16 avril 2014

[Nicolas Senèze - La Croix] De la difficulté de traduire la liturgie

SOURCE - Nicolas Senèze - La Croix - 9 avril 2014

L’historien Florian Michel revient sur les querelles qui ont traversé l’Église de France lors des premières traductions liturgiques, dans les années 1960.

Les récents débats autour de la traduction du Notre Père dans la nouvelle Bible liturgique catholique ont montré combien traduire la liturgie était sujet à polémique. Ces débats ne datent pas d’hier, et ont commencé dès les premiers essais de traduction consécutifs à la volonté du concile Vatican II d’autoriser les langues vernaculaires dans la liturgie. 

C’est ce que montre l’historien Florian Michel dans un remarquable essai. Et plutôt que de se perdre dans une infinité de débats, il a choisi de se concentrer sur quatre moments emblématiques : la traduction du «consubstantialem Patri» en «de même nature que le Père» dans le Credo (1964), la traduction œcuménique du Notre Père (1966), celle du «Mysterium fidei» dans le récit de l’institution (1967-1969) et celle du «catholicam Ecclesiam» (1970) aboutissant à l’échec de la tentative de Credo œcuménique.

«Les traductions ouvrent un débat passionné et complexe au sein de l’Église de France, où se mêlent attachement aux coutumes et à la beauté du latin, le souci de l’orthodoxie, la peur du changement», résume-t-il. 

Si, d’emblée, les traducteurs sont tiraillés entre l’exigence romaine de rester au plus près de l’original latin et les nécessaires adaptations pour que les traductions soient comprises du plus grand nombre, ils auront vite à gérer les réactions des «clercs» de tous bords qui entendent bien donner de la voix dans les débats. 

Si les grands théologiens français de l’époque (Congar, de Lubac…) tiennent à ne pas se faire mettre à l’écart par les liturgistes et les évêques, les intellectuels catholiques comme Maritain, Mauriac ou Guitton veulent aussi donner de la voix.

À cet égard, le parcours d’un Étienne Gilson est emblématique : le philosophe thomiste proteste énergiquement contre la traduction du «consubstantialem» en «de même nature», jugée plus compréhensible. 

On aura beau argumenter que saint Thomas lui-même défendait d’un trait l’équivalence entre nature et substance dans le Credo, le spécialiste de l’Aquinate n’en démordra pas. «Nous autres, laïcs de plat pays, nous n’avons qu’à suivre la liturgie simplifiée à notre usage», se lamentera celui qui dénoncera une «liturgie de masse» puis, amer et marginalisé, sera récupéré par les adversaires de la réforme liturgique.

Pour autant, il ne faudrait pas relire ces «batailles de tradition» qui ont déchiré l’Église de France dans les années 1960 à l’aune des déchirures des années 1970. Florian Michel s’y refuse, rejetant «un récit unilatéral de la réforme liturgique». «La lecture traditionaliste ou intégriste semble, dans ses postulats, erronée, affirme-t-il. Les années post-conciliaires ne furent pas cette grande braderie que certains ont décrite avec amertume.» Plus profondément, c’est plutôt le débat – toujours actuel – entre une liturgie élitiste et une volonté évangélisatrice qui est alors ouvert.

Nicolas Senèze
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TRADUIRE LA LITURGIE
de Florian Michel
Éditions CLD, 262 p., 18 €

[Austremoine] Canonisation de Jean-Paul II ou comment l’abbé Fabrice Loiseau voit la FSSPX : aberration, bêtise et insultes…

SOURCE - Austremoine - 16 avril 2014

L’abbé Fabrice Loiseau est en colère, très en colère. Il ne supporte pas le livret édité par le séminaire d’Ecône de la Fraternité Saint-Pie X visant à montrer la nullité de la canonisation de Jean-Paul II et à dévoiler l’intention qui la sous-tend, celle de canoniser en réalité le concile Vatican II et sa théologie déviante. Il supporte encore moins que le MJCF soit venu distribuer ce livret à la sortie de son église de Toulon.

Car le parcours de ce prêtre est atypique. Fondateur et actuel supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon, l’abbé Loiseau, né le 9 août 1966, commença son séminaire à … Flavigny, dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X !

Tout comme l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Loiseau devrait se souvenir que lorsqu’il est rentré à Flavigny, Mgr Lefebvre n’avait certes pas procédé aux sacres mais avait déjà été déclaré suspens a divinis. Et tous se doutaient bien que l’excommunication serait l’épilogue de l’opposition de Mgr Marcel Lefebvre au à la Rome conciliaire. C’est donc dans un séminaire réputé « sauvage » et sous l’autorité d’un évêque « suspens » et bientôt « excommunié » que l’abbé Loiseau commença sa formation religieuse. Erreur de jeunesse ?

Refusant les sacres, il rejoint la Fraternité Saint-Pierre dès sa création. Il fut de ceux qui acceptèrent de concélébrer dans le nouveau rite avec les évêques, concélébration interdite alors par son Institut. Et le 29 juin 1999, il fait parti des seize signataires qui font appel à Rome pour mettre la FSSP sous tutelle, trop lefebvriste à leur goût.

On a souvent accusé ces prêtres d’être des traîtres à leur institut : pourtant, une telle attitude n’est que la résultante d’une pensée cohérente. A partir du moment où l’on accepte le concile et où l’on reconnaît la légitimité de la nouvelle messe, refuser ces réformes pour des raisons de sensibilité ou de préférence est le signe d’un esprit schismatique.

Aujourd’hui d’ailleurs, le principe de la concélébration avec l’évêque dans le rite nouveau ainsi que l’orthodoxie du Concile comme du nouveau rite sont tout à fait acceptés, et ce très officiellement, par la FSSP.

On comprend mieux pourquoi, ayant accepté ces réformes, et donc par le fait même la théologie qui la soutient, cela ne pose aucun problème à l’abbé Loiseau – tout comme à l’ensemble des instituts Ecclesia Dei – de voir le pape Jean-Paul II canonisé. Surtout quand cet acte est réputé, en temps normal, être revêtu de l’infaillibilité pontificale.

Le jugement de l’abbé Loiseau sur le livret de la FSSPX est très sévère : « Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine », ou encore « Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise ».

L’aberration en question se compose de 34 pages documentées et étayées qui font écho au livre Doutes sur une béatification de monsieur l’abbé Patrick de la Rocque, livre de 200 pages tout de même, et livre qui n’est que le résumé du dossier présenté à Rome sans qu’il ait fait l’objet d’une réponse et encore moins d’une contre argumentation !

Aberration, bêtise…mais comme disait un humoriste français, on juge l’intelligence des autres avec celle dont on dispose, ce qui limite forcément ! Quand à la haine et l’insulte, elles sont inexistantes ; de telles affirmations sont de pures calomnies.

« JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET » : ne vous en déplaise monsieur l’abbé, faites, je publierai votre réponse si réponse il y a. La FSSPX a donné ses arguments sans méchanceté ni agressivité, répondez de même !


Austremoine

Texte de l’abbé Fabrice Loiseau : Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X 
» En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine. JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S’il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l’Eglise qui ne viennent à la messe qu’en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon ? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise. 
Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu’ils comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d’avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux! 
La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d’eux. » 
Abbé Fabrice Loiseau

15 avril 2014

[Paix Liturgique] A Boulogne-Billancourt, le Motu Proprio toujours en suspens

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre 435 - 15 avril 2014

Alors que le Saint-Père a nommé un successeur à Mgr Daucourt, en la personne de Mgr Aupetit, jusque-là évêque auxiliaire à Paris, il nous semble important de nous arrêter sur la situation de la forme extraordinaire du rite romain à Boulogne-Billancourt, la ville la plus peuplée du diocèse de Nanterre.
I – ÉTAT DES LIEUX
Plus de 100 000 habitants, un doyenné, quatre paroisses, douze messes dominicales, mais seulement deux curés et aucune messe traditionnelle… Telle est la photographie de la situation à Boulogne-Billancourt aujourd’hui. Pourtant, depuis septembre 2007, les demandes d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum n’y ont pas manqué, dans le sillage des nombreuses demandes réitérées depuis les années 1980 par des familles de Boulogne attachées à la forme extraordinaire du rite romain.

De fait, le 27 septembre 2007 – seulement treize jours après l’entrée en vigueur du Motu Proprio et en réponse aux demandes d’application de Summorum Pontificum qui s’étaient déjà manifestées dans la ville depuis sa publication, le 7 juillet 2007 –, les quatre curés de l’époque cosignaient un courrier indiquant qu’il « a été convenu entre les curés du diocèse de Nanterre que ces demandes doivent être formulées auprès du Vicaire épiscopal, l'abbé Yvon Aybram ».

En 2009 puis en 2012, non seulement à Sainte-Cécile et, surtout, à Sainte-Thérèse, mais aussi au niveau du doyenné, la demande a été reformulée. Sans succès jusqu’à présent, mais sans fin de non-recevoir définitive. À Sainte-Thérèse, l’ancien curé, le père Banvillet, avait fait partie des prêtres qui célébraient la première messe traditionnelle du diocèse, mise en place en novembre 2005 à Sainte-Marie-des-Fontenelles, à Nanterre. Apprécié de tous, sa nomination par l’évêque à cette mission avait nourri beaucoup d’espoir chez plusieurs de ses paroissiens n’attendant qu’une seule chose : que leur curé fasse dans LEUR paroisse ce qu’il avait fait à Nanterre. Son départ et son remplacement par un curé moins ouvert à l’accueil de cette sensibilité liturgique, comme on dit, compromirent un temps les projets d’application du Motu Proprio.

