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30 novembre 2009

[Notre-Dame de Chrétienté (communiqué)] Notre-Dame de Chrétienté, une nouvelle équipe pour «avancer au large»

SOURCE - Notre-Dame de Chrétienté - 30 novembre 2009

L’assemblée générale de l’association Notre-Dame de Chrétienté, qui organise le pèlerinage de ND de Paris à ND de Chartres à la Pentecôte, a eu lieu le jeudi 26 novembre à Versailles.
En préambule à l’élection du nouveau Conseil d’Administration, Olivier de Durat, partage, dans une communication solennelle son bilan de trois ans de présidence de l’association et confirme, comme indiqué il y a plusieurs mois, qu’il ne sollicite pas de nouveau mandat.
Le nouveau Conseil d’Administration est élu, fort de quinze membres, dont l’aumônier général, l’abbé Le Coq. Il désigne un nouveau bureau de cinq personnes : Hervé Rolland, président, Jean Guéry, vice-président, Hubert de Gestas (ancien président) au poste de secrétaire général et Bruno Le Picard, trésorier, ainsi que l’abbé Le Coq, membre de droit.
Pèlerin depuis 1989, Hervé Rolland a participé à la création de Notre-Dame de Chrétienté en 1993. Il a assumé plusieurs responsabilités de direction du pèlerinage (directeur adjoint Logistique, directeur de la communication), puis a marché sur les routes de Chartres avec le chapitre Enfants pendant sept ans.
En stricte continuité avec les fondateurs, Hervé Rolland et son équipe veulent répondre à l'appel à avancer au large, "Duc in Altum", et invitent tous les membres actifs et tous les amis de la Chrétienté à se mobiliser, à aller de l’avant, plus haut et plus loin, en s’appuyant sur les trois piliers de l’association :
  • la Chrétienté, notre but et notre espérance, société dans laquelle s’exerce la royauté sociale du Christ
  • la Tradition, en particulier par l’usage exclusif de la forme extraordinaire du rite romain, dans laquelle s’enracine notre foi
  • la Mission sur le terrain, exercice concret de la charité, à laquelle nous appellent les papes, pour témoigner, évangéliser ceux qui ne connaissent pas le Christ et contribuer à édifier la cité.
Le mot Tradition vient de « tradere », transmettre. Notre effort de connaissance de la doctrine, de la doctrine sociale de l’Eglise en particulier, de formation, d’animation doit être à la hauteur afin de « Contempler et transmettre aux autres la Vérité contemplée » (St Thomas d’Aquin). En ce sens, notre marche, notre démarche est politique : au service de la Cité. »
Enfin, toute l’équipe de direction de Notre-Dame de Chrétienté appelle à la réussite de l’édition 2010 du pèlerinage de Chartres qui se déroulera les 22, 23 et 24 mai prochains, en priant chaque pèlerin « ancien » de se montrer missionnaire en invitant un nouveau marcheur, afin de lui faire découvrir ce rendez-vous annuel unique, rassemblant les amoureux de la Chrétienté, de la France et de Notre-Dame, sa patronne principale.
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous ».

[summorum-pontificum.fr] Une nouvelle messe dans le diocèse de Bayonne

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 30 novembre 2009
Un de nos correspondants, que nous remercions vivement de cette information, nous apprend que Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a encouragé la mise en place dans l'agglomération paloise d'une Messe célébrée chaque dimanche et fête de précepte selon la forme extraordinaire. La première messe devrait avoir lieu le 13 décembre (11 heures). La Fraternité Saint Pierre devrait assurer ce service en l'église Saint-Julien de Lons. La FSSP propose également un riche programme de catéchèse traditionnelle pour tous les âges.

[Abbé Scott, fsspx] Peut-on être Anglican et catholique en même temps?

SOURCE - Abbé Scott, fsspx - RomanCatholics - virgo-maria.org - 30 novembre 2009

Question/réponse par l’abbé Peter Scott (FSSPX) - diffusé en anglais par RomanCatholics le 30 novembre 2009 - Traduction française: pour virgo-maria.org le 14 janvier 2010

Question : Peut-on maintenant être à la fois anglican et catholique ?

Réponse de l’abbé Scott (FSSPX) : La Constitution apostolique du pape Benoît XVI datée du 4 novembre dernier a ouvert aux anglicans la perspective d’« être reçus dans la pleine communion catholique, à titre individuel mais aussi collectivement » (cf. Anglicanorum coetibus). C’est là une approche nouvelle et révolutionnaire du problème des « frères séparés », en laquelle certains voient l’initiative la plus audacieuse que l’Église ait prise depuis la Réforme.

La nouveauté tient ici à ce que les anglicans sont traités de la même manière que ceux des orthodoxes orientaux schismatiques qui réintègrent la véritable Église. Ils seront canoniquement et liturgiquement distincts de l’Église catholique et auront donc le droit de conserver leurs paroisses, leurs évêques, leurs prêtres mariés, ainsi que leurs coutumes liturgiques et spirituelles. Cela est normal pour les chrétiens de rite oriental qui renoncent à leur schisme pour réintégrer l’Église, car leur liturgie, leur spiritualité et leurs traditions sont aussi anciennes que celles du rite latin. En outre, ils sont seulement schismatiques, et non pas hérétiques à proprement parler, car leurs rares hérésies sont d’origine récente et faciles à corriger (par exemple, rejet des dogmes relatifs au Purgatoire, à l’Immaculée conception ou à l’infaillibilité papale).

Cette analogie est-elle exacte et justifiée ? Car un examen attentif de la situation révèle de multiples différences.

1. En effet. Il y a tout d’abord la question de la motivation. La plupart de ceux qui demandent à entrer dans l’Église catholique se sont déjà séparés de la « Communion » anglicane telle qu’elle est. Ils l’ont fait non pas tant par rejet de l’anglicanisme lui-même qu’à cause de la nouvelle orientation prise par l’église anglicane depuis 1991, qui a consisté à ouvrir le sacerdoce et l’épiscopat aux femmes et aux homosexuels actifs, de même qu’à bénir les unions homosexuelles, toutes choses manifestement contraires à la Bible, principe fondateur du protestantisme.

2. Le deuxième grande différence tient à ce que l’anglicanisme repose sur des ordres invalides et n’a donc pour sacrements valides que le baptême et le mariage, contrairement à l’orthodoxie, qui peut prétendre à la validité de ses sept sacrements.

3. Troisième différence : l’anglicanisme a toujours été intégralement hérétique et protestant. Depuis l’époque de Thomas Cranmer, tous les théologiens anglicans, sans exception, ont adhéré aux théories de Luther et des autres réformateurs protestants. L’anglicanisme n’est autre qu’une forme de protestantisme, et c’est pourquoi il a toujours accepté l’intercommunion avec toutes les sectes protestantes. S’il est vrai qu’au milieu du dix-neuvième siècle, le mouvement d’Oxford a marqué le retour à une forme de spiritualité, de culte et de piété plus traditionnelle, cela ne traduisait pas pour autant un intérêt renouvelé pour les aspects catholiques de l’anglicanisme, car ces derniers n’ont jamais existé. Il s’agissait d’une découverte pure et simple de certains trésors de l’Église catholique. Toutefois, ces anglicans de ce qu’on appelait la High Church ne suivirent pas le cardinal Newman dans sa conversion, en 1845, et choisirent de rester anglicans. Tout comme leurs successeurs actuels, ils n’eurent pas le courage de se convertir à la véritable Église.

4.  La quatrième différence, qui tient à ce que l’anglicanisme est une secte protestante, c’est qu’il ne dispose d’aucune autorité ou unité doctrinale. On distingue en effet autant de catégories différentes d’anglicanisme qu’il y a d’anglicans. Ils apprécient d’ailleurs cette vaste latitude qui permet à chacun de choisir sa propre pratique religieuse.

5. Cinquième différence : l’anglicanisme est dépourvu de la tradition spirituelle et monastique que possèdent les rites orientaux. Ce n’est d’ailleurs nul autre qu’Henry VIII, fondateur de l’anglicanisme, qui se rendit responsable de la destruction des mille monastères d’Angleterre. Si, au siècle dernier, de modestes efforts ont été accomplis pour fonder quelques communautés religieuses, ce n’était que par imitation de la spiritualité catholique, non en raison d’une quelconque tradition anglicane.

6. Une sixième différence, enfin, est due à ce qu’il n’y a pas d’uniformité liturgique dans l’anglicanisme. Les livres de prière entièrement protestants de 1549 et 1661 prétendaient instaurer cette uniformité, mais ils ont été remplacés au cours des dernières années, et les anglicans de la High Church les ont rejetés en grande partie ou les ont adaptés en instituant diverses combinaisons entre la nouvelle liturgie anglicane et certains usages empruntés, tels la résurrection de l’ancien rite de Sarum (nom latin de Salisbury), qui était usité en Angleterre avant la Réforme, ou le rite tridentin en anglais, ou bien encore la nouvelle messe. Il n’existe aucune tradition liturgique anglicane en dehors du livre de prière de 1661.

Dès lors, pourquoi le pape est-il si décidé à traiter les anglicans comme les orthodoxes orientaux ? Dans cette même Constitution apostolique, il en fournit très clairement l’explication, qui tient dans la nouvelle définition de l’Église du Christ donnée par Vatican II et selon laquelle l’Église du Christ « subsiste dans » l’Église catholique au lieu de s’identifier à celle-ci. C’est pourquoi les divisions entre baptisés sont à percevoir comme des divisions au sein de l’Église même et comme une atteinte à la marque d’unité qui caractérise la véritable Église. Ce qui amène Benoît XVI à déclarer dans le texte en question : «  Toute division parmi ceux qui ont été baptisés en Jésus-Christ blesse ce que l'Église est et ce pour quoi l'Église existe ». D’où il ressort que l’unité entre les baptisés est un bien absolu qu’il importe de rechercher à tout prix, d’autant qu’il s’agit désormais d’une « unité dans la diversité », objectif ultime à viser.  Or, aux yeux de l’enseignement catholique traditionnel, le bien absolu réside dans la Foi, le culte et les sacrements, et c’est lui qui détermine l’unité de l’Église catholique véritable, ainsi que le souligne le catéchisme de l’Église. La séparation des hérétiques et des schismatiques – toute déplorable qu’elle est – ne nuit en rien à la Foi, au culte et aux sacrements, pas plus qu’à l’autorité hiérarchique, parce que l’Église du Christ s’identifie à l’Église catholique romaine.

Les conséquences de cette recherche forcenée d’une fausse unité reposant sur de faibles assises réelles ne sauraient être acceptables par l’esprit catholique. En voici quelques-unes :

- Il ne doit y avoir aucune conversion à proprement parler, c’est-à-dire avec abjuration de l’hérésie, profession publique de la Foi catholique et absolution de la censure d’excommunication. On se borne à indiquer que « les fidèles laïcs aussi bien que les membres des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, issus de la Communion anglicane, qui veulent entrer dans un ordinariat personnel, devront exprimer ce désir par écrit » (IX). Il n’est requis ni de confesser la faute de s’être tenu en dehors de la seule véritable Église, ni de demander à être reçu dans la seule véritable Église.

- Il n’est requis, en outre, aucune adhésion expresse aux articles de foi que l’église anglicane nie depuis 450 ans. Tout ce qui est demandé, c’est d’accepter implicitement la déclaration suivante : «  Le Catéchisme de l'Église catholique est l'expression officielle de la foi catholique professée par les membres de l'ordinariat » (I, § 5). Or, ce catéchisme de Vatican II, adopté en 1993, est très ambigu, notamment sur des points de doctrine à propos desquels les protestants sont en désaccord avec l’Église catholique, et l’acceptation implicite d’une telle déclaration n’a rien à voir avec le serment condamnant les hérésies protestantes qui fait partie de la Profession de Foi tridentine de Pie IV.

