17 juin 2019

[FSSPX Actualités] Fraternité Saint-Pie X : 13 prêtres ordonnés au mois de juin 2019

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Les séminaires de la Fraternité Saint-Pie X, dans l’hémisphère nord, achèvent leur année académique au cours du mois de juin, consacré au Sacré-Cœur. 

Aux Etats-Unis, le 21 juin, Mgr Alfonso de Galarreta ordonnera au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Dillwyn, en Virginie, cinq nouveaux prêtres, tous de nationalité américaine. 

En Suisse, au Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, Mgr Bernard Tissier de Mallerais imposera les mains à six prêtres – 4 Français, 1 Anglais et 1 Italien –, le 28 juin. 

Enfin, Mgr Bernard Fellay ordonnera deux prêtres au Séminaire du Sacré-Cœur de Jésus de Zaitzkofen en Allemagne – 1 Allemand et 1 Polonais –, le dimanche 30 juin. 

Ces cérémonies sont ouvertes au public. Les fidèles sont cordialement invités à se rendre à ces messes d’ordination et à recevoir les bénédictions des jeunes prêtres. 

Seigneur, donnez-nous beaucoup de saints prêtres ! 

[FSSPX Actualités] Un évêque américain condamne les parlementaires pro-avortement de son diocèse

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019

Le mandement épiscopal publié le 6 juin 2019 interpelle notamment le président du Sénat de l’Illinois, John Cullerton, ainsi que le président de la Chambre des représentants, Michael J. Madigan, leur enjoignant à tous deux de « se repentir sincèrement de leur grave péché et, en outre, d’en réparer comme il convient les dommages et le scandale causés ». 

Le décret de Mgr Paprocki vient comme une réponse cinglante au texte voté par les parlementaires sur la santé reproductive en Illinois, dans lequel l’avortement est défini comme un « droit fondamental ». 

Ce projet de loi, qui a été adopté le 1er juin 2019 par le Sénat de l’Etat, assouplit considérablement les restrictions imposées aux avortoirs. 

De plus, la loi entend obliger les régimes privés d’assurance maladie à couvrir les frais d’interruption volontaire de grossesse, et à supprimer les délais d’attente pour rembourser un avortement. 

L’évêque de Springfield a également précisé que les sanctions canoniques prises à l’encontre de John Cullerton et Michael J. Madigan s’appliquaient aussi à tout autre homme politique catholique favorable à l’avortement dans l’Etat. 

Conscient que sa décision pourrait être fort mal reçue dans un contexte où l’Eglise, outre-Atlantique, est sous le feu des critiques dans le cadre de sa gestion des abus sur mineurs, Mgr Paprocki a tenu à prendre les devants, et mettre les points sur les « i » : 

« La colère légitime que tous ressentent à l’égard de mineurs abusés devrait susciter une semblable levée de boucliers contre la légalisation du meurtre d’enfants innocents. Les épreuves que traverse l'Eglise ne modifient en rien la vérité objective : le meurtre d'un bébé sans défense demeure toujours un acte intrinsèquement pervers », explique le prélat. 

Depuis plusieurs décennies, les catholiques ont appelé leurs pasteurs à prendre des mesures contre les politiciens soi-disant catholiques qui œuvrent pour la légalisation de l’avortement, mais qui luttent en fait contre les restrictions qui lui étaient jusqu’ici apportées. 

Ces appels ont été la plupart du temps ignorés, laissant croire qu’il serait normal pour une personne d’être catholique dans la sphère privée, mais acatholique dans la sphère publique. 

Cette dissociation ne peut-elle pas être - en partie au moins - imputée à la propagation du libéralisme dans l'Eglise catholique dans la foulée du Concile Vatican II, où beaucoup en sont venus à croire que la foi n’était plus qu’une affaire privée sans implication politique ? 

