16 janvier 2019

[Abbé Benoît de Jorna, fsspx - Fideliter] Contempler la vérité (éditorial)

SOURCE - Fideliter n° 246 - novembre-décembre 2018

Nous connaissons tous l'histoire bien réelle de la tentation de Notre-Seigneur au désert. Nous entendons son récit chaque année. L'Église nous rappelle alors que notre vie, pour atteindre à la gloire céleste, doit imiter celle de Jésus-Christ.

À Satan qui l'éprouve, Jésus- Christ répond : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Et pourquoi donc ? Tout simplement parce que « la fin de l'univers est le bien de l'intelligence. Ce bien c'est la vérité. Celle-ci est donc la fin ultime de tout l'univers ». Et saint Thomas ajoute : « C'est à la considérer que la Sagesse doit avant tout s'attacher. Aussi bien est-ce pour manifester la vérité que la divine sagesse s'est fait chair et a déclaré : "Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité." »

La surabondance actuelle de fausses doctrines obscurcit l'espace vital intellectuel. Nous vivons, nous nous mouvons dans un brouillard épais d'erreurs. Et s'il est vrai que l'on constate moins facilement la déviation d'un esprit que la dégénérescence d'un comportement, une doctrine fausse a un pouvoir générateur beaucoup plus profond et bien plus étendu qu'une dépravation morale même avérée. Car nous n'agissons jamais qu'en suivant nos appréhensions intellectuelles. Et en fin de compte, vivre c'est penser. Voilà bien tout l'enjeu de ce qu'on appelle à juste titre la crise actuelle ! Les erreurs philosophiques sont le soubassement de « l'esprit du concile ». Saint Pie X le disait déjà en 1907 dans l'encyclique Pascendi dominici gregis.

Notre perfection humaine naturelle autant que chrétienne s'achève dans la contemplation de la vérité, aussi bien naturelle que surnaturelle. Toute la sagesse consiste à dire la vérité et surtout la vérité divine ; et la dire après l'avoir méditée. Et comme nous ne sommes pas des anges, la parole nous est donnée pour communiquer cette vie intellectuelle. Notre parole devrait être le signe de notre pensée et celle-ci l'image de la réalité. Mais le monde factice d'aujourd'hui, impressionnant, nous pousse dans cette belle illusion que l'homme est la mesure de toutes choses. Affreuse présomption de l'homme qui s'estime indépendant de tout autre. Mais nous sommes de Dieu et pour Dieu. Et tout l'univers n'est que voie de retour à Dieu. Il faut lire saint Paul : « La colère de Dieu éclate du haut du Ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui, par leur injustice, retiennent la vérité captive. »

Non seulement nous avons à nous garder de l'erreur, poison de l'intelligence, mais nous avons nécessairement aussi à réprouver les fauteurs de trouble, selon nos moyens, qui que nous soyons, où que nous soyons. Notre vie doit manifester notre cohérence intellectuelle. Notre discours doit être parole de sagesse.

Force nous est de nourrir notre intelligence de vérité. La « parole de Dieu » est fondamentale. Autrefois le magistère de l'Église nous la transmettait dans toute son acuité. Les encycliques des papes, celles de Léon XIII, de saint Pie X, de Pie XII sont encore la source inaltérable d'une vie chrétienne stable et le lieu privilégié où puiser la réponse aux difficultés actuelles. Par ailleurs ces enseignements pontificaux maintiennent les esprits dans une saine attitude réceptrice de vérité.

Mais nous ne sommes pas dispensés d'un effort intellectuel. Ce labeur très astreignant est indispensable aujourd'hui. Saint Thomas nous en donne la raison :

« Les mahométans et les païens ne s'accordent pas avec nous pour reconnaître l'autorité des Écritures, grâce à laquelle on pourrait les convaincre. Force nous est de recourir à la raison naturelle à laquelle tous sont obligés de donner leur adhésion. »

L'effort que nous demande la Providence est celui des héros et des saints. La victoire est assurée. N'oublions jamais que notre Ciel est justement la vision béatifique, la contemplation éternelle de la sagesse divine.

Abbé Benoît de Jorna+, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

[Paix Liturgique] Situation de la liturgie traditionnelle dans le monde à la fin de l'année 2018

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 678 - 15 janvier 2019

Paix liturgique a entrepris de publier chaque année un bilan du développement de la messe traditionnelle dans me monde : ce bilan que nous présentons aujourd’hui pour la première fois comprendra trois parties
  • La première partie présentera la situation des célébrations dans le monde
  • La seconde sera consacrée aux prêtres qui célèbrent cette liturgie
  • La troisième essayera de fournir des éléments sur les fidèles qui sont favorables à ces célébrations
Nous avons demandé à Christian Marquant, qui a présenté ce travail à la 5éme journée Summorum Pontificum, qui s’est tenu à Rome le 29 octobre 2018, de répondre à nos questions

Q –Nous allons évoquer dans ce premier entretien les messes traditionnelles qui sont célébrées de par le monde : que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Christian Marquant - Avant de vous répondre je désire faire deux remarques indispensables sur la précision de ce que je vais dire.