Il faut dire qu’en dehors de Sainte-Cécile, dynamique jeune paroisse confiée aux Frères de Saint-Jean, les paroisses de Boulogne ont connu bien des changements en six ans. L’église historique de Boulogne, Notre-Dame, fondée par les Valois au XIVe siècle, a été confiée aux Légionnaires du Christ en 2012. À titre toutefois expérimental puisque le prêtre, d’origine australienne, qui en a la charge, n’est pas curé mais seulement administrateur, comme le précisait Mgr Daucourt dans une lettre aux catholiques de Boulogne-Billancourt datée de l’Ascension 2012. Quant à l’Immaculée-Conception et à Sainte-Thérèse, elles ont désormais le même curé, le père Ketterer, venu récemment du Plessis-Robinson où il avait accepté de célébrer dans la forme extraordinaire. Comme il est en outre curé doyen, sa charge de travail ne lui a guère laissé jusqu’ici le temps de s’occuper activement de la question du Motu Proprio, même s’il a pu faire connaissance avec certains demandeurs de Sainte-Thérèse.
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) 61,2 % des catholiques pratiquants du diocèse de Nanterre assisteraient au moins une fois par mois à la messe traditionnelle si celle-ci était célébrée dans LEUR paroisse. C’est le résultat principal du sondage réalisé par téléphone du 30 mars au 8 avril 2011, pour le compte de Paix liturgique, par l’organisme professionnel et indépendant JLM Études, sondage que nous avons commenté dans notre lettre 317 du 10 janvier 2012. Les données brutes de ce sondage indiquaient même précisément que ce nombre montait à 66,8 % pour l’arrondissement de Boulogne-Billancourt. Deux pratiquants boulonnais sur trois déclarent donc avoir un intérêt réel pour la forme extraordinaire de la messe, à condition que celle-ci soit proposée dans le cadre de leur paroisse habituelle. Déjà bien avant la publication du Motu Proprio du 7 juillet 2007, ce souhait avait été constaté à chaque opération de sensibilisation réalisée par les équipes de Paix Liturgique, de 2002 à 2005, à la sortie des messes de Boulogne. Les témoignages directs des paroissiens à propos de leur désir de bénéficier dans LEUR paroisse des bienfaits de la liturgie traditionnelle, étaient extrêmement nombreux. Cette réalité était donc bien connue de tous. À titre d’exemple, nombre de curés de l’époque étaient dûment informés du fait que beaucoup de mères de familles, engagées dans les aumôneries des écoles (de Boulogne) où étaient scolarisés leurs enfants, étaient attachées au culte traditionnel et le pratiquaient dans des diocèses voisins plus accueillants.

2) Certains considèrent que les fidèles de Boulogne-Billancourt ne sont pas totalement démunis car ils ont la messe non loin des deux extrémités de leur ville : à Saint-Cloud, à 9h30, d’une part, et à Sainte-Jeanne-de-Chantal (XVIème arrondissement de Paris), à 12h, d’autre part. Toutefois, ces messes ne sauraient répondre ni à la demande exprimée ni au désir latent mesuré à Boulogne. Comme nous le confie une lectrice : « Je ne me satisfais pas du conseil d’un prêtre qui me suggère d’aller à Sainte-Jeanne-de-Chantal. Ce qui est possible dans le XVIème doit aussi l’être à Boulogne ! » On remarque d’ailleurs que, tant à Saint-Cloud qu’à Sainte-Jeanne-de-Chantal, l’immense majorité des fidèles sont des paroissiens géographiques. Ces deux célébrations sont un exemple du principe selon lequel « c’est l’offre qui créé le besoin » (ou qui lui permet de s’exprimer). En effet, bon nombre de ces pratiquants, qui n’assistaient pas jusqu’alors à la forme extraordinaire dans une autre paroisse et qui ont désormais le choix, peuvent vivre leur « forme propre de vie spirituelle ». (« Les fidèles ont le droit de rendre le culte à Dieu selon les dispositions de leur rite propre approuvé par les Pasteurs légitimes de l’Église, et de suivre leur forme propre de vie spirituelle qui soit toutefois conforme à la doctrine de l’Église », Code de Droit canonique, canon 214). Autrement dit, ils ont pu bénéficier d’un « droit des fidèles » dont il leur était jusque-là impossible de jouir. Comme dans beaucoup d’autres endroits, les fidèles de Boulogne souhaitent pratiquer leur foi dans LEUR paroisse, là où ils sont déjà engagés pour certains, là où leurs enfants vont à l’école et, plus généralement, là où ils vivent. Ils n’envisagent pas de quitter leur paroisse pour assister à une liturgie qu’ils apprécient et à laquelle ils assisteraient régulièrement, de manière non exclusive, si elle était célébrée dans LEUR paroisse. N’est-ce pas là tout l’esprit du Motu Proprio Summorum Pontificum, et aussi bien tout l’esprit du droit de l’Église ?

3) Dans sa lettre du jeudi de l’Ascension de 2012, Mgr Daucourt expliquait que les Légionnaires du Christ, les frères de Saint-Jean et les prêtres diocésains regroupés autour du père Ketterer en une Fraternité missionnaire pour la ville, sur le modèle voulu par Mgr Lustiger, allaient constituer des « noyaux de charité » au cœur de la ville. Les familles attachées à la liturgie traditionnelle n’espèrent rien d’autre que de bénéficier de cette charité dont l'abbé Aybram parlait lui aussi lors de la mise en place de la messe à Saint-Cloud : « Dans un souci de charité pastorale et d’unité de l’Église, la paroisse de Saint-Cloud ne se contentera pas d’héberger une messe supplémentaire : elle accueillera fraternellement et chaleureusement les fidèles qui prendront part à cet office, qu’ils habitent sur la commune ou qu’ils viennent d’ailleurs. » Le Motu Proprio est fondé sur l’idée que la célébration de la forme extraordinaire dans les lieux « ordinaires » est au service de l’unité. C’est ce que l’expérience a confirmé, lorsqu’elle a été tentée honnêtement : elle a prouvé que l’unité non seulement n’était pas menacée mais se trouvait renforcée (du fait notamment de la disparition d'un mécontentement chez les fidèles jusque-là repoussés) par la mise en place de célébrations paroissiales supplémentaires selon la forme extraordinaire du rite romain. Boulogne a tous les atouts pour le démontrer une fois de plus.

4) Le refus de Mgr Daucourt de dialoguer avec les fidèles les plus traditionnels de son diocèse a contribué, on s’en souvient, à la naissance de Paix liturgique. Une décennie est passée depuis cette époque mouvementée. Et le diocèse de Nanterre est devenu le diocèse pionnier de la région parisienne en matière d’application paroissiale du Motu Proprio. Cela aurait pu se faire bien plus tôt si Mgr Daucourt avait ouvert, à défaut de sa porte, son cœur et sa raison à la générosité bienveillante, à laquelle le Motu Proprio de 1988 appelait déjà les évêques avant celui de 2007. C’est Mgr Daucourt qui, en 2005, avait demandé au père Nicolas Brouwet, alors doyen de Chaville, Sèvres et Ville d’Avray d’apprendre à célébrer la messe traditionnelle en vue de l’expérience de Sainte-Marie-des-Fontenelles de Nanterre, avant de le choisir en avril 2008 comme évêque auxiliaire. Le père Nicolas Brouwet, devenu évêque de Tarbes et Lourdes en mars 2012, a toujours fait preuve de bienveillance envers les fidèles attachés à la forme extraordinaire. De la célébration de la messe de Nanterre dès 2005 à ses nombreuses présences au pèlerinage de Chartres organisé par Notre-Dame-de-Chrétienté, sans oublier les ordinations plusieurs fois conférées dans le rituel traditionnel à divers clercs de communautés Ecclesia Dei, Mgr Brouwet incarne pour nombre de fidèles « la charité pastorale » et « l’unité de l’Église », vécues et pas uniquement invoquées de manière incantatoire.

5) Toutefois, comme le prouve l’exemple de Boulogne-Billancourt, il reste encore beaucoup à faire dans le diocèse. Prions donc pour que l’arrivée de Mgr Aupetit confirme le rôle pilote du diocèse de Nanterre en matière de paix liturgique. Gageons que l’exemple donné à Rome par le pape François, qui dit son intention d’associer toutes les périphéries de l’Église à son pontificat, saura inspirer le nouvel évêque.

14 avril 2014

[FSSP.org] Visite du Cardinal Gérald-Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec à Saint-Zéphirin-de-Stadacona

SOURCE - FSSP.org - 14 avril 2014
Lorsqu’en 2006 le Cardinal Marc Ouellet - alors Archevêque de Québec - fait appel à la Fraternité Saint-Pierre pour établir un nouvel apostolat à Québec, personne ne peut douter du succès de cette nouvelle aventure. La FSSP est alors déjà présente depuis de nombreuses années à Ottawa, l’apostolat qui lui est confié se trouve au lieu-même du « berceau » de la Nouvelle-France. C'est en effet tout d’abord à l’église Saint-François d’Assise sur la Paroisse Notre-Dame de Rocamadour que la Fraternité célèbre la messe. Ce nom est hérité de la promesse que lui fit Jacques Cartier d’accomplir - en son Sanctuaire - un pèlerinage une fois de retour, en échange de la guérison de l’équipage de l’Emerillon pris par les glaces de l’hiver 1536 au confluent des rivières Saint-Charles & Lairet et ravagé alors par le scorbut.

Enfin, depuis 2010 - toujours à quelques centaines de mètres du lieu historique du miracle et du sanctuaire marial érigé en 1919 – c’est à l’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona (tribu éponyme dont le chef apporta providentiellement le « breuvage » salutaire aux 110 membres d’équipage de l’Emerillon) que la Fraternité Saint-Pierre continue son ministère, précieux aux yeux de la centaine de fidèles venant pour la messe dominicale.

Outre l’ensemble des sacrements proposés, c’est aussi par la présence permanente d’un prêtre que la Fraternité Saint-Pierre peut assurer la célébration de la Messe quotidienne dans sa propre église au cœur de l’archidiocèse. Celui-ci célèbre cette année le 350ème anniversaire de sa cathédrale, notamment par l’ouverture de la première Porte Sainte en Amérique du Nord et l’annonce de la canonisation du bienheureux François de Montmorency-Laval, fondateur du diocèse.