On ne sait pas encore comment les législateurs catholiques favorables à l'avortement réagiront au décret de Mgr Paprocki : tout dépendra du clergé diocésain de Springfield, dont certains membres ne partageront peut-être pas la fidélité de leur évêque à l’enseignement moral catholique traditionnel, et au droit de l’Eglise. 

Quoi qu’il en soit, les efforts de l’évêque de Springfield, visant à lutter contre les politiciens favorables à l’avortement, tout en protégeant l'intégrité de l'Eucharistie, peuvent être salués. 

Puissent de nombreux prélats suivre son exemple, aux Etats-Unis comme ailleurs.

[FSSPX Actualités] Ordination diaconale au séminaire Herz Jesu à Zaitzkofen

SOURCE - FSSPX Actualités - 12 juin 2019
Le samedi 8 juin, Mgr Bernard Fellay a ordonné trois diacres au séminaire du Sacré-Cœur de Zaitzkofen, en Allemagne : 1 Allemand, 1 Autrichien et 1 Polonais. Au total, 18 prêtres étaient présents et un bon nombre de fidèles sont venus de l'étranger pour cette ordination.

Dans son homélie, le célébrant a souligné le lien du diaconat avec l'Esprit Saint : « Immédiatement avant la forme sacramentelle, le texte de l'ordination dit : “Recevez l'Esprit Saint ; il sera votre force pour résister au démon et à ses tentations. Au nom du Seigneur”. La formule consécratoire dit elle-même : “Aussi, Seigneur, nous vous en conjurons, répandez sur eux votre divin Esprit, afin que, fortifiés par ses sept dons, ils deviennent capables de remplir fidèlement leurs célestes fonctions”. De fait, le diacre est désigné comme l’assistant du prêtre dans l’Église pour prêcher, baptiser, et coopérer au sacrifice du corps et du sang du Seigneur. Par conséquent, il doit être orné de toutes les vertus et vivre une vie sans reproche ».

C'est ainsi que l'Eglise se renouvelle peu à peu dans l'espace germanophone et dans les pays d'Europe de l'Est, même si le travail prend plus de temps qu'on ne le voudrait. 

Abbé Franz Schmidberger, Recteur

[Jean-Pierre Maugendre - Renaissance Catholique] Vers une contre-révolution catholique ?

SOURCE - Jean-Pierre Maugendre - 17 juin 2019

Renaissance Catholique À une semaine d’intervalle deux signaux, en apparence contradictoires, ont été émis par les catholiques de France.

D’une part le score électoral très modeste de François-Xavier Bellamy aux élections européennes, même dans les isolats catholiques votant traditionnellement à droite de l’ouest parisien, atteste qu’une part notable de la bourgeoisie catholique accorde plus d’importance à la défense de ses intérêts matériels qu’aux principes moraux défendus par l’Église.

D’autre part, la nouvelle progression très sensible du nombre de participants au pèlerinage de Pentecôte Paris-Chartres ( 14 000 participants, moyenne d’âge : 21 ans), atteste qu’une part significative, et la plus jeune, du catholicisme contemporain est capable de sacrifier trois journées de vacances pour prier, souffrir, être enseignée, vivre en autarcie une micro-chrétienté itinérante, participer à une liturgie sublime et immémoriale et écouter les paroles de feu et de combat d’un évêque, Mgr Léonard, archevêque émérite de Malines- Bruxelles qu’il n’aurait été possible d’entendre, il y a quelques décennies, que dans la bouche de… Mgr Lefebvre. Les fidèles de ce dernier rassemblant de leur côté 4 000 marcheurs dont 1 600 pour la colonne enfants-adolescents, aux mêmes dates, mais en sens inverse.
Deux catholicismes se font face
Deux catholicismes se font face. Un catholicisme vieillissant, sociologiquement installé, bourgeois, résiduel qui a d’autant plus pris son parti du monde tel qu’il est qu’il y a, confortablement, trouvé sa place. C’est le catholicisme institutionnel, dominant, de la conférence des évêques de France, de l’enseignement catholique, de la direction de l’ICES.

