14 janvier 2018

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Importance de la Foi – II

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 janvier 2018

Dieu est toujours présent, quoiqu’il soit invisible.
La foi réelle en Lui rend le Ciel accessible.
Excellence, 
A la suite d’une conversation avec un prêtre bénéficiant de l’Indult (prêtre obéissant aux responsables de l’Église officielle, mais autorisé à dire la vraie messe) je me trouve quelque peu troublé quant à la position prise par Mgr Lefebvre pour défendre la Foi. J’avais toujours pensé qu’il avait raison mais voilà, maintenant je n’en suis plus si sûr. Voici quelques-uns des arguments avancés par ce prêtre :
  1. Mgr Lefebvre a désobéi à Rome. Cela prouve qu’il était orgueilleux.
  2. S’il avait abandonné la Fraternité et ses séminaires pour obéir à Rome, il aurait été héroïque.
  3. S’il a désobéi à Rome pour sauver la Tradition, il a fait le mal afin d’obtenir un bien, ce qui n’est pas permis.
  4. Obéir à un pape aussi mal orienté que le pape François est un martyre par lequel on imite le Christ.
  5. Spirituellement parlant, se jeter dans la gueule du lion romain comme le fait Mgr Fellay, est héroïque.
Cher Monsieur,

En temps normal, l’Église catholique donne aux fidèles des directives claires quant à ce qui est vrai ou faux, bon ou mauvais. Cela préserve les âmes d’être dans la confusion. Mais depuis le Concile Vatican II (1962–1965), nous ne sommes plus dans une époque normale. La raison en est que les autorités romaines ont abandonné la vraie religion catholique pour adopter une autre religion, fausse et artificielle, que nous pouvons appeler la religion conciliaire. Si bien que, depuis les années soixante, les catholiques sont désorientés du haut en bas de la hiérarchie de l’Église : ils veulent aller simultanément dans deux directions différentes. Par exemple, votre prêtre, bénéficiant de l’indult, dit la Messe de la vraie religion, mais en même temps, il veut obéir aux autorités romaines imbues de la fausse religion . Rien d’étonnant à ce vous soyez désorienté en l’écoutant. Vous serez troublé tant que vous n’aurez pas parfaitement compris la différence entre la vraie religion révélée par Dieu et la religion conciliaire faite de main d’homme. Peut-être Dieu vous appelle-t-Il à réfléchir davantage sur ce sujet ?

Nous sommes catholiques par la Foi à laquelle nous croyons, par les sacrements que nous recevons et par la hiérarchie à laquelle nous obéissons. Mais avant tout, nous sommes catholiques par la Foi. Sans elle, nous ne nous poserions aucune question à propos des sacrements ou de la hiérarchie. En conséquence, pour un catholique, c’est la foi qui est fondamentale. Or, les autorités romaines ont abandonné la foi lors de Vatican II. Ils ont voulu se déconnecter de la longueur d’onde de Dieu pour se brancher sur la longueur d’onde de l’homme moderne. C’est en quoi la religion conciliaire contredit fondamentalement le catholicisme. Elle adopte un point de vue totalement différent à partir duquel elle redéfinit l’orgueil, l’héroïsme, l’obéissance, etc. Le point de vue catholique est vrai, le point de vue conciliaire est faux. Passons maintenant aux arguments du prêtre utilisant l’Indult :
  1. Mgr Lefebvre n’était pas orgueilleux : il défendait la vérité divine et plaçait Dieu avant l’homme. Au contraire, les hérétiques comme Luther et les conciliaires sont orgueilleux parce qu’ils somment Dieu de plaire aux hommes.
  2. Il a été héroïque, en ne pas cédant à Rome, et en résistant à Rome, afin de réserver toujours à Dieu la première place.
  3. En faisant ce qu’il a fait pour sauver la Tradition, il a fait le bien et non le mal, car il posait des actes bons pour réaliser le bien.
  4. Le martyre catholique ne consiste pas à souffrir le mal et la mort pour n’importe quelle cause, mais uniquement pour la vraie Foi. Mgr Lefebvre a souffert un vrai martyre, en ne pas cédant aux papes qui étaient tombés dans l’erreur, et en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour leur faire comprendre qu’ils abandonnaient la vraie Foi.
  5. Au contraire, les successeurs de Mgr Lefebvre, depuis l’an 2000 au moins, font tout ce qu’ils peuvent pour placer la Fraternité Saint Pie X sous le contrôle des autorités conciliaires. Leurs efforts n’ont rien d’héroïque car ils visent à faire passer l’homme avant Dieu. Ils ne sont ni martyrs, ni de vrais imitateurs du Christ ; en revanche ce sont de vrais orgueilleux.

J’espère, cher Monsieur, que vous comprenez maintenant l’importance de tout juger dans l’Église à la lumière de la Vérité et de la Foi. Car la relation d’un homme avec Dieu consiste fondamentalement en sa foi ou son absence de foi. S’il le veut, un homme peut choisir l’Enfer. Mais s’il veut accéder au Ciel du seul vrai Dieu, alors il doit commencer par croire en Lui, selon la vraie Foi.

Kyrie eleison.

13 janvier 2018

[Abbé Beauvais, fsspx - L'Acampado] Heureux les cœurs purs, heureux les doux

SOURCE - Abbé Beauvais, fsspx - L'Acampado - janvier 2018

Nous n’avons pas que des mots pour livrer nos pensées, et nous n’avons pas que notre raison qui s’en empare pour en discuter. Il y a des raisons de croire. Nous les connaissons, nous les avons étu diées, je l’espère. Nous pouvons ergoter, discuter, raisonner, peser inlassablement.

Discuter la lumière qui vient quand on a déjà jugé qu’on l’atten dait et que l’on se devait de la recevoir, ce serait piétiner. Que peut faire notre raison ? Attendre Dieu, avoir le pressentiment qu’il existe, en avoir le désir, avoir le souci d’une âme loyale, désireuse d’obéir en toute humilité. Elle doit ensuite laisser parler le cœur qui lui aussi doit avoir ses raisons. Et c’est tout à fait conforme à la nature humaine, car la volonté doit suivre l’intelligence. La foi n’est évidemment pas une question de sentiments, nous ne sommes pas des amateurs d’émotions, ni des chercheurs de fusions du style charismatique. Mais ce n’est pas de sentimentalité dont il s’agit, ni d’émotion à fleur d’âme. Il s’agit de notre cœur, de notre volonté et c’est tout autre chose. on peut très bien être amoureux de logique et ne pas refuser de prendre conseil du cœur, Notre vieux saint Thomas, le plus raisonnable des saints a écrit : « Nous croyons parce que nous voulons croire ; car si Dieu, Seul, donne la foi, Il ne la refuse pas à ceux qui la veulent de toute leur sincérité ». Pascal, qui n’a jamais versé, j’imagine, dans les mièvreries senti mentales en convient : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ». « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais par le cœur. C’est le cœur qui sent Dieu, non la raison ». Notre vraie vie, est-ce dans notre raison seule qu’elle a trouvé refuge ? N’est-ce pas plutôt dans notre cœur qu’elle se déroule ? Notre vie estelle dans notre pensée ? N’est-elle pas recueillie aux cieux de notre âme, là-même où notre cœur mêle nos idées à notre sang ? La vie est unité et c’est l’amour qui en fait l’unité.

La vérité est bien peu de chose, si la volonté se refuse à la recevoir. Par l’esprit, la vérité ne peut que nous effleurer ; par le cœur, elle nous possède.

La vérité ne peut être une petite lumière à la cime de l’esprit ; elle doit descendre jusqu’au secret du cœur. C’est là qu’il lui faut allumer sa lampe. Et c’est peut-être cela précisément, que nous craignons. s’il en est tant, parmi les hommes, qui refusent d’ouvrir leur cœur, n’est-ce pas peut-être parce qu’ils redoutent certaines découvertes ? Nous redoutons souvent de faire le plein jour dans notre âme, notre pauvre cœur est si souvent encombré. Et même, est-il encore à nous ? Le possédons-nous vraiment ? Ne faudrait-il pas commencer peut-être par le reconquérir ? La question n’est pas inopportune. Pauvres cœurs, tant de choses s’en emparent, à leur insu ; tant de choses l’ont volé. Qu’en reste-t-il ? Les chemins qu’ils ont suivis étaient bordés de ronces et d’épines, ils y ont laissé un lambeau d’âme, un peu de cœur.

Des visiteurs indésirables ont occupé ces cœurs. Ils y ont pris toute la place, plus rien n’y peut entrer, pas même un rayon de lumière. Ces visiteurs indésirables ont des visages connus : le visage des vieux péchés, le visage de nos vices. L’orgueil a fermé notre cœur à tout sentiment qui eût été don de soi, qui eût été une offrande : à la pitié, à la compassion, à la bonté ; l’avarice, cette passion froide a desséché puis durci le cœur; la mollesse l’a anémié ; l’impureté -péché triste par excellence- a noyé le cœur dans la chair. Alors que reste-t-il de ce cœur ? Certes, les difficultés de croire ne viennent pas toujours des encombrements du cœur, et pour les incroyants qui refusent de marcher vers Dieu, ce n’est pas toujours parce qu’ils sont la proie de passions coupables. Mais il faut ici signaler simplement un grand danger, et il existe pour chacun de nous. Notre vie est un filet d’eau claire qui coule dans un lit de boue. Il ne faut pas en agiter le fond si nous voulons la garder pure. Il y a en nous des feux qui ne s’éteignent jamais; s’ils couvent pour l’instant, gardons-nous bien de souffler sur les cendres et de ré- veiller la flamme. Est-ce un danger illusoire ?

