21 janvier 2019

[FSSPX Actualités] Congrès du Courrier de Rome: entretien vidéo avec l'abbé Davide Pagliarani

SOURCE - FSSPX Actualités - 21 janvier 2019

A l'occasion du XIVe congrès du Courrier de Rome qui s'est déroulé à Paris le 19 janvier 2019, nous avons interrogé l'abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X. Le thème de sa conférence était "L’Eglise, corps mystique du Christ ou adaptation au monde?"

20 janvier 2019

[François Hoffman - Monde&Vie] Requiem pour Ecclesia Dei?

SOURCE - François Hoffman - Monde&Vie - 18 janvier 2019

C'est la rumeur: parmi les réformes de la Curie, la suppression de la Commission Ecclesia Dei -commission actuellement responsable des communautés de rite traditionnel ralliées à Rome- serait envisagée. l'annonce en a surpris plus d'un
Souvenez-vous : le 2 juillet 1988, lorsqu'il condamna les sacres de Mgr Lefebvre, Jean-Paul II avait institué une commission Ecclesia Dei par le biais du Motu proprio éponyme. Cette commission devait remplacer la fameuse commission composée de prélats romains et de membres de la FSSPX prévue par le protocole d'accord du 5 mai 1988. Cette dernière ne vit pas le jour en raison du retrait en dernière minute du fondateur d'Écône. Mais Jean-Paul II eut l'idée de créer une instance destinée à faciliter l'application d'un Motu proprio, qui avait pour mérite de sortir la messe traditionnelle de l'interdiction de fait dont elle était victime.

Au cours de ses premières années, cette Commission eut la réputation de freiner les demandes de célébration de la messe traditionnelle, s'abritant parfois derrière une lénifiante langue de bois toute ecclésiastique. Présidée par le cardinal Mayer, elle fut confiée par la suite à des figures plus insignifiantes et moins engagées pour le rite tridentin. Il faut attendre le cardinal Castrillón Hoyos en 2000 pour que la commission redevienne un organisme plus dynamique. Dirigée par le prélat colombien, elle a pu se targuer d'un beau tableau de chasse" : on lui doit la réconciliation avec certaines communautés proches de la FSSPX : ainsi fut créée l'administration apostolique de Campos en 2002 (héritière de ce camarade de combat de Mgr Lefebvre que fut Mgr de Castro Mayer), et puis la mise en place de l'Institut du Bon Pasteur. Elle a surtout accompagné la libération du rite romain traditionnel par le Motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007.

Pour la Fraternité Saint-Pie X, le bilan de la Commission est plus contrasté : elle porte en elle la condamnation des sacres d'évêques illégaux en 1988. En 2009. Benoît XVI, très attaché aux discussions doctrinales avec la FSSPX, rattacha Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi, sous la houlette du cardinal Levada. Présidée par Mgr Pozzo, elle a été l'instance de discussion avec Menzingen. Des discussions doctrinales qui ont toujours échoué.

On envisage aujourd'hui sa suppression Pour certains, cela traduirait une mauvaise volonté vaticane et un risque de marginalisation de l'ancien rite. Ce n'est qu'une hypothèse. Pour d'autres, la raison de cette suppression serait plus technocratique : une réorganisation administrative au sein de la curie romaine. Enfin, pour certains observateurs, François ne fait que répondre à un grief classique de la FSSPX. II supprime ce qui, même subliminalement, incarnait la condamnation de la Fraternité. En un sens, il la prend au mot. Benoît XVI avait répondu aux préalables de Mgr Fellay. François, lui, continue le travail en purgeant la curie romaine de certaines échardes du passé. La FSSPX en rêvait, François l'a fait ?
Conséquences pratiques
Que sera le monde traditionnel sans Ecclesia Dei? On peut d'abord supposer une réintégration dans le droit commun de différentes questions. Ainsi, la question du rite relèverait de la Congrégation pour le culte divin. La Commission avait donné certaines indications - heureuses ou maladroites - concernant la gestion » du rit traditionnel. Ainsi, c'est elle qui a permis le retour à certaines rubriques d'avant Jean XXIII. Inversement, elle a autorisé certaines réformes dans le sens du Missel de 1965. Il en irait de même pour d'autres questions, comme les vœux ou les ordres religieux : les congrégations romaines compétentes seraient les interlocuteurs des instituts Summorum Pontificum. Rappelons que la FSSPX a toujours eu recours aux instances romaines sans passer par Ecclesia Dei.

Quelles pourraient être les dangers, si la suppression de la commission était confirmée ? On peut songer à davantage de variations dans l'usage du rite traditionnel. C'est en effet Ecclesia Dei qui avait retenu comme étalon l'édition de 1962. Par ailleurs, voilà les Communautés Ecclesia Dei bientôt immergées dans le droit commun de l'Eglise. Les acteurs, de part et d'autre, sont-ils assez mûrs pour cela?

[François Hoffman - Monde&Vie] Un nouvel évêque pour la FSSPX

SOURCE - François Hoffman - Monde&Vie - 18 janvier 2019

Cela fait plusieurs mois que Mgr Huonder, l'évêque de Coire (Suisse), envisageait de prendre sa retraite auprès de la Fraternité Saint-Pie X. Cette fois, c'est officiel. Mgr Huonder, réputé conservateur, est non seulement un ami de la FSSPX, mais il est un proche du pape François, lequel avait refusé sa démission en 2017. Autrement dit, on peut se retirer auprès de la FSSPX comme auprès de n'importe quelle congrégation religieuse! D'après nos informations, Mgr Huonder prendrait sa retraite au sein d'une école tenue par la Fraternité en Suisse. Bref, une illustration de ce «statut par morceaux», dont jouit la Fraternité. Avec l'aval du pape des périphéries. Voilà une preuve supplémentaire de la normalisation de la FSSPX.

