TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

1 juin 2016

[Riposte Catholique] Prises de soutane chez les Missionnaires de la Miséricorde Divine

SOURCE - Riposte Catholique - 31 mai 2016

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, a célébrée une messe pontificale le 19 mai dernier pour la prise de soutane de deux séminaristes de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine à l’église Saint François de Paule (Toulon). La communauté compte 5 prêtres et une douzaine de séminaristes.

31 mai 2016

[Anne Le Pape - Thierry Bouclier - Présent] L’abbé Coiffet : « une foi ferme dans un gant de velours »

SOURCE - Anne Le Pape - Thierry Bouclier - Présent - 13 mai 2016
Entretien avec Thierry Bouclier

Une biographie de l’abbé Denis Coiffet paraît ces jours-ci, écrite par Thierry Bouclier, aux éditions Terra Mare. A l’occasion de la Pentecôte et des pèlerinages de Chartres qui lancent de si nombreux pèlerins sur la route, l’évocation de ce prêtre qui nous a trop tôt quittés (il est mort en 2015) nous a paru particulièrement bienvenue.
— L’abbé Coiffet n’a-t-il pas joué un grand rôle dans l’organisation du pèlerinage de Pentecôte du Centre Charlier, dès ses débuts ?
— L’abbé Coiffet restera d’abord celui qui a prononcé, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, le mot d’envoi du premier pèlerinage, le 21 mai 1983. Alors qu’il parlait quasiment toujours sans note, j’ai retrouvé le texte des paroles prononcées ce jour-là. Un grand moment d’éloquence. Ensuite, il aura été le fondateur et l’aumônier des chapitres enfants de 1985 à 2008. Ces chapitres sont certainement une des plus belles et émouvantes réussites de ce pèlerinage. L’abbé avait coutume de dire : « Les enfants sont les paratonnerres du pèlerinage. » Plusieurs personnes se sont converties à la simple vue du passage des enfants sur les routes de Chartres. Enfin, il est devenu aumônier général du pèlerinage à partir de 2011. C’était à lui que nous devions les thèmes des méditations depuis cette année-là.
— Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire cette biographie de l’abbé Denis Coiffet ?
— Contrairement à beaucoup, j’ai connu l’abbé Coiffet tardivement. C’était en 2008, à Lourdes, lors de la venue du pape Benoît XVI. Pendant six ans, nous avons été proches, dans la mesure où son nouvel apostolat s’est déroulé à Bordeaux, où je réside. Il m’a profondément marqué. C’était un phénomène. Il avait une foi ferme dans un gant de velours. Il ne portait pas de jugements. Dur avec le péché et tendre avec le pécheur. Sa diplomatie et sa gentillesse désarmaient les plus hostiles. Sa bonne humeur constante et son sens de la camaraderie faisaient mouche à chaque fois. Il donnait envie d’aller vers Dieu. L’historien Stéphane Courtois a pu lui dire : « Avec un curé comme vous, je crois que je pourrais être catholique. » Tout était aimable chez lui, même ses défauts.
— Avez-vous collecté des témoignages ?
— Outre de nombreuses archives, j’ai collecté une quarantaine de témoignages pour reconstituer toute sa vie, de son enfance jusqu’à sa mort : témoignages d’ecclésiastiques, comme le père Louis-Marie de Blignières de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, l’abbé Christian Bouchacourt de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Paul Giard de la Fraternité Saint-Pierre ou le père Alain Dagron, curé de Bordeaux. De très nombreux laïcs, anciens scouts, amis ou paroissiens, m’ont également rapporté de nombreuses anecdotes.
— L’abbé Coiffet a beaucoup œuvré pour la jeunesse (scoutisme, formation). Cette œuvre était-elle vitale à ses yeux ?