Il faut aussi rappeler que l’église Saint-Zéphirin-de-Stadacona est surtout connue depuis que le célèbre cinéaste Alfred Hitchcock, catholique, y tourna en 1952 le film La loi du silence ayant pour thème le secret de la confession.

Cette année 2014 est en outre une année de grâce en particulier en raison de la Visite pastorale dont notre Archevêque, le Cardinal Gérald-Cyprien Lacroix, a voulu nous honorer ce premier dimanche de Carême. C’est la première visite de notre Archevêque depuis notre arrivée à Québec. C’est l’occasion de réunir autour d’un buffet paroissial plus de 150 fidèles dont une cinquantaine d’enfants. Son Éminence le Cardinal Lacroix promet alors - avant de nous donner la bénédiction du Saint-Sacrement - de revenir pour célébrer lui-même les confirmations le 31 mai prochain.

Retenons enfin ce double clin d’œil prometteur de la Providence : avoir établi la Fraternité Saint-Pierre à l’endroit même d’où est partie la chrétienté en Amérique du Nord et permettre qu’en ce lieu fondateur soit perpétué le rite vénérable que connut Jacques Cartier, contemporain de saint Pie V !

[ND de Chrétienté - L'Appel de Chartres] Interview d’Alice Gauthier, responsable « Province » à la Direction des Pèlerins

SOURCE - Alice Gauthier - ND de Chrétiénté - L'Appel de Chartres - Avril 2014

Alice Gauthier, qui êtes-vous ?
Je suis normande et aime à la fois le Cotentin, le Mont St Michel et les côtes d’agneau pré-salé… Depuis 1 an, je travaille comme ingénieur à Angers sur la thématique des bioressources et assiste à la messe à Notre Dame des Victoires, très belle église classée d’Angers que je vous invite à visiter.
Comment êtes vous devenue Responsable Province au sein de la Direction des Pèlerins ?
En octobre 2013, Rémi Mancheron, directeur des Pèlerins, m’a sollicitée pour devenir son adjoint en charge de la province. Jean Charles Proskuryn après plusieurs années de bons et loyaux services, n’avait plus le temps et la disponibilité nécessaire pour assurer cette charge.

Le Pèlerinage m’est plutôt familier puisque j’y suis venue quasiment chaque année depuis plus de 20 ans. J’ai assuré successivement les fonctions de pèlerin, d’adjoint de chapitre, puis de chef de chapitre notamment de l’excellent chapitre sainte Clotilde d’Orléans et enfin de chef adjoint de la région Centre. C’est une première que cette fonction de Responsable de Province soit assurée par une « provinciale » et j’en suis très fière ! Rémi a pensé que je serai ainsi plus à même de résoudre les problèmes rencontrés dans nos belles provinces.
En quoi consiste votre service ?
Il s’agit de seconder Rémi en assumant la charge de la partie Province du Pèlerinage afin qu’elle soit en ordre de marche pour la Pentecôte dans une même unité d’esprit autour de nos trois piliers historiques fondamentaux, Tradition, Chrétienté, Mission.

Concrètement, ma mission consiste en l’animation, la coordination, le soutien de l’équipe dynamique des 9 chefs de région de Province qui entretiennent la flamme et les liens avec les chefs de chapitres pendant toute l’année. Je veille en particulier au bon renouvellement de l’encadrement des quelques 70 chapitres adultes provinciaux ainsi qu’à l’organisation des 7 recollections régionales. Contrairement à l’Ile de France, les distances entre régions rendent les rencontres pendant l’année plus difficiles alors même qu’il est essentiel de renforcer les liens entre les cadres du pèlerinage.

Il y a heureusement l’Université d’Automne à Paris qui donne l’occasion unique de se voir, d’échanger, de se former et de prier ensemble. C’est vraiment un moment privilégié pour fortifier notre unité avec la participation de personnalités de très grande qualité. J’encourage fortement les cadres provinciaux à s’y rendre plus massivement. Pour conforter ces liens, je m’efforce également de participer à une ou deux recollections régionales, étapes cruciale de la préparation spirituelle du pèlerinage. Mais la plupart du temps, il s’agit d’échanger très régulièrement par mails et coups de fil… et d’attendre, entre autres, patiemment et avec confiance le retour des fameuses feuilles de routes, sésame indispensable à tout chef de chapitre pour participer au pèlerinage… Au fur et à mesure, j’apprends à connaître chacune des particularités des régions et chacun des chapitres les composant…

Lorsqu’une difficulté se présente, en particulier dans le cas du renouvellement des chefs de chapitre, il est alors important de pouvoir s’appuyer sur le réseau « Notre Dame de Chrétienté » pour trouver des solutions et de nouvelles têtes… Néanmoins, il reste fondamental que le chef de chapitre sache s’entourer et prépare sa succession avant de quitter le navire…

Parallèlement, j’assure la bonne circulation montante et descendante de l’information en m’efforçant d’impulser une dynamique de mobilisation et en remontant les suggestions, les bonnes idées ou les remarques des chefs de régions. A cet effet, chaque mois, je participe, dans les locaux de l’association, au Conseil du Pèlerinage (le Copel), qui est l’instance de direction de Notre Dame de Chrétienté, afin d’être un porte-voix de la Province dans l’organisation du pèlerinage …
Quel est votre tâche pendant les 3 jours de marche ? « Direction des Pèlerins » veut-il dire que c’est vous qui indiquez la direction à prendre sur la route ?
Non bien sûr ! Heureusement pour chacun des marcheurs, la colonne est menée par 2 pèlerins très méthodiques qui marchent droit sans détours, ce qui évite de la fatigue supplémentaire aux pèlerins… : «Alpha 1» ouvre la marche devant la statue ND de Chrétienté en s’appliquant à respecter rigoureusement l’itinéraire ainsi que l’horaire, et « Alpha 2 » ferme la marche en s’assurant qu’il ne reste personne derrière lui.

Pour ma part, une fois quittée la cathédrale de Paris, je passe mes trois jours à faire des allers - retours dans la colonne pour rencontrer chacun des chefs de régions et recenser ce qui fonctionne bien mais également ce qui va moins bien afin de tenter de résoudre les difficultés éventuelles...
Vos premières impressions ?
Je suis impressionnée par l’attachement très profond des cadres à notre beau pèlerinage, par la grande variété des chapitres qui le compose et par l’esprit de famille, de chrétienté qui y règne.

C’est également très enrichissant d’avoir une vision globale du pèlerinage et je mesure mieux la somme de bonnes volontés nécessaires pour permettre le bon déroulement de notre marche de prière et de conversion chaque année à la Pentecôte

Je suis heureuse de pouvoir contribuer à cultiver le réseau … mais cela nécessite un temps « certain » dont j’avais bien conscience avant d’accepter cette mission sans toutefois en mesurer pleinement l’ampleur. Alors, amis de province, n’hésitez pas à venir renforcer notre équipe de la Dirpel ! 

[La Porte Latine - FSSPX] Un saint nouveau?

SOURCE - La Porte Latine - FSSPX - 6 avril 2014

Conclusion d'une étude de 40 pages lisible ici

Si Jean-Paul II est canonisé, les fidèles catholiques doivent reconnaître que l'Église catholique et les communautés orthodoxes sont des Églises soeurs, responsables ensemble de la sauvegarde de l'unique Église de Dieu. Ils doivent donc réprouver l'exemple de Josaphat Kuncewicz, archevêque de Polotsk ( 1580-1623 ). Converti de l'orthodoxie, celui-ci publia en 1617 une Défense de l'unité de l'Église, dans laquelle il reprochait aux orthodoxes de déchirer l'unité de l'Église de Dieu, et c'est pourquoi il excita la haine de ces schismatiques qui le martyrisèrent.

Si Jean-Paul II est déclaré saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître les anglicans comme des frères et des soeurs dans le Christ, et exprimer cette reconnaissance par la prière commune. Ils doivent donc aussi réprouver l'exemple d'Edmund Campion ( 1540- 1581 ), qui refusa de prier avec le ministre anglican, au moment de son martyre.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent considérer que ce qui divise les catholiques et les protestants – c'est-à-dire la réalité du Saint Sacrifice propitiatoire de la messe, la réalité de la médiation universelle de la Très Sainte Vierge Marie, la réalité du sacerdoce catholique, la réalité du primat de juridiction de l'Évêque de Rome – est minime par rapport à ce qui peut les unir. Ils doivent donc réprouver l'exemple du capucin Fidèle de Sigmaringen ( 1578- 1622 ) qui fut martyrisé par les réformés protestants, auprès desquels il avait été envoyé en mission et qui composa une Disputatio contre les ministres protestants, au sujet du Saint Sacrifice de la messe.

Si Jean-Paul II est reconnu comme saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître la valeur du témoignage religieux du peuple juif. Ils doivent donc réprouver l'exemple de Pierre d'Arbués ( 1440-1485 ), Grand Inquisiteur d'Aragon, qui fut martyrisé en haine de la foi par les juifs.

Si Jean-Paul II est élevé sur les autels, les fidèles catholiques doivent reconnaître qu'après la résurrection finale, Dieu sera satisfait des musulmans, et que les musulmans seront satisfaits de Lui. Ils doivent donc réprouver l'exemple du capucin Joseph de Léonessa ( 1556- 1612 ), qui se dépensa sans compter à Constantinople auprès des chrétiens réduits en esclavage par les adeptes de l'Islam : ce zèle lui valut d'être inculpé auprès du sultan pour avoir outragé la religion musulmane, et on lui appliqua le supplice du gibet : il y resta trois jours suspendu à une chaîne, une main et un pied percés d'un crochet. Les fidèles catholiques devraient aussi réprouver l'exemple de Pierre Mavimène, mort en 715 et après avoir été supplicié pendant trois jours pour avoir insulté Mahomet et l'Islam.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître que les chefs d'État ne peuvent s'arroger le droit d'empêcher la profession publique d'une religion fausse. Ils doivent donc réprouver l'exemple du roi de France Louis IX, qui limita autant qu'il le put l'exercice public des religions non chrétiennes.

