30 juillet 2019

[Abbé Benoît de Jorna - FSSPX Actualités] Université d’été 2019 : Catholiques de Tradition, êtes-vous fiers de votre Foi?

SOURCE - Abbé Benoît de Jorna - FSSPX Actualités - 30 juillet 2019

La XIVe université d’été du district de France de la Fraternité Saint-Pie X aura lieu au domaine de l’école Saint-Joseph-des-Carmes, à Montréal-de-l’Aude, du 14 au 18 août 2019.
Catholiques de tradition, êtes-vous fiers de votre foi ?
Poser la question : « êtes-vous fiers de votre foi ? », c’est se demander si l’on ne risquerait parfois pas d’en avoir honte. En théorie, non ; mais en pratique, un peu quand même. Honte d’être dans le monde et de ne pouvoir être du monde, de ne pouvoir bénéficier de toutes les commodités que procurerait une foi incolore, inodore et sans saveur.

Mais est-il envisageable, en 2019, d’adopter un tel profil bas ?

La multiplication des profanations d’églises et de cimetières chrétiens, les campagnes médiatiques orchestrées – par le livre et par l’image – contre l’Eglise catholique, sa doctrine et sa morale, peuvent-elles nous laisser muets ?

Face aux scandales à répétition qui secouent dramatiquement l’Eglise aujourd’hui, devons-nous nous taire ? Devant les innombrables mea culpaqu’elle frappe sur la poitrine des générations précédentes : « c’est votre faute, votre très grande faute », n’avons-nous aucune réponse à apporter ?

Faut-il que nous soyons des déracinés, des catholiques hors sol, pour nous rendre présentables aux yeux du monde globalisé ? Faut-il que nous vivions comme des déshérités, sans passé ni identité, pour être fréquentables dans un monde déchristianisé ?

Le trésor de la Tradition doit-il rester enfoui ? Ses richesses doctrinales, morales et liturgiques que la Fraternité Saint-Pie X protège et propage, sont-elles réservées à une minorité confinée dans un village gaulois, encerclé par les légions romaines ?

Les convertis qui ont découvert ce trésor bimillénaire avec émerveillement, nous reprochent, à nous catholiques de Tradition, notre pusillanimité. Eux qui ont souffert du relativisme postmoderne, du laxisme libéral, ils nous demandent : « êtes-vous fiers de votre foi ? ». Ils nous font honte de n’être pas plus fiers de notre foi.

En 1915, le père de Foucauld écrivait à son ami le général Laperrine : « J’avais cru, en entrant dans la vie religieuse, que j’aurais surtout à conseiller la douceur et l’humilité ; avec le temps, je vois que ce qui manque le plus souvent, c’est la dignité et la fierté ! ».

A travers conférences et ateliers, l’université d’été 2019 nous donnera les connaissances dont nous avons besoin. Et elle ravivera en nous la fierté des responsabilités que nous avons reçues par le baptême : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde ». (Mt 5, 13-14) Car il ne s’agit pas d’une fierté vaniteuse ou méprisante, mais bien d’une fierté responsable et missionnaire. Enthousiaste et contagieuse.

Le mot d’ordre de cette université d’été est double : la doctrine s’acquiert, la fierté se conquiert !

Abbé Benoît de Jorna
Supérieur du district de France

Voici le programme détaillé des dix conférences :
  1. Plan de l’UDT 2019 : Entre cathophobie et repentance, quelle place pour la fierté ? – Abbé Alain Lorans
  2. Peut-on être médecin et catholique ? – Dr Vincent Wojciesko
  3. Table ronde : Comment rendre un catholique de Tradition fier de son héritage ? - Abbé Michel de Sivry, Sophie Magerand, Me Benoît de Lapasse
  4. Notre héritage doctrinal : le réalisme thomiste face à l’utopie - Abbé Foucauld le Roux
  5. Notre héritage moral : la loi naturelle et chrétienne face à la démesure prométhéenne – Abbé Bernard de Lacoste
  6. Notre héritage politique : la cité catholique face à la dissociété libérale – Abbé Alain Lorans
  7. Comment développer une autorité et exercer une influence au service de la foi ? - Baudouin Bévillard
  8. Découvrir et faire découvrir le trésor catholique – Pr Stéphane Mercier
  9. Pie XII, un éclairage catholique des sciences modernes à (re)découvrir – Dr Gérald Le Bartz
  10. Fierté et responsabilité – Abbé Benoît de Jorna

Université d’été de la Fraternité Saint-Pie X du 14 au 18 août 2019 à Montréal-de-l’Aude (11)
Inscriptions sur le site de l’UDT : http://udt-fsspx.frCourriel : udtfsspx@gmail.com – Téléphone : 06 49 85 85 46
Par voie postale : UDT de la FSSPX 20 rue Gerbert F-75015 Paris
Tarif plein : 120 € ; tarif étudiant : 80 € ; tarif pour une journée : 25 € ; voir tous les tarifs détaillés sur le site de l’UDT

[FSSPX Actualités] France : réconciliation de l’ancienne chapelle de la Visitation au Puy-en-Velay

SOURCE - FSSPX Actualités - 30 juillet 2019

Le mardi 16 juillet 2019, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, l’ancienne chapelle de la Visitation au Puy-en-Velay, récemment acquise par la Fraternité Saint-Pie X, a été réconciliée avec le culte catholique. 
Une histoire mouvementée
Construite en 1655, la chapelle du couvent des Visitandines fut profanée par les révolutionnaires qui la transformèrent en parodie de tribunal, jugeant et condamnant à mort de nombreux prêtres, religieux et laïcs pour leur foi et leur attachement à l’Eglise. Ces sacrilèges, ces meurtres et ces profanations successives, qui sont autant de graves offenses envers Dieu, empêchaient toute célébration cultuelle dans cette chapelle, tant que celle-ci n'avait pas été « réconciliée » par les cérémonies prévues dans le rituel de l’Eglise. 
Un jour béni sous l’égide de la Vierge du Carmel et de Notre-Dame du Puy
Il aura donc fallu attendre le 16 juillet 2019 pour voir cet édifice restitué à sa première destination par l’actuel supérieur du prieuré Saint-François Regis d’Unieux, qui dessert les lieux. D’abord, les murs extérieurs sont aspergés d’eau bénite en récitant le psaume Miserere, puis tous entrent dans la chapelle en invoquant les saints du Ciel. Ensuite le psaume 67 est chanté. Chaque verset est précédé de l’antienne « Exsurgat Deus » [Dieu se lève et ses ennemis se dispersent, ses adversaires fuient devant sa face]. Enfin les murs intérieurs sont aspergés ; la messe du jour peut alors commencer. 

L’homélie fut l’occasion d’évoquer la sainteté de ce lieu, le souvenir des filles de sainte Jeanne de Chantal et de saint François de Sales qui s’y sont sanctifiées, le sang versé par de nombreux martyrs, et bien sûr l’importance du Puy. Le Mont-Anis fut en effet choisi entre mille par la Sainte Vierge pour y être servie et honorée jusqu’à la fin des siècles. La chapelle de la Visitation est à moins de 300 mètres de la cathédrale du Puy-en-Velay, que le pape Pie IX érigea en basilique en 1856. 

La tradition rapporte que la basilique du Puy fut consacrée par les anges, ces mêmes anges qui fêtent Notre-Dame du Mont-Carmel, ainsi que s’exprime l’Introït de la messe : « Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, car la fête que nous célébrons aujourd’hui est celle de la Bienheureuse Vierge Marie. Cette solennité réjouit les anges et tous en chœur louent le Fils de Dieu. » 
Beaucoup reste à faire 

Si la messe peut à nouveau être célébrée, l’état délabré de l'intérieur de la chapelle fait peine à voir. D’importants travaux de rénovation doivent encore être entrepris. Les dons sont à adresser au prieuré Saint François-Régis – 31, rue Holtzer – 42240 Unieux.

27 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Contradiction endémique

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 27 juillet 2019

Dans les contradictions, nul ne sait que penser –
Mais les âmes, le vrai, ne peuvent que sombrer.

Revenons à Mgr Huonder, non pour attaquer sa personne, mais pour illustrer la confusion universelle qu’il illustre si bien. Lors de sa démission du diocèse de Coire, en Suisse, et de son installation dans l’école Traditionnelle de garçons de Wangs, dans le diocèse de Saint-Gall, école dirigée par la Fraternité St Pie X, son déménagement paraissait si surprenant que Mgr Huonder a publié le même jour deux déclarations : l’une pour la Tradition et l’autre pour l’Église conciliaire. Voici les passages-clés de chacune d’entre elles, qui ne sont point faussés en étant sortis de leur contexte.

A l’adresse de ses anciens collègues et aux fidèles du diocèse de Coire, il écrit à propos de sa retraite à Wangs : « Conformément aux vues du Pape François, je m’efforcerai [à Wangs] de contribuer à l’unité de l’Église, non en pratiquant l’exclusion, mais en faisant la part des choses pour tenir compagnie aux gens en vue de cette intégration ». Simultanément, pour les catholiques Traditionnels chez lesquels il est sur le point de s’installer, il co-signe avec le Supérieur Général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani, une déclaration commune contenant ces mots : « Le seul et unique but de la retraite de Mgr Huonder dans une maison de la FSSPX est de se consacrer à la prière et au silence, de célébrer exclusivement la Messe tridentine et de travailler pour la Tradition comme étant le seul moyen de renouveler l’Église ».

Cet honorable évêque ne se rend-il pas compte de la contradiction entre ses deux déclarations ? Depuis que François est devenu Pape en 2013, qui n’a pas constaté le flot presque quotidien de propos et d’actes par lesquels ce Pape engage les catholiques à délaisser l’Église de la Tradition ? Qui n’a pas senti sa répugnance profonde et instinctive pour l’Église telle qu’elle était avant le Concile, répugnance partagée avec tous ces hommes d’Église conciliaires qui, comme lui, sont les vétérans de la véritable révolution de Vatican II ? Comment Mgr Huonder ne peut-il pas voir qu’entre « les vues du Pape François » et « la Tradition » il existe un gouffre infranchissable ?

