27 mai 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Un Mauvais Signe

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 27 mai 2019

Prêtres de la Fraternité, ne vous y trompez plus –
Le Chapitre est passé, rien ne changera plus.

Accrochez-vous, chers lecteurs : encore une nouvelle mauvaise. Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est une paille de plus volant au vent mauvais, une indication de plus que le vent souffle toujours dans la mauvaise direction, alors que nous espérions qu’il finissait par tourner. Car enfin, quand le Chapitre Général de juillet dernier élisait un nouveau Supérieur Général, n’était-ce pas là un signe encourageant indiquant que la dure emprise des libéraux sur l’orientation de la Fraternité s’était enfin relâchée ? Ne pouvait-on pas espérer que le nouveau Supérieur Général réorienterait la Fraternité dans une direction plus saine que celle qu’avaient choisie les deux derniers Supérieurs, successeurs de Mgr Lefebvre ?

Mais cet espoir s’est brutalement effondré, lorsque nous eûmes connaissance d’une décision prise juste avant la fin du Chapitre : à côté du Supérieur Général et de ses deux Assistants, formant le triumvirat qui est l’organe ordinaire de gouvernance de la Fraternité, nous apprîmes qu’il avait été décidé de créer deux nouveaux postes de Conseillers, chargés d’entourer ce triumvirat. Et qui fut choisi pour ces deux postes ? – Justement, les deux Supérieurs Généraux précédents ! Toutefois, pour dissiper nos craintes légitimes de voir se prolonger et s’amplifier le cauchemar que la Fraternité traverse depuis 20 ans, nous avons été assurés que la tâche des deux nouveaux Conseillers se limiterait à statuer sur l’intégration ou l’exclusion de membres, ou sur l’ouverture ou la fermeture des maisons de la Fraternité. Et qui a voulu croire qu’il en serait bien ainsi, l’a bien cru.

Mais afin d’apaiser des craintes insistantes qu’au sommet de la Fraternité, plus les choses changaient et plus elles restaient les mêmes, autrement dit : craintes de voir la Fraternité encore sous l’emprise de ses ennemis internes, on nous assura que l’ancien Supérieur général ne vivrait plus à Menzingen, siège de la Fraternité, près de Zurich. Il était prévu qu’il s’installerait dans le principal séminaire de la FSSPX, à Écône, qu’une chaîne de hautes montagnes sépare de Menzingen. Or, la présence de l’ancien Supérieur Général à Ecône ne laissait pas d’effrayer certains qui redoutaient l’ombre qu’il projetterait sur tout le Séminaire et particulièrement sur la formation sacerdotale des futurs prêtres francophones, mais au moins il ne porterait pas ombrage à son successeur à Menzingen. À cet égard, nous pouvions espérer qu’il laisserait son successeur libre de déterminer par lui-même, en tant que Supérieur Général, la future politique de la Fraternité. Et c’est sûrement ce à quoi le déménagement à Écône était censé nous faire croire. Hélas, il semble qu’une fois de plus, on nous ait pris pour des naïfs.

Car d’après la dernière nouvelle, émanant de plusieurs sources et sûrement assez facile à vérifier, l’ancien Supérieur Général a de nouveau plié bagages et s’en est retourné à Menzingen. Il est possible qu’il ait cru que son installation au Quartier Général ne soulèverait plus que peu ou pas de réaction. En tout cas, il a dû estimer que l’araignée pouvait retourner au centre de sa toile, car aucune des mouches n’y ferait objection.

Maintenant, au nom de Mgr Lefebvre, nous en appelons à vous, prêtres de la Fraternité Saint Pie X ! Croyez si vous devez vraiment le croire que la politique consistant à se soumettre à la Rome conciliaire n’a rien de suicidaire pour la Fraternité, ni pour le but que Mgr Lefebvre s’est assigné en la fondant, mais de pitié, comme le dit Hamlet, “ Ne mettez pas ce baume flatteur sur votre âme” que le changement de Supérieur Général en juillet dernier ait marqué une réelle différence de politique. Ne semble-t-il pas que la même mafia de libéraux soit toujours aux commandes et qu’elle ait toujours le projet – bien sûr avec les meilleures intentions du monde – de défaire ce que Mgr Lefebvre a fait ?

Le problème est profond. Il déborde largement le cadre de la petite Fraternité – restez à l’écoute.

Kyrie eleison.

[Paix Liturgique] La messe traditionnelle retrouve la Semaine Sainte à Séville

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 696 - 27 mai 2019

Depuis le Moyen Âge, de pieuses confréries se sont constituées au sein de la ville de Séville et aujourd’hui encore les Sévillans sont toujours très attachés à ces hermandades et cofradías, qui, durant l’année, organisent des œuvres de charité et se retrouvent, chacune d’entre-elles dans sa chapelle, pour des moments de piété.

La Semaine Sainte constitue cependant le point d’orgue spirituel de leur activité annuelle et l’occasion de faire pénitence lors des derniers jours du Carême et à l’approche de la fête de Pâques qui célèbre la Résurrection du Christ.

Car la Sainte Semaine à Séville donne l’occasion aux 60 confréries de processionner, selon un ordre établi, autour de leurs plus précieuses effigies dans les rues des villes. Montées sur les brancards (les pasos) portées par des hommes, les statues représentent le Christ et la Vierge, souvent accompagnés d’autres personnages tirés des Evangiles ou de la vie des saints, sont promenées, au jour et sur l’itinéraire indiqués, à travers la ville dans des mises en scène évoquant des épisodes de la Passion.

La procession de ces confréries débute le dimanche des Rameaux et se poursuit jusqu’au dimanche de Pâques. La procession la plus émouvante est celle de la Madrugá , dans la nuit du Jeudi au Vendredi saints, où sortent les plus célèbres congrégations de Séville : la Macarena, Esperanza de Triana, Jesús del Gran Poder,…

Ces processions sont universellement célèbres pour leurs pénitents (nazarenos) qui marchent au-devant des pasos, vêtus d’une tunique et d’une cagoule, dont les couleurs varient d’une confrérie à l’autre. Notre littérature les a magnifiés bien des fois, comme par exemple dans Le flagellant de Séville de Paul Morand.

Ces manifestations de foi attirent des foules immenses de fidèles, qui suivent les pasos de leur confrérie ou participent à celles des autres, mais aussi des dizaines de milliers de visiteurs qui sont surpris et étonnés de voir toujours bien vivantes ces manifestations de la foi espagnole.

Depuis plusieurs années le groupe Una Voce de Séville n’a pas manqué cette occasion d’apostolat et propose dans son Oratoire, pendant toute la Sainte Semaine, des messes, des cérémonies et des offices pour les catholiques sévillans et les étrangers de passage.

Nous avons demandé à Juan Luis Ferrari qui est président d’Una Voce Séville de nous présenter l’histoire de son association, les activités qu’ils proposent au cours de la Sainte Semaine et les perspectives d’avenir de la messe traditionnelle dans cette ville.
Q – Diégo de Caleruéga - Comment la célébration de la messe traditionnelle a-t-elle débuté à Séville?
R - Juan Luis Ferrari - À l’automne de l’année du Seigneur deux mille quatre, un petit groupe de fidèles catholiques de Séville – principalement des jeunes – amoureux de la Tradition et de l’antique liturgie de l’Église ont fondé une association, dont le but principal était de promouvoir et de célébrer dans notre ville, la messe selon l’usus antiquior, celle à laquelle nos aïeux avait assisté et grâce à laquelle ils avaient fortifié leur foi au cours des siècles. Cette messe ayant disparu de notre ville à l’aube du troisième millénaire nous désirions la voir renaître comme un bien spirituel pour toute l’Église, pour les Sévillans et pour nos familles car elle constitue un trésor qui mérite d’être gardé et vécu pour la plus grande gloire de Dieu. Ce fut la naissance de la section Una Voce de Séville.

Depuis lors, nos membres ont travaillé sans ménager leurs efforts pour atteindre cet idéal, convaincus que ce qu’on pourrait appeler en principe utopie, un toc ou un archaïsme se réaliserait avec l’aide de Dieu, et produirait des fruits, principalement spirituels.

