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Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

24 juin 2017

[Peregrinus - Le Forum Catholique] Révolution française et traditionalisme (III) : Les réfractaires, d'hier à aujourd'hui

SOURCE - Le Forum Catholique - 24 juin 2017


première partie

deuxième partie

Dans la deuxième partie de cette petite série consacrée à l’histoire religieuse de la Révolution française et au traditionalisme contemporain, je me suis efforcé de montrer que pour mieux dramatiser l’épisode décisif du serment, que l’on peut dater du début de l’année 1791, certains usages actuels de l’histoire tendaient à brouiller la chronologie et à présenter de la Révolution une vision au fond intemporelle et parfaitement anhistorique. Un tel procédé, s’il s’accorde avec la visée ouvertement prescriptive des textes dont il est question, n’aide guère à comprendre ce qui était en jeu lorsque l’application du décret du 27 novembre 1790 sur le serment a divisé le clergé français entre réfractaires (ou insermentés) et constitutionnels (ou assermentés).

On a vu que pour le Petit Eudiste, le serment constitutionnel est tout uniment une forme d’adhésion à la « Révolution anti-Dieu et anti-Roi (1) », ce qui ne laisse pas que d’être très discutable. Pour les Cahiers du Christ-Roi,

Diviser pour détruire, telle est la tactique révolutionnaire. […] La question des prêtres constitutionnels pendant la Révolution relève aussi de cette intention de réduire l’Eglise à une structure contrôlable par les agents de la Révolution pour mieux la détruire ensuite (2).

Le sens obvie d’une telle affirmation est que la Constitution civile du clergé relève d’un plan bien déterminé par les « agents de la Révolution », donc d’une forme de complot pour détruire l’Eglise. Cette affirmation, assénée avec beaucoup d’évidence, n’est pas moins discutable que la précédente, parce que comme elle, elle fait abstraction des faits et de la chronologie

Il n’existe en effet aujourd’hui aucun historien sérieux pour soutenir que l’intention des constituants, en adoptant le décret du 12 juillet 1790 réformant l’organisation ecclésiastique, était de détruire l’Eglise (3). Les intentions des constituants, parmi lesquels figure un quart de députés ecclésiastiques, ne sont pas anticléricales. Il s’agit, après la suppression des dîmes en août 1789 et la mise à disposition de la Nation des biens de l’Eglise en novembre suivant, d’assurer la subsistance du clergé en l’intégrant à la Nation, ce qui est accompli au moyen de sa fonctionnarisation (4). Le traitement matériel réservé aux ecclésiastiques, comme l’ont reconnu jusqu’aux historiens catholiques les moins suspects de sympathie pour les réformes de la Constituante, est alors fixé à un niveau très convenable, nettement supérieur à celui que prévoit par la suite le Concordat de 1801 (5).

Dès lors, que reprochait le clergé réfractaire à la Constitution civile du clergé ? 

Pour répondre à cette question, c’est au texte même du décret du 12 juillet 1790 qu’il faut tout d’abord revenir (6). La Constitution civile du clergé abroge unilatéralement le Concordat de Bologne, qui réglait depuis 1516 les relations entre l’Eglise et la monarchie française. Le décret du 12 juillet réforme tout d’abord la circonscription ecclésiastique, entièrement refondue sur la base des nouveaux départements (titre I, articles 1 à 5). Il interdit de recourir à une autorité placée sous la dénomination d’une puissance étrangère (article 4). Il donne une nouvelle organisation aux églises cathédrales, supprimant les chapitres (article 20) pour les remplacer par un conseil de vicaires épiscopaux (articles 9 et 14). L’élection devient la seule manière de pourvoir aux évêchés et aux cures (titre II, article 1). Une fois élu, l’évêque du département reçoit l’institution canonique du métropolitain, ou, à défaut, du plus ancien évêque de la province (article 17). Il lui est alors interdit de faire un autre serment que celui de professer la religion catholique, apostolique et romaine (article 18). Après son institution, l’évêque écrit au pape en témoignage de l’unité de foi et de communion qu’il veut entretenir avec lui (article 19). 

Le problème principal que pose la nouvelle organisation ecclésiastique se révèle rapidement celui de la juridiction ecclésiastique. Il suffit, pour s’en persuader, de lire l’Exposition des principes publiée le 30 octobre 1790 par Mgr de Boisgelin, archevêque d’Aix, la plus notable des critiques adressées par l’épiscopat français à la Constitution civile du clergé (7). A peine Mgr de Boisgelin a-t-il achevé le résumé des principales réformes qu’il rappelle les principes catholiques de la juridiction :

Il est une juridiction propre et essentielle à l’église, une juridiction que Jésus-Christ lui a donnée, qui se soutint par elle-même dans les premiers siècles, sans le secours de la puissance séculière, et qui, se contenant dans ses bornes, avoit pour objet l’enseignement de la doctrine et l’administration des sacrements (8).