Si Monseigneur s’imagine que « les vues du Pape François » sont autres qu’elles ne sont, ou s’il espère que le Souverain Pontife peut être amené à en changer, il est certain que le Pape ne ratera pas l’occasion de lui faire savoir rapidement et fermement ce qu’il pense en réalité. Par ailleurs, si Monseigneur imagine ou espère que la Tradition n’est pas ce qu’elle est, nous devons sur ce point admettre, hélas, qu’il a bien pu être trompé par le changement opéré sur 20 ans dans la Fraternité Saint Pie X : la Néo-fraternité a bien changé depuis qu’elle est dirigée par les successeurs de Mgr Lefebvre. Avec son Fondateur, la FSSPX était la principale forteresse de l’Église, en sauvegardant la doctrine catholique, les sacrements et la morale de toujours. Mais l’autorité personnelle de l’Archevêque a disparu avec lui lors de son décès en 1991, et en conséquence l’autorité de la Rome officielle, qui attire normalement tout catholique romain, a repris le dessus en l’espace de quelques années seulement. Avec le GREC, la Fraternité a commencé son glissement vers la Néo-fraternité pour s’adapter à la Néo-église de Rome. Et il est probable que Mgr Huonder ne voit là aucune contradiction puisque lui-même veut apporter sa contribution à cette réunion.

Mais qu’en est-il du cosignataire de la Déclaration commune faite pour les Traditionalistes, c’est-à-dire de l’abbé Pagliarani, Supérieur Général de la Néo-fraternité ? Évidemment, il connaît les intentions du pape François, de même qu’il savait certainement il y a 20 ans, ce qu’entendait Mgr Lefebvre par la Tradition. Alors, en cosignant la Déclaration, connaissait-il l’intention de Mgr Huonder de travailler à Wangs simultanément « selon les vues du Pape » et « selon la Tradition » ? Et s’il était au courant de cette intention double, n’y voyait-il, lui non plus, aucune contradiction ? Et s’il y voit maintenant une contradiction, que pense-t-il du fait d’avoir installé un cheval de Troie, aussi bien intentionné soit-il, au sein de la Tradition ? Peut-être se dit-il : « Bof ! ça n’a pas vraiment d’importance. Mgr Lefebvre ne voulait-il pas que nous nous occupions des prêtres de l’Église conciliaire ? (Certes, mais pas pour en faire des chevaux de Troie !) . Mgr Huonder est bien gentil. Nous sommes tous gentils. Nous nous entendons tous. La contradiction est un problème plutôt théorique que pratique, etc...»

Si le nouveau Supérieur Général pense de la sorte, c’est qu’il a attrapé la maladie conciliaire, et que la vraie Fraternité est vraiment frappée à mort. Par contre la Néo-fraternité fondante, sur la doulce mer de confusion et de contradiction, s’apprête avec joie à naviguer pour toujours de concert avec la Néo-église, elle aussi fondante. Mais malheur aux âmes !

Kyrie eleison.

[FSSPX Actualités] L’étrange conception du cardinal Marx sur l’Ordre et la prédication

SOURCE - FSSPX Actualités - 27 juillet 2019

Alors que l’Eglise d’Allemagne perd de plus en plus de fidèles, comme l’ont montré les sorties d’Eglise en très forte hausse, les évêques allemands, le cardinal Marx en tête, poursuivent l’œuvre d’autodémolition avec persévérance.
    
Dans un article du 17 juillet 2019 paru sur le site Katholisch.de, le Père Nikodemus Schnabel proposait de confier l’homélie aux « lecteurs ». Autrefois partie intégrante de l’ordre sacerdotal, il était l’un des quatre ordres mineurs : portier, lecteur, exorciste et acolyte. Ces éléments ont été « supprimés » par le pape Paul VI en 1972, qui a institué à la place deux « ministères », qui peuvent être attribués à des laïcs : les lecteurs et les acolytes.

Puisque, raisonne le P. Schnabel, le lecteur peut lire la parole divine dans la liturgie, ne pourrait-il pas se voir confier son explication dans une homélie ? L’argument est habile, et veut essayer de contourner l’interdiction faite aux laïcs de prêcher. Le droit canon réserve en effet l’homélie au prêtre ou au diacre. Dans l’Instruction « Sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres » du 15 août 1997, document signé par huit congrégations romaines, il est précisé que l'homélie « fait partie intégrante de la liturgie » et qu’elle « doit donc être réservée au ministre sacré, prêtre ou diacre. Les fidèles non-ordonnés en sont exclus » (Article 3). Ce document avait précisément pour but d’extirper les abus contraires qui s’étaient déjà répandus un peu partout dans l’Eglise.

Mais, répond le P. Schnabel, puisque le lecteur participe à la liturgie, il peut donc prêcher. Et pourquoi pas une femme en ce cas ? L’argument, quoiqu’erroné, met le doigt sur certaines contradictions latentes héritées du Concile.

Le P. Schnabel n’a pas tardé à recevoir l’appui du cardinal Marx, président de la Conférence épiscopale et responsable du C6, le conseil privé de cardinaux du pape François. Lors d’une conférence à des laïcs, le 20 juillet, il s’est interrogé : « Seul le prêtre peut-il prêcher l'homélie ? » Et de poursuivre : « Cela doit évoluer ».

Le cardinal avait marqué auparavant sa déception quant aux homélies faites dans certaines paroisses. Il ajoutait enfin que l'inclusion de témoignages ou l’utilisation de matériel audio-visuel pourrait peut-être donner « plus de variété » aux sermons.
De la distinction fondamentale entre clergé et laïcat
A cette conception, il faut opposer l’importance et la dignité du clergé, si souvent prêchée par Monseigneur Lefebvre et rappelée par Mgr de Galarreta lors des récentes ordinations sacerdotales à Ecône. Parmi les signes distinctifs de l’œuvre de restauration catholique que veut être la Fraternité Saint-Pie X, « Mgr Lefebvre ajoutait un autre trait : nous croyons à l’importance et à la dignité du clergé. Nous croyons à cette distinction que Notre-Seigneur Jésus-Christ a lui-même instituée entre laïcs et clercs. Nous croyons à l’ordre sacerdotal avec tous ses degrés. Nous croyons à la hiérarchie. Nous croyons à l’autorité et nous croyons que c’est là la partie essentielle de la sainte Eglise. (…)

« Ainsi donc, de même que l’esprit surnaturel est le remède à ce naturalisme humaniste, fondement de l’hérésie qui mine l’Eglise, précisait Mgr Lefebvre, de même l’esprit hiérarchique et le caractère sacré du prêtre s’opposent au laïcisme croissant qui conduit le sacerdoce catholique dans un sens protestant, et il donnait pour preuve tous les efforts qui se font contre le célibat sacerdotal ».

Le prêtre qui prêche à ses fidèles remplit une fonction sacerdotale et il répand et communique Jésus-Christ aux âmes, ce que ne peut faire aucun laïc. Penser ou vouloir le contraire, c’est attenter à la constitution divine de l’Eglise.

23 juillet 2019

[Riposte Catholique] Ordinations chez les Bénédictins de l’Immaculée

SOURCE - Riposte Catholique - 23 juillet 2019

Le samedi 13 juillet, en la très baroque église de Dolcedo à 10 km de Villatalla, deux frères de la Communauté des Bénédictins de l’Immaculée ont reçu l’un, les deux derniers ordres mineurs d’exorciste et d’acolytat (frère Marie), l’autre, le diaconat (frère Antoine). 

C’est S.Exc. Mgr Mario Oliveri , évêque émérite du diocèse d’Imperia-Albenga (Ligurie ) qui a magnifiquement officié. Assistait pontificalement au chœur S.E. Mgr Guglielmo Borghetti, actuel évêque du diocèse où est établie la Communauté.

Les deux prélats étaient entourés de nombreux prêtres, dont le RD Dom Jehan, fondateur et prieur du monastère, le curé de Dolcedo, d’autres venus en nombre du diocèse de Toulon (Dom Alcuin et ses frères, Don Andrea Govannardi, M. l’abbé Danka Pereira), d’autres encore venus de Gènes (Don Paolo), mais aussi de Rome (comme Mgr Agostini qui fit office de prêtre-assistant). Enfin était présent Don Marco Cuneo, ami fidèle de la communauté, grand cérémoniaire, appréciée pour sa connaissance des cérémonies pontificales.

En ce jour anniversaire du 13 juillet, troisième et terrible apparition donnée aux petits voyants de Fatima, que l’Immaculée protège ces deux frères des pièges de l’Enfer et les bénisse en vue d’offrir bientôt le saint Sacrifice de la messe pour le salut des vivants et la délivrance des âmes du Purgatoire.

20 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Clarté d'un Cardinal

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 20 juillet 2019

L’Europe, maintenant, n’écoute plus son Dieu
C’est pourquoi les migrants sont le fléau de Dieu.

Un Cardinal romain a fait récemment paraître le texte d’une interview, frappé au coin du bon sens ; il s’agit des vagues d’immigrants qui depuis plusieurs décennies menacent de submerger les grandes nations occidentales. Pourtant les propos du Cardinal Sarah, car il s’agit de lui, n’ont rien de raciste : le Cardinal est originaire d’Afrique noire. Ah, si seulement les Européens savaient comme lui apprécier les dons que Dieu a faits à l’Europe ! Mais, comme dit Hamlet (III, 1), « là est tout le problème ! » Car, qui en Europe se soucie encore de Dieu ?

« Je suis scandalisé par tous ces hommes qui meurent en mer, par les trafics humains, par les réseaux mafieux, par l’esclavage organisé. Je reste perplexe devant ces gens qui émigrent sans papier, sans projet, sans famille. Ils pensent trouver ici le paradis terrestre ? Il n’est pas en Occident ! S’il faut les aider, je pense que c’est sur place, dans leurs villages, dans leurs ethnies. On ne peut cautionner ces déséquilibres économiques et ces drames humains. Vous ne pouvez pas accueillir tous les migrants du monde. Accueillir, ce n’est pas seulement laisser entrer les gens chez soi, c’est leur donner du travail. Vous en avez ? Non. Leur donner un logement. Vous en avez ? Non. Les parquer dans un endroit indécent, sans dignité, sans travail, ce n’est pas ce que j’appelle accueillir les gens. Cela ressemble plus à une organisation mafieuse ! L’Église ne peut pas coopérer à des trafics humains, qui ressemblent à un nouvel esclavage.