Tout d’abord ce que nous commençons cette année n’a jamais été réalisé d’une manière aussi complète, aussi, malgré la rigueur qui a été la nôtre dans la réalisation de ce travail, il est tout à fait possible que nous ayons fait des erreurs ou oublié certains éléments.

De ce fait, nous remercions par avance toutes ceux qui le pourront de nous faire part de leurs remarques et corrections, notre désir étant de publier à la fin de l’année 2019, pour les 50 ans de la publication du nouvel Ordo Missæ un bilan plus complet et plus exact que celui que nous présentons pour 2018.

Pour revenir à votre question je ferais remarquer tout d’abord que 49 ans après la prétendue interdiction de la messe traditionnelle, celle-ci est désormais célébrées, et régulièrement, sur les 5 continents En Europe et en Amérique bien sûr mais aussi en Asie, en Afrique et en Océanie : un tel développement n’était pas même envisageable il y a un demi-siècle.

Q – Pouvez-vous nous donner quelques chiffres ?

Le plus important est de constater que désormais la messe traditionnelle est célébrée régulièrement, à la fin de l’année 2018, dans plus de 80 pays distincts sans compter les provinces ou les départements d’outre-mer de pays comme la France.

Il faut cependant immédiatement faire remarquer que si la messe traditionnelle est célébrée aujourd’hui dans 80 pays ce chiffre couvre évidemment des différences flagrantes et des disparités gigantesques : comment comparer la France ou les lieux de célébrations dépassent 400 avec la Slovénie ou à notre connaissance la messe traditionnelle n’est célébrée que dans une seule église… ou bien comparer les Etats-Unis ou les célébrations sont plus nombreuses qu’en France avec le Zimbabwe !

Mais ce que nous avons voulu mettre en avant c’est la progression universelle d’un phénomène qui n’est ni une mode ni une affaire franco-française, comme on a tant aimé le répéter chez les ennemis de la paix dans la liturgie.

Q – Quelle est la situation en Europe ?

L’Europe est un cas presque unique, car de fait la messe traditionnelle y est célébrée dans tous les pays de tradition catholiques et même aujourd’hui dans de nombreux pays de tradition protestante, la liste que vous trouverez en note vous le confirmera (1)

Q – Et la situation en Amérique ?

Elle est proche de celle de l’Europe, car sur ce continent aussi la messe traditionnelle est célébrée presque partout, hormis au Venezuela, dont est bien connue la situation sociale et politique très particulière, et hormis dans un certain nombre d’Etats antillais qui, de par leur faible population, ne sont pas encore concernés (2).

Q – Et quelle est la situation de l’Afrique ?

L’Afrique est sans doute le continent le moins touché par le phénomène de la messe traditionnelle, bien que la liste des pays où elle est célébrée ne soit pas négligeable (3). Mais parler de ce continent m’amène à signaler l’œuvre missionnaire exceptionnelle et exemplaire qui y est menée par la fraternité Saint-Pie X, et qui a abouti à l’installation de foyers puissants de tradition liturgique dans des pays pauvres ou peu peuplés, qui seront bientôt, n’en doutons pas, des centres importants qui provoqueront un embrasement important dans ces régions dans les prochaines années. Et ce mouvement continue encore par de fréquents voyages missionnaires entrepris par les prêtres des prieurés africains à l’écoute des demandes, sinon importantes mais en tout cas nombreuses, qui laissent penser que d’ici 20 ans toute l’Afrique sera concernée par la liturgie traditionnelle

Q – Et l’Asie ?

L’immense Asie est le parent pauvre du monde traditionnel (4). Cela ne tient pas à la liturgie traditionnelle, mais au fait que le monde asiatique n’est que marginalement catholique avec des régions qui sont presque exclusivement de terres d’Islam ou des régions comme l’Inde ou la Chine où l’évangélisation, malgré d’énormes et très anciens efforts, n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Il n’empêche que parmi les catholiques d’Asie la messe traditionnelle se répand aussi, car elle répond à un profond désir d’affirmer en même temps sa pleine foi catholique et d’avoir un sentiment très puissant de communion avec l’Eglise universelle dans l’espace et dans le temps, ce que réalise la messe traditionnelle.

Q – Terminons par l’Océanie

C’est un continent ou la tradition liturgique est en pleine expansion (5), à la fois du fait de la présence d’un important foyer européen de cette tradition, mais aussi grâce à un mouvement d’évangélisation en expansion sous cette forme. Je pourrais reprendre pour le monde océanien ma remarque sur le remarquable travail missionnaire de la Fraternité Saint-Pie-X, qui ici se tourne vers le monde pacifique insulaire

Q – Vous avez déclaré que la liturgie traditionnelle était désormais célébrée dans 80 pays. Avez-vous l’impression que l’on arrive à une limite territoriale de ce développement ?