— Elle l’était. A ce titre, l’abbé Coiffet se situe dans la lignée de saint Jean Bosco et du père Berto. Entre lui et les jeunes, « le courant passait ». Son autorité était naturelle. Son charisme séduisait. Il a laissé un souvenir inoubliable chez les scouts qu’il a encadrés comme chez les élèves dont il a été aumônier. Il n’hésitait pas à « mouiller la chemise ». Il a conduit un grand nombre de jeunes au sacerdoce. Pour lui, le catholicisme était la jeunesse du monde.
— L’abbé Bisig rappelle dans sa préface que l’abbé Coiffet « est resté un disciple fidèle de son père dans le sacerdoce, le grand missionnaire Mgr Marcel Lefebvre, pour qui la liturgie traditionnelle n’était pas un but mais le moyen très efficace de faire régner Notre-Seigneur Jésus-Christ (…) dans les cœurs des hommes ». La défense de la messe traditionnelle constituait-elle pour l’abbé Coiffet un élément essentiel de sa vie de prêtre?
— La rupture de 1988, à la suite des sacres de Mgr Lefebvre, resta toujours pour lui une douloureuse épreuve. Il a pu écrire que la Fraternité Saint-Pierre « est née dans la douleur, dans la croix demandée par Dieu et acceptée avec l’aide de sa grâce, pour obtenir le but que seul l’abandon à la volonté divine fait découvrir. La croix fut celle de l’incompréhension d’une décision de Mgr Lefebvre, les sacres de quatre évêques en désobéissance formelle aux ordres du pape Jean-Paul II… La croix fut d’être rejetés, en raison de notre refus des sacres, par le plus grand nombre de confrères comme par beaucoup d’amis de la première heure : nous étions devenus les traîtres et les ralliés ». Malgré cela, l’abbé Coiffet a toujours conservé une grande affection pour Mgr Lefebvre, sachant très bien ce que lui-même et l’Eglise lui devaient. Toute sa vie de prêtre a été guidée par une double boussole : la fidélité à la messe traditionnelle et la fidélité à Rome. L’une n’allait pas sans l’autre.
— A travers la vie de l’abbé Coiffet, votre but n’est-il pas d’évoquer cette période tourmentée de la vie de l’Eglise que représentent les 50 dernières années?
— Absolument. La vie de l’abbé Coiffet est le fil conducteur des cinquante dernières années de la vie de l’Eglise. Les jeunes générations vivent aujourd’hui dans une Eglise plus apaisée. La messe traditionnelle n’est plus, selon l’expression de Jean Madiran, « la messe interdite ». Mais, pour que cette messe retrouve droit de cité, il a fallu que de nombreux prêtres, dont l’abbé Coiffet, et de nombreux laïcs, se battent. La biographie de l’abbé Coiffet me permet de revenir sur les grands événements ayant marqué l’Eglise au cours du dernier demi-siècle : le concile Vatican II ; l’interdiction de fait de la messe traditionnelle ; la réaction de Mgr Lefebvre ; l’aventure du pèlerinage de Chartres ; les sacres de 1988 ; la fondation de la Fraternité Saint-Pierre ; la restauration de la messe traditionnelle dans sa plénitude. Tous ces événements du passé nous aident à comprendre le présent.
— L’abbé Vincent Ribeton, dans l’article consacré à l’abbé Coiffet qu’il a donné à Présent (26 septembre 2015), précise que l’exemple qu’il laisse est celui « d’un prêtre dont le cœur est toujours resté fervent et généreux ». Cette évocation vous paraît-elle juste?
— Oui, car malgré les épreuves de sa vie d’homme et de prêtre, il n’a jamais eu la moindre acrimonie. Son cœur ne s’est pas endurci sous les coups. Son zèle apostolique ne s’est pas amenuisé. Il a toujours gardé une fraîcheur d’âme, y compris au cours de sa douloureuse agonie. Une âme d’enfant.
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Propos recueillis par Anne Le Pape 
Thierry Bouclier, L’abbé Denis Coiffet, zélé serviteur de l’Eglise, éd. Terra Mare, 2016.

