25 septembre 2017

[Fraternité St Vincent Ferrier] Le Frère Louis-Marie de Blignières élu prieur de la FSVF (communiqué)

SOURCE - Fraternité St Vincent Ferrier - 22 septembre 2017

FRATERNITAS SANCTI VINCENTII FERRERII

COMMUNIQUÉ

Chémeré-le-Roi, le 22 septembre 2017

Vendredi des Quatre-Temps

Le Chapitre général de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier a élu le mercredi 20 septembre 2017 le Fr. Louis-Marie de Blignières prieur de la Fraternité. Il succède au Fr. Dominique-Marie de Saint Laumer.

Toute la communauté exprime sa gratitude et sa reconnaissance au prieur sortant pour le mandat accompli et demande des prières et des sacrifices pour le fruit spirituel et apostolique du nouveau mandat.

Que Notre-Dame du Rosaire et saint Dominique, Patriarche des Prêcheurs, intercèdent sans cesse pour notre Fraternité auprès du Dieu trois fois saint.

[Correctio Filialis (site)] Résumé de la «correction filiale»

SOURCE - Correctio Filialis (site) - 23 septembre 2017

Une lettre de 25 pages signée par 40 clercs catholiques et universitaires laïcs a été remise au pape François le 11 août. Puisqu’aucune réponse n’a été reçue du Saint-Père, elle est rendue publique aujourd’hui, le 24 septembre, Fête de Notre-Dame de la Merci et de Notre-Dame de Walsingham. La lettre, ouverte aux nouveaux signataires, a maintenant les noms de 62 clercs et universitaires laïcs de 20 pays, qui représentent également d’autres personnes qui n’ont pas la liberté d’expression nécessaire pour signer. Son titre est en latin : Correctio filialis de haeresibus propagatis (littéralement : « Une correction filiale concernant la propagation d’hérésies »). Elle affirme que le pape, par son Exhortation apostolique Amoris laetitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a effectivement soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu’il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Eglise catholique. Ces sept hérésies ont été exprimées par les signataires en latin, langue officielle de l’Eglise.

Cette lettre de correction comporte trois parties principales. Dans la première partie, les signataires expliquent pourquoi, en tant que catholiques croyants et pratiquants, ils ont le droit et le devoir d’adresser une telle correction au souverain pontife. Le droit ecclésiastique lui-même requiert que les personnes compétentes ne restent point silencieuses lorsque les pasteurs de l’Eglise induisent le troupeau en erreur. Cela n’entraîne aucun conflit avec le dogme catholique de l’infaillibilité pontificale, puisque l’Eglise enseigne qu’un pape doit satisfaire à des critères stricts pour que ses paroles puissent être considérées comme infaillibles. Le pape François n’a pas rempli ces critères. Il n’a pas déclaré que ces positions hérétiques sont des enseignements définitifs de l’Eglise, pas plus qu’il n’a déclaré que les catholiques devraient les croire avec l’assentiment de la foi. L’Eglise enseigne qu’aucun pape ne peut soutenir que Dieu lui aurait révélé quelque nouvelle vérité que les catholiques seraient obligés de croire.

La deuxième partie de la lettre est la partie essentielle, puisqu’elle contient la « correction » proprement dite. Elle établit la liste des passages d’Amoris laetitiaoù des positions hérétiques sont insinuées ou encouragées, puis elle énumère les paroles, les actes et les omissions du pape François qui font comprendre, au-delà de tout doute raisonnable, que celui-ci veut voir les catholiques interpréter ces passages d’une manière qui est, de fait, hérétique. En particulier, le pape a directement ou indirectement approuvé les croyances selon lesquelles l’obéissance à la loi de Dieu peut se trouver être impossible ou non souhaitable, et selon lesquelles l’Eglise sait parfois accepter que l’adultère soit considéré comme compatible avec le fait d’être un catholique pratiquant.

La partie finale, sous le titre « Elucidation », aborde les deux causes de cette crise unique. L’une des causes est le « modernisme ». Théologiquement parlant, le modernisme est la croyance que Dieu n’a pas transmis à l’Eglise des vérités définitives qu’elle doit continuer d’enseigner dans un sens exactement identique jusqu’à la fin des temps. Les modernistes tiennent que Dieu ne communique à l’homme que des expériences, sur lesquelles les êtres humains peuvent réfléchir, de manière à affirmer des choses diverses sur Dieu, la vie et la religion ; mais de telles affirmations ne sont que provisoires, et ne sont jamais des dogmes fixes. Le modernisme a été condamné par le pape saint Pie X au début du XXe siècle, mais il a connu un regain au milieu de ce siècle. La confusion importante et persistante qui s’est installée dans l’Eglise catholique à travers le modernisme oblige les signataires à rappeler la vraie définition de la « foi », de l’« hérésie », de la « révélation » et du « magistère ».

Une deuxième cause de la crise est constituée par l’influence apparente des idées de Martin Luther sur le pape François. La lettre montre comment Luther, fondateur du protestantisme, avait sur le mariage, le divorce, le pardon et la loi divine des idées qui correspondent à celles promues par le pape en paroles, en actions et par omission. Elle met également en évidence la louange explicite et sans précédent qu’a faite le pape de l’hérésiarque allemand.

Les signataires ne s’aventurent pas à juger du degré de conscience avec lequel le pape François a propagé les sept hérésies qu’ils énumèrent. Mais ils insistent avec respect pour qu’il condamne ces hérésies, qu’il a directement ou indirectement soutenues.

Les signataires professent leur fidélité à la Sainte Eglise romaine, assurant le pape de leurs prières et implorant sa bénédiction apostolique.
   

[Paix Liturgique] RP de Blignères: le rite rend "sensible" la vérité

Le RP de Blignières et quelques membres
de la 
Fraternité Saint-Vincent Ferrier
durant les vêpres 
d'ouverture du dixième
anniversaire du motu 
proprio Summorum
Pontificum, célébrées par 
Mgr Gänswein,
Préfet de la Maison pontificale.
SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°613 - 23 septembre 2017

Dimanche 17 septembre 2017 c'est dans une église de la Trinité des Pèlerins bondée que le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre 2017), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage romain ayant marqué le dixième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum. Nous sommes heureux, avec sa permission et celle du RP de Saint-Laumer, qui célébrait cette belle messe pontificale selon le rite dominicain, de vous faire partager cette réflexion qui souligne avec force le lien irrépressible entre liturgie et théologie. Car la liturgie, comme le soulignait le cardinal Müller, lors du colloque du 14 septembre à l’Université angélique, est un « lieu théologique ». Et par le fait, un « lieu » artistique. On appréciera en ce sens la conclusion du P. de Blignières, qui évoquant implicitement l’adage platonicien, « le beau est la splendeur du vrai », l’applique aux rites sacrés polis par la tradition : « La vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? »

SERMON DU RP DE BLIGNIÈRES (FSVF) POUR LE DIXIÈME ANNIVERSAIRE DU MOTU PROPRIO SUMMORUM PONTIFICUM

Rome, église de la Trinité des Pèlerins, 17 septembre 2017

Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines (1). On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité

Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

Oui, les rites de la tradition latine soulignent fortement que c’est à la Trinité que l’on s’adresse, avec des gestes expressifs, et des paroles où se conjuguent l’adoration et l’amour. Ainsi l’offertoire de la messe dominicaine : « Recevez, sainte Trinité, cette offrande que je vous offre en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et accordez qu’elle monte en votre présence et vous soit agréable, et qu’elle opère mon salut éternel et celui de tous les fidèles ».

La vérité sur l’homme : l’homme est « perdu »

Mais rapidement, une deuxième note se dégage, pour celui qui découvre les rites anciens. Ils rendent sensibles la vérité sur l’homme. Cette vérité, c’est que, laissé à lui-même, l’homme est « perdu ». La recherche d’un sens à une vie qui parait souvent absurde, le scandale du mal et spécialement celui de la souffrance des innocents, le sentiment, au moins confus, d’une culpabilité personnelle : quiconque réfléchit, au lieu de se « divertir », expérimente cela… Que devient cette angoisse existentielle, lorsqu’elle se confronte à un rite rempli de la sagesse des siècles catholiques ? Elle reçoit un nom : le péché. Tant dans les liturgies orientales que dans celles de l’occident, on remarque quelque chose de très émouvant : le prêtre, et avec lui les fidèles qui s’unissent au sacrifice, reconnaissent la vérité de leur misère.

Voyez le célébrant dans les prières préparatoires de la messe romaine : il semble hésiter à monter à l’autel avant d’avoir, de nombreuses manières, reconnu son indignité : par un psaume admirable, par une confession de ses fautes, par des versets qui ressemblent à des oraisons jaculatoires ! Voyez le prêtre au rit dominicain, comme il s’incline profondément durant les Confiteor, le sien et aussi celui des ministres, comme s’il voulait prendre aussi sur lui leurs péchés ! Voyez les prières du canon romain « si pur de toute erreur, qu’il n’est rien en lui qui ne respire grandement la sainteté et la piété » (2), ce canon où le célébrant, à diverses reprises, prosterné, implore humblement, tel un pécheur qui ne peut s’appuyer sur ses mérites (Te igitur, Supplices te rogamus, Nobis quoque peccatoribus) ! Voyez les bouleversantes prières du prêtre avant la communion !

