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31 juillet 2019

[Paix Liturgique] Rappel à Dieu d'un grand évêque catholique, Mgr Juan Rodolpho Laise

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 705 - 31 juillet 2019

Monseigneur Juan Rodolfo Laise célèbre pour son attachement à l'Eucharistie et à la distribution traditionnelle de la sainte communion est décédé le 22 juillet dernier à San Giovanni Rotondo ou il s'était retiré depuis 2001.Nous allons consacré deux lettres à ce héros de l'épiscopat, la première que nous publions aujourd'hui ou nous avons demandé à son disciple le père Gabriel Diaz de nous parler de son évêque qui était aussi son ami. Une seconde lettre qui sera diffusé la semaine prochaine reproduira la quintessence de plusieurs entretiens que nous avions eu ces dernieres années avec Mgr Laise au sujet de son attachement à la liturgie traditionnelle.

ENTRETIEN AVEC LE PÈRE GABRIEL DIAZ
Paix liturgique - Nous avons sollicité vos souvenirs car nous croyons que vous avez très bien connu Mgr Juan Rodolfo Laise ?
Père Gabriel Diaz - En effet, et même avant de le connaitre « en vrai », je le connaissais déjà de réputation ! Pour ma part, je l’ai rencontré par l’intermédiaire d’un prêtre de ses amis qui, connaissant ma vocation sacerdotale, m’a orienté vers lui. Nous étions alors en 1988 et depuis ce temps-là je n’ai cessé de le côtoyer d’abord en tant que séminariste, puis en tant que prêtre puis comme son chancelier, enfin comme ami et assistant jusqu’à aujourd’hui en continuant à le rencontrer très régulièrement en Italie où il avait choisi de terminer sa vie terrestre.
Paix liturgique - Quelle vision conservez-vous de lui depuis votre rencontre jusqu’à aujourd’hui ?
Père Gabriel Diaz - D’abord c’était surtout et avant tout un religieux capucin qui rayonnait de la belle spiritualité franciscaine si souriante, bonne et bienveillante. Franciscain il l’était depuis l’origine, car orphelin de père et de mère dans son enfance il avait été confié à une pension tenue par des pères capucins où il fit ses études. Eminemment spirituel il se sentit très jeune attiré par la vie religieuse et naturellement il passa du collège au noviciat … pour être ordonné prêtre le 4 septembre 1949 à l’âge de 23 ans.
Paix liturgique - Quelle était sa vocation ?
Père Gabriel Diaz - Il m’a souvent dit qu’il avait eu le désir de continuer à faire ce qu’il avait vu faire par ses maîtres capucins en les imitant, tout particulièrement dans leur rôle d’enseignants. Mais le Bon Dieu avait d’autres vues sur lui : il a enseigné, en effet, pendant des années, mais aux novices, jamais aux enfants des écoles comme il le rêvait. Cependant, quand il était curé de paroisse, il a construit une école à la fin des années 50 dont il a été le recteur pour quelque temps. Cette école existe encore et se porte très bien.
Paix liturgique - Quelles études poursuivit-il ?
Père Gabriel Diaz - Lui qui désirait enseigner se trouva engagé dans des études juridiques, tant canoniques que civiles. Il a obtenu ainsi une licence en Droit Canonique à l’Université Grégorienne de Rome et un doctorat en Droit Civil à l’université de Cordoba en Argentine.
Paix liturgique - Vous avez évoqué hors de cet entretien une anecdote au sujet des études de Mgr Laise?
Père Gabriel Diaz – Oui, ayant fréquenté dans son jeune âge les frères des écoles chrétiennes puis les pères capucins et enfin les jésuites à Rome, ce ne fut que lors de ses études juridiques à Cordoba que, déjà homme mûr, il eut pour la première fois des professeurs « laïcs » car tous ceux qui l’avaient formé jusqu’à ce moment avaient été des religieux. Ceci renvoie à une époque révolue aujourd’hui, mais explique aussi l’habitus ecclésial de Mgr Laise, qui avait baigné pendant toute sa jeunesse, son adolescence et le début de sa vie d’homme dans un univers chrétien, spirituel et ecclésiastique, ce qui ne l’empêcha pas cependant devenu étudiant à Cordoba dans un monde estudiantin ordinaire, et ensuite dans sa longue vie, d’être un homme équilibré et accompli avec tous ceux qu’il ne manquait pas de rencontrer dans sa vie quotidienne. A propos de cette période à l’Université, de nombreuses années plus tard, celui qui était alors président de la république argentine, Carlos Menen, évoqua devant une grande assemblée son souvenir d’avoir vu, quand il était étudiant, ce frère capucin en habit avec sa barbe en broussaille qui fréquentait les cours de l’université de Cordoba et ne passait inaperçu pour personne.
Paix liturgique - Pour beaucoup de nos lecteurs Mgr Laise est surtout l’homme de la communion sur les lèvres…
Père Gabriel Diaz – Indépendamment des circonstances qui l’amenèrent à devenir comme vous dites « l’homme de la communion sur les lèvres », il ne faut pas oublier que Mgr Laise était un homme qui avait une profonde dévotion eucharistique et un authentique amour de l’Eucharistie : c’était sans doute l’une de ses caractéristiques spirituelles majeures. De cela je peux donner des exemples. Arrivé évêque de San Luis il instaura assez vite une adoration quotidienne dans sa cathédrale pour que, de la messe du matin à la messe du soir, ses fidèles puissent venir à tout moment dans la journée adorer le saint-sacrement exposé. C’est d’ailleurs dans cette chapelle, dans un endroit qu’il a préparé il y une quarantaine d’années en face du Saint-Sacrement, que son corps sera transféré selon son souhait.
Paix liturgique - Comment se trouva-t-il engagé dans l’affaire de la communion ?
Père Gabriel Diaz - Pour le comprendre il faut se souvenir que, jusqu’en 1996, en Argentine, le seul mode de distribution de la communion était le mode traditionnel. Or, lors d’une réunion de la Conférence des évêques d’Argentine qui se tint en 1996, il fut décidé de demander à Rome la permission d’autoriser la communion dans la main. La réponse de Rome laissait à chaque évêque, « selon sa prudence et sa conscience » (sic) la décision s’il devait ou non appliquer dans son diocèse ce qui n’était qu’un indult (c.à.d. un ’autorisation à agir contre la loi). Il décida de ne pas le faire, en suivant par ailleurs la recommandation contenue dans le document qu’était la référence fondamentale de la réponse de Rome. Et d’ailleurs ses successeurs sur le siège de San Luis ont continué à conserver cette pratique jusqu’à aujourd’hui.
Paix liturgique - Mais cela n’engendra-t-il pas des remous ?
Père Gabriel Diaz - Bien sûr, dans toute l’Argentine et pas seulement dans le monde ecclésial mais aussi dans la presse et à la télévision. C’est dans ces débats que Mgr Laise fut amené à creuser la question de la réception de la sainte communion sous tous ses angles historiques, liturgiques, canoniques et pastoraux, rassemblant tout un dossier confortant sa résistance à la nouvelle pratique. Mais le fondement principal juridique étaient les termes mêmes du document de référence de l’indult octroyé par Rome, à savoir l’instruction Memoriale Domini, qui disait clairement : « Il n'a pas paru opportun au Souverain Pontife de changer la façon selon laquelle depuis longtemps est administrée la Sainte Communion aux fidèles » (c.à.d. sur les lèvres), et après : « Le Siège apostolique exhorte de façon véhémente les évêques, les prêtres et les fidèles à se soumettre diligemment à la loi en vigueur une fois encore confirmée. » L’indult en question n’était donc destiné qu’à ces endroits où la résistance à la demande du Saint-Siège menaçait créer un conflit canonique, ce qui n’était pas de tout le cas de notre diocèse.