A la nouvelle organisation ecclésiastique, il est tout d’abord reproché d’être émanée d’un acte unilatéral de la puissance temporelle, par elle-même incompétente en matière spirituelle. Cette incompétence résulte de l’exclusion du pape, qui n’est pas consulté préalablement à la réforme, et qui se voit dépossédé de l’institution canonique des évêques. 

Par quelle fatalité faut-il que le chef de l’église ne soit pas consulté sur des droits qui lui furent attribués par les lois, depuis deux siècles, et sur cette partie de la juridiction qu’il avoit exercée dans tous les temps, et que l’église avoit constamment maintenue (9) !

Le principal reproche que l’archevêque d’Aix qu’adresse à la Constitution civile du clergé est donc d’être un attentat à la juridiction du pape tout d’abord, puis des évêques dont les sièges sont supprimés et dont on demande donc la démission. Mgr de Boisgelin refuse une réforme qui conduirait l’épiscopat à « consacrer l’oubli des formes canoniques (10) ».

Souci de maintenir l’Eglise gallicane dans la dépendance et la communion du pontife romain, de ne pas réduire l’union avec Rome à une pure forme, de défendre la juridiction ordinaire des évêques et d’observer les formes canoniques : on le voit, on est très loin d’une « résistance » ecclésiale qui croit non seulement pouvoir, mais encore devoir se passer en toutes circonstances de toutes les formes canoniques ordinaires. La logique de l’argumentation des réfractaires de 1790, prêts à tout perdre pour n’être pas détachés de la juridiction du pape et des évêques, est rigoureusement contraire à celle d’anarcho-traditionalistes d’aujourd’hui qui se font un devoir de ne jamais s’y soumettre. Les « catholiques réfractaires » ne sont peut-être pas ceux que l’on croit.

On objectera non sans raison que les problèmes n’étaient évidemment pas les mêmes. Mais alors il faut en tirer les conséquences et faire au moins preuve de prudence et de retenue dans les usages de l’histoire et s’abstenir d’équivalences, voire d’accusations, dont on commence à voir le caractère extrêmement glissant et réversible. 

(A suivre)

Peregrinus 

(1) Abbé Etienne de Blois, « Un vicaire silencieux », Le Petit Eudiste, n°202, mars 2017, p. 10-11.
(2) Révolution et Subversion. Cahiers du Christ-Roi, numéro hors-série, décembre 2014, p. 112.
(3) Il faut noter d’ailleurs que ceux qui voyaient dans la Constitution civile du clergé le résultat d’un complot attribuaient celui-ci non à la franc-maçonnerie, mais aux jansénistes, cf. Gérard Pelletier, Rome et la Révolution française. La théologie et la politique du Saint-Siège devant la Révolution française (1789-1799), Ecole française de Rome, Rome, 2004. L’abbé Barruel lui-même, sous le pseudonyme de Bonnaud, semble avoir vu tout d’abord dans le décret du 12 juillet 1790 l’œuvre des jansénistes et des richéristes, cf. Marcel Gauchet, « La question du jansénisme dans l’historiographie de la Révolution », dans Catherine Maire (dir.), Jansénisme et Révolution. Actes du colloque de Versailles tenu au Palais des congrès les 13 et 14 octobre 1989, Chroniques de Port-Royal, Paris, 1990, p. 17.
(4) Sur les principaux traits de la réforme, voir Timothy Tackett, La Révolution, l’Eglise, la France, Cerf, Pars, 1986.
(5) Voir par exemple Ludovic Sciout, Histoire de la Constitution civile du clergé (1790-1801). L’Eglise et l’Assemblée Constituante, t. I, Firmin Didot, Paris, 1872.
(6) On peut trouver le texte complet de la Constitution civile, ibid., p. 182-189.
(7) L’Exposition, écrit ainsi Jean-Claude Meyer, Deux théologiens en Révolution, Parole et Silence, Paris, 2011, p. 207, témoigne d’une « conscience exacte des enjeux ecclésiologiques » de la réforme. L’abbé Meyer la situe dans la lignée du gallicanisme modéré de Bossuet, qui admet le recours à Rome en temps de crise.
(8) Mgr de Boisgelin, Examen des principes sur la Constitution civile du clergé, Le Clère, Paris, 1801, p. 4-5.
(9) Ibid., p. 26.
(10) Ibid., p. 18.

