour ceux qui appréhendent de faire cent kilomètres en trois jours, une possibilité est offerte de ne marcher qu'une journée.
Parmi eux, y en a-t-il qui ne pratiquent pas la forme extraordinaire du rit romain ?
Ceux qui ne pratiquent habituellement pas la "messe traditionnelle" représentent un pèlerin sur trois. Du côté des prêtres accompagnants, sur un total de cent trente, les prêtres diocésains dont ce n'était pas la culture sont même une quarantaine ! Ce qui en fait le groupe de prêtres le plus nombreux à participer au pèlerinage. De leur côté, les laïcs bénéficient d'une présentation de la forme extraordinaire au cours d'un topo qu'ils reçoivent avec les autres membres de leur chapitre. Mais au cours du pèlerinage, il y a plus de questions sur l'Église et la morale que sur la forme de la messe. C'est pourquoi on n'hésite pas à reprendre les bases : qu'est ce que la Trinité, l'Église la Messe ...
En plus du thème du pèlerinage ?
Avoir un thème - cette année l'éducation, troisième point non négociable après la défense de la vie et de la famille abordée en 2011 et 2012 – n'empêche pas de reprendre les bases: en trente ans, le profil des pèlerins a changé. Avant, 95 % pratiquaient la "messe traditionnelle", et la catéchèse de base était connue à 100%. Ce n'est plus le cas non plus: un pèlerin sur dix est un recommençant. Ceux-là ne se posent même pas la question du rite.
Propos recueillis par Guilhem Gargnies

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Damnation éternelle - I

SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison - 18 mai 2013

Un lecteur a soulevé une fois encore un problème classique qui a déjà surgi,directement ou indirectement, dans ces « Commentaires », mais il est d’une telle importance qu’il mérite d’être examiné à nouveau pour lui- même. Il écrit : « Je trouve difficile d’être le catholique que je voudrais être à cause de la doctrine de la damnation éternelle.Je n’arrive pas à accepter l’idée qu’une âme puisse être tourmentée sans cesse pour toute l’éternité. C’est tout simplement trop horrible. Il doit y avoir une doctrine catholique qui soit moins dure, moins tranchée. » Bref, comment peut-il être juste qu’une seule âme soit condamnée à une éternité d’effroyables tourments ?

Remarquons que dans une grotte que l’on peut toujours visiter à Ségovie en Espagne, cette question a fait passer un grand saint comme St Dominique toute une nuit d’agonie en prière. Mais déclarons immédiatement qu’iln’est aucunement question de placer le Dieu Tout-Puissant sur le banc des accusés, comme s’il pouvait mériter d’être condamné, ou avoir besoin d’être acquitté. Si son Église enseigne, comme elle le fait, qu’un seul péché mortel peut condamner au feu éternel de l’enfer, et si je ne suis pas d´accord, alors c’est moi qui me trompe, et non son Église. Pourquoi me trompé-je ?

A cause de l’une ou l’autre de ces deux raisons, ou des deux à la fois : soit parce que je n’arrive pas à saisir toute la grandeur du Bon Dieu, ce qui peut facilement arriver, car mon petit esprit est limité tandis que Dieu est infini. Soit parce que je ne saisis pas toute la gravité du péché, ce qui est également facile à faire, car le péché offense en premier lieu Dieu, seulement en deuxième lieu moi-même et en troisième lieu mon prochain. Ainsi si je n’arrive pas à saisir la grandeur du Dieu offensé par le péché, je ne pourrai naturellement pas saisir la gravité du péché.

La question alors devient : est-ce que le Dieu grand et bon a donné à chaque être humain qui ait jamais vécu sur cette terre, au cours de sa courte vie, les moyens suffisants pour savoir qu’Il existe, qu’Il peut être offensé, ce qui L’offense au fond et à quel point il est grave de l’offenser ? La réponse ne peut qu’être affirmative sur tous les quatre points.

*Je n’ai pas besoin de la foi surnaturelle pour connaître l’existence de Dieu. La raison intègre suffit à elle seule pour me dire que derrière toutes les bonnes choses dont la vie d’un homme est tissée se trouve l’Être Suprêmement Bon. La raison détournée du vrai par l’orgueil, ou aveuglée par le péché, peut ne pas nous découvrir cet Être, mais tout détournement ou aveuglement de ce genre ne peut être que de ma propre faute et non celle de Dieu, et il mérite une punition proportionnée à toute la bonté dont j’ai été l’objet au cours de ma vie, bonté dont il a été « inexcusable » de ma part ( Rom.I, 20) de ne pas l’attribuer à Dieu.

*La réalité du libre-arbitre est une expérience de tous les jours, et chacun d’entre nous jouit de cette lumière naturelle de la conscience qui nous dit que nous devons rendre un culte à l’Être Suprême, et que Lui refuser ce culte c’est l’offenser. Tel est le Premier Commandement, et on n’a pas besoin de la foi pour le connaître.

*La conscience naturelle m’indique aussi les neuf autres Commandements, qui ne font qu’énumérer la loi naturelle, et elle me dit aussi que les enfreindre offense non seulement mon prochain, mais aussi, et même en premier lieu, l’Être Suprême.

*Et finalement, plus ma conscience est claire, plus elle me dit à quel point il est grave d’offenser Dieu. Le problème est que nous sommes tous pécheurs, et que tout péché aveugle davantage notre conscience. Mais notre péché est notre propre faute, non celle de Dieu, et il est parfaitement juste que nous soyons punis pour le degré selon lequel nous avons aveuglé notre conscience.

Mais quelqu’un pourrait objecter, donc c’est entendu, il est donné à tous les hommes de connaître assez Dieu pour mériter un châtiment après cette vie dans la mesure où ils l’ont offensé. Mais comment un simple homme pourrait-il offenser Dieu à tel point qu’un châtiment éternel et inimaginable puisse être juste ? Que le « Commentaire » de la semaine prochaine essaie de s’approcher de ce mystère aussi profond d’une certaine manière que Dieu lui-même est profond.

Kyrie eleison.

[lechorepublicain.fr] Le chassé-croisé des tradis et des ultras

SOURCE - lechorepublicain.fr - 18 mai 2013

Les premiers partent de Chartres pour Paris, les seconds font le chemin inverse. Intégristes et traditionalistes vont marcher pendant 3 jours.

Près de 5.000 catholiques intégristes lefebvristes vont entamer ce matin à Chartres un pèlerinage de Pentecôte qui doit les conduire à pied dans les Yvelines et à Paris où sera célébrée une messe place Vauban. « Nous sommes plus nombreux à Paris qu’à Chartres, mais le nombre de pèlerins augmente en cours de route », précise Paule, fidèle de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, qui participe à ce pèlerinage depuis 1988. « C’est très intéressant. C’est une illustration, en réduction, de notre vie. C’est un petit village catholique qui se déplace sur les routes. On sort d’une certaine routine dans un but spirituel et après ces trois jours de marche et de prières, on rayonne, on est transformés intérieurement mais c’est de moins en moins compréhensible par une société matérialiste qui a perdu la foi. »« Le plaisir de péleriner »Ces “ultras” commenceront leur pèlerinage par une messe en latin célébrée selon le rite tridentin (antérieur au concile Vatican II), dans les jardins de l’évêché de la cathédrale de Chartres dont l’accès leur reste interdit par le Vatican. Dans le même temps et dans le chemin inverse, quelque 6.000 catholiques de la tradition romaine partiront ce matin de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour arriver lundi à la cathédrale Notre-Dame de Chartres avant la grande messe qui sera célébrée par Mgr Éric Aumonier, évêque de Versailles (Yvelines).
 
Ces deux pèlerinages sont opposés dans leur doctrine depuis le concile de Vatican II (1962-1965). « La foi est liée à la doctrine qui est malmenée mais chez nous, elle est préservée », affirme Paule. « La foi a deux aspects : la prédication et la dénonciation des erreurs. Les traditionalistes ont abandonné ce deuxième aspect. » Mais ces deux pèlerinages pourraient se croiser à hauteur de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. « Je n’ai jamais croisé de lefebvristes sur les routes », confie Augustin Aghmate qui participe au pèlerinage de l’association Notre-Dame de la Chrétienté depuis 2000. « J’étais à la fac à Paris à l’époque et des amis m’ont proposé de les accompagner jusqu’à Chartres. J’ai découvert la tradition et le plaisir de “péleriner”. On est fatigué, on a mal aux pieds, on a attrapé des coups de soleil ou on a été trempés pendant ces trois jours. Mais on n’a qu’une envie, c’est de refaire ce pèlerinage l’année suivante. »
« La société a un regard un peu sévère »
Ce manager de 34 ans, qui marche dans un chapitre de trente personnes, en profite pour retrouver ses amis et faire une « retraite à ciel ouvert ». « Je n’ai plus de téléphone portable ni de montre pendant trois jours. Je ne pense plus à mon travail, mes charges et à mes responsabilités. Je ne pense qu’à l’essentiel, c’est-à-dire ma relation avec Dieu. » Chacun de ses pèlerinages lui a « apporté beaucoup » et permis d’« approfondir » sa foi. « La période n’est pas facile pour les croyants. La société a un regard un peu sévère sur la pratique de la foi. Dès que l’on sort de la charité, on n’a pas voix au chapitre. On nous interdit d’avoir une opinion. »

Augustin Aghmate, qui a manifesté contre le mariage pour tous, n’est « pas favorable aux évolutions qui ne tiennent pas compte des conséquences qu’elles peuvent provoquer ». Mais il ressent une « recherche de rupture, de changement » chez les jeunes pèlerins qui veulent participer aux débats de société. « Il n’y a pas une écoute ni une volonté d’échanges en face mais ça n’a rien de surprenant. Le regard de la société sur les croyants est lié à une incompréhension mais les croyants ont vocation d’être témoins. La foi ne doit pas être qu’enfermée à l’intérieur de soi. Elle doit être visible. »

[SPO] Messe traditionnelle à la cathédrale Notre-Dame de Paris

SOURCE - SPO - 16 mai 2013

La Messe traditionnelle que la paroisse Saint-Eugène/Sainte-Cécile avait eu le projet de célébrer en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 17 avril dernier avait été annulée pour cause de Manif pour Tous… (voir ici). Ce n’était évidemment qu’un report comme nous l’avions expliqué (voir ). La paroisse vient d’annoncer son pèlerinage à Notre-Dame de Paris pour le mercredi 29 mai prochain. Départ de l’église Saint-Eugène à 19 h, arrivée à Notre-Dame vers puis célébration vers 20 h 15 de la Messe selon la forme extraordinaire. Ce pèlerinage se déroulant dans le cadre de l’Année de la Foi, une indulgence plénière peut être obtenue par les pèlerins aux conditions habituelles prévues par le diocèse de Paris.