Une des raisons du rayonnement des rites anciens sur les convertis – je parle d’expérience –, c’est qu’ils assument, avec une clairvoyance convaincante, cette part de la vérité de l’homme trop souvent camouflée : il est pécheur et il a besoin de rédemption. Et ces rites ont le secret de mettre avec espérance cette misère au contact de la miséricorde.

La vérité sur le Christ : son sacrifice, offert par l’Église, réconcilie l’homme à Dieu

Par toute la tonalité d’une célébration selon un rite « d’usage vénérable et antique » (3), l’assistant – combien de fois n’en avons-nous pas reçu la confidence ! – sent « qu’il se passe quelque chose ». Au cœur du silence sacré du canon, les gestes qui entourent la double consécration mettent comme sous ses yeux le mystère de la foi. Il remarque, dans son missel, que le célébrant, durant tout le canon, a désigné les oblats par des signes de croix. Il voit les fidèles recevoir l’hostie consacrée à genoux et sur les lèvres et demeurer ensuite en prière silencieuse. S’il interroge le prêtre après la messe, il est préparé à apprendre et à comprendre que l’essence de la messe est un sacrifice. Ce sacrifice de louange à la Trinité est un sacrifice propitiatoire « pour [son] salut éternel et celui de tous les fidèles ».

D’ailleurs il se rend compte, par les mouvements que fait le prêtre et par son orientation, que tout est axé, non sur le prêtre lui-même, mais sur le Christ, en sa présence au tabernacle et dans les oblats consacrés. Il voit comment le célébrant tient les doigts joints après avoir touché le Corps du Christ, et avec quelle amoureuse précaution il recueille sur le corporal toutes les parcelles consacrées. D’une part, le besoin de salut est fortement souligné ; d’autre part, les paroles et les gestes nous mettent sensiblement en contact avec le renouvellement mystique et non sanglant d’un sacrifice salutaire. Ainsi au rite dominicain, le célébrant, après la consécration, écarte largement les bras, comme le Christ sur la Croix. Pour le rite de la paix, il embrasse d’abord le calice contenant le précieux Sang du Christ et sur lequel il tient son Corps immaculé, pour bien signifier que la paix qu’il transmet aux ministres vient du sacrifice du Christ.

Les rites anciens conviennent encore à la nature de l’homme sous l’aspect où ils traduisent la médiation historique de l’Église. Le canon romain en particulier « est fait soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions des apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes » (4). C’est une consolation de docilité filiale, pour un prêtre de rite latin, de savoir qu’il prie avec le même canon que saint Grégoire le Grand. C’est une grande sûreté doctrinale et une joie immense pour lui de s’effacer devant des rites utilisés au cours des siècles par de si nombreux saints, et de vivre des cérémonies qui ont sanctifiées des générations de fidèles. Il est très émouvant, par exemple, pour un dominicain, de savoir que les gestes et les paroles qu’il emploie en célébrant la sainte messe ont fait pleurer notre Père saint Dominique et le Docteur eucharistique saint Thomas d’Aquin. 

Conclusion

Oui, le rite rend sensible la vérité, le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? Rendons grâces à Dieu de pouvoir « prier sur de la beauté ». Et remercions l’Église d’avoir, après une longue période de confusion et d’injustices, rendu « l’honneur qui lui est dû » (5) à ce rite qui a suavement et fortement porté, et qui portera encore, sans doute jusqu’à la Parousie, tant d’hommes, vers le mystère insondable du sacrifice du Christ.
RP Louis-Marie de BlignièresFondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier
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(1) Concile de Trente, Session XXII (17 septembre 1562), Décret sur le Sacrifice de la Messe : « Le Christ voulut laisser à l’Eglise, son épouse bien-aimée, un sacrifice qui soit visible (comme l’exige la nature humaine). Par-là serait représenté le sacrifice sanglant qui devait s’accomplir une fois pour toutes sur la croix, le souvenir en demeurerait jusqu'à la fin du monde, et sa vertu salutaire serait appliquée à la rémission de ces péchés que nous commettons chaque jour » (DS, n° 1740, cité par le Catéchisme de l’Église catholique, n° 1366). « La nature humaine est telle qu’elle ne peut facilement s’élever à la méditation des choses divines sans les aides extérieures. C’est pourquoi notre pieuse Mère l’Eglise a institué certains rites, pour que l’on prononce à la messe certaines choses à voix basse et d’autres à voix plus haute. Elle a aussi introduit des cérémonies, telles que les bénédictions mystiques, les lumières, les encensements, les vêtements et de nombreuses autres choses de ce genre, reçues de l’autorité et de la tradition des apôtres. Par-là serait soulignée la majesté d’un si grand sacrifice, et les esprits des fidèles seraient stimulés, par le moyen de ces signes visibles de religion et de piété, à la contemplation des choses les plus hautes qui sont cachées dans ce sacrifice » (DS, n° 1743).
(2) Concile de Trente, ibid., DS, n° 1745.
(3) Benoît XVI, Motu proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, article 1.
(4) Concile de Trente, ibid., DS, n° 1745.
(5) Benoît XVI, Motu proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007, article 1.

24 septembre 2017

[FSSPX Actualités] In memoriam Mgr Brunero Gherardini

SOURCE - FSSPX Actualités - 23 septembre 2017

Au petit matin du vendredi 22 septembre 2017, Mgr Brunero Gherardini a remis son âme entre les mains du Seigneur.
   
Théologien unanimement reconnu , il était âgé de 92 ans. Chanoine de la Basilique Saint-Pierre et protonotaire apostolique, il avait contribué à ouvrir, en milieu universitaire, un débat théologique sur plusieurs points contestés du concile Vatican II.
  
Nè en 1925, il fut ordonné prêtre en 1948. Cet élève de Mgr Pietro Parente et du Père Cornelio Fabro avait obtenu - summa cum laude - son doctorat en théologie en 1952 à l’Université du Latran. Sa thèse avait pour titre : « La parole de Dieu dans la théologie de Karl Barth » (Rome, Studium 1955)

Le jeune abbé Gherardini avait commencé à exercer son ministère en paroisse à Prato, puis comme professeur de séminaire dans son diocèse ; il avait également reçu la charge d’assistant diocésain dans le cadre de l’Action Catholique. En 1959, c’est au service du Saint-Siège qu’il est appelé, au sein de la Congrégation des Séminaires et des Études, comme responsable des séminaires diocésains des régions d’Italie.

En 1968, il est professeur d’ecclésiologie et d’œcuménisme à l’Université du Latran dont il deviendra plus tard le doyen. Il a aussi occupé une chaire dans ces matières à l’Institut Ecclesia Mater de l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin.

C’est lui qui, succédant à Mgr Antonio Piolanti dans la charge de postulateur de la cause de béatification du pape Pie IX, a pu voir ses efforts récompensés et le dossier de béatification parvenir à son terme.

Ce collaborateur habituel de nombreuses revues théologiques de portée internationale - dont Divinitas -, s’était signalé ces dernières années en participant au débat théologique sur l’interprétation du concile Vatican II, devenant ainsi le porte-voix, dans les milieux universitaires romains, de la Tradition catholique. Son ouvrage : « Vatican II un débat à ouvrir » demeure une référence en la matière.

Les funérailles de Mgr Gherardini seront célébrées lundi 25 septembre à 11 h en la Basilique Saint-Pierre ; et le lendemain, mardi 26, il sera inhumé à Prato dans le caveau familial, dans l’attente de la résurrection des corps. Il avait renoncé au privilège l’autorisant à reposer dans le Sacello dei Canonici Vaticani, le caveau des chanoines de la basilique vaticane, au cimetière romain de Campo Verano.

(Sources : Corrispondenza Romana/Servizio Informazione Religiosa/unavox.it - FSSPX.Actualités - 23/09/17)

[Anne Le Pape - Présent] Una Voce au pèlerinage Summorum Pontificum

SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 22 septembre 2017

Etaient présents à Rome, à l’occasion du pèlerinage Summorum Pontificum évoqué ci-contre, le président de la Fédération internationale Una Voce, Felipe Alanis Suarez, son vice-président et président d’Una Voce France, Patrick Banken, et notre ami Jacques Dhaussy, président d’honneur. En sus bien sûr de nombreux pèlerins.