Si nous n’en avons point fait l’expérience, croyons-en l’aveu de ceux qui l’ont faite. Croyons-en, par exemple, saint Augustin qui le confesse humblement : «Quand j’étais dans le péché - et l’on sait quel péché -, il montait de la boue des passions, des vapeurs qui faisaient nuage devant mon cœur et l’empêchaient de voir ». La lumière ne manquait pas : Dieu qui l’appelait, la lui versait à profu sion, mais son cœur aveuglé n’en pouvait rien recevoir. Et, songeant à la simplicité des enfants dont la pureté lave les yeux, songeant aux solitaires du désert crucifiant leur chair dans le jeûne et la pauvreté, il rougissait de lui-même. «Ah, que faisons-nous ? » s’écriait-il. « Les ignorants ravissent le ciel, et nous, avec tout notre esprit et notre cœur malade, nous nous roulons misérablement dans la chair et dans le sang. » Voyez, c’est l’évidence même. Personne ne peut y contredire. Notre âme n’est pas une boîte à outils dans laquelle nous trouverions une intelligence pour comprendre la vérité et une volonté pour aimer le bien. Intelligence et volonté, esprit et cœur ne sont que deux facultés d’une âme ; et c’est la même âme qui voit, la même âme qui sent. Le cœur, sans doute, a tout à gagner à se laisser conduire par un esprit droit, mais l’intelligence aussi ne perd rien à la santé du cœur. un cœur alourdi enchaîne et enténèbre l’esprit.

Alors, pour aller vers Dieu, pour ne pas Le manquer quand Il se montrera, il nous faut reconquérir notre cœur. Délivrons-le de ces hôtes encombrants que l’on nomme: l’orgueil qui nous aveugle, l’envie qui nous aigrit, la sensualité fumeuse qui nous étouffe. Purifions notre âme. La pureté nous allège, c’est la santé du cœur, Elle nous met en appétit de beauté ; elle nous met en état de sensibilité droite et délicate qui ne vibre qu’aux mouvements de l’amour authentique. Elle est une merveilleuse disponibilité pour la grandeur. Qu’est-ce que la vérité attend aussi de vous ? Votre cœur, votre cœur pur. Il nous faut pour la recevoir, cette vérité, une faculté d’émerveillement, un certain appétit d’innocence, un esprit libre. or, c’est la pureté qui libère l’esprit et rend à ceux qui l’auraient perdu, le goût de l’innocence. Notre Maître Jésus-Christ l’a dit dans l’Évangile et l’expérience même y consent : ce sont les purs qui voient.

Sur les routes de notre existence, sur ces routes qui vont vers Dieu, à chaque pas, nous devons faire effort. Les vertus dont il nous faut appeler le secours semblent devoir être exclusivement des vertus de conquête. Notre Maître Jésus-Christ Lui-même, quand il prêchait le royaume des cieux et invitait les âmes à y entrer, le proposait comme une conquête difficile. Il le comparait à une cité, à une place forte qu’il faut prendre d’assaut : on ne pourrait y entrer que de haute lutte. Il a même prononcé le mot : il faut être violent. « Le royaume des deux souffre violence, seuls les violents peuvent le conquérir.» Alors qu’en est-il de la douceur ? N’est-elle pas en opposition flagrante avec cet état d’âme que recommandait Notre seigneur ? Non, car la douceur dont parle Notre seigneur est la douceur des forts, Ce n’est pas une mollesse. Elle ne désigne pas l’apathie d’une âme que rien n’éveille, qui jamais ne prendrait le parti de glisser dans la colère ou de s’exalter dans l’enthousiasme. Les vertus sont les forces des vivants, et la douceur en est une, et elle est souveraine. Et quel est l’état d’âme qui s’oppose le plus à la douceur ? Est-ce la dureté de cœur ? Est-ce l’âpreté du caractère ? Est-ce l’orgueil de l’esprit qui glace le cœur et en étouffe jusqu’à une certaine tendresse ? Est-ce l’avarice qui rend sourd à toute misère et interdit, comme une faiblesse, l’indulgence et la compas sion ? C’est peut-être un peu tout cela. Et c’est surtout l’aigreur, la triste aigreur qui dénigre. C’est un sentiment que nous connaissons ; nous le connaissons chez les autres ; il nous fait mal pour eux et pour nous. Nous le connaissons aussi en nous. Celui qui en est atteint a tout en dégoût et rien ne le satisfait pleinement. Ni les choses, ni les hommes ne ré- pondent à ce qu’il attend d’eux. Il croît même vivre au sein d’une conspiration générale. C’est le mécon - tentement perpétuel et universel. Ainsi nous avons peutêtre été blessés par le prochain, nous en avons du ressentiment. La rancune s’accumule ; elle tient ouverte et toujours plus vive la blessure qui nous fût faite, et nous remâchons notre tristesse. ou bien, si nous ne trouvons rien de répréhensible dans les façons d’agir à notre égard, nous nous forgeons des raisons d’en vouloir au prochain. Après avoir congédié l’indulgence, la charité, la bienveillance, nous en voulons au prochain de n’être point parfait. Mais nous devons le reconnaître, très souvent ces griefs s’évanouiraient si, au lieu de comparer le prochain à l’idéal qu’il ne réalise pas, nous le comparions simplement à nous-mêmes. Car nous-mêmes, sommes-nous parfaits ? Avons-nous vraiment le droit d’être mécontents des autres quand nous songeons à ce que nous sommes?

Et nous y songeons d’ailleurs parfois, et cette pensée est peut-être la plus grande source d’aigreur. Nous avons de bonnes raisons de n’être pas fiers de nous ; ces raisons nous aveuglent, elles nous irritent. orgueil blessé, impuissance à nous attirer une louange que nous attendions par exemple, échec devant une œuvre qui nous aurait mis en un relief favorable, et que sais-je encore ? ... Nous ne nous acceptons point, ou plutôt, nous ne nous renonçons pas assez, nous n’avons pas l’esprit surnaturel suffisant pour comprendre ce que Dieu attend de nous à travers une épreuve, un échec, un froissement ou un amour-propre blessé.

Et au lieu de nous raisonner, de nous gourmander, nous rendons les autres responsables de notre état d’âme jusqu’à le leur faire expier, un peu comme l’enfant qui se venge sur une pierre qui l’a fait trébucher. Ne nous laissons pas envahir par de tels sentiments qui excluent toute joie, toute confiance et tout enthousiasme, qui nous conduisent même à écarter ce qui nous guérirait et à décou rager ceux qui voudraient nous sauver. Alors, soupçonneux, on ne voit partout que des intentions intéressées ou perverses, passant tout au vitriol, ne desserrant les dents que pour critiquer jusqu’à l’obsession. Essayez d’être simples avec de tels caractères ! ... Ils vous accuseront de raffiner votre duplicité.

Et si même vous essayez d’être affectueux, cette affection que vous leur offrez sera une raison nouvelle de se défier de vous. Votre douceur sera jugée énervante et votre bonté, crispante. Pour un peu, ils vous reprocheraient de ne pas faire tout le bien que vous pourriez leur faire. A la longue, on finit d’ailleurs par se lasser. L’aigreur rebute; elle décourage puis elle étouffe toute sympathie. A tout ce qui sollicite une âme, l’aigreur répond par une fin de non-recevoir ; elle interdit tout enthousiasme, elle refuse au cœur de faire don de lui-même.

On devine alors l’accueil qui sera réservé à Dieu s’il vient lui aussi à demander à être reçu. on Lui en voudra d’être ce qu’il est et de trop exiger des âmes qu’Il conquiert. Avec une complaisance secrète, on glanera dans les dogmes que l’on connaît mal, ce qu’ils ont d’obscur et de mystérieux. on ne voudra y voir qu’une synthèse d’antithèses, un ramassis de contradictions. Dans la pratique et la vie des fidèles, on relèvera des petitesses, des mesquineries, des fautes. on pourrait décrire longuement cette aigreur, mais c’est suffisant il me semble. L’aigreur est une bien déplorable conseillère. N’oublions pas qu’il y a dans l’Eglise un élément humain. Instituée par Dieu qui la guide, la soutient et la garde tout le long de son histoire, dût-elle être réduite à une peau de chagrin, l’Eglise fût cependant fondée pour les hommes, et elle leur fût confiée. Il y aura donc fatalement des lenteurs, des incompréhensions. ses membres qui n’ont pas tous le génie de saint Augustin ou le cœur de saint Vincent de Paul, auront des maladresses, parfois même de la misère. Pourquoi nous en étonner ? on ne devra jamais s’en faire complice, certes, il faudra même pour le bien des âmes, dénon cer parfois cette misère. Mais serait-elle autant notre Eglise, la réunion de pauvres cœurs d’hommes qui désirent plus de pureté, de vérité et de charité qu’ils n’en possèdent, si elle ne comptait comme membres que des saints ? Y serions-nous, nous autres, dans l’Eglise ? Aurions-nous la possibilité d’y entrer un jour, s’il fallait être sans péché et sans faiblesse ? Notre seigneur JésusChrist en nous invi tant à Le suivre, nous a prédit le scandale. Mais n’y a-t-il que du scandale dans l’Eglise ? N’a-t-elle rien fait dans le monde depuis 2000 ans ? Ce serait une injustice de penser ainsi, mais ce serait une bien grande lâcheté aussi que de se voiler la face sur l’état que nous offre l’Eglise aujourd’hui. En vous parlant de cette douceur, je voudrais simplement suggérer que pour juger ce qui s’offre à nous, il faut savoir imposer silence au ressentiment, écarter le mépris et tarir toute sorte de fiel. C’est le signe de la vraie grandeur.

Même à l’égard de ceux qui nous ont blessés, la douceur est grande, puisqu’elle s’élève jusqu’à la sérénité, elle est grande puisqu’elle pardonne.

« Les forts sont doux », disait Lyautey. Ils se possèdent ; ils tiennent une âme dans une région inaccessible aux misères humaines. Ils sont les conquérants de la Terre parce qu’ils accueillent toute chose dans un cœur bienveillant. Rien ne les désarme, pas même l’inimitié ; leur douceur use les aspérités qui les auraient meurtris. Ils sont aussi les conquérants du ciel parce qu’ils ont une âme capable d’en comprendre toute la bonté.

