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22 octobre 2014

[Notions Romaines] Mgr Mario Oliveri, évêque d’Albenga-Imperia et ami de la Tradition, sous intervention

SOURCE - Notions Romaines - 22 octobre 2014

C’est ce que l’on peut lire dans un article italien du Savona et relayé sur le Forum catholique. Monseigneur Oliveri est un évêque qui ne s’est pas caché de célébrer la messe traditionnelle, a fait revivre les vêtements liturgiques de notre grande Tradition catholique – mais qui sont malheureusement pré-conciliaires pour les libéraux de l’Église – et a favorisé la fondation d’un ordre monastique traditionnel, les Bénédictins de l’Immaculée. Le diocèse de Mgr Oliveri, Albenga-Imperia (en Ligurie), comptait aussi deux couvents des Franciscains de l’Immaculée avant que ceux-ci ne soient fermés sous les coups de l’intervention de Volpi.

Des accusations plutôt farfelues ont été portées notamment contre le séminaire diocésain, lui reprochant l’usage de vêtements pré-conciliaires et des problèmes avec les recrues du séminaire. Pourtant, nous annoncions plus tôt cette année la nomination de l’ancien recteur du séminaire, l’abbé Antonio Suetta, comme évêque de Ventimiglia – San Remo, nomination faite par le pape François. Clairement, l’incohérence semble être caractéristique sous la gouvernance bergolienne, surtout par le fait que la présente visitation a été ordonnée par nul autre que le Suprême pontife lui-même.


ndlr: Nous espérons pouvoir être en mesure de vous fournir plus de détails au sujet de cette visitation le plus tôt possible.

[Boulevard Voltaire] Pourquoi la Fraternité Saint-Pie X ne peut ni ne doit se réconcilier avec la Rome actuelle

SOURCE - Boulevard Voltaire - 21 octobre 2014

Pour envisager un dialogue fécond, il conviendrait d’attendre que les autorités romaines soient dégrisées des idées conciliaires.

Si la reprise officielle des pourparlers entre le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, a été relevée par plusieurs médias, peu d’observateurs semblent en mesurer toute la portée. Le communiqué du Saint-Siège publié après la rencontre entre les autorités de la Fraternité et le cardinal Müller, préfet de la Congrégation de la foi, indique que les discussions ont pour but d’arriver à la « pleine réconciliation » entre les parties. Le communiqué de la Fraternité parle, lui, « d’éclaircir les points de divergence qui subsistent ». Au-delà du caractère diplomatique des termes employés, le problème est-il bien posé de part et d’autre ?

En effet, toute l’œuvre de la Fraternité Saint-Pie X et des communautés qui lui sont associées repose sur une sauvegarde et un combat.

La sauvegarde d’abord : face à la révolution opérée par Vatican II dans la liturgie, dans l’enseignement de la foi, dans le gouvernement de l’Église, dans les rapports de l’Église avec le monde, il a fallu se regrouper pour garder la messe et la doctrine intactes, pour transmettre fidèlement le sacerdoce, en un mot : pour conserver la foi de toujours.

C’est également un combat : le regroupement, opéré dans les années 60 et qui dure depuis 50 ans, n’est ni sentimental, ni nostalgique d’un passé révolu ; il est avant tout doctrinal. Il est fondé sur la conviction suivante : la plupart des hommes d’Église, à l’occasion du Concile Vatican II surtout, se sont laissés imprégner par une pensée libérale, naturaliste et humaniste qui n’est pas celle de Jésus-Christ. D’où vient cette conviction ? Pas uniquement de l’observation des fruits du Concile (« On juge un arbre à ses fruits », dit l’Évangile), mais aussi du fait que l’Église, avant même la tempête, avait prévenu ses fils du danger. Mort il y a cent ans, le pape saint Pie X avait magnifiquement diagnostiqué le mal et lui avait donné un nom : le modernisme.

La Fraternité Saint-Pie X se définit donc comme une sauvegarde de la foi, des sacrements, du sacerdoce et de la vie religieuse, et un combat, pour le Christ, contre les erreurs qui en éloignent les âmes, ces deux éléments, étroitement liés, formant pour ainsi dire son ADN.

Dès lors, à moins de renoncer à ce qui constitue son être propre, la Fraternité Saint-Pie X n’aurait que faire d’un bout de papier scellant une prétendue « réconciliation ». Ce qui compte pour la Fraternité, c’est le bien de toute l’Église. Ce qui compte, c’est d’exister et d’agir en sorte que l’Église, tournant enfin la page du Concile, retrouve sa tradition pleine et entière. Poser en perspective de ces contacts romains le « rétablissement de l’amitié entre personnes brouillées » (réconciliation selon le Littré), c’est ne pas être à la hauteur des graves objections posées par la Fraternité depuis son origine et restées sans réelle réponse.

