TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

30 juillet 2016

[Abbé de Tanouarn - via Maxime Perrotin - Sputnik] "... cela signifierait que l'on remette en cause ces fameuses +colonnes du temple+..."

SOURCE - Maxime Perrotin - Sputnik - 29 juillet 2016

Islam: Cazeneuve veut-il enterrer la laïcité?

Bernard Cazeneuve réfléchirait à la mise en place d’un concordat entre l’État français et l’Islam afin d’endiguer le phénomène de radicalisation, une mesure qui irait à l’encontre de la loi de 1905 ainsi que des conclusions du rapport parlementaire sur la place de l’Islam en France.
                
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Pour Guillaume de Tanoüarn, prêtre catholique et philosophe, il est urgent de sortir de ce flou artistique.

"Ce qui est intéressant c'est qu'on se rend compte qu'il faut encadrer le culte musulman et qu'il n'y a moyen de l'encadrer véritablement — de sortir des belles phrases et des généralités — que si on propose cette forme juridique du concordat, qui redevient d'actualité pour toutes les religions de France par la même occasion."L'abbé de Tanoüarn, insiste sur le fait que la constitution d'un "Islam de France", au sens propre du terme et ce quoi qu'il en coûte, est une nécessité. Pour lui, c'est justement la possibilité de reconnaitre un Islam républicain, en lui permettant de se distinguer des autres. Le coût sera certes élevé, mais c'est un investissement à consentir si l'État veut continuer à assurer ses fonctions régaliennes, dont la protection des citoyens, dont il est le garant.



​"Oui, mais alors le coût, c'est vraiment secondaire par rapport aux dangers de l'islam radical. Je vous rappelle que comme par hasard, à Saint-Etienne-du-Rouvray, où le père Hamel a été lâchement assassiné, il y a une mosquée salafiste et où le recteur a eu beau dire que le jeune Adel K. venait à la mosquée, mais ne venait pas écouter les prêches. Il est clair que cette mosquée n'en est pas à son coup d'essai: il y a eu Maxime Hauchard et d'autres convertis à l'Islam qui sont passés par cette mosquée… Si on faisait l'inventaire de toutes les mosquées, dans une perspective concordataire, je pense que même si cela signifie beaucoup de frais, cela n'est pas de trop pour empêcher que notre vie quotidienne soit sous la menace terroriste en permanence."Pour l'abbé de Tanoüarn, c'est une question à laquelle il faut réfléchir, paraphrasant le ministre de l'Intérieur. Il souligne par ailleurs que la proximité des échéances électorales pourrait bien mettre un terme au projet, sans même parler bien sûr de la remise en cause de la loi de 1905, ce qui est impensable pour les membres de la mission sénatoriale, comme nous le rappelait XXX.

"Mais cela signifierait que l'on remette en cause ces fameuses +colonnes du temple+, dont parlait un certain Jacques Chirac: ce sont les deux premiers articles de la loi de 1905. Comment est-il possible de les remettre en cause, comment est-il possible pour l'État de salarier, de subventionner le culte musulman en France, alors que depuis 1905 l'État ne subventionne et ne salarie aucun culte? Eh bien, à eux de nous trouver une construction juridique miracle, mais personnellement je n'y crois pas à brève échéance.[…] Idéologiquement, l'État français n'est pas prêt à faire ce geste: une remise en cause de lui-même, une mise en cause de cette fameuse laïcité à la française, soi-disant exemplaire et exceptionnelle."
             
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[IBP] Vidéo des ordinations sacerdotales et diaconales du 25 juin 2016

SOURCE - IBP - 25 juin 2016

Veuillez trouver ci-dessous un lien pour un montage vidéo concernant les ordinations du 25 juin 2016 à Bordeaux:

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter] Je suis chrétien, voilà ma gloire

SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter - mai-juin 2016
Il existe une attitude fréquente parmi nous, et pourtant profondément absurde : c'est lors que nous avons honte d'être chrétiens. On appelle cela le respect humain.

Car qui a honte d'être en bonne santé ? Qui a honte d'avoir un métier intéressant et bien payé ? d'avoir une famille aimante ? Personne, évidemment. Au contraire, nous sommes fiers de nos richesses naturelles (la santé, la vie professionnelle, la famille), et nous avons même tendance à les exhiber.

Par quelle bizarrerie de l'esprit humain, alors, se fait-il que des richesses surnaturelles qui sont les nôtres, la foi catholique, la grâce divine, nous puissions avoir honte ? nous puissions rougir ? C'est incompréhensible, et pourtant c'est un mal trop répandu parmi les chrétiens.