- Les anglicans sont autorisés à conserver leurs livres et prières liturgiques anglicans, ainsi que leur spiritualité anglicane et leurs coutumes pastorales : « l'ordinariat a la faculté de célébrer l'Eucharistie et les autres sacrements, la liturgie des heures et les autres célébrations liturgiques selon les livres liturgiques propres à la tradition anglicane qui auront été approuvés par le Saint-Siège, de manière à ce que soient maintenues au sein de l'Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, comme un don précieux qui nourrit la foi des membres de l'ordinariat et comme un trésor à partager » (III). La modeste condition de l’acceptation par le Saint-Siège n’ôte rien à la profonde nouveauté de cette disposition, dont il ressort que le protestantisme anticatholique et sa liturgie relèveraient d’une tradition à conserver au sein de l’Église catholique. Le texte continue dans la même veine en soulignant que tout cela constitue «  un don précieux » et « un trésor à partager ». Quelle insulte pour des catholiques tels que saint Thomas More, saint John Fisher et saint Edmund Campion, qui ont donné leur vie plutôt que de devenir anglicans, ou encore pour d’authentiques convertis comme le cardinal Newman, qui ont renoncé volontairement, mais nécessairement au cérémonial anglican – protestant, hérétique et invalide – pour devenir de vrais catholiques !

- L’état matrimonial des prêtres restera un mode de vie acceptable dans le cadre de cet ordinariat, et à l’avenir, on pourra ordonner des hommes déjà mariés. Or, ce sera là un moyen fort efficace de miner le trésor du célibat des prêtres, qui est l’un des plus grands signes extérieurs de sainteté de l’Église. Certes, on ne pourra accepter d’évêques mariés, mais tout homme marié pourra quand même devenir prêtre et se voir investir des compétences d’un Ordinaire (cf. la Note publiée le 20 octobre 2009 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi), ce qui permettra de tourner la « difficulté » du célibat des prêtres, dont ces anglicans ne veulent pas.

Tout cela est tragique, parce que ces gens seront considérés comme des catholiques et des anglicans tout à la fois, ce qui brouillera en grande partie la distinction entre la vérité et l’erreur, la Foi et l’infidélité, la soumission et l’indépendance. Le cardinal Levada le reconnaît lui-même lorsqu’il décrit les bases aussi ténues que vagues d’une telle unité : « Ils ont déclaré partager la foi catholique commune, telle qu’elle est exprimée dans le catéchisme de l’Église catholique, et accepter le ministère de Pierre comme un élément voulu par le Christ pour l’Église. [Que faut-il entendre par là ? L’exercice de l’infaillibilité papale ? Un vrai pouvoir de gouvernement ? Une simple place honorifique ?] Selon eux, le temps est venu d’exprimer cette union implicite sous une forme visible de pleine communion ». (Ib. In ZENIT.org)

Si nous devons assurément craindre que cette acceptation ne provoque de la confusion chez les catholiques, non sans confirmer davantage encore ces anglicans dans leurs faux principes et leurs fausses traditions, nous n’en devons pas moins prier pour qu’ils finissent pas se convertir vraiment à la pleine et entière pratique de la Foi catholique, hors de laquelle il n’est point de salut.

29 novembre 2009

[Aletheia n°148] Louis XVI peut-il être canonisé? - Episcopi vagantes - par Yves Chiron

Aletheia n°148 - 29 novembre 2009 

Louis XVI peut-il être canonisé ? par Yves Chiron
L’abbé Edgeworth de Firmont, qui a assisté Louis XVI dans ses dernières heures et au pied de la guillotine, a laissé un témoignage émouvant et authentique sur cet épisode dramatique de notre histoire[1]. Il a montré comment Louis XVI avait accepté sa mort prochaine dans un esprit chrétien. Le roi condamné s’est préparé, comme tout bon chrétien doit le faire, à comparaître devant son juge, Jésus-Christ.
Pour l’abbé de Firmont, qui fut le dernier confident et le dernier confesseur de Louis XVI, la mort du roi n’est pas sans ressemblance avec la Passion du Christ. Il était persuadé que Louis XVI allait recevoir une immédiate « récompense », c’est-à-dire que son âme irait en Paradis.
Il ne faisait aucun doute pour lui, et pour de nombreux Français, prêtres, religieux, religieuses ou laïcs de cette époque, que Louis XVI mourait en authentique martyr chrétien. Cette certitude fut ensuite affirmée par le pape Pie VI.
L’allocution de Pie VI
Le 17 juin 1793, soit cinq mois après la mort du roi, le Pape prononce, en consistoire, une longue allocution tout entière consacrée à Louis XVI.
Il fait référence explicitement aux conditions posées par Benoît XIV dans son célèbre traité sur la béatification et la canonisation et il montre qu’on peut considérer Louis XVI comme un authentique martyr. Il donnait trois raisons essentielles :
• la cause de sa mort est bien la haine de la foi catholique ;
• le roi a accepté sa mort non seulement avec courage, mais dans un esprit de foi et de sacrifice ;
• si dans sa vie privée ou publique, le roi défunt a commis des fautes, il les a regrettées, il s’en est confessé et elles ont été amplement lavées par le sang du martyr.
Cette magnifique allocution du pape, écrite dans l’émotion du moment, a été connue de l’Europe entière par de nombreuses traductions et éditions[2].
Mais, le pape Pie VI n’a pas proclamé Louis XVI comme « martyr » ; il n’a pas voulu contourner les procédures canoniques habituelles.
Or la cause de béatification de Louis XVI n’a jamais été ouverte, malgré les tentatives qui ont été faites.
La réponse de la Congrégation des Rites
Au début de la Restauration, soit un peu plus de vingt ans après la mort de Louis XVI, la mémoire du roi-martyr restait vive. En 1816, sur la proposition de Sosthène de La Rochefoucauld, la Chambre des Députés a voté une loi qui faisait du 21 janvier un jour de deuil national.
En 1820, la duchesse d’Angoulême, c’est-à-dire Marie-Thérèse, la fille survivante de Louis XVI et de Marie-Antoinette, fit part au nonce du pape à Paris de son désir de voir introduite la cause en béatification de son père. Le nonce, Mgr Macchi, en référa au cardinal Consalvi, secrétaire d’Etat de Pie VII.
Le cardinal fit examiner la requête par la Congrégation des Rites chargée, à l’époque, des causes de béatification et de canonisation. Il en résulta un long mémoire, en italien, qui a été envoyé au nonce à Paris en septembre 1820[3].
La Congrégation des Rites rappelait diverses notions théologiques et quelques principes canoniques. Était rappelée la définition du martyre donnée par saint Augustin : « ce n’est point le supplice, mais la cause du supplice qui constitue le véritable martyre ».
En d’autres termes, ce n’est pas la façon dont le chrétien est mort qui en fait un martyr mais la raison pour laquelle il a été mis à mort. Tout chrétien innocent mis à mort n’est pas pour autant un martyr. Pour qu’il y ait  martyr, il faut non seulement que le persécuteur ait agi en haine de la foi mais aussi que la victime soit morte pour conserver intacte cette foi, ait préféré la mort plutôt que de renier la foi.
En 1820, donc, la Congrégation des Rites a estimé qu’il n’était pas possible de démontrer irréfutablement que la mort de Louis XVI réunissait ces conditions. Le mémoire dit : « comment pourra-t-on démontrer qu’il fut immolé par les impies en haine de la foi, et non pas pour des motifs temporels ».
La Congrégation des Rites donnait deux raisons :
• la Révolution a sacrifié Louis XVI d’abord pour « affermir […] la République naissante » ;
• même si Louis XVI avait accepté « tous les principes irréligieux et tous les décrets abominables » de la Révolution, il aurait été mis à mort.
La Congrégation des Rites rappelait aussi que la procédure en vue d’une béatification doit être engagée par le diocèse où est mort Louis XVI, c’est-à-dire par l’archevêque de Paris. Le Procès diocésain consistera essentiellement en une audition de témoins pour recueillir, sous serment, toutes données factuelles permettant de reconstituer la chronologie de l’événement et d’établir la preuve du martyre au sens traditionnel.
Si les preuves sont jugées suffisantes, alors la cause pourra être introduite à Rome auprès de la Congrégation des Rites. Même si les causes du martyre étaient reconnues comme telles, il fallait encore, à l’époque, que deux miracles soient reconnus pour que le martyr soit proclamé bienheureux et deux autres pour qu’il soit proclamé comme saint.
En précisant ces étapes d’une procédure possible, la Congrégation des Rites ne faisait que rappeler les règles canoniques alors en usage.
La prudence des archevêques de Paris
Le moins qu’on puisse dire est que ce mémoire de 1820 était peu encourageant ; il estimait que l’issue d’une éventuelle procédure était « très incertaine ».
L’archevêque de Paris en fonction en 1820, Alexandre de Talleyrand de Périgord (oncle du célèbre Talleyrand, l’évêque défroqué), n’osa pas s’engager dans une entreprise que la Congrégation des Rites estimait « pour le moins douteuse ».
Son successeur, Mgr de Quelen, archevêque de 1821 à 1836, n’ouvrit pas non plus d’information.
Les divisions et les difficultés politiques de la Restauration ont contribué à rendre un éventuel procès canonique de plus en plus délicat. Après la Révolution de 1830, la monarchie de Juillet a supprimé, en 1833, le jour de deuil national voté dix-sept ans plus tôt.
Au XIXe et au XXe siècle, plusieurs mémoires ont été publiés, par des particuliers, pour inciter à l’introduction de la cause de béatification et de canonisation de Louis XVI.
L’image et l’idée de Louis XVI « roi martyr » ont perduré jusqu’à aujourd’hui. En 1943, le marquis de La Franquerie publiait un petit livre avec ce titre[4]. L’ouvrage était préfacé par l’archevêque d’Avignon, Mgr de La Villerabel, qui souhaitait, clairement, la béatification de Louis XVI comme martyr.
À partir de 1950, et pendant un demi-siècle, Paul et Pierrette Girault de Coursac ont publié de nombreux ouvrages pour réhabiliter la mémoire de Louis XVI. Leur premier livre s’intitulait, Le roi stigmatisé, publié en 1950. En 1976, ils faisaient paraître Louis XVI roi martyr ?, le point d’interrogation n’était là que pour ne pas préjuger de la décision de l’Eglise.
En 1992, les deux auteurs ont adressé au Saint-Siège un mémoire pour demander l’ouverture de la cause de béatification de Louis XVI. Le cardinal Felici, alors préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, leur a répondu : « Cette congrégation reçoit quelquefois des lettres postulatoires en faveur de cette cause, mais, selon les dispositions juridiques actuelles, elle ne travaille que sur une documentation envoyée par les ordinaires des lieux où sont morts les Serviteurs de Dieu. En cette matière, les évêques sont les premiers juges de l’opportunité d’une cause… »[5].
 Finalement, jusqu’à ce jour, aucune procédure canonique n’a jamais été engagée. L’initiative ne pourrait en venir, aujourd’hui, que du cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, puisque c’est dans ce diocèse qu’est mort Louis XVI.
Déjà, en 1820, la Congrégation des Rites estimait qu’il y aurait lieu de « s’interroger, avant d’esquisser le moindre pas, sur le fait de savoir s’il convient, dans les circonstances actuelles, d’ouvrir une cause qui ne manquera pas de susciter quelque tapage ».
Aujourd’hui, on voit mal l’archevêque de Paris courir le risque d’un « tapage » médiatico-politique.
L’Institut du Bon Pasteur et diverses associations ont organisé, le 21 mars dernier, un colloque consacré à Louis XVI. Les Actes de ce colloque ont été publiés sous le titre Faut-il canoniser Louis XVI ; ils sont disponibles à l’Institut du Bon Pasteur (12 rue Saint-Joseph, 75002 Paris).
Je publie ici une version révisée et corrigée de ma communication à ce colloque.