Ce que je trouve également scandaleux, c’est qu’on utilise la Parole de Dieu pour justifier cela, Dieu ne veut pas la migration. Le Christ, enfant, s’est réfugié en Égypte, à cause d’Hérode, mais il est rentré chez lui ensuite. De même, Dieu a toujours ramené son peuple en Israël, comme après la famine ou la déportation en Babylonie. Un pays est un grand trésor, c’est là que nous sommes nés, c’est là où sont enterrés nos ancêtres. Quand on accueille quelqu’un, c’est pour qu’il ait une vie meilleure, et ce n’est pas dans un camp qu’on a une vie meilleure. Quand on est nourri sans travailler, on n’a aucune dignité. Et quelle culture avez-vous à leur offrir ? Est-ce que vous êtes encore capable de partager votre culture et vos racines chrétiennes ? J’ai peur que le déséquilibre démographique engendré par ces vagues migratoires vous fasse perdre votre identité et ce qui fait votre spécificité. L’Europe a une mission spéciale que Dieu lui a donnée c’est par vous que nous avons connu l’Évangile, que nous avons connu les valeurs de la famille, la dignité de la personne, et la liberté. Si vous renoncez à votre identité, si vous êtes noyés par une population qui ne partage pas votre culture, vos valeurs chrétiennes et votre identité risquent de disparaître. C’est comme la Rome ancienne envahie par les barbares. Il faut réfléchir aux migrations – c’est un nouvel esclavage qu’on organise parce qu’on a besoin de travailleurs. Toutes ces personnes qui viennent ici en croyant trouver une vie rêvée. Quel mensonge ! Quel cynisme ! Benoît XVI fut particulièrement clair et prophétique sur toutes ces questions. [ . . . ]

Vous avez été façonnés par le christianisme, tout est chrétien en Europe. Pourquoi nier cela ? Aucun musulman ne nie son identité. Si vous ne retrouvez pas ce que vous êtes, vous disparaîtrez. Et si l’Europe disparaît, il y aura un bouleversement épouvantable : le christianisme risquerait de disparaître sur la surface de la terre. Voyez bien que vous êtes envahis par l’islam : ils veulent islamiser le monde entier, et ils ont les moyens financiers. Ils ne réussiront pas, parce que le Seigneur est avec nous jusqu’à la fin du monde. Mais il ne faut pas nier ce que vous êtes : ceux que vous accueillez doivent s’intégrer à votre culture. Encore faut-il que vous ayez une culture : vous ne pourrez pas les accueillir dans votre athéisme, dans votre matérialisme, dont ils ne veulent pas. »

Kyrie eleison.

19 juillet 2019

[Boulevard Voltaire] Reportage : La soutane fait son come-back ! Mais pourquoi un tel engouement ?

SOURCE - Boulevard Voltaire - 19 juillet 2019

La soutane, vêtement religieux des prêtres abandonné pendant une quarantaine d’années, opère un retour en grâce dans le clergé, au point que Le Parisien a fait un dossier sur son retour.

Pour en savoir plus, nos reporters ont rencontré un jeune prêtre de la Fraternité Saint-Pierre et un curé de campagne diocésain qui ont, l’un et l’autre, choisi de porter la soutane – cet « Évangile silencieux », comme ils l’appellent. Pourquoi ce choix ? Ils témoignent au micro de Boulevard Voltaire.

16 juillet 2019

[Paix Liturgique] Le mépris: ça suffit! (suite)

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 703 - 16 juillet 2019

Beaucoup de nos lecteurs nous interrogent pour savoir comment évolue la situation des fidèles de Saint-Germain-en-Laye qui désirent assister, chaque dimanche dans leur ville à une liturgie traditionnelle. Nous avons demandé à Helena Dubois de répondre pour eux à quelques questions après que le groupe Math.7.7 ait fait ces derniers jours une répétition de leurs futures actions. 
Q – Quelle est la situation actuelle de votre demande à Saint-Germain-en-Laye ?
Helena Dubois - Après des années de refus et de mépris, nous avions cru quelques temps que la situation était en train d’évoluer positivement… malheureusement il n’en est rien et nous sommes convaincus que les rumeurs de solution qui ont été répandues n’étaient que de la poudre aux yeux pour tenter de juguler notre demande et de la faire disparaître.
Q – Vous croyez cela ?
Helena Dubois - Bien sûr et lors de notre dernière présence de prière le 26 juin l’on nous a dit explicitement « ah mais si vous revenez vous faites tout capoter et nous n’accorderons rien ». Mais qu’avons-nous fait capoter ? Une hypothétique messe un dimanche après-midi sur deux célébrée par le père Thierry Faure en qui nous n’avons aucune confiance ? En fait nous sommes soumis à un effroyable chantage...
Q – Un chantage ?
Helena Dubois - En effet, si nous n’existons pas il est évident que l’on ne nous accordera rien, mais si nous existons nous devons faire comme si nous n’existions pas pour espérer nous voir accorder quelques miettes. C’est un manquement profond à la charité et à la loi d’amour.
Q – Que veulent les familles de Saint-Germain attachées à la liturgie et à la foi traditionnelle ?
Helena Dubois - Nous ne cessons de répéter notre souhait depuis 12 ans : une célébration traditionnelle à Saint-Germain-en-Laye chaque dimanche et fêtes à un horaire familial, c’est-à-dire entre 10 h et 11 h.
Q – Mais demandez-vous l’application des bienfaits du motu proprio Summorum Pontificum à Saint-Germain-en Laye?
Helena Dubois - Il y a douze ans et pendant des années nos avons demandé l’application des bienfaits du motu proprio Summorum Pontificum dans les paroisses de Saint-Germain-en-Laye mais depuis que les curés successifs et en particulier le père Thierry Faure ont non seulement refusé notre demande mais nous ont montré leur véritable hostilité à la paix dans la paroisse, nous ne sollicitons plus une célébration paroissiale qui serait torpillée en permanence par le curé des saint-Germain. Aujourd’hui nous espérons que nos évêques sauront prendre leurs responsabilités et nous accorder selon les termes du motu proprio Ecclesia dei un espace de Paix à Saint-Germain.
Q – Mais cela est-il possible ?
Helena Dubois - Bien sur que cela est possible et dans les faits notre demande n’a rien d’exceptionnelle car dans le diocèse de Versailles la totalité, sans exception, des célébrations dominicales hebdomadaires sont de ce type (Ecclesia dei ie ), nous ne demandons donc rien qui dérogerait aux usages du diocèse en cette matière.
Q – Mais certains fidèles de Saint-Germain-en-Laye disent qu’en fait le curé serait favorable mais que ce serait votre évêque qui serait hostile à une solution ?
Helena Dubois - Cela fait des années que nous sommes confrontés à cette dialectique. Lorsque nous rencontrons notre évêque il nous affirme que c’est au curé de décider mais que celui-ci est hostile donc qu’il n’y a pas d’issue… Lorsque nous rencontrons nos curés ils nous déclarent qu’eux-mêmes ne seraient pas hostiles à des solutions paroissiales mais que notre évêque ne veut pas en entendre parler.

Allez savoir où est le vrai… néanmoins nous savons que le père Faure est absolument opposé à une solution pacifique à Saint-Germain. Cela nous suffit pour nous tourner vers nos évêques et espérer d’eux une solution loyale qui de toute façon finira par s’imposer dans un mois, un an ou dix ans.
Q – Et les Ukrainiens ?
Helena Dubois - Ils sont un peu comme nous les victimes des manipulations de nos pasteurs qui leur ont promis une église à Saint-Germain-en Laye uniquement pour faire semblant de ne rien pouvoir nous accorder ensuite « Faute d’église disponible (Sic !) ». Il existe pour les satisfaire une excellente solution celle de leur accorder la chapelle de l’hôpital qu’ils pourraient adapter à leurs usages liturgiques et dont la petite taille suffirait à leurs célébrations, mais cette solution va devoir imposer du courage et de la franchise à nos pasteurs, mais nous savons que les ukrainiens y seraient tout à fait favorables car elle leur éviterait d’arriver à Saint-Germain comme des troublions manipulés contre des fidèles du cru.
Q – Pourquoi votre banderole ?
Helena Dubois - En attendant de vrais décisions de Paix, dès la rentrée nous allons poursuivre nos présences de prières à Saint-Germain mais si nos pasteurs continuent à être sourds à notre demande nous envisageons de donner une publicité plus grande au mépris dont nous sommes l’objet par des présences silencieuses devant l’église le samedi après-midi, sur les marchés de la ville ou même pourquoi pas à la sortie des messes du dimanche pour entrer en dialogue avec les Saint-Germanois.
Q – avez-vous besoin d’aide pour poursuivre votre action ?
Helena Dubois - Nous avons surtout besoin de vos prières, puis de l’aide des Saint-Germanois qui adhèrent à notre demande et puis quand cela est possible d’une aide financière car nos actions exigent quelques dépenses (150€ à ce jour) que nous ne parvenons pas à couvrir entièrement.

Pour plus d’information math.7.7@mail.fr

13 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] La vérité minée

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 13 juillet 2019

Catholiques ! Éteignez vos écrans !
La vraie réalité doit passer en avant.

Nous avons plus d’une fois recommandé dans ces « Commentaires » le site internet du Dr Paul Craig Roberts, analyste américain, dont les écrits portent sur les développements politiques et économiques mondiaux. Peut-être lui manque-t-il la largeur de vue que seule la vraie religion lui fournirait, mais il rapporte sur son site – paulcraigroberts.org – beaucoup de vérités qu’il observe de par le monde, et il le fait de manière telle qu’on peut se demander s’il ne va pas être un jour assassiné . . . . Mais un meurtre fait toujours désordre et, de plus, tuer un analyste risque, au contraire, d’accréditer le message qu’on voulait étouffer. Toujours est-il que les écrits du Dr Roberts sont largement répandus et lus dans le monde entier. Sur un plan très pratique, un de ses récents articles vient corroborer la priorité donnée par l’abbé Calderón dans son analyse du « nouvel homme » de Vatican II à ce subjectivisme (voir ces « Commentaires » du 22 juin) qui fait perdre la vérité objective. Lisez ci-dessous l’article du Dr Roberts, légèrement résumé, pour comprendre cette coupure supplémentaire du réel.

