TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

1 mai 2016

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Déclaration d’Évêques – II.

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 30 avril 2016

Une véritable désorientation diabolique
Appelait au sacre d’un autre Évêque. 
Voici la deuxième et dernière partie de la Déclaration des Évêques au sacre de Monseigneur Thomas d’Aquin au Brésil le 19 mars, il y a six semaines :

Pourtant le plus grave de tout au XXIe siècle, c’est peut-être cette masse de Catholiques, clercs et laïcs, qui suivent encore docilement les destructeurs. En effet, comment beaucoup de ces destructeurs ne voient-ils pas ce qu’ils font ? Par une “désorientation diabolique” évoquée déjà avant le Concile par Sœur Lucie de Fatima. Et comment beaucoup de laïcs ne voient-ils toujours pas que l’Autorité catholique n’existe que pour établir la Vérité catholique, et dès qu’elle l’a trahie, elle perd son droit à être obéie ? Par la même désorientation. Et en quoi celle-ci consiste-t-elle, au juste ? En la perte de la Vérité, en la perte progressive de tout sens de l’existence même d’une vérité objective, parce qu’on a voulu se libérer de la réalité de Dieu et de ses créatures, pour la remplacer par la fantaisie des hommes, afin de pouvoir en faire à sa tête. Toujours la fausse liberté.

Mais Dieu n’abandonne pas son Église, et donc dans les années 1970 il a suscité Mgr Lefebvre pour lui venir en aide. Celui-ci a su reconnaître que les Papes et ses confrères au Concile quittaient la Tradition de l’Église au nom de la modernité, et que ce faisant ils finiraient par détruire l’Église. Et alors il a su constituer à l’intérieur de l’Église, comme par miracle, une solide résistance à l’œuvre de destruction, sous la forme d’une Fraternité Sacerdotale qu’il a dédiée à St Pie X, Pape parfaitement clairvoyant quant à la corruption des temps modernes. Or, les Autorités romaines ne supportaient pas que l’on refusât leur supposé “renouveau” Conciliaire, et elles ont tout mis en œuvre pour que cette résistance disparût.

Mais Mgr Lefe bvre leur a tenu tête, et pour assurer la survie de son œuvre d’une importance unique pour la défense de la Tradition catholique, en 1988 il a procédé au sacre de quatre Évêques contre la volonté explicite des autorités romaines alors fourvoyées, mais en accord implicite avec la volonté des Papes de toute l’histoire de l’Église, sauf des quatre derniers, tous gagnés au Concile.

Cette décision héroïque de Mgr Lefebvre a été par la suite amplement justifiée par la décadence ininterrompue des autorités de l’Église qui n’ont cherché qu’à la conformer au siècle pourri. De ces quatre Évêques, celui qui parlait espagnol devait s’installer en Amérique du Sud pour s’occuper des fidèles qui voudraient garder la Foi de toujours dans tout ce continent autrefois si catholique, mais où il n’y avait plus d’évêques sûrs pour les mener au Ciel.
Hélas, la décadence n’a pas cessé depuis, mais c’est maintenant la Fratern ité Saint Pie-X qui tombe à son tour victime de la pourriture universelle. Lors de son Chapitre Général de 2012, ses chefs, sous leur Supérieur Général, l’ont fait basculer vers le Concile. Au lieu d’insister sur la primauté de la doctrine catholique de toujours, de la Tradition, ils ont ouvert la porte à un accord avec la Rome officielle, vouée au Concile. Et donc depuis 2012, la même désorientation fait son chemin à l’intérieur de la Fraternité, et au moins pour le moment on ne peut plus compter sur ses Évêques. C’est bien triste, mais tout à fait normal dans l’état actuel de l’Église et du monde. Donc, encore une fois, il faut sacrer un Évêque sûr pour assurer la survie de la Foi de toujours, surtout dans tout un continent d’âmes qui ont besoin d’un vrai pasteur pour se sauver pour l’éternité.

Que Dieu soit avec lui ! Prions la Très Sainte Vierge pour qu’Elle le garde sous son manteau, fidèle jusqu’à la mort.