Heureux les cœurs purs,

Heureux les doux, ils sont les conquérants du Ciel

Heureux sont-ils car ils verront Dieu.

[FSSPX Actualités] La messe traditionnelle en braille

SOURCE - FSSPX Actualités - 13 janvier 2017

Le projet d’éditer l’ordinaire de la messe dans le rit dit de saint Pie V en braille à l’intention des fidèles non-voyants est porté par la Latin Mass Society. Il doit voir le jour à la fin du mois de janvier.

« Savez-vous que le 4 janvier est consacrée comme la journée mondiale du braille ? Cette journée souligne l’apport inégalé de Louis Braille - dont c’est l’anniversaire de naissance - pour permettre aux non-voyants d’accéder à la lecture et à l’écriture ».

C’est par ces mots postés sur son compte Facebook que The Latin Mass Society (LMS) introduit l’annonce de l’impression de l’ordinaire de la messe traditionnelle en braille, « une ressource unique bientôt disponible », rajoute l’éditeur.

Joseph Shaw, le directeur de LMS précise que cette idée vient de « nombreuses demandes » faites en ce sens. Il explique de plus qu’un second ouvrage en braille viendra par la suite compléter le premier : le canon de la messe suivi d’autres textes liturgiques importants, plus particulièrement destiné aux prêtres non-voyants.

[FSSPX Actualités] Satan démasqué

SOURCE - FSSPX Actualités - 13 janvier 2018

En près de cinq ans de pontificat, François a fait davantage allusion au diable dans ses sermons ou écrits que ne l’ont fait ses prédécesseurs ces cinquante dernières années. Chez le pape argentin, le diable et sa capacité de division sont devenus des lieux communs de sa prédication.

Dès la première messe concélébrée dans la Sixtine avec les cardinaux au lendemain de son élection, le nouveau pape prévenait : « quand on ne confesse pas Jésus-Christ, c’est la mondanité du diable qu’on confesse ! »

Depuis, au fil des mois, François a souvent rappelé que « Satan est un séducteur » ; « c’est l’ennemi de tout homme et il est astucieux car il se présente comme quelqu’un de bien, mais son but, c’est de détruire ».

Le pape précise le mode d'action du démon : « lentement, dans notre vie, le diable fait évoluer nos principes pour nous porter à la mondanité » ; « il a deux armes puissantes pour tenter de détruire l’Eglise : les divisions et l’argent ».

Dernièrement, le 13 décembre 2017 dans son commentaire du Notre Père sur TV2000, François a rappelé que « le diable est bien une personne » avec laquelle « il ne faut pas essayer de discuter », car « il est plus intelligent que nous ».

Il serait intéressant de se demander si une religion devenue subitement accommodante avec le monde et ses maximes ne trahit pas l'influence de Satan. Après le concile Vatican II (1962-1965), marqué par l'aggiornamento qui voulut ouvrir le catholicisme à la modernité, le pape Paul VI avait entrevu l'action du père du mensonge à l'œuvre dans la sainte Eglise. Le 29 juin 1972, dans son homélie pour la fête des saints Pierre et Paul, il avait déclaré : « Devant la situation de l'Eglise d'aujourd'hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l'incertitude, la problématique, l'inquiétude, l'insatisfaction, l'affrontement... »

Pour démasquer complètement Satan, il convient d'identifier le vent révolutionnaire qui corrompt la foi, le culte et la morale et semble vouloir tout emporter dans son souffle. Seul le retour des successeurs de saint Pierre et de saint Paul à l’enseignement bimillénaire de l'Eglise et à la messe de toujours pourra dissiper les « fumées de Satan » qui se sont introduites jusque dans le sanctuaire.

[Paix Liturgique] 2018, l'année des bons pasteurs ?

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 627 - 11 janvier 2018

Et si 2018 était l'année des bons pasteurs ? Voici le vœu que nous formulons pour cette nouvelle année, inspirés par la nomination et l'installation de Mgr Aupetit à la tête de l'archidiocèse de Paris. Quatre principes d'action, valables pour tous les pasteurs authentiquement intéressés au bien des âmes qui leurs sont confiées, ressortent des toutes premières déclarations du nouvel archevêque de Paris. Nous y souscrivons pleinement.

1) Aimer sans exception

« Il faut du temps pour apprendre à aimer les personnes qui vivent sur un diocèse. Car au-delà des sympathies ou des sentiments naturels, il convient de les aimer comme Jésus lui-même les aime : sans jugement, sans a priori, et sans exception. Chaque jour je prie pour tous ceux qui me sont confiés. »
(« À Dieu » de Mgr Aupetit aux fidèles de Nanterre, 7 décembre 2017)

« Le fil rouge, c'est comment on fait pour aimer les gens. Que ce soit des jeunes, que ce soit des paroissiens, que ce soit des prêtres. (…) Au fond, c'est toujours ça : comment on arrive à aimer les gens, mais ceux qu'on n'avait pas prévu et qu'on apprend à aimer, tout simplement. »
(Entretien à KTO, 7 décembre 2017)

2) Réfléchir librement

« L'Église peut être dérangeante, mais elle peut aussi ne pas l’être. Sur certains sujets, elle doit faire entendre sa voix pour permettre aux personnes de prendre conscience. Quand tout le monde va dans le même sens, le danger est que les consciences soient anesthésiées. À nous, catholiques, de savoir réveiller nos concitoyens, en permettant à chacun d’être libre par rapport à la bien-pensance. Que pouvons-nous dire, non pas pour les contrarier, mais pour leur permettre d’avoir une véritable réflexion, au-delà des prêts-à-penser ? »
(Entretien à Paris Notre-Dame, 4 janvier 2018)

3) Répondre aux attentes des fidèles

« Ce que je vois, c'est qu'il y a quand même une grande soif. Que ce soit chez les jeunes ou les plus âgés, chez les gens qui travaillent, il y a une vraie attente. Alors, maintenant, comment, nous, on fait pour répondre à cette attente. Voyez, la question c'est que les gens ont soif et est-ce qu'on leur donne la boisson qui convient ? C'est pas évident parce que quelquefois on a des projets pastoraux, etc. mais, manque de chance, ça ne correspond pas à ce que les gens attendent. C'est comme si vous vouliez faire boire du coca-cola à un œnologue... eh bien, ça ne marche pas. »
(Entretien à KTO, 7 décembre 2017)

4) Unir sans uniformiser

« Je pense que le premier rôle de l’évêque est d’unir, ce qui ne veut pas dire uniformiser. Dans l’Église, il y a différentes réalités sociologiques, différentes sensibilités. L’évêque doit être celui qui rappelle que ce qui nous unit est bien plus fort que ce qui pourrait nous diviser. Je crois que c’est vraiment la chose première. Comment permet-on aux personnes de travailler ensemble : prêtres, diacres, laïcs... chacun ayant une vraie responsabilité ? »
(Entretien à Paris Notre-Dame, 4 janvier 2018)

LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Vocation tardive, médecin ordonné à l'âge de 44 ans en 1995, Michel Aupetit a été formé sacerdotalement alors que la politique de recentrage du cardinal Lustiger commençait à porter ses fruits à Paris. Dans le groupe des « fils de Jean-Marie Lustiger » que constituent les évêques de Paris et des environs, il compte parmi les prélats ouverts et respectueux des sensibilités.

2) Du point de vue liturgique, celui qui accompagnait dans sa jeunesse la messe à la guitare a, sans avoir un profond habitus liturgique, beaucoup évolué. Certes, le 2 décembre 2007, comme vicaire général, il avait imposé, lors d’une messe au Val-de-Grâce, dépendant du diocèse aux Armées, d’y célébrer désormais face au peuple. Dix ans après, et comme nous avons rendu compte dans notre lettre 621, il a très volontiers organisé une messe anniversaire pour le motu proprio Summorum Pontificum dans sa cathédrale de Nanterre, le 11 novembre 2017. Empêché in extremis d'y présider, il fit néanmoins adresser un message chaleureux aux fidèles qui y participèrent.

3) À cet homme direct, qui dit franchement ce qu’il pense et n'a pas peur d'exercer son autorité, certains reprochent parfois de ne pas écouter suffisamment. Les principes d'action que nous rapportons ici sont autant de bonnes résolutions dont on ne peut que lui faire gré. Appliqués au champ liturgique, ils pourraient être les garants de la mise en œuvre d'une paix et d'une réconciliation durables dans les paroisses parisiennes. Comme nous le soulignons lettre après lettre, et comme l'ont bien illustré nos sondages – aussi bien internationaux que diocésains – il y a dans toutes nos paroisses un noyau de fidèles, souvent silencieux, désireux de bénéficier pleinement des richesses liturgiques de l'Église. En se déclarant prêt à aimer ses brebis, toutes ses brebis, sans a priori ; prêt à considérer sans œillères les situations particulières ; prêt à écouter les attentes des fidèles avec le désir sincère d'y répondre ; prêt à faire une place à chacun en les faisant travailler ensemble dans le respect de leurs singularités, l'archevêque de Paris offre un modèle de conduite pastorale auquel nous ne pouvons que souscrire tant il est l'antidote à l'exclusion et au mépris qui ont si longtemps prévalu au sein de l'Église de France.

4) Prions donc pour que 2018 soit l'année des bons pasteurs, décidés à donner la vie, en abondance, à toutes les âmes dont ils ont la charge, dans le respect de leurs différences et de leurs aspirations.

12 janvier 2018

[Marie Malzac - La Croix] La Fraternité Saint-Pie-X élira son nouveau supérieur au mois de juillet

SOURCE - Marie Malzac - La Croix - 12 janvier 2018

Sur son site, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X a indiqué lundi 8 janvier que se tiendrait cet été en Suisse son quatrième chapitre général, au cours duquel ses responsables devront élire le Supérieur général et ses deux assistants. 