Mais nous avons eu aussi l’occasion de rencontrer le délégué Una Voce du Japon, Shinsuke Yoshikawa, à la sortie de la messe de clôture de la Sainte-Trinité des Pèlerins. Il a répondu à nos questions dans un français parfait.
— Combien de personnes assistent-elles à la messe traditionnelle que vous organisez à Tokyo, et qui la célèbre ?
— Nous sommes environ cinquante. Cette messe est célébrée par le père Ikeda, de la Société de Saint-Paul. Les prêtres de cette Société ne sont en général pas très favorables au rite traditionnel, mais lui demeure un des rares qui utilisent cette forme liturgique. Seulement, il a 89 ans…
— Comment envisagez-vous l’avenir ?
— Nous nous sommes adressés à l’archevêque de Tokyo et lui avons demandé de nous aider, de nous procurer un prêtre et un endroit plus spacieux. En effet, la chapelle dont nous disposons actuellement s’avère trop petite.

Nous savons que l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre a un prêtre japonais, mais il réside actuellement aux Etats-Unis. Nous aimerions tant qu’il vienne au Japon !

A l’occasion de ma venue à Rome pour ce pèlerinage, j’ai parlé au cardinal Burke et à Mgr Pozzo. Si nous n’avons pas de réponse de l’archevêque de Tokyo, nous nous adresserons directement à la commission Ecclesia Dei.
— Les catholiques japonais se concentrent-ils toujours surtout à Nagasaki ?
— Nagasaki est en effet le centre de l’Eglise catholique au Japon, mais il se trouve aussi quelques sites dans le reste du pays, comme à Osaka.

Propos recueillis par Anne Le Pape

[Anne Le Pape - Présent] La messe traditionnelle : un trésor remis à l’honneur

Mgr Pozzo, le célébrant de
la messe du 16 septembre
à Saint-Pierre
(Photo : Philippe Vilgier)
SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 22 septembre 2017

Magnifique édition du pèlerinage Summorum Pontificum, du 14 au 17 septembre dernier, pour les dix ans de la promulgation du motu proprio de Benoît XVI redonnant au rite traditionnel sa place au cœur de l’Eglise. Nombreux étaient les Instituts ecclésiastiques ayant tenu à apporter à apporter leur témoignage de reconnaissance. Nous ne pouvons les citer tous : retenons l’Institut du Bon Pasteur dont le supérieur, l’abbé Laguérie, était présent ; le père abbé du Barroux, Dom Louis-Marie, et celui de Fontgombault, Dom Pateau ; le père Emmanuel-Marie, père abbé de Lagrasse ; des dominicaines du Saint-Esprit (Pontcallec) ; l’abbé Berg, supérieur de la Fraternité Saint-Pierre ; des religieuses missionnaires attachées au diocèse de Toulon ; des moines de la Fraternité Saint-Thomas Becket ; sans oublier l’ordre de Malte.
     
Mais les mieux représentés étaient sans conteste la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier de Chéméré (seuls trois pères avaient dû rester sur place pour assurer la messe), et surtout l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre : avec une trentaine de chanoines et le séminaire au grand complet – à l’exception de quelques séminaristes ayant dû se rendre à la première messe de l’un de leurs jeunes prêtres en Allemagne – l’Institut, très remarqué, était là en force.

Les pèlerins eux-mêmes venaient du monde entier. Citons, dans les groupes les plus remarquables, non par leur importance quantitative mais pour leur courage à effectuer le déplacement, des catholiques de Hong-Kong et un groupe venant de Laponie suédoise.
Expression de notre reconnaissance
C’est avec la cérémonie des vêpres au soir du 14 septembre, à l’issue du colloque consacré au motu proprio du 7 juillet 2007 (colloque sur lequel nous reviendrons) que le pèlerinage lui-même commença, avec une courte présentation de l’abbé Barthe assurant le pape Benoît XVI de la vive affection des participants et soulignant le caractère « irréversible » du mouvement donné par ce motu proprio au nouvel essor de la messe traditionnelle, source de vocations.

Le lendemain, après un chemin de croix assuré par l’Institut du Bon Pasteur à Santa Maria in Campitelli, les pèlerins se rendirent à Santa Maria sopra Minerva pour assister à la messe célébrée par Mgr Wach, supérieur général de l’Institut du Christ Roi. La procession d’entrée, impressionnante, vit défiler l’Institut au grand complet, et la présence de la centaine de séminaristes soulignait leur reconnaissance envers Benoît XVI. La cérémonie, avec chants grégoriens assurés par l’Institut et chants polyphoniques par la capella Ludovicea, chœur romain fixé à La Trinité des Monts, fut une superbe illustration du sermon de Mgr Wach, prononcé avec feu, tout à la louange de la liturgie, « pont dressé vers le ciel », rappelant son origine, sa nature et son rôle magnifique et nécessaire. La liturgie, a rappelé Monseigneur, « est le travail à long terme réalisé par la grâce et excède pour ce motif le champ des sensations. Elle ne peut être considérée séparément de la vie théologale : elle en est le vecteur, l’instrument et la manifestation ».

Le cardinal Burke tint à assurer, par quelques phrases émouvantes, l’oraison funèbre du cardinal Carlo Caffara, décédé quelques jours plus tôt, alors qu’il était prévu qu’il célèbre la messe du lendemain. Il évoqua ce prince de l’Eglise en rappelant qu’il s’était offert tout entier au Christ.
Messe à Saint-Pierre
Le samedi 16, c’est par une adoration eucharistique conduite par les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre que la procession solennelle dans les rues de Rome fut précédée. Celle-ci prit naissance à la Chiesa Nuova, paroisse de saint Philippe Néri, sur le corso Vittorio-Emmanuel II, et se déroula jusqu’à Saint-Pierre, en passant par le Pont des Anges. Selon l’un des organisateurs, ce furent plus de 2 000 pèlerins qui y prirent part, sans compter le clergé qui comptait au moins 300 membres, parmi lesquels l’Institut du Christ Roi, là encore, fut le plus présent. On remarquait dans la foule des drapeaux polonais, hongrois, brésilien, une belle banderole allemande qui remerciait Benoît XVI et, bien sûr, un drapeau italien, d’ailleurs frappé du Sacré-Cœur. Les Français, nombreux, ne portaient pas de signes distinctifs.

Un message du pape François adressant ses « pensées cordiales et ses vœux les meilleurs aux pèlerins qui gardent vivante dans l’Eglise l’antique liturgie » fut lu au début de la cérémonie. « Que leur venue jusqu’au siège de Pierre rende fervente leur adhésion au Christ et leur donne un nouvel élan pour la profession de leur foi catholique et le témoignage de leur charité fraternelle », ajoutait le pape.

C’est Mgr Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, qui célébrait. Il salua Benoît XVI pour avoir rendu à l’Eglise la forme antique du rite romain. Il n’hésita pas à évoquer la grave crise liturgique que nous traversons. Selon lui, ce n’est pas le manque de vocations ou de messes que nous devons déplorer le plus, mais ce signe d’une crise inédite jusqu’à nos jours : la perte de la foi en l’Eucharistie, en la présence réelle.
Rendre sensible la vérité
Le dimanche 17 septembre, la messe de clôture du pèlerinage avait lieu à La Sainte-Trinité des Pèlerins, non loin du palais Farnèse. L’église était trop petite pour contenir tous les assistants. Le père Dominique-Marie de Saint-Laumer, prieur général de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, célébrait dans le rite dominicain – car le rite traditionnel peut lui aussi s’enorgueillir d’une certaine « diversité » – , mais c’est le père de Blignières qui prêcha, s’appuyant sur la phrase : « Le rite rend sensible la vérité. » La vérité sur Dieu : un nouvel assistant au rite traditionnel est frappé par l’ambiance sacrée, la disposition, le lieu réservé aux ministres, l’orientation, le mystère du « Canon » etc. ; il sent la confiance avec laquelle les participants adressent leurs prières à leur Père des cieux. La vérité sur l’homme qui, laissé à lui-même, est perdu et ne trouve pas de sens à la vie ni d’explication au scandale du mal ; parlant d’expérience, le père de Blignières a témoigné combien les convertis étaient touchés par le besoin de rédemption du pécheur. Enfin, la vérité sur le Christ, passage entre l’homme et Dieu, la messe étant véritablement sacrifice propitiatoire pour le salut des hommes. Rappelant que les prières du Canon romain avaient été déclarées « pures de toute erreur » par le concile de Trente, le prédicateur a rappelé que cette messe, qui a fait pleurer saint Dominique et saint Thomas d’Aquin, offrait une grande sûreté doctrinale au prêtre.

Après une période de confusion et d’injustice, a-t-il conclu, rendons grâce à l’Eglise d’avoir redonné place à ce rite qui a conduit et conduira tant d’hommes vers le Christ. Conclusion qui résume bien toute l’âme de ce pèlerinage d’action de grâce.

