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jeudi 26 novembre 2009
[summorum-pontificum.fr] Une école "tradis" pour des enfants atteints de Trisomie
SOURCE - summorum-pontificum.fr - 26 novembre 2009
La dernière Lettre de Domus Christiani, regroupement de foyers chrétiens, accompagnés par des prêtres appliquant Summorum Pontificum, nous apprend que l’école hors-contrat Sainte-Geneviève de Port-Marly « ouvre une classe accueillant exclusivement des enfants porteurs de trisomie 21 ». Les enfants concernés sont âgés de 5 à 9 ans. Des méthodes adaptées seront utilisées et les enseignantes s’inspireront notamment de la méthode Montessori pour les apprentissages et de la méthode Cloé (Comment Lier Oral-Écrit) pour la parole. Ils « pratiqueront la motrocité, manipulation, informatique, maîtrise des coortements, graphisme, jardinage ». Les enfants concernés iront en récréation avec les autres élèves et seront intégrés aux classes de ces derniers pour certaines matières.
Un beau mouvement missionnaire de la part d’une école « traditionaliste », dirigée par l’abbé Bruno de Blignières, de la Fraternité Saint-Pierre.
[Philippe Oswald - Famille Chrétienne] La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d’un de ses collaborateurs et disciples
SOURCE - Philippe Oswald - Famille Chrétienne - 26 novembre 2009
La réforme de Benoît XVI - La liturgie entre innovation et tradition
La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d’un de ses collaborateurs et disciples.
La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d’un de ses collaborateurs et disciples.
Le motu proprio Summorum pontificum élargissant l’usage de la forme extraordinaire du rite romain a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, deux ans après sa promulgation, il n’est pas sûr qu’il soit bien compris, même de ceux qui l’approuvent ou s’en félicitent. On le réduit souvent à une concession ou à un geste de sympathie envers les « tradis ». Or sa portée est bien plus vaste : elle concerne toute l’Église et son développement.
C’est un ami et disciple de Benoît XVI, doublé d’un expert en la matière, qui l’explique dans ce petit livre lumineux et d’une rare densité. Outre qu’il enseigne la liturgie et la théologie sacramentaire à l’Institut de théologie de Bari (Italie), Mgr Nicola Bux est à la fois consulteur pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, consulteur de la Congrégation pour la cause des saints, et consulteur au Bureau des célébrations liturgiques du souverain pontife. C’est dire si son avis est autorisé. Son propos se voit d’ailleurs étayé par trois préfaciers non moins compétents, que l’éditeur a eu la judicieuse idée de réunir dans une exceptionnelle polyphonie : Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, pour l’édition française ; le célèbre journaliste et écrivain Vittorio Messori, pour l’édition italienne ; enfin, pour l’édition espagnole, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en personne, le cardinal Antonio Canizarès.
Au cœur des actuelles discussions doctrinales entre la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Fraternité Saint-Pie-X, il y a l’héritage du concile Vatican II, et notamment la liturgie. Pour Benoît XVI, on le sait, le Concile doit être lu et appliqué selon une « herméneutique de la continuité » et non « de la discontinuité et de la rupture ». C’est bien ainsi, « entre innovation et tradition » (Mgr Aillet), qu’il faut concevoir la réforme liturgique qui n’est toujours pas achevée (cardinal Canizarès). Telle est la conviction du pape et telle est la volonté qu’il déploie avec « la patience de l’amour », souligne Mgr Bux : il s’agit de compléter et de corriger ce qui doit l’être afin que la liturgie eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne », donne un nouvel élan missionnaire aux chrétiens du XXIe siècle.
Donner la première place au caractère sacré et divin de la liturgie
Dans cette perspective dynamique, plus question d’opposer les Missels de 1962 et de 1970, mais de saisir le développement organique et continu qui unit les deux formes du même rite romain, pour retrouver un « ars celebrandi » donnant la première place au caractère sacré et divin de la liturgie, sans omettre la communion fraternelle mise en valeur dans la forme ordinaire du rite. Il faut pour cela plonger en eaux pro-fondes, jusqu’aux sources théologiques de la liturgie (cf. le Catéchisme, 1077-1112) que le Concile a voulu restaurer (comme l’écrit Vittorio Messori, « le problème n’est certainement pas le Concile, mais sa déformation : on sortira de la crise en retournant à la lettre et à l’esprit de ses documents »).
Ce programme implique que soit promue dans les séminaires « une connaissance à la fois théorique et pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites de l’Orient et de l’Occident, créant ainsi une génération de prêtres libres de tous les préjugés dialectiques » (cardinal Antonio Canizarès).
L’œcuménisme n’est pas en reste : alors que des anglicans traditionnels rejoignent l’Église catholique romaine en y apportant leur art de célébrer, l’unité s’exprime aussi par la complémentarité des diverses formes rituelles entre l’Orient et l’Occident (on se souvient du satisfecit exprimé par le patriarcat de Moscou lors de la promulgation du motu proprio).
On le perçoit mieux grâce à l’étude de Mgr Bux : c’est un large horizon qu’ouvre le motu proprio de Benoît XVI. N’oublions pas cependant que cette ouverture dépend aussi très concrètement de l’effort de tous, pasteurs et fidèles attachés à l’une et à l’autre forme du rite, pour s’apprivoiser dans une volonté de compréhension et d’accueil mutuels, dans une communion fraternelle inspirée par une authentique charité.
Philippe Oswald
Au cœur des actuelles discussions doctrinales entre la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Fraternité Saint-Pie-X, il y a l’héritage du concile Vatican II, et notamment la liturgie. Pour Benoît XVI, on le sait, le Concile doit être lu et appliqué selon une « herméneutique de la continuité » et non « de la discontinuité et de la rupture ». C’est bien ainsi, « entre innovation et tradition » (Mgr Aillet), qu’il faut concevoir la réforme liturgique qui n’est toujours pas achevée (cardinal Canizarès). Telle est la conviction du pape et telle est la volonté qu’il déploie avec « la patience de l’amour », souligne Mgr Bux : il s’agit de compléter et de corriger ce qui doit l’être afin que la liturgie eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne », donne un nouvel élan missionnaire aux chrétiens du XXIe siècle.
Donner la première place au caractère sacré et divin de la liturgie
Dans cette perspective dynamique, plus question d’opposer les Missels de 1962 et de 1970, mais de saisir le développement organique et continu qui unit les deux formes du même rite romain, pour retrouver un « ars celebrandi » donnant la première place au caractère sacré et divin de la liturgie, sans omettre la communion fraternelle mise en valeur dans la forme ordinaire du rite. Il faut pour cela plonger en eaux pro-fondes, jusqu’aux sources théologiques de la liturgie (cf. le Catéchisme, 1077-1112) que le Concile a voulu restaurer (comme l’écrit Vittorio Messori, « le problème n’est certainement pas le Concile, mais sa déformation : on sortira de la crise en retournant à la lettre et à l’esprit de ses documents »).
Ce programme implique que soit promue dans les séminaires « une connaissance à la fois théorique et pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites de l’Orient et de l’Occident, créant ainsi une génération de prêtres libres de tous les préjugés dialectiques » (cardinal Antonio Canizarès).
L’œcuménisme n’est pas en reste : alors que des anglicans traditionnels rejoignent l’Église catholique romaine en y apportant leur art de célébrer, l’unité s’exprime aussi par la complémentarité des diverses formes rituelles entre l’Orient et l’Occident (on se souvient du satisfecit exprimé par le patriarcat de Moscou lors de la promulgation du motu proprio).
On le perçoit mieux grâce à l’étude de Mgr Bux : c’est un large horizon qu’ouvre le motu proprio de Benoît XVI. N’oublions pas cependant que cette ouverture dépend aussi très concrètement de l’effort de tous, pasteurs et fidèles attachés à l’une et à l’autre forme du rite, pour s’apprivoiser dans une volonté de compréhension et d’accueil mutuels, dans une communion fraternelle inspirée par une authentique charité.
Philippe Oswald
mercredi 25 novembre 2009
[Christophe Saint-Placide - summorum-pontificum.fr] Mouvement dans l’édition proche des « tradis »
SOURCE - Christophe Saint-Placide - summorum-pontificum.fr - 25 novembre 2009
Hasard ? Deux maisons d’édition francophone, et plutôt proches du monde traditionaliste, subissent actuellement des mouvements importants.