17 mai 2013

[Ennemond - Forum Catholique] M. l'abbé Dominique Lagneau

SOURCE - Ennemond - Forum Catholique - 13 mai 2013

Un esprit disait fréquemment : la foi et l'humour sont les deux choses qui sauveront le monde. Incontestablement, l'abbé Lagneau manifestait les deux auprès de tous ceux qui l'approchaient. Il savait apporter Jésus Christ à ceux qui avaient besoin de sourire et d'être réconfortés et il déridait ceux dont la foi devenait peut-être routinière. Auprès d'un apôtre si zélé et au bon accent ardechois, on ne risquait pas de devenir un triste saint !

Il n'est pas exagéré d'affirmer que son attachement à Mgr Lefebvre et à l'oeuvre à laquelle il appartenait l'aurait conduit à faire le tour du monde. Dans ses entreprises, il veillait toujours à bien retrouver l'esprit du fondateur, sans le déformer. Il faisait partie de ces anciens prêtres de la Fraternité à qui l'expérience et la fidélité ont fait acquérir les galons de la sagesse, une vertu qui invite à la patience et au discernement.

Sa fidélité à l'oeuvre de Mgr Lefebvre ne s'arrêtait pas là. Il avait particulièrement à coeur d'en appliquer les objectifs, en assurant notamment l'apostolat en direction de ses confrères dans le sacerdoce qu'il rencontrait toujours avec beaucoup de sympathie et de sainteté. Ses convictions n'en patissaient pas, bien au contraire ! Parce qu'il plaçait sa force en Jésus Christ, il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour travailler à la restauration de la Sainte Eglise. Sa nomination à la maison de Montgardin instituée, selon le voeu du fondateur, en faveur du sacerdoce confirmait cette prédisposition qu'il avait pour ce type d'apostolat.

La mort a frappé sans prévenir et ceux qui ont été les bénéficiaires de l'amitié de l'abbé Lagneau comme de son généreux apostolat peuvent légitimement être attristés par cette disparition soudaine. La Fraternité perd l'un de ses éminents membres. Elle gagne, nous l'espérons, un protecteur dans le Ciel. Que Notre Dame du Laus intercède pour lui en ouvrir bien vite les portes !

16 mai 2013

[Abbé François Laisney, fsspx - sspxasia.com] Réponse ouverte à la lettre ouverte de Mgr. Williamson aux prêtres de la Fraternité Saint Pie X

Abbé François Laisney, fsspx - sspxasia.com -12 mai 2013

Singapour, le 12 mai 2013

Monseigneur,

Je vous entends porter laccusation :
Les Supérieurs actuels de la Fraternité Saint-Pie X veulent conduire celle-ci loin de lorientation définie pour elle par Mgr Lefebvre, et vers les idées et les idéaux du Concile Vatican II.

supérieurs désirant les conduire, ainsi que vous-mêmes, vers et même au cœur de lapostasie des temps modernes.
Cest une accusation très grave, qui requiert des faits proportionnés pour la justifier. Mais que trouvons-nous après ?

Suit une analyse de la déclaration de Mgr Fellay du 15 avril 2012. Dès le premier paragraphe, on y trouve un mauvais pli. En effet, Mgr Fellay avait écrit, comme tout premier paragraphe de sa déclaration : « Nous promettons dêtre toujours fidèles à lEglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques. » Cétait une citation presque mot-à-mot de Mgr Lefebvre : « Moi, Marcel Lefebvre, archevêque-évêque émérite de Tulle, ainsi que les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par moi fondée : Nous promettons dêtre toujours fidèles à lÉglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur Suprême, Vicaire du Christ, Successeur du Bienheureux Pierre dans sa primauté et Chef du corps des évêques. » (5 mai 1988). Qui ne verrait pas dans une telle promesse une profession claire et sans ambiguïté de Foi catholique de de fidélité à lEglise Catholique ? Il semble difficile dy trouver quelque chose répréhensible. Et pourtant vous en trouvez, et écrivez quelle « peut facilement être mal orientée aujourdhui vers lÉglise conciliaire en tant que telle, et envers les pontifes conciliaires. » Mais un tel commentaire se détruit lui-même ; en effet, vous utilisez les mots « en tant que telle », qui signifient que vous voulez prendre les mots dans leur sens précis (« réduplicatif »). Appliquez-les à la phrase de Mgr Fellay, et ils réfutent votre commentaire : « nous promettons dêtre toujours fidèles à lEglise catholique en tant que telle et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christen tant que tel, successeur de Pierre en tant que tel et chef du Corps des évêques. » Ainsi donc, réprimander cette première phrase de Mgr Fellay manifeste cette « mauvaise disposition » dont part St Thomas dans sa Somme, IIaIIae qu.60 a.3 : [le soupçon peut arriver quand] « quelquun est mal disposé envers son prochain; or, lorsquun homme en méprise ou en déteste un autre, quil sirrite contre lui ou quil lenvie, de légers signes suffisent pour quil le juge coupable; car chacun croit facilement ce quil désire. »

Le reste de lanalyse continue dans le même esprit, et il est superflu de la reprendre paragraphe par paragraphe. Bien que cette déclaration du 15 avril ne soit pas sans défaut ce que Mgr Fellay lui-même reconnaît elle est cependant loin de mériter laccusation que vous essayez de prouver. Non, ce nest pas vrai que « celui qui étudie ces dix paragraphes dans le texte original ne peut que conclure que leur auteur ou les auteurs ont renoncé à la lutte de Mgr Lefebvre pour la Tradition, et quils se sont ralliés, en esprit, à Vatican II. » Au plus peut-on dire que ce texte est faible et quil contient certains mots quil faudrait corriger, étant inexacts, ambigus, mal-choisis ou tout simplement faux, comme au 7ème paragraphe. Ils sont le résultat dun effort pour trouver une déclaration doctrinale acceptable aux membres présents de la congrégation pour la doctrine de la foi. Affirmer que « le Quartier Général de la Fraternité la retirée sans la rétracter », cest jouer sur les mots : en effet, rétracter vient de re+tractum, participe passé de trahere qui veut dire… tirer ! Beaucoup de dictionnaires français vous donneront rétracter et retirer comme synonymes ; on peut certes y voir une nuance, mais lintroduire contre le contexte manifestecette même mauvaise disposition dont parlait St Thomas. Mgr Fellay a dit formellement à Mgr Di Noia le 28 août 2012 quil retirait cette proposition du mois davril, « qui ne peut désormais plus servir de base de travail. » Mgr Fellay est donc bien revenu dune proposition dangereuse à une position beaucoup plus sûre, selon les lettres du 30 novembre 2011 et 12 janvier 2012, et la déclaration du Chapitre.

Les mêmes accusations de faiblesse sont parfois portées contre le Protocole du 5 mai 1988, qui avait été préparé par le futur Mgr Tissier de Mallerais et signé par Mgr Lefebvre. Accuseriez-vous ces deux évêques de la même manière que vous accusez Mgr Fellay ? Certainement pas ! Si cette déclaration du 15 avril « renonce à la lutte de Mgr Lefebvre pour la Tradition, » les modernistes qui ne sont pas fous lauraient acceptée avec joie ! Quelque faible quelle soit, elle demeurait trop forte et donc inacceptable pour la CDF : donc elle était loin de« renonce[r] à la lutte de Mgr Lefebvre pour la Tradition. »

Sur ce sujet, tout lecteur honnête de la lettre de Mgr Lefebvre du 6 mai 1988 ne peut être daccord avec vos paroles : « Il est bien connu que le 6 mai, il a rejeté ce protocole parce quil a reconnu lui-même quil faisait trop de concessions pour que la Fraternité soit en mesure de continuer à défendre la Tradition. » Dans cette lettre, Mgr Lefebvre remercie chaudement le Cardinal Ratzinger pour le protocole, et loin de désapprouver ce dernier, il presse le Cardinal de le mettre en pratique promptement, demandant une date prochaine pour la consécration qui y avait été approuvée (le seul point sur lequel il séloigne du protocole consiste en la menace de procéder aux consécrations si on ne lui donne pas de date ; mais il sen est expliqué en disant que ces négociations navaient avancé que sous cette menace). Cest seulement après avoir reçu la réponse, où le Cardinal demande dautres candidats rendant ainsi la date proposée du 15 août impossible à tenir, car il ny aurait pas eu assez de temps pour approuver ces dossiers, que, ne pouvant constamment remettre à plus tard, Mgr Lefebvre décida daller de lavant le 30 juin, qui était déjà la 4ème date quil avait proposée. Le Cardinal Ratzinger était visiblement conscient du fait que Rome navait pas traité Mgr Lefebvre équitablement, et voulut pendant son pontificat remédier à cet état.