[Jeanne Smits (blog)] Mgr Schneider répond à “The Remnant” : “Amoris laetitia” est il susceptible d’une interprétation authentique ?

SOURCE - Jeanne Smits (blog) - 31 mai 2016

Dans une lettre ouverte à Mgr Athanasius Schneider, la revue catholique américaine The Remnant posait le 9 mai, sous la plume de Christopher Ferrara, la question de savoir si l'Exhortation apostolique Amoris laetitia est susceptible, comme il a pu sembler le dire, d'une « interprétation authentique ». Interprétation que l'évêque auxiliaire d'Astana suppliait Rome de donner. Mgr Schneider vient de répondre à cette demande par une lettre dont il a autoriséThe Remnant à publier le contenu. Je vous en propose ici ma traduction, en commençant par le courriel adressé à Michael Matt, responsable éditorial de la revue, suivie de la réponse à l’auteur de la lettre ouverte. – J.S.
Cher M. Matt, Merci pour vos salutations. J'ai fait une réponse à la lettre ouverte de The Remnant, que vous trouverez en pièce jointe et que je vous autorise à publier. Que Dieu vous bénisse abondamment, vous et votre apostolat pour la foi catholique. Avec mes salutations cordiales en Jésus et Marie, 
+ Athanasius Schneider
26 mai 2016 
Cher M. Christopher Ferrara, 
Le 9 mai 2016 vous avez publié sur le site de The Remnant une lettre ouverte concernant la question de l'Exhortation apostoliqueAmoris laetitia. 
En tant qu’évêque, j'éprouve de la reconnaissance et en même temps un encouragement à recevoir d'un laïc catholique une manifestation aussi claire et belle du sensus fidei par rapport à la vérité divine sur le mariage et la loi morale. 
Je suis en accord avec vos observations par rapport aux expressions d’Amoris laetitia (AL), spécialement dans son huitième chapitre, qui sont fortement ambiguës et trompeuses. En utilisant sa raison et en respectant le sens exact des mots, on peut difficilement interpréter certaines expressions d’AL conformément à la Tradition sainte et immuable de l'Eglise. 
Dans AL, il y a évidemment des expressions qui sont évidemment en conformité avec la Tradition. Mais ce n'est pas ce qui est en cause ici. Sont en cause les conséquences naturelles et logiques des expressions ambiguës d’AL. 
En vérité, elles contiennent un vrai danger spirituel, qui provoquera de la confusion doctrinale, une diffusion rapide et facile de doctrines hétérodoxes concernant le mariage et la loi morale, ainsi que l'adoption et la consolidation de la praxis qui autorise les divorcés remariés à accéder à la sainte communion, une praxis qui aura pour effet de banaliser et de profaner, pour ainsi dire, d'un seul coup trois sacrements : les sacrement de mariage et de pénitence, et celui de la très Sainte Eucharistie. 
En ces temps sombres qui sont les nôtres, ou Notre Bien-aimé Seigneur semble dormir dans la barque de sa Sainte Eglise, tous les catholiques, à commencer par les évêques et jusqu'au plus simple des fidèles, qui prennent encore au sérieux leurs vœux baptismaux, doivent d'une seule voix (una voce) faire une profession de fidélité, en énonçant concrètement et clairement toute ces vérités catholiques qui dans certaines expressions d’AL sont mises à mal, ou défigurées par l'ambiguïté. Cela pourrait prendre la forme d'un « Credo » du peuple de Dieu. AL est à l'évidence un document pastoral (cela veut dire qu’il a par nature un caractère temporel) et il n'a aucune prétention a un caractère définitif. Nous devons éviter de « rendre infaillible » chaque mot et chaque geste d'un pape en exercice. Cela est contraire à l'enseignement de Jésus et à toute la Tradition de l'Eglise. 
Une telle appréhension, une telle application totalitaires de l'infaillibilité pontificale ne sont pas catholiques, elles sont en définitive mondaines, comme dans une dictature ; cela va contre l'esprit de l'Evangile et des Pères de l'Eglise. Outre cette possible profession de fidélité commune que je mentionnais plus haut, il doit également être fait à mon sens, par des spécialistes compétents de théologie dogmatique et morale, une analyse solide de toutes les expressions ambiguës et objectivement erronées dans AL. Une telle analyse scientifique doit être faite sans colère ni partialité (sine ira et studio) et par filiale déférence envers le vicaire du Christ. 
Je suis convaincu que dans des temps à venir les papes seront reconnaissants de ce que des voix se soient élevées, de quelques évêques, théologiens et laïcs, en des temps d'une grande confusion. Vivons pour l'amour de la vérité et de l'éternité, pro veritate et aeternitate. 
+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte Marie d’Astana.
(Traduction non officielle par Jeanne Smits.)