Anne Le Pape

[Paix Liturgique] Exclusif: Les résultats de notre sondage 2017 au Brésil

SOURCE - Paix Liturgique - Lettre n°612 - 20 septembre 2017

À gauche, la couverture de notre
brochure en portugais sur notre
campagne de sondages internationaux.
À droite, Mgr de Castro Mayer aux
côtés de Mgr Lefebvre lors des
ordinations sacerdotales au séminaire
argentin de la FSSPX en 1986.
Pour la première fois, notre campagne d’enquêtes sort des frontières de l’Europe. La direction choisie est le Brésil. Pays le plus peuplé et le plus vaste d’Amérique latine, il tient une place particulière dans l’histoire liturgique moderne puisque c’est là qu’un évêque refusa la réforme liturgique et conserva l’usage des livres liturgiques antérieurs pour tout son diocèse jusqu’à sa retraite en 1981. Il s'agissait de Mgr de Castro Mayer, évêque de Campos.
  
Les résultats de ce sondage ont été présentés le week-end dernier à Rome, en marge du pèlerinage du peuple Summorum Pontificum, lors de l'assemblée de la Fédération internationale Una Voce.
I – AU PAYS DE MGR DE CASTRO MAYER
Au lendemain du concile Vatican II, un seul évêque résidentiel au monde refusa nettement les livres liturgiques promulgués par Paul VI : Mgr Antonio de Castro Mayer, évêque de Campos, petit diocèse au nord de l’État de Rio de Janeiro. Ce refus, « le lion de Campos » l’opposa non pas pour lui mais pour tout son diocèse. Du coup, jusqu’à sa résignation en 1981, le missel de saint Grégoire-le-Grand, de saint Pie V et de saint Jean XXIII demeura effectivement et légalement en usage pour les prêtres et les fidèles du diocèse. De la résistance de Mgr de Castro Mayer – qui participera ensuite, en 1988 à Écône, avec Mgr Lefebvre, aux sacres de quatre évêques sans mandat pontifical – naîtra l’Administration apostolique personnelle Saint-Jean-Marie-Vianney, reconnue par Rome en 2001 et dont la juridiction correspond au territoire du diocèse de Campos.

Le Brésil, c’est aussi la terre de Plinio Correia de Oliveira, fondateur du mouvement TFP (Tradition Famille Propriété). D'une opposition à la nouvelle liturgie solidement fondée (*), la TFP a, à la mort de son fondateur, connu plusieurs scissions desquelles sont nées de nouvelles associations qui, à l'image de l’association Montfort, ont souvent conservé la liturgie tridentine et constituent aujourd'hui des foyers, laïcs, œuvrant à sa préservation et à sa transmission.

On trouve aussi au Brésil une fondation de l'abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, le monastère de la Sainte-Croix, à Nova Friburgo : après s'être séparé du Barroux après 1988, son supérieur a ensuite suivi Mgr Williamson qui l'a consacré évêque en 2016.

En fait, à bien des aspects, il y a des analogies entre le Brésil et la France : dans un pays comme dans l’autre, l’amplitude des dérives doctrinales, pastorales et liturgiques a donné lieu à de multiples résistances allant dans le sens de la défense de l’orthodoxie doctrinale et de la tradition liturgique. La proximité des intellectuels brésiliens d’hier, spécialement des intellectuels catholiques, avec la culture française, et inversement – nous pensons à Georges Bernanos cherchant au Brésil le parfum d’une jeune terre chrétienne qu’il ne retrouvait plus dans une France avachie – a en outre pu favoriser des similitudes de parcours. Ainsi, c’est assurément à la personnalité de Gustave Corçao (1896-1978), un des maîtres de l’école catholique conservatrice, contributeur régulier de la revue Itinéraires de Jean Madiran, qu’est due la fondation d'un monastère à Nova Friburgo par Dom Gérard.

Poser au Brésil la question de la forme extraordinaire romain nous semblait un complément naturel de nos enquêtes européennes.
I – LES RÉSULTATS
Sondage effectué par Conecta du 2 au 14 juin 2017 selon la technique des Panels en ligne sur un échantillon de 1032 catholiques sur 3259 internautes brésiliens (1)
1 : Assistez-vous à la messe ? (1)
Chaque dimanche et fêtes : 33 %
Tous les mois : 20 %
Aux fêtes solennelles : 9 %
À l’occasion : 38 %
2 : Le Pape Benoît XVI a rappelé il y a 10 ans que la messe pouvait être célébrée à la fois sous sa forme moderne dite « ordinaire » ou « de Paul VI » – en portugais, le prêtre faisant face aux fidèles, la communion reçue debout – et sous sa forme ancienne dite « extraordinaire » ou « de Jean XXIII » – en latin et grégorien, le prêtre tourné face à l’autel, la communion reçue à genoux. Le saviez-vous ?
Oui : 41 %
Non : 59 %
3 : Considéreriez-vous comme normal ou pas normal si les deux formes liturgiques – celle moderne, dite « ordinaire », en portugais, et celle traditionnelle, dite « extraordinaire », en latin et en grégorien devaient être célébrées dans VOTRE paroisse ?
Normal : 49 %
Pas normal : 35 %
Ne se prononcent pas : 16 %
4 : Sans se substituer à la messe en forme ordinaire, si la messe en forme extraordinaire était célébrée dans VOTRE paroisse, y assisteriez-vous ?
Chaque semaine : 27 %
Tous les mois : 22 %
Aux fêtes solennelles : 13 %
À l’occasion (mariages, baptêmes...) : 29 %
Jamais : 9 %
(1) Les personnes sondées appartiennent à la part de la population brésilienne ayant accès à Internet, soit seulement 62 % de la population.
II – UNE EXTRAORDINAIRE OUVERTURE
Dans le pays qui est le berceau de la théologie de la libération, où le degré d’idéologisation du catholicisme est sans doute comparable à celui du catholicisme allemand, on pouvait s’attendre à une opposition marquée à la liturgie latine et grégorienne : il n’en est rien. Comme toujours l’idéologisation concerne plus les élites auto-proclamées que le peuple des croyants. Si 6 catholiques brésiliens sur 10 n’ont pas entendu parler du motu proprio de Benoît XVI, 1 sur 2 trouverait néanmoins normale la coexistence des deux formes du rite romain dans sa paroisse et 1 sur 10, seulement, ne souhaite pas y participer.

Le détail des résultats, que ce soit par classe d’âge, catégorie sociale ou région d’origine, est homogène et entre 23 % (parmi la classe sociale A, soit l’élite économique du pays) et 31 % (parmi les catholiques âgés de 35 à 54 ans) des catholiques se déclarent prêts à faire de la forme extraordinaire de la messe leur forme liturgique préférentielle chaque semaine. Au total, 49 % de l’ensemble des catholiques assisteraient au moins une fois par mois à la forme extraordinaire si celle-ci était célébrée dans leur paroisse.
III – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE
1) 35 % de catholiques ?
   
Le sondage donne 35% de catholiques alors que le recensement de 2010 donnait le chiffre de 64 %. Comme nous l'a expliqué la chargée d'études de l'institut de sondage, le taux de catholiques pratiquants mesuré en ligne est inférieur à celui de la population totale en raison de sa spécificité (plus urbain, plus instruit, plus riche). Ce chiffre est toutefois le signe que la grande agressivité des sectes protestantes continue de détacher toujours plus la population du catholicisme.
      
Dans tous les cas, cela ne change rien à notre propos dans la mesure où la grande homogénéité des réponses qu'indique le résultat détaillé par classe d’âge, par région ou par classe sociale, laisse penser que le résultat d’une enquête « hors ligne » n’eut pas différé de celui obtenu.

2) Un catholicisme en quête de sacré
   
La Croix écrivait au moment des JMJ de Rio en 2013 : « De nombreux fidèles vont chez les catholiques pour manger et chez les évangéliques pour prier ». Cette phrase résume dramatiquement la faillite du catholicisme au pays de la théologie de la libération et des communautés ecclésiales de base.
   
Selon les recensements de l’Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE), le Brésil comptait 92 % de catholiques en 1970, 84 % en 1991, 74 % en 2000 et plus que 64 % en 2010. Sachant qu’il y avait 99 % de catholiques dans le pays en 1872, date du premier recensement national, cela signifie que la proportion de fidèles est restée stable durant un siècle avant de s’écrouler depuis une date qui coïncide avec l’avènement de la réforme liturgique et des errements postconciliaires. Pourtant, avec plus de 270 diocèses et plus de 300 évêques, le Brésil continue d’apparaître comme une pièce forte du catholicisme mondial.
   
Ce que notre sondage illustre c’est que ce qu’il reste de catholiques dans le pays est ouvert à l’enrichissement liturgique permis et voulu par Benoît XVI. Les catholiques les plus sociaux ayant rejoint le champ politique ou syndical, les plus émotifs ayant apostasié pour l’une des nombreuses sectes évangélistes qui pullulent dans le pays et les plus superficiels ayant plongé dans l’indifférence relativiste, ceux qui subsistent continuent de chercher au sein même de l’Église la satisfaction des besoins de leur âme. Et, comme partout dans le monde, cette quête identitaire passe par un retour au sacré, au silence, à l’adoration.

