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31 octobre 2012

[SPO] Pourquoi le Cardinal Cañizares célèbre la messe extraordinaire à St-Pierre du 3 novembre

SOURCE - SPO - 31 octobre 2012

D’aucuns auraient pu s’étonner que le cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin (sur la photo avec le Pape), en charge de la liturgie léguée par Vatican II, célébrât la messe en forme extraordinaire, et qu’il le fît à Saint-Pierre de Rome. « C’est une manière de faire comprendre que l’usage du missel de 1962 est normal », expliquait hier le cardinal au vaticaniste Andrea Tornielli. Tout simplement. Et d’appuyer : « J’ai déjà célébré avec le missel du Bx Jean XXIII, et je le ferai volontiers cette fois encore ».
 
Le cardinal Cañizares avait d’ailleurs fait une déclaration de principe dans un document très construit servant de prologue à La reforma de Benedicto XVI – La liturgia entre la innovación y la tradición (Ciudadela Libros, 2009), édition espagnole du livre de Nicola Bux, La réforme de Benoît XVI. La liturgie entre innovation et tradition (Tempora, 2009). Compte tenu de l’importance de ce texte émanant du « Ministre de la Liturgie » de Benoît XVI, nous le publions intégralement.
 
Il pourrait se résumer en ces deux affirmations cardinales :
  1. Sur la réforme liturgique telle qu’elle s’est déroulée concrètement : « Il y a eu un changement dans les formes, une réforme, mais non une vraie rénovation comme le demandaient les Pères conciliaires ».
  2. Sur le Motu Proprio : « Geste d’un extraordinaire sens ecclésial par lequel a été reconnue la validité d’un rite qui a nourri spirituellement l’Église occidentale pendant des siècles [… il] a une signification plus vaste qui dépasse l’existence ou non de conflits ».
-----[Le texte entier]-----
Peu de mois se sont écoulés depuis la publication de ce livre jusqu’à la présente édition espagnole. Pourtant certains faits sont intervenus dans ce court laps de temps qui, par leur importance, ont modifié de façon sensible le « climat » entourant la question, en particulier l’atmosphère relevant de la controverse suscitée par la levée des excommunications des quatre évêques ordonnés il y a vingt ans par Monseigneur Lefebvre. Ce geste de miséricorde gratuite du Saint Père en vue de permettre leur pleine insertion ecclésiale qui concrètement montre que l’Église ne renie pas sa tradition, semble avoir signifié que la « Messe traditionnelle » demeurait liée à un problème disciplinaire ou, pire, politique.

Par la même, un risque existe de défigurer le sens profond du Motu Proprio du 7 juillet 2007 ; geste d’un extraordinaire sens ecclésial par lequel a été reconnue la validité d’un rite qui a nourri spirituellement l’Église occidentale pendant des siècles.

Indubitablement, un approfondissement et une rénovation de la liturgie étaient nécessaires. Mais cela n’a pas toujours été, loin de là, une opération parfaitement réussie. La première partie de la constitution Sacrosantum Concilium n’est pas rentrée dans le cœur du peuple chrétien. Il y a eu un changement dans les formes, une réforme, mais non une vraie rénovation comme le demandaient les Pères conciliaires. Parfois même on a changé pour le plaisir de changer par rapport à un passé perçu comme complètement négatif et dépassé, en concevant la réforme comme une rupture et non comme un développement organique de la Tradition. Dès le début, cela provoqua réactions et résistances, se cristallisant dans certains cas en des positions et des attitudes aboutissant à des solutions extrêmes, voire en des actions concrètes qui impliquaient des sanctions canoniques. De ce fait, il est urgent de distinguer le problème disciplinaire, issu d’attitudes de désobéissance d’un groupe, du problème doctrinal et liturgique.

Si l’on croit véritablement à l’Eucharistie comme vraie « source et sommet de la vie chrétienne » –comme nous le rappelle le Concile Vatican II–, nous ne pouvons pas admettre qu’elle soit célébrée d’une façon indigne. Pour beaucoup, accepter la réforme conciliaire a consisté à célébrer une Messe qui d’une manière ou d’une autre devait être « désacralisée ». Combien de prêtres ont été traités de « rétrogrades » ou « anti-conciliaires » par le seul fait de célébrer d’une façon solennelle, pieuse, ou simplement de respecter fidèlement les rubriques ! Il est urgent de sortir de cette dialectique.

La réforme a été appliquée et principalement vécue comme un changement radical, comme s’il fallait créer un abîme entre l’avant et l’après Concile, dans un contexte où le terme « préconciliaire » était utilisé comme une insulte. On remarqua aussi ce phénomène observé par le Pape dans sa lettre récente aux évêques (10 mars 2009) : « Parfois on a comme l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins pour lequel elle n’aie aucune tolérance, contre lequel elle puisse s’en prendre avec haine ». Pendant des années cela a été pour une bonne mesure le cas des prêtres et des fidèles attachés à cette forme de la Messe reçue d’un héritage séculaire, qui furent maintes fois traités « tels des lépreux », comme le dira de façon incisive le cardinal Ratzinger qu’il était alors.

Aujourd’hui, grâce au Motu Proprio, cette situation est notoirement en train de changer. Et cela se réalise en grande mesure parce que la volonté du Pape n’a pas été uniquement celle de satisfaire les fidèles de Mgr. Lefebvre, pas plus qu’elle ne s’est limité à répondre aux justes désirs des fidèles se sentant attachés, pour des motifs variés, à l’héritage liturgique représenté par le rite romain, mais aussi et d’une façon spéciale, elle s’est exprimée pour ouvrir à tous les fidèles la richesse liturgique de l’Église, rendant ainsi possible la découverte des trésors du patrimoine liturgique de l’Église aux personnes qui l’ignorent encore. Combien de fois l’attitude de ceux qui méprisent ce patrimoine n’est pas due à autre chose qu’à la méconnaissance de celui-ci ! Pour cela, au vu de ce dernier aspect, le Motu Proprio a une signification plus vaste qui dépasse l’existence ou non de conflits. Même s’il n’existait aucun « traditionaliste » à satisfaire, cette découverte aurait été suffisante pour justifier les dispositions du Pape.

Il a été aussi prétendu que ces dispositions seraient un « attentat » contre le Concile. Mais cela manifeste une méconnaissance du Concile lui-même dont l’intention, ardemment désirée par l’assemblée des Pères, était d’offrir à tous les fidèles l’occasion de connaître et d’apprécier les multiples trésors de la liturgie de l’Église : « le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières » (SC, 4).

D’ailleurs, ces dispositions ne sont pas une nouveauté : l’Église les a toujours maintenues ; et lorsque, occasionnellement cela n’en a pas été ainsi, les conséquences ont été tragiques. Non seulement les rites d’Orient ont été respectés, mais en Occident des diocèses comme Milan, Lyon, Cologne ou Braga ainsi que différents ordres religieux ont pacifiquement conservé leurs différents rites à travers les siècles. Mais le précédent sans doute le plus évident de la situation actuelle est le cas de l’Archidiocèse de Tolède. Le cardinal Cisneros mit tous les moyens pour conserver comme « extraordinaire » dans l’Archidiocèse le rite mozarabe qui était en voie d’extinction : il ne fit pas seulement imprimer le Missel et le Bréviaire, mais il créa une chapelle spéciale dans l’église Cathédrale, où encore aujourd’hui ce rite est quotidiennement célébré.

Cette variété de rites n’a jamais signifié, ni ne peut le faire, une différence doctrinale mais, au contraire, révèle une profonde identité de fond. Parmi les rites actuellement en usage, il est nécessaire que se retrouve cette même unité. La tâche actuelle, comme l’indique le présent ouvrage de don Nicola Bux, est de mettre en évidence l’identité théologique entre la liturgie des différents rites qui se sont célébrés à travers les siècles et la nouvelle liturgie, fruit de la réforme ; ou bien, si cette identité s’est estompée, de la récupérer.

La réforme de Benoît XVI est donc un livre riche en données, réflexions et idées. Parmi les nombreuses matières qui y sont traitées, je voudrais relever quelques points :

Le premier, à propos du nom par lequel appeler cette Messe. L’auteur propose de l’appeler, selon le style oriental, « liturgie de Saint Grégoire le Grand ». Cela semble préférable que de l’appeler simplement « grégorienne », qui peut induire une double équivoque, pouvant néanmoins être évitée par la dénomination « damaso-grégorienne ». Cela est également préférable à « Messe traditionnelle » où l’adjectif court le risque d’une connotation soit polémique, soit « folklorique » ; ou que « mode extraordinaire », qui est une dénomination trop extrinsèque. « Usus antiquior » présente le défaut de n’être qu’une simple référence chronologique. D’autre part, « usus receptus » serait trop technique. « Missel de Saint Pie V » ou « du Bienheureux Jean XXIII » sont des termes trop limités. Le seul inconvénient tient au fait que dans le rite byzantin, il existe déjà une liturgie de Saint Grégoire, Pape de Rome : celle de la Liturgie des Saints Dons Présanctifiés, utilisée pendant le Carême.

En deuxième lieu, le fait que son utilisation soit « extraordinaire » ne veut pas dire qu’elle doive être utilisée uniquement par les prêtres et les fidèles qui ont recours habituellement au mode extraordinaire. Comme le propose le père Bux, il serait très positif que celui qui célèbre habituellement dans le mode « ordinaire » le fasse aussi, extraordinairement, dans le mode extraordinaire. Il s’agit là d’un trésor qui est un héritage de tous et auquel, d’une façon ou d’une autre, tous devraient avoir accès. C’est pour cela qu’il devrait être possible de le proposer notamment aux occasions où une richesse particulière de l’ancien Missel peut être mise à profit (surtout si rien n’est prévu dans l’autre calendrier): par exemple, pour le temps de la Septuagésime, les Quatre Temps ou la Vigile de la Pentecôte, ainsi que, peut-être, dans le cas de certaines communautés particulières, tant de vie consacrée comme confréries ou fraternités. La célébration « extraordinaire » serait aussi de grande utilité pour les offices de la Semaine Sainte, au moins pour quelques-uns d’entre eux, car tous les rites conservent dans le Triduum Sacré des cérémonies et des prières qui remontent aux époques les plus anciennes de l’Église.

Un autre point nous semble nécessaire d’être souligné, c’est l’attitude de Benoît XVI : elle ne constitue pas tant une nouveauté ou un changement de cap dans le gouvernement. Elle concrétise ce que Jean-Paul II avait déjà entrepris avec des initiatives telles que le document papal Quattuor abhinc annos, la consultation à la Commission des Cardinaux, le Motu Proprio Ecclesia Dei et la création de la Commission du même nom, ou les propos dirigés à la Congrégation pour le Culte Divin en 2003.

Il y a quelque chose d’urgent à prendre en compte, c’est la répercussion œcuménique de ces questions : les critiques dirigées contre le rite reçu de la tradition romaine atteignent aussi les autres traditions, surtout celles de nos frères orthodoxes. Presque toutes les attaques de ceux qui s’opposent à la réintroduction de l’ancien Missel affectent précisément les points que nous avons en commun avec les Orientaux ! Un signe confirmant ce fait est exprimé dans les appréciations positives du Patriarche de Moscou –récemment décédé– à l’occasion de la publication du Motu Proprio.