Le défaut, le vice qui devrait nous menacer, logiquement, ce ne devrait pas être la honte, mais plutôt la vantardise, l'orgueil. Si je suis l'ami intime d'un roi, d'un homme politique, d'une star du cinéma ou de la chanson, d'un sportif célèbre, j'ai envie de le proclamer sur tous les toits : pourquoi, alors que je suis l'ami de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, ai-je plutôt tendance à m'en cacher ? Le respect humain est en soi la chose la plus bête et la plus inconvenante : et cependant, il nous paralyse chaque jour.

Que craignons-nous ? Un sourire en coin, une plaisanterie un peu piquante, une remarque acide ? Cela n'a jamais tué personne. Dans nos pays occidentaux, le fait de se manifester comme chrétien n'expose que bien rarement à des conséquences plus graves. Les chrétiens d'Orient, eux, qui vivent sous le joug de l'islam, sont exposés à des humiliations, à des arrestations, voire à des assassinats. Mais voyez comme ils réagissent : ils se manifestent publiquement comme chrétiens, par leurs vêtements, par des croix et des médailles ostensibles, voire par des tatouages du Christ ou de la Vierge.

Le plus ridicule en somme, c'est que nous espérons n'être pas reconnus comme chrétiens, alors que nos relations, nos collègues de bureau savent en réalité très bien qui nous sommes. Ils ont senti, à certaines attitudes ou paroles qui nous ont échappé, que quelque chose de spécial nous habitait, et n'ont pas tardé à faire le lien avec notre appartenance religieuse.

Et même, ces collègues de bureau, dont nous craignons qu'ils se moquent de nous (cela arrive quelquefois, mais ce n'est pas un bien grand martyre), attendent de nous, au moins pour certains, que nous les éclairions, que nous répondions à leurs questions, explicites ou implicites. Ils sont déçus, et ont raison de l'être, si lâchement nous nous taisons dans une conversation où, à l'évidence, un chrétien comme nous aurait dû intervenir.

Il n'y a donc qu'une seule solution pour l'honneur de Notre-Seigneur, pour notre propre salut, pour le bien des âmes que nous côtoyons : inverser la vapeur et retrouver, avec la grâce de Dieu, la tranquille et humble fierté d'être catholique. Exprimons notre foi en chaque circonstance où cela est utile, sans crainte infondée, sans fausse pudeur, sans circonvolution. Le monde a besoin de la lumière de Jésus-Christ, et nous n'avons pas le droit de la cacher sous le boisseau.

Nos pères le firent, et c'est ainsi qu'ils édifièrent la chrétienté, ces villes et ses villages où l'église trônait au centre, élevant son clocher bien au-dessus de toutes les maisons pour appeler les hommes à la prière ; où des cathédrales somptueuses éblouissaient le passant, lui chantant la gloire du Dieu trèshaut ; où des calvaires parsemaient les chemins et les carrefours pour honorer la passion du Christ ; où tant de prêtres portant la soutane comme un étendard, tant de religieux et de religieuses en habit emplissaient les rues et faisaient souvenir à chacun de sa destinée éternelle.

Ne cachons pas honteusement notre foi, n'ayons pas peur de la manifester, pour ne pas mériter la condamnation du Christ : « Si quelqu'un rougit de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme rougira de lui lorsqu'il viendra dans sa gloire » (Lc 9, 26). Retrouvons ce débordement de joie d'être sauvés par la grâce du Christ, et de l'exprimer tout simplement et à propos. Comme le dit saint Ignace, si le soldat parle spontanément de la guerre, si le marchand parle de son commerce, et l'amoureux de celle qu'il aime, il serait normal que le chrétien parle facilement de son ami, de son bienfaiteur, de son rédempteur, de son Dieu, de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Plus la lumière luit, plus les ténèbres reculent ; plus la vie catholique rayonnera publiquement, plus les ombres de l'apostasie disparaîtront. Faisons donc revivre en nous cette fierté simple d'être catholiques : « Je suis chrétien, voilà ma gloire, mon espérance et mon salut ; mon chant d'amour et de victoire, je suis chrétien, je suis chrétien. »

Abbé Christian Bouchacourt +, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

[FSSPX Canada - Lettre aux amis et bienfaiteurs] "...nous poursuivons l’objectif même de la Fraternité Saint-Pie X : la formation et la sanctification des prêtres..."