Mgr Jean-Michel FAURE
Mgr Richard WILLIAMSON   

28 avril 2016

[Traditionalistes! (blog)] Civitas : Pierre Sidos plutot que Les Brigandes

SOURCE - Traditionalistes! (blog) - 28 avril 2016
Une campagne de presse a eu lieu contre Les Brigandes, groupe de chanteuses se reconnaissant elles-mêmes comme un peu «nunuches» (cf leur entretien à Vexilla Regis). En peu de temps nous avons eu droit au site à charge de leur anti-fan-club, à des articles dans la presse d’ultra-gauche, et à un «dossier» dans Rivarol. Et voilà nos chanteuses «chevaucheuses du dragon» dénoncées, et voilà l’identité du dragon révélée, et bien plus encore. Sauf que…

Sauf que nous ne sommes pas des puritains anglo-saxons, et que nous n’avons pas à nous prononcer sur les mœurs supposées ou les croyances putatives des chanteuses. Elles étaient annoncées au défilé Civitas, comme membre du Comité de parrainage et comme devant se produire en un mini-concert, et pas pour un exposé doctrinal. Et les voilà débarquées comme de nouvelles pestiférées médiatiques.

A dire vrai, c’est une mauvaise plaisanterie, si l’on regarde qui reste dans le comité de parrainage. Le temps n’est plus où y figuraient un Aymeric Chauprade, un amiral François de Penfentenyo, ou un Pierre Bernard. A mesure que partaient ces gens de qualité (il en reste tout de même!) sont entrés divers personnages recrutés dans la périphérie du mouvement Egalité & Réconciliation…. dont une «militante anti-chemtrails».

Chacun a les idées qu’il veut, là n’est pas la question. Ce qui coince par contre, c’est que Civitas se transforme en voiture-balai du complotisme «soralien», tandis que l’institut se présente (encore) comme catholique et que la FSSPX lui fournit son aumônerie. On évince des Brigandes post-adolescentes que personne n’aurait pris au sérieux, tandis que Pierre Sidos (pourquoi pas Dieudonné ou Vincent Reynouard?) fait son apparition sur le tract comme devant prononcer une allocution lors du défilé.

[Abbé Henry Wuilloud, fsspx - Le Rocher] "L’Église de Vatican II [...] a jugé nécessaire de rayer de la liturgie les psaumes imprécatoires"

SOURCE - Abbé Henry Wuilloud, fsspx - Supérieur du District suisse - Le Rocher n°100 - avril-mai 2016

Lettre circulaire aux fidèles de Suisse

Bien chers fidèles,

Nous sommes tous logés à la même enseigne, nous suivons les étonnantes actualités et nous ne comprenons pas l’aveuglement et le laxisme de nos autorités : on clame à tous vents qu’il faut être ouvert et ne pas craindre l’autre, même et surtout s’il vient chargé d’un lourd héritage comme l’islamisme. Cela ne devrait pas trop nous déranger, puisque le christianisme est une religion d’amour. « Bénissez ceux qui vous maudissent »[1] ; « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font »[2], et Jésus insiste à souhait : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent »[3]. Il ne nous reste qu’à faire le gros dos et à accepter les épreuves comme des bénédictions.

L’Église de Vatican II s’est tellement imprégnée de ces paroles qu’elle a jugé nécessaire de rayer de la liturgie les psaumes imprécatoires, comme ce sublime verset du psaume 139 : « Comment ne pas haïr tes ennemis, Seigneur ? Je les hais d’une haine parfaite, je les tiens pour mes propres ennemis », ou peut-être encore plus significatif celui du psaume 68 : « Je les ramène de Basan, afin que tu enfonces ton pied dans leur sang, que la langue de tes chiens ait sa pâture d’ennemis. »

Sommes-nous à l’aise avec de tels textes, ou alors passons-nous outre sans les voir, en nous voilant pudiquement la face ? En tous les cas le pape Paul VI ordonna d’expurger les psaumes imprécatoires du bréviaire. Dans le mot accompagnant les nouveaux livres liturgiques, il en donne l’explication : « Ces omissions ont pour but d’éviter une difficulté psychologique »[4]. Et ailleurs : « Dans cette nouvelle distribution des psaumes ont été omis certains psaumes et versets dont l’expression est plutôt dure, en tenant compte en particulier des difficultés qui pourraient naître de leur célébration dans une langue moderne »[5]. Alors que les chrétiens étaient devenus adultes, on ne pensait pas moins les couver dans certains cas ! Ô logique moderne, quand tu nous tiens !