3) Les catholiques brésiliens, comme tous les catholiques du monde...
    
… sont donc favorables à une extension de l'accès à la liturgie latine et grégorienne. La moitié des pratiquants trouveraient normal que cette messe soit célébrée dans leur propre paroisse. Et si cela était le cas, 27 % y assisteraient chaque dimanche, ce qui place le Brésil entre l'Allemagne (25 % en 2010) et l'Espagne (27,4 % en 2011). Au Brésil, comme partout dans le monde, cinquante ans après la réforme liturgique, l'importance de la demande de la forme extraordinaire signe l’échec d'une reforme liturgique non souhaitée par une large part des fidèles catholiques...mais imposé par la force.
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(*) Voir : Arnaldo Xavier da Silveira, La Nouvelle messe de Paul VI : qu’en penser ? (Diffusion de la Pensée Française, Chiré-en-Montreuil, 1975)

22 septembre 2017

[Abbé Barthe - Riposte Catholique] Summorum Pontificum est «irréversible»

SOURCE - Abbé Barthe - Riposte Catholique - 21 septembre 2017
C’est le message que l’on peut retenir de l’exceptionnel pèlerinage Summorum Pontificum, qui vient de se dérouler à Rome, et dont nous avons déjà donné de nombreuses photos et vidéos. « On peut dire aujourd’hui que la restauration liturgique impulsée par Summorum Pontificum dans l’Église est irréversible ». C’est ce que disait l’abbé Claude Barthe, l’aumônier du pèlerinage, dans son adresse à Mgr Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, mais aussi secrétaire du pape Benoît XVI, venu présider les vêpres de l’Exaltation de la Croix, dans l’Église San Marco, place de de Venise, le soir du 14 septembre.

Summorum Pontificum irréversible : c’est bien l’impression qui ressortait du congrès tenu le 14 septembre dans le grand amphithéâtre plein à craquer de l’Université Saint-Thomas. Le cardinal Müller y fut interminablement applaudi par les assistants pour avoir souffert l’injuste éviction de sa charge de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, fit un tableau de la croissance des lieux de célébrations « extraordinaires » dans le monde en dix ans, soit, avec des variantes régionales, une croissance de 50 %. Dom Jean Pateau, Abbé de Fontgombault, après avoir décrit l’histoire liturgique de son abbaye, a plaidé pour un rapprochement des missels, mais à très long terme. Propos qui semblaient comparables à ceux du cardinal Sarah, dans La Nef, de juillet 2017, lequel pourtant, dans son intervention au colloque, se défendit d’avoir prôné un missel hybride. En conclusion, manifestement en réponse aux avanies qui le frappent, il réaffirma son attachement à la réforme de la réforme : retournement des autels vers le Seigneur, introduction de l’offertoire traditionnel dans la forme ordinaire. Très applaudi fut le romancier allemand Martin Mosebach qui, dans une éblouissante intervention, se moqua avec un humour mordant des réformateurs liturgiques ennemis de la « répétition » et adeptes de la « noble simplicité », pour affirmer avec force que les deux rites, l’ancien et le nouveau, étaient de fait irréconciliables. La conclusion du colloque fut laissée à Ettore Gotti Tedeschi, ami de Benoît XVI, ancien Président de la Banque Vaticane, qui dans un véritable feu d’artifice oratoire, fit crouler de rire les vénérables cardinaux et prélats jouant notamment – arguments provocateurs à l’appui – sur les sigles NOM, Nouvel Ordo Missæ/Nouvel Ordre Mondial.

Le vendredi 15 septembre, un très émouvant chemin de Croix, « à l’italienne », organisé par l’Institut du Bon Pasteur, se déroula dans l’église de Santa Maria in Campitelli, et puis le soir, une messe solennissime célébrée par Mgr Gilles Wach, supérieur de l’Institut du Christ-Roi Souverain-Prêtre, dans l’église dominicaine de Santa Maria sopra Minerva, le cardinal Burke y prononçant une oraison funèbre à la mémoire du cardinal Carlo Caffarra décédé la semaine précédente.

Le cardinal défunt était remplacé, le samedi 16, par Mgr Pozzo. Après avoir conduit la procession des pèlerins dans les rues de Rome, depuis la Chiesa Nuova jusqu’à la Basilique Saint-Pierre – procession si considérable que la police demanda à ce que les rangs fussent resserrés au maximum –, il célébra pontificalement dans la Basilique, à l’autel de la Chaire, devant deux cardinaux (Burke et Brandmüller), trois évêques (Mgr Vigano, ancien nonce aux États-Unis, Mgr Laise et Mgr Croci), les PP Abbés de Fontgombault et du Barroux, une brochette de prélats romains, près de 400 clercs et des fidèles en grand nombre.

Et le dimanche 17 septembre, dans l’église de la Trinité-des-Pèlerins, siège de la paroisse personnelle confiée à la Fraternité Saint-Pierre, où les fidèles ne purent tous entrer, le P. Dominique-Marie de Saint-Laumer, supérieur des Religieux de Saint-Vincent-Ferrier, célébra une messe solennelle conclusive en rite dominicain, le P. Louis-Marie de Blignières donnant la prédication : « Le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? »

On retiendra un élément liturgico-artistique remarquable : une messe avait été spécialement composée pour le pontifical à Saint-Pierre par le jeune et prometteur Maestro Aurelio Porfiri, qu’il dirigea lui-même, la Missa Summorum Pontificum, sur une musique vocale grandiose, dans une sorte de style baroque pour le XXIe siècle, avec un Gloria et un Te Deum triomphaux, écho des fastes musicaux baroques de la Contre-Réforme qui proclamaient l’irréversibilité de la restauration tridentine.

[FSSPX Actualités] Suisse : Rembarre a posé sa plume

SOURCE - FSSPX Actualités - 18 septembre 2017

Le 30 avril 2017, René Berthod s’est éteint, dans sa 79e année. Neveu du chanoine René Berthod qui fut directeur du séminaire d’Ecône, et père de l’abbé François Berthod, professeur au séminaire de Zaiztkofen (Allemagne), ce Suisse valaisan fut un catholique indéfectiblement attaché à la Tradition qu’il défendit avec brio sous le pseudonyme de Rembarre, d’abord dans le quotidien Le Nouvelliste du Valais, puis sur le site Internet estoc.ch. Père de sept enfants, il fut professeur à Orsières où il résidait, et préfet du district d’Entremont de 1993 à 2002. 

Dans un bel hommage publié par Le Rocher, le bulletin romand de la Fraternité Saint-Pie X en Suisse, l’abbé Claude Pellouchoud cite les réponses de René Berthod à un journaliste qui l’interrogeait sur son pseudonyme : « Rembarre c’est un nom de plume. Je l’ai choisi parce qu’il était le cri de guerre des Chouans qui luttaient contre les armées de la Révolution. Il a aussi une parenté avec le verbe “rembarrer” qui signifie “repousser”. Repousser au loin l’ennemi ; c’était la devise du bataillon que je commandais, le bataillon 204 ».

A la question de savoir si, pour lui, le stylo et le fusil sont au service d’un même combat, René Berthod réplique : « Laissez-moi vous dire que dans le combat des idées, ce qui peut nous arriver de plus grave, c’est de nous complaire dans des confusions. Beaucoup de malaises proviennent du seul fait que nous ne faisons pas les distinctions nécessaires. Lorsque je fais du service militaire (périodes militaires obligatoires en Suisse. NDLR), c’est à l’envahisseur potentiel que je fais référence. Lorsque j’écris, c’est aux erreurs, aux idées fausses que je déclare la guerre. » Et de livrer cette véritable profession de foi : « Ma force, c’est l’acceptation de tout ce que j’ai reçu. Cela me donne la certitude de rester fidèle. Au fond, ma force, c’est de ne rien inventer. »

En écho à cette belle déclaration de fidélité, dans l’homélie pour les obsèques de son père, l’abbé François Berthod rappela un point important : « C’est une chose dont il n’a peut-être pas beaucoup parlé, sur laquelle il a peu écrit, mais qu’il a, je pense, fidèlement mise en œuvre dans ses différentes charges. C’était le respect de l’autorité. Le respect non seulement de son autorité propre, des fonctions qui lui étaient confiées, mais aussi de l’autorité des autres. (...) Il avait conscience que (...) c’est Dieu qui a fait l’homme animal politique, c’est Dieu qui a fait l’homme social. Et toute autorité dans la société vient de lui. Notre Seigneur a défendu ce point devant Pilate. (...)