Pourtant, Josaphat Kuncewicz a été canonisé en 1867 par Pie IX, et Pie XI lui a consacré une encyclique ; il est fêté dans l'Église le 14 novembre. Edmund Campion a été canonisé, par Paul VI en 1970 et est fêté le 1er décembre. Fidèle de Sigmaringen a été canonisé en 1746, et Clément XIV l'a désigné comme le « protomartyr de la Propagande » ; il est fêté au calendrier de l'Église le 24 avril. Pierre d'Arbués a été canonisé par Pie IX en 1867. Joseph de Léonessa l'a été lui aussi, en 1737 par Benoît XIV et sa fête est célébrée dans l'Église le 4 février ; Pie XI l'a proclamé patron des missions de Turquie. Saint Pierre Mavimène enfin, est célébré dans l'Église le 21 février. Quant au roi saint Louis, son exemple suffisamment connu illustre on ne peut mieux les enseignements du pape saint Pie X, lui aussi canonisé.

Si Jean-Paul II est réellement saint, tous les papes qui ont canonisé tous ces saints se sont gravement trompés, et ont donné à toute l'Église non pas l'exemple d'une sainteté authentique mais le scandale de l'intolérance et du fanatisme. Il est impossible d'échapper à cette alternative. Le seul moyen d'en sortir est de tirer la double conclusion qui s'impose : Karol Wojtyla ne peut pas être canonisé, et l'acte qui prétendrait déclarer sa sainteté à la face de toute l'Église ne saurait être qu'une fausse canonisation. Car nul pape ne peut décider de canoniser celui qui n'est pas saint. Quand bien même il le ferait, cet acte, pour revêtir les apparences trompeuses d'une canonisation, ne trompera aucun de ceux dont la raison déjà droite est éclairée par l'enseignement constant que représentent toutes les canonisations accomplies en conformité avec l'esprit de l'Église.

Si elle a lieu comme prévu, la canonisation de Jean-Paul II donnera donc à tous les catholiques l'exemple trompeur d'une fausse charité. Fausse charité absolument opposée aux exigences de la Royauté du Christ, fausse charité oecuménique, dont le pape polonais s'est fait l'apôtre incessant. On nous dira que l'on ne peut pas sans cesse désobéir, contester et refuser l'adhésion au magistère et au pape. Nous répondons alors précisément, qu'en effet on ne le peut pas et que c'est justement pour continuer à obéir à la Tradition bimillénaire de l'Église, pour ne pas la contester et pour lui donner toute l'adhésion qu'elle réclame, que nous sommes bien obligés de nous opposer à toutes les initiatives qui s'en éloignent, quand bien même elles émanent des plus hautes autorités dans l'Église. Car la rupture n'est pas le fait de ceux qui contestent le bien-fondé d'une éventuelle canonisation de Jean- Paul II. Elle est plutôt le fait de ce pape, qui a voulu rendre l'Église conforme aux nouveautés introduites par le concile Vatican II. En ce sens, la canonisation de Jean-Paul II sera, elle aussi, une nouveauté. Mais une nouveauté contestable, pour qui veut rester attaché à la Tradition de l'Église.
Document élaboré par Ecône et imprimé par le District d'Asie

[Abbé Fabrice Loiseau] Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X

SOURCE - Abbé Fabrice Loiseau (Missionnaires de la miséricorde divine) - via Le Forum Catholique - 14 avril 2014

En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n'a d'égal que la haine. Je suis prêt à en débattre avec eux et à répondre à tous les points de ce livret (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S'il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l'Eglise qui ne viennent à la messe qu'en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n'avait pas pour but d'insulter le pape et l'Eglise .

Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu'il comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d'avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux!

La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d'eux .

Abbé Fabrice Loiseau

[Abbé Meissonnier, fssp - Communicantes] "C’est une nouvelle page de notre communauté qui va s’ouvrir le 7 septembre prochain..."

SOURCE - Communicantes - FSSP - Avril 2014
Mes bien aimés paroissiens,

Cela fait un peu plus de trois ans maintenant que nous avons appris que l’église du Coeur Immaculé de Marie, où nous nous retrouvons tous les dimanches depuis septembre 2008, changera d’affectation. Depuis lors, vos prêtres travaillent avec l’évêché à une solution stable pour que nous soyons relogés dans des conditions adaptées à notre communauté. 

Dans un échange fraternel et un dialogue constructif avec toutes les parties concernées, nous avons pu arriver à une solution qui répond idéalement à nos besoins et à nos attentes. 

C’est donc avec beaucoup de joie et d’émotion, que je peux aujourd’hui vous annoncer qu’à partir du dimanche 7 septembre 2014, nous nous retrouverons pour les messes des dimanches matin, jours de fêtes, solennités, mais aussi pour tous les actes du culte, tels que baptêmes, mariages, et enterrements, dans la vénérable et prestigieuse église lyonnaise de Saint-Just. 

Cette église, que vous connaissez sans doute tous, se situe dans le 5e arrondissement, rue des Farges, sur la colline de Fourvière, à l’ombre de Notre-Dame. 

Notre communauté, mais aussi la Fraternité Saint-Pierre dans son ensemble, sont honorées de la confiance qui nous est accordée par notre archevêque, le Cardinal Barbarin. L’église Saint-Just est en effet l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses églises de Lyon, avec une histoire et un patrimoine riches que nous aurons à coeur de découvrir et de valoriser. 

Je tiens en outre à remercier le curé et les paroissiens de la Paroisse Saint-Irénée de nous accueillir comme des frères. Enfin, nous ne pouvons pas oublier l’accueil que nous ont réservé jusqu’à ce jour les paroissiens du Coeur Immaculé de Marie, ainsi que les prêtres qui en avaient la charge. 

Mes bien chers fidèles, c’est une nouvelle page de notre communauté qui va s’ouvrir le 7 septembre prochain ; et, comme un clin d’oeil de la Providence, cette première messe sera la solennité de Saint-Just, 13e évêque de Lyon. 

La Messe solennelle du saint jour de Pâques sera célébrée en action de grâces pour cette magnifique nouvelle. 

Coeur Immaculé de Marie, priez pour nous. 

Saint Just, priez pour nous. 

Abbé Brice Meissonnier, supérieur

[Communicantes] Communiqué de l'Archevêque de Lyon à la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - Communicantes - FSSP - Diocèse de Lyon - Avril 2014
Votre communauté célébrait jusqu’à présent à l’église du Coeur Immaculé de Marie à Villeurbanne. Le diocèse se séparant de ce lieu, une recherche a été lancée pour trouver une autre église disponible. L’église Saint-Just semblait convenir, sans contrarier pour autant les activités de la paroisse Saint-Irénée – Saint-Just.

Après consultation de la Paroisse Saint-Irénée – Saint-Just et de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, son Eminence le Cardinal Philippe Barbarin a donc décidé de mettre l’église Saint-Just à la disposition de la Fraternité Saint-Pierre pour le culte, dès la rentrée de septembre 2014.

L’église Saint-Just reste canoniquement sous la responsabilité de la paroisse et de son curé, le Père Joël Tapsoba. Une convention a été établie pour régler les questions pratiques.

Le Cardinal Philippe Barbarin remercie la paroisse Saint-Irénée – Saint-Just pour son accueil fraternel de la Fraternité Saint-Pierre. Que le Seigneur nous donne de grandir dans la communion afin que le monde croie!

Vous souhaitant une bonne fin de Carême et une belle montée vers Pâques, j’assure la communauté
de la Fraternité Saint-Pierre de mes prières.

Bien avec vous,
Père Patrick Rollin, Vicaire Général Mission/Lyon

12 avril 2014

[Mgr Williamson] Tournée en France

SOURCE - Mgr Williamson - 12 avril 2014
Encore de bonnes nouvelles, cette fois-ci de France. De nouveau elles sont réduites en quantité mais hautes en qualité. Une poignée de bons prêtres se rassemble pour agir en vue d'assurer que la Foi continuera à être défendue dans la ligne tracée par Monseigneur Lefebvre, en évitant le sédévacantisme sur la droite et le conciliarisme – d'en haut. Le Quartier Général de la FSPX continuera à enterrer ceux qui le suivent, tandis qu'un reste de prêtres heureux continuera à se fortifier par la vraie religion contre l’étape suivante de leur persécution.

C'est ce que j'ai observé lors d'une quatrième tournée depuis l'automne dernier de centres en France où les fidèles sont intéressés par la doctrine anti-libérale des Papes catholiques de Pie VI (1717-1799) à Pie XII (1876-1958). Cette doctrine n'était pas nouvelle même au début du siècle et demi au cours duquel elle a été élaborée. Il s'agissait simplement de cette partie-là de l'enseignement catholique de toujours qui avait besoin d'être rafraîchie lorsque l'ordre social chrétien de 15 siècles se trouvait miné et supplanté par la Révolution Française de 1789.