Vous concluez à la fin que « les supérieurs de la Fraternité semblent avoir perdu leur attachement à la primauté de la vérité, particulièrement la vérité catholique. »

Etant donné la disproportion dune telle conclusion et des accusations ci-dessus (et des autres accusations multiples des derniers 18 mois, par ex. la lettre ouverte à Mgr Fellay prétendue écrite par 37 prêtres français) avec le contenu de la déclaration de Mgr Fellay, quand jessaye de comprendre comment vous avez pu arriver à de telles conclusions, il me semble que laccusation sous-jacente est bien plutôt ici : « Le problème est moins laccord que le désir de tout accord qui accorde une reconnaissance officielle à la Fraternité, et ce désir est toujours bien là. » Et le raisonnement semble être celui-ci : ceux qui occupent aujourdhui le Siège de Pierre et les Congrégations romaines sont « les apostats de Rome », des hommes entièrement adonnés aux « idées et idéaux du Concile Vatican II » qui est la grande « apostasie des temps modernes » ; tout personne faisant un accord avec eux, même une reconnaissance canonique par eux, devient par là-même collaborateur dans cette grande apostasie, un libéral, un grand ennemi de Dieu.
 
En toute honnêteté, tel na jamais été le raisonnement de Mgr Lefebvre ! En effet, il disait (le 22 mars 1980, Homec 20A1) :
Cest pourquoi jinsiste aujourdhui particulièrement sur cette unité entre nous. Sans doute il est plus facile pour des familles religieuses qui sont des familles monacales, qui forment des monastères, il est plus facile de maintenir cette unité.

Pour nous qui sommes très dispersés par la nature même de notre Fraternité Sacerdotale, lunité peut paraître quelquefois plus difficile. Eh bien, si elle est plus difficile, justement elle demande que nous ayons des liens plus forts, plus solides, plus résolus afin de demeurer unis les uns aux autres et de travailler au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, dans cette famille religieuse qui est - encore une fois - unie à lEglise de toujours. Et unie à lEglise daujourdhui, et même unie, je dirai, à ses chefs qui, sils sont influencés par les idées modernes auxquellesnous ne pouvons pas adhérer silssont influencés par des idées de ce droit nouveau, comme le disait Léon XIII droit qui a été condamné par Léon XIII et par tous ces prédécesseurs si en ce sens nous ne nous sentons pas parfaitement en communion de pensée, avec ceux avec lesquels nous devrions être en pleine communion de pensée, eh bien, cela, peu importe. Cela ne rompt pas cependant cette unité, car à travers leurs personnes qui devraient être parfaitement soumises à la Tradition, parfaitement soumises à ce que leurs prédécesseurs ont enseigné, eh bien nous sommes réunis par eux, quand même à cette apostolicité qui descend à travers tous les souverains pontifes jusquau Souverain Pontife régnant aujourdhui.

Et en cela nous devons être persuadés, convaincus, que nous sommes justement intimement plus que nimporte qui, membres de la Sainte Eglise et quavec tous les membres de lEglise, nous luttons pour le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Même si certains dentre eux, hélas, par leur conduite, par leurs pensées, par leurs écrits, par leurs actes, ne favorisent pas le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cela a été de tous les temps dailleurs dans lHistoire de lEglise.
Est-ce que reconnaître le Pape François comme pape légitime fait de nous des modernistes ? En faisant cela, nous reconnaissons simplement en lui la possession de lautorité légitime qui vient de Notre Seigneur Jésus Christ, comme le faisait Mgr Lefebvre ci-dessus. Cette autorité est catholique. Et si cet élément catholique en lui nous reconnaît, cela ne fera pas de nos des modernistes.

Votre raisonnement ci-dessus manifeste « avoir perdu [son] attachement à la primauté de la vérité, particulièrement la vérité catholique », tombant par-là dans le défaut-même que vous condamnez. En effet, la Vérité Catholique nest pas quelque chose dont on peut ne prendre quune partie : soit on croit le tout, soit on perd la foi. Or un article essentiel de la foi catholique est précisément cette foi en léglise, cette « foi en Pierre » que professait Mgr Lefebvre le jour-même de votre ordination, 29 juin 1976 : « Oh, oui, nous avons la foi en Pierre, nous avons la foi dans le successeur de Pierre ! » Et il dit dans une autre occasion : « si quelquun rompt avec Rome, ce ne sera pas moi. » Dès le début de la Fraternité, il prit soin dobtenir lapprobation de Mgr Charrière, et même après Assise il accepta trois fois de repousser les Consécrations dans lespérance de pouvoir le faire avec lapprobation du Pape et dans une structure canonique approuvée. Ce nest que devant le manque de bonne foi des autorités à Rome quil alla de lavant sans elles.

La foi catholique nous enseigne que nous ne pouvons pas nous sauver tout seuls, séparés de lEglise. La foi seule nest pas suffisante ; sans la charité, ce « lien de la perfection » (Col. 3:14) qui nous unit au Christ et à chaque membre du Christ, il est impossible daller au ciel. « Et quand jaurais toute la science, et toute la foi, … si je nai pas la charité, je ne suis rien… cela ne me sert de rien. » Si le lien intérieur avec lEglise, consistant dans la grâce et la charité, est absolument nécessaire pour le salut, le lien extérieur avec lEglise, consistant comme lenseigne St Robert Bellarmin dans la profession de foi catholique, la pratique du culte catholique (commençant par le sacrement de baptême) ET la communion hiérarchique est aussi nécessaire au salut, « reautvoto de fait ou de désire » ; cest-à-dire que, au cas où sans faute de la part de quelquun lun de ces liens extérieur nest pas possible de fait, alors au moins le votum, la volonté ferme et de désir de ce lien est nécessaire pour le salut. Donc lEglise enseigne que le désir dune situation canonique régulière (dans laquelle consiste la communion hiérarchique pratiquement) est nécessaire. Lisez donc St Robert (cité dans mon petit livre Is FeeneyismCatholic ? p.40) : il dit clairement que si la reconnaissance canonique est injustement refusée, son manque nest pas un obstacle au salut ; mais cela présuppose son désir. Si ce désir lui-même manque, alors ce manque est un obstacle au salut.

Peut-être direz-vous : oui, je veux une communion hiérarchique en ordre, mais avec des autorités vraiment catholiques, pas avec ceux qui occupent présentement Rome. Mais alors cest fondamentalement la position sédévacantiste, et ce ne fut JAMAIS la position de Mgr Lefebvre, comme le montre le texte ci-dessus, et ce nest pas conforme à la réalité « à la vérité catholique » pour reprendre votre expression. Dans certains de vos écris (plusieurs églises), vous présentez la situation comme si les autorités présentes sont dans léglise conciliaire et pas dans lEglise Catholique, présentant lEglise Catholique comme seulement la partie de léglise visible qui demeurerait sainte. Voici vos paroles :
L’unique partie de l’Église visible qui soit catholique est celle qui est une, sainte, universelle et apostolique. Le reste n’est autre que différentes espèces de pourriture visible (ou concrète).
Ce ne fut JAMAIS la pensée de Mgr Lefebvre. (Voir mon propre texte sur Plusieurs Eglises ?) Il na jamais considéré lEglise Catholique comme étant seulement une partie dun tout que serait léglise visible, une partie dont les limites ne seraient plus clairement visibles, une partie où il ny aurait plus une hiérarchie proprement constituée, car vous écrivez : « l’‘église officielleest largement Conciliaire et non-catholique. » Lerreur de ce raisonnement est de confondre lêtre/la substance dune chose avec ses propriétés/ses marques : du fait que les quatre marques de lEglise sont moins visibles dans certaines personnes à cause des erreurs du Concile, spécialement de lœcuménisme scandaleux, on ne peut pas conclure quelles sont « non-catholiques ». Dans son mémorable sermon du 29 juin 1982 (ordination de Mgr Fellay, et de votre serviteur), Mgr Lefebvre a exposé admirablement lépreuve que la crise présente cause pour la foi de certains ; il montra comment la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ fut un défi pour la foi de certains au début de lEglise : dune part certains hérétiques ont refusé de reconnaître une nature humaine vraie en Notre Seigneur et sous prétexte que Dieu ne pouvait pas sêtre soumis à tant de souffrances il ont imaginé quIl navait un corps quen apparence ; de lautre part il y eut dautres hérétiques qui ont refusé de reconnaître la Divinité de Celui qui a souffert autant. De la même manière en notre temps la passion de lEglise, Corps Mystique de Notre Seigneur, est un défi pour la foi de certains, et les uns refusent de reconnaître les erreurs et maux présents dans lEglise, disant que le Christ ne pourrait pas permettre tant de mal dans son Eglise, et les autres refusent de reconnaître que les personnes aux postes dautorité dans lEglise qui se sont tant éloignés de leur devoir soient encore membre du Corps Mystique et deviennent sédévacantistes. Mgr Lefebvre rejetait ces deux erreurs, et expliquait que, de même que personne naurait pu dire à priori jusquà quel point le mal physique (souffrance) pouvait aller dans le corps physique du Christ, de même personne ne peut dire à priori jusquà quel point le mal spirituel (péché) peut aller dans le Corps Mystique du Christ. Cest un mystère que le Fils de Dieu ait pu dire dans ses souffrances : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi mavez-vous abandonné ? » (Mt. 27:46) ; cependant nous devons garder la foi comme la Sainte Vierge au pied de la Croix. De même cest un mystère que le successeur de Pierre puisse inviter toutes les religions à être ensemble pour prier à Assise comme Jean-Paul II la fait : prier quel Dieu ? Cependant, contra factum non fit argumentum, comme vous le rappelez souvent. Malgré cela, après cette réunion scandaleuse à Assise, Mgr Lefebvre travaillait avec le Cardinal Gagnon pour établir une situation canonique régulière pour la FSSPX.