SOURCE - FSSPX Canada - Lettre aux amis et bienfaiteurs - Juillet 2016
"Nous ne pourrons jamais le dire suffisamment : notre Dieu tout-puissant sait tirer le bien du mal, et plus le mal qu’il permet est grand, plus le bien qui en sortira sera étonnant. "

Chers Amis et Bienfaiteurs,

Les 26, 27 et 28 juin derniers, tous les supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X se sont réunis en Suisse autour de notre Supérieur Général pour discuter de la situation de l’Église et de notre institut. Mgr Fellay a publié un communiqué le 29 juin à la suite de cette réunion, en en résumant les discussions. En bref, nous poursuivons l’objectif même de la Fraternité Saint-Pie X : la formation et la sanctification des prêtres, en mettant le combat pour préserver la foi clairement au-dessus de la nécessité d’une reconnaissance canonique. Tel est le travail le plus important que la Fraternité doit accomplir pour elle-même et pour toute l’Église dans le contexte de chaos croissant des milieux du Vatican. Pendant la rencontre, Mgr Fellay a souligné à plusieurs reprises le fait que quand il pose aux représentants du Vatican certaines questions clés, par exemple à propos de la nécessité d’accepter Vatican II ou sur la Fraternité, il reçoit constamment des réponses contradictoires.

Nous ne pourrons jamais le dire suffisamment : notre Dieu tout-puissant sait tirer le bien du mal, et plus le mal qu’il permet est grand, plus le bien qui en sortira sera étonnant. N’est-il pas vrai que souvent ce n’est qu’en perdant quelque chose que nous l‘apprécions vraiment? Dieu veut que nous appréciions à leur valeur les dons infinis qu’Il a donnés à ses pauvres créatures. Penchons-nous sur trois d’entre eux.

Considérons d’abord Notre-Dame. Nous savons qu’elle est l’Immaculée Mère de Dieu, Médiatrice de toutes les grâces, plus puissante que tout l’enfer réuni, et notre Mère. Mais que de fois dans cette vallée de larmes nous n’apprécions son intercession maternelle que lorsque nous sommes dans une situation désespérée ?

Notre Seigneur a confié à Soeur Lucie (de Fatima) qu’il ne convertira pas la Russie tant que cette nation ne soit consacrée au Coeur Immaculé de Marie par le pape et les évêques : « Parce que je veux que mon Église entière reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Coeur Immaculé de Marie, afin qu’elle puisse étendre son culte plus tard, et mettre la dévotion à ce Coeur Immaculé à côté de la dévotion à mon Sacré-Coeur ». (Toute la vérité sur Fatima, Vol. 2, le 18 mai 1936)

Dans un deuxième exemple, considérons la papauté. Notre-Seigneur a établi son Église sur elle : « Tu es Pierre; et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ». (Mt., XVI, 16) « La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle n’a pas été renversée, car elle était fondée sur la pierre. » (Mt., VII, 25) Soyons réalistes : cela ne va pas très bien aujourd’hui avec le pape François. Qui aurait jamais pu penser que le successeur de Pierre pourrait, semaine après semaine, dire et faire des choses si peu catholiques comme tel est le cas? Et il ne semble jamais s’arrêter. Il utilise sa propre autorité papale - bien que clairement jamais pleinement, jamais avec les conditions de l’infaillibilité - pour tenter de détruire l’institution même de la papauté. « Usquequo, Domine? Combien de temps cela continuera, ô Seigneur ? »

Quel bien sortit du reniement de Pierre le soir du Jeudi-Saint? « Et il le nia avec serment, je ne connais pas cet homme. » (Mt., XXVI, 72) Quelles furent les pensées de Notre-Dame quand elle entendit que Pierre venait de renier son Maître? Je suis sûr qu’elle dut immédiatement implorer le pardon de son Fils et prier pour lui. Elle a dû penser en elle-même : « Mon Fils devra gérer cette crise, Pierre est Son apôtre après tout; il s’agit de Son Église... » Et de fait Jésus le fit le dimanche de Pâques : « Le Seigneur est vraiment ressuscité, et il est apparu à Simon ». (Lc., XXIV, 34) et de nouveau quelques semaines plus tard sur la rive du lac de Capharnaüm avec la triple profession d’amour. Pierre et l’Église étaient sauvés. Et Notre-Seigneur montra qu’il était bien la véritable tête de son Église.

Quel bien alors peut sortir des déclarations confuses et souvent scandaleuses du pape actuel? Un bon effet immédiat est sans doute que de plus en plus de catholiques se réveillent enfin eu égard à la crise de l’Église. Il est dit que plus de 26 cardinaux se sont opposés à l’exhortation Amoris Laetitia de François. Pour quels motifs? Elle était contre l’Écriture et… la Tradition ! Prions qu’ils aient le courage d’aller à la vraie cause du problème, de ce qui a conduit l’abomination de la désolation à entrer dans le lieu saint.