Ce n’est pas l’un des aspects les moins importants de ce livre, le fait qu’il nous aide à prendre conscience des divers aspects de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Notre génération s’affronte à de grands défis en matière liturgique : aider toute l’Église à suivre pleinement ce que disent à propos de la liturgie le Concile Vatican II dans la Constitution Sacrosantum Concilium et le Catéchisme de l’Église Catholique ; recueillir en le valorisant ce que le Saint Père –quand il était encore le cardinal Ratzinger– a écrit à ce sujet, spécialement dans son beau livre L’Esprit de la liturgie ; s’enrichir de la façon avec laquelle le Saint Père –assisté par l’Office des célébrations liturgiques, présidé par Mgr. Guido Marini, et dont l’auteur du livre est consulteur– célèbre la liturgie. Ces liturgies pontificales sont des exemples pour tout le monde catholique.

Pour finir, j’ajoute que ce serait de grande importance que tout cela soit exposé en profondeur dans les séminaires comme partie intégrante de la formation au sacerdoce, pour fournir une connaissance théorico-pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites d’Orient et d’Occident, et créer ainsi une nouvelle génération de prêtres libres de préjugés dialectiques.

Il est à espérer que ce livre estimable de don Nicola Bux puisse servir à mieux connaître les intentions du Saint Père et à découvrir les richesses de l’héritage reçu et, par là même, nous illuminer dans notre action. Pour cela, demandons au Seigneur de savoir interpréter, comme le disait Paul VI, les « signes des temps ».

+ Antonio, cardinal Cañizares, Préfet de la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin

30 octobre 2012

[Andrea Tornielli (blog)] Lefebvriens, la partie est ouverte

SOURCE - Andrea Tornielli (blog) - version française sur le Forum Catholique - 30 octobre 2012

Le communiqué par lequel, ces derniers jours, la Commission Pontificale Ecclesia Dei a annoncé que la Fraternité Saint Pie X a demandé du temps pour envoyer sa réponse au Saint Siège tend à indiquer que Rome n'a pas de hâte. Et cela d'autant plus qu'au Vatican l'on se rend compte du travail interne à la Fraternité, qui a conduit aussi à la houleuse expulsion de l'évêque Richard Williamson. 
 
Nonobstant les déclarations publiques négatives - il suffit de penser aux conférences et discours des évêques lefebvriens Tissier de Mallerais et de Gallareta - comme même à certains accents contenus dans l'interview du nouveau préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Gerhard Mueller (peu tendre dans le passé avec la Fraternité Saint Pie X, âprement critiqué des lefebvriens qui lui ont contesté quelques affirmations contenues dans ses écrits théologiques), la délicate partie n'est donc pas encore close. 
 
Il y a beaucoup d'attente quant au rôle que pourra jouer l'archevêque dominicain Augustin di Noia, nommé par Benoit XVI vice-président d'Ecclesia Dei. Mais demeurent aussi des difficultés, comme on peut le percevoir du communiqué sur Williamson (sic) diffusé par le District italien de la Fraternité Saint-Pie X, qu'il vaut la peine de reporter en entier:
"A l'occasion d la douloureuse exclusion de Mgr Williamson de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, le District italien souligne que cela est justifié par des motifs purement disciplinaires, qui duraient depuis plusieurs années. Vouloir relier ce triste évènement à une volonté de rupture doctrinale face à « l’Église conciliaire » est purement arbitraire, calomnieux et injustifié au regard de la dernière déclaration du chapitre général et des évènements récents, ainsi que l’avenir le montrera sans équivoque."
Cette référence à une "rupture doctrinale" face à « l’église conciliaire » (mais Eglise ne s'écrit donc pas avec une majuscule ?) nous frappe, quasi à mettre en avant le fait que le fossé entre Rome et Econe est demeuré inchangé et très large. Du reste, selon quelques indiscrétions provenant de l’intérieur de la Fraternité, le même supérieur Bernard Fellay aurait demandé à quelques prêtres de ne pas suivre Williamson en leur donnant des garanties sur le fait que l'accord avec le Saint Siège n'aurait pas lieu. Mais si l'indiscrétion était avérée et confirmée, on ne comprend pas pourquoi demander encore du temps lorsque l'on a décidé de répondre négativement et donc de ne pouvoir signer le préambule doctrinal. Il y a donc besoin de temps encore pour comprendre ce qu'il adviendra du délicat dossier qui tient particulièrement à cœur à Benoit XVI.
Quant au destin de Williamson, l'évêque, qui aujourd'hui vit dans une "mansarde" (c'est lui-même qui le raconte dans la lettre qu'il a envoyé à Fellay) à Londres, c'est difficilement qu'il deviendra le leader d'un nouveau groupe plus extrémiste.

29 octobre 2012

[SPO] Rétabli, le cardinal Brandmuller célèbre pour les pèlerins Una cum Papa nostro

SOURCE - SPO - 29 octobre
Jeudi 1er novembre, pour la fête de la Toussaint, Son Éminence le cardinal Walter Brandmuller, ancien président du Comité pontifical des Sciences historiques, célébrera une messe pontificale en la paroisse de la Trinité des Pèlerins, à Rome.

Cette messe s’inscrit dans le programme officiel du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum à Rome pour l’ouverture de l’Année de la Foi. Elle constitue également une heureuse nouvelle en particulier parce que Son Éminence avait été victime d’un malaise cardiaque en septembre. Rétabli, le cardinal Brandmuller a d’autant plus volontiers accepté l’invitation de l’abbé Kramer (FSSP), curé de la Trinité des Pèlerins (la paroisse personnelle voulue par Benoît XVI pour les fidèles de la forme extraordinaire dans la Cité éternelle), qu’il avait été approché dans un premier temps pour célébrer la messe de clôture, le 3 novembre.

La messe est à 10h30 en l’église de la « Trinità dei Pellegrini », entre Ponte Sisto e l’ambassade de France.

[Paix Liturgique] Que la messe "de toujours" devienne la messe "de partout"

SOURCE - Paix Liturgique, lettre n°359 - 29 octobre 2012

C’est un joli titre, que nous faisons volontiers nôtre – en l’entendant bien sûr : partout où est célébré le rite romain, car nous n’avons aucunement l’intention d’éliminer les vénérables rites orientaux –, que le quotidien Présent a donné dans son édition du 25 octobre à la présentation du programme du pèlerinage Una cum Papa nostro s’ouvrant ce mercredi 31 octobre par les premières Vêpres de Toussaint en l’église de la Trinité des Pèlerins de Rome (19h15). Messe « de partout » ? On pourrait aussi parler de messe « POUR TOUS » en pensant aux 40 % des catholiques pratiquants français qui désireraient vivre leur foi catholique en Église dans LEUR PAROISSE au rythme de la forme extraordinaire. Comme le précise d’ailleurs dans Présent l’abbé Claude Barthe, aumônier du pèlerinage, « la spécificité de cet acte religieux, particulièrement avec la messe pontificale qui sera célébrée par le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin dans la Basilique St-Pierre, est de réunir à Rome des représentants du monde entier des demandeurs de la messe en forme extraordinaire dans les paroisses et des représentants des prêtres qui peuvent désormais célébrer cette messe ». Nous revenons donc avec ferveur sur ce pèlerinage en vous donnant les dernières informations le concernant et en vous livrant les bonnes feuilles d’un entretien accordé par don Nicola Bux, ardent promoteur de " la réforme de la réforme " initiée par Benoît XVI, à l’édition italienne de notre lettre.

I - LE PROGRAMME OFFICIEL DU PÈLERINAGE
 
Mercredi 31 octobre
19h15 > Premières vêpres solennelles de la Toussaint, Église de la Trinité-des-Pèlerins 
Jeudi 1er novembre : Toussaint
10h30 > Messe pontificale célébrée par le cardinal Brandmüller, Église de la Trinité-des-Pèlerins
15h30 > Rosaire et Salut du Saint-Sacrement en la basilique des Saints-Apôtres
17h30 > Secondes vêpres de la Toussaint suivies des vêpres des défunts, Trinité-des-Pèlerins
Vendredi 2 novembre : Commémoration de tous les fidèles défunts
18h30 > Messe pontificale de Requiem célébrée par Mgr Sciacca, Secrétaire du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, Église de la Trinité-des-Pèlerins
Samedi 3 novembre : 1er samedi du mois
10h30 > Adoration eucharistique et accueil des pèlerins, Église San Salvatore in Lauro
12h > Angelus chanté par don Pietro Cantoni, fondateur de l’Opus Mariæ
13h15 > Procession vers Saint-Pierre de Rome
15h > Messe pontificale dans la Basilique Saint-Pierre, par le Cardinal Antonio Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin
17h30 > Conférence en l’honneur du cardinal Alfons Stickler et de M. Michael Davies, au Centre Russia Ecumenica (Centro Lepanto et FIUV)
Adresses
1/ Église San Salvatore in Lauro, Piazza di San Salvatore in Lauro (en face du Château Saint-Ange, sur l’autre rive)
2/ Église de la Trinité-des-Pèlerins, Piazza delle SS. Trinità dei Pelegrini, 100 m de Ponte Sisto
3/ Basilique des Saints-Apôtres, Piazza dei Santi Apostoli, 51 (au bout de la Via del Corso, près de la Piazza Venezia)
4/ Centre Russia Ecumenica, Borgo Pio, 141 (la "grand-rue" du quartier Borgo, parallèle à la via della Conciliazione)

II – À SAINT-PIERRE, UNE IMAGE VIVANTE DU MOTU PROPRIO

Unique rite romain : la célébration de la messe pontificale en forme extraordinaire dans Saint-Pierre de Rome, qu’a très paternellement accepté d’assurer le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, c'est-à-dire le « ministre de la liturgie du Pape », manifeste éminemment la banalisation – au bon sens du terme – de la célébration de la forme extraordinaire.

En sa forme extraordinaire : à quoi s’ajoutera, voulue avec beaucoup d’amabilité et de simplicité comme toute naturelle, la présence des représentants de l’organisme officiel chargée de cette forme extraordinaire : le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum, organisateur de l’événement vient d’annoncer la présence, lors de la messe du 3 novembre, du nouveau " patron " de la Commission Ecclesia Dei, l’archevêque Augustine Di Noia (le cérémoniaire de la messe du cardinal Cañizares étant d’ailleurs l’abbé Almiro de Andrade, officiel de la même Commission). C’est un signe plein d’encourageante sympathie de la part de l’homme que le pape a choisi pour poursuivre les relations avec la Fraternité Saint-Pie X après l'impasse dans lequel se sont retrouvées les discussions menées jusqu’en juin dernier. Mgr Di Noia n’oublie pas qu’il a été le premier collaborateur du cardinal Cañizares jusqu’à cet été, et il montre aussi que le dossier Saint-Pie X s’intègre dans sa pensée, comme dans celle du Pape, à la préoccupation plus large de la pacification de l’Église avec elle-même en ce qui concerne sa tradition liturgique. Ce qui passe par le souci pastoral charitable des fidèles désireux de vivre, dans leur paroisse, leur foi au rythme de la forme extraordinaire du rite romain, eux aussi au centre de son attention.

Et ce qui manifeste très simplement et très concrètement que la Commission n’a pas seulement pour compétence les communautés ecclésiastiques et religieuses (qu’elles soient « internes »  : les communautés Ecclesia Dei, ou qu’elles soient « externes »  : la Fraternité Saint-Pie X et ses communautés amies), mais qu’elle considère comme relevant de sa sollicitude naturelle un pèlerinage dont l’initiative revient en quelque sorte aux coetus, aux groupes de demandeurs paroissiaux de la forme extraordinaire, qui se retrouvent pour cette occasion particulière – et surtout pas, précisent les organisateurs, à la manière d’une confédération – dans un coetus internationalis.