La vérité catholique est que, malgré toutes les imperfections et même les péchés très graves des successeurs des Apôtres, les uns des Saints, les autres des réprouvés comme Judas, nous devons être en communion avec eux, parce quils sont successeurs des Apôtres.

 Vous direz peut-être : oui, nous reconnaissons le Pape, mais nous devons garder nos distances, parce que « ce sont les supérieurs qui forment leurs sujets, et non le contraire. » Pour cela, le grand principe de St Augustine devrait calmer vos craintes : « dans lEglise, la communion avec les méchants ne nuit pas aux bons, tant quils ne consentent pas à leurs actions mauvaises. » Une telle crainte ne doit pas nous faire rejeter ce qui est bien en soi : la communion hiérarchique, être dans lORDRE dans lEglise, à la place qui nous convient par rapport à ceux qui possèdent lautorité qui vient du Christ. Seulement en face dun abus dans lexercice de lautorité devons-nous résister.Doù le devoir dexercer la vertu de prudence et cest ce que Mgr Fellay fait depuis les offres de Rome en lan 2000 afin de pourvoir des garanties à la protection et la continuation de lœuvre de la Tradition.

Quand Mgr Fellay exposa dans le Cor Unum du printemps dernier ses principes directeurs pour lexercice de cette prudence, il écrivit : « Notre position de principe : la foi dabord et avant tout. Nous voulons rester catholiques et pour cela avant tout conserver la foi catholique. » Ensuite il explique que « deux points [sont] absolument nécessaires pour assurer notre survie. Le premier est quil ne soit pas demandé à la Fraternité des concessions qui touchent la foi et ce qui en découle (liturgie, sacrements, morale, discipline). Le deuxième, quune réelle liberté et autonomie daction soit concédée à la Fraternité, et quelle lui permette de vivre et de se développer concrètement. » Comment après cela pouvez-vous honnêtement écrire quil nous mène« loin de lorientation définie pour elle par Mgr Lefebvre, et vers les idées et les idéaux du Concile Vatican II… vers et même au cœur de lapostasie des temps modernes » et quil a « perdu [son] attachement à la primauté de la vérité, particulièrement la vérité catholique » ? Vous pouvez dire quil a eu quelque imprudence et faiblesse, mais vous ne pouvez pas tirer de telles conclusions si excessives ! Elles sont si loin de la réalité entière, cest-à-dire de tout ce que Mgr Fellay a dit, et non pas seulement quelques mots pris hors contexte, quon ne peut que se demander si ce nest plutôt vous qui a « perdu [son] attachement à la primauté de la vérité, particulièrement la vérité catholique. »

Vous nous mettez en garde contre « le danger dans lequel [n]os supérieurs mettent leur foi et par là leur salut éternel. » Cher Monseigneur, il y a des prêtres qui vous suivent et qui sont tombés dans des déclarations scandaleusement schismatiques. M. labbé Chazal a répondu par un « Non ! » scandaleusement schismatique à la question : « Dans un tel mélange où on distingue mal le blé de livraie que faisons-nous ? Allons-nous au champ ? Non ! » Sil nest pas dans le champ du Seigneur, il ne sera pas engrangé avec les élus du Seigneur : il ne peut pas être moissonné avec le bon grain sil nest pas dans le champ du Seigneur. Un tel « non ! » est le refus de lEglise telle quelle est concrètement ; cest vraiment un « non ! » schismatique. Bien quil ny ait pas de vraie autorité dans votre association libre une association vraiment libérale cependant vous avez une certaine autorité morale sur ces associés, et donc un devoir de le corriger, pour son propre salut. Sil ne revient dans le champ du Seigneur, il ne peut être sauvé.

Les protestants ont rejeté lEglise à cause des scandales des papes et des évêques de la Renaissance. Nous ne devons pas suivre leurs exemples !

Mgr Lefebvre fut un vrai homme dEglise, un homme dont la vie a été entièrement au service de lEglise, un homme fidèle à lEglise. Il me semble que ce mot, fidélité, peut résumer toute la vie et tout le combat de Mgr Lefebvre : il a été fidèle à la foi, fidèle à la liturgie, fidèle à la morale, fidèle à lEglise ! Cette fidélité est exprimée très simplement par ces mots quil a demandé quon inscrive sur sa tombe : « Je vous ai transmis ce que jai reçu. » Cette fidélité est elle-même votre devise épiscopale !

Les supérieurs de la Fraternité sont indubitablement engagés à poursuivre cette fidélité de Mgr Lefebvre, fidélité sans compromis, à la foi, à la liturgie, à la morale et à lEglise, comme la dernière lettre de Mgr Fellay aux amis et bienfaiteurs le manifeste. Nous, prêtres de la Fraternité Saint Pie X, ne voulons donc pas la quitter !

La première fois que jai rencontré Mgr Lefebvre, en février 1976, à lépoque où les média parlaient de lui comme de lévêque de fer, la qualité qui me frappa le plus en lui fut sonhumilité et sa douceur. Il pouvait vraiment dire avec St Paul : « soyez mes imitateurs, comme je le suis du Christ » (1 Cor. 11:1), « je vis, non pas moi, le Christ vit en moi » (Gal. 2:20). Mgr Lefebvre était un homme de foi, un homme qui vivait de la foi ; il manifestait par ses vertus la foi qui lhabitait. Etre fidèle à lexemple de sa sainteté sacerdotale est aussi un élément essentiel de la fidélité que chaque membre de la Fraternité Saint Pie X doit pratiquer.

Je suis sûr que tous les membres de la Fraternité Saint Pie X se réjouiraient grandement si vous reveniez là doù vous nauriez jamais dû vous éloigner, à lintérieur de la Fraternité Saint Pie X, continuant cette même fidélité sans introduire des idées nouvelles sur lEglise Catholique réduite à une partie de lEglise visible. Et si certains ordres semblent difficiles, puisquils ne sont pas contre Dieu, il est bien plus profitable pour votre âme et ce serait un bien meilleur exemple donné aux autres, dobéir avec humilité plutôt que de résister : « celui qui résiste à lautorité se rebelle contre lordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner » (Rom. 13:2), parce que « Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne sa grâce aux humbles » (Jac. 4:6).

Nous prions tous pour vous, pour que vous reveniez avec la douceur et lhumilité de Mgr Lefebvre.

Sincèrement vôtre en Jésus et Marie,

Abbé François Laisney
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P.S. Ce dernier souhait était celui-là même de Mgr Lefebvre, dans la conférence citée plus haut :

P.S. Voici le passage précédant juste la longe citation de Mgr Lefebvre Homec 20A1:

« Alors nous devons avoir conscience de cette unité. Et cest pourquoi, nous déplorons dautant plus le départ de certains de nos membres. Sans doute cela est dû aux circonstances dans lesquelles nous vivons. Circonstances où le doute sinstalle partout; où les esprits sont troublés. Circonstances qui veulent que, étant, dune certaine manière, un corps de combat de première ligne, facilement, ceux qui sont en première ligne, deviendront des francs-tireurs. Ils se croiront avoir une mission particulière. Mais il est dangereux de se constituer en francs-tireurs. On peut, non seulement ne pas accomplir la volonté de Dieu, ne pas accomplir la volonté des supérieurs, mais on peut aussi détruire, involontairement sans doute, lœuvre que le Bon Dieu nous demande daccomplir. Et sils peuvent être excusés dune certaine manière, par le fait que nous sommes très dispersés, que physiquement nous sommes très éloignés les uns des autres, dans ce ministère qui absorbe nos activités, cependant étant données les années quils ont passées dans cette maison, étant donnés les liens qui les unissaient à la Fraternité, il est douloureux, il est triste de penser quils ont cru devoir nous quitter. Et nous prions Dieu, afin quils comprennent que leur place est dans la Fraternité et que leur activité sacerdotale doit sexercer dans lintérieur de la Fraternité, dans lintérieur dune famille sacerdotale. Sinon, elle risque dêtre fort stérile et de ne pas être bénie par Dieu. »

Vous me direz: nous navons pas quitté la FSSPX, nous en avons été chassés. Je répondrais: vous vous êtes constitué non seulement en franc-tireur, mais pire tirant sur le Supérieur général (!) et de facto vous aviez rompu les liens dobéissance dans la Fraternité. La déclaration dexclusion na fait que clarifier la réalité déjà existante de votre départ. Mais voyez comment Mgr Lefebvre déplorait une telle attitude, annonçait les destructions quelle causerait, et priait Dieu "afin quils comprennent que leur place est dans la Fraternité et que leur activité sacerdotale doit sexercer dans lintérieur de la Fraternité!"

[“Sì sì no no”] Les textes du Concile Vatican II sont-ils acceptables dans leur quasi-totalité?