À partir du 1er décembre prochain, les éditions Ad Solem s’installent, en effet, à Paris. La nouvelle adresse de cette maison renommée pour son sérieux et la qualité de ses ouvrages, est la même que celle des éditions de l’Œuvre, jeune maison d’édition fondée par Victor Loupan, après sa rupture avec les Presses de la Renaissance où il était directeur éditorial après avoir quitté les éditions des Syrtes où il avait pris la place de Pierre-Guillaume de Roux. Victor Loupan était auparavant journaliste au Figaro-Magazine.
Sans que je puisse le confirmer à 100%, Ad Solem semble devoir devenir à terme une « marque » des éditions de l’Œuvre. Son directeur reste Grégory Solari qui est également directeur de la collection « Théologiques » aux éditions du Cerf.
Grégory Solari n’a jamais caché son attachement non exclusif à la messe traditionnelle, qui fut l’une des voies qui le mena au catholicisme. Ce Genevois, très cultivé, aussi à l’aise avec le cardinal Newman qu’avec Édith Stein, proche des théologiens anglo-saxon de Radical Orthodoxy, a lui-même consacré un livre à la question liturgique Les raisons de la liturgie (édité à… L'Œuvre) livre dans lequel il se montre favorable à Summorum pontificum tout en recevant Vatican II dans une perspective de retrouvailles entre la foi et la raison. Il a également participé au lancement de la revue Kephas de l’abbé Bruno le Pivain, à l’époque où celui-ci était encore membre de la Fraternité Saint-Pierre. Grégory Solari a également épousé une ancienne collaboratrice de Christophe Geffroy à La Nef et proche à l’époque de la communauté Ecclesia Dei de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chéméré-le-Roi.
Les raisons du rapprochement d’Ad Solem avec l’Œuvre ? Difficile de le dire clairement tant la « discrétion » suisse règne en la matière. La venue à Paris de cet éditeur pourrait avoir plusieurs raisons. La crise d’abord qui expliquerait le rapprochement avec l’Œuvre, laquelle est également en partenariat avec… Bayard Presse. Le mal du pays, ensuite, pour l’épouse de Grégory Solari. La nécessité aussi d’être plus au cœur de la vie culturelle française puisque notre pays reste le principale client d’Ad Solem. Ce déménagement français reste cependant étonnant dans la mesure où Ad Solem venait de déménager de Genève à Fribourg, présenté par son directeur, newmanien de conviction, comme une sorte d'Oxford catholique. Apparemment, ce ne fut pas le cas.
Fondées par deux militants du monde « tradis », Bruno Nougayrède, ancien de Jeune Chrétienté (devenue Missio) et de La Nef et Loïc Mérian, ancien du MJCF, cheville ouvrière du CIEL (colloque international d’études liturgiques) et chroniqueur « liturgique » à La Nef, les éditions Tempora de Perpignan seraient à la recherche d’un financier capable de soutenir le développement de ce petit groupe qui a lancé également la librairiecatholique.com et racheté le journal Aujourd’hui Dimanche pour en faire une sorte de Prions en Église plus fidèle au magistère. Ce qui lui a valu quelques ennuis avec Bayard Presse. On a parlé de plusieurs financiers possibles dont le groupe Media-Participation qui détient également Famille Chrétienne. La réponse peut-être dans quelques jours ?
[Jacques Dhaussy, Una Voce France] Sur la situation aux Pays-Bas...
SOURCE - Jacques Dhaussy, Una Voce France - 25 novembre 2009
Jetons un regard également sur les Pays-Bas : c’est le 8 avril 1967 qu’a été fondée à Utrecht Una Voce Nederland pour maintenir vivante la liturgie latine et grégorienne conformément aux instructions de la Constitution conciliaire « De Sacra Liturgia » du 2° Concile du Vatican. Les moyens préconisés à cet effet sont de promouvoir la célébration de la Sainte Messe en latin, ; de telle façon que tous les fidèles soient en mesure d’y prendre part ; de se grouper pour une participation active à l’exécution de la liturgie latine, tant à la sainte messe chantée qu’à la messe basse et à l’office divin ; de rendre accessible l’étude du latin et du chant grégorien. L’accent est surtout mis sur la pratique, c’est-à-dire sur la formation de petits groupes régionaux qui apprendront et exécuteront le chant grégorien... Pratique et formation !
Quand quarante ans plus tard après le motu proprio de Benoît XVI on lit certaines publications, certaines annonces pour réintroduire la messe selon l’ordo de 1962 dans les paroisses, on constate que la méthode préconisée est toujours la même. Demander, réclamer la messe aux évêques et aux curés selon le rite extraordinaire, mais en faisant l’effort d’organiser les cérémonies. C’est à la fin de la première décennie du XXI° siècle chose plus difficile que dans les premières années qui ont suivi le concile, car à cette époque les rites et les mélodies traditionnelles n’étaient pas totalement oubliés...
En 1969, une véritable crise a atteint la Hollande, une crise grave. Comment une chrétienté aussi fervente et solide que la chrétienté hollandaise a-t-elle pu en arriver là ?
Le R.P. van der Ploeg, O.P. professeur à la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Nimègue, a tenté de retracer les étapes de cette évolution au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le 13 mai à l’Institut néerlandais de Paris.
De cet exposé si objectif et si complet, nous a dit une personne qui y assistait, on a pu constater qu’il s’agissait d’une crise de la foi, d’une rupture théologique sans précédent, semble-t-il. Un exemple typique est celui du « catéchisme hollandais » auquel ses auteurs ont toujours refusé d’apporter les corrections demandées par le Saint-Siège (1) . Et naturellement cette crise de la foi s’exprime par une très grave crise liturgique. Nombre de prêtres, a souligné le conférencier, ayant perdu le sens de la fidélité aux textes liturgiques prescrits, n’hésitent pas à composer le samedi des textes pour la célébration de la messe du lendemain. On change même les canons et jusqu’à la formule consécratoire. Les évêques ne se sentent d’ailleurs plus, eux non plus, liés aux prescriptions liturgiques éditées par Rome.
Les résultats ? D’incroyables confusions au plan théologique, dont les « intercommunions » entre pasteurs protestants et prêtres catholiques ne sont qu’un aspect, le plus connu du public.
A ce propos, permettez-nous cette incise, le cardinal Journet écrivait dans un article publié à la même époque par l’Osservatore Romano : « Accepter l’intercommunion entre l’Eglise catholique d’une part et les communions protestantes d’autre part, c’est accepter l’équivalence de l’Eucharistie et de la Cène protestante ». Le cardinal, professeur au séminaire de Fribourg (Suisse), poursuivait : « Les protestants partisans de l’intercommunion diront qu’ils croient ce que nous croyons... La raison en est qu’ils considèrent comme secondaire, accidentel, destiné à disparaître un jour, tout ce qui nous différencie les uns des autres, lorsque nous parlons de la présence réelle du Christ. S’ils croyaient vraiment à cette présence réelle, comme nous l’affirmons, ils viendraient à elle, ils ne pourraient plus supporter un seul instant d’en être séparés. »
Le RP van der Ploeg dénonçait donc les « incroyables confusions » et déplorait aussi la disparition de toute notion d’autorité ecclésiastique, la chute des vocations, le recul grave des ordinations, la diminution de la vie sacramentelle des fidèles , les pires « fantaisies » liturgiques. Alors, la hiérarchie se contente de maintenir les fidèles dans le grand ensemble de l’Eglise, sans trop leur demander ce qu’ils croient ou ne croient plus... Cependant, il y a des ilots de résistance et la conférencier cite, entre autres, la Vereeniging voor latijnse liturgie, l’homologue d’Una Voce en Hollande.
Cette association a tenu le 10 mai à Amsterdam sa 3° assemblée générale dont un ami nous a envoyé le compte rendu. Beaucoup de spontanéité et une attitude bien réconfortante...
« L’assemblée fut précédée d’une messe chantée par un choeur grégorien d’étudiants d’Amsterdam.
Cette rencontre à laquelle assistaient 350 des 2 500 membres de l’association s’es tenue sous le signe de la confiance. Confiance que c’est le Seigneur qui conduit toujours son Eglise, confiance dans la force de la liturgie qui pourvu qu’on y travaille ardemment et intelligemment, ne manquera pas de prouver elle-même sa valeur essentielle.