Près de 50 ans après sa fondation et 30 ans après le schisme de Mgr Marcel Lefebvre, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) tiendra du 11 au 21 juillet son quatrième chapitre général à Écône, la ville suisse où se trouve son séminaire international.

Cette assemblée, qui réunit tous les douze ans les membres du conseil général de la Fraternité, les supérieurs des séminaires et des districts ainsi que les prêtres les plus anciens, doit élire son nouveau supérieur général ainsi que ses deux assistants, a précisé « La Porte Latine », le site officiel du district de France de la FSSPX.

Le chapitre général est « surtout » l’occasion de « vérifier que les statuts sont fidèlement appliqués, toujours dans l’esprit qui a présidé à la fondation », indique le site. Pour cela, plusieurs aspects de la vie de la société seront passés en revue : « vie commune et liturgique, apostolat et administration, sanctification des membres, combat de la foi ».

Un chapitre dit d’affaires s’était tenu en 2012, à mi-mandat, pour faire le point sur la vie de la société.

« Il s’agit de savoir si nous sommes bien fidèles à la principale mission de la FSSPX, à savoir la sanctification du clergé », rappelle à La Croix l’abbé Christian Bouchacourt, supérieur du district de France. Les relations avec Rome seront bien sûr au cœur des discussions. « D’ailleurs, dès qu’un nouveau supérieur est élu, la décision est immédiatement transmise au Vatican », indique-t-il. Canoniquement, le vote doit même être ratifié par les autorités romaines…
« Tensions apaisées »
Supérieur depuis 24 ans, Mgr Bernard Fellay, âgé de 59 ans, peut en théorie prétendre à un troisième mandat. Il n’y a aucun candidat déclaré et le prochain supérieur doit être choisi parmi les membres perpétuels de la congrégation.

Après une série de déclarations de Mgr Fellay il y a quelques mois allant dans le sens d’un rapprochement avec le Vatican et les vives oppositions que ses propos avaient suscités dans une partie des rangs de la FSSPX, le calme semble revenu. « En fin de mandat, ce n’est pas le moment des grandes décisions, il y a un certain attentisme », observe l’abbé Bouchacourt, pour qui les « tensions sont apaisées ».

En mai 2017, la fraternité avait même relevé de leurs fonctions plusieurs prêtres s’étant montrés hostiles à la politique « d’ouverture » de la hiérarchie lefebvriste. Cela avait notamment été le cas de l’abbé Patrick de La Rocque, curé de l’emblématique paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, en plein cœur de Paris, « occupée » par la FSSPX depuis 1977.

La FSSPX revendique aujourd’hui en France 170 prêtres, 35 prieurés et scolarise plus de 2 200 garçons dans ses écoles.

11 janvier 2018

[Peregrinus] La liturgie en Révolution (4) : La liturgie en français avant la Terreur

SOURCE - Peregrinus - 11 janvier 2018

Les cérémonies en langue vulgaire constituent certainement l’une des expériences liturgiques les plus marquantes de la décennie révolutionnaire. Les tentatives de passage au français feront l’objet de deux parties distinctes. En effet, les historiens ont mis en évidence la césure que représente pour l’Eglise constitutionnelle la persécution terroriste (1) : la promotion de la liturgie en langue vulgaire n’a pas nécessairement la même signification avant et après la déchristianisation de l’an II.

Il faut tout d’abord noter qu’avant la Terreur, les expériences de liturgie française demeurent extrêmement marginales. En 1792, un an après l’installation de la nouvelle Eglise constitutionnelle, le canoniste Maultrot, adversaire infatigable du clergé jureur, peut écrire que l’office en langue vulgaire est avec l’autorisation du mariage des prêtres et du divorce le seul point qui sépare encore l’Eglise constitutionnelle du protestantisme (2), ce qui témoigne du maintien presque général de la liturgie latine par les prêtres assermentés.

Dans les premiers temps de la Constitution civile du clergé, le passage effectif au vernaculaire semble en effet avant tout le fait d’ecclésiastiques isolés. Certes, on compte parmi eux un évêque, Mgr Lafont de Savine, évêque de Viviers, l’un des quatre évêques d’Ancien Régime à avoir accepté le serment constitutionnel. Le prélat décide ainsi de remplacer les vêpres par des cantiques en vernaculaire par des jeunes filles et veille lui-même à l’application de cette réforme en en plaçant une dizaine à la balustrade de sa cathédrale. Cette initiative est cependant celle d’un prélat excentrique et psychologiquement instable, qui processionne au son de la Marseillaise et du Ça ira, fait repeindre aux couleurs de la Nation l’intérieur de sa cathédrale et retranche de la messe le chant du kyriale parce qu’il la trouve trop longue ; la réforme se heurte de plus à l’hostilité déclarée des paroissiens, qui protestent et menacent de fouetter publiquement les jeunes filles qui accepteraient de chanter à la tribune (3).

De même, au-delà du vernaculaire, il ne faut sans doute pas donner à certaines initiatives de l’épiscopat constitutionnel une signification qu’elles n’ont probablement pas. Certes, Lamourette, évêque intrus de Lyon, abat en septembre 1791 le jubé du chœur de sa cathédrale et déplace l’autel du fond du chœur à la croisée du transept pour le rapprocher des fidèles (4). Cependant, il reste douteux qu’on puisse véritablement attribuer à ces décisions la volonté de promouvoir une participation active des fidèles qui annoncerait le mouvement liturgique du XXe siècle, voire la réforme postconciliaire. La restructuration du chœur correspond en effet en réalité à l’application du nouveau statut constitutionnel des cathédrales, qui supprime l’office canonial pour le remplacer par un office paroissial : le jubé et l’autel très reculé correspondaient aux besoins de l’office des chanoines, et on sait qu’il était habituel avant la Révolution de dresser dans les cathédrales un autel à la croisée du transept pour les cérémonies auxquelles assistait un grand concours de peuple (5). Il est donc loin d’être certain que Lamourette entendait réellement promouvoir une liturgie participative.

En effet, la compréhension exacte des textes liturgiques par les fidèles ne semble pas se trouver au cœur des expériences vernaculaires antérieures à la Terreur. Significativement, alors que les dialectes restent très répandus, les projets de liturgie en langue vulgaire sont des projets de liturgie en français. « L’unité de l’idiome, écrit ainsi sous la Terreur Grégoire, évêque intrus du Loir-et-Cher et partisan de la traduction de la liturgie, est une partie intégrante de la révolution (6). » Pour Grégoire, la traduction en français des textes liturgiques permettrait de seconder les efforts des administrations pour éradiquer les patois et conforter l’œuvre de la Révolution.

Une telle perspective semble également celle de Robert-Thomas Lindet, évêque intrus de l’Eure, l’un des prélats constitutionnels les plus avancés. Pour Lindet, le passage au français dans le culte s’inscrit dans le combat que doit mener selon lui le clergé contre les superstitions et les «pratiques bizarres»:
les prêtres] ne conserveront que les institutions qui ont un but moral ; les fêtes religieuses prendront une couleur nationale, on ne se bornera plus à parler aux Français des murs de Jéricho, de la sortie d’Egypte, des exploits de Samson, de Judith, des Machabées, on leur parlera un jour des ruines de la Bastille, de la destruction des tyrans, du règne de la liberté, des exploits des Héros de la république, & les mystères seront célébrés dans la langue du peuple (7).
Chez Lindet, le passage au français est inséparable d’un changement de contenu des mystères chrétiens, qu’il met ouvertement au service de l’exaltation de la Révolution. Il convient ainsi d’éviter l’anachronisme ou l’interprétation réductrice qui consisterait à désigner les partisans de la liturgie française comme les précurseurs purs et simples de la réforme des années 1960. Avant la réorganisation de l’Eglise constitutionnelle en 1795, la volonté de passer à la messe en français, chez Grégoire comme chez Lindet malgré ce qui les sépare par ailleurs, témoigne non tant de la promotion d’une « participation active » soucieuse de compréhension littérale des textes que de l’instrumentalisation de la liturgie par certains clercs fortement politisés, qui y voient un moyen de diffuser les idées républicaines et de conforter dans les départements l’appartenance à la Nation française révolutionnaire.

(A suivre)

Peregrinus
----------
(1) Cf. Rodney Dean, L’abbé Grégoire et l’Eglise constitutionnelle après la Terreur, chez l’auteur, Paris, 2008 ; Jules Gallerand, Les cultes sous la Terreur en Loir-et-Cher (1792-1795), Grande Imprimerie de Bois, Blois, 1928, p. 580-584 ; Jeanne-Marie Tuffery-Andrieu, Le concile national en 1797 et en 1801 à Paris. L’Abbé Grégoire et l’utopie d’une Eglise républicaine, Peter Lang, Bern, 2007, p. 79.
(2) Gabriel-Nicolas Maultrot, Comparaison de la constitution de l’Eglise catholique et de la nouvelle Eglise de France, Dufresne, Paris, 1792, p. 280.
(3) Simon Brugal, Le schisme constitutionnel dans l’Ardèche. Lafont-Savine, évêque jureur de Viviers, 2e édition, Humbert et Fils, Largentière, 1977, p. 28-31.
(4) Paul Chopelin, Ville patriote et ville martyre. Lyon, l’Eglise et la Révolution (1788-1805), Letouzey & Ané, Paris, 2010, p. 160.
(5) Voir par exemple les plans de la cathédrale de Clermont (Archives Nationales, G/8/755).
(6) Henri Grégoire, Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française, Convention Nationale, Paris, 1794, p. 11.
(7) Robert-Thomas Lindet, Evêque du Département de l’Eure, aux Citoyens du même Département, chez Boulard, Paris, 1792, p. 10.