EPISCOPI VAGANTES
En 1961, le pasteur anglican Henry Brandreth, recteur d’une des églises anglicanes de Paris, recensait quelque 200 episcopi vagantes dans le monde, c’est-à-dire des personnes qui prétendaient avoir reçu une consécration épiscopale sans être pourtant en communion avec une des Églises historiques (Église catholique, Communion anglicane, orthodoxes)[6].
Aujourd’hui, même en se limitant aux seuls episcopi vagantes qui se réclament de l’Église catholique, on dépasse très largement ce chiffre.
Celui qui signe  ”MRJV”[7] avait publié, en mars 2007, un Organigramme des successions épiscopales thucistes et leurs différents liens, que j’avais recensé ici. Aujourd’hui, il publie une nouvelle version du même travail, dans une édition plus claire (avec flèches et courbes), corrigée et complétée[8].
Cela nous vaut un long organigramme (29 cm de haut sur 2,18 m de large), où sont présentées les différentes successions épiscopales parallèles : « thucistes », « palmariennes », « guérardiennes » et autres.
Deux regrets : que Mgr Lefebvre et les évêques qu’il a consacrés illicitement en 1988 figurent encore dans cet organigramme alors que ceux-ci ont bénéficié d’une levée d’excommunication. Deuxième regret : qu’un index des noms ne vienne pas compléter l’organigramme, il rendrait le document plus aisément consultable.
Parmi les successions épiscopales qui se forment, on relèvera celle de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie V (dissidence de la Fraternité Saint-Pie X, née aux Etats-Unis) : après la consécration épiscopale de Clarence James Kelly en 1993, il y a eu celle de Joseph Santay en 2007.
Les choses se compliquent lorsque l’évêque consacré, par souci de légitimité ou pour des raisons plus bassement clientélistes, cherche à se faire consacrer à nouveau par un autre évêque illégitime. Ainsi Hugues-Georges de Willmott-Newman a été consacré évêque onze fois ! Il a lui-même sacré d’autres évêques. MRJV signale quatre évêques consacrés par Willmott-Newman, en fait il y en a eu vingt entre 1944 à 1966.
Sur cet organigramme figure, parfois, le nom des prêtres ordonnés par ces episcopi vagantes. Si l’auteur avait voulu indiquer toutes les ordinations sacerdotales effectuées par ces episcopi vagantes, il lui aurait fallu mentionner des centaines de noms. Pourquoi avoir retenu certaines ordinations et pas d’autres ? Ainsi pourquoi mentionner « T. Cazal » (en fait, Thomas Cazalas) ordonné par l’évêque guérardien Mc Kenna et ne pas mentionner Michel Adriantsarafara ordonné par un autre évêque guérardien, Geert Stuyver ? Pourquoi mentionner encore l’ordination d’un prêtre – dont je ne citerai par le nom – ordonné de manière illicite par Mgr Ngo Dinh Thuc en 1981 mais qui, depuis, a fait régulariser sa situation canonique ?
La complexité du réseau des episcopi vagantes, la multiplicité des affiliations, le caractère souvent secret des consécrations et reconsécrations épiscopales, sans parler des prétentions infondées, rendent difficile l’information exacte et exhaustive.
Tel qu’il est, le travail de MRJV rendra néanmoins de grands services aux chercheurs et aux curieux. Il devrait aussi éclairer les fidèles catholiques qui s’interrogent sur la légitimité voire la validité de telle messe, de telle confirmation ou de telle ordination sacerdotale célébrées par tel ou tel « évêque ». 

[1] Les pages de l’abbé de Firmont ont été publiées par M.V. Woodgate, Le dernier confident de Louis XVI. L’abbé Edgeworth de Firmont, Téqui, 1992.
[2] Dernière édition intégrale dans Yves Chiron, Edmund Burke et la Révolution française, Téqui, 1987, p. 155-173.
[3] Mémoire publié en version originale et en traduction par Philippe Boutry, « ”Le Roi martyr”. La cause de Louis XVI devant la Cour de Rome (1820) », Revue d’Histoire de l’Eglise de France, n° 196, janvier-juin 1990, p. 57-71.
[4] Louis XVI, le roi-martyr, 1943 ; réédité en 1974 aux éditions Résiac.
[5] Lettre du cardinal Felici à Paul et Pierrette Girault de Coursac, le 5 juin 1992. Cf. Yves Chiron, Enquête sur les canonisations, Perrin, 1998, p. 239-241.
[6] Henry R.T. Brandreth, Episcopi vagantes and the Anglican Church, Londres, S.P.C.K., 1961 (1ère édition 1947).
[7] Il s’agit de Monsieur R. J. Veyron, qui se présente comme « chercheur indépendant ».
[8] À commander à MRJV 11 rue Ambroise Fredeau 31500 Toulouse.

[Sophie Le Pivain - Famille Chrétienne] Liturgie - Au service de l’unité

SOURCE -  Sophie Le Pivain - Famille Chrétienne - 29 novembre 2009

Liturgie - Au service de l’unité 

Mgr Cattenoz, l'archevêque d'Avignon; vient de rendre publique l’ association sacerdotale Totus Tuus. EIle rassemble des prêtres diocésains attachés sans exclusive à la forme extraordinaire du rite romain. Par Sophie LE PIVAIN
 
... La réflexion a commencé il y a deux ans. « J 'ai rencontré un certain nombre de prêtres attachés à Ia forme ancienne, et qui en même temps, cherchaient à avoir toute leur place dans un diocèse. Certains souffraient d'être enfermés dans des chapelles dans lesquelles ils ne pouvaient pas vivre pleinement toutes les dimensions de la vie sacerdotale » , explique Mgr Cattenoz, pour qui l’association répond à un besoin d'Eglise.
 
« Moi-même je n'ai jamais célébré selon le missel de Jean XXIII, et je n'ai pas grandi dans ce contexte, mais je veux être l'évêque de tous. »
 
Il y a deux ans et demi, l'évêque a donc organisé une rencontre avec certains de ces prêtres: « Nous avons médité la Parole de Dieu, et je me suis rendu compte qu'ils étaient vraiment animés d'un esprit d'Eglise »....
Ouverts à la vie diocésaine…
…L'un d'eux, incardiné dans le diocèse de Lyon, dessert une chapelle traditionnelle en Avignon: « II se montre ouvert à la vie diocésaine, et à tout autre ministère dans le cadre du diocèse Et quand je préside une messe à la cathédrale, explique Mgr Cattenoz, le prêtre de mon diocèse qui fait partie de Totus Tuus vient concélébrer avec moi, sans aucun problème. II ne restreint pas cette possibilité au Jeudi saint ».
 
L’objectif, « surtout si des séminaristes rejoignent Totus Tuus, est qu'ils soient formés comme tous les séminaristes de France, qu'ils apprennent à grandir ensemble, afin que les conflits qui existent autour de cette question-là soient tout à fait obsolètes dans quelques années ».
 
Totus Tuus organise cette année une retraite spirituelle à l’ abbaye de Triors (Drôme) sur l'Epître aux Ephésiens, et une formation liturgique à celle du Barroux….

[Denis Crouan - Pro Liturgia] Ce matin je suis allé à la messe...

SOURCE - Denis Crouan - Pro Liturgia - 29 novembre 2009

Ce dimanche matin, 1er Dimanche de l'Avent, ne trouvant aucune messe paroissiale célébrée selon le Missel romain dit "de Paul VI" (bien que mon Archevêque - celui de Strasbourg - m'ait un jour garanti sans rire que la liturgie était partout respectée et dignement célébrée dans le diocèse), je suis allé à la messe célébrée selon la forme "extraordinaire" (messe à laquelle je suis parfaitement habitué et qu'il m'arrive, quand on me le demande, d'accompagner à l'orgue).
Qualités de cette liturgie: elle oblige le célébrant à s'interdire les improvisations et à respecter le rituel; elle est dignement célébrée et conduit les fidèles à se tourner vers Dieu, à s'adresser à Lui (ce qui est à l'opposé du nombrilisme qui caractérise habituellement nos assemblées paroissiales); les fidèles sont mis en contact avec le sacré; les textes du Propre du jour sont respectés (et non pas remplacés par les paroles de cantiques interchangeables), mettant ainsi en valeur le cycle liturgique.
Défauts de cette liturgie: un constant chevauchement entre ce que fait le célébrant à l'autel et ce que chante la schola à la tribune. Ainsi le chant d'entrée n'accompagne-t-il aucune entrée, mais s'exécute durant les prières au bas de l'autel; le Sanctus est en partie chanté pendant que le célébrant dit le Canon (Prière eucharistique); l'Agnus Dei est ponctué de coups de clochettes qui indiquent que le célébrant dit "ses" Domine, non sum dignus... etc. C'est donc comme si la schola chantait sans se soucier de ce que fait le prêtre à l'autel, tandis que le prêtre poursuit "sa" messe sans prêter attention à ce que chante la schola. Au milieu, les fidèles de la nef: tantôt ils se "branchent" sur ce que fait le célébrant, tantôt ils se calent sur ce que chante la chorale, selon certaines habitudes qui n'apparaissent pas toujours très logiques sur le plan strictement liturgique.
Ceci dit, entre les simagrées liturgiques d'un clergé diocésain qui n'a bénéficié d'aucune formation sérieuse et la messe célébrée selon la forme "extraordinaire" du rite romain, mon choix est vite fait.

(Petite précision à l'adresse de celles et de ceux qui auraient tendance à vouloir me faire dire ce que je n'ai jamais dit: il s'agit d'un préférence qui m'est imposée par les circonstances actuelles et qui pour moi demeure "extraordinaire"... comme la liturgie du même nom.)

[Yves Chiron - Aletheia] Episcopi vagantes

SOURCE - Yves Chiron - Aletheia n°148 - 29 novembre 2009

En 1961, le pasteur anglican Henry Brandreth, recteur d’une des églises anglicanes de Paris, recensait quelque 200 episcopi vagantes dans le monde, c’est-à-dire des personnes qui prétendaient avoir reçu une consécration épiscopale sans être pourtant en communion avec une des Églises historiques (Église catholique, Communion anglicane, orthodoxes)[1].
Aujourd’hui, même en se limitant aux seuls episcopi vagantes qui se réclament de l’Église catholique, on dépasse très largement ce chiffre.
Celui qui signe  ”MRJV”[2] avait publié, en mars 2007, un Organigramme des successions épiscopales thucistes et leurs différents liens, que j’avais recensé ici. Aujourd’hui, il publie une nouvelle version du même travail, dans une édition plus claire (avec flèches et courbes), corrigée et complétée[3].
Cela nous vaut un long organigramme (29 cm de haut sur 2,18 m de large), où sont présentées les différentes successions épiscopales parallèles : « thucistes », « palmariennes », « guérardiennes » et autres.
Deux regrets : que Mgr Lefebvre et les évêques qu’il a consacrés illicitement en 1988 figurent encore dans cet organigramme alors que ceux-ci ont bénéficié d’une levée d’excommunication. Deuxième regret : qu’un index des noms ne vienne pas compléter l’organigramme, il rendrait le document plus aisément consultable.
Parmi les successions épiscopales qui se forment, on relèvera celle de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie V (dissidence de la Fraternité Saint-Pie X, née aux Etats-Unis) : après la consécration épiscopale de Clarence James Kelly en 1993, il y a eu celle de Joseph Santay en 2007.
Les choses se compliquent lorsque l’évêque consacré, par souci de légitimité ou pour des raisons plus bassement clientélistes, cherche à se faire consacrer à nouveau par un autre évêque illégitime. Ainsi Hugues-Georges de Willmott-Newman a été consacré évêque onze fois ! Il a lui-même sacré d’autres évêques. MRJV signale quatre évêques consacrés par Willmott-Newman, en fait il y en a eu vingt entre 1944 à 1966.
Sur cet organigramme figure, parfois, le nom des prêtres ordonnés par ces episcopi vagantes. Si l’auteur avait voulu indiquer toutes les ordinations sacerdotales effectuées par ces episcopi vagantes, il lui aurait fallu mentionner des centaines de noms. Pourquoi avoir retenu certaines ordinations et pas d’autres ? Ainsi pourquoi mentionner « T. Cazal » (en fait, Thomas Cazalas) ordonné par l’évêque guérardien Mc Kenna et ne pas mentionner Michel Adriantsarafara ordonné par un autre évêque guérardien, Geert Stuyver ? Pourquoi mentionner encore l’ordination d’un prêtre – dont je ne citerai par le nom – ordonné de manière illicite par Mgr Ngo Dinh Thuc en 1981 mais qui, depuis, a fait régulariser sa situation canonique ?
La complexité du réseau des episcopi vagantes, la multiplicité des affiliations, le caractère souvent secret des consécrations et reconsécrations épiscopales, sans parler des prétentions infondées, rendent difficile l’information exacte et exhaustive.
Tel qu’il est, le travail de MRJV rendra néanmoins de grands services aux chercheurs et aux curieux. Il devrait aussi éclairer les fidèles catholiques qui s’interrogent sur la légitimité voire la validité de telle messe, de telle confirmation ou de telle ordination sacerdotale célébrées par tel ou tel « évêque ».