SOURCE - "Si si no no" - via le Bulletin des Amis de saint Francois de Sales - 31 janvier 2013

«En bien des points les hérétiques sont  avec l’Eglise, en quelques-uns non; mais, à  cause de ces quelques points qui les séparent de l’Eglise, il ne leur sert de rien d’être  avec Elle en tout le reste» (St Augustin, In  Psal. 54, no 19; PL 36, 641)
L’intégrité de la Foi
Durant et depuis la tempête du concile Vatican  II, les écrits sur l’opposition de ce dernier à la  Tradition de l’Eglise furent nombreux (les cardinaux Alfredo Ottaviani, Antonio Bacci, Arcadio  Larraona, Giuseppe Siri, Ernesto Ruffini, leurs  excellences Mssgr. Dino Staffa, Antonio de Castro  Mayer, Marcel Lefebvre, Luigi Carli, Mgr Klaus  Gamber, le Dr Arnaldo Xavier Vidigal Da Silveira,  le Dr Romano Amerio, le Dr Michel Davies, Mons.  Francesco Spadafora, le P. Cornelio Fabro, le P.  Michel Guérard des Lauriers, jusqu’aux récentes  études de Mgr Brunero Gherardini).

Ces éminents théologiens demandaient de corriger ou carrément d’abroger les erreurs et les ambiguïtés qu’ils avaient relevées dans les textes du  Concile et dans la «messe du Concile» promulguée  par Paul VI en 1969. Mais on n’a jamais répondu,  de Paul VI à Benoît XVI qui a fait de l’herméneutique de la continuité son cheval de bataille. La  continuité entre Vatican II et la tradition apostolique est ainsi simplement affirmée sans preuves.

Le dernier grand théologien (Brunero  Gherardini) à avoir reposé cette question sur le  Concile au pape Benoît XVI, de 2009 à 2012, n’a  pas non plus obtenu de réponse et a continué à  refuser son assentiment à l’enseignement «pastoral» douteux de Vatican II.

Mais, justement dans les milieux traditionalistes qui ont combattu ouvertement et systématiquement  les déviations modernistes des textes conciliaires,  la résistance s’est diluée durant ces dernières  années (2009), sous l’affirmation que la plus grande partie du Concile est acceptable.

Or le dernier concile présente, comme nous le  verrons, des points très controversés qui tombent  sous le coup de diverses censures théologiques et,  partant, l’affirmation exprimée ci-dessus n’a pas de  sens, car l’intégrité de la Foi exige qu’elle soit  enseignée et acceptée sans escompte ni rabais  même minime. «Les Ariens, les Montanistes, les  Novatiens, les Quartodecimans, les Eutychiens  n’avaient assurément pas abandonné la doctrine  catholique tout entière, mais seulement telle ou  telle partie : et pourtant qui ne sait qu’ils ont été  déclarés hérétiques et rejetés du sein de l’Eglise?  Et un jugement semblable a condamné tous les fauteurs de doctrines erronées qui ont apparu dans la  suite aux différentes époques de l’histoire» écrivait Léon XIII (Satis Cognitum) (1).

En outre les moralistes (St Alphonse de Liguori,  Prümmer, Merkelbach, Noldin, Ramirez, Roberti-Palazzini…) enseignent qu’il est obligatoire, par  commandement divin, de professer publiquement  la Foi, quand se taire ou tergiverser implique une  négation directe ou indirecte de la Foi. C’est pourquoi face aux ambiguïtés et aux erreurs du Concile  Vatican II on ne peut se taire, mais il faut faire  remarquer à qui de droit la contradiction avec la  Tradition apostolique.
Négation d’une doctrine commune et  définie
La constitution dogmatique sur la Révélation  divine Dei Verbum de Vatican II laisse de côté la  doctrine définie par les Conciles de Trente et de  Vatican I sur les «deux sources» de la Révélation  (Tradition et Ecriture sainte), pour faire converger  la Tradition et le Magistère dans la seule Ecriture.  Surtout dans le paragraphe 10 de Dei Verbum, le  Magistère précédent, dogmatique et infaillible, est  balayé par l’enseignement d’une unification radicale et intenable de l’Ecriture, de la Tradition et du  Magistère. Dei Verbum altère donc une vérité de foi  définie par le Concile de Trente et Vatican I.

 En ce qui concerne la Tradition, Dei Verbum  rejette le schéma de la Commission préparatoire  ‘‘De fontibus Revelationis’’, élaboré sous la direction du Card. Ottaviani et qui reprend la définition  dogmatique, infaillible et irréformable du Concile  de Trente et de Vatican I, et cela pour atténuer le  poids de la Tradition à l’avantage de l’Ecriture  seule, en vue du dialogue œcuménique avec le protestantisme qui abhorre la Tradition. Avec Vatican  II, en fait, on ne parle plus des deux sources de la  Révélation (Sainte Ecriture et Tradition) et on insiste sur l’adjectif ‘‘vivant’’ quand on cite la  Tradition, pour faire dire à l’Ecriture tout et le  contraire de tout, dans l’optique du libre examen  luthérien subjectiviste; cet adjectif permet d’écarter  l’interprétation authentique du Livre sacré, donnée  par les Pères et le Magistère et à laquelle doit se  conformer l’exégèse catholique. Cela règle la  Tradition sur la base de l’Ecriture : tout ce qui  n’est pas écrit ne peut être retenu comme vrai.

 En bref, la doctrine commune et définie de  l’insuffisance de la seule Ecriture par rapport à la  Tradition a été renversée. A la suite du concile de  Trente et de Vatican I la Tradition était considérée  comme provenant de Jésus et des Apôtres, avec  Vatican II (DV) il a été admis que les théologiens  devaient reconnaître cette origine en se basant sur  l’Ecriture, assimilée à la Tradition. La distinction  entre les deux sources, au contraire, a été réaffirmée depuis le 1erconcile du Vatican par saint Pie  X dans le décret Lamentabili (1907) et Pie XI dans  l’encyclique Mortalium animos (1928).

En ce qui concerne les rapports entre Tradition  et Ecriture Sainte la doctrine commune dit que la  Tradition surpasse l’Ecriture seule : en ancienneté  (même l’Ecriture, avant d’être écrite, a été  Tradition) puisqu’elle transmettait oralement la prédication du Christ et des Apôtres; en plénitude  (parce qu’elle contient toutes les vérités formellement (per se) révélées, ce qui n’est pas le cas de  l’Ecriture); en suffisance - car l’Ecriture a besoin  de la Tradition pour établir son autorité (cf. M.  Cano, De locis theologicis lib XII, Venise, 1799, p.  4). Pour le protestantisme par contre, l’unique source de la Révélation est la Sainte Ecriture, et donc la  seule notion de Tradition orale et de magistère qui  en est le canal transmetteur est inconcevable.

Contre les protestants l’Eglise a défini infailliblement au concile de Trente (session IV du 6 avril  1546; DB, 783) et au premier concile du Vatican  (DB, 1787) 1) qu’il existe des enseignements ou  des traditions divino-apostoliques concernant la foi  et les mœurs, 2) transmis de façon ininterrompue  par le magistère de l’Eglise 3) assistée par Dieu.  S’il manque une seule de ces trois conditions, la  tradition est seulement humaine et donc faillible.

De plus le concile de Trente a toujours défini  contre le protestantisme (session IV; DB 783) que  la foi et les mœurs «sont contenues tant dans le  Livre sacré écrit [sous l’inspiration divine], que  dans la Tradition non écrite» et qu’il faut «recevoir  avec un même amour de piété et de respect» l’une  et l’autre source de la Révélation (DB 783; repris  par Vatican I, DB 1787).

Donc, soutenir que le texte de Dei Verbum –  comme l’ensemble du concile Vatican II – est, bien qu’approximativement, acceptable, c’est déjà au  moins une erreur théologique objective.
Une doctrine étrangère à la Tradition  et déjà condamnée par l’Eglise
En ce qui concerne la Constitution dogmatique  sur l’Eglise Lumen Gentium, il faut savoir que la  doctrine de l’Eglise est celle que sa Tradition, des  Apôtres jusqu’à nos jours, présente et propose  comme telle : la collégialité n’en fait pas partie.  Ainsi la collégialité épiscopale (2) a toujours été  condamnée par le Magistère ecclésiastique jusqu’à  Pie XII qui, trois mois encore avant de mourir, dans  l’encyclique Ad Apostolorum principis (29 juin  1958) confirme, pour la troisième fois de Mystici  Corporis en 1943 à Ad Sinarum Gentem en 1954,  que la juridiction est donnée aux évêques par le  Pape. Par contre le gallicanisme ou conciliarisme  tend à assigner au Concile œcuménique et par suite  à l’ensemble des évêques une fonction suprême  égale, sinon supérieure, à celle du Pape.

L’affrontement du 8 novembre 1963 entre  Frings et Ottaviani sur la collégialité est historique.  Ottaviani répond à Frings que «qui veut être une  brebis du Christ doit être conduit au pâturage par  Pierre qui est le Pasteur, et ce ne sont pas les brebis  [les évêques] qui doivent diriger Pierre, mais Pierre  qui doit guider les brebis [les évêques] et les  agneaux [les fidèles].»

La doctrine sur la ‘‘collégialité’’ fut aussi attaquée par deux articles du n°1 de 1964 de la revue  Divinitas, dirigée par Mgr Antonio Piolanti : l’un  de Mgr Dino Staffa et l’autre de Mgr Ugo Emilio  Lattanzi (qui citait, pour le confondre, J. Ratzinger,  à cette époque encore théologien); des extraits de  ces articles furent distribués au Concile par le Card.  Ottaviani.