Là-contre, émerge, chaque jour plus puissant, un catholicisme que dans un passionnant essai intitulé Une contre-révolution catholique. Aux origines de la Manif Pour Tous le sociologue Yann Raison du Cleuziou a qualifié de « catholicisme observant ». Ce catholicisme observant, autrefois on aurait dit « intransigeant », se fixe comme objectif prioritaire la transmission intégrale de la foi catholique et n’a pas renoncé à féconder la société civile des valeurs de l’Évangile. Il est un fait que depuis une cinquantaine d’années les deux structures privilégiées de transmission de la foi qu’étaient l’Église et l’école catholique ont largement renoncé à leur mission. Le catéchisme n’est plus enseigné, une liturgie désacralisée fait l’impasse sur la transcendance de Dieu et ses mystères, etc. N’ont réussi à transmettre le dépôt sacré de la foi, sauf exceptions, que les familles qui ont trouvé en elles-mêmes les ressorts moraux, intellectuels et spirituels de la transmission. A l’aune de ce constat, le catholicisme s’est réduit à une partie de la bourgeoisie catholique, accompagnée par quelques prêtres, qui avait les moyens intellectuels de résister à l’apostasie immanente des « nouveaux prêtres » selon l’expression de Michel de Saint-Pierre. Yann Raison du Cleuziou, comme avant lui Guillaume Cuchet dans Comment notre monde a cessé d’être chrétien confirme que seules ces familles observantes ont transmis et transmettent encore la foi. Le catholicisme de gauche est mort, même si son cadavre bouge encore dans les officines épiscopales.
Des lieux de rencontre
La Manif pour Tous, comme le Pèlerinage de Chrétienté à la Pentecôte, a été le lieu de rencontre de ces différentes familles « observantes » soit : la mouvance charismatique (Emmanuel, Béatitudes), les néo-classiques (communautés Saint-Jean, Saint- Martin), les traditionalistes (Communautés Ecclesia Dei et Fraternité Saint Pie X). Les uns et les autres acceptent de vivre en opposition avec les valeurs dominantes de la société post moderne, par fidélité à la loi de Dieu. Le point de clivage le plus apparent entre ces différentes mouvances est, bien sûr, la question liturgique. Les jeunes générations sont, d’un côté comme de l’autre, moins sensibles à cette ligne de fracture sans doute amenée à s’estomper au fil du temps au bénéfice d’une liturgie réformée resacralisée voire de la liturgie traditionnelle. Aujourd’hui 25% des ordinations sacerdotales en France sont effectuées selon la forme extraordinaire du rite romain alors que les traditionalistes ne représentent que 3 ou 4 % des catholiques. De nombreux évêques, que leur histoire ne prédisposait guère à célébrer cette forme du rite romain, s’y mettent peu à peu. Citons Mgr Cattenoz à Avignon, Mgr Rey, de la communauté de l’Emmanuel, à Toulon, Mgr Aillet, de la communauté saint Martin à Bayonne. La fécondité « vocationnelle » de la messe traditionnelle est un fait qui n’est plus à démontrer, uniquement contredit par l’essor de la communauté Saint-Martin. Ce tableau des catholiques observants serait incomplet si n’était notée leur relation « décomplexée » avec l’épiscopat français, fruit d’une histoire tumultueuse. La communauté Saint Martin trouve son origine à Gênes, car son fondateur, l’abbé Guérin était persona non grata en France malgré son acceptation de la réforme liturgique. Pendant plusieurs années, de 1983 à 1989, les pèlerins de la Pentecôte à Chartres n’ont pas eu le droit de faire célébrer la messe dans la cathédrale. Tout est « oublié, pardonné », mais… Inexorablement, pour des raisons simplement biologiques, le poids des catholiques observants est amené à croître dans l’Église de France. Qui sauvera le diocèse de Montauban dont l’évêque, Mgr Ginoux, vient de confier à l’Homme nouveau que la moyenne d’âge de son clergé est de 78 ans et que sur les 30 prêtres actifs de son diocèse la moitié sont étrangers, essentiellement africains ?
Quelle manifestation politique ?
L’émergence politique des catholiques observants s’est faite à l’occasion des manifestations pour la défense du mariage naturel. Traditionnellement ces catholiques étaient la chasse gardée du Front national. Les catholiques traditionalistes étaient nombreux au bureau politique du FN, la fête annuelle des BBR commençait par la célébration de la messe traditionnelle, le programme était très inspiré de la doctrine sociale de l’Église rappelant le caractère sacré de la vie humaine innocente, refusant la banalisation de l’avortement, promouvant le chèque scolaire, favorisant la liberté d’enseignement, etc. Sous la conduite de Marine Le Pen ce programme a été sensiblement édulcoré, le Rassemblement national ayant, désormais, sur l’avortement, l’euthanasie, la loi Léonetti des positions très politiquement correctes. Comme l’ont montré ses entretiens avec Samuel Pruvost dans son livre 2017 Les candidats à confesse la présidente du Rassemblement national semble entretenir un lourd contentieux non avec la foi, dit-elle, mais avec les chrétiens, ce qui ne simplifie pas les choses.