[Le Salon Beige] L’abbé Émeric Baudot, nommé à Saint-Nicolas du Chardonnet

SOURCE - Le Salon Beige - 24 juin 2017
La Fraternité Saint-Pie X vient de nommer l’abbé Émeric Baudot à Saint-Nicolas du Chardonnet. Âgé de 56 ans, ce prêtre originaire de Lyon, entré au début des années 1980 au séminaire d’Écône pour rejoindre Mgr Marcel Lefebvre, a été ordonné juste après les sacres épiscopaux de 1988. Desservant de la chapelle de Versailles puis directeur du collège de Sainte-Marie, près de Saint-Malo, il fut l’économe général de la Fraternité pendant douze ans, avant d’être nommé premier assistant du supérieur du district de France il y a trois ans. Il est le 5e prêtre que la Fraternité Saint-Pie X nommé à Saint-Nicolas du Chardonnet, à la suite de Mgr François Ducaud-Bourget, prêtre de l’archidiocèse de Paris qui avait investi l’église il y a quarante ans pour la restituer au rite traditionnel, aux côtés des abbés Louis Coache (prêtre du diocèse de Beauvais) et Vincent Serralda (prêtre de l’archidiocèse d’Alger).

À sa mort en 1984, Mgr Ducaud-Bourget avait sollicité l’œuvre fondée par Mgr Lefebvre pour desservir l’église du Ve arrondissement et c’est l’abbé Philippe Laguérie qui fut diligenté par ce dernier pour le remplacer. Depuis, une quarantaine de curés et de vicaires se sont succédés pour œuvrer dans ce « phare » du traditionalisme français. Seule église entièrement consacrée à la liturgie grégorienne dans le pays, elle devint progressivement la matrice de nombreux sanctuaires et chapelles qui ont permis de remettre au goût du jour le rite traditionnel, entièrement proscrit pendant les années 1970. Avec trois messes quotidiennes et cinq messes le dimanche, Saint-Nicolas du Chardonnet met à disposition en permanence un prêtre pour recevoir les fidèles.

23 juin 2017

[Paix Liturgique] St-Germain-en-Laye: l'unité autour du Saint-Sacrement annone-t'elle la paix liturgique?

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°599 - 22 juin 2017

10 ans après la promulgation du motu proprio de Benoît XVI, la paix liturgique va-t-elle enfin s’installer à Saint-Germain-en-Laye ?

Au lendemain de la Fête-Dieu qui a rassemblé en une même procession, et en une même communion spirituelle, paroissiens ordinaires et fidèles de la forme extraordinaire, il semble que les temps soient mûrs pour en finir avec une décennie d’exclusion.
I – DE LA COEXISTENCE À LA COOPÉRATION
Comme nous l’avons évoqué dans notre lettre 578 du 18 janvier 2017, la communauté traditionnelle de Port-Marly, dont l’église est actuellement en rénovation, est accueillie depuis le début 2017 en la chapelle des franciscaines de Saint-Germain-en-Laye. Lors des premières messes à la chapelle des franciscaines, le curé de Saint-Germain, le père Faure, avait tenu à souhaiter lui-même la bienvenue aux fidèles de Port-Marly – dont une grande part sont originaires de Saint-Germain – leur précisant qu’ils ne devaient pas se sentir « en exil » mais « en communion ». Un geste apprécié des fidèles.

Au bout d’un semestre de coexistence sur le même territoire, la preuve la plus éclatante de cette communion a été donnée ce dimanche 18 juin lors de la grande procession organisée pour la Fête-Dieu entre la chapelle des franciscaines – où se célèbre donc actuellement la forme extraordinaire le dimanche – et l’église Saint-Germain, où se célèbre la forme ordinaire. Plus d’un millier de catholiques de Saint-Germain-en-Laye ont en effet accompagné le Saint-Sacrement dans les rues de la ville, suscitant l’émerveillement de nombreux badauds.

Comme en témoignent les photos que nous vous proposons, les enfants de chœur de Port-Marly ont entouré le Saint-Sacrement que portait le curé de Saint-Germain ; tandis que c’est le chanoine Guitard (chapelain de Port-Marly) qui a donné la bénédiction finale en l’église Saint-Germain. Il était difficile de donner meilleur témoignage d’unité et de coopération entre les deux communautés. Et ce, en accord parfait avec l’esprit du motu proprio de Benoît XVI qui invitait les prêtres célébrant le missel de Paul VI « à manifester de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien ».