Nous voulons y voir, pour notre part, un encouragement bienveillant de Rome à ces groupes stables de fidèles assez souvent maltraités dans les diocèses. Et peut-être l’annonce d’une aide concrète pour les aider à trouver des solutions sur le terrain.

III - EN PROCESSION VERS SAINT-PIERRE

Pour préparer la messe de l’après-midi, les organisateurs du pèlerinage ont prévu en l’église de San Salvatore in Lauro, située aux abords du pont Saint-Ange, côté centre historique, une adoration eucharistique à partir de 10h30 le samedi 3 novembre.

À midi l’Angelus y sera chanté par don Pietro Cantoni, un de ces nombreux prêtres ordonnés par Mgr Lefebvre et qui œuvrent aujourd’hui dans les diocèses du monde, fondateur, en ce qui le concerne, de l’Opus Mariæ Matris Ecclesiæ, une association sacerdotale du diocèse de Massa-Carrara vouée à la Nouvelle Évangélisation notamment par la pratique et la diffusion des exercices spirituels de Saint Ignace.

Ensuite, vers 13h15, se formera la procession qui portera les clercs et les fidèles vers la basilique Saint-Pierre.

Le clergé passera directement les portes de la Basilique vaticane pour rejoindre la Sacristie et y recevoir le cardinal célébrant. Les fidèles bénéficieront d’un accès réservé, la gendarmerie pontificale ne pouvant pas dispenser des habituels contrôles de sécurité, mais faisant en sorte de les faciliter au maximum.

Les organisateurs du pèlerinage nous ont précisé qu’ils conseillent vivement aux pèlerins de se joindre à la procession, soit dès le départ à San Salvatore in Lauro soit en la rejoignant via della Conciliazione vers 14 heures, pour participer à cet acte religieux et aussi pour profiter de cette entrée dans la Basilique.

On oublie trop de nos jours, où le culte est par la force des choses renfermé dans les églises, que les processions ont toujours été une partie très importante de la liturgie telle qu’elle a été vécue par le clergé et le peuple chrétien dès les origines. Si donc le beau temps est de la partie, gageons que celle-ci sera un des temps religieux forts du pèlerinage, une belle manifestation de la gratitude du peuple Summorum Pontificum envers Benoît XVI pour les 5 ans du Motu Proprio.



ANNEXE – DON NICOLA BUX  : UNE MESSE POUR « FAVORISER LA RENAISSANCE DU SACRÉ DANS LES CŒURS »

Dans son numéro 35, notre lettre mensuelle en italien a publié un entretien avec don Nicola Bux, l’un des meilleurs connaisseurs de la pensée liturgique du Saint-Père, auteur d’un livre essentiel sur le sujet  : La Réforme de Benoît XVI - La Liturgie entre Innovation et Tradition (éditions Tempora). Don Nicola Bux, qui a apporté son précieux concours dès l’origine de ce pèlerinage romain, a commenté pour nos lecteurs transalpins la distance qui persiste entre les orientations liturgiques données par le Souverain Pontife et la réalité des messes dominicales en paroisse :

« L’Église, nous apprend l’histoire, se développe par la réforme et non par la révolution. [...] Il en advient de même pour la sainte liturgie : elle se développe de façon quasi imperceptible à partir d’éléments préexistants. Si elle le fait en revanche de façon brusque, cela indique qu’il ne s’agit pas d’une simple mise à jour mais d’un changement d’une chose à l’autre de sorte que la norme de la prière (lex orandi) ne correspond plus à la norme du Credo (lex credendi). On tombe alors dans l’erreur voire dans l’hérésie. »
[...]
« La distance entre la liturgie pontificale et les liturgies locales doit nous faire réfléchir : nous sommes catholiques si nous reconnaissons le primat du successeur de Pierre, c’est-à-dire la responsabilité personnelle que le Seigneur lui donne sur l’Église universelle. S’il est vrai qu’il y a, dans l’Église universelle, divers rites, en l’espèce orientaux, gouvernés par des patriarches, il y a à la tête du rite romain l’évêque de Rome qui, qu’il célèbre à Saint-Pierre ou lors de ses voyages apostoliques, opère la sauvegarde de " l’unité substantielle du rite romain " dans " la diversité des assemblées, des régions, des peuples " (SC 38). De ce fait, la liturgie célébrée par l’évêque de Rome est non seulement exemplaire mais aussi typique, comprenez normative, dans la mesure où elle met en pratique les prescriptions des livres liturgiques comme les catholiques sont tous, et partout, tenus de le faire. »
[...]
« Le Saint-Père a remis en évidence le rite romain célébré jusqu’à Vatican II, en le définissant " forme extraordinaire " vis-à-vis de la forme ordinaire issue de la réforme postconciliaire. Il l’a fait en raison de ses études et de ses relations avec d’éminents liturgistes, dont quelques-uns des experts conciliaires, qui n’étaient pas plus satisfaits de la réforme que de la situation antérieure : il n’y a qu’à penser à Joseph Andreas Jungmann, l’auteur de Missarum Solemnia. On trouve là l’explication de l’enrichissement mutuel des deux formes du rite romain, à rechercher avec intelligence et patience, ce qui se fait là où elles sont célébrées l’une et l’autre comme cela arrive de plus en plus à travers le monde.

Il est inexact de dire que le pape ait publié le Motu Proprio pour faire plaisir à la Fraternité Saint-Pie X : ce n’est ni dans son style ni dans son esprit. Il est vrai en revanche qu’il doit apporter la paix dans toute l’Église après des décennies d’abus, de préceptes, de résistances et d’indults. La rencontre entre les deux formes survient tout simplement quand un même prêtre les célèbre l’une comme l’autre et les offre également aux fidèles. Mais il faut du temps pour y parvenir car de nombreux prêtres ne connaissent plus le latin. Les fidèles aussi doivent se préparer à l’application pleine et entière des articles 36 et 54 de la constitution Sacrosanctum Concilium qui prévoient la coexistence des langues vernaculaires et du latin, langue de l’unité de l’Église universelle. Dans un sanctuaire comme Lourdes, est-il plus avisé de célébrer une messe " internationale " en plusieurs langues, de sorte que chaque groupe n’en comprenne qu’un morceau, ou bien une liturgie en latin qui nous fait tous nous sentir membres de l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique ? Sans négliger, bien sûr, la nécessaire compréhension et intelligence des fidèles qui peut-être soutenu au moyens de livrets bilingues adaptés à tous les groupes linguistiques de fidèles présents. »
[...]
« Le geste du Préfet de la Congrégation pour le Culte divin entend démontrer une fois encore que nul n’est de trop dans l’Église, comme eut l’occasion de le dire le pape aux évêques de France lors de son voyage de 2008. [...] En ce sens, la messe selon la forme extraordinaire promue par le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum représente un signe d’obéissance et de communion avec le pape. Sans la communion affective et effective avec le Souverain Pontife et les évêques unis à lui, on ne peut pas se dire catholique.

Nous demanderons instamment au Seigneur l’unité – être ensemble autour d’Un – et la paix, synonyme de la communion – qui vient de cum munera, ce qui signifie mettre ensemble les charismes de chacun – en espérant que cessent les rivalités et l’auto-affirmation et que soit promue la fraternité entre tous dans la charité du Christ. »

28 octobre 2012

[Frédéric Mounier - La Croix] Rome maintient la porte ouverte aux lefebvristes

SOURCE - Frédéric Mounier - La Croix - 28 octobre 2012
La Commission pontificale Ecclesia Dei affirme que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a encore besoin de temps pour répondre aux propositions de Rome en vue d’une réconciliation. 
 
Quelques jours après l’expulsion de Mgr Richard Williamson de la Fraternité Saint-Pie-X, la commission Ecclesia Dei en charge du dialogue avec les lefebvristes a jugé nécessaire de préciser publiquement l’état des lieux de la relation entre Rome et Ecône. Dans un communiqué publié samedi 27 octobre en trois langues, elle a annoncé que la Fraternité Saint-Pie-X avait encore « besoin de temps » pour répondre aux propositions du Saint-Siège en vue d’une réconciliation.
 
Ce communiqué intervient après les récentes interventions du nouveau préfet allemand de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et président de la Commission Ecclesia Dei. Mgr Gerhard Ludwig Müller avait réaffirmé début octobre, tant devant les évêques français en visite ad limina, que devant plusieurs médias internationaux, les conditions posées à la FSSPX pour une réintégration au sein de l’Église : acceptation sans conditions du concile Vatican II et reconnaissance, également sans conditions, du magistère des papes depuis 1962.
 
La Fraternité n’a toujours pas donné sa réponse. Le courrier le plus récent remonte au 6 septembre. La FSSPX y demande, dit le communiqué, « un temps supplémentaire de réflexion et d’étude pour préparer sa réponse aux dernières initiatives du Saint-Siège ».
Retour sur le calendrier du dossier lefebvriste
La commission Ecclesia Dei retrace le calendrier du dossier : « Trois années de colloques doctrinaux et théologiques », avec la réunion « à huit reprises », d’une commission mixte pour « débattre, entre autres, de questions disputées à propos de l’interprétation de certains documents du concile Vatican II.»

À ce stade, poursuit le communiqué, « il devenait possible de passer à une phase de discussion plus directement orientée vers la réconciliation hautement souhaitée de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X avec le Siège de Pierre».

La levée des excommunications, en 2009, mais surtout en 2007, l’extension à toute l’Église de la forme extraordinaire du rite romain par le Motu Proprio « Summorum Pontificum », avaient auparavant constitué, selon ce texte, « d’autres étapes déterminantes franchies par le Saint-Siège dans ce processus positif de réintégration progressive ».
 
Enfin, le 13 juin 2012, la Commission pontificale a présenté à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X « une déclaration doctrinale accompagnée d’une proposition de régularisation canonique de son statut dans l’Église catholique ».
« Patience, sérénité, persévérance et confiance »
Qu’en est-il aujourd’hui, vu de Rome ? La réponse se veut donc patiente : « Le Saint-Siège attend la réponse officielle des supérieurs de la Fraternité sacerdotale à ces deux documents. Après trente ans de séparation, il est compréhensible qu’il faille du temps pour assimiler la signification de ces développements récents. » La volonté du pape de « favoriser et préserver l’unité de l’Église en réalisant la réconciliation, espérée depuis longtemps », est réitérée. Dans cette perspective, conclut le communiqué de la commission Ecclesia Dei, « il faut avoir de la patience, de la sérénité, de la persévérance et de la confiance».
 
Après les déclarations, le 13 octobre, de Mgr Alfonso de Galaretta, l’un des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, manifestant son opposition à toute réconciliation avec Rome, la commission Ecclesia Dei exprime ainsi une ouverture toujours possible, une main tendue à qui voudra bien, au sein de la FSSPX, la saisir.
 
FRÉDÉRIC MOUNIER, à Rome

[Candidus - Le Forum Catholique] L'épouvantail Maximilien Krah

SOURCE - Candidus - Le Forum Catholique - 28 octobre 2012

Ceux qui ont lu mes dernières interventions sur le FC connaissent mes "réserves" quant aux positions théologiques défendues par la FSSPX.