[1] Henry R.T. Brandreth, Episcopi vagantes and the Anglican Church, Londres, S.P.C.K., 1961 (1ère édition 1947).
[2] Il s’agit de Monsieur R. J. Veyron, qui se présente comme « chercheur indépendant ».
[3] À commander à MRJV 11 rue Ambroise Fredeau 31500 Toulouse.

[summorum-pontificum.fr] Un nouvel ordinaire de la messe

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 29 novembre 2009

Bien connu pour avoir diffuser en France pendant des années – les années de plomb de l’immédiat après-concile – le seul ordinaire de la messe Paul VI latin-français, les éditions Téqui proposent aussi désormais un ordinaire de la messe – dans le même format – pour le rite romain traditionnel.
Au demeurant, c’est dès avril 2008 que les éditions Téqui mettaient à la disposition des fidèles un tel ordinaire. Mais désormais c’est une nouvelle édition qu'offre l’éditeur catholique.  À l’ordinaire de la messe, de l’ensemble des préfaces, aux Kyriale les plus utilisés, aux quelques chants caractéristiques des différents temps liturgiques (tout cela en encre noir) ainsi qu’aux rubriques essentielles de la messe solennelle et de la messe chantée (en encre rouge) déjà présents dans l'édition de 2008, il a ajouté les textes de la messe de mariage ainsi que les textes de la messe de funérailles. De la même façon, les partitions en fin d’ouvrage ont été complétées.
Cet ordinaire reprend la préface de l’édition précédente, signée du Cardinal Castrillon Hoyos, alors président de la commission pontificale Ecclesia Dei. Dans ce texte, celui-ci souhaite « que beaucoup de fidèles puissent ressourcer ainsi leur vie spirituelle avec des textes liturgiques, qui remontent en grande partie à Saint Grégoire-le-Grand et qui ont contribué à former tant de saints au cours de l’histoire de l’Église. »
Le  Nihil obstat a été donné par l’archevêché de Paris en date du 8 février 2008. La présentation de l’ordinaire est signée de l’abbé Philippe Laurensou. L’éditeur précise bien que la traduction des textes n’est pas une traduction « liturgique » et qu’elle vise seulement « à une bonne compréhension ». Le texte latin de base est celui du Missale Romanum.

Enfin, l’éditeur ajoute cette précision : « En modifiant les tournures désuètes et en remplaçant les mots inusités de nos jours, nous avons pris, pour les textes scripturaires, la traduction du Nouveau Testament sur la Vulgate, approuvée par l’archevêque de Cambrai en 1665 ; pour la messe de mariage, la messe de funérailles et l’absoute, nous avons consulté, sans l’adopter en son entier, la traduction de deux missels du milieu du XIXe siècle. »
Cet ordinaire est composé de 272 pages pour un prix de 20€. On peut le commander ICI.

[Max Barret - Le Courrier de Tychique] Les discussions doctrinales - Le « dieu pan » et l’Etoile de David

SOURCE - Max Barret - Le Courrier de Tychique n°312 - 29 novembre 2009

Les grandes manœuvres conciliaires se développent et s’intensifient. Il s’agit, évidemment, de préparer les esprits à une réintégration de la FSSPX dans l’Eglise officielle, mais d’un côté comme de l’autre les oppositions sont palpables.

Côté conciliaire, la FSSPX reste exclue et la résistance d’un épiscopat miné par le libéralisme s’organise ! Alors on cherche à minimiser les points de doctrine qui posent problème. Pour cela Gérard Leclerc – entre autres – fait preuve d’une réelle habileté (cf. « Famille chrétienne » n° 1661). Côté FSSP X, si certains clercs et fidèles ont déjà capitulé, fatigué par un combat qu’ils n’ont pas mené, on relève, fort heureusement, quelques réactions qui permettent d’espérer une résistance inconditionnelle aux traquenards des renégats.

C’est, par exemple, l’éditorial de M. l’abbé Jean Michel Gleize (membre de la commission théologique de la Fraternité) publié par « Si si, No no » (n° de Juillet-Août 2009). Tout l’éditorial est une analyse critique du discours du pape aux théologiens de la curie romaine (22 décembre 2005). Il n’est pas possible de citer tout cet article qui couvre les 8 pages du mensuel, et encore plus difficile de faire un choix parmi les passages de cette intéressante analyse. En voici cependant un échantillon (hélas trop court):

« (…) Dans son Discours de 2005 le pape Benoît XVI raisonne comme si toute décision, du fait même qu’elle appartient à l’Histoire, ne pouvait concerner qu’une matière contingente et exprimer une vérité seulement relative aux circonstances. On ne saurait être plus explicite pour ériger en principe le relativisme doctrinal ! (…) Le relativisme doctrinal qui s’exprime dans le discours du 22 décembre 2005 correspond, dans la pensée du pape actuel, à une notion faussée de la Tradition qui reste bien dans la ligne du Motu proprio « Ecclesia Dei afflicta » de Jean Paul II. (…) La Tradition n’y est plus d’abord définie comme la transmission du dépôt des vérités divinement révélées. Elle est d’abord conçue comme une Expérience et une Vie. (…) C’est un propos qui donne du magistère et de la Tradition une définition absolument nouvelle, en opposition complète avec les enseignements du magistère antérieur à Vatican II. (…) Même si la prédication de l’Eglise s’exerce de manière contingente, dans le cadre des circonstances historiques, elle a pour objet de transmettre des vérités divinement révélées qui ne sont pas contingentes, mais nécessaires et immuables. (…)

«(…) Si on admet le postulat de la Tradition vivante, aucune critique sérieuse des enseignements conciliaires ne sera possible. Il faudra, bon gré mal gré, faire rentrer la liberté religieuse, l’oecuménisme et la nouvelle ecclésiologie dans le patrimoine commun de l’Eglise, fut-ce au prix de la contradiction, ou plutôt grâce à la contradiction érigée en principe premier de toute réflexion théologique. Car si la Tradition est vivante, le mouvement est l’être, et tout devient possible… et imaginable. La seule « réception thomiste » qui nous semble concevable est celle qui commencera par définir sans ambiguïté la Tradition et le magistère en conformité avec les enseignements du pape Pie IX et du Concile Vatican I. Dans ces conditions, et dans ces conditions seulement, nous pourrons nourrir l’espoir d’interpréter les enseignements de Vatican II «à la lumière de la Tradition», comprise comme l’ont toujours comprise tous les papes et tous les évêques catholiques jusqu’au Concile.»


Commencer par « définir sans ambiguïté la Tradition et le magistère en conformité avec les enseignements du pape Pie XI et du concile Vatican I » ! N’est-ce pas la condition qu’avait exigée Mgr Lefebvre… avant toute reprise des discussions ? Il connaissait bien le cardinal Ratzinger. Il l’avait « éprouvé », notamment lorsque celui-ci avait fait preuve d’assez de fourberie pour lui arracher une signature… qu’il retira le lendemain après avoir passé une nuit épouvantable, ainsi qu’il me l’avait dit. Benoît XVI serait-il plus crédible maintenant qu’il est assis sur le trône de Pierre?

Le « dieu pan » et l’Etoile de David…


Ces deux photographies suffisent amplement à nous faire prendre conscience des difficultés que vont rencontrer les plénipotentiaires de la FSSPX pour conduire des discussions doctrinales avec une autorité qui, du moins apparemment, semble avoir de troublantes accointances avec l’ennemi ! Et quel ennemi : le « dieu pan » [Note de TN: photo dans le document original] et l’étoile de David, [Note de TN: photo dans le document original] chère aux Juifs et aux Francs-Maçons !

Le dieu pan qui figure sur la mitre ci-dessus et l’étoile de David sur celle ci-contre sont des signes qui n’ont sans doute rien d’anodin. On a peine à croire que le pape n’ait pas donné son accord, et peut-être même exigé, ces «fantaisies»…

Dés lors, n’est-il pas normal que de tels signes soient perçus comme une sorte de « message » ? Si tel est le cas peut-on encore espérer une issue favorable aux aux discussions engagées ?

Car Benoît XVII est resté Ratzinger !... Mgr Tissier de Mallerais en avait brossé un tableau éloquent dans sa conférence de novembre 2007. On ferait bien de s’y référer.

Benoît XVI et le « dieu pan ».


Alain Kérizo a publié dans le n° 136 (mars-avril 2008) de « Sous la Bannière » ( « Les Guillots » – 18260 – Villegenon – abonnement 40 €) un article concernant les « affinités de Benoît XVI avec les dieux païens ». L’auteur reconnaît « avoir craint de scandaliser quelque peu une partie de (ses) lecteurs, peut-être encore attentistes, quant aux intentions réelles de l’ex-cardinal Ratzinger confronté à la crise de l’Eglise. » Mais il ajoute : « Depuis le quatrième trimestre 2007 la situation à Rome a bien évolué dans un sens, hélas, extrêmement préoccupant et probablement irréversible (dans le cadre du pontificat actuel) si bien que la présente étude sur Benoît XVI et ses affinités avec les dieux païens paraît déjà revêtir un intérêt plus intellectuel et historique que prospectif.. »

Il évoque alors la science héraldique qui « ne peut empêcher l’auteur ou l’inspirateur d’une armoirie de vouloir masquer ou rendre ambivalente ses intentions. C’est peut-être le cas pour le cardinal Ratzinger » On aimerait mieux, si c’est le cas, plus de clarté de sa part !

Pour en revenir au « dieu pan » l’auteur fait cette remarque : « Il ne fait aucun doute que le catéchisme de l’Eglise catholique édité en 1993 présente bien en couverture l’image du grand dieu Pan. Le berger porte bien des mini-cornes de bouc, attribut habituel du démon ! Et ce dieu « global », cosmique n’a pas été retenu par hasard puisqu’il est assimilé en maçonnerie au grand architecte de l’univers, cet imposteur universel, qui vise à utiliser les matériaux de la Création pour les ré-agencer à sa manière et faire en sorte « que ce qui soit en haut soit comme tout ce qui soit en bas » etc… Il est donc indéniablement «renversant» qu’un catéchisme de l’Eglise catholique présente le grand dieu Pan en couverture. (…) Retrouve-t’on réellement la même volonté de l’apostasie sur la mitre de Benoît XVI ? Le personnage présente des modifications substantielles : cheveux épars, traits du visage plus gracieux. Autre point, la mitre de Benoît XVI ne porte pas de croix.. (…) Quoi qu’il en soit de ces ambiguïtés elles ont été dictées soit par la volonté de ne pas effaroucher les fidèles, soit par crainte des responsables du complot d’attirer sur eux les foudres divines.(…) Mais surtout, elles restent … des ambiguïtés.