Il commence par citer un site normalement véridique, Zero Hedge, qui rapporte que « la capacité à falsifier la réalité augmente de façon exponentielle. Des “geeks” écervelés (ces fous de technologie moderne) ont maintenant développé des techniques qui empêchent de distinguer la fausse réalité de la vraie. » Parlant récemment des progrès foudroyants de la technologie de synthèse, le Président de la Commission de Renseignement du Congrès des États-Unis (House Intelligence Committee), déclarait : « Je ne pense pas que nous soyons suffisamment préparés. Et je ne pense pas que le public soit au courant de ce qui va nous arriver ». Cette nouvelle capacité de l’intelligence artificielle permet à tout programmeur compétent de diffuser des trucages audio ou vidéo sur n’importe qui, lui faisant dire n’importe quoi.

Ces créations sont appelées « deepfakes » (hyper trucages), et aussi choquantes soient-elles, il est pratiquement impossible d’y distinguer le vrai du faux. A peine nous étions-nous adaptés à un monde où notre réalité semblait faussée, que ce qui est faux est maintenant devenu notre réalité.

Un expert en criminalité informatique déclare : « Nous sommes totalement dépassés. Le nombre de personnes travaillant sur la vidéo-synthèse par rapport à ceux qui travaillent sur la détection des trucages sont de l’ordre de 100 contre 1 » (...) Déjà, les deux tiers des Américains pensent que les images et les vidéos truquées constituent un handicap majeur pour comprendre les faits fondamentaux de l’actualité. Les chercheurs en désinformation mettent en garde contre une « apathie croissante vis-à-vis de la réalité », car pour distinguer le vrai du faux, il faut faire de tels efforts qu’on préfère abandonner la recherche de la vérité pour se fier à son instinct, à ses préjugés de clan ou à ses impulsions. Immergés dans les tromperies de nos dirigeants, nous en arrivons à ne plus croire en rien.

Par exemple, deux pétroliers s’enflamment et dégagent de la fumée. Comme par enchantement, un bateau suspect des Gardiens de la Révolution iraniens apparaît alors sur une vidéo granuleuse. Ces images virales ont inondé les neuf milliards d’écrans de la terre. De chaque côté on a raconté une histoire différente. Personne n’a su à qui faire confiance. Les théories du complot ont comblé le vide, chacun s’accrochant à ce qu’il préférait croire.


Le Dr Roberts poursuit : Pourquoi les « geeks » se font-ils si forts de développer une technologie rendant la vérité encore plus difficile à discerner ? Comment se peut-il que leur nature humaine soit parasitée au point d’inventer des méthodes qui détruisent la capacité de connaître la vérité ? Est-ce si différent que de libérer dans l’atmosphère une substance indétectable qui anéantirait la vie ? La seule utilité de cette technologie, c’est de permettre à la police d’État d’exercer un contrôle total. Désormais, on peut mettre des paroles sur les lèvres de quiconque, lui attribuer des actes et utiliser ces fausses preuves afin de le condamner pour un crime simulé par trucage. Si la vérité disparaît, il n’y a plus ni liberté, ni pensée indépendante, ni conscience. Il ne reste que la Matrice. Comment l’Amérique a-t-elle pu s’égarer à ce point-là ? Des entreprises, des investisseurs et des scientifiques s’engagent maintenant à fond dans le développement de technologies propres à détruire la vérité ! Ces crétins sans cervelle, ne sont-ils pas nos véritables ennemis ? Aujourd’hui, établir la vérité est devenu la chose la plus difficile au monde. L’article du Dr Roberts se termine par un appel à un soutien financier, ce qu’il mérite certainement.

Chers lecteurs, tenez à la vérité comme à la prunelle de vos yeux, car la vérité se dégrade rapidement. Le monde fait maintenant passer la liberté avant la vérité, l’imagination avant la réalité ; il en découlera pour nous tous un véritable désastre, humainement vu.

Kyrie eleison.

9 juillet 2019

[Paix Liturgique] Une lecture pour l’été 2019: Le Maître de la Terre

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 702 - 9 juillet 2019


Le Maître de la Terre : dystopie ou prophétie apocalyptique ?


Il y a dans l’effondrement de la liturgie latine – révélateur privilégié de l’effondrement de l’Eglise postconciliaire – un aspect que nos Lettres ne cessent de souligner : ce culte réformé représente une sorte d’asservissement volontaire, pour évoquer La Boétie, par ceux qui en avaient et par ceux qui en ont la garde, du message cultuel de l’Eglise aux canons de la modernité. De sorte que ce conseil de lecture pour les vacances, de Cyril Farret d’Astiès, nous a paru particulièrement judicieux pour les lecteurs de Paix liturgique.

Les romans d’anticipation les plus marquants ne sont pas ceux qui prédisent l’évolution technique de nos sociétés (que l’on songe par exemple au talent d’un Jules Verne qui suscite la curiosité de son public par ses descriptions du progrès scientifique), mais ceux qui proposent au lecteur une vision de ce que pourrait être l’avenir social, politique et religieux de notre époque ; on qualifie parfois ces romans de dystopies (selon le Larousse : société imaginaire régie par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste, telle que la conçoit un auteur). C’est ainsi la grande force du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley de décrire un État mondial gouverné par une caste supérieure qui domine une humanité créée en éprouvette et toute tendue par déterminisme éducatif vers un bonheur artificiel fondé sur la consommation et la vie sociale. On songe parmi bien d’autres à 1984 de Georges Orwell que l’on ne présente plus ; mais également à Fahrenheit 451 de Rey Bradbury qui annonce une société en guerre contre les livres et les intellectuels en vue d’un bonheur marchand garanti par une culture de masse unifiée ; ou encore à Globalia de Jean-Christophe Ruffin qui présente une société offrant sécurité, divertissement et prospérité en échange de restrictions des libertés et d’une ségrégation absolue envers les populations réputées dangereuses des « non-zones ». Tous ces livres et bien d’autres provoquent chez le lecteur un écho de plus en plus angoissant par le réalisme prophétique dont ils font preuve, alors que ce qui reste de notre civilisation avance à pas de géant vers l’omnipotence étatique, le plein divertissement, l’eugénisme, le nivellement culturel par le transfert de populations et le contrôle drastique des naissances. Ces mesures garantissent une société qui ne reconnaît que l’individu isolé face à l’État tout puissant afin de mettre en œuvre cette croyance, à présent bien partagée : « le commerce c’est la paix ».

Dans cette veine littéraire qui possède ses inconditionnels, mais qui fascine tout un chacun, un roman moins connu mais tout à fait bouleversant mérite, en cette période estivale, d’être proposé au lecteur de Paix liturgique pour se voir glissé dans la valise des vacances : il s’agit du Maître de la Terre de Robert-Hugh Benson.

Cette dystopie présente l’intérêt majeur de traiter ce genre littéraire du point de vue religieux et chrétien. Il dépeint une société séparée en trois grands ensembles distincts, Asie, Europe et Amérique qui s’acheminent vers un gouvernement mondial. Le monde connaît, grâce au président de l’Europe Julien Felsenburg, à la personnalité énigmatique, une paix et une prospérité inconnues depuis les débuts de l’humanité. Cette société ouvertement socialiste et maçonnique a pu se construire en rejetant la religion catholique par une mise en œuvre d’un laïcisme que l’on pourrait qualifier d’« à la française ». Cette ségrégation mute assez naturellement en une persécution sanglante alors que, parallèlement, l’apostasie frappe des pans entiers de l’Église qui, davantage qu’à la peur du martyre, cèdent aux sirènes de cette religiosité de substitution qu’est l’humanitarisme mis en œuvre par Felsenburg. On suit quelques personnages clé au long de cette fresque apocalyptique : un jeune prêtre fidèle qu’attend un destin considérable, un homme politique (fervent partisan de Felsenburg), sa mère et son épouse aux interrogations métaphysiques, quelques apostats, un vieux pape éminemment catholique… Je ne développerai pas davantage l’intrigue pour laisser au lecteur le plaisir de découvrir les enchaînements qui conduisent à une fin que tout catholique devine cependant bien rapidement.

Robert-Hugh Benson, pasteur anglican du mouvement High Church, ordonné par son propre père, archevêque de Cantorbéry, et converti en 1903 au catholicisme dont il devint prêtre, a écrit ce roman en 1907. Ce livre est très frappant, il ne laisse pas indifférent. Ce n’est pas tant la description des avions, la prémonition des guerres mondiales, l’usage de l’euthanasie ou l’échec d’un concile au milieu du XXe siècle qui fascinent le lecteur mais plus profondément cette description de la venue de l’Antéchrist, la multiplication des apostasies, l’atrophie numérique de l’Église qui décroît autant qu’elle se sanctifie par ses martyrs. Et c’est là le point de divergence essentiel entre notre époque et l’ouvrage de Benson : dans le roman, l’Eglise militante est remarquablement unifiée, fidèle, apostolique, bref catholique ; alors que nous vivons aujourd’hui le trouble le plus absolu par la faute de la hiérarchie qui flirte et roucoule avec le monde.

Le lecteur de 2019 a l’intelligence un peu ouverte sur les réalités de ce monde que le Concile de Vatican II souhaitait rencontrer, sait bien que la lutte à mort entre l’humanisme et le catholicisme est une lutte apocalyptique ; il sait que les forces en présence dépassent de bien loin la perception simplement politique ou culturelle que lui présentent les médias de masse ; il a trop fait l’expérience dans la liturgie réformée de cette fascination pour « l’aujourd’hui » qui conduit à une apostasie non formulée mais redoutable ; il sait trop tout cela pour ne pas saisir que cette description romanesque de l’apocalypse n’est pas un divertissement purement imaginatif.

Le roman que les deux papes Benoît XVI et François ont recommandé (il serait d’ailleurs passionnant de réfléchir à ce qui a pu susciter l’éloge unanime de deux personnalités si différentes) me semble d’une très grande importance pour saisir ce qui se joue en ce moment sous nos yeux, en comprendre l’enjeu et fixer résolument notre conduite. Car je voudrais insister sur un dernier point au sujet des apostasies qui ponctuent le livre : elles ne sont pas le résultat de complots maçonniques mais bien le renoncement libre d’anciens hommes de foi devant les lumières artificielles du monde, devant ses mirages et ses illusions. Aussi, si nous devons évidemment nous méfier de toutes les attaques extérieures, de toutes les fourberies, en ces temps troublés et messianiques méfions-nous plus encore de nous-même.