François-Xavier Bellamy, figure nouvelle de la vie politique, vrai ou faux ingénu, l’avenir le dira, intellectuellement très supérieur à l’ensemble de ses rivaux a accepté une mission impossible : assumer des valeurs conservatrices et, disons sommairement, de droite à la tête d’une organisation politique qui depuis des décennies trompe ses électeurs. Signe patent de la confusion des esprits : le successeur, provisoire, de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains est Jean Léonetti, promoteur de la loi portant son nom rendant possible l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation de Vincent Lambert contre laquelle s’est élevé… François-Xavier Bellamy. Le fait est que le résultat des élections européennes n’a en aucune façon constitué un frein aux « avancées sociétales » puisque l’extension de la PMA est au menu de la rentrée parlementaire et que la GPA suivra inéluctablement.

Politiquement, ou plutôt électoralement, les catholiques observants se sentent un peu orphelins. Les sujets de société qui leur tiennent à cœur, car ce sont eux qui assurent la pérennité et la stabilité d’une société et d’une civilisation, ne leur semblent réellement portés par personne.
Vers un catholicisme religieux ?
Ces catholiques ont également conscience d’être une toute petite minorité (2% de pratique religieuse). Cependant l’émoi suscité par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a révélé qu’il existait encore, enfoui au fond de l’âme de bien des Français, un catholicisme latent, historique, identitaire et patrimonial. Est-ce que le défi de la contre-Révolution catholique pour les années à venir ne serait pas de faire évoluer cette religiosité d’inspiration catholique, somme toute essentiellement sociologique et affective, vers un catholicisme personnel et religieux. Voilà, peut-être, un bon sujet pour la prochaine réunion des évêques de France ?

Jean-Pierre Maugendre

[Paix Liturgique] Sondage du Progrès de Lyon du 13 aôut 1976 - seconde partie - les résultats

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 698 - 11 juin 2019

Nous indiquons dans cette lettre les résultats les plus significatifs du sondage IFOP d’août 1976 publiés dans Le Progrès de Lyon du 13 août de la même année.

Nous n’avons retenu dans notre présentation que les éléments qui ont un rapport direct avec notre vocation liturgique et catachétique. Cinq points nous ont semblé conserver une pertinence pour nous en juin 2019… 43 ans après leur publication…

1 – 26 % des catholiques pratiquants approuvent les positions de Mgr Lefebvre face aux applications des décisions du Concile

Réflexion de Paix Liturgique

Ce chiffre est considérable, d’autant qu’il ne s’agit pas de catholiques qui se contentent de regretter les sanctions qu’aurait prises Paul VI à l’encontre de Mgr Marcel Lefebvre, mais qui, comme l’indique clairement la question et les réponses à celle-ci, approuvent ce prélat.