Avec de tels principes, on n’imagine pas combien de coupes sont psychologiquement nécessaires dans le texte sacré. Mais allez accorder cela avec la parole de saint Paul à Timothée : « Toute Ecriture est inspirée par Dieu »[6]. Car à ce rythme le Nouveau Testament devrait également passer à la coupe, les invectives du Seigneur contre certaines villes de son pays, ou contre les pharisiens, sont d’une dureté insoutenable pour nos oreilles pies. Saint Paul, oust ! quand il dit au magicien Elymas : « Homme plein de toute fraude et de toute malice, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur ? Et maintenant voici que la main de Dieu est sur toi et tu seras aveugle, sans voir le soleil pour un temps. »[7] Pas très charitable pour un homme qui, comme le précise le texte, est rempli de l’Esprit-Saint.

Il nous faut combattre le mal, mais de quelle manière ? Par les armes de la prière, et les psaumes imprécatoires sont absolument nécessaires. Car, par ceux-ci, les pauvres, les opprimés, les justes persécutés peuvent intervenir par leurs cris de souffrance devant Dieu. Ici-bas, le monde ne les écoute pas, mais celui qui prie porte un jugement sur le mal, le discerne et le condamne et surtout… il demande à Dieu d’intervenir. Et c’est là que ces psaumes sont extrêmement exigeants, parce qu’ils fondent le principe selon lequel, même face à l’injustice et au mal subis, le croyant s’interdit de se rendre justice à lui-même et ne cède pas à la tentation de répondre au mal par le mal, à la violence par la violence, mais laisse faire la justice divine. Saint Paul qui ne mâche pas ses mots envers ses ennemis, enseigne pourtant : « Bénissez ceux qui vous persécutent : bénissez et ne maudissez pas. Ne rendez à personne le mal pour le mal ; veillez à faire ce qui est bien devant tous les hommes. S’il est possible, autant qu’il dépend de vous, soyez en paix avec tous. Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez agir la colère de Dieu ; car il est écrit : "A moi la vengeance ; c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur" »[8].

Il est étonnant qu’au moment où les autorités de l’Église suppriment ce genre de prières, naît ce mouvement appelé théologie de la libération, qui enseigne que la révolution est conforme à l’Evangile[9]. Chez nous, la violence est suspendue, car les ventres sont bien remplis, mais il faudrait peu pour la voir dans toute sa laideur et son paroxysme.

Il est donc important de prier avec ces psaumes et d’y puiser cette patience qui laisse à Dieu le gouvernail de la justice : « Aux uns, les chars ; aux autres les chevaux ; à nous, le nom de notre Dieu : le Seigneur. Eux ils plient et s’effondrent ; nous, debout, nous résistons »[10]. Si nous ne le lui disons pas, cette violence qui gît dans tous les fils d’Adam, ressortira d’une manière ou d’une autre. Nos temps sont favorables à de telles prières, sinon les tentations des Juifs au temps du Christ d’espérer un sauveur de la nation qui viendrait les délivrer, retomberont sur nous et notre déception sera la même : alors ils se détournèrent de lui ! Que notre espérance vienne du Ciel et du Ciel seul, dans ce Sauveur qui a donné sa vie pour nous sauver, dans ces humbles mais ô combien puissants moyens de la prière. Cela demande une grande force intérieure, qui doit être acquise de longue lutte et soutenue par la grâce. Que Dieu nous prenne en pitié et qu’il « rende à nos voisins, sept fois, en plein cœur, l’outrage qu’ils t’ont fait, Seigneur Dieu »[11].

Abbé Henry Wuilloud

Encart
Avec La violence et Dieu, Enzo Bianchi signe un livre très stimulant qui vise à réhabiliter les Psaumes imprécatoires, où le psalmiste demande le châtiment de ses ennemis. Sont-ils conciliables avec l’Esprit de Jésus, avec le Nouveau Testament ? Beaucoup de chrétiens sont gênés de les lire et encore plus de les prier. C’est ainsi que dans la réforme liturgique entreprise dans la foulée de Vatican II, certains passages imprécatoires des Psaumes ont été supprimés des offices, sur décision expresse du Pape Paul VI. 
Enzo Bianchi s’insurge contre cette manière de voir : renoncer aux Psaumes imprécatoires, c’est renoncer à tout dire devant Dieu, c’est s’autocensurer devant lui, c’est se croire meilleur que Dieu qui a inspiré ces pages. Ces Psaumes sont les cris de gens qui souffrent : les mettre de côté, c’est donc dénier la souffrance des victimes et se mettre du côté de leurs bourreaux. C’est, en fait, nier la réalité du mal et du péché. Le refus de ces Psaumes va souvent de pair avec une minimisation du mal et du péché. Le Nouveau Testament va dans le sens de ces Psaumes avec les malédictions de Jésus contre Chorazin et Bethsaïda (Mt 11,21) ; voir aussi 1 Co 5, Phil 3,2, etc. (…) Un livre viril, loin de « l’ecclésiastiquement correct » mièvre qu’on rencontre trop souvent aujourd’hui. Un livre qui m’a fait du bien. 
Alain Décoppet (revue Hokhma n° 108 – octobre 2015)