Cyril Farret d’Astiès
  • Robert-Hugh Benson, Le Maître de la Terre. La crise des derniers temps (Téqui, 2015)

7 juillet 2019

[Vincent Mongaillard - Le Parisien] Retour de la soutane : un habit obligatoire jusqu’en 1962

SOURCE - Vincent Mongaillard - Le Parisien - 7 juillet 2019

La tenue, de plus en plus portée par les jeunes ecclésiastiques, a connu depuis le XVIe de nombreuses réglementations. Entre interdiction et réhabilitation.

La soutane s'est imposée au XVIe siècle, dans la foulée du Concile de Trente exigeant du clergé qu'il porte « un habit bienséant » le différenciant du commun des mortels. À partir du XVIIe siècle, elle devient, dans de nombreux diocèses, obligatoire sur « le lieu de résidence » du prêtre. Mais pendant la Révolution française, cet habit porté comme « vêtement ordinaire de dessus » est interdit en dehors des cérémonies religieuses.

Il ressuscite au XIXe siècle, même si certaines communes prennent, dans un climat anticlérical d'avant 1905, des arrêtés municipaux bannissant son port sur la voie publique. Il demeure obligatoire dans la plupart des diocèses jusqu'en 1962. Cette année-là, le cardinal Maurice Feltin, archevêque de Paris, décide, à quelques mois du début du concile Vatican II (qui marque l'ouverture de l'Église au monde moderne) de le rendre facultatif dans la capitale.
Un vêtement « différent des laïcs »
Il autorise la tenue du « clergyman », le costume sombre avec col romain. La très grande majorité des diocèses de l'Hexagone adoptent presque instantanément les mêmes règles. Il faut dire que la longue robe noire austère boutonnée sur le devant était de plus en plus contestée par les curés eux-mêmes appelant à plus de discrétion.

Aujourd'hui, le Vatican exige, à travers le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres datant de 2013, que ceux-ci portent « la soutane ou un habit ecclésiastique digne ». « Lorsque l'habit n'est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et à la sacralité du ministère », rappelle ce document de la Congrégation pour le clergé.

6 juillet 2019

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] “Prométhée” – L’Idolâtrie

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 6 juillet 2019

Qu’est-ce que Vatican II ? – un saccage odieux –
Créé pour s’opposer au Royaume de Dieu.

Revenons au plan de l’abbé Calderón – Première partie : dans son essence, Vatican II est une glorification de l’homme, grimée en catholicisme par les responsables de l’Eglise. Deuxième partie : L’Homme Nouveau de Vatican II est un être libéré de tout ; du réel par le subjectivisme ; de la morale par la conscience qui inclinerait naturellement le cœur humain vers le bien ; de sa nature même, par la grâce qui répare sa liberté. Troisième partie : Désormais, l’Eglise de Vatican II ne s’oppose plus au monde, ni aux autres religions ; cette Néo-église est toute de bonté, vouée au dialogue avec tout le monde. Dans la quatrième partie de son livre, l’abbé Calderón se demande si Vatican II est une nouvelle religion. Sa réponse est : oui. Car cette Néo-église ne rend plus à la Sainte Trinité le culte qui lui est dû ; en effet, 1. la Révélation et la Tradition, aussi bien que : 2. l’Acte central du culte ou encore : 3. la croyance au Dieu incarné, sont gravement altérés dans leur substance.

1 La vraie doctrine de l’Église est changée ; voici comment. Un catholique peut croire soit en l’objet de foi lui-même, i.e. l’Incarnation ; soit en une proposition objective exprimant cet objet, i.e. “Dieu s’est incarné”. Sans doute, toute formulation exprime le mystère de manière inadéquate, mais il n’empêche qu’elle l’exprime vraiment, ce qui, pour le croyant, est suffisant pour sauver son âme. Mais la Néo-église est un nid de modernistes et pour les modernistes, aucune proposition ne peut être objective. Par conséquent, pour la Néo-église, il ne peut s’agir que d’une expérience subjective du mystère (Dei Verbum n° 2 ; LG n° 4). Cela revient à livrer la doctrine à toutes sortes d’élucubrations charismatiques. Car, pour la Néo-église, le Mystère se rend présent dans la communauté d’une Église vivante, au sein de laquelle Révélation et Tradition évoluent au fil des contextes historiques. Ce qui veut dire que, pour vivre et interpréter le Mystère, il faut entrer en communion dans la communauté avec un nouvel Esprit de Foi. Les formules qu’on écrira ou les croyances qui émergeront ne feront que suivre cet esprit. On réécrit la foi pour donner un fondement à cette expérience, et pour donner au peuple de Dieu un modèle à suivre. L’orthodoxie nouvelle consiste à penser en communion avec la Néo-église, de sorte que refuser cette Néo-communauté constitue la pire des hérésies. Or c’est là ce que faisait Mgr Lefebvre.

2 Quant au culte, l’importance donnée à la Croix dans cette religion aux teintes moyenâgeuses n’est-elle pas déprimante ? Qu’à cela ne tienne ! La Néo-église éliminera le sacrifice, mais gardera la joie. Toutefois, l’humanité a contracté une dette envers Dieu à cause du péché. Et cette dette a conduit le Christ à nous racheter par le sacrifice. Donc, conclut le moderniste, il importe que nous nous débarrassions de cette idée de péché. Car Dieu est au-dessus de la souffrance : les péchés des hommes ne peuvent Le faire souffrir. Même s’Il se plaint du péché, Il n’ira jamais jusqu’à condamner quiconque aux peines éternelles de l’Enfer. Certes, le Christ est mort, mais simplement en tant qu’instrument du Père (G&S#22). [«  Agneau innocent, par son sang librement répandu, Il nous a mérité la vie ; et, en lui, Dieu nous a réconciliés avec lui-même et entre nous ».] Car il devait montrer sa solidarité avec les hommes. Donc, ce n’est pas tant le Christ qui nous sauve, mais le Père ; et non par la Croix, mais par la Résurrection qui a été accomplie par le Père, afin que l’homme soit glorifié ! Ainsi la Messe, rebaptisée “Mystère pascal”, doit glorifier l’homme, et Dieu doit remercier l’homme d’être si glorieux afin que Lui-même puisse y trouver sa gloire ! Cette série d’absurdités blasphématoires, qui imprègnent nettement la Nouvelle Messe, imposée à l’Église par Paul VI en 1969, est implicite plutôt qu’explicite dans le décret liturgique Sacrosanctum Concilium. Mais le texte date du début du Concile ; or les modernistes devaient à l’époque faire encore preuve de prudence. Ce n’est qu’à partir de 1969 que les freins ont été desserrés. La liturgie de l’Église est maintenant dans le chaos.

3 Quant au Dieu incarné, Jésus-Christ, centre du christianisme et de la vraie Église catholique, deux documents de Vatican II, Gaudium et Spes et Ad Gentes s’y réfèrent spécialement. Pour l’abbé Calderón, ces deux documents développent une doctrine identique : la Croix est horrible ; mieux vaut donc être tout simplement un homme de paix qu’un fils adoptif de Dieu par la souffrance. L’homme est à l’image de Dieu (par sa liberté), si bien que, plus il se fait homme, plus il devient divin. C’est la raison pour laquelle Jésus-Christ s’est fait homme. Non pas pour que l’homme devienne fils adoptif de Dieu, mais pour que l’homme devienne plus pleinement homme ! Au demeurant, on ne trouve nulle part dans les textes de Vatican II que Jésus-Christ soit proprement et véritablement Dieu ; on n’y décèlera pas davantage, ne serait-ce qu’une seule fois, d’allusion à l’union hypostatique. Selon le public auquel ils s’adressent, les théologiens conciliaires font fluctuer leur langage, entre Tradition et Nouvelle Théologie.

4 A la fin de son analyse, l’abbé Calderón conclut que la finalité ultime de Vatican II est la dignité de l’homme ; or, c’est par leur finalité que les religions se spécifient. Le catholicisme place sa finalité dans la gloire (extrinsèque) de Dieu ; Vatican II est donc bien une religion nouvelle car, pour le Concile, la grâce libère la nature humaine ; Jésus est venu pour nous rendre plus humains ; et la Messe n’est plus le sacrifice dû à Dieu, mais l’action de grâce de l’humanité couronnant le Créateur, elle-même étant plus libre que Lui, puisque capable de choisir même le mal !

Kyrie eleison.

5 juillet 2019

[Le Bien Public] Où a été prise cette photo ?

SOURCE - Le Bien Public - 5 juillet 2019



Régulièrement sur notre site Internet, nous vous proposons de plonger dans les archives photos du Bien public et de deviner où et quand ont été pris ces clichés.
    
Nous sommes le 5 juillet 1977. Le petit village de Flavigny-sur-Ozerain se retrouve au milieu du confit qui agite, depuis plusieurs années déjà, l'église catholique. En effet, c'est là que Mgr Lefevbre, ancien évêque de Dakar et de Tulle (visible sur notre seconde photo d'archive), a présidé la cérémonie de "prise d'habit" de cinq jeunes femmes, devenues sœurs franciscaines.

Si la présence de Mgr Lefebvre ne passe pas inaperçu, c'est parce que cet homme d'église, décédé en 1991, est devenu la figure de proue d'un mouvement conservateur et traditionnaliste qui s'oppose au concile Vatican II. Organisé entre 1962 et 1965, ce concile œcuménique symbolise l'ouverture de l'église catholique sur le monde moderne, avec la prise en compte du sécularisme grandissant et du désintérêt croissant des populations pour la religion, de l'apparition de nouvelles technologies... Il s'est conclu par des profondes réformes libérales dans le fonctionnement de l'Église.