Pour dissiper tout doute, la Congrégation pour la Doctrine de la foi (à l’époque présidée par le Cardinal Ratzinger) a répondu à Monseigneur Laise: « Ce Dicastère vous fait savoir qu’un examen attentif des documents du Saint-Siège en la matière fait apparaître clairement que, en décidant de maintenir inchangée la tradition de distribuer la Sainte Communion dans la bouche, vous avez agi conformément au droit et que, de ce fait, vous n’avez pas rompu la communion ecclésiale. En vérité, Votre Excellence n’a fait que se conformer à l’obligation faite à chaque évêque, par l’instruction De modo Sanctam Communionem ministrandi, d’évaluer les conséquences que pourrait avoir, dans la vie sacramentelle des fidèles, une modification de la pratique eucharistique en vigueur ».
Paix liturgique - C’est donc ainsi que naquit le dossier devenu un livre sur la communion dans la main ?
Père Gabriel Diaz – Oui, et les choses allèrent vite car si l’on se souvient que l’instauration de la pratique nouvelle avait eu lieu dès août 1996, la première version espagnole du livre a été publiée en Argentine en Février 1997.
Paix liturgique - Cet ouvrage eut-il un grand retentissement ?
Père Gabriel Diaz – On peut l’affirmer, car dans toute l’Argentine, des fidèles, mais aussi de nombreux prêtres et même des évêques l’ont remercié de son travail, certains de ces confrères lui avouant que s’ils avaient eu connaissances de toutes les informations que révèle l’ouvrage ils auraient pris la même décision que lui de rester fidèles à la pratique traditionnelle. Mais son édition se répandit bientôt dans tout le monde hispanique et l’ouvrage fut réédité cinq fois depuis 1997. Sa diffusion ne cesse de se poursuivre aujourd’hui à la suite d’une édition enrichie qui fut publiée en 2005, et d’une 5ème édition en Espagnol publiée (aux Etats Unis) en 2014. En Espagne, on prépare actuellement ce qui sera la 6ème édition encore enrichie des éléments ajoutés à l’édition anglaise de 2018.
Paix liturgique - Comment cet ouvrage se répandit-il en dehors du monde hispanophone ?
Père Gabriel Diaz – C’est grâce au CIEL (Centre International d’Etudes Liturgiques) que le travail de Mgr Laise poursuivit sa diffusion dans le monde. Les organisateurs du CIEL avaient sollicité l’intervention de Mgr Laise lors du Colloque qu’ils tinrent à Poissy, en région parisienne, en 1999. Celui-ci y intervint devant de nombreux spécialistes venus de toute l’Europe. Sa communication était en fait une présentation de son livre qui fut publiée en Français par le CIEL pour cette occasion. Une 2ème édition française a été publiée deux ans plus tard, et sa diffusion dans le monde francophone n’a jamais cessé depuis.
Paix liturgique - Vous avez, je crois, une anecdote à rappeler au sujet de la venue de Mgr Laise à Poissy ?
Père Gabriel Diaz - Je rappelle que, depuis 1971, Mgr Laise était évêque de San Luis, une ville d’Argentine fondée le 25 août 1594 par Luis Jofré de Loaiza y Meneses qui lui donna le nom du saint roi de France, parce que sa fondation avait eu lieu le jour de la fête du saint. Cette paternité spirituelle du saint sur son diocèse développa chez Mgr Laise une profonde vénération pour le saint roi, dévotion qu’il a développée chez les fidèles. Aussi, lorsqu’il fut invité à participer à un colloque devant se tenir à Poissy, la ville ou était né saint Louis et où il fut baptisé – saint Louis signait ses lettres « Louis de Poissy » ou « Louis, seigneur de Poissy » – il fut enchanté, et malgré son calendrier très chargé ne voulut pas manquer l’occasion de venir prier à Poissy. J’ai conservé une photo de lui qu’il s’est faite faire à côté des fonts baptismaux où le futur saint est devenu chrétien.
Paix liturgique - Mais l’aventure de la diffusion de cet ouvrage sur la communion n’était pas terminée?
Père Gabriel Diaz - Non, en 2007 fut publiée une édition polonaise, en 2010 une édition anglaise (et américaine devrais-je dire) et en 2016 une édition italienne (réimprimée plus tard), qui donna l’occasion à Mgr Laise de rencontrer ses amis et éditeurs à Rome. Aujourd’hui plusieurs autres versions sont en préparation et nous espérons voir bientôt se répandre, si Dieu le veut, des éditions en allemand, en portugais et pourquoi pas, en russe !
Paix liturgique - Après avoir renoncé à sa charge épiscopale Mgr Laise s’était retiré à San Giovanni Rotondo ?
Père Gabriel Diaz - Oui depuis 2001 Mgr Laise s’était retiré au couvent capucin de San Giovanni Rotondo, où est vénéré le saint Padre Pio. Il y est revenu à la vie conventuelle des capucins et a exercé chaque jour son ministère de la confession. C’est là qu’il est décédé, prêtre de Jésus-Christ jusqu’au derniers instants de sa vie.

Laissez-moi vous dire pour conclure que Mgr Laise, qui fut pour moi un père et un ami, restera pour tous ceux qui l’ont connu un modèle de piété et de courage, lui qui, même dans l’adversité, ne céda jamais à l’opinion, démontrant qu’aux justes qui se battent pour lui et pour son Eglise, Dieu accorde souvent le succès et toujours sa grâce.

De ce fait, sa vie nous enseigne que si des pasteurs courageux s’étaient levés en plus grand nombre contre les abus liturgiques et théologiques qui se sont répandus dans l’Eglise depuis 50 ans, la situation actuelle aurait été bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui, au moins en y faisant cohabiter davantage de pluralisme et donc d’opportunités pour les prêtres et pour les fidèles de montrer clairement leurs choix et leurs préférences.

UNE COURTE BIOGRAPHIE DE MGR JUAN RODOLFO LAISE

Mgr Laise est né le 22 février 1926 à Buenos Aires. Se sentant appelé à la vie religieuse, il est entré dans l’ordre des capucins. Il a reçu le sacerdoce le 4 septembre 1949, alors qu’il n’avait que 23 ans. Il a ensuite obtenu sa licence de droit canonique à l’Université grégorienne de Rome et son doctorat en droit civil à l’Université nationale de Córdoba, Argentine. Il a été professeur de droit et de morale de 1954 à 1960 au Collège de Théologie de Villa Elisa. Parallèlement, il a exercé, depuis Villa Elisa, la charge de juge synodal à la curie de La Plata, et a donné des cours de théologie à l’Institut supérieur d’Enseignement religieux.

De décembre 1956 à janvier 1958, il a lancé et dirigé la construction du Collège St-François d’Assise, dont il a été Directeur de 1959 à 1962. En 1962, il a été nommé Vicaire judiciaire adjoint du Tribunal ecclésiastique de La Plata et, la même année, juge pro-synodal. L’année suivante il a été nommé juge pro-synodal de l’archidiocèse de Buenos Aires. En 1963, il a été nommé Secrétaire provincial des Pères Capucins, dont il a été nommé Supérieur provincial pour l’Argentine en 1969. En 1967, il était Visiteur des maisons religieuses de l’archidiocèse de Buenos Aires.

Elevé à l’épiscopat en 1971, il a été consacré le 29 mai 1971, pour être évêque coadjuteur du diocèse de San Luis dont, peu après, à la mort de son prédécesseur, il est devenu évêque.

Depuis cette date, son activité a été multiple et incessante : les fondations, les créations, les constructions d’églises, de chapelles, l’organisation de congrès, les directives apostoliques se sont succédées.

Lorsque, en 1971, il a pris possession de son diocèse, aucune ordination sacerdotale n’avait eu lieu depuis 18 ans. Il n’y avait qu’un seul séminariste. Le clergé était très réduit et profondément divisé par la théologie de la libération. Quand il a quitté son diocèse en 2001, il disposait de plus de cinquante séminaristes dans le séminaire qu’il avait fondé, et d’un clergé jeune et nombreux. Sous son épiscopat est également née dans le diocèse une communauté religieuse féminine très vivante, qui a essaimé dans toute l’Argentine.

Mgr Laise avait profité de la parution du Catéchisme de l’Eglise Catholique pour publier une série de catéchismes adaptés à l’usage des enfants. Mais son œuvre la plus connue est son combat pour la réception de la communion selon la forme traditionnelle, dont traite l’entretien avec le P. Gabriel Diaz, ci-après.

Mgr Laise, depuis 2001, était revenu à la vie conventuelle franciscaine a San Giovanni Rotondo, en Italie, devenu un pèlerinage sur la tombe du Padre Pio, où il passait ses matinées à confesser les pèlerins. Il y est décédé le 22 juillet dernier.


30 juillet 2019

[Abbé Benoît de Jorna - FSSPX Actualités] Université d’été 2019 : Catholiques de Tradition, êtes-vous fiers de votre Foi?

SOURCE - Abbé Benoît de Jorna - FSSPX Actualités - 30 juillet 2019

La XIVe université d’été du district de France de la Fraternité Saint-Pie X aura lieu au domaine de l’école Saint-Joseph-des-Carmes, à Montréal-de-l’Aude, du 14 au 18 août 2019.
Catholiques de tradition, êtes-vous fiers de votre foi ?
Poser la question : « êtes-vous fiers de votre foi ? », c’est se demander si l’on ne risquerait parfois pas d’en avoir honte. En théorie, non ; mais en pratique, un peu quand même. Honte d’être dans le monde et de ne pouvoir être du monde, de ne pouvoir bénéficier de toutes les commodités que procurerait une foi incolore, inodore et sans saveur.

Mais est-il envisageable, en 2019, d’adopter un tel profil bas ?

La multiplication des profanations d’églises et de cimetières chrétiens, les campagnes médiatiques orchestrées – par le livre et par l’image – contre l’Eglise catholique, sa doctrine et sa morale, peuvent-elles nous laisser muets ?

Face aux scandales à répétition qui secouent dramatiquement l’Eglise aujourd’hui, devons-nous nous taire ? Devant les innombrables mea culpaqu’elle frappe sur la poitrine des générations précédentes : « c’est votre faute, votre très grande faute », n’avons-nous aucune réponse à apporter ?

Faut-il que nous soyons des déracinés, des catholiques hors sol, pour nous rendre présentables aux yeux du monde globalisé ? Faut-il que nous vivions comme des déshérités, sans passé ni identité, pour être fréquentables dans un monde déchristianisé ?

Le trésor de la Tradition doit-il rester enfoui ? Ses richesses doctrinales, morales et liturgiques que la Fraternité Saint-Pie X protège et propage, sont-elles réservées à une minorité confinée dans un village gaulois, encerclé par les légions romaines ?

Les convertis qui ont découvert ce trésor bimillénaire avec émerveillement, nous reprochent, à nous catholiques de Tradition, notre pusillanimité. Eux qui ont souffert du relativisme postmoderne, du laxisme libéral, ils nous demandent : « êtes-vous fiers de votre foi ? ». Ils nous font honte de n’être pas plus fiers de notre foi.

En 1915, le père de Foucauld écrivait à son ami le général Laperrine : « J’avais cru, en entrant dans la vie religieuse, que j’aurais surtout à conseiller la douceur et l’humilité ; avec le temps, je vois que ce qui manque le plus souvent, c’est la dignité et la fierté ! ».

A travers conférences et ateliers, l’université d’été 2019 nous donnera les connaissances dont nous avons besoin. Et elle ravivera en nous la fierté des responsabilités que nous avons reçues par le baptême : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». (Mt 5, 13-14) Car il ne s’agit pas d’une fierté vaniteuse ou méprisante, mais bien d’une fierté responsable et missionnaire. Enthousiaste et contagieuse.

Le mot d’ordre de cette université d’été est double : la doctrine s’acquiert, la fierté se conquiert !