Mais est-ce à dire que Rome et la Fraternité sont condamnées à ne jamais s’entendre ? Pour envisager un dialogue fécond, il conviendrait en fait d’attendre que les autorités romaines soient dégrisées des idées conciliaires. Or, force est de constater qu’à l’heure actuelle, Vatican II reste la magna carta du pape et des évêques. Il suffit de lire une encyclique et d’observer que les références se rattachent quasiment exclusivement au magistère conciliaire. Il suffit de souligner le zèle à vouloir canoniser tous les papes du Concile et de l’après-Concile malgré – parfois – les sérieux obstacles qui se présentent (tel Jean-Paul II embrassant le Coran). Il suffit de peser certains propos du pape François. Tout ceci indique que Rome n’est pas encore prête à écouter la voix de la tradition apostolique, qui est pourtant sa voix. Dans cette affaire, il faut s’armer de patience, prier, et prêcher « à temps et à contretemps ».

[Jean-Marie Dumont - Famille Chrétienne] Fraternité Saint-Pie-X – Mgr Guido Pozzo: «Rome n'entend pas imposer une capitulation»

SOURCE - Jean-Marie Dumont - Mgr Guido Pozzo - Famille Chrétienne - mise en ligne par LPL - 20 octobre 2014

Les discussions entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X se poursuivent en vue d'une pleine réconciliation. Le point avec le secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, en charge du dossier au Vatican, par Jean-Marie Dumont de Famille Chrétienne.fr

Repères 
  • 2 juillet 2012 - Le cardinal Gerhard Ludwig Müller est nommé préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. 
  • 13 mars 2013 - Le cardinal Jorge Mario Bergoglio est élu pape. 
  • 13 décembre 2013 - De passage à Rome à l'occasion d'une rencontre avec les responsables de la commission Ecclesia Dei, Mgr Bernard Fellay, le supérieur de la FSSPX, est brièvement présenté au pape François dans la salle à manger de la Maison Sainte-Marthe. Le Saint Père lui demande de prier pour lui. 
  • 23 septembre 2014 - Mgr Fellay rencontre le cardinal Müller, en présence de plusieurs personnes dont Mgr Guido Pozzo.

Quel est l’état des relations entre Rome et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ?

Afin de favoriser le dépassement de toute fracture et division dans l’Église, et de guérir une blessure ressentie de manière douloureuse dans la vie ecclésiale, Benoît XVI, en 2009, a décidé de lever l’excommunication des évêques qui avaient été ordonnés de manière illicite par Mgr Lefebvre en 1988. Par cette décision, le pape entendait retirer une sanction qui rendait diffi­cile l’ouverture d’un dialogue constructif.

La remise de l’excommunication a été une mesure disciplinaire prise pour libérer les personnes de la censure ecclésiastique la plus grave. Mais les ­questions doctrinales demeurent et doivent être clarifiées. Tant qu’elles ne le sont pas, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) n’a pas de statut canonique dans l’Église et ses ministres n’exercent pas de manière légitime leur ministère ordonné, comme l'indique la Lettre de Benoît XVI aux évêques de l’Église catholique du 10 mars 2009.

C’est précisément pour dépasser les difficultés de nature doctrinale qui subsistent encore que le Saint-Siège entretient des rapports et des discussions avec la FSSPX, par le biais de la commission pontificale Ecclesia Dei. Celle-ci est étroitement liée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, puisque le président de la commission est le préfet de la Congrégation lui-même.

Ces relations et ces échanges se poursuivent depuis l’élection du pape François. Ils aident à clarifier les positions respectives sur les sujets controversés, pour éviter les incompréhensions et les malentendus, en maintenant vif l’espoir que les ­difficultés empêchant encore d’atteindre la pleine réconciliation et la pleine communion avec le Siège apostolique puissent être dépassées.

Quels sont les sujets de désaccord qui persistent ?

Les aspects controversés concernent d’une part l’estimation de la situation ecclésiale dans la période postérieure au concile Vatican II et des causes qui ont produit certains remous théologiques et pastoraux dans la période de l’après-concile et, plus généralement, dans le contexte de la modernité.

D’autre part, ils portent sur quelques points spécifiques relatifs à l’œcuménisme, au dialogue avec les religions du monde et à la question de la liberté religieuse.

Quelles sont les solutions juridiques qui pourraient être adoptées pour la FSSPX en cas d’accord ?

Dans le cas d’une réconciliation complète, le statut canonique proposé par le Saint-Siège est celui d’une prélature personnelle. Sur ce point, je crois qu’il n’y a pas de problème de la part de la FSSPX.

Les discussions entre Rome et la Fraternité ont-elles récemment repris, ou bien n’ont-elles jamais cessé ?