La Nota explicativa praevia (mise pourtant en  queue de la Constitution) est due, selon Alberigo  (qui cite comme source Mgr Prignon, Suenens,  Mgr Charue, Mgr Gerard Philips et Mgr Carlo  Colombo) au fait que, comme il l’écrit, «depuis  deux mois Paul VI subissait une intense pression  de la part de l’extrême-droite. Il semblait que l’on  était arrivé au point de menacer de faire sauter le  concile au cas où le texte voté sur la collégialité  aurait passé. Il était accusé comme docteur privé de  pencher vers l’hérésie» [Bande enregistrée envoyée  par Mgr Albert Prignon au Card. Suenens, fin juin  1964, F. Prignon, 828, cit. in : G. Alberigo (sous la  direction de), Storia del Concilio Vaticano II. La  Chiesa come comunione, settembre 1964-settembre  1965, Bologne, Il Mulino, 1999, vol IV, p. 86, note  216]. En réalité, une note personnellement réservée  à Paul VI, préparée par le cardinal Larraona et  signée par plusieurs cardinaux et supérieurs généraux, lui fut envoyée le 18 octobre 1964.

Cette note disait, entre autres : «ce serait nouveau, inouï et bien étrange qu’une doctrine [la collégialité épiscopale] qui, avant le Concile, était  considérée moins commune, moins probable,  moins sérieuse et moins fondée, devienne tout à  coup […] plus probable, même certaine ou franchement mûre au point d’être insérée dans une  Constitution dogmatique. Ce serait contraire à toute  norme ecclésiastique, aussi bien dans le domaine  des définitions pontificales infaillibles que dans  celui des définitions conciliaires non infaillibles.  […] le schéma [sur la collégialité] change la face  de l’Eglise; en effet a) l’Eglise de monarchique,  devient épiscopalienne et collégiale, et ceci de droit  divin et en vertu de la consécration épiscopale; b)  Le Primat [pontifical] est entamé et vidé de son  contenu. […] le Pontife n’est pas présenté comme  la pierre sur laquelle repose toute l’Eglise du Christ  (hiérarchie et peuple); il n’est pas décrit comme le  vicaire du Christ qui doit confirmer et paître ses  frères; il n’est pas présenté comme celui qui seul a  le pouvoir des clés. […] La Hiérarchie de juridiction, en tant que distincte de la Hiérarchie d’ordre  […] est détruite. En effet, si l’on admet que la  consécration épiscopale apporte avec elle non seulement les Pouvoirs d’ordre […] mais également de  droit divin et formellement, tous les Pouvoirs de  juridiction, de Magistère et de Gouvernement, non  seulement dans l’Eglise propre, mais aussi dans  l’Eglise universelle, il est évident que la distinction  objective entre Pouvoir d’ordre et de juridiction,  entre Hiérarchie d’ordre et de juridiction, devient  artificielle, à la merci d’un caprice et terriblement  chancelante. Et tout cela – qu’on le remarque –  pendant que toutes les sources, les déclarations  doctrinales solennelles du Concile de Trente ou  postérieures, la discipline fondamentale, proclament que ces distinctions sont de droit divin. […]  Si la doctrine [de la collégialité] proposée dans le  schéma était vraie, l’Eglise aurait vécu pendant des  siècles en opposition directe avec le droit divin  […]. Les orthodoxes et, en partie, les protestants  auraient donc eu raison dans leurs attaques contre  le Primat» (Cité in : Mgr Lefebvre, J’accuse le  Concile, Martigny, Ed. Saint Gabriel 2ème édition, 1976, pp. 59-63).
 
Comme on peut le voir, la collégialité épiscopale fut accusée, déjà pendant le concile Vatican II,  par un grand nombre de cardinaux et de théologiens, de contredire la doctrine constante et définie  de l’Eglise et de favoriser l’hérésie. D’où l’on ne  peut déduire qu’une partie, même infime, de cette  doctrine soit acceptable.
Du culte de Dieu au ‘‘culte de  l’homme’’
Un autre point de rupture avec la doctrine traditionnelle se trouve dans l’anthropocentrisme de la Constitution pastorale Gaudium et spes sur  ‘‘l’Eglise dans le monde de ce temps’’ (n° 24, §4) :  «l’homme seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même (propter seipsam)». Alors que  saint Pie X voulait ‘‘instaurare omnia in Christo’’,  tout restaurer dans le Christ, Gaudium et spes veut  ‘‘instaurare omnia in homine’’, tout restaurer dans  l’homme. Elle est tout entière tournée en direction  de l’homme et va jusqu’à abaisser le Christ au  niveau purement naturel, le renversant du trône de  sa divinité. Quelle rupture plus radicale que celle-là ?

La doctrine traditionnelle catholique réaffirmée  dans le ‘‘Catéchisme de Saint Pie X’’ enseigne que  «Dieu nous a créés pour le connaître, l’aimer et le  servir dans cette vie, et jouir de lui dans l’autre au  Paradis». La doctrine du Concile Vatican II, au  contraire, substitue l’adoration de la créature à celle  du Créateur et est tournée vers l’exaltation de la  dignité presque infinie de la personne humaine,  démentant, comme l’observe R. Amerio, «le passage solennel des Proverbes 16, 4 : ‘‘Universa propter semetipsum operatus est Dominus’’, le Seigneur  a fait toute chose pour Lui-même» (Iota Unum,  chap. XXX). 

On se demande à juste titre comment on peut  soutenir, sans rupture avec l’Ecriture sainte, avec la  Tradition apostolique et avec la droite raison,  l’affirmation que l’homme ‘‘est sur terre la seule  créature que Dieu a créée pour elle-même’’.

Mgr Brunero Gherardini (Concilio Vaticano II.  Il discorso mancato, Turin, Lindau, 2011, p. 36,  note 3) commente : «C’est un texte absurde et un  blasphème. [...] Le ‘‘pour elle-même’’ renverse les  valeurs, plaçant le Créateur sous la créature.» Et  Romano Amerio : «L’idée de l’homme centre et  fin est donc conforme à l’esprit de l’homme  contemporain, mais n’a aucun fondement dans la  religion, qui ordonne tout à Dieu et non à  l’homme» (ibid.). En somme Dieu devient tributaire de l’homme, son subordonné, et l’homme la  valeur principale (3). Comme on le voit, l’anthropocentrisme rend le Concile et Gaudium et spes  totalement inacceptables.
 Une déclaration en contradiction avec  la Sainte Ecriture, les Pères et le  Magistère 
 La déclaration sur la ‘‘Liberté religieuse’’  (Dignitatis humanae, 7 décembre 1965) est en  contradiction avec la Tradition apostolique et le  Magistère constant de l’Eglise résumé dans le Droit  public ecclésiastique (4). 

La doctrine catholique a toujours enseigné que  l’Etat est subordonné à l’Eglise, comme le corps à  l’âme. Il y eut bien sûr des nuances accidentelles :  pouvoir direct in spiritualibus (pour les choses spirituelles) et indirect in temporalibus ratione peccati  (dans les choses temporelles au motif du péché,  c’est-à-dire sous l’angle moral) ou pouvoir direct  aussi in temporalibus, mais pas exercé et donné au  prince temporel par le Pontife romain (plenitudo  potestatis). Jamais cependant, depuis la naissance  de l’Etat chrétien, aucun pape, père ou docteur de  l’Eglise, théologien ou canoniste approuvé par  l’Eglise n’a enseigné la séparation de l’Etat et de  l’Eglise qui, au contraire, a toujours été condamnée.

Et pourtant Dignitatis Humanae (abrégée ci-dessous en DH) enseigne que l’homme a «droit à la  liberté religieuse […] en privé [et jusqu’ici rien à  objecter : il s’agit du ‘for interne’ qui ne regarde  que l’homme et Dieu et non l’Etat] et en public,  seul ou associé à d’autres [c’est là que le bât blesse,  car le ‘for externe’ ne donne pas le ‘‘droit’’ de professer l’erreur en public, on peut parler le cas  échéant de tolérance, jamais de droit]. […] Il faut  qu’à tous les citoyens et à toutes les communautés  religieuses soit reconnu le droit à la liberté en  matière religieuse. […] Liberté religieuse qui doit  être reconnue comme un droit pour tous les hommes et toutes les communautés et sanctionnée  dans les ordonnances juridiques [et voilà la rupture  totale avec le ‘Droit public ecclésiastique’ du pape  Gélase jusqu’à Pie XII]» (DH, n°2, 3, 6, 13).

Pie IX dans Quanta cura (8 décembre 1864) a  défini explicitement que la liberté religieuse au for  externe pour les fausses religions «est contraire à la  doctrine de l’Ecriture sainte, de l’Eglise et des  saints Pères de l’Eglise» et que «l’Etat a le devoir  de punir les profanateurs de la religion catholique  par des peines spécifiques». Il n’est donc pas permis d’affirmer que la liberté religieuse de DH est  acceptable dans sa quasi-totalité.
Autre rupture évidente avec la doctrine traditionnelle
La déclaration sur ‘‘Les relations de l’Eglise  avec les religions non chrétiennes’’ Nostra aetate  (7 décembre 1965) est en rupture manifeste avec la  tradition catholique (Pères de l’Eglise et Magistère  jusqu’à Pie XII (5). 