Notre groupe commença dès 2004 une série de célébrations sporadiques de la messe traditionnelle, qui lui ont permis de montrer aux fidèles de Séville que la messe traditionnelle était toujours vivante et qu’ils pouvaient y participer.
Q - Diégo de Caleruéga – La promulgation du motu proprio Summorum Pontificum modifia-t-elle la situation?
R - Juan Luis Ferrari - La promulgation du motu proprio Summorum Pontificum de S.S. Benoît XVI a été le principal soutien et l’impulsion de la messe traditionnelle, qui a réussi à en normaliser l’utilisation au sein de l’Église universelle, le considérant comme un trésor à vivre aujourd’hui. De même, ce document pontifical reconnaissait qu’il n’était pas interdit et le légitimait comme un droit à célébrer par des prêtres et un droit à demander pour les fidèles. Cela signifiait pour l’histoire d’Una Voce Sevilla un avant et un après, car à partir de ce moment, la messe selon le rite romain traditionnel, ou “forme extraordinaire”, a commencé à être célébrée à Séville tous les dimanches et jours de précepte, constituant depuis une réalité ecclésiale liée à l’archidiocèse de Séville qui compte de plus en plus de fidèles, principalement des jeunes et des familles nombreuses.
Q - Diégo de Caleruéga – L’archevêque de Séville encouragea-t-il la célébration de la messe traditionnelle?
R - Juan Luis Ferrari - C’est une grâce pour l’Eglise de Séville que notre archevêque, don Juan José Asenjo Pelegrina, ait, dèas le premier instant, donné son aval et permis la célébration de la messe tous les dimanches et les jours de précepte, même si il a parfois opté pour une interprétation restrictive du motu proprio Summorum Pontificum, et s’il nous a dispensé un traitement inégal par rapport aux autres réalités ecclésiales du diocèse. Mais nous n’avons pas eu à Séville ce que trop de fidèles ont connu, ou connaissent dans beaucoup d’autres diocèses.
Q - Diégo de Caleruéga – Qui célèbre chez vous la messe selon l’usus antiquior?
R - Juan Luis Ferrari - Par nomination épiscopale, depuis plus de huit ans, le célébrant de la messe traditionnelle organisée par l’Association Una Voce de Séville est un prêtre diocésain qui exerce les fonctions de délégué du prélat pour tout ce qui concerne la liturgie traditionnelle à Séville.
Q - Diégo de Caleruéga – Qu’est-ce que l’Oratoire de l’école du Christ?
R - Juan Luis Ferrari – L’Ecole du Christ de la Nativité est une institution pour laïcs fondée dans notre ville à la fin du XVIIIe siècle et dédiée à la méditation de l’Évangile et à de pieux exercices. Cette institution qui avait disparu aux siècles passés mais qui fut reconstituée en 1925. Elle appartient désormais à l’Oratoire et c’est là que, depuis 2013, la messe est célébrée chaque dimanche et fêtes.
Q - Diégo de Caleruéga – Pouvez-vous nous présenter votre communauté?
R - Juan Luis Ferrari - Depuis 2007, lorsque le motu proprio Summorum Pontificum a commencé à être mis en œuvre dans l’archidiocèse de Séville, non seulement le nombre de fidèles assistant la Messe selon le vetus ordo a augmenté, mais nous avons également constaté un intérêt croissant de la part de ces fidèles pour vivre leur foi chaque jour autour de la messe traditionnelle, pour avoir une direction spirituelle, pour suivre des activités doctrinales et des célébrations liturgiques au cours de la semaine et, finalement, pouvoir vivre la foi dans le cadre d’une communauté paroissiale de spiritualité traditionnelle.
Q - Diégo de Caleruéga – Quel est le profil de vos fidèles?
R - Juan Luis Ferrari - L’immense majorité des fidèles qui assistent à la messe traditionnelle sont de jeunes hommes et aussi des familles avec des enfants, ce qui nous donne une grande espérance pour l’avenir de notre communauté.
Q - Diégo de Caleruéga – La Semaine Sainte attire des milliers de touristes et visiteurs à Séville. Comment essayez-vous de répondre à cette opportunité d’apostolat?
R - Juan Luis Ferrari - En effet, la Semaine sainte attire de nombreux visiteurs et curieux dans notre ville, espagnols et étrangers, intéressés par la religiosité populaire existant autour des confréries, à qui Una Voce Sevilla offre également une expérience unique de pouvoir vivre la Semaine Sainte à travers de la liturgie traditionnelle. Pour cette raison, depuis cinq ans, nous avons considéré comme une priorité dans notre apostolat de la messe traditionnelle d’organiser le triduum sacré de la semaine sainte, comme indiqué par le motu proprio Summorum Pontificum.
Q - Diégo de Caleruéga – Pouvez-vous assumer vous-même ce triduum sacré ? Était-ce votre initiative d’avoir un prêtre et un séminariste du séminaire de la Fraternité Saint-Pierre de Wigraztbad pour la célébration du Triduum sacré?
R - Juan Luis Ferrari - Que Dieu soit remercié car il nous a toujours permis de trouver de l’aide ! Les premières années, nous avons bénéficié de l’aide de prêtres et de séminaristes du Collège Pontifical Nord-Américain de Rome. Et cette année celle d’un prêtre, le Révérend Père José Calvin, et d’un séminariste du séminaire de la Fraternité Sacerdotale San Pedro (FSSP) de Wigraztbad (Allemagne), et pour le service des cérémonies celle de nos amis portugais du blog Senza Pagare. De même, nous devons ajouter la collaboration inestimable de la Schola Gregoriana Laudate Dominum de Una Voce Sevilla, et aussi chaque année de l’aide de fidèles qui viennent de partout et en particulier de la France !
Q - Diégo de Caleruéga – Quel bilan tirez-vous de ces célébrations liturgiques traditionnelles de la Semaine Sainte 2019?
R - Juan Luis Ferrari - Le bilan des célébrations liturgiques traditionnelles à Séville de cette année est très positif pour les fruits spirituels obtenus, si l’on en juge par la ferveur des fidèles, pour la célébration de la solennité des cultes, pour le nombre de fidèles venus de nombreuses parties du monde, qui augmente chaque année, et pour l’engagement des fidèles de la messe traditionnelle de Séville lors de la préparation tout ce qui concerne ces célébrations, avec la collaboration du groupe de jeunes Sursum Corda de Una Voce Sevilla.
Q - Diégo de Caleruéga – Quelles sont les attentes et les projets pour l’avenir?
R - Juan Luis Ferrari - Les attentes futures de l’Association Una Voce Sevilla, si la Providence nous l’accorde, sont de vivre la foi et les sacrements dans la communauté paroissiale autour de la liturgie, selon l’usus antiquior, de bénéficier de la grâce de vocations sacerdotales et religieuses et de pouvoir mener notre apostolat principal, celui de la messe traditionnelle, avec la même normalité et la même compréhension que celles appliquées aux autres réalités ecclésiales existant dans l’archidiocèse.
Q - Diégo de Caleruéga – Un dernier mot pour nos lecteurs?
R - Juan Luis Ferrari - Nous vous attendons à Séville pour la prochaine Semaine Sainte qui se déroulera du 5 au 12 avril 2020, nous essayerons de vous la faire découvrir au rythme de la liturgie traditionnelle et, de plus, votre présence active stimulera notre groupe et nous aidera à améliorer notre apostolat : venez nombreux !

Le site Internet Una Voce Sevilla (unavocesevilla.com) indique les informations relatives à la célébration de la messe traditionnelle le dimanche et certaines fêtes à 10h30 à l’oratoire de l’Ecole du Christ, Callejón Carlos Alonso Chaparro (hauteur du nº 20 de la calle Ximénez de Enciso, Barrio de Santa Cruz), 41004 Sevilla.

21 mai 2019

[Marie Malzac - La Croix] L’évêque de Coire choisit une maison des lefebvristes pour sa retraite

SOURCE - Marie Malzac - La Croix - 21 mai 2019

Les faits Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire (Suisse) depuis 2007, se retirera à Wangs, dans une maison de la Fraternité Saint-Pie-X. Ce choix est pour le moins inhabituel. Pour sa retraite, Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire depuis douze ans, a annoncé qu’il élirait domicile au sein de l’internat pour garçons de l’Institut Sancta Maria à Wangs, dans le canton de Saint-Gall. Ce lieu, précise-t-il dans une lettre du 20 mai adressée aux fidèles de son diocèse, « appartient à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X » (FSSPX).

« À la suite du pape François, je m’efforcerai d’apporter ma contribution à l’unité de l’Église, non pour marginaliser, mais pour discerner, accompagner et aider à intégrer », précise-t-il dans ce courrier.

Le même jour, la Salle de presse du Saint-Siège a indiqué que le pape François avait accepté la démission de Mgr Huonder, soit deux ans après l’âge canonique. À sa place, le pape a nommé un administrateur apostolique, Mgr Peter Bürcher, un Suisse de 73 ans, ancien évêque de Reykjavik, en Islande.

Dans un communiqué signé conjointement par Mgr Huonder et par le père Davive Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, il est indiqué que cette démarche s’inscrit dans « une volonté exprimée depuis longtemps ». « Le seul et unique but de cette démarche, poursuivent-ils dans cette note commune, est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, et d’œuvrer pour la Tradition, unique moyen de renouveau de l’Église. »

La FSSPX « apprécie la décision courageuse de Mgr Huonder, et se réjouit de pouvoir lui fournir le cadre spirituel et sacerdotal qu’il désire si vivement. Puisse cet exemple être suivi, afin de « tout restaurer dans le Christ » ».
Un diocèse divisé
Les positions de Mgr Huonder sur plusieurs thématiques, en particulier relevant de la morale, ont suscité depuis son arrivée à la tête du diocèse, en 2007, l’opposition d’une partie des fidèles, réunis au sein d’une association, « Es Reicht ! » (Maintenant, ça suffit !), afin de demander au pape un changement à la tête du diocèse.

Ils appelaient aussi de leur vœu la nomination d’un administrateur apostolique, dans ce diocèse où l’évêque est non pas désigné directement par le pape mais élu par le chapitre des chanoines qui choisit l’un des candidats d’une ternaproposée par le Vatican. La nomination d’un administrateur apostolique avant l’élection pourrait permettre, selon eux, d’aplanir les choses dans un contexte polémique, afin de procéder au vote dans un climat plus serein.

Dans une lettre aux fidèles, Mgr Bürcher a indiqué avoir fait part à plusieurs reprises au pape de ses « inquiétudes et réserves sur cette nouvelle mission comme administrateur apostolique du diocèse de Coire » mais a affirmé s’être d’ores et déjà mis à l’écoute, afin de « pouvoir mieux servir ».
Positions controversées
En 2015, des propos de l’évêque de Coire sur les personnes homosexuelles avaient suscité la polémique. Lors du Forum des catholiques allemands, au cours d’une conférence sur le thème du mariage chrétien, Mgr Huonder avait cité le Lévitique (20,13) : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux ». Il avait ajouté que ce verset devrait suffire à « remettre dans la bonne direction la question de l’homosexualité du point de vue de la foi ».