Cela ne veut pas dire, comme l’a précisé le président Jhr. J.E. van der Does de Willebois, avocat à Rotterdam, que nous sous-estimons la gravité de la situation actuelle, mais la grande tentation à éviter c’est la tentation du découragement, de se dire :à quoi bon ? Il importe de garder son sang-froid et de poursuivre intrépidement le chemin choisi : nous sommes essentiellement un groupe de travail, faisons donc des sacrifices pour organiser et assister à une messe, même lointaine, pour prier ensemble vêpres et complies ; à cela, trois ou quatre personnes suffisent. Si les hommes n’ont pas le temps, que les femmes le fassent – qui sait si les religieux ne suivront pas.
Le président se montra d’ailleurs étonné du très petit nombre ici présent des 120 prêtres membres de l’association.
Dans une discussion animée, quelques points saillent : il faut à tout prix rester au coeur de l’Eglise, donc ne jamais se laisser entraîner par un fanatisme qui rejette tout renouveau (même voulu expressément par l’Eglise) parce que c’est du renouveau. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas contre la langue vulgaire, mais pour l’usage du latin et pour la liturgie, c’est-à-dire nous essayons de redécouvrir le nœud qui lie la liturgie et à la société et à la vie intérieure.
Nous ferons usage de la presse si l’occasion se présente sans y chercher spécialement un appui.
Le R.P. Kat, membre du conseil général et curé du Papegaaienkerk à Amsterdam, en s’adressant au public, a relevé le caractère intemporel de la liturgie. Parce que au coeur même d’Amsterdam, il a maintenu intégralement la liturgie dans son église, il sait de quoi il parle.
Après avoir chanté tous ensemble le Regina Caeli, on s’en alla réconforté et raffermi dans la foi.»
(1) Le mauvais vent du nord a soufflé jusqu’au Liban où en octobre de cette année 1969 nous avons eu nous-même une conversation assez animée avec l’évêque melkite de Beyrouth qui se vantait devant nous d’avoir introduit le catéchisme hollandais parmi son clergé et ses fidèles...
[Abbé Aulagnier - Regards Sur Le Monde] La célébration de la messe, prêtre et fidèles tournés «ad orientem»
SOURCE - Abbé Aulagnier - Regards Sur Le Monde - 25 novembre 2009
Le Cardinal reconnaît que l’on a malheureusement perdu, en Occident, le sens symbolique de cette orientation « ad orientem », l’Orient étant le symbole de la lumière se levant, symbole du Christ, Lumière du monde. Les expressions populaires le laissent clairement entendre. « Comment comprendre autrement – cette perte de sens – lorsque l’on parle de « célébration vers le mur » ou de « tourner le dos au peuple » pour désigner l’orientation commune de la prière du prêtre et du peuple telle que la Tradition nous l’a transmise ? » (p. 67). C’est pourquoi, semble-t-il, cette mode de célébrer la messe « versus populum » et non plus « ad orientem » s’est imposée si facilement dans l’Eglise après le Concile Vatican II. Et c’est pourquoi on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l’orientation de la célébration « versus populum » a pu paraître être la conséquence du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II. Mais ce dernier ne mentionne même pas dans sa Constitution « Sacro Sanctum Concilium » de « se tourner vers le peuple ».
Or cette orientation nouvelle est lourde de conséquences théologiques, nous dit le cardinal Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, qui a maintenant la « garde obligée de la foi ».
A- Cette nouvelle orientation implique d’abord, dit-il, une conception nouvelle de l’essence liturgique, celle de la célébration d’un repas en commun.
Il écrit : « En fait l’orientation « versus populum » est l’effet le plus visible d’une transformation qui ne touche pas seulement l’aménagement extérieur de l’espace liturgique, mais implique une conception nouvelle de l’essence de la liturgie : la célébration d’un repas en commun » (p 65) alors que la messe est d’abord essentiellement un sacrifice, le sacrifice du Christ. C’est sa première critique. Il dit encore : «Il n’y a pas d’autre explication au fait que le repas – de surcroît le repas conçu en termes modernes – soit devenu l’idée normative de la célébration liturgique chrétienne » (p. 67).
Cette critique est très grave. Qu’on mesure bien le mot : l’idée de repas est devenue «l’idée normative de la célébration liturgique chrétienne ».
Mgr Gamber l’avait déjà exprimée dans son livre « Tournés vers le Seigneur ». Dans son avant propos, il écrivait : « A la base de cette nouvelle position (du prêtre par rapport à l’autel c’est-à-dire face au peuple et la célébration orientée vers ce dernier) – et il s’agit ici sans nul doute d’une innovation et non d’un retour à une pratique de l’Eglise primitive – il y a une conception nouvelle de la messe : celle qui en fait une « communauté de repas eucharistique ». Ce qui primait jusqu’ici, la vénération cultuelle et l’adoration de Dieu, ainsi que le caractère sacrificiel de la célébration considérée comme représentation mystique et actualisation de la mort et de la résurrection du Seigneur, passe au second plan. De même, la relation entre le sacrifice du Christ et notre sacrifice de pain et de vin n’apparaît plus qu’à peine » (p. 4)
B- De plus cette orientation « versus populum » – c’est la deuxième critique du cardinal- a permis que se développe une « cléricalisation » comme jamais il n’en a existé auparavant.
C- Le futur pape Ratzinger fait encore une autre remarque des plus importantes – c’est la troisième remarque particulièrement critique : cette nouvelle orientation de la célébration « versus populum » a fait de l’assemblée priante « une communauté fermée sur elle-même ». « Celle-ci n’est plus ouverte ni sur le monde à venir, ni vers le Ciel…Un cercle fermé n’est donc pas une forme capable de traduire l’élan commun qui s’exprime dans une même direction de prière » (p. 68-69), ce que permet la célébration de la messe, le prêtre et les fidèles tournés « ad orientem ».
Aussi faut-il s’attendre à ce que, dans les documents qui vont prochainement être publiés par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur « la réforme de la Réforme » liturgique, nous ayons des prescriptions concernant l’orientation de l’autel dans nos églises. Et là où cela sera possible, l’ordre sera donné, n’en doutons pas, de retirer ces autels face au peuple – « monstrueux » à tous points de vue, tant esthétique que liturgique – et de retrouver l’autel « majeur » et de célébrer de nouveau le sacrifice « ad orientem ». Mais là où cela ne sera pas possible en raison des bouleversements intervenus dans l’Eglise suite au « renouveau conciliaire », nous reverrons tout de même les crucifies et les chandeliers sur l’autel. C’est ce que nous avons vu lors de la messe célébrée sur la place des Invalides par le pape Benoît XVI lors de sa venue en France. Et c’était très heureux. L’autel n’était plus une « table nue », celle du repas, – celle sur laquelle célèbrent encore tous nos évêques -, mais elle était bien un autel, le crucifie lui redonnant son sens, son sens sacrificiel. N’oublions pas qu’un autel se réfère toujours à un sacrifice offert par un prêtre.
C’est aussi la solution qu’exprimait déjà le cardinal Ratzinger dans son livre que nous analysons : « L’esprit de la liturgie ». Il répond à une objection, la plus importante pour lui. Elle est d’ordre pratique : « Faut-il à nouveau tout changer, tout réarranger, alors que rien n’est plus dommageable à la liturgie que cet activisme constant, même s’il a pour but une rénovation authentique ? ».
Voici sa solution : « Je vois pour ma part une solution qui m’a été suggérée par les travaux d’Erik Peterson. L’orientation vers l’est, nous l’avons vu, fut mise en rapport avec le « signe du Fils de l’homme », la Croix, qui annonce la seconde venue du Seigneur. L’ « est » fut ainsi relié très tôt avec le signe de la Croix. Là où l’orientation commune vers l’ « est » n’est pas possible, la Croix pourrait servir d’ « est intérieur ». Elle devrait se trouver au milieu de l’autel et représenter le point focal commun pour le prêtre et les fidèles en prières. Nous obéissons ainsi à l’antique injonction qui inaugurait la liturgie eucharistique : « Conversi ad Dominum » – « Tournez vers le Seigneur ». Ainsi nous regarderions ensemble vers Celui dont la mort a déchiré le rideau du Temple, Celui qui pour nous se tient devant le Père, et nous prend dans ses bras pour faire de nous le nouveau Temple vivant. Je compte, parmi les manifestations les plus absurdes des dernières décennies d’avoir mis la croix de côté pour libérer la vue sur le prêtre. La croix est-elle gênante pendant la messe ? Le prêtre est-il plus important que le Seigneur ? On devrait remédier à cela le plus vite possible, cela ne requiert d’ailleurs aucune nouvelle transformation. Le Seigneur est le point de référence. Il est le Soleil levant de l’histoire. C’est pourquoi il pourrait s’agir aussi bien de la Croix de la Passion, signe du Seigneur souffrant, au flanc transpercé d’où s’écoulent pour nous le sang et l’eau – l’eucharistie et le baptême – , comme de la Croix glorieuse qui, évoquant le retour du Christ, dirige notre regard vers Lui. Car c’est toujours le même et unique Seigneur : le Christ hier, aujourd’hui et à jamais » (HE 13 8) » (p.71).