Nier l'infaillibilité de certaines canonisations ; affirmer qu'un rite liturgique approuvé par le Souverain Pontife puisse être hérétique ou favoriser l'hérésie ; s'ériger en juge de ce qui dans l'enseignement du pape serait ou ne serait pas conforme à la Tradition : tout cela a déjà été condamné par l'Église à maintes reprises lors de différents schismes et hérésies. Je rappelle ici ces points polémiques pour souligner que l'on ne peut pas m'accuser de complaisance à l'égard de la FSSPX.

La critique que je fais des positions de la FSSPX ne m'interdit pas, si celle-ci est accusée injustement et d'une manière malhonnête, de dénoncer ses calomniateurs.

C'est ainsi que j'ai noté depuis plusieurs mois dans les milieux sédévacantistes et chez certains défenseurs de Mgr Williamson, qu'un nom revenait fréquemment : celui de Maximilien Krah.

Selon les ennemis de Mgr Fellay, le supérieur de la Fraternité aurait accordé à cet individu des privilèges financiers inouïs sur les biens et les comptes bancaires de la Fraternité ; ce serait un juif, franc-maçon, sioniste et agent du Mossad, favorable à l'avortement et au mariage des homosexuels ; rien que ça !

A ceux qui lisent l'anglais, je conseille de lire sur le forum Ignis Ardens l'entretien très intéressant qu'a eu un journaliste de la revue traditionaliste américaine The Remnant avec M. Krah. Puis, si vous en avez le courage, vous pourrez jeter un coup d'oeil rapide aux réactions de ceux qui soutiennent ces inepties. Vous serez édifiés par le niveau intellectuel et spirituel de ces paranos ! On se croirait sur Margo Viria.

Ces rumeurs colportées par quelques sédévacantistes conspirationistes débiles sont un tissus d'affabulations.

Ce respectable avocat allemand est issue d'une vieille famille catholique, il a été baptisé après sa naissance par son oncle prêtre. Il est vrai qu'il n'est pas un admirateur de l'OLP ni du Hamas, mais il ne peut lui être reproché aucun philosémitisme viscéral sinon d'estimer que les Lieux Saints seraient moins accessibles aux chrétiens en cas de souveraineté musulmane et d'avoir quelques amis juifs qui l'ont invité à un gala organisé à New York par l'université de Tel Aviv (malheureusement pour lui, un photographe était là qui a mis ensuite sa photo sur Internet). Il a aussi accepté lors d'un voyage organisé en Israel - qui incluait la Via Dolorosa - de visiter un camp de Tsahal - ce qui l'intéressait en tant qu'ancien militaire de la Bundeswehr. Là aussi il y avait un photographe...

Je suis ahuri par le délire paranoïaque qui s'est développé depuis quelques mois autour de cet estimable père de famille catholique qui a beaucoup oeuvré pour défendre dans les média allemands la réputation de la FSSPX entachée par les obsessions de Mgr Williamson ; et tout cela sur la base de deux innocentes photos et de ragots sans fondement.

J'ajouterai que dans son interview M. Krah nous apprend que Mgr Fellay avait exigé de Mgr Williamson que, dans le délai d'un an, il lise le livre écrit par Jean-Claude Pressac, révisionniste repenti. Sur ce point comme sur d'autres, Mgr Williamson a refusé d'obéir à son supérieur. J'aimerais bien que lui ou un de ses partisans nous expliquent ce qu'il y avait de contraire à la foi dans cet ordre de Mgr Fellay.

Cette dernière anecdote m'a rappelé une conversation (au demeurant très accorte) que j'ai eue avec un révisionniste qui fréquente le FC. Au cours de notre discussion et de la ritournelle habituelle "si nos arguments sont faux pourquoi ne sont-ils jamais réfutés" j'avais signalé à mon commensal un site Internet qui présente toutes les réponses aux arguments de la thèse négationniste ICI.

Mon interlocuteur ne connaissait pas ce site et ce qui m'a frappé au plus haut point chez quelqu'un qui affirmait pourtant un amour désintéressé de la vérité, c'est qu'il ne semblait aucunement désireux de connaître le contenu de ce site, un peu comme s'il craignait ou se souciait peu de confronter ses certitudes avec les arguments d'historiens nécessairement malhonnêtes ou incompétents...

[Bénédictins de l’Immaculée] Prise d'habit des Frères Mariano et Benoît

SOURCE - Bénédictins de l’Immaculée - 28 octobre 2012

Le nombre de nos frères novices grandit! Frère Gonzalo et Frère Benoît ont tous deux pris le saint habit. Le premier a reçu le nom de religion de Frère Mariano. Le second a gardé son nom de Frère Benoît, si honorable à porter pour un fils de Saint Benoît.

« Que demandez-vous ? — La miséricorde de Dieu et l'admission dans votre communauté », ont-ils déclaré en latin (Misericordiam Dei et vestram confraternitatem). « Avec le secours de Dieu, j’espère et je désire persévérer jusqu’à la mort dans mon propos sacré », ont-ils ensuite déclaré solennellement, marquant ainsi leur volonté de consacrer leur vie entière à Dieu.

Se consacrer à Dieu ne se fait pas dans l'instant. C'est le travail d'une vie! Priez pour nous, priez pour eux et leur sainte intention. Nous prions pour vous. Priez aussi pour le prochain postulant, Armando, notre première vocation italienne, qui rentre en ce début du mois de novembre, sous la protection et avec la bénédiction de tous les saints du ciel.

[Traditionalistes (blog)] Une paroisse personnelle pour l'IBP

SOURCE - Traditionalistes (blog) - 28 octobre 2012

L’article 10 du Motu Proprio Summorum Pontificum stipule que «Fas est Ordinario loci, si opportunum iudicaverit….» Que s’il le juge opportun, l’Ordinaire du lieu a le droit d’ériger une paroisse personnelle, pour les célébrations «selon la forme ancienne du rite romain». C’est ce que vient de faire Mgr Ozorowski, archevêque de Białystok (Pologne) en confiant une de ses églises au jeune abbé Sniadoch. Grzegorz Sniadoch est l’un des trois prêtres polonais de l’Institut du Bon Pasteur (avec Leszek Królikowski et Sergiusz Orzeszko). Je rappelle qu’il y a en France trois paroisses personnelles dédiées à la forme extraordinaire du rite latin : Saint-François-de-Paule à Toulon, La Croix Glorieuse à Strasbourg, et Saint-Eloi à Bordeaux. Sur son site polonais, la FSSPX annonce la nouvelle de cette nouvelle implantation de l’IBp: pour s’en réjouir.

27 octobre 2012

[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] Décision capitale

SOURCE  - Mgr Williamson - Commentaire Eleison - 27 octobre 2012

Ainsi, l’exclusion de la Fraternité Saint Pie X de l’un des quatre évêques consacrés pour son service par Mgr Lefebvre en 1988 est maintenant officielle. Il s’agit d’une décision importante de la part des dirigeants de la FSSPX, et non pour des raisons personnelles, mais en raison de la suppression de ce que beaucoup ont considéré être le plus grand obstacle au sein de la FSSPX à une fausse réconciliation entre la Tradition catholique et la Rome conciliaire. Maintenant qu’il est parti, la Fraternité peut plus facilement continuer sa glissade dans le libéralisme commode.

Si le problème était simplement sa personne, il pourrait ne pas y avoir de conséquences trop graves. Il a 72 ans (« il est plus ou moins gaga ») et il ne lui reste plus trop d’années actives devant lui. On pourrait l’ignorer complètement ou le discréditer encore plus, le cas échéant, et le laisser fulminer à son aise dans sa retraite isolée. Mais si de fait son exclusion signifie le rejet de l’opposition à Rome qu’il représentait, la FSSPX est alors en difficulté, et loin de résoudre ses tensions intérieures en ayant fait de lui un exemple, elle risque maintenant d’être déchirée par les dissensions silencieuses ou les contradictions ouvertes.

La raison en est que Mgr Lefebvre a fondé la Fraternité Saint Pie X pour résister à la destruction de l’Église : de la foi catholique par le Concile et ses 16 documents, de la pratique de cette foi par la nouvelle messe avant tout. Depuis le début de la Fraternité, la résistance au Concile fait partie intégrale de sa nature. Or, on ne peut pas défaire la nature d’une chose sans défaire la chose. Il s’ensuivrait que par cette exclusion la FSSPX de Mgr Lefebvre est en voie d’être défaite, et elle sera remplacée par quelque chose de tout à fait différent. En fait, on a pu observer cette transformation depuis de nombreuses années. L’exclusion n’est simplement qu’un coup final.

Non pas que Mgr. Lefebvre était principalement ou uniquement contre le Concile. Il était avant tout catholique, un évêque catholique, un vrai pasteur des âmes, comme il ressort de ses écrits d’avant le Concile. Mais une fois que cette catastrophe indicible pour l’Eglise eut lieu, il reconnut très vite que la tâche la plus urgente pour la défense de la Foi était de résister à la révolution de Vatican II qui s’emparait de millions de cœurs et d’esprits catholiques. D’où sa fondation en 1970 de la FSSPX qui permettrait d’utiliser exclusivement le rite tridentin de la messe. D’où sa fameuse Déclaration de novembre 1974, qui était comme une charte des principes catholiques qui inspirent la résistance de la FSSPX. Seuls la conversion et le retour des autorités de l’Eglise à la vraie foi peuv ent justifier l’abandon de ces principes. Une telle conversion ou un tel retour ont-ils eu lieu? En aucune façon. Bien au contraire.

Et l’avenir? Pour combler le vide laissé par l’abandon des objectifs de Mgr. Lefebvre, il est probable que la FSSPX officielle va se précipiter bientôt dans les bras de Rome, en particulier si la conscience de Benoît XVI le pousse à mettre fin au «schisme» avant sa mort. L’exclusion de l’évêque peut ou non avoir été une condition préalable posée par Rome pour un accord entre Rome et la FSSPX, mais en tout cas elle en favorise certainement un. Les prêtres de la Fraternité qui voient clair pourraient se terrer pour le moment et attendre que le vent semé soit suivi par la tempête à récolter. Les laïcs de la FSSPX pourraient assister à des messes de la Fraternité, pour l’instant, quitte à surveiller le moment où la transformation mentionnée ci-dessus commence à menacer leur foi. Quant à l’évêque exclu, les dons pour lui ou sa cause devront attendre que tout soit arrangé pour les recevoir. Mais ne doutez pas d’une chose : il n’entend pas prendre sa retraite.

Accrochez-vous bien, mes amis. Ce sera la randonnée de notre vie. Faisons-en la randonnée qui nous mène au Paradis!

Kyrie eleison.

[Jean-Marie Guénois - Le Figaro] Négociations en cours entre les Lefebvristes et le Vatican

SOURCE - Jean-Marie Guénois - Le Figaro - 27 octobre 2012

Alors qu'elles semblaient au point mort, voire compromises, Rome vient de publier une note au ton très apaisant qui n'élude pas les difficultés des discussions entre le Vatican et les Lefebvristes mais qui leur accorde un large délai supplémentaire.

Au Vatican, rien n'est au hasard et surtout pas la date de publication des communiqués. Ainsi ce texte important, publié samedi, veille de la clôture du synode sur la nouvelle évangélisation. Il touche les négociations en cours entre le Saint-Siège et les Lefebvristes. Pour difficiles qu'elles soient, il confirme qu'elles ne sont pas rompues. Rome accorde même un «temps supplémentaire» - demandé par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X - pour lui permettre de réfléchir encore «à sa réponse» aux propositions du Saint-Siège.
  