9 janvier 2018

[FSSPX (France)] Communiqué du Supérieur du District à tous les fidèles: à propos de la marche pour la vie

SOURCE - FSSPX - Disctrict de France - 9 janvier 2018

Chers fidèles,

Le 21 janvier prochain se déroulera à Paris la « marche pour la vie » en protestation contre les crimes de l’avortement et le projet de loi de la PMA (Procréation Médicalement Assistée), que le gouvernement voudrait soumettre au Parlement prochainement.

Que les fidèles qui le souhaitent n’hésitent pas à s’y rendre. L’initiative est certes louable, mais elle ne sera qu’un exutoire improductif si elle n’est précédée et accompagnée de nos supplications vers le Ciel. Car il faut être réaliste : humainement parlant, ces combats sont perdus tant les forces politiques, médiatiques et financières soutiennent les crimes contre Dieu et l’humanité que constituent les 220 000 avortements annuels officiellement recensés, sans prendre en compte les avortements thérapeutiques. C’est un véritable génocide favorisé et perpétré depuis plus de quarante ans. Ce sont les sacrifices humains du XXIe siècle, commis en blouse blanche.

Si tout recours humain semble vain pour arrêter un tel génocide, il nous reste, plus que jamais, la possibilité de tourner nos regards vers le Ciel et d’implorer la miséricorde divine pour la France et ses dirigeants qui défigurent la « Fille aînée de l’Église ». Aussi, chers fidèles je vous invite tous à répondre à l’appel de vos prêtres qui, partout où cela sera possible, organiseront, le 20 janvier ou à la date la plus proche, une veillée de prière réparatrice avec la récitation du chapelet devant le Saint Sacrement exposé. Nous y prierons aux intentions suivantes :
  • en réparation pour les crimes abominables de l’avortement ;
  • pour que Dieu nous préserve d’autres lois mortifères, comme celles de la PMA ou de l’euthanasie ;
  • pour qu’Il redonne aux autorités ecclésiastiques la force et le courage de rappeler avec clarté la gravité de l’avortement et des sanctions qu’encourent celles et ceux qui pratiquent de tels actes ou y participent ;
  • pour qu’Il suscite une élite politique catholique capable d’abroger les lois existantes et d’empêcher avec efficacité celles envisagées ;
  • pour qu’Il ait pitié des mères qui recourent à l’avortement, qu’Il les convertisse ainsi que tous ceux qui se rendent complices de ces crimes odieux.
J’encourage vivement ceux d’entre vous qui ne pourront se déplacer jusqu’à une de nos chapelles ou églises à réciter le chapelet chez eux en famille, à cette date du 20 janvier, et nos malades à offrir leurs souffrances à toutes ces intentions.

Rappelons-nous les paroles de Sœur Lucie de Fatima :
« La Très Sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire. De telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations — il n’y a aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes(1) .»
Ayons confiance en celle qui est « forte comme une armée rangée en bataille ». Elle a montré tout au long de l’histoire de l’Église combien sa maternelle assistance est efficace et puissante.

Rappelons-nous enfin ces paroles du Christ : « Ayez confiance, j’ai vaincu le monde(2) ». L’Apôtre saint Paul s’en fera l’écho par ces mots : « Si Dieu est avec nous, qui est contre nous(3) ?».

Faisons donc monter avec ferveur nos prières vers Dieu. Comme le disait sainte Jeanne d’Arc : « À nous la bataille, à Dieu la victoire. »Que Dieu vous bénisse !

Abbé Christian BOUCHACOURT, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Suresnes, le 9 janvier 2018
----------
(1) Sœur Lucie au Père Fuentes le 26 décembre 1957
(2) Évangile selon saint Jean, XVI,33
(3) Ro VIII, 31

[Le Salon Beige] RIP abbé Georges Salleron FSSP

SOURCE - Le Salon beige - 9 janvier 2018

Dimanche 7 janvier 2018, l’abbé Georges Salleron, prêtre incorporé dans la Fraternité Saint-Pierre depuis 1989, a rendu son âme à Dieu, dans sa 76e année.

Fils de Louis Salleron, membre fondateur de la revue Itinéraires, l’abbé Georges Salleron est entré dans l’ordre des Carmes en 1965, puis a rejoint la Fraternité sacerdotale saint-Pie-X en 1970, où il reçoit l’ordination sacerdotale en 1972.

Suite à la suspens a divinis de Mgr Lefebvre en juillet 1976 et aux propos tenus par ce dernier lors de la messe à Lille du 4 août 1976, l’abbé Georges Salleron quitte la Fraternité Saint-Pie-X et s’installe près du Mans. En 1989, toujours incardiné à La Réunion depuis son ordination en 1972, il est incorporé annuellement à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre et intervient régulièrement au séminaire de Wigratzbad pour dispenser des cours de philosophie et de théologie.

Sa messe de funérailles sera célébrée à l’église Saint-Georges de Bouloire jeudi 11 janvier à 10h30.

La vie de l’abbé Georges Salleron porte le témoignage d’une fidélité indéfectible au successeur de Pierre et d’un attachement irrévocable à la liturgie traditionnelle, conservant l’un et l’autre au prix de nombreux sacrifices. Il a ainsi ouvert la voie aux instituts Ecclesia Dei, lesquels peuvent désormais vivre paisiblement de ce double attachement. Conscients de notre dette de gratitude à son endroit, nous prions Dieu de l’accueillir dans sa Lumière et de lui donner la Paix.

8 janvier 2018

[Maurice Page - cath.ch] Les Lefrebvristes comptent 637 prêtres

SOURCE - Maurice Page - cath.ch - 8 janvier 2018

Aujourd’hui, la Fraternité intégriste Saint-Pie X (FSSPX) compte 637 prêtres, ainsi que 123 frères profès et 79 sœurs oblates qui se dévouent à leurs côtés. Dans ses séminaires et ses noviciats, répartis dans le monde entier, environ 250 jeunes gens se forment à la prêtrise, indique la FSSPX dans un communiqué publié le 8 janvier 2018.
     
Les disciples de Mgr Marcel Lefebvre tiendront en outre leur 4e chapitre général en juillet 2018, à Ecône en Valais. Les membres du Conseil général, les Supérieurs des séminaires et des districts, ainsi que les membres prêtres les plus anciens se réuniront pour désigner les autorités de la Fraternité et examiner les différents aspects de la vie de la société. Ce chapitre ne se réunit que tous les 12 ans.
     
Depuis plusieurs années deux tendances s’affrontent au sein de la FSSPX. L’une, autour du supérieur général Bernard Fellay, pour un accord avec Rome, l’autre fermement opposée à toute tentative de rapprochement avec le modernisme. 

[FSSPX Actualités] 2018, une année importante pour la Fraternité Saint-Pie X

SOURCE - FSSPX Actualités - 8 janvier 2018

La Fraternité Saint-Pie X est une société sacerdotale dont les statuts ont été approuvés par un décret de l’évêque de Fribourg, Mgr François Charrière, le 1er novembre 1970. Elle a été fondée et organisée hiérarchiquement par Mgr Marcel Lefebvre, dans une période d’effondrement du sacerdoce catholique, avec l’approbation de l’autorité diocésaine.

Ses constitutions, placées sous le patronage de saint Pie X, ont fait l’objet d’une lettre officielle de louanges de la part du préfet de la Sacrée Congrégation pour le Clergé, le cardinal John Joseph Wright, le 18 février 1971.

Dans sa préface à la réédition des statuts de la Fraternité, le 20 mars 1990, Mgr Lefebvre salue l’action de la Providence qui, « dans sa Sagesse infinie, suscite une œuvre de restauration du sacerdoce catholique, afin de préserver les trésors que Jésus-Christ a confiés à son Eglise, la foi dans son intégrité, la grâce divine par son Sacrifice et ses sacrements, et les pasteurs destinés à la dispensation de ces trésors de vie divine ».

Aujourd’hui, la Fraternité Saint-Pie X compte 637 prêtres, ainsi que 123 frères profès et 79 sœurs oblates qui se dévouent à leurs côtés. Dans ses séminaires et ses noviciats, répartis dans le monde entier, environ 250 jeunes gens sont formés au service de l’autel.

L’année 2018 sera marquée par un événement important dans la vie de cette société sacerdotale. En effet, le Chapitre général se réunit tous les 12 ans en vue d’élire le Supérieur général et ses deux Assistants, mais surtout pour vérifier que les statuts sont fidèlement appliqués, toujours dans l’esprit qui a présidé à la fondation.

Homme d’Eglise, ayant acquis une grande expérience dans les pays de mission, Mgr Lefebvre mettait en garde contre toutes les innovations, hormis celles qui concernent l’administration de la société, rendues nécessaires par le développement de l’apostolat et des multiples œuvres dont s’occupe la Fraternité.

C’est ainsi que se tiendra, du 11 au 21 juillet 2018, le quatrième Chapitre général de la Fraternité. Il aura lieu en Suisse, au séminaire Saint-Pie X d’Ecône. Les membres du Conseil général, les Supérieurs des séminaires et des districts, ainsi que les membres prêtres les plus anciens se réuniront pour désigner les autorités de la Fraternité et examiner les différents aspects de la vie de la société : vie commune et liturgique, apostolat et administration, sanctification des membres, combat de la foi.

A cette occasion, le Supérieur général, Mgr Bernard Fellay, a prescrit des prières qui seront dites quotidiennement dans toutes les maisons de la Fraternité Saint-Pie X à partir du 11 janvier, soit six mois avant le début du Chapitre. Il s’agit de réciter le Veni Sancte Spiritus pour implorer les lumières du Saint-Esprit, et d’invoquer le Cœur Immaculé de Marie et le saint pape Pie X pour obtenir leur protection et intercession. Les fidèles et toutes les âmes de bonne volonté sont cordialement invités à s’y joindre.
Venez Esprit-Saint,
Remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour.
V. Envoyez votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle.
R. Et vous renouvellerez la face de la terre.
Prions : O Dieu, qui avez instruit les cœurs des fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit, de comprendre et d'aimer ce qui est bien, et de jouir sans cesse de ses divines consolations. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous qui avons recours à vous.
Saint Pie X, priez pour nous.