Sur la page Facebook de la paroisse, d’où proviennent les photos qui accompagnent cette lettre, les commentaires des paroissiens sont éloquents : « Magnifique cortège, belle foule et beaux symboles que cette procession avec nos amis de Marly. Geste de cohésion, c’était aussi une occasion d’évangélisation car une fois la surprise passée, les passants s’interrogeaient et s’intéressaient. À refaire donc ! » (Paul) ; « Merci Père Thierry d’avoir ce grand désir de réunir nos églises. C’est tellement important pour nous tous » (Claire) ; « Belle initiative qui devrait donner l’idée à d’autres paroisses, dans la mesure des possibilités » (Yvonne).
II – DE LA COOPÉRATION À L’UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ?
D’ici quelques semaines, la chapellenie devrait retrouver son église de Port-Marly. Qu’adviendra-t-il alors des familles de Saint-Germain-en-Laye qui, durant six mois, ont pu assister à la forme extraordinaire à la chapelle des franciscaines ? Tout naturellement, elles espèrent que la messe traditionnelle puisse continuer à être célébrée à Saint-Germain.

De fait, nous savons qu’une nouvelle demande a été formulée au curé de Saint-Germain. Cela fait bientôt dix ans que des familles demandent l’application du motu proprio dans la ville. À l’époque, le premier argument avancé contre cette demande était l’absence de lieu de culte. Aujourd’hui, en dehors de la chapelle de l’hôpital (voir notre lettre 377 du 5 mars 2013), il y a donc aussi la chapelle des franciscaines qui pourrait continuer d’accueillir la célébration de la forme extraordinaire.

La décision appartient bien entendu au seul curé de la paroisse Saint-Germain. Gageons qu’au moment de répondre aux demandeurs, il aura à l’esprit ces mots de Benoît XVI, dans sa Lettre aux évêques du 7 juillet 2007, accompagnant la publication du motu proprio Summorum Pontificum : « J’en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce motu proprio celui de 1988. Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Église n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a l’impression que les omissions dans l’Église ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. »

21 juin 2017

[FSSPX Actualités] Cardinal Burke: «l’Eglise est en proie à la confusion et à l’erreur»

SOURCE - FSSPX Actualités - 25 mai 2017

Pour sa quatrième rencontre annuelle qui s'est achevée le 19 mai 2017, le « Forum de Rome pour la Vie » a eu l’honneur d’accueillir des invités de choix parmi lesquels Mgr Athanasius Schneider ainsi que deux des cardinaux signataires des « Dubia » sur l'Exhortation apostolique du pape François Amoris lætitia.
     
Au programme : Fatima et la crise morale et doctrinale que traverse l’Eglise.
     
Le « Forum Romain pour la Vie » - « Rome Life Forum » - est peu connu des lecteurs francophones : cette réunion annuelle, comme l’indiquent les organisateurs, est « ouverte à tous ceux qui ont, ou aspirent, à être acteurs au sein des mouvements pro-vie ou de protection de la famille, que ce soit au niveau international, national, ou tout simplement paroissial. »
     
« Dans ces heures critiques pour l’Eglise, affirment les dirigeants du Forum Romain pour la Vie, il apparaît plus que jamais nécessaire que tous les acteurs responsables s’unissent dans la défense de l’enseignement de l’Eglise sur la famille. »
     
La dernière réunion de ce Forum s’est tenue au pied du Vatican, les 18 et 19 mai dernier, en présence de plusieurs prélats de haut rang que la récente controverse autour de l’Exhortation apostolique Amoris Lætitia avait placés sous les feux de l'actualité. Un des  fils rouges de la réunion manifestait le lien entre le message de la Vierge Marie à Fatima, il y a tout juste cent ans, et la crise traversée par l’Eglise et les sociétés.
     
Une première intervention remarquée fut celle de Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, qui a témoigné devant les assistants de son émotion d’avoir pu assister le 13 mai dernier, en la cathédrale Notre-Dame de Fatima d’Astana, à la consécration explicite de la Russie au Cœur immaculé de Marie par tous les évêques catholiques de la région, y compris de Russie.
      
Au second jour du colloque, ce fut le tour du cardinal Carlo Caffarra de s’exprimer, l’un des signataires des fameux « Dubia » demandant au Saint-Père un nécessaire rappel de la doctrine catholique sur la sainteté du mariage.
     
Le cardinal en a profité pour rapporter des paroles attribuées à Sœur Lucie de Fatima concernant ce que la voyante appelait « la dernière bataille » : livrée par Satan contre Dieu, cette ultime confrontation concernera, a-t-il affirmé, « la question de la famille et du mariage, et il sera du devoir de tout chrétien de témoigner dans cette dernière bataille ».
     
Citant la figure du Padre Pio, familière aux Italiens, le cardinal a conclu en ces termes : « Je suis frappé, en lisant les biographies les plus autorisées de Padre Pio, de voir comment cet homme était attentif à la sainteté du mariage, au caractère sacré des couples mariés, usant parfois même d’une juste rigueur en la matière, et cela plus d'une fois. »
     
Enfin la cardinal Raymond Burke est intervenu : après avoir exposé l’ensemble du message de Fatima et médité sur les demandes de la Vierge, le cardinal a appelé les fidèles catholiques à travailler à la « consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie ».
     