Pour les lever l’auteur dit : « Il a fallu attendre la conférence de Mgr Tissier de Mallerais, prononcée le 11 novembre 2007, sur la nouvelle théologie de Benoît XVI, pour que les masques tombent et que la réalité apparaisse ! »

Cette réalité, peut légitimement nous inquiéter, car, à moins de concessions de la part de la FSSPX – ce qu’à Dieu ne plaise – il faut s’attendre à un échec inévitable et dramatique des discussions doctrinales engagées.

28 novembre 2009

[Mgr Williamson] Commentaire Eleison CXXV: Crime sans pareil - IIème partie


SOURCE - Mgr Williamson - Commentaire Eleison  CXXV:  Crime sans pareil - IIème partie - 28 novembre 2009

Le Commentaire Eleison se proposait la semaine dernière de montrer comment le dessein de Vatican II était d'invalider les sacrements de l'Eglise par l'introduction de Rites sacramentaux nouveaux dont l'ambiguïté à long terme - « au bout de 50 ans » d'après les propos du Cardinal Liénart sur son lit de mort - finirait  par corrompre l'indispensable Intention sacramentelle du Prêtre. Mais cette démonstration devra attendre une semaine de plus. Cette semaine, nous devons nous pencher d'abord sur le mécanisme des intentions humaines pour mieux comprendre comment tout Ministre des sacrements a besoin d'une idée fondamentalement saine de ce que fait l'Eglise et de ce qu'elle est.

Quand un être humain veut faire quelque chose, ou a l'intention d'atteindre tel ou tel but, il doit avoir à l'avance l'idée de ce but dans son esprit. En fait, personne ne peut poursuivre un but sans d'abord avoir l'idée de ce but dans son esprit, et il ne peut le poursuivre si ce n'est à travers l'idée qu'il en a. Mais l'idée d'une chose à l'intérieur d'une tête peut ou non correspondre à la réalité qui se trouve à l'extérieur de cette tête. Si l'idée correspond à la réalité, alors on peut atteindre le but que l'on s'est fixé ; sinon, on atteindra peut-être son idée, mais pas la réalité visée.

Prenons l'exemple d'un père de famille qui souhaite rendre heureux ses enfants, mais qui pense y parvenir en relâchant toute discipline à la maison. Trois fois hélas, l'indiscipline rend les enfants malheureux, pas heureux, et donc quand un tel père relâche la discipline, il atteint le relâchement mais pas le bonheur des enfants. Il a atteint son idée mais pas la réalité, parce que son idée était déconnectée de la réalité.

Or, pour qu'un sacrement soit valide, le Ministre (un évêque, un prêtre ou un laïc) doit avoir l'Intention de « faire ce que fait l'Eglise », comme nous l'avons expliqué la semaine dernière, afin que son action instrumentale soit placée sous l'action première de Dieu,  seule source de toute grâce sacramentelle. Donc avant d'administrer le sacrement, le Ministre doit avoir une idée de « ce que fait l'Eglise », ce qui présuppose une idée préalable de ce qu'est l'Eglise. Et donc, si ses idées de ce qu'est et fait l'Eglise ne correspondent pas aux réalités Catholiques, comment ce Ministre pourra-t-il avoir l'intention de faire ce que fait la vraie Eglise ? Et alors comment pourra-t-il administrer de vrais sacrements ?  Si un tel Ministre pensait que l'Eglise est une espèce de Club de Croyants en la Gentillesse, que la Messe est leur pique-nique communautaire et le Baptême leur rite d'initiation, alors il pourra bien réaliser ce pique-nique et cette initiation, mais jamais la Sainte Messe ni le Baptême.

On peut rétorquer qu'un tel ministre a l'Intention implicite de faire « ce que l'Eglise fait et a toujours fait ». N'empeche, son Intention sacramentelle peut rester incertaine. Par exemple, la Nouvelle Eglise par sa doctrine actuelle de « l'herméneutique (interprétation) de la continuité » prétend qu'il n'y a pas eu de rupture entre elle et l'Eglise Catholique, ni entre la Messe Catholique et le pique-nique moderniste, mais bien plutôt une évolution harmonieuse ! Et alors l'intention de célébrer la Messe en excluant qu'elle soit un pique-nique, et l'intention de faire un pique-nique en excluant la Messe constitueraient, selon la Nouvelle Eglise, la même intention de réaliser ce qui serait, en bonne logique, une « Piqueniquesse » ! Une telle « herméneutique » est capable de concilier entre elles des choses qui, dans la réalité, sont totalement inconciliables ! Mais quelqu'un peut-il vraiment dispenser des sacrements valides avec une telle « herméneutique » dans la tête ?  Comme les Américains le disent : « Va savoir » ! Dieu le sait !

Voici pourquoi toute l'Eglise baigne aujourd'hui dans une confusion presque sans espoir d'en sortir. Qu'est-ce qui pourra ramener de tels hommes d'Eglise à appeler un chat un chat, et pas un chien, ou à appeler un chien un chien, et pas un chat ?  Seul un miracle surnaturel, ou un cataclysme naturel !

Kyrie eleison.

Londres, Angleterre

[DICI] Suisse : Le séminaire d’Ecône édite le 6e coffret des enregistrements de Mgr Lefebvre

SOURCE - DICI - 28 novembre 2009
Le Service d’enregistrement du Séminaire d’Ecône fait paraître le 6e coffret de CD de la série Pour l’amour de l’Eglise où sont recueillis des extraits des sermons et allocutions de Mgr Marcel Lefebvre sur le thème du libéralisme.
 
En cinq parties, ce coffret traite de la liberté, du libéralisme et de ses remèdes ; il détaille les arguments des libéraux ainsi que le jugement des papes sur cette erreur. Voici comment Mgr Bernard Fellay introduit ces conférences:

« ‘Deux amours ont fondé deux cités’. Le raccourci génial de saint Augustin s’applique à l’Eglise. Née de l’amour de Notre-Seigneur pour son Père, l’Eglise Catholique est l’unique moyen de salut offert au genre humain en détresse. En face, il y a nos péchés, le monde et Satan, l’Adversaire. Peut-on penser lutte plus formidable entre ces deux réalités ? L’accord n’est pas possible parce que l’amour de Dieu, la charité, est exclusif. Et pourtant certains ont rêvé cet accord ; ils ont tenté de réaliser le grand compromis entre l’Eglise et la Révolution. Cette union adultère a été dénoncée par un évêque, fidèle gardien du dépôt de la Foi. Ces allocutions de Mgr Lefebvre présentent le ‘sida spirituel’ du libéralisme, rêve chimérique d’union de l’Eglise et du Monde. »
 
Un coffret de 2 CD, d’une durée totale de 2h20. Prix unitaire : 13 €.

Les précédents titres sont toujours disponibles.
N° 1 : Le Christ-Roi (avec le sermon historique du jubilé sacerdotal de Mgr Lefebvre, Porte de Versailles, à Paris, le 23 septembre 1979)
N° 2 : La Passion de l’Eglise
N° 3 : La lumière de la Tradition
N° 4 : L’œcuménisme
N° 5 : Le trésor de notre Foi

Ces coffrets ont été rendus possible grâce à un patient travail de restauration et de traitement du son réalisé par le Service d’enregistrement du Séminaire d’Ecône sur toutes les archives sonores du Fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Ils sont constitués d’extraits d’homélies, de conférences publiques, mais aussi de conférences spirituelles ou d’exhortations données au cours de retraites. Les extraits sont sélectionnés pour leur concision, leur clarté d’exposition et la profondeur du propos sur le sujet traité.

Ces enregistrements pris sur le vif permettent de découvrir Mgr Lefebvre sous un nouveau jour. L’auditeur se glisse ainsi au milieu des séminaristes auxquels le premier supérieur général de la Fraternité adresse paternellement conseils, avis spirituels, livrant quelques souvenirs de sa vie d’évêque et de missionnaire. De la sorte, la doctrine catholique n’est pas exposée de façon sèche et abstraite, mais incarnée dans une vie, présentée avec une voix douce qui sait s’enflammer à l’occasion pour défendre l’honneur de Jésus-Christ, de Notre-Dame et de l’Eglise.

Ces coffrets sont destinés à tous, prêtres, religieux et laïcs. Ils peuvent même intéresser les non-catholiques soucieux de la vérité d’où qu’elle vienne.

Prix d’un coffret : 13 à 16 € selon le nombre de CD (2 ou 3). Des tarifs réduits peuvent être obtenus pour les tables de presse. S’adresser au Service d’enregistrement du Séminaire Saint-Pie X   Ecône  CH-1908 Riddes – tél : (41) 027 305 10 80 – télécopie : (41) 027 744 33 19 -
courriel : audio@seminaire-econe.ch (DICI n°206 – 28/11/09 – Source : Séminaire d’Ecône)

[Abbé Philippe Guépin] Lettre ouverte à l'abbé de La Rocque

SOURCE - Abbé Philippe Guépin - 28 novembre 2009
Abbé Philippe GUÉPIN
98, rue d’Allonville
44000 NANTES
Port. : 06.08.78.90.18
Tél./Fax : 02.40.29.32.39
Tél. : 09.63.41.62.99
Mail : philippeguepin@yahoo.fr

Monsieur l’Abbé P. de La ROCQUE
44000 NANTES

Le 28 novembre 2009

« Voulez-vous que je dise ? Il faut qu’enfin j’éclate,
Que je lève le masque et décharge ma rate ! »
(Molière, Les Femmes Savantes, acte II, scène 7)

Monsieur l’Abbé,

Le 23 novembre, nous nous sommes rencontrés au prieuré Saint-Louis. Je voulais en effet vous entretenir à propos d’un article paru dans l’Hermine de novembre 2009 (n. 24). Cet article, consacré à la mort de M. l’Abbé Bonneterre, fait état de l’implantation de la Tradition à Nantes, avec malheureusement beaucoup d’inexactitudes et d’affirmations calomnieuses. Je vous ai fait remarquer, en particulier ce passage : « Les fidèles se virent imposer deux prêtres expulsés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X pour avoir persisté dans leur position sédévacantiste », ce qui est malhonnête puisque la vérité est tout autre. En effet, suite à mon renvoi de la F. S. S. P. X. (en mars 1980) en raison de mon refus de citer le chef des modernistes au Canon de la Messe, plusieurs Associations Saint-Pie-V de France (seize, pour être exact) m’ont sollicité avec insistance, et ce fut particulièrement le cas de celle de Nantes, qui me suppliait de venir assurer la sainte Messe à la chapelle du Christ-Roi, en me précisant que nous étions en parfaite communion dans nos convictions doctrinales. Je ne me suis donc pas imposé – ni moi-même, ni M. l’Abbé Belmont – comme la F. S. S. P. X. l’a fait en maintes circonstances… Souvenez-vous : La-Roche-sur-Yon, Chantonay, Bordeaux, Tours, et Nantes où M. l’Abbé Aulagnier m’avait affirmé qu’il ferait fermer la chapelle du Christ-Roi avant la fin septembre 1980 ! Vous savez la suite : cela fait maintenant 30 années que j’assure mon ministère sacerdotal dans ce sanctuaire, malgré tous les dénigrements, étiquettes assassines et autres méchancetés dont vous m’avez accablé.