[FSSPX Actualités] Vitalité de la Fraternité Saint-Pie X en Asie

SOURCE - FSSPX Actualités - 3 janvier 2018

A l’occasion des vœux de Noël, le noviciat Saint-Bernard a la joie de présenter aux lecteurs de FSSPX.Actualités son nouveau sanctuaire flambant neuf dédié à Notre-Dame de Fatima.

Le noviciat Saint-Bernard est situé sur l’île d’Iloilo aux Philippines : il est dédié à la formation des frères et au discernement des pré-séminaristes et des pré-postulants qui frappent à la porte de la Fraternité en Asie.

Trois prêtres supervisent cette formation : l’abbé Coenradd Daniels, le prieur assisté des abbés Emerson Salvador et Aurelito Cacho.

A l’occasion des vœux de Noël publiés le 24 décembre, tout le noviciat s’est réuni pour souhaiter à ses bienfaiteurs et aux lecteurs de FSSPX.Actualités « un très saint Noël. Puisse l’enfant-Jésus et sa sainte Mère autant que saint Joseph faire descendre sur vous et vos proches les bénédictions du Père éternel ».

En ce qui concerne leur église consacrée le 13 mai dernier par Mgr Bernard Fellay, les arches de la façade sont désormais totalement achevées : « il ne reste plus qu’a remplir deux niches : l’une pour saint Michel archange, patrons des frères et l’autre pour sainte Elisabeth de Hongrie qui veille sur le diocèse d’Iloilo », précise la communauté du noviciat.

En effet un contretemps fâcheux est advenu : « les statues étaient déjà réalisées à moitié quand l’artiste a été rappelé auprès de Dieu. » Heureusement les apprentis du défunt pourront continuer l’œuvre de leur maître.

« Merci pour tous ce que vous avez fait pour nous » concluent les prêtres, les frères et les futurs religieux du noviciat... Puisse notre générosité envers cet apostolat fécond de la Fraternité en Asie ne pas s’arrêter là!
   

[FSSPX Actualités] Premières messes à La Reja

SOURCE - FSSPX Actualités - 7 janvier 2018

Au lendemain des ordinations sacerdotales au séminaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X en Argentine, le 16 décembre 2017, les nouveaux prêtres ont célébré leurs premières messes quelques jours avant Noël.

L'année 2017 s'est achevée dans la joie au Séminaire Notre-Dame-Corédemptrice de La Reja avec cinq ordinations sacerdotales.

Le lendemain, le 17 décembre 2017, les premières messes des nouveaux prêtres au service de la Fraternité ont été célébrées dans la plus grande solennité : professeurs, séminaristes, familles et fidèles de La Reja se sont retrouvés au pied de l'autel, afin de rendre grâces pour l'œuvre de préservation du sacerdoce catholique fondée par Mgr Marcel Lefebvre, et perpétuée à travers ces nouveaux prêtres.

Confions ces jeunes prêtres à Notre-Dame Corédemptrice : qu'elle en fasse des âmes ardentes à faire le bien, et qu'elle continue de susciter de nombreuses vocations parmi les jeunes gens prêts à tout donner pour l'amour de Dieu et le salut des âmes.


[La Porte Latine] Mgr Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg, soutient la démarche des évêques qui s'opposent à Amoris Laetitia

SOURCE - La Porte Latine - 8 janvier 2018

Dans un premier temps ce sont deux nouveaux archevêques qui ont rejoint les trois Évêques du Kazakhstan en signant la « Profession des Vérités Immuables sur le Mariage Sacramentel », qui dénonce l'interprétation d'Amoris Laetitia (AL) que le Pape François a approuvée sous le label « Magistère Authentique » et qui est cause de « confusion rampante », « étrangère » à la Foi Catholique, et contribuant à la diffusion de ce que Vatican II appelait l’« épidémie du divorce » dans l'Église.

Ces deux Archevêques sont des « poids lourds » ecclésiastiques : l'Archevêque Carlo Vigano, qui n'était pas moins que l'ancien Nonce Apostolique des États-Unis, et l'Archevêque Émérite Luigi Negri, responsable à la retraite de l'Archidiocèse de Ferrara-Comacchio.

Mais où, aurait-on pu se demander, se trouvent les Princes de l'Église, dont aucun n'a dénoncé l'attaque d'Amoris Laetitia contre l'édifice moral de l'Église ? Où, en particulier, sont les cardinaux Raymond Burke et Brandmüller, qui ont promis depuis longtemps mais qui jusqu'ici n'ont pas réussi à fournir une « Correction Formelle » des erreurs d'Amoris Laetitia?

Maintenant, cependant, au moins un Cardinal s'est levé pour défendre la Foi contre l'assaut d'Amoris Laetitia et l '« interprétation » que François a qualifiée de « Magistère Authentique » — même si elle contredit l'enseignement de ses deux prédécesseurs immédiats et est, comme la Profession le mentionne, « étrangère à toute la Tradition de la Foi Catholique et Apostolique ». Selon Diane Montagna du Life Site News, le cardinal Janis Pujats, Archevêque Métropolite de Riga, en Lettonie, a rejoint les trois Évêques du Kazakhstan et les deux archevêques Italiens en signant le « Profession des Vérités Immuables sur le Mariage Sacramentel » ... L'ajout de la signature du Cardinal Janis Pujats porte à six le nombre de signataires ».

Aujourd'hui nous apprenons qu'un nouvel évêque, Mgr Andreas Laun(1), évêque auxiliaire de Salzbourg, récemment nommé évêque auxiliaire émérite, a lui aussi adhéré à la-dite " Profession".

Andreas Laun n'est pas un inconnu. Cet ancien professeur de théologie morale à la Haute école de philosophie et de théologie de Heiligenkreuz près de Vienne a entretenu des liens étroits avec les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Considéré comme le « lion de Salzbourg », il est renommé bien au-delà des régions germanophones pour son engagement courageux en faveur de la doctrine catholique sur le mariage et la sexualité.

Bien loin d'être un théoricien pur et dur, il s'est toujours profilé en pasteur dévoué sur un plan personnel. Sa douceur et sa compréhension envers les personnes en « situation irrégulière » donnent tort aux représentants des « sages » de la morale catholique qui le qualifient de pharisien rigide. La Commission pour le mariage et la famille de l'archidiocèse de Salzbourg, qu'il a constituée et dirigée, a toujours été un modèle à suivre en matière de mise en pratique de la doctrine catholique sur la sainteté du mariage et de la vie.
----------
(1) Mgr Andreas Laun est le fils du célèbre converti autrichien Hellmut Laun, lui-même ami du très grand moraliste Dietrich von Hildebrand que le pape Pie XII considéré comme « le docteur de l’Église du XXe siècle » et qui est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question de l’amour et du mariage, dont Pureté et virginité (DDB), Le mariage (Le Cerf, traduction Benoit Lavaud), L’Église face aux problèmes de l’amour, sans oublier ses ouvrages sur la crise de l’Église : Le cheval de Troie dans la cité de Dieu (Beauchesne) et La Vigne ravagée (DMM). Dietrich von Hildebrand avait également préfacé le premier tome du recueil des éditoriaux de Marcel Clément, Combat pour l’espérance, tome 1 (éditions de l’Escalade).

6 janvier 2018

[FSSPX Actualités] Collège cardinalice : état des lieux

SOURCE - FSSPX Actualités - 6 janvier 2018

Au 20 décembre 2017, le collège cardinalice compte 120 cardinaux électeurs dont 20 créés par Jean-Paul II, 51 par Benoît XVI et 49 par le pape François. Des chiffres amenés à évoluer dans les prochains mois.

En effet, d’ici la fin du mois de mars 2018, le nombre des électeurs potentiels du futur pape va baisser à 114 : six cardinaux auront atteint la limite de l’âge canonique fixé à 80 ans pour voter lors du conclave.

Il s’agit des cardinaux Antonio Maria Vegliò (Italie), président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, né le 3 février 1938 ; Paolo Romeo (Italie), archevêque émérite de Palerme (Italie) né le 20 février 1938 ; Francesco Coccopalmerio (Italie), président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, né le 6 mars 1938 ; Manuel Monteiro de Castro (Portugal), grand pénitencier émérite, né le 29 mars 1938 ; Pierre Nguyễn Văn Nhơn, (Vietnam), archevêque de Hanoi, né le 1er avril 1938 et Angelo Amato (Italie), préfet de la Congrégation pour les causes des saints, né le 8 juin 1938.

Le collège des cardinaux compte encore 92 cardinaux non-électeurs.

L’élection du Pontife romain est réglée par la Constitution apostolique Universi dominici gregis promulguée par Jean-Paul II et qui fixe à 120 le nombre maximal de cardinaux électeurs.




[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] La FSSPX en 2018?

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 6 janvier 2018

Saint Paul nous a conseillé “Doctrine et piété”,
Catholiques! Lisez, priez, pour ne pas chuter!

Devant le déclin du monde, qui ne cesse de s’accentuer, les gens sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux et à se demander comment cela va finir. Alors que le pape dirige résolument l’Eglise catholique vers sa dégénérescence en semblant vouloir effacer les dernières traces de l’Eglise préconciliaire, de plus en plus de catholiques ouvrent les yeux et se demandent si le Concile (1962–1965) n’a pas représenté, pour la véritable Église catholique, un virage problématique. Ils regardent alors du côté de la Fraternité Saint-Pie X, fondée en 1970 par Mgr Lefebvre, précisément pour assurer la continuité avec l’Église préconciliaire. Mais que trouvent-ils ? Un groupe de prêtres, prêts à sympathiser de plus en plus avec l’Église postconciliaire, s’exprimant de moins en moins clairement sur Vatican II, et glissant dans les bras de la Rome conciliaire. Résultat ? Beaucoup d’âmes, à la recherche de la Vérité, sont plus désemparées que jamais : alors que va-t-il advenir de l’Église et la Fraternité Saint-Pie X en 2018 ?