Mais ces réformes n'ont pas été du goût de tous les croyants, qui trouvent donc en Michel Lefebvre et sa Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X leur porte parole. Farouchement antimoderniste, pourfendeur du communisme et des francs-maçons, l'ancien évêque critique, à partir des années 1970, de plus en plus ouvertement Vatican II, allant même jusqu'à mettre en cause la légitimité du Pape. En 1975, sa volonté d'ordonner des prêtres dits "traditionnalistes" sans attendre la permission du Saint-Siège lui vaut une suspense, une sanction réservée aux clercs. Dès lors, le torchon brûle entre les "lefebvristes" et le Vatican.

Interviewé dans nos pages le 6 juillet 1977, lors de son passage à Flavigny-sur-Ozerain, le héraut du retour à "la foi de nos ancêtres" se veut rassurant : "Je crois que l'excommunication n'aura pas lieu". Son optimisme lui donnera tort : en 1988, Michel Lefebvre et quatre évêques qu'il vient de nommer sont excommuniés. Il faudra attendre 2009 pour que cette excommunication soit levée, et 2017 pour que les baptêmes et mariages célébrés par des membres de la Fraternité Saint-Pie-X soient reconnus par le Vatican.

Aujourd'hui, Flavigny-sur-Ozerain accueille toujours un séminaire de formation de futurs prêtres lié à la fraternité : le séminaire Saint-Curé-d'Ars

3 juillet 2019

[TVL] L'abbé Laguérie : un curé de choc sur TVL - le Zoom

SOURCE - TV Liberté - 3 juillet 2019

[Youna Rivallain - La Vie] Jean-Claude Romand, des barreaux à la clôture

SOURCE - Youna Rivallain - La Vie - 3 juillet 2019

L’abbaye de Fontgombault, dans l’Indre, héberge depuis le 28 juin le quintuple assassin en liberté conditionnelle. Une coopération avec la justice fidèle à la tradition de l’accueil monastique.

Après 26 ans de réclusion à la maison centrale de Saint-Maur, dans l’Indre, Jean-Claude Romand est accueilli, depuis le 28 juin dernier, en liberté conditionnelle à l’abbaye bénédictine de Fontgombault. En 1996, celui qui s’était fait passer pour un médecin de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) auprès de ses proches avait été condamné à perpétuité pour avoir assassiné sa femme, leurs deux enfants et ses parents en 1993.

Décrit comme un détenu modèle et converti au catholicisme lors de sa détention, il habitera pendant au moins deux ans dans cette abbaye, muni d’un bracelet électronique. Il vivra aux côtés des 60 moines de la congrégation de Solesmes, qui célèbrent selon la forme extraordinaire du rite romain (la « messe en latin »). L’ex-détenu ne sera pas autorisé à quitter l’abbaye pendant la nuit, ni à certaines heures de la journée.
Un intermédiaire entre prison et vie civile
Ce n’est pas la première fois qu’une abbaye accueille un détenu en liberté conditionnelle. En 1978, Guy Desnoyers, surnommé le curé d’Uruffe, condamné pour double assassinat, avait été hébergé après 22 ans de prison par l’abbaye de Kergonan, dans le Morbihan. La même communauté, qui reçoit déjà des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général, a hébergé en 2016 un détenu condamné pour meurtre. Les clarisses de Malonne, en Belgique, ont accueilli quant à elles, en 2012, Michelle Martin, ex-épouse et complice du tueur en série Marc Dutroux, provoquant l’ire des habitants de cette petite ville du sud du pays.

Ces liens entre la justice et les communautés religieuses concernant l’accueil des détenus en fin de peine ne sont pas institutionnels. « Mais cela fait partie de la tradition monastique, rappelle le bénédictin Jean-Pierre Longeat, ancien président de la Corref (Conférence des religieux et religieuses de France). L’abbaye, comme lieu retiré avec une forme de vie autonome, présente plus de protection que des lieux à ciel ouvert. » Le monastère serait ainsi une mesure prudente, un intermédiaire entre la prison et la vie civile. Si des prêtres en attente de jugement peuvent être placés dans une communauté avant ou après leur suspension de tout ministère, la décision est -souvent une demande particulière du détenu. « Certains repris de justice éprouvent même le besoin de changer de vie, jusqu’à parfois devenir moines », ajoute-t-il.

Le cas Romand fait écho à ces changements de vie. En prison, il aurait connu un réveil spirituel, au contact de ses visiteurs, catholiques pratiquants, comme le rapporte le média chrétien Aleteia. Après sa rencontre avec des membres des Équipes Notre-Dame, il serait devenu intercesseur pour l’association, s’engageant à se lever la nuit au moins une fois par mois afin de prier pour leurs intentions. La décision de vivre dans un lieu spirituel et retiré viendrait de lui. Avant de se diriger vers l’abbaye traditionaliste de Fontgombault, il avait cherché à intégrer une communauté Emmaüs.

Les moines de Fontgombault, soumis par la justice au silence médiatique, n’ont pas souhaité donner plus d’informations au sujet de leur hôte. Cependant, au regard de certaines affaires comme celle de Michelle Martin, dernière criminelle en date ayant été accueillie par un couvent, il semblerait que de telles dispositions soient parfois davantage dictées par la nécessité. « Pour obtenir une libération conditionnelle, vous devez témoigner d’un logement et d’une occupation, mais, après des années en prison, vous êtes -socialement mort, résume Emmanuel Pierrat, avocat membre de l’Observatoire international des prisons. Pour les détenus croyants, l’abbaye est une option parmi d’autres. L’Église fait simplement partie de cette chaîne de solidarité pour faciliter la réinsertion. »
L'accueil de l'ex-épouse de Marc Dutroux
Socialement morte, c’est ainsi que se retrouve Michelle Martin lorsqu’elle obtient sa libération sous conditions en juillet 2012, après 16 ans de prison. « Quand le temps fut venu pour Mme Martin de pouvoir bénéficier d’une libération conditionnelle, en vue d’une réinsertion sociale, nous espérions que les instances prévues à cet effet allaient lui procurer un lieu d’accueil, expliquent les sœurs clarisses de Malonne dans un communiqué de presse en 2012. Mais il n’a pas été possible de trouver ce lieu. Il faut savoir que Mme Martin n’a pas de famille et qu’elle n’a pas trouvé en Belgique de lieu de réinsertion prévu pour des femmes. »

En prison, l’ex-épouse de Marc Dutroux correspond avec une des sœurs clarisses depuis plusieurs années, « comme cela se fait beaucoup chez les contemplatives », explique sœur Francine. Ne trouvant pas de lieu d’accueil, elle demande de venir habiter au couvent. Contactée par les avocats de Michelle -Martin, la communauté se réunit pour discuter la décision. « Ce fut un défi pour nous, bouleversées que nous étions par l’horrible souffrance des victimes et de leurs familles, relate le communiqué de presse de l’époque. Nous avons cherché à vivre au mieux cette tension : comment porter ces deux réalités à la fois ? Ce ne fut pas facile... Nous avons choisi d’accueillir en nous ces deux souffrances qui ne sont en rien comparables l’une avec l’autre. »
Le désir de vivre l’Évangile jusqu’au bout
Sept ans après leur choix contesté – une vague de protestations et d’apostasies a suivi la décision des religieuses –, sœur Francine se souvient : « Notre décision prise à l’unanimité était en fidélité à l’Évangile, ce qui signifie être humain et croire en l’humain à la manière de Jésus. Nous voulions donner à Mme -Martin une nouvelle chance de repartir dans la vie. » Vivant dans un petit studio aménagé par les sœurs et soumise comme elles au silence, Michelle Martin a bénéficié d’un accompagnement psychologique et juridique tout en participant à la vie communautaire. Sortie de l’abbaye en 2015, l’ex-femme de Marc Dutroux a ensuite trouvé refuge chez un ancien juge et universitaire qui avait accepté de l’héberger dans un appartement indépendant. Elle se serait alors lancée dans des études de droit. Sœur Francine de confier : « Elle nous rend visite de temps en temps.»

Jean-Claude Romand, quant à lui, devrait rester au moins deux ans à Fontgombault, où les frères bénédictins cultivent la terre, font de l’élevage et de la poterie artisanale. Là, comme Michelle Martin, il espérera retrouver une vie presque) normale.

[Abbé Gonzague Peignot, fsspx - Le Seignadou] "Voici le temps de vacances..." (éditorial)

SOURCE - Abbé Gonzague Peignot, fsspx - Le Seignadou - juillet-août 2019
Bien chers fidèles, voici le temps de vacances, un temps nécessaire pour le repos de l'esprit, de celui du corps parfois, un temps bien légitime, peut-être même utile, mais qui peut s'avérer bien périlleux pour l'âme si l'on ne veille pas à le régler, à l'organiser, en gardant toujours à l'esprit que le Bon Dieu n'est jamais en vacances, que notre âme, que celle de chacun nos enfants, doit toujours être prête à pouvoir se présenter devant Dieu et doit donc toujours s'efforcer à progresser dans la vertu.

Ce temps de vacances est d'ailleurs un temps propice à la pratique des vertus du foyer, à une vie de famille, et donc de charité, plus intense. Et pour réussir ce défi, parce que c'est un défi, celui d'une éducation réussie, il est trois mots qu'il sera bon de retenir, qu'il ne faudra pas oublier, trois mots qui permettront de développer les vertus si nécessaires à nos âmes, et spécialement la vertu de force, qui se développe toujours plus difficilement dans un monde toujours plus lascif et sensuel.
     
Ces trois mots sont : générosité, lecture et prière.
     
Générosité. Oui, il est fondamental de développer dans les âmes de nos enfants, dans notre âme aussi, la générosité. Notre monde se perd par l'égoïsme, la perte de la notion effective du bien commun. On ne vit plus que pour ses intérêts personnels, que pour l'assouvissement de sa volonté propre, de ses désirs, quels qu'ils soient. Et force est de constater que cette ambiance nous affecte bien souvent. A cela, il ne faut pas oublier que les blessures du péché originel nous portent et nous porteront toujours à la recherche de soi. Alors il convient de profiter de ces temps de vacances, où nos enfants sont plus présents, plus disponibles aussi, pour développer en leur âme cette générosité qui détruira cet égoïsme. Comment ? En les encourageant, en les obligeant si besoin, à rendre service bénévolement, sans compter, sans espérer une contrepartie, afin que petit à petit, ils fassent leur cette parole de Saint Ignace de Loyola : « Donner sans compter, (...) sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que nous ferons la volonté de Dieu. »

Faire travailler un enfant contre de l'argent, c'est développer son avidité, c'est provoquer sa concupiscence envers les biens matériels, c'est écarter son cœur des biens éternels, pour la bonne et simple raison que ce cœur est déjà préoccupé par les richesses terrestres ; c'est aussi et surtout détruire l'esprit de sacrifice, et donc s'assurer la destruction des vocations religieuses et sacerdotales.