[Paix Liturgique] Le diocèse de Sion en Suisse so'uvre à Summorum Pontificum

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°544 - 31 mai 2016 -
Au cœur du catholicisme suisse, dont l’autre pôle est Fribourg, le Valais abrite depuis plus de 40 ans Écône, le séminaire international de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X. Pourtant, depuis l’installation de l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre dans le diocèse, et sans doute à cause du climat de tension existant pour cette raison localement, nul évêque n’avait autorisé ou simplement toléré la célébration de la messe traditionnelle dans un cadre paroissial, hormis une timide expérience à Brigue (dans la partie alémanique du Valais) fin 2008.

Depuis le dimanche de la Sainte Trinité, la forme extraordinaire du rite romain, réduite jusque-là à être juridiquement « sauvage », est enfin officiellement célébrée dans le Valais francophone, plus précisément à Saint-Pierre-de-Clages, à 20 km de Martigny. La proximité d’Écône (il faut 10 minutes pour aller d’un lieu à l’autre en voiture) n’a pas empêché cette première célébration d’attirer près d’une centaine de fidèles. Pas plus que l’horaire inusuel (17h30) et le fait que, pour l’heure, cette messe n’est célébrée que sur une base mensuelle. Il faut dire que, des demandeurs au célébrant, en passant par les nouvelles autorités diocésaines, tout le monde met du sien pour que cela se passe pacifiquement et charitablement.

I – L’article du Nouvelliste du Valais

Église: le diocèse de Sion renoue avec la messe en latin

Le diocèse de Sion a décidé de réintroduire officiellement la messe en latin, en référence à la lettre apostolique de Benoît XVI de 2007. Elle sera célébrée une fois par mois à l’église de Saint-Pierre-de-Clages, nous apprend le portail catholique suisse cath.ch.

Dès le 22 mai et chaque dernier dimanche du mois, l’abbé Marek Glab, curé des paroisses de Chamoson et de Saint-Pierre-de-Clages, célébrera la messe en latin. La démarche, nous apprend le portail cath.ch, émane d’une quarantaine de fidèles des paroisses de Martigny, Leytron et Chamoson. La lecture de l’évangile et l’homélie seront en français, le reste de la messe se déroulera en latin. Un carnet rédigé en latin et en français permettra aux fidèles de suivre la célébration.

Les paroissiens à l’origine de la démarche « ne font pas partie de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (ndlr: Ecône), simplement ils voulaient retrouver ce rite », explique Marek Glab à cath.ch.

« Cette initiative n’a rien à voir avec Écône », confirme l’abbé Pierre-Yves Maillard, vicaire général du diocèse de Sion. L’automne dernier, en référence à la lettre apostolique de Benoît XVI de 2007, les initiateurs du projet ont fait la demande à Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse, de réintroduire la messe selon la forme extraordinaire. Ce dernier a donné son accord pour une messe mensuelle et a pris date pour faire le bilan dans une année.