Cette Révolution n'était autre que la Franc-Maçonnerie qui guerroyait Dieu, en cherchant à renverser le trône et l'autel. Depuis lors, les trônes catholiques ont été pratiquement renversés par la « démocratie », tandis que les autels catholiques ont été virtuellement renversés par la conversion à la religion de l'homme opérée par Vatican II. Par contre Monseigneur Lefebvre, s'accrochant à la religion de Dieu, désirait que ses séminaristes fussent imprégnés de la doctrine contre-Révolutionnaire de l'Église pour qu’ils sussent résister comme Catholiques au milieu d'un monde libéral. Il s'ensuit que les fidèles catholiques qui se rendent compte de la façon dont la Fraternité Saint Pie X de l'Archevêque se transforme sournoisement en la Néo-fraternité, veulent connaître les Lettres Encycliques des Papes des 150 années antérieures au Concile Vatican II. Lors de la première de mes quatre tournées de conférences, il y eut cinq escales. Au cours de la dernière entre fin mars et début avril il y en eut neuf, et on peut s’attendre à d’autres invitations. Il y a constamment plus de fidèles français qui se réveillent en se rendant compte de la façon dont la Fraternité a été détournée de sa mission.

Hélas, bien trop de prêtres de la Fraternité se laissent encore tromper par un maître de la séduction, perdu dans son rêve mondain. J'en ai rencontré quelques-uns au cours de ma dernière tournée. Sans doute s'agit-il de braves gens, ils ont été de bons prêtres, ils ont les yeux ouverts et ils voient beaucoup de choses, mais il suffit qu’ils soient exposés de nouveau à ce séducteur pour que leur vision se trouble et leur volonté soit confondue. Le verbe grec « diaballein » d'où viennent les mots français « diabolique » et « diable », signifie mettre à l'envers, jeter dans la confusion.

Ces prêtres confondus font contraste avec la demi-douzaine de leurs confrères mentionnés ci-dessus qui ont vu clair et agissent en conséquence de ce qu'ils voient. La tension par laquelle ils étaient torturés aussi longtemps qu'ils essayaient de rester loyaux à des leaders diaboliques, appartient au passé. En toute sérénité ils prennent avec joie les décisions qui permettront de continuer l'œuvre de Mgr. Lefebvre. L'abbé de Mérode, ordonné il y a plusieurs années, a abandonné la FSPX de son propre gré. Il a acheté une maison à Lourdes et il en achète une autre dans le sud ouest de la France. Elles serviront de bases pour l'apostolat auprès de nombreuses âmes intéressées dans la région, et aussi comme refuges pour des prêtres qui veulent se tranquilliser. Par ailleurs j'ai rencontr&ea cute; à Lyon une âme vénérable qui offre un studio dans cette ville à tout prêtre cherchant un toit. De même la Maison de la « Résistance » de Broadstairs en Angleterre est maintenant ouverte et peut recevoir la visite de prêtres. L'un d'eux y est déjà passé. Discrétion assurée, pour autant qu’il dépend de nous.

Kyrie eleison.

En dehors, Monseigneur, de votre œuvre détournée Noble elle continue, comme vous la vouliez.

[Abbé Lorans, fsspx - DICI] L’apologétique essentielle de Louis Jugnet

SOURCE - Abbé Lorans, fsspx - DICI - 11 avril 2014

Après avoir réédité Problèmes et grands courants de la philosophie et Doctrines philosophiques et systèmes politiques, les éditions de Chiré publient ce mois-ci Catholicisme, foi et problème religieux du philosophe thomiste Louis Jugnet.

Comme nous l’avons noté dans la préface qui nous a été demandée : « Rééditer aujourd’hui Louis Jugnet, c’est avant tout permettre aux lecteurs d’ouvrir un trésor, et leur faire découvrir une pensée profondément actuelle, parce qu’appuyée sur laphilosophia perennis, la ‘métaphysique naturelle de l’intelligence humaine’. (…)

« Au début de son ouvrage, Louis Jugnet le qualifie d’opuscule et à la fin de simple note. De fait, il n’y a pas 100 pages ; et pourtant quelle richesse dans ces pages denses, au style vibrant ! Elles vont à l’essentiel – à ce que les thomistes nomment le formel –, et elles éclairent bien des points que d’autres livres exposent avec un luxe de détails, sans en posséder l’intelligence profonde. C’est que leur auteur suit la méthode de la Somme théologique qui sait ‘distinguer pour unir’ ; pas celle de l’Encyclopédie dont le classement alphabétique offre une foule d’informations qui alimentent la curiosité sans nourrir l’esprit, qui meublent sans ranger intelligemment. »

Catholicisme, foi et problème religieux n’est pas un livre que l’on peut se contenter de lire. Il faut l’étudier et le méditer.

Abbé Alain Lorans
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Catholicisme, foi et problème religieux, éd. de Chiré, 96 p. (12 €)

[Abbé Franz Schmidberger, fsspx - DICI] La nouvelle pastorale du mariage selon le cardinal Kasper

SOURCE - Abbé Franz Schmidberger, fsspx - version française publiée le 12 avril 2014 sur DICI - 25 mars 2014

Un Synode extraordinaire des évêques devra traiter à l’automne prochain de la famille chrétienne. Il aura à aborder plus particulièrement les problèmes qu’elle rencontre dans un monde marqué par la sécularisation : vie commune hors mariage, divorce, contraception, etc. En octobre dernier, un questionnaire ad hoc a été envoyé aux évêques par le Vatican, auquel les pasteurs avaient à répondre. Dans certains pays, et particulièrement dans les pays germanophones, les évêques ont transmis ce questionnaire à des fidèles choisis, qui ont répondu comme on l’attendait d’eux.

Leurs réponses montrent quels abîmes le processus de décomposition de la morale conjugale a déjà atteint parmi ces peuples autrefois si chrétiens. À la question « Dans le contexte de la régulation des naissances, avez-vous ressenti comme péché l’utilisation des méthodes réputées défendues ? » 86 % ont répondu non, 14 % oui. Autre question : « Vous êtes-vous déjà abstenu de l’eucharistie pour cette raison ? »Ici 90 % ont répondu non, 10 % oui. Dans le diocèse d’Aix-la-Chapelle, il ressort des réponses que « la morale ecclésiale du mariage et de la sexualité » constitue « pour beaucoup un obstacle à la foi ». Dans le diocèse de Bamberg, les réponses manifestent « une attitude critique envers la doctrine de la morale ». Dans le diocèse d’Essen, les interrogés sont disposés à « rendre possible une célébration liturgique pour des partenaires du même sexe ». Dans le diocèse de Freiburg in Breisgau, « vivre ensemble avant le mariage religieux n’est pas l’exception mais le cas normal. » Dans le diocèse de Cologne, « la doctrine de l’Église est considérée comme en rupture avec le monde d’aujourd’hui et les relations normales ». Dans le diocèse de Magdeburg, « l’Église a perdu son statut de valeur référentielle dans les domaines du mariage et de la famille ». Dans le diocèse de Mayence (Mainz), « presque tous rejettent la condamnation des méthodes artificielles pour réguler la fertilité ou la considèrent comme dénuée d’importance ». Dans le diocèse d’Osnabrück, « de plus en plus de personnes tournent le dos à l’Église ». Dans le diocèse de Rottenburg, « l’interdiction des préservatifs est considérée comme un délit ». Dans le diocèse de Trêve (Trier), les fidèles consultés attendent « une miséricorde vécue dans les questions du mariage, de l’échec, d’un nouveau départ et de la sexualité ».[1]
Le rôle funeste du cardinal Kasper
Durant la semaine du 17 au 22 février, le Saint Père avait réuni un consistoire consacré particulièrement à la préparation du prochain synode des évêques. Le Pape avait désigné comme seul et unique conférencier le cardinal Walter Kasper, qui fit un long exposé devant ses confrères dans le cardinalat, le jeudi matin 20 février. Avant d’examiner plus à fond son intervention, nous aimerions faire état des positions théologiques de son auteur.

Né en 1933, Walter Kasper fut ordonné prêtre en 1957 et s’orienta vers la carrière universitaire. Après avoir été assistant de Hans Küng, il devint professeur de théologie et fut nommé en 1989 évêque du diocèse de Rottenburg-Stuttgart. À ce poste, il lança en 1993 avec Mgr Lehmann, aujourd’hui cardinal, et avec l’archevêque de Fribourg Mgr Saier, aujourd’hui décédé, une première offensive pour introduire la communion sacramentelle des divorcés « remariés », offensive qui fut aussitôt énergiquement rejetée par le cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. En 1999, Mgr Kasper était appelé à Rome comme secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Bientôt après il en devenait président. La même année, il contribua largement à l’élaboration et à la signature de la Déclaration commune d’Augsbourg entre catholiques et protestants. En 2010, il donnait sa démission pour raison d’âge ; néanmoins, lors de la vacance du Siège apostolique en 2013, le cardinal Jorge Bergoglio trouva en lui un fervent militant de son élévation à la chaire de Pierre.