Le communiqué, rédigé par la Commission pontificale Ecclesia De - compétente pour les relations avec les Lefebvristes - justifie ainsi ce délai à durée indéterminée: «Après trente ans de séparation, il est compréhensible qu'il faille du temps (…). Puisque notre Saint-Père le Pape Benoît XVI cherche à favoriser et préserver l'unité de l'Eglise en réalisant la réconciliation, espérée depuis longtemps, de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X avec le siège de Pierre (…), il faut avoir de la patience, de la sérénité, de la persévérance et de la confiance».
Un ton conciliant
Autre information: le ton conciliant de cette note rompt avec les propos sans appel du nouveau Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller, un Allemand nommé à ce poste par Benoît XVI, le 2 juillet dernier. Cet ancien évêque de Regensburg en Allemagne n'avait jamais caché son opposition à un rapprochement avec les Lefebvristes. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi supervisant la commission Ecclesia Dei - son préfet, Müller, étant automatiquement le président de cette commission -, beaucoup en avaient déduit que cette nomination estivale marquaient la fin et l'échec des discussions.
 
C'était sans compter sur une autre nomination, aussi importante dans son genre, et décidée par le même Benoît XVI: celle, le 26 juin, de l'évêque américain, Mgr. Joseph Augustine Di Noia, à la vice-présidence de cette commission, Ecclesia Dei! Le 26 juin, c'était une semaine avant le 2 juillet et la nomination de Mgr Müller... Ce qui indiquait clairement que la mission de cet homme de confiance de Benoît XVI était de sortir de l'impasse apparente dans laquelle les négociations avec les Lefebvristes se sont engagées.
Un état des lieux des discussions en cours
Premier élément de contexte de la publication de ce communiqué: pour bref qu'il soit, il est le premier acte officiel de Di Noia depuis sa prise de fonction. Son intérêt est qu'il donne l'état d'esprit précis dans lequel cette commission travaille désormais. Il n'a rien à voir avec l'antipathie affichée de Mgr Müller vis-à-vis des Lefebvristes. Ce communiqué rappelle que Benoît XVI, lui-même, suit personnellement ce dossier.
 
Après avoir signifié que le Saint-siège acceptait donc volontiers un nouveau délai de «réflexion et d'études» à la Fraternité Saint Pie X, la note publiée samedi établit un état des lieux des discussions en cours. On rappelle les «trois années de colloques doctrinaux et théologiques d'une commission mixte qui s'est réunie «à huit reprises» pour «étudier et débattre, entre autres, de questions disputées à propos de l'interprétation de certains documents du concile Vatican II». Et l'étape suivante: «dès la conclusion de ces colloques doctrinaux, il devenait possible de passer à une phase de discussion plus directement orientée vers la réconciliation hautement souhaitée de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X avec le Siège de Pierre.»
 
En parallèle, analyse le texte, «d'autres étapes déterminantes» dans «ce processus positif de réintégration progressive» avaient été franchies mais du côté de Benoît XVI: la normalisation comme «rite extraordinaire» dans toute l'Eglise, de l'ancienne messe dite en latin, en 2007 (une demande des Lefebvristes) ; puis en 2009 la levée des excommunications qui frappaient les quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre contre l'avis de Rome (une autre demande des Lefebvristes). 
 
Un «chemin ardu» continue la note mais qui a abouti à «un point important», le 13 juin 2012, quand «la Commission pontificale a présenté à la Fraternité sacerdotale Saint Pie X une déclaration doctrinale accompagnée d'une proposition de régularisation canonique de son statut dans l'Eglise catholique.»
Benoît XVI vise l'unité des catholiques, sans exclusion
Mais depuis les choses ont stagné: «le Saint-Siège attend la réponse officielle des supérieurs de la Fraternité sacerdotale à ces deux documents». Et la note publiée samedi justifie alors qu'après trois décennies de séparation, il est «compréhensible qu'il faille du temps pour assimiler la signification de ces développements récents». Un appel donc à la «patience, la sérénité, la persévérance et la confiance» fondée sur la volonté du Pape qui «cherche à favoriser et préserver l'unité de l'Eglise en réalisant la réconciliation, espérée depuis longtemps» avec les Lefebvristes.

Deux autres éléments de contexte éclairent aussi la publication de cette note. La clôture du synode sur la nouvelle évangélisation, ce dimanche, à Rome où il a été beaucoup question du Concile Vatican II tant décrié par les Lefebvristes. L'Eglise catholique n'admet pas ces critiques mais la publication de ce communiqué, ce jour là, indique que Benoît XVI vise l'unité des catholiques, sans exclusion. Et donc aussi de ce côté-là. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde mais le Pape confirme ici qu'il tient ce cap, si caractéristique de son pontificat. 
 
Le troisième élément de contexte est la décision prise, mercredi dernier, par la Fraternité Saint Pie X, d'exclure de ses rangs Mgr Williamson. Il était l'un des quatre ordonnés par Mgr Lefebvre et avait scandalisé le monde entier par ses propos négationnistes de la Shoah en 2009, juste avant que Benoît XVI (qui n'était pas informé) lève aussi, pour lui, l'excommunication. Rome avait fait indirectement savoir jeudi qu'il appréciait cette mesure mais personne n'avait réagi officiellement. Il est donc clair que ce communiqué, inédit dans son ton apaisant, est la réponse du Vatican à l'exclusion de Mgr Williamson.

[Commission "Ecclesia Dei" - VIS] "il est compréhensible qu’il faille du temps pour assimiler la substance des développements récents"

SOURCE - Commission Ecclesia Dei - VIS - 27 octobre 2012

Cité du Vatican, 27 octobre 2012 (VIS). La Commission pontificale Ecclesia Dei annonce aujourd'hui que, "dans sa dernière correspondance (6 septembre 2012), la Fraternité sacerdotale St.Pie X a fait savoir qu’elle avait besoin d’un temps supplémentaire de réflexion et d’étude pour préparer sa réponse aux dernières propositions du Saint-Siège. Les discussions en cours font suite à trois années de colloques doctrinaux et théologiques, qui ont vu une commission mixte se réunir à huit reprises pour étudier et débattre de questions controversées quant à l’interprétation de certains documents du concile Vatican II. Ces colloques conclus, il a été possible de passer à une phase de discussion plus directement orientée vers une réconciliation fortement souhaitée de la Fraternité avec le Siège apostolique. D’autres étapes déterminantes du processus de réintégration progressive ont été franchies par le Saint-Siège, en 2007, avec l’extension à toute l’Eglise de la forme extraordinaire du rite romain par le Motu Proprio Summorum Pontificum et, en 2009, avec la levée des excommunications. Sur ce chemin ardu, un point important a été atteint le 13 juin 2012, quand la Commission pontificale a présenté à la Fraternité une déclaration doctrinale accompagnée d’une proposition de régularisation canonique de son statut dans l’Eglise catholique. Aujourd’hui, le Saint-Siège attend la réponse officielle des supérieurs de la Fraternité à ces deux documents. Après trente ans de séparation, il est compréhensible qu’il faille du temps pour assimiler la substance des développements récents. Puisque le Saint-Père cherche à favoriser et préserver l’unité de l’Eglise en réalisant une réconciliation depuis longtemps espérée de la Fraternité sacerdotale St.Pie X avec le Successeur de Pierre...il faut faire preuve de patience, de sérénité, de persévérance et de confiance".

[Abbé Bouchacourt, fsspx] L'heure de Dieu...

SOURCE - Padre Christian Bouchacourt - Supérieur de District Amérique du Sud - octobre 2012

Lors du sermon qu’il a prononcé à l’occasion des ordinations diaconales et sacerdotales à Ecône, Mgr Fellay le 29 juin dernier, a annoncé que les discussions avec Rome, en vue d’un éventuel arrangement avec la Fraternité, étaient revenues au point de départ, c'est-à-dire comme au lendemain des consécrations épiscopales de 1988. Rome voudrait en effet qu’au préalable de la régularisation canonique de la Fraternité Saint Pie X, nous acceptions les documents promulgués lors du dernier concile et que nous reconnaissions la légitimité et donc la bonté du Novus ordo Missae. Une telle acceptation serait un reniement pur et simple du combat que Mgr Lefebvre et sa Fraternité ont mené depuis plus de 40 ans. Ainsi, pour une raison doctrinale, le Supérieur Général et son Conseil, soutenus par le Chapitre Général de la FSSPX, ont-t-ils refusé les dernières propositions de Rome. La situation actuelle peut nous attrister car elle nous fait constater que le cancer du modernisme continue à ronger l’Eglise de l’intérieur tandis que le Pape et les autorités romaines refusent de désigner l’origine des maux qui accablent l’Eglise depuis des décennies, c'est-à-dire le concile Vatican II. Les temps ne sont pas encore mûrs pour une normalisation de nos relations avec Rome. Face à une telle situation, une question peut monter à nos lèvres : « Mais qu’attend donc Dieu pour nous sortir de cette situation si difficile ? »

Dieu attend son heure ! Ouvrez l’Evangile et vous y lirez que Notre Seigneur a toujours voulu agir à son rythme et non à celui de son entourage. Combien de fois n’a-t-il pas dit : « mon heure n’est pas encore venue » ? C’est le Christ qui décide du moment de sa Passion, et de l’instant de sa mort : « on ne m’ôte pas la vie mais c’est moi qui la donne ». De même que c’est Dieu qui reste le maître du temps et des évènements. Il peut intervenir directement ou indirectement sur ces derniers selon Sa volonté. Certains peuvent se décourager de la longueur de l’épreuve qui accable l’Eglise. D’autres pourraient être déçus que la FSSPX ait laissé passer cette occasion de régularisation de sa situation. D’autres enfin pourraient croire que la situation est définitivement figée et que tout espoir de restauration de la Tradition dans l’Eglise est perdu. Aucune de ces attitudes n’est satisfaisante ! C’est pourquoi il me semble opportun de rappeler quelques principes importants qui pourront vous aider à comprendre la situation présente et vous encourager à garder la vertu de la sainte espérance.

1er principe : Rien n’arrive que Dieu ne l’ait prévu de toute éternité et qu’Il ne l’ait voulu ou du moins permis. Cette crise que l’Eglise traverse n’échappe pas à la toute- puissance de Dieu. De toute éternité, Dieu la permet comme il a permis la Passion de son Fils, la trahison de Judas et le reniement de Saint Pierre. Cette période troublée que nous vivons ne peut être comprise et supportée qu’à la lumière de la foi.

2ème principe : Dieu ne peut rien vouloir ou rien permettre qu’en vue de la fin qu’il s’est proposée en créant, c'est-à-dire la manifestation de sa bonté, de ses perfections divines et en vue de la gloire de l’homme-Dieu Jésus-Christ son Fils. Cette crise, qui trouve son origine pour une grande part dans le Concile Vatican II, a sans aucun doute permis à ceux qui voulaient rester fidèles à la Tradition de l’Eglise d’étudier avec plus d’intensité la doctrine et la liturgie que nos anciens nous ont transmises et que la bourrasque conciliaire a voulu emporter à jamais. Au lendemain de la dernière guerre, l’Eglise était en effet entrée dans une sorte de torpeur qui la rendit plus vulnérable à ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. De manière insidieuse, tel le ver dans la pomme, malgré la fermeté de Pie XII, le modernisme a laminé, corrompu tous les degrés de l’Eglise comme une gangrène. Cette maladie aurait pu être fatale, mais Dieu a suscité Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer qui ont su s’opposer avec un esprit de sacrifice héroïque à cette révolution conciliaire. La Providence veillait, et ainsi Notre Seigneur a montré qu’Il voulait être fidèle à sa promesse de protéger son Eglise jusqu’à la fin des temps. Dieu reste le maître des évènements !