II – Les réflexions de Paix liturgique

1) Chanoine du Grand-Saint-Bernard, Mgr Lovey est installé sur le siège épiscopal de Sion depuis fin 2014. Il succède à Mgr Brunner qui avait bloqué une demande d’application du Motu Proprio Summorum Pontificum en Valais francophone, signée par 91 personnes, mais avait laissé un prêtre célébrer à Brigue en Valais alémanique. Il est remarquable que Mgr Lovey, sollicité par les demandeurs, ait accueilli favorablement leur démarche, laissant carte blanche au curé de Chamoson pour y répondre.

2) « Cette initiative n’a rien à voir avec Écône », précise le vicaire général. Compte tenu de la préparation à ce jour très avancée d’un « concordat » entre le Saint-Siège et la FSSPX pour régler sa situation canonique, la mesure prise par le diocèse de Sion ne peut pas être considérée comme une pierre jetée dans le jardin de la FSSPX. En pratique, dès lors que la FSSPX pourra exciper d’une estampille canonique, elle aura elle-même la possibilité de rendre des services dans le cadre de ces messes paroissiales, se mêlant, dans une très souhaitable conjonction de toutes les forces traditionnelles, à l’apostolat des autres instituts fidèles à la messe traditionnelle et à celui des prêtres diocésains qui désormais la célèbrent. Nous sommes, pour notre part, résolument favorables à ce brassage des divers courants traditionnels, pour le plus grand bien de tous et surtout de l’Église, en vue des défis qui sont les siens aujourd'hui.

3) « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il jugera comment harmoniser le bien de ces fidèles avec la charge pastorale ordinaire de la paroisse, sous le gouvernement de l’évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église » édicte le Motu Proprio Summorum Pontificum à son article 5, paragraphe 1. Or c’est exactement ce que fait l’abbé Glab, curé de Chamoson, qui, bien que n’ayant jusqu’ici jamais célébré la forme extraordinaire considère normal de satisfaire le désir des fidèles : « qu’elle soit en français, en anglais ou en latin, c’est la messe où Dieu se donne, il faut la célébrer avec respect », indiquait-il début mai. Et ce prêtre originaire de Pologne, où il a étudié le latin au séminaire, de préciser que « cette célébration est aussi ouverte à tous ceux qui veulent découvrir ce rite ».

4) En mars 2009, un sondage de l’institut Démoscope, auprès de catholiques de Suisse romande et alémanique, révélait que 35 % des pratiquants assisteraient au moins une fois par mois à la messe traditionnelle si celle-ci venait célébrée dans leur paroisse. Sept ans plus tard, il est probable que ce résultat se soit encore amélioré. Non seulement parce que les dispositions de Summorum Pontificum, complétées par celles de l’instruction Universæ Ecclesiæ de 2011, sont plus largement connues, mais aussi parce que la soif d’une liturgie plus digne et plus christocentrée touche de plus en plus de fidèles comme l’avait révélée une enquête sociologique conduite dans le décanat de Fribourg (diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg) que nous avons commentée dans notre lettre 437. Celle-ci indiquait que « 45,2 % des fidèles disent apprécier "beaucoup" la messe en latin (forme extraordinaire) ».

5) Une demande pacifique, un curé à l’écoute de ses fidèles et un évêque garant de la concorde et de l’unité : en somme, une mise en place du Motu Proprio réglée comme un coucou suisse. Surtout, cette nouvelle messe dans le Valais romand confirme ces vérités que nous nous efforçons d’illustrer semaine après semaine :
- Summorum Pontificum est un trésor pour toute l’Église,
- la portion du peuple de Dieu intéressée par la célébration de la messe traditionnelle est bien plus large que les seuls groupes traditionnels,
- ces Silencieux de l’Église représentent en effet au bas mot un catholique sur trois (35 % selon le sondage de 2009),
- la paroisse est le cadre naturel de la célébration de la forme extraordinaire du rite romain.