« Et c’est par respect pour cette autorité, pour les comptes aussi qu’il allait devoir rendre, qu’il a rendus maintenant, à Dieu, de l’utilisation, de la gestion qu’il a faite de cette autorité ; c’est par conscience de son origine divine, qu’il savait ne pas transiger sur les questions qui ne sont pas discutables : il y a une loi de nature, il y a des commandements de Dieu, il y a des vérités éternelles. On les admet ou on ne les admet pas. Mais quand on y croit, on les respecte, on les admet comme une émanation, une expression de la perfection divine, qui est donnée par Dieu aux hommes, par amour, pour leur bien, et on s’y tient même dans l’adversité. » 
Le Rocher – Noviciat Sainte-Thérèse de l’E.-.J. – La Combe 22 – CH-1922 Salvan – Téléphone : + 41 (0)27 761 21 40 – Courriel : rocher@fsspx.ch – Offrande libre - Télécharger ici le numéro

[Wigratzbad (blog) - FSSP] Rentrée

SOURCE - Wigratzbad (blog) - FSSP - 20 septembre 2017

Après un été consacré à l'apostolat puis à un repos bien mérité, nos séminaristes ont repris le chemin de Wigratzbad. Pour une bonne partie d'entre eux, les retrouvailles ont eu lieu le samedi 16 septembre à Paray-le-Monial, là où Notre Seigneur est apparu à Sainte Marguerite-Marie Alacoque, pour l'encourager à répandre la dévotion à son Coeur sacré. 

Entre 1673 et 1675 eurent lieu les « Grandes apparitions » au cours desquelles Jésus souligna son amour pour tous les hommes, mais en déplorant leur froideur et leur ingratitude, tout spécialement envers sa présence eucharistique.

"Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi".

Cette dernière phrase doit impressionner et émouvoir tout prêtre ou séminariste, et c'est donc pour réparer notre tiédeur que nous avons accompli notre pèlerinage, de Lugny-lès-Charolles à Paray-le-Monial. Avec de nombreux fidèles venus de toute la région, nous avons prié spécialement pour les familles et les vocations, puis la journée s'est achevée par une messe solennelle célébrée par l'abbé Arnaud Renard dans la chapelle des apparitions.

Le lendemain, dimanche 17 septembre, nous avons retrouvé le séminaire, après une halte fraternelle dans notre apostolat de Chalon-sur-Saône, où nous avons chanté la messe dans l'église Saint-Pierre, puis rencontré nos deux prêtres et les fidèles lors d'un dernier déjeuner sur le sol français...

[Ennemond - Le Forum Catholique] Messes de la FSSPX dans les basiliques romaines

SOURCE - Ennemond - Le Forum Catholique - 21 septembre

Après le pèlerinage de Fatima du mois d'août, les prêtres de la FSSPX d'Amérique du Sud ont emmené leurs fidèles à Rome et San Giovanni Rotondo où ils ont pu célébrer chaque jour dans les différentes basiliques et églises, parfois en présence de prêtres et fidèles locaux attirés par la liturgie et la ferveur.


Le 22 août à San Giovanni Rotondo, en présence de Mgr Rodolfo Laise


Le 24 août en la basilique Sainte-Praxède


Le 25 août en l'église San Pietro in Montorio


Le 26 août en la basilique Saint-Sébastien hors les Murs


Le 27 août en l'église San Salvatore in Lauro


Le 29 août en la basilique Saint-Laurent hors les Murs


Le 30 août en la basilique Saint-Marc


20 septembre 2017

[Peregrinus - Le Forum Catholique] "Tout changement dans notre culte devrait être profondément médité" (avis d'un évêque constitutionnel sous la Révolution)

SOURCE - Peregrinus - Le Forum Catholique - 20 septembre 2017


L'avis d'un évêque constitutionnel sous la Révolution 
Voyez les versions de la Bible chez les protestants. Sans cesse ils sont obligés d’y retoucher, et chaque nouveau traducteur met du sien. Aussi combien ne diffèrent point entre elles les Bibles luthériennes, calvinistes, sociniennes, anglicanes, etc. Les liturgies de ces différentes sectes ne se ressemblent pas davantage et ne demandent pas moins souvent d’être retouchées : aussi, dès qu’un protestant est hors de son pays, il ne peut plus participer au culte public. Un catholique, au contraire, n’est dépaysé dans aucune des contrées de l’Eglise latine. 
Si les Grecs et les Latins n’avaient eu qu’une même langue, croyez-vous qu’il eût été aussi facile à Photius et à ses adhérents d’entraîner toute l’Eglise grecque dans le schisme, en attribuant à l’Eglise latine des erreurs et des abus dont elle ne fut jamais coupable? 
Je vous le dis franchement, je viens d’examiner de nouveau les raisons pour et contre ce système. Les premières ne m’offrent que quelques petits avantages spécieux ; les secondes présentent des inconvénients réels, nombreux, effrayants. Dans la jeunesse, où l’on doute peu, j’étais pour les traductions ; aujourd’hui, je rougis d’avoir été séduit par des apparences si mensongères. Tout changement dans notre culte devrait être profondément médité, ne fût-ce que par respect pour nos pères. Des chimères, la plus dangereuse peut-être, c’est celle du « parfaitisme ». Rien ne lui résiste. Par quelles erreurs ou quelles folies d’abord, et ensuite par quels crimes, par quelles horreurs n’a-t-elle pas souillé notre révolution ? Ne nous exposons point à mériter les mêmes reproches que nous sommes fondés à faire à nos orgueilleux philosophes. Défions-nous de l’épouvantable manie de tout innover. Comme le dit un penseur moderne, n’ayons pas une confiance crédule aux figures tracées par la théorie, ni un mépris inconsidéré pour les réalités gravées par l’expérience. 
Lettre de Claude Le Coz, évêque métropolitain de Rennes, à Henri Grégoire, évêque de Blois (nivôse an VII), citée dans Ferdinand Brunot, « Le culte catholique en français sous la Révolution », dans Annales historiques de la Révolution française, t. II, 1925, p. 221.

[FSSPX Actualités] Appel urgent pour les fidèles de Cuba

SOURCE - FSSPX Actualités - 19 septembre 2017

Après le passage de l'ouragan Irma, Cuba est dévastée. Nous faisons appel à votre charité pour aider nos fidèles dans cette île. "Caritas Christi urget nos ! La charité du Christ nous presse !", nous rappelle l'apôtre saint Paul...
     
Après le passage de l'ouragan Irma, Cuba est dévastée. Les fortes pluies, le vent qui emportait tout sur son passage, les incursions de la mer dans les terres ont laissé un paysage de ruines aux proportions apocalyptiques. Les glissements de terrain, les inondations, le manque d'électricité et d'eau, la pénurie de médicaments et de nourriture sont les conséquences de cet ouragan qui a considérablement aggravé le triste sort du peuple cubain.
   
La Fraternité Saint-Pie X, poussée par la charité chrétienne, selon l’enseignement de saint Paul, souhaite aider ses paroissiens de La Havane et de Matanzas. C’est pourquoi elle s'adresse à tous les catholiques qui peuvent apporter leur aide, afin d’atténuer les souffrances de nos frères cubains.
     
Si vous souhaitez participer à l'achat de vêtements, de nourriture et de médicaments, veuillez contacter l’abbé Pierre Mouroux, responsable de la mission sur l'île, le plus tôt possible : p.mouroux@fsspx.email
     
Que Dieu récompense votre charité et votre générosité!

17 septembre 2017

[Paix Liturgique] Summorum Pontificum: un peuple en liesse

SOURCE - Paix Liturgique - 15 septembre 2017

“Il n’y a rien de plus jeune que l’ancienne liturgie” titrait l’hebdomadaire italien Tempi à quelques jours de l’ouverture des cérémonies romaines marquant le dixième anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum. Cette jeunesse du peuple Summorum Pontificum est celle qui a frappée hier l’ambassadeur de Hongrie près le Saint-Siège, Son Excellence Édouard de Habsbourg, alors qu’il venait assister à la conférence de Martin Mosebach sur la « sainte routine » de la liturgie.

Cette jeunesse, le cardinal Sarah l’a également saluée, et surtout défendue, dans sa conférence intitulée « Le silence de Dieu dans la liturgie » : « C’est un phénomène que certaines personnes de ma génération n’arrive pas à comprendre. Pour ma part, je peux témoigner personnellement de la sincérité et de la dévotion de ces jeunes gens et de ces jeunes femmes, prêtres comme laïcs. Je me réjouis des nombreuses et bonnes vocations au sacerdoce et à la vie religieuse qui naissent dans les communautés qui célèbrent l’usus antiquior. »

Venus de Hong-Kong comme de Laponie, de Californie comme des Philippines, les participants à la première journée de cet événement ont aussi témoigné, une fois encore, de l’extraordinaire catholicité – universalité – du peuple Summorum Pontificum. Jeunesse et universalité sont – avec bien entendu le sens du sacré – deux des caractéristiques fortes de cette portion du peuple de Dieu qui grandit dans la foi, l’espérance et la charité au rythme de la forme extraordinaire du rite romain. Comme tous les pèlerins romains, et tous ceux qui à travers le monde ont célébré hier le motu proprio Summorum Pontificum par la célébration de la Sainte Messe, nous n’aurons de cesse de rendre grâces à Benoît XVI pour ce don inattendu après 40 ans de persécutions.
I – MOT DE BIENVENUE DE L’ABBÉ CLAUDE BARTHE
En ouverture des vêpres pontificales célébrées par Mgr Georg Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, l’abbé Barthe, aumônier du Cœtus Internationalis Summorum Pontificum, a adressé le message de bienvenue suivant à Son Excellence, au nom des pèlerins.