La principale association LGBT de Suisse, Pink Cross, avait immédiatement réagi en qualifiant Mgr Huonder d’« agitateur » et de « délinquant », et en exigeant des excuses publiques. Trois organismes avaient déposé plainte. Elles avaient été classées sans suite quelques mois plus tard.

Au mois de janvier, le porte-parole de l’évêque avait confirmé au site spécialisé cath.ch qu’en accord avec le pape François, Mgr Huonder y assurerait le lien entre la FSSPX et Rome, à la demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

20 mai 2019

[Paix Liturgique] Le cas Vincent Lambert: la lettre du Dr Sabine Paliard-Franco

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 695bis - 20 mai 2019

Lettre du docteur Sabine Paliard-Franco
à l'attention de Madame la Ministre de la Santé Dr Agnès BUZYN

objet : Cas de Mr Vincent LAMBERT

Madame la Ministre et Chère Consœur,

Peut-être que cette lettre ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau. Tant pis, je tente ma chance car je suis, en tant que médecin, bien préoccupée par la situation de Monsieur Vincent Lambert. Je ne souhaite pas manquer l'ultime tentative de vous convaincre sur ce sujet, particulièrement sensible.

D'après les données que j'ai, cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d'un accident de la route, sauvé et réanimé il y a 10 ans, est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Depuis de nombreux mois, voire des années, il est question lui dans les media, car son cas complexe et délicat sème le doute dans les esprits et la discorde dans sa famille. Et l'on tremble régulièrement sous la menace de l'arrêt de ses soins.

Qu'est-ce que cela veut dire ?

Je ne peux que comparer son cas à celui de Michaël Schumacher, également traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales, en état pauci-relationnel, et dont la santé après son hospitalisation fait désormais l'objet de soins spécialisés très attentifs en milieu privé.

Je souhaite attirer votre attention sur plusieurs points qui me semblent essentiels à la prise de décision le concernant. Je me permets d'argumenter car je suis Spécialiste en Médecine Générale, diplômée de Paris, Necker-Enfants-Malades, et j'ai surtout été pendant plusieurs années médecin coordinateur en HAD au CHU de Grenoble, prodiguant des soins palliatifs. De ce fait, j'ai souvent été amenée à prendre des décisions, après concertation collégiale, sur l'arrêt des soins, pour éviter l'obstination déraisonnable dans les cas lourds de fin de vie. Cette expérience me permet d'avoir, à ma petite place, un regard critique sur ce qui se vit autour de Vincent Lambert.

La décision récente d'interrompre l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert et le laisser mourir devrait être collégiale et correspondre à la loi Léonetti II. Or il me semble que sa situation ne répond absolument pas aux critères de cette loi, et ce, sur de nombreux points. Je m'explique :

1/ Il me semble que Mr Vincent LAMBERT n'a pas signé de son vivant de directives anticipées, puisque cela n'était pas en vigueur à l'époque de son accident.

Seul le témoignage verbal de son épouse tendrait à croire qu'il désapprouverait cette situation de dépendance.

Tout le monde sait que lorsque l'on est fort et bien portant, l'on peut lancer à la volée, à qui veut l'entendre et avec conviction, qu'on ne supporterait pas d'être un légume, et qu'il ne faudrait pas en cas d'accident insister pour être maintenu en vie...Or nous le constatons bien, nous médecins expérimentés dans ces questions de fin de vie, que la plupart des malades, une fois la maladie ou le handicap présents, trouvent d'autres ressources insoupçonnées, physiques, morales et spirituelles, pour lutter contre la maladie et partent souvent contre toute attente lorsqu'ils ont accompli ce qu'ils avaient à faire.

2/ Depuis 10 ans, s'il n'avait pas eu envie de vivre, Vincent Lambert se serait débrouillé pour contracter une pneumopathie ou une infection nosocomiale. Il serait décédé depuis longtemps.

Or, il tient toujours, il a les yeux ouverts sur les photos ou les extraits de vidéo le concernant, il respire de manière autonome, il est dans un état stable, il est par conséquent bien vivant et absolument pas en fin de vie. Ce que des dizaines d'experts ont rappelé à vos services depuis ces derniers mois. Donc on ne peut argumenter sur la fin de vie imminente qui nécessiterait son euthanasie passive puis active.

C'est bien ce qui dérange aujourd'hui et qui sème le doute dans la société. Vincent Lambert ne souffre pas d'abandon car il est régulièrement visité par ses parents et certains frères et sœurs, il est entouré et défendu avec ardeur par ses parents...Vincent Lambert garderait même de manière minime et subtile une vie de relation avec eux, il se sent sûrement aimé.

C'est pour cela qu'il tient encore ! Pourquoi ne pas prendre le risque de le transférer dans une unité spécialisée même privée pour permettre à ses parents, qui lui ont donné la vie, de le garder en vie avec tout leur amour ? Quel bénéfice en retirent-ils, autre que celui de choyer et préserver celui qu'ils aiment, à qui ils donnent tout ? Pourquoi leur voler leur dernier combat de parents alors que rien n'est encore perdu ? Pourquoi critiquer leur foi chrétienne, alors qu'ils ne causent de tort à personne ? C'est une forme de discrimination envers eux. Pourquoi l'épouse n'abandonne-t-elle pas la tutelle si elle n'en peut plus, a déjà fait son deuil et souhaite refaire sa vie ? Le cas de Vincent Lambert ne doit pas être un porte-étendard idéologique pour la légalisation de l'euthanasie des personnes vulnérables ou non productives. Nous sommes au Pays des Droits de l'Homme, et la vie doit être protégée lorsqu'elle est encore là. Lorsqu'il y a un doute, il faut privilégier la vie !

3/ S'il s'agit d'un problème de place à l'hôpital, ou de budget transférons-le dans une unité privée ! Il y a sûrement des considérations financières, mais quelles sont-elles ? Il n'est pas cancéreux, pas atteint de VIH ou de maladie auto-immune avec biothérapie, qui coûtent quand même bien plus cher et n'a vraisemblablement pas besoin d'imagerie complexe, il n'a pas d'assistance cardio-respiratoire, il est juste nourri et hydraté dans un état stable. ( d'où le fait que l'on ressasse toujours les mêmes menaces depuis des années) Il a logiquement besoin d'une aide-soignante et d'une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, de la kiné pour éviter les escarres...L'administration de la nutrition et de l'hydratation par gastrostomie ou sonde naso-gastrique...Un lit médicalisé avec matelas anti-escarres et une potence...Bref : L'argument de la difficulté technique ou financière ne tient pas.

4/ Il n'est pas non plus mentionné qu'il présente des souffrances insupportables qui nécessiteraient une sédation profonde, sauf si l'on ne veut pas voir en face des souffrances affreuses générées par l'arrêt même de la nutrition et de l'hydratation, qui entraînent la douleur cruelle de mourir de soif.

Donc cet argument de soulager d'hypothétiques souffrances pour abréger sa vie ne tient pas non plus.

5/ S'il devait y avoir la question de l'obstination thérapeutique, elle se serait posée il y a 10 ans, quand Vincent était entre la vie et la mort. Il a finalement choisi de vivre, avec l'aide et le dévouement des équipes médicales. Il ne s'agit pas non plus dans son cas présent d'une obstination déraisonnable car il ne s'agit pas de soins curatifs d'une maladie incurable, mais du soin corporel et nutritionnel de base d'une personne lourdement handicapée et sans défense.

Si le problème est la survie artificielle du simple fait de la nutrition, car ce patient est incapable de se nourrir par lui-même du fait de ses paralysies, alors nous pourrions tirer la même conclusion au sens large pour les personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, sans parler des bébés qui ne sont pas autonomes ! La nourriture est vitale pour tous, et un droit incontestable, même pour ceux qui ne peuvent se nourrir par eux-mêmes !

6/ Le médecin n'est pas le maître de la vie et de la mort et peut tout à fait se tromper dans son appréciation.

Lorsque ma propre mère a eu un grave accident de la route, alors qu'elle m'attendait, enceinte de 5 mois, l'équipe médicale de neurochirurgie au 5e étage du CHU de Grenoble ( unité où a d'ailleurs été admis Michaël Schumacher après son accident de ski ) avait préconisé de pratiquer un avortement sur ma maman, traumatisée crânienne, pour tenter de la sauver.

Mon père, à l'époque interne en Médecine s'y est opposé farouchement, et finalement, ma mère et moi avons eu la vie sauve, contre toute attente.

L'accident avait plongé ma mère dans un coma profond, et lorsqu'elle a repris conscience, elle a été capable de répéter tout ce qui a été dit à son sujet autour d'elle, et même par les infirmières dans le couloir d'à-côté !

C'est la raison pour laquelle nous devons avoir le plus grand respect pour la vie de tout patient dont la conscience est altérée. Il faut à tout prix éviter l'orgueil et la toute-puissance de la Médecine car nous ne détenons pas la Vérité absolue sur la vie et son mystère.

J'aurais pu être victime d'une erreur d'appréciation médicale. Je n'ai heureusement pas de séquelles et ma mère a parfaitement récupéré ses facultés. Même si Vincent Lambert a des séquelles cérébrales irréversibles, il vit toujours, et nul ne peut dire ce qu'il pense et pourquoi il s'accroche. Cela échappe à tout le monde.

Dans le doute, laissons Vincent en vie. Une partie de sa famille tient à lui et s'en occupe. C'est une chance pour lui, et non une maltraitance ! Il ne faudrait pas que la loi s'oppose à l'éthique et à l'intérêt-même de l'être humain.