Abbé Benoît de Jorna
Supérieur du district de France

Voici le programme détaillé des dix conférences :
  1. Plan de l’UDT 2019 : Entre cathophobie et repentance, quelle place pour la fierté ? – Abbé Alain Lorans
  2. Peut-on être médecin et catholique ? – Dr Vincent Wojciesko
  3. Table ronde : Comment rendre un catholique de Tradition fier de son héritage ? - Abbé Michel de Sivry, Sophie Magerand, Me Benoît de Lapasse
  4. Notre héritage doctrinal : le réalisme thomiste face à l’utopie - Abbé Foucauld le Roux
  5. Notre héritage moral : la loi naturelle et chrétienne face à la démesure prométhéenne – Abbé Bernard de Lacoste
  6. Notre héritage politique : la cité catholique face à la dissociété libérale – Abbé Alain Lorans
  7. Comment développer une autorité et exercer une influence au service de la foi ? - Baudouin Bévillard
  8. Découvrir et faire découvrir le trésor catholique – Pr Stéphane Mercier
  9. Pie XII, un éclairage catholique des sciences modernes à (re)découvrir – Dr Gérald Le Bartz
  10. Fierté et responsabilité – Abbé Benoît de Jorna

Université d’été de la Fraternité Saint-Pie X du 14 au 18 août 2019 à Montréal-de-l’Aude (11)
Inscriptions sur le site de l’UDT : http://udt-fsspx.frCourriel : udtfsspx@gmail.com – Téléphone : 06 49 85 85 46
Par voie postale : UDT de la FSSPX 20 rue Gerbert F-75015 Paris
Tarif plein : 120 € ; tarif étudiant : 80 € ; tarif pour une journée : 25 € ; voir tous les tarifs détaillés sur le site de l’UDT

[FSSPX Actualités] France : réconciliation de l’ancienne chapelle de la Visitation au Puy-en-Velay

SOURCE - FSSPX Actualités - 30 juillet 2019

Le mardi 16 juillet 2019, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, l’ancienne chapelle de la Visitation au Puy-en-Velay, récemment acquise par la Fraternité Saint-Pie X, a été réconciliée avec le culte catholique. 
Une histoire mouvementée
Construite en 1655, la chapelle du couvent des Visitandines fut profanée par les révolutionnaires qui la transformèrent en parodie de tribunal, jugeant et condamnant à mort de nombreux prêtres, religieux et laïcs pour leur foi et leur attachement à l’Eglise. Ces sacrilèges, ces meurtres et ces profanations successives, qui sont autant de graves offenses envers Dieu, empêchaient toute célébration cultuelle dans cette chapelle, tant que celle-ci n'avait pas été « réconciliée » par les cérémonies prévues dans le rituel de l’Eglise. 
Un jour béni sous l’égide de la Vierge du Carmel et de Notre-Dame du Puy
Il aura donc fallu attendre le 16 juillet 2019 pour voir cet édifice restitué à sa première destination par l’actuel supérieur du prieuré Saint-François Regis d’Unieux, qui dessert les lieux. D’abord, les murs extérieurs sont aspergés d’eau bénite en récitant le psaume Miserere, puis tous entrent dans la chapelle en invoquant les saints du Ciel. Ensuite le psaume 67 est chanté. Chaque verset est précédé de l’antienne « Exsurgat Deus » [Dieu se lève et ses ennemis se dispersent, ses adversaires fuient devant sa face]. Enfin les murs intérieurs sont aspergés ; la messe du jour peut alors commencer. 

L’homélie fut l’occasion d’évoquer la sainteté de ce lieu, le souvenir des filles de sainte Jeanne de Chantal et de saint François de Sales qui s’y sont sanctifiées, le sang versé par de nombreux martyrs, et bien sûr l’importance du Puy. Le Mont-Anis fut en effet choisi entre mille par la Sainte Vierge pour y être servie et honorée jusqu’à la fin des siècles. La chapelle de la Visitation est à moins de 300 mètres de la cathédrale du Puy-en-Velay, que le pape Pie IX érigea en basilique en 1856. 

La tradition rapporte que la basilique du Puy fut consacrée par les anges, ces mêmes anges qui fêtent Notre-Dame du Mont-Carmel, ainsi que s’exprime l’Introït de la messe : « Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de la Bienheureuse Vierge Marie. Cette solennité réjouit les anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu. » 
Beaucoup reste à faire 

Si la messe peut à nouveau être célébrée, l’état délabré de l'intérieur de la chapelle fait peine à voir. D’importants travaux de rénovation doivent encore être entrepris. Les dons sont à adresser au prieuré Saint François-Régis – 31, rue Holtzer – 42240 Unieux.

27 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Contradiction endémique

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 27 juillet 2019

Dans les contradictions, nul ne sait que penser –
Mais les âmes, le vrai, ne peuvent que sombrer.

Revenons à Mgr Huonder, non pour attaquer sa personne, mais pour illustrer la confusion universelle qu’il illustre si bien. Lors de sa démission du diocèse de Coire, en Suisse, et de son installation dans l’école Traditionnelle de garçons de Wangs, dans le diocèse de Saint-Gall, école dirigée par la Fraternité St Pie X, son déménagement paraissait si surprenant que Mgr Huonder a publié le même jour deux déclarations : l’une pour la Tradition et l’autre pour l’Église conciliaire. Voici les passages-clés de chacune d’entre elles, qui ne sont point faussés en étant sortis de leur contexte.

A l’adresse de ses anciens collègues et aux fidèles du diocèse de Coire, il écrit à propos de sa retraite à Wangs : « Conformément aux vues du Pape François, je m’efforcerai [à Wangs] de contribuer à l’unité de l’Église, non en pratiquant l’exclusion, mais en faisant la part des choses pour tenir compagnie aux gens en vue de cette intégration ». Simultanément, pour les catholiques Traditionnels chez lesquels il est sur le point de s’installer, il co-signe avec le Supérieur Général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, une déclaration commune contenant ces mots : « Le seul et unique but de la retraite de Mgr Huonder dans une maison de la FSSPX est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la Messe tridentine et de travailler pour la Tradition comme étant le seul moyen de renouveler l’Église ».

Cet honorable évêque ne se rend-il pas compte de la contradiction entre ses deux déclarations ? Depuis que François est devenu Pape en 2013, qui n’a pas constaté le flot presque quotidien de propos et d’actes par lesquels ce Pape engage les catholiques à délaisser l’Église de la Tradition ? Qui n’a pas senti sa répugnance profonde et instinctive pour l’Église telle qu’elle était avant le Concile, répugnance partagée avec tous ces hommes d’Église conciliaires qui, comme lui, sont les vétérans de la véritable révolution de Vatican II ? Comment Mgr Huonder ne peut-il pas voir qu’entre « les vues du Pape François » et « la Tradition » il existe un gouffre infranchissable ?

Si Monseigneur s’imagine que « les vues du Pape François » sont autres qu’elles ne sont, ou s’il espère que le Souverain Pontife peut être amené à en changer, il est certain que le Pape ne ratera pas l’occasion de lui faire savoir rapidement et fermement ce qu’il pense en réalité. Par ailleurs, si Monseigneur imagine ou espère que la Tradition n’est pas ce qu’elle est, nous devons sur ce point admettre, hélas, qu’il a bien pu être trompé par le changement opéré sur 20 ans dans la Fraternité Saint Pie X : la Néo-fraternité a bien changé depuis qu’elle est dirigée par les successeurs de Mgr Lefebvre. Avec son Fondateur, la FSSPX était la principale forteresse de l’Église, en sauvegardant la doctrine catholique, les sacrements et la morale de toujours. Mais l’autorité personnelle de l’Archevêque a disparu avec lui lors de son décès en 1991, et en conséquence l’autorité de la Rome officielle, qui attire normalement tout catholique romain, a repris le dessus en l’espace de quelques années seulement. Avec le GREC, la Fraternité a commencé son glissement vers la Néo-fraternité pour s’adapter à la Néo-église de Rome. Et il est probable que Mgr Huonder ne voit là aucune contradiction puisque lui-même veut apporter sa contribution à cette réunion.

Mais qu’en est-il du cosignataire de la Déclaration commune faite pour les Traditionalistes, c’est-à-dire de l’abbé Pagliarani, Supérieur Général de la Néo-fraternité ? Évidemment, il connaît les intentions du pape François, de même qu’il savait certainement il y a 20 ans, ce qu’entendait Mgr Lefebvre par la Tradition. Alors, en cosignant la Déclaration, connaissait-il l’intention de Mgr Huonder de travailler à Wangs simultanément « selon les vues du Pape » et « selon la Tradition » ? Et s’il était au courant de cette intention double, n’y voyait-il, lui non plus, aucune contradiction ? Et s’il y voit maintenant une contradiction, que pense-t-il du fait d’avoir installé un cheval de Troie, aussi bien intentionné soit-il, au sein de la Tradition ? Peut-être se dit-il : « Bof ! ça n’a pas vraiment d’importance. Mgr Lefebvre ne voulait-il pas que nous nous occupions des prêtres de l’Église conciliaire ? (Certes, mais pas pour en faire des chevaux de Troie !) . Mgr Huonder est bien gentil. Nous sommes tous gentils. Nous nous entendons tous. La contradiction est un problème plutôt théorique que pratique, etc...»

Si le nouveau Supérieur Général pense de la sorte, c’est qu’il a attrapé la maladie conciliaire, et que la vraie Fraternité est vraiment frappée à mort. Par contre la Néo-fraternité fondante, sur la doulce mer de confusion et de contradiction, s’apprête avec joie à naviguer pour toujours de concert avec la Néo-église, elle aussi fondante. Mais malheur aux âmes !

Kyrie eleison.

[FSSPX Actualités] L’étrange conception du cardinal Marx sur l’Ordre et la prédication

SOURCE - FSSPX Actualités - 27 juillet 2019

Alors que l’Eglise d’Allemagne perd de plus en plus de fidèles, comme l’ont montré les sorties d’Eglise en très forte hausse, les évêques allemands, le cardinal Marx en tête, poursuivent l’œuvre d’autodémolition avec persévérance.
    
Dans un article du 17 juillet 2019 paru sur le site Katholisch.de, le Père Nikodemus Schnabel proposait de confier l’homélie aux « lecteurs ». Autrefois partie intégrante de l’ordre sacerdotal, il était l’un des quatre ordres mineurs : portier, lecteur, exorciste et acolyte. Ces éléments ont été « supprimés » par le pape Paul VI en 1972, qui a institué à la place deux « ministères », qui peuvent être attribués à des laïcs : les lecteurs et les acolytes.