Excellence,

Après le riche colloque qui vient d’avoir lieu à l’Angelicum, nous commençons ce soir notre pèlerinage, qui marque le 10ème anniversaire du motu proprio Summorum Pontificum. Venant du monde entier ad Petri Sedem, nous sommes extrêmement touchés que Votre Excellence ait bien voulu accepter d’en présider les vêpres d’ouverture. La présence de Votre Excellence représente auprès de nous celle du Pape Benoît XVI, l’auteur de ce texte qu’il a voulu placer in medio Ecclesiæ, pour permettre à tous de se référer à la tradition de la liturgie romaine maintenue vivante. 

Les fruits en sont déjà remarquables : le nombre des lieux de messes traditionnelles a doublé dans le monde ; elle est une source étonnante de vocations ; elle est le soutien de très nombreuses familles ; elle fait fleurir les communautés qui lui sont consacrées ; le nombre des prêtres qui la célèbrent ne cesse de croître. De sorte qu’on peut dire aujourd’hui que la restauration liturgique impulsée par Summorum Pontificum dans l’Église est irréversible.

Nous recevrons samedi la bénédiction de Pierre dans la Basilique vaticane. Nous prions aujourd’hui Votre Excellence de transmettre à Sa Sainteté Benoît XVI l’expression de la vive affection que lui porte le peuple Summorum Pontificum, de son filial respect et de son immense reconnaissance, Lui demandant de faire descendre sur nous tous, prélats, prêtres et fidèles, sa paternelle bénédiction.
II – LA SUITE DU PROGRAMME
(Les lieux des cérémonies figurent sur la carte interactive du pèlerinage qui se trouve ici)

Aujourd’hui, vendredi 15 septembre
  • Don Giorgio Lenzi, procurateur de l’Institut du Bon Pasteur auprès de la Curie romaine, guidera le Chemin de Croix qui se terminera par la bénédiction des reliques de la Sainte Croix, donnée par l’abbé Philippe Laguérie, supérieur général de l’institut. Église de Santa Maria in Campitelli (entre le Capitole et le Théâtre de Marcellus), 16h,
  • Monseigneur Gilles Wach, prieur général de l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, célébrera une Messe solennelle entouré des séminaristes de l’institut. La messe sera chantée par la Cappella Ludovicea dirigée par le maestro Ildebrando Mura et Son Éminence, le cardinal Burke, assistera au chœur et prononcera quelques mots à la mémoire du regretté cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne, rappelé à Dieu la semaine dernière, pour le repos de l’âme duquel sera dite cette messe. Basilique de la Minerve (entre le Panthéon et Largo Argentina), 19h.
Demain, samedi 16 septembre
  • Adoration eucharistique célébrée par l’abbé Sow (FSSP), nouveau curé de la Trinité des Pèlerins, paroisse personnelle vouée à la célébration de la forme extraordinaire à Rome. Chiesa Nuova (corso Vittorio Emanuele II), 9h.
  • Procession solennelle vers la basilique Saint-Pierre, présidée par Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei. Départ de la Chiesa Nuova à 9h30 (pour raisons logistiques, l’horaire a été avancé à la demande des autorités).
  • Messe pontificale célébrée par Mgr Pozzo en la basilique Saint-Pierre de Rome, à l’autel de la Chaire. Exécution de la Messe Summorum Pontificum spécialement composée par le maestro Aurelio Porfiri. 11h.
  • Pour le clergé et les religieux, suivra un buffet présidé par le cardinal Burke, offert par les organisateurs en partenariat avec Una Voce international (FIUV) et Paix liturgique.
  • Le soir, Open Forum de la FIUV au cours duquel seront présentés les derniers résultats des sondages internationaux de Paix liturgique (Pologne et Brésil). Casa Tra Noi, 113 via Monte del Gallo (derrière la station de train du Vatican), 18h.
Dimanche 17 septembre
  • Le RP Dominique-Marie de Saint-Laumer, entouré d’une dizaine de membres de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier célébrera la Messe de clôture du pèlerinage. Il s’agira d’une Messe solennelle dans le rit dominicain. Église de la Trinité des Pèlerins, 11h.
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NB : Signalons à nos lecteurs anglophones que les conférences du cardinal Sarah et de Martin Mosebach sont d’ores et déjà disponibles en anglais. Ici pour Son Éminence et là pour le grand écrivain allemand.

[France Soir - AFP] Quand le latin retrouve en douceur le chemin des autels

SOURCE - France Soir - AFP - 14 septembre 2017

"Sans le latin, la messe nous emmerde", chantait il y a quarante ans un Georges Brassens moquant les innovations de l'Eglise. Le poète a été entendu: l'ancienne liturgie jouit d'un petit retour en grâce, béni par certains fidèles, honni par d'autres.

Banni par le pape Paul VI dans la foulée d'un concile Vatican II (1962-1965) ouvert à la modernité, l'usage du missel (livre de messe) ancien a ensuite été à peine toléré. Jusqu'à ce que Jean Paul II, soucieux de ramener dans le giron romain les traditionalistes, demande en 1988 aux évêques d'accorder plus largement la possibilité de célébrer dans cette forme.

C'est surtout un "motu proprio" (lettre apostolique) de Benoît XVI qui a favorisé le retour à la messe ancienne, en permettant en 2007 à chaque curé de la faire dire dans sa paroisse. Le dixième anniversaire de cette libéralisation est fêté à Rome cette semaine.

En France, la "forme extraordinaire du rite romain" est célébrée dans 230 lieux, sans compter ceux de la Fraternité Saint-Pie X fondée par Mgr Lefebvre, toujours séparée du Saint-Siège. Le chiffre paraît modeste si on le rapporte au nombre des paroisses, environ 13.000. Mais il a presque doublé en dix ans.

A Passy, quartier du cossu XVIe arrondissement de Paris, le curé de Notre-Dame de l'Assomption a introduit la forme extraordinaire à son arrivée en 2014. Une fois par semaine, en soirée, le chanoine Guillaume de Menthière dit une messe basse - non chantée - presque entièrement en latin. Les fidèles y restent essentiellement silencieux, le célébrant leur tournant le dos pour officier en direction de l'Orient, "orienté" vers Dieu.

En ouvrant cette "petite lucarne" dans une église où toutes les autres messes sont données en français dans la "forme ordinaire" (missel de Paul VI), le père de Menthière pensait attirer surtout des personnes âgées en quête de souvenirs d'enfance. Il a été "surpris du nombre de jeunes". Et il refuse les "caricatures" présentant ces fidèles comme une "armée de conservateurs".

A la sortie de la messe, Caroline, 51 ans, dit apprécier ce qui "favorise l'intériorité". Son mari Louis-Aimé, 61 ans, loue l'aspect "extrêmement ritualisé" d'une "symphonie où tout est écrit". Denyse, elle, trouve "très touchant qu'il y ait des prêtres voulant revenir" à l'ancienne forme. "C'est une messe très pure", souligne la vieille dame, pestant au passage contre "Vatican II qui a tout fichu en l'air".
- "Mystère magique" -
Pour l'historien Christophe Dickès, qui vient de consacrer un essai à "L'héritage de Benoît XVI", cette messe "moins communautaire" mais "plus sacrée" que l'ordinaire pourrait bénéficier à l'avenir d'un "effet de génération". "On assiste à l'émergence de prêtres jeunes et fiers, complètement décomplexés", estime-t-il, rappelant que 20% des séminaristes français sont formés selon le missel ancien.

C'est bien ce qui inquiète certains catholiques critiques. Ainsi du journaliste-théologien Christian Delahaye, qui voit dans les aspirations des laïcs et clercs attachés à la forme extraordinaire "une démarche vraiment identitaire: ils vous disent +c'est la messe de toujours+, mais en fait c'est un retour à la messe du Moyen-Âge, pour ne pas dire un repli moyenâgeux".

Au secrétariat général de la Conférence des évêques de France, le père Emmanuel Coquet veut croire au contraire que le "motu proprio" a "mis de la paix dans les relations" entre fidèles tradis et conciliaires, invités à se côtoyer au sein d'une même communauté.

L'abbé de Menthière parle des "frictions" au passé. "Grâce à Dieu", dit-il, mais aussi peut-être grâce à ces prêtres de paroisse "ambidextres" qui célèbrent la messe ancienne et la moderne "avec un égal bonheur". Démontrant ainsi que si deux formes subsistent, il n'y a qu'un rite romain.

Vicaire épiscopal pour l'usage de la forme extraordinaire à Paris, Mgr Patrick Chauvet rappelle en outre que la messe ancienne n'a pas le monopole du latin... et qu'en sa cathédrale Notre-Dame, par exemple, une "messe Paul VI", donc ordinaire, est chantée en grégorien chaque dimanche.