Ce n'est pas parce que quelque chose est légal qu'il est forcément moral et bon. Nous l'avons observé dans de nombreux pays autoritaires, où la loi a mené à des pertes humaines innombrables. L'Holocauste en est un exemple criant.

Par ailleurs, aucune religion ne permet de donner la mort, il faut aussi en tenir compte. Dans notre monde en manque de repères moraux, culturels et éducatifs, quand on est en responsabilité, il faut bien discerner pour agir dans le sens du bien !

En conclusion, je pense qu'une décision soi-disant légale d'interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé, va contre le caractère légal de la loi Léonetti, ce que j'ai détaillé plus haut. Le CHU de Reims ne peut pas se réfugier derrière cette loi.

Ce serait tout à votre honneur de prendre une décision sage, conforme à votre conscience et au Serment d'Hippocrate. C'est la confiance de l'opinion vis-à-vis du corps médical qui est en jeu.

Car la Médecine est là pour soigner, pas pour donner la mort, surtout dans ce cas tellement polémique. La Loi Léonetti II suffit amplement à répondre à la majorité des vrais cas de fin de vie qui se présentent et protège ainsi les soignants comme les familles dans leurs décisions. Ce n'est pas le cas de Vincent Lambert qui n'est pas mourant.

Si Vincent Lambert vit toujours, alors je vous en supplie, respectez sa vie !

Je vous prie d'agréer, Madame et Chère Consœur, l'expression de mes sentiments respectueux et dévoués,

Dr Sabine PALIARD-FRANCO
4, chemin de l'Orge
38690 CHABONS

[FSSPX Actualités] Communiqué conjoint de Mgr Vitus Huonder et de l'abbé Davide Pagliarani

SOURCE - FSSPX-news - 20 mai 2019

Ce lundi 20 mai 2019, le pape François a relevé Mgr Vitus HUONDER de sa charge d’évêque du diocèse de Coire, en nommant un administrateur en vue de l’élection de son successeur.
 
Selon une volonté exprimée depuis longtemps, Mgr Huonder se retire dans une maison de la Fraternité Saint-Pie X. Le seul et unique but de cette démarche est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, et d’œuvrer pour la Tradition, unique moyen de renouveau de l’Eglise.

La Fraternité Saint-Pie X apprécie la décision courageuse de Mgr Huonder, et se réjouit de pouvoir lui fournir le cadre spirituel et sacerdotal qu’il désire si vivement. Puisse cet exemple être suivi, afin de « tout restaurer dans le Christ ».

Le 20 mai 2019

Monseigneur Vitus HUONDER  
Evêque émérite de Coire                                                  

Don Davide PAGLIARANI
Supérieur général FSSPX

17 mai 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Le Brexit de Daniel

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel -  17 mai 2019

Comme Daniel, jadis, aux si sublimes dons,
Sauvez, Seigneur, l’Église qui porte votre Nom !
   
Certes il est bien temps que la pauvre Angleterre comprenne les raisons profondes qui font que l’Europe se fourvoie, pour qu’ainsi la Grande Bretagne puisse échapper au Nouvel Ordre Mondial ; mais il est plus urgent encore que les catholiques comprennent les raisons profondes qui ont plongé l’Eglise dans les erreurs du Concile Vatican II, parce que par là on pourrait aider le monde entier à ne plus se séparer du seul vrai Dieu. Dans l’Ancien Testament, nous voyons le Seigneur lui-même inspirer à son prophète Daniel, exilé loin de chez lui par la captivité babylonienne (vers 590–520 av. J.-C.), une ardente prière de contrition pour les péchés des Israélites. Et de fait, Daniel pria Dieu de pardonner à son peuple et de l’autoriser à restaurer la gloire de son Nom en lui permettant de pratiquer à nouveau sa religion dans la cité sainte de Jérusalem. Il n’est pas difficile d’adapter à la captivité de l’Eglise catholique au 21ème siècle la grande prière du prophète (Chapitre IX) :— 

[4] J’ai prié le Seigneur, mon Dieu ; je lui fis cette confession, disant : “Je vous supplie Seigneur, Dieu grand et terrible, qui gardez votre alliance et votre miséricorde envers ceux qui vous aiment et qui observent vos commandements, [5] nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait des actions impies. À Vatican II, nous nous sommes éloignés de Vous, nous nous sommes détournés de vos commandements et de vos préceptes ; [6]. nous n’avons pas écouté vos serviteurs, les Papes fidèles, qui ont parlé en votre Nom à nos présidents, à nos gouvernements, à nos pères, et à toute la chrétienté.
     
[7]. À Vous, Seigneur, appartient la justice ; quant à nous,notre visage est couvert d’une grande confusion, telle qu’elle est aujourd’hui, pour les catholiques, pour les habitants de Rome et pour toute l’Église ; pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où vous les punissez maintenant, à cause des trahisons qu’ils ont commises envers Vous. [8]. À nous, Seigneur, cette confusion que nous portons sur le visage, à nos présidents, à nos gouvernements et à nos pères, qui ont péché contre Vous. [9] Mais à Vous, Seigneur notre Dieu, appartiennent la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes retirés de Vous ; [10] nous n’avons pas obéi à la voix du Seigneur notre Dieu nous demandant de marcher dans la Loi qu’Il nous avait prescrite par ses serviteurs dans la personne des Papes et des Évêques fidèles.
     
[11] La chrétienté tout entière a transgressé votre Loi ; elle s’est détournée pour ne plus entendre votre voix. C’est pourquoi la malédiction et l’exécration qui sont inscrites dans le livre de Moïse, serviteur de Dieu (Lévitique XXVI, Deutéronome XXVIII), se sont déversées au Concile sur les catholiques, parce que nous avons péché contre Dieu. [12] Il a accompli les paroles qu’Il avait prononcées contre nous et contre les dirigeants qui nous gouvernaient, en amenant sur nous une grande calamité car, rien n’a jamais égalé sous le ciel tout entier ce que Vatican II a perpétré. [13]. Selon qu’il est écrit dans la loi de Moïse, tous ces maux ont fondu sur nous. Mais, de notre côté, nous n’avons pas supplié votre face, Vous qui êtes le Seigneur, qui êtes notre Dieu, nous n’avons pas supplié votre face de nous détourner de nos iniquités et de nous rendre attentifs à votre Vérité. [14] Aussi le Seigneur a-t-il préparé ce châtiment et l’a amené sur nous ; car, Seigneur-Dieu !vous êtes juste dans toutes les œuvres que vous faites ! Tandis que nous, nous n’avons pas écouté votre voix.
[15] Et maintenant, Seigneur notre Dieu, Vous avez toujours tiré les catholiques hors du monde impie avec une main puissante, et Vous vous êtes fait un Nom, tel qu’il est aujourd’hui. Mais nous, nous avons péché, nous avons fait le mal. [16] Seigneur, selon toute votre justice, que votre colère et votre fureur se détournent de votre Église, votre Montagne Sainte ; car à cause de nos péchés et des iniquités des Pères conciliaires, l’Église catholique devient synonyme d’immoralité pour tous ceux qui nous entourent. [17]. Maintenant donc, Seigneur notre Dieu, prêtez l’oreille à la prière et aux supplications de votre serviteur ; faites briller votre face, pour Votre propre Gloire, sur votre sanctuaire, qui est la seule véritable Eglise. Seigneur, faites-le pour Vous-même, car votre Eglise est de plus en plus désertée.
[18] Ô mon Dieu, prêtez oreille ; écoutez-nous, ouvrez les yeux : voyez notre désolation et cette Église qui porte votre Nom.Ce n’est pas à cause de notre justice que nous vous présentons nos supplications : c’est à cause de vos nombreuses miséricordes. [19]. Seigneur ! Exaucez-nous ; Seigneur ! Apaisez-vous ; Seigneur ! Protégez-nous, ne tardez pas, ô mon Dieu, faites-le pour Vous-même, car votre Église et votre peuple portent le Nom de votre Fils unique : Notre-Seigneur Jésus-Christ.”
Kyrie eleison.

14 mai 2019

[Paix Liturgique] Grande enquête sur le catholicisme en Corée : quatrième partie

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 695 - 14 mai 2019

Nous poursuivons notre enquête sur le Catholicisme en Corée en publiant un entretien avec le père Philippe Blot, des Missions étrangères de Paris, réagissant au sondage que nous venons d’effectuer en Corée.
   
Originaire de Caen, né en 1959, après avoir été ordonné prêtre par le pape Jean-Paul II en 1990, le Père Philippe Blot arrive en Corée. Il entame alors le difficile apprentissage de la langue coréenne pendant deux ans. À la fin de cette période, il commence une vie pastorale et, en 1994, il devient vicaire de Yong-Ju où il rencontre cinq enfants errant dans la campagne. Il décide alors de s’occuper d’eux. Devenu, en 1996, curé de la paroisse de Ok-San, il fonde alors la Maison des cinq enfants.

En 1998, l’évêque lui demande de se charger de ces enfants de la rue à plein temps et il fonde alors la Maison Saint François pour les garçons et la Maison Sainte Claire pour les filles. Les jeunes y sont de plus en plus nombreux.

Après un séjour en France, il retourne en Corée et s’installe cette fois dans le diocèse de Suwon, – plus près de la capitale Séoul -, où il fonde deux autres maisons, en 1999, à Gunpo, dans la banlieue de Séoul, la Maison Saint Jean et Saint Jacques pour les garçons et la Maison Sainte Cécile pour les filles, qu’il confie à des religieuses.