Jetons encore un bref regard sur l’œuvre universitaire du cardinal Kasper. En 1967, il proclame dans un article : « Ce Dieu qui trône comme un être immuable au-dessus du monde et de l’histoire, est une provocation pour l’homme. Pour l’amour de l’homme il faut le nier, car il revendique pour lui-même la dignité et l’honneur qui sont dus à l’homme. […] Il faut se défendre contre un tel Dieu, non seulement pour l’amour de l’homme, mais aussi pour l’amour de Dieu. Celui-là n’est pas le vrai Dieu, mais une idole misérable. Un Dieu, en effet, qui n’est qu’à côté et au-dessus de l’histoire, qui n’est pas lui-même histoire, (souligné par nous) est un Dieu limité. Si l’on désigne un tel être comme Dieu, alors on doit, par amour pour l’Absolu, devenir athée. Un tel Dieu correspond à une vision fixiste du monde ; il est le garant des choses établies et l’ennemi des nouveautés. »[2] Dans son livre Einführung in den Glauben, il énonce que les dogmes peuvent être « univoques, superficiels, ergoteurs, stupides et précipités ».[3]

Dans son ouvrage Jesus der Christus il écrit sur les récits de miracles dans le Nouveau Testament : « Par la méthode critique, on peut constater une tendance à accroître les miracles, à les amplifier et à les multiplier. […] Ceci réduit considérablement la teneur des Évangiles en récits miraculeux. »[4] Ces récits de miracles s’expliquent pour lui par un « transfert de motifs non-chrétiens sur la personne de Jésus pour souligner sa grandeur et sa puissance. […] Certains récits de miracles s’avèrent selon la méthode historico-critique comme des projections rétrospectives d’expériences pascales intégrées dans la vie terrestre de Jésus, respectivement comme des représentations anticipées du Christ glorifié. »[5] Cela vaut par exemple pour les résurrections de la fille de Jaïre, du fils de la veuve de Naïm et de Lazare. « Ainsi, les miracles touchant aux natures physiques s’avèrent justement comme des ajouts ultérieurs à la tradition originelle. »[6]

Quant au plus ancien récit de la Résurrection du Christ (Mc 16, 1-8), il explique « qu’il s’agit non pas d’un trait historique mais d’une figure de style destinée à éveiller l’attention et à créer un suspense »[7]. Mais ce n’est pas seulement la foi en la Résurrection de Notre-Seigneur, c’est tout le dogme christologique que Kasper dissout. Il écrit en effet : « D’après les évangiles synoptiques le Christ ne se désigne jamais lui-même comme fils de Dieu. Ceci montre indubitablement que l’affirmation de sa filiation divine est née de la foi de l’Église. »[8] Ailleurs il professe : « Il ne s’est probablement jamais désigné comme messie, ni comme serviteur de Dieu, ni comme fils de Dieu et pas davantage comme fils de l’homme. »[9] Le dogme selon lequel Jésus « est vrai homme et vrai Dieu » est selon lui « dépassable »[10]. N’est-ce pas là du modernisme au sens propre, du modernisme chimiquement pur ? Et c’est cet homme, qui est chargé par le Pape de présenter au Consistoire une vision de la famille et des graves problèmes qu’elle rencontre aujourd’hui ! Une telle foi moderniste, peut-elle servir de base à une morale chrétienne ? Que reste-t-il ici de la crainte du Seigneur, fondement de toute sagesse (cf. Ps 109) ?
La conférence du cardinal Kasper le 20 février 2014 au Consistoire
Revenons maintenant à sa dernière conférence, qui par ailleurs sortait de presse chez Herder le 10 mars, juste avant la réunion de la Conférence épiscopale allemande… N’y voir qu’une pure coïncidence serait par trop naïf.

Dans la première partie, le cardinal traite de la famille dans l’ordre de la création et dans celui de la rédemption, il parle des suites du péché dans la vie de la famille et de la famille comme église domestique. On y trouve même l’une ou l’autre belle pensée ; ainsi on lit (p. 42) : « Le cœur renouvelé demande toujours à être sans cesse nouvellement formé et présuppose une culture du cœur. La vie familiale doit être cultivée selon les trois mots clés du Saint Père : s’il te plaît, merci, pardon. Il faut avoir du temps l’un pour l’autre et célébrer le sabbat, sanctifier le dimanche ensemble ; sans cesse il faut pratiquer l’indulgence, le pardon et la patience ; sans cesse sont nécessaires des signes de bienveillance, d’estime, de délicatesse, de reconnaissance et d’amour. La prière en famille, le sacrement de la pénitence et la célébration commune de l’eucharistie sont une aide pour fortifier sans cesse les liens du mariage, par lesquels Dieu a unis les époux. Il est toujours très beau de rencontrer des époux âgés, qui sont encore, malgré leur âge avancé, amoureux, mais d’un amour mûri. Cela aussi est signe d’une existence humaine rachetée. » Mais la famille, est-elle vraiment « le chemin de l’Église », comme le cardinal le prétend à la fin du 4e chapitre ? N’est-ce pas plutôt l’Église, qui est le chemin de la famille ?

Cependant, l’accent principal est mis sans aucun doute sur le problème des divorcés « remariés », au chapitre 5 de la conférence. Le cardinal a certes raison, lorsqu’il constate que le nombre croissant des familles brisées constitue une véritable tragédie pour l’avenir de l’Église, mais on se scandalise de son silence pudique sur les raisons profondes de ce développement : une catéchèse du mariage diluée, raccourcie et même falsifiée, voire un mutisme total dans la prédication – non seulement pendant quelques années, mais pendant des lustres – quant à la sainteté du lien matrimonial, image du lien entre le Christ et son Épouse mystique, la sainte Église, et partant, quant à l’indissolubilité du mariage. À cet égard, il faut accuser fermement les évêques d’avoir négligé, et de façon coupable, leur ministère de docteurs de la foi et des mœurs dans leurs diocèses. Pour ne donner qu’un exemple, on n’a jamais entendu dire, que le cardinal Kasper, comme évêque de Rottenburg, ait à temps et à contretemps défendu l’indissolubilité du mariage dans ses sermons, catéchèses et conférences.

Notre conférencier a tout à fait raison lorsqu’il dit qu’on peut « admirer et soutenir l’héroïsme des époux délaissés qui restent seuls et qui s’en sortent ainsi dans la vie » (p. 55). Et effectivement, le christianisme réclame de temps en temps un tel héroïsme, héroïsme qui, s’il n’est pas possible aux forces humaines, est cependant possible avec le secours de la grâce divine comme le prouve aujourd’hui encore la conduite de nombreux époux délaissés mais cependant fidèles. Saint Paul disait en ce sens : « Je peux tout, en Celui qui me fortifie » (Ph. 4,13).

Mais certaines phrases du cardinal Kasper sont tout simplement ahurissantes : « Cependant beaucoup de partenaires délaissés doivent pour le bien des enfants entrer dans une nouvelle relation, ils doivent conclure un mariage civil qu’ils ne peuvent ensuite abandonner sans faute. Souvent ils expérimentent dans une telle liaison, après les expériences amères de la précédente, un bonheur humain et plus encoreun cadeau du ciel. » (p. 55) (souligné par nous.) Disons-le clairement : une telle « nouvelle relation » est et restera en contradiction avec l’indissolubilité du mariage et constitue un péché grave. S’il est vrai que les enfants nés de telles liaisons ne peuvent être abandonnés sans autre, l’Eglise, dans sa sagesse, sait répondre à ces situations concrètes par des solutions qui respectent la loi morale universelle. Rappeler ensuite, après l’ouverture de telles brèches, que « l’indissolubilité du mariage sacramentel et l’impossibilité de conclure un deuxième mariage sacramentel pendant la vie du premier conjoint sont parties définitives de la tradition de la foi de l’Église » (p. 55), ne sert à rien.

Un peu plus loin, le cardinal livre le fond de sa pensée et montre par là, quelle est sa famille de pensée : « Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle du dernier concile, lorsqu’il s’agissait de l’œcuménisme et de la liberté religieuse. À l’époque, il semblait que les encycliques et les décisions du Saint-Office barraient le chemin à suivre. Mais le concile a ouvert des portes, sans toucher toutefois à la tradition dogmatique définitive. » (p. 57) C’est justement cela que la Fraternité Saint-Pie X déplore depuis des années : le concile a ouvert des portes vers l’erreur et a provoqué par là une grande partie de la ruine postconciliaire. Mais Kasper justifie ce « développement » par une « herméneutique à la fois juridique et pastorale » (p. 60).

Notre orateur rappelle que le Pape Benoît XVI avait concédé aux divorcés « remariés » la communion non certes sacramentelle mais spirituelle, et il se demande pourquoi ils ne pourraient pas également la recevoir sacramentellement. La réponse est pourtant simple : la communion spirituelle suppose le repentir de ses fautes qui implore de Dieu l’aide nécessaire pour sortir de cette situation, tandis que l’admission à la communion sacramentelle sanctionnerait l’état peccamineux, bénirait divorce et concubinat, et conforterait les pas du pécheur vers sa ruine temporelle et éternelle. Par ailleurs, cette remarque s’applique également au « temps de pénitence » proposé par le cardinal, avant que les divorcés « remariés » puissent recevoir la sainte communion : la pénitence, tout comme le repentir, doit être accompagnée de la ferme volonté de corriger sa vie, sans quoi elle reste sans valeur. Le Saint-Esprit n’a-t-il pas révélé, par la bouche de l’apôtre saint Paul, que celui qui mange et boit indignement, c’est-à-dire celui qui reçoit la communion sacramentelle en état de péché grave, mange et boit sa propre condamnation (1 Cor 11,29) ? Peut-on alors concevoir une cruauté pire envers les âmes et un tort plus grand pour la doctrine de l’Église ? LeCompendium du Catéchisme de l’Église catholique lui même énumère (Appendice, B) parmi les œuvres de miséricorde spirituelle – et en ceci il est tout à fait dans la ligne de la Tradition catholique – le fait de réprimander les pécheurs. À ceci on voit, qu’après le concile, les hommes d’Église ont presque complètement perdu de vue le salut des âmes. Il semble que le cardinal ne sache pas distinguer entre le rejet du péché et la miséricorde envers le pécheur. Dans sa réponse aux objections de ses confrères dans le cardinalat, il prétend que la miséricorde est « un principe herméneutique pour l’interprétation de la vérité » (p. 79) – avec de tels arguments, on peut faire sauter tous les dogmes – et il invoque l’épikie (p. 82). Mais voici que l’épikie ne peut être invoquée ici. En effet l’épikie consiste à suspendre l’application d’une loi humaine afin d’en respecter l’esprit dans un cas concret et exceptionnel, non expressément prévu par le législateur, qui dans ce cas précis dispenserait de l’obligation en raison de la difficulté trop grande ou des dommages qui s’en suivraient. Or la loi en jeu ici est la loi naturelle et son auteur est le Dieu créateur, à qui rien n’est exceptionnel et qui a de toute éternité connaissance de tous et de chacun des divorces de l’histoire humaine. L’épikie ne peut donc aucunement s’appliquer contre cette interdiction, car elle relève non d’une loi humaine, mais d’une loi divine.
L’attitude du Pape
Dans l’après-midi du 20 février, le Consistoire fut le théâtre d’une vive opposition à la conférence du cardinal Kasper. Mais le lendemain matin le Pape François s’épanchait en éloges pour le cardinal allemand. À l’ouverture de la seconde journée du Consistoire, il avouait au sujet de ce discours : « J’ai trouvé l’amour pour l’Église » et poursuivait : « Hier, avant de m’endormir, mais non pas pour m’endormir, j’ai relu le travail du cardinal Kasper et je voudrais le remercier, car j’y ai trouvé une théologie profonde, une pensée sereine de la théologie. C’est agréable de lire une théologie sereine. J’ai aussi trouvé ce que saint Ignace nous disait, le sensus Ecclesiae, l’amour de notre mère l’Église. Cela m’a fait du bien et il m’est venu une idée, pardonnez-moi, Eminence, si je vous mets dans l’embarras. L’idée est la suivante : Voilà ce qui s’appelle faire de la théologie à genoux. Merci. Merci. » [11]
Les autres conséquences
Face à cette opposition que le cardinal a rencontrée au Consistoire, se sont aussi manifestés bien évidemment des soutiens pour son initiative. Le cardinal Marx, archevêque de Munich, se montra enthousiaste après la conférence de Kasper. D’après lui cette conférence fut une « ouverture » vers une discussion qui ne se terminera pas de si tôt. Le cardinal Marx avait critiqué publiquement et amèrement le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, Mgr Müller, lorsque celui-ci rappelait la doctrine catholique, à savoir l’indissolubilité du mariage et donc l’impossibilité d’accorder aux divorcés « remariés » l’accès à la communion. Le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche), se montra lui aussi impressionné. Dans son journal diocésain, il déclare que la conférence de Kasper s’affaire à « chercher où la famille a mal à la patte », et la trouve « brillamment formulée» et « excellente ».[12]