Le 3éme principe découle du second : Comme le dit Saint Paul : « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » Chez ceux qui ont voulu rester fidèles à la Tradition, Dieu a suscité un esprit de sacrifice méritoire pour se préserver des erreurs multiples qui se répandaient dans l’Eglise. La FSSPX a ouvert des séminaires, des prieurés, des écoles, etc… Des religieuses et religieux ont fondé des communautés traditionnelles un peu partout dans le monde. Ainsi la Tradition catholique a été sauvée. Cette sainte réaction a suscité un élan de ferveur d’une générosité admirable. Les séminaires traditionnels se sont remplis, de saints foyers se sont formés. On vit alors le tissu catholique se reconstituer peu à peu dans l’attente qu’un jour Rome reconnaisse la légitimité de l’apparente désobéissance qui nous anime.

Cependant les trois principes rappelés plus haut ne nous dispensent évidemment pas de faire ce qui est en notre pouvoir, là où la Providence nous a placés, pour accomplir la volonté de Dieu signifiée par ses préceptes et les conseils qui nous sont prodigués et se soumettre aux évènements par lesquels Il veut aussi nous conduire. Dieu alors ne manquera pas de nous donner les grâces que nous nécessitons pour rester fermes dans la foi et pour hâter la fin de ce temps d’épreuves. L’issue de cette crise ne dépend pas directement de nous, bien évidemment, mais de la tête de l’Eglise et plus précisément du Pape lorsque ce dernier, par la grâce de Dieu, se réappropriera ce que ses prédécesseurs ont fait et enseigné depuis près de 2000 ans et abandonnera ces principes conciliaires qui ont mené l’Eglise au bord du précipice.

Cette grâce viendra, n’en doutons point ! Quand ? Dieu seul le sait, mais Lui-même, de toute éternité, compte sur nos prières, nos sacrifices pour nous accorder ce secours tant désiré. Ce sera alors son heure. « C'est le propre du secours céleste (…) d'arriver toujours à point, et de se présenter à l'homme au temps le plus convenable. Auxiliaire intelligent, si le Seigneur Dieu des armées prête main-forte à sa créature, toujours il fait survenir le renfort au moment critique et décisif ; et l'on peut dire que la principale efficacité de l'intervention divine consiste ordinairement dans sa pleine opportunité ». C’est ainsi que la toute-puissance de Dieu et sa miséricorde se manifesteront, de telle sorte que nul homme ne pourra s’attribuer cette victoire future. Cette vérité doit nous remplir d’espérance et de confiance comme l’exprime si bien saint Paul : « si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? »

Par rapport aux épreuves de la vie et particulièrement celles que traversent l’Eglise, il nous faut vivre au temps présent sans chercher à précéder l’heure de Dieu, sans forcer la Providence. Gardons au fond de nos âmes une ferme confiance en ce secours qui ne nous fera jamais défaut si nous nous comportons en bons fils de Dieu. Relisons dans l’Ancien Testament le livre de Daniel au chapitre XIII : Dieu sauva la vie de la chaste Suzanne et la récompensa de sa confiance alors que la situation semblait perdue suite aux faux témoignages des deux vieillards qui furent finalement condamnés à sa place. Voyez la réalisation de la promesse de Notre Seigneur qui avait annoncé à ses apôtres et à ses disciples qu’il enverrait « un autre Consolateur pour qu’il demeure avec vous, l’Esprit de Vérité (…) qui vous enseignera toute choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit ». Le Saint-Esprit vint en effet le jour de la Pentecôte. Méditez aussi la prière que nous a enseignée Notre Seigneur. Il nous invite à demander le pain du jour, « donnez nous notre pain quotidien » et non celui que nous nécessiterons dans un mois ou une année. Voyez aussi cette promesse qu’il fit à ceux qui souffrirons pour lui : « Ne vous inquiétez pas comment vous défendre ou que dire, car le Saint- Esprit vous enseignera au moment même ce qu’il faut dire ». L’adage populaire s’inspire de cette promesse pour dire « qu’avant l’heure ce n’est pas l’heure ». Ainsi nous garderons la paix, loin des inquiétudes qui ruinent l’âme et la détournent de l’essentiel.

Un jour donc, quand sonnera l’heure de Dieu, Rome manifestera à la FSSPX sa reconnaissance pour sa fidélité et s’appuiera sur elle pour reconstruire la chrétienté. Pour hâter ce jour, restons fermes dans la foi, sans compromission avec les erreurs qui fourmillent dans l’Eglise. Accomplissons notre devoir d’état, prions, faisons pénitence, étudions notre sainte religion et gardons confiance comme Notre Dame attendant la résurrection de son Fils au lendemain du Vendredi saint.

Je terminerai ces quelques considérations en vous laissant cette prière composée par Madame Elisabeth, sœur du Roi Louis XVI, qui, se sachant condamnée par la Révolution par haine de la foi, se préparait aux évènements tragiques qui l’attendaient. Elle mourra en effet sur l’échafaud après avoir récité quotidiennement cette prière qui lui fut d’un grand secours et que nous pourrions faire nôtre : « que m'arrivera-t-il aujourd'hui, ô mon Dieu, je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne m'arrivera rien que vous ne l'ayez prévu de toute éternité. Cela me suffit, ô mon Dieu, pour être tranquille. J'adore vos desseins éternels, je m’y soumets de tout mon cœur ; je veux tout, j'accepte tout, je vous fais un sacrifice de tout ; j'unis ce sacrifice à celui de votre cher Fils, mon Sauveur, vous demandant, par son Sacré-Cœur et par ses mérites infinis, la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui vous est due pour tout ce que vous voudrez et permettrez ».

Que Dieu vous bénisse!

26 octobre 2012

[Abbé Schmidberger - FSSPX Allemagne] "l'aboutissement douloureux d'une évolution qui dure déjà depuis des années..."

SOURCE - Abbé Schmidberger - FSSPX Allemagne - version française via le Forum Catholique - 26 octobre 2012

Communiqué du supérieur du district d'Allemagne 
Chers amis et bienfaiteurs,

L'exclusion de Mgr Williamson de la Fraternité Saint-Pie X peut paraître surprenante et même incompréhensible vue de l'extérieur ; pour ceux qui connaissent la situation, c'est au contraire l'aboutissement douloureux d'une évolution qui dure déjà depuis des années et qui s'est encore dramatiquement envenimée ces derniers mois :

- on est en effet passé d'une antipathie pour le Supérieur général et son conseil à un refus, d'un refus à l'opposition et l'opposition est finalement devenue rébellion ouverte.

Il ne laissait passer aucune occasion pour s'opposer à la direction de la Fraternité, pour rendre public des documents confidentiels et pour finir par exiger ouvertement la démission du Supérieur général.

Avant le chapitre général en juillet dernier, il a dit textuellement dans une allocution filmée :

« Si la Fraternité réussissait par miracle à se séparer de Mgr Fellay et de sa bande, cela signifierait un sacré nettoyage. » - « Il y a un espoir, un véritable espoir que les bons éléments, à l'occasion du chapitre général, retirent sa majorité à Mgr Fellay. Au cas où ils le feraient, ils réussiraient à se débarrasser de Mgr Fellay. C'est un espoir, c'est un rêve. »

Le 29 juin 1976, lors de son ordination, et comme tous les candidats au sacerdoce, Mgr Williamson a promis respect et obéissance à Mgr Lefebvre et à ses successeurs. Avant la consécration épiscopale, notre fondateur a demandé, dans une lettre adressée aux quatre candidats à l'épiscopat, de rester unis sous la direction de chaque Supérieur général. Quel message donnerions-nous à l'extérieur et à l'intérieur si un évêque, à l'occasion de l'ordination sacerdotale, exigeait respect et obéissance envers le Supérieur général, mais se permettait lui-même de l'insulter ?

Dans l'évangile de saint Luc, Notre-Seigneur dit : « Toute maison divisée contre elle-même sera détruite et s'écroulera ! »

Malgré de nombreux conseils, d'amicales exhortations et des avertissements, Mgr Williamson n'a pas voulu modifier son comportement. Il ne restait donc d'autre solution que la séparation. La Fraternité a ainsi perdu un évêque. Cela me touche d'autant plus que Mgr Williamson fut séminariste avec moi à Écône et qu'il a été, une année durant, mon collaborateur à Weissbad pour la formation des jeunes lévites de langue allemande.

Prions pour le Supérieur général, éprouvé par cette décision, et pour celui qui a été exclu, afin qu'il comprenne son erreur et qu'il revienne grâce à lui à la maison paternelle.

Stuttgart, le 26 octobre 2012

Abbé Franz Schmidberger, Supérieur du district

[Abbé Lorans, fsspx - DICI] L’optimisme conciliaire à l’épreuve des faits

SOURCE - Abbé Lorans, fsspx - DICI - 26 octobre 2012

Cinquante ans après l’ouverture du concile Vatican II, on est bien loin de l’optimisme de Jean XXIII qui déclarait, le 11 octobre 1962 : « Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin ». Il fustigeait alors tous ceux qui « dans la situation actuelle de la société, ne voient que ruines et calamités ; ils ont coutume de dire que notre époque a profondément empiré par rapport aux siècles passés ».

A l’ouverture du Synode sur la nouvelle évangélisation qui se tient au Vatican du 7 au 28 octobre, le cardinal Donald Wuerl, archevêque de Washington (Etats-Unis) et rapporteur général de l’assemblée synodale, a dressé le constat d’une « société en mutation dramatique », « c´est comme si un tsunami d´influence séculière s´était abattu sur l´ensemble du paysage culturel, emportant avec lui des repères sociaux tels que le mariage, la famille, le concept de bien commun et la distinction entre le bien et le mal ». La sécularisation, a-t-il poursuivi, « a façonné deux générations de catholiques qui ne connaissent pas les prières fondamentales de l´Eglise », ne comprennent pas l´importance d´aller à la messe et ont perdu « le sens du mystère ou du transcendant ».

Quel remède apporter à tous ces maux ? Suffit-il de dénoncer, comme le fait le cardinal Wuerl dans le même discours, « l´herméneutique de la discontinuité qui a imprégné une grande partie des domaines de l´éducation supérieure et qui a aussi donné lieu à des aberrations liturgiques » ? Peut-on se contenter d’une

« herméneutique de la réforme dans la continuité » ?

Surplombant toutes les herméneutiques, les exégèses et autres interprétations du Concile, il y a les faits. Et ils parlent d’eux-mêmes. Eloquemment!

Abbé Alain Lorans

[APIC] Londres : Mgr Williamson répond à son exclusion de la FSSPX décidée par Mgr Fellay

SOURCE - APIC - 26 octobre 2012

Londres : Mgr Williamson répond à son exclusion de la FSSPX décidée par Mgr Fellay
"Vous feriez mieux de démissionner vous-même"
Londres, 26 octobre 2012 (Apic) "Vous feriez mieux de démissionner vous-même comme Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X (FSSPX) que de m’exclure". La réponse de Mgr Williamson à Mgr Fellay, publiée le 25 octobre 2012, est cinglante. Dans une lettre ouverte, l’évêque intégriste britannique affirme être "membre de la fraternité de Mgr Lefebvre par mon engagement à perpétuité" et vouloir le rester. "Mon exclusion sera plus apparente que réelle". Au-delà de la querelle de personne, le prélat évoque le vrai problème selon lui : le combat du catholicisme contre le libéralisme. S’il reste un seul pur, ce sera lui.