Sachant que ce sondage a été entrepris dans un contexte où toute la presse considérée comme catholique (ou non d’ailleurs) a tiré à boulets rouges pendant de longs mois contre « le prélat schismatique » qui allait « créer une nouvelle Eglise », il pourrait sembler étonnant de constater que 26 % des catholiques pratiquants (et 28 % de l’ensemble des catholiques) sont assez « incorrects » pour approuver Mgr Lefebvre et ses positions. Notons qu’ils le déclarent dans un sondage, mais qu’ils n’auraient pu déclarer dans la vraie vie de leurs paroisses sans risquer une sérieuses marginalisation.

Nous le disions en introduction sur la publication de ce sondage : il marque le décalage qui s’est introduit définitivement entre évêques et clercs dans leur majorité et le peuple catholique. Car ce socle de 26 % n’est cependant en rien l’unique « ilot ultime », le « dernier carré » des catholiques intransigeant mais, comme la suite du sondage va le démontrer, la partie la plus visible d’un malaise beaucoup plus général de réserve vis-à-vis des réformes conciliaires.

2 – 35 % des catholiques pratiquants préfèrent assister à la messe en latin


Réflexion de Paix Liturgique

Car si 26 % des fidèles approuvent les positions de Mgr Lefebvre, 35 % des catholiques pratiquants déclarent par ailleurs « préférer la messe en latin ». A titre d’exemple : François Mauriac, qui n’avait aucune sympathie pour le prélat d’Ecône, vilipendait régulières dans ses « Blocs-notes » du Figaro littéraire, la pauvreté de la liturgie nouvelle.

Ne nous trompons au reste pas sur cette dénomination de « messe en latin », qui est souvent exploitée comme une nostalgie un peu stupide de la part de catholiques « qui ignoreraient tout du latin ». En fait, elle signifie que 35 % des catholiques interrogés préfèrent assister à la messe « à l’ancienne », c’est-à-dire à la messe traditionnelle, plutôt que d’assister à la nouvelle messe avec ou sans ses abus. Une sorte de slogan était répété par des revues comme Itinéraires et des mouvements comme le MJCF : « Nous préférons la messe ancienne en français plutôt que la nouvelle messe en latin ».

Depuis ces années bien éloignées, nombreux ont été les témoignages qui ont clairement démontré que l’attachement à la messe traditionnelle n’était pas d’abord « une affaire de latin » mais clairement une affaire de foi et de piété.

L’on s’interroge toujours pour savoir si ceux qui ont cherché si souvent à ridiculiser les fidèles attachés à la messe traditionnelle le faisaient de bonne foi ou dans un souci de nuire ? Notre expérience nous donne clairement la réponse. Voici une anecdote significative du profond mépris de ces clercs : lorsqu’en 2007 un groupe de fidèle de Rueil–Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, s’adressa à son curé pour solliciter la célébration d’une messe célébrée selon la forme extraordinaire dans leur paroisse, le curé leur répondit « Je vais d’abord vous faire passer un examen pour évaluer votre connaissance du latin » ! Ou tout récemment, à la fin d’un « dialogue », totalement stérile, entre un curé et des fidèles qui demandaient le maintien de la messe traditionnelle dans leur paroisse : « Eh bien, puisque vous aimez le latin, nous allons réciter le Regina Caeli avant de nous quitter ».

Mais ces 35 % des catholiques ne constituent toujours pas la totalité des catholiques en retrait du mouvement « moderne » ; la suite va le démontrer.