Puis le prélat s'est exprimé sur la consécration du monde au Cœur immaculé de Marie telle que le pape Jean-Paul II l'avait accomplie en 1984, sans nommer explicitement la Russie. Le cardinal Burke a déclaré : « Certainement, le pape Jean-Paul II a consacré le monde, y compris la Russie, au Cœur immaculé de Marie, le 25 mars 1984. Mais aujourd’hui, de nouveau, nous entendons l’appel de Notre Dame de Fatima à consacrer la Russie à son Cœur immaculé, en accord avec son instruction explicite. »
    
Sans entrer dans une exégèse hasardeuse de la troisième partie du secret de Fatima, le cardinal a néanmoins eut des mots forts sur la crise que traverse l’Eglise : « Le troisième secret vise, avec une force particulière, ceux qui exercent la charge pastorale au sein de l’Eglise. Leur défaillance dans l’enseignement de la foi, dans la fidélité à l’enseignement et à la pratique constante de l’Eglise, à travers une approche superficielle, confuse ou même mondaine, ainsi que leur silence, mettent en danger mortel, au sens spirituel le plus profond, précisément les âmes que leur consécration confie à leur soins spirituels. Les fruits empoisonnés de l’échec des pasteurs de l’Eglise se constatent dans une sorte de culte, d’enseignement et de discipline morale qui n’est pas en accord avec la loi divine », a déclaré le cardinal Burke.
    
Un nouvel éclairage sur la crise se trouve peut-être dans ce dernier constat du cardinal américain : « Aujourd’hui, l’Eglise est en proie à la confusion et à l’erreur, y compris à propos de certains de ses enseignements les plus fondamentaux. » Des erreurs et des confusions « non corrigées » pour le moment, a-t-il précisé, alors que nous voyons au sein de l’Eglise « l’étreinte sentimentale de la culture sécularisée ».
    
Plus que jamais se trouve justifiée a posteriori la grande idée qui présida à la naissance de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, entrevue jadis par son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, dans sa cathédrale de Dakar : « Devant la dégradation progressive de l’idéal sacerdotal, transmettre, dans toute sa pureté doctrinale, dans toute sa charité missionnaire, le sacerdoce catholique de Notre Seigneur Jésus-Christ, tel qu’il l’a transmis à ses apôtres et tel que l’Eglise romaine l’a transmis jusqu’au milieu du XXe siècle. »

[Abbé Raphaël d'Abbadie, fsspx - Fideliter] Mgr Lefebvre et la nouvelle messe

SOURCE - Abbé Raphaël d'Abbadie, fsspx - Fideliter - mai-juin 2017

Comment le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X a-t-il jugé la messe de Paul VI? Sur cette question, on a dit tout et son contraire. Ce sont les paroles mêmes de Mgr Lefebvre qui trancheront le débat. Faisons-les revivre.

On sait que la nouvelle messe a été élaborée avec l'aide d'«observateurs» protestants, afin de ne pas déplaire aux «frères séparés» qui haïssent le saint sacrifice de la messe. Si Mgr Lefebvre n'a pas manqué de réagir très tôt à la nocivité de cette réforme, en prenant une part active à la rédaction du Bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci (1), il lui a fallu néanmoins plusieurs années pour arriver à la position qui est aujourd'hui celle la Fraternité. Cet article tente d'en exposer l'évolution.

Notons tout d'abord que ce long temps nous dévoile toute la prudence pastorale de l'archevêque missionnaire, qui se trouve face à un problème absolument nouveau dans l'Église, et pour le moins épineux: ce nouveau rit est empreint d'une ambiguïté calculée pour contenter les hérétiques, ambiguïté qui ne le rend cependant pas strictement invalide ou formellement hérétique… Comment un fidèle doitil réagir face à un tel rit, qui plus est promulgué par le pape Paul VI? Faudrait-il, pour demeurer bon catholique, devenir protestant? La réponse de Monseigneur s'appuie sur une constatation des faits (qu'il avait d'ailleurs prévus): les fruits de cette réforme ont produit (et produisent encore), au fur et à mesure des années, toute leur amertume. Aussi l'attitude du fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X devient-elle à son tour de plus en plus catégorique. Pour plus de clarté, il nous a semblé bon de distinguer trois périodes dans l'évolution de la position de Mgr Lefebvre.
UN RIT DANGEREUX
On peut d'abord distinguer une première période dans l'attitude du prélat d'Écône: à ses yeux, cette messe constitue un rit nouveau et périlleux qui ne supprime pas la messe de toujours (1969- 1974).