Encourager un enfant à rendre service, c'est développer sa vertu de force, parce que c'est tout d'abord lui faire accomplir une œuvre qui lui est difficile d'une certaine façon, en raison de notre nature viciée par le péché originel, et parce que c'est ensuite bien souvent l'occasion de le forcer à achever l'œuvre commencée, et donc à faire preuve de persévérance, moyen privilégié pour grandir dans la vertu de force.
     
A cela, il est important d'ajouter que c'est un moyen d'occuper les enfants, de fuir l'ennui, l'oisiveté, mère de tous les vices, spécialement de l'impureté. Combien d'enfants partent en vacances innocents, et reviennent l'âme ravagée par l'impureté en raison du manque de saines occupations !

Alors peut-être que l'inspiration vous manque. Voici donc quelques suggestions. Il y a bien sûr les services qui peuvent être rendus à la maison : le couvert, la vaisselle, le ménage, même pour les garçons... Il est bon aussi de faire travailler nos enfants à l'entretien de la maison, ou à sa réfection. Si le début est souvent laborieux, la joie d'avoir accompli une œuvre est souvent un stimulant important pour l'avenir. Nous n'oublierons pas l'entretien du jardin, la préparation du bois pour l'hiver... Les activités ne manquent pas. Elles pourraient cependant manquer chez vous. Soyez certains qu'elles ne manquent pas à la paroisse ou à l'école. De l'entretien de l'église, à celui du jardin, en passant par tous les menus travaux, ou même les gros travaux dont l'école a besoin, nous saurons occuper vos enfants à toute heure du jour !
     
La lecture. Les vacances ne signifient pas abolition de toute activité intellectuelle. S'il est évident que
les vacances ne sont pas le temps de l'étude, qu'il serait désordonné de prendre ce temps à suivre tout un programme scolaire, il ne faut pas négliger la nécessité que notre esprit a de rester éveillé, d'être nourri. La lecture, une lecture choisie, adaptée, est le moyen de garder notre esprit en éveil, de le nourrir, et d'entretenir ainsi le goût pour l'exercice intellectuel sans lesquels les enfants tombent bien souvent dans la paresse face à leur travail au cours de l'année scolaire. C'est aussi un excellent moyen de développer là encore la vertu de force ; à l'encontre des films et des jeux d'ordinateur qui ne font que laisser les enfants dans une passivité qui engendre la mollesse des cœurs tout autant que celle des corps, la lecture exige attention et compréhension, et exerce ainsi la vertu de force. Concrètement, il s'agit de veiller à toujours avoir un livre en cours de lecture et à le lire un peu tous les jours. Il faut y veiller pour soi, il faut y veiller pour ses enfants.

La prière. Comme nous l'avons dit, Dieu n'est jamais en vacances. Il faut donc Le prier tout autant que dans le cours de l'année. Il faut aussi être très vigilant pour permettre à chacun des membres de
notre famille de se confesser tous les quinze jours au moins, toutes les semaines pour les adolescents.
Comment réussir ? Un excellent moyen sera d'assister à la messe en famille une fois par semaine, en plus du dimanche. On pourrait choisir un jour de la semaine pour cela. On viendra à la messe en avance pour permettre la confession de ceux qui le souhaitent, on pourra prendre rendez-vous à cette fin, sans hésiter. Pour faciliter cet exercice, un prêtre sera à votre disposition presque tous les jours du mois de juillet et d'août de 11h à 11h40 avant la messe.
    
Enfin, inutile de prétendre passer de bonnes vacances sans la très sainte vierge Marie. Récitons le chapelet en famille. Organisons nos journées pour que cette belle dévotion soit accomplie quotidien-
nement. Avant le repas du soir par exemple, sachons réunir la famille pour ce temps de dévotion mariale ; sinon dans les nombreux trajets que nous avons.
     
Bien chers fidèles, retenez donc : générosité dans les occupations, lecture, et prière du chapelet tous
les jours, de la messe une fois par semaine avec la réception du sacrement de pénitence.
     
Alors, mais alors seulement, nous ne reculerons pas au cours de ces vacances, et si nous ne reculons
pas, c'est bien parce que nous avançons vers la béatitude céleste que je vous souhaite à tous.
In Corde Jesu et Mariae.
     
Abbé Gonzague Peignot +

2 juillet 2019

[Paix Liturgique] Sondage du Progrès de Lyon au 13 aout 1976 - Quatrième partie - les leçons: Ecouter enfin le peuple de Dieu

SOURCE - Paix Liturgique - lettre 701- 2 juillet 2019

Après notre exploration du sondage IFOP publié par Le Progrès, quotidien de Lyon, en 1976, nous avons posé quelques questions à Christian Marquant, président du mouvement pour la Paix Liturgique. Il se trouve en effet que Paix Liturgique, entre 2001 et 2019, soit 25 puis 43 ans plus tard, a commandité plus de 30 sondages, en France, en Europe et dans le monde, également à des organismes indépendants et professionnels, pour connaitre l’opinion des fidèles catholiques à propos de la liturgie traditionnelle.
Paix Liturgique – Quelle est votre première réaction à la lecture du sondage publié par Le Progrès, il y a 43 ans ?
Christian Marquant – J’observe que les deux entreprises, celle du Progrès de Lyon en 1976 et la nôtre entre 2001 et 2019 ne sont pas tout à fait semblables, même si les résultats manifestent des constantes remarquables.

Le sondage de 1976 a été commandé à L’IFOP dans le cadre de l’hypermédiatisation de « l’Affaire Lefebvre », durant l’été 1976, au milieu d’une sorte d’hystérie médiatique, que nous avons évoquée dans le premier volet de cette étude, alors que nos sondages ont tous été organisés « à froid ».

Autre point : les sondeurs de 1976 se sont intéressés à de nombreuses facettes de l’opinion des catholiques d’alors, notamment à leur positionnement sur les affirmations critiques de Mgr. Lefebvre vis-à-vis du Concile et d’une manière plus générale encore l’impression qu’avaient en 1976 ces mêmes catholiques des évolutions ecclésiales mises en œuvre depuis 11 ans (entre 1965 année de la fin du Concile Vatican II et 1976), dans les diocèse et paroisses de France. Nos sondages, beaucoup plus ciblés, se sont limités à mesurer l’opinion des catholiques français sur la question de la messe, ce qui ne représentait qu’un aspect de l’enquête de 1976.
Paix Liturgique – En vous limitant à cette seule question de la messe quelle remarques pourriez-vous formuler ?
Christian Marquant – Je remarque une permanence étonnante.

Le sondage de 1976 révélait que 35 % des catholiques pratiquants, soit plus d’un tiers d’entre eux, souhaitaient continuer à assister à la messe « en latin ». Il est clair que l’attachement à la messe en latin, en 1976, signifiait en fait l’attachent aux formes traditionnelles de la messe. Aucun des sondés ne savait qu’en deux ou trois endroits de France, on disait la nouvelle messe en latin. Pour eux « messe en latin » voulait dire messe comme avant. Or, ce chiffre de 35 % de fidèles de 1976 désireux de vivre leur foi catholique au rythme de ce que le motu proprio Summorum Pontificum a ensuite appelé la « forme extraordinaire » est grosso modo le pourcentage de fidèles que nous retrouvons lors des 30 sondages réalisés entre 2001 et 2019 à la demande de Paix Liturgique.

Cela révèle donc que le chiffre de 1976 ne représentait pas un dernier carré de vieillards nostalgiques ou l’ultime noyau de personnes incapables de se retrouver dans le monde moderne, mais bien une composante profonde, je pourrais-dire braudelienne – un attachement sur la « longue duré » –, de femmes et d’hommes (sauf qu’à l’époque les femmes étaient plus représentées que les hommes dans ceux qui dans ce sondage défendaient les valeurs traditionnelles, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui).

Nous pouvons donc aisément tirer cette leçon : l’opposition aux dérives liturgiques postconciliaires n’était pas une réaction générationnelle mais bien une réaction de fond d’une part notable des fidèles, qui par conviction, qui par attachement à leur foi, refusaient les profondes réformes qu’on leur imposait. Je crois qu’on peut parler de sens de la foi. Il est clair que le nombre des récalcitrants aux réformes n’a pas décru, au contraire. Et comme les rangs des vrais partisans des réformes, des « progressistes », ont, eux, fondu, cette non-réception des réformes est aujourd’hui, à la troisième génération, relativement consistante.
Paix Liturgique - Permanence, donc, dans les revendications des fidèles
Christian Marquant – Et, hélas, permanence dans l’attitude des pasteurs, depuis 43 ans, tout aussi surprenante.
Paix Liturgique – Vous êtes vraiment surpris ?
Christian Marquant – Je ne suis pas naïf, si c’est ce que vous voulez me faire dire. Tout de même, ce sondage de 1976 était un sacré événement : jamais un sondage de cette ampleur n’avait été réalisé depuis le Concile. Et c’était un sondage indépendant. Curieusement, l’institution ecclésiastique, qui avait pourtant une grande habitude en France des enquêtes sociologiques (les enquêtes du chanoine Boulard, depuis la dernière guerre) ne s’est jamais souciée de mesurer le sentiment des catholiques à propos des réformes.

Si l’on estime donc que ce sondage donne la première photographie qui ait été réalisée de l’opinion catholique après le Concile, je considère que c’est un épisode essentiel de l’histoire religieuse française contemporaine. Pour moi, il y a un AVANT et un APRES sondage.