La plaie ouverte par le discours du cardinal Kasper va s’envenimer et causer longtemps encore de très graves dommages au Corps mystique du Christ, et cela d’autant plus que Kasper est couvert par le Pape. Pour preuve de ces effets néfastes, la division s’est immédiatement fait sentir lors de l’Assemblée générale des évêques allemands à Münster, en particulier à l’occasion de l’élection du nouveau président de la Conférence épiscopale.

La discussion ainsi lancée est en fait un véritable assaut, semblable à celui mené contre l’encyclique Humanae vitae de Paul VI par la Königsteiner Erklärung des évêques allemands, dans laquelle ils prétendaient que les époux pouvaient suivre leur conscience personnelle en matière de contraception. Les conséquences qu’aura cet assaut contre la morale conjugale, peuvent d’ores et déjà être lues dans un document élaboré en septembre 2013 par le Bureau pastoral de l’archevêché de Freibourg in Breisgau. On y trouve entre autre les affirmations suivantes :

« La deuxième communauté conjugale doit, pendant un laps de temps prolongé, avoir fait preuve de sa volonté bien décidée et publiquement manifestée de vivre ensemble d’une façon durable selon l’ordre du mariage, comme réalité morale. […] »

De tels partenaires, « en raison des valeurs humaines qu’ils réalisent ensemble, et plus encore en raison de leur disponibilité à prendre responsabilité l’un pour l’autre sous une forme publique et juridique, méritent une reconnaissance morale. […] Le couple désire cette approbation, d’être accompagné et protégé par Dieu dans sa vie. Ils espèrent un accompagnement qui leurs donne courage et confiance pour oser leur nouveau projet de vie. […] La bénédiction et la transmission d’un cierge en sont le signe. […] »

En conséquence, il y aura une célébration liturgique avec bénédiction pour les « couples » de ce genre : « Un cierge est allumé au cierge pascal, le couple tient le cierge ensemble. » La prière suivante est proposée : « Prions. Dieu éternel, auprès de toi nous trouvons pardon, amour et vie nouvelle. Tu illumines la vie. Nous t’en prions, bénis ce cierge. Comme sa lueur illumine la nuit, ainsi tu illumines le chemin de chaque homme. Sois lumière pour N. et N., afin qu’ils te louent dans leurs jours de joie, qu’ils se fortifient en toi dans la peine et qu’ils expérimentent en tout ce qu’ils font le soutien de ta présence. Aide-les, afin qu’ils se sauvent et se fortifient en ta lumière. Nous t’en prions, par le Christ, notre Seigneur. Amen.

En fonction de la situation et du lieu, éventuellement : prière pour toute la (nouvelle) famille (Benediktionale, p. 239) – bénédiction de la maison commune (Benediktionale, p. 270). »

N’est-ce pas là une bénédiction du concubinage et donc, la bénédiction du péché ?

Le cardinal et son initiative ne prévoient la communion sacramentelle que pour une petite partie des concubinaires seulement. Mais qui va les désigner ? Et ceux qui ne seront pas admis, ne se sentiront-ils pas injustement mis de côté ? Il en ira comme de la Königsteiner Erklärung : une fois la brèche ouverte dans la digue, la pratique des communions sacrilèges par les concubinaires se répandra comme un raz-de-marée.

Quoiqu’ils aient, au concile et après le concile, infligé à la Foi et à la Tradition de l’Église des dommages énormes, les néo-modernistes ont toutefois continué, au moins sur certains points, à défendre la morale ; le cardinal Kasper, lui, monte aux barricades et donne l’assaut.
La doctrine de l’Église sur le mariage
Le mariage chrétien a pour modèle l’alliance de Dieu avec son peuple, plus encore, la lien de l’Époux mystique Jésus-Christ et de son épouse l’Église. Une fois consommé, il est absolument indissoluble, et il est élevé par le Seigneur lui-même à la dignité d’un sacrement véritable.

Son premier but consiste dans la transmission de la vie et dans l’éducation chrétienne des enfants confiés par Dieu aux époux, jusqu’à l’état de parfaits chrétiens. Son deuxième but consiste en l’aide mutuelle que se donnent les époux et en leur sanctification à tous deux. De plus, il est un remède contre la concupiscence de la chair.

Pour la défense de la dignité, de la sainteté et de l’indissolubilité du mariage compris comme l’union entre un homme et une femme, ajoutons encore ces paroles du Christ : « Que l’homme ne sépare pas, ce que Dieu a uni » (Mt 19,6) et « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ; et quiconque épouse celle qui a été répudiée par son mari, commet un adultère » (Luc 16,18). Si donc, du vivant de son conjoint, le chrétien marié entre dans une nouvelle liaison, il commet un adultère et ce péché grave l’exclut de la réception des sacrements. « Ne vous y trompez pas : (…) les adultères ne posséderont pas le royaume de Dieu » (1 Cor 6,9). Ceci est une doctrine révélée par Dieu, tenue constamment par l’Église et que le concile de Trente dans sa 24e session, le 11 novembre 1563, a bien mise en évidence. Le canon n° 7 enseigne au sujet du sacrement de mariage : « Si quelqu’un dit que l’Église se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l’enseignement de l’Évangile et de l’Apôtre [voir Mt 5,32 ; 19,9 ; Mc 10,11-12 ; Lc 16,18 ; 1 Co 7,11], que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l’adultère de l’un des époux, et que ni l’un ni l’autre, même l’innocent qui n’a pas donné motif à l’adultère, ne peut, du vivant de l’autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu’est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l’adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l’adultère : qu’il soit anathème. »[13]

Il n’y a pas si longtemps – c’était le 14 septembre 1994 – la Congrégation pour la doctrine de la Foi, par une lettre consacrée justement à la question de la communion pour les divorcés « remariés », avait rejeté cette pratique. Suite aux réactions très vives que la lettre avait suscitées, le cardinal Ratzinger avait une fois de plus insisté sur la doctrine de l’Église au sujet de l’indissolubilité du mariage et avait répondu aux objections et reproches avancés. Cette deuxième lettre réfutait par avance d’une façon exhaustive les sophismes du cardinal Kasper.

Quand, au XVIème siècle, Henry VIII d’Angleterre voulut conclure des noces adultères avec Anne Boleyn, le Saint-Siège défendit la sainteté du mariage, souffrant pour cela qu’un pays entier soit arraché à l’unité de l’Église. Aux temps évangéliques nous voyons saint Jean-Baptiste rappeler à l’ordre Hérode l’adultère : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère » (Mc 6,18). Nous le voyons donner sa vie et verser son sang pour ce témoignage. Seul un tel amour de la vérité et une telle fermeté chez les hommes d’Église, avant tout chez les évêques et les représentants du Saint-Siège, seront capables de rebâtir la chrétienté.

Zaitzkofen, le 25 mars 2014
en la fête de l’Annonciation

Abbé Franz Schmidberger
Directeur du séminaire du Sacré-Cœur
Ancien Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X
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[1] Citations tirées du magazine Der Spiegel 5/2014. [traduction par nos soins]
[2] Gott in der Geschichte, article de Walter Kasper, paru dans Gott heute, 15 Beiträge zur Gottesfrage de Norbert Kutschki, Éditions Matthias-Grünewald, Mainz, 1967. [traduction par nos soins]
[3] Einführung in den Glauben, Walter Kasper, 1974, Éditions Matthias-Grünewald, 7ème édition 1983, Chapitre 9.4, page 148. [traduction par nos soins]
[4] Jesus der Christus, Walter Kasper, Éditions Matthias-Grünewald, 7ème édition 1978, IIème Partie:Geschichte und Geschick Jesu Christi, IIIème chapitre, pages 105-106. [traduction par nos soins]
[5] ibid., p. 106.
[6] ibid., p. 106.
[7] ibid., p. 149-150.
[8] ibid., p. 129.
[9] Kasper, Jesus und der Glaube, in: Walter Kasper, Jürgen Moltmann, Jesus ja – Kirche nein?(theologische Meditationen 32), Zürich, Einsiedeln, Köln 1973, S. 20. [traduction par nos soins]
[10] Kasper, Einführung in den Glauben, S. 55. [traduction par nos soins]
[11] vatican.va
[12] Guiseppe Nardi, Katholisches.info du 27 février 2014
[13] Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, 38ème édition, 1997, page 477.