Comme les précédentes passes d’armes avec Mgr Fellay l’avaient déjà démontré, Mgr Williamson ne lâche rien. Même s’il reconnaît avoir eu sans doute "des paroles et actions qui ont été devant Dieu inappropriées et excessives", l’évêque britannique nie être coupable de la désobéissance que lui reproche Mgr Fellay. Il affirme au contraire avoir obéi "sans faille" aux ordres "plus ou moins désagréables" du Supérieur général. Le dernier étant en 2009 de quitter son poste de directeur du séminaire traditionaliste de La Reja, en Argentine "pour moisir dans une mansarde à Londres, sans parole ni ministère épiscopal". (Cette mesure sanctionnait ses propos négationnistes tenus à la télévision suédoise ndlr) Et depuis 2009, les Supérieurs de la Fraternité schismatique se sont permis de "le discréditer et l’injurier tant qu’ils voulaient", relève-t-il.
Le combat du catholicisme contre le libéralisme
Mais pour Mgr Williamson, le problème n’est pas là. Il s’agit de la "guerre implacable entre la religion de Dieu défendue par l’Eglise catholique, et la nouvelle religion de l’homme, libéré de Dieu et libéral. Ces deux religions sont aussi inconciliables que Dieu et le démon. Il faut choisir entre le catholicisme et le libéralisme." Ce combat a abouti dans la 2e moitié du XXe siècle à des papes "qui se caractérisent alors par la contradiction, l’ambiguïté, la dialectique hégélienne, bref le mensonge. C’est la Néo-Eglise de Vatican II."
L’apostasie molle de Vatican II
Mais Dieu "vient en aide au petit reste d’âmes catholiques qui ne veulent pas suivre l’apostasie molle de Vatican II. Il suscite un archevêque (Mgr Lefebvre ndr) qui résistera à la trahison des prélats conciliaires." La Fraternité qu’il fonde constitue "l’épine dorsale" du traditionalisme. Après l’excommunication de 1988 et la mort de Mgr Lefebvre en 1991, la FSSPX connaît, aux yeux de Mgr Williamson, "douze années de paix intérieure et de prospérité extérieure".

Puis à partir de l’an 2000, les Romains conciliaires échangent le "bâton pour la carotte" et le quartier général de la Fraternité à Menzingen, dans le canton de Zoug, en Suisse, se laisse séduire. Cette avancée du libéralisme à l’intérieur de la Fraternité s’est découverte au grand jour en 2011. Mgr Fellay en tant que "chef de la Fraternité fondée en 1970 pour résister aux nouveautés du Concile, propose de la concilier avec le Concile." Pour Mgr Williamson cette "trahison objective" est totalement inacceptable et entraîne la ruine de la Fraternité même si on continue à "retenir comme mascotte Mgr Lefebvre".
Dégager les vraies racines de la confusion
Mgr Williamson accuse Mgr Fellay de ne supporter "aucune opposition à sa politique conciliatrice et conciliaire." En prétendant lui faire fermer son commentaire internet "Eleison", Mgr Fellay l’empêche de dégager les vraies racines de la confusion qui "met en péril le salut éternel d’âmes sans nombre". Beaucoup d’âmes s’accrochent à son commentaire "comme à une bouée de sauvetage". Aux yeux du prélat britannique, la désobéissance dont il est accusé est la même que celle qui a poussé Mgr Lefebvre à fonder la FSSPX et à rejeter l’autorité de Rome. "Car l’histoire se répète, et le diable revient toujours à la charge."

Dans un dernier assaut, Mgr Williamson suggère à Mgr Fellay "pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour la paix intérieure de la Fraternité et pour votre propre salut éternel, vous feriez mieux de démissionner vous-même comme Supérieur général que de m’exclure." (apic/mp)

[Mgr Williamson - Rivarol] Lettre ouverte à S.E. Mgr Fellay sur une "exclusion"

SOURCE - Mgr Williamson - Rivarol - 26 octobre 2012

Mgr Williamson est exclu de la Fraternité Saint-Pie X
Au moment où nous bouclons ce numéro (24 octobre), nous apprenons que Mgr Williamson vient d’être officiellement exclu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par Mgr Fellay. Nous reviendrons bien sûr sur cet événement dans notre prochaine édition. En attendant, nous publions le communiqué de la maison générale annonçant l’exclusion définitive de la FSSPX du prélat britannique et, en exclusivité pour RIVAROL, la lettre ouverte que Mgr Williamson a adressée au supérieur général de la Fraternité le 19 octobre et qu’il a souhaité faire paraître dans notre hebdomadaire. Les intertitres sont de la rédaction. J. B.
LETTRE OUVERTE A S. E. MGR. FELLAY SUR UNE “EXCLUSION”

Londres, le 19 octobre 2012.