Puisque, raisonne le P. Schnabel, le lecteur peut lire la parole divine dans la liturgie, ne pourrait-il pas se voir confier son explication dans une homélie ? L’argument est habile, et veut essayer de contourner l’interdiction faite aux laïcs de prêcher. Le droit canon réserve en effet l’homélie au prêtre ou au diacre. Dans l’Instruction « Sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres » du 15 août 1997, document signé par huit congrégations romaines, il est précisé que l'homélie « fait partie intégrante de la liturgie » et qu’elle « doit donc être réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre. Les fidèles non-ordonnés en sont exclus » (Article 3). Ce document avait précisément pour but d’extirper les abus contraires qui s’étaient déjà répandus un peu partout dans l’Eglise.

Mais, répond le P. Schnabel, puisque le lecteur participe à la liturgie, il peut donc prêcher. Et pourquoi pas une femme en ce cas ? L’argument, quoiqu’erroné, met le doigt sur certaines contradictions latentes héritées du Concile.

Le P. Schnabel n’a pas tardé à recevoir l’appui du cardinal Marx, président de la Conférence épiscopale et responsable du C6, le conseil privé de cardinaux du pape François. Lors d’une conférence à des laïcs, le 20 juillet, il s’est interrogé : « Seul le prêtre peut-il prêcher l'homélie ? » Et de poursuivre : « Cela doit évoluer ».

Le cardinal avait marqué auparavant sa déception quant aux homélies faites dans certaines paroisses. Il ajoutait enfin que l'inclusion de témoignages ou l’utilisation de matériel audio-visuel pourrait peut-être donner « plus de variété » aux sermons.
De la distinction fondamentale entre clergé et laïcat
A cette conception, il faut opposer l’importance et la dignité du clergé, si souvent prêchée par Monseigneur Lefebvre et rappelée par Mgr de Galarreta lors des récentes ordinations sacerdotales à Ecône. Parmi les signes distinctifs de l’œuvre de restauration catholique que veut être la Fraternité Saint-Pie X, « Mgr Lefebvre ajoutait un autre trait : nous croyons à l’importance et à la dignité du clergé. Nous croyons à cette distinction que Notre-Seigneur Jésus-Christ a lui-même instituée entre laïcs et clercs. Nous croyons à l’ordre sacerdotal avec tous ses degrés. Nous croyons à la hiérarchie. Nous croyons à l’autorité et nous croyons que c’est là la partie essentielle de la sainte Eglise. (…)

« Ainsi donc, de même que l’esprit surnaturel est le remède à ce naturalisme humaniste, fondement de l’hérésie qui mine l’Eglise, précisait Mgr Lefebvre, de même l’esprit hiérarchique et le caractère sacré du prêtre s’opposent au laïcisme croissant qui conduit le sacerdoce catholique dans un sens protestant, et il donnait pour preuve tous les efforts qui se font contre le célibat sacerdotal ».

Le prêtre qui prêche à ses fidèles remplit une fonction sacerdotale et il répand et communique Jésus-Christ aux âmes, ce que ne peut faire aucun laïc. Penser ou vouloir le contraire, c’est attenter à la constitution divine de l’Eglise.

23 juillet 2019

[Riposte Catholique] Ordinations chez les Bénédictins de l’Immaculée

SOURCE - Riposte Catholique - 23 juillet 2019

Le samedi 13 juillet, en la très baroque église de Dolcedo à 10 km de Villatalla, deux frères de la Communauté des Bénédictins de l’Immaculée ont reçu l’un, les deux derniers ordres mineurs d’exorciste et d’acolytat (frère Marie), l’autre, le diaconat (frère Antoine). 

C’est S.Exc. Mgr Mario Oliveri , évêque émérite du diocèse d’Imperia-Albenga (Ligurie ) qui a magnifiquement officié. Assistait pontificalement au chœur S.E. Mgr Guglielmo Borghetti, actuel évêque du diocèse où est établie la Communauté.

Les deux prélats étaient entourés de nombreux prêtres, dont le RD Dom Jehan, fondateur et prieur du monastère, le curé de Dolcedo, d’autres venus en nombre du diocèse de Toulon (Dom Alcuin et ses frères, Don Andrea Govannardi, M. l’abbé Danka Pereira), d’autres encore venus de Gènes (Don Paolo), mais aussi de Rome (comme Mgr Agostini qui fit office de prêtre-assistant). Enfin était présent Don Marco Cuneo, ami fidèle de la communauté, grand cérémoniaire, appréciée pour sa connaissance des cérémonies pontificales.

En ce jour anniversaire du 13 juillet, troisième et terrible apparition donnée aux petits voyants de Fatima, que l’Immaculée protège ces deux frères des pièges de l’Enfer et les bénisse en vue d’offrir bientôt le saint Sacrifice de la messe pour le salut des vivants et la délivrance des âmes du Purgatoire.

[Paix Liturgique] Natalia Sanmartin «La messe traditionnelle est le culte le plus utile et l'adoration la plus profonde que nous puissions offrir à Dieu»

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°704 - 23 juillet 2019

Natalia Sanmartin Fenollera, née en Galice en 1970, journaliste au grand journal économique espagnol Cinco Días, est une révélation littéraire internationale : elle s’est fait connaître par un roman, L’éveil de Mademoiselle Prim (Grasset, 2013), dont on espère qu’il en annonce bien d’autres, qui a eu un tel succès que l’éditeur espagnol, Editorial Planeta en a vendu les droits pour 70 pays.

C’est un roman délicieusement décalé, dont l’héroïne, Prudence Prim, débarque dans un petit village, quelque part vers le centre de la France, Saint-Irénée d’Artois, voisin d’une abbaye bénédictine où l’on célèbre la liturgie en latin (qui fait penser à un abbaye des bords de la Creuse…), pour y tenir le rôle de bibliothécaire chez un célibataire aussi cultivé qu’original.

Dans ce village, volontairement hors du temps présent, les enfants, dont un certain nombre vont à la messe traditionnelle tous les matins, reçoivent une éducation de haute qualité humaniste, non au lycée mais à la maison. On ne parle, dans ce bourg, ni de télévision, ni de téléphone mobile, mais on vit d’art, de lecture, de musique, des plaisirs de la conversation. Les dames se veulent vraiment « féministes », c’est-à-dire qu’elles sont suprêmement féminines. Et le temps coule au ralenti, en marge de la modernité.

Sans être hermétiquement séparés des circuits économiques d’aujourd’hui, commerçants, artisans, propriétaires de Saint-Irénée vivent dans une espèce de système « distributiste », résolument antilibéral, inspiré de Chesterton (et de la doctrine sociale de l’Eglise). Leur contestation du « système », pour être douce et policée, n’en est pas moins, une contestation assez radicale, qui plus est, une contestation catholique, spécialement du point de vue de l’éducation, pour laquelle la messe traditionnelle tient une place cardinale.