L’histoire de ces maisons et spécialement du foyer Saint-Jean est la réponse à un besoin de la société coréenne, qui s’est développée de manière incroyablement rapide, parfois au détriment de certaines personnes qui n’ont pas pu suivre cette course en avant. C’est la réponse d’un prêtre touché par la misère humaine et matérielle de ces enfants. Pour en savoir plus : kunpohome.com.

Par ailleurs, missionnaire très décidé, le P. Blot n’a pas hésité à se déguiser en moine bouddhiste pour parcourir clandestinement la Chine à plusieurs reprises. Il a ainsi longtemps accompagné des Nord-Coréens fuyant leur pays, depuis la Mongolie jusqu’au Laos puis la Thaïlande. Les autorités chinoises, qui ont passé des accords avec Pyongyang, ne reconnaissent en effet aucune existence légale aux réfugiés nord-coréens, et les renvoient en Corée du Nord, où ils sont torturés et mis en camp de rééducation pour y mourir.

Mais depuis 2016, il se sait repéré par la police chinoise et préfère agir autrement. « Je vais chercher les réfugiés dans des caches précaires à la frontière du Laos, où les risques sont également importants, pour les conduire en Thaïlande. Souvent je les aide à payer leur passeur », expliquait le missionnaire français à La Croix (20 juin 2017).

Ainsi, outre son œuvre d’assistance à l’enfance des rues, le P. Blot accueille très courageusement des réfugiés nord-coréens, qui fuient la dictature de Kim Jong-un (ils sont plus de 30.000 en Corée du Sud) et les aide à faire venir leurs amis et les membres de leur famille qui sont, soit restés en Corée du Nord, soit passés illégalement en Chine.

C’est ce missionnaire français d’envergure qui est aussi, en Corée, un apôtre de la messe traditionnelle.
João Silveira – Comment avez-vous reçu la publication du motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 ?
Père Philippe Blot – L’aggiornamento liturgique, c’est-à-dire la mise à jour comportant un renouveau, dont nous avons célébré le cinquantième anniversaire à la fin de l’année dernière (promulgation de la constitution sur la Liturgie Sacrosanctum Concilium, du 4 décembre 1963), a été en quelque sorte complété par le Motu proprio du Pape Benoît XVI Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, établissant la distinction de deux formes dans le même rite romain : une forme dite « ordinaire », qui concerne les textes liturgiques révisés suivant les indications du concile Vatican II, et une forme dénommée « extraordinaire », qui correspond à la liturgie qui avait cours avant l’aggiornamento liturgique. Dans le rite romain ou latin, deux Missels sont donc actuellement en vigueur : celui de Paul VI, dont la troisième édition date de l’an 2002, et celui de Saint Pie V, dont la dernière édition, promulguée par le Bienheureux Jean XXIII, remonte à 1962.

Dans la lettre aux évêques accompagnant le Motu proprio, le Pape Benoît XVI précisait bien que sa décision de faire coexister les deux Missels n’avait pas seulement pour but de satisfaire le désir de certains groupes de fidèles attachés aux formes liturgiques antérieures au concile Vatican II, mais aussi de permettre l’enrichissement mutuel des deux formes du même rite romain, c’est-à-dire non seulement leur coexistence pacifique, mais encore la possibilité de les perfectionner en mettant en évidence les meilleurs éléments qui les caractérisent. Il écrivait notamment que « les deux formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement : dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces… Dans la célébration de la messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien ».
João Silveira – Dans quel cadre avez-vous commencé à célébrer la messe traditionnelle en vivant comme missionnaire ici en Corée du Sud?
Père Philippe Blot – J’ai répondu il y a plus de 9 ans à la demande d’un groupe de fidèles laïcs coréens du groupe Una Voce, de célébrer la messe selon la forme extraordinaire dans la chapelle de notre Foyer Saint Jean et Saint-Jacques, à Kunpo (diocèse de Suwon, dans la périphérie de Séoul).
João Silveira – Cela fut-il facile pour vous?
Père Philippe Blot – Il m’a fallu d’abord mieux connaitre et apprendre à célébrer ce rite que je célèbre désormais une ou deux fois par mois depuis le début de cette demande.
João Silveira – Quels étaient ces demandeurs du groupe Una Voce ?
Père Philippe Blot – Les fidèles étaient en petite partie des habitués de la messe tridentine – relativement peu nombreux en Corée – mais ont été rejoint immédiatement par des fidèles, en particulier des jeunes, habitués de la forme ordinaire et désireux de découvrir l’autre forme du rite romain.
João Silveira – Ce groupe initial s’est-il développé ?
Père Philippe Blot – L’élan spirituel impulsé par le motu proprio du Pape Benoît XVI, à partir de la liturgie, est bien visible et au fils de ces années le nombre des fidèles n’a cessé d’augmenté et ce sont surtout les jeunes qui nous ont rejoints. La majorité d’entre eux vivent près de la chapelle, qui est éloignée de Séoul.
João Silveira – Vous célébrez donc dans un oratoire situé au sud du diocèse de Séoul, n’est-ce pas ?
Père Philippe Blot – Oui, je célèbre à l’Oratoire Saint-Jean. C’est la chapelle d’un foyer social, un orphelinat pour enfants. situé à Gunpo, dans le diocèse de Suwon, au sud de Séoul. Nous y célébrons la messe selon sa forme extraordinaire le troisième dimanche du mois, à 15 heures. Mais l’horaire et l’éloignement de Séoul limitent le développement harmonieux de cette expérience.
João Silveira – Percevez-vous déjà des fruits spirituels de cette expérience ?
Père Philippe Blot – Nous réalisons la belle expérience souhaitée par le Pape : une plus grande ferveur, qui rejaillit même sur les célébrations eucharistiques selon la forme ordinaire en langue coréenne, en particulier la redécouverte des attitudes d’adoration envers le Saint-Sacrement (agenouillement, génuflexion…), un plus grand recueillement, caractérisé notamment par ce silence sacré qui doit marquer les moments importants du Saint-Sacrifice pour permettre aux fidèles d’intérioriser le mystère de la foi qui est célébré… Il est vrai qu’il faut faire œuvre de pédagogie : expliquer les rites du Missel tridentin à ceux qui ne les connaissent pas encore, remettre un livret bilingue latin-coréen pour permettre aux fidèles de bien suivre la messe… C’est une tâche très stimulante pour un prêtre, car il est conscient qu’il travaille au renouveau liturgique, et donc spirituel, voulu par le concile Vatican II, et auquel nous appelle avec vigueur le Pape François.
João Silveira – L’enquête menée par Paix Liturgique en Corée du Sud a montré que de nombreux fidèles coréens souhaitaient assister à la messe traditionnelle. Cela vous surprend-il ?
Père Philippe Blot – Je pense que les catholiques coréens, qui sont naturellement très pieux, aimeraient beaucoup assister à la messe traditionnelle car cette messe est ouverte à la spiritualité, la liturgie y est très belle. Je crois que les catholiques coréens sont très sensibles à la liturgie traditionnelle. Et si on a la chance, dans les années futures, de faire connaître cette liturgie il y aura de plus en plus de Coréens qui assisteront à cette messe selon la forme extraordinaire, parce qu’ils seront très touchés par la beauté de la liturgie, par la profondeur de la liturgie, son côté mystique aussi. Le Coréen est quelqu’un de mystique, de profond, de spirituel, et donc si un évêque accordait la chance de pouvoir célébrer cette messe, non seulement dans la chapelle de la maison Saint Jean mais dans d’autres paroisses, je crois que le nombre de personnes qui y assisteraient seraient très très nombreux.
João Silveira – Durant ces années, avez-vous rencontré des membres du clergé, des prêtres, intéressés à apprendre à célébrer cette forme extraordinaire ?
Père Philippe Blot – Oui, car ce ne sont pas seulement les laïcs qui sont curieux et demandeurs de cette liturgie mais il y a énormément de prêtres coréens aussi qui sont intéressés. Il y a trois ans, cinq prêtres du diocèse de Daejeon (Taejon) sont venus à la chapelle de la Maison Saint Jean pour la découvrir en assistant à cette liturgie. Ils ont été très touchés par la beauté de la liturgie mais lorsqu’ils sont retournés dans leurs diocèses ils n’ont pas été autorisés par l’évêque à célébrer cette forme et n’ont pas pu commencer à le faire. Mais beaucoup de prêtres sont très intéressés et aimeraient pouvoir célébrer cette messe s’ils en avaient la liberté.
João Silveira – Cependant y-a-t-il déjà d’autres prêtres qui célèbrent la messe traditionnelle en Corée?
Père Philippe Blot - Dans la région de Séoul, nous sommes déjà trois ou quatre prêtres coréens et étrangers, qui célébrons selon les deux formes, et, surtout, il existe de nombreux jeunes prêtres coréens, et aussi des séminaristes, qui apprennent à le faire actuellement… Il y a aussi, par exemple, ce curé d’une paroisse de Séoul, qui a accueilli volontiers la demande de pouvoir célébrer la messe tridentine dans sa paroisse, car, a-t-il dit, « je veux la montrer à mes paroissiens »… J’irai donc la célébrer, accompagné d’un groupe de fidèles de l’association Una Voce.
João Silveira – Selon vous, quel pourrait être l’avenir de la messe traditionnelle en Corée ? Existe-t-il des chances d’obtenir des autorisations des évêques ? Et des chances pour que les fidèles puissent mieux la connaître?
Père Philippe Blot – La solution en Corée, pour voir s’épanouir la messe traditionnelle d’une manière plus fréquente et plus générale, pour la faire connaître aux jeunes et à tous les fidèles, et aussi aux prêtres, serait que le cardinal-archevêque de Séoul accepte de la voir célébrer dans sa propre cathédrale ou au moins dans une paroisse du centre de la capitale, ou qu’un autre évêque de Corée le fasse. Ça serait déjà une première étape pour pouvoir ensuite reprendre cette très belle liturgique que nous offre la messe selon la forme extraordinaire. Aujourd’hui notre mission est d’œuvrer dans ce sens d’une manière assez silencieuse, mais en même temps, il serait heureux de pouvoir convaincre les pasteurs que cette messe selon la forme extraordinaire n’est pas une liturgie qui va briser l’unité dans l’Eglise mais, au contraire, qu’elle sera un enrichissement spirituel pour l’ensemble de l’œuvre liturgique et de la piété au sein de l’Eglise coréenne.