Mais les évêques n’ont pas du prendre encore le temps de lire ce beau passage ?
Le pape Benoît XVI pourtant tient à cette idée. Il la reprenait dans son discours conclusif du colloque qui s’est tenu à Fongombault, les 22-24 juillet 2001 : « Le troisième problème est la célébration versus populum. Comme je l’ai écrit dans mes livres, je pense que la célébration vers l’orient, vers le Christ qui Vient, est une tradition apostolique. Cependant je suis contre la révolution permanente dans les églises ; on a restructuré maintenant tant d’églises, que recommencer de nouveau en ce moment ne me semble pas du tout opportun. Mais s’il y avait toujours sur les autels une croix , une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles, nous aurions notre orient, parce que finalement le Crucifié est l’orient chrétien ; et, sans violence, on pourrait, me semble-t-il, faire ceci : donner comme point de référence le Crucifié, la Croix, et ainsi une nouvelle orientation à la liturgie. Je pense que ce n’est pas une chose purement extérieure : si la liturgie se réalise en un cercle clos, s’il y a seulement le dialogue prêtre-peuple, c’est une fausse cléricalisation et l’absence d’un chemin commun vers le Seigneur vers lequel nous nous tournons tous. Donc avoir le Seigneur comme point de référence pour tous, le prêtre et les fidèles, me semble une chose importante et tout à fait faisable et réalisable ». (p. 181)
Les temps changent ! Il faut aider le pape à initier sa « réforme de la Réforme » et la lancer enfin dans le monde catholique. La crise de l’Eglise est venue par la liturgie. Elle prendra fin par la « redécouverte de l’essence de la liturgie chrétienne » (p. 70). La célébration de la messe « ad orientem » en est un des éléments constitutifs.
C’est pourquoi nous étudierons prochainement les raisons liturgiques et historiques qui justifient cette orientation. Mgr Gamber nous les donne dans son livre « Tounés vers le Seigneur ».
La célébration de la messe, prêtre et fidèles tournés « ad orientem »
Offrir le Saint Sacrifice de la Messe en direction de l’est, c’est-à-dire du soleil levant, symbole du Christ, et jamais face au peuple, (sauf dans certaines basiliques romaines comme à Saint Pierre à Rome – mais parce que pour des raisons topographiques, l’abside est orientée à l’ouest -) était la chose la plus commune et la plus universelle dans l’Eglise catholique avant le Concile. C’est une tradition apostolique. Le cardinal Ratzinger le dit clairement dans son livre « L’esprit liturgique » – publié en 2000 et traduit en français en 2001 aux Editions « ad Solem » : ce mode « est de tradition depuis l’origine du christianisme » (p. 63). Pour justifier une façon de faire contraire, on ne peut même pas invoquer la célébration de la sainte Cène. Là, le Christ ne faisait pas face à ses Apôtres, ni ne se trouvait au centre. Il était sur la droite, tous du même côté de la table comme nous le démontre la mosaïque de la Cène de saint Appolinaire-le- Neuf à Ravenne qui date à peu près de l’an 500.
Offrir le Saint Sacrifice de la Messe en direction de l’est, c’est-à-dire du soleil levant, symbole du Christ, et jamais face au peuple, (sauf dans certaines basiliques romaines comme à Saint Pierre à Rome – mais parce que pour des raisons topographiques, l’abside est orientée à l’ouest -) était la chose la plus commune et la plus universelle dans l’Eglise catholique avant le Concile. C’est une tradition apostolique. Le cardinal Ratzinger le dit clairement dans son livre « L’esprit liturgique » – publié en 2000 et traduit en français en 2001 aux Editions « ad Solem » : ce mode « est de tradition depuis l’origine du christianisme » (p. 63). Pour justifier une façon de faire contraire, on ne peut même pas invoquer la célébration de la sainte Cène. Là, le Christ ne faisait pas face à ses Apôtres, ni ne se trouvait au centre. Il était sur la droite, tous du même côté de la table comme nous le démontre la mosaïque de la Cène de saint Appolinaire-le- Neuf à Ravenne qui date à peu près de l’an 500.
Pour prouver son jugement, le cardinal invoque la science liturgique du Père Bouyer : « L’idée qu’une célébration face au peuple ait pu être une célébration primitive, et en particulier celle de la Cène, n’a d’autre fondement qu’une conception erronée de ce que pouvait être un repas dans l’antiquité, qu’il fut chrétien ou non. Dans aucun repas du début de l’ère chrétienne, le président d’une assemblée de convives ne faisait face aux autres participants. Ils étaient tous assis ou allongés sur le côté convexe d’une table en forme de sigma, ou d’une table qui avait en gros la forme d’un fer à cheval. L’autre côté était toujours laissé libre pour le service. Donc nulle part, dans l’antiquité chrétienne, n’aurait pu survenir l’idée de se mettre « face au peuple » pour présider un repas. Le caractère communautaire du repas était accentué bien plutôt par la disposition contraire: le fait que tous les participants se trouvaient du même côté de la table » (p. 49-50).
Le Cardinal reconnaît que l’on a malheureusement perdu, en Occident, le sens symbolique de cette orientation « ad orientem », l’Orient étant le symbole de la lumière se levant, symbole du Christ, Lumière du monde. Les expressions populaires le laissent clairement entendre. « Comment comprendre autrement – cette perte de sens – lorsque l’on parle de « célébration vers le mur » ou de « tourner le dos au peuple » pour désigner l’orientation commune de la prière du prêtre et du peuple telle que la Tradition nous l’a transmise ? » (p. 67). C’est pourquoi, semble-t-il, cette mode de célébrer la messe « versus populum » et non plus « ad orientem » s’est imposée si facilement dans l’Eglise après le Concile Vatican II. Et c’est pourquoi on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l’orientation de la célébration « versus populum » a pu paraître être la conséquence du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II. Mais ce dernier ne mentionne même pas dans sa Constitution « Sacro Sanctum Concilium » de « se tourner vers le peuple ».
Or cette orientation nouvelle est lourde de conséquences théologiques, nous dit le cardinal Ratzinger, le futur pape Benoît XVI, qui a maintenant la « garde obligée de la foi ».
A- Cette nouvelle orientation implique d’abord, dit-il, une conception nouvelle de l’essence liturgique, celle de la célébration d’un repas en commun.
Il écrit : « En fait l’orientation « versus populum » est l’effet le plus visible d’une transformation qui ne touche pas seulement l’aménagement extérieur de l’espace liturgique, mais implique une conception nouvelle de l’essence de la liturgie : la célébration d’un repas en commun » (p 65) alors que la messe est d’abord essentiellement un sacrifice, le sacrifice du Christ. C’est sa première critique. Il dit encore : «Il n’y a pas d’autre explication au fait que le repas – de surcroît le repas conçu en termes modernes – soit devenu l’idée normative de la célébration liturgique chrétienne » (p. 67).
Cette critique est très grave. Qu’on mesure bien le mot : l’idée de repas est devenue «l’idée normative de la célébration liturgique chrétienne ».