Nous avons demandé à Natalia Sanmartin de s’en expliquer, et aussi de nous donner quelques lumières sur son propre itinéraire.
Paix liturgique – Saint-Irénée évoque-t-il un village particulier du centre de la France ? Vous semblez rendre un hommage, dans votre roman, à la sensibilité catholique de Chesterton, interprète méconnu de ce que l’on appelle la « doctrine sociale » de l’Eglise.
Natalia Sanmartin – Saint-Irénée n’évoque pas un village particulier, mais tous ceux qui ont surgi autour des monastères et qui ont tissé, pour ainsi dire, l’Europe. En un sens, il représente la quintessence de l’ancien ordre médiéval. Une petite ville a émergé autour d’un cœur spirituel - un monastère bénédictin qui préserve la liturgie traditionnelle - dans laquelle sont cultivés le bon voisinage, l’économie familiale, les traditions anciennes, les familles et un ordre entre la vie et le travail. Oui, Chesterton a une présence significative dans le livre. Je conviens qu’il est maintenant un auteur très populaire, en particulier dans les milieux catholiques, La pensée de Chesterton sur l’enseignement social catholique, son plaidoyer en faveur du « distributisme », sa critique farouche du libéralisme et sa vision de la façon dont il a détruit la famille sont très lucides, presque prophétiques, mais cette partie de sa pensée ne convient pas à certains secteurs, même aux catholiques. En général, nous ne doutons pas trop de l’incompatibilité entre le communisme et l’évangile, par exemple, mais lorsqu’il s’agit d’incompatibilité avec le libéralisme, avec le rôle actuel de la femme dans la société en ce qui concerne l’acceptation de l’ordre de la famille et des relations entre hommes et femmes, comme les voit saint Paul, les choses ne sont plus aussi faciles à digérer.
Paix liturgique – Le personnage principal de votre roman est Mademoiselle Prim, jeune fille très indépendante, cultivée, qui a fréquenté l’Université, sûre d’elle, mais très droite. Elle subit une sorte de conversion, aidée par un penchant sentimental. Alors qu’elle défend ardemment la pensée dominante de notre société, elle ressent une étrange attirance pour la vie des habitants de Saint-Irénée. Peut-on considérer que Mademoiselle Prim est une métaphore d’une conversion possible des modernes de bonne volonté ?
Natalia Sanmartin – Oui, cela peut être considéré de cette façon. Je dirais que Mademoiselle Prim est une prisonnière et un produit typique de son temps. Elle n’est ni athée, ni même sceptique, car on ne peut pas être sceptique sur ce que l’on ne sait pas, qui est la grande tragédie de ce siècle en ce qui concerne le christianisme. L’idée du livre est née d’une phrase du cardinal Newman qui exprime très bien la douleur du paradis perdu que nous avons inscrite dans le cœur. Mademoiselle Prim, comme tant de modernes non évangélisés ou mal évangélisés (ce qui, à mon avis, est encore pire), a perdu son chemin pour retourner chez elle, mais estime qu’il existe un moyen et qu’il existe également un foyer dans lequel retourner. Comme beaucoup de gens aujourd’hui, elle essaie d’étouffer ce sentiment de nostalgie et de perte, mais elle ne comprend pas très bien. Elle ne sait pas comment identifier ce qu’il se passe, mais sent que quelque chose ne fonctionne pas ; elle ressent une anxiété qui ne se calme pas. Et cela ne se calme pas car seul Dieu peut le calmer.
Paix liturgique – Le prénom de Prudence que vous lui avez donné a-t-il une signification aristotélicienne ? Peut-être représente-t-elle la vie vertueuse comme un terrain favorable à la grâce ?
Natalia Sanmartin – Oui, cela a un sens, bien que je doive dire que Prudence Prim est un protagoniste très imprudent, surtout au début du livre. Mais j’ai aussi choisi un nom pour qu’il puisse fonctionner dans plusieurs langues. Je ne savais pas que le livre allait être traduit dans de nombreuses langues, mais je n’ai pas non plus exclu cette possibilité.
Paix liturgique – L’un des points les plus importants de votre livre semble être de porter un regard critique sur l’enseignement d'aujourd’hui. Enseigner à Saint-Irénée semble donner la priorité à l’étude de la littérature classique et à l’enseignement des choses que les générations ont apprises et que le monde a oubliées. Est-ce une plaidoirie discrète pour l’école à la maison, ou au moins l’école familiale et catholique ?
Natalia Sanmartin – Je suis convaincu que les épopées et la poésie ont un don particulier pour transmettre la foi, en particulier aux plus jeunes. L’épopée classique, les sagas nordiques, les romans et les légendes médiévales, mais aussi la littérature contemporaine tirée de ces sources et qui en reprend l’essence, et je pense à quelqu’un comme Tolkien, ont ce pouvoir. Le bien, le beau et le vrai, la figure du héros et du sacrifice, les travaux et épreuves à mener pour arriver à destination, la fidélité au roi dont le retour est attendu, la lutte contre le mal, les tentations qui peuplent le chemin, agissent comme des échos de la seule véritable épopée qui résonne toujours dans nos cœurs. C’est une langue extraordinaire qui doit être apprise plutôt à la maison qu’à l’école. En ce sens, l’école à la maison, le homeschooling, me semble quelque chose de précieux et de presque héroïque. J’admire profondément ceux qui font ce pas.
Paix liturgique – La vie à Saint-Irénée correspond-elle de quelque manière que ce soit à votre enfance et à votre adolescence, au type d’éducation que vous avez reçu de votre famille ?
Natalia Sanmartin – Dans un certain sens, oui, mais seulement comme inspiration. J’ai grandi dans une maison où la bibliothèque était ouverte aux enfants. Un monde dans lequel les livres ne sont pas classés en fonction des âges et, s’ils le sont, personne n’y prête trop d’attention. Je ne me souviens pas d’avoir été guidé d’une manière spécifique en lecture, sauf dans certains cas où il s’agissait de livres qui passaient de l’un à l’autre, presque par tradition familiale. Mais en général, mes six frères et moi avons lu tout ce qui était entre nos mains, tout ce qui nous intéressait et nous avons assimilé ce que nous pouvions. C’étaient de bons livres, des poèmes, des livres d’aventures, des contes de fées et de nombreux classiques. Je ne me souviens pas non plus que personne ne m’ait jamais dit “laisse ce livre, c’est trop difficile”. Si c’était le cas, je suppose que je m’ennuyais à le lire et que je le délaissais. Il me semble qu’il existe aujourd’hui une certaine tendance à considérer les enfants comme des créatures triviales devant lire des choses vulgaires. Mais les enfants ne sont pas sans importance, les enfants sont des enfants. Et ce n’est pas pareil.
Paix liturgique – Est-il permis de vous demander si la rencontre de la messe « en latin » par votre héroïne est autobiographique ?
Natalia Sanmartin – Pas comme cela est décrit dans le roman, mais oui, la messe traditionnelle est un élément fondamental de ma foi, de mon plein retour vers celle-ci. Comme beaucoup d’autres personnes, à un certain âge, j’ai malheureusement pris mes distances par rapport à la pratique religieuse et lorsque je suis revenu à la foi, lorsque j’ai lu les Évangiles pour la première fois, lorsque j’ai lu certains des textes des pères de l’Église et que j’ai découvert la beauté des Psaumes, j’ai réalisé que la grandeur et la radicalité de ce que j’avais « découvert » ne correspondaient pas au culte auquel j’étais revenu. Je ne savais pas pourquoi, mais il y avait quelque chose qui ne convenait pas. Jusqu’à ce que je découvre, presque par hasard, la messe traditionnelle : toutes les pièces se sont alors emboîtées. Je me souviens m’être agenouillée lors de ma première messe, en silence, et avoir pensé : voilà ce dont il s’agit, c’est le sacrifice de la messe, c’est le ciel sur la terre, comme disent les Orientaux. La foi chrétienne n’est pas quelque chose de banal, elle ne peut donc pas être exprimée dans un culte banal. C’est une question de mystère, de sang et de sacrifice; c’est quelque chose de sacré, de voilé, d’accablant. 
Paix liturgique – L’influence de la messe traditionnelle dans la vie de Saint-Irénée, en tout cas dans l’éducation des enfants, est importante. Pensez-vous que cette façon de célébrer – et de croire – puisse aider notre société à se « reculturer » ?
Natalia Sanmartin – Je ne suis pas trop optimiste quant à la restauration ou au retour d'un haut niveau de Culture en Occident, du moins si nous parlons de majorités ou de masses. Oui, il est vrai que la liturgie traditionnelle attire de nombreuses personnes qui ne connaissaient pas la foi chrétienne ou s’en étaient éloignées. Cela ne semble pas non plus être une coïncidence si une époque riche en conflits sociaux, en délinquance, en divisions familiales, en violences de toutes sortes et en une indifférence croissante pour la foi est une période qui a brisé brutalement la beauté. En ce sens, la profondeur et la richesse de la messe traditionnelle peuvent aider à établir des liens avec une culture qui a toujours essayé de refléter la beauté en tant qu’attribut divin. Mais à la fin, ce n’est pas la chose la plus importante, car la messe ne nous concerne pas principalement, mais est pour Dieu. La messe traditionnelle est le culte le plus utile et la forme la plus profonde d’adoration que nous puissions offrir à Dieu. C’est ce qui est objectif, c’est l’essentiel et c’est ce qui nous incite à nous battre pour cela. Et dans cette lutte, le problème n’est pas numérique, ce n’est même pas une question de force ou d’influence. Nous savons bien ce que Dieu peut faire avec la faiblesse.
Paix liturgique – En octobre, vous serez à Rome pour intervenir lors de la 5éme Rencontre Summorum Pontificum. 
Natalia Sanmartin – Oui, je le serai et je suis très heureuse d’y participer. J’ai récemment confirmé ma présence, et j'ai hâte de vous y retrouver.

20 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Clarté d'un Cardinal

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 20 juillet 2019

L’Europe, maintenant, n’écoute plus son Dieu
C’est pourquoi les migrants sont le fléau de Dieu.

Un Cardinal romain a fait récemment paraître le texte d’une interview, frappé au coin du bon sens ; il s’agit des vagues d’immigrants qui depuis plusieurs décennies menacent de submerger les grandes nations occidentales. Pourtant les propos du Cardinal Sarah, car il s’agit de lui, n’ont rien de raciste : le Cardinal est originaire d’Afrique noire. Ah, si seulement les Européens savaient comme lui apprécier les dons que Dieu a faits à l’Europe ! Mais, comme dit Hamlet (III, 1), « là est tout le problème ! » Car, qui en Europe se soucie encore de Dieu ?

« Je suis scandalisé par tous ces hommes qui meurent en mer, par les trafics humains, par les réseaux mafieux, par l’esclavage organisé. Je reste perplexe devant ces gens qui émigrent sans papier, sans projet, sans famille. Ils pensent trouver ici le paradis terrestre ? Il n’est pas en Occident ! S’il faut les aider, je pense que c’est sur place, dans leurs villages, dans leurs ethnies. On ne peut cautionner ces déséquilibres économiques et ces drames humains. Vous ne pouvez pas accueillir tous les migrants du monde. Accueillir, ce n’est pas seulement laisser entrer les gens chez soi, c’est leur donner du travail. Vous en avez ? Non. Leur donner un logement. Vous en avez ? Non. Les parquer dans un endroit indécent, sans dignité, sans travail, ce n’est pas ce que j’appelle accueillir les gens. Cela ressemble plus à une organisation mafieuse ! L’Église ne peut pas coopérer à des trafics humains, qui ressemblent à un nouvel esclavage.

Ce que je trouve également scandaleux, c’est qu’on utilise la Parole de Dieu pour justifier cela, Dieu ne veut pas la migration. Le Christ, enfant, s’est réfugié en Égypte, à cause d’Hérode, mais il est rentré chez lui ensuite. De même, Dieu a toujours ramené son peuple en Israël, comme après la famine ou la déportation en Babylonie. Un pays est un grand trésor, c’est là que nous sommes nés, c’est là où sont enterrés nos ancêtres. Quand on accueille quelqu’un, c’est pour qu’il ait une vie meilleure, et ce n’est pas dans un camp qu’on a une vie meilleure. Quand on est nourri sans travailler, on n’a aucune dignité. Et quelle culture avez-vous à leur offrir ? Est-ce que vous êtes encore capable de partager votre culture et vos racines chrétiennes ? J’ai peur que le déséquilibre démographique engendré par ces vagues migratoires vous fasse perdre votre identité et ce qui fait votre spécificité. L’Europe a une mission spéciale que Dieu lui a donnée c’est par vous que nous avons connu l’Évangile, que nous avons connu les valeurs de la famille, la dignité de la personne, et la liberté. Si vous renoncez à votre identité, si vous êtes noyés par une population qui ne partage pas votre culture, vos valeurs chrétiennes et votre identité risquent de disparaître. C’est comme la Rome ancienne envahie par les barbares. Il faut réfléchir aux migrations – c’est un nouvel esclavage qu’on organise parce qu’on a besoin de travailleurs. Toutes ces personnes qui viennent ici en croyant trouver une vie rêvée. Quel mensonge ! Quel cynisme ! Benoît XVI fut particulièrement clair et prophétique sur toutes ces questions. [ . . . ]

Vous avez été façonnés par le christianisme, tout est chrétien en Europe. Pourquoi nier cela ? Aucun musulman ne nie son identité. Si vous ne retrouvez pas ce que vous êtes, vous disparaîtrez. Et si l’Europe disparaît, il y aura un bouleversement épouvantable : le christianisme risquerait de disparaître sur la surface de la terre. Voyez bien que vous êtes envahis par l’islam : ils veulent islamiser le monde entier, et ils ont les moyens financiers. Ils ne réussiront pas, parce que le Seigneur est avec nous jusqu’à la fin du monde. Mais il ne faut pas nier ce que vous êtes : ceux que vous accueillez doivent s’intégrer à votre culture. Encore faut-il que vous ayez une culture : vous ne pourrez pas les accueillir dans votre athéisme, dans votre matérialisme, dont ils ne veulent pas. »

Kyrie eleison.