12 mai 2019

[Riposte Catholique] Changement pour la forme extraordinaire à Paris

SOURCE - Riposte Catholique - 12 mai 2019

Un lecteur nous indique que des changements ont été annoncés ce matin à Saint Germain l’Auxerrois par le vicaire général du diocèse Mgr Leproux.

A partir du mois de septembre suite à l’incendie du 15 avril dernier, l’ensemble des offices célébrées habituellement à la Cathédrale Notre-Dame de Paris seront célébrés en l’église Saint Germain l’Auxerrois à Paris (sauf grand rassemblement qui seront célébrés à Saint-Sulpice). Par conséquent, les messes célébrées à Saint Germain seront déplacées ou supprimés pour une durée de 2 ans.

La messe dans la forme extraordinaire sera désormais célébrée à 9h30 en l’église Saint-Roch située à quelques centaines de mètres. Les célébrants seront l’abbé Thierry Laurent (curé de Saint-Roch), l’abbé Eric Iborra (nouveau vicaire) et le chanoine Pascal Thuillier (qui célébrait régulièrement à Saint Germain l’Auxerrois).

Notre lecteur nous indique que ces derniers mois des célébrations ponctuelles ont eu lieu dans la forme extraordinaire à Saint-Roch et que le curé, l’abbé Thierry Laurent, voulait célébrer la forme extraordinaire sur sa paroisse.

11 mai 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Brexit – II

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 11 mai 2019

« Brexiteers », voulez-vous vraiment être bénis ?
Couronnez Dieu, et le reste vous sera bien acquis.

Un poème anglais du XIXe siècle, célèbre à juste titre, jette une vive lumière sur le tapage énorme suscité par la tentative du peuple britannique d’échapper aux contraintes européennes. Le poème de Matthew Arnold (1822–1888), Dover Beach (La plage de Douvres), écrit vers 1851 probablement, dépeint en quatre strophes inégales sa profonde mélancolie alors que résonne en lui au bord de la Manche le battement continu des vagues s’échouant sur la plage devant la maison où il passe la nuit avec sa bien-aimée, sans doute sa légitime épouse.

La première strophe donne une belle description du bord de la mer et des vagues au clair de la lune, mais se termine sur la « note de tristesse éternelle » qu’il lui semble entendre dans le ressac. Maître des classiques, cet érudit se remémore une citation du dramaturge grec Sophocle (496–406 av. J.-C.) qui, lui aussi, sur une plage semblable, bien que située à des milliers de kilomètres et à plus de deux mille ans de distance, entendait “le flux et le reflux obscur de la misère humaine”. L’esprit du poète se tourne vers les troubles profonds de sa propre époque, l’ère Victorienne, et bien qu’il n’ait jamais été catholique, dans la troisième strophe il les fait remonter à la perte de foi du XIXe siècle, dont il lui semble capter dans le bruit des vagues se retirant devant lui le « le grondement prolongé, la retraite en tristesse »

La quatrième et dernière strophe présente la seule solution que le poète puisse concevoir à ce problème de la vie qui quitte ce qui fut autrefois la chrétienté, et c’est de se retourner vers la bien-aimée à ses côtés pour la supplier de maintenir leur fidélité mutuelle, car l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre est le seul bien qu’ils possèdent vraiment. La sombre conclusion du poème le dit : Tout le reste

Est dépourvu d’amour, de joie, et de lumière,
Privé de certitude, de paix, où la douleur est reine,
Et nous voilà, comme sur une sombre plaine
Balayée par les bruits confus de luttes et de fuites,
Où des armées ignares se heurtent dans la nuit.

Arnold avait donc assez de foi pour comprendre que le problème essentiel de la civilisation venait, à son époque, de la perte de foi. Mais sa foi à lui n’était pas assez forte pour croire en l’alternative réelle qui permet d’échapper à cette obscurité et confusion ambiantes : l’Église catholique. De même, les partisans du Brexit ont assez de bons instincts et de bon sens pour sentir que l’Union européenne va à la catastrophe, mais puisqu’ils ont encore moins de religion qu’Arnold n’en avait, ils sont d’autant moins inspirés que lui pour savoir comment sortir de cette “sombre plaine”. C’est pourquoi le Brexit continue de se présenter comme un débat « où des armées ignares se heurtent dans la nuit. ». Car tout le monde aborde le sujet en termes économiques, alors qu’en fait le vrai débat est religieux : d’un côté les derniers vestiges des nations chrétiennes, de l’autre côté, la montée de l’Anti-christ avec son Nouvel Ordre Mondial. C’est la dimension religieuse qui donne au débat toute sa force. C’est l’absence de religion qui, des deux côtés, donne au débat sa grande confusion.

Car, en effet, Dieu est le grand absent de la “civilisation” moderne ; mais comme l’a dit un jour le cardinal Pie : « Si le Seigneur ne gouverne pas par Sa présence, Il gouvernera par Son absence ». Sans Lui, le débat du Brexit se déroule largement sur des bases économiques. Or sur ces bases, les partisans du Brexit ont perdu d’avance. Mais, sont-ils prêts à se tourner vers Dieu ? Voilà toute la question.

Kyrie eleison.

7 mai 2019

[Paix Liturgique] Grande enquête sur le catholicisme en Corée : troisième partie

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 694 - 7 mai 2019

Nous vous présentons aujourd’hui le troisième volet de notre enquête sur le catholicisme en Corée avec la publication des résultats du sondage que nous avons fait réaliser dans ce pays, cet hiver, pour mesurer la perception du motu proprio Summorum Pontificum et les aspirations des fidèles coréens en matière liturgique.

Q – Louis Renaudin – Pouvez-vous nous présenter le sondage qui vient d’être réalisé en Corée ?

R – Paix Liturgique – Ce sondage a été commandité, comme tous les autres sondages que nous avons fait réaliser depuis près de 20 ans, à un organisme professionnel, qui l’a mis en œuvre entre les 24 janvier et le 7 février 2019, auprès d’un échantillon significatif de 2346 personnes réparties au sein de toutes les régions de la Corée du sud.

Q – Louis Renaudin – Je crois que ce sondage a fourni de prime abord une information importante.

R – Paix Liturgique – En effet dès le début de cette consultation les sondeurs ont été étonnés du nombre de personnes qui se sont déclarées comme « catholiques ».

Q – Louis Renaudin – En quoi cela est-il étonnant ?

R – Paix Liturgique – Eh bien, selon les statistiques officielles connues en Corée le nombre des baptisés catholiques avoisinerait les 12 % de la population, comme nous l’avons indiqué dans le premier volet de ce dossier. Or, dès les 1000 premières personnes sondées, le chiffre de « ceux qui se considèrent comme catholiques » qui est apparu à l’organisme de sondage fut significativement plus important, ce qui nous amena à élargir l’assise du sondage à plus de 2300 personnes pour vérifier si cette tendance se maintenait et ce fut bien le cas.

Q – Louis Renaudin – Combien de Coréens se déclarent-ils donc comme catholiques dans cette enquête ?

R – Paix Liturgique - Ce sont 17 % des personnes sondées qui se déclarent « Catholiques », c’est-à-dire près de 5 % de plus que ce qu’indiquaient les statistiques actuellement à notre disposition.
Q – Louis Renaudin – Comment expliquez-vous cela ?
R – Paix Liturgique - C’est difficile et peut-être même impossible mais nous pouvons néanmoins suggérer deux hypothèses qui l’une et l’autre supposent que le catholicisme mord actuellement sur le protestantisme :

Nous savons que désormais le christianisme est la première religion de Corée, mais que ce christianisme très éclaté est majoritairement protestant. Or, il pourrait apparaître, surtout après la venue du pape en Corée en 2014, que pour un nombre non-négligeable de chrétiens coréens il n’apparaisse pas de distinction claire entre le catholicisme et le protestantisme et qu’un pourcentage significatif d’entre eux n’ait pas hésité à se considérer comme « catholiques », ce qui leur semble plus identifiant, alors qu’ils ne le seraient pas canoniquement.

Une seconde hypothèse est une réflexion au sujet des statistiques disponibles actuellement en Corée. Celles-ci sont assises sur les baptêmes célébrés au sein de l’Eglise catholique. Or, il se pourrait que des chrétiens baptisés dans le monde protestant se considèrent à l’âge adulte comme catholiques. Même s’ils font un acte formel d’adhésion à l’Eglise catholique, on ne réitère pas leur baptême, qui par conséquent n’est pas décompté.