"L'essentiel, c'est que la liturgie soit belle et nous fasse entrer dans le mystère de Dieu", fait valoir l'archiprêtre. Le "mystère magique", disait Brassens.

16 septembre 2017

[Jeannne Smits (blog)] Le 10e anniversaire du Motu proprio Summorum Pontificum : interventions du cardinal Müller et de Mgr Pozzo

SOURCE - Jeannne Smits (blog) - 15 septembre 2017

La première journée des célébrations marquant le 10e anniversaire du Motu proprio Summorum Pontificum a été consacrée à un colloque de l'association italienne lancée à l’initiative du père dominicain Vincenzo Nuara, Giovani e Tradizione, sur le thème « Une jeunesse renouvelée pour toute l’Eglise».

Une première impression ? Dans le grand amphithéâtre de l’université dominicaine de l’Angelicum, le premier rang rappelé en quelque sorte visuellement le rôle joué par la France dans la lutte pour le maintien de l’usus antiquior, le rite traditionnel latin aujourd’hui appelée « forme extraordinaire ». Si trois cardinaux – et c’est important en soi – avaient les places d’honneur, de part et d’autre, entourant également Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, la présence des responsables des différents instituts, communautés, sociétés sacerdotales faisaient preuve de l’identité française de la majorité d’entre eux.

Ce sont les « historiques » – pas la Fraternité Saint Pie X et ses nombreuses communautés amies, qu’il serait indécent de ne pas nommer, mais qui n’avaient pas de raison directe d’être présents : la Fraternité Saint-Pierre avec l’abbé Berg, l’Institut du Christ Roi avec Mgr Wach, l’abbaye du Barroux avec dom Louis-Marien son père Abbé (et Sainte Marie de la Garde), les dominicains de Chéméré – la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier est présente en force, autour de son supérieur le P. Dominique-Marie de Saint-Laumer –, dom Pateau pour l’abbaye de Fontgombault, la Fraternité Saint-Thomas-Becket, et j’en oublie. Egalement les Dominicaines du Saint-Esprit, institut qui, fidèle aux orientations de son fondateur le P. Berto, a toujours conservé la messe traditionnelle.

Le cardinal Burke a suivi l’ensemble des travaux : il prendra la parole plus tard au cours de ces journées. Le cardinal Müller, récemment et soudainement renvoyé de la Congrégation pour la Doctrine de la foi dont il était le préfet, était là le matin, prenant la parole pour une intervention remarquée. Le cardinal Sarah, présent lui aussi pendant l’ensemble des conférences, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements – à ce titre, sa participation était hautement significative – s’est exprimé pour sa part sur le silence dans la liturgie.

Du cardinal Gerhard Müller, on retiendra qu’il a d’emblée évoquer les « bénéfices apportés à l’Eglise » grâce au Motu proprio : « Pour cela nous sommes infiniment reconnaissants à Benoît XVI », a-t-il déclaré. Le thème central de son intervention : montrer que la liturgie est source de doctrine – Lex orandi, lex credendi. Ce caractère normatif implique évidemment la nécessité d’une rectitude doctrinale de l’ensemble des célébrations liturgiques dans le monde – implique ou exige… 

Contrairement à la Gnose qui prétend transmettre la connaissance à une élite, l’Eglise expose sa foi dans sa liturgie publique et sa liturgie développe la compréhension de la foi, a en substance expliqué le cardinal Müller, donnant l’exemple de la formule du baptême qui explicite le dogme de la Trinité. Il s’agit de découvrir ce qui est vrai : « La théologie n’est pas une construction théorique de la réalité », a insisté le cardinal en ajoutant que ni le sola fide, ni le sola Scriptura ne peuvent satisfaire le catholique, ni la conception luthérienne de la messe qui « élimine idée du sacrifice ». Pas plus qu’on ne peut donner une priorité à la « praxis » : le rôle de la théologie pratique est de « mettre en avant et de décrire les éléments constitutifs de la vie et de la foi de l’Eglise », y compris dans la liturgie, « source et sommet de la vie de l’Eglise».

A ce titre, a insisté le cardinal, « la loi de la prière doit stabiliser la foi » dans l’ensemble du monde. Récusant tout paléochristianisme « cher aux théologiens libéraux du XIXe siècle », le cardinal a longuement insisté sur la nécessité de la rectitude doctrinale de la liturgie qui s’appuie sur l'ensemble de la tradition: « La Parole et l’Esprit de la révélation est toujours contenu dans la liturgie qui exprime de manière objective, telle qu’exprimée par le magistère de l’Eglise de manière définitive. » A ce titre, devait-il rappeler, l’exactitude des traductions est très importante.

« L’écroulement de la liturgie » évoquée par Benoît XVI a entraîné l’écroulement de la foi, a conclu le cardinal, disant son espérance que « la liturgie grégorienne continue de la jeunesse à l’Eglise.»

Ces propos faisaient écho à ceux de Mgr Guido Pozzo qui a ouvert ses propos en rappelant que Summorum pontificum n’avait pas été une simple « concession aux traditionalistes » : se serait « réducteur et insuffisant de s’arrêter à ce type d’affirmation ». Comme les autres ecclésiastiques qui ont prient la parole jeudi, il a insisté sur le rôle de « réconciliation au sein de l’Eglise » qu'a voulu opérer le pape Benoît XVI.

Pour lui le bilan est « en grande partie positif : la méfiance réciproque s’est progressivement réduite, surtout en France et aux Etats-Unis ». Il a également salué « l’enthousiasme apostolique des Instituts » attachés aux rites traditionnels en donnant des exemples de développement du nombre de messes de formes extraordinaires dans des pays comme la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie.

« Mais cela ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus », a-t-il reconnu. En certains lieux c’est le manque de prêtres qu'il explique, mais il n’a pas nié l’existence de « préjugé de caractère idéologique ou pastoral de la part des évêques » qui parfois reculent devant des groupes qu’ils jugent comme isolés par rapport à la vie pastorale locale. « Mais cet isolement n’est pas nécessairement lié à l’ancien rite mais à des raisons que chaque diocèse devrait examiner », a noté Mgr Pozzo.

Celui-ci a encore souligné la sacralité du rite traditionnel qui attire tant de jeunes, et sur sa capacité à servir d’« antidote contre l’arbitraire créativité et les éléments qui conduisent à oublier la nature sacrificielle de la messe au nom de l’accessibilité du sacrement».

Pour lui, donc, la messe traditionnelle n’est pas un « perturbateur ou une menace pour l’unité de l’Eglise mais un don » – voire une sorte de garantie.

Idée que l’on a entendue de la part de plusieurs orateurs ecclésiastiques lors du colloque – en cela ils n’étaient pas rejoints par les orateurs laïques – : « On ne peut exclure une convergence vers une forme unique du rite romain » au moyen d’une « croissance » dans l’Eglise tout entière « et non d’une imposition bureaucratique ». Il appelle en quelque sorte de ses vœux une « fécondation des deux formes » du rite latin « sur le socle de la tradition de l’Eglise».

C’est le refus d’une « opposition irréductible entre le monde pré-conciliaire et le monde post-conciliaire » mais aussi d’une liturgie dont la « communauté » deviendrait le « véritable sujet».

Renvoyant au catéchisme de l’Eglise catholique en son numéro 1069, Mgr Pozzo a tenu à rappeler que « la liturgie n’est pas faite pour le plaisir des prêtres… toute œuvre liturgique est Opera Christi ». Il s’agit de lutter contre l’autoréférentialité des chrétiens – un clin d’œil au vocabulaire du pape François pour rappeler que ce qui compte, ce sont les « catégories christologique du peuple, corps du Christ».

Ainsi, selon Mgr Pozzo, dans la liturgie, le « silence, les génuflexions, la référence, l’infinie distance qui sépare la Terre du ciel » sont essentielles. Il a même suggéré que cette manière de célébrer – que l'on retrouve évidemment de manière privilégiée – dans la forme extraordinaire « oppose une nouvelle barrière à la sécularisation » du monde et à « l’humanisme antichrétien de notre siècle. « Célébrer dans le rite antique, c’est garder l’espérance dans l’Eglise.»

Il a a conclu en insistant sur le fait que ce n’est pas la « nostalgie du passé » qui mobilise les fidèles attachés à la forme extraordinaire mais « l’orientation des âmes vers ce qui est pérenne et toujours actuel » : ainsi « les jeunes prêtres sont intéressés » par la célébration du rite traditionnel.

« Les difficultés ne doivent pas surprendre », a ajouté Mgr Pozzo qui voit leur source dans une certaine manière de comprendre Vatican II selon la « Vulgate » d’une discontinuité avec la tradition. Il estime que l’usus antiquior est « un trésor à garder et à transmettre sans référence idéologique d’où que ce soit».