19 juillet 2019

[Boulevard Voltaire] Reportage : La soutane fait son come-back ! Mais pourquoi un tel engouement ?

SOURCE - Boulevard Voltaire - 19 juillet 2019

La soutane, vêtement religieux des prêtres abandonné pendant une quarantaine d’années, opère un retour en grâce dans le clergé, au point que Le Parisien a fait un dossier sur son retour.

Pour en savoir plus, nos reporters ont rencontré un jeune prêtre de la Fraternité Saint-Pierre et un curé de campagne diocésain qui ont, l’un et l’autre, choisi de porter la soutane – cet « Évangile silencieux », comme ils l’appellent. Pourquoi ce choix ? Ils témoignent au micro de Boulevard Voltaire.

16 juillet 2019

[Paix Liturgique] Le mépris: ça suffit! (suite)

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 703 - 16 juillet 2019

Beaucoup de nos lecteurs nous interrogent pour savoir comment évolue la situation des fidèles de Saint-Germain-en-Laye qui désirent assister, chaque dimanche dans leur ville à une liturgie traditionnelle. Nous avons demandé à Helena Dubois de répondre pour eux à quelques questions après que le groupe Math.7.7 ait fait ces derniers jours une répétition de leurs futures actions. 
Q – Quelle est la situation actuelle de votre demande à Saint-Germain-en-Laye ?
Helena Dubois - Après des années de refus et de mépris, nous avions cru quelques temps que la situation était en train d’évoluer positivement… malheureusement il n’en est rien et nous sommes convaincus que les rumeurs de solution qui ont été répandues n’étaient que de la poudre aux yeux pour tenter de juguler notre demande et de la faire disparaître.
Q – Vous croyez cela ?
Helena Dubois - Bien sûr et lors de notre dernière présence de prière le 26 juin l’on nous a dit explicitement « ah mais si vous revenez vous faites tout capoter et nous n’accorderons rien ». Mais qu’avons-nous fait capoter ? Une hypothétique messe un dimanche après-midi sur deux célébrée par le père Thierry Faure en qui nous n’avons aucune confiance ? En fait nous sommes soumis à un effroyable chantage...
Q – Un chantage ?
Helena Dubois - En effet, si nous n’existons pas il est évident que l’on ne nous accordera rien, mais si nous existons nous devons faire comme si nous n’existions pas pour espérer nous voir accorder quelques miettes. C’est un manquement profond à la charité et à la loi d’amour.
Q – Que veulent les familles de Saint-Germain attachées à la liturgie et à la foi traditionnelle ?
Helena Dubois - Nous ne cessons de répéter notre souhait depuis 12 ans : une célébration traditionnelle à Saint-Germain-en-Laye chaque dimanche et fêtes à un horaire familial, c’est-à-dire entre 10 h et 11 h.
Q – Mais demandez-vous l’application des bienfaits du motu proprio Summorum Pontificum à Saint-Germain-en Laye?
Helena Dubois - Il y a douze ans et pendant des années nos avons demandé l’application des bienfaits du motu proprio Summorum Pontificum dans les paroisses de Saint-Germain-en-Laye mais depuis que les curés successifs et en particulier le père Thierry Faure ont non seulement refusé notre demande mais nous ont montré leur véritable hostilité à la paix dans la paroisse, nous ne sollicitons plus une célébration paroissiale qui serait torpillée en permanence par le curé des saint-Germain. Aujourd’hui nous espérons que nos évêques sauront prendre leurs responsabilités et nous accorder selon les termes du motu proprio Ecclesia dei un espace de Paix à Saint-Germain.
Q – Mais cela est-il possible ?
Helena Dubois - Bien sur que cela est possible et dans les faits notre demande n’a rien d’exceptionnelle car dans le diocèse de Versailles la totalité, sans exception, des célébrations dominicales hebdomadaires sont de ce type (Ecclesia dei ie ), nous ne demandons donc rien qui dérogerait aux usages du diocèse en cette matière.
Q – Mais certains fidèles de Saint-Germain-en-Laye disent qu’en fait le curé serait favorable mais que ce serait votre évêque qui serait hostile à une solution ?
Helena Dubois - Cela fait des années que nous sommes confrontés à cette dialectique. Lorsque nous rencontrons notre évêque il nous affirme que c’est au curé de décider mais que celui-ci est hostile donc qu’il n’y a pas d’issue… Lorsque nous rencontrons nos curés ils nous déclarent qu’eux-mêmes ne seraient pas hostiles à des solutions paroissiales mais que notre évêque ne veut pas en entendre parler.

Allez savoir où est le vrai… néanmoins nous savons que le père Faure est absolument opposé à une solution pacifique à Saint-Germain. Cela nous suffit pour nous tourner vers nos évêques et espérer d’eux une solution loyale qui de toute façon finira par s’imposer dans un mois, un an ou dix ans.
Q – Et les Ukrainiens ?
Helena Dubois - Ils sont un peu comme nous les victimes des manipulations de nos pasteurs qui leur ont promis une église à Saint-Germain-en Laye uniquement pour faire semblant de ne rien pouvoir nous accorder ensuite « Faute d’église disponible (Sic !) ». Il existe pour les satisfaire une excellente solution celle de leur accorder la chapelle de l’hôpital qu’ils pourraient adapter à leurs usages liturgiques et dont la petite taille suffirait à leurs célébrations, mais cette solution va devoir imposer du courage et de la franchise à nos pasteurs, mais nous savons que les ukrainiens y seraient tout à fait favorables car elle leur éviterait d’arriver à Saint-Germain comme des troublions manipulés contre des fidèles du cru.
Q – Pourquoi votre banderole ?
Helena Dubois - En attendant de vrais décisions de Paix, dès la rentrée nous allons poursuivre nos présences de prières à Saint-Germain mais si nos pasteurs continuent à être sourds à notre demande nous envisageons de donner une publicité plus grande au mépris dont nous sommes l’objet par des présences silencieuses devant l’église le samedi après-midi, sur les marchés de la ville ou même pourquoi pas à la sortie des messes du dimanche pour entrer en dialogue avec les Saint-Germanois.
Q – avez-vous besoin d’aide pour poursuivre votre action ?
Helena Dubois - Nous avons surtout besoin de vos prières, puis de l’aide des Saint-Germanois qui adhèrent à notre demande et puis quand cela est possible d’une aide financière car nos actions exigent quelques dépenses (150€ à ce jour) que nous ne parvenons pas à couvrir entièrement.

Pour plus d’information math.7.7@mail.fr

13 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] La vérité minée

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 juillet 2019

Catholiques ! Éteignez vos écrans !
La vraie réalité doit passer en avant.

Nous avons plus d’une fois recommandé dans ces « Commentaires » le site internet du Dr Paul Craig Roberts, analyste américain, dont les écrits portent sur les développements politiques et économiques mondiaux. Peut-être lui manque-t-il la largeur de vue que seule la vraie religion lui fournirait, mais il rapporte sur son site – paulcraigroberts.org – beaucoup de vérités qu’il observe de par le monde, et il le fait de manière telle qu’on peut se demander s’il ne va pas être un jour assassiné . . . . Mais un meurtre fait toujours désordre et, de plus, tuer un analyste risque, au contraire, d’accréditer le message qu’on voulait étouffer. Toujours est-il que les écrits du Dr Roberts sont largement répandus et lus dans le monde entier. Sur un plan très pratique, un de ses récents articles vient corroborer la priorité donnée par l’abbé Calderón dans son analyse du « nouvel homme » de Vatican II à ce subjectivisme (voir ces « Commentaires » du 22 juin) qui fait perdre la vérité objective. Lisez ci-dessous l’article du Dr Roberts, légèrement résumé, pour comprendre cette coupure supplémentaire du réel.

Il commence par citer un site normalement véridique, Zero Hedge, qui rapporte que « la capacité à falsifier la réalité augmente de façon exponentielle. Des “geeks” écervelés (ces fous de technologie moderne) ont maintenant développé des techniques qui empêchent de distinguer la fausse réalité de la vraie. » Parlant récemment des progrès foudroyants de la technologie de synthèse, le Président de la Commission de Renseignement du Congrès des États-Unis (House Intelligence Committee), déclarait : « Je ne pense pas que nous soyons suffisamment préparés. Et je ne pense pas que le public soit au courant de ce qui va nous arriver ». Cette nouvelle capacité de l’intelligence artificielle permet à tout programmeur compétent de diffuser des trucages audio ou vidéo sur n’importe qui, lui faisant dire n’importe quoi.

Ces créations sont appelées « deepfakes » (hyper trucages), et aussi choquantes soient-elles, il est pratiquement impossible d’y distinguer le vrai du faux. A peine nous étions-nous adaptés à un monde où notre réalité semblait faussée, que ce qui est faux est maintenant devenu notre réalité.