Dès la mise en application du Novus ordo, en novembre 1969, Mgr Lefebvre annonce à ses séminaristes qu'il gardera la messe traditionnelle (2). Il ne fait qu'user du délai donné par Rome, qui ne compte rendre la réforme obligatoire qu'à la fin de l'année 1971. Mais arrivé à cette date, il explique son refus de la réforme:

«Si jamais nous prenions le Novus ordo missæ, nous n'aurions plus de vocations: l'arbre se dessécherait comme si on avait mis la hache à la racine (3).»

Cependant, il estime encore que lorsqu'un fidèle ne peut assister à une messe de toujours, il ne peut pour autant se dispenser de la nouvelle messe, du moment qu'elle est célébrée par un prêtre «digne et fidèle (4)». Cette précision est importante, car dans son acuité théologique et doctrinale, Monseigneur dénonce dès 1971 le danger inhérent à cette réforme à tendance protestante:

«On peut donc se demander très légitimement si insensiblement la foi catholique dans les vérités éternelles de la messe disparaissant, la validité des messes ne disparaît pas aussi. L'intention du célébrant portera sur la nouvelle conception de la messe qui, dans peu de temps, ne sera autre que la conception protestante. La messe ne sera plus valide (5).»

Ce qu'il confirme en 1973:

«Il est entendu que notre attitude deviendra de plus en plus radicale au fur et à mesure que le temps passe, l'invalidité se répandant avec l'hérésie (6).»

Et en 1975, il apporte cette effrayante précision:

«Tous ces changements dans le nouveau rit sont vraiment périlleux, parce que peu à peu, surtout pour les jeunes prêtres, qui n'ont plus l'idée du sacrifice, de la présence réelle, de la transsubstantiation et pour lesquels tout cela ne signifie plus rien, ces jeunes prêtres perdent l'intention de faire ce que fait l'Église et ne disent plus de messes valides. Certes les prêtres âgés, quand ils célèbrent selon le nouveau rit, ont encore la foi de toujours. Ils ont dit la messe avec l'ancien durant tant d'années, ils en gardent les mêmes intentions, on peut croire que leur messe est valide. Mais dans la mesure où ces intentions s'en vont, disparaissent, dans cette mesure, les messes ne seront plus valides (7).»
UN RIT QUI N'OBLIGE PAS
Dans un deuxième temps, Mgr Lefebvre voit dans le nouvel Ordo missæ un nouveau rit nocif qui ne peut obliger (1975-1979). C'est le 5 mai 1975, en la fête de saint Pie V, que Monseigneur a pris la résolution de maintenir coûte que coûte la messe traditionnelle (8). Son jugement devient alors plus catégorique quant à la nouvelle messe:

«Elle n'oblige pas pour l'accomplissement du devoir dominical (9).»

Cela semble une application de sa célèbre déclaration du 21 novembre 1974, qu'il n'est pas inutile de rappeler. Il y affirme son adhésion «à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité», mais aussi son refus «de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes jules réformes qui en sont issues. Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l'Église, à la ruine du sacerdoce, à l'anéantissement du sacrifice et des sacrements, à la disparition de la vie religieuse (…). Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Eglise depuis dixneuf siècles (…). Cette réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. La seule attitude de fidélité à l'Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d'acceptation de la réforme (...) (10)».

Le 29 août 1976, dans une homélie célèbre qu'il prononce à Lille, Monseigneur ne mâche pas ses mots et traite le nouveau rit de «messe bâtarde». Il s'en explique:

«C'est précisément parce que cette union voulue par les libéraux, entre l'Église et la Révolution et la subversion, est une union adultère, que de cette union adultère ne peuvent venir que des bâtards ! Et qui sont ces bâtards  Ce sont nos rits, le rit de la nouvelle messe est un rit bâtard ! Les sacrements sont des sacrements bâtards: nous ne savons plus si ces sacrements donnent la grâce ou ne la donnent pas (11).»

Si de tels propos choquent aujourd'hui nos mentalités modernes et leur semblent scandaleux, rappelons-nous qu'ils ne sont que le fruit d'une légitime indignation. Le véritable scandale réside dans la réforme elle-même qui, en usurpant les titres de la messe de toujours, dénature le saint sacrifice, coupe les âmes de la grâce et les éloigne de la foi. Aussi le jugement de Mgr Lefebvre se fait de plus en plus sévère: il s'agit de préserver ceux qui n'ont pas encore été contaminés par le virus moderniste de cette réforme:

«Nous conformant à l'évolution qui se produit peu à peu dans l'esprit des prêtres, nous devons éviter, je dirais presque d'une manière radicale, toute assistance à la nouvelle messe (12).»

Seules certaines exceptions sont admises:

«C'est un devoir de s'abstenir habituellement, de n'accepter une assistance que dans des cas exceptionnels: mariage, enterrements, et que si l'on a la certitude morale que la messe est valide et non sacrilège (13).»