Mgr Gamber l’avait déjà exprimée dans son livre « Tournés vers le Seigneur ». Dans son avant propos, il écrivait : « A la base de cette nouvelle position (du prêtre par rapport à l’autel c’est-à-dire face au peuple et la célébration orientée vers ce dernier) – et il s’agit ici sans nul doute d’une innovation et non d’un retour à une pratique de l’Eglise primitive – il y a une conception nouvelle de la messe : celle qui en fait une « communauté de repas eucharistique ». Ce qui primait jusqu’ici, la vénération cultuelle et l’adoration de Dieu, ainsi que le caractère sacrificiel de la célébration considérée comme représentation mystique et actualisation de la mort et de la résurrection du Seigneur, passe au second plan. De même, la relation entre le sacrifice du Christ et notre sacrifice de pain et de vin n’apparaît plus qu’à peine » (p. 4)
B- De plus cette orientation « versus populum » – c’est la deuxième critique du cardinal- a permis que se développe une « cléricalisation » comme jamais il n’en a existé auparavant.
« Le prêtre ou plutôt « l’animateur liturgique », comme on préfère l’appeler maintenant, est devenu, écrit-il, le véritable point de référence de la célébration liturgique. Tout se rapporte à lui. Il faut le regarder, suivre ses gestes, lui répondre ; c’est sa personnalité qui porte toute l’action. Pour encadrer ce « one man show », on a confié à des « équipes liturgiques » l’organisation « créative de la liturgie ; on a ainsi distribué des fonctions liturgiques à des laïcs dont le désir et le rôle sont souvent de se faire valoir eux-mêmes. Dieu, cela va sans dire, est de plus en plus absent de la scène. L’important c’est d’être ensemble, de faire quelque chose qui échappe à un « schéma préétabli » (p. 67-68).
C- Le futur pape Ratzinger fait encore une autre remarque des plus importantes – c’est la troisième remarque particulièrement critique : cette nouvelle orientation de la célébration « versus populum » a fait de l’assemblée priante « une communauté fermée sur elle-même ». « Celle-ci n’est plus ouverte ni sur le monde à venir, ni vers le Ciel…Un cercle fermé n’est donc pas une forme capable de traduire l’élan commun qui s’exprime dans une même direction de prière » (p. 68-69), ce que permet la célébration de la messe, le prêtre et les fidèles tournés « ad orientem ».
D- Ainsi cette nouvelle orientation de la prières et de la célébration à l’autel face au peuple a pour conséquence de « changer l’essence de la liturgie chrétienne » (p. 70). En effet « la prière vers l’orient…exprim(ait) la spécificité de la synthèse chrétienne qui intègre cosmos et histoire, passé et monde à venir dans la célébration du mystère du salut. Dans la prière vers l’Orient nous exprimons donc notre fidélité au don reçu dans l’Incarnation et l’élan de notre marche vers le second avènement ».
E- Pour le pape « l’important (dans la liturgie) n’est pas de regarder le prêtre mais de tourner un regard commun vers le Seigneur » (p69). « Cette orientation vers l’ « est » pendant le canon est essentielle. Il ne s’agit pas d’un élément accidentel de la liturgie…Il n’est plus question ici de dialogue mais d’une commune adoration, de notre marche vers Celui qui vient » (p. 69).
Voilà l’essence de la liturgie chrétienne. Voilà ce qu’il faut « redécouvrir ». Le mot est du Cardinal. Voilà ce qu’il est urgent de faire. Voilà pourquoi il préfaça en particulier le livre de Mgr Ganber « Tournés vers le Seigneur » publié aux Editions sainte Marie Madeleine du Barroux, en 1993. Là il écrit : « L’orientation de la prière commune aux prêtres et aux fidèles était conçue comme un regard tourné vers le Seigneur, vers le soleil véritable. Il y a dans la liturgie une anticipation de son retour ; prêtres et fidèles vont à sa rencontre. Cette orientation de la prière exprime le caractère théocentrique de la liturgie ; elle obéit à la monition : Tournons nous vers le Seigneur ! »
Pour toutes ses raisons qui touchent à l’essence même de la liturgie, – c’est en dire l’importance – on comprend que le cardinal ait exprimé souvent et clairement son désir de voir la liturgie latine et romaine revenir à cette coutume « immémoriale » de l’orientation de la prière commune prêtres et fidèles « ad orientem».
C’est ainsi, de fait, qu’il termine sa préface du livre de Mgr Gamber : « Cet appel s’adresse à nous tous, et montre, au-delà même de son aspect liturgique, comment il faut que toute l’Eglise vive et agisse pour correspondre à la mission du Seigneur ».
F- La « réforme de la Réforme ».
Aussi faut-il s’attendre à ce que, dans les documents qui vont prochainement être publiés par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur « la réforme de la Réforme » liturgique, nous ayons des prescriptions concernant l’orientation de l’autel dans nos églises. Et là où cela sera possible, l’ordre sera donné, n’en doutons pas, de retirer ces autels face au peuple – « monstrueux » à tous points de vue, tant esthétique que liturgique – et de retrouver l’autel « majeur » et de célébrer de nouveau le sacrifice « ad orientem ». Mais là où cela ne sera pas possible en raison des bouleversements intervenus dans l’Eglise suite au « renouveau conciliaire », nous reverrons tout de même les crucifies et les chandeliers sur l’autel. C’est ce que nous avons vu lors de la messe célébrée sur la place des Invalides par le pape Benoît XVI lors de sa venue en France. Et c’était très heureux. L’autel n’était plus une « table nue », celle du repas, – celle sur laquelle célèbrent encore tous nos évêques -, mais elle était bien un autel, le crucifie lui redonnant son sens, son sens sacrificiel. N’oublions pas qu’un autel se réfère toujours à un sacrifice offert par un prêtre.
C’est aussi la solution qu’exprimait déjà le cardinal Ratzinger dans son livre que nous analysons : « L’esprit de la liturgie ». Il répond à une objection, la plus importante pour lui. Elle est d’ordre pratique : « Faut-il à nouveau tout changer, tout réarranger, alors que rien n’est plus dommageable à la liturgie que cet activisme constant, même s’il a pour but une rénovation authentique ? ».
Voici sa solution : « Je vois pour ma part une solution qui m’a été suggérée par les travaux d’Erik Peterson. L’orientation vers l’est, nous l’avons vu, fut mise en rapport avec le « signe du Fils de l’homme », la Croix, qui annonce la seconde venue du Seigneur. L’ « est » fut ainsi relié très tôt avec le signe de la Croix. Là où l’orientation commune vers l’ « est » n’est pas possible, la Croix pourrait servir d’ « est intérieur ». Elle devrait se trouver au milieu de l’autel et représenter le point focal commun pour le prêtre et les fidèles en prières. Nous obéissons ainsi à l’antique injonction qui inaugurait la liturgie eucharistique : « Conversi ad Dominum » – « Tournez vers le Seigneur ». Ainsi nous regarderions ensemble vers Celui dont la mort a déchiré le rideau du Temple, Celui qui pour nous se tient devant le Père, et nous prend dans ses bras pour faire de nous le nouveau Temple vivant. Je compte, parmi les manifestations les plus absurdes des dernières décennies d’avoir mis la croix de côté pour libérer la vue sur le prêtre. La croix est-elle gênante pendant la messe ? Le prêtre est-il plus important que le Seigneur ? On devrait remédier à cela le plus vite possible, cela ne requiert d’ailleurs aucune nouvelle transformation. Le Seigneur est le point de référence. Il est le Soleil levant de l’histoire. C’est pourquoi il pourrait s’agir aussi bien de la Croix de la Passion, signe du Seigneur souffrant, au flanc transpercé d’où s’écoulent pour nous le sang et l’eau – l’eucharistie et le baptême – , comme de la Croix glorieuse qui, évoquant le retour du Christ, dirige notre regard vers Lui. Car c’est toujours le même et unique Seigneur : le Christ hier, aujourd’hui et à jamais » (HE 13 8) » (p.71).
Mais les évêques n’ont pas du prendre encore le temps de lire ce beau passage ?