3 – 42 % des catholiques pensent que les réformes ont eu pour effet d’éloigner l’Eglise de sa doctrine originelle

Réflexion de Paix Liturgique

42 % des catholiques pratiquants (contre 45 %), soit près de la moitié des catholiques pratiquants, considèrent que les changements intervenus dans la pratique religieuse ont eu pour effet d’éloigner l’Eglise de sa doctrine originelle… Cela monte la profondeur du malaise que seule « un peu d’explication », on dirait aujourd’hui de pédagogie, ne pourrait gommer…

Comment ne pas voir dans cette conviction l’une des racines du désenchantement qui va conduire à la chute vertigineuse de la pratique religieuse et sacramentelle et… à l’assèchement du denier du culte.

Mais ce désenchantement ne se limite pas à 42 % des pratiquants. Peut-être même que les non-pratiquants ou les peu pratiquants ont été les plus troublés encore, lorsqu’ils découvraient l’ampleur du changement à l’occasion de l’assistance à un enterrement, à un mariage ou à une messe de Noël ou de Pâques.

4 – 48 % des catholiques pratiquants estiment que l’Eglise est allée trop loin dans ses réformes
Réflexion de Paix Liturgique

En outre, le malaise s’étend encore avec 48 % de catholiques pratiquants qui considèrent que l’Eglise est allée trop loin dans ces réformes !

Chiffre importantissime qui souligne à quel point un fossé c’est déjà creusé en 1976, 11 ans après la fin d’un concile qui était présenté comme « Un printemps de l’Eglise », mais qui moins d’une génération plus tard, c’est-à-dire aux yeux des mêmes fidèles, provoque leur incompréhension ou leur rejet. Sans que les pasteurs ne dévient de leur ligne réformatrice.

5 – 52 % des catholiques pratiquants sont "inquiets"

Réflexion de Paix Liturgique

Et le malaise continue à s’étendre… Non seulement 48 % des catholiques estiment que les choses ont été trop loin mais lorsqu’on les interroge plus globalement se sont maintenant 52 % des pratiquants qui se déclarent « inquiets ». On le serait à moins : vocations, pratique, vie religieuse, missions, tout est en chute libre. Et lorsque certains, à l’époque, protestent contre ce qui y a conduit, c’est le dialogue de sourds, les clercs réformateurs – dont les rangs ne vont d’ailleurs cesser de se réduire, faute de renouvellement – étant certains d’avoir raison envers et contre tous, contre au moins une part très conséquente du peuple chrétien qu’ils refusent d’entendre. Ce fut notamment l’expérience de ces « Silencieux » que nous avons évoqués en introduction.

A partir de l’élection de Jean-Paul II, en 1978, puis avec le livre du cardinal Ratzinger, L’Entretien sur la foi, en 1985, avec enfin l’élection du même cardinal comme pape Benoît XVI, cette inquiétude a parue être entendue au sommet de l’Eglise. Mais pour des résultats – sauf la reconnaissance progressive de la légitimité de la liturgie ancienne – qui furent extrêmement décevants. Entre autres, l’hémorragie dans le recrutement sacerdotal et dans l’assistance dominicale n’a jamais cessé. Et l’inquiétude – le mot est bien faible – demeure plus que jamais.

6 – 56 % des catholiques pratiquants se considèrent comme « traditionnels »

Réflexion de Paix Liturgique

« Quand la hiérarchie a perdu le peuple catholique », titrions-nous dans notre dernière lettre : ce sont maintenant 56 % des catholiques pratiquants qui préfèrent se considérer comme « traditionnels » plutôt que « modernes » (seulement 38 % ). Il y désormais un fossé entre une institution sûre d’elle-même et un peuple chrétien largement déboussolé par les nouvelles orientations d’une Eglise qui refuse en outre de considérer les désirs spirituels de ses enfants.

Conclusion

De tels chiffres obtenus par un sondage IFOP « banal » à l’occasion d’une crise majeure et grave eussent dû fortement interpeller la hiérarchie catholique qui était encore en plein dans la logique « Printemps de l’Eglise ». Hélas !

Notre prochaine lettre sera consacrée aux réactions ecclésiastiques à la publication de cette manifestation de la réalité du peuple catholique de France.