Un expert en criminalité informatique déclare : « Nous sommes totalement dépassés. Le nombre de personnes travaillant sur la vidéo-synthèse par rapport à ceux qui travaillent sur la détection des trucages sont de l’ordre de 100 contre 1 » (...) Déjà, les deux tiers des Américains pensent que les images et les vidéos truquées constituent un handicap majeur pour comprendre les faits fondamentaux de l’actualité. Les chercheurs en désinformation mettent en garde contre une « apathie croissante vis-à-vis de la réalité », car pour distinguer le vrai du faux, il faut faire de tels efforts qu’on préfère abandonner la recherche de la vérité pour se fier à son instinct, à ses préjugés de clan ou à ses impulsions. Immergés dans les tromperies de nos dirigeants, nous en arrivons à ne plus croire en rien.

Par exemple, deux pétroliers s’enflamment et dégagent de la fumée. Comme par enchantement, un bateau suspect des Gardiens de la Révolution iraniens apparaît alors sur une vidéo granuleuse. Ces images virales ont inondé les neuf milliards d’écrans de la terre. De chaque côté on a raconté une histoire différente. Personne n’a su à qui faire confiance. Les théories du complot ont comblé le vide, chacun s’accrochant à ce qu’il préférait croire.


Le Dr Roberts poursuit : Pourquoi les « geeks » se font-ils si forts de développer une technologie rendant la vérité encore plus difficile à discerner ? Comment se peut-il que leur nature humaine soit parasitée au point d’inventer des méthodes qui détruisent la capacité de connaître la vérité ? Est-ce si différent que de libérer dans l’atmosphère une substance indétectable qui anéantirait la vie ? La seule utilité de cette technologie, c’est de permettre à la police d’État d’exercer un contrôle total. Désormais, on peut mettre des paroles sur les lèvres de quiconque, lui attribuer des actes et utiliser ces fausses preuves afin de le condamner pour un crime simulé par trucage. Si la vérité disparaît, il n’y a plus ni liberté, ni pensée indépendante, ni conscience. Il ne reste que la Matrice. Comment l’Amérique a-t-elle pu s’égarer à ce point-là ? Des entreprises, des investisseurs et des scientifiques s’engagent maintenant à fond dans le développement de technologies propres à détruire la vérité ! Ces crétins sans cervelle, ne sont-ils pas nos véritables ennemis ? Aujourd’hui, établir la vérité est devenu la chose la plus difficile au monde. L’article du Dr Roberts se termine par un appel à un soutien financier, ce qu’il mérite certainement.

Chers lecteurs, tenez à la vérité comme à la prunelle de vos yeux, car la vérité se dégrade rapidement. Le monde fait maintenant passer la liberté avant la vérité, l’imagination avant la réalité ; il en découlera pour nous tous un véritable désastre, humainement vu.

Kyrie eleison.

9 juillet 2019

[Paix Liturgique] Une lecture pour l’été 2019: Le Maître de la Terre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 702 - 9 juillet 2019


Le Maître de la Terre : dystopie ou prophétie apocalyptique ?


Il y a dans l’effondrement de la liturgie latine – révélateur privilégié de l’effondrement de l’Eglise postconciliaire – un aspect que nos Lettres ne cessent de souligner : ce culte réformé représente une sorte d’asservissement volontaire, pour évoquer La Boétie, par ceux qui en avaient et par ceux qui en ont la garde, du message cultuel de l’Eglise aux canons de la modernité. De sorte que ce conseil de lecture pour les vacances, de Cyril Farret d’Astiès, nous a paru particulièrement judicieux pour les lecteurs de Paix liturgique.

Les romans d’anticipation les plus marquants ne sont pas ceux qui prédisent l’évolution technique de nos sociétés (que l’on songe par exemple au talent d’un Jules Verne qui suscite la curiosité de son public par ses descriptions du progrès scientifique), mais ceux qui proposent au lecteur une vision de ce que pourrait être l’avenir social, politique et religieux de notre époque ; on qualifie parfois ces romans de dystopies (selon le Larousse : société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste, telle que la conçoit un auteur). C’est ainsi la grande force du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley de décrire un État mondial gouverné par une caste supérieure qui domine une humanité créée en éprouvette et toute tendue par déterminisme éducatif vers un bonheur artificiel fondé sur la consommation et la vie sociale. On songe parmi bien d’autres à 1984 de Georges Orwell que l’on ne présente plus ; mais également à Fahrenheit 451 de Rey Bradbury qui annonce une société en guerre contre les livres et les intellectuels en vue d’un bonheur marchand garanti par une culture de masse unifiée ; ou encore à Globalia de Jean-Christophe Ruffin qui présente une société offrant sécurité, divertissement et prospérité en échange de restrictions des libertés et d’une ségrégation absolue envers les populations réputées dangereuses des « non-zones ». Tous ces livres et bien d’autres provoquent chez le lecteur un écho de plus en plus angoissant par le réalisme prophétique dont ils font preuve, alors que ce qui reste de notre civilisation avance à pas de géant vers l’omnipotence étatique, le plein divertissement, l’eugénisme, le nivellement culturel par le transfert de populations et le contrôle drastique des naissances. Ces mesures garantissent une société qui ne reconnaît que l’individu isolé face à l’État tout puissant afin de mettre en œuvre cette croyance, à présent bien partagée : « le commerce c’est la paix ».

Dans cette veine littéraire qui possède ses inconditionnels, mais qui fascine tout un chacun, un roman moins connu mais tout à fait bouleversant mérite, en cette période estivale, d’être proposé au lecteur de Paix liturgique pour se voir glissé dans la valise des vacances : il s’agit du Maître de la Terre de Robert-Hugh Benson.

Cette dystopie présente l’intérêt majeur de traiter ce genre littéraire du point de vue religieux et chrétien. Il dépeint une société séparée en trois grands ensembles distincts, Asie, Europe et Amérique qui s’acheminent vers un gouvernement mondial. Le monde connaît, grâce au président de l’Europe Julien Felsenburg, à la personnalité énigmatique, une paix et une prospérité inconnues depuis les débuts de l’humanité. Cette société ouvertement socialiste et maçonnique a pu se construire en rejetant la religion catholique par une mise en œuvre d’un laïcisme que l’on pourrait qualifier d’« à la française ». Cette ségrégation mute assez naturellement en une persécution sanglante alors que, parallèlement, l’apostasie frappe des pans entiers de l’Église qui, davantage qu’à la peur du martyre, cèdent aux sirènes de cette religiosité de substitution qu’est l’humanitarisme mis en œuvre par Felsenburg. On suit quelques personnages clé au long de cette fresque apocalyptique : un jeune prêtre fidèle qu’attend un destin considérable, un homme politique (fervent partisan de Felsenburg), sa mère et son épouse aux interrogations métaphysiques, quelques apostats, un vieux pape éminemment catholique… Je ne développerai pas davantage l’intrigue pour laisser au lecteur le plaisir de découvrir les enchaînements qui conduisent à une fin que tout catholique devine cependant bien rapidement.

Robert-Hugh Benson, pasteur anglican du mouvement High Church, ordonné par son propre père, archevêque de Cantorbéry, et converti en 1903 au catholicisme dont il devint prêtre, a écrit ce roman en 1907. Ce livre est très frappant, il ne laisse pas indifférent. Ce n’est pas tant la description des avions, la prémonition des guerres mondiales, l’usage de l’euthanasie ou l’échec d’un concile au milieu du XXe siècle qui fascinent le lecteur mais plus profondément cette description de la venue de l’Antéchrist, la multiplication des apostasies, l’atrophie numérique de l’Église qui décroît autant qu’elle se sanctifie par ses martyrs. Et c’est là le point de divergence essentiel entre notre époque et l’ouvrage de Benson : dans le roman, l’Eglise militante est remarquablement unifiée, fidèle, apostolique, bref catholique ; alors que nous vivons aujourd’hui le trouble le plus absolu par la faute de la hiérarchie qui flirte et roucoule avec le monde.

Le lecteur de 2019 a l’intelligence un peu ouverte sur les réalités de ce monde que le Concile de Vatican II souhaitait rencontrer, sait bien que la lutte à mort entre l’humanisme et le catholicisme est une lutte apocalyptique ; il sait que les forces en présence dépassent de bien loin la perception simplement politique ou culturelle que lui présentent les médias de masse ; il a trop fait l’expérience dans la liturgie réformée de cette fascination pour « l’aujourd’hui » qui conduit à une apostasie non formulée mais redoutable ; il sait trop tout cela pour ne pas saisir que cette description romanesque de l’apocalypse n’est pas un divertissement purement imaginatif.

Le roman que les deux papes Benoît XVI et François ont recommandé (il serait d’ailleurs passionnant de réfléchir à ce qui a pu susciter l’éloge unanime de deux personnalités si différentes) me semble d’une très grande importance pour saisir ce qui se joue en ce moment sous nos yeux, en comprendre l’enjeu et fixer résolument notre conduite. Car je voudrais insister sur un dernier point au sujet des apostasies qui ponctuent le livre : elles ne sont pas le résultat de complots maçonniques mais bien le renoncement libre d’anciens hommes de foi devant les lumières artificielles du monde, devant ses mirages et ses illusions. Aussi, si nous devons évidemment nous méfier de toutes les attaques extérieures, de toutes les fourberies, en ces temps troublés et messianiques méfions-nous plus encore de nous-même.

Cyril Farret d’Astiès
  • Robert-Hugh Benson, Le Maître de la Terre. La crise des derniers temps (Téqui, 2015)

7 juillet 2019

[Vincent Mongaillard - Le Parisien] Retour de la soutane : un habit obligatoire jusqu’en 1962

SOURCE - Vincent Mongaillard - Le Parisien - 7 juillet 2019

La tenue, de plus en plus portée par les jeunes ecclésiastiques, a connu depuis le XVIe de nombreuses réglementations. Entre interdiction et réhabilitation.

La soutane s'est imposée au XVIe siècle, dans la foulée du Concile de Trente exigeant du clergé qu'il porte « un habit bienséant » le différenciant du commun des mortels. À partir du XVIIe siècle, elle devient, dans de nombreux diocèses, obligatoire sur « le lieu de résidence » du prêtre. Mais pendant la Révolution française, cet habit porté comme « vêtement ordinaire de dessus » est interdit en dehors des cérémonies religieuses.