L'année suivante, Mgr Lefebvre précise encore, toujours en se fondant sur la réalité, l'attitude à tenir vis-à- vis de la nouvelle messe:

«Elle est donc dangereuse, surtout pratiquée régulièrement. Elle amenuise et corrompt la foi lentement, mais sûrement. On ne pourrait donc y assister que rarement et pour des motifs graves, en s'efforçant d'éviter tout ce qui nous obligerait à quelques concessions odieuses... (14)»

On voit poindre la distinction classique que l'Église donne pour l'assistance aux rits non-catholiques, et que Monseigneur appliquera à la nouvelle messe dès 1979. C'est ce qui va maintenant être l'objet de notre étude.
UN RIT ILLÉGITIME
Enfin, dans un troisième temps (à partir de 1979), Mgr Lefebvre se fait plus sévère: il présente cette messe comme un rit nocif auquel on ne peut participer. Dans une note sur le Novus ordo missæ et le pape, écrite en 1979, Mgr Lefebvre rappelle et clarifie encore la position de la Fraternité vis-à-vis de la réforme liturgique:

«Ces messes nouvelles non seulement ne peuvent être l'objet d'une obligation pour le précepte dominical, mais on doit à leur sujet appliquer les règles de la théologie morale et du Droit canon qui sont celles de la prudence surnaturelle par rapport à la participation ou l'assistance à une action périlleuse pour notre foi ou éventuellement sacrilège (15).»

Monseigneur ne veut pas pour autant juger de la faute subjective de ceux qui participent à de telles messes (16). Mais en faisant appel aux règles du Droit canon, il s'appuie sur le canon 1258. Celui-ci interdit l'assistance active à un rit acatholique (c'est-à-dire y participer comme les adeptes de ce rit), mais permet, dans certains cas exceptionnels (civilité lors d'un enterrement etc.), une assistance purement passive, à condition que le scandale soit écarté.

Notons au passage que ce canon est complété par le canon 2316, qui considère comme suspect d'hérésie celui qui assiste activement à un rit acatholique. On voit comment Monseigneur juge désormais le nouveau rit: il doit être assimilé aux rits des hérétiques et des schismatiques. Ce n'est que l'application de ce qu'il disait en 1974:

«Cette réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques (17).»

À ceux qui lui opposent qu'on ne peut empêcher un fidèle d'assister activement à une nouvelle messe, du moment qu'elle est valide, Monseigneur répond désormais, fort du principe canonique que nous venons d'énoncer:

«Détruisons immédiatement cette idée absurde: si la messe nouvelle est valide, on peut y participer. L'Église a toujours défendu d'assister aux messes des schismatiques et des hérétiques, même si elles sont valides. Il est évident qu'on ne peut participer à des messes sacrilèges, ni à des messes qui mettent notre foi en danger (18).»

Quant à ceux qui, reconnaissant l'excellence de la messe traditionnelle, la trouvent simplement «meilleure» que le nouveau rit, ils sont, aux dires de l'archevêque, de «soit-disant "traditionalistes"...» Et il ajoute:

«Nous n'acceptons absolument pas cela. Dire que la nouvelle messe est bonne, non ! La messe nouvelle n'est pas bonne ! Si elle était bonne, demain nous devrions la prendre, c'est évident (19) !»

Non, pour Monseigneur il n'y a pas d'égalité possible entre la messe de toujours et la nouvelle messe. Elles sont diamétralement opposées. En effet,

«la messe est le drapeau de la foi catholique… [Elle] terrasse toutes les erreurs du protestantisme, de l'islam, du judaïsme, du modernisme, du laïcisme matérialiste, socialiste et communiste. Aucune erreur ne peut subsister face à notre sainte messe catholique. La messe est anti-oecuménique, au sens où s'entend l'oecuménisme depuis le concile: union de toutes les religions dans un syncrétisme de prière sans dogmes, de moralité aux lois imprécises, s'accordant sur des slogans équivoques: droits de l'homme – dignité humaine – liberté religieuse. La messe nouvelle par contre est bien le drapeau de ce faux oecuménisme, qui représente l'anéantissement de la religion catholique et du sacerdoce catholique (20).»

Aussi, il confirmera en 1983 que «ce sont là des motifs plus que suffisants pour ne pas lui conférer les titres réservés à la messe catholique de toujours, quels que soient les rites (21).»