[NOTES]
[1] Luc 6, 28.
[2] Luc 23, 34.
[3] Matt 5, 44.
[4] Présentation générale de la Liturgie des heures, n° 131.
[5] N° 4 de la Constitution apostolique Laudis canticum du 1er novembre 1970.
[6] 2 Tim 3, 16.
[7] Actes des Apôtres 13, 10.
[8] Rom. 12, 16 et s.
[9] Puisqu’on reparle de Don Helder Camara, citons-le : « L’Evangile a toujours été, visiblement ou invisiblement, par l’Église ou hors l’Église, le plus puissant ferment des mutations profondes de l’humanité depuis vingt siècles » (dansTémoignage chrétien le 31.8.1967).
[10] Ps. 20, 8.
[11] Ps. 79,12.

[Ennemond - Le Forum Catholique] Le défilé de Civitas est sur la pente savonneuse

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 27 avril 2016
Ce n’est certainement pas le départ de ces jeunes « brigandes »– visiblement plus à plaindre qu’à blâmer – qui va faire de ce défilé un rendez-vous recommandable. Le seul fait qu’ait été programmé un concert auprès d’un groupe qui insulte ouvertement et très gravement sur son site le pontife romain – lequel malgré ses dérives et ses scandales demeure le vicaire du Christ – en dit long sur l’état d’esprit des organisateurs, au mieux sur leur amateurisme. N'auraient-ils même pas lu les textes des chansons et pensé qu'il était possible de cautionner ceux qui mettent à mal l'homme et la fonction?

Le comité de parrainage du défilé est truffé de personnages aux prises de position politiques et historiques pour le moins douteuses. Ils ne faisaient pas partie des comités des premières années, quand bien même on aurait déjà pu souligner le danger de ce genre de défilé dont on peine à savoir s’il s’agit d’une manifestation ou d’une procession, mêlant slogans et cantiques, banderoles et bannières et où on ne distingue plus le tribun politique du prédicateur en chair.

Que ce soit Jérôme Bourbon, Pierre Hillard ou Florian Rouanet, membres du comité et pour l’un intervenant, tous ont publiquement accablé les supérieurs de la Fraternité Saint-Pie X. Le premier a indiqué que l’œuvre de Mgr Lefebvre était un « attrape-nigaud » et que son fondateur aurait été « complice objectif de la destruction de l'Église militante ». Mgr Lefebvre et Mgr Fellay sont même traités de « fürher ». Comme quoi, même chez Bourbon, il peut y avoir de la reductio ad hitlerum. Pour le second, Mgr Fellay n’aurait pas les mêmes valeurs que Mgr Lefebvre et les milieux traditionalistes seraient « infiltrés ». Quant au troisième, il se vante d’avoir produit avec J. Ploncard d’Assac une « étude » ayant abouti à démontrer qu’un prêtre de la FSSPX était franc-maçon. Le problème est qu'il y a aussi dans ce comité des personnes très vertueuses, à la sainteté héroïque et dont on peut légitimement penser que leur bonté ayant été utilisée, elles n'ont pas mesuré la disparité de ces positions.

Sans doute faut-il fédérer les forces et savoir détecter avec lucidité les ennemis, mais il y a un moment où il faut bien comprendre que le "dénominateur commun" devient très relatif car le combat qui consiste à défendre le règne de Jésus Christ et à restaurer la Tradition de l’Église est pleinement dévoyé par ceux qui font de la vacance du Siège de Pierre et des chambres à gaz l’alpha et l’omega de leur pensée. Ils offrent même une telle caricature qu'ils incarnent l'excès dont leurs opposants n'auraient même pas rêvé. Si le ménage des "Brigandes" a été commencé, on ne peut qu'espérer qu'il se poursuive.