Il ressuscite au XIXe siècle, même si certaines communes prennent, dans un climat anticlérical d'avant 1905, des arrêtés municipaux bannissant son port sur la voie publique. Il demeure obligatoire dans la plupart des diocèses jusqu'en 1962. Cette année-là, le cardinal Maurice Feltin, archevêque de Paris, décide, à quelques mois du début du concile Vatican II (qui marque l'ouverture de l'Église au monde moderne) de le rendre facultatif dans la capitale.
Un vêtement « différent des laïcs »
Il autorise la tenue du « clergyman », le costume sombre avec col romain. La très grande majorité des diocèses de l'Hexagone adoptent presque instantanément les mêmes règles. Il faut dire que la longue robe noire austère boutonnée sur le devant était de plus en plus contestée par les curés eux-mêmes appelant à plus de discrétion.

Aujourd'hui, le Vatican exige, à travers le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres datant de 2013, que ceux-ci portent « la soutane ou un habit ecclésiastique digne ». « Lorsque l'habit n'est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et à la sacralité du ministère », rappelle ce document de la Congrégation pour le clergé.

6 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] “Prométhée” – L’Idolâtrie

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 6 juillet 2019

Qu’est-ce que Vatican II ? – un saccage odieux –
Créé pour s’opposer au Royaume de Dieu.

Revenons au plan de l’abbé Calderón – Première partie : dans son essence, Vatican II est une glorification de l’homme, grimée en catholicisme par les responsables de l’Eglise. Deuxième partie : L’Homme Nouveau de Vatican II est un être libéré de tout ; du réel par le subjectivisme ; de la morale par la conscience qui inclinerait naturellement le cœur humain vers le bien ; de sa nature même, par la grâce qui répare sa liberté. Troisième partie : Désormais, l’Eglise de Vatican II ne s’oppose plus au monde, ni aux autres religions ; cette Néo-église est toute de bonté, vouée au dialogue avec tout le monde. Dans la quatrième partie de son livre, l’abbé Calderón se demande si Vatican II est une nouvelle religion. Sa réponse est : oui. Car cette Néo-église ne rend plus à la Sainte Trinité le culte qui lui est dû ; en effet, 1. la Révélation et la Tradition, aussi bien que : 2. l’Acte central du culte ou encore : 3. la croyance au Dieu incarné, sont gravement altérés dans leur substance.

1 La vraie doctrine de l’Église est changée ; voici comment. Un catholique peut croire soit en l’objet de foi lui-même, i.e. l’Incarnation ; soit en une proposition objective exprimant cet objet, i.e. “Dieu s’est incarné”. Sans doute, toute formulation exprime le mystère de manière inadéquate, mais il n’empêche qu’elle l’exprime vraiment, ce qui, pour le croyant, est suffisant pour sauver son âme. Mais la Néo-église est un nid de modernistes et pour les modernistes, aucune proposition ne peut être objective. Par conséquent, pour la Néo-église, il ne peut s’agir que d’une expérience subjective du mystère (Dei Verbum n° 2 ; LG n° 4). Cela revient à livrer la doctrine à toutes sortes d’élucubrations charismatiques. Car, pour la Néo-église, le Mystère se rend présent dans la communauté d’une Église vivante, au sein de laquelle Révélation et Tradition évoluent au fil des contextes historiques. Ce qui veut dire que, pour vivre et interpréter le Mystère, il faut entrer en communion dans la communauté avec un nouvel Esprit de Foi. Les formules qu’on écrira ou les croyances qui émergeront ne feront que suivre cet esprit. On réécrit la foi pour donner un fondement à cette expérience, et pour donner au peuple de Dieu un modèle à suivre. L’orthodoxie nouvelle consiste à penser en communion avec la Néo-église, de sorte que refuser cette Néo-communauté constitue la pire des hérésies. Or c’est là ce que faisait Mgr Lefebvre.

2 Quant au culte, l’importance donnée à la Croix dans cette religion aux teintes moyenâgeuses n’est-elle pas déprimante ? Qu’à cela ne tienne ! La Néo-église éliminera le sacrifice, mais gardera la joie. Toutefois, l’humanité a contracté une dette envers Dieu à cause du péché. Et cette dette a conduit le Christ à nous racheter par le sacrifice. Donc, conclut le moderniste, il importe que nous nous débarrassions de cette idée de péché. Car Dieu est au-dessus de la souffrance : les péchés des hommes ne peuvent Le faire souffrir. Même s’Il se plaint du péché, Il n’ira jamais jusqu’à condamner quiconque aux peines éternelles de l’Enfer. Certes, le Christ est mort, mais simplement en tant qu’instrument du Père (G&S#22). [«  Agneau innocent, par son sang librement répandu, Il nous a mérité la vie ; et, en lui, Dieu nous a réconciliés avec lui-même et entre nous ».] Car il devait montrer sa solidarité avec les hommes. Donc, ce n’est pas tant le Christ qui nous sauve, mais le Père ; et non par la Croix, mais par la Résurrection qui a été accomplie par le Père, afin que l’homme soit glorifié ! Ainsi la Messe, rebaptisée “Mystère pascal”, doit glorifier l’homme, et Dieu doit remercier l’homme d’être si glorieux afin que Lui-même puisse y trouver sa gloire ! Cette série d’absurdités blasphématoires, qui imprègnent nettement la Nouvelle Messe, imposée à l’Église par Paul VI en 1969, est implicite plutôt qu’explicite dans le décret liturgique Sacrosanctum Concilium. Mais le texte date du début du Concile ; or les modernistes devaient à l’époque faire encore preuve de prudence. Ce n’est qu’à partir de 1969 que les freins ont été desserrés. La liturgie de l’Église est maintenant dans le chaos.

3 Quant au Dieu incarné, Jésus-Christ, centre du christianisme et de la vraie Église catholique, deux documents de Vatican II, Gaudium et Spes et Ad Gentes s’y réfèrent spécialement. Pour l’abbé Calderón, ces deux documents développent une doctrine identique : la Croix est horrible ; mieux vaut donc être tout simplement un homme de paix qu’un fils adoptif de Dieu par la souffrance. L’homme est à l’image de Dieu (par sa liberté), si bien que, plus il se fait homme, plus il devient divin. C’est la raison pour laquelle Jésus-Christ s’est fait homme. Non pas pour que l’homme devienne fils adoptif de Dieu, mais pour que l’homme devienne plus pleinement homme ! Au demeurant, on ne trouve nulle part dans les textes de Vatican II que Jésus-Christ soit proprement et véritablement Dieu ; on n’y décèlera pas davantage, ne serait-ce qu’une seule fois, d’allusion à l’union hypostatique. Selon le public auquel ils s’adressent, les théologiens conciliaires font fluctuer leur langage, entre Tradition et Nouvelle Théologie.

4 A la fin de son analyse, l’abbé Calderón conclut que la finalité ultime de Vatican II est la dignité de l’homme ; or, c’est par leur finalité que les religions se spécifient. Le catholicisme place sa finalité dans la gloire (extrinsèque) de Dieu ; Vatican II est donc bien une religion nouvelle car, pour le Concile, la grâce libère la nature humaine ; Jésus est venu pour nous rendre plus humains ; et la Messe n’est plus le sacrifice dû à Dieu, mais l’action de grâce de l’humanité couronnant le Créateur, elle-même étant plus libre que Lui, puisque capable de choisir même le mal !

Kyrie eleison.

5 juillet 2019

[Le Bien Public] Où a été prise cette photo ?

SOURCE - Le Bien Public - 5 juillet 2019



Régulièrement sur notre site Internet, nous vous proposons de plonger dans les archives photos du Bien public et de deviner où et quand ont été pris ces clichés.
    
Nous sommes le 5 juillet 1977. Le petit village de Flavigny-sur-Ozerain se retrouve au milieu du confit qui agite, depuis plusieurs années déjà, l'église catholique. En effet, c'est là que Mgr Lefevbre, ancien évêque de Dakar et de Tulle (visible sur notre seconde photo d'archive), a présidé la cérémonie de "prise d'habit" de cinq jeunes femmes, devenues sœurs franciscaines.

Si la présence de Mgr Lefebvre ne passe pas inaperçu, c'est parce que cet homme d'église, décédé en 1991, est devenu la figure de proue d'un mouvement conservateur et traditionnaliste qui s'oppose au concile Vatican II. Organisé entre 1962 et 1965, ce concile œcuménique symbolise l'ouverture de l'église catholique sur le monde moderne, avec la prise en compte du sécularisme grandissant et du désintérêt croissant des populations pour la religion, de l'apparition de nouvelles technologies... Il s'est conclu par des profondes réformes libérales dans le fonctionnement de l'Église.

Mais ces réformes n'ont pas été du goût de tous les croyants, qui trouvent donc en Michel Lefebvre et sa Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X leur porte parole. Farouchement antimoderniste, pourfendeur du communisme et des francs-maçons, l'ancien évêque critique, à partir des années 1970, de plus en plus ouvertement Vatican II, allant même jusqu'à mettre en cause la légitimité du Pape. En 1975, sa volonté d'ordonner des prêtres dits "traditionnalistes" sans attendre la permission du Saint-Siège lui vaut une suspense, une sanction réservée aux clercs. Dès lors, le torchon brûle entre les "lefebvristes" et le Vatican.

Interviewé dans nos pages le 6 juillet 1977, lors de son passage à Flavigny-sur-Ozerain, le héraut du retour à "la foi de nos ancêtres" se veut rassurant : "Je crois que l'excommunication n'aura pas lieu". Son optimisme lui donnera tort : en 1988, Michel Lefebvre et quatre évêques qu'il vient de nommer sont excommuniés. Il faudra attendre 2009 pour que cette excommunication soit levée, et 2017 pour que les baptêmes et mariages célébrés par des membres de la Fraternité Saint-Pie-X soient reconnus par le Vatican.

Aujourd'hui, Flavigny-sur-Ozerain accueille toujours un séminaire de formation de futurs prêtres lié à la fraternité : le séminaire Saint-Curé-d'Ars