Vous avez répondu à ma demande, justifiée ci-dessus, que c’est ainsi que des fidèles avaient interprété les faits et que je n’aurai en conséquence aucun droit de réponse ! Vous manifestez par là votre refus d’entendre la vérité en vous drapant dans une suffisance et une arrogance fort déplaisantes. Monsieur l’Abbé, vous me refusez ce droit de réponse, j’utilise donc le moyen de la lettre ouverte pour faire entendre la vérité et vous rappeler que le combat de la Tradition n’est pas l’exclusivité de la F. S. S. P. X., d’une part, et d’autre part, je veux vous dire notre inquiétude (le mot est faible), notre consternation, quant à votre « dialogue » avec le Vatican moderniste.

Il faut tout d’abord redire avec insistance que la résistance au modernisme fut, dans un premier temps, le fait de prêtres zélés : le R. P. Vinson, le R. P. Barbara, le R. P. Gaillard, le R. P. Calmel, le R. P. Guérard des Lauriers, M. l’Abbé Saffré, M. l’Abbé Mouraux, et combien d’autres qui ont achevé leur combat ici-bas sans compromission avec les modernistes qui occupent depuis 50 ans le siège de Pierre et nos églises. Parmi les vivants, la plupart des vieux prêtres ont adopté la même attitude que nous, au Canon de la sainte Messe, en refusant de citer le chef des modernistes. J’en veux pour preuve, le R. P. Baillif, M. l’Abbé Vérité, le R. P. Joachim, M. l’Abbé Schoonbroodt, le curé de Thal, M. l’Abbé Siegel et combien d’autres encore. Vous noterez que ces vieux prêtres ont connu l’Église en ordre, et, face à la révolution de Vatican II, ils n’ont pas hésité à refuser publiquement leur communion avec les faux pasteurs dénoncés par Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est à ces prêtres que nous devons la saine réaction catholique, face au fléau moderniste. La F. S. S. P. X. est arrivée plus tard (en 1971), avec Mgr Lefebvre, son fondateur, auquel nous devons, bien sûr, la sauvegarde et le maintien du sacerdoce catholique. C’est lui qui fut, en raison de son épiscopat, le fédérateur de toute la Tradition, jusqu’en août 1976. En effet, suite à son discours de Lille le 28 août 1976, à cause de son acceptation de démarches en vue d’une reconnaissance canonique par Paul VI, la division est entrée dans les rangs de la Tradition. Depuis cette date, tous ces combattants de la première heure ont été l’objet de brimades et d’attaques diverses de la F. S. S. P. X., en raison de leur refus de marcher dans cette voie consistant à chercher des accords avec la Rome moderniste. Nous constatons une sévérité implacable de la F. S. S. P. X. à leur égard, et dans le même temps, beaucoup d’indulgence, de complaisance envers les modernistes… Où est la charité de la vérité dans cette attitude lamentable ? Auriez-vous oublié les paroles de saint Pie X : « Les modernistes sont les pires ennemis de l’Église » ? Ils ne sont pas les représentants de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La vérité c’est que nous sommes orphelins de Pape et d’Évêques. C’est un fait historique.

En fait, en conclusion, la résistance en dehors de la F. S. S. P. X. n’a pas droit à l’existence. J’en eux pour preuve les attaques ahurissantes dont notre École de la Providence fut l’objet. Votre prédécesseur a mis en garde des parents d’élèves : « Si vous inscrivez vos enfants à l’École de la Providence, vous vous mettez en état de péché mortel ! » [sic !] Jamais de tels propos n’ont été tenus à l’égard de parents d’élèves de votre prieuré qui mettent leurs enfants dans des écoles publiques sans Dieu !

Votre incohérence est stupéfiante. Si, en effet, notre attitude doctrinale est selon vous « le mal par excellence », comment se fait-il que vous m’ayez assisté à l’occasion de la messe solennelle de mariage de votre frère en la chapelle Notre-Dame-des-Dons, en décembre 1988 ? Vous étiez Sous-Diacre et l’abbé de Tanoüarn Diacre, toute honte bue, aux côtés d’un « sédévacantiste » ! En combien d’autres circonstances les prêtres de la F. S. S. P. X. ont-ils agi de même, faisant appel, quand cela les arrangeait, aux bons et loyaux services de ces prêtres fidèles qu’en temps ordinaires ils poursuivent de leur méchanceté, interdisant même aux fidèles de recourir à leur ministère ?

D’autre part, face à l’inquiétude que je vous ai exprimée lors de notre entretien, à propos de vos démarches au Vatican, vous m’avez répondu par un sourire protecteur et condescendant, m’assurant que je n’y entendais rien en discussions théologiques et qu’il n’y avait pas de craintes à avoir quant à un éventuel ralliement.

Souvenez-vous de ceux qui sont maintenant ralliés : MM. les Abbés Bisig, Coiffet, Ph. Laguérie, Aulagnier, de Tanoüarn, Dom Augustin, Dom Gérard, le R. P. de Blignières, et les autres … Ils ont commencé par discuter, pourparler, dialoguer, et ils ont abandonné le bon combat de la Foi.

M. l’Abbé, je maintiens que nos craintes sont fondées. J’en veux pour preuve votre lettre à « vos frères prêtres » où vous leur proposez de célébrer la Messe tridentine en langue vernaculaire selon l’édition du missel de 1965 (Paul VI), avec la possibilité de célébrer face au peuple, donnant comme justificatif « théologique » le fait d’« éviter ainsi de bousculer d’un coup les habitudes de vos paroissiens » [sic !]. Cela, M. l’Abbé, c’est contraire au témoignage de la Foi ! Vous ravalez le saint Sacrifice de la Messe, au niveau de la messe de Luther. C’est un scandale : vous en répondrez devant Dieu.

Souvenez-vous également comment vous avez répondu à mon objection : « Un pape assisté par le Saint-Esprit et jouissant de l’infaillibilité pontificale ne peut pas célébrer selon un rite qui n’est pas catholique. Or Benoît XVI célèbre habituellement et continuellement la messe de Luther ». Vous m’avez répondu par des circonvolutions théologiques byzantines qu’il était tout à fait possible à un Pape de célébrer cette messe (que vous-même vous refusez de célébrer, tout en osant affirmer que vous êtes en communion avec lui !). Sur un ton doctoral, vous m’avez expliqué qu’il pouvait y avoir séparation entre l’autorité et l’infaillibilité du souverain Pontife. Dans le même état d’esprit, un de vos confrères a écrit dans le bulletin du prieuré de Strasbourg (mai 2009) qu’en raison de la crise actuelle, « nous devons vivre en état de résistance habituelle à l’autorité légitime dans l’Église ». Cela, M. l’Abbé, c’est du protestantisme : Luther lui-même pourrait le signer, mais pas les saints de l’Église !

De nouveau, vous m’avez aussi sorti cet argument, sans consistance, du père de famille indigne. Vous savez parfaitement, M. l’Abbé, qu’il n’y a pas de rapport entre l’autorité naturelle d’un père de famille sur ses enfants et l’autorité surnaturelle du Pape. Ce sont deux domaines totalement différents. Vous profitez de la méconnaissance du sujet par un grand nombre de fidèles pour essayer de justifier votre attitude injustifiable, qui consiste à laisser croire que le Pape peut, tout compte fait, se tromper. Vous avancez comme argument, pour étayer vos affirmations, les mensonges diffusés par les ennemis de l’Église, et en particulier les protestants et les libéraux du XIXe siècle qui contestaient l’infaillibilité pontificale. Vous dites, entre autres, que S. Pierre a défailli en reniant son Maître, vous gardant bien de préciser qu’à ce moment-là il n’était pas Pape. Vous affirmez également que le pape Libère a excommunié saint Athanase, ce qui est faux : de nombreux historiens l’ont démontré (Histoire de l’Église de Darras, tome IX, page 512). Et vous vous gardez bien de préciser que ce saint pape Libère a été canonisé par l’Église. Vous avancez de même la question du pape Honorius dont on affirme gratuitement qu’il est tombé dans l’hérésie, alors que son successeur le pape Jean IV l’a lavé de tout soupçon d’hérésie (D. T. C. au mot Honorius, col. 108).

Cessez, je vous prie, de diffuser ce genre de calembredaines qui ajoutent à la confusion des esprits face au drame que constitue cette privation d’autorité légitime dans l’Église, situation violente que nous n’avons pas créée, mais que nous subissons, vous comme nous.

Que faites-vous de l’enseignement de la sainte Église catholique, qui affirme : « L’obéissance au souverain Pontife est nécessaire au salut»?

Souvenez-vous des propos tenus par Mgr Tissier de Mallerais dans sa conférence publique à la Mutualité (le 11 novembre 2007), taxant de moderniste pertinax Ratzinger. Il faisait écho à votre fondateur Mgr Lefebvre qui enseignait à ses séminaristes que ce Ratzinger est un « moderniste doctrinaire ».

Votre attitude à notre égard prouve, s’il en était besoin, qu’il vous est nécessaire de caricaturer notre combat doctrinal, de nous présenter comme étant le « mal absolu » dans la Tradition, pour pouvoir justifier face aux fidèles vos incohérences, vos à peu près et votre théologie de circonstance.

Il faut que cessent vos affirmations gratuites, selon lesquelles les prêtres qui refusent de citer au Canon de la Messe le chef des modernistes – précisément pour ne pas faire allégeance à cette pseudo-autorité – posent un acte schismatique et affirment, selon vous, qu’il n’y a plus d’Église (votre affirmation sous-entend d’ailleurs qu’il n’y a plus d’Église chaque fois que le Siège est vacant suite à la mort du Pape). N’oubliez pas qu’un grand nombre de prêtres fidèles et zélés dans le combat de la Foi (dont ceux cités ci-dessus) ont adopté cette attitude doctrinale et ont refusé de souiller le très saint Sacrifice de la Messe en le célébrant en communion avec un moderniste.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet, mais il me faut conclure. J’affirme de nouveau, avec insistance, mon inquiétude fondée quant à l’issue de vos pourparlers avec le Vatican.

Comment pouvez-vous rester fidèles à votre fondateur alors que celui-ci vous a mis en garde, maintes et maintes fois, contre « cette église conciliaire qui est une église schismatique parce qu’elle rompt avec l’Église catholique de toujours. Elle a ses nouveaux dogmes, son nouveau sacerdoce, ses nouvelles institutions, son nouveau culte, déjà condamnés par l’Église en maints documents officiels et définitifs (…) Cette église conciliaire est schismatique parce qu’elle a pris pour base de sa mise à jour des principes opposés à ceux de l’Église catholique (…) Cette église conciliaire n’est donc pas catholique. » (Mgr Lefebvre, 29 juillet 1976).

Il y a de quoi frémir quand je vois le peu de cas que vous faites de la vérité et la notion complètement erronée que vous avez de l’obéissance au Pape, de son infaillibilité, et de notre Mère la sainte Église que vous persistez à confondre avec l’« église conciliaire ». Cela, M. l’Abbé, ce n’est pas de Dieu ! Loin de moi de juger de vos intentions, mais je puis affirmer que vous faites l’oeuvre des ennemis de la sainte Église. Il était de mon devoir de vous le dire. Que Dieu vous ramène à un peu plus d’humilité dans l’usage de l’intelligence qu’Il vous a donnée.

Je prie pour vous au saint Autel.

Abbé Philippe Guépin

Copies à : Mgr FELLAY
Mgr WILLIAMSON
M. l’Abbé de CACQUERAY

[Paix Liturgique] Le bilan du Motu Proprio aux Philippines

SOURCE - Lettre 206 de Paix Liturgique - 28 novembre 2009

Depuis que le Cardinal de Manille, Monseigneur Gaudencio Rosales, a fait parler de lui au début de l'année 2009 en publiant de drastiques dispositions visant à empêcher l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans son diocèse, nous avons entrepris de recueillir des informations sur l'actualité liturgique aux Philippines. Aujourd'hui, grâce au concours de notre ami Carlos Antonio Palad, nous pouvons vous présenter un point précis de la situation dans ce grand pays de tradition catholique. Cet aperçu confirme s'il en était besoin, que la demande d'application du Motu Proprio et la soif de réconciliation entre les catholiques ne sont pas des spécificités franco-françaises mais qu'au contraire, il s'agit de sujets éminemment universels, donc profondément catholiques.