6) Nos lecteurs savent bien que l’irénisme n’est pas notre tasse de thé. Toutefois, il est évident que les barrières liturgiques tombent les unes après les autres comme l'illustre parfaitement cet exemple valaisan. Souvenons-nous que, dans les années 70, la survie de la messe traditionnelle s’y jouait au prix de violents affrontements : dès 1973, Mgr Adam, évêque de Sion, retirait son appui au séminaire d’Écône. Quarante ans plus tard, l’autorisation de cette messe mensuelle montre combien les lignes ont bougé. Et continueront de bouger.

7) Cette évolution actuelle au cœur du diocèse de Sion préfigure bien ce que sera la Paix dans un avenir que nous espérons proche : répondant aux vœux liturgiques et spirituels d'une multitude de Silencieux, la messe traditionnelle sera célébrée au sein de la plupart des paroisses de l'Église universelle, engendrant une vraie réconciliation entre les fidèles et contribuant à renouer les liens de Charité les unissant à leurs pasteurs. Le tout dans l'unité avec le Siège de Pierre, permettant ainsi à d'œuvrer tous ensemble à la nouvelle évangélisation, pour la plus grande gloire de Dieu.

[Bertrand Y. (blog)] « Ils en ont parlé » (des accords avec Rome…)

SOURCE - Bertrand Y. (blog) - 31 mai 2016

Ce titre évoque certainement pour beaucoup, au moins chez ceux d’un certain âge, la fameuse image d’Epinal inspirée de l’affaire Dreyfus et étant en réalité double car représentant un dîner, dans la société apparemment distinguée de l’époque (fin XIX), avant et après que la conversation soit tombée dessus… Il y a, en effet, des sujets tabous qui ne peuvent être abordés sans déchaîner, chez certains, des passions comme la colère, voire la haine, lesquelles provoquent en sens opposé, par réaction, les mêmes passions, ce qui rend impossible toute discussion constructive.
                                  
En l’occurrence, toute cette histoire en rapport avec cet officier d’origine juive réveillait le sentiment exacerbé, donc passionné, et multiséculaire de l’antisémitisme, cette antipathie viscérale, ni rationnelle, ni surnaturelle comme celle envers le péché (mais non envers le pécheur), éprouvée par un bon nombre envers les descendants de ceux qui non seulement refusèrent de reconnaître le Christ comme Messie mais n’eurent que haine envers lui, poussèrent à sa condamnation, persécutèrent ensuite ses disciples puis, chassés de Palestine et répandus dans le monde (connu) devenu chrétien, n’eurent de cesse de perpétuer parmi eux les mêmes sentiments et d’autant plus que leur immense mépris pour les non-juifs les incitaient à ne pas se mêler aux autres peuples sinon pour leurs seuls intérêts ou pour en tirer profit de toutes les manières possibles et immorales (cf. le Talmud, la pratique de l’usure etc.). Si elle est compréhensible, la faiblesse humaine fait qu’elle pouvait facilement dégénérer en excès qui obligèrent même, à bien des reprises dans l’histoire, l’Eglise et ses meilleurs disciples à prendre leur défense contre ses propres fils égarés qui les persécutaient, à leur tour, de façon tout aussi injuste, voire cruelle : le chrétien ne rend pas le mal pour le mal !
                      
Aujourd’hui, un nouveau sujet tabou est apparu non à l’échelle de tout un peuple, comme la précédente affaire, mais à celle plutôt d’un microcosme, celui de la «Tradition » « canal historique » ou de la Fraternité St-Pie X ; et à propos de ce qu’une minorité très remuante dans cette déjà minorité appelle « les accords avec Rome » (avec laquelle les désaccords doctrinaux ne cessent de s’accentuer et d’être soulignés par son autorité). 
                      