La Tradition catholique est une des deux sources  de la Révélation, c’est la parole de Dieu transmise  de vive voix et qui nous est parvenue par l’enseignement moral unanime des Pères. La Tradition est  infaillible – quand elle parle de la Foi et des  mœurs, de la vie spirituelle et du salut éternel (cf.  G. Casali, Somme de théologie dogmatique,  Lucques, Editions Regnum Christi, 1955, p. 57) –  tout comme le Magistère ordinaire constamment  répété semper idem. Au contraire Nostra aetate a  uniquement une valeur prudentielle ou ‘‘pastorale’’  d’application d’une doctrine au cas pratique et elle  n’est donc pas infaillible ni irréformable; et dans le  cas de rupture évidente ou de désaccord avec la  Tradition, elle doit être corrigée et réformée. Pour commencer, le Dieu des juifs n’est pas celui des  chrétiens, qui est la Très Sainte Trinité dont Jésus-Christ est la deuxième personne incarnée dans le  sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint-  Esprit. Ces deux dogmes principaux du christianisme, pour le judaïsme actuel ou post biblique (qui  n’est pas l’Ancien Testament, mais le talmudisme  rabbinique), sont le blasphème pour lequel le  Christ a été crucifié «vous n’êtes qu’un homme et  vous vous faites Dieu» (Jn 10, 33) et saint Etienne  lapidé. Nostra aetate par contre fait passer tous  ceux qui descendent charnellement d’Abraham  (sauf les Arabes) comme ayant un lien spirituel ou  de foi avec l’Eglise chrétienne. Mais ce n’est pas  ainsi : la plus grande partie des fils d’Abraham  selon la chair ne croient pas encore à la divinité du  Christ; seul «le petit reste» (Rom., IX, 27; XI, 15)  l’a accepté comme Dieu et Messie.

Au n° 4, Nostra aetate enseigne : «Selon saint  Paul les juifs, grâce à leurs pères, sont encore très  chers à Dieu dont les dons et la vocation sont sans  repentance». Nous avons déjà réfuté ce sophisme :  saint Paul dit seulement que la vocation de la part  de Dieu ne change pas (‘‘Je suis le Seigneur et je  ne change pas’’), mais la réponse humaine à  l’appel de Dieu peut changer ou disparaître, comme  cela fut le cas pour la plus grande partie du peuple  d’Israël; il a mal correspondu à la vocation et aux  dons de Dieu, tuant les prophètes et le Christ lui-même. C’est pourquoi sont ‘chers à Dieu’, ou plutôt sont dans la grâce de Dieu, ceux seuls qui ont  accepté le Christ qui est venu (NT) comme leurs  pères de l’Ancien Testament en avaient accepté  l’avènement futur. 

Au n° 4 de la Déclaration conciliaire on peut lire  : «La mort du Christ est due aux péchés de tous les  hommes. Et, si les autorités juives avec leurs partisans ont mis en œuvre la mort du Christ, cependant  ce qui a été commis durant la passion ne peut être  imputé indistinctement à tous les juifs vivant alors,  ni aux juifs de notre temps». Il faut faire quelques  distinctions omises par le texte conciliaire : 

Le Christ est mort (cause finale) pour racheter  les péchés de tous les hommes, néanmoins la cause  historique, efficiente et responsable de la mort du  Christ ne fut pas les péchés des hommes mais le  judaïsme pharisaïque ou rabbinique qui, niant la  divinité du Christ, le condamna à mort et fit exécuter la sentence par les Romains.

Dans la mort du Christ, c’est la communauté  religieuse de l’Israël post biblique qui est impliquée  et non toute la lignée israëlite car un «petit reste»  fut fidèle au Christ (les Apôtres et les Disciples),  même si la plus grande partie du peuple prit une  part active à la condamnation de Jésus.

Le consensus unanime des Pères est règle de foi  parce qu’ils sont l’organe de transmission de la tradition divino-apostolique, celle qui a été révélée  par Dieu et remise aux Apôtres, celle que les Pères  de l’Eglise enseignent avec l’assentiment moral  unanime en matière de foi et de mœurs (l’approbation absolue ou mathématique n’est pas nécessaire).  Dans notre cas les Pères (de saint Ignace  d’Antioche + 107 à saint Augustin + 430, en passant par saint Justin + 163, saint Irénée + 200,  Tertullien + 240, saint Hyppolite de Rome + 237,  saint Cyprien + 258, Lactance + 300, saint  Athanase + 373, saint Hilaire de Poitiers + 387,  saint Grégoire de Naziance + 389, saint Ambroise  de Milan + 397, saint Cyrille d’Alexandrie + 444)  sont non seulement moralement mais aussi mathématiquement d’accord pour enseigner que la partie  infidèle au Christ du peuple juif, celle du judaïsme  pharisaïque, fut responsable, comme cause historique efficiente, de la mort du Christ; elle a donné  lieu à une religion schismatique et hérétique, le talmudisme, qui s’est éloigné de la religion mosaïque  et qui refuse encore aujourd’hui la divinité du  Christ et le condamne parce que d’homme il a prétendu se faire Dieu.

Il faut ensuite distinguer le degré de responsabilité. Les chefs savaient clairement, comme  l’enseigne saint Thomas d’Aquin (S. Th., III, q.47,  a.5, 6; S. Th., II-II, q. 2, a.7, 8), que Jésus était le  Messie et voulaient ignorer et ne pas admettre qu’il  était Dieu : ignorance affectée qui aggrave la culpabilité.  Le peuple, dont la plus grande partie a suivi les  chefs bien qu’elle ait vu les miracles du Christ,  avait une ignorance qu’il était possible de vaincre,  mais aussi la circonstance atténuante d’avoir suivi  l’autorité du grand prêtre, du sanhédrin, des chefs;  son péché toutefois est grave en soi mais en partie  diminué, non totalement effacé , par une ignorance  non affectée (S. Th., ut supra) et par la confiance en  l’autorité religieuse du temps.  Enfin, le judaïsme actuel, quoiqu’il n’ait pas  participé directement à la condamnation historique  de Jésus, parce qu’il s’obstine à ne pas le reconnaître comme Messie et Fils de Dieu, est moralement solidaire du judaïsme rabbinique qui a jugé  qu’un tel imposteur sacrilège méritait la mort.
 
Nostra aetate n° 4 h écrit : «les juifs ne doivent  pas être présentés comme rejetés par Dieu, ni  comme maudits, comme si cela découlait de  l’Ecriture Sainte».  Avant tout, Nostra aetate est équivoque quand  elle emploie le simple mot ‘‘juifs’’ pour parler de la  lignée d’Abraham qui a un «si grand patrimoine  spirituel commun» avec l’Eglise du Christ.
 
Il faut en fait distinguer le judaïsme de l’Ancien  Testament du judaïsme rabbinique post chrétien. Le  premier (AT) est une préparation du christianisme;  le second par contre a nié la messianité et la divinité de Jésus et continue de la refuser, et là on ne voit  aucun ‘‘patrimoine commun’’ mais une opposition  de contradiction entre christianisme et judaïsme  actuel.

L’Ancienne Alliance en outre n’était pas sans  conditions (Dt., XI, 1-28), mais liée à l’obéissance  du peuple d’Israël et Moïse a reçu de Dieu les  conditions du pacte : «Je vous offre bénédictions et malédictions. Bénédictions si vous obéissez aux  commandements divins… malédictions si vous désobéissez» (ibid.). Donc l’alliance dépendait  aussi du comportement d’Israël et Dieu menace plusieurs fois de la rompre à cause de l’infidélité du  peuple juif qu’Il voudra finalement détruire (Dt.,  XXVIII; Lév., XXVI, 14 ss.; Jér., XXVI, 4-6; Os.,  VII. 8 et IX, 6). Avec la mort du Christ, l’infidélité  de la majorité du peuple juif envers le Rédempteur  et l’AT qui l’annonçait atteint le sommet et le pardon de Dieu se limite à ‘‘un petit reste’’ fidèle. De la  part de Dieu, il n’y a pas rupture de son plan mais  développement et perfectionnement de l’Alliance  primitive ou ancienne dans l’Alliance nouvelle et  définitive qui donnera aux juifs fidèle un ‘‘cœur  nouveau’’ et s’ouvrira à l’humanité entière…
 
Il faut noter que la Déclaration Nostra aetate ne  s’appuie sur aucune citation d’un Père de l’Eglise,  d’un Pape ou d’un jugement du Magistère et à raison, parce qu’il n’y en a pas. Comment dire alors  qu’elle est acceptable dans sa quasi-totalité?

Il semble que les juifs actuels se rendent mieux  compte du caractère révolutionnaire du Concile et  notamment de Nostra aetate. Il suffit de penser à la  sommation adressée au Vatican par le grand rabbin  de Rome : si la réconciliation avec les catholiques  fidèles à la Tradition «signifie la renonciation aux  ouvertures du Concile, l’Eglise devra choisir : ou  eux ou nous !» (20 janvier 2010). Le 10 novembre  2011 le rabbin responsable du dialogue interreligieux pour l’American Jewish Committee a précisé  que l’acceptation, au moins pratique, de Nostra  aetate «est requise pour toute réconciliation» et,  après l’audience accordée par le Pape au Conseil  des chefs religieux d’Israël, il a affirmé avoir reçu  du cardinal Knox [note de TN - il s'agit en fait du Cardinal Koch] une assurance en ce sens.  Que Dieu sauve Son Eglise des hommes  d’Eglise et les catholiques encore fidèles de toutes  les illusions coupables ou innocentes!
sì sì no no 