En réalité, elles n’ont jamais cessé. L’interruption provisoire des rencontres a simplement été due à la nomination d’un nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et à l’élection du nouveau souverain pontife en avril 2013. Le chemin du dialogue a donc repris à l’automne 2013 avec une série de rencontres informelles, jusqu’à l’entretien du 23 septembre dernier entre le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et le supérieur de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay, entretien dont lecommuniqué de presse du Saint-Siège a rendu compte.

Est-il envisageable de dissocier accord juridique et discussion doctrinale ? De mettre en place une prélature personnelle, tout en poursuivant, sur le plus long terme, les discussions sur les points théologiques controversés ?

En cohérence avec le motu proprio Ecclesiae Unitatem de Benoît XVI, la Congrégation pour la doctrine de la foi a toujours considéré que le dépassement des problèmes de nature doctrinale était la condition indispensable et nécessaire pour pouvoir procéder à la reconnaissance canonique de la Fraternité.

Je me permets cependant de préciser que le dépassement des difficultés d’ordre doctrinal ne signifie pas que les réserves ou les positions de la FSSPX sur certains aspects qui ne relèvent pas du domaine de la foi mais qui concernent des thèmes pastoraux ou d’enseignement prudentiel du Magistère doivent être nécessairement retirées ou annulées par la Fraternité. Le désir de poursuivre la discussion et l’approfondissement de tels sujets qui font difficulté à la FSSPX, en vue de précisions et de clarifications ultérieures, non seulement est toujours possible, mais – au moins à mon avis – souhaitable et à encourager. On ne lui demande par conséquent pas de renoncer à cette exigence qu’elle manifeste à l’égard d’un certain nombre de thèmes.

Quel est alors le point « non négociable » ?

Ce qui est essentiel, ce à quoi on ne peut pas renoncer, c’est l’adhésion à la Professio fidei et au principe selon lequel c’est au seul magistère de l’Église qu’a été confiée par le Seigneur la faculté d’interpréter authentiquement, c’est-à-dire avec l’autorité du Christ, la parole de Dieu écrite et transmise. C’est la doctrine catholique, rappelée par le concile Vatican II (Dei Verbum, 10), mais déjà expressément enseignée par Pie XII dans l’encyclique Humani generis. Cela signifie que le Magistère, s’il n’est certes pas au-dessus de l’Écriture et de la Tradition, est néanmoins l’instance authentique qui juge des interprétations sur l’Écriture et la Tradition, de quelque part qu’elles émanent.

Par conséquent, s’il existe différents degrés d’autorité et d’adhésion des fidèles à ses enseignements – comme le déclare la constitution dogmatique Lumen gentium (25) du concile Vatican II –, nul ne peut se mettre au-dessus du Magistère. Je pense et j’espère vivement que dans ce cadre doctrinal que je viens d’évoquer, nous pourrons trouver le point de convergence et d’entente commune, car ce sujet précis est un point de doctrine appartenant à la foi catholique, et non à une légitime discussion théologique ou à des critères pastoraux.

Un point capital, mais en même temps clairement délimité…

Il n’est pas vrai de dire que le Saint-Siège entend imposer une capitulation à la FSSPX. Bien au contraire, il l’invite à se retrouver à ses côtés dans un même cadre de principes doctrinaux nécessaires pour garantir la même adhésion à la foi et à la doctrine catholique sur le Magistère et la Tradition, en laissant dans le même temps au champ de l’étude et de l’approfondissement les réserves qu’elle a soulevées sur certains aspects et formulations des documents du concile Vatican II, et sur certaines réformes dont il a été suivi, mais qui ne concernent pas des matières dogmatiques ou doctrinalement indiscutables.

Il n’y a aucun doute sur le fait que les enseignements de Vatican II ont un degré d’autorité et un caractère contraignant extrêmement variable en fonction des textes. Ainsi, par exemple, les constitutions Lumen gentium sur l’Église et Dei Verbum sur la Révélation divine ont le caractère d’une déclaration doctrinale, même s’il n’y a pas eu de définitions dogmatiques. Tandis que, pour leur part, les déclarations sur la liberté religieuse, sur les religions non chrétiennes, et le décret sur l’œcuménisme, ont un degré d’autorité et un caractère contraignant différents et inférieurs.

Pensez-vous que les discussions puissent désormais aboutir rapidement ?

Je ne pense pas qu’on puisse indiquer dès à présent une échéance précise pour la conclusion du chemin entrepris. L’engagement de notre part et, je suppose, de la part du supérieur de la FSSPX, consiste à procéder par étapes, sans raccourcis improvisés, mais aussi avec l’objectif clairement affiché de promouvoir l’unité dans la charité de l’Église universelle guidée par le successeur de Pierre. « Caritas urget nos ! » [« La charité nous presse ! »], comme le déclare saint Paul.
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Entretien avec Mgr Guido Pozzo réalisé par Jean-Marie Dumont
Sources: Famille Chrétienne du 20 octobre 2014