Il est certain qu’en Europe ou en Amérique, où presque tous les pays catholiques sont déjà touchés par le mouvement en faveur de la messe traditionnelle le développement de la liturgie traditionnelle va se faire par des croissances internes – c’est-à-dire par davantage de lieux de cultes, et par le développement d’œuvres d’écoles et souvent de séminaires – plus que par une extension vers des pays nouveaux.

En revanche, les informations dont nous disposons au sujet de l’Afrique et de l’Asie nous donnent à croire que dans les années à venir la messe traditionnelle va s’installer dans un grand nombre de pays, non encore concernés aujourd’hui mais au sein desquels des fidèles l’attendent et s’organisent déjà dans cette perspective.

Q – Que diriez-vous pour conclure ce premier entretien consacré à la messe traditionnelle dans le monde ?

Je reprendrai une affirmation qui me semble une évidence : la messe traditionnelle n’est pas une mode, mais elle est pour les catholiques latins l’expression la plus parfaite de la lex credendi, c’est-à-dire de leur Credo, spécialement en ce qui concerne le sacrifice eucharistique et la présence eucharistique. « La France, on n’a rien trouvé de mieux », disait un homme politique célèbre. Je dirais pour ma part : « Depuis cinquante ans qu’on essaye, on n’a rien trouvé de mieux que la messe traditionnelle ». Aussi n’est-il pas étonnant que de plus en plus de prêtres et de fidèles se tournent vers elle dès qu’ils le peuvent. On peut raisonnablement espérer un développement tout à fait considérable dans les toutes prochaines années

1/1- Pays d'Europe ou est célébrée la Messe traditionnelle

Allemagne, Autriche, Belgique, Biélorussie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Italie, Le Vatican, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, , Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Royaume-Uni, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine

1/2- Pays d'Europe ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Albanie, Andorre, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Grèce, Iceland, Macedoine, Moldavie, Montenegro, Roumanie, Saint-Marin, Serbie

2/1 -Pays d'Amérique ou est célébrée la Messe traditionnelle

Argentine, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Équateur, Guatemala, Haïti, Honduras, Mexique, Nicaragua, Paraguay, Pérou, République Dominicaine, Trinidad et Tobago, Uruguay, USA

2/2 - Pays d'Amérique ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Belize, Dominique, Guyana, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, San Salvador, Suriname, Vénézuela

3/1 -Pays d'Afrique ou est célébrée la Messe traditionnelle

Afrique du Sud, Bénin, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée Equatoriale, Ile Maurice, Kenya, La Réunion, Madagascar, Nigeria, Ouganda, Tanzanie, Zimbabwe

3/2 - Pays d'Afrique ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Algérie, Angola, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cap Vert, Comores, Egypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Lesotho, Liberia, Libye, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, République Centrafricaine, République de Djibouti, République Démocratique du Congo, Rwanda, São Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Swaziland, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie

4/1 -Pays d'Asie ou est célébrée la Messe traditionnelle

Ceylan, Chine, Corée, Inde, Indonésie, Israël, Japon, kazakhstan, Malaisie, Philippines, Singapour, Taiwan

4/2 - Pays d'Asie ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Afghanistan, Arabie saoudite, Arménie, Azebaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Birmanie, Bouthan, Cambodge, Emirats Arabes Unis, Géorgie, Irak, Iran, Jordanie, kirghizistan, Koweït, Laos, Liban, Maldives, Mongolie, Nepal, Népal, Oman, Ouzbekistan, Pakistan, Palestine, Qatar, Syrie, Tajikistan, Thaïlande, Turquie, Vietnam, Yemen

5/1 -Pays d'Océanie ou est célébrée la Messe traditionnelle

Australie, Fidji, Nouvelle-Zélande ( Auxquels il faut ajouter les territoires français de Nouvelle-Calédonie et la Polynésie )

5/2 - Pays d'Océanie ou n'est pas célébrée la messe traditionnelle

Brunei, États fédérés de Micronésie, Îles Marshall, Kiribati, Nauru, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Timor oriental, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tuvalu, Vanuatu

13 janvier 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Fermeture du piège?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 12 janvier 2018

Quelque chose cédera, mais pas la Vérité.
On la méprise en vain. Elle a l’éternité.

Voilà que l’Eglise et le monde viennent d’entrer dans une nouvelle année civile. Tout est en place pour une troisième guerre mondiale capable d’effacer l’humanité de la surface de la terre. En même temps ces “Commentaires” ont atteint leur 600ème numéro. Pourtant, n’était-ce pas hier qu’ils fêtaient leur 500ème parution ? Le monde tourne à folle allure : “volvitur orbis” – mais Dieu reste toujours aux commandes. Sa Croix est fermement plantée, elle ne bougera pas : “stat crux”. Donc Dieu donne toute liberté à ses ennemis pour agir comme un fléau sur une génération impie ; mais ce fléau est pour notre bien, pour permettre aux brebis de se séparer des boucs, et pour empêcher les brebis de tomber en enfer. Mais, si d’aventure ces ennemis pensaient l’emporter sur Lui, mal leur en prendrait : Dieu s’est servi des Assyriens pour châtier les Israélites ; mais malheur aux Assyriens qui pensaient échapper à Sa justice ! (Isaïe X, en particulier, verset 15) On ne se moque pas de Dieu.