[DICI] Déclaration de Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, sur la nouvelle pastorale du mariage selon le cardinal Kasper

SOURCE - DICI - 12 avril 2014

Que se passera-t-il à l’assemblée extraordinaire du Synode des évêques qui doit se réunir du 5 au 19 octobre 2014, consacré aux « défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation » ? Cette question se pose avec une grande inquiétude depuis que, lors du dernier Consistoire (20 février 2014), le cardinal Walter Kasper, à la demande du pape François et avec son soutien appuyé, a présenté le thème du prochain Synode en faisant des ouvertures prétendument pastorales et doctrinalement scandaleuses.

Cet exposé qui aurait dû initialement rester secret, a été publié dans la presse et les débats houleux qu’il a soulevés parmi les membres du Consistoire ont fini par être également révélés. Un universitaire n’a pas hésité à parler d’une véritable « révolution culturelle » (Roberto de Mattei), et un journaliste a qualifié de « changement de paradigme » le fait que la cardinal Kasper propose que les divorcés « remariés » puissent communier sans que leur précédent mariage soit reconnu comme nul, « actuellement ce n’est pas le cas, sur la base des paroles de Jésus, très sévères et explicites sur le divorce.» (Sandro Magister)

Des prélats se sont élevés contre ce changement, tel le cardinal Carlo Caffara, archevêque de Bologne, s’interrogeant : « Qu’en est-il du premier mariage célébré et consommé ? Si l’Eglise admet (les divorcés « remariés ») à l’Eucharistie, elle doit donner de toute façon un jugement de légitimité à la seconde union. C’est logique. Mais alors – comme je le demandais – qu’en est-il du premier mariage ? Le deuxième, dit-on, ne peut pas être un vrai deuxième mariage, car la bigamie va à l’encontre de la parole du Maître. Et le premier ? Est-il dissout ? Mais les papes ont toujours enseigné que le pouvoir du pape ne va pas jusque là : sur le mariage célébré et consommé, le pape n’a aucun pouvoir. La solution exposée (par le cardinal Kasper) porte à penser que le premier mariage demeure, mais qu’il y a quand même une deuxième forme de cohabitation que l’Eglise légitime. (…) La question de fond est donc simple : qu’en est-il du premier mariage ? Mais personne ne répond. » (Il Foglio, 15/03/14)

On pourrait ajouter les graves objections formulées par les cardinaux Gerhard Ludwig Müller, Walter Brandmüller, Angelo Bagnasco, Robert Sarah, Giovanni Battista Re, Mauro Piacenza, Angelo Scola, Camillo Ruini… Mais ces objections restent, elles aussi, sans réponse.

Nous ne pouvons attendre, sans élever la voix, que le Synode se tienne en octobre prochain dans l’esprit désastreux que veut lui donner le cardinal Kasper. L’étude jointe, intitulée « La nouvelle pastorale du mariage selon le cardinal Kasper », montre les lourdes erreurs contenues dans son exposé. Ne pas les dénoncer reviendrait à laisser une porte ouverte aux périls que pointe du doigt le cardinal Caffara : « Il y aurait (ainsi) un exercice de la sexualité humaine extra-conjugale que l’Eglise considèrerait comme légitime. Mais avec cela on ruine le pilier de la doctrine de l’Eglise sur la sexualité. À ce point on pourrait se demander : pourquoi n’approuve-t-on pas l’union libre ? Et pourquoi pas les rapports entre homosexuels ? » (Ibidem)

Alors que de nombreuses familles se sont mobilisées courageusement ces derniers mois contre les lois civiles qui partout sapent la famille naturelle et chrétienne, il est proprement scandaleux de voir ces mêmes lois subrepticement soutenues par des hommes d’Eglise désireux d’aligner la doctrine et la morale catholiques sur les mœurs d’une société déchristianisée, au lieu de chercher à convertir les âmes. Une pastorale qui bafoue l’enseignement explicite du Christ sur l’indissolubilité du mariage, n’est pas miséricordieuse mais injurieuse à l’égard de Dieu qui accorde à chacun sa grâce de façon proportionnée, et cruelle envers les âmes qui, placées dans des situations difficiles, reçoivent cette grâce dont elles ont besoin pour vivre chrétiennement et même grandir dans la vertu, jusqu’à l’héroïsme.

Menzingen, le 12 avril 2014

+ Bernard Fellay
Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X

11 avril 2014

[Riposte Catholique] Les ordinations sacerdotales de la Fraternité Saint-Pierre à Chartres

SOURCE - Riposte Catholique - 10 avril 2014

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Oléron et Lescar, viendra conférer le samedi 28 juin l’ordination sacerdotale à 4 diacres français de la Fraternité Saint-Pierre : les abbés Jean de Massia, Pierre de Montlaur, Olivier de Nedde et Thibaud Paris.

Les ordinations sacerdotales de la FSSP en Europe ont lieu généralement au Séminaire Saint-Pierre de Wigratzbad (Bavière), il y a eu quelques exceptions pour les séminaristes d’origine française ces dernières années à l’Abbaye Notre-Dame de Fontgombault ou l’abbaye Sainte Madeleine du Barroux. Cette année, les ordinations seront conférées à la Cathédrale Notre-Dame de Chartres avec la bienveillance de Mgr Pansard, évêque de Chartres.

Il s’agit certainement d’une grande première pour la Fraternité Saint-Pierre et certainement un événement plutôt rare pour les communautés Ecclesia Dei. La cathédrale de Chartres, qui accueille chaque année des milliers de pèlerins marchant depuis Paris, n’a certainement pas connu de cérémonie d’ordination dans l’ancien rite depuis les années 70.

(On notera que ces dernières années les Missionnaires de la Miséricorde Divine (Toulon), communauté de droit diocésain, ont vu leurs diacres ordonnés dans la forme extraordinaire à la Cathédrale de Toulon. Une ordination sacerdotale de deux diacres est d’ailleurs annoncée pour le jeudi de l’Ascension)

[+ F. Louis-Marie, o.s.b., abbé - Bulletin “Les amis du monastère” / Le Barroux] Une nouvelle édition du missel

SOURCE - + F. Louis-Marie, o.s.b., abbé - Bulletin “Les amis du monastère” / Le Barroux - 21 mars 2014

Cela faisait longtemps que nous désirions rééditer le célèbre missel vespéral romain de Dom Gaspar Lefebvre. Ce missel a profondément marqué la vie de l’Église depuis 1920, date de sa parution, jusqu’au concile Vatican II : plus de 80 éditions, des centaines de milliers d’exemplaires vendus en six langues. Un véritable monument spirituel. Mais cela n’a pas été possible. « Pourquoi ? » me direz-vous. Parce que la Providence avait une idée derrière la tête. Le Seigneur fermait une porte pour en ouvrir une autre. C’est alors qu’un frère émit l’idée de refaire complètement un missel, ce qui comportait de revoir le texte latin, de réviser toutes les traductions, de créer des notices, de composer des images, de choisir des méditations… Vous imaginez la réserve avec laquelle fut accueilli ce projet. Il faudrait des années ! Il en a fallu trois. Il faudrait des spécialistes ! Il a su" de quelques bonnes âmes qui vivent simplement et fidèlement la liturgie de l’Église, et de quelques spécialistes en latin et en théologie. Ce fut l’occasion de faire un travail communautaire : six moines, deux moniales, plusieurs laïcs pour la relecture essentiellement. 

Le but était d’aider les #dèles à entrer plus profondément dans la prière liturgique de l’Église et ainsi à marcher dans la voie de la sainteté. Ce missel permettra aux plus courageux de préparer la messe du dimanche en lisant et méditant les textes brièvement. Rien qu’une lecture préalable aide grandement à mieux vivre la messe. J’ai été frappé de voir, dans un monastère de moniales, les sœurs préparer la fête de la Présentation. Elles vibraient en évoquant telle ou telle antienne. Mieux encore, une sainte Gertrude au XIIe siècle a puisé dans le missel toute sa très sûre doctrine et la substance de sa vie mystique, au point qu’une pétition vient de partir vers le Saint-Siège afin de demander de lui attribuer le titre de docteur de l’Église : docteur liturgique.

La participation à la messe et à la liturgie ne peut être réduite à celle d’un spectateur passif. C’est une action du Christ qui, comme un courant, doit nous entraîner cœur et esprit. Il faudrait dire : esprit d’abord, et cœur ensuite ; car si l’esprit et l’intelligence ne participent pas, comment voulez-vous que le cœur s’enflamme? Mais l’e'ort en vaut la peine, car là résident toute la source et le sommet de la sainteté. Là résident pour l’âme une lumière, une force, une nourriture très solides et très sûres, garanties par l’autorité de l’Église et comme condensées dans ce petit livre.

Père Basile et moi avons eu la grâce de rencontrer récemment à Rome le pape émérite Benoît XVI et le Pape François. Nous leur avons o'ert à tous les deux le nouveau missel du Barroux. À Benoît XVI comme un des fruits du motu proprio Summorum pontificum. Il s’en est montré très heureux. Et au Pape François, que le missel cite huit fois parmi les nombreux textes spirituels proposés à chaque messe du temporal. Nous lui avons o'ert ce missel comme un des signes que la forme extraordinaire est bien vivante.Je confie à la Sainte Vierge les fruits de ce missel : elle qui gardait et méditait dans son cœur tout ce qui se disait sur son Fils, qu’elle nous obtienne l’immense grâce de contempler et d’entrer dans la grande prière contemplative du Christ et de son Épouse, l’Église.

+ F. Louis-Marie, o. s. b., abbé