Quoi qu’il en soit, notre sondage indique que 17 % des coréens se déclarent catholiques.
Q – Louis Renaudin – En sait-on un peu plus sur ces catholiques coréens ?
R – Paix Liturgique – En gros, on peut dire que les hommes jeunes se déclarent davantage catholiques que les femmes seniors ce qui est un élément qui ne se retrouve pas en Europe
Q – Louis Renaudin – Ces catholiques se déclarent-ils pratiquants ?
R – Paix Liturgique - Nous savions déjà les catholiques coréens pieux et pratiquants. Le sondage le confirme et amplifie cette constatation car il ressort de cette étude que plus de 47 % des catholiques coréens déclarent aller à la messe chaque dimanche et seulement 4,5 % d’entre eux déclarent n’y aller jamais.
Q – Louis Renaudin – Ce sont les jeunes qui sont le plus pratiquants ?
R – Paix Liturgique – Non, ce sont les seniors qui déclarent pratiquer chaque dimanche à plus de 63 % alors que « seulement » 41% des jeunes de 18 à 29 ans le font chaque dimanche. Si l’on cumule tous les types de pratique, chaque dimanche ou plus irrégulièrement, on arrive tout de même au même niveau de pratique soit 85 % des fidèles, que l’on observe les seniors ou les juniors.
Q – Louis Renaudin – Les Coréens connaissent-ils le motu proprio Summorum Pontificum promulgué en 2007 par Benoit XVI ?
R – Paix Liturgique – Oui, et à un niveau élevé, car plus de 63 % des catholiques de Corée connaissent l’existence de ce texte ce qui est assez considérable et globalement supérieur à nos régions d’Europe (en France ce sont 58 % des catholiques qui le connaissent, 58% en Italie, 26% au Portugal, 40 % en Grande Bretagne,…). Notons cependant que ce sont les seniors qui connaissent le mieux l’existence du motu proprio puisque plus de 87 % des catholiques de plus de 60 ans en connaissent l’existence alors que « seulement » 57 % des juniors de 18 à 29 ans connaissent ce texte.
Q – Louis Renaudin – Et que pensent les Coréens des conséquences du motu proprio ?
R – Paix Liturgique - Rappelons que dans l’intitulé des questions de notre enquête nous précisions, pour caractériser la forme extraordinaire, que celle-ci « est célébrée par le prêtre tourné vers le Seigneur et que la communion y est reçue à genoux et sur les lèvres ». Cela est important car nous avons vu lors des propos précédents que pour de multiples raisons l’agenouillement était banni de la liturgie en Corée. Or malgré cela, plus de 50% des catholiques qui ont répondu à notre enquête trouveraient « normale » la célébration des deux formes du rite dans leurs paroisses.
Q – Louis Renaudin – Y-a-t-il des divergences d’opinion à ce sujet entre les seniors et les juniors ?
R – Paix Liturgique - Tout à fait, car si les catholiques de moins de 60 ans considèrent ces célébrations comme normale à plus de 53 % ils sont seulement 37 % des seniors de plus de 60 ans à le considérer ainsi et 50 % le considèrent même comme « Pas normal »
Q - Louis Renaudin – Que pensez-vous que cela signifie ?
R – Paix Liturgique - Je pense que cela peut signifier deux choses :

- Cela signifie probablement que les seniors sont plus attachés à l’obéissance totale que les plus jeunes des coréens et qu’il est difficile pour eux de « paraître désobéir » à ce qu’indique leur hiérarchie…

- et puis comme en Europe les seniors de Corée ont été les acteurs des réformes post-conciliaires et y sont attachés au moins parce que cela leur rappel leur jeunesse alors que les plus jeunes n’ont pas cette nostalgie…

Au fond, le catholicisme coréen, avec ses particularités, rejoint les tendances lourdes du catholicisme mondial : les couches jeunes sont plus portées vers des formes traditionnelles.
Q – Louis Renaudin – Y-a-t-il des différences d’opinion à ce sujet entre les pratiquants et les non pratiquants ?
R – Paix Liturgique – Sachant que presque tous les coréens catholiques sont pratiquants, la différence n’est pas significative. Cependant, alors que plus de 53 % des pratiquants « de chaque dimanche » sont favorables au bi-formalisme dans leurs paroisses, les autres ne le seraient qu’à un peu plus de 46 %. Ici encore, on rejoint les tendances générales : plus les catholiques pratiquent, plus ils sont de sensibilité « conservatrice », au sens d’attachement à un conservatoire liturgique et catéchétique.
Q – Louis Renaudin – Cette positon entraînerait-elle les Coréens à assister à la messe célébrée selon la forme extraordinaire ?
R – Paix Liturgique – On doit toujours faire la part dans les réponses de ce qui a valeur de manifestation d’opposition aux tendances officielles. Le catholicisme aussi à son « populisme »… Cependant, deux chiffres m’ont impressionné à la lecture des résultats de ce sondage. Le premier est que seulement 7 % des catholiques coréens n’assisteraient JAMAIS à la messe « Extraordinaire », ce chiffre est le plus bas que nous avons trouvé lors des 30 sondages que nous avons réalisés en France et dans le monde depuis l’an 2000.
Q – Louis Renaudin – Et le second ?
R – Paix Liturgique - C’est que plus de 27 % des catholiques pratiquants assisteraient CHAQUE SEMAINE à la messe traditionnelle si celle-ci était célébrée dans leur Paroisse… Un chiffre qui met les catholiques coréens au même niveau d’attente que les français, les catholiques italiens, américains et polonais…
Q – Louis Renaudin – Là encore, malgré vos remarques fondées sur la grande pratique des Coréens y-a-t-il des différences entre pratiquants et non pratiquants ?
R – Paix Liturgique - les réserves déjà formulées devant être présentes à l’esprit, oui, il y a une différence car, en Corée, ce serait plus de 38 % des pratiquants « de chaque dimanche » qui iraient volontiers à la messe TOUS LES DIMANCHES si elle était célébrée selon sa forme extraordinaire… 38% ! Même, encore une fois, si on peut concéder que cette proportion traduit pour une part un message que veulent faire passer les sondés, dont il faudrait ensuite vérifier in concreto comment il se traduit par une pratique de la messe traditionnelle effectivement proposée dans les paroisses, il est considérable. Ai-je besoin de souligner qu’une telle proportion, alors que les Coréens ne connaissent, de fait, pratiquement pas la messe traditionnelle, 50 ans après la réforme conciliaire de la liturgie, signe clairement son échec ?
Q – Louis Renaudin – C’est, en effet, assez impressionnant.
R – Paix Liturgique – Ajoutant que ce sont les hommes qui agiraient majoritairement dans ce sens car 42 % d’entre-deux déclarent qu’ils feraient ce choix tous les dimanches si celui-ci leur été permis…
Q – Louis Renaudin – Quelles réflexions vous inspirent ces résultats ?
R – Paix Liturgique – Je ne peux que répéter que l’attrait pour la Tradition n’est pas une particularité franco-française comme nous l’ont ressassé des aveugles du passé, ni même un phénomène européen mais une attente universelle du monde catholique. Nous avions eu une première confirmation de cela au vu de nos précédents sondages réalisés en dehors de la « vieille Europe » occidentale, que ce soit en Pologne ou mieux encore au Brésil. Aujourd’hui avec ce sondage réalisé dans un pays d’Asie tout à fait étranger à la culture gréco-romaine, sinon par la réception du catholicisme latin, nous réalisons que cet engouement est d’abord fondé sur la cohérence des fidèles vis-à-vis de leur foi catholique, et cela sous forme d’un « retour » dont la liturgie est le signe. Ce que nous constatons en Corée confirme le constat d’échec des nouvelles formes du catholicisme et la tendance au rejet par une part non négligeable d’entre les pratiquants, qui vaut pour l’ensemble de la planète.
Q – Louis Renaudin – Une conclusion ?
R – Paix Liturgique - Si l’on se souvient que les Coréens sont aujourd’hui à la pointe de la science et d’une modernité intelligente, respectueuse du passé, l’on ne sera pas surpris qu’ils soient d’instinct, demain, prêts à opter en masse pour un retour vers une lex orandi forte, et non plus molle, conforme à un message catholique de même qualité.

4 mai 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Diagnostic du Brexit - I

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 4 mai 2019

Bretagne Grande hier ! Fais très attention –
Les sans-Dieu de Mammon te dépouilleront !

Le Parlement Britannique qui passait autrefois pour être le maître du monde, étale maintenant depuis des mois aux yeux du même monde l’indigne spectacle des divisions et de l’irrésolution la plus affligeante. Pourquoi le fait de sortir de l’Union européenne provoque-t-il tant de confusion et tant de bouleversements ? Sans doute, parce que quand la classe politique a donné au peuple en 2016 la possibilité de voter par référendum sur sa politique allant vers un Nouvel Ordre Mondial, le peuple s’en est saisi. Il a voté en masse, comme jamais en Grande-Bretagne, et la classe politique fut complètement prise au dépourvu quand les résultats ont montré que ce Nouvel Ordre Mondial était rejeté par 52% des voix contre 48%. Le vote en faveur du Brexit (la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne) a enlevé à cette classe ses repères, et elle ne cesse depuis de s’enliser. Il faut dire qu’il y a bien longtemps que ces politiques sont complètement envoûtés – ou bien achetés – par le NOM !

Oui ! achetés, parce que l’Union européenne et son parlement de Bruxelles sont sous l’empire de Mammon, c’est-à-dire sous l’empire de l’argent. Parce que l’Union européenne fut lancée par l’idée d’acheter, grâce à la prospérité matérielle, le soutien des peuples européens, tous très différents, afin de fondre leurs diversités nationales en un seul État européen, qui à son tour serait une composante clé de l’unique État mondial international, celui du Nouvel Ordre Mondial. Pour les maîtres judéo-maçons œuvrant derrière le NOM, cette politique d’union devrait résulter de la prospérité de la monnaie unique, c’est-à-dire de l’euro. Ils s’attendaient à ce que les Européens soient tellement émerveillés par le travail matérialiste des banquiers qu’ils ne s’opposeraient pas à une immigration incontrôlée de populations non-européennes qui viendraient dissoudre leur nations.