Mais au cœur même de ces problèmes du monde se trouve le problème sans précédent de l’Église actuelle. Car l’Église dépend de sa hiérarchie, composée d’évêques et de prêtres, et alors si Dieu a voulu permettre que le déclin de Son Église précède la fin du monde (Lc. XVIII, 8), il est logique que Sa hiérarchie y soit impliquée. Ainsi s’explique le Concile Vatican II (1962–1965). Le temps pour l’Eglise de tenir tête à ce déclin aura duré quatre siècles à partir de la contre-Réforme dans les années 1500, siècles admirables de catholicisme, mais après ces 400 ans les clercs ont fini par céder. Ils ont substitué à l’Église catholique de Dieu leur propre Néo-église : l’église conciliaire. Or, dans les années 1970 il y avait encore assez de foi chez les catholiques pour permettre qu’une résistance sérieuse continuât, et là Mgr Lefebvre et sa Fraternité Saint Pie X ont joué un rôle majeur. Mais 40 ans plus tard, ses successeurs n’ont plus été capables de cet effort, et les catholiques fidèles ont été plus abandonnés que jamais.

Et en 2019 la vie des catholiques semble s’étioler encore plus. Il est illusoire aujourd’hui d’agir ou de réagir comme si nous étions encore dans les années 1970. “Volvitur orbis”. Le monde a évolué, et avec lui, la situation de l’Église. Des conditions extrêmes exigent des mesures extrêmes. Au fur et à mesure que les institutions catholiques autrefois florissantes prennent l’une après l’autre des allures de mascarades, les catholiques quant à eux se transforment lentement en spectres ambulants de ce qu’ils étaient, et il semble qu’il n’y ait pas grand-chose à faire pour y remédier. On ne trouvera le remède ni dans la rhétorique ni dans les belles paroles, car les belles paroles sont usées et la rhétorique n’est plus qu’une coquille creuse. Les catholiques dépendent de leur hiérarchie, et leur hiérarchie est atteinte. Le berger est frappé à mort, les brebis sont dispersées, et ils ont beau se tourner encore vers lui : il est comme absent !

Selon une information récente (ou rumeur ? Rome décidera en fonction de la réaction des gens) la commission romaine Ecclesia Dei (ED) va rentrera dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF). Fondée par Rome immédiatement après les Consécrations épiscopales de la Fraternité en 1988, cette Commission avait pour but de détourner les catholiques de suivre Mgr Lefebvre plutôt que Rome. On nous dit que sa disparition devait être annoncée le 20 décembre, mais Rome y a peut-être réfléchi à deux fois. Sans doute, les dirigeants actuels de la Fraternité seraient bien contents d’échapper à l’emprise d ’Ecclesia Dei : ils mettraient ainsi fin à leur propre “schisme” (tel qu’ils le voient), et ils dépendraient alors pleinement et “normalement” de la CDF. Par contre il peut toujours y avoir assez de catholiques assez croyants encore pour espérer que Rome fasse le moindre des gestes en faveur de la Tradition, tel le maintien d’ED. Mais il y a longtemps que la commission Ecclesia Dei n’est qu’une escroquerie. Et les Romains et les dirigeants de la Fraternité veulent que le piège romain se referme.

Alors, que vont faire les catholiques qui ont la Foi et qui veulent la garder ? En premier lieu, faisons le point. Pendant 250 ans, le sang des martyrs a servi à cimenter l’Eglise de Rome, sang versé par des hommes, mais aussi par de nombreuses jeunes filles. Mais où sont aujourd’hui les candidats au martyr ? Le Bon Dieu en a assez des catholiques dont la Foi ne cesse de s’affaiblir depuis des siècles. Il ramène les lions pour susciter des candidats dignes du Ciel. En conséquence, ceignons nos reins, et soyons virils comme l’étaient ces vierges martyrs (sans aucune trace de féminisme !). Humilions-nous sous la Sagesse et la Justice de Dieu. Puis, en troisième lieu, n’oublions pas que parmi ceux qui sont actuellement les derniers, beaucoup pourraient devenir les premiers, et vice versa. Quatrièmement, et toujours : “Veillez et priez le saint Rosaire, Chaque jour quinze mystères.”

Kyrie eleison.