Remuante donc passionnée et à un point qu’on imagine difficilement si on n’en a pas été témoin : tout sauf paisible (la paix intérieure est pourtant la marque du St Esprit…), toujours à l’affût (avec internet…), voire obsédée par les moindres nouvelles venant de Rome ou de la maison généralice de leur Fraternité comme si toute la vie ne tournait plus qu’autour de cela; incapable de réagir posément à leur réception mais les jugeant à l’emporte pièce, car avec colère, et s’échauffant encore plus entre individus semblables du même parti et les rejetant forcément, alors, avec véhémence, voire mépris; incapable donc de considérer paisiblement ou à tête reposée les choses, surtout les avis a priori opposés aux leurs. 
                      
Passionnée donc excessive, notamment en étant tranchée ou sans nuances dans ses jugements du genre : « on ne doit pas chercher à gagner l’indulgence de l’année sainte du pape François puisque son enseignement sur la miséricorde, entre autres, n’est pas orthodoxe ». Comme si l’indulgence obtenue ainsi était nécessairement mauvaise ! De même : « on ne doit rien signer avec un tel pape puisque etc.», même si celui-ci, en vertu de son pouvoir apostolique détenu légitiment et usé ici à bon escient, reconnaissait à cette Fraternité le droit à exister de façon pleine et entière dans l’Eglise, pour le salut du plus grand nombre possible d’âmes, en ne changeant rien à son fonctionnement actuel et en n’exigeant même plus d’elle de reconnaître ce qu’elle a toujours refusé de reconnaitre (la conformité à la Tradition ou la bonté de tout le concile Vatican II et de la nouvelle messe qui en est issue). Car il y a, il est vrai, un immense paradoxe, voire un mystère, à ce qu’un tel pape manifeste réellement des dispositions aussi favorables. Mais ce fait pourtant indéniable (contra factum non fit argumentum) n’a pas l’heur de cadrer avec les catégories étroites de certains esprits trop simplificateurs, voire aveuglés par leur ire endémique (manifestation d’une crainte plutôt irrationnelle ?). Ils sont ainsi devenus incapables d’y voir l’œuvre avant tout de la Providence (donc du St Esprit en personne !) qui fait depuis toujours pousser la bonne semence au milieu de l’ivraie et a l’habitude de déjouer les pronostics humains, fussent ils pour la défense de la foi ! Les béatitudes comme « bienheureux les doux etc. », « bienheureux les pacifiques etc. » leur sont devenues du chinois, totalement étrangères. Eux aussi ne sont ils pas, au fond et finalement, adeptes de la loi du Talion : le mal (le mépris et peut être la haine) pour le mal ?… 
                      
Excessive donc tombant dans la contradiction, voire le ridicule, car il n’y aurait aucun inconvénient, selon cette minorité, à gagner, cette année, l’indulgence du Puy, sans doute d’institution très ancienne mais qui ne peut être obtenue aujourd’hui que par le bon vouloir du pape régnant ou qu’en vertu du seul pouvoir du successeur de Pierre en place…
                      
Excessive donc provoquant les réactions indignées, voire courroucées, à leur tour, du parti loyaliste envers l’autorité de la dite Fraternité accusée injustement et obstinément par les premiers de trahison (elle aussi…). 
                      
Dans ces conditions, créées par elle, on ne voit pas comment il est encore possible d’aborder avec toute la sérénité nécessaire ce sujet en société ou lorsque tout ce petit monde se trouve réuni (peut être même en chapitre ?…). Qu’elle ne s’étonne et ne s’offusque donc pas d’être éventuellement mise devant le fait accompli !
                      
N’est ce pas le même problème à l’échelle de la hiérarchie de toute l’Eglise quand est abordée la question de la Fraternité St-Pie X? On comprend alors que le(s) pape(s) (déjà Benoît XVI) soi(en)t également tenté(s) d’agir motu proprio pour résoudre cette question si sensible au sommet comme à la base. 
                      
Moralité de l’histoire : quand « ils en ont parlé » sans avoir su le faire comme entre gens de véritable bonne compagnie, avec calme, courtoisie et droiture, on en arrive fatalement à ce que « ils n’en ont pas parlé»!