17 septembre 2014

[Riposte Catholique] Nominations en France à la Fraternité Saint-Pierre

SOURCE - Riposte Catholique - 16 septembre 2014
L’été donne souvent lieu à un certain nombre de mutations dans les diocèses et les communautés sacerdotales. Si, comme fidèles, on peut regretter que les mutations de prêtres soient trop « rapides », le développement et la croissance du nombre d’apostolats dans les jeunes communautés (les communautés Ecclesia Dei en font partie) nécessitent des réajustements pour répondre au mieux aux missions qui sont confiées dans les diocèses.

Ainsi dans l’éditorial mensuel de la Confraternité Saint-Pierre, on peut lire les nominations qui concernent le district de France de la FSSP :
Les nouveaux prêtres français ordonnés au mois de juin ont été affectés dans notre école de Sées (abbé de Nedde), notre apostolat de Versailles (abbé de Massia, qui desservira Saint Martin de Bréthencourt), et de Lyon (abbé Paris). L’abbé Sow jusqu’à présent à Lyon desservira Venise. L’abbé Moura anciennement à St Martin de Bréthencourt rejoindra la Maison générale à Fribourg.
L’abbé Pierre-Henri Gouy quitte le Québec pour la Maison Notre-Dame du Rosaire à Brannay, remplacé par l’abbé Demets (Saint Etienne) qui cède sa place à l’abbé Kégelin.
L’abbé Baudon de Mony, de retour de Colombie desservira l’apostolat d’Herstal en Belgique tandis que l’abbé Bonechi se rend à Perpignan pour remplacer l’abbé de Labarre, responsable maintenant de l’apostolat de Caen.
En cette rentrée, un autre changement d’importance touche le district de France de la Fraternité Saint-Pierre. La Maison de District est transférée à Bourges. A sa fondation, la direction du District de France a été implantée à Versailles puisque l’abbé Coiffet exerçait une mission dans ce diocèse, tout en assumant la charge de supérieur du District de France. Dans les années 90, le siège du District a été installé dans le diocèse de Sens à Brannay. Le RP François Réveilhac, missionnaire apostolique, avait en effet fait don d’une maison à la Fraternité Saint-Pierre, qui devint alors le siège du District. Avec le développement de la Fraternité Saint-Pierre (35 diocèses en France), ses supérieurs ont choisi de déplacer la Maison de District à Bourges (Extrait de la lettre aux Amis et Bienfaiteurs de la Fraternité Saint-Pierre, Septembre 2014, n°76):

Notre Fraternité poursuit son développement et se dote d’une nouvelle Maison de District plus adaptée à ses besoins. Grâce à la bienveillance de Mgr Armand Maillard, elle aura son siège à Bourges où un généreux bienfaiteur a fait donation à la Fraternité d’un immeuble d’environ 350 m², dans lequel viennent d’être aménagés des bureaux très fonctionnels pour le supérieur de district, son adjoint, le secrétariat et l’économat, ainsi que de vastes salles d’archives. La situation de cette Maison au centre géographique de la France est un avantage pour la bonne administration de notre communauté répartie aux quatre coins du pays dans 35 diocèses. La Maison de Brannay n’est pas pour autant abandonnée puisqu’elle reste la base de notre apostolat dans le diocèse de Sens-Auxerre.

Nouvelle adresse : Fraternité Saint-Pierre – District de France – 5 rue MacDonald – 18000 Bourges – www.fssp.fr

[Paix Liturgique] Une réntrée liturgique sous de bons auspices

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 457 - 16 septembre 2014

C’est notre confrère Riposte catholique qui l’a signalé : à Lyon et à Meaux, deux églises viennent d’être affectées à l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum. Même s’il ne s’agit que du transfert de deux lieux de culte préexistants, ce sont deux bonnes nouvelles qui confirment que certains de nos évêques sont plus attentifs aux besoins des fidèles attachés à la forme "extraordinaire". En ce septième anniversaire de l’entrée en vigueur du Motu Proprio, prions pour que, comme l’illustrent les exemples de Lyon et de Meaux, la paix et la charité soient toujours plus à l’honneur dans nos paroisses et nos diocèses.
Église Saint-Just à Lyon
I – LES BONNES NOUVELLES DE LYON ET DE MEAUX
À Lyon, c’est pendant le Carême que le diocèse a fait savoir à la Fraternité Saint-Pierre – qui officiait à Villeurbanne depuis 2008 – qu’elle pourrait, à la rentrée 2014, se transférer en l’église Saint-Just. Située en bordure du Vieux-Lyon, au pied de la colline de Fourvière, il s’agit d’une église historique rattachée à la paroisse Saint-Irénée et Saint-Just. La Fraternité Saint-Pierre revient ainsi au centre de la ville où, jusqu’en 2006, elle avait eu la charge de l’église Saint-Georges. Depuis le 7 septembre, l’église dédiée au treizième évêque de Lyon, mort en ermite, accueille donc chaque dimanche deux messes selon la forme extraordinaire, l’une à 8 h 30 et l’autre à 10 heures. Signalons que dimanche 28 septembre à 10 heures, l’abbé Paris, l’un des trois nouveaux prêtres de la FSSP récemment ordonnés à Chartres par Mgr Aillet (voir notre lettre 447) y célébrera une première messe.