[Paix Liturgique] MessaInLatino aux origines d'une prise de conscience traditionnelle en Italie

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 677 - 8 janvier 2019

Cette semaine nous avons demandé à Enrico de nous présenter Messainlatino, née en Italie en 2008, une année après la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum qui, manifestement, ne fut pas mieux reçu par les pasteurs de la péninsule qu’il ne le fut par les nôtres. Aussi, nos lecteurs constateront que les adversaires de la paix ont usé, au-delà des Alpes, des mêmes mauvaises méthodes que chez nous et qu’en Italie aussi il a été nécessaire de réagir pour parvenir à rétablir un commencement de paix et de justice…
Q - Pouvez-vous nous expliquer comment est né Messainlatino ?
Enrico - Je ne peux pas répondre à cette question sans revenir de nombreuses années en arrière et vous expliquer ce qu’était la situation du catholicisme en Italie avant la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum en 2007.

En France vous avez eu en quelque sorte la « chance» d’être confrontés, dès le moment du Concile, à une véritable « révolution » catéchétique, pastorale et liturgique. Cela impliqua qu’immédiatement les âmes vaillantes ont su ce qui se passait, ce qu’étaient les enjeux et comment il fallait réagir. En Italie les choses en sont allées tout autrement. La présence du Cardinal Siri à la tête morale de l’Eglise d’Italie, comme cardinal-archevêque de Gènes, a évité que se fassent de trop rapides bouleversements. Je donne l’exemple de la communion dans la main : en Italie il a fallu attendre le décès du cardinal, le 2 mai 1989, pour que la conférence des évêques d’Italie autorise cette pratique, le 15 mai de la même année, tant l’influence du cardinal était forte dans la péninsule… Cela fit que, contrairement à la France et à la plupart des pays d’Europe, il a pu apparaître qu’en Italie, pendant très longtemps, les choses ne se sont pas dégradées ou du moins ne se sont dégradées que plus lentement. Voilà pourquoi il n’y a pas eu une importante résistance aux réformes en Italie tant celles-ci n’apparurent pas clairement aux fidèles comme « révolutionnaires ».

C’est ainsi que de cette époque entre deux eaux - je suis né en 1969 - je garde un souvenir plutôt classique. Pour moi, il n’était pas rare de retrouver à l’église des chants en latin et je conserve dans mes souvenirs d’enfance les intonations de la messe des Anges ou les accents du Requiem ; mais arrivé à l’âge adulte tout cela appartenait pour moi à un passé révolu qui n’avait plus de réalité en Italie.
Q- Le motu proprio Ecclesia Dei fut-il appliqué en Italie ?
Enrico - Vous savez, les italiens ne sont révolutionnaires qu’avec l’autorisation des gendarmes… aussi la résistance aux évolutions postconciliaires, lorsqu’elles apparurent, fut-elle minime chez nous et nous sommes presque tous restés attachés à nos paroisses. Ainsi le motu proprio Ecclesia Dei fut-il appliqué chez nous au sens strict de la « réintégration» de ceux que l’on considérait comme ayant plus ou moins quitté l’Eglise. Pour nous le grand cardinal Siri était aussi celui qui en 1987 avait supplié Mgr Lefebvre de ne pas procéder à ses sacres… Dans ce cadre, le motu proprio Ecclesia Dei fut seulement appliqué dans les grandes villes où se constituèrent de petites chapelles qui réunissaient des groupes de fidèles peu nombreux.
Q - Connaissiez-vous la messe traditionnelle avant 2007 ?
Enrico - En 1993 j’étais allé faire un stage d’avocat à Paris et c’est à cette occasion que j’ai découvert la messe traditionnelle à Saint-Nicolas-du-Chardonnet : pour moi ce fut une révélation car si je savais déjà intellectuellement que cette liturgie existait, je ne l’avais jamais rencontrée in vivo dans une vraie paroisse regroupant plusieurs milliers de fidèles. Mais bien que, dès cet instant, j’ai été comme qui dirait « converti » à la messe tridentine cela n’eut pas de répercussion chez moi à San Remo. Ainsi pendant des années je me suis contenté d’apprécier de temps en temps à Paris ce qui n’existait pas chez nous.
Q - Et quand survint Summorum Pontificum ?
Enrico - Comme beaucoup d’Italiens je n’avais rien fait dans ce sens avant la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum car il me semblait difficile d’aller à l’encontre des règles juridiques et canoniques en place surtout pour une personne comme moi, qui s’était lancé dans une carrière juridique. Je fus bien sur tout à fait emballé par la décision de Benoit XVI mais concrètement j’étais tout seul… Au cours de l’été 2007, en glanant sur des blogs, je réussis à trouver une personne de mon diocèse intéressée… une unique personne… qui semblait motivée par cette décision.