Le pape Benoît XVI pourtant tient à cette idée. Il la reprenait dans son discours conclusif du colloque qui s’est tenu à Fongombault, les 22-24 juillet 2001 : « Le troisième problème est la célébration versus populum. Comme je l’ai écrit dans mes livres, je pense que la célébration vers l’orient, vers le Christ qui Vient, est une tradition apostolique. Cependant je suis contre la révolution permanente dans les églises ; on a restructuré maintenant tant d’églises, que recommencer de nouveau en ce moment ne me semble pas du tout opportun. Mais s’il y avait toujours sur les autels une croix , une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles, nous aurions notre orient, parce que finalement le Crucifié est l’orient chrétien ; et, sans violence, on pourrait, me semble-t-il, faire ceci : donner comme point de référence le Crucifié, la Croix, et ainsi une nouvelle orientation à la liturgie. Je pense que ce n’est pas une chose purement extérieure : si la liturgie se réalise en un cercle clos, s’il y a seulement le dialogue prêtre-peuple, c’est une fausse cléricalisation et l’absence d’un chemin commun vers le Seigneur vers lequel nous nous tournons tous. Donc avoir le Seigneur comme point de référence pour tous, le prêtre et les fidèles, me semble une chose importante et tout à fait faisable et réalisable ». (p. 181)
Les temps changent ! Il faut aider le pape à initier sa « réforme de la Réforme » et la lancer enfin dans le monde catholique. La crise de l’Eglise est venue par la liturgie. Elle prendra fin par la « redécouverte de l’essence de la liturgie chrétienne » (p. 70). La célébration de la messe « ad orientem » en est un des éléments constitutifs.
C’est pourquoi nous étudierons prochainement les raisons liturgiques et historiques qui justifient cette orientation. Mgr Gamber nous les donne dans son livre « Tounés vers le Seigneur ».
[summorum-pontificum.fr] Mgr Schneider à Rome
SOURCE - summorum-pontificum.fr - 25 novembre 2009
Dimanche dernier, Mgr Athanasius Schneider a célébré la messe en l’église Gesù e Maria de Rome, église desservie pour la forme extraordinaire du rite romain par l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre.
Mgr Athanasius Schneider est un évêque qui s’est engagé dans le combat liturgique, principalement pour le retour de la réception digne de la sainte communion. Il a écrit à ce sujet un livre, traduit en français, dont le titre latin d’origine a été conservé, Dominus est. Ce livre est disponible aux éditions Tempora (ICI). Ce livre a connu également une édition italienne intéressante dans la mesure où elle a été publiée par la Libreria Editrice Vaticana et préfacée par celui qui était alors le secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, Mgr Malcolm Ranjith. Dans sa préface, celui-ci écrivait notamment « Maintenant, je pense qu’il est grand temps de revoir et de réévaluer de si bonnes pratiques et, si nécessaire, d’abandonner la pratique actuelle qui n’a pas été demandé ni par la Constitution Sacrosanctum Concilium, ni par les Pères du Concile, mais qui est seulement passée dans l’usage après avoir été illégitimement introduite dans certains pays. Maintenant, plus que jamais, nous devons aider les fidèles à renouveler une foi profonde en la Présence réelle du Christ sous les Espèces eucharistiques, afin de renforcer la vie de l’Eglise et de la défendre au milieu des dangereuses distorsions de la foi que cette situation continue de provoquer. »
On sera d’accord avec Mgr Ranjith, en soulignant également que le rite romain traditionnel possède cet immense avantage de prévoir le rite de réception de la sainte communion uniquement sur la langue et à genoux (sauf maladie ou handicap). On voit sur ce point encore combien l’enrichissement du nouveau rituel par l’ancien permettrait d’entrer dans une volonté de respect des textes du magistère et de la tradition catholique.
Ce n’est pas la première fois que Mgr Athanasius Schneider célèbre les saints mystères en l’église de Gesù e Maria. Le 5 octobre 2008, pour la Solennité de Notre-Dame du Saint Rosaire, il avait célébré et prêché, montrant ainsi sa « sympathie » pour la messe traditionnelle. Selon nos informations, il était cette année à Rome principalement pour une réunion consacrée à la liturgie. D’autres évêques étaient également présents.
Né le 7 avril 1961, Mgr Schneider a été ordonné prêtre le 25 mars 1990. Il est membre de l’Ordre des chanoines réguliers de la Sainte-Croix (Ordo Canonicorum Regularium Sancae Crucis) depuis 1982. Le 8 avril 1986, il a été nommé évêque auxiliaire de Karaganda au Kazakhstan et évêque titulaire de Celerina. Il a été sacré évêque le 2 juin suivant par le cardinal Angelo Sodano, comme principal consécrateur, et par Mgr Josef Wesolowski et Mgr Jan Pawel Lenga, comme co-consécrateurs.
mardi 24 novembre 2009
[Mgr Guido Marini] “La participation est impossible sans l’adoration”
SOURCE - Mgr Guido Marini - Le Nouvelliste - 24 novembre 2009
L’esprit de la liturgie d’après le Maître des cérémonies de Benoît XVI, Mgr Guido Marini: “La participation est impossible sans l’adoration”
“L’introduction à l’esprit de la liturgie”, tel était le thème d’une conférence donnée par Mgr Guido Marini le 14 novembre à Gênes, dans le cadre d’une rencontre avec les responsables diocésains de la musique liturgique.) Le site Eucharistie et Miséricorde livre une traduction de cette conférence parue dans l’Osservatore Romano. Mgr Marini y parle de la musique liturgique. Il explique aussi au sujet de la participation active des fidèles:
“Pourtant, tout ça n’est vraiment la “participation active” que si c’est un moyen de susciter l’adoration du mystère du Christ Jésus mort et ressuscité pour nous. Seul celui qui pénètre ce mystère et y unit sa vie en vue d’obtenir les grâces liées à la célébration montre qu’il a réellement compris ce qu’est la liturgie et ce que signifie “participer activement”. La véritable action qui se déroule dans la liturgie est l’action de Dieu lui-même; c’est à cette œuvre réalisée par le Christ que nous sommes appelés à participer pour notre salut. Voilà quelle est la spécificité du culte chrétien en regard de tout autre acte d’adoration: ici, c’est Dieu lui-même agit et fait ce qui est essentiel, tandis que l’homme est appelé à être ouvert à l’action divine pour de se laisser transformer par elle. En conséquence, l’essentiel de la “participation active” est de veiller à ce que tout ce que nous faisons, nous, ne devienne pas plus important que ce que fait Dieu pour nous permettre de devenir un avec le Christ. Voilà pourquoi la participation est impossible sans l’adoration.” Et “Trop souvent, nous donnons une place démesurée à la parole et nous oublions que le langage de la liturgie est aussi fait de silences, d’images, de symboles, de gestes… Ces diverses facettes du langage liturgique, auquel il faut ajouter la langue latine, le chant grégorien et la polyphonie sacré, conduisent au centre du mystère et permettent la véritable participation.”
Et Mgr Marini conclut ainsi sa conférence: “En conclusion, je dirai que depuis quelques années dans l’Eglise, beaucoup de voix s’élèvent pour parler de la nécessité d’engager un renouveau de la liturgie qui serait à peu près semblable à celui qui fut à l’origine de la réforme promue par Vatican II. Ce renouveau devrait viser à obtenir une “réforme de la réforme”, c’est-à-dire une meilleure compréhension de l’authentique esprit de la liturgie. Il s’agit donc de mener à son terme la providentielle réforme de la liturgie que les Pères du Concile avaient commencée mais qui, en pratique, n’a pas toujours été appliquée.”
“L’introduction à l’esprit de la liturgie”, tel était le thème d’une conférence donnée par Mgr Guido Marini le 14 novembre à Gênes, dans le cadre d’une rencontre avec les responsables diocésains de la musique liturgique.) Le site Eucharistie et Miséricorde livre une traduction de cette conférence parue dans l’Osservatore Romano. Mgr Marini y parle de la musique liturgique. Il explique aussi au sujet de la participation active des fidèles:
“Pourtant, tout ça n’est vraiment la “participation active” que si c’est un moyen de susciter l’adoration du mystère du Christ Jésus mort et ressuscité pour nous. Seul celui qui pénètre ce mystère et y unit sa vie en vue d’obtenir les grâces liées à la célébration montre qu’il a réellement compris ce qu’est la liturgie et ce que signifie “participer activement”. La véritable action qui se déroule dans la liturgie est l’action de Dieu lui-même; c’est à cette œuvre réalisée par le Christ que nous sommes appelés à participer pour notre salut. Voilà quelle est la spécificité du culte chrétien en regard de tout autre acte d’adoration: ici, c’est Dieu lui-même agit et fait ce qui est essentiel, tandis que l’homme est appelé à être ouvert à l’action divine pour de se laisser transformer par elle. En conséquence, l’essentiel de la “participation active” est de veiller à ce que tout ce que nous faisons, nous, ne devienne pas plus important que ce que fait Dieu pour nous permettre de devenir un avec le Christ. Voilà pourquoi la participation est impossible sans l’adoration.” Et “Trop souvent, nous donnons une place démesurée à la parole et nous oublions que le langage de la liturgie est aussi fait de silences, d’images, de symboles, de gestes… Ces diverses facettes du langage liturgique, auquel il faut ajouter la langue latine, le chant grégorien et la polyphonie sacré, conduisent au centre du mystère et permettent la véritable participation.”