Enfin, en 1985, Mgr Lefebvre s'adressera à tous les catholiques perplexes en ces termes qui résument ce que nous venons de dire:

«Votre perplexité prend peut-être alors la forme suivante: puis-je assister à une messe sacrilège mais qui est cependant valide, à défaut d'autre et pour satisfaire à l'obligation dominicale? La réponse est simple: ces messes ne peuvent être l'objet d'une obligation ; on doit au surplus leur appliquer les règles de la théologie morale et du Droit canon en ce qui concerne la participation ou l'assistance à une action périlleuse pour la foi ou éventuellement sacrilège. La nouvelle messe, même dite avec piété et dans le respect des normes liturgiques, tombe sous le coup des mêmes réserves puisqu'elle est imprégnée d'esprit protestant (22).»
PRUDENCE D'UN PRÉLAT
Nous avons pu suivre le long parcours de Mgr Lefebvre, qui n'a pas été aussi rapide que certains autres héros de la Tradition, pour arriver cependant aux mêmes conclusions qu'eux (23).

Nous avons compris que son apparente lenteur a été liée à la complexité du nouveau rit lui-même. Mais ce délai ne peut qu'accroître sa crédibilité: un homme prudent, d'une foi éprouvée, a pris son temps pour juger d'une chose aussi grave. Nul ne pourra accuser Mgr Lefebvre de précipitation. La position qu'il a adoptée est sage, appuyée non seulement sur l'expérience des faits, mais sur les principes de l'Église de toujours. Ce héraut du Christ-Roi a donc su donner à la crise une réponse claire et sûre, parce que catholique.

C'est qu'il avait compris que «Satan règne par l'équivoque et l'incohérence qui sont ses moyens de combat et qui trompent les hommes de peu de foi (24)».

Aussi, dans ce même sillage et pour garder cette même fidélité, Mgr Bernard Fellay déclarait en 2006:

«Tant que Vatican II et la nouvelle messe restent la norme, un accord avec Rome est un suicide (25).»

Abbé Raphaël d'Abbadie d'Arrast, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
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Notes

(1) - Cf. Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Marcel Lefebvre, une vie, Clovis, 2002, pp. 419 et suiv.
(2) - Ibid., p. 441.
(3) - Ibid., p. 488.
(4) - Ibid., p. 442. Mgr Lefebvre insistera sur ce point en 1972 auprès de ses séminaristes: «S'il se trouve un prêtre pieux qui dise la messe nouvelle en la rendant aussi traditionnelle que possible, il est bon que vous y assistiez pour satisfaire au précepte dominical.» (Ibid., p. 490).
(5) - Un évêque parle, DMM, p. 143.
(6) - Mgr Tissier, op. cit., p. 490.
(7) - Un évêque parle, op. cit., pp. 285-286.
(8) - Mgr Tissier, op. cit., p. 508, note 3. C'était le jour même des funérailles du père Calmel, grand défenseur de la Tradition.
(9) - Ibid., p. 490.
(10) - Déclaration du 21 novembre 1974, in Un évêque parle, op. cit., pp. 270 et suiv. Il est à noter que deux ans plus tard, dans un livre d'entretiens préfacé par luimême (Non, Entretiens de José Hanu avec Mgr Lefebvre, Stock, 1977), Monseigneur reconnaît avoir rédigé cette déclaration sous le coup de l'indignation mais, ajoute-til, «cette déclaration demeure, en définitive, toujours plus actuelle et plus vraie à la lumière des fruits toujours plus amers du concile» (p. 209).
(11) - Sermon du 29 août 1976 à Lille, in Écône, chaire de vérité (Iris, 2015), pp. 997-998.
(12) - Mgr Tissier, op. cit., p. 491.
(13) - Le coup de maître de Satan, Saint-Gabriel, 1977, p. 46.
(14) - La messe de toujours, Clovis, 2006, p. 392.
(15) - Ibid., p. 391.
(16) - Ibid., p. 397.
(17) - Déclaration du 21 novembre 1974, in Un évêque parle, op. cit., pp. 270 et suiv.
(18) - Cf. La messe de toujours, Clovis, 2006, p. 391.
(19) - Ibid., p. 379.
(20) - Lettre aux amis et bienfaiteurs, février 1982.
(21) - Lettre aux amis et bienfaiteurs, mars 1983.
(22) - Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Albin Michel, 1985, pp. 42-43.
(23) - Voici, à titre d'exemple, ce qu'affirmait Mgr de Castro Mayer en janvier 1970, soit un mois seulement après l'entrée en vigueur du Novus ordo: «Après mûre réflexion, je suis convaincu qu'on ne peut pas participer à la nouvelle messe et même, pour y être présent, on doit avoir une raison grave. On ne peut pas collaborer à la diffusion d'un rit qui, quoique non hérétique, conduit à l'hérésie.» (Lettre de Mgr de Castro Mayer à Mgr Lefebvre, in Mgr Tissier, op. cit., p. 441).
(24) - Le coup de maître de Satan, Saint-Gabriel, 1977, p. 9.
(25) - «Vatican II, L'autorité d'un concile en question», Vu de Haut, n° 13, automne 2006, p. 8.