1) Notes et censures théologiques : les notes indiquent la qualité et le degré de certitude des propositions  théologiques; les censures sont le pendant négatif des  notes, de telle sorte que si quelqu’un nie telle note, il  encourt telle censure. Les vérités formellement révélées  sont attestées directement par Dieu en matière de foi et  de mœurs (per se) et c’est l’objet premier, immédiat et  direct de l’infaillibilité. Les vérités virtuellement révélées sont déduites de la Révélation (ou plutôt du formellement révélé) par l’intermédiaire d’un raisonnement ou  sont un présupposé de cette dernière. Elles sont aussi  appelées conclusions théologiques et sont l’objet secondaire de l’infaillibilité (en fait elles sont raccordées  indirectement à l’acte infaillible par l’objet premier ou  révélé formel). Bien qu’en soi non révélées, elles ont  toutefois une connexion nécessaire avec la Révélation.  A partir d’une prémisse formellement révélée, par une  vérité de nature certaine, on arrive à des conclusions  légitimes, nécessairement et théologiquement certaines.  Si on les niait, ce serait la négation indirecte de la  Révélation. En effet, la vérité obtenue au moyen de la  ‘conclusion’ du syllogisme (d’une ‘prémisse majeure’  de foi et d’une ‘prémisse mineure’ de raison), même si  elle n’est pas exprimée per se dans la Révélation, y est  contenue virtuellement comme l’effet est contenu dans  la cause.  Les vérités formellement révélées sont à croire de foi  divine c’est-à-dire par l’autorité de Dieu révélant; leur  négation est (au moins matériellement) hérésie, avec  pour conséquence le péché mortel (au moins matériel)  directement contre la foi. Les vérités de foi divine définie sont non seulement formellement révélées, mais  aussi proposées à la foi par le magistère de l’Eglise.  Leur négation est hérésie manifeste avec pour conséquence un péché mortel directement contre la foi et de  plus avec une peine canonique (anathema sit). Tous les  théologiens enseignent que les vérités formellement  révélées doivent être crues de foi divine même sans  déclaration ultérieure ou définition infaillible de  l’Eglise (qui les rend vérité de foi divine et définie); la  déclaration de l’Eglise peut être faite mais elle n’est pas  nécessaire. Le Concile Vatican II, comme nous le verrons, nie, au moins matériellement, des vérités que Dieu  a révélées directement ainsi que des vérités contenues  virtuellement dans le Depositum fidei et des vérités qui  sont doctrine commune de l’Eglise (sentences  certaines) dont la négation est téméraire et a pour  conséquence un péché mortel de désobéissance à  l’enseignement du magistère ordinaire (cf. Sisto  Cartechini, De valore notarum theologicarum, Roma,  1951).
 
2) Durant le concile Vatican II «la doctrine qui attribua au Collège des évêques (où l’individu entre par la  consécration épiscopale) uni à son chef, le Pape, pouvoir et responsabilité sur l’Eglise entière» fut considérée par Siri, Staffa, Carli, Parente et beaucoup d’autres  comme «portant préjudice au pouvoir primatial du  Pape et ils contestèrent le fait qu’elle ait une base solide  dans l’Ecriture Sainte» (H. Jedin, Breve storia dei  concili, Brescia-Roma, Morcelliana-Herder, 1978, p.  240). De plus ils pensaient que «l’évêque consacré  devient par là-même membre du Collège épiscopal, qui  avec le Pape mais jamais sans lui, possède le pouvoir  suprême sur toute l’Eglise» (ibid., p. 243). La Nota  explicativa praevia «n’enlève rien à la doctrine de l’origine divine immédiate [et non par l’intermédiaire du  Pape] de l’office et du mandat épiscopal, ni à la responsabilité du collège épiscopal pour l’Eglise universelle  [et non sur le seul diocèse de chaque évêque]» (ibidem,  p. 265). Au contraire la doctrine traditionnelle, répétée  encore en 1958 par Pie XII, enseigne que la juridiction  sur son propre diocèse vient à l’évêque de Dieu par  l’intermédiaire du Pape, lequel après la consécration lui  donne le pouvoir de juridiction qui est donc réellement  distinct du pouvoir d’ordre. De plus le Pape, s’il le veut,  peut faire participer le corps des évêques (non pas le  Collège qui n’existe que pour les Apôtres) au pouvoir  suprême du magistère et du gouvernement de l’Eglise  universelle, en les réunissant en Concile œcuménique,  et cela pour la durée du Concile uniquement. Le corps  des évêques n’est donc pas un groupe stable et permanent qui avec Pierre et sous lui a le pouvoir suprême du  magistère et du gouvernement de toute l’Eglise. Comme  on le voit la collégialité est étroitement apparentée,  même si elle est plus feutrée ou mitigée, au conciliarisme et au gallicanisme théologique.
 
3) Durant ‘‘l’homélie de la 9èmesession du Concile  Vatican II’’, le 7 décembre 1965, le Pape Montini alla  jusqu’à proclamer : «la religion du Dieu qui s’est fait  homme a rencontré la religion (parce que c’en est une)  de l’homme qui se fait Dieu. Comment est-ce arrivé ?  Une rencontre, une lutte, un anathème ? Cela aurait pu  être; mais cela n’est pas arrivé. […] Une sympathie  immense envers tout homme a traversé tout le Concile.  Donnez-lui au moins le mérite de cela, vous humanistes  modernes, qui réfutez les vérités qui transcendent la  nature des choses terrestres, et reconnaissez notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que tous, nous  avons le culte de l’homme.»  Attention ! ‘‘Tout le Concile’’ dit Paul VI, non une  grande partie de celui-ci, non le seul ‘esprit du Concile’.  Le ‘‘problème de l’heure présente’’ est véritablement la  volonté de concilier l’inconciliable : théocentrisme et  anthropocentrisme, Messe romaine et ‘Novus Ordo  Missae’ ou ‘‘Messe du Concile’’, Tradition divino-apostolique et Vatican II.  Jean-Paul II, dans sa seconde encyclique (1980)  ‘‘Dives in misericordia’’, n°1, affirme : «Entre les différents courants passés et présents de la pensée humaine, il y eut et il y a encore une propension à diviser et  même à opposer le théocentrisme et l’anthropocentrisme, l’Eglise [conciliaire, ndr] […] cherche à les unir  […] de manière organique et profonde. Cela est un des  points fondamentaux, et peut-être le plus important, du  magistère du dernier concile». Le pape Wojtyla oublie  ou ignore le Magistère de l’Eglise qui, comme saint Pie  X dans l’encyclique Supremi Pontificatus, a dénoncé  l’antagonisme entre l’esprit de l’homme moderne, qui  ramène tout à lui (anthropocentrisme) et le principe  catholique qui ramène tout à Dieu (théocentrisme).  En 1976, alors cardinal, il prêchait une retraite spirituelle à Paul VI et à ses collaborateurs, parue en italien  sous le titre Signe de contradiction. Méditations  (Milano, Vita e Pensiero, 1977); Karol Wojtyla commence la méditation ‘‘Le Christ révèle pleinement  l’homme à l’homme’’ (chap. XII, pp. 114-122) par  Gaudium et spes n° 22, assurant : «le texte conciliaire,  appliquant à son tour la catégorie du mystère à  l’homme, explique le caractère anthropologique ou  même anthropocentrique de la Révélation offerte aux  hommes dans le Christ. Cette Révélation est concentrée  sur l’homme. […] Le Fils de Dieu, par son Incarnation,  s’est uni à tout homme, est devenu – en tant qu’homme  – un de nous. […] Voilà les points centraux auxquels  peut se réduire l’enseignement conciliaire sur l’homme  et sur son mystère» (pp. 115-116). En bref c’est le suc  concentré des textes de Vatican II : culte de l’homme,  panthéisme et anthropocentrisme idolâtre.
 
4) Cf. St Grégoire de Naziance (+390), Hom. XVII;  St Jean Chrysostome (+407), Hom. XV super IIam Cor.;  St Ambroise (+397), Sermo contra Auxentium; St  Augustin (+430), De civitate Dei (V, IX, t. XLI, col. 151  ss.); St Gélase I (+496), Epist. Ad Imperat. Anastasium  I; St Léon le Grand (+461), Epist. CLVI, 3; St Grégoire  le Grand (+604), Regesta, n°1819; St Isidore de Séville  (+636), Sent., III, 51; St Nicolas I, Epistul.  Proposueramus quidam (865); St Grégoire VII (+1085),  Dictatus Papae (1075), 1èreLettre à Hermann, évêque  de Metz (25 août 1076), 2èmeLettre à Hermann (15  mars 1081); Urbain II (+1099), Epist. ad Alphonsum VI  regem; St Bernard de Clairvaux (+1173), Lettre au pape  Eugène III sur les deux épées; Innocent III (+1216),  Sicut universitatis conditor (1198), Venerabilem fratrem  (1202), Novit ille (1204); Innocent IV (+1254), Aeger  cui levia (1245); St Thomas d’Aquin (+1274), In IVum  Sent., dist. XXXVII, ad 4; Quaest. quodlib., XII, a. 19;  S. Th., II-II, q. 40, a. 6, ad 3; Quodlib. XII. q. XII, a. 19,  ad 2; Boniface VIII (+1303), Bulle Unam sanctam  (1302); Cajetan (+1534), De comparata auctoritate  Papae et Concilii, tratt. II, pars II, cap. XIII; St Robert  Bellarmin (+1621), De controversiis; F. Suarez (+1617),  Defensio Fidei catholicae; Grégoire XVI, Mirari vos  (1832); Pie IX, Quanta cura et le Syllabus (1864); Léon  XIII, Immortale Dei (1885), Libertas (1888); St Pie X,  Vehementer (1906); Pie XI, Ubi arcano (1921), Quas  primas (1925); Pie XII, Discours aux juristes catholiques italiens, 6 décembre 1953.] FIN NOTE 7  

5) Pensez par exemple à la lettre Mit brennender  Sorge, promulguée le 14 mars 1937 par Pie XI, à la  rédaction de laquelle collabora le cardinal Eugenio  Pacelli, devenu le pape Pie XII en 1939. Elle condamne  le racisme matérialiste et purement biologique, mais  elle affirme aussi que «le Christ a reçu son humaine  nature d’un peuple qui devait le crucifier».