La situation était manifestement différente dans le diocèse voisin d’Albenga où l’évêque reçut la décision pontificale avec intérêt et bienveillance. C’est là que je me rendis, le 14 septembre 2007 - jour de la mise en application du motu proprio - à une messe célébrée dans la paroisse Saint-Sebastien d'Imperia-Artallo par don Marco Cuneo qui était alors curé de cette paroisse. La messe fut magnifique avec une assistance nombreuse et grande fut ma surprise d’y retrouver 5 personnes de mon diocèse que je ne connaissais pas. Je les entrepris pour que nous fassions aussitôt une demande de célébration « extraordinaire» à San Remo.
Q - Comment fut reçue votre demande par les fidèles de San Remo ?
Enrico - Ce fut simple pour un juriste comme moi de créer une association de demandeurs. Dès celle-ci créée, nous avions fait circuler notre demande. Ce qui m’étonne le plus, rétrospectivement parlant, ce fut le bon accueil que reçu notre demande de la part de nos amis… tous ceux que nous sollicitions acceptaient de s’y associer même si parfois cela ne signifiait pas grand-chose pour eux ; mais toujours de la sympathie. Nous n’avons cependant pas voulu recueillir de simples signatures de sympathie (j’en ai même refusé de non-pratiquants), mais seulement celles de personnes qui nous disaient vouloir participer régulièrement à la Messe ancienne et même à payer, le cas échéant, une souscription à l’association pour les exigences liturgiques. Ce qui montre que, plus que la simple tolérance, il y avait une véritable envie de revoir (pour les anciens) ou de découvrir (pour les jeunes) cette Messe dont ont parlé assez sur les journaux à l’époque du motu proprio (les choses d’Eglise, en Italie, ont encore un certain retentissement médiatique). Bien sûr, la plupart des gens ne faisait pas vraiment la différence entre une Messe en latin ordinaire (en tout cas inexistante à Sanremo) et celle vetus Ordo. Mais ils savaient intuitivement qu’il avait une ancienne forme de la prière et une nouvelle et pour la plupart leur choix était clair. C’est ainsi qu’en quelques semaines notre demande était partagée par près de 200 personnes réellement motivées par l’application de Summorum Pontificum à San Remo.
Q - Dès lors vous fut-il facile d’obtenir une célébration ?
Enrico - la réception de notre demande par les autorités religieuse fut, elle, tout à fait difficile. Le premier que je sollicitai fut naturellement un curé de la paroisse que je fréquentais à l’époque : c’était une bonne personne et j’étais presque certain qu’il comprendrait notre demande. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir presque effondré par celle-ci : « Comment se fait-il que vous demandiez ce que nous avons eu tant de mal à supprimer ? Pourquoi voulez-vous me faire revenir aux pratiques du passé ? » … Peu après, je fus sermonné par mon évêque que je rencontrai lors d’une réunion : il était prêt à tout, même à célébrer une nouvelle messe en latin, mais pas à nous accorder une messe « extraordinaire ». En même temps il nous reprochait notre démarche de solliciter des signatures comme si nous avions commis un péché…

Pourtant, nous n’étions pas des étrangers pour eux ; je faisais partie d’un groupe de jeunes mariés catholiques, un autre demandeur était l’animateur des clercs de la paroisse ; enfin presque tous ceux qui s’étaient associés à notre demande étaient des catholiques bien connus, pas du tout des extrémistes ou des étrangers…

Je compris à ce moment que l’opposition à la messe ancienne était profonde et n’était pas fondée sur une quelconque inquiétude au sujet des fidèles qui la sollicitaient mais vraiment un refus fondé sur la crainte de revenir à la foi traditionnelle de l’Eglise si l’on rétablissait son antique liturgie.

Nous trouvâmes cependant un prêtre jésuite qui accepta de nous célébrer la messe en décembre 2007. Ce fut une belle cérémonie qui réunit beaucoup de monde. Mais ce succès eut de terribles conséquences : les autorités, chagrinées par notre entreprise et son succès, firent pression sur les jésuites pour que la messe cesse et firent en sorte que père jésuite qui avait célébré la messe soit éloigné de chez nous.

Et le pire était à venir : alors que j’essayais de faire savoir tout cela sur les blogs catholiques italiens, je m’aperçus que mes propos y étaient censurés et que l’on m’empêchait de faire savoir ce qui se passait à San Remo.