Excellence,
Merci de votre lettre du 4 octobre où vous me communiquez de la part de vous-même, du Conseil Général et du Chapitre Général, votre « constatation », « déclaration » et « décision » que je ne suis plus membre de la Fraternité Saint-Pie X. Les raisons que vous donnez pour votre décision d’exclure votre serviteur seraient les suivantes : il a continué de publier le « Commentaire Eleison » ; il a attaqué les autorités de la Fraternité ; il a eu un apostolat indépendant ; il a causé la confusion parmi les fidèles ; il a soutenu des confrères rebelles ; il a désobéi de façon formelle, obstinée et « pertinace »; il s’est séparé de la Fraternité ; il ne se soumet à aucune autorité.
Ces raisons ne se laissent-elles pas toutes résumer par la désobéissance ? Sans doute, dans le cours des douze dernières années, votre serviteur a eu des paroles et actions qui ont été, devant Dieu, inappropriées et excessives, mais je crois qu’il lui suffirait de les lui signaler en particulier pour qu’il s’en excusât, selon la vérité et la justice. Mais nous sommes sans doute d’accord que le problème essentiel ne se situe pas dans les détails, qu’il se résume en un mot : la désobéissance.
Alors, remarquons d’abord à combien d’ordres plus ou moins désagréables du Supérieur Général votre serviteur a obéi sans faille. En 2003 il a quitté un apostolat important et fructueux aux Etats-Unis pour rejoindre l’Argentine. En 2009 il a laissé sa charge de directeur du séminaire et a quitté l’Argentine pour moisir dans une mansarde à Londres, sans parole ni ministère épiscopal, parce que cela lui était défendu. Il ne lui est resté virtuellement que le ministère du « Commentaire Eleison », dont le refus de l’interrompre constitue la grande partie de cette « désobéissance » qu’on lui reproche. Et depuis 2009 les Supérieurs de la Fraternité se sont permis de le discréditer et de l’injurier tant qu’ils voulaient, et dans le monde entier ils ont encouragé tout membre de la Fraternité qui le souhaitait à faire de même. Votre serviteur a très peu réagi, préférant le silence à des confrontations scandaleuses. On pourrait dire même qu’il s’est obstiné à ne pas désobéir. Mais passons, parce que le vrai problème n’est pas là.
Alors, le vrai problème, où se situe-t-il ? Pour répondre, qu’il soit permis à l’accusé de faire un survol rapide de l’histoire de la Fraternité dont on veut qu’il soit en train de se séparer. En effet, le problème central remonte à loin.
CATHOLICISME ET LIBÉRALISME
A partir de la Révolution française de la fin du XVIIIème siècle, dans beaucoup d’Etats autrefois chrétiens, commence à s’établir un nouvel ordre mondial, conçu par les ennemis de l’Eglise pour chasser Dieu de sa création. On commence par remplacer l’Ancien Régime, où le Trône soutenait l’Autel, par la séparation de l’Eglise d’avec l’Etat. Il en résulte une structure de la société qui est radicalement nouvelle, et difficile pour l’Eglise, parce que l’Etat, désormais implicitement athée, finira par s’opposer de toutes ses forces à la religion de Dieu. En effet, les francs-maçons veulent remplacer le vrai culte de Dieu par leur culte de la liberté dont l’État neutre en religion n’est qu’un instrument. Ainsi commence dans les temps modernes une guerre implacable entre la religion de Dieu, défendue par l’Eglise Catholique, et la nouvelle religion de l’homme, libéré de Dieu et libéral. Ces deux religions sont aussi inconciliables que Dieu et le démon. Il faut choisir entre le catholicisme et le libéralisme.
Mais l’homme ne veut pas avoir à choisir entre le beurre et l’argent de son beurre. Il veut les avoir tous deux. Donc dans le sillage de la Révolution Félicité de Lamennais invente le catholicisme libéral et, à partir de ce moment-là, la conciliation des inconciliables devient monnaie courante à l’intérieur de l’Eglise. Pendant 120 ans, la miséricorde de Dieu donne à son Eglise une série de papes, de Grégoire XVI à Pie XII, qui pour la plupart voient clair et tiennent ferme, mais un nombre de fidèles toujours croissant penche vers l’indépendance par rapport à Dieu et vers les plaisirs matériels auxquels le catholicisme libéral leur facilite grandement l’accès. Une corruption progressive finit par atteindre les évêques et les prêtres, et alors Dieu finit par leur permettre de choisir le genre de papes qu’ils préfèrent, à savoir, ceux qui font semblant seulement d’être catholiques mais qui sont en vérité des libéraux, qui parlent à droite mais agissent à gauche, qui se caractérisent alors par la contradiction, l’ambiguïté, la dialectique hégélienne, bref, le mensonge. C’est la Néo-Eglise de Vatican II.
Il ne pouvait pas en être autrement. Il n’y a que le rêve qui puisse réconcilier des réalités inconciliables entre elles. Mais Dieu – parole de St Augustin – n’abandonne pas les âmes qui ne veulent pas l’abandonner, et alors il vient en aide au petit reste d’âmes catholiques qui ne veulent pas suivre l’apostasie molle de Vatican II. Il suscite un archevêque qui résistera à la trahison des prélats conciliaires. Respectant la réalité, ne cherchant point à concilier les inconciliables, refusant de rêver, cet archevêque parle avec une clarté, cohérence et vérité qui font que les brebis y reconnaissent la voix du divin Maître. La Fraternité sacerdotale qu’il fonde pour faire de vrais prêtres catholiques commence à petite échelle, mais en refusant résolument les erreurs conciliaires et leur fondement dans le catholicisme libéral, elle s’attire ce qui reste de vrais catholiques dans le monde entier, et elle constitue l’épine dorsale de tout un mouvement dans l’Eglise qu’on va appeler le Traditionalisme.
Or, ce mouvement est insupportable aux hommes de la Néo-Église qui veulent remplacer le catholicisme par le catholicisme libéral. Aidés par les médias et les gouvernements, ils font tout pour discréditer, honnir et bannir le courageux archevêque. En 1976, Paul VI le suspend « a divinis », en 1988, Jean-Paul II l’ « excommunie ». Cet archevêque agace souverainement les papes conciliaires, parce que sa voix de vérité ruine effectivement leur tissu de mensonges et met en péril leur trahison. Et sous le coup de leur persécution, même de son « excommunication », il tient ferme et avec lui le grand nombre des prêtres de sa Fraternité.
Cette fidélité à la vérité obtient de Dieu pour la Fraternité douze années de paix intérieure et de prospérité extérieure. En 1991, le grand archevêque meurt, mais pendant encore neuf années son œuvre continue dans la fidélité aux principes anti-libéraux sur lesquels il l’a bâtie. Alors, que feront les Romains conciliaires pour venir à bout de cette résistance ? Ils échangeront le bâton pour la carotte.
DEPUIS 2000 LA FRATERNITÉ A CHANGÉ DE DIRECTION
En l’an 2000, un grand pèlerinage de la Fraternité pour l’Année Jubilaire montre dans les basiliques et les rues de Rome la piété et la puissance de la Fraternité. Les Romains sont impressionnés, malgré eux. Un cardinal invite les quatre évêques à un déjeuner somptueux chez lui, invitation acceptée par trois d’entre eux. Tout de suite après ce déjeuner apparemment très fraternel, les contacts avec Rome et la Fraternité, qui s’étaient bien refroidis depuis douze ans, reprennent, et avec eux commence la puissante séduction par les boutons écarlates, pour ainsi dire, et les parterres en marbre.
Les contacts se réchauffent si rapidement que déjà à la fin de l’année beaucoup de prêtres et de fidèles de la Tradition craignent une conciliation entre la Tradition catholique et le Concile libéral. Cette conciliation n’aboutit pas pour le moment, mais le langage du Quartier Général de la Fraternité à Menzingen commence à changer, et sur les douze ans à venir il se montrera toujours moins hostile à Rome et plus accueillant envers les autorités de l’Eglise conciliaire, envers les médias et leur monde. Et, au fur et à mesure que la conciliation des inconciliables se prépare à la tête de la Fraternité, dans son corps de prêtres et de laïcs l’attitude devient petit à petit plus bénigne envers les papes et l’Eglise conciliaires, envers tout ce qui est mondain et libéral. Après tout, le monde moderne qui nous entoure, est-il si mauvais qu’on a voulu nous faire croire?
Cette avancée du libéralisme à l’intérieur de la Fraternité, perçue par une minorité des prêtres et fidèles mais apparemment imperceptible à la grande majorité, s’est découverte à beaucoup au printemps de cette année lorsque, suite à l’échec des Discussions Doctrinales au printemps de 2011, la politique catholique de « Pas d’accord pratique sans accord doctrinal » est devenue, d’un jour à l’autre, la politique libérale de « Pas d’accord doctrinal, donc accord pratique ». Et à la mi-avril le Supérieur Général offre à Rome, comme base d’un accord pratique, un texte ambigu, ouvertement favorable à cette « herméneutique de la continuité » qui est la recette bien aimée de Benoît XVI pour concilier, précisément, le Concile et la Tradition ! « Il faut une nouvelle pensée » dira le Supérieur Général au mois de mai aux prêtres du district autrichien de la Fraternité. Autrement dit, le chef de la Fraternité fondée en 1970 pour résister aux nouveautés du Concile, propose de la concilier avec le Concile. Aujourd’hui elle est conciliante. Demain elle doit se faire pleinement conciliaire !
Il est à peine croyable que la fondation de Mgr Lefebvre ait été conduite à mettre entre parenthèses les principes sur lesquels il l’a fondée, mais voilà la puissance de séduction des fantaisies de notre monde sans Dieu, moderniste et libéral. N’empêche, la réalité ne se laisse pas infléchir par les fantaisies, et il fait partie de la réalité que l’on ne peut pas défaire les principes d’un fondateur sans défaire sa fondation. Un fondateur a des grâces particulières que n’a aucun de ses successeurs. Comme s’écriait Padre Pio lorsque les Supérieurs de sa Congrégation se mettaient à la « rénover » selon la pensée nouvelle du Concile à peine terminé : « Que faites-vous du Fondateur ? » Le Supérieur Général, le Conseil Général et le Chapitre Général de la FSSPX ont beau retenir comme mascotte Mgr Lefebvre, de toute façon ils ont une pensée nouvelle qui passe à côté des raisons gravissimes pour lesquelles il a fondé la Fraternité. Ils la mènent donc à sa ruine par une trahison objective au moins, tout à fait parallèle à celle de Vatican II.
Mais soyons justes, et n’exagérons pas. Depuis le début de cette chute lente de la Fraternité, il y a toujours eu des prêtres et des fidèles qui ont vu clair et qui ont fait ce qu’ils ont pu pour lui résister. Au printemps de cette année cette résistance a pris une certaine consistance et ampleur, en sorte que le Chapitre Général du mois de juillet a posé quand même un obstacle sur le mauvais chemin du ralliement. Mais est-ce que cet obstacle tiendra ? On peut craindre que non. Devant une quarantaine de prêtres de la Fraternité réunis en retraite sacerdotale à Écône au mois de septembre, le Supérieur Général, se référant à sa politique romaine, a avoué : « Je me suis trompé », mais à qui la faute ? « Les Romains m’ont trompé. » De même, de cette crise grave du printemps il en est résulté « une grande méfiance dans la Fraternité », dit-il, qu’il faudra « réparer par les actes et pas seulement par les paroles », mais à qui la faute ? Jusqu’ici, ses actes depuis le mois de septembre, y compris cette lettre du 4 octobre, indiquent qu’il s’en prend aux prêtres et aux laïcs qui n’ont pas su faire confiance à lui, leur chef. Après le Chapitre comme avant, il semble qu’il ne supporte aucune opposition à sa politique conciliatrice et conciliaire.
LA TRADITION CATHOLIQUE ET VATICAN II SONT INCONCILIABLES
Et voilà la raison pour laquelle le Supérieur Général a donné plusieurs fois l’ordre formel de fermer le « Commentaire Eleison ». En effet, ce « Commentaire » a critiqué à maintes reprises la politique conciliatrice envers Rome des autorités de la Fraternité, et par là il les a attaquées implicitement. Or, si dans cette critique et ces attaques il y a eu des manquements à la norme du respect dû à leur office ou à leurs personnes, j’en demande volontiers pardon à qui de droit, mais je crois qu’il suffit de parcourir les numéros concernés du « Commentaire » pour constater que la critique et les attaques sont restées normalement impersonnelles, parce qu’il y va de beaucoup plus que seulement des personnes.
Et quant au grand problème qui dépasse de loin les personnes, considérons la grande confusion qui règne actuellement dans l’Église et le monde, et qui met en péril le salut éternel d’âmes sans nombre. N’est-ce pas le devoir d’un évêque de dégager les vraies racines de cette confusion, et de les dénoncer en public ? Combien d’évêques dans le monde entier voient clair comme Mgr Lefebvre voyait clair, et donnent l’enseignement qui correspond à cette clarté ? Combien d’entre eux enseignent encore la doctrine catholique tout court ? N’est-ce pas très peu ? Alors est-ce le moment de chercher à réduire au silence un évêque qui le fait, ce qui est prouvé par le nombre d’âmes qui s’accrochent au « Commentaire » comme à une bouée de sauvetage ? Et comment en particulier un autre évêque peut-il vouloir le fermer, lui qui a dû admettre à ses prêtres que sur les mêmes grandes questions il s’est laissé duper, et cela pendant de longues années?
De même, si l’évêque réfractaire s’est en effet donné — pour la première fois en presque quatre ans — un apostolat indépendant, comment peut-on lui faire le reproche d’avoir accepté une invitation, indépendante de la Fraternité, à confirmer et à prêcher une parole de vérité ? N’est-ce pas là la fonction même d’un évêque ? Sa parole au Brésil n’aura été de « confusion » que pour ceux qui suivent l’erreur avouée et ci-dessus évoquée.
Et s’il semble depuis des années se séparer de la Fraternité, c’est juste, mais il se sépare de la Fraternité conciliatrice et pas de celle fondée par Mgr Lefebvre. Et s’il semble se montrer insoumis à tout exercice d’autorité de la part des chefs de la Fraternité, c’est encore juste, mais seulement pour les ordres qui vont à l’encontre des buts pour lesquels elle a été fondée. De fait, à combien d’ordres autres que celui de fermer le « Commentaire » peut-on affirmer qu’il a été coupable d’une désobéissance « formelle, obstinée et pertinace » ? Y en a-t-il un seul autre ? La désobéissance de Mgr Lefebvre, n’ayant été qu’aux actes d’autorité des chefs de l’Eglise qui étaient de nature à détruire l’Eglise, elle était plus apparente que réelle. De même, la « désobéissance » de celui qui n’a pas voulu fermer le « Commentaire » est plus apparente que réelle.
Car l’histoire se répète, et le diable revient toujours à la charge. Tout comme hier le Concile a voulu concilier l’Eglise Catholique et le monde moderne, ainsi aujourd’hui on dirait que Benoît XVI et le Supérieur Général veulent, tous les deux, concilier la Tradition catholique et le Concile ; ainsi demain, si Dieu n’intervient pas d’ici là, des chefs de la Résistance catholique chercheront à la réconcilier avec la Tradition désormais conciliaire.
C’EST MGR FELLAY QUI DEVRAIT DÉMISSIONNER !
Bref, Monsieur le Supérieur Général, vous pouvez maintenant procéder à m’exclure, parce que mes arguments ne vous persuaderont sûrement pas, mais cette exclusion sera plus apparente que réelle. Je suis membre de la Fraternité de Mgr Lefebvre de par mon engagement à perpétuité. Je suis un de ses prêtres depuis 36 ans. Je suis un de ses évêques, comme vous, depuis bientôt un quart de siècle. Cela ne se biffe pas d’un trait de plume, et donc, membre de la Fraternité je le reste, en attente.

Fussiez-vous resté fidèle à son héritage et y eussé-je été moi-même notamment infidèle, volontiers je reconnaîtrais votre droit de m’exclure. Mais les choses étant comme elles sont, j’espère ne pas manquer de respect envers votre office si je suggère que pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes, pour la paix intérieure de la Fraternité et pour votre propre salut éternel, vous feriez mieux de démissionner vous-même comme Supérieur Général, que de m’exclure. Que le Bon Dieu vous donne la grâce, la lumière et les forces nécessaires pour accomplir un tel acte insigne d’humilité et de dévouement au bien commun de tous.

Alors comme j’ai si souvent terminé les lettres que je vous adresse depuis des années,
Dominus tecum,
+Richard Williamson.

COMMUNIQUÉ DE LA MAISON GÉNÉRALE DE LA FSSPX

Mgr Richard Williamson ayant pris ses distances avec la direction et le gouvernement de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X depuis plusieurs années, et refusant de manifester le respect et l’obéissance dus à ses supérieurs légitimes, a été déclaré exclu de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X par décision du Supérieur général et de son Conseil, le 4 octobre 2012.
Un ultime délai lui avait été accordé pour se soumettre, au terme duquel il a annoncé la diffusion d’une “lettre ouverte” où il demande au Supérieur général de démissionner.
Cette décision douloureuse est rendue nécessaire par le souci du bien commun de la Fraternité Saint-Pie X et de son bon gouvernement, conformément à ce que Mgr Lefebvre dénonçait :
« C’est la destruction de l’autorité. Comment l’autorité peut-elle s’exercer s’il faut qu’elle demande à tous les membres de participer à l’exercice de l’autorité ? » (Ecône, 29 juin 1987)
Fait à Menzingen, le 24 octobre 2012

RIVAROL daté du vendredi 26 octobre 2012.