Et Mgr Marini conclut ainsi sa conférence: “En conclusion, je dirai que depuis quelques années dans l’Eglise, beaucoup de voix s’élèvent pour parler de la nécessité d’engager un renouveau de la liturgie qui serait à peu près semblable à celui qui fut à l’origine de la réforme promue par Vatican II. Ce renouveau devrait viser à obtenir une “réforme de la réforme”, c’est-à-dire une meilleure compréhension de l’authentique esprit de la liturgie. Il s’agit donc de mener à son terme la providentielle réforme de la liturgie que les Pères du Concile avaient commencée mais qui, en pratique, n’a pas toujours été appliquée.”
Et des extraits de la conférence de Mgr Marini:
” Il est urgent de redécouvrir l’authentique esprit de la liturgie, tel qu’il apparaît dans la tradition continue de l’Eglise et tel que le présente, en lien avec le passé, le Magistère le plus récent, de la fin du concile Vatican II jusqu’au pontificat de Benoît XVI. J’ai employé ici le mot “continue” pour qualifier la tradition. C’est un terme cher au cœur de l’actuel Souverain Pontife: il en a fait le seul critère permettant de comprendre la vie de l’Eglise, tout particulièrement en lien avec les enseignements conciliaires et avec les propositions de réforme, à quelque niveau qu’elles soient. Comment pourrait-il en être autrement? Comment pourrait-on imaginer une Eglise d’autrefois qui serait suivie d’une Eglise d’aujourd’hui venue effacer toute l’histoire du corps ecclésial? Comment pourrait-on imaginer que l’Epouse du Christ était autrefois dans une époque durant laquelle l’assistance de l’Esprit-Saint lui aurait fait défaut, et que cette époque serait aujourd’hui soudain close et dépassée? Certains donnent parfois l’impression d’adhérer à cette idéologie de rupture qui, appliquée à l’histoire de l’Eglise, engendre des idées qui n’ont rien à voir avec la foi authentique dans la mesure où conduisent à faire une distinction entre l’Eglise pré-conciliaire et l’Eglise post-conciliaire. (…) C’est aussi en nous appuyant sur ce critère de “continuité” permettant de comprendre ce qu’est l’authentique “esprit de la liturgie” que nous devons devenir capables de dire si telle musique ou tel chant peut ou ne peut pas être intégré au patrimoine de la musique liturgique ou sacrée. En d’autres termes, nous devons être à même de distinguer quelles sont les compositions qui peuvent être insérées dans la liturgie en raison de leur cohérence avec l’authentique esprit de la célébration. (…Et au sujet de la participation active des fidèles…) Pourtant, tout ça n’est vraiment la “participation active” que si c’est un moyen de susciter l’adoration du mystère du Christ Jésus mort et ressuscité pour nous. Seul celui qui pénètre ce mystère et y unit sa vie en vue d’obtenir les grâces liées à la célébration montre qu’il a réellement compris ce qu’est la liturgie et ce que signifie “participer activement”. La véritable action qui se déroule dans la liturgie est l’action de Dieu lui-même; c’est à cette œuvre réalisée par le Christ que nous sommes appelés à participer pour notre salut. Voilà quelle est la spécificité du culte chrétien en regard de tout autre acte d’adoration: ici, c’est Dieu lui-même agit et fait ce qui est essentiel, tandis que l’homme est appelé à être ouvert à l’action divine pour de se laisser transformer par elle. En conséquence, l’essentiel de la “participation active” est de veiller à ce que tout ce que nous faisons, nous, ne devienne pas plus important que ce que fait Dieu pour nous permettre de devenir un avec le Christ. Voilà pourquoi la participation est impossible sans l’adoration.. (…) Je pense tout particulièrement ici à certaines actions extérieures que l’on voit faire surtout au moment de la liturgie de la Parole: le fait d’affirmer que ces actions ne sont pas essentielles ne permet pas de conclure qu’elles sont sans importance. Mais les transformer en quelque chose qui va focaliser l’attention des fidèles montre une certaine méconnaissance du véritable esprit de la liturgie. (…) Trop souvent, nous donnons une place démesurée à la parole et nous oublions que le langage de la liturgie est aussi fait de silences, d’images, de symboles, de gestes… Ces diverses facettes du langage liturgique, auquel il faut ajouter la langue latine, le chant grégorien et la polyphonie sacré, conduisent au centre du mystère et permettent la véritable participation. (…) En fait, la musique sacrée ne peut pas se limiter à n’être qu’une expression subjective: la forme que doit avoir le chant liturgique est ancrée dans la Bible et dans la tradition de l’Eglise. (…) Ces formes musicales sont, en raison de leur sainteté, de leur la beauté et de leur universalité, la traduction en mélodies et en chants du véritable esprit de la liturgie: elles introduisent à l’adoration du mystère célébré et permettent de ce fait une participation véritable, pleine et fructueuse à l’action de Dieu dans et par le Christ. Elles introduisent dans la vie de l’Eglise et, par là, dans la contemplation du mystère. (…) En conclusion, je dirai que depuis quelques années dans l’Eglise, beaucoup de voix s’élèvent pour parler de la nécessité d’engager un renouveau de la liturgie qui serait à peu près semblable à celui qui fut à l’origine de la réforme promue par Vatican II. Ce renouveau devrait viser à obtenir une “réforme de la réforme”, c’est-à-dire une meilleure compréhension de l’authentique esprit de la liturgie. Il s’agit donc de mener à son terme la providentielle réforme de la liturgie que les Pères du Concile avaient commencée mais qui, en pratique, n’a pas toujours été appliquée.
Osservatore Romano. Trad. DC/APL
[Monde&Vie - Abbé de Giacomoni] "Il faut redonner le sens de l'effort"
SOURCE - Monde&Vie - Abbé de Giacomoni - Entretien réalisé par Dominique Molitor - 21 novembre 2009
L’abbé de Giacomoni, jeune prêtre enthousiaste, membre de la Fraternité Saint-Pierre, est depuis septembre 2009 en charge d’un projet capital pour la ville de Lyon. Offrir à ceux qui en font la demande les moyens d’une éducation humainement performante et spirituellement épanouissante en développant une école primaire complète, où l’on prend en charge les enfants dès le premier âge. Ce type d’initiative représente la chance d’une véritable poche de résistance à la marée matérialiste et consumériste. Comme à chaque époque, l’Eglise se montre ainsi sous son vrai visage de mère et de maîtresse des hommes.
L’abbé de Giacomoni, jeune prêtre enthousiaste, membre de la Fraternité Saint-Pierre, est depuis septembre 2009 en charge d’un projet capital pour la ville de Lyon. Offrir à ceux qui en font la demande les moyens d’une éducation humainement performante et spirituellement épanouissante en développant une école primaire complète, où l’on prend en charge les enfants dès le premier âge. Ce type d’initiative représente la chance d’une véritable poche de résistance à la marée matérialiste et consumériste. Comme à chaque époque, l’Eglise se montre ainsi sous son vrai visage de mère et de maîtresse des hommes.
M. l’abbé, vous avez pris en main les destinées de l’école Sainte-Jeanne d’Arc à Lyon. Depuis quand la Fraternité Saint-Pierre à laquelle vous appartenez s’intéresse-t-elle à l’enseignement?
Avrai dire depuis toujours… Evidemment nos fondateurs n’ont pas commencé par créer des écoles. Mais des prêtres peuvent-ils faire l’impasse sur cet aspect majeur de leur vocation ? Je ne le pense pas. Surtout à notre époque où ce n’est pas seulement la Foi qui est attaquée mais aussi la nature humaine. Voilà pourquoi la Fraternité dirige aujourd’hui un Collège-Lycée et deux écoles primaires dont l’Ecole Ste-Jeanne d’Arc.
J’ai eu l’occasion de découvrir le cadre merveilleuxde la Maison Padre Pio, véritable îlot de verdure dans la ville. Cela permet certainement un épanouissement des enfants vraiment hors norme?