Mais “L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole sortant de la bouche de Dieu” (Mt IV, 4). La religion (la relation de l’homme à son Dieu) est première dans l’ordre de la nature. La politique (les relations de l’homme à ses semblables) n’est que secondaire. Quant à l’économie (relation de l’homme à l’argent), elle ne vient qu’en troisième position. Il est donc contraire à l’ordre naturel que l’économie mène la politique. Certes, la révolution peut renverser l’ordre naturel des choses, mais la nature reste toujours susceptible de reprendre ses droits. On comprend dès lors que le vote du Brexit ait été directement provoqué par le fait contre nature de l’admission en Grande-Bretagne de hordes inassimilables venant de l’étranger. Cependant, quand la nature se réaffirme, les politiciens modernes, pratiquement tous des matérialistes athées et superficiels, sont pris au dépourvu, comme par le vote entérinant le Brexit. Ils font la guerre à la nature. Comment veut-on qu’ils la comprennent ou la dirigent ?

Mais qui a élu tous ces politiciens à l’esprit dénaturé ? Qui d’autres que les peuples (pas seulement de Grande-Bretagne), selon le sacro-saint principe de la démocratie ? Pourquoi disons-nous « sacro-saint » ? Parce que le renversement de l’ordre naturel est aujourd’hui complet : l’économie moderne est faite pour renverser la politique ; la politique moderne est faite pour renverser la religion : et la démocratie devient une religion de substitution. La volonté du peuple remplace la volonté de Dieu. Cela signifie que le vote de 2016 n’était pas valide uniquement parce que la volonté du peuple britannique était à 52% pour le Brexit et 48% contre, mais parce que ce vote favorisait ce qui est naturel : l’identité qui est donnée par Dieu aux nations européennes, avec leurs dons divers, conçus par Dieu pour former une Europe harmonieuse, comme on l’a vue au Moyen Age catholique. “Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice (la religion) et tout cela (la politique) vous sera donné par surcroît “ (Mt. VI, 33).

Donc les Britanniques qui ont voté pour le Brexit, ont-ils l’âme religieuse ? Pas vraiment ! La plupart sont des matérialistes athées, mûrs pour le communisme bureaucratique et tyrannique de Bruxelles. Leur vision indigente ne va pas beaucoup plus loin que celle des politiciens pour lesquels ils votent habituellement. Mais la Manche leur offre une petite distance et une certaine perspective sur ce qui se passe en Europe, de sorte qu’au moment du vote du Brexit, d’anciens instincts naturels sont entrés en jeu, les mêmes que ceux qui leur ont permis de conserver l’apparence – pas la substance ! – d’une monarchie catholique. Cependant, si le peuple britannique n’y prend garde, s’il ne veut pas “veiller et prier” pour son pays, les ‘banksters’ auront tôt fait de lui voler les fruits de leur bon vote d’une manière ou d’une autre. Il ne fait aucun doute qu’ils sont déjà à la manœuvre, et qu’ils complotent pour circonvenir ces ‘Brexiteers’ qu’ils prennent pour stupides et arriérés. Certes, Dieu est d’une générosité infinie, mais on ne se moque pas de Lui, et on ne saurait le tromper !

Kyrie eleison.

3 mai 2019

[Riposte Catholique] Ordinations à la Fraternité Saint-Pierre (Séminaire de Denton)

SOURCE - Riposte Catholique - 3 mai 2019

5 diacres du Séminaire Our Lady of Gudalupe (Denton) seront ordonnés prêtres pour la Fraternité Saint-Pierre en mai.
  • Mgr Fabian Bruskewitz, évêque émérite du diocèse de Lincoln, ordonnera prêtres les abbés John Killackey (originaire du New Jersey, USA), Ralph Oballo (originaire de Calgary, Canada), Daniel Powers (originaire de l’Illinois, USA) et Jesus Valenzuela (originaire du Texas, USA) le 24 mai en l’église Saint Thomas d’Aquin de Lincoln.
  • Mgr Terrence Prendergast, archevêque d’Ottawa, ordonnera prêtre l’abbé Luc Poirier (Originaire du Nouveau-Brunswicj, Canada) le 31 mai en la Cathédrale Notre-Dame d’Ottawa.
D’autres ordinations aura lieu pour le Séminaire Saint-Pierre (Wigratzbad) en juin.

1 mai 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Mentalité Conciliaire

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 1er mai 2019

L’Église conciliaire ? Des aveugles guidant des aveugles,
Et menant à la ruine l’humanité tout entière !

Le 6 avril dernier, ces “Commentaires Eleison” faisaient état d’une “rencontre discrète” entre Mgr Huonder d’une part, et deux évêques et cinq prêtres de la FSSPX d’autre part. La réunion s’est tenue dans l’est de la Suisse le 17 avril 2015, pour discuter de l’œcuménisme de Vatican II. Six semaines plus tard, Menzingen (siège de la FSSPX) envoya aux prêtres de la FSSPX une “note confidentielle” sur la réunion qui comprenait les quelques détails déjà publiés ici le 6 avril : « Envisager un accord avant d’aborder les questions doctrinales » comme le demandait MgrH ; la réponse de la FSSPX rappelant la vraie doctrine de l’Église sur l’œcuménisme ; et l’engagement de MgrH. de porter la réponse de la FSSPX aux autorités romaines. Les arguments de MgrH. en faveur de la mise au second plan de la doctrine valent la peine d’être examinés, car ils traduisent exactement l’état d’esprit qui aujourd’hui détruit l’Église.

Selon la note confidentielle, Mgr Huonder a avancé huit arguments. Nous les reproduisons ici, légèrement adaptés, en italique. Des réponses se trouvent en dessous.

1 (MgrH.) : Je me sens très concerné par le fait que la FSSPX devrait être canoniquement réintégrée dans l’Église officielle.

2 Sans ce statut canonique, la FSSPX ne peut jouir que d’une influence minime parce qu’elle elle est marginalisée. Ce sont les évêques conservateurs qui veulent ce statut pour la FSSPX. Sinon tout le monde est contre la FSSPX.

3 Je ne pense pas que vous vouliez être schismatiques. Vous voulez prouver votre respect indéfectible pour l’autorité de l’Église.

4 Le Magistère de l’Église doit écouter ce que disent les théologiens, y compris ceux de la FSSPX, dans un esprit de respect mutuel. Il incombe également au Magistère de vérifier si toutes les évolutions qui se sont fait jour dans l’Église depuis le Concile restent en conformité avec la Tradition catholique.

5 La levée des excommunications de 1988 par Benoît XVI et sa libération de la Messe tridentine sont autant de signes qui attestent la bienveillance de Rome vis-à-vis de la FSSPX.

6 Un accord avec Rome apporterait un soutien au Supérieur Général de la FSSPX comme à son apostolat. Cela donnerait également à la FSSPX le droit de demander des explications au Magistère.

7 L’Église a besoin de la FSSPX pour sa Nouvelle Evangélisation.

8 Une éventuelle reconnaissance canonique devrait nécessairement entraîner le traitement des questions théologiques afin d’aboutir à des solutions.

Et maintenant voici des réponses.

1 Très Révérend Monseigneur, c’est bien aimable de votre part. Mais être aimable, ce n’est pas nécessairement être catholique.

2 Tant qu’elle disait la Vérité, la FSSPX a exercé une grande influence. Mais depuis qu’elle s’est éloignée de la vérité catholique pour s’aligner sur Rome et sur le reste du monde, cette influence a décru et va toujours décroissant. Est-ce que, par hasard, vous auriez encouragé Notre Seigneur Lui-même à s’aligner sur les Pharisiens ?

3 En faisant passer Dieu avant les hommes, la Fraternité de Mgr Lefebvre n’est jamais tombée dans le schisme. Mais, la Néo-fraternité, tout comme la Néo-église, prend le chemin d’un vrai schisme dans la mesure où elle fait passer les hommes avant Dieu.

4 L’erreur et le poison de Vatican II n’ont vraiment droit à aucun respect. Le Néo-magistère d’aujourd’hui, infecté par le poison conciliaire, surveille bien mal l’évolution de l’Église.

5 Une bienveillance conciliaire, telle que celle de Benoît XVI, est au mieux une bienveillance subjective. Pour être une véritable bienveillance elle doit s’aligner sur la vérité objective. Or, tous les tenants du Concile ont perdu la notion même de vérité objective. Selon la sagesse d’un vieux proverbe, « Le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

6 Un accord avec la Rome conciliaire entraînerait la mort définitive de la FSSPX catholique. Celle-ci n’a besoin d’aucun accord pour exiger que les Romains cessent de trahir la vraie foi catholique.

7 La véritable FSSPX rejette la “Nouvelle Evangélisation”. C’est une solution irréelle pour régler le problème bien réel déchaîné par Vatican II.

8 En d’autres termes, “l’accord avant la doctrine” proposé par toute la hiérarchie conciliaire, constitue une erreur grave, car à force de vivre le mensonge, on finit par y croire. Or, Vatican II est un mensonge monstrueux.

En bref, les huit arguments de MgrH. sont tous des considérations humaines, essentiellement déconnectées de la Vérité objective de la véritable Église catholique. Que Dieu lui fasse à Mgr H la grâce de comprendre à quel point l’Église conciliaire s’est égarée !

Kyrie eleison.