Dans le diocèse de Meaux, c’est l’église des Chapelles-Bourbon, village de la Brie, que Mgr Nahmias vient de confier à l’abbé Baumann qui, jusqu’ici, desservait une chapelle privée dans la commune voisine de Tournan-en-Brie. Chaque dimanche et jour de fête, les fidèles des environs pourront donc assister à la messe à 10 h 30dans une véritable église. Il ne s’agit, en soi, que d’un changement de lieu mais symbolique puisque la messe de la chapelle de Tournan-en-Brie, aménagée dans une ferme, avait été établie pour les besoins de la Fraternité Saint-Pie X il y a une vingtaine d’années. L’abbé de Tanoüarn, directeur du Centre Saint-Paul (voir notre lettre 340), devenu membre de l’Institut du Bon Pasteur, en a longtemps été le desservant avant de passer le relais à l’abbé Berche (*) puis à l’abbé Baumann, lui aussi au service du Centre Saint-Paul et membre de l’Institut du Bon Pasteur.
II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) Souvent, nous nous interrogeons devant ces évêques qui semblent préférer l’avancée du désert pastoral et spirituel au recours aux forces encore vives de l’Église, dont font assurément partie les communautés traditionnelles. Nous ne pouvons donc que saluer les gestes du cardinal Barbarin, primat des Gaules, et deMgr Nahmias, évêque de Meaux. En effet, dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas tant d’un coup de pouce au monde traditionnel qu’il s’agit (les célébrations existaient préalablement) mais de redonner vie à un lieu de culte en permettant que le saint sacrifice de la messe y soit de nouveau célébré tous les dimanches. L’église Saint-Just était en effet jusqu’ici prêtée au culte orthodoxe tandis que la messe n’était plus célébrée en l’église des Chapelles-Bourbon que tous les deux ou trois mois.

2) Nous n’ignorons pas qu’il existe, dans un cas comme dans l’autre, des interrogations liées à ces nouvelles affectations. En effet, l’église Saint-Just n’est située qu’à quelques pas de l’église Saint-Georges, confiée à des prêtres de l’association Totus Tuus, où se célèbre depuis 1989 la liturgie traditionnelle et, aux Chapelles-Bourbon, ce n’est que la messe dominicale qui est offerte alors que les familles apprécieraient certainement de pouvoir bénéficier d’une offre pastorale élargie. Toutefois, le fait marquant demeure, à Lyon comme à Meaux, la pleine reconnaissance de l’existence de communautés traditionnelles (prêtres et fidèles) et le choix de les intégrer plus étroitement au diocèse. De les aider, en quelque sorte, à sortir des « périphéries » où elles se trouvaient, pour mieux contribuer à l’effort de nouvelle évangélisation auquel nous sommes, tous, appelés.

3) Sans faire montre d’un optimisme hors de propos, on peut dire que, si les célébrations de la messe en forme extraordinaire ne connaissent pas une croissance considérable, elles ne reculent pas alors que, chaque année, un grand nombre d'églises de France cessent d’être desservies tous les dimanches. Le nombre des messes traditionnelles augmente même, ici, d’une nouvelle célébration alors que, là, une messe mensuelle devient messe dominicale hebdomadaire, etc. Même si elle n’a jamais été quantifiée, la progression de la proportion des messes en forme extraordinaire par rapport aux messes en forme ordinaire en France doit être logiquement au moins semblable à la progression de la proportion du nombre de séminaristes pour la forme extraordinaire par rapport au nombre de séminaires pour la forme ordinaire. Le phénomène est, d’un côté, celui d’un nombre de pratiquants et de vocations incompressible et même en légère mais constante progression et, de l’autre, d’une décroissance continue.

4) Les bonnes nouvelles de Lyon et de Meaux illustrent bien les paroles du cardinal Cañizares – qui va quitter sa charge de Préfet du Culte divin dans quelques jours –, lequel avait déclaré, lors du premier pèlerinage international du peuple Summorum Pontificum à Rome, en 2012, que s’il avait accepté d’en célébrer la messe principale, c’était pour « faire comprendre que l’usage du missel de 1962 est normal ». Manifestement, Mgr Nahmias et le cardinal Barbarin, tout comme les curés qui accueillent la FSSP en l’église Saint-Just et l’abbé Baumann aux Chapelles-Bourbon, participent du même esprit de paix et de justice. Du coup, enrichissement mutuel, paix liturgique, fraternité diocésaine et charité pastorale ne sont plus des mots creux mais des réalités bien vivantes. 

(*) C’est en se rendant à Tournan-en-Brie, par un jour de verglas de janvier 2010 que l’abbé Alexandre Berche a été victime d’un grave accident dont les séquelles l’empêchent toujours de reprendre tout ministère. Nous le confions à vos prières.