Les âmes à la recherche de la Vérité doivent lire (par exemple Le Rhin se jette dans le Tibre de Ralph Wiltgen, ou Lettre aux catholiques perplexes de Mgr Lefebvre). C’est grâce à ce genre de lecture que de nombreux catholiques, dans les années 1970 et 1980, ont trouvé le chemin conduisant vers le mouvement Traditionnel où ils ont retrouvé la véritable Église, dont ils savaient qu’ils l’avaient perdue après le « renouveau » du Concile. Et en Mgr Lefebvre (1905–1991), ils ont trouvé un chef ayant une vision clairement catholique de l’événement du Concile : cette assemblée s’était tenue sous la pression du monde moderne afin que l’Église se conforme au monde moderne, alors que depuis le début de l’Église et jusqu’au XXe siècle, c’était l’Église qui avait toujours exigé du mond e qu’ il se conforme à Dieu.

Dans cette perspective, Vatican II représentait un bouleversement, un renversement complet, sans précédent dans toute l’histoire de l’Église ; mais les Pères conciliaires étaient presque tous plus ou moins désorientés par le monde moderne. Et ce bouleversement a désorienté l’Église officielle depuis le Concile jusqu’à nos jours. Donc étant donné que les ennemis de Dieu et de l’homme étaient derrière le monde moderne et derrière Vatican II ; et étant donné que, par une juste punition de Dieu, ils sont profondément incrustés dans les bureaux du Vatican, alors en 2018, à moins d’un miracle ou d’événements graves qui interviennent, l’Église officielle continuera sa dégringolade.

Et qu’en sera-t-il de la Fraternité Saint Pie X en 2018 ? Dans six mois, début juillet, se tiendront des élections pour choisir les trois hauts responsables de la FSSPX : le Supérieur Général et ses deux Assistants. Ils seront investis pour 12 ans. Si les 40 prêtres de la Fraternité habilités à voter lors de ces élections, souhaitent que la FSSPX poursuive sa glissade dans les bras de la Rome conciliaire, c’est-à-dire à épouser l’Église officielle, alors ils voteront pour réélire Mgr Fellay au poste de Supérieur Général. Il pourra ainsi parfaire son travail qui consiste à changer ce que voulait Mgr Lefebvre. En effet, alors que celui-ci affirmait clairement la nécessité de résister à Vatican II, Mgr Fellay a le projet nébuleux de mélanger la Tradition catholique avec Vatican II, ce qui revient à vouloir mélanger l’eau et le feu. Paul VI (1963–1978) avait déjà rêvé de sauver à la fois l’Église et le monde moderne en les fusionnant lors de Vatican II. De fait, il est presque parvenu à anéantir l’Église par sa lubie tyrannique. De même, Mgr Fellay désamorce la Fraternité en lui imposant une lubie similaire : opérer une réconciliation messianique issue de son imagination entre la Tradition et le Concile. Cette vision est bien différente de celle de Mgr Lefebvre. Comment les 40 prêtres voteront ils ? De leur vote dépendra l’évolution de la Fraternité en 2018, au moins à partir de juillet.

Mais Vatican II n’a pas été sans cause. N’est-ce pas ce fossé toujours grandissant entre la vraie Église de Dieu et l’homme moderne ? Vouloir concilier les deux, nécessite un effort insoutenable. Les Pères du Concile ont fait naufrage en s’y essayant. Mgr. Lefebvre, lui, a tenu bon sur les principes catholiques et il a fondé la Fraternité Saint Pie X. Mais ses successeurs ont craqué tout comme les Pères du Concile. Un monde sans Dieu nous entoure aujourd’hui, car le chant de ses sirènes est très séducteur. Il revient aux catholiques de “veiller et prier” – Il faut qu’ils lisent, qu’ils lisent beaucoup ; ils faut qu’ils aient une réelle vie de prière pour s’accrocher à Dieu. – Qu’ils réc itent chaque jour les 15 Mystères du Rosaire.

Kyrie eleison.

4 janvier 2018

[Peregrinus] La liturgie en Révolution (3) : L’égalité contre la liturgie

SOURCE - Peregrinus - Le Forum Catholique - 4 janvier 2018


Comme on l’a vu, l’installation de l’Eglise constitutionnelle au printemps 1791 n’entraîne pas la publication de nouveaux livres liturgiques. Dans l’ensemble, les évêques intrus, de même que la plus grande part de leur clergé paroissial, semblent s’être montrés d’abord soucieux d’observer les rites en vigueur avant le schisme. Il n’en va pas de même cependant de certains prêtres patriotes, animés du désir de faire passer dans les cérémonies du culte le nouvel esprit révolutionnaire, qu’ils identifient à un retour à la pureté de l’Eglise primitive. Leurs efforts se portent en premier lieu contre les marques liturgiques de la puissance épiscopale.

En effet, au XVIIIe siècle, la résistance des prêtres appelants et les difficultés économiques d’une partie du bas clergé (1) favorisent l’essor d’un mouvement de contestation du « despotisme épiscopal ». Le canoniste jansénisant Maultrot plaide ainsi, à la fin de l’Ancien Régime, pour un gouvernement de charité et de raison, où l’ « envie de dominer » des évêques est régulée par le rôle des chapitres cathédraux et surtout des synodes diocésains (2). La Constitution civile du clergé semble faire une place à ces revendications en entourant l’évêque d’un conseil de vicaires épiscopaux sans la délibération duquel il ne peut poser aucun acte de juridiction (titre I, article 14). 

Cette réforme suscite beaucoup d’espoir chez certains prêtres patriotes. Ainsi l’abbé Jean-François Nusse, curé dans le diocèse de Soissons, puis vicaire épiscopal de Grégoire, évêque intrus du Loir-et-Cher, attend-il de la nouvelle organisation ecclésiastique une « régénération de l’épiscopat ». Conformément au nouvel esprit, évêque doit cesser d’être un seigneur ; les signes monarchiques de son autorité spirituelle doivent donc disparaître de la liturgie. Il s’agit pour l’abbé Nusse d’effacer toute différence extérieure entre l’évêque et le prêtre :
Depuis long-tems, les évêques ne faisoient plus rien comme les autres prêtres. Autre mode de saluer le peuple, pax vobis. Autre mode de le bénir ; et qu’est donc le ministre bénissant les fidèles, si ce n’est un prêtre, puisant à l’autel où il célèbre, comme à sa source, les bénédictions qu’il répand sur la multitude chrétienne (3) ?
L’abbé Nusse se prononce également pour la suppression des ornements pontificaux ; quant aux encensements, ils doivent être réservés à Dieu seul ; ni le prêtre, ni l’évêque ne doit les recevoir.

Si l’écrit de Nusse, publié dans les premiers temps de l’Eglise constitutionnelle, témoigne d’un certain optimisme, les espérances des tenants du gouvernement collégial de l’Eglise par les membres du conseil épiscopal sont rapidement déçues : les prélats constitutionnels, soutenus par le Comité ecclésiastique de l’Assemblée Nationale, récusent pour la plupart toute lecture presbytérienne de la Constitution civile, dont ils donnent une interprétation restrictive et épiscopaliste, et se montrent généralement attachés à leur autorité et à ses symboles (4). C’est donc avec beaucoup d’amertume qu’en 1792 l’abbé Jean Tolin, ancien religieux prémontré et vicaire épiscopal du Loir-et-Cher, reprend les arguments de son collègue Nusse. En continuant à célébrer pontificalement, les évêques perpétuent dans l’Eglise l’Ancien Régime aboli partout ailleurs, alors même qu’il n’est pas de « doctrine plus démocrate » que celle de l’Evangile (5).

Pour Tolin, l’avarice des prêtres a engendré une « dévotion grossière » qui a « changé la face de l’Eglise, défiguré son culte (6) ». Le vicaire épiscopal déplore que le clergé constitutionnel lui-même justifie cette situation par l’usage et « par des menagemens pour le Peuple qu’on craint de scandaliser (7) », ce qui indique clairement qu’il n’entend pas s’arrêter à de telles considérations. « Concluant de la pompe judaïque à la nécessité de la pompe chrétienne, on a mêlé ces deux religions en mêlant leurs cérémonies et leur caractère », n’hésite pas à écrire l’ancien prémontré (8). A ses yeux, les marques liturgiques de respect des évêques sont des « niaiseries », et les messes pontificales, « cérémonies opposées à la doctrine de J. C. », un abus (9). Tolin revendique enfin le droit pour les curés de porter l’étole en toutes circonstances, même en présence de l’évêque (10).
Malgré leur violence, les attaques de Tolin n’auraient probablement pas obtenu seules la destruction des signes extérieurs de la domination du premier ordre hiérarchique : ainsi Nusse et Tolin sont-ils désavoués par les autres membres du conseil épiscopal du Loir-et-Cher (11). Cependant, il faut noter que le remuant vicaire épiscopal s’attire la sympathie de patriotes qui désormais ne cachent plus la distance qu’ils ont prise vis-à-vis de la religion catholique (12). 