27 avril 2016

[Abbé Couture, fsspx - Lettre aux amis et bienfaiteurs (FSSPX Canada)] Priez le Maître de la moisson…

SOURCE - Abbé Couture, fsspx - Lettre aux amis et bienfaiteurs (FSSPX Canada) - mars 2016

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Le mois de saint Joseph est toujours uni au Carême. Permettez-moi donc, en ce mois de celui qui est le protecteur des vierges et le grand promoteur des vocations, de partager avec vous des informations intéressantes qu’un zélé confrère a eu la charité de me communiquer au sujet des vocations.

Juste avant le Concile, un article fut écrit pour un périodique destiné aux prêtres. Il s’agissait d’une enquête auprès de 2,000 étudiants de huit petits séminaires au sujet de leur vocation au sacerdoce. Il est très intéressant de voir les raisons principales qu’ils donnent pour vouloir entrer au séminaire. « Je voulais dire la Sainte Messe » fut la réponse principale de 1,326 sur 2,000. « Je voulais aider les autres » arriva deuxième avec 1,306 réponses. « J’aime la vie du prêtre » eut 1,186 réponses. « Je voulais être comme le père Untel » arriva en quatrième avec 828 réponses.

Ces révélations nous indiquent bien dans quelle direction nos efforts doivent se poursuivre. Si nous – cela concerne les parents, grands-parents, professeurs, et non seulement les prêtres – si nous pouvons donner aux jeunes gens un désir du sacerdoce, avec la grâce de Dieu cela les conduira à examiner une vocation possible, et alors à recevoir la grâce qui les portera à la décision finale de se donner tout à Dieu. Voici quelques suggestions très sages.

1.Expliquer les cérémonies de la Sainte Messe aux enfants (surtout aux enfants de chœur). Dans les camps d’été et les classes de catéchisme, les explications sur les ornements, les vases sacrés et les linges d’autel sont toujours bien appréciées. Les enfants aiment à apprendre tout ce qui concerne le grand Mystère de notre Foi. En donnant ces explications, nous leur donnerons l’amour de la messe et planterons dans le cœur de certains garçons le désir de devenir prêtre.

2. Nous devons développer l’esprit missionnaire chez nos jeunes, par exemple les amener à visiter des malades et personnes âgées dans les hôpitaux. Un nombre surprenant de prêtres de la FSSPX sont aussi passés par des troupes scoutes, probablement à cause de la formation du caractère qu’ils y ont reçu et l’esprit de service qui leur fut transmis. La Croisade Eucharistique est excellente aussi, car elle donne le zèle des âmes (sacrifice, prière).

3.Il semble important aussi de favoriser les contacts entre les prêtres et les jeunes. Il faut savoir cultiver l’attraction du sacerdoce chez les meilleurs, l’élite parmi ces jeunes. « Une des fonctions du sacerdoce a toujours été de semer des semences de pureté parfaite et de susciter le désir de la virginité », disait saint Ambroise. La direction spirituelle joue un rôle clef, bien sûr, et cela se trouve surtout dans les écoles traditionnelles où le prêtre peut suivre un jeune pendant plusieurs années et ainsi veiller à la croissance de cette petite et délicate semence. Les papes l’ont toujours dit : les bonnes écoles sont les sources principales des vocations. « Il est nécessaire d’améliorer l’esprit catholique de nos écoles dont on attend les vocations sacerdotales », disait Pie XII. (N. B. : Trois quarts des séminaristes français de la FSSPX viennent de nos écoles.) À défaut des écoles de la FSSPX, il y a toujours l’option de l’école-maison pour éviter la corruption des écoles publiques. Il faut savoir aussi encourager les sorties, les camps, les fins de semaine où les jeunes peuvent rencontrer le prêtre, lui parler, se confier à lui. Quand c’est possible, il est excellent aussi de visiter un séminaire, surtout lors des cérémonies d’ordination.