C’est dans ce contexte que nous décidâmes de lancer notre propre moyen de communication, en quelque sorte Messainlatino était né.
Q - Quelle forme avez-vous donnée à Messainlatino?
Enrico - Il nous fallut quelques mois pour donner vie à notre projet qui démarra sérieusement à la fin de l’année 2008 c’est-à-dire il y a 10 ans. Dans les premiers temps nous créâmes un site « statique» qui ne permettait pas vraiment de dialoguer avec ceux qui étaient intéressés. C’est pour cela que Messainlatino devint rapidement un blog, comme il l’est encore aujourd’hui. Ce qui nous a permis de mettre en place un espace de dialogue des plus fructueux.
Q - Quelles étaient vos intentions ?
Enrico - Nous avons bien évidement tâtonné, mais nous désirions en premier lieu faire savoir ce qui se passait à San Remo et faire partager notre expérience aux autres groupes de demandeurs de célébrations extraordinaires qui se constituaient en Italie. Petit à petit nous cherchâmes à informer nos visiteurs sur ce qui leur était caché en Italie ou ailleurs dans le monde. Comme beaucoup d’Italiens ne savent pas ce qui se passe ailleurs - et c’est aussi le cas d’un grand nombre de personnes qui travaillent au Vatican - nous connûmes rapidement une grande audience en informant le monde italien événements qui lui étaient souvent inconnus.
Q - Le Blog Messainlatino comme « lanceur d’Alertes» en quelque sorte ?
Enrico - On peut le dire comme cela car, dans le silence italien, jusqu’à maintenant l’une de nos actions la plus importante a été de diffuser en italien sur notre blog des informations que nous trouvions à l’étranger mais qui n’étaient pas connues chez nous. Je prendrais comme exemple notre post sur un religieux hollandais, c’était le supérieur des salésiens de Hollande, qui trouvait presque « normal» que des prêtres aient des rapports avec des mineurs (les lecteurs qui voudront en savoir plus pourront se reporter à notre dossier [LIEN]). Ce type d’information eut une grande audience et fut repris par la grande presse italienne ( [LIEN]), mais nous ne fîmes pas que cela.
Q- Que fîtes-vous d’autre ?
Enrico - Une autre affaire d’importance fut de participer très activement avec Paix Liturgique au sondage de 2009 qui cherchait à mesurer la question de l’attachement à la messe traditionnelle dans l’opinion catholique italienne. Je me rappelle que de bons amis qui travaillaient au Vatican avaient tout fait pour nous dissuader de réaliser cette enquête d’opinion « Nous ne sommes pas ici en France, vos résultats vont être catastrophiques ». D’une certaine façon, ils avaient raison : en Italie nous n’étions pas en France mais en Italie. Mais là où ils se trompaient ce fut qu’en Italie les résultats furent encore meilleures qu’en France car 63 % des Italiens se montraient attachés à la forme traditionnelle, c’est-à-dire deux fois plus qu’en France. Les réflexions sur ce sondage agitèrent le blog pendant longtemps et nous permirent d'accroître considérablement notre audience.
Q - Cette audience était-elle importante ?
Enrico - Eu égard aux sujets que nous proposions qui n’étaient pas très commerciaux, elle était considérable, et souvent émouvante. Je me rappelle que plusieurs jeunes hommes qui réfléchissaient sur le sujet de leurs vocations nous consultèrent pour que nous leurs donnions des informations sur les maisons qu’ils pourraient visiter pour approfondir leurs recherche dans un esprit traditionnel. Nous avons aussi, au travers de prêtres amis « participé » aux travaux de l’instruction Universæ Ecclesiæ sur l’application du motu proprio, grâce à des infos de l’intérieur du Vatican qui nous ont permis de critiquer publiquement les travaux préparatoires quand ils allaient dans une mauvaise direction, et de suggérer des normes qui à la fin ont été incluses dans le texte.
Q - Quelles particularités donneriez-vous à Messainlatino ?
Enrico - Pour nous, Messainlatino est d’abord un espace de liberté, étranger à la censure dont nous avions été l’objet. Cela eu pour conséquence que beaucoup de personnes, qui avaient à s’exprimer au sujet des questions ecclésiastiques, le firent sur Mil. Beaucoup utilisant des pseudos ne nous sont pas connues exactement mais nous savons que de nombreux ecclésiastiques profitèrent (et profitent encore) de cette opportunité pour exprimer ce qu’ils n’auraient pu dire autrement. Et puis comme nous avions lancé une œuvre d’apostolat tridentin, beaucoup se tournaient vers nous soit pour en savoir plus et y participer soit parfois pour montrer leur opposition à notre démarche. Voilà comment Mil est devenu un acteur majeur du paysage catholique italien.
Q - Avez-vous une idée de l’audience de Messainlatino ?
Enrico - Partis de quelques contacts en 2008 - entre 150 et 200 visiteurs par jour - nous constatâmes bien vite le nombre important de ceux qui était intéressés par notre amour de la liturgie traditionnelle. Aujourd’hui nous avons en moyenne 3000 visiteurs différents par jour mais lorsque nous publions un dossier plus brûlant, ce chiffre peut-être bien plus important.