[Cyprien Viet - VaticanNews] Le Pape supprime la commission pontificale Ecclesia Dei

SOURCE - Cyprien Viet - VaticanNews - 19 janvier 2019

Le dialogue avec les lefebvristes relèvera désormais directement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Le Motu proprio publié ce 19 janvier annonce la suppression de la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui avait été établie par Saint Jean-Paul II le 2 juillet 1988 suite au schisme de la Fraternité Saint-Pie X, provoqué par l’ordination sans mandat pontifical de quatre évêques par Mgr Marcel Lefebvre. Le Pape justifie cette décision par le fait que les travaux de la Commission Ecclesia Dei sont désormais essentiellement de nature doctrinale et que les communautés célébrant dans la forme extraordinaire ont désormais atteint une certaine stabilité.

L’objectif de cette Commission était de «faciliter la pleine communion ecclésiale» de tous ceux qui, bien qu’étant lié à la Fraternité Saint-Pie X, désiraient «rester unis au Successeur de Pierre dans l’Église catholique, en conservant leurs propres traditions spirituelles et liturgiques». Plusieurs communautés ont ainsi pu se développer en associant la sensibilité traditionaliste et la loyauté au Pape : la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut du Christ-Roi ou encore l’Institut du Bon Pasteur, sont des structures désormais bien intégrées dans le paysage ecclésial, en France notamment.
Évolutions sous Benoît XVI
Le Motu proprio de Benoît XVI en 2007, Summorum Pontificum, qui avait élargi les possibilités de célébration de la messe sous la forme extraordinaire du rite romain, avait aussi placé ces communautés sous la responsabilité directe de la Commission Ecclesia Dei.

L’actuel Pape émérite avait aussi fait paraître un autre Motu proprio en 2009, Ecclesiae Unitatem, réorganisant cette Commission suite à la levée de l’excommunication des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre. Il avait aussi décidé de la lier d’une façon plus organique à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF).

Le Motu proprio de ce jour précise qu’une Section sera instituée au sein de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi afin de poursuivre «l’œuvre de vigilance, de promotion et de tutelle»jusqu’alors conduite par la Commission Ecclesia Dei. Ce transfert de compétences répond à une demande exprimée lors d’une réunion de la CDF le 15 novembre 2017, approuvée par le Pape le 24 novembre suivant et validée en session plénière de ce dicastère en janvier dernier. Le Motu proprio porte la date du 17 janvier 2019.

[Andrea Tornielli - VaticanNews] Éditorial: Ecclesia Dei, la fin d’une exception

SOURCE - Andrea Tornielli - VaticanNews - 19 janvier 2018

Éclairage sur la signification de la décision du Pape d’attribuer à une section spécifique de la Congrégation pour la Doctrine de la foi les devoirs de la Commission instituée en 1988.

Le Motu proprio par lequel le Pape François a supprimé la Commission Pontificale Ecclesia Dei en attribuant ses compétences à une section spécifique de la Congrégation pour la Doctrine de la foi a une double signification. En premier lieu, le Pape rappelle que le caractère exceptionnel qui avait conduit saint Jean-Paul II à l’instituer en 1988, après la rupture avec l’archevêque Marcel Lefebvre et les ordinations épiscopales survenues sans mandat pontifical, s’est atténué. La Commission devait favoriser la récupération de la pleine communion ecclésiale avec les prêtres, les séminaristes, les religieux et les religieuses liées au rite romain préconciliaire, en leur permettant de maintenir leurs propres traditions spirituelles et liturgiques.

Une urgence qui n’existe plus, grâce aussi à la décision de Benoît XVI de libéraliser l’usage du Missel Romain de 1962 (promulgué par saint Jean XXIII avant le début du Concile). Pour cette raison, le Pape rappelle que «les instituts et les communautés religieuses qui célèbrent habituellement dans la forme extraordinaire ont trouvé aujourd’hui une vraie stabilité de nombre et de vie». Leur existence est donc consolidée, et toutes les fonctions sont transférées à la nouvelle section qui, entre autres, s’appuiera sur le personnel jusqu’à présent en service au sein de la Commission.

La seconde signification de la décision est liée aux compétence spécifiques du Dicastère doctrinal. La décision de François s’inscrit dans un parcours déjà initié par le Pape Benoît XVI, qui en 2009 avait voulu que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi préside la Commission Ecclesia Dei. Le nouveau passage d’aujourd’hui est motivé par le fait que les finalités et les questions traitées par la Commission «sont d’ordre essentiellement doctrinal». Il s’agit d’une référence au dialogue entre le Saint-Siège et la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X fondée par Mgr Lefebvre. Comme on le sait, avec la levée des excommunications des évêques ordonnés de façon illégitime en 1988, le libre usage du Missel Romain de 1962 et les facultés concédées aux prêtres de la Fraternité par le Pape François, le thème doctrinal reste l’unique, mais aussi le plus important, à être ouvert. Surtout maintenant que la Fraternité a changé de guides. Les nouveaux responsables ont en effet annoncé vouloir demander une autre discussion avec le Saint-Siège sur les textes du Concile Œcuménique Vatican II: un thème délicat qui sera abordé par le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Luis Ladaria.