4. Dans l’étude mentionnée ci-dessus, on demanda aux jeunes s’ils avaient été influencés. 669 d’entre eux admirent l’influence majeure de leur mère dans le choix du sacerdoce. 407 seulement ne furent pas influencés par leur mère. Les autres le furent plus ou moins. Cela signifie que pour 1,593 jeunes sur 2,000 le rôle de leur mère fut un élément déterminant pour leur vocation. Les mères de famille doivent par conséquent recevoir de la direction spirituelle pour savoir comment bien remplir leur rôle. Une mère vraiment catholique, avec une vie intérieure solide, aura plus de chances de voir des vocations parmi ses enfants qu’une autre plus mondaine.

Ce rôle primordial de la mère est confirmé par des statistiques récentes données par Monsieur l’abbé Troadec, directeur de notre séminaire de Flavigny en France. Entre 1996 et 2015, il y a eu en moyenne une vocation française pour 5,8 enfants (auparavant, entre 1986 et 1995, c’était une sur quatre). De plus 80% des séminaristes viennent de familles où la mère reste à la maison.

5. Puis vient la question de l’instruction. Le pape Pie XI disait que « le jardin le plus important et le plus naturel » où devraient pousser les vocations est la famille. Il ajouta même que « les exceptions à cette règle sont rares et ne font que confirmer la règle elle-même ». C’est pourquoi il implorait les prêtres à utiliser tous les moyens, la parole et les écrits, pour instruire les parents de leurs obligations. Il faudrait mettre de bons livres dans les mains des parents, quand on le peut, donner des conférences sur l’éducation des enfants. Tout cela aide énormément. (Par exemple les Sœurs Dominicaines donnent beaucoup de conférences aux parents, et cela porte ses fruits.) Quand l’esprit de sacrifice règne dans une famille, les âmes sont plus généreuses et mieux disposées à répondre à l’appel divin.

6. Sur le site de la Porte Latine, dans le menu de gauche, on trouve une liste des différentes communautés religieuses d’hommes et de femmes en plus de la FSSPX. http://laportelatine.org/accueil/accueil.php . Il est important de parler avec enthousiasme aux jeunes de toutes ces manifestations de la vie religieuse. Cela joua un grand rôle dans la conversion et la vocation de saint Augustin, comme on peut le lire dans ses Confessions au livre VIII.

7. Enfin, et ceci est de la plus haute importance, puisque les vocations sont de Dieu, il faut que les parents prient. « Rogate Dominum messis ut mittet operarios in vineam suam – Priez le Maître de la moisson pour qu’il envoie des ouvriers dans sa vigne » (Matth., 9,38). Le père Mateo, le grand apôtre du Sacré-Cœur, encouragea « l’adoration nocturne dans les foyers » comme un grand moyen de susciter des vocations. (Un bel exemple est Madame Vaughan qui, grâce à son heure sainte quotidienne, eut le bonheur de voir six prêtres et cinq religieuses parmi ses treize enfants !) Il faut promouvoir l’Intronisation dans les familles, mais il faut que ces familles rentrent dans l’esprit intérieur de cette pratique. Le père Mateo voulait que l’heure sainte mensuelle de réparation à la maison soit un moyen de vivre l’intronisation dans les familles, c’est-à-dire de bien honorer le Sacré-Cœur comme le Roi de la famille.

Pour terminer, un très bel exemple de cette prière efficace des parents est celle des mères de Lu, un petit village de 5,000 habitants au nord de l’Italie, qui, grâce à leurs heures saintes hebdomadaires, obtinrent 323 vocations dans leur seul village en quelques dizaines d’années :

O mon Dieu, accordez-moi la grâce qu’un de mes fils devienne prêtre!
Je veux moi-même vivre en bonne chrétienne
Et je veux toujours guider mes enfants à faire ce qui est bien
Pour pouvoir recevoir la grâce, O mon Dieu,
De pouvoir vous donner un saint prêtre! Ainsi soit-il.

Nouvelles du District : Pour nos lecteurs qui l’ont connu, l’abbé Yves Normandin vient de célébrer, le 18 février dernier, ses 91 ans. Il est bien connu pour son livre Un curé dans la rue qui est sorti en 1976, il y a 40 ans déjà. L’abbé Normandin est désormais en chaise roulante et il ne peut plus célébrer la sainte messe. Il réside aux Résidences du Précieux-Sang, à Lévis, Québec. Par gratitude pour tout ce qu’il a fait pour la messe traditionnelle au Canada, gardons-le dans nos prières.

En Jésus, Marie Immaculée et saint Joseph,

Abbé Daniel Couture
Supérieur