Depuis quelques années nous sommes aussi sur Facebook et nous savons aujourd’hui que près de la moitié de nos visiteurs nous ont connu via Facebook.
Q - Et que proposez-vous à vos visiteurs ?
Enrico - Nous publions aujourd’hui en moyenne 4 post par jour et au moins un de ceux-ci est lié à un événement (une messe, une conférence, un pèlerinage, un colloque,…) ce qui est un lourd travail pour des bénévoles mais ce qui assure un mouvement très régulier vers notre Blog.
Q - Et combien êtes-vous pour animer Messainlatino ?
Enrico - Au début de notre aventure nous n’étions que deux. Aujourd’hui Roberto et moi sommes aidés par une dizaine de collaborateurs qui enrichissent chaque fois qu’ils en ont l’opportunité le contenu de Messainlatino. Mais notre projet d’être bientôt présents sur Instagram pour toucher un public de jeunes va exiger que nous agrégions rapidement de nouvelles bonnes volontés notamment des personnes qui pourront nous aider à traduire en italien les nombreux documents qui nous sont adressés des pays étrangers.
Q - Pensez-vous avoir contribué à faire avancer la cause de la justice en faveur de la forme extraordinaire en Italie ?
Enrico - Nous l’espérons ! Ce que je peux vous dire c’est que dans le diocèse de San Remo, où je vis avec ma famille, la situation a beaucoup évolué « en bien » depuis les épisodes terribles des années 2007/2008 que j’évoquais il y a un instant avec vous. Aujourd’hui nous avons à San Remo une quasi paroisse où nous pouvons assister à la messe non seulement le dimanche mais tous les jours et nous entretenons d’excellentes relations tant avec notre curé qu’avec notre évêque : Deo gratias !
Q - Comment peut-on aider Messainlatino ?
Enrico - En nous transmettant des informations que nous pourrons diffuser sur notre site. De notre côté nous espérons pouvoir soutenir tous ceux qui se pensent isolés, comme je croyais l’être au début, et qui souhaitent la célébration de la forme extraordinaire dans leurs paroisses. Enfin, en Italie nous recherchons comme je l’ai déjà dit des amis qui pourraient nous aider à traduire en italien les documents que nous recevons…
Enrico est né en 1969. Après des études de droit il s'est installé comme avocat à San Remo près de la frontière française ou il vit avec sa famille.

[Paix Liturgique] Faisons un rêve

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 676 - 3 janvier 2019

Chers amis, avant de vous adresser nos vœux permettez-moi de vous entraîner dans un de nos rêves :

A la manière des Dormants d'Éphèse qui s’endormirent dans la tourmente et s’éveillèrent dans la Paix nous nous sommes réveillés ce matin en… 2039, dans 20 ans.

En ce temps-là, les relations sont devenues NORMALES entre les fidèles, leurs curés et leurs évêques car ils se connaissent et se parlent et qu’entre eux s’est établi un vrai dialogue dans la paix et la charité. Bien sur des problèmes subsistent, des crises existent, ce sont là des choses humaines… mais celles-ci se règlent naturellement dans la loyauté et le respect.

En ce temps-là, les paroisses sont de nouveau d’authentiques cellules de chrétienté qui réunissent TOUS les fidèles d’un territoire, sans exception, autour de leurs curés pour qu’ils œuvrent ensemble à la gloire de Dieu et à l'évangélisation dans une diversité qui n’est pas un obstacle mais une richesse car elle permet de s’adresser à tous selon leurs sensibilités et leurs personnalités.

En ce temps-là, la situation catéchétique en France est elle aussi NORMALE.

Car dans toutes les paroisses de France le catéchisme enseigné aux enfants et aux catéchumènes adultes est un authentique catéchisme catholique.

De ce fait, dans toutes les paroisses les prêtres et les fidèles professent normalement l’authentique Foi catholique que l’Eglise transmet fidèlement depuis les apôtres.

En 2039, dans toutes les paroisses, les fidèles qui le souhaitent peuvent vivre leur Foi catholique au rythme de la forme traditionnelle de la liturgie qui n’est plus « extraordinaire » mais une forme NORMALE et ORDINAIRE de la vie liturgique des paroisses.

Certes dans toutes ces paroisses est célébrée une forme « moderne » en langue vernaculaire mais qui est désormais partout pleinement catholique, débarrassée de ses verbiages et ambiguïtés.

Car ces deux formes du rite se sont mutuellement enrichies et désormais la plupart des fidèles tournés vers le seigneur plient le genou devant les saints mystères et reçoivent sur les lèvres la sainte Eucharistie qui est clairement pour tous les fidèles l’authentique corps du Christ.

En ce temps-là les écoles catholiques sont authentiquement catholiques et concourent avec les familles et les paroisses à transmettre le message du Christ.

Cette situation de 2039 est-elle imaginable et réalisable ? Folie diront certains. Mais ce rêve est peut-être seulement une anticipation de ce qui va bientôt venir…

Car si 2039 est loin, c’est aussi presque demain quand on se souvient que les turbulences que nous connaissons aujourd’hui remontent à plus de 50 ans et que 2039 n’est que dans 20 ans.

Et surtout car nous croyons que pour passer d’aujourd’hui à la situation rêvée de 2039 il faudrait faire peu, faire très peu…

Simplement appliquer entre nous la règle de l’authentique charité.

Arrêter les diabolisations, les réflexes idéologistes et les invectives, mais se voir, se rencontrer, se parler, avec franchise, honnêteté et loyauté pour la plus grande Gloire de Dieu.

Alors, à l’orée de la nouvelle année nous formulons un vœu : celui que s’estompent les visions manichéennes et les instrumentalisations.

Et que nos pasteurs nous tendent généreusement une main que nous serions heureux d’accepter pour que cesse vite, très vite un conflit qui n’a plus aujourd’hui de raisons d’être dans le beau pays de France qui désormais n’est plus catholique mais où les racines chrétiennes attendent de renaitre une fois la Paix et la réconciliation retrouvées.