I - Avant 2007

À la veille du Motu Proprio Summorum Pontificum, la messe traditionnelle était célébrée - avec l'accord de l'évêque du lieu - dans cinq diocèses des Philippines (sur un total de 72 organisés en 16 archidiocèses), soit par permission orale de l'évêque soit par l'existence d'un indult écrit : l'archidiocèse de Jaro et les évêchés de Cubao, Bacolod, Imus et Tagbilaran.

Dans seulement trois de ces lieux - diocèses de Jaro, Cubao et Bacolod -, la messe dominicale était célébrée de façon régulière. À Imus, la messe de l'indult, après avoir bénéficié d'une église paroissiale, avait fini par trouver refuge au domicile des fidèles tandis qu'à Tagbilaran, le prêtre ne pouvait célébrer qu'en privé.

En dehors de ce cadre officiel, il existait une communauté conséquente, issue du diocèse d'Imus, assistant à la messe non autorisée célébrée par un prêtre coréen sur le territoire de l'archidiocèse de Manille. Une communauté qui a ensuite disparu lorsque ce prêtre est retourné dans son pays. De façon sporadique, d'autres messes étaient célébrées ici et là, mais sans visibilité ni régularité (diocèses d'Antipolo, Davao, San Pablo notamment).

Enfin, il convient de considérer la situation particulière des fidèles et des prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, très fortement implantée et particulièrement dynamique aux Philippines (cf. http://www.sspxasia.com/Countries/Philippines/index.html) : nombreux prêtres missionnaires de la Fraternité, noviciat, plusieurs dizaines de lieux de messes, églises et chapelles, écoles, plusieurs milliers de fidèles... autant de signes qui illustrent l'attrait des Philippins pour la liturgie traditionnelle de l'Eglise nonobstant le peu d'empressement des autorités officielles à lui laisser droit de cité.

II - Aujourd'hui

Au lendemain de la promulgation du Motu Proprio, la messe dominicale devint accessible dans huit diocèses : Manille, Cebu, Davao, Sorsogon, Tagbilaran, Baguio, Malolos et Paranaque ; puis, plus récemment, grâce aux Franciscains de l'Immaculée, dans le diocèse de Malaybalay. Malheureusement, dans six des diocèses pionniers, la messe dominicale hebdomadaire a reculé, si ce n'est disparu :

- dans le diocèse de Malolos, la messe a été enterrée en même temps que le courageux prêtre qui la célébrait, le Révérend Moises Andrade (*), à l'âme duquel fut même refusée une messe de Requiem selon la forme extraordinaire,

- à Manille, la messe s'arrêta dès l'été 2008 quand le prêtre la desservant fut "envoyé" en Europe pour étudier,

- à Tagbilaran, la messe n'est plus célébrée le dimanche mais en semaine,

- à Davao la messe s'est arrêtée soi-disant à cause d'un manque de fidèles… les lecteurs comprendront ce que cela signifie.

- à Sorsogon, la messe, célébrée dans un établissement scolaire par un père somasque, n'est plus que mensuelle en raison des difficultés rencontrées par les fidèles pour y participer ; en revanche, le prêtre célèbre régulièrement pour ses étudiants,

- enfin, à Paranaque, la messe a été stoppée du jour au lendemain, fin juin 2009, par une circulaire laconique du prêtre chargée de la célébrer. Cette dernière messe, célébrée dans la paroisse Saint Jérôme Emiliani, était la plus suivie du pays, rassemblant plus de 250 fidèles chaque dimanche. Son arrêt brutal a provoqué l'éclatement de la communauté.

III - LES COMMENTAIRES DE PAIX LITURGIQUE

1 - Si l'on ajoute aux informations précédentes que la messe naguère célébrée à la cathédrale de Jaro - où elle était fortement suivie - a été depuis le Motu proprio Summorum Pontificum déplacée dans la chapelle d'un séminaire voisin (mais sans que les séminaristes soient incités à y participer), le bilan de la forme extraordinaire aux Philippines a de quoi sembler négatif. Mais, même si l'élan de 2007-2008 a été freiné par l'attitude de certains prélats, à commencer par le cardinal de Manille, reste que, grâce au Saint-Père, il y a désormais 9 célébrations "Extraordinaires" dominicales régulières dans 7 diocèses contre 3 seulement (dans autant de diocèses) en 2007. Au final, il y a désormais plus de prêtres et de fidèles familiers de la forme extraordinaire aux Philippines.
Ainsi, il apparaît que ce bilan médiocre en apparence ne l'est pas tant que cela lorsqu'on prend la mesure de l'opposition systématique de l'épiscopat local à l'application du Motu Proprio Summorum Pontificum.

2 - Surtout, à ce bilan comptable, il convient d'ajouter deux éléments significatifs :

- les Philippines sont avec l'Italie le berceau des Franciscains de l'Immaculée (voir Lettre de Paix Liturgique n° 171), communauté en plein essor ayant embrassé avec enthousiasme la réforme de la réforme voulue par le Saint-Père ; ainsi, à mesure que leurs jeunes prêtres vont se familiariser avec la forme extraordinaire, les Franciscains de l'Immaculée vont-ils pouvoir offrir de nouvelles possibilités de célébrations de messes selon le missel de Jean XXIII, comme c'est déjà le cas en Italie,

- la commission liturgique du diocèse de Baguio, où la forme extraordinaire est célébrée sans accrocs en différents lieux, a diffusé il y a quelques mois un petit dépliant consacré à la messe traditionnelle ; très intelligemment fait, il présente l'histoire de la forme "Extraordinaire" de la messe, son cadre canonique actuel, une comparaison succincte des deux formes et quelques rappels utiles sur l'attitude révérencieuse qui devrait être celle du fidèle au cours de la célébration.

3 - C'est pourquoi les nouvelles qui nous viennent des Philippines sont donc non seulement encourageantes mais aussi parfaitement comparables avec les situations que nous rencontrons en Europe : en dépit de blocages cléricaux persistants, l'attrait de la forme extraordinaire et l'adhésion à la réforme engagée par Benoît XVI pour la réconciliation entre catholiques gagnent sans cesse plus de fidèles et de prêtres. Si les oppositions épiscopales de Manille à Paris ralentissent le processus de pacification dans l'Eglise, elles ne peuvent plus rien aujourd'hui contre la prise de conscience de catholiques de plus en plus nombreux de la nécessité d'oeuvrer à la réconciliation dans l'Eglise d'une part et contre la constante progression du nombre des fidèles qui souhaitent vivre leur foi au rythme de cette liturgie "ré-autorisée" et de prêtres qui souhaitent la célébrer d'autre part. Un combat épiscopal d'arrière garde en somme.


(*) Né en 1948, le RP Andrade, bien que diplômé en liturgie à Rome et chargé de la traduction en tagalog (la langue officielle des Philippines avec l'anglais) de certaines des réformes issues du Concile Vatican II, a toujours œuvré à la promotion du rite traditionnel, étant l'un des rares prêtres philippins à bénéficier dès les années 1980 d'un indult pour le célébrer. Il a été prématurément rappelé à Dieu en février 2009.

26 novembre 2009

[summorum-pontificum.fr] Une école "tradis" pour des enfants atteints de Trisomie

SOURCE - summorum-pontificum.fr - 26 novembre 2009

La dernière Lettre de Domus Christiani, regroupement de foyers chrétiens, accompagnés par des prêtres appliquant Summorum Pontificum, nous apprend que l’école hors-contrat Sainte-Geneviève de Port-Marly « ouvre une classe accueillant exclusivement des enfants porteurs de trisomie 21 ». Les enfants concernés sont âgés de 5 à 9 ans. Des méthodes adaptées seront utilisées et les enseignantes s’inspireront notamment de la méthode Montessori pour les apprentissages et de la méthode Cloé (Comment Lier Oral-Écrit) pour la parole. Ils « pratiqueront la motrocité, manipulation, informatique, maîtrise des coortements, graphisme, jardinage ». Les enfants concernés iront en récréation avec les autres élèves et seront intégrés aux classes de ces derniers pour certaines matières.
Un beau mouvement missionnaire de la part d’une école « traditionaliste », dirigée par l’abbé Bruno de Blignières, de la Fraternité Saint-Pierre.

[Philippe Oswald - Famille Chrétienne] La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d’un de ses collaborateurs et disciples

SOURCE - Philippe Oswald - Famille Chrétienne - 26 novembre 2009

La réforme de Benoît XVI - La liturgie entre innovation et tradition
La dynamique du motu proprio de Benoît XVI révélée par une étude percutante d’un de ses collaborateurs et disciples.


Le motu proprio Summorum pontificum élargissant l’usage de la forme extraordinaire du rite romain a déjà fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, deux ans après sa promulgation, il n’est pas sûr qu’il soit bien compris, même de ceux qui l’approuvent ou s’en félicitent. On le réduit souvent à une concession ou à un geste de sympathie envers les « tradis ». Or sa portée est bien plus vaste : elle concerne toute l’Église et son développement.

C’est un ami et disciple de Benoît XVI, doublé d’un expert en la matière, qui l’explique dans ce petit livre lumineux et d’une rare densité. Outre qu’il enseigne la liturgie et la théologie sacramentaire à l’Institut de théologie de Bari (Italie), Mgr Nicola Bux est à la fois consulteur pour la Congrégation pour la doctrine de la foi, consulteur de la Congrégation pour la cause des saints, et consulteur au Bureau des célébrations liturgiques du souverain pontife. C’est dire si son avis est autorisé. Son propos se voit d’ailleurs étayé par trois préfaciers non moins compétents, que l’éditeur a eu la judicieuse idée de réunir dans une exceptionnelle polyphonie : Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, pour l’édition française ; le célèbre journaliste et écrivain Vittorio Messori, pour l’édition italienne ; enfin, pour l’édition espagnole, le préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements en personne, le cardinal Antonio Canizarès.

Au cœur des actuelles discussions doctrinales entre la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Fraternité Saint-Pie-X, il y a l’héritage du concile Vatican II, et notamment la liturgie. Pour Benoît XVI, on le sait, le Concile doit être lu et appliqué selon une « herméneutique de la continuité » et non « de la discontinuité et de la rupture ». C’est bien ainsi, « entre innovation et tradition » (Mgr Aillet), qu’il faut concevoir la réforme liturgique qui n’est toujours pas achevée (cardinal Canizarès). Telle est la conviction du pape et telle est la volonté qu’il déploie avec « la patience de l’amour », souligne Mgr Bux : il s’agit de compléter et de corriger ce qui doit l’être afin que la liturgie eucharistique, « source et sommet de la vie chrétienne », donne un nouvel élan missionnaire aux chrétiens du XXIe siècle.

Donner la première place au caractère sacré et divin de la liturgie


Dans cette perspective dynamique, plus question d’opposer les Missels de 1962 et de 1970, mais de saisir le développement organique et continu qui unit les deux formes du même rite romain, pour retrouver un « ars celebrandi » donnant la première place au caractère sacré et divin de la liturgie, sans omettre la communion fraternelle mise en valeur dans la forme ordinaire du rite. Il faut pour cela plonger en eaux pro-fondes, jusqu’aux sources théologiques de la liturgie (cf. le Catéchisme, 1077-1112) que le Concile a voulu restaurer (comme l’écrit Vittorio Messori, « le problème n’est certainement pas le Concile, mais sa déformation : on sortira de la crise en retournant à la lettre et à l’esprit de ses documents »).