C’est en effet de l’univers laïc des administrateurs et des clubs que viennent, après la proclamation de la République, des attaques plus dangereuses. On se contentera d’en donner ici un exemple particulièrement éloquent, l’arrêté pris par le département de l’Aisne contre l’évêque intrus Claude Marolles : 
Vu la délibération du Conseil général de la commune de Soissons du 5 de ce mois [janvier 1793] qui instruit que, contre tous les principes révolutionnaires dont les bons citoyens doivent être animés, l’on voit encore dans l'église-cathédrale le citoyen Marolles, évêque [constitutionnel] du département, se faire présenter un fauteuil de distinction, des carreaux, des tapis en velours, des salutations particulières et distinguées, des agenouillements pendant le service divin, anneau à baiser et autres signes caractéristiques de domination, de vanité et d’orgueil dont était entaché le ci-devant Clergé dans l'ancien régime, qu’il est important de supprimer, et dont le souvenir seul fait honte à notre régénération actuelle ; que ces hochets chimériques de vanité et d’ostentation ne devraient plus reparaître sous le règne de la Liberté et de l’Egalité ; que tous les lieux où il se fait des rassemblements sont soumis à l’inspection immédiate de la municipalité qui est tenue de surveiller à ce qu'il ne s’y passe rien de contraire au nouvel ordre des choses ; que la couleur violette est la pourpre romaine, celle des Césars ; que la croix pectorale est une décoration ; que les anciens évêques la portaient comme telle ; que la crosse et la mitre, ainsi que les glands, sont des signes de féodalité, puisqu’ils faisaient partie des supports que les évêques de l'ancien régime utilisaient dans leurs armoiries ; considérant enfin que toutes les distinctions doivent s’écrouler devant la statue de la Liberté et le niveau de l’Egalité ; arrête qu’à compter d’aujourd'hui tous les signes et attributs des ci-devant prélats et évêques qui retracent aux yeux des citoyens cet esprit d’orgueil et d’ambition qui les dominait jusque dans les lieux saints, où ils devaient au contraire montrer le plus d'humilité, ainsi que tout ce qui peut avoir rapport à l’ancien régime, est et demeure entièrement supprimé dans l’enceinte de la commune de Soissons, ainsi que le trône qui se trouve dans ladite église-cathédrale, et tous les autres objets ci-dessus spécifiés ; que toutes distinctions généralement quelconques demeurent anéanties sous le règne de la Liberté (13).
Si à cette date – plusieurs mois encore avant l’explosion déchristianisatrice de l’automne 1793 – les administrateurs du département n’affichent pas encore leur hostilité au christianisme lui-même, il est alors clair que les cérémonies du culte catholique telles qu’elles étaient célébrées sous l’Ancien Régime, ou même dans les premiers temps de la Constitution civile du clergé, sont désormais considérées comme incompatibles avec le nouvel ordre des choses, qui ne peut laisser subsister une liturgie au caractère essentiellement hiérarchique.

(A suivre)

Peregrinus
----------
(1) Sur la convergence d’un courant jansénisant passé au richérisme et du mouvement des curés syndicalistes, voir Edmond Préclin, Les Jansénistes du XVIIIe siècle et la Constitution civile du Clergé. Le développement du richérisme. Sa propagation dans le Bas Clergé (1713-1791), Librairie Universitaire J. Gamber, Paris, 1928, p. 458-460.
(2) Voir par exemple Gabriel-Nicolas Maultrot, Les Droits du second ordre, défendus contre les Apologistes de la domination Episcopale, ou Réfutation d’une consultation sur l’autorité législative des Evêques dans leurs Diocèses, publiée en 1775 en faveur de M. de Condorcet, Evêque de Lisieux, contre les Curés de son Diocèse, s. n. s. l., 1779, p. 116. 
(3) Lettre de Jean-François Nusse, curé-maire de Chavignon, à un Curé qui a prêté serment, sur ce que que nous attendons de la régénération de l’Episcopat, Lue à l’Assemblée Fédérative des Amis de la Vérité, Imprimerie du Cercle Social, Paris, 1791, p. 6-7.
(4) Voir Pierre de La Gorce, « Un chapitre de l’histoire religieuse pendant la Révolution. Le clergé constitutionnel », Revue des Deux Mondes, t. XXXVII, 1917, p. 591.
(5) Jean Tolin Grande réforme à faire dans le clergé constitutionnel, Imprimerie du Postillon, Paris, 1792, p. 38-39.
(6) Ibid., p. 8.
(7) Ibid., p. 4.
(8) Ibid., p. 19.
(9) Ibid., p. 12-13.
(10) Ibid., p. 24.
(11) Voir Augustin Gazier, Etudes d’histoire de la Révolution française, Armand Colin, Paris, 1887, p. 88-89.
(12) Voir par exemple Révolutions de Paris dédiées à la Nation, publiées par Prudhomme, vol. XI, Paris, 1791, p. 591-593. 
(13) Cité par Edouard Fleury, Le clergé du département de l’Aisne pendant la Révolution. Etudes révolutionnaires, t. II, Dumoulin, Paris, 1853, p. 25-26.

[Paix Liturgique] «On se fait déjà tellement ch... à la messe qu'on va pas en plus rajouter du latin!» (*)

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 626 - 3 janvier 2018

Entendue récemment dans une réunion paroissiale au cours de laquelle le curé proposait d'introduire le Credo en grégorien, cette phrase minable en dit long sur la façon dont un certain nombre de catholiques engagés dans la vie de leur paroisse perçoivent leur participation au Saint Sacrifice de la Messe. Ces catholiques, qui se revendiquent généralement de l'esprit du Concile, représentent parfaitement l'herméneutique de rupture condamnée par Benoît XVI dans son discours à la Curie du 22 décembre 2005. De toute évidence, ils n'envisagent la célébration eucharistique que comme un repas, une fête. Et, même quand le célébrant partage leur vision, ils n'y trouvent pas leur contentement.

Une liturgie aussi affligeante de platitude peut-elle en réalité secréter autre chose que de que l’ennui ? Pour autant, il ne saurait être question pour eux de revenir à l'essence de la messe : toute tentative de célébrer tourné vers le Seigneur, de respecter des temps de silence et d'adoration voire seulement, comme ici, de chanter de chanter le Credo III, qui accompagne généralement la Messe des Anges, les révolte. Tout timide essai de réintroduire un peu de sacré, de beauté et de mystère dans la liturgie leur apparaît comme une insupportable provocation.

Laudateurs de la « messe pour tous », ces piliers des conseils paroissiaux et des équipes liturgiques refusent d'entendre les aspirations des autres paroissiens à remettre, visiblement et symboliquement, le Christ au centre de la célébration dominicale. Convaincus d'être les seuls à « participer activement » à la messe parce qu'ils y jouent un rôle, ils ne se rendent pas compte de la réduire à un spectacle qu'ils finissent par juger comme tel. Au point d'en arriver à prononcer, en public et en présence de leur curé, cette apostrophe déplorable. Une apostrophe à laquelle un autre fidèle aurait pu répondre avec la chanson de Brassens : « Sans le latin, sans le latin, la messe nous em… »

En soi, diront certains, que peut importer à des défenseurs de la forme extraordinaire du rite romain ce qui se passe au sein de la forme ordinaire ? Beaucoup, en fait ! Car, depuis 2007 et grâce au pape Benoît XVI, nous sommes chaque année plus nombreux à apprécier la forme extraordinaire du rite romain sans être pour autant nés avec la messe traditionnelle. C'est souvent notre expérience et notre compréhension des faiblesses de la forme ordinaire qui nous porte à choisir de grossir les rangs du peuple Summorum Pontificum. La véritable question que pose la phrase envoyée dans les gencives du malheureux curé et, par-delà lui, dans celles de tous les savants fabricateurs de la messe nouvelle, de surcroît par un paroissien ordinaire, est double : qu'est-ce-que la messe et est-il possible de vivre, en paroisse, la messe « pour tous et avec tous » à laquelle nous sommes nombreux à aspirer ?

Profitons de de cette réflexion sur ce qu’on aurait appelé naguère, à l’époque de l’Action catholique, un fait de vie, pour rendre grâce, une fois encore, pour le don de Summorum Pontificum, qui nous sert d'étoile pour nous conduire, toujours plus nombreux et venant de tous les horizons, à adorer le seul et vrai Roi de gloire !

(*) Toute ressemblance avec la situation de votre paroisse, surtout si elle se situe quelque part autour du bassin d'Arcachon, n'est pas fortuite... 

3 janvier 2018

[FSSPX Actualités] Kenya: prises d'habit et profession religieuse chez les Sœurs Missionnaires

SOURCE - FSSPX Actualités - 2 janvier 2018

L’Eglise célèbre le 21 novembre la fête de la Présentation de la Sainte Vierge Marie au Temple, qui est la première offrande, totale et définitive, de la Mère du Sauveur à la volonté de Dieu et aux mystérieux desseins de la Providence.


Cette date a été choisie par Mgr Bernard Fellay, notre fondateur, pour la cérémonie qui nous place à la suite de la Sainte Vierge Marie dans l'offrande de nos vies à Dieu. Le 21 novembre dernier, Monseigneur nous a fait la joie de sa présence. Deux postulantes gabonaises ont ainsi reçu de ses mains l’habit et leur nom en religion, et une novice nigériane a prononcé ses premiers vœux. Les prieurs du Gabon, le père Prudent Balou, et du Nigéria, l’abbé Pierre-Yves Chrissement, sont aussi venus entourer les sœurs, manifestant une précieuse union fraternelle entre les membres du District d’Afrique. Mgr Fellay nous a joliment rappelé dans l’homélie la beauté de la vie religieuse et des vœux comme moyens de sanctification.

La cérémonie a été suivie d’un repas dans le jardin du noviciat en présence de nos fidèles, puis de quelques chants dans les diverses langues traditionnelles des sœurs.

Cette cérémonie est un commencement : commencement du noviciat pour celles qui ont reçu l’habit, et commencement de la vie religieuse dans sa plénitude pour celle qui a prononcé ses premiers vœux. Que Dieu nous accorde, par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, d’être un jour présentées au Temple où Il réside dans la gloire, comme nous le demandons dans la collecte de la fête de la Présentation.

Une sœur missionnaire