16 septembre 2014

[Père Jean-Paul Argouarc'h, Sainte-Croix de Riaumont] In Memoriam Père Gérard Crespel

SOURCE - Père Jean-Paul Argouarc'h, Sainte-Croix de Riaumont - Le Forum catholique - 10
septembre 2014


Texte de l'allocution prononcée par le père Jean-Paul Argouarc'h lors de la messe de funérailles, célébrée par Monsieur l'abbé Bouchacourt, le mercredi 10 septembre 2004.

Ce n'est pas facile de parler après le magnifique sermon de Monsieur l'abbé Bouchacourt qui évoque l'âme sacerdotale du père Gérard CRESPEL

Le père Gérard Crespel a participé aux débuts de l'œuvre du village d'enfants de Riaumont. C'était dans un petit chalet des mines, rue de l'hospice à Lens. Pour le premier garçon, Michel, qu'on appelait Michou, le père Revet avait trouvé un hamac qui provenait d'un blockhaus des plages de Calais. Ce fut le berceau de l'œuvre de Riaumont.

Le père Gérard Crespel avait fait ses études à HEC et il était diplômé des grandes écoles. Il avait été chef scout à La Bassée et c'est par le scoutisme qu'il fit la connaissance du père Revet. Puis chef de troupe à Lens. Il entra au séminaire à Issy-les-Moulineaux…

C'était la crise dans les séminaires et le Docteur Dickès a évoqué cette période dans son livre : « la blessure ». 

Le père Revet conseille à Gérard Crespel de passer au séminaire des Carmes et enfin à Notre-Dame des Neiges en Lozère où il termina ses études.

Il fut ordonné en 1965 dans l'église Saint-Martin de Liévin par Monseigneur Rupp, archevêque de Monaco, et protecteur de l'œuvre de Riaumont. 

Il désirait alors entrer dans la fraternité de prêtres qu'avait entrevue le père Jacques Sevin, fondateur des scouts de France, et dont Monseigneur Rupp, son héritier spirituel, avait confié la réalisation au père Revet, directeur du village d'enfants de Riaumont.

C'est ainsi qu'incardiné dans le diocèse de Monaco « ad titulum patrimonii », il exercera son sacerdoce à Riaumont, en accord avec Monseigneur Perrin puis Monseigneur Huyghes, évêques d'Arras.

En pleine crise de l'église, en 1972 la pieuse union de l'Institut en formation fut dissoute à la suite d'une visite canonique d'un moine de Maredsous, à cause de la liturgie tridentine…

Le père Crespel avait fait son service militaire chez les chasseurs alpins, ce qui lui permit d'encadrer des dizaines de camps de ski. Il aida le père Revet à acquérir le chalet des Teppes Vertes dans les Alpes, où il organisa de merveilleuses fêtes de Noël dans la montagne pour les adolescents déchirés dans leurs plus chères affections. Il avait un don pour raconter des histoires à la veillée.

Dans le domaine du scoutisme, il fut un maître de la pédagogie du louvetisme. C'était un excellent instructeur pour les camps-école où il donnera le meilleur de lui-même. Et les chefs et cheftaines qui m'écoutent ont profité de son enseignement remarquable. 

Il fut à la tête de plusieurs foyers à Riaumont au moment où le village accueillait 170 enfants confiés par la Ddass et le ministère de la justice. Le père Crespel a ainsi participé pleinement à l'aventure de Riaumont. Il a joué un rôle important dans le développement de l'œuvre d'enfants : contacts nombreux avec les magistrats, les enseignants des écoles de Liévin et de Lens, relations avec les familles, suivi des rapports concernant les enfants. Le Père Revet lui ayant demandé de préparer le diplôme de directeur d'établissement, il l'obtient à l'Ecole de Santé Publique de Rennes après avoir rédigé un mémoire sur « l'usage du scoutisme dans l'éducation des jeunes ». Il crée alors un nouveau foyer encadré par des cheftaines, pour des enfants de trois à cinq ans, et participe aux fêtes de la Saint-Nicolas. Il prêche de nombreuses retraites aux enfants pour les communions privées, les communions solennelles, et les confirmations qui sont coferées par Mgr Jean Rupp. Des centaines d'enfants profiteront ainsi de sa spiritualité sacerdotale.

Après la mort du père Revet, ne voulant toujours pas entrer comme religieux dans l'Institut, mais désirant se consacrer plutôt à la fondation d'une œuvre scolaire, il fonde la maison Notre-Dame à Éleu-dit-Leauwette.

Le père Crespel fut « defensor fidei » défenseur de la foi.

Il célébrait la messe tridentine qu'il a défendue jusqu'au bout. Il avait un don pour parler dans les familles déchirées et pour essayer de réconcilier des personnes, j'en suis témoin.

Je transmettrai aux anciens le sermon de Monsieur l'abbé Bouchacourt. Au père Gérard Crespel va notre reconnaissance pour tout ce qu'il a fait pour le village d'enfants de Riaumont.

Père Jean-Paul Argouarc'h, Sainte-Croix de Riaumont