Ce programme implique que soit promue dans les séminaires « une connaissance à la fois théorique et pratique des richesses liturgiques, non seulement du rite romain, mais aussi, dans la mesure du possible, des divers rites de l’Orient et de l’Occident, créant ainsi une génération de prêtres libres de tous les préjugés dialectiques » (cardinal Antonio Canizarès).

L’œcuménisme n’est pas en reste : alors que des anglicans traditionnels rejoignent l’Église catholique romaine en y apportant leur art de célébrer, l’unité s’exprime aussi par la complémentarité des diverses formes rituelles entre l’Orient et l’Occident (on se souvient du satisfecit exprimé par le patriarcat de Moscou lors de la promulgation du motu proprio).

On le perçoit mieux grâce à l’étude de Mgr Bux : c’est un large horizon qu’ouvre le motu proprio de Benoît XVI. N’oublions pas cependant que cette ouverture dépend aussi très concrètement de l’effort de tous, pasteurs et fidèles attachés à l’une et à l’autre forme du rite, pour s’apprivoiser dans une volonté de compréhension et d’accueil mutuels, dans une communion fraternelle inspirée par une authentique charité.

Philippe Oswald

25 novembre 2009

[Christophe Saint-Placide - summorum-pontificum.fr] Mouvement dans l’édition proche des « tradis »

SOURCE - Christophe Saint-Placide - summorum-pontificum.fr - 25 novembre 2009

Hasard ? Deux maisons d’édition francophone, et plutôt proches du monde traditionaliste, subissent actuellement des mouvements importants.
À partir du 1er décembre prochain, les éditions Ad Solem s’installent, en effet, à Paris. La nouvelle adresse de cette maison renommée pour son sérieux et la qualité de ses ouvrages, est la même que celle des éditions de l’Œuvre, jeune maison d’édition fondée par Victor Loupan, après sa rupture avec les Presses de la Renaissance où il était directeur éditorial après avoir quitté les éditions des Syrtes où il avait pris la place de Pierre-Guillaume de Roux. Victor Loupan était auparavant journaliste au Figaro-Magazine.
Sans que je puisse le confirmer à 100%, Ad Solem semble devoir devenir à terme une « marque » des éditions de l’Œuvre. Son directeur reste Grégory Solari qui est également directeur de la collection « Théologiques » aux éditions du Cerf.
Grégory Solari n’a jamais caché son attachement non exclusif à la messe traditionnelle, qui fut l’une des voies qui le mena au catholicisme. Ce Genevois, très cultivé, aussi à l’aise avec le cardinal Newman qu’avec Édith Stein, proche des théologiens anglo-saxon de Radical Orthodoxy, a lui-même consacré un livre à la question liturgique Les raisons de la liturgie (édité à… L'Œuvre) livre dans lequel il se montre favorable à Summorum pontificum tout en recevant Vatican II dans une perspective de retrouvailles entre la foi et la raison. Il a également participé au lancement de la revue Kephas de l’abbé Bruno le Pivain, à l’époque où celui-ci était encore membre de la Fraternité Saint-Pierre. Grégory Solari a également épousé une ancienne collaboratrice de Christophe Geffroy à La Nef et proche à l’époque de la communauté Ecclesia Dei de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chéméré-le-Roi.
Les raisons du rapprochement d’Ad Solem avec l’Œuvre ? Difficile de le dire clairement tant la « discrétion » suisse règne en la matière. La venue à Paris de cet éditeur pourrait avoir plusieurs raisons. La crise d’abord qui expliquerait le rapprochement avec l’Œuvre, laquelle est également en partenariat avec… Bayard Presse. Le mal du pays, ensuite, pour l’épouse de Grégory Solari. La nécessité aussi d’être plus au cœur de la vie culturelle française puisque notre pays reste le principale client d’Ad Solem. Ce déménagement français reste cependant étonnant dans la mesure où Ad Solem venait de déménager de Genève à Fribourg, présenté par son directeur, newmanien de conviction, comme une sorte d'Oxford catholique. Apparemment, ce ne fut pas le cas.
Fondées par deux militants du monde « tradis », Bruno Nougayrède, ancien de Jeune Chrétienté (devenue Missio) et de La Nef et  Loïc Mérian, ancien du MJCF, cheville ouvrière du CIEL (colloque international d’études liturgiques) et chroniqueur « liturgique » à La Nef, les éditions Tempora de Perpignan seraient à la recherche d’un financier capable de soutenir le développement de ce petit groupe qui a lancé également la librairiecatholique.com et racheté le journal Aujourd’hui Dimanche pour en faire une sorte de Prions en Église plus fidèle au magistère. Ce qui lui a valu quelques ennuis avec Bayard Presse. On a parlé de plusieurs financiers possibles dont le groupe Media-Participation qui détient également Famille Chrétienne. La réponse peut-être dans quelques jours ?

[Jacques Dhaussy, Una Voce France] Sur la situation aux Pays-Bas...

SOURCE - Jacques Dhaussy, Una Voce France - 25 novembre 2009

Jetons un regard également sur les Pays-Bas : c’est le 8 avril 1967 qu’a été fondée à Utrecht Una Voce Nederland pour maintenir vivante la liturgie latine et grégorienne conformément aux instructions de la Constitution conciliaire « De Sacra Liturgia » du 2° Concile du Vatican. Les moyens préconisés à cet effet sont de promouvoir la célébration de la Sainte Messe en latin, ; de telle façon que tous les fidèles soient en mesure d’y prendre part ; de se grouper pour une participation active à l’exécution de la liturgie latine, tant à la sainte messe chantée qu’à la messe basse et à l’office divin ; de rendre accessible l’étude du latin et du chant grégorien. L’accent est surtout mis sur la pratique, c’est-à-dire sur la formation de petits groupes régionaux qui apprendront et exécuteront le chant grégorien... Pratique et formation !
Quand quarante ans plus tard après le motu proprio de Benoît XVI on lit certaines publications, certaines annonces pour réintroduire la messe selon l’ordo de 1962 dans les paroisses, on constate que la méthode préconisée est toujours la même. Demander, réclamer la messe aux évêques et aux curés selon le rite extraordinaire, mais en faisant l’effort d’organiser les cérémonies. C’est à la fin de la première décennie du XXI° siècle chose plus difficile que dans les premières années qui ont suivi le concile, car à cette époque les rites et les mélodies traditionnelles n’étaient pas totalement oubliés...
En 1969, une véritable crise a atteint la Hollande, une crise grave. Comment une chrétienté aussi fervente et solide que la chrétienté hollandaise a-t-elle pu en arriver là ?
Le R.P. van der Ploeg, O.P. professeur à la Faculté de Théologie de l’Université catholique de Nimègue, a tenté de retracer les étapes de cette évolution au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée le 13 mai à l’Institut néerlandais de Paris.
De cet exposé si objectif et si complet, nous a dit une personne qui y assistait, on a pu constater qu’il s’agissait d’une crise de la foi, d’une rupture théologique sans précédent, semble-t-il. Un exemple typique est celui du « catéchisme hollandais » auquel ses auteurs ont toujours refusé d’apporter les corrections demandées par le Saint-Siège (1) . Et naturellement cette crise de la foi s’exprime par une très grave crise liturgique. Nombre de prêtres, a souligné le conférencier, ayant perdu le sens de la fidélité aux textes liturgiques prescrits, n’hésitent pas à composer le samedi des textes pour la célébration de la messe du lendemain. On change même les canons et jusqu’à la formule consécratoire. Les évêques ne se sentent d’ailleurs plus, eux non plus, liés aux prescriptions liturgiques éditées par Rome.
Les résultats ? D’incroyables confusions au plan théologique, dont les « intercommunions » entre pasteurs protestants et prêtres catholiques ne sont qu’un aspect, le plus connu du public.
A ce propos, permettez-nous cette incise, le cardinal Journet écrivait dans un article publié à la même époque par l’Osservatore Romano : « Accepter l’intercommunion entre l’Eglise catholique d’une part et les communions protestantes d’autre part, c’est accepter l’équivalence de l’Eucharistie et de la Cène protestante ». Le cardinal, professeur au séminaire de Fribourg (Suisse), poursuivait : « Les protestants partisans de l’intercommunion diront qu’ils croient ce que nous croyons... La raison en est qu’ils considèrent comme secondaire, accidentel, destiné à disparaître un jour, tout ce qui nous différencie les uns des autres, lorsque nous parlons de la présence réelle du Christ. S’ils croyaient vraiment à cette présence réelle, comme nous l’affirmons, ils viendraient à elle, ils ne pourraient plus supporter un seul instant d’en être séparés. »
Le RP van der Ploeg dénonçait donc les « incroyables confusions » et déplorait aussi la disparition de toute notion d’autorité ecclésiastique, la chute des vocations, le recul grave des ordinations, la diminution de la vie sacramentelle des fidèles , les pires « fantaisies » liturgiques. Alors, la hiérarchie se contente de maintenir les fidèles dans le grand ensemble de l’Eglise, sans trop leur demander ce qu’ils croient ou ne croient plus... Cependant, il y a des ilots de résistance et la conférencier cite, entre autres, la Vereeniging voor latijnse liturgie, l’homologue d’Una Voce en Hollande.
Cette association a tenu le 10 mai à Amsterdam sa 3° assemblée générale dont un ami nous a envoyé le compte rendu. Beaucoup de spontanéité et une attitude bien réconfortante...
« L’assemblée fut précédée d’une messe chantée par un choeur grégorien d’étudiants d’Amsterdam.
Cette rencontre à laquelle assistaient 350 des 2 500 membres de l’association s’es tenue sous le signe de la confiance. Confiance que c’est le Seigneur qui conduit toujours son Eglise, confiance dans la force de la liturgie qui pourvu qu’on y travaille ardemment et intelligemment, ne manquera pas de prouver elle-même sa valeur essentielle.
Cela ne veut pas dire, comme l’a précisé le président Jhr. J.E. van der Does de Willebois, avocat à Rotterdam, que nous sous-estimons la gravité de la situation actuelle, mais la grande tentation à éviter c’est la tentation du découragement, de se dire :à quoi bon ? Il importe de garder son sang-froid et de poursuivre intrépidement le chemin choisi : nous sommes essentiellement un groupe de travail, faisons donc des sacrifices pour organiser et assister à une messe, même lointaine, pour prier ensemble vêpres et complies ; à cela, trois ou quatre personnes suffisent. Si les hommes n’ont pas le temps, que les femmes le fassent – qui sait si les religieux ne suivront pas.
Le président se montra d’ailleurs étonné du très petit nombre ici présent des 120 prêtres membres de l’association.
Dans une discussion animée, quelques points saillent : il faut à tout prix rester au coeur de l’Eglise, donc ne jamais se laisser entraîner par un fanatisme qui rejette tout renouveau (même voulu expressément par l’Eglise) parce que c’est du renouveau. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas contre la langue vulgaire, mais pour l’usage du latin et pour la liturgie, c’est-à-dire nous essayons de redécouvrir le nœud qui lie la liturgie et à la société et à la vie intérieure.
Nous ferons usage de la presse si l’occasion se présente sans y chercher spécialement un appui.
Le R.P. Kat, membre du conseil général et curé du Papegaaienkerk à Amsterdam, en s’adressant au public, a relevé le caractère intemporel de la liturgie. Parce que au coeur même d’Amsterdam, il a maintenu intégralement la liturgie dans son église, il sait de quoi il parle.
Après avoir chanté tous ensemble le Regina Caeli, on s’en alla réconforté et raffermi dans la foi.»

(1) Le mauvais vent du nord a soufflé jusqu’au Liban où en octobre de cette année 1969 nous avons eu nous-même une conversation assez animée avec l’évêque melkite de Beyrouth qui se vantait devant nous d’avoir introduit le catéchisme hollandais parmi son clergé et ses fidèles...