Un avant où les évêques et leurs équipes arasaient et reconstruisaient (si l’on peut dire) l’Eglise en pensant qu’ils étaient en accord avec les fidèles. Un après où à la lecture des résultats du sondage – et dont je rappelle que Mgr Badré, qui était loin d’être un imbécile et pouvait avoir son franc-parler, ne contestait AUCUN CHIFFRE – il ne leur était plus possible de le croire ou de dire qu’ils le croyaient. Ils découvraient par exemple que 48 % des catholiques estiment que l’Eglise a été trop loin dans ces réformes, ou que 52 % des catholiques sont inquiets pour l’avenir de leur Eglise…
Paix Liturgique – Autrement dit, Mgr Badré semble avoir entendu ce que disaient les fidèles à travers le sondage…
Christian Marquant – Certes, mais de quelle manière ! En pensant qu’un peu de pédagogie suffirait à tout arranger. En prenant clairement les « opposants » comme des niais que l’on met à l’écart. Et surtout, en ne cherchant à aucun moment à établir un vrai débat pour reconstituer l’Ecclesia déchirée.

Je pense, pour le dire tout net, que dans le cadre que la Conférence des évêques de France, on s’est enfoncé dans la mauvaise foi. Les évêques et les instances épiscopales, comprenant cette fois-ci très nettement qu’un grand nombre de catholiques ne les suivaient pas, manifestaient qu’ils n’avaient pour leur part aucune intention de changer de ligne. Il leur fallait donc – c’est un schéma que l’on retrouve souvent en politique – ne plus être confrontés au REEL de la situation et faire croire que les opposants n’existaient pas. Ou si peu.
Paix Liturgique – Qu’est-ce à dire ?
Christian Marquant – Plusieurs choses. Il leur fallait notamment ne pas se piéger soi-même ou se laisser piéger par des sondages qui enfonceraient le clou : une bonne part des fidèles ne sont pas satisfaits !

Cela explique que pendant les 43 ans qui suivirent, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui – même si les opposants aux réformes ont réussi à gagner un certain espace de liberté et à bénéficier de la bienveillance de certains évêques –, ce qu’on pourrait appeler « la ligne du parti » n’a pas bougé : ceux qui s’opposent à elle n’existent pas au-delà de groupuscules considérés comme quasi inexistants, étrangers au vrai monde de l’Eglise…
Paix Liturgique – Mais au fil de ces 43 ans, des faits se sont imposés aux yeux des pasteurs pour certains très bruts, pour ne pas dire brutaux, je pense par exemple à la prise de Saint-Nicolas du Chardonnet ou à celle de Port-Marly, près de Versailles, en 1987 ?
Christian Marquant – Leurs réactions a toujours était la même : « Nous reconnaissons les faits … MAIS ils ne sont le fait que d’une minuscule minorité d’exaltés, de nostalgiques, voire même d’extrémistes » … Nous savons jusqu’où ces invectives peuvent aller. Cette stratégie, relayée dans l’opinion, a plus ou moins bien fonctionné, plus d’un des catholiques moyens qui fréquentait sa paroisse « ordinaire » n’adhérant pas in petto à la version officielle.
Paix Liturgique – La publication du motu proprio le 7 juillet 2007 n’a-t-elle pas changé la donne ?
Christian Marquant – Il y avait eu auparavant la lettre de 1984 puis le motu proprio de 1988. Autrement dit, il y a eu des tentatives romaines successives et progressives, d’une part, pour prendre en compte une opposition qui persistait et s’amplifiait, et d’autre part, pour inviter les évêques – ceux de France en particulier – à faire des gestes d’apaisement. Mais vous vous rappelez sans doute que quelques jours après la publication de ce texte romain qui avait pour but de calmer les colères et de cicatriser les plaies La Croix expliquait bonnement : « Le motu proprio n’est pas fait pour la France, où depuis longtemps ces choses sont apaisées ». Passez, il n’y a rien voir !
Paix Liturgique – En tout cas, il y eu un grand nombre de demandeurs dans les paroisses.
Christian Marquant – En effet. A l’automne 2007 nous avions recensé 700 de ces groupes, leur nombre devant être largement plus important car nous savions que de nombreux groupes ont essayé de faire avancer leur demande « en toute discrétion » pour lui donner de meilleures chances d’aboutir.
Paix Liturgique – Et quel fut le résultat ?
Christian Marquant – Nous avons donné à plusieurs reprises les chiffres de la croissance de la messe en forme extraordinaire : au total, le nombre des messes traditionnelles a doublé en quelques dix ans. Mais l’opposition des administrations épiscopales et des curés hostiles a bridé au maximum le développement qui aurait pu être.

Je me souviens de quelques courriers stupéfiant comme celui d’un curé d’Issy-les-Moulineaux qui, répondant le 10 août à un courrier du 20 juillet d’un groupe notable de ses paroissiens, déclarait : « La demande dans notre paroisse n’étant pas significative, nous ne pourrons pas répondre favorablement à votre souhait ».

D’autres surent répondre loyalement, certains, il faut le dire, en espérant et en disant que l’expérience ne durerait pas faute de fidèles. Au total, une majorité des demandeurs se retrouvèrent devant le mur du silence, que je ne crains pas de qualifier de négationniste, qui s’était installé depuis 1976 : « Vous n’existez pas et si malgré tout quelques-uns d’entre vous s’agitent, ce ne sont que des agitateurs professionnels (des trotskystes !), dont les intentions véritables ne sont pas de participer à la vie de l’Eglise, mais plutôt de perturber les paroisses et les communautés diocésaines ».
Paix Liturgique – Mais il y eut des prêtres qui tentèrent l’expérience.
Christian Marquant – Il y en eut. Mais ils auraient pu être bien plus nombreux. Et beaucoup d’entre eux étaient plus qu’hésitants.

Je me souviens du cas de la paroisse de Sèvres, dans le diocèse de Nanterre, ou une vingtaine de paroissiens obtinrent du curé l’organisation d’une réunion autour du motu proprio Summorum Pontificum. Elle regroupa plus de 75 personnes, toutes de la paroisse, et il apparut clairement qu’un désir d’ouverture liturgique vers une célébration extraordinaire existait pour de nombreuses familles, familles avec enfants, qui plus est. Conclusion de la réunion : il fallait prier et réfléchir pour ne pas aller trop vite. Onze ans après, on réfléchit toujours …

A Vaucresson, toujours dans le diocèse de Nanterre, un prêtre plus courageux que les autres accepta que soit célébrée ad experimentum une messe en forme extraordinaire dans sa paroisse un dimanche en fin d’après-midi. Plus de 160 fidèles, femmes, hommes et enfants, tous de la paroisse se trouvaient là, avec un beau service d’autel et un belle chorale. Eh bien, le curé estima prudemment qu’il fallait « laisser du temps au temps ». Et cette expérience, qui suivait une demande des fidèles, est restée sans lendemain…

A Notre-Dame de Versailles, des paroissiens démontrèrent que parmi eux se trouvait un nombre significatif – plusieurs centaines de fidèles – qui désiraient la forme extraordinaire. Mieux encore, un nombre plus important affirmaient que même s’ils n’étaient pas attirés par une célébration extraordinaire dans leur paroisse, ils trouvaient normal que celle-ci y soit célébrée en famille et entre amis dans la même paroisse. Or, dix ans plus tard le dossier de Notre-Dame est toujours en attente.
Paix Liturgique – Que d’occasions manquées…
Christian Marquant – Que de gâchis ! Car, je pourrais continuer longtemps : à Rambouillet, le curé accepta de célébrer ad experimentum une messe dominicale. Devant le succès de l’expérience, il accepta de poursuivre cette célébration, mais une fois par mois. C’est ainsi que depuis près de 10 ans maintenant une messe mensuelle accueille environ 150 fidèles à la messe traditionnelle dans l’église de Rambouillet. Mais pas question de célébrer chaque dimanche : « Il faut que les fidèles participent aux deux rites ». Demande-t-on cela à ceux qui assistent à la messe moderne ? Et encore : « Vous êtes trop nombreux ; vous accordez une messe chaque dimanche déséquilibrerait la paroisse ». Qui veut noyer son chien…
Paix Liturgique – Mais toutes les paroisses qui refusent de s’ouvrir à la messe traditionnelle continuent bien à vivre.
Christian Marquant – A vivre ou à survivre. Il faut tout de même savoir que dans les paroisses « qui marchent », le nombre des messes a été divisé par trois. Qu’aujourd’hui encore, les baptêmes, les mariages continuent à se raréfier. Qu’il n’y a plus de relève sacerdotale : un quart, parfois un tiers des prêtres des diocèses de la région parisienne viennent d’Afrique.

Et concrètement, en plus de l’hémorragie de pratiquants qui avait commencé en 1965 et qui n’a jamais cessé depuis, ceux d’entre les fidèles qui renâclaient ouvertement devant les réformes et qui constituaient auparavant une partie notable des forces vives des paroisses ont été exclus. Le clergé considérait qu’ils auraient pu provoquer des désordres par la seule possibilité d’ouvrir des débats sur les besoins réels des fidèles. Et puis un certain nombre d’entre eux ont préféré le silence comprenant très vite qu’à moins de taire leur mal-être ils seraient priés d’aller se transporter dans les chapelles « intégristes » avec femmes et enfants. Franchement, on a souvent traité ce dit « intégrisme » de secte, mais un certain nombre de paroisses ne sont-elles pas devenues de véritables sectes ? En tout cas nous pouvons considérer qu'elles ne sont plus majoritairement de vrais paroisses réunissant le diverse composantes de la communauté territoriale...
Paix Liturgique – Pouvez-vous conclure, sans être trop pessimiste ?
Christian Marquant – Je suis résolument optimiste ! La situation de dégradation constante de l’Eglise que nous connaissons ne pourra pas être éternellement subie comme une fatalité. Pour le problème dont nous parlons dans cet entretien, qui n’est que l’un de ceux qu’il s’agira de résoudre, il suffirait que les pasteurs acceptent d’ouvrir les yeux sur leur peuple, qu’ils acceptent de voir la réalité telle qu’elle est, et très concrètement qu’ils prennent le « risque » d’instaurer un véritable dialogue dans la justice et la charité.

Vous savez, on parle beaucoup aujourd’hui, en politique, de la « montée des populismes », qui est due notamment à ce que les « élites » ne veulent pas entendre les revendications de leurs citoyens. Dans l’Eglise, les choses devraient être complètement différente, puisque depuis Vatican II, on ne cesse de nous parler des droits du Peuple de Dieu. Voilà, c’est tout simple : en liturgie, il suffirait d’écouter le Peuple de Dieu.