Le réalisme éducatif passe par un cadre éloigné de « l’esprit citadin ». Nous ne sommes pas des anges: il faut ouvrir nos sens, découvrir la beauté de la nature. Dans ses lois, l’enfant découvre combien la soumission à la loi divine est la condition absolue de son bonheur. La Maison Padre Pio est aussi la résidence de la Fraternité St-Pierre à Lyon, ce qui garantit une présence sacerdotale constante auprès des enfants, notamment le directeur et l’aumônier.
Vous insistez, dans les textes et brochures que j’ai eu l’occasion de lire, sur l’éducation à la beauté. Pouvez-vous en dire plus aux lecteurs de Monde et Vie? Ya-t-il un rapport entre ce souci qui est le vôtre et la liturgie que vous célébrez?
A l’époque de la réforme, le cardinal Journet a écrit : « tout le monde n’a pas le goût de la laideur, ou de la platitude ». La liturgie doit amener à Dieu. Et puisque l’éducation ne consiste pas à enseigner les interdits mais à rendre raisonnable et accessible le choix du vrai, du bien et du beau, alors oui, la liturgie traditionnelle est en rapport direct avec l’éducation. Elle nous enseigne deux connaissances des plus nécessaires : celle de Dieu (par des gestes expressifs d’adoration et de respect) et celle de nous-mêmes (par l’expression claire d’un sacrifice pour nos péchés).
Que pensez-vous des méthodes actuelles d’apprentissage de la lecture et du calcul ? Y a-til des méthodes pour obtenir, du point de vue scolaire, l’excellence?
La faillite du système scolaire actuel est un constat de plus en plus partagé. Pourquoi ? Parce qu’il est une nature humaine qui nous dicte le fonctionnement de l’intelligence.Or les méthodes actuelles en font fi. Si toujours plus d’élèves ne savent ni lire, ni écrire,ni compter à leur arrivée en 6e, ce n’est pas dans leur intelligence qu’il faut chercher la cause.Elle est à chercher dans l’idéalisme, qui, s’éloignant du réel, oublie que les mots ont un sens et
qu’une pensée droite ne peut faire abstraction de la grammaire.Ces bases nous permettent de rechercher l’excellence scolaire, garantie par l’expérience de nos quatre institutrices. Mais nous visons plus haut. Si l’on fait des « polygénies » qui ne savent pas dire « bonjour » ou « merci », ils seront peut-être des intellectuels mais pas des hommes intelligents et accomplis, encore moins des saints.
Comment transmettez-vous la foi aux enfants ? Le matérialisme ambiant représente-t-il un handicap ? Est-il facile aujourd’hui de motiver les enfants pour qu’ils développent une vie spirituelle en rapport avec leur âge ? Y a-t-il une pédagogie pour cela ?
La transmission de la foi est vitale car elle offre un horizon que l’homme ne saurait atteindre seul. Le catéchisme est simple: transmettre l’enseignement vrai de l’Eglise. Les enfants y sont très réceptifs car ils ont une vraie vie spirituelle: l’intimité avec Jésus n’est pas un problème dans leurs âmes pures. Le matérialisme ambiant est un obstacle réel, non insurmontable. De ce fait l’on insiste sur l’amour de l’Eucharistie et la prière. Quand je
vois, dans des écoles catholiques, que la 1re Communion est proposée en CM2, je trouve cela criminel. Pourquoi priver des enfants de la nourriture de leur âme ? Nous les préparons donc dès le CP, et parfois dès la Grande Section. Nous comptons en outre sur la complémentarité entre la famille et l’école. Il faut redonner aux enfants le sens de l’effort et l’esprit de sacrifice ; cela oblige à dépasser l’égoïsme issu du péché originel et aggravé par le matérialisme.
Votre œuvre s’adresse-t-elle par la force des choses aux familles aisées ? Avez-vous les moyens d’aider des familles nombreuses ou défavorisées pour leur permettre d’accéder au luxe que vous représentez ?
En valeur absolue la scolarité est plus élevée : notre liberté le vaut bien ! Mais de même que lorsqu’on fait son marché il vaut mieux voir le prix au kilo, dans le choix d’une école il vaut mieux regarder aux méthodes et au but. J’aimerais rappeler aux parents que presque tout se joue dès la petite enfance et que le choix d’une école vraiment catholique est un devoir moral grave. Certains, par souci de facilité, inscrivent leurs enfants dans l’école « d’à côté », se disant qu’ils « rattraperont » à la maison. Mais, oubliant les biens les plus hauts, ils ne voient que le court terme. D’autres comprennent l’urgence éducative. S’ils n’ont pas les moyens, qu’importe ?! Des associations sont là pour les aider en subventionnant une partie de la scolarité. Et pourrions-nous froidement refuser des enfants pour un motif économique ? Nous oublierions qui nous servons; et qu’à ceux qui Le cherchent, le bon Dieu donne toujours le nécessaire. Cette aide providentielle passe aussi par vous : aidez-nous en libellant vos dons à « l’école autrement » pour obtenir un reçu fiscal. Pour tout don ou renseignement, écrivez à : Ecole Sainte-Jeanne d’Arc, 1 chemin de petite champagne, 69340 Francheville.
Entretien réalisé par Dominique Molitor
lundi 23 novembre 2009
[summorum-pontificum.fr] A Saint-Germain-en-Laye, l'apartheid liturgique se poursuit
SOURCE - summorum-pontificum.fr - 23 novembre 2009
Comme il est indiqué sur l’agenda de son site Internet, la paroisse de Saint-Germain-en-Laye procédera dimanche prochain à l’élection de son Conseil pastoral. Selon le site de la Conférence des évêques de France, le conseil pastoral « réunit le clergé paroissial et les représentants des laïcs, il est présidé par le curé, examine les besoins de l'évangélisation sur le territoire de la paroisse, et les moyens d'y répondre. »
Sur cette paroisse du diocèse de Versailles, les prêtres sont au nombre de quatre. Le curé est le père Jean-Marc Bot (photo) et il est assisté des pères Guy Philippot, Etienne Taupin et Laurent Thuillier. Pour être élu au sein du conseil pastoral, il faut faire acte de candidature et être agréé par le curé en place. Il s’agit donc d’une procédure démocratique, mais limitée et contrôlée par l’autorité. Une chose tout à fait normale donc!
Comme les observateurs attentifs le savent, il existe à Saint-Germain-en-Laye un groupe de demandeurs d’une messe célébrée selon le rite romain traditionnel. Un groupe important, qui répond aux critères du motu proprio Summorum pontificum. Il est stable et il n’est pas limité à deux ou trois personnes. Il n’y a pas d’autres critères en ce qui concerne les laïcs. Les fidèles de Saint-Germain-en-Laye qui veulent bénéficier de l’application du motu proprio entendent vivre dans leur paroisse territoriale et non pas devoir s’expatrier ailleurs, à Port-Marly, Saint-Germain-du-Chesnay ou Versailles. Ils veulent vivre comme des catholiques à part entière.
Comme leur souci n’est pas pris en compte, mais qu’il entre dans les sujets normalement abordés par le conseil pastoral, ils ont pensé faire acte de candidature. Non pas deux, trois, quatre ou cinq, mais un seul d’entre eux.
Père de famille de quatre enfants, la candidature de X n’a pas été agréée par le curé de la paroisse. Pourquoi ? Pour l’heure, notre enquête n’a pas permis de le découvrir. Il semble cependant que l'appartenance de X au groupe des demandeurs de la messe traditionnelle soit bien en cause. C’est pourquoi samedi et dimanche prochain, il n’y aura aucun fidèle attaché à la forme extraordinaire dont la candidature sera proposée aux paroissiens de Saint-Germain-en-Laye.
Un échec pour la célébration de cette messe ! Mais un échec aussi pour Benoît XVI qui entendait réintégrer dans le tissu normal de l’Église les fidèles soucieux de vivre selon la liturgie traditionnelle de l’Église. Le Père Jean-Marc Bot répondra, bien sûr, qu’il ne s’agit pas de cela. Dieu seul juge les intentions des hommes. Ces derniers ne peuvent constater que les actes. À Saint-Germain-en-Laye, l’apartheid liturgique se poursuit. Mais il n’est pas dit que la commission Ecclesia Dei ne soit pas au courant de cette situation. Et qu'elle ne veuille pas y remedier…
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