Il n’y a pas d’effet sans cause. Certaines personnes peuvent lire les effets dans une cause; la plupart des gens vont dans le sens opposé : ils retournent à la cause quand ils en voient les effets. Mgr Lefebvre était dans le premier groupe, il a vu clairement les conséquences des mauvais principes adoptés par Vatican II au moment même où ils ont été votés et acceptés. On peut lire dans le livre Un évêque parle ses interventions lors du Concile sur la collégialité ou la liberté religieuse, par exemple. Il avait une clairvoyance incroyable. Beaucoup d’autres aujourd’hui ne prennent conscience des vrais problèmes que lorsque le pape François fait exploser les bombes à retardement cachées dans les textes du Concile.

Un troisième exemple du bien tiré du mal est la crise du sacerdoce. Le sacerdoce est le sacrement le plus nécessaire pour toute l’Église catholique. On peut l’apprendre d’une manière affirmative en lisant le Catéchisme du Concile de Trente, et on peut aussi le voir, a contrario, d’une manière négative, aujourd’hui, avec l’état chaotique du clergé dans l’Église. Comment allons-nous jamais sortir de la crise de l’Église si nous ne disposons pas de prêtres? (Je parle ici au niveau local, même après la consécration de la Russie par le pape.) Qui apportera la foi et les sacrements aux âmes sinon les prêtres? Autrefois, les Rédemptoristes, les Lazaristes, les Jésuites et tant d’autres missionnaires sont allés partout dans le monde prêcher des missions. Comment allons-nous avoir de bons évêques sans avoir d’abord des prêtres bien formés, instruits et spirituels? Plus la tragédie sacerdotale empire, plus cela jette de la lumière sur la sagesse de Mgr Lefebvre qui, dès les années 1969-1970, comprit la nécessité absolue de préserver le sacrement de l’Ordre à tout prix pour le bien commun de l’Église.

Voilà pourquoi Mgr Fellay dit dans son communiqué du 29 juin : « La Fraternité ne cherche pas d’abord une reconnaissance canonique - à laquelle elle a droit parce qu’elle est catholique ». La solution est loin d’être simplement juridique. C’est d’abord une question doctrinale que nous avons le devoir grave de manifester. La Fraternité veut absolument garder la rectitude doctrinale, car elle est centrée sur la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sur sa Royauté, son sacrifice, son sacerdoce qui est le principe de l’ordre et de la grâce. Mgr Lefebvre a combattu toute sa vie pour le triomphe de ces vérités fondamentales. Il est de notre devoir à l’heure actuelle de continuer le même combat sur les mêmes principes.

29 juillet 2016

[Yann Vallerie - Breizh-info.com] Abbé Guillaume de Tanouarn : « Il ne tient qu’aux catholiques de se faire respecter dans la société telle qu’elle est.»

SOURCE - Yann Vallerie - Breizh-info.com - 29 juillet 2016
L’égorgement, mardi 26 juillet, du père Hamel, par deux islamistes à Saint-Etienne-du-Rouvray, a secoué profondément les catholiques de France. Les autorités de l’Église peinent, pour le moment, à trouver les bons mots afin de mobiliser leurs fidèles. Nous avons interrogé l’abbé Guillaume de Tanouarn, catholique breton de 53 ans, fondateur de l’Institut du Bon Pasteur, mais également rédacteur pour Nouvelles de France ou encore Monde et Vie. Pour recueillir ses impressions après ce nouvel attentat, mais également pour parler du catholicisme, aujourd’hui en France.
Breizh-info.com : Quelle a été votre réaction à l’annonce de l’égorgement du Père Hamel par deux islamistes ?
Guillaume de Tanouarn : J’ai pensé que ce terrorisme de proximité était une sorte de crime rituel. Il ne s’agissait pas comme le 14 juillet dernier de tuer beaucoup et indistinctement, mais de tuer un prêtre au moment où, presque seul, il célébrait sa messe. C’est ce symbole qui fait l’importance de ce crime.
Breizh-info.com : Hubert Coudurier, du Télégramme, estimait mercredi que parler de « communauté catholique » en France était maladroit, et que cette dernière n’était pas menacée dans son existence. Partagez-vous ces propos ?
Guillaume de Tanouarn : Je ne connais pas Hubert Coudurier, mais il a raison de considérer comme maladroit le fait de parler de « communauté catholique ».
Il y a bien plus de catholiques en France que de gens se reconnaissant dans ce que l’on pourrait appeler la communauté catholique. La France est une terre catholique et un Français, quel qu’il soit a un rapport particulier avec le catholicisme dans la mesure où il est effectivement français.

Par ailleurs, ce n’est pas le terrorisme qui menace la communauté catholique dans son existence : le martyre on en a l’habitude. Ce qui menace la communauté catholique, c’est l’abandon de la foi et la lâcheté des catholiques.
Breizh-info.com : Une partie des catholiques (parmi les responsables notamment) appellent à « plus d’amour » et presque « à tendre la joue gauche » face aux islamistes. Est-ce votre point de vue également ?
Guillaume de Tanouarn : C’est le Christ dans l’Évangile qui nous appelle à tendre la joue gauche si l’on nous frappe sur la joue droite. Mais l’Évangile (contrairement au Coran) n’est pas un recueil de droit. Autre chose est la conduite spirituelle de l’existence personnelle et autre chose le droit qui régente une société. Le Christ n’a jamais mis en cause le droit humain. Et ses apôtres, saint Pierre et saint Paul vont répétant : « Soyez soumis à toute autorité ». Mais il indique une voie plus haute, « la voie étroite », qui représente pour celui qui la choisit une voie de réalisation spirituelle jusque dans l’éternité. Autre est la loi du temps, autre celle de l’éternité… Mais l’homme a besoin des deux.
Breizh-info.com : Comment expliquez-vous le grand écart qui peut exister entre le Pape Urbain II, qui appelait à la croisade pour protéger les catholiques et la Foi, et le Pape actuel, qui appelle presque ouvertement à l’ouverture de l’Europe à « l’autre » et au dialogue entre les religions ?
Guillaume de Tanouarn : Je ne pense pas que le pape François soit très différent du pape Urbain II dans sa manière d’envisager son ministère. La Croisade représente, en plein Moyen âge, une extraordinaire ouverture à l’autre un souci de l’univers et de l’universel que rétrospectivement on continue à trouver admirable et qui va bouleverser l’histoire.

A l’époque le seul moyen était les armes. Aujourd’hui nous avons toutes sortes de moyens et toutes sortes d’armes et le pape François, élu dans la tourmente, après la renonciation de son prédécesseur, n’a pas la tâche facile. Mais il a raison de prêcher l’accueil des personnes migrantes par des personnes bien installées dans la vie. Cela ne l’a pas empêché de parler des migrations comme de véritables « invasions arabes » à la grande surprise des observateurs.

Ce n’est pas de sa part une contradiction puisque la loi du temporel, je viens de le dire, n’est pas la loi du spirituel.
Breizh-info.com : Va-t-on vers un choc des religions ? Le catholicisme en France a-t-il encore un avenir, un pouvoir, une influence ? La France est-elle encore digne d’être « la fille ainée de l’Eglise » 
Guillaume de Tanouarn : Le choc des religions, c’est l’islamisme en guerre contre toutes les autres religions. Quant à l’influence du catholicisme, il suffit d’observer le scandale produit par l’égorgement de ce vieux prêtre de 86 ans pour se dire que la place du catholicisme est toujours bien marquée dans l’univers culturel athée auquel on a affaire de plus en plus en Occident. Il ne tient qu’aux catholiques de se faire respecter dans la société telle qu’elle est.
Breizh-info.com : Quel message souhaiteriez-vous faire passer à vos fidèles, notamment chez ceux qu’on appelle « traditionnalistes » ? Et aux musulmans de France ?
Guillaume de Tanouarn : Aux musulmans je dirai : découvrez la révolution paulinienne, on ne va pas à Dieu par la loi. La charia est périmée. Il n’y a pas d’autre manière d’accomplir le précepte que l’amour. Cela a été (en gros) le message du Président égyptien Al Sissi à Noël il y a deux ans à l’université Al Azhar.

Aux chrétiens, je dis : n’ayez pas peur d’agir avec foi. C’est la foi qui remportera la victoire, c’est la foi qui portera la civilisation, c’est la foi qui donnera à l’Occident la force de se ressaisir en acceptant d’être lui-même. La laïcité, la loi laïque est, elle aussi périmée, parce que trop abstraite. Elle a démontré et démontre à chaque attentat qu’elle n’est pas capable de produire le vivre ensemble et qu’au contraire, ses négations, son abstraction engendrent la haine entre les gens de foi et de convictions différentes.